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PHILOSOPHIE

DU DROIT.

OUVRAGES DU MEME AUTEUR

:

DE POSSESSIONS ANALYTICA SAVIGNIANEÆ DOCTRINÆ
EXPOSITIO.

In-8.

INTRODUCTION GENERALE A L’HISTOIRE DU DROIT Un
fort vol. io-8.

Seconde édition,

LETTRES PHILOSOPHIQUES

adressées à

un Berlinois.

DE L’INFLUENCE DE LA PHILOSOPHIE du
législation et la sociabilité

AU-DELA DU RHIN.

du XIXe

.

t

v. in-8.

I

XVIII e siècle sur

la

fort. vol. in-8.

2 vol. in-8.

Sous presse, pour paraître

le

15 janvier 1836

ÉTUDES D'HISTOIRE ET DE PHILOSOPHIE.

:

2 vol. in-8.

»

Pari*,

imprimerie de Dèeourchaat, rue d’Erfurih, n*

I.

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,

PHILOSOPHIE
DU DROIT
PAR

E.

LERMINIER,

PROFESSEUR DE L’HISTOIRE GÉNÉRALE DES LÉGISLATIONS
COMPAREES AU COLLÈGE DE FRANCE.

Le droit,

c’est la vie.

Lit. t, cb«p. i* r .

Seconde Édition.

I.

PARIS

,

CHARPENTIER, LIRRAIRE-ÉD1TEUR
RUE DE SEINE,

31.

JOUBERT, RUE DES GRÉS,
Au

14,

coin de celle de Clunj, pria de l'École de droit.

1835

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PRÉFACE
DE LA SECONDE ÉDITION.

Dans l’ouvrage que nous réimprimons auil
y a deux choses fort distinctes

jourd’hui,

:

la politique et la science, la direction sociale

et la direction doctrinale.

On

trouvera dans ce livre toutes

les

sym-

pathies et les espérances qui animaient les

jeunes générations

il

a quatre ans.

y

Nous

n’avons point modifié une seule ligne, un
seul mot.

Ceux qui nous

liront avec

une

intelligente

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PHEFÀCE

VI

bonne
désir
et

foi

reconnaîtront dans nos pages

de développer

non

la

le

révolution accomplie,

pas d’entasser brusquement sur

elle

une autre révolution.
Politiquement nos vues sont restées

mêmes nous voyons toujours

les

la société par-

:

tagée entre les traditions monarchiques et
les idées

démocratiques, entre

chrétiennes et catholiques et

les

traditions

les idées

phi-

Nous pensons toujours que le
devoir du pouvoir était non pas de fonder
sur les ruines fumantes du passé une société

losophiques.

inconnue, mais de développer

la société vi-

vante, et de tirer d’elle-même tous
grès dont

Qui

elle recèle

les

pro-

l’énergique possibilité.

a changé? ce n’est pas nous.

Scientifiquement nous avons marché; sur
plusieurs points nos théories ont pris plus

de décision et de fermeté. Mais nous n’avons
point jugé opportun et utile d’altérer

tenu primitif du

livre.

le

con-

Cette philosophie du
passé et l’avenir,

droit est partagée entre

le

non-seulement dans

applications

les

immé-

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DE LA SECONDE ÉDITION.

mais

• (liâtes,

même

VU

clans les vues et les théo-

ries

philosophiques. Laissons-lui ce carac-

tère.

Plus tard nous présenterons, non plus

l’image

du

passé, mais les reflets

philosophique,
la

tels

mesure de nos

de

la

vérité

que nous aurons pu, selon

forces, les percevoir et les

réfléchir.

Poser

les

sont venues

questions, défiuir le point
les

philosophes et les juger, établir
et

commencer

où en

théories sociales, raconter les
les

problèmes

à débrouiller les difficultés

principales, voilà quelle est cette philosophie

du droit. Le mérite de ce livre est d’en demander un autre et de ne pas l’empêcher.

Paris, le 31 octobre 1835.

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.

enclins à dédaigner les Ceux qui seraient théories et les idées . les précède-t-elle avant la foudre? donc pas une stérile manie que de s’attacher à la poursuite de quelque chose qui n’est ni du pain. Qu’est-ce que la pensée. même? la raison de nos actes ? Quand de l’homme paraissent les comme Ce n’est l’éclair si ce n’est même les actions plus soudaines et les plus promptes.PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. ni de l’or. la pensée ne pas ce n’est la liberté si Qu’est-ce que la spéculation.

• Je ne veux parler ici de notre dernière révo- champ nouveau lution que pour considérer le qu’elle a ouvert à la philosophie. sou- paraît. au contraire. comment une opérée par où le Et d’abord. c’est-à-dire se réunissent comme causes efficientes la raison des choses. 2 pourront être ramenés au respect.. la force et l’avenir des sociétés. je veux dire les révo* destinée à mou- lutions. La philosophie n’est donc pas rir sous les petits traits d’un petit scepticisme ne sera pas non plus étouffée sous elle du cis bien-être matériel : me elle les - . Digitized by Google . tandis que les conspirations ne sont que Ips fantaisies audacieuses de quelques hom- mes. PKÉFACE. Là Les révolutions vraiment dignes de ce nom. sont les inspirations des peuples. ne serait-elle pas à la fois antérieures et réside un une cause un effet d’idées d’idées nouvelles? esprit invincible. catastrophe décrétée par Dieu. peuple et la jeunesse. devoir bientôt accroître ses forces et son influence. montre le si on leur signe irrécusable de la puissance de ces idées et de ces théories.

j’essayais de caractériser de Thistoire tat lignes que je « Un la philosophie demanderai teur de reproduire * de et siècle l’é- dans des permission au lec- la : continue toujours l’autre en faii • # » sant l’inverse de ce qu’il a la « de révolution. et je Digitized by Google . même niers retentisse mens qui C’est 3 a tremblé sous un de ces coups le sol au bruit des der- meurent en grondant. Quand terribles. Ballan- sophique? Il Y Essai sur les institutions sociales che. Cet » le fait. moins que jamais pour elle le temps de se laisser déconcerter et éconduire. livre profond. ! Quelle est aujourd’hui notre situation philoy a plus d’un an.PRÉFACE. qu’en examinant de M. et finira hommes été L’histoire sous un instrument gigantesque. dont de plus en plus avec son par absorber dans la mémoire » des » contemporaines. Sans le savoir. traça toujours » du » pressait la ruine. » sait toutes les gloires qui furent ses passé en haine une mission le tableau du christianisme dont terrible il il accomplis- et nécessaire. c’est se remettre un devoir pour la philosophie de au travail. plume de Voltaire avait »> nom homme s’identifiera » siècle.

l’érudition et vinrent s’amuser les esprits s’instruisant. Magnus ab integro sseclorum nascitur ordo. et l’on passait devant l’histoire » devant une statue dont on louait la beauté. et d’induire l’avenir l’avenir. nous temps ni le goût de nous arrê- de nous asseoir au spectacle du passé. peu soi- » gneux de conclure » vue du passé .PRÉFACE. au- » » ter. après la restauration. non. l’histoire est belle. 4 » le » comparerais volontiers à un de ces dieux en colère qui travaillaient de leurs mains à » la ruine de Troie et en arrachaient les fon« demens. L’histoire » une tout autre physionomie » l’imagination en firent une scène dramatique » devant laquelle » en » du costume. mais d’une beauté » vante et féconde qui doit enfanter l’avenir » mais » menait pas sur » jourd’hui que nous venons de nous mettre en elle ne servirait à rien marche pour des •> n’avons plus ni elle la comme vi. curieux des lieux. on regardait pour regar- » der. recherchant avec déli— » ces ce qui était original et inconnu. Digitized by Google . à un di’ame de Shakspeare. ne nous destinées nouvelles. » Oui. des prit. : moindres détails. car nous » comme » courons vers » le si de la route des siècles futurs.

5 Que demanderons-nous donc » que des tableaux. la des destinées de l’huma- sommes-nous persuadés que » nité. à son début » sur l’école écossaise. devenu plus fort. et ayant assez le de puis- » sance pour devenir cosmopolite. avec plus d’é- Kant et les quelques principes de a imprimé aux esprits quelque im- Digitized by Google . Aussi » toire à l’histoire? Des l’his- dépouillera beaucoup de son costume pour devenir de plus en plus phi- » pittoresque » losophique. sociale. des inductions » leçons plus » pressantes pour ce que nous devons » justification claire faire. Cela nous » conduit à l’éclectisme. » doctrines de » Hegel » pulsion.PREFACE. » moins original que « L’éclectisme dans son développement fut » fois il prit l’école his^rique. mais d’une philosophie posi- si » tive. mais sans rien établir de définitif et . Dans ces derniers » temps. il il il s’appuya il s’at- a mêlé quelquefois. indigène. « tacha à l’école allemande. non de cette philosophie révolu- tragiquement dans » tionnaire qui régna » dernier siècle. Deux son point de départ dans une phi- » losophie étrangère. » loquènce que de rigueul* et d’exactitude.

Tensonge peut-être à traduire Kant . ce qui n étonnera pas >» serve la » stamment » voie d’érudition et de ? marche que suivie. » et a été. » » mérite de l’éclectisme Le ranimé en est d’avoir philosophie le goût des études historiques. comme la » Sans doute la dernière philosophie » dernière religion doit toujours renfermer tou- « mais à la condition. un véritable dissolvant. : c’est ce que n’a pas fait l'éclectisme. et que le seul système pos- de nos jours ne pouvait être qu’un rétous les systèmes vrais et faux à la sumé de » fois. « voilà et qui est excellent pour faire connaître de la philosophie. que le dix- » d’avoir fait connaître autre chose mais en même temps. 6 ij de nouveau . siècle. Proclus. il faut le dire. » elle a publié » nemann. PRÉFACE. en » huitième » professant que tous les systèmes étaient à la » fois vrais « sible » faux. d’apporter elle-même un élément nouveau. si l’on ob- l’éçôle éclectique Toujours elle a con- a procédé par documens historiques. ou traduit Platon. Digitized by Google .. il a semé le scepticisme dans les esprits. un nouveau » dogme » tes les autres. mais qui nous » l’histoire » paraît tout-à-fait contraire au développement » d’une philosophie indigène et originale.

et qui. est bien ses à la fois métaphysique. après avoir parcouru certaines phases qu’on pourrait considérer comme des préliminaires utiles. philosophique » historique. » qui nous faut vienne maintenant dont » une philosophie nouvelle » parte du critique et Voilà la position. » il 7 montré exclusivement s’est sortir.PREFACE. une nouvelle année d’études et dp réflexions a raf- fermi pour moi cette conviction : que les scien- ces historiques et philosophiques de notre siècle tendaient à revêtir un caractère qui leur fût véritablement propre. L’histoire < * Globe du 14 octobre (830. mais épuisés. sociale nous conduise vers l’avenir. Digitized by Google . Ce silence ne sera-t-il pas rompu? L’attente est universelle. nationale qui et de sein de la société française. » Depuis le jour où j’écrivais ces mots * . » et pratique. Depuis année. j’ai novembre de la même cessé de concourir à la rédaction de ce journal. jour où je partis pour le 13 l’Italie. remarquable que toutes Car les philo- » il » sophies de l’histoire que nous connaissons » sont muettes sur la nature » gravite » du but vers lequel l’humanité. » besoins.

Comme le le titre que devoir de faire connaître losophie. dernière expression des systèmes européens. car leurs mérites appartiennent aux personnes. l’histoire de la philosophie. le préoccupa plus même. Je puis parler sans embarras des travaux con- temporains. et là encore il était contraint d’importer ce qu’il eût désiré créer. les système nais- élémens de la théorie que M. Cousin entreprit la réforme des études philosophiques. tant anciens que modernes. Assurément un esprit aussi distingué que le §ien ne pouvait pas expliquer les révolutions des systèmes. Cousin travaillait à se rendre propre. Quand M. lui étaient naturellement suggérés par la philosophie allemande. la philosophie en France pendant ces quinze dernières années confirme cette présomption. sur le il était la philosophie de sa chaire lui imposait le passé de la phi- conduit à mettre l’érudition premier plan. leurs imperfections et leurs ellipses surtout à l’époque. sans rattacher son exposition à certains principes dirigeans l’histoire était plus forte sant du professeur. Digitized by Google .8 de PllÉFAOJE. De : mais évidemment que le plus.

Ainsi. il s’exprima ainsi. En le poursuivirent dans cette rédac- 1828. dans la préface dont céder ses Fragmens philosophiques fit il il pré- tenta de formuler un système. 9:. mais évidemment les in- spirations de Schelling et de Hegel. le savant professeur développa même fond. partagé entre l’histoire et les velléités d’un système personnel que M. qu’il. de 1819 à 1820. tion. cessairement varier dans l’esprit de méthode la de son enseignement. il commentait un de Fichte. mais sur des dimen- sions plus larges. C’est. il à la vérité absolue. PRÉFACE. en 1829.. plètement la il les éleva l’histoire identifia com- philosophie avec l’histoire de la Dans la préface de sa traduction du manuel de Tennemann. philosophie. et qui que de Kant dans vivifiaient les doctrines lui valut l’honneur de voir suspendus par une décision ministé- ses cours ' la raison pratique esprit libéral En 1826. venait de quitter. dans son Introduction à fhis- à peu près toire voies de le la philosophie du réalisme de : entièrement dans Berlin. Cousin a dû né. en annonçant que son que l’éclectisme vœu servît de bien réfléchi était guide à phie française du xix° siècle la philoso- : Digitized by Google . rielle.

renoncer à l’indépendance.IO PREFACE. Cousin sous le » ramenait joug. revenir au » moyen âge . et il complètement revenait à la re- connaître comme contenant la philosophie toute faite. Digitized by Google . • » Ou continuer à s’agiter dans le cercle de » systèmes usés qui se détruisent réciproque- » ment » enfin dégager ce qu’il y a de vrai dans chacun de ces systèmes. . philosophie elle-même dans son es- » la ou l’histoire M. et en composer une » philosophie supérieure à tous les systèmes. philosophie. Ainsi les dominant telle tous. » » qui les » . Ou gouverne tous en qui ne soit plus telle mais » sence et son unité. » rentrer sous l’ancienne autorité. et c’est à ce point qu’il a laissé son enseignement. « La philosophie » ces trois que l’une de : <-» « « n’a aujourd’hui choses à faire Ou abdiquer. Ha déclaré trouver la vérité philosophi- que dans l’équation critique de quatre systèmes tels qu’ils se sont produits dans le passé.

documens ne peut jamais être qu’une collection. qui glane parmi les que lui fournit l’érudition. c’est l’éclectisme il lui même manque quelque avec cette immobi- ne saurait être un dieu Terme. plutôt une palissade fragile qu’il faut se Digitized by Google . la vie. et non pas un système . L’histoire de la philosophie n’est pas plus la philosophie que le passé n’est le présent. lité. Mais. que l’éloquent professeur a étayée de toute l’autorité de son talent. autrement il faudrait estimer que le siècle où l’on vit n’a pas une pensée qui lui appartienne. au milieu de ses richesses.PRÉFACE. nous a semblé devoir être combattue. L’histoire de la philosophie ne saurait être qu’une méthode préparatoire à la philosophie originale d’une époque. I I Cette proposition. La science de la médecine et des mathéma- tiques ne consiste pas dans l’histoire de la méde- cine et des mathématiques. chose. et nous avouons sans détour que l’esprit de cette philosophie du droit lui est entièrement contraire. L’éclectisme.

et par conséquent. et que l’Etat et l’Eglise doivent » » Si les bri Hans écrivains de cette école peuvent s’affranchir sans retour de certains regrets sur l’ancien ordre de choses. article de M- (le catholi- La Mennais • Digitized by Google . pleine. Il n’a échappé à personne que. séparation écrite Charte. <r I . ils croient devoir se ne se brisent pas au et d’autres p. se sont renou- velés ou produits pour la première fois. en touche » ce qui les catholiques. ou la liberté de re- » ligion. sans distinction » comme » ration sans privilège. La phi- losophie catholique s’est jetée avec courage dans d’éloquentes polémiques : acceptant avec fran- une situation nouvelle. « de conscience. universelle. la totale sépa- de l’Eglise et de dans » également désirer *. la l’Etat. depuis notre dernière révolution. chise cause de celle » la liberté du pouvoir elle a séparé sa demandé politique. moins l’éclectisme qui a gardé le silence. s’ils que Fénelon Mélangés catholiques. t. diffërens systèmes. s’ils peuvent sauver leur propre indépen- dance de l’obéissance dont faire un même * article écueil de loi.12 PREFACE. hâter d’enlever pour rentrer dans le champ de la philosophie. 12.

étudiant Digitized by Google . A côté d’eux un écrivain exilé assis sur les ruines passé. des intentions plus scientifiques. et comptent dans leurs rangs des catholiques célèbres. rendront à leur cause un service qui ne sera pas sans gloire.PRÉFACE. Ballanche comme un sage. Il est beau de même se in- dévouer avec enthousiasme à la défense des croyances ne paternelles. tels MM. il novateur du siècle serait pas juste que enveloppât toutes l’esprit les intelli- gences dans une espèce de presse et d’enrôle- ment forcé . dans la Revue européenne . la désertion complète d’une cause compromise n’aurait rien d’honorable pour nature humaine. Quelques jeunes gens la d’élite manifestent. de Sion. libre de toute ambition. On peut véritablement se représenter M. mais sans ' que d’Eckstein et Baader. pleure amertume. dans le la Vision d’Hébal. et. harmonieux et pur. retiré du monde pour vivre avec l’histoire. et dont l’honneur est dépendant du succès. se fait le prophète éloquent d’une trans- formation sociale dont il ignore la nature. l3 ques éminens. dont l’originalité a toujours été considérée ils comme une hérésie par le Vatican.

homme antique.PRÉFACE. » La force du saint-simonisme est dans la nou- veauté et l’originalité de ses doctrines économi- ques * : sur ce point Le Protestant et le il est puissant. Digitized by Google . pensant plus à la postérité qu’à ses contemporains. Cette expansion de la philosophie catholique vient d’amener récemment une manifestation du protestantisme riodiques térêts *. comme il Semeur. voué sans retour au culte des idées s’étant et de la grande-gloire. il y a de nos jours un beau champ ou- vert au rationalisme chrétien. Nous sou- haitons cordialement à cette tentative un succès efficace . dans deux recueils pé- semble vouloir appliquer aux in- sociaux l’esprit évangélique. Mais l’apparition la plus significative a été du saint-simonisme. sans contredit celle Ici je dois parler il est naturel de donner le pas aux idées sur quelque chose de personnel. Or. du système et de moi-même . qui. l4 les pages des Annales humaines avec une pro- fondeur naïve.

ses réformes. le soin d’appliquy pouvait aussi vouloir descendre pour combattre l’arène et dans la prati- et triompher sur-le-champ. appeler à lui les esprits. comme moyens dans ques. vivre sur le fond de ses idées sans s’inquiéter de l’augmenter. les résultats les autres sciences de son économie po- chercher ainsi à concilier la propriété et l’industrie. et entre les mains des générations qui arriveront bientôt au maniement des choses. prêcher plutôt qu’enseigner. deux voies à choi- pouvait fonder une école philosophique. travailler à mettre d’accord morales avec litique. ne plus rien chercher. il sir. du peuple. Il immédiatement dans que'. et déserter la philosophie pour tourner à une manière de religion.son système réaliser son dessein. et remettre à l’avenir de plusieurs années. * l . Il s’est partagé en école phi- Digitized by Google .4 PRÉFACE. mais tout affermer. Il le il la condition en trouvait en partie les progrès de ses idées économi- avait. tant que pour l5 pour but d’améliorer se proposait pour compléter . Le saint-simonisme pouvait si bien prendre l’un ou l’autre de ces deux partis qu’il les a pris tous les deux.

tout le trop courts d’al- monde se con- naissait et se parlait . prend de plus en plus l’E- les ré- miniscences de De Maistre pour des inspirations nouvelles. courte. Il- ( Digitized by Google . Dans ces momens légresse et d’espérance. tenter l’usur- pation de l’qvenir *. p. ils * me pressèrent de lire et d’étudier leur doc- Lettre d’un disciple de la science nouvelle. losophique ment la et en école théocratique.ï6 PRÉFACE. elle poursuit. et continue de se produire comme apportant une révélation pour principe. mais substantielle. c’était dans les premiers jours d’août x 83o. sévérance pleine de foi. avec une per- des études dont une publication récente. suivant son expression. Quand je rencontrai pour la première fois les saint-simoniens. Les journées de juillet ont beaucoup contri- bué à précipiter l’allure de l’école théocratique. L’école théocrati- que imite de plus en plus l’organisation de glise catholique. je trouvai chez les disciples de Saint-Simon l’ardeur la plus généreuse. doit donner une haute idée. et une i^volution sociale pour conséquence. En première travaille en silence. mo- ce et sans vouloir.

Mai^j’étais préoccupé de la science.PRÉFACE. les saint-simoniens et moi. * Dès que la » Charte de i83o eut renouvelé principe èonstitutif de la société française. que son âge res. et dextræ conjungcre dextram. d’ailleurs leur enthousiasme plaisait au mien. accélérerait tes et les progrès nécessaires. eux de la pratique iriimédiate. j’estimais esprits jeunes et actifs se ral- en un faisceau. était urgent que les sciences politiques rémisssent les théories accomplis. jeunesse. il philosophiques et * • faits le mieux si les agir plus tard . penser. cette association des in- telligences qui devait se tenir les portes ouver- ne pas être une coterie. dans noé entretiens. et puis en- trejeunes gens la familiarité est prompte • : K « Mibi mens juvenali ardebat amore Compellare virum. m’apportèrent leurs trine. pour encore que. Néanmoins 1 . devait liaient il au niveau des cette pensée s’em- me semblait que la écartait encore des affai- retremper ses études et ses idées. Du moins para fortement de moi. 1 livres. moi de la philosophie. Nous débattions ces points. 2 Digitized by Google . refusé d’apprendre quelque 7 Je n’ai jamais chose. eux d’une entreprise de religion.

Je ré- retirer en silence avec rapidité. passer il y avait pour moi quelque charme à fracas Voilà toute de juillet l’histoire.PREFACE. l8 mon entraient assez dans ils me travailler sais. un J’oubliai bientôt la reli- gion nouvelle sur ce théâtre de l’histoire et de l’art. je ne respirais plus à l’aise d’une religion nouvelle : sous la responsabilité je. et le lendemain j’é- sur la route de Lyon. en assistant parmi les saint-simoniens à leurs prédications. que ma un surprit la promptitude de résolution» de m’expédier à Marseille passe-port pour l’Italie. Cette gêne d’esprit et solus de me d’âme ne pouvait durer. J’annonçai à un parent qui m’est tais et de m’éloigner soir mon départ cher. j’étais hé- que jamais à leur chaire rétique. Je n’eusse jamais songé Digitized by Google . trouvai encore quel- ques paroles dans deux ou trois conférences philosophiques. après avoir chargé un de mes amis. hne entré dans la société saint-simonienne. car. et je sentais je ne trouverais une parole puissante. au silence-du Fo^um. J’y fois point de vue et pressaient de m’associer à leurs efforts pour moi-même au but que je me propo- consentis trop promptement. mais.

j’en j’avais ai pris abordé congé seul généreuses m’avaient si elle eût pris part à nia déterle : saint-simo- des intentions attiré. mais avec joie. la solidarité insou- tenable d’une doctrine bigarrée où se trouvent accouplés De Maistre et Bentham. flatteur Il est sans doute très- pour moi que ces messieurs aient été assez sensibles à ma retraite pour faire succéder Digitized by Google . et le mysticisme l’économie politique. Concevoir et exécuter même chose. existé : mais personne n’a mination. *9 ces petites circonstances. cette influence. au milieu de mes études. pourquoi. ici publicité que je ne sais les saint-simoniens ont donnée. Les saint-simoniens ont imaginé de répandre qu’en m’éloignant d’eux j’avais cédé aux suggestions non-seulement sans de l’amitié j j’avouerais peine. si l’on aperçoit des causes graves de dissentiment. à On retraite. m’inspira la pensée de reprendre ma liberté. et * m’ont arraché. à une mon les adhésion et à ma jours se réunir à une société. une courte et vive réponse. Il y a quelque temps. seul nisme. sans la à conter peut tous conférence.PRÉFACE. et se retirer. les saint-simoniens ont jugé cette résolution fut pour moi convenable de m’adresser quelques injures.

l’initiative pas médiocre dans la connaissance des lois sociales. . æquas leges- est nécessaire dans . le ne * * 1 - * . - Foederis . / * ' # t Appelé à un enseignement supérieur par un gouvernement libre et national. 20 aux éloges dont ils m’avaient environné. je devais défi- nir la nature de la législation. me doivent quelque chose car ils ont exploité ma présence parmi eux. peu contribué à du leur ouvrir les colonnes Globe et à tourner l’attention de plusieurs sur leur école. des invectives d’assez mauvais goût.PRÉFACE. . pays qui a soit • * . se rappeler Ils auraient dû seulement que je ne leur dois rien. Mais laissons ces misères pour ne plus parler que des' intérêts généraux de la philosophie. La tante que jamais pour la imporFrance à une époque où toutes de science de la législation devient plus les conditions pour ainsi dire révisées. contribuer à en résoudre Digitized by Google . poser toutes les questions. 11 la sociabilité sont -. \ Dicamus • \ que les révolutions. car je n’ai pas et qu’ils . son but.

Les philosophes n’étaient pas oubliés. C’est ainsi du moins que je conçut ma centre Un tâche. dans : j’avais. et placer la science des lois au du mouvement de la philosophie européenne. mais les jurisconsultes y pri- maient»: ainsi l’unité du plan avait exigé que je laissasse dans l’ombre la figure de Hobbes pour ne peindre que Grotius. écrit de jurisprudence en Europe histoire depuis la le xtie siècle jusqu’à nos jours. premier essai m’en tulé : Introduction générale à l’Histoire du Droit j’avais essayé positif. de ce point de vue. ai quelques-unes. J* PJIÉFACE. et la fois de tracer une théorie du droit de démontrer que le droit subsiste à par l’élément philosophique et l’élément historique une un peu un ouvrage inti- facilitait l’accomplissement. Cette introduction était animée d’une pensée spécialement scientifique était surtout d’y montrer le : mon dessein progrès et le ca- ractère tant historique que philosophique de la jurisprudence européenne. et tiré de ce tableau des enseignemens et des consé- quences. mettre en saillie quelques principes dirigeans.. Déjà. Rousseau pour mieux faire ressortir essai d’histoire Montesquieu philosophique de : c’était un la jurispru- Digitized by Google .

les jours. dence. aujourd’hui arrivée. le je n’en tracerai pas de nouveau l’esquisse je dirai seulement les : intentions qui m’ont dirigé. de Dieu Digitized by Google .22 PRÉFACE. lumière . dans premier chapitre de l’ouvrage. de la religion que par la philosophie. * que. les et qui perce déjà de torrens de nuages qui disparaissent de plus en plus pour nous en laisser voir et la face et la cime. et non pas une philosophie du droit. ses et célébrer des cho- C’est ma foi la plus intime que l’homme ne peut être grand et fort que par ce qu’il peut . On trouvera le plan de la philosophie du droit que je présente aujourd’hui au public. J’ai désiré d’abord mettre sur le premier plan la puissance et la dignité montrer dans l’esprit de la pensée humaine. la conscience qu’il est dans sa lutte de tous énergique de tout constamment appelé. dont je remettais la tentative à une autre épo- que. humain la raison Dieu par l’homme. l’homme ne reviendra à l’intelligence effi- cace de la Providence que par sa propre liberté. dans ce siècle qui se débat pour s’enfànter lui-même. à être volontaire .

de Eh que ! loir? a la vérité que par la force.3 PRÉFACE. lier il du passé ou par une faut se hâter de la ral- a la marche de notre siècle. Je désirais ensuite. que par lui-même. et pour trouver le néant dans ces voluptés mortelles? ‘ ' * ' • . pour lequel elle ne saurait être un bagage inutile destiné à embarrasser sa course . plurirni pertransibunt. m’autoriser de l’histoire. même dans un essai phi- losophique. mais mon j’ai aide le plus sou- consacré une des parties de cet ouvrage à tracer la suite directe de son évolution. Non-seu- lement je l’ai vent que j’ai appelée à pu. Ce n’était pas simplement l’histoire taines révolutions politiques qu’il esquisser. si ce n’est penser et Autrement pourquoi se donnerait-elle pas l’espèce vou- humaine ne rendez-vous dans les cafés de Constantinople. et augebitur scientia. serait la vie. mais aussi de cer- me fallait l’histoire des principales . pour y boire l’opium à longs traits. elle indique les routes déjà parcourues . L’histoire a été trop souvent commentée par les regrets érudition apathique .

ni dans plan. Pourquoi? civile. 1782. ni celle de la Cité du Soleil de Campanella. mais seulement hommes. in the history of civil Society. * The An Essay Il ne suffit pas d’avoir vécu. que devant celui de Didius Julien ou de Pescenius Niger. plus rapprochée de nous. restait à apprécier les travaux efficaces des grands n’entrait ni dans mon but. rappelé l’estimable Essai sur V histoire de la société gusson*. ni l’analyse de YUtopiç de Thomas Morus. C’est ainsi que dans. by Adams Fergusson. mon Il les il me travaux des philosophes. Brutus. ll\ théories qui se sont produites sur le problème « de la sociabilité humaine. fait connaître les jurisconsultes. dans cette Philosophie du Droit. de m’arrêter à considérer certaines curiosités littéraires et bibliographiques du génie poursuivais que le spectacle . Ainsi on ne trouvera. flflh édition. je n’ai pas non dans une époque plus. Digitized by Google . J’avais. je ne utile à l’humanité. par Fer- parce que ces ouvrages n’ont exercé aucune influence sur le temps qui les a vus naître. le Musée du Capitole je me le suis arrêté davantage devant buste de M. ni celle de Y Occana d’Harrington. de Thucydide ou d’A- lexandre.PRÉFACE. dans Y Intro- duction. London.

il ve- je n'au- Digitized by Google . poléon après Marengo. répondait à son secrétaire. l’éducation. écrit comme disait Na- ou régné. m’a prêté l’histoire. recueilli quelques avantages du secours que. et les théories Rousseau et posée à priori dès du contradictoires de de De Maistre. D’Aristote ou de Rousseau . qui le complimentait sur la manière dont de travailler à son immortalité Si je m'arrêtais rais pas une demi-page dans une histoire universelle. pour mériter. et je l’ai. je . mais je signalerai sur- tout la théorie de la souveraineté.. nait : là.réservé lumineux pour le delà polémique. pourrais citer la propriété. tant politi- que que philosophique. Plusieurs théories en sont devenues plus sensibles plus nettes et. ' * faire sortir plus et plus vif de l’épreuve Le premier consul.. que j’ai pu bien mieux définir en considérant la révolution française. J’avais à si je l’eusse début de cette Philosophie cœur de mettre le principe de la souveraineté nationale tors de toute controverse. que le Droit. a5 PRÉFACE. éclaircie par le récit des révolutions qu’elle a subies . plus claire dans les applications de Platon. une demi-page dans une histoire universelle* * Je crois avoir. revenant dè '> à Paris l’histoire et - après Marengo.

les de Buffon. Si époque de repos et septième dans siècle. considérer : je et et la parole. les comme au dix- longs et majestueux Digitized by Google . Je la veut s’il quel mélange de diction lecteur ce d’écriture produit par la S’il impro-' me rappelant cette parole de nous vivions dans une stabilité. effet plume sera plus indulgent à sa merci. il n’ai forme de cet par- livre. comme un le ils produira il sera comme un m’abandonne pas le courage de défendre essai. cours. dans il plètement dans du cabinet le silence visations de la chaire. en écrivant des Élémens de Jurisprudence unisuivant la méthode des géomètres? verselle il n’a tiré de ce procédé qu’un livre sec et ignoré.26 PRÉFACE. mais n’est pas le cours lui-même. L’ouvrage que je présente au public résultat du cours que j’ai professé est le au Collège le semestre d’été de i83i. J’ai refondu com- de France. L’a- Qu’a gagné Pufendorf ridité n’est pas la rigueur. manqué mon J’avoue que j’aurais dessein si sous la variété des objets on ne sentait pas quel- que suite et quelque unité dans la pensée. Je sur l’esprit du ne sais veut le considérer plus sévère . que ceux qui écrivent comme lent écrivent mal.

occupait toute s’incorporait avec vie. sujettir à des disciplines ses mots. l’assemblée le récom- pense par quelques minutes d'attention . porte. on ne prête pas du l’oreille et on passe à l’ordre jour. sinon. où un livre était choisi une destinée. et ce n’est pas cas d’appliquer cette parole qu’orc ne ici le saurait servir *î • » deux maîtres à x • ’ la fois. • Les nations doivent se donner la main par Digitized by Google . si peu que ce Le monde s’il soit. d’attifer ses académiques. l’art d’écrire l’homme.PREFACE. voilà les deux objets raisonnables de passions énergiques. de limer phrases et de Être utile. où loisirs la que j’ai pensée de pour ainsi dire condamnée chaque matin à l’oubli des objets qu’elle avait considérés peut-on exiger de quelqu’un de s’as- la veille. voilà ce qui im- devenu comme un vaste est Forum où chacun peut avantageux. 37 du règne de Louis XIV. lentement doute élaboré le l’homme est la j’aurais sans sujet mais. pomponner • ses périodes? ouvrir l’avis qu’il croit a raison. L’humanité et la patrie. dans un temps où .

par leur union les C’est ainsi autres. sans danger et avec vrai profit. Ainsi ont fait la France et l’Allemagne. armes . aux progrès de l’humanité : elles s’abor- dent et se visitent avec dant la paix. pen- apprennent à se connaître elles et à s’aimer. un plus elles peuvent. leurs grands hommes . les puis. et unir l’es- au génie national. et l’illustre philosophe de Kœnigsberg. harangues philosophiques la jeunesse allemaride. plus elles sont douées d’une originalité franche et d’un caractère distinctif. les grenadiers français tinrent garnison dans la patrie de Kant .. complètent les unes contribuent. s’aboucher entre elles. dans les plaines de gne. Digitized by Google . compte d’Iéna et d’Austerlitz. Leur lutte a été longue et acharnée Napoléon occupa .qui partit pour nous de- mander bientôt. militairement la capitale du grand Frédéric. enfin s’entremettre entre les s’étaient joints sur les Champa- La paix vin|t deux peuples qui champs de bataille et dans leurs capitales. enflamma de ses le continuateur du stoïque Fichte.28 PRÉFACE. échanger leurs idées comme prit cosmopolite qu’elles se leurs richesses. et comme par la guerre.

à des sentimens bienveillans. La France avait eu sa révolution et offrait à nos voisins des leçons d’histoire toutes vives et toutes con- temporaines . de Herder. notre curiosité fut vive. de nos de Schiller. les vieilles haines murmuraient en- core. Tout cela fut nécessaire et bon . la France n’oubliera pas sans doute la gloire et l’originalité de sa littérature. l’Allemagne ne perdit pas son génie national en profitant de nos leçons politiques . son érudition et sa poésie appelaient nos regards. mais ils gardaient leurs dieux domes- d’Homère. de Heeren. pour avoir puisé quelquefois de l’érudition allemande. aux sources Comme les héros deux peuples échangeaient leurs armes. Les deux pays échangèrent alors les résultats de leurs dernières quarante années. deNiebuhr et de Savigny.PRÉFACE. de Greuzer. les tiques. de Goethe. proque vint ouvrir Une estime réci- les esprits et les cœurs à des idées plus larges. Digitized by Google . té- moin la traduction des chefs-d’œuvre voisins. elles expirèrent enfin. 29 Pendant quelques années. l’Allemagne était parvenue à l’âge d’or de sa littérature et de son intelligence : sa philosophie. on s’examina en silence.

il viendra. l’Allemagne a passé à notre égard de l’admiration à la dé- Après fiance. elle a craint de voir de nouveau la France se déborder sur elle. avec ses bataillons et ses idées. « ce n’est pas dans le cours à une nation aussi » originale et aussi grande de rien copier. pas » même » mais. de sa propre pen- la France. 1 . de ce comme je l’ai écrit livre *. comme pour nous. pour elle. v • v ' ’ Digitized by Google .’ 3o Depuis la révolution de i85o. ' f * Tome 2. le jour où nous pourrons redemander tout ce qui doit nous appartenir sur les rives du Rhin> mais l’Allemagne ne doit pas con- fondre cette pensée nationale avec la-chevalerie errante. en vertu d’elle-même. Elle ne nous copiera pas.PRÉFACE. Nous avons pour cette grande nation le respect que nous réclamons pour nous- mêmes. de les folies Nous n’avons jamais eu le dessein d’aller chevaucher à travers ses populations et ses villes. en y distribuant des recettes de réforme sociale. Sans doute. et nous lais- sons à son génie le soin de son propre bonheur. nous voulons l’indépendance de la pensée. s’être émue avec enthousiasme au spectacle de notre émancipation. Ce n’est pas. ' .

génie de ces deux où chacun d’eux J’ai essayé l’appréciation du hommes au moment même disparaissait. » comprendra conséquences des à » » quand les politiques. les révolutions. vient de perdre Niebuhr et Hegel. ce que la pensée a de plus systématique et • de plus abstrait. de plus vif et de plus délié.PRÉFACE. » C’est sans le moindre embarras que je toujours exprimé sur sultes. « sée. nous |>ouvons l’attendre Alors. le second. moins) l’indépendance de du l’esprit national. Le premier représentait ce que l’érudition historique a de plus individuel. n’a pas étouffé (je l’espère. elle les elle jugera » avec plus d’indulgence. temps seront arrivés. 3l de sa propre philosophie. j’ai le et détour ce que haute estime pour les au- me suis mérite de ses juriscon- de ses philosophes dit sans le fait de ses historiens j’ai cru vrai : : ma travaux de la jurispru- dence historique. elle appréciera la » France mieux peut-être qu’elle ne » jourd’hui. J’ai parlé avec Digitized by Google . ou pour des spéculations métaphysiques. dans un court espace de temps.' L’Allemagne.

parce qu’il exprime une vue et une convicsoit dont je suis pénétré » tion » juste » mon de communiquer aux lecteurs » » lui- de caractériser la candeur de son érudi- que de m’attribuer : rien n’est plus inle désir des para- Le chapitre que j’ai consacré à Hegel entièrement imprimé quand le bruit de sa doxes. et qui a même si une tion dans quelques lettre qu’il m’écrivait mois avant sa mort : « Une chose qu’il m’im- » porte surtout de voir reconnue.» doctrine se sentaient blessées de Digitized by Google . Cette n’aurait pas changé phique.préface. de cet homme d’une science l’histo- profonde semblé prendre soin et si naïve. 3a une admiration presque sans réserve de rien. » était mort est parvenu à Paris. Il Le la livre celui qui s’en n’y a pas un mot qui mis aussi exactement que possible. mais roles. c’est que » but » même est certitude dont je suis pénétré. elle Comment ne ma triste nouvelle conviction philoso- m’eût suggéré d’autres papas voir s’évanouir une in- telligence aussi puissante que celle du professeur de Berlin. » doit convaincre par occupe de bonne » ne lui-même foi. sans une douleur mêlée de respect ? Si quelques-unes des personnes qui révèrent sa mémoire et sa .

mais en lui en renvoyant la gloii^ D’ailleurs rien de ce qui tient à l’Allemagne ne peut être par moi traité avec une indifférence légère. L’esprit cosmopolite n’est pas une philan- thropie fade. ordonna de les faire *• . les Gans. la vivacité que ma de 33 la réfutation. les Mitter- maier. qui vous laisse l’âme sans et sans partialité mieux pour la patrie. voulant frapper et consterner des ambassadeurs de 1 éclat de sa gloire. la destinée et la mission amour On comprend de son pays " . On se passionner pour l’his- raconte que Charlemagne. ont accueilli mes premiers n’y a pas de dissentiment qui puisse effacer ces souvenirs. quand le cœur est assez vaste et assez ardent pour toire universelle. Je ne saurais vouloir passer sans m’incliner devant la dont le et fait tombe d’un homme premier en France j’ai prononcé illustre le nom connaître quelques idées. je désavoue tout ce discussion peut avoir de trop impé- tueux. 3 D .* PRÉFACE. quand les yeux et l’intelligence sont fixés sur la carte du monde. il Savigny. je ne puis oublier la bienveillance cordiale avec laquelle ses plus célèbres jurisconsultes. les travaux.

France. éq en te levant jeté un cri trainte de te rasseoir sur tes sublime. et demander l’avenir à ses propres efforts. tu te retrouveras toi-même à l’heure fatale. peut à la foi ma voix revenir à en lui-même. enfant du sophisme. J’ai dit les intentions et l’esprit qui m’ont animé en parlant et en écrivant ce rai pas réveiller u de livre. tu es encore quelque peu grande parmi les nations. stations infinies. 34 passer par d’innombrables salles de son palais remplies de personnages dont chaque instant deur impériale elle-même.PRÉFACE. si le jeune homme qui se cherche lui-même. tu as été con- toi-même et de voiler couleurs. après que tu as sant. après des dans im sanctuaire éblouis- le dédale de l’histoire le sanctuaire est la patrie. que tourmente un génie qu’il ignore. Je devrai du moins à cette seconde publica- Digitized by Google . en v^|p. et tu mérites encore l’idolâtrie de tes enfans. que déchire un scepticisme. Je n’au- inutilement rassemblé des mots si je puis dans quelques jeunes esprits l’énergie la raison et de la volonté. Dans prenaient à ils magnificence pour la gran- la et les reçut.

831 - Digitized by Google . la possibilité • de pouvoir m’engager sérieusement. qui s’enchaîne à la première. il est temps de travail- nationale. tion. . tant dans l’histoire des législations tion philosophique les questions ler à : les sont posées une philosophie Paris.35 PRÉFACE. I er décembre 1 que dans la législa- antécédens sont connus.

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et devient plus grand historien. Aussi est-il de véritablement digne d’un gouvernement sorti du droit et de la liberté contre une tyrannie sans intelligence et sans gloire. au specla lutte / Digiti?ed by Gopgle . elles déplacent aussi les bornes de la science et de la pensée pour les 1 porter plus loin. et devient meilleur philosophe. modératrices du monde. esprit de l’homme. A chaque catastrophe historique. nous jeunes gens. fait un pas.INAUGURATION DE LA CHAIRE. ' Les révolutions ne changent pas seulement f le sort et la condition des peuples. comprend mieux même les lois à son insu. d’avoir songé a nous convier. juge mieux les faits accomplis.

et dont la une précipitation cruelle. sur une terrç étrangère. à la comparaison réfléchie des institutions sociales. et qui a terminé. vivement senti C’est alors qu’on a d’un la perte célèbre parmi les jurisconsultes. que je regrette sans l’avoir connu. avec l’esprit étendu et science élevée. publiciste éminent et patriote. sans avoir de monument. et qui aujourd’hui est honorablement distrait des travaux de * la science par une vie politique. si ardente. * et d’avoir fondé dans cet établissement illustre une chaire histoire générale et philosophique des législations comparées homme laissé . qui a donné. Je remplis un devoir sacré en prononçant dans l’inauguration de cette chaire le infortuné Jourdan. qui ne paraît Le Collège de France. et qui promettait d’être si fé- si conde. une vie jeune. à la vue scientifique de leurs législations. le premier et salutaire exemple de l’enseignement libre. il ya trois ans et presque de concert avec celui qui vous parle. nom du docte amèrement et mort a glacé. Digitized by Googli .INAUGURATION 38 tacle général du droit et de la liberté chez tous les peuples. il y a quel- ques années. Cette enceinte réclamait aussi autre personne qui depuis seize ans s’est la une montrée censeur infatigable des aberrations d’un pouvoir qui a disparu pour jamais.

Dans cette absence d’hommes véritablement com- pétens et achevés. n’y a pas. terait volontiers le mais de l’encourager elle et accep- ses condis- commun de votre inépuisable indulgence réalité. on a pensé que ce n’était pas temps d’exclure on a cru que la jeunesse. Il l'élite de pour moniteur un de à réclamer et votre appui. commun. Digitized by Google . L’année suivante. j() pas devoir être moins riche que le en dévoùment à la liberté *. passé en sacri- m’est permis d’interpréter s’il ma présence dans cette chaire. de lieu ma part : éclaireur dans une science nouvelle qu’il s’agit de fonder. dans des études mises en ciples. nous avons ouvert des cours indépendans de ceux de la faculté de droit M. Comte professait le droit naturel et la législation criminelle l'objet de mon cours fut l’bistoirc philosophique et littéraire : .Charles Comte. comme française verrait sans déplaisir que. fices et Maintenant. Messieurs. je ne dirai qu’un mot. en votre fraternelle assistance que je puis trouver la force de ne pas succomber mier coup à la tâcjie du pre- immense qui m’est imposée. j’ai traité l'histoire du droit romain.DE LA CHAIRE. libre de tout lien et de toute entrave. Dans l’année 1828 à 1829. du droit. c’est en vous seuls. je ne puis rien sans vous : jeune. * On a reconnu M. Eu ici la jeunesse un jeune homme.

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Quand changea tait Grotius. profondément l’Europe? la cause de Au xvnc siècle une lutte de trente nécessaire pour assurer aux croyances et travaille la liberté civile. LIVRE PREMIER. ans fut Digitized by GooJjIe . Plan de l’ouvrage. quelle cause agi- la l’Europe sur ses fondemens? la cause de la Aujourd bui que nous sommes réunis dans cette enceinte pour inaugurer la science des législations comparées. publia le livre qui science politique. quelle cause occupe liberté religieuse. DE L’IIOMME.PHILOSOPHIE DE DROIT. et pour renouer avec Montesquieu. en 1620. CHAPITRE PREMIER.

je ne sache pas que Thucydide. Au xixe siècle les droits et les plus positifs de l’humanité veulent être satisfaits. peuples restèrent à la fin maîtres et les arbitres bataille du Nord et nous. Richelieu. que plus vive l’Orient mouveet plus commence-t-il à de toutes parts à l’érudition. aient vécu dans des temps de calme et de quiétude. parce qu’il converge sans relâche au génie européen. les Gustave Adolphe vainqueur après sa mort. elles l’a- grandissent et l’exaltent. pareilles époques fussent contraires et fatales à la science. Salluste. Machiavel. parce qu’il se détériore de plus en plus dans son originalité native. les et deux du champ de de l'Europe. et pour nous peu à peu familier? Parce chancelle sur ses hases primiti ves fausscmen t se rend-il qu’il réputées immobiles. et qu’au ment où l’homme s’arrêter et tarir et plus sacrés les mo- agit le plus. Jean Bodin. un peuple Suédois et Français. Quand les peuples sont remués par mens intérieurs ou des agressions leur histoire n’en devient saisissahle. Pourquoi être accessible des étrangères. et les destins Serait-il vrai que de s’accompliront. Thomas Hobbes. Digitized by Google . et pour ne pas sortir des sciences historiques et morales. Hugo Grotius. sa pensée doive dans sa course ? Non : les révo- lutions n’étouffent pas l’intelligence.PLAN 44 et aux idées du xvi e leur juste empire.

Adparent priami et vetcrum penctralia rcgum f «r * Æneid. Si la nous ^5 comme par Napoléon il le Grèce dépouille pour couleurs d’une rhétorique tra- les fausses ditionnelle. Digitized by Google . *. Rome gou- vernée tour à tour par Marius et César. ne fût-ce que pour absoudre le Dieu qu’elle adore -. lib. ner vers la vie politique. son insurrection n’y a-t-elle pas aidé Et Rome ? qui finira par être libre. ne nous revient-elle pas mieux connue. L’Angleterre travaille noblement à prévenir et à supprimer une révolution en innovant elle-même dans son antique légalité. qu’il fut visité fut par Alexandre. et atria longa patcscunt. Grégoire VII et Jules du II. théâtre des Gracques et de droit romain et du catholicisme. commence à s’agiter et à se tourRienzi. * V u. Temps - que disait pour étudier l’histoire Ce un poète en chantant une catastrophe excellent ! tragique peut s’appliquer aujourd’hui aux annales du' monde : Adparet dormis intus. efforts toujours malheureux et toujours renaissans? L’Allemagne. grâce à une érudition contemporaine de ses efforts depuis quarante ans pour ressaisir sa liberté. du milieu de sa réforme et de sa métaphysique.> ^ DE parce LODVRAGE.

tout et s’il était sise véritablement au centre de l’Europe. Méditerranée touchât aux à l’Italie. Toutefois n’est il plus donné aux annales d’aucun peuple de captiver exclusivement lacuriosité de l’esprit. pour comparer il prendre et tout sentir. plonge l'oeil pour ainsi dire. au milieu des nations qui à la fois tendent à se rapprocher dans une commune alliance. retiennent encore leur et l’esprit veut saisir en temps ce que chaque peuple a qu’il y a de général dans du monde. plus avant dans l’intérieur. Or. domesticité de l’histoire . à Calais. au milieu des révolutions. et Une histoire ment. même d’intime. de Digitized by Google . il lui faut aujourd’hui les rapports et les comparaisons d’une histoire générale. le génie ne fût séparée que par sept lieues de mer de son illustre rivale. surtout particulière peut intéresser vive- celle de son pays. propre originalité. pût entrer en conférence avec germanique. qui par la Provence et la peuples du midi. dans la dans les faits et. j’y découvre au contraire un indice de renaissance de rénovation. à la Grèce. et ce système historique le comune nation as- faut tout voir. qui. et loin de voir qui nous pressent rien qui doive décourager pour les destinées de la science. qui. sur les bords du Rhin.PLAN 46 Oui. et fût à cinq journées de l’Afrique.

Il suit naturellement l’es- que toute histoire des législations doit être précédée d’une philosophie du droit et Montesquieu . sût jouir avec délices des diversités les plus éclatantes dans les arts comme dans la pensée. sonnalité.DE l’ouvrage. peut seul aujourd’hui donner quelque sens : . terre hospitalière de tout ce qui est illustre et malheureux. une découpure de faits pittoresques que l’on puisse dérouler. grande. ainsi ont fait Vico. car elle n’a rien à craindre de cette prodigalité magnanime ne pourrait-on pas : dire. peut s’ingérer d’ap- comparer les institutions di. distribuant la gloire à pleines mains. ainsi l’exige la Domat méthode: mar- chons donc dans cette route avec fermeté ce qui. que cette nation si impartiale et précier et de si si bienveillante. la principes et sa per- législation philosophie en action . autre n’est c’est le code des théories. . sans mettre en jeu. 47 l’Angleterre. ses effet. des opinions et des idées adoptées comme règle de conduite par la majorité de pèce humaine. sans apporter ici l’exagération d’un patrio- tisme vulgaire. chose que En la soi. qui.s peuples? La science de la législation pèce de terrain neutre où n’est pas l’on une es- puisse paraître sans se compromettre. elle n’est pas non plus une chronique du moyen âge. Google .

seconde la troisième de l’histoire. Jnévi- Digjttzèü by Gqt . lui. L’homme et religieux. voilà qui tire l’homme hors de lui-même et cependant il même temps l’invincible besoin de . La première de traitera la société. toujours sa personnalité. à ses semblables et à Dieu. est Tl un animal vit politique. et. de se retrouver lui. la qua- trième des philosophes. dont la face la l’homme. la cinquième définira la science de la législation proprement dite. à la la nous attirent aux nous ravissent à la plaisirs des contemplation de Dieu. de expliquer en s’y sans ambages méticuleuses. du Cette philosophie en droit sera divisée cinq parties. la de l’homme. qui nous envoient à chasse. Des passions qui nous sollicitent de sortir de nous- mêmes. aux mé- ditations plus sévères de la science. sens. contradiction qui fois à la science. incapable pour le aux se satisfaire de dans cette constitue. guerre. Quand on s’adresse à plexe frappe d’abord. c’est à des lignes homme. un c’est fait com- son individualité.A PLAN 48 écrites. la mécontent de dépouiller. au théâtre. scientifique par ces trois instincts. aux saintes jouissances de la religion. s’attaquant à la plaisirs. éprouve en revenir à lui-même. plus saillante est la liberté.

des de ce qui a duré dans Il lui faut des tions. cherche l’unité la science. des inscriptestamens irrécusables des hommes. Elle ne visitera pas. la observe ce y applique et produit Enfin naturellement religieux. la mémoire des hommes. seulement le doué de et puissance de connaître et de savoir. Possédé constitue et applique le toujours une et toujours du besoin qui est hors de lui et lui-même. nonil conçoit Dieu. les hordes chétives et brutales i* » que la ci4 Digitized by Google .DR L’oüVftAGE. ou rarement du moins. la hutte des sau- vages. droit dont l’idée 49 toujours en contact avec ceux ressemblent. tablement qui social. a il s’emparer du lecteur ou de l’auditoire dans temps où les vers se chantaient. dont le dernier siècle n’a rien su tirer. et sur-le-champ au plus vif de bon aussi Il de les le plonger l’action. des titres. monumens. D’ailleurs l’histoire civile ne peut s’occuper que de ce qui a véritablement paru. dans les deux et On dans donné la société : voilà l'homme. par un récjjt qui pût in médias leur sujet. y a long-temps aux poètes épiques le conseil de se jeter brusquement dans res. ne s’engagera pius dans ces stériles discus- sions sur l’état sauvage. mais il l’aime et veut retrouver à la fois dans son cœur. les lois il il de sa pensée. lui il est^ progressive. L’avis est à suivre pour l’historien des sociétés. peuples et des choses historiques.

et encore touchées de son sceptre qui ne nous offrent guère que de tristes anomalies. j’écarterai aller droit à l’Etat. de Si la moyens loi la société Vient il siècle. le de la monde loi est l’idée plus haute que l’homme puisse concevoir dans l’ordre rationnel. pour grande image de est la plus pouvoir et la loi? C’est monde physique les siennes. sociabilité la qui hu- repose sur trois idées fonda- l’Etat Qu’est-ce que moral. c’est-à-dire le bras doit être long et vigoureux ne veut pas la liberté. le Si le moral a la la société. si le pouvoir estla force nécessaire pour pratiquer ce bien. la l’appelle loi. Cette harmonie progressive qui vivifie la nature. l’homme la cherche dans la société. voilà ce semble deux idées tout-à-fait positives. périr. qui convergent à un but positif. elle appelle à elle les et la force pouvoir. et l’idée la liberté. Or mentales : la loi.PLAN 50 vilisation n’a pas d’or. dont si en siècle change et toujours le de l’exécuter. elle est aussi Digitized by Google . est la règle. Quel sera donc le rôle est l’expression de la liberté? Dans son essence. Dans le d’abord la champ même de famille maine. il la constitue. du bien l’expression a des lois. des exceptions hideuses. Qu’est-ce donc que politique? qu’on veuille bien peser ceci la liberté : Si la loi du bien moral. et des expériences tronquées de la nature humaine.

l’aristocratie. appelle toula liberté prêche alors les in- jours des réformes. Mais dans le jeu et dans le mécanisme des difpositive férentes constitu tion^i^oli tiques paraît-elle pas souvent sous la tation pour fanter le progrès ? . la liberté résiste. lors même qu’elle quelque sagesse. et la loi qui du pouvoir qui se pervertit dans sa marche. novations. elle devient une opposition. elle est. la liberté est indestructible et nécessaire le mécanisme des sociétés. la démocratie et la république. un des élémens de la nature humaine. le pouvoir dans berté seront suffisamment constitués. prospérité sociale : voilà ce il et la li- y aura qui importe. En effet. de la caducité et de la jeunesse. que de s’attacher avec une impatience passionnée et inexorable à la poursuite d’une forme politique. Les éternelles dissertations sur la monarchie. êtres animés. ne la liberté forme de protes- ou de novatrice pour en- résister. Digitized by Google . nous le verrons. Dans tout pays où la loi. et c’est avoir peu de l’esprit. opposant. soit demande comme le progrès. peuvent avoir leiy importance. Le temps seul dispose pour les institutions comme pour les le philosophie dans . 5l que quoi que ce soit.DE i/oUVRAGE. en face de n’est pas toujours le bien. soit A ces deux comme nova- trice. La se développe avec loi. mais elles n’attaquent pas fond même des choses. et titres.

nous chercherons comment et en quoi il e6t indissoluble. la paix ou la guerre. mais de quelque manière que cette conférence se passe. et en chercherons les lois nous philosophiques. et nous agiterons le problème du divorce. mais une et indestructible dans son principe. Le mariage est le fondement de la famille. question fondamentale du droit des gens. qui est l’individualité humaine. Plus vilisation se développe. tant Digitized by Google . variable et perfectible dans ses formes. de Bonald. nous trouverons l’Etat soutenant un doublé rapport avec les autres sociétés. Les peuples se visitent ou se touchent par le commerce ou par les armes .52 il PLAN les ensevelit ou les produit au jour avec un irrésistible à-propos. plus l’Etat analogie avec la doute. Viendra la propriété qui change plus facilement de maître que de nature. De la propriété nous passerons à la succes- sion. mais dont famille dont il se sépare il la ci- perd toute est sorti sans chaque jour da- vantage. Je n’ai pas voulu reproduire cette éternelle filiation de la famille et de l’Etat tant répétée depuis Bodin jusqu’à M. Avant de passer à la famille. condition nécessaire de la famille. elle est salutaire à l’huma- nité.

participe à la fois de l’Orient et de la Grèce. comme naturelle 53 comme que testamentaire. sur cette Grèce. et si variée. Digitized by Google . si si je puis gracieuse où nous nous engagerons plus tard. je ne désire prendre une prélibation. que l’histoire cipes nous fournisse que nous aurons lions ici l’explorer Non que nous posés. Je ne veux pas ici jeter quelques phrases superfi- ne mal ébauchés cielles sur l’Orient. et je gaspillerai pas en quelques le traits magnifique tré- sor de la législation orientale. Qu’est-ce que le bien ? qu’est-ce que le mal ? Quel est le principe constitutif de la pénalité? La législation doit-elle être rémunératoire en même temps que sidérer pénale? nous toucherons tous ces points. Nous ne saurions quitter la société sans conun triste phénomène. si elle est le développement des idées sociales toujours en progrès. Si la législation est la phi- losophie en action. Je passe à l’histoire. Rome. qui si vive. nous suffira pour entrer dans l’histoire. le crime. et resserré doit des prin- claire cipes et des destinées de la nature humaine. parler ainsi.de l’odvrage. Alors ce sera la place de la théorie des contrats que le droit romain a si profondément comprise et écrite. Pas davantage. dans sa variété au moins un tableau rapide nous donner il la justification faut preuve des prin- la vou- mais infinie.

suivant la portée de leur intelligence. il Le la terre élevée spiritualisme chrétien eût un ordre matériel. et en utile au monde. . tant elle était personnelle. apportant Europe. Voilà donc les barbares déchaînés sur le monde. l’empire. le la vie personnalité preuve? La loi loi ? humaine. Le christianisme lui-même serait impuissant pour calmer une domination si âpre. loin d’être personnelle. ce célèbre droit civil qui sépare fondément donne au monde une christianisme qui morale inconnue jusqu’alors. Cependant bares. l’homme sur le le quittait pas. nous pou-^ fallait cela la féodalité fut Digitized by (jOOglc . la pro- du sang nouveau à liberté les bar- la vieille reconfortent en l’envahissant. Le redressement de En suivait partout territoire étranger. Nous traverserons la république. Et quel de leur est le caractère la si privée de la vie publique. la féodalité. elle ne voulez -vous la. été sans force.PLAN 54 mont C’est entre le que s’est mont Capitole Palatin et le dessinée en caractères ineffaçables l’op- position jusqu’à présent éternelle de tie la liberté. la loi féodale n’est autre chose que à la souveraineté. Opposition tranchée avec la loi barbare. L’ordre se rétablira par une institution originale entre toutes. de l’aristocratie et du pouvoir et de la démocra- tellement que tous les historiens l’ont saisie à des degrés différens.

abat l’aristocratie puissamment la . le droit canonique. sert la liberté et rend une révolution nécessaire. de Riche- monarchie royale. Voltaire. lieu et de Louis XIY. la société développe sans relâche : la européenne France. Mais lui 55 rendre aujourd’hui cette la société féodalement constituée. Montesquieu et Rousseau l’explorèrent avidement et préparèrent pour Digitized by Google . Sur cette se triple base. il domine l’Europe par papauté italienne. élève le peuple. travaille la première à sa propre unité. la légis- lation féodale. comme parle Bodin. A la monarchie royale s’enchaîne un nouveau progrès. christianisme reprend l’empire des idées et la le supériorité morale. la législation canonique. réprime la féodalité et l’É- glise. la monarchie représentative dont l’Angleterrre est l’éclatant modèle.de l’ouvrage. Ainsi voici nit société moderne : élémens de les la législation la barbare. par contre-coup à celle de l’Europe. elle : alors l’enseigne- en fut l’école au xvm® siècle pour tout ce que l’Europe eut de penseurs. vons sans danger justice. et qu’elle établit irrévocablement par sa révolution de 1G88 cette île célèbre ment de donne à l’Europe la liberté politique. se réforme et se rajeu- par Luther. sous le sceptre de Louis XI. par sa constitution monarchique. développe sa propre la législa- tion.

a été d’envoyer en Amérique des Français pour y faciliter une république. à Athènes Digitized by Google . progrès de elle est la société Si l’histoire n’a aujourd’hui le dernier européenne. Mais avant de commencer elle-même une révolution. et que la première action de la France. que. quand elle a commencé de tressaillir au nom de la liberté. et quand la république amé- ricaine aura plus tard porté elle-même les fruits d’une civilisation originale. l’autre lui main [pour s’émanciper. la le peuple et le trône. si elle n’oubliera pas l’Angleterre fut son berceau. la philo- sophie sera-t-elle plus avare? C’est. dont accomplies.*Ta France fut son alliée . que. la France jette la liberté dans un nouveau. L’an 1789 ouvre pour la société moderne une époque nouvelle dont la seconde phase a commencé l’an dernier révolution sociale. si l’une l’a fondée. Elle envoie à dats et monde ne sont pas encore Washington des sol- les destinées un émule.56 PLAN France un progrès nouveau sur cette transaction si belle en Angleterre entre l'aristocratie. mise en a tendu la : jeu de tous la tête les problèmes qui puissent troubler humaine. dont aujourd’hui une des parties contractantes demande à changer un peu les conditions. pu nous refuser cette inépui- sable série de progrès et de conquêtes.

Platon fut en continuelle opposition avec l’Etat et la constitution d’Athènes. que 57 s’ouvre l’histoire raisonnée des problèmes sociaux : au sein de c’est qui est.DE L’OUVRAGE. Aristote observe ce qui se la terre J|fest le positif des comme un contemporain fait tra- sur de Ma- Digitized by Google . vis-à-vis la légalité athénienne. tandis que Platon à la condition de s’y est maître et dans les cieux égarer et de disparaître à vers les nuages. Platon et Aristote. il est tout grec et n’a rien d’oriental : c’est à la fois le disciple d’Alexandre. romaine et le chris- tianisme. nous offre à la fois. ses Rois. doué du génie modernes. deux esprits lois bien de la sociabilité différens l’inau- gurent. Platon est un penseur factieux entre l’Egypte et le Christ. les lois étaient populaires. la réminiscence des doctrines orientales. Aristote a un autre esprit. et un vague pressentiment du christia- nisme. avec la la législation philosophie grecque. qu’éclate. L’Etat était démocratique: Platon avait une intelligence aristocratique et orientale . et sentaient le rhéteur litique de Platon la : po- immuable. l’examen des humaine. parfois bavardes. la un choix de faits précieux pour l’étude de Grèce. une des faces les plus saillantes monde du intellectuel. sous les auspices de Socrate. car elle déLe fils d’Ariston dans sa République et dans était coulait d’une unité primitive.

parmi les beaux-esprits. mais il ne marche pas. il qu’il du monde. Sénèque fort noble.PLAN 58 chiavel et de Montesquieu. par la l’empire terrestre. mais il ne sait pas l’animer. De l’examen de ces deux philosophes nous passerons au stoïcisme qui termine l’antiquité et précède le Le christianisme. Tels n’étaient pas le sort et la mission du chris- tianisme. commencé une abdication complète de Mon royaume n’est pas de résignation et la lisez saint Cité de Augustin. L’histoire du stoïcisme est comme une ruines curieuse galerie de tableaux et de bustes anti- ques : mais demandez-lui ce civilisation historique le sais. a des disciples sur le a il • dans la est muet. parmi les esclaves. faits. : tout cela est fort beau. les Anto- nins. en face des Césars. et des nous a laissé dans sa Politique ce que nous pouvons savoir de plus net sur la législation de la Grèce. vous trouverez Dieu ce sentimentArofondé- Digitized by Google . il élève la statue de fer du devoir. dans a distinctes. mais entièrement stérile. Je fait trône. ce monde. il veut en voir il cherche les lois l’esprit et la raison. Épictète. dont la pensée sociale nous semble s’è- développée en tre trois époques bien Le christianisme. c’est un appendice plein de grandeur aux derniers rao- mens du paganisme. rien de progressif le stoïcien se : stoïcisme n’a drape sur les du monde.

Luther. Seconde épo- que : la réforme éclate. siècle factieuse 146‘J. aux philosophes modernes. s’arment du christianisme. si déchirée . après J’arrive s’était mise avoir été le théâtre de sa gloire. comme la société. xv6 si Louis XI mourut en 1483. et l’autorité du catholicisme se mesura sur sa vertu. Sydney en Angleterre. les peuples adorèrent avec joie. il : combinaisons de il la a dans la tête politique ministre de Louis XI *. 5q ment empreint. Mélanchton en Allemagne. et développent une philosophie politique qui revendique les droits et la liberté des peu- ples. Les penseurs chrétiens se livrent surtout à la spiritualité mystique de la plus haute théologie : mais une fois accepte croyance et doctrine spiritualiste par le christianisme verner'. L’Italie à réagir contre le moyen-âge. si représente tout-à-fait cette Italie du si brillante et et si lettrée. et Machiavel nous donne à la fin du xv 6 siècle le spectacle d’un Italien maudissant la papauté. la religion catholique et le moyen-âge toutes les derne. Digitized by Google . le cela eût été possible il * mo- eût été parfaitement apte à devenir si perfide. de la Bible. DE l’ouvrage. Machiavel naquit en . Hubert Languet en France. songea naturellement à la même en vertu de sa supériorité gou..

l’influence philosophique de Locke fut immense en Europe . Spinosa ouvertement non-seulement avec la synagogue qui Digitized by Google . bien ait eu de plus grands métaphysiciens que qu’il tolérante . mais si grand quil suffit : c’est auparavant de Benoist Spinosa. PLAN 6o ritalie. rompt ait paru dans la philosophie. _ cial de Rousseau. Quelques années avait produit Grotius. l’Angleterre. affranchir son pays. Le philosophe de Malmesbury prend en ironie la révolution qui doit seurs. la Hollande ne nous livre qu’un homme. Ce misanthrope est suivi et l’entraînent d’un esprit plus serein et plus égal. le germe du Contrat so- lui. Vient se placer à côtéegde ment sa gloire le juif le plus hardi et le plus audacieux. d’une humeur d’un cœur noble .. qui a l’initiative Après dans la liberté politique. les excès et l’usurpation de la démocratie le passionnent pour le despotisme. et civil. génie résumant philosophique- la science politique positif et historique. logiquement à la théorie sardonique du pouvoir absolu. homme elle au xvn« siècle. Dans la haute spéculation . nous offre ses pen- Hobbes et Locke. y nous saisirons dans son Gouvernement qui parut deux ans après Tavénement de la maison de Hanovre. tirer la guerre de trente ans et sachant de cet enseignement vivant son fraité de la Paix et de la Guerre.

* Introduction générale A l’histoire du droit. mais pas de tendance 'vers l’avenir. qui crée tout. Kant considéré sous les rapports moraux et juridiques- . mais dans l’applicati8h pratique quelque chose de stagnant et d’illibéral. Dieu et le monde. découler sa politique et son droit naturel de sa métaphysique. unité la nature.de l’ouvrage. dont nous avons tléià ailleurs tracé nous conduira à l’idéalisme de Fichte l’esquisse *. de Dieu et de l’homme. chap. il s’enferme dans sa pensée avec une indépendance inouie. de Hegel nous offrira surtout une vue cri- tique admirable sur l’histoire du passé. comme Platon. Kant et Fichte paraissent et donnent une base vraiment philosophique au droit naturel si faiblement établi par Thomasius et par Wolf. faisant. mais avec toutes 6i les autorités historiques et re- ligieuses qui le précèdent. xvi. doutant un peu de Yamplissima philosophandi libertate qu’on lui promettait. l’histoire et la pensée. refuse une chaire à Heidelberg. construisant un système complet du monde. La philosophie politi- Cette arène que de Kant. Le droit naturel. Schelling Hegel viennent ensuite arracher à ce monologue solitaire la du professeur tentent de résumer dans une et philosophie même d’Iéna. L’Allemagne ne peut se faire attendre dans de la pensée.

il pétrira de tous ces vre brûlante. tialité Ne lui et établi et trace demandez pas l’impar- savante de Montesquieu. et.xiv- Digitized by Google . la flétrit de quelques doit il le passé. nous nous arrête- rons devant Rousseau. il entraînera ses contemporains par sa divine éloquence à des commotions inouies. ** la jetant Voyez Introduction générale à l’Histoire du Droit. passions. sans impartialité. Il s’inspirera. bat en ruine l’ordre le Contrat social.Montjes- QiiKi. œuvre une dans une pleine de calme et de proportion. sa mission est Ainsi Montesquieu. fils d’un horlo- et les *. majestueux patricien. pour pour la l’histoire morale et des pour de Plutarque . Tandis que Montesquieu. lité et lui il tableaux pittoresques et considère curieusement la féoda- consacft la fin de son Esprit des Jean-Jacques. aTi phrases fougueuses. ger. autre. arrivant à la France. doit s’agiter dans les pressentimens d’un avenir vague. promène ses regards sur l’histoire du monde. Locke. arrivant à quarante ans à la pensée et à la littérature à travers une vie pleine d’amertume de détresse. de Richardson. chap. contraire. de Montaigne et de emprunts une œudans son siècle. la politique . inaltérable sérénité y maintient avec une Rousseau. sans érudition sur car il lois. car accuser et détruire. déroule inépuisable suite de dramatiques.PLAN 62 Enfin.

et qui d’un bonheur d’expressions de colère c’est le Michel-Ange de tiste de génie. voilà le philosophe qui succède à Rousseau. notre cause. Et d’abord voici venir un adversaire passionné de cette révolution. c’est à sur toute chose et sur tout homme. est assez laisser être justes. Nous examinerons les hommes qu’elle a suscités. Qui n’a pas fait M. et foi le second est mort avec calme dans l’avenir sous la restauration. mirer tout en rité nommé frémir le lecteur. de Maistre? il est trois hommes à saluer même dans sur lesquels avec plus de plaisir. il s’arme d’une ironie qui brûle. les rangs ennemis. je l’avoue. je reporte ma pensée. La révolution 63 française. le troi- sième a expiré après avoir vu le réveil de la li- berté. Saint-Simon. Benjamin Constant. Condorcet. la gloire partout où elle se trouve. Mais c’est le philosophie catholique la il vengeur du passé. Le premier a disparu dans les orages de notre pre- mière révolution . il a de très-bonne foi contre elle l’injure à la bouche et l’indignation dans le cœur. à nous bonne pour nous nous à confesser la vé- la liberté. espérons fermement qu’il n’a pas douté de . cette évocation amis de le : ar- mérite de comparaître dans de penseurs depuis Platon jus- Nous pouvons l’ad- blâmant. d’une invective qui ne tarit pas. qu’à la révolution française.de l’ouvrage.

Ils sont tous trois représén- tans légitimes de la révolution française dorcet a d’admirables instincts sur phie de l’histoire. si gracieux et la liberté et si juste.PLAN 64 ses destinées futures. si vif. Le xvm* siècle nous a conquis la liberté. Après avoir parcouru l’homme. La législation posée. la société. minerons» comment aujourd’hui faite et rédigée : c’est le elle problème de nous exadoit être la codifica- comment appliquée: c’est celui des institutions judiciaires. à des garanties politi- ques. étendu. nous pourrons convenablement' définir et asseoir la science de la législation dans la cinquième partie de ce livre : nous la distinguerons de la science du droit l’histoire et la philosophie. la : Con- philoso- Saint-Simon pose et travaille puissamment à résoudre le problème de l’assoBenjamin Constant voue son esprit ciation . avec la philosophie y avec la religion. pendant la restauration on vécut peu dans les camps. d’un regard les destinées futures de la science et de l’humanité. beaucoup avec était dans les Digitized by Google . Nous finirons en interrogeant tion. si la défense de varié. proprement dite. sous l’empire la pensée se reposa un peu on : camps. nous définirons ses rapports avec l’économie politique. et nous a nécessairement encombrés de ruines.

qui conduit les esprits et les peuples à l’apathie. fertile le temps allemande. Digitized by Google . mais par une inévitable réaction on fut enclin à croire que le passé pouvait souvent devenir légitime par la raisons connaissance que l’on acquérait et que l’on en donnait. les livres. et apparemment : le la grand Niebuhr disparition des individus signifie quelque chose. Ainsi l’école historique .DE l’ouvrage. Que la l’histoire soit donc désormais pour nous conscience du passé et de l’avenir. on s’instruisit 65 avec sincérité. les faut sortir de Il cette disposition. semble être close dans ses véritables résultats est mort. si en riches matériaux. et dont au surplus est passé. un appui à des inductions philosophiques.

Pourquoi fut.il donné au fils de Laïus de percer l’énigme et la poitrine du sphinx sur mont Phicéus? battu. dans une de ses Pythiques. le des- IV. de la sagesse 'd’OEdipe. dit de prendre la sagesse d’OEdipe *. et il d’expliquer et de représenter au * rv«6i vûv le com- c’est qu’il avait souffert et acheta. et qu’il s’arme. carm. l’individualité- Le lyrique grec.CHAPITRE De II.1 . 467. aofia. to£v OliimSa. Digitized by Go. V. proposant quelque chose à Arcésilas de Cyrène sous des paroles énigmatiques et obscures. monde PytHIA. Que lui tout homme qui essaie d’ouvrir la bouche sur luimême et sur la nature des choses profite de l’avis du poète. au prix d’une vie tragique. s’il petit.Ogle .

vous aurez vécu . > zed by Digiti. errez dans les cités et parmi les hommes sans mais la tête pleine de eh bien! qu’avez-vous recueilli? quels fruits? quelle moisson? J’entends la réponse mêlée^d’un éclat de rire dans la boudes mots . usez-vous dans des veilles ardentes. puis languisse et vous délaisse. ce que les livres n’avaient pu vous donner. des mots.misère. quels dénoûment de cette lutte et la vérité. au moins vous aurez senti. épreuve! Oui. et faut donc tant que l’âme n’a pas passé par le feu. spéculations infinies : : la foi en quelque chose se soit emparée de vous.DE L’INDIVIDUALITÉ. vous ressaisisse encore pour vous quitter. lisez compulsez penseurs. Google .et soient l’issue et le avec vous-même sortir votre désir : alors. que vous vous soyez trouvé le courage d’agir une fois à la face de tous Mais qu’un jour selon votre pensée que . exténuez-vous sur les ce qu’ont écrit les les philosophes. comme plus tard pour expliquer Douloureuse le et représenter la Providence. et profonde leçon pour apprendre souffrir 67 Christ versa son sang Il ! et agir. • tin. gran- deur et . des mots. vous l’aurez au moins conquis et trouvé : le sentiment de l’humaine nature. que voulez-vous attendre de cette salamandre qui n’a pas subi son hommes. fange et feu divin. dussiez -vous en en lambeaux. vous anime et vous possède. che d’Hamlet les regarder ni les voir.

! quelque part qu’un grand alchimiste avait con- sumé Il ses nuits à construire avait un corps de dérobé dans un cimetière les géant. penché sur son ouvrage pour l’observer de plus près.G8 i>e Ce livre sera l’ihdividdalité. de toute hypocrisie . se meut. sans avoir engagé en rien votre imagination et votre cœur. que de systèmes l’esprit de l’homme n’a-t-il Que de pas façonnés! vues divergentes! que d’idées moitié heureuses. élémens là un de sa création. Mystification amère J’ai lu les se heurter le . bras. se lève. il peu à peu s’ouvrir et se diriger sur lui un œil jaunâtre. et. on n’y trouvera officielles ni traditions je dirai • pur de tout mensonge dégagé et ni croyances adoptées de confiance . vous annoncerez à vos semblables que tout est vrai et que rien n’est faux. Digitized by Google . et simplement mes opinions et mes igno- rances. et de plus en plus notre al- chimiste en désespérait. une nuit. cependant ne venait pas. Depuis Platon jusqu’à Kant. enchainez-les unes aux autres par le point où elles peuvent moins de tant d’incohérence tâchez d’abstraire une unité. et le tue. Il est une manière commode de philosopher. moitié folles! Etudiez-les toutes. poursuit son créateur. pour devenir la vie le père d’une créature. sc voit dresse. quand. puis le corps s’anime. il avait tourmenté beaucoup de cadavres ici avait pris une jambe.

pourvu que le souvenir du passé ne soit pas tourné en empêchement de l’avenir. et dire comine un juré main sur le cœur: Je crois à tel ou tel fait de la nature humaine. Or. ces cadavres empaillés de la philosophie» Sans doute. (jQ pas ce monstre? est sorti il il s’appelle de l’accouplement des plus illustres systèmes. c’est se tromper grave- sortez des illusions et des brouillards : du Collegium logicum pour vous recueillir profon- dément en vous-même. 1)E Ne reconnaissez-vous le scepticisme. et. Autre chose est de du passé un objet d’études. de la lutte. autre chose est de faire de la connaissance du passé la science faire même de l’humanité. il est bon de connaître l’histoire des opinions et des gestes de l’homme. je le ne du sais conduit ses forces et de lui- son cœur se gonfle et veut déborder. son Digitized by Google . Demander science de ment à la poussière des livres là con- soi-même. qui nous donne l’éveil? la qui nous sonne le signal de la vie. qui nous envoie première dès que la Voilà l’aimant divin secousse et le branle d’une et irrésistible électricité.LINDIVIDUAUTÉ. . de l’énergique conscience de nous-mêmes? les passions. par contre-coup. C’en est fait: la corde pathétique a vibré dans l’âme jeune homme. la vie s’est révélée à lui quel instinct mystérieux et puissant sourdement au sentiment de même .

à l’élan d’intelligence et est-elle toute la science? le raisonnement est-il non-seulement l’instrument de nos connaissances. 70 front s’agrandit et semble devenir le siège de la puissance. en vous réunisssant. Choissez . Amour. mais une fois l’élection faite. et vous pourrez à peine. les âme qui Qui donc a ou du moins les endormir? Ne sortons-nous pas d’une époque où quelques-uns avaient peu la manie de se faire vieux avant le temps? s’en faut qu’ils n’aient rougi d’avoir le front jeune. la puissance et tisme . le néant. eux. pédan- loin d’étouffer nos passions. il aspire à vous. pour agir.de l’individualité. elles seules envoient aux grandes entreprises . Quoi? voilà la question. ont voulu les extirper. l’énergie et la lâcheté. beaux leurs idées et leurs affections. Un mot d’abord de l’intelligence. dans ces tempéramens qui vous laissent un homme entre l’erreur et la vérité. celui qui suite d’un but. science. il faut aimer. combler le vide de cette dévore et s’alimente sans relâche. calomnié se passions? quels docteurs. quelque chaleur dans la tète et dans le sang. préoccupés du soin de se retrancher. l’a s’est marchez. gloire. postérité. mais en est-il la source? Digitized by Google . levez-vous et Cependant. pour- mais il du sentiment se mêle un acte un acte de volonté. sachons les exalter en les purifiant . engagé à non-seulement il la l’aime. Secouons ce stérile . La logique conçu.

DE L’INDIVIDUALITÉ. un mot bien pro- . Elles nous sont données antérieurement à tout raisonnement. posée sur un substratum qui les solidement lui coexiste. des formes de conception qui existent nécessairement avant le raisonne: ment veil y a l’intelligence Elle peut recevoir l’éde la sensibilité. des bases. Mais il est vrai que l’intelligence. une colonne éternelle où il doit chercher constamment son appui. sans aucun mysticisme imposé. Voici deux propositions deux : ji et deux font quatre : Il n'y a pas (teffet sans cause. Spinosa a dit. Point capital d’où dépend toute philosophie France le . indépendant. Voilà qui a raisonnement et pu donner pousser à croire que l’intelligence ment le le change était la et unique- raisonner: elle est auparavant le con- cevoir. Dieu et la religion. Comment nous sont données ces deux propositions incontestables? tâchez de répondre de bonne foi. qui explique. Il faut admettre que dans notre intelligence il y a des élémens. ce me semble. mais elle s’en distingue il : elle est pour l’homme une base impérissable. et en vertu des lois de la nature humaine. reçoit inépuisables provocations de la sensibilité et se développe surtout par le logique. sans les calomnier. qui doit remplacer pour la sensualisme du dernier siècle par un idéalisme nouveau.

de séparer entièrement la liberté de l’intelligence. Quand» dsuaala conduite et dans cours de notre destinée. Digitized by Google . ne peuvent nous donner mêmes . ni le et sur lequel d’être* monde physique où nous vivons* nous déployons notre intelligente. la le ' sentiment de nous- nature physique et notre* constitution sensible sont deux faits irrécusables qui nous enferment et nous influencent à toute- heure. ritable et nous commençons réellement hommes. et voilà la difficulté. Com- ment concevoir jpindre les le jeu de la volonté sans y vues de l’intelligence et l’aiguillondes..7* DE x’ïWDIVIDUAtITi. passions? car tous les faits de la nature humaine- sont complexes. c’est par leur connaissance que nous. pense et veut. point l’analyse psychologique a faussé la réalité:' Gar la liberté. Sans doute. est un mé- lange de conception et de volition. En effet. On a donc dans ces derniers temps. La le liberté !. et sur ce fois désire eu tort. et dans tout acte l’homme à la ou repousse. ces faiblesse instrumens ingé- nieux par lesquels nous entrons en rapport et en contact avec les choses et les hommes. nous sentons s’élevet' et se fortifier de notre en nous le sentiment énergiquenous avons fait un progrès vé- liberté. fond sous certaines réserves dans cette phrase : Voluntas et intellectus unurn et idem sunt.. ‘ni les sens.

leur ob- vivons extérieurement possible. et irri- se sent à la fois il souffrant et libre. du consentement de mes semblables qui me reconnaissent pour une personne libre et responsable. à cha- que instant je sens que je puis être libre.de l'individualité. Je veux. la faculté qu’a l’hom- me de se développer suivant ses instincts. débutons dans la vie... il s’en distingue. Voi- est son prin- cipe ? la volonté. je vais où bon me semble. même au milieu de ses influences les plus impérieuses et les plus tantes. Je définis donc la liberté. tombe ou réussit. il ou ne D’où vient-elle? quel là l’action! s’en permet arrange sa vie. ma person- j’agis et je que j’ai me • conçues. Mais toujours la physique ne constitue pas l’homme. -y marche. plaisent . les négliger ^3 par eux que nous c’est : servation exacte et profonde est aussi nécessaire à l’histoire qu’à la philosophie. disent à la Digitized by Google .. les méconnaître est impeu raisonnable. il dompte Un jour l’homme prend un ses passions plus que quelques-unes . sensibilité bien qu’elle l’enveloppe . je puis vouloir à toute heure . je pratique les idées je satisfais les passions qui me . ses goûts et ses idées. se propose un but. et ja- mais je ne me nalité qui ne discontinue pas trouve abandonné de développe. La parti liberté!. . Sequere naturam.

74 fois Homme. ta nature. car tu le dois. Mais quelle sera la loi de la liberté ? ce sera Dé- de se mettre en rapport avec l’intelligence. à sa plus haute expression. dieu.. tant ces » la » nécessaires. voilà son devoir et sa destinée. même • peu importe sous la variété . providence. combiner sa nécessaires. idées absolues cessaires. et sur lequel sont règles générales. nous avions à détruire. DE l’inoivimiaxité. Épicure et Zénon. suis et développe. ou la liberté par providence. problème qui a fatigué ceux qui nous ont précédés. et pousse-la. agit et se l’homme par meut. et tant sont évi- ») deux choses sont » dentes et indubitables » avons Car » paraître plus nécessaire ce ! s’il les idées semble que la que nous en raison nous fasse que nous avons atr- % Digitized by Google . voilà liberté individuelle avec l’empire des idées destinés à venir s’exercer ceux qui viendront après nous . Tâche laborieuse sans doute. velopper son énergie personnelle suivant des l’homme. ni la nécessité- s’évanouir devant la liberté. Appelez les lois générales de l’intelligence destin. ou la providence par la liberté. et à côté de lui subsiste l’activité individuelle de laquelle « Si il ou né- toujours le vit. mais ni ber dans le sein de la liberté ne peut s’absor- la nécessité. nous ne saurions par où commencer. le fait est des mots.

je parlerai des possible passions : les passions et cette : ici revenons à la Providence. chap. la liberté rencontre sur » distincte sa route deux obstacles tellement puissans. j5 < Dieu. » Avouons-le toutefois. que souvent ils ont fait douter plusieurs qu’elle fût même providence dont parle Bossuet. car. S’il y a une cause au monde. toutes choses bien considérées. nous devons si bien conduire » nos pensées que rien n’obscurcisse » incontestables. iv. ** Livre 2. Traité du Libre Arbitre. ces deux » vérités doivent passer » pour également Donc. l’idée très- que nous avons de chacune d’elles *. En Bossuet. elle doit être elle est suprême et souveomnipotente et omnisavante . : et com- libres? Premièrement. nous avons plus d’expérience » tribué à de ce que nous avons attribué à l'homme. elle ne punirait pas ce qu’elle appelle le mal et le crime. donc elle a tout décrété et tout prévu ment alors sommes-nous nous croyons l’être. elle n’applaudirait pas à ce qu’elle appelle le génie et la vertu.de l'individualité. au lieu de les détruire l’une par l’autre. chap. de la Législation pénale. 5 9 la raison générale. Dieu. raine. être contraire à la liberté? il . En examinant les conditions de la responsabilité morale **. de » » sorte que. Et puis. si l’humanité ne croyait pas à la liberté. qui est * peut- Examinons.

à Mirabeau de ne pas renverser l’antique monarchie française. volontaire et providentiel. reconnaissons que l’homme peut l’être. à voguer à pleines voiles avec sa liberté vers les destinées qui lui sont la fois et imposées à par lui-même. et n’est jamais plus libre que lorsqu’il s’est rais nous paraît obéir au plan historique de la dence. En effet. des idées et de la volonté humaine. il sera à la fois libre et nécessaire. jeté dans un moule d’artiste. qu’il telligence. plus il est appelé à se mettre en rapport avec les desseins providentiels. qu’il aura du génie .de l’individualité. et ce- Digitized by Google . l’homme marche donc. telligence. Plus l'homme est intelligent. manière posi- de gravitation. et ne sera enrôlé qu’en vertu de lui-même sous drapeaux de l'humanité libre à à et Alexandre de ne pas Newton de ne pas tive la loi de Dieu. et. des passions. qu’il recule la soit libre et puissant : alors il Que développe son in- borne de ses idées. doué en de puissance un but. et par une irrésistible attraction dont le centre est hors de lui. a conçu il mais qu’il même temps d’in- n’est pas libre sans effort. plus provi- aper- il çoit sa destinée et connaît sa nature. aller Il n’était conquérir établir d’une les pas l’Asie. en vertu de ce génie qui n’est qu’un mélange. y6 nous débarrassant à du fatalisme la fois et des- Turcs et du fatalisme du Portique. est libre. de passions. quand et il à l’aimer et y marche.

nous suffi t pour constituer l’individua- de l’homme. toujours elle. devant y revenir sous peine de s’abolir et de s’effacer. la : vo- et ce- indestructiblement elle. la règle. dévorée d’une dévouement et d’égoïsme. Digitized by Google . au jeu varié et intelligent de Y oilà qui au libre arbitre. à providence. du besoin contradictoire de s’oublier et de s’exal- soif inextinguible de ter. et puis à la liberté. Ainsi. voulant toujours sortir d’elle-même. y revenant sans cesse. Je lité la la saisis dans cette nature hu- maine à la fois pathétique. courant s’abîmer tour-à-tour dans lupté. pendant ces hommes étaient libres sant des actes nécessaires. contenant d’inépuisables trésors de grandeur et d’amertume. 77 en accomplis- quand même la dialectique de Bayle déconcerterait sur quelques points les saintes et pures croyances de Leib- nous n’en croirions pas moins également nitz *.de l’individüalité. nécessaires. dans la religion pendant elle. volonté humaine. dans la science. la liberté de du mal. à la aux idées générales. tout ensemble fière et mécontente d’elle-même . * Voyez Essais de Théodicée sur l'homme et l’origine la bonté de Dieu. idéaliste et volontaire.

comme dit Aristote. il s’adresser à d’autres volontés. d’une unité morale au sein de laquelle il puisse se trouver à la fois heureux et libre. ses semblables. applaudissement. approbation. — De la Politique. Aussi trie. but d’une association. de compagnonage et de comtoutes les faces il se fait une famille. III. pour les autres de luiil a de prosélytisme. S’il peut vouloir. et même il soif a besoin si pour a soif de conviction. et de leur demander assentiment. Digitized by Google . une paun monde. l’homme est sociable. Sous Animal politique. de commun s’ il a besoin d’aimer en approcher^ de mettre en avec eux ses idées et ses espérances. poursuivant partout le plan et le munication. il ne vit que d’accointance. l’homme a des passions. — De la Sociabilité.\ CHAPITRE Du Si Droit.

Alors il conçoit qu’il a le devoir de respecter ceux qu’il appelle ses semblables. liberté individuelle et l’association consti- tuent donc la sociabilité. des êtres qui lui ressemblent parfaitement.DE LA POLITIQUE. et partant équation de droits et de devoirs. et qu il a le droit d’en être res- pecté lui même - . L’autre est l’élan d’une expansion généreuse. II nous . Ce n est pas tout. Le premier sentiment était individuel. Libre voilà le côté saillant et délicat ! de la L’homme rencontre sociabilité. abstrait. c’était le cri d’une indépendance innee et d un égoïsme indestructible. puis les peud’humaine devient nationale. Voilà les deux idées fondamentales de toute politique. de sa propre liberté et de celle des autres. Ainsi la première notion de droit se produit sous une forme négative. la preuve d’une attraction irrésistible et d’une solidarité ples. et La qui constitue les familles. qu’entre lui et eux il y a identité. C’est pour l’homme la reconnaissance obligatoire. mais inactive. restrictive. et jusqu’ici la sociabilité humaine n’est pas complète. Du sentiment de la liberté réciproque et de légalité mutuelle l’homme passe ou revient au besoin de sympathie et d’association. et qui priment par leur importance toutes les recherches sur les meilleures formes de gouvernement.

toujours le même et toujours divers. Pourquoi ce même une sa maturité. il si l’on veut entendre par ces mots une espèce de code de principes formulés. de la développer. véritables entités scolastiques que les révolutions sociales trouveraient immobiles. cette liberté devient-elle aussi tutelle peuple arrivé à de tous.DD DROIT. 8o est facile maintenant de résoudre cette question Y a-t-il ou n’y a-t-il pas un droit naturel? : y en Il a un. C’est ce droit tout-à-fait naturel de maintenir sa liberté. et par conséquent droit d’être libre. ineffa- çable et changeant. A raison de leurs Pourquoi daus la volonté sont clairs et la davantage dans l’image vive de la sociabilité? quel les grande? quand titre la lumières et si peuples réclails sont demandent-ils? à de leurs progrès. combien abstrait les rapports intimes de ment-ils une Quand liberté plus plus éclairés. Si dans de l’homme l’intelligence et frappans. Le droit est tout ensemble un élé- ment toujours un et toujours progressif. vit alors sous raisonnable. Mais n’y a pas de droit naturel. estvraiment légitime? parce que le reste du cratie. la démocratie. de l’agrandir et de lui porter des fruits toujours nou- faire veaux. légitime? parce qu’à l’igno- Digitized by Goo çfle . elle peuple. dénué de du la capacité. jeunesse d’un peuple l’aristo- qui est la liberté de quelques-uns.

le convier de tous les droits. cette cause sacrée a toujours i. L’homme ne revendique pas la liberté. 8l rance ont succédé l’instruction. elle a disparu pour jamais on ne rebrousse pas sur Elle était légitime . devenue impossible. Par où débutent les sociétés? par la théocratie. suprême et sans nier la cause mancipera Il et qu’il adore. la démo- Grèce antique cratie a triomphé. parce qu’il ne saurait pas en faire usage. la lumière et la moralité. Plus tard. 6 Digitized by Google . il réclame peu d’actil’intelligence alors vité politique.DE POLITIQUE. ou plutôt est iden- il tique. plus intelligent. et partout se trouvent pas associées. c’est donc le rendre libre. il se sentira plus fort. Plus pour l’avenir à l’égalité préparer des révolutions nous avons d’idées. Apprendre à lire au peuple. mais avec plaisir. LA. Et depuis que dans la elle est la : route de l’histoire. Quand cette il s’é- actif heure a sonné. L’intelligence et la liberté ne sauraient se passer l’une de l’autre. plus nous ÿvons de droits. quand du la théocratie a disparu. et bienfaisantes. Elle n’est autre chose que le symbole de au maniementdes affaires. il où donc ne men- elles y a erreur et songe. se soumet non-seulement sans chagrin. Le catalogue de nos idées et de nos droits est parallèle. voudra devenir citoyen monde. car la provision de ses idées est encore chçtive et peu abondante.

Nous n’avons pas besoin de calomnier l’histoire. La révolution tructible et française est le résultat indes- pur de la philosophie du xvm 6 siècle. et n’a jamais vérita- blement rétrogradé. Législative et philosophique parla Constituante. Les gouvernemens : ont pu être paternels. est debout.« DU DROIT. Qu’ils soient moraux. civilisateurs. mais on aurait tort de tomber dans des redites. Que faut-il faire versez la ? la démocratie. puissans . et pourpre impériale sur sa redingote grise. et beaucoup l’ont été de bonne foi. On a beaucoup parlé des gouvernemens paternels bien pour le passé. Ainsi le peuple. Alors elle fit le tour de l’Europe. l'éduquer et l’instruire. 8a été de progrès en progrès. qui ne sont plus leurs pupilles et ont dépouillé la robe de la minorité. s’abou- cha avec l’Allemagne. guerrière et foudroyante par elle se personnifia avait escaladé qui jeta la le la Convention. qu’elle visita un peu ru- Digitized by Google . dans un soldat héroïque qui Saint-Bernard et l’empire. La véritable politique est dans la marche des idées qui amènent toujours les révolutions. l’être mais les gouvernemens qui voudraient encore se tromperaient de mission. lumière sur la tête du peuple : Ah vous 1 lui devez ce baptême. mais qu’ils ne jouent plus le rôle de tuteurs envers les nations.

Ainsi le mouvement européen qui. par un rare privilège. ce fufcson inconvénient. suspect et méconnu. on çaise s’arrêtait dans sa voulait bien lui reconnaître des instincts géné- reux. Les ont prononcé. capituler avec les choses. ayant repris son cours légitime. restauration.DE LA POLITIQUE. 83 dément. losophique. de répit et de réflexions. qu’il fallait prendre d’une autre façon . la philosophie. qui eut le malheur et la honte de remonter au trône appuyée sur la lance du Cosaque. tourner les positions et entrer sur tous les points en compromis. et le il il faut que les idées repren- faut ressaisir l’étendard phi- porter plus loin. conférence l’esprit allemand et et dans cette l’esprit français firent connaissance et s’estimèrent parfaitement. d’études. Comme nent les peuples. mais on inclinait à croire que son principe s’y même était faux et impuissant. fut pourtant une époque salutaire de calme. . faits et le principe de 1789. est pour nous un mouvement national. pour assister les bras croisés . a reparu victorieux. Mais La sous son règne. Non : la phi- losophie n’est pas faite pour tout accepter et pour tout absoudre. c’est-à-dire les idées doivent imiter la révolution. il est aujourd’hui sur le trône. l’ofïensive. on s’imagina que la révolution franmarche conquérante. et ce fut une illusion dont on peut d’autant mieux parler que beaucoup l’ont partagée.

Quelques-uns ont dit que toutes avaient naisons d’idées les combi- épuisées. • Digitized by Google . de droits à l’orgueil pour le passé. ment philosophique de la restauration a porté ses fruits. est riche résultats. Faites découvertes positives. vous lui peu Le mouve- trouverez d’immenses devoirs pour l’avenir. eh! été science politique est dans son la enfance. il est consommé. appelle un autre car c’est un devoir de tenir toujours les idées non-seulement au niveau mais au-delà de : . il en. mais l’addition de ses. humaine pauvre en . quelle ait ses préférences. son enthou- siasme. Cette discipline sociale. la liberté légale d’un pays. il faut qu’elle opte. pour rqpter apathique et neutre entre le bien et le mal .DU DROIT. qui pose et cherche à résoudre le en problème de l’association auteurs. 84 au spectacle du monde.

croyance exclusive à l’expérience. en vironne et qui l’enserre. l’en- par il la ne dompte.' / CHAPITRE De IV. face du monde qui lui r&iste-t-il? pensée. D’une part les penseurs ont dit Il est que un point : central dont les sciences ne sont les rayons. la Science- Comment l’homme. et toutes les disciplines humaines Digitized by Google . Faible dans sa nature physique. dont il faut cher- les conditions. il ne domine le monde que parce qu’il le comprend . Deux directions se la disputent et se la parta- gent dès l’aurore de son avènement hypothèse d’une loi : croyance et primitive . et le développement le plus général de cher la pensée est la science.

le Parménide nombreux. par l’ode audacieux dans où la jeu- aux idées par les à l’ontologie. 86 ne sont que des dégradations variées d’une incorruptible unj£é donc la mission de la philo: sophie est de de rallier tous ces fragmens épars et dont les faire refluer vers le centre ils éma- nent. cet élan de foi et de poésie vers la science divine. régéBacon fit pour l’observation et l’expérience ce que Platon avait fait pour l’idéal. . sous le sceptre d’une nérait l’art et la philosophie.DE LA SCIENCE. la pensée humaine a poursuivi d’une trépide. Platon en est à teur. un contemporain époque où femme. il plonge un œil les s’élève sources resplendissantes de l’éternelle beauté* Or. plein d’éclat et de pétulance du philosophe images. Phèdre dithy- sur les ruines de sophismes édifie. Dans son Novum organum et de Shakespeare et de cette illustre l’Angleterre. depuis Platon jusqu’à Schilling. la nécessité nesse la fois le Dans le Thétète il établit par sa dialectique y a une science que ne donnent ni la sen- d’une unité. dans son traité De Dignitate et Augmentés Scien- Digitized by Google . Dans le . Dans les temps modernes. Tel est l’article de foi et l’hypothèse sur la- quelle se fonde la moitié de la science humaine. que n’ont pas brisée les aile in- tourmentes du scepticisme. qu’il sibilité ni il prêtre et le démonstra- rambe Dans l’expérimentation.

Voici sa théorie de l’induction : APHOR 1 SMÜS XIX*. « Duæ viæ sunt. sed intentata. liber primus. generalibus. * « Utraque via orditur a sensu et particularibus » et acquiescit in » » stringat » maxime mensum quiddam cursim * ** . » et particularibus excitât axiomata. trace les règles il de la 87 méthode expéri- mentale. SCIENCE.DE tiarum LA. digestus in aphorismos- Ibidem. Sed im- discrepant. iis rite et cum altéra per- et particularia ordine versetur . ascendendo » continenter et gradatim. atque ex iis principiis eoruraque » iramota veritate judicat et invenit axiomata » media atque hæc : via in usu Altéra a sensu est. » APHORISMUS XXII **. t Digitized by Google . tantum experientiam altéra in Novum Organum. Altéra a et u generalia . atque esse possunt ad inqui- » rendam » sensu et particularibus advolat ad axiomata inveniendam veritatem. ut ultimo loco per- » veniatur ad maxime generalia quæ : via vera » est.

particuliers. » Ainsi pour Bacon. dont l’autre méthode descendait à priori. et plus explicitement sages. w altéra rursus jam a principio constituât gene- quaedam abstracta et inutilia. altéra gradatim exsurgat ad ea quæ révéra naturæ sunt » ralia » » notiora. et en abstrait une géné- ralisation qui s’élève graduellement à ces axiomes. mais n’est elle-même que la sensibilité transformée. Bacon rétablissait la nécessité et les droits de lités l’expérience. Mais elle attend encore des esprits qui s’y engagent.88 SCIENCE. les observe. Et cependant on y recueillerait des résultats aussi féconds que les généra- à principio sont pauvres et chimériques. indestructible. s’il encore dans d’autres pas- veut dire que ment provoquée par la pensée est non-seule- la sensibilité. il défigure un fait fondamental. qui s’insurgeait contre la scolastique. utraque via ordilur a sensu et particularibus. c’est de s’élancer sur-le-champ à des axiomes généraux. au contraire pénètre dans les faits .i 1 : M •I f Digitized by Google . et de cet apogée de descendre aux axiomes intermédiaires l’autre . JDE LA. . Voilà la véritable route. Car dans cette phrase. et méconnaissait en les lois de même l’intelligence. des mener à deux méthodes qui peuvent la vérité. qui sont le point temps de dé- part légitime de l’idéalisme.-. clai- . la première.

renient observé par Aristote et par Kant que mes l’esprit humain savoir a des conditions et des for- nécessaires mises en sibilité. K la un système Au xvn e siècle. se développer en se détruisant d’époque en époque. sciences physiques et morales. : mouvement par mais qui s’en distinguent. fut travaillé néanmoins d’une pau- vreté singulière dans les bases primitives de sa philosophie. semble réfléchissent monde le et la sen- qui tout en- et le formulent.% DE LA SCIENCE. com- Mais heureusement la légitime et aussi salutaire dans l’étude de et de l’histoire prend virtuellement l’observation de tous les faits. méthode de Bacon. la France d’une fermentation salu- la pensée. car l’homme n’avance qu’en réagissant contre lui-même réaction contre l’histoire est une révolution réaction contre la philosophie est : . Sortons de ces détails psycologiques pour apprécier la mission de la science dans chaque siècle. et d’une gloire littéraire qui sut être neuve après les contemporains de Louis XIV. aussi l’homme que dans celle de la nature. Si la sociabilité la humaine est progressive. que pour taire dans Le xvin e épo. . Il hérita de la conception de Bacon. alors même que Bacon lui-même peut eu méconnaître quelques-uns. science devra l’être également. la conception de Bacon renversa la scolastique et restaura les nouveau.

de l’érudition de Brucker . de plus simple . après lui. et. pêrae ardeur dans tous les rangs de la cohorte philosophique. d’agrandir la circonférence dans laquelle elle se meut. puis à se rallier à quelque chose de plus un. et d’en faire un monde? Elles sentent toutes qu’elles doivent travailler être elles-mêmes. c’est-à-dire à une unité qui les coor- donne. l’histoire. grâce surtout à la persévérance . la philosophie. poésie et philosophie. lumineux et froid de d’Alembert. On dirait qu’elles désirent cette commune alliance vers laquelle gravitent les nations. Pas de conception originale. à l’esprit calme. Alors. à la fougue de Diderot. mais une exécution hardie. la reproduire. à former à un système complet. : IS’avons-nous pas l’instinct d’un autre édifice. divisions. Digitized by G( . Le siècle s’était cotisé pour détruire il a lait son devoir. de Bayle. L’Encyclopédie. s’enrichit des dépouilles du philosophe anglais. LA.SE go et se contenta classification de SCIENCE. de Spinosa. secours heureux prêtés par Voltaire et Montesquieu. effusions parfois éloquentes. d’en trouver le véritable centre. des connaissances humaines en histoire. morceaux brillans. par-dessus tout cela. la légis- lation. ^îne encyclopédie qui édifie et non plus qui dé- truise ? Chaque science. la médecine. instrument de révolutions. grâce. opiniâtre. n’arabitionne-t-eüe pas d’arriver à des résultats généraux. plans.

le temps venu.DE LA SCIENCE. . et du chaque copfhision et le dogmatisme. 91 à la fois profondé- cultivées et généralisées. ment les sciences. et se réunir en faisceau pour servir de base à une en- cyclopédie positive. sillon. pourront se pré- senter devant une conception ultérieure. Il l’histoire de l’esprit humain faut encore creuser et élargir ajourner la même. Il serait prématuré de vou- loir aujourd’hui généraliser la généralité et brusquer monde.

Le marin qui fend voyageur qui se fie. à que vient d’animer la rendu compte du mécanisme ces appareils de l’industrie vapeur. et. non par une conviction rationnelle et dialectique. ils un acte de foi. pour abréger mers. R^feion. sans savoir croient aux assertions et à la puissance de leurs semblables. science seule ne suffit pas pour expliquer la vie de l’homme. com- bien souvent agissons-nous.CHAPITRE De La la Y. qui nous faitajouter créanceàdes choses dont nous ne nous sommes pas rendu un compte rigoureux et positif? La foi est donc une Digitized by Google . l’a dit avec En effet. se sont-ils qui fait leur sécurité et protège leur existence ? Leur présence est par eux-mêmes. Fichte vérité : Nous marchons dans la foi. le les les distances. mais par une con- viction crédule.

jusque dans l’isolement le plus complet de la vie et de la d’un pensée . laient à elle. elle n’était pas née dans la vallée. sous des formes vivantes. sa trace était perdue. et dès qu’elle prenait congé des pauvres bergers. la forêt en- chantée du Tasse. les idées qui leur sont naturelles et chères. et dont le prisme inépuisable monde auparavant inanimé. Est-ce tout? Oh! nous avons dans autre disposition à satisfaire. ler a dit que sur des le le cœur une sentiment. qui poursuit l’homme de ses songes. 93 il croit naturel- lement. de ses apparences. dans une mystérieuse vallée paraissait à chaque printemps une jeune fille. disposition naturelle à l’homme. Schil- rives inconnues. belle et merveilleuse . fait. Mais à quoi doit-il croire? A quoi doitil appliquer sa foiP'Le domaine de la foi et celui de la raison ne sont-ils pas en aspect continuel? et l’un ne diminue-t-il pas. cependant son approche était bienfaisante. à mesure que l’autre s’agrandit? Voilà la question. Nous ne nous contentons pas des abstractions de la pensée. Pourquoi ce peuple court-il aux théâtres. en leur repré- sentant. on ne savait d’où elle ve- * nait. elle avait tous les cœurs al- dans ses mains des fleurs Digitized by Google . aux temples? parce qu’il lui faut les plaisirs et les festins de l’imagination : imagina- tion qui électrise les multitudes.DE LA RELIGION.

Ein Madchen scbûn und wunderbar. si ce n’est le sentiment dont l’origine nous est inconnue. bei araen Hirten Erschicn mit jedem jungen Jahr. un autre soleil . à sa naissance •t- * et le un rapport sentiment religieux est individuel de . à l’un une fleur. nicht woher aie war ihre Spur verloren.. qui nous attache et dote notre les uns aux autres. Sobald das Mâdchcn Abschied nahm.- ' In einem Thaï. elles se manifestent par la religion. elle partageait ses dons. par utip dans une nature plus heu- reuse que la nôtre. kam . L’homme ne vit pas un quart-d’heure sans sortir de lui-même . Q/f et des fruits éclos sous souffle plus fécond. sans prendre à témoin et en aide une autre puissance. Sie wahr nicht Man vmsste in dem Thaï geboren.DE LA RELIGION. Sobald die ersten Lerchen schwirrten. Doch schnell war ihre Nâhe. l’imagination et le sentiment. la foi. Herzen -wurden weit. si ces trois dispositions de l’homme. et chacun s’en allait dans sa maison content et consolé *. Beseligend Und aile l’homme . échappent à la science. et de âme révélations infinies? Dr .4. Quelle est donc cette mystérieuse apparition. à l’autre un fruit . d’émotions intarissables. sans s’adresser à autre chose qu’à lui.

Gercift auf eincr andcrn Flur. Oui. la religion elle du sentiment personnel. . Et quel Sie brachte Blumen mit und Früchte. une tribu. DE LA RELIGION. L’individualité et la sociabilité constituent donc la religion. veut mettre en commun avec eux sa foi et les enchantemens de son imagination. qui n’ait produit une société. einer glücklichern Natur : Und tliciltc jedem eine Gabe. une secte. de façon que d’individuelles ses croyances deviennent sociales. 9» de Dieu un retour ejt Mais une fois mu par ce sentiment individuel. mais sur-le-champ comme une sen- part apparaît sibilité sociale eux par la qui rattache les hommes médiation d’une idée qu ils entre reconnais- sent à la fois supérieure et analogue à leur propre nature. In In einem andern Sonnenlichte. un élan vers Dieu. l’homme se rejette vers ses semblables.. Dem Früchte. une caste. un peu fort et consistant. à Dieu. Pas un sentiment religieux. jenem Blumen aus Ein jeder ging beschenkt nach Haus. de l’homme à lui-même.

soulage le cœur. et par le secours de nise et qu’il purifie. Au-dessus de tout cela s’élève une figure resplendissante sur la face douce de laquelle cieux sont ouverts. par le reluit je et divine lumière : ne la terre c’est la tête pinceau (^Raphaël. Il y a un tableau où des hommes réu- une montagne sur la montagne sont quelques disciples qui paraissent pénétrés d’un amour. sans cependant vous détacher de la terre . et résume à lui seul la mythologie d’Homère. et comme Au Vatican lon et la le l’art qu’il divi- une langue popu- pain quotidien des peuples. devient laire. d’un regret éternel. LÀ RELIGION. dont le front vous appelle à une natiire plus qu’humaine. les de Jésus retrouvée hommes viennent incessamment contempler ce tableau : des philo- Digitiz . qui fait passer la croyance 'en actes et en symbole. devant ce corps animé d’une indes- tructible et réelle beauté. dont l’œil fait baisser le vôtre. exalte la foi .9e DF. le paganisme se révèle tout entier: les livrés. enchante l’imagination. Des sais quelle a disparu. mais vous le retrouvez au pied de ce dieu qui vit par le marbre. et comme nis regardent vers : frappés d’une religieuse stupeur. sont deux créations uniques. l’Apol- armé Transfiguration. sera le lieu et le signe de cette association ? Ue culte. les historiens et ’lës poètes sont impuissans à vous le livrer vif et si si vrdî. Devant ce Dieu d’un dédain si sublime.

de chercheuse et d’institutrice de vérité. des protesils ont cru qu’une religion qui avait inspiré une pareille œuvre était toute la vérité. A cette époque. une tradition. la religion devient gouvernement. un repliement s’est passé. se met à son service. lie. elle est inspirée. dit et fait. elle s’est fait croire. conçoit. mais commencé son rôle par elle affirme. la philosophie. un gouvernement.DE LA sophes tans. aux hommes. ils ïlELIGIOîf. Elle a révélé. Cependant il faut morigéner les hommes qui se sont ralliés à une doctrine. elle crée. profondément sa- de son ouvrage. et ne se distingue tisfaite . elle. Tant le symbole est pour l'homme un exemplaire radieux de ce qu’il cherche. croyant puissamment à et s’est imposée doutesépare. elle n’a elle-même. gy sont devenus chrétiens : se sont faits catholiques. l’affirmation ral- scepticisme reste solitaire. Non-seule- ment elle cherche. ils . le Si le pas disputer. un retour sur ce qui de l’homme sur ce qui est. alors. mais par dog- matiser. de philosophie. La philosophie n’est pas exclusivement la réflexion. elle se fait conductrice de la société. reine des peuples. se confond avec la religion. le dogmatisme devient promptement social. de ce qu’-il croit et de ce qu’il aime La religion est à la fois et successivement une ! philosophie.

Mais ce gouvernement s’al- progrès philosophique s’arrête. mais altéré. se elle re- connaît son ouvrage. est ou la une entreprise . des insurrections partielles et timides annoncent la scission et le schisme présente aux . le en sait elle le mieux qu’un autre respecte mais . la religion esprits investigateurs. ce Testament qu’on lui montre. plus salutaire et plus grande que le christianisme. le de la théologie. qui au fond tité. Elles soutiennent entre un rapport perpétuel. la poursuit et prépare pour • elles une iden- philosophie les sociétés d’autres croyances et d’autres symboles. qui les premiers se hasar- dent à demander quelque compte. Détruire la philosophie parja religion religion par la philosophie. Alors. L’histoire né nous présente pas d’institution. l’amour . on entendit parler à Rome & d’une Digitized by Google . également absurde. elle relève l’étendard de l’esprit humain. la tradition qui se repose dans le passé. 98 pas de tère. et. est la religion s’arrête. La philosophie ne : les hommes ont cru. l’image sacrée de la tradition voilà ce que : voilà ce qui a été révélé vous. recherche en est sus- la vérité se tarit. Sous Tibère.DÊ LA RELIGION. elle l’origine et la valeur veut l’interpréter. des mouvemens sourds. Quand elle changer quelquefois. la pendue. adorez et soumettez- soumet pas. rompant avec .

par quel mystérieux entraînement du cœur ce soutien de l ancienne loi se fait? change sa vie et sa une décision rapide comme l’éclair. Il élargit la doctrine de Jésus. on disait qu’un Nazaréen. trois la légalité • • hommes surtout ca- ractérisent et développent le christianisme : saint Paul . 99 doctrine nouvelle. avait réuni autour de lui quel- hommes et leur annonçait quelque chose de nouveau. Après ce fondateur. l’éta- . Il s’est le vengeur de mis en route pour et saisir les chrétiens. Grégoire YII et Luther.. et que la parole était eux que : les qui s’y reproduisait le plus souvent hommes innovation sont frères et égaux entre coupable contre païenne. Que la aller châtier se passa-t-il donc dans son âme sur le chemin de Damas? par quelle inexplicable péripétie. destinée par Il y persévéra. aimant à se promener solitaire le long des lacs et de la mer de Galilée . que se rassemblait sous* les pas des prédications se faisaient dans le désert . de ce prophète. par quel caprice de la force et du génie. et s’engage dans une voie nouvelle et douloureuse? il l’apôtre de la loi nouyelle. que sacrée nous représente la tradition comme' étant d’un génie rêveur et mélancolique. DE LA HEtlGIOIÎ. On ajoutait que le peuple suivait ques . Paul commença d’abord par être l’espérance et synagogue.

la la dou- persuasion et l’autorité. Schclling. dans saint Paul. déjà doué de la force de mener cacement les hommes*. que c’est surtout du christiatervention de cet homme que s’expliquent les progrès nisme. effidéveloppé. V. ne s’acharne pas langer. sachant mêler heureusement ceur et la force. que nous croyons juste. et ne nous appartient pas. Plusieurs déjà quelque peu mais pour ne citer que deux logiens allemands l’ont développée. soutient et règle les fidèles. l’examen pouvoir. ueber die Méthode philosophes. dans ses ForlesurK-en que le christianisme de saiut remarque Studium. BouPaul diffère de la doctrine primitive . est lui est attribuée. il munions naissantes des tout-à-fait spivitualiste. la raison. lègue à ses successeurs le christianisme agrandi.îv Digitizedby Gooj .DE EA BEEICION. dans l Examen critique de christianisme. Lisez sans motifs sur ce puissant propagateur du l'eût point ainsi atson pamphlet virulent. donne aux com- églises de gouchrétiennes des principes et des exemples vernement. etc. et vous verrez qu’il ne Nous dirons seulement ici s’il ne l’eût pas trouvé si grand. la foi. Mais cette théovieille. IOO blit sur un panthéisme puis. et il de cet esprit débonnaire qui se décourage. le christianisme étonnées de voir une telle impor* Quelques personnes se sont saint Paul. éga- lement éloigné du despotisme qui s’impatiente. Quand il a mis des siècles à s’emparer de tous les esprits. génie politique. le en font un si nité. elles ont été presque tance attachée au* travaux de transformation du christianisme qui choquées de cette espèce de opinion. ’ taqué de ses qu'une lecture un peu attentive de saint Paul.. la virgithéories sur le panthéisme. des Acadctnischen le dernier siècle. et la vue de son administration politique par l’ingrand penseur et un si grand caractère.

A v-* Digitized by Google . sur la tête le pied sur la des princes de salique. mouvement libéral qui a. jours figuré dans serait le le xvi e siècle vaste et si surtout dans ce Saxon comme : si divers. le où christianisme est loin d’être ma part. n’assistons -nous pas à la lutte ! du catholicisme et du protestantisme. Pour qu’il contient les peuples . échappé aux préoccupations de Voltaire. je suis revenu à penser encore des trésors à répandre sur que. attaque leVatican. catholique à l’examen in- la raison individuelle. « . cette Europe militante et philosophique qui se débrouille à peine aujour*d’hui En effet. roi de la terre pour long-temps ‘i \ ' . sorti des cabarets de l’Allemagne. Je me suis tou- la pensée quelle belle œuvre une Vie de Luther où se réfléchirait dans lointain le moyen âge. venge et soumet flexible le Nord de la tradition de la dictature du Midi. sans avenir. et des Ilohenstaufen . de la tra- dition et de la philosophie ? Arrivé au point nous le voyons. penveut gouverner réellement sée le et . voici çouronne maison la qu’un moine brutal. Mais l’Allemagne fera subir à l’Itali^e cruelles représailles : mis l’Italie avait impériale. IOl moçde Grégoire Y II dénonce fièrement aux empereurs et aux rois cette prétention alors raisonnable. philosophique. personnifié puis en perspective et en péroraison.DE LA RELIGION. sur le premier plan.

Si elle se réduisait à n’être. et surtout après une révo- lution qui a remué profondément féconde en les exaltant : cisme. loin de se confondre avec la tradition . • Mais néanmoins. et de cette indifférence .* * #• 102 1)E . et. ce qu’on lui oppose est tout-à-fait insuffisant. et qu’on beaucoup trop hâté de son- s’est ^ ner ses funérailles. Pendant que core les peuples. c’est l’aventureuse main.< Digitized by Google . les elle les tire si âmes du et les scepti- énergiquement réprouvée par un prêtre éloquent*. L’antique 9 * M. sous celle de la réflexion et de à quoi serviraitautre chose si ce n’ëst de la dialectique. encore. philosophie a pour devoir do préparer les crate et Platon ont la révolutions religieuses. les le poursuivre d’un pas courrière du genre hu- christianisme console en- bénit et les aiàie. en sa présence. comme® répété d’après l’Allemagne. #LA RELIGION. que le chris- tianisme mis sous une autre forme. elle. que la philosophie maintienne ses droits. So- annoncé le christianisme . Il y a duel éternel dfns le monde entre lâ tradition et l’innovation . que le gé- nie philosophique de France reprenne son vol la et s’engage à la découverte. l’a qu’une illustration du christianisme. et que donner sa démission? ferait-elle Au sein du paganisme. elle doit ferme. de La Mennais ' • ^ .

combats de rintellifence. Digitized by Google . religion veut reverdir sur ses losophie reprendre saints le rameaux. vous seuls devez n’avoir ni suspension ni trêve. Iq3 la phi- cours de les conquêtes.\v ÜE RELIGION.

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DE LA SOCIÉTÉ. m De l’État. — De la Loi. — Du Pouvoir. mais les idées ont aussi leurs tourbillons . mais à la demande aux passions d’orageuses et sublimes distractions. — De la Liberté. que se donnent rendez . CHAPITRE PREMIER. sortie de L’homme veut sortir condition d’y rentrer. il abdique l’humanité parce n’a pas gardé sa liberté. pour se développer de concert. C’est dans cette la nature des choses.vous. vous emportent quelquefois . L’individualité est à la fois la racine et l’har- monie des facultés humaines.LIVRE DEUXIÈME. de il lui -même. les élémens qui constituent l’homme. Il demande aux s’il qu’il idées des révélations magnifiques. forme. mais. -vous cessez d’être homme. L’indi- Digitized by Google . si sur cette pente vous cessez d’être libre. et alors encore. en est le jouet.

chercher les Le but développement. conservation et la reproduction ne sont but. soit de la vie sauvage. je dis mot contient tout. soit de la vie nomade. Mais en allant directement au développement le plus complet et le plus normal de la société. mais la il première manifestation de en est une autre : la société. 106 vidualilé est donc l’humanité. le pouvoir et berté. je veux dire de s’engager au début d’une philosophie historique. l’obse vation de ses élémens sera plus claire et pli» positive. homme ou peuple. Il reproduction. Or. c’est le ne saurait être ni d’aller . <t * de l’état. soit même de ces hordes conqué- rantes qui ravagent et fondent les États. Elle ne saurait la se conserver qu’à la charge de se reproduire mais pas de la le la société Il . Je définirai la société :Je concert de tous les êtres semblables pour travailler en commun à leur développement. tout État constitué repose sur trois idées fondamentales : la loi. et ce implique conservation et société ne peut se développer condition de se conserver. Nous concevons le bien moral la li- / remuent voilà la source . utile ni philosophique expériences de l’histoire dans leur plus petit format. La qu’à développement. la Digitized by Google . et nous en appelons l’expression. dans l’exploration. Voilà pourquoi les peuples se du bonheur social. mais simplement les moyens..

Je ne commenter Montesquieu. pas un être animé ne vit. est à la fois la source des rapports et. Vous en conclurez que cet autre objet a quelque chose aussi en vertu de quoi peut soutenir cette relation il dire sa loi . c’est-à- dans son expression la plus générale. pas un insecte ne se meut. qui a dans leur signification la dit que fais ici que les lois. tact avec saisissez-le dans son con- un autre phénomène. Donc. il les vorap- V un phénomène se développe isolé : il a une en vertu de sa vie pro- loi. plus étendue. sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses. vous verrez ce dernier soutenir avec le premier sujet de vos observations. avant de l’avoir mis en rapport avec quoi que ce soitÇ loi. vous le voyez nécessairement doué d’une Mais comparez-le. donc la loi . un rapport.DE LA LIBERTÉ. loi ' IO7 règle de nos actions et de la sociabilité. pas une fleur ne brille sans sa loi. Mais cette définition excellente a ^$$étre l’inconvénient de ne pas faire que les objets.le rapport des rapports. Prenez- pre. : Mais voici quelque chose de plus général enpas un phénomène n’apparaît. La loi est le sub- core : stratum de tout ce qui est. et je lontiers la source et le rapport la définirai de tous ports possibles. . indépendamment de voir assez leurs rap- .

se retrouve dans tous tous peuples. elle a été donnée par Dieu. histoire le plus complet de l’idée de la loi. puis . ont leurs lois qui les constituent animent. et suit le inscrite peuple dans tous sociale. iv. DE LÉTAT. 2. entre superbe des premiers liv. La loi pour les Romains est sortie d’un et o vofjLog *. en caractères sacrés au frontispice du temple. Le peuple hébreu montre dans son le '• 1 de cette nature des choses. io8 ports entre eux. • < Digitized by Gcî&gle . les actes hébraïque religion Chez les de sa vie : tant cette est politique. les il dit : c’est-à-dire la loi est tout à la nature . la loi indique un départ un équilibre entre les intérêts des hommes. théocratie légale de Moïse. extérieure et Grecs. chap. l’explication et les de réclama- &xaicv et XMXTiÇ. qui 11’est pas différente à . la loi consti- la tue l’identité de la politique et de la religion. la loi quand il Ratio profecta à na~ veut parler de cette générale qui transgresse les limites de à temps et chez Lex naturœ congruens Athènes.. développement Dans na- la Rome tionalité. et les Cicéron a défini tura rerum loi . duel entre l’initiative * Voyez les patriciens et les plébéiens.. et les ensemble et le résultat conformité la .

sans quoi l’humanité ne marcherait pas. y a-t-il un droit divin? Nous la conceNotre tendance vons. La loi et le bien sont des idées gé- nérales. altérées. qu’elle réclame la un conscience énergique du droit * des droits. n’existeraient pas. et l’histoire. successive. quel d’autres termes. le révolutionnaire la est son caractère? En - la la : revendique. qui est un combat. Car alors la science. les traductions que nous en fai-» est la vérité. nous ne les croirions pas. où un philosophe l'inévitable illusion de là le de nous l’offrir l’écrit. où un législa- teur la proclame. Règle fondamentale des sociétés humaines. universelles. Aussi est-elle douée droit cette fois : de Jus. il tout entière a : dogmatisme. locale. au moment où nous l’annonçons. sons sont incomplètes. Jura. car si ces hommes gardaient assez d’indépendance d’esprit dans leur enthou- siasme pour faire des réserves. • % % Digitized by Google . et cependant. Or. voilà ce qui et ce la constitue. qui est une déduction. le conquérant tionner son glaive : le théocratie parle en lui demande de sanc- despote veut s’appuyer sur elle. 109 tions persévérantes des seconds. Nous ne concevons la vérité que d’une manière relative.DE LA LIBERTÉ. loi est son invoquée partout nom. D’une manière absolue? évidemment non. mais elles se développent d’une manière particulière.

que je suis qu’il se^a compris. car il pas de l’arbitraire de l’homme. qu’une formulé et tombé dans des textes éternels. Mais y a-t-il un droit divin en ce sens. tout fait social et de la pare. misérable. à la lire. s’il m’eSt permis d’employer ce terme. et. de l’intelligence etde la volonté. force. il fois ne change ni ne varie. présente l’alliance de la loi. à chaque instant la borne se déplace. IO jet.1 de l’état. mais posé par la ne relève lui est im- nature des choses. C’est en ce sens /que le droit est divin. car mesure sur sa Mais à quelle condition la société. pas : La loi est divine. l’homme ne la fait ter. le Vouloir la stabi- & pouvoir peut-il être Digitized by Google . car cherche à l’interpré- il L’ordre est divin. du pouvoir liberté. Les loppement ce l’humanité . Si tout acte de l’homme implique le mélange certain ^es passions. partant. et frappe les sociétés d’une immobilité qu’elles ne pourraient secouer? singulière façon d’interpréter et d’honorer Dieu. ne se développe dans les^ociétés que progressivement. Dieu lui— mgme^essence de la loi. qup de lui attribuer sur la terre immuable. L’analyse seule distingue et sé- Le pouvoir est le bras de l’affaiblir et l’amaigrir est lité sociale se peu sage. une imperfection sont dans leur dévequ’il y a de plus mobile dans cette mobilité des institutions en lois sociales constitue l’histoire .

de troubles avortés. il un popularité en les com- est averti par une révolution. il l’éclaire. faires du peuple. Mais murmures les de et la la légitimité des gou- peuples se détachent. le pouvoir a cessé de prendre et de satisfaire la société . il tomberait. tout par les autres. ou le ou les services présentement ou être? C’est être. puissant. il fait les af- l’élève. . Il n’y a pas dans l’histoire et chez peuple d’hypocrisie possible. par hasard. il en est à la fois le serviteur et le chef. il n’est plus légitime.t DE LA LIBERTÉ. à ne pas se séparer de la foule qui est derrière lui . Il la re- conçoit tout-à-fait. et ici je ne parle pas de séditions folles. Le pouvoir la légitimité? mrérite? L’antiquité rendus? Avoir été dans une société est aimé. Quelle La durée. sa puissance consiste à représenter ceux qui le suivent. éclatent. car si. il I I servant les idées «t les intérêts de Lors même qu’il la prime en ne puise sa force que dans présente parce qu’il la intelli- elle. •est la il en a source de le ? tout pouvoir veut besoin et le désir. est le signe irrécusable vernemens. « Qu’est-ce que la légitimité être légitime. gence. et durer? En la société. le soldat et le général. s’il était seul. alors il est légitime. Rien par lui-même. l’imprudent en se retournant apercevait entre lui et les autres un large espace qui serait un abîme.

pouvoir. La doctrine de historique de la légitimité est la féodalité. et comment elle a été volontairement exploitée dans l’intérêt de quelques autres. Qui a jamais contout-à-fait manière time. vous n’ètes au-dessus de nos têtes qu’à la condition de nous servir. et devient il cette acquis. un fait alors ses partisans en tirent : ment (et un pays dure. 12 Ce * une doctrine commode. été légitime. puissant. car vous mériterez bien de votre pays. Soyez fort. Digitized by Google . testé la légitimité Wagram ? de Napoléon à Austerlitz et à Pas plus qu’on n’a contesté celle de Louis XIV. et encore une fois vous. au et traiter les peuples seigneurie de Robert le Fort. vénéré. On trône sur l’héritage du comme la fille a voulu régler les droits fief. serait qui celle mettrait la légitimité dans la durée. et s’y installer d’une légitime. Oui.I de l’état. vous serez légi- time. Tout pouvoir qui sert et satisfait durée se prolonge sont pour pouvoir la théorie historique de là tout entière) temps . marchez à la tète de votre siècle et de votre peuple. Et voici com- ment cette illusion s’est faite clans l’esprit de quel- ques-uns. ce ainsi dire les états de service de ce : un argu- la légitimité est ce pouvoir a duré pendant long- fut aimé. — Donc il donc a il sera toujours légi- — Un homme peut ne paraître que Non. douze ans dans l’histoire.

et trouve dans César un vengeur qui relève continue l’entreprise de l’exilé les statues et de Minturnes. malgré Culloden. par la épée de Marius. par les Gracques. long-temps investi d’une incontestable légitimité. main dans les il destinées de la ville éternelle. dont terrible même après la mort la cause triomphe paisible de Sylla. et i. et cependant Sylla n’a pas sang. Je ne sache pas que l’Angleterre ait été si fort déconcertée par les souvenirs turbulens qui combattaient dynastie nouvelle. et fut La démocratie n’arriva que la seconde au partage . donner ni liberté. en poursuivre les peuples. le le patriciat premier romain? mis la avait * Il . comme Nombre de Banco . quand on n’a su. où la le 8 Digitized by Google . et vouloir én faire une entité scolastique. La cause démocratique devient légitime à son tour sous la pourpre de César. mais elle change de représentais et de costume . de Scipion Nasica et de Cornélius Sylla.DE LA LIBERTÉ. ni bonheur. c’est se ipoquer. Le succombe. cette vieille liberté aristocratique . Quoi de plus légitime que avait fondé Rome.lgur. La légitimité dans son principe est philosophiquement vraie . elle participe du caractère universel de la loi et de Dieu. elle revendiqua son droit et sa liberté par ses tribuns. par Canuleïus. patriciat ménagé • et le supplante la liberté patricienne. du bon sens et des lois de l’histoire.

ne se concentrer ni dans l’égoïsme des garanties particulières. politique sans la liberté loi et la légitimité de tous car la du pouvoir. La se comment bonté de la liberté est le élémens de la sociabilité. religieuses. dans le pouvoir absolu de la volonté principe essentiel que confirmeront enseignemens de l’histoire et les théories des philosophes. tée. * le sol anglais. il y a souffrance. douleur. mais elles La liberté sociale concerne à la liberté la liberté la fois même. révolution. elles sont toujours l’indice d’innovations .DE LA LIBEUTÉ. sociales. l’ordre en résultat et l’harmonie action. les Que prouve chez un peuple une insurrec- si ce n’est qu’un ordre nouveau tend à s’établir les ruines de l’ancien? Partout où la légalité tion. Guillaume sur III était légitime en posant la liberté. l’homme et le citoyen. elles sont pour ainsi dire l’entrée en scène de ne sont pas politique. J’arrive à sur \ pied le où vous verrez elle est la judaïquement • . nécessaires qui ont besoin d’étre satisfaites. ni générale les . Que les révolutions soient philosophiques. l’individualité et l’association : * elle doit être à la fois individuelle et générale. Elle est l’ordre organique. 114 prétendant réclamait son droit soixante ans après. schisme. est mauvaise. Ici plus montre l’inconvénient de concevoir l’analyse que jamais . Digitized by Googl .interpré- moralité sociale se soulever.

la liberté moderne plus complète et la plus riche. à leur survivre. patrimoine exclusif de l’antiquité. elle la liberté comme politique. elle fait sortir de l’action du gouvernement et de la réaction parlementaire un développement oscillatoire et harmonique qui avance toujours sans se précipiter jamais merveilleux de l’industrie politique. Dans cle. elle n’en est pas moins indépendante de toutes née a trouvé jusqu’ici constitution anglaise sa manifestation la formes desti- les à les user. à suffire et à s’adapter aux mouvemens accélérés de Mais. si : rouage son mé- canisme parvient aujourd’hui à se corriger luimême. dans la si la civilisation. : erreur dont surtout Benjamin Constant. était presque impraticable aux temps modernes a fait justice. surtout une résistance. nous le verrons. à : ne s’incorporer éternellement dans aucune. L’insurrection qui déchire elle est quand légalité la corrompue et perfide est dans l’histoire un accident terrible et nécessaire des peuples que progrès de les la sociabilité tendent de plus en plus à supprimer. Voilà l’exemple et le bienfait que l’Europe doit nous montre à la constitution anglaise. a . Les progrès de l’é- mancipation politique sont sensibles chez les pendant.Il5 DE LA LIBERTÉ. Mablÿ et Rousseau ont écrit le dernier siè- que la liberté. qui ce- méconnu un des ca- ractères de la liberté sociale.

plus cher encore. comme discipline austère vie ni refuge ni secrets. contre laquelle asservie à la du citoyen ne peut avoir Rome. Sparte. modernes. l’élite s’occupaient tour à tour de ce que produit de plus enchanteur et de plus profond où . une . pré- sente chez tous les peuples. la philosophie et l’éloquence. La liberté commence sa carrière par Athènes au sein de cette jeune briller à cieuse république du monde. où le même peuple qui écoutait Périclès riait aux comédies d’Aristophane. car à la la vie anti- mœurs et du droit avènement Paraît enfin le christianisme. où mieux qu’en aucun du monde lieu développée la liberté des mœurs. l’on se préparait dans l’Académie aux combats de la les jardins de tribune. Des forêts de sort Germanie la l’homme moderne portant dans le cœur le sentiment énergique de sa force et de son droit personnel. Désormais moderne. d’une liberté plus féconde et plus complète. fondée sous la soms’est bre inspiration du génie dorien. progressive à toutes Digitized . qui achète la liberté la garde plus long-temps et transmet au monde moderne que succède l’individualité des civil. progrès sur nes et sur le la place publique d’Athè- Forum romain.Il 6 DE DA LIBERTÉ. combat un seul homme. et avait peur aux drames d’Eschyle. s’appuyant sur la liberté le christianisme. l’esprit a où vingt et gra- mille citoyens. véri- tablement humaine.

cette volonté de Dieu. affranchissant l’Amérique. Ayons la les mœurs de possédons. éclatant 1789. arrivant à la comme 7 les for- de la mo- monarchie repréen tentative. l’Angleterre également. et portons nité de et comme des non pas comme des affranchis . * 1 époques. de la théocratie romaine narchie royale. nos idées et nos droits avec calme.* DE LA LIBERTÉ. tre plus mœurs il souvent qu’un autre : espèce sera glorieux d’êle moniteur. Soyons libres hommes libres. . sachons nous réunir pour débattre nos intérêts. c’est à nous à marcher sur ses traces d’un pas ferme et courageux. relevant sçn drapeau en la seule divinité i 83 o. dans notre vie de citoyen cette séré- la force qui se connaît etse possède. puisque nous Nous sommes. la liberté. sans factions. la liberté. avec l’Amérique l’Angleterre. le peuple le plus libre : et l’Amérique a sur nous certaines supériorités . nous en avons sur elles deux d’enseignement mutuel où. cette destinée des peuples.* a toujours poursuivi sa course. qui nous trouve aujourd’hui croyans et pieux. fermêté. Des et des passions sociales doivent succéder aux habitudes d’un égoïsme étroit et calculé : as- socions-nous. s’accommodant de toutes les mes.

il y eut forma entre deux sociétés qui n’est pas purement indus- lien se y a commerce de sentimens comme de marchandises. et a besoin cherche à sortir de se mettre en rapport avec d’autres associations. mais ils se touchent en- Digitized by Google . car il le nécessaire. Une tribu n’a pu long- temps exister sans songer à s’enquérir d’elle. tre peuplade. d’autres gea le superflu contre commerce un : naissantes. par-delà la montagne qui la si autour couvrait et la il n’y avait pas une auhommes. pas plus I se suffire à elle-même. les peuples se cherchent d’abord. Elle aussi { de sa sphère.'i CHAPITRE IT. Puis on échan- protégeait de ses flancs. t Du Une Droit des Gens. poussés par leurs besoins. que l’homme. ne saurait nation. échange d’idées comme de produits. — De la Paix et de la Guerre. fait triel.

en. Hé- le dans son Droit naturel *.) La navigation vient. au com- théâtre de cette industrie il temps. Heeren : De la politique et du Commerce de P Antiquité. réunis et civiliser les sociétés. 3. et. Mais ceg relations pacifiques et paisibles en appellent une autre bien différente L’homme aime et recherche son : la guerre. Les Phéniciens**. et il les hommes au blâme Horace d’avoir lieu de les dit Dcus abscidit Prudens Oceano dissociabili Terras (Carmin. semblable à la i * Page 234. Car- thage. que la mer rapproche séparer. C’est une des parties les meilleures de son livre. loin mer de le glacer d’effroi. l’unique mais un autre élément vint provoquer l’audace de l’homme. terre fécondée par l’agriculture fut mencement naissante . ** Voyez. la Hollande et l’Angleterre ont surtout rempli cette mission dans l’association des peuples. La. abrégea tout ensemble l’espace et gel. après l’agriculture. sur ce peuple. lig suite par leurs pensées et leurs affections mo- rales. „ . excita son aventureuse triomphant de cet élément. remarque fort bien.DE LA PAIX ET DE LA GUERRE. Lib. le spectacle de la curiosité.

qu’elle est nécessaire. commença.. la » traité » roi Digitized by Google . même qui ne se développe' qpe l’histoire Un fougueux écrivain s'est chargé de prouver en quelques pages l’éternelle présence de la guerre. qu’en 1714 par le France déclara » la En 1719. La guerre est dans choses. la guerre à l’Espagne. par une guerre cruelle qui ne fut terminée traité de Rastadt. prouver que i° la guerre est juste. f DU DROIT DES GERS. n’est » » » : c’est-à-dire que le sang doit couler sans interruption sur le là . et qu’un Le siècle qui finit que la paix. Le de Paris y mit fin en 1727. Il * faut prendre la chose et de plus haut et plus simplement. ici ou » nation. L’élection du de Pologne ralluma la guerre en 17 33 . de r elle est par dans la lutte. pour chaque répit. laissons-le parler : prouve malheureusement que la habituel du genre humain « L’histoire » guerre est » dans un humain n l’état certain sens » globe. 3 » par voie de conséquence. 130 * condition de pouvoir vidus régit le haïr. pour la France. Cette loi des indi- peuples les Je ne veux pas. a° qu’elle est utile. en légiste scolastique. De même qu’elle est dans la le nature des monde phy- sique qui ne vit que par l’opposition.

lorsque l’amde l’Angleterre força la France à pren- armes. à lui seul. fait mourir champ de bataille » un million d’hommes sur » (avant lui » le Alexandre avait eu ce funeste hon- neur) . fait Sylla lui hommes dans un en perd lui-même voit les guerres civiles et » les proscriptions. #• • • * » Marius extermine dans une bataillé deux » cent mille Cimbres et Teutons. sept ans après la » révolution » la commence elle dure encore. 12 la guerre de la succession autrichienne s’alluma dura sans interruption jusqu’en 1748. la ré- les » trop » volution d’Amérique entraîna de nouveau » » France dans une guerre dont toute la sagesse humaine ne pouvait prévoir les conséquences. peut-être que dans ce » millions d’hommes à la France. où » dix mille. et moment elle a coûté trois . César. Mithridate » égorger quatre-vingt mille Romains » tue quatre-vingt-dix mille »» combat livré enBéotie. 736. Après quinze ans de repos. Bientôt on il . Quatre ans après. Huit années de paix commençaient à cicatriser les * » terrible » et » » plaies » bition » dre de huit années de guerre. « On signe la paix en 1782.1 DE LA • » paix se fit en PAK 1 ET DE LA GUERRE. La guerre de sept ans n’est que connue. Auguste ferme un instant le temple de Digitized by Google .

quelles perd vingt mille » te-quatre mille hommes à Cibalis. hommes périssent au siège de Jérusalem. » vante. mais il » un empire » six cent mille » » » pour des siècles en éta- Quelquesbons princes laissent respirer l’Etat. Les Goths s’empa- » rent » tans. Les Francs. mais la guerre ne cesse jamais. » cinius A commencer par Cons- guerres et quelles batailles! Li- » tantin. » » les » Lombards. quarante mille » personnes sont égorgées. l’année sui- une perte encore plus con- En moins d’un siècle Rome est prise saccagée trois fois. les Goths. » blissant » DllOIT DES GENS. lui font subir » sidérable. Mahomet parait. tren- à Andrinople et cent mille à Les nations du nord commencent à s’ébranler. Le Bas-Empire ne présente qu’une par les » suite de massacres. La destruction des hommes opérée armes des Romains est vraiment effrayante.122 DU » Janus. » et Les hom- et les Goths. at- déchirent successive- met l’Europe à feu et à sang. sous l’empire du bon Titus. de Milan et y tuent trois cent mille habiTotila lait massacrer tous les habitans de » Tivoli et quatre-vingt-dix mille hommes au de Rome. et. etc. » Français lui tuent plus de deux cent mille » mes près de Châlons. » Chrysopolis.. les Huns. le glaive et » sac Digitizod by Google . l’ouvre électif. les Alains. dans une sédition » qui s’élève à Constantinople. et. Attila le Vandales. les taquent l’Empire et » ment.

porté en Espagne. Charlemagne monte sur le trône et combat pendant un demi-siècle.DE LA PAIX ET DE LA GUERRE. La lutte des chrétiens et des Maures » en Espagne » Plusieurs n les est un combat de huit expéditions et y coûtent vingt. il écrase des nations de fer » écrasait les » de l’Europe il doit en- mort. détruisent de fond en comble » l’immense ville de Syracuse » mille tiers . Ils hommes globe. Les cette longue suite de de cruautés qui nous font encore . mais le tor- » seul » mille » dans » rent rencontre le génie des Francs » plaines de Tours. plus de *> carnage. Chaque année il dé» >1 » crête sur quelle partie » voyer la » queur. » » » » où le fils les du premier Pépin.femmes Normands commencent » ravages et comme César de l’Asie. L’islamisme. ils perdent trente près de Constantinople dans un combat naval . cents ans. y trouve un rival indomptable. même plusieurs batail- trente. et Pélage leur en tue vingt dans une bataille de terre. Ces pertes n’étaient rien pour les Sarrasins. deux I»3 du » l’Alcoran parcourent les » Les Safrasins courent de l’Euphrate au Gua- » dalquivir. au milieu de trois cent mille cadavres. Jarriais peut-être on ne » vit plus de gloire. plus de grandeur. Présent partout et partout vain- hommes . attache à son nom l’épithète terrible qui le distingue encore. quarante et jusqu’à » quatre-vingt mille vies.

Sous les règnes d’Édouard et de Philippe » de Valois. Vêpres sicilien» » nés. tandis que les Normands. on ne compte plus que par myriades » nombre des » subjuguent et ravagent » Chine jusqu’à » taient croisés victimes. » une autre s’établissent enfin et s’ap- Cette veine ne donne plus de sang: s’ouvre à l’instant: les Croisades com- » mencent. l’Allemagne et la Grèce.I DU DROIT DES GENS. L’Italie entière est saccagée par les » Sarrasins. w Les nations barbares » privoisent. Massacre des Juifs. Les Français qui s’écontre les Musulmans se croisent la » contre les hérétiques : guerre cruelle des Albi- où trente mille Cinq ans après. et » frémir. l’Angleterre.. la France et l’Angleterre se heurtent » plus violemment que jamais et créent une nou» geois. Hongrois ravageaient » et les la les Danois France. Le flambeau des guerres » civiles s’allume en Angleterre. ^Bataille de Bouvines » hommes » velle perdent la vie. la Hol- *> lande. quatre» vingt mille Sarrasins périssent au siège de Da» miette. Ba- . » est » le : nom des Francs disparaît à la bataille de » Fontenay. Les Guelphes et les Gibelins com» mencent cette lutte qui devait si long-temps » ensanglanter l’Italie. ère de carnage. L’Europe entière se précipite sur » l’Asie . 24 L’immense héritage de Charlemagne déchiré l’ambition le couvre de sang. le monde le se* fils depuis la Bohême.

de Marie Digitized by Google . L’Angleterre. » hommes de la couverte du s’égorgeront pendant trois Baltique à Méditerranée. re- « poussée dans ses limites. Le duc de Bourgogne » assassiner le les fait duc d’Orléans et commence la sandeux familles. dans ce contrat de mariage. Les maisons d’York et de Lancastre la baignent dans le sang. massacre d’Irlande. » gogne porte ses Etats dans la maison d’Autri» che. Bataille d’A- » glante rivalité des *> » zincourt. Mahomet II » règne et combat trente ans. se déchire de ses proprès mains. Luther paraît. siège . massacre » » » des Pays-Bas. Bègne de Soliman bataille de Mohatz. L’héritière de Bour- » » . journée de la Saint-Barthélemy. il est écrit » que les » siècles. et. » taille de JsS de Nicopolis. Les Hussites mettent à feu et à sang une grande partie de l’Allemagne. etc. massacre des Cévènes. » » de Malte.•V DE LA PAIX ET DE LA GUERRE. de Henri IV. Le vaincoups de Tamerlan qui Poitiers. Mais c’est de l’ombre d’un cloître que sort l’un des plus grands fléaux du genre humain. : » siège de Vienne. Y » » » chaque page de leur histoire est rouge de sang humain. Dé- la Nouveau-Monde : c’est l’arrêt de mort de trois millions d’indiens. Bataille » queur tombe sous » répète Gengis-Kan. guerre de "» trente ans. » Calvin le suit: guerre des paysans. guerre civile de France. Charles et » François I er paraissent sur le théâtre du monde. meurtre de Henri III.

Aux champs Thessaliens osèrent-ils descendre? Et jamais. . • de nos jours enfin révolution française qui part de source *. et disparaît :de là la guerre de Troie. Quelle en fut la cause historique? la violation du droit des gens. De Maistre entasse les batailles.?* Iphigénie. avec quelle exagération amère. . acte IV. dans Larisse. il est clair Sachons tirer que de ce tableau des conséquences moins tristes et plus vraies. un lâche ravisseur Me vint-il enlever ou ma femme ou ma sœur**? • Le poète a raison. un homme venu d’un autre rivage enlève une femme. Jamais vaisseaux partis des rives du Scamandre. les ruines et les ca- davres des peuples Mais toujours ! guerre est dans la l’histoire. faire respecter de moralité La Grèce * Chap v 3 : il pour sociale. la ravit. f * Digitized by Googl . s’était levée son droit. la première entrevue de l’Europe et de l’Asie. et. » de Charles même la » Quel tableau! avec quel injurieux accent de triomphe. L’Orient veut réagir sur médique. . DD DROIT DES GENS. scène 6. ses idées de justice et la Grèce par la guerre . Dans les premiers jours delà Grèce. 26 I » Stuart et » la I er . se flatte d’étouller facilement ces pe- Considérations sur la France..

si pathétiquement raconté par Thucydide. la une femme. grecque qui vère le fait de ce chant douloureux plus beau fragment de Cependant un maître un Macédonien ira commence sérieusement est Péloponèse. mais moins heureux que la guerre du n’a que de médiocres historiens.DE LA. et il lui faut attendre . 1 27 démocraties: la civilisation européenne vive. et Arrien . à la fin guerre du Péloponèse. intelligente. ne s’agit plus de il faire respecter mais de sauver de l’esclavage dépositaire de l’avenir La Grèce de du monde. génie occidental. PAIX ET DE LA GUERRE. Romains.- pourrait-elle la vaincre? La guerre médique sert donc puissamment l’humanité. étreinte cruelle de où la ville de Cécrops est dénouement de l’indépendance hellé- Sparte et d’Athènes étouffée. L’Europe Grèce. triomphe de l’Asie qui ne tend à sortir d’elle-mème que lorsqu’elle dégénère et ne se comprend pas. tites acérée. et. victorieuse se déchirera. un vengeur: jusqu’au Gange. le les murailles d’A- thènes crouleront aux applaudissemens insensés de la Grèce rien et guerre politique. de nationalité nique. duel du génie do- : du génie de l’Jonie. avec un sentiment de réalité. et sé- historique. Elle a brillé avant comment l’Europe. en attendant la se consolera en prenant Alexandre l’art il Quinte-Curce les et à convertir l’Asie.

que Quelle fut la la peste se loi répandait au loin. malgré son génie maritime. trompées ou vaincues. elle les comme un gagne. Rome se met en aspect de toutes les nations. malgré Hannon. ses mort à saint Louis. Rome seule. Elle tâte d’a- bord les plus voisines. elle passe à d’autres. les fascine.Ia8 Dtf jusqu’au xvm® DROIT DES GENS. malgré Xantippe. et que les peuples périssaient : ÔXoovto îl Xaoî. Orbis romanus. tionalité donnée au monde Une : il n’y a pas épithète de na- entier! du monde antique? a Malheur aux vaincus. I « quelques pages du génie de Montesquieu. sa politique habile. et dans le monde que reste-t-il ? subjuguée. L’Asie est conquise. » Homère nous a dit qu’Apollon avait lancé une flèche sur la tête des Grecs. Rome. malgré An- meurt destinée seulement à donner dans décombres une retraite à Marius et un lit de nibal. enfin elle mais qu’elle ne saurait laisser vivre. l’humanité ! marché? Mais voici venir les Romains. Regardez bien autre chose. les envahit submerge et couvre l’Italie. et Carthage. Alors elle s’attaque à une puissance long-temps chargée des intérêts du monde.. les eût-elle regarde. La Grèce! Rome lui met insolemmentle pied sur la gorge. les convoite. siècle . Eh bien sans ces quatre guerres . Digitized by . flot inévitable.

tendre la comme les Curiaces sous le fer du Romain. Telle fut la loi de l’antiquité. Périssez. Ces pauvres nations mesureront toutes avec le ! génie de Rome : toutes viendront. dans dans sière. 9 . dire cet insolent triomphe d’Achille qui traîne autour des murailles de Pergame cadavre de l’ennemi qu’il a vaincu.vous sérable qui : ce sont tous les vaincus représentés par ce roi insultés. On dirait que la Providence répond aux cris plaintifs des peuples. En un autre exemple? Quel est ce mimarche dans le deuil devant le char de ce consul romain? c’est un roi dont Rome triomphe. comme la Cléopâtre de Corneille gorge à ses enfans : Périsse*. Quelle est cette action. Que veut il 1 fallait qu’il mourût. 2CJ Quand un peu- la fange? il ne le la le pous- rend que mécon- naissable à son vieux père. Tout doit disparaître au profit d’un monde nouveau. Cette fois ce n’est plus un seul homme voulez.. et le génie romain est l’énergique ouvrier de cette mission sans entrailles et sans miséri- corde. l’une après l’autre. que pas un moderne. traînés elles se au supplice. ple n’était pas le plus fort. 1. pas un chrétien ne voudrait accomplir? c’est l’exaltation de la force brutale qui Ji’a pas reçu le baptême humain. DE LA PAIX ET DE LA GUERRE.

! pas détruits. C’était qu’ils périssent loi des temps modernes mieux des temps antiques: la loi pour mieux disparaître. et ne peu- Sur les limites : vent plus périr. il est temps. * Digitized by Google . La guerre efface l’empire romain. un étrange début du monde moderne que l’extermination du monde ancien. dans son ivresse. il fallait nécessairement que l’ange exterminateur ne parût pas. Les barC’eût été bares reçurent le christianisme. elle extermine follement les Saxons. Les barbares n’ont pas exterminé les Romains. Pourquoi ? Suivant plusieurs. cette autre loi que les peuples ne périssent plus. demment Un mot civilisatrice. Elle se fait sacrer par le pape tant elle est intel: ligente! Mais. seulement sur un petit écrit de Bacon. égalité in- connue à l’antiquité. L’épée de Charlemagne veut ébaucher le monde moderne. Car ils devinrent amis. et dans cette égalité nouvelle entre les vainqueurs et les vaincus. C’est : qu’ils survivent la pour se développer. ils devinrent frères. qu’il autrement comment vertir ? les fallait laisser persuader et Je passe sur les croisades vivre les : con- guerre évi. l3o de l’univers romain et du monde moderne proclamons. de vainqueurs un peu rudes.DU DROIT DES GENS. c’est une Eh autre. mais amis. mais sujet percé à jour. c’est une raison de circonstance. parce qu’ils devaient ils ne les ont les régénérer.

Plusieurs interlocuteurs sont réunis dans une : maison à Paris : c’est Eupolis. guerre est parfaitement conforme aux devoirs du chrétien qui a fendre sa foi et la de la faire pour dépropager. et Zebedeus le catholique se charge de démontrer que dit la son la avis. et Pollio. chacun mais sans suite. Martius. C’est au milieu de que s’interrompt le dialo- le droit cette démonstration gue. Mais. Zebedeus est catholique fervent. . protestant enthou- Eusebius. ï3l De Bello sacro. qgf des agrégations d’hommes encore idiotes etbrutales ont besoin d’être corrigées et redressées par les nations véritablement constituées : tant le bon sens de Bacon savait Digitized by Google . un politique . Eusebius. guerre . j’y remarque que Bacon considère la guerre comme un moyen de civilisation. siaste . Gamaliel. car je lis Reliqua perficere non vacabat. un homme de cour. dans le peu que nous en avons. un théologien orthodoxe et modéré . Zebe- deus. on convient alors de remettre l’entretien à un autre jour. On devise ensemble on cause de . il pense qu’une nation civilisée (civilis) a le droit d’étendre par les armes son influence et son empire sur un peuple qui ne l’est pas. Voici le plan de ce petit dialogue. Martius. que les tribulations politiques de ce grand homme ne lui ont pas permis d’achever. Gamaliel. Pollio. un homme de guerre Eupolis.DE LA PAIX ET DE LA GUERRE.

l’Europe cherche à se dé- brouiller et à s’asseoir par des guerres interna- L’Allemagne et tionales. tellement qu’en se Italie on surprend à ne plus comprendre. l’autre. on assiste c^pme à une tentative de conciliation . Après les croisades. des Guelfes et des Gibelins. pas d’accord possible. profond. sont. l’influence le en atten- combat dn génie du Nord et du du Midi l’un sévère. est allemande. par son climat. Digitized by . devant ce marbre éblouissant qui s’est façonné sous les formes gothiques. extérieur. apportant à l’Europe vigueur et nou- génie : veauté . et le Entre la réforme qui catholicisme qui est italien. mais s’aider. Il est un monument qui re- présente tout-u-fait l’apparition et la descente du Nord daus le Midi. Le Nord essais sont et le peuvent s’estimer . l3 2 échapper aux déclamations superficielles contré la guerre et sa raison. jamais. passionné. Midi ou du moins pas encore.DD DROIT DES GENS. dant Luther. à ne plus aimer l’Allemagne. sombre. par arts. pas épuisé par des siècles de gloire et de fécondité. toujours riche. France croisent ültalie l’Italie. individuel. théâtral. le fer. répugna toujours à elle les guerres du sacerdoce et de l’em- pire. par ses sa religion du Nord : . riant. la l’Angleterre et Ce fut toujours pour un poids insupportable que l’Allemagne. Par son génie. Devant le dôme de Milan. mais de pareils des témoignages de guerre.

il voulait les persuader plus intime. cela n’est pasde notre sujet. L’Angleterre et la l33 France travaillèrent aussi au développement de l’Europe. son désir le . Mais il a mieux compris qu’aucun capitaine la mission de la guerre. Après Crécy et Azincourt. Que Napoléon soit le premier conquérant des temps modernes. changement qu’il veut apporter dans l’économie européenne. content. plus une campagne . c’est gloriole le résultat que les dans l’insolence de la victoire. Il la faisait pour amener les rois et les peuples à ses idées c’était son voeu le . Ouvre-t-il puissance qu’il attaque. fut complimenté comme à Paris c’est une de France par roi bien. le dre raison. que veut-il? signer la capitale la : paix étrangère.DE DA PAIX ET DE LA GUERRE. enchanté. mais et quand dans il l’a il de est forcé livrer bataille gagnée. Il prie qu’on veuille bien entencher. sous la tutelle des ducs de Glocester et de Bedford. croyant avoir persuadé ceux qu’il a vaincus. en croyant ne satisfaire que leurs inimitiés. : c’ést vainqueurs se permettent Seulement c’était impossible. Mais folie il abréger cette nomenclature de batailles pour arriver à un homme qui a mieux connu que personne la raison et la philosophie de la guerre. Na- « Digitized by Google . pour l’Angleterre une faut le parlement du triomphe. le petit Henri VI. il a exposé à la le but qu’il se propose.

dans la gi- gantesque pensée du blocus continental. Kant en Allemagne condamnait guerre . si délicate et peureuse. et il fut le plus clément des vain- queurs parce qu’il en fut le plus intelligent. la ! Newton. Démence du génie impiété sociale ! gleterre mais . elle . un des flambeaux du monde serait pas . Mais vis-à-vis de l’Angleterre cette clarté si vive de jugement l’abandonna. et Napoléon a succombé pour avoir joué l’orgueil d’un homme contre la vie d’une nation. après la victoire il fait éclater s’arrête . il déclarait même si aussi la qu’en droit rationnel ne devait pas y avoir de guerre . de Bacon et combattre l’An- Il fallait supprimer . sans laquelle l’Europe ne complète! Les peùptes ne s’effacent’plus du livre de la vie . la Con- vention et Napoléon. Si pour frapper il ramasse et toutes ses forces. et. au trouvait si molles . 34 poléon a fait la guerre de la manière la plus hu- maine. et il terminait son Droit naturel par le vœu d’une paix per- il pétuelle quelques années avant Pilnitz. il apaise sa foudre. Dans le xvm« siècle contre la guerre. on milieu de ces mœurs on déclama beaucoup commode. de cette exis- tence de boudoir et de soupers. la patrie de de Fox. Digitized by Google . d’écrire la théorie de la paix univer- selle. il rêva de la rayer du nombre des nations.J DO DROIT DES GEHS.

si w as le droit d’être libre. a le droit de con- Digitized by Google . et si jamais je ren: » contre un quaker. » La guerre elle est est donc naturelle justement agressive. Cette secte honorable et pure reçut du bon sens une réponse digne national de la bouche de Mirabeau. » par » veux la tyrannie. 1 35 Kant se trompait. a le droit hu- de combattre pour rester libre. elle a sa racine dans la nature maine qui.DE LA PAIX ET DE LA GUERRE. quakers vinrent à le io février 1791. qui. déclarant seulement de qu’ils la légalité ne vou- laient ni prêter serment ni faire la guerre. la guerre est le droit de l’homme et de l’humanité par elle l’homme se : défend. des barre de l’assemblée de- la mander à vivre sous la protection française. elle Quand développe destructible. la paix ? eh bien » pelle la guerre : 11e le laisse ce serait une ! le pas égorger tuer toi-même. elle pendant que Mirabeau présidait la Un jour. intelligente. civilisation du monde : et sociale. c’est la faiblesse Tu qui ap- résistance générale serait » la paix universelle. Constituante avec une parfaite majesté. in- libre. tu as le • tu droit d’empê- » cher qu’on ne te fasse esclave. par l’humanité marche. qui termina par ces paroles au milieu des applaudissemens « L’assemblée discutera toutes vos » demandes dans sa sagesse . je lui dirai : Mon frère. la voilà son côté positif. puisque tu » aimes ton semblable.

Il semblait que la Russie avait pris et gardé pour elle tout ce que la race slave pouvait avoir d’é- nergie. Non canimus surdis . les cris de tous les n’est indifférent ni ' » Ces paroles ont été prononcées le 28 avril 1831. l36 vertir et de conquérir ce qui lui est inférieur elle est la nisme tionnée. Ainsi en vertu de leur con- science indigène. Digitized by Google . que toutes cependant se reconnaissent solidaires les unes des autres. nation : la Pologne se . et elle est éternelle *. il l’a les perfec- sa loi la na- s’abolir. la guerre. soit qu’ils puissent se créer une petite in- dépendance. humaine. lui comme donne un démenti. Sous tionalité des peuples ne peut plus les Belges. respondent omnia L’Europe a des échos pour peuples.DU DROIT DES GERS. et l’a supprimé faite de nos jours. Que chaque nation veuille être individuelle. * un mouvement sylvse.* et : mens de la diplomatie. d’avenir et de puissance lève. Le christia- n’a pas la Hollande méconnaissait. et soit qu’ils viennent à nous. leur destinée attestera toujours une personnalité sociale qui ne saurait mourir. Pas . voilà qui est dans la conscience de l'Europe sentiment profond et complexe qui se révèle à travers les embrouille. se sont détachés de qui : persuasion à main armée.

égoïstes et folles . su- périeur encore à celui de Grotius. d’où sortira l’indépendance de chaque peuple et la solidarité du monde. r * Digitized by Google . pour chacun.DE LA PAIX ET DE LA GUERRE. Dans l’histoire des législations national occupe donc l’avenir un nouveau le droit inter- une grande place. ni pour tous : le 1 37 contre-coup est universel. mais des guerres d’expérience d’ide'es. Pour droit des gens s’élabore. tout-à-fait social et cosmopolite. de Montesquieu et de Napoléon. d’assiette sociale. et partant salutaires. Qui aurait le génie des conquêtes après Napoléon? qui voudrait essayer de le contrefaire? Les guerres ne peuvent être maintenant que des guerres inévitables. Aussi plus de guerres de conquête.

ses règles et ses lois. où il lai s’é- puisé consolations et forces contre les tempêtes qui l’attendent au de- horspqui est son sanctuaire et l’inviolable confident de ses joies et de ses douleurs. de telle la .a so- au sein de laquelle elle est enfermée. où il naît.législation . sert à la fois lève et se développe. l’Inde. Il est III. — Du Mariage. nous livrent i e reflet & fidèle Digitized by Google . Or la famille et l’Etat vivent ensemble dans de perpétuels rapports.CHAPITRE De la Famille. quelque chose pour l’homme qui de berceau et d’asile. Chine. Dès le début de l’histoire et de on imprimant i la famille ses influences. dans la sphère qui lui est pro- pre. — Du Divorce. — De l'Education. représente la constitution politique de ciété la . je veux parler de la famille. saisit l’Etat façon que la famille. la Judée.

dans le passage de la barbarie à la féodalité. qui a travaillé aux la famille est la liberté si plus efficacement lois athéniennes. sophistes et les rhéteurs. qu’attendent d’autres destinées. quand la vie tout extérieure se passait entièrement sous le soleil du midi. était comme une conquête de tous les jours. Rome commence plus complète sujétion de la famille à par la tat. »3o à des degrés différens. civil se et finit sous les par s’en séparer tout-à-fait. fait descendre la démocratie de l’Etat à la famille. où l’exi- stencede chacun. qu’importait la famille? Mais dès les premiers temps modernes. achève l’émancipation de l’E- distingue empereurs Le christianisme la famille. c’est en raison en Grèce même de grande de l’Etat. Si plus libre. mais peu à peu son droit du di^it politique. capricieuse et riante. au fond des châteaux forts. Ainsi Solon. avec ces diversités qui font * l’intérêt de l’histoire. assiégée par mille hasards. à cette législation facile. destinée à naître et à se développer entre les les poètes. Quand.DU MARIAGE. dalité V . en réunions politiques. les philosophes. vivant sur la place publique d’Athènes ou de Rome. si graves et si sombres. le citoyen ne retournait dans sa maison que pour y prendre un repos nécessaire. la vie de la famille devint. de la féo- aux temps véritablement modernes . en exercices communs d’esprit et de corps.

mais toutefois les idées politiques continuèrent de faire inva- sion à son foyer. peut sauver son bonheur domestique des naufrages de sa fortune publique. pas plus que plus nobles affections l’État sur les formes essentielles de Vouloir importer la la famille. La famille la religion. les substitutions attestent phe de l’aristocratie. mais la le le triom- réaction ne se fait pas protestantisme introduit mariage. l’amour. jouit avec sécurité des du cœur. indépendant. Les rapports de destructibles. milieu des révolutions de la au liberté politique. Les successions nobiliaires. les sentimens hommes d’armes et des nécessaire. firent à les avait conquis son indépendance. les l’homme une destinée inconnue aux temps antiques. vouloir en induire la né- Digitized by Google . dans le le sur at- divorce révolution française règle la liberté politique. paternité domestique dans la constitution politique. i4o sous la protection des un tourelles. droit d’aînesse. asile où plus chers à l’humanité. comme un royaume à part où l’homme se repose des tourmentes sociales.DE LA FAMILLE. car choses. tendre. et la famille La le le la famille et ils de l’Etat sont in- ressortent de la nature des progrès accompli consiste dans l’indépendance de la famille qui est devenue. La constitution de la famille ne se règle donc plus sur les principes de l’Etat. Alors changèrent rapports de la famille et de l’Etat.

de leur nature? Le mariage humain est au-dessus du mariage naturel de toute l’excellènce de l’homme sur l’animal . ne portent-ils pas dans cette union.*• : • ' * ritu nuptiarum. I. Si uns vers les la famille? quelle en Ici se révèle la mariage.DU MARIAGE. c’est voul’Etat loir ramener l’homme à son berceau. t. t* De Conjunctio maris et fœminœ *. » • v • * ’ • MODE8T1NU8. humaine sur tout ce qui attraction puissante entraîne les autres tous les êtres animés. consortium omnisvitæ. association de personnes sensibles. intelligentes et volontaires. ' * * • • * Digitized by Google . les êtres dont l’intelligence et la liberté élèvent et purifient les passions.'. ne pas reconnaître dans famille et la deux ordres de choses distincts que le progrès de l’histoire a séparés pour jamais. de plus intime et de plus doux: J’en trouve dans admirable que le la loi • v romaine une définition christianisme n’a pas surpassée: Nuptiæ sunt conjunctio maris et fœminæ. si tout ce qui est doué de la vie tend à s’unir.divini et humani juriscom- « » municatio »> *. se désire et se cherche pour s’aimer et se compléter. cessité les philosophique de la 141 monarchie chez tous peuples. il met en commun ce que l’horpme a de plus sacré. * ' 2. qui leur est commune avec tout ce qui respire la supériorité. Quel est la est le fondement de source sacrée? le supériorité de la race une respire. • ff.

pas de mariages légitimes. et faisait galité des auspices.DE LA FAMILLE. Conquérir les uns après les autres tous les droits de la sociabilité. civils. mais seulement des hommes. l/(2 physique et universel. du avaient seuls le secret et le privilège jus civile. Les patriciens qui avaient fondé la cité. que. et ses enfans. il n’y avait pas de citoyens. Digitized by Google . sa époux comme le femme droit civil et religieux la : sorti ce sainte Rome . participer soi. découler En dehors de la lé- ce droit à la humain. droit. e'taient seuls dans l’origine citoyens. être père de famille. religieux. de tout ce que la sociabilité et la religion a de sacré. mais des fois divin et unions naturelles. de la cité. époux et les enfans de tout ce que le droit divin et humain. divini ac humani juris communicatio : voilà la participation pour les vie. de pieux et d’indélébile. les qui comprenait dieux et la religion et la politi- la cité. Il importe de constater comment le droit romain est arrivé à prononcer sur le mariage une sentence si juste et si haute. cives . les premiers de cette lutte laborieuse est si profond et cette idée si du mariage. pères de la sociabilité romaine. consortium voilà l’acte omnis vitœ : c’est la mise en commun de toute la de toute la destinée . juridiques. et sentiment au même voilà quel fut l’effort et conquête du plébéien pendant temps de patricien .

a remarque définitio^Ai mariage par Modestin fait précieux. dalla nozione dell’ antico drilto del Con- che nacque tra congiunzione detta propria» mente di nozze. Triboniano confonde nozze col matrimonio Nuptiœ . o sia » consorziodi » »> » » » » : matrimonio. » troviamo » l’una del due diverse dehnizioni del connubio giureconsulto Modestino .ela communicazione d’ogni dritti divino ed umano. è Ja congiunzione dell’ uomo colla donna. Neila compilazione » degli scritti de’ giureconsulti fatta da Tribo» niano coIF autorité dell’ imperator Giustiannio. Triboniano ail’ incontro dice Le nozze. si conferma chiara- » menfe » nubio presso di loro. che sara l’argomento di questo » » capo. « » istituzione del cittadino » sulla ragione degli auspici. Un jurisconsulte italien. e dalla notabile differenza. sive main- » le : : . et il Che la primaria romano fosse fondata est supérieure à celle d’Ulpien.. Modestino deûnisce le nozze sola- il mente Nuptice sunt r ç te. il » : commune perpétua vita. per meglio intendere l’antica costituzione » délia cittadinanza romana. Modestino scrive Le nozze sono la » congiunzione del maschio e délia femina. l’altra di Triboniano medesimo. che leggesi nelle Isti» tuzioni. e congiunzione detta di mero » Matrimonio. DU MABIAGE. che forma una perpétua société tra loro. mis en lumière ce combien la l43 Emmanuel Duni.

simplement matrirnonium férence qui sera l’objet de ce chapitre dif- . nous trouvons » férentes du connubium . la : » ni et hurnanijuris com%tyiicalio » tenta délia perpétua vita socievole trai conjugi » individuam vitœ consuetudinern conlinens. Le second se contente d ad- » droit divin et » : : Digitized by Google . Dans la compilation des écrits des jurisconsultes faite par Tribonien d’après les ordres de l’empereur » Justinien. » l’union appelée » . » l’autre de Tribonien lui-même. » omnis vitœ.. » premier voit dans nuptiœ la communication du humain divini et hurnani juris communicatio. *44 com- » monium » municazione del dritto divino e umano divi- Quegli vuol nelle nozze etc. » individuam vitœ consuetudinern continens. . DE LA FAMILLE. Modestinus écrit » sunt conjunctio maris et fœminœ consortium : . deux définitions dif- l’une de Modestinus. qu’on peut lire Nuptiœ » dans les Institutes. divini et hurnani juris communi- Tribonien au contraire dit Nuptiœ sive » matrirnonium est viri et muliens conjunctio . etc. afin que nous puissions mieux comprendre l’antique constitution de la cité romaine.» » on n’en saurait douter en examinant l’antique droit sur le connubium et en remarquant la grande différence qui existe entre l’union proprement appelée nuptiœ et « » » » Oue la cité des auspices » >• » » questi romaine fût fondée sur si con: la raison . Le » catio.

» mettre la » entre les » nem ^5 # perpétuelle communauté d’existence époux continens *. M. et dut être la première conquête que se proposèrent les plébéiens en 260 ils n’avaient obtenu que le tribunat. ne nous sont parvenus : les patriciens seuls ont écrit dans les premiers siècles les lois de Rome. dans l’origine. En adopcomme le fait M. en Ueber die Enstehung. ni ces mœurs civiles distinctes de la légalité patricienne. des magistratures. comme on le croit généralement. si curieux sur ce point. disparurent peu à peu sous l’égalité qu’obtint enfin la plebs. la moitié de Rome sans droit et sans mœurs civiles ? Mais ni ce droit. que les plébéiens puissent contracter des alle .DU MARIAGE. il ne demande pas seulement. mais que les plébéiens jouissent de ce mariage solennel et vraiment civil dont ils avaient été exclus jusqu’alors. et ont dû fort ingénieuse tant son opinion. : Individuam vitœ consuetudi» Pourquoi chez tous les peuples célèbre-t-il sous les auspices de la le mariage se religion? c’est • * Origine e Progressi del Cittadmo c dcl Governo civile di Roma Roma. Quand Canuléius réclame le connubium avec le consulat. 1763-1764) tel est le titre de cet ouvrage de . Eisendecher. et qui lui étaient inférieures. y traite à la fois du droit public et du droit civil. . qui. de Tite-Live et de Denys d’Halicarnasse. : étouffer les traditions plébéiennes. sous ce titre : les principaux résultats. aussi bien que du mariage et de la fa( 2 vol. d’ailleurs. liances avec les patriciens. Le livre de Duni. à grand’peine avons-nous pu en découvrir un exemplaire chez un libraire du Corso. Duni in : il mille.. que les plébéiens fussent entièrement destitués de droit civil comment se représenter une partie de la population. des comices. Entwikelung und Jus- bildung des Rürgerrechts im altem Rom. Mais un Alle- mand. Je renvoie à Duni lui-même on y trouvera une critique . C’est sous ce dernier rapport qu’il est intéressant et Il a parfaitement vu que. les patriciens rieur. en a résumé 1829. est assez rare . Ballanche. je n’en conclurai pas. saient seuls supéjouis- du véritable mariage civil et religieux dans la forme la plus solennelle et la plus sainte : ce mariage connubium était fondement de la famille et des droits civils.

peut-on leur sup- poser à cet instant décisif la moindre arrière-pensée . dans sa loi. impitoyable. pour règle le bien. Ce qui du mariage fait l’acte le plus que ceux saint et le plus grave de la vie. Sans doute . la loi sociale rfn bien non plus ne saurait ressem- « hier à un destin de fer. la législation a : % Digitized by Google . bon sen§ et de lai pielle est humaine. dans son esprit. 1^6 que dans ce rapport de l’homme avec la femme. Cela bous mène au caractère principal # du mariage.DE la famill^. elle sourd. aveugle. est donc indissoluble dans son vœu Le mariage . de quelque chose de supérieur à la volonté individuelle. de Dieu. Mais l’humanité n’est pas destinée à nous re- présenter l’image toujours pure et fidèle moral . plus léger désir que'la le lepr réserve ultérieurement et de se séparer le qui les unit loi moyen de rompre Cela n’est pas dans la nature ? des choses. dans cette union de deux volontés et de deux destinées. la perfectibilité et le progrès mais Xte n’est pas géométrique dans ses développemens . Est-il indissoluble? Quand deux personnalités s’étreignent et s’unissent en vertu de leur volonté. il faut l’intervention d’une j / sanction plus haute . d’une idée plus générale. c’est qui contractent le cable autrement : le jugent définitif et irrévo- ne il serait plusqu’un échange passager de passions et de fantaisies.

d’accord. dans son va#. elle connaît les ner. la loi doit rendre à l’un des époux la possibilité de redevenir libre . Autre chose le crime flétritl’un des époux. L’un des deux époux blesse l’honnèur. Si le mariage est indissoluble dans son es- prit. car elle doit les me- que. dresse et la dignité de l’autre par outrage. tout en restant maîtresse. Dü MARIAGE. il lui fâudra reconnaître des cas où le ca- du mariage est obligé de flémanquemens et les fautes de la ractère indissoluble chir devant les nature humaine. C’est la installant femme un adultère. Mais elle faut-il aller au-delà ? La législation doit- prévoir et concéder le cas où. les époux pourront se sé- parer. elle doit rait être concéder et compatir là où un obéie que par sauvant ainsi des excès de de la Ainsi elle ne pour- effort d’héroïsme. Dans ces trois circonstances. elle ne saurait l’emprisonner dans un cercle de elle n’a pas le droit d’exiger de lui une fer vertu plus qu’humaine. et elle sait l^y hommes. en ne s’abandonnant pas aux caprices des mœurs. divorcer et aller former d’autres nœuds? Non. de religion et d’amour. par consentement mutuel . un dévoûment sublime : . une concubine dans la la ten- irréparable c’est le mari maison com- mune. tié. se pure la spéculation logique poussée à bout et du mysticisme. il ne saurait se dissoudre Digitized by Google ..

FAMILLE. Irréligion elle-même « J’ai » pas » » Digitized by Google . la loi volonté I. c’est un mal pour en . La matière est difficile. une exception . des passions humaines masque de la liberté philoso- une concesnon plus de raison. 1 Mais. les deux époux ne veulent plus ce qu’ils ont voulu Presque rien. La loi autorise le mariage à un âge tendre. de plus grands : mais il n’y a pas lieu à entonner le chant du triomphe au nom de la liéviter berté humaine. l’ont contracté. la : qui pourrait les empêcher? nature des choses et la raison. non un droit un remède. des circonstances. c’est substituer la fantaisie au devoir . de ce guerrier devenu jurisconsulte par ces divinations du génie qui lui étaient si familières: » entendu beaucoup d’objections qui n’ont une grande force. l’expérience a souvent donné un dé- » menti à cette supposition. dit-on. ce serait ici sion de faiblesse et à la volonté de pouvoir se rétracter et se défaire elle-même.A même de peut céder à mais non pas à Il ceux qui la fatalité l’arbitraire se cachant sous le phique. Voici les vives et frappantes paroles du premier consul. Le divorce est une concession.l48 par La DF. v Cependant une autorité d’un poids effrayant appuie le divorce par consentement mutuel. Accorder faut le dire. on suppose dans les époux volonté et consentement.

Il en intention pour toute la vie. » peut être dissous. Ce se- » rait » ce . comme que je si l’on disait Je me marie jusqu’à change d’humeur. un siècle où » arrivé.DU MARIAGE. Est-il dans la cela ne soit pas nature que deux indivi- Digitized by Google . Ce n’est que la : volonté d’une des parties. C’est mariage est indissoluble. Que ceux qui ne voient pas cette perpétuité dans l’intention . » mais dans » tent » n’ait » les donc dans ce sens que le ne peut pas y avoir eu d’autre pensée quand on a contracté. mariage les siècles. >i Deux individus qui marient ont bien la volonté de cœur de s’unir pour la vie. parce » possible alors » » » » » qu’il est im- causes de dissolution prévues. me ci- religion sous l’empire de laquelle on pas cassé des mariages de princes ou de grands seigneurs. admet » pays » tous les que » vrai >4o divorce pour cause d’adultère dans le le dans tous . Il n’est soit indissoluble . Le dile sera-t-il pour incompa- y aurait à cela un grand inconvéc’est qu’en le contractant on semblerait » libilité? Il » nient » penser déjà qu’il pourrait être dissous. La simple allégation d’incompatibilité est donc contraire à la nature du mariage qui est fait » soient » que une l’indissolubilité du mariage. Le projet du Code prouve. pour » » plusieurs cas. qu’il vorce étant admis. Le mariage est bien indisso- » se » » lubie dans leur intention. pas cela n’a jamais existé.

rt ront d’accord rt » « dit . Tant qu’on ne fera que critiquer. Quand il n’y a pas de crimes. Consulat Digitized by Google . Tbibaudeau. « t Je hasarde en tremblant * une observation. i5o » » » » dus d’une organisation différente soient tenus de vivre ensemble ? L’institution du mariage doit-elle être telle qu’au moment où on le contracte on ne pense pas à le dissoudre? Mais la » loi doit prévoir les cas où » » » il peut et doit être n’y a point de mariage en cas d’im- » dissous. on ne parviendra à aucune dé- » à celui » Les crimes sont des causes déterminées de divorce. Les rédacteurs du projet ont énoncé des puissance. je réponds qu’ils que les paépoux se- les ont la faculté de refuser leur consentement. DE LA FAMILLE. aussi dangereuses qup » compatibilité. c’est le consentement mutuel. La séparation beaucoup d’abus » a » Le citoyen Tronchet rens consentiront toujours quand $ elle attaque aussi le ma- riage*. telles qu’elles sont rapportées les du premier Mémoires sur le Si consul. Ils devraient opposer un l’in- système que nous défendons.. pages 443-444. Ce sont deux cas de divorce convenus. » causes aussi vagues. Je cite de préférence les proprçs paroles dans de M. L’indissolubilité du mariage n’est qu’une fiction. Il Le contrat est violé quand il y a adultère. Je crois ce système le » cision. » » h meilleur.

reconnaître qu’elle ne peut être détruite que par des faits indépendans de la volonté? Au surplus. : autant que il je cite ici. avec une impatience colérique et bigote. lumineuse. profonde. mais ces jurisconsultes obéisla France a-t-cllc aboli le divorce non pas de misérables passions. d’un seul coup. nous a montré d’étranges successeurs aux Portalis et aux Tronchet. cette idiote et furieuse as- semblée. et que l’économie de la loi sur cette matière est habile La Chambre de . peut-il être dissous par une intention ul- térieure . en faisant disparaître le divorce de notre code. i8i 5. Peut-être été plus choquée de la sotte précipitation qui a saient à leur raison. il est juste d’avouer que le Code civil avait environné des précautions les plus sages la faculté du divorce par consentement mutuel. étaient contraires au divorce par consentement mutuel . l’insisterai seu- veau dansas seil lement sur un point dégager * le est nécessaire de mariage des liens d’une théologie ré- Portalis et Tronchet. ne faut-il pas.OU MARIAGE. Il ne serait pas raisonnable de s’engager de noudétails d’un sujet épuisé par le Cond’Etat et le premier consul. sans discussion. par le seul acte de leur volonté ? Sans de l’indissolubilité du mariage une entité faire scolastique. le mariage est indissoluble » l5l dans l’intention des parties. dès qu’on la place uni- quement dans l’intention . . et que de à l’abolition même.

il n’y a rien de plus curieux Il que cette pièce longue et embarrassée où se trahit l’^igoisse de ces pauvres théologiens même rite » .amis trines à ses intérêts Mélanchton. teurs . le landgrave de Hesse causaient de singuliers tourmens à la théologie des nova- sies. on ÿ lit cette phrase déclare qu’elle veut épouser la » guerite soit i) * de Saal . Digitized by Google . on retomberait dans rigine la réforme et la révolution française l’o- *. si ce n’est le contrat de mariage du landgrave avec Margue- de Saal . cette étrange consultation qui autorisait le landgrave seconde femme quand de Hesse à prendre une en avait une première. quoique la : « Son altesse même fille princesse sa Mar- femme encore vivante. était obligé parfois de soumettre ses doc: ce dut lui être une peine amère que de rédiger et de signer avec ses . premiers réformateurs se trouvèrent fort Les em- barrassés vis-à-vis les passions des princes qui mettaient leur protection au prix de leurs fantai- Henri Vin. autant de lois il la raison et importe de le soumettre aux non pas aux mobiles caprices de la les inconvéniens que n’ont pu éviter dans volonté. autrement. Wintferte . pour empêcher que Voyez la loi du 20 septembre 1 792. Leningue. Luther. trograde. Corvin. et. homme politique autant que théo- logien. Bucer.l5a DE LA FAMILLE. Melanther.

Après rêt des enfans « que Quoique le il le Hume. Non-seulement ses théologiens. » l’on 1 53 n’impute cette action à inconstance ou cu- » riosité. de couronner la veuve de Scarron. ni par curiosité.DU MARIAGE. huitième essai . mais » » fille et la réputation à sa devant Dieu et sur ici son y est obligée par de certaines nécessite's importantes et inévitables de corps et de con- » qu’elle » » science. sorti de ses premiers commencemens revint à des idées plus justes et . traite de mariage la l’esprit du ma- dans son dix- polygamie et du soit toujours indis- montré préoccupé de l’intéexcellente remarque cœur humain aime naturellement » la liberté et s’être . en sorte qu’il lui est impossible de sau- de vivre selon Dieu à moins que une seconde femme à la première. il fait cette : haïsse tout ce à quoi on veut le . pour éviter même le scandale et conserver » l’honneur à la » parenté. son altesse jure » âme et sa conscience qu’elle ne la prend à femme ni par légèreté. » le catholicisme montra plus de Il faut l’avouer dignité quand. plus saines. il refusa » ver sa vie et . où divorce. ni par aucun mépris du droit ou des supérieurs. Mais le protestantisme. mais ses philosophes. à Louis XIV. représenté par Bossuet. veut soluble. » d’ajouter . que ne séduisit pas alors la pourpre romaine. que la mort de la reine de France rendait libre. reconnurent que riage était la perpétuité.

les progrès lents et successifs. me dites-vous . » se il lui est soumettre à » clinations pourtant tout aussi naturel de la nécessité et auxquelles de perdre les in- voit qu’il lui est il im- Vous attribuez. Voilà son côté obligatoire. juste mesure et de ne ni par les son despotisme ni par sa lâcheté. 54 » forcer. » w » voit parfaitement ce qu’on peut obtenir de la na- ture humaine. est la pépinière des sociétés des destinées sociales . elle humaines monde le . De plus. Les Digitized by Google . L’éducation est donc un droit des enfans envers leurs parens. à la nature humaine deux principes qui se contredisent. et Leihnitz disait : « pivot Je me » chargerais de changer » changer l’éducation des générations naissan- w tes. des intelligences sans force. le si je pouvais » que de discipliner des modernes ne sont préoccupés que L’antiquité ne s’inquiéta citoyens.X DE LA FAMILLE. Le résultat du mariage est de mettre au jour des êtres faibles et désarmés . et qui ne peu- vent vivre qu’en s’élevant peu à peu par le temps. de créer des libertés. Mais l’homme est-il autre chose qu’un amas de contradictions ? » Hume » possible de satisfaire. quand on demande des lui efforts raisonnables. la patience. C’est sur cette possibilité que le gislateur doit avoir constamment de l’apprécier à sa compromettre la société afin lé- yeux fixés.

ce patricien fougueux que ne tout dans premiers temps. JLivii. sur- la mère n’a d’auque comme citoyenne avec ou dessus ! c’est un cri de bataille et non un cri de mère. peuvent ébranler ni les cations populaires ? vengeances ni les suppli- qui s’insinue dans son cœur. les mères nous donnent nos premiers sentimens et nos premières idées. console . l’adoucit et l’apprivoise ? sa mère. lib. L’édu- cation de la famille règne presque sans partage. le porte peut-être plus d’influence Au rebours. ap- plaudit à sa vocation. chez les anciens. et enfin le livre à la société. cap. les torité . n. c’est la mère qui recon. Qui fléchit ce jeune Marcius. C’est alors que l’éducation publique devrait et ses influences de développer tous ses moyens l’homme individuel * T.DU MARIAGE. Depuis l’influence morale de la maternité a toujours augmenté. Digitized by Google . faire un homme . la maternité exerce proprement son empire. 40. chez les Romains. Dans n^ sociétés modernes . mœurs domestiques des ï 55 et individuelles. le le mé- fortifie. et la femme y que père. Pour la première fois . naît le caractère et le génie de son enfant. véritable- . IVon inviderunt laudes suas mulieribus viri Romani templum fortunœ muliebri œdificatwn dedicatumque est*. le soutient contre le contentement paternel .

n’avait ni à satisfaire ni à combattre cette liberté* individuelle qui est notre droit et notre idole. milice guerrière de la pour de l’insurrection faire reculer le flot papauté. Les sociétés modernes contraire. Le mode en variera donc. qui s’offrit reli- gieuse. ce qui est impossible. l’éducation publique devra d^ mœurs de la société. un inévitable égoïsme. Aussi . mais de plus en plus à faire sortir la législation et le pouvoir de leur propre sein et à mettre ses mandataires au service de leurs intérêts généraux. La tâche est difLe législateur. si elle est lier calme. et corriger par de larges sym. Si la société est en révolution. non pas à supprimer le législateur et le gouvernement. pathies ficde. l’éducation publique est une arme. ment social ajouter son œuvre à celle de la famille et de la mère. soumettait la famille à l’Etat sans contrôle et sans obstacle. puis elles tendent. qui se multiplia qui se montra partout. dans les cours . au ne veulent pas laisser froisser l’individu .i56 DE LA FAMILLE. et non pas une discipline qui lui serait imposée de haut. Il îéglait les détails et les circonstances de la vie. c’est un développement régu- d où dépend la vie. . . Par quel moyen avait imala réforme cette société puis- giné de résister à sante. dans les temps antiques. Digitized by Google . mais la nécessité en est indestructible. dans les cabinets des rois dans . de nos j'ours être la conséquence .

mais destituée de vivre et durer. qu’il la l’électorat se moralité et la comprendra tous / conles ci- Digitized by Google .DV MARIAGE. gne hautement son impuissance d’apporter une philosophie nouvelle. Elle fut suivie avec persévérance sans originalité.Lagardenationaleest une école 9 de moeurs publiques . de pensées communes. les universités Monde ? . Aujourd’hui c’est la société qui doit surtout s’élever elle-même. L’idée était juste. Quand Napoléon enrégimente la jeunesse française et la fait étudier en uniforme au son du tambour. reste indécise entre Gassendi et Descartes et témoi- . dans 1&7 les déserts du Nouveau- Elle voulut s’emparer surtout de l’édu- cation de la jeunesse. mais sans grandeur et société de Jésus propage bien reçues. à mesure que mettra en rapport avec science**du peuple. d’intérêts solidaires où chaque citoyen puisse et patriotisme. on se connaît davantage. la pous- sèrent à l’exagération. elle la théologie au lieu de la féconder. de l’esprit inventif. la pensée d’une éducation générale et publique était vraie seulement des circonstances irritantes en soi. • aller puiser force Me trompé-je? mais n’y a-t-il pas depuis notre dernière révolution des gages d’es- pérance et d’avenir ? Déjà on se réunit . La les doctrines faites et ce qui fait corrompt . C’est à elle à fomenter et à nourrir dans son sein un foyer de sentimens gé- néraux.

nous avons pu parvenir où nous en sommes quand la la . FAMILLE. abandonnée à l’égoïsme des ambitions petites et calculées. Si pendant la restauration où prendre tant de ménagement pour avoir il fallait la permission de faire quelque chose.ce nation aura vécu quelque temps dans conscience et l’habitude des droits et des mœurs de la liberté? Sans présomption comme sans dé- fiance. Digitized by Google . ces vastes comices nous inspireront des passions pu- bliques. vives et pures. elle peut s’ajourner à quelques années.1 DE 58 toyens dont DA. sans lesquelles la société languit. que sera. le droit se règle sur le mérite .

la Propriété. et dit « Cela est à saire : : : un coursier radompte. Dr. . et le cheval reconnaît son maître. Améric vole à travers les mers plus heureux et moins grand que Colomb. il le . donc je dois et je puis Mais comment puis-je être libre nature sans tenter de vis-à- de m’en approprier quelque chose ? La propriété sur le monde physique est le développement néces- vis la la maîtriser et de la liberté sans la propriété. il donne son nom à tout un monde. le détroit de Ma- Digitized by Google . la puissance de l’homme ne serait pas prouvée. Les paysqu’a » moi. Je pense et je veux être libre.CHAPITRE • IV. de . L’homme a besoin de s’abriter il construit une cabane sur un petit espace de terrain . » Il voit passer devant lui pide et sauvage . découverts le génie de l’homme .

la même il volonté qui la reconnaît chez un autre. de . La meme pensée folie. il est obligé telle rencontrant des êtres semblables à de façon que. Digitized by Google . attestent sa liberté. le pousse la confesser chez autrui . et la lui qui anime l’homme. et par lesquels il sont arrachés par la fait en même temps sa part et celle de ses semblables. auquel il souhaitait une seule tète pour couper d’un seul coup. si. Ce n’est pas un naufragé jeté dans une île déserte ce n’est pas non plus comme un immense individu qu’un empereur romain avait rêvé dans sa gigantesque résistance morale et qui ne ture . lui pro- . l’homme n’est pas siul. Il n’est solitaire ni dans sa faiblesse ni dans sa puissance. trairement. il nonce ces deux mots éternels et indestructibles Le mien et le tien.DÉ LA PROPRIÉTÉ. mais le rapport de l’homme à la na- rapport de l’homme à l’homme. et la nature ne reçoit pour nous de sens et de valeur que lorsque nous l’avons nommée. mais qui lui nature. sa faculté d’appropriation . par pouvions supposer individu . nous le monde habité parun seul mots dont il n’est pas convenu arbi- pas. mots qu’il ne prononcerait : une hypothèse de l’imagination. la Colombie . l6o gellan . Ce ture n’est plus là le . Mais dans ce monde qui n’oppose pas àl’homme une combat sa dictaque par des forces qui s’ignorent elles-mêmes.

Ne considérez l’homme que vis-à-vis de la nature la dictature est incontestable : . avecla société. sienne se montre. Mais n’y saisi a-t-il deux termes nature . ce tout pas autre chose . j’y avais mon travail. : déployé le . et voilà la significa- du premier occupant. je n’y avais pas songé. isolé. A ma cabane et de la terre que j’ai culun homme a construit sa maison. personnalité n’avait pas paru sur ce théâtre. d’une individualité avec une autre individualité. Voici quelque chose de nouveau . avec l’association. le plus important à étudier. problème qui s’agite et se développe depuis l’origine du monde. et voilà deux libertés qui s’acceptent sur un pied parfait d’égalité. pour que je respecte le sien cela était à moi car je m’y étais côté de tivée. mais avec les hommes réunis.l6r DE LA PROPRIÉTÉ. et c’est là le rapport le plus difficile à soutenir. ma personnalité tion du droit approprié ma la mis mon empreinte. . qui dès-lors aura d’autres lois et d’autres conditions . ? Nous avons rapport de l’homme avec rapport de l’homme avec l’homme ? : la est- Cherchons bien. prenez l’homme . Ce que mon s’est voisin. nous avons la thème raison l’un et l’autre pour qu’il n’empiète pas sur mon domaine. devient maîtresse à son tour. premier . c’est le non plus avec l’homme rapport de l’homme seul. voici un troisième rapport différent des deux autres .

Ou de l’individu blesse tellement que la enfin. l’efface. mais s’y arrêtera-t-elle ? et de la possession conclura-t-elle au droit de propriété sans autre examen? Non. et Digitized by Google . v Un homme possède et se dit propriétaire. suivant pourra porter trois juge- mens différens. trouvera cependant que sa propriété pour- rait être plus utile à l’association si elle était ré- glée autrement. La société reconnaîtra d’abord et respectera le fait de la possession . et il y aura paix entre l’individualité et l’association. lecatéchisme de la propriété sera court . Ou elle reconnaîtra que le titre du propriétaire est complètement juste. on stipulera des garanties et des droits réciproques tira . Mais que l’individu soutienne un rapport vis-à-vis des masses. seul en face de tous. dividu à quel la réponse . et alors elle intervieut. c’est sur ce point que s’est porté l’effort des révolutions et des théories. Ou. société arrive à nier le droit. malgré la propriété l’utilité générale. l6% seulement en contact avec l’homme. DE LA PROPRIÉTÉ. et tout abou- à des convenances et à des débats de voisi- nage. qu’il a pour lui elle la consécration du temps. possession constatée et cert^jne .. tout en reconnaissant que l’individu détient et possède. ne pou- vant se résoudre à rester impuissante à force de respecter la le droit individuel. titre il la société Elle deraa ndera à l’in- possède. et alors.

de l’or. après avoir triomphé d’Athènes. reçut dans son sein de l’argent. l63 anéantit une individualité qui lui est hostile et funeste. belle récompense Minerve. appelé Épitadée. l’utilité rais volontiers. les droits. la combinée avec progrès de l’associa- Ce principe peut nous conduire à travers l’histoire. porta sur-le-champ elle la peine de sa victoire impie. et les tion. et fit une loi (pjrpa) fils.. La théorie de la dans le propriété consiste tout entière rapport de l’homme avec la société. Lacédémone. et grand roi. tuité. ayant eif un différend avec son éphore. les . quand un Spartiate puissant. mais de nom. fut nommé qui permettait à Digitized by Google . sans m’attacher propriété sociale : l’individualité les besoins. »- aux termes. ne rencon- aucun obstacle serait légitime à perpéD’un autre côté ne soyez frappé que de sociale. mais trahie. . Je défini- trant . s’être La pour avoir affligé la cité de montrée la complaisante du constitution de Lycurgue existait encore. et la déduction. cav une fois le droit conséquences s’en dédui- raient logiquement. Si on s’enfermait dans les droits exc^sifs de l’individu le problème serait facile personnel établi. . DE LA PROPRIÉTÉ. mais éludée. et vous aurez des révolutions périodiques qui viendront à chaque instant déplacer la borne en écrasant l’individu.

164 tout citoyen de laisser sa maison et son héritage à qui voudrait. d’Epitadée . soit par il donation entre-vifs *. sans parler expressément. Les lois agraires ontj été représentées comme des conspirations contre la propriété manifeste le même. Quelle pensée de son entreprise? Est-ce le mépris •. soit par testament. Vie pag. est la de la propriété? c’est au contraire le désir de la propager et de la répandre. 53. 10. Plutarque. ri la Deux hommes il : y reconnaît àiénep ciç la cause okc/ovç f xsv t résolurent de relever constitution de Lycurgue. roi populaire. Politique. -/upct. Presque * “ d’ Agis et de Ctéamine. ne craignit pas d’engager sa destinée et celle des dans une orageuse révolution. héroïque. mais des excès de l’oligarchie **. et d’appeler les Spartiates à une nouvelle répartition des terres. resserrèrent de plus en plus le nombre déjà petit des propriétaires. tandis qu’elles sont le plus éclatant du besoin éternel qui anime l’homme de devenir propriétaire. chap. Aristote. G. dans sa Politique . chap. Agis. édition Coray. Alors les riches. signale ce fait désastreux pour Lacédé- mone. Digitized by . # Aristote.de LA PROPRIÉTÉ. §6. en dé- pouillant de leurs successions leurs héritiers légitimes. comme Plutarque.. esprit généreux. livre u. Il voulut partager de nouveau le territoire en raison des siens progrès de la société lacédémonienne.

le « Digitized by Google . encore quelque avenir monde que . en réalité. elle aura l’honneur d’être l’auxiliaire des la cavalerie étolienne : Romains pour combattre pour elle plus d’indépen- et de gloire. le : un il éclat militaire qui conquit un Péloponèse. échoua tout-à-fait. mais et c’est en Egypte carrière aventureuse. a il a jeté sur. elle a disparu du monde. L’èntreprise de ces deux hommes avait donc son côté de justice. Ce problème capital de la propriété va se poser avec une bien autre importance chez l’im- dance pitoyable héritier de l’antiquité tout entière. n’eût pas avorté. après plusieurs épisodes que nous a transmis Plutarque. et fut étranglé dans sa prison. triomphé d’Athènes. elle avait avait fait son office dans l’his- vaincu à Platée.elle ira se confondre dans la ligue achéenng. mais elle ne pouvait réussir que par une dépossession tefois. elle rampera sous Nabis . qui. désormais . si Tou- Sparte eût eu mais qu’importait au de Lycurgue se prît à la constitution reverdir? Sparte toire. elle violente de l’oligarchie.DE LA PROPKlÉTlL l65 toute l’aristocratie se déclara contre Agis. défendu les Thermopyles. il il finit qu’il alla donna s’y la moment par suc- terminer sa mort pour échapper aux satellites de Ptolémée. sa vie manqué à celle d’Agis presque tout comber. Cléomène poursuivit l’entreprise.

Entre les patriciens et les plé- béiens le débat était inévitable. L’injure était flagrante. publique retenait la propriété les possession. trésor. il savait qu’au fond démocratie avait raison. la force et la substance de Rome. : hérité. ager pu- la une partie était vendue au profit du une autre concédée aux citoyens moyennant une redevance et un fermage. la légalité moderne. Les patriciens partage de ce prix de la victoire faisaient le commune. infanterie de fer qui gagnait les batailles. voilà pourquoi chez eux la possession se distinguait si profondément de la propriété distinction dont a comprendre toujours. Aussi le sénat ne refusa jamais directement les propositions des tribuns sur le partage des terres. quand. et resta malgré ses conquêtes de tous les jours. La population plébéienne. Voilà Romains. l66 peuple romain. plus ou moins de son territoire devenait le domaine de république. prolétaire ne reçut pas son lot légitime. L’ennemi mun com- vaincu. sans la Mais poursuivons. Digitized by Googli .DE LA PROPRIÉTÉ. Les tentatives des buns s’étaient la tri- succédé sans grands résultats jus- qu’au commencement du vu® siècle de Rome. mais la rébliais . après la ruine de Carthage et de Corinthe.es des du fonds. et ils furent exposés à une rude tentation de prendre beaucoup pour eux et de donner peu aux autres.

avait porté • l’Etat. mais dévoués la patience se trouvait la propriété. calomniés. et Juvénal s’est rendu l’écho de ce lieu commun éclata l’entreprise des Gracques. frustrée de l’homme sécurité. Depuis Licinius Stolon qui la vie et puissance. « mement de l’accomplir. 167 si méconnus. Digitized by Google . et qui l'ut condamné quelques années après pour en posséder dix mille. misérable On a en fait : Quis talerit Graccbos de seditione quercntes ? Tant les poètes ont parfois d’aveuglement et d’insuffisance Dour comprendre les idées et les réle malheur de ne pouvoir développer leurs intentions et leurs des- volutions Les Gracques eurent ! seins que par une commotion de c’étaient les meilleurs citoyens au peuple. une . sans intelligence. dans loi la dernière moitié du ne quis plus quingenfajugera agripos- sideret. si des démagogues furieux. Sa mère l’y fer- encouragea . voulant un nom à tout prix. tout-à-fait en dehors de de ce qui donne à douceur iv e siècle. et ne pouvaient être corrigés que par Tibérius Gracchus résolut une révolution. Lo mal ils en de sont morts pour était venu à ce point où La démocratie n’est plus possible. Rome lui.DE LA PROPRIÉTÉ. tant la pente SÊHt irrésistible! les abus avaient horriblement grandi.

mirables paroles » du monde. âme généreuse et tendre. Il confond ces patriciens qui refusent à la démocratie victorieuse le prix de son sang. pour gagner le sénat. il descendit. » « et On il les termine par ces adappelle les maîtres n’ont pas en propriété une La loi passa . à toutes les concessions^ mais il ne recula jamais dans l’exécution de son dessein sur la place de Rome il en démontre la : légitimité aux yeux et aux oreilles de toute l’Italie. mélange d’irrésistible volonté et de douceur charmante dans le caractère. il revendique avec un invincible ascendant les droits de ces malheureux plébéiens. Tibériuss’y prêta . Caïus avait neuf ans de moins que son frè^. femme aimait ses enfans. » motte de et : ils terre. pour désarmer son collègue Octavius. meura suspendue. et non pas s’associer peut-être ces deux eussent-ils eu hommes une meilleure destinée. l’esprit de conbon sens pouvait apporter d’adoucissement dans une entreprise si âpre et si tran- tout ce que la servation et de chée. deux ou trois ans après. le sénat nomma des commissaires. réunis Qu’il est Digitized by .*' l68 car cette DE LA PROPRIÉTÉ. Tibérius mourait sous les coups de l’aristocratie # ameutée par Scipion Nasica et l’entreprise de. lui succéder. il ne put que à ses efforts . aux prières. Alors politique habile. mais elle aimait encore plus la gloire de ses enfans.

une autre ordonnait d’hal^er les soldats aux frais du trésor public. et comme lorsqu’il ques . sa gloire et ses devoirs de Romain.DE LA PROPRIÉTÉ. on trouve dans ce grand moins de résolution que dans son pardonne pas succombe tra- et d’initiative frère^ mais l’aristocratie ne lui davantage. Malgré ces diverses homme entreprises. 1 69 beau de voirGaïus pas du tout jaloux de se jeter sur-le-champ dans la même aventure que son frère! f Non. inscriptions sur les statues demander s’il il rêve. que les il délibère. Il propose plusieurs lois : toyens de Rome . Enfin il dévoue avec un se pressentiment' secret de marcher comme son pour augmenter le pouvoir du peuple et affaiblir celui du sénat par l’une il établit des colonies et distribue des terres aux pauvres citoyens qu’on y envoie. au siège de Numance apprit la mort du premier des Gracprononça ce vers d’Homère giquement. Il Il faut hésite. Scipion à comme lui tous Rome. une troisième donnait aux alliés le même droit de suffrage qu’aux ci- frère à sa ruine. il est plébéiens lui mettent des du forum pour lui oublie son frère. on ceux qui lui ressemblent ! l’interrogea sur ce qu’il pen-» Digitized by Google . enfin il adjoignit aux trois cents sénateurs qui occupaient alors les tribunaux autant de chevaliers romains. triste. il il était : Périssent Revenu Tibérius.

dit-il. Scipion représentait le côté vertueux et borné du patriciat romain. trop vraie pas aboutir à bien. Un homme qui à pour ne de l’oi^e passion comprenait les profondeurs les plus ca- chées de l’histoire. la il patriciens. trompé : 11e s’y est pas « Ainsi. triomphe par la dictature de César.DE LA PROPRIÉTÉ. IJO des lois des deux frères. sait il les condamna. de ces deux républicains. et « cette poussière de naquit Marius. Mirabeau. Sous Au- la victoire. mais atteint lança de la poussière vers » le ciel. Pourquoi la démocratie s’enrôle-t-elle sous les enseignes de Marius. vengée par Marius. en attestant les dieux vengeurs. Marius moins Digitized by Goc . et retentissement dans propriété. et il avait horreur de toute entreprise révolutionnaire. digne fruit des excès des patriciens. Livius Drusus. Ainsi la démocratie pour la révolutions dont vous entendez la vie civile . et la cause de Tibérius et de Caïus. Des hommes ordinaires succèdent aux Grecques Saturninus. guste l’Italie se priété subit encore le partage à ses vétérans. périt le dernier des Grac- main des » ques de » d’un coup mortel. la pro- pour les Eglogues de renonce à la liberté les droits et les douceurs Virgile. et lui la guerre civile. C’est de qu’elle était trop légitime. de César et d’Octave? pour recevoir des terres après des mains de ses généraux. Mais Marius ar: avec rive.

ces Italiens. comme ils répondent se Mirabeau comprend celle ! comme comme il le venge. de supériorité sur ce qui ne peut plus ni résister ni vaincre. sans analogie avec rien de l’antiquité. droit de puissance. La grande invasion du lorsqu’il n’est pas Ve siècle l’a trop clairement écrit dans l’histoire pour qu’on puisse en méconnaître la raison profonde et la hache du barbare est véritablement . La propriété. régénère et renouvelle les sociétés. tor- tueuses. ils et les et de l’aveu- glement. la première colonne de conquête amène les la la société moderne. ces Gaulois dont le bras ne pouvait plus soutenir l’épée? On a beaucoup trop calomnié le droit de conquête. la Gaule et les villes. compliquées. loin de l’anéantir. l’aristo- ! Quand l’Italie. puis ils les firent les propriétaires.LA PROPRIÉTÉ. qui. à travers les siècles. un brigandage inutile. ces Romains. formes en sont nouvelles. des fureurs et du poignard de cratie l’âme de de Caïus Gracchus. les barbares inondèrent ravagèrent d’abord temples . Etaient- encore ils les légitimes possesseurs du monde. et s’en en vertu du dr^t de conquête. 1)E » » I^t grand pour avoir exterminé les Cinabres que pour avoir abattu dans Rome l’aristocratie de Entendez-vous ces deux démo- » la noblesse. Au système de la légalité romaine la barbarie . les palais conservèrent. » crates.

primitiœ la dixième partie d’une récolte. à une fession de foi catholique. l’estime des peuples ? comment où aurait eût-il été son autorité. premier de le églises. I72 donne pour héritière la féodalité. décimas. traite dans le second des intérêts temporels de l’Eglise naissante. après avoir consacré le premier civile. D’abord on donna aux prêtres ce qu’il y avait de meilleur dans les produits de la terre et de la titre chasse. Jus- peuples . et le livre à la très-sainte Trinité. puissance qui savait alors diriger et consoler les qui peu à peu devint riche dans l’intérêt des faibles et des pauvres. dans la société féodale. terrienne était la où la propriété ne fût obtenu règle de tout. le clergé pas devenu propriétaire. DE LA PROPRIÉTÉ. c’était l’Eglise. son utilité? Voici un spectacle nouveau nait d’être la récompense : et la la propriété ve- conquête de la Digitized by Google . qu’à Constantin elle n’eut pas d’existence Cet empereur néophyte permit doni^r par testament aux code Justitre du une pro- premier tinien. mais ces dons (oblationes ) n’eussent pas suffi : si. Cependant dans ce tres et nouveaux maîil y avait une conflit des des vaincus dépossédés. et à législation assez dure contre l’hérésie.. tellement qu’elle résiste encore en plusieurs endroits de l’Europe au flot des révolutions. base durable des temps modernes.

testamens ne se dressent que l’Eglise choisissaient couvre de fondations Alors les fiefs. pour successeurs aux pontifes qui avaient civilisé la Gaule. Voilà pourquoi le ' clergé dut être propriétaire. de pe- abbés ridicules. y mettaient tantôt le ils le signe de Dieu. Attendez un moment. hommes de des situations pittoresques tantôt s’établissant au haut d’une montagne. incapable de doctrines comme de vertus. jouet et délices des bou- doirs. s’est l’Eglise eût été impuissante. un monastère . territoire se le que de aussi bien à l’Eglise à pleines mains.OE LA PROPRIÉTÉ. les pour elle . tits légitimité de son titre.il rons ici la et sans xvm e sévérité de l’histoire il : mais sans foi nous présentait. C’est fondations que l’Europe moderne Sans richesses et sans propriétés. la devenu au . cachaient au fond d’une vallée une so- de cénobites inteilig#ns ciété : ils et pieux. victoire irritée 1 73 maintenant l’hommage elle est . et vous verrez disparaître Qu’était. Alors la société française lui ses représentans dait tempé- siècle? mœurs. en vertu de quel demanda par titre il possé- question formidable que toute association Digitized by Goog . la salutaire dont tout influence. voisinage recevait par les civilisée. volontaire des peuples. elle n’eût pu défricher les terres ni les manuscrits. rendu à la supériorité De • pacifique de l’intelligence et de la religion. toutes parts on donne les donations.

Patriciat chevalereselle n’avait dégénéré Digitized by GoogI . on violerait le droit des inadresse tôt . Quelle fut la réponse de la révolution? « Vous avez civilisé le monde. du clergé. non pas à tel nation a donné. Le clergé parla des services qu’il • avait rendus. elle le décadence retire à la même et à la corruption de cette Eglise.174 NE • propriété. aimable. pour et c’est qu’on vous a donné vos biens . française avait brillé pendant des l’éclat le plus vif. ï-A ' ou tard aux individualités dont elle se compose. quoi que civiliser bien plus. car depuis long-temps vous avez cessé de ce soit . il ne sau- lui seul sa gloire et sa ruine. mais au culte . Ce que la elle l’a donné en dépôt et non pas en propriété aux individus. vou%vous opposez à la marche progressive de l’association française. » Alors l’Assemblée constituante décréta cette du clergé loi mémorable qui mettait à la disposition de la nation les d’une incontestable équité qui peut soutenir men de la si différente s’imputer qu’à La noblesse siècles de l’exa- plus sévère raison. cela c’était à la fois entre vos mains un instrument et une récom- pense mais vous ne : la méritez plus. que. courageux. elle l’a donné à la civilisation représentée par l’Eglise. Tout fut juste dans cette destinée rait biens décision . qu’ensuite il possédait. membre du clergé. dividus. et qu’en ôtant à chaque possesseur ses biens. rappela qu’il avait civilisé le monde.

* 75 que dans les salons de Versailles . plus encore qu’à Sparte et à Rome cratie. Ici plus clairement qu’ailleurs. de renaître plus forte dans cette mêlée furieuse où tant de peuples se sont perdus. la propriété accessible à tous. Tout reste sur moyen devient légitime. .. la diminu- tion progressive des prolétaires. la modestie si pure de notre dernière révolution. lutte entre l’aristocratie et la La noblesse se refuse à suivre le du peuple. Le peuple poursuit sa victoire. Rome ne s’en est sauvée que despotisme. elle quitte le emporte France avec le sol et la démo- triomphe pays. C’est à ces extrémités où furent poussés nos pères que nous devons un territoire divisé à l’infini. tandis que nous sommes ar- rivés en même temps à la liberté et à la pro- . il a été donné à la France de ne pas périr. Sparte Ainsi et n’a par pu y le résister. exception terrible aux droits des individus. sa sobriété admirable dans la réaction et dans la vengeance. acci- dent hideux qui ne saurait devenir une loi que dans ces crises où une société se refait en se déchirant. déclarant qu’elle elle. Furor arma ministrat* La confiscation est l’arme de la démocratie moyen cruel. PROPRIÉTÉ. et le moment du combat la trouva débile et corrompue. mais historiquement nécessaire. DE LA.

Iÿ6 que nous envie que la liberté doit se fortifier par le développement le plus complet de la propriété pour tous les indivipriété civile position admirable : l’Angleterre. et qui est France un droit acquis sur lequel peut fonder l’avenir le plus serein et le plus ’ pur. pour eux les mère et de Pindare appartenaient à la propriété chants d’Ho- tout le monde. le souci venait se perdre dans le tous! de ses tant chez ces anciens.DE LA PROPRIÉTÉ. tomber dans une étrange Ainsi ce serait que de sion illu- croire nécessaire d’attaquer la pro- priété. ce serait faire après coup la théorie d’un mieux accompli acte terrible qui s’est d’autant qu’il n’avait pas été devenu pour elle la conçu à priori . Mais n’y a-t-il vent donner à nouveaux qui doipropriété un autre caractère? pas des la faits Ainsi les anciens ne connaissaient pas littéraire. Evidemment dans l’héritage du années tirer Digitized by Goo^ . d’où ressort clairement il dus d’une association. Je ne parle pas des tempêtes qui passent. industrielle. ne leur tombait pas dans l’esprit que pendant un certain laps de temps le poète pi'it revendt* il quer pour vers : lui et ses enfans la propriété si large. d’une imagination extérieure et Nous concevons au l’héritier de foliaire ait si de l’individualité dévoùment de tous à contraire fort bien que pu pendant quelques quelque avantage de cette succession du génie.

des conquérans sont de la conquête est 1. même problème de comde l’individualité et ceux de l’as- ce n’est toujours le biner les droits sociation Que le ? commerce et l’industrie varient les objets de augmentent et propriété. lui et La *77 son inspiration. propriété d’un autre côté. Saint-Simon a émis la féodalité a créé la cière. Un homme d’un esprit tout-à-fait original. les siens. LA. spectateur attentif de la révolution française et de la civilisation cette pensée : américaine. qu’en ce sens. elle a organisé l’Europe . cède un âge nouveau. immortelle à laquelle sur son œuvre. la développement de la propriété soit changeant et progressif . il peut miner ne saurait a ses droits et doit vivre de sa créa- pendant un temps difficulté de'licate consiste à déter- de temps pendant lequel le laps vrages des grands hommes peuvent aux besoins de leurs si elle l’artiste tion et de son travail. l’industrie. de 13 Digitized by Google . : les ou- être affermés héritiers.DE poète ses il PROPRIÉTÉ. Qu’est-ce à dire. le temps du règne travail. nul doute : mais les conditions né- le cessaires imposées par la nature humaine reste- ront toujours à remplir. propriété fon- à la féodalité sucles descendans les travailleurs. le fini. un départ faut faire œuvres appartiennent commune et renoncer : à la société.

l’économie politique et la législation. n’est pensée elle-même. un passage dalité. commence de l’idée et le respect . loin de christianisme social . la famille et l’Etat. le mais qui dernier. et n’est pas destiné sur le est la pensée de la premier plan de l’histoire . pour arriver à une distribution plus égale et plus aisée Digitized by Google . qui a développé dans l’homme la conscience individuelle. que de ne pas elle n’a d’autre tort encore assez. Sans doute.DE 1^8 l’industrie PROPRIÉTÉ. il serait commode. que les n’est autre chose que humaine mode de . Ses trois théâtres? tivité venu les esprits. Quelle l’être propriété? véritable source de la l’homme. l’industrie est comme à autre pas à rester la féo- chose. Cette vue est pro- fondément philosophique. et vou- du non pas d’un mysticisme et l’anéantir. Son moyen d’exécution? la La conquête. philosophes condamnent. qui. Vouloir supplanter dée de production. Le christianisme. l’idée c’est de propriété par l’i - confondre deux ordres de choses différens. LA. a ment loir le le sentiment de combattre la fortifié nécessaire- propriété. le développement de l’acelle-même qu’un l’industrie n’est cette activité. la propriété foncière doivent faire place à l’idée et au respect de la production. volonté. frappe plus vivement la la nature. et ici je parle secret et illuminé.

bre de produits qu’en faisantde la liberté humaine une machine dont elles abusent à merci. également sur les dé- s’élève huqpine quelle étouffe et qu’elle Les manufactures. Pourquoi la vie militaire nous paraît-elle si héroïque? parce qu’elle demande le complet de l’individualité à une une discipline. 17g des produits . naître est : dans ses rapports avec attachait son existence à il serait précieux vilège? Deux recon- la Un enfant ses parens. les droits et les délicatesses de la nature humaine. tion nécessaire. sociation . mis au monde par l’as- une condi- de êtres lui ont donné la vie .OS LS PROPRIÉTÉ. un dévoûment de tous instans à une mort toujours présente. mais La elle monastique vie La société peut avoir ne saurait être une armée. n’obtiennent souvent un plus grand nom- bris de la liberté crucifie. Je con- une condimanière de se procurer sens à ce qu’on abolisse l’héritage à tion : de m’indiquer la . une armée . Si l’individualité. Mais sacrifice le plus règle. c’est l’héritage. de supprimer despotiquement les sentimens. est-ce un pri- or elle existe. et dès-lors soutient avec eux des rapports perpétuels et sacrés. ces arsenaux de l’industrie. mais la société ne saurait être une manufacture pas plus qu’elle n’a été un couvent ni une caserne. sans eux il n’existerait pas. à les c’est un état exceptionnel.

seul. Nous ne faisons que nous transmettre les uns aux autres les idées et les progrès. Digitized by Google . et le Dieu de sa mère. un père sans qu’ils aient une et mère. il et l’arbre qui l’ombrage *. qui se reproduit partout. Eh! nous sortons de la famille. la terre de Lamartine. Mais il eut. » Dans un cœur simple et pur la sagesse des temps. mais naturelle. l’histoire n’est immense héritage de joies si qu’un de misères. la vie. Un poète a peint admi- rablement un sage cachant 4a vie au fond d’une mais gardant toujours les liens qu’il vallée. loi il le sang. Harmonies poétiques où il s’est et religieuses. » Comme des mains d’un père on prend un héritage « » » Avec l’eau qui l’arrose » Oui . des pensées son père . n’est pas permis à l’homme de briser. La loi de ses aïeux. L’héritage n’est pas une idée conventionnelle. Reçut. de la maison et de * M. fant.DE 180 hommes des . U PROPRIÉTÉ. pour revenir à l’en- une hérite de son père naturellement par nécessaire que recon- la législation civile doit naître et ne peut changer. sans la peser à nos poids inconstans. Mais. » y a pour l’homme un héritage indéléde bile. de et ruines et de triomphes. des sentimens maternels . sans goûter une science amère.

Nous s’y rési- . conseillons gner . patrimoine à la fois de souvenirs et de ri- chesses qui ne se laissera jamais envahir.DK LA PROPRIÉTÉ. c’est aux théories téméraires de X ultimatum de la nature. 1 8r élevé.

J’appelle l’attention sur une — Des contrats. rédité en soi et naturellement nécessaire par du sang mais il peut être profondément utile que ce ministère public soit stipulé hérédidroit taire. il est un mi- nistère public institué au profit de tous. distinction fon- damentale entre l’hérédité domestique en ligne directe et l’hérédité politique. Le pouvoir philosophiquement considéré ne saurait se distinguer de la socie'té . Il n’y a donc pas pour lui d’hé. et qui par un progrès nécessaire et successif s’exercera non-seulement pour tous. mais par tous à des degrés différens. succession naturelle et testamentaire.CHAPITRE De la V. Alors l’hérédité politique puise sa raison Digitized by GoogI . . Il ne sayrait avoir d’autre titre que son utilité d’autre légitimité que l’assentiment général.

bien commenté ce mot « In suis émule d’Ulpien. de liberis et pos- etc. Entre une solidarité dont resterait les droit romain ne pour- parens et les enfans il y a l’ineffaçable caractère est des plus riches apanages de Le il aux biens de son désarmé au milieu la un race humaine. a * très- : heredibus evidentiùs apparet. L’enfant a reçu le sang et la vie. 2. sans laquelle il rait être homme . ff. Digitized by Google . il. ut nulla » videatur liereditas fuisse. l’identité de l’en- fant et du père. sa propre personnification. thumis. quasi olim hi domini » essent. mais dans il hé- naturel. que plus tard encore rite 83 nature. lib. qui etiam vivo pâtre * Paulas. a droit à l’éducation. sans lesquels il de la société. Paul. le fils le revivant dans son auteur. non dans le l’utilité. ETC. tit.DE LA SUCCESSION NATURELLE. voilà un fait de et nourri- ture intellectuelle. antérieur à toutes le^ combinaisons politiques. plus tard la du patrimoine paternel. quodammodo do- 28. lib. indestructible. c’est-à-dire sang du père. a droit il père. nous fournit une expression singulièrement heureuse pour rendre les rapports du père et du fils. et la liberté Mais qu’un enfant reçoive de son père mère sa pain le lait et le . heres suus. le sang et dans consentement la J de tous. conti- •> nuationem dominii eo rem perducere. ad Sabinum.

licet i^on sint instituti here» des. quos et occidere licebat. qu’il n’y avait comme si les pour ainsi dire pas d’héri- enfans avaient été dès le principe propriétaires. que chacun prenne femme.1 DE la succession naturelle 84 » mini existimabantur. tamen domini sunt. Hac ex causa. » adjecta. Demande-t-elle aussi instamment la succession en ligne collatérale? il que non. est clair Digitized by Google . » » Ainsi. » appellatur. quod li» ceteos exheredare. mais plutôt la ils ils ne re- arrivent à libre administration de leurs biens. nec obstat. eux qui du vivant de leur père étaient regardés de façon qu’à la comme mort de des co-partageans leur auteur cueillent pas l’hérédité. Itaque post mortem patris non li- beram bonorum administrationem consequun» tur. sed magis sit. la continuation de la propriété était telle tage. per » qui genitus >> hereditatem percipere videntur. sicut Unde etiam filius familias pater familias.. dans le rapport des héritiers siens avec leur père. Qu’il y ait plusieurs frères dans une famille. Effectivement l’individualité est inexorable pour réclamer la succession en ligne directe. sola nota hac quam distinguitur genitorab eo. . L’hérédité domestique en ligne directe est donc empreinte d’un caractère naturel et nécessaire qui ressort'd’autant mieux si on la compare à la succession déférée aux ascendans et surtout à la succession collatérale.

du père et du et la famille. fils. qui a prospéré. en se concentrant tout entier de reconnaître par un hom- solennel le droit sacré de l’individualité en ce qui touche les rapports l’héritage en ligne directe. même sup- succession déférée aux ascen- dans serait encore restreinte. elle en pèsera les rai- inconvéniens. proche de l’hérédité en ligne directe! Aussi la société admettra sans effroi des 4> sclls §i° ns SU1 bien ce droit est faible et modeste ’ la succession collatérale sons et les . Bien quand nous supposerions que la succes- plus. sociation car cet esprit dou- Au moment même où l’as- française opérerait ces réformes. Si Paul. rien dans cette révision ne saurait blesser la nature des choses. ait des en fan s. des individualités nouvelles au sein de la société. elle sentirait le besoin mage . voilà de nouvelles familles fon- dées. sion en ligne collatérale fût primée. plus Digitized by Google . mais com- si on le rap. que la amendée. on ne voit pas clairement devoir de l’association le de maintenir pour toujours Pierre au profit de Paul soit la succession non que : de l’individualité en ce cas entièrement sans droits.l85 ET TESTAMEITTA1RE. y aurait-il là un affaiblissement mortel de l’individualité et de l’esprit de famille? Point blerait d’énergie dans la ligne directe. recueille les biens de son frère qui est mort sans enfans.

DE LA SUCCESSION NATURELLE 186 resserrée. et ces chefs de famille et de gentes estimaient fort fut omnipotente. Les patriciens avaient sentiment pro^pnd de la liberté. tutelâve suæ rei. Même Je passe à la succession testamentaire. ' \ / i Uti legassit super pccunia. et la puissance testamentaire. deviendrait au sein de PEtat plus chère encore et plus inébranlable. c’était encore aujourd’hui le la un acte place publique législatif... comme divorce en Angleterre : et Digitized by Google .. un pour eux . Cet état bon que leur volonté de choses. qui avait duré la rédaction que la des plume faudrait pas se avant trois cents ans Douze Tables. s’y écrivit était patricienne. romaine a débuté par la faculté la plus absolue de tester décernée au père. ita jus csto. Il n’est pas dans le cœur des patriciens et des gentilshommes de donner leurs biens sans une rude extrémité à qui n’est pas de leur sang . et ce fragment des Douze Tables ne fait que constater La les législation mœurs primitives. loin d’être pour eux une perturbation de l’ordre naturel.. le conserve au contraire et le perpétue. Toutefois parce ne il représenter l’exhérédation comme facile et fréquente. D’ailleurs le testament à Rome se faisait devant le peuple au grand jour de calaiis comitiis. débat entre l’individualité et l’association.

la puissance paternelle une incomparable madu père un maître et un dieu famille avec jesté . Voconia. la d’une société dans son loi entièrement l’association sans force et sans défense. lui imposa des restrictions dont Démosthène a montré prit l’es- dans son second plaidoyer contre Stéphanus. ' ET TESTAMENTAIRE. Voilà qui est vrai. elle faisait qui ne savait pas toujours adoucir sa force par le charme de la tendresse . Aussi les lois Furia. de tester a sa raison philosophique sentiment profond de la liberté indivi- duelle de l’homme. Dans l’ancienne France gouvernait la . Falcidia une autocratie modifièrent successivement entière. puissance testamentaire aussi absolue ne saurait être que enfance car elle laisse . Par la si Solon. le 187 père en présence de ses concitoyens n’exhé- rédait pas son fois la pour de légers fils Toute- motifs. blessée de n’avoir pas été appelée au civiles partage.. et quand les lois ne mettent en saillie que ce principe. en instituant le même raison testament. possédé de l’impérissable besoin de vouloir et de graver sur sa lonté comme une tombe sa vo- épitaphe. l’association. Ainsi la Constitutuante . et elle reçut public des restrictions nécessaires à tion même des La dans faculté le la du droit conserva- privilèges de la noblesse. qui eut pour mission de déraciner l’an- Digitized by Google . mais ne saurait être exclusif . se lève et se révolte.

» me ? "• Digitized by Google . puisqu’elle était . Quelques heures après la mort de Mirabeau. mélange de d’imagination et de cœur. par une disposition inévitable. comme civil litique. » des caprices et des passions des vivans ? Nous » faut-il encore subir leurs caprices et leurs pas» sions » que quand la ne sont plus? N’est-ce pas assez société soit actuellement chargée de » toutes les » ils conséquences résultant du despo- tisme testamentaire depuis un temps » rial immémo- jusqu’à ce jour? Faut-il que nous lui pré- » parions encore tout ce que les testateurs futurs » peuvent y ajouter de maux par leurs dernières trop souvent bizarres. des progrès et des droits de la mais. M. elle fut nation française. et à cela rien d’éton- * appelée à réagir contre eux.1 88 DE 'la succession naturelle cienne monarchie et de innova dans l’ordre la coucher par terre. remit la propriété dans l’ordre po- au niveau des besoins. pour la société. la volonté hu- maine a de fantaisie et de caprice y quement relevé et flétri est énergi- : « Eh quoi ! n’est-ce pas assez. dénaturées mêN’avons-nous pas vu une foule de ces tes- » volontés. Ce que ainsi logique. testament dire de ce grand pour homme. quelquefois moins frappée des droits de l’indi- vidu qu’elle n’eût dû l’ètre liant. de Talleyrand lut à la tribune nationale un discours sur l 'égalité des partages dans les successions en ligne directe.

ET TESTAMENTAIRE. casser. a moa superbo ab imbecilli. l’intention qu’il dans les paroles que nous recueillons de sa bouche . ici un injuste éloignement. Il y a dans la volonté d’un père. en » les permettre. viole le respect dû aux souvenirs dont lui et les siens s’enchantent et se . de sa fortune. qu’il n’eût osé m faire la confidence à de sou vivant en personne . le ser de sa volonté et de ses biens dans une certaine mesure elle le dégrade . 189 tamens où respiraient tantôt l’orgueil. a délirante . des dispositions un mot. qu’il a eu besoin . loi casse les tes- mais tous ces testa- mens qu’on pourrait appeler a decepto . tantôt » la vengeance . pour se . point . et de penser que Je tombeau se» telles » rait son abri contre le ridicule et les repro» ches! » Voilà bien les excès de la volonté mais les humaine préoccupations de Mirabeau ne : lui ca- chaient-elles pas ce qu’elle a au fond de sacré et d’irrécusable ? lument l'homme Si la législation empêche abso- d’être libre père de dispo- . là » » une prédilection aveugle? La » tamens appelés ab irato » . ne peut les rt roso » loi il bien de ces actes signifiés aux vivans par y ne les casse » morts « sion » -. de se détacher entièrement de » sa mémoire. . la Corales où la folie semble le disputer à la pasoù le testateur fait de telles dispositions . dans exprime à ses derniers momens. consolent.

concipiendi sunt ut procuratores in » rem suam. et dans ce qu’il nous lègue. ideà marient domini rerum. soli dcscendentes. cum nasccrcntur. que nous devons laisser de nous-mêmes un souvenir. quia ex lege descendit. sed » » « » ita in ea : » Digitized by Google . » *. car. Succedunt autem ab intestato nicro jure illusion méta- scd vêtus transfert. puisqu’il . éternelle. Testamenta vero mero jure nullius essent momenti nisi anima esset immortalis. ne saurait vouloir précipiter sa course en foulant aux pieds les plus pures et les plus tendres croyan- l’homme ces de cherchant la et de l’humanité. la société toujours forte. du défunt . dit-il. quos » vero hteredes reliquerunt. quæ parentis erant. mais pour nous rappeler quelque peu à leur mémoire. non pour embarrasser la marche et la destinée de ceux qui nous survivent. Sed quia mortui révéra ad hue vivant.DE LA SDCCESSION NATURELLE igo expirante. Leibnitz. en A fit le fondement unique du droit de tesne sont que les ad- ses yeux. dans ce qu’il nous ordonne. fut tellement frappé de l’immortalité de l’âme qu’il ter. un témoignage éclatant rendu par la famille et par la société que nous ne mourrons pas tout entiers. en raison philosophique du testament. puisque son âme est Noble exagération . veut toujours vit. quæ non producit novum jus. in » tantum bona. mais toujours morale. * stirpes. un testament. quia anima eorum per traducem ex anima parentis orta est cæterorum succeSSio ab intestato pertinet ad fontem pactorum. les héritiers ministrateurs des biens défunt qui c’est le et sa volonté est immortelle * « Successio. Non.

physique où ne saurait tomber En nous plaçant dans la réalité ritable des lois sociales I . puissance testamen- la c’est altérer cette rela- commç l’amour maternel. d’bériter de celui dont Faire entièrement tomber de taire la main du père. tament comme un acte nécessaire de humaine. de vendre. nécessaire à la dignité 9I le législateur. La liberté humaine est ingénieuse et inépui- sable dans ses développemens tact avec l’homme lement ce : fait lui donne l’homme en conen reçoit naturel- simple et nécessaire s’exprime de mille façons. trats. le tes- la liberté du père. Ce saire à la tendresse et à l’obéissance pas sans raison que n’était profondément sait si faculté de tester père et du fils : la droit romain unis- le puissance paternelle et la effectivement les relations du sont à la fois positives et tendres . domaine vé- nous légitimerons . de disposer. à des degrés et sert : et .ET TESTAMENTAIRE. avec des nuances in- de fd^ement à théorie des con- finies . il porte le nom. d’échanger. y a chez l’enfant une attente légitime d’acquérir une partie des biens pa- intéressées et nobles. tion qui ne saurait. n’ètre qu’une affection ardente et pure. nécesdu fils. où l’Etat. Il ternels. Se figure-t-on une société possible où rait la il se- défendu à l’individu de donner. d’aliéner. sous . et qui a besoin de l’estime de celui qui reçoit pour celui qui donne et qui rémunère.

DE 19» SUCCESSION NATURELLE LA. gage. la début des sociétés et le vente. devenir moins compliqués. ? comme l’entend. et le L’homme louage. que l’opinion frappa d’un ca- ractère à la fois exceptionnel etgénéral. sur la vie des agrandi individuelle. plus flexibles et plus souples. naie . au traité d’Emerigon*' Digitized by Googli . tant la volonté a des res- sources et d’industrie pour accroître son activité! Les moyens de transférer la propriété pour- ront changer. La théorie des contrats trouva une expression énergique dans cet axiome des Douze Tables r * : Voyez l’introduction de Boulay-Paty. la sphère de la liberté progrès a été d’augmenter les espèces de contrats. L’échange signala survécut. fois plus la le pro- nom- ainsi les contrats d’assu- terrestres. grès le le nantissement. plus courts. prétexte qu’il pourvoit aux besoins de chacun. étoufferait sous la le jeu de L’homme monotonie de son despotisme particulière liberté la veut être heureux Impossible. il c’est-à-dire libre. après l’invention de échangea les la lui mon- valeurs particulières contre iine valeur commune. mais la propriété sera toujours transférée. l’hypothèque du commerce varièrent encore rendirent les transactions à breuses et plus faciles rances maritimes hommes. ont % : : les les contrats. imagina mille degrés d’aliénation.

divisent les contrats en quatre espèces : Ex contractu . Et quel était l’organe de cette transmission ou de pure? La parole humaine. un autre la Par le mancipium on propriété d’un objet. elles subdivisent les obligations ex contractu en quatre . 193 nexum mancipiumve faciet uti lingua nuncupassit. notre parole d'honneur? Et ne regardons-nous pas comme infâme celui qui ment à ce que nous avons entendu sortir de sa conscience par l’organe de la parole ? Les modernes Institutes de Justinien écho des . . quasi ex con- traclu. ET TESTAMENTAIRE. aut Mais il : Aut litteris. ac- Elles se divisaient bonne foi et \ - » . vocablement par la si le dans Romain s’engage irré- religion de la parole.ex maleficio quasi ex tnaleficio. ita jus eslo. jurisconsultes de l’empire. autres espèces verhis . quelque chose d’antérieur à cette y a doctrine j je veux dire le caractère véritablement historique des obligations dans le droit romain. aut aut consensu. ga- cette obligation l’homme dans les époques rantie dernière et la plus sacrée de l’ertfance comme des sociétés les plus raffinées car . n’a- vons-nous pas le même cri . Par le nexum on s’obligeait Ciitn l’un envers l’autre sans transmet- réciproquement de tre 1g propriété transférait à rien.. enirn re contrahuntur. en actions. en obligations de en obligations de droit étroit .

Gaïus nous enseigne clairement tive des actions romaines. 1819. i’o- ïobli- fond. Eduartl Gans. Dans ce petit traité plein de substance. la théorie des un développement dialectique et philosophique. Pandectes. instrument et ciaire. l'actio était l’appa- forme de l’obligation dans l’arène judimoyen pour obtenir justice. des formules à une la fois actio sacra- mentelles et symboliques tout-à-fait convenables àl’imaginatio Dans les nsévère et précise des Romains. M. legis la cessio in jure était aussi voilà. caractère rigoureux et alors *. per condictionem . la le lien et le même car . per judicis postulai ionem. certes. au contraire. La doctrine est venue s’enter sur les singularités de l’histoire. actiones legis s’instituaient de cinq façons : sa- cramento. de principes géné- Ueber Rœmisckcs obligationenrecht von Dr. Cans a rétabli contre les commentateurs le caractère historique des obli- gations suivant le droit romain. per pignons captionem . actiones stricti juris lbigation et l’action étaient gatio était reil. per rnanus injectionem . . dans perdait se droit public et civil legurn verbis forme primi- elles participaient Quia ipsarum erant et ideo imrnu- proindè atque leges observabantur Ces tabiles. chose liberté la l’identité du la immuable de individuelle accommodatœ la loi du ! tant .. SUCCESSION NATURELLE DE 194 bonœ fidei tiones . et nous a légué un obligations a mélange de j Voyez : détails indigènes . Digitized by G' .

qu’üs aient des lois civiles faites pour eux. qu après romaines . comme ils ont des lois politiques qui » leur sont propres . Iq5 raux. dans le discours déjà cité. L’époque où ils travaillaient explique ces in- convéniens. » s’était écrié avoir été subjugués par les . toujours vrais. Ainsi ils ont res- pecté tout ce galimatias abstrus des obligations divisibles et indivisibles. « Peut-être est-il » intrépide » lois » mes .ET TESTAMENTAIRE. temps. écrit et coutumier. de subtilités infinies qui nous embarrassent encore. nous n Peut-être est-il » >> les ce novateur soumettions elles-mê- à l’autorité de notre raison » avoir été esclaves. La réforme radicale de notre droit public avait enveloppé dans mune l’ancien la proscription com- droit civil. dans son excellent traité des obligations. mais non pas la réforme dans cet héritage historique. que tout se ressente dans . a porté la méthode. Mirabeau. et main la loi ils ont laissé sous leur dégénérer en une doctrine prolixe et scolastique. Les rédacteurs du Code civil ont découpé les développemens de Pothier. et qu’après en nous en soyons juges temps que les Français ne soient pas plus les écoliers de Rome ancienne que de Rome moderne. Pothier. . la matière avec l’indépendance philosophique et n’ont pas traité qui seule pouvait l’éclaircir. avait le premier sonné le tocsin contre la loi romaine.

» La mépris des vieilles loin encore le timi poussa plus à relever la tete apres commencèrent doctrines. la révolution complète . » que de et ne «çoment la lnt Conve de la natnre. siècle n'a guère de l’ancienne jurisprudence. perdue. mieux planécessairement la révision Digitized by Google . Tout la netteté et la complété restauration presque était dévoué à la fécond sauf le principe des antiques erremens. SUCCESSION io6 sagesse. est notre à l'ordre du au commencement été qu une renovation x«. enfin „ despréjugés . et rendent fadans la pratique de la vie réforme plus profonde suffi cile PlU aujourd’hui une la création a amené Si laÎévohUion de 1789 de i83o en amènera de nos codes. et qu’elles avaient peu à peu l'autorité Code civil je ne vois pins parmi les rédacteurs du d qui ait garde vis-a-vis que le premier consul le reste hauteur de sa.NATURELLE DE LA. eux-mêmes l'exemple. la raison et . non des principes de la „ leur législation qu ds donnen de l'habitude .et ans quarante la loi qui depuis devant l’égalité de et tend à rebien et notre sauveur.raison. claire et méthodique nos codes « et la simplicité de monter de codification l’ordre civil française Toutefois l'unité ces progrès sensibles pour nous permettre peuples les autres qui nous ont fait devancer civile.qui Depuis elles regagnèrent h^chute de Robespierre.

après l’avoir étudiée. nous en saurons l’origine. ment . . étranaltérées et gers à cette superstition pour l’antiquité qui veut . ses juges. cés riques. - . la les «97 que nos pères eu égard aux doctrines filiation . .ET TESTAMENTAIRE. mais philosophes. érudits . jusqu’à quel point désormais elles sont surannées ou fécondes. en faire le présent des vivans.. développe- le pous connaîtrons histo- les siècles et événemens au milieu desquels elles se sont corrompues. . * „ .

de et nous-mêmes. elles vous diront qu’il y a du bien et du mal.CHAPITRE Des bases philosophiques de VI. Les . et chacune se vantera d’en expliquer l’origine mieux que toute autre. c’est le cri de l’homme et le témoignage de l’histoire. Interrogez toutes les religions. inévitablement amenés à compliquer cette quesa-t-il tion par ce problème si triste Pourquoi y culté. qu’y voyons-nous? du pourquoi telle façon qu’après nous être demandé nous sommes le monde et pourquoi l’homme. car si : * du mal? Qu’il y ait du mal sur la terre. 1 histoire mal. la législation pénale- Comment et pourquoi le monde existe-t-il? Comment et pourquoi sommes-nous dans ce monde? Ce n’est pas assez de cette double diffi- nous regardons 1 univers.

et c’est la plus récente acceptée par la foi de l’humanité. au- lui luttent monde et de le Vichnou chargé de susconserver. au pied du trône de Dieu. La créature y mau- fut tentée par le prince des ténèbres. Remontons plus haut encore. ETC. La religion chré- Osiris. et tous deux sont subordonnés à une unité supérieure..DES BASES PHILOSOPHIQUES. ange de lumière. et tienne a aussi sa cosmogonie. et plaça l’homme dans un Paradis. mais inférieures à elle- même? mystère. Or. Dieu créa le ciel et la terre. Indous adorent dessous de tenter le le IÇÇ) verbe créateur Brahma.il était bon auparavant. • t vais génie Le paganisme soulève les Titans contre nous livre cette autre allégorie de Vulcain précipité sur la terre. et Siva chargé Ahriman le mauChez combat Ormuzd qui représente le bien. dans vais principe. Comment donc est-il tombé ? mystère. par le donc antérieurement à déchu ? îï ne doit sa chute qu’à lui-même. dans son obéissance et dans son amour. l’homme : Il existait comment est-il son ordre et sa hiérarchie. le détruire. Les cosmogonies posent les questions sans les Digitized by Google . L’Egypte met aux prises Typhon avec de les Persans. Comment cette nieuse et unité primitive en est-elle venue à se développer par des existences pures. il vivait d’une vie harmo- commune dont la céleste unité le faisait participer. suivant la Genèse. Jupiter.

coexistante avec éternelle. bien et mal. elle nature et les douleurs de l’homme. en- La cosmogonie traînent la foi et le sentiment. bien nels. de son propre mouvement? demandé. qu’après une imité antérieure à laquelle nous remontons nécessairement. c’est poser dualité qui Digitized by Google . on dirait une amie qui pleure avec celui qui pleure. Mais. La philosophie a fait aussi son effort. d’un autre côté. qu’elles enchantent l’imagination. le co- mani- puisa sa force dans l’existence incon- du mal. Voilà Il elle sera elle. Non. Posez en une effet deux principes coéter- ne peut exister. testable également puissante. si elle ne a-t-elle il y a du mal. de l'Enfer et du Paradis perdu. il peut être la même que celle du bien. selon les lois de notre pensée. mais elles ont cet avantage sur la phi- losophie. Dieu peut-il créer le mal volontairement. chrétienne ne crée ni n’explique le mais elle s’apitoie sur la en reconnaît l’empire . même et dans le elle le con- qu’elle chante la poésie som- Genèse. chéisme. sole et le captive par cela et confesse ses tourmens bre et déchirante de la . Cependant doit avoir une cause. Entre deux principes qui coexistent. donc indépendante. et dans la répugnance invincible qu’éprouve notre nature à l’attribuer à la source du bien.DES BASES PHILOSOPHIQUES 300 résoudre . la philosophie de Manès contrariait les conditions même de l’esprit de l’homme.

Au xvn e le siècle. question psychologique. il tombe tout-à-fait devant les lois de manichéisme. . Bayle. tenta d’expliquer rationnellement la cos- mogonie chrétienne la raison et la foi .SOI DE LA LÉGISLATION PÉNALE. le monde n’a pas comaussi mertfcé par deux. S’ils ils il identité. une même. En si de lumière sur naïve et si la question par candide de sa psy- faisant la critique de la raison. et npn pas une donc. théologique. existent donnent rendez-vous dans une unité identique. Kant la jeta plus profondeur chologie. religion. ils se . il a commencé par un le manichéisme a fait une secte. l’existence coexistent. dans dont pre'établie. il lui posa trois questions. s’ils existent. Bayle et Leibnitz problème. et la d’enfermer ensemble sphère de l’harmonie l’esprit sceptique était si espiègle contre toutes les croyances. si le spectacle du mal lui prête d’abord quelque crédit. et qui poussa toujours le sépare du pyrrhonisme jusqu’au point où il se sens. cosmologique. Leibnitz. dans ses essais agitèrent de Théo- dicée. que l’un représente le niai et l’autre le bien. toutefois il notre intelligence. se donna le plaisir d’exposer bon avec une logique moqueuse tous les argumens du ne put disconvenir que. y a cependant un fond commun. Il la convainquit d’impuissance sur ces trois points. il démontra que.

fois il montre que raison la donne sur ces quatre points l’affirmative et tive. la vérité. sans l’expliquer. contre la raison. et dans la si con- le sentiment pra- il remplace alors la démonstration rationnelle par de la l’irrésistible cri conscience et de la nature. dans tique de la réalité et de la vie. elle la objective. leur nature valeur de ne saurait leur trouver une propre qu’elle s’en elle réalité que lors- fait. Kant pose arriver à nelle. science Kant se réfugie même de l’homme. Pour échapper à une terrible angoisse. celui de Leibnitz. dépouillé de du monde la et connaissance rationnelle de lame. indépendante d’elle-même. elle ne saurait une psychologie véritablement rationDans la sphère cosmologique. et que. et cerne partant pas la théologie. la à la néga- Pour ce qui con- Kant poursuit son accusation il bat en ruines l’argument de Descartes. l’existence du mal et du bien s’armer . pour commet un énorme para- logisme. qu’elle prend l’idée même. de Dieu. si bien que vous sortez de cet impitoÿîible examen. par conséquent. Reconnaître.DES BASES PHILOSOPHIQUES 202 dans la recherche de l’origine et de scs idées. se vouer à les ellipses et les faiblesses de la la la vertu science. et la preuve tirée du spectacle du monde sur l’existence de Dieu. quatre thèses et quatre antithèses sur l’origine du monde. de sa liberté pour combattre l’un et augmenter sainte influence malgré de l’autre. Digitized by Goc .

théologique. 203 l’homme. pendant que la philosophie professe créatrice.DE LA LÉGISLATION PÉNALE. Schelling n’a pas échappé au mysticisme. Avant d’abandonner ce sujet. Voy. elle a déplacé les mots. On peut affirmer que. en l’exagérant. cosmologiquc. . il . je ne puis m’absremarquer encore le triomphe du mysdu bien et du mal non tenir de ticisme dans la question qu’au fond la résolve. sont traitées dans le second livre de la Dialectique transcendentalc. Leipsig . Des philosophes ont dit que était nécessaire qu’arbitraire davantage ? . : je le veux £>ien . . Kant traite le meme problème avec une admirable précision. le mysticisme s’empare des * Nous avons sous les yeux la sixième édition de la Raison pure. question du bien et du mal n’a Le stoïcisme de Fichte aboutit même résultat. Riga 1783. mais il sait la poser en perspective devant l’imagination et la foi des hu- mains. psychologique. 1818* Ces trois questions. La dialectique de au Hégel a voulu tourner les difficultés posées par Kant. aussi Prolegoniena zu ciner jeden Kunftigen Metaphysik . L’étude des Prolégomènes. mais non pas les bornes. ou soimême? Or. Dans cet fovrage. voilà le devoir de depuis Kant pas fait un *. en facilite beaucoup l’intelligence. la pas. la création mieux vaut mais avec ce mot en savons-nous DSèu a créé le monde de sa force Qui trompe-t-on ici ? le lecteur. publiés deux ans après la Critique de la raison pure . ces stériles formules.

d’où Ton ne sort que la raison trou-: blée cependant et . nous sommes res- ponsables. Quand l’homme s’interroge simplement. de illuminer. bords éprouve la le voyageur qui en côtoie les tentation de s’y engager. inçon-r nue à l’antiquité. et de notre aveu ainsi que de celui des autres. L’homme n’est pas libre avec beaucoup d’elforts il de plain-pied peut arriver à . pleine de fantômes et d!ap- paritions. et se saisit moment d’agir. écho ré- pété de notre conscience . mais l’être j Digitized by Google . par saint Paul. avec une profondeur douloùreuse. bonne il est au ne se trouve-t-il pas entre une une mauvaise action ? Il a le choix. Le choix est fait . notre conscience nous approuve. le mal. dût-il payer sa curiosité de sa destinée et de son bonheur. Mais revenons à la conscience humaine. et et appelé à l’éjection dans cette lutte si bien un philosophe chrétien. elle nous condamne blables nous louent : si pour de plus. nos sem- ou nous blâment . de la traverser. les il exerce à une séduction inexplicable. si nous avons opté pour le décrite par bien. secrète horreur une ténébreuse : en promettant la fois sur l’homme et lui inspire une je le comparerais volontiers à forêt .des bises philosophiques 204 esprits. les entraîne et les effraie.

elles liberté. dans la conduite de la vie. Notre unique ressource contre qui de leur trouver une diversion et un but est nous honore et nous relève. Voilà répandre quoi aussi c’est un devoir si sacré de lumière sur ces classes malheuà grands flots la qui. nous penchons à nous impérieux de tout prix dans les instincts les plus pas notre notée être. le mal si ce n est que l élection notre nature orasollicités à chaque instant par égoïste. ambitieuse. l’altération 300 la dis- sont autant d’obparition complète de la raison stacles à la liberté humaine. et d’en faire un pourinstrument de progrès et de gloire.w-v' - ™ - K : ’ w . satisfaire à de jouissances. tragédies dans si sanglantes qui se jouent les galetas de la si misère? Parce que souvent les pas- corrigées par sions n’y sont pas combattues et influences et les avertissemens de l’éducation les morale . ni résistance. . de nos organes. mais elles la rendent plus la ciren font à toute heure comme le siège et elles convallation. : DÊ LÀ LÉGISLATION PENALE. elles régnent dans toute leur fougue Tousans trouver ni contre-poids. les passions. avide geuse. Les passions ne détruisent difficile. turbulente. n’ont que reuses leurs passions pour guides. et pour n’attendent que l’instruction et la moralité Pourquoi ces s’associer à ceux qui les précèdent. pour conseillères. D’où vient qu’entre le bien et est si laborieuse et si méritoire .

concourant avec d’autres causes malades: . les assaillis par la passion . par une pré. Les passions nous remuent tellement que. la liberté morale est encore trahie par le tempérament . a nié la possi- occupation toutrà-fait naturelle bilité et la persistance de la liberté dans une forte perturbation des organes. La méde- ingénieuse. et qui premier rang. l’homme est en même temps désarmé par la maladie. cine française. elles nous rendent organes s’affaiblissent et s’altèrent j.200 des bases philosophiques tefois est chez l’homme plus passionné la liberté le encore possible. Déjà. tient en Europe si savante. et non pas dans espèce où il de suivre une science que me je serait impossible ne connais pas. des penchans au mal. et la responsabilité persiste. des attractions épouvantables qui l’arrachent tions pour d’un crime le : du milieu de mettre face ses à face bonnes inten- avec la tentation lésion cruelle de la nature physique qui diminue plus sensiblement encore que passions l’action de la liberté morale. a eu de l’entraînement et de l’exagération. et la science mé- dicale peut lire clairement sur la et sur l’organisme de l’homme physionomie le secret de sa de ses maux. dans l’esprit général telle ou telle de cette décision . Le malheureux alors faiblesse et a des manies licitent affreux qui le sol. Je crois que. le si les. 11 il y est Digitized by Google . vivement battue en brèche.

cerne . lié législation doit les suivre. gouvernement français est entré franchement dans la voie des améliorations en ce qui conla législation pénale. on a trop incliné à déclarer la liberté morte quand que malade. Quelle conséquence à tirer de rapide? une fort grave bilité : c’est morale a tant de degrés que et cet examen si la responsade nuances. quelles la détruisent tout-à-fait. Envoyer un homme à l’échafaud ou . La loi doit s’y engager aussi sous peine d’insuffisance et de > cruauté. et . et s’est inquiété du soin de proportionner les peines aux délits. Je ne ferai que nommer elle n’était la folie. dans la ces derniers temps on a un peu abusé de la monomanie on a voulu la reconnaître partout. et qui a l’absolu- tion du genre humain : elle l’dchète assez cher. pour laquelle toute responsabilité disparaît. les étudier. . et mettre différences de la peine en ‘rapport avec les différences du délit. malgré les théories médicales. Tl faut avouer que. le *. DE LA LÉGISLATION PÉNALE. l’absoudre complètement. a< ?7 incontestable que les crises maladives du tempé- rament compromettent gravement la liberté. 11 n’y a rien d’absolu dans les la vie humaine : le bien et le mal s’y mêlent dans des détours et des détails infinis. c’est placer le juge et le * jury entre l’absurdité et la faiblesse Depuis la révolution de 1830. mais conscience de la société et du jury se refuse à croire..

En effet. publiquement. Il est vrai pénales.des bases philosophiques 208 En passant de la responsabilité morale au ju- les actions gement public que porte la société sur morale à la légisindividuelles. car il faut les philosophiques ôtez l’un d’eux. qui abrège considération : telle action est se règle sur cette mais l’association n a p us moralement mauvaise. crée les délits et les la liste des actions à punir. société. des lois qu’en parcourant l’histoire actions voit disparaître certaines catalogue des délits. mais que la et son école. une action nirais deux termes . mais elle n'a pas est pas même circonférence. la société n mauvaise de punir toute action réputée : obligée par la conscience individuelle . mais elle punit attaque et blesse seulement quand cette action de l’association. comme Bentham Mais faut-il du en conclure. Je défiles droits et l’existence en soi et volontiers le crime. et n’en pas divulguer censure de l’opinion et le châtiment à la véritables délits qui des moeurs. socialement mauvaise . et les conditions du crime vous échappent. Je parle ici des idées et desbabisurvivent aux révolutions des Digitized by . La législation a le nière tout-à-fait heureuse la même centre que la morale . on . nous allons de la Bentham a dit d’une malation proprement dite. intérêt à la châtier même laisser elle désire en l’immoralité. que la loi seu e crimes? non.

209 tudes. et que des autres. compromise : soit j’en d’une le cri soit de l’association qui mo- se croit donnerai pour preuves le duel et le suicide. dans duel lui-même philosophiquement considéré . irréparable malheur Mais ce point suffit-il pour condamner le duel d’une manière absolue. est des actions dont la législation n’a pas suffisamment étudié le caractère. Quand un homme dans un combat mort d’un de volontaire il y a là quelque chose de fort triste. et qu’elle se hâte de condamner sur rale exaltée . le il y a quelque chose de plus grave que les petites satisfactions d’une vanité ridicule. un homme a tué son frère . La société a perdu un de ses membres. Ils pourront disparaître de la loi non pas de En la outre mais morale. il . et s’il il est estimé de lui- doit toujours retenir ' i4 . L’homme n’existe socialement même i. nos spectacles et nos salons .DE LA LÉGISLATION PÉNALE. ! a-t-il pas à mettre en compte le respect de l’individualité humaine qui. ble nos réunions mais que le législateur sache bien que. n’a pu s’y refuser sa dignité vis-à-vis d’elle-même. . et ne faut-il considérer que la catastrophe et le cada- reçoit la ses semblables. appelée à un vre? n’y combat tragique. et # sans perdre son honneur vis-à-vis des autres? Flétrissons le duel quanc^il n’est qu’un assassinat hideux et frivole qui trou.

doit reconnaître tous les faits et ne pas les con- fondre. et de pureté. cœur chaud.DES BASES PHILOSOPHIQUES a JO le droit de venger lui-même ces outrages société ne vous que la permet pas de pardonner. tête froide. un digne Anglais. C’est un homme de guerre. victime d’un se raillant fat de l’impuissance des . lois . distinguer les nuances et non pas les Digitized by Google . le co- Morden paraît aux yeux de Lovelace. et avec le sang-froid d’un sage son épée à travers immoral le corps. qui l’accepte avec insouciance et présomption : on se rend sur le terrain . Son séducteur a triomphé. meurt sous l’infamie du dernier des outrages. n’a pas lu Clarisse sur la foi l’enthousiasme de Diderot ! de Cet ange d’innocence immoral entraîné dans d’indignes lieux. mais comme un loi^el juge. il pro- ira mener ailleurs son immoralité conquérante mais Clarisse morte trouve un vengeur dans un parent éloigné. Ce duel et coupable prendra de le flétrir ? La loi n’est lui passe est-il donc il ? quel législateur entre- si difficile à écrire que parce quelle . non comme un adversaire ordinaire. La loi ne saurait désarmer à ce point l’individu tout homme libre ce l’épée . Il demande le com. y a d’ailleurs des actions qui se dérobent à justice des lois et que les mœurs peuvent Il la Qui seules punir. bat à Lovelace. droit inaliénable est du gentilhomme qui ne le quittait pour et comme jamais.

Les animaux se suicicide dent-ils *? A-t-on vu un éléphant ou un lion se dans la mer pour disparaître jamais? Le à suicide en réalité n’appartient qua l’homme. là. le monde acte raisonnable. Montesquieu a effacé tous philosophes dans l’appréciation du suicide Brutus et Cassius se tuèrent avec une se détruire. de vo- a été pour tout un monde. et l’on ne peut » lire cet endroit (de leur vie) sans avoir pitié » la république qui fut ainsi de abandonnée. du patriotisme qui succombait avec de son pays. ce nous délibération réfléchie Digitized by Google . à ce mélange de passions. le caractère du suicide qui est entre la rie et la mort. Mais U n’y a pas semble. d’intelligence jeter et lonté. Cafin de la tragédie. » ton s’était donné » ceux-ci la » leur » mort. une vertu. la résolution de la volonté qui usait d’elle-même pour Il un antique. la des affeeordinaire. . condamner par une décision 2lj superficielle et peu judicieuse. la liberté tes : « précipi- » tation qui n’est pas excusable. il est au contraire le plus souvent un acte de liberté. La physiologie a presque toujours fait du suiun acte de folie .DE LÀ LEGISLATION PÉNALE. la mort à la commencèrent en quelque On peut donner de cette coutume anun ti°M assez et pén r de générale des Romains de si T é rouvent P quelquefois V ? pour cesser de prendre mes leur nourriture faiblesse et # sorte par plusieurs causes t de douleur.

et agit par » des principes » » nous porte à pour l’amour de notre être. une espèce de point d’honneur plus raison» nable peut-être que celui qui nous porte à » égorger un ami pour un geste ou une parole. » enfin une grande commodité pour l’héroïsme. l’établissement des triomphes et de l’esclavage qui firent penser à de se donner la fallait que les pas ac- mort. par fait » nous aimons plus que notre vie même. plutôt que de subir un jugement par lequel leur mémoire » devait être flétrie . le progrès de grands hommes la secte stoï- ne qu’il survivre à une défaite. L’amour-propre. l’amour de notre conservation se transforme en tant de manières. et leurs biens confisqués . » chacun faisant finir la pièce qu’il jouait dans » le monde à l’endroit où il voulait. casque nous faisons de nous-même. On pourrait » ajouter une grande facilité dans l’exécution » l’âme. du péril qu’elle va » éviter. » du motif qui la détermine.212 DES BASES PHILOSOPHIQUES » se donner la » » » plusieurs » . » que la passion fait sentir et jamais voir. si contraires. qu’il » sacrifier jjotre être « et tel est le » que nous consentons à cesser de » instinct naturel et obscur qui un que nous vivre. j> certain que les hommes 11 est sont devenus moins Digitized by Google . parce » . ne voit pas proprement la mort. l’avantage » cusés avaient » mort que qui y encourageait. tout occupée de l’action qu’elle va faire.

Caton opine pour la mort. ' ** Lib. » grandes eutreprises qu’ils n’étaient. et César a peine à se dérober aux fureurs des chevaliers en sortant du temple où se tenait le sénat. il a ébranlé le sé- engagé Silanus à se rétracter. chap. lorsque » par cette puissance qu’on prenait sur soi-même. il s’agit de juger les complices de Catilina. demande énergiquement lesupplice nat. Mais est il l’histoire et qui a toute l’irréprochable majesté' d’un caractère fidèle à lui-même. 1 1. 12. lui César. moins portés aux libres. no- Quand vateur conquérant et despote. il collègue. Caton seul mener en prison. Digitized by Google . y. César les a pres- que sauvés par son éloquence . Aristote dans sa Morale déclare envers lui-même et un suicide unique dans celui qui se tue coupable la société **. et un combat perpétuel contre César. DE LA LÉGISLATION PÉNALE. Caton était comme le sa vie fut symbole vivant de la vieille Rome . qui se renferme chez résiste et se laisse * Considérations il est nommé • a glacé d’effroi son lui. victo- sur les Causes de la Grandeur des Romains » chap. » on pouvait échapper à toute à tous instans » autre puissance*. » Néanmoins eux-mêmes réproudonnaient la mort follement anciens les vaient ceux qui se et sans nécessité.• . Cependant consul avec Bibulus mais . T* I I 3 moins courageux. des conspirateurs.

Eus- que Napoléon finit comme un soüs-lieulenant amoureux. la parole. il devait vivre et reparaître régner encore une heure. ou comme un ban-' siez-vous voulu quier ruiné ? Non. qui fut. le la maladie et de l’An- nom delà France sur la bctugbe. sais. une désavantage.. s’ils eussent pa- quelque peu. Il mourut du poison. Je ne a perdu est à . voilà qui vaut mieux qu’un suicide. eussent encore servi leur . - - 21 S et se déchire» - Les Mémoires du valet-de-chatnbre de l’ètriJ pereur nous apprennent que* en *8*4» Napoléon à Fontainebleau essaya de se donner la mort. et là ne s’appartenant plus à lui-même. réser- ver aux siècles à venir la plus magnifique épopée des temps modernes . elle-même qui succombe. mourant sous les coups de gleterre. . à la postérité. Il le secourut. qui. se frappe les entrailles. mais l’action de sa dignité chez • v les c’est renoncer à gens se sont tués trop tienté • . mais pour les idées libérales . il devait de la chute de Waterloo retour- ner sur un autre rocher. tôt. il ne ne devait pas mourir ainsi. la •> «V mort modernes. quoi qu’on en ait dit. Se tuer nos yeux une disgrâce. aller se tromper à Waterloo. de se donner un Que de infériorité. 1>£ LA LÉGISLATION PÉNALE. mais au monde. on avala pas. une hé* roïque et amère disgrâce non-seulement pour la gloire de nos armes.

assistent à l’expiation. mort. mais elle Le châtiment et n’est pas la pénalité la société est bien obligée amé- témoins de même. les autres qui. donc aux moeurs que la législation doit abandonner le jugement du suicide . de mulcter celui qui a ne punit pas pour punir. qu’un moyen. failli. mais aujourd’hui. par- prison. cette action C’est d’une moralité si variable et si délicate échappe à sa juridiction et à sa grossière analyse. La pénalité n’est autre chose que la moralité sociale en pratique. laient pas s’étourdir au bivouac de nos victoires . au milieu de la vie publique qui nous attend et nous réclame. ceux qui n’alsiècle. à l’exemple de René. liore le la coupable. Ayons des passions bien mais à travers leurs orages songeons à la patrie et ne inour serait pour un jeune : mourons que pour ! elle. l’infamie.Il6 DES BASES PHILOSOPHIQUES gloire et leur pays! Mais que dirons-nous de ces lâches suicides dont On Werther pouvait à toute force au est poétique? la commencement du au sortir des convulsions de la république. les bagnes. Les peines ne sont donc que des formes et des moyens courez-en toute l’échelle. elle redresse. éprouver cette vague langueur des passions qui dévorait. instruit. et faute n’est . la la transitoires . le suicide d’a- homme une impardonnable lâcheté. vous reconnaîtrez que ces Digitized by Google . elle punit pour améliorer.

par leur conformité avec les faits On observés dans l’homme et dans la société. trouve établi. dans la pratique des lois et des transactions civiles. condamné venance. hier. l’autorité l’histoire n’est rien sans la sanc- tion de la philosophie. Mais quand des corrections et des peines. et volontiers ce qu’il est aussi enclin il qu’au désir d’innover. vigilante. Aussi but le droit pénal doit être soumis à des révolutions bienfai- chaque instant santes. Si la pénalité a liorer les pour but hommes. rémisÆble et réparable. au respect de L’homme vénère l’antiquité. c’est nier les conditions l’hunjanité. à l’autorité du temps. il il à ne lui suffit paresse le législateur est un examen perpétuel de à il la doit infliger leur con- pas d’avoir eu raison doit avoir raison aujourd’hui et sur tous les points : du temps et aussi. de dans le droit pénal. conçoit que. LÉGISLATION PÉNALE. Lui forger une éternité. qui. infatigable. Quand une société marque mêmes de un homme Digitized by Google . on s’^sn remette quelquefois à l’usage. d’instruire et d’amé- elle doit être nécessairement temporaire. durs et si si strumens variables même 317 âpres ne sont que les in- et perfectibles de la pénalité qui doit toujours marcher au même par des voies toujours progressives. à toute heure. doit reviser et perfectionner son ouvrage. légitimer à ses prescrip- tions et ses règles.DK nccidens LA.

va disparaître pour toujours dans bagnes. Ainsi dans nos derniers troubles révolutionnaires . nous Digitized by Google . la mort légale peut moissonner les hommes. que dans des époques de discordes et de révolutions politiques. dans cette arène où chacun combat et disparait à son tour. elle se reconnaît et s’estime. le plus de supprimer un homme. Comment pondent-elles à honore ses lois victimes stigmatisées ré- société? par par de s’en purger nité. elle lui déclare par le bourreau qu’elle ne reconnaîtra plus son repentir. de mourir pour l’expier. La peine de mort ne saurait être pour nous un texte de déclamations. crime. puisqu’il est dégradé du rang d’homme. car partout où l’humanité sent la force. .ji’a pasle temps d’attendre. La peine de mort grand est a des inconvéniens. et ne la société demande à un homme qui a commis un le flétrit pas. à la force . et qu’il pecus des une immoralité profonde encore. Quand elle exalte ses facultés. le coupable en mourant noblement arrache presque notre admiration. Mais côtés. mais au moins ne les avilit pas. Elle appelle beaux elle a d’assez l’homme à l’énergie.. L’huma- comme lepauvro.2l8 DES BASES PHILOSOPHIQUES d’une flétrissure indélébile. il faut reconnaître que le genre humain l’a continuellement appliquée sans remords. ce qui l’em- pêche de se corriger. Toute nation qui dés- plus tre les la le la marque ne même doit pas remet- au lendemain.

mais . en découlera.DE LA LÉGISLATION PÉNALE. vous pourrez trouver lutte. et mourant avec une facilité toute française. . doit suivre les progrès de lisation. A l’action des peines elle doit joindre l’attrait et l’aiguillon des récompenses. Toutefois il n’est. pas moins vrai que la la peine de mort. sies et la législation rémunératoire très-légitime. foi une poésie nationale et populaire qui les récompenses seront faciles à décerner. selon toutes les vraisemblances et historiques. trop tragique de sa nature et pas assez philosophique. une vie so- bles. des mœurs publique.î»*9 avons vu tout un peuple faisant entrer mont violente dans les chances ordinaires de chaquë jour. de d’égoïsme et d’ironie. et morales lement^ charité La la ciyir que.' la pénalité pour être véritablement l’institutrice de la société. Mais dire avec lui que la législation doit être rémunératoire en même temps que pénale ne fournit pas de grandes lumières pour trouver les institutions convena- Donnez au législateur un peuple ayant une commune. nous fournit un bel exemple de ré- Digitized by Google . et Bentham a par^ faitement vu ce point important.. L’histoire . de grandes jaloude petites ambitions. Mais dans ces époques de schisme et lidaire.^ législation n’a pas assez nv de à la . presque impraticable. elle disparaîtra naturel- comme un dernier hommage rendu du genre humain.

Quand les morts sont couverts de terre. » » un orateur choisi par la république. homme » distingué par ses talens et ses dignités. sympathies sociales. dans lequel sont renfermés les » os de ses morts. Au moment du chacun peut apporter au mort qui lui appar- transport sont amenés de cyprès. » Ici se le plus magnifique Digitized by Google . Les os sont déposés dans un monument » public élevé dans le principal faubourg de la » cité. suivant tumes. faire partie » auprès du du cortège. pro» nonce l’éloge que mérite développe dans Thucydide leur valeur. les s’ils le dési parentes sont cercueil et poussent des gémisse- mens. On porte en même temps un » lit vide dressé pour les morts qu’on n’a pu » retrouver quand on a recueilli les corps. Dans la : première année de clès voulut les vivans. Trois jours avant » servait obsèques on élève un pavillon où sont dé- » posés les os des morts. » rent. et »> les les funérailles avaient péri dans » les la à son gré des offrandes tient. célébra la guerre. Les » sur des chars des cercueils » citoyens et les étrangers peuvent.. honorer guerre duPéloponèse. un pour » chaque tribu. Là se réapatriotisme.- DES BASES PHILOSOPHIQUES 220 compense décernée par la législation.. « anciennes cou- des citoyens qui Yoici ce qui s’ob- dans cette solennité. senlise tout ce que j’ai demandé timens communs.Périles morts pour encourager Athènes..

» pour glorifier dignement Thucydide. 2. » enfans seront élevés » il graves paroles et et j’ai dit aux et dès'ce jour leurs frais de la république jusqu’à l’âge qui leur permettra de la servir. • • . quelques années avant qu’elle succombe. et retirez-vous Périclès avait raison un élan . liv. et que l’on voudra » mériter dans » C’est » de semblables combats : où plus belles récompenses sont offertes à la vertu.DE LA LÉGISLATION PENALE. _ . » une couronne que décerne la patrie. 2ai discours qui soit jamais sorti de la bouche d’un homme parlant au nom de sa patrie pour célébrer mémoire de ceux qui sont morts pour elle. » les >i » Payez un tribut de larmes aux morts qui vous » appartiennent. couronne utile à ceux qui ne sont plus ainsi qu’à ceux qui nous restent. c’est sur la qu’il faut aller multiplier les * *. On dirait que par un secret pressentiment il lui fait comme une majestueuse oraison funèbre. là se trouvent les meilleurs citoyens. de Lévesque. Nos illus- morts sont ensevelis. tombe des morts marques de la recon- national. et harangue par ces simples « J’ai rempli la » croyais utile » très loi termine sa que tout ce : je de vous faire entendre. il porte aux deux la gloire de sa répula Périclès jette blique qu’il appelle Tècolekde la Grèce. un regard sur toute l’histoire d’Athènes. trad.

et cet éloge Tancrède. La religion catholique a toujours eu le génie des grands spectacles. c’est à nous des solennités qui nous ap- partiennent. en face d’un roi que l’histoire a marqué d’une ineffaçable grandeur. de Mérope et de l’entendit. dans le siècle dernier. et loin de songer à satis- mémoire de faire la vanité des vivans. C’est le défenseur des Calas. car à la cause de l’humanité Digitized by . mais elle n’eut que le temps d’imiter à la hâte les à tirer de nos Grecs et les mœurs Romains . religieuse. JJn pape devait couronner Bossuet a célébré les grands capitaines de son siècle au milieu d’une cour sincèrement le Tasse. C’était ment la récompense de son dévoûenfin pour . c’est la oeux qui ne sont plus qu’il faut suivre et honorer par un culte religieux et par une inépuisable piété. répondit une bonne femme. de douceur de mœurs et de sentimens. Voltaire ce donc? du peuple fit battre le cœur du chantre de Brutus.'P 322 DES BASES PHILOSOPHIQUES » naissance de la patrie . Qu’est- demanda quelqu’un. Mais n’y aura-t-il jamais d’oraison funèbre pour le peuple? Notre révolution a eu l’instinct des commémorations populaires. Je ne saurais quitter la législation pénale sans homme à qur nous devons ce que nous avons aujourd’hui de liberté d’esprit. rappeler le souvenir d’un Un jour. la foule se ras- semblait à Paris sur les pas de Voltaire.

qui aimai? avec passion l’humanité et la gloire. ralliant à lui tout ce qu’il y avait d’âmes honnêtes ét ardentes. et les par l’autre. Dieu n’ouvrait ses bras qu’à la seule innocence. il sous toutes formes. suscita Servan. requêtes. éloquens vers la fin de : humains ont besoin de clémence. qui faisait du théâtre une arène philosophique. et sa bonté pardonne*. il n’était barreaû de et. Il * est temps de revenir à des sentimens plus Olympia^1764 .- DE LA LÉGISLATION PÉNALE. le Dupaty. la législation. il remplit ses disciples. Il commenta Beccaria qui au fond que son élève . . Qui viendrait dans ce temple encenser les autels ? Dieu lit du repentir la vertu des mortels Ce juge paternel voit du haut de son tréne Hélas! tous les Si La terre trop coupable. Défendre l’humanité. n’épargna rien. pamphlets.* aî3 de Louis XIV. il battit en ruines une législation qui avait pour doctrine la torture et la roue. d’Etallonde et du comte de l’historiei^de Charles XII et Morangiez. se montrait partout où pouvait servir l’une et acquérir il L’humanité était outragée en défendit les droits sans relâche. mais Voltaire. voilà le cri de Voltaire sa vie il écrivait ces vers . de s’occuper du chevalier de Labarre. pdtw l’homme qui popularisait en France Locke et Newton. mémoires. c’était un sacrifice que de donner son temps à débrouiller des procès.

Ainsi Leibnitz. qui le premier l’a rapport avec l’Europe. qui a conrespectueux pour la stitué l’esprit allemand.ï2 4 DES BASES PIIILOSOPIItQDES . est toujours resté de l’Allemagne. mémoire de Voltaire. et lui n’ont fait peuples dieu fait qui le sépare de ses succes- la France ce que pour l’Allemagne. puis- sant à la manière de Luther et de Napoléon. Digitized by Googli . pendant trois seurs. il est destiné à survivre à bien des gloires. et je plains ceux qui se sont oubliés jusqu’à laisser tomber des paroles dédaigneuses sur le génie de cet bitume. ETC. Voltaire a quarts de siècle • le progrès accomplis après que reculer dans l’imagination des la distance Leibnitz a les . mis en il fait pour a représenté son pays. Les autres peuples savent mieux que nous défendre leurs grands hommes.

Il . âme s’en applaudit.. n’est pas i5 Digitized by Google . nous le retrouvons dans l’histoire. . . • son œuvre heureux i* ) : 'I -\l'S c’est alors qu’il rêve une même. . * * • • • i / 'J > ’ ' •*/ • ' '. Un ci- et content. :• L’HISTOIRE. • Un ‘ î . si nous avons reconnu le mal dans l’homme et dans la nature. . . de ses passions et de ses langueurs.. où il L’humanité i. .. - « i • • • • . tif mieux partagée.1 I ' . quelque chose d’irréprochable.*'* . conçoit une grapde action...*. Mais ni le citoyen ni et son le poète ne pourront arracher de la faiblesse de notre nature.. • . .. artiste conçoit est vraiment * * .... . CHAPITRE PREMIER. car exécution aussi pure que l’idée *•: il toyen. . • . . et l’idéal de la vertu est aussi impraticable que l’idéal di* génie. dans une circonstance décisive de l’histoire de son pays.• ’ LIVRE TROISIÈME. .

a été entraînée à ne voir souvent dans l’histoire qu’une déception de l’humanité. de la philosophie. à. les corrompt dans leur cours. si utile et si féconde. A cette accusation contre le passé on a voulu opposer de nos jours une apologie complète. et de viendrait donc cette succession de chutes d’où viendraient les révolutions? quelle progrès? serait la raison de ces éclipses de la vérité et du bon droit? pourquoi ces immolations de tyrans. 1 histoire . et de Voltaire. voir dans l'histoire la réalisation entière des idées de l’humanité. les fait dévier de leurs principes. Le xvm e siècle a invectivé contre le passé. la entièrement résultat ne correspond jamais compensée. Nous ne saurions toml’école ber aujourd’hui dans cette préoccupation alors si naturelle. Sarts douté. dans toutes les mais lé de rhumanité il y a l’intention du bien .ROME.' aa6 altère les plus nobles conceptions. Si l’histoire était la reproduction 1 d’6ft plète dë'ee'qui doit être. où il donne de sa présence une triste certitude et montre qu’il n’est ni une hypothèse de la philosophie ni une illusion de tempérament mélancolique. et je ne saurais transiger entreprises avec lui. Je et trouver légitimes tous les faits me sépare ouvertement de cet op- timisme historique. accomplis. et pourquoi les réveils de la liberté? Non.

y dérouler les descriptions. mais j’avoue que ce savant critique ne m'a pas ébranlé. mais que toujours l’homme se fasse reconnaître dans l’artiste . la n’est pas représentation successive. que toujours la nature humaine soit en jeu et en saillie. tan- pour l’exprimer.ROME. Loin de nous reposer dans l’optimisme historique en * J'ai déjà. chap. Gans. tantôt aussi pour lui mentir. mais altéré. dans Jahrbûcher fur wissenschaftliche Kritik. sans sans un cœur cette inévitable partialité qui seule donne à notre estime son prix et sa valeur. toire dans la théorie du droit positif ( Introduction à f His3). qui se publie à Berlin. Nous ne saurions non plus la comprendre qu’en vertu de nous-mêmes. et la philosophie eja tête pour absoudre ou pour condamner. y semer les portraits. optimisme qui est la conséquence naturelle delà philosophie de son école. de notre siècle et de notre foi non : qu’il faille imposer au passé des règles à priori. de l’humanité. en examinant mon livre avec autant de bienveillance que de profondeur. mais il eât impossible d’a- et d’observer l’histoire d’homme. elle est le dévelop- pement progressif. des formules dont la largeur apparente devient toute mesquine quand on veut y encadrer border la réalité. m’a opposé un. observé ce mélange de bien et de mal qui du Droit . t6t le î Digitized by Google . » M. On pourra l’écrire d’une plume pittoresque. 227 refléter un miroir sans tache où l’homme puisse purement son image. eonstituel’histoire : « A la philosophie s’est associée l'histoire. imparfaite et tronquée de notre nature *.

or précisément le but que nous poursuivons de trouver.228 ROME. le génie de l’hu- manité ressemble à ce Juif marqué d’une empreinte fatale. un une et les les du premiers âges solidarité précieuse. et l’on risque de s’y éga- quand on ne s y oriente pas. Mais voici quelque chose de plus heureux encore >i clans le Latium. L’histoire . çéûtifé. pour lequel ici-bas. glorieuse inquiétude. Dans sa course de tous les jours. Digitized by Google . et qui cependant originale! et indigène forme entre monde temps modernes un lien. à accomplie l’émancipation de dans ses temples la mystérieuse enfance. c’est la destiuée de l’homme de ne pouvoir se contenter jamais. . . regardant les siècles écoulés. inépuisable exigence qui le fait roi du monde. la justification historique des progrès de la liberté humaine et de la sociabilité dans ses droits les ? rer dans plus chers.est infinie. il l’Europe où s’est est raisonnable d’aller droit en a caché et d’omettre l’Orient qui l’homme. . . dans 1 une ville un coin de l’Italie s’élève qui réfléchit à travers mille traditions altérées et lointaines les dernières inspirations du génie oriental. qui ne saurait s’arrêter nulle part. .> . ! • . demandons toujours à l’histoire plus qu’elle ne nous aura fourni. n’y a pas de repos. qui participe tement de là moins indirec- Grèce. il •:. du moins pas .

ni xviu c. ( Lib. qui ne prendra aucun de vos noms. . mais celui de Romain. 2. Sabinosque miscuerit. Digitized by Google . Latinos . quelques fragmens d’un peuple qui occupe déjà dans l’histoire une grande place. vous convoqués pour composer un peuple unique dans l’histoire. etc. **.) * Géorgie . réunis à eux. tres premiers sup- sont abouchés avec d’autres Ils se mœurs les la responsabilité ils les Sa- s’adjoignent encore d’au- d’une civilisation plus avancée.. avec bins. 532. : : Florus est plus explicite encore sur prigine de Rome Quippe ciun populus : la triple romanus Etruscos. buhr. et saura le êtes ici donner au monde r Banc olim vcteres vitara coluére Sabini Hanc Remus 01 frater sic fortis Etruria crcvit Scilicct et rcrum facta est pulcherrima Roma. et ex omnibus unus est. chap. Sur le mont de Pélasges Palatin s’est rencontrée une troupe d’Aborigènes qui et portent dans l'histoire de Romains. et unum ex omnibus sanguinem ducat . vers.. ** Cette phrase de Cicéron dans sa République (2* liv. Pélasges.. notre analyse de Nie- émises sur le sens historique de ces vers de Virgile. Septemque una sibi muro circumdedit arces *. et les conjectures — Voy. Étrusques et Sabins. 7). aag HOME. Aborigènes. corpus fecit ex membris. des Étrusques. habitans à hommes du nom rudes et simples. lib.

Celte simultanéité de ' VA • - f .» Ainsi. comme les nations ne débutent pas par des transactions. Le encore un progrès nou- veau. et les premiers l’ont écrit quelques-uns fondemens de Rome ont **: été posés par une aristocratie héroïque. les néral d’armée et ponVifé.. in n’est pas » et » tribus très curiasque triginta descri pserat • > » * « Quo facto primum vidït judicavitquc (Romulus). de citoyens. voyez aussi la Symbolique de Creuzer. Cicéron attribue à Romulus des cap. reges. « . par Otfried Millier.. et Micali. et se séparant tout-à-fait de la une théocratie.. 9. et rendent arbitrairement qne assez grossière justice. gé- quand ils délibèrent.. 'i. Digitized by Google . Rome n’a pas commencé par une monarchie tempérée. cujusque ad illamvim dominationis adjuncta autoritas. Le même patricien peut être roi. Lucumonis qui Rontuli socius in Sabine praelio occiderat. plus décidément politique. idem quod Spartæ Lycurgus paulo ante vidcrat.. Le patriciat de de l’Étrurie se distingue déjà tique. libi 2. si esset » optimi De Rep. Popul unique et suo et Tatii nomine. — idées de balance -de pourpips. il soumet la religion à l’Etat. Nieburh dans son premier volume. constitue et fondateurs tion de élite la patrie. a3o ROME. singulari iraperio et potestate regia tùm meliùs guberoari et régi civitates. car le Lucumon la civilisation asia- étrusque réunit caractère du prêtre oriental et patriciat romain offre du le double guerrier**. ** Voyez sur ce point notre analyse des Étrusques . pères patres sous la direc- de chefs élus par eux. •' *- moins claire . qui les président mènent au combat..

Cicéron de sa campagne de Cilicie que de ses meilleurs discours. dans ce petit village les destinées du monde. lib. Digitized by Google . et les groupè- qui avait rent ensuite sur d’autres collines.pleb* i . dans l’histoire doublure. Si Rome doublé n’eût e'té l’Étrurie. Rome . était répandue une popu- lation latine à laquelle les trois premières tribus firent la guerre. Autour des trois les il elle eut n’y a pas de collines où campaient premiers Romains. VI. U y avait chez ces hommes un besoin immense de réunir les gloires cause de la régularité était plus jaloux plus diverses les peu mesquine . Victorieuses. ait travaillé puissamment à re- * Quemjuxta sequitur jactantior Am-tis Nunc quoque jam nimium gaadens popularibus auris *. a3i {onctions et de charges se continue jusqu’aux derniers temps de république. elles la poussèrent dans leur propre enceinte. et qu’une aristocratie. Àncus est le premier chef qui cruter les Latins.. César fut la nommé grand-prêtre. Tarquin l’Ancien et surtout Servies Tullius • constituèrent cette seconde partie de ' i Æntid. si l’individualité ou la moderne compare est un de pareilles à puissances.ROM t. et ce n’était probablement pas à de sa conduite.

elle se retire.HOME. Méconnue dans ses droits. La commune développe alors cuns droits une fermeté modeste. commune et voilà la humble et faible. entre l’es- clavage et l’indépendance. trouve la j’en consulat annuel remplaçant la royauté viagère. Ménénius se charge de conter aux plé- Digitized by Google . et ne veulent leur communiquer aucivils. Ils ne font des des répartitions iniques. et commence avec calme une lutte longue et furieuse. ristocratie s’égarèrent à mais Tarquin et le fut banni lui C’est ‘ gens Tarquinia. elle va camper sur le Mont-Sacré : les esclaves la secedit Le sénat est effrayé . la chose ro- Mais les pa- un oppresseur que pour devenir eux-mêmes. enrôlée sous les enseignes de la sous son bon noblesse. preuve dans le d’un tyran. et n’existant encore que Cependant les chefs de l’aopprimer leurs égaux Superbe échoua dans cette folie. et les siens. et vis-à-vis de la le commune leur conduite est aussi aveugle que celle de Tar- quin vis-à-vis d’eux. non. Elle n’ira pas comme de Saint-Domingue porter le fer et flamme aux habitations de ses oppresseurs . plaisir. chargent les terres que plébéiens de dettes. d’un mais non pas une révolution. il envoie courir après . l’expulsion homme. et qui n’apporte à maine aucun changement triciens n’ont chassé essentiel. elle fait scission. i3a in triginta tribus redacta i-omaine tout-à-fait .

de l’estomac demeure convenu que il elle. la sociabilité. 8 ). Elle demande presque en même temps l’égalité des droits civils. ne voudront pas. treront bientôt en maîtres. pour a33 membres ils s’opposeront. du m. seulement cheront. qu’elle re- besoin d’une nouvelle preuve de l’importance la trouverait dans le De legibus de Cicéron ( liv. et les fait souvent attendre sous du vestibule le sénat. ils ils empê- superbe aris- la un tocratie leur définit leurs attributions dans seul mot. si petit à son origine. où il place dans la bouche de son frère Quintus une violente accusation contre cette magistrature populaire. et chronique. et telle est la modération de * Si l’on avait tribunat. lois. se réservant d’en parler lui-méme avec plus de modération. veto. Désormais la commune marchera de conquête en conquête. une quatre fondemens de les on la commune romaine. Mais patience. Digitized by (jOO^le . Jorsqu’Auguste et Ti- bère arriveront à tribuns la pourpre. enfin. ils s’appelleront *. après plusieurs pour* parlers. l’égalité des droits politiques. béiens la fable des connaît la aura un officier qui lui * ou i la commune appartiendra et stipulera Ces tribuns n’ont aucuues fonctions positives. chap. grandira tellement dans la conscience populaire que. et le y en- ils tribunat. On à condition toute- les patriciens les écriront. des terres et Voilà lui fois accorde d’abord des que législation écrite.rome.

nat primitif.ROME. Système de Scrvius Tullius et des centuries. comme des fils à leur père. Situation géographique de lTtalie. Le Constitution de la commune ( plebs ). j’ai consacré plusieurs leçons d’exégèse au texte des Douze Tables. entre la commune et l’aristocratie. 300 gentes. qui récapitule et critique avec une véritable cet inestimable abondamment à tous supériorité toutes les recherches antérieures. grecques et modernes. 3 tribus primitives. Question du climat posée. — avec lequel la science française doit repousser toute solidarité. Rien n’a semblé plus intéressant à mes auditeurs. La lutte s’établit Tribunat. 1824). coup-d’œil sur les sources. Aristocratie primitive et héroïque. ' * Dans le cours d’histoire du droit romain professé dans l’année 1829 à 1830. peuples qui la composent. de l’antiquité . élémens dont se forme le peuple romain. Dirksen (Uebersicht der bisherlgcn Versuche zur Kritik und Herstellung des Textes der rwœlf Tafeln Fragmente. plagiaire effronté. J’ai pu puiser les travaux de l’école allemande. puisque l’occasion s’en présente. Première proposition Digitized by Google . que de peser la valeur historique et littéraire de chaque mot de fragment de l’antiquité romaine. et qui laisse si loin derrière lui l’informe compilation de Boucbaud. Leipsig. chef de scs égaux. sous principales quoi : les le droit systématique. la science. appréciation de nouveaux les historiens et les textes travaux. dépositaire. J’indiquerai en deux mots. — Droit et institutions politiques. ce Car- men necessarium . Gentes. le soin de dresser des tables décemvirales. doit fixer d'abord l’attention de l’historien jurisconsulte : combinaison de la méthode chronologique et de la méthode liberté. dans l’histoire. Séroi. 234 met pieusement. les révolutions. dont il faut profiter à la fois avec loyauté et indépendance. les lois. au milieu des législations orientales. dans sa concision éloquente. de la sagesse des temps héroïques et des premiers progrès d’une liberté naissante *. entre autres au savant ouvrage de M. Adjonction des plébéiens. Expulsion de la gens Tarquinia. le plan suivi dans ce cours d’histoire du droit romain : le droit. état de l'érudition. 30 curies. est le développement progressif de la la loi de la raison. Pourromain. 11 se développe sous quatre faces moeurs.

idée fondamentale de la famille romaine.l. et des jurisconsultes. sans autre règle qu’une bienveillance réciproque et tombe entre les mains de quelques-uns de mes anciens auditeurs. contenant la suite des lois. Si ce livre que nous trouvions dans ces réunions. Théorie des obligations. Succession testamentaire et naturelle. grâce aux progrès 1 émancipation politique. Rapports avec les autres bles — — peuples. 6. Puissance paternelle . - . ainsi travaux modernes . Des choses. . des institutions les résultats . Union du pouvoir et de la propriété. 235 Elle obtient aussitôt après l’égalité des droits ci- contenue tout entière dans la loi arrachée par Canuleius. Possessiones rts mancipi nec mancipi . Premiers monumens de la littérature. chap. Formes solennelles d’acquisition des res mancipi. adoption . Culture de l’esprit. Que la propriété juridique a dû commencer par être exclusivement patricienne : il s’éleva à côté une propriété de fait qui se confondit peu à peu avec la première. étudians et professeur. * je que des renvois aux sources et aux fus distrait de ce soin par la révolu- Voyez sur ce point l’excellente démonstration de Duni. Théorie de la tutelle. tom. quand tion de 1830. condition des femmes. quelquefois arides. Législation écrite. je désire que ces lignes leur rappellent le charme fraternelle. pendant les trois cents premières années. Religion. Droit privé. Etat de la langue. Telles sont les recherches auxquelles je me suis livré devant un auditoire dont l'inépuisable attention ne s’est pas lassée au milieu de ces détails laborieux. rière des magistratures. . Recherches sur la forme primitive des ac- de tions. Ingénieux travail de Von-Loehr. Législation écrite. de connubio *.Nous étions réunis. Coi* jectures sur l’état de famille des plébéiens. Je m’occupais de recueillir de ce cours pour les publier sous le titre de Prolégomènes sur l histoire du droit romain suivis d’une table chronologique du droit romain. Douze Table*. par le seul amour de la science. Le tribunat militaire ne tarde pas non plus à lui ouvrir la carvils. de la !oi agraire. Commentaire exégétique des Douze TaCivilisation générale de Rome.— ROME. Formes du mariage. tous camarades.

appelant un voilà qui a pris par leur première la assemblée populaire milia tributa ). il. on s’exaspère. remarquerai seulement que ce fut de je * Voyez Ht. l’orgueil et l’aristocratie. Il pourra venger. « elle veut du pain : un sénat qu’il fallait ne lui et fac- en donnons pas. nom pérance de patricien. Dans une des crises les plus mées de plebs et le patriciat.ROME. Quel évé- un jeune officier Corioles. et proscrit ! n’y il Rome pour demander le ban- nissement de Marcius. et qu’elle sache à quel prix elle peut nous Ce discours outrager. de la Propriété. » plus qu’un cri dans commune forme une a fois la un ( co- sénateur. Je ne reviendrai pas sur le partage des terres*. chéri du soldat. tous les vétérans. mais toujours par sa vivacité pétu- sous se lante il a porté un coup mortel à de son ordre : désormais le patriciat n’est la la commune puissance que sait plus inviolable. jeune la lutte homme entre la déclara dans le enveni- prendre par famine cette tourbe insolente tieuse. a36 Mais plusieurs années avant commune la les Douze Tables. on s’indigne. mV cbap. une prérogative attribué s’était énorme. forcé de quitter l’es- Rome le poids de la colère du peuple. part la • 4. V Digitized by Googl . Pour nement du vient aux oreilles peuple. 4.

Les formes successives de . mais surtout par les toutenveïop- et des familles. . démocratie monarchie. sed contra orbem üniversum Romanos V Ainsi il y a entre monde un tel rapport. Ses deux instrumens de sance et de conquête furent guerre et la puis-1 le droit?» Bacon. De Jugmentis Scientiarum. par. V lib.ROUE. maine furent donc et la république ro- la l’aristocratie la . comment éllé avait su peu à peu tout envahir per . cap. >1.i * \ . . 337 des patriciens et des plébéiens plus riches les une vraie démence que de refuser la jouissance de la propriété à des hommes dont ils avaient reconnu l’égalité politique. • quelques-uns n’étaient pas encore convaincus que la guerre n’est pas seulement und si J V. . s’assimiler. . qui và chercher Rome? 7 incorporer. de$ elle réussit y imposait aux colonies qu’elle peuples vaincus. . Digitized by Google .>i! . . en recherchant la manière dont un Etat peut s’agrandir et reculer ses limites. i . * t. a vu dans quel esprit Rome faisait la guerre.des hommes des nations entières villes. pour poür s’y Que ainsi dire. 3. Bacon. que c’est lë se diffudisse super Rome et le monde. dices profecto non Romanos se diffudisse super universum orbem./ ! 1 1 vni. en chargeant de les l’honneur du droit de cité . Quœ institutasi simul componas.

a38 héroïque fantaisie plus je leur indiquerais derechef Rome et de ses conquêtes. Digitized île . Attaquée au cœur par une descente .HOME. Aussi première que de temps . et Polybe nous a conservé un 'traité conclu entre les deux républiques précieux monument de l’histoire du droit desgens. Lacedœmonoirum opus **. t * Voyez lit. chap. et connues de Cinéas à son maître ne les Dès . I ils ignoraient où sister ils s’engageaient en voulant ré- aux Romains. et se retire Romains. V ( >. . les elle s’était abouchée avec Carthage. et se rencontre poujr la est naître.. si . fois et avec le génie grec. de commencer et de se faire reconde labeurs pour que Rome puisse pousser jusqu a Tarente. élève. vu c’est qu’il a les paroles si sont autre chose que fond de Rome. si intraitable et la si austère» L’Italie ples. *. Rome passe à d’autres peupremiers siècles de la république. n. de la Paix et de la 'Guerre. émule d’Alexandre. Or. comme pour un de le spectacle difficile homme. soumise. ** Florus. Mais Pyrrhus. après avoir gagné deux batailles en perd une troisième . personnifié dans Pyrrhus Les Tarentins étaient des enfans. en a tremblé. 2 du Droit des Gens. le pour un peuple. il en a assez : le cri il de l’ébahissement pro- Grèce face à face avec le génie de nouveau pqur elle.

le roi de Macédoine entraitdansRome devant le char de PauLÆmile. elle a’ dessous jusqu’à l’apparition d’Annibal . la Grèce est pour jamais conquise. Persée fait un siècle et demi après Alexandre. elle n’a pas coûté beaucoup de peine. Par quel secret vertige n’y entreporte t-il . grâce à un roi héroïque et malprisonnier. mais malgré les victoires qu’elle doit le au Lacédémonien Xantippe. Antoine Rome en réalité par les ruines et César a pris possession de l’Afrique de Carthage.ROME. n’était que le héraut populaire des passions nationales. *39 en Afrique. destiné à opposer la grandeur d’un seul homme solente fatalité qui protège le Capitole. et Caton l’Ancien . donc pas ? Rojne a compris . Plus . Carthage emprunte pour se de'fendre le génie de la Grèce . L’Asie (car nous parcourons le monde) résiste quelque temps. le après la victoire de Cannes . La guerre de la ligue achéenne dura peu. par son éternel refrain . mais tard l’Égypte sera conquise mourir. Pompée y viendra s’y succéderont. à quelques lieues de Rome. elle est sans pitié pour Carthage. car elle a failli périr . à l’in- Le plus hardi projet qu’ait jamais conçu capitaine . et . jfrt ? La Grèce avait agacé l’Italie en envoyant contre elle Pyrrhus et Xantippe . elle méritait bien une visite : Philippe est attaqué et battu.

et dans lequel çependant il ne vit qu’un compagnon defactions et de plaisirs. voluptueux et barbare. a4° heureux. m itv. Inquiet et factieux tant qu’il se cherche et ne s’est la gloire avec furie par pas trouvé. mais du moins il a fatigué suc- cessivement Sylla. et il s’est ménagé dans l’histoire la place d’un glorieux vaincu. i Mais voici une guerre qui vient couronner Rome. système militaire de et qui le commence un ami plus notre propre histoire.- ROME. en attendant cette maturité de la force et faire unir les dernières du génie qui devait invincibles pétulances de la passion. Lucullus et Pompée.ioc'j Piomen crat. lui profondeurs du calcul aux 1*' so'ViOfcl ^ . ardent et sans frein. tant qu’il n’a pas mesuré de l’œil la hauteur où il doit porter son nom et sa destinée. grand après une défaite. incapable d’une victoire décisive . poursuivant toutes les voies. Catilina avait grand qué lui. servait d’en profiter ou de il s’en défendre à se ré- temps. à toutes les extrémités.'i si) eut b nec fama d Stare loco. moitié d’Annibal. iooq 'di r>‘. quo s Digitized by Google . César ert effet n’était point fâché des embarras où Fehtreprise de Catilina jetait l’aristocratie. solusquc pud Acer et indomitus.. ouvert à tous les désirs.

le et sentant est entré plus avant dans l’entente de cet César des encore son Catilina. gaudensque viaiu fecisse ruinâ Bien. désormais son plau fut arrêté . rester vierge des versera sur la Gaule la civilisation italienne. instare favori Numinis. pendant que Pompée et et Crassus dans conquérir et de jusqu’à lui échappé aux mont Taurus.Lucain ! premiers temps.Lib. .ROME. elle a sauvé la Versus 143 etseq. homme que poète le qui veut toutefois vu à la distance des siècles et dans celui de Napoléon pour être tout-à-fait pénétré. dont l’influence ne s’est jamais effacée * Pharsatiæ. i. 16 i' Digitized by Google . pirates. i. impellem quidquid sibi summa petenti Obstaret. je l’avoue. manum et minquam Ferre a4i temerando parcere ferro. mais quand il eut choisi la guerre. s’effaçait l’avarice. Mais Salluste *. il apercevra de loin la Ger- dft manie qui doit et il 11 armes romaines. qu’il eut quand il jeunesse fait pendre quelques eut débrouillé aux yeux de si orageuse et si étrange. Successus urgere suos. Rome quand cette il eut démontré qu’il pouvait être à son plaisir et à son heure aussi éloquent que Cicéron. Quand il être eut débuté. voilà. dans le repos César entreprend de civiliser les Gaules qui avaient aigles romaines maîtresses y dépensera dix ans et trois millions d’hommes. Guerre décisive dans notre histoire.

La science des jurisconsultes . nous . Rome tique. notre goût et notre génie pen- philosophie pratique et pour Ja sommes la patrie de Voltaire et de Napoléon. des Français elle a fait le peuple média- nous sommes Romains des temps modernes. une charte de garanties. comme eux. » Digitized by Googlfj .ROME. un premier exemple de progrès sur stipulations arrachées la législation et écrites . 242 France d’une demi-barbarie qui n’eût pas eu le» avantages de la naïveté et de la rudesse germa- niques. La codification des empereurs. Le droit prétorien. La pour législation la ne fit grandeur de principales pas moins que les armes Rome . elle a quatre faces : Les Douze Tables . Les Douze Tables sont un véritable poème juridique. poésie du génie quirinal s’y trouve renelles seules nous font connaître comment m V * sut passer de lage héroïque à l’état poli. les notre influence chent pour la guerre. répandre nos idées et mission de avons la nous teur et civilisateur par excellence . Elles sont aussi le‘ premier monument toute la fermée . véritable de la civilisation romaine. et sur les sacerdotale : conquêtes brillantes mais éphémères de la dé* mocratie grecque.

. de comprendre que tous consentirent volontiers à trouver dans cette magistrature un remède doux de la loi . fit armé do pouvoir introduisait un principe des édits quelquefois il . Le mais ce droit national cruauté les 243 striclum jus régnait dans les froissait avec trop de soit les indigènes. ayant ses doctrines et ses principes. et forçait peu à peu l’ancien droit civil à partager avec elle l’empire de la légalité.. le plus souvent il adoucissait la sévérité du droit décemviral en suivant les maximes d’équité (y usgentium ) . Toutefois il ne serait pas juste droit prétorien de se représenter comme une droit prétorien est un autre point de un autre le équité arbitraire sans règles. nouveau . Le droit civil. mais à vue. mettant une industrie infinie à se biner et à s’ajuster avec|le slrictum jus . le d’ad- préteur. fallut il avait institué un magistrat chargé ministrer souverainement il est facile que amenaient peu à peu composer. ou enfin supposait certaines circonstances imagi- naires (fictiones). soit les étrangers Rome conquêtes de dans son sein on siècle Douze Tables. HOME. Dès le ive la justice. le et puissant contre l’oppression préteur législatif. sans limites et sans conditions. com- par des Digitized by Google . déclarait nuis des actes d’ailleurs valables ( restitutiones ). Ainsi l’équité siégeait avec le préteur. il apportait des restrictions ( exceptiones et prœscriptiones ).

administrateur la et législateur. augmente le nombre des préteurs et des magistrats inférieurs. fait admet aux honneurs les fils des proun recensement du peuple. dans un petit J Cœsnr. 42. complète le sénat. réduit toutes les lois règles pratiques et claires * Suetonius. ne dirait. Voilà pourquoi aussi jurisprudence revêtit la caractère scientifique. scrits. la rédaction qui aurait. restreint pouvoir judiciaire aux. veut . puis une littérature et une philosophie. *. doctrine. C. 43 et 44- * Digitized by Google . César. se montre laborieux et le les sévère dans la distribution de la justice vailler à l’embellissement les de Rome . tra- dessecher marais Pontins. crée de nouveaux patriciens. 41. dresse un nouveau calendrier. chevaliers et aux sénacitoyens clans teurs. Suétone. enfin d’un Code civil méditait il de livres. dans la Vie de César. Parag. une la fin de la république un art. corrige les Fastes. 40. répand quatre-vingt mille colonies d’outre-mer. nous a parfaite- Rome un à ment montré le passage île la république à monarchie. ouvrir une immense biblioet latine dont Varon devait être thèque grecque le conservateur.ROMEf 2 44 soudures artificielles qui faisaient jeter des cris en pénétiait il d’admiration à Cujas. En nombre romaines à des vérité. et devint vers une carrière. parce qu toute l’originalité de position.

aux souvenirs de hommes furent Ces les der- niers penseurs de l’ahtiquité qu’ils défendirent autant qu’il fut en eux. rédigeant tout ensemble des traités et des codes. Caracalla et jours Alexandre-Sévère croissans des . sous Marc-Aurèle. qui s’entête à restaurer ce qui ne vivait plus. il pyblique et privée. à la tin jurisprudence. ce qui est plus au ridicule. mais qui avait l’avantage de servir la cause du progrès social. Vient après un homme lui de génie. C’est Constantin que je veux dire. La légalité païenne fut nouveau qu’un homme mé- résistance impuissante! envahie parle culte diocre. reprend son cours. et Napoléon voulant refaire la France monarchique avec son Conseil d’Etat? Sous un pareil régime. il s’installe le christianisme pénètre partout dans la la vie philosophie et les de plus en plus dans la légis- Digitized by Google . mêlant l’autorité de l’équité générale aux subtilités du droit civil et l’originalité nationale. Julien mort. on pas Charlemagne a4 5 son siècle avec civilisant Alcuin. dans *' lettres . losophes. cœur à la défaite. fortifiée encore sagesse stoïque et de de Gaïus et culture la nouveau dans éclat tout-à-fàit de Papinien. d’Ulpien et de jurisconsultes et phi- la fois législateurs. et.ROME. jeta les écrits Paul. la du secours de grecque. et se condamne ainsi de gaîté de triste. des empiètemens tou- nouveautés chrétiennes . mit sur le trône.

le Con- droit ro- science. quelque précieuse qu’elle soit. est-elle tout pour l’hu- manité? non. Loin d’être son but à elle-même. si l’intelli- dans la y a eu décadence scientifique . mais la science. que Tribonian a défiguré l’antiquité et que cette jurisprudence si profonde et si des atteintes mortelles. savante a reçu le pensait l’a écrit au xvie avec viru- Schulting et les jurisconsultes de allemande se sont efforcés de l’école historique remonter laborieusement aux origines primitives de ces sources altérées . Cujas . a46 lation. il . * Francisci * ’ / Digitized by Google . il un mouvement commence à défaillir d’un est destiné à il avance de l’autre. codification de Justinien humain quand L’esprit éternel côté. jusqu’à complètement Justinien ce qu’enfin abolisse dans sa vaste compi- l’antiquité lation. Alciat siècle lence * Hotmann François . Quel jugement porter de l’œuvre de Justinien? Il est constant que. . il faut convenir qu’en même temps il y a eu progrès dans les idées humaines et sociales.ROME. depuis Dioclétien et stantin jusqu’au mari de main a sous défailli le Théodora rapport de la . elle n’est qu’un moyen pour arriver à gence et à la pratique du bien. site Dissertatio de studio legum. ce petit traité a été traduit en latin par un anonyme. Si après Alexandre- Hotmanni Anti Tribonianus. Ecrit originairement en français. Or.

: Digitized by Google . nous en sommes dédommagés par le christianisme qui établit l’égalité parmi les hom- mes. achevèrent testament auxquels il en trois ans les Pandectes. Sévère et Caracalla la 247. que suivre . et l’empereur leur en avait accordé dix. en rédigeant ses Pandectes et son n’a fait tible nécessité le ruines de l’antiquité renouvelle monde. jurisprudence antique chancelle.ROME. et sur le les Justinien Code. commanda d’y travailler. C’est ainsi que de nos jours le projet de notre Code civil a été rédigé en quatre mois tant à certifies époques il y a de hâte eÇ d’entraînement pour les choses nécessaires. il la pente d’une irrésis- a accompli sa mission d’écrire du droit romain. Les jurisconsultes. .

panthéisme qu’un instrument et ne sauve sa propre puissance qu’à force de social où* l’individu n’est plus grandeur et d’héroïsme . • f : . les II. Digitized by Google . Le v® siècle irrévocablement cette liberté collective des anciens sociétés l’ère et chré- l’antiquité .. CHAPITRE Lea lois Nous suivons et barbares. deux philosophies. — La féodalité- progrès de%i race humaine. et brillante jeunesse de l’humanité dont le souvenir l’enchante davantage à mesure que plus de siècles l’en séparent. ce fleuve nous passons avec César célèbre et historique qui sépare deux peuples. si grands et si tienne ensevelit deux de distincts. le Rhin. civilisation extérieure et peu pudibonde où l’homme estimait qu’il pouvait se permettre certains vices pour être plus fort dans certaines vertus vive . -* • .

personnalité originale dont la peinture paraissait si attrayante à l’historien de Tibère. Dans sa vie. tal . et fait aux siens et à ses de cette noble solidarité il fait domestique. quelque chose qui n’est ni orien- romain vraiment inconnu . il nous re- génie de Rome convergeant aux temps le modernes par une attraction En i49 s’engage dans les premières forêts effet. voici ni grec. le Germain est libre. rédigées quand les Barbares . et nou- veau. car il a un vif sentiment du droit et de la justice. une fierté de faaux mœurs du moyen âge. Quand César qui s’offrirent à présente — FÉODALITÉ.LOIS BARBARES. mais il ne comprend sortir une liberté mille qui se transmet pas la vie et la société sans la faculté de se dé- fendre et de se protéger lui-même. de ce lui- il qu’il même porte au plus haut point le sentiment vaut et de son droit. lui au-delà du Rhin. qui se fait jour encore à travers les fragmens informes des lois salique. ni fatale. moitié patriarcale et moitié guerrière. sous la consécration de mythes et de dogmes qu’effaça le christianisme. La liberté du Germain ne ressemble à rien de* l’antique. Les moeurs germaniques se placent entre la vie sauvage et la civilisation moderne comme un germe fécond qui n’a son analogue nulle part. Ce n’est pas un sauvage. ripuaire et wisigothe. s’estime engagé dans l’outrage frères d’armes.

a5o LOIS BARBAI! ES. dans une rencontre un homme libre a été blessé. testamentum. Le wehrgeld n’est autre chose qu’une satisfaction particulière qui se règle sur la condition de l’individu. telle action mènera au milieu de l’assem- hommes libres comme lui. Digitized by GoogI . Celui qui veut prouver qu’il n’a pas fait devant le chef de la blée générale. source incontestable. La succession dans fondée tout entière sur famille germaine est la la Nullum consanguinité. étaient mêlés aux Romains dans et la langue des vaincus. et il mort de son parent s’établit et de son entre lui et l’homicide un rapport de composition. si même il a succombé. social. opposition tranchée avec le patri- romain qui exerçait dans ses commencemens la faculté absolue de tester.de l’orgueil des maisons modernes. et la pénalité n’est plus qu’une relation d’homme à homme. le même pour tous. douze tribu . le parent du mort Si se dit atteint par la compagnon. Les lois salique et ripuaire nous montrent l’hérédité poursuivie exclusivement dans la ligne descendante et mas- cial culine. Elle est pour eux une disposition particulière du cœur. Les Germains ne se représentent pas la justice comme un principe extérieur. qui ramène lessentimens individuels à une idée générale. positif.

Pour la première fois. v. Ne la divinité et l’en in- nous étonnonsplus si la poésie allemande dévoile avec uue profondeur mens et les pensées si chaste les senti- infinies qui peuvent troubler * La double vraisemblance de l’histoire et de la philosophie ne permet pas d’attribuer à une autre origine que les mœurs germa- niques sur l’esprit et l’avénement du jury. chez les anciens. cri dividuelle. de cette institution qu’on voudrait à tort retrouver dans l’antiquité*. le chapitre .1 FÉODALITÉ. à et la civilisation de Luther de Descartes. et qui appartient tout-à-fait aux temps modernes. ils lui trouvent même une sensibilité franchir. La femme. les institutions judiciaires. n’était proprement pas respectée en vertu d’elle-même. Aspasie La mère des fameuse. de sa nature et de sa dignité. ses égaux. elle est plus ardente qui leur révèle spire. illustre : mais dans une la femme elle-même triste infériorité dont elle est reléguée ne peut s’af- reconnue par la conscience des Germains comme l’égale de l’homme. qui jureront que ou faux ( conjuratores). ( Voyez. Hypatie. déchirée par la populace chrétienne d’Alexandrie. ) 1îy. et à la gloire Gracques que par elle n’arrivait à l’estime accident. est célèbre. origine du jury. homme a5 tel fait est de conscience in- la religieuse dans foi véritable l’assertion d’un qui prend pour garans et témoins quel- ques-uns de ses semblables.

a5a le LOIS BARBA. la fidélité personnelle. mieux que la vierge ses autres dans Marguerite et dans Thécla. quelque chose de primitif et IL faut de vigoureux qu’elle n’a emprunté à personne. de Savigny a parfaitement saisi cet accident. sœurs. cœur des femmes. mais qui. historique . le homme dévoûment d’un homme libre qu’il reconnaît pour son supérieur et son chef. A un nouvel amour vient s’associer encore un autre sentiment inconnu à l’antiquité. et il s’estime le père : des temps modernes. et que l’Europe a reçu d’elle le peuple allemand le sent avec quelque fierté.mais a-t-il raison de blâmer Montesquieu quand des lois Voici sulte le celui-ci fait remonter personnelles au-delà de la l’esprit conquête? résumé du système du célèbre juriscon- allemand : Digitized b . M. sentiment qui s^fface aujour- d’hui devant les vertus démocratiques. à ses leudes. la libre pour un foi. de la chevalerie et de la monarchie.IIES. fut lame de la féodalité. elle a chanté et si. à ses antrustions. Cette personnalité se manifesta surtout dès que les Barbares se trouvèrent en contact avec les Romains. lien moral qui unit étroitement le roi à ses fidèles. d’avoir apporté dans la civilisation du monde des élémens nouveaux. au moyen âge. donc décerner cette gloire à l’Allemagne.

Le droit à des idées plus vrai- personnel n’a dû être que dans choc des » nécessaire et possible » peuples conquérSns et des Romains vaincus. » » suffisant? Il faut revenir » semblables. avant qu’ils partissent » de chez eux. » pour l’indépendance » lier » Et il portèrent dans leurs le attribue cela à leur et la liberté. le qu’il ait le eu tolérance y de sa part.. qui pouvait » suivant la loi des lui rendre la justice Goths? Certes. 11 amour est singu- une pareille Germain. D’ailleurs. a53 FÉODALITÉ. 1 1 le . comment se de la pratique? Si un Goth vivait chez les » tirer » Bourguignons. on » peuple étranger eut-il été forcé d’accéder à ce » désir? » » . ce n’étaient pas Bourguignons eux-mêmes . dans un pays étranger. « Mais droit personnel. c’eût été amour de l’hospitalité et non de l’indépendance. mais de la nécessité. isolé dans une peuplade d’assigner de pareils effets à » cause. d’un autre côté. et qu’ils » conquêtes. comment. réunir des Goths en nombre » les » cette loi. jugé suivant ait désiré d’être Admettons même le droit mais comment conçoit. quand commença-t-il à prévaloir /Montesquieu » snltat » » a écrit » était * qiïe l’esprit des lois personnelles « chez les Barbares. Que le »» étrangère >• paternel. liv. * Esprit <ies lois. ils ignoraient Et. xxviii. qui dut être le ré- le non du hasard. ctiap.

des Allemands. leur » » seuls loi. Digitized by . au commencement de des Francs.254 LOIS BARBARES. « C’est » un caractère particulier de ces lois des Barbares qu'elles ne furent point attachées à * Introduction générale à l’histoire du droit. avoir cours dans tout l’empire.des » Saxons. loi dans tous les empires nouveaux Barbares sur les le sol barbare droit romain voilà . n’étaient pas jugés selon leur droit. dut » il » fondés par Ainsi ») s’établir . et si » nous ne parlons pas du droit lombard. mais. Ainsi. hors de leur tribu et de » lation. la légis- Dans l’origine de la conquête. 388 et 389. » » l’empire. romain. Bour- » nous voyons » guignons. sous les Carlotfingiens. pourrait se trom- per. les vainqueurs permirent la aux vaincus. . dans » la Gaule. » comme » de vivre selon leur » à l’égard des Romains. loi et le avaient fait ils la le nord de domination droit romain étaient en vigueur. quand Barbares se firent les » guerre entre eux. » » Maintenant allons à Montesquieu et voyons jusqu’à quel point il lui -même. des Bavarois et des le droit des Wisigoths. dans toute l’étendue de leur empire. c’est que l’Italie n’a jamais été une province de la » monarchie des Francs*. pag. les Germains eux-mêmes. » mais plus tard.

et quand ils furent mêlés. dut être jugé par les usages et » coutumes de sa propre nation . des lacs et des forêts » même voit eurent des Romains fit chaque homme. dans ces » rer. » peuples germains . » et ils le portèrent dans leurs conquêtes.FÉODALITÉ » un » loi » a55 1 certain territoire. le » guignons. la patrie était cora- république particulière. l’indé- » pendance resta encore » mune. Je ne crains pas de dire que si » M. » loin » uniformes Bourguignon par le Romain par la loi la loi la loi des Alle- des Bour- romaine . le Franc était jugé par la des Francs. la frayeur qu’elles » qu’elles se réunirent. tous ces peuples dans leur particulier étaient libres et indépendans. » nations mêlées. et les nations diverses. des lois personnelles était donc chez peuples avant qu’ils partissent de chez eux. » les » et la » toire était le » L’esprit » ces . on même à se faire législateur du mœurs des » ne pensa pas » peuple vaincu. ces nations étaient partagées » Je trouve l’origine de cela dans les on . dans César qu’elles aimaient à se -sépa- » par des marais. de Savigny eût pénétré plus avant dans ces paroles de Mon- . l’Allemand par mands. et bien qu’on songeât dans ces temps-là à rendre les lois des peuples conquérans. Le terri- même.

png. ilcla traduction française. M. mais non pas le principe. si ce n’est en vertu de l'esprit de ces Barbares? M. il conquête. Il a échappé à cet historien quel progrès les Germains faisaient faire à l’Europe en la dotant de mœurs neuves.LOIS BARBARES. a5 G historiquement y eut trouvé un sens et philosophiquement profond. ! c'est jurisprudence romaine son dernier effort dans stitutions l’histoire a tort moment les au fait Pandectes. 44. Comment ces lois personnelles eussent-elles pu s’établir après la tesquieu. mais il d’accuser Montesquieu d’inexactitude au où Montesquieu est plus profond que Merveilleux contraste de même instant où la lui. de Savigny a étudié avec plus de vérité que tout autre le choc de la barbare et de loi la loi romaine. Digitized by GoogI .7. ce chantre éloquent des ruines qui encombrent * Tom. que les in- germaniques annoncent l’aurore d’une société nouvelle. mais tion. et il aussi de Injustice et de l’humanité*. de Savigny a vu l’occasion. Il est singulier que ce soit un Français qui ait mieux deviné ce secret de la personnalité germanique. Gibbon a relevé cette opposi- ne balance pas à dire que la réflexion accordera toujours aux Romains les avantages non-seulement de la science et de la raison. capables de s’assimiler le christianisme .

les textes. enfin. de droit sau- que sans l’Orient l’an- mœurs religieuses et *. puis : sur la terre des vaincus elles organisent des éta- blissemens politiques. une Encyclopédie écriteen danois sur la jurisprudence. Nous citerons seulement ici les leçons de M. en s’imprégnant de canonique. Guizot. enlevé sitôt à la science . Mittermaier. Deutsche Rechts-Mterthü.FÉODALITÉ. encore aujourd’hui le a57 Forum.Fr.merGocttingen(Wl & ). enfin avec mille modifications. Légis- la féodalité pour considérer seule- rapports positifs de Quand le la propriété ter- Gaulois. pleine de poésie et de mystère . morales de ment et monde moderne ne rait être compris. droit lation sans laquelle le Je laisserai de côté les les rienne. commentaires. et se rédigent dans des codes informes . Voyez aussi du même auteur Einleitung in dos Studium der Geschichte des Germanischen Redits (1812). les travaux des modernes. donne une du droit germanique. Grimm. les : Eicchorn qui. Les lois germaniques se développent en trois époques bien distinctes d’abord une admirable enfance. qui renferme de fort bonnes indications sur les législations I. à l’approche des Bar- * M. du Nord. Rogge. par M. esprit original. Joh. 17 Digitized by Google . demeure presque sans intelligence devant le berceau d’un nouvel univers. Willhelm Schlegc! (1825). lent : vaste bibliographie sur les sources les codes. dans la quatrième édition (1830) de son excel- Grundsâtze des gemeinen deutschen Privatrechts. a donné une introduction fort utile. pas plus tiquité romain elles constituent la féodalité. outre son grand ouvrage.

Les terres tributaires sont encore un autre degré de la propriété culti- vée par des hompaes libres à titre de redevances . et la féodalité. l’aristocratie féodale. mettait sa femme et ses enfans sur un chariot et abandonnait son patrimoine. et il constitua l’alleu prifondement de la société moderne et de et mitif. de là encore la supériorité de bénéfice qui n’est autre que l’avantage de celui qui donne sur celui qui reçoit. Elle une large mesure : car la lui rendit dans une fois que la conquête on ne distingua plus la eut brusqué le partage.LOIS BARBARES. . le Franc prenait la terre en déclarant qu’il la tenait de Dieu de son épée. et les serfs adstricti glebœ servaient d’instrumens. terre par les hommes. ne ressemblent pas mal aux possessiones elles des Romains. règle de la condition politique. Ces premiers vainqueurs ont groupé autour d’eux leurs amis. Enfin servage vint couronner le cette étrange économie . leurs com- pagnons et leur tribu terres qu’ils de là le l’alleu . sortie de la barbarie si les personnelle des Germains. ne fut autre chose. elle avait reçu de l’homme sa valeur. eu Digitized by Google . de meubles et d’accessoires à la terre. 258 bares. mais hommes par la terre. La terre avait été répartie dans le principe en raison de l’importance des personnes. ils leur partagent les ne peuvent occuper eux-mêmes.

à cette impitoyable localité du droit. car pas qu’il royauté au partage ment ici je ne crois admettre de moyen terme. et se bonnaire. Ja- mais la vie noblesse en re- les droits les plus chers furent plus méconnus . le ne ressemble à même domaine justiciable et le j souelle ren- bourreau. et veut avant le temps contraindre l’Europe à s’asseoir de la noblesse . rien la justice seigneuriale. la paru efficace- La grandeur individuelle de même quelques maires du palais sert la puissance Charlemagne suspend à force de génie l’envahissement de la féodalité. si sur le fondement d’une unité morale. de l’humanité ne jamais institution ne Digitized by Google . et faille celle-ci n’a .Voilà fondé le théâtre sur lequel va se dé- ployer l’aristocratie féodale. et le ferme le juge. l’aristocratie poursuit sa marche en traversant la tombe de Karle. un fait xc e et xi siècles est jusqu’alors sans ne constitue pas seulement exemla veraineté. la condition politique et civile constitue la justice. à cette omnipotence immorale qui corrompit la mettant à ses fantaisies des hommes. le mais La affligé joue facilement de Louis prince un pie : la terre le Dé- plus déplorable qui ait ja- civilisation française des caractérisée par # le trône. que plus tard.

Reims. plus générale. grâce à la plume Digitized by Google . si ce n’est qu’en ce point nous n’avons pas encore extirpé ce derniçr vestige de la féo- dalité? L’aristocratie a toujours terme. un historien contem- porain a décrit une à une les insurrections naissantes de plusieurs communes Laon. avec leurs agressions courageuses et leurs résistances désespére'es. et en même temps (chose bigarre) n’a déposé dans l’esprit national plus de préjugés et d’habitudes opiniâtres. ont pris dans l’histoire la place qu’elles méritaient et qu’elles at- tendaient depuis si long-temps. Cambrai. i?encontre-t-elle dans nos moeurs tant de résistance. La le peuple qui ne liberté moderne semblable à tant il celle y a dans a provoqué un second manque jamais à l’appel. commencé par une lutte que nous avons vue à Rome : de l’histoire une les différences ® analogie rationnelle! Sans aucune intention de dogmatisme et de système.LOIS BARBARES. plus philosophique. : Beauvais. et de créer une justice moins sujette aux petitesses et aux inçonvéniens de la localité. a$Q laissa dans d’un peuple plus de ressen- le coeur timent et de colère. Vézelay avec leur pauvre bourgeoisie. Pourquoi cha- que arrondissement et chaque canton veut-il en- core aujourd’hui avoir son juge et son tribunal? Pourquoi la pensée de diminuer le nombre des magistrats et des cours.

Tenons donc pour certain que la royauté n’a exercé d’empire dans les affaires modernes que . un juge du camp. Latium. Augustin Thierry. communes se la comme les parties belligérantes à position. mais avant cette paix consentie. même la Rome le Français revendiquent et arrachent leurs droits.FÉODALITÉ. l’intervention de l’autorité royale sans l’antériorité communes C’est la ? marche que dans la chez la les Grecs. M. seront de l’insurrection des même com- il faut guerre. bourgeoisie chez • Grèce les et cause et dans plebs dans Quand vivement attaquées à le .Thierry et avec lequel il a a désormais rendu plus facile l’intelligence des progrès de de la liberté l’histoire française. C’est avec cœur le d’un plébéien qu’il a écrit l’histoire des premières tentatives de l’insurrection populaire* héritage sacré qu’il a su recueillir avec une piété sanS faste pour jamais confondu son nom. et la transaction doit être précédée du combat. les royauté pourra s’entremettre et amener. 401 ^ * . énergique et simple et aux divinatioris patridlk ques de M. Comme Niebuhr après Vico a fait mieux comprendre l’histoire de la liberté romaine. la la l’aristocratie. Et concordent de l’érudition ! ici Comment comme les lois avec les témoignages se représenter en effet des chartes octroyées.

abandonnant leur caste pour se créer une fortune particulière en s’appuyant sur des alliés étrangers. provoquée et des peuples. enhardie par les vives les rois n’étaient impatiences pas autre chose que des chefs de noblesse. Digitized by Google .a6a lois barbares. — féodalité.

r La Grèce avait donné à l’Europe la philosophie* mais son génie causeur. Ouvrez le Digitized by Google . des Pharisiens. sa politique et ses sentimens. *. La religion devait naître au sein d’une nation plus grave. héritière de l’Orient et déjà doüée de l’esprit occidental. — Le Droit canonique. nourrie dans une discipline reli- gieuse qui gouvernait ses moeurs. des Esséniens. que devait sortir Sadducéens et des un véritable fonda- teur de religion. Jésus de Nazareth. au milieu trois sectes philosophiques et religieuses.CHAPITRE L’Eglise. brillant et logique ne pouvait aller au-delà delà spéculation. — La Réforme. et c’est du concours de du mosaïsme. Xénophon dans ses Memorabilia nous montre chez Socrate * lui-même une ironie caustique et babillarde qui atténue un peu la dignité de ce réformateur. III.

l’épiscopat devient pour toutes les églises un pouvoir à la fois reli- gieux et politique.. nonveni solvere. Une inal- térable foi vivifie d’une chaleur douce et paisible les premiers chrétiens. Après saint Paul la hié- rarchie s’affermit de plus en plus. 5 . administration à la fois spirituelle et positive. vous lirez celle-ci Nolite pulare quoniam venisolvere legem aut propkelas . mières paroles qui s’échappent de la : sed adimplere. 264 l’église. spontané. libre. se l’ont toujours mettent à répandre de leur maître. venu briser quoique ce 17. et. pas ces impatiences hâtives qui tendraient à précipiter l’allure naturelle des choses. Après lui.) Ainsi mais soit. et avec la la doc- propagation commence une ombre de gouvernement. plus élémentaire et le plus simple des quatre évangiles. Dans ces temps primitifs du christianisme tout fut on n’y voit insensible. Upa àpyri. il il n’est pas venu est compléter. secundùm Mattheum parmi les pre- bouche de Jésus. qui suivi. et abstraire du mosaïsme des nouveautés fécondes. environné et trine douze hommes. vers. (Ch. Digitized by GoogI . développer. met naturellement aux dignes le gouvernement de les fidèles réunis la société proclament veulent pour guides. elle re- plus pieux et aux plus les naissante hommes . qu’ils par ce mélange de dé- mocratie et d’aristocratie. successif.

de Pépin de Charlemagne. u65 Les évêques (car nous laissons le fond du christianisme pour ne considérer que son institution politique) se trouvèrent successivement en présence des empereurs romains. des rois barbares. et Les rapports de l’épiscopat avec les successeurs de Constantin furent presque toujours amiables et L’Empire ne songeait pas paisibles. et ne . Cela veut être observé. Digitized by Google . à ne laisser convo- quer les conciles certains cas sous Quand les que sous son la autorité. à troubfer la demanda quelquefois qu’à confirmer les évêques.DROIT CANONIQUE. tout-à-fait pré- parés à se convertir et à apprendre puisqu’ils n’avaient rien à oublier. lettrés. liberté de l’Eglise. Mais ces richesses l’er fit Hommes d’état. * les évêques pendant quatre blement les instituteurs En examinant subies vu que sant si la le de la société les principales moderne. siècles furent vérita- propriété. philosophes. Barbares arrivèrent. nous avons spiritualisme chrétien eût été impuis- on ne l’eût investi des droits positifs dénaturer tout-à-fait dans du pieux. révolutions qu’a propriété dans l'histoire. prêtres saints et les le mêmes de la faillirent christianisme et l’étouf- rouages de l’organisation féodale. l’entremise de l’épi- scopat entre les vainqueurs et les vaincus sacerdoce une magistrature morale. et dans présidence de l’empereur.

quelle était consentie. et en trans- l’Eglise. d’autant plus que militaires. put se sau- chef. 6. Digiti. servir les ils leur condition de possesseurs de bénéfices les v obligeait. pénétrèrent de dans le sol. Dès les s’était concilié Il pre- une semblait que le prêtre chrétien dont le siège spirituel était la métropole du monde ne devait pas disparaître le niveau d’une égalité commune. . entreprenantes et trouvèrent naturel de continuer à rois de leur personne. Peu à peu le caractère de l’évéque disparut sous l’investiture féodale. chap.I. et il perdit sensiblement son indépendance et son autorité religieuse. reconnaissait a rassemblé dans son pape tous qui attestent la suprématie de et la supério- M. le prêtre fut baron ou comte. Heureusement pour l’épiscopat. ver lui-meme en se donnant formant la constitution miers temps l’évêque de 4 / / de un il Rome sorte d’autorité sur ses égaux. les convertis mêmes rangs l’Eglise et arrivèrent à l’épiscopat. de Maistre les témoignages reconnaissance volontaire de cette la part des pères et des docteurs Si à cette autorité. ils tèrent leurs y por- mœurs violentes. Dès le sous Tertullien n' siècle rité morale de l’évêque romain. venait se joindre quelque consistance * Liv.a66 l’église Quand Barbares établis sur les et chrétiens. d’autant plus forte *.

Le pape et l’empereur. loin de s’entre-détruire. il Charlemagne constitua temps qu’il se créa planer sur de la la religion empereur. se de- vinent et s’appellent. Après Louis le Germanique la couronne d’Allemagne devint élective et trois maisons com. dans • les véri- tables puissances. Quand le traité de Verdun eut. même du génie qui le trône qu’en dédaigne les appré- hensions d’un étroit égoïsme. sent ne pouvoir le Rome s’appuya de l’évêque de terres. Pépin le Bref eut besoin de consacrer par une influence morale son usurpation sur les débris de la race mérovingienne. et lui le il mieux enraciner et qui même voulut faire l’esprit véritable grandeur soumettant à Dieu. voilà faisaient les électeurs et les cardile Janus à deux faces qui jptient encore dans une “laborieuse unité cette sation moderne qui veut civili- s’éparpiller et s’épa- nouir. donna des pape. une l’Eglise *67 l’épiscopat trouvait Or tète. en et couronne impériale . la maison Digitized by Google . politique. battirent successivement le sacerdoce. ces deux pouvoirs également le électifs que naux. il est clair que romaine un centre. en 8/j3. les deux puissances dont ce grand homme avait posé les fondemens ne purent se concilier.DROIT CANONIQUE. leurs discordes occupent premier plan de la scène du moyen-âge. démembré l’empire de Karle.

les et aux Romains que jamais dona- fit jurer ils n’éli- raient de pontifes sans son consentement et celui de ses successeurs. elle combattit à outrance et sauva le chrîs- t. prit à périale des Léon VIII se fit couronner à couronne im- la mains du pape. elle était : Mais la papauté rendit à l’Eglise et aux évêques tout ce qu’ils lui avaient prêté. et sa spiritualité était perdue sans retour.a68 l’église. en leur confiant le gouvernement des villes. < . et les abbés. de Saxe. confirma tions de Pépin et de à . m «y . véritablement chef. L’Allemagne fut constituée par un grand homme grand que qui devait avoir un lui. dale. le roi en France encore un pas. Ainsi l’Eglise disparaissait sous la haronie féo- amenée à ne plus reconnaître pour chef que l’empereur en Allemagne. Voilà pourquoi tant de principautés ecclésiastiques divisèrent l’Empire et disputèrent le sol aux fiefs des gentilshommes. préoccupé qu’il était de la pensée d’opposer les intérêts de l’Eglise allemande à ^ la suprématie du pape. Grand passa le Milan fils encore plus Après Henri l’Oiseleur. < Digitized by GoogI . Rome et Charlemagne. Othon les monts roi d’Italie. maison Salique la et la maison de Ho- henstaufen. Après avoir ainsi repris toutes prétentions de Charlemagne Othon opéra en Allemagne une véritable révolution en dotant avec une prodigalité systématique les évêques les . * c* .

Ce* Liv. toute l’imagination. et la le représentent tra- # de- toturn per-. qui déjà avait tré son génie dans les conseils dont il mon- avait éclairé son prédécesseur. sancta Ecclesia ad pristinwn decorem tes scissa redeat nous désir de sauver sideramus. fois pape. le clergé. arrive lui-même au pontificat. confusa et per diversas par- un réformateur. \ xix. voulant réunir en un seul corps rifier. use de dissimulation pour obtenir tion impériale mais une . crosse pu- comme une lui prescrit le célibat. La simonie trouve encore en lui un juge impitoyable. il rassemble un concile à Rome pour y déclarer que toutes les relations féodales entre l’épiscopat et le pouvoir temporel doivent cesser. J Digitized by Google . Ses lettres vaillé du scilicet ut orbem conculcata *. l’organisation c’était se armée il De plus. le en faire au milieu de l’Europe d’élite. 21. et soliditatem il en aura toute l’audace. C’est Unum religion. et à tout prêtre l’alternative de dépouiller impose le sacer- doce ou de s’abstenir du mariage. l’in- ^nou- mettre en guerre avec politique de l’Europe. confirma- la il entreprend seul de retirerl’Eglise des mains de l’empire et de la royauté. toute la hauteur de vues. • . Un moine afitj toscan. * V . pour ordonner aux évêques de se refuser à vestiture par l’anneau et par la veauté capitale. épit. tianisme.DROIT CANONIQUE.

Henri IV assemble des évêques à Worras. partagée. Était-ce vé- ritablement la gloriole périlleuse de faire atten- dre ainsi Henri IV qui préoccupait Hildebrand? Digitized by Googli . Grégoire ré- pond par plus d’audace encore. Henri fut obligé de passer les monts. si au plus tôt il ne se procurait l’absolution papale. par un froid rigoureux. et cependant Hildebrand avait pressenti si juste jusqu’où pouvait aller la religion et son pontife. de régner désormais sur l’Allema- et l’Italie. qu’il fut signifié à l’empereur que. les évêques se divisèrent. Ivre de colère. 270 pendant il se jette au milieu des différends qui s’étaient élevés entre la l’empereur Henri IV. pereur en ces termes » je te défends » gne : « il dépose l’em- Au nom de Jésus-Qmst.l’église. l’Europe fat émue. et y fait déposer le pape. et ne le croirait noblesse allemande et il ordonne à celui-ci (on pas sans l#e témoignage irrécusable de l’histoire) de venir se justifier devant lui. et d’atten- dre trois jours dans une cour de château. les élec- teurs de l’Empire lui donneraient un successeur. et je délie tous tes sujets de l’o- » béissance qu’ils t’ont prêtée jusqu’ici. » Qui triomphera dans ce la pensée d’un seul et le successeur cette lutte inouïe? sera- homme Pou bien l’empire de Charlemagne et d’Othon? A ce mot terrible de déposer l’empereur. qu’il plût au vicaire de Jé- sus-Christ de lui donner audience.

L’entreprise ici l’entreprise. salutaire l’homme grand.DROIT CANONIQUE. Il faut bien distinguer l’homme même. mais une fois Henri dans le château de Canosse. gagna deux mourir à Salerne. volta contre l’inflexible sévérité Mathilde intervint elle-même. après avoir cédé. Grégoire encore une fois. mais il n’avait pas pardonné nouvelle lutte. Imprudence! car ou il fallait pas se rétracter. ou. il s’il eut sans doute 27 1 tentation de ne la n’eût pas cru son triomphe complet eût rétracté l’excommunication. à la fin la piété de Henri IV se lasser. on se ré- de Grégoire. il ne fallait comme un pléo- : pas réitérer l’audace et faire nasme de témérité. mais violent. troisième jour. quand toute commençait à du et. Hildebrand et l’avantage resta alla au pouvoir impérial. à l’Europe. mais tribun plus que Digitized by Google . se copie le dépose ne soi-mème. et sauva le christianisme. Mais il pas céder. Non. L’em- pereur avait repris sa couronne aux yeux de l’Allemagne et de l’Europe. Mais c’en il en décon- était trop. batailles. et libéra long-temps. Quand on on échoue toujours : goire n’eut plus de outre. la science et la religion de ce siècle avaient cédé au pape en exigeant de l’empereur d’aller cher- cher l’absolution au-delà des Alpes. l’absolution arriva. fut de fut juste. l’excommunication de Grél’empereur passa crédit.

et la ruse et la furie ita- ressuscite et fait prêcher partout il les fausses décrétales. Wiclef. elle les résultats. le pontificat romain continua puissamment l’ouvrage d’IIildebrand dès le commencement du xiv® blit dans l’esprit siècle.l’églisb. pour arriver à un but légitime. et qui. et lors travaux de ces avantages. mais. mais réunissant liennes . . ainsi mesure. l’humanité accepte les excès. et prêche aux maximes évangéliques. demeure dou- teuse et problématique. suprématie du pape. Jusqu’à Boniface VIII. Rome s’affai- des peuples et se dégrada peu à peu aussitôt le christianisme essaie de se séparer de la papauté par un instinct naturel et obscur : qui lui fait dance chercher son salut dans l’indépen- et la liberté. 27 » emporté par son tempérament de prêtre. les systèmes et tous les partis le Que les rigueurs et tous sachent bien quand. il alarme déconsidérer son œuvre et son génie. : proils couronnent une entreprise nécessaire par des emportemens inutiles et des cruautés de luxe. diguent outre les rois parvient lui-même par ses excès à il ils quand les aspérités. même mais elle flétrit qu’elle a recueilli des hommes ardens d’assez notables ne leur accorde après une longue controverse qu’une gloire amoindrie. altérée. les le retour protestans l’ont Digitized by GoogI J . encore aux yeux de beaucoup. rejette la Un docteur d’Oxford. mais Toscan.

Un moine de Wittemberg. Elle en effaça presque entièrement le spiritualisme par l’ambition de ses papes. s’en indigna sans doute. appelé l’étoile du matin de la 27. se teignant a la fois et des souvenirs pompes des couleurs du midi de l’antiquité. il en tomba quelque chose en Hongrie. mais elle-même le compromit au xv e et au xvi siècles.• A DROIT CANONIQUE. Jean Hus fut brûlé. religieux augustin. par la licence de leurs mœurs.'} réforme. et dans Rome même Luther a bien pu concevoir les premiers germes de son dessein. au moment où les arts. L’âme du Saxon. épuisaient leurs et leurs miracles. et Jean^Hus et Jérôme de Prague tentèrent les seconds d’innover. loin de s enthousiasmer a ce spectacle. sur en règle que un sauf-conduit parfaitement lui avait délivré l’empereur. s’était rendu : pour quelques affaires de son ordre dans la capitale de la religion catholique. Les opi- nionsdeWiclef traversèrent l’Europe . L’Eglise avait justement triomphé quand • elle arrachait le christianisme aux entraves de la féodalité . Saint-Pierre de Rome et Luther sont contemporains. par les merveilles un peu païennes de son culte Michel-Ange. Raphaël. assez petits et assez aveugles pour vouloir être de grands princes temporels. Les indulgences vinrent dans son propre pays émou* 18 Digitized by Google . elle dut éprouver tous les ressentiraens et toutes les antipathies d’un homme du Nord .

Si. n’aime que Dieu. ne consent à aimer Dieu qu’après avoir sévèrement examiné les titres de sa légitimité. il s’exalte dans ses facultés. philosophique dans leurs vues . de ces siècle qui et humilie son intelligence devant des supériori- tés spirituelles et morales.-*. Yeut-on saisir d’un seul coup combien la différence du qui sépare le est vive protestantisme. le cœur inondé de ver son Dieu . jamais homme ce fut Luther même part de put être comparé à même profondeur . du nouveau Digitized by Google . c’est-à-dire la transfor- mation du christianisme. tholique du ractère de ces réformés. des passions aussi furieuses . soit christianisme primitif. oql\ voir sa bile. soit de la religion ca- moyen. vie. aime la terre et lui-même. il joie. au xvi les lois défendent l’exercice public c siècle.âge? Qu’on examine le cahommes du xvi e commencèrent une révolution dont nous avons hérité. Oret donnez au chrétien des temps antiques de renonil s’offre au supplice. ne se fie qu’à son jugement propre. il sort de la cer à sa foi. Tandis que le chrétien des temps antiques passe sur la terre sans regarder pour ainsi dire autour de lui. actif. le réformé. mais son entreprise plus haut. même résultat. il semble que le ciel ne soit pas sa principale affaire . si Hildehrand .v l’église. plein de confiance en ses forces et en sa personnalité. parce qu’il va trou- est martyr.

DROIT CANONIQUE. auprès du trône. les apprécie. repousse les unes. dans la noblesse. et proclame qu’elle a de tout juger : c’est le droit un besoin philosophique qui a éclaté au sein de la théologie. héros. c’est Kant raison clarant la volonté reine établissant le siège de l’humanité dans la con- science de l’individu. aussi doit-elle à cette peu théologique. le dans son droit. ce sont moins de graves théologiens qui gentilshommes ambitieux Coligny en est allure le la et représentent que des prompts à la guerre. de trouver des sectaires partout. aussi les vrais enfans de la réforme ne sont pas tant ses reli- gionnaires que les philosophes. guerre il ay5 crie qu’il est blessé il s’attache à la terre. dans les parlemens. elle fait . réformé frémit. et qui veut au- jourd’hui se satisfaire en tout. et il fait la civile. culte. c’est Rousseau dédu monde. Ce mouvement de l’esprit humain sous deux formes différentes : se manifesta en France la ré- forme montra plutôt un esprit politique. ré- religion. et sa physionomie fut toute guerrière. Le protestantisme est une opposition. vive et française. C’est Descartes élevant l’empire de la . accepte les autres. et qui c’est la raison de l’individu qui parcourt les choses et les institu- tions humaines. une commencé par sistance qui a la maintenant se montre partout .

O. Reuchlin *. l’épais cortège De en obscurcissait théologie rationnelle là cette qui a porté tant de fruits en Allemagne. les germes une rénovation complète de la science. et par ses progrès qui continuent aujourd’hui. est sur le point de conquérir à Amboise le maniement des affaires. .Luther se prononça pour lui dans les querelles que suscitèrent scs opinions théologiques. mais dont alors l’esprit primitif. et vit long temps au sein de la monarchie sans qu’on soit frappé de son humeur démocratique et républicaine. Mélanchton et Luther sont. ditions qui pouvaient faire sa richesse. L’Allemagne. indépendamment des polémiques où ils se trouvent engagés. des philosophes religieux qui reprennent pour ainsi dire à novo le christianisme. facilitent véritablement au christianisme des destinées nouvelles. pas mal que la s’enquérir au-delà du Rhin si elle • * Il ne serait théologie française voulût bien n’y trouverait ' Reuchlin.’jG un pacte avec les politiques . au contraire. a toujours associé la religion au mou- vement du siècle.l’kglise. et qui dans leur temps l’avaient puissamment servi. appartient au * T — -. renouvelé l’intelligence critique et philosophique des Ecritures. Ulrich de Hutten. tire de la pensée de Luther une théologie profonde. le dégagent des tra- d’une philosophie nouvelle . quoique catholique. lized by G 1 . mouvement delà réforme.

et partant le der- nier progrès qu’ait encore accompli le christia- nisme. DROIT CANONIQUE. il devait être la décadence du symbole transition féconde à des temps meilleurs. Mais revenons à l’Eglise. Mais. même à rester inférieur il se comme condamna lui- culte au catholi- cisme. 277 pas des études où elle pourrait se retremper. peut revenir la à philosophie.. Toute doctrine religieuse qui s’élève ne songe qu’à persuader et à convertir. et remplacer dès déclamations quelquefois éloquentes. de ses charmes superstitieux. il devait dépouiller l’antiquité . aurore de la philosophie. En un mot le protestantisme a fait marcher esprit humain en séparant le christianisme même de l’Eglise mais rompant jusqu’à un cer- . 11e mais science et 1 par l’entente de ce siècle qui de fermes croyances que par la stériles. Ainsi dans les quatre évangiles le noncé . mot de droit n’est pas la justice n’y est que la même promême sainteté . Tant quelle christianisme primitif ne fut qu’une philosophie. Entièrement mo- iale. malgré ces inévitables désavantages. elle ne descend pas encore aux rapports et aux résistances juridiques. il n’eut à s’embarrasser ni du droit ni de la législation. tain point avec la tradition. c’est à la philosophie à reconnaître dans de la religion la réforme un rapprochement vers elle-même.

car le droit canonique sente pas tant l’esprit même de ne repré- l’Eglise que les Digiiized by Google . 378 et toute !a politique blesser du Christ consiste à ne pas Mais dès que puissances établies. la bénéfices. les domaines des re- laïcs. des tem- ples. constitutions et bulles des papes.l’eglise. qu’elle se trouva mêlée aux intérêts de la société qu’elle l’Église chrétienne eut pris voulait convertir.yca- ne faut pas s’étonner que les empe- les rois aient participé à la législation ecclésiastique. elle dut régler à la fois sa pro- pre constitution et ses rapports avec les laïcs tant sujets que souverains. et une compliquée devait être 1. sein degrés du sacerdoce. les quelque corps. elle biens ecclésiastiques dut régulariser parole spirituelle et la : vis-à-vis des la distribution puis les donations volontaires. reurs et Il les autorités le droit temporelles canon ique. enfin des lois rendues par concoururent à former nonicum. des cloches. Dans son terminer les lois les conditions et les de timens de il fallut dé- hiérarchie. les décrétales. de la philosophie. la manière d’acquérir les nature des choses sacrées. les conciles. des autels.’inévitable voilà bien loin législation fort résultat démette situation de l’Eglise. L’Ecriture./«. les censures et leschâ- la la discipline. des chapelles. ainsi que lations de propriété avec les Nous de la conférence des sacremens. les traditions. et de tous les peuples .

de travailler à Alexandre III fit les papes s’occupèrent à la législation ecclésiastique. des extraits des écrits des pères grecs et latins. Gratien. Innocent III une troisième et une quatrième . composa le Sexte des constitutions d’innocent IV. en 1291. sixième et dernière dont on se sert encore aujourd’hui fut rédigée par les ordres de Grégoire IX. un moine de Bologne. 279 rapports auxquels elle est transactions et les obligée de se prêter vis-à-vis de tout ce qui n’est pas Ainsi elle. Sous le pape Eu- 107. de Grégoire X et de celles qu’il avait rendues lui-même. Après ce pape. des compilations justiniennes. composa un décret qu’il fabriqua avec des gène III. vers 1 canons des conciles. Digitized by Google . Boniface VIII. le corpus juris canonici nous offre des fragmens du Code théodosien.DROIT CANONIQUE. une première collection des dé- crétales. des capitulaires des rois francs empereurs d’Allemagne. Alexandre IY en fit une seconde. et des lois des Une législation si nécessaire à l’Europe chré- tienne ne devait pas long-temps attendre des essais de rédaction uniforme. Honorius Enfin la III une cinquième . Gratien. des constitutions des papes et de quelques Depuis l’envi lois des empereurs.

1

280

l’église.

Y

Clément
et les

disposa ensuite ses constitutions,

canons du concile de Vienne,

appela

qu’il

les Clémentines.

Jean XXII et d’autres papes ajoutèrent les
Extravagantes^ communes dont les cinq livres

terminent

Dans

le

Corpus canonicum.

papes

cette codification successive les

voulurent rivaliser avec

le

droit romain. Ainsi

donnèrent la forme de Pandectes au Décret
de Gratien, de Code aux Décrétales; le Sexte,les

ils

Clémentines et

Extravagantes furent rédigés

'les

Sur le plan des Novelles de Justinien

pas

même

jusqu’aux Institutes que

; il

n’y eut

les pontifes

voulu contrefaire; et en i58o Paul IV
ordonna à Lancelot de rédiger des Institutes de
elles servirent de manuel à la
droit canonique
n’aient

:

jeunesse des universités.
Cela nous conduit à considérer la position

de

eu égard au droit romain ; elle commença
cultiver avec ardeur ; elle aimait cette lé-

l’Eglise

par

le

gislation élevée et générale, écrite dans

qu’elle seule alors savait

mes

une langue

à fond, dépôt de maxi-

d’équité, d’opinions et

de

faits

dont

l’intel-

ligence augmentait sa culture et son crédit; elle

tenta aussi d’exercer son influence sur le droit
civil, et d’y

mais

porter

la

elle n’y réussit

rigueur de sa spiritualité;

jamais qu’à demi, et repous-

sée par l’instinct de la législation et des légistes.

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DROIT CAMONIQÜE.

principes étaient une

des

a8l

devint l’ennemie de ce jus

elle

laïcs,

dont

civile

les

arme puissante aux mains
Hono-

défendit à ses membres, sous

rius III, de l’étudier et de le professer, et désor-

mais travailla avec persévérance à se ménager

dans

le droit

canonique un arsenal de doctrines

à elle, mélange tout-à-fait

nouveau de théologie

et d’intérêts temporels, et qui s’installa

dans

la

science, dans les juridictions et dans les universités.

Voilà posée la triple base de

ropéenne

:

le

droit civil,

le

la législation

eu-

droit féodal et le

Ce concours d’élémens divers
amena dans l’Europe moderne les mêmes résultats que le conflit du droit prétorien et des Douz#
Tables dans l’ancienne Rome. En effet, combiner et concilier des termes aussi opposés que les
maximes du droit romain, les mœurs féodales,
droit canonique.

les

intérêts

n’était pas

les prétentions

et

chose

ecclésiastiques,

facile et légère.

sultes devinrent indispensables

en France, en
pagne.

de

la

Italie,

en Angleterre et en Es-

Ils s’associèrent

noblesse

;

Les juriscon-

en Allemagne,

à l’autorité de l’Eglise et

conseillers des rois,

d’état, professeurs, magistrats, ils

premier rang jusqu’à

La France a rompu

la fin

aussi

droitcanonique qu’avec

du

hommes

occupèrent

le

xvi® siècle.

complètement avec

la féodalité

:

le

catholique.

— DROIT

282

L’ÉGLISE.

elle s’est

dégagée des liens temporels du clergé,

pendant que

la

CAWOlJIQUE.

réforme en Allemagne a été con-

trainte de respecter les établissemens politiques

de

l’Eglise, et

philosophique

qu’avec toute son indépendance
elle

vit

encore au milieu du

moyen-âge.

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by

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CHAPITRE

IV.

L’ancienne Monarchie française.

Trois puissances, la liberté, la religion et la
philosophie, les

communes, Grégoire VII, Abai-

lard, attaquèrent

presque en même temps la féounique dans l’histoire, comme

dalité, cette société

remarqué Montesquieu, et qui rendit le sermonde de poser un point d’arrêt entre
les temps modernes. Mais les peuples étaient trop enfans pour se conduire euxmêmes. La papauté avait une spiritualité trop
l’a

vice au
la

conquête et

générale et des passions trop italiennes pour
rallier

long-temps à

chaque nation;

elle les intérêts politiques

la philosophie,

de

trop impopulaire

et trop suspecte, épuisait d’ailleurs toutes ses

forces à se défendre des persécutions de la théologie et d’Aristote.

Parut alors
dans
le

la

la

royauté moderne qui trouva

monarchie française son développement

plus complet et le plus efficace. Si aussitôt

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MONARCÜIK

284

mort de Karle le Grand, l’Allemagne
s’empare du premier rang, si le pape et l’empereur constituent le véritable moyen-âge, dès que
l’Europe devient adulte et plus moderne,laFrance
après

la

se lève à son tour;

géographique

et

elle

puise dans son unité

dans son unité constitutionnelle

la force nécessaire

pour ne plus trouver

à travers

des fortunes diverses quelqu’un qui puisse

remettre à

la

L’audace et

la

persévérance font

de la royauté française
romaine.
fief

Un

la

seconde place.

comme

celle

la

de

grandeur

la

papauté

seigneur féodal, possesseur d’un

plus central que les domaines de ses égaux,

conçoit

la

pensée de conquérir peu à peu sur

la

noblesse une autorité monarchique; pensée quiest

dans l’ordre politique ce que

le

dessein de

Grégoire Vil fut dans l’ordre religieux, et qui

mit les rois à la tête de la société française depuis

Hugues-Capet jusqu’au moment où Louis XIV
entra dans

la

tombe.

Les premiers successeurs des comtes de Paris
avaient senti confusément ce qu’ils pouvaient devenir; mais avant Philippe-Auguste rien de grand
ni tenté; et de même que Rome triompha par une succession de pontifes illustres depuis
Hildebrand jusqu’à Boniface VIII, la royauté fran-

ne fut conçu

au génie

diffé-

hommes, Philippe-Auguste,

saint

çaise poussa ses entreprises, grâce

rent de trois

Louis et Philippe

le

Bel

:

ils

inaugurèrent

la

mo-

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à

285

FRANÇAISE.

narchie et
des.

sur des fondemens soli-

la firent asseoir

U ne saurait échapper que les deux roisqui ont

travaillé les

premiers à constituer

France ont

la

passé une partie de leur vie dans l’Orient, et se

sont montrés chevaliers héroïques et chrétiens
les

:

grandes pensées croissent ensemble et con-

fondent leurs

fruits et leurs

rameaux.

core une manière de contredire

le

C’était en-

génie local de

que de guerroyer pour un sentiment
pour une idée générale. Philippe-Au-

la féodalité

religieux,

guste songe à élever et à concentrer

le

pouvoir

:

rend une ordonnance sur l’université qui ne la
crée pas proprement, mais la constitue et la ré-

il

gularise

*. Il

requiert les seigneurs de faire exé-

cuter ses propres

lois

dans leurs domaines, dis-

cute avec eux ses ordonnances, et leur en

une

jurer l’observation. Voilà

ministration générale; voilà
roi

de France. Mais notre plume n’aura pas assez

d’éloges pour

un

homme

sans contredit ce que

parmi

le

dont

le

royal génie est

christianisme a produit

ses enfans qui ont passé sur

un trône de

plus harmonieux et de plus pur. Louis
à son

Dieu avec toute

d’un enfant;

il

la

Voyez

le livre

candeur

réchauffe dans son

de son peuple avec toute
*

fait

une advéritablement un
justice et

IX

croit

et la foi naïve

cœur les

la charité

intérêts

d’un père;

ix des Recherches de Pasquicr, chapitres

il

3, 4,

5,6, 7, 8, 9, 10, II, 12, 13. Les premiers temps de l’université de
Paris y sont mis dans tout leur jour.

MOMARCHIE

a86

y

avec

travaille

le

bon sens d’un grand roi;

il

sait

aux ambitions temporelles de Rome au
moment où il en adore l’autorité divine. Eh! qui
serait plus chrétien que saint Louis? qui croirait

résister

mieux que

lui

à Jésus-Christ et à son pontife?

mais rien ne peut déconcerter et

faire dévier

du

vrai cet excellent caractère qui seul dans son

accorder la raison et

siècle sait

la foi

:

c’est lui

qui eût été dignement pape et qui méritait de
parler aux rois en père et en maître. Poursuivant
la

pensée de Philippe-Auguste,

il

rend

la justice

plus générale encore en établissant les cas royaux ,

en déterminant

les lois

lois

pour

les

circonstances et les occasions

de sa terre de France deviendront des

les autres fiefs;

il

abolit le

combat

frappe au vif

diciaire, c’est-à-dire qu’il

guerroyant et barbare de

la féodalité

ju-

l’esprit

qui expri-

mait d’une manière un peu grossière et matérielle
la croyant en la protection de Dieu pour le bon
droit.

Sous ce rapport

vait être

une idée

le

connue à l’antiquité, mais
la place à la justice

combat

pou-

judiciaire

spirituelle et religieuse in-

saint Louis lui

même

fit

céder

et à ses paisibles

con-

troverses. Ses établissement recueillirent les pro-

cédés de la pratique, quelques notions de droit

romain

et

quelques essais de réforme.

Ils sont,

après lesajjwe^ de Jérusalem, fruit des croisades,

importation <le

la loi

chrétienne en Asie,

le

pre-*

Digitized by

Google

naier monument de Charlemagne 287 la législation française tificat le car capitulaires appartiennent et ses autant à l’Allemagne qu’à la France. Philippe . On dirait que Bel se chargea de faire payer au pon- romain les injures de l’empereur Henri IV Boniface VIII n’a pour se défendre du gantelet de Sciara Colone que l’insolente entremise de Nogaret. allons bientôt examiner à part ces Nous deux fonde- raens de l’ancienne monarchie. et il meurt vaincu par un caractère encore plus altier que le sien. Après Philippe occupent le le Bel.. Il est remarquable que la théocratie papale suscita elle-même les deux institutions qui devaient la réprimer et devenir pour elle un obstacle insurmontable. FRANÇAISE. et premiers états-généraux. établit et corrige par la persévérance . des rois peu significatifs trône. Phi- lippe le Bel rendit composa les le parlement sédentaire. Louis le Hutin. ces rois types de la* monarchie. Charles l’épée le Sage délivre la France des Anglais par de Duguesclin. restaure une bonne police les finances. Je passe sur les règnes dé- sastreux de Philippe de Valois et de Jean. et qui ^mblent par la variété de leur caractère répondre à la variété des circonstances. Je cherche les grands hommes. Charles le Bel. cette as- semblée dans laquelle Mirabeau devait un jour expliquer l’Evangile au clergé de France. Philippe le Long.

18. lx. je ne professeurs point les s’ils vivans qui trouveront dedans la postérité leurs s’en rendent dignes. On ne saurait comprendre son Richelieu et la Convention. Jusqu’à Louis XI les rois. ch.Tirait Pasqiiier. Recherches de l?France. du roi.» Digitized by Google .' Quint. où tout est saun crifié à but. inonda les échafauds de son sang. où du Collège de France et U succcessiou des est racontée la fondation professeurs.MOTTAncmF. aussi hautain dans un les roi brillant défauts et la captivité les que dans sa cour. règne pas plus que on ne l’envisage si comme un temps d’exception et de lutte où la commune justice ne paraît pas. Ni les revers de François de son caractère ne d’un grand roi. n’avaient jamais ni considéré ni traité noblesse la comme ennemie. que je vous ai touchés. en poursui- vant l’agrandissement de leur pouvoir. «fluence * * il le a I er ni les taches feront descendre du rang compris d’instinct que devaient avoir les lettres et l’in- dans notre Voyez Pasquier. depuis « Entre u nomme » trompettes. Louis XI au contraire lui fit une inexorable guerre. les Hamus jusqu’au temps où . dit-il. sans quartier et sans capitula- France voit tion. il nous rencontrons un méchant homme qui rendit à la cause populaire d’incontestables services. 288 d’une habileté modeste l’amertume des disgrâces qui pesaient sur siècle après trône quand le Un y monta. liv. Enfin la dont elle à sa tète adopte pour ainsi dire malheurs. passionné pour les vers et les basachant en un mot contrebalancer Charles- tailles.

guerroyant avec eux. et puis. la bourse de ses amis. cadet de Gascogne. et n’être plus de Navarre par la que le roi de France et grâce de Dieu. ce profond politique. que la France doit toujours avoir un point d’aple nord de l’Europe. Mais la nation française se rallie et s’attache davantage encore à un pau- vre gentilhomme. Louis XIII que pour les romanciers. véritablement roi. n’ayant pas puisant dans le sou. dépouille ses préjugés de prêtre romain pour s’allier à la réforme et à l’épée de Gustave Adolphe. vrais et purs de la plus les souvenirs monarchie seront respectés comme l’inaliénable gloire de la patrie. pays. pratiquant à fond une vertu de roi. plus nous nous enfoncerons dans la liberté. tour à tour émule ctpatron de Corneille c’est-à-dire que cet homme les lettres. et la vis-à-vis 289 politique qui devait diriger la France du continent. l’ingratitude. obligé de conquérir son trône à la pointe de son épée. enfin il protège pui dans fonde l’Académie. tournant le dos aux réformés. quand il a triomphé. oubliant les d’Aubigné et lesMornay pour se faire catholique. moissonne la no11’existe blesse. Quel roi plus populaire que Henri IV? Quel est celui dont la mémoire a laissé plus de racines dans le cœur du peuple? Il y doit toujours vivre. sachant bien. Cette perpétuelle gascounade ne nous déplaisait pas. le cardinal de Richelieu.FRANÇAISE. : .

ni guerrier. à travers les v vingt volumes du duc de Saint-Simon. Doux avec la ses » domestiques. ministres. et voici ^ Saint-Simon. despotique dans sa famille. on veut recueillir tous épars qui peuvent former de Louis XIV. » » les ses conseils.MONARCHIE 2<)t> consommé à lui seul a l’ouvrage de Louis XI. l’air de avait Il de la politique. libéral avec ses courtisans. sérieux » ses amours. semble être le résumé des longs Mémoires de jugé avec la plus extrême sévérité. avide » avec ses peuples. Ni pacifique. souf- » frant les talens. enfant dans celui de dupede tout ce qui joue le prince. er poursuivi les intentions de François I . mal- » heureux dans ses choix. tou- » jours gouvernant et toujours gouverné. craignant l’esprit. et dans dans son dernier attachement edtoy Go< Je > «Li . aimant les sots. » dur dans » conscience. Les règne suivant l’ont comment Montesquieu s’était amusé à crayonner un portrait qui. inquiet avec ses ennemis. « Louis XIV. et la justice. ture . d’un grand roi. les femmes et les dévots. de cette lec- sort assez petit de qui ont vécu dans le sa personne. et rendu possible Louis XIY. » les » formes de dévotion. roi dans sa cour. par une singulière coïncidence. Si . il hommes il le les traits caractère individuel faut avouer que.

Il avait l’Ame plus grande que l’esprit. . » religion. Il n’aurait eu pres- >» » que aucun de ces défauts s’il avait été un peu mieux élevé et s’il avait eu un peu plus d’es- » prit. » Madame de Maintenon abaissait sans cesse cette > Ame pour mettre la à son point*. * Pensées détachées. » faible à faire pitié » les » succès. et se fit les illustrations règne de Louis. non plus comme Richelieu en mettant les nobles à mort. la sienne incontestable progrès : ’ . et a aucune force les revers. l’air s’il d’un grand roi. » L’histoire s’arrêtera-t elle à cette appréciation du caractère personnel d’un sente son siècle et lui homme qui repré- donne son nom? Sur ce point. mais nonl’était craignait l’esprit. dans la sécurité courage dans sa mort. qui. . mais en faisant des courtisans. sut le génie. de . a porté Il le dernier coup à la féodalité. Voltaire' a vu plus juste en présentant à l’admiration de j’en la seulement avait en France le demande bien pardon réalité ployer j qui. à Montesquieu.FRANÇAISE. et en ne laissant debout qu’une grandeur. em- une couronne de toutes contemporaines. aima Il on l’empêcha toute gt d’esprit dans du la gloire et la sa vie de con- » naître ni l’une ni l’autre.

Son esprit fut de s’appuyer sur le peuple. jusqu’en 1789 définiment mis en vacances. les destinées de l’antique mo- narchie sont closes et consommées. mais de plus ils se Digitized by Google .MONARCHIE 2Q2 vers l’égalité politique. elle a fini est à la fois xvm° son oeuvre alors on dirait quelle . quand peuple aime à se reconnaître un homme. abandonnée de son génie de sa for- et tune. deux L’histoire des parlemens se partage en époques bien distinctes : depuis le règne de Phi- lippe-Auguste jusqu’au début du xvi e travaillent à la constitution et à la Depuis l’avénement de la France. Au syrplus. la justice. voilà qui fut toujours incontesté. l’ordre administratif et l’or- dre judiciaire sortirent péniblement d’une confusion inévitable au Que les commencement des parlemens rendissent sociétés. L’ordre législatif. ils grandeur de réforme. il ya là communs de et souvent les lieux les arrêts tout et à se glorifier un dans au fond une vérité profonde. ils où ils furent in- ne vont plus que d’échec en échec. Après Louis XLV. c’est-à-dire d’une siècle. l’histoire sont de l’humanité. au commencement du siècle. et leur décadence n’a plus d’interruption. sa gloire de l’avoir conduit et émancipé. la opinion qui venait contrarier l’antique légalité.

mais enregistrées. 2g3 disaient législateurs et voulaient contribuer à du royaume. et les déchirerriens de la consti- le veut la loi. et notre maxime. Il était reconnu que le présentation d’un édit. avait de remontrances : si parle- le droit le roi persévérait. mais quand une des parties de ce conseil eut été compagnie instituée à Paris perma- judiciaire nente. l/l FRANÇAISE. les rois.. Les rois faisaient ne si veut se distinguait pas le roi dans leur la loi du parlement dans les premiers temps de la troisième race. et s’en allait encore de nouvelles remontrances. Quel sera le mot? approuvées? homologuées? confirmées? Non. qui la royauté. lui-même en lit de justice commander l'enregistrement. pour donner à leurs ordonnances une autorité plus authentique encore.. leur et le despotisme scur que la la ont épuisé les séditions point à jamais litigieux et ob- .. de l’administration avec tution. sur et les rois polémique.. prirent l’habitude de les faire présenter à cette compagnie pour qu’elles y fussent. le parle- ment faisait mais le roi s’opiniâtrait. La loi émanait de droit public tenait pour • si ces luttes là trône. ment. conseil. sa valeur et sa portée que les parlemens leurs prétentions. C’est sur ce mot. révolution ne trouva pas encore dé- brouillé et éclairci.. devait-il advenir dans ce conflit de la Que puissance royale et de la puissance parlementaire? L’enre- .

Adbuc sub judice . Mey. des chargé de respecter à ceux-ci la puissance royale. fort savant rédigé par trois Dans un ouvrage jurisconsultes parlementaires. » droits » faire disent-ils. Les parle- mentaires insinuent bien que le parlement a le pouvoir législatif. mais est du des la véritable fidélité la résistance.MONARCHIE 294 gistrement itérativement exigé par^e roi étaitril obligatoire pour le parlement? . et la sixième volume des Maxi- consacrée à exhorter les magistrats à la fermeté . lement plus grande partie mes si le roi doit-il s’entêter à question posée. et qui fut écrit sous l’administration de Louis XY. mais ils n’osent pas poser net- tement cette prétention et en déduire les consé- quences. mais le nœud n’est pas tranché. est dépositaire du souverain et de ses sujets. il y a force citations de Sénèque et d’Horace. Maximes du droit public français. « Le parlement. Mais enfin. l’enregistrement qu’il y a des momens où sujets consiste dans sent les parlementaires. Maultrot et Aubry. et 7 V * . on soutient que le parlement a le droit de refuser quand la loi lui paraît inique. lis est. di- persiste. le par- jamais? Voilà bien elle n’est la pas résolue.

m de défendre la 2Q5 liberté et les droits nationaux du despotisme. tiative et l’allure *. il du pouvoir qui entravait l’inin’avait pas de compte à rendre à la magistrature. représenté par les états-généraux. et royauté des avertissemens mais. Quand l’Assemblée constituante gouverna la France avec la même peuple n’étaient pas autorité que Louis XIV .FRANÇAISE. et le roi seul on le suppose) déchargé de cet important dépôt . mais seulement au peuple. qu’elle du envoya ses territoire. mais chargé depuis plusieurs siècles. d’un autre côté. décrets sur tous les points et. eh! qui leur parle d enregistrer? » qu’ils écrivent. « Ils ne veulent pas enregistrer! s’écria » Mirabeau. et avec . La cause des parlemens et la cause du la même. qu’ils transcrivent. le par- lement de Rennes refusa d’en enregistrer quelques-uns. l’en a » il « toutes les solennités de la forme légale L’enregistrement avait ses avantages pêchait les précipitations pouvait donner à précieux : la et les . qu’ils choisissent de tous les noms celui . » contre » chargé de » anciennes et de l’examen des nouvelles. qu’ils co- » pient. » il em- surprises. C’est » le roi » qui les entreprises la garde des lui-même l’a Il est de l’exécution des lois.

la . ne l’enregistra qu’avec chagrin. Mais dès que la réforme. » Digitized by CjOO^Ic . » embellissement et augmentation de la langue. sincère. la philosophie et les les lettres commencent une ère nouvelle. Richelieu voulut e'tablir Quand l’Académie française. de l’incertitude ils passent à la colère. le dépôt française. Les nouvelles opinions religieuses n’eurent pas d’ennemis plus tracassiers. le maintien des libertés et des résistances gallicanes.MONARCHIE 296 » qui plaira le plus à leur orgueil féodal » qu’ils obéissent à la nation. » Les beaux côtés des parlemens furent civil. elle leur in- le > droit doctrine. et avec cette restriction : « A la charge par ceux de ladite » assemblée de ne connaître que de l’ornement. parlement de Paris garda pendant un an l’édit le de fondation. On connaît l’arrêt en faveur d’Aristote. des moeurs antiques et naïves. les et plus nouveaux systèmes philosophi- ques. plus cruels iritolérans. un esprit religieux. parlemens sont déconcertés dans leurs vieux erremens et dans leurs maximes. une succession de magistrats consommés dans la science et la vertu. de censeurs plus acharnés et plus risibles. quand time ses ordres sanctionnés par son » de jurisprudence et la vieille législation la mais roi. et qui suffit à les conduire tant que l’orthodoxie catholique ne fut pas troublée. et se mettent en lutte ré- glée contre tout ce qui est novateur et progressif.

et qui elles-mêmes. en arrivant presque à quotidienne de nos journaux par son inépuisable activité. les anciennes . . Et cet air gauche et ce front de pédant. de caractères nobles et fermes. battit en ruines les cours souveraines tesses et . et ce- pendant que de vertus illustres. et des compagnies déchues qui ne savaient plus rien. elle les avait proscrits pour l’avenir. Mais commun Voltaire. de doctrines profondes et de talens élevés avaient rehaussé l’histoire parle- mentaire Mais ! les services rendus. passa sa vie à leur faire des poli- il une guerre à mort. il a peine à ne pas révéler son antipathie pour la robe. Qui brûle 297 ouvrages des philosophes au les xvm e apparemment siècle? le parlement. pas ne croyaient plus a même leur science. Pourront encor passer dans les enquêtes Vous verrez là de merveilleuses têtes. la lutte était trop inégale. qui voudrait étouffer dans les flammes l’esprit national. long-temps avant 1789.sur la France et sur l’Europe.FRANÇAISE. et c’est plaisir 'diable pour lui que d’écrire dans V : Eh bien ! la un son Pauvre té robe est un métier prudent. en introduisant le sens la législation la publicité daus criminelle. l’opinion avait abandonné les parlemens dans le présent. Entre Voltaire. et. qui régnait.

dans tice. administrer . la loi salique. régence et la majorité des sur la rois. chanceliers et. les connétables. dans des assemblées solennelles pour faire des lois. et des autrès du royaume. toire. de l’as- constitution. de l’établissement du grand conseil. par des représentant. semblée des trois états de la France. funeste et ridicule. Toute nation un peu constituée se réunit. et jusqu à tfigrttzeà by Gcx . les gloires individuelles ne pouvaient prévaloir contre les uniformes torts et constans la société française n’avait de la corporation : et plus que de la haine pour un système successivement bienfaisant et admirable. au moins aussi précieux pour l’anque Varron pour l’antiquité ro' maine. de l’ancienneté et progrès de la chambre des comptes. les premiers temps. rendre Mais après Karle le Grand les la jus- assemblées. et soit même. l’apanage. étroit. et. ce qui est capital pour nous.MONARCHIE 298 luttes vraiment utiles et courageuses. soit tout entière. des maires du palais. a consacré le second livre des Recherches delà France à l’examen des origines de l’ancienne Pasquie'r. le droit d’aînesse. sur la noblesse. ducs. Viennent ensuite de savantes excursions sur l’ordre des douze pairs de France. tiquité française ambulaIl y traite du parlement * du parlement établi dans Paris. Occupons-nous des états-généraux. nationales des Francs disparaissent.

Après avoir remarqué que jamais on ne fit assemblées générales des trois états en celte France sans accroître les finances de nos rois à la diminution de celles du ples et peuple. a cédé la place au régime féodal. Cestui avait police séculière innové certain tri- n but qui estoit pour la première fois le centiesme . sous lequel advinrent plu- sieurs mutations tant en la v qu’eclésiastique. le cinquantiesme de tout nostre *» bien » : cet impost fut cause que les manans et habitans de Paris. agi) Philippe le Bel cette institution. se révol- . s’avisa de s’adresser par cet instinct qui tourne le Bel. Sur ce point Pasquier est aussi détaillé que précis. et que quelques publicistes ont voulu trouver un lien historique entre les assemblées de la première et de la seconde race et l’avéne- ment du tiers -état sous l’adversaire de Boniface VlII^Son apparition n’est d’abord qu’un accident tout-à-fait fortuit. » pour la seconde. ainsi dire. Rouen. dans aux bourgeois peu- les fois vers les quand ils ont besoin du suffrage de l’opinion du secours de la bourse. Orléans. sur la si bien fondée nature des choses qu’elle se retrouve par- tout. pour complète de continuité. « continue en ces termes Le premier qui mit » fut »> il : cette invention en avant Philippés le Bel. Philippe ses entreprises.FRANÇAISE. solution c’est à tort Il y a.

» pour obvier » tenir cela de son peuple avecques plus de » ceur. exhortant de le » nécessité publique » Auquel » vant par » faites » le on lui moyen il y allait dù fait de tous. Et luy » tèrent et » encores à son retour d’une expédition contre Flamands voulut imposer une autre charge de six deniers pour livre de chasque denrée vendue. toutesfois on ne luy voulut obéyr. » » lieu vouloir secourir en cette où L’heureux succès de ce premier coup d’essay se tourna en coustume. après avoir haut loué » ville. grand super-intendant de ses Finances. à ces émeutes. mirent à mort tous ceux qui furent » députés pour la levée de ces deniers.3oo MONARCHIE. l’appelant » rois la ville de Paris. et là chambre royale en par l’or- la laquelle les anciennement prenaient leurs premières » nourritures. présenta corps et bien : le- des offres libérales qui furent une imposition fort griefve par tout le royaume. Guillaume » de Nangis nous appreud qu’il fit ériger un grand » échafaud dedans » gane d’Enguerrand. il remonstra aux syndics des trois » estats les urgentes affaires qui tenaient le roi » assiégé « les pour subvenir aux guerres de Flandres. Au » les » » moyen de quoy. et fait » voulant faire urrautre nouvel impost. non tant sous Louys Digifeed by . par » » d’Enguerrand de l’advis Marigny. Car s’estant il pourpensa d'obdou- sage par son exemple.

de les faire autoriser par les » trois estats. pour ayder nos roys au défroy des guerres » qui lors se présentoient. et fust par cette cause contraint son opinion à leurs volon- » d’acquiescer contre » tés. 3o i Long que le et Charles le Bel. chose qui ou bien en une cour de parlement. n. Voilà sur quoy les tailles. *. » mé- moires de Charles cinq son fils. aydé en cecy des instructions et » » » »> parce qu’en toutes ses actions il eut cette proposition stable. » si est-ce l’assemblée que leurs cholères refroidies ou dissolue. * Recherches de trois états de la la France. les» quelles ne duroient qu’un an. estant » à ce instiguez » par les sollicitations et menées du roy de N avarre. Philippes française. que l’on appela » aydes et subsides parce qu’elles estoient >» mises » sus. liv. » et ont avecques le temps nous quelles sont parvenues commencement on procéda par » pris tel pied entre au sommet. sur le faict de la justice. n’estait » auparavant luy » il : et pas si familière à nos roys encores que de fois à autres receust quelques traverses des estats. » Du impositions que l’on obtenoit des estats. . Etc. » sous la lignée des \alois. aydes et subsides ont pris leur » » premier fondement. chap. il restablissoit toutes choses conformément à son désir.» Ilutin. lequel ne fut pas sans raison surnommé le sage après sa mort. cour des aydes. 7 » : De l'assemblée des France. et spécialement sous » le roi Jean.

ainsi rion de Pansev.9 monarchie 3o9. ils n’y remontrances. Les quatre rois qui suivirent Philippe le Bel ne rassemblèrent pas les états-généraux. que l’Histoire des assemblées nationales. ils votaient l’impôt. et la xxv c lettre d’Augustin Thierry sur l’histoire de France. du duc de Nevers — Voyez encore Mézeray. sons Charles le Sage. la pragmatique et le conseil. Rappelons en passant ceux de 1367. Sous le roi Jean nos malheurs les firent con- voquer presque annuellement. LouisXI donna le premier exemple de manoeuvres employées pour corrompre les électeurs . ceux qui en 5 (>o. aydes et subsides. convoqua en 16 1 4 tes il derniers états-généraux de l’ancienne monarchie. ceux qui sous Charles VIII réglèrent la majorité du roi.gi?!2€d by Goo . 87. produisirent l’ordonnance d’Orléans. On se souvient assez rie ceux de Blois. ceux où un siècle après. par le président Hcn- tailles. pag. en 1 467. quant à l’exercice de la puis- sance concouraient que par des législative. qui s’occupèrent de purger la France des compagnies qui désolaient le royaume. pendant la j minorité de Charles IX. 88. a D. Ainsi voilà le pouvoir des états déterminé. On y trouve le premier exemple d’une pétition adressée aux états contre les excès d’un haut seigneur. er ceux qui sous François 1 refusèrent la cession de la Bourgogne. la Ligue tint les siens à Paris en 1 5c) 3 Louis XIII entrait dans sa majorité quand .

qui tient le dernier rang. le clergé y mit obstacle mais il n’obtint pas non plus la pu: du concile de Trente. lendemain la no- s’exprima ainsi sur cette irrévérencieuse prétention » sire. Enfin sortit de ces états-généraux la belle blication ordon- nance de 1629. qui avait pour s’ètre Ony délibéra sur Le 3o3 emprisonner un trésorier de France opposé à une levée illégale de deniers. à la tête un d’une députation du tiers-état. dit un jour à l’ordre de la noblesse assemblée en chambre « Traitez » nous comme vos frères cadets et nous vous : .rnANÇAisE. matières financières. ayant audience : « Le tiers-état. passa aussi Il s’y incident curieux . le nôtre le . ils disent : loidie ecclesiastique etre laîné. demanda une déclaration nouvelle de l’indépendance de la couronne. j’ai honte de vous dire les termes qui de nouveau » sorte m » » » nous ont offensés ils comparent votre Etat à une famille composée de trois frères. Il que dans est sensible cette dernière assem- blée tout ce qui tient aux intérêts et aux droits d un pays fut agité. lelieutenant civil. » honorerons et M. aimerons. du roi. oubliant toute de devoirs. fait tiers-état le retranchement des pensions. de Senecey. objet constant et toujours malheureux de ses vœux et de ses efforts. religieuses et de haute police.se veut comparera nous. Le » président de l’ordre de blesse.

. par une déclaration pleine de mettre en leurs devoirs et re- que nous sommes et la dillérence » qu’il y a *. et eux » condition » rôle est » les cadets. parmi Rendez. » Les infortunés! Richelieu n’était pas encore arrivé aux affaires. qui jugement. d’aurait elle bien. au lieu de » tellement rabaissée qu’elle fût avec » en la » les « le le l'élever. faites-les » connaître ce est la fraternité. MathieudeMontmorency briguait la faveur populaire. 113. ne que lorsque la civilisation et le génie s’ouvrira national auront reçu la plus brillante et la plus Il faudra que sous le plus absolu de nos rois une littérature enchanteresse nous ait fait goûter les plus vives jouissances de l’esprit. et cette philosophie Assemblée consti- tuante où l’on devait expier tant de mépris. Entre i comblent 6i4 el 178g les lettres et la l’intervalle. la la noblesse aux états de 1614. riche culture. que plus tard une audacieuse émancipation de •Extrait du procès-verbal de png. et » justice. véritable? En quoi si cette pa- tant de services ren- dus d’un temps immémorial. vulgaire plus étroite sorte de société qui soit hommes. sire. En quelle misérable sommes-nous tombés. tant d’honneurs de dignités transmis héréditairement à la » et » noblesse.MONARCHIE 3o4 » puîné. TJn siècle et demi après.

pleins de lumière écriront sans hésiter lation nouvelle. se rem- d’hommes d’orateurs. et en Ce comme n’est pas en Angleterre une conquête lente qui ne parvient à s’achever qu’à force de temps. de statuts arrachés successivement au despotisme royal ou à l’asservissement parlemen- développement soudain taire. juste. dépourvue des moyens de se réformer elle-même. Maintenant constitution avait nous il est facile de répondre à France avait-elle ou non une sous l’ancienne monarchie? Elle cette question : la une constitution non écrite.FRANÇAISE. douteuse ou muette sur des difficultés capitales. ce qu’était que l’Assemblée con- . voilà quelle était sa force. Alors le temps de Versailles s’ouvriront. les salles pliront satisfaire. s’ignorant eux-mèmes. Comme le parlement ne savait pas non plus que l’enregistrement. profondément enracinée dans ses mœurs. mais confuse. c’est le fique d’une nation qui touche d’un et magni- bond au terme de sa course. Mirabeau de ses débauches : des comités une légisdeux ans le peuple français ne trouvera plus rien de l’ancienne monarchie. il fallut la royauté. imparfaite. Barnave sortira d’un bar- reau de province. Cazalès d’un régiment de cavalerie. d’Etat ignorés. voilà qui fit au sa ruine. pensée nous 3o5 dans des systèmes qui vou- ait jetés dront à tout prix se venu.

Vers hommes la fin du règne sentirent *le Louis XIV. enfin la vieille constitution devait être récrépie et réparée. émancipé sous sa protection aile. la et place qu’il méritait. Voilà ce quelle aurait cessaire. c’est-à-dire complet d’égalité. et le duc de Saint-Simon. qui avait si la faculté étaient des rois.MONARCHIE 3o6 stituante se chargeât de comme controverse. il puissamment fallut servi la liberté. qui nous montre dans ses Mémoires quels étaient à peu près les projets de réforme de ces trois personnages. Les vices qui minaient monarchie frappèrent vivement Fénelon. et il y eut une révolution nélatif. vaient réclamer quand sir ils les supprimer ce sujet de états-généraux ne pou- de voter l’impôt que convoqués suivant le bon plaique la royauté. il . Ils songeaient à une restauration de la la noblesse. le duc de Bourgogne. Il n’en alla pas ainsi nistère de Fénelon. reconnût son pro- pre ouvrage et voulût bien donner à ce état. à des assemblées provinciales qui devaient intervenir dans l’administration générale et dans les affaires particulières des localités. c’est-à-dire le tiers- sous son un pied pouvoir légis- dû comprendre. au lieu du mi- y eut celui du cardinal Digitized by Google . Il y avait donc dans l’ancienne France une constitution impuissante. trois confusément l’approche de commotions inévitables.

FRANÇAISE. se concentrait battait violemment. et dans le dont les pulsations vives rejetèrent beaucoup de choses. Digitized by Google . La réforme ne vint pas d’en haut . OO7 Dubois. ne partit ni n’en pouvaient plus s’était elle d’une noblesse ni d’un clergé qui : toute la vie de la France réfugiée dans le peuple cœur du pays qui .

CHAPITRE

1

r

Que

-

V.

La Constitution anglaise.

sont utiles pour comcombien dans un siècle où

les révolutions

prendre

l’histoire!

les dynasties et les constitutions se

supplantent

avec une rapidité qui peut étonner même l’imagination la plus prompte, il nous est plus facile
>

de pénétrer dans

l’esprit

des vicissitudes

du

passé, et des faits qui auparavant paraissaient si

compliqués et

si

obscurs! Ainsi, avant 1789 la

constitution anglaise n’était

que

difficilement

comprise, parce quelle était empreinte d’un caractère tout-à-fait national, et aussi parce qu’elle
était

unique. L’Angleterre seule vivait constitu-

tionnellement libre,
les arts

l’Italie

a donné les lettres et

à l’Europe; l’Allemagne l’indépendance

religieuse; la Grande-Bretagne l’exemple de la

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CONSTITUTION ANGLAISE.
liberté politique, conquise,
larisée.

3oQ

maintenue

et

régu-

Montesquieu, dans

du xvm e

siècle,

la première moitié
put seul s’élever à la contempla-

tion exacte et profonde de la constitution anglaise; après lui, elle fut constamment étudiée,

souvent mal entendue, surtout quand on voulut
accommoder à la France. Nous pouvons au-

1

jourd’hui, après nos deux révolutions qui s’en-

chaînent et se complètent, apprécier avec une
impartialité facile l’originalité historique et les

mérites généraux de cette

vieille et

puissante

d autant plus qu’elle est troublée
moment par une crise salutaire qui met à
nu ses fondemens et ses principes.
constitution,

en ce

César

était

tellement prédestiné dans l’histoire

à s’entremettre entre l’antiquité et le

derne,
vieille

siècle,

gleterre et asseoit le premier
le sol

monde mo-

comme Napoléon laissant derrière lui la
Europe pose sa statue sur le seuil du xix e
que c’est encore lui qui débarque en An-

de cette

île.

un camp romain sur
du v« siècle,

Mais, vers le milieu

Rome

renonça à l’occupation vaniteuse des rivages de l’Angleterre; c’est à peine si elle eût pu
en tenter la conquête dans ses plus éclatantes
prospérités.
les

Comme pour remplacer sur-le-champ

maîtres de

envoya
ciété

les

la vieille civilisation, la

Saxons fonder dans cette

neuve, ayant ses

lois,

ses

Germanie

île

we

so-

traditiM, ses

CONSTITUTION

3>io

grands hommes, ses souvenirs et ses raonumens.
Antérieure à

compose de

mes

la féodalité, la société

saxonne se

prêtres chrétiens, de nobles et d’hom-

libres; elle a des assemblées nationales

tenagemot),

un grand

tions ont fait

un

type,

(

wit -

législateur qui appartient

à la fois à l’histoire et à la poésie,

une époque

dont

les tradi-

entière,

comme

mythes helléniques pour Orphée, legum Anglicanarum conditor, auquel le patriotisme atles

tribue tout ce que les moeurs anglaises ont de
franchise, de justice et de liberté. Après Alfred,
les Danois, qu’il avait chassés, reparurent, régnè-

rent quelque temps ; mais

la

dynastie saxonne fut

restaurée par Edouard

le Confesseur pour succomber irrévocablement sous une conquête nouvelle et définitive, sous l’invasion normande.

Ainsi, cette Angleterre

son isolement qui

soldats étrangers et

commencé son
tour par

les

si

fière, à juste titre,

de

protège, la rend libre des

la

l’a

sauvée de Napoléon, a

histoire par être violée

Romains,

les

tour à

Saxons, les Danois et

Normands.
Guillaume le Bâtard n’apporta pas seulement

les

en Angleterre sa personne et son épée, mais aussi

une autre

mœurs, la féodalité;
non plus une féodalité successive,
ras^mblant pièce à pièce, mais constituée d’un
société, d’autres

et cette fois

se

seul coup, générale et systématique.

11

partage

Digiiized by

Coolie

3ll

ANGLAISE.
l’Angleterre à ses barons, à ses nobles;

toutes les parts lui-même;

il

fait

exige serment non-

il

seulement de ses vassaux immédiats, mais des vassaux de ses vassaux, et il se constitue

chef d’une

le

féodalité royale et d’une aristocratie terrienne.

Alors la

vieille société

saxonne, méprisée, s’efface

sous cette organisation de

la

conquête, et ne peut

plus que laisser dans l’âme des

Anglais de

fiers

poétiques rancunes.

Les rois

et la noblesse se trouvaient

désormais

en présence, véritablement égaux; ou plutôt

la

puissance appartenait à l’aristocratie, et ses divisions seules pouvaient la

ment au suzerain

donner passagère-

assis sur le trône. C’est ici qu’il

faut saisir le point de départ et la position de
l’aristocratie anglaise;
les patriciats, elle se

comment, seule entre tous
poussa spontanément à

de

et le

gouverna sans attendre

la

la

nation, stipula pour le pays, le conduisit

tête

les

sommations de

la

De
mœurs

bourgeoisie et les insurrections populaires.'

même que

les

Douze Tables résument

et les luttes des trois

les

premiers siècles de Rome,

de

même la grande charte des communes

de

l’tyi

libertés

121 5 représente et satisfait tous les droits

qui, depuis la

mort de Guillaume

le

Bâtard jus-

qu’au roi Jean, furent tour à tour réclamés, retirés
et conquis.

Les hauts barons, après avoir vaincu

ce prince insolent et lâche, qui, avec Richard III

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CONSTITUTION

3ia

royauté anglaise, stipulèrent pour
l’Eglise, pour la noblesse, pour les vassaux tant
immédiats que médiats et pour le peuple. Depuis

déshonora

la

Guillaume

les

paru; mais

assemblées nationales avaient dis-

les

hauts barons avaient pris l’habi-

tude de se rassembler autour du roi pour s’oc-

cuper des

générales

affaires

:

commencement

naturel et obscur de représentation

dans

la

grande charte

qu’il

ne

*. Il

fut écrit

serait fait

aucune

ou imposition, soit pour le droit de scutage
ou autre, sans le consentement du commun conseil du royaume. Comment ce commun conseil
levée

était-il

composé? Les hauts barons y figuraient

sans contredit; mais on ne sait rien de plus,
plutôt

il

est constant

moyenne

que

le

peuple

même

et

oa
la

aristocratie n’étaient pas représentés.

Quoi qu’il en soit, la grande charte, composée
de soixante-sept articles, est une véritable constitution. Elle garantit le droit et la liberté

cun;

elle

de cha-

statue (art. 48) qu’on n’arrêtera, ni

n’emprisonnera, ni ne dépossédera de ses biens,

coutumes

et libertés, et

on ne

fera

sonne de quelque manière que ce
le

*

jugement de
Il

y a

gleterre
les

:

i.d

mourir persoit,

ses pairs, selon les lois

une analogie

entife l’histoire

que par
du pays.

de France et

cellfc

d’An-

Icjyittenagemol ne se rattache pas plus au parlement que

assemblées du champ-de-mai aux états généraux. Dans les deux

pays,

il

y a sur ce point la

même

interruption.

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3

31

anglaise.
Elle promet aussi

que jamais

la justice

ne sera

ni vendue, ni refusée, ni différée.

Désormais
périr

;

mais

les libertés nationales

elles

auront à

s’établir

ne sauraient
par de nou-

veaux combats. Henri III exéciRe avec traîtrise
nopacte que son père a signé, et la haute
vingt-quatre
blesse nomme une commission de
de la
barons, destinés à veiller* au maintien
le

grande charte voilà bien les procédés d’une oligarchie puissante qui ne craint pas de mettre le
trône en suspicion et de prendre la nation eu tu*
son chef,
telle. Le comte de Leycester est d’abord
:

veut devenir ensuite son maître et son roi ; et,
pour satisfaire une ambition vulgaire, il introduit

une innovation dont ni lui ui ses contemporains
ne soupçonnèrent l’importance tant les jeux de
:

l’histoire se plaisent à contrarier les intentions

par

les résultats.

appui contre
le conseil

Leycester, pour se

les pairs, s’avisa

ménager un

de convoquer dans

commun du royaume deux

chevaliers

par comté, et deux bourgeois par bourg ou par
seville. Révolution fondamentale. L’aristocratie
condaire et la bourgeoisie se trouvent associées

de telle façon que, dès
parlement commence à se constituer et se distingue en deux chambres dans la
à la haute noblesse

Édouard

I

er

,

:

le

e
première partie du xiv

siècle.

L’histoire des Plantagenets n’est

que

la

lutte

CONSTITUTION

3i 4

de l’aristocratie contre

bon

le

la

La noblesse a

royauté.

droit, la force et la gloire

;

elle

confond

ses privilèges avec l’illustration et la liberté

de

l’Angleterre.

La royauté
les

au premier rang que par

n’arriva

Tudor. Elle fut alors maîtresse, victorieuse et

impose
du despotisme

brillante; c’est elle qui conduit le pays,

silence

au parlement?

et se sert

pour doter l’Angleterre de l’indépendance
gieuse et de
ri

l’éclat

reli-

des lettres et des arts. Hen-

VIII fonde l’Eglise anglicane,

le

génie d’Elisa-

beth confirme son ouvrage, que ne renversent
pas les tentatives de Marie, et l’Angleterre se
sépare à jamais du pape et de Rome. Quelques
historiens catholiques, et même des historiens
indifférens

ou philosophes, ont trouvé dans cette

séparation de l’Angleterre quelque chose de petit
et

de peu

social. Cette

vue nous semble peu juste.

L’Eglise anglaise avait

pape contre
au pouvoir

les

constamment recours au

concessions qui étaient arrachées

royal, et

pendant que

l’aristocratie

guerroyait pourlaliberté,elle apportait constam-

ment son entremise
les efforts

de

la

et celle

de

la

papauté entre

noblesse et les refus perfides des

Plantagenets. C’était d’ailleurs pour cettç

l’humeur des Anglais

si

différente

île,

pour

du génie du

Midi, pour cetfè liberté politique et constitutionnelle qui devait être reine sur sa terre,

un servage

Encore une fois. intolérable que.3i5 ANGLAISE. La dynastie des Stuarts était destinée à être vaincue par le peuple et à compléter ainsi loppement successif des constitution. une puissance qui brûlait de de guerre et se constater. la réunion de l’Eglise et de l’Etat fut le corollaire indispensable des développemens de l’esprit anglais. faire despotisme qui mettre les n’était la théorie d’un plus possible. il trouva dans la chambre traditions des l’ivresse des communes moitié noblesse et moitié peuple. Charles 1 er la ri- quand arriva au trône. Jacques I er trois la déve- la vieille histoire anglaise et le de trilogie élémens de sa vint. La première révolution anglaise fut non-seulement dans la nature des . ou les variétés de l’histoire n’ont aucun sens. Bacon et Shakespeare furent les con- temporains de cette émancipation religieuse. avec le mauvais goût et la pédanterie d’un méchant théologien. de relever de Rome. avide de succès. L’antipa- pisme de l’Angleterre lut donc la condition nécessaire de ses progrès. Aussi. et compro- prérogatives de la couronne par dicule insolence de son érudition. ou Westminster et le Vatican devaient se fuir et se repousser. la tête remplie des Tudor et encore échauffée de que lui avait laissée le spectacle de la monarchie espagnole. après Henri VIII et Elisabeth.

un programme de principes généraux d’acte commence par une énumération méthodique de tous : *les méfaits de Jacques IL vient ensuite . u Les lords spirituels et temporels et communes assemblées à Westminster. que demanda-t-on à Guillaume III. en i6a8. mêmes de la lé- pour développer une guerre civile entreprise Elle fut faite c’est la loi. . blissement de toutes réclamées et sur ce » les : le réta- les franchises nationales.CONSTITUTION 3i6 choses. en 1688. comme droits et libertés incontestables. la race incorri: gibleet malheureuse des Stuarts fut irrévocable- ment bannie. n’avait pas été trouvée assez claire. » Quand. une pétition des droits qu’elle présente à Charer les 1 et le roi. et qu’il les préservera encore de Digitized 1 by Gc . dans l’intérêt et dans l’esprit La chambre*des communes n’a les armes à' la main que pour s’opposer à l’envahissement du pouvoir absolu elle dresse. la constitution au de nom de . prononça ces mots en plein parlement « Soit droit fait comme » il est désiré. mais dans les conditions galité nationale. si ce n’est la reconnaissance de tous les droits méconnus par Jacques II? Le bill des droits n’est point du tout une déclaration philosophique. pleins » d’une entière confiance que son altesse » d’Orange accomplira la le prince délivrance qu’il a déjà » tant avancée. . après une première réponse qui la loi.

et trouve toujours res. c’est elle qui. de règne en règne. Il elle est cratique. a porté toutes ses con- république démo- parfaite. présente un système com- plet qu’on pourrait croire losophiquement. Quel concert ? le moyen de la faire parvenir aux est le défaut et la dissonance C’est que le peuple affai- dans ce n’est pas suffisant- . raison de ses conçu et médité phide l’unité est dépositaire l’aristocratie respectée oeuvres. ni monarchie . de France. Le roi du pouvoir exécutif. partage le pouvoir législatif. à vrai dire. à leurs droits et à leurs libertés. tout-à-fait assise *' • est clair qu’il n’y a là ni oligarchique » Ainsi. un merveilleux artiste. c’est en 1688. 3i? » voir la violation à ces droits qu’ils viennent de *) rappeler. » arrêtent » » et reine » que Guillaume Marie. La chambre des communes mêle l’aristocratie moyenne et le peuple . la constitution anglaise séquences normales. rédige la loi. en pépinière intelligente d’hommes d’Etat. d’Irlande et des Etats qui en dépendent. prince et et princesse d’Orange. ni aristocratie une combinaison complexe qui s’est écrite dans l’histoire peu à peu. sont et restent déclarés roi d’Angleterre. par ces heureux accidens du hasard qui en font comme . et de toutes autres atteintes portées à » leur religion. exprime l’opinion nationale. sur ses bases.ANGLAISE. de siècle en siècle qui.

génie anglais s’est la liberté. et puisant sa force dans les oscillations salutaires et légales qui font la vie des sociétés. cliap. mais ans qu’en France fusée. ses concitoyens. Mais depuis 1688 l’Angleterre donna à l’Eu- rope représenté. on écrivit. le montré modeste. dans l’usage de est Il admirable combien. Tout cela ( tant l’histoire va vite) nous paraît aujourd’hui fort simple fort ordinaire. Digitized by . n’ayant besoin ni de commotions de guerre ni civile. Locke. L’Europe doit encore à l’Angleterre de la dans la liberté pensée qui sortit naturellement des moeurs politiques de ce peuple la légalité : anglaise défend pas est permis. on imprima sur les affaires la du pays. 6- et n’y a pas encore cinquante a donné les Hobbes. sur les intérêts et les idées qui importent à l’humanité. sobre et pur de tout esprit de faction. il la liberté de comme un la presse était re- droit exorbitant et licence. devant le jury de son pays. le spectacle exemplaire d’une constitution obéie par tous avec loyauté.CONSTITUTION 3i8 ment Locke l’écrivait dès 1690 *. contestée une intolérable * Voyez liv. et comme il est de principe que tout ce que la loi ne comme aucun statut n’ade vait interdit le libre exercice l’esprit et de pensée. et l’Anglais n’était responsable de sa pensée que devant ses pairs. L’Angleterre v.

la liberté devint conti- nentale.ANGLAISE. Y a-t-on . nous sommes parfaitement communicatifs. l’Océan la fois . aimables et bons compagnons. caractère anglais un côté précieux pour la liberté politique? L’Anglais a une indestructible estime de lui-même qui lui permet de se passer des applaudissemens de la foule. les rois changèrent de ton et l’histoire de face. quand il se croit dans du bien il a une profondeur de caracune dignité de mœurs. hautain. Mais n’y a-t-il pas dans cette fierté du L’Anglais est fier. tive des du mœurs publiques xvii® siècle nant fait à elle a été depuis la fin comme d’une large ceinture qui son ornement et sa force. tère. S’environ- de. rien ne pouvait s’y développer en grand. mais quand. individuel. eût dit même une on espèce de convention tacite entre elle et les souverains qui ne craignaient pas que cette liberté insulaire devînt contagieuse. dait les autres nations. et pas elle l’initia- inviolablement libre. 3 19 a pris sur elle libres. et que la route . journaux à l’Europe . nous. Elle ne son- geait pas à l’émancipation des autres peuples. à s’isoler. elle les elle regar- comme elle ne les voyait méprisait un peu. On a dit que l’Angleterre était une île. aimant au contraire. en 1789. une foi en lui-même dont nous ne ferions pas mal de prendre quelque chose.

de Bacon de Byron et perficielle Substituons à cette affirmation su- ! un jugement fléchi. Les jurisconsultes et les publi- cistes. la patrie de Shakespeare. Il est plus détaillé et . excepte Gibbon. qui est comme une déduction historique sans interruption. au grand mécontentement des autres légistes cor- dialement indignés d’une. et Gibbon de l’histoire se Hume. et les renferme souvent dans le cercle des traditions T » et '•fc - 7f ' ' des précédens.plus ré- hors de doute que l’éducation poli- tique des Anglais. leur a imprimé un caractère de circonspection et de prudence. Montons plus haut sophie. la le : adressons-nous à la philo- génie anglajs en a su atteindre toute hauteur. telle innovation. on trouve encore dans toriens anglais un si on les his- reste de préjugés nationaux qui les prive quelquefois de cette large impartialité plus naturelle à la France et à l’Allemagne. Robertson font avec Voltaire les maîtres au xvm e siècle. qui en 1758 montait pour la première fois en chaire pour enseigîier les loià anglaises. sont destitués de cet esprit qui généralise et tire de tant de faits épars Mais sortez de un enseignement théorique. Digitized b t .* CONSTITUTION 320 bien songé ? Rien ne se développant en grand en Angleterre. toutefois. Quel esprit plus général que Bacon. praticien classique. Blacks- tone. Edouard Coke. la légalité pratique. et déjà le gé- nie anglais s’élève davantage.

ANGLAISE.

dont

3a r

lecture vous agrandit, vous retrempe et

la

vous laisse toujours plus d’éclat et de justesse
dans l’imagination? Quel logicien plus irrésistible que Hobbes, plus artiste dans son désespoir
et

dans son ironie? quel penseur plus indépen-

dant et plus libre que Jérémie Bentham, dédai-

gneux

du passé? Mais

à l’excès de l’histoire et

en-

core plus haut. Elevons-nous à une région plus
éthérée, à

la poésie.

Cette fois

le

génie anglais n’a

plus rien d’insulaire, ou plutôt l’ange de
anglaise est sorti des mers
les

et

Grecs

de

il

;

il

a posé

le

comme la

pied sur

le sol

la

poésie

beauté chez
britannique,

a pris son vol pour planer sur l’Europe

et l’enchanter

de

cette mélancolie

profonde et

poignante, de ces révélations du cœur de l’homme

qui semblent

le satisfaire

en

le

tourmentant. Sha-

kespeare, sous Elisabeth, réfléchit dans son

âme

toutes les pensées et tous les souvenirs de l’hu-

manité et de sa

patrie. Universel et national,

il

peint dans Hamlet l’homme de tous les temps

;

au moment où l’Angleterre se sépare de l’Italie,
il donne la vie à Roméo, à Juliette, à Othello; il se
plonge dans
Italien, ce

les

des'drames que
fait

feux du midi, et cependant cet

Grec chante
le

l’histoire anglaise

peuple

sait

par cœur; et

dans
il

se

aux temps modernes ce qu’Homère est à l’anByron a-t-il l’esprit assez général, lui qui

tiquité.

dépouille et maudit les
I.

mœurs britanniques,

s’en-

31

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CONSTITUTION

322
fuit loin des

chanter

manufactures et des guinées, pour

le Corsaire et

l’apogée de son
l’Angleterre

de

idéal à mille lieues

?

même

Mais,

Childe Harold, et place

monde

dans

la politique,

on peut

saisir

aujourd’hui une disposition plus cosmopolite.

Quand, en 178g, l’Angleterre perdit le monopole
de la liberté, le spectacle que lui donnait la
France

Fox

la

partagea. Les esprits jeunes et généreux*

à leur tête, saluèrent avec enthousiasme

notre régénération. Ceux qui étaient plus entiè-

rement Anglais, que

n’avait pas

adoucis l’éducation philosophique

suffisamment

du

siècle, se

montrèrent mornes, chagrins, prêts à devenir

temps

même pas longUn homme d’emportement

Us ne gardèrent

hostiles.
le

silence.

d’éloquence voulut

et

traduire

révo-

notre

lution à la barre de l’Europe, en triompher en
la

rapprochant de

repousser, au

la constitution anglaise, et

nom de

son pays,

en

contagion

la

morale.

«

»

.

Mes compatriotes

,

quels

qu’ils

soient

,

aimeront mieux, j’espère, recommander à nos

» voisihs

» glaise

l’exemple de notre

constitution ’an-

que de prendre modèle sur

les

amélio-

»

rations qu’ils ont faites dans la leur. Je crois

»

que nous devons notre heureuse

situation à

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3a3

ANGLAISE.

mais

» notre constitution,
»

son ensemble

» ties
»
»

la

c’est à

ses par-

devons. Je crois

dans nos acquisitions, de conserver toujours

quelque chose de notre ancien-

Notre nation trouve que

» neté.

»

non pas à aucune de

séparément que nous

» avec respect

»

pense que

que cela tient beaucoup au soin que nous avons
eu dans nos changemens, dans nos réformes

u et

»

et

je

server ce qu’elle possède et de

le soin

le

de con-

mettre à

l’abri

de la violation, suffit à l’occupation d’un esprit
vraiment patriote, libre et indépendant. Je

non plus quelques change-

»

n’en exclurai pas

»

mens

»

conserver, je voudrais n’être conduit à nos ré-

;

mais,

même

en changeant, je voudrais

formes que par de grandes nécessités. Dans ce
» que je ferais, je voudrais imiter l’exemple de

»

»

mes

» fût,

ancêtres; je voudrais que la réparation

autant que faire se pourrait, dans

» de tout l’édifice; l’esprit de conduite

le style

que nos

»

ancêtres ont tôujours manifesté était remar-

»

quàble par

» la sagesse
» timidité

» fût

la

profondeur de leur politique, par

de leur circonspection

qui venait de

la réflexion,

et par

une

sans qu’elle

dans leur caractère. N’ayant point élé illules lumières dont ces messieurs en

»

minés par

»

France nous assurent qu’ils ont reçu une por-

» tion si
»

abondante,

ils

agirent sous l’impression

forte de l’ignorance et de la faillibilité

humaine.

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CONSTITUTION

3a4
»

Celui qui les avait créés ainsi

»

compensa pour

s’étre

faillibles, les ré-

conduits conformément

» à leur nature. Imitons leur prudence,

» souhaitons de mériter les

mêmes

» plaît

»

;

mais conservons ce

qu’ils

si

succès,

» conserver leur héritage. Ajoutons,

cela

si

ont

nous
ou de
nous

laissé

;

et,

nous fixant sur les bases solides de la constitution anglaise, bornons-nous à admirer, et ne
nôus efforçons pas de suivre

» des aréonautes,de la France

*.

le vol

désespéré

»

Voilà bien le vieux génie anglais, fronçant

P

le

sourcil devant les innovations philosophiques;

mais, depuis la

gardant à

fin

la fois

du monde,

du dernier

comme

siècle,

Fox, se

re-

citoyen de son pays et

a corrigé l’âpreté de ces superstitions

nationales/ Canning a porté au pouvoir les prin-

cipes de son illustre maître;
gleterre devait sortir

a senti

il

peu à peu de

que l’An-

sa politique

insulaire, et qu’en face de la liberté qui occupait
le continent, la liberté anglaise

de Canning
Pitt et

maine

et

elle

tend à devenir plus hu-

presque continentale, à

et les peuples plus avancés

*

Edmond

la patrie

de Fox se sépare des erremens de

de Burke;
et

ne devait pas res-

Evidemment,

ter chagrine et superbe.

Burke. Réflexions sur

la

une

lier

entre elle

solidarité utile à

révolution de la France.

%

*

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ANGLAISE.

tous ; elle

s’est

émue

à notre dernière révolution

une noble émulation

a précipité sa réforme

notre tour sachons

suivre dans cette vie poli-

la

:

à

tique de tous les jours et de tous les instans, plus

apprendre pour

difficile à

la vivacité

française

qu’un trône à renverser ou des bataillons ennemis à détruire.
L’avenir décidera

Franc™

il

si,

entre l’Angleterre et la

y a encore des haines assez vivaces

pour des guerres longues
les antipathies nationales

et cruelles. Peut-être

ne s’épuisent-elles qu’a-

près s’être satisfaites; peut-être

ropéenne

a-t-elle

la

politique eu-

d’anciens comptes à

régler

avant de se rebâtir sur un autre plan; mais

ê

il

ne saurait être éternellement dans la nature des
choses que deux puissances parfaitement égales,
car elles sont

profondément

gleterre, qui peut couvrir la

différentes,

merde

que

l’An-

ses vaisseaux,

du
monde la civilisation européenne, et que la France*

qui est chargée de porter aux autres parties

peuple central de l’Europe, peuple chef, entreprenant, peuple philosophe, peuple agriculteur
et soldat,

ne finissent pas par s’entendre, s’aimer
avance et saura bien dans

et se secourir. L’histoire

son inépuisable variété imaginer autre chose que
l’ancienne antipathie de

Rome

et

de Carthage.

ï
f«r

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1

CHAPITRE

VI.

§
La Révolution française.

Depuis

la

réforme de Luther, depuis que ce

moine de Wittemberg
la

a partagé l’Europe, déchiré

papauté, fondé un schisme puissant, jeté le

calvinisme en France, en Angleterre une Eglise
nationale,

rendu plus tard nécessaire

la

guerre

de trente ans; depuis qu’il a préparé Descartes,
Locke, Spinosa, Kant et Voltaire; depuis qu’il
a tout remué, idées, sentimens, aristocraties,

démocraties, rois, peuples, consciences, tout
bouleversé, tout ému,

il

ne

s’est

rien passé en

Europe d’aussi considérable. L’Angleterre a fait
une révolution, mais elle en a renfermé dans son
île la

grandeur et

la fécondité.

N’y aura-t-il pas

un autre événement qui sera dans son ordre
aussi européen que le christianisme réformé?

1
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Googjé

RÉVOLUTION FRANÇAISE.

La nation

française mit

aucune

sa pensée; sans avoir

que,

passade

elle

deux

l’âge

'i'À']

siècles à exercer

institution politi-

de Descartes, de Corneille,

de Racine, de Bossuet et de Molière, à celui de

Montesquieu, de Jean-Jacques, de Voltaire et
de Diderot; des idées, toujours des idées depuis
la fin de la Fronde jusqu’en 1789; étonnez-vous
encore du caractère philosophique de notre ré-

volution.

Mais

comme un

y eut pour l’Europe

il

ment précurseur. L’Amérique en 1775

événe-

s’insurgea

contre l’Angleterre, et reçut les secours de

France

:

la

industrieuse économie de l’histoire qui

associe le génie français à

la

déclaration des droits

de l’homme de 1776, et le fait préluder par une expédition nationale, funeste à* l’Angleterre, à une
révolution cosmopolite.

XVI

Quelles étaient sous Louis

les divisions

du pays? Le clergé, la noblesse, le
tiers-état. Le clergé avait eu, dès l’origine de la
monarchie une existence féodale comme propolitiques

:

,

priétaire,

comme
tait

il

partageait les intérêts de la noblesse;

corporation religieuse,

entre la

papauté

et

il

hésitait et flot-

royauté; tantôt

la

il

adhérait aux libertés gallicanes, ouvrage des jurisconsultes français

;

tantôt

il

inclinait vers Rome

et la théologie ultramontaine

:

mais

il

manqua

toujours d’une consistance isolée, indépendante;
il

tint

constamment

ses

grands

hommes

et ses

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Les traditions historiques voulaient qu’il se mît à genoux. mais asservi et corrompu.. sans autre science politique qu’un dévoûment chevaleresque à la royauté. Mazarin. qui en changeait si fa- M. et dans le véritable sens du mot. opulent. un parfait doctrinaire l’abbé Sieyes posa ainsi la question : Qu’cst-cc que le tiers-état? Tout. Digitized by Google . mais la guerre et elle avait s’é- tou- jours vécu dans une ignorance inébranlable. Fleury et Dubois. de Montmorin eut la bonhomie de un appel aux écrivains. Quand le désordre des finances occasiona les états-généraux. la révolution le trouva riche. Suger. et de leur demander cilement. Qu’est^| aujourd’hui? Rien. Un des nombreux ministres de Louis XVI. Que veut-il être? j Quelque chose. faire des conseils. on rassé était fort pour savoir dans quelle attitude embarse pré- senterait le tiers-état. demandant aux principes toutes leurs conséquences. L’opinion consultée répondit par l’organe d’un homme. car il est remarquable que les révolutions les plus fécondes ont souvent débuté par une question de budget. La noblesse s’était nom un tait fait illustrée par immortel. RÉVOLUTION 328 ambitieux au service de la royauté. d’Am- boise. tête ganisée pour la logique et merveilleusement orla pensée. Richelieu.

• Effectivement après la fut 329 quelque chose. (S’était le tour aux hommes inconnus. devint ridicule. en un moment les attirent dans leur sein par tible l’Eglise et il n’a fallu qu’un sentipour abolir ces deux cas- trois ordres ont disparu. calme il tiers sentirent naturel- Ils s’intitulent avec courage Assemblée nationale. car un mois convocation des trois ordres la nation. et les et vrai perdre dans la mer immense du peuple français. défaillit et de quelques séances. à eux à courir après le clergé et au clergé et constituait la n’était pas noblesse. Target.. tout ce qu’il y de réputations de palais Au bout tomba. C’est l’obscurité qui paraît à la lumière. mais mêler et et à la noblesse à venir se s’incofporer dans le peuple. à Barnave. tête vaste et systématique. FRANÇAISE. Ne vous de la attendez pas à voir briller à la tribune Constituante des renommées déjà solides et des noms déjà célèbres. au brillant Digitized by Google . unissent dans une mesure parfaite la réserve et l’audace une puissance irrésisl’aristocratie. au conseiller Duport. parmi les innombrables avocats qui avait encombraient les bancs. lement il Les députés du que ce qu’ils étaient le pays. l’orgueil du barreau. ment profond tes. plus tard dra pas défendre Louis XVI . ment digne de réprobation qui parce qu’elle aurait coûté il ne vou- âme molle refusâ et vrai- la gloire la vie.

les espérances et les si bien espé- la jeu- vœux de notre révo- lution.. orateur aimable dont et les triomphes n’avaient rien d’offensant. dans son bon sens et dans son esprit d’homme d’Etat. aux yeux même de ses contemporains. et imposer à Digitized by Google . colosse. le tumulte et la furie de ses passions. brons qui de même lui fait la comme dans ses excès. devinant avec un instinct laire de ceux qui ont rapide jusqu’où il le faudra frapper et détruire. laissons on a épuisé les phrases sur ce donc de côté sa fougueuse jeu- nesse. Mais prenons Mirabeau au sein même de la Constituante.REVOLUTION 33o et généreux Barnave. les représentaient nesse. ne célé- pas cette immense faculté oratoire surpasser dès son début tout tribune anglaise. ayant marqué d’avance rêter. le point où il voudra s’ar- de tribun devenir ministre. redoublé de Mi- rabeau.. et ne lui laisse peut-être d’autre rival parmi les modernes qui se sont ser* vis de la parole que Bossuet. Mirabeau !. sachant maîtriser les cœurs. ardent et naïf. se laissant entraîner lui-même. dont rances et les vœux la jeunesse. dont l’unique puisqu’il défaite n’eut rien succomba sous l’effort de hohteux. cette sensibilité ardente et fiévreuse qui le précipitait dans ses travaux. l’associe à la gloire l’éclat sécu- mieux parlé dans Rome et dans Athènes. maître de l’assemblée.. sur-le-champ.

mais non pour y puiser une expé- rience nécessaire. c’est le pre- manœu- vre immortel qui en a posé la première pierre. Mirabeau étudié. assi- gnats et monnaies. théâtre. Supérieur à qui avait la fatuité 33 à la royauté la dictature angloraane la coterie de s’impatienter contre un pays qu’elle ne comprenait pas. et de plus il est positif comme un Pitt et un Chatam. il ne s’arrêta pas de transplanter en France à la tentation sion des deux chambres. il puissant. * Digitized by Google . La politique de Mi- rabeau fut de combiner l’unité du pouvoir exécutif avec l’unité du pouvoir législatif. droits de timbre. séculaire. contemporaine de la dans liberté anglaise. la comme démocratie de son génie. prenez-le sur les questions les plus diverses. il que savait la divi- cette sé- paration historique.1 fBAMÇAISE. il est éga- lement sur tout habile. tabac. . pour les copier. et Si nous des- sait tout. il avait reconnu que qu’un le peuple seul roi seul était cendons %ux était encore possible. a est versé dans tout l’histoire anglaise. dans les précédens parlementaires. a tout compris. était aussi belle la Grande-Bretagne qu’impraticable à une époque où le peuple était souverain. enfin il mières années de résume à la lui seul les trois révolution . détails. profond et passionné. politique étrangère. veto. droit de paix et de guerre. Il a toute l’étendue philosophique de l’esprit national. successions.

il était naturel la tribune de que la la Consti- révolution s’ouvrît. ont résolu d’exposer dans une déclaration so- » lennelle les droits naturels. » pouvoir » pouvant être à chaque instant comparés avec » but de toute institution politique . 1 789. JeanJacques. l’oubli » l’homme sont » publics et » de la ou corruption des gouvernemens. en soient plus respectés afin que les réclamations des » législatif et le . en et recréaient le monde . Digitized by Googlç . inaliénables et sa- l’homme. afin que cette déclaration. constamment présente à tous les membres du » crés de » » corps social. considérant que le mépris dés droits de les seules causes des malheurs » l’ignorance. que la constitution nouvelle commençât par une déclaration philosophique des droits de l’homme et du citoyen. et « Les représentans du peuple français.HÉvoLUTioir 33 a I Puisque nos pères. de Lafayette la portât à tuante. avant que M. consti- » tués en assemblée nationale. leur rappelle sans cesse leurs » droits et leurs devoirs que . Diderot et Voltaire étaient les barons féodaux de la philosophie qui avaient stipulé la charte des droits de l’homme. afin les actes du ceux du pouvoir exécutif. puisque Montesquieu. procédaient à nova ne s’appuyaient puisqu’ils pas sur des franchises nationales et des antécé- dens historiques.

Les distinctions sociales être fondées que sur l’utilité com- mune. et la résistance à l’oppression. Les égaux en ne peuvent : hommes naissent et demeurent droits. la sûreté. 3. tournent toujours au bonheur » au maintien de » de tous. » Art. Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation.333 FRANÇAISE. » Art. 4. l’Assemblée nationale re- la constitution et » connaît et déclare. Digitized by Google . les droits suivans de » l’homme et du citoyen » Art. en présence et sous les aus» pices de l’Etre suprême. ainsi. l’exercice homme n’a de memmêmes qui assurent aux autres la société la jouissance de ces Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. » citoyens. celles chaque . a. nul corps. libres et I er . fondées désormais sur des principes » simples et incontestables. » En conséquence. nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui des droits naturels de bornes que bres de droits. Le but de toute association est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme : ces droits sont la liberté. » Art. la propriété.

,

RÉVOLUTION

334
»

Art.

La

5.

loi n’a le droit

de défendre que

Tout ce qui n’est
ne peut être empêché, et

les actions nuisibles à la société.

pas défendu par

la loi

nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’oi>

donne
»

pas.

Art. 6 La

rir

loi est

.

générale.

Tous

l’expression de la volonté

les citoyens

ont droit de concou-

personnellement ou par leurs représentans à

sa formation ; elle doit être la

même

pour tous,

soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse.
les citoyens, étant

ment

Tous

égaux à ses yeux, sont égale-

admissibles à toutes les dignités, places et

emplois publics, selon leur capacité, et sans autre

que

distinction

celle

de leurs vertus

et

de leurs

talens.

» Art. 7

.

Nul

homme

ne peut être accusé,

détenu, que dans les cas déterminés par
ët selon les formes qu’elle a prescrites.
sollicitent, expédient,

exécutent ou font exécu-

ter des ordres arbitraires doivent être

mais tout citoyen appelé ou
loi,

ni

la loi

Ceux qui

doit obéir à l’instant

;

il

saisi

punis

;

en vertu de la

se rend coupable par

la résistance.

»

Art.

8.

strictement,

La loi ne doit établir que des peines
évidemment nécessaires, et nul ne

peut être puni qu’en vertu d’une

promulguée antérieurement au
ment appliquée.

loi établie et

délit et légale-

Digitized by

Google

335

FRANÇAISE.
» Art. 9.

Tout homme étant présumé innocent

jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable,

s’il

est

jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui

ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa per-

sonne doit être sévèrement réprimée par
»

Art.

10.

la loi.

Nul ne doit être inquiété pour ses
que leur manifestation ne trou-

opinions, pourvu

ble pas l’ordre public établi par la

La

loi.

communication des pensées et des opinions est un des droits les plus
précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc
»

Art.

1 1

.

parler, écrire,

pondre de

libre

imprimer librement, sauf à

ré-

l’abus de cette liberté dans les cas dé-

terminés par

la loi.

» Art. 12. La garantisses droits de l’homme
du citoyen nécessite une force publique cette
force est donc instituée pour l’avantage de tous,
et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels

et

;

elle est confiée.
» Art. 1 3 Pour l’entretien delaforce publique
pour les dépenses d’administration, une contri.

et

bution

commune

est indispensable; elle doit être

également répartie entre tous

les

citoyens en rai-

son de leurs facultés.
»

Art. 14. Tous

constater par

les citoyens ont’ le droit

eux-mêmes ou par

de

leurs représen-

tans la nécessité de la contribution publique, de
la consentir

librement, d’en suivre l’emploi et

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1

336

RJÊVOLUTIOW

d’en déterminer

ment

la

quotité, l’assiette, le recouvre-

et la durée.

» Art. i 5 La société a le droit de demander
compte à tout agent public de son administration.
.

Art.

»

tie

i6.

Toute société dans laquelle

des droits n’est pas assurée, ni

la

la

garan-

séparation

des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution.

»

Art. 17. La propriété étant un droit invio-

lable et sacré, nul 11e peut en être privé,
n’est lorsque la nécessité

si

ce

publique légalement

constatée l’exige évidemment, et sous

la

condi-

tion d’unè juste et préalable indemnité. »

Ainsi, l’Assemblée constituante a aboli les institutions qui blessaient la liberté et l’égalité des

droits; elle a organisé la France, refait la législa-

du poudu pouvoir légis-

tion et l’administration, constitué l’unité

voir exécutif et la souveraineté
latif,

institué le jury, la garde nationale, aboli la

torture,

réformé

la

jurisprudence criminelle,

déclaré à l’Europe que

la

nation française re-

nonçait à entreprendre aucune guerre dans un
esprit de conquête, et n’emploierait jamais ses

forces contre la liberté d’aucun peuple. Cette

assemblée fut véritablement constituante,

et re-

présente tout-à-fait la philosophie de la révolution française.

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FRANÇAISE.

337

Notre première révolution a

trois

époques,

la

Constituante, laConvention et l’Empire; voilà les
véritables phases de la pensée de 1789 dont l’ineffaçable unité réunit et domine les contrastes

pittoresques de ces trois grandes histoires.
Je serai court sur

la

Convention, époque excep-

où la démocratie fut aussi
que Louis XI et Charles IX, où la philosophie, se débordan^elle-même, rêva follement
la suppression immédiate du christianisme et
l’égalité absolue, où les partis se dévoraient entre eux, où la mort envahit tout, depuis Barnave
tionnelle et tragique

-

cruelle

jusqu’à Robespierre; mais en

même temps

que héroïque où l’indépendance du
c’est-à-dire

de

la patrie, fut

maintenue ; où

vention, traquée par l’Europe
glier

épo-

territoire,
la

comme un

Consan-

dans sa bauge , envoyait aux frontières ces

admirables armées révolutionnaires qui n’avaient
r* ni pain ni souliers, prodiguaient leur sang, mul-

au service de la république,
pour ainsi dire, un formidable bacarré au milieu duquel la France pouvait

tipliaient la victoire

et formaient,
taillon

être déchirée, malheureuse, mais
avilie,

pas conquise,

mtfls, libre

au moins pas
du joug de l’é-

tranger, mais indépendante, mais victorieuse.

Les deux

résultats historiques

de cette époque

sont l’inviolabilité du territoire et

peuple des biens de

la

le

partage au

noblesse.
22

*•

ji

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BÉVOLUTIOK

338

Que
vous

convention fut un combat, en voulez-

la

la

preuve

Sous son règne

?

la

Constitution

suspendue; on avait suspendu bien autre chose, on avait suspendu l’hufut continuellement

manité.

*

Je passe, non qu’il y ait dans mon cœur la
moindre appréhension de condamner ce qui fut
condamnable ni de plaindre ce qui fut malheureux. Mais enfin l’hi^ûre n’est pas une
idylle, destinée à représenter les

hommes

per-

pétuellement heureux, dans des plaines fortunées où coulent des ruisseaux de

lait et

Non;

de combat où

c’est

uue arène de

lutte et

de miel.

l’avantage se paie souvent fort cher, où,

toucher

le

but,

il

pour

faut traverser les traces de

sang des victorieux et des vaincus.

Dans

sa première époque, la révolution avait

constitué son esprit et sa philosophie

second moment de son existence
cueillie et

;

dans

elle s’était

le

re-

ramassée en convention pour se batr

tre et se défendre contre ses

ennemis; dans

la

troisième époque, elle passa tout entière dans

un homme qui
tive, l’affubla

par

la

de

la

rendit conquérante et législa-

poudre impériale, commença

la servir, et n’exista

elle, la

Que

véritablement que par

mit ensuite en oubli, et tomba.
la

France fût fatiguée sous

quelle eût

le

droit de l’être,

le Directoire,

que

le

désir

du

française.

repos

de

de

et

la stabilité l’ait

33 <)

entraînée à l’abandon

sa liberté politique, voilà qui est vrai, mais

secondaire, et ne suffirait pas pour expliquer

l’avénement de Napoléon. Mais

le

pays, jusqu’a-

lors cerne', attaqué, sentait, sans bien y réfléchir,
le besoin d’initiative, d’une gloire militaire qui

répandît

nom

le

révolution

héroïsme

mais

;

elle n’avait

défendue avec vigueur, avec

elle n’avait

pas été conquérante,

pas été fière et insolente aux yeux de

l’Europe, elle n’avait pas encore parlé
elle

La

français à travers l’Europe.

s’était

comme

si

eut eu une légitimité de quatre ou cinq

siècles sur le corps

une autre

:

elle arriva

légitimité, à celle

de

par Napoléon à

On

la victoire.

un jour au premier consul que

vint annoncer

l’Autriche consentait à reconnaître la république
française. «
»

donc

naître était

core

:

En

vérité! répondit-il; elle reconnaît

le soleil

en plein midi.

beaucoup

;

»

Se faire recon-

dicter des lois,

mieux en-

et la révolution française, après s’être bat-

tue sur

la frontière, se

Si l’Assemblée

promena par

le

monde.

constituante avait décrété les

principes de sa philosophie politique, elle avait
laissé derrière elle les établissemens civils et

mestiques de l’ancienne France

former

* J’ai

et

ramener aux doctrines nouvelles

apprécié ailleurs

le

do-

qu’il fallait ré*.

Or

caractère à la fois historique et phi-

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RÉVOLUTION

34o
on peut, dans

le

premier enthousiasme d’une

révolution, émettre avec promptitude les principes constituans d’une organisation politique;

mais pour rédiger des codes, pour régler
civile et les transactions

temps

et

de

la

sécurité

nous donnèrent

commerciales,
:

la vie

faut

il

du

consulat et l’empire

le

l’un et l’autre

:

alors furent éla-

borés les codes que nous apprenons dans nos

ne fut plus une maxime philo-

écoles, l’égalité

sophique, mais
les

elle s’établit

irrévocablement dans

mœurs domestiques du peuple

Tout

cela fut

grand

que

la

mes

et par les lois, elle

français.

et nécessaire

;

mais pour

révolution pût régner à la fois par les ar-

dut se résumer dans une
formidable unité, et cette unité ne pouvait consister

que dans un homme. Or, par une autre dé-

duction irrésistible, cette unité personnelle ne

pouvait être que

le

despotisme, qui

finit

par cor-

rompre celui qui en

fut le dépositaire.

du trône

quand Napoléon, voyant au-

impérial,

dessous de

lui

Sur

le faite

tous les rois de la terre, puis les

petits princes, enfin les peuples, se

pencha pour

regarder cette multitude immense dont

le

bruit

venait mourir à ses pieds, la tête lui tourna.

En

ce

moment deux

opinions contradictoires

losophique de nos Codes, surtout du Code

civil.

Introduction ge-

nerale à l'Histoire du Droit, chap. 20.

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venu de la et froissé. à la pourpre national qu’attestera l’histoire sans aux registres municipaux. à le popularité la la la révolu- comme son recommander à la posplus unanime et la plus . De son côté. il homme térité s’opiniâtra à le considérer et par son héros. dans son instinct profond. plus triste encore. hommes et de disposition mortelle et vénéneuse dont je voudrais charger comme des victimes expiatoires ces flatteurs qui ont aveuglé sa gran- deur où il y eut un temps de l’opposition à l’empereur fut le rôle et déserté son exil. Alors faire des âmes généreuses. résistance légitime et glorieuse par laquelle ces hommes d’élite empêchaient la liberté de se prescrire. livra faire le relevé des votes inscrits son cœur à un égoïsme profond. Quelle est celle qui prévaudra dans il l’histoire de Napoléon. divisent les amis de la liberté. le peuple. au mépris des l’humanité : ce qui est et. sans rien analyser. épargnèrent pas. Les Carnot. les Benjamin Constant ne s’y les Daunou. oublia son origine plébéienne. par le quand nier que. tout ce les qui avait de l’indépendance dans grandeur dan^ l’âme Napoléon. salua toujours dans l’empereur l’enfant de tion. sans être ébranlé par l’oppression uniforme qui pesait sur tous. On ne peut sera temps de l’écrire? parmi contemporains de l’empereur.1 34 FRANÇAISE. Ikorti vœu fut l’esprit et mécontent du peuple.

et 11e rien regretter des œuvres immortelles de son plus glorieux enfant. ait Nous croyons que l’opposition partielle disparaî- trade plus en plus devant l’acclamation nationale. d’une imagination italienne et orientale. du Ma- de plus. cet jhomme terre Rome que la était Napoléon.’ RÉVOLUTION 342 vivace qui jamais célébré une gloire humaine. et que Napoléon se modèle sur le général de l’Union? Prenons donc l’histoire avec son originalité et sa poésie. du César. et : tère le plus . voyons-îa. Digitized by Google . de Napoléon le Grand. en- positives et médiocres. sa route . Quel était et la terreur donc cet 9 homme du monde ? Il tour à four l’idole avait en lui y homet. On a comparé Napoléon Washington certes. d’une justesse et d’une vivacité d’esprit il échappe à l’appréciation quand on veut s’enfermer dans un certain ordre d’idées toute française. Washington est le caracpur qüe la liberté ait pu frapper à son image mais voulez-vous qu’un Corse ressemble à un Américain. chantons-nous des créations inépuisables qu’elle sème sur vère. aussi riche que sé- absoudre un peu de mal par beaucoup de bien. sur un Né et. sur une autre sol insulaire entre et Paris. France. et que le génie du peuple pèsera d’un plus grand poids dans la balance que la spirituelle critique de quelques écrivains. du Charlemagne.

c’est aux grands hommes à comprendre les grands hommes. et madame de Staël était digne d’entendre le génie de l’empe- reur. qui redemandait le trône. assunastie dont pas rant qu’elle seule pouvait faire France.343 FRANÇAISE. Charles Fox a dit que bonheur de le la la plus funeste des révolutions était une restauration. et se confirme-t-il histoire de l’Angleterre Quand une et de la par la double France? dynastie proscrite vient reprendre . autrement placée. Nous donnâmes en 1814 le triste spectacle d’un peuple qui s’abandonne lui-même et qui laisse à l’armée la défense du territoire. comme un démon de Staël s’est incarné. sur les derrières de l’invasion. par la même raison que Montesquieu nous a révélé celui d’Alexandre. Mais de génie madame attaquée à quelque cliose d’un peu plus fort qu’elle ce serait pour toute autre gloire que celle de l’empereur un malheur irréparable que de l’avoir pour ennemie auprès de la posté: rité: mais toute l’éloquence de sa partialité féminine ne pourra prévaloir contre Napoléon. Pourquoi ce mot est-il vrai. Elle en a fait comme une espèce du mal. Alors. arriva une dy- un homme de notre âge n’avait entendu parler. Une femme illustre a méconnu totalement l’empereur. Au surplus. l’auteur de /’ Allemagne eût autrement écrit.

elle n’a d’autres titres et d’autres que de représenter les sentimens et cette partie de la nation qui n’a pas sous la La sens vœux de voulu passer bannière des idées nouvelles et de volution accomplie. et nous reconnaissons en vous le principe premier de la constitution politique. et pas sur il s’avouer vaincue. professent dès l’abord l’incompatibilité des deux principes. mais convenez aussi que depuis vous il s’est passé quelque chose. d’autres hommes plus entiers et plus perspicaces dans leurs jugeraens. en estiment l’accouplement monstrueux. Les partisans purs la légitimité premier principe veulent en faire social. la ré- légitimité historique est toute dans les prétentions prendre les du passé qui veut le présent et l’avenir de la ne saurait y avoir de restauration sans qu’elle songe à contraindre la révolution à le société. Or ces faits sont les droits et les intérêts populaires. et que des faits nouveaux se sont accomplis. Enfin. D’autres le personnes hon- nêtes et bien intentionnées disent à la légitimité : Oui. Alors trois opinions se parta- gent ordinairement complets de et le pays. et se refusent à la transaction. à la légitimité pour quelle les on les présente amnistie et con- sente à les couvrir de son sceau et de sa prérogative. à cette primauté du » Digitized by Google .I RÉVOLUTION 344 le trône. vous avez raison.

n’y a pas là d’éclectisme possible. homme tout-à-fait éclairé pour un roi de restauration. Il faut que la constitution d’un principe unique : d’un pays découle on sans cela n’attacherait pas une aussi grande importance au préambule des chartes. commença sa Charte par un préambule qui la faisait émaner de l’octroi royal. passé sur le présent Ou sait laquelle de ces trois opinions a triomphé. posée par Sieyes en 1 789. Qu’a-t-on fait après la révolution de i83o?on a supprimé le préambule qu’est-ce : à dire ? qu’entre la légitimité et la nationale que il il faut souveraineté l’une fasse place à l’autre. C’est qu’une restauration ne saurait jamais être qu’une courte transition .345 FRANÇAISE. quelle sont venues tomber toutes les fantasmagories diverses qui ont brillé quelques jours? A cette question. la réponse . Que reste-t-il donc en France après nos deux révolutions. constitution Louis XVIII. de la légitimité. c’est le dernier effort de l’ancien ordre pour re- ou plutôt qui ne fait que mieux conmort qui a glacé la face de la vivre et régner . mais en fait? Quelle est la réalité reconnue de tout le monde. devant la- T. sans théorie. J’ai cité la l’homme qui ouvre déclaration des droits de la de 1791. résurrection passagère exhumation factice stater l’irrévocable vieille dynastie.

mélange de raison. qui prétendait avoir une raison n’avait pas puisée dans les intérêts tement de. elle en est propagatrice. c’est de dire que toute souve- raineté réside dans la nation. de justice et de volonté.et le une oeuvre qu’elle consen- salutaire.346 RÉVOLUTION sera aujourd’hui^lus facile et plus générale en France? reste-t-il que : peuple. il . est dans le peuple et pas ailleurs. La France est le une vaste démocratie à des degrés différens. raison de toute chose? dans les droits et les intérêts t l’ont effacée. donc. Richelieu et reste-t-il la Convention quoi réside la • en ce sens le Que En peuple. prêtres les sont desofficiers de morale publique rétribués sur le budget. c’est-à-dire que la souveraineté. est Désormais. Plus de clergé constitué en corporations. Plus de noblesse historique Louis XT. pense et veut. qui représente à la fois ce qu’une nation ! * f / croit. qui s’appuyait sur le droit divin et l’épée féodale. encore une fois? du peuple qu’il est vrai Et français. et qu’elle développe avec des progrès périodiques philosophie de sive de la la la liberté et la propriété. La révolution n’est pas subver- propriété. la nation. faudra bien que la conception phi- losophique et nationale de 1789 poursuive sa ligne droite. . » Digitized by Google 4 - . Voilà pourquoi la destruction de la vieille légitimité.

son vœu non de tous. un ami du second Scipion l’Africain fit en- et tendre ce vers sur le théâtre de Homo sum. ni un Grec. et 347 plus cher est de la le là communiquer à troubler dans ses principes naturels. et humani a me nihil Rome : alicnum puto. térêts révélation : : un Romain. ni un Rarbare. fers la est il fin de Lélius comme solidaire : de il tend à la liberté la du par excellence social et humain. L’assemblée se leva tout entière. ces pa- triciens et ces affranchis qui avaient d’autres in- que ceux de l’humanité même. et tous battirent des mains. Elle a renoncé aux conquêtes. son génie tout philosophique n’est pas celui d’A- lexandre. c’est-à-dire ce n’est ni un Juif. Quand Jésus de Nazareth mourut sur la croix. Un mot sur la révolution française en face des autres peuples. en & Digitized by Google . Quand la c’est l’hu- révolution de 1789 a sonné. du ve siècle de la république. Pour ces Romains qui méprisaient si fièrement le monde.FBANÇAJSE. l’homme qui se dévoue et qui meurt pour ni manité. pour ces plébéiens. de César ou de Napoléon paix. quel est le mot prononcé sur lui par le christianisme Ecce homo. c’était une que ce cri de Térence Homo sum. se regarde onde.

qu’essuyât-elle de mauvais jours. et il faut reconnaître qu’intimement pacifique. et prend pour modérer cacher au passé féodal profondeur de sa chute. aussi universelle est vivifiant qu’il triple conscience que elle est nationale. Tout ce qui en Europe est encore féodalement constitué. et de pouvoir reconnaître dans l’affranchissement de son pays le dernier progrès accompli de Mais si. la que l’on liberté. la révolution fran- çaise est pacifique. Puis^ elle est nécessaire- ment une innovation contre l’histoire du passé. l’opposition est trop éclatante et trop tranchée. s’étonne et se blesse de notre existence. * et. Qu’il est beau. la révolution. nous serions bien malheureux de n’avoir pas conscience que. elle ne re- culera pas . l’histoire du monde! dans son principe. l’avenir s’en chargera nous ver: rons si l’éclat les soins de notre de l’Europe. dans sa position accidentelle. Je n’ai pas besoin de déve- lopper ce texte. de sa nature et de ses droits. s’ la révolution de i83o la est des- tinée à avoir sa guerre de trente ans. de Français la du et genre humain. de porter dans son cœur d’homme. est hostile et guerrière. l’est-elle par position? qu’elle est une philosophie. Quoi qu’il en soit.RÉVOLUTION 3^8 vertu de quoi s’est-elle accomplie ? En vertu de l’homme. prévien- dront de terribles rencontres. Digitized by Google .

Digitized by Google . pour les autres 34g elle restera victo- peuples que pour • FIN DU PREMIER VOLUME.FRANÇAISE. rieuse. des tempêtes et des disgrâces. autant elle.