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focus

Stop aux
bombardements
de civils !
sous la loupe

Déminage
au Sénégal
P o rt r a i t

Alma Al-Osta :
« Ce jour-là,
je suis devenue
une réfugiée. »

© J-J. Bernard - Handicap International

#111

j a n v i e r  ➜  m a r s 201 6

p.3
en bref

p.4
sous la loupe

Déminage au Sénégal

p.6

Le point de vue de Vincent

p.8
portrait

Alma Al-Osta :
« Ce jour-là,
je suis devenue
une réfugiée. »

p.9
focus

© RuthAnn Fanstone - handicap international

l’ i m a g e

Stop aux
bombardements
de civils !

p.11
De vous à nous

Folies solidaires
Concours d’écriture
Les mines au Palais
d’Egmont
Agenda

Un fauteuil roulant au milieu des ruines. Tout un symbole… D’autres images circulent
sur internet, montrant une ville syrienne totalement détruite. On peut, en cherchant,
retrouver des images de cette même ville cinq ans plus tôt, avant le début du conflit.
Une ville comme on peut en voir chez nous, avec des buildings, des places, des parcs,
des écoles, des personnes qui y vivent.
Ces dernières années, les guerres sont devenues plus meurtrières pour les civils, coincés,
totalement impuissants, entre les belligérants. Ils paient le prix fort : tués, blessés, parfois amputés, jetés sur les routes. Handicap International ne pouvait que s’élever contre
l’utilisation des armes explosives dans les zones où vit la population civile. Tout comme,
il y a vingt ans de cela, nous nous étions élevés contre l’injustice des mines antipersonnel et, voici dix ans, nous avions entamé la lutte contre les armes à sous-munitions.
Nous nous préparons à un combat difficile cette fois encore. Nous aurons besoin du
soutien de tous pour le mener à bien.

Sous le Haut Patronage
de Sa Majesté la Reine
Éditeur responsable : Jan Brigou, rue de
l’Arbre Bénit, 44 bte 1 - 1050 Bruxelles
Réalisation :
Griet Ryckeboer, Aurore Van Vooren
Rédaction: Wendy Huyghe,
Griet Ryckeboer, Aurore Van Vooren
Graphisme : Beltza
Impression : DadyKate
Info donateurs :
Tél : 02 233 01 82
E-mail : nina@handicap.be
BE80 0000 0000 7777

www.handicapinternational.be

Vincent Slÿpen
Directeur de Handicap International Belgique

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en bref
Une Colombie plus sûre
Handicap International a reçu des autorités colombiennes son accréditation en
tant que service de déminage humanitaire. Notre organisation peut maintenant
commencer à former du personnel et à préparer le lancement des opérations de
déminage. La Colombie est le deuxième pays au monde comptant le plus grand
nombre de nouvelles victimes de mines et vestiges de guerre. Handicap International
aide depuis plusieurs années les victimes colombiennes de mine, pour qu’elles
reçoivent les soins nécessaires et mènent une vie digne.

Avec leurs séances de sensibilisation
en rue sur le danger des vestiges de
guerre non explosés, nos équipes ont
touché 20.000 personnes vivant dans
la bande de Gaza. Pour y parvenir,
Handicap International a notamment
formé 60 enseignants, qui a leur tour
ont sensibilisé au moins 11.500 élèves.
A Gaza, on peut encore trouver des
armes explosives cachées dans les
décombres des bâtiments détruits.
Grâce à ces actions de sensibilisation,
nos équipes peuvent sauver des vies
et prévenir des handicaps.

© Sarah Pierre - handicap international

20.000

© handicap international

© Gaël Turine - VU - handicap international

La situation
des réfugiés
syriens au Liban
reste complexe et
difficile. Les gens
ont besoin d’un
toit, de se protéger
du froid ou bien
de pouvoir nourrir
leur famille. Nous
ne pouvons pas
résoudre tous ces
problèmes avec
des séances de
kinésithérapie.
Mais nous
apportons des
changements
positifs dans la vie
des personnes que
nous aidons.

Mohammed est kinésithérapeute. Il travaille pour
Handicap International dans
la vallée de la Bekaa au
Liban, où il aide les personnes blessées ou handicapées à améliorer leur
motricité.

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sous la loupe

Déminage
au Sénégal
Quoi ?
Détection et
neutralisation
des restes explosifs
de guerre et
sensibilisation
de la population

Pourquoi ?
Réduire la vulnérabilité
et stimuler le
développement
des communautés
menacées par
les explosifs

Où ?

Contexte

Dans les années 80, un conflit a éclaté en Casamance, au Sénégal. Aujourd’hui encore, il est source d’instabilité dans la région. « Il y avait des mines partout : dans les
bois, dans les champs, dans les puits, sur les sentiers… Elles ont été posées n’importe
où, sans logique apparente », déplore Aziz Sy, responsable des opérations de déminage de Handicap International au Sénégal. Bien que Handicap International ait
déjà déminé une superficie de 1.800.000 m2 entre 2007 et 2012, les restes explosifs
de guerre continuent de menacer des dizaines de milliers de personnes.
Fin de l’année passée, notre organisation a repris ses activités de déminage en
Casamance. Les habitants de la région, qui vivent surtout de l’agriculture et de
l’élevage, pourront bientôt reprendre l’exploitation de leurs champs, qu’ils n’avaient
plus foulés depuis plus de dix ans en raison des risques. Plusieurs villages sont
ainsi reliés à un axe sécurisé qui leur permet de sortir de leur isolement. C’est
aussi une bonne nouvelle pour les personnes qui avaient fui le conflit et le danger
représenté par les restes explosifs, car elles peuvent désormais rentrer chez elles
en toute sécurité.

En chiffres

60.000
habitants

Région de
la Casamance
au Sénégal

Coûts ?
693.000 €

55.000 m²
de terrain
seront déminés d’ici
mi-2016

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Ha
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Inter
nationa
l

seront libérés de la
menace constante
posée par les mines

©

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1

2

Dans les régions soupçonnées de contenir des engins
explosifs, Handicap International rassemble des
preuves de leur présence. L’objectif est de rendre les
régions à faible risque accessibles ainsi que de mener
des enquêtes techniques plus approfondies dans les
régions à haut risque et de les déminer.

Les 14 membres de l’équipe de déminage de Handicap
International au Sénégal neutralisent en moyenne
une surface de 2.500 m2 par semaine. L’équipe
est assistée de deux chiens démineurs, qui ont la
capacité de repérer les explosifs qui ne contiennent
pas de métal et ne sont donc pas repérés par les
détecteurs de métaux.

© J-J. Bernard - Handicap International

© J-J. Bernard - Handicap International

Déminage

© J-J. Bernard - Handicap International

Identification
des zones à risque

Aidez-les
Vous voulez soutenir nos projets ?

Alors faites un don au
BE80 0000 0000 7777
Toujours bon à savoir : tout don annuel
de 40 euros ou plus donne droit à une
attestation fiscale. Un don de 40 euros ne
vous coutera donc que 22 euros.
Handicap International explique le danger que
représentent les mines et comment réagir lorsque
l’on trouve un engin explosif dans son quartier.
Notre équipe doit se rendre notamment dans
65 écoles et sensibiliser 6.000 enfants.

Sensibilisation

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© corentin fohlen - Handicap International

Plus d’info :
www.handicapinternational.be/fr/image

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portrait
Alma Al-Osta :

« Ce jour-là, je suis devenue une réfugiée »
« Faire exploser des armes sur des zones
peuplées est barbare, cette pratique
doit cesser. » Alma Al-Osta, chargée de
plaidoyer pour Handicap International,
est connue pour ses interventions passionnées contre l’utilisation des armes
explosives sur les civils. Enfant, elle a
elle-même connu la guerre. « Reconstruire les maisons en Syrie prendra des
années, mais l’esprit des Syriens est
brisé à vie. »
Alma Al-Osta, journaliste dans une autre
vie et active depuis quatre ans dans le
domaine du plaidoyer pour Handicap
International, a vu de ses yeux l’impact
des armes alors qu’elle était enfant, en
Bosnie-Herzégovine, pendant la guerre
de Yougoslavie.
« Je jouais avec ma sœur dans le salon
quand une explosion a secoué la ville.
Notre maison a été endommagée, toutes
les vitres furent brisées, il y avait du
verre partout, jusque dans mes cheveux.
Quelques secondes plus tard, je suis devenue sourde. Et encore plus tard, je me
suis retrouvée dans la cave avec mes parents et ma sœur, en espérant que nous
serions en sécurité pour l’explosion suivante. »

Vide et impuissante
« J’avais huit ans quand la guerre a
commencé en Bosnie. Mes parents en
parlaient souvent quand ils pensaient
que nous n’écoutions pas. Quand nous
avons subi des bombardements plus fréquents, nous avons passé beaucoup de
nuits à la cave. Nous sentions les murs
de notre maison trembler et nous priions
Dieu pour que la prochaine bombe ne
nous enterre pas sous les décombres. »
« Une fois sortis de la cave, nous pouvions voir ce qui s’était passé. Les gens
qui couraient dans la rue, désespérés,
pleurant ce qu’ils avaient perdu. Pour
certains, il s’agissait de leur famille,
pour d’autres de leurs biens. Je me sou-

© Handicap International

viens comme si c’était hier de la peur, du
vide et de l’impuissance que j’ai ressentis étant enfant. Nous ne pouvions rien
faire, à part attendre dans la cave. Quand
la fréquence des bombardements s’est
encore accrue et que nous n’avons plus
rien eu à manger, mes parents ont décidé
de quitter le pays. Ce jour-là, je suis devenue une réfugiée. »

Enterré sous les décombres
de sa maison
« Aujourd’hui, alors que ma vie professionnelle est consacrée au désarmement, j’entends constamment le témoignage de personnes qui ont été victimes
d’armes explosives. C’est déchirant.
Mon cœur se brise quand je vois toutes
ces maisons détruites en Syrie et que je
pense à ces gens enterrés sous les décombres de leur propre maison. Reconstruire les bâtiments en Syrie prendra des
années, mais il faudra toute une vie pour
réparer les esprits. »
« Pourtant, des dispositions prises au
niveau international peuvent empêcher
que des personnes meurent, soient grièvement blessées ou qu’elles doivent

Reconstruire
les bâtiments en Syrie
prendra des années,
mais il faudra
toute une vie pour
réparer les esprits. 

affronter des difficultés économiques.
Ces règles sont aussi indispensables
pour protéger les infrastructures et les
lieux de vie. Nous demandons donc aux
Etats et à leurs armées de revoir leurs
stratégies. Les guerres d’aujourd’hui
ne sont plus menées sur les champs de
bataille, mais dans les villes, dans les
jardins des habitants, dans les cours
d’école. Les conséquences dramatiques
de cette utilisation des armes explosives
dans les zones peuplées imposent une
réaction immédiate. »

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focus

© J-J. Bernard - Handicap International

92%
de victimes civiles
suite à l'utilisation
d'armes explosives
dans les zones
densément peuplées

Stop

aux bombardements
de civils !
Arrêter de bombarder les simples civils. C’est l’exigence de Handicap International, qui se lance dans la lutte contre l’utilisation
des engins explosifs dans les zones fortement peuplées, des armes
touchant principalement des civils innocents.
Tout au long de son existence, Handicap International a combattu les armes touchant les civils. Après les mines antipersonnel (une lutte contre laquelle l’organisation fut récompensée d’un prix Nobel de la Paix) et les armes à sous-munitions,
l’emploi des armes explosives dans les zones peuplées est désormais dans la
ligne de mire de l’association. Ces armes recouvrent un large éventail : mortiers,
roquettes, obus d’artillerie, bombes aériennes, engins explosifs improvisés mais
également les mines et bombes à sous-munitions, interdites par des traités.

© J-J. Bernard - Handicap International

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Ces explosifs ont un large rayon d’impact : elles peuvent faire des victimes à plusieurs
centaines de mètres autour de l’objectif militaire. De plus, beaucoup de ces armes - comme
la majorité de celles utilisées dans le conflit syrien - manquent de précision et peuvent
toucher des cibles de façon aléatoire.

Des familles
tombent dans
la pauvreté et
ont peu d’accès
aux services,
elles ne peuvent
pas soigner
leurs blessures
et les enfants
subissent des
traumatismes
psychologiques,
sans parler
des personnes
jetées sur les
routes pour
fuir les zones
bombardées.

92% de victimes civiles
La grande dispersion et le manque de précision ont pour conséquence que 78% des victimes d’armes explosives sont de simples civils. Et si elles sont utilisées dans des zones
densément peuplées (des villes par exemple), ce chiffre grimpe à 92% !
Les parties en présence dans les conflits actuels utilisent largement des armes explosives
dans les zones densément peuplées. Citons l’Ukraine, le Yémen, la Syrie ou Gaza. En 2014,
ces armes auraient blessé ou tué 41.800 personnes*. Elles détruisent aussi des infrastructures essentielles comme des hôpitaux et des écoles. Des familles tombent dans la pauvreté
et ont peu d’accès aux services, elles ne peuvent pas soigner leurs blessures et les enfants
subissent des traumatismes psychologiques, sans parler des personnes jetées sur les routes
pour fuir les zones bombardées.

Des conséquences à long terme
Le conflit terminé, les habitants des zones touchées courent encore des dangers. Beaucoup
de ces engins de guerre n’ont pas explosé et deviennent une menace permanente pour les
personnes qui retournent chez elles ou qui veulent dégager les décombres de leur maison.
Handicap International demande aux bailleurs de fonds internationaux de consacrer plus
d’attention au déminage et va envoyer ses équipes sensibiliser les habitants pour leur
apprendre à gérer ce danger.
La coalition INEW (International Network on Explosive Weapon) - dont Handicap International est membre fondateur - se mobilise pour que les Etats respectent le Droit international
humanitaire et n’utilisent plus ces armes dans les zones densément peuplées.

* Source : Action on Armed Violence, Explosive States: Monitoring explosive violence in 2014, 2015

L’exemple
du conflit
syrien
D’après une étude de
Handicap International
(menée d’octobre 2012 à
octobre 2013), la moitié
des réfugiés syriens
interrogés affirmaient
avoir des blessures dues
à la violence armée. Une
sur cinq était un enfant.
Et parmi les blessés
(amputés, souffrant de
fractures ou de brulures
graves), 60% avaient
été victimes d’armes
explosives.

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de vous à nous

Folies
solidaires

pétition

Stop aux
bombardements
massifs de civils
L’usage d’armes explosives en
zones peuplées est intolérable.
C’est une violation du droit
international humanitaire. Les
populations civiles doivent être
protégées ! Signez la pétition
en ligne pour mettre fin à cette
pratique.
Signez la pétition !
www.stopauxbombes.be

Agenda
Salon Autonomie, Namur

21-24/04

Ensemble avec les personnes
extraordinaires, Charleroi

14/05

20 km de Bruxelles

29/05

© A. Senioutovitch-Berejny - Handicap International

Concours d’écriture
Le 4 février dernier, les heureux gagnants du concours d’écriture organisé
par Femmes d’Aujourd’hui et Handicap
International ont été récompensés pour
leur texte sur le thème de la réadaptation physique. Soline, une étudiante en
photographie, a reçu le premier prix : un
billet d’avion pour le Cambodge, où elle
pourra découvrir les projets de l’association. Retrouvez sa nouvelle et celles des
autres gagnants du concours sur notre
site www.handicapinternational.be.

Les mines au Palais d’Egmont
Le 3 décembre, Handicap International
était accueilli par le Ministre des
Affaires Etrangères Didier Reynders
pour un échange de fond sur la
question des mines et des engins de
guerre explosifs.
Tout au long de l’année 2015, vous
avez été nombreux à signer notre
pétition « Ensemble contre les mines ».
Grâce à votre mobilisation, nous avons
pu demander à rencontrer Didier Reyn© Jolijn Degrande - Handicap International

L’enseigne de vêtements pour
enfants La Compagnie des Petits a
mené fin 2015 l’opération « Folies
Solidaires ». « Nous avons participé
avec plaisir à cette action qui permettait de contribuer à des projets
essentiels pour les personnes
handicapées dans le monde », témoigne Christel Casteleyn, responsable du magasin d’Ottignies. Le
principe était simple : s’ils faisaient
un don pour Handicap International, les clients bénéficiaient d’une
remise supplémentaire de 10 % sur
leurs achats. L’initiative a permis
de récolter 6453€. Merci à tous
ceux qui y ont contribué.

ders et ses collaborateurs. L’occasion
d’un long échange qui a permis de
souligner les actions déjà réalisées par
la Belgique et les domaines où un engagement plus volontaire était attendu.
Ce fut l’occasion d’évoquer l’importance d’un positionnement belge sur
la question de l’usage d’explosifs en
zones densément peuplées. Osons espérer que la Belgique jouera à nouveau
un rôle exemplaire dans ce combat.

Concours
Bricoleur du Cœur
Vous avez offert vos talents de bricoleur pour aider un proche ou un ami
handicapé, malade ou âgé ? Vous lui avez facilité la vie grâce à un système
D dans lequel vous avez mis tout votre cœur ? Alors le concours Bricoleur
du Cœur est pour vous !
Chaque année, Handicap International met des personnes ingénieuses à
l’honneur. Si vous êtes l’une d’entre elles, partagez vos inventions afin que
d’autres puissent aussi en bénéficier !

Un concours, plusieurs gagnants !
Un jury spécialisé sélectionnera les meilleures inventions. Au total, cinq gagnants seront récompensés : trois prix du jury, un prix attribué à des étudiants et, nouveauté cette année, le prix du public.

2.500 euros de prix
Les gagnants recevront chacun un bon d’achat d’une valeur de 500 euros offert
par les magasins BRICO, ainsi que que des cadeaux offerts par nos autres partenaires, Dobbit et Plus Magazine.

Z
G AG N EX BRICO
LE PRI BLIC !
DU PU
5 Envoyez votre invention
avant le 15 juin 2016 !
Qui sait, c’est peut-être
votre projet qui remportera
les votes.
5 Nouveauté en 2016 :
Le public pourra voter
pour son invention préférée
sur le site internet de
Handicap International.

Info
www.handicapinternational.be
Contact : Nicole Luyckx
nicole.luyckx@handicap.be
02 233 01 02