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Formation du peuple anglais

Dés le IVème siècle, une peuplade venue de Saxe, en Germanie, les Saxons, envahissent la
« Britannia » ainsi appelé par les Romains. Puis au VIIIème siècle, ce sont les Angles venus du
Nord ! Depuis, on l’appelle « Angleterre » (= la terre des Angles, le pays des Angles). Si
l’élément anglo-saxon est prédominant dans le peuple anglais, il n’est pas la plus ancienne, car
depuis la préhistoire, des vagues d'envahisseurs se succèdent les unes après les autres et c'est
un vaste brassage ethnique.
Sous le règne du romain Claude (41-54) la conquête de l'île se fait rapidement, les roitelets
celtes conservant dans les négociations leurs titres et une apparence de pouvoir, et l’île fut
baptisée "Britannia".
En 122, l'empereur Adrien fait construire le gigantesque mur de 120 km (à l’emplacement de la
frontière écossaise actuelle), version britannique du "Limes". La romanisation se fait comme
toujours par l'incorporation de la Bretagne dans les institutions politiques et administratives de
l'Empire, par la mise en place d'un double réseau routier et urbain, et par l'intégration de l'île
dans les circuits commerciaux du monde romain. Au IVème siècle c’est le christianisme qui
constitue un autre facteur de romanisation.
Le milieu du IVème siècle voit le début des incursions saxonnes, avec en même temps les Scots
d'Hibernie (Irlande) et les Pictes (de Calédonie) qui franchissent le mur d'Adrien en 367 puis en
383.

SOUS LE MOYEN AGE
Divisée en 5 provinces, la Bretagne craque de toute part et en 410 les derniers légionnaires
romains quittent le sol breton (=anglais).
Les Angles et les Saxons s'installent et ravagent le pays. Les Bretons appellent des mercenaires
pour les aider à lutter contre les Scotts et les Pictes. Ensuite, il a fallut leur résister : grande
victoire au Mont Badon. La légende veut que le roi Arthur, champion de la lutte contre les
Saxons, gagne cette bataille. Mais toute la Bretagne passe sous la domination des
envahisseurs, sauf le pays de Galles qui a préservé la culture gaélique. Ils divisent la Bretagne
en 7 royaumes (Kent, Wessex, Essex, Sussex, Mercie, East Anglie et Northumbrie). Vers 596-
597, les Anglo-Saxons se convertissent au christianisme.
Puis, les invasions danoises commencent vers la fin du VIII ème siècle et dureront jusqu'à la mi
XIème siècle.
Ensuite, la menace des Vikings devenant constante, il faut unifier les différents royaumes
Saxons et instaurer des divisions administratives plus faciles à contrôler, et à partir du X ème
siècle, on parle de "roi de toute l'Angleterre".

La crainte des Danois et des Vikings ont poussé les souverains à multiplier les fondations pour
constituer un réseau de places fortifiées (tous les 30 km). La fin des incursions Vikings se situe
en 1066 à la bataille d'Hastings. Le roi d'Angleterre Edouard (1042-1066) est mort sans héritier,
la couronne est revendiquée par le norvégien Harold Hardraada, le comte Saxon Harold de
Wessex et le duc de Normandie Guillaume le conquérant, ascendant Viking et cousin au 2 ème

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degré du roi Edouard. Les Norvégiens sont battus par les Saxons. Puis le duc de Normandie
Guillaume le Conquérant affronte le roi saxe Harold à Hastings et le tue d'une flèche dans l'oeil :
cette victoire des normands est brodée sur la fameuse tapisserie de Bayeux brodée par la reine
Mathilde, épouse de Guillaume. Guillaume est couronné roi d'Angleterre dans l' Abbaye de
Westminster le jour de Noël : c'est la fin de l'Angleterre saxonne !

LA DYNASTIE ANGLO-NORMANDE (1066 - 1154)

Les nobles Saxons sont expropriés et leurs terres données aux chevaliers normands qui ont
accompagné Guillaume. Ils constituent la nouvelle aristocratie ! Eglises et cathédrales romanes
remplacent les édifices saxons, les sièges épiscopaux et les bénéfices religieux sont données
aux Normands, méprisant la population autochtone, ses croyances et ses saints. L'Angleterre
devient un pays où cohabitent, plus que ne se mêlent, deux populations distinctes et
sourdement hostiles : la masse des Saxons (1,5 à 2 Millions) et les Normands, à peine 10.000.
Guillaume le Conquérant meurt en 1087. Ses successeurs Guillaume II le Rouge (1087-1100),
Henri 1er (1100-1135) ont du mal à préserver l'union de la Normandie et de l'Angleterre. A la mort
d'Henri 1er en 1135, sa fille Mathilde (veuve de l'empereur allemand Henri V) doit disputer la
couronne à Etienne de Blois, neveu du roi défunt. S'ensuit une guerre civile jusqu'en 1152 à la
faveur d'un compromis, la couronne reviendrait au fils de Mathilde et de son second mari, le
comte d'Anjou Geoffroy Plantagénêt. Deux ans plus tard, Henri Plantagénêt devient roi sous le
nom de Henri II Plantagénêt, avec qui débutera la dynastie anglo-angevine.

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LA DYNASTIE ANGLO-ANGEVINE (1154 - 1399)

En moins de dix ans, Henri II Plantagenêt (1154-1189) devient l'homme le plus puissant de la
chrétienté. Fils de Geoffroy Comte d'Anjou et de l'Impératrice Mathilde, son père lui cède en
1149 le duché de Normandie. A sa mort l'année suivante, il hérite du Maine, de la Touraine et de
l'Anjou. En 1152, il épouse Aliénor d'Aquitaine, divorcée du roi de France Louis VII, et apporte
ses principautés du quart Ouest de la France : Poitou, Aquitaine, Gascogne, Auvergne. De plus,
son accession au trône d'Angleterre étend ses possessions outre-Manche. Il a reçu l'Angleterre
par sa mère, mais était avant tout un prince français né dans le royaume de France, parlant le
français et consacrant beaucoup de son temps à ses provinces françaises (21 ans sur 34 de
règne).
C'est au XII - XIII siècle qu'un droit unique et centralisé s'affirme définitivement sur les coutumes
locales : c'est la "Loi Commune" (the Common Law).

Lors de la dynastie des Plantagenêts, le roi de France Louis VII et Philippe Auguste décident de
ramener à l'obéissance leurs vassaux récalcitrants. Charles IV de France meurt sans héritier :
deux prétendants se font face : Philippe Valois, cousin germain du roi défunt, Edouard III (1327-
1377) tout juste monté sur le trône d'Angleterre, neveu de Charles IV par sa mère Isabelle de
France, fille de Philippe Le Bel.
La noblesse française réunie a préféré le Valois à l'anglais, invoquant la "Loi Salique" (qui
remonte aux Francs Saliens -au nord des Pays-Bas- Clovis, excluant les femmes dans
l'accession au trône).

Edouard III souhaite obtenir la possession en pleine souveraineté de l'Aquitaine. Philippe VI de
Valois ne peut l'accepter. Edouard III est donc poussé à entrer en guerre pour protéger les villes
drapières flamandes sur lesquelles les français ont des visées : ces villes constituent le
débouché principal des exportations de laine anglaise et les négociants londoniens ont tout
intérêt à ce que ces villes restent indépendantes.
Et c'est le début de la guerre de Cent Ans !

Les guerres entre Plantagénêt et Capétiens n'ont fait que renforcer le caractère "anglais" de la
monarchie anglo-angevine.

La Guerre de Cent Ans (1337 – 1453)
Evincé de la succession à la couronne de France, Edouard III déclenche la guerre de Cent Ans.
En 1347, il prend Calais (épisode des Bourgeois de Calais). Son fils aîné, le prince de Galles et
d'Aquitaine, dénommé le "Prince Noir" (en raison de la couleur du vêtement qui recouvre son
armure) est de son vivant un véritable héros de légende, le meilleur chef de guerre de son
temps et un seigneur fastueux. Il tient à Bordeaux une cour brillante où sont cultivées toutes les
vertus de la Chevalerie.

On distingue quatre phases de ce conflit qui sont en fait de courtes campagnes (des
« chevauchées ») entrecoupées de longues périodes de trêve :
- La guerre commence en 1337, mais Edouard III attend trois ans pour prendre le titre de roi
de France : c’était donc un prétexte plus qu’ une raison de fond. Il y a eu de lourdes défaites
françaises : des batailles de Crécy 1346 et de Poitiers 1356 où le roi Jean le Bon est fait

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prisonnier. Calais tombe aux mains des Anglais en 1347. En 1360, par le traité de Brétigny,
Edouard III renonce à la couronne de France et reçoit en échange le Poitou, la Saintonge, le
Quercy, le Rouergue et la Gascogne en pleine souveraineté. La trêve dure neuf ans. Puis les
hostilités reprennent.
- Menés par le connétable Bertrand Du Guesclin, les Français récupèrent les provinces
situées entre la Loire et la Gironde. Finalement Richard III (1377-1399) préfère signer la paix
avec la France en 1396. Une nouvelle trêve de 28 ans s’ensuit.
- La troisième phase est très rapide et met la France à deux doigts de la ruine. Profitant de la
guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons qui affaiblissent le royaume, Henri IV
d’Angleterre (1413-1422) débarque en France et remporte une grande victoire à la bataille
d’Azincourt en 1415. Allié aux Bourguignons, il impose le traité de Troyes (1420) où il est
nommé Régent de France et futur héritier de Charles VI, roi fou, au détriment du Dauphin
futur Charles VII qui doit se réfugier à Bourges. En pratique, une double monarchie
s’instaure en vue d’une fusion des deux royaumes. Il n’en est rien : en moins de 25 ans
(1429-1453) les Anglais sont chassé de France. Les campagnes de Jeanne d’arc (1429-
1431) sont les préliminaires, puis la Gascogne est reprise en 1442, puis l’Anjou, le Maine, la
Basse-Normandie et le Cotentin (1448-1449) et en 1453 la Guyenne. Seule la ville de Calais
demeure pour un siècle encore anglaise qui est l’ultime tête de pont des Anglais sur le
continent.
- Edouard IV d’York (1471-1483) reprend les armes en 1474 et 1475, mais Louis XI parvient
sans mal à acheter sont départ par le traité de Picquigny (1475).

Les guerres entre Plantagenêt et Capétiens ont accentué irréversiblement le caractère
« anglais » et insulaire de la monarchie anglaise. La perte de la Normandie et de l’Anjou déplace
le centre de gravité de l’empire vers les îles britanniques. La conquête du Pays de Galles
s’achève en 1282. Logiquement l’étape suivante est de soumettre l’Ecosse : leur roi John Balliol
(1292-1296) dénonce en 1293 le sermon d’allégeance prêté à Edouard 1er (1272-1307) qui
s’attribue la couronne d’Ecosse. les écossais multiplient les incursions sur le sol anglais.
Edouard II se met alors en campagne en 1314 et est battu par Robert 1er Bruce (1306-1329).
L’indépendance du pays est sauve et le jeune roi d’Angleterre Edouard III la reconnaît par le
traité d’Edinbourg en 1328. Les Ecossais cherchent à se prémunir en s’alliant avec la France.
C’est le début de la « vieille Alliance » (Auld Alliance) qui perdurera jusqu’à l’union de
l’Angleterre et de l’Ecosse en 1707 et se traduira pas l’intervention des Ecossais au côté de la
France au cours de la guerre de Cent Ans. Dés lors, un état de guerre plus ou moins permanent
s’instaure entre les deux pays jusqu’à la défaite de Jacques IV (1488-0513) face aux troupes
anglaises à Flodden en 1513.

L’Irlande sera également difficile à contrôler. Elle n’avait vécu qu’une demi conquête, et l’autorité
des rois d’Angleterre n’allait qu’à la région de Dublin (le Pale) et était représenté au XIVème
siècle à Londres par un Lord-Deputy vivant à Londres. Il avait en charge l’administration de la
justice suprême , le commandement des troupes et la direction de l’administration : il pouvait
aussi réunir un Conseil et un Parlement. Au XVème siècle naît un mouvement séparatiste anglo-
irlandais et en 1460 au Parlement une résolution est votée déclarant que l’Irlande doit
s’administrer elle-même. La situation devient de plus en plus confuse et les tentatives de reprise
en main s’avèreront vaines jusqu’au règne de Henri VII (1485-1509).

Les crises du XVème siècle
Monté sur le trône en 1422 à l’âge de 9 mois, Henri VI, fin lettré, doux et religieux, ne peut
empêcher les Français de reprendre une à une ses possessions continentales et la perte de la
Gascogne en 1453 le plonge dans la démence. Richard duc d’York se proclame immédiatement
Régent, en dépit de l’opposition de la reine Marguerite d’Anjou. La bataille de Saint Albans en

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1455 marque le début de la guerre des Deux Roses (emblème rose rouge pou les York et
emblème rose blanche pour les Lancastre). En 1461, Edouard d’York entre dans Londres
qu’Henri VI avait fui et se proclame roi, sous le nom d’Edouard IV. Il s’aliène rapidement les
nobles qui l’avaient soutenu, dont le puissant comte de Warwick. Par un soudain re nversement
d’alliances, le comte de Warwick passe du côté des Lancastre et remet sur le trône Henri IV en
1470, désormais totalement fou. En fait, Warwick assure l’essentiel du pouvoir. Edouard IV
d’York qui avait fui en Hollande, contre attaque rapidement et sort vainqueur des batailles de
Barnet et de Tewkesbury. Les Lancastre y perdent leurs hommes de tête, Warwick lui-même et
Edouard de Lancastre, seul enfant de Henri VI. Edouard IV remonte sur le trône et fait exécuter
son rival. A sa mort en 1483, son fils Edouard V, 12 ans, monte sur le trône. Son oncle paternel
Richard de Gloucester le fait étrangler, lui et son frère, dans la Tour de Londres, et se proclame
roi sous le nom de Richard III (1483-1485). Deux ans plus tard, dernière bataille des Deux
Roses, Henri Tudor (apparenté aux Lancastre : issu d’une union illégitime entre Catherine de
France, veuve de Henri V, et un officier gallois de sa garde, Owen Tudor) débarque au pays de
Galles, lève une armée et affronte à Bosworth Richard III qui y trouve la mort. Henri Tudor
devient roi sous le nom de Henri VII, épouse Elisabeth d’York et réalise ainsi l’union des deux
familles. La guerre des Deux Roses avait éliminé beaucoup de jeunes hommes de l’aristocratie
anglaise. La grande noblesse décimée, la monarchie pouvait renaître de ses ruines.

L’économie manoriale et la société anglaise au Moyen-Age
Dés l’époque saxonne, les souverains avaient concédé de larges domaines aux nobles et leur
avaient délégué une partie de leurs pouvoirs administratifs et judiciaires. En retour, ils exigeaient
leur obéissance et leur aide en cas de besoin. La conquête normande ne modifie pas cet édifice,
la féodalité étant commune à toute l’Europe.

Au Parlement étaient représentés :
- Le haut clergé et la noblesse (Lords spirituels et temporels), dans une Chambre haute,
- Le reste de la population (« commons » = les communs), dans une Chambre basse.

La noblesse était composée :
- Au sommet du groupe très fermé des grands féodaux (la nobility), environ 250 familles,
- En dessous, la « seconde noblesse » ou « gentry » : des seigneurs terriens de moindre
envergure jusqu’à la multitude des chevaliers (knights et squires). On y trouvait des cadets
appauvris de la grande noblesse, des universitaires et des hommes de robe pour qui le
service du roi a permit une ascension sociale.

Les nobles étaient avant tout des propriétaires fonciers qui assuraient leur domination
économique et sociale. Ils avaient reçu leurs domaines (ou fiefs) directement du roi en échange
de services précis (conseil, ost et aide financière). Leurs possessions étaient la plupart du temps
dispersées aux quatre coins de l’Angleterre afin d’éviter une trop grande concentration de
puissance entre les mains de quelques barons. A l’intérieur de leur domaine, ils concédaient des
fiefs plus ou moins étendus à des nobles de moindre rang qui devenaient leurs vassaux. Le
processus était reproduit en chaîne jusqu’au niveau du manoir qui était véritablement la cellule
de base de l’édifice social. Toute terre était cependant bien-fonds du roi, qui avait pris soin de se
maintenir au sommet de la hiérarchie féodale.

Le manoir : c’est la demeure d’un seigneur ordinaire (du latin « manere » = demeurer, puis
« manor » en anglais), intermédiaire entre la maison paysanne et le château fort. Cette demeure
se trouvait au centre d’un domaine foncier où vivaient des paysans qui tenaient leur terre du
seigneur en échange de leur soumission à son autorité et sa juridiction. A la fin du XIème siècle,

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ce mot est utilisé comme un terme technique désignant une unité économique et sociale. Autour
de la demeure du seigneur, le manoir type comprend le domaine ou « réserve » qui lui
appartient en propre, et dont l’exploitation fournit ce qui est nécessaire à sa subsistance et à
celle des siens, et des parcelles en plus ou moins grand nombre concédés à des tenanciers en
échange d’un revenu annuel sous forme de rentes diverses. Ils devaient également un certains
nombre de journées de travail gratuites sur la réserve : c’était la corvée. La propriété de la terre
impliquait des droits sur les hommes, droit de justice sur les tenanciers.
En revanche, la dispersion géographique des fiefs faisait qu’aucun noble ne pouvait s’attribuer la
seigneurie banale c’est-à-dire le droit de commander en lieu et place du souverain. A la
différence de ce qui pouvait se passer en France, les possessions des nobles n’ont jamais
constituer de principautés indépendantes susceptibles de devenir un Etat dans l’Etat.
L’Institution manoriale la plus typique se trouve dans les riches plaines du Sud-Est de
l’Angleterre. Les régions de collines ne favorisent guère l’établissement de grands domaines.
Dans les manoirs appartenant à des ordres religieux, la répartition entre réserve et tenure variait
selon la règle de la communauté religieuse. Quant à la très petite noblesse, elle vivait du seul
produit de ses terres. Elle était particulièrement sensible aux retournements de la conjoncture, et
une pétition au Parlement de 1368 exprime les doléances de ces « chevaliers-cultivateurs » qui
« vivent par geynerie de leur terre.. ».
Dans la société manoriale, les hommes libres (freemen ou sokemen) devaient fidélité à leur
seigneur et ne pouvait la transférer à un autre. Ils devaient lui payer le loyer (cens) de leur terre
et en échange de sa protection, lui venir en aide en cas de nécessité. C’était à lui qu’ils devaient
demander justice. Mais ils étaient libres et pouvaient vendre leur terre. Le nouveau Sokeman
remplaçant l’ancien dans ses devoirs envers le seigneur. Les hommes libres représentent la
moitié de la population du Lincolnshire, le tiers dans le Nottinghamshire et le Leicestershire,
mais pas plus de 20% dans les autres comtés.
Les non-libres constituent donc dans la plupart des cas la très grande majorité de la population.
Les Saxons avaient perpétué la pratique de l’esclavage que les Normands ont assimilés au
servage tel qu'il était en vigueur sur le continent.
Après la conquête normande, on voit apparaître la catégorie des « vilains » (villeins, bordars,
cottars) entre hommes libres et esclaves. Ils étaient attachés à la terre mais ne pouvaient ni en
disposer comme bon leur semblerait, ni quitter le domaine manorial. Le seigneur pouvait les
vendre avec leur famille, au même titre que le bétail qui paissait sur ces terres.

Dans une société rurale à 90%, le village, rassemblé autour de son église, est le cadre naturel
de la vie quotidienne. La ville se reconnaît à ses murailles. La différence entre une ville et un
bourg (ou une cité) réside dans la possession par ce dernier d’une chartre octroyée par le roi ou
le seigneur sur les terres duquel il est situé. C’est la charte ou plutôt les franchises accordées
aux nouveaux bourgeois qui attiraient les nouveaux habitants et faisaient la fortune du lieu.

Les chartes urbaines comprenaient des privilèges de 3 ordres :
- Les habitants bénéficiaient pour leur propriétés foncières de la « tenure » bourgeoise » qui
était une tenure libre.
- La ville bénéficiait de libertés quant à l’administration municipale, avait la possibilité de fixer
l’assiette des impôts et de procéder à leur collecte et la liberté d’instaurer une foire ou un
marché. En bref, la ville a le pouvoir de s’administrer elle-même.
- Les bourgeois avaient le droit de constituer une association ou guilde des marchands, qui
recevait le monopole de commercer dans la ville et était chargée de veiller à son respect.

La ville est d’abord un marché où les paysans viennent échanger leurs produits avec les
artisans. Cela se passait sur le parvis de l’église, au cœur de la ville, attestant ainsi l’importance
du commerce dans l’économie urbaine, à tel point que même si les certaines villes n’avaient pas

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été élevées au rang de bourg, elles avaient néanmoins reçu par charte le privilège de tenir un
marché ou une foire. Les villes-marchés (market towns) constitutaient la base de l’armature
urbaine anglaise.
Cette reconnaissance du commerce favorise la diversification : draperie, tannerie ; travail du
verre, du plomb, de l’étain et des métaux précieux. En fait, seule la draperie, dû à une énorme
production lainière, était en mesure de rivaliser avec les réalisations européennes. Londres
commence à être célèbre par son orfèvrerie, York, winchester et Coventry pour leur draperie,
Newcastle pour son charbon. Artisanat et commerce étaient entre les mains de guildes qui
regroupaient les marchands par métiers et exerçaient un strict monopole sur l’embauche, la
production et les prix. Leur réglementation était tellement stricte qu’à partir du XIIIème siècle une
délocalisation des activités artisanales, de textile surtout, des villes vers les campagnes où le
marché du travail était moins rigide et l main d’œuvre moins coûteuse. La richesse d’une ville
dépendait avant tout de ses activités artisanales et de leur potentiel commercial. Ce sont les
bourgeois qui détiennent le pouvoir politique de la ville. Le terme de « bourgeois » a cessé d’être
appliqué à tous les habitants d’un bourg, par opposition aux paysans, pour ne plus désigner que
l’élite marchande qui monopolise les différentes charges municipales. A la fin du Moyen Age,
celle élite s’est ouverte aux professions (apothicaires, juristes) ainsi qu’à des artisans enrichis.
Les autres, artisans, boutiquiers et leurs ouvriers salariés constituent le gros de la population
urbaine.
L’occupation du sol obéissait à une ségrégation sociale très rigide, aux traces encore visibles
dans le paysage urbain d’Angleterre. Nobles et bourgeois habitaient au centre de la ville, à
proximité de la cathédrale et du château, cœur à proprement parlé de la ville. Des ruelles en
rayonnaient, étroites, boueuses, tortueuses, mal pavées, comme on en rencontre encore dans
certaines villes anglaises. Les quartiers étaient socialement délimités, l’habitude voulant que l’on
regroupe les différents métiers en un même lieu, les activités les plus polluantes (tannerie) étant
cantonnées à la périphérie, les teinturiers qui avaient un grand besoin d’eau courante, étaient
situés en bordure de rivière. Les commerçants de la Hanse germanique (le Stalhof à Londres),
les juifs, avaient leurs propres quartiers.
Du point de vue commercial, l’Angleterre ne peut rivaliser avec les grandes cités italiennes, où
les foires de Champagne. Les anglais exportaient des céréales et de la laine vers la
Scandinavie, la draperie vers la Flandre.

En 1348, il y a eu la Peste Noire (Black Death), bubonique, transmise à l’homme par des puces
vivant sur des ras transportés dans les cales de navires en provenance de Chine, arrivant en
Italie en 1347. Tout le bassin méditerranéen est touché et la propagation dans toute l’Europe se
fait l’année suivante. En deux ans, le tiers de la population anglaise meurt.
En 1381, c’es la Révolte des Paysans que le courageux Richard II a personnellement mis fin, a
conduit petit à petit à la fin du servage. Les seigneurs préféraient effectivement louer à bail une
partie toujours plus grande de leurs domaines au détriment de leur réserve, et la crise
démographique aidant, ils se trouvent contraints d’offrir des conditions toujours plus
avantageuses à leurs tenanciers. La tenure servile disparaît progressivement et est remplacée
par la tenure sur titre (copyhold) et la tenure à bail (leashold), toutes deux synonymes de liberté.
En dépit du statut des Travailleurs (Statut of Labourers) voté en 1351 pour limiter les mobilités
d’une main-d’œuvre devenue trop rare, la société féodale est en train de disparaître, remplacée
par une société très mobile, hautement individualiste, fondée davantage sur la richesse que sur
le statut de naissance ou les liens du sang.
La peste noire et la récession qui s’ensuit dans toute l’Europe ne sont pas faîtes pour stimuler
les échanges. Les guerres civiles n’ont rien arrangé et les Anglais ont perdu partout des
marchés. De plus la compagnie des Marchands de l’Etape, 200 membres tous Anglais à
majorité Londoniens, a reçu d’Edouard IV le monopole du commerce de la laine avec la Flandre
et les Pays Bas, en échange de 40% de leurs bénéfices. Afin de pâtir le moins possible de la

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taxation royale, les marchands fixent un prix de vente très élevé, ce qui n’a pas manqué de
décourager certains acheteurs.
A partir du XVème siècle, les Anglais cherchent à être maîtres de leurs propres circuits
commerciaux, politiques que soutiendront d’ailleurs tous les souverains. Ainsi, Edouard IV
n’hésite pas à déclarer la guerre aux villes de la Hanse en 1468 sur leurs prétentions
d’exclusivité sur le commerce vers la Scandinavie et la Russie. Or ces régions étaient les
fournisseurs traditionnels de bois et de goudron (construction navale), de cendre et de potasse
(teinture draps de laine), de fourrures et de poisson séché (morue notamment qui tenait une
place essentielle dans l’alimentation du petit peuple).
Dés 1407, Edouard IV a crée la Compagnie des Marchands aventuriers (Merchant Adventurers)
qui a le monopole des exportations, sauf celui de la laine qui restait à l’Etape. En fait la plupart
ce ces marchands étaient Londoniens, ce qui suscitait des récriminations de la part des
négociants des autres villes, sous-représentés. Fin XVème siècle, les échanges reprennent. Ils
exportent des produits finis et semi-finis au lieu de matériaux bruts, et s’ouvrent à des marchés
nouveaux en Italie et au Levant, en plus de la Baltique et la Scandinavie.

L’Eglise
Comme dans le reste de l’Europe, les critiques contre l’Eglise se manifestent et en Angleterre
sous la double forme de l’anticléricalisme et de l’antipapisme.
L’anticléricalisme résultait des insuffisances du clergé anglais à qui on reprochait de « mal
vivre » et surtout de « mal croire ».

Mal vivre tout d’abord : la richesse de l’Eglise choquait une société qui connaissait des périodes
de disette et ce d’autant plus qu’elle avait fait vœu de pauvreté. L’indiscipline régnait dans les
monastères. Suite aux grandes épidémies, certaines abbayes se retrouve à moitié vides, tel
Rielvaux où ne restaient que 26 moines, mais toujours entourés de 122 serviteurs. Le cumul des
bénéfices et l’absentéisme des prélats suscitaient l’indignation.

Mal croire : comme partout en Europe le niveau du bas clergé est très faible. Le haut clergé est
davantage occupé par ses tâches temporelles. Un sentiment national prend corps au XIVème
siècle qui débouche sur un antipapisme virulent. La supériorité spirituelle de l’évêque de Rome,
son autorité sur le clergé anglais est de moins en moins bien supporté. Les souverains, et
souvent le Parlement, affirment leur autorité sur le clergé séculier. Mais le clergé régulier relève
du pape directement, ce qui est très vu des Anglais car donne à Rome un moyen d’ingérence
non négligeable.
A la fin du XVème siècle, le chef de l’Eglise est surtout considéré comme un lointain souverain
étranger qui prélève indûment une partie de la richesse nationale à un moment où celle-ci est
réduite. Ces sentiments ont été exprimés dans la prédication de John Wyclif, docteur en
théologie en 1330 et professeur à Oxford. Il a rédigé des ouvrages dans lesquels il critique les
activités temporelles de l’Eglise (De Ecclesia) s’attaque à l’autorité papale (De Potestate Papae)
et fait la lecture littérale de la Bible par tous les fidèles l’acte de foi suprême (De Veritate Sacrae
Scripturae) en incorpore de longues traductions dans ses ouvrages. Surtout, il rejète le dogme
de la transsubstantiation 1 . Ses thèses sont condamnées tant par Rome que par l’Eglise
anglaise lors du synode de Londres de 1382. Il n’a pas quitté l’Eglise et malgré leur
condamnation, ses thèses ont connu un vif succès. En 1401, un statut déclare les Lollards 2
(disciples de Wyclif) d’hérétiques, passibles du bûcher. Des pétitions directement inspirées de
leur thèses ont été remises par les Communes lors des Parlements de 1404 et 1410. L’une
d’elle demandait la dépossession de l’Eglise de toutes ses richesses. En 1414 et 1431, deux
1
Lors de la communion des fidèles, le pain et le vin qui leur est donné se transforment réellement, et non
pas symboliquement, en chair et en sang du Christ. C’est un des dogmes fondamentaux du christianisme.
2
Lollard vient de l’allemand « lollen » = prêcher en chantant.

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soulèvements lollards ont été écrasés, après quoi ils n’ont plus eu d’influence dans les milieux
populaires mais sans jamais disparaître totalement. En 1450 l’évêque de Chichester Reginald
Pecock est amené à rédiger plusieurs traités réfutant ces croyances qu’il sentait toujours
présentes et pensait même à une recrudescence. A partir de 1490 le lollardisme, cette secte
clandestine, connaît une deuxième jeunesse et prépare dans une large mesure le terrain aux
idées luthériennes qui arriveront dans les années 1520 du continent.
Il faut souligner que dans un premier temps, l’Eglise anglaise à la différence des Eglises du
continent, ne cherche pas à réformer les abus les plus criants. Le doyen de la cathédrale Saint-
Paul, John Colet, dénonce en 1512 la manière séculière et mondaine de vivre du clergé.
Erasme à cette époque séjourne trois fois en Angleterre et professe à Oxford et à Cambridge.
Ses idées de morale et de stricte observance des principes de l’Evangile on été largement
répandue dans la société anglaise cultivée, jusqu’au roi Henri VIII, un de ses auditeurs attentifs.
En 1516, Thomas MORE décrit dans son UTOPIA une société idéale reposant sur le déisme et
la tolérance religieuse. Erasme, More, Colet (qui a refondé l’Ecole Saint-Paul aujourd’hui encore
l’une des neuf meilleures grandes Public School d’Angleterre) et John Fischer, chancelier de
l’université de Cambridge qui a fait venir Erasme, ainsi que d’autres humanistes anglais ont
contribué à la transformation des mentalités en cette période charnière. Le luthéranisme est
introduit en Angleterre en 1519-1520 par des négociants qui s’étaient convertis en Allemagne et
aux Pays-Bas. Il pénètre ensuite l’université de Cambridge à tel point qu’elle est surnommée
« la petite Allemagne » (Little Germany). Les points communs entre le lollardisme et le
luthéranisme contribuent à sa popularisation. Henri VIII sent qu’il doit sévir : des ouvrages de
Luther sont détruits à Cambridge et le statut de 1401 condamnant les hérétiques au bûcher est
remis en vigueur. L’ampleur de l’anticléricalisme et plus encore de l’antipapisme était importante.
Ces idées étaient dans l’air du temps, mais faute d’un catalyseur, elles ne peuvent pas encore
se réaliser. La Réforme ne peut débuter qu’avec la crise dynastique et en particulier la question
du divorce royal (Henri VIII et sa première épouse, Catherine d’Aragon) sous la Renaissance.

SOUS LA RENAISSANCE
Dynastie des Tudor 1485-1603

- 1485-1509 Henri VII Tudor, petit-fils de Henri VI, né en 1457.
Epouse Elisabeth d’York 1466-1503, fille d’Edouard IV, et réalise l’union des deux familles
Lancaster et York (fin de la guerre des « deux roses »).

- 1509-1547 Henri VIII, fils. Né en 1490.
1ère épouse Catherine d’Aragon, fiancée de son frère Arthur qui meurt. Ils ont 6 enfants dont
une seule survit, Marie Tudor, née en 1516. Il divorce pour avoir un héritier.
2ème épouse sa jeune maîtresse Anne Boleyn : une fille, la future Elisabeth 1ère.
3ème épouse Jane Seymour morte en donnant naissance au futur Edouard VI.
4ème épouse Anne de Clèves 1515-1557 divorcés en 1539
5ème épouse Catherine Howard 1522-1542
6ème épouse Catherine Parr 1512-1548
Conseiller : Thomas Cromwell !

- 1547-1553 Edouard VI, fils, né en 1537. Non marié.

- 1553-1558 Marie 1ère Tudor, surnommée « Bloody Mary », demi-sœur. Sa mère est
Catherine d’Aragon, tante de Charles Quint. Elle épouse Philippe II d’Espagne, fils de

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Charles Quint (son petit cousin) qui vivait en Espagne et qui n’a vu son épouse en tout et
pour tout 18 mois ! Ils n’ont pas d’enfant.

- 1558-1603 Elisabeth 1ère, demi-sœur, née en 1533 (sa mère est Anne Boleyn). Elle ne
s’est jamais mariée et fut surnommée « la reine vierge » !

Le nom de la dynastie Tudor est lié à la Réforme religieuse entreprise par Henri VIII à partir de
1534 et ce malgré lui, et sans réaliser la portée de son geste. Leur œuvre réformatrice qui
s’exerce dans tous les domaines et en 1558, à l’accession au trône d’Elisabeth 1ère, dernière
héritière d’Henri VIII, l’Angleterre est véritablement entrée dans l’ère de la modernité.

Entre 1485 et 1529, c’est la remise en ordre du royaume. Il fallait d’abord affranchir la monarchie
de la tutelle des nobles :

- les batailles de la guerre des Deux-Roses (York contre Lancastre) et les exécutions
perpétrées lors de la répression de chaque soulèvement yorkiste avait facilité la tâche de la
nouvelle dynastie.
- La mauvaise conjoncture économique avait amputé les grands barons de la moitié de leurs
revenus fonciers entre 1420 et 1480.
- Henri VII, puis son fils Henri VIII se sont montrés prudents dans la création de nouveaux
pairs (un seul sous Henri VII) et ont pu tenir la « nobility » par la bride.
- Les armées privées sont interdites.
- Création d’une cour suprême de justice, la « Star Chamber » (la chambre étoilée) permet de
juger rapidement et sans appel les nobles reconnus coupables d’attentats contre la paix
publique.
- Pour contrebalancer l’influence envahissante des Grands au sein du Conseil Privé, Henri VII
choisit de s’appuyer sur des hommes de moindre rang, dont il s’attache la fidélité en
assurant leur carrière. Henri VIII fait de même.
Ainsi, Thomas Wolsey, d’un milieu modeste (père boucher) devient chapelier de Henri VII.
Henri VIII en fait son aumônier en 1515. Parvenu à un rang de principal ministre, il relègue le
conseil à un rôle secondaire. Entre temps, il gravit les échelons de la hiérarchie
ecclésiastique : à la fois abbé de Saint Albans, évêque de Lincoln, archevêque d’York, il
devient cardinal en 1515 et reçoit le titre de légat du pape. Il échoue à obtenir le divorce de
Henri VIII, ce qui met fin au contrôle qu’il exerce sur l’Eglise et sur l’Etat.

Le Parlement est de moins en moins convoqué : sous Henri VII, 10 sessions dans la 1ère
partie de son règne (12 années les plus difficiles), 1 sou la seconde partie. Sous Henri VIII, 5
convocations avant le début de al Réforme, puis 21 par la suite, en 1523 et 1529.
A cette volonté de se passer du Parlement, il y a le désir d’assurer l’indépendance financière
de la monarchie. Le domaine royal s’agrandit des terres confisquées aux seigneurs indocile ,
est mieux administré et la reprise des activités commerciales renfloue le trésor royal par le
biais des droits de douane. C’est au début du XVIème siècle que le « JP » (Justicers of
Peace = Justicier de la Paix) devient le rouage essentiel de l’administration des comtés, en
faveur de l’effacement de la Grande Noblesse.
Au début du XVIème siècle, on en compte 700, agents du pouvoir central qui en fait n’étaient
pas des professionnels du droit, issus de la « Gentry », seul leur rang leur donnait l’aptitude
à gouverner…

Les deux premiers Tudor ont eu à cœur de renforcer l’autorité anglaise et d’aller vers
l’unification des îles britanniques :

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- Henri VII renoue avec la tradition et donne à son fils aîné, le prince Arthur, le titre de Prince
de Galles. Sous Henri VIII, le Conseil des Marches œuvre pour l’harmonisation des
coutumes galloises avec celles de l’Angleterre. Son intégration définitive a lieu en 1543.
- L’Irlande est plus réfractaire au nouveau pouvoir. Henri VII impose la législation anglaise et
subordonne la réunion du Parlement de Dublin à autorisation royale. Henri VIII après avoir
maté une révolte en 1534 prend le titre de roi d’Irlande en 1541.
- Seule l’Ecosse a réussi à préserver son indépendance. Tout au long du XVème siècle, la
dynastie des Stuart en place depuis 1404 a réussi à s’imposer face aux nobles. Jacques IV
Stuart est sur le trône depuis 1488 en même temps que Henri VII Tudor qui lui donne sa fille
Margaret en mariage en 1502. Jacques IV entre en campagne contre son beau frère qui se
termine par le désastre de Flodden où toute la noblesse écossaise trouve la mort au côté du
roi. Le contentieux anglo-écossais est suspendu durant une génération.

La réforme religieuse 1529-1534
En 1529, Henri VIII s’engage dans un conflit avec Rome qui dépasse ses intentions initiales.
En dépit de la crise religieuse qui connaît l’Eglise anglaise de puis le XIVème siècle, la
cause directe de la rupture est dynastique avec d’être religieuse. En 1510, Henri VIII épouse
Catherine d’Aragon (tante de Charles Quint) fiancée de son frère Arthur qui meurt. Des six
enfants conçus, seule la princesse Marie née en 1516, survit. Les années passant, sans
autres chances d’avoir un héritier, Henri VIII chercher à casser son mariage qui mettait la
succession des Tudor en question. Pour épouser sa jeune maîtresse Anne Boleyn, une
demande d’annulation est déposée auprès du Pape Clément VII qui considère qu’épouser la
femme de son frère relève de l’inceste. Mais Catherine d’Aragon est la tante de Charles
Quint et le pape ne veut pas s’attirer les foudres du plus puissant souverain de la chrétienté
et refuse l’annulation. cette humiliation à Henri VIII ne contribue pas à dissiper l’antipapisme
largement répandu dans la population. La rupture avec Rome est progressive :le roi
demande au Parlement de mettre un terme aux « abus » ecclésiastiques les plus flagrants
(cumul des bénéfices, non-résidence des évêques…) en 1531, le clergé réuni dans les
Convocations de Cantorbéry et de York reconnaît Henri VIII « chef Suprême de l’Eglise
anglaise autant que la loi du christ le permet ». Ce qui ne ferme pas la porte à un
arrangement possible avec le Pape. En 1532, une loi pour la soumission du clergé (Act for
the Submission of the Clergy) officialise le droit de regard du roi sur la législation
ecclésiastique, en vue de son divorce. En 1533, le Parlement annule le mariage et Anne
Boleyn devient reine d’Angleterre le mois suivant. En septembre, elle met au monde une
fille, la princesse Elisabeth. Le Pape excommunie Henri VIII en 1534, ce qui précipite les
évènements. La publication de toue document pontifical est interdite en Angleterre et les
écrits protestants ne sont plus « hérétiques ». Les bénéfices ecclésiastiques restent
désormais en Angleterre. L’Acte de Succession écartait la princesse Marie au profit des
enfants du second mariage. Les sujets du roi doivent s’engager par serment à respecter ces
nouvelles dispositions sous peine d’être déclarés coupables de trahison. Surtout l’Acte de
Suprématie (Act of Spremacy) fait du souverain le chef d’une Eglise non plus « anglaise »
mais « d’Angleterre ». le but est d’établir une Eglise « nationale ». Les aspects doctrinaux
sont totalement laissés de côté, Henri VIII voulait maintenir une stricte orthodoxie face aux
idées luthériennes qui gagnaient du terrain.
Fin de l’année 1534, la Réforme henricienne est effectuée. Toutefois les forces qu’il avait
mises en mouvement ne peuvent se calmer aussi rapidement. Ses conseillers Cromwell et
Cranmer, le Parlement, ont des aspirations différentes. Thomas CROMWELL, self made
man, est entré au Conseil en 1531 et a grave un à un les échelons du pouvoir pour se voir
confier en 1535 la responsabilité des affaires Religieuses. Il prépare la suppression des
monastères (1536) et confisquent les terres pour les vendre, et surtout s’attache à préciser
la doctrine de la nouvelle Eglise. Influencé par le protestantisme, la confession de foi en dix

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articles de 1536 (Ten Articles of Faith) réduisent à trois les sacrements (baptême, eucharistie
et pénitence), et fait de la Bible l’autorité suprême de la foi. Cette Bible est traduite en
anglais pour que tous les fidèles puissent la comprendre et y avoir accès. En revanche,
l’épiscopat, le célibat des prêtres, les prières adressées aux Saints et tout le rituel catholique
sont maintenus. Allant dans le sens luthérien, deux ans plus tard, il impose au clergé la
lecture de la Bible en anglais et la doctrine du salut par la foi autorise le mariage des prêtres
et les pèlerinages, vénération des reliques et toute dévotion aux statues des saints et de la
vierge sont condamnés comme autant de « superstitions».
La disgrâce de Cromwell en 1540 laisse Thomas Cranmer seul maître d’œuvre de la
politique religieuse. Excellent théologien, il devient archevêque de Cantorbéry en 1533.
Henri VIII effrayé par les progrès du protestantisme, inquiet pour le salut de son âme alors
qu’il avance dans l’âge, amorce un retour au catholicisme et en 1543, le « Livre du Roi »
(King’s Book) rétablit les sept sacrements, le culte de la vierge et des saints, le célibat des
prêtres et interdit au petit peuple la lecture de la Bible en anglais.
La Réforme henricienne donne naissance à une Eglise restée catholique par le dogme mais
ne reconnaissant pas l’autorité du pape. Le conseil de régence institué par Henri VIII était
dominé par deux protestants convaincus, les ducs de Somerset et Northumberland, et
l’Eglise d’Angleterre évolue vers un protestantisme déclaré pendant le règne éphémère
d’Edouard VI . En effet, à sa mort, Henri VIII laisse le trône à son fils âgé de 9 ans, le futur
Edouard VI, issu de son troisième mariage avec Jane Seymour qui décède en mettant
l’enfant au monde.

Sous Edouard VI (1547-1553)
La parenthèse calviniste.
En dépit de leurs ambitions rivales, les protecteurs successifs du jeune roi, Somerset et
Northumberland partagent les mêmes convictions religieuses. A l’influence de Luther
s’ajoute celle de Jean Calvin qui entretient une correspondance régulière avec les deux
régents Thomas Cranmer et le roi lui-même. Les réformes s’enchaînent rapidement,
s’alignant dans le sens des thèses calvinistes. Cranmer commence par transformer la
liturgie en instaurant la communion sous les deux espèces3 et autorisant le mariage des
prêtres. En 1549, un premier Acte d’Uniformité (Act of Uniformity) impose la liturgie réformée
aux Gallois et aux Irlandais, tandis que le Livre de prière commune (Book of Commun
Prayer) simplifie le rituel. L’utilisation de l’anglais est obligatoire.
Somerset est remplacé par Northumberland à la suite du soulèvement de Cornouailles en
1549. L’orientation calviniste de l’Eglise se précise : toute ornementation « idolâtrique » doit
disparaître des lieux de culte, ainsi que tous les missels autres que le Book of Commun
Prayer, seconde mouture en 1552. La hiérarchie religieuse est simplifiée (restent évêques,
prêtres et diacres). Seuls subsistent les sacrements de la communion et du baptême , la
doctrine de la transsubstantation (= transformation effective du pain et vin en char et sang au
moment de al communion) est dondamnée.
L’élite protestante du continent vient s’installer en Angleterre persuadée de pouvoir s’y
réaliser. La mort d’Edouard VI en 1553 met fin à leur évolution. A sa mort en 1553, c’est sa
demi-sœur Marie Tudor qui lui succède.

Sous Marie Tudor (1553-1558)
3
Les protestants : communient tous sous les 2 espèces : le pain et le vin. Les catholiques : seul le prêtre
communie sous les 2 espèces. Les fidèles ne reçoivent que l’hostie.

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Sa sœur Marie, fille d’Henri VIII et Catherine d’Aragon, prend la couronne. Elle demeure
fidèle à la foi de sa mère catholique espagnole, monte sur le trône sans rencontrer
d’opposition parmi ses sujets et entreprend de ramener son peuple dans la voie du
catholicisme. En quelques mois, il est rétabli sans susciter de résistance parmi le peuple.
Les plus convaincus des protestants émigrent sur le continent. La mainmise de l’Etat sur
l’Eglise est un fait acquis.
Dés la deuxième année de son règne, « Marie la Sanglante » (Bloody Mary) désireuse
d’écarter sa demi-sœur Elisabeth de la succession en ayant un héritier, prend pour époux
un fervent catholique l’archiduc Philippe de Habsbourg, fils de Charles Quint, futur Philippe II
d’Espagne,(petit-neveu de sa mère). Cela ressemble à une provocation tant était vive la
xénophobie de son peuple. Le mariage a lieu en 1554, scellé par un traité où il n’es
nullement question de fusion des deux royaumes, ni même d’union des couronnes. Philippe
de Habsbourg ne sera que roi consort (jamais couronné roi d’Angleterre). Les enfants issus
du mariage seraient élevés dans la foi catholique.
En 1555, début des persécutions contre les hérétiques : 300 sont brûlés dont Thomas
Cranmer, Nicolas Ridey l’évêque de Londres, le théologien Hugh Latimer, jusqu’à Marie
Tudor qui est tuée en 1558. En 1558 également ce sera la chute de Calais qui revient à la
couronne de France de Louis XI.
Le mariage de Marie Tudor avec le fils du plus puissant souverain d’Occident ne pouvait pas
ne pas influencer la politique extérieure du pays. De fait, la Réforme anglaise suscite des
considérations religieuses dans le jeu diplomatique, au moment où toute l’Europe s’embrase
en guerres de religion.
On a vu que toute la diplomatie henricienne a dû intégrer un facteur supplémentaire de
nature religieuse. En épouse dévouée d’un Habsbourg, Marie Tudor4 choisit en 1557 de
s’engager à ses côtés dans la lutte contre les Valois. Elle perd en 1558 Calais, dernier
vestige de la présence anglaise sur le sol de France. L’événement a un énorme
retentissement et la reine meurt littéralement de chagrin dix mois plus tard. La perte de
Calais met définitivement fin aux rêves continentaux des anglais et les amènes par dépit à
s’intéresser à des horizons plus lointains.
Henri VII avait bien compris l’intérêt du commerce, par l’exemple tout proche de la richesse
des Pays-Bas. Compte tenu de l’importance des droits de douane dans les recettes propres
de la couronne, enrichir son royaume c’est s’enrichir lui-même. Tous les traités qu’il passe
avec les autres pays comprennent des clauses favorables aux marchands anglais et sa
politique commerciale privilégie les exportations et protège le marché intérieur de la
concurrence étrangère. Il édicte des lois de navigation en 1405 et 1489 (Navigation Acts)
interdisant de transporter les marchandises sur des navires autres qu’anglais. Un comptoir
est ouvert à Danzig (1491). En 1496, l’Intercursus Morgans accorde la liberté de commerce
totale et réciproque aux marchands anglais et hollandais : en peu de temps, un axe
commercial Londres-Anvers très florissant s’établit, et Anvers devient la principale
préoccupation des Anglais sur le continent pendant plus de cinq siècles.
Ce sont toutefois les Grandes Découvertes qui renouvellent radicalement les perspectives
s’ouvrant aux Anglais. La découverte du nouveau Monde en 1492 (Christophe Colomb)
passe inaperçu dans un premier temps. Puis, le basculement des grands axes économiques
de la Méditerranée vers l’Atlantique désenclave l’Angleterre qui du fait cesse d’être au bout
du monde et des trouve maintenant plutôt bien placé sur les nouveaux circuits commerciaux.

Sous Elisabeth 1ère (1558-1603)
4
Si Marie Tudor est sincèrement attachée à son époux, Philippe de Habsbourg n’avait réalisé qu’une
alliance politique. Devenu roi d’Espagne sous le nom de Philippe II en 1556, il y séjournait longuement, ne
passant en tout et pour tout que 18 mois auprès de sa femme et ne lui donnera aucun enfant.

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C’est sa demi-sœur Elisabeth 1ère qui succèdera à Marie Tudor. Elle hérite d’un royaume en
situation difficile, ne pouvant prétendre à rivaliser avec les deux grandes puissances du
moment : l’Espagne des Habsbourg et la France des Valois. Mais c’est là que l’Angleterre
peut commencer à exploiter ses potentialités !
Elisabeth 1ère (1558-1603) fascine beaucoup par sa condition de femme. A l’austère Marie
Tudor, succède une belle et jeune princesse très féminine, 2ème fille de Henri VIII et de Anne
Boleyn. Elle tient de son père sa physionomie, sa santé (elle meurt à 70 ans), son goût de
l’exercice physique, ses aptitudes intellectuelles. Elle reste célibataire, les prétendants
« luthériens » n’étant pas suffisamment prestigieux pour une reine d’Angleterre. Elle a refusé
tous les autres prétendants catholique (Philippe II d’Espagne, son beau-frère veuf de Marie
Tudor, les Valois Charles IX et Henri III, puis le dernier fils de Catherine de Médicis, François
d’Aragon). En désespoir de cause, il a fallu régler sa succession en 1601 reconnaissant les
droits à la couronne anglaise de Jacques VI d’Ecosse dont l’arrière-grand-père Jacques IV
avait épousé la sœur d’Henri VIII. Il deviendra Jacques 1er Stuart d’Angleterre et sera le
passage de la dynastie Tudor à celle des Stuart.

Le règlement religieux
Bien qu’élevée dans la foi protestante, la reine est elle-même peu religieuse. C’est pourquoi
« le règlement élisabéthain » (the Elizabethan Settlement) est avant tout le fruit de
considérations politiques. Elle héritait d’une situation complexe : sa demi-sœur Marie Tudor
avait rétabli un épiscopat catholique alors que le pays était divisé enter au nord les
catholiques, au Sud et à l’Est plutôt protestant. Le Parlement balançait entre des Communes
plutôt protestante et des Lords plutôt à nouveau catholique. L’accession au trône d’Elisabeth
suscite bien des espoirs parmi les Protestants et beaucoup d’exilés volontaires rentrent en
Angleterre. Si le maintien du catholicisme n’était pas envisageable, Elisabeth n’a guère plus
de sympathie pour le calvinisme, ayant bien compris qu’un engagement définitif dans ce
sens serait préjudiciable à l’autorité royale.
Le « règlement élisabéthain » est donc un compromis entre deux extrêmes. On rétablit le
« Livre de Prières » de 1552 et l’uniformité de nouveau imposée. En 1563, la plupart des
dogmes catholiques sont dénoncés comme des « superstitions ». On déniait l’autorité de
l’évêque de Rome sur le royaume d’Angleterre et on réaffirme celle du souverain. L’Ecriture
est proclamée unique source de foi, les sacrements réduits à deux (baptême et communion
sous les deux espèces). Le mariage des prêtres à nouveau autorisé. A côté de cette
orientation calviniste du dogme, la liturgie reste influencée par le catholicisme (la pompe du
service religieux, la hiérarchie épiscopale). La quasi-totalité du corps épiscopal est épuré
mais sans persécutions. L’Eglise d’Angleterre a alors acquis les caractéristiques qu’elle
conserve jusqu’à nos jours, en tentant de définir un juste milieu entre l’opposition et les
nécessités d’un « bon » gouvernement. Par la nature même des compromis, elle suscite des
déceptions. L’opposition émane des catholiques et des Puritains. La tolérance de la reine
envers les catholiques vers 1570 cesse. En 1569, un soulèvement des catholiques dans les
provinces du nord amène le Pape en 1570 à excommunier Elisabeth. Un complot visait à la
remplacer par sa cousine catholique, Marie Stuart5, reine d’Ecosse déchue, réfugiée en
Angleterre depuis 1568.
En 1574, l’arrivée clandestine de missionnaires jésuites amène le gouvernement à mettre en
place une législation excluant littéralement les catholiques de la communauté nationales,

5
Fille de Jacques V d’Ecosse, Marie Stuart avait épousé le roi de France François II en 1558 (fils d’Henri
II et de Catherine de Médicis) et a vécu 3 ans en France. Devenue veuve en 1560, elle rentre en Ecosse
au moment où le catholicisme se répand en Ecosse, sous l’action du prédicateur John Knox. Sa lutte
contre les Protestants se termine par sa fuite en Angleterre.

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d’autant que la guerre éclate avec l’Espagne en 1585 faisant d’eux de véritables ennemis de
l’intérieur.
Le « règlement élisabéthain » était également loin d’avoir satisfait tous les protestants. Les
Puritains (nouveau nom donné aux calvinistes) souhaitaient une liturgie anglicane plus
austère et disposaient du soutien de l’archevêque de Cantorbéry, Edmund Grindal, et du
théologien Thomas Cartwright à Cambridge. Les Puritains préconisaient le remplacement de
la hiérarchie épiscopale par une organisation presbytérienne à l’écossaise, reposant sur
l’égalité entre tous les ministres du culte lesquels doivent être élus par les « congrégations »
(communautés de fidèles). Les vingt dernières années du règne d’Elisabeth sont marquées
par la lutte mené par l’archevêque de Cantorbéry, John Whitgift contre le clergé suspect du
puritanisme. En 1593, un Acte promet la pendaison ou l’exil à quiconque refuserait de se
conformer à l’Eglise établie (d’où le non de « non-conformistes » qui commençait à être
donné aux Puritains) ou qui prendrait part à des assemblées religieuses non autorisées.
L’accession au trône de Jacques 1er suscite bien des espoirs chez les Puritains où plusieurs
centaines de pasteurs puritains encouragent le nouveau roi à procéder à une seconde
Réforme pour purifier l’Eglise de toutes ces scories papistes. Jacques 1er Stuart régnait
depuis 1567 sur une Ecosse dont ils admiraient l’organisation presbytérienne. Ils seront
rapidement déçus : les règnes des deux premiers Stuart (Jacques 1 er 1603-1625 et Charles
1er 1625-1649) voient l’exacerbation rapide des tensions religieuses… ce sera le XVIIème
siècle avec l’absolutisme STUART (1603-1640). ..

Elisabeth conservera dans un premier temps une bonne partie des conseillers qui avaient
servi Marie Tudor, puis elle se sépare en priorité des ecclésiastiques pour faire un
gouvernement exclusivement laïc. Elle prend comme secrétaire d’Etat William Cecil, élevé à
la paierie (baron Burghley) en 1571, et poussé en politique par Somerset, protecteur
d’Edouard VI. Il avait déjà occupé ce poste en 1550-1552 puis avait été contrôleur des biens
de la princesse Elisabeth. Son style de gouvernement repose sur un petit groupe de fidèles
recrutés parmi la grande noblesse londonienne, au détriment des magnats provinciaux. Le
clan des « Cecil » devient prépondérant et le fils de William Cecil, Robert, est nommé
secrétaire en 1596.
Ainsi soutenue, Elisabeth se consacre à la tâche délicate avec le Parlement qu’elle réunit
souvent pour régler les problème les religieux, remettre de l’ordre dans les finances,
l’assister dans sa politique anti-espagnole.
C’est une souveraine autoritaire qui ramène la paix religieuse et se dévoue au bien public.
Elle trouve un compromis entre le calvinisme et le catholicisme qui en satisfait pas tout le
monde. Le pape l’excommunie et un complot vis à la remplacer par sa cousine catholique
Marie Stuart, reine d’Ecosse déchue qui abdique en faveur de son fils Jacques âgé d’un an,
réfugiée en Angleterre depuis 1568. A sa mort en 1603, c’est donc Jacques VI Stuart
d’Ecosse qui lui succède et devient Jacques 1er d’Angleterre, et avec lui commence la
dynastie des Stuart. Là, on entre dans le XVIIème siècle…

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AU XVIIème SIECLE
La dynastie des Stuart 1603-1640

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