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L’ANTIQUITE

Au XIIème siècle avant JC, à la fin de l’âge du bronze, l’Italie centrale est dominée par deux siècles de civilisation dite « apennique », c’est-à-dire qui s’étend le long de la chaîne montagneuse des Apennins, qui vit d’élevage, de razzias sur les cultivateurs et éleveurs des plaines, habitant dans des cabanes et des cavernes, les morts sont inhumés dans des tombes en forme de dolmen. Du XIIème au Xème siècles avant JC, la Méditerranée orientale subit des bouleversements considérables de transition de l’âge du bronze vers l’âge du fer, appelé « subapennique » ou encore « protovillanovienne ». on trouve des nécropoles où sont enterrés les restes des défunts incinérés dans des urnes d terre cuite (c’est la « civilisation des champs d’urnes »). Ce mode d’inhumation, l’insinération, est dû aux migrations internes à l’Italie ou externe en provenance du Nord et de l’Est. a la même époque, des groupes humains arrivent de l’Egée et s’installent dans le Latium et en Etrurie. A partir du Xème siècle avant JC, l’Italie est divisée en deux grandes zones séparées par le Tibre. Au Nord et à l’Ouest du Tibre dominait la civilisation villanovienne. La culture villanovienne regroupe deux groupes de populations assez proches mais culturellement différentes : au Nord autour de Bologne et en Toscane et dans les environs de Rome. Ils s’établissent en Campanie au VIIIème s. av JC. Au Vième siècle avJC, des populations étrusques envahissent la Campanie et supplantent les Villanoviens (entre Florence et Rome) dans toute l’Italie centrale. La civilisation étrusque découle à la fois de l’héritage villanovien et d’influences grecques. L’historiographie antique attribue aux Etrusques la connaissance des techniques et des rites de fondation des cités qui obéissaient à des règles précises. Ils sont les fondateurs des premières villes italiennes : Populania, Tarquinia, Vernetulonia, Vulci, Caere et Véies qui sont des points stratégiques le long de la côte occidentale. Ils se déplacent ensuite vers l’intérieur des terres, occupant les sites villanoviens : Volsinii (Orvieto), Volaterrae (Volterra), Cortone, Arretium (Arezzo), Clusium (Chiusi), Perussia (Pérouse) et bien d’autres. elles sont construites selon un héritage de traditions grecques. Les rues disposées selon un plan orthogonal, principes qui seront repris plus tard par l’urbanisme romain. C’est par les tombes des Etrusques que nous connaissons leur civilisation et leurs productions artistiques. Les plus pauvres sont enterrés dans des fosses, les autres sont ensevelis dans des chambres funéraires, rassemblées et organisées en véritables « villes des morts » (nécropoles). Certaines sont des salles souterraines décorées de fresques représentant des scènes de la vie quotidienne, luxueusement décorées, contenant un important matériel de qualité (poteries, bijoux, objets métalliques…). Les tombes de Tarquinia (Vè-IIIè s. av JC) montrent d’extraordinaires peintures murales figurant des danses, des banquets, des scènes de chasse, de pêche et de courses de chevaux. Outre les fresques des tombes, de très belles peintures figurent également sur les vases. Une masse considérable de poterie sont importée de Grèce. Ils excellaient dans la production d’argile noir, aux parois brillantes, le « bucchero », typique des VII et VIème s. av JC. Ils imitent localement les vases grecs, géométriques, à figures noires ou rouges. Jusqu’à la fin du

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IVème s. av JC, les Etrusques travaillent très habilement le métal et produisent des objets ciselés (trépieds candélabres, miroirs…) . les bijoux d’or et d’argent sont très largement exportés. Les Etrusques sont de grands voyageurs et de bons commerçants. En Etrurie, la base de l’économie est l’agriculture, la pêche et la chasse. Ils exploitent le cuivre, le fer et la pierre de construction (le tuf volcanique, facile à travailler et résistant) qui suscite le développement du commerce et de la civilisation étrusque. La métallurgie est la clef principale de l’expansion économique étrusque au VIIème s. av JC. L’Etrurie est riche en minerais déjà exploité à l’époque villanovienne. Ils exportaient de l’étain et du plomb argentifère. Ils excellaient dans la fabrication d’objets en bronze qui s’exportaient jusqu’en Espagne, à Athènes, Carthage, en Angleterre, au Danemark, en Suède et par la Gaule à l’Allemagne du Sud et en Bohême. Mais l’essentiel de la puissance étrusque réside dans sa puissance maritime, tant militaire qu’économique. Les monarchies étrusques sont des aristocrates qui institutionnalisent la domination d’un clan. Elles exercent un pouvoir absolu dans les domaines politiques, religieux et militaire, héréditaire par les femmes. A la fin du VIème et milieu Vè s.av JC, la royauté se transforme en tyrannie qui suscite la révolte des groupes sociaux voulant s’emparer du pouvoir, soit essentiellement l’aristocratie traditionnelle ou la bourgeoisie marchande enrichie par le commerce. A partir du IVème s. av JC, il n’y aura plus que des républiques oligarchiques1. Dans l’exercice de ses charges, il y a une grande continuité familiale. Ce sont les mêmes familles – rivales entre elles mais attachées au système – qui perpétuent le pouvoir. Au début du VIème s. les Etrusques ont conquis l’essentiel du Latium et occupent Rome. Trois rois étrusques successifs règneront sur Rome : Tarquin l’Ancien (616-579), Servius Tullius (578-535) et Tarquin le Superbe (534-509). En 509, des nobles romains chassent Tarquin et proclament la République. C’est sous Tarquin l’Ancien qu’apparaissent les jeux, surtout les courses de chevaux qui se déroulaient au Circus Maximus. Servius est connu pour la réorganisation de l’Etat et de l’armée qui donne davantage de poids aux « classes moyennes » romaines. Il fait construire la première muraille de Rome. Tarquin le superbe fait construire le Capitole. Sous les rois étrusques, Rome se développe considérablement et devient une véritable ville culturellement avancée. L’industrie et le commerce commencent à y jouer un rôle important. Et la religion traditionnelle est largement étrusquisée. Même si Rome a subit la domination politique des Etrusques, elle a toutefois conservé son caractère latin, comme le prouvent les inscriptions, le maintien des institutions religieux et surtout la latinité, intacte après le départ des occupants. La défaite des Etrusques face aux Latins en 509 est le début du déclin étrusque. Les latins coupent leurs ville de Campanie du territoire toscan. Déjà leur contrôle de la mer Tyrrhénienne est sapé par la victoire « à la Pyrrhus » de la grande bataille de la mer de Sardaigne en 535. En 506, Aristodème vainqueur à Aricie bloque l’expansion des Etrusques dans le Sud de l’Italie en les empêchant de prendre Cumes. En 474, ils subissent une défaite navale infligée par Syracuse. Désormais le Latium n’est plus sûr et la route maritime non plus. Les liaisons entre Etrurie du Sud et Etrurie du Nord sont plus difficiles. En fin en 420 av JC, les Samnites mettent fin à la présence étrusque en Campanie en prenant Capoue puis Cumes. Dans l’Italie du Nord, les Etrusques sont progressivement chassés par des tribus celtiques et en 350 av JC, Felsina (Bologne) tombe. A cette époque, l’Etrurie elle-même est sur le point d’être conquise par les Romains. Cette conquête romaine se fait en trois étapes cruciales : 396 la prise de Véies, 308 la chute de Tarquina et en 264 Valsinii, dernière cité étrusque succombe à un siège. Le territoire des cités étrusques est confisqué et des colonies latines et romaines les remplacent. Certaines cités ou agglomérations conservent une population en majorité étrusque. Rome sait s’assurer en laissant leurs privilèges aux élites locales (dont certaines sont entrées au sénat) le contrôle des populations soumises ce qui amène la disparition de la langue et la fusion du peuple étrusque dans la communauté romaine.
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. OLIGARCHIE : commandement de quelques-uns. Régime politique dont la souveraineté appartient à un petit groupe de personnes de classe privilégiée et restreinte. Contraire = monarchie.

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Les Etrusque ont été proches de réussir la première unification de l’Italie. ils ont contribué à une notable évolution du pays en menant à bien le processus d’urbanisation, en accélérant les progrès économiques, en répandant l’alphabet grec et en influençant l’art, l’architecture, la construction et l’organisation politique. Ils sont été victimes de l’absence de cohésion entre les différentes cités, de leur mode de domination plus enclin à mettre sous le joug des populations qu’à les absorber, et peut-être aussi une certaine cruauté envers les peuples conquis que n’incite pas ces derniers à la soumission ou à la loyauté. Au contraire, des révoltes des couches les plus pauvres ont fragilisé le pouvoir étrusque. La place est libre pour les Romains ! ROME La longue et complexe histoire d’Italie sous l’Antiquité se divise en trois phases :
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De la fondation de Rome à 510 avJC : période des rois De 509 à 31 avJC : la République De 31 avJC à 476 apJC : le principat puis l’Empire. La fondation de Rome et la monarchie

La fondation de Rome remonte à 753 av JC. Plusieurs légendes la racontent (se souvenir de l’épisode de l’enlèvement des Sabines pour peupler Rome…). A cette période, on peut attester la présence d’un gouvernement monarchique où se succèdent les rois suivants :
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Numa Pompilius (715-713), sabin. Période stable pendant son règne. Il réorganise la religion : fonde le temple de Janus, dieu de la guerre. Il divise les fonctions sacerdotales et se donne une plus grande autonomie de pouvoir royal. Il organise le collège des Saliens. Il désigne un chef religieux chargé de veiller à l’accomplissement des rites et au maintien d’une certaine « orthodoxie»2 religieuse : le grand pontife – ou « pontifex maximus ». c’est sous Numa que la tradition de la piété romaine s’instaure et qu’est établi le calendrier. Tullus Hostilius (673-641), sabin. davantage tourné vers l’extérieur, il combat les Sabins, conquiert l’Albe la Longue et établit le contrôle de Rome sur les monts albains. Il force les habitants d’Albe la Longue à s’installer à Rome. Ancus Marcius (641-616), sabin. Il poursuit la lutte avec les latins.

Viennent ensuite les trois rois étrusques vus précédemment : Tarquin l’Ancien (616-579) Servius Tullius (578-535) Tarquin le Superbe (534-509). A la fin du VIème siècle av JC, il existait un Etat romain qui affirmait sa domination sur les autres cités du Latium : Albe n’existe plus car ses habitants ont été transféré à Rome, les autres cités sont regroupées au sein d’une confédération latine, sous contrôle romain. Les cadres de la vie politique sont formés et la religion fondée. Mais le joug du dernier roi étrusque Tarquin le Superbe mécontentent les Romains et en 509 av JC, Rome abolit la royauté. Cette « révolution » établit la république pour cinq siècles. La république romaine

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ORTHODOXIE : ensemble des doctrines, des opinions considérées vraies par l’Eglise et enseignées officiellement. Ensemble des principes, des usages traditionnellement admis.

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Au Vème s. av JC se déroule à Rome des luttes difficiles opposants patriciens et plébéiens, les deux classes constitutives de la société romaine. Leur antagonisme découle du déséquilibre trop fort entre les avantages politiques acquis par l’oligarchie et ceux concédés à la plèbe. En 494 av JC, la plèbe menace de fonder une autre ville que Rome, un contre-Etat, sur l’Aventin. ils établissent une assemblée séparée et élisent des tribuns. Les patriciens acceptent de reconnaître les tribuns, ces magistrats chargés de protéger la plèbe contre tout abus du pouvoir. Les tribuns ont le droit de veto sur les autres magistrats, sont inviolables dans leurs personnes et leurs biens, peuvent exercer un droit de sanction. Ils auront jusqu’à l’Empire un statut tout à fait particulier. Le pouvoir de la plèbe, ainsi institutionnalisé va s’affirmer. Malgré le terrible sac de Rome en 390 av JC par les Gaulois, la paix sociale intérieure héritière des lois liciniennes de 367 av JC permet à Rome de surmonter les dangers extérieurs en permettant l’accueil en toute plénitude des cités qui veulent s’allier. La 1ère phase d’unification de l’Italie se déroule au cours du IVème s av JC. Rome réduit les Etrusques de Tarquinia et de Caere, puis les Latins et enfin la Campanie, les Pouilles et la Lucanie de 340 à 290 av JC. Après la victoire sur Pyrrhus, roi d’Epire, qui tentait d’envahir l’Italie en 282-275 av JC et la prise de tarente en 272, le contrôle du Sud par les Romains est complet. Mais la guerre contre Pyrrhus laissait présager les guerres puniques. Les guerres puniques, naissance d’une nouvelle Rome Trois guerres opposent Rome à Carthage entre 264 et 146 av JC qui touchent l’ensemble du monde méditerranéen par le jeu des alliances et de la recherche de la puissance. 1. Carthage domine la partie occidentale de la Méditerranée. Ses relations avec Rome sont bonnes aussi longtemps que Rome demeure une puissance terrienne. Carthage se trouver en conflit permanent avec les marchands et les colons grecs. L’intervention de Rome en grande Grèce (Italie du Sud) après sa victoire sur Pyrrhus la rend e fait partie prenante dans le conflit. Les Mamertins réfugiés à Messine fait appel à la fois à Rome et à Carthage. Carthage arrive la première en 264 av JC. Les Romains réagissent. Ne pouvant laisser cette place stratégique pour la maîtrise de la Méditerranée occidentale si proches de leurs conquêtes aux mains de leurs concurrents. 23 ans de conflits soldés par la victoire navale des Romains en 241 av JC. La Sicile est la première province romaine à l’issue du traité de 241. Mais Rome en violation avec le traité, profitant du recul des carthaginois, pousse son avantage jusqu’en Corse et en Sardaigne et s’y implante en 239 av JC. Les nouvelles provinces, une fois regroupées, son dirigées par des gouverneurs envoyés chaque année de Rome. 2. Les Carthaginois ne restent pas inactifs et entreprennent de constituer une zone d’influence en Espagne. Hannibal, le héros carthaginois de la 2ème guerre punique (218202 av JC) mène une revanche contre Rome de manière spectaculaire : il effectue la traversée des Alpes à dos d’éléphants. c’est lors de cette 2ème guerre punique qu’Archimède conçoit les fabuleuses machines (sorte de grues géantes qui envoient des projectiles sur les navires, miroirs réfléchissant le soleil afin d’incendier à distance les bateaux de guerre croisant au large) lorsque Syracuse résiste aux assauts de la flotte romaine. Hannibal, général de talent formé par les tacticiens grecs, défit les Romains lors de quatre grandes batailles. Mais le sort de la guerre se joue depuis 218 en Espagne où P Cornelius Scipion, le père de Scipion l’Africain, occupe Carthagène. Le frère d’Hannibal, Hasdrubal, passe les Pyrénées mais est battu et tué sur les rives du Métaure. Les Romains reprennent alors l’offensive : Scipion l’Africain passe en Afrique et Hannibal doit quitter la Sicile pour retourner se battre dans son propre pays. Scipion bat les carthaginois à Utique en 204 et à Zama en 202 dont le traité anéanti la puissance

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militaire de Carthage. Après sa victoire, Rome est amené à intervenir dans les affaires d’Orient : contre Philippe V de Macédoine qui est défait en 197, entraînant l’indépendance des villes grecques et contre Antiochos III, roi de Syrie, défait en 189 av JC. Mais surtout Rome renforce son emprise en Italie du Sud et en Sicile ainsi que sur le pourtour méditerranéen. L’Espagne devient romaine. L’essentiel des Balkans passe sous la domination romaine après les victoires sur la Macédoine. Mais Carthage continue d’être source de danger potentiel et Rome finit par lancer la troisième guerre punique. 3. Sous le commandement de Scipion Emilien, petit-fils adoptif de Scipion l’Africain, les armées débarquent en Afrique et Carthage est dévastée, brûlée, recouverte de sel et maudite, pour que jamais plus elle ne puisse menacer Rome. Dans le même temps, la République conquiert le nord de l’Italie. Les Gaulois qui s’y étaient installés sont battus à Talamone en 225 av JC et Médiolanum (Milan) en 222. Puis de 220 à 118 av JC, la romanisation de la Gaule cisalpine ne cessera de s’affirmer. Alors on peut commencer à parler d’Italie puisque l’unification de la Péninsule sous la tutelle romaine a permis aux populations de développer très graduellement un sentiment d’identité nationale : intégration du mode de vie romain, pratique du latin… processus qui transitent largement par les nouvelles voies de communication ouvertes par les Romains (ex. : via Latina 334 av JC , via Aurelia 108 av JC). Rome devient une ville puissante et riche, organisée autour du Capitole, du Forum et du Comitium, les trois ensembles monumentaux constitutifs de la cité. Si bien que dés qu’une colonie est fondée, elle comporte ces trois lieux, donc les trois fonctions. Fort de ces victoires, Rome se nourrit de ses conquêtes du monde grec classique et reprend les grandes réalisations urbanistiques, la construction d’édifices sacrés ou publics, les infrastructures urbaines. Une culture apparaît qui s’adapte aux transformations de la société, la culture dite de « Koiné » qui disparaîtra avec l’art impérial (Tite Live a écrit que la prise de Syracuse a entraîné le « début de l’admiration pour des œuvres d’art grecques » Annales XXV, 15, 1-3 – et la victoire de Scipion sur Antiochos III de Syrie marque la naissance de la Luxuria (consommation du luxe en privé – et pas seulement dans les temples). Mais la fulgurante série de triomphes sur la Macédoine et la Syrie, c’est en une décennie le déferlement sur Rome d’une quantité énorme d’oeuvres d’art, ainsi que d’artistes, de rhéteurs, de peintres et de philosophes grecs, chargés à la fois de former les jeunes nobles romains et de produire des objets destinés à la consommation privée. Durant ces années, à Rome, les édifices sont petit à petit hellénisés grâce à l’énorme afflux d’argent provenant de conquêtes et grâce aux fonds publics. Triomphateurs et censeurs rivalisent pour embellir la capitale d’édifices grandioses au goût hellénistique. En 184 av JC, la censure de Caton donne à Rome un édifice totalement nouveau : la basilique, imitée des grands portiques couverts des villes de Syrie, Macédoine et Asie mineure dont le but est d’accueillir tous ceux qui avaient des activités dans le forum et qui voulait se protéger du soleil et de la pluie. Ensuite les tribunaux y ont siégé. L’urbanisme, la construction d’édifice publics, de ports, de routes, de portique devient un enjeu politique avec la surenchère pratiquée par les magistrats. En 158 av JC on met fin à ces pratiques et on élève des statues. Les premières colonnes de marbre apparaissent dans la maison de Lutatius Catulus en 101 av JC. Se développe l’usage du portrait réaliste sur le modèle du portrait hellénistique. On assiste alors dans la noblesse romaine à un mouvement de mécénat public et privé où se mélangent les traditions et les formes provenant des cours de Pergame, d’Antioche ou d’Alexandrie et les pratiques culturelles, politiques avec les exigences représentatives d’une société très différentes des sociétés hellénistiques. La révolution romaine et la marche vers l’Empire

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Politiquement et socialement les guerres puniques ont marqué un changement considérable. Malgré les victoires, le mécontentement se développe. Les guerres ont coûté cher ; l’agriculture ruinée par la longue invasion d’Hannibal et de ses troupes. Des familles entières de paysans ont été massacrées ou déplacées, les fermes abandonnées ou mal exploitées ; l’obligation de maintenir en permanence une importante armée mobilisait beaucoup d’hommes… A Rome même, l’Empire s’agrandissant attire des émigrants : des Italiens chassés par la guerre, des Grecs et des affranchis formant une masse misérable et sans travail. Alors que les aristocrates exploitent le butin des conquêtes, acquièrent des domaines immenses sur lesquels travaillent de nombreux esclaves produisant le blé et la nourriture pour la ville. De leur côté, chevaliers et publicains s’enrichissent grâce au commerce et aux travaux publics. Le déséquilibre social génère des problèmes importants de maintien de l’ordre public. Cette masse misérable trouve en fait des défenseurs auprès d’aristocrates imprégnés de l’idéal grec de justice et d’humanité. deux camps se forment au sein de la classe politique républicaine : les « optimates », une partie de la classe sénatoriale enrichie et attachée au maintien du statu quo et les « populares » qui cherchent à reformer le système. Mais une crise ébranle les fondements même de la puissance romaine. Un premier conflit déchire l’Italie de 91 à 88 av JC provoqué par les alliés italiens de Rome. Mécontents d’être exclus de la citoyenneté romaine, ils se soulèvent. Les plus farouches d’entre eux, les Samnites, fonde une capitale : Italica et entraînent avec eux Campaniens et Etrusques. La noblesse romaine doit plier et accepter les revendications italiennes. Les conséquences de cette guerre sociale sont importantes. Elle permet à des citoyens non-romains très actifs d’entrer dans la classe dirigeante, entraînant la mutation Etat-cité en une nation :la nation italienne. Les habitants jouissent désormais des droits reconnus aux citoyens de Rome même. Ces changements structurels révèlent l’inadaptation des institutions romaines, conçues à l’échelle d’une cité qui est désormais un Etat-nation, et qui deviendra un Empire et se fera avec de nombreuses guerres civiles. En 102-101 av JC, les Cimbres et les Teutons envahissent l’Italie. Marius Jugurtha sauve Rome après avoir soulevé une armée parmi les catégories sociales les plus défavorisées, les « proletarii » ; Sylla soutenu par les aristocrates écrase Marius et son armée populaire, se livre à des luttes sanglantes parmi les dirigeants romains et devient Dictateur-Constituant en 82 av JC, se dote de pouvoirs extraordinaires. Il restaure la puissance du sénat, rend les tribunaux aux Sénateurs, exclu les chevaliers et les tribuns, et la plèbe se retrouve dans une situation de dépendance insupportable face aux privilèges de l’oligarchie sénatoriale. En 79 av JC, Sylla abdique la dictature. Rome est un bateau ivre d’intrigues, de complots et de violence. A nouveau, sous la pression de la plèbe, des chevaliers, le Sénat doit se résoudre à faire des concessions de plus en plus vitales : les tribuns retrouvent leurs prérogatives, les tribunaux à nouveau ouverts aux chevaliers, etc… En 60 av JC, Pompée, ancien lieutenant de Sylla mais jouissant de la confiance des chevaliers, forme le premier triumverat, une alliance avec Crassus (immensément riche), Jules César, encore jeune sénateur et candidat au Consulat, dans le but de mener les affaires de l’Etat et d’en tirer le plus grand nombre d’avantages personnels. Fort de cette alliance, césar obtient le Consulat pour l’années 59 av JC. Il demande le gouvernement des deux Gaules afin de restaurer sa fortune personnelle. En 55 av JC, il conquiert la Gaule chevelue. En 54, il débarque en Bretagne (=Angleterre). Il mate en 52 la révolte gauloise à Alésia menée par Vercingétorix. En 49, il s’installe à Rome comme Dictateur et installe Cléopâtre, la dernière des Ptolémées, sur le trône d’Egypte. Il réorganise Rome et met en place une série de réformes adaptées aux nouveaux problèmes de Rome. Il accorde le droit de cité romain à des peuples entiers comme les Gaulois cisalpins ; il fait venir au Sénat des hommes nouveaux, originaires d’Italie ; il fonde des colonies hors d’Italie pour accueillir une partie de la plèbe romaine et romaniser l’Empire. Il restaure l’autonomie municipale des villes de province ; il protège les provinciaux contre les excès des gouverneurs et des publicains.

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La trop grande accumulation sur sa personne de pouvoirs et d’honneurs exceptionnels en ont fait un homme à abattre. Il est assassiné en 44 av JC par Cassius et Brutus. Il s’ensuit treize années de guerre civiles et d’anarchie. A sa mort, Antoine, un de ses lieutenants, Consul, poursuit l’œuvre de César. Mais Octave (futur Auguste), neveu adoptif de César, en est donc l’héritier légal. Octave, Antoine et Lépide (ancien maître de cavalerie de César) forme un deuxième triumvirat en 43 av JC. Les républicains sont vaincus à Philippes la même année et les triumvirs se partagent le monde : Antoine obtient l’Orient, Lépide l’Afrique, et Octave les restes de l’Occident. Alors que Lépide s’éloigne de plus en plus des réalités politiques, il devient inévitable qu’Octave et Antoine s’affronteront. Octave tire parti des erreurs d’Antoine trop absorbé par son rêve de royauté orientale. L’affrontement a lieu à Actium en 31 av JC : Antoine aux côtés de Cléopâtre d’une part et les troupes d’Octave et d’Agrippa (l’amiral de la flotte) d’autre part. Antoine et Cléopâtre sont battus sur terre et sur mer. Octave reste seul en position de devenir le premier empereur de Rome. Il s’emploie à établir le « principat » par une série de mesures habiles et progressives. Le principat est un système de gouvernement qui, sans éliminer en apparence les formes républicaines, dépend en réalité totalement de lui en tant que « princeps » (=1er homme de l’Etat) et lui laisse tout le contrôle absolu sur toutes les affaires essentielles. Le princeps a le contrôle absolu de l’armée dont il assure personnellement le financement et est protégé en permanence par la garde prétorienne stationnée à Rome, ce qui était tout à fait nouveau. Il constitue une nouvelle administration parmi les chevaliers et placent des gouverneurs de province en remplacement des publicains corrompus. En 27 av JC, le titre d’Auguste est adopté juste après les grandes réformes politiques, ce qui encourage le culte impérial. Ce titre ajoute une connotation religieuse à celui de César, et le met au-dessus du commun des mortels. Il devient également pontifex maximus (chef de la religion romaine) en 12 av JC. Cette nomenclature évitait toute référence à la royauté ou à la dictature. Dans l’Empire ainsi rénové où tous les pouvoirs émanent en définitive d’Auguste, la paix est rapidement rétablie. La succession n’est pas héréditaire, les empereurs étaient généralement associés à l’empereur précédent, de son vivant, puis à sa mort, le nouvel empereur doit être investi par le peuple avec l’approbation du sénat, puis acclamé par l’armée. Si César n’avait pas accordé aux publicains une situation privilégiée dans l’Etat, les chevaliers eux retrouvent avec les sénateurs leurs responsabilité dans le jurys des tribunaux. Et surtout, César les utilise au service de l’Etat. Puis, l’ordre équestre ne cesse de croître également dont sont issus d’ailleurs les fleurons de l’Etat-Major d’Octave, tels Mécène et Proculeius. Si les chevaliers ne sont pas très éloignés des sénateurs par leur fortune et leur mode de vie, leur attitude face aux honneurs divergent radicalement. Ils ont un certain mépris pour le prestige et un réel intérêt pour la réalité du pouvoir. Ils se sont révélés de bons militaires et des financiers efficaces. Auguste en fera d’excellents fonctionnaires au service de l’Empire. a cette époque le contexte économique et commercial est extrêmement dynamique. L’Italie du Nord en particulier passe à une économie d’échanges : la vie municipale se renforce, les villes s’embellissent et les élites italiennes s’affirment . dés 43 av JC, la classe dirigeante est presque entièrement renouvelée au profit de ces familles italiennes venues d’Ombrie, de Lucanie, du Picenum. C’est bien avec l’appui des élites du pays tout entier qu’Auguste est parvenu au pouvoir… Là, un art littéraire nouveau se développe avec les nouvelles formes politiques et sociales. Elle est d’origine italienne et provinciale : Virgile (de Mantoue), Horace (d’Apulie), Cornelius Gallus (de Fréjus), Ovide (du Samnium), Tibulle de Tivoli et Properce (d’Ombrie), Tite-Live (de Padoue). Arrivant à Rome, ils cherchent des protecteurs et trouvent ..Mécène ! De tous, c’est Virgile qui traduit le mieux les inquiétudes et les espoirs de cette génération sous augustéenne. Auguste est un politicien très habile. Désormais, la sculpture, la peinture et l’architecture grecque sont intégrés au domaine public et privé. L’engagement esthétique des philhellènes soutient le nouveau pouvoir politique. Auguste meurt en 14 ap JC.

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Si l’art et l’architecture sont les miroirs d’une société, c’est l’image d’une société apaisée et sûre d’elle-même que nous transmettent les réalisations du siècle d’Auguste. Rome des Julio-Claudiens jusqu’au Vème siècle A sa mort en 14 ap JC, Auguste ouvre la voie à la dynastie des Julio-Claudiens (27 av JC, Jules César à 68 ap JC, Claude). Auguste avait établi les bases du pouvoir impérial autour de trois éléments : l’Armée, les tribunaux, la religion d’Etat. il a cumulé les titres : César, Auguste et Princeps. Par contre il n’a pas la possibilité juridique de choisir et d’imposer son successeur. Sur les 16 empereurs qui ont succédé à Auguste, 9 parviennent légitimement au pouvoir (Tibère, Caligula, Néron, Titus, Domitien, Trajan, Antonin, Marc Aurèle et Commode) parmi lesquels 3 sont les fils de l’empereur (Titus, Domitien, Commode) et 5 des fils officiellement adoptés (Tibère, Néron, Trajan, Antonin, Marc Aurèle). Quant à Caligula, Tibère l’avait placé sur le même plan que son petit-fils Tiberius Gemellus. Claude et Hadrien étaient des proches parents. Seuls parviennent au pouvoir à la suite de troubles Galba, Othon, Vitellius, Vespasien et Nerva. Mais les règnes « illégitimes » ne recouvrent que 14 ans sur els 168 années de la période qui va de 14 à 192 ap JC.
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Tibère, fils adoptif d’Auguste lui succède de 14 à 37. Caligula (Gaius César, dit Caligula), fils de Germanicus neveu de Tibère qu’il a adopté à la demande d’Auguste, lui succède de 34 à 41. Son propre fils Drusus le Jeune est mort au combat. Claude, son oncle, lui succède de 41 à 54. Il épouse Messaline qui lui donne deux enfants : Octavie et Britannicus. Messaline complote avec un de ses amants contre Claude pour le remplacer par son fils Britannicus. Messaline et son amant sont exécutés. Il épouse en seconde noces Agrippine la Jeune qui fait adopté par Claude son fils d’un 1er lit sous le nom de Néron. Britannicus meurt subitement en 54 empoisonné probablement par Agrippine. Néron lui succède de 54 à 68 mais c’est Agrippine qui tient les rênes. Ce sont ses précepteurs Sénèque et Burrus qui tiennent l’Empire. A partir de 59 Néron s’enfonce petit à petit dabs la folie. Il fiat assassiner sa mère Agrippine. Sénèque s’isole et se retire après la mort de Burrus en 62. Il fait exécuter son épouse Octavie pour épouser Poppée. En 64, Rome est dévasté par un terrible incendie. Sa réputations devient exécrable à partir de 65. Lors d’une représentation théâtrale, il apparaît sur scène et choque le monde sénatorial. Il s’ensuit une série de répression touchant Sénèque, des sénateurs philo-républicains ainsi que certains grands généraux romains dont Néron se méfiait. Pendant ce temps, Néron se lance dans une tournée en Grèce, entièrement consacrée à l’art et au théâtre. Pendant une longue absence de la capitale, sa position est menacée. C’est Galba, gouverneur d’Espagne qui se rebelle et est acclamé empereur par la légion qu’il commande, décision confirmée par le sénat romain. Néron est abandonné par sa propre garde prétorienne et se suicide en 68 sans laisser de descendance. La mort de Néron marque la fin des Julio-Claudiens. Galba, Othon, Vitellius puis Vespasien se succèdent en moins d’un an en 68-69. Galba est acclamé par ses troupes du vivant encore de Néron, avant d’entrer victorieusement dans Rome. Othon qui l’avait aidé, complote contre lui et le fait assassiner. En même temps, les armées de Germanie choisissent un nouvel empereur, leur propre général Vitellius. A peine arrivé dans Rome, Vitellius apprend que les légions d’Orient suivies par celles du Danube ont choisi Vespasien comme gouverneur de Judée. Une guerre civile éclate d’où Vespasien sort vainqueur et devient empereur. Après trois règnes extrêmement courts et terminés par des morts violentes, le règne de Vespasien a duré dix ans et il disparaît de mort naturelle (69-79).

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Titus lui succède de 79 à 81, qui pour ne pas déplaire au Sénat doit éloigner sa maîtresse juive Bérénice. Au début de son règne, il doit affronter la terrible éruption du Vésuve qui détruit entièrement Pompéi, Herculanum et Stabies. Titus meurt à 42 ans. Domitien, son frère, lui succède de 81 à 96, suivant une politique absolutiste. La garde prétorienne conspire et abat l’empereur en 96. Nerva, âgé de 70 ans, sénateur, succède à Domitien de 96 à ? ?. Il fonde la dynastie des Antonins. Il choisit un successeurs hors de sa famille, à savoir Trajan, gouverneur de la Germanie Supérieure, qu’il adopte. Trajan lui succède donc de ? ? à 117. Il est le premier empereur à être né dans une province, l’Espagne, même si sa famille est originaire d’Italie. il institue les alimenta donations aux enfants pauvres, manifeste un intérêt marqué pour les villes de province. Il lance un vaste programme de constructions publiques, dont la fameuse colonne (qui contient ses cendres) sur le forum de Trajan, le dernier et le plus vaste des forums impériaux construits grâce aux fonds prélevés en Dacie (=Roumanie) récemment conquise en 101-106.après la prise de Dacie, c’est un longue et nouvelle frontière qu’il faut protéger, le limes. Trajan part en guerre en Orient et prend l’Arménie en 114, continue vers la Mésopotamie et atteint le Golfe Persique en 115. Jamais un général romain n’a été aussi loin. Il meurt en Asie Mineure. Hadrien lui succède de 117 à 138, lui aussi originaire d’Espagne. Il passe plus de la moitié de ses 21 années de règne hors d’Italie. Il voyage par curiosité, pour rester en contact avec l’armée dont il améliore les conditions de vie des soldats. Il fait construire le « mur d’Hadrien » en Bretagne (=Angleterre) aux confins de l’Ecosse insoumise et inconnue. Il adopte un héritier, Antonin, âgé de 51 ans, qui lui succède. Antonin, luis succède de 138 à 161. Très pieux. Il réduit les dépenses publiques et ses 23 années de règne marque une paix retrouvée. Marc Aurèle, son fils adoptif et gendre, lui succède de 161 à ? ?. Il appèle auprès de lui, Lucius Verus, second fils adoptif d’Antonin. jusqu’à la mort de Lucius Verus en 169, cette paire d’empereurs est une originalité qui se répètera les siècles suivants. Il écrit ses « Méditations ». En 167, des bouleversements mondiaux interviennent : les invasions « barbares » des Germains à la recherche de territoires plus riches, le long du Danube. Marc Aurèle pendant la plupart des années de sont règne repousse les « barbares » qui font irruption dans les provinces d’Europe centrale et Orientale, traversent les Alpes, pénètrent en Italie et détruisent de nombreuses villes. Les armées romaines, bien que décimées par une épidémie de variole, réussissent péniblement à repousser les Barbares.

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Commode, son propre fils lui succède de ? à ?. Il est assassiné par un préfet et avec lui s’achève la dynastie des Antonins.

La Paix Romaine (Pax Romana) Alors que sous la République l’administration était pratiquement inexistante, elle se développe sous l’Empire. Outre les temples et les forums, une bonne partie de la politique romaine est consacrée à la population de l’Urbs et à ses divertissements : théâtres, amphithéâtres, combats de gladiateurs et de bêtes féroces… l’amphithéâtre le plus important est celui construit par Vespasien puis repris par Titus. Il prend plus tard le nom de Colisée. Le modèle de Rome influence toutes les décorations urbaines durant la pax romana : forums, basiliques, curies, bibliothèques empruntent leurs formes et fonction à la Rome de Trajan et d’Hadrien.

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Les sévères, les Barbares et Dioclétien Les Antonins sont suivis par les Sévères (193-235) qui règnent jusqu’au meurtre de Sévère Alexandre. Malgré la croissance de Rome, capitale incontestée de l’Europe, les premiers signes d’un irrémédiable déclin du monde romain s’annonce. La dynastie des Sévères débute par une série de troubles. Septime Sévère, empereur de 193 à 211, établit ses propres légions en Italie, signe assez clair d’un déclin définitif face aux provinces, et en augmente le nombre pour la défense des frontières devenu un problème crucial. Il démocratise l’armée et la paie mieux, ce qui a des conséquences désastreuses sur les contribuables de la classe moyenne. Septime meurt au cours d’une expédition de reconquête de l’Ecosse en 211. Il laisse l’empire à ses deux fils, Caracalla et Geta, qui se haïssent. Caracalla fait assassiner Geta. Caracalla Sévère, empereur de 211 à 217, son fils. En 213, il part en Germanie puis vers l’Orient où il est assassiné en 217 par Macrin, le préfet du prétoire qui craignait pour sa vie. Macrin, empereur de 217 à ?. c’est le premier empereur à n’avoir jamais été sénateur, mais seulement chevalier. Il est tué par Héliogabale manipulé par sa tante Giulia Mesa, une syrienne de la famille de Septime Sévère et qui le remplace par Alexandre Sévère sont petit-fils de 14 ans. Alexandre Sévère, empereur de ? à 235 à 14 ans. C’est sa mère, Giulia Mamea qui gouverne à sa place. Elle l’accompagne en 231 pour combattre les Perses en Mésopotamie, puis les Germains sur le Rhin. Ils sont assassinés par des officiers de l’armée en 235. Dés lors, le système romain est en proie à des troubles graves entraînant instabilité et anarchie. Les 50 années suivantes voient 21 empereurs se succéder. Cette situation fragilise l’Empire en proie à la menace des tribus barbares qui se pressent à ses frontières :  au Nord : les Pictes, les Scotts, les Angles, les Saxons, les Francs, les Alamans et les Lombards  a l’Est : les Vandales, les Visigoths, les Ostrogoths et les Huns  en Afrique : les Maures. L’Empire est aux abois et même Rome est à la portée des envahisseurs. Valérien, empereur de 253 à 260, tente de résister aux Barbares. Il est le premier à concevoir que l’Empire est désormais devenu trop vaste pour être gouverner par une seule personne. Il se rend en Orient pour combattre en Perse. Il y est capturé et tué. Gallien, son fils, empereur de 260 à 268. Le commandant de ses troupes le futur empereur Aurélien, complote contre lui en 268 alors qu’il remporte de brillantes victoires contre les Goths. Aurélien, commandant des troupes de Gallien, empereur de 268 à ?. Il reconquiert l’Asie Mineure et l’Egypte en écrasant la reine Zénobie de Palmyre. Il renforce la défense de Rome en faisant construire la muraille qui porte son nom. Une grave crise monétaire entraîne une inflation de 1.000%. on multiplie les impôts ce qui entraîne une pression insupportable sur les populations civiles. C’est le prix à payer pour sauver Rome une fois encore. Dioclétien, empereur de ? à 284. Avec lui débute la période du bas Empire. Il apparaît comme l’organisateur du sauvetage. Il abdique en 305. Dalmate, empereur de 284 à 304. En 286, il divise l’Empire en deux. Lui et Maximien sont Augustes. Il adjoint à chacun d’eux un césar : Galère et Constance-Chlore, et réalise ainsi une tétrarchie, quatre gouvernants qui ont chacun une responsabilité géographique : Galère dans les Balkans, Maximien en Occident (Italie, Espagne,
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Afrique), Constance-Chlore en Gaule et en Bretagne (Angleterre) et Dioclétien en Thrace, Asie et Egypte. Les deux Césars devant obéir aux deux Augustes. Chacun de ces tétrarques choisit une capitale différente. Dioclétien combat victorieusement les Bretons, les Egyptiens et les Perses. En 305 sa santé s’affaiblit et il se retire dans son palais de Salonae (Split) invitant Maximien à le suivre et à laisser Galère et ConstanceChlore prendre le titre d’Augustes.

L’essor du Christianisme La communauté chrétienne, bien que très minoritaire, croît continuellement depuis la rédaction des Evangiles deux siècles plus tôt. Elle a acquis en 200 ap JC une identité forte fondée sur la version définitive du Nouveau Testament. Beaucoup de querelles théologiques autour de cette religion, mais le nombre des adeptes croît et les structures se mettent en place. L’Eglise est une institution parallèle à l’Empire, et constitue petit à petit un Etat dans l’Etat. L’Eglise se développe rapidement dans les cités-Etats d’Asie mineure avant de s’étendre à l’occident. en 200, les chrétiens sont environ 10.000 et le triple en un siècle. Les communautés locales passent sous le contrôle des évêques - dont l’évêque de Rome – et une réelle solidarité unit la chrétienté incluant des œuvres de bienfaisance et de charité parfaitement bien organisées. Le christianisme est une religion généralement bien tolérée par l’Empire, au même titre que les diverses sectes religieuses.
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Constantin, empereur de 305 à 337, fils de Constance le vainqueur de Maxence en 312 au combat de Ponte Milvio, aux portes de Rome, qui devient l’unique empereur d’occident. Licinius son beau-frère, prend le pouvoir en Orient. Ils sont alliés et mènent une politique commune de tolérance. Licinius complote contre Constantin qui le bat en 323-324 et reste seul souverain de l’ensemble du monde romain jusqu’à sa mort en 337. Il se convertit au christianisme en 313 par considérations politiques. La sympathie pour la doctrine d’Arius (prêtre d’Alexandrie qui niait l’essence divine du Christ à l’origine de l’hérésie arienne qui divise la chrétienté pendant plusieurs siècles) s’explique par la possibilité de rapprocher la fonction de l’empereur, vicaire de Dieu sur terre, du modèle du Christ. Avec Constantin, le christianisme devient licite au même titre que les autres cultes païens. Les chrétiens obtiennent le droit de se constituer une association et donc d’être propriétaires de biens qui à terme constitueront la richesse de l’Eglise. Au début du IVème siècle, Ensèbe Césarée élabore une théologie chrétienne de l’histoire. dans l’Empire chrétien, le culte impérial persiste et se renforce : on se prosterne devant sa Majesté Impériale, on baise le pan de sa pourpre, on s’agenouille devant le trône, les foules s’agenouillent au passage de l’empereur. Constantin fonde Constantinople (Byzance avant lui) en 324-330 sur le détroit du Bosphore qui devient la seconde Rome. Son œuvre est immense. Il a fondé l’Empire byzantin. Il a accéléré la mise en place du christianisme. Il a « trahi » Rome : il a trahi l’Occident au profit de l’Orient, en morcellement l’Occident et en rassemblant l’Orient.

Le déclin et la chute de l’Empire En 476, l’Empire d’Occident disparaît, l’Empire d’Orient survit, mais de romain, il s’hellénise complètement. Toutefois Byzance conserve de Rome son droit (rédaction du Digeste, code Théodosien…) et en permet la survivance. En Occident, la cour impériale se transfère à Milan en 305 puis à Ravenne en 402. A Rome, la classe dirigeante reste inchangée et immuable jusqu’au désastre final. Bien que la Ville soit devenue un des centres de la chrétienté, l’absence du pouvoir impérial laisse la porte ouverte à la corruption, la débauche et aux excès.

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Cependant, les Vandales, les Wisigoths, les Saxons, les Suèbes déferlent ; les Francs, les Alamans et les Burgondes s’installent sur le territoire de Rome. En 401-402, Alaric le Wisigoth envahit l’Italie et en 410 met à sac Rome. En 455 ; Genseric le Vandale dévaste l’Urbs. En 476, le dernier empereur Romulus Augustule est renversé par le Germain Odoacre. Les rois Germains gouvernent l’Italie depuis leur cour de Ravenne. En 493, Odoacre est évincé par Théodoric l’Ostrogoth qui assure son pouvoir jusqu’à sa mort en 526 en utilisant le Sénat et les personnalités romaines. La domination des Ostrogoths se prolonge jusqu’en 540, date de la reconquête byzantine de l’Italie par Justinien, empereur d’Orient qui intègre l’Italie dans l’Empire byzantin. C’est la fin de la période romaine de l’histoire italienne !

LE MOYEN AGE
La fin de l’Empire romain marque la fin de l’unité politique italienne. La période médiévale du Vème au XIVème siècles a suscité moins d’intérêt que l’Antiquité. Elle est considéré comme « barbare ». pourtant, c’est au cours du Moyen Age que se met en place un certain nombre de traits constitutifs de la société et de l’Etat italien jusqu’à nos jours. L’Eglise et la papauté acteurs de la vie spirituelle et politique. Parallèlement se développent des cultures communales ou régionales encore vivaces. Le Moyen Age voit l’Italie exposée à nombre d’influences extérieures, conquêtes ou mouvements migratoires encore visibles de nos jours. Economiquement, développement du modèle féodal avec émergence d’un capitalisme marchand dans des villes comme Venise ou Florence. Aux débuts du Moyen age : les Lombards, les Francs, Byzance et la papauté La chute de l’Empire en 476 n’avait pas été perçue alors comme un événement majeur. On ne parlait plus d’Empereur, mais de roi. Odoacre qui est arien, respecte les traditions romaines, maintient la vie politique dans le cadre des cultures italiennes et cherche l’appui de la classe dirigeante, la classe sénatoriale. En 488, les Ostrogoths, peuple arien largement romanisé, se mettent en marche vers l’Italie et déposent Odoacre en 490. Suivent 60 années de domination des Goths dans la péninsule qui s’établissent à Vérone, Pavie, dans les Apennins, les Marches et les Abruzzes, Rome et à Ravenne. Théodoric s’avère être un grand roi, voire le plus grand des rois germains. Il se pose en médiateur entre Byzance et le monde barbare. Il établit une coexistance pacifique entre les Goths et les populations d’Italie, mais est hostile à une fusion entre les deux groupes. Il assure 30 années de relative tranquillité et de bien-être économique. On note une reprise de l’agriculture, un contrôle de la monnaie, un développement des échanges commerciaux. Milan devient le siège d’un mouvement culturel qui attire italiens et galloromains. Les Ostrogoths sont ariens et depuis Constantinople, l’empereur Zénon peut agir avec le pape Jean 1er contre Théodoric qui se sentant menacé fait exécuter trois sénateurs romains, emprisonner le pape et prépare une expédition contre Byzance. Mais il meurt en 526 et c’est Justinien qui part de Byzance vers l’Italie pour mettre fin aux royaumes barbares. Les Ostrogoths connus : Boèce qui traduit en latin les écrits logiques d’Aristote, et Benoît dont la règle va gouverner le monachisme médiéval (les Bénédictins). En 535, l’armée byzantine débarque en Sicile et remporte une série de victoires sur les chefs Goths, Warigis et Totila. Rome est pris en 535, Ravenne en 540. En 553, Narses, général byzantin tue Téia, dernier roi Ostrogoth. En 561, Narses refoule également les Francs installés au Nord du Pô. Dans ce contexte, les structures sociales et politiques sont
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fragilisées. La guerre fait rage pendant 20 ans : famines, pertes humaines considérables. L’Italie apparaît totalement dépeuplée et ruinée. Justinien entreprend de restaurer l’ordre social. Les ruraux retournent dans leurs anciens patrons ; les évêques se voient concéder un droit d’ingérence dans le choix des administrateurs locaux. En 554, Justinien à la demande du pape Vigile, établit la Pragmatique Sanction. Il proclame l’extension immédiate à l’Italie : du Nouveau Code publié en 534 à Constantinople, du Digest, recueil des textes de la jurisprudence antique, et des Novellae, nouvelles constitutions impériales. De 569 à 600, les Lombards envahissent l’Italie et s’y installent jusqu’au VIIIème siècle, à l’arrivée des Francs. Originaires de Pannonie (=Hongrie) qu’ils quittent en 568 avec familles et bagages. Ce n’est pas une invasion de guerriers, mais un peuple tout entier qui se déplace . leur roi Alboïn qui dirigeait la migration, emmène de surcroît avec lui des tribus étrangères (Bulgares, Saxons…). Byzance n’a pas vraiment combattu cette invasion, de plus graves dangers menacent l’Empire d’Orient : les Avares, les Slaves et les Perses. Alboïn est assassiné à Pavie où il s’est installé, dans le palais de Théodoric, son successeurs Clèfe aussi, par les Byzantins. Pendant dix ans, le pouvoir est vacant et aucun roi est élu ! l’Italie se divise alors en différentes zones de pouvoir comme la Lombardie, pays des Lombards avec Agilulf comme roi, Pavie et Milan dominant. La Romagne, pays des Romains, avec Ravenne comme ville principale. Les Lombards d’abord païens, se convertissent à l’arianisme en 590. Grégoire le Grand, noble romain, devient pape en 590. Il négocie avec Agilulf la fin du siège de Rome en 594. S’ensuivent 130 années de répit après des années de conquêtes et d’installation d’une très grande violence comme en témoignent les lettres du pape Grégoire qui décrit une Rome désespérée, affamée, accueillant les populations fuyant les Lombards. Les Lombards massacrent les « romains puissants » : la classe sénatoriale est laminée. Seuls les guerriers conquérants et leur famille avaient le pouvoir (on ne peut pas dire si les Romains d’Italie ont été réduits à l’esclavage ou s’ils ont conservé leur liberté personnelle). En tous les cas, les terres d’Etat et les terres des dirigeants romains sont confisquées. Les petits propriétaires doivent verser le tiers de leur revenu de la terre. Ils s’appauvrissent peu à peu et deviennent les colons des Lombards. L’Italie connaît une fin de VIème siècle difficile : guerre, inondations, peste… les petites bourgades se dépeuplent, les habitations rurales de la plaine sont vers les collines et les montagnes ; les champs ne sont plus cultivés ; les systèmes d’irrigation abandonnés. Au VIIème siècle, l’organisation du royaume lombard est connu grâce à une source précieuse : l’édit de Rotari de 643, document fameux de 400 lois, édicté par le roi, approuvé à Pavie par l’assemblée des Guerriers. Les lois de Rotari protège essentiellement ceux qui faisaient la force des Lombards : les guerriers. Entre les guerriers et le roi, il y a l’aristocratie constituée par les ducs, comtes et gastalds. Cet édit de Rotari devait donner aux traditions lombardes une force et une crédibilité face au droit romain encore en vigueur, ce qui ouvre la voie à une possible assimilation. De fait, Lombards et Romains sont destinés à se fondre.0 c’est le fait essentiel du VIIème siècle et début VIIIème siècle. Un des éléments de cette fusion, réside dans la religion. En effet la conversion au catholicisme se fait progressivement, grâce à la reine Téodolinde qui entretientf avec le pape Grégoire des relations épistolaire suivies et grâce également à des missions de moines d’Orient envoyés par Byzance. Cela a été une mutation de société lente et silencieuse. En 653, le roi Aripert 1er embrasse officiellement les christianisme et l’année 698 marque la fin de l’hérésie. Le début du VIIIème siècle nous montre une société entièrement chrétienne, organisée autour d’évêchés ou de paroisses. Ces centres sont véritablement au cœur de la vie spirituelle, de la vie sociale et constituent un des éléments forts de patriotisme local. Les

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noms deviennent indifféremment lombards ou romains ; les mariages mixtes sont autorisés ; les Lombards prennent peu à peu la langue et les coutumes vestimentaires romaines : c’est la fin du dualisme ethnique entre Barbares et Romains. L’Italie du VIIIème siècle est devenu une société médiévale. L’économie agricole repose sur la grande propriété terrienne, en voie de développement, aux mains de l’aristocratie et des monastères ou des églises épiscopales. Socialement, les grandes familles aristocratiques dominent, solidement implantées sur des bases régionales ou municipales. Ces familles fournissent les évêques du royaume. La royauté lombarde s’affirme de plus en plus ouvertement catholique. En 713, le roi Liutprand se proclame « roi chrétien des Lombards ». Les Francs sont la principale force militaire de l’époque et constitue une menace pour le royaume lombard. Le roi lombard Liutprand les aide à repousser les arabes de France. L’ambition lombarde est de réduire la présence byzantine et pontificale en Italie. Le royaume lombard est coupé par une étroite bande de terre de Rome à Ravenne, ce qui est une aberration géographique à laquelle les rois lombards veulent remédier. Or au même moment, la papauté établit de nouvelles relations avec la dynastie carolingienne en France. En 752, Aïstolf intègre les duchés du Bénévent et de Spolète au royaume lombard, s’empare de Ravenne et menace Rome. Le pape Etienne II fait alors appel aux Francs. Pépin III envahit le pays en 755 et remet l’exarchat de Ravenne reconquis au pape avant de retourner en France. Cependant, le roi lombard, Desiderius ou Didier (757-774) menace de nouveau Rome en 772, le roi de France Charlemagne répond à l’appel du pape Adrien 1 er, puis entreprend de conquérir l’Italie. Il confirme la remise de l’exarchat de Ravenne à la papauté, y ajoute les concessions de Tuscie et les duchés de Spolète et de Bénévent. Charlemagne s’octroie la couronne lombarde, instaurant ainsi le royaume carolingien. Politiquement, le siècle de domination franque en Italie eu Nord et Italie centrale est important pour deux raisons : la recréation d’un Empire occidental sous la forme du Saint-Empire romain et la consolidation des Etats pontificaux. L’Empire romain d’Occident est reconstitué en 800 le Jour de Noël lorsque le pape Léon III confère solennellement à Charlemagne le titre d’empereur. on peut alors considérer l’Empire comme l’union de l’Europe occidentale chrétienne : l’empereur détenant le pouvoir politique et le pape le pouvoir spirituel. Cet empire durera presque 1.000 ans et liera les destinées italiennes à l’Europe du Nord. La présence franque en Italie n’est pas suivie d’effets. l’Italie ne représente qu’une terre d’importance secondaire qu’ils ne cherchent pas à gouverner très strictement. Charlemagne n’y est venu que quatre fois, ce qui est beaucoup par rapport à ses successeurs. Le royaume lombard est devenu une région de l’Empire francs qui y a étendu ses institutions. Vers 814, des comtes francs administrent la plupart des anciens duchés lombards. Les politiques et les cours locales ne changent pas beaucoup, pas plus que les structures sociales et les règles dirigeant la vie politique. Ceci s’explique par la ressemblance existant entre les règles lombardes et franques. La politique carolingienne comme la politique lombarde repose d’abord et avant tout sur la terre. L’histoire politique des 70 premières années de l’Italie carolingienne n’est pas très riche. En 781, Charlemagne y fait couronner son fils de quatre ans, Pépin, roi d’Italie. a la mort de Pépin, c’est son cousin Adalard de Corbie qui est le tuteur de son plus jeune fils Bernard de 812 à 817. En 814, Louis le Pieux, dernier fils survivant de Charlemagne, devient empereur. A la division de l’Empire, c’est son fils cadet Lothaire qui hérite de l’Italie. Bernard se trouve dépossédé et se révolte. Il est fait prisonnier et meurt. Lothaire (817-855) ne s’occupe jamais vraiment de l’Italie. il s’en sert surtout comme base politique et militaire pour ses raids septentrionaux. En 834, la rupture avec Louis le Pieux amène en Italie de nombreux fidèles de Lothaire auxquels il faut trouver des domaines et des charges. Il confisque alors des biens ecclésiastiques pour les distribuer comme fiefs. Le seul empereur qui s’intéresse à l’Italie est Louis II. En 844, il est envoyé en Italie par Lothaire et en 850 alors qu’il est devenu empereur. Il commence à régner et ne quitte plus

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l’Italie. il ne manifeste pas d’intérêt pour les affaires de l’Europe du Nord. Louis II a le soutien de l’aristocratie et a de l’autorité. Louis II reconstruit ponts et palais (décennies de négligences des Carolingiens) et établit un contrôle politique plus stricte. Il ne distribue pas beaucoup de terres à l’aristocratie mais fait des donations à de grands monastères. Il tient son aristocratie en lui faisant faire la guerre : en 846 et 848 contre les Arabes, en 848 il met fin à la guerre entre Bénévent et Salerne, en 866, contre les arabes qu’il expulse de Bari où ils sont installées depuis 847. Il tente d’étendre son pouvoir par la même occasion en Italie. Mais sa présence persistante dans le sud entraîne une coalition qui en 871 le fait prisonnier à Bénévent. Lorsqu’il est libéré, il est à nouveau couronné empereur mais ne retrouvera jamais son autorité, son prestige est ruiné pas cet emprisonnement. Les dernières années de son règne son apocalyptiques : en 871, le vin boue dans les tonneaux, en 872 inondations et pestes déferlent sur l’Italie. il meurt sans héritiers. Ses deux oncles de France et d’Allemagne ont des droits égaux sur le royaume S’ensuivent des années de chaos et de confusion, l’aristocratie s’engageant pour l’Allemagne ou la France et les querelles n’en finissent pas pour le titre de roi d’Italie et celui d’empereur qui y est associé. Durant les guerres incessantes, il y a au Nord la menace hongroise et au sud la menace arabe. Un semblant d’ordre et de contrôle centralisé est restauré dans le royaume d’Italie avec la lignée des empereurs germaniques dont les trois Othon : Othon 1er (962-973) Othon II (973-983) Othon III (983-1002) Et Henri II (1004-1024) Qui repoussent les Hongrois à Lechfeld en 955 et établissent le contrôle impérial sur la papauté avec Jena XII (955-964). La papauté à cette époque ne jouissait plus d’un très grand prestige moral. C’est devenu une position aristocratique héréditaire, tenue par la noblesse romaine. Sa crédibilité spirituelle et religieuse est fortement entamée par les frasques des différents pontifes. Les transformations que connaît l’Italie au IXè et Xème siècles sont considérables. On assiste à l’effacement progressif du pouvoir impérial et à la montée puissance des élites urbaines et des pouvoirs communaux. La faillite progressive de l’Etat s’explique en partie par les racines germaniques du pouvoir des souverains trop peu italiens. Les Othons avaient la possibilité de renverser évêques ou papes mais ont peu d’autorité sur les nobles, les villages et les villes. Au XIème siècle l’histoire de l’Italie devient pour plusieurs siècles l’histoire de communes, de villes et de régions. Il ne faut pas oublier que l’immense majorité de la population italienne est rurale, paysanne. Les évènements internationaux ou politiques n’ont pour eux aucune importance, sauf en prériode de guerre, de troubles où le poids de la fiscalité est lourde ! la vie dans les campagnes reste précaire et primitive. La majorité de l’Italie est couverte de forêts et de marécages. Malgré les grands mouvements de défrichement et d’assèchement du VIIIème au XIème siècles, il n’y a pas de grands changements techniques. Seul le moulin à eau est introduit dans presque chaque ville vers 1100. Pour les paysans qui formaient la majorité de la population, les Lombards, les Goths ou les Francs représentent des notions extrêmement éloignées de leur vie quotidienne. Des villes aux Communes L’Italie des cités puis des Communes marqueront l’histoire de l’Italie et sa culture jusqu’à nos jours. La population des villes est composée de marchands et d’artisans qui côtoient les pauvres, déracinés, dépendants de l’Eglise. le commerce du moyen Age est pour la plus grande part celui de viens de luxe importés et exportés à échelle internationale. C’est au XIIème et au XIIIème siècles que des forces sociales et politiques se mettent en mouvement, transformant radicalement le caractère des villes italiennes.

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L’évolution politique de l’Italie dépend en partie de l’évolution économique rapide des XIème et XIIème siècles. l’Italie du Nord et du Centre sera économiquement plus évoluée et plus proche de l’Italie de la Renaissance. La population augmente, elle a doublé entre le Xème et le XIVème siècle. Il y a par ailleurs un mouvement massif de la population de la campagne vers la ville. Des régions inondables et insalubres sont rendus cultivables grâce à des systèmes d’irrigation et de canalisation. Dans les régions plus vallonnées, on déboise et on construit en terrasses. Avec l’augmentation de la population, la terre devient plus chère ; elle double autour de Milan. Les cités acquièrent une importance politique croissante et des petits bourgs deviennent des villes. Le commerce lui aussi évolue. Il concernait surtout des échanges intérieurs de grain, sel, huile, vin ou de tissus de peu de valeur et de l’artisanat local. Il devient international, de denrées de luxe, avec des systèmes bancaires et des techniques de crédit. L’Italie connaît alors une expansion à double flux : local et international. L’élite traditionnelle des villes : évêques et agents de l’Etat, comtes, princes, est petit à petit remplacé par de nouveaux grands propriétaires fonciers ; une élite marchande et « libérale » (juges, notaires) et de rares artisans. S’y ajoutent l’empereur, son entourage et les ecclésiastiques du Haut Clergé. La division entre clergé et laïcs est de plus en plus floue, le clergé étant recruté dans la noblesse et menant une vie assez peu « religieuse ». Au XIème siècle, les Vikings, ou Normands, s’installent en Italie du Sud. Ils assimilent rapidement les coutumes locales. Grâce à leurs qualités de guerriers, ils s’emparent de territoires environnants. Des migrants plus nombreux s’installent dans le Sud dont Tancrède de Hauteville qui avec ses 12 fils fonde un Etat Normand. Un de ses fils s’empare de Calabre. Son plus jeune fils Roger commence la conquête de la Sicile qui s’achèvera avec son petit-fils qui sera couronné roi, sous le nom de Roger II en 1130 à Palerme. Les Normands se révèlent capables et bien que peu nombreux, administrent harmonieusement et efficacement leur territoire. Ils savent tirer le meilleur et utiliser les points forts des différentes populations vivant sur leur territoire : Italiens, Sarrasins, Grecs et Français. Ils leur permettent également de garder leur identité et la mettent à profit : la flotte normande est composée de Grecs et le système fiscal découle du modèle arabe. Roger II règne pendant 24 ans et conquiert Malte et des territoires libyens. L’architecture normande intègre des influences normandes, byzantines, arabes et romaines (cathédrale de Monreale à Palerme). En 1189, le roi Guillaume II meurt sans successeur mâle. C’est la fin du règne normand ! C’est l’empereur germain Henri VI qui reprend le royaume normand. Reprenons les communes populaires. Les organisations du peuple sont assez complexes. La première est la « vicinia », organisation de quartier qui rassemblait les milices de quartier. Le « popolo », organisation complète comprenant ses propres milices, ses anciens ou prieurs, et un capitaine du peuple dont le pouvoir varie considérablement d’une ville à l’autre. Le popolo ainsi organisé ne tarde pas à entrer en conflit ouvert avec la noblesse. Mais les communes populaires, dépourvues de représentativité politique, incapables de faire face aux divisions internes se tournent vers les formes de gouvernement qui précèdent la Renaissance : les oligarchies et «signorie ». Bien qu’agitée et complexe, cette période des communes a vu des programmes architecturaux comme le palais du Bargello et le Palazzo Vecchio de Florence, le palais des Prieurs de Volterra, le Palazzo Pubblico de Sienne, le palais de Todi…Le palais public devait exalter le prestige de la commune. De même la place principale de la ville (ou Campo) à usage public et politique était une source d’orgueil pour la cité. L’architecture religieuse fait également l’objet d’une surenchère des villes entre elles. Des problèmes internationaux Empereur/Papauté divisent les populations, surtout la noblesse, en deux camps : les Guelfes défenseurs du pape, les Gibelins défenseurs de l’Empire. Les villes deviennent guelfes ou gibelins au gré des retournements de situation, cherchant avant tout à préserver leurs intérêts propres.

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Le dernier pape médiéval, Boniface VIII (1294-1303) intervient et défend les Gibelins. Il exile le poète Dante qui appartient aux Guelfes. Il se fait clairement signifier par la commune de Florence qu’il n’a pas à intervenir dans les affaires intérieures de la cité. Il est vivement attaqué par la puissante famille gibeline des Colonna et est considéré comme hérétique par els moines franciscains. Le roi de France, Philipe IV le bel profite de la faiblesse de Boniface pour dépêcher sont représentant Guillaume de Nogaret, qui rassemble les ennemis du pape et le fait arrêter en 1303 à Agnani. La même année, un pape français, clément V, est élu et transport le siège de la papauté à Avignon où elle demeurera pendant 70 ans. Cet épisode marque, pour la papauté comme pour l’histoire des communes, le passage à une nouvelle époque de l’histoire italienne, celle qui annonce la Renaissance. La Renaissance italienne La Renaissance est considérée au même titre que l’Antiquité classique comme une des périodes phares de l’histoire italienne. La contribution de la Péninsule à l’histoire des arts, des lettres, plus que sa contribution politique, apparaît décisive dans l’histoire de l’Occident. Au début du XIVème siècle, l’Italie est un pays divisé. Le Nord est sous la domination de l’Empire, le Centre est contrôlé par la papauté, elle-même sous la domination française, le Sud est aux Angevins, la Sicile gouvernée par les Aragons d’Espagne. Mais la domination impériale demeure assez théorique, tant le pouvoir des villes s’est affermi. Exemple frappant : l’échec de Henri VIII, comte de Luxembourg devenu Empereur, face à florence et à ses alliés en 1313. Au XIVème et début XVème le pouvoir est passé aux « popolo ». Puis selon les villes et les régions, le pouvoir est de nouveau passé à l’aristocratie, mais une aristocratie renouvelée, revivifiée, c’est à dire la partie la plus fortunée du popolo. Toutefois, certaines villes échappent à ce phénomène général : Venise, Florence, Sienne, Lucques qui sont dirigées par des oligarchies municipales. Il faut ajouter Gênes, Pérouse et Bologne qui oscillent entre République et Seigneurie, et ne succombent pas vers la fin du XVème siècle. Dans tous les cas, et quelles que soient les modalités politiques, l’Italie de la Renaissance se constitue en principautés qui annoncent l’Etat moderne. La crise du XIVème siècle a transformé l’Italie : guerres, famines et épidémies ont appauvri modérément les classes possédantes, considérablement les villes et bien entendu les pauvres qui ont vu leur situation peu enviable empirer. Cet appauvrissement général contribue à diminuer les ressources communales et les banqueroutes ne se comptent plus, aggravées dans le Latium par le transfert de la papauté à Avignon, privant ainsi les banquiers locaux de leurs meilleurs clients, les souverains pontifes et leur cour. A cela s’ajoute l’affrontement de deux systèmes de valeurs : valeurs populaires fortes contre les intérêts économiques des principaux dirigeants du « popolo » qui tendent à se confondre avec ceux de la noblesse… d’ailleurs, lorsqu’en 1322 la noblesse reprend le pouvoir sans violence avec l'impression que c’est la pression idéologique de la noblesse sur les familles populaires les plus aisées qui a permis cela. A cette crise des valeurs, s’ajoute une remise en cause de la domination des villes et des familles nobles sur le cantado (extension du pouvoir communal dans le plat pays) qui se traduit par des difficultés à maintenir le contrôle politique autour des villes. Enfin, il y avait également des problèmes graves de dettes qui accablaient les finances communales : les dépenses militaires des guerres incessantes. Cette guerre devenue moderne nécessitant des hommes, du matériel de plus en plus sophistiqués et de plus en plus coûteux. C’est donc dans ce contexte que les familles aristocratiques repartent à l’assaut du pouvoir communal. Lorsqu’on parle d’aristocratie ou noblesse, à la fin du XIIIème siècle, cette notion recouvre plusieurs couches sociales différentes mais alliées : L’aristocratie communale, issue de l’aristocratie consulaire (magistrats) du siècle précédent, tel à Péronne la famille Baglioni.

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Les seigneurs féodaux résidant en ville une grande partie de l’année. peu d’entre eux s’identifie à la noblesse et ils s’opposent même à l’aristocratie consulaire faisant dans un premier temps cause commune avec le popolo. Les familles du « popolo grasso», les grandes familles dirigeantes du popolo qui s’identifie par leur richesse, leur style de vie, parfois leurs choix politique, par la magnificence des mariages, des tournois et divertissements, aux familles de l’aristocratie. les familles du popolo grasso s’appuient généralement sur leur clientèle pour discuter le monopole du pouvoir des grandes familles nobles. On y trouve des familles de notaires ou des juges. Ces élites, après s’être opposées, tendent à se rapprocher, à s’unifier. d’abord par une forte concentration de la richesse entre quelques mains, ensuite par des stratégies matrimoniales complexes rapprochant les familles nobles des familles du popolo grasso.

Les grandes républiques oligarchiques Venise, Florence, Lucques, sienne, Gênes, Pérouse ou Bologne établissent des principautés territoriales, embryons d’Etats modernes. Dans les cas de Venise et de Gênes, ports de mer et de commerce international, la prospérité atténue les revendications populaires. De plus, tout « désordre » est contrôlé et réprimé en particulier à Venise où une police puissante et particulièrement bien organisée est mise ne place. De ces cités, l’ascension sociale est plus aisée qu’ailleurs. La crise politique et économique des XIVème et XVème siècles est donc moins violente et un noyau de « démocratie » subsiste. Le gouvernement de ces villes est tenu par une fraction minime de la population. Malgré le maintien d’une façade communale ou républicaine, il est claire que les accords, les manipulations les lois, les ententes sont monnaie courante. Les élites « tournent » et les fonctions officielles sont prévues pour quelques mois afin d’éviter toute personnalisation du pouvoir. En réalité, les listes des personnalités « éligibles » sont très restreintes e ce n’est pas par hasard que des familles émergent pour s’inscrire dans la postérité. Au fond, le fonctionnement des cités oligarchiques ressemble beaucoup à des « signorie ». La Renaissance est marquée par une extrême concentration des richesses aux mains de l’aristocratie dirigeante, condition de l’extraordinaire développement artistique de cette époque. Ay XIVème siècle, l’Italie est dominée par cinq principaux Etats (entre 800.000 et 2 millions d’habitants) qui sont : La République de Florence La République de Venise Le duché de Milan Les Etats pontificaux Le royaume de Naples. En 1455, création de la Ligue italienne, peu avant l’invasion de l’Italie par Charles VIII en 1494, les villes les plus petites comme Lucques Gênes, Sienne, Mantoue ou Ferrare, malgré un développement artistique autonome restent politiquement dans l’orbite des grands Etats. Il est difficile de parler de l’Italie dans son ensemble tant les Etats régionaux sont spécifiques. Après les guerres civiles, c’est l’invasion étrangère qui fait le destin italien. Florence Dés le Moyen age, Florence est devenue ville puis Etat très puissant. Dés le XIème siècle, les Florentins développe un secteur artisanal puis industriel qui répond à une demande internationale (étoffe, laine lavée dans les eaux de l’Arno puis rapidement expédié par bateau depuis Pise). Ils développent des échanges commerciaux (Foires), un secteur bancaire et financier international (les Peruzzi, les Frescobaldi, les Bardi jusqu’à mi-XIVème siècle). La monnaie florentine, le florin, s’impose très vite comme une devise internationale.

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La récession économique du XIVème siècle touche Florence de plein fouet. La concentration des richesses aux mains de l’oligarchie dirigeante permet de faire réaliser à Florence les plus belles œuvres de la Renaissance. L’élite florentine se compose de plusieurs familles illustres dont les Pazzi, les Pitti, les Strozzi et les Capponi. Mais l’histoire de Florence du XVème siècle reste attachée à l’histoire des Médicis (Côme 14324-1464, Pierre 1464-1469 puis Laurent 1469-1492). La liberté de se gouverner soi-même est une valeur forte, dû au commerce florissant et aux esprits humanistes et de la Renaissance artistique. L’ascension des Médicis ne s’est pas faite comme les autres gouvernants par la conquête du pouvoir par l’épée, mais par leur fortune, leur habileté à manipuler, manœuvrer et une certaine démagogie. Ainsi en pleine crise de 1378, une réforme démocratique des institutions de la commune assurent au clan Médicis une sympathie précieuse auprès du petit peuple, ainsi que dans la bourgeoisie évincée du pouvoir. En fait comme dans beaucoup d’autre villes d’Italie, l’accession au pouvoir permet à sa famille de protéger une fortune en rapide expansion. Jean de Médicis de 1360 à 1429 accroît considérablement les avoirs familiaux et c’est un commerçant avisé. Il dirige une compagnie avec deux filiales en 1408 (Venise et Rome) qui passent à huit à son apogée : Naples, Pise, Milan, Genève, Lyon, Avignon, Bruges et Londres. En plus, des ateliers de tissage de la laine et de la soie, se développe une activité bancaire en consentant d’énormes prêts aux souverains et au pape (dont Jean XXII). A la fin de sa vie, 90% de son chiffre d’affaire provenait des activités bancaires et 10% du commerce. Quant aux filiales, elles ont pris une importance supérieure à celle de la maison mère florentine. Aussi, quand les Florentins cherchent à se débarrasser des « oligarques » en place (les Albizzi plus précisément), ils se tournent naturellement vers les Médicis, et en 1434 Côme de Médicis fait une entrée triomphale dans la ville. Côme, dit l’Ancien, dirige pendant trente ans la cité et jouit d’une popularité qui ne s’est jamais démentie. Il est traité partout en prince d’une riche cité, et répète partout qu’il n’en est que le 1er citoyen ! Il manipule discrètement les organismes publics comme « l’Otto di Guardia », police secrète toute à son service et s’affirme être le meilleur défenseur des institutions républicaines. Homme politique éminent, il se présente comme un simple marchand. Il soutient les artistes, offre une villa à Marsile Ficin pour pouvoir discuter tranquillement de philosophie, se constitue une magnifique bibliothèque, fait construire le couvent de San Lorenzo décoré par Donatello et construite par Brunelleschi à qui il commande les tombeaux pour ses parents dans la vieille sacristie. Malgré cette activité de Mécène, il vit très simplement. Il ne réside que dix ans dans le magnifique palais Médicis commencé en 1444 qui sert de modèle aux palais Pitti et Strozzi. Surtout, il donne aux Florentins des motifs de fierté en politique étrangère : En 1440 à Anghiari, il défait la coalition milano-napolitaine qui menaçait l’Italie centrale En 1439-1440, il accueille le concile oeucuménique qui rapproche temporairement les chrétiens grecs et latins En 1454, il intervient de manière définitive dans la signature du traité de Lodi qui assure un temps la paix en Italie. L’immense prestige de Côme de Médicis rejaillit sur Florence tout entière. A cette même période, l’industrie de la soie relaye celle de la laine et les marchands florentins s’installent en Espagne, au Portugal, en Syrie, en Turquie. La ville s’agrandi. elle passe de 80 hectares à 630 hectares pour une population de 50.000 à 90.000 habitants. Au « quattrocento » (années 1400) l’architecture privée devient prédominante. Les grandes familles se font construire une centaine de palais. La décoration et la sculpture sont privilégiées. Fra Angelico peint les fresques du couvent de San Marco, Donatello annonce une nouvelle sensibilité plastique avec son David, Ghiberti sculpte les portes en bronze du baptistère… Du coup les artistes changent de statut ; ils sont protégés et recherchés par des mécènes de plus en plus puissants et deviennent les enjeux de la lutte politique. Les Médicis multiplie les commandes, tout comme leurs alliés. Mais les familles rivales, les Strozzi et les Pitti relèvent le défi. La considération accordée aux artistes s’étend aussi aux philosophes et écrivains comme Boccace, Pétrarque ; les sculpteurs, peintres, graveurs,

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conscients du rôle qui est le leur dans la cité, signent désormais leurs œuvres (ce qui ne se faisait pas chez leurs prédécesseurs médiévaux) et deviennent exigeants quant à leurs prestations. Michel-Ange réserve son enseignement aux nobles, Donatello refuse de se découvrir devant l’évêque de Padoue prétextant qu’ils étaient chacun 1 er dans leur domaine respectif. Extraordinaire époque que ce « quattrocento ». Les artistes d’alors se considèrent novateurs et pour désigner leur temps, choisissent le terme de « Rinascita » (=Renaissance). C’est la première fois qu’une période artistique est baptisée dés ses 1ères manifestations et a une connotation positive : Renaissance ! c’est plein d’espoir ! et puis aussi l’Homme se démarque du divin pour prendre sa propre mesure. A ses inquiétudes métaphysiques , il cherche une réponse non pas religieuse mais à l’aide des maîtres antiques, Platon et Aristote. Les progrès scientifiques ont servi. L’optique livre les secrets de la perspective et de la ligue de fuite la connaissance du corps humain (Vinci, Donatello, Michel-ange). Profitant de la manuficence3 des classes dirigeantes, les artistes multiplient leur production, travaillant de plus en plus en ateliers sous la férule du maître. Laurent le Magnifique (1469-1492) hérite à la fois du pouvoir politique, d’une fortune considérable et de la dynamique artistique et intellectuelle qui fait de Florence un phare européen. Il compose des poèmes appréciés, a de l’assurance, celle que donne l’éducation d’un honnête homme, a beaucoup de charme. En épousant Clarisse Orsini, il existe dans le clan des vieilles familles aristocratiques. Les souverains le traite en égal, l’honorant de son amitié. Son second fils est élu pape Léon X en 1513. Son cousin Jules lui succède et devient Clément VII. plus que ses prédécesseurs, Laurent mène une vie fastueuse et incarne véritablement le "Prince" de Machiavel. Il est passionné d’architecture et de peinture. Dans sa villa de Spedaletto près d’Arezzo, il commande des fresques aux plus grands : Botticelli, Filippo Lippi, le Pérugin, Verrochio… Laurent complète la collection d’objets précieux de son père de quelques objets extraordinaires. Or, la chute de Constantinople en 1453 déstabilise les courants commerciaux et réduit les bénéfices. La crise européenne des années 1480 n’épargne pas la ville et Laurent le Magnifique, médiocre en affaires, laisse péricliter certaines de ses filiales et deux ans après sa mort, la puissante Maison Médicis, symbole de la prospérité familiale, fait faillite. Son fils Pierre lui succède en 1492, est chassé de Florence en 1494 et se retrouve ruiné. Le dominicain Savonarole prononce pendant quatre ans des sermons enflammés, exhortant les artistes à renier leurs œuvres profanes. En 1498, le pape ordonne de le brûler et Florence se donne alors une république aristocratique dont l’un des secrétaires se nomme Nicolas Machiavel, mais lorsque le gouvernement francophile est renversé en 1527 par les adversaires de Louis XII, Jean de Médicis reprend le contrôle de la ville. Puis Charles Quint s’empare de Florence et les Florentins renversent de nouveau les Médicis pour se donner une république. En 1530, l’Empereur et le pape se réconcilient, prennent la ville et Alexandre arrière petit-fils de Laurent de Médicis devient duc de Florence. Florence n’est plus alors la capitale des Arts : Michel-Ange est à Rome, Léonard de Vinci à Milan et Raphaël parcourt l’Italie. En 1560, le duc Côme II fait construire le palais des Offices qui relie l’ancien centre civique et le palais des Médicis comprenant les bureaux (Uffizi). Ses successeurs y installeront leurs œuvres d’art, et c’est la galerie que nous pouvons voir aujourd’hui.. Venise Tant qu’une grande puissance, Byzance puis le Saint-Empire romain germanique, lui garantit sa sécurité et lui accorde des privilèges ou des quartiers francs, Venise reste fidèle à sa politique maritime et sa thalassocratie qui lui assurent la richesse plus que le pouvoir. Venise doit lutter très durement contre Vérone, Florence, Naples et les angevins dans la 1ère moitié du XIVème siècle et ce avec succès. Par contre lele a connu des déboires contre les

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Munificence : qui fait des cadeaux, grandeur dans la générosité, la largesse.

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Magyars, les Padouans, les Habsbourg et sa grande rivale marchande Gênes dans la 2ème moitié du XIVème siècle. Elle combat la puissante Milan où règne Filippo Maria Visconti (1412-1447) pendant près de 30 ans. A la mort de Visconti, un condottiere, Francesco Sforza, le remplace. Mais l’empire Ottoman ébranlé par les poussées Mongoles, redevient menaçant, et au XVème siècle, la République de Venise agit seule. Quand le duc de Ferrare décide d’établir des salines pour contrer le monopole vénitien du sel, en 1482 toute l’Italie se coalise pour le soutenir. Venise sort vainqueur en 1484 et par la paix de Bagnole elle reprend la Polésine (de Rovigo à Venise), s’installe sur les côtes du royaume de Naples, prend Bari aux Aragonais et achève la conquête du Frioul. Au début du XVIème siècle, elle est l’une des principales puissances européennes. Ses possessions outre-mer peu nombreuses sont solides et elle contrôle un ensemble continental étendu. Elle se trouve devant Milan et Florence en 1432 par ses revenus annuels et à égalité avec les grands Etats de Bourgogne, l’Angleterre, la France. La cité, sans arrière-pays, importait des denrées alimentaires (céréales, viande, huile, vin). Les produits indispensables font l’objet d’un monopole extrêmement rigoureux de l’Etat. l’Etat se comporte comme une gigantesque compagnie de navigation : il affrète tous les ans sous l’autorité du Sénat 15 à 20 vaisseaux de 300 à 500 tonneaux, jamais isolés, naviguant groupés par deux ou quatre. Ces navires vont en Egypte et vers l’Afrique du Nord et de plus en plus vers le sports d’Angleterre et les Flamands dont Bruges. Peu à peu, la marine se perfectionne, la boussole apparaît. Des marchandises rares arrivent qui enrichissent la ville : épices (poivre) la soie, le coton, le sucre, l :es métaux exploités en Saxe et au Thuringe. A côté des ses gris vaisseaux circulent plus de 3.000 navires plus petits et 45 galères, une flottille de péniches et barques qui font la navette des plus gros bateaux au port. Le port de Venise prend une importance considérable, du bassin de San Marco au Rialto. La mer fait vivre 36.000 marins, ceux de l’Etat et ceux des compagnies privées. Parallèlement aux marins, les ouvriers de constructions navales de l’Arsenal son environ 160… (3.00 charpentiers, 3.000 calfats) répartis en 16 corporations. Leur nombre, leur science et leur habilité permet de construire une galerie en une journée. L’Arsenal est de loin la plus grande concentration laborieuse de toute l’Europe pré-industrielle. D’autres industries s’y développe : les textiles qui occupent 16.000 ouvriers travaillant la soie d’Egypte et de Chine, le coton de Syrie et la laine (lire « le marchand de Venise » de Machiavel). Au cours du siècle, les esprits changent : les bénéfices ne sont plus systématiquement réinvestis dans le négoce : les marchands achètent des terres et se transforment en propriétaires rentiers. Toute cette intense activité commerciale a besoin de banques. Elles sont essentiellement concentrées autour du Rialto, pratiquent des virements de comptes à grande échelles, des crédits, le change, etc… A côté des Vénitiens, vivent de nombreux autres groupes : Les Juifs, rassemblés dans le ghetto, qui devaient à certaines périodes, sur ordre du pape, porter cousu sur leurs vêtements un « O » jaune. Des Allemands, des Albanais, de très nombreux Grecs, chassés par les Turcs, qui ont fait connaître Platon. Venise fait construire la bibliothèque « Marciana » et le cardinal Bessarion leur ligue 600 manuscrits rares. A la tête de Venise, le doge, choisi non pas parmi les anciennes familles mais dans les nouvelles… Le « Quattrocento » est le siècle des arts et des voyages. Voyager est une tradition vénitienne avec Marco Polo au XIIIème et XIV siècles le plus connu. Une Mappamondo est mise au point (elle se trouve dans la bibliothèque de Saint-Marc). Saint-Marc constitue le centre politique et religieux de la Sérénissime, le Rialto le centre des affaires. Le palais ducal

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commencé au XIVème siècle est de 1474 au début du XVIème siècle, le siège du doge de la chancellerie et de quelques autres offices. Toutefois, le quattrocento vénitien n’est pas un grand siècle d’architecture. En revanche la peinture vénitienne s’impose avec l’arrivée en 1440 de nombreux Toscans : Donatello, Filippo Lipi, Ghiberti, Michelozzo, Alberti, Ucello, les trois Bellini… La vie intellectuelle de Venise reste un peu en retrait. Mais en 1495, Alde Manuce décide d’éditer des œuvres grecques pour les vulgariser. Venise devient alors un pôle culturel de tout 1er plan. Venise est célèbre pour ses nombreuses fêtes et cérémonies qui animent la ville : cérémonies religieuses, les joutes nautiques, les régates, les tournois, des chasses au taureau et surtout le célèbre carnaval ! Le XVIème siècle et le dernier grand siècle de la République de Venise qui ensuite a vécu sur ses acquis sans plus se développer. En 1798, le traité de Campofornio signe la fin de l’indépendance vénitienne. Rome à la Renaissance L’histoire de Rome et des Etats pontificaux, de la fin du Moyen age au sac de la ville en 1527 est très troublée : La période avignonnaise de 1305 à 1376, Le grand schisme d’Occident de 1378 à 1414, et Le sac de Rome en 1527. Les papes en Avignon Le cardinal Gil Albornoz récupère Bologne alors aux mains des Visconti, orgnaise les bases de l’Etat, établit en 1357 les constitutions qui divisent le territoire des Etats du pape en sept provinces : Rome et ses environs – la Campagna – la Marittima – le patrimoine de saintPierre en Tuscie – la Sabine – le duché de Spolète – la Marche d’Ancôme, chacune contrôlée par un gouverneur. Le système reste en place pendant des siècles et est la base des extensions successives des souverains pontifes. Durant cette période de vacance au pouvoir, les Etats pontificaux explosent en une série de seigneuries et cités-Etats dont Ferrare dominée par la famille d’Este ou Remini par les Malatesta. Quand Grégoire XI revient à Rome en 1377, une nouvelle crise éclate qui va déchirer la chrétienté : le grand Schisme (1378-1389). En effet, le successeur de Grégoire XI, Urbain VI s’oppose violemment aux cardinaux qui l’ont élu. Les cardinaux réagissent en élisant un nouveau pape, clément VII, petit-cousin du roi de France, qui s’installe en Avignon. La confusion s’accentue encore et pour essayer de trouver une solution satisfaisante, un troisième pape est élu ! C’est Oddon Colonna, sous le nom de Martin V. Elu en 1414, Marin V ne se rend pas à Rome avant 1417. Dans les Etats pontificaux d’alors régnaient l’anarchie, la pauvreté, la violence et nombre de ville sont passées aux mains de capitaines ou de mercenaires comme le terrible et fameux Braccio de Montone qui contrôlait Pérouse, Assise et Iesi depuis 1410. Les territoires de l’Eglise Une bande de terre transversale dont la majorité se situe dans le centre de l’Italie, ainsi qu’un terre napolitaine allant de Pontecorvo au Bénévent, le district d’Avignon et le comtat Venaissin en Provence. Le transfert de la papauté à Avignon et le grand schisme affaiblissent cette strucTure. Autour de Rome, les grands féodaux se disputent le Latium : les Farnèse, les Salviati, les Vipereschi, les comtes d’Arguillara.

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En Romagne, en Ombrie, dans la marche d’Ancôme ou à Bologne, le mouvement seigneurial se développe. En 1414, lorsque Martin V Colonna est élu pape, une de ses tâches prioritaires est de reprendre le contrôle de ses possessions temporelles afin de mener à bien une politique de chef d’Etat, politique qui impliquait de percevoir l’impôt ! il y réussit. Martin V Colonna restaure l’urbanisme de Rome, tâche qui restera celle des papes durant toute la Renaissance et au-delà. Rome est en fait une des seules grandes villes italiennes qui acquiert sa forme définitive à la Renaissance. La situation économique et sociale est très particulière : les membres de l’aristocratie romaine, les Colonna, les Orsini, montrent peu d’intérêt à la ville et n’y font pas construire de palais remarquables. Rome ne fabrique n’y n’exporte, mais vit essentiellement de l’administration pontificale et des pèlerinages. Sixte IV (Francesco Della Rovere 147 ,-1484) s’emploie à Faciliter les communications entre le Vatican et la ville, Développer et protéger le Bordo du Vatican Ouvrir vers le Nord de Rome des passages pour le flux des pèlerins. Il reconstruit 40 églises et en fonde 7 nouvelles ; il offre des statues pour décorer la place, construit le 1er pont moderne sur le Tibre (Ponte Sisto). Les ambitions de Sixte IV ont été facilitées par le pouvoir reçu en 1480 lui permettant d’exproprier les propriétés privées !

LE XVIème SIECLE
La Renaissance italienne a commencé au milieu du XVème siècle et se poursuivra jusqu’au XVIIème siècle. Le mouvement de la Renaissance italienne est essentiellement le fait d’une élite : classes dirigeantes, cours princières, prélats, riches marchands… La majorité de la population reste fort éloignée de ce mouvement culturel et artistique. On sait que l’art de Giotto ou de Pisano est d’abord assez peu apprécié du petit peuple. Toutefois, il arrive un jour où l foule des fidèles s’habitue et même admire les œuvres religieuses des plus grands maîtres, sans aller beaucoup plus loin qu’une compréhension des sujets. On sait également que les grands maîtres du « quattrocento »4 ont pensé traité des sujets artistiques en fonction d’habitudes mentales ou matérielles qui étaient autant les leurs que celles du peuple. Mouvement des élites donc, destiné aux plaisirs des princes et à leur auto-proclamation, mais aussi vers un public emprunt de religiosité susceptible d’émerveillement mais aussi de compréhension. Une des questions essentielles est celle de l’origine du « Rinascimento ». la Renaissance apparaît comme une sorte de miracle dans le désert du Moyen Age : d’un seul coup on redécouvre les Antiques, les Anciens, la philosophie grecque et les auteurs romains. Mais il faut savoir que la connaissance par les hommes du Moyen Age de la littérature latine ne fait aucun doute. Mais ce qui change ce sont les conditions de la création artistique ou scientifique qui changent en même temps que se transforme la perception du monde, qui de plus en plus se mesure à l’Homme. La dignité de l’homme est exaltée et il faut bien concilier cette volonté humaine redécouverte et la volonté divine. C’est de là que naît la réflexion de la Renaissance, plus que du prétendu retour à l’Antiquité. l’Antiquité constituera un modèle de
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. Quattrocento : = 400, c’est à dire années 1400 et suivantes = XVème siècle italien. Mouvement littéraire et artistique de cette époque.

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référence pour ces humanistes qui étaient en rupture totale avec la barbarie qui les avait précédés. Matériellement, des transformations considérables ont secoué les hommes de la Renaissance. L’élargissement du monde, les découvertes géographiques et scientifiques, mais aussi le statut nouveau accordé à l’artiste. la fonction essentielle apportée à l’art dans les stratégies politiques des princes, le pulullement des chapelles privées dans les églises, le développement des bibliothèques, de l’imprimerie et des inventions… tout cela permet la multiplication d’œuvres sublimes qui constituent encore le cœur de la culture italienne. Les XVI et XVIIème siècles sont longtemps apparus comme une période de décadence italienne qui ne s’achève qu’avec le « Risorgimento » et l’unité italienne. Le sac de Rome en 1527 prend les proportions d’une catastrophe matérielle et morale. Les fondements du quattrocento s’écroulent lorsque les troupes de l’empereur Charles Quint, privées de leur chef, pénètrent dans « l’Urbs », massacrent et pillent durant plusieurs jours. Il s’ensuit une période de relative stabilité politique, de développement artistique vigoureux et de mise en place de nouvelles puissances. De 1530 voire 1559 au Traité de Cateau-Cambrésis jusqu’à la paix d’Utrecht en 1713, l’Italie a vécu l’heure de la domination espagnole. Le développement de l’Italie apparaît longtemps rétrograde comparé aux Etats européens « modernes ». Pourtant, bien que dominés, les modèles politiques italiens savent générer des formes propres et originales. Cette période voit l’affrontement terrible des protestants et des catholiques, la mise en place de la ContreRéforme qui parquera considérablement l’Italie. Le sac de Rome Après quatre heures de combats intenses, les hordes de mercenaires à la solde de Charles Quint réussissent à pénétrer par une brèche dans la muraille romaine un peu à l’est du Vatican. Ces hordes privées de commandement , le Connétable de Bourbon, a été tué pue de temps auparavant renforcées par les milices privées de la famille Colonna, pillent systématiquement les églises et les couvents, incendient les palais, tuent, violent et torturent sans discernement. Rome est saccagé et pendant dix mois l’Urbs est ville morte. Mais Rome en fait ne subissait là ce que nombre de villes italiennes subissaient depuis le début des expéditions françaises dans la péninsule. Le sac de Rome n’est donc remarquable ni par son déroulement, ni par sa durée. Il est remarquable parce que Rome est frappée du même sort commun à d’autres villes, elle, Rome qui se voyait différente ! C’est un mythe, la capitale spirituelle de la chrétienté latine qui est atteint. Et le sac de Rome apparaît comme le symbole, le paroxysme de toutes les calamités qui touchent l’Italie depuis les premiers signes de faiblesse de la Ligue italique. A l’arrière-plan politique de ce désastre, le combat opposant la France et l’empire pour le contrôle de l’Italie. En 1519, à la mort de son grand-père, l’empereur Maximilien, Charles de Habsbourg, soit Charles Quint, est élu empereur au Saint-Empire germanique. Il est déjà à la tête de l’Espagne, des Pays-Bas et des terres des Habsbourg. Il se montre ambitieux et décidé. De plus, Naples, la Sicile et la Sardaigne sont sous sa domination. Le duché de Milan, possession française, lui aurait permis de relier stratégiquement les parties allemandes et espagnoles de son empire. De 1512 à 1559, l’histoire italienne est marquée par les guerres franco-impériales. Après 1515, quatre partis sont en présence :
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Le Milanais, possession française après la victoire de Marignan. Les Français sont déjà en Lombardie et à Gênes Les Espagnols ont la Sicile et Naples Les Impériaux ont la Vénétie et les Suisses Florence est totalement aux ordres de la papauté après l’élection de Léon X de Médicis en 1513.

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En 1519, l’Espagne et l’Empire s’unissent sous le même souverain, Charles Quint. En 1521, les Suisses se retirent de la scène et l’ensemble est totalement incontrôlable après la défaite française à Pavie en 1525. Le pape Clément VII et ses conseillers francophiles essayent de réunir les florentins, les Vénitiens, le duché de Milan et le roi de France, ce qui déclenche le sac de Rome ! François 1er reprend les hostilités, reconquiert le Milanais et occupe une grande partie du royaume de Naples. Là la flotte génoise jusque là au service de la France fait faux bond et les Français doivent lever le siège et battre en retraite. Le conflit s’apaise en 1529. L’empereur se réconcilie avec le pape et parvient à un accord avec François 1er, laissant la Bourgogne au roi de France et la paix de Cambrai marque l’hégémonie espagnole en Italie et vaut à l’Europe sept années de tranquillité. Charles Quint se fait couronner par le pape à Bologne et fait élire son frère Ferdinand roi des Romains. Mais la mort du duc de Milan, Francesco Sforza en 1535 ranime le conflit entre Charles Quint et François 1er qui revendique le duché de Milan pour son fils Henri II. En 1536, François 1er occupe la Savoie et le Nord du Piémont. Charles Quint décide brusquement de donner le duché de Milan à son fils Philippe en 1540. Durant les années suivantes dans toute l’Europe des guerres se déroulent contre les princes protestants. Mais en 1547, François 1er et Henri VIII d’Angleterre meurent à quelque mois d’intervalle. le nouveau roi de France Henri II conserve ses projets italiens. En 1552, l’affaire de Sienne éclate : la ville chasse sa garnison espagnole et demande l’aide de la France. La guerre dure trois ans. Les Espagnols ont l’avantage et s’installent dans les présides de Piombino et Orbetello. La ville est dominée par les florentins. A peine ce foyer s’éteint, un nouveau conflit éclate dans le royaume de Naples entre le Pape, la France et les Espagnols qui a pour conséquence de ranimer la guerre dans le Nord de la France tenue en partie par les Espagnols. En 1559, le traité de Cateau-Cambrésis consolide les possessions espagnoles en Italie. La France renonce à Milan, la Corse, la Savoie et le Piémont mais garde ses positions dans le Nord de la France. Des mariages stratégiques sont conclu : Philippe II devait épouser Isabelle, fille d’Henri II et Emmanuel-Philibert de Piémont Marguerite de France, la sœur de Henri II. Ainsi s’achève après 40 années terribles le duel entre Habsbourg et Valois ! L’Italie de Charles Quint A l’issue de ces guerres, l’Italie ressort dominée : Domination espagnole solidement établie, même si les familles régnantes restente majoritairement italiennes. Milan est revenu aux Sforza, Gênes laissé au pouvoir des Doria, Ferrare et Modène à la famille d’Este, Mantoue aux Gonzague, Florence aux Médicis Le pape contrôle toujours ses Etats Le Sud et Naples sont à l’Empereur Le grand-duché de Toscane avec Sienne est créé en 1569 et s’allie à l’empereur La Savoie est reprise par Emmanuel-Philibert qui crée un Etat fort, fondé sur le modèle français de la monarchie absolue Seuls le St-Siège et Venise mènent une politique indépendante de l’Espagne de Philippe II. L’Italie est gouvernée par le Conseil d’Italie, créé par Charles Quint, et effectif sous Philippe II, comprenant des conseillers espagnols et italiens. Aucune innovation : les institutions en place sont maintenues, les charges administratives confiées à des italiens. En réalité, loin d’être une domination étrangère imposée aux italiens contre leur volonté, le nouvel ordre politique repose sur une alliance volontaire entre des membres d’importance diverse jouissant d’un degré d’autonomie différent. Venise reste un Etat extrêmement stable.

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Gênes est plus troublé et subit une pression populaire en 1575 qui oblige le Sénat à intégrer dans la noblesse 300 nouveaux citoyens et à abolir la gabelle du sel. Les « nobili vecchi » (anciens nobles) sont mécontents et quittent la ville. Orian Andrea Doria demande la médiation des espagnols qui confient le gouvernement à deux Conseils (grand Conseil 400 membres et le Petit Conseil 100 membres) composés de sénateurs, procurateurs et d’anciens doges. Cette constitution se maintient jusqu’à la Révolution française. Rome. Le pape Sixte Quint organise en 1587 les congrégations romaines (assemblées de cardinaux) : il confirme celles qui existaient et en crée 15 autres. Elles s’occupent du gouvernement de l’Eglise et certaines du gouvernement pontifical, comme celle de l’ « Annone » qui veillait au ravitaillement de Rome, des Rues et des Ponts, de al Flotte, de la Monnaie. Celle de « Sacra Consulta » en renforcement des problèmes de politique extérieure du saint-Siège. Les congrégations de l’Inquisition (créé en 1542) , de l’Index (1571), des Rites 1588 ont été des instruments efficaces de la Contre-Réforme. En 1586, Sixte Quint fixe à 70 le nombre de cardinaux. Il combat le brigandage et son successeur Clément VIII annexe Ferrare au 1598. L’Etat pontifical en ressort consolidé et a même été qualifié d’ « absolutisme ». Florence . Côme de Médicis conserve les apparences de l’ancienne république mais le pouvoir est renforcé par la « pratica segreta », sorte de Conseil d’Etat et par le « magistrato supremo » qui exerce l’exécutif. Côme se voit concéder le titre de Grand-Duc de Toscane. Mais le plus intéressant de cette période est la reconstitution d’un puissant duché de Savoie après le traité de Cateau-Cambrésis qui restitue à Emmanuel-Philibert la majeure partie de ses Etats. Il récupère Turin en 1562 et Pignerol en 1576. Il reprend aux Suisses le Chablais et le Genevois en 1567. Il gouverne en souverain absolu et ne convoque plus les Etats Généraux à partir de 1560 en Piémont, de 1562 en Savoie et en 1569en Bresse. Seuls ceux du Val d’Aoste restent en activité. Le français et l’italien remplace le latin dans les actes officiels. Le duc de Savoie s’attache à assurer des ressources régulières au pays, à développer sa puissance militaire et restaure l’économie. par décret, il abolit le servage. Son fils Charles-emmanuel luis succède en 1580 et poursuit son oeuvre. Il s’empare en 1588 du marquisat de Saluces jusque là détenu par les Français. Vers le maniérisme Paradoxalement, les années les plus troublées de la Renaissance sont également les plus riches culturellement. Dans les années 1520, l’italien s’impose comme langue vulgaire et unique grâce à Pietro Bembo (1470-1547) philologue et linguiste. Il rencontre une très forte opposition de la part d’Erasme et de divers auteurs vénitiens ou pérugins écrivant en dialectes locaux. Si l’Italie est finalement devenue monolingue plutôt que bilingue, c’est dû en grande partie à l’adoption par tous les principaux auteurs de la Renaissance de la « langue vulgaire ». L’art du XVIème siècle a sa pleine maturité de révolution esthétique initiée par Brunelleschi, Masaccio ou Donatello à Florence dans les années 1420-1440. Après le sac de Rome, Michel-Ange continue à travailler à florence où il achève les tombeaux de la famille des Médicis. Il dessine les projets de la salle de lecture et de l’escalier monumental de la bibliothèque laurentine et renforce les fortifications de la ville. En 1534, il repart pour Rome, protestant ainsi contre le nouveau gouvernement florentin. A la même époque à Venise, Tiziano Vecellio, dit le Titien (1490-1576), perfectionne la technique de la peinture à l’huile importée des Flandres. Il s’intéresse à la gravure sur cuivre, technique récemment mise au point, pour diffuser ses œuvres dans toute l’Italie. Avec la progressive remise en ordre politique, après 1530, les princes comptent parmi les plus importants clients des artistes et lettrés, pour légitimer avec le « quattrocento » voir l’Antiquité pour asseoir une autorité de l’Alliance qui après 1559 devient maître de l’Italie. ainsi les sculpteurs décorent les portes, places, fontaines et les palais des emblèmes princiers : boules médicéennes, lys Farnèse, lion de Saint-Marc, chêne des Della Roverse…

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La manifestation du pouvoir passe également par la grandeur et la magnificence des palais qui allaient en s’accentuant. Côme de Médicis fait construire par Vasari la galerie des Offices. A Parme, Ottavio Farnèse s’installe de l’autre côté du fleuve, au fond d’un parc, loin des bruits de la ville. La beauté de la ville manifeste également la puissance du maître. A Naples, le vice-roi Pedro de Tolède ordonne la destruction des baraquements et étals qui encombrent les rues et charge l’architecte Maglio de mener à bien des projets prévus par ses prédécesseurs. A Rome, Paul III Farnèse fait percer une rue reliant le palais familial à la place Navone. C’est pendant cette période que voit jour le maniérisme inspiré de la Renaissance (1450-1580). Les principes enseignés par les Maîtres (Raphaël, Sangallo le jeune, Michel-ange…) sont des hypothèses susceptibles d’être dépassés. Les figures sont parfois déformées et pliées (le Pordenone) , on peut voir 3 scènes en 1, distorsion des sujets (Volterra) jambes raccourcies (Pontormo), formes longilignes à la Madone et à Jésus (le Parmesan)… A cette époque du maniérisme, quelques grands projets urbanistiques ont vu le jour, particulièrement onéreux et de longue haleine qui lient étroitement architecture et urbanisme, tels Jacopo Sansovino à Venise, Giovanni Battista del Tasso à Florence. A Rome sur la place du capitole, seule la façade du Palazzo Nuovo est achevée par Michel-Ange. L’escalier monumental est confié à Giocomo della Porta et terminé en 1578. Ainsi l’Italie retrouve ce qu’elle avait perdue 1000 ans auparavant une langue unique, des références communes (la diffusion du maniérisme en est le ciment), l’ensemble étant maintenu dans une organisation politique nationale rudimentaire mais efficace. Réforme catholique et Contre-Réforme Aux XVI et XVIIème siècles, Rome tente de faire reculer le protestantisme qui gagne du terrain partout en Europe et plus particulièrement en Europe du Nord. Il faut donc endiguer cette religion réformée par une série de décisions : La congrégation de l’Index publie une liste des ouvrages interdits En 1540, Paul III Farnèse approuve la création de la Compagnie de Jésus d’abord destinée à l’évangélisation en Terre Sainte. Le Concile de Trente est à la fois une machine de guerre contre le protestantisme et le creuset d’un renouvellement du catholicisme. Ce Concile de Trente dans sa volonté d’efficacité contre le protestantisme prend des mesures horribles : inquisitions, tortures, exécutions… de plus, sur le plan local, on prétextera l’opposition religieuse pour combattre l’opposition politique (ex. : les guerres de religion en France). Le clergé est déclaré seul compétent pour expliquer les Ecritures et une même valeur est données à la Tradition et à la Bible. Le culte des saints et des images est confirmé et les 7 sacrements consacrés et ritualisés. La communion sous les deux espèces (pain et vin) est interdite et la présence réelle de Jésus-christ dans l’eucharistie est affirmée avec force. Parallèlement à ce combat défensif mené contre la Réforme, il faut bien réformer l’Eglise catholique. Car les reproches de Hus, Savonarde, Luther, Erasme sont fondés et les abus se multiplient à la cour pontificale et dans toute la catholicité ! Luxure, cupidité, absentéisme… Le concile de trente permet de canaliser des potentialités déjà engagées et donne un corpus doctrinal à ceux qui restent fidèles au catholicisme. Il clarifie les problèmes théologiques et les plus brûlants et reprend en main l’activité pastorale, exigeant des hommes d’Eglise à tous les niveaux, une présence et une activité d’enseignement et de prédication. Le cathéchisme sort en 1566, le bréviaire en 1568, le missel romain en 1570 et la vulgate clémentine (bible en langue vulgaire, commune) en 1593. Malgré cela, les résultats sont longs tant les habitudes sont prégnantes f et c’est seulement au cours du XVIIème siècle que la Réforme porte ses fruits. Rome redevient le centre de la catholicité et les papes qui se succèdent à partir de la fin du XVIème siècle et tout au long du XVIIème s’attachent à donner à cette ville à la fois l’éclat du catholicisme et les

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infrastructures urbaines indispensables à son fonctionnement. Ce mouvement urbanistique est largement associé à la Contre-Réforme, Rome devant être l’exemple pour les milliers de pèlerins qui s’y déversent chaque année et une vitrine pour l’autre partie de l’Europe. Ce mouvement trouve son expression artistique dans le baroque avec Carrache, Caravage, Bernin, Borromini et tous ceux qui ont mis leur art au service de l’Eglise comme au service des laïcs d’ailleurs. Cette période extrêmement riche, plus riche par son aspect religieux et artistique que par ses transformations politiques, recouvre la fin du XVIème et tout le XVIIème siècle. C’est à partir de Rome que va s’articuler cette transformation. Rome Tout au long du XVIème et début XVIIème siècle, Rome attire des artistes de toute l’Italie et de l’Europe entière. Sur 267 artistes ayant travaillé à Rome au XVIème siècle, seulement 17 sont romains dont un seul a été remarquable, Giulio Romano. Il y avait surtout des Toscans, des Milanais et des Bolognais. Les papes proposaient aux artistes d’amener avec eux leur famille, mais aussi les artistes de leur région d’origine ! Les Romains, s’ils n’ont pas contribué à la peinture et à l’architecture, ont été très présents dans le domaine de la musique, avec notamment : Pier Luigi de Sante de Palestrina qui devient en n1551 Maître de Chapelle à la chapelle Julienne de Saint-Pierre. En 1554, il dédie à Jules III son « Primo Libro di Messe » et en 1565, sa « Messe du pape Marcel ». En 1571, il fonde le premier institut de musique à Rome. Emilio de Cavalieri, créateur de l’oratorio. Son œuvre spirituelle connue : « Rappresentazione di amina e di corpo » Monteverdi (1567-1643). Plus tard, les étrangers arrivent nombreux : Espagnols, Français, Allemands. Le XVIème siècle transforme profondément l’aspect de Rome qui était restée pendant longtemps une ville médiévale et passablement abandonnée. Le pape qui a su donné à l’Urbs le visage qu’elle garde jusqu’en 1870, c’est Sixte Quint. Dans la logique qu’il suit dans la réorganisation politique de la papauté, il s’emploie à faire de Rome une ville capable de recevoir et d’impressionner durablement les milliers de pèlerins qui y viennent pour les jubilés, années saintes et autres cérémonies. Il organise un parcours entre les différentes basiliques majeures. Il prend en charge l’urbanisme, le tracé de rues nouvelles ; il aménage la ville haute (la région des « Monti » : Quirinal, Esquilin) qui présentait des avantages : Climatiques : durant les étés chauds, les lieux étaient insalubres et les menaces de malaria sévissaient régulièrement dans cette région. Les aménagements ont permis l’assainissement de ces lieux. Les pèlerinages : jubilé de 1575 et autres cérémonies (années saintes,…) amènent les croyants à ses rendre aux sept églises dont quatre basiliques majeures qui la plupart étaient situées dans la zone des Monti. Il faut donc aménager les accès aux basiliques et les voies transversales de communication qui étaient jusqu’alors mal commodes et longées de ruines et de terrains vagues, emplacements de prédilection pour les guetsapens et les embuscades. Grégoire XIII fait donc construire une voie rectiligne, plus large, mieux aménagée, reliant les basiliques et les églises. Sixte Quint reprend le travail de ses prédécesseurs pour rendre la circulation aisée et impressionnante lors des pèlerinages et également pour repeupler le Monti. Avec l’aide de son architecte, il relie la ville haute et la ville basse, en respectant les canons de l’urbanisme de la Renaissance, c’est-à-dire l’obligation de donner aux principales artères une perspective, un point de fuite. Sixte Quint reprend à son compte le projet de Paul III à l’occasion de la venue de Charles Quint, à savoir aménager une voie large rectiligne à travers le forum républicain qui va du Colisée au Capitole.

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D’autres artères rayonnantes sont également prévues à partir de chaque église ou basilique du circuit des pèlerinages. Le repeuplement de la ville haute se poursuit : des avantages importants sont concédés aux nouveaux habitants. On y institue une foire, un marché aux bestiaux, et on y encourage l’industrie de la soie. Outre ces projets de vision globale de l’urbanisme romain, Rome voit également des transformations ponctuelles, tout particulièrement l’élargissement de nombreuses rues qui permet le passage des innombrables carrosses des dignitaires de la cour pontificale ou des grands seigneurs romains et étrangers. C’est dans cette capitale religieuse restaurée, où 54 églises sont construites ou reconstruites au cours du XVIème siècle, où la basilique Saint-Pierre voit sa coupole enfin terminée en 1593, où trois aqueducs antiques sont restaurés entre 1572 et 1612 et 35 fontaines publiques mises en service dans les trois dernières décennies du siècle que prend naissance l’art baroque !

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