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58 Mieux vivre Migros Magazine 11, 14 mars 2006

Marc-Aurèle Ricci,
Pascal Chenaux
et Jean-Daniel
Glardon lors d’un
entraînement au
stade du Bout-du-
Monde à Genève.

«Un pas après l’autre, sans brûler les étapes, voilà comment on acquiert du plaisir!»

L’esprit d’équipe
Trois agents de la sécurité municipale de Genève et de Lancy racontent
leur passion pour la course à pied.

L a silhouette musclée, le
regard franc, ils avancent,
impassibles. Les gouttes
qui perlent sur leur front ne les
freinent pas. Chaque semaine,
des pompiers (World Police and
Fire Games) en Australie, à
Adélaïde. Un challenge qu’ils
convoitent avec détermination!
l’habitude de transpirer. Il a
commencé la course à 20 ans.
Ce «sport pas cher, à la portée
de tous» l’a tout de suite em-
ballé. «On ressent rapidement
lent. Une solidarité inébranlable
les anime.
La place de Jean-Daniel
Glardon, agent à Lancy, demeure
au premier rang. Sprinter à la
ils sillonnent des dizaines de Le besoin de se mesurer les bienfaits d’un entraînement base, il détient une position clé:
kilomètres à la recherche de la Rien ne peut les empêcher de régulier, mais il faut aller à son le «lièvre qui pousse ses acoly-
performance. Jean-Daniel Glar- parcourir les chemins, été com- rythme et écouter son corps.» tes à se surpasser». C’est
don, Marc-Aurèle Ricci et Pas- me hiver. Leur vie est guidée Son collègue Pascal Chenaux, d’ailleurs lui qui a poussé ses
cal Chenaux appartiennent à par le sport. «Cela demande des 32 ans, cycliste licencié, le deux compères à se mettre au
l’équipe Interpolices Swiss Tri sacrifices, mais nos familles confirme. «On commence par triathlon. A 35 ans, en tant que
Team, un groupe d’athlètes de sont compréhensives.» Amou- s’y intéresser, on s’accroche et responsable de l’équipe, il sait
triathlon formé de policiers, de reux des défis, ils s’entraînent ensuite on crée sa propre ma- secouer ses troupes!
pompiers et de gardiens de pri- tous les jours pour se dépasser. nière d’avancer.» Pendant les
son. Le but suprême de leurs Marc-Aurèle Ricci, quadra- courses, quand l’épuisement les Mêler l’utile à l’agréable
efforts: participer en 2007 aux génaire troisième dan en jiu-jitsu guette malgré la rage de vain- Fous de sport, les trois gardiens
Jeux mondiaux de la police et et anciennement bûcheron, a cre, les deux Genevois s’épau- de l’ordre partagent leurs expé-
Migros Magazine 11, 14 mars 2006 Mieux vivre 59 Publicité

riences, améliorent leur techni-
que, s’unissent devant l’adver-
sité. Les coureurs ne chôment
jamais. Marathon de Lausanne,
cross interentreprises, course
de l’Escalade (Genève), autant
de compétitions qu’ils collec-
tionnent. L’ambiance et le côté
populaire de ce genre d’événe-
ments conviennent à leur tem- La course à pied
est un sport bon
pérament jovial. Leur plus
marché. Une
grand souvenir: le Derby des bonne paire de
Bois (Versoix) il y a une année, baskets et hop! le
sous la neige, en pleine tem- tour est joué!
pête. «Dans des conditions ex-
trêmes, nous avons réussi à
franchir la ligne d’arrivée en
nous soutenant et chacun de 3, 2, 1, partez!
nous a fini sur l’une des mar- Le Grand Prix de Berne fête ses Délai d’inscription:
ches du podium!» témoignent- 25 ans cette année. Pour marquer jusqu’au samedi 22 avril 2006.
ils avec fierté. le coup, les organisateurs atten- Infos et inscriptions:
Une endurance à toute dent 25 000 participants qui www.gpbern.ch (site en allemand)
épreuve, expérimentée par auront le privilège de passer sous Grand Prix de Berne,
Jean-Daniel Glardon, dans le les fenêtres du Palais fédéral. Cet Seilerstrasse 21,
événement sportif aura lieu le 3011 Berne
cadre de ses fonctions. Son samedi 13 mai 2006 à partir de Tél. 031 381 55 66
physique exemplaire − sportif 13 h 30. E-mail: info@gpbern.ch
d’élite, il va jusqu’à se rendre
au poste le matin en courant, en
plus de ses six entraînements
hebdomadaires − lui a permis
de poursuivre un malfrat à vélo tes d’athlétisme, qui provo- me la rencontre d’un chevreuil
et de le rattraper. Comme quoi, quent des problèmes aux arti- au détour d’un champ. L’appel
on trouve des moyens de s’éva- culations. Ils accordent beau- de la forêt après les sirènes de
luer partout! coup d’importance à la notion la ville… L’envie de se bouger
de plaisir dans l’effort. «C’est les réunit et ça leur va bien. Un
Le choix du terrain bon pour la tête. On oublie ses pour tous, tous pour un!
Quand ils courent ensemble, problèmes et on se fait du
les trois hommes préfèrent la bien.» La campagne les aère et Virginie Jobé
proximité de la nature aux pis- leur offre des surprises. Com- Photos Georges Cabrera

Parole d’expert

Philippe Dard, à la durée, intercaler des séries de les fibres musculaires. En revanche,
physiothérapeute AGP, course rapide au milieu de l’entraî- un stretching en douceur, sans
spécialisé en physio- nement est plus efficace que de douleur, est bénéfique après la
thérapie du sport à courir longtemps à la même vitesse. plupart des entraînements.
Versoix, entraîneur
d’athlétisme Le stretching, bienfait ou danger? Comment se préparer pour réussir
Il y a beaucoup de mauvaises une course de plus de 10 km?
Quels sont les secrets d’un bon interprétations à ce sujet. S’étirer Il est important de varier le type de
entraînement? longuement avant de courir ou avant séances: des séances très rapides,
Je recommande un départ tranquil- une compétition est inutile voire puis à la vitesse du 10 km, des
le. Même en ne courant qu’une fois néfaste, car l’étirement passif footings de récupération et toutes
par semaine, on peut ressentir les refroidit la musculature. Je le les deux semaines une sortie longue
bénéfices de ce sport. Mais, pour déconseille aussi directement après de 1 h 30. La clé du succès: un
progresser, je conseille de courir un effort intense. Il risquerait de entraînement ne doit jamais être
deux à trois fois par semaine. Quant causer des micro-déchirures dans une contrainte!