PRODUCTION ORALE

MONOLOGUE A

B1.1

"C'est dur de dire non aux enfants" par Sandrine B.
Voilà quatre ans que mon mari est décédé et que je suis seule avec mes deux enfants.
Bien que je possède une maison, je dois faire face à de nombreux frais et j'ai du mal à
joindre les deux bouts. Je suis assistante maternelle, mes enfants ont 10 et 13 ans et
arrivent à un âge où ils me sollicitent beaucoup (portable, vêtements de marque).
Mais tout ceci leur est refusé, je n'ai même pas pu leur offrir de cadeaux à Noël. Je
fais en plus de petits boulots pour arrondir les fins de mois. Je n'ai pas de pension
alimentaire, juste une petite pension de reversion (330 euros tous les 3 mois). Je ne
peux compter sur personne, de nombreux amis et la belle famille m'ont vite perdue de
vue, et certains ne comprennent pas la situation. Je suis en contentieux avec ma
banque, qui pourtant s'est montrée assez compréhensive jusqu'à maintenant.
Mais gérer son budget sans carte bleue ni chéquier demande de la rigueur. J'essaie de
faire attention, mais c'est dur de dire non aux enfants. Je pense être un peu mieux
lotie que d'autres mamans. Mais une famille monoparentale est vite montrée du doigt
et mise à l'écart dans notre société.
MONOLOGUE B

B1.1

« Aujourd'hui tout le monde s'entend bien », par Géraldine, 30 ans
Il y a 3 ans, j'ai rencontré un homme sur Internet. Il vivait en région parisienne et
moi, à Marseille. Il était en instance de divorce et père de trois enfants, moi, je vivais
dans un studio et j'étais célibataire, jamais mariée, pas d'enfant. Après un an de
relation chacun chez soi, on s'est installés ensemble.
Avec ses enfants, le contact a été excellent dès le début. Ils ont 10 (garçon), 6 et 4 ans
(filles) aujourd'hui. On s'entend très bien, et j'ai une relation privilégiée avec la petite
dernière, qui a été conçue alors que le couple battait déjà de l'aile. Du coup, son père
a eu un peu tendance à la rejeter au départ et je me suis employée à les rapprocher.
Aujourd'hui, tout le monde s'entend bien. Nous avons les enfants un week-end sur
deux et la moitié des vacances. Cela n'a pas été évident pour moi de passer de la vie
de célibataire à la vie de famille, mais on s'y fait. Le plus difficile, ce sont les
relations de mon compagnon avec son ex-femme, qui peut faire des crises pour
n'importe quoi.
Aujourd'hui, je voudrais des enfants à moi, mais mon ami n'en a pas vraiment le désir.
Il l’acceptera si notre situation financière se stabilise. Même s'il ne le fait pas par
désir profond, ce que j'aurais souhaité…, il le fait par amour pour moi, et c'est déjà
pas mal ! Et je sais qu'il aimera ses futurs enfants comme ceux qu'il a déjà.

MONOLOGUE C

B1.1

Alexis 17 ans : « On est une famille comme les autres »
J’ai changé de vie du jour au lendemain. J’avais 11 ans, mes parents venaient juste de
se séparer. Quelques jours plus tard, j’ai surpris maman et Lucie, une amie de longue
date, en train de s’embrasser mais je n’étais sûr de rien. Je n’ai pas tout compris mais
je n’ai pas eu le temps de me poser mille questions. Maman et Lucie nous ont réunis
rapidement, les cinq enfants, pour nous expliquer ce qu’était l’homosexualité et pour
nous dire que nous allions vivre tous ensemble. À part ce baiser dans la cuisine, je
n’avais rien vu venir. Maman et Lucie étaient amies depuis très longtemps et je
passais beaucoup de temps chez Lucie quand maman travaillait. Je voyais le mari de
Lucie et tout semblait se passer parfaitement bien dans leur famille. Je m’entendais
déjà très bien avec Camille et Julie, les filles de Lucie, qui sont aujourd’hui devenues
mes sœurs.
Chez nous, c’est la maison du bonheur ! Avec Lucie, on a une très bonne relation !
On fait des choses que je ne faisais pas avant. Du bricolage, du jardinage, on s’entend
vraiment bien elle et moi. Elle s’occupe de nous comme une vraie maman, comme si
elle nous avait connus depuis tous petits. En tout cas, maman et Lucie semblent très
heureuses et c’est ce qui compte.
Notre famille est équilibrée. Et ce, parce que maman et Lucie ont su nous parler,
exposer les choses et nous apprendre qu’on était comme les autres.
Je n’en parle pas autour de moi. Je crois que j’appréhende les réactions, même si au
fond je me fiche de ce que les gens peuvent penser. Je suis très bien comme ça. Je
crois mener une vie aussi normale que n’importe quel ado de mon âge.
♦ÉCHANGEZ AVEC VOTRE / VOS PARTENAIRE(S) :
Pourriez-vous décrire votre famille ?
Quel genre de rapports entretenez-vous avec les autres membres de la
famille ?
Quels sont les moments ou les activités que vous aimez bien partager
avec votre famille ?
Avez-vous l’habitude de fêter certains évènements en famille ?
Lesquels ? Avec qui ?
Quelle étape de votre vie avant 20 ans (la petite enfance, la grande
enfance, l'adolescence) considérez-vous comme la plus joyeuse ?
À quel âge avez-vous décidé de quitter la maison familiale ? Pour
quelles raisons ? Comment vos parents ont-ils réagi ?
Si vous avez des enfants, qu'est-ce que vous aimez le plus faire avec
eux ?

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