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CONCLUSION

1- Situation du christianisme
Le christianisme et le monde moderne ne s’entendent pas très bien, quoique
certaines de ses valeurs laïcisées y soient reçues et même parfois s'y imposent :
égalité des hommes, égalité des sexes, liberté foncière des personnes, dignité égale
de tous, spécialement des petits, des malades, des pauvres, des infirmes, etc.
Cependant la vision mythique de l'homme pécheur et déchu, racheté par JésusChrist, le médiateur humano divin, elle, ne rencontre plus d’écho. La nature est
désormais tenue pour bonne et même elle a tendance à se faire norme ; donc le
surnaturel laisse plutôt indifférent. L'humilité, vertu chrétienne par excellence,
n'est plus une vertu, c'est pour la plupart un vice.
Deux millénaires de christianisme, cela fait déjà une longue histoire. Un rapide bilan
peut être fait et ce qui apparait comme évident, c'est que cette religion n'a pas
éclipsé toutes les autres, elle n'a pas remporté la victoire, elle n'est apparue à
l'humanité dans son ensemble ni comme la seule religion valable, ni même comme
la meilleure. L'humanité n'est pas devenue chrétienne et elle ne semble pas en voie
de le devenir non plus. Aucune des grandes religions d'ailleurs n'arrive à s'imposer
à tous les humains de la planète. Le phénomène religieux est partout présent, mais
sous des formes très variées. Même si l'avenir semble devoir rapprocher les
humains par des communications toujours plus abondantes et perfectionnées,
l'unité des esprits dans une même foi n'est pourtant pas à l'horizon et ne le sera
jamais, à moins de bouleversements catastrophiques qui jettent par terre la
civilisation planétaire que nous construisons actuellement. Mais là encore, on peut
sérieusement douter. L'unification des esprits se fait toujours par violence, et donc
elle ne dure que le temps où persiste l'oppression.
Sur le plan religieux, l'humanité s'insère depuis toujours dans plusieurs grandes
traditions et rien ne permet de penser qu'un jour toutes ces traditions vont se
saborder au bénéfice d'une seule, reconnue comme la plus parfaite. Curieusement
pourtant, c'est ce à quoi chacune d'elles a aspiré dans le passé et peut-être encore
secrètement de nos jours. Le fait est que les religions, à l'instar des personnes, se
font aimer et le cœur du fidèle, comme celui de l'amant, sera toujours partial. Mais
c'est un rêve auquel elles doivent renoncer. L'humanité ne sera jamais

unanimement chrétienne, comme elle ne sera pas non plus unanimement
musulmane, bouddhiste ou hindoue.
De plus, l'Occident lui-même n'est même pas devenu vraiment chrétien. En
devenant moderne, il s'est déchristianisé et il se pourrait que ce soit la raison pour
laquelle il fascine la planète tout entière, en plus du fait qu'il a engendré la science
expérimentale et une technique protéiforme proprement stupéfiante. Mais si on
retire d'une culture sa religion, on lui enlève son âme. C'est-à-dire que ce n'est plus
vraiment une culture qui se répand, mais une civilisation. La civilisation occidentale
triomphe justement parce qu'elle est une civilisation et non une culture. Ce ne sont
pas tant ses valeurs traditionnelles foncièrement chrétiennes qu'elle répand sur la
terre, que les automobiles, le jean, le dollar, l'anglais, la musique rock, les émissions
de télévision, les films d'Hollywood, etc. Sans oublier la science. Ce faisant, elle
attaque les autres cultures qu'elle va peut-être réussir à désagréger, avec le temps.
De toute façon, le christianisme comme tel n'apparait pas en position de devenir
demain la religion de la planète. S'agit-il d'un échec ?
Il faut se rappeler que la vie du Christ, pour ceux qui ne croient pas en lui, s'est
terminée par un échec monumental : la mort sur la croix. Peut-on dire que son
Église, comme lui, est vouée elle aussi à mourir dans un monde qui ne la reconnait
pas ? C’est possible. Mais alors, cet échec de la religion chrétienne à conquérir le
monde en affecte-t-il la vérité intrinsèque ? Non, d'autant plus que cet échec a été
prévu et annoncé par le Christ lui-même. De toute façon, que le christianisme soit
encore présent et actif, qu'il soit même devenu la religion de près d'un tiers de
l'humanité, après plusieurs siècles de luttes acharnées et cela dans une société qui
s'est transformée de fond en comble, constitue déjà une étonnante victoire.
Pourquoi le christianisme n'a-t-il pas été capable de conquérir le monde et de
devenir vraiment la religion de toutes les nations ? Il aurait fallu d'abord qu'il ne se
divise pas en différentes Églises ou sectes rivales. Il aurait fallu ensuite qu'il reste
associé à l'État et qu'il pénètre en profondeur la civilisation occidentale, à défaut de
pouvoir envoyer une armée de missionnaires pour pénétrer tous les pays et
convertir leurs populations. Il aurait fallu aussi qu'il ne s'aliène pas les savants en
entrant en conflit avec eux dès l'origine de la science moderne, et que celle-ci
devienne son alliée, son amie, voire sa compagne indispensable. Ce ne fut pas le
cas, bien que la science ait profité du christianisme de plusieurs façons, en tout
premier lieu par cette désacralisation de la nature qu'il opéra. De même encore, par
la désacralisation de l'État : César ne peut plus et ne pourra plus jamais être un dieu

notamment pour la notion de péché et pour la morale sexuelle qui en découle. ou le discours du clergé ? Il ne faut pas confondre ces deux discours-là. Mais ceux qui ont décidé de la mort du christianisme dans leur cœur ne lisent pas les théologiens. elle ne le deviendra jamais. et il n'a pas fait de politique. celle de la foi chrétienne qui lie le destin de l'homme à la volonté divine et qui voit en cette divinité le souverain bien de l'homme. le cœur et la pureté du sentiment se tiennent désormais au centre de la foi. celui des théologiens se porte assez bien. Mais le christianisme n'est-il qu'un discours ? Faut-il le juger comme discours uniquement ? Certes. non l’obéissance. Pour toutes ces raisons. incapable de stimuler une pensée vivante. justement parce qu'ils ouvrent sur les mystères de Jésus et de Dieu. l'Église n'est pas une puissance culturelle triomphante dans le monde actuel et. Au lieu de dire que le discours chrétien est usé. Ils se fient au discours du clergé. Peut-être aussi parce que ceux qui la représentent officiellement tiennent un discours qui lui. à cause de son rapport direct à Dieu. Est-ce le discours chrétien comme tel qui est ainsi. et cela allait dans le sens de la démocratie bien plus que de la monarchie. mais elle n'est pas que discours. et il n'est pas nécessaire d'être d'accord en tous points avec les autorités pour faire partie de l'Église. De même aussi. qui ne veulent pas attirer l'attention sur eux-mêmes. En admettant que toute la foi chrétienne ne repose que sur les quatre Évangiles. est démodé. mais sur une cause. Le premier. et parce que nous sommes devant des textes inépuisables. à moins d'une révolution totalement imprévisible. parce qu'ils sont fascinés par le spectacle du monde qu'ils découvrent dans les médias. il faut dire que la foi chrétienne a perdu de son attrait auprès des hommes modernes. pour toutes sortes de raisons. l'individu lui-même fait l'objet d'une quasi-sacralisation. Mais l'Église n'a pas su s'en apercevoir à temps et la grande révolution politique et philosophique des temps modernes s'est faite en dehors d'elle et même généralement contre elle. toute religion comporte nécessairement un discours. seul le Christ l'a été. et bien d'autres encore qui ont trait aux décisions qu'elle a prises à toutes sortes de grandes occasions. vidé. Mais il ne faut pas confondre le discours des autorités ecclésiastiques avec celui de la religion chrétienne elle-même. Ceux-ci n'en perçoivent plus la valeur. . une relecture convaincrait aisément que ce sont les discours les moins « usés » qui soient. En revanche. qui leur déplait. On entend dire souvent que le discours chrétien est maintenant usé. dont l'homme ne viendra jamais à bout. encore une fois.sur terre. peut-être. par la désacralisation de la Loi de Moïse .

mais c'est un art spécialisé. un roi. ce n'est plus désormais une autre personne. récupéré du Dieu défunt. bien qu'en Occident on ne soit pas loin d'avoir épuisé son potentiel. parce que. et cela d'une façon aussi décisive que la naissance de Jésus-Christ l’avait fait précédemment. . son attribut principal. L'art tout d'abord a cessé de célébrer principalement le sacré. qui n'intéresse qu'un faible pourcentage d'artistes.2. C'est maintenant l'organisation concrète de la vie qui change complètement de sens. La philosophie ensuite a rompu ses liens de vassalité avec la religion et revendique pour la raison la plus totale indépendance. un art religieux existe toujours. autrement dit. Certes. Ses conséquences pourtant n'ont pas fini de se faire sentir. le monde profane. Certes. alors qu'auparavant. en de nombreux pays les choses ne font que commencer. celle de toute personne devant la loi. Quel est l'effet principal de cette « mort de Dieu » ? Une nouvelle conscience de la liberté et le sentiment de l'égalité foncière de tous les humains. avec les révolutions américaine et française. semble-t-il. il baignait globalement dans une profonde religiosité. un chef doté d'un caractère sacré et représentant la divinité toute-puissante. Telle est l'assise ferme du monde moderne. et rien n'indique qu'il va revenir en arrière. laquelle est en principe l'expression de la volonté raisonnable de chaque personne.Le choc du monde moderne Le grand « évènement » de la mort de Dieu a inauguré l'ère moderne. Voici que le citoyen a fait son apparition dans l'État démocratique moderne. et une égalité absolue proclamée. ce monarque ne pouvait pas toujours dire comme Louis XIV : « L'État c'est moi ». qui ne peut plus être remise en question. Une nouvelle liberté est conquise. remettant en cause radicalement toutes les structures d'autorité. l'homme lui-même. de travailler au service des puissances d'en haut . si l'homme avait continué de demeurer un « sujet » de son seigneur ou de son roi . un empereur. Ce qui se tient au-dessus de toutes les personnes. On peut dire de lui qu'il a brisé l'histoire en deux. elle constitue un progrès moral et philosophique évident. Mais voyons ce qui s'est passé plus précisément. si la nation n'avait pas à son tour conquis son indépendance. la liberté politique. Pour le reste de la planète. Mais ces changements dans le domaine de l'art et du savoir n'auraient modifié que légèrement la face du monde. L'artiste a donc conquis une indépendance complète et aujourd'hui il enseigne à tous la liberté et la créativité. il s'est tourné vers la nature.

mais dans celles qui sont le plus progressistes. du partenariat. et bientôt la pratique autant que le bon sens devaient convaincre les patrons que l'ancien modèle d'autorité n'était pas le plus efficace. Puis ce fut au tour de l'école de se transformer. qui lui-même avait cessé d'être dans la dépendance d'un autre homme particulier. de l'autogestion. de l'initiative. le travailleur. tous en effet sont égaux. dans l'entreprise actuelle. et il exploitait honteusement des masses de plus en plus considérables. À la manufacture ou à l'usine.mais il pouvait quand même dire : « La nation. en lui accordant une liberté identique. son seigneur ou son roi ? Impossible et injuste. dans la reconnaissance de leur droit au respect. Ce maitre-là incarnait le savoir au lieu d'en être l'humble serviteur. Certes. était tombé souvent dans un ignoble esclavage à l'intérieur d'entreprises qui achetaient à vil prix sa force et se débarrassaient de lui quand il ne faisait plus l'affaire. les plus petites notamment. Mais alors que le citoyen se trouvait libéré officiellement dans l'État. la famille devait donc fatalement devenir « moderne » à son tour et mettre la femme sur un pied d'égalité avec l'homme. qu'une sorte de partenariat aboutissait à de bien meilleurs résultats. comme devant la mort. elle m'appartient comme mon corps même. les formes traditionnelles d'autorité ont-elles sauté. De toute façon. Après d'âpres luttes. c'est non seulement à un changement d'orientation . le mouvement syndical parvint à faire changer les choses. » Après un tel bouleversement dans la société politique. ce à quoi on a assisté avec la mort de Dieu. et il est pratiquement impensable qu'on revienne au passé dans ce domaine. Comme l'État. Néanmoins quelque chose a changé dans la façon de traiter les personnes. pas toutes bien sûr. c'est à moi. directement ou par personne interposée. Devant la raison et la science. puisque le sacre que j'ai reçu m'a soudé à elle pour l'éternité. Depuis toujours elle voyait un maitre professer du haut d'une chaire et exiger de la jeunesse obéissance et respect. Aussi. La vérité n'appartient à personne et il arrive parfois qu’elle se trouve chez l’élève. dans le style même des rapports humains. comment la femme auraitelle pu continuer à se soumettre à son mari docilement et à rester dans la dépendance d'un homme particulier. lui. au profit de la collaboration. ces nouvelles structures de pouvoir ne sont pas universellement répandues encore dans la sphère économique et il y a des institutions qui sont assez peu touchées par elle. le capitaliste comme jadis le propriétaire d'esclaves commandait en despote. L'école moderne se devait donc à son tour de procéder à une révolution et de mettre les élèves sur le même pied que leur maitre.

à cause de la disparition du principe suprême qui lui insufflait la vie. Ce qui fait que. ce qui met tous les laïcs dans une position d'enfants à son égard. dirigeait et punissait son peuple avec une grande autorité. qu'ils ont du mal à s'identifier à elle et à en être fiers. celle du Prêtre. chaste. à la mort du Maitre. Il n'est pas question non plus de préconiser un « relâchement » des principes moraux pour essayer de ramener les masses dans l'Église. censément. le propre d'une tradition n'est pas de maintenir des structures du passé. Cette structure hiérarchique du commandement est tombée en pièces. Jehova ou Yahvé. tournée vers les commencements. Il ne s'agit pas ici de nier au prêtre la possession de certains pouvoirs proprement spirituels qui lui sont conférés par son ordination. Il manque pourtant une mort à notre liste. . le Dieu-Monarque-PèreMaitre-Patron. qui relève imaginairement celui qui. mais aussi et principalement à la mort du Roi. à la mort du Patron. Mais la religion catholique. préoccupée de maintenir le lien avec les origines et les enseignements sacrés venus d’un lointain passé. De plus. Il s'agit plutôt de demander la suppression des barrières symboliques et le changement du modèle du clerc : mâle. est traditionnellement conservatrice. mais pas si clairement exigée par les textes.dans l'art et la philosophie. On pourrait être tenté d’expliquer ce refus de l'Église catholique d'entrer vraiment dans le monde moderne par la personnalité des plus récents papes. qui continue à se croire investi d'un pouvoir sur les âmes et à se faire encore – mais de moins en moins – appeler « Père ». bref à la disparition d'une forme de pouvoir qui postule l'inégalité. mais de maintenir un dépôt de sens donné dans le passé. ce qui lui permet de rabaisser sous lui ceux qui doivent obéir. Or. dans le cas présent. en pratique. comme toutes les grandes religions. sa pensée s'inscrit dans le prolongement du judaïsme où un Dieu Très-Haut. à la mort du Père. devant assumer une « paternité » spirituelle sans doute bien établie par une tradition multiséculaire. célibataire. que le mot d' « humanisme » pourrait assez bien décrire. mais de nier que ces pouvoirs lui permettent de prendre un ascendant sur les laïcs et de les diriger comme des enfants. a reçu d'en haut et en dernier ressort de Dieu lui-même son autorité. en consentant aux accommodements que l'évolution des mœurs ou des cultures exige. les catholiques ne se sentent pas véritablement libres dans leur Église.

le dieu-Allah. il lui est en tout cas possible de le devenir plus aisément. mais si l'homme n'y est pas nécessairement plus grand. cela tient au fait que nous nous sommes débarrassés de la religion chrétienne en nous ouvrant à la science et à la philosophie. à laquelle il voue un culte jaloux et chez certains. on peut parler de progrès dans le statut de l'être humain. acceptait aussi. ce qui lui donnait l'allure d'une loi naturelle ? L'homme. L'homme d'aujourd'hui a très souvent l'impression que si. fanatique. dans le monde ancien. Ce fut le combat du XVIIIe siècle notamment et de ce qu'on a appelé les « Lumières ». Nous pouvons bien garder à l'endroit de ce monde ancien une certaine nostalgie. On naissait roi. en se tournant vers d'autres religions. mais il n'est pas permis d'y rester attaché. d'Aristote et de Plotin qui sont venus renforcer puissamment cette image . femme et on laissait souvent à ses parents le soin de décider de la carrière qu'on embrasserait ou du conjoint avec qui on partagerait toute son existence. justement. mais cela ne signifie pas nécessairement une « domination » de l'Église sur ses fidèles. Mais faut-il pour cela maintenir cet ordre hiérarchique et symbolique. ce qui correspond à une exigence de l'esprit qui l'habite. La modernité ne produit pas nécessairement un monde sans Dieu. il est forcé de constater que si elle permet de transformer le monde (pour le mieux ?). Certes. l'Église catholique croit encore que la nécessaire humilité du chrétien implique la reconnaissance d'une domination divine sur le monde . Mais quand il n'est pas trop étroit d'esprit. plus libre. paysan. ce modèle de la pyramide que toutes les autres institutions ont abandonné et qui n'avait de valeur que dans la mesure où on le retrouvait partout. voire délirantes. enrobées parfois dans des mythologies fantaisistes. ainsi que les dieux de Platon. Elle veut sans doute toujours que l'homme fasse effort pour vivre. Et il a souvent transformé sa science elle-même en mythologie. le monde moderne n'est pas le paradis. l'homme moderne s'est souvent débarrassé de la foi chrétienne. des religions de toute nature. cette mythologie « scientifique » ne réussit pas à donner un sens à la vie de tous ceux qui ne sont pas des scientistes. le dieu-roi. Or le dieu qui est bel et bien mort. puériles. Cependant. et la femme surtout. même si sa naissance a coïncidé avec la supposée mort du Dieu ancien. noble. Mais elle produit assurément un monde dans lequel on ne commande plus de haut aux personnes. une égale liberté et une dignité indestructible.Ce n'est pas tout. plus authentique qu'il ne l'était dans le passé. c'est ce dieu d'un haut. de recevoir à leur naissance une place dans la société et de jouer un rôle qui y était d’avance tracé. parce qu'on tient pour évident que tous les hommes ont des droits égaux. le dieu-Zeus ou Jéhovah.

Depuis au moins trois millénaires la vieille mythologie juive nous a installés « sur » elle. dans la personne de Jésus. Puisque les catholiques ne votent pas pour choisir leurs chefs. qui pour un chrétien au moins devrait se situer au plus haut. Mais Jésus nous a donné de ce Père une image qui. Mais justement. Il me semble que l'Église ne devrait pas craindre le changement de son schème symbolique : le Dieu Très Bas est plus émouvant que le Dieu Très Haut. Elle n'est pas au centre de l'univers. Certes. parce que sa majesté et sa beauté ne pourraient que nous volatiliser si elles s'approchaient trop de nous. ils doivent utiliser d'autres . reconnaissait la nécessité d'une opinion publique dans l'Église. ce qui signifie qu'il est moins important que la raison. soit. Cela est une démarche parfaitement normale. Or lui aussi souffre de cette infériorisation. depuis un siècle environ. le christianisme comporte ce mystère d'un dieu venant au monde dans une étable. mais elle est au centre de notre vie à nous. Pie XII déjà. comme elle installait un Dieu monarque au-dessus de nous. se trouve placé au-dessous de la tête. est le contraire exact de celle du Dieu chassant Adam et Ève du paradis : celle d'un vieil homme courant dans le champ pour aller à la rencontre de son fils « prodigue » qui revient et en l'honneur duquel il commande que l'on tue le veau gras. le sexe souffre de cette position extrême et de ce qu'elle connote. que nous foulons aux pieds et que. se présentant comme catholiques. hommes.de hauteur. il y a longtemps. et comme une sorte de prolongement de notre chair. Il est certain que le corps humain reste une structure verticale et même une sorte de pyramide. et le cœur. Mais la différence c'est que nous ne sommes pas comme Lui tout-puissants . dans une irréductible transcendance. Quoi qu'il en soit. On aurait plus de chance d'humaniser un peu ce monde moderne si on s'avisait que l'ordre du cœur et du sentiment appartient de plein droit à l'esprit. Finalement. il ne nous suffit pas de parler pour que les choses arrivent. Il a voulu dire sans doute au loin. à distance. en mettant au rebut le vieux schème symbolique pyramidal nous pourrions être amenés à lui redonner un peu de dignité. nous bouleversons sans la moindre vergogne. au même titre que la pensée rationnelle. en position de domination. avec la tête au sommet et le sexe en bas. on ne peut pas reprocher à des fidèles. de formuler des critiques contre l'Église et de les acheminer au Vatican. ce Dieu Très Bas. et cela même en reconnaissant ses liens étroits avec le sexe. nous a appris à prier un Père qui est « dans les Cieux ». c'est-à-dire dans le lieu le plus humble et le plus « bas » qui existe. Quant à cette pauvre Terre. en apparence du moins.

. 19) On est très loin du « obéissez ou partez ». dans nos sociétés telles qu’elles se construisent actuellement sans la moindre référence à Dieu et dans un laïcisme qui est un athéisme déguisé.Catholicisme et liberté Le chrétien est par définition un cosmopolite : il appartient à un groupe. afin de gagner les faibles. 3. Certes. l’Église n’a pas principalement pour but de procurer à ses membres une existence heureuse en ce monde. L'Église n'appartient pas aux autorités romaines. Jean-Paul II nous a appris à maintes reprises que l’Esprit n'a pas toujours soufflé sur ces autorités et que celles-ci ont commis de nombreuses fautes dans le passé. dont l'esprit souffle où il veut. libre à l'égard de tous. l’euthanasie. » (9.. Elle a deux-mille ans d’histoire derrière elle et un idéal qui est la divinisation de l’être humain après sa mort. sinon à l'écoute. Alors qu’il lui appartient plutôt de la juger et de mettre les fidèles en garde contre elle. elle appartient au Christ. dont je demande qu'on considère attentivement le passage suivant de sa première lettre aux Corinthiens : « Oui. mais aussi de mort que devient la nôtre. qui traverse le temps et l'espace. Cela à l'instar de saint Paul lui-même. qui parle d'innombrables langues. Je me suis fait sans loi avec les sans loi. Les baptisés ne font pas fait le vœu d'obéissance aux autorités. ce qui signifie faire preuve de souplesse. de consommation.. Le résultat serait que l’Église entrerait dans la civilisation d’abondance. Parfois plus fort chez certains laïcs que chez certains clercs. Mais cela . afin de gagner les Juifs. je me suis fait esclave de tous. Cela ne lui permet pas d’accepter n’importe quelle innovation et d’attirer le plus grand nombre de fidèles possible en délayant ses règles et ses principes moraux. ils ont droit à la parole. l'Église. y compris les prêtres. l’ordination des femmes. les autorités romaines ne peuvent pas empêcher les fidèles de s'exprimer et elle ferait bien également d'écouter et d'ouvrir le dialogue. afin d'en gagner le plus grand nombre. afin d'en sauver à tout prix quelques-uns. etc. Et tout cela. habite d'innombrables cultures. le mariage pour tous. Néanmoins. Je me suis fait Juif avec les Juifs.. Je me suis fait tout à tous. Un cosmopolite est toujours un homme qui a conquis une grande liberté et qui se distingue des autres précisément par cette liberté. Je me suis fait faible avec les faibles.moyens pour faire connaitre leurs griefs et suggestions. je le fais pour l'Évangile. afin d'avoir part à ses biens. Je ne prétends pas qu'elles devraient accepter tout de suite tout ce que demande l'opinion publique « catholique » souvent formée par les médias qui aimeraient bien voir l’Église autoriser tout ce que les techniques rendent de nos jours possible : l’avortement sur demande.

dans les frontières de son corps. il l’a rendue caduque sur bien des points. Qu'est-ce que l'Église ? C'est le peuple des hommes libres. de ceux qui sont appelés. Le mot « église » signifie étymologiquement l'assemblée du peuple. d'autres religions. Après tout. C'est une erreur de penser que l'homme peut vivre seul. En fait. L'Église est le peuple des amis et des disciples de Jésus. qui remettrait en cause la bonté de la création et éloignerait d’eux les autres hommes qu’il leur faut aimer. M'inspirant d'un théologien protestant. Jürgen Moltmann. une place de premier ordre. Le mot a vite désigné l'assemblée de ceux qui répondent à l'invitation du Christ. avec ses 613 commandements – non pour permettre aux hommes de vivre désormais selon leurs . et même d'autres sectes. Le chrétien est libre plus que quiconque. Chacun existe pour les autres. d'une fin pratique. en principe. exception faite des personnes. avec lesquelles il se trouve lié dans son être même. à la solitude. Nous sommes en effet des « personnes » et l'individualisme ne convient pas à la personne. car il est dégagé à l'endroit de toutes les réalités mondaines. qui travaillent à l'avènement du Royaume et qui. à ce qu’il a dit. d'une certaine façon. invités à participer à une réunion à caractère social ou politique et qui y viennent librement. sont déjà dedans. sans pourtant y changer un iota. doit les animer. Leur but n'est pas de souffrir en ce monde. D'où la joie qui. Leur existence n’est polarisée ni par la recherche du bonheur. autant qu'avec les autres. Il faut faire attention ici : le sacrifice et la souffrance occupent certes. Cela conduit au vide. la charité qui doit les enflammer. Oui. ou mieux de la libération de l'homme. ont un caractère cosmopolite sans pour autant être des religions de la liberté. l'espérance qui doit les soutenir. en même temps que pour et avec d'autres acteurs. ni par celle du malheur. je dirai que le christianisme est la religion du jeu de l'homme avec Dieu et avec les autres hommes – et pas seulement la religion de la souffrance. celui qui a soulevé le joug de la loi. Mais en faire l'élément principal du christianisme reviendrait à le pervertir profondément.ne suffit pas à prouver que le christianisme est une religion de la liberté. ou la réalisation d'un projet purement personnel. dans toutes les religions anciennes et païennes. à l'angoisse. La personne a une dimension communautaire essentielle. le libérateur. de ceux pour qui la vie possède un sens autre que la recherche de la jouissance. même s'ils acceptent la souffrance et sont capables de lui donner un sens en l’associant à celle du Christ. de la même façon qu'un acteur en scène existe pour et avec le public. le Christ a soulevé le joug de la loi juive – celle de Moïse. qui leur ferait oublier le Royaume à venir.

assez bien rapportées par des sources fiables. qui nous unit pour satisfaire notre désir d'une vie parfaitement libre. en égoïstes. il semble qu'il faille un tel support pour maintenir intact le message du Christ et commencer dès maintenant la vie du Royaume qu'il a annoncé et promis. qui faisait donc des compromis avec les mœurs de l’époque. de sa passion. dont ce sacrement est la porte d’entrée. Ces apparitions furent toutefois assez nombreuses. d'une vie totalement libérée et rayonnante. Or. après sa mort. mais pour leur permettre de vivre en plus parfaite communion avec la source de toute vie et de toute liberté. assez diverses. qui est la seule liberté humaine. mais l’accomplir. accomplissant toutes ses potentialités. Tous les hommes sont appelés à la grande liberté des enfants de Dieu. dans un certain nombre d'apparitions qu'il a faites. ne dansent ni ne chantent. en trop grand nombre. que Moïse autorise et que Jésus réprouve. mais vont se relever de la mort. D'ailleurs le Christ a demandé explicitement de s'assembler pour se souvenir de lui.instincts. comme Jésus lui-même l'a fait au troisième jour. Il repose sur le témoignage d'un groupe de personnes qui ont connu Jésus de son vivant et qui l'ont reconnu ensuite. Elle ne reflétait pas la vraie pensée de Dieu. une liberté de l'être qui possède un avenir infini. Si l’on prend l’exemple du divorce. Il affirma aussi qu’il n’était pas venu abolir la loi. et donc de former une société. deux millénaires plus tard. croire qu'il est toujours vivant. mais sans oublier les autres hommes qui. un ensemble de postulats évidents ou aisément acceptables. Il faut bien prendre note de cette importance du témoignage au fondement de toute démarche de foi chrétienne et de la conviction qu'ont tous les vrais chrétiens que le Christ est toujours vivant et agissant dans le monde. l'Église est l'assemblée de ceux qui suivent le « Ressuscité » et qui donc mourront. il doit y avoir une Église. Y a-t-il besoin d'une institution sociale pour faire vivre l'Église chrétienne ? Oui. L'autre liberté n'a que du présent et un avenir qui se rétrécit sans cesse. on voit que. à cause des difficultés de leur existence ou des malheurs auxquels ils doivent faire face. comme il a demandé de se faire baptiser. l’autorisation n’avait été consentie qu’en vertu de la « dureté du cœur » des juifs. pour s'arrêter net à la mort. d’après Jésus. C'est le lieu de dire ici que le christianisme ne repose pas sur une base rationnelle. Par-dessus l'État ou la société civile. d'une vie de danse et de musique. pour qu'on puisse encore. qui nous unit pour satisfaire ensemble à nos besoins. trop souvent. Mais n'y a-t-il pas danger aussi de .

de se reconnaitre comme chrétiens ? Certes. qui n’en font pas partie. . à toute religion ! Donc la libération religieuse serait fausse. Alors que le sens foncier. frauduleuse même. c'est que son message n'est pas vraiment universel ou libérateur pour tous les hommes. Si une religion disparait. Le rattachement à l'Église est conçu par plusieurs comme une limitation intolérable. nous pouvons aisément le conjecturer. un danger sérieux. comme un rapetissement de la vie. à savoir un message libérateur. que les autorités religieuses exigent la foi ou la croyance. c'est qu'elle n'était pas suffisamment universelle pour se dégager du milieu qui l'avait vue naitre et pour apporter aux hommes de partout ce qu'ils attendent d'une religion. qui seraient rien moins que des vérités ! Or comment une libération s'accompagnerait-elle de l'erreur ? La religion contient si peu de vérité. fait de ce rattachement à l'Église une libération. C'est ce qui explique que des hommes plus ou moins nombreux consacrèrent leur vie à cette religion et lui permirent de vivre. vécu par les premiers chrétiens.s'assembler en Église chrétienne. etc. Tous les fondateurs de religion sont apparus comme des bienfaiteurs de l'humanité. en effet. Et s'il arrive à une religion de disparaitre. avec une grande évidence. En regard de la mentalité scientifique moderne. Cela dit. un peu comme une théorie scientifique le fait en subissant des vérifications. Au départ.. capable de donner à leur vie un sens authentique. celui de perdre sa liberté de penser. Elle impliquerait une adhésion à un ensemble d'idées. d'images. sur lequel règne actuellement une grande confusion. renchérit-on. mais de n'avoir accès qu'à une vérité particulière. il apparait à plusieurs. que la vraie liberté est précisément d'échapper à la religion. ainsi qu'un champ où elle peut se déployer tout en présentant aussi du sens pour tous les autres. de traverser les siècles. comme des libérateurs. de symboles. toutes les religions sont des sectes et seules celles qui présentent un caractère vraiment libérateur réussissent à s'implanter. de mythes. et plus que cela. définie et enseignée par les autorités de ladite Église. Ici nous touchons à un point névralgique. la question se pose de savoir si cette libération par la religion chrétienne n'est pas illusoire. parce qu'elles ne peuvent pas apporter de preuves convaincantes de leurs doctrines. comme par tous les convertis véritables ensuite. Il faut donc examiner ce problème attentivement. de dogmes. ne plus avoir accès à la vérité universelle. presque une aliénation.

qui n'est pas la croyance en des propositions indémontrables. Cependant. voire de l'instinct sexuel pur et simple. il relève d'un autre mode de la pensée qu'on appellera symbolique au sens large. Donc avant d'adhérer à telle ou telle religion. qu'elle n'est pas unique. donc une religion qui conduit à la mort. d'une nation. logique à la mode et avec le conformisme pesant qu'elle engendre. il possède aussi sa logique. Quant aux autres. traiter avec honnêteté et justice. toute-puissante. du pouvoir. technique. il se trouve fixé dans des textes et des traditions qu'il faut respecter. Seules les vraies religions sont susceptibles de procurer une vraie libération. Ou encore dans le culte de l'argent. sera une entreprise d'aliénation et de mystification. la religion dans son ensemble. ce qui signifie. une rupture avec la mentalité scientifique. et ceux qui adhèrent à une fausse ou une pseudo religion. étatique. en pratique. bureaucratique.Ne discutons pas ici de la nature de la foi. pour celui qui pose à priori que cette pensée symbolique ou poétique est dépourvue de validité. Cependant. de la passion amoureuse. comme nous l'avons déjà dit. de la domination. La situation se présente ainsi : assez rares sont ceux qui rejettent carrément la pensée poétique ou symbolique. pour ne s'en remettre qu'à la science ou à la raison. Comme ils peuvent se retrouver aussi dans le romantisme. des affaires. sa cohérence propre . etc. quelles que soient ses formes. il faut s'entendre pour accepter la pensée religieuse. revenons au thème de la libération. ce mode de pensée n'autorise pas à affirmer n'importe quoi . ou alors qui se révèle . Le discours de la religion (de n'importe laquelle) n'est jamais justiciable de la raison . dans le contexte de la culture actuelle. Une religion sans dieu est aussi sans avenir et sans salut. Mais ceux-ci sont en général des hommes jouissant d'une bonne situation matérielle et sociale. Cela exige un saut. Ils peuvent se retrouver dans l'occultisme et l'ésotérisme. il faut les diviser en deux catégories : ceux qui adhèrent à une vraie religion. Bien des gens cependant font un tel saut sans pour autant se retrouver dans une religion véritable. dans un « esthéticisme » ou même un « poétisme » qui transforme en absolus les œuvres d'art ou les poèmes. un acte de transgression. le culte de l'amour humain. qu'elle n'étend pas ou ne doit pas étendre son emprise sur la totalité de la vie humaine. et qui se rapproche plus de la poésie que de la science. Où est la différence entre ces dernières ? Pour y répondre. reconnaitre que la pensée rationnelle est par nature limitée. par exemple.

Un quelque chose qu'on pourra désigner du terme d'Être ou de surnaturel. qui constituent un carcan. de la mort ni de la souffrance. C'est dans ce contexte que le rattachement à une institution. Et celui d'une vraie religion. mais ne peut libérer de ce monde même. ses dogmes. sa morale. une foi qui pourra devenir « vivante » par le rattachement à la communauté chrétienne. du moins de son orgueil. Il en va de la foi exactement comme de l'amour. Celui d'une fausse religion. du sentiment de son importance. si nous la faisons durer plus que le temps nécessaire pour procéder au réexamen de notre foi et du sens de notre vie. l'esprit. sa tradition. l’humilité profonde. enseignent la même chose. dont c'est le but d'ailleurs de maintenir la foi de ses membres. par exemple. de la responsabilité ni de la culpabilité. qui transforme la religion en une simple philosophie. ses cérémonies. et en le faisant. La tentation est grande de dire : « Je crois en Dieu. règle générale. devient un moyen de « témoigner » pour le Christ. celle du mariage. Une vraie religion permet ce dépassement de la mort. mais exige la foi. Ici se présente un véritable conflit. quelle qu'elle soit. lui aussi.incapable de conjurer la mort. ou encore qui tue la religion en prétendant la sauver en esprit. mais je laisse de côté l'Église et tout son appareil symbolique. notre supposé croyant se dotera d'une universalité à bon marché. son enseignement. qui peut-être libère les pulsions. De là à dire ensuite que toutes les grandes religions se ressemblent. Mais disons aussi que. ses sacrements. ce rattachement à un groupe se présentant comme chrétien. . dans la mesure où elle ouvre sur « quelque chose » d’autre que le monde ou la nature. à un groupe qui est aussi une communauté avec sa vie propre. Cette attitude est celle du compromis qui glisse dans la compromission. pour en sortir. Il permet de maintenir l'enseignement. tout en tâchant de conquérir de nouveaux adeptes. qui libère de tout. Mais la reconnaissance de ce « quelque chose » signifie ouverture sur Dieu en tant que principe et fin de tout. » C'est la tentation théiste. qui a besoin. la disparition sinon du Moi. la « vision » en quelque sorte de Dieu et la soumission à sa volonté. les instincts. et même peut-être au Christ. une entrave à la vie. etc. son système symbolique. de son amour-propre. De plus. entre deux modes de liberté. il n'y a qu'un pas. d'une institution pour demeurer vivant. acquiert une importance primordiale. ce qui semble être la mission première de tous ceux qui veulent être ses disciples.. et même de les propager. et cela est susceptible de libérer totalement de la nature et de toute loi. il faut oser faire un saut dans la foi.

de normes. mes modèles. de situé. la plus dogmatique. et que des intérêts de toute nature y sont toujours à l'œuvre. Le rattachement à une Église me procure cet autre avantage. Admettons que l'appartenance à une Église. mes principes d'action. mais je dois aussi être quelqu'un de déterminé. on pourra encore protester vigoureusement devant celui qui osera se déclarer « catholique ». Il n'y a en eux que peu de gratuité. dans la mesure où elle ouvre un champ d'action. Le problème est que nous sommes pris de toute façon dans ces groupes. Je dois être libre. et d'assumer la responsabilité de ce que nous sommes et de tout ce que nous faisons de bien ou de mal au milieu des autres et avec les autres. une tradition et un système de valeurs et de dogmes hautement contraignant. puisse aller dans le sens de la liberté. la plus rétrograde. rattaché à une communauté et censément libre dans un groupe reste paradoxale. ma philosophie. Ne s'agit-il pas de l'Église la plus étroite. quels sont mes valeurs. à cette universalité ou à ce cosmopolitisme dans lequel nous voyons une caractéristique fondamentale de l'Église « catholique ». Autrement. comme il faut savoir faire des compromis. Mais nous savons que la liberté qui impliquerait absence de règles. On dira qu'il y a la société civile et peut-être aussi la nation. que nous pouvons bien sûr pratiquer dans le cadre restreint de la famille et d'un groupe d'amis. Cela requiert une solidarité active. si nous n'étions pas des personnes. des êtres ouverts les uns sur les autres. et non de la contrainte . auxquels nous pouvons adhérer librement. la plus restrictive ? Nous répondrons ici qu'il faut savoir être libre. Cet aspect-là aussi est très important. une identité et une personnalité. d’ancré dans une réalité culturelle. Je dois savoir qui je suis. De cette liberté dans une institution. Tout en étant juif pratiquant.Cette position du chrétien pratiquant. de devoirs ne serait pas humaine. les guerres ou les cataclysmes par exemple. de contraintes. ma liberté pourra être plus verbale et théorique que réelle. pour agrandir le champ de notre solidarité et donner à notre identité une assise plus ferme. mais à condition de renoncer à cette ouverture totale. à l'aide des autres. dont nous ne pouvons sortir que pour nous incorporer obligatoirement dans un autre. obligés de nous constituer. et que tout cela est un art subtil. généreuse et gratuite. nous avons eu un exemple remarquable dans la personne même de Jésus-Christ. deux groupes plus vastes dans lesquels nous pouvons exercer une solidarité active. ou à caractère religieux. avec la plus . Elle serait l'idéal si nous vivions seuls. il a dit et fait ce qu'il voulait. Il faut donc se tourner vers les groupes religieux. etc. hormis dans des circonstances exceptionnelles.

ne serait-ce pas s'exposer au sort qui fut le sien ? Eh bien. Revenons au Moyen Âge : l'esprit de l'Église à cette époque était-il vraiment inspiré ou guidé par l'Esprit-Saint ? Un seul bucher allumé officiellement par l'Église. Pourtant cela fait un bon trois siècles que cette mort est annoncée. Ces pratiques sont révolues. Si un esprit divin l'avait habitée. de la loi qu'il a opéré. Comment Jeanne d'Arc et Torquemada peuvent-ils appartenir à une même Église ? Savonarole et Alexandre VI ? Et ces inquisiteurs qui envoyèrent des hommes et des femmes par centaines à la torture . On peut dire à son sujet qu'il usait du judaïsme comme un grand pianiste use de son instrument. Jésus l'a enseignée explicitement lorsqu'il a dit que le sabbat était fait pour l'homme. présentent comme étant la grande époque. Quant à la séparation de l'Église et de l'État. comme l'Inquisition. qui a prétendu ne pas avoir changé un iota à la loi de Moïse. elle aurait répudié ces pratiques. sans doute pour se justifier de n'être plus chrétiens. L'Église au cours des siècles a éduqué en profondeur l'Occident et permis l'éclosion de valeurs comme celles de la démocratie et des droits de l'homme. la disparition des cathares et l'extermination de toutes ces prétendues sorcières ? Cela n'a pas de sens de le croire. à la suite de laquelle nous assisterions à son déclin et à sa mort inévitable. non ! Pour être honnête. ou mieux perfectionnement. Donc vouloir être catholique et libre en imitant l’attitude de Jésus dans le judaïsme. mais le bien aussi. elle a mis des siècles à venir . on ne « crucifie ». mais en fait l’a modifié substantiellement sur plus d’un point. qu'elle est toujours. Quant à l’Église. Une époque que plusieurs.étonnante liberté. plus en Occident du moins. et on ne brule ni ne lapide les gens. les lois et les devoirs cessaient d'être des contraintes pour devenir des moyens d'expression. l'apogée du christianisme. mais chrétiennes encore dans leurs fondements. valeurs laïques si l’on veut. l'Index et autres formes d'autoritarisme qui eurent cours à l'époque où l'Église et l'État constituaient comme les deux bras du corps social et se conformaient à des usages devenus maintenant périmés. à chaque génération. les auraient interdites. lesquelles tendent à s'imposer maintenant à toute la planète. et pourtant ne se produit jamais. L'idée que l'Église soit « sainte » est difficile à recevoir. L'objection suivante est cependant inévitable : Jésus a dû expier sur la croix cette suprême liberté et ce dépassement. imminente. et non l'homme pour le sabbat. cela ne la compromet-il pas radicalement ? L'esprit de Dieu pouvait-il vouloir la persécution des Juifs. sa position ressemble à celle du Christ. Autrement dit. le mal que leur union a produit est considérable. Cette suprême liberté.

a-t-elle pu tolérer de telles pratiques pendant plusieurs siècles ? Cela reste un mystère. et ce que nous donne la Révélation divine qu'elle transmet. par exemple l'homosexualité. Mais nombreux sont ceux qui doutent même des miracles. un véritable pouvoir. mais il y a des saints. c'est moins la vérité définitive sur toutes choses. On ne peut pas imputer à l'Église tout se qui s'est fait de mal dans les sociétés où elle a exercé son influence et. Mais le problème de l'eau se présenta souvent. Dieu intervient sans doute dans l'Église. Mais on ne peut pas non plus la blanchir totalement. et ceux-ci sont d’une extrême diversité. À l'occasion seulement. au nom de Yahvé. d’éliminer la nation amalécite. De même. 28. Samuel. il le fait avec éclat. après sa sortie d’Égypte. lesquels sont tous des pécheurs. guidée par l’Esprit-Saint. Il n'y a en fait qu'un seul « modèle » pour les hommes. et les femmes aussi d'ailleurs. ce qu'on appelle un miracle.et au bucher auraient transformé le pain et le vin en Dieu tous les matins ? Comment l'Église. On est saint de toutes sortes de façons. 17). Or. Ce désert ne fut pas transformé en paradis . ce qui apparemment n’y assurait qu’un minimum vital. Dieu guide son Église comme il guidait le peuple hébreu dans le désert. à certaines époques. Il devait passer au fil de l’épée ses hommes. On répondra peut-être que ce mystère se trouve déjà dans l’Ancien Testament. enfants. dans le Lévitique. femmes. ainsi que le bétail. Yahvé demande aussi de punir par la mort certaines « infractions » qui de nos jours n'en sont plus. parce que la conduite de ce peuple était répréhensible. demanda à Saül. prétendre qu'elle n'est cause que du bien et jamais du mal. car il n'y a pas de modèle d'homme chrétien. Il faut ajouter que l'Église s'insère dans les mœurs des peuples et des époques avec lesquelles elle est obligée de faire des compromis. . Mais cette réponse n'est pas vraiment satisfaisante. Son travail de personnalisation est lent. qu’une inspiration visant à élever l'esprit et le cœur pour les rendre capables de communier avec un Dieu de justice et de bonté. vieillards. comme le révèle un simple coup d’œil sur l’histoire de l’Église. L'Église représente donc une voix et une voie pour façonner non pas un modèle d'homme parfait. il y a plus environ trois-mille-cinq-cents ans. mais discrètement la plupart du temps. celui des ennemis aussi. nécessairement. Dieu y envoya seulement la manne. par exemple. On répondra qu'il ne faut pas confondre l'Église avec les hommes qui la composent. et c'est Jésus. comme certains apôtres au moment de l’Ascension de Jésus (Voir Matt. toutes les interventions de Dieu étaient suffisamment discrètes pour qu'on puisse douter qu'elles fussent de lui vraiment.

immenses. il faudrait la juger sévèrement au contraire. mais un idéal. avec comme seul but de satisfaire à des besoins. l'ouverture à tous les hommes de la planète. En réalité. mais l'image idéale de l'humanité. depuis ses . le groupe vraiment universel n'est pas un groupe réel. L'Église y possède trop de puissance.Le bon grain et l'ivraie poussent ensemble. à quoi chacune à bon droit va toujours se refuser. et non pas pour essayer de fusionner ensemble. admirables. Sur le plan religieux. et les groupes concrets qui s'en approchent le plus sont les Églises et les sectes. Nous pouvons encore lui appartenir. trop de richesses. ouvert à tous. si elle possède une structure « pour-autrui ». de promouvoir des intérêts ? Ne faut-il pas un groupe ouvert sur tous les hommes et poursuivant. si nous entendons vivre dans la vérité. former des groupes devient pour elle une nécessité. qu'on présente souvent encore comme le modèle achevé d'une société de type chrétien. mais s'identifie avec le Christ lui-même ? L'inconvénient d'un tel groupe. pour subir le rayonnement qui émane de la personne de Jésus et espérer ressusciter avec lui. le cosmopolitisme entraine l’œcuménisme. Mais nous ne pouvons plus faire le sacrifice de notre esprit critique. de l'essence humaine qui. peut-être même le devons-nous. ce qui exigerait le sacrifice des identités. cette ouverture fut.Le nécessaire œcuménisme Si la personne a une dimension communautaire. 4. sans pour autant en faire un âge de ténèbres. même dans les religions universelles il y a des divergences de fond qui empêchent présentement d'imaginer leur fusion. Reste à savoir si ces groupes peuvent demeurer fermés et indépendants les uns des autres. à savoir la réalisation de la Personne. Or. non un but utilitaire quelconque. elle en a héberge aussi dans son sein des petits et des véreux. c'est qu'il risque de perdre son identité et de ne plus se définir par rien. Elle y est trop mêlée à la politique pour bien accomplir sa mission. Pour le christianisme. qu'il faut entendre comme le dialogue des religions les unes avec les autres pour tâcher de se rapprocher et de s'enrichir mutuellement. y compris dans un jour lointain. et si l'Église à toutes les époques produit par son influence des hommes grands. En vertu de leur cosmopolitisme les Églises chrétiennes sont néanmoins conduites à l'œcuménisme. Mais cela se comprend historiquement. ou s'ils peuvent n'être qu'utilitaires. Quant à l’époque médiévale. pour un chrétien n’est pas un concept abstrait. par la succession de l'Empire romain qu'elle a eu l'obligation d'assumer.

tous les croyants doivent découvrir leur parenté et apprendre à dialoguer. les ressemblances entre les adeptes des multiples religions sont peut-être plus grandes désormais que leurs différences. mais de leur valeur. Ce syncrétisme dissout toutes les identités. Catholiques. il faut éviter l'écueil du syncrétisme. à fraterniser. en détruit l'esprit propre. face au monde sans Dieu. également valables. Le rapprochement entre protestants. à l'enrichir et à la préciser au contact de celle qui est différente. Néanmoins. Si c'est seulement par l'appartenance à la vraie Église qu'on est sauvé. il semble que. l'hindou . à organiser des cérémonies communes. Il y a là quelque chose de fondamental qui se trouve changé et qui permet une nouvelle attitude d'ouverture. à pratiquer l'entraide charitable. religion et politique sont encore intimement mêlées . qui sont comme des cousins. peut-être même le sont-elles pour toujours. . au fur et à mesure que l'agnosticisme et l'athéisme s'éloigneront de l'esprit chrétien qui a permis au monde moderne d'éclore et qui se cache encore dans les grandes idées et les institutions de ce monde. à prier ensemble. le problème du dialogue avec eux reste considérable. de collaboration même entre tous les croyants. quand l'irréligion était plus rare en pays chrétiens. Si cela n’est pas présentement évident. à mettre en commun les lieux de prière par exemple. celle-ci ne s'identifie plus à l'Église romaine et catholique. Quant à celui avec les musulmans. entre tous ceux qui appartiennent à la grande famille chrétienne. entre eux. musulmans. l'autre. les différents croyants doivent apprendre à se voir comme des amis. Là desssus.débuts. à perfectionner leur foi. d'échange. Donc elles ont de la valeur. c'est-à-dire l'affirmation que toutes les religions sont au fond identiques. celle de la mission. l'étranger et l'étrange. c’était le juif. lequel suppose la reconnaissance non seulement de leur existence. les croyants ont intérêt à se rapprocher. Autrefois. puisqu’ils se rattachent aux mêmes ancêtres dans la foi. au monde matérialiste et incroyant. Pour eux. Évidemment. bouddhistes et hindous sincères seraient plus proches ensemble qu’ils ne le sont chacun des agnostiques ou des vrais athées du monde moderne. D'ailleurs. Au lieu de se voir comme des ennemis. maintenant que l'incroyance est massive. catholiques. en effet. qui s'impose massivement dans toutes les sociétés modernisées ou se modernisant. le musulman. Et tout d'abord. mais la transcende. et qu’il est bon de les mélanger. Il doit s'y ajouter maintenant celle du dialogue avec les autres religions. Vatican II a été formel : l'homme peut se sauver dans le cadre des autres religions aussi. cela le deviendra avec le temps. orthodoxes et même juifs ne devrait plus faire problème.

par l’Eucharistie ils s’unissent intimement à lui. et il se trouve même des gens pour le traiter de glouton. mais d'une idolâtrie du monde et d'un asservissement aux puissances de ce monde. Comment est-il ? C'est un autre mystère. nous disons tous la même chose au fond. Au contraire. Saint Paul dit bien que tous les baptisés forment « son corps » mystique et de ce fait sont potentiellement des saints. Pourquoi peuple de Dieu ? Parce que ce peuple se reconnait comme dépendant. eschatologique celui-là. » Un tel appel ne serait pas entendu. au même titre que le peuple juif. De plus. 5. Jésus est venu annoncer ce Royaume. Donc l'Église possède un but : préparer le Royaume de Dieu en établissant une civilisation de l’amour sur terre. annoncé par le Christ comme étant le Père des hommes. boit. de la pénétrer de l'intérieur et de travailler à la convertir et à la sauver. Aussi. le message. non pas du monde et de la vie dans le monde (comme on l'a parfois compris).. soumis à la volonté du Dieu vivant. par un changement de l'âme qui l’ouvre sur Dieu en la détournant. De fait. l'Église est d'abord et avant tout un mystère – et non pas une institution.. Jésus mange. elles sont dans les mots seulement.. et avec lui. la personnalité. car il n’inviterait pas au dialogue. parce que la chair que nous avons. va aux noces. nos différences sont superficielles. . unissons-nous ! Nous sommes tous frères. le peuple de Dieu. Peuple qui est aussi présent dans le Christ lui-même. Tous ces baptisés forment ensemble un peuple.Le catholicisme encore ? Qu'est-ce que l'Église catholique ? D'après le document conciliaire « Lumen Gentium ». devoir. cette élection signifie plutôt charge. mais au lieu d'être un privilège qui le sépare des autres et l’élève au-dessus d’eux. Il ne s'agit pas d'un rejet du monde. Or par la chair nous appartenons au monde.. Au centre de ce mystère règne la communion de tous les baptisés et leur égalité foncière. le Christ a demandé explicitement à ses disciples ou à ses membres de servir les autres. ou mieux que nous sommes est promise à la résurrection. « fabrique » du vin. cette appellation « peuple de Dieu » n'est pas du tout un titre de gloire. Ce peuple de Dieu est bien un peuple élu par Dieu. Il ne s'agit pas de dire aux autres fidèles : « Croyants du monde entier.le contenu. avec autorisation de dominer les autres peuples. l'Évangile qui prêche la pauvreté ne contient aucune invitation à l'ascétisme. mais au suicide collectif. On ne sait pas exactement en quoi il consistera. mais on sait qu'on y accèdera par une conversion. obligation de servir l'humanité dans son ensemble.

de pratiques. à condition de ne pas leur accorder plus d'importance qu'elles n’en ont.Revenons au problème de la liberté et de l'appartenance à l'Église catholique. Il existe également une « culture » de l'Église. le chapelet. il n’y a qu’un pas. d'art. d'expériences et d'aventures bien plus qu'un refuge pour gens inquiets de leur salut et prenant toute espèce de précautions avant leur mort. Ils prétextent que la vraie autorité dans l'Église est d'abord Jésus lui-même. L'Église. Si cette Église reconnait la nécessité de l'œcuménisme. dont la platitude est désolante et n'a d'égale que l'abondance et la redondance. C’est-à-dire un lieu de rencontres. Elle peut devenir un lieu d'action. il devrait y avoir place dans l'Église pour plusieurs catégories de fidèles. . en matière de sexualité par exemple. De plus. sans pour autant accepter ce discours dans l'obéissance qui conviendrait. de rencontre. sectaire. qui ne sont pas toutes moribondes. Derrière il y a une vie de l'Église. etc. vivre dans l'Église catholique actuellement revient pour un grand nombre à accepter un profond malaise. l'eau bénite. les litanies. Le discours des autorités semble inadapté à notre temps. De là à conclure que chacun peut suivre sa conscience sur tous ces problèmes. un certain nombre de « fidèles » persistent à se rattacher à l'Église. un moyen du renforcement de la personnalité et de l'exploration du monde et des hommes. en plus de la mission ou de l'évangélisation et de la conversion du cœur. les images pieuses – même si toutes ces choses peuvent avoir un certain charme. Évidemment. le lampion. de la morale. et qui s'ouvre largement sur le vaste monde. de l'institution. qui est bien distincte de la culture de masse actuelle. En témoignent d'innombrables associations et organisations à caractère social ou humanitaire. et ceux qui militent pour le changement de certaines attitudes. Les autorités se refusent à changer leur conception de l'homme. une poésie. Il prescrit comme normal. d'élévation. ce n'est pas simplement la religiosité. À le franchir que nous pouvons néanmoins nous tromper en laissant parler nos instincts un peu trop fort et en oubliant que Jésus a donné à Pierre le pouvoir de « lier et délier » les péchés. fanatique. elle n'est plus un lieu fermé. alors que la culture répandue par les médias enseigne explicitement le contraire. d'associations. de perfectionnement intérieur et social. d'œuvres. Quoi qu’il en soit. qui ne s’est pas prononcé sur tous les problèmes. notamment ceux qui militent pour la conservation de certaines valeurs nobles et hautes. un idéal extrêmement difficile et élevé. ainsi que d'innombrables publications. de communautés. Par culture entendons une production de discours. exigeant un esprit étroit. qui est encore prodigieuse.

qui permettraient à un plus grand nombre de subir l’influence de l’Évangile. Dans les faits. certaines prescriptions mêmes. je n'ai plus de gout pour ce courage. passée la cinquantaine. Il semble. Je termine sur une pensée du philosophe Luc Ferry. par ce livre. que ce n'est pas nécessairement un mauvais choix. que nous n'ayons le choix qu'entre les religions instituées et les psychothérapies . que sa présentation et son adaptation en fonction des changements dans les cultures ou les civilisations sont fondamentales. qui m'a stérilisé pendant vingt ans au moins. tant la conservation du message initial. . dit-il en substance. L'important étant que les militants de l'un et l'autre groupe se respectent et évitent de s’affronter avec trop de force. Je préfère revenir vers la religion de mon enfance et montrer.de certaines idées. 17). J'avoue que. tirée de son livre L'homme-Dieu. tels des ennemis. à moins d'opter pour le courage et de se passer des unes comme des autres (p. avec ses exigences.