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AGANZE CIMUSA Valentin

[0]

Technicien en Développement Rural
Chercheur indépendant en gestion des risques
et de catastrophes naturelles et anthropiques

Capital social et Gestion Communautaire des Risques et de
Catastrophes Naturelles et d'origine anthropique dans les
groupements de Buzi et Mbinga-nord en territoire de
kalehe/ Sud-Kivu en RD Congo.

Juillet 2O15

[i]

LISTE DES ABREVIATIONS, SIGLES ET ACRONYMES

ACF

: Action Contre la Faim

ANOVA

: Analyse de la Variance

APC

: Action pour la Paix et la Concorde

APED

: Action pour la Paix, l’Education et le Développement

BCZS

: Bureau Central de la Zone de Santé

CAH

: Cadre d’Action de Hyōgo

CATNAT

: Catastrophe Naturelle

CEDEAO

: Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest

CESE

: Conseil Economique et Social Européen

CRED

: Centre de Recherche sur l’Epidémiologie des Désastres

CS

: Centre de Santé

DMC

: Detroit Medical Center

DRR

: Disaster Risk Reduction

ECOWAS

: Economic Community of West African States

E.P

: Ecole primaire

ENDA RUP

: Relais pour le Développement Urbain participé Environnement et
Développement du tiers monde

FAO

: Fonds des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture

FARDC

: Forces Armées de la République Démocratique du Congo

FDLR

: Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda

FIRC ou IFRC

: Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge

[ii]

GIEC

: Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat

GCRRC

: Gestion Communautaire pour la Réduction des Risques de Catastrophes

GCRRD

: Gestion Communautaire pour la Réduction des Risques de Désastres

GCR

: Gestion Communautaire des Risques des Catastrophes

GRD

: Gestion des Risques des Désastres

Hab.

: Habitant

IIRR

: Institut International de la Reconstruction Rural

ISDR

: International Strategy for Disasters Reduction

ISDR/BUKAVU

: Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu

OCHA

: Coordination des Nations Unies pour les Affaires Humanitaires

OMS

: Organisation Mondiale de la Santé

PAC

: Plan d’Action Communautaire

PS

: Poste de Santé

R.D.C

: République Démocratique du Congo

RAC

: Recherche-Action Collaborative

R.N

: Risques Naturels

R.O.R

: Réseaux d’Observations Ruraux

RRC

: Réduction des Risques des Catastrophes

SAP

: Systèmes d’Alerte Précoce

SIPC

: Stratégie Internationale de Prévention des Catastrophes

TC

: Théorie des catastrophes

USA

: United States of America

[iii]

EPIGRAPHE

« L’être humain accepte plus volontiers le risque aléatoire que le risque d’ignorance»
».

I. Eckland

[iv]

IN MEMORIAM

A vous notre très cher et bien aimé Père BUBAKA CHUBAKA Désiré que le destin a arraché
si tôt à notre affection sans goûter ni encore palper les fruits de nos études.

Que votre âme repose en paix.

[v]

DEDICACE

Aux scientifiques qui, jours et nuits engagent des recherches dans des conditions pas
toujours aisées pour mettre à la lumière du monde les vérités des faits souvent cachés ou leurs
conséquences sciemment occultées
A notre chère maman, KITO SAFI Adrienne, pour tous les sacrifices dignes de grande
estime consentis à notre faveur.
A tous les membres de notre famille et ami(es), les piliers qui nous entourent.

AGANZE CIMUSA Valentin

[vi]

REMERCIEMENTS

A l’issue de cette étude, c’est pour nous un agréable devoir d’exprimer notre gratitude à
tous ceux et à toutes celles qui, de près ou de loin, chacun à leur manière, ont contribué à notre
formation et ont rendu possible la réalisation de ce travail.
Il nous serait bien difficile de les citer tous, mais nous nous souvenons de tous avec grande
reconnaissance.
Nous voudrions toutefois remercier d’une façon toute particulière et spéciale Monsieur
le Professeur Jules BASIMINE et Monsieur l’Assistant Désiré MWEZE, respectivement
Directeur et co-directeur qui ont bien voulu assurer la direction de ce travail.
Nous avons trouvé auprès d’eux, dès le début, non seulement des maîtres lucides, patients et
discrets, mais encore des hommes attentifs et toujours dévoués. Qu’ils en soient, ici, vraiment
remercié.
Nous associons à ces remerciements l’Organisation Non Gouvernementale, Action
d’Espoir pour avoir soutenu notre recherche.
Que les communautés de Kitambi, Karango, Kahanga, Chebumba et Rambira en territoire de
Kalehe, nos sites de recherche qui, à une époque difficile, nous ont accueilli comme chercheur
au sein de leurs entités ; trouvent ici les sentiments de notre gratitude.

AGANZE CIMUSA Valentin

[vii]

RESUME
Ce travail retrace le rôle du capital social et les stratégies de renforcement de ce dernier
dans le but d’assurer une gestion (bénéfique) efficace et efficiente des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique précisément à Kalehe, en contexte post-confit.
Pour récolter les données, des enquêtes par questionnaire auprès de 383 ménages, des
interviews focalisées, les réunions de recherche ont été réalisées. Plusieurs techniques
notamment l’analyse du contenu, l’analyse de la variance, etc. nous ont donnée la possibilité de
d’attribuer des significations aux données de terrain.
Les résultats de la recherche ont permis de démontrer que le capital social joue un rôle
majeur dans le développement des actions collectives et d’une vision commune de gestion des
risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans les groupements de Buzi et
Mbinga-nord. Ils ont démontré par ailleurs que, pour renforcer le capital social afin qu’il
induise l’efficacité et l’efficience dans la gestion communautaire des risques des catastrophes,
il est nécessaire de travailler systématiquement et dans l’ordre prioritaire sur (1°) l’encadrement
des rapports verticaux entre les membres de la communauté et les responsables des institutions
locales , (2°) l’accompagnement et l'organisation efficaces des actions communautaires en
termes des synergies entre les différentes associations locales, (3°) la mise en évidence des
normes, sanctions et conventions communautaires de gestion des risques des catastrophes et en
fin (4°) le renforcement des interactions et la coopération entre les acteurs membres de la
communauté.

[viii]

SUMMARY
This paper studies the role of the social capital and its reinforcement strategies in order
to provide adequate and benefits management of natural disaster risks and those of human
origin, preciseness within Kalehe territory in a post-conflict situation.
In order to collect data, survey through questionnaire to 383 households, focused
interviews, research meetings have been done. Many techniques, viz contents analysis, variance
analysis, etc. provided us with the possibility to grant significations to field data.
The research results have allowed proving that social capital has a majestic role in
developing collective actions and common vision on management of natural disaster risks and
those of human origin in Buzi and Northern-Mbinga groupings. They proved that to reinforce
the social capital so as it induces a community management for adequate and efficient
management of natural disaster risks and those of human origin, it is necessary to work in
priority order on (1°) social interactions among the village members and local institutions, (2°)
relationship among local associations as systems, (3°) the establishment of norms, punishments
and community conventions of disaster risks management and by the end (4°) interactions and
relation reinforcement between community members.

[1]

INTRODUCTION GENERALE
Pour gérer les risques de catastrophes naturelles et anthropiques, il s’avère de grande
importance d’assurer le renforcement du capital social dans les milieux à forte propension aux
catastrophes.
Pour ce faire, ce travail s’inscrit dans le cadre d’analyse du capital social et de sa place dans la
gestion communautaire des risques susdits.
1. ETAT DE LA QUESTION
L’objet de cette étude est loin d’être une nouveauté particulière à nous ; d’autres
chercheurs qui nous ont précédés avaient déjà évoqué certaines idées quant à la
thématique apparentée à la nôtre.
En effet, nous allons devoir mettre en relief les idées des auteurs consultés même si
l’exhaustivité est incertaine :
a) Déjà en 1990, Michel CHARDON pousse quelques réflexions sur les catastrophes
naturelles en indiquant qu'il y a fréquemment des liens entre les catastrophes naturelles
bien qu'elles soient diversifiées (séismes, écroulements…). Après ses recherches et
enquêtes sur les catastrophes naturelles, il dira que celles d'origine géologique et d'origine
géomorphologique doivent être distinguées. Pour ce faire, une classification des régions
de montagne selon le degré de risque est proposée par l'auteur étant donné que les
catastrophes climatiques sont nombreuses et variées dans leurs formes et conséquences.
Pour finir, l'auteur insiste sur l'importance à ne pas sous-estimée l'interface
terre/atmosphère ainsi que celui du relief et des actions anthropiques. (Michel Chardon,
1990).
L'auteur de cet ouvrage a focalisé son attention sur les catastrophes en montagne mais
dans notre travail, nous aurons un grand regard sur le degré de gestion communautaire de
catastrophes naturelles et d’origine anthropique par rapport au capital social des
groupements de Buzi et Mbinga-Nord en territoire de Kalehe.
b) Virginie DUVAT et al, dans leur ouvrage ; décryptent des catastrophes naturelles
littorales qui se sont produites dans diverses parties du monde au cours des trois dernières
décennies, afin de mettre en évidence les mécanismes qui sont à l'origine de la
construction du système du risque et, à partir de là, de la fabrique des catastrophes
naturelles par les sociétés contemporaines. Ils démontrent à partir de cas variés (France,

[2]

États-Unis, Japon, Caraïbe, Iles du Pacifique, Maldives, Bangladesh) que les processus
générateurs de catastrophes sont universels et qu'au-delà de leurs différences évidentes, les
sociétés actuelles partagent un certain nombre de facteurs de vulnérabilité. (Virginie
Duvat et al, 2014).
Les auteurs de cet ouvrage sont partis des analyses des catastrophes naturelles produites
sur les littorales des différents pays précités. Dans le cadre de notre travail, nous
essayerons de ressortir la notion du capital social et la gestion communautaire de
catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans les groupements précités.
c) SEN revient sur les risques naturels et non naturels en insistant sur les aspects
économiques d’une prévention efficace. Pour l’auteur, chaque catastrophe est unique,
mais chacune met en lumière des actes imputables à des particuliers et aux pouvoirs
publics à différents niveaux qui s'ils avaient été différents auraient entraîné moins de
morts et de dégâts matériels. De là l’approche des capabilités des communautés apparaît
comme la référence de base. Elle met l’accent sur la manière la plus efficiente de réduire
la pauvreté en améliorant les capabilités des individus à long terme. Il souligne ensuite
que l'impact des catastrophes est à lourde part pour les populations économiquement
pauvres et vulnérables. (A.SEN, 1998).
L'auteur n'aborde les points que de manière purement économique, mais nous mettrons
aussi en exergue, dans notre travail les points sur l'aspect social et/ou humain et
environnemental.
d) Jérôme BALLET et al, après une forte analyse d'un développement qui doit être jugé de
durable; les auteurs insistent sur la dimension sociale car disent-ils: Il faut que les
générations futures détiennent au moins autant de ressources, sous la forme de capital
social ou de potentialités diverses, que la génération actuelle. C'est en fait la notion de
capabilité (dont SEN est le père) qui prépare une communauté à la perception et à la
gestion d'un risque. Ils ajoutent que le renforcement des "capacités à faire et à être" au
niveau personnel comme au niveau social permet, à travers l’accroissement des
potentialités, de réduire la vulnérabilité face aux difficultés de la vie et donc de mener une
vie plus épanouissante. (Jérôme BALLET et al, 2004).
Les auteurs insistent sur la place du social dans la durabilité du développement. Notre
attention sera focalisée sur la place du capital social dans la gestion communautaire des
risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique.

[3]

e) Jules BASIMINE dans « Le capital social et la gouvernance des ressources naturelles dans
les régions post-conflits, Cas du Bushi au Sud-Kivu, en République Démocratique du
Congo » démontre que la combinaison des dimensions du capital social qui permet de
mettre en œuvre des actions collectives de gouvernance des ressources naturelles est celle
constituée des interactions entre les membres de la communauté, les rapports entre les
différentes organisations sous formes des réseaux, et enfin les conventions collectives et
normes de gestion des ressources naturelles entre les acteurs membres de la communauté.
Il ajoute en précisant que le renforcement du capital social est une voie attestée de
l’émergence des actions collectives de gouvernance des ressources naturelles dans une
région post conflit. (J.BASIMINE, 2012).
Jules dans sa thèse souligne l'importance du renforcement du capital social dans la
gouvernance des RN au Bushi. Pour notre part, nous insisterons aussi sur l'importance du
capital social mais dans la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles
et d’origine anthropique dans les groupements de Buzi et Mbinga-Nord en territoire de
Kalehe.
f) Sophie PONTHIEUX, en s'attaquant scientifiquement à l'entreprise de Putman qu'elle
qualifie de croisade, précise que le concept du capital social est devenu un « objet à tout
faire » servant tout autant à ajuster les équations des économistes, qu'à se défausser de
vraies politiques publiques au profit d'une fictive incitation à la création de capital social.
D'où pour Sophie, l'axe, qui va de l’économique au social et du social à l’économique doit
être la colonne vertébrale du concept de capital social. (Sophie PONTHIEUX, 2006).
Dans notre travail, nous montrerons la contribution du capital social renforcé sur la
gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique
dans les groupements de Buzi et Mbinga-Nord.
2. PROBLEMATIQUE
Il est de plus en plus admis que les bilans des catastrophes sont la combinaison d’un
phénomène physique extrême, mais aussi d’enjeux humains et socio-économiques accumulés
et caractérisés par une vulnérabilité plus ou moins grande : (En 2006, on a recensé 427
catastrophes naturelles à travers le monde, soit un chiffre très proche de celui de 2005 (433).
Toutefois, le nombre des personnes affectées (142 millions) a diminué de 10% et celui des
morts (23 833) de près de 75%. Le nombre des accidents technologiques en 2006 (297) a
chuté de 20% par rapport à 2005 et leur bilan en vies humaines (9900) de 15%, mais le

[4]

nombre des personnes affectées par ces mêmes catastrophes est passé de 100 000 en 2005 à
172 000 en 2006, le premier bilan de l'année 2007 s'annonce par contre dramatique puisque le
nombre de catastrophes a bondi de 20% par rapport à 2006, dépassant pour la première fois la
barre des 500, selon la Fédération internationale, Si, on rapporte les chiffres des dix dernières
années (1997-2006) à ceux de la décennie précédente (1987-1996), le nombre des
catastrophes recensées est passé de 4241 à 6806, soit une augmentation de 60%. Durant la
même période, le bilan en vies humaines de ces événements a doublé, passant de plus de
600 000 à plus de 1,2 million de morts, et le nombre de personnes affectées par an a augmenté
de 17%, passant d’environ 230 à 270 millions. (Rapport de la Fédération Internationale des
Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et le Centre de Recherche sur
l’épidémiologie des désastres, 2007).
En effet, depuis 2001, 8 416 catastrophes naturelles ont été recensées dans le monde.
Celles-ci ont fait 1,18 millions de victimes et coûté plus de 1 262 milliards de $ de
dommages. Selon le rapport de la stratégie internationale pour la réduction des désastres, il y
a eu beaucoup moins de catastrophes en 2009 : il s'est produit 245 catastrophes naturelles
dans le monde dont 222 directement liées au climat. 8900 personnes ont été tuées par ces
catastrophes naturelles dont 7000 victimes du climat (Rapport de la Stratégie Internationale
pour la Réduction des désastres, et rapport de global estimates, 2009, 2010).
L'année 2011 n'a pas été en reste : séisme et tsunami au Japon, inondations à Bangkok
(Thaïlande), inondations historiques en Australie et outbreaks de tornade dévastateurs aux
USA... ont fait de cette année la seconde la plus coûteuse de l'histoire avec 370 milliards de
$, en France 846 événements recensés depuis 2001 sont à l'origine de la mort de 1 020
personnes et ont coûté près de 15 milliards d'€ (montant des dommages assurés) où avec 950
catastrophes de grande ampleur, les catastrophes naturelles ont été particulièrement
dévastatrices en 2010 avec 295 000 morts et 130 milliards de dollars de dégâts (MUNICH Re
et SWISS Re, 2013).
En 2012, les plus gros dégâts ont été notamment provoqués par l'ouragan Sandy, qui
représente près de 25 milliards de dollars à couvrir par le secteur de l'assurance Seule l'année
2013 rompt l'évolution quasi linéaire (MUNICH Re, 2012).

[5]

L’Afrique, 2ème continent le plus touché par les catastrophes naturelles
(8.2 millions) : au Nigéria entre 2000 et 2001, 6.1 millions d’africains ont vu leur maison
balayées par les inondations.
Les causes naturelles restent variées, cependant on peut remarquer que les régions les plus
pauvres sont les plus touchées. Il y a donc une corrélation entre vulnérabilité aux phénomènes
climatiques et pauvreté économique (Rapport de la Stratégie Internationale pour la réduction
des désastres, 2009).
D’où, entre l’année 2000 et 2001, 13% de la population africaine (35 millions) ont été
enregistrés comme victimes, au moins, par une forme de catastrophe (CEDEAO/ECOWAS,
2006).
Par ailleurs, en RD Congo, dans les années 1968 – 2003 les individus et les familles
ont été victimes de l’une des catastrophes naturelles. Ces catastrophes ont fait un bilan de plus
de 1064 cas des blessés, plus de 8043 cas de décès et plus de 608 familles sans abris (Statuts
et Règlement Intérieur de la Croix Rouge de la République Démocratique du Congo, Mars
2012).
La province du Sud-Kivu avait aussi été frappée en 2008 par un tremblement de terre
de magnitude 6,1 sur l’échelle de Richter et a fait 7 morts et 545 blessés. Plus de 1 000
maisons furent détruites. Ce fut l’une des plus grandes catastrophes naturelles des dernières
décennies dans la province. En 2010, l’explosion d’une citerne de carburant à Sange, en
Territoire d’Uvira, avait causé plus de 300 morts et 360 blessés (Bilan de l’Organisation
mondiale de la santé (OMS), 2008, 2010).
Les glissements de terrain et les inondations sont fréquents dans la Province du Sud-Kivu,
notamment dans les territoires de Fizi, Walungu, Kalehe et d’Uvira. Depuis le début de
l’année 2013, plus de 22 000 personnes ont été affectées par les catastrophes naturelles dans
la province. Déjà en 2013, plus de 40 000 personnes ont été victimes des catastrophes
naturelles dont 10 morts et 16 000 personnes déplacées (Rapport du Gouvernement provincial
du Sud-Kivu, 2014). En cas particulier, les catastrophes naturelles diversifiées telles que les
éboulements, les tempêtes, les inondations, les érosions…font leur récurrence dans le
territoire de Kalehe (notre zone de recherche) depuis les années 1998 jusqu’à nos jours et font
des dégâts énormes notamment la destruction des maisons, champs, pertes en vies, Etc. Vers
les années 2001-2002, on a observé les premières érosions lorsqu’il y a eu la crue de la rivière
Kangala qui occasionna 2 morts et d’autres dégâts matériels dont la destruction des cultures

[6]

dans plusieurs champs. En 2012, il y a eu la crue de la rivière Cishenyi qui occasionna 11
pertes en vies humaines, 65 maisons emportées et plusieurs champs endommagés, cultures
emportées et 12 blessés. En 2011 et 2013, on a observé en même temps les crues de rivières
Buloho et Kangala qui causèrent la destruction des cultures et l’emportement des animaux
domestiques. (Action d’Espoir : Rapport d’évaluation participatif du processus de GCRRD à
Rambira territoire de kalehe, 2014).
Au vu du récent rapport du centre Olame, le territoire de Kalehe semble avoir été le
plus touché par les catastrophes favorisées dans une certaine mesure par les habitudes
anthropiques notamment la mauvaise gestion des ressources naturelles écosystémiques,
faisant un bilan macabre de 775 ménages qui n’ont plus des logis, dépouillés de tous les biens
et en refuge dans les villages voisins à Muhongoza et Bushushu, 50 personnes blessées et
internées à l’hôpital de référence d’Ihusi et au centre de santé Mutere à Muhongoza, 134
personnes disparues, 2moulins emportés, 1 école emportée laissant 480 élèves dans la rue, 4
salles de classes de l’école primaire Bogamanda emportées, 11 bornes fontaines et 3 sources
ensevelies. (Centre Olame : Rapport de la mission d’état de lieu de la catastrophe naturelle a
kalehe ,2014).
D’autres catastrophes naturelles et d’origine anthropique avec des périodes
d’occurrence différentes (les unes en saison sèche, d’autres en saison de pluie et d’autres
encore en toutes les saisons) que subit le territoire de Kalehe sont entre autres les pluies
torrentielles, le déboisement à grande échelle et sans reboisement, l’application des feux de
brousse, les mauvaises techniques culturales et la construction sur des pentes raides, les
conflits intercommunautaires, etc. (Action d’Espoir : Rapport d’évaluation participatif du
processus de GCRRD à Rambira territoire de kalehe, 2014, Idem). Parmi les catastrophes
d’origine anthropique, sont à prendre en compte les affrontements ayant eu lieu au Nord-Kivu
depuis mai 2007 entre les troupes de Laurent Nkunda et les FDLR d’un côté, et les troupes de
Nkunda et les FARDC de l’autre côté, et qui ont causé des déplacements de population de
cette province vers la province du Sud Kivu, en particulier dans le territoire de Kalehe (ACF,
2008). D’après OCHA Bukavu, ces déplacements ont eu lieu en trois vagues successives
(mai, septembre et décembre 07) et aujourd’hui il y aurait plus de 8000 ménages déplacés
(soit environ 50000 personnes), essentiellement concentrés dans les zones de Minova centre,
Kalungu, Tchebumba, Numbi, Nyabibwe, Nyamasasa et Kinyezire). Ces déplacés se trouvent
soit dans des camps spontanés à Minova ville (3 sites où seraient concentrés 10% de
l’ensemble des déplacés), soit dans des familles d’accueil (OCHA, 2007 Cité par ACF).

[7]

Parallèlement à ces combats, en 1994 arriva la déferlante des réfugiés hutus rwandais sur le
sol zaïrois. Un camp de réfugiés est installé à quatre kilomètres au sud de Kalehe centre. Ces
réfugiés entretiendront des contacts avec les Hutus rwandophones des hauts plateaux de
Kalehe, tandis que certains Tutsis rwandophones des hauts plateaux rentreront au Rwanda.
D’autres Tutsis demeureront plus au nord, vers Numbi et Shandje. Certains Hutus des hauts
plateaux échangeront des vaches contre des armes avec les réfugiés, tandis que les réfugiés
viennent s’approvisionner en nourriture auprès des Rwandophones hutus des hauts plateaux.
Cette dynamique contribua à son tour à éloigner les Rwandophones tutsis des Rwandophones
hutus. (APC, 2009).
De ce qui précède, nous cherchons à répondre aux préoccupations suivantes :
-

Quel est le rôle du capital social dans la gestion communautaire des risques de
catastrophes naturelles et d'origine anthropique en groupements de Buzi et Mbinga-Nord
dans le territoire de Kalehe?

-

Comment renforcer le capital social de sorte qu'il rende efficace et efficiente la gestion
communautaire des risques de catastrophes naturelles et d'origine anthropique dans les
groupements de Buzi et Mbinga-nord dans territoire de kalehe?

3. HYPOTHESES
Tenant compte de nos préoccupations, nous pensons à priori que :
1. Le capital social permettrait aux membres des diverses communautés de développer des
actions collectives et une vision commune de gestion des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique dans les groupements de Buzi et Mbinga-nord.
Ceci s'observerait sur:

L'existence des conventions collectives pour la gestion des risques des catastrophes
naturelles et anthropiques suite aux interactions sociales fortes ;

L’existence et le strict respect des normes et obligations collectives favorisant les actions
de gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique
dans les groupements de Buzi et Mbinga-Nord en territoire de kalehe.

L’organisation régulière de séances d’échanges communautaires et l’entreprise des actions
concertées pour la gestion des risques de catastrophes.

[8]

2. Pour que le capital social soit renforcé et qu’induise une gestion communautaire efficace
et efficiente des risques de catastrophes naturelles et anthropiques dans les groupements
de Buzi et Mbinga-Nord, l’on travaillerait systémiquement et dans l'ordre prioritaire sur :

L’encadrement des rapports verticaux entre les membres de la communauté et les
responsables des institutions locales ;

L’accompagnement et l'organisation efficaces des actions communautaires en termes des
synergies entre les différentes associations locales;

Le renforcement des interactions et la coopération entre les acteurs membres de la
communauté.

La mise en évidence des normes, sanctions et conventions communautaires de gestion des
risques des catastrophes et de fois combiner les dimensions suscitées.

4. OBJET ET OBJECTIFS OPERATOIRES DU TRAVAIL
4.1. Objet
Nous cherchons à travers cette étude, à démontrer le rôle du capital social dans la gestion
communautaire des risques de catastrophes naturelles anthropisées et expliquer de quelle
manière celui-ci peut être renforcé de sorte qu’il rende cette gestion efficace et efficiente à
Buzi et Mbinga-Nord en territoire de Kalehe, une des régions post-conflits, située à l’Est de la
République Démocratique du Congo.
4.2. Objectifs opératoires
Il est question dans cette étude de :
-

Déterminer et expliquer le rôle réel du capital social dans le développement des
capacités de gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique à Buzi et Mbinga-Nord dans le territoire de Kalehe en contexte post-conflit.

-

Déterminer comment le capital social peut être renforcé de sorte que celui-ci puisse
induire des actions efficaces et efficientes de gestion communautaire des risques de
catastrophes naturelles et d'origine anthropique dans les groupements de Buzi et MbingaNord en territoire de kalehe.

5. CHOIX ET INTERET DU THEME D’ETUDE
5.1. Choix du sujet
Le choix de notre sujet n’a pas été un fait du hasard. En effet, dans les groupements de Buzi et
Mbinga-Nord à Kalehe un constat se dégage ; constat selon lequel les populations de ces

[9]

contrées sont souvent d’après les informations sur les catastrophes naturelles précédemment
épinglées, exposées aux risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique diverses
de part l’accidentalité du relief de Kalehe. Ce qui nous a poussés de choisir cette thématique.
5.2. Intérêt de l’étude
Cette étude revêt un intérêt double : l’un est théorique et l’autre pratico-social.
A travers le premier intérêt nous allons contribuer à l’émergence de la sociologie de
l’environnement et les résultats de nos recherches vont servir de base à d’autres chercheurs
qui pourront travailler dans le même sens que nous.
Dans son intérêt pratico-social, ce travail servira de guide méthodologique pour les agents de
développement entreprenant les actions de gestion des risques de catastrophes naturelles et
d'origine anthropique.
6. DELIMITATION SPATIO-TEMPORELLE
Notre étude s’est effectuée dans les groupements de Buzi, Mbinga-Nord, en ce sens que ces
groupements sont parmi les contrées du territoire de Kalehe fortement menacées par les
catastrophes naturelles et d’origine anthropique et où le processus de gestion communautaire
des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique s’implémente déjà. Elle est le
fruit d’une longue période d’observation des catastrophes et leurs occurrences dans le
territoire de kalehe. La même étude dans le groupement de Mbinga-Sud permettra des
comparaisons.
7. SUBDIVISION SOMMAIRE DU TRAVAIL
Mis à part les éléments préliminaires, l’introduction et la conclusion générales, ce travail
s’articule sur trois chapitres :
-

Le premier porte sur le cadre conceptuel, théorique et la méthodologie du travail.

-

Le deuxième concerne la description des capitaux naturels, humains, physiques et
économiques du milieu d’étude et la description des risques de catastrophes, dans les
zones sous examen.

-

Le troisième porte sur l’analyse du capital social et la gestion communautaire des risques
de catastrophes naturelles et d’origine anthropique à Buzi et Mbinga-Nord en territoire de
Kalehe.

[10]

CHAPITRE PREMIER :
CADRE CONCEPTUEL, THEORIQUE ET METHODOLOGIE DE L’ETUDE
Section I: CADRE CONCEPTUEL
Une réflexion est dès lors nécessaire sur les concepts de capital social, de gestion
communautaire des risques des catastrophes, de résilience aux catastrophes naturelles, de
risques naturels et de catastrophe naturelle et d’origine anthropique. Pour bien avancer dans
ce chapitre, nous nous servons de la critique formulée par Jules BASIMINE qui dans sa thèse
doctorale souligne que dans le processus de recherche, la conceptualisation va nécessairement
au-delà de simples définitions des concepts sur lesquels s’articule l’étude. Elle constitue une
construction abstraite qui, au fil de l’étude permet, au chercheur de réaliser un atterrissage
empirique (J. BASIMINE, 2012). Cette précision scientifique mise à notre disposition fait que
chaque élément de définition passe comme une discussion et/ou confrontation raisonné des
définitions des auteurs.
II.1. LE CONCEPT DU CAPITAL SOCIAL
Le Capital social est une notion qui a actuellement pris de l’envol dans l’évolution des
sciences sociales et plus particulièrement en sociologie.
Pour essayer d’avoir une idée sur cette notion , il s’avère d’impérieuse nécessité de jeter un
regard droit et raisonné principalement sur trois visages qui ont de manière générale alimenté
les débats à l’émergence des théories sociologiques sur le capital social depuis les années
1980.
Il s’agit de Pierre Bourdieu (1980), James Coleman (1988) et Robert Putnam (1993).
« Ces grandes figures en sciences sociales ont alimenté les discussions et la réflexion autour
du rôle que joue le capital social dans les collectivités » (M.LALLEMENT, 2007 cité par
BASIMINE).
Le concept «Capital social» a été utilisé pour la première fois par Pierre Bourdieu en
1980 pour faire référence à un des types de ressources dont disposent les individus et/ou les
groupes sociaux pour accroître ou conserver leur position à l’intérieur de la hiérarchie sociale
et bénéficier des privilèges qui y sont attachés.
Pierre Bourdieu rassemble autour du capital social deux autres formes du capital :
« Notamment celui économique relatif aux ressources économiques et celui culturel. Mais il
insiste sur le capital social en démontrant que celui-ci regroupe les relations et les réseaux
d’entraide qui peuvent être mobilisés à des fins profitables à toute la société dans une

[11]

communauté. Il conclut que le capital social est l’ensemble des ressources actuelles ou
potentielles qui sont liées à la possession d’un réseau durable de relations plus ou moins
institutionnalisées d’interconnaissance, ou en d’autres termes à l’appartenance à un groupe
comme ensemble d’agents qui ne sont pas seulement dotés des propriétés communes mais
sont aussi unis par des liaisons permanentes et utiles » (BOURDIEU, P., 1980).
Bourdieu est encore très générique et ses écrits n’ouvrent pas directement à un cadre
conceptuel acceptable du capital social
social.
Quant à James COLEMAN (1988), il s’est servi du capital social comme un instrument
permettant de transcender l’analyse micro et macro, en plaçant l’acteur et sa capacité à faire
des choix dans sa définition. Selon lui, les individus font des choix en étant guidés par leur
propre intérêt. De ces choix résultent des actions et des relations entre les individus qui
conduisent à la construction de relations durables qui font à la fois office de structures
sociales et de ressources pour l’individu. Il introduit alors la notion de réciprocité qui conduit
vers le capital social. Pour cet auteur, le capital social est défini par sa fonction. Il ne s’agit
pas d’une entité unique, mais d’un ensemble d’entités qui ont deux caractéristiques
communes : elles relèvent toutes d’un aspect de la structure sociale, et elles facilitent les
actions des individus au sein de la structure. La fonction qu’identifie le concept de capital
social est la valeur des aspects de la structure sociale que les acteurs peuvent utiliser comme
des ressources pour atteindre leurs objectifs.
En somme, l’analyse macro (les structures) est entremêlée à l’analyse micro (choix
individuels). A cela, Coleman semble poser des bases tangibles d’un cadre conceptuel du
capital Social. De manière claire, il définit le capital social comme : « les facteurs d’une
structure sociale qui facilitent l’action des individus au sein de cette structure. Ces facteurs
comprennent les obligations et les attentes, la confiance, le potentiel de l’information, les
normes et les sanctions, les rapports d’autorité, les organisations sociales et les réseaux
sociaux » (J. COLEMAN, 1988). Une des critiques à propos de cette définition du capital
social repose justement sur les choix individuels. Dans la conception de l’auteur, tous les
acteurs sont réputés avoir la capacité de faire des choix et pouvoir ainsi tirer profit de leurs
actions. Mais l’auteur semble oublier que l’accessibilité à ces aspects de la structure sociale
peut être fortement entraînée par la relativité qualitative du capital social correspondant dont
jouit l’acteur. Autrement dit, l’accès à un espace professionnel est bien souvent influencé par
le statut et le prestige professionnel, à la fois des acteurs membres du réseau, et ceux désirant
y accéder.

[12]

Selon le même auteur, le capital social facilite l’action collective et il est facteur de la sécurité
collective. Il insiste sur les avantages que les individus peuvent tirer du capital social et le
décline en trois formes :

Les obligations et attentes réciproques qui dépendent du degré de confiance mutuelle
au sein d’une structure sociale donnée ;

Les canaux de communication informelle à même de faire circuler efficacement les
informations ;

Et enfin, les normes et surtout l’assurance de l’application de ces dernières
(J.COLEMAN, Idem.).

Dans un autre regard, lorsqu’il est question du capital social, les travaux de Robert Putnam
sont souvent cités. En effet, ses écrits ont fait beaucoup de bruit, autant dans la communauté
scientifique que dans les médias. Son approche du capital social est plutôt originale
puisqu’elle est centrée sur les communautés et non sur les individus qui les composent. Selon
lui, le capital social désigne « les aspects de la vie collective qui rendent la collectivité plus
productive, soit par la participation, la confiance et la réciprocité ». Ainsi, plus une
communauté compte d’associations de bénévoles, plus elle est en bonne santé. Ses membres
se font davantage confiance et le sentiment d’appartenance à la communauté grandit, se
traduisant notamment par une plus forte participation électorale, il montre donc la valeur de
l’engagement civique et les réseaux sociaux en découlant dans l’avancement harmonieux
d’une communauté, ainsi, il opère du capital social une différenciation à trois dimensions qui
sont (1) le Bonding social capital (capital social normatif), (2)le Linking social capital (capital
social relationnel) et (3) le Bridging social Capital (capital social affectif). (PUTNAM R.,
1999).
Sens attribué à chaque dimension :
(1) C’est une composante du capital social qui réfère à une sorte de colle qui cimente les
réseaux fondés sur le partage d’affinités et d’appartenance commune. Il s’agit des normes
et conventions sociales qui favorisent la coopération et les actions collectives dans un
système social bien déterminé.
(2) Cette dimension traduit le mécanisme rassembleur et le niveau de structuration des
interactions entre les acteurs sociaux.
(3) Ce sont des liens et/ou des rapports entre la société civile et les appareils institutionnels
qui la régulent.
Robert Putnam confond volontairement la théorie du capital social à celle de l’action
collective. Dans son esprit, il existerait une correspondance étroite entre les différentes formes

[13]

du capital social et celle de l’action collective. En d’autres termes, parler du capital social
c’est essayer de comprendre les bénéfices relationnels et les normes que les membres d’un
groupe social mobilisent pour agir collectivement et transformer leur environnement. Robert
Putnam insiste sur la notion de confiance; s’appesantit sur le rôle des réseaux dans la
compréhension du capital social.
D’autres auteurs ont consacré des riches théories sur les notions du capital social en réseaux :
Les travaux de Mark GRANOVETTER permettent justement d’éviter l’écueil fait au capital
social, car « l’action est toujours socialement située et ne peut pas être expliquée en faisant
seulement référence aux motifs individuels ; deuxièmement, les institutions sociales ne
jaillissent pas automatiquement en prenant une forme incontournable, mais sont construites
socialement » (M. GRANOVETTER, 1990). Un des apports incontournables de cet auteur est
sans contredit la distinction qu’il fait entre les différentes relations composant le capital
social. C’est ce qu’il a appelé « la force des liens faibles » ; Ainsi, un réseau se compose de
liens forts issus de relations soutenues (par exemple des amis proches) et de relations plus
distendues, donc potentiellement faibles, avec des connaissances. Une personne bien pourvue
en capital social aura un réseau qui double les liens forts de liens faibles diversifiés, lui
permettant de pénétrer d’autres réseaux. La force des relations étant tributaire de
l’investissement dans leur entretien (M.GRANOVETER, 1973).
Les travaux de Nan Lin ont d’ailleurs permis de mettre en évidence que « le capital social
résulte de l’investissement d’un individu dans ses relations avec d’autres ». Il apporte
également l’idée de la réciprocité des échanges dans un réseau d’acteurs (N. LIN, 1995). Sa
contribution permet donc d’enrichir la notion de réseau social.
Ronald Burt rencontre en partie les postures de Bourdieu et de Coleman, mais à ses yeux le
capital social n’est qu’une métaphore sur l’avantage dont disposent les gens qui sont mieux
reliés les uns aux autres pour poursuivre leurs fins. Dans une société vue comme un marché
dans lequel les gens échangent des biens et des idées, les personnes les mieux « connectées »
sont celles qui disposent des meilleures informations sur les biens, les acheteurs, les vendeurs,
les prix. Burt pense en conséquence qu’il vaut mieux se concentrer sur ces mécanismes de
réseau, et notamment sur les avantages que génèrent les positions stratégiques dans les
réseaux, le contrôle de « trous structuraux », qui désignent l’absence de relations entre deux
personnes reliées à une même tierce personne que de s’intéresser au capital social
(BURT. R,

1992).

[14]

Javier Mignone prétend que le capital social est un déterminant décisif de la santé. Pour lui,
plus le capital social est élevé dans une collectivité, mieux est cette collectivité pour la santé
de chacun. Les cinq éléments suivants, que nous représentons dans la figure 1, tendent selon
J.Mignone (à partir des recherches menées par différents auteurs du capital social) à constituer
le capital social d’une collectivité : les relations sociales (1), les réseaux sociaux (2), les
normes et les valeurs sociales (3), la confiance (4) et les ressources (5).

Les relations
sociales (1)

Les réseaux
sociaux (2)

Les normes et les
valeurs sociales
(3)

Eléments du
capital social
selon Mignone.

La confiance (4)

Les ressources (5)

Figure 1 : Eléments tendant à constituer le capital social selon J.Mignone.
(J.MIGNONE, 2003).
Compréhension de ces cinq éléments:
-

Les relations sociales (p. ex. comment les gens s’entendent-ils?);

-

Les réseaux sociaux (p. ex. est-ce que les personnes se connectent facilement entreeux?);

-

Les normes et les valeurs sociales (p. ex. est-ce que les gens se respectent?);

-

La confiance (p. ex. est-ce que les gens se font confiance en général?);

-

Les ressources (p. ex. est-ce que les gens tendent à partager les ressources?).

Dans sa thèse doctorale, J. BASIMINE dresse un cadre conceptuel très systématique sur le
capital social et qui nous fait une vue d’ensemble sur le capital social.
Voici comment il est fait:

[15]

Figure 2 : Cadre conceptuel/Synthèse faite de la notion du capital social selon Jules
Basimine.
(Jules BASIMINE, Idem)
A travers la figure 4, l’auteur révèle une prise en compte corrélative des dimensions
individuelles et collectives du capital social en comparaison avec certaines théories sur le
capital social.
De tout ce qui précède, force est de souligner que le capital social est significativement affecté
par des conflits armés, ethniques et tribaux sévères dans le territoire de Kalehe en général et
en particulier dans les groupements sous examen au vu de résultats de base de nos
préenquêtes.

[16]

II.2. LA GESTION COMMUNAUTAIRE DES RISQUES DE CATASTROPHES
NATURELLES.
La gestion des risques de catastrophes naturelles tend à réduire les effets de ces derniers sur
les individus et leurs biens, donc en réduisant la vulnérabilité des personnes et des biens jugés
à risques (Eléments à risques : de degré bas, moyen ou élevé). Elle est un processus de
recours systématique aux directives, compétences opérationnelles, capacités et organisation
administratives pour mettre en œuvre les politiques, stratégies et capacités de réponse
appropriées en vue d’atténuer l’impact des aléas naturels et risques de catastrophes
environnementales et technologiques qui leur sont liées (UNISDR, 2009).
Par rapport au jugement d’un ménage, d’un individu d’être vulnérable à un risque de
catastrophes naturelles pour pouvoir mettre en lien ses situations aux menaces naturelles avec
la vraie façon de mitiger les effets de ces menaces, Claire Gondard-Delcroix et Sophie
Rousseau pose des bases solides en mettant en exergue les trois caractéristiques suivantes :
-

La prédisposition aux risques (fréquence) : le ménage, l’individu sont-ils dans une zone à
hauts risques ? A-t-il une plus grande probabilité de voir sa situation se dégrader lors d’un
choc (manque de potentialités à mettre en œuvre) ?

-

L’élasticité à résister aux chocs (intensité) : quelle est la capacité d’un ménage à résister
aux effets d’un événement catastrophique ?

-

La robustesse des capabilités (effets à court ou long terme) : les capabilités mises en
œuvre pour résister à un choc ont-elles des effets durables ou transitoires ?
(Claire Gondard-Delcroix et Sophie Rousseau, 2004).

Pour ces auteurs il existe plusieurs types de risques en milieux ruraux pauvres, il s’agit de :

[17]

Tableau 1 : Typologie des risques encourus dans les milieux ruraux pauvres
Types de risques
Risques liés à l’environnement

Principaux exemples
Aléas climatiques (cyclone, sécheresse, tempête, inondation,
éboulement),

insectes

nuisibles,

changement

climatique,

déforestation, pollution de l’air et de l’eau, épuisement des
ressources naturelles, maladies végétales, etc.
Risques sur les prix liés aux

variation des prix des inputs et des outputs agricoles, variation

fluctuations du marché

des salaires, libéralisation du marché (augmentation de la
concurrence internationale).

Risques politiques

Impacts des conflits armés, des instabilités politiques, etc.

Risques sur la santé

les maladies, les accidents et la mort touchent à la fois les
riches et les pauvres mais de manière différente, les
conséquences pour les pauvres étant souvent plus dures.
Pauvreté et mauvaise santé forment ainsi un cercle vicieux. Le
pauvre vit et travaille dans un environnement propice aux
risques de maladies et d’accidents et possède une accessibilité
aux services de santé plus limitée.

Risques de l’âge

maladies, baisse de la productivité, exclusion sociale, faible
retraite, etc. = « traumatismes cumulatifs » associant des
problèmes relationnels, de santé, d’argent et de déqualification

Risques agricoles

Les incertitudes climatiques, les insectes nuisibles, les maladies
végétales. Si ces risques sont encourus par tous les ménages
agricoles, tous n’ont pas les mêmes accès aux technologies
agricoles (irrigation, pesticides, engrais, etc.) pour leur faire
face.

Les éléments du tableau 1 intéressent bien notre recherche quoi qu’uniquement certains
risques soient remarquables et pris en compte dans notre milieu de recherche aussi pauvre
comme ceux de Madagascar où Claire Gondard-Delcroix et Sophie Rousseau engagèrent
leurs recherches.
Les pertes dues aux catastrophes étant en augmentation, ont de graves conséquences pour la
vie, les moyens de subsistance des populations, en particulier des pauvres.

[18]

Désormais, tous les pays reconnaissent que les efforts de gestion pour la réduction des risques
de catastrophes doivent être systématiquement intégrés dans les politiques, plans et
programmes de développement durable et de lutte contre la pauvreté, et qu’ils doivent
s’appuyer sur une coopération bilatérale, régionale et internationale, notamment sur des
partenariats qu’il importe d’encourager les efforts de gestion pour la réduction des risques de
catastrophes aux niveaux international et régional ainsi qu’aux échelons national et local,
comme cela a été reconnu ces dernières années dans plusieurs déclarations et cadres d’action
multilatéraux majeurs (Cadre d’action de Hyōgo pour 2005-2015: Idem).
L'expérience montre que les initiatives locales ou ayant une approche locale sont celles
qui sont les plus à même d'atteindre les groupes vulnérables. Le CESE préconise par
conséquent d'encourager les approches de gestion du risque associant, outre les autorités
locales, les organisations de la société civile, les partenaires sociaux et les groupes
régulièrement exclus. (CESE, 2005).
Pour sa part, le manuel portant la GCRRC insiste sur quatre principes de base dans la
gestion des risques des désastres, il s’agit de l’évaluation participative des risques de
catastrophes, l’élaboration de mesures de RRC, les mécanismes organisationnels au niveau
communautaire, le Suivi, évaluation et apprentissage gérés par la communauté (Institut
International de la Reconstruction Rural et Cordaid, Idem.).
Timothy W. HARDING et al de l’Université de Genève dans « Management des risques
majeurs : des disciplines à l’interdisciplinarité », donnent la formule intéressante suivante
pour le risque : R =f (A, E, V, I, t, s)
R= risque, A= aléa, E= éléments à risque, V= vulnérabilité, I= résilience, t et s représentent
respectivement le temps et l’espace. Cette formule nous paraît intéressante et complète en ce
sens qu’elle se détache d’autres formules rencontrées dans la littérature, qui ne prennent en
compte que l’Aléa, l’Eléments à risque et la Vulnérabilité (Timothy W. HARDING et al,
2001). Cette formule vaut la peine pour nous, car, elle va nous fixé les idées lors des analyses
des menaces par rapport aux éléments à risques.
Pour nous, la gestion communautaire est appréhendée comme étant un processus systématisé
qui permet de recourir aux décisions collectives à opérationnaliser par une communauté pour
mettre en œuvre des plans, politiques et des stratégies communes de gestion.

[19]

II.3. LA RESILIENCE AUX CATASTROPHES NATURELLES
La résilience se réfère à la capacité des éléments à risques individuel et collectifs d’être à
mesure de survivre et se « rebondir » d’un choc ou à leur capacité de revenir à un
fonctionnement normal ou meilleur dans la société. Il s’agit de la capacité d’un individu et de
la communauté à se préparer à rebondir de toute éventualité et de créer activement des
opportunités pour améliorer son état, en vue d’un épanouissement complet en tant qu’être
humain et communauté. C’est aussi la capacité d’un système, d’une communauté ou d’une
société menacés à résister, assimiler, s’adapter et se remettre des effets d’une menace d’une
manière opportune et efficace, y compris par la préservation et la restauration de ses structures
et fonctions de base vitales. (SIPC, 2009)
Pour le GIEC, la résilience est aussi la capacité d’un système et de ses composants à anticiper,
assimiler, s’adapter ou se remettre des effets de l’événement dangereux d’une manière
opportune et efficace, notamment par la préservation, la restauration et l’amélioration de ses
structures et fonctions de base vitales. (Source : GIEC 2012)
Le Livre Blanc relatif à la défense et à la sécurité nationale française (2008) définit la
résilience comme « la volonté et la capacité d’un pays, de la société et des pouvoirs publics à
résister aux conséquences d’une agression ou d’une catastrophe majeures, puis à rétablir
rapidement leur capacité de fonctionner normalement ou à tout le moins dans un mode
socialement acceptable ». La résilience est une propriété qui sous-tend une double capacité du
système : celle de dépasser la perturbation et de récupérer un équilibre dynamique qui
caractérise le système avant l’occurrence de cette perturbation, dans le cadre d’un
fonctionnement « normal » ; la capacité d’intégrer les changements à la suite de perturbation
sans changer de constitution qualitative. Mais, le retour à l’équilibre après la perturbation
n’est pas forcément le retour « au même » (Rebotier, 2007). En effet, « paradoxalement la
stabilité d’une société, sa pérennité passe par le changement », le retour à l’équilibre en cas de
perturbation n’étant pas forcément l’équilibre identique à celui initial. (Dauphiné, Provitolo,
2007)

[20]

II.4. RISQUES NATURELS
Par risque, on entend généralement toute incertitude ou imprévisibilité engendrant une
réduction du bien-être (Robert Holzmann et Steen Jørgensen, 2000). Un risque naturel
implique l'exposition des populations humaines et de leurs infrastructures à un évènement
catastrophique d'origine naturelle.

On y distingue principalement : les avalanches, les feux de forêt, les inondations, les
mouvements de terrain, les cyclones, les tempêtes, les séismes et éruptions volcaniques mais
aussi les raz de marées, les invasions d'insectes nuisibles, les sécheresses prolongées...
Un risque naturel est donc la rencontre entre un aléa d'origine naturelle et des enjeux humains,
économiques ou environnementaux (BERNARD Lalanne, et al, 2013). On parle de risque
majeur lorsque les dégâts et le nombre de victimes sont importants. En moyenne par an, de
2000 à 2005, près de 300 millions de personnes ont été affectées par les catastrophes
naturelles et près de 78 000 y ont trouvé la mort (CRED, 2007).
Le monde est régulièrement secoué par des catastrophes dont les incidences augmentent en
intensité et en fréquence. Elles tiennent principalement à la dégradation de l’environnement et
à l’urbanisation incontrôlée, deux facteurs qui sont étroitement liés à un troisième, la
démographie galopante. Les trois risques majeurs constatés sont : la sécheresse, les
inondations et les épidémies.
À ces trois risques majeurs s’ajoutent d’autres risques naturels tels que les animaux nuisibles
et épizooties (grippe aviaire) ; l’invasion acridienne ; les incendies et feux de brousse ; la
dégradation des zones humides côtières ; l’érosion provoquée par la mer ; l’intrusion
d’espèces étrangères dans l’écosystème ; les conflits qui entraînent des mouvements de
réfugiés et des déplacements de population ; les éruptions volcaniques au Cameroun et en
République démocratique du Congo et les séismes. Quant aux accidents technologiques, ils
concernent surtout : les accidents de transport, les accidents résultant d’activités industrielles
tels que les incendies, explosions, accidents chimiques et fuites de substances chimiques ou
toxiques. (ENDA RUP, 2008)

[21]

II.5. CATASTROPHE NATURELLE ET D’ORIGINE ANTHROPIQUE
Un changement s’est produit par rapport aux anciennes croyances : la catastrophe était
perçue auparavant comme une catastrophe d’origine naturelle ; désormais, la catastrophe est
perçue comme une catastrophe d’origine humaine. En partant d’une approche réactive face
aux événements catastrophiques pour arriver à une approche proactive de la RRC, l’ère de la
prévention, de l’atténuation des menaces et de la réduction de la vulnérabilité est née en
s’appuyant sur le développement des capacités individuelles de survie et sur le renforcement
des capacités des communautés à devenir des systèmes de soutien opérationnels. Le
développement durable est au cœur de cette approche holistique. (IIRR et Cordaid, 2013).
Les catastrophes peuvent résulter d’un risque naturel ou anthropique comme les
séismes, les éruptions volcaniques, les glissements de terrain, les tsunamis, les cyclones
tropicaux et autres grosses tempêtes, les tornades et les vents de tempête, les inondations de
zones fluviales ou côtières, les incendies de forêt et le voile atmosphérique, la sécheresse, les
tempêtes de sable et de poussière et les infestations. Les risques d’origine anthropique
peuvent être intentionnels, comme les rejets sauvages de pétrole, ou accidentels, comme les
déversements toxiques ou l’explosion d’un réacteur nucléaire. Dans tous les cas susvisés, ce
sont les populations, les écosystèmes, la flore et la faune qui sont exposés à des menaces. Les
pauvres sont les plus vulnérables aux catastrophes, car ils disposent de moins de ressources
pour les prévenir ou pour faire face à leur impact. Les hommes et l’environnement sont de
plus en plus touchés par les conséquences des catastrophes naturelles. Cela s’explique par un
certain nombre de raisons, comme l’accroissement de la population et la densité
démographique, les migrations et l’urbanisation sauvage, la dégradation de l’environnement
et le changement climatique mondial possible. L’ampleur des incidences socioéconomiques
des catastrophes naturelles a provoqué une modification de l’approche politique de la notion
de risque dans les sociétés modernes (IFCR, 2001).
Ces phénomènes naturels deviennent des catastrophes lorsqu’ils touchent un grand
nombre de personnes ou l’infrastructure, comme cela a été le cas ces 30 dernières années du
fait d’un taux élevé d’accroissement de la population, surtout dans les centres urbains et les
régions sujettes à la sécheresse : 34 % des Africains vivent dans des zones arides, contre 2 %
seulement des Européens (FINDLAY, 1996).
Les catastrophes causent des pertes de vies humaines et de moyens d’existence, endommagent
l’infrastructure et les communications, entravent l’activité économique et accroissent le risque
d’épidémies. Dans de nombreuses régions, cet impact est aggravé par la pauvreté et la

[22]

marginalisation, ainsi que le surpeuplement. Une infrastructure dépassée, vieillie et en
mauvais état, ainsi que l’absence de sécurité économique nécessaire pour faire face à
l’adversité réduisent également la capacité de résistance des personnes et amplifient donc
l’impact des catastrophes. Fait de plus en plus préoccupant, la fréquence et la gravité des
catastrophes augmentent, alors que les systèmes d’alerte avancée sont inadéquats et que la
gestion des catastrophes laisse à désirer (DMC, 2000).
De notre part, une catastrophe naturelle est un événement brusque d’origine naturelle pouvant
être à la base d’importants dégâts matériels et pertes en vies humaines.
Après une longue revue de la littérature, ayant recueilli les idées des auteurs qui d’une part ont
parlé du capital social et des catastrophes naturelles et d’origine anthropique d’autre part,
nous pensons réaliser en ce terme un cadre conceptuel combiné du capital social renforcé et la
gestion communautaire de risques des catastrophes naturelles et d’origine anthropique:

[23]

Zone transitionnelle

L’évaluation
participative des
risques de
catastrophes

L’élaboration de
mesures de RRC

Les mécanismes
organisationnels
au niveau
communautaire

Suivi, évaluation
et apprentissage
gérés par la
communauté

Interactions
sociales (Entraide,
réciprocité…)
Application des
normes et valeurs
sociétales.
Synergie et
rapports
horizontaux entre
les organisations
locales
Rapport verticaux
entre les
populations
locales

anthropique.

GESTION COMMUNE

RESILIENCEMITIGATION
CAPACITE D’AUTO-AGIR

GESTION DES RISQUES DES
CATASTROPHES

(2)
CAPITAL SOCIAL RENFORCE

(1)

..

FINALITE

FINALITE

Figure 3 : Conceptualisation du capital social renforcé corrélé à la gestion communautaire de risques de catastrophes naturelles et d’origine

[24]

Voilà le cadre conceptuel de notre étude qui englobe toutes les dimensions du capital
social (1) et celles de la gestion des risques des catastrophes (2).
A travers cette conceptualisation, il est à souligner que lorsque le capital social est renforcé
dans une quelconque entité, le résultat est que les communautés réagissent soit positivement,
soit négativement ; la réaction passant par la zone transitionnelle entre les séances de
capacitation en gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique et l’entreprise des actions proprement dites de gestion.
Un capital social bien renforcé suscitera toujours un engagement communautaire en matière
de gestion des risques de catastrophes, lequel engagement (soit partiel, soit total) concourra à
la finalité de gestion commune pour rendre les communautés résilientes aux risques naturels
et anthropiques.
En outre, les idées de gestion communautaire pour la réduction des risques de
catastrophes ; transmises à la communauté doivent inévitablement passées par quatre pistes
(amenant le changement) appelées les étapes de la gestion communautaire pour la réduction
des risques de catastrophes, il s’agit de l’évaluation participative des risques de catastrophes,
l’élaboration de mesures de RRC, les mécanismes organisationnels au niveau communautaire
et le Suivi, évaluation et apprentissage gérés par la communauté. D’où la communauté ayant
acquis des nouvelles capacités d’agir, de penser,…et les ayant adopté pour son compte gère
en commun son environnement global et se rend résiliente aux aléas, risques inhérents à
l’environnement en développant un effort de mitigation.
Notons que si la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et anthropiques
rendue possible par le capital social fort reste bien entretenue ; pourrait aussi contribuer dans
une certaine mesure au renforcement du capital social (Sens de la flèche en pointillé). Il existe
donc une relation étroite entre le capital social et la gestion des risques de catastrophes.

[25]

Section II : CADRE THEORIQUE
Tout problème de recherche doit d'abord s'intégrer dans une perspective théorique
générale. Et la perspective générale est garante de l'intégration de la recherche dans la
communauté scientifique.
A partir de cette perspective théorique générale, le chercheur doit ensuite concevoir un cadre
théorique spécifique à l'objet d'étude. Le cadre théorique est quelque peu différent d'une
théorie, car il se construit uniquement en fonction d'un problème ou d'une question précise de
recherche. Alors qu'une théorie est destinée à généraliser l'explication de certaines créations à
plusieurs faits et événements.
Le cadre théorique sert aussi à intégrer ou à rendre crédible une recherche particulière, dans
l'ensemble de la communauté scientifique. Cet argument épistémologique signifie que le
cadre théorique peut être constitué d'une ou plusieurs théories en vue d'insérer une étude dans
la communauté scientifique. Outre, la nécessité d'intégrer la recherche dans la communauté
scientifique, le cadre théorique sert principalement à présenter un cadre d'analyse et à
généraliser des relations d'hypothèses déjà prouvées dans d'autres contextes pour tenter de les
appliquer au problème (LARAMEE A. et VALLE. B., 1991).
De ce qui précède, la construction théorique de cette étude est constituée de la Théorie des
Catastrophes (TC) de René THOM qui est un traitement mathématique d'action continue
produisant un résultat discontinu. Cette théorie est liée à la Théorie du chaos.
Cette dernière quoi que mathématique, nous aide à comprendre comment se forment et se
produisent les risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique et comment
combiner les dimensions du capital social pour bien gérer les catastrophes naturelles et celles
d’origine anthropique dans un milieu au prise à des risques de catastrophes.
La théorie des catastrophes est apparue sur la scène scientifique et philosophique mondiale en
1977, lors de la publication retentissante du livre de René Thom : Stabilité structurelle et
morphogenèse. Cet événement a suscité un ample débat théorique et l'on peut d'ores et déjà le
considérer comme l'amorce d'une rupture épistémologique.
Un survol de cette singulière conjoncture (qu'il faudrait analyser au niveau de la sociologie
des sciences) montre qu'elle est l'effet de l'intrusion brutale de mathématiques fondamentales

[26]

dans des régions réputées non formalisables et traditionnellement vouées à la langue naturelle.
Comme si la séparation tranchée entre sciences quantitatives exactes et sciences descriptives
« inexactes » se trouvait soudain remise en cause dans ses principes mêmes ; comme si
l'immense

champ

phénoménologique

(sociologie,

psychologie,

éthologie,

biologie,

linguistique, psychanalyse), où le raffinement expérimental ne se soutenait jusqu'ici que de
formalisations substitutives (simulations informatiques, traitements statistiques, etc.), se
trouvait soudain réarticulé à une formalisation réelle ; comme si le primat, qui semblait
absolu, de l'affinité d'essence entre mathématiques et physique se trouvait soudain renversé ;
comme si la géométrie rencontrait un « point de rebroussement » qui la déliait de l'objet pour
la relier au sens ; comme si une opération dialectique latente depuis l'origine grecque de la
pensée, constamment invoquée et anticipée par la philosophie et constamment révoquée et
différée par la science, achevait enfin son temps d'incubation et se trouvait soudain passer de
l'impossible au réel.
Une telle avancée théorique ne va pas sans quelques confusions, d'autant plus que la
sophistication mathématique des bases de la théorie en dissimule le véritable statut. On ne
saurait en effet oublier que, si la théorie des catastrophes est un avènement, c'est celui d'une
intelligibilité nouvelle de ce qu'est en dernière instance l'être spatio-temporel de la nature en
général, être spatio-temporel dont on peut dire après coup que la physique ne formalise qu'une
strate, évidemment fondamentale.
L'essence de la TC est de faire comprendre le changement et la discontinuité des systèmes. Si
un système est « au repos » (ne subissant pas le changement), alors il tendra à occuper un état
stable préféré, ou au moins une gamme définie d'états. Si un Système est soumis aux forces de
changement, alors le Système essayera au commencement de réagir pour absorber les
contraintes. En outre, s'il en a la chance, le système essayera de regagner son état stable
préféré. Si, cependant, les forces de changement sont si fortes qu'elles ne puissent pas être
absorbées, alors un changement catastrophique peut se produire et un nouvel état stable ou
gamme d'états préférés est rétabli. Il n'y a aucune manière de retourner à son
« vieil » état stable.
Les idées de Thom signifient que les systèmes peuvent changer par une combinaison de
modèles de changement continus et discontinus. (René Thom, 1977).
Voici comment nous dressons un modèle théorique de cette étude:

[27]

Risques de catastrophes

Origine
anthropique

Origine
naturelle

Dégâts
Combinaison des dimensions du
capital social

Faible
efficacité

Apport individuel

Apport collectif

Forte
efficacité

Gestion des risques de
CATNAT

Figure 4 : Modèle théorique de l’étude
Ce cadre théorique construit sur inspiration de la théorie mathématique de René THOM met
en exergue le mode d’apparition des risques de catastrophes, qui est soit d’origine naturelle,
soit d’origine anthropique.
De quelle origine que soient les risques de catastrophes, ils produisent des effets néfastes sur
les capitaux du milieu, si rien n’est fait.
Certes, un recours à la combinaison des dimensions du capital social qui sont : les interactions
sociales entre les membres de la communauté (Entraide, réciprocité…), l’application des
normes et valeurs sociétales, la synergie et rapports horizontaux entre les organisations
locales, les rapport verticaux entre les populations locales ; peut encore amener les membres
de la communauté à prendre conscience et à décider individuellement ou collectivement sur la
gestion des risques des catastrophes en supposant que l’apport de l’individu est de faible
efficacité mais à ne pas rejeter en bloc car, tout commence par là.
Il faut retenir que le suivi minutieux du profil des risques, une combinaison des différentes
dimensions du capital social favorisent les apports positifs des individus et des collectivités
dans la gestion des catastrophes naturelles et d’origine anthropique.

[28]

Section III : METHODOLOGIE DE L’ETUDE
III.1. Présentation des sites de recherche
Les villages de Kahanga, Karango, Kitambi et Chebumba au Mbinga-Nord constituent
l’ensemble des sites intéressant notre travail. Le village de Rambira en groupement de
Mbinga-Sud nous sert de site témoin pour assurer la comparaison.
Ces sites sont choisis pour trois nobles raisons qui sont :

Un sol très exposé à l’érosion et aux glissements de terrain étant donné qu’ils logent sur
un relief montagneux trop accidenté ;

Un recul du couvert végétal dû aux exploitations abusives ;

Des réels dégâts à répétition imposés par les catastrophes naturelles.

III.2. Méthode explicative
Les problèmes en milieux ruraux sont devenus nombreux et intéressant de plus en plus les
spécialistes des sciences sociales et humaines. Ceux-ci font que généralement, il se pose les
questions sur la manière d’expliquer la complexité et la singularité des problèmes de gestion
communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique et sur comment
envisager et analyser des stratégies et moyens efficaces de gestion des risques de catastrophes
naturelles et anthropiques. (Inspiré du cours d’approche systémique des problèmes ruraux,
2015).
Ainsi, pour nous permettre de tirer des comparaisons sur la gestion des risques des
catastrophes entre les sites où se déroule la recherche-action collaborative et celui où elle ne
se déroule pas, nous avons recouru à la méthode comparative qui selon Durkheim, doit être
méthodiquement construite. Pour lui, il faut procéder par les étapes : 1) Chercher à savoir, à
l’aide de la déduction, comment l’un des deux facteurs a pu produire l’autre ; 2) S’efforcer de
vérifier le résultat de la déduction à l’aide d’expériences comparatives (Durkheim, E, 1988).
Bien que cette méthode ait trouvé des problèmes majeurs, du fait qu’elle soutient la
transculturalité des concepts ; elle postule l’universalité des pratiques sociales ; elle soutient la
scientificité de l’analyse comparative positive, elle est quand même l’une des méthodes
fortement utilisées en sciences sociales.

[29]

III.3. Les pré-enquêtes
Notre stage d’une durée d’un mois et demie effectué dans le territoire de Kalehe et
plus précisément dans les zones de notre recherche a été pour nous un véritable espace
d’apprentissage pratique. Au cours de ce stage, certains matériaux de base sur la gestion
communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans les zones
précitées ont été collectés.
Les données qui ont été collectées au cours de cette période nous les avons qualifié de
« Primaires » étant donné qu’elles nous renseignent sur la nature des données que nous auront
à découvrir par la suite et ainsi nous conduire à la validation ou à la non validation des
informations pré-obtenues.
La période de pré-collecte des données qualitatives se présente comme suit :
Tableau 2 : Période de pré-collecte des matériaux qualitatifs (Période exploratoire)

Dates

Sites de pré-enquête

1. Du 18 au 28 novembre 2014.

KARANGO et
KITAMBI

2. Le 29 novembre 2014.

KAHANGA I et II

3. Du 30 novembre au 04 décembre 2014.

KITAMBI

4. Du 05 au 06 décembre 2014.

CHEBUMBA

5. Du 08 au 15 décembre 2014.

KARANGO

6. Du 15 au 19 décembre 2014.

CHEBUMBA

Il ressort du tableau 2 que les villages de Karango, Kitambi et Chebumba ont été les plus
touchées par nos pré-enquêtes. La raison est simple : c’est dans ces sites que plusieurs actions
visant la gestion communautaire des risques de désastres sont désormais très implémentées.
III.4. Méthode d’échantillonnage/ Fixation de l’échantillon.
Pour déterminer notre échantillon et le rendre représentatif, nous nous sommes servi
de la formule de François Daniel Giezendanner qui suppose que les opinions des membres de
la population se partage « moitié-moitié », cela nous donnera la taille d’échantillon maximale
tout en ayant en détention les données démographiques des groupements de Buzi et MbingaNord en territoire de Kalehe et se référant au tableau suivant :

[30]

Tableau 3 : Valeurs calculées de la taille de l’échantillon
Taux de confiance « s »
80 %
85 %
90 %
95 %
96 %
98 %
99 %

Coefficient de marge « t »
1.28
1.44
1.645
1.96
2.05
2.33
2.575

« t² »
1.6384
2.0736
2.6896
3.8416
4.2025
5.4280
6.6049

C’est cette méthode qui nous a permis de trouver la taille de l’échantillon corrigé pour une
population mère de 175 987 personnes qui se trouve dans les groupements de Buzi et
Mbinga-Nord en Territoire de Kalehe.
La formule de l’échantillon corrigé est la suivante :

n : Taille de l’échantillon pour une population mère très grande
N : Taille de la population-mère (ou population parent, ou population de référence, ou
population d’origine).
e : Marge d’erreur que l’on se donne pour la grandeur que l’on veut estimer (par exemple on
veut connaître la proportion réelle à 5% près).
t : Coefficient de marge déduit du Taux de confiance « s ».
Notre seuil de confiance étant de 95 % on aura donc :

Cet échantillon représentatif obtenu (383 ménages) est réparti de façon non euclidienne entre
les sites de recherche étant entendu que certains sites sont plus peuplés que d’autres
dépendamment de l’appartenance dans un groupement à forte démographie et aussi étant
donné que le processus de gestion communautaire des risques de catastrophes se réalise plus
dans certains sites que dans d’autres. Ainsi, dans KITAMBI 83 ménages, KARANGO 83
ménages, KAHANGA I et II 77 ménages, CHEBUMBA 90 ménages et 50 ménages dans la

[31]

zone témoin sont enquêtés pour essayer de vérifier non seulement nos hypothèses mais aussi
nos éléments qualitatifs obtenus des pré-enquêtes, des interviews et des réunions de
recherche. Vingt (20) leaders communautaires sont interviewés dans les sites de recherche et
dans la zone témoin. Les enquêtes sont faites avec le recours à l’observation, aux interviews
et aux questionnements sur base d’un questionnaire d’enquête.
III.5. Niveau d’échantillonnage
Notre échantillonnage est fait à deux niveaux, il s’agit de l’échelon des leaders
communautaires qui sont les membres de la communauté, choisis pour représenter la
communauté lors d’activités de gestion communautaire des risques de catastrophes avec les
acteurs sociaux de développement,…et des ménages. Le premier niveau est ainsi fixé sur base
des connaissances que la communauté reconnait aux leaders.
Au deuxième niveau nous nous intéressons aux ménages participant au processus de GCRRD.
III.6. Techniques de collectes des données
a) Collecte des données qualitatives
Afin de collecter des données qualitatives, nous appliquions des interviews focalisées en
utilisant un guide d’interview portant 5 questions ouvertes donnant les éléments qualitatifs.
Cette technique nous a aidé à appréhender les idées des uns et des autres sur la question de
gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans
une démarche que nous appelons progressive dans les sites de recherche en considérant tous
les membres leaders communautaires comme étant la cible numéro un des nos interviews.
Dans le même souci de collecte des données qualitatives, nous avons fait usage de
l’observation libre de la situation, l’analyse documentaire. Ces deux dernières techniques
nous ont respectivement permis d’observer de près, au-delà des propos tirés des interviews,
l’incidence du capital social fort dans la gestion communautaire des risques de catastrophes et
de consulter certains travaux ayant abordé de près ou de loin le sujet en rapport avec l’objet de
notre enquête.
Les réunions de recherche sont faites avec usage d’un guide d’entretien ; au total 5 réunions
en raison d’une par site de recherche. Voici comment les réunions se sont déroulées dans les
différents sites de notre recherche :

[32]

Tableau 4 : Tenue des réunions de recherche

SITES

1.

KAHANGA I et II

JOURS
Mardi,

le

09

PARTICIPANTS
décembre 15 personnes de sexe confondu

2014.
2.

KITAMBI

Jeudi, le 20 novembre 2014.

3.

KARANGO

Mardi,

le

25

12 personnes de sexe confondu

novembre 22 personnes de sexe confondu

2014.
4.

CHEBUMBA

Jeudi, le 16 avril 2015.

11 personnes de sexe confondu

5.

RAMBIRA

Samedi, le 19 avril 2015.

9 personnes de sexe confondu

Total

69 Personnes

Au cours de ces 5 réunions, deux démarches ont été prises en compte, il s’agit de :

Chaque participant écrit de manière anonyme le rêve qu’il a pour son groupement dans les
10 ans à venir

Discussion d’ensemble des participants sur l’aspect de leur groupement dans les 10 ans à
venir.

Les résultats des démarches étaient présentés et discutés en assemblée. Les perceptions
communautaires majoritairement confirmées étaient prises en compte comme faisant part du
rêve collectif dans chaque site.
b) Collecte des données quantitatives
Pour collecter les données quantitatives, les questionnaires d’enquête portant des questions de
type fermé multiple sur inspiration de l’échelle de Likert qui permet de graduer l'appréciation
d'une série d'items. Elle compte quatre à sept degrés, de « pas du tout » à « tout à fait » ou de
« pas d’accord » à « totalement d’accord ». Elle a pour but de recueillir l'approbation ou la
désapprobation d'un public déterminé. Il s'agit d'une échelle d’attitude. Ces questionnaires ont
été administrés aux responsables de 383 ménages dans les différents sites de recherche y
compris 50 dans la zone témoin (Rambira à Mbinga-sud). Les données quantitatives ont été
collectées du 14 au 30 avril 2015 avec le concours de 11 enquêteurs commis à cette activité.
III.7. Démarche de traitement et d’analyse des données
a) Traitement et analyse des données qualitatives

[33]

Pour ce genre de données recueillies à travers les enregistrements des éléments donnés par les
enquêtés interviewés, nous avons recouru à l’analyse du contenu qui est une sorte de mise à
l’écrit des éléments reçus vocalement (Eléments sonores).
b) Traitement et analyse des données quantitatives
Pour examiner les données quantitatives, nous avons fait appel au logiciel de traitement des
données statistiques SPSS 16.0. La saisie des données a été réalisée dans le logiciel Excel puis
ces dernières ont été exportées dans SPSS pour l’analyse. Ces logiciels nous ont permis
d’avoir des résultats couchés dans des tableaux et des graphiques de divers types
(Histogrammes, barres,…), ces derniers étant par moment produits en SPSS et en Excel.
Une analyse a été faite dans le cadre du traitement des données empiriques, il s’agit de
l’Analyse de la variance (ANOVA) à un seul facteur ; à un seuil de signification de 0,05.
Dans tous les cas les analyses mettent en relations les variables suivantes : la gestion
communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique et les
différentes dimensions du capital social.
Dans le cas précis les ANOVA se feront comme suit :
-

ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique et l’encadrement des rapports verticaux entre les membres de la
communauté et les responsables des institutions locales ;

-

ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique et l’accompagnement, l'organisation efficace des actions
communautaires en termes des synergies entre les différentes associations locales ;

-

ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique et le renforcement des interactions et la coopération entre les
acteurs membres de la communauté ;

-

ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique et la mise en évidence des normes, sanctions et conventions
communautaires de gestion des risques des catastrophes.

Après ce chapitre relatif au cadre conceptuel, théorique et méthodologie de l’étude, nous
décrivons les capitaux naturels, humains, physiques, économiques et la description des risques
de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans les zones sous examen.

[34]

CHAPITRE DEUXIEME :
DESCRIPTION DES CAPITAUX NATURELS, HUMAINS, PHYSIQUES ,
ECONOMIQUES ET LA DESCRIPTION DES RISQUES DE CATASTROPHES
NATURELLES ET D’ORIGINE ANTHROPIQUE DANS LES ZONES SOUS
EXAMEN.
Les groupements de Buzi et Mbinga-Nord sont deux milieux de recherche-action qui
intéressent notre travail. Sur ce, la description des capitaux et la description des risques des
désastres porte sur ces deux groupements se situant tous dans le territoire de Kalehe avec ses
510 250 Km².
II.A. DESCRIPTION DES CAPITAUX DU GROUPEMENT DE BUZI
II.A.1. Description du capital naturel
II.A.1.1. Situation géographique
Le Groupement de Buzi est une entité politico-administrative du Territoire de Kalehe),
en Province du Sud-Kivu, République Démocratique du Congo. Le Buzi se situe à l’extrémité
Nord du Territoire de Kalehe. Sa superficie est de 9200 km². Ses limites sont:
- Au Nord : la rivière Tshingiri et le Lac-Kivu qui le sépare de la collectivité chefferie des
Bahunde, Groupement M/Shanga en Territoire de Masisi au Nord-Kivu ;
- Au Sud : la rivière Gokwe (Makelele) qui fait sa limite naturelle avec le Groupement
Mbinga-Nord en Territoire de Kalehe.
- A l’Est : le lac Kivu, et A l’Ouest : la rivière Nyabarongo, limite naturelle avec le
Groupement de Ziralo en Territoire de Bunyakiri, au Sud-Kivu dans la chefferie de Buloho.
Le Buzi se situe à 50 km de la ville de Goma au Nord-Kivu, et à 155 km de la ville de
Bukavu, chef lieu du Sud-Kivu (APED, Diagnostic participatif villageois, 2009).
Ce groupement est réparti en deux grandes régions géographiques : celle des hauts plateaux
(Altitude variant entre 2 000 et 3 000 m) et celle des plaines et des vallées marécageuses dont
l’altitude varie entre 1 460 et 1 700 m. Il est compris entre 1° et 1,40’ de latitude Sud et
28°15’ à 29°15’ de longitude Est (Station météo de Goma cité par Vital BASHANGWA BAHOZI,
2009).

II.A.1.2. Relief et végétation
Le Groupement de Buzi a un relief particulièrement montagneux. Certaines collines et
plusieurs plateaux surplombent les hautes et les basses altitudes. Le paysage naturel de ce

[35]

milieu est celui d’arbres nouvellement reboisés et d’arbustes d’essences forestières, de
bambous, la savane herbeuse au bord du lac, de petites cultures rivières et des ruisseaux dans
les vallées et sur les collines.
II.A.1.3. Climat
Situé en altitude sub-équatoriale, le Buzi a un climat tropical à tendance tempérée.
Néanmoins, il s’y observe une alternance disproportionnelle entre la saison sèche qui est
courte (de juin à août) et la saison pluvieuse qui est longue de 9 mois environ allant de
septembre à mai. A cela s’ajoutent les perturbations climatiques intercalaires qui altèrent le
calendrier agricole. La température varie entre 15°c et 26°c en moyenne.
II.A.1.4. Hydrographie
Au Buzi le réseau hydrographique est très important. Le Lac-Kivu baigne la partie Nord du
Groupement (presqu’île du Buzi-Bulenga). A l’est, le grand lac est nourri par plusieurs
rivières. Les principales rivières de Buzi font les limites naturelles entre les localités.
II.A.2. Capital humain
La population au Buzi est constituée de plusieurs

groupes ethniques entre autres: Les

pygmées (Batwa), les Havu, les Hunde, les Hutu et les Tutsi

[36]

Tableau 5 : Répartition démographique du capital humain dans le groupement de BUZI
Observations
LOCALITES

Hommes Femmes

Garçons

Filles

TOTAUX

MINOVA

3187

3298

5686

5531

17702

MULALA

1154

1253

1835

1859

6101

KISHINJI

2222

2275

1808

1869

8174

BULENGA

495

727

714

511

2447

BUTUMBA

1540

2158

2465

2021

8184

TCHONDO

690

865

1006

769

3330

MUHANGA

797

1191

1563

1202

4753

KITEMBO

674

953

1266

1004

3897

MUTSHIBWE

655

845

1118

955

3573

BWISHA

3654

3685

3455

3530

14324

KALUNGU

1793

2026

3311

2985

10115

MURAMBI

872

990

1809

1755

5426

LOWA NUMBI

2059

2265

5469

5381

15174

TOTAUX

19792

22531

31505

29372

103 200

Source : Rapport démographique annuel : Etat-Civil du groupement de Buzi, troisième
trimestre, 2014.
Il ressort du tableau 5 que la localité de Minova est avec ses 17702 habitants la plus
peuplée des localités du groupement de Buzi.
La raison serait que, la localité de Minova constitue un véritable couloir des échanges surtout
économiques entre les localités du Nord-Kivu et d’autres localités du Sud-Kivu mais aussi
celles du Rwanda.
II.A.3. Capital physique : Voiries, Structures sanitaires, Ecoles, Marchés
II.A.3.1. Voiries
Le transport est plus assuré à travers les infrastructures routières en mauvais état, le
Groupement est traversé par la Route Nationale « Bukavu-Goma-Kisangani ».

[37]

II.A.3.2. Structures sanitaires
Pour ce qui est de la santé, le groupement de Buzi compte les centres de santé de Bobandana,
de Bulenga, de Buhumba, de Minova, de Musthibwe, de Kalungu, de Numbi, de Shanje, de
Lumbishi, de Kisongati, de Kishindji, de Bwisha, Chambombo, Tushunguti, Nyamasasa,
Karango, Kiniezire et les postes de santé de Kabuye, de Buhamba, de Kasunyu et l’Hôpital
Général de Minova. Aux côtés de ces structures sanitaires à médecine moderne, la médecine
traditionnelle bien que moins prononcée fait aussi sa présence dans le Buzi.
II.A.3.3. Ecoles
Buzi dispose de 20 écoles primaires (Kitalaga, Shanga, Kea, Biglimani, Bwisha, Kiata,
Tuamke, Chebumba, Shanje, Kitembo : Sous régime de gestion catholique ; Kalungu,
Minova, Mutshibwe, Buhamba, Bihovu, Umoja : Sous régime de gestion protestant ;
Nyangoma, Kabishamaga : Sous régime de gestion adventiste ; Kabanda : Sous régime de
gestion anglican ; Complexe scolaire Matendo : Sous régime de gestion privé) et 15 écoles
secondaires (Lwanga, Biglimani, Kitembo, Shanje, Bwisha, Chebumba, Institut agricole,
Kivumu : Sous régime de gestion catholique ; Buhamba, Mutshibwe, Minova, Kalungu : Sous
régime de gestion protestant ; Kabanda Sous régime de gestion anglican, Kabishamaga : Sous
régime de gestion adventiste, Complexe scolaire Matendo : Sous régime de gestion privé).
II.A.3.4. Marchés
Les petits marchés fonctionnent partout le long des routes. Le marché central se situe à
Minova et joue un rôle socio-économique prépondérant. Il devient de plus en plus une plaque
tournante du Groupement de Buzi. Il opère chaque mardi et vendredi.
II.A.4. Capital économique
Le groupement de Buzi regorge diverses potentialités économiques dans les domaines
suivants : agriculture, élevage, pêche, industrie, artisanat et autres secteurs.
II.A.4.1. Agriculture
Les cultures prolifiques sont : le manioc, le haricot, pomme de terre, la patate douce, la
banane, le fruit, le maïs et plusieurs cultures maraîchères (choux, tomates et diverses
solanacées de bon marché), la canne à sucre, le café et le quinquina dans sa partie Sud-Est.
Toutefois, signalons la présence des maladies des plantes comme les bananiers : wilt bactérien
pour le bananier et la mosaïque du manioc dans le Groupement.
II.A.4.2. Elevage
La conduite de l’élevage au Buzi est centrée sur le cheptel bovin, caprin, ovin et volaille.

[38]

II.A.4.3. Pêche
La pêche est pratiquée d’une manière artisanale et coutumière. Les techniques suivantes sont
les plus courantes : Pêche à la ligne, Pêche à la scène, et la pêche aux filets maillants.
II.A.4.4. Artisanat et Autres Secteurs
L’exploitation des minerais(le coltan, le cassiterite, le wolframite, la tourmaline, etc. surtout
dans les localités situées dans les hauts plateaux ( Numbi, Lumbishi…) et du bois et très
pratiquée dans le groupement de BUZI.
II.B. DESCRIPTION DES CAPITAUX DU GROUPEMENT DE MBINGA-NORD
II.B.1. Description du capital naturel
II.B.1.1. Situation géographique
Mbinga-Nord est un Groupement situé dans la collectivité chefferie de Buhavu en Territoire
de Kalehe au Sud-Kivu en RDC. Il est compris entre 28° 30’ et 29° de longitude Est (L.E) et
entre 1° 45 et 2°de latitude Sud. Le tronçon routier Bukavu- Goma traverse le Groupement sur
une distance de 44km depuis la borne kilométrique 92km au Sud jusqu’à celle qui indique
136 km au Nord, dans la partie qui longe le lac Kivu.
Le Groupement Mbinga-Nord est situé sur la partie Ouest du lac-Kivu. Il est limité :

Au Nord : Par la Rivière Gokwe qui le sépare du Groupement de Buzi.

Au Sud : par la rivière Ndindi et qui le sépare du Groupement Mbinga-Sud,

A l’Est : par le lac Kivu,

A l’Ouest par les Groupements Buzi et Ziralo. Toutes ses limites du dit Groupement sont
naturelles sauf à l’Ouest et au Sud Ouest où la limite est conventionnelle.

II.B.1.2. Relief et végétation
Le relief qui domine le Groupement est celui de montagne puisque faisant partie de la chaîne
montagneuse de Mitumba.
La végétation du groupement de Mbinga-nord est constituée par : la forêt de bambous sur le
haut plateau, la savane et la forêt-galerie sur le long de cours d’eau.
II.B.1.3. Climat
Partant de la position au Sud de l’Equateur 1° 45’ à 2° de l’altitude Sud, Mbinga-Nord connaît
un climat équatorial. Néanmoins, le relief de montagne conditionne ce climat équatorial. Ce
climat se manifeste par deux saisons en parfaite alternance : La saison sèche qui est courte et
dure plus ou moins 4 mois (mi-mai à mi-septembre), la température moyenne annuelle est de
20°c à 1,460m d’altitude du lac Kivu, 17°c à 2000 m et de 14 à 15°c à 240m d’altitude.

[39]

II.B.1.4. Hydrographie
Le Groupement est longé par le lac Kivu et parsemé de plusieurs cours d’eau. Il s’agit des
rivières Muhoza, Lutumba, Mukana, Nyamishonga, Bigeni, Etc.
II.B.2. Capital humain
Mbinga-Nord présente une identité culturelle dans une diversité ethnique. Nous y
rencontrons : Les Bahavu, les Bashi, les Banande, les Bahutu, les Tutsi/rwandophones, les
Pygmées, les Bahunde et les Batembo.
Tableau 6 : Répartition démographique du capital humain dans le groupement de
Mbinga-Nord
Observations
LOCALITES

Hommes

Femmes

Garçons

Filles

TOTAUX

BUBALE I

3051

4776

5963

17921

31711

BUBALE II

2831

2536

8767

9210

23244

KABULU I

1133

1524

3407

3581

9645

KABULU II

696

1017

2087

4287

8187

TOTAUX

7711

9853

20224

34999

72 787

Source : Rapport démographique annuel : Etat-Civil du groupement de Mbinga-Nord,
Troisième trimestre, 2014.
Ce tableau 6 montre que la localité de Bubale I. comporte plus d’habitants que ceux d’autres
localités au sein du groupement de Mbinga-Nord. Cette forte démographie dans ladite localité
se justifierait par le fait que cette localité soit rapproché du groupement de Mbinga-Sud ;
celui-ci étant aussi non loin de la ville de Bukavu ; il est donc possible que les mouvements de
populations soient beaucoup plus prononcés dans cette localité en tirant sur l’augmentation du
nombre d’individus enregistrés à l’Etat-Civil.
II.B.3. Capital physique : Voiries, Structures sanitaires, Ecoles, Marchés
II.B.3.1. Voiries
Seules les voies lacustres et routières ouvrent le Groupement aux villes de Goma, Bukavu et à
la République Rwandaise.

[40]

II.B.3.2. Structures sanitaires
Le Groupement Mbinga-Nord est à cheval entre deux zones de santé rurales (Entre autre
Minova actuellement au Nord et Kalehe au Sud-Kivu). Il comprend trois principaux centres
de santés et six postes de santé. S’agissant de centres de santé, nous citerons ceux de
Nyabibwe, Kiniezire et Buciko, tous situés le long de l’axe routier Bukavu-Goma. Le premier
est supervisé par la zone de santé de Kalehe et les deux derniers par la zone de santé de
Minova. A côté des centres et postes de santé, il existe des dispensaires privés qui sont pour
la plupart non viables compte tenu des infrastructures et de la qualité des soins. Les structures
sanitaires du groupement de Mbinga Nord se présentent comme suit : PS. Nyamasasa, PS.
Ruhunde, PS. Kahanga, PS. Gera, CS. Kiniezire, CS. Lwango, CS. Karango, CS. Nyabibwe,
CS ET PS. Nyamasasa, PS. Chanyi, Nyabibwe, CS Buciko.
Deux centres nutritionnels se font aussi remarquer dans le Mbinga-nord, il s’agit de :

Le centre nutritionnel de Kiniezire initié et contrôlé par la fondation Marcel Costier.

Le centre nutritionnel de Buciro.

Tous les deux sont assistés par World-Vision de Goma en collaboration avec le
BCZS/Minova. Signalons aussi que la médecine traditionnelle y est pratiquée.
II.B.3.3. Ecoles
Le Territoire de Kalehe en général et le Groupement de Mbinga-Nord en particulier n’a pas la
chance d’hériter des structures éducatives coloniales à l’instar d’autres contrées de la
Province. Le Groupement de Mbinga-Nord compte les écoles primaires et celles secondaires.
- Ecoles primaires
E.P Bubale, E.P Burugu, E.P Gahanga, E.P Kanenge, E.P Karango, E.P Kiniezire, E.P
Makengere, E.P Mukwidja, E.P Mpumbi, E.P Nengapeta, E.P Nyamasasa, E.P Sanzi (Sous
régime de gestion catholique), E.P Nuru, E.P Nyabibwe, E.P Ruhunde (Sous régime de
gestion protestant), E.P Nyabwimba, E.P Nyamigisha, E.P Tumaini (Sous régime de gestion
adventiste).
- Ecoles secondaires
Institut Agizo, Institut Bwitareke, Institut Nengapeta (Sous régime de gestion catholique),
Institut Ruhunde, Institut Karango (Sous régime de gestion protestant), Institut Tumaini (Sous
régime de gestion adventiste).
II.B.3.4. Marchés
Les marchés de Karango, Nyabibwe, Chibimbi et Mukwidja sont remarqués dans le
groupement de Mbinga-Nord.

[41]

II.B.4. Capital économique
II.B.4.1. Agriculture
Dans le Groupement de Mbinga-Nord, l’agriculture repose essentiellement sur :
- Les cultures vivrières comme le manioc, haricot, pomme de terre, patate douce, la banane,
fruit, maïs, plusieurs cultures maraîchères (choux, tomates et autres solanacées de bon
marché).
- Les cultures d’exploitation et /ou cultures industrielles comme la canne à sucre, le café et le
quinquina y sont pratiquées surtout dans sa partie Sud-est.
II.B.4.2. Elevage
De type traditionnel, l’élevage pratiqué est souvent le petit bétail et la volaille.
II.B.4.3. Pêche
La pêche comme activité secondaire est de type artisanal. Elle se pratique sur le lac-Kivu et
donne des rendements maigres, on y trouve des poissons haplochromis sp, Tilapia, Nilotica et
limnothrissa miodon.
II.B.4.4. Artisanat
L’exploitation minière au Mbinga-Nord est artisanale et clandestine. Celle en vogue est
surtout la cassitérite qui contribue tant bien que mal à l’avancement du centre de Nyabibwe et
donc du Groupement et du milieu.
Petit commentaire de la description des capitaux dans les groupements de Buzi et Mbinganord :
Nous remarquons, après avoir décrit les capitaux des groupements sous examen que tous
présentent les caractéristiques physiques, économiques et géographiques quasi similaires.
La plus grande raison est qu’ils sont tous logés sur un relief montagneux à sol volcanique et
présentent presque la même végétation.
A titre illustratif, voici comment ressemble le relief et la végétation des groupements de Buzi
et Mbinga-Nord.

[42]

Image du relief et de la végétation des groupements de Buzi et Mbinga-Nord, 2014.

Cette photographie prise lors de nos pré-enquêtes, illustre bien le type de relief rencontré dans
le territoire de Kalehe.
II.C.DESCRIPTION DES RISQUES DE CATASTROPHES NATURELLES ET
D’ORIGINE ANTHROPIQUE DANS LES ZONES SOUS EXAMEN.
II.C.1. Description des risques des désastres
D’après les données des pré-enquêtes, les risques des désastres permanemment
encourus par les communautés des zones sous examen (à forte propension aux catastrophes
naturelles) sont nombreux et de manière générale causent les incidences majeures.
Le tableau 7 montre clairement les risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique
courants dans les groupements de Buzi et Mbinga-nord à Kalehe.

[43]

Tableau 7 : Les risques des catastrophes dans les zones d’étude et leurs descriptions.

Risques des

Descriptions

catastrophes
1. Erosion

Connue dans les zones d’étude sous le nom de « Misuka», l’érosion hydrique
apparaît toujours pendant la période pluvieuse (Septembre-mai) où le relief
gravement dénudé laisse voies ouvertes à l’érosion qui emporte tout ce
qu’elle trouve à son passage (cultures agricoles, bêtes domestiques,
pierres,… et même les êtres humains en sont exposés)

2. Eboulements

Communément appelées «Buhindule» dans les zones de recherche, les
éboulements s’avèrent être l’une des résultantes du déboisement. Ils sont
manifestes même sous une moindre pluie étant donné que le sol nu, moins
solide et sur un relief accidenté complètement humecté cède en se défoulant
sous forme des tombées des mottes des terres de très grande taille. Ce sont
les glissements de terrain ou les mouvements de masse des terres. Ces
derniers imposent aussi comme l’érosion des dégâts inimaginables parfois
irréparables aux individus et aux infrastructures.

3. Tempêtes

Souvent signe précurseur des fortes précipitations, les tempêtes « Omumpusi
en langue vernaculaire » sont des vents violents soufflant du lac vers les
montagnes de Kalehe. Ces dernières font de Kalehe souvent une zone vouée
à l’érosion éolienne emportant comme l’érosion hydrique tout ce qu’elles
trouvent à leur passage et cela à des distances relativement longues.

4. Inondations

Lors des pluies, les cours d’eau de Kalehe font des crues indescriptibles qui
engloutissent, routes, champs, maisons, personnes, animaux, etc. en
contribuant à la perte des récoltes dont vivent essentiellement les
communautés de la zone susdite et par ricochet à l’insécurité alimentaire,
sanitaire…

5. Grêle

« Lubula » est le nom vernaculaire de la grêle dans la zone de recherche. Elle
est une forme de pluie se manifestant sous forme des chutes de glaces ou
grêlons et détruisant aussi les différents domaines et différentes structures
destinés à la survie de l’homme (Flore, Faune, Habitats naturels et autres),

[44]

voire l’homme lui-même

6. Les modifications de Il se remarque un recul de la forêt entraînant le remplacement de la forêt
la végétation

7. Les modifications
culturales

naturelle par une forêt secondaire.

L’agriculture est souvent pratiquée sur des parcelles minimes en majorité sur
des pentes fortes et qui épuise les sols. A la récolte qui intervient avant ou au
début des pluies, celle-ci laisse un sol tellement dénudé favorisant l’érosion
hydrique. Dès que la végétation disparaît, les sols sont soumis au splash et
aux ravinements préparant les glissements de terrain.

8. Les conflits inter
villages

Les conflits armés ont fortement affectés les relations entre les villages.
Il s’annonce par moment que les communautés des villages contigus
s’éloignent énormément les unes des autres jusqu’à ne plus même se serrer la
main ou se parler. Cette situation est notamment causée par des petites
disputes de rien sur l’entretien du chemin de liaison d’un village à un autre.

Le tableau 7 met en exergue les différents risques de désastres auxquels sont toujours exposés
et parfois touchés ; les communautés du territoire de Kalehe en général et en particulier pour
ce travail, celles des groupements de Buzi et Mbinga-Nord. Relatant tous les dégâts causés
par les désastres et ceux susceptibles d’en être surgit, nous sommes d’avis que ceux-ci
conduiraient à une terrible indigence des populations de la zone sous le joug des désastres si
la négligence communautaire dans la gestion prime sur les concertations et les applications
des clauses collectives de gestion de risques de désastres.
Après la description des capitaux et la description des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique encourus dans les zones sous examen, le moment est venu
où nous faisons l’analyse du capital social et la gestion communautaire des risques de
catastrophes naturelles et d’origine anthropique à Buzi et Mbinga-Nord en territoire de
Kalehe.

[45]

CHAPITRE TROISIEME :
ANALYSE DU CAPITAL SOCIAL ET LA GESTION COMMUNAUTAIRE DES
RISQUES DE CATASTROPHES NATURELLES ET D’ORIGINE ANTHROPIQUE A
BUZI ET MBINGA-NORD EN TERRITOIRE DE KALEHE.
A travers ce chapitre, l’objectif est de chercher à démontrer sur base des résultats
d’enquête empirique, le rôle réel du capital social dans la gestion communautaire des risques
de catastrophes naturelles et d’origine anthropique et comment renforcé le capital social de
sorte que celui-ci induise des actions efficaces et efficientes de gestion communautaire des
risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique particulièrement à Buzi et
Mbinga-Nord dans le territoire de Kalehe en contexte post-conflit.
Nous commençons par caractériser notre population d’enquête, avant de présenter et discuter
les résultats proprement dits.
Section 1. Caractérisation de la population d’enquête
La finalité de cet axe est de mettre en exergue les caractéristiques conséquentes de notre
population d’enquête afin d’attirer l’attention et la compréhension de nos lecteurs sur la
présentation basique de la population échantillonnée. Ces différentes caractéristiques ont été
aussi nos différentes variables de stratification. Nous n’allons pas être très descriptifs à ce
point, et resterons au niveau de fréquence comme mesure statistique et par moment aux
représentations graphiques, de sorte que rapidement nous puissions relever le sens des
matériaux que nous avons récoltés sur le terrain par rapport aux variables concernées.
Seulement cinq paramètres estimés importants pour caractériser notre population d’enquête
ont été retenus. Il s’agit de la répartition des enquêtés par tranches d’âge, par niveau
d’instruction, par sexe, par occupation principale et enfin par niveau économique.
a) Répartition de la population par tranches d’âge
Cette variable cherche à nous relever la tranche d’âge qui a été beaucoup touchée par nos
enquêtes, pourquoi et quel est le lien entre celle-ci et la thématique de recherche.
Le graphique n°1 présente les données de terrain quant à ce.

[46]

Graphique 1 : Répartition de la population par tranches d’âge
Interprétation
Au vu du graphique 1, il ressort que 60,8% de nos enquêtés sont de tranches d’âge comprises
entre 31 et 40 ans. Cette tranche constitue donc la majorité de la population enquêtée. Ce
constat ne nous est

pas étrange, car il valide la fiabilité de nos données récoltées en

conformité avec l’objet d’étude. Cette validité peut être soutenue d’une part, par la majorité
démographique de cette tranche d’âge dans les zones de recherche et d’autre part, par
l’intéressement dans la gestion des risques de catastrophes porté par les individus de cette
tranche d’âge reconnue aussi comme manipulatrice de la sphère vitale. La tranche modique
reprend la population dont l’âge varie entre 20 et 30 ans suivi de celle de 41 à 50 ans et enfin
celle de plus de 50 ans représentant ainsi respectivement 23,1%, 9,1% et 7%.
b) Présentation du niveau d’instruction des enquêtés
Il est de plus en plus observé, admis et même approuvé que dans les coins et recoins du
monde où les communautés sont directement dépendantes et parfois inféodées aux ressources
brutes de la nature, le nombre de personnes instruites est très réduit. Les personnes des zones
de notre recherche n’échapperont pas à cette évidence. Le tableau 8 traduit les résultats
obtenus sur le niveau d’instruction des enquêtés.

[47]

Tableau 8 : Présentation des enquêtés selon le niveau d’instruction
Modalités
Pas d'éducation formelle
Alphabétisation des adultes
Ecole primaire
Ecole secondaire
Etudes universitaires
Total

Effectifs
Pourcentage
217
56,5
48
12,5
59
15,6
54
14,1
5
1,3
383
100

Interprétation
Du tableau 8, il ressort évidemment que nos enquêtes ont plus touchées les personnes non ou
moins instruites. Ceci rejoint l’évidence ayant préalablement fait l’objet de notre observation.
Il est visible que 217 sur 383 personnes enquêtées soit 56,5% de l’échantillon restent
illettrées. Les enquêtés de niveau d’étude primaire constituent la deuxième tranche
représentant ainsi 15,6% de l’échantillon total.
Les tranches 3 et 4 regroupent les individus ayant fréquentés l’école secondaire et
l’alphabétisation des adultes, leurs scores étant respectivement 14,1% et 12,5% de
l’échantillon total.
La faible proportion renferme les personnes ayant fréquentées les études universitaires (en
majeure partie les autorités locales et leaders communautaires) qui représentent 1,3% de
l’échantillon total. Les individus faisant partie de la deuxième, troisième, quatrième et
cinquième tranches au point de vue « niveau d’instruction » peuvent les uns facilement lire et
écrire le swahili et d’autres le swahili et le français. Néanmoins, même les analphabètes
comprennent et répondent au questionnaire bien que ce soit après un long moment de
relecture et de traduction (du français en swahili) du questionnaire fait à leur intention. C’est
ce qui a rendu plus ou moins facile notre enquête.
c) La répartition des enquêtés par sexe
A ce niveau, nous réalisons l’examen détaillé du genre des personnes enquêtées et nous nous
engageons sommairement à le ventiler par rapport au site géographique de recherche pour
relever le nombre de répondant par site en capturant uniquement l’aspect genre dans sa
spécificité. Les tableaux 9 et 10 rattachent la valeur à ce précédant énoncé.

[48]

Tableau 9: Présentation des enquêtés répartis par sexe
Modalités
Féminin
Masculin
Total

Effectifs
207
176
383

Pourcentage
54
46
100

Interprétation
Les données du tableau 9 font remarqué que la plupart de nos enquêtés sont de sexe féminin
et représentent 54 % de l’échantillon global contre 46% les enquêtés de sexe masculin.
Pendant les préparatifs des enquêtes nous concevions enquêter à part égale les individus en
suivant le genre, mais sur le terrain la réalité a été toute autre. Cette situation s’explique non
seulement par l’indisponibilité de certains hommes mais aussi leur refus à répondre à nos
questions malgré notre inscription à leurs charges horaires de travail.
Ce manquement apparent s’est finalement rectifié par les enquêtes qualitatives puisque en tout
cas dans les réunions de recherche, les hommes ont été pertinemment représentés et
intervenaient avec énergie et zèle aux débats. Nous présumons en effet, que nos conclusions
ne seront accusées d’aucune offense parce que les 176 hommes atteints lors des enquêtes
quantitatives ont bien permis de saisir la réalité.
Le tableau 10 présente une répartition des femmes et des hommes par site géographique de
recherche.
Tableau 10 : Répartition et/ou ventilation des enquêtés séparés par sexe et par site
géographique
Groupements
Genre

Buzi

Mbinga-Nord

Totaux

% F et M

MbingaSud

Sites
Chebumba

Karango

Kitambi

Kahanga

Rambira

Féminin

54

40

44

47

22

207

54

Masculin

36

43

39

30

28

176

46

Total

90

83

83

77

50

383

23,4

21,6

21,6

20,1

13,3

%

100%

[49]

Interprétation
Le regard sur les éléments du tableau 10 montre qu’avec ses 54 femmes, le village de
Chebumba a le score élevé. Celui-ci est suivi par les villages de Kahanga, Kitambi, Karango
puis Rambira avec respectivement les scores de 47, 44, 40, 22 femmes enquêtées.
Du côté des hommes, le nombre était plus prononcé dans village de Karango avec 43
personnes,

suivi

de

Kitambi,

Chebumba,

Kahanga

et

Rambira

avec

respectivement 39, 36, 30 ,28 hommes enquêtés.
d) L’occupation principale des enquêtés
Les scientifiques restent unanimes dans la reconnaissance des villages comme zones à activité
agricole dans son sens élargi. Il s’agit donc des greniers des villes. A côté de cette activité
agricole, l’on remarque que d’autres activités sont entreprises comme occupation principale
pour certains. L’ampleur de cette recherche exige de nous une attention particulière sur ces
dernières tout en ressortant le pourquoi.
Les résultats contenus sur le graphique 2 font bien comprendre qu’au-delà de l’agriculture
prétendue comme occupation principale villageoise, d’autres occupations font leurs envols
dans les villages de notre recherche :
Graphique 2 :

Interprétation
Sur le graphique 2, il ressort trois penchants majeurs dont le penchant à l’agriculture, à
l’artisanat et au commerce. Le premier penchant (agriculture au sens large) est
surabondamment suivi et arrive jusqu’à 75,8% de l’échantillon total comme principale
occupation. Ceci est d’autant plus compréhensible car au départ l’agriculture devrait être
l’activité de base dans nos villages. Celle-ci étant peu à peu abandonnée par les communautés
(pour plusieurs raisons dont les plus saillantes sont les conflits armés, nombreuses exigences
agricoles malheureusement sans accroitre la production et l’exode rural), laisse la place aux

[50]

deuxième et troisième penchants (tendances) qui sont l’artisanat et le commerce avec chacun
en ce qui le concerne 8,9% et 8,3%.
La tendance des individus vers le travail salarié dans nos villages de recherche n’est pas aussi
à négliger car atteint 7%. La multiplicité d’églises, d’organisations de développement et
d’institutions d’enseignements rend important la salarisation de certains jeunes et vieux
jusqu’à élever le travail salarié au score précité.
e) Niveau économique des enquêtés
De cette variable nous voulons ressortir la catégorie socio-économique qui a été énormément
touchée par nos enquêtes. Cette catégorie sociale est mesurée par le niveau économique des
enquêtés.
Le tableau 11 en donne les résultats de terrain.
Tableau 11 : Répartition des enquêtés par niveau économique
Modalités
Pauvres
Moyens
Riches
Total
Interprétation

Effectifs
243
140
0.0
383

Pourcentage
63,3
36,7
0.0
100

En voulant bien saisir le niveau économique de nos enquêtés nous avons fait usage des
concepts « Pauvre », « Moyen » et « Riche ». Cette astuce était estimée bonne pour nous
permettre de retenir les catégories socio-économiques des ménages atteints par nos enquêtes.
Ainsi, les résultats de nos enquêtes tels que renfermés dans le tableau 11 marquent qu’à
63,3% (soit 243 sur 383 ménages) les populations touchées par nos enquêtes sont pauvres.
Cette pauvreté est exprimée notamment par l’insuffisance ou carrément le manque de terrain
exploitable à des fins multiples et diversifiées et par négligence du travail par certains
ménages à l’attente des dons extérieurs comme baguette magique capable de juguler la
pauvreté. D’ailleurs certains de nos enquêtés ont affirmés qu’ils étaient incapables de réunir
des biens monétarisables à uniquement 4 500FC soit 5$ / mois et quelques fois par deux mois.
Les ménages capables de posséder et de jouir de certains biens de valeur sont qualifiés de
moyens et prend que le 36,7% de l’échantillon global alors qu’au contraire les riches n’ont
pas du tout été représentés dans la population d’enquête.
La caractérisation de notre population d’enquête étant achevée, nous passons directement à la
présentation des résultats empiriques proprement dits.

[51]

Voici comment se présentent les résultats de notre recherche :
Section 2 : Rôle du capital dans la gestion communautaire des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique à Kalehe.
Dans cette section, nous déterminons le rôle ou l’influence du capital social dans la gestion
communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans le
territoire de Kalehe et plus précisément dans les groupements de Buzi, Mbinga-Nord et
Mbinga-Sud.
Nous insistons sur les comparaisons de l’influence du capital social fort entre les villages de
Karango, Kitambi, Chebumba et Kahanga où se déroule le projet de gestion communautaire
des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique à travers le processus de la
RAC menée par les actions des ONGD et le village de Rambira où le processus ne se déroule
pas encore. Nous pensons à priori que le rôle du capital social dans la gestion des risques de
catastrophes naturelles et d’origine anthropique est plus prononcé dans les sites de la
recherche-action collaborative comparativement à celui non encore couvert par la RAC.
Le tableau 12 renferme les éléments sur le rôle du capital social dans la gestion des risques de
catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans tous les villages-sites de notre recherche.

[52]

Tableau 12 : Rôle du capital social dans les zones du projet de gestion communautaire des
risques de catastrophes naturelles et anthropiques et dans la zone non couverte par le
projet.
Variables

Echelle des
Sites de recherche
Total
perceptions Chebumba Karango Kitambi Kahanga Rambira
Existence des
78
53
60
57
0
1
242
conventions
11
25
12
20
7
2
75
collectives pour la
0
3
1
1
1
3
6
gestion de risques des
1
2
9
5
38
4
55
catastrophes
0
0
1
0
0
5
1
0
0
0
0
4
6
4
383
Existence et respect
70
51
68
71
2
1
262
des normes et
14
12
10
4
9
2
49
obligations collectives
1
3
2
2
7
3
15
favorisant les actions
3
11
2
0
23
4
39
de gestion
1
2
0
0
6
5
9
communautaire des
risques de catastrophes
1
4
1
0
3
6
9

Organisation régulière
74
72
1
des séances
14
7
2
d’échanges
0
2
3
communautaires et
0
0
4
l’entreprise des actions
0
0
5
concertées pour la
gestion des risques de
3
1
6
catastrophes
Total
Echelle : 1= Totalement d’accord, 2= D’accord, 3= Neutre,

74
6
1
0
1
2

70
4
1
0
0
2

5
9
3
28
2
2

383
295
40
7
28
3
10
383

4= Pas d’accord, 5= Moins

d’accord, 6= Très moins d’accord.
Interprétation
Des résultats quantitatifs du tableau 12 et des résultats qualitatifs généraux, il ressort que le
capital social a eu un grand rôle dans les zones où se déroule la recherche-action collaborative
effectuée par les organisations non gouvernementales à l’instar de l’Action d’Espoir.
Disons, en effet que depuis la mise en route du projet de recherche-action collaborative, toutes
les parties prenantes au processus (autorités et les populations locales, chercheurs, les
institutions locales, etc.) ont réussies à organiser plusieurs activités collectives allant des
échanges communautaires réguliers aux prises de décisions de visions communes.

[53]

Cela est d’autant plus vrai car, en observant les réponses positives des enquêtés, nous
remarquons qu’elles sont beaucoup plus concentrées dans les villages du projet notamment
Chebumba, Karango, Kitambi, Kahanga et s’observent à travers l’existence des conventions
collectives pour la gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique
(dont 78, 53, 60, 57 de réponses « totalement d’accord » pour les sites respectifs
précédemment cités), l’existence et le strict respect des normes et obligations collectives
favorisant les actions de gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique avec pour les mêmes villages 70, 51, 68, 71 comme réponses positives
« totalement d’accord » et l’organisation régulière des séances d’échanges communautaires et
l’entreprise des actions concertées pour la gestion des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique avec 74, 72, 74, 70 comme réponses positives « totalement d’accord ».
Les réponses positives « d’accord » ne sont pas aussi à négliger parce qu’elles représentent
une forte proportion des répondants variant entre 11 et 25 pour la première variable, 4 et 14
pour la deuxième et toujours 4 et 14 pour la troisième.
Le capital social a donc accru le développement des actions collectives et une vision
commune de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique des
membres des communautés des sites de recherche-action collaborative.
Par ailleurs dans le village de Rambira, notre zone de comparaison, le développement des
capacités communes de gestion des risques des catastrophes naturelles et d’origine
anthropique est moindre au vu du primat des réponses négatives « pas d’accord » sur des
réponses positives « totalement d’accord » et « d’accord ».
Ces constats s’expliqueraient par l’arrivée des acteurs et animateurs de développement dans
les zones où la recherche-action collaborative a été effectuée, qui y occasionna une prise de
connaissance et de conscience par les membres des communautés ; des risques naturels et
anthropiques qu’ils encourent et cela constitua une base de l’union des populations qui
actuellement ont multipliées les échanges réguliers où elles élaborent leurs plans d’actions
ressortant les conventions, les normes et les obligations de gestion des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique.
A Kahanga et Chebumba, le capital social renforcé a permis les actions collectives de
reboisement des sites accidentés de suite des échanges communautaires enrichissants,
soutenant et respectant les conventions, les normes et obligations préétablies par tous les
membres de la communauté.

[54]

A Kitambi et à Karango les travaux collectifs de semis d’arbres ont été rendus possibles suite
aux entreprises de recherche-action, lesquelles ont constituées la base du renforcement des
réflexions des communautés aux intérêts communs.
D’ailleurs pour ce faire, quelques répondants le déclarent lors des interviews nous accordées à
Kitambi et à Karango, en avril 2015. Les éléments fournis par ces derniers marquent
essentiellement la joie de la mise en œuvre de la première activité du plan rendu possible par
le capital social renforcé avec toutes ses propriétés. En ces termes, ils disent : « Tunafurahi
sana kuona leo hii tuna pewa mbegu yaku gemeka ju kukuwa linda mazingira yetu na
misuka, buhindule…kupitiya miti ».
Comme pour dire : « Nous sommes très allègres de recevoir des semences que nous allons
germées pour qu’en fin les arbres puissent nous aider à protéger notre environnement des
érosions et des éboulements ». L’analyse du contenu de ces propos vient aussi baliser
l’importance de la recherche-action collaborative comme pierre d’angle de l’accroissement
des actions collectives entre les paysans.
Par contre la situation dans le site témoin s’éloigne énormément de celle des sites de
recherche-action. Nous y avons remarqué une véritable fragilité de gestion des risques de
catastrophes naturelles et d’origine anthropique suite l’absence d’un capital social cohésif.
Au cours des échanges avec nos enquêtés qui sont aussi membres de la communauté de
Rambira, plusieurs d’entre eux déclarent en toute unanimité : « Huku kwetu kila mutu na
famille yake, na lupango yake. Bitu ya batu yote ni ma ONGs njo tuna ngoyaka… ». Comme
pour dire : « Ici chez-nous, c’est le chacun pour soi. Pour des actions visant le bien commun,
nous attendons les Organisations Non Gouvernementales… ».
Bref, nous avons constaté que les actions communes de gestion des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique sont significativement entreprises par les populations des
zones où s’implémente la recherche-action collaborative par rapport à celle où elle ne
s’entreprend pas encore.
Cette analyse comparative effectuée prouve à suffisance le rôle unificateur du Capital social
et aussi la nécessité de son renforcement dans tous les sites afin de pouvoir élever les
entreprises collectives à un degré important et ainsi sauver des vies et matériels des éventuels
risques de catastrophes.
Dans le même contexte (post-conflit), les études menées par Jules Basimine (2012) indiquent
que les populations des zones de la RAC s’étaient collectivement impliquées dans les activités
de gouvernance de ressources naturelles comparativement aux zones dans lesquelles aucune
activité n’était entreprise.

[55]

Quoi que thématiques différentes, les résultats cette étude s’adaptent mieux aux nôtres qui
démontrent aussi que les populations qui s’engagent collectivement dans des activités de
gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique sont celles des zones
où se déroule la recherche-action collaborative contrairement à celle où elle ne se déroule pas.
Section 3 : Vers un renforcement du capital social du capital social induisant de
l’efficacité et de l’efficience dans la gestion communautaire de risques de catastrophes
naturelles dans les groupements de Buzi et Mbinga-Nord.
Pour déterminer les dimensions du capital social sur lesquelles il faudra insister pour
renforcer le capital social de sorte qu’il induise une gestion efficace et efficiente des risques
de catastrophes naturelles et d’origine anthropique, dans cette section, nous présentons les
analyses des variances qui vont en fait rendre possibles les comparaisons des seuils de
signification des dimensions et ainsi nous permettre de tirer une conclusion sur comment ces
différentes dimensions doivent prioritairement se suivre dans l’objectif de renforcement
poursuivi.
La gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique étant la variable dépendante de cette analyse, seront faites les ANOVA d’abord
entre

(a) la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine

anthropique et l’encadrement des rapports verticaux entre les membres de la communauté et
les responsables des institutions locales ; ensuite entre (b) la gestion communautaire des
risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique et l’accompagnement,
l'organisation efficaces des actions communautaires en termes des synergies entre les
différentes associations locales ; entre (c) la gestion communautaire des risques de
catastrophes naturelles et d’origine anthropique et le renforcement des interactions et la
coopération entre les acteurs membres de la communauté et en fin entre (d) la gestion
communautaire des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique et la mise en
évidence des normes, sanctions et conventions communautaires de gestion des risques des
catastrophes.
Nous présumions hypothétiquement que pour renforcer le capital social de sorte que
celui-ci induise des actions efficaces et efficientes dans la gestion communautaire des risques
de catastrophes naturelles et d’origine anthropique un travail systématique et de l’ordre
prioritaire devrait être fait sur (1°) l’encadrement des rapports verticaux entre les membres de
la communauté et les responsables des institutions locales , (2°) l’accompagnement et

[56]

l'organisation efficaces des actions communautaires en termes des synergies entre les
différentes associations locales, (3°) le renforcement des interactions et la coopération entre
les acteurs membres de la communauté et (4°) la mise en évidence des normes, sanctions et
conventions communautaires de gestion des risques des catastrophes.
Les résultats renfermés dans les tableaux 13, 14, 15 et 16 nous présentent la réalité.
Tableau 13 : ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique et l’encadrement des rapports verticaux entre les
membres de la communauté et les responsables des institutions locales.

Entre les groupes

Somme des
carrés

Df

Moyenne des
carrés

53,109

5

10,622

F

6,833

Signification

,000

Variable dépendante : Gestion communautaire des risques
Interprétation
L’ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique et l’encadrement des rapports verticaux entre les membres de la
communauté et les responsables des institutions locales, montre que les actions
communautaires engagées dans la gestion des risques de catastrophes ont été fortement
influencées par l’encadrement des rapports verticaux entre les membres de la communauté et
les responsables des institutions locales. Cela est à prouver à travers le test de Fisher qui
présente un seuil de signification positif de 0,000 ; acceptable par les normes statistiques étant
donné qu’il est inférieur à 0,05 et que la valeur de variance admissible doit être  à 0,05
Ce qui signifie que les relations entre les tous les membres de la communauté et les
responsables des institutions locales facilitées plus par les acteurs extérieurs de
développement (ONGs, et autres chercheurs utilisant la recherche-action collaborative comme
approche méthodologique) ont entrainé une gestion concertée des risques de catastrophes
naturelles et anthropiques.
Les réunions d’échanges étaient organisées dans les sites de la recherche- action collaborative
pour tenter d’examiner le degré de cohésion entre les communautés et les responsables des
institutions locales dans la gestion des risques de catastrophes précitées.
Jusqu’à 62%, les participants ont démontré que la fragilité de gestion des risques précités se
reposait entièrement sur l’absence des relations entre les populations et les associations
locales de développement.

[57]

Tableau 14 : ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique et l’accompagnement, l'organisation efficace des
actions communautaires en termes des synergies entre les différentes associations locales.

Entre les groupes

Somme des
carrés

Df

Moyenne des
carrés

31,098

5

6,220

F

4,817

Signification

,000

Variable dépendante : Gestion communautaire des risques
Interprétation
Les résultats de l’ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique et l’accompagnement, l'organisation efficace des actions
communautaires en termes des synergies entre les différentes associations locales indiquent
que la gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans les villages
touchés par nos recherches a été significativement influencée par l’accompagnement,
l'organisation efficace des actions communautaires en termes des synergies entre les
différentes associations locales.
Cette influence est prouvée par la valeur de signification du test de Fisher qui est de 0,000 et
donc acceptée dans les normes statistiques car, étant inférieure à 0,05 comme seuil de
signification acceptable.
D’ailleurs, dans tous les villages où nos recherches aussi bien qualitatives que quantitatives
ont été engagées, à 80% les communautés sont tout à fait d’accord que les relations
synergiques d’accompagnement, d'organisation efficaces des actions communautaires entre
les différentes associations locales rendues possibles à travers le projet de recherche-actioncollaborative ont accrues le niveau de gestion des risques de catastrophes.
Des réunions de recherche et des interviews, il était ressorti que jadis les associations locales
et les communautés se renfermaient sur elles-mêmes et cela faisait que les actions de gestion
des risques de catastrophes naturelles et anthropiques soient légèrement et inefficacement
prises en compte (par une frange des volontaires) ou carrément non prises en compte.

[58]

Tableau 15: ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique et le renforcement des interactions et la coopération
entre les acteurs membres de la communauté.
Somme des
carrés
Entre les groupes

Df

8,449

4

Moyenne des
carrés

F

2,112

1,266

Signification

,283

Variable dépendante : Gestion communautaire des risques
Interprétation
L’ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique et le renforcement des interactions et la coopération entre les acteurs
membres de la communauté à travers les concertations régulières entre les parties prenantes,
démontre que du renforcement des interactions et la coopération entre les acteurs membres de
la communauté , les actions collectives de gestion des risques de catastrophes naturelles et
anthropiques n’ont pas été significativement influencées.
Le test de Fisher présente à ce point un seuil de signification négatif de 0,2. Ce seuil est
supérieur à 0,05 et s’éloigne donc des normes statistiques d’explication positive.
Certes, il a été constaté une faible coopération entre les acteurs membres de la communauté
en ce qui est de la gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique.
Ceci fait que nous concluons en s’inspirant aussi des données des réunions que le
renforcement des interactions et la coopération entre les acteurs membres de la communauté
n’a pas eu d’influence significative sur la gestion des risques de catastrophes d’autant plus
que la majorité des enquêtés affirment que les interactions entre les acteurs membres de la
communauté ne sont faites que de manière timide et très occasionnelle. Dans les mêmes
circonstances l’influence du renforcement des interactions et la coopération entre les acteurs
membres de la communauté serait de fort poids explicatif si le test de Fisher révélait que la
valeur de signification était  à 0,05.
A Karango, Kitambi, Kahanga et Chebumba, des réunions et interviews de recherche, il est
ressorti que la fréquence des réunions en termes de renforcement des interactions et la
coopération entre les acteurs membres de la communauté évoluait à la baisse (soit 23 sur
97,4% au début pour tous les villages), suite à certains cas d’affaiblissement progressif des
membres de la communauté qui fait que certaines réunions ne se tiennent plus ou se tiennent
de manière irrégulière différemment aux constats faits au début du processus de rechercheaction collaborative.

[59]

Tableau 16 : ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique et la mise en évidence des normes, sanctions et
conventions communautaires de gestion des risques de catastrophes précitées.
Somme des
carrés
Entre les groupes

80,409

Df

5

Moyenne des
carrés

F

16,181

1,159

Signification

,000

Variable dépendante : Gestion communautaire des risques
Interprétation
De l’ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique et la mise en évidence des normes, sanctions et conventions
communautaires de gestion des risques des catastrophes précitées, il ressort une valeur avec
un poids d’explication positif après le test de Fisher, soit 0,000. Ceci implique l’influence
positive de la mise en évidence des normes, sanctions et conventions communautaires dans la
gestion des risques de catastrophes naturelles et anthropiques.
Autrement dit, ceci veut signifier que plus les gens participent dans des échanges et réunions
communautaires de prise de décisions, de définition de conventions et de sanctions, ils
prennent conscience des conséquences des catastrophes et commencent à entreprendre de
façon participative les actions de gestion des risques de catastrophes naturelles et
anthropiques.
Pour bien comprendre, nous consacrons un petit tableau à une brève analyse comparative
entre les sites de recherche-action collaborative et le site témoin.

[60]

Tableau 17 : Analyse comparative générale de la gestion communautaire des risques de
catastrophes naturelles et d’origine anthropique entre les sites de recherche-action
collaborative et le site témoin.
Eléments d’analyse
Organisations

des

échanges

Sites de recherche

Site témoin

Régularité

Pas ou très irrégulière

Participatif

Actuellement il n’existe

communautaires.
Mode

de

définition

des

conventions, normes et sanctions

ni de conventions, ni de

pour la gestion des risques de

normes, ni sanctions

catastrophes

naturelles

et

anthropiques.
Emergence des activités de gestion
des

risques

de

Plus annoncée

Pas annoncée

catastrophes

naturelles et anthropiques.

Du tableau 17, il ressort tout simplement que la recherche-action-collaborative a renforcé
l’entreprise des actions collectives de gestion communautaire des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique dans les sites du projet comparativement au site témoin.
Dans les sites de la RAC, les membres de la communauté ont pris conscience et se sont
décidés de poursuivre les actions de gestion des risques de catastrophes. Pour corroborer ce
propos, à la question : Comment aimeriez-vous voir votre environnement à l’échelle de 10
années à venir ? Les membres participants aux réunions écrivirent dans l’anonymat leurs
désidératas, mais ces derniers convergent tous vers une même attente.
Il s’agit pour tout, le ressort (après les séances plénière) des idées de développement à travers
la plantation des arbres, les terrassements,… des sites jugés impropres à l’agriculture, à la
construction. Il y a donc une étroite corrélation entre la gestion des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique avec la recherche-action collaborative.
Par contre, dans le site témoin certains participants aux réunions remettent à demain ; les
actions de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique. La majorité
de ces participants disent : « Nous verrons à faire dans l’avenir, pour l’instant, il y a pas
moyen ». De là nous pouvons souligner le pessimisme de ces participants dans la gestion des
risques de catastrophes pourtant préoccupante.

[61]

Section 4 : Stratégie de renforcement du Capital Social pour un processus de gestion
efficace et efficiente des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans
les groupements de Buzi et Mbinga-Nord en territoire de Kalehe.
La gestion sociétale de l’environnement étant de grande envergure, le capital social y
joue un rôle très significatif lors qu’il est renforcé. La gestion des risques naturels et d’origine
anthropique étant aussi une affaire d'ordre transversal qui relève du domaine du développement, le
processus qu'elle implique est complexifié : politique, technique, participative et mobilisation de
ressources, Etc. Cette section de notre travail ; en voulant répondre à la question du comment

renforcer le capital social afin qu’il induise une gestion communautaire efficace et efficiente
des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique, consacre une réflexion
proposant une stratégie générale de renforcement du capital social soutenue par les résultats
des ANOVA entre la gestion communautaire des risques et les différentes dimensions du
capital social retenues dans nos hypothèses.
Dans les paragraphes précédents, nous avons indiqué les éléments sur lesquelles, dans le
travail, il faudra insister pour rendre fort le capital social et par le fait, lui rendre capable
d’impulser les actions collectives de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique dans les sites de recherche.
En guise de rappel, nous soulignions à l’avance que pour renforcer le capital social de
sorte que celui-ci induise des actions efficaces et efficientes dans la gestion communautaire
des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique un travail systématique et dans
l’ordre prioritaire se ferait sur (a) l’encadrement des rapports verticaux entre les membres de
la communauté et les responsables des institutions locales , (b) l’accompagnement et
l'organisation efficaces des actions communautaires en termes des synergies entre les
différentes associations locales ; (c) le renforcement des interactions et la coopération entre
les acteurs membres de la communauté et (d) la mise en évidence des normes, sanctions et
conventions communautaires de gestion des risques des catastrophes.
Les résultats des analyses des variances contenus dans les tableaux 13, 14, 15 et 16 révèlent
un changement de l’ordre prioritaire d’action dans les dimensions du capital social.
Eu égard à ce qui précède, nous pouvons déjà conclure sur le fait que pour renforcer le capital
social de sorte qu’il induise de l’efficacité et de l’efficience dans les actions de gestion des
risques, il faudra alors travailler avec insistance, systémiquement et dans l’ordre prioritaire sur
(a) l’encadrement des rapports verticaux entre les membres de la communauté et les
responsables des institutions locales , (b) l’accompagnement et l'organisation efficaces des

[62]

actions communautaires en termes des synergies entre les différentes associations locales ;
(c) la mise en évidence des normes, sanctions et conventions communautaires de gestion des
risques des catastrophes et (d) le renforcement des interactions et la coopération entre les
acteurs membres de la communauté.
En regardant sur ces actions prioritaires à engager, il se remarque une interversion d’ordre
entre la troisième et la quatrième dimension, contraire à ce que nous prévoyions compte tenu
des ANOVA qui ressortent une valeur de signification supérieur à 0,05 et donc d’explication
négative pour la troisième dimension.
Pour rendre intelligible notre stratégie assortie des résultats empiriques et des analyses, deux
figures sont à mettre en exergue pour démontrer d’abord comment les dimensions du capital
social étaient supposées se suivre pour qu’elles rendent fort le capital social et ensuite
comment ces dimensions doivent être méthodiquement et prioritairement suivies dans le but
de hisser le capital social à un niveau où il puisse fortement impulser l’efficacité et
l’efficience dans les actions de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique qui est en fait, une affaire de tous.

[63]

Figure 5 : Eléments sur lesquels il était supposé d’insister systématiquement et
prioritairement pour renforcer le capital social de sorte qu’il induise l’efficacité et
l’efficience dans les actions de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique.
Le renforcement du capital social pour l’action est un processus de longue haleine, pour ce
faire nous planifions que les dimensions devraient se suivre tel que nous le présentons dans
cette figure.

1

L’encadrement des rapports verticaux entre les
membres de la communauté et les responsables des
institutions locales

2

L’accompagnement et l'organisation efficaces des
actions communautaires en termes des synergies
entre les différentes associations locales

3

Le renforcement des interactions et la coopération
entre les acteurs membres de la communauté

4

La mise en évidence des normes, sanctions et
conventions communautaires de gestion des risques
des catastrophes

Telle est la stratégie préconisée à priori pour que le capital social soit renforcé et qu’il influe
positivement et de manière efficace et efficiente sur les actions de gestion communautaire de
risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique.
La vérification de cette stratégie a plutôt prouvé que la dimension située au troisième niveau
de la hiérarchie devait céder la place à la quatrième. Pour ce faire, voici à postériori la
stratégie à suivre :

[64]

Figure 6 : Eléments sur lesquels insister systématiquement et prioritairement pour
renforcer le capital social de sorte qu’il induise l’efficacité et l’efficience dans les actions
de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique.
Par la présente figure, nous pensons présenter la stratégie efficace (issue des résultats des
analyses) que les acteurs de développement (les ONGs, les chercheurs d’universités et des
centres, les agents locaux, les associations locales...) devraient mettre en œuvre pour orienter
leurs actions et amener le capital social à être renforcé et ainsi ressoudé les relations intra,
inter et même extra communautaires.

1

L’encadrement des rapports verticaux entre les
membres de la communauté et les responsables des
institutions locales

2

L’accompagnement et l'organisation efficaces des
actions communautaires en termes des synergies
entre les différentes associations locales

3

La mise en évidence des normes, sanctions et
conventions communautaires de gestion des
risques des catastrophes

4

Le renforcement des interactions et la coopération
entre les acteurs membres de la communauté

La combinaison de toutes les dimensions du capital social est aussi un élément majeur dans le
processus de renforcement du capital social pour la gestion des risques de catastrophes
naturelles et anthropiques dans le cas d’espèce.
Quoi que l’insistance sur la combinaison de toutes les dimensions du capital social soit aussi
une stratégie s’annonçant très fructueuse ; à prendre en compte, les résultats des enquêtes
(quantitatives et qualitatives) empiriques et les analyses ont permis d’engager un exercice de
priorisation.
Cet exercice a permis à son tour de dégager qu’il faudra premièrement travailler sur
l’encadrement des rapports verticaux entre les membres de la communauté et les responsables

[65]

des institutions locales, ce qui signifie que doivent fortement se nouer des relations étroites
entre les populations et les responsables des institutions étatiques ; privées,… présentes dans
le village, deuxièmement sur l’accompagnement et l'organisation efficaces des actions
communautaires en termes des synergies entre les différentes associations locales, ce qui
signifie que les populations comme les associations locales ne doivent pas fonctionner
repliées sur elles-mêmes, mais doivent s’ériger en réseaux, troisièmement sur la mise en
évidence des normes, sanctions et conventions communautaires de gestion des risques des
catastrophes, ceci signifie que les communautés mettent en place les règles auxquelles doivent
se référer tous les membres, lesquelles définissant des sanctions à l’encontre de ceux qui
n’obtempéreront pas aux dispositions établies de manière participative et quatrièmement sur
le renforcement des interactions et la coopération entre les acteurs membres de la
communauté, ce qui suppose la multiplication des actions de réciprocité, d’entente, d’entraide
mutuelle,... pour permettre aux acteurs de développement membres de la communauté de
réaliser une gestion efficace et efficiente des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique.
Les analyses de Javier Mignone ont démontré que plus le capital social est élevé dans une
collectivité, mieux est cette collectivité pour la santé de chacun. Pour lui, cinq éléments
tendent à constituer le capital social d’une collectivité : les relations sociales, les réseaux
sociaux, les normes et les valeurs sociales, la confiance et les ressources (Javier. M, 2003).
Bien que le contexte de travail de Javier soit différent du nôtre, ses résultats insistent aussi sur le
renforcement des relations sociales, réseaux sociaux, les normes, valeurs et la confiance sociale.

Les résultats de la recherche qui est la nôtre affirment la première hypothèse car, l’on a
remarqué après analyse que le capital social fortifié par la recherche-action collaborative
permettait déjà aux membres des communautés de développer des actions collectives et une
vision commune de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique à
un niveau plus élevé dans les sites où se déroule la recherche-action collaborative.
La deuxième hypothèse n’a été ni affirmée, ni infirmée mais, elle a été nuancée car, il s’est
fait remarqué que la troisième modalité de vérification de cette hypothèse a cédée la place à la
quatrième dans la hiérarchie des actions à mener pour renforcer le capital social (après les
ANOVA) et ainsi on est en face de la rupture remarquable de la règle méthodique et de
priorité préalablement fixée pour les dimensions du capital social sur lesquelles insister dans
le travail de renforcement du capital social impulsant les actions bénéfiques de gestion des
risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique.

[66]

CONCLUSION GENERALE
Le présent exercice de rédaction titré « Le capital social et la gestion communautaire
pour des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans les groupements de
Buzi et Mbinga-Nord en territoire de Kalehe, une des régions post-conflits, située à l’Est de la
République Démocratique du Congo se veut une étude de réflexion sur la gestion collective
des catastrophes.
Cette étude poursuivait deux objectifs notamment celui de déterminer et expliquer le
rôle réel du capital social dans la gestion communautaire des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique et celui d’expliquer comment le capital social peut être
renforcé de sorte que celui-ci puisse induire des actions efficaces et efficientes de gestion
communautaire des risques de catastrophes à Buzi et Mbinga-Nord dans le territoire de
Kalehe en contexte post-conflit. Nous avons fait usage de l’Analyse de la variance pour
mettre en relation différentes variables, l’analyse du contenu pour donner du sens aux
éléments sonores issus des enregistrements aux interviews, etc. Nos enquêtes ont été menées
sur 383 ménages dans 4 sites où se déroule le processus de recherche-action collaborative par
comparaison à 1 site où le projet de recherche-action ne passe pas encore. Ces enquêtes ont
été réalisées à travers la soumission des questionnaires d’enquête, des réunions de recherche
et interviews focalisées.
Nous postulions à priori que le rôle du capital social était de permettre aux membres
des diverses communautés (des sites de recherche) de développer des actions collectives et
une vision commune de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique
et que pour renforcer le capital social l’on devrait systématiquement et dans l’ordre prioritaire
travailler sur (a) l’encadrement des rapports verticaux entre les membres de la communauté
et les responsables des institutions locales , (b )l’accompagnement et l'organisation efficaces
des actions communautaires en termes des synergies entre les différentes associations locales ;
(c) le renforcement des interactions et la coopération entre les acteurs membres de la
communauté et (d) la mise en évidence des normes, sanctions et conventions communautaires
de gestion des risques des catastrophes.
Les résultats de la recherche ont démontré premièrement que le capital social a réellement
permis aux membres des communautés des groupements de Buzi et Mbinga-Nord à
développer des actions collectives et une vision commune de gestion des risques de
catastrophes naturelles et d’origine anthropique remarquables notamment par la mise à
l’existence des conventions collectives pour la gestion des risques des catastrophes naturelles
et anthropiques suite aux interactions sociales fortes, l’existence et le strict respect des normes

[67]

et obligations collectives favorisant les actions de gestion communautaire de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique et l’organisation régulière de séances d’échanges
communautaires et l’entreprise des actions concertées pour la gestion des risques de
catastrophes avec des forts effets dans les sites de recherche-action collaborative
(Tableau 12)
Deuxièmement les analyses des variances ont souligné que pour renforcer le capital social
afin qu’il induise une gestion communautaire efficace et efficiente des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique, l’on pourra travailler systématiquement et dans l’ordre
prioritaire sur (1°) l’encadrement des rapports verticaux entre les membres de la communauté
et les responsables des institutions locales , (2°) l’accompagnement et l'organisation efficaces
des actions communautaires en termes des synergies entre les différentes associations locales ;
et (3°) la mise en évidence des normes, sanctions et conventions communautaires de gestion
des risques des catastrophes; (4°) le renforcement des interactions et la coopération entre les
acteurs membres de la communauté (Figure 6).
Ces mêmes résultats démontrent aussi que la combinaison de toutes les dimensions du capital
social est aussi intéressante pour une gestion communautaire efficace et efficiente des risques
de catastrophes. Nos hypothèses sont donc d’une part affirmées et nuancées d’autre part ; au
vu de l’interversion de l’ordre méthodique et prioritaire connue après vérification de la
deuxième hypothèse.
Tout compte fait, les analyses comparatives ont démontré un lien logique entre les
dimensions du capital social et la gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique dans le territoire de Kalehe.
D’où la nécessité de renforcer le capital social afin d’impulser les actions communautaires de
gestion des risques des désastres qui soient profitables à long terme.

[68]

NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
I.
OUVRAGES
1. AMARTYA SEN,

« Risques naturels, catastrophes non naturelles »: Aspects

économiques d'une prévention efficace, 1998.
2. Cadre d’action de Hyōgo pour 2005-2015, « Pour des nations et des collectivités
résilientes face aux catastrophes », 2005.
3. CEDEAO/ECOWAS : « Politique et mécanismes de la cedeao sur la réduction des
risques de catastrophes », 2006.
4. CESE, « Sauver les vies des mères et des pères lors des catastrophes naturelles »,

2005.

Cité dans le Cadre d’Action de Hyōgo.
5. CHARDON.

M,

« Quelques

réflexions

sur

les

catastrophes

naturelles

en

montagne »,1990.
6. DURKHEIM, E, « Les règles de la méthode sociologique, » Champs Flammarion,
Londres, Pinter, 1988.
7. ENDA RUP « La réduction de catastrophe en Afrique de l’Ouest et en Afrique du
Centre : Perspectives locales », 2008. In Etudes et Recherches.
8. Institut International de la Reconstruction Rural et Cordaid : « Développer des
communautés résilientes, Un manuel de formation à la Gestion communautaire de la
réduction des risques de catastrophes », 2013.
9. LARAMEE A. et VALLE. B., « La recherche en communication : élément de
méthodologie », Presse de l'université de Québec, 1991.
10. Livre Blanc relatif à la défense et à la sécurité nationale, France, 2008. En ligne sur
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/084000341/0000.pdf. Consulté le 20
juin, 2015.

11. MALHOTRA, N., « Etudes marketing avec SPSS », Cinquieme édition, Pearson
Education, Paris, 1999.
12. PIERRICK HORDE et al « Échelle de Likert - Définition » issu de Sante-Medecine, 2014.
13. RENE THOM, « Stabilité structurelle et morphogénèse », Interédition, Paris, 1977.
14. SOYMOENS. J.J, « Prévention des catastrophes naturelles », 1989.
15. UNISDR, « Terminologie pour la prévention des risques de catastrophe », Genève ; 2009.
II.

ARTICLES

1. BERNARD LALANNE et al, « Les risques et les catastrophes d’origine humaine »,
Territoire en mouvement Revue de géographie et aménagement, à l’adresse
http://tem.revues.org, 2013. consulté le 22 juin 2015.

[69]

2. BOURDIEU, P., « Le capital social », in Actes de la recherché en sciences sociales, N°
31, janvier 1980.
3. BOURDIEU. P, « les formes de capital », 1986.
4. BURT. R, « Structural holes, the social structure of competition », Cambridge MA,
Havard University Press, 1992.
5. CLAIRE GONDARD-DELCROIX et SOPHIE ROUSSEAU, « Les dimensions humaines
et sociales du développement durable: Vulnérabilité et Stratégies durables de gestion des
risques: une étude appliquée aux ménages ruraux de Madagascar », 2004.
6. COLEMAN. J, « Social capital in creation of human capital”, in Journal of sociology,
vol. 94, 1988.
7. DAUPHINE A et PROVITOLO D. « La résilience : un concept pour la gestion des
risques », Annales de géographie, n° 654, 2007.
8. FINDLAY, A.M. «Population and Environment in Arid Regions. Policy and Research
Paper No 10, Paris (France), International Union for the Scientific Study of Population»,
1996.
9. FRANÇOIS DANIEL GIEZENDANNER, « Taille d’un échantillon aléatoire et Marge
d’erreur ». En ligne à l’adresse www.takto.qc.ca/infotakto/it0402.pdf , 2012. Consulté, le
03 mars 2015.
10. GRANOVETER. M, « The old and the new economic sociology », dans FREELAND R.
& A. ROBERTSON (dir.), Beyond the Marketplace, New York, Aldine de Gruyter, 1990.
11. GRANOVETER. M, « The strenght of weak ties: Force des liens faibles », American
Journal of Sociology, 1973.
12. HOLZMANN ROBERT et JØRGENSEN STEEN, « Gestion du risque social »: cadre
théorique de la protection sociale, 2000.
13. JEROME BALLET et al, « A la recherche du développement socialement durable: concepts
fondamentaux et principes de base », 2004.

14. LALLEMENT. M, « Histoire des idées sociologiques de Parsons aux contemporains »,
Paris, Arman Colin, 2007.
15. LARAMEE A. et VALLE. B., « La recherche en communication : élément de
méthodologie », Presse de l'université de Québec, 1991.
16. LIN. N, « Les ressources sociales : une théorie du capital social », Revue française de
sociologie, 1995.

[70]

17. MIGNONE. J, « Mesurer le capital social »: un guide pour les collectivités des premières
nations, Version anglaise : Measuring Social Capital: A guide for First Nations
Communities, Institut canadien d’information sur la santé, 2003.
18. PUTMAN. R., « Le déclin du capital social aux États-Unis », Lien social et politiqueRIAC, 41,1999. Cité par Jules B.
19. REBOTIER J. « Quel rôle pour les institutions dans la résilience ? » Une interprétation à
travers le cas de Caracas, in Construire la résilience des territoires, actes du colloque des
17-19 octobre, Valparaiso, Chili, 2007.
20. SOPHIE PONTHIEUX, « Le Capital Social »,2006.
21. TIMOTHY HARDING.W et al, « Management des risques majeurs : des disciplines à
l’interdisciplinarité », l’Université de Genève, 2001.
22. VIRGINIE DUVAT et al, « Des catastrophes naturelles »,2014.
III.

THESE

1. BASIMINE. J, « Le capital social et la gouvernance des ressources naturelles dans les
régions post-conflits », Cas du Bushi au Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo,
U.O.B, 2012.
IV.

RAPPORTS ET MEMOIRES

1. Action d’Espoir, « Rapport d’évaluation participatif du processus de GCRRD » à
Rambira, territoire de kalehe du 1er au 7 décembre 2014.
2. APED, « Diagnostic participatif villageois », territoire de Kalehe sud-kivu, 2009.
1. ACF, Rapport de la mission d’évaluation dans les zones de santé de Minova et Kalehe,
Territoire de Kalehe, Province du Sud-Kivu, République Démocratique du Congo, du 16
au 26 janvier 2008.
2. APC et Life Peace Institute, Analyse de contexte du territoire de Kalehe, 2009
3. Bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les catastrophes naturelles, 2008,
2010. En ligne sur www.google.fr, Consulté le 22 avril 2015.
4. Centre Olame : Rapport de la mission d’état de lieu de la catastrophe naturelle a kalehe,
2014.
5. DMC Ten-Day Bulletin. DEKAD 19 Report (1-10 juillet, 2000). Centre de suivi de la
sécheresse, Nairobi (Kenya), 2000.
6. FICR « World Disaster Report 2000 », Fédération internationale des sociétés de la CroixRouge et du Croissant-Rouge, Genève (Suisse), 2001.

[71]

7. MUNICH Re et SWISS Re, Etat des lieux de depuis 2001 en matière de catastrophes
naturelles dans le monde, 2013. En ligne sur www.google.fr, Consulté le 12 mars 2015.
8. MUNICH Re, « Les catastrophes naturelles dans le Monde », 2012. En ligne sur
www.google.fr, Consulté le 12 mars 2015.
9. Rapport annuel de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge (IFRC), 2014.
10. Rapport de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du CroissantRouge et le Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED), 2007.
11. Rapport de la mission d’évaluation dans les zones de santé de Minova et Kalehe en
territoire de Kalehe, Province du Sud Kivu, République démocratique du Congo, du 16 au
26 janvier 2008.
12. Rapport de la Stratégie Internationale pour la réduction des désastres, 2009 et rapport de
"Global estimates 2010 » publié en mai 2013.
13. Rapport démographique annuel : Etat-Civil du groupement de Buzi, troisième trimestre,
2014.
14. Rapport démographique annuel : Etat-Civil du groupement de Mbinga-Nord, Troisième
trimestre, 2014.
15. Rapport du Gouvernement provincial, Sud-Kivu: Réponse aux catastrophes naturelles,
2014.
16. Station météo de Goma cité par BASHANGWA BAHOZI Vital, « Les possibilités de
développer la chefferie de Buzi, Minova en Territoire de Kalehe », Mémoire de licence en
développement rural, ISDR/BUKAVU, 2009, Inédit.
17. Statuts et Règlement Intérieur de la Croix Rouge de la République Démocratique du
Congo Cité par le Plan d’Organisation de Secours en cas de Catastrophe, plan ORSECRD Congo, Mars 2012
18. The CRED International Disaster Database-www.emdat.be-Université catholique de
Louvain,

Brussels,

Belgium.

En

ligne

à

l’adresse

planete.info/terre/risques_naturels/catastrophes_naturelles.php,2007.Consulté,

www.notrele

28

janvier 2015.
V.

COURS

BASIMINE. J, « Notes du cours d’approche systémique des problèmes ruraux », inédit,
ISDR/BUKAVU, 2015.

[72]

TABLE DES MATIERES
LISTE DES ABREVIATIONS ................................................................................................................ i
EPIGRAPHE ...........................................................................................................................................iii
IN MEMORIAM ..................................................................................................................................... iv
DEDICACE ..............................................................................................................................................v
REMERCIEMENTS ............................................................................................................................... vi
RESUME ................................................................................................................................................ vii
SUMMARY .......................................................................................................................................... viii
INTRODUCTION GENERALE ............................................................................................................. 1
1.ETAT DE LA QUESTION .................................................................................................................. 1
2.PROBLEMATIQUE ............................................................................................................................ 3
3.HYPOTHESES ................................................................................................................................... 7
4.OBJET ET OBJECTIFS OPERATOIRES DU TRAVAIL ........................................................... 8
4.1. Objet ................. ………………………………………………………………………………………………8
4.2.Objectifs opératoires ....................................................................................................................... 8
5.CHOIX ET INTERET DU THEME D’ETUDE.............................................................................. 8
5.1.Choix du sujet .................................................................................................................................. 8
5.2.Intérêt de l’étude ............................................................................................................................. 9
6.DELIMITATION SPATIO-TEMPORELLE .................................................................................. 9
7.SUBDIVISION SOMMAIRE DU TRAVAIL.................................................................................. 9
CHAPITRE PREMIER :
CADRE CONCEPTUEL, THEORIQUE ET METHODOLOGIE DE L’ETUDE ............................... 10
Section I: CADRE CONCEPTUEL ................................................................................................... 10
II.1. LE CONCEPT DU CAPITAL SOCIAL .................................................................................. 10
II.2.

LA

GESTION

COMMUNAUTAIRE

DES

RISQUES

DE

CATASTROPHES

NATURELLES. ................................................................................................................................... 16
II.3. LA RESILIENCE AUX CATASTROPHES NATURELLES ...................................................... 19
II.4. RISQUES NATURELS............................................................................................................... 20
II.5. CATASTROPHE NATURELLE ET D’ORIGINE ANTHROPIQUE .................................. 21
Section II : CADRE THEORIQUE ....................................................................................................... 25
Section III : METHODOLOGIE DE L’ETUDE ................................................................................... 28

[73]

III.1. Présentation des sites de recherche............................................................................................... 28
III.2. Méthode explicative ................................................................................................................... 28
III.3. Les pré-enquêtes ........................................................................................................................... 29
III.4. Méthode d’échantillonnage/ Fixation de l’échantillon. ................................................................ 29
III.5. Niveau d’échantillonnage ............................................................................................................. 31
III.6. Techniques de collectes des données ........................................................................................ 31
a)Collecte des données qualitatives ....................................................................................................... 31
b)Collecte des données quantitatives .................................................................................................... 32
III.7. Démarche de traitement et d’analyse des données ................................................................. 32
a)Traitement et analyse des données qualitatives............................................................................. 32
b)Traitement et analyse des données quantitatives .......................................................................... 33
CHAPITRE DEUXIEME :
DESCRIPTION DES CAPITAUX NATURELS, HUMAINS, PHYSIQUES , ECONOMIQUES ET
LA DESCRIPTION DES RISQUES DE CATASTROPHES NATURELLES ET D’ORIGINE
ANTHROPIQUE DANS LES ZONES SOUS EXAMEN.................................................................... 34
II.A. DESCRIPTION DES CAPITAUX DU GROUPEMENT DE BUZI ..................................... 34
II.A.1. Description du capital naturel ................................................................................................ 34
II.A.1.1. Situation géographique ........................................................................................................... 34
II.A.1.2. Relief et végétation ................................................................................................................. 34
II.A.1.3. Climat ..................................................................................................................................... 35
II.A.1.4. Hydrographie .......................................................................................................................... 35
II.A.2. Capital humain ........................................................................................................................ 35
II.A.3. Capital physique : Voiries, Structures sanitaires, Ecoles, Marchés.................................... 36
II.A.3.1. Voiries..................................................................................................................................... 36
II.A.3.2. Structures sanitaires ................................................................................................................ 37
II.A.3.3. Ecoles ...................................................................................................................................... 37
II.A.3.4. Marchés................................................................................................................................... 37
II.A.4. Capital économique ................................................................................................................. 37
II.A.4.1. Agriculture ............................................................................................................................ 37
II.A.4.2. Elevage................................................................................................................................... 37
II.A.4.3. Pêche ...................................................................................................................................... 38
II.A.4.4. Artisanat et Autres Secteurs ................................................................................................ 38

[74]

II.B. DESCRIPTION DES CAPITAUX DU GROUPEMENT DE MBINGA-NORD ................. 38
II.B.1. Description du capital naturel .................................................................................................... 38
II.B.1.1. Situation géographique ........................................................................................................... 38
II.B.1.2. Relief et végétation................................................................................................................ 38
II.B.1.3. Climat ...................................................................................................................................... 38
II.B.1.4. Hydrographie .......................................................................................................................... 39
II.B.2. Capital humain ........................................................................................................................... 39
II.B.3. Capital physique : Voiries, Structures sanitaires, Ecoles, Marchés .................................... 39
II.B.3.1. Voiries ..................................................................................................................................... 39
II.B.3.2. Structures sanitaires ............................................................................................................. 40
II.B.3.3. Ecoles ..................................................................................................................................... 40
II.B.3.4. Marchés ................................................................................................................................. 40
II.B.4. Capital économique ................................................................................................................. 41
II.B.4.1. Agriculture ............................................................................................................................ 41
II.B.4.2. Elevage ................................................................................................................................... 41
II.B.4.3. Pêche ...................................................................................................................................... 41
II.B.4.4. Artisanat ................................................................................................................................ 41
II.C.DESCRIPTION DES RISQUES DE CATASTROPHES NATURELLES ET D’ORIGINE
ANTHROPIQUE DANS LES ZONES SOUS EXAMEN. ............................................................... 42
II.C.1. Description des risques des désastres .................................................................................... 42
CHAPITRE TROISIEME :
ANALYSE DU CAPITAL SOCIAL ET LA GESTION COMMUNAUTAIRE DES RISQUES DE
CATASTROPHES NATURELLES ET D’ORIGINE ANTHROPIQUE A BUZI ET MBINGA-NORD
EN TERRITOIRE DE KALEHE. ......................................................................................................... 45
Section 1. Caractérisation de la population d’enquête .......................................................................... 45
a)Répartition de la population par tranches d’âge .......................................................................... 45
b)Présentation du niveau d’instruction des enquêtés....................................................................... 46
c)La répartition des enquêtés par sexe .............................................................................................. 47
d)L’occupation principale des enquêtés ........................................................................................... 49
e)Niveau économique des enquêtés .................................................................................................... 50
Section 2 : Rôle du capital dans la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique à Kalehe. ............................................................................................................ 51

[75]

Section 3 : Vers un renforcement du capital social du capital social induisant de l’efficacité et de
l’efficience dans la gestion communautaire de risques de catastrophes naturelles dans les
groupements de Buzi et Mbinga-Nord. ...................................................................................... 55
Section 4 : Stratégie de renforcement du Capital Social pour un processus de gestion efficace et
efficiente des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans les groupements de Buzi
et Mbinga-Nord en territoire de Kalehe. ............................................................................................... 61
CONCLUSION GENERALE ............................................................................................................... 66
NOTES BIBLIOGRAPHIQUES .......................................................................................................... 68
TABLE DES MATIERES..................................................................................................................... 72
ANNEXES ............................................................................................................................................ 76
Annexe 1 : Liste des tableaux................................................................................................................ 77
Annexe 2 : Liste des graphiques............................................................................................................ 78
Annexe 3 : Liste des figures .................................................................................................................. 78
Annexe 4 : Image .................................................................................................................................. 78
Annexe 5 : Carte du territoire de Kalehe ............................................................................................... 79
Annexe 6 : Quelques images illustratives de certaines catastrophes remarquées sur le terrain. ........... 80
Annexe 7 : Questionnaire d’enquête destiné aux ménages .............................................................. 83

[76]

ANNEXES

[77]

Annexe 1 : Liste des tableaux

Tableau 1 : Typologie des risques encourus dans les milieux ruraux pauvres ..................................... 17
Tableau 2 : Période de pré-collecte des matériaux qualitatifs (Période exploratoire) ........................ 29
Tableau 3 : Valeurs calculées de la taille de l’échantillon ................................................................... 30
Tableau 4 : Tenue des réunions de recherche ....................................................................................... 32
Tableau 5 : Répartition démographique du capital humain dans le groupement de BUZI ................ 36
Tableau 6 : Répartition démographique du capital humain dans le groupement de MbingaNord………………………………………………………………………………………………………………...39
Tableau 7 : Les risques des catastrophes dans les zones d’étude et leurs descriptions. ....................... 43
Tableau 8 : Présentation des enquêtés selon le niveau d’instruction ................................................... 47
Tableau 9: Présentation des enquêtés répartis par sexe ....................................................................... 48
Tableau 10 : Répartition et/ou ventilation des enquêtés séparés par sexe et par site
géographique……………………………………………………………………………………………………...48
Tableau 11 : Répartition des enquêtés par niveau économique........................................................... 50
Tableau 12 : Rôle du capital social dans les zones du projet de gestion communautaire des risques de
catastrophes naturelles et anthropiques et dans la zone non couverte par le projet. ........................... 52
Tableau 13 : ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique et l’encadrement des rapports verticaux entre les membres de la communauté et
les responsables des institutions locales. .............................................................................................. 56
Tableau 14 : ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique et l’accompagnement, l'organisation efficace des actions communautaires en
termes des synergies entre les différentes associations locales. ........................................................... 57
Tableau 15: ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique et le renforcement des interactions et la coopération entre les acteurs membres
de la communauté.................................................................................................................................. 58
Tableau 16 : ANOVA entre la gestion communautaire des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique et la mise en évidence des normes, sanctions et conventions communautaires de
gestion des risques des catastrophes précitées. .................................................................................... 59
Tableau 17 : Analyse comparative générale de la gestion communautaire des risques de catastrophes
naturelles et d’origine anthropique entre les sites de recherche-action collaborative et le site témoin.
............................................................................................................................................................... 60

[78]

Annexe 2 : Liste des graphiques
Graphique 1 : Répartition de la population par tranches d’âge ...........................................................46
Graphique 2 : Présentation de l’occupation principale des enquêtés ...................................................49

Annexe 3 : Liste des figures
Figure 1 : Eléments tendant à constituer le capital social selon J.Mignone .........................................14
Figure 2 : Cadre conceptuel/Synthèse faite de la notion du capital social selon Jules Basimine .........15
Figure 3 : Conceptualisation du capital social renforcé corrélé à la gestion communautaire des
risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique .................................................................23
Figure 4 : Modèle théorique de l’étude..................................................................................................27
Figure 5 : Eléments sur lesquels il était supposé d’insister systématiquement et prioritairement pour
renforcer le capital social de sorte qu’il induise l’efficacité et l’efficience dans les actions de gestion
des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique ...........................................................63
Figure 6 : Eléments sur lesquels insister systématiquement et prioritairement pour renforcer le capital
social de sorte qu’il induise l’efficacité et l’efficience dans les actions de gestion des risques de
catastrophes naturelles et d’origine anthropique ..................................................................................64

Annexe 4 : Image
Image 1 : Image du relief et de la végétation des groupements de Buzi et Mbinga-Nord ....................42

[79]

Annexe 5 : Carte du territoire de Kalehe

[80]

Annexe 6 : Quelques images illustratives de certaines catastrophes
remarquées sur le terrain.
Culture sur pente raide l’une des causes
anthropiques des catastrophes

Un village raclé par les eaux à Rambira

Inondation des cultures

Eboulement des collines pierreuses

Crues de la rivière Buganga, Rupture de passage à
la route menant vers Bukavu

Eboulement au bord de la route

[81]

Mauvaise construction, l’une des causes anthropiques des
catastrophes

Effets de l’inondation

Eboulement : Perte des cultures

L’une des conséquences des pluies diluviennes

Ravinement

Vers le glissement de terrain

[82]

Différentes autres situations ayant affectées le territoire de Kalehe lors des désastres du 24 au 25 octobre 2014.
Cour de recréation d’une école détruite par le raclement
hydrique

Village fortement inondé

Eboulement des particules pierreuses

Deux branches d’arbres établies comme passage obligé
après le détachement du pont Luzira

Sens des signaux :

= Pont de Luzira en délabrement après

des crues transportant des pierres

= Maison détruite par les crues des eaux et entrainant la mort

=

des parents du ménage

Deux extrémités du pont Luzira fortement éloignées l’une à l’autre après détachement

[83]

Annexe 7 : Questionnaire d’enquête destiné aux ménages
Institut Supérieur de Développement Rural
Département d’Environnement et Développement Durable

Questionnaire destiné aux ménages
Section 1 : Identification du ménage et du site
1.1 Nom du répondant………………………………………………………………
1.2 Genre du répondant : M ….
1.3 Age de l’enquêté : 20-30 …

F….
31-40 …

41-50 …. plus de 50 ans …

1.4 Religion…………………………………………………………………………
1.5 Groupement……………………………………………………………………..
1.6 Localité…………………………………………………………………………..
1.7 Village…………………………………………………………………………….
Section 2 Caractéristiques du ménage
2.1. Type de ménage
1= Dirigé par l’homme ayant une femme ;…….2 = Dirigé par l’homme ayant plus d’une
femme ;…… 3= Dirigé par la femme veuve ;……4= autres (spécifier)……… …………….
2.2 Occupation actuelle du répondant
1= agriculture….. 2= commerce…. 3= travail salarié…. 4 = artisan….. 5 = autres……………
2.3 Niveau d’éducation formelle de l’enquêté :
1= pas d’éducation formelle…. 2= alphabétisation des adultes…..3= école primaire…...4= école
secondaire…… 5 = Etudes universitaires…….
2.4 Niveau social : 1= Pauvre …. 2 = moyen …, 3= riche…. ?
2.5 Quelle est la composition de votre ménage ? .1-3…., 4-8….., 9-12…., plus de 13 personnes…...
2.6 Type de maison principale ? 1=Dur….. 2= planche….. 3= case….. 4 = hutte…..
Section 3 : Niveau cognitif du capital social face à la gestion communautaire des risques des
désastres.
3.1. Existe-t-il des conventions collectives pour la gestion des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique dans votre village?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
3.2. Les membres de votre village se réfèrent-ils aux conventions collectives que vous avez conclues
pour la gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans votre village?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
3.3. Les sanctions sont-elles prévues à l’encontre des personnes qui refusent d’obtempérer aux
normes sociales et conventions sur la gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique dans votre village ?

[84]

1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
3.4 Les conventions collectives sur la gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique ont-elles été établies de manières participatives dans votre village?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
3.5. Les conventions collectives sur la gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique sont-elles l’œuvre de quelques personnes influentes dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
3.6. Votre avis est-il déjà été demandé quant aux conventions collectives relatives à la gestion des
risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
3.7. Vous sentez vous concerné par les conventions collectives relatives à la gestion des risques de
catastrophes naturelles et d’origine anthropique, bien que vous n’ayez pas participé à leur
élaboration ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
3.8 Existe-il des normes et obligations établies dans la communauté pour faire participer les membres
aux actions collectives de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans
votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
3.9 Est-il vrai que les normes et obligations de gestion des risques de catastrophes naturelles et
d’origine anthropique existent mais les gens ne les appliquent pas dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
3.10 . Faut-il pour renforcer les conventions collectives, les normes et les obligations qui peuvent
favoriser les actions collectives de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique dans votre village, adopter une démarche participative dans leurs élaborations ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
Section 4. L’action sociale : les interactions sociales entre membres de la communauté
4.1. Le niveau d’entraide mutuelle a-t-il sensiblement baissé dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….

[85]

4.2 La confiance mutuelle a-t-il sensiblement baissée dans votre village au point de ne plus
favoriser les actions collectives de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
4.3 Le nombre des visites aux voisins a-t-il diminué depuis l’avènement des conflits armés et
ethniques dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
4.4 La confiance mutuelle, le niveau d’entraide mutuelle, les visites des voisins, la participation aux
activités communautaires au village sont-elles capables de favoriser les actions collectives dans
votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
4.5 L’organisation des échanges communautaires faisant participer toutes les couches de la
population, peut-elle soutenir la cohésion, l’entraide mutuelle et la coopération au sein de votre
village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
4.6. Avec la guerre, les voisins s’entraident-ils pour la construction de la maison de l’un des membres
de la communauté ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
4.7. Les conflits armés et ethniques traversés laissent-ils les membres de la communauté s’assister
facilement quant il ya cas de maladie dans une famille voisine dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
Section 5 : Existence des associations dans le Village
5.1. Les organisations ou associations locales travaillent-elles ensemble dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
5.2 Les associations locales organisent-elles des réunions d’harmonisation de leur plan et politique de
travail dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
5.3 La coopération entre organisations locales est-elle faible dans le village ?

[86]

1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
5.4. L’augmentation de la fréquence des réunions entre associations peut-elle favoriser leur
coopération dans le village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
5.6. La mise sur pied des cadres de concertation des associations peut-elle renforcer leur coopération
dans les villages respectifs ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
5.7. L’organisation des séances d’échanges d’expérience entre associations peut-elle favoriser une
bonne coopération entre associations dans les villages ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
5.8. L’existence d’un leadership fort de coordination des actions des associations est-elle un facteur
qui renforcerait les actions de l’association dans le village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
Section 6 : Relation entre membres de la communauté avec les différentes institutions locales.
6.1. Les autorités locales (chef de village, groupement, chefferie, service de la chefferie…) ont-elles
des rapports suffisamment alimentés avec les membres de la communauté dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
6.2 Les autorités locales organisent-elles régulièrement des réunions avec les membres de la
communauté dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
6.3. Les chefs se comportent-ils comme de petits rois dictant leur volonté à tous les paysans ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
6.4. Les populations locales sont-elles satisfaites de la manière dont les autorités locales coopèrent
avec elles dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
6.5 Etes-vous d’avis que la mise en application des mécanismes de la gestion décentralisée serait la
meilleure voit de rapprocher les populations locales aux autorités locales dans votre village ?

[87]

1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
6.6. Etes-vous d’avis que les réunions régulières des différentes parties prenantes (populations locales
et autorités) réduiraient de plus en plus leur distance et la méfiance de gestion commune des
risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique dans votre village?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
Section 7 : Action Collective
7.1. Les populations de votre village ont-elles commencé à entreprendre des actions concertées pour le
développement du milieu et pour la bonne gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
7.2 . Les populations de votre village ont-elles commencé à bien définir ensemble les objectifs et les
moyens pour les atteindre ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
7.3. Les populations de votre communauté se soutiennent-elles mutuellement et défendent ensemble
leurs intérêts dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
Section 8 : Gestion des risques des désastres
8.1 La prise de décision sur la gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique
est-elle participative et fait-elle intervenir les populations et les autorités locales au même degré ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
8.2 Le contrôle de gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine anthropique se fait-il en
concertation et de manière participative entre les populations locales et les autorités locales
(mwami, chef de groupement, Administrateur de territoire ; Etc) ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….
8.3 Etes-vous d’avis qu’afin que la gestion des risques de catastrophes naturelles et d’origine
anthropique soit rationnelle, les différentes parties prenantes (populations locales et autorités
locales) devraient se concerter régulièrement dans votre village ?
1= Totalement d’accord….,2= d’accord….,3= Neutre……,4= Pas d’accord…,5= Moins d’accord,
6= Très moins d’accord….

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