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Historique de la gestion des risques technologiques et naturels Introduction

L’occurrence de catastrophes d’origines naturelles comme les séismes d’Izmit (Turquie, 1999), Bham (Iran,
2003), le cyclone Katerina (Etats-Unis d’Amérique, 2005) ou encore les tsunamis (Asie du sud-est, 2004)
démontre bien l’exposition et la fragilité de nos sociétés face à ces événements majeurs. Par ailleurs, les
activités anthropiques liées à la production de biens et d’énergie sont sources d’atteinte chronique à
l’environnement (réchauffement climatique lié aux émissions de dioxyde de carbone, par exemple) d’une part et
à l’origine d’accidents technologiques majeurs d’autre part. Si des catastrophes comme celle d’AZF à Toulouse
(France, 2001) ont une gravité moins importante en termes de nombre de victimes comparativement à celles
d’origine naturelle listées précédemment, elles n’en demeurent pas moins préoccupantes. Les accidents
technologiques, tout comme ceux liés aux transports, semblent de plus en plus fréquents. Enfin, le
développement de l’informatique et des réseaux de communication et d’information conduit à exposer nos
sociétés à de nouveaux dangers (piratages informatiques).
L’amélioration globale du niveau de vie des populations dans les pays dits riches conduit les sociétés à refuser
de plus en plus le risque et à exiger un niveau de sécurité en constante augmentation. Des situations considérées
comme dangereuses aujourd’hui ne l’étaient pas forcément dans le passé où de nombreux dangers (sécheresse,
froid, famine, épidémie) étaient perçues comme des calamités . Par ailleurs, ces situations ne sont pas perçues
de façon identiques suivant les sociétés considérées. Un risque peut être considéré comme inacceptable par la
population dans nos sociétés occidentales alors qu’il sera toléré par la population d’un pays en voie de
développement où dans bien des cas la lutte pour la vie est encore la règle qui prévaut.
Doit-on déduire de ces premiers constats que nos sociétés sont exposées à des dangers de plus en plus
fréquents ou de plus en plus graves et qu’elles sont de plus en plus vulnérables ? Ce chapitre a pour
objectif de décrire des concepts de base relatifs à la notion de risque. L’attention sera portée
principalement sur les risques technologiques et naturels.
Les risques technologiques
Les accidents industriels majeurs
 Un développement industriel ponctué par des accidents technologiques majeurs
Le développement industriel des deux siècles passés a permis de grandes avancées technologiques et une
amélioration considérable du niveau de vie des populations. Le développement des machines à vapeurs,
l’utilisation des différentes ressources en énergies (domaines de l’extraction minière, de la pétrochimie, du
nucléaire,…), le développement de la chimie et celui des transports (chemin de fer, véhicules terrestres, avions,
…) en sont les illustrations les plus marquantes. Mais, simultanément, ils sont bien souvent générateurs de
nouvelles sources de danger et de nouveaux types de risques. Cette période a donc été ponctuée par de
nombreux accidents technologiques majeurs, qui sont répertoriés dans différentes bases de données. Par
exemple, la base de données du Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industrielles BARPI du
Ministère de l’Ecologie et du développement et de l’aménagement durables est chargée de rassembler et de
diffuser des informations sur les risques technologiques issues du retour d’expérience suite aux accidents
technologiques. Pour prévenir ces accidents, une démarche volontariste d’analyse et de maîtrise des risques a
été mise en place. Les premières méthodes d’analyse et de gestion des risques ont été notamment développées
dans les années 1950/70 sous l’impulsion du développement de l’aéronautique civile et du nucléaire civil.
Les accidents résultent souvent d’enchaînements d’événements appelés scénarios d’accidents.

Quelques références chiffrées d’accidents dans l’industrie

Les accidents majeurs qui se produisent dans l’industrie ont, dans la plupart des cas, pour conséquence un
incendie ou le rejet de matières dangereuses. De 1992 à 2005, la répartition suivante est donnée pour l’industrie
française : 51% donnent lieu à un incendie, 47% à une dispersion de polluant, 5.3% à une explosion et 3.2%
à des effets dominos. Le nombre total d’accidents répertoriés sur la période 1992-2005 est 21765.
Selon la même référence
scénarios d'accidents

, l’analyse des causes des accidents se répartie comme suit :

Répartition des causes d’accident Les accidents résultent également souvent de causes multiples. d’ordre politique. Les conséquences des accidents se répartissent de la façon suivante : scénarios d'accidents Répartition des conséquences des d’accident Le risque zéro n’existe pas . ou encore les causes liées à l’environnement . avec la mise en place de barrières adaptées. Quelle que soit la situation considérée. C’est bien souvent très en amont de l’événement accidentel que les causes profondes prennent leurs sources. Mais il est illusoire de se projeter dans un monde dans lequel les risques sont à niveau zéro. Le cas de l’accident de Bhopal  Un cas d’école . d’ordre social. d’ordre organisationnel. un risque résiduel existe toujours et il faut s’employer à le faire tendre vers le niveau le plus faible possible. On serait tenté de dire ‘supprimer’ plutôt que ‘diminuer’ dans la phrase précédente. d’ordre réglementaire. L’identification et l’étude des causes et des conséquences des accidents conduisent à la mise en place de barrières techniques ou organisationnelles dont l’objectif principal est de diminuer fortement l’occurrence des enchaînements événementiels. A titre d’exemple. D’une façon générale. il ne faut pas se limiter à une étude a posteriori des accidents mais plutôt mener des investigations a priori pour éviter que ceux-ci ne se reproduisent. De plus. d’ordre économique. la prévention des risques s’impose S’intéresser a posteriori aux accidents technologiques majeurs permet de mieux comprendre la genèse des événements qui en sont la source. Il est difficile de séparer les aspects techniques des aspects économiques et sociaux dans ces systèmes.  Des systèmes industriels complexes et par conséquent des accidents majeurs complexes La plupart des systèmes industriels sont des systèmes complexes avec des interactions fortes entre les éléments techniques et humains qui les composent . Les accidents qui se produisent dans ces systèmes complexes sont par conséquent de nature complexe. S’intéresser au domaine du risque conduit donc à s’intéresser au domaine de la complexité . des contraintes économiques peuvent avoir un impact très négatif sur la politique de maintenance et/ou de recrutement et donc être génératrices de risques. ces causes peuvent être classées suivant différentes familles de dysfonctionnements : d’ordre technique.

En effet. Les conditions liées à l’environnement ont eu un effet aggravant : en absence de vent cette nuit là. De nombreux dysfonctionnements dont les origines sont de natures différentes se couplent pour déclencher un scénario événementiel générateur d’accident avec des conséquences qui peuvent se révéler catastrophiques. Des dysfonctionnements techniques (alarmes et capteurs défaillants) et humains (problème de communication et de culture) ont conduit à différer l’alerte. avec des difficultés rencontrées dans la vente des biens produits. Les ouvriers ne lisaient que l’hindi et les consignes et documents étaient rédigés en anglais (dysfonctionnement d’ordre social et organisationnel). il faut remonter plus encore le temps et s’intéresser à la création du site industriel dans les années 1970. le nuage de gaz toxique a stagné sur la ville. Ce sont souvent ces seuls faits qui sont relevés pour expliquer l’accident de Bhopal. Dans le cas de Bhopal. Les débouchés importants en termes de marché étaient attractifs pour le groupe industriel. Cet accident s’est déroulé dans une usine qui produisait des pesticides. il est évident que l’ensemble des dysfonctionnements . Les services de secours n’ont pas la capacité d’intervention suffisante pour porter secours et évacuer la population (dysfonctionnement organisationnel . Ces difficultés d’ordre économique avaient conduit le groupe propriétaire du site à diminuer son activité et à muter certains des cadres confirmés qui y travaillaient. La main d’œuvre employée au moment de l’accident était donc mal formée et les moyens de communication inadaptés. l’installation de groupes industriels étrangers en Inde était fortement encouragée par le gouvernement indien. En fait. A ces conséquences directes. Cette sphère aurait pourtant permis une vidange partielle du réacteur lors de l’accident. La population des bidonvilles situés à proximité du site (dysfonctionnement réglementaire qui a conduit à une urbanisation dense en périphérie immédiate du site) est alertée tardivement. s’ajoute une pollution chronique qui n’est à ce jour pas réglée. avec plus de 3800 morts et 360000 victimes à des degrés divers.L’exemple de la catastrophe de Bhopal en Inde (2 et 3 décembre 1984) illustre bien cette complexité. dite réaction d’hydrolyse exothermique). Des dysfonctionnements techniques sont à l’origine du non fonctionnement des systèmes redondants prévus pour la capture et la neutralisation du méthyl-isocyanate en sortie du réacteur. Pour connaître des causes encore plus profondes. La sphère de stockage prévue pour une vidange d’urgence était employée pour faire face à ce problème de stockage des matières premières. Il a eu des conséquences catastrophiques sur la population.  Des mois et des années avant l’accident Prendre un peu de recul par rapport aux causes directes permet de trouver des causes plus profondes. Le contexte économique du groupe propriétaire du site industriel était peu favorable au moment de l’accident. mais il fallait absolument tenir compte d’un contexte social et politique régional particulier. C’est un dysfonctionnement d’ordre stratégique et politique pour le groupe industriel. A cette époque. et sur l’environnement. des produits chimiques toxiques polluent le sol et la nappe phréatique car les vestiges du site n’ont pas été dépollués suite à l’accident. Les stocks étaient par conséquent à saturation. Cette implantation était possible sur l’aspect réglementaire. ces systèmes étaient inopérants à cause d’un problème de maintenance (dysfonctionnement organisationnel).manque de prévision).  Le jour de l’accident Un dysfonctionnement organisationnel a conduit des opérateurs à injecter accidentellement de l’eau dans un réacteur contenant du méthyl-isocyanate qui est un produit très toxique et réagissant avec l’eau (réaction violente. ce qui n’a pas été fait à l’époque. en cas d’accident.  Un accident complexe mais également un accident prévisible L’analyse des causes de cet accident démontre clairement qu’un accident n’est rarement le fait d’une seule cause.

seules 13% le sont suite aux conséquences d’un accident technologiques . o origine géomorphologique : mouvement de terrain. Trois grands types d’origine pour les phénomènes naturels peuvent être distingués : o origine géophysique : séismes et volcans. cyclones. o origine hydro-météorologique : cyclones. tsunamis). car les données peuvent se révéler disparates. La canicule et la sécheresse dues à l’intensité des températures estivales conduisent à des conséquences redoutables en termes de santé publique. rupture de barrage ou de digue). Les phénomènes climatiques (ouragans. cyclones.relevés avant l’accident témoignaient d’une situation pré-accidentelle chronique : il devenait difficile voire impossible d’éviter un accident majeur. partielles et de qualité très différentes selon les pays concernés. inondations. Les variations climatiques ou les désordres météorologiques sont le plus fréquemment à l’origine des catastrophes.3 millions de victimes mortes ou disparues. Celui-ci peut être à cinétique lente ou rapide (crues torrentielles. tempêtes. Le nombre de catastrophes à l’échelle du globe aux cours des trois dernières décennies montre une disproportion flagrante entre catastrophes naturels et accidents technologiques. etc. . Les risques naturel Les grandes catastrophes naturelles  Une histoire beaucoup plus ancienne que celle des risques technologiques Les aléas naturels dépendent essentiellement de l’environnement. sécheresse. etc. avalanches. Le phénomène géologique dû au déficit en eau est le plus coûteux après les inondations. L’inondation liée à la crue d’un cours d’eau est un phénomène naturel très préoccupant. etc) sont responsables de 44% des pertes humaines. Il perturbe l’équilibre du sous-sol et fragilise les bâtiments. Le montant des pertes matérielles et économiques provoquées par les catastrophes naturelles affichent une forte progression depuis 1990 avec des moyennes annuelles de l’ordre de 20 milliards de dollars (données estimées à partir des biens assurés indemnisés). 7 en Afrique et 4 en Amérique Latine. les séismes entraînent des dégâts importants. Ils se produisent dans les régions situées à la frontière des plaques tectoniques qui peuvent être des régions où la densité humaine est très grande (Californie par exemple). L’homme n’exerce une influence sur ce type d’aléas que depuis qu’il a mené des actions sur l’aménagement des territoires. Les séismes s’inscrivent dans le bilan pour près de la moitié des catastrophes avec 40% des pertes humaines. Les 6 autres se sont produites en Europe et Japon.  Une inégale répartition des catastrophes à l’échelle du globe Il est difficile d’établir des bilans fiables en ce qui concerne les catastrophes naturelles. A plus grande échelle spatiale. Celles-ci sont pourtant des lieux géographiques fortement urbanisés et donc exposés. Les catastrophes se répartissent de façon très inégales entre les pays dits ‘riches’ et ceux en ‘voie de développement’ : o sur les 40 catastrophes les plus meurtrières dans le monde. Sur un total de 1. Les cinétiques de ces phénomènes peuvent se révéler très différentes : ils peuvent être brusques et soudains pour certains d’entre eux (séismes) et lents pour d’autres (sécheresse). inondations. 25 ont eu lieu en Asie (inondations. Toutes les grandes vallées sont exposées à ce phénomène de crue. Les zones urbaines sont les plus touchées (66% des victimes y sont dénombrés) soit un nombre moyen de victimes compris entre 30000 et 40000 citadins par an .

Le niveau de la mer était anormalement haut (de presque un mètre) du fait des vagues et du vent important soufflant près des côtes de la méditerranée et ceci a eu pour conséquence une gêne à l’évacuation des eaux fluviales. o l’accroissement du ruissellement sur les bassins versants du fait d’une évolution des pratiques agricoles. Le régime d’écoulement des eaux a ainsi été modifié sur beaucoup de cours d’eau avec pour conséquences : o de favoriser un écoulement plus rapide en temps normal mais malheureusement également en période de crues. des Pyrénées orientales. 36 personnes décèdent lors de cette catastrophe naturelle dont le coût est estimé à 533 millions d’euros. Une inondation qui résulte de crues brutales : cas du département de l’Aude en novembre 1999  Un processus naturel classique mais particulièrement intense Pour illustrer les propos précédents.  Des conséquences aggravées par l’urbanisation et la rupture des digues Des flots boueux submergent plusieurs villages des versants des montagnes jusqu’aux basses plaines. Des pics de 2.o  sur les 40 catastrophes les plus coûteuses. que les eaux des affluents de l’Aude atteignent les basses plaines.  Impacts des urbanisations inconséquentes Il est maintenant reconnu que le changement climatique a pour effet d’amplifier les conséquences de ces processus naturels. Les communes du littoral resteront sous les eaux plusieurs jours. disparition des champs naturels d’expansion des crues. les conséquences sont d’autant plus graves que l’exposition des systèmes sociotechniques est importante. Les maisons sont éventrées et des personnes emportées sur le passage des flots. constructions dans le lit des rivières. Les pluies s’abattent pendant deux jours sur la région inondant une surface de 5000 km2. Par contre. la région de l’Amérique du Nord est la plus touchée avec 22 catastrophes (cyclones et séismes) suivie de l’Europe occidentale avec 8 catastrophes. prenons pour exemple les inondations dans le département de l’Aude en 1999. . Cette exposition est souvent le fait d’une urbanisation qui ne prend pas en compte la prévention des risques. Les rivières se transforment en torrents. La tendance est ici strictement opposée à la précédente. Des nuages se forment et provoquent des pluies d’une intensité proche de celle connue pour les pluies cycloniques tropicales. les causes des processus à l’origine des catastrophes naturelles sont la plupart du temps indépendantes de l’homme. Ce processus est habituel en Méditerranée au cours de l’automne. L’urbanisation et l’aménagement du territoire peuvent constituer des facteurs aggravant sur les inondations (imperméabilisation des sols. de l’Hérault et du Tarn. Celles-ci sont déjà gorgées d’eau. Le vent très puissant se met à souffler sur la Méditerranée vers les départements de l’Aude. …). L’urbanisation est dense à proximité de ces cours d’eau.5 litres d’eau par mètre carré et par minute sont relevés. Ce n’est que 24 heures après le début des précipitations (le 13 novembre au matin). En effet. Des ruptures de digues de protection se produisent sous la pression des eaux qui aggravent la situation et recouvrent des lotissements d’une hauteur d’eau de plus de deux mètres. Pas de risque zéro également dans le domaine des processus naturels Il est également évident que le risque zéro n’existe pas dans le domaine du risque naturel. un changement de direction du vent le matin du 12 novembre 1999 annonce un épisode de précipitations intenses. Après un automne relativement sec. Il se charge en vapeur d’eau au contact de la mer (encore chaude à cette époque) et les masses d’air ainsi générées se refroidissent en altitude dans les Cévennes et les Pyrénées Orientales. Les sols très vite saturés en eau ne peuvent plus absorber celle-ci qui va se déverser sur l’ensemble de la région de façon brutale entraînant des crues rapides avec des débits colossaux.

L’échelle globale des catastrophes comporte néanmoins plusieurs niveaux : de l’accident (pertes humaines inférieures à 10 personnes et pertes financières inférieures à 15 millions d’euros) à la catastrophe gigantesque (plus de 100000 morts et des pertes financières allant de 100 millions d’euros à 15 milliards d’euros).o la diminution sensible des champs d’expansion des crues (construction de digues et de remblais). aléas. 2001). il est important de caractériser la résistance (sa capacité à résister face à un événement non souhaité) et la résilience (sa capacité à récupérer un fonctionnement normal suite aux conséquences d’un événement non souhaité) du système. la prévention des risques dans le cadre d’un aménagement des territoires réfléchi et maîtrisé semble incontournable. etc. La vulnérabilité dépend des éléments exposés et de leurs résistances. La vulnérabilité d’un système sera d’autant plus faible que sa résilience sera grande. L’aléa. La probabilité d’occurrence temporelle dépend de facteurs déclenchants naturels ou anthropiques. Dans ce contexte. L’intensité traduit l’importance d’un phénomène (Dauphiné. forte) ou quantitativement (période de retour de 10 ans. Pour l’aléa inondation. Les enjeux et la vulnérabilité sont liés à la présence humaine (personnes. peut être représentée dans le diagramme de Farmer. comme pour le risque technologique. Cette définition de la vulnérabilité semble trop restrictive et lui est opposée. depuis une dizaine d’année. des « presque accidents » peuvent avoir lieu et révéler une situation pré-accidentelle. doit être défini par une intensité (pourquoi et comment ?). Pour l’inondation (événement non souhaité). Cette mesure s’exprime souvent en termes de gravité et probabilité et. L’effet domino traduit un couplage entre processus : la conséquence d’un processus père est la cause d’un processus fils. vulnérabilité La définition usuelle donnée pour le risque naturel est la suivante : (Risque) = (aléa) x (enjeu) Le risque est donc la confrontation d’un aléa (phénomène naturel dangereux) et d’une zone géographique où existent des enjeux qui peuvent être humains. une occurrence spatiale (où ?) et temporelle (quand ?. Ces derniers constituent donc les cibles impactées par l’aléa. Notions de risque et d’aléa Un premier point de vue : ‘Le risque lié aux activités industrielles et anthropiques’ Au-delà des accidents spectaculaires dont l’opinion publique est informée a posteriori ou en subit les conséquences. La résilience mesure la capacité du système à absorber le changement et à persister au-delà d’une perturbation (une catastrophe par exemple). infracstructure. ce tableau donne la hauteur d’eau (en ligne) et la durée des précipitations (en colonne). Elle peut être mesurée (hauteur d’eau pour une inondation. durée ?). Les enjeux sont les structures. Elle peut être estimée qualitativement (négligeable. la société doit répondre à deux questions fondamentales : . Il s’agit de phénomènes ou de conjonction de phénomènes dont les effets sont particulièrement dommageables. Le risque est donc considéré comme une mesure de la situation dangereuse qui résulte de la confrontation de l’aléa et des enjeux. enjeux. vitesse de déplacement). L’aléa est défini par un certain nombre de processus naturels qui peuvent donner lieu à des effets dominos. Elle est caractéristique d’un site à un moment donné. Il est souvent nécessaire de dresser un tableau à double entrée pour caractériser l’aléa (intensité. L’implantation d’activités humaines dans une zone géographique inondable constitue l’élément directement responsable des conséquences catastrophiques d’un événement. économiques ou environnementaux. 30 ans. Face à un risque naturel donné. les populations et l’environnement directement ou indirectement touchés par l’aléa. L’extension spatiale de l’aléa est plus difficile à estimer (avalanche ou mouvement de terrain par exemple). magnitude d’un séisme) ou estimée (durée de submersion. …) et sont difficiles à définir. La probabilité d’occurrence spatiale est conditionnée par des facteurs de prédisposition ou de susceptibilité (géologique par exemple). activités économiques. ou événement ou processus. Risques. Il n’existe pas de vulnérabilité intrinsèque mais une vulnérabilité pour chacun des aléas concernés. durée). Dans ce contexte. habitations. comportements. La durée du phénomène doit être également prise en compte (durée considérée pour les précipitations pluvieuses). Elle est modulable et évolutive en fonction de l’activité humaine. 100 ans). une nouvelle définition qui traduit la fragilité d’un système dans son ensemble et sa capacité à surmonter la crise provoquée par l’aléa . faible. l’aléa est constitué des pluies torrentielles qui ont pour conséquences des inondations et des rivières en crues. Un second point de vue : ‘Les risques naturels’ Accidents et catastrophes L’événement non souhaité aux conséquences les plus graves dans le domaine du risque naturel est souvent défini comme ‘catastrophe naturelle’ .

.  les Cindyniques. Sources. Principe de l’approche MADS Principe de l’approche MADS Cette approche et le modèle systémique qui lui est associé ont été développés par une équipe de recherche de l’Université de Bordeaux I en collaboration avec des ingénieurs du CEA. représenté ci-dessous. l’écosystème et l’installation » . L’approche MADS (Méthodologie d’Analyse des Dysfonctionnements dans les Systèmes) a pour objet d’appréhender les événements non souhaités (ENS) caractérisés comme les « dysfonctionnements susceptibles de provoquer des effets non souhaités sur l’individu. cibles et flux sont immergés dans un champs de danger qui peut influencer l’état du système source mais également l’effet sur les cibles et le flux. Il est donc important de définir l’objet de l’étude et les modèles se rapportant aux risques et proposer ainsi un cadre théorique à l’étude des risques. des concepts nouveaux ont été proposés dans ce cadre :  la Méthodologie d’Analyse des Dysfonctionnements des Systèmes (MADS). celle-ci dépend essentiellement des sociétés exposées aux risques. Les modèles ne sont qu'une représentation de la réalité. Cette approche est basée sur le modèle de processus de danger. qui a pour objet de décrire l’enchaînement des événements conduisant à une situation dangereuse. Le processus relie les processus sources de danger aux processus susceptibles d’être affectés au niveau de la cible. Les sciences physiques par exemple ont pour objet d’étudier la matière. avec des modèles de représentation des phénomènes s’y rapportant et les lois associées. énergie. L’approche s’appuie sur une vision systémique du système considéré . quel degré de protection est souhaité ?  quel niveau de risque peut être accepté ? L’acceptabilité est donc également une dimension incontournable pour le risque naturel. Cette partie présente une description des modèles de représentations du risque proposés. Comme précédemment mentionné. Modèles de représentation du risque Vers une science du risque Toutes les sciences s’appuient sur des modèles qui leurs sont propres. En France. La liaison s’effectue par l’intermédiaire d’un flux de danger (matière. La Méthode Organisée Systémique d’Analyse des Risques (MOSAR) développée par Périlhon est l’outil qui est associé à cette approche. la population. information) orienté de la source vers la cible.

Fort heureusement. L’événement terminal est la présence de CO dans l’atmosphère avec un effet toxique sur les cibles (individu. système technique. L’aléa est constitué d’une chaîne causale qui va de l’événement initiateur (fortes précipitations dans ce cas) à l’événement terminal (inondation). pour que le processus de danger puisse se réaliser. Les enjeux et la vulnérabilité concernent les cibles exposées (usines dans ce cas). la probabilité que l’enchaînement des événements conduise à un impact sur les cibles est la suivante si les fortes précipitations peuvent être considérées comme seul événement initiateur : P(Impact sur les cibles)=P(EI1)xP(SD)xP(ED)xP(F)xP(ET) Ces niveaux de probabilité sont souvent évalués à partir de l’analyse du retour d’expérience (analyse des événements non souhaités s’étant produits dans des conditions identiques). L’événement initiateur peut être considéré comme la cause de l’activation de la source de danger qui se traduit par l’occurrence d’un événement initial générateur d’un flux. flux d’énergie (énergie cinétique). une bouteille contenant un gaz toxique : le monoxyde de carbone CO. Différents flux caractérisent ce processus de danger : flux de matière (gaz). Un processus de danger qui prend une source de danger de l’environnement naturel est présenté ci-dessous. population. Seule leur activation peut conduire à une situation accidentelle. La conséquence d’un processus peut être la cause d’un autre processus. par exemple. les sources de danger sont systématiquement présentes dans l’environnement.  en terme de gravité : . d’un événement initial et d’une ou plusieurs cibles. d’un événement initiateur. corrosion externe. Les événements initiateurs possibles peuvent être multiples : choc. les notions d’aléas et de vulnérabilité peuvent être définies par rapport au modèle du processus de danger. la rupture de confinement. Comme décrit sur le schéma précédent. Exemples de processus de danger Considérons comme source de danger. Modèle du processus de danger appliqué à un cours d’eau Des scénarios couplant plusieurs processus peuvent être construits en utilisant ce modèle. il y a beaucoup moins d’accidents qu’il n’y a de sources de danger. population). Il faut qu’il y ait présence simultanée dans l’espace et le temps (champ de danger) d’une source de danger. environnement) conduisant à des effets divers. L’événement initial est donc. pour ce système. de matière et d’information. flux d’information (bruit). Ce flux peut être un flux d’énergie.Modèle du processus de danger De manière générale. La finalité du contenant (bouteille) est de maintenir confiné le contenu (gaz monoxyde de carbone). Pour l’exemple du processus de danger sur le cours d’eau. Un des dysfonctionnements redoutés pour cette bouteille est la perte de confinement du CO (non atteinte de la finalité du système). L’événement déclencheur ou événement initial est dans ce cas le débordement du cours d’eau. Le couplage entre processus s’effectue entre événements terminaux et événements initiateurs. Celles-ci sont donc souvent présentes à l’état latent. Il provoque un événement terminal qui peut avoir un impact sur les cibles exposées (individu. corrosion interne. Quantification des risques Le processus de danger peut être également évalué quantitativement :  en terme de probabilité : Il est nécessaire d’avoir concomitance des différents événements constituant la chaîne causale entre événement initiateur et événement terminal pour que l’ENS se produise.

Un exemple de grille de criticité est donné ci-dessous. De récents travaux. par exemple. Cette méthode repose sur la notion d’hyperespace de danger. Cette situation doit être limitée dans le temps et dans l’espace.  Indice 5 : Conséquences catastrophiques. Le regard qui est porté sur la situation de danger peut se faire par référence aux 5 dimensions de danger qui constituent l’hyperespace du danger :  la dimension des faits de mémoires de l’histoire et des statistiques : il s’agit des informations stockées dans les banques de données qui exploitent le retour d’expérience. qui avaient pour objet de développer une méthode d’analyse globale des risques en entreprise ont permis d’étendre l’utilisation de la méthode MADS-MOSAR aux sphères économiques. Destruction complète du système. Plusieurs personnes blessées grièvement. éclairage insuffisant. Pollution de l’environnement par émission importante ou répétée d’un produit de toxicité élevée. . organisationnelles et environnementale. Ces modèles dépendent bien évidemment de la typologie du risque considéré. pour les deux indices extrêmes :  Indice 1 : Conséquences mineures. organisationnelles Le modèle MADS est essentiellement appliqué aux systèmes techniques. La prise en compte du facteur humain et des défauts d’organisation n’était pas prévue initialement. ou mort d’un ou plusieurs individus. vert=acceptable) et niveaux de fréquence Les niveaux de fréquence sont caractérisés par un indice qui représente une valeur de probabilité ramenée à une unité qui peut être une durée de référence (par an. Le nombre de niveaux de gravité et de fréquence ainsi que les domaines de risques acceptables. vibrations. odeurs. Le concept des cyndiniques Le concept des cindyniques a été développé essentiellement sous l’impulsion de Kervern . Pas de blessure de personnes. Ce paragraphe décrit les principes fondateurs de ce concept. Dans la plupart des analyses de risque. Les conséquences de l’ENS sont caractérisées par l’indice de gravité avec. Extension de l’application de MADS vers les sphères économiques. Destruction de biens ne mettant pas en cause l’intégrité ou la mission du système. d’une explosion ou de dispersion de polluants dans le domaine des risques technologiques. A titre d’exemple. juridiques. par jour. Exemple de grille de criticité (rouge=inacceptable. différents modèles permettent de simuler les effets d’un incendie.Des modèles déterministes permettent d’estimer les niveaux de gravité. orange=tolérable. …). des niveaux discrets de probabilité et de gravité sont définis. juridiques. tolérables et inacceptables sont définis par les acteurs de l’étude avant de débuter les processus d’identification et d’analyse des risques. Les aspects théoriques sont détaillés dans l’ouvrage de référence de Kervern . Inconfort dans le travail (bruit. Les réseaux d’acteurs inclus dans l’étude doivent être connus. Ils représentent l’effet sur les cibles des effets terminaux des processus de danger activés. par heure) ou à une sollicitation (défaillance dans la mise en fonctionnement d’un système). La situation de danger doit être précisée lors d’une première étape de l’étude. L’application des cindyniques a été explorée notamment par Verdel dans le domaine du génie civil.

règlements.  déficits organisationnels : la subordination de la sécurité à d’autres fonctions créatrices de risque et la dilution de responsabilités .  la dimension des systèmes de valeurs fondamentales.…). la dimension des représentations et modèles élaborés à partir des faits : elle regroupe les connaissances qui servent d’appui aux calculs permettant de quantifier le risque (domaines de la physico-chimie. l’absence de procédures écrites. l’absence d’un programme de formation du personnel et l’absence de préparation aux situations de crise. pour chacun des réseaux (personnes ou groupe de personnes) impliqués dans les situations à risque. . du simplisme. de la non communication et du nombrilisme .  identifier les déficits : pour chaque acteur. Ces déficits sont au nombre de dix. Ils ont été constitués à partir d’enquêtes post-accidentelles). standards et codes déontologiques. d’expliciter ses finalités. La démarche d’identification des risques à l’aide du concept des cindynique consiste à :  définir la situation de danger : préciser le champ de l’étude à savoir les limites de temps et d’espace et les réseaux d’acteurs inclus dans l’étude . de la résistance des matériaux. L’objectif de cette méthode est de rechercher l’ensemble des déficits systémiques cindynogènes de l’organisation qui peuvent générer un danger.  la dimension des normes. des sciences de la terre. accident de la navette Challenger en janvier 1986 et catastrophe de Tchernobyl en avril 1986) et met ainsi en relief de nombreux déficits systémiques cindynogène. identifier les déficits systémiques cindynogènes mentionnés précédemment .  définir l’hyperespace de danger : préciser le « regard » porté sur cet ensemble à travers les cinq dimensions citées précédemment (associer à chaque réseau d’acteurs un état des lieux des cinq dimensions) . Ces déficits sont regroupés en trois grandes familles :  déficits culturels : cultures de l’infaillibilité.  déficits managériaux : l’absence d’un système de retour d’expérience. Kervern décrit les différentes situations précédent des accidents technologiques majeurs (catastrophe de Bhopal en décembre 1984. Hyperespace du danger Le danger résulte d’une part des déficits dans chacune de ces dimensions (les déficits systémiques cindynogènes) et des contradictions entre les dimensions (disjonctions) mais également des dissonances entre deux ou plusieurs réseaux d’acteurs. lois.  la dimension des objectifs qui permet.

Un exemple d’arbre des défaillances ainsi qu’un exemple d’arbre des événements sont donnés ci-dessous à titre d’exemple. Certaines doivent produire une étude de danger et une étude d’impact pour obtenir l’autorisation d’exploiter. administratives ou encore institionnelles). L’étude de danger permet de recenser les différents risques auxquels est soumise l’installation et d’estimer la portée des conséquences d’un accident. 2005) indique que cette démarche offre un fort potentiel pour l’identification des risques au sein des organisations (industrielles. Ces outils permettent de construire des scénarios avec des liens de causalités entre différents événements qui participent à la genèse de l’accident. commerciales. Ces méthodes permettent de recenser l’ensemble des sources de danger présentes dans le système étudié à partir de grilles de référence. Verdel (Verdel. des outils de sûreté de fonctionnement peuvent être utilisés pour affiner l’étude . Exemple d’arbre des défaillances . les différences entre les hyperespaces tels qu’ils sont. Pour les systèmes présentant des niveaux de risques très importants. Caractérisation et évaluation des risques technologiques et naturels Caractérisation et évaluation des risques technologiques majeurs Différents outils et méthodes peuvent être utilisés pour identifier et analyser les risques. Pour l’identification des risques. deux méthodes sont principalement pratiquées : l’Analyse Préliminaire des Risques (APR) et la Méthode Organisée Systémique d’Analyse des Risques (MOSAR). Elle est en effet plus générale et englobante et donc plus facile à mettre en œuvre pour des systèmes non technologiques. identifier les dissonances : les différences entre les hyperespaces des différents réseaux d’acteurs. Différentes méthodes d’identification et d’analyse des risques peuvent être utilisées à cette fin . tels qu’ils sont perçus et/ou voulus (entre le réel et la perception que les acteurs en ont). Il s’agit des arbres de défaillances et des arbres des événements pour les outils dits statiques et des chaînes de Markov et des réseaux de Petri pour les outils dynamiques . Quels outils pour l’identification et l’analyse des risques ? Les industries qui présentent des niveaux de risques importants sont soumises à la réglementation des Installations Classées Pour l’Environnement (ICPE).

m. . Ces niveaux de flux permettent donc de définir une cartographie des risques autour des installations classées à haut risque. Pour le risque incendie. aura ses propres contraintes en termes d’urbanisme. L’algèbre booléennepermet de traiter mathématiquement ce type d’arborescence et de déterminer facilement les coupes de l’arbre. Les étapes de cette norme peuvent être résumées ainsi :  analyse des risques : définition des objectifs.  évaluation des risques : choix des critères de risque pour estimer l’importance de chacun. modèle de gaz lourd (densité par rapport à l’air supérieure à 1) et modèle de champs qui prennent en compte l’effet de la présence d’obstacles et du relief sur la dispersion des polluants. il y a deux scénarios possibles :  scénario 1 : ENS = C et R et E  scénario 2 : ENS = C et R et S. Les modèles qui permettent d’estimer ces niveaux sont multiples (INERIS. Pour plus de précision.2 : seuil des effets irréversibles correspondant à la zone des dangers significatifs pour la vie humaine.m.  traitement et maîtrise des risques : sélection des mesures/actions visant à limiter l’occurrence et la gravité.m.  5 kW. mise en œuvre. des formules empiriques ont été publiées pour une estimation des niveaux de flux lumineux reçus par une cible. Pour cet exemple. suivi et contrôle. Il permet de décrire tous les scénarios d’accidents (les coupes de l’arbre) qui permettent d’atteindre l’ENS. L’exemple donné correspondant au fonctionnement des différentes parades techniques et organisationnelles mises en œuvre suite à une fuite de gaz toxique avec le calcul de la probabilité d’obtenir une fuite maîtrisée dans un délai raisonnable.2 : seuil des effets dominos sur les structures (densité de flux thermique permettant de générer un mélange gazeux inflammable à partir de la dégradation par pyrolyse des matériaux combustibles exposés).  12. Pour l’estimation des effets d’une explosion. Quels outils pour l’estimation des conséquences ? Les effets des accidents majeurs peuvent être caractérisés à partir du rayonnement thermique pour le risque incendie. des modèles empiriques sont usuellement utilisés (modèle de l’équivalent TNT (TriNitriToluène) ou modèle multi-énergie par exemple). La modélisation de la dispersion des polluants s’effectue principalement avec trois types de modèles : modèle gaussien pour des gaz dont la masse volumique est proche de celle de l’air. Cette méthode est une méthode d’analyse des risques a priori de type déductive. Chacune des zones.2 : seuil des premiers effets létaux correspondant à la zone des dangers très graves pour la vie humaine. les valeurs seuils de référence (définies pour le rayonnement thermique) qui permettent de caractériser les effets d’un incendie sont les suivantes :  3 kW. Quelle démarche générale pour la gestion des risques ? La norme française ISO/CEI Guide 73 précise les différentes étapes qui constituent la démarche d’analyse et de gestion des risques. estimation des risques. L’arbre des événements est un outil qui permet d’étudier quelles sont les conséquences d’un ENS suivant le fonctionnement des parades qui sont mises en place pour limiter la gravité des effets de l’ENS sur son environnement. Ces scénarios sont constitués de l’ensemble des événements élémentaires qui doivent se produire de façon concomitante pour que l’ENS se produise. 2003). délimitées en considérant les valeurs seuils précédentes. de la surpression générée par l’onde de pression pour le risque explosion et de la dose de polluants reçue pour le risque dispersion de polluants. identification des sources et des risques. A titre d’exemple.6 kW.Exemple d’arbre des événements L’arbre des défaillances correspond à l’événement non souhaité ‘Incendie/explosion’ suite à la rupture d’une canalisation contenant du gaz naturel. l’expert peut se tourner vers des modèles détaillés (modèles de champs) qui permettent d’affiner les résultats.

 connaissance des aléas (processus). avec la CARIP (Commission d’Analyse des Risques et de l’Information Préventive) recense les communes soumises à des risques naturels ou technologiques et réalise le DDRM (Dossier Départemental des Risques Majeurs). Une information géographique désigne toute information (coordonnées géographiques ou cartographiques et légende) sur des objets ou des phénomènes localisables à la surface de la terre.Ces différentes étapes peuvent être résumées sous une autre forme d’après le schéma suivant : Démarche générale pour la gestion des risques Pour chaque risque identifié. Caractérisation et évaluation des risques naturels Quelle démarche générale pour la gestion des risques naturels ? Dans le domaine des risques naturels. carte des aléas. politiques. d'élaborer et de présenter des informations localisées géographiquement (géoréférencées). C’est l’ensemble des dispositions qui visent à réduire les impacts d’un phénomène :  inventaire des aléas et enjeux. le maire organise l’information de ces concitoyens dans les zones à risques dans le cadre du DICRIM (Dossier d’Information Communal sur les Risques Majeurs). En matière d’aménagement.  prévision et alerte (surveillance) qui dépendent du type d’aléa concerné.  plans de secours et gestion de crises. Il s’agit de systèmes informatiques qui permettent. de rassembler. la réduction du niveau de risque est atteinte principalement par des mesures de prévention. il existe plusieurs solutions tant en traitement (protection et/ou prévention) qu’en financement. de gérer. etc. sociaux.  réglementation de l’occupation du sol avec la cartographie préventive et le Plan de Prévention des Risques Naturels (PPRN). Les PPRN ont pour objet de délimiter les zones exposées à des risques naturels prévisibles et de définir les mesures de prévention. Un compromis doit être trouvé pour atteindre les objectifs du système considéré en fonction des critères techniques. Ces documents permettent au maire de mettre en place le PCS (Plan Communal de Sauvegarde) qui décrit l’organisation de la sauvegarde des populations en cas d’accident majeur. bien que des mesures de protection puissent être mises en œuvre. à partir de diverses sources. d'organiser. financiers. Un SIG . les Systèmes d'Information Géographique (SIG) sont très souvent utilisés. Le PPR (Plan de Prévention des Risques) comporte une note de présentation ainsi qu’un ou plusieurs documents graphiques (carte informative des phénomènes naturels historiques et actifs . Les risques technologiques sont décrits dans le PPRT avec un principe d’élaboration assez similaire à celui du PPRN. L'ensemble des informations géographiques intégrées forment une base de données géographiques. zonage réglementaire). de protection et de sauvegarde à prendre par les collectivités publiques ou les particuliers.  information des populations : le préfet dans chaque département. carte des enjeux. d'analyser et de combiner. le maire élabore les plans d’occupations des sols (POS) ou le plan local d’urbanisme (PLU). Pour la gestion des risques naturels.

données chiffrées. etc) et de faire des requêtes (classiques et spatiales). . photos aériennes. cartes.permet par exemple de gérer des informations de divers types (images satellites. bases de données.