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Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

44 Transgénèse
45 Thérapie cellulaire
46 Protéomique
47 Thérapie génique
48 Génomique fonctionnelle à grande échelle
49 Techniques de criblage et de synthèse à haut débit
50 Vectorisation 189
51 Ingénierie des anticorps monoclonaux
52 Vaccins recombinants
53 Alimentation pour le bien-être et la santé
54 Contrôle des allergies alimentaires
55 Imagerie et instrumentation associées aux sciences du vivant
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LES TECHNOLOGIES CLÉS


Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

Des grands enjeux aux technologies clés

Amélioration des processus


« indudstriels »

Nutrition

49

46
53
44 55
54
48

50
45

47 52
Santé publique
(nouveaux traitements)
51

190

Le secteur des technologies du vivant, de la santé et


de l'agroalimentaire a été considéré
mentaire, la pharmacie, les produits de
toilette (dont les parfums) et détergents

technologies du comme correspondant au domaine des


besoins quotidiens. Ce dernier rassem-
et enfin le textile et l'habillement, le cuir
et les chaussures. Plusieurs de ces
vivant, de la santé et ble les activités industrielles et les servi- domaines sont des contributeurs de

de l'agroalimentaire ces qui leur sont liés, et qui ont pour


vocation de répondre aux obligations et
tout premier plan dans la balance com-
merciale française : l'agriculture et l'in-
aux besoins ordinaires de tout individu : dustrie agroalimentaire, la pharmacie,
se nourrir, se soigner, s'habiller... les cosmétiques.
Le contexte Ce secteur, dont le chiffre d'affaires HT
en France, en 2004, atteint 278 Md€,
Dans le cadre de l'étude, le secteur des inclut l'agriculture, l'industrie agroali-

Chiffre d'affaires Salariés Entreprises(a)


HT (Md€) (milliers)
Agriculture 60,9(b) 900 662 000(c)
Industrie agroalimentaire 125,5 386 3 182
Pharmacie 46,0 98,4 277
Produits de toilette (dont les parfums) et détergents 20,4 52,1 293
Textile et habillement, cuir et chaussures 25,4 161,1 2156
Total 278,2 1 597,6

a : entreprises de 20 salariés et plus


b : production (prix de base)
c : exploitations agricoles : recensement agricole 2000
Source : Chiffres clés des industries - enquête annuelle entreprises 2004 (Sessi - juillet 2005) et SCEES (2004)
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LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


Chiffre d'affaires Salariés Entreprises(a)
HT (Md€) (milliers)
Industrie des viandes 30,6 127,6 1 019
Industrie du poisson 3,0 13,6 150
Industrie des fruits et légumes 6,5 22,0 164
Industrie des corps gras 1,7 2,0 28
Industrie laitière 24,3 57,3 321
Travail des grains 4,8 12,1 113
Fabrication d'aliments pour animaux 9,7 19,2 208
Autres industries alimentaires 25,8 93,3 754
Industrie des boissons 19,1 38,9 425
Total industrie agroalimentaire 125,5 386 3 182

(a) : entreprises de 20 salariés et plus


Source : Chiffres clés de l'industrie agroalimentaire Agreste -enquête annuelle d'entreprise sur les IAA - Résultats provisoires 2004

De manière plus générale et compte baisse de 7,4 % par rapport à 2003), l'in-
Agriculture
tenu du relatif ralentissement attendu dustrie agroalimentaire est en 3e posi-
Au niveau européen, l'agriculture contri-
de la croissance démographique au tion derrière l'automobile et les biens
bue pour 2,1 % à la valeur ajoutée totale,
niveau mondial, on s'attend à ce que la d'équipement comme contributeur à la
et occupe 6,3 millions de personnes.
croissance de la demande mondiale de balance commerciale française, et reste
Les dix nouveaux pays membres inté-
produits agricoles, qui était en moyenne le 1er exportateur mondial de produits
grés à l'UE le 1er mai 2004 contribuent
de 2,2 % ces 30 dernières années, transformés.
pour 9 % à la production agricole de l'UE
chute à 1,5 % par an dans les 30 pro- L'industrie agroalimentaire est un
(la Pologne, la Hongrie et la République
chaines années. Dans les pays en dé- débouché majeur pour l'agriculture
tchèque sont les plus importants contri-
veloppement, le ralentissement sera nationale dont elle transforme plus de
buteurs).
encore plus spectaculaire, de 3,7 % à 70 % des produits. La valeur ajoutée de 191
En France, le secteur emploie près de
2 %. la transformation dépasse celle de la
900 000 UTA1 dont 630 000 non sala-
production agricole depuis plus de vingt
riés. La production agricole a atteint, en
Industrie agroalimentaire ans.
2004, 60,9 Md€ (source : SCEES, Ser-
En France, en 2004, le chiffre d'affaires Les éléments décrits ci-dessus ne doi-
vice central des enquêtes et études sta-
du secteur atteint 125,5 Md€ (HT), (voir vent pas faire oublier certaines faibles-
tistiques du ministère de l'agriculture et
tableau ci-dessus). ses de l'industrie agroalimentaire. Le
de la pêche), la valeur ajoutée brute
En 2002 et 2003, la France était le leader secteur de l'industrie agroalimentaire
engendrée s'élevant à 29 Md€. La valeur
européen dans le secteur en termes de est assez peu structuré : sur 11 000
de la production a augmenté par rapport
chiffre d'affaires et représentait à elle entreprises au total, seulement 3 200
à 2003 grâce à l'abondance des récoltes
seule environ 20 % du CA européen (UE ont plus de vingt salariés. De plus, il
qui a contrecarré la baisse importante
25 ; source : CIAA, Confédération des n'existe pas de grands leaders mon-
des prix des produits végétaux. La
industries agroalimentaires de l'UE). diaux : Danone, leader français, oscille
France est le premier producteur euro-
Avec un CA de 125,5 Md€ en 2004, entre le 10e et le 15e rang mondial.
péen de semences (source GNIS).
répartis sur onze domaines d'activité, ce Enfin, ce secteur dépend de plus en plus
Entre 2000 et 2004, le résultat agricole
secteur se place parmi les tous premiers de l'oligopsone formé par le petit nom-
net par actif, en termes réels, a diminué
contributeurs à l'économie nationale. Il bre d'entreprises de la grande distribu-
de 1,2 % en moyenne par an.
emploie 386 000 personnes dans les tion, aujourd'hui en capacité d'exercer
entreprises de plus de vingt salariés. une forte pression sur les marges des
(1)Le nombre d'UTA (Unité de travail annuel) d'une
exploitation est la mesure du travail fourni par la main- Entre 2000 et 2004, le CA de l'industrie industriels alimentaires.
d'œuvre, en prenant comme standard le travail d'une per-
sonne à plein temps pendant une année entière. On inclut agroalimentaire a progressé d'environ
dans ce calcul l'activité des personnes de la famille, celle
des salariés permanents ou occasionnels et celle des ETA
9,5 %. Avec un solde commercial positif
(entreprise de travaux agricoles) et des CUMA (coopéra-
d'environ 7,5 Md€ en 2004 (mais en
tive d'utilisation de matériel agricole).
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LES TECHNOLOGIES CLÉS


Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

Chiffre d'affaires Salariés Entreprises(a)


HT (Md€) (milliers)
Fabrication de produits pharmaceutiques de base 3,7 9,6 30
Fabrication de médicaments 41,3 83,3 217
Fabrication d'autres produits pharmaceutiques 1,0 5,4 30
Total pharmacie 46,0 98,3 277

(a) : entreprises de 20 salariés et plus


Source : Chiffres clés des industries de la pharmacie - enquête annuelle entreprises 2004 (Sessi - juillet 2005)

Pharmacie l'installation en France de firmes inter- vement important. L'Île-de-France et, à


En France, en 2004, le chiffre d'affaires nationales, ce qui peut être susceptible moindre degré, Paca et Rhône-Alpes
HT du secteur atteint 46,0 Md€ (voir de fragiliser l'économie française en cas cumulent une base industrielle et un
tableau ci-dessus). de délocalisations. potentiel scientifique et technique
La valeur ajoutée de ce secteur était de Parmi les autres produits pharmaceuti- importants. Le Languedoc-Roussillon,
55,1 Md€ en 2001 dans l'UE25, et l'em- ques, les dispositifs médicaux (produits l'Alsace et Midi-Pyrénées disposent
ploi de 550 000 personnes. La France, de diagnostic, imagerie médicale, pro- d'une activité industrielle importante
l'Allemagne et le Royaume-Uni sont les thèses, pansements...) tiennent une dans le domaine de la santé, mais leur
plus grands producteurs, avec des parts place de choix avec un marché mondial capacité scientifique et technique appa-
de marché de 19 % à 17 % chacun. La de 76 Md€ (source : rapport Jean Mar- raît plus en retrait.
production a augmenté à un rythme de mot). En France, le vieillissement de la
5,6 % par an entre 1993 et 2003. Le population et la demande accrue de Produits de toilette
soins offrent un potentiel de développe- (dont les parfums)
Danemark, la Suède et la Belgique ont
ment important. En 2003, le CA du sec-
et détergents
des industries pharmaceutiques haute-
En France, en 2004, le chiffre d'affaires
ment spécialisées. teur a été estimé à 5,2 Md€. Les États-
du secteur atteint 20,4 Md€ (voir tableau
192 En France, en 2004, avec 41,3 Md€, la Unis dominent le marché mondial : ils
ci-dessous).
fabrication de médicaments représente sont le principal pays investisseur dans
Avec 52 200 salariés, la France emploie
à elle seule 90 % du CA de l'industrie ce secteur de l'industrie française, la
à elle seule quasiment un quart des
pharmaceutique. Le CA de ce secteur a plupart des entreprises de plus de 100
employés européens du secteur
augmenté de près de 35 % entre 2000 salariés étant des filiales de groupes
(225 000 au total).
et 2004, et 4 500 emplois ont été créés américains.
Le secteur regroupe deux activités : la
pendant cette période. En 2004, 33,5 % La production française est concentrée
fabrication de savons, de détergents et
du CA de l'industrie pharmaceutique a sur quelques groupes. Le leader fran-
de produits d'entretien d'une part (21 %
été dédié à l'exportation (65 % des çais, né de la fusion d'Aventis et de
du CA en 2004) et la fabrication de par-
exportations ont été réalisées vers Sanofi-Synthelabo, réalise 28,5 % de la
fums et de produits pour la toilette d'au-
l'UE), ce qui fait de ce secteur un des production nationale. L'industrie de la
tre part (79 % du CA en 2004). Ce
points forts du commerce extérieur santé et des biotechnologies est relati-
deuxième domaine est de loin le plus
français. Cependant, il convient de noter vement concentrée dans les quelques
développé. Il concentre à lui seul 13 %
que l'augmentation des emplois et des régions françaises qui disposent d'un
des parts de marché mondial du sec-
exportations est principalement due à potentiel scientifique et technique relati-

Chiffre d'affaires Salariés Entreprises(a)


HT (Md€) (milliers)
Fabrication de savons, détergents et produits d'entretien 4,3 10,0 80
Fabrication de parfums et de produits pour la toilette 16,1 42,2 213
Total fabrication de savons, de parfums
et de produits d'entretien 20,4 52,2 293

(a) entreprise de 20 salariés et plus


Source : Chiffres clés des industries des produits de toilette (dont les parfums) et détergents - enquête annuelle entreprises 2004 (Sessi - juillet 2005)
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Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


Chiffre d'affaires Salariés Entreprises(a)
HT (Md€) (milliers)
Industrie de l'habillement et des fourrures 10,3 57,5 827
Fabrication de produits textiles 4,9 32,5 438
Filature et tissage 5,1 30,1 442
Fabrication d'étoffes et d'articles en maille 1,4 11,3 153
Total industrie textile et habillement 21,7 131,4 1 860
Apprêt et tannage des cuirs 0,3 1,9 35
Fabrication d'articles de voyage et de maroquinerie 1,7 13,9 120
Fabrication de chaussures 1,7 13,9 141
Total industrie du cuir et de la chaussure 3,7 29,7 296
Total textiles et habillement, cuir et chaussure 25,3 161,1 2 156

(a) entreprises de 20 salariés et plus


Source : Chiffres clés des industries du textile, de l'habillement, du cuir et des chaussures - enquête annuelle entreprises 2004 (Sessi - juillet 2005)

teur. Le secteur est particulièrement du lin, du coton, de la laine, ennoblisse- textiles). La balance commerciale du
dynamique (son CA a progressé de ment textile) et 6,5 % pour la fabrica- secteur, déjà déficitaire avant 2005,
22,6 % entre 2000 et 2004) et résolu- tion d'étoffes et d'articles en maille. La devrait s'effondrer. Les régions leaders
ment tourné vers l'exportation : en répartition du chiffre d'affaires entre ces en France sont le Nord-Pas-de-Calais et
2003, son excédent commercial a différents domaines était du même Rhône-Alpes.
atteint 5,9 Md€ (source : Sessi). Par ail- ordre en 2000 (respectivement 40,9 %, L'industrie du cuir et de la chaussure
leurs, la France possède sur son terri- 20,8 %, 30,3 et 8,0 %). L'évolution la réalise en 2003 un CA de 3,7 Md€. Elle
toire plusieurs géants du luxe : Chanel, plus importante concerne le nombre de est principalement composée de deux
LVMH, YSL... et L'Oréal, leader mondial salariés : globalement, entre 2000 et secteurs, la maroquinerie et la fabrica-
des cosmétiques. 2004, la perte d'emplois est de 27,5 %. tion de chaussures, qui représentent 193
Le secteur des produits textiles est le l'un et l'autre quasiment la moitié du CA
Textile et habillement, moins touché, avec 13,9 %. global et du nombre de salariés (13 900
cuir et chaussures Ces pertes d'emplois s'expliquent par chacun) ; le troisième secteur est l'ap-
En France, en 2004, le chiffre d'affaires les profondes mutations que l'industrie prêt et le tannage du cuir, qui représente
(HT) du secteur atteint 25,3 Md€ (voir textile - une des plus anciennes indus- 8 % du marché global.
tableau ci-dessus). tries françaises - subit depuis 30 ans du La maroquinerie est un secteur artisa-
L'industrie textile et de l'habillement fait de l'émergence de nouveaux nal, qui présente un savoir-faire tradi-
employait près de 2,6 millions de per- concurrents issus de pays à faibles tionnel mondialement reconnu. Son
sonnes dans l'UE 25 en 2003. Jusqu'en coûts salariaux. Depuis 1995, 40 % des chiffre d'affaires et le nombre d'emplois
2005, l'Europe a été le 1er exportateur entreprises françaises ont disparu suite du secteur sont restés stables entre
de textiles, et le 3e de vêtements. La à la délocalisation d'une partie des 2000 et 2004. La situation est différente
France est le 4e contributeur en terme moyens de production vers l'Asie et pour le secteur de la fabrication des
de valeur ajoutée, derrière l'Italie, le l'Afrique du Nord. La fragilisation de l'in- chaussures qui entre 2000 et 2004 a
Royaume-Uni et l'Allemagne. dustrie textile française et plus large- perdu 27,5 % de son CA et 40 % de ses
En France, le chiffre d'affaires de l'in- ment euro-méditerranéenne a été ren- emplois. La balance commerciale du
dustrie du textile et de l'habillement forcée depuis le 1er janvier 2005, date à secteur est déficitaire (de l'ordre de
atteint 21,7 Md€ en 2004 dont 47,5 % laquelle l'importation des vêtements et 1,8 Md€ en 2003), essentiellement à
pour l'habillement et les fourrures, produits textiles de Chine n'a plus été cause du secteur de fabrication de
22,6 % pour les produits textiles (linge limitée (début juin, la Chine a signé un chaussures.
de maison, ameublement, tapis et accord avec l'UE qui limite de 8 à 12,5 %
moquettes, non-tissés), 23,5 % pour la par an jusqu'à fin 2007 la hausse de ses
filature et le tissage (filature et tissage exportations d'une dizaine de produits
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LES TECHNOLOGIES CLÉS


Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

Les enjeux de ce secteur agroalimentaire. Il y a une demande de génériques dans le cadre de la régu-
générale au niveau du goût, premier cri- lation des dépenses de santé. Bien
tère de choix des consommateurs et qu'ils ne représentent encore que 3,1 %
Agriculture
aussi au niveau de la qualité nutrition- du marché des médicaments rembour-
Un enjeu très fort pour l'agriculture
nelle. Dans ce domaine, la France est sables, cette part de marché devrait pro-
tourne autour des « bonnes pratiques »
susceptible d'apporter une « dotation gresser dans les années qui viennent
en termes d'occupation du territoire et
culturelle » riche. car de nombreux brevets de block bus-
de valorisation de celui-ci. Les ressour-
La sécurité alimentaire et son contrôle ters arrivent à expiration.
ces naturelles et l'environnement sont
sont également des enjeux majeurs La compréhension des mécanismes
souvent « maltraités » par l'agriculture
pour ce secteur. Il s'agit, en synergie d'émergence des virus représente un
intensive au point que l'on s'inquiète de
avec le secteur de l'agriculture et de la enjeu croissant, notamment dans un
la qualité de l'eau ou de l'air, du maintien
distribution, de répondre à une contexte de mondialisation de l'écono-
de la biodiversité, de l'entretien des pay-
demande forte de la part des consom- mie qui stimule la mobilité des person-
sages, des perturbations des climats, de
mateurs mais aussi des autorités (règle- nes et par conséquent la propagation
l'aménagement de l'espace. La qualité
ments) d'assurer tout au long de la d'éventuelles épidémies.
et la sécurité alimentaires sont parfois
chaîne (production, transformation, dis- Certains experts ont mis en évidence la
prises en défaut consécutivement à des
tribution) un suivi permettant de répon- difficulté à faire émerger, au niveau
pratiques porteuses de dangers insoup-
dre aux exigences de sécurité (notam- industriel, les compétences et connais-
çonnés et à l'inadéquation des contrô-
ment depuis les crises de l'ESB, de la sances académiques parfois très pous-
les. L'enjeu est d'aborder la problémati-
listéria...). Dans ce domaine, les ques- sées des chercheurs français. On
que par une approche système, visant à
tions de logistique revêtent une impor- déplore de nombreux exemples de bre-
développer une ingénierie de l'agricul-
tance particulière pour ces industries vets abandonnés en France et repris en
ture durable via la mise en place de tech-
(traçabilité). Amérique du Nord. À titre d'exemple, le
niques alternatives de culture, de nou-
Enfin, les industries agroalimentaires dernier système d'imagerie mis au point
194 velles variétés, de plantes à plus faible
sont un secteur où la culture du secret par le Nobel français Georges Charpak
besoin hydrique...
industriel conserve un statut important, est industrialisé par une entreprise cana-
Le soutien public de l'agriculture reste
puisque les formulations-recettes font dienne. Le transfert de technologies est
coûteux et entraîne des distorsions de
partie d'un savoir-faire et sont difficile- une étape clé et pourtant souvent diffici-
concurrence qui sont dénoncées dans
ment protégeables. Les industriels de lement réalisée, notamment dans le
les négociations internationales.
ce secteur sont donc peu enclins aux domaine de la biopharmacie.
Enfin, le secteur agricole est un secteur
coopérations, tant entre eux qu'avec le Par ailleurs, un besoin essentiel en
de faible attractivité pour la main-d'œu-
secteur public. Il y a là un problème de recherche pour les entreprises pharma-
vre. Il peut donc y avoir à terme des
gestion de savoir-faire non brevetable. ceutiques et de biotechnologies est de
pénuries temporaires de main-d'œuvre.
Comment capitaliser ce savoir-faire et développer le maillage des expertises

Industrie agroalimentaire les « recettes » ? cliniques, pharmaceutiques et d'ingé-

Un des enjeux pour ce secteur est de nierie afin de faire évoluer les démar-
Pharmacie ches en R&D vers une approche plus
prendre en compte le lien entre nutrition
Trouver des solutions pour contrecarrer globale : il s'agit notamment de réaliser,
et santé et la demande de la part des
les effets du vieillissement de la popula- en parallèle, recherche fondamentale et
consommateurs dans ce domaine. Au-
tion est un enjeu pour l'industrie phar- clinique, d'anticiper le processus d'in-
delà de la satisfaction des stricts
maceutique. Le développement des dustrialisation et de production (Étude
besoins nutritionnels, certains types
maladies neurodégénératives (Alzhei- du LEEM, Les entreprises du médica-
d'alimentation pourraient jouer un rôle
mer, Parkinson...) et cardiovasculaires, ment, septembre 2005).
protecteur voire curatif vis-à-vis de cer-
et l'augmentation des dépenses de
taines maladies, l'obésité par exemple.
santé sont les principales conséquen-
Plus généralement, répondre à l'évolu-
ces de ce vieillissement. Les pouvoirs
tion des cultures et des identités alimen-
publics encouragent la consommation
taires est un enjeu fort pour l'industrie
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LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


Produits de toilette Zara) au lieu du rythme semestriel prin- plus naturels. Dans ce contexte, la valo-
(dont les parfums) temps-été et automne-hiver. La lingerie, risation non alimentaire des cultures
et détergents par exemple, est un des secteurs les n'est pas sans soulever des questions
La parfumerie, les cosmétiques, le luxe plus dynamiques du textile français, et concernant une éventuelle compétition
sont des secteurs d'excellence de l'éco- le seul à disposer d'entreprises de pro- des différents usages pour les terres
nomie française, créateurs d'emplois et duction d'assez grande taille (500, 600 agricoles et arables disponibles.
de valeur ajoutée. Dans ce domaine, la personnes). Le consommateur mérite- Par ailleurs, l'utilisation des biotechnolo-
France bénéficie d'un atout culturel lié à rait d'être informé de la qualité des pro- gies pour mettre en place des techni-
son image dans le domaine du luxe. duits, de leur technicité (pictogrammes ques alternatives de culture, des nouvel-
Mais, outre l'enjeu de la création de nou- dédiés à la communication des fonc- les variétés, des plantes à plus faible
velles essences de base pour les par- tions cachées des textiles). besoin hydrique, ou encore pour réduire
fums, un autre enjeu majeur pour les l'utilisation des pesticides ou engrais,
entreprises est la lutte contre la contre- semble stratégique et incontournable.
façon qui est particulièrement impor- Les tendances d'évolution Ces techniques viendront compléter les
tante pour ce type de produits. Les du secteur méthodes plus classiques (méthodes
technologies d'authentification et de chimiques) qui devraient à court et
traçabilité sont donc un défi pour ce sec- Agriculture moyen termes rester majoritaires. Il
teur. Une tendance remarquable concerne la s'agit de pouvoir produire « propre »
Par ailleurs, la cosmétique tend à se rap- valorisation non alimentaire des cultu- tout en gardant les rendements néces-
procher de la pharmacie du point de vue res. Il s'agit d'utiliser la plante, partielle- saires pour répondre aux demandes.
des exigences de contrôle avant la mise ment ou dans son intégralité, à des fins La collaboration étroite entre les bota-
sur le marché. Il y a aujourd'hui de plus industrielles. L'innovation repose sur nistes, écophysiologistes, généticiens
en plus de listes de substances et de l'utilisation de matières premières d'un côté, modélisateurs et mathémati-
produits interdits ou toxiques. Dans ce renouvelables et s'inscrit dans une logi- ciens de l'autre, doit permettre le déve-
195
contexte, l'innocuité des composants que de développement durable. Les loppement des modèles mathémati-
utilisés dans les produits cosmétiques domaines d'utilisation potentiels sont ques de croissance végétale. Ces
est un enjeu clé pour l'acceptabilité des nombreux et variés : modèles sont calibrés sur une grande
innovations. • les besoins énergétiques, en particu- gamme de plantes agronomiques et les
lier dans le domaine des biocarburants ; applications en termes d'exploitation
Textile et habillement, • la pharmacie (production de protéines sont désormais envisagées. Il s'agit de
cuir et chaussures modéliser la croissance végétale pour
recombinantes à visée thérapeutique) ;
Suite à la délocalisation massive des
• la chimie (utilisation en chimie organi- élaborer des outils performants d'aide à
moyens de production vers l'Afrique du
que de nouveaux composés, issus de la la décision (prédiction, optimisation,
Nord et l'Asie, le déplacement massif
synthèse de produits naturels et non contrôle optimal : rationalisation de l'ap-
de la valeur ajoutée vers l'amont (la créa-
naturels biologiquement actifs) ; port des ressources en engrais et en
tion, la recherche) et l'aval (la distribu-
• les cosmétiques (utilisation de subs- eau ou en traitements phytosanitaires,
tion, le marketing) semble impératif.
tances naturelles en formulation) ; développement des cultures mixtes,
Dans le secteur du textile, mettre en
• la dépollution des sols (utilisation de contrôle de la qualité des produits...).
place des filières de produits à haute
plantes qui captent et métabolisent les Enfin, la mécanisation et la robotisation
valeur ajoutée, comme les textiles tech-
polluants présents dans le sol) ; des tâches pénibles pourraient permet-
niques et fonctionnels, est un enjeu
• les matériaux (utilisation du bois tre de faire face à la pénurie de main-
majeur pour l'avenir de ce secteur.
notamment) ;
Dans le secteur de l'habillement, il
Il convient de noter que la France (2) L'urbanisation et la construction des infrastructures
détruisent chaque année des milliers d'hectares, et géné-
demeure un enjeu important concernant
connaît une « artificialisation2 » des ter- ralement les villes se sont installées sur les terres les plus
des marchés de niche : réassortiment, fertiles. C'est ce que l'on appelle « l'artificialisation » des
res relativement importante, qui est en terres. En France, les espaces bâtis ont augmenté leur
haut de gamme, mode, tendance à la superficie de 12 % depuis 1992, les routes et parkings de
général irréversible, les surfaces prises 10 %, et les sols artificiels non bâtis (jardins, terrasses …)
création de minicollections (modèle de 17 % (source : IFEN, Institut français de l'environne-
ne revenant que rarement à des usages ment, 2003).
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LES TECHNOLOGIES CLÉS


Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

d'œuvre et d'augmenter l'attractivité Pharmacie humain, biosimulation...) pourraient


des métiers agricoles. Ceci est particu- Vue de manière très globale, on remar- dans les prochaines années modifier
lièrement vrai pour les métiers de l'éle- que que la pharmacie est en train de profondément les stratégies thérapeuti-
vage, pour lesquels les contraintes sont passer de l'influence de la chimie à celle ques et les industries de santé qui ten-
très importantes. de la biologie, même si la première reste dront à mieux se coordonner. L'orienta-
utile. En 2003, plus de 40 % des nouvel- tion vers une médecine personnalisée
Industrie agroalimentaire les molécules mises sur le marché sont pourrait être une des conséquences de
Sur le sujet nutrition et santé s'ouvre un d'origine biologique. En France, entre cette évolution technologique.
vaste champ scientifique qu'il convient 2000 et 2004, le chiffre d'affaires des Plus largement, la pluridisciplinarité (bio-
de mettre en perspective avec les dés- biomédicaments a triplé (2,21 Md€ en logie, chimie, mathématiques, informa-
équilibres croissants des régimes 2004). Ce secteur présente un taux tique, statistiques...) doit permettre
publics d'assurance maladie : l' « ali- annuel de croissance de 30 %, supé- d'apporter à l'industrie pharmaceutique
ment santé » pourrait, dans une certaine rieur au taux mondial sur la même des méthodes élaborées par la recher-
mesure, prendre le relais du médica- période (18 %). Près de 80 % des bio- che publique pour la biologie à grande
ment sur le plan de la prévention. médicaments commercialisés en 2004 échelle et à haut débit, ou pour l'aide au
L'agroalimentaire est un champ naturel sont indiqués pour traiter des patholo- diagnostic et à la décision de traitement.
d'application des biotechnologies. Mais gies à fort besoin non satisfait (près de Le développement de modèles mathé-
cette application ne va pas sans diffi- 50 % sont utilisés pour traiter des can- matiques de simulation devrait permet-
culté. Certains experts soulignent, en cers). L'utilisation de la transgénèse, et tre de raccourcir la durée du développe-
effet, que les acteurs alimentaires pri- plus particulièrement des plantes pour ment d'un médicament actuellement
vés s'appuyent sur des marges signifi- produire des médicaments, est une ten- trop long, trop risqué pour les industries
cativement plus faibles que leurs homo- dance technologique de tout premier pharmaceutiques, et trop coûteux pour
logues du médicament. Ils doutent de plan. Rappelons que dans ce domaine, la société. L'objectif est aussi d'obtenir
leur capacité à financer une R&D en bio- le leader mondial, Meristem Pharma- des traitements plus ciblés dès la
196
technologie suffisante. Par contre, l'utili- ceutique, qui a développé un produit recherche initiale afin d'être le plus effi-
sation de nouveaux outils de recherche contre la mucoviscidose, est français. cace possible et, bien sûr, le moins toxi-
ou de production, mis au point par ail- La vectorisation, qui vise à améliorer que. Il y a là, malgré les faiblesses de la
leurs, est susceptible d'intéresser de l'efficacité des médicaments et/ou à France, une réelle opportunité à saisir
très nombreuses entreprises de l'ali- faciliter leur administration, est aussi un pour inverser la tendance.
mentation. Cette diffusion pourrait tou- axe de recherche stratégique. Il s'agit
tefois être limitée par l'acceptabilité de d'augmenter la biodisponibilité du prin-
Produits de toilette
ces techniques par le consommateur, (dont les parfums)
cipe actif, c'est-à-dire augmenter la
l'alimentation étant un domaine très et détergents
quantité de principe actif réellement
sensible par rapport à l'introduction d'in- Efficacité et innocuité sont les deux fac-
délivrée à la cible thérapeutique, le reste
novations porteuses d'une image de teurs clés qui orientent les axes de
pouvant être transformé par des enzy-
« manipulations génétiques ». recherche dans ce domaine. Par ailleurs,
mes ou bloqué par des membranes. Un
Enfin, parmi les technologies pouvant les technologies utilisées en pharmacie
deuxième axe de recherche est la mise
apporter des réponses aux enjeux cités sont parfois appliquées en cosmétique.
au point de modes d'administration plus
précédemment, les TIC sont envisagea- La vectorisation, par exemple, est une
faciles et plus confortables à utiliser
bles pour la gestion des connaissances des tendances technologiques dévelop-
pour le patient (on pense notamment à
et du savoir-faire (par exemple : techno- pées pour augmenter l'efficacité des
l'insuline inhalée pour le diabète).
logies de « réalité augmentée » en appui principes actifs. Il convient, enfin, de
Diverses avancées dans le domaine de
à la pérennité du « tour de main »), la tra- noter le fort intérêt porté aux substan-
la pharmaco-génomique, de la biologie
çabilité (contrôle, sécurité), la logistique, ces naturelles en remplacement des
et de l'informatique appliquée à la santé
... conservateurs chimiques classiques.
(criblage à haut débit, biocapteurs, infor-
matique embarquée dans le corps
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 197

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


Textile et habillement, • fonctions dans le domaine du vivant : à la demande, utilisation de l'impression
cuir et chaussures biocompatibilité, biodégradabilité, fonc- numérique...). D'autres technologies
Les textiles techniques et fonctionnels tions antibactériennes, antiacariens... sont susceptibles d'apporter une rup-
constituent une réponse sectorielle face La mise en place de nouveaux process ture indispensable pour pénétrer des
au défi de la mondialisation. Il s'agit d'un de fabrication pour relativiser la part de marchés de niche : la conception assis-
vaste ensemble de textiles élaborés la main-d'œuvre dans le prix du produit tée par ordinateur dans la filière textile -
pour répondre à un cahier des charges est aussi une tendance technologique confection-distribution, la visualisation
particulier. Les textiles techniques et forte : il s'agit essentiellement de procé- 3D pour le consommateur de l'article
fonctionnels remplissent un grand nom- dés de fabrication de produits non tissés conçu par ordinateur (costume homme,
bre de fonctions dans plusieurs domai- tels que des matériaux souples produits soutien-gorge Wacaol par exemple),
nes d'application (habillement, médical, à partir de fibres naturelles ou synthéti- l'apport de la sensation tactile de
transport, environnement, etc.) : ques, sans passer par les traditionnelles l'étoffe dans ces ventes immatérielles
• fonctions mécaniques : contention, étapes de filature, de tissage ou de trico- (dans ce domaine, les jeux sur ordina-
fixation, élasticité ; tage. teur progressent dans l'apport des
• fonctions d'échange : filtration, isola- Dans le domaine de l'habillement, du sensations haptiques, un transfert de
tion, perméabilité, absorption, respira- linge de maison ou des textiles pour technologies serait judicieux à promou-
tion... intérieur de voiture, la personnalisation voir).
• fonctions de protection : thermique, (mass customization) peut être une
comportement au feu, chimique, imper- réponse face à la production de masse
méabilité ; (production de séries courtes, finissage

197
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 198

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

44. Transgénèse

Degré de développement Description 2001/18/CE relative à la coexistence des cul-


tures, à la transparence, à la mise sur le mar-
La fonction transgénèse correspond à la
Émergence ché, à l'information du public, à la surveil-
modification du génome d'un organisme par
lance des risques, à l'étiquetage, est
Croissance génie génétique. Elle permet une intégration
complétée par les réglementations CE
stable de l'ADN étranger et peut être réali-
Maturité 1829/2003 et 1830/2003.
sée dans des micro-organismes, des cellules
L'impact sur la protection de l'environne-
de plantes ou d'animaux. C'est un moyen de
ment, sur la qualité sanitaire et nutritionnelle
tirer partie de la variabilité génétique pour
des aliments et sur l'apparition de nouveaux
adapter les plantes et les animaux aux
traitements médicaux issus de la transgé-
besoins socio-économiques.
nèse devrait se faire sentir d'ici 5 à 10 ans.
Le succès de telles pratiques réside principa-
lement dans leur acceptabilité par les
consommateurs. Globalement, les applica- Marché
tions agroalimentaires du génie génétique Les marchés de la transgénèse sont l'agricul-
sont davantage contestées par le grand ture, la recherche et la santé :
198
public que les applications médicales (même • agriculture : plantes à plus faible besoin
si le champ de maïs transgénique de Meris- hydrique, plantes aux qualités nutritionnelles
tem, destiné à produire de la lipase gastrique améliorées, simplification de l'agriculture,
utilisée contre la mucoviscidose, a été fau- augmentation des rendements... ;
ché). • recherche : production d'organismes trans-
Au niveau mondial comme à l'échelle fran- géniques modèles de maladies pour tester
çaise, peu de partenaires industriels sont des candidats médicaments ;
impliqués. Il existe un réel fossé entre l'état • santé : production de médicaments (protéi-
d'avancement des travaux académiques et nes recombinantes : hormone de croissance,
l'industrialisation qui pourrait en découler. insuline ; vaccin contre l'hépatite B...), ali-
ments santé (production d'aliments enrichis
Enjeux, Impact en éléments favorables pour la santé), xéno-
L'enjeu pour la France de la maîtrise de cette greffe (transfert de cellules, d'un tissu ou
technologie est de : d'un organe, entre deux individus qui appar-
• répondre au besoin en terme d'ingénierie de tiennent à des espèces différentes).
l'agriculture durable (diminution significative Soixante-dix millions d'hectares d'OGM sont
des traitements insecticides et herbicides, cultivés dans le monde (5 % des terres culti-
économie d'utilisation de l'eau pour vées). Le potentiel de diffusion de la techno-
l'irrigation, changement des pratiques cultura- logie est dans ce domaine très important,
les vers une simplification du travail du sol) ; notamment dans les pays en voie de déve-
• trouver des sources de protéines recombi- loppement (la Chine par exemple). Dans le
nantes comme les hormones pour traiter les domaine de la santé, 10 % du marché phar-
maladies chroniques non transmissibles qui maceutique mondial est aujourd'hui issu des
devraient représenter 73 % des décès dans biotechnologies. On estime que ce chiffre
les pays développés d'ici à 2020. pourrait atteindre 25 % dans dix ans. Le mar-
Au niveau réglementaire, la directive ché des PMP (Plant made pharmaceuticals)
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 199

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


devrait atteindre 2,2 Md$ aux États-Unis et ■ Principaux acteurs français
1,5 Md$ en Europe, en 2011. Centres de compétences : Cirad, Inra,
Inserm, CNRS, Institut Pasteur (Pour en
Acteurs savoir plus: www.inra.fr/Internet/Direc-
■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo- tions/DIC/ACTUALITES/DOSSIERS/OGM/O
gie moléculaire, biologie cellulaire, biologie GM.htm).
des organismes, sciences médicales et ali- Industriels : Bioprotein, Genoway, Lemma-
mentation, neurosciences, médecine et gène, Meristem, Nucleis, Sanofi Pasteur,
odontologie. Vivalis.
■ Compétences technologiques : ingénierie ■ Exemples d'acteurs dans le monde :
médicale, biotechnologies, pharmacie-cos- Novarts Seed (Suisse), Monsanto (États-
métiques, produits agricoles et alimentaires. Unis).
■ Pôles de compétitivité : Biothérapies (Pays
de la Loire), Innovation dans les céréales Commentaires
(Auvergne), Méditech Santé (Île-de-France). Les efforts de la recherche publique doivent
■ Liens avec (technologies) : génomique se poursuivre mais le tissu industriel et l'opi-
fonctionnelle à grande échelle ; techniques nion publique français ne permettent pas un
de criblage et de synthèse à haut débit, ingé- transfert de technologie satisfaisant. Peut-
nierie des anticorps monoclonaux ; vaccins être serait-il souhaitable que les centres de
recombinants ; alimentation pour le bien-être recherche publique se tournent vers des
et la santé ; contrôle des allergies alimentai- industriels d'autres pays européens pour
res ; carburants de synthèse issus de la bio- valoriser leurs savoir-faire ?
masse ; biotechnologies industrielles.

199

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Agriculture, sylviculture, pêche ;
industries agricoles et
alimentaires ; industrie
pharmaceutique ; chimie,
caoutchouc, plastiques ;
recherche et développement ;
santé, action sociale.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 200

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Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

45. Thérapie cellulaire

Degré de développement Description Enjeux, Impact


La thérapie cellulaire est une technique Il est crucial de pouvoir trouver des traite-
Émergence médicale permettant de traiter trois grands ments pour les maladies neurodégénérati-
Croissance types de pathologies : les cancers, les mala- ves, compte tenu du vieillissement de la
dies neurodégénératives (Parkinson, Alzhei- population. En effet, en 2020, 26,8 % de la
Maturité mer, Huntington...) et les pathologies entraî- population française aura plus de 60 ans, et
nant la destruction de cellules, tissus ou déjà, plus de 100 000 nouveaux cas de la
organes (cœur : infarctus, foie : cirrhose...). maladie d'Alzheimer apparaissent chaque
Cette technique consiste en l'apport à un année. La maîtrise de la thérapie cellulaire
organisme de cellules pour prévenir, traiter pourrait permettre de faire face à cet enjeu.
ou atténuer une maladie. Les cellules peu- Les enjeux éthiques et réglementaires qui
vent venir du patient lui-même ou d'un don- entourent cette technologie sont à prendre
neur compatible. Aujourd'hui, plusieurs en compte :
types de cellules sont utilisés : • suite à la loi Bioéthique (n° 2004-800 du
200 • des cellules hématopoïétiques souches et 6 août 2004), l'agence de la biomédecine a
primaires (cellules sanguines ; technologie été créée en mai 2005. Cette agence déli-
mature) ; vrera les autorisations concernant les recher-
• des cellules différenciées adultes (cellules ches sur l'embryon et les cellules embryon-
spécialisées au niveau morphologique et/ou naires. La recherche sur les embryons
physiologique, par exemple cellule muscu- surnuméraires issus de la fécondation in
laire, de foie, de rein... ; technologie en crois- vitro et ne faisant plus l'objet d'un projet
sance) ; parental est interdite. L'importation de cellu-
• des cellules souches adultes (les cellules les embryonnaires est en revanche autori-
souches sont des cellules non différenciées sée ;
qui possèdent à la fois la capacité de se mul- • le contexte réglementaire européen est
tiplier par divisions successives pendant une flou pour les procédés de thérapie cellulaire.
période indéfinie, et celle de donner nais- Les différences réglementaires importantes
sance, dans des conditions déterminées, à d'un pays à l'autre sont actuellement le frein
une ou à plusieurs lignées d'éléments cellu- le plus important du marché de la thérapie
laires différenciés ; technologie émergente) ; cellulaire. L'harmonisation est prévue pour
• des cellules souches embryonnaires (tech- 2006.
nologie embryonnaire). L'importance des impacts du développe-
La maîtrise des cellules souches et de leur ment des procédés de la thérapie cellulaire
différenciation est essentielle au développe- est soulignée par le choix de la médecine cel-
ment de cette technologie. Par ailleurs, à lulaire comme un des axes technologiques
l'échelle industrielle, les procédés de fabrica- du pôle (projet mondial) Meditech Santé (Île-
tion mettent en œuvre des méthodes très de-France).
innovantes, qui nécessitent la mise en place L'horizon temporel prévisible de l'impact
d'équipes multidisciplinaires. (apparition de nouveaux traitements médi-
caux) peut être estimé à 5 - 10 ans.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 201

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


Marché Liens avec (technologies) : thérapie génique.
■ Principaux acteurs français
La santé est le domaine d'application privilé-
Centres de compétences : IGR (Institut Gus-
gié de la thérapie cellulaire. De nouveaux trai-
tave Roussy), projet I-Stem.
tements pour les maladies neurodégéné-
Industriels : Myosix, Anosys, Innate Pharma.
ratives et les pathologies entraînant la des-
L'Association française contre les myopa-
truction des cellules (infarctus, cirrhose, gref-
thies (AFM) a décidé de soutenir le projet
fes de peau...) pourraient être mis au point
I-Stem (Institut des cellules souches pour le
via cette méthode.
traitement et l'étude des maladies monogé-
Il s'agit d'un marché de niche. En 2002, la
niques), avec l'Inserm et le Généthon : ce
thérapie cellulaire représentait moins de 1 %
projet a pour objectif, durant les deux pro-
des ventes du marché biopharmaceutique
chaines années, de s'assurer de la perti-
mondial, mais à long terme la résolution des
nence et de la faisabilité des recherches sur
principaux défis (scientifiques, réglementai-
les cellules souches embryonnaires.
res, éthiques) devrait contribuer à la crois-
■ Exemples d'acteurs dans le monde :
sance du marché. Le marché mondial de la
Advanced Cell Technology (États-Unis),
thérapie cellulaire devrait avoisiner 26 Md€
Cythera (États-Unis), Novocell (États-Unis),
en 2010.
Bresagen (Australie).
Acteurs
■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo- Commentaires
gie moléculaire, biologie cellulaire, biologie L'environnement académique français est
des organismes, sciences médicales et ali- particulièrement développé et performant :
mentation, physico-chimie de la pharmacolo- entre 2000 et 2004, l'IGR a déposé 41 bre-
gie, neurosciences, médecine et odontolo- vets et effectué 2 247 publications. Par ail-
gie. leurs, les acteurs industriels présents sur le
■ Compétences technologiques : ingénierie territoire possèdent dans leur « pipeline »
médicale, biotechnologies, pharmacie-cos- plusieurs produits en phase clinique (phases 201
métiques. I et II). L'effort de recherche est à poursuivre
■ Pôles de compétitivité : Biothérapies (Pays dans ce domaine.
de la Loire), Méditech Santé (Île-de-France).

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industrie pharmaceutique ;
recherche et développement ;
santé, action sociale.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 202

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

46. Protéomique

Degré de développement Description santé. Le développement de ces technolo-


gies représente donc un enjeu pour le déve-
La protéomique étudie des ensembles de
Émergence loppement des sciences du vivant et des bio-
protéines : leur rôle, leur structure, leur loca-
technologies en France.
Croissance lisation, leurs interactions... Le développe-
Par ailleurs, la protéomique est un moyen
ment de la protéomique repose sur les avan-
Maturité (avec la biologie structurale) de tirer parti des
cées technologiques et sur les progrès
découvertes réalisées en génomique. Après
récents dans la connaissance des génomes.
le décryptage du génome humain, la maîtrise
Plusieurs protéines peuvent être codées par
de cette technologie est donc cruciale pour
un même gène, donc un organisme possède
le devenir des biotechnologies françaises.
une très grande diversité de protéomes alors
L'horizon temporel prévisible de l'impact de
qu'il ne renferme qu'un seul génome.
cette technologie est de 5 - 10 ans.
Grâce aux techniques actuelles d'analyse et
de séparation des protéines (électrophorèse
bidimensionnelle, spectrométrie de masse) Marché
et grâce à la bioinformatique, on peut étudier, Le marché mondial de la protéomique a été
202
simultanément, des milliers de protéines. On évalué en 2003 à 1,52 Md$, et devrait attein-
peut ainsi identifier la protéine (ou les inter- dre 2,68 Md$ en 2008. Ce marché très actif
actions entre différentes protéines) respon- est en pleine croissance, à un taux de 12 %
sable(s) d'une maladie chez l'homme - pour par an en valeur. La séparation et la caracté-
mettre au point un médicament, par exem- risation de protéines sont les deux segments
ple - ou d'une propriété intéressante chez principaux de ce marché. Ensemble, ils
une plante. représentent près de 90 % du marché glo-
Cette évolution correspond à une véritable bal.
rupture dans la vitesse d'acquisition des don- Le marché européen représente 40 % du
nées protéomiques, ce qui ouvre des pers- marché mondial (45 % pour les États-Unis et
pectives originales dans divers domaines : 10 % pour le Japon).
identification de nouvelles cibles thérapeuti-
ques, mise en évidence de propriétés d'inté- Acteurs
rêt chez une plante (résistance à la séche- ■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo-
resse par exemple) ... D'autres domaines gie moléculaire, biologie cellulaire, biologie
d'applications pourraient profiter des retom- des organismes, sciences médicales et ali-
bées de la protéomique : l'agroalimentaire mentation, neurosciences, médecine et
(évaluation de la sécurité des aliments), le odontologie, informatique.
diagnostic clinique, la thérapie génique, la ■ Compétences technologiques : analyse,
défense (lutte contre le bioterrorisme), l'on- mesure et contrôle, informatique, ingénierie
cologie, la prévention des maladies... médicale, biotechnologies, pharmacie-cos-
métiques, produits agricoles et alimentaires,
Enjeux, Impact environnement-pollution.
La protéomique fait partie des outils dont la ■ Pôles de compétitivité : Innovations théra-
maîtrise est essentielle car à l'origine des peutiques (Alsace), Méditech Santé (Île-de-
progrès dans les sciences du vivant et de la France).
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 203

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


■ Liens avec (technologies) : génomique PLC. (Royaume-Uni), Agilent Technologies
fonctionnelle à grande échelle ; techniques (États-Unis), Genomic Solutions INC. (États-
de criblage et de synthèse à haut débit ; vac- Unis), Zyomyx (États-Unis).
cins recombinants ; gestion et diffusion des
contenus numériques. Commentaires
■ Principaux acteurs français Cette technologie fait appel à des compéten-
Centres de compétences : Génopole d'Évry, ces multidisciplinaires (génomique, informa-
Institut Pasteur, Rhône-Alpes Génopole. tique, biologie structurale...) : il est essentiel
Industriels : Biomérieux, Hybrigenics, Pro- de réunir ces compétences pour développer
teus, Sanofi-Aventis. cette technologie. Les plates-formes des
■ Exemples d'acteurs dans le monde : génopoles d'Évry et de Grenoble s'inscrivent
Amersham Pharmacia Biotech/Amersham dans cette démarche.

203

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Agriculture, sylviculture, pêche ;
industries agricoles et
alimentaires ; industrie
pharmaceutique ; recherche et
développement.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 204

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

47. Thérapie génique

Degré de développement Description (Comité consultatif national d'éthique) a


demandé l'exclusion de la thérapie génique
La thérapie génique consiste à introduire
Émergence germinale (la thérapie génique germinale est
dans une cellule cible un gène d'intérêt thé-
la modification du capital génétique des cel-
Croissance rapeutique pour qu'il produise une protéine
lules reproductives, ovocytes et spermato-
manquante (cellule déficiente) ou un signal
Maturité zoïdes et leurs précurseurs, ce qui aurait
qui conduira à la mort cellulaire (cellule infec-
pour conséquences une modification du
tée ou cancéreuse).
génome de tout l'individu). Par ailleurs, le
La thérapie génique repose sur :
CCNE a émis plusieurs avis demandant la
• un gène-médicament ;
prudence quant à l'utilisation et à la « média-
• un vecteur pour le transporter ;
tisation » de la thérapie génique. La thérapie
• une cellule cible où le gène puisse s'expri-
mer. génique n'est pas la solution miracle, et la
Les maladies concernées par la thérapie déception provoquée par les premiers
génique sont extrêmement nombreuses et échecs peut être encore plus grande que
variées : cancers, maladies cardiovasculai- l'espoir soulevé, notamment auprès des
204
res, maladies infectieuses, maladies généti- malades et de leurs familles.
ques, maladies auto-immunes... L'horizon temporel prévisible de l'impact
Aujourd'hui, une meilleure connaissance des (mise au point de nouveaux traitements
voies d'insertion des vecteurs et de la locali- médicaux) est de 5 - 10 ans.
sation dans le génome du gène pathologique
est indispensable au développement de Marché
cette méthode. Les systèmes de transferts Le marché de la thérapie génique est celui
de gènes doivent être sûrs, efficaces, capa- de la santé, et les domaines d'application
bles d'exercer leur fonction dans des cellules d'une telle technique sont très variés : dia-
qui ne se divisent pas et assurer la stabilité bète, maladie de Parkinson, myopathie de
de l'expression du gène thérapeutique. Duchenne, hémophilie A, mucoviscidose,
maladies cardiovasculaires, maladies infec-
Enjeux, Impact tieuses (sida, hépatite B, paludisme...), can-
La thérapie génique est susceptible de cers...
répondre à un enjeu essentiel de santé publi- En 2005, 425 essais cliniques sont en cours
que, par exemple développer de nouveaux dans le monde : 66 % concernent le traite-
traitements médicaux (le spectre des mala- ment de cancers, 9 % des maladies hérédi-
dies concernées par la thérapie génique est taires monogéniques, 8 % des maladies car-
très large), et plus précisément trouver des diovasculaires et près de 7 % des maladies
solutions pour certaines maladies pour les- infectieuses. Seuls 18 de ces 425 essais cli-
quelles aucun autre type de traitement n'a niques sont en phase III. La grande majorité
pu être mis au point. est en phase I (63 %), ce qui traduit la nature
Il convient de noter que les enjeux éthiques émergente de cette technologie (Pour en
relatifs à cette technologie sont très impor- savoir plus www.wiley.co.uk/genmed/clini-
tants. Le risque d'eugénisme lié à la pratique cal).
de la thérapie génique est grand. Le CCNE Le marché mondial des produits issus de la
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 205

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


thérapie génique a été évalué à 5,73 Md$ ■ Exemples d'acteurs dans le monde : Avi-
pour 2011. gen (États-Unis), Cell Genesys (États-Unis),
Introgen Therapeutics (États-Unis), Genvec
Acteurs (États-Unis), Vical (États-Unis).
■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo-
gie moléculaire, biologie cellulaire, biologie Commentaires
des organismes, sciences médicales et ali- L'environnement français est particulière-
mentation, neurosciences, médecine et ment bon dans ce domaine, tant au niveau
odontologie. académique qu'au niveau industriel. En
■ Compétences technologiques : ingénierie 2000, les premiers essais ont été réalisés en
médicale, biotechnologies. France, à l'hôpital Necker, sur les « bébés-
■ Pôles de compétitivité : Biothérapies (Pays bulles » par l'équipe du professeur Alain
de la Loire), Méditech Santé (Île-de-France). Fisher. Ces essais ont depuis été interrom-
■ Liens avec (technologies) : thérapie cellu- pus après l'annonce d'un premier cas de leu-
laire, vectorisation. cémie chez un des dix patients traités. Au
■ Principaux acteurs français niveau industriel, l'entreprise Transgène
Centres de compétences : Inserm, Géné- mène actuellement plusieurs essais clini-
thon, UTCG (Nantes). ques (1 en phase I, 3 en phases II, 1 en phase
Industriels : Cayla, Cellectis, Genopoïtic, III). Sur les 425 essais cliniques en cours
In-Cell-Art, Sanofi-Aventis, Transgéne. dans le monde, 18 sont réalisés en France.

205

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industrie pharmaceutique ;
recherche et développement.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 206

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

48. Génomique fonctionnelle à grande échelle

Degré de développement Description Enjeux, Impact


La génomique fonctionnelle étudie la fonc- Dans le domaine de la santé, l'émergence de
Émergence tion des gènes, leur expression, leur régula- ces technologies à grande échelle, qui fait
Croissance tion, et leur interaction. Elle nécessite l'étude suite au séquençage complet du génome
des ensembles de protéines issues des humain, conduit à une réorganisation fonda-
Maturité gènes. Le génotypage est une approche qui mentale de la recherche biomédicale au
permet de caractériser les variations généti- niveau mondial. Elle constitue un secteur
ques dans le génome humain et d'identifier stratégique pour le développement de tests
les mutations qui sont impliquées dans l'ap- de diagnostic des maladies, de médicaments
parition de maladies. hautement spécifiques, avec comme objec-
Grâce à la mise en place, au niveau mondial, tif, à l'horizon 2015, la mise en place des pre-
d'infrastructures à grande échelle comme miers protocoles de médecine personnali-
support, le génotypage s'affirme maintenant sée.
comme une méthodologie clé dans l'étude Dans le domaine de l'agriculture et de
des maladies multifactorielles complexes l'agroalimentaire, l'enjeu pour ces techni-
206
(maladies cardiovasculaires, diabète, asth- ques est la mise au point de nouvelles cultu-
me, cancer...). res aux performances améliorées (qualités
Les technologies de génotypage, appliquées nutritives augmentées, augmentation des
à l'étude des maladies, peuvent être transfé- rendements, diminution du besoin de pesti-
rées à d'autres secteurs, notamment le sec- cides et d'engrais...). Les recherches en
teur agronomique (plantes, animaux domes- génomique peuvent servir à améliorer les
tiques) mais également dans le domaine outils d'évaluation de la sécurité des nou-
judiciaire (empreinte génétique). veaux aliments.
Actuellement, les développements en cours En cela, cette technologie aura un impact sur
en France intéressent les méthodologies de la santé (mise au point de nouveaux traite-
détection rapide (et à grande échelle) des ments médicaux) et sur la qualité sanitaire et
mutations, à faible coût, notamment par nutritionnelle des aliments, qui se trouveront
spectrométrie de masse Maldi (Matrix-assis- améliorés.
ted desorption/ionization). L'horizon temporel prévisible de l'impact
Cette approche va s'enrichir progressive- peut être estimé à 5 - 10 ans, voire 15.
ment, au cours des prochaines années, de
nouvelles technologies de génomique fonc- Marché
tionnelle (phénotypage moléculaire) qui vont Cette technologie peut être appliquée à trois
renforcer la puissance des études généti- domaines :
ques. Le phénotypage moléculaire néces- • la santé : traitement de maladies com-
site, au départ, l'analyse de très grandes plexes (maladies cardiovasculaires, diabète,
cohortes de populations pour établir des cor- asthme, cancer...) ;
rélations fiables entre des biomarqueurs • l'agriculture et l'agroalimentaire : améliora-
spécifiques particuliers et le risque de pro- tion des plantes, amélioration des produits
gression d'une maladie ou la réponse théra- animaux ou végétaux destinés à la consom-
peutique. mation humaine... ;
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 207

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• la justice : empreintes génétiques. traçabilité ; technologies d'authentification ;
Le marché potentiel est donc considérable, protéomique ; techniques de criblage et de
dans la mesure où les applications visées synthèse à haut débit ; modélisation, simula-
touchent notamment à des problèmes de tion, calcul.
santé très répandus dans les pays dévelop- ■ Principaux acteurs français
pés (diabète, cancer, maladies cardiovascu- Centres de compétences : CNG, CNRS,
laires). Génoplante, Inra, Institut Curie, IRD.
Industriels : Biogemma, Limagrain, Sanofi-
Acteurs Aventis, Genfit.
■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo- ■ Exemples d'acteurs dans le monde :
gie moléculaire, biologie cellulaire, biologie Aclara Biosciences (États-Unis), Affymetrix
des organismes, chimie analytique, sciences (États-Unis), Caliper Technologies (États-
médicales et alimentation, neurosciences, Unis), Diversa (États-Unis), Incyte Pharma-
médecine et odontologie, biologie des popu- ceuticals (États-Unis).
lations et écologie, informatique, mathémati-
ques et leurs applications. Commentaires
■ Compétences technologiques : informati- La France, en 5e position, avec 5,9 % de la
que, analyse, mesure et contrôle, ingénierie production mondiale en terme de publica-
médicale, biotechnologies, pharmacie-cos- tions, possède dans le domaine de la géno-
métiques, produits agricoles et alimentaires. mique un écosystème académique particu-
■ Pôles de compétitivité : Innovations théra- lièrement riche. Le Centre national de
peutiques (Alsace), Innovation dans les génotypage (CNG) a été un des deux pre-
céréales (Auvergne), Méditech Santé (Île-de- miers centres mondiaux (le second étant aux
France), Prod'Innov (Aquitaine). États-Unis) créés dans le domaine du géno-
■ Liens avec (technologies) : transgénèse ; typage, en 1997.

207

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Agriculture, sylviculture,
pêche ; industries agricoles
et alimentaires ; industrie
pharmaceutique ; recherche
et développement.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 208

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49. Techniques de criblage et de synthèse


à haut débit
Degré de développement Description tes (jusqu'à 50 à 100 000 molécules par mois
et par chercheur) ;
Par techniques de criblage et de synthèse à
Émergence – l'approvisionnement en molécules : la ten-
haut débit on entend :
dance est plutôt à la conception rationnelle de
Croissance • le criblage à haut débit (HTS - High
chimiothéques ciblées, de plus petite taille.
Throughput Screening) réel. Le développe-
Maturité Cette technique de criblage à haut débit a été
ment de la génomique et de la protéomique
étendue à d'autres domaines des biotechnolo-
a conduit à la découverte de nombreuses
gies, comme la mutagenèse dirigée qui néces-
cibles thérapeutiques, constituant ainsi des
site des outils de tests à très haut débit ;
ciblothéques. Parallèlement, les progrès de
• le criblage virtuel. Il s'agit d'une modélisa-
la chimie combinatoire (méthode de recher-
tion (simulation virtuelle) de l'action théra-
che pharmaceutique qui consiste à synthéti-
ser, de manière automatique, un grand nom- peutique de molécules sur une cible, qui
bre de molécules de structures apparentées) pourrait se substituer en partie aux essais
ont permis de synthétiser des banques de réalisés in vitro, ou du moins avoir pour
molécules, potentiellement actives, à tester. objectif d'effectuer une présélection des
208
Pour tirer partie de ces améliorations, des molécules à tester in vitro. On parle de tests
techniques de tests à haut débit (criblage) in silico. Cette technologie fait appel aux pro-
sont mises en place pour découvrir, à partir grès récents de plusieurs disciplines : la bio-
de ces chimiothèques et de ces ciblothé- logie moléculaire, la biologie structurale
ques, des molécules aux propriétés nouvel- (détermination de la structure tridimension-
les biologiquement actives. nelle de la cible), la bioinformatique, les
Les verrous principaux qui freinent le déve- mathématiques (voir la fiche Modélisation,
loppement de ces technologies sont techni- simulation, calcul) ;
ques. Ils concernent : • l'expérimentation à haut débit (HTE - High
– le choix de la cible : une des questions est Troughput Experimentation). Cette technolo-
de savoir s'il est préférable de choisir une gie a pour but d'accélérer le processus de
cible issue de la génomique ou de privilégier recherche principalement en catalyse et en
l'étude d'une cible connue ayant déjà chimie des matériaux en vue de la mise au
apporté des résultats intéressants. Par ail- point de procédés de production. La techno-
leurs, manipuler un seul gène cible ou une logie repose sur l'utilisation des outils de la
seule protéine cible ne permettra pas, dans chimie combinatoire pour accélérer la recher-
tous les cas, d'obtenir des résultats satisfai- che de nouvelles conditions opératoires pour
sants (cas des maladies multifactorielles) ; des réactions généralement connues, et
– la mise au point d'essais biologiques notamment la recherche de nouveaux cataly-
robotisés pertinents : il est bien sûr inté- seurs. L'expérimentation à haut débit per-
ressant de mettre au point des tests per- met de découvrir des systèmes catalytiques
mettant d'évaluer l'activité mais aussi la nouveaux et/ou des conditions opératoires
toxicité, l'absorption, la distribution, la méta- performantes très rapidement.
bolisation du composé en vue des essais Ces technologies font appel à de multiples dis-
cliniques ; ciplines comme la génomique, la protéomi-
– la gestion de la masse de données produi- que, la robotique, les microsystèmes (déve-
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 209

LES TECHNOLOGIES CLÉS

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loppement de systèmes miniaturisés, MEMS- Le marché européen du criblage à haut débit
Micro-electro-mechanical-systems), la micro- (découverte de principes actifs) a été estimé
fluidique, la chimie, la bioinformatique... à 377 M€ et devrait augmenter pour attein-
dre 722 M€ en 2010. Le marché du HTE est
Enjeux, Impact lui encore émergent, sa croissance est à pré-
Les enjeux de la maîtrise de ces technolo- voir dans les années à venir. Globalement, le
gies sont les suivants : marché de ces technologies est un marché à
• il s'agit de rendre les domaines d'applica- fort potentiel.
tion (drug discovery, chimie, catalyse, maté-
riaux...) plus compétitifs en diminuant les Acteurs
coûts associés et en augmentant la vitesse ■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo-
des découvertes (time to market) : il est évi- gie moléculaire, sciences médicales et ali-
dent que celui qui découvrira le plus rapide- mentation, physico-chimie de la pharmacolo-
ment et produira les principes actifs agrochi- gie, médecine et odontologie, chimie
miques ou pharmaceutiques par le procédé moléculaire, chimie analytique, informatique.
le moins onéreux remportera le marché. ■ Compétences technologiques : compo-
L'enjeu est grand si l'on sait que les plus sants électriques, informatique, analyse,
grands block busters pharmaceutiques rap- mesure et contrôle, ingénierie médicale, chi-
portent chacun 5 ou 6 Md$ par an ; mie organique, biotechnologies.
• dans le domaine de la chimie, l'améliora- ■ Pôles de compétitivité : Innovations théra-
tion de procédés catalytiques est un peutiques (Alsace), Chimie-environnement
domaine clé de la recherche chimique, étroi- Lyon (Rhône-Alpes), Méditech Santé (Île-de-
tement lié à la propriété industrielle. D'après France).
les Chemical Abstracts, les brevets les plus ■ Liens avec (technologies) : protéomique ;
consultés dans le monde sont régulièrement génomique fonctionnelle à grande échelle ;
des brevets de méthodologie de synthèse microtechnologies pour l'intensification des
en catalyse. Ils se classent devant les bre- procédés ; transgénèse ; modélisation, simu- 209
vets de chimie médicinale. L'importance des lation, calcul ; acquisition et traitement de
impacts du développement des procédés données.
catalytiques est soulignée par le choix de la ■ Principaux acteurs français
catalyse comme un des trois axes technolo- Centres de compétences : CEA (GCC :
giques du pôle à vocation mondiale « chimie Groupe de chimie combinatoire et de cri-
environnement Lyon Rhône-Alpes » (Axe- blage à haut-débit), CIT (Rennes, HTE), Insti-
lera) ; tut Gilbert Laustriat (Criblage et chimiothé-
• le développement d'industries connexes que nationale, Strasbourg), LOF Rhodia-
(fabrication de robots de criblage, de syn- CNRS (HTE), RMNT (Réseau Micro Nano
Degré de diffusion
thèse, logiciels...) contribue à pérenniser et Technologies.
de la technologie
développer ces secteurs industriels. Industriels : Cerep, Hybrigenics, Biométho-
Naissance
L'horizon temporel prévisible de la maîtrise des (Massive Mutagenesis® - Demande
de certaines de ces technologies est assez PCT WO 02/16606 - technologie phare de Diffusion
proche (moins de 5 ans), notamment pour la Biométhodes, est la seule technologie de
Généralisation
santé (découverte de nouveaux traitements) mutagenèse dirigée combinatoire à haut
et les biotechnologies. Pour la chimie, l'hori- débit), Rhodia (HTE).
zon est plus lointain : de 5 à 10 ans. ■ Exemples d'acteurs dans le monde : HTS : Domaines d’application
Aclara Biosciences (États-Unis), Discovery
Marché Partners (États-Unis), Vertex Pharmaceuticals Industries agricoles et
alimentaires ; industrie
Les domaines d'application de ces technolo- (États-Unis), Euroscreen (Belgique), Inter-
pharmaceutique ; fabrication de
gies sont la pharmacie et l'agrochimie bioscreen (Russie) ; HTE : DSM (Pays-Bas) et savons, de parfums et de
(découverte de nouveaux médicaments, her- probablement les différentes grandes entre- produits d'entretien ; chimie,
prises du même secteur comme Degussa caoutchouc, plastiques ;
bicides, insecticides, fongicides...), les bio- fabrication de composants
technologies (mutagenèse dirigée, par (Allemagne), Avantium (Pays-Bas), Symyx électroniques ; recherche et
exemple), la chimie (mise au point de procé- (États-Unis)... Certains laboratoires du Mas- développement.
dés catalytiques et de matériaux innovants). sachusetts Institute of Technology à Boston.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 210

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50. Vectorisation

Degré de développement Description rous technologiques subsistent et ralentis-


sent leur apparition sur le marché : difficulté
La vectorisation est une technologie qui per-
Émergence à maîtriser les aspects toxicologiques, la bio-
met d'améliorer l'efficacité d'un principe
compatibilité (des matériaux d'encapsula-
Croissance actif en augmentant sa biodisponibilité, par
tion, par exemple), la métabolisation du sys-
exemple en augmentant la fraction du prin-
Maturité tème, la biodégradabilité des matériaux
cipe actif captée par l'organisme sous sa
utilisés.
forme pharmacologiquement active, non
dégradée. Il s'agit plus précisément de pro-
mouvoir le passage à travers les membranes Enjeux, Impact
et/ou les cellules d'un principe actif, en le Dans les années à venir, plusieurs opportuni-
protégeant de la dégradation par les tés susceptibles de contribuer au développe-
enzymes (enzymes du foie notamment). ment de la vectorisation vont se présenter :
Les principaux domaines d'application sont • entre 2004 et 2008, de nombreux brevets
la pharmacie (délivrance de médicaments), de médicaments à forte rentabilité (block
l'agriculture (délivrance de pesticides, busters) vont tomber dans le domaine
210
engrais,...) et la cosmétique. public : ceci devrait correspondre à une perte
Dans le domaine de la santé, la mise en place de 40 Md$ pour leurs possesseurs. La vecto-
de systèmes de délivrance moins contrai- risation peut être une bonne opportunité
gnants pour les patients correspond aussi à pour contrecarrer ce phénomène. De nou-
une voie de recherche : l'insuline inhalée par veaux brevets revendiquant de nouvelles for-
exemple représente pour les patients diabé- mes « vectorisées » de molécules tombant
tiques un réel progrès par rapport à l'injec- dans le domaine public pourront être dépo-
tion. Les formes galéniques d'insuline sés ;
« retard » qui réduisent le nombre d'injec- • par ailleurs, le marché des protéines théra-
tions nécessaires sont aussi issues de tra- peutiques est en pleine croissance (taux
vaux de vectorisation de cette protéine. de 10,5 % par an entre 2003 et 2010) : ces
Plusieurs types de techniques ont été déve- « grosses » molécules traversent les mem-
loppés : branes et pénètrent difficilement dans les
• encapsulation du principe actif ; cellules d'où un besoin de vectorisation ;
• modification chimique du principe actif ; • enfin, l'amélioration du confort des
• système d'administration (patch, spray, patients, grâce à la mise en œuvre de systè-
implantation d'appareils dans l'organisme mes moins contraignants pour des maladies
pour libérer le principe actif directement sur telles que le diabète, est un point important
la cible) ... étant donné le vieillissement de la population
Ces techniques font appel à des disciplines et le développement de cette maladie dans
variées : biotechnologies, chimie, microsys- les pays développés (le nombre de patients
tèmes et microfluidique, nanotechnologies, diabétiques (type II) devrait doubler entre
physico-chimie, thérapie génique... 2002 et 2022).
Outre le coût de production (investisse- L'enjeu est de ne pas laisser échapper ces
ments lourds, de plusieurs dizaines de M ) opportunités pour renforcer la compétitivité
et la complexité de tels systèmes, des ver- française de ce secteur.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 211

LES TECHNOLOGIES CLÉS

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Dans le domaine de l'agriculture, l'enjeu de médicales & alimentation, physico-chimie de
la maîtrise de cette technologie est de dimi- la pharmacologie, médecine et odontologie,
nuer la quantité de produits utilisés pour faci- chimie physique, chimie analytique, chimie
liter les cultures (insecticides, pesticides...) moléculaire.
en les délivrant de manière plus efficace. La ■ Compétences technologiques : ingénierie
vectorisation appliquée à ce domaine s'ins- médicale, chimie organique, chimie macro-
crit dans le cadre du développement durable. moléculaire, biotechnologies, pharmacie-
L'horizon temporel prévisible de l'impact de cosmétiques, produits agricoles et alimentai-
cette technologie est de 5 ans. res.
■ Pôles de compétitivité : Biothérapies (Pays
Marché de la Loire), Cosmetic Valley (Interrégional),
Les marchés de la vectorisation sont la santé Lyonbiopôle (Rhône-Alpes), Méditech Santé
(nouveaux traitements contre le cancer et le (Île-de-France).
diabète, mais aussi la mise au point de nou- ■ Liens avec (technologies) : thérapie géni-
veaux systèmes de distribution de médica- que ; ingénierie des anticorps monoclonaux ;
ments déjà existants), l'agriculture (herbici- micro et nanocomposants.
des et insecticides plus efficaces) et la ■ Principaux acteurs français
cosmétique (la cosmétique a été la première Centres de compétences : CNRS, Généthon,
industrie à produire des liposomes en grande Inra, Inserm.
quantité). Industriels : Centillion (filiale de Sanofi-Aven-
Le marché mondial de la vectorisation pour la tis), Chelatec, Debiopharm, Flamel Technolo-
santé a été estimé, pour 2009, à 67 Md$. gies, In-Cell-Art, L'Oréal, Nanovec, Nicox,
Étant donné les enjeux présentés dans le Pharmavectys, Speregène, Virsol.
paragraphe précédent, il convient de noter ■ Exemples d'acteurs dans le monde : Altea
qu'il s'agit d'un marché à très fort potentiel. Therapeutics (États-Unis), Alza (États-Unis),
AP Pharma (États-Unis), Aradigm (États-
Acteurs Unis), Emisphere Technologies (États-Unis),
211
■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo- Noven Pharmaceuticals (États-Unis), Trans-
gie moléculaire, biologie cellulaire, sciences pharma Medical (Israël).

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Agriculture, sylviculture, pêche ;
industrie pharmaceutique ;
fabrication de savons, de
parfums et de produits
d'entretien ; recherche et
développement.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 212

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51. Ingénierie des anticorps monoclonaux

Degré de développement Description ment les maladies des pays développés tels
que les cancers).
Un anticorps est une substance synthétisée
Émergence L'horizon temporel prévisible de l'impact de
par certaines de nos cellules (lymphocytes)
la maîtrise de cette technologie est de 5 ans.
Croissance en réponse à une stimulation par une
substance étrangère à notre organisme.
Maturité Un anticorps est monoclonal quand ses Marché
extrémités ne peuvent se fixer que sur un Les maladies susceptibles d'être soignées
seul antigène (un antigène est une subs- par ce type de traitement sont extrêmement
tance capable de déclencher une réponse nombreuses : les maladies infectieuses, les
immunitaire). cancers, certains lymphomes, certaines leu-
Produits par clonage d'une cellule spécia- cémies, le rejet de greffe de rein, la maladie
lisée, les anticorps monoclonaux recon- de Crohn, la polyarthrite rhumatoïde...
naissent un antigène bien déterminé. Du fait de leur capacité à reconnaître spécifi-
Aujourd'hui, on a réussi, par exemple, à quement un motif moléculaire particulier, les
construire des anticorps monoclonaux spéci- anticorps monoclonaux sont des acteurs pri-
212
fiques d'un gène surexprimé dans certains vilégiés dans la détection des molécules et le
cancers du sein. Ces nouveaux médica- diagnostic. Ils sont utilisés dans de nom-
ments ciblent précisément les cellules impli- breux tests de dépistage comme, par exem-
quées dans le mécanisme de développe- ple, les tests de type Elisa (Enzyme Linked
ment de la tumeur et les détruisent. Les Immunosorban Assay ; c'est le type de test
anticorps monoclonaux ont été au fil du notamment utilisé pour le dépistage de la
temps perfectionnés. Après les anticorps séropositivité au virus VIH) et ce, aussi bien
monoclonaux d'origine animale, des anti- dans le domaine médical que dans le
corps monoclonaux humanisés puis hu- domaine agroalimentaire.
mains ont vu le jour. Outre la mise au point Les anticorps monoclonaux représentaient
d'anticorps le plus humanisés possible, l'ef- environ 14 % du marché biopharmaceutique
fort à fournir aujourd'hui concerne l'utilisa- en 2002, contre 1 % en 1995. Les ventes
tion de fragments d'anticorps. mondiales des anticorps monoclonaux ont
La production des anticorps monoclonaux enregistré une croissance annuelle de 147 %
nécessite une augmentation importante des entre 1995 et 2002. Plus de 113 anticorps
capacités de production utilisant les cellules monoclonaux sont actuellement en dévelop-
de mammifères. pement clinique dont 74 % sont en phase II
et III. Entre 29 et 47 nouveaux anticorps
Enjeux, Impact monoclonaux devraient arriver sur le marché
L'enjeu pour la France de la maîtrise de cette entre 2004 et 2009. Le marché mondial des
technologie est de contribuer au développe- anticorps monoclonaux a été estimé à
ment de nouveaux biomédicaments, pou- 5,1 Md$, en 2003.
vant devenir des block busters du fait des
maladies visées (le spectre des maladies Acteurs
potentiellement traitées par des anticorps ■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo-
monoclonaux est très large et inclut notam- gie moléculaire, biologie cellulaire, biologie
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 213

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


des organismes, sciences médicales et ali- nal Antibodies Thérapeuctics, Paris, Proteo-
mentation, physico-chimie de la pharmacolo- génix.
gie, médecine et odontologie. ■ Exemples d'acteurs dans le monde :
■ Compétences technologiques : analyse, Amgen (États-Unis), Genzyme (États-Unis),
mesure et contrôle, ingénierie médicale, bio- Johnson & Johnson (États-Unis), Novartis
technologies, pharmacie-cosmétiques, pro- (Suisse), Roche (Suisse).
duits agricoles et alimentaires.
■ Pôles de compétitivité : Biothérapies (Pays Commentaires
de la Loire). Il existe un fort décalage entre le haut niveau
■ Liens avec (technologies) : contrôle des de connaissance académique français et le
allergies alimentaires ; vectorisation. faible développement industriel dans ce
■ Principaux acteurs français domaine. Le transfert de technologie et plus
Centres de compétences : CEA, Inra, Institut précisément les problèmes de production de
Pasteur. masse d'anticorps monoclonaux semblent
Industriels : Biocytex, Génopoïetic, Monoclo- expliquer ce phénomène.

213

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industries agricoles et
alimentaires ; industrie
pharmaceutique ; recherche
et développement.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 214

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Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

52. Vaccins recombinants

Degré de développement Description tieuses, comme le sida, la malaria et la tuber-


culose, pour lesquelles on ne dispose encore
Les nouvelles générations de vaccins vivants
Émergence d'aucun vaccin efficace. L'enjeu de la maî-
sont fabriquées grâce aux techniques de
trise de cette technologie est donc de met-
Croissance recombinaison génétique telles que les tech-
tre au point des nouveaux traitements médi-
niques expérimentales d'assemblage de
Maturité caux innovants et peu coûteux susceptibles
séquences d'ADN non contiguës à l'état
d'enrayer ces épidémies ravageuses.
naturel. Par rapport aux techniques tradition-
Certains vaccins sont déjà disponibles (hépa-
nelles de conception de vaccins, la concep-
tite B, anticoqueluche), mais des efforts de
tion de vaccins par génie génétique permet
recherche supplémentaires sont nécessai-
aux chercheurs de contrôler avec plus de
res pour augmenter l'impact de cette tech-
précision les caractéristiques du vaccin. Il
nologie sur la santé publique. L'horizon
n'est plus nécessaire d'utiliser le virus entier,
temporel prévisible de l'impact de cette
seul l'antigène (substance capable de
technologie est probablement de plus de
déclencher une réponse immunitaire) est
10 ans.
inséré. Les techniques mises au point grâce
214
à la transgénèse permettent de créer des
vaccins de plus en plus complexes, suscep- Marché
tibles d'immuniser le patient contre plusieurs Le marché est principalement celui des
antigènes simultanément. maladies infectieuses : il est à l'échelle de la
Les vaccins recombinants se veulent plus gravité des maladies qui restent sans vaccin
sûrs et plus efficaces que les vaccins tradi- efficace aujourd'hui : sida (40 millions de
tionnels. Bien que nécessitant des métho- malades dans le monde), malaria (un million
des de production innovantes, les vaccins de morts par an en Afrique), tuberculose
recombinants ne seraient pas plus coûteux (huit millions de nouveaux malades chaque
que les vaccins classiques. année)...
Le premier vaccin recombinant humain mis Parallèlement, le marché des cancers est
sur le marché a été celui de l'hépatite B. Le également visé. Les premiers vaccins visant
vaccin anticoqueluche a suivi. à stimuler le système immunitaire contre les
L'un des verrous à l'utilisation de cette tech- tumeurs cancéreuses seront disponibles en
nologie est l'acceptation du public. Il s'agit 2006 aux États-Unis.
de produits mis au point grâce à la transgé- En 2002, les vaccins recombinants représen-
nèse et le grand public n'est peut-être pas taient 4 % du marché biopharmaceutique. 87
encore prêt à accepter les risques liés aux traitements potentiels étaient en cours d'es-
OGM. Par ailleurs, la mise au point d'un vac- sais cliniques en 2002. 19 vaccins recombi-
cin est extrêmement longue (entre 10 et 15 nants devraient être mis sur le marché entre
ans), ce qui peut dissuader les investisseurs 2004 et 2009 selon une hypothèse basse
de mettre les capitaux nécessaires au déve- contre 32 selon une hypothèse haute.
loppement de tels produits.
Acteurs
Enjeux, Impact ■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo-
Il existe encore de grandes maladies infec- gie moléculaire, biologie cellulaire, biologie
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 215

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


des organismes, sciences médicales et ali- Acambis (Royaume-Uni), Bavarian Nordic
mentation, médecine et odontologie, biolo- (Danemark), Glaxomithklime (Royaume-Uni),
gie des populations et écologie. Medigene (Allemagne), Novaxax (États-
■ Compétences technologiques : ingénierie Unis), Xenova (Royaume-Uni).
médicale, biotechnologies, pharmacie-cos-
métiques. Commentaires
■ Pôles de compétitivité : Lyonbiopôle L'écosystème français est particulièrement
(Rhône-Alpes). riche avec les leaders mondiaux du domaine
■ Liens avec (technologies) : protéomique ; (Sanofi-Pasteur 23 % du marché mondial,
transgénèse. Biomérieux, Mérial). Le pôle de compétitivité
■ Principaux acteurs français Lyonbiopôle, projet mondial, qui vise à
Centres de compétences : Institut Pasteur. conforter le leadership mondial du territoire
Industriels : Sanofi-Pasteur, Biomérieux, rhodanien dans les vaccins et le diagnostic,
Mérial, Pierre Fabre, IDM, Transgène. témoigne du potentiel scientifique, techni-
■ Exemples d'acteurs dans le monde : que et industriel français sur le sujet.

215

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industrie pharmaceutique ;
recherche et développement ;
santé, action sociale.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 216

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53. Alimentation pour le bien-être et la santé

Degré de développement Description urgent de prendre en compte ce problème


de santé publique : selon l'Inserm, le nombre
L'alimentation participe activement à la
Émergence d'enfants obèses est passé de 5 à 13 % en
santé. Hippocrate l'affirmait déjà : « Que ton
10 ans) ;
Croissance aliment soit ta première médecine. » Toute-
• mettre en place des stratégies efficaces
fois, la notion d'aliment santé (ou aliment
Maturité de prévention des maladies typiques de nos
fonctionnel) a émergé seulement récem-
sociétés industrialisées et accompagner le
ment, accompagnant une rupture des habitu-
vieillissement des populations occidentales
des alimentaires où l'argument santé devient
en leur assurant la meilleure qualité de vie
un élément de choix des consommateurs.
possible pour réduire les dépenses de santé.
Au-delà de la satisfaction des stricts besoins
La réglementation, qui doit veiller à la non-
nutritionnels, l'alimentation devient un
moyen d'améliorer le bien-être, de maintenir tromperie du consommateur, fait l'objet de
un bon état de santé, voire de réduire le ris- nombreuses réflexions et est en pleine évo-
que de certaines maladies. lution. Elle devrait se stabiliser dans les
Un aliment est dit fonctionnel si : années à venir. Cette amélioration passera
216
• il contient un constituant qui affecte une ou par une concertation large entre les autorités
un nombre limité de fonctions dans l'orga- administratives nationales (Afssa, Agence
nisme selon un mécanisme tel qu'il a un française pour la sécurité sanitaire des ali-
effet positif ; ments) et internationales, les scientifiques,
• il a un effet physiologique ou psychologi- les industriels et les consommateurs.
que qui va au-delà de l'effet nutritionnel tra- Le développement de cette technologie
ditionnel. représente pour l'industrie agroalimentaire
Les aliments pour la santé peuvent être clas- un créneau d'innovation de première impor-
sés en trois catégories : les aliments de tance, lui ouvrant des marchés à haut poten-
l'équilibre et du bien-être (aliments nutritive- tiel de croissance. L'horizon temporel prévi-
ment corrects, porteurs d'image santé), les sible de l'impact de cette technologie est de
aliments du rééquilibre et du retour au bien- 5 à 10 ans.
être (aliments de régime minceur, de régime
tonique, de régime confort...) et les aliments Marché
de santé (aliments de prévention du risque). Le marché mondial de l'aliment santé repré-
sentait en 2004 un chiffre d'affaires compris
Enjeux, Impact entre 55 et 96 Md selon les définitions plus
Les enjeux pour la France de la maîtrise de ou moins restrictives que l'on donne à ce
cette technologie sont multiples : terme, et devrait connaître une croissance
• répondre à la demande des consomma- annuelle de 20 % dans les dix prochaines
teurs qui accordent de plus en plus d'impor- années. D'ici à 2011, de 6 à 10 % du marché
tance à la valeur santé de leur alimentation ; alimentaire total sera ainsi constitué d'ali-
• permettre de répondre aux besoins d'une ments santé. Ce marché en pleine crois-
partie de la population contrainte de suivre sance est soutenu par une forte demande du
un régime alimentaire particulier (lutter consommateur. Selon une étude du Crédoc
contre l'obésité, par exemple. Il est, en effet, (Centre de recherche pour l'étude et l'obser-
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 217

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


vation des conditions de vie ; 1999), 77 % des (Midi-Pyrénées, Limousin), Vitagora (Bourgo-
Français sont prêts à payer au prix fort le pro- gne), Prod'innov (Aquitaine), L'aliment de
duit qui apporte du bénéfice pour la santé. demain (Bretagne), Nutrition santé longévité
(Nord-Pas-de-Calais).
Acteurs ■ Liens avec (technologies) : contrôle des
■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo- allergies alimentaires ; traçabilité, transgé-
gie moléculaire, biologie cellulaire, biologie nèse.
des organismes, sciences médicales et ali- ■ Principaux acteurs français
mentation, médecine et odontologie. Centres de compétences : CNRS, Inra, Insti-
■ Compétences technologiques : analyse, tut Pasteur.
mesure et contrôle, ingénierie médicale, bio- Industriels : Danone, Valorex.
technologies, produits agricoles et alimentai- ■ Exemples d'acteurs dans le monde : Kel-
res. logg's (États-Unis), General Mills (États-
■ Pôles de compétitivité : Cancer-Bio-Santé Unis).

217

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Agriculture, sylviculture, pêche ;
industries agricoles et
alimentaires ; santé, action
sociale.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 218

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

54. Contrôle des allergies alimentaires

Degré de développement Description • la prévalence de la maladie a sensiblement


augmenté depuis une décennie ;
Une augmentation significative du nombre
Émergence • la qualité de vie des malades et de leur
de cas d'allergies alimentaires recensés a pu
entourage est influencée fortement et dura-
Croissance être constatée : entre 1982 et 1995, le nom-
blement ;
bre de formes sévères aurait été multiplié
Maturité • le coût économique, actuellement non
par un facteur 5. Prendre en compte les pro-
chiffrable, devient une préoccupation.
blèmes d'allergie alimentaire est un des
Face à ce problème de santé publique, l'in-
objectifs fixés en 2001 dans le cadre du
dustrie agroalimentaire doit :
PNNS (Plan national nutrition-santé).
• suivre et anticiper l'évolution de la régle-
Il est important que les industriels, distribu-
mentation concernant l'étiquetage des aller-
teurs et professionnels de la restauration col-
lective se mobilisent pour maîtriser le risque gènes alimentaires ;
allergène. • mettre en place des procédures HACCP
Les évolutions des habitudes alimentaires (Hazard Analysis and Critical Control Point) et
constituent vraisemblablement la principale intégrer le danger allergène dans les guides
218
cause du développement des allergies ali- de bonnes pratiques d'hygiène (GBPH) ;
mentaires. Les procédés de transformation • saisir des opportunités de création ou de
et les interactions entre ingrédients et addi- distribution de nouveaux produits antiallergi-
tifs sont également suspectés, même si ques.
leurs impacts sur l'allergénicité sont encore Le cadre réglementaire européen est fixé par
difficiles à évaluer. la nouvelle directive 2003/89/CE (modifiant la
Une recherche sur les mécanismes de l'aller- directive 2000/13/CE) qui concerne l'étique-
gie alimentaire est indispensable car une tage et la présentation des denrées alimen-
meilleure compréhension de la physiopatho- taires, ainsi que la publicité faite à leur égard.
logie est source d'innovation pour l'élabora- La maîtrise de cette technologie aura un
tion de méthodes de prévention mais aussi impact sur la qualité de vie des patients et
de traitement. sur la santé publique, avec un horizon tempo-
Au niveau de la pratique médicale et de la rel prévisible de 5 à 10 ans.
surveillance épidémiologique, la recherche
fondamentale est insuffisante et la formation Marché
médicale initiale reste faible. L'absence de En France, on estime à 3,2 % la prévalence
système de surveillance épidémiologique d'allergies alimentaires évolutives dans la
constitue également un handicap pour l'amé- population générale et à 8 % dans la popula-
lioration du diagnostic et de la prise en tion pédiatrique. Aujourd'hui, lorsqu'une per-
charge du patient. sonne souffre d'allergie alimentaire le seul
traitement efficace est de suivre un régime
Enjeux, Impact d'éviction.
Le contrôle des allergies alimentaires est Le marché des produits « antiallergie » est
important pour quatre raisons principales : aujourd'hui encore émergent (restauration
• cette pathologie peut être grave et parfois collective réservée aux enfants souffrant
mortelle ; d'allergies alimentaires...).
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 219

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


■ Principaux acteurs français
Acteurs Centres de compétences : Afssa (www.
■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo-
afssa.fr), CEA, CHU Nancy, Inra, Inserm.
gie moléculaire, biologie cellulaire, biologie
Industriels : Nutrinov, Phylogène, Protéaxis,
des organismes, sciences médicales et ali-
Valpiform.
mentation, médecine et odontologie, biolo-
■ Exemples d'acteurs dans le monde :
gie des populations et écologie.
Nestlé (Suisse), HIPP (Royaume-Uni),
■ Compétences technologiques : analyse,
McCain (Canada).
mesure et contrôle, ingénierie médicale, bio-
technologies, produits agricoles et alimentai-
res. Commentaires
■ Pôles de compétitivité : nutrition santé Les technologies visant au contrôle des aller-
longévité (Nord-Pas-de-Calais). gies alimentaires bénéficient de la présence
■ Liens avec (technologies) : transgénèse ; sur le territoire français de plusieurs acteurs
traçabilité ; alimentation pour le bien-être et reconnus qui portent l'innovation du secteur.
la santé ; ingénierie des anticorps monoclo- Le secteur académique français est particu-
naux ; technologies d'authentification. lièrement riche.

219

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industries agricoles et
alimentaires ; industrie
pharmaceutique ; santé, action
sociale.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 220

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire

55. Imagerie et instrumentation associées


aux sciences du vivant
Degré de développement Description Instrumentation médicale
Les sciences du vivant sont porteuses de On classe également dans cette famille de
Émergence technologies l'instrumentation associée aux
certains des plus forts potentiels de marchés
sciences du vivant et à la médecine, notam-
Croissance industriels des années à venir. Notamment,
ment à la chirurgie assistée par ordinateur, à
les domaines de l'imagerie et de l'instrumen-
Maturité la chirurgie laser, à la chirurgie mini-invasive,
tation couvrent l'essentiel de la progression
au diagnostic (éventuellement réalisé à dis-
attendue.
tance), à l'autodiagnostic, etc.
La présente fiche traite plus spécifiquement
Ces technologies regroupent non seulement
des technologies d'imagerie pour les scien- les matériels dédiés aux activités médicales
ces du vivant et la médecine et de l'instru- et chirurgicales, les systèmes permettant
mentation médicale. d'établir par le patient lui-même un diagnos-
tic fiable (par exemple, la mesure de la glycé-
Imagerie mie par les diabétiques), mais également les
Les techniques d'imagerie sont des outils technologies logicielles permettant l'assis-
220
d'analyse privilégiés dans les sciences du tance aux actes chirurgicaux, l'archivage de
vivant et leur volet industriel (biotechnolo- données, ou encore les concepts d'organisa-
gies). Elles font appel à un grand nombre de tion.
technologies différentes, créant des images Si certaines techniques d'imagerie sont fonc-
obtenues par des moyens physiques très tionnellement au point, le passage de la
variés. On distingue essentiellement deux chaîne d'imagerie d'un traitement humain à
processus utilisés : le spectre électromagné- un traitement numérique ouvre de nouvelles
voies de développement : méthodes de tra-
tique (visible, rayons X, microscope électro-
vail, analyse assistée par ordinateur...
nique, etc.) et l'acoustique (échographie). On
distingue, entre autres :
• la microscopie optique. Utilisée dans tou- Enjeux, Impact
tes ses variantes, elle est un outil majeur de Le domaine de l'instrumentation médicale
recouvre un enjeu double pour la France.
caractérisation : contraste de phase, micros-
D'une part, l'évolution des techniques médi-
copie interférentielle, microscopies confoca-
cales et chirurgicales permet de meilleurs
les ;
résultats dans le traitement des maladies,
• la microscopie électronique ;
ou, dans le cas de la chirurgie mini-invasive,
• les techniques de tomographie (RMN,
un traitement de la pathologie entraînant
radiographie, ultrasons, traceurs radioactifs,
moins d'effets collatéraux (réduction des
PET) ; cicatrices, de la durée d'hospitalisation, etc.).
• la radiographie ; D'autre part, l'instrumentation médicale
• l'imagerie infrarouge. représente un marché de première impor-
Les outils logiciels d'analyse d'image et d'as- tance, en forte croissance du fait de l'aug-
sistance au diagnostic complètent la partie mentation de la demande des pays industria-
matérielle (comptage de cellules, séquen- lisés et en passe de le devenir. Plus
çage d'ADN, etc.). précisement, la maîtrise des technologies
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 221

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies du vivant - santé - agroalimentaire


permettant le diagnostic à distance, l'auto- optronique, mathématiques et leurs applica-
diagnostic et la télémédecine est un enjeu tions.
majeur pour parvenir à maîtriser le coût de la ■ Compétences technologiques : informati-
santé dans nos sociétés où la population est que, semi-conducteurs, optique, analyse,
veillissante et la demande de soins a toutes mesure et contrôle, ingénierie médicale,
les chances de croître. ■ Pôles de compétitivité : Biothérapies (Pays
Le maintien des équipes médicales et chirur- de la Loire), Photonique (Provence-Alpes-
gicales françaises à la pointe du développe- Côte d'Azur), Innovations thérapeutiques
ment des techniques thérapeutiques passe (Alsace), Lyonbiopôle (Rhône-Alpes), Cancer-
par des équipements au niveau de la presta- Bio-Santé (Midi-Pyrénées, Limousin), Elop-
tion recherchée. sys (Limousin, Midi-Pyrénées), Méditech
En ce qui concerne les technologies d'ima- Santé (Île-de-France).
gerie, l'enjeu majeur est de transformer une ■ Liens avec (technologies) : techniques de
forte compétence de la recherche académi- criblage et de synthèse à haut débit ; interfa-
que française dans le domaine en un poten- ces humain-machine ; réalité virtuelle, aug-
tiel industriel. Actuellement l'activité est mentée, 3D ; capteurs intelligents et traite-
essentiellement portée, en France, par des ment du signal ; micro et nanocomposants ;
PME. procédés et systèmes de photonique.
Promouvoir l'investissement sur ce type de ■ Principaux acteurs français
technologies permet à la France de consoli- Centres de compétences : CEA, Cermep,
der sa position dans les domaines liés aux Cran, Erim, Hôpital Broussais, Hôpital Pitié-
biotechnologies, qui sont une des clés de la Salpétrière, Inria, Inra, Inserm, Leriss (Paris
croissance mondiale à moyen terme. L'im- XII), Leti, Lure, Sim, TTI...
pact de tels développements est donc direct Industriels : GE Medical Systems, Imagine
en termes d'image et de compétitivité. Eyes, Imasonic, Imstar, Mauna Kea, Nano-
biogène, Philips Medical, Sanofi-Aventis, Sni-
Marché tem (www.snitem.fr), Thales Angénieux...
221
Le marché français de l'imagerie médicale in ■ Exemples d'acteurs dans le monde : Barco
vivo représente une valeur d'environ (Belgique), Braun Aesculap (Allemagne),
800 M€, pour un marché mondial de 20 Md€. Leica (Allemagne), Siemens (Allemagne),
Le marché de l'imagerie médicale est seg- Zeiss (Allemagne), General Electric (États-
menté en trois grandes parties : l'endoscopie Unis), Toshiba (Japon), Nikon (Japon), Olym-
(invasif), pour 19 % ; l'imagerie classique pus (Japon), Philips (Pays-Bas).
(radiographie, échographie...), pour 59 % et
les grands instruments (scanners X, IRM, Commentaires
PET), à hauteur de 22 %. Sur ces technologies peu d'acteurs indus-
En parallèle, le marché français des instru- triels français occupent des positions domi-
ments médicaux, hors imagerie, est de l'or- nantes. Cependant, certains acteurs interna-
dre de 4 Md€, pour un marché mondial de tionaux ont en France des sites de
100 Md€. production ou de R&D. C'est le cas, par Degré de diffusion
exemple, de General Electric ou de Philips. de la technologie
Acteurs Cette situation est paradoxale quand on
■ Disciplines scientifiques : biologie cellu- constate que la France possède une forte Naissance
laire, biologie des organismes, sciences expertise académique dans les domaines
Diffusion
médicales et alimentation, médecine et connexes à ces technologies (Inria, Inserm,
odontologie, optique, informatique, traite- CEA, universités, etc.). Généralisation
ment du signal, électronique, photonique,

Domaines d’application
Industrie pharmaceutique ;
recherche et développement ;
santé, action sociale.
5Fiches Santé 22/06/06 15:13 Page 222
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 223

Transport
Transport

56 Architecture et matériaux pour infrastructures de transport terrestre


57 Travaux d'infrastructures furtifs
58 Infrastructures routières intelligentes
59 Sécurité active des véhicules
60 Architecture et matériaux pour l'allégement des véhicules
61 Sécurité passive des véhicules
62 Moteurs à pistons 223
63 Turbomachines
64 Acoustique des véhicules
65 Architecture électrique des véhicules
66 Architecture électronique des véhicules
67 Gestion de l'énergie à bord des véhicules
68 Liaisons de données véhicule infrastructure
69 Systèmes aériens automatisés
70 Positionnement et horodatage ultraprécis
71 Gestion des flux de véhicules
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 224

LES TECHNOLOGIES CLÉS


Transport

Des grands enjeux aux technologies clés

Environnement
et énergie

64 Compétitivité de l’industrie
62
et des services de transport
63 65
67 66
60
57
70
58 71
56 59
69 61
68

Sécurité
dans les transports

224

Le secteur développement de la production en flux


tendus intègre fortement les services
En 2001, l'industrie européenne (UE15)
des équipements de transport produi-

des transports de transport (fret) dans les processus de


production. Par ailleurs, les aspirations
sait pour 161 Md€ de valeur ajoutée et
employait 2,6 millions de personnes.
individuelles conduisent à davantage de L'Allemagne (67 Md€ de VA), le
déplacements des personnes. Répon- Royaume-Uni (28 Md ) et la France
Le contexte dant à ces besoins croissants, le (26 Md€) sont les pays leaders. Les
domaine des transports connaît depuis exportations d'équipement de transport
La libéralisation des économies stimule plusieurs décennies un développement représentaient 18,8 % des exportations
le transport des marchandises, et le ininterrompu. industrielles de l'UE et l'excédent com-

Les transports terrestres de marchandises sur le territoire métropolitain (source Oséo-Anvar)


(milliards de tonnes-kilomètres)

1990 1995 2000 2001 2002


SNCF 49,7 46,6 55,4 50,4 50,0
Routes 193,9 227,1 266,5 273,7 277,2
Voies navigables 7,2 5,9 7,3 6,7 6,9
Oléoducs 20,5 22,3 21,7 21,2 20,7
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 225

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
Les transports intérieurs de voyageurs (source Oséo-Anvar)
(milliards de voyageurs-kilomètres)

1990 1995 2000 2001 2002


Voitures particulières 585,6 640,1 699,1 727,6 733,5
Autobus et autocars hors RATP 39,1 39,6 40,4 38,7 37,6
SNCF 63,7 55,6 69,9 71,5 73,5
dont TGV 14,9 21,4 34,7 37,4 39,9
RATP 11,9 10,3 12,7 12,9 13,1
dont ferré 9,7 8,3 10,1 10,3 10,4
dont routier 2,2 2,0 2,6 2,6 2,7
Transports routiers 11,4 12,1 15,1 14,0 13,7

mercial de l'UE 25 dans ce secteur est che des marchés, surtout face à une (10 % de la R&D automobile).
de 57,5 Md€. diversité croissante des produits (les Le transport routier rassemble, quant à
La France dispose historiquement d'une « options » dans l'automobile). En revan- lui, près d'un million d'entreprises (dont
industrie des transports (conception et che les équipements amont, et a fortiori beaucoup de petites) dans l'UE 25 et
fabrication des véhicules) de tout pre- les composants standards, peuvent être 3,7 millions d'emplois (2001) dont près
mier plan, ainsi que d'opérateurs de ser- fortement délocalisés. Par exemple, un de 520 000 en France. Il a généré une
vices de transports d'envergure interna- équipementier dans le domaine du valeur ajoutée de 120,2 Md€ dans
tionale. câblage sera amené à délocaliser en l'UE 25 (2001) dont près de 19 Md€ en
Tunisie les faisceaux standards et France. En France, l'emploi dans le
Automobile conservera en Europe les produits plus transport routier (fret et passagers) a
L'Union européenne (UE 25), l'Améri- sophistiqués. augmenté de 30 % entre 1990 et 2003
que et l'Asie se partagent, en parts à Les constructeurs français cumulent un et sa contribution au PIB est restée sta-
peu près égales, l'essentiel (98 %) de la chiffre d'affaires de 106 Md€ (2003), ble, voire a accusé une légère décrois- 225
production et du marché automobiles pour une production proche de 6 mil- sance, sur cette période.
mondiaux. Le secteur automobile repré- lions de véhicules (de l'ordre de 9 % de
sente 3 % du PIB de l'Union euro- la production mondiale). Ce secteur Ferroviaire
péenne (UE 15), et 7,5 % de la valeur représente 300 000 emplois directs en La construction ferroviaire représente
ajoutée des industries manufacturières. France et 760 000 emplois industriels en France un chiffre d'affaires proche de
Dix millions de personnes travaillent indirects ; en ajoutant les emplois 3 Md€ et 17 000 emplois directs (maté-
directement ou indirectement pour l'in- induits on arrive au chiffre de 2,5 mil- riel roulant, rail, contrôle commande).
dustrie automobile, soit 7 % de l'emploi lions d'emplois. L'automobile a repré- 44 % de la production est exportée.
du secteur manufacturier européen. Il y senté 15,3 % des exportations françai- L'Europe représente 50 % des débou-
a eu 15,9 millions de nouvelles immatri- ses en 2003 ; c'est la branche in- chés des constructeurs de matériel fer-
culations en Europe en 2003. Les expor- dustrielle qui contribue le plus à la roviaire. Les acteurs clés en France sont
tations européennes représentent de balance commerciale (12 Md€ environ). Alstom Transport (Île-de-France, Tar-
l'ordre de 73 Md€ en 2002 et les impor- La R&D du secteur est de 7 Md€, repré- bes), Bombardier France (Nord-Pas-de-
tations près de 26 Md€. sentant 5 % du chiffre d'affaires des Calais), Siemens (bureau d'études,
Bien que les centres de décision restent constructeurs, 6 % de celui des équipe- ex-Matra Transport) et la SNCF. Pour l'in-
dans les pays « historiques » des mar- mentiers et de 9 % à 15 % du CA des dustrie française, les opportunités
ques, les constructeurs européens ont équipementiers électroniques. Les importantes sont les pays émergents
déplacé une partie des usines d'assem- acteurs clés en France sont : (trains classiques, grande vitesse) et les
blage en Europe de l'Est : Volkswagen • les constructeurs : PSA, Renault, axes ferroviaires transeuropéens.
produit la marque Skoda en République Renault Trucks, Irisbus... ; Près d'un million de personnes travail-
tchèque et la marque Audi en Hongrie, • les équipementiers : Valéo, Faurecia, lent dans le transport ferroviaire dans
Fiat produit en Pologne, Renault en Rou- Delphi, Siemens, Johnson Controls... ; l'UE 25 (moitié moins que dans les
manie... L'assemblage final reste pro- • les sociétés de R&D externalisée années 1980), qui représente 197 000
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 226

LES TECHNOLOGIES CLÉS


Transport

kilomètres de voies ferrées dont 49 % Le chiffre d'affaires français du naval réalisé en 2003 un chiffre d'affaires non
électrifiées. Ces dernières années, le « classique » (hors plaisance) fluctue consolidé de 24,9 Md€. Les dépenses
transport de marchandises par rail a selon les années entre 1 et 2 Md€. Ce de R&D représentent 17,5 % du chiffre
diminué au profit de la route (la part du secteur exporte une part importante de d'affaires, soit près de 4,4 Md€. Les
rail est passée de 15,3 % à 8 % entre sa production : environ 50 %, essentiel- nouvelles commandes enregistrées au
1980 et 2001). Le transport de voya- lement vers les États-Unis et l'Italie. Ce cours de 2003 par l'industrie aérospa-
geurs par rail a augmenté de 1,1 % par secteur emploie 6 600 personnes tiale française se chiffrent quant à elles
an en moyenne depuis 1990, ce en rai- (2003), dont 4 000 aux chantiers de l'At- à 40 Md€. La France dispose en ce
son du développement des voies à lantique (Alstom). En France, on dénom- domaine de champions industriels et
grande vitesse. La France dispose du bre 15 grands chantiers navals. La répa- technologiques au tout premier rang
second réseau ferré (mesuré en km) ration représente 2 000 emplois dans mondial : partie française d'EADS (Air-
derrière l'Allemagne, mais le premier quatre à cinq chantiers, et les équipe- bus et Eurocopter notamment), Das-
pour les lignes à grande vitesse. C'est le mentiers 10 000 emplois. Par ailleurs, la sault, Thales, Safran (Snecma-Sagem),
pays où l'emploi lié au service ferroviaire direction des chantiers navals (DCN) Arianespace, Onera... Les régions Île-
est le plus important, l'accroissement représente 12 000 emplois dans le naval de-France et Sud-Ouest (Midi-Pyrénées
de l'emploi dédié au transport de voya- militaire. et Aquitaine) disposent d'atouts indus-
geurs compensant la baisse pour le Concernant la plaisance, domaine d'ex- triels, scientifiques et techniques struc-
transport de fret. cellence français (n° 1 mondial en voile, turants à l'échelle européenne.
Il n'existe pas, dans le monde, de n° 3 en moteur), le chiffre d'affaires fran- Le transport aérien progresse à un
réseau ferroviaire performant à la fois çais est de 1,2 Md€, en croissance forte rythme supérieur à 7 % par an depuis
sur le fret et le transport de voyageurs : et régulière depuis 5 ans. Ce secteur 1970 (en kilomètres-passagers), ga-
aux États-Unis, le réseau est performant pèse 10 000 emplois, dans 60 entrepri- gnant du terrain sur le train. Sa valeur
pour le fret ; l'Allemagne est plus dyna- ses. ajoutée est de 25 Md€ par an, dont un
mique que la France en matière de fret tiers est réalisé par le Royaume-Uni. Le
226
ferroviaire ; le réseau japonais est per- Aéronautique et spatial marché, qui a été progressivement
formant pour le transport de passagers. L'industrie aérospatiale emploie directe- déréglementé et privatisé, est encore
Le réseau français n'échappe pas à ment en Europe 415 000 personnes, relativement fragmenté : on observe
cette règle. Alors qu'aux États-Unis la pour la plupart hautement qualifiées, et peu de fusions transfrontalières (à l'ex-
vitesse du fret est (en moyenne) de 60 a généré en 2003 un chiffre d'affaires de ception notable d'Air France-KLM). En
km/h, en France, elle n'est que de 20 74 Md€, et une valeur ajoutée de revanche, on assiste à une multiplica-
km/h (5 km/h s'il y a des frontières à pas- 30 Md€ (UE 25), soit 18 % de la valeur tion des alliances transfrontalières, qui
ser) : il faut quatre jours au fret pour tra- ajoutée totale du secteur des équipe- ont un effet très structurant (rationalisa-
verser la France. L'obstacle n'est pas ments de transport. Royaume-Uni, tion des activités, à la fois au niveau
vraiment technique (il existe une capa- France et Allemagne concentrent 83 % industriel et commercial). L'impact est
cité de voies suffisante, bien qu'elles ne de la valeur ajoutée européenne. Les également très positif sur l'utilisation de
soient pas toutes électrifiées), mais dépenses de R&D représentent près de la flotte, ainsi que sur le développement
organisationnel. 14,5 % du chiffre d'affaires. EADS, lea- de « hubs » (plates-formes aéroportuai-
der mondial dans plusieurs de ses res de correspondance utilisées comme
Naval métiers, démontre la faisabilité d'une nœuds de réseau).
Les chantiers navals classiques euro- intégration industrielle à l'échelle euro- Au plan mondial, le groupe Air France-
péens ne représentent plus que 6 % péenne. KLM (constitué en mai 2004) est le pre-
des commandes mondiales en 2003. La En France, le système du transport mier transporteur aérien en termes de
chute a été extrêmement importante, aérien génère de l'ordre de 400 000 recettes et le troisième en termes de
essentiellement au bénéfice des chan- emplois directs et induits. L'industrie passagers-kilomètres transportés (PKT).
tiers asiatiques. Il existe d'ailleurs aérospatiale représente près de 101 500 Avec 48,7 millions de passagers et
encore une surcapacité globale en emplois directs, et environ deux fois 126,8 milliards de PKT en 2004, Air
Europe. plus d'emplois indirects et induits. Elle a France-KLM est le premier transporteur
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 227

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
européen, devant Lufthansa et British
Les enjeux du secteur (4X4, monospaces...), conquête des mar-
Airways. Avec 51,3 millions de passa- chés présentant un potentiel de crois-
gers en 2004 (+ 6,3 % par rapport à
des transports sance (Peco, Chine, Inde, Brésil...) ;
2003), Paris-CDG est le septième aéro- • sachant que le transport routier repré-
Les enjeux transversaux
port mondial et le deuxième aéroport sente environ un quart des émissions
Malgré des spécificités propres à cha-
européen (derrière Londres-Heathrow) de GES liées aux activités humaines,
que mode de transport (terrestre, mari-
avec un certain potentiel de développe- ces perspectives conduisent les experts
time, aérien), la plupart des enjeux sont
ment de ses capacités. CDG, avec à pousser un cri d'alarme : à moins de
transversaux à ces différents modes. En
526 000 atterissages et décollages en ruptures (improbables dans les prochai-
résumé, il s'agit, dans un contexte appa-
2004 est le premier aéroport européen nes années) dans les technologies et les
remment durable de prix élevé du
en termes de mouvements. Le système usages des véhicules routiers, les exter-
pétrole (supérieur à 50 $ le baril) :
aéroportuaire parisien (CDG et Orly) est nalités sur l'environnement (émissions
• de réduire drastiquement l'ensemble
le deuxième en Europe (avec 75 millions de GES et de polluants) et sur les popu-
des externalités environnementales et
de passagers en 2004) derrière celui de lations (accidents de la route, nuisances
sociétales (accidents, bruit, pollution
Londres (Heathrow, Gatwick, Stansted, sonores) continueront de croître.
locale, congestion de la circulation,
Luton et London-City). Pour le fret Ferroviaire « longue distance »
consommation de surfaces cultivables,
aérien, Paris-CDG, avec 1,64 million de Le transport ferroviaire (passagers et
consommation d'énergie et émissions
tonnes de fret, est la deuxième plate- fret) apparaît comme l'un des plus favo-
de gaz à effet de serre) et/ou d'internali-
forme aéroportuaire européenne der- rables en termes d'émissions de gaz à
ser les coûts qui en découlent ;
rière Frankfort. Le trafic passager des effet de serre. Les principaux enjeux
• d'améliorer la qualité du service rendu
aéroports français est voisin de 130 mil- sont :
(temps de parcours, ponctualité, condi-
lions de passagers par an. • réduction de la « signature » sonore ;
tions de transport, suivi et traçabi-
Dans le service de transport aérien, les • intensification de l'utilisation des voies
lité,...) ;
dix dernières années ont vu l'apparition ferrées ;
• de rendre les systèmes de transports 227
de compagnies à bas coût (low cost) • interopérabilité européenne (contrôle
résistant aux actes de malveillance et de
pour lesquelles Internet joue un rôle commande, alimentation électrique,
terrorisme ;
central (9 billets sur 10 pour ces compa- écartement des voies,...) ;
• d'optimiser les coûts.
gnies sont achetés en ligne). Les lignes • ouverture à la concurrence du fret fer-
La réponse à ces enjeux réside dans des
ferroviaires à grande vitesse peuvent roviaire, qui contribuera à la nécessaire
innovations tant sur les véhicules et
concurrencer, là où elles existent, les amélioration du niveau de service
leurs sous-ensembles (ensemble pro-
services aériens pour des distances (délais, suivi,...), au moins en France ;
pulsif notamment) que sur l'organisation
inférieures à 1000 km. Le développe- • généralisation de la grande vitesse
globale des systèmes de transport. Ces
ment de l'intermodalité air-fer est un commerciale à 350 km/h.
innovations sont attendues sur le plan Transports urbains et périurbains
élément important de la politique des
technique et en termes d'organisation. Avec en moyenne 80 % de population
transports en Europe.
La R&D dans le domaine de l'aéronauti- urbaine dans les pays européens, l'en-

que est extrêmement importante, majo- jeu majeur est l'amélioration de la qua-
Les enjeux spécifiques lité de vie dans les villes, sacrifiée
ritairement (en budget) sous forme de Transport routier
développement, bien que l'aéronauti- depuis les années soixante dix au « tout-
Selon le point de vue adopté, les enjeux
que soit à l'origine de ruptures technolo- voiture ». Il s'agit de :
s'expriment différemment :
giques qui ont diffusé dans d'autres sec- • prendre en compte l'évolution de la
• pour l'industrie des véhicules, il s'agit
teurs industriels. Les synergies demande en termes de transports (per-
de vendre toujours davantage de véhi-
technologiques intersectorielles sont sonnes, marchandises), conséquence
cules : multimotorisation (plus d'un véhi-
recherchées. notamment du vieillissement de la
cule par foyer) dans les pays occiden-
population ;
taux au marché saturé, véhicules plus
•permettre la coexistence du transport
haut de gamme ou à plus fortes marges
de passagers et de marchandises (le
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 228

LES TECHNOLOGIES CLÉS


Transport

plus souvent, en ville, des colis de petite que pour l'Europe et pour la France en matières premières) ;
taille) ; particulier. Le contexte international – massifier un ensemble de flux
• décongestionner les axes de trans- (notamment l'arrivée de systèmes de empruntant un même axe et un même
port. lancement russes sur le marché com- vecteur à haut débit (grosse capacité x
Naval mercial du transport spatial) a conduit grande vitesse) selon le principe des «
Contrairement aux navires « standards » l'Europe à réorganiser le secteur autour hubs » : le transport de faible ou
(cargos, porte-conteaineurs, pétro- d'un pôle industriel unifié dont l'objectif moyenne capacité reste dans ce
liers,...), les navires dits à haute valeur est de dégager des économies schéma réservé aux liaisons terminales
ajoutée sont toujours produits en d'échelle. Pour assurer son avenir, le (origine vers hub, hub vers destination).
France, qui sait fabriquer des navires à secteur du transport spatial européen À côté de ces schémas, des opérateurs
l'unité et dispose d'un tissu de fournis- doit conserver son haut niveau de fiabi- de transport exploitant des trajets
seurs et de sous-traitants adapté. Les lité et continuer à maîtriser l'équilibre directs sans passer par un hub peuvent
enjeux pour la construction navale fran- entre la rigueur financière et le maintien occuper certains segments de marché :
çaise (y compris la plaisance) sont : des compétences. Forte de l'exemple fret urgent, voyageurs pressés prêts à
• l'augmentation de la valeur ajoutée et de nos concurrents américains, l'Europe payer davantage...
l'innovation ; doit consolider son projet à moyen et Ces principes directeurs conduisent à
• la prise en compte des aspects envi- long termes pour fédérer les énergies et encourager la fin du « tout-routier », en
ronnementaux : le « paquebot zéro les moyens au travers de perspectives engageant une réflexion globale sur l'in-
rejet » devient une réalité, les mêmes claires d'exploitation et de développe- termodalité, tant pour les transports lon-
normes pourraient être élargies aux ment. gue distance que pour les transports
bateaux plus petits (grande plaisance urbains et périurbains.
dans un premier temps) ;
• le recyclage des bateaux de plaisan- Les tendances d'évolution Les transports longue distance
228
ce (une réglementation européenne du secteur des transports D'ores et déjà, un tiers des échanges
s'ébauche). commerciaux européens se font par
Aéronautique et espace voie maritime et les premiers projets
L'intermodalité et la fin
Les enjeux « transversaux » indiqués ci- du « tout-routier » d'autoroutes maritimes sont mis en
dessus s'appliquent naturellement au Une réflexion globale permet d'édicter œuvre. Dans l'Union européenne, la
transport aérien (la part de l'aviation quelques principes directeurs visant à majorité de la population se trouve à
dans les activités humaines générant faire baisser les impacts négatifs des moins de 200 km des côtes et ce tro-
des gaz à effet de serre dans le monde transports, tout en satisfaisant les pisme se renforce. Le transport mari-
est estimée à 3 % mais le secteur du besoins d'échanges de biens et de time (ou fluvial) est un mode très favora-
transport aérien est tendanciellement mobilité des personnes : ble en termes de consommation
en forte croissance, de l'ordre de 5 % • à prestation finale égale, diminuer le d'énergie, et son attractivité se renfor-
par an). Deux enjeux spécifiques appa- besoin de transport (exemple : le cour- cera avec l'augmentation du prix du
raissent : rier électronique se substituant au cour- pétrole.
• l'optimisation de l'utilisation de l'es- rier traditionnel, le télétravail ne nécessi- Le transport ferroviaire ne pourra rega-
pace aérien, qui passe par la modifica- tant pas pour tous un déplacement gner des parts de marché que s'il sait
tion profonde du contrôle aérien (orga- quotidien,...) ; s'adapter à la demande (lots de moindre
nisation du ciel unique européen, •à demande de transport donnée, favo- volume) et surtout s'il adopte des inno-
procédures, trajectoires,...) ; riser la massification des flux de deux vations (technologiques, organisation-
• le raccourcissement du temps néces- manières : nelles) permettant d'accroître son effi-
saire aux formalités administratives et – avoir moins recours aux flux tendus cience, et donc son attractivité, à
de sécurité (en conservant les mêmes dans le fret, donc diminuer les fréquen- travers :
exigences de sécurité). ces de livraison et stocker davantage (ce • la limitation de l'impact des ruptures de
Dans le domaine spatial, l'accès auto- qui se fait naturellement pour les biens charges liées au transbordement au
nome à l'espace reste un enjeu stratégi- à faible valeur ajoutée tels que les départ et à l'arrivée du tronçon ferroviaire ;
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 229

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
• une bourse de sillons pour l'optimisa- teur, même s'il existe encore une incer- disent l'essor de la location automobile,
tion de l'utilisation des infrastructures titude sur le modèle économique de ces qui permettrait de répondre aux besoins
ferroviaires ; services. changeants des ménages (une petite
• l'usage complémentaire des voies voiture quand on va travailler, une
traditionnelles : utilisation des lignes Deux secteurs connexes grosse pour partir en vacances avec
TGV de nuit pour acheminer le fret à prendre en compte toute la famille...). Le modèle économi-
Le tourisme
ferroviaire, voire construction de TGV que associé reste toutefois à préciser.
Le métier des agences de voyage se
mixtes fret-passagers (comme certains Notons, enfin, que la multiplication des
transforme très rapidement, en particu-
avions) ; organes électroniques conduit à une
lier du fait de l'impact du commerce
• à plus long terme, le changement de modification profonde des métiers liés à
électronique (émergence des agences
l'usage des gares pour en faire des sta- l'entretien des véhicules. Ces acteurs,
virtuelles en ligne), mais aussi du plafon-
tions de préassemblage, afin de limiter souvent des entreprises artisanales, se
nement des commissions accordées
les ruptures de charges et d'éviter les trouveront rapidement confrontés à des
par les compagnies aériennes (95 % de
transports routiers usine-gare. problèmes de compétences et d'impor-
leur chiffre d'affaires). L'intégration des
Dans ce schéma, le transport routier, tants besoins en formation.
offres de voyages va se poursuivre,
dont la flexibilité est le principal atout,
notamment avec la croissance du dyna-
est réservé aux liaisons terminales.
mic packaging qui permet à l'internaute
de composer à sa guise son voyage
Les tendances technologiques
Les transports urbains du secteur
Afin de sortir les centre ville du « tout- avec transport aérien, hébergement,

voiture » et de décongestionner les location de voitures, etc.


Face aux enjeux et pour répondre aux
accès aux grandes métropoles, l'amélio- L'attractivité du parc hôtelier français, et
évolutions des usages, les tendances
ration des services de transports ur- en particulier parisien, passe certaine-
technologiques dessinent un « tronc
bains ou périurbains collectifs ou semi- ment par l'amélioraton du rapport qua-
commun » aux différents modes de 229
collectifs est un enjeu majeur. La lité-prix comparé à celui d'autres desti-
transport, complété par des tendances
demande de transport requiert un ser- nations touristiques européennes, a
plus spécifiques à chaque mode de
vice porte-à-porte qui, pour les passa- fortiori dans un contexte d'euro fort vis-
transport. On n'anticipe pas de rupture
gers en particulier, n'est pas toujours à-vis du dollar US. Elle pourrait passer
technologique majeure à l'horizon 2010.
intégré de façon optimale entre les dif- également en partie par la mise en

férents modes. Le développement de œuvre de la « haute qualité environne-


La motorisation
mentale ».
parkings à la périphérie des villes, per- et les combustibles
mettant de stationner près d'une gare Pour les moteurs thermiques des véhi-
Les services associés aux transports
pour venir en ville par les transports en cules (moteurs à pistons, turbomachi-
Une tendance lourde, déjà largement
commun, va dans ce sens. nes), l'utilisation de combustibles fossi-
perceptible, est le développement des
Il y a par ailleurs une demande crois- les classiques restera prépondérante
services associés aux transports, qu'il
sante (notamment du fait du vieillisse- dans la prochaine décennie ; toutefois :
s'agisse d'informations sur le trafic,
ment de la population) pour des trans- • les cycles thermodynamiques présen-
d'aide au voyage (hotels, points d'inté-
ports de proximité à faible flux, du tent un potentiel d'optimisation exploita-
rêt, commerces...), d'informations mul-
transport point à point ; or il n'existe pas ble grâce notamment à l'utilisation de
timodales pour les voyageurs, de la pos-
de véhicules de moins de neuf places nouveaux matériaux, de nouvelles archi-
sibilité de connaître quasiment en
dans les transports publics. On va vers tectures (échangeurs...) ou à l'apport de
temps réel l'état d'avancement d'une
un transport individuel public, des véhi- systèmes avancés de régulation ;
livraison, etc. Des sociétés de logistique
cules mis à la disposition des clients • la combustion peut encore être amé-
qui associent transports aérien, ferro-
avec éventuellement une assistance au liorée ;
viaire et routier (sur le modèle de FedEx)
conducteur, limités à une zone géogra- •la conversion de l'énergie jusqu'à pré-
proposent, déjà, un service tout intégré.
phique. De nouveaux acteurs vont pro- sent perdue sous forme de chaleur est
À plus long terme, certains experts pré-
bablement se positionner sur ce sec- indispensable (énergie de freinage, per-
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 230

LES TECHNOLOGIES CLÉS


Transport

tes thermiques du moteurs...) ; • la réduction passive : en travaillant de route, radar, GPS,...), aides à la
• les combustibles à base d'hydrocarbu- sur la motorisation (vibrations, instabili- conduite élaborées, taxation des véhicu-
res seront complétés par des carburants tés,...), la configuration des véhicules les selon leur consommation de carbu-
de synthèse ou issus de la biomasse ; (« masquage » des sources de bruit rant...
• l'hybridation de la propulsion couplant comme le moteur, aérodynamique,...),
un moteur thermique et un moteur élec- et (pour les transports terrestres), l'inter- Les infrastructures de transport
trique commence à être produite en action roue-route ou roue-rail ; Sur le plan « mécanique », l'incorpora-
série (Toyota, bientôt PSA), et cette • la réduction active : en transmettant tion de déchets ou de matériaux recy-
technologie est amenée à se dévelop- un bruit en opposition de phase au bruit clés dans les routes ou les ballasts de
per. qu'on n'aura pas pu réduire à la source voies ferrées constitue une tendance
La pile à combustible ne peut être envi- (les deux bruits s'annulent, la résultante lourde. En outre, les méthodes de
sagée que comme une solution à long étant le silence. construction ou de rénovation d'infra-
terme, nécessitant une réflexion sur le structures évoluent vers une plus
cycle énergétique global du combustible L'électricité et l'électronique grande « furtivité », c'est-à-dire une
(hydrogène, hydrocarbure) « du puits à la L'allégement des véhicules passe éga- moindre gêne pour les populations ou
roue » et les capacités d'approvisionne- lement par une optimisation des les usagers lors des travaux.
ment à grande échelle des catalyseurs réseaux d'énergie à bord : des actua- Par ailleurs, lorsqu'il est question de
(platine aujourd'hui) et du combustible teurs électriques remplacent les fonc- transports « intelligents », une partie de
(hydrogène). Quoi qu'il en soit, la pile à tions hydrauliques à bord des avions (et cette intelligence réside dans les infra-
combustible ne possède pas une den- donc un réseau électrique, plus léger, structures de transport :
sité énergétique suffisante pour assurer remplace le réseau hydraulique) ; le mul- • intégration de fonctions dans les rou-
la motorisation principale des aéronefs ; tiplexage ou (à plus long terme) l'utilisa- tes, permettant d'informer les véhicules
elle est en revanche envisageable pour tion des courants porteurs permet de de difficultés (prévention des accidents)
les groupes auxiliaires de puissance, réduire la masse de câbles à bord des ou de congestions du trafic ;
230
nécessaires pour l'alimentation en éner- voitures ; la récupération de l'énergie de • de nouvelles technologies de signali-
gie des équipements de bord. freinage, qui devrait se généraliser, sation et de régulation des trains (nou-
nécessite une électronique de puis- veaux systèmes TVM et ERTMS
Les nouveaux matériaux et les sance adaptée. niveaux 1-2-3) permettront de diminuer
architectures des véhicules Les fonctions électroniques représente- l'espacement de sécurité des trains, et
Outre l'amélioration des moteurs, l'allé- ront une proportion croissante du prix donc d'augmenter la capacité du
gement des véhicules contribue à une d'un véhicule : aides à la navigation réseau ;
meilleure performance énergétique. (tous véhicules), systèmes d'anticolli- • améliorations de l'organisation, des
L'incorporation de matériaux nouveaux sion (aéronautique, diffusion en cours procédures et des outils pour le contrôle
(métalliques, plastiques, composites, vers l'automobile), aide au contrôle des aérien.
...) et l'agencement de ces matériaux trajectoires (véhicules routiers : ABS, L'intermodalité peut également être
dans des architectures innovantes de ESP, régulateurs de vitesse...). Il devient renforcée par le recours à des calcula-
véhicules permettent cet allégement. donc indispensable de doter les véhicu- teurs d'itinéraire multimodal, qui déter-
Dans le ferroviaire, en particulier, des les de véritables systèmes d'exploita- minent la combinaison optimale entre
innovations semblent possibles sur le tion. L'objet du consortium Autosar différents types de transports (y com-
matériel roulant : tracteurs, wagons (la (Automotive Open System Architecture) pris le vélo, la marche...).
conception des wagons de fret a envi- est de développer un standard adopté L'Europe bénéficie d'un domaine d'ex-
ron 50 ans), trains sécables (testés en par ses membres. cellence avec Galileo, qui permettra
Allemagne). D'autres innovations sont rendues pos- d'offrir des services de positionnement
sibles à court ou moyen terme par les avec une précision de 1 m contre 10 m
La réduction du bruit progrès en matière de TIC : tarification à pour le GPS américain civil. La mise en
La réduction du bruit sera quant à elle l'utilisation (pay per use), limitation auto- œuvre opérationnelle de Galileo est pré-
obtenue grâce à : matique de vitesse (systèmes de bord vue pour 2007-2008. Le service de posi-
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 231

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
tionnement sera sans doute gratuit lui par rapport aux autres pays européens Bien que l'essentiel des phases de vol
aussi, mais d'autres services à plus dans ce domaine. La RATP s'est enga- soient automatisées, il semble difficile,
haute valeur ajoutée seront payants. gée dans un projet d'automatisation dans le domaine du transport aérien
totale de la ligne 1 du métro sans inter- civil, de sortir complètement à moyen
La place de l'homme ruption de trafic. Si elle y parvient, le terme l'opérateur humain de la « bou-
dans les systèmes de transport marché de la rénovation des vieux cle ». La tendance est davantage à déve-
intelligents (ITS) métros des capitales étrangères s'ouvre lopper de nouveaux outils intelligents
À l'horizon 2010, le rôle croissant dans
à la France. Le transport ferroviaire lon- afin d'assister et de simplifier le travail
les transports des TIC et des systèmes
gue distance semble quant à lui réticent des opérateurs et d'en automatiser cer-
d'aide au pilotage ne devrait pas boule-
à l'absence de conducteur à bord, plus taines fonctions. L'avion sans pilote,
verser profondément les systèmes de
pour des questions d'acceptabilité que techniquement possible, ne paraît pas
transports : tout au plus y aura-t-il à cet
techniques. socialement acceptable dans l'immédiat
horizon quelques lignes de métro auto-
La conduite routière automatique fait pour le transport de voyageurs.
matiques supplémentaires en service
aujourd'hui l'objet d'études au niveau de Enfin, la technologie est à même d'ap-
dans le monde (y compris des lignes
la recherche académique. Le déploie- porter des solutions dans le transport
anciennes qui auront été automatisées).
ment à grande échelle de flottes de voi- des petites charges utiles. La question
Le schéma cible est-il, à terme, de sortir
tures ou de camions automatiques clé est en effet : est-il pertinent, notam-
complètement l'opérateur du véhicule ?
nécessite néanmoins de nombreuses ment sur le plan énergétique, pour
Les experts sont partagés sur cette
études et des développements complé- transporter une charge utile de quel-
question, même s'ils s'accordent sur
mentaires, pour lesquels les construc- ques kilos au plus (lettre, colis, caméra,
l'automatisation sans cesse plus pous-
teurs ne semblent pas tous motivés (le capteur...) de mobiliser un véhicule
sée des transports, qui, seule, permet-
discours ambiant proclame plutôt que la dimensionné pour transporter son
tra des gains significatifs en termes de
conduite sur route procure du plaisir au conducteur (quelques dizaines de kilos),
réduction des accidents et de gestion
conducteur). La contribution des infra- le véhicule pesant quelques centaines
des flux de véhicules. 231
structures doit également être prise en de kilos ? Des systèmes robotisés
La configuration « sans pilote » est déjà
compte et pensée au niveau européen légers (de surface, ou aériens) transpor-
mise en œuvre avec succès dans le
par les pouvoirs publics, en particulier tant uniquement la charge utile pour-
transport urbain guidé (métro « Météor »,
pour assurer la standardisation et l'inter- raient être la réponse. Les transferts de
Val,...). Sur les lignes de métro « classi-
opérabilité. Le Japon s'est doté d'une technologie du militaire vers le civil
ques », seul l'usage des automatismes
véritable vision stratégique et technolo- ouvrent un vaste champ d'applications
permet de garantir un espacement de
gique dans ce domaine, et d'un pilotage possibles des engins sans pilote.
90 secondes entre rames aux heures de
idoine de cette initiative au plus haut
pointe. La France possède une avance
niveau.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 232

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

56. Architecture et matériaux pour infrastructures


de transport terrestre
Degré de développement Description lisibilité (y compris en conditions météorolo-
giques dégradées). Dans le cas d'un ouvrage
Composantes essentielles des systèmes de
Émergence d'art (pont, tunnel), la complexité est consi-
transport, les infrastructures de transport ter-
dérablement augmentée ;
Croissance restre (transport routier, transport guidé) doi-
– les matériaux sont typiquement : matériaux
vent s'adapter à de nombreuses exigences
Maturité granulaires, matériaux poreux, bétons,
ou contraintes parfois contradictoires :
bétons bitumineux, enrobés, liants, renforts
• durabilité des infrastructures, en conditions
métalliques ou fibreux, signalisation horizon-
« normales » (trafic, météorologie) ou vis-à-
tale (peintures routières...). La maîtrise de la
vis de risques naturels (mouvements de ter-
formulation et l'élaboration (malaxage...) de
rain, risque sismique ou hydrologique) ;
ces matériaux est également indispensable
• réduction des impacts environnemen-
pour garantir les propriétés voulues avec une
taux : bruit, pollution des eaux de ruisselle-
bonne reproductibilité ;
ment, déchets ;
• l'anticipation : le suivi et la gestion de l'en-
• amélioration de la sécurité (routière en par-
dommagement s'appuient sur une connais-
232 ticulier), par une meilleure adhérence et/ou
sance fine des mécanismes d'endommage-
lisibilité de l'infrastructure ;
ment permettant de guider la conception en
• réduction du coût global de possession des
amont, des outils de diagnostic, la formula-
infrastructures (investissement + entretien).
tion et la mise en œuvre de matériaux de
Cette technologie nécessite une approche
réparation des fissures, des méthodes de
pluridisciplinaire au niveau de :
gestion de l'infrastructure (et les systèmes
• l'architecture globale : il incombe au maître
d'information associés).
d'œuvre, au moment de la conception puis
Enfin, ces technologies doivent prendre en
de la réalisation de l'infrastructure, d'assem-
compte le rôle grandissant des technologies
bler et d'intégrer les différents matériaux et
d'infrastructures routières intelligentes.
techniques à sa disposition pour répondre
aux besoins exprimés et aux contraintes (tra- Cette tendance devrait notamment conduire
fic, conditions climatiques, adhérence, lisibi- à inclure un nombre grandissant de capteurs
lité, intégration dans le paysage ou la ville...) ; ou de composants électroniques dans ou sur
• des matériaux : la chaussée.
– selon la finalité de l'infrastructure et son
environnement géotechnique, un vaste Enjeux, Impact
choix de matériaux est possible pour chaque Les innovations technologiques répondent à
partie de l'infrastructure. Une route, par un enjeu économique : le seul réseau routier
exemple, comporte typiquement, à partir du national français représente un patrimoine
sol terrassé, quatre couches qui doivent pos- estimé à plus de 183 Md€. La compétitivité à
séder des caractéristiques différentes : cou- l'export des 1 500 entreprises françaises du
ches de forme, de fondation, de base, de secteur est également en jeu. Par ailleurs les
roulement. La couche de roulement, en par- impacts des infrastructures sur la compétiti-
ticulier, doit procurer au véhicule et au vité des territoires sont reconnus.
conducteur les caractéristiques voulues Impliquer davantage la dimension « infra-
d'adhérence (longitudinale et latérale) et de structures » dans la réflexion peut égale-
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 233

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
ment contribuer significativement à combat-
tre l'insécurité routière.
Acteurs
■ Disciplines scientifiques : chimie physi-
Enfin, l'impact environnemental ne doit pas
que, matériaux, sciences des milieux natu-
être négligé, en prenant en compte :
rels (terre, océans, atmosphère), mécanique,
• la valorisation de certains déchets par
génie des matériaux, génie civil, géographie
incorporation dans l'infrastructure (mâche-
et aménagement.
fers, résidus de pneumatiques...) ;
■ Compétences technologiques : maté-
• la meilleure intégration dans l'environne-
riaux - métallurgie, procédés techniques,
ment (nuisances sonores, visuelles, eaux de
environnement-pollution, transports, BTP.
ruissellement).
■ Pôles de compétitivité : Vestapolis (Île-de-
France), Génie civil ouest (Pays de la Loire),
Marché I-Trans (Nord-Pas-de-Calais et Picardie), Ville
En 2003, le marché des travaux publics et mobilité (Île-de-France).
consacrés aux transports terrestres a atteint ■ Liens avec (technologies) : textiles techni-
près de 20 Md€ en France (près de 163 000 ques et fonctionnels ; travaux d'infrastructu-
salariés), dont plus de la moitié pour des tra- res furtifs ; infrastructures routières intelli-
vaux routiers. Plus de la moitié de l'activité gentes ; sécurité active des véhicules ;
(en valeur) est consacrée à des travaux sécurité passive des véhicules ; acoustique
neufs, le reste correspondant à des travaux des véhicules ; modélisation, simulation, cal-
d'amélioration et d'entretien. Deux types de cul.
marchés sont concernés par cette technolo- ■ Principaux acteurs français
gie : les transports terrestres « longue dis- Centres de compétences : ENTPE, Inrets,
tance » (entre métropoles), et les transports LCPC, Réseau scientifique et technique de
urbains. l'équipement (CETEs, LRPCs), RFF.
En Europe, les réseaux sont globalement Industriels : Amec Spie Rail, Appia, Colas,
denses, et le marché sera tiré par la réalisa- Eiffage, Eurovia, Freyssinet, GTM.
tion de lignes ferrées à grande vitesse, et la Des travaux de recherche sont notamment 233
construction ou la rénovation de routes et menés dans le cadre de grands programmes
d'autoroutes. Quelques ouvrages d'art de de recherche incitative Predit [Programme
grande envergure sont également attendus national de recherche et d'innovation dans
(avec la liaison ferroviaire Lyon - Turin). En les transports terrestres - (www.predit.
revanche, le développement de pays émer- prd.fr)] et RGCU [Réseau de recherche tech-
gents (Peco, Chine, Inde, Brésil...) entraîne nologique génie civil et urbain (www.
l'explosion des besoins d'infrastructures rgcu.prd.fr/].
(ex : ligne ferroviaire à haute vitesse Pékin - Pour en savoir plus : www.piarc.org ;
Shanghaï). www.fehrl.org ; www.equipement.gouv.fr ;
La croissance de la demande de transports www.usirf.com ; www.lcpc.fr ; www.fntp.fr
dans les zones urbaines exige d'importants
travaux (élargissement, voies dédiées ...) ou
la création de nouvelles infrastructures de
Commentaires
Il existe une véritable « école française des
transports en commun. La densité et la sen-
routes », qui permet à la France d'avoir quel- Degré de diffusion
sibilité des sols et des sous-sols, l'existence
ques « champions » nationaux, facteurs clés
de la technologie
de multiples réseaux (eau, assainissement,
de succès dans la compétition internationale.
énergies, communications...) rendent indis- Naissance
pensable une approche spécifiquement
Diffusion
urbaine et des compétences spécifiques.
Généralisation

Domaines d’application
Travaux publics, services
de transports
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 234

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

57. Travaux d'infrastructures furtifs

Degré de développement Description Ces technologies, qui comportent de nom-


breuses dimensions organisationnelles, trou-
Dans l'état de l'art actuel (2005), la construc-
Émergence vent également un vaste champ d'applica-
tion d'une infrastructure de transport (routier,
tion dans la construction ou la remise à
Croissance ferroviaire) nécessite souvent plusieurs
niveau des infrastructures ferrées. Ainsi, la
années de travaux. La gêne occasionnée par
Maturité RATP a engagé l'automatisation de la ligne 1
les travaux est généralement élevée, d'au-
du métro parisien sans interruption de trafic
tant plus s'il s'agit de compléter une infra-
(mise en service : 2010).
structure existante (tramway, élargissement
d'une autoroute). Les technologies pour des
travaux d'infrastructures de transport plus Enjeux, Impact
« furtifs », c'est-à-dire engendrant le moins Permettre à la France de se doter ou de
de gêne et d'interruption de service possi- renouveler ses infrastructures de transport,
bles, peuvent se décliner de la manière sui- sans perturber localement l'économie ni
vante : mécontenter les riverains, est un élément
• planification et ordonnancement des diffé- d'attractivité du territoire.
234
rents acteurs devant intervenir sur un chan- En outre, la France dispose d'entreprises de
tier afin d'éviter, dans la mesure du possible, travaux publics et d'ingénierie que la maîtrise
de ces technologies mettrait en situation
les « temps morts » ;
favorable dans les appels d'offre internatio-
• préparation et traitement des sols (stabili-
naux.
sation, étanchéité...) ;
• choix des matériaux présentant à la fois
les caractéristiques voulues et une bonne Marché
facilité de mise en œuvre ; Toutes les activités qui composent les tra-
• utilisation de robots autonomes ou téléopé- vaux publics sont potentiellement concer-
rés (tunneliers, engins de terrassement...) ; nées, notamment :
• utilisation des TIC (gestion du chantier) et • les travaux souterrains et les travaux rou-
des technologies de positionnement. tiers ;
Pour le cas particulier des transports urbains, • les voies ferrées ;
la réduction des nuisances et de l'encombre- • l'adduction d'eau, l'assainissement et les
ment en surface (installations, circulation autres canalisations ;
d'engins, interruption des voies de circula- • les travaux électriques.
tion, poussière, bruit...) sont, plus qu'ailleurs, Selon la Fédération nationale des travaux
des critères importants. Les principales évo- publics (www.fntp.fr), le secteur représente,
lutions techniques concernent la réalisation en France, 8 000 entreprises, 260 000 sala-
de parois moulées en continu sans encom- riés et un chiffre d'affaires de 32 Md€ en
brement en surface (les machines sont sous France et 15 Md€ à l'exportation.
terre), la mise en œuvre de méthodes d'ex-
cavation en continu (rabot de mine, chaîne à Acteurs
pics, haveuse...), de stabilisation du front de ■ Disciplines scientifiques : matériaux,
taille et de marinage (évacuation des sciences des milieux naturels (terre, océans,
déblais). atmosphère), génie des procédés, mécani-
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 235

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
que, génie des matériaux, génie civil, infor- structures routières intelligentes.
matique, automatique, traitement du signal, ■ Principaux acteurs français
électronique, psychologie, sociologie, géo- Centres de compétences : CGES (ENSM
graphie et aménagement. Paris), ENPC, Inrets, LCPC.
■ Compétences technologiques : compo- Industriels : Colas, Egis, Eiffage, RATP, Sol-
sants électriques, télécommunications, data, Solétanche Bachy, Vinci...
informatique, analyse, mesure et contrôle,
matériaux - métallurgie, procédés techni- Commentaires
ques, travail matériaux, environnement - pol- Des travaux de recherche sont notamment
lution, machines outils, transports, BTP. menés dans le cadre de grands programmes
■ Pôles de compétitivité : Génie civil ouest de recherche incitative tels que le Predit
(Pays de la Loire), Ville et mobilité (Île-de- [Programme national de recherche et d'inno-
France). vation dans les transports terrestres
■ Liens avec (technologies) : ingénierie des (www.predit.prd.fr)] et le RGCU [Réseau de
systèmes complexes ; positionnement et recherche technologique génie civil et urbain
horodatage ultraprécis ; modélisation, simu- (www.rgcu.prd.fr)].
lation, calcul ; architecture et matériaux pour
infrastructures de transport terrestre ; infra-

235

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Travaux publics ; industries des
équipements mécaniques ;
industries des équipements
électriques et électroniques ;
industries extractives ;
fabrication de matériel
électrique ; fabrication de
composants électroniques ;
services aux entreprises.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 236

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

58. Infrastructures routières intelligentes

Degré de développement Description À terme, les informations générées par les


dispositifs décrits ci-dessus peuvent être
Dès à présent, la télématique routière équipe
Émergence intégrées dans une boucle de contrôle-com-
un nombre croissant de grands axes (auto-
mande qui intervient sur les aides à la
Croissance routes, abords des grandes aggloméra-
conduite (ESP, freinage...), voire sur le pilo-
tions...). Elle apporte une information aux
Maturité tage global du véhicule. Ces dispositifs peu-
conducteurs et aux opérateurs sur les condi-
vent également être couplés avec des
tions de circulation (bouchons, météorologie
systèmes de positionnement satellitaires
locale, événements...). Dans les prochaines
(Positionnement et horodatage ultraprécis).
années, cette tendance à équiper les routes
Il apparaît clairement que cette technologie
d'équipements « intelligents » se poursuivra.
est complémentaire de la Sécurité active des
Les fonctionnalités suivantes sont notam-
véhicules. Dans un premier temps, les deux
ment attendues :
technologies peuvent se développer parallè-
• information des conducteurs. De nom-
lement, les informations ou les aides à la
breux accidents sont dus à un comporte-
conduite générées par l'infrastructure étant
236 ment des conducteurs inadapté aux difficul-
interprétées par le conducteur. À terme, une
tés de la route. Les infrastructures routières
coopération entre le véhicule et l'infrastruc-
intelligentes seront équipées de systèmes
ture est incontournable, d'où des probléma-
d'information (capteurs, chaînes de traite-
tiques de standardisation des interfaces
ment, panneaux à messages variables...)
associées.
signalant aux conducteurs l'imminence d'une
Le principal verrou est le coût du déploie-
difficulté : rupture physique de l'itinéraire
ment à grande échelle de tels dispositifs sur
(dévers inattendu, nid-de-poule...), conditions
l'ensemble du réseau routier : la France
dégradées (eau sur la chaussée, vent...),
compte, en effet, près d'un million de km de
mauvaise visibilité ou lisibilité de la route
routes secondaires, les plus accidentogè-
(brouillard, éblouissement, contraste...) ;
• guidage des véhicules. Cette fonctionnalité nes, qu'il conviendrait d'équiper en priorité.
est un premier pas vers la conduite automa-
tisée, qui nécessite un guidage latéral (gar- Enjeux, Impact
der le véhicule sur la chaussée) et longitudi- On estime à un million par an le nombre de
nal (adapter la vitesse aux conditions morts dans les transports dans le monde
d'adhérence et de trafic). À titre d'illustration, (5 000 en France), principalement dans les
des ferrites équipent déjà certaines routes transports routiers (y compris les piétons).
de montagne, permettant aux chasse-neige Les blessés se comptent en millions. Les
équipés de suivre le tracé de la route, même infrastructures routières intelligentes per-
quand elle est recouverte de neige. Dans un mettent de répondre à cet enjeu de société
autre cas, des peintures spéciales sont appli- majeur.
quées sur la chaussée, représentant un code L'impact pour l'économie française de ces
à barre, et sont lues par un capteur installé à technologies est double :
bord du véhicule. Ce code peut contenir • réduction de l'insécurité routière, en
diverses informations, comme la vitesse France et en Europe dans un premier temps ;
recommandée. • renforcement de la compétitivité des
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 237

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
industriels maîtrisant ces technologies, les terrestre ; travaux d'infrastructures furtifs ;
mettant en position de conquérir des mar- sécurité active des véhicules ; gestion de
chés à l'export (tout d'abord dans les pays l'énergie à bord des véhicules ; liaisons de
développés). données véhicule-infrastructure ; positionne-
ment et horodatage ultraprécis ; gestion des
Marché flux de véhicules ; ingénierie des systèmes
Les applications des systèmes de transports embarqués ; capteurs intelligents et traite-
intelligents sont nombreuses, à la fois pour ment du signal ; assemblage multimaté-
le transport des personnes et des marchan- riaux ; ingénierie des systèmes complexes.
dises. Parmi les applications possibles, on ■ Principaux acteurs français
distingue : Les principaux acteurs français du secteur
• l'information des voyageurs ; sont regroupés au sein de l'association ITS
• la gestion de la circulation ; France (www.itsfrance.net). Des travaux de
• la gestion du transport de marchandises et recherche sont notamment menés dans le
des flottes commerciales ; cadre du programme de recherche Predit
• la gestion des transports publics ; [Programme national de recherche et d'inno-
• la sécurité dans les transports ; vation dans les transports terrestres-
• la gestion des situations d'urgence. www.predit.prd.fr)].
Le marché est en très forte croissance. On Parmi les acteurs dans le domaine des infra-
estime, par exemple, qu'aux États -Unis le structures, on peut citer :
marché devrait passer de 6 Md$, en 2002, à Centres de compétences : Certu, Cetes
36 Md$, en 2010. (Lyon et Méditerranée), Inrets, LCPC, Setra.
Industriels : sociétés d'autoroutes (APRR,
ASF, Cofiroute, Sanef), Amec Spie, Ceryx
Acteurs Trafic System, Citilog, Colas, C-S Systèmes
■ Disciplines scientifiques : optique, génie
d'information, DTnalogic, Eurovia, Ifotec,
civil, informatique, traitement du signal, élec-
Keolis, Lacroix (Groupe), Lumiplan, Neavia,
tronique, photonique, optronique, mathéma- 237
RATP, Safran, SES Signalisation, Setec ITS,
tiques et leurs applications, psychologie,
Soridis, Sterai, Thales, Traficon France...
sociologie, droit et sciences politiques, éco-
Le Ser (Syndicat des équipements de la
nomie et gestion, gégraphie et aménage-
route - www.ser-info.com) rassemble des
ment.
entreprises actives dans le domaine des
■ Compétences technologiques : télécom-
infrastructures routières intelligentes.
munications, informatique, optique, analyse,
■ Exemples d'acteurs dans le monde : au
mesure et contrôle, transports, BTP.
niveau continental, trois organisations se
■ Pôles de compétitivité : Solutions commu-
chargent de la promotion des systèmes
nicantes sécurisées (Provence-Alpes-Côte
(dont les infrastructures) de transports intel-
d'Azur), Lyon Urban Truck & Bus 2015
ligents : Ertico (Intelligent Transport Systems
(Rhône-Alpes), Vestapolis (Île-de-France),
& Services) en Europe (www.ertico.com et
Génie civil ouest (Pays de la Loire), I-Trans
www.itsnetwork.org) ; ITS America aux
(Nord-Pas-de-Calais et Picardie), Transac- Degré de diffusion
États-Unis ; ITS Japan au Japon.
tions électroniques sécurisées (Basse-Nor- de la technologie
mandie), System@tic (Île-de-France), Véhi-
cule du futur (Alsace et Franche-Comté), Ville Commentaires Naissance
et mobilité (Île-de-France), Logistique Seine La généralisation des infrastructures routiè-
res intelligentes ne fait de sens que si elle Diffusion
Normandie (Haute-Normandie), Mobilité et
transports avancés (Poitou-Charentes). est « pilotée » au niveau européen, en parti- Généralisation
Cette technologie clé, qui fait appel à de culier pour assurer la standardisation et l'in-
nombreuses briques technologiques, pré- teropérabilité. On notera que le Japon s'est
sente de ce fait un potentiel d'interaction doté d'une véritable vision stratégique et Domaines d’application
avec de nombreux pôles de compétitivité technologique dans ce domaine et d'un pilo-
tage de cette initiative au plus haut niveau de Industrie automobile, travaux
(11). publics, services de transports,
■ Liens avec (technologies) : architecture et l'État. postes et télécommunications.
matériaux pour infrastructures de transport
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 238

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

59. Sécurité active des véhicules

Degré de développement Description Concernant les aéronefs, le niveau d'auto-


matisation est déjà tel qu'on peut envisager
La sécurité active englobe l'ensemble des dis-
Émergence des vols 100 % automatiques.
positifs permettant de prévenir les accidents
Si les progrès en matière d'électronique
Croissance (chocs, perte d'adhérence, décrochage...) par
ouvrent un vaste champ pour le développe-
une action préventive (information du pilote-
Maturité ment de nouveaux dispositifs, plusieurs ver-
conducteur) et/ou dynamique (le dispositif
rous limitent la diffusion de ces technolo-
« prend la main » dans le pilotage du véhi-
gies, principalement dans le segment
cule). Schématiquement, ces dispositifs
automobile :
incluent un ensemble de capteurs (rotation
• l'augmentation du coût d'achat que les
des roues, glissement, accélération, proxi-
consommateurs ne sont pas tous prêts à
mité d'autres véhicules ou d'obstacles...), une
supporter ;
chaîne de traitement des signaux émis par
• les problèmes de fiabilité (résolus dans l'aé-
ces capteurs (circuit électronique, Asic, ordi-
ronautique, moyennant des procédures for-
nateur de bord...), et un actionneur qui se
melles de développement et de certification) ;
238 substitue plus ou moins au pilote en prenant
• l'évolution du rôle du conducteur, notam-
des actions correctives ou en générant une
ment le conducteur non professionnel (auto-
alerte (accélération, relâchement du freinage,
mobile), et non formé à ces nouveaux dispo-
braquage de roues ou de gouvernes...).
sitifs.
À titre d'illustration, les systèmes ABS (anti-
blocage des freins), BAS (assistance au frei-
nage), ESP (correction de trajectoire) et anti- Enjeux, Impact
patinage, équipent de plus en plus souvent On estime à un million par an le nombre de
les véhicules routiers en série. Les avions morts dans les transports dans le monde
commerciaux sont équipés de nombreux dis- (5 000 en France), principalement dans les
positifs qui assistent le pilote : GPWS (aver- transports routiers (y compris les piétons).
tisseur de proximité du sol), anticollision Les blessés se comptent en millions. Les
TCAS (Traffic Alert & Collision Avoidance technologies de sécurité active des véhicu-
System), nouveaux concepts de pilotage en les permettent de répondre à cet enjeu de
trajectoire... société majeur.
Pour les véhicules routiers, de nouveaux dis- L'impact de ces technologies est double :
positifs sont attendus, capables d'assurer • réduction du nombre de morts et de bles-
des fonctions telles que prévenir les sorties sés dans les transports ;
de voies, éviter les chocs sur obstacles fixes •renforcement de la compétitivité des indus-
ou mobiles, gérer les interdistances entre triels maîtrisant ces technologies (potentiel
véhicules, limiter la vitesse du véhicule à la export).
vitesse autorisée... À plus long terme, en
associant ces technologies aux infrastructu- Marché
res routières intelligentes et au positionne- Les marchés concernés couvrent tous les
ment et horodatage ultraprécis, les aides à la modes de transports. Le secteur aéronauti-
conduite changeront profondément le rôle que est déjà largement utilisateur de techno-
du conducteur. logies de sécurité active.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 239

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
Ces technologies sont en fort développe- et transports avancés (Poitou-Charentes).
ment dans le domaine automobile. Sur ce ■ Liens avec (technologies) : architecture et
secteur, le marché pourrait ainsi passer de matériaux pour infrastructures de transport
2,7 Md€ en 2003 à 3,6 Md€ en 2010, en terrestre ; infrastructures routières intelligen-
Europe. À cette même date, le marché de la tes ; sécurité passive des véhicules ; archi-
sécurité active dans l'automobile pourrait tecture électronique des véhicules ; gestion
représenter 4,54 Md$ en Amérique du Nord. de l'énergie à bord des véhicules ; liaisons de
En fonction des technologies, les taux de données véhicule-infrastructure ; systèmes
pénétration sont très différents. Ainsi, l'ABS aériens automatisés ; positionnement et
devrait équiper pratiquement 100 % des horodatage ultraprécis ; gestion des flux de
nouveaux véhicules dès 2006, alors que les véhicules ; ingénierie des systèmes embar-
systèmes d'aides à la conduite avancés res- qués ; capteurs intelligents et traitement du
tent destinés à des segments haut de signal ; ingénierie des systèmes complexes
gamme et continuent de connaître des déve- ■ Principaux acteurs français
loppements technologiques. Dans les domaines automobile et ferroviaire,
les travaux de recherche en matière de sécu-
Acteurs rité (dont sécurité active) sont notamment
■ Disciplines scientifiques : optique, mécani- menés dans le cadre du programme de
que, informatique, traitement du signal, élec- recherche Predit (Programme national de
tronique, photonique, optronique, mathéma- recherche et d'innovation dans les transports
tiques et leurs applications, psychologie. terrestres-www.predit.prd.fr).
■ Compétences technologiques : compo- Centres de compétences : CEA, CNRS IRC-
sants électriques, audiovisuel, télécommuni- CyN (Nantes), CNRS LAAS (Toulouse), Inria,
cations, informatique, semi-conducteurs, Inrets, Onera...
optique, analyse, mesure et contrôle, com- Industriels: Alsthom, EADS-Airbus, Faurecia,
posants mécaniques, transports. PSA Peugeot Citroën, Renault, Safran, Tha-
■ Pôles de compétitivité : Vestapolis (Île-de- les, Valéo...
239
France), Aéronautique et espace (Aquitaine ■ Exemples d'acteurs dans le monde : l'en-
et Midi-Pyrénées), Lyon Urban Truck & Bus semble des constructeurs et équipementiers
2015 (Rhône-Alpes), I-Trans (Nord-Pas- automobiles travaillent sur la sécurité active
de-Calais et Picardie), System@tic (Île-de- des véhicules. Les constructeurs et équipe-
France), Photonique (Provence-Alpes-Côte- mentiers de l'aéronautique et du ferroviaire
d'Azur), Solutions communicantes sécuri- sont également concernés.
sées (Provence-Alpes-Côte d'Azur), Mobilité

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industrie automobile, construc-
tion navale, construction de
matériel ferroviaire roulant,
construction aéronautique et
spatiale, commerce et répara-
tion automobile, services de
transports.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 240

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

60. Architecture et matériaux pour l'allégement


des véhicules
Degré de développement Description A350, qui seront mis en service respective-
ment en 2009 et 2010). L'allégement est un
L'allégement des véhicules est une compo-
Émergence point critique dans l'aéronautique, en particu-
sante essentielle de l'amélioration de l'effica-
lier pour les gros porteurs. Tous les postes
Croissance cité énergétique des systèmes de transport,
sont concernés : pièces de structures, turbo-
avec l'optimisation des moteurs, des trajec-
Maturité machines, équipements (sièges...), câblage.
toires et des flux de véhicules.
Dans ce secteur, les nouvelles architectures
Cet allégement sera obtenu en adoptant une
(configuration « canard », ailes volantes...) ne
approche structurée selon trois axes princi-
devraient apparaître, au mieux, que dans
paux :
20 ans, si le coût élevé du carburant continue
• nouveaux matériaux : l'aluminium, les allia-
d'exercer une pression sur les compagnies
ges d'aluminium ou de magnésium, le titane,
les matériaux composites et autres polymè- aériennes et les constructeurs.
res représentent des matériaux de choix du Ces dernières années, les automobiles ont
point de vue de l'allégement. En réaction, les vu leur poids augmenter sous l'effet de l'in-
aciers ont connu des avancées importantes. tégration d'équipements électroniques ou
240
Celles-ci concernent d'une part leur utilisa- de sécurité, alors que dans le même temps
tion sous forme de mousses ou de maté- les efforts pour l'allégement des structures
riaux sandwich, et d'autre part la mise au se sont relâchés en raison du faible prix du
point de nouvelles nuances à très haute pétrole. Avec son renchérissement et la
résistance ; prise en compte grandissante de l'impact
• méthodes de conception innovantes : les des gaz à effet de serre, l'allégement rede-
outils de CAO et de simulation permettent vient un des enjeux du secteur. Comme pour
de dimensionner les structures au plus juste, l'aéronautique, tous les postes sont concer-
sans engager de coûts rédhibitoires. Ces nés : structure, carrosserie, moteur, équipe-
techniques permettent notamment de dimi- ments intérieurs, câblage...
nuer les épaisseurs de matériaux aux Dans le domaine du ferroviaire, l'allégement
endroits les moins critiques ; des véhicules n'a pas été prioritaire ces der-
• assemblage des matériaux : le collage ou nières années (la conception des wagons de
le soudage par friction permettent des gains fret date de plus de 50 ans).
de masse par rapport aux techniques L'allégement des véhicules impose non seu-
conventionnelles d'assemblage ; lement des modifications sur les architectu-
• à plus long terme, des architectures de res et les matériaux utilisés mais également
véhicules différentes de celles qui nous sont sur leurs procédés de mise en œuvre. Cet
familières aujourd'hui peuvent être envisa- aspect est important dans le domaine auto-
gées. mobile où les procédés doivent permettre de
L'industrie aéronautique poursuit de façon gagner en productivité. Les aciers plus résis-
continue ses efforts d'allégement des aéro- tants sont moins facilement formables ; les
nefs depuis plusieurs décennies. Les avions plastiques ou les composites ne se prêtent
de ligne de nouvelle génération intègrent pas toujours aux procédés de peinture sur la
massivement les composites (50 % des piè- chaîne de production.
ces de structure sur le Boeing 787 et l'Airbus
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 241

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
Enjeux, Impact impacts bénéfiques dans les domaines ferro-
viaires et maritimes.
Les enjeux essentiels qui poussent à l'allége-
L'importance du marché peut s'apprécier,
ment des véhicules sont la maîtrise des
par exemple pour le transport routier, simul-
consommations énergétiques et la réduction
tanément au regard du nombre de véhicules
des émissions de gaz à effet de serre. En
commercialisés et des masses correspon-
France, les transports représentaient 27 %
dantes. En 2004, le marché français des voi-
des émissions de gaz carbonique (CO2) en
tures particulières a atteint deux millions de
2002.
véhicules et le marché européen quinze mil-
Face à l'enjeu que représente la réduction
lions. Au niveau européen, ce chiffre corres-
des émissions de gaz à effet de serre
pond à un marché de 2,2 à 2,3 Mt de plasti-
(notamment le CO2), et dans le cadre des
ques et de plus de 10,5 Mt d'acier. Au niveau
objectifs fixés par le protocole de Kyoto, la
mondial, l'industrie automobile consomme
Commission européenne et les construc-
10 à 15 % de l'acier produit.
teurs automobiles présents sur le marché
européen, par le biais de leurs associations
respectives (Acea, Jama, Kama), ont conclu Acteurs
un accord volontaire : celui-ci prévoit des ■ Disciplines scientifiques : chimie du solide,
émissions de 140 g de CO2/km en 2008, et matériaux, mécanique, génie des matériaux.
une limite à 120 g/km à plus long terme. L'al- ■ Compétences technologiques : chimie
légement des véhicules doit participer, avec macromoléculaire, chimie de base, maté-
l'évolution des motorisations, à l'atteinte de riaux - métallurgie, procédés techniques, tra-
ces objectifs. vail matériaux, moteurs - pompes - turbines,
La maîtrise des consommations énergéti- composants mécaniques, transports.
ques s'exprime également en termes écono- ■ Pôles de compétitivité : EMC2 (Pays de la
miques. On retient que la réduction d'1 kg Loire), Mipi (Lorraine), Lyon Urban Truck &
sur la masse d'un avion permet d'économi- Bus 2015 (Rhône-Alpes), I-Trans (Nord-Pas-
ser plusieurs milliers d'euros en carburant de-Calais et Picardie), Véhicule du futur 241
tout au long de sa durée de vie. Dans l'auto- (Alsace et Franche-Comté), Aéronautique et
mobile, les impacts économiques importants espace (Aquitaine et Midi-Pyrénées), Mobi-
apparaissent en période de renchérissement lité et transports avancés (Poitou-Charentes),
des prix du pétrole. De ce point de vue, Auto haut de gamme (Bretagne, Pays de la
l'existence de véhicules peu consomma- Loire, Poitou-Charentes).
teurs dans la gamme des constructeurs est ■ Liens avec (technologies) : sécurité pas-
un avantage concurrentiel important durant sive des véhicules ; moteurs à pistons ; tur- Degré de diffusion
ces périodes. bomachines ; architecture électrique des de la technologie
Les aspects précédents doivent être consi- véhicules ; gestion de l'énergie à bord des
dérés en prenant en compte les autres véhicules ; modélisation, simulation, calcul ; Naissance
enjeux du secteur des transports, notam- matériaux nanostructurés et nanocomposi-
Diffusion
ment la sécurité. Ainsi, les véhicules « allé- tes ; fonctionnalisation des matériaux ;
gés » doivent présenter des performances assemblage multimatériaux ; textiles techni- Généralisation
au moins aussi bonne d'un point de vue ques et fonctionnels.
mécanique. Par ailleurs, certaines contrain- ■ Principaux acteurs français
Centre de compétences : Cetim. Domaines d’application
tes spécifiques existent en fonction des
domaines. Dans l'automobile, la maîtrise des Industriels : Airbus, Alcan, Arcelor, Inoplast,
Industrie automobile,
coûts et la recyclabilité sont des spécifica- Montupet, Plastic Omnium Auto Exterior, construction navale,
tions importantes pour le choix des maté- PSA Peugeot Citroën, Renault, Saint Gobain, construction de matériel
Timet Savoie, Vallourec. Plus largement, tous ferroviaire roulant, construction
riaux.
aéronautique et spatiale, autres
les équipementiers et sous-traitants sont
véhicules, fabrication de verre et
Marché impliqués dans l'allégement des véhicules.
C'est particulièrement vrai dans le domaine
d'articles en verre, chimie,
caoutchouc, plastiques,
Les transports aériens et automobiles sont métallurgie et transformation
aéronautique où les cahiers des charges des
les principaux secteurs concernés, mais l'al- des métaux, services de
constructeurs accordent la plus haute impor- transports.
légement des véhicules a également des
tance à la réduction de masse.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 242

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

Commentaires des centres de décisions en matière d'inno-


vation. Cette technologie est globalement
Cette technologie bénéficie en France de la
mature, mais les contraintes environnemen-
présence simultanée de donneurs d'ordres
tales et économiques, ainsi que la concur-
dans le domaine des transports et de fournis-
rence entre les matériaux entretiennent
seurs de matériaux qui sont des leaders
l'innovation.
mondiaux. Ces acteurs ont sur le territoire

242
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 243

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

61. Sécurité passive des véhicules

Description chent sur détection d'un choc effectif (décé-


lération brutale), les systèmes les plus avan-
Degré de développement
Lorsque la sécurité active n'a pas permis
cés modifient le réglage des sièges ou « pré- Émergence
d'éviter l'accident, la sécurité passive des
tensionnent » les ceintures de sécurité avant
véhicules a pour fonction d'en minimiser les Croissance
le choc.
conséquences pour les personnes, qu'elles
La sécurité passive a connu de nombreux Maturité
soient dans le véhicule ou à l'extérieur (pié-
développements au cours des dernières
tons...).
années. Mais des travaux restent nécessai-
La sécurité passive nécessite une approche
res. Il s'agit de maintenir, et même d'amélio-
multidisciplinaire. La structure du véhicule
rer, les performances en matière de sécurité
est le premier élément de sécurité passive.
alors que les matériaux et les architectures
Pour les voitures, la structure absorbe une
évoluent, notamment pour alléger les véhi-
partie de l'énergie du choc, et fait de l'habita-
cules ou en vue de leur recyclage. De ce
cle une cellule de survie qui préserve les
point de vue, les performances améliorées
occupants contre l'intrusion de tout élément,
(en particulier mécaniques) à masse réduite
mécanique ou autre. Le choix des matériaux 243
des matériaux nanostructurés et nanocom-
est primordial à cet égard. La prévention de
posites seront probablement exploitées.
ces intrusions est également assurée par
une disposition judicieuse des organes les
plus dangereux. Enjeux, Impact
La sécurité passive passe également par On estime à un million par an le nombre de
l'utilisation de systèmes de sécurité gonfla- morts dans les transports dans le monde
bles (airbags) qui, initialement réservés au (5 000 en France), principalement dans les
conducteur, se propagent au sein de l'habita- transports routiers (y compris les piétons).
cle : passager avant, passagers arrière, air- Les blessés se comptent en millions. Les
bags latéraux ou « rideaux », pour les mem- technologies de sécurité des véhicules, en
bres inférieurs, etc. particulier de sécurité passive, permettent
Outre les chocs, la sécurité passive doit éga- de répondre à cet enjeu de société majeur.
lement prémunir les passagers contre les
dommages liés au feu. Les matériaux de Marché
structure ou de revêtement de l'habitacle Les marchés concernés couvrent tous les
doivent être peu (ou pas) inflammables et ne modes de transport. Des technologies de
pas dégager de gaz toxiques en cas de com- sécurité passive ont été développées depuis
bustion (notamment, transports collectifs : plusieurs décennies, mais sont à nouveau un
avions, trains). sujet d'intérêt dans un domaine comme l'aé-
Enfin, la frontière entre sécurité active et ronautique.
sécurité passive s'estompe, cette dernière La problématique de la sécurité passive est
devenant de plus en plus interactive avec les largement répandue dans le domaine auto-
systèmes électroniques de type ESP, ABS, mobile, et sa croissance est moins forte que
capteurs de roues... l'enjeu étant d'anticiper celles des technologies de sécurité active
autant que faire se peut les situations « dés- des véhicules. Ainsi, le marché automobile
espérées ». Alors que les airbags se déclen- européen de la sécurité passive était estimé
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 244

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
à 2,8 Md€ en 2003, et devrait atteindre ■ Principaux acteurs français
3 Md€ en 2010. Dans les domaines automobile et ferroviaire,
les travaux de recherche en matière de sécu-

Acteurs rité (dont sécurité passive) sont notamment


menés dans le cadre du programme de
■ Disciplines scientifiques : matériaux, éner-
recherche Predit (Programme national de
gétique, mécanique, génie des matériaux.
recherche et d'innovation dans les transports
■ Compétences technologiques : traite-
terrestres-www.predit.prd.fr).
ments de surface, matériaux-métallurgie, tra-
Centres de compétences : Inrets, Onera...
vail des matériaux, composants mécaniques,
Industriels: Alstom, EADS-Airbus, Faiveley
transports.
Transport, Faurecia, PSA Peugeot Citroën,
■ Pôles de compétitivité : Lyon Urban Truck
Renault, Safran, Thales, Valéo...
& Bus 2015 (Rhône-Alpes).
■ Exemples d'acteurs dans le monde : l'en-
■ Liens avec (technologies) : architecture et
semble des constructeurs et équipementiers
matériaux pour infrastructures de transport
automobiles travaillent sur la sécurité pas-
terrestre ; sécurité active des véhicules ;
sive des véhicules. Les constructeurs et
architecture et matériaux pour l'allégement
équipementiers de l'aéronautique et du fer-
des véhicules.
roviaire sont également concernés.

244

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industrie automobile,
construction navale,
construction de matériel
ferroviaire roulant, construction
aéronautique et spatiale,
commerce et réparation
automobiles, services de
transports.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 245

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

62. Moteurs à pistons

Description l'évolution des systèmes de contrôle et d'in-


jection et de la modélisation.
Degré de développement
Développées et adaptées aux premières
Pour le moteur Diesel, les technologies en Émergence
automobiles depuis le XIXe siècle, les tech-
développement sont la combustion HCCI
nologies des moteurs à pistons n'ont cessé Croissance
(Homogeneous Charge Compression Igni-
de progresser. Aujourd'hui, l'innovation tech-
tion) et les systèmes d'injection multiples Maturité
nologique est tirée par un double objectif :
(grâce à des systèmes de commande piézoé-
diminuer les consommations (en augmen-
lectriques très précis). La généralisation de la
tant les rendements des moteurs) et réduire
turbo-suralimentation, notamment à géomé-
les émissions polluantes. Les réactions de
trie variable, permettra un rendement amé-
combustion mises en jeu sont telles que ces
lioré sur toute la gamme du régime moteur.
objectifs peuvent difficilement être atteints
simultanément, et qu'un optimum doit être La seule optimisation du fonctionnement du
recherché. Parallèlement, des technologies moteur ne suffira pas à respecter les limites
de traitement des gaz de combustion sont réglementaires pour les émissions polluan-
développées pour compléter les performan- tes. Des technologies de post-traitement
245
ces environnementales, et la qualité des car- doivent également être mises en œuvre : fil-
burants évolue. Les améliorations à apporter tres à particules et pièges à Nox pour les
doivent être considérées du point de vue de véhicules légers, filtres à particules et réduc-
l'ensemble du système et non pas seule- tion catalytique sélective (SCR) pour les
ment de la combustion. poids lourds.
Les innovations technologiques récentes L'enjeu pour le moteur à essence réside
concernent différents aspects : dans la réduction des émissions de CO2,
• combustion : l'optimisation des chambres donc l'amélioration de son rendement éner-
de combustion bénéficie des progrès de la gétique. À l'horizon 2010, la généralisation
modélisation numérique ; de l'injection directe d'essence est une pre-
• électronique : la plupart des paramètres de mière réponse à cet enjeu. Mais la recherche
contrôle du moteur (injection, allumage, ali- actuelle porte déjà sur les concepts et systè-
mentation en air...) sont désormais pilotés mes qui seront mis en œuvre d'ici 10 à 15
avec une grande précision ; ans : combustion par auto-inflammation
• injection : l'apparition des systèmes d'injec- (CAI - allumage par compression, sans bou-
tion haute-pression a permis une améliora- gie, comme dans le cas du Diesel) ; systè-
tion des performances des moteurs Diesel, mes électroniques de distribution variable,
grâce à une meilleure pulvérisation du carbu- pouvant aller à terme jusqu'à la technologie
rant. camless (suppression de l'arbre à cames),
Des progrès importants sont encore possi- pour un réglage optimal en fonction des
bles. On estime que les futurs moteurs Die- conditions d'utilisation du moteur ; downsi-
sel et essence pourraient permettre des zing, correspondant à une réduction de cylin-
gains en consommation de 25 % à 30 % par drée couplée à la turbo suralimentation pour
rapport aux moteurs conventionnels actuels un maintien des performances ; taux de com-
(à masse et motorisation du véhicule identi- pression variable (VCR).
ques). Ces progrès sont très fortement liés à Ces évolutions sur les motorisations conven-
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 246

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tionnelles garantissent l'amélioration des Les enjeux environnementaux trouvent déjà
performances environnementales des véhi- largement leur traduction aux niveaux régle-
cules de transport avant le déploiement mentaires et normatifs en Europe (ainsi
significatif des modes de propulsion alterna- qu'aux États-Unis et au Japon par exem-
tifs de rupture : moteurs électriques, piles à ple). Au niveau européen, les directives
combustibles... Elles accompagnent égale- 70/220/EEC (consolidée), 88/77/EEC (conso-
ment le déploiement des modes de propul- lidée), notamment, se déclinent au travers
sion hybrides, en renforçant leur rendement. des normes d'émissions : euro 4, euro 5,
Par ailleurs, ces évolutions se font en paral- euro 6.
lèle avec l'évolution des carburants. Des Le principal impact sera le renforcement de
moteurs à pistons conventionnels peuvent la compétitivité de l'industrie française dans
être adaptés pour pouvoir utiliser des propor- les moteurs et les secteurs d'application.
tions croissantes de biocarburants (éthanol, L'horizon temporel prévisible de l'impact,
diesters...), ou fonctionner avec des carbu- pour une amélioration de la technologie, est
rants gazeux (GNV...). de 5 ans (délai cumulé de R&D et d'industria-
lisation des nouvelles solutions dévelop-
Enjeux, Impact pées).
En 25 ans, la consommation de carburant
liée aux transports a augmenté de 70 % en Marché
France, en raison de : Les applications des moteurs à pistons dans
• la croissance continue des trafics de mar- les transports sont multiples :
chandises et de voyageurs, ainsi que des dis- • transport routier : deux roues, voitures,
tances parcourues ; véhicules utilitaires, poids lourds ;
• la progression du transport routier, le plus • ferroviaire : locomotives, trains automo-
consommateur et le plus polluant ; teurs ;
• l'augmentation de la mobilité urbaine et • propulsion navale ;
246 périurbaine, due à l'extension des villes. • aviation légère ;
Il en est résulté, malgré les progrès techni- • production d'électricité ;
ques : • machines agricoles.
• un accroissement des émissions polluan- Les moteurs à pistons représentent un mar-
tes ; ché d'environ 120 millions d'unités par an
• un accroissement des émissions de gaz à dans le monde, dont plus de la moitié sont
effet de serre (gaz carbonique), responsables destinés au secteur des transports routiers.
Degré de diffusion du changement climatique. Ainsi 45 millions de moteurs à essence et
de la technologie Les transports représentent, aujourd'hui, 12 millions de moteurs Diesel pour l'automo-
une part importante de certaines émissions bile sont concernés chaque année, ainsi que
Naissance polluantes et de gaz à effet de serre. Au trois millions de moteurs Diesel pour les
Diffusion niveau européen, la contribution des trans- poids lourds et les bus et un million de
ports aux émissions d'oxydes d'azote (Nox) moteurs au gaz (essentiellement pour les
Généralisation et de monoxyde de carbone (CO) atteint près bus).
de 70 % ; en France, les transports représen- Le marché des transports routiers est vérita-
taient 27 % des émissions de gaz carboni- blement celui qui tire l'innovation technologi-
Domaines d’application
que (CO2) en 2002. que, en particulier parce qu'il est soumis aux
Agriculture, sylviculture, pêche, Pour la France, l'enjeu de la maîtrise de cette réglementations les plus drastiques et que la
industrie automobile, technologie est de : concurrence y est très développée. Le mar-
construction navale, • contribuer aux indispensables efforts de ché mondial des moteurs à pistons pour
construction de matériel
réduction des émissions polluantes et de gaz automobiles connaît des disparités régiona-
ferroviaire roulant, construction
aéronautique et spatiale, autres à effet de serre au niveau mondial ; les importantes. Les moteurs Diesel ont
véhicules, industries des • pérenniser et développer l'expertise tech- connu un essor très important en Europe
équipements mécaniques, nique et industrielle française en matière de depuis dix ans, alors que les marchés japo-
commerce et réparation
automobiles, services de moteurs à pistons, avec les conséquences nais et surtout nord-américain restent quasi
transports. positives en termes d'emploi et de balance exclusivement réservés aux moteurs à
commerciale. essence. Ces trois grands marchés sont sou-
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mis à des réglementations spécifiques, qui PSA Peugeot Citroën, Renault, Renault
diffèrent, notamment, sur les seuils d'émis- Trucks, Semt Pielstick.
sions et les méthodes de mesure. Globale- Dans le domaine des transports routiers, des
ment, ces réglementations convergent sur travaux de recherche en matière de motori-
les aspects liés aux émissions polluantes. En sation sont notamment menés dans le cadre
revanche, le contexte réglementaire en du programme de recherche Predit (Pro-
matière de gaz à effet de serre est très hété- gramme national de recherche et d'innova-
rogène. tion dans les transports terrestres-www.pre-
dit.prd.fr).
Acteurs ■ Exemples d'acteurs dans le monde : l'en-
■ Disciplines scientifiques : matériaux, éner- semble des constructeurs et les équipemen-
gétique, mécanique des fluides, mécanique, tiers automobiles sont impliqués dans les
génie des matériaux, électronique. évolutions technologiques sur les moteurs à
■ Compétences technologiques : traite- pistons. La liste ci-dessous propose une
ments de surface, matériaux-métallurgie, tra- sélection des industriels et centres de com-
vail des matériaux, environnement-pollution, pétences particulièrement actifs (hors
moteurs-pompes-turbines, procédés thermi- France) : Bosch (Allemagne), Caterpillar
ques, composants mécaniques, transports. (États-Unis), Delphi (États-Unis), Ford (États-
■ Pôles de compétitivité : Normandy Motor Unis), Honeywell-Garrett (États-Unis), Mitsu-
Valley (Basse et Haute-Normandie), Lyon bishi Motors (Japon), Nissan (Japon), Toyota
Urban Truck & Bus 2015 (Rhône-Alpes), (Japon), Ricardo (UK), Université de Lund
Céramique (Limousin et Midi-Pyrénées), (Suède), Wärtsila (Finlande).
Auto haut de gamme (Bretagne, Pays de la
Loire, Poitou-Charentes). Commentaires
■ Liens avec (technologies) : carburants de L'innovation dans le domaine est largement
synthèse issus de la biomasse ; turbomachi- conditionnée par les objectifs de réduction
nes ; acoustique des véhicules ; gestion de des consommations et de limitation des 247
l'énergie à bord des véhicules ; architecture émissions polluantes. Les options technolo-
et matériaux pour l'allégement des véhicu- giques pour le respect des limites réglemen-
les, architecture électrique des véhicules ; taires en matière d'émissions polluantes à
architecture électronique des véhicules ; l'horizon 2010 sont déjà levées : il reste à les
gestion de l'énergie à bord des véhicules ; mettre au point et à les industrialiser. L'inno-
modélisation, simulation, calcul ; procédés vation technologique se situe plus en amont,
catalytiques. sur des systèmes et concepts qui seront sur
■ Principaux acteurs français les marchés à l'horizon 2015 - 2020. L'exper-
Centres de compétences : Certam (Rouen), tise technologique et industrielle française
Coria (Rouen), IFP. en matière de moteurs à pistons est très
Industriels : Le Moteur moderne, MCE-5, importante.
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63. Turbomachines

Degré de développement Description seur-arbre-turbine), chaque corps tournant à


une vitesse différente. Si le « double corps »
Le cœur d'une turbomachine est constitué
Émergence a longtemps été le plus répandu, le construc-
d'un ensemble compresseur-chambre de
teur britannique Rolls-Royce maîtrise l'archi-
Croissance combustion-turbine. L'énergie primaire est
tecture « triple corps » (famille de moteurs
fournie par la combustion d'un mélange air-
Maturité Trent, dont les Airbus A380 et A350 pourront
combustible réalisé dans une chambre de
être équipés). L'architecture à arbres contra-
combustion. Les gaz de combustion sont
rotatifs permet d'optimiser les transferts
détendus dans une turbine, dont la partie
d'énergie entre turbines, et donc de réduire
mobile entraîne mécaniquement le rotor
la consommation. Pour les applications de
d'un compresseur qui établit un débit d'air et
surface (trains, navires, énergie), le relâche-
le comprime avant son admission à la cham-
bre de combustion. En sortie de cet ensem- ment des contraintes de masse et d'encom-
ble, les gaz chauds possèdent une énergie brement permet d'exploiter d'autres pistes :
élevée qui est valorisée sous forme de pous- échangeurs thermiques entre étages, pré ou
sée (détente dans une tuyère) ou de couple post-traitement des gaz, cogénération... ;
248
sur un arbre (détente et mise en rotation • le dessin aérodynamique des composants
d'une turbine). Dans le cas des turboréac- (disques et aubes, chambres de combustion)
teurs à grand taux de dilution des avions de bénéficie de progrès continus, rendus possi-
transport, l'utilisation de cette énergie est ble en particulier par la simulation numérique ;
mixte (poussée et entraînement d'un « com- •les éléments d'une turbomachine sont sou-
presseur basse pression »). mis à des vitesses de rotation (éléments
À partir de ce principe simple, une turboma- tournants) et des températures élevées, et
chine est un système d'une grande sophisti- doivent être constitués de nouveaux maté-
cation et d'une grande complexité, dont le riaux à la fois plus légers et plus résistants :
développement et la mise au point nécessi- matériaux composites à matrice organique
tent l'expertise d'équipes pluridisciplinaires (parties froides), matériaux composites à
de haut niveau. Les axes de recherche et matrice métallique ou intermétallique (titane,
développement visent, globalement, à aluminium, niobium) pour les parties plus
réduire la consommation et la pollution (tou- chaudes, superalliages à base de nickel pour
tes applications), tout en allégeant le moteur les aubes et les disques de turbines, maté-
(dans l'aéronautique) et en réduisant les riaux céramiques... ;
dépenses d'entretien. Les recherches • la chambre de combustion est optimisée
concernent les axes de travail suivants : pour répondre à des critères contradictoires :
• l'architecture d'ensemble : les sous- une température de combustion élevée est
ensembles constitutifs d'une turbomachine en effet favorable à un bon rendement éner-
sont composés d'éléments aérodynamiques gétique, mais produit des oxydes d'azote.
(aubes de compresseur ou de turbines) qui Les chambres de combustion sont de plus
ont des plages de fonctionnement optimal en plus compactes et de plus en plus com-
restreintes. Il est donc nécessaire de conce- plexes : à double tête, à prémélange, à com-
voir des turbomachines à plusieurs corps (un bustion turbulente... ;
corps est un ensemble solidaire compres- • la régulation électronique des turbomachi-
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nes FADEC (Full Authority Digital Engine • turbomoteurs des hélicoptères.
Control) contribue à l'optimisation des per- Plus de 15 000 nouveaux avions commer-
formances d'ensemble ; ciaux devraient entrer en service entre 2005
• enfin, les turbomachines intègrent des et 2020, tous équipés de turbomachines.
technologies nécessaires à la réduction du Les turbomachines sont également utilisées
bruit, à la résistance à l'ingestion de corps pour la propulsion de certains trains ou navi-
étrangers (moteurs aéronautiques), à la lubri- res (Queen Mary II), et pour la production
fication, etc. d'électricité. Pour cette dernière application,
les centrales à cycles combinés incluant des
Enjeux, Impact « turbines à gaz » présentent une grande
L'enjeu pour la France de la maîtrise de cette flexibilité, notamment pour leur construction
technologie est de : (les délais de réalisation sont d'environ deux
• contribuer aux indispensables efforts de ans, contre quatre ans pour une centrale à
réduction des émissions polluantes et de gaz charbon propre, et huit ans pour une tranche
à effet de serre au niveau mondial ; nucléaire). La conception de ces centrales,
• pérenniser et développer des pans entiers généralement modulaire, permet d'ajuster le
de l'économie (aéronautique, transports de rythme d'évolution du parc à celui de la
surface, production d'énergie,...), avec les demande électrique. Leur mode de fonction-
conséquences positives en termes d'emploi nement permet aussi de moduler la puis-
et de balance commerciale. sance en service de façon souple, grâce à la
Le principal impact sera le renforcement de grande rapidité de démarrage d'une telle
la compétitivité de l'industrie française dans centrale (couverture des « pics » de
les moteurs aéronautiques, les turbines de demande électrique).
puissance, et par conséquent dans les sec-
teurs d'application. Les processus de déve- Acteurs
loppement industriel conduisent rarement à ■ Disciplines scientifiques : composantes
concevoir « depuis une page blanche » une électroniques et génie électronique, informa- 249
turbomachine entièrement nouvelle : le plus tique, sciences des matériaux, mathémati-
souvent il s'agit de perfectionnements suc- ques et algorithmique, génie industriel, phy-
cessifs de systèmes existants, qu'on vient sique appliquée, physico-chimie, génie
enrichir de briques technologiques issues mécanique et de la construction, génie
des centres de R&D. On ne peut donc pas aérospatial.
définir d'horizon calendaire pour l'impact de ■ Compétences technologiques : production
ces technologies. Gardons cependant à l'es- et utilisation de l'énergie électrique, stocka-
prit qu'une innovation disponible aujourd'hui ge de l'énergie électrique, composantes
dans un laboratoire ne sera pas intégrée sur électroniques, informatique, analyse, mesu-
une turbomachine opérationnelle avant typi- re, contrôle, génie des procédés, traitement Degré de diffusion
quement 5 ans, compte tenu des cycles de surface, matériaux, métallurgie, environ- de la technologie
industriels et des démarches de qualification nement, pollution, environnement : traite-
nécessaires (et de certification pour les aéro- ment du bruit, moteurs thermiques, trans- Naissance
nefs). ports terrestres et équipements.
Diffusion
■ Liens avec (technologies) : carburants de
Marché synthèse issus de la biomasse ; architecture Généralisation
La propulsion aéronautique est le principal et matériaux pour l'allégement des véhicu-
moteur des progrès technologiques des tur- les ; moteurs à pistons ; acoustique des véhi-
cules ; architecture électrique des véhicules ;
Domaines d’application
bomachines :
• turboréacteurs des avions militaires gestion de l'énergie à bord des véhicules ;
Construction navale ;
(Rafale, Mirage 2000), des avions de trans- ingénierie des systèmes embarqués ; modé- construction de matériel
port civils (familles Airbus et Boeing, certains lisation, simulation, calcul ; capteurs intelli- ferroviaire roulant ; construction
gents et traitement du signal ; assemblage aéronautique et spatiale ;
avions de transport régionaux) ; production et distribution
• turbopropulseurs des avions de transport multimatériaux ; nouveaux procédés de trai- d'électricité, de gaz et de
régionaux (ATR) ou militaires (Transall, pro- tement de surface. chaleur.
chainement remplacé par l'Airbus 400M) ; ■ Pôles de compétitivité : Normandy Motor
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LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
Valley (Basse et Haute-Normandie), Aéro- (Allemagne), MTU (Allemagne), MAN (Alle-
nautique et espace (Aquitaine et Midi-Pyré- magne), Volvo (Suède),...
nées), Céramique (Limousin et Midi-Pyré-
nées). Commentaires
■ Principaux acteurs français Les activités moteurs du groupe Safran en
Centres de compétences : Onera, DGA (Cen- font le 4e motoriste mondial, derrière Gene-
tre d'essais des propulseurs), École centrale ral Electric, Rolls-Royce et Pratt & Whitney.
Lyon (Laboratoire de mécanique des fluides La coentreprise CFM (Snecma - General
et d'acoustique)... Electric) est un exemple de coopération
Industriels : Groupe Safran (Snecma, Turbo- transatlantique réussie.
meca), Alstom... Les transferts de technologie du monde
■ Exemples d'acteurs dans le monde : aéronautique vers les turbines terrestres ou
General Electric (États-Unis), Pratt & Whit- marines permettent des progrès continus
ney (États-Unis, Canada), Rolls-Royce dans les rendements de ces systèmes.
(Royaume-Uni), Siemens Power Generation

250
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 251

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Transport

64. Acoustique des véhicules

Description Enjeux, Impact Degré de développement


Cette famille de technologies vise à réduire En France, les études de l'Insee sur la qualité
les nuisances acoustiques engendrées par de vie dans les agglomérations de plus de Émergence
les véhicules qui touchent, d'une part les 50 000 habitants montrent que le bruit reste Croissance
passagers, d'autre part les riverains des la première source de nuisances ressenties
par les populations citadines. Maturité
voies de circulation (aériennes, terrestres). Il
s'agit de lutter contre les bruits émis par qua- La directive cadre 2002/49/CE est relative à
tre types de sources : l'ensemble propulsif, l'évaluation et la gestion du bruit ambiant
l'aérodynamique du véhicule, le contact dans l'environnement. Pour le transport
roue-voie, les équipements. Les contribu- aérien, la directive relative à l'établissement
tions respectives de ces sources au bruit de règles et de procédures concernant l'in-
troduction de restrictions d'exploitation liées
généré par le véhicule dépendent notam-
au bruit dans les aéroports de la Commu-
ment de la vitesse du véhicule. À faible
nauté a été adoptée le 26 mars 2002 (direc-
vitesse, le bruit de l'ensemble propulsif sera
tive 2002/30/CE).
généralement prépondérant, alors que les 251
On attend de la maîtrise de cette technologie
bruits aérodynamiques le deviennent à haute
un impact sur :
vitesse.
• la compétitivité économique globale, par
La réduction du bruit fait appel à plusieurs
amélioration de la qualité de vie de millions
méthodes qu'il convient d'associer dans une
de Français (et donc réduction des patholo-
logique « système », qui implique :
gies causées par le bruit) ;
• la conception des sous-ensembles, en inté-
• la compétitivité économique du secteur
grant « en amont » les préoccupations des transports.
acoustiques : dessin aérodynamique de l'en-
veloppe du véhicule ou des aubes de turbo-
machines, choix des matériaux ad hoc, inté-
Marché
Selon l'Ademe, 80 % du bruit dans l'environ-
gration dans le véhicule des sources de bruit,
nement (territoire français) est produit par le
pour masquer le bruit ou privilégier sa propa-
secteur des transports routiers (68 %),
gation dans une direction moins nuisible ;
aériens (20 %) et ferroviaires (12 %). Alors
• la disposition, autour des sources de bruit,
que l'OMS (Organisation mondiale de la
de matériaux ou d'organes ayant pour effet santé) recommande un niveau de bruit
d'absorber les vibrations (pour éviter leur pro- ambiant inférieur à 35 dB pour un repos noc-
pagation dans l'atmosphère ou au reste du turne convenable, on dénombre en France
véhicule) ; près de 3 000 points noirs, représentant plus
• le contrôle actif du bruit, qui consiste, d'un million de personnes, pour lesquels le
quand il s'avère impossible de réduire suffi- bruit ambiant ne descend jamais sous 65 dB.
samment un bruit à la source ou par l'adjonc- Dans le cas du transport aérien, les perspec-
tion de dispositifs absorbants, à générer un tives de croissance du trafic permettent d'an-
bruit en opposition de phase, qui annule le ticiper l'évolution des nuisances sonores
bruit contre lequel on veut lutter. associées. On prévoit ainsi que, au cours des
vingt prochaines années, les transports
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 252

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Transport
aériens de passagers et de fret pourraient d'essais des propulseurs), IAT-Cnam (St-Cyr
augmenter respectivement de 4,9 % par an l'École), Inrets (LICIT, LTE), LCPC, LMFA
et 6,4 % par an (en volume). En 2021, le (Lyon), Onera, Service technique de l'aviation
nombre d'appareils en circulation dans le civile.
monde pourrait atteindre 32 500 unités. Industriels : 01dB Metravib, Alstom, EADS-
Airbus, Dassault Aviation, EADS-Eurocopter,
Acteurs Faiveley Transports, Foampartner, PSA Peu-
■ Disciplines scientifiques : matériaux, phy- geot Citroën, Renault, Sncf, Snecma et Tur-
sique théorique, mécanique des fluides, bomeca (Groupe Safran), Vibratec.
génie des procédés, mécanique, génie des Dans le domaine des transports terrestres, la
matériaux, génie civil. mise en commun des compétences et
■ Compétences technologiques : traite- moyens des acteurs français est notamment
ments de surface, matériaux - métallurgie, réalisée au sein du CNRT R2A (Centre natio-
travail des matériaux, environnement - pollu- nal de recherche technologique aérodynami-
tion, moteurs - pompes - turbines, compo- que et aéroacoustique des véhicules terres-
sants mécaniques, transports. tres - www.cnrtr2a.asso.fr) et du GIE S2A
■ Pôles de compétitivité : EMC2 (Pays de la (Soufflerie aéroacoustique automobiles -
Loire), Lyon Urban Truck & Bus 2015 (Rhône- www.gies2a.fr).
Alpes), Vestapolis (Île -de-France), Normandy
Motor Valley (Basse et Haute-Normandie), Commentaires
Mobilité et transports avancés (Poitou- Les bruits des transports sont considérés
Charentes). comme une nuisance environnementale
■ Liens avec (technologies) : architecture et importante en Europe. En France et en Alle-
matériaux pour l'allégement des véhicules ; magne, les ministères et agences concernés
turbomachines ; moteurs à pistons ; acquisi- ont décidé de renforcer la coopération en
tion et traitement de données. matière de recherche sur le bruit des trans-
252 ■ Principaux acteurs français ports terrestres au sein de la structure Deu-
Centres de compétences : DGA (Centre frako (www.deufrako.org).

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industrie automobile,
construction de matériel
ferroviaire roulant, construction
aéronautique et spatiale, autres
véhicules, recherche et
développement.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 253

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Transport

65. Architecture électrique des véhicules

Description nologies sont la recherche de compromis


entre sûreté de fonctionnement et perfor-
Degré de développement
L'électricité prend une place prépondérante
mances système, ainsi que l'intégration d'or- Émergence
dans le schéma énergétique des véhicules,
ganes électriques multifonctionnels (par
notamment dans la distribution interne Croissance
exemple, assurant filtration du signal électri-
d'énergie, ce qui entraîne :
que et stockage). Maturité
• la disparition programmée de l'énergie
Le principal verrou de cette technologie
hydraulique ou pneumatique à bord des aéro-
concerne l' intégration électronique de puis-
nefs (concept de l'avion « tout électrique »),
sance. Il s'agit d'intégrer des convertisseurs
les différents actuateurs hydrauliques étant
électroniques de puissance à base de MOS
remplacés par des organes mécatroniques
(Métal-Oxyde-Semi-conducteur) de puis-
(surfaces de contrôle aérodynamique, trains
sance ou d'IGBT (Insulated Gate Bipolar Tran-
d'atterrisage, freins...). Les répercussions de
sistor, en français transistor bipolaire à grille
cette tendance ont des conséquences
isolée), afin de créer une rupture technologi-
immédiates sur l'allégement de l'appareil,
que pour réduire les masses, volumes et
mais également des conséquences indirec- 253
coûts de façon significative. Cet ensemble
tes, comme sur les moteurs qui verront bien-
concerne les matériaux substrats, les semi-
tôt disparaître le prélèvement d'air (consé-
conducteurs de puissance, le Sic (carbure de
quences positives, puisque le prélèvement
silicium), le diamant, les technologies de
d'air sur les moteurs écarte leur point de
report et de packaging, le fonctionnement à
fonctionnement de l'optimum). Le besoin
haute température (200°C) et les techniques
électrique global d'un avion gros porteur
de refroidissement actives et passives. Les
s'approche de 1 MW ;
méthodes de construction robustes et les
• l'augmentation de la quantité d'équipe-
process critiques d'assemblage sur ligne
ments électriques à bord des véhicules auto-
pilote représentent des enjeux forts.
mobiles : direction assistée électrique, le
pare-brise chauffant, une climatisation élec-
trique... sans omettre l'hybridation plus ou Enjeux, Impact
moins poussée de la motorisation des véhi- Cette technologie est au cœur de toute stra-
cules routiers (association au moteur thermi- tégie de contrôle de l'énergie et des systè-
que d'un moteur électrique ou d'un alter- mes hybrides. Elle participe à l'amélioration
no-démarreur). Une berline consommera de l'efficacité énergétique des véhicules et
bientôt 1 kW d'énergie électrique. contribue à réduire les effets de serre.
Ces tendances rendent nécessaires des Les industriels leaders en matière d'innova-
architectures électriques assurant la distribu- tion auront également un avantage dans
tion de la puissance électrique en fonction l'établissement des standards et normes, et
des besoins. Les avions utilisent depuis long- en matière de compétitivité.
temps le 28 V continu et le 115 V alternatif.
Concernant l'automobile, le passage de la Marché
tension standard évoluera, avant 2010, de Tous les modes de transport sont concer-
12 V à 42 V. nés : la conversion d'énergie pour la com-
Les principales problématiques de ces tech- mande de moteur électrique de propulsion
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 254

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
ferroviaire, automobile (véhicule hybride), les cule du futur (Alsace et Franche-Comté),
commandes de tous les actuateurs de Mobilité et transports avancés (Poitou-Cha-
l'avion « tout électrique », les véhicules mili- rentes), Auto haut de gamme (Bretagne,
taires, la propulsion marine, les tracteurs Pays de la Loire, Poitou-Charentes).
agricoles... Plus généralement, tout système ■ Liens avec (technologies) : sécurité active
qui nécessite de disposer d'une comman- des véhicules ; architecture et matériaux
de électronique de puissance (de pour l'allégement des véhicules ; moteurs à
500 watts à plusieurs centaines de kilo- pistons ; turbomachines ; architecture élec-
watts), dans un encombrement faible et un tronique des véhicules ; gestion de l'énergie
environnement difficile, fait appel à cette à bord des véhicules ; composants et systè-
technologie. mes d'éclairage à rendement amélioré.
■ Principaux acteurs français
Acteurs Centres de compétences : IEMN (Lille), LEEI
■ Disciplines scientifiques : mécanique, (Toulouse), Onera, Laboratoire Pearl (Tarbes).
informatique, traitement du signal, électroni- Industriels : Acome, Airbus, Alstom, ESI
que. Group, Eve System, Faurecia, Labinal
■ Compétences technologiques : compo- (Groupe Safran), Nexans, PSA Peugeot
sants électriques, informatique, analyse, Citroën, Renault, Schneider Electric, Valéo.
mesure et contrôle, procédés techniques. ■ Exemples d'acteurs dans le monde : l'en-
■ Pôles de compétitivité : Aéronautique et semble des constructeurs de véhicules et
espace (Aquitaine et Midi-Pyrénées), Scien- les équipementiers. Dans le domaine auto-
ces et systèmes de l'énergie électrique mobile : Boeing (États-Unis), Delphi (États-
(Centre), Lyon Urban Truck & Bus 2015 Unis), Lear (États-Unis), Tyco (États-Unis),
(Rhône-Alpes), I-Trans (Nord-Pas-de-Calais et Denso (Japon), Bosch (Allemagne), Siemens
Picardie), System@tic (Île-de-France), Véhi- VDO (Allemagne) ...

254

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industrie automobile,
construction navale,
construction de matériel
ferroviaire roulant, construction
aéronautique et spatiale, autres
véhicules, industries des
équipements électriques et
électroniques, fabrication de
matériel électrique, commerce
et réparation automobiles,
services de transports.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 255

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

66. Architecture électronique des véhicules

Description Enfin, l'architecture électronique des véhicu-


les doit être réalisée pour permettre une évo-
Degré de développement
L'électronique à bord des véhicules permet
lution des systèmes en parallèle avec l'évo- Émergence
d'assurer un nombre croissant de fonctions
lution des informations extérieures au
plus ou moins critiques : Croissance
véhicule qui lui sont transmises.
• communications (téléphonie, médias...) ;
•aides au voyage (positionnement, informa- Maturité
tions trafic...) ; Enjeux, Impact
• aides à la conduite et sécurité (ABS, ESP, Les principaux enjeux et impact de la mise au
direction assistée...) ; point d'une architecture électronique des
• régulation des organes principaux (allu- véhicules performante sont associés aux
mage moteur, boîte de vitesse...). enjeux du développement des fonctions cri-
Une berline actuelle embarque plus d'élec- tiques comme le contrôle de la propulsion
tronique que les premiers Airbus, et l'extra- (impact sur les émissions de gaz à effet de
polation des tendances conduit à la vision serre) et la sécurité.
suivante : l'automobile de 2010, comme l'or- Par ailleurs, cette architecture électronique
255
dinateur personnel d'aujourd'hui, sera com- améliorée accompagne le développement
posé de modules électroniques assurant des de véhicules à plus forte valeur ajoutée. Ceci
fonctions plus ou moins étendues, gérés par garantit, par l'innovation, la compétitivité des
un « système d'exploitation ». industries françaises de construction de
Globalement, les problématiques seront véhicules.
donc très proches de celles de l'informatique
(intégration logiciel-matériel, arbitrage entre Marché
répartition ou centralisation des fonctions, Les marchés de l'électronique pour véhicu-
miniaturisation, protocoles de communica- les sont dynamiques, particulièrement pour
tion, interopérabilité...), sans oublier l'impé- l'automobile. Le marché de l'électronique
rieuse exigence de fiabilité et de robustesse. pour automobile a progressé plus vite que le
L'évolution des matériels et des architectu- marché global de l'électronique et que la pro-
res électroniques impose des améliorations duction de véhicules. L'électronique automo-
en termes de processus d'ingénierie des bile devrait progresser à un rythme voisin de
systèmes embarqués et d'ingénierie des 7 % par an (en valeur) d'ici à 2010. À cette
systèmes complexes. Les verrous associés période, l'automobile pourrait représenter
à ces technologies constituent les principaux 9 % du marché de l'électronique européen,
freins à la mise au point technique de l'archi- et l'aérospatiale et la défense 6,5 %. Ces
tecture électronique des véhicules. chiffres sont confirmés dans le cas particulier
Par ailleurs, l'architecture électronique ne peut des semi-conducteurs : les ventes de semi-
plus être élaborée sans interaction forte avec conducteurs destinés aux systèmes automo-
l'architecture électrique des véhicules. La biles représenteront 16,3 Md$ en 2005 et
rationalisation des réseaux de câbles au sein devraient même grimper à 25,7 Md$ d'ici
des véhicules conduit, en effet, à envisager 2012.
l'utilisation des techniques de courants por- La part de l'électronique dans l'automobile
teurs (PLC ou Power Line Communication). est en progression. Elle devrait atteindre
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 256

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
30 %, en valeur, en 2008. Une partie impor- systèmes embarqués ; ingénierie des systè-
tante du contenu électronique sera à terme mes complexes ; infrastructures routières
représentée par le logiciel embarqué. On intelligentes ; sécurité active des véhicules ;
estime qu'en 2010 plus de 40 % de la valeur moteurs à pistons ; turbomachines ; architec-
de l'électronique automobile se situera dans ture électrique des véhicules ; gestion de
le logiciel. l'énergie à bord des véhicules ; liaisons de
données véhicule-infrastructure ; systèmes
Acteurs aériens automatisés ; positionnement et
■ Disciplines scientifiques : mécanique, horodatage ultraprécis ; gestion des flux de
informatique, automatique, traitement du véhicules.
signal, électronique, photonique, optronique. ■ Principaux acteurs français
■ Compétences technologiques : compo- Centres de compétences : Inrets, Inria,
sants électriques, télécommunications, LAAS (Toulouse), Loria (Nancy).
informatique, semi-conducteurs, optique, Industriels : Airbus, Alstom, Dassault Elec-
analyse, mesure et contrôle, moteurs - pom- tronique, Faurecia, PSA Peugeot Citroën,
pes - turbines, composants mécaniques, Renault, Safran, ST Microelectronics, Thales,
transports. Valéo.
■ Pôles de compétitivité : Lyon Urban Truck ■ Exemples d'acteurs dans le monde : l'en-
& Bus 2015 (Rhône-Alpes), Vestapolis (Île - semble des constructeurs et équipementiers
de-France), Normandy Motor Valley (Basse des transports sont impliqués. À titre
et Haute-Normandie), System@tic (Île-de- d'exemple, dans l'automobile, Delphi (États-
France), Véhicule du futur (Alsace et Fran- Unis), Lear (États-Unis), Tyco (États-Unis),
che-Comté), Aéronautique et espace (Aqui- Honeywell (États-Unis), Johnson Controls
taine et Midi-Pyrénées), Auto haut de (États-Unis), Visteron (États-Unis), Denso
gamme (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou- (Japon), Bosch (Allemagne), Siemens VDO
Charentes). (Allemagne)... sont concernés par cette tech-
■ Liens avec (technologies) : ingénierie des nologie.
256

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industrie automobile,
construction navale,
construction de matériel
ferroviaire roulant, construction
aéronautique et spatiale, autres
véhicules, industries des
équipements électriques et
électroniques, fabrication de
composants électroniques,
commerce et réparation
automobiles, services de
transports.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 257

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

67. Gestion de l'énergie à bord des véhicules

Description thermique du moteur ou du pot d'échappe-


ment, valorisée sous forme d'électricité (par
Degré de développement
Un véhicule est un système dans lequel trois
la thermoélectricité, par exemple) ; Émergence
sources d'énergie sont étroitement liées :
• hybridation plus ou moins poussée,
l'énergie mécanique, qui sert à mettre en Croissance
consistant à associer un moteur électrique,
mouvement le véhicule ou certains sous-
ou un alterno-démarreur, au moteur thermi- Maturité
ensembles (surfaces de contrôle des aéro-
que, pour la propulsion du véhicule dans cer-
nefs, direction d'une voiture...), l'énergie
taines phases de conduite.
électrique, nécessaire notamment pour l'ali-
Les principaux verrous qui freinent le déve-
mentation de diverses fonctions (éclairage,
loppement de ces technologies sont écono-
communications...), et l'énergie thermique
miques. L'intégration de ces technologies
(climatisation de l'habitacle, chaleur produite
conduira à augmenter le coût de développe-
par le moteur ou le freinage...). Jusqu'à un
ment et de construction des véhicules. En
passé récent, peu d'efforts étaient engagés
2005, les consommateurs (pour ce qui
pour optimiser la gestion de ces énergies : le
concerne l'automobile) ne semblent pas
pétrole, abondant et bon marché, fournis- 257
prêts à faire le pari d'un surcoût à l'achat, en
sant, par combustion dans le moteur, l'éner-
contrepartie d'une baisse du coût d'exploita-
gie mécanique, dont une partie était transfor-
tion. La période de pétrole bon marché, dont
mée en électricité (par l'alternateur), une
nous sortons à peine, a en outre ralenti ou
grande partie de l'énergie thermique étant
stoppé les développements industriels et
perdue. C'est une des raisons qui fait que,
bon nombre de recherches publiques sur ces
malgré des progrès indéniables accomplis
sujets. En outre, le transport ne paie pas les
sur les moteurs, l'ordre de grandeur de la
externalités qu'il engendre.
consommation des véhicules routiers n'a
Sur le plan technique, la disponibilité de com-
pas changé depuis trente ans, passant de 10
posants électroniques de puissance, en
à 7 litres pour 100 km. Par ailleurs, certains
équipements consommateurs d'énergie se quantité suffisante et à des coûts aborda-
démocratisent. La climatisation automobile bles, rendra possible la diffusion de la tech-
devient ainsi un poste de consommation nologie. Enfin des avancées restent néces-
énergétique de plus en plus important. saires pour améliorer la capacité des
L'objet de cette technologie est d'optimiser dispositifs de stockage de l'énergie électri-
le rendement énergétique global des véhicu- que, en particulier les batteries.
les par une valorisation d'une partie de l'éner-
gie aujourd'hui perdue. À titre d'illustration, Enjeux, Impact
des développements plus ou moins aboutis En 25 ans, la consommation de carburant
explorent les pistes suivantes (automobile) : liée aux transports a augmenté de 70 % en
• récupération et stockage à bord, sous France, en raison de :
forme d'énergie électrique, de l'énergie dis- • la croissance continue des trafics de mar-
sipée lors du freinage ; chandises et de voyageurs ainsi que des dis-
• valorisation de l'énergie solaire absorbée tances parcourues ;
par un véhicule en stationnement ; • la progression du transport routier, le plus
• récupération et conversion de l'énergie consommateur et le plus polluant ;
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 258

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
• l'augmentation de la mobilité urbaine et
périurbaine, due à l'extension des villes.
Acteurs
■ Disciplines scientifiques : énergétique,
Il en résulte, malgré les progrès techniques,
mécanique, génie des matériaux.
un accroissement des émissions de gaz à
■ Compétences technologiques : compo-
effet de serre (gaz carbonique), responsables
sants électriques, procédés techniques,
du changement climatique. La part liée aux
environnement - pollution, moteurs - pom-
transports pourrait représenter 27 % des
pes - turbines, procédés thermiques, compo-
émissions françaises en 2010, contre 22 %
sants mécaniques, transports, spatial - arme-
en 1990.
ment.
D'après les études menées par des
■ Liens avec (technologies) : infrastructures
constructeurs automobiles, 80 % de l'éner-
routières intelligentes ; moteurs à pistons ;
gie consommée serait perdue sur les auto-
turbomachines ; architecture électrique des
mobiles : 60 % de pertes thermiques, 10 %
véhicules ; architecture électronique des
par frottement et 10 % par pompage. L'éner-
véhicules ; ingénierie des systèmes embar-
gie mécanique disponible représenterait
qués ; capteurs intelligents et traitement du
ainsi 20 % de l'énergie consommée.
signal.
L'enjeu pour la France de la maîtrise de cette
■ Pôles de compétitivité : EnRRDIS (Rhône-
technologie est de :
Alpes), Sciences et systèmes de l'énergie
• contribuer aux indispensables efforts de
électrique (Centre), Lyon Urban Truck & Bus
réduction des émissions polluantes et de gaz
2015 (Rhône-Alpes), Vestapolis (Île-de-
à effet de serre au niveau mondial ;
France), Normandy Motor Valley (Basse et
• pérenniser et développer l'industrie des
Haute-Normandie), Véhicule du futur (Alsace
équipements de transport, avec des consé-
et Franche-Comté), Chimie-environnement
quences positives en termes d'emploi et de
Lyon (Rhône-Alpes), Mobilité et transports
balance commerciale ;
avancés (Poitou-Charentes).
• devenir leader dans le domaine réglemen-
■ Principaux acteurs français
taire et normatif.
258 Centres de compétences : CEA, École des
L'impact sera progressif, car ces technolo-
mines (Paris), Ierset (Toulouse), IFP, Inria,
gies ne seront pas intégrées simultanément
Green (Nancy), Inrets (LTE, LTN), LEEI (Tou-
dans les véhicules. Un ordre de grandeur réa-
louse).
liste est une réduction de 30 % de la
Industriels : Alstom Transport, Dassault, EDF,
consommation des véhicules à horizon de
ESA, Faiveley Transport, Irisbus, Labinal
dix ans. La compétitivité de l'industrie fran-
(Groupe Safran), Safran, Saft, Schneider
çaise des constructeurs et équipementiers
Electric, Siemens VDO, Valéo, Thales.
de véhicules sortira renforcée de l'adoption
Pour en savoir plus, une base de données
de ces technologies.
des acteurs du domaine est disponible en
Degré de diffusion ligne sur le site du Cereveh (Centre d'études
de la technologie Marché et de recherches sur les véhicules électri-
Tous les types de transports sont concernés ques et hybrides - www.cereveh.org/fr/inter-
Naissance par les problématiques de gestion de l'éner- net/annu.htm).
gie. Le marché automobile reste encore peu Les travaux de recherche en matière de véhi-
Diffusion
exploité, mais les technologies liées à la ges- cules routiers économes sont notamment
Généralisation tion de l'énergie devraient fortement s'y menés dans le cadre du programme de
développer. À titre d'exemple, on attend une recherche Predit (Programme national de
croissance très importante du marché recherche et d'innovation dans les transports
Domaines d’application (aujourd'hui peu développé) des batteries terrestres - www.predit.prd.f).
pour véhicules hybrides et électriques à l'ho-
Industrie automobile,
construction navale, rizon 2010. Le taux de croissance annuel
construction de matériel pourrait atteindre 50 % en valeur sur la
ferroviaire roulant, construction période 2005-2008, pour un marché de
aéronautique et spatiale, autres
250 M$ en 2008.
véhicules, recherche et
développement.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 259

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

68. Liaisons de données véhicule - infrastructure

Description d'ores et déjà en place au niveau com-


mercial.
Degré de développement
L'avènement des systèmes de transport
Le développement des liaisons de données Émergence
intelligents, qui contribueront à améliorer
est indissociable des évolutions en matière
simultanément le niveau de sécurité, la flui- Croissance
de systèmes embarqués (capteurs de fonc-
dité du trafic, et l'efficacité énergétique
tionnement, de navigation, de gestion...) et Maturité
repose en grande partie sur la transmission
des systèmes sur l'infrastructure (traitement
de flux de données entre les véhicules et les
des données, surveillance, communication,
infrastructures :
outils d'aide à la décision). Au-delà de cette
• à grande distance (du kilomètre à quelques
intégration, les liaisons de données doivent
centaines de kilomètres) : l'objectif est la
également être mises au point en considé-
gestion du trafic pour, par exemple, assurer
rant les conditions d'interopérabilité au
la sécurité du transport aérien, optimiser la
niveau régional ou mondial.
gestion des flottes de véhicules routiers
Dans le transport aérien, l'intégrité des don-
commerciaux, permettre une exploitation
nées échangées est un enjeu technique
interopérable des corridors ferroviaires euro- 259
majeur. Pour le transport routier, la capacité
péens, informer les usagers des transports
des technologies à être déployées à grande
en commun ;
échelle, à un coût raisonnable, doit être
• à moyenne distance (de 10 mètres à quel-
recherchée. Par ailleurs, ces technologies
ques centaines de mètres) ; il s'agit de trans-
doivent être suffisamment évolutives pour
mettre une information d'ordre « tactique »,
permettre le traitement des informations qui
c'est-à-dire :
seront délivrées par les futurs systèmes
– dans le transport terrestre, informer le véhi-
embarqués.
cule en amont d'un accident ou d'un véhicule
immobilisé, afin que le conducteur adapte sa
vitesse ou sa trajectoire ; Enjeux, Impact
– dans le transport aéronautique, aider à l'at- Les enjeux traités par ces technologies sont
terrissage de précision ou de guidage au sol ; plus largement les enjeux des systèmes de
• à courte distance (de quelques centimètres transports intelligents : amélioration de la
à quelques mètres) : essentiellement dans le sécurité, gestion optimisée des flux de véhi-
transport routier, les signaux émis par l'infra- cules pour des impacts environnementaux
structure vers le véhicule apportent des fonc- réduits et une compétitivité accrue des trans-
tions de guidage ou d'aide à la conduite, avec ports.
une constante de temps de quelques frac- L'enjeu est particulièrement important dans
tions de seconde. le domaine du transport aérien, pour résou-
Ces flux de données viennent compléter les dre les problèmes de capacité que connaît la
communications radio traditionnelles, princi- gestion du trafic ATM (Air Traffic Manage-
pal mode de transmission utilisé à l'heure ment). Ces problèmes s'expriment notam-
actuelle. Au niveau du transport aérien, des ment en termes d'espace aérien et de procé-
liaisons de données dans les deux sens, per- dures, de diversité des systèmes et des
mettant d'échanger des informations écrites contraintes humaines en vol ou au sol. Les
concernant la navigation de l'appareil, sont liaisons de données véhicule-infrastructure
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 260

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
doivent participer à l'intégration, dans un de la Loire), Elopsys (Limousin et Midi-Pyré-
même espace aérien, de la gestion des flux nées), I-Trans (Nord-Pas-de-Calais et Picar-
de circulation aérienne, des aéroports, des die), System@tic (Île-de-France), Véhicule du
centres de contrôle du trafic aérien, des futur (Alsace et Franche-Comté), Ville et
aéronefs et des centres d'exploitation des mobilité (Île-de-France), Aéronautique et
lignes aériennes. espace (Aquitaine et Midi-Pyrénées), Mobi-
Dans le transport ferroviaire, l'enjeu est le lité et transports avancés (Poitou-Charentes),
développement des réseaux européens pour ■ Liens avec (technologies) : infrastructures
améliorer la compétitivité et la sécurité du routières intelligentes ; sécurité active des
transport ferroviaire. La réponse à cet enjeu véhicules ; architecture électronique des
passe, notamment, par le déploiement véhicules ; systèmes aériens automatisés ;
d'ERTMS (European Rail Traffic Manage- positionnement et horodatage ultraprécis ;
ment System). L'introduction d'un système gestion des flux de véhicules ; ingénierie des
de signalisation, de contrôle commande et systèmes embarqués ; ingénierie des systè-
de communication harmonisé va faciliter mes complexes.
l'exploitation internationale des services fer- ■ Principaux acteurs français
roviaires, permettre l'utilisation optimale de Centres de compétences : Eseo (Angers),
la capacité des lignes et assurer un haut Inrets, Inria, Livic (Inrets-LCPC), Onera, Ser-
degré de sécurité et de fiabilité. vice technique de la navigation aérienne.
Pour les acteurs français, un autre enjeu Industriels : Airbus, Alstom, Thales.
réside dans la participation aux travaux pré- Pour les transports terrestres les problémati-
normatifs, afin de promouvoir les technolo- ques de liaisons de données véhicule-infra-
gies développées. Ceci est particulièrement structure sont notamment prises en compte
vrai dans le domaine des transports terres- dans le cadre des travaux du programme de
tres où l'élaboration des normes est en recherche Predit (Programme national de
cours. recherche et d'innovation dans les transports
terrestres - www.predit.prd.f).
260
Marché ■ Exemples d'acteurs dans le monde : Pour
Tous les domaines des transports sont le transport aérien, ces problématiques sont
concernés, les applications apparaissant par- gérées au niveau international ; des discus-
ticulièrement critiques dans les domaines sions ont notamment lieu dans le cadre de
aéronautiques et routiers. l'OACI (Organisation de l'aviation civile inter-
nationale - www.icao.int).

Degré de diffusion Acteurs


de la technologie ■ Disciplines scientifiques : optique, scien- Commentaires
ces des milieux naturels (terre, océans, Au niveau européen, Ertico (Intelligent Trans-
Naissance atmosphère), informatique, automatique, port Systems & Services - www.ertico.com)
traitement du signal, électronique, photoni- est chargé de la promotion des systèmes de
Diffusion
que, optronique, mathématiques et leurs transports routiers intelligents, dont les liai-
Généralisation applications. sons de données sont une composante.
■ Compétences technologiques : compo- La dimension européenne du développe-
sants électriques, télécommunications, ment et de la mise en œuvre de ces techno-
Domaines d’application informatique, semi-conducteurs, optique, logies est indispensable pour constituer des
analyse, mesure et contrôle, transports, spa- normes applicables à l'échelle mondiale. Le
Industrie automobile,
construction navale, tial - armement, BTP. système ERTMS (European Rail Traffic
construction de matériel ■ Pôles de compétitivité : Images et réseaux Management System - www.ertms.com)
ferroviaire roulant, construction (Bretagne), Solutions communicantes sécu- dans le domaine ferroviaire apparaît de ce
aéronautique et spatiale, autres
véhicules, industries des risées (Provence-Alpes-Côte d'Azur), Lyon point de vue un exemple de succès dans
équipements électriques et Urban Truck & Bus 2015 (Rhône-Alpes), Ves- l'établissement d'un standard international.
électroniques, fabrication de tapolis (Île-de-France), Génie civil ouest (Pays
matériel électrique, fabrication
de composants électroniques,
services de transports.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 261

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

69. Systèmes aériens automatisés

Description des drones militaires de tailles moyenne et


grande (où les systèmes israéliens et améri-
Degré de développement
Le développement de services effectués au
cains dominent). Elle ne doit pas manquer le Émergence
moyen de petits véhicules aériens automati-
marché des drones civils de « petite taille »
ques et autonomes repose sur la capacité de Croissance
très prometteur : le tissu industriel concerné
contrôle du vol de ces « drones » en environ-
est large. L'impact sur la compétitivité et Maturité
nement hostile et perturbé. Cette capacité
l'emploi est attendu à l'horizon 2015.
passe par une maîtrise de l'aéromécanique
de ces engins et des lois de contrôle asso-
ciées, tout en prenant en compte l'interven- Marché
tion humaine possible d'un opérateur à un Au-delà des applications militaires, le poten-
niveau qui reste à définir en fonction des tiel du drone civil est gigantesque, ses appli-
véhicules et des applications considérés. cations étant extrêment nombreuses :
Les verrous au déploiement de cette techno- • surveillance de lieux sensibles, surveil-
logie sont d'ordre : lance d'urgence (avalanches, incendies de
• réglementaire : la circulation des véhicules forêt...), surveillance de cultures, du trafic
261
aériens, quelle que soit leur taille, est étroite- routier, inspection des ouvrages d'art... ;
ment encadrée. Les industriels et opérateurs • intervention en milieux dangereux et/ou
potentiels d'un côté, les autorités de l'autre, pollués, missions dangereuses... ;
attendent que l'autre partie prenne l'initia- • épandage agricole, largage de vivres en
tive ; zone de conflit, transport de petits colis... ;
• technique : des points restent à améliorer • télécommunications.
comme la transmission des données, la dis- Le marché mondial des drones représentait
crétion des véhicules, la gestion des situa- 2,4 Md$ en 2000 et devrait atteindre
tions dégradées... 5,6 Md$ en 2007, puis dépasser 10 Md$ en
2010. Ce sera alors un des secteurs les plus
Enjeux, Impact dynamiques de l'industrie aérospatiale, à
En autorisant le déplacement de charges uti- condition bien sûr que la réglementation évo-
les (capteurs, colis...) dans des véhicules lue dans le sens de leur intégration dans la
dimensionnés au plus juste (et non pas dans circulation aérienne.
des véhicules dimensionnés pour transpor-
ter un pilote en plus de la charge utile), cette Acteurs
technologie contribuera globalement à l'effi- ■ Disciplines scientifiques : matériaux, opti-
cience énergétique de l'activité humaine. que, énergétique, mécanique des fluides,
Sur le plan national et européen, elle contri- génie des procédés, mécanique, génie des
buera à relever le défi de la compétitivité et matériaux, informatique, automatique, traite-
de l'emploi. Certains experts affirment que le ment du signal, électronique.
marché des drones apportera à l'industrie ■ Compétences technologiques : compo-
aéronautique une rupture comparable à celle sants électriques, télécommunications,
de la téléphonie mobile pour l'industrie des informatique, optique, analyse, mesure et
télécommunications. contrôle, traitements de surface, procédés
La France a pris du retard dans la technologie techniques, appareils agricoles et alimenta-
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 262

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
tion, environnement - pollution, transports, Industriels : EADS, Safran, Thales, Dassault.
spatial - armement. ■ Exemples d'acteurs dans le monde : Ale-
■ Pôles de compétitivité : Photonique (Pro- nia Aeronautica (Italie), IAI (Israel Aircraft
vence-Alpes-Côte d'Azur), Mer, sécurité et Industries), Micropilot (Canada), Schiebel
sûreté (Provence-Alpes-Côte d'Azur), Ges- (Allemagne), General Atomics (États-Unis),
tion des risques et vulnérabilités des territoi- Sikorsky (États-Unis), Yamaha (Japon).
res, System@tic (Île-de-France), Aéronauti-
que et espace (Aquitaine et Midi-Pyrénées). Commentaires
■ Liens avec (technologies) : sécurité active Le marché des drones civils devrait connaître
des véhicules ; architecture électronique des une véritable explosion dès lors que les pre-
véhicules ; positionnement et horodatage mières règles de navigabilité verront le jour.
ultraprécis ; gestion des flux de véhicules ; En Europe, le programme Ucare vise à
ingénierie des systèmes embarqués ; ingé- publier des recommandations pour établir
nierie des systèmes complexes. ces règlementations à l'échelle européenne.
■ Principaux acteurs français Pour en savoir plus sur ce programme :
Centres de compétences : Onera, Insa www.euro-uvs.org.
(Strasbourg), Laboratoire d'automatique de
Grenoble, Laboratoire des systèmes com-
plexes (Evry).

262

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Agriculture, sylviculture, pêche ;
commerce de gros,
intermédiaires ; commerce de
détail ; services de transports ;
postes et télécommunications ;
services aux entreprises.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 263

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

70. Positionnement et horodatage ultraprécis

Description Enjeux, Impact Degré de développement


À partir de signaux émis par une (ou plu- De par la multiplicité des applications envisa-
sieurs) constellation de satellites, un récep- Émergence
geables, cette technologie répond à de nom-
teur effectue un calcul de triangulation qui breux enjeux socio-économiques : sécurité Croissance
permet de déduire la position de l'antenne. des personnes et des échanges, réduction
Reposant sur ce principe, le système mili- Maturité
de la consommation d'énergie (par l'optimi-
taire américain GPS est opérationnel et
sation des trajectoires des véhicules), mobi-
accessible au public depuis plusieurs
lité des personnes handicapées, etc.
années. Malgré le développement de nom-
En outre, il ne paraît pas acceptable que l'Eu-
breux équipements et services (chacun peut
aujourd'hui acquérir un récepteur GPS pour rope dépende durablement de systèmes et
quelques dizaines d'euros), les garanties de de normes américains pour des applications
qualité et de continuité de service du GPS critiques.
sont insuffisantes pour des applications criti- Par ailleurs, selon des études réalisées pour
ques (par exemple, atterrissage de précision la Commission européenne, Galileo devrait 263
des avions). Dès 2005, le système Egnos créer, à partir de 2007, quelque 140 000
(European Geostationary Navigation Overlay emplois en Europe.
Service ou système européen de navigation
par recouvrement géostationnaire) offre
un service amélioré, en utilisant les signaux
Marché
Le marché de services et d'équipements qui
GPS et Glonass (système russe). Il se com-
pose de plusieurs charges utiles de naviga- découlera de Galileo est estimé à environ
tion installées sur des satellites en orbite 9 Md€ par an. Plus largement, la Commis-
géostationnaire et d'un réseau terrestre sion européenne retient que les marchés et
comprenant 34 stations de positionnement les applications mondiaux pour la navigation
et quatre centres de contrôle. La constella- par satellite sont en très forte croissance, et
tion de satellites Galileo, opérationnelle à pourraient représenter 140 Md€ de ventes à
l'horizon 2010, proposera trois fonctionnali- l'horizon 2015. Il y a donc une véritable
tés, dont l'utilisation individuelle ou combi- opportunité à saisir pour les industriels et les
née ouvre un vaste champ d'applications. Il prestataires de service pour conquérir des
s'agit de positionnement 3D décimétrique, positions de choix sur ce vaste marché.
voire centimétrique, d'horodatage ultraprécis
Au-delà de la constellation de satellites, déjà
(niveau de performance d'une horloge atomi-
commandée, les marchés accessibles aux
que), d'interopérabilité avec les normes télé-
entreprises, dont les PME, sont essentielle-
coms (GSM, UMTS...).
ment :
Les terminaux, qui reçoivent le signal émis par
les satellites et le traitent pour donner à l'utilisa- • le marché des terminaux (matériel, logi-
teur une information utile, intègrent de nom- ciel) ;
breuses technologies électroniques, logicielles • le marché des services associés : aide au
(traitement du signal, cartographie, guidage...) voyage, sécurité (tracking...), informations
et des fonctions de télécommunication. trafic...
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 264

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
■ Principaux acteurs français
Acteurs Les acteurs français impliqués dans les utili-
■ Disciplines scientifiques : optique, scien-
sations de l'espace sont notamment rassem-
ces des milieux naturels (terre, océans,
blés au sein de l'association I-Space (www.i-
atmosphère), astronomie, astrophysique,
space.fr). L'initiative Cecile (Centre d'ex-
mécanique, informatique, traitement du
pertise et de compétences industrielles pour
signal, électronique, photonique, optronique,
le développement des applications de la
mathématiques et leurs applications, écono-
localisation et de l'environnement utilisant
mie et gestion, géographie et aménage-
les satellites) rassemble également des
ment.
acteurs du secteur (polestar.corporate.
■ Compétences technologiques : compo-
online.fr/presentcecile.htm).
sants électriques, télécommunications,
Centres de compétences : Cnes, IGN...
informatique, semi-conducteurs, moteurs -
Industriels : EADS-Astrium, Esri France,
pompes - turbines, composants mécani-
Loxane, Metod Localisation, Mobiloc (Grou-
ques, transports, spatial - armement.
pe TDF), Novacom Services, Saphymo, Ser-
■ Pôles de compétitivité : Aéronautique et
cel, Thales IS, Thales Navigation... Les indus-
espace (Aquitaine et Midi-Pyrénées).
triels concernés sont aussi : les opérateurs
■ Liens avec (technologies) : travaux d'infra-
de transports (Air France, SNCF...), les
structures furtifs ; infrastructures routières
constructeurs et équipementiers de véhicu-
intelligentes ; sécurité active des véhicules ;
les (Airbus, Alstom, PSA Peugeot Citroën,
architecture électronique des véhicules ; liai-
Renault...).
sons de données véhicule-infrastructure ;
■ Exemples d'acteurs dans le monde :
systèmes aériens automatisés ; gestion des
Avmap (Italie), Garmin (États-Unis), Navteq
flux de véhicules ; ingénierie des systèmes
(États-Unis), Navman (Nouvelle-Zélande),
embarqués ; ingénierie des systèmes com-
Teletlas (Pays-Bas)...
plexes.

264

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Agriculture, sylviculture, pêche ;
production et distribution
d'électricité, de gaz et de
chaleur ; captage, traitement et
distribution d'eau ; bâtiment ;
travaux publics ; commerce de
gros, intermédiaires ; services
de transports ; postes et
télécommunications ; services
aux entreprises ; voirie et
gestion des déchets, services
personnels et domestiques.
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 265

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport

71. Gestion des flux de véhicules

Description tant d'identifier les besoins sociétaux et leur


évolution probable, ainsi que l'utilité et l'ac-
Degré de développement
Avec l'intensification des échanges de biens
ceptabilité des dispositifs envisagés par les Émergence
et des déplacements de personnes, les par-
acteurs (conducteurs, passagers...) et de
ties prenantes aux systèmes de transports Croissance
proposer une organisation globale du sys-
se trouvent confrontées aux problèmes com-
tème ; Maturité
plexes de l'utilisation de ressources limitées,
• une bonne maîtrise de l'algorithmie (optimi-
les infrastructures de transport au sens
sation globale, gestion des trajectoires indivi-
large : routes, voies ferrés, voies navigables,
duelles...) ;
espace aérien...
• des briques technologiques de plus en plus
L'amélioration des méthodes et outils de
performantes et miniaturisées (capteurs,
gestion des flux de transport permettra d'ap-
composants électroniques, ordinateurs,
porter des solutions globales ou segmentées
communications sécurisées...) intégrées
aux problèmes suivants (liste non exhaus-
dans les dispositifs de gestion des flux de
tive) :
transports.
• comment rendre plus attractifs les trans- 265
ports en commun en réduisant les temps de
parcours ? Enjeux, Impact
• comment résorber l'insupportable conges- L'enjeu du développement des technologies
tion des centres urbains et de leurs axes de gestion des flux est tout simplement la
d'accès ? durabilité des systèmes de transport. Les
• comment éviter de doubler ou d'élargir un pouvoirs publics de la plupart des pays ont
axe routier ou autoroutier, pour des besoins pris conscience de la gravité de la situation et
de trafic croissants ? des conséquences économiques et environ-
• comment faire passer plus de trains en nementales désastreuses des dysfonction-
toute sécurité sur un axe ferrovoiaire donné ? nements actuels.
• quelles nouvelles organisation et exploita- Dans son Livre blanc sur les transports
tion de l'espace aérien faut-il mettre en place, (2001) la Commission européenne retient
pour faire face à l'augmentation du trafic ? que « la congestion fait courir le risque
Cette technologie s'applique aux véhicules sérieux d'une perte de compétitivité de l'éco-
et aux « charges utiles » : marchandises, per- nomie européenne ». Les impacts des
sonnes, et permet d'optimiser le système en congestions des systèmes de transport peu-
fonction d'un ensemble de critères (minimi- vent être en partie évalués à la lecture des
sation du temps de transport, réduction de la éléments proposés par la Commission :
consommation de carburant, limitation des « • 10 % du réseau routier européen serait
ruptures de charge » ...). quotidiennement affecté par des encombre-
La conception, puis le déploiement et l'ex- ments ;
ploitation des systèmes de gestion de flux de • les retards dans le transport aérien engen-
transports nécessitent : dreraient une surconsommation équivalente
• en amont, une approche résolument pluri- à environ 6 % de la consommation annuelle
disciplinaire à travers des analyses reposant de carburant ;
sur les « sciences de l'homme » et permet- • les coûts dus à la congestion du trafic rou-
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 266

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
tier en Europe devraient atteindre 80 Md€ L'intermodalité, aujourd'hui handicapée par
par an en 2010, soit environ 1 % du PIB com- les « ruptures de charge » inhérentes à cha-
munautaire. que changement de mode de transport,
Au niveau national, deux enjeux apparais- bénéficiera également des technologies de
sent. En premier lieu, l'attractivité de la gestion des flux.
France bénéficiera d'une meilleure perfor-
mance de ses infrastructures de transport. Acteurs
Ensuite, plusieurs acteurs français sont très ■ Disciplines scientifiques : neurosciences,
bien positionnés sur les marchés du trans- optique, génie civil, informatique, automati-
port, et verront leur compétitivité renforcée que, traitement du signal, électronique,
par la maîtrise de ces technologies. optronique, mathématiques et leurs applica-
tions, sciences du langage, psychologie,
Marché sociologie, démographie, géographie et
Cette technologie s'applique à tous les aménagement.
modes de transport, avec des spécificités ■ Compétences technologiques : compo-
propres à chaque mode. sants électriques, audiovisuel, télécommuni-
L'espace aérien possède naturellement trois cations, informatique, semi-conducteurs,
dimensions ; pourtant son organisation est optique, analyse, mesure et contrôle, trans-
actuellement basée sur des « couloirs ports, BTP.
aériens » et des points de passage obligés ■ Pôles de compétitivité : Lyon Urban Truck
qui créent des goulets d'étranglement et & Bus 2015 (Rhône-Alpes), Vestapolis (Île-
limitent son potentiel. Une meilleure gestion de-France), Génie civil ouest (Pays de la
des flux aériens passe par une refonte pro- Loire), I-Trans (Nord-Pas-de-Calais et Picar-
fonde de cette organisation : unification du die), System@tic (Île-de-France), Véhicule du
ciel européen, utilisation de l'ensemble de futur (Alsace et Franche-Comté), Ville et
l'espace, effacement progressif des opéra- mobilité (Île-de-France), Aéronautique et
266 teurs humains (contrôleurs, pilotes) des opé- espace (Aquitaine et Midi-Pyrénées), Logisti-
rations temps réel, modification des procé- que Seine Normandie (Haute-Normandie)
dures d'approche et de décollage. Sur le plan ■ Liens avec (technologies) : infrastructures
technique, les communications directes des routières intelligentes ; sécurité active des
Degré de diffusion ordinateurs de contrôle aérien aux pilotes véhicules ; architecture électronique des
de la technologie automatiques, l'utilisation plus poussée des véhicules ; liaisons de données véhicule-
systèmes de navigation satellitaires, sont infrastructure ; systèmes aériens automati-
Naissance quelques axes de travail. sés ; positionnement et horodatage ultrapré-
Dans le domaine ferroviaire, il s'agit de den- cis ; ingénierie des systèmes embarqués ;
Diffusion
sifier l'utilisation des infrastructures, pour ingénierie des systèmes complexes.
Généralisation désengorger les axes routiers. Sur le plan ■ Principaux acteurs français
européen, l'avènement de liaisons transeu- Des travaux de recherche sont notamment
ropéennes bute sur la question de l'intermo- menés dans le cadre du programme de
Domaines d’application
dalité. recherche Predit (Programme national de
Les routes sont aujourd'hui perçues comme recherche et d'innovation dans les transports
Industrie automobile ;
construction navale ; un espace de liberté pour les conducteurs. terrestres - www.predit.prd.fr).
construction de matériel Cette liberté « coûte » 5 000 morts en Centres de compétences : ENPC, Inrets,
ferroviaire roulant ; construction LCPC, RFF, Service technique de l'aviation
aéronautique et spatiale ; France, et la congestion récurrente de nom-
fabrication de machines de breux axes routiers et autoroutiers. La ges- civile, université de Marne-la-Vallée.
bureau et de matériel tion des flux de véhicules routiers est limitée Industriels : Air France, Citilog, Connex,
informatique ; industries des Dynalogic, Egis/Isis, Eurodécision, IER, Info-
équipements électriques et à des informations et des recommandations
électroniques ; fabrication de (radio, panneaux à messages variables) que trafic, Médiamobile, RATP, SNCF, groupe
matériel électrique ; fabrication le conducteur est libre de ne pas suivre. La Snef.
de composants électroniques ; ■ Exemples d'acteurs dans le monde : les
gestion des flux de véhicules routiers pas-
travaux publics ; services de
sera par un véritable « contrôle-commande » opérateurs de transport et de livraison, les
transports ; services
informatiques. entre l'infrastructure routière (ou un centre industriels des technologies de génie civil,
de contrôle) et les véhicules. les grandes métropoles... sont concernés
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 267

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Transport
par le développement et la mise en œuvre de diale (transport aérien, Galileo...), de suppri-
ces technologies. mer les goulets d'étranglements aux frontiè-
res et d'assurer l'interopérabilité des réseaux
Commentaires (notamment ferroviaires).
Les problématiques de gestion des flux de La coopération franco-allemande Deufrako
véhicules doivent s'appréhender à différents (www.deufrako.org) est un exemple de mise
niveaux : local, régional, national et euro- en commun de compétences et de prise en
péen. Sur ce dernier point, les enjeux sont, compte de problématiques transnationales
en particulier, de disposer d'une taille critique sur les transports.
suffisante pour s'affirmer sur la scène mon-

267
6Fiches Transport 22/06/06 15:14 Page 268
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 269

Distribution - Consommation
Distribution - Consommation

72 Technologies d'authentification
73 Traçabilité

269
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 270

LES TECHNOLOGIES CLÉS


Distribution - Consommation

Des grands enjeux aux technologies clés

Lutte contre la contrefaçon

Nouveaux produits,
nouveaux services

72
73

Sécurité

270

Le secteur de la Banque, assurance et services


financiers
l'UE15. C'est au Royaume-Uni qu'il y a
le plus d'entreprises d'assurance-vie

distribution et de la (46 % du marché européen), et en Alle-


magne pour les autres types d'assu-
consommation Les services financiers produisent près
de 7 % de la valeur ajoutée totale des
rance (35 % du marché européen). Les
assureurs « mixtes » sont très nom-
économies européennes. Ils emploient
breux en Espagne et en France (36 % de
3,4 millions de personnes dans l'UE15.
Le contexte L'Allemagne compte pour 24 % de
ce marché), et les réassureurs au
Luxembourg.
cette valeur ajoutée, le Royaume-Uni
Dans le domaine de l'assurance, la
Le secteur de la distribution et de la pour 17 % et la France et l'Italie pour
France est un marché atypique puisque
consommation correspond à ce que l'on 15 % chacune.
les mutuelles d'assurance sont domi-
peut appeler plus généralement les Le secteur de l'assurance a été ébranlé
nantes. Par ailleurs les fonds de pension
fonctions supports. Ce secteur recouvre par les attentats et les catastrophes
privés y sont moins développés qu'au
plusieurs types d'activités dont quel- naturelles au début des années 2000. Il
Royaume-Uni, par exemple.
ques-uns sont présentés ci-après. emploie 1,2 million de personnes dans
Les métiers de la banque et de l'assu-
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 271

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Distribution - Consommation
rance correspondent à trois types de ris- qu'un quart de la population active euro- dans un échange entre un portail sécu-
ques liés à la personne, aux activités éco- péenne est couverte par une retraite risé et un navigateur web, il n'y a pas de
nomiques, aux biens. Une des caractéris- complémentaire. certification permettant le « rejeu »(1) de
tiques du secteur de la banque- Le secteur financier allie deux visions du la transaction.
assurance est que les flux monétaires, monde, le global et l'hyper-local : À plus long terme, un enjeu risque de
d'informations et de matières, qui sont • rien n'est plus facile à transférer d'un devenir majeur pour le secteur, celui de
séparés dans l'industrie, sont confondus. bout à l'autre de la planète que l'argent ; la caractérisation génétique des indivi-
Une banque de grande taille engage • rien n'est moins délocalisable que le dus pour la sélection des risques. Si ces
généralement 10 % de son CA en service financier de base (en particulier technologies sont disponibles, les ban-
dépenses technologiques (matériel pour des raisons juridiques et fiscales). ques et les assurances pourraient être
informatique, licences, services IT...). Pour le secteur financier, le microcrédit tentées de l'utiliser. Ces méthodes don-
L'informatique est pour une banque ce et le microfinancement ne sont pas des neraient un avantage compétitif fort,
que la chaîne de production est pour un activités clés dans la mesure où, mais on doit s'interroger sur la dimen-
constructeur automobile. Dans la ban- aujourd'hui, les coûts de gestion sont sion éthique et le choix de société que
que, le cycle des technologies utilisées trop élevés pour que les opérations cela implique, et donc sur les aspects
est d'environ cinq ans (c'est, par exem- soient rentables. Chez certains acteurs, législatifs associés.
ple, le temps de renouvellement du parc ce sont des retraités qui étudient les Enfin, dans ce secteur, l'environnement
de cartes de crédit). dossiers. Cela peut freiner le développe- fiscal, le droit du travail et la protection
ment des projets de microentreprises. du consommateur sont des enjeux très
Enjeux et tendances dans les Des avancées technologiques (comme structurants.
domaines de la banque, de le traitement automatisé) pourraient per-
l'assurance et des services
financiers
mettre, peut-être, de rentabiliser ces Conseil et études en R&D
Ces secteurs ont connu de très impor-
activités. externalisée, ingénierie
tants mouvements de concentration
Pour le secteur financier, un enjeu stra- et architecture 271
tégique réside dans la gestion des sys-
dans les dernières années, qui ne sont
tèmes de sécurité, en particulier des
probablement pas encore achevés. En 2001, la valeur ajoutée du secteur de
sauvegardes et de l'organisation de
Les produits financiers destinés aux par- la R&D externalisée était de 11,9 Md€
« sites de repli » (qui reprennent les acti-
ticuliers ou aux entreprises se sont mul- au niveau européen. Le Royaume-Uni
vités d'un site indisponible en mettant
tipliés ces dernières années. Les mar- en générait 3,8 Md€, la France, en
un ordre de priorité sur les activités criti-
chés financiers européens sont encore seconde position, 1,7 Md€. À la même
ques). Dans le même registre, la sécu-
très fragmentés, leur intégration fait date, ce secteur employait plus de
rité des échanges d'information est
l'objet de plusieurs mesures de la Com- 300 000 personnes dans l'UE 15 (dont
essentiel : il faut répondre aux « vols
mission européenne. Cette intégration environ 30 000 en France).
d'identité » et améliorer toujours la cryp-
est rendue indispensable par le dévelop- Toujours en 2001, le secteur des « acti-
tographie.
pement du commerce électronique. La vités d'ingénierie, d'architecture de test
Dans le domaine bancaire, les exigen-
banque en ligne (par téléphone ou Inter- et d'analyse » représentait, quant à lui,
ces de sécurité se déclinent comme
net) représente désormais 10 % des près d'un cinquième de la valeur ajoutée
suit :
transactions. Le nombre d'agences de toutes les « fonctions support », avec
• la disponibilité de la ressource ;
diminue, tandis que les distributeurs un montant de 101 Md€ pour l'UE 25 et
• la confidentialité de la transaction ;
automatiques d'argent se multiplient. de 98 Md€ pour l'UE 15. L'Allemagne et
• l'intégrité de la transaction ;
Les banques subissent la concurrence le Royaume-Uni sont les pays qui contri-
• le contrôle et la preuve de la ressource
des marchés financiers. Le vieillisse- buent le plus à cette activité avec une
et de la transaction.
ment de la population et les incertitudes valeur générée à peu près équivalente
Tout l'essor du commerce électronique
pesant sur le financement des retraites
dépendra du développement de procé- (1) Les attaques par « rejeu »sont des attaques consistant
futures jouent en faveur du développe- à intercepter des paquets de données et à les rejouer,
dures sûres de non-répudiation des c'est-à-dire les retransmettre tels quels au serveur desti-
ment des fonds de pension. On estime nataire. Ainsi, selon le contexte, le pirate peut bénéficier
transactions électroniques. Aujourd'hui, des droits de l'utilisateur.
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 272

LES TECHNOLOGIES CLÉS


Distribution - Consommation

d'environ 25 Md€, tandis que celle géné- res académiques et le tissu industriel. dépenses privées de sécurité ont très
rée par la France, en troisième position Depuis plusieurs années, ce point a lar- fortement augmenté aux États-Unis.
européenne, est de 13 Md€. 2,4 millions gement été abordé par de nombreux Elles étaient déjà évaluées à 40 Md$ par
de personnes sont employées dans ce experts, et dernièrement dans les résul- an dans ce pays, en 1999. Selon certai-
secteur pour l'UE 25 et 2 millions dans tats de l'opération FutuRis. nes sources, le marché mondial de la
l'UE 15. La croissance de la valeur ajou- Les activités de recherche-développe- protection contre le terrorisme serait de
tée dans ce secteur est particulièrement ment commencent aussi à être délocali- 100 Md€. Selon certains auteurs, le seul
forte et ininterrompue depuis 1997. Les sées. Les enjeux « technologiques » marché américain de la sécurité privée -
clients sont principalement les entrepri- dans ce domaine d'activité sont en au sens large - pourrait atteindre ce chif-
ses. général liés à la créativité et à la produc- fre dès 2008. Le dynamisme des tech-
Les frontières entre ces deux rubriques tion de connaissance, ainsi les outils nologies de sécurité est manifeste dans
statistiques sont en réalité assez floues. informatiques de recherche « intelli- trois secteurs :
Le premier groupe européen dans cette gente », de mise en réseau et de base • les systèmes d'alarme et de détec-
activité est français (Altran), mais les de données sont de première impor- tion (détecteurs à infrarouge, à micro-
pays du nord de l'Europe ont quelques tance. La gestion des systèmes com- ondes, à ultrasons, détecteurs de mé-
« champions » : WS Atkins (Royaume- plexes et la capacité d'intégration peu- taux, détecteurs électromagnétiques,
Uni), Arup Group (Royaume-Uni), Arca- vent être des avantages compétitifs étiquettes électroniques, détecteurs de
dis Group (Pays-Bas), Fugro NV (Pays- importants. drogues, centrales d'alarmes) ;
Bas). • les systèmes de télésurveillance
Services de sécurité (TVCF, caméras de surveillance, vidéo-
Enjeux et tendances dans les surveillance, caméras cachées, centra-
domaines du conseil et études La valeur ajoutée des services de sécu- les de surveillance) ;
en R&D, de l'ingénierie et de • les systèmes de contrôle d'accès
rité européens est estimée à 16,7 Md€
l'architecture (identification par cartes magnétiques,
en 2001. Le Royaume-Uni arrivait en
272 La complexité croissante des produits
tête avec une VA de 4,3 Md€, suivi par la cartes à puces, cartes de proximité, cen-
et processus de production, plus géné-
France (3 Md€) et l'Italie (1,8 Md€). trales de contrôle d'accès). L'évolution
ralement l'évolution des économies
L'emploi dans l'UE 25 était de 869 000 la plus remarquable du secteur est l'inté-
occidentales vers des « économies fon-
personnes, dont 647 000 dans l'UE 15. gration de plus en plus poussée des
dées sur la connaissance », devrait
En France, le nombre d'employés du équipements variés grâce aux technolo-
contribuer à la croissance de ce secteur
secteur de la sécurité privée est proche gies de la communication, de l'électroni-
sur des sujets de plus en plus spécifi-
de celui des agents publics de police(2). que et de l'informatique. Globalement,
ques. La sous-traitance d'ingénierie ou
un enjeu important à ce sujet est lié aux
de R&D doit prendre en compte, au-delà
Enjeux et tendances aspects normatifs et aux standards.
des aspects purement techniques, les dans le domaine des services La mondialisation pose le problème de
enjeux de propriété intellectuelle. de sécurité la généralisation de la contrefaçon, qui
En France, la croissance de ce secteur Il faut tout d'abord souligner que l'ex- ne concerne plus seulement les pro-
peut se heurter, dans certains domai- pression de marché privé de la sécurité duits de mode mais tous les biens
nes, à la concurrence des laboratoires recouvre de plus en plus de missions industriels, avec reproduction des mar-
publics de recherche qui doivent se met- différentes : surveillance humaine et ques et des systèmes d'authentification
tre en quête de contrats privés pour électronique, contrôle des accès et obs- (les faux arrivent à être aussi bons que
financer une partie de leur fonctionne- tacle à l'intrusion, investigation, trans- les vrais, voire meilleurs). Selon les chif-
ment mais ne facturent pas systémati- port de fonds, protection des expatriés, fres disponibles - même s'ils sont sujets
quement leurs coûts complets. Cette etc. à caution - la contrefaçon représenterait
concurrence reste, cependant, peu Depuis le 11 septembre 2001, les 10 % du commerce international (contre
importante. Le point faible de la France
5 % en 2000). Dans cette problémati-
en la matière est l'insuffisance du trans- (2) Aux États-Unis, le ratio est de huit agents privés pour
un policier public. Un quart du marché privé de la sécu- que, il faut garder à l'esprit que traçabi-
fert de technologies entre les laboratoi- rité provient de la commande publique.
lité et authentification sont deux problè-
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 273

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Distribution - Consommation
mes différents : dans le premier cas, tion la personne disponible avec les par l'Italie (26,7 Md€) et la France
des technologies simples et surtout peu compétences requises et l'employeur. (26,6 Md€). Plus de la moitié de la VA est
coûteuses sont essentielles. Dans le Ainsi, les systèmes d'information jouent réalisée par des petites et moyennes
deuxième cas, c'est la sécurité et la fia- un rôle de plus en plus important dans entreprises. Les enquêtes d'opinion et
bilité qui sont primordiales. ce secteur en élargissant la zone géo- les études de marché représentent
On ne peut pas omettre, dans les activi- graphique de prospection. une valeur ajoutée de 7 Md€ dans
tés liées à la sécurité, d'évoquer les Le vieillissement démographique nous l'UE 25 et emploient près de 200 000
techniques d'identification et d'authenti- pousse à souligner qu'il convient de s'in- personnes.
fication (cartes à puces et biométrie). Il terroger sur le rôle des « seniors » dans
semble peu probable de voir à court la compétitivité, d'autant que les indus- Les enjeux et les tendances
terme la concentration de tous les servi- tries ont besoin d'un support en compé- dans les domaines du conseil
ces en une seule carte. On peut même tences. Un nouveau modèle d'organisa- et des services comptables
envisager de ne jamais avoir besoin de tion sociale est nécessaire : formation L'externalisation des services compta-

cette carte unique : au Japon, il sera très tout au long de la vie, missions tempo- bles est un mouvement de fond qui

prochainement possible de régler des raires confiées à des seniors, tout cela n'est peut-être pas terminé. De plus, la

achats ou un stationnement avec son peut conduire rapidement à une réingé- fonction comptable peut être en partie

téléphone portable. À moyen terme, les nierie complète de la fonction RH (ges- automatisée par les systèmes d'infor-

caractéristiques biométriques permet- tion des carrières). mation (workflows). La délocalisation

teront d'identifier un individu de En résumé, la fonction RH est une acti- vers des pays à bas coût touche égale-

manière univoque : les caractéristiques vité clé pour : ment ces services.

physiques serviront alors de clé d'accès • la gestion des compétences, en parti-


(a priori) non falsifiable à un ensemble culier par l'utilisation de l'expérience Commerce de gros et de détail
de bases de données (comptes bancai- des plus âgés ;
res, droits d'accès...). • la formation tout au long de la vie ; La valeur ajoutée se monte à 420 Md€
273
• et plus généralement, l'amélioration dans l'UE 25 et l'emploi à 9 M€. Le
Services de recrutement de l'employabilité de la population. Royaume-Uni dégage une VA de 85 Md€,
et de travail temporaire Par ailleurs, cette fonction aura, peut- l'Allemagne de 72 Md€, et la France de
être, à traiter de la question du malaise 56 Md€. Les petites et moyennes entre-

Ce secteur dégage une valeur ajoutée et du mal-être croissant en entreprise. prises représentent plus de la moitié de

de l'ordre de 70 Md€ dans l'UE 25, en Le développement de la microentre- la VA européenne du secteur.

augmentation soutenue depuis plu- prise et de l'entreprise en réseau peut Intermédiaires entre les producteurs et

sieurs années (en 2001, Royaume-Uni faire partie des solutions. Le développe- les distributeurs, les grossistes sont

20 Md€, France, 20 Md€), et emploie ment des services à domicile peut, soumis à une forte concurrence et doi-

2,6 millions de personnes dans l'UE 25. quant à lui, permettre de créer de nom- vent proposer des services de plus en
breux emplois. plus sophistiqués, en utilisant par exem-
Enjeux et tendances ple l'échange de données électroniques
dans le domaine des services Conseil (juridique, management, avec leurs partenaires pour gérer les
de recrutement et de travail financier) et services comptables stocks (traçabilité...). De plus, les pro-
temporaire ducteurs peuvent être tentés de vendre
L'activité des services de recrutement directement au consommateur : cette
La valeur ajoutée du secteur du conseil
et de travail temporaire a fortement aug- tendance est renforcée par l'essor du
(juridique, management, financier) et
menté du fait de la tendance à l'externa- commerce électronique. L'efficacité
des services comptables représente
lisation et de la demande de flexibilité logistique, d'une manière générale, est
près de 220 Md€ dans l'UE 25 et
des entreprises. L'intérim est souvent un enjeu majeur du secteur commercial.
l'emploi, 4 millions de personnes. Le
considéré comme la première étape
Royaume-Uni, avec 60 Md€, représen-
avant l'embauche définitive. L'enjeu
te 28 % de la VA européenne, suivi
dans ce domaine est de mettre en rela-
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 274

LES TECHNOLOGIES CLÉS


Distribution - Consommation

Les enjeux et les tendances long de la chaîne de production-distribu- La « rurbanisation » et le mitage territo-
d'évolution dans le domaine du tion. rial modifient le rapport des consomma-
commerce de gros et de détail D'autres systèmes technologiques teurs au commerce. Ainsi, le modèle
Qu'il s'agisse du commerce de gros ou pourraient permettre une traçabilité plus français de l'hypermarché subit aujour-
de détail, les enjeux peuvent se résumer fine pour les produits périssables (chan- d'hui une crise : certains experts prédi-
en trois points : gement de couleur en cas de rupture sent sa disparition inéluctable à plus ou
•efficacité logistique ; dans la chaîne du froid, par exemple, ou moins brève échéance. Selon ces
• traçabilité des produits ; en fonction du temps de stockage). Wal- experts, ce modèle économique serait
• authentification des produits. Mart a équipé un de ses magasins aux plus un « accident de l'histoire » qu'un
L'adoption des nouvelles technologies États-Unis d'un système pilote qui per- modèle d'avenir. À l'étranger son échec
permettra de contrôler automatique- met aux chercheurs de Procter & Gam- est relativement patent, et, en France,
ment les stocks et les commandes et de ble de voir et suivre les clientes des cos- sa santé actuelle ne tient qu'à un envi-
répondre plus rapidement aux change- métiques du groupe via des lecteurs ronnement législatif et réglementaire
ments de préférences des consomma- RFID cachés qui mettent en route des favorable. Parmi les raisons de cet «
teurs. caméras de surveillance du magasin essoufflement », la réduction de la taille
Dans ce domaine, le développement de quand le produit de la marque est sorti moyenne des foyers ne rend pas néces-
technologie comme celle des puces du rayon. L'enseigne a demandé à ses saire le modèle de « courses » en gran-
RFID pourrait avoir des conséquences 100 premiers fournisseurs de lui livrer des quantités (chariots de 300 litres et
importantes. Rappelons que la technolo- leurs produits « tagués » à partir du plus). À cela s'ajoute le fait que le vieil-
gie RFID (identification par radiofré- 1er janvier 2005. lissement de la population ne milite pas
quence) permet d'utiliser des étiquettes Soulignons que si le RFID marche bien en faveur de grandes surfaces « intimi-
- ou « tags » - de petite taille pouvant pour la logistique, il ne remplacera pas dantes » et impersonnelles.
être lues à distance par un détecteur, et immédiatement les 500 milliards de Le commerce de centre-ville compte
donnant une identification (comme une codes barres en circulation. Le leader pour 25 à 30 % du PIB du commerce en
274
sorte de code barre radio). L'étiquette mondial des machines fabriquant les général. Il faut s'interroger sur les
est en fait une puce associée à une tags RFID est allemand (Mühlbauer AG). moyens pour les acheteurs de ramener
antenne, faisant office de transpondeur, En France, le potentiel industriel réside leurs achats chez eux, notamment si
qui envoie un code numérique stocké plutôt du coté des « encarteurs » (Gem- l'on réduit l'utilisation des voitures parti-
dans sa mémoire quand le signal radio plus, Axalto - ex-Schlumberger Smart culières en centre-ville. Généralement,
du lecteur lui fournit l'énergie et le signal Cards...). les transports en commun sont inadap-
nécessaires. La première application a Le commerce électronique bouleverse tés au transport de marchandises,
été de les implanter sur des objets à des également le secteur. Pour certains pro- même de volumes réduits.
fins d'inventaire pour une reconnais- duits, les livres notamment, il devient Parmi les évolutions possibles, il faut
sance à distance (quelques dizaines de courant. Cependant, le commerce élec- noter l'utilisation du téléphone portable
mètres) de ces objets, y compris par car- tronique ne remplacera jamais totale- qui pourrait devenir rapidement un véri-
gaison entière. Les spécialistes esti- ment le commerce classique : dans table « outil commercial » : achat élec-
ment généralement que le secteur éco- beaucoup de cas, le problème de la tronique, authentification, photographie
nomique où cette technologie est la plus livraison reste entier (horaires, fiabilité, de produits, comparaison de prix, publi-
mature est celui du suivi des produits le sécurité...). cité avec des géo-tags.
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 275

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Distribution - Consommation

72. Technologies d'authentification

Description dans la finesse de l'analyse. À ces techni-


ques se combinent celles permettant de
Degré de développement
Les technologies d'authentification permet-
remonter à la « signature » unique dans le Émergence
tent de lutter contre la contrefaçon des
cas des organismes vivants, le génome.
objets et la falsification des documents. Elles Croissance
Citons l'amplification génétique, permettant
permettent également la reconnaissance
de recopier un fragment d'ADN grâce à une Maturité
des organismes vivants. Ces technologies
enzyme ou les techniques de criblage et de
sont complémentaires des technologies de
synthèse à haut débit ;
traçabilité, telles que code barre, datamatrix,
• les techniques de biométrie permettent
RFID (Radio Frequency IDentification) ... qui
également d'accéder à certaines caractéristi-
ne peuvent pas prétendre authentifier un
ques intrinsèques de l'individu (alors que les
produit.
papiers d'identité peuvent être volés ou falsi-
La preuve de l'authenticité d'un produit
fiés) : les empreintes digitales (connues
vendu sous une marque ou un label ne peut
depuis longtemps), la reconnaissance de for-
être apportée que par une pièce probante ou
mes d'organes caractéristiques (oreilles,
un traceur intimement rattaché au produit et 275
mains, face), la cartographie thermique, la
associé à la marque et à l'identifiant qui l'ac-
reconnaissance vocale ou olfactive, la recon-
compagne. Cet élément probant doit être
naissance de l'iris ou de la rétine sont envisa-
incontestable. Il faut donc que l'homme, en
gées à plus ou moins longue échéance.
tant qu'acteur potentiel de la contrefaçon,
Les technologies de marquage issues d'un
soit exclu du processus qui conduit à l'élabo-
processus chaotique paraissent également
ration de cette preuve et en plus soit incapa-
bien adaptées. Par exemple, le « code à bul-
ble de reproduire une telle preuve à l'identi-
les » (bulles autogénérées dans un polymère
que. Les technologies d'authentification
transparent) dont la signature est toujours
doivent concilier impossibilité pratique de
unique (probabilité de reproduction 10-80) et
reproduction et faisabilité de la mesure des
caractéristiques. n'est pas décidée par l'homme mais par un
On distingue deux grandes familles de tech- processus naturel. Associé à une base de
nologies d'authentification : données locale et/ou distante, le « code à
• celles reposant sur des techniques d'ana- bulles » est accessible à l'homme unique-
lyse permettant d'accéder aux caractéristi- ment en lecture mais impossible en écriture.
ques intrinsèques de l'objet ou de l'être
vivant : techniques isotopiques (mesurant la Enjeux, Impact
quantité d'un isotope naturellement pré- La contrefaçon représenterait plus de 10 %
sent), biologie moléculaire, cristallogra- du commerce mondial. Elle croît dix fois plus
phie, chromatographie en phase liquide ou vite que les échanges internationaux, détruit
gazeuse, spectroscopies (absorption atomi- des centaines de milliers d'emploi, et est à
que, ultraviolet...), fluorescence, etc. Certai- l'origine de dizaines de milliers de morts
nes de ces techniques sont anciennes, mais (faux médicaments, alcools frelatés, fausses
la plupart sont en perpétuelle évolution, et pièces d'origine électrique, automobiles,
les associations de ces techniques entre aéronautiques). Elle devient la première
elles permettent d'aller de plus en plus loin industrie mondiale et touche tous les sec-
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 276

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Distribution - Consommation
teurs d'activité. Si les contrefaçons diffusées unique, il confère aux objets et aux docu-
sur le sol français et européen sont certes en ments une unicité incontestable permettant
augmentation modérée, il en est autrement de remonter à l'origine de ceux-ci et d'en
des mêmes produits diffusés en Europe de déduire leur histoire. L'authentifiant peut
l'Est, en Chine, en Afrique où ils représen- s'utiliser pour sécuriser les transports,
tent une part importante de l'économie. À comme une partie d'un système de scellés.
une époque où les marchés de nos indus- Le scellé, dont la propriété essentielle est de
tries vont se situer de plus en plus à l'expor- ne pas être réutilisable, et l'authentifiant
tation vers ces pays, on mesure, à l'avance, associé non reproductible permettent de
les conséquences économiques désastreu- sécuriser la fermeture des conteneurs en
ses que ceci aura. prouvant leur ouverture illicite. L'authenti-
À un tel niveau, la contrefaçon n'est plus fiant étant un objet unique et non reproducti-
occasionnelle et ne touche pas que les pro- ble, il peut constituer une preuve tangible ;
duits de luxe. Elle s'adresse désormais à la •les États, dans leur mission de lutte contre
production de masse et aux produits les plus les trafics, crimes et délits qui souhaitent :
complexes. Pour accéder aux marchés, les – assurer l'authentification et le contrôle des
produits contrefaits doivent aussi satisfaire à biens et des personnes ;
des caractéristiques comparables à ceux des – assurer la gestion et le contrôle des identi-
originaux (ordinateurs, téléphones portables, tés et des droits ;
etc.). Nous passons progressivement d'une – contrôler, tracer et authentifier les informa-
époque où la contrefaçon n'était qu'une pâle tions ;
copie (en général vendue moins chère pour – réduire les revenus des trafics des organi-
trouver acquéreur) qui tendait plutôt à « imi- sations criminelles.
ter » ou à « leurrer » un original en reprenant
des parties de marques ou des appellations Acteurs
similaires, à une période où la contrefaçon ■ Disciplines scientifiques : chimie physi-
doit être le plus possible parfaite et où il que, matériaux, optique, physique des
276
devient quasiment impossible de distinguer constituants élémentaires, physique des
le vrai du faux. Il est même à prévoir que l'ac- milieux dilués, physique des milieux denses,
célération de la mondialisation des échan- génie des procédés, mécanique, génie des
ges, avec l'externalisation et la délocalisation matériaux, informatique, traitement du
des centres de production, pourrait conduire signal, électronique, photonique, optronique,
à transformer les sous-traitants d'aujourd'hui mathématiques et leurs applications, droit et
en contrefacteurs de demain. sciences politiques.
Les technologies d'identification permettent ■ Compétences technologiques : compo-
aussi de répondre aux exigences réglemen- sants électriques, télécommunications,
taires. Elles doivent donc s'inscrire dans informatique, optique, chimie organique, trai-
la chaîne de traçabilité pour répondre aux tements de surface, matériaux - métallurgie,
exigences accrues des consommateurs et procédés techniques, imprimerie, procédés
des règlements européens (notamment thermiques.
Degré de diffusion 178/2002). ■ Pôles de compétitivité : Photonique (Pro-
de la technologie vence-Alpes-Côte d'Azur), Image, multimé-
Marché dia et vie numérique (Île-de-France), Transac-
Naissance La demande du marché émane de trois tions électroniques sécurisées (Basse-
Diffusion types de donneurs d'ordres : Normandie), Minalogic (Rhône-Alpes),
• le consommateur qui veut avoir les Prod'innov (Aquitaine), Solutions communi-
Généralisation moyens de vérifier l'authenticité de ses cantes sécurisées (Provence-Alpes-Côte
achats : l'authentifiant permet au consom- d'Azur).
mateur de vérifier lui-même l'authenticité du ■ Liens avec (technologies) : techniques de
Domaines d’application
produit et d'avoir confiance dans l'utilisation criblage et de synthèse à haut débit ; traçabi-
Tous les secteurs d'activité des produits de consommation ; lité.
sont concernés. • l'industriel, pour qui la contrefaçon est une ■ Principaux acteurs français
concurrence déloyale. L'authentifiant étant Centres de compétences : Inra, Inria.
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 277

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Distribution - Consommation
Industriels : Arjo Wiggins, Hologram Indus-
trie, Eurofins, Prooftag, Sicpa, Ecocert.
Commentaires
La France est bien positionnée dans ce
■ Exemples d'acteurs dans le monde :
domaine, tant au niveau académique (Inra de
Authenix (États-Unis), Kurz (Allemagne), AOT
Clermont-Ferrand notamment) qu'au niveau
(Royaume-Uni), IHMA (International Holo-
industriel (Ecocert est un leader européen du
gram Manufacturers Association - ihma.org),
contrôle et de la certification pour les pro-
...
duits issus de l'agriculture biologique ; Euro-
fins est un leader mondial des analyses bio-
logiques pour l'authentification). Dans ce
domaine, les efforts de recherche sont à
poursuivre.

277
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 278

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Distribution - Consommation

73. Traçabilité

Degré de développement Description qualité des objets industriels.


Les moyens techniques mis en place pour
D'après la norme Iso 8402, la traçabilité est
Émergence satisfaire les exigences réglementaires dans
l'aptitude à retrouver l'historique ou la locali-
ce domaine sont variés :
Croissance sation d'un article ou d'une activité [ ...] au
• mise en place d'un étiquetage pertinent ;
moyen d'une identification enregistrée. Il
Maturité • technologies RFID (pour « identification par
s'agit de pouvoir localiser un objet ou compo-
radiofréquence ») ;
sant à tout moment du processus de produc-
• systèmes de mesure ;
tion ou de distribution, et de pouvoir a poste-
• techniques de marquage moléculaire ;
riori reconstruire le parcours de chaque objet
• techniques de marquage biologique ;
ou de chacun de ses composants les plus
• marquage issu d'un processus chaotique.
importants.
Les technologies de gestion de base de don-
Dans les secteurs alimentaires et pharma-
nées (relationnelles, distribuées) sont un des
ceutiques, la traçabilité est obligatoire régle-
éléments clés à maîtriser pour résoudre les
mentairement. Elle se développe pour des
problèmes de traçabilité. L'ensemble de ces
278 raisons de maîtrise de la qualité et de la
techniques a vu le jour suite aux progrès
chaîne logistique dans des domaines indus-
concomitants de plusieurs disciplines : la
triels tels que l'automobile, l'aéronautique, le
génomique, la microélectronique, les mathé-
textile et, d'une manière plus générale, les
matiques, l'informatique. Les recherches
industries manufacturières.
sont à poursuivre pour trouver une réponse
Pour les industriels, les motivations sont
technique adaptée à chaque type de produit.
d'ordre réglementaire mais aussi commer-
cial. Suite aux différentes crises (dans le
domaine alimentaire notamment : ESB, listé- Enjeux, Impact
ria...), la demande de la part des consomma- La traçabilité doit répondre aux exigences
teurs en terme de traçabilité est de plus en accrues des consommateurs et des règle-
plus forte. Elle est à mettre en relation avec ments européens. Les enjeux de la maîtrise
leur quête d'authenticité. La mise en place de cette technologie sont de trois ordres :
de la traçabilité alimentaire permet de valori- • il s'agit d'un réel élément de différenciation
ser des produits de niche (produits biologi- marketing car la demande d'informations de
ques, produits « terroir », produits garantis la part des consommateurs est très forte.
sans OGM, sans allergène). Dans ce Les données recueillies lors d'un sondage
domaine, la France est susceptible d'appor- commandé par la Commission européenne
ter une « dotation culturelle » riche. et l'Office de lutte antifraudes (Olaf) illustrent
Par ailleurs, la traçabilité permet, au-delà du ces propos : pour 46 % des personnes inter-
lien de confiance établi avec le consomma- rogées (56 % en France), la fraude et la tri-
teur, de valoriser la chaîne de production et cherie mettant en jeu la sécurité alimentaire
de distribution du produit. Elle apporte de la sont le 2e sujet d'inquiétude. La diversifica-
valeur ajoutée au produit. tion des origines des produits, résultant de la
Enfin, la traçabilité est devenue un élément mondialisation des échanges, n'a fait
clé de la gestion de la chaîne logistique, de la qu'ajouter une source d'inquiétude supplé-
production à la distribution, et du suivi de la mentaire, dans la mesure où se crée une cer-
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 279

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Distribution - Consommation
taine « distance » avec l'origine du produit et
où la contrefaçon se généralise dans tous les
Acteurs
■ Disciplines scientifiques : biochimie, biolo-
secteurs. Par ailleurs, la qualité et l'authenti-
gie moléculaire, biologie cellulaire, biologie
cité représentent 75 % des motivations
des organismes, sciences médicales et ali-
d'achat des consommateurs français (Cré-
mentation, médecine et odontologie, chimie
doc, Centre de recherche pour l'étude et
analytique, informatique, électronique, traite-
l'observation des conditions de vie - 2003) ;
ment du signal.
• il s'agit de répondre aux exigences régle-
■ Compétences technologiques : télécom-
mentaires. Depuis le 1er janvier 2005, la tra-
munications, informatique, optique, analyse,
çabilité des produits est obligatoire dans
mesure et contrôle, ingénierie médicale, bio-
l'agroalimentaire (règlement 178/2202, appli-
technologies, produits agricoles et alimen-
cable au niveau communautaire). Les indus-
taires.
tries agroalimentaires ont obligation d'inves-
■ Pôles de compétitivité : Aquatique (Nord-
tir dans de nouveaux processus pour
Pas-de-Calais), Vitagora (Bourgogne), Minalo-
favoriser la transparence et rendre l'informa-
gic (Rhône-Alpes), Q@limed Agropolis (Lan-
tion accessible ;
guedoc-Roussillon).
• il s'agit, enfin, de faciliter la gestion de la
■ Liens avec (technologies) : génomique
chaîne logistique (supply chain), afin de per-
fonctionnelle à grande échelle ; alimentation
mettre d'une part un suivi strict de la qualité
pour le bien-être et la santé ; contrôle des
du produit, d'autre part une gestion fine des
allergies alimentaires ; RFID et cartes sans
stocks de pièces détachées et sous-systè-
contact ; postionnement et horodatage ultra-
mes. Par ailleurs, en cas de défaillance d'un
précis.
système ou de problème sanitaire, les indus-
■ Principaux acteurs français
triels doivent pouvoir reconstruire le par-
Centres de compétences : Cemagref (Cler-
cours complet de l'objet en question et de
mont-Ferrand), CTCPA (Centre technique de
ses composants.
la conservation des produits agricoles), Inra
(Clermont-Ferrand). 279
Marché Industriels : Agreentech, Alcan Packaging,
Le marché de la traçabilité est vaste. Les Ask, Ecocert, Eurofins, Gemalto, Génome
principaux secteurs d'application sont la Express, Inside, Philips, ST Microelectronics,
pharmacie, l'agroalimentaire, l'automobile, Tetra Pak...
l'aéronautique, le textile (lutte contre la Pour en savoir plus : www.poletracabilite.
contrefaçon). com/default.cfm ; www.tracabilite.org
Ce marché est en croissance, stimulé par les ■ Exemples d'acteurs dans le monde :
nouvelles réglementations, notamment dans Advanced ID (Canada), Sony (Japon), Texas Degré de diffusion
le domaine alimentaire. 15 000 entreprises Instruments (États-Unis)... de la technologie
françaises sont concernées aujourd'hui et le
dynamisme de ce marché est important : sa Naissance
croissance est de 15 % par an. Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Agriculture, sylviculture, pêche ;
industries agricoles et
alimentaires ; habillement, cuir ;
industrie pharmaceutique ;
fabrication de savons, de
parfums et de produits
d'entretien ; industrie
automobile ; construction
aéronautique et spatiale ;
industrie textile.
7Fiches Distribution 22/06/06 15:14 Page 280
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 281

Technologies et méthodes de production


Technologies et méthodes de production

74 Contrôle de procédés par analyse d'image


75 Capteurs intelligents et traitement du signal
76 Assemblage multimatériaux
77 Micro et nanocomposants
78 Procédés et systèmes de photonique
79 Nouveaux procédés de traitement de surface
80 Procédés de mise en forme de matériaux innovants 281
81 Méthodes et outils de coconception
82 Ingénierie des systèmes complexes
83 Transfert de technologie
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 282

LES TECHNOLOGIES CLÉS


Technologies et médhoes de production

Des grands enjeux aux technologies clés

Amélioration des processus


industriels

74 Nouveaux produits,
nouvelles fonctionnalités
78 77
79 80

76
75

82

81 83
Gestion de la complexité

282

Le secteur des vité pour les entreprises dans certains


pays d'Europe de l'Est ou d'Asie, les
• les procédés ;
• les méthodes d'amélioration de la pro-

technologies atouts de l'industrie française résident


d'une part dans les méthodes et outils
ductivité.
Par extension, la base de travail de
et méthodes de permettant l'augmentation constante l'étude étant la classification Eurostat,

production de la productivité, d'autre part dans ses


capacités d'innovation et de production
l'imagerie médicale et l'instrumentation
médico-chirurgicale sont également
à haute valeur ajoutée. abordées dans cette partie.
Le contexte Les domaines traités dans le cadre de Les équipements, process et méthodes
cette monographie sont l'ensemble des de production des différents secteurs
Le secteur des équipements, process et secteurs de la productique, c'est-à-dire : d'activité ont en commun un certain
méthodes de production est porteur • l'instrumentation industrielle ; nombre de déterminants détaillés dans
d'enjeux majeurs pour la maintien et • l'automatique ; cette section. Cependant, il est utile, à
l'amélioration de la compétitivité et de • les équipements électriques et élec- ce stade, d'exposer quelques données
l'activité des entreprises industrielles troniques ; globales sur l'activité industrielle fran-
françaises. À l'heure où les coûts de • les équipements de production (toutes çaise.
main-d'œuvre sont un facteur d'attracti- industries) ;
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 283

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et médhoes de production


Chiffre d'affaires Salariés(a) Entreprises(a) Investissement(b)
HT (Md€) (milliers) (variation(b))

Industries des biens de consommation 133,7 512,5 4 565 (- 4,3 %) - 5,4 %


Industrie automobile 111,7 271,5 542 (- 0,9 %) - 5,7 %
Industries des biens d'équipement 167,5 638,6 5 042 (- 3,2 %) + 1,2 %
Industries des biens intermédiaires 248,3 1 171,4 10 257 (- 2,9 %) - 0,1 %
Ensemble de l'industrie (hors énergie) 631,2 2 593,9 20 406 (- 3,0 %) - 2,0 %
(a) entreprises de 20 salariés et plus
(b) variation entre 2003 et 2004
Source : Chiffres clés des industries françaises (ensemble de l'industrie (hors énergie) - enquête annuelle entreprises 2004 (Sessi - juillet 2005)

L'industrie française est constituée de France, force est de constater, depuis les hors du territoire français (26 Md€ au
plus de 20 000 entreprises de plus de plusieurs années, une tendance durable premier semestre 2005). Par ailleurs, les
vingt salariés, alors que le nombre des à la baisse des investissements indus- enquêtes de l'Insee révèlent que la plus
petites entreprises industrielles et de triels nécessaires au soutien de la crois- grande partie des investissements
l'artisanat de production (PEIA, de 0 à 19 sance. Ce constat est en contradiction, industriels visent des gains de producti-
salariés) était estimé à 168 000 en 2001. depuis plusieurs années, avec les prévi- vité et non un accroissement des capa-
Le secteur industriel, dans son ensem- sions d'investissements affichées par cités de production, qui sont globale-
ble, représente, en 2004, un chiffre d'af- les industriels. Les bénéfices réalisés ment en sous-charge en 2005. Cette
faires de 631 Md€. par les grands groupes industriels ser- diminution de l'investissement a des
Si le secteur industriel est une compo- vent en partie à assurer une croissance conséquences immédiates sur le sec-
sante forte de l'activité et de l'emploi en externe fondée sur l'acquisition de filia- teur des équipements industriels.

Chiffre d'affaires Salariés(a) Entreprises(a)


HT (Md€) (milliers)
Machines de bureau et matériel informatique 13,5 26,4 65
Moteurs, génératrices et transformateurs électriques 3,7 22,1 161
Appareils d'émission et de transmission 14,0 45,3 156 283
Matériel d'imagerie médicale et de radiologie 1,2 2,8 11
Appareils médico-chirurgicaux 3,9 23,0 253
Équipement d'aide à la navigation 5,4 21,7 37
Instrumentation scientifique et technique 3,5 21,2 210
Équipement de contrôle des processus industriels 1,8 12,2 197
Total industries des équipements électriques et électroniques 47,0 174,9 1 089
Matériel électrique 22,0 115,5 565
Composants passifs et de condensateurs 2,6 6,5 77
Composants électroniques actifs 7,5 31,4 60
Assemblage de cartes électroniques pour compte de tiers 0,9 19,0 204
Total industries des composants électriques et électroniques 33,0 172,4 906
Total équipements et composants électriques et électroniques 80,0 347,3 1 997
(a) entreprises de 20 salariés et plus
Source : Chiffres clés des industries françaises des équipements et composants électriques et électroniques - enquête annuelle entreprises 2004 (Sessi - juillet 2005)

Chiffre d'affaires Salariés(a) Entreprises(a)


HT (Md€) (milliers)
Éléments en métal pour la construction 5,7 36,9 609
Chaudronnerie, réservoirs métalliques, chaudières 7,3 56,0 882
Équipements mécaniques 12,9 60,0 652
Machines d'usage général 16,1 87,8 785
Machines agricoles 4,1 16,4 206
Machines-outils 1,8 11,0 159
Machine d'usage spécifique 9,3 50,6 627
Armes et munitions 2,6 11,8 17
Total équipements mécaniques 59,8 330,4 3 637
(a) entreprise de 20 salariés et plus
Source : Chiffres clés des industries françaises des équipements mécaniques - enquête annuelle entreprises 2004 (Sessi - juillet 2005)
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 284

LES TECHNOLOGIES CLÉS


Technologies et médhoes de production

Machines et équipements France étant en quatrième position pour des équipements et machines électri-
industriels la valeur ajoutée créée, derrière l'Alle- ques génère un chiffre d'affaires global
En Europe, le secteur des machines et magne, l'Italie et le Royaume-Uni. Le de l'ordre de 25,7 Md€ en 2004, pour
équipements industriels représente une principal acteur français du secteur est 726 entreprises moyennes et grandes,
valeur ajoutée de 168 Md dans l'UE 25, Alstom. représentant 138 000 salariés. Les trois
soit près de 11 % de la valeur ajoutée Dans le secteur des machines agricoles, quarts de la production sont destinés à
industrielle. Il fournit des emplois à la France est au troisième rang euro- l'exportation, essentiellement vers
3,6 millions de personnes. L'Allemagne péen derrière l'Allemagne et l'Italie. Les l'Union européenne, mais de plus en
domine le secteur en Europe avec plus entreprises nationales exportent 50 % plus vers l'Asie.
du tiers de la valeur ajoutée créée de leur production, principalement vers La production d'équipements électri-
(37,4 %), et plus de 50 % sur le seul les pays de l'Union européenne (30 % ques en Europe a tendance à diminuer
segment des machines-outils. Cepen- de la production) - notamment l'Allema- face à la concurrence des pays à faible
dant, on note que la production euro- gne et l'Amérique du Nord (8 %). Ces coût de main-d'œuvre. Elle est forte-
péenne de machines-outils diminue en marchés sont proches de la saturation. ment tributaire des capacités de produc-
moyenne de 1 % par an. Les marchés en progression se situent tion et des investissements industriels
Le secteur des équipements industriels en Europe de l'Est et en Russie principa- d'une part, du marché du bâtiment et
dédiés à la production est mal repré- lement. La Chine est par ailleurs un des travaux publics d'autre part.
senté dans l'industrie française. Ainsi, le importateur de machines agricoles,
secteur de la machine-outil n'est plus avec des importations évaluées à Instruments de mesure et
présent en France qu'avec 159 entrepri- 4,2 Md$ en 2004, contre 1,9 Md$ en optique de précision,
2003. Les besoins de ce pays concer-
instruments médicaux
ses de plus de vingt salariés, la France
Ce segment de l'analyse regroupe les
se positionnant au dixième rang mondial nent essentiellement des machines de
instruments de mesure, qu'ils soient uti-
et au quatrième européen (derrière l'Al- faible puissance en raison de la surface
lisés en contrôle de process industriel,
lemagne, l'Italie et le Royaume-Uni) moyenne réduite des exploitations.
284 en métrologie courante ou en environ-
avec 3 % de la production mondiale. Les
Équipements et machines nement de recherche, les instruments
entreprises nationales ont déserté le
marché de la machine-outil standard au
électriques d'optique de précision et l'instrumenta-
Le secteur des équipements et machi- tion médicale. Dans les données statis-
profit des entreprises japonaises et alle-
nes électriques regroupe les généra- tiques, l'horlogerie est classiquement
mandes notamment, et se sont reposi-
teurs, transformateurs, câbles électri- associée à cette catégorie. Il s'agit d'un
tionnées sur le marché des machines
ques, fibres optiques, batteries, secteur d'activité faible en France.
spécifiques. Ce positionnement de
éclairage... Il représente une valeur ajou- Dans son ensemble, ce segment repré-
niche leur permet de rester compétiti-
tée en Europe de 72 Md€ en 2001 (chif- sente une valeur ajoutée de 48 Md€ en
ves face à des pays à faible coût de
fres UE 25) et emploie environ 1,7 mil- 2001 dans l'UE 25 pour un effectif de
main-d'œuvre en développant des pro-
lion de personnes. Dans ce secteur, 995 000 personnes. Le trio de tête des
duits à forte valeur ajoutée. Néanmoins,
l'Allemagne domine le marché avec acteurs européens du domaine est com-
la taille relativement réduite des entre-
39 % de la valeur ajoutée. La France, posé de l'Allemagne avec un tiers de la
prises concernées ne les autorise pas à
l'Italie et le Royaume-Uni suivent avec valeur ajoutée, du Royaume-Uni
engager des sommes importantes en
environ 11 % de la valeur ajoutée créée (17,8 %) et de la France (16,1 %). Il
R&D.
chacun. s'agit d'un secteur relativement dynami-
Les principaux clients des entreprises
Les acteurs français, dont les représen- que, tiré par l'innovation.
européennes sont les États-Unis et la
tants les plus importants sont des En 2004, les acteurs français génèrent
Chine, avec respectivement 10 % et
grands groupes internationaux tels un chiffre d'affaires estimé à 15,8 Md€,
8 % des exportations.
Legrand ou Schneider Electric, position- avec 81 000 salariés dans 708 moyen-
Le rang des entreprises européennes
nent la France au deuxième rang euro- nes ou grandes entreprises.
est le même sur l'ensemble du secteur
péen (un quart de la valeur ajoutée du Dans le domaine spécifique de l'instru-
des équipements industriels (équipe-
secteur). Au total, le secteur français mentation médicale et des sciences du
ments électriques et de process), la
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 285

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et médhoes de production


vivant, les entreprises à capitaux fran- développement de l'instrumentation ce phénomène et perturber la concur-
çais sont pour la plupart des PME de médico-chirurgicale (analyse d'images, rence avec des pays producteurs dont la
moins de 100 personnes. Les plus gran- laser, automatique, informatique. monnaie est alignée sur le dollar améri-
des entreprises installées sur le sol fran- cain ;
çais sont des filiales de groupes étran- Les enjeux du secteur • les préoccupations de la société pour
gers, essentiellement américains, qui se la protection de l'environnement pous-
partagent l'essentiel du marché mondial Les défis qui dictent les évolutions du sent à l'amélioration de la qualité des
et les deux tiers du marché français. secteur industriel, aussi bien en termes produits et à la diminution des externali-
La maîtrise des coûts de santé s'inscrit d'équipement que de méthodes de ges- tés négatives de la production (déchets,
dans les politiques publiques françaises tion et de production, découlent de l'évo- consommation d'énergie, pollution).
et européennes. Cette tendance va à lution globale de la société. On peut L'exigence de plus en plus importante
l'encontre du développement de l'indus- dégager les grands enjeux suivants : du consommateur de disposer de pro-
trie de l'imagerie médicale et de l'instru- • sur le plan économique, le principal duits « zéro défaut » et la réduction des
mentation chirurgicale ; mais elle est enjeu de l'industrie française et euro- temps de développement des produits
contrebalancée par plusieurs phénomè- péenne est de faire face à la montée en imposent aux industriels de réviser leurs
nes durables : puissance de la concurrence des pays à procédés de conception, de fabrication
• le vieillissement de la population faible coût de main-d'œuvre pour la pro- et de contrôle. Notamment, la traçabilité
entraîne des besoins forts en moyens duction de masse des biens de consom- des produits et composants apparaît
de diagnostic et de traitement. Ce fait mation. Des domaines tels que l'in- comme un enjeu majeur des systèmes
de société offre à l'industrie pharmaceu- dustrie textile, après avoir subi la de production modernes ;
tique et aux acteurs de l'équipement concurrence des pays du Maghreb, • la société actuelle impose un rythme
médical un potentiel de développement affrontent la croissance de la puissance soutenu d'innovation. Le délai de mise
important ; industrielle de la Chine. Des réorienta- sur le marché d'un produit à partir du
• dans la même direction, la société tions de l'activité vers des créneaux à début de sa conception est de plus en
285
occidentale considère de plus en plus la plus forte valeur ajoutée s'avèrent plus court ;
maladie comme un aléa inacceptable. nécessaires. Créneaux sur lesquels les • la généralisation de l'utilisation de
La demande est donc forte en moyens capacités d'innovation de l'industrie et « systèmes complexes » rend néces-
de diagnostic comme de traitement ; du monde académique français et euro- saire la mise au point de méthodes per-
• selon la Commission européenne, la péens constituent des atouts primor- mettant de garantir la fiabilité et la
part des appareils médicaux dans les diaux. Faute d'adaptation de l'industrie sûreté de fonctionnement de ces systè-
budgets de santé a dépassé, dans cer- aux mutations du marché, l'impact sur mes. Cette évolution est d'autant plus
tains pays, celle des produits pharma- l'emploi salarié en France peut être for- forte que les pays européens, à la suite
ceutiques ; tement négatif. Notamment, l'industrie des États-Unis, se judiciarisent, faisant
• enfin, la demande des pays émer- française doit tirer parti du caractère courir des risques financiers et pénaux
gents en équipement médico-chirurgical transversal de certraines technologies aux industriels en cas de défaillance
est en forte croissance, offrant aux de production pour réaliser des écono- grave de ces systèmes ;
entreprises européennes de nouveaux mies d'échelle dans leur mise au point • le développement de la sous-trai-
débouchés commerciaux. et leur mise en œuvre ; tance, de la cotraitance ou encore du
Dans le domaine des sciences du • un des corollaires d'une croissance concept « d'entreprise étendue » recèle
vivant, la France jouit d'un haut niveau mondiale forte est l'augmentation de la des enjeux fort en termes d'organisa-
de compétence académique à travers demande en matières premières (dont tion du travail. Cette évolution des rela-
ses centre de recherche (Inserm, Inra, le pétrole), induisant un accroissement tions client-fournisseur dans l'industrie
CNRS...) et les laboratoires universitai- des prix d'achat et donc un renchérisse- impose des changements de méthodes
res liés aux hôpitaux. Par ailleurs, l'ex- ment des coûts de production. Les fluc- de travail, de moyens et protocoles
cellence est également reconnue dans tuations monétaires, avec notamment d'échanges d'informations, de critères
les domaines des technologies néces- un taux de change euro-dollar encore de performance, de validation des tra-
saires à l'observation du vivant et au défavorable mi-2005, peuvent amplifier vaux, etc. ;
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 286

LES TECHNOLOGIES CLÉS


Technologies et médhoes de production

• la sécurité au travail et la sûreté à long ces qui ne font pas partie du cœur de ses et d'Europe de l'Ouest passe par
terme des conditions de travail font métier de l'entreprise. La conception de une maîtrise complète des coûts de pro-
maintenant partie intégrante de la mise certaines parties d'un objet industriel se duction (productivité) et de conception.
au point d'un procédé de production. trouve de fait confiée au fournisseur de De nouvelles pratiques sont donc en
Cet impératif est évidemment imposé rang 1 ou 2, selon des spécifications train de s'imposer dans le processus de
par la réglementation. Améliorer l'ergo- fonctionnelles précises émises par le création des nouveaux produits :
nomie des équipements apparaît alors donneur d'ordre. Ce changement de • l'outil de production doit être le plus
comme un enjeu en matière de santé : fonctionnement a pour conséquence flexible possible. Dans la pratique, cela
les chercheurs (INRS) mettent régulière- d'imposer à « l'entreprise étendue », revient à disposer d'un outil permettant
ment en évidence des maladies profes- constituée par le donneur d'ordre et ses de faire varier rapidement, en générant
sionnelles liées aux nouveau types d'in- sous-traitants, certains principes de un minimum de pertes, les caractéristi-
terfaces. fonctionnement s'articulant autour de ques du produit fabriqué : changer la
Dans les secteurs des sciences du quatre types de communautés : couleur d'un composant plastique
vivant et du médical, l'enjeu est double : • une communauté de méthode : la extrudé en cours de fabrication en est
• le premier est la réduction des dépen- conception et la planification des tra- un exemple ;
ses de santé. Pour répondre à cet enjeu, vaux de conception ou de production • un autre aspect de cette flexibilité est
les technologies qui permettent de dimi- doivent s'appuyer sur un référentiel la possibilité pour un équipement de
nuer la durée et le coût des hospitalisa- commun de méthodes pour l'analyse du laboratoire de fabriquer en petites
tions sont de toute évidence des axes besoin, la définition des actions ; séries, ou pour un équipement de pro-
de développement durables dans le • une communauté de calendrier : les duction de permettre les paramétrages
domaine des équipements médico-chi- différents partenaires doivent s'enten- nécessaires à la R&D. On trouve des
rurgicaux ; dre sur un plan de travail commun dans exemples de ce type d'équipements
• le second est une qualité accrue du lequel ils peuvent tour à tour se trouver dans les laboratoires de microélectroni-
diagnostic, induisant un développement à un nœud du chemin critique de que : pour rentabiliser l'usage des équi-
286
de nouvelles techniques d'analyse et de conception ou de fabrication du produit, pements, le temps-machine qui n'est
diagnostic. Les techniques d'imagerie toute défaillance entraînant alors des pas dédié à la R&D peut être utilisé à
et de diagnostic amènent également retards et des pertes financières ; fabriquer des tranches de composants ;
une connaissance approfondie du fonc- • une communauté d'outils : les parte- • la mutualisation de moyens est une
tionnement du vivant, avec des réper- naires doivent garantir le partage et tendance lourde de l'industrie française.
cussions dans le domaine médical et les l'échange de l'information technique ou Avec l'appui des pouvoirs publics (État,
biotechnologies. liée à l'organisation du travail, la trans- collectivités territoriales, agences de
mission et la traçabilité des composants moyens, etc.), les industriels se grou-
Les tendances d'évolution et produits à échanger (logistique) ; pent de manière plus ou moins formelle
du secteur • une communauté de jugement : des pour exploiter en commun un outil de
critères communs d'appréciation de R&D, d'analyse, de production, ou direc-
En matière d'usages l'avancement et de la qualité du travail tement des travaux de recherche d'inté-
Pour répondre aux grands enjeux décrits doivent être mis en place pour permet- rêt général ;
ci-dessus, l'industrie fait évoluer ses tre ou faciliter la prise de décision dans • enfin, il devient impératif de savoir
méthodes, ses pratiques et sa façon de un ensemble comportant des circuits produire très rapidement et avec une
concevoir ses produits et ses équipe- variés. Un corollaire de ce changement qualité immédiate des petites séries de
ments. est le report d'une partie du risque composants ou systèmes.
De plus en plus, la production indus- industriel du groupe donneur d'ordre
trielle d'un objet ne repose plus sur une vers les sous-traitants. Par ailleurs, ces Les tendances technologiques
changements ont des répercutions Les méthodes industrielles et les
seule entreprise, mais sur un groupe-
outils de conception
ment plus ou moins lié d'entreprises de importantes en termes d'organisation
Des efforts marqués sont fournis par les
toutes tailles. Il existe une tendance du travail et des échanges.
industriels pour utiliser de nouvelles
lourde à l'externalisation des compéten- La compétitivité des entreprises françai-
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 287

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méthodologies de conception. La ges- charge les aspects suivants : actuelle. Cependant, des efforts doivent
tion de la complexité des systèmes • le caractère multidisciplinaire de la être faits pour établir des normes sur les
conçus en commun par des acteurs conception : la simulation soit permettre protocoles de communication, qui
multiples au sein de l'entreprise ou l'échange des données entre les diffé- seront reprises par les fabricants d'équi-
d'entreprises différentes impose, outre rents champs de la simulation, c'est-à- pements de production et de contrôle
des étapes communes de conception, dire entre des disciplines différentes ; pour assurer une compatibilité minimale
des critères communs de validation des • le caractère multiéchelle : la tendance des équipements entre eux ;
différentes étapes. Dans cette optique, à la diminution de la taille, caractéristi- • dans de nombreux domaines, la pro-
des outils organisationnels, exploitant que des composants, notamment dans preté de l'environnement de production
de manière intensive l'outil informati- le domaine des nanotechnologies ou est un enjeu important pour garantir la
que, se diffusent dans l'industrie, en des matériaux (matériaux nanostructu- qualité des produits fabriqués. Ce fac-
partant des grandes entreprises pour rés), rend nécessaire la prise en compte teur doit être pris en compte dans la
gagner peu à peu les petites entreprises de phénomènes physiques micro et conception des équipements dédiés.
industrielles, fournisseurs de rang 2 des macroscopiques lors de la conception Sur un plan technique, deux tendances
grands groupes. d'un produit. L'articulation entre ces fortes guident les développements
Par exemple, les outils de travail collabo- deux échelles de phénomènes devient technologiques pour les équipements
ratif au sens large, et de coconception, un axe de développement des outils de médico-chirurgicaux :
en particulier, sont un des axes de déve- simulation dédiés à la conception. • la convergence entre biologie et
loppement des outils logiciels de Les machines et équipements médecine pour l'analyse fait que les
conception et de gestion de la produc- industriels techniques de diagnostic tirent parti des
tion. On peut mettre en évidence plusieurs développements des méthodes d'ima-
Afin de garantir la rapidité de conception tendances technologiques fortes dans gerie des sciences du vivant et d'ana-
des produits et des procédés, il est de le domaine des équipements indus- lyse biologique pour améliorer, d'une
plus en plus fait usage de la simulation, triels : part la compréhension des phénomènes
• de plus en plus, il est tenu compte de 287
qui s'appuie sur des modélisations physiologiques, d'autre part l'analyse in
poussées des systèmes concernés. l'opérateur lors de la conception des vivo des tissus, pour un diagnostic plus
Ainsi, si la simulation permet de tester interfaces homme-machine. L'ergono- sûr, plus rapide et éventuellement
un objet avant sa fabrication (prototy- mie bénéficie des travaux fondamen- moins contraignant pour le patient ;
page virtuel), elle permet également de taux menés dans les domaines de • l'amélioration des méthodes chirurgi-
« construire » entièrement et de simuler l'aéronautique, de l'automobile, de cales mini-invasives constitue, égale-
le fonctionnement d'une chaîne de pro- l'informatique ou encore des interfaces ment, un objectif majeur pour limiter
duction ou d'une chaîne logistique, par industrielles ; l'importance de l'intrusion des interven-
exemple. • dans un parc hétérogène d'équipe- tions chirurgicales, et par conséquent la
En conception, les outils de simulation ments industriels, la transmission de durée et le coût des interventions et des
devront de plus en plus prendre en données reste encore difficile à l'heure hospitalisations.
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 288

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74. Contrôle de procédés par analyse d'image

Degré de développement Description d'image sont en cours de diffusion. Leur


développement est au stade industriel.
L'analyse d'image occupe une part de plus
Émergence Cependant ces technologies sont en
en plus importante dans le contrôle indus-
constant progrès à travers leurs diverses
Croissance triel. Dans la chaîne de production indus-
composantes : matérielles (caméras, cartes
trielle, elle est utilisée dans différentes appli-
Maturité vidéo, calculateurs) et logicielles (reconnais-
cations pour :
sance de forme, analyse de granularité, colo-
• la vision industrielle : l'automate de produc-
rimétrie,...). Les évolutions de l'analyse auto-
tion est doté de capacités de « vision » per-
matique d'image permettent d'envisager de
mettant d'adapter l'action au contexte ;
nouvelles applications, augmentant le péri-
• le contrôle en ligne : l'analyse par différents
mètre des usages possibles.
moyens utilisant l'image des objets indus-
triels en cours de fabrication permet un
contrôle en ligne de la qualité et un tri auto- Enjeux, Impact
matique des objets ; Dans le contexte industriel français, les
• la métrologie hors ligne : l'analyse d'image enjeux sont importants en termes de compé-
288
permet également le contrôle hors ligne titivité industrielle pour deux types d'acteurs.
d'objets industriels (métrologie 3D par exem- Les sociétés proposant de tels dispositifs
ple). sont tenues de rester au meilleur niveau de
Le groupe de technologies, objet de cette compétences pour faire face à une concur-
fiche, comprend toutes les « briques » tech- rence étrangère prédominante. D'autre part
niques entrant dans la composition d'une les industriels utilisent de plus en plus ces
chaîne de traitement par analyse d'image systèmes permettant d'automatiser, d'accé-
pour le contrôle de procédés industriels, lérer et de fiabiliser le contrôle de production.
qu'elles soient matérielles, logicielles ou Les industriels du domaine étant pour la plu-
conceptuelles : part étrangers, l'enjeu pour la compétitivité
• technologies de capture d'image (caméras, française se situe essentiellement dans
cartes vidéo, etc.) ; l'amélioration du contrôle pour les utilisa-
• traitement et analyse d'image ; teurs.
• technologies de reconnaissance de forme ; Cependant, on constate que la France pos-
• thermographie infrarouge ; sède un niveau relativement élevé d'exper-
• imagerie spectroscopique ; tise dans le domaine du traitement d'image
• analyse statistique. à travers le tissu de la recherche académi-
Ces technologies sont intégrées à la chaîne que. Quelques PME françaises se position-
de production, et possèdent, de ce fait, des nent également sur ce créneau. Le potentiel
liens évidents avec les outils de production, existe donc pour un développement accru de
notamment avec la chaîne de communica- l'activité dans les applications industrielles
tion. Ce positionnement fait apparaître un de l'analyse d'image.
verrou transversal de l'outil industriel qui
porte sur la normalisation des protocole de Marché
communication machine-machine. Les usages de ces technologies sont nom-
Les dispositifs de traitement et d'analyse breux. Dans le contrôle de procédé, l'analyse
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 289

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d'image en ligne de production a essentielle- les secteurs d'applications les plus porteurs
ment deux types d'applications : du marché des systèmes compacts sont les
• le contrôle de la qualité de la production ; secteurs agroalimentaire, pharmaceutique et
• le contrôle des équipements de production de l'emballage.
eux-mêmes.
Des exemples de caractéristiques qu'il est Acteurs
possible de contrôler sont indiqués ci-après : ■ Disciplines scientifiques : optique, infor-
• la couleur (production manufacturière, matique, automatique, traitement du signal,
agroalimentaire...) ; électronique, photonique, optronique, ma-
• la texture (emballage, cosmétique...) ; thématiques et leurs applications.
• la forme, les dimensions (toutes industries ■ Compétences technologiques : informati-
manufacturières, décodage d'ADN...) ; que, optique, analyse, mesure et contrôle.
• la température (surveillance des points ■ Pôles de compétitivité : Photonique (Pro-
chauds sur un four...) ; vence-Alpes-Côte d'Azur).
• le comptage d'objets ; ■ Liens avec (technologies) : automatisation
• la détection de défauts (déformations, du tri des déchets ; traçabilité ; interfaces
teinte, corrosion...) ; humain-machine ; affichage nomade ; cap-
• la granularité (analyse de poudres, de
Degré de diffusion
teurs intelligents et traitement du signal ; de la technologie
grains, de farines...). procédés et systèmes de photonique ; nou-
Le potentiel de diffusion de la technologie veaux procédés de traitement de surface ; Naissance
est important. Si ces technologies sont déjà procédés de mise en forme de matériaux
couramment utilisées par les industriels, les Diffusion
innovants ; gestion des flux de véhicules ;
PME-PMI, dans leur grande majorité, ne acquisition et traitement de données ; infra- Généralisation
tirent pas encore parti de ces technologies. structures routières intelligentes.
Le potentiel de marché se trouve donc dans ■ Principaux acteurs français
une diffusion plus large de ces technologies Industriels : BFI Optilas, Cognex France, I2S Domaines d’application
vers de nouveaux acteurs, éventuellement à Vision, Kinoptik, Lord Ingénierie, Satimage, 289
travers de nouvelles applications. Industries agricoles et
Tekcim, ... alimentaires ; habillement, cuir ;
La croissance attendue du marché des sys- ■ Exemples d'acteurs dans le monde : édition, imprimerie,
tèmes compacts de vision (ne faisant pas Cognex Corp (États-Unis), Dalsa Coreco reproduction ; industrie
intervenir un traitement par un PC externe) pharmaceutique ; industries des
(Canada), Matrox Imaging (Canada), MVTec
est de l'ordre de 10 % jusqu'en 2011, date à équipements du foyer ; industrie
Software (Allemagne), National Instruments automobile ; construction
laquelle le marché des systèmes compacts (États-Unis), Stemmer Imaging (Allemagne), navale ; construction de matériel
atteindra 1 Md$. Le marché global de la Viscom AG (Allemagne) ... ferroviaire roulant ; construction
vision industrielle représentait en 2002 aéronautique et spatiale ;
■ Pour en savoir plus : industries des équipements
5,3 Md$ dans le monde, dont 1,3 Md$ pour www.machinevisiononline.org mécaniques ; fabrication de
le marché européen, le marché le plus impor- www.inria.fr machines de bureau et de
tant étant le marché japonais. Il apparaît que matériel informatique ;
www.jautomatise.com industries des équipements
électriques et électroniques ;
industries extractives ;
fabrication de verre et d'articles
en verre ; fabrication de produits
céramiques et de matériaux de
construction ; industrie textile ;
travail du bois et fabrication
d'articles en bois ; industrie du
papier et du carton ; chimie,
caoutchouc, plastiques ;
métallurgie et transformation
des métaux ; fabrication de
matériel électrique ; fabrication
de composants électroniques ;
production de combustibles et
de carburants ; captage,
traitement et distribution d'eau ;
bâtiment ; travaux publics.
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 290

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Technologies et méthodes de production

75. Capteurs intelligents et traitement du signal

Degré de développement Description lance d'un ouvrage d'art. Ainsi les technolo-
gies permettant de lever ces verrous relè-
Dans cette fiche, un capteur intelligent est
Émergence vent tant des nanocomposants que de l'élec-
défini comme un système intégré compre-
tronique intégrée ou de l'informatique
Croissance nant d'une part le moyen de réaliser une
embarquée. Techniquement, l'intégration de
mesure (capteur proprement dit), d'autre
Maturité l'électronique doit se faire au plus près du
part les moyens de conversion de cette
capteur pour bénéficier de l'intégralité du
mesure en une information utilisable directe-
signal disponible en limitant les sources de
ment par un système de niveau supérieur ou
bruit additionnelles ;
un opérateur humain (« intelligence » ou trai-
• la capture du signal : alors que certaines
tement du signal et communication). Dans la
techniques de mesure sont parfaitement
plupart des cas, l'information traitée est
émise sur un réseau de communication sous maîtrisées, de nouveaux capteurs doivent
forme numérique. À l'heure actuelle, les cap- être mis au point dans certains domaines,
teurs intelligents se retrouvent dans un pour des raisons de coût ou de performance
grand nombre d'applications qui ont vocation (capteurs optiques de détection d'espèces
290
à devenir de plus en plus nombreuses au fur chimiques, accéléromètre triaxe...)
et à mesure que les technologies d'intégra- • le coût des composants : suivant le do-
tion (micro et nanosystèmes) se dévelop- maine d'application, le coût de développe-
pent. ment et de fabrication est l'enjeu majeur. À
Les capteurs intelligents sont partie inté- titre d'illustration, le secteur automobile n'in-
grante des grands systèmes complexes que tègre des technologies dans ses véhicules
sont les avions, les véhicules spatiaux mais moyen de gamme et bas de gamme que lors-
aussi les automobiles, les bâtiments et les que leur prix d'achat en volume est compati-
ouvrages d'art. Sont compris comme cap- ble avec les contraintes propres au secteur ;
teurs intelligents les capteurs « faible flux », • enfin, le conditionnement des capteurs est
permettant la capture de signaux faibles, et également un enjeu technique important
les capteurs « répartis », construisant une pour l'implantation des capteurs dans des
information unique à partir de points de cap- milieux « hostiles » (humidité, température,
ture répartis sur l'objet de la mesure. vibrations, etc.).

Verrous Applications
Différents verrous technologiques doivent Des capteurs intelligents sont d'ores et déjà
être levés suivant le type de capteur. Parmi intégrés dans des systèmes complexes tels
les plus importants : que les véhicules terrestres, les aéronefs,
• l'intégration des différents composants les équipements de production. Les dévelop-
dans des systèmes dont les caractéristiques pements à poursuivre concernent aussi bien
sont adaptées à l'application. À titre d'exem- les technologies de capteur que l'intégration
ple, les contraintes sur un capteur de vibra- ou les protocoles de communication.
tions destiné à un appareil photo (taille, dyna- La tendance est également orientée vers le
mique, etc.) sont très différentes de celles développement de capteurs intégrant la
d'un capteur de vibration destiné à la surveil- mesure de plusieurs grandeurs pour en tirer
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LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


une information à haute valeur ajoutée.
Enfin, le capteur intégrant un calculateur est
Marché
Tous les secteurs industriels, plus particuliè-
potentiellement en mesure de tenir compte
rement l'aéronautique, l'automobile, les
d'informations externes pour traiter le signal
équipements de production, le BTP consti-
(influence de la température sur la mesure,
tuent des marchés pour les capteurs intelli-
auto-calibrage, etc.).
gents. Ainsi, au niveau :
On peut également citer comme partie
• de l'automobile : capteurs d'assiette, de
importante des capteurs intelligents les
freinage, de patinage. Dans ce domaine, les
antennes adaptatives (par exemple bibandes
capteurs intelligents sont d'ores et déjà
ou tribandes), dont les évolutions permet-
adaptés aux protocoles standardisés de
tront le développement de nouvelles applica-
communication. Le coût est un enjeu impor-
tions dans le domaine des communications.
tant ;
• de la télésurveillance : cette application est
Enjeux, Impact un secteur extrêmement porteur à moyen
Le développement et l'application de nor-
terme, notamment dans le domaine médical.
mes dans ce domaine est, de l'avis général,
Le capteur lié à la télésurveillance inclut soit
l'enjeu principal pour la réussite commerciale
un moyen de communication à distance (sur-
des produits réalisés. Deux points sont plus
veillance d'ouvrages d'art par exemple), soit
particulièrement préoccupants : la connecti-
un enregistreur de données (surveillance
que et les protocoles de communication
médicale à domicile) ; dans ce dernier cas, la
(CAN ou Controller Area Network dans un
transmission des données peut se faire
véhicule, par exemple, norme EN 50170 sur
depuis le domicile du patient vers le praticien ;
les réseaux de terrain). La normalisation et sa
• de la domotique et des applications en
mise en œuvre sont un enjeu majeur du
électronique domestique : appareils photo,
développement des capteurs intelligents. Le
détecteurs de fumée... ;
consortium FlexRay s'est constitué pour pro-
• du contrôle industriel ;
mouvoir des normes de communication 291
• de la gestion du bâtiment ;
dans l'automobile (x-by-wire). La norme IEEE
• des nouvelles applications : les capteurs
P1451 vise à uniformiser les interfaces plug-
sont partie prenante des nouvelles interfaces
and-play pour les capteurs intelligents.
homme-machine dans le cadre notamment
L'enjeu est crucial pour la compétitivité fran-
des systèmes de réalité virtuelle (gants tacti-
çaise, que ce soit au niveau des marchés des
les, casques de réalité virtuelle, etc.) ;
capteurs intelligents ou de la maîtrise des
• enfin, de toutes les applications ayant à
technologies entrant dans la conception des
prendre en compte l'environnement et qui
systèmes complexes.
sont susceptibles d'inclure ce type de tech- Degré de diffusion
L'objectif des investissements dans le
nologie. de la technologie
domaine des capteurs intelligents est de ren-
Le marché des capteurs est évalué à 50 Md$
forcer la position de la France, qui est déjà Naissance
en 2008. La tendance est à une augmenta-
dans le peloton de tête pour le développe-
tion forte du marché dans les années à venir, Diffusion
ment de certains de ces capteurs intelli-
avec une croissance annuelle moyenne envi-
gents, aussi bien d'un point de vue industriel Généralisation
sagée de l'ordre de 7 % pour les États-Unis,
qu'académique. L'impact en termes d'em-
cette croissance étant portée essentielle-
plois à moyen terme est important, de
ment par les capteurs à haute valeur ajoutée. Domaines d’application
manière directe pour la conception et la fabri-
cation des composants, et indirecte pour les
implications dans les systèmes complexes Acteurs Industries des équipements du
foyer ; industrie automobile ;
et les outils de conception et de production. ■ Disciplines scientifiques : biochimie, traite- construction navale ;
Le potentiel en R&D dans les domaines ment du signal, électronique, optronique. construction de matériel
connexes aux capteurs intelligents renforce ■ Compétences technologiques : semi- ferroviaire roulant ; construction
aéronautique et spatiale ; autres
l'attractivité du territoire français pour les conducteurs, optique, analyse, mesure et véhicules ; bâtiment ; travaux
industriels du secteur, et notamment des contrôle. publics ; services personnels et
régions en pointe telles que Rhône-Alpes et ■ Pôles de compétitivité : Elopsys (Limousin domestiques.
Paca. et Midi-Pyrénées), System@tic (Île-de-
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 292

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


France), Minalogic (Rhône-Alpes), Micro- ■ Principaux acteurs français
techniques (Franche-Comté). Centres de compétences : Leti, Lime ...
■ Liens avec (technologies) : automatisation Industriels : Auxitrol, ST Microelectronics,
du tri des déchets ; systèmes d'enveloppe Valéo, ...
de bâtiment ; traçabilité ; infrastructures rou- ■ Exemples d'acteurs dans le monde : Ana-
tières intelligentes ; sécurité active des véhi- log Devices (États-Unis), Delphi (États-Unis),
cules ; architecture électronique des véhicu- Freescale (États-Unis), Honeywell (États-
les ; gestion de l'énergie à bord des Unis), Texas Instruments (États-Unis), Xerox
véhicules ; liaisons de données véhicule- (États-Unis), PCB Piezotronics (États-Unis),
infrastructure ; RFID et cartes sans contact ; Omron (Japon), Philips (Pays-Bas), Infineon
acquisition et traitement de données ; réalité (Allemagne), Beis Sensors&Systems (Alle-
virtuelle, augmentée, 3D ; contrôle de procé- magne),Robert Bosch (Allemagne), ...
dés par analyse d'image ; ingénierie des sys- ■ Pour en savoir plus : www.sensors
tèmes complexes. portal.com

292
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 293

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production

76. Assemblage multimatériaux

Description difficiles à souder, aluminium, plastiques,


bois, textiles... Parallèlement, le développe-
Degré de développement
L'évolution des techniques d'assemblage
ment des techniques d'évaluation non des- Émergence
accompagne la généralisation des systèmes
tructive des assemblages est également
multimatériaux développés pour répondre Croissance
important.
aux exigences des marchés utilisateurs : allé-
La durabilité des assemblages est un point Maturité
gement, esthétique, nouvelles fonctionnali-
clé pour le développement de ces techni-
tés. La réussite de la synergie des propriétés
ques. La présence d'interfaces à diverses
des différents matériaux composant une
échelles, qu'il s'agisse de raccordement de
structure passe par la transmission optimale
structures, en particulier constituées de
des contraintes entre eux. Les techniques
matériaux différents, par tous procédés (rive-
concernées utilisent des mécanismes physi-
tage, soudage, collage...) ou de réalisation de
ques (soudage, brasage, rivetage, vissage,
multimatériaux, voire de composites, met en
boulonnage, sertissage,...) ou chimiques
jeu des phénomènes spécifiques, particuliè-
(collage).
rement sensibles à l'environnement et aux
Dans le domaine du soudage, les innovations 293
effets de couplage.
concernent, notamment, le développement
du soudage laser et du soudage par friction.
Le soudage à l'arc connaît également de nou- Enjeux, Impact
veaux développements (soudage bifil), ou Les principaux enjeux socio-économiques du
est associé à ces nouvelles techniques (sou- développement des technologies d'assem-
dage hybride laser-arc). D'autres techniques blage sont en fait associés aux enjeux des
physiques se développent parallèlement au structures et composants multimatériaux :
soudage laser et par friction : assemblage par solidité, durabilité, légèreté, sécurité, esthé-
faisceaux d'électrons, par ultrasons, par tique. Ces enjeux correspondent aux proprié-
explosion. tés recherchées dans les domaines d'appli-
Le collage, utilisé seul ou en combinaison cation de la technologie. Par exemple,
avec d'autres techniques, permet de grands favoriser l'allégement des structures contri-
nombres d'assemblages multimatériaux, bue à limiter les consommations énergéti-
ainsi qu'un allégement des structures et une ques des moyens de transport.
amélioration de l'esthétique. Des évolutions Des enjeux spécifiques aux techniques d'as-
restent nécessaires pour améliorer la durabi- semblage existent également. L'améliora-
lité (tenue en température et en environne- tion de la durabilité représente un bénéfice
ments sévères) et la rapidité des assembla- du point de vue de la sécurité. L'évolution
ges par collage. Les conditions d'hygiène et des techniques de collage doit se faire dans
de sécurité apparaissent également comme le sens d'un moindre impact environnemen-
des verrous au développement du collage. tal des procédés (réduction des émissions et
La combinaison de différentes techniques des solvants) et des produits.
permet de bénéficier de leurs avantages res- Le respect des exigences réglementaires est
pectifs. Les technologies considérées ici un autre enjeu pour les techniques d'assem-
sont transversales, et permettent d'élargir la blage : remplacement du brasage au plomb
gamme des matériaux à assembler : alliages ou capacité à être désassemblé pour permet-
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 294

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


tre le recyclage des produits en fin de vie ■ Compétences technologiques : analyse,
(véhicules hors d'usage, équipements élec- mesure et contrôle, chimie macromolécu-
triques et électroniques,...). laire, traitements de surface, matériaux -
Par ailleurs, les innovations dans le domaine métallurgie, procédés techniques, travail des
visent, dans la plupart des cas et souvent matériaux, procédés thermiques, compo-
comme premier objectif, à réaliser des gains sants mécaniques, transports, spatial - arme-
de productivité : économie de temps, écono- ment.
mie d'étapes (phases de préparation...). Les ■ Pôles de compétitivité : EMC2 (Pays de la
nouvelles techniques d'assemblage contri- Loire), Aéronautique et espace (Aquitaine et
buent ainsi à la compétitivité des nombreux Midi-Pyrénées).
secteurs industriels utilisateurs. L'impact de Le pôle EMC2, initié par Airbus, Alstom,
ces gains de productivité est largement DCN et le groupe Beneteau, est particulière-
perçu par les entreprises. D'après une étude ment concerné par les technologies d'as-
du ministère chargé de l'Industrie datant de semblage ; l'un des projets du pôle est
2002, de nombreuses entreprises ont connu consacré spécifiquement à la conception et
des évolutions du mode d'assemblage au l'assemblage des multimatériaux.
cours des dernières années : 13 % ont ainsi ■ Liens avec (technologies) : systèmes d'en-
changé de technique d'assemblage. Dans veloppe de bâtiment ; textiles techniques et
certains secteurs industriels, ces évolutions fonctionnels ; architecture et matériaux pour
et changements se matérialisent par des l'allégement des véhicules ; turbomachines ;
gains de productivité significatifs sur l'opéra- fonctionnalisation des matériaux ; nouveaux
tion d'assemblage. procédés de traitement de surface ; procé-
dés de mise en forme de matériaux inno-
Marché vants.
Les marchés les plus exigeants en termes ■ Principaux acteurs français
de performances des matériaux et des struc- Centres de compétences : Cetim, CLFA,
tures, pour lesquels les environnements CNRT-Multimatériaux, composites et systè-
294
sont sévères, portent les évolutions techno- mes (Bordeaux), Creacol, CTBA, Institut de
logiques dans le domaine de l'assemblage : soudure, Lermab Nancy, Rescoll.
aéronautique, aérospatiale et construction Industriels : Air Liquide Welding, Bostik;
navale, notamment. Symap : Syndicat de la machine-outil, du sou-
De nombreux autres marchés, pour lesquels dage, de l'assemblage et de la productique
l'allégement, l'esthétique ou la complexité associée.
des formes sont importants, sont également ■ Exemples d'acteurs dans le monde : Edi-
concernés par les évolutions des techniques son Welding Institute (États-Unis), Hunts-
d'assemblage multimatériaux : ameuble- man (États-Unis), Henkel (Allemagne), TWI
Degré de diffusion ment, automobile, bâtiment, emballage, (Welding Institute - Royaume-Uni).
de la technologie
ferroviaire, mécanique, nautisme, sports et
Naissance loisirs... Commentaires
Les entreprises réunies au sein des groupes Les technologies d'assemblage multimaté-
Diffusion « soudage-coupage » et « assemblage-mon- riaux bénéficient de la présence sur le terri-
Généralisation tage » du Symap (Syndicat de la machine- toire français de plusieurs leaders mondiaux
outil, du soudage, de l'assemblage et de la sur les marchés qui portent l'innovation du
productique associée - France) ont réalisé un secteur : Airbus, Alstom, DCN et le groupe
Domaines d’application chiffre d'affaires supérieur à 1,2 Md€ en Beneteau notamment. Les constructeurs
2002. automobiles sont également utilisateurs de
Industrie automobile ; ces technologies. L'expertise française dans
construction navale ;
construction de matériel Acteurs les domaines du soudage et du collage est
ferroviaire roulant ; construction ■ Disciplines scientifiques : chimie physi- un atout.
aéronautique et spatiale ; autres
que, matériaux, optique, physique des
véhicules ; industries des
équipements mécaniques ; milieux denses, mécanique, génie des maté-
bâtiment. riaux.
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 295

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Technologies et méthodes de production

77. Micro et nanocomposants

Description développement sont en rupture par rapport


aux outils actuels ;
Degré de développement
Les nanocomposants représentent l'évolu-
• les procédés d'assemblage moléculaire : Émergence
tion vers un ordre de grandeur inférieur des
l'hybridation de certaines espèces sur des
microcomposants et microsystèmes. Les Croissance
espèces différentes permettent la création
évolutions des microcomposants et micro-
de milieux auto-organisés à l'échelle molécu- Maturité
systèmes vers les nanocomposants et nano-
laire, pour optimiser les performances des
systèmes recouvrent un ensemble de ver-
matériaux ou faciliter leur mise en forme ;
rous auxquels les technologies objets de
• la simulation des procédés de fabrication ;
cette fiche permettent de répondre tels que :
• les outils d'aide à la conception des systè-
• inventer de nouvelles applications (biopu-
mes : outils de design, de simulation du com-
ces...) ;
• miniaturiser les architectures actuelles en posant et de son conditionnement. Dans
microélectronique ; cette catégorie entrent des logiciels de calcul
• améliorer la durée de vie des composants ; multiéchelle qui permettent de passer des
• fiabiliser les composants ; propriétés microscopiques des matériaux et
295
• conditionner-encapsuler les composants interfaces aux propriétés macroscopiques du
pour des utilisations dans des conditions composant ;
données (température, vibrations, rayonne- • les outils de contrôle et de caractérisation
ment...) ; des composants, aussi bien pour une phase
• créer de nouvelles fonctions (microfluidi- amont que lors de l'industrialisation : proprié-
que, électronique de spin...) ; tés électroniques, mécaniques, vibratoires,
• intégrer des fonctions hétérogènes : élec- optiques, contrôle de la forme et des dimen-
triques, optiques, électroniques, mécani- sions ;
ques, logiques, magnétiques. • les méthodes de conception assurant un
Les objets porteurs de ces technologies se fonctionnement fiable et durable. Dans cer-
trouvent alors dans des circuits électroni- tains cas, les composants et systèmes réali-
ques, des capteurs, des filtres optiques, des sés doivent garantir un niveau de performan-
actionneurs (MEMS ou Micro Electro ces dans un environnement sévère (par
Mechanical Components, MOEMS ou Micro exemple, accéléromètres pour déclenche-
Opto-Electro Mechnical Components), etc. ment d'airbags) ;
Les technologies clés pour la réalisation de • les matériaux, essentiellement à base de
ces composants ou systèmes comprennent semi-conducteurs, incluent de plus des dié-
de manière non exhaustive : lectriques, des céramiques, etc. pour leurs
• les procédés de lithographie : photolitho- propriétés optiques, électriques, thermi-
graphie, moulage, gravure ionique, etc. On ques, mécaniques ;
note que les procédés de photolithographie • les outils de fabrication : la miniaturisation
sont à un tournant de leur évolution. Les pro- des composants existants et les nouvelles
chaines technologies de gravure à une lon- fonctions rendues possibles par cette minia-
gueur d'onde de 157 nm sont en passe turisation demandent des outils de produc-
d'être évincées au profit des technologies en tion différents des outils actuels, au-delà de
extrême UV, pour lesquelles les outils en la lithographie elle-même : conditionnement,
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 296

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


manipulation, croissance de couches, usi- lesquels, sans les citer tous :
nage (dont Focus Ion Beam) ; • les circuits électroniques et optoélectroni-
• les architectures d'intégration : traditionnel- ques : la réduction de la largeur de trait,
lement planaires, elles exploitent de plus en caractéristique de la densité surfacique de
plus la troisième dimension pour améliorer la composants, améliore les fréquences de
compacité des systèmes et leurs performan- fonctionnement. Cette réduction de la réso-
ces. Notamment, la nanoconnectique est un lution des motifs induit, à terme, des change-
concept en cours de développement chez ments dans les phénomènes physiques mis
les grands fondeurs. en jeu dans le fonctionnement des systè-
Ces technologies sont en phase de crois- mes. Le marché global des semi-conduc-
sance. Les grands acteurs du domaine ont teurs devrait représenter en 2005 un marché
déjà établi leur expertise sur le sujet, mais mondial de 226 Md$, dont 41 Md$ en
cette famille de technologies recèle encore Europe. La croissance annuelle attendue du
un potentiel de développement technique marché européen et mondial est comprise
important. Notamment, de nouveaux objets entre 5 % et 10 % dans les années à venir ;
inexistants à l'échelle micrométrique sont • les capteurs de mouvement (accélération,
développés : nanofils, nanotubes... La com- vibrations, rotation) : les technologies de gra-
préhension des phénomènes inhérents à ces vure actuelles permettent d'ores et déjà de
structures se fait au niveau quantique. fabriquer des capteurs utilisant des pièces en
mouvement à l'échelle du micromètre
Enjeux, Impact (MEMS). L'enjeu, pour ces applications,
Pour ces technologies, les enjeux normatifs réside en grande partie dans les techniques
sont importants, tout comme pour les cap- de fabrication (fiabilisation) et le conditionne-
teurs intelligents et le traitement du signal. ment. Un autre enjeu technique pour les
Au niveau socio-économique, l'enjeu majeur microcapteurs est le niveau de bruit électrique
pour la France est le développement de l'em- comparé à la faiblesse du signal utile qui
ploi dans ce secteur, via la conception et la impose une intégration à proximité de l'élé-
296
fabrication de produits à forte valeur ajoutée. ment de conversion du circuit d'amplification ;
Par ailleurs, des enjeux en termes de stan- • les microactionneurs (MEMS, MOEMS) :
dardisation des méthodes de fabrication les actionneurs à l'échelle micro ou nanomé-
existent. Cette standardisation permettra trique sont des composants clés des micro-
aux leaders du marché, lorsque celui-ci sera systèmes. Leur fonction peut être une inter-
plus mûr, de sous-traiter une partie de la pro- ruption électrique, un routage optique ou une
duction, de la même manière qu'en microé- déflexion de lumière (vidéoprojecteurs), ou
Degré de diffusion
de la technologie lectronique, à l'heure actuelle. toute autre action à base mécanique. Le pre-
La France est un territoire d'ores et déjà hau- mier usage des MEMS en volume dans le
Naissance tement attractif pour les industriels des monde est actuellement dans le domaine
nanocomposants en raison de la forte automobile (accéléromètres pour airbags,
Diffusion
concentration et du haut niveau d'expertise capteurs de pression pour pneus) ;
Généralisation des acteurs académiques et industriels • les micromoteurs électrostatiques.
autour des centres de Grenoble, Rousset, Le seul marché des MEMS a doublé en trois
Sophia-Antipolis et Paris Sud. L'impact en ans pour atteindre 5 Md$ dans le monde en
Domaines d’application termes d'image est donc primordial. 2005. Cette dynamique se poursuivra dans
Économiquement, les systèmes intégrés les années à venir, portée par le développe-
Industries des équipements du
foyer ; industrie automobile ; décrits ci-dessus sont considérés comme un ment de nouvelles fonctions, rendues elles-
construction aéronautique et des moteurs de la croissance des années à mêmes possibles par l'évolution des techno-
spatiale ; fabrication de venir. Les emplois créés sont des emplois à logies clés précitées.
machines de bureau et de
matériel informatique ; haute valeur ajoutée, et contribuent à renfor-
industries des équipements cer l'expertise française dans le domaine. Acteurs
électriques et électroniques ;
■ Disciplines scientifiques : matériaux, phy-
fabrication de composants
électroniques ; postes et Marché sique théorique, optique, informatique, trai-
télécommunications. Les nanocomposants trouvent leur usage tement du signal, électronique, photonique,
dans un grand nombre de domaines, parmi optronique.
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 297

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


■ Compétences technologiques : compo- ■ Exemples d'acteurs dans le monde : For-
sants électriques, semi-conducteurs, opti- schungszentrum Rossendorf (FZR, Allema-
que, analyse, mesure et contrôle, traite- gne), Massachussetts Institute of Techno-
ments surface, matériaux - métallurgie, logy (MIT, États-Unis), Bell laboratories
procédés techniques. (États-Unis), Kavli Nanosciences Institute
■ Pôles de compétitivité : System@tic (Île- (Caltech, États-Unis) ; Intel (États-Unis),
de-France), Minalogic (Rhône-Alpes), Solu- Texas Instruments (États-Unis), Analog Devi-
tions communicantes sécurisées (PACA), ces (États-Unis), Canon (Japon), Hitachi
Microtechniques (Franche-Comté). (Japon), Samsung (Corée du Sud), Infineon
■ Liens avec (technologies) : traçabilité ; ges- (Allemagne), Robert Bosch (Allemagne).
tion de la microénergie ; stockage de l'infor- ■ Pour en savoir plus :
mation numérique ; processeurs et systè- Plate-forme technologique européenne
mes ; RFID et cartes sans contact ; pour la nanoélectronique (www.cordis.lu/ist/
matériaux pour l'électronique et la mesure ; eniac).
capteurs intelligents et traitement du signal ; Rapport parlementaire Microélectronique et
procédés et systèmes de photonique ; com- nanotechnologies : une chance à saisir
posants et systèmes d'éclairage à rende- (www.senat.fr/rap/r02-244/r02-244.html).
ment amélioré ; matériaux nanostructurés et Réseau de recherche en micro et nanotech-
nanocomposites ; vectorisation ; imagerie et nologies - réseau nanosciences et nanotech-
instrumentation associées aux sciences du nologies (www.rmnt.org).
vivant ; techniques de criblage et de syn- À la découverte du nanomonde (www.
thèse à haut débit. recherche.gouv.fr/brochure/nanomonde.pdf.
■ Principaux acteurs français
Centres de compétences : CEA Leti, Mina- Commentaires
tec, Réseau national en nanosciences et L'observatoire des micro et nanotechnolo-
nanotechnologies (R3N). gies, unité mixte de service CEA-CNRS,
Industriels : ST Microlelectronics, Philips créée en 2005, maintient une veille stratégi- 297
Semiconducteur, Freescale Semiconductor, que sur les sujets liés aux micro et nano-
(regroupés dans l'alliance Crolles2) ; Mem- objets, au niveau de la science et des procé-
scap, Sofradir, Teem Photonics, Soitec. dés de fabrication.
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 298

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78. Procédés et systèmes de photonique

Degré de développement Description ormais un élément clé du développement du


secteur ;
La photonique est une science dont les appli-
Émergence • procédés de fabrication : technologies du
cations sont par par essence diffusantes
semi-conducteur et des MEMS (Micro Elec-
Croissance dans un grand nombre de domaines d'appli-
tro Mechanical Components).
cation, au même titre que l'électronique. La
Maturité photonique est la science qui traite des pho-
tons, particules élémentaires composant la
Tendances technologiques
Les évolutions des dispositifs photoniques
lumière. Ainsi, les systèmes photoniques
suivent deux tendances fortes : l'une vers
sont des dispositifs qui permettent de géné-
des dispositifs de dimensions de plus en
rer, conduire, traiter et détecter la lumière. La
plus petites et avec des constantes de
nature, l'échelle et les longueurs d'ondes
temps de plus en plus faibles (lasers femto-
des systèmes considérés sont très variées.
seconde, par exemple), l'autre vers des dis-
On peut citer les exemples suivants :
positifs à forte puissance, dont un cas
• sources de photons :
extrême est le laser Megajoule.
298 – lasers et diodes laser pour applications
Par ailleurs, la conception de ces dispositifs
industrielles, grand public, de recherche,
est de plus en plus multidisciplinaire, cou-
etc. ;
plant optique, mécanique, électronique, bio-
– diodes électroluminescentes (DEL) pour la
logie, chimie, sciences des matériaux, etc.
signalisation, l'éclairage, la transmission de
Les procédés de conception des systèmes
données ;
photoniques tirent parti de ces différentes
• matériaux :
disciplines. Ainsi, les MOEMS (Micro-Opto-
– méthodes sol-gel pour la réalisation de nou-
veaux matériaux ; Electro-Mechanical Systems) sont directe-
– cristaux photoniques ; ment liés aux technologies des micro et
– boîtes quantiques, puits quantiques ; nanocomposants, et tirent parti des techno-
– couches minces ; logies du semi-conducteur pour leur fabrica-
• transmission et mise en forme : tion. Les capteurs opto-chimiques et les pro-
– guides d'ondes (fibres, guides planaires) cédés sol-gel nécessitent des compétences
pour conduire la lumière ; en chimie. Les outils de diagnostics en scien-
– les filtres, modulateurs et tous éléments ces du vivant font intervenir la biologie.
actifs permettant de mettre en forme un
signal optique ; Enjeux, Impact
– les composants optoélectroniques ; Le développement de l'industrie française et
• détection, mesure : les instruments de européenne dans le secteur de la photonique
mesure, de détection, de diagnostic à base est faible en comparaison du niveau élevé de
d'optique ou de photonique (microscopes la recherche dans ce domaine. Si le marché
confocaux, à sonde, capteurs à fibre optique, très porteur des écrans plats de grande
endoscopes...) ; dimension est inaccessible à l'industrie fran-
• conception : les logiciels de conception et çaise en raison d'un retard d'investisse-
de simulation des systèmes photoniques, ments difficile à rattraper et de coûts de
comme dans les autres domaines, sont dés- main-d'œuvre élevés, la photonique reste un
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 299

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


secteur de production à haute valeur ajoutée. ■ Compétences technologiques : semi-
Il devra répondre aux besoins de la société conducteurs, optique, analyse, mesure et
de l'information en matière de transport, trai- contrôle, traitements de surface, procédés
tement et stockage de l'information. techniques.
La filière française, organisée en pôles régio- ■ Pôles de compétitivité : Photonique (Pro-
naux regroupés au sein du Comité national vence-Alpes-Côte d'Azur), Elopsys (Limousin
d'optique et photonique (Cnop), met l'accent et Midi-Pyrénées), Route des lasers (Aqui-
sur les systèmes à forte valeur ajoutée. L'en- taine), Minalogic (Rhône-Alpes).
jeu pour l'industrie française est de maintenir ■ Liens avec (technologies) : automatisation
et d'améliorer sa position sur le marché des du tri des déchets ; sécurité active des véhi-
composants et systèmes photoniques. La cules ; affichage nomade ; contrôle de procé-
maîtrise de ces technologies est particulière- dés par analyse d'image ; imagerie et instru-
ment stratégique compte tenu de la place mentation associées aux sciences du vivant ;
qu'elles occupent dans l'économie mon- capteurs intelligents et traitement du signal ;
diale. micro et nanocomposants ; composants et
L'industrie française de la photonique repré- systèmes d'éclairage à rendement amélioré ;
sente quelque 20 000 emplois. Son dévelop- stockage de l'information numérique.
pement est susceptible de permettre la ■ Principaux acteurs français
création de nombreux emplois à forte qualifi- Centres de compétences : CEA, Leti, Institut
cation. d'optique, Onera, Sup'Optique, Cnop, Optics
Valley, PopSud.
Marché Industriels : Alcatel, Thales, Cilas, Teem Pho-
Le marché mondial de l'industrie photonique tonics, ST Microelectronics, Optis, Jobin-
était estimé en 2004 à 203 Md$, soit le Yvon horiba, Sagem, Corning, Essilor.
même ordre de grandeur que l'industrie des ■ Exemples d'acteurs dans le monde :
semi-conducteurs. La croissance annuelle du Lucent Technologies (États-Unis), Philips
marché de la photonique atteint 15 % en Semiconductor (Pays-Bas), Lumileds (États-
299
moyenne, contre 10 % jusqu'en 2003, fai- Unis), Agilent Technologies (États-Unis),
Nikon Instruments (Japon), MIT (États-Unis),
sant de ce secteur l'un des plus dynamiques. Degré de diffusion
La part de l'Europe est estimée à environ Coherent (États-Unis), Schott (Allemagne). de la technologie
60 Md$. ■ Pour en savoir plus :
La plus forte croissance du marché est Société européenne d'optique (www.euro- Naissance
constatée dans le domaine des écrans plats, peanopticalsociety.org).
Diffusion
toutes technologies et tailles confondues,
avec une croissance annuelle de 41 %. Le Commentaires Généralisation
deuxième segment le plus dynamique est le Dans le domaine de la photonique, quelques
segment des composants optoélectroniques, grands projets jouent (ou joueront) un rôle
Domaines d’application
avec une croissance annuelle de 26 % (le seul moteur pour l'environnement académique et
marché des diodes électroluminescentes industriel : synchrotron Soleil, ITER, laser
Les domaines d'application de la
était évalué à 2 Md$, en 2002). Le marché des Mégajoule. photonique sont multiples dans
instruments de lithographie pour les semi- Il apparaît particulièrement stratégique, la mesure où il s'agit d'une
conducteurs est, lui, estimé à 1 Md$. compte tenu des atouts de la France en technologie essentiellement
transversale, au même titre que
matière de compétences dans ce domaine, l'électronique ou l'informatique.
Acteurs de maintenir une activité industrielle forte On peut citer : industrie
■ Disciplines scientifiques : matériaux, phy- dans les activités liées à la photonique. automobile ; construction
navale ; construction
sique théorique, optique, électronique, pho- aéronautique et spatiale ;
tonique, optronique. industries des équipements
électriques et électroniques ;
fabrication de verre et d'articles
en verre ; fabrication de
composants électroniques ;
postes et télécommunications ;
assainissement, voirie
et gestion des déchets.
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 300

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production

79. Nouveaux procédés de traitement de surface

Degré de développement Description tement, de sensibilité à des espèces chimi-


ques données, etc.
La fonctionnalisation des surfaces a toujours
Émergence La compréhension fine des mécanismes
fait partie des procédés industriels de fabri-
physico-chimiques en jeu aux surfaces et
Croissance cation d'objets divers, que ce soit pour des
interfaces est un préliminaire nécessaire à la
raisons cosmétiques ou pour lutter contre la
Maturité mise au point de nouveaux traitements et
corrosion des métaux. De plus en plus, de
fonctions de surface. Elle fait intervenir les
nouvelles fonctions sont ajoutées aux surfa-
sciences des surfaces et interfaces, qui
ces des objets, et de nouveaux procédés
nécessitent des compétences multidiscipli-
sont mis au point pour assurer des fonctions
naires : physique des matériaux, chimie, phy-
déjà existantes, en réponse à des enjeux
sico-chimie, biochimie. On note que la biomi-
économiques ou environnementaux.
métique est un axe de développement
Les nouveaux procédés de traitement
important de la fonctionnalisation des surfa-
concernent aussi bien de nouvelles fonctions
ces.
de surface que l'évolution des procédés de
Dans ce cadre, les procédés de caractérisa-
300 traitement inadaptés au contexte de la
tion et d'analyse des surfaces revêtent une
société actuelle (onéreux, polluants, nocifs,
importance élevée : texture, propriétés élec-
etc.). Les procédés de traitement ou de
triques ou optiques, durabilité, tenue en tem-
« fonctionnalisation » des surfaces sont
pérature, frottements...
extrêmement variés, faisant intervenir des
Les technologies de traitement de surface
briques technologiques telles que :
sont en développement constant depuis plu-
• la pulvérisation par plasma (éventuelle-
sieurs décennies. Les sciences des interfa-
ment assistée par laser) ;
ces sont maintenant reconnues comme des
• le traitement chimique de la surface ou du
disciplines scientifiques à part entière, favo-
matériau de base de l'objet induisant une
risant un développement rapide de nouveaux
modification physico-chimique des surfaces ;
• le greffage de fonctions moléculaires ; procédés et traitements, et des transferts de
• la nanostructuration des surfaces, textura- technologie du monde de la recherche aca-
tion ; démique vers l'industrie.
• les procédés sol-gel ;
• la mise en forme par attaque chimique Enjeux, Impact
sèche (plasma) ou humide ; Les enjeux liés à la maîtrise et au développe-
• les dépôts de poudre (grandes surfaces) ment des technologies de traitement de sur-
par voie électrostatique ; face sont multiples.
• le traitement par laser des surfaces métal- D'un point de vue économique, la fonction-
liques (décapage, formation d'alliages, nalisation des surfaces est un verrou majeur
dopage) ; dans la conception des nouveaux produits
• le polissage, nanopolissage. (propriétés d'autolubrification en mécanique,
Les fonctions recherchées ont, par exemple, d'autonettoyage pour le verre, ou bactérici-
des propriétés données de réflectivité opti- des pour les téléphones portables, dureté
que, d'anticorrosion, bactéricides, d'auto- des surfaces, résistance à la corrosion, etc.).
nettoyage,d'adhésion, de mouillage, de frot- Dans tous les secteurs industriels, la maî-
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 301

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


trise de la conception et de la caractérisation la santé (revêtements bactéricides), le ver-
de nouvelles surfaces est un enjeu majeur nissage (à base de poudre, sans solvants,
dans la mise au point des nouveaux produits. sans pulvérisation), les procédés de net-
L'enjeu environnemental est également pré- toyage sans solvant, le textile (traitements
pondérant pour cet ensemble de technolo- hydrophobes).
gies. L'enjeu sociétal rejoint ici la contrainte Les traitements de surface sont des techno-
législative et normative. Le traitement de logies largement diffusées dans l'industrie,
surface est historiquement une étape pol- mais les progrès industriels rendent néces-
luante de la fabrication de produits, à travers saires des évolutions de ces technologies et
l'utilisation de solvants chlorés par exemple. des procédés liés ; on peut citer comme
Par ailleurs, la composition des matériaux exemple de tendance lourde la mise en place
déposés est également une source de pollu- de procédés sans solvants pour certains trai-
tion liée à l'usure des surfaces ou à une dis- tements de surface. Dans un grand nombre
sémination des objets finis sous forme de de cas, l'évolution de la réglementation est
déchets (par exemple, l'utilisation du chrome un moteur essentiel pour les investisse-
hexavalent est interdit dans l'industrie auto- ments dans le développement des nouveaux
mobile à partir de 2007). La mise au point de procédés de traitement de surface.
procédés de traitement de surface « pro- Le caractère très diffusant des technologies
pres », ne faisant plus appel à des solvants de traitement de surface rend difficile l'éva-
(passage de procédés humides à des procé- luation du marché correspondant.
dés secs), ou utilisant des solvants moins
polluants répond à une demande forte de la Acteurs
société et à des impératifs de normes de ■ Disciplines scientifiques : biochimie, chi-
rejets pour les industriels. mie physique, chimie du solide, matériaux,
Enfin, un enjeu en terme de santé apparaît physique théorique, génie des procédés.
Degré de diffusion
de plus en plus important. La fonctionnalisa- de la technologie
■ Compétences technologiques : traite-
tion des surfaces permet de concevoir des ments de surface. Naissance 301
objets permettant de limiter les risques pour ■ Pôles de compétitivité : Céramique (Cen-
la santé (surfaces biocides, non toxiques), ou tre, Limousin et Midi-Pyrénées), Plasturgie Diffusion
entrant dans la conception d'objets théra- (Rhône-Alpes et Franche-Comté), Techtera Généralisation
peutiques (articulations artificielles, verres (Rhône-Alpes), Viameca (Auvergne et
de lunettes, outils médicaux). Rhône-Alpes), Mipi (Lorraine), Chimie-envi-
Par conséquent, il apparaît que la maîtrise ronnement Lyon (Rhône-Alpes), Matériaux Domaines d’application
des technologies de traitement de surface et domestiques (Nord-Pas-de-Calais).
la mise au point de nouvelles fonctions de ■ Liens avec (technologies) : systèmes d'en- Industries agricoles et
surface est un atout majeur dans la concep- alimentaires ; industrie
veloppe de bâtiment ; matériaux nanostruc- pharmaceutique ; industries des
tion des produits manufacturés. L'impact de turés et nanocomposites ; assemblage mul- équipements du foyer ; industrie
ces technologies sur la compétitivité des timatériaux ; procédés de mise en forme de automobile ; construction
industries et par conséquent sur l'emploi est navale ; construction de matériel
matériaux innovants ; textiles techniques et ferroviaire roulant ; construction
donc immédiat. fonctionnels ; micro et nanocomposants ; aéronautique et spatiale ; autres
fonctionnalisation des matériaux. véhicules ; industries des
Marché ■ Principaux acteurs français
équipements mécaniques ;
fabrication de machines de
Les traitements de surface sont des applica- Centres de compétences : Cemef, Cetim, bureau et de matériel
tions multiples à tous les stades du dévelop- ITSFC (Institut des traitements de surface de informatique ; industries des
pement d'un objet matériel : de la méthode Franche-Comté), LISS ( Laboratoire d'ingé- équipements électriques et
électroniques ; fabrication de
de fabrication aux fonctions de l'objet fini. nierie des surfaces de Strasbourg), LSGS verre et d'articles en verre ;
Ces applications couvrent tous les secteurs (Laboratoire de science et génie des surfa- fabrication de produits
d'application ; par exemple la mécanique ces de l'INPL), Laboratoire des sciences et céramiques et de matériaux de
construction ; chimie,
(lubrification des pièces), l'automobile (sup- ingénierie des surfaces (Université Lyon I), caoutchouc, plastiques ;
pression des traitements au chrome VI, Cirimat (Centre interuniversitaire de recher- fabrication de matériel
démouillage des pneumatiques), cosméti- che et d'ingénierie des matériaux, Toulouse). électrique ; fabrication de
composants électroniques.
que (toucher des flacons), le bâtiment (vitres Industriels : Groupe HEF, HIT (groupe Body-
autonettoyantes), l'optique (nanopolissage), cote), environ 200 entreprises répertoriées
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 302

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


sur (www.trs-online.com), Saint-Gobain... traitement de surface (A3TS) (www.attt.org)
■ Exemples d'acteurs dans le monde : Body- Syndicat national des entreprises d'applica-
cote (Royaume-Uni), Pilkington (Royaume- tion des revêtements de surface (SATS)
Uni), Glaverbel (Belgique)... (www.sats-france.com).
■ Pour en savoir plus :
Association de traitement thermique et de

302
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 303

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production

80. Procédés de mise en forme de matériaux


innovants
Description tion, l'extrusion, la compression de poudres,
le frittage, etc.
Degré de développement
Les matériaux innovants, qui répondent à
Il apparaît également que l'un des verrous de Émergence
des problématiques de fonctionalisation des
cette famille de technologies réside dans la
matériaux, d'amélioration des qualités des Croissance
compréhension des phénomènes qui régis-
matériaux innovants, de process de produc-
sent ces procédés de fabrication, et dans la Maturité
tion, etc. s'accompagnent d'évolutions des
capacité des industriels à modéliser et simu-
procédés de mise en forme.
ler ces procédés pour anticiper une partie
Les procédés de mise en forme des maté-
des problèmes qui peuvent survenir sur la
riaux innovants représentent une famille
ligne de production. Notamment, la capacité
technologique à part entière. Si de nombreu-
à simuler de manière simultanée les phéno-
ses technologies nouvelles sont des évolu-
mènes micro et macroscopiques est un
tions de technologies existantes, de nou-
atout certain dans la mise au point des procé-
veaux procédés doivent être mis au point
dés de mise en forme.
pour permettre le passage au stade industriel
des recherches menées sur les matériaux au
niveau du laboratoire. Enjeux, Impact 303

Notamment, les matériaux multiconstituants Le développement et la maîtrise des procé-


posent des problèmes particuliers liés dés de mise en forme des matériaux inno-
à des phénomènes de ségrégation en cours vants sont essentiels au maintien des
de process. Les composants peuvent se industries manufacturières françaises et
séparer ou s'orienter de manière préféren- européennes dans la compétition internatio-
tielle au cours du process de fabrication, nale. L'enjeu est le taux d'activité et d'emploi
conduisant à des problèmes d'uniformité de d'une partie de l'industrie manufacturière,
la structure. Des problèmes du même type tirée par les activités et produits innovants et
peuvent être rencontrés avec des procédés à haute valeur ajoutée.
de fabrication multiphase (solide-liquide, par Un second enjeu auquel les nouveaux procé-
exemple). dés de mise en forme sont amenés à répon-
Quelques exemples de matériaux suscepti- dre concerne l'environnement. Il devient de
bles de nécessiter des évolutions ou des rup- plus en plus important de mettre au point
tures dans les procédés de fabrications : des procédés qui consomment moins
• les composites et nanocomposites ; d'énergie, d'eau, ou qui génèrent moins de
• les céramiques ; déchets.
• les poudres ;
• les polymères ; Marché
• les nanotubes de carbone. Les marchés servis par ces procédés sont
Les technologies de mise en forme des l'ensemble des marchés de l'industrie manu-
matériaux sont aussi variées que les maté- facturière. Les matériaux innovants et procé-
riaux concernés. On peut citer, par exemple, dés nouveaux se retrouvent dans toutes les
la compression de feuilles de fibres de verre, gammes de biens d'équipement et de
l'extrusion de polymères, le thixoformage consommation, de la fabrication du papier
d'alliages métalliques, le forgeage, l'injec- aux boîtiers de téléphones mobiles.
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 304

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


■ Liens avec (technologies) : systèmes d'en-
Acteurs veloppe de bâtiment ; matériaux composites
■ Disciplines scientifiques : matériaux,
pour la construction, à base de matériaux
mécanique des fluides, génie des procédés,
recyclés ou de biomasse ; textiles techni-
mécanique, génie des matériaux.
ques et fonctionnels ; architecture et maté-
■ Compétences technologiques : analyse,
riaux pour infrastructures de transport
mesure et contrôle, traitements de surface,
terrestre ; architecture et matériaux pour l'al-
matériaux - métallurgie, procédés techni-
légement des véhicules ; matériaux nanos-
ques, travail des matériaux, environnement-
tructurés et nanocomposites ; matériaux
pollution, machines-outils, procédés thermi-
pour l'électronique et la mesure ; recyclage
ques.
des matériaux spécifiques ; fonctionnalisa-
■ Pôles de compétitivité : Céramique (Cen-
tion des matériaux ; assemblage multimaté-
tre, Limousin et Midi-Pyrénées), Plasturgie
riaux ; nouveaux procédés de traitement de
(Rhône-Alpes et Franche-Comté), Techtera
surface.
(Rhône-Alpes), Industries du commerce
■ Principaux acteurs français
(Nord-Pas-de-Calais), Viameca (Auvergne et
Cemef (ENSMP), Transvalor (filiale d'Armi-
Rhône-Alpes), Up-Tex (Nord-Pas-de-Calais),
nes), INPG, Aubert & Duval (Eramet), Sifcor,
Vallée de L'Arve (Rhône-Alpes), Aéronauti-
CETIM...
que et espace (Aquitaine et Midi-Pyrénées),
Microtechniques (Franche-Comté).

304
Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industries des équipements du
foyer ; industrie automobile ;
construction navale ;
construction de matériel
ferroviaire roulant ; construction
aéronautique et spatiale ; autres
véhicules ; industries des
équipements mécaniques ;
industries des équipements
électriques et électroniques ;
fabrication de verre et d'articles
en verre ; fabrication de produits
céramiques et de matériaux de
construction ; industrie textile ;
chimie, caoutchouc, plastiques ;
métallurgie et transformation
des métaux ; fabrication de
matériel électrique ; fabrication
de composants électroniques.
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 305

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production

81. Méthodes et outils de coconception

Description neur d'ordre d'imposer au sous-traitant ses


outils logiciels. Il apparaît clairement que des
Degré de développement
La conception de produits industriels est de
tâches de gestion doivent également être Émergence
plus en plus le fait d'une collaboration entre
facilitées par les outils ad hoc ;
plusieurs équipes, que l'on parle d'objets Croissance
• l'architecture des échanges d'information
physiques, de logiciels, de procédés, etc.
doit être pensée en fonction de ces objec- Maturité
Cette collaboration est rendue nécessaire
tifs : formats d'échanges de fichiers, lignes
par, d'une part, la nécessité de recourir à des
de transmission haut débit, etc.
compétences multiples, de plus en plus sou-
Par ailleurs, la compréhension des mécanis-
vent externalisées, d'autre part, la nécessité
mes de fonctionnement en équipe, d'établis-
pour des sous-traitants de participer à la
sement du dialogue, c'est-à-dire les aspects
conception de leurs produits pour apporter
humains de la coconception, fait l'objet de
un surcroît de valeur ajoutée à leur activité.
travaux de recherche par des équipes de psy-
Dans l'ingénierie de systèmes complexes
chologie cognitive.
par exemple, la coconception occupe ainsi
Des problèmes de confidentialité des don-
une place de plus en plus importante : les 305
nées doivent également être traités dans la
grandes entreprises font depuis longtemps
conception des outils et méthodes de travail.
appel à la sous-traitance pour la fabrication
de diverses parties d'un produit donné. De
plus en plus, il est demandé au sous-traitant Enjeux, Impact
de concevoir cette partie, en collaboration Pour les entreprises industrielles de rang 1,
avec les équipes du donneur d'ordre. C'est la coconception représente un enjeu en ter-
maintenant chose courante dans la construc- mes de qualité des produits réalisés et d'éco-
tion automobile, l'aéronautique, le bâtiment nomie sur les coûts de conception, ceux-ci
ou le génie civil. étant supportés par le sous-traitant au sein
Les méthodes et outils de coconception de « l'entreprise étendue ».
comprennent des moyens de collaboration Dans beaucoup de domaines, les sous-trai-
fondés sur : tants de rang 1 se sont adaptés aux métho-
• une organisation de l'entreprise adaptée à des et outils de coconception. Un enjeu
la coconception. Le circuit humain de circula- majeur existe sur la capacité des sous-trai-
tion de l'information et de prise de décision tant de rang 2 à entrer dans la boucle de
doit être adapté aux problématiques posées conception au même titre que leurs don-
par les interventions d'interlocuteurs multi- neurs d'ordres. L'impact immédiat de l'adap-
ples sur un objet unique ; tation des PME-PMI à ces pratiques est la
• un cadre de collaborations entre équipes maintien de l'activité et des emplois dans les
ou entreprises qui doit prévoir le partage entreprises de sous-traitance françaises.
d'horizons temporels, de critères de fiabilité
et de sûreté et de critères de performance ; Marché
• des logiciels de conception devant com- Les applications premières des méthodes de
prendre des modules de prise en charge du coconception se situent dans les industries
travail collaboratif. Un corollaire de cette évo- complexes faisant intervenir de nombreux
lution est souvent la nécessité pour le don- sous-traitants. L'automobile et l'aéronauti-
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 306

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


que sont les marchés les plus cités pour ce cantes sécurisées (Provence-Alpes-Côte
type d'outils. Cependant, les domaines d'ap- d'Azur), System@tic (Île-de-France).
plication concernent tous les types de pro- ■ Liens avec (technologies) : architecture
jets de conception menés par plusieurs équi- électrique des véhicules ; architecture élec-
pes en parallèle, notamment les grands tronique des véhicules ; gestion de l'énergie
projets architecturaux. à bord des véhicules ; systèmes aériens
Si certains acteurs de la CAO (par exemple automatisés ; outils et méthodes pour le
Dassault Systèmes avec Catia) proposent développement logiciel ; ingénierie des sys-
depuis plusieurs années des modules de tèmes embarqués ; modélisation, simula-
coconception à leurs clients, nombre de ces tion, calcul ; réalité virtuelle, augmentée, 3D ;
systèmes ne sont pas adaptés à des PME, ingénierie des systèmes complexes ; tech-
tant en termes d'investissements financiers nologies du web sémantique ; travaux d'in-
qu'en termes d'adéquation de l'outil au tra- frastructures furtifs.
vail quotidien de la société. ■ Principaux acteurs français
Des plates-formes collaboratives sont mises Centres de compétences : plates-formes
en place par divers acteurs (collectivités Oree (Rhône-Alpes), PI3C (Champagne-
publiques, associations professionnelles, Ardenne, Cetim), Visio-concept (Numerica,
entreprises...) pour faciliter l'appréhension Montbéliard) ; Insa Lyon - ICTT, université
par les PME sous-traitantes de rang 2 des Bordeaux I, Inria, Pôle productique Rhône-
outils de travail collaboratif et de coconcep- Alpes (www.productique.org)...
tion. Industriels : Dassault Systèmes…

Acteurs Commentaires
■ Disciplines scientifiques : génie des procé- Des efforts doivent être poursuivis par les
dés, informatique, psychologie, sociologie. industriels sur la voie d'une normalisa-
■ Compétence technologique : informati- tion des outils pour permettre une diffusion
306 que. plus large, de manière à ce qu'ils soient éco-
■ Pôles de compétitivité : Image, multimédia nomiquement viables pour les petites entre-
et vie numérique (Île-de-France), Images et prises travaillant avec plusieurs donneurs
réseaux (Bretagne), Solutions communi- d'ordres.

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industrie automobile ;
construction navale ;
construction de matériel
ferroviaire roulant ; construction
aéronautique et spatiale ;
industries des équipements
mécaniques ; industries des
équipements électriques et
électroniques ; bâtiment.
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 307

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production

82. Ingénierie des systèmes complexes

Description de fiabilité et de sûreté nécessaires (par


exemple, l'architecture du système de
Degré de développement
Les systèmes complexes sont de plus en
contrôle d'une centrale nucléaire doit prévoir Émergence
plus présents dans la vie courante, de
les redondances nécessaires), tout en tenant
manière plus ou moins visible. Composés de Croissance
compte de la durée de vie du système (par
multiples briques technologiques en interac-
exemple, le système doit être suffisamment Maturité
tion éventuelle avec des « systèmes »
ouvert pour pouvoir accueillir de nouveaux
humains, ils prennent en compte de nom-
composants) ;
breuses informations pour réaliser une opé-
• la diversité des technologies et des com-
ration complexe de façon plus ou moins
pétences liées mises en œuvre qui doit être
automatique. La complexité du système est
prise en compte dès la conception, ce qui
généralement transparente pour l'utilisateur
final, mais ses défaillances peuvent avoir des suppose des outils génériques assurant les
conséquences lourdes en termes humains, liens entre plusieurs de ces technologies
sociaux ou économiques. et/ou de ces compétences et des modélisa-
Un système complexe peut ainsi être défini tions multidomaines du même système ;
307
comme un système, composé de sous-sys- • l'environnement qu'il faut bien définir.
tèmes, dont la conception et le fonctionne- Cette étape intervient dès la mise au point
ment font intervenir un certain nombre de des spécifications fonctionnelles du sys-
corps de métiers différents, et qu'aucun ne tème ;
peut appréhender dans son ensemble. La • des systèmes de validation qui doivent
conception d'un système complexe requiert pouvoir certifier le bon fonctionnement d'un
donc des méthodes et des outils garantis- système dans ses conditions d'utilisation
sant la conformité des composants, des habituelles ;
sous-systèmes et du système fini aux spéci- • les systèmes de défaillance qui doivent
fications tout au long de leur réalisation : qua- être prévus. Un système complexe peut
lité de services, capacité d'accueil de nou- avoir des besoins de tolérance aux fautes,
veaux sous-systèmes, etc. par exemple assurer un service minimal dans
Le verrou essentiel dans la conception des des conditions de fonctionnement altérées.
systèmes complexes quels qu'ils soient Les technologies impliquées dans l'ingénie-
demeure leur fiabilité et leur sûreté de fonc- rie des systèmes complexes sont, de
tionnement. Cette fiabilité doit être attestée manière non exhaustive :
par construction grâce aux méthodes de • des méthodes de conception, qui doivent
conception mises en place. Toutefois, la être adaptées aux contraintes liées à l'objet
complexité du système ne permet pas de le lui-même et à la nature souvent pluridiscipli-
valider intégralement ex post dans des naire et multientreprise de l'équipe de
temps satisfaisants. conception. Par exemple, la conception
Les points techniques à prendre en compte industrielle selon un cycle en V permet de
au cours de la conception des systèmes partir de la fonction pour concevoir les sous-
complexes sont, entre autres : systèmes puis les composants, avant de vali-
• l'architecture du système qui doit être der en sens inverse composants, sous-sys-
adaptée à la fonction recherchée et au degré tèmes et système global ;
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 308

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


• des briques logicielles complexes, qui doi- rateurs de ces systèmes, doit être préser-
vent être validées sans laisser de place à des vée. Que ce soit en environnement industriel
erreurs possibles. Des outils de validation et ou en utilisation courante, la complexité des
de vérification de codes performants doivent systèmes rend plus difficile la prévision des
être mis au point. Le logiciel occupe une part défaillances. Or la complexité est présente
de plus en plus importante dans lesdits sys- dans de très nombreux systèmes, objets
tèmes, qu'ils soient répartis ou embarqués ; d'enjeux majeurs en termes de sécurité phy-
• des architectures ouvertes (par exemple sique des personnes : équipements indus-
SOA : Service Oriented Architecture) per- triels, énergie (distribution, production...),
mettant la détection automatique des élé- automobile (véhicule, gestion d'incidents en
ments composant le système et les services tunnel, etc.), aéronautique (avions et
qu'ils offrent, assurant l'indépendance du contrôle aérien), ferroviaire (trains et gestion
système vis-à-vis des fournisseurs de tech- de la circulation) ;
nologies ; • la survie économique des entreprises
• des composants et sous-systèmes élec- impose une gestion rigoureuse des proces-
troniques, dont la fiabilité et la durée de vie sus. L'impact en termes d'image, par consé-
dans les conditions usuelles d'utilisation doi- quent en termes d'activité, de défaillances
vent être garanties. Cette fiabilité concerne de systèmes mis sur le marché par un indus-
aussi bien le système global que ses compo- triel, est immédiat. La fiabilité et la sûreté de
sants ; fonctionnement sont donc des points
• tout composant physique utile au fonction- majeurs pour la compétitivité des industries
nement du système global ; françaises ;
• les technologies « molles » de connais- • le bon fonctionnement d'une grande partie
sance de l'humain en interaction avec le sys- de la société moderne repose sur des systè-
tème (opérateur, usager...). Par exemple, des mes complexes. Les échanges économi-
compétences en psychologie cognitives, en ques (bourse, cartes bancaires, etc.), la ges-
ergonomie, en organisation du travail, etc. tion routière, ferroviaire et aérienne, les
308
sont requises dans la conception du sys- télécommunications, la défense, l'adminis-
tème ; le système étant très majoritairement tration... reposent sur des systèmes com-
transparent pour l'humain, son acceptation plexes dont les défaillances ou les inadéqua-
Degré de diffusion est fortement dépendante de la perception tions à la mission ont des conséquences
de la technologie qu'en a l'utilisateur, et donc de sa facilité lourdes sur le fonctionnement de la société.
d'usage.
Naissance

Diffusion
Enfin, le problème de la coopération entre Marché
différents systèmes autour d'un objectif Les applications des systèmes complexes
commun constitue, aujourd'hui, un enjeu sont multiples. Ils entrent dans la constitu-
Généralisation
important, tant sur le plan économique que tion d'un grand nombre de systèmes de
scientifique. Cette problématique nécessite grande diffusion tels que les véhicules de
Domaines d’application de nombreuses compétences qui actuelle- tous types (automobile, lanceur spatial,
ment sont trop sectorisées. avion), des systèmes aussi utilisés que les
Industrie pharmaceutique ;
systèmes de paiement par carte bancaire,
industries des équipements du
foyer ; industrie automobile ; Enjeux, Impact les systèmes de commandement des
construction navale ; La maîtrise des systèmes complexes par les armées, les télécommunications, etc.
construction de matériel industriels est indispensable au maintien et à Chiffrer le marché des systèmes complexes
ferroviaire roulant ; construction
aéronautique et spatiale ; autres l'amélioration des positions de l'industrie ne peut se faire qu'à travers leurs applica-
véhicules ; fabrication de française et européenne sur le marché tions. Pour les secteurs d'applications visés
machines de bureau et de mondial des grands systèmes (transports, par le pôle de compétitivité System@tic
matériel informatique ;
industries des équipements espace, finances, santé, énergie...). (transport, sécurité, télécommunications,
électriques et électroniques ; Outre cet évident enjeu industriel, l'ingénie- développement de systèmes), le marché est
services de transports ; activités rie des systèmes (industriels) complexes estimé à 300 Md€.
financières ; postes et
doit répondre à des enjeux majeurs dans la
télécommunications,
administration. société actuelle :
• la sécurité des personnes, usagers ou opé-
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 309

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


Acteurs posants et systèmes logiciels ; infrastructu-
res et technologies pour réseaux de commu-
■ Disciplines scientifiques : génie des procé-
nication diffus ; acquisition et traitement de
dés, informatique, automatique, traitement
données ; interfaces homme-système ;
du signal, électronique, optronique, mathé-
modélisation, simulation, calcul ; contrôle de
matiques et leurs applications...
procédés par analyse d'image ; capteurs
■ Compétences technologiques : informati-
intelligents et traitement du signal ; métho-
que, analyse, mesure et contrôle, procédés
des et outils de coconception.
techniques.
■ Principaux acteurs français
■ Pôles de compétitivité : System@tic (Île-
Centre de compétences : Polytechnique,
de-France) ; Aéronautique et espace (Aqui-
ENS Ulm, université d'Evry-LSC, Cemagref.
taine et Midi-Pyrénées).
Industriels : Thales, Renault, PSA Peugeot-
■ Liens avec (technologies) : réacteurs
Citroën, Dassault, Areva, Atos Origin, Als-
nucléaires de 3e génération ; contrôle-com-
tom, Airbus, EADS...
mande des réseaux et de la puissance ; sécu-
■ Exemples d'acteurs dans le monde :
rité active des véhicules ; architecture électri-
Boeing (États-Unis), IBM (États-Unis), Micro-
que des véhicules ; architecture électronique
soft (États-Unis), Cisco (États-Unis), Sam-
des véhicules ; systèmes aériens automati-
sung (Corée du Sud), Toshiba (Japon), Sony
sés ; gestion des flux de véhicules ; outils et
(Japon), NTT (Japon),...
méthodes pour le développement logiciel ;
ingénierie des systèmes embarqués ; com-

309

Degré de diffusion
de la technologie
Naissance

Diffusion

Généralisation

Domaines d’application
Industries des équipements
électriques et électroniques;
production et distribution
d’électricité, de gaz et
de chaleur; bâtiment.
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 310

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production

83. Transfert de technologie

Degré de développement Description rentabilité des capitaux investis... ;


• l'ingénierie financière du transfert.
Technologie organisationnelle par excel-
Émergence Un des facteurs clés de succès du transfert
lence, le transfert de technologie consiste en
de technologie réside dans l'ingénierie, et la
Croissance un échange de savoir, de techniques ou de
mise en œuvre coordonnée et multidiscipli-
savoir-faire d'une organisation à une autre.
Maturité naire des outils précédents.
La diffusion dans le tissu industriel des résul-
tats de recherche publique (laboratoires, uni-
versités) est la dimension principale du trans- Enjeux, Impact
fert de technologie. Pour être complet, il En 1998, Henri Guillaume rendait les conclu-
convient également de citer le transfert inter- sions d'une mission sur la politique en faveur
national de technologie, souvent d'une de la technologie et de l'innovation où l'on
entreprise à une autre, dans le but de pren- pouvait lire : « Notre pays dispose d'un poten-
dre pied sur un marché. tiel scientifique et technologique de premier
Le transfert de technologie ne s'improvise plan, mais le couplage de ces découvertes et
pas. Il nécessite l'utilisation d'un certain nom- de ces connaissances avec les activités indus-
310
bre d'outils tels que ceux nécessaire pour : trielles s'effectue moins facilement qu'aux
• l'élaboration de la stratégie : analyse du États-Unis et au Japon. » Force est de consta-
marché potentiel (segments, volumes, dyna- ter que ce constat reste d'actualité.
misme...) ; Il serait hasardeux de chiffrer l'impact qu'au-
• l'identification des éléments constitutifs de rait une augmentation des transferts de tech-
la technologie objet du transfert ; nologies entre acteurs publics et privés, tout
• l'analyse de la propriété intellectuelle : mar- au plus peut-on raisonner par analogie et
que, droit d'auteur, savoir-faire, dessins et observer ce qui se passe ailleurs.
modèles, brevets ; Les experts s'accordent à reconnaître que la
• la caractérisation du cadre réglementaire et situation actuelle de la recherche académi-
juridique ; que française est comparable à celle des
• la recherche et l'identification des licenciés États-Unis dans les années 1980. À cette
potentiels (dont le « licencié idéal ») ; époque, le gouvernement fédéral américain
• le choix du type de transfert de technologie possédait 28 000 brevets, dont moins de
adapté au contexte et aux objectifs : cession 5 % étaient exploités. Grâce au Bayh-Dole
de brevet, concession de licence, communi- Act, adopté en décembre 1980, et permet-
cation de savoir-faire, projets de R&D en par- tant aux universités d'exploiter à leur compte
tenariat, accords de coopération technique, les résultats de recherches financées par les
formation, création de joint-ventures, créa- agences fédérales et exécutées dans leurs
tion de spin offs, rachat d'entreprises... ; laboratoires, elles peuvent déposer des bre-
• le calcul de la valeur économique du trans- vets, en garder la propriété intellectuelle,
fert. Ce calcul peut typiquement être fondé gérer le transfert de technologie et utiliser
sur une combinaison des méthodes suivan- les revenus correspondants pour financer
tes : coûts (historiques de R&D, futurs de leurs recherches. Le Bayh-Dole Act a permis
R&D, transfert, propriété intellectuelle), une croissance forte des prises de brevets et
potentiel de revenus (marché, marges...), de la commercialisation d'un grand nombre
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 311

LES TECHNOLOGIES CLÉS

Technologies et méthodes de production


de nouvelles technologies. Il a également que « maillons faibles » du dispositif national
entraîné une mutation fondamentale dans la en faveur de la recherche technologique et
pratique de la recherche académique, avec la de l'innovation :
formation dans toutes les grandes universi- • « le cloisonnement encore marqué entre
tés américaines de Technological Transfer l'enseignement supérieur et les organismes
Offices qui vont jouer un rôle majeur dans de recherche, entre les organismes de
l'orientation même de la recherche et dans la recherche eux-mêmes, entre les universités
mise en place des partenariats avec les et les écoles d'ingénieurs » ;
entreprises privées. • « l'insuffisance des investissements en
Alors que le PIB par habitant de la France (et capital-risque, qui couvrent encore mal les
de l'Europe continentale) rattrapait celui des premiers stades de la création d'entreprise
États-Unis dans les années 70, force est de de technologie » ;
constater que la tendance s'est largement • « la complexité du dispositif de transfert et
inversée. Le transfert de technologie et l'in- de diffusion de la technologie, qui reste peu
novation y ont largement contribué. lisible pour les PME ». Le nombre d'acteurs
Le transfert de technologies entre entrepri- publics ou parapublics du transfert de tech-
ses, notamment international, est quant à lui nologie est en effet important en France :
un atout dans la compétition internationale, SAIC (services d'activités industrielles et
dans la mesure où il permet de générer des commerciales) des universités, RDT (ré-
revenus tout en exportant des standards, seaux de développement technologique),
des méthodes, plus généralement une cul- CRITT (centres régionaux d'innovation et de
ture industrielle. transfert de technologie), CTI (centres tech-
Prenant conscience de l'importance des niques industriels), CNRT (centres nationaux
enjeux, la Commission européenne a lancé de recherche technologique), CEEI (centres
en septembre 2005 une consultation pour la européens d'entreprises et d'innovation),
création d'un Institut européen de technolo- Oséo-Anvar, Drire, incubateurs, technopoles,
gie, dont l'objectif a priori est de dynamiser la pôles de compétitivité... auxquels viendront
311
coopération entre les chercheurs et les s'ajouter les labels « instituts Carnot ».
entreprises. Des acteurs privés se positionnent égale-
ment sur le marché du transfert de technolo-
Marché gie :
La France souffre globalement d'une insuf- • les investisseurs en capital (AFIC, Associa-
fissance en matière de transfert de technolo- tion française des investisseurs en capital -
gie : www.afic.asso.fr) ;
• les laboratoires publics, les entreprises et • les structures de recherche contractuelle,
les financeurs n'entretiennent pas les rela- regroupées pour la plupart au sein de l'ARSC
tions de « connivence » indispensables ; (Association des structures de recherche
nombre d'inventions des laboratoires publics contractuelle - lasrc.net) ;
ne sont jamais transférées dans le tissu • les cabinets de conseil spécialisés,
industriel. Un meilleur transfert de technolo- tels Vaucher-Tisseront, Développement et
Conseil, Nodal, Goyhenetche, Erdyn... Cer-
gie des laboratoires vers les entreprises Degré de diffusion
contribuerait à rapprocher la France des tains de ces cabinets sont adhérents de de la technologie
« objectifs de Lisbonne » (3 % du PIB inves- l'Unatrantec (Union nationale des consul-
tis en R&D) ; tants en innovation et en transfert de techno- Naissance
• le transfert international de technologie, logie - www.unatrantec.asso.fr).
Diffusion
levier déterminant pour la conquête de posi- Le réseau européen IRC (Innovation Relay
tions sur les marchés export, n'est que trop Centre) est également spécialisé dans le Généralisation
rarement utilisé. Cette insuffisance explique, transfert de technologie, avec des relais
en partie, la dégradation structurelle de la locaux (irc.cordis.lu). L'association TII (Tech-
nology Innovation Information - www.tii.org) Domaines d’application
balance du commerce extérieur.
regroupe les acteurs du transfert de techno-
Recherche et développement ;
logie au niveau européen.
Acteurs activités financières.
Le rapport d'Henri Guillaume identifie en tant
8Fiches Methodes 22/06/06 15:15 Page 312
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 313

CONCLUSIONS
ET RECOMMANDATIONS

Les grandes tendances technologiques mises en avant


par ce travail de prospective technologique
Au-delà de la description des 83 technologies clés, quelques grandes tendances technologi-
ques ont été mises en évidence par les experts des différents groupes de travail.

Des technologies déjà « connues »


Nombre de technologies que l'on peut qualifier d'« anciennes » figurent parmi les 83 techno-
logies clés 2010. Elles répondent à des enjeux majeurs et contribuent à la compétitivité de la
France. Ces technologies, même si elles sont déjà bien « connues », ont insuffisamment pro- 313
gressé ces dernières années, notamment parce que les acteurs ont relâché leurs efforts en
raison des prix bas de l'énergie et des matières premières : l'identification de ces technolo-
gies comme étant des technologies clés permet d'attirer l'attention sur leur potentiel d'évo-
lution et les enjeux associés. C'est, par exemple, le cas des pompes à chaleur, des moteurs
à pistons, des turbomachines, du traitement de surface.

Des technologies de niveau système et des technologies génériques


Partant des grands enjeux économiques et des besoins sociétaux, l'étude a retenu les tech-
nologies qui répondent le mieux à ces enjeux et besoins. Il s'agissait, dans un contexte d'in-
tense compétition entre pays, d'identifier des technologies différenciantes pour l'attractivité
et la compétitivité françaises. Or, il apparaît qu'un nombre croissant de pays, y compris émer-
gents, maîtrisent des « briques » technologiques, voire sont les leaders mondiaux sur ces
« briques » (composants électroniques, écrans plats...). Dans un tel contexte, les pays occi-
dentaux, et la France en particulier, ne peuvent rester compétitifs qu'à la condition de mettre
en avant leur maîtrise des systèmes complexes.
En conséquence, la liste des technologies clés 2010 est numériquement plus restreinte que
les listes des exercices précédents : 136 technologies clés pour le premier exercice et 119
technologies clés pour le second. Les 83 technologies clés 2010 recensent plus de techno-
logies de niveau « système » : ces technologies incluent de nombreuses « briques » techno-
logiques pouvant être développées ailleurs qu'en France.
Par ailleurs, dans la même optique, il est apparu pertinent de retenir comme clés des « famil-
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 314

les » ou des ensembles de technologies - que l'on peut qualifier de « génériques » -, plutôt
que de sélectionner des technologies trop spécifiques. C'est ainsi que certaines technologies
clés, telles que les matériaux pour l'électronique et la mesure, la gestion de la microénergie,
la gestion de l'énergie à bord des véhicules, sont relativement « ouvertes ». À partir de ces
technologies clés génériques, il appartient à l'homme de l'art (chercheur, ingénieur) d'élabo-

conclusions et recommandations
rer des solutions aux problèmes spécifiques qui lui sont posés.

Des technologies largement diffusantes


Pour des raisons de présentation et de lisibilité, les technologies clés sont présentées suivant
des thématiques traditionnelles (TIC, Matériaux-chimie, Bâtiment, Énergie...). Ce classement
ne doit pas être considéré de façon « hermétique ». Nombre de technologies sont en effet
diffusantes et concernent différents secteurs industriels, comme les technologies de l'éner-
gie, des TIC, des matériaux, ou encore celles contribuant aux différentes dimensions de la
sécurité (traçabilité, authentification, RFID). Cette « transversalité » est parfois explicite dans
le titre même de la technologie (intégration des ENR dans le bâtiment) mais, généralement,
il convient de ne pas s'arrêter au titre et de lire la fiche pour connaître les différentes applica-
tions (voir, par exemple, les fiches interface humain-machine, criblage et synthèse à haut
débit, turbomachines, capteurs intelligents).

Les technologies clés et les externalités sociales et environnementales


Dans les économies développés de ce début de XXIe siècle, les exemples d'externalités
(situation économique dans laquelle l'action d'un agent économique influe positivement ou
négativement sur un autre agent, sans contrepartie financière) négatives sont nombreux :
314 • ponction sur l'eau et pollution diffuse engendrée par les activités agricoles ;
• pollutions (air, bruit) et contribution aux émissions de gaz à effet de serre des transports ;
en plus, pour le cas des transports routiers, congestion et morts sur les routes ;
• charge sur la collectivité des dépenses de soins, même dans les cas où le besoin de soins
résulte d'une absence de prévention ou d'une mauvaise hygiène de vie (alimentation, alcool,
tabac) ;
• nuisances visuelles, olfactives et sonores engendrées par certains complexes industriels ;
• dégradation de l'environnement électromagnétique engendrée par la multiplication des
antennes relais des réseaux de téléphones cellulaires ;
• etc.
Marquant en cela une évolution forte, l'étude Technologies clés 2010 propose de nombreu-
ses technologies qui permettent de réduire et/ou de « monétariser » les externalités négati-
ves. Plusieurs technologies du domaine de l'énergie et de l'environnement, de l'alimentation,
des transports répondent à la préoccupation de la réduction de ces externalités. De même,
reposant largement sur l'usage des TIC, des solutions sont proposées pour la monétarisation
de ces externalités : il s'agit notamment des technologies qui permettent une tarification à
l'usage. Le positionnement et l'horodatage ultraprécis, les infrastructures routières intelligen-
tes ou les technologies de gestion des flux de véhicules, associés aux technologies des télé-
communications et du traitement des données, peuvent constituer la « boîte à outils » des
autorités et des gestionnaires d'infrastructures pour instaurer, par exemple, des péages
urbains ou réguler le trafic sur les axes routiers les plus saturés.
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 315

L'importance de la normalisation
Pour un nombre relativement élevé de technologies clés, la normalisation apparaît comme un
élément essentiel de la diffusion de ces technologies dans le tissu industriel et comme un
facteur de compétitivité des entreprises qui auront su infléchir la normalistion vers leur pro-
pre standard.
À l'origine, la construction des normes s'est bâtie en aval de la technique. L'enjeu était d'éla-
borer a posteriori des références et un langage commun afin de favoriser l'interopérabilité,
l'interchangeabilité, la compatibilité des équipements sur des domaines techniques matures.
La norme permettait d'entériner les meilleures pratiques en y intégrant une dose de retour
d'expérience et de réduire la variété en harmonisant des éléments dont la dispersion deve-
nait contraignante ou coûteuse. Les normes de spécifications des matériels dans les domai-
nes électriques ou mécaniques illustrent parfaitement cette logique qui était souvent issue
de l'histoire même des technologies (voir l'exemple de l'écartement des voies de chemins
de fer).
Désormais, une nouvelle logique d'élaboration des normes tend à supplanter la logique a pos-
teriori, en plaçant cette élaboration en amont du déploiement de la technologie. Cette logique
est motivée par le fait que, pour rentabiliser des coûts de développement toujours plus éle-
vés, les entreprises aspirent à des normes communes, de plus en plus souvent à l'échelle de
la planète. Celles-ci sont en effet la garantie que le marché disposera d'une taille critique.
Établir une norme a priori, c'est éviter l'élaboration de référentiels concurrents avec pour
corollaire une atomisation de l'offre. C'est aussi s'offrir une possibilité de valorisation et de
promotion des innovations ou encore de réduire le risque que des utilisateurs se tournent vers
une solution concurrente.
Si cette logique a priori conduit à une course de plus en plus effrénée pour conquérir le ter-
315
rain suffisamment vite pour imposer une technologie qui deviendra une référence indispen-
sable pour une majorité d'utilisateurs, le processus de normalisation est un puissant outil de
capitalisation de la connaissance. Ainsi, dans tous les pays industriels, accéder au corpus nor-
matif, c'est accéder au cadre de référence de l'information technique dans tous les secteurs
de l'économie et de la technique. Connaître les normes en préparation, c'est également se
doter d'une capacité d'anticipation pour préparer son analyse prospective pour imaginer de
nouveaux produits, façonner de nouveaux concepts.
La participation à l'élaboration des normes, loin d'être une perte de temps, doit s'appréhen-
der comme un moyen de renforcer la compétitivité de son entreprise.

Les limites de l'étude


La méthodologie de l'étude a conduit à une liste de 83 technologies clés. Élaborée à partir du
travail de plus de cent experts, cette liste n'aurait pas été fondamentalement différente si
d'autres experts avaient été sollicités. Les critères de sélection des technologies clés ont été
choisis pour répondre, au mieux, à la question posée : identifier les technologies susceptibles
de procurer à la France un avantage de compétitivité et d'attractivité. Aussi, toutes les tech-
nologies importantes pour la France, dans les différentes acceptions possibles du terme, ne
figurent pas dans cette liste :
• certaines technologies relatives au domaine de la défense nationale, dont la maîtrise est
considérée comme critique pour répondre aux besoins spécifiques de ce domaine, n'appa-
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 316

raissent pas, comme la détection et l'analyse NRBC (nucléaire, radiologique, biologique,


chimique), les piles à combustibles pour sous-marins, certains matériaux haute température
ou les technologies de missiles ;
• certaines technologies annoncées comme devant apporter une véritable rupture, mais pour
lesquelles de trop nombreux verrous ne seront pas levés à l'horizon de temps de l'étude,

conclusions et recommandations
n'ont pas été retenues. Le cas de la pile à combustible illustre ces propos. Pour des applica-
tions stationnaires ou de transport, mettant en jeu des puissances de quelques dizaines à
quelques centaines de kW, les verrous sont encore si nombreux (disponibilité de catalyseurs,
platine ou autre, en quantité suffisante, tenue au vieillissement et au cyclage, logistique de
l'hydrogène, analyse du cycle de vie global de l'hydrogène...) que les experts n'ont pas consi-
déré cette technologie comme pouvant être clé à l'horizon 2010. Ce qui n'empêche pas de
considérer sérieusement des applications de niche, telles que la gestion de la microénergie ;
• des technologies certainement clés à long terme, comme le nucléaire de 4e génération, le
photovoltaïque « organique » (polymères remplaçant le silicium), la géothermie des roches
chaudes fracturées, la fusion nucléaire, les nanorobots médicaux injectables, les ordinateurs
quantiques n'ont pas été retenues car leur développement va au-delà de l'horizon calendaire
de l'étude.
Même si ces technologies ne figurent pas dans la liste arrêtée par les experts, cela ne signi-
fie pas qu'il faille les laisser pour compte. Les résultats de tout exercice de prospective sont
tributaires du référentiel choisi (questions que l'on se pose, horizon de temps visé, …).
De plus, quelles que soient les précautions méthodologiques mises en œuvre, les études de
prospective sont conduites par des hommes et des femmes qui restent, malgré tout, influen-
cés par les préoccupations de l'époque. Ainsi a-t-on pu reprocher à l'étude Technologies clés
2005, réalisée en pleine « bulle » Internet, un poids relatif trop important accordé aux TIC et
autres « e-technologies ». L'Histoire dira si l'étude Technologies clés 2010 a été trop influen-
cée par la prise de conscience de l'impact négatif des activités humaines sur l'environnement
316
et par les tensions apparues sur certaines matières premières stratégiques, comme le pétrole
ou certains métaux.

Les suites possibles de l'étude Technologies clés 2010


L'exercice technologies clés offre un référentiel et un outil de réflexion qui, comme tout outil,
doit évoluer et demande des développements additionnels. Plusieurs experts et membres du
comité de pilotage ont appelé de leurs vœux les prolongements, que nous esquissons ci-
après et qui représentent, pour chacun, une étude en soi (étude qui permettrait d'approfon-
dir l'analyse des problématiques soulevées).

Les technologies clés et l'Europe


Le premier de ces prolongements, dans la perspective du démarrage, en 2007, du 7e PCRD,
pourrait consister à ancrer les 83 technologies clés dans la dimension européenne. Certes,
cette dimension a été largement prise en compte tout au long de l'étude : les ressources
bibliographiques exploitées, la présence au sein du comité de pilotage d'un représentant de
la Commission l'attestent. Les experts sollicités avaient tous à l'esprit la dimension euro-
péenne.
Publiée en septembre 2005 par la Commission européenne, l'étude Key Technologies for
Europe mériterait d'être analysée à travers le prisme de Technologies clés 2010. Il est toute-
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 317

fois possible d'aller plus loin, notamment en faisant se rencontrer les experts des deux initia-
tives, en identifiant des pays leaders sur des technologies spécifiques, en fondant sur les
technologies clés identifiées des réseaux et des projets d'innovation à l'échelle européenne.

Les technologies clés, les régions et les pôles de compétitivité


Le démarrage de l'étude Technologies clés 2010 a coïncidé avec le lancement de l'appel à
projets du Gouvernement pour les pôles de compétitivité. À ce jour, 66 pôles de compétiti-
vité ont été labellisés. La politique des pôles de compétitivité est aujourd'hui centrale dans le
soutien public à l'innovation. Il a donc paru utile de proposer aux utilisateurs de l'étude une
articulation entre les 83 technologies clés et les 66 pôles de compétitivité. Aussi chaque fiche
technologie clé contient, dans la partie consacrée aux acteurs, une rubrique « pôles de com-
pétitivité ».
À la lecture des fiches, on constate que la plupart des technologies clés se retrouvent dans
un à cinq pôles, alors que huit technologies clés(1) ne sont rattachées à aucun pôle, et que
vingt technologies clés sont liées à six pôles ou plus.
Ce constat appelle deux remarques :
• les technologies de niveau « système » ont besoin de « briques » technologiques dévelop-
pées dans différents pôles de compétitivité, ce qui explique que vingt technologies clés ont
des liens avec six pôles ou plus. Le risque de l'implication d'un trop grand nombre d'acteurs
pourrait toutefois résider dans l'absence de leadership clair sur les technologies clés concer-
nées ;
• inversement, le fait que huit technologies clés ne soient portées par aucun des 66 pôles
labellisés mérite une certaine attention. Il conviendra probablement d'orienter les futurs
appels à projets de pôles vers ces technologies, afin d'affirmer leur ancrage territorial.
Globalement, il apparaît nécessaire de mieux articuler les pôles de compétitivité et les tech- 317
nologies clés, afin de favoriser l'émergence de pôles clairement leaders sur chaque techno-
logie clé et aussi d'éviter (ou d'assumer) les technologies clés « orphelines » de pôle. Cette
analyse doit être naturellement liée aux futures « déclinaisons » régionales des technologies
clés qui pourraient être mises en œuvre sous l'égide des Drire, avec le concours des acteurs
régionaux de l'innovation.

Les technologies clés, les « systèmes clés » et les « filières clés »


Tout comme avec les pôles de compétitivité, les technologies clés s'articulent avec une autre
initiative gouvernementale : les grands programmes d’innovation industrielle de l'Agence pour
l'innovation industrielle (AII). La contribution de l'étude Technologies clés à la définition des
axes de travail de l'AII s'exprime, notamment, au travers du concept de « systèmes clés ».
Sans prétendre à l'exhaustivité, quelques systèmes clés peuvent être proposés à ce stade :
réacteur nucléaire de 3e génération, réseau électrique de transport et de distribution avec pro-
duction décentralisée, écobâtiment, système agricole « intelligent », réseau ferré « ouvert »,
TGV 350 km/h silencieux, avion économe et silencieux (post A320), lanceur spatial à coût opti-
misé, contrôle aérien automatisé, véhicule routier automatisé, système routier intelligent,
navire nouvelle génération, système de transports urbains plus rapides, réseau de données
très haut débit mobile à bas coût, usine à logiciels, dispositif portable à autonomie augmen-
tée, plate-forme industrielle énergétiquement efficiente...

(1) Il s'agit de : gestion de l'air dans le bâtiment ; gestion de l'eau dans le bâtiment ; capture et stockage géologique du CO2, mesure
des polluants de l'eau ; technologies physiques en amont du traitement de l'eau ; automatisation du tri des déchets ; accélération
de la dégradation des déchets fermentescibles ; traitement des odeurs non confinées.
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 318

L'approfondissement de ce type d'analyse conduira à recenser les technologies clés néces-


saires pour chacun des systèmes clés, en intégrant, en particulier, la dimension européenne.
Un autre résultat périphérique de l'étude a été la mise en évidence de plusieurs filières, que
nous qualifierons également de clés. L'approche par filière permet de caractériser finement
les tenants et les aboutissants de l'environnement d'un produit. Elle permet de mettre en évi-

conclusions et recommandations
dence les points forts et les points faibles du système, les acteurs qui interviennent directe-
ment ou indirectement dans le système, les synergies, les effets externes, les coopérations,
les goulets d'étranglement, les liaisons entre secteurs, le degré de concurrence et de trans-
parence des différents niveaux d'échanges, la progression de la création de valeur tout au
long de la filière.
Il s'agit, là, d'un vaste sujet. L'analyse fine de ces filières permettrait de proposer des actions
à mener pour renforcer les points forts positifs et estomper les faiblesses. L'articulation entre
technologies et filières clés devrait s'appuyer sur les acteurs d'ores et déjà identifiés pour les
technologies clés. Quelques filières « candidates » ont émergé lors des débats entre experts :
accumulateurs et batteries, combustibles nucléaires, biocarburants, électronique de puis-
sance (silicium, carbure de silicium, diamant), moteurs électriques, matériaux nanostructurés
et nanocomposites (dont nanotubes de carbone), biomatériaux (dont bois), filières intégrées
de recyclage-réutilisation... Une analyse plus poussée permettrait de conforter et d'enrichir
cette liste encore très liminaire.

La mise à jour de l'étude


La dynamique technologique ne s'arrête jamais. Depuis 1995, les exercices Technologies clés
ont conduit à une forte mobilisation d'experts durant quelques mois, puis les réseaux consti-
tués pour l'occasion se sont dispersés. Tout au long de l'étude, cette question de la pérenni-
sation des réseaux d'experts a été évoquée, et notamment lors de la réunion « plénière » qui
318
s'est tenue à Bercy, en octobre 2005.
Il ressort de ces débats un fort consensus pour une mise à jour « en continu » de l'étude. Sur
le plan pratique, l'environnement technologique mis en œuvre pour le site internet (www.tc-
2010.fr) paraît tout à fait adapté à une mise à jour en continu des technologies clés. Toute-
fois, l'expérience montre qu'une évolution et une animation de ce site sont indispensables
pour que ce site « vive ». Cela suppose, notamment, une promotion du site en direction des
PME, la tenue à jour de la liste des accès (identifiant, mot de passe), la diffusion périodique
d'une « lettre des technologies clés », la diffusion « d'alertes » personnalisées aux experts
en cas de contribution dans leur domaine de compétence, etc.
De plus, la constitution d'un « noyau dur » d'experts se réunissant à une fréquence à définir
(typiquement deux fois par an) est souhaitable. Par ailleurs, il paraît indispensable de faire
vivre le vivier des experts par admission de nouveaux membres ou en actant le retrait de ceux
qui ne souhaitent ou ne peuvent plus se mobiliser.
Lors des débats, il est apparu essentiel que cette mise à jour en continu laisse la place à des
« temps forts » qui seraient l'occasion d'une large communication vers les acteurs de l'éco-
nomie et le public. Ces actions de communication pourraient se dérouler tous les deux ans.
Le « portage » politique de l'ensemble de cette démarche est également indispensable pour
une large adhésion du corps social à l'appropriation des résultats de ces travaux.
Le présent rapport a tenté de restituer, aussi fidèlement que possible, les contributions de la
centaine d'experts qui se sont mobilisés pour le succès de l'étude Technologies clés 2010,
sans oublier les contributions déposées sur le site Internet et les interviews effectuées tout
au long de l'étude. Le résultat de ce travail collectif a vocation à être largement diffusé, dis-
cuté et critiqué.
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 319

ANNEXES

Annexe 1 - Liste des participants au projet


Comité de pilotage
André Lebeau Président du Comité de pilotage
Agnès Arcier Minefi/DGE/SPIC
Philippe Boone Mindef/DAS/SDTP
Hervé Bossuat Maapr/DGER
Philippe Bourgeois Minefi/DGE/SPIC
Alain Bravo Supélec
Antoine Chevet Hermès
Laurent De Mercey Rnrt
Elie Faroult Commission européenne
Paul Friedel France Télécom
Pierre Georget Hutchinson
319
Patrick Haouat Erdyn
Jean-Pierre Henninot Minefi/DGE/STSI
Philippe Hirtzman Commissariat général du plan
Olivier-Pierre Jacquotte Mindef/DGA
Véronique Lamblin Futuribles
Richard Lavergne Minefi/DGEMP
Marcel Lebadezet Areva
Sami Louati Minefi/DGEMP
Antoine Masson Agence nationale de la recherche
Caroline Mischler MINEFI/DGE/SPIC
Dominique Namur Commissariat général du plan
Christian Ngo Ecrin
Jean Nunez RNRT
Christophe Alexande Paillard Mindef/DAS/SDTP
Nicolas Petit Oséo-Anvar
Grégoire Postel-Vinay Minefi/DGE/OSI
Claude Ricaud Schneider Electric
Pierre Rolin France Télécom
Lionel Segard Inserm Transfert
Ronan Stephan CNRS
Pascal Stievenard Midef/DGA
Jacques Thernier Minefi/DGE/SIMAP
Jacques Theys Ministère de l'Équipement
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Équipe projet
Consultants
Patrick Haouat Erdyn
Lionel Algarra Erdyn
Stéphane Boudin Erdyn
Justine Derenaucourt Erdyn
Michel Duhamel Erdyn
Louis Drouot Erdyn
Olivier Fallou Erdyn
Hélène Jacquet Erdyn
Geoffrey Delcroix Futuribles
Céline Laisney Futuribles
Véronique Lamblin Futuribles
Clément Bourrat Cybion
Guillaume Lory Cybion
Calixte Cauchois Virtuoz
Joël de Rosnay Biotics

Maîtrise d'ouvrage
Philippe Bourgeois Minefi/DGE/SPIC - chef de projet

annexes
Groupes de travail
Groupe méthode
Khaled Bouabdallah Université Saint-Etienne
320
Philippe Bourgeois Minefi/DGE/SPIC
Alain Bravo Supélec
Yann Cadiou Observatoire des sciences et techniques
Thomas Chaudron Centre des jeunes dirigeants
Nicolas Chung Association des régions de France
Philippe Clerc Assemblée des chambres françaises de commerce
et d'industrie
Michel Combarnous Académie des technologies
Philippe Daulouede Sénat
Christian David L'Expansion
Geoffrey Delcroix Futuribles
Samuel Douette Centre des jeunes dirigeants
Maïte Errecart Institut national de la consommation
François Gérard Oséo-Anvar
Valérie Guigue Koeppen Minefi/DGE/SPIC
Patrick Haouat Erdyn
Mohamed Harfi Commissariat général du plan
Hélène Jacquet Erdyn
Véronique Lamblin Futuribles
Bernard Legendre Assemblée des chambres françaises de commerce
et d'industrie
Lam Fung Ly Mindef/DGA
Edouard Mathieu Agence française pour les investissements internationaux
Catherine Moal L'Usine Nouvelle
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 321

Denis Randet ANRT


Yves Robin Sessi
Alice Wu Commission européenne
Philippe Zenatti Minefi/DGE/SPIC

Services de base
Jean Bonal Ecrin
Stéphane Boudin Erdyn
Daniel Clément Ademe
Robert Cope CSTB
Jérôme de Dinechin Serras Thermoélectricité
Bruno de Latour MDF
Jean-Jacques Doyen Suez
Louis Drouot erdyn
Gilles Goaer Photowatt
Marcel Lebadezet Areva
Jean Lucas Cnam
Gines Martinez Réseau CTI
Jean Claude Mougniot CEA
Frédéric Muttin EIGSI
Christian Ngo Ecrin
Claude Ricaud Schneider Electric
Guy Sarre Saft Batteries
Jacques Varret BRGM

Besoins quotidiens
Valérie Brunel Biodecision
Geoffrey Delcroix Futuribles 321
Jean-Marie Depond ARIIT Centre
Justine Deregnaucourt Erdyn
Michèle Durand Centre national de génotypage
Catherine Esnouf Inra
Patrick Haouat Erdyn
Louis-Marie Houdebine Inra
Michelle Jarrigeon R2ITH
Mark Lathrop Centre national de génotypage
Éric Seuillet E-Mergences
Jean-Daniel Sraer Académie nationale de médecine
NicolesTanniéres Oséo-Anvar
Isabelle Vallée Oséo-Anvar
Jean-Pierre Vors Bayer Cropscience
Ariane Voyatzakis Oséo-Anvar
Françoise Xavier Ecrin et CNRS

Se déplacer
Virginie Augereau RATP
Jacques Beaumont Inrets
Jacques Biais Indicta
Jean Bonal Ecrin
Gérard Cambillau SNCF
Robert Csukai Oséo-Anvar
Pierre Darrort RATP
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 322

Victor Deletang Fiev


Patrice Desvallées DPAC
Yan Georget Koalog
Jean François Gruson IFP
Patrick Haouat Erdyn
Éric Jacquet-Lagrèze Eurodecision
Laurent Jourdainne Arianespace
Alain Jullien Alstom Transport
Céline Laisney Futuribles
Christophe Lèbre ADP
Gérard-Marie Martin Valéo
Christian Ngo Ecrin
Anne-Marie Roy Gifas
Patrick Savourey Accor

Communiquer
Bruno Arnaldi Irisa
Alain Carenco Alcatel
Benoît Crespin LMSI - université de Limoges
Guy Dadou Creativ
Philippe Darche LIP6
Joël de Rosnay biotics
Alain Dechatre CEA

annexes
Gabriel Dib Luceor
Stéphane Elkon Alliance Tics
Hervé Fanet Leti
Frédéric Giron Piere Audouin Conseil
322 Marc Idelson BNP Paribas
Hélène Jacquet Erdyn
Christian Jegourel Edgecall
Didier Juvin CEA-LIST
Laurent Kott Inria
Michel Le Quentrec Météo France
Jean-Luc Leray CEA
Jean-François Perret CNISF
Jean-Paul Pinte Université catholique de Lille
Ramesh Pyndiah ENST Bretagne
Ivan Roux Micro Hebdo
Christophe Schlick Université Bordeaux 2 ( Victor Segalen)
Philippe Silberzahn Digital Airways
Alan Zeichick Software Development Times

Semi-produits
Lionel Algarra Erdyn
Daniel Bernard Arkema
Michel Bonnemaison BRGM
Jean-Marie Dubois Mines de Nancy
Sylvie Dumartineix Oséo-Anvar
Éric Gaffet CNRS
Daniel Gomez Atip
Jean HANUS CEA
Jean Jenck Enki Innovation
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Véronique Lamblin Futuribles


François Laval CEA
Jean-Claude Lehmann Saint Gobain
Gines Martinez Réseau CTI
Dominique Quiniou BRGM
Francis Teyssandier CNRS
Véronique Thierry-Mieg Ecrin
Albert Truyol CNISF
Michel Vernois CTBA

Équipements, process et méthodes de production


Jean-Marc Aublant LNE
Nicolas Beaude Innovprocess
Christian Caremoli EDF
Philippe Contet UNM-FIM
Pierre Devalan Cetim
Louis Drouot Erdyn
Céline Dupont-Leroy Aritt Centre
Benoît Eynard UTT-LASMIS
Olivier Fallou Erdyn
Jean-Pierre Gex Ecrin
Krassimir Krastev Optics Valley
Jean-Paul Papin Cetim
Didier Pellegrin Schneider Electric
Thien-My Phan Oséo-Anvar
Jean-François Somme Acmel Industries
Georges Taillandier AFPR
Arnaud Tanguy Legris 323
Serge Ungar PopSud

Fonctions support
Michel Duhamel Erdyn
Geoffrey Delcroix Futuribles
Marc Idelson BNP Paribas
Thierry Dian-Flon Crédit Agricole Immobilier
Arlette Mazin Cnes
Christian Jegourel Edgecall
Armanda Pais France Télécom R&D
Philippe Cahen Opto Opus
Francis Bourrières Prooftag
Henri Hemery Thales
François Rivard Unilog

Outils d'aide à la réflexion


Patricia Auroy INRA
Bernard Buisson France Télécom
Calixte Cauchois Virtuoz
Michaël Denis ADEV
Jean-Luc Hannequin Creativ
Patrick Haouat Erdyn
Patrice Heyde CCI Rhônes-Alpes
Gérard Husson Mime
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 324

Christophe Lèbre ADP


Guillaume Lory Cybion
Olivier Nérot Social Computing
Fabrice Rigaux Crocis-CCIP
Bernard Rosenzweig Aritt-RDT Centre
Louis Vedier AFIC

Acteurs régionaux
Alsace
Séverine Anquetil Conseil régional Drest
Alain Beretz Université Louis Pasteur
Christian Blum Conseil régional (Deco)
Jean Pierre Chambard Critt Holo3
Alain Dereux Chambre de commerce et d'industrie
Sud-Alsace-Mulhouse
Francis Fischbach DRRT
Mathilde Follonier Iconoval
Jean Paul Gaufillet Irepa Laser
Roma Grzymala Rhenaphotonics
Patricia Hautesuer Ada
François Henne Semia

annexes
Pascale Laurain DRRT
Carmen Muller Réseau technologique d'Alsace
Béatrice Payen Oséo-Anvar Alsace
Alain Strasser Critt Aerial
324 Jean Luc Tourmann Coinseil régional (Drest)
Jérôme Vanmackelberg Drire Alsace
Tima Wendling CCI de Colmar et du Centre-Alsace

Centre
Daniel Barbereau John Deer
Jean Pierre Becquet Drire Centre
Erik Bentz CCI de Tourraine
Sébastien Besson Orléans Technopole
Yolande Boudard Conseil régional du Centre
Daniel Carton Hyginov
Arnaud Catinot Arist-CRCI Centre
Jean-Marie Depont Aritt Centre
Gérard Dequevauviller Cetim-Certec
Claude Fleurier DRRT
Serge Gasnier Cresitt Industrie
Valérie Harel Plate-forme technologie
Christophe Lambert CCI Eure-et-Loire
Sébastien Limousin Drire Centre
Claude Marchand Drire Centre
Michel Mesnier CCI Loir-et-Cher
Patrick Parayre Oséo-Anvar Centre
Corinne Pauly CCI Loir-et-Cher
Bernard Rosenzweig Aritt-RDT Centre
Claude Sautour Oséo-Anvar Centre
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 325

Claude Untrehalt CCI de l'Indre


Michel Villard CCI du Loiret

Nord-Pas-de-Calais
Anne Beauval École des Mines
Marie Bechtet Ciel
Cyril BernardeRNARDE Drire Nord-Pas-de-Calais
Patrick Bertolo Digiport
Jean Claude Carlu Oséo-Anvar Nord-Pas-de-Calais
Arnaud Cichowski Conseil régional (service recherche)
Olivier Declerk IEMN Transfert
Gaétan Mairesse DRRT
Patrick Orlans Cetim
Chantal Pierrache Conseil régional (DAE)
Jean Marie Pruvot RDT
Julien Tognola Drire Nord-Pas-de-Calais
Christian Traisnel Centre de développement des éco-entreprises
Christian VINCQ Drire Nord-Pas-de-Calais

Rhône-Alpes
Bérengère Fournel Présence Rhône Alpes
Gilles Rouchouse Cetim
F. Wendling Aratem
E. Filliol Oséo-Anvar Rhône Alpes
B. Micand Arteb
O. Whitechurch Arteb
M. Barq Pôle européen de plasturgie
H. Montes Conseil régional 325
David Pigot Drire Rhône-Alpes
Gérard Goubault de Brugères Drire Rhône-Alpes
Bertrand Georjo Drire Rhône-Alpes
Marc Rohfritsch Drire Rhône-Alpes
Philippe Sauvage Drire Rhône-Alpes
Jean-Marie Lemahieu Drire Rhône-Alpes
Emmanuel Cantèle Drire Rhône-Alpes
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 326

Annexe 2 - Bibliographie sommaire


Documents transversaux aux secteurs d'activité
• European Business, facts and figures 1998-2002, Eurostat
• Key technologies for Europe, Commission européenne, septembre 2005 (www.cordis.lu/
foresight/key_tech.htm)
• European Foresight Monitoring Network - www.emfn.info
• Fiches de présentation synthétique des Pôles de compétitivité labellisés -CIADT du 12 juil-
let 2005
• Technologies du futur - Enjeux de société, Ecrin, 2005
• Pour une nouvelle politique industrielle, Jean-Louis Beffa, 2005
• Pour un écosystème de la croissance, Christian Blanc, rapport au Premier ministre, 2004
• Opération Futuris, ANRT (www.anrt.asso.fr), 2003-2005
• Converging Technologies - Shaping the future of European Societies, Commission euro-
péenne, 2004
• Principaux enjeux et verrous scientifique au début du XXIe siècle, Synthèses des rapports
sur la science et la technologie, Académie des sciences, Avril 2004

annexes
TIC
• Digiworld 2005, publication Idate, 2005
• Livre Bleu : grands programmes structurants, Propositions des industries électroniques et
326 numériques, juillet 2004
• Économie du logiciel : renforcer la dynamique française, Rapport du groupe de travail pré-
sidé par Hugues Rougier - Commissariat général du plan, octobre 2002
• Le logiciel libre : mythes & réalité, Perspectives technologiques & Opportunités stratégi-
ques, PAC Vision, 2005
• ITEA Technology Roadmap for Software-Intensive System, edition 2, Rapport du réseau
européen ITEA, 2004
• Productivité : les États-Unis distancent l'Europe, Cette Gilbert, Futuribles n° 299, 2004
• MEDEA+ Applications Technology Roadmap, Vision on Enabling Technologies of the future
MEDEA+ Programme, 2003
• 2003 Technology Survey (IEEE), APPLEWHITE Ashton, IEEE Spectrum, janvier 2003

Semi-produits
• The vision for 2025 and beyond, A European technology platform for sustainable chemis-
try, Cefic/EuropaBio, 2005, www.suschem.org
• SusChem - Draft Strategic Research Agenda Reaction & Process Design, Cefic/EuropaBio,
15/06/2005
• SusChem - Developing a Strategic Research Agenda for Industrial Biotechnology, Europa-
Bio/ESAB, 13/06/2005, working doc.
• Avenir de l'industrie chimique en France à l'horizon 2015, Groupe de réflexion stratégique
(Pdt : Député D. Garrigue), mai 2005
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 327

• Smart materials for the 21st century, Smart Materials Taskforce of the Foresight Materials
Panel (Royaume-Uni), 2004, www.iom3.org/foresight
• Functional materials, future directions, Functional Materials Taskforce of the Foresight
Materials Panel (Royaume-Uni), 2004, www.iom3.org/foresight
• Les enjeux des nouveaux matériaux métalliques, Christian Hocquard, Géosciences, n°1,
janvier 2005, p. 6 - 11
• Products and processes for a sustainable chemical industry : a review of achievements and
prospects, Jean F. Jenck et al., Green Chem., 2004, n°6, p. 544 - 556

Construction, génie civil, habitat


• Challenging and changing Europe's built environment: a vision for a sustainable and com-
petitive construction sector by 2030, European Construction Technology Platform, février
2005
• Strategic Research Agenda for the European construction sector, European Construction
Technology Platform, juin 2005

Énergie, environnement
• Nouvelles technologies de l'énergie, rapport préparé sous la direction de Thierry Chambolle,
2004
• Prospective sur l'énergie au XXIe siècle, communication à l'Académie des technologies,
2005
• Key tasks for future European energy R&D, Commission européenne, 2005 327
• 113 technologies dans le domaine de l'environnement, ministère de l'Économie, des Finan-
ces et de l'Industrie, 2004
• European vision for water supply and sanitation in 2030, Water Supply and Sanitation Tech-
nology Platform, juin 2005
• Promouvoir les technologies au service du développement durable: plan d'action de l'Union
européenne en faveur des écotechnologies, communication de la Commission européenne,
janvier 2004

Besoins quotidiens
• PharmaFrance 2004 : S'inspirer des politiques publiques étrangères d'attractivité pour l'in-
dustrie pharmaceutique innovante, Antoine Masson, Conseil général des mines, mai 2004
• Rapport sur l'attractivité de la France pour les industries des biens de santé, Jean Marmot,
12/05/2004
• Synthèses OCDE : Textile & Vétements, novembre 2004
• La place des biotechnologies en France et en Europe, Rapport de l'office parlementaire
d'évaluation des choix scientifique et technologique, Jean-Yves Le Déaut, 27/01/2005
• Rapport sur les enjeux des essais et de l'utilisation des organismes génétiquement modi-
fiés, Rapport de la mission d'information sur les enjeux des essais et de l'utilisation des orga-
nismes génétiquement modifiés, Jean-Yves Le Déaut, 13/04/2005
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 328

• Biomédicaments en France, État des lieux 2004, Étude du Comité biotechnologique du


Leem, Karim Ibazatene, juin 2005
• Biotechnologies : Emploi, métiers et formation, Étude du Leem, septembre 2005

Transports
• Strategic Research Agenda, Ertrac (European Road Transport Research Advisory Council),
2004
• Proposition pour fédérer les stratégies de déploiement des ITS en France, ITS France, juin
2005
• Strategic Rail Research Agenda 2020, ERRAC (European Rail Research Advisory Council),
2002
• Strategic Research Agenda 2020, ACARE (Advisory Council for Aeronautics Research in
Europe), 2002
• Agora 2020, Centre de veille et de prospective du ministère de l'Équipement, www..equi-
pement.gouv.fr/recherche/pvs/CPVS6/activites_recherche_agora2020.htm

Équipements, process et méthodes de production


• International technology roadmap for semiconductors: 2004 update, Sematech ITRS, 2004

annexes
• A method for analysing collective design processes, Françoise Darses et al, rapport de
recherche Inria 4258, septembre 2001
• Livre blanc sur l'optique : bilan des forces et faiblesses de l'optique en France, 2004
• La biophotonique française, perspectives de développement, OpticsValley, juin 2003

328 • Rapport sur l'évolution du secteur des semi-conducteurs et ses liens avec les micro et
nanotechnologies, sénateur Claude Saunier, rapport de l'OPECST n°244
• Vision 2020. Nanoelectronics at the center of change, Commission européenne, rapport du
High level group on nanoelectronics
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Annexe 3 - Priorités technologiques d’autres pays


Les exercices de prospective d'autres pays ont été présentés sous l'angle de la méthode dans
l'introduction du présent rapport. Les principaux axes prioritaires de recherche, ou technolo-
gies clés, retenus à l'issue de ces études sont présentés ci-dessous.

Allemagne
L'exercice allemand, à l'initiative du ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche, est
fondé sur quatre guiding visions :
• comprendre les processus de la pensée : sur la base de l'étude de l'extrême complexité du
cerveau humain, un ensemble de technologies sont développées. À titre d'exemple, on cite :
algorithmes et raisonnements informatiques, principe du codage des neurones, architecture
informatique, robotique autonome, capteur ;
• la santé par la prévention : il s'agit d'assurer une excellente qualité de vie à l'ensemble des
individus et groupes sociaux, et de réduire les inégalités sociales face aux soins. Les priorités
de recherche sont les suivantes :
- collecte et évaluation systématique des données, nouveau type de diagnostic ;
- système de prévention précoce ;
- authentification de données relatives aux patients ;
- protection et stockage des données ;
- développement et fabrication de capteurs ;
- développement de diagnostics génétiques ;
- techniques d'implémentation de solutions techniques ;
329
- acceptabilité et éthique ;
• vivre dans un monde en réseau individuel et sûr : les principaux axes de recherche sont les
suivants :
- interfaces homme-machine, dispositifs mobiles ;
- systèmes embarqués ;
- logiciels ;
- réseau et structure de fourniture de services ;
- sécurité : protection de la communication, authentification ;
• accès libre à l'enseignement : il s'agit ici de concevoir un monde capable de proposer un
accès libre à l'enseignement et à la connaissance. Le volet technologique de cet objectif est
moindre comparativement au volet de gestion et d'organisation (réseaux de sites d'éduca-
tion,...). Le e-learning est cependant directement concerné par cet axe de recherche.

Royaume-Uni
Le Royaume-Uni, dans son troisième cycle de prospective technologique (round 3), cible
plusieurs projets de recherche. Quelques projets ayant « livré » leurs résultats sont présen-
tés ci-dessous, ainsi que les axes prioritaires de chacun.
• prévention de la cyber-criminalité :
- technologies pour la surveillance et la vie privée ;
- technologies pour les services web interopérables ;
- plate-forme de travail sûre (notion d'inviolabilité, d'infaillibilité) ;
- infrastructures (sûreté sur l'ensemble du réseau) ;
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 330

• exploitation du spectre électromagnétique :


- technologies optiques de transfert de données ;
- procédés de fabrication par laser ;
- technologies champ proche ;
- imagerie non-intrusive ;
• sciences liées au cerveau (en relation avec les problématiques de traitements médicamen-
teux et de toxicomanie) :
- génétique et génomique ;
- économie ;
- psychologie expérimentale ;
- sciences sociales : sociologie, psychologie, histoire sociale, épidémiologie, anthropolo-
gie,...) ;
- éthique ;
- psychologie clinique.

Espagne
L'Espagne a fixé ses axes de recherche prioritaires sur les domaines suivants :
• agroalimentaire ;
• énergie ;
• environnement ;

annexes
• chimie ;
• technologie de l'information et des communications ;
• transport ;
• transformation et fabrication ;
• industrie traditionnelle : textile, chaussure, jouets, bois et meubles, verre et céramique,
330
bijouterie).

États-Unis
Lors de l'exercice New force at work, les technologies « critiques » (critical technologies)
retenues par les États-Unis sont les suivantes :
• technologies transversales :
- logiciel ;
- microélectronique et télécommunications ;
- technologies avancées pour l'optimisation des process de fabrication ;
- matériaux ;
- capteurs et technologies de l'image ;
• technologies d'interface :
- technologies de séparation (tri et filtration,...) ;
- technologies de révision et de réparation (ex : maintenance et réparation de logiciel) ;
- systèmes de coordination pour la production de produits complexes.

Canada
Le Canada a focalisé ses travaux vers deux thèmes précis : la « géostratégie » et la « biosys-
témique ».
Le thème « géostratégie » propose la convergence des axes de recherche suivants :
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 331

• biomédecine, robotique, intelligence artificielle, nanotechnologies (Brain) ;


• réseau électronique terrestre: micro et nanocapteurs, technologie de l'information, commu-
nication sans fil, systèmes géospatiaux ;
• prévision météorologique et gestion des risques, capteurs en réseau, observation temps
réel, infrastructure numérique de la surface terrestre ;
• transfert de technologies militaires vers des applications civiles.
Le thème « biosystémique » rassemble les axes de recherche suivants :
• écologie et son impact sur les sciences des matériaux ;
• épidémiologie ;
• biotechnologies, bioinformatique ;
• technologies de l'information, technologies cognitives ;
• génie génétique ;
• semi-conducteurs, photonique ;
• génomique ;
• nanotechnologies.

Japon
Les résultats de la dernière étude Delphi du Japon (projection à trente ans) ont mis en avant
les technologies suivantes (selon les six principaux thèmes initiaux, regroupant 100 technolo-
gies) :
• 3 thèmes sont considérés comme prioritaires :
- science de la vie, santé et agriculture ;
- informatique, électronique ;
- terre et mer, espace, ressource et environnement ;
• 3 thèmes sont classés en seconde position : 331
- matériaux ;
- fabrication, distribution, business ;
- urbanisation, transport et services.

Chine
Les priorités de la Chine, identifiées lors de son dernier exercice de prospective, sont les
suivantes :
• technologies de l'information et des communications :
- logiciel ;
- ordinateurs ;
- sécurité de l'information et des réseaux ;
- circuits intégrés ;
- techniques audio et vidéo ;
• sciences de la vie et ingénierie :
- technologie pour l'agriculture biologique ;
- biomédecine ;
- sciences de la vie ;
- biologie environnementale et industrielle ;
• nouveaux matériaux :
- matériaux de structure ;
- matériaux fonctionnels ;
- matériaux pour l'informatique et l'électronique ;
- nanomatériaux.
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 332

Annexe 4 - Les technologies « candidates »


Le « vivier » des technologies candidates pour être clés était composé de 251 technologies :
• 119 technologies clés 2005 ;
• 132 technologies proposées au cours de l'étude, soit directement sur le site Internet
www.tc-2010.fr, soit par les experts au cours des réunions thématiques, soit par l'équipe pro-
jet.
Ces 251 technologies ont fait l'objet d'un examen systématique par les experts, sur la base
des critères définis au début de l'étude.
Le tableau ci-dessous récapitule le statut de l'ensemble des technologies envisagées comme
« candidates » pour être clés. Les colonnes « statut » et « N° TC 2010 » du tableau s'inter-
prètent comme suit :
• il y a trois statuts possibles pour une technologie candidate :
- TC 2010 : la technologie candidate a été retenue comme technologie clé ;
- I : la technologie candidate n'a pas été jugée clé comme telle, mais elle a été intégrée dans
une technologie clé 2010 de portée plus vaste (système, famille) ;
- NR : la technologie candidate n'a pas été retenue comme clé ;
• la colonne « N° TC 2010 » rappelle la référence de la (ou des) technologie(s) clé(s) 2010 dans
laquelle se retrouve la technologie candidate. Nota : il se peut que certaines technologies clas-
sées « NR » se retrouvent toutefois traitées, marginalement, dans une technologie clé : dans

annexes
ce cas, la colonne « N° TC 2010 » comporte le numéro de référence de la technologie clé
concernée.

332 N° Technologie clé 2005 Statut N° TC 2010


1 Microélectronique silicium 77
2 Microtechnologies - Microsystèmes 77,80
3 Microélectronique III V (AsGa, InP,...) 19
4 Capteurs intelligents TC 2010 75
5 Mémoires de masse I 2
6 Composants optoélectroniques et photonique I 78
7 Composants d'interconnexion et d'interface I 9
8 Capteurs de vision ou capteurs d'image I 11,55,74,75
9 Écrans plats NR 17
10 Équipements et matériaux pour salles blanches, robotique NR
11 Batteries et gestion de la microénergie TC 2010 1
12 Objets communicants autonomes
(identifiants intelligents, étiquettes) TC 2010 4,9
13 Assistants digitaux portables NR
14 Technologies logicielles pour les systèmes temps
réel ou contraint I 6,7
15 Technologies logicielles de la langue et de la parole I 13
16 Infrastructures pour réseaux dorsaux haut débit I 9
17 Technologies de boucle locale I 8
18 Technologies logicielles pour le transport de données I 9
19 Réseau domestique numérique I 8
20 Technologies logicielles pour la sécurité des réseaux I 10
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 333

21 Intermédiation et intégration de services pour l'Internet


du futur I 13
22 Grands serveurs I 12,15
23 Transmission temps réel de contenus multimédias I 12
24 Technologies logicielles pour la gestion des données
et du contenu I 11,12,13
25 Systèmes auteurs pour la création de contenu multimédia I 12,13
26 Technologies logicielles de réalité virtuelle I 16
27 Technologies logicielles de l'informatique distribuée I 7,9,13
28 Génie logiciel I 7
29 Ingénierie des grands systèmes complexes I 82
30 Mesure et test de systèmes I 6
31 Alliages de polymères NR
32 Nanocomposites et renforts nanométriques I 18
33 Matériaux pour systèmes avancés (piézoélectriques,
ferroélectriques et magnétiques) I 19
34 Matériaux absorbants de chocs, de vibrations,
de bruit, de chaleur I 24
35 Matériaux pour procédés en milieux extrêmes
(hautes températures, froid,...) I 24
36 Fibres textiles fonctionnelles I 25
37 Catalyseurs I 20
38 Ingénierie et traitement des surfaces TC 2010 79
39 Procédés biotechnologiques et biomimétiques
de synthèse de minéraux et polymères I 21
40 Procédés de mise en œuvre et de formulation
de la matière molle NR 333
41 Élaboration de composites à matrice organique NR
42 Surveillance intelligente de l'élaboration et de la mise
en œuvre des matériaux NR 74
43 Évaluation non destructive de l'endommagement
des matériaux et des assemblages NR 24
44 Fabrication en petites séries à partir de modèles numériques I 81
45 Modélisation complète de la transformation des matériaux
et intégration dans des bases de données NR 15
46 Modélisation moléculaire des polymères I 15,49
47 Techniques de synthèse et des tests haut débit TC 2010 49
48 Systèmes performants pour enveloppe de bâtiment TC 2010 26
49 Techniques de diagnostic des structures NR
50 Technologie de déconstruction NR
51 Conception et mise en œuvre des ouvrages dans une logique
de développement durable I 28,29,30
52 Ingénierie concourante I 81
53 Réalité virtuelle augmentée pour la conception architecturale
et technique I 15,16
54 Gestion de l'air dans les bâtiments TC 2010 28
55 Réduction des bruits NR 64
56 Béton à performances optimisées I 24
57 Matériaux composites pour les routes (les enrobés) I 56
58 Technologies de travaux souterrains I 57
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 334

59 Off shore grands fonds NR


60 Robotique mobile en milieu hostile I 56, 69
61 Stockage de l'énergie I 1, 31, 32, 67
62 Pile à combustible NR 1
63 Microturbine I 1
64 Éolien offshore I 32
65 Photovoltaïque I 31
66 Éclairage et visualisation à basse consommation TC 2010 36
67 Supraconducteur NR
68 Piégeage et stockage du CO2 I 37
69 Conditionnement - entreposage et stockage des déchets
nucléaires à vie radioactive longue NR 34
70 Fluides frigorigènes à haute qualité environnementale NR
71 Stabilisation en vue du stockage et de l'utilisation
écocompatibles des déchets ménagers et industriels NR 56
72 Recyclage de matériaux spécifiques TC 2010 23
73 Élimination des métaux lourds dans les boues et les effluents NR
74 Filtration membranaire I 40
75 Développement des techniques de diagnostic
et de traitement des sols NR
76 Outils de gestion et d'évaluation des risques

annexes
environnementaux et sanitaires NR
77 Ingénierie des protéines I 46
78 Transgénèse TC 2010 44
79 Détection et analyse des risques pour l'environnement
lié aux OGM I 44
334
80 Thérapie génique TC 2010 47
81 Clonage des animaux NR
82 Criblage de molécules I 49
83 Greffe d'organe NR
84 Thérapie cellulaire TC 2010 45
85 Organes bioartificiels NR
86 Imagerie médicale I 55
87 Chirurgie assistée par ordinateur I 16,55
88 Miniaturisation des instruments de recherche médicale I 55
89 Traçabilité TC 2010 73
90 Marquage métabolique des aliments I 72
91 Technologies « douces » pour la préservation
de la qualité des aliments I 53
92 Biocapteurs, biopuces I 49
93 Architecture électrique TC 2010 65
94 Architecture électronique - informatique répartie
et multiplexage dans les véhicules TC 2010 66
95 Compatibilité électromagnétique NR
96 Composants électroniques de moyenne puissance I 65
97 Sûreté des systèmes (embarqués et des infrastructures) I 6, 82
98 Ergonomie de l'interface homme-machine I 14
99 Amélioration des performances énergétiques d'ensemble
des véhicules I 67, 60
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 335

100 Véhicules intelligents et communicants NR 59


101 Moteurs thermiques TC 2010 62, 63
102 Amélioration du coût et des performances des lanceurs
spatiaux NR
103 Outils de personnalisation de la relation client I 11
104 Agents intelligents I 7,13
105 Offre de produits et de services de grande consommation
à base de réalité virtuelle I 16
106 Outils de santé à la disposition des consommateurs NR
107 Design sensoriel y compris la métrologie sensorielle NR
108 Méthodes de marketing liées à l'utilisation des TIC NR
109 Systèmes d'organisation et gestion industrielle améliorés NR 81
110 Formalisation et gestion des règles métier NR
111 Outils d'aide à la créativité NR
112 Représentation de la perception du consommateur NR
113 Simulation, modélisation du comportement humain
(dans le poste de travail, face au produit...) I 15
114 Multireprésentation des objets virtuels - qualité
de la représentation I 16
115 Simulation numérique des procédés I 15
116 Représentation et gestion des processus de l'usine numérique I 15
117 Prototypage rapide NR
118 Supply Chain Management NR
119 Soutien logistique intégré NR

335

Les technologies candidates proposées au cours de l'étude

N° Technologie clé 2005 Statut N° TC 2010


120 Matériaux composites nanostructurés TC 2010 18
121 Assemblage structural par collage I 76
122 Procédés innovants (usinage grande vitesse,
usinage jet d'eau, revêtements, outils de coupe) I 80
123 Panneaux solaires photovoltaïques I 31
124 Turbo Codes (applications télécoms) I 9
125 Pilotage de processus collaboratifs (cf. systèmes complexes) I 81,82
126 Opérations réseaux-centrées (applications militaires) I 8
127 Logiciels répartis, logiciels scientifiques (communication
entre ordinateurs, b to b, grilles de calculs) I 9,15
128 Alimentation végétarienne NR
129 Les réseaux bayésiens (intelligence artificielle,
aide à la décision) I 13
130 Programmation par contraintes (optimisation combinatoire) I 15,71
131 Programmation orientée aspect (AOP) (concevoir ces logiciels
« par fonctions ») I 7
132 Web sémantique pour l'éducation I 13
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 336

133 Mise en œuvre - Assainissement - Pressurisation de circuits


en ambiance cryogénique NR
134 MDA (Model Driven Architecture, une technologie
de génie logiciel) I 7
135 Méthodologie de conception et d'innovation
(volet SHS en complément des SPI) I 81
136 Domotique NR
137 Processeurs asynchrones (modifications architecturales fines) NR 3
138 Communication (plate-forme de veille pédagogique
pour le e-learning) I 13
139 Modélisation de la cellule vivante - chaînage d'action
des services web, applications et librairies I 7,15
140 LED de puissance pour éclairages public et technique I 36
141 Logiciels de traduction automatique I 13
142 Règles explicatives (intelligence artificielle) I 13
143 Mousses métalliques et/ou structures alvéolaires I 24,60
144 TAPP : Transactional Access Point Protocol 5
145 Batteries lithium-ion I 31, 32, 67,71
146 RSS (syndication et aggrégation de contenus multimédias) I 12
147 Technologies de génomique fonctionnelle à grande
échelle appliquées à l'étude des maladies TC 2010 48
148 Le code à bulles : solution de lutte contre la contrefaçon

annexes
des produits et la falsification des documents. I 72
149 Coconception TC 2010 81
150 Barrage flottant antipollution NR
151 Technologie domotique et de services pour l'habitat NR
336 152 Les réseaux « Mesh » de maillage et de routage
dynamique de réseaux sans fil I 8
153 Bio-santé NR
154 Intégration électronique de puissance I 65, 67
155 Génération électrique par thermoélectricité NR
156 RFID identification par la radiofréquence I 4
157 ORBIman : réseaux metropolitains à QoS
(hauts débits, sécurité...) contractualisables I 9
158 Systèmes cellulaires pour la sélection de gènes
et d'agents anticancéreux (criblage) I 49
159 Matériaux souples pour stockage d'eau NR
160 Connexion sans fil très haut débit I 8
161 Conversion directe optique-radio I 78
162 Rafraîchissement d'images haute définition I 12
163 Circuits souples intégrés I 3,17
164 Capteurs répartis I 75
165 Multisensorialité I 14
166 Énergie portable I 1
167 Projection miniaturisée I 17
168 Papier, stylos et supports electroniques NR
169 Observations satellitaires radar en zone urbaine
et périurbaine (interférométrie) NR
170 RFID en environnement métallique I 4
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 337

171 Recyclage multimétaux par biotraitements des produits


TIC en fin de vie I 23
172 Accélération de la dégradation des déchets fermentescibles
et valorisation énergétique TC 2010 42
173 Réfrigération magnétique pour les marchés industriels
et grand public NR
174 Moteur à air comprimé pour véhicules de tout type
(camions, voitures de tourisme) NR
175 Gestion et préservation des ressources en eau souterraine I 39,40
176 Petits véhicules aériens automatiques et autonomes I 69
177 Inexpensive Broadband Access and interconnection I 8
178 White Leds [light-emitting diodes] I 36
179 Alternate Gate Dielectrics I 19
180 Low-Cost Artificial Intelligence I 13
181 Molecular Imaging I 55
182 Open-Source Operating Systems NR
183 The Integration of biology and engineering I 49
184 Applications de Galileo TC 2010 70
185 Outil d'aide à la décision pour une meilleure politique
de gestion des déchets municipaux NR
186 Traçage isotopique des sources de pollution atmosphérique
(particules et gaz) NR
187 Measurement of innovation in the service industry I 83
188 Les textiles intelligents I 25
189 Géothermie haute enthalpie pour production d'électricité NR
190 Détection de résidus de substances médicamenteuses
et pharmaceutiques I 39 337

191 Techniques de spéciation des métaux NR


192 Outils de modélisation pour l'intelligence collective
(systèmes complexes) I 82
193 Catalyse homogène combinatoire I 20
194 Géothermie EGS - production d'électricité à partir
des roches chaudes et fracturées - concept EGS
(Enhanced Geothermal Systems) NR
195 Géothermie décentralisée - production d'électricité
et de chaleur à partir de réservoirs moyenne température NR
196 TIC - applications Internet mutualisées -
gestion d'infrastructures NR
197 Sondes géothermales pour pompes à chaleur I 35
198 Géostructures énergétiques I 35
199 Stylo numérique NR
200 Architectures orientées services I 5
201 Technologies de lutte contre la contrefaçon I 72
202 Operating System Open Source vs. Microsoft NR
203 Loi de Moore sub-45 nanomètres 2010 - Sources optiques
puissantes à 13 nanomètres (100 electron-volts) et optiques
en rayons X pour la lithographie extreme UV I 77,78
204 Objet sensitif NR
205 « Intelligence minérale » pour une gestion durable des ressources minérales NR
206 Utilisation rationnelle des énergies I
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 338

207 Reprendre le contrôle de l'ordinateur portable


par le biais du téléphone portable NR
208 Conception assistée par ordinateur I 15
209 Personnalisation (customisation) pour l'habillement NR
210 Développement des textiles destinés à des usages
techniques TC 2010 25
211 Développement durable pour le textile I 25
212 Nanotechnologies appliquées au textile I 25
213 Biotechnologies pour le textile I 25
214 Moyens préventifs de lutte contre tous types d'inondations NR
215 Signature électromagnétique des composants du vivant NR
216 Toiture solaire à moyenne concentration I 30
217 Moteur électrique et alternateur à aimant permanent
et électronique associée I 67
218 Production d'un substitut du gasoil à partir de la biomasse
lignocellulosique I 33
219 Générateur électrique à piston libre et combustion
à très haute température I 62
220 Éoliennes off shore flottantes multi-rotors NR
221 Production d'électricité avec des capteurs
à moyenne concentration NR
222 Liquéfaction de la biomasse lignocellulosique

annexes
par hydrothermolyse flash I 33
223 Aide à la créativité NR
224 Lean management NR
225 E-PLI NR
338 226 Systèmes pour la production d'électricité en période
de pointe ou de crise NR
227 Automatisation des systèmes ferroviaires NR
228 Antennes I 75
229 Sûreté de fonctionnement I 6,82
230 Liaisons sans fil sécurisées I 10
231 Informatique contextuelle I 8,11
232 Manipulation de contenus multimédias I 12
233 Outils de veille et d'intelligence économique et gestion
des connaissances I 13
234 Intégration d'applications d'entreprise I 5,7
235 Logiciels pour l'éducation et la formation I 13
236 Terminal multistandard (numérique, analogique) I 9
237 Visualisation d'informations et de données complexes
(y compris réalité virtuelle) I 14,16,17
238 Reconnaissance de caractéristiques biologiques I 72
239 Cryptographie pour l'authentification I 10
240 Méthodes et processus de soutien à l'innovation I 83
241 Architecture des ressources humaines de l'entreprise NR
242 Authentification par des élément générés par un processus
de chaos I 72
243 Technologies logicielles pour la sécurité des réseaux I 10
244 Technologies d'identification de produits, sans contact (RFID) I 4
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 339

245 Détection et analyse NRBC (nucléaire, radiologique,


biologique, chimique) NR
246 Ordinateurs quantiques NR
247 Ingénierie financière de l'innovation et du développement I 83
248 Veille pédagogique I 13
249 Outils de formation aux sciences et aux techniques NR
250 Systèmes autoapprenants pour l'aide à la décision I 13
251 Logiciels de traduction automatique et mémoire de traduction I 13

339
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 340

Annexe 5 - Liste des disciplines scientifiques


Biochimie
Biologie moléculaire
Biologie cellulaire
Biologie des organismes
Sciences médicales et alimentation
Physico-chimie de la pharmacologie
Neurosciences
Médecine et odontologie
Biologie des populations et écologie
Chimie physique
Chimie analytique
Chimie moléculaire
Chimie du solide
Matériaux
Physique théorique
Optique
Physique des constituants élémentaires
Physique des milieux dilués

annexes
Physique des milieux denses
Sciences des milieux naturels (terre, océans, atmosphère)
Astronomie, astrophysique
Énergétique
340 Mécanique des fluides
Génie des procédés
Mécanique
Génie des matériaux
Génie civil
Informatique
Automatique
Traitement du signal
Électronique
Photonique
Optronique
Mathématiques et leurs applications
Sciences du langage
Psychologie
Sociologie
Démographie
Droit et sciences politiques
Économie et gestion
Géographie et aménagement
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 341

Annexe 6 - Liste des compétences technologiques


et codes CIB
Électronique - électricité
Composants électriques F21 ; G05F ; H01B, C, F, G, H, J, K, M, R, T ;
H02 ; H05B, C, F, K
Audiovisuel G09F, G ; G11B ; H03F, G, J ; H04N, R, S
Télécommunications G08C ; H01P, Q ; H03B, C, D, H, K, L, M ; H04B,
H, J, K, L, M, Q
Informatique G06 ; G11C ; G10L
Semi-conducteurs H01L ; B81

Instrumentation
Optique G02 ; G03B, C, D, F, G, H ; H01S
Analyse - mesure - contrôle G01B, C, D, F, G, H, J, K, L, M, N, P, R, S, V, W ;
G04 ; G05B, D ; G07 ; G08B, G ; G09B, C, D ; G12
Ingénierie médicale A61B, C, D, F, G, H, J, L, M, N
Techniques nucléaires G01T ; G21 ; H05G, H
Chimie - matériaux
Chimie organique C07D, F, G, H, J
Chimie macromoléculaire C08B, F, G, H,,K, L ; C09D, J
Chimie de base A01N ; C05 ; C07B ; C08C ; C09B, C, F, G, H, K ;
C10B, C, F, G, H, J, K, L, M ; C11B, C, D
Traitements de surface B05C, D ; B32 ; C23 ; C25 ; C30
341
Matériaux - métallurgie C01 ; C03C ; C04 ; C21 ; C22 ; B22 ; B82

Pharmacie - biotechnologies
Biotechnologies C07K ; C12M, N, P, Q, S
Pharmacie - cosmétiques A61K, P
Produits agricoles et alimentaires A01H ; A21D ; A23B, C, D, F, G, J, K, L C12C,
F, G, H, J ; C13D, F, J, K

Procédés industriels
Procédés techniques B01 ; B02C ; B03 ; B04 ; B05B ; B06 ; B07 ; B08 ;
F25J ; F26
Manutention - imprimerie B25J ; B41 ; B65B, C, D, F, G, H ; B66, B67
Appareils agricoles A01B, C, D, F, G, J, K, L, M ; A21B, C ; A22 ;
et alimentation A23N, P ; B02B ; C12L ; C13C, G, H
Travail des matériaux A41H ; A43D ; A46D ; B28, B29 ; B31 ; C03B ;
C08J ; C14 ; D01 ; D02 ; D03, D04B, C, G, H ;
D06B, C, G, H,J, L, M, P, Q ; D21
Environnement - pollution A62D ; B09 ; C02 ; F01N ; F23G, J

Machines - mécanique - transports


Machines-outils B21 ; B23 ; B24 ; B26D, F ; B27 ; B30
Moteurs - pompes - turbines F01 (sauf F01N) ; F02 ; F03 ; F04 ; F23R
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 342

Procédés thermiques F22 ; F23B, C, D, H, K, L, M, N, Q ; F24 ; F25B,


C ; F27 ; F28
Composants mécaniques F15 ; F16 ; F17 ; G05G
Transports B60 ; B61 ; B62 ; B63B, C, H, J ; B64B, C, D, F
Spatial - armement B63G ; B64G ; C06 ; F41 ; F42

Consommation des ménages - BTP


Consommation des ménages A24 ; A41B, C, D, F, G ; A42 ; A43B, C ; A44 ;
A45 ; A46B ; A47 ; A62B, C ; A63 ; B25B, C, D, F,
G, H ; B26B ; B42 ; B43 ; B44 ; B68 ; D04D ;
D06F, N ; D07 ; F25D ; G10B, C, D, F, G, H, K
BTP E01 ; E02 ; E03 ; E04 ; E05 ; E06 ; E21

annexes
342
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 343

Annexe 7 - Liste des domaines d’application


Agriculture, sylviculture, pêche
Industries agricoles et alimentaires
Habillement, cuir
Édition, imprimerie, reproduction
Industrie pharmaceutique
Fabrication de savons, de parfums et de produits d'entretien
Industries des équipements du foyer
Industrie automobile
Construction navale
Construction de matériel ferroviaire roulant
Construction aéronautique et spatiale
Autres véhicules
Industries des équipements mécaniques
Fabrication de machines de bureau et de matériel informatique
Industries des équipements électriques et électroniques
Industries extractives
Fabrication de verre et d'articles en verre
Fabrication de produits céramiques et de matériaux de construction
Industrie textile
Travail du bois et fabrication d'articles en bois
Industrie du papier et du carton
Chimie, caoutchouc, plastiques
Métallurgie et transformation des métaux
343
Fabrication de matériel électrique
Fabrication de composants électroniques
Production de combustibles et de carburants
Production et distribution d'électricité, de gaz et de chaleur
Captage, traitement et distribution d'eau
Bâtiment
Travaux publics
Commerce et réparation automobiles
Commerce de gros, intermédiaires
Commerce de détail, réparations
Services de transports
Activités financières
Activités immobilières
Postes et télécommunications
Services informatiques
Services aux entreprises
Assainissement, voirie et gestion des déchets
Recherche et développement
Hôtels et restaurants
Activités récréatives, culturelles et sportives
Services personnels et domestiques
Éducation
Santé, action sociale
Administration
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 344

Annexe 8 - Liste des pôles de compétitivité


Biothérapies (Pays de la Loire)
Photonique (Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Aquatique (Nord-Pas-de-Calais)
Image, multimédia et vie numérique (Île-de-France)
Industries et agroressources (Champagne-Ardenne et Picardie)
Céramique (Limousin, Centre et Midi-Pyrénées)
Filière équine (Basse-Normandie)
Nucléaire de Bourgogne (Bourgogne)
Plasturgie (Rhône-Alpes et Franche-Comté)
Cosmetic Valley (Centre, Île-de-France, Haute-Normandie)
Sea-Nergie (Bretagne)
Innovations thérapeutiques (Alsace)
Images et réseaux (Bretagne)
Agronutrition en milieu tropical (Dom-Tom)
Techtera (Rhône-Alpes)
EMC2 (Pays de la Loire)
Industries du commerce (Nord-Pas-de-Calais)
Mer, sécurité et sûreté (Provence-Alpes-Côte d'Azur)

annexes
Viameca (Auvergne et Rhône-Alpes)
Solutions communicantes sécurisées (Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Enrrdis (Rhône-Alpes)
Sciences et systèmes de l'énergie électrique (Centre)
344 Fruits et légumes (Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Lyon Urban Truck & Bus 2015 (Rhône-Alpes)
Vestapolis (Île-de-France) + Normandy Motor Valley (Basse et Haute-Normandie) = Mov’éo
Fibres naturelles Grand Est (Alsace et Lorraine)
Gestion des risques et vulnérabilités des territoires (Provence-Alpes-Côte d'Azur
et Languedoc-Roussillon)
Lyonbiopôle (Rhône-Alpes)
Cancer-Bio-Santé (Midi-Pyrénées, Limousin)
Innovation dans les céréales (Auvergne)
Viandes et produits carnés (Interrégional)
Génie civil ouest (Pays de la Loire)
Up - Tex (Nord-Pas-de-Calais)
Trimatec (Languedoc-Roussillon)
Sports & Loisirs (Rhône-Alpes)
Elopsys (Limousin et Midi-Pyrénées)
Pin maritime (Aquitaine)
Vitagora (Bourgogne)
Parfums, arômes, senteurs (Provence-Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes)
Route des lasers (Aquitaine)
I-Trans (Nord-Pas-de-Calais et Picardie)
Transactions électroniques sécurisées (Basse-Normandie)
System@tic (Île-de-France)
Véhicule du futur (Alsace et Franche-Comté)
aConclusion 22/06/06 15:16 Page 345

Ville et Mobilité (Île-de-France)


Enfant (Pays de la Loire)
Vallée de l'Arve (Rhône-Alpes)
Minalogic (Rhône-Alpes)
Aéronautique et espace (Aquitaine et Midi-Pyrénées)
Logistique Seine Normandie (Haute-Normandie)
Mipi (Lorraine)
Chimie-environnement Lyon (Rhône-Alpes)
Énergies renouvelables-bâtiment (Languedoc-Roussillon)
Mobilité et transports avancés (Poitou-Charentes)
Microtechniques (Franche-Comté)
Q@limed Agropolis (Languedoc-Roussillon)
Auto haut de gamme (Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes)
Loisirs numériques (Rhône-Alpes)
Méditech Santé (Île-de-France)
Matériaux domestique (Nord-Pas-de-Calais)
Végétal spécialisé (Pays de la Loire)
Énergies non génératrices de gaz à effet de serre (Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Prod'innov (Aquitaine)
L'aliment de demain (Bretagne)
Nutrition santé longévité (Nord-Pas-de-Calais)
Orpheme (Provence-Alpes-Côte d’Azur et Languedoc-Roussillon)
Polymers Technologie (Basse-Normandie, Haute-Normandie, Centre et Pays de la Loire)
Ecoindustrie (Poitou-Charente)

345