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À côté des conflits proprement dits, des tensions et menaces peuvent aussi s’avérer

sources d’instabilité. De nos jours, la piraterie, la prolifération nucléaire et le
terrorisme en représentent les principales formes. La situation en Afrique de l’Ouest,
qui doit faire face à des groupes islamistes, dont le fameux Al-Qaïda au Maghreb
islamique (AQMI), ou celles en Irak et en Syrie, oùde nouveaux groupes jihadistes
jouent un rôle déstabilisateur, attestent de ce phénomène. Enfin, avec la pénétration
croissante d’Internet dans les sociétés se dessine un nouveau territoire, le cyberespace,
où s’affrontent les États, mais aussi des individus ou groupes aux intentions criminelles.

Les conflits dans le monde aujourd’hui
Depuis la fin de la guerre froide, le nombre de conflits militaires de grande
ampleur dans le monde diminue régulièrement. Ils n’ont toutefois pas
disparu : une quinzaine de nouveaux conflits ont fait irruption en 2013,
comme en Ukraine, au Sud-Soudan ou en République centrafricaine, mais
ils sont aujourd’hui à 80 % internes, les conflits interétatiques étant en voie
de disparition. Seules cinq guerres interétatiques ont ainsi été recensées au
cours des vingt dernières années : Érythrée-Éthiopie (1998-2000), IndePakistan (1999-2003), Irak-coalition anglo-américaine (2003), RussieGéorgie (2008), Soudan-Sud-Soudan (2012).
DÉFINIR LES CONFLITS
Dans son baromètre annuel des conflits politiques, le Heidelberger Institut für
internationale Konfliktforschung recense 414 conflits dans le monde en 2013, soit neuf
de plus qu’en 2012. Mais seuls 20 sont classés en tant que guerres et 25 comme guerres
« limitées ». Définissant un conflit comme une différence de positions et une opposition
d’intérêts autour de valeurs nationales, d’une certaine durée et entre deux parties (États,
organisations ou groupes organisés), l’institut allemand distingue ainsi les guerres, les
conflits latents (lors de revendications) ou manifestes (avec usage de la violence et de
sanctions), et les crises. Tandis qu’une crise désigne un conflit d’un certain niveau
d’intensité où les acteurs peuvent user de la force, voire de façon répétée et organisée
(crise grave), la guerre représente l’intensité maximale du conflit, lorsque la violence
est continue et systématique avec des moyens considérables, impliquant des
conséquences durables.
Depuis 1990, la nature des conflits a changé avec l’ordre étatique : la mondialisation
post-guerre froide a participé à endiguer de nombreux conflits basés sur une logique
prédatrice et territoriale. En valorisant les échanges, elle a rendu nécessaires la
stabilité politique et la paix. Les flux de populations et de marchandises qui polarisent
le monde aujourd’hui créent des interdépendances plus grandes qui limitent l’apparition
de conflits armés entre États.
Toutefois, en dépit de la diminution des conflits, on constate souvent la transformation
de conflits internes (provoqués par des mouvements de rébellion) en conflits régionaux
e t donc en guerre stricto sensu, notamment en raison de la circulation d’armes, la
présence d’alliés, d’alliances et de liens (ethniques, religieux) transnationaux, qui

concourent à l’intervention des pays voisins, en particulier en Afrique.

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LE PAYSAGE DE LA CONFLICTUALITÉ INTERNATIONALE
Après la guerre froide, le paysage des conflits internationaux est marqué par quatre
grands traits :
1) La persistance de quelques contentieux internationaux hérités de la période 19451950 : entre le Japon, la Russie et la Chine, entre les deux Corées, Inde-Pakistan,
Chine-Taiwan, Israël-Palestine. Alimentés par le retour des nationalismes, ils ont
souvent des répercussions mondiales, en raison d’enjeux idéologiques et/ou religieux
(Palestine, Cachemire), du risque d’escalade nucléaire (Asie du Sud et de l’Est) et de
la possibilité d’une guerre entre grandes puissances (Chine-États-Unis à cause de
Taiwan). Ils peuvent être attisés par des enjeux de ressources (hydrocarbures, minerais,
eau, etc.).
2) Le caractère endémique de la guerre civile en Afrique, qui se manifeste par le
nombre des conflits, leur durée et leur extrême brutalité (massacre de civils,
endoctrinement et enrôlement des enfants, utilisation de la faim et du viol comme armes
de guerre), que ce soit au Congo (RDC), au Nigéria ou au Soudan, que la naissance du
Sud-Soudan n’a d’ailleurs pas tari. Ces pays se caractérisent généralement par une

mauvaise gouvernance et les contrôle de l’État sur le territoire est défaillant. Les
conflits naissent souvent de tensions identitaires et sont alimentés par des enjeux liés
aux ressources. Ils sont fréquemment internationalisés.
3) La persistance d’insurrections armées de longue date, dont le règlement est incertain
(Birmanie, Thaïlande), malgré quelques évolutions positives (Colombie, Philippines).
4) Les ramifications de la « guerre contre le terrorisme » engagée par les États-Unis et
leurs alliés depuis le 11 septembre 2001. Elles ont non seulement mené à des
opérations militaires majeures (Afghanistan, Irak) mais aussi à une multitude d’actions
ponctuelles qui affectent les équilibres nationaux ou régionaux, et peuvent avoir un
impact sur d’anciens conflits (Somalie, Pakistan, Mali).
Les principaux risques de futurs conflits se trouvent sur l’axe régional allant du golfe de
Guinée à la péninsule coréenne.

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