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MODULE 1

PHOTOGRAPHIES AÉRIENNES ET CARTES
TOPOGRAPHIQUES
Bon nombre d’études en géographie utilisent les photographies aériennes comme
source d’information. Pour pouvoir les interpréter, il nous faut, entre autres, bien
connaître leurs propriétés de base, savoir manier des instruments comme le
stéréoscope et développer les facultés d’observation, de concentration et de déduction
logique. Les cartes topographiques constituent un des documents de référence qui
facilite de beaucoup la photo-interprétation. Ces cartes ont leurs propres
caractéristiques et il est essentiel de bien les connaître. C’est le but du premier module :
se familiariser avec les cartes topographiques et les photographies aériennes et s’initier
à la première étape de la photo-interprétation, la « lecture » des photos.

François Cavayas A-2010

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

LABORATOIRE 1-A
CARTE TOPOGRAPHIQUE
PROPRIÉTÉS ET UTILISATION DE LA CARTE TOPOGRAPHIQUE
ÉCHELLE
Toute carte est tracée selon une échelle : L’échelle exprime le rapport de similitude
entre les mesures (longueurs, surfaces) effectuées sur une carte et les mêmes mesures
effectuées sur le terrain. À titre d’exemple, la distance entre deux bâtiments localisés sur
une carte est de 2 cm. La même distance mesurée sur le terrain est de 1 km. Le rapport
de similitude est donc de 2 cm pour 1 km ou
Échelle =

2 cm
d 2 cm
1
=
=
=
ou 1 :50 000 ou 1/50 000
D 1 km 100 000 cm 50 000

Distance mesurée sur la carte=d

Distance mesurée sur le terrain=D

Nous pouvons faire le même exercice avec les surfaces. Lorsque nous parlons de
longueurs, l’échelle est dite linéaire; pour les surfaces nous parlerons d’échelle
surfacique.
L’échelle des cartes topographiques est pratiquement constante : Si l’échelle de la
carte est constante partout, peu importe où l’on effectue nos mesures de longueurs,
nous pouvons dire que ce que nous mesurons sur ce document est de X fois plus petit
qu’il l’est sur le terrain. Dans l’exemple précédent une longueur, une distance, mesurée
sur la carte serait de 50 000 fois plus petite qu’elle l’est sur le terrain. Or, l’échelle d’une
carte n’est pas uniforme. En fait, les cartes sont une représentation sur un plan des
surfaces continentales rapportées au préalable sur la surface d’une sphère (plus
précisément, un ellipsoïde) qui approche le plus possible la forme et les dimensions de
la Terre. Les variations de l’échelle sont dues à la sphéricité de la Terre. Pour les cartes
à très petite échelle (p.ex. 1 :20 000 000) ces variations sont très importantes à travers
la surface de la carte. Plus l’échelle devient grande (par exemple 1 : 50 000) moins la
courbure de la Terre est importante. Les cartes topographiques (échelles 1 :1 000 000
ou plus grandes) sont construites de telle manière (voir point suivant) que les variations
de l’échelle soient minimisées. Ainsi nous pouvons effectuer nos mesures en ne
considérant qu’une seule échelle pour l’ensemble de la carte.

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LOCALISATION
Une carte topographique permet de localiser un élément au sol selon ses
coordonnées géographiques ou ses coordonnées planes définies selon un
système de référence cartographique. Tout élément sur la surface terrestre est
rapporté sur la surface courbe de l’ellipsoïde terrestre. Pour le repérer on utilise ses
coordonnées géographiques latitude, longitude :

Les parallèles et les méridiens forment un système de
référence sur la surface de la terre. Les latitudes et
les longitudes ce sont des angles qui nous spécifient
sur quel parallèle (latitude) et sur quel méridien
(longitude) on se situe. La latitude est mesurée de
l’équateur vers les pôles (nord ou sud). On parle ainsi
d’une latitude nord (N ou +) et d’une latitude sud (S ou
-). La longitude est mesurée d’un méridien standard
vers l’est ou l’ouest. On parle ainsi d’une longitude est
(E ou +) ou d’une latitude ouest (W ou -). Par
convention le méridien standard (ou d’origine) est
celui qui passe par l’observatoire de Greenwich en
Angleterre.

Latitudes et longitudes définies sur la
Terre supposée une sphère parfaite.

Tout point sur la surface de l’ellipsoïde est par la suite rapporté sur le plan de la carte
selon une technique de projection cartographique spécifique. Parmi ces techniques,
nous retrouvons une qui, malgré la projection d’une surface courbe à une surface plane,
préserve les formes des objets localement (en fait les angles mesurés autour d’un point)
au détriment des longueurs et des surfaces. Ce type de projection s’appelle conforme.
Peu importe le pays, on utilise ce type de projection pour sa cartographie topographique.
Les projections conformes se divisent à leur tour en projections cylindriques, coniques,
azimutales, etc. Pour la cartographie topographique au Canada (échelles 1 :250 000 et
1 : 50 000) et au Québec (ex. 1 : 20 000) on utilise la projection cylindrique
transverse conforme de Mercator. Pour minimiser les déformations des longueurs et
des surfaces (variations de l’échelle) et ainsi rendre l’échelle pratiquement uniforme,
comme nous l’avons mentionné précédemment, chaque pays utilise un système qui
subdivise son territoire en morceaux. Chacun des morceaux est alors projeté

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indépendamment des autres selon le type de projection conforme choisi. Le fédéral
(cartes 1 :250 000 et 1 :50 000) utilise un tel système appelé Universel Transverse de
Mercator (UTM). Il s’appelle Universel car son inventeur (L’Armée des USA) l’a crée
pour l’ensemble du globe. Les morceaux sont définis d’une façon systématique en
commençant par le Pacifique et comprennent des territoires inclus entre deux méridiens espacés
de 60 de longitude :
La surface de l'ellipsoïde terrestre est découpée en
« zones » ou « fuseaux » de 60 de longitude. Au total il
0
0
y a donc 60 zones UTM (60 x 6 = 360 ) numérotés de 1
o
à 60, en commençant à l'ouest (-180 de Greenwich) et
en se dirigeant vers l'Est.
Puisque les deux méridiens qui bordent chaque fuseau
convergent aux pôles, la largeur d’un fuseau sur la
surface de l'ellipsoïde va en diminuant de l’équateur
vers les pôles. L’utilité pratique de ce système s’arrête
ainsi à une certaine latitude proche des pôles. Afin de
représenter l’ensemble des masses continentales les
0
0
latitudes limites choisies sont : 84 30’N et 80 30’ S.
Chaque zone est à son tour subdivisée en quadrilatères
de 80 de latitude désignés par une lettre de C à X (en
omettant les lettres I et O). À titre d’exemple, sur la
figure ci-contre, le quadrilatère teint en rouge est
identifié comme le 32 N.
Afin de compléter la cartographie de l’ensemble de la
Terre les deux régions polaires sont représentées selon
le système UPS (Universel Polaire Stéréographique).
Comme son nom l’indique la projection stéréographique
(conforme) azimutale (sécante) est utilisée. Les
parallèles 800 30’ et 840 30’ délimitent les zones UPS
désignées A, B et Y, Z.
Pour chaque fuseau UTM, un cylindre transverse
sécant est défini centré sur le méridien central du
fuseau. Chaque point sur la surface de l'ellipsoïde à
l'intérieur du fuseau est projeté sur la surface du
cylindre selon la formulation de la projection cylindrique
conforme transverse de Mercator.

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l’origine des coordonnées UTM (intersection de l'équateur et du méridien central) prend les valeurs 500 000 m Est. longitude à l’intérieur du fuseau correspond une paire de coordonnées UTM. tel qu’exigé pour la cartographie à grande échelle (ex. Ainsi à chaque paire de latitude. La valeur 500 000 est appelée "faux Est" et elle est attribuée pour éviter les valeurs négatives en X à l'Ouest du méridien central. nous attribuons la valeur 500 000 m et 10 000 000 m pour le même point si nous voulons mesurer les coordonnées à l'hémisphère sud. Au Québec on utilise un système similaire le Modifié Transverse de Mercator (MTM) où les morceaux sont définis à tous les 30 de longitude pour minimiser davantage les variations de l’échelle. Pour l'hémisphère nord. L'axe des ordonnées coïncide avec le méridien central du fuseau (également représenté par une ligne droite) et est appelé l'axe des coordonnées Nord. et est appelé l'axe des coordonnées Est. Selon le même principe.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Pour chaque fuseau on érige un système de coordonnées planes. qui selon cette projection est représenté par une ligne droite. 1 :20 000). 5 . La valeur de 10 000 000 (faux Nord) est attribuée pour éviter les valeurs négatives en Y au sud de l'Équateur. L'axe des abscisses coïncide avec l'équateur. 0 m Nord.

Le cadre intérieur de la carte est formé par les projections des arcs des méridiens et des parallèles qui définissent cette portion du territoire. Ces lignes sont graduées et ainsi nous avons une indication sur les latitudes et les longitudes des lieux représentés sur la carte. longitude. Exemple : Sur une carte un point est situé à 400 mètres à l'est de la ligne verticale de 357 000 et à 200 mètres au nord de la ligne horizontale de 5 476 200. On a qu’à localiser le carré de la grille qui contient le point et mesurer les distances en Est et Nord par rapport au point à gauche et en bas du carré. Les coordonnées UTM sont faciles à définir. La carte contient un quadrillage (en bleu sur la figure ci-contre). Puisque ces lignes ne sont pas tout à fait droites. ses coordonnées sont 357 400 E. 18T pour la région de Montréal).GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Chaque carte topographique couvre une portion du territoire (voir plus loin) à l’intérieur d’un fuseau UTM (ou MTM). Pour éviter les confusions on accompagne toujours les coordonnées avec le numéro du fuseau (ex. Puisque il y a 60 fuseaux UMT. On préfère ainsi définir les coordonnées UTM (ou MTM) d’un point et calculer par la suite ses coordonnées géographiques par un logiciel de conversion des coordonnées UTM en latitude/longitude. leur utilisation pour spécifier les coordonnées géographiques d’un point directement sur la carte ne donne qu’une idée approximative de sa position en latitude. il y aura 60 points à l’hémisphère nord avec exactement les mêmes coordonnées. 5 476 200 N. 6 . On peut ainsi identifier de manière non équivoque tout point de l'hémisphère nord.

le quadrilatère de base à l’échelle 1 :1 000 000 à cette latitude couvre une surface de : (40 x 78 km) x (80 x 111 km) Æ 312 km x 888 km = 277 000 km2 environ. chacune des subvissions du 1/50 000 en quatre et représentée à l’échelle 1 :20 000 et non pas 1 :25 000.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection SURFACE COUVERTE PAR UNE CARTE Une carte ou feuille topographique ne couvre qu’une petite portion du territoire à l’intérieur d’un fuseau UTM. celles du 1 : 250 000 et de 1 :50 000. Ces subdivisions (quadrilatères) sont représentées par des feuilles à l’échelle 1 :1 000 000. et chaque nouveau quadrilatère représenté à l’échelle 1 :500 000. Ainsi. Une carte au 1 :50 000 représente le 16ème du territoire contenu dans une carte au 1 :250 000 : Une feuille au 1 :250 000 (en jaune) est découpée en 16 morceaux. Partant de cette superficie nous pouvons conclure qu’en moyenne une feuille au sud couvrira selon son échelle : Échelle 1/250 000 (16ème de la feuille au 1/1 000 000) 1/50 000 (16ème de la feuille au 1/250 000) 1/20 000 (quart de la feuille au 1/50 000) Superficie approximative au 45e parallèle 17 000 km2 1 000 km2 250 km2 7 . La surface couverte par une feuille dépend de son échelle et de la latitude du territoire représenté. Au Canada nous utilisons un système de subdivision systématique du territoire en feuilles topographiques basé sur les latitudes et les longitudes. Au Québec nous utilisons un principe similaire en partant des quadrilatères du 1/50 000. Chacun de quadrilatère reçoit un code qui permet de le situer dans le territoire canadien et connaître son échelle. En utilisant le même principe on arrive à des subdivisions du territoire que l’on représente au 1 :50 000. chacun des morceaux est représenté au 1 :50 000. Chaque quadrilatère est subdivisé à son tour à quatre quadrilatères. Pour des raisons historiques. tandis qu’un arc de 10 le long du parallèle de 450 vaut à peu près 78 km. Actuellement deux échelles sont maintenues par le fédéral. On commence par des subdivisions larges de 80 en longitude (au sud du 68ème parallèle) et de 40 en latitude. Si la Terre était une sphère parfaite un arc de 10 le long d’un méridien vaut à peu près 111 km sur la Terre. Cette portion est d’autant plus petite que l’échelle de la carte est grande.

Les cartes topographiques sont toujours accompagnées d’une échelle graphique comme le montre la figure suivante (remarque : l'exemple ci-dessous n'est pas à l'échelle). Le comptage du nombre de carrés qui tombent à l’intérieur de la figure est une méthode relativement correcte d’estimation de la superficie. Pour ce faire. Cependant il y a trois nord : le nord géographique où les méridiens convergent .5 kilomètres ou 7 500 mètres. triangle. Par exemple. Nous pouvons l’utiliser pour déterminer la distance entre deux points sur la carte sans passer par la multiplication par le facteur de réduction. le planimètre. etc.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection DISTANCES–LONGUEURS Une carte topographique permet de mesurer une distance entre deux points ou de définir une longueur quelconque. Bien sûr. Un exemple est donné ci-dessous où la distance indiquée est d'environ 7. Une autre façon de calculer une distance est d’appliquer la formule bien connue en se servant des coordonnées UTM des points : Distance entre A et B = ( E A − E B )2 + ( N A − N B )2 SUPERFICIES Une carte topographique permet de mesurer une surface. trapèze. nous n’avons qu’à mesurer une distance sur la carte et la multiplier par le facteur de réduction. 8 . seule l’échelle graphique peut nous informer sur le nouveau rapport de similitude car elle est réduite ou agrandie de la même manière que notre carte originale. On compare alors la longueur mesurée à cette échelle graphique en utilisant la subdivision secondaire à la gauche pour estimer des fractions de kilomètres. si la forme du contour correspond à une figure géométrique standard (parallélogramme. Il est intéressant à noter que lorsque on réduit ou on agrandit la carte. une autre technique est celle d’une grille où chaque carré correspond à une unité de surface à l’échelle de la carte. le nord magnétique que l’aiguille d’une boussole pointe. ORIENTATIONS Une carte topographique permet de trouver l’orientation (par rapport au Nord) d’une direction quelconque. on peut utiliser un appareil spécialement conçu.) il est facile de calculer sa superficie par la mesure de deux ou trois longueurs. En l’absence de cet appareil. Pour ce faire. Une carte topographique contient l’information nécessaire pour s’orienter par rapport au Nord. différentes techniques peuvent être employées.

par rapport au nord géographique ou magnétique.ex. des lignes joignant des successions de points de même altitude (=élévation d’un point au-dessus du niveau moyen de la mer. et plus proche de celle de 500 m. Si le point ne se trouve pas sur une des ces courbes nous utilisons les principes d’interpolation entre courbes de niveaux : Marche à suivre : 1. Étant donné l’équidistance de 20 m. Le point (c) se trouve au sommet d’une colline.M. Déterminer si le point se trouve plus haut ou plus bas de cette courbe maîtresse en identifiant la prochaine courbe maîtresse la plus proche du point. donc son altitude est de 580 m. Dans nos exemples nous allons supposer que les altitudes sont mesurées en mètres et l’équidistance est de 20 m. Comme ce point ne se trouve pas entre deux courbes de niveau nous savons que son altitude ne doit pas dépasser celle de la courbe la plus proche (600 m) + une équidistance (20 m). Partant de la grille UTM (ce qui est le plus facile) on définit l’orientation d’une direction par rapport au nord de la grille. 10 m). et plus proche de celle de 600 m. Trouver la courbe maîtresse (une courbe è trait plus épais que les autres) la plus proche au point et lire son altitude 3. et (c). Si les points tombent sur des courbes de niveau ou sont sur le sommet d’une colline voir l’exemple 1 5. à l’aide du diagramme. Il y a aussi une série de points bien définis sur la carte appelés points cotés où l’altitude est indiquée sur la carte. Ce dernier n’est pas un point comme le pôle Nord ou le pôle magnétique. Si le point se trouve dans le fond d’une dépression la façon d’opérer est la même comme dans le cas du point (c) de l’exemple 1 sauf qu’ici on descend en altitude (Exemple 3). Le point (b) se trouve sur la quatrième courbe intermédiaire entre les courbes maîtresses de 500 m et de 600 m. N. Nous pouvons quand même lui assigné une altitude approximative. i.e. car les lignes Nord-Sud de la grille demeurent parallèles au méridien central du fuseau UTM (ou MTM).GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection ainsi que le nord de la grille UTM (ou MTM). Les altitudes sont exprimées en pieds (anciennes cartes) ou en mètres et les courbes sont tracées à une équidistance souhaitée (p. le point (a) se trouve donc à 540 m. 6.). Déterminer l’équidistance ainsi que l’unité de mesure des altitudes (pieds ou mètres). En marge de la carte nous avons un diagramme montrant les différences entre ces trois nord. Le point (a) se situe sur la deuxième courbe intermédiaire entre les courbes maîtresses de 500 m et de 600 m. Une carte topographique nous fournit les éléments nécessaires pour estimer l’altitude. Exemple 1 : Déterminez les altitudes des points (a). 2. 4. et par la suite. disons 610 m 9 . (b).M. Si les points se trouvent entre deux courbes de niveau voir l’exemple 2. Ce sont les courbes de niveau. ALTITUDES Une carte topographique permet de connaître l’altitude d’un point quelconque.

RELIEF Une carte topographique permet d’apprécier le relief topographique du territoire. soit à 230 m environ.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Exemple 2 : Déterminez les altitudes des points (a). Le point (a) se trouve plus proche de la courbe de 100 m et à peu près à un quart de la distance avec la prochaine courbe. etc. Compte tenu de l’équidistance de 20 m le contour de la dépression se situe quelque part entre 240 et 260 m. Nous pouvons allez plus loin dans l’appréciation du relief en extrayant des profils. (b). La densité des courbes de niveau à un endroit précis et leur forme nous donne une indication claire sur le relief topographique comme dans l’exemple ci-après nous montrant une petite colline dissymétrique à droite. en estimant l’angle de pente du terrain. donc son altitude sera d’environ : 200 m – ¼ de l’équidistance = 195 m Exemple 3 : La dépression apparaît entre la deuxième et la troisième courbe intermédiaire entre les courbes maîtresses de 200 m et de 300 m. Finalement le point (c) se trouve plus proche de la courbe de 200 m à un quart de la distance entre les courbes 200 et 180 m. Le point (b) se trouve à mi distance entre les courbes 160 m et 180 m donc à une altitude d’environ 170 m. 10 . et (c). Nous pouvons ainsi dire qu’à l’intérieur de la dépression l’altitude se situe à 240 m – ½ de l’équidistance. Puisque le point (a) est plus haut que 100 m on aura 100 m + ¼ de l’équidistance = près de 105 m.

boisés. toute saison (couleur rouge-brun) Bâtiment Route de gravier. bâtiments. La résolution altimétrique définie la précision avec laquelle nous pouvons estimer une altitude. au verso de la carte. il y a la liste exhaustive des symboles utilisés.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection CONTENU D’UNE CARTE Une carte permet de connaître la nature des certains éléments qui composent un paysage (planimétrie). aggloméré.5 m qui signifie la marge d’erreur lors d’une mesure sur la carte. etc. toute saison (couleur rouge-brun) Église. Au besoin. une longueur. etc. ils sont soit représentés par un symbole (pas à leur taille réelle) ou sont carrément omis. toute saison (couleur orangée) Centre de service Route de gravier. caserne de pompiers. une surface quelconque. chemins de fer. Il en va de même pour les éléments anthropiques (routes. la résolution (14 du mm) correspond à une distance au sol de 12. lieu de culte non chrétien. milieux humides. Poste de police Route .) sont montrés sur une carte par des symboles stylisés que l’on peut vite mémoriser pour décortiquer son contenu.revêtement dur.). Nom de l'élément Symbole Nom de l'élément École. 11 . lieu de pèlerinage Route . Ainsi si l’échelle est 1 :50 000. Plusieurs détails physiques (réseau hydrographique. Lorsque les éléments planimétriques sont de petite dimension vis-à-vis l’échelle de la carte. temps sec (couleur orangée) Poste de douane Route pour transport rapide Station de la garde côtière Route en construction (la largeur et la couleur varient selon la classification) Ruines Sentier ou portage Fort Rond-point (couleur rouge-brun) Symbole Numéros de route RÉSOLUTION D’UNE CARTE La résolution planimétrique d’une carte définit la précision avec laquelle nous pouvons mesurer une distance. Souvent on prend comme résolution planimétrique le quart du mm.revêtement dur. Souvent on la définit comme la moitié de l’équidistance entre courbes de niveau.

dans le but de cartographier le territoire. La photographie aérienne est présentement confinée à la cartographie topographique parce qu’elle offre encore certains avantages par rapport aux images numériques : à la fois grande couverture de surface et finesse du détail visible. Pour les photographies prises par satellite (habité ou non). Une caméra de 35 mm.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection LABORATOIRE 1-B PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE La photographie aérienne a été le premier moyen de télédétection utilisé pour faire l’inventaire des ressources terrestres et pour cartographier le territoire. À la fin de la mission. il faut atteindre les années 1960 où divers programmes spatiaux se mettent en branle aux USA et à l’ex-Union Soviétique. Les deux guerres mondiales (1914-1918 et 1942-1945) contribuèrent à l’essor de la photographie aérienne comme moyen de renseignement militaire.e. En plus d’éliminer le processus encombrant du développement chimique des photographies. Comme date de naissance de la photographie aérienne on admet aujourd’hui l’année 1858. nous exploitons aujourd’hui pleinement le rayonnement solaire réfléchi (la photographie n’exploite qu’une portion de ce rayonnement) ainsi que d’autres formes du rayonnement électromagnétique provenant des objets (rayonnement émis par les objets. 12 . Seuls les russes continuèrent leur programme d’acquisition des photographies spatiales par des satellites automatiques. Si l’on inclut dans les photographies spatiales. rayonnement des sources artificielles). montée à bord d’une fusée V2. Cette époque marque un tournant important dans l’histoire de la télédétection avec l’introduction massive des capteurs électroniques et de la possibilité d’enregistrer des images en format numérique. Quant à la photographie par satellite. i. L’interprétation des photographies aériennes (photo-interprétation) et les opérations photogrammétriques (stéréo-restitution) définissent à toute fin pratique la télédétection jusqu’aux années 1970 environ. prises surtout la deuxième moitié du 20e siècle. le problème de récupération du film photographique a limitée son acquisition à partir des vaisseaux habités. avec ces capteurs numériques. lorsque Gaspar Félix Tournachon (dit Nadar) photographia de son ballon le quartier de l’Étoile à Paris. nous pouvons citer comme date de la première photographie spatiale l’année 1946. constituent une archive riche pour les études historiques. le module du satellite incluant la caméra photographique était injecté et récupéré sur Terre. directement exploitables par ordinateur.e. prend alors les premières photos de la Terre d’une altitude de 130 km. Il n’en demeure pas moins que les photographies aériennes. des mesures précises des objets au sol et des altitudes du terrain en se servant des stéréophotographies. i. celles prises par fusée. Dans l’entre guerres (années 1920) on commence aussi à faire des levés photogrammétriques.

au niveau de la mer. ce flux énergétique n’est pas également réparti dans le spectre. 1 -3 -6 1 μm = 1 millième du millimètre (10 mm) ou un millionième du mètre (10 m) 13 . On estime que l’éclairement solaire aux confins de l’atmosphère se lève en moyenne à quelques 1350 W/m2 (constante solaire). Il y a aussi du rayonnement invisible (ex. Par éclairement on veut dire la quantité d’énergie qui traverse par seconde (ou flux) une surface de 1m2. Le soleil émet des quantités énormes de rayonnement électromagnétique. le rayonnement est composé de microparticules. Les ondes électromagnétiques comportent une onde électrique et une onde magnétique indissociables. La plus grande partie se trouve dans la gamme des longueurs d’ondes du visible du spectre électromagnétique (longueur d’onde : 0. les quanta ou photons. ultraviolet et infrarouge) mais en plus petites quantités. C’est quoi le rayonnement solaire? Le rayonnement solaire est une forme particulière du rayonnement électromagnétique. Lorsque il y a transformation de l’énergie électromagnétique à une autre forme d’énergie et vice-versa. On admet que le rayonnement électromagnétique ce de l’énergie qui est émise par une source et qui se propage à une vitesse voisine à 3x108 m/sec (vitesse de la lumière) en suivant un mouvement ondulatoire.4μm à 0.7 μm)1. On admet aussi qu’à une échelle microscopique. La longueur d’onde (λ) représente la distance nécessaire pour que l’onde électrique (ou magnétique) reprenne son amplitude initiale. après passage par l’atmosphère. Comme le montre la figure 1. Plus de détails sur le rayonnement électromagnétique seront donnés au Module 2 du cours.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection ACQUISITION DES PHOTOGRAPHIES AÉRIENNES La photographie aérienne exploite le rayonnement solaire réfléchi par les objets et le phénomène de réaction photochimique entre ce rayonnement et le film photographique pour former à distance une image de la scène visée par une caméra photographique. Le photon a une masse pratiquement nulle. ces échanges énergétiques se font par des quantités discrètes dont l’unité est l’énergie transportée par un photon. Figure 1 : Distribution spectrale de l’éclairement solaire hors atmosphère et.

L’atmosphère terrestre avec ses gaz constitue un filtre.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Le rayonnement dans le visible. comme nous l’avons mentionné. que quelques 10% de l’éclairement total reçu par les surfaces bien éclairées par le soleil. les photons peuvent arriver de n’importe quelle direction. qui réduit (par absorption) plus ou moins fortement l’éclairement qui atteint la surface terrestre. plusieurs photons arrivant directement de la direction du soleil sont « bloqués » par les bâtiments. Ces derniers bloquent complètement l’éclairement solaire direct. à part des conditions atmosphériques. 14 . de la position à l’horizon du soleil. Ainsi la partie arrière de bâtiments ne reçoit que l’éclairement du firmament qui est. est appelé souvent. variable selon la longueur d’onde. En conclusion. voir Boîte 1 plus loin). La photo (b) a été prise sous un ciel parfaitement couvert par les nuages. Le deuxième est un éclairement omnidirectionnel. La quantité du rayonnement diffusé et sa longueur d’onde dominante dépendent du type de particules ainsi que de leur taille. On parle du rayonnement solaire direct pour le distinguer d’un autre type d’éclairement qui arrive en même temps au sol via le firmament. Nous parlons des zones ombragées ou éclairées. La lumière solaire selon sa longueur d’onde dominante nous donne une sensation différente que nous appelons communément la couleur (spectrale. Plus les grosses particules dominent plus le rayonnement solaire dans l’ensemble du visible (et moins dans l’infrarouge) est diffusé. l’éclairement solaire qui arrive à la surface terrestre est composé de l’éclairement solaire direct (photons pas absorbés ou diffusés par l’atmosphère) et de l’éclairement diffus du firmament (photons diffusés par l’atmosphère). La différence entre la quantité du rayonnement solaire réfléchi (voir point suivant) par les surfaces où l’éclairement direct est bloquée et les surfaces bien éclairées par le soleil. On estime qu’en moyenne l’éclairement du firmament constitue quelques 10% à 20% de l’éclairement total qui arrive à la surface. Le premier est un éclairement directionnel et sa quantité dépend. est tellement grande qu’à nos yeux les premières nous apparaissent peu brillantes par rapport au reste. Son caractère omnidirectionnel fait que toute surface est éclairée presque uniformément. De quelle direction elles arrivent en plus grande quantité et quelle est la longueur d’onde dominante dépend de la composition de l’atmosphère et de la position du soleil à l’horizon. par exemple les molécules des gaz atmosphériques. plus le rayonnement solaire de courte longueur d’onde est diffusé. Le ciel passe alors d’une couleur bleue à une couleur jaunâtre/blanchâtre (présence des polluants atmosphériques ou des poussières) à du blanc (présence des nuages). Compte tenu de la position du soleil au moment de la prise de cette photo (relativement bas à l’horizon). Les particules qui composent l’atmosphère n’absorbent pas seulement le rayonnement mais aussi elles en diffusent une partie. Les zones d’ombres ne sont plus visibles. Ce qui explique la couleur bleue du ciel lors d’une journée claire. peu importe sa source. la lumière. La photo (a) a été prise sous un ciel clair. La figure 2 est une preuve visuelle de l’existence des ces deux composantes du rayonnement solaire. La figure 1 nous donne une idée de cette diminution de l’éclairement solaire direct à la surface terrestre. Ce qui arrive à la surface est le rayonnement diffusé par les nuages et les autres particules atmosphériques. Plus les petites particules dominent.

e. Pour décrire la capacité de l’objet de réfléchir le rayonnement solaire nous utilisons une grandeur (sans dimensions). La réflexion de volume sera examinée avec plus de détails au Module 5 de notre cours où il sera question des études sur la qualité de l’eau. chaque objet selon ses propres caractéristiques. i.e. En photographie aérienne on ne s’intéresse qu’au rayonnement réfléchi. la réflectance. et c) ils laissent passer les photons à l’intérieur de leur corps. Ici on parle de la réflexion (ou diffusion) de volume en opposition au phénomène de réflexion qui a lieu sur une « peau » mince de la surface du matériau (ou réflexion de surface). 15 . b) ils réfléchissement une partie. À part l’eau. ils restituent le rayonnement solaire dans l’espace ambiant mais dans des directions pas nécessairement les mêmes que celles de la provenance des photons. les photons. peuvent être absorbés ou diffusés (comme dans le cas de l’atmosphère) et une partie des photons diffusés peut retraverser le volume dans une direction opposée et ressortir du corps dans l’espace ambiant. Comme la figure 3 nous laisse comprendre. C’est le rapport entre le flux du rayonnement solaire réfléchi et celui qui est reçu par la surface. i. l’énergie électromagnétique est transformée à une autre forme d’énergie.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection (a) (b) Figure 2 : Photos prises sous un ciel clair (a) et sous un ciel couvert de nuages (b) C’est quoi le rayonnement solaire réfléchi? Les matériaux de surface terrestre agissent de trois façons devant le rayonnement solaire (direct ou indirect) : a) ils absorbent une partie. Le spectre de réflectance est appelé « la signature spectrale » de l’objet. après avoir parcouru un certain trajet. les autres matériaux de surface sont « opaques » et ainsi seuls les phénomènes d’absorption et de réflexion de surface ont lieu. réfléchira des portions variables de rayonnement solaire selon la longueur d’onde. Dans ce dernier cas. Il varie donc entre 0 (absorption complète) et 1 (réflexion totale).

Un objet qui possède des aspérités importantes est un réflecteur diffus. Ce rayonnement « parasite » n’est pas si important en quantité mais. La surface d’eau calme approche un tel réflecteur spéculaire.0 1.0 2. Pour contrecarrer cet effet de voile nous employons des filtres que nous examinerons brièvement plus loin. L’atmosphère elle-même (excluant les nuages) est un réflecteur diffus du rayonnement solaire.3-3. est dirigée vers la caméra photographique. Certains objets ont la capacité de concentrer le rayonnement solaire réfléchi dans une direction privilégiée et d’autres de le diffuser dans n’importe quelle direction.5 1.7 μm). il peut créer un voile sur la photo qui peut rendre l’image des objets au sol floue (diminution des contrastes). Nous verrons plus loin (laboratoire 1-D) les répercussions des ces types de réflecteurs sur la photographie aérienne. 16 . Sur le rayonnement réfléchi de la surface s’ajoute donc une portion du rayonnement diffusé par l’atmosphère dans la direction de la caméra. Les objets réels ne sont ni des réflecteurs spéculaires ni des réflecteurs lambertiens parfaits.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection 100 90 Réflectance (%) 80 Aluminium Cuivre Conifères Feuillus Herbe sèche Herbe verte Béton Asphalte 70 60 50 40 30 20 10 0 0.5 3. selon la longueur d’onde et les conditions atmosphériques.7-1. le proche infrarouge (0.5 2. Ainsi un objet sans aspérités importantes (objet lisse) réfléchira le rayonnement solaire dans une seule direction. Ceci est principalement dû à la micro-géométrie de la surface (aspérités).4-0. Un papier blanc mat est un matériau qui approche un tel réflecteur. Une partie du rayonnement réfléchi. Dans son parcours il perd en force. dû à la diffusion et l’absorption atmosphérique ainsi qu’en raison de la distance (en fait le carré de la distance) qui sépare le sol de la caméra.0 μm). On parle alors d’un réflecteur spéculaire. Un réflecteur diffus idéal est celui qui réfléchit la même quantité du rayonnement peu importe la direction. comme nous l’avons mentionné plus haut. plus ou moins grande selon le type de réflecteur.3 μm) et l’infrarouge à courtes longueurs d’ondes (1.0 Longueur d'onde (micromètres) Figure 3 : Réflectance de différents matériaux dans le visible (0. Ce réflecteur idéal est appelé réflecteur isotrope ou réflecteur lambertien (du nom du mathématicien français Lambert). Cette diminution de l’intensité a des répercussions importantes sur la technologie des caméras photographiques ainsi que la constitution des films photographiques comme il le sera question un peu plus loin.

Les halogénures d'argent ne sont sensibles qu’à l’ultraviolet.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection C’est quoi une réaction photochimique? Le système de collecte de la caméra (voir plus loin) capte une partie du rayonnement réfléchi et la focalise sur la surface du film photographique.films sensibles à l’UV. le bleu et le vert. contient des substances dites photosensibles.films infrarouges (sensibles à toute la gamme de longueurs d’ondes de l’ultraviolet au proche infrarouge) Les films panchromatiques étaient et le sont encore de loin les plus utilisés pour l’acquisition des photographies aériennes en noir et blanc. l’émulsion photographique. On observe que le film panchromatique est moins sensible au rayonnement dans l’UV et le bleu que le film infrarouge. La figure suivante montre schématiquement la structure d’un tel film.films orthochromatiques (de l’UV jusqu’au rouge) . des électrons peuvent être libérés causant ainsi l’ionisation des leurs molécules. En ajoutant des pigments aux cristaux.films panchromatiques (de l’UV jusqu’au proche infrarouge) . Si le rayonnement auquel elles sont exposées apporte suffisamment d’énergie. Cependant leur sensibilité ne dépasse par les 0. . sont composés d’une base en polyester ou en acétate enduite de l’émulsion photographique. Ce processus est expliqué par la suite en fonction des deux types de film photographique : ceux en noir et blanc et ceux en couleur. d’une épaisseur entre 0. de formes irrégulières (comme des flocons de maïs) et de dimensions différentes (entre 1 et 4 μm). Le graphique suivant nous donne une idée du degré de sensibilité des films panchromatique et infrarouge aux différentes longueurs d’onde. Les films en noir et blanc Ces films.films sensibles au bleu (de l’UV jusqu’au vert) . L’émulsion est une suspension de cristaux d’halogénures d’argent (le plus souvent des bromures d’argent : AgBr) dans une couche de gélatine.9 μm (proche infrarouge).18 mm. En observant les figures 1 et 3.08 à 0. Une couche du film. dispersés aléatoirement dans la gélatine. D’autres couches sont ajoutées pour protéger l’émulsion des rayonnements parasites (couche anti-halo) ou des stresses mécaniques (couche de protection). Cette image est traitée au laboratoire pour la « fixer » sur la pellicule. il est clair que la photographie aérienne n’exploite qu’en partie le rayonnement solaire réfléchi. Les films en noir et blanc disponibles sont les suivants : . L’émulsion avec ses ions est une image latente. tous deux étant moins 17 . L’émulsion est en fait une mosaïque de cristaux d’halogénure. ils deviennent sensibles aussi à autres longueurs d’ondes. Pour exploiter pleinement ce rayonnement nous avons besoin d’autres types de « détecteurs » comme il sera question au Module 2.

à part d’un renversement de la géométrie de l’objet. On parle alors d’un négatif. Au laboratoire on emploie un révélateur qui réduit les cristaux sensibilisés en argent atomique pur. Le fixateur dissout finalement les halogénures non réduites et l’image finale est ainsi produite. Le négatif peut ensuite. On parle de la création de l’image latente. La figure 5 montre schématiquement ce processus de formation d’un négatif ainsi que d’un positif. l’image obtenue. Figure 4 : sensibilité des émulsions panchromatique et infrarouge Un photon qui frappe un des cristaux d’halogénure. Cette modification de la structure de l’émulsion est d’autant plus importante que le nombre de photons qui ont été absorbés à cet endroit précis est grand. Puisque l’argent atomique est noir. plus de photons. et l’argent moléculaire ionisé (réaction photochimique). pour un positif développé en contact. qui est absorbée par la gélatine. moins d’argent ionisé alors tonalité brillante. montrera aussi un renversement des tonalités de gris (moins de photons. faire exposer le papier photographique avec un renversement de nouveau de la géométrie et des teintes de gris pour un positif agrandi ou seulement des teintes de gris. alors tonalité foncée). plus d’argent ionisé. peut apporter l’énergie suffisante qui modifie localement la structure chimique de l’émulsion en libérant le brome. Le film panchromatique n’a aucune sensibilité au proche infrarouge.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection sensibles au vert qu’au rouge. 18 . par un processus analogue. dans les longueurs d’ondes où le film photographique est sensible.

création s’un positif et structure d’un positif La figure 6 montre un exemple d’un négatif et d’un positif obtenu avec un film panchromatique et un film infrarouge au-dessus du même territoire et à la même échelle. on constante que dans la gamme des longueurs d’onde du visible (zone de sensibilité du film panchromatique. la végétation est particulièrement réfléchissante dans le proche infrarouge (figure 3). (b) inversion de la géométrie et des teintes. la végétation apparaît avec des tonalités foncées. Ce qui est frappant ici c’est la différence des teintes des terrains couverts de végétation.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection (a) Structure d’un positif (b) Figure 5 : a) Création d’un négatif . Par contre. Compte tenu aussi de la plus faible sensibilité du film panchromatique au rayonnement dans le vert. il montre ainsi la végétation comme un objet brillant. 19 . Le film infrarouge étant sensible à ces longueurs d’onde (figure 4). L’inversion des teintes et de la géométrie du négatif est évidente. Si l’on consulte la figure 3. figure 4) la végétation est en général parmi les objets les moins réfléchissants.

(b) négatif et positif obtenus avec un film infrarouge Les films couleurs Les films couleurs possèdent trois couches différentes avec des halogénures d’argent auxquelles on ajoute des pigments. Ces pigments permettent la sensibilisation des cristaux d’argent dans chaque couche au rayonnement avec des longueurs d’ondes spécifiques ainsi que la coloration caractéristique des ces couches une fois le film développé au laboratoire. La théorie des couleurs et de leur formation est revue brièvement dans la Boîte 1.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Figure 6 : a) négatif et positif obtenus avec un film panchromatique. Il y a deux types de film couleur : ceux dites couleurs normales et ceux dites couleurs fausses. Examinons chacun des ces types. 20 .

Cette couche filtre se dilue lors du développement n’affectant guère la couleur des objets sur la photo. (b) sensibilité des couches 21 . (a) (b) Figure 7 : film couleurs normales (a) structure. On distingue les trois couches caractéristiques avec des halogénures d’argent et le type de pigments ajoutés par couche de coloration caractéristique après développement (jaune.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Couleurs normales Les photographies prises avec ce film restituent les couleurs qu’on aurait dues percevoir si on regardait la scène du haut des airs. La structure du film couleurs normales et montrée par la figure 7a. On peut noter que les deux couches avec des pigments magenta et cyan ont un pic de sensibilité au rayonnement dans le vert et le rouge respectivement mais sont aussi sensibles au bleu. La sensibilité de chacune des couches est montrée par la figure 7b. magenta et cyan). Pour empêcher que le rayonnement dans le bleu qui provient des objets influence toutes les trois couches nous ajoutons une couche (filtre) qui bloque ce rayonnement tel qu’indiqué à la figure 7a.

magenta et cyan manifestent aussi un régime de couleur qui est le complément de la scène originale. (a) Négatif (b) Diapositive (couleurs inversées) Figure 8 : Formation d’un négatif couleur (a) et d’une diapositive (b). un négatif couleur (transparent) est obtenu. 22 . Dans le cas des diapositives le transparent positif constitue le premier produit fini après le traitement (couleurs inversées). La figure 8 montre le processus de formation d’un positif couleur. l’intensité et la couleur de la scène originale. manifestent un inversement de la géométrie de la scène et d’intensité de la lumière provenant de la scène. La scène photographiée contient des objets blancs. Les positifs préparés par de tels négatifs reproduisent correctement la géométrie. Dans le cas d’une pellicule négative. comme les négatifs noir et blanc. Ce négatif est utilisé comme les négatifs en noir et blanc dans une séquence négatif-positif. Les couches jaunes. verts et bleau. Les négatifs couleurs. rouges.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Deux types de pellicules existent : les pellicules négatives et les pellicules diapositives. noirs.

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Couleurs fausses Dans les années 40 on a inventé un autre film couleur dit ‘camouflage’ afin de localiser du haut des airs les endroits où des engins de guerre étaient cachés sous la végétation coupée. Les deux autres couches étaient sensibilisées par le rayonnement dans le vert (sensation du bleu) et dans le rouge (sensation du vert). les trois couches d’un tel film sont sensibles aussi dans l’UV et le bleu. Par contre une végétation coupée qui commence à s’assécher cause une sensation de couleur différente car elle réfléchit aussi d’une façon forte dans des longueurs d’ondes autres que l’infrarouge (ex. elle cause une sensation dominante du rouge. Puisque la végétation en santé réfléchit beaucoup dans le proche infrarouge (voir figure 3) sur une telle photo. les pigments ajoutés permettaient la sensibilisation des cristaux d’argent par le rayonnement invisible dans le proche infrarouge. Pour empêcher ce rayonnement d’activer ces couches nous employons toujours un filtre optique (voir plus loin) qui le bloque (partie grise de cette figure). avec des colorations différentes. Le feuillage vert apparaît rouge tandis que le feuillage asséché ou malade. D’où le nom du film « camouflage ». Cette couche après développement contrôlait la sensation du rouge. les mêmes techniques que précédemment sont employées Figure 9 : Comparaison de la coloration des mêmes sujets sur une photo couleurs normales et couleurs fausses. Aujourd’hui on parle d’un film couleur infrarouge ou couleurs fausses. Tel que montré par la figure 10. 23 . Des exemples des photos couleurs normales et couleurs fausses du même sujet sont montrés par la figure 9. Ici dans une des trois couches. Pour le développement des ces films. herbe sèche de la figure 3).

24 .GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Figure 10 : Comparaison de la coloration des mêmes sujets sur une photo couleurs normales et couleurs fausses.

L’exemple ci-dessous illustre le métamérisme avec deux spectres différents de lumière visible pouvant créer la même sensation de couleur. Par exemple une couleur jaune-orange de faible intensité peut être perçue comme du brun Couleur Violet Indigo Bleu Vert Jaune Orangé Rouge Intervalle des longueurs d’onde ~ 400–440 nm ~ 440–460 nm ~ 460–490 nm ~ 490–560 nm ~ 560-590 nm ~ 590-630 nm ~ 630–700 nm La couleur réfléchie Les couleurs perçues sont pour la plupart des couleurs réfléchies par les objets et ne sont pas des couleurs spectrales.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Boite 1 : La couleur Les couleurs spectrales Lorsque la lumière blanche du soleil passe à travers un prisme les couleurs dites pures spectrales apparaissent. La figure ci-dessus illustre ce processus. Il est à noter que l’intensité de la couleur peut altérer significativement la perception des couleurs spectrales. C’est dans les années 1670 que Isaac Newton (16421726) découvrit ce procédé de décomposition de la lumière. 25 . Mécanisme de perception La lumière provenant d’un objet a sa propre distribution spectrale. moyennes (M) et courtes (C) longueurs d’onde. montrées à la figure ci-contre. Ces réponses proviennent de l’intégration du produit de la sensibilité spectrale des cônes et de la lumière provenant de l’objet. Aujourd’hui plusieurs ignorent l’indigo car il est difficile à distinguer. La hauteur des barres montre l’intensité relative des trois signaux fondamentaux dans cet exemple. Newton nomma sept couleurs (plutôt des plages des longueurs d’ondes) tel que montré dans le tableau suivant. Les différentes couleurs perçues par l’œil et le cerveau humain correspondent à des longueurs d’ondes spécifiques du rayonnement solaire dans la partie du visible (de 400 nm à environ 740 nm). En multipliant le spectre de la lumière par les courbes de sensibilité des cônes et en intégrant nous obtenons les trois signaux couleurs fondamentales pour la perception de la couleur par le cerveau (bleu-vert-rouge). Cette distribution est convertie par les cônes en trois réponses selon la sensibilité des cônes. Le rayonnement solaire réfléchi dont la longueur d’onde est dans la zone spectrale du visible est converti par des photo-pigments dans les cônes rétinals en trois signaux qui correspondent à la réponse des trois types de cônes. Cette réponse est fonction de la longueur d’onde et elle est décrite par les courbes de sensibilité spectrale des cônes aux longues (L). Dans cet exemple la couleur résultante est celle de la barre violette dans le coin supérieur. Deux principes importants découlent de ce processus de perception humaine pour la formation des images en couleur : a) La trichromaticité : tout spectre peut être réduit à trois valeurs précises sans perte d’information en regard du système visuel et b) Le métamérisme : les couleurs produits par des spectres qui donnent exactement la même réponse trichromatique sont indistincts.

Par exemple un filtre jaune lorsque exposé à la lumière blanche. Comme nous pouvons le constater. on obtient : Lumières bleue + verte + rouge = blanc Lumières bleue + verte = cyan Lumières bleue + + rouge = magenta Lumières verte + rouge = jaune On pourrait ainsi obtenir toutes les couleurs désirées en modifiant l’intensité ou la densité d’une couleur additive par rapport à l’autre. Lumières ½ verte + rouge = orange Les couleurs cyan. Ainsi. C’est pourquoi on utilise beaucoup ce type de filtre pour éliminer le rayonnement bleu. Ces trois couleurs fondamentales sont appelées couleurs primaires additives. vert. rouge) et en modifiant leur intensité relative. Toutes les couleurs peuvent être aussi formées par la soustraction de la lumière blanche par des filtres des ces trois couleurs primaires soustractives.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Boite 2 : La couleur (suite) Formation des images en couleur La formation des couleurs par des moyens artificiels peut se faire en combinant les trois couleurs fondamentales (bleu. Si l’on projette sur un écran blanc des lumières formées de couleurs primaires additives (proportions égales des trois couleurs primaires). résultat de la brume atmosphérique. le filtre d’une couleur soustractive laisse passer les deux couleurs primaires additives dont la combinaison donne naissance à cette couleur particulière. Quelques exemples : Lumière blanche + filtre magenta = magenta Lumière verte + filtre magenta = noir Lumière blanche + filtre cyan = cyan Lumière rouge + filtre magenta = noir Lumière blanche + filtre jaune = jaune Lumière bleue + filtre jaune = noir La figure suivante illustre ces deux procédés de la formation de la couleur. C’est la façon qui est suivie par le moniteur couleur d’un ordinateur ou d’un téléviseur ainsi que par les méthodes de lithographie. ne transmettra que le vert et le rouge. Addition des couleurs Soustraction des couleurs 26 . Ce procédé est utilisé dans toutes les pellicules en couleurs et la peinture. ou on l’introduit dans la composition de l’émulsion couleur (voir texte). magenta et jaune sont appelées couleurs primaires soustractives.

plusieurs caméras sont équipées d’un dispositif de compensation du mouvement de l’image. Le corps de la caméra inclut aussi un dispositif électrique pour le contrôle de la durée d’une pose (obturation). Les photos produites sont des instantanées et on parle aussi de clichés photographiques. Ils doivent voler à une altitude constante et suivant des axes rectilignes préétablis. À l’heure actuelle. des systèmes Doppler ou radar. seule la caméra (ou chambre) métrique est encore utilisée. La figure 11 montre un type de caméra métrique.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection C’est quoi une caméra photographique? Au fil des ans différents types de caméras ont été inventés afin de répondre à des objectifs cartographiques particuliers. (a) (b) Figure 11 : Comparaison de la coloration des mêmes sujets sur une photo couleurs normales et couleurs fausses 27 . de l’avancement et de la planéité du film durant l’exposition. etc. etc. Cela exige une navigation délicate pour laquelle on utilise des viseurs spéciaux. Pour éviter cet effet. Les avions reçoivent un équipement particulier : trappes pour les chambres photographiques. ses accessoires ainsi que son installation à bord d’un avion. aménagement d'un poste ad hoc pour le navigateur. Le mouvement de l’avion peut causet « une traînée » ou « flou » sur l’image. Celle-ci est destinée à la prise de photos d’une grande qualité nécessaire à la confection des cartes topographiques.

Ceux avec une teinte foncée. La première supporte le système de collecte du rayonnement solaire tandis que le magasin. soit son intensité selon sa direction de propagation. en commençant par le cône. Souvent il s’agit de lames de verre. illustré ici par un système de deux lentilles. les filtres colorés les plus utilisés sont les filtres passe-haut.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Les composantes d’une caméra métrique standard sont montrées par le schéma de la figure 12. surfacées optiquement et teintées avant fabrication. Lorsque ces filtres sont fabriqués à l’aide de feuilles minces de gélatine teintée (placés ou non entre des glaces optiques transparentes) ils portent le nom de filtre de gélatine ou filtres Wratten. on distingue le filtre. Ils sont appelées filtres sélectifs et on peut les diviser en trois catégories: a) les filtres passe-haut qui bloquent le rayonnement d’une longueur d’onde inférieure à une valeur seuil. et c) les filtres passe-bande qui ne laissent passer que le rayonnement avec des longueurs d’ondes dans un intervalle spectral donné. Sur la figure 11b on peut voire différents types de filtres exposés au sol en avant plan. Le filtre. Ces filtres servent surtout à éliminer les radiations dans les courtes 28 . avec l’obturateur et le diaphragme entre les deux lentilles. soit la polarisation. le système d’enregistrement du film. Vient par la suite l’objectif. Voyons les éléments de chaque partie illustrés à la figure 12. Dans le cas des photographies aériennes. Bobine de ravitaillement Bobine de ramassage Magasin Film Plan focal Surface de l'image Distance focale (f) Corps Blocage du déroulement Cône de l'objectif Objectif Diaphragme Axe optique Obturateur Filtre Champ angulaire de vue Figure 12 : Représentation schématique des composantes d’une chambre métrique Le cône de l’objectif. Son rôle est de contrôler une caractéristique du rayonnement solaire qui exposera le film : soit ses longueurs d’onde. b) les filtres passe-bas qui bloquent le rayonnement d’une longueur d’onde supérieure à une valeur seuil. etc. Au front du cône de l’objectif. On distingue deux parties : le cône de l’objectif et le magasin. ce sont des filtres qui contrôlent les longueurs d’ondes du rayonnement solaire.

Ceci réduit l’intensité du rayonnement réfléchi d’une façon spéculaire surtout par les surfaces d’eau. Sans ce filtre. Avec l’objectif on exploite le phénomène de la réfraction des ondes pour pouvoir diriger le rayonnement selon sa direction de propagation à un endroit précis du film. on observe un autre type de filtre avec sa partie centrale plus foncée. obtenant ainsi une uniformité de l’exposition de l’ensemble du film. 900 et 1200. l’objectif est tenu à une position fixe par rapport au plan du film car les objets se trouvent toujours à des grandes distances (mise au point à l’infini) contrairement aux caméras d’amateurs. L’objectif. Les grands champs. sont le plus souvent utilisés pour les prises de vues à basse altitude afin de maximiser l’étendue de surface couverte par un cliché (voir plus loin). C’est un filtre dit anti-vignettage. Il un assemblage complexe de plusieurs lentilles de verres différents. Pour la prise des photos aériennes les focales vont habituellement de 85 à 305 mm. Généralement les objectifs ont tendance de faire chuter la quantité du rayonnement qui arrive à leur périphérie par rapport à leur partie centrale. ou système de lentilles. Cependant. Longueur focale et dimension du cliché photographique définissent le champ angulaire total de vue du capteur (figure 12). Selon leur champ de vue. autrement dit les directions de propagation du rayonnement solaire admises a priori par l’objectif. qui contrôle l’intensité du rayonnement selon sa direction de propagation. on choisit de préférence de plus petits champs correspondant aux focales de 210 et 305 mm. b) les objectifs grands angulaires (de 750 à environ 1000). tg-1 signifie arc-tangente a est la taille du cliché (supposé carré) exprimée en centimètres. afin de réduire les distorsions géométriques sur les clichés (voir plus loin). Pour un cliché carré nous aurons donct : ⎛a 2⎞ ⎟ CVA(deg . pour les terrains très accidentés ou les milieux urbains. Toute lentille convergente.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection longueurs d’ondes (UV et en partie ou entièrement le bleu) qui proviennent essentiellement de la brume atmosphérique. 29 . est caractérisée par sa longueur focale (ou distance focale ou simplement focale) et par son diamètre d’ouverture maximal. f est la distance focale exprimée en centimètres. et c) les super grands angulaires (plus que 1000). Dans les caméras utilisées en télédétection. on distingue a) les téléobjectifs (jusqu’à environ 750). Un troisième type de filtre est celui avec une teinte claire uniforme. C’est le principe d’une photo instantanée. d’Il est à noter que les différents types de filtre peuvent être utilisés en combinaison. Toujours sur la figure 11b.) = 2 × tg −1 ⎜⎜ ⎟ ⎝ 2f ⎠ où CVA(deg) signifie champ de vue angulaire exprimé en degrés. Il est la pièce maîtresse du système de collecte. C’est un filtre polarisant. les bordures de la photo apparaissent plus sombre que le centre. Ainsi on considère que la focale est la distance qui sépare le centre de l’objectif du plan du film (figure 12). Un tel filtre réduit la quantité du rayonnement qui expose le centre du cliché. Le champ de vue est calculé tenant compte de la moitié de la distance diagonale du cliché ainsi que de la longueur focale de la caméra.

En effet. L’obturateur est en train de fermer e. F/2.5 Grand angulaire 9" ´ 9" 230 mm 230 mm 305 mm (12") 56. F/4. f est la distance focale et d. F/2. 1/500 sec. en photo on parle de la durée d’une pose (ou vitesse d’obturation). À chaque changement d’un incrément (par exemple de F/2 à F/2. Les vitesses d’obturation sont normalement exprimées par des multiples de 2 : 1/125 sec. Le diaphragme.8. le nombre ouverture lumière. en conséquence..6.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Pour un cliché de 230 mm nous aurons les types d’objectif suivants : Type de film Longueur du cliché Largeur du cliché Longueur focale Angle de champ Type d’objectif 9" ´ 9" 230 mm 230 mm 85 mm 124. 1/1000 sec. F/5. a.8 Super grand angulaire 9" ´ 9" 230 mm 230 mm 153 mm (6") 93. il faut doubler d2 pour une même quantité de . Il est un mécanisme qui contrôle la quantité du rayonnement solaire qui exposera le film. F/8 . Ainsi le diamètre est multiplié par 2 2 est divisé par . F/STOP et vitesse d’obturation sont des paramètres importants à tenir compte pour maintenir une grande qualité et définition de l’image en fonction de la luminosité 30 . L’obturateur est presque fermé bloquant la plus grande parte du rayonnement de pénétrer le capteur. le diamètre utile d’ouverture. Il est un mécanisme qui contrôle l’ouverture utile de l’objectif. etc. F/32. L’obturateur est grand ouvert : une quantité suffisante de rayonnement est admise pour produire une image de qualité d. Il joue un rôle analogue à l’iris de l’œil. la quantité du rayonnement qui pénètre l’objectif baisse de moitié. L’obturateur est à moitié ouvert c. L’obturateur s’ouvre : très peu de rayonnement est admis b. La plus grande ouverture possible (ou vitesse de l’objectif) est F/1 et les valeurs standard changent par incrément de 2 : F/1.4. Les caméras métriques intègrent l’obturateur entre les lentilles de l’objectif (figure 12).1 Téléobjectif L’obturateur.8).. la quantité du rayonnement (L) qui est collectée est directement proportionnelle au temps de pose (t) et au carré du diamètre d’ouverture d : = Si le temps de pose est réduit de moitié. Le rapport entre l’ouverture (diamètre) utile et la distance focale est appelé le nombre ouverture ou F/STOP et il est à la base de la désignation de la vitesse d’un objectif spécifique : N= f d 2 d t k L où N est le nombre ouverture.

un objectif rapide (grande ouverture ou l’équivalent petit F/STOP) favorisera la création d’une bonne image lors des conditions de basse luminosité. Pour une certaine quantité de rayonnement nous pourrions avoir le choix des relations suivantes : Vitesse d’obturation Nombre ouverture 1/1000 1/500 1/250 1/125 1/60 1/30 1/15 2 2.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection disponible lors de la prise de vue. Un petit F/STOP doit être accompagné d’une plus grande vitesse d’obturation afin de maintenir la bonne qualité de l’image.8 4 5. pour la même distance focale.6 8 11 16 31 . Par exemple.

Dans le cas des photos. Le positif. représente la situation avec la géométrie correcte (par rapport au terrain) et il est situé entre le terrain et l’objectif.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection PROPRIÉTÉS ET UTILISATION DE LA PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE UNE NOTE EXPLICATIVE Dans nos explications des propriétés des photographies aériennes nous utiliserons des illustrations en tenant compte soit de la géométrie du négatif. Dans le cas d’un terrain plat (en ignorant la courbure de la Terre). i. Dans le cas des cartes tout point du terrain est projeté sur le plan de la carte par un faisceau des lignes parallèles perpendiculaires au plan de la carte. une photographie aérienne est une projection d’un espace 3-D sur un plan. tout point est projeté sur la surface du film par un faisceau de rayons qui convergent vers le même point (le centre de l’objectif). ou parfois des deux. 32 . à une distance de ce dernier égale à la focale de la caméra (même échelle que le négatif).e. soit du positif. une photographie prise avec l’axe optique de la caméra parfaitement aligné avec la verticale des lieux. Ce déplacement est d’autant plus fort que l’on s’éloigne du centre de la photo. La photographie aérienne instantanée est une projection centrale tandis qu’une carte topographique (une feuille) peut être considérée comme une projection orthographique. Tel que montré par la figure ci-dessous. Cependant le type de projection n’est pas le même. La figure 13 illustre les deux types de projection dans le cas le plus simple d’une photographie verticale. la photo verticale présente la même géométrie qu’une carte (à la même échelle). PROJECTION Telle une carte topographique. Les implications de cette différence de système de projection sont illustrées schématiquement par la figure 14. Dans le cas d’un terrain accidenté les points surélévés (les sommets des pyramides de la figure 14) sont déplacés par rapport à leur position sur une carte. Ainsi peu importe la géométrie de la surface tout point est réduit à sa position sur le datum cartographique. le négatif présente les conditions réelles de prise d’une photo (géométrie inversée par rapport au terrain) et il est situé en haut de l’objectif à une distance égale à la focale de la caméra. pour sa part. Ce déplacement est appelé déplacement radial car la longueur du déplacement est fonction de la distance de l’objet par rapport au point central de la photo.

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Plus l’objet (ici les sommets des pyramides) est éloigné du centre plus son dépacement est fort. Comme nous verrons par la suite. Figure 13 : Différence de projection entre photo aérienne (cliché) et carte topographique Carte topographique terrain plat terrain accidenté position des sommets des pyramides Photo verticale terrain plat…………..terrain accidenté déplacement radial des sommets Figure 14 : Différence entre une carte et une photo verticale 33 . nous tirons profit de ces déplacements pour pouvoir observer les objets en 3-D (voir laboratoire 1-C : stéréophotographies) et extraire une information exacte sur les altitudes des objets (procédé photogrammétrique).

On distingue les photos obliques en obliques basses (si l’horizon n’est pas visible) et en obliques hautes (si l’horizon est visible).GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Les différences entre une carte et une photographie aérienne deviennent beaucoup plus apparentes lorsque l’axe optique de la caméra dévie de la verticale pour pouvoir prendre des photos obliques (Figure 15). Contrairement à une carte topographique un cliché photographique n’a pas une échelle (pratiquement) uniforme. Figure 15 : différents types de photos aériennes selon l’inclinaison de l’axe optique de la caméra a) vertical. Un exemple de variation d’échelle à cause du relief topographique est donné par la figure 16. photos obliques et cartes ne sont pas du tout similaires. l’échelle est uniforme : axe de la caméra parfaitement vertical. En général on admet qu’une photo est oblique si intentionnellement l’axe optique est incliné par rapport à la verticale de plus de 30. Pour les photos prises à haute altitude par avion ou par satellite. seulement les photos verticales seront retenues. Tel que mentionné. seulement dans un cas. Dans notre module. c) oblique haute. Le relief topographique et la déviation de l’axe de la caméra de la verticale sont les causes de variation de l’échelle pour les photos prises proches de la surface terrestre. Dans ce cas. 34 . terrain plat et horizontal. ÉCHELLE Tout cliché vertical peut être caractérisé par une échelle moyenne. même si le terrain est plat et horizontal. b) oblique basse. plutôt rare. la courbure de la Terre devient un facteur important qui contribue à la variation de l’échelle. Les lignes ab et cd apparaissent sur une carte comme des lignes droites mais pas sur la photo lorsque le terrain est accidenté.

Alors l’échelle sera plus petite aux endroits les plus éloignés de la caméra et elle sera plus grande aux endroits les plus rapprochés par rapport à une échelle définie selon un plan qui correspond à l’altitude moyen du terrain. Elle apparaîtra plus courte pour les points AB au fond de la vallée par rapport à celle entre les points CD au sommet de la montagne. mais pas sur la photo.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Figure 16 : Variations de l’échelle dues au relief topographique Tel que montré par le schéma explicatif ci-dessous. la distance horizontale entre les points AB et les points CD est la même sur le terrain. 35 .

Nous pouvons aussi écrire : Échelle = 1 ⎛H⎞ ⎜⎜ ⎟⎟ ⎝ f ⎠ afin Déterminer l’échelle (terrain au datum) d’une photographie prise à une altitude de 500 m si la caméra utilisée avait une longueur focale de 88 mm. E=1/5000 Datum = Niveau moyen de la mer Donc souvent on et donc directement le rapport de similitude.210 ⎠ E = HT Terrain Datum = Niveau moyen de la mer Donc E = 1 18095 . l’échelle est calculée selon la formule simple (triangles semblables) : Échelle= f H Objectif H E= Où f est la longueur focale. et H est l’altitude de vol (les deux quantités doivent être exprimées avec les mêmes unités). Souvent on caractérise l’échelle d’une photographie comme suit: a) petite (1:60 000 et plus petite) b) moyenne (entre 1:12 000 et 1:60 000) c) grande (1:12 000 et plus grande) Quelques exemples de calcul de l’échelle sous différentes conditions du terrain photographié sont donnés par la suite. et donc E=1/20000 36 . l’altitude de vol est de 4000 m et le terrain se trouve à une altitude de 200 m. E= d’obtenir 1 ⎛ 500 ⎞ ⎜ ⎟ ⎝ 0. Terrain plat et horizontal à une altitude HT. nous aurons : Échelle = 1 ⎛ H − HT ⎜⎜ f ⎝ ⎞ ⎟⎟ ⎠ Objectif H Déterminer l’échelle d’une photographie aérienne lorsque la caméra utilisée a une longueur focale de 210 mm. Terrain plat et horizontal au même niveau que le niveau moyen de la mer (datum). 1 ⎛ 4000 − 200 ⎞ ⎜ ⎟ ⎝ 0.088 ⎠ 1 . souvent on arrondi. la longueur focale de la caméra ainsi que l’altitude moyen du terrain. Plan du film f Puisque la hauteur de vol (par rapport au sol) est plus courte que l’altitude de vol. Plan du film f Puisque l’altitude de vol est définie par rapport au datum. 5682 arrondi.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Les organismes spécialisés à la prise des photos inscrivent au bas de la photo une échelle approximative selon leurs estimations d’après l’altitude de vol de l’avion.

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Cas général : terrain accidenté avec une altitude moyenne ( le 1 ⎛ H − HT ⎜⎜ f ⎝ Objectif cas ⎞ ⎟⎟ ⎠ H Déterminer l’échelle d’une photographie aérienne lorsque la caméra utilisée a une longueur focale de 210 mm. E = Terrain Hmax Hmin Hmoy Datum = Niveau moyen de la mer E = − . Focale de la caméra en mm. Niveau à bulle Des exemples sont donnés par la suite. 0 0 0 4 Échelle = f H T ). souvent on arrondit. et donc E=1/20000 Si l’on veut connaître l’échelle à un endroit quelconque de la photo nous appliquons la même formule de calcul. 37 . sauf que l’altitude moyenne du terrain est remplacée par l’altitude du terrain à cet endroit. Marques fiducielles (leur rôle sera discuté plus loin) b. Heure d’acquisition e. l’altitude de vol est de 4000 m et l’altitude moyenne du terrain est de 200 m. Comme dans précédent : Plan du film 1 ⎛ H avion − h ⎞ ⎜⎜ ⎟⎟ f ⎝ ⎠ Pour ce faire. nous devons disposer d’une carte topographique et des renseignements sur les paramètres d’acquisition souvent inscrits en marge du cliché photographique. Altitude de l’avion en mètres d. numéro du cliché et numéro de la mission c. h : Échelle = ⎞ ⎟ ⎠ 5 9 1 0 8 1 Donc ⎛ ⎜ ⎝ 0 0 2 0 1 1 2 0 . Ces inscriptions (photographies des cadrans des différents appareils simultanément avec la prise du cliché) diffèrent d’une caméra à l’autre mais généralement nous retrouvons : a.

1 : Environ 1200 m Ex.. Quelle était la longueur focale de la caméra? Dans l’exemple 2 nous pouvons lire 152.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Niveau à bulle Horloge Altimètre…………. Quelle était la verticalité de la photo? Nous avons une bonne idée en se référant au niveau à bulle. dans l’ex. Dans les deux exemples on constate que la bulle est bien centrée. les plates-formes sont munies d’une unité dite IMU (gyroscopes) qui permet la prise de mesures des angles d’inclinaison de la caméra. 2 l’horloge numérique montre presque quatre heures moins vingt. 1 l’horloge analogique montre midi et quart. 3.92 5. 4. 2 1. Pour les travaux de précision. Tous les clichés fournissent quatre marques aux quatre côtés de la photo et au centre. 2 : Environ 550 m La valeur indiquée peut être cependant en erreur jusqu’à 2%. Quelle était l’altitude de vol? Ex. Ceci veut dire que le plan de la photo est parfaitement horizontal. À quel moment la photo était prise? Dans l’ex. Si nous n’avons pas suffisamment d’informations sur les paramètres de prise de vue ou la photo utilisée est un agrandissement ou une réduction d’une autre photographie. la seule solution pour connaître l’échelle est de comparer une distance mesurée sur la photo entre deux points et la même distance connue par une carte topo ou même mesurée sur le terrain. Cette façon de faire est moins précise lorsque le terrain est accidenté. Chaque cercle du niveau signifie 1 degré d’inclinaison. Les clichés pris avec des caméras modernes en fournissent quatre autres placés aux quatre coins de la photo. La mesure sur la carte de la même distance nous permet d’écrire la relation suivante : E photo E carte = L photo Lcarte ⇒ E photo = L photo Lcarte E carte 38 .1 Altimètre Niveau à bulle Numéro de la caméra Horloge Longueur focale ex. ex. un point important dans les calculs photogrammétriques. et on ne peut pas s’y fier si des mesures de précision sont à faire avec les clichés comme dans les opérations photogrammétriques. Ces marques servent à définir le centre de la photo. 2. Marques fiducielles.

Dans la pratique. on peut mesurer les dimensions du cliché et les traduire en distances au sol via l’échelle. une caméra de longue focale couvrira une plus petite surface qu’une autre avec une plus petite focale et b) en faisant éloigner l’avion du sol tout en maintenant les autres paramètres constants. 39 . quelle est l’échelle de la photographie aérienne? 0 0 1 0 0 4 = p ⇒ E 0 0 1 0 0 2 1 2 = p ⇒ E p 0 0 1 0 0 2 5 5 . Étant donné que le cliché est un rectangle (souvent carré) il est alors facile de trouver la surface couverte. Il est évident que le changement d’un des ces deux paramètres fera varier la surface couverte par un cliché. indiquées par des cercles sur la carte.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Un exemple est donné par la suite : La figure suivante montre des extraits d’une carte topographique à l’échelle 1/20 000 et d’une photographie aérienne couvrant tous deux un territoire sans relief appréciable. La distance entre les deux intersections. À titre d’exemple (figure 17). mesure 65 mm et sur la photo.5 mm. on augmentera la surface couverte par un cliché. en maintenant a) la hauteur de vol et la taille du cliché constantes. 32. 2 3 6 E = SURFACE COUVERTE PAR UNE PHOTO La surface couverte par un cliché est fonction de la hauteur de vol ainsi que du champ angulaire de vue qui pour sa part est fonction de la focale et de la taille du cliché.

Souvent dans ces opérations on érige un système de référence arbitraire en définissant comme origine du système de coordonnées le centre de la photo repéré grâce aux marques fiducielles. Une photo a sa propre projection (projection centrale) et possède une orientation quelconque par rapport au système de coordonnées géographiques (tout dépendant de l’orientation des lignes de vol pour l’acquisition des photos).4 mm (a) (b) Figure 17 : Couverture de la photo en fonction de la focale (a) ou de l’altitude de vol (b) LOCALISATION Une photo aérienne ne permet pas de connaître la position d’un point quelconque selon sa latitude/longitude ou selon un système de référence cartographique.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection f = 305 mm f = 152. Seulement après des opérations spécifiques de photogrammétrie (orthophotographie. 40 . levés photogrammétriques) nous pouvons connaître les coordonnées de tout point sur la photographie aérienne.

alors la hauteur de ce dernier sera de 7. des distances ou des superficies comme sur une carte mais il ne faut perdre de vue que plus le terrain est incliné et//ou accidenté moins ces mesures sont précises. le calcul se fait comme suit (triangle rectangle de la figure ci-dessous) : h = tg (90 − Z ) × S où h est la hauteur recherchée de l’objet..e. ALTITUDES Une photographie aérienne ne nous permet pas de connaître l’altitude d’un point quelconque. l’angle par rapport à la verticale au sol. La longueur de l’ombre projetée mesurée sur la photo est traduite à une longueur au sol à l’aide de l’échelle de la photo. Si l’on connaît la position du soleil par son angle zénithal. Ceci peut se faire après une série d’opérations en photogrammétrie.) nous pouvons connaître approximativement leur hauteur par rapport au sol avoisinant en utilisant soit la longueur de leur ombre projetée au sol soit par la méthode du déplacement radial. arbres. Z est l’angle zénithal du soleil et S est la longueur de l’ombre au sol. 41 . etc.5 m. il est facile de calculer la hauteur recherchée tenant compte que la longueur de l’ombre est proportionnelle à la hauteur. L’heure de prise de vue et la direction des ombres projetées au sol par des éléments surélevés peuvent nous donner une idée sur cette orientation en l’absence d’une carte. la date et l’heure de prise de la photo). L’orientation approximative d’une photo ne peut pas être connue qu’en consultant une carte topographique. Z h S Si nous connaissons la hauteur vraie d’un autre objet surélevé. i.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection DISTANCES-LONGUEURS-SUPERFICIES Nous pouvons effectuer des mesures des longueurs. Ombres : Il faut connaître la position du soleil au moment de la prise de vue (ceci peut se faire en utilisant : la latitude du lieu. Seulement pour les éléments surélevés (bâtiments. À titre d’exemple si l’objet de référence a une hauteur de 15 m et la longueur de son ombre est 2 fois plus grande de celle de l’objet. Seulement après les opérations photogrammétriques l’orientation est connue avec exactitude. ORIENTATIONS Une photographie aérienne a une orientation quelconque.

2.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Pour avoir une estimation précise des hauteurs par cette technique. Méthode de déplacement. La distance entre la base et le sommet de l’objet est suffisamment grande pour qu’on puisse la mesurer avec précision avec l’équipement disponible. Cette méthode donne des résultats passablement précis si les conditions suivantes sont satisfaites : 1. 3.5mm ⇒ h A = 69 m 59 . Si toutes ces conditions sont satisfaites on procède comme suit : a) On localise le centre de la photo. Exemple H=914 m Réservoir A r=59.5 mm h A = 914 ( m ) × 9 . l’ombre doit être projetée sur un sol plat et horizontal.e. distance entre la base et le sommet de l’objet. Le dénivelé ente le centre de la photo et la base de l’objet n’est pas important.5 mm h A = 914 ( m ) × 4 . b) On évalue la distance entre le centre de la photo et le sommet de l’objet (ra) et c) la distance de déplacement (d).5mm ⇒ h A = 68 m `127 mm Note : la photo ci-contre ne sert qu’à illustrer les choses. La photo est verticale ou presque de sorte que nous puissions assimiler le centre de la photo au point nadir (point correspondant au pied de la verticale des lieux au sol). Cette distance de déplacement peut être traduite en hauteur de l’objet (h) par la formule suivante : h=H× d ra où H est la hauteur de vol. Plus l’objet se trouve éloigné du centre plus le déplacement radial est grand et ainsi base et sommet sont souvent bien identifiables 5. La base et le sommet de l’objet sont clairement visibles. i. 42 .5 mm Réservoir B r=127 mm d=9. La hauteur de vol au-dessus de la base est connue avec précision 4. pas à la même échelle que la photo où les mesures ont été prises.5 mm d=4. par exemple une règle.

Ces contrastes font que nous pouvons avoir l’impression visuelle du relief. la photographie finale ne dépasse pas les 40 lp/mm. Elle est fonction de plusieurs paramètres incluant : le pouvoir séparateur de l’objectif et du film utilisé. le développement chimique etc. En comparaison l’on évalue que l’œil humain a un pouvoir séparateur de quelques 10 lp/mm (voir tableau ci-après).GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Preuve Triangles semblables : AOD et A’OC’ A' B' C' rb ra H −h f = ⇒ (H − h ) × ra = f × AD AD ra f Triangles semblables : BOC et B’OC’ H f = ⇒ H × rb = f × BC BC rb O Puisque les distances AD et BC sont égales alors les deux équations nous donnent : (H − h ) × ra = H × rb ⇒ H × ra − h × ra H × (ra − rb ) h= = H × rb ⇒ H × (ra − rb ) = h × ra ⇒ H ra A D h C B RELIEF Une photographie aérienne ne nous permet pas de bien apprécier le relief topographique. mais ce n’est que très approximatif. le contraste entre les objets. Pour la mesurer l’on emploie les lignes paires/mm. 43 . Seulement une vue stéréoscopique nous offre une bonne appréciation du relief (laboratoire 1-C). Ainsi un versant exposé au soleil apparaîtra sur la photo plus brillant qu’un autre de dos au soleil. Ici nous faisons intervenir la photo-identification et la photointerprétation (laboratoire 1D) RÉSOLUTION La résolution spatiale exprime la capacité d’une photographie aérienne à restituer des détails fins d’un paysage. CONTENU Une photographie aérienne ne nous permet pas de connaître directement la nature des objets au sol. Une cible spécifique composée d’une alternance de lignes sombres et claires de la même taille tel que montré par la figure 18 est photographiée (souvent dans le laboratoire) et des interprètes analysent les photographies ainsi obtenues et ils se prononcent sur le plus petit pattern des lignes sombres-claires qu’ils sont capables de distinguer. Bien que les objectifs et les films de bonne qualité aient des pouvoirs de séparation qui s’élèvent à quelques 100 lp/mm. La topographie fait varier la brillance des objets en changeant la quantité du rayonnement solaire reçu par un élément de la surface.

En utilisant l’échelle de la photo l’on peut traduire cette distance en distance équivalente au sol ».6 :1) :40 lp/mm Œil humain 10 lp/mm Impression lithographique 6 lp/mm Différents pouvoirs séparateurs Ce qui est le plus intéressant est de pouvoir mettre en relation la résolution des photographies avec la taille du plus petit objet que l’on puisse distinguer sur une photographie quelconque (en supposant des objets de bon contraste avec leur voisinage). L’échelle 1 :40 000 est à la base de la cartographie topographique au Canada (cartes au 1 :50 000 ou au 1 :20 000). Pour ce faire on peut suivre le raisonnement suivant : « le plus petit objet que l’on puisse distinguer a la taille équivalente d’une ligne dans une ligne-paire. Puisque dans un millimètre l’on peut distinguer X lp donc la taille d’une ligne dans une ligne-paire est 1/2X du mm. Un exemple : supposons une photographie avec une résolution de 25lp/mm à une échelle 1 :10 000 alors la taille du plus petit objet serait : d= 1 mm × 10000 = 200mm = 20cm 50 Avec la même résolution mais avec une échelle au 1 : 40 000 on aura donc 80 cm Cet exemple nous montre clairement que même à des échelles moyennes nous sommes en mesure de distinguer des objets qui ont une taille autour du mètre. Ceci est fondamental pour tout projet de cartographie. l’échelle 1 :15000 est 44 . Pour les inventaires des ressources.GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Figure 18 : Cible typique pour évaluer la résolution d’une photo (lignes paires par millimètre) Élément Pouvoir séparateur Objectifs standard > 100 lp/mm Film panchromatique ou film couleur Cibles de fort contraste avec leur normale (les autres types de film ont environnement (1000 :1) : 400 lp/mm un pouvoir séparateur inférieur) Cibles de faible contraste avec leur environnement (1.

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection souvent employée tandis que pour les travaux d’ingénierie des échelles aussi grandes que 1 :2000 sont utilisées. 45 . agrandissement Généralement à la même échelle. La figure suivante nous montre un exemple de la dégradation de la résolution avec la diminution de l’échelle Échelle 1 :2000 Échelle (4X) 1 :8000. la résolution spatiale au sol d’une photo en noir et blanc est meilleure que celle de la photo en couleur.