You are on page 1of 5

QUESTION D'ACTUALITÉ DE M.

DUFRANE À
M. DI ANTONIO, MINISTRE DE
L'ENVIRONNEMENT, DE L'AMÉNAGEMENT
DU TERRITOIRE, DE LA MOBILITÉ ET DES
TRANSPORTS, DES AÉROPORTS ET DU BIENÊTRE ANIMAL, SUR « LA PISTE DE
L'AÉROPORT DE CHARLEROI-BRUXELLESSUD (BSCA) »
QUESTION D'ACTUALITÉ DE M. TZANETATOS
À M. DI ANTONIO, MINISTRE DE
L'ENVIRONNEMENT, DE L'AMÉNAGEMENT
DU TERRITOIRE, DE LA MOBILITÉ ET DES
TRANSPORTS, DES AÉROPORTS ET DU BIENÊTRE ANIMAL, SUR « L'ALLONGEMENT DE
LA PISTE DE L'AÉROPORT DE CHARLEROIBRUXELLES-SUD (BSCA) »
QUESTION D'ACTUALITÉ DE MME SALVI À
M. DI ANTONIO, MINISTRE DE
L'ENVIRONNEMENT, DE L'AMÉNAGEMENT
DU TERRITOIRE, DE LA MOBILITÉ ET DES
TRANSPORTS, DES AÉROPORTS ET DU BIENÊTRE ANIMAL, SUR « L'ABSENCE DE BUDGET
POUR L'ALLONGEMENT DE LA PISTE DE
L'AÉROPORT DE CHARLEROI-BRUXELLESSUD (BSCA) »
M. le Président. - L’ordre du jour appelle les
questions d’actualité à M. Di Antonio, Ministre de
l'Environnement, de l'Aménagement du territoire, de la
Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bienêtre animal :
– de M. Dufrane, sur « la piste de l'aéroport de
Charleroi-Bruxelles-Sud (BSCA) » ;
– de M. Tzanetatos, sur « l'allongement de la
piste de l'aéroport de Charleroi-Bruxelles-Sud
(BSCA) » ;
– de Mme Salvi, sur « l'absence de budget pour
l'allongement de la piste de l'aéroport de
Charleroi-Bruxelles-Sud (BSCA) ».
La parole est à M. Dufrane pour poser sa question.
M. Dufrane (PS). - Monsieur le Ministre en charge
des aéroports, permettez-moi de vous interpeller car la
presse de la semaine dernière rapportait que l'aéroport
de Charleroi ne serait pas en mesure de procéder à
l'agrandissement de sa piste à 3 200 mètres, comme
c'était initialement prévu par le Gouvernement wallon
dans sa Déclaration de politique régionale.
Cet allongement de piste est très important pour le
développement commercial de l'aéroport afin de
permettre d'accueillir des plus gros porteurs et de
développer l'activité commerciale.
À ce sujet, j'aurais voulu vous demander quelles
raisons ont conduit à cette décision, si elle est bien
momentanée. À quel moment reprendra-t-on les
discussions par rapport à cet allongement ? Surtout, à

quel moment arriveront les budgets consacrés à celuici ?
Dans la foulée, permettez-moi également de
constater que la tour de contrôle sera rénovée. Quels
budgets sont consacrés à ces travaux ? Quel est le
calendrier des travaux ? Ces travaux poseront-ils ou pas
de problèmes au bon fonctionnement de l'aéroport dans
les prochains mois ?
M. le Président. - La parole est à M. Tzanetatos
pour poser sa question.
M. Tzanetatos (MR). - Monsieur le Ministre,
M. Dufrane a dressé un peu le tableau. Charleroi se voit
privé de l'allongement de sa piste sur son aéroport ; c'est
une bien triste nouvelle. Je m'y perds un peu, tant vous
nous avez habitués – en tout cas c'est la position que
défend mon groupe – à un manque de politiques dans le
secteur aéroportuaire, à un manque de vision à long
terme.
Le peu que mon groupe espérait, c'est que vous
respectiez votre politique telle que vous la déclinez dans
votre Déclaration de politique régionale, ce pacte, cette
promesse envers le citoyen wallon. Il s'agit pour moi
d'une première incohérence qui sème le trouble.
Il s'agit également d'une incohérence par rapport à la
réalité du secteur. On sait que l'aéroport de Charleroi
fonctionne avec le low cost qui vise à, de plus en plus,
s'étendre sur le long courrier et qui, actuellement en
raison de la faible longueur de sa piste, ne peut le faire
qu'à 80 % de ses capacités. Ces compagnies low cost
seront très vite amenées à dresser le constat qu'elles
perdraient de l'argent à rester sur un aéroport régional tel
que celui de BSCA. C'est bien malheureux de maintenir
une décision qui vise à ne pas allonger la piste de
Charleroi.
Il y a une troisième incohérence qui est là d'ordre
financier, puisque ce non-allongement de piste est dû au
manque de financement dans le chef de la SOWAER
qui, apparemment dans son budget jusque 2022, n'aurait
que 15 millions d'euros à octroyer à cet allongement de
piste, alors qu'il nécessiterait de 25 millions à
30 millions d'euros. C'est une incohérence de plus
puisque la SOWAER se voit gratifiée, à la suite de la
décision de la Commission européenne, de 14 millions
d'euros d'euros de la part de Charleroi, chaque année.
Si l'on comptabilise ces 14 millions d'euros, on
pourrait considérer que le budget pour cet allongement
de piste est dans les mains de la SOWAER. Le côté
négatif de cette décision de la Communauté européenne,
c'est que Charleroi se voit privé de pouvoir y mettre les
fonds qu'il possède pour pouvoir compléter ce manque
de fonds dans le cadre de cet allongement de piste.
Je vous avoue être perdu et j'attends des réponses
claires.

P.W.- C.R.A. N° 15 (2015-2016) - Mercredi 13 avril 2016

44

M. le Président. - La parole est à Mme Salvi pour
poser sa question.
Mme Salvi (cdH). - Monsieur le Ministre, je conclus
donc ce trio de Carolos, peut-être pas tous sur le même
ton. À mon tour et au nom de mon groupe, je voulais
également profiter de cette question d'actualité pour
féliciter et remercier vraiment toute la direction et le
personnel de BSCA qui ont fait un travail extraordinaire
depuis ce malheureux 22 mars. Pour avoir moi-même
utilisé cet aéroport, je peux vous dire combien le
personnel était dévoué et souriant, malgré les dizaines
de milliers de passagers qui l'ont utilisé et qui étaient là
très tôt le matin.
Pour revenir sur le sujet d'actualité, d'autres l'ont dit
avant moi, on voit combien nos aéroports régionaux
sont des éléments importants du développement
économique. Je vous rappelle que, dans le cadre de la
Déclaration de politique régionale, nous avions trois
objectifs dans le cadre du développement de l'aéroport
de Charleroi.
Il s'agissait de la mise en place du nouveau terminal.
Les travaux ont commencé et on s'en réjouit.
Il y avait également la rénovation de la tour de
contrôle. On a pu constater que les choses se mettent en
place et devraient commencer dans les prochains mois.
Puis il y avait évidemment l'allongement de la piste.
L'allongement de la piste n'est pas un dossier nouveau.
Reconnaissons qu'il a été mis au frigo pendant quelques
années, mais qu'il y avait une volonté politique d'y
arriver dans le cadre de cette mandature. Aujourd'hui, on
est tous abasourdis d'entendre que l'on risquerait de ne
pas voir cette piste s'allonger et permettre un
développement économique meilleur de notre aéroport.
Les questions sont d'ordre budgétaire, puisque,
comme d'autres l'ont dit avant moi, il faudrait entre
25 millions et 30 millions d'euros pour allonger cette
piste. Or, aujourd'hui, le budget de la SOWAER est
grevé, notamment dû au fait de cette redevance annuelle
imposée par l'Europe.
Monsieur le Ministre, j'aurais souhaité vous entendre
sur cette question. L'aspect financier est-il effectif ? Y at-il éventuellement des pistes de solution qui pourraient
se dégager au niveau de la Région wallonne ?
Je vous rappelle l'excellent débat que l'on a eu sur le
tram de Liège. S'il doit y avoir un investissement
régional qui pourrait éventuellement se faire en fonds
propres, l'allongement de la piste, si l'on ne trouve pas
d'autre voie, pourrait être éventuellement un
développement économique qui pourrait être soutenu en
fonds propres par la Région wallonne.
Comparaison n'est pas raison, mais dans ce cas-ci le
développement de la Wallonie est également en jeu.

45

M. le Président. - Monsieur le Ministre, trois
questions et une seule réponse, mais un temps de parole
adapté à la réalité des nombreuses questions qui vous
sont soumises.
La parole est à M. le Ministre Di Antonio.
M. Di Antonio, Ministre de l'Environnement, de
l'Aménagement du territoire, de la Mobilité et des
Transports, des Aéroports et du Bien-être animal. Madame et Messieurs les députés, je pense que nous
avons besoin de refaire ensemble, en commission, un
petit travail de compréhension de mécanismes et des
conséquences des décisions européennes.
Il n'y a aucun problème de budget disponible à la
SOWAER pour financer l'allongement de la piste, mais
tout investissement à Charleroi, –que ce soit
l'allongement de la piste ou d'autres – devra avoir pour
conséquence d'avoir une adaptation de la redevance à la
valeur économique de ce qui est mis à disposition.
Dès lors, le choix qui est fait à Charleroi – c'est le
choix qui est fait par le conseil d'administration de
l'aéroport – est de dire : priorité pour le T2. On sait que
cela va nous coûter 13-14 millions d'euros, mais que
cela va générer des recettes qui permettront de payer
une redevance qui sera adaptée, compte tenu qu'il y aura
13 ou 14 millions d'euros d'investissements qui auront
été faits et qui, de manière obligatoire, généreront une
redevance augmentée.
Deuxième investissement nécessaire prioritaire : la
tour de contrôle. Là aussi, il y a un intérêt à le faire,
puisque cela permet de faire des économies de
fonctionnement et cela permet de payer une redevance
qui, là aussi, devra être adaptée.
Troisième investissement possible, qui est dans la
DPR et pour lequel des budgets sont disponibles à la
SOWAER, pas la totalité, mais une partie des budgets
sont disponibles, et si nous devions faire
l'investissement nous trouverions les moyens de le
faire... On parle là de 25 millions d'euros, donc d'une
redevance adaptée de l'ordre de 3 à 4 millions d'euros
par an. Ce n'est pas nous qui voulons adapter cette
redevance, c'est la réalité des contraintes fixées au
niveau européen.
Tant qu'il n'y a pas d'opposition à cela, tant que l'on
n'a pas obtenu – et BSCA a essayé de l'obtenir – un
jugement qui dirait autre chose.
La prudence veut aujourd'hui que l'aéroport ne se
lance pas dans des investissements de 25 millions
d'euros qui ne vont pas générer de mouvements
supplémentaires ou pas suffisamment que pour payer
une redevance adaptée.
D'accord sur le constat : nous ne ferons pas
l'allongement dans l'année ou dans les deux ans à venir
parce que nous n'aurons pas de décision européenne

P.W.- C.R.A. N° 15 (2015-2016) - Mercredi 13 avril 2016

contraire, mais pas d'accord sur l'origine de ce choix qui
consisterait à dire qu'il n'y a pas d'argent en suffisance à
la SOWAER ou que la Région ne veut pas respecter la
Déclaration de politique régionale ou ne veut pas
financer des infrastructures supplémentaires à Charleroi.
C'est la logique de la valeur économique réelle de ce
que l'on donne à des opérateurs considérés comme
privés, en l'occurrence l'aéroport de Charleroi et les
compagnies aériennes qui utilisent cet aéroport. Ce n'est
pas nous qui avons voulu ces règles transversales
européennes, mais elles nous sont imposées et nous
avons eu longuement le débat en commission. Cela vaut
vraiment la peine parce qu'il faut que tout le monde
comprenne que les opérateurs – et vous faites partie des
gens qui sont influents autour de ces opérateurs
économiques à Charleroi – comprennent bien les
mécanismes et puissent défendre l'idée de ces
investissements, de la volonté de la Région de les
réaliser, mais aussi des contraintes européennes dans
lesquelles on se place.
Voilà, Madame, Messieurs les députés, la situation
réelle concernant ces investissements à Charleroi.
M. le Président. - La parole est à M. Dufrane.
M. Dufrane (PS). - Monsieur le Ministre, je tiens à
vous remercier pour vos réponses. Je prends bonne note
de celles-ci et je ne manquerai pas, tout comme mes
collègues de Charleroi présents à la commission de
l'Environnement et des Aéroports, de rester
particulièrement attentif à ce dossier et de faire ce
travail à vos côtés.
Merci à vous.
M. le Président. - La parole est à M. Tzanetatos.

suivre, Monsieur Tzanetatos !
M. Tzanetatos (MR). - En direct de Namur !
M. le Président. - Le suspens sera complet : avait-il
raison ou bien tort ?
La parole est à Mme Salvi.
Mme Salvi (cdH). - Je voulais vous remercier
également, Monsieur le Ministre, pour votre réponse et
très objectivement, le ton des parlementaires était
différent des uns et des autres. Dans votre réplique, les
choses auraient pu être éventuellement différentes
également.
Quoi qu'il en soit, ma question reposait sur le fait de
savoir si le Gouvernement wallon, à un certain moment,
vu la décision de l'Europe, aura à cœur de respecter,
quelque part, cet engagement dans le cadre du
développement économique et d'éventuellement trouver
un autre type de solution. Je parlais du tram de Liège. Il
y a d'autres types d'exemples.
On a bien compris la décision européenne et ses
conséquences et le fait que l'on était évidemment dans
l'attente éventuellement pour un, voire deux ans. La vie
est longue et il faut pouvoir aussi anticiper d'autres
types de solutions. Comme vous l'avez dit très
justement, nous ne manquerons pas d'y revenir lors
d'une prochaine commission.
M. le Président. - Merci, Madame Salvi.
M. Di Antonio, Ministre de l'Environnement, de
l'Aménagement du territoire, de la Mobilité et des
Transports, des Aéroports et du Bien-être animal. Monsieur le Président, puis-je ajouter un élément ?

M. Tzanetatos (MR). - Monsieur le Ministre, merci
pour votre réponse, mais qui ne me satisfait qu'à moitié
dans la mesure où, selon moi, et je vous assure que je
vais vérifier, mais la décision de la commission est
tellement longue, en dizaines de pages, que je ne l'ai pas
parfaitement à l'esprit, mais l'allongement de piste tout
comme la tour de contrôle étaient compris dans le calcul
fait par la commission pour fixer le montant de la
redevance à 14 millions d'euros par BSCA. C'était
d'ailleurs un des arguments soulevés par l'avocat de
BSCA dans le cadre de l'analyse qu'il faisait du dossier
en disant que la commission se trompe puisqu'elle
englobe déjà des infrastructures mises à disposition de
BSCA qui n'existent pas encore, nouvelle tour de
contrôle, allongement de piste.

M. le Président. - Bien sûr ! Mais je ne vous avais
point aperçu parce que j'avais dans la perspective un
important chef de groupe et....

Je vérifierai, je ne manquerai pas de revenir vers
vous en commission si j'ai raison. Si ne n'ai pas raison,
je vous le dirai également, au moins ce sera clair.

Pour M. Tzanetatos, effectivement, une partie – et ce
n'est pas très clair dans la décision européenne – de
l'investissement non encore réalisé a déjà été prise en
compte dans le calcul théorique des 15,5 millions
d'euros contestés.

Merci et à très bientôt.
M. le Président. - Voilà une affaire que nous allons

M. Di Antonio, Ministre de l'Environnement, de
l'Aménagement du territoire, de la Mobilité et des
Transports, des Aéroports et du Bien-être animal. - Pour
Mme Salvi, évidemment que nous devons rester
attentifs aux possibilités offertes à l'avenir. S'il y a des
moyens lorsque les décisions européennes seront
définitives, lorsque les jugements auront été prononcés,
lorsque les recours auront été examinés surtout, si l'on
trouve des solutions alternatives pour certains types
d'investissements, nous devons évidemment pouvoir les
faire.

Quelle que soit la situation par rapport à cela, tout

P.W.- C.R.A. N° 15 (2015-2016) - Mercredi 13 avril 2016

46

investissement nouveau impactera cette redevance,
qu'elle soit diminuée, que nous obtenions gain de cause,
nous estimons qu'une redevance de l'ordre de 7,5 à
8 millions d'euros serait plus adaptée. Quoiqu'il en soit,
tout investissement nouveau de plusieurs dizaines de
millions aura un impact sur cette redevance, quelque
soit le mode de calcul. Mais effectivement, il y a dans la
décision européenne et dans le calcul de 15/5 une partie
d'élément non réalisé aujourd'hui, mais pas
d'allongement, je ne pense pas.
M. le Président. - La parole est à Mme Salvi.
Mme Salvi (cdH). - J'apprécie la deuxième partie de
la réponse.

QUESTION D’ACTUALITÉ DE MME ZRIHEN À
M. DI ANTONIO, MINISTRE DE
L'ENVIRONNEMENT, DE L'AMÉNAGEMENT
DU TERRITOIRE, DE LA MOBILITÉ ET DES
TRANSPORTS, DES AÉROPORTS ET DU BIENÊTRE ANIMAL, SUR « LES QUARTIERS
NOUVEAUX »
M. le Président. - L’ordre du jour appelle la
question d’actualité de Mme Zrihen à M. Di Antonio,
Ministre de l'Environnement, de l'Aménagement du
territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports
et du Bien-être animal, sur « les quartiers nouveaux ».
La parole est à Mme Zrihen pour poser sa question.
Mme Zrihen (PS). - Monsieur le Ministre, vous
avez lancé le premier appel à projets sur la création des
quartiers nouveaux en Wallonie, 25 entités communales
ont répondu, 33 projets ont été déposés et 12 ont été
sélectionnés.
Première question : quels ont été les critères ?
Il semblerait que les 33 projets équivalent à peu près
à 1 000 hectares, ce qui m'amène à poser ma deuxième
question : quelle pression foncière est exercée dans le
domaine de l'agriculture ?
Le point suivant étant que vous êtes actuellement
dans un débat extrêmement important sur le CoDT où,
là, on demande beaucoup plus l'allongement et
l'étalement de surfaces urbaines. N'y a-t-il pas une
tension entre ces propositions qui vont arriver et les
propositions qui seront faites dans le CoDT ?
Enfin, ce n'est pas la première fois que je vous pose
la question parce qu'il me paraît bien plus important
d'être attentif à la rénovation de certaines zones
urbaines, de friches industrielles : est-ce que, dans les
projets qui vous ont été rentrés, certaines propositions
de réaffectation de ces friches sont à l'ordre du jour ou
pas ? Si oui, lesquelles ?

47

L'argent étant le nerf de la guerre, quels sont les
financements qui sont prévus pour répondre à ces
12 projets qui ont été acceptés ?
M. le Président. - La parole est à M. le Ministre
Di Antonio.
M. Di Antonio, Ministre de l'Environnement, de
l'Aménagement du territoire, de la Mobilité et des
Transports, des Aéroports et du Bien-être animal. Madame la Députée, effectivement, 33 dossiers rentrés
pour 25 entités, aucun dossier sélectionné puisqu'en fait
ils devaient rentrer pour il y a une semaine, on est en
train de vérifier le caractère complet de chacun de ces
dossiers, puis un jury a été mis en place, qui a d'ailleurs
été désigné par une décision du Gouvernement sur sa
composition. Ce jury va seulement commencer à
travailler,.
Il n'y a donc absolument pas 12 dossiers retenus. Il y
a effectivement 33 dossiers déposés.
Ces dossiers, pour la plupart des superficies
concernées, n'impliquent absolument pas de zones
agricoles puisqu'une des conditions était d'introduire des
dossiers qui, de manière majoritaire, utilisaient les zones
urbanisables au plan de secteur. Pour la plupart des
dossiers, d'ailleurs, il s'agit de sites SAR ou d'autres
friches ou en tout cas pas de terrains à vocation agricole,
sauf peut-être à la marge, en complément du dossier.
Ils sont, dans certains cas, d'une quinzaine
d'hectares, mais certains peuvent aller jusque 90 – le
dossier le plus important, 90 hectares. On a donc
vraiment une grande diversité dans ce dossier.
D'ici deux mois, nous serons en mesure de les
sélectionner.
La dizaine de dossiers retenus – puisque c'était
l'ambition d’en sélectionner une dizaine – bénéficiera
d'un soutien essentiellement administratif, de suivis de
toute une série de thématiques spécifiques auxquelles on
tient. Donc les critères de choix sur la modalité, la
manière dont on intègre la mobilité douce, les aspects
énergétiques, la mixité. Il y a tout un référentiel qui a été
mis à disposition des demandeurs des communes et dont
nous allons examiner et ensuite suivre les lauréats dans
cette logique-là en leur apportant un soutien qui est
essentiellement de ce type-là.
Nous pourrons revenir aussi avec des soutiens plus
spécifiques, éventuellement avec des financements sur
certains aspects puisque les chances ne sont pas égales
pour tout le monde.
Entre mener à bien un projet tel que celui-là dans
certaines parties de Wallonie ou dans d'autres, on n'a pas
toujours le même résultat final puisque l'on n'a pas la
même valeur des terrains, des maisons en bout de
course. Il est possible que des soutiens financiers
spécifiques doivent être identifiés pour que certains

P.W.- C.R.A. N° 15 (2015-2016) - Mercredi 13 avril 2016

dossiers aient une chance d'aboutir.
M. le Président. - La parole est à Mme Zrihen.
Mme Zrihen (PS). - La dernière question était aussi
la question sur la réfection de certaines friches
industrielles. Ce point sera-t-il examiné de manière
particulière ? Créer un nouveau quartier dans certaines
villes et laisser peut-être au cœur de cette ville des
chancres qui ne seraient pas réaffectés ou assainis ne
nous permettrait pas d'atteindre l'objectif de redonner
tout à fait une autre image et une autre dynamique dans
les villes.
Je reviendrai avec cette question dès que les
sélections auront été faites, en espérant que vous
voudrez bien être attentif à la nécessité d'une politique
de rénovation urbaine avec un financement.

QUESTION D’ACTUALITÉ DE MME PÉCRIAUX
À M. PRÉVOT, MINISTRE DES TRAVAUX
PUBLICS, DE LA SANTÉ, DE L'ACTION
SOCIALE ET DU PATRIMOINE, SUR « LE
NOUVEAU PLAN DE LUTTE ANTITABAC »
M. le Président. - L’ordre du jour appelle la
question d’actualité de Mme Pécriaux à M. Prévot,
Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action
sociale et du Patrimoine, sur « le nouveau plan de lutte
antitabac ».
La parole est à Mme Pécriaux pour poser sa
question.
Mme Pécriaux (PS). - Monsieur le Ministre, nous
avons pu lire dans la presse que votre collègue
Mme De Block, ministre de la Santé au Fédéral, avait
présenté un plan antitabac qui vise à diminuer le nombre
de Belges qui fument à 17 %. La ministre met en place
différentes mesures, à savoir notamment l'augmentation
des accises, également la suppression de la vente des
cigarettes en ligne et la diminution des coûts des
traitements pour les personnes qui fument.
Ma question est toute simple, Monsieur le Ministre.
Vous êtes en charge, au niveau de la Région wallonne,
de la Santé, vous avez notamment la prévention en
matière de santé. En votre qualité de ministre de la
Santé, avez-vous été concerté dans le cadre de la mise
en place de ce plan. Il me semblerait intéressant que ce
soit le cas, étant donné que Mme De Block vise à
s'occuper du curatif en diminuant notamment le coût des
traitements, mais je pense qu'il est intéressant de
travailler sur la prévention antitabac.
Avez-vous été concerté ? Que comptez-vous faire
pour continuer à mettre la prévention en place au niveau
de la problématique du plan tabac ?

M. le Président. - La parole est à M. le Ministre
Prévot.
M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la
Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine. - Madame la
Députée, ai-je été concerté par le plan antitabac de la
ministre Mme De Block ? Non, pas directement en tout
cas. J'ai bien entendu et découvert moi-même par voie
de presse qu'elle souhaitait s'attaquer à ce fléau qu'est le
tabagisme et à raison. Notamment, vous l'avez vousmême soulevé, à travers l'augmentation des accises,
avec d'autres mesures telles que le fait de rendre les
paquets de cigarettes neutres ou encore, mais il
semblerait que ce soit le Parlement fédéral qui soit
invité à se saisir de ce dossier, l'interdiction potentielle
de fumer en voiture avec des enfants à bord de celle-ci.
Il est aussi prévu dans ces mesures de mieux
intervenir dans le remboursement des kits de sevrage
tabagique, puisque les bénéficiaires, au lieu de
débourser 49,9 euros aujourd'hui, devraient demain
intervenir à hauteur d'une quinzaine d'euros pour les
assurés ordinaires et pour ceux qui bénéficient de
remboursement plus élevé, on parle d'une somme
inférieure à 10 euros, 9,7 euros pour être également
précis.
Ce sont des mesures que, comme ministre de la
Santé, de même comme citoyen, j'accueille plutôt
favorablement, même si je confesse n'avoir pas été
associé à l'identification de celles-ci. Il n'en demeure pas
moins que le mois dernier, à l'occasion d'une conférence
interministérielle de la santé publique, les différents
ministres en charge des différentes entités ont adopté un
protocole d'accord en matière de prévention qui
consacre un chapitre particulier à la lutte contre le tabac.
Oui, dans ce cadre, la Wallonie activera ses leviers,
mobilisera ses différents services et acteurs pour faire
caisse de résonnance à la volonté partagée par tous et
impulsée dans le récent plan de la ministre De Block
contre le tabac.
J'ajoute que le Fédéral devra d'ailleurs, dans les
semaines et mois qui viennent, également transposer la
directive européenne, dernière du nom, sur cette lutte
contre le tabac. À cet égard, il y aura probablement des
mesures additionnelles qui devront être prises, mais
nous sommes là dans des initiatives qui sont du ressort
essentiellement de la ministre fédérale.
Je rappelle que la Wallonie elle-même a un Plan
wallon antitabac et nous veillons, bien entendu, à
sensibiliser, mobiliser et accompagner tous les acteurs
de terrain pour pouvoir enrayer le fléau qu'est le tabac,
le tabagisme actif ou passif et les dégâts qu'il continue
toujours de faire en matière de santé publique.
(Applaudissements)
M. le Président. - La parole est à Mme Pécriaux.

P.W.- C.R.A. N° 15 (2015-2016) - Mercredi 13 avril 2016

48