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RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL

Un Peuple – Un But – Une Foi

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Ministère de l’Éducation
décret relatif à l’orthographe
et la séparation des mots en mandinka
RAPPORT DE PRÉSENTATION
L’objectif de faire des langues nationales sénégalaises des langues de culture et, par la
même occasion, de donner plus de moyens et d’efficacité à l’éducation, à la modernité et aux
efforts de développement, exige que ces langues soient écrites, introduites dans le système
éducatif et utilisées dans la vie officielle et publique.
Depuis l’élaboration vers les années 1980 du premier projet de décret sur l’orthographe
d u mandinka, la langue a continué d’être écrite et utilisée sur le terrain pour la formation et
l’alphabétisation. Mais, ni l’orthographe, ni la séparation des mots n’a été uniformisée.
Il a fallu attendre les 3èmes Journées Culturelles de Sédhiou tenues du 21 au 25 mai 1997
pour voir beaucoup d’experts et de locuteurs mandingues de toutes les variantes dialectales,
proposer un coe graphique harmonisé pour cette langue à dimension sous-régionale
incontestable.
Les 7 et 8 septembre 2004, à l’occasion de la 29e Semaine Nationale de
l’Alphabétisation, un atelier a procédé à la révision et à la correction de ce projet de décret.
Telle est l’économie du présent projet de décret.

Le Ministre de l’Éducation

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j J jalon 11. 8 et 21 . Vu la loi no 77-55 du 10 avril 1977 relative à l’application de la réglementation en matière de transcription des langues nationales . abrogeant le décret 68-871 du 24 juillet 1968 et complété par le décret no 72-702 du 16 juin 1972 . Les exemples sont pris dans les différents dialectes. h H hani ! 9.RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL Un Peuple – Un But – Une Foi ------------- Décret no 2005-982 relatif à l’orthographe et la séparation des mots en mandinka. modifiée : Vu le décret no 71-566 du 21 mai 1971 relatif à la transcription des langues nationales. DÉCRÉTÉ Article premier : Les règles qui régissent l’orthographe et la séparation des mots en mandinka sont fixées par le présent décret. i I siti 10. d D detoo 5. n N naanee 15. Vu la loi no 91-22 du 16 février 1991 portant loi d’orientation de l’Éducation Nationale. e E fele 6. f F faloo 7. l L lio 13. CHAPITRE PREMIER : L’ALPHABET Article 2 : L’alphabet mandinka comprend vingt-cinq (25) lettres. notamment en ses articles 1er. ñ Ñ ñoo Ŋ 16. m M mee 14. k K kaccaa 12. selon l’ordre alphabétique suivant : No Minuscules Majuscules Exemples 1. g G gamoo 8. ŋ naanaa 2 Traductions corps bon clef étroitesse voici ballon maouloud non ! attacher filet de pêche discussion/discuter nid durée frontière mil mâchoire . b B bete 3. Sur le rapport du Ministre de l’Éducation. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE Vu la Constitution. dont vingt (20) consonnes et cinq (5) voyelles. a A balo 2. c C caabo 4.

Exemples: sikkoo « douter » kaccaa « discuter » sappo « rangée de prière » nbajjoo « couverture » Les particules à initiale latérale /l/ sont généralement assimilées par la nasale finale de la base lexicale précédente. r R riirii écraser 20. p. Elle est notée par le Exemple aa jaato ee seeno ii kiilo oo sooto uu suuto Traduction aubergine amère castrer. o. x. y Y yiri arbre Les consonnes sont : b. Mais. w W wili se lever 24. c. celui des emprunts notamment. s’en aller 25. il est convenu de ne pas les noter. i. j. h. t T tafoo nœud 22. g. Les voyelles sont : a. d. y. n. à la frontière des mots. k. fortune 21. il se produit souvanet des phénomènes d’élision et de contraction à l’oral. ñ. le résultat aboutissant à un redoublement de la consonne qui est notée à l’écriture. l. o O foloo premier 18. p P paapiya papaye 19.• • 17. L’écriture ne tient pas compte de ces réalisations. s S soto avoir. sauf pour distinguer les formes homophoniques 3 . CHAPITRE II : LA PHONOLOGIE Article 3  : La longueur vocalique est pertinente redoublement de la voyelle : Exemples : Exemple Traduction a jato lion e senoo cultiver i kilo œuf o soto avoir u sutu forêt en mandinka. pour des raisons d’économie et de simplicité. Mais elle est observée dans certains cas. m. t. s. Exemple : n be tax => [mbɛtaː] « je pars » a be i fee => [abiːfɛː] « il t’aime » ka i kuu => [keːkuː] « se laver » Article 5 : La gémination n’est pas phonologique en mandinka. f. ŋ. u U sutu forêt 23. buŋ + lu => bunnu « les cases » siŋ + la => sinna « creuser » maŋ + la + fi => Mallafi (nom propre) « non désiré » Article 6  : Le mandinka est une langue à tons. w. Elle est marquée par le redoublement de la consonne là où elle est réalisée. u. e. châtrer être jaloux variété d’arbre nuit Article 4  : Le mandinka étant une langue à syllabes ouvertes et comportant beaucoup de particules à initiale vocalique. r. x X taxa aller.

Exemples : buŋ « une case » => « la case » { buŋo buŋolu « les cases » basa « une natte » => « la natte » { basoo basoolu « les nattes » Devante le suffixe déterminatif -o les voyelles finales longues -ii et -uu s’abrègent. Le contexte permet de distinguer les sens. Exemples: koo koo baa te jaŋ baa te jaŋ « du sel » « le sel » « il n’y pas de chèvre ici » « la chèvre n’est pas ici » Lorsque le nom se termine par la voyelle longue -ee. Exemples : saatee kee « un village » => « un homme » => saatee / saateo kee / keo 4 « le village » « l’homme » . Mas celui-ci n’est pas noté. Les variantes sont respectivement écrites comme elles sont réalisées. Exemples : laa « coucher » => laariŋ « couché » kara « coudre » => karaliŋ « cousu » sinaŋ « mouiller » => sinandiŋ « mouillé » CHAPITRE III : LE NOM ET SES DÉTERMINANTS Article 8 : Le substantif indéfini mandinka se présent comme un radical nu. Et c’est la forme réalisée qui est écrite. Le ton bas concerne les pluriels. soit en -eo. La forme définie s’obtient par l’adjonction du suffixe -o (singulier) ou -olu (pluriel) au substantif indéfini. conformément aux disposition de l’article 7 ci-dessus. Exemples: i « tu » => i taata « tu es allé/allée » ì « ils/elles » => ì taata « ils/elles sont allés/allées » n « je » => n taata « je suis allé/allée » ǹ « nous » => ǹ taata « nous sommes allés/allées » Article 7 : La consonne initiale du suffixe adjectivant -riŋ varie selon le contexte : r ~ l ~ d.des pronoms personnels. le substantif déterminé se termine soit en -ee. la détermination se réduit au ton modulé haut-bas (ˆ). Exemples : jii suu « une eau » => « un cheval » => jio suo « l’eau » « le cheval » Lorsque le nom se termine par les voyelles longues -aa ou -oo.

emphatiques et objets sont séparés du verbe. interrogatif. Exemples : n be taa wuloo mono « j’irai en brousse » nte.Lorsque le substantif se termine par une voyelle brève. singulier) pour le verbe transitif. j’irai en brousse » ali si taa suo cono « vous irez à la maison » i si naa bii « tu viendras aujourd’hui » a be i loŋ « il te connaît » La liste complète des pronoms personnels est présentée dans le tableau suivant : Sujets ou objets n « je / me / m’ » i « tu / te / t’ » a « il / elle / le / la / l’ » ń « nous » alu / ali « vous » ì « ils / elles / les / leur » Emphatiques nte « moi » ite « toi » ate « lui / elle » ntelu / ntolu « nous » alitelu / alitolu / alutolu« vous » itelu / itolu « eux / elles » Article 12 : De façon générale. possessif. Exemples : buŋ dibiriŋo « la case sombre » buŋo « la case » => buŋ dibiriŋ luulunjaŋo « la cinquième case sombre » buŋ dibiriŋolu « les cases sombres » { CHAPITRE IV : LE VERBE ET SES MODALITÉS Article 11 : Les pronoms personnels sujets simples. éventuellement suivi de a (pronom personnel objet 3e pers. la forme infinitive des verbes se construit avec la particule ka. n be taa wuloo kono « moi. indéfini. Exemples : tili musu kele « un soleil » « une femme » « une guerre » => tiloo => musoo => keloo « le soleil » « la femme » « la guerre » Article 9 : Les déterminants démonstratif. les suffixes de la détermination sont joints au dernier élément du groupe. ou 5 . numéral et relatif s’écrivent séparément. Exemples : ñiŋ buŋo « cette case » buŋ jumaa ? « quelle case ? » buŋo miŋ janita « la case qui a brûlé » buŋ fula ? « deux cases » wo buŋo « l’autre case » buŋ luulunjaŋo « la cinquième case » n na buŋ « ma case » Article 10  : Lorsque le nom est suivi d’un ou de plusieurs qualificatifs. le défini se forme en -oo.

-ndiŋ. Exemples : • forme intransitive => • forme transitive • forme pronominale => => ka taa ka naa ka bori ka a domo ka a lii ka a tabi ka i kuu ka i laa « partir » « venir » « courir » « [le] manger » « [le] raser » « [le] faire cuire » « [se] laver » « [se] coucher » Il existe un cas spécifique de formation de l’infinitif avec la marque -o ou -oo de la forme nominale définie. kana. etc. -too. Exemples : kunkoo maŋ sene dindiŋo ye domoroo ke dindiŋo ye domoroo ke le nuŋ i si taa suu sanoo buka komoŋ a be siinoo la a be tabiroo le la « le champ n’a pas été cultivé » (négatif) « l’enfant a mangé » (accompli) « l’enfant avait mangé » (accompli. passé) « tu iras à la maison » (futur) « l’or ne rouille pas » (négation) « il set en train de dormir » (inaccompli) « c’est cuisiner qu’il est en train de faire » (emphatique du verbe inaccompli) Article 14 : Le suffixe aspectuel -ta de l’accompli est rattaché à la base verbale. -ntaŋ. to. Les constituants de la forme infinitive s’écrivent séparément. maŋ. ti. si / se. -nte. -yaa. ye. -taa. be… to. -labi. Ces particules ainsi que les divers auxiliaires s’écrivent séparément. mu. -lan. -koo. -ran. Exemples : tabiroo domoroo siinoo « cuisiner » « manger » « dormir » Article 13 : Le mandinka possède des particules qui marquent les modalités verbales comme be… la. -dan. -maa. Exemples : 6 . etc. sont rattachés à la base lexicale. le. -jaŋ. singulier) pour le verbe pronominal. te.de i (pronom personnel objet 2e pers. be… kaŋ. Exemples : baa faata kunkoo seneta kidoo sosota « le fleuve est en crue » « le champ a été cultivé » « le fusil a été chargé » CHAPITRE V : LA DÉRIVATION ET LA COMPOSITION Article 15 : Les suffixes dérivatis tels que -riŋ. -loo. -nka.

la distinction entre mots composés (devant s’écrire en un seul bloc et sans trait d’union) et syntagmes déterminatifs simple (qui s’écrivent en éléments séparés) obéit à deux critères : • si la résultante de la composition est une nouvelle entité sémantique..intercalé entre les éléments. Mandinka tonboo ñininka tonbu kaaba tonbu niijii tonbuniijii tonbu fula tonbu futabaloo 7 .. Les signes sont : Français point point d’interrogation point d’exclamation virgule point-virgule deux points points de suspension Signes .wulundiŋo kataatoo santaa kaabunkoo konomaayaa karanbaliyaa fulanjaŋ luuntaŋ « le chiot » « le malchanceux » « quelque chose à vendre » « le ressortissant du Gaabu » « l’état de grossesse » « l’analphabétisme » « deuxième » « étranger » Article 16 : Le nom composé du mandinka s’écrit en un seul mot sans trait d’union. on emploie celle du français en tenant compte des particularités de la phrase mandinka. Exemples : saŋ « ciel » + ji « eau » => manta « chance » + beŋ « rencontre » => sanji mantaabeŋ « pluie » « chanceux » Du point de vue de l’orthographe. les éléments de la composition s’écrivent en un seul mot. les éléments du syntagmes s’écrivent séparément : kuta « tortue » + kuŋ « tête » => kuta kuŋ « tête de tortue (réelle) » On peut également reconnaître le mot composé au connectif -n. : . ? ! . . sans trait d’union : kuta « tortue » + kuŋ « tête » => kutakuŋ « plaine sur le gros orteil » • si la résultante est la somme des constituants. Exemples : fali « âne » + diŋ « petit » tabaa « tabac » + daa « maritime » => => falindiŋ tabaandaa « petit de l’âne » (ânon) « pipe » CHAPITRE VI : LES SIGNES ET LA PONCTUATION Article 17 : Pour la ponctuation.

Les invités ont tous dit la même chose. wolu ye wo kuma kiliŋo le fo. jaatakendeyaa. ate keta seejonkoo ti le. Duniyaa bee ye i darkuŋ ì ma. Seejonkoolu ye duniyaa bee kili mandinkayaa kidimandoo la. mandikoo nteŋ. Exemples : Dindiŋol be tuluŋo la Mamadu Seejo « Les enfants jouent.). ì ye ñiŋ ne yitandi ko mandinkayaa maŋ ke bii kuu ti. n sanawu fulandiŋo le mu. des vers et des noms propres et par ailleurs. abréviations. Il n’est pas mandingue. A ye ñiŋ kafu wo kumoo kaŋ ko : bii koolaa saama koolaa. Beŋo diiyaata. Châpeau à Balla Moussa Daffé et aux populations de Sédhiou. musu kafu kee. Luuntaŋ toomaalu fanaŋ. ì keta kiliŋ ti. a te ke noo la kuu feeyaariŋ fanaŋ ti. etc. mee karoo. enfants et hommes. Nous faisons partie de ces invités. Ils ont tous pris l’engagement de toujours répondre à l’appel des sédhiois. Le 8 . ì ko niŋ Ala sonta. mon ami et moi. ì be i dankuŋ na ì ma le. Ì be duwaa la alu ye siimaayaa. Alamaa. niŋ ì joo la. kanbeno niŋ taañaatoo la. dans les conditions particulières de mise en relief (sigle. ka alu tentu. Il a également dit que la culture mandingue ne date pas d’aujourd’hui. Minnu maabeeta n be wolu le kono . Wo tumoo. ka bo tili 21 fo tili 25. bee ye i wakkili. il est citoyen de la ville de Sédhiou. ì ye i tee siti. unis comme un seul homme. Mandiŋ bi taa la le ñaato doroŋ. Alamaa. dindiŋ keebaa. TRADUCTION Les journées culturelles de Sédhiou Cette année encore. se sont mobilisées pour pour faire honneur au peuple mandingue. » « Mamadou (nom propre) » « Sédhiou (ville) » TEXTE D’ILLUSTRATION Seejo la jonboyi sabanjaŋo mandiŋ danbee kaŋ Ñinaŋ fanaŋ koteke. Bari a ye ñiŋ ne seedeyaa ko a ye keolu niŋ musoolu minnu je seejo. Mon ami a ajouté que désormais. niŋ minnu taata ñoo la. ì ye mandiŋ niŋ mandinkoolu kaŋo jaŋayaandi. Que chacun d’eux en soit remercié par la grâce divine. Seejonkoolu. Les journées culturelles ont été une réussite. les Sédhiois ont invité le monde entier à venir fêter la culture mandingue. minnu maabeeta. wolu seewoota. Il a témoigné que les femmes et les hommes qu’il a vus à Sédhiou ont fait honneur à la ville et à la culture mandingue. mandiŋ niŋ duniyaa muumee be alu jayi la. femmes. du 21 au 25 mai 1997. Et les invités ont été réellement heureux. Ì ye ñiŋ kafu wo kaŋ.tiret trait d’union parenthèses guillemets tréma ( ) «  » ¨ tonbuniiniibaa tonbuniiniindiŋo kaloolu wandibuŋoolu tonbulaariŋ fula Article 18 : La majuscule est notée au début des phrases. n teeroo fanaŋ. kiilaa boromoo to. c’est mon cousin pulaar. n niŋ alu mee la duniyaa. Les populations de Sédhiou. qu’elle est une très grande culture et qu’elle ira toujours de l’avant. titres. 1997 saŋo. Bala Musaa DAFFE niŋ seejonkoolu alu ninbaara.

Que Dieu nous accorde une santé de fer. une bonne continuation et une longue vie ! Article 19 : Sont abrogées toutes disposition contraires au présent décret.Mandé et le monde entier vous remercient et prient pour vous. Fait à Dakar. le 21 octobre 2005 Abdoulaye WADE Par le Président de la République Le Premier Ministre Macky SALL 9 .