Mensuel d’information et de liaison de l’armée de Terre

En direct du Liban

Vie des unités
L’ADC Redoutey, spéléologue

Une FOB à Canjuers

Dossier

Obéir et commander
N° 208 - Octobre 2009

Les bases de Défense

Portrait

Focus

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M 06744 - 208 - F: 3,00 E

LES CASQUES BLEUS EN MISSION

A L’HONNEUR . . . . . . . . . . .6 PANORAMA . . . . . . . . . . . . . . . .8 FOCUS
Le RETEX des BDD Ce ne sont pas des bleus ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .16
.........

Sommaire
A LA UNE EN OCTOBRE
DOSSIER OBÉIR ET COMMANDER ÉDITO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .5
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Obéir et commander : ces deux notions sont aussi vieilles que les armées, et forment aujourd’hui autant qu’hier le socle du métier militaire.

RÉDACTION SIRPA TERRE : 14, rue Saint-Dominique, 00453 Armées - Tél. : 01 72 69 + n° de poste ou PNIA 821 752 + n° de poste - Fax : 01 72 69 25 51 I PRÉSIDENT DU COMITÉ DE RÉDACTION : COL Benoît Royal I DIRECTEUR DE LA RÉDACTION : COL Bruno Lafitte I RÉDACTEUR EN CHEF : LCL Michel Sabatier (poste 25 58) I RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT : CNE Julie Cros, CNE Audrey Laisné (poste 25 50) I SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : LTN Sabine Fosseux (poste 25 50) I CHEF DES REPORTAGES : MAJ Yannick Le Leuch (poste 25 52) I RÉDACTION : (poste 25 59 ou 25 64) - CNE Thomas Dijol, LTN Séverine Bollier, LTN Céline Brunetaud, Diane Lhéritier I BRÈVES ET PETITES ANNONCES : Mélanie Texier (poste 25 55) I CELLULE PHOTOGRAPHIQUE : (poste 25 67) ADJ Jean-Raphaël Drahi, ADJ Gilles Gesquière, CCH JeanBaptiste Tabone I CELLULE ICONOGRAPHIQUE : (poste 25 63) BCH Christophe Deyres, BCH Pascal Villemur, BCH David Gaubert I MARKETING : MAJ André Le Bodic (poste 25 56) I ÉDITEUR : Délégation à l’Information et à la Communication de la Défense - 1, place Joffre, 75007, Paris I DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : COL Benoît Royal, Chef du SIRPA Terre I PUBLICITÉ (ECPAD) : M. Thierry Lepsch - Tél. : 01 49 60 58 56 - routage-abonnement@ecpad.fr I DIFFUSION - ABONNEMENTS : BCH Pascal Villemur - Tél. : 01 72 69 25 63 - Fax : 01 72 69 25 51 I ABONNEMENTS PAYANTS : ECPAD - Tél. : 01 49 60 52 44 I RÉALISATION : Samourai.fr I IMPRESSION : CirclePrinters - Commission paritaire n° 0211B05259 - ISSN n° 0995-6 999 - Dépôt légal : à parution. Ce numéro comprend un encart Terre Information folioté de I à IV, et un encart publicitaire La France Mutualiste. Tous droits de reproduction réservés. La reproduction des articles est soumise à l’autorisation préalable de la rédaction. I CRÉDITS PHOTOS : SIRPAT, CNPI, ECPAD, Thomas Goisque, DR. I COUVERTURE : Liban, ADJ Jean-Raphaël DRAHI - Site internet : www.defense.gouv.fr/terre I Courriel : sirpat-comecrite.emat@terre-net.defense.gouv.fr

EN DIRECT DU LIBAN

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RETEX

TÉMOIGNAGE . . . . . . . . .43 INNOVATION
Obéir et commander

DOSSIER . . . . . . . . . . . . . . . . . . .26
Point de situation . . . . . . . . . . . .18 Une force de dissuasion . .20 La logistique . . . . . . . . . . . . . . . . . . .22 La coopération multinationale . . . . . . . . . . . . . . . .24 Les actions CCM . . . . . . . . . . . . .25 Le SILCENT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
.......................

LE CEMAT VOUS PARLE . . . . . . . . . . .40 BD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47 42

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VIE DES UNITÉS PORTRAIT

Le SIAé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 Une FOB à Canjuers . . . . . . . 50 L’ADJ Beaurepaire au Liban . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 L’ADC Redoutey, spéléologue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54

54

TIM A 20 ANS SPORT

2003 et 2004 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .56 Les 24 heures du Mans Rollers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

QUARTIER LIBRE
TIM n°208 - Octobre 2009

Brèves . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .60 Votre agenda . . . . . . . . . . . . . . . . . .64 Culture et loisirs . . . . . . . . . . . . .66 Vu dans les médias . . . . . . . . .69 Petites annonces . . . . . . . . . . . .70

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3

AUTO eT POUvOir d’AchAT

cOMMUNiQUé

Assurance auto : comment dépenser moins...
Dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat, la GMF vous permet de réaliser des économies sur votre budget auto. Tout en étant mieux assuré, mieux remboursé. 3 questions à : Laurent deville, agent edF en banlieue parisienne, 30 ans
1- Quelle utilisation faites-vous de votre voiture ? Je ne peux malheureusement pas m’en passer ! Pourtant, je prends les transports en commun tous les jours pour aller de mon domicile parisien à mon travail en banlieue. Mais une voiture, c’est quand même bien pratique pour pouvoir quitter la ville et partir le week-end en toute liberté. 2- Avez-vous pu réaliser des économies sur votre budget auto ? Les transports, cela demeure un poste important dans mon budget ! Comme je devais changer de voiture, j’ai décidé en début d’année de troquer mon vieux véhicule pour une auto neuve. J’ai investi dans une voiture propre, qui produit moins de 120 g de CO2 au km. J’ai pu bénéficier de 700 € au titre du bonus

écologique mis en place par les pouvoirs publics, et de 1 000 € supplémentaires de prime à la casse (2).
3- Pourquoi avoir souscrit un contrat AUTO PASS auprès de la GMF ? J’ai profité d’un tarif vraiment intéressant. Avec le Bio Bonus prévu au contrat, la GMF donne un sérieux coup de pouce aux acquéreurs de véhicules propres. Et j’ai pu aussi bénéficier de la réduction ECO PASS réservée aux automobilistes titulaires d’un abonnement annuel de transports en commun, ce qui est mon cas. Au total, ma cotisation a réellement baissé par rapport au tarif normal. Sur un peu plus de 500 €, l’économie dépasse 67 € ! (3)
(1) source : Automobile Club, budget pour une Clio III essence, chiffre 2007. (2) super bonus pour la mise au rebut d’un véhicule de plus de 10 ans, suite à l’acquisition d’un véhicule propre (moins de 160 g CO2/km). (3) économie de 67,31 € sur une cotisation annuelle de 503,65 € pour l’assurance d’un véhicule Peugeot 207 HDI Premium 90 5 CV avec le contrat GMF AUTO PASS, formule tous risques confort avec franchise, pour un conducteur âgé de 30 ans, à 40% de bonus sans sinistre responsable. (4) ni étudiants, ni lycéens.

5 345 e: budget auto moyen
(1)

ASSURANCE AUTO PASS DE LA GMF :

les + qui vous font gagner de l’argent

Avec AUTO PASS, vous profitez de tarifs en baisse de 3% en moyenne, avec en plus des réductions significatives dans un ensemble de cas : BIO BONUS - 5% sur l’assurance des véhicules propres (moins de 120 g de CO2/km parcouru) de moins de 5 ans PETIT ROULEUR - 10% si vous faites moins de 5 000 km par an en usage privé avec votre véhicule ECO PASS - 10% pour les automobilistes (4) titulaires d’un abonnement annuel payant de transports en commun BONS CONDUCTEURS ils ne paient pas pour les autres, et encore moins avec AUTO PASS ! Avec 50% de bonus sans sinistre responsable depuis 7 ans, la GMF augmente le bonus jusqu’à 65%. C’est le Bonus + ! JEUNES AGENTS DU SERVICE PUBLIC DE MOINS DE 30 ANS - 25% de réduction sur la première année de cotisation pour tous les contrats d’assurance, et notamment l’assurance auto. Plus encore : aucune surprime pour conducteur novice !

Serec Communication - Photo Getty Images

Commander Plus que jamais, le chef militaire doit fonder sa légitimité et son autorité sur la confiance mutuelle qui le lie à ses subordonnés, sur la fermeté de son caractère, sur ses compétences professionnelles et son exemplarité en Celui qui a le goût toutes circonstances de la responsabilité, mais également sur son sens des responaprès avoir pensé le problème, sabilités car, comme le disait le maréchal sait imposer une solution Joffre, « celui qui a et la faire triompher. » le goût de la responsabilité, après avoir Maréchal Joffre pensé le problème, sait imposer une solution et la faire triompher ». Dans cet esprit, n’oublions pas que le sens des responsabilités exige aussi de contrôler l’action des subordonnés, au quartier comme en opération.

E

Éditorial
n ces temps où notre armée de Terre renoue avec les réalités d’un engagement opérationnel particulièrement exigeant, redonner ses lettres de noblesse à l’exercice du commandement est une impérieuse nécessité.

L’aptitude au commandement passe aussi par le devoir d’obéissance

Apprendre à commander Acteurs essentiels de la préparation opérationnelle, les organismes de formation ont pour vocation d’éduquer et d’instruire des chefs capables de commander dans des situations toujours plus complexes où l’Homme, quels que soient les progrès technologiques, reste au centre de l’engagement militaire. Il s’agit donc de former des hommes et des femmes de réflexion mais aussi de caractère et de cœur

Apprendre à obéir Au-delà de la formation à l’exercice du commandement, l’éducation dispensée doit aussi être tournée vers l’apprentissage de l’obéissance aux ordres reçus parce qu’obéir et commander sont les parts indissociables d’un ensemble qui fonde l’état de soldat. Ces deux éléments, intimement complémentaires de notre manière d’être, garantissent naturellement l’efficacité de nos actions. Il s’agit bien, comme le disait le maréchal Foch, « de comprendre la pensée de son chef, de la faire sienne et, par tous les moyens, de la traduire en acte ». De cette articulation doit naître le parfait équilibre entre l’obéissance formelle et l’esprit d’initiative, entre la discipline, indispensable à l’action militaire, et l’autonomie, dans le respect impérieux des lois et des règlements pour « le succès des armes de la France ». C’est cette ambition qui continuera à animer « les formateurs de l’armée de Terre » que j’ai l’honneur de commander depuis quelques semaines au sein de la DRHAT ; car, si les structures évoluent, la mission demeure toujours aussi impérieuse, celle de former des chefs qui s’efforcent de voir clair malgré les incertitudes, savent décider et assument leurs ordres.
TIM n°208 - Octobre 2009

car la vocation du chef est, encore et toujours, de conduire ses subordonnés au combat en donnant du sens à l’action.

Général de division Philippe BONNET Directeur adjoint de la DRHAT et commandant des écoles et des lycées de Défense 5

Le CEMA en Afghanistan

65e anniversaire de la libération de Paris

A l’honneur

Lors de la célébration du 65e anniversaire de la libération de Paris le 25 août 1944, le président de la République s’est rendu à la préfecture de police de Paris, lieu hautement symbolique où le général Leclerc reçut la reddition des troupes d’Occupation et où le général de Gaulle prononça son premier discours. Au cours d’une cérémonie, une plaque a été inaugurée à la mémoire du général Leclerc dans la cour de l’hôtel préfectoral. Accompagné notamment du Premier ministre François Fillon, du SEDAC Hubert Falco, du maire de Paris Bertrand Delanoë et du préfet de police de Paris Michel Gaudin, le président a appelé à se montrer digne de ce jour à l’heure où de nouveaux défis nous attendent. Du 1er au 3 septembre, le général d’armée Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées, s’est rendu en Afghanistan pour inspecter les unités françaises présentes autour de la ville de Kaboul. L’un des objectifs de sa venue était de faire le point sur l’engagement des troupes françaises, notamment pendant les élections d’août dernier, et d’étudier la réarticulation des effectifs français à compter de novembre. En effet, l’ANA assurera alors totalement la sécurité de Kaboul et de ses environs.
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Le 11 août, le maréchal des logis-chef Vincent Delcous et le brigadier-chef François Daix, du 519e Régiment du train de La Rochelle, participaient à une activité sportive collective. Apercevant un homme âgé d’une soixante d’années, victime d’un malaise, ils se sont portés à son secours en pratiquant un massage cardiaque, guidant et aidant les secours dans le transport du sexagénaire. Bien que leurs formations aux premiers secours remontent à 4 et 12 ans, ils n’ont pas hésité un instant. L’homme a repris connaissance avant d’être transporté à l’hôpital.

Ils ont sauvé une vie

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, s’est rendu en Afghanistan les 17 et 18 septembre 2009 pour faire un point de situation du travail réalisé par les militaires français. Il s’est notamment rendu à Tora (district de Surobi), avant de rencontrer les autorités afghanes de la province. Le 18, il était en Kapisa pour rencontrer les unités du Groupement tactique interarmes (GTIA) sur les bases de Tagab et Nijrab. La visite du ministre s’effectuait à quelques semaines du redéploiement des forces françaises dans l’est du pays. Le 1er novembre prochain, l’essentiel des troupes françaises présentes à Kaboul sera en effet transféré sur les bases de Kapisa et de Surobi.

Le MINDEF en Afghanistan

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© ECPAD

In memoriam

M. Nicolas Sarkozy, président de la République et chef des armées, M. Hervé Morin, ministre de la Défense, le général d’armée Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées, et le général d’armée Elrick Irastorza, chef d’étatmajor de l’armée de Terre, accompagnés de nombreuses personnalités civiles et militaires, ont rendu un dernier hommage au sergent Thomas Rousselle et au caporal-chef Johan Naguin, lors d’un éloge funèbre le 11 septembre 2009 au 3e RIMa de Vannes. Le président a rappelé que « jamais, malgré les risques auxquels les exposait leur engagement, je ne pourrai me résigner à la fatalité de ces vies brisées et trop tôt interrompues. […] Le statut international de notre pays nous confère des prérogatives importantes. […] Tel est bien le rôle des armées françaises et que nul n’en doute, c’est également la sécurité et la liberté de la France et des Français qui se jouent sur les principaux théâtres extérieurs où sont engagées nos forces armées ». Le sergent Rousselle et le caporal-chef Naguin étaient le 4 septembre 2009 en mission de sécurisation de l’axe routier reliant Bagram à la FOB de Nijrab, en Une prise d’arme publique a eu lieu à Fréjus le 31 août 2009 en présence du général d’armée Irastorza, chef d’état-major de l’armée de Terre, dans le cadre des cérémonies de Bazeilles, qui perpétuent le souvenir de cette grande bataille qui eut lieu en 1870 et coûta la vie à 2 655 soldats. Ces cérémonies sont aussi le moyen de réaffirmer la solidarité des troupes de Marine, autour notamment du souvenir de la Division bleue, qui réunit pour la première fois de l’histoire marsouins et bigors dans un même combat. Le général de corps d’armée Thonier et les généraux de division Montfort et Daniel ont fait au cours de la cérémonie leur adieu aux armes.

Le CEMAT honore les troupes de Marine

Afghanistan, avant le passage d’un convoi logistique. Ils étaient intégrés à un dispositif de huit véhicules et précédés par les moyens de reconnaissance du génie. Leur VAB a été visé par un engin explosif improvisé. Le caporal-chef Johan Naguin, natif de la Réunion, s’était engagé au 3e RIMa en
Caporal-chef Johan Naguin Sergent Thomas Rousselle

« Dans ces circonstances exceptionnelles, je veux rendre un hommage particulier au courage, à l’abnégation et au professionnalisme de ces hommes qui ont choisi de servir notre pays à travers le monde, en acceptant de faire le don de leur vie. J’ai une pensée particulière pour ce régiment que vous connaissez bien et qui vient d’être à nouveau touché sur le sol afghan. »

Soutien à nos soldats

(Lettre de condoléances du Premier ministre, François Fillon.)

mai 2005. Pilote VAB, âgé de 24 ans, il était marié et père d’un petit garçon d’un an et demi. Le sergent Thomas Rousselle, âgé de 30 ans, marié et père d’une petite fille de trois ans, s’était engagé en avril 1998 au 3e RIMa. C’était sa seconde mission en Afghanistan, où il exerçait les fonctions de radio-tireur sur VAB. Le 8 septembre 2009, Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux anciens combattants, leur a décerné la Médaille militaire et le CEMAT, la croix de la Valeur militaire avec citation à l’ordre de l’armée, en présence notamment de Mme Marie-Luce Penchard, secrétaire d’État à l’outre-mer. Le président de la République leur a remis le 11 septembre 2009 la Légion d’honneur à titre posthume.

Du 18 au 20 août 2009, le député de l’Ain, vice-président de la commission de la Défense nationale et des forces armées, Michel Voisin, ainsi que Christophe Guilloteau, député du Rhône, secrétaire de la commission, se sont rendus auprès des militaires français stationnés au Tchad. Accueillis par le colonel (A) Bruno Caïtucoli, commandant la force EPERVIER, un bilan leur a ainsi été dressé des actions menées sur place par la France. Après leur rencontre avec les unités stationnées à N’Djamena, les deux députés se sont rendus à Abéché où ils ont participé à une série d’exercices organisés par le 68 e Régiment d’artillerie d’Afrique.

En Bref

Deux députés se rendent au Tchad

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Panorama
31 AOÛT 10-11 SEPTEMBRE 14 SEPTEMBRE 15 SEPTEMBRE 16 SEPTEMBRE 18 SEPTEMBRE 22 SEPTEMBRE
er

Le 1er août 2009 au Liban, le 1-11e Régiment de cuirassiers (1-11e RC) de Carpiagne a changé officiellement d’appellation pour prendre celle de 4e Régiment de dragons (4e RD). Afin de marquer cet événement, une prise d’armes, présidée par le général Lafontaine, RepFrance, s’est tenue sur le site de la Quick Reaction Force (QRF) au Sud-Liban, où se trouve une partie du régiment. Le 4e RD, le régiment de chars AMX-30 de la guerre du Golfe (opération DAGUET), avait été dissous en 1994 et son étendard confié en 2006 au CENTAC. Le 4e RD revoit le jour pour constituer l’un des quatre régiments de chars Leclerc de la Force terrestre.

Visite au 2e RG de Metz. Ouverture solennelle du CID. Visite à l’école d’état-major de Compiègne.

Commémoration des combats de Bazeilles à Fréjus. GRAT des officiers généraux.

Universités d’été de la Défense à Saumur. Hommage funèbre au 3e RIMA de Vannes.

Réception du CEMAT espagnol.

Visite au 1 RHC de Phalsbourg.

L’agenda du CEMAT

En OPEX, l’accès à Internet était souvent payant. Depuis le 1er juillet2009, à Warehouse en Afghanistan, l’attribution individuelle mensuelle est de : I 5 heures pour Internet ; I 2 heures pour le téléphone. De plus, une mission d’experts s’est rendue sur place fin juin. Une venue très appréciée par les soldats qui ont bénéficié de postes et de bornes wifi supplémentaires, de déblocages techniques. L’enveloppe initiale de 2 millions d’euros pour l’année 2009 a été complétée en juin par une allocation de 800 000 euros du bureau CPO. Les problèmes de débit, de coupures intempestives ne peuvent, quant à eux, être résolus qu’au fur et à mesure, selon les sites et les pays. Les militaires basés au Liban, à titre d’exemple, perçoivent désormais deux cartes réutilisables sur d’autres théâtres: l’une fournit 3h de communications vers les fixes ou 1h10 vers les portables, et l’autre permet 5 h de connexion internet. Le wifi est de plus en cours d’installation. À terme, le but est de rendre possible la gratuité sur l’ensemble des sites sans restriction.

Où en est la gratuité Internet en OPEX ?

La refonte de la réglementation nationale, avec notamment la diffusion de la directive nationale de sécurité des activités militaires de l’État par les services du Premier ministre, a entraîné une révision générale des textes traitant de la protection des installations et du secret de la Défense nationale au sein de l’armée de Terre. Le bureau Emploi de l’EMAT a donc mis en place un nouveau site intranet, accessible depuis la page d’accueil d’Intraterre. Le site présente ainsi l’organisation nationale de la chaîne sécurité et ses missions, facilite les contacts, met en ligne une bibliothèque des documents réglementaires et notifie par diffusion électronique les dernières notes : www.emat.terre.defense.gouv.fr/STSD/

Le 4e Régiment de dragons renaît au Liban

La chaîne sécurité dispose de son site

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TIM n° 208 - Octobre 2009

Le 3 septembre, un groupe de travail, composé de 15 présidents des sous-officiers, s’est réuni autour du major Cacan, conseiller des sous-officiers auprès du CEMAT, pour recueillir leur perception sur l’intégration des jeunes officiers issus du recrutement direct dans les régiments. Les conclusions de cette réunion mettent en avant l’importance du rôle du sous-officier dans l’accueil et la formation du jeune lieutenant, confronté à ses nouvelles responsabilités, nécessitant dans certains cas une mise en confiance. De manière générale, les relations entre sous-officiers et officiers ne souffrent d’aucune difficulté. Tous soulignent l’indispensable complémentarité du jeune lieutenant et de son sous-officier adjoint. À cette occasion, diverses propositions ont été formulées pour améliorer tant la formation des sousofficiers que celle des officiers.

L’Intégration des jeunes officiers en régiments

Une PMS au 519e Régiment du train

Du 20 juillet au 7 août 2009 s’est déroulée au 519e Régiment du train une préparation militaire supérieure (PMS) au profit de 32 jeunes. Tir au Famas, marche au pas et chant, découvertes sportives ont été le quotidien de ces jeunes hommes et femmes attirés par la Défense. Point d’orgue de ce stage, un débarquement d’assaut sur l’île de Ré. Après toutes ces émotions, les jeunes stagiaires ont reçu leur insigne « PMS » pour attester de leur réussite. 90 % de ces 32 jeunes diplômés, qui envisagent une carrière dans l’armée de Terre, ont manifesté le désir de donner suite à cette expérience.

Ces militaires qui ont changé la France

Le dispositif SEVELOR, ou sécurisation de la vente des logements dans le cadre des restructurations, a été mis en place par le ministre de la Défense pour accompagner les militaires et civils qui contraints de se séparer de leur résidence principale suite à une mutation liée aux restructurations, rencontrent des difficultés à vendre. Le groupe SNI, spécialisé dans l’immobilier, s’engage à faire une offre d’achat pour tout bien qui n’est pas vendu dans les deux mois. I Pour les civils, le dossier est à déposer à l’antenne mobilité reclassement des

L’Association des sous-officiers de réserve (ASOR) de Nantes a organisé sa 32e journée « découverte de la réserve et du monde militaire » le 27 juin 2009 à Jouésur-Erdre (44). Alors que celle-ci mettait à l’honneur son 2000 e stagiaire, le CEMAT rappelait de son côté au nouveau président de l’Association nationale des réservistes de l’armée de Terre (ANRAT) l’importance de la réserve. La pleine réintégration de la France dans l’OTAN crée en effet un nouveau besoin de réservistes, ayant une aptitude à travailler en étatmajor. L’armée de Terre compte actuel-

« J’ai besoin des réservistes ! »

Le recrutement fait sa rentrée

Dispositif SEVELOR

Le salon Defense Systems & Equipment International (DSEI) s’est tenu à Londres du 8 au 11 septembre 2009. L’armée de Terre s’est donc transportée pour l’occasion sur les bords de la Tamise pour présenter les projets de la France en matière d’innovation. Son atout principal était le programme Scorpion, qui a pour objectif de mettre en avant l’accroissement des capacités opérationnelles, la souplesse de l’em-

unités ou à la cellule régionale mobilité reclassement. I Pour les militaires, le déposer à la cellule d’accompagnement des restructurations ou à la DRH de l’unité. En cas de dissolution, les demandes devront êtres faites auprès de la nouvelle affectation. Une offre d’achat sera proposée dans un délai d’un mois. Pièces à fournir pour le dossier : justificatif de propriété, de mise en vente, de mutation et un document attestant du prix de cession demandé. ploi de la force, la communication généralisée des informations, ainsi que la protection renforcée des soldats et l’interopérabilité des forces armées. À cet effet, la première expérimentation a commencé le 14 septembre 2009 et s’achèvera le 5 octobre 2009. Il s’agit d’ARTIST, mené en Allemagne, au camp de Bonnland. Le prochain numéro de TIM en fera un compte rendu complet.

189 Franciliens ont signé leur premier contrat et assisté à leur première cérémonie au fort Neuf de Vincennes le 1er septembre 2009, en présence du général de brigade Philippe Pontiès, sousdirecteur Recrutement pour l’armée de Terre et coordinateur du recrutement pour les Forces armées. 88 Ultramarins ont de plus rejoint des garnisons métropolitaines dont 17 Réunionnais, affectés au 2 e RPIMA. Ce ne sont pas moins de 277 contrats qui ont été signés pour le mois de septembre, preuve que le recrutement ne faiblit pas.

lement environ 18 000 réservistes. Son objectif pour 2011 : 28 000 réservistes !

Une commande supplémentaire de VBCI

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a annoncé la commande de 332 véhicules blindés de combat d’infanterie (VBCI), portant l’ensemble à 630 véhicules. Lancé en 2000, le programme, conforme aux orientations du Livre blanc, s’inscrit dans la volonté de remettre à niveau les moyens de combat. Le montant global du programme VBCI se chiffre à 2,86 milliards d’euros. Les premiers véhicules ont été reçus en septembre 2008 au 35e Régiment d’infanterie, dont la première compagnie équipée de ces engins a défilé lors du 14 Juillet. Les derniers exemplaires devraient être livrés d’ici à 2015.

ARDANT DU PICQ Charles
(1821-1870)
Colonel français, cet homme au caractère difficile voire farouche participe à la campagne de Crimée, de Syrie (où il est fait prisonnier), ainsi qu’aux événements d’Algérie de 1864. Homme de terrain, ce colonel, sorti de Saint-Cyr avec un classement médiocre, n’hésite pas à remettre en cause les fondements stratégiques militaires de l’époque et nous laisse une œuvre majeure : Études sur le combat; Combat antique et combat moderne. Partant des combats antiques comme ceux de Cannes et de Pharsale, il s’inscrit en faux contre la théorie des « gros bataillons », privilégiant une théorie microstratégique. Il place ainsi le soldat au cœur de sa pensée, montrant que la victoire doit être remportée grâce à la force morale des soldats, à leur discipline et à solidarité.
Source : Fabrice Fanet et Jean-Christophe Romer (dir), Les militaires qui ont changé la France, Editions Le Cherche Midi.

Le salon d’armements de Londres

TIM n° 208 - Octobre 2009

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Panorama
Du 21 septembre au 3 octobre, l’armée de Terre participait à l’exercice multinational amphibie LOYAL MIDAS 09, en Méditerranée puis sur le camp de Canjuers pour la partie aéroterrestre. Mené en vue de l’alerte amphibie NRF14 du premier semestre 2010, cet exercice, conduit par le Joint Command Lisbonne (OSE), devait permettre la certification de la composante amphibie (CATF/CLF). L’EMF1 assurait la coordination entre les participants de la force terrestre (6e BLB, 4e BAM, 1re BM, CFT) et armait également une partie des postes Terre du CATF.

Go no go

En référence au « go ! » anglais des parachutistes avant le saut, être en « go no go » désigne l’attente, le moment où on ne sait pas quoi faire. Le « go no go » est aussi une cale utilisée sur la mitrailleuse de calibre 12,7 et qui sert à positionner exactement le canon.Celle-ci, d’épaisseur différente à chaque extrémité, indique d’un côté «go» et de l’autre «no go». «Qui donne le go no go» ? En clair : «Qui donne le feu vert ?» Par extension, « go ! » désigne un ordre ne soufflant aucune hésitation et appelant une action immédiate.

LOYAL MIDAS 09

Le 22 juillet 2009, un feu détruisait la garrigue aux portes de Marseille sur 1 077 ha. Afin de conjurer les risques de coulées de boues et d’inondation, les militaires, avec les services de l’État, ont mis en place un dispositif de réhabilitation des espaces sinistrés. Encadrés par l’ONF (Office national des forêts), 80 militaires du 1er RE d’Aubagne, du 4e RD de Carpiagne, du 1er REG de Laudun et du 2e REG de Saint-Christol ont été engagés pour assurer le nettoyage des sites. Bilan : 1 600 arbres abattus, 500 fascines réalisées, 350 m de talwegs créés pour l’écoulement des eaux, etc.

Jargon

Colis de fin d’année : pensez-y !

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TIM n° 208 - Octobre 2009

Afin d’évaluer la perception des lecteurs de la revue Terre Information Magazine, la DRHAT (BCP-EH) et le SIRPA Terre ont réalisé une étude quantitative en avril 2009, par questionnaire auto administré. Au total, 3 397 personnes ont été questionnées. 96% (contre 77 % en 2004) se déclarent intéressés par le contenu, dont 17 % très intéressés. Ce résultat est confirmé par le très faible pourcentage de ceux qui ne lisent jamais la revue et qui sont légèrement plus nombreux en régiment ou en école (de l’ordre de 4 %). 51 % lisent tous les numéros ou presque (contre 60 % en 2004).

Le chiffre

96 %

Du 10 août au 18 septembre 2009, 14 militaires du 1er RHC, 1 Gazelle et 2 Puma ont assuré l’alerte incendie avec l’UIISC 7 au sein du Détachement d’intervention héliporté (DIH), dans le cadre du plan HEPHAISTOS (lutte contre les feux de forêt). Grâce à des bacs souples d’une capacité de 1 500 l, les Puma interviennent en moins de 3 h et peuvent s’approcher à 500 m du feu, dans des zones difficilement accessibles aux pompiers. Malgré des départs de feu fréquents, la contribution des hélicoptères est restée faible et ponctuelle – 35 h de vol effectuées –, conséquence d’une maîtrise rapide et efficace de la Sécurité civile. Lors des grands incendies en Corse, du 24 au 28 juillet 2009, ces mêmes hélicoptères ont réalisé plus de 70 allers-retours.

Dans le cadre de la future campagne de recrutement de l’armée de terre, qui sera lancée au début de l’année 2010, la sous-direction recrutement de l’armée de Terre a tourné sur le camp de Canjuers ses nouveaux films TV, avec le concours du 27e BCA et du 1er RCA. Élaborée par l’agence TBWA, cette campagne s’appuiera sur un site internet répondant aux critères de convivialité et d’interactivité les plus performants. Il sera valorisé par la mise en œuvre d’une stratégie de communication multimédia, dont ces films seront le produit emblématique. L’armée de Terre aura recruté près de 14 000 jeunes en 2009.

Envoyez vos colis dès fin novembre et au plus tard pour la semaine 49 ! Les fêtes de fin d’année approchent et avec elles les cadeaux ! Que l’on soit en Guyane, en Nouvelle-Calédonie, en Afghanistan ou ailleurs, il est important que chacun ouvre son précieux cadeau le 25 décembre. L’année dernière, le service de la Poste interarmées a traité pour la période de décembre 153 tonnes, soit 25 000 colis à destination du personnel de Défense et des familles. Il faut, par exemple, en moyenne 14 jours pour qu’un colis arrive normalement en Afghanistan. Avec les fêtes de fin d’année, n’hésitez pas à prendre de l’avance !

L’armée de Terre intervient à Marseille

Implic’action sera lancée le 8 octobre. Cette association s’inscrit dans les dispositifs existants d’aide à la reconversion. Cette aide vise toute personne de la Défense et s’appuie sur un réseau national d’anciens militaires et civils qui ont réussi leur reconversion et désirent

Ça tourne à Canjuers

Une nouvelle aide à la reconversion

partager leurs expériences. Accompagnés de professionnels du changement de métier et de la réorientation de carrière, ils proposent ainsi des parcours de reconversion adaptés et personnalisés. I www.implication.fr I 06 80 73 72 66

Le détachement HEPHAISTOS

Clin d’œil

Cultures militaires, culture du militaire

Faites-nous parvenir vos clins d’œil et situations militaires originales à l’adresse Internet sirpat-comecrite.emat@terre-net.defense.gouv.fr

© CCH Jean-Jacques CHATARD TIM n° 208 - Octobre 2009

Les 12 et 13 septembre 2009, le 3e Régiment du génie a organisé des journées portes ouvertes. Un spectacle son et lumière original, suivi d’un feu d’artifice, était l’attraction majeure de ce week-end. Alternant le ludique et le pédagogique, le régiment a présenté son matériel (EBG – engin blindé du génie, PFM – pont flottant motorisé, etc.), son savoir-faire, son savoir-être... Chacun a ainsi pu profiter du parcours action man, du pont de singe et du tir laser au FAMAS, en passant par l’atelier déminage et une balade sur la Meuse en Engin de franchissement de l’avant (EFA).

Du 28 août au 6 septembre 2009, le pôle armée de Terre était présent à la foire de Châlons-en-Champagne. 140 soldats, 15 véhicules, 14 unités, 6 matériels majeurs et deux chiens se sont mobilisés pour faire découvrir au public les moyens techniques et humains dont dispose la 1re Brigade blindée. Le CAESAR, l’équipement FELIN, le char LECLERC, le DRAC, etc. ont été exposés au grand public. Le 2 septembre a été marqué par la venue du général Bras, commandant la 1re Brigade mécanisée, qui a inauguré la jour-

63e foire de Châlons-en-Champagne

Opération séduction

Parler de cultures militaires a-t-il encore un sens à l’heure où les réformes tendent à l’homogénéisation ? Sans aucun doute. C’est le propos du dernier numéro de juinseptembre d’Inflexions, intitulé « Cultures militaires, culture du militaire ». Homogène en apparence, l’armée de Terre est en effet composée d’une multitude de cultures spécifiques à chaque arme, chaque régiment sous la bannière d’un même drapeau. Les cultures brassées dans ce numéro sont aussi vastes que le sujet. « Cultures militaires, cultures du militaire », Inflexions, La Documentation française, n° 11, juin-septembre, 12 euros.

Le 8 octobre 2009, l’École de l’aviation légère de l’armée de Terre (EALAT) et l’Ecole franco-allemande de formation des équipages Tigre (EFA) inaugureront les centres de simulation de la plateforme aéronautique du Cannet-des-Maures. Cette inauguration marque une nouvelle étape dans la politique de simulation qui permet de garantir la capacité opérationnelle des équipages d’hélicoptères de l’ALAT. Elle participe aussi à la politique de développement durable de notre pays en permettant la limitation des nuisances sonores et la réduction de la consommation de produits pétroliers. Rappelons que l’apport de la simulation a été décisif dans la formation et l’entraînement des équipages Tigre qui viennent d’être déployés en Afghanistan.

née de l’armée de Terre. La Nouba (fanfare aux tonalités nord-africaines) est venue spécialement d’Épinal.

La nouvelle simulation de l’ALAT

Kosovo : instant de tendresse entre un para et un chiot.

Les meilleurs seront publiés et récompensés

Du 16 au 17 septembre s’est tenu l’exercice ZURB SARREBOURG 2009. Dans le cadre des montées en puissance du PC numérisé du 1er RHC, des exercices de combat en zone urbaine ont été menés, de jour et de nuit, en liaison avec le 1er RI et en accord avec la ville de Sarrebourg. Assaut héliporté, survol de la ville à basse altitude, évacuation de ressortissants (RECEVAC) en centre-ville, récupération de pilotes abattus, etc., le rythme dynamique de l’exercice a mobilisé 180 personnels, 10 Gazelle, 6 Puma, 8 camions, 6 P4. Sans surprise et même avec curiosité, les habitants se sont à nouveau prêtés au jeu.

Devise

« À L’AFFÛT TOUJOURS, JAMAIS NE RENONCE. » C’est la devise de l’un des plus vieux régiments de France et des plus décorés de l’artillerie : le 3 e RAMA. Fondé en 1803 par décret consulaire, le 3 e RAMA fait front sur tous les champs de batailles jusqu’en 1918. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le président des États-Unis lui remet la Unit citation. C’est en 1994 qu’il rejoint son affectation actuelle à Canjuers.

Exercice ZURB SARREBOURG

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Etape 2 !
18 Bases de Défense pilotes
Bien sûr, les premiers manques sont aussi apparus. Notamment dans le domaine des outils de transmission d’information où les besoins sont importants. Tous les acteurs de l’expérimentation insistent d’ailleurs sur ce point essentiel: être rapidement capables de dématérialiser les documents, de travailler à distance, en télétravail plutôt qu’avec la navette courrier du vaguemestre terriTIM n°208 - Octobre 2009

S

Bases de Défense
ix mois, le temps d’une OPEX, le temps qu’il a fallu aux défricheurs des BdD expérimentales pour lancer, sur ordre du chef d’état-major des armées, cette réforme qui va complètement transformer les armées et donc l’armée de Terre. Son principe fondateur? Mutualiser l’administration générale et les soutiens communs. Comment? En étant pragmatique, en choisissant entre les différentes façons de procéder celle qui est la plus efficace dans un contexte administratif et budgétaire où l’emploi des moyens doit être recentré sur l’opérationnel. L’objectif ? Économiser de la ressource, justement, et mieux employer le personnel pour privilégier la capacité d’engagement. Comme c’est une phase d’expérimentation, certains principes retenus au départ se sont révélés modulables. Par exemple, un rayon de 30 km avait été fixé pour le périmètre géographique des BdD. En fait, le délai de déplacement s’avère être un critère plus pertinent.

Focus

Après plusieurs mois d’expérimentation, c’est l’heure d’un premier bilan pour les onze Bases de Défense expérimentales (BdD). Lancées en janvier 2009, les BdD constituent une véritable révolution dans l’organisation des tâches d’administration et du soutien commun pour les armées. Un retour d’expérience sur un premier semestre riche en enseignements a eu lieu à l’été 2009. Des mesures correctives et certains changements sont annoncés. Rappel des faits et point de situation sur ce « dossier chaud ».
Brest Rennes Coëtquidan Cherbourg Montlhéry Avord Creil Nancy Besançon

Optimiser le temps de travail et harmoniser la gestion

Le concept général de Base de Défense sera validé en 2009 puis consolidé en 2010 avec, notamment, le déploiement de 11 bases expérimentales et de 7 nouvelles.

blement chronophage. Cet aspect est un de ceux qui est apparu à de nombreuses reprises dans le Retex. Il sera en partie résolu par la création d’un portail informatique pour les BdD et la mise en place d’outils communs de plus en plus nombreux (comme CHORUS, qui deviendra l’outil unique interministériel de gestion

11 Bases de Défense expérimentales 2009 7 nouvelles Bases de Défense 2010

Rochefort, Saintes, Cognac Pau

Clermont- Valence Ferrand

budgétaire et comptable). L’harmonisation à terme de tous les modes et procédures de gestion, pour l’instant le plus souvent juxtaposés, devient également l’un des objectifs majeurs de cette réforme. C’est un procédé long et complexe qui oblige tous les acteurs à repenser leur manière de travailler (cf. pp. 14

La Valbonne

Aubagne

Marseille

La Réunion Djibouti

12

4

Premièrement, la BdD fonctionne. L’adhésion au concept est une réalité et beaucoup s’investissent pour assurer la réussite de cette réforme. Deuxièmement, les premières mutualisations ont été réalisées avec succès. Le GSBdD a rationalisé la gestion des transports (véhicules, chauffeurs…), du logement, de l’hébergement et des achats. Enfin, au cœur de l’expérimentation, nous avons décelé de nouvelles pistes pour les mutualisations que nous allons maintenant étudier avec attention.

et 15, «Interarmées par nature»), à revoir leurs habitudes.

Toutes ces difficultés font finalement partie du processus expérimental. Elles confirment les points d’efforts identifiés par l’EMA : préciser les attributions du Com BdD (cf. encadré), déterminer quelle doit être la répartition du pilotage entre le niveau local et le central, définir les modalités pratiques de ce nouveau système d’organisation en déterminant, par exemple, quelles doivent être les bonnes distances, la bonne répartition des tâches. L’expérimentation fonctionne donc selon une méthodologie ouverte, sans dogme, en tenant compte attentivement des

En trois mots : l’engagement, la conviction et le maintien de l’exigence opérationnelle. Les principaux acteurs ont bien compris l’esprit de « laboratoire » dans lequel le Chef d’état-major des armées souhaitait conduire cette première étape avec les BdD dites « expérimentales ». Les difficultés ont été nombreuses, mais les commandants de BdD ont été inventifs et ont su proposer des solutions qui, aujourd’hui, permettent au système de fonctionner. Les missions opérationnelles n’ont pas eu à souffrir de ce changement, ce qui constitue un point central dans la réforme. Le soutien reste efficace, en France comme à l’étranger.

QUESTIONS

au général de corps aérien Éric Rouzaud
Sous-chef « organisation » de l’état-major des armées

Quels sont les points marquants de ce premier Retex sur les Bases de Défense ?

financière et comptable des BdD et optimiser la gestion de nos ressources humaines. L’harmonisation du corpus réglementaire et la simplification des procédures demeurent, avec la convergence des SIC, une priorité. Cette année, nous validons le concept général de BdD. Nous déterminons ce qui constitue la colonne vertébrale d’une BdD et comment les particularités locales doivent s’y greffer. 2010 sera une période essentielle de consolidation avec, notamment, le déploiement des 18 BdD pilotes (11 bases expérimentales + 7 nouvelles BdD). Le Service du commissariat des armées (SCA), outil fondamental de cette réforme, sera également créé en janvier 2010. Regroupant les trois commissariats d’armées, il sera placé sous l’autorité du CEMA. Un nouveau retour d’expérience aura lieu enjuin 2010 pour préparer l’entrée dans la phase finale de 2011 où près de 70 bases seront déployées en métropole et outre-mer. L’ensemble des formations et unités du ministère seront alors soutenues par la chaîne interarmées du soutien.

Le nombre excessif et la diversité des réglementations et des procédures constituent la principale difficulté. Cela a notamment eu des incidences dans l’élaboration et la mise en œuvre des contrats de services passés entre la BdD et les entités soutenues. La convergence très lente des systèmes d’information et de communication est un autre point majeur. Elle doit être accélérée pour améliorer la gestion administrative,

Les étapes déterminantes pour la réforme en 2010 ?

Où se trouvent les principaux motifs de satisfaction ?

Quelles lacunes principales sont apparues dans le Retex 1 ?

Tenir compte des remontées émises par les maîtres d’œuvre

remontées du « terrain » et de l’avis de ceux qui mettent en œuvre cette réforme au quotidien. Pour l’armée de Terre en particulier, les problèmes soulignés ne sont pas différents. Les chefs de corps s’inquiètent de perdre leurs prérogatives dans le domaine RH et veulent impérativement garder la main sur leurs hommes, c’està-dire les noter, les récompenser, les sanctionner ou les muter. L’armée de Terre envisage d’ailleurs de conserver dans les régiments un officier RH, qui serait rattaché au chef de corps. De même, la question de l’identité et de la subordination des personnels du GSBdD placés auprès des formations se pose

« L’objectif ? Économiser de la ressource, justement, et mieux employer le personnel pour privilégier la capacité d’engagement.
TIM n°208 - Octobre 2009

avec acuité dans une armée de Terre qui se définit par ses traditions, sa tenue, sa cohésion et son identité forte. Sur ce dernier point, le débat se poursuit sur le niveau de civilianisation des postes et celui de la capacité de projection des personnels servant dans la chaîne COMIAS. Le Retex a pris en compte l’ensemble de ces éléments afin que les mesures correctives envisagées soient le résultat tangible des remontées de terrain.

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N

Focus

ous sommes un véritable laboratoire ! » déclare, avec un grand sourire, le capitaine Marc Montemont (Air), adjoint au chef de la division finances achats. « Nous devons trouver des systèmes, proposer des solutions, des pistes à explorer pour la suite de l’expéTIM n°208 - Octobre 2009

Nancy

Interarmées par nature

La BdD de Nancy a commencé ses activités en mars 2009. Composée de plus de 4 000 personnes, elle s’articule autour de plusieurs sites majeurs : la base aérienne 133 d’Ochey, le 516 e Régiment du train à Ecrouves et le 53e Régiment de transmissions à Lunéville. À ces trois sites s’ajoutent plusieurs emprises dans Nancy, mais aussi jusqu’à Epinal ou Contrexéville. Étalement géographique, forte hétérogénéité et « méthode de la découverte », panorama de cette BdD innovante qui illustre bien l’état d’esprit créatif qui doit prévaloir dans la réalisation de la réforme.
Les attributions du Com BdD en font d’abord un coordinateur des soutiens et un arbitre essentiel des relations entre soutenants et soutenus. En revanche, il n’intervient pas dans la manière dont chaque entité de soutien spécialisé (SSA, SEA, SID, DIRISI…) remplit sa mission. Par définition, il n’a pas d’autorité directe sur les soutiens, mais exerce un rôle de régulateur incontesté. Cette distinction se trouve dans le système de notation : les responsables des entités de soutien spécialisé continueront d’être notés par leur autorité d’emploi, qui s’appuiera sur l’évaluation qualitative réalisée par le Com Bdd. Enfin, au niveau opérationnel, le GSBdD s’engage à ce que le personnel projetable fourni aux formations soutenues ait des aptitudes opérationnelles certifiées.

rimentation. » Dans les faits, que se passe-t-il ? La compréhension des procédures de chaque armée est difficile et il y a plutôt, dans un premier temps, la juxtaposition de deux systèmes qu’une refonte complète en un seul. « Deux militaires de grade équivalent, l’un de l’armée de Terre et l’autre de l’armée de

Le Com Base de Défense : un chef d’orchestre au service des formations soutenues

l’Air, faisant la même mission, au même endroit, ne percevront pas les mêmes frais de missions », explique le capitaine. « Voilà une aberration qu’à terme nous devrons avoir résolue, sous peine d’avoir des injustices. » « Le point le plus positif c’est l’interarmisation de notre vie quotidienne qui se passe parfaitement bien », explique le Com BdD, le colonel (Air) Philippe Morales. « L’acculturation se fait petit à petit et les militaires comme les civils ont plutôt choisi de se concentrer sur ce qui les unit et les motive à travailler ensemble », poursuit-il. « Partout, dans tous les services, je vois de la motivation, l’envie de trouver des solutions. C’est cet état d’esprit dans lequel nous devons travailler. »
À plus de 30 km de Nancy, sur la BA 133, le téléphone du capitaine Henri-Xavier Thuin, chef du bureau administration du

Limiter les déplacements inutiles

14

personnel (BAP) pour le GSBdD, ne cesse de sonner et les dossiers s’empilent sur tous les bureaux du BAP. Le capitaine est plutôt optimiste : « C’est vrai que nous travaillons énormément. Nous devons finalement faire face à la même charge de travail, mais avec moins de personnes. Pour autant, gérer plus de 1 900 militaires est un challenge passionnant et une vraie responsabilité pour tout le monde ici. » La majorité des traitants est pour l’instant issue des unités soutenues, ce qui facilite d’autant les rapports avec leurs correspondants RH. Le téléphone sonne encore. Le capitaine est sollicité aussi bien pour un problème sur Concerto que par un interlocuteur à la DRHAT qui ne comprend pas tout de la réforme.

Djibouti : six mois après l’expérimentation de 2009

« Le souci, c’est que c’est une période transitoire pour nous, mais pour quelqu’un qui se reconvertit après des années de service, il n’y a pas de droit à l’erreur, il a une famille derrière et on doit assurer ! » Pour continuer à garder le contact avec les unités soutenues, le capitaine essaye de se déplacer le plus souvent possible… Tout en pestant contre les déplacements inutiles. Il a récemment fait acheter 18 scanners pour tenter un début de dématérialisation. « Le problème est que certains se satisfont des documents scannés tandis que d’autres veulent toujours des originaux. » Toujours cet enjeu de normaliser, d’avoir une seule façon de faire pour tous. L’objectif des BdD, finalement.

Le point le plus positif, c’est l’interarmisation de notre vie quotidienne qui se passe parfaitement bien. »

Colonel (Air) Philippe Morales, Com BdD

La BdD de Djibouti est la seule de cette première phase à se trouver hors du territoire métropolitain. La base de la corne de l’Afrique avait déjà été un site expérimental pour les bases de soutien à vocation interarmées dès 1998. « La forte concentration des FFDJ est un point fort », explique le commissaire colonel Jean-Louis Paquette, Com GSBdD. « Nous sommes presque tous dans un rayon de 10 km2. » Une division logistique commune assure le ravitaillement, la maintenance et la comptabilité de tous les matériels communs. De même, la fonction achat-finance rassemblée en un seul lieu a fort à faire avec près de 23 millions d’euros de budget. « C’est, avec le soutien de l’homme, le nœud des économies possibles », analyse le commissaire Paquette. « Quand on sait qu’il y a 10 points de fabrication et 14 de consommation pour la nourriture, chacun peut imaginer qu’il y a ici des possibilités d’économies, tant en ressources qu’en effectifs. » Un chantier parmi une multitude, mais toujours le même objectif : économiser, rationnaliser pour libérer des ressources qui pourront être redistribuées au volet opérationnel. La vérité, c’est que nous devions repenser complètement nos façons de travailler, arrêter d’être chacun de notre côté. Alors, sans tout bouleverser, j’ai demandé à ce qu’on mette l’accent sur les domaines finances et RH : les premiers résultats sont probants. Dans le domaine de la finance, nous avons été très attentifs aux achats et marchés. Le mot d’ordre a été « homogénéisation » et on a vu de bonnes possibilités d’économies, notamment en mutualisant les contrats et donc en les négociant mieux, mais aussi en reprenant certains marchés en régie interne.

L’objectif : une seule façon de faire pour tous

Pour en savoir plus: TIM n° 201 de février 2009. Le site de l’EMA consacré aux BdD: www.ema.defense.gouv.fr/ basesdedefense/

3

CNE Thomas DIJOL Photos : BDD Nancy, CCH Jean-Baptiste TABONE

Tout ! Je vais chercher à optimiser la dématérialisation des documents de travail, de raccourcir les circuits administratifs tout en continuant à m’inspirer de ce qui est bien fait dans les autres BdD. Par exemple, lors du dernier séminaire Com BdD, j’ai particulièrement été intéressé par le plan d’action d’Aubagne et la méthode RH de Creil : nous allons travailler dans ce sens.

QUESTIONS

au colonel Philippe Morales,
ComBase de Défense de Nancy

Quel est votre sentiment après six mois d’existence à peine de la BdD ?

Des exemples ?

Que voulez-vous voir avancer en priorité dans les prochains mois ?

TIM n°208 - Octobre 2009

15

En direct de…

Escorte de convoi logistique assurée par la PCR du 503 e RT.

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TIM n° 208 - Octobre 2009

Liban

Le 14 juillet 2009, une explosion accidentelle d’un dépôt d’armes s’est produite à Khirbat Silim, au Sud-Liban. L’intervention des militaires français, en appui des Forces armées libanaises, tourne à l’échauffourée. Ces événements l’ont encore prouvé : à la moindre étincelle, le Sud-Liban peut très rapidement s’embraser. La paix reste des plus fragiles dans cette région qui se reconstruit suite à la guerre de 2006, qui opposa le Hezbollah à Israël. Pour les Libanais, les casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) présents sur le territoire depuis 1978 font partie intégrante du paysage. Leur présence s’est accrue avec la FINUL renforcée instaurée il y a trois ans. Leur mission est d’appuyer les forces armées libanaises dans la mise en œuvre de la résolution 1701, qui a été reconduite pour un an le 28 août 2009.
LTN Céline BRUNETAUD Photos : ADJ Jean-Raphaël DRAHI

Ce ne sont pas des bleus !

TIM n° 208 - Octobre 2009

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En direct de…

Les bâtiments criblés de balles ou détruits sont le témoignage de la guerre que se mènent inlassablement le Liban et Israël. Fiers de leur culture et de leurs origines, les Libanais gardent la tête haute. La reconstruction est en marche, les chantiers se succèdent le long des routes : c’est ce qu’on appelle l’optimisme libanais.

Le Liban

1861 Création d’une province du Mont-Liban sous la surveillance des consuls européens

Le baril bleu délimite de façon officielle une partie de la ligne de retrait des forces israéliennes.

Chronologie

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TIM n° 208 - Octobre 2009

1880 – 1914 Important mouvement d’émigration vers les Amériques 1920 Proclamation du Grand Liban

Ce pays où l’optimisme est roi
1943 Indépendance du Liban 1946 Départ des troupes françaises 1926 Établissement d’une constitution

I FINUL : Force intérimaire des Nations unies au Liban créée

le 19 mars 1978 d’après les résolutions 425 et 426 du Conseil de sécurité. En 2006, une FINUL renforcée aux prérogatives renforcées est établie selon la résolution 1701. I LAF : Libanese armed forces ou Forces armées libanaises (FAL). Depuis 2006, l’armée libanaise reprend peu à peu le contrôle du Sud-Liban. I BLUE LINE : Ligne de retrait israélien validée par l’ONU en présence d’un représentant libanais et israélien selon des coordonnées GPS ; son marquage est en cours. I BLUE BARREL : Barils peints aux couleurs de l’ONU matérialisant la Blue Line. I TECHNICAL FENCE : Ligne de démarcation sécurisée imaginée par les Israéliens pour éviter toute incursion.

Mots-clés

1975 Début de la guerre civile

1947 Adoption du Pacte national qui définit les partages du pouvoir entre les communautés

1978 Opération LITANI, invasion israélienne et occupation du Sud-Liban – Création de la FINUL, Force intérimaire des Nations unies au Liban

I 12 200 soldats de

31 nationalités différentes dont 1 500 Français (2 e contributeur en troupes) I Force Commander : général de division italien Claudio Grazziano I Chef d’état-major et REPFRANCE : général de brigade Vincent Lafontaine DEUX SECTEURS I Secteur ouest commandé par les Italiens : 2 bataillons italiens, 1 bataillon sud-coréen, 1 bataillon ghanéen et 1 bataillon français

La FINUL en bref

(incluant 2 compagnies malaisiennes). I Secteur est commandé par les Espagnols : 1 bataillon espagnol, 1 bataillon indien, 1 bataillon indonésien, 1 bataillon népalais, 1 compagnie malaisienne.

CONTRIBUTION FRANÇAISE I 9 e mandat pour l’opération DAMAN I Environ 1 500 militaires avec deux missions, la QRF (Quick Reaction Force) de la FINUL et le contrôle de zone : 400 pour le BATFRA, 400 pour la QRF,

150 sapeurs pour le détachement du génie, 250 soldats pour le détachement logistique et 100 éléments de soutien. I Les insérés des états-majors de la FINUL et du secteur. I La QRF est uniquement armée par les Français I Le DETGEN et la QRF sont directe-ment rattachés à l’état-major de la FINUL I Chef de corps du GTIA : colonel Claude Minjoulat-Rey I Commandant la QRF : lieutenant-colonel Yann Henry

Données générales

I NOM OFFICIEL : I CAPITALE : I SUPERFICIE : I POPULATION :

Déploiement français au sein de l’opération DAMAN

1982 Fondation du Hezbollah et déclenchement de l’opération israélienne Paix en Galilée

1983 Attentat du Drakkar à Beyrouth où 61 parachutistes du 1er RCP et 9e RCP trouvent la mort

1996 Déclenchement de l’opération israélienne Les Raisins de la Colère. Bombardement du Sud-Liban.

2006 Hostilité entre Israël et le Hezbollah. Adoption par le Conseil de sécurité

2000 Retrait des troupes israéliennes du Sud-Liban

4,29 millions d’habi-tants dont 3,7 millions de Libanais, 250 000 Palestiniens et 450 000 travailleurs syriens I LANGUE NATIONALE OFFICIELLE : arabe I LANGUES COURANTES : arabe, français, anglais I PRODUIT INTÉRIEUR BRUT (PIB) : 28,8 milliards de dollars américains (2008) I SECTEURS D’ACTIVITÉ DANS LE PIB : services 73 % ; agriculture 6 % ; industrie 21 %. I DETTE PUBLIQUE : 40 milliards de dollars américains soit 178 % du PIB (septembre 2006) I GÉOGRAPHIE : deux chaînes de montagnes ; le Mont-Liban et l’Anti-Liban ; deux plaines ; quinze fleuves dont le Litani, 160 km de long. I COMPOSITION ETHNIQUE : 18 religions reconnues officielles, dont 60 % de musulmans.
TIM n° 208 - Octobre 2009

République du Liban Beyrouth 10 452 km2

des Nations unies de la résolution 1701 rappelant la cessation totale des hostilités au Liban et renforçant le mandat de la FINUL.

19

En direct de…

Commencés le 14 juillet 2009, les incidents de Khirbat Silim sont allés crescendo et restent encore dans les esprits des Gaulois du 92e Régiment d’infanterie, arrivés début mai au Liban. La communauté internationale s’est fortement inquiétée de ce type d’événements qui peut rapidement s’envenimer. En règle générale, les « feux de paille » comme celui-ci sont vite éteints. La raison ? En appui des FAL, les 1 500 Français jouent constamment tout leur rôle : garantir la non-reprise des hostilités.
BATFRA Armé par le 92 e RI et complété par une compagnie du génie du 31e RG et deux compagnies malaisiennes, le BATFRA assure une mission de surveillance de l’application de la résolution 1701 de l’ONU dans une zone qui s’étend des rives du Litani jusqu’à la Blue Line, grâce aux patrouilles en véhicules roues, chenilles, de contact et d’observation. QRF La Force de réaction rapide est placée directement sous les ordres du Force commander de la FINUL. En un délai restreint, elle est en mesure d’agir au profit de n’importe quel contingent en tout lieu de la zone d’action de l’ONU. En période calme, la QRF mène des Long Range Patrol, déploiement massif de plusieurs jours. Véritable « fer de lance blindé », cette force symbolise la volonté d’engagement de la France.
TIM n° 208 - Octobre 2009

Missions du GTIA

Opération DAMAN IX
Patrouille à pied du 92e RI dans le village d’Ayn Ibil.

L

es hommes de la 3 e section de la compagnie Alpha du GTIA sont en patrouille d’observation le long de la Blue Line. À raison d’une vingtaine de patrouilles par jour, la zone française dite sensible depuis 2006 n’a plus de secret pour les Gaulois du 92 e RI. Dans les talwegs, même combat pour les engins chenillés. Les AMX 10P du 92 e RI vrombissent sur les pistes rocailleuses et escarpées. Leurs allers et venues, le long de la Blue Line, ne passent jamais inaperçus: le nuage de poussière semble vouloir dissimuler ce repère blanc qui vagabonde dans les terres arides brûlées par le soleil. Sur le point haut, oscar 7, les occupants débarqués du char, les visages ocres, couleur du Liban, scrutent jumelles au poing les paysages immobiles. Ils rendent aussitôt compte du moindre fait et geste. Non loin de là, les VBL de la section de reconnaissance régimentaire sortent en ville. Les achats dans un commerce local ne restent qu’un prétexte. La section de reconnaissance régimentaire du lieutenant Olivier Vivet (92 e RI) garde en tête son objectif, capter le moindre renseignement. Les Libanais voient la vie en bleu. De jour comme de nuit, les soldats fran-

Une force

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Suite à l’explosion à Khirbat Silim le 14 juillet, la tension était vive les jours suivants dans le village et les alentours. Les patrouilles du GTIA continuaient de façon régulière, avec une vigilance accrue. «Nous étions prêts et en mesure d’intervenir au profit des hommes du BATFRA», explique le lieutenant-colonel Henry, chef de la QRF 2. Le BATFRA contrôlant la situation, la QRF n’est pas intervenue directement mais a été mise en alerte immédiate et pré-positionnée à proximité de la zone.

çais assurent en effet un contrôle permanent de la zone. Les échauffourées peuvent ainsi vite être dissipées. Mais dans cette zone, le calme n’est qu’apparent. Et tout peut basculer rapidement. Une simple patrouille peut tourner à l’affrontement. C’est l’expérience qu’ont vécue les hommes de la 2 e compagnie du 92 e RI en juillet dernier1, dans le village de Khirbat Silim. Suite à l’explosion accidentelle le 14 juillet 2009 d’un ancien dépôt de munitions qui se situait dans une maison, les hommes du capitaine François Baggio interviennent, quelques jours plus tard, pour sécuriser la zone, en mesure d’appuyer les FAL dans la fouille d’une autre maison du village. Mais soudain la population s’interpose et prend violemment à partie les militaires par des jets de pierres, de parpaings… Les Gaulois tiennent bon et réussissent à se dégager.

La complexité du pays, c’est là tout l’intérêt de notre mission. »
Lieutenant-colonel Yann Henry, commandant la QRF

« Ultima ratio »

La QRF est la seconde composante du dispositif français, l’instrument de dissuasion. Elle est installée sur les hauteurs de Djebel Maroun, à proximité de Dayr Kifa. Elle occupe ainsi une position centrale dans la zone d’action de la FINUL renforcée, entre le fleuve Litani au nord et la frontière avec Israël au sud. Le capitaine Didier Duprat, officier adjoint du groupement d’artillerie à quatre pièces du 68 e Régiment d’artillerie d’Afrique, se réjouit : « Le Liban avec l’Afghanistan est la seule OPEX où les artilleurs peuvent sortir avec leur système d’armes. » Les opérateurs radars du COBRA du 1er Régiment d’artillerie scrutent avec attention leurs écrans. Les pointeurs tireurs du 54 e Régiment d’artillerie sur Mistral surveillent le ciel. Les cartes aux murs répertorient tout objet volant bien identifié. Les quatre AUF1 sont prêts à intervenir. Défense sol-sol et défense sol-air, la QRF à tout moment peut sortir l’artillerie lourde pour faire face aux éventuels perturbations. L’autre message fort demeure la présence sur le territoire du Leclerc. Ce mastodonte de 56 tonnes intrigue les rares coureurs du dimanche sur les routes près de Dayr Kifa. Il intimide également tout adversaire qui oserait le défier. Il participe à la protection de la force mais le lieutenantcolonel Yann Henry, commandant la QRF précise qu’il est « l’ultima ratio », dans le cas où la situation dégénérerait.
Pour en savoir plus, consultez le témoignage page 43. 2 Quick Reaction Force. 3 En fonction depuis le 24 juillet 2009.
1

2

au général Vincent Lafontaine, chef d’état-major FINUL et REPFRANCE 3
Quels sont les enseignements tirés de la mise en place de la FINUL renforcée ?

La population du Sud Liban n’est pas monolithique, mais globalement, au quotidien, les Français sont plutôt bien acceptés. Ainsi, pendant la Long Range Patrol, du 6 au 9 août, les blindés de la QRF ont été applaudis par la population locale alors qu’ils étaient escortés par les FAL. C’est une indication intéressante. Mais il faut rester vigilant. La paix est fragile et la FINUL poursuit son action au quotidien et aux côtés des FAL pour la maintenir. Quant aux Forces Armées Libanaises, leur action sera déterminante pour l’avenir. Elles commencent seulement à monter en puissance. Leurs progrès en deux ans et demi sont réels. Mais il faut continuer à les aider à agir.

Au fil des ans, la FINUL s’était progressivement limitée à des missions d’observation. Le réveil s’est fait brutalement avec les bombardements de 2006. La mise en place de la FINUL renforcée plus puissante, plus crédible, plus dissuasive a été un signe fort de la volonté internationale. Son déploiement a permis d’établir une assez bonne stabilité dans la zone du Sud-Liban et de créer les conditions d’un début de dialogue entre Israël et le Liban.

QUESTIONS…

Quels sont les rapports des Français avec les Libanais ?

de dissuasion

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Logistique opérationnelle

En direct de…

Soutenir les unités est leur combat de tous les jours. Disponibilité et réactivité font la force des soldats logisticiens. La logistique, avec ses spécificités, est u n m a i l l o n i n d i s p e n s a b l e à l a b o n n e m a r c h e des o p é r a t i o n s .

M

Une arme à toutes épreuves
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«Tout le temps sur les routes», s’exclament en chœur les chefs de section de l’unité multifonctions logistique (UML) composée de sept unités (503 e, 515 e et 517 e RT, 4 e GLCAT, 4 e RD, 54 e RT et SEA). Déjà 75 000 km parcourus à raison de 500 km par jour. « Nous n’avons pas de day-off», insiste le lieutenant Marc Monteil, chef de la section eau. Il faut ravitailler certaines emprises en eau tous les deux jours, et d’autres tous les jours. Parmi les missions récurrentes de l’UML figurent aussi l’escorte de convois logistiques, en étudiant la praticabilité des axes pour acheminer du matériel roulant (porte engin blindé SISU pour le transport de l’AUF1 par exemple) ou du matériel du commissariat (camion citerne polyvalent de 10 m3 ou matériel HCCA1 nécessaire à la force lors des déploiements massifs du GTIA). Travailler dans la logistique se résume donc à ne pas compter ses heures et à être disponible pour soutenir les armes en première ligne. L’adjudant-chef Bédat, chef de la section MATCAT, résume assez bien cette fonction essentielle : « L’avantage de la log, c’est que chacun apporte sa pierre à l’édifice. »

algré des conditions climatiques difficiles et la pénibilité de l’emploi, ces techniciens sont tous des passionnés, au service des matériels du théâtre », explique le capitaine Sylvie Fulchic, commandant d’unité de la Compagnie de maintenance adaptée au théâtre (CIMAT). Basés à U.N 9.10 (Dayr Kifa), 129 maintenanciers assurent le soutien des 630 matériels majeurs français. La disponibilité technique opérationnelle (DTO) doit s’élever à un seuil minimal de 90 % dans le domaine autoengins-blindés et multitechnique. « Actuellement, elle est de 92 %. Depuis le début du mandat, nous avons 122 dépannages à notre compteur », se satisfait le capitaine Fulchic. Ces spécialistes réceptionnent, gèrent et distribuent les rechanges ou munitions, réparent les matériels (si besoin la nuit) dans des locaux en pleine rénovation. La chaleur est accablante sous les tentes blanches ou dans les KC20 transformés en ateliers. Les engins chenillés sont même « opérés » à l’extérieur. « Et encore, ils peuvent travailler dehors en été ! Imaginez-vous en hiver quand il pleut ou il neige », constate le commandant d’unité de la CIMAT.

Servir en tout temps et en tout lieu

Convoi log istique de l’UML.

1

Habillement, couchage, casernement, alimentation.

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Sans eux, pas de blue barrel ! D
epuis son arrivée le 3 août sur le point B.34, la section du lieutenant Christophe Pegourie, du 31e Régiment du génie, a découvert et détruit 20 mines, soit 27 m2 dépollués. «C’est un travail de longue haleine. Nous avançons de 5 à 10m 2 par jour, découvrons quotidiennement trois à six mines. J’ai beaucoup de jeunes sapeurs, mais tous sont motivés et très concentrés. C’est très rare d’être sur un chantier comme ça. Peu de chefs de section ont eu cette opportunité, ça reste exceptionnel », avoue-t-il avec fierté.

Détachement du génie

U n b o n s a p eu r es t r ig o u re u x e t p a t ie n t . P re u v e e n e st : l e d é t a c h e m e n t d u g é n ie d é m in e un e z o ne e n t iè re m e nt m in é e p o u r p e r m e t t re la m a t é ria lis a t io n de l a Bl u e Li ne . Un tr a va i l d’ or fè vr e .

Le travail des démineurs consiste à tracer un couloir sécurisé jusqu’au point B.34, qui se trouve à proximité de la Technical Fence 2 . Le déminage permet, à long terme, la pose d’un baril bleu délimitant de façon officielle une partie de la ligne de retrait des forces israéliennes. Dans ce maquis inextricable, le panneau « danger de mort » prend tout son sens. « Entre nous et la Technical Fence, il y a des mines antipersonnel. On a recensé quatre lignes de mines espacées de 2 m. Sur ces mêmes lignes, on trouve une mine tous les mètres », détaille le sergent-chef Sébastien Passoni, MINEX 32, du 31e RG. Les sapeurs-démineurs débroussaillent d’abord la zone, avancent à pas de fourmis armés d’une réglette et d’un détecteur sur un couloir de 2 m de large. 9 heures et déjà le soleil tape sur les sapeursdémineurs qui décèlent avec

persévérance tous les pièges mortels. Sans difficulté cette fois-ci, ils aperçoivent une mine posée délicatement – semble-t-il – à même le sol. Elle est détruite sur place selon la réglementation ONU. Ils font une rotation toutes les 30 minutes avec pour protection un équipement de 35 kg et une concentration maximale. A 2.45, une équipe du 31e RG sensibilise les sections d’infanterie aux dangers des engins explosifs. La sous-munition est l’engin rencontré le plus souvent au SudLiban. La « célèbre » Costal Road est quant à elle la zone potentielle d’engins explosifs improvisés ; n’oublions pas que c’est ici, au Liban, que ceux-ci sont apparus au début des années 80.
2 3

Barrière matérialisée par un grillage côté israélien, courant le long de la Blue Line. Titulaire de la qualification « mines et explosifs » n° 3.

Protection de la force

Détruire 20 mines équivaut à 27 m2 dépollués. »

Après deux mois de déminage, la section du lieutenant Pierre-Alexandre Cordier du 31e RG s’attèle à la protection de la force. « Sur 9.10, auparavant, les constructions é t a i e nt a na r c hi qu e s , m ont é e s t r è s rapidement, avec un degré de protection relativement basique. » Sa section construit des postes de défense pour protéger le camp de Dayr Kifa d’une é v e n t ue l l e a t t a q u e .

Un réel danger pour les patrouilles

É q u i p e d e d é mi n a g e d u 3 1 e R G .

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Coopération multinationale

En direct de…

Le Sud-Liban est un véritable melting-pot où se côtoient 31 nationalités. La FINUL est cependant tout le contraire d’une tour de Babel. Chacun cohabite et travaille à l’unisson pour maintenir la paix. Il suffit juste de savoir parler anglais et de connaître quelques mots d’arabe !

S

On en perdrait son latin !

i l’on rassemble les pièces, apparaît un puzzle représentant une carte onusienne homogène où l’unique moyen de compréhension est la pratique de la langue anglaise. Ce qui, pour certains soldats, est une véritable épreuve ! Les points de situations quotidiens sont redoutables pour certains soldats français. Au début du mandat, le terme « nothing special to report » était une échappatoire idéale, mais le colonel Minjoulat-Rey, commandant le GTIA français DAMAN IX, ne l’entendait pas de la même oreille. Les acteurs des points de sit’ s’efforcent désormais de s’exprimer en anglais. Autre difficulté à surmonter : le dialogue quotidien avec les quelque 400 Malaisiens (2 compagnies de combat et 1 CCL) qui sont intégrés au BATFRA pour remplir les mêmes missions que les Français. L’anglais est le seul moyen de se comprendre. «Tous ont fait l’effort de s’adapter, aussi bien côté français que malaisien», se satisfait-il au bout du troisième mois. Chez les sapeurs-démineurs du 31e Régiment du génie, l’anglais est également de mise. C’est la réglementation ONU qui l’exige. Le sergent-chef Sébastien Passoni, sous-officier adjoint au 31e RG, s’emploie donc à adopter les termes anglo-saxons relatifs au déminage. « On ne dit plus sapeur-démineur mais basic deminer; ni MINEX 3, mais EOD21 ! », précise-t-il.

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« On travaille en étroite collaboration avec les FAL pour leur permettre d’asseoir leur autorité, absente dans la région depuis trente ans, jusqu’à la crise de 2006 », explique le colonel Claude Minjoulat-Rey. Encore faut-il arriver à se comprendre. Pour ce faire, le BATFRA compte huit interprètes. Hanaa, après vingt-sept ans dans l’enseignement, a tout plaqué pour intégrer la FINUL. Elle est un lien précieux pour permettre les conversations aussi bien avec l’armée libanaise qu’avec les autorités locales. Par ailleurs, toutes les cellules du GTIA disposent d’un petit dictionnaire franco-arabo-libanais. Quelques arabisants n’en font pas usage et servent, non sans fierté, de traducteurs lors des patrouilles communes avec les Forces armées libanaises Sans l’anglais, le dialogue serait inexistant au sein de la FINUL, mais les quelques mots en arabe prononcés par les Français sont toujours bien accueillis par la population locale, preuve de leur volonté à s’imprégner de la culture locale.

Coopérer avec les FAL

Point de situation quotidien du GTIA, en présence d’officiers malaisiens.

1

Explosive ordonnance disposal.

C

Coopération civilo-militaire
ette localité musulmane de 30 000 habitants est devenue un lieu de prédilection pour les soldats français. Chaque semaine, des volontaires se réjouissent de pouvoir troquer le Famas contre une craie lors des ateliers de français donnés à des enfants de 6 à 15 ans, La coopération civilo-militaire est une fonction opérationnelle visant à améliorer l’intégration de la force dans son environnement humain. Si le concept est ancien, longtemps appelé Action civilo-militaire (ACM) ou Civilian military cooperation (CIMIC), il est toutefois désigné désormais sous le nouvel acronyme CCM. Dans la zone du BATFRA, le GIACM, seul groupement interarmées d’actions civilo-militaires, situé à Lyon, met en œuvre la CCM.

Gagner le cœur des Libanais
Depuis novembre 2006, 90 projets de Coopération civilo-militaire (CCM), axés sur l’éducation, l’eau et l’énergie, sont en cours ou achevés. Bint Jbeil en est le parfait exemple.

La CCM

Les garçons sont d’un naturel calme tandis que les petites filles, toutes apprêtées comme des poupées, chahutent autour de «professeurs» en kaki dans la cour du centre de lecture et d’animation culturelle, le CLAC. A l’intérieur, résonne une chanson bien connue des Français, Le Douanier Rousseau. « L’objectif n’est pas d’enseigner, mais plutôt de pratiquer la langue française de façon ludique, d’encourager les enfants à lire des contes, à décrire des illustrations. On gagne le cœur des enfants pour mieux s’intégrer dans la population », répond le capitaine Tanguy Stevant, officier adjoint de la compagnie Bravo du GTIA, qui anime l’atelier des 12-15 ans. On est loin des sentiers battus des patrouilles quotidiennes, et cela fait pourtant partie des missions des casques bleus français dans le cadre des activités CIMIC.

ou d’améliorer le quotidien de l’association des femmes de Bint Jbeil.

Autre ambiance, même village. La longue rangée de commerces inanimés n’inspire guère d’intérêt aux acheteurs éventuels. Les hommes attendent assis devant la devanture tandis que les femmes réfugiées dans la fabrique de produits locaux s’enthousiasment de leurs nouvelles conditions de travail grâce à un groupe électrogène fourni par la France. Les Libanais ont tout à fait conscience de l’intérêt à élaborer de tels projets. Ils apprécient les améliorations apportées à leur quotidien et le contact avec les soldats français.
Le CCH Borredon demande aux enfants ce qu’ils ont fait pendant le week-end.

Le groupe électrogène change les conditions de travail

« Prof », une fois par semaine

Les victoires s’accompliront un jour sans canons et sans baïonnettes. »
Napoléon

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L’ADC Grivel en pleine séance de lecture.

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Obéir et com
Au cœur de notre vocation _28-29
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Commander, ça s’apprend... _30-33

Savoir obéir _34-35

À l’épreuve des OPEX_36-37

La compétence avant tout_38

O

mander

béir et commander : ces deux notions sont aussi vieilles que les armées, et forment aujourd’hui autant qu’hier le socle du métier militaire. « Commander et obéir sont les deux aspects d’un tout indissociable qui garantit la solidité de notre édifice », déclarait le CEMAT 1. En effet, la force des armées réside en partie sur sa capacité à fédérer les énergies dans un être collectif fondé à la fois sur la fraternité d’armes et sur la discipline. Commander trouve sa justification et sa finalité dans l’engagement commun au combat, que seule l’association étroite entre chefs et subordonnés rend possible. Obéir est son corolaire immédiat qui permet l’exécution de la mission, quelle que soit la difficulté de la situation L’exercice du commandement a toujours dû, au cours de l’histoire, s’adapter à l’évolution des mentalités. Le colonel de Linares, commandant le 5 e Régiment de tirailleurs algériens pendant la campagne d’Italie, de France et d’Allemagne, disait déjà à ses lieutenants le jour de son départ : « J’ai essayé de vous commander avec le cœur », un style de commandement adapté à ses subordonnés. La période actuelle n’échappe pas à cette règle. Le chef exerce également son autorité par son exemplarité. En s’offrant comme modèle, il permet de prouver que l’idéal à atteindre est réalisable. Son école est celle de la vie où l’enseignement de sonne par l’action, toujours plus convaincante que la parole 2. Or, il importe que tous disposent, en la matière, d’un cadre de référence, que l’on reçoit au cours de la formation, à Coëtquidan pour les officiers, à Saint-Maixent pour les sousofficiers ou encore au cours de la période de formation initiale pour les militaires du rang, et tout particulièrement dans le nouveau concept de Centre de formation initiale militaire (CFIM).
Allocution aux promotions sortantes des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, le 14 mai 2009. 2 Colonel Benoît Royal, L’Ethique du soldat français, chapitre 2, troisième principe.
1

DOSSIER

Photos : ADJ Jean-Raphaël DRAHI,

CCH Jean-Baptiste TABONE, CNPI 2 et 6

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LTN Ariane PHILIBERT

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V

os chefs, comme vos subordonnés, n’attendront rien d’autre de vous dans votre propre exercice du commandement que cet acte d’obéissance intelligent et réfléchi qu’est la transcription, à votre main, des ordres que vous aurez reçus, fidèle reflet de votre esprit d’initiative, de votre intelligence des situations et de votre instinct dans l’adversité.» C’est en ces termes que le CEMAT, le général d’armée Elrick Irastorza, rappelait les principes d’obéissance et de commande-

DOSSIER

Obéir et commander

Commander et obéir font intrinsèquement partie du métier militaire. Pourtant, à l’image de la société, l’armée de Terre a accompagné ces dernières années de profonds changements. Qu’ils soient d’ordre culturel, sociologique, économique ou technologique, notre armée a dû s’adapter et doit continuellement faire évoluer son style de commandement. Dix ans après les débuts de sa professionnalisation, quel constat dresse-t-on ?

ment, aux promotions sortantes des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, le 14 mai 2009. Et d’ajouter: «Commander et obéir sont les deux aspects d’un tout indissociable qui garantit la solidité de notre édifice. » En effet, obéir constitue l’exigence première du métier militaire car elle contribue à l’excellence professionnelle du soldat. Il ne s’agit pas ici d’obéissance aveugle et irréfléchie, mais bien au

Savoir obéir…

contraire d’une obéissance active sollicitant un investissement personnel, une volonté d’action et une exécution parfaite. Elle nécessite une adhésion car le caractère impérieux de l’ordre a été bien compris, parce qu’il est légitime et conforme au droit et parce qu’il est la traduction concrète d’un acte de commandement, lui-même légitime. L’obéissance aux ordres est enfin un facteur clé de la cohésion, elle-même gage d’efficacité. Car la force des armées réside en partie sur sa capacité à fédérer les énergies dans un

Au cœur de notre vocation
TIM n° 208 - Octobre 2009

Exercice COLD RESPONSE 2009 en Norvège.

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Commander trouve également sa justification et sa finalité dans l’engagement commun au combat, que seule l’association étroite entre chefs et subordonnés rend possible. Parce que le commandement est au cœur du métier particulier de l’armée de Terre, la façon dont on l’exerce influence profondément les rapports qui s’y développent entre individus, engendre un style particulier de relations humaines, modèle enfin son identité. L’exercice du commandement a dû s’adapter à l’évolution de la société. « Communiquer, faire participer, décentraliser en développant le sens de l’humain, voilà bien les conditions nécessaires pour adapter l’art du commandement aux exigences de notre époque », rappelait-on déjà en 1986 dans L’Exercice du comman-

être collectif fondé à la fois sur la fraternité d’armes et sur la discipline. Cet état d’esprit est un indispensable acquis dans les situations difficiles.

… pour mieux commander !

« Commander, c’est prévoir, donner des ordres et en contrôler l’exécution. » Dans le but d’améliorer ce dernier point, le général d’armée Irastorza, CEMAT, a tenu à rappeler dans une note intitulée « Cadres de référence en matière d’exercice du commandement », publiée en juin 2009, les obligations du commandement, à chaque niveau hiérarchique. Il y rappelle l’importance de plusieurs supports incontournables du commandement : le plan d’action, le cahier de rapport hiérarchique, l’emploi du temps, le cahier d’ordres, le carnet du chef de section, de peloton ou de groupe, la fiche de séance, la fiche de poste. Il est précisé que si la plus-value de la « dématérialisation » est incontestable, elle n’autorise toutefois pas les cadres placés en situation de commandement à s’affranchir totalement du support « papier ».
1

dement dans l’armée de Terre. La com- entre le commandement et la notion très munication est en effet présentée comme à la mode du management. un acte essentiel : « La communication En bref, même si le commandement ouvre la voie à un meilleur style de com- demeure le ciment de l’armée de Terre, mandement », permettant de parvenir à la façon de l’exercer s’est infléchie, tenune meilleure compréhension mutuelle, dant à faire percevoir comme antagonisqui elle-même amène le respect récipro- tes les notions pourtant complémentaires que «et —pourquoi pas? —l’estime par- de confiance et de contrôle, au détriment, tagée.» Elle s’oppose ainsi à l’information, avouons-le, de ce dernier. action à sens unique. La communication est présentée comme une responsabilité du commandement. Mais pourquoi le CEMAT a-t-il tenu à rappeler ces principes à de jeunes officiers, à peine sortis d’école? Parce qu’après avoir réussi le défi de sa professionnalisation, l’armée Général d’armée de Terre constate, dix ans plus tard, que malgré ce succès, l’exercice du Elrick Irastorza, CEMAT commandement s’est quelque peu déformalisé dans les unités. «Nous vivons A-t-on voulu trop bien faire ? À force de dans une société de la communication où vouloir être trop en phase avec la nouvelle chacun peut avoir un accès illimité à l’es- génération d’engagés, n’aurait-on pas pace public, chacun peut s’exprimer sur négligé les principes inhérents à nos tout, partout et comme il veut… Du coup, armées ? Toujours est-il que les conclula figure du cadre change aussi dans l’ar- sions de cette étude sont claires. Il faut mée… On parle de moins en moins de réaffirmer un certain nombre de princichef, mais de manager, d’encadrant, de pes fondamentaux de l’exercice du comfaçon plus souple et plus large. Cela mandement qui ont pu être oubliés. modifie en profondeur les rapports à l’ins- Concrètement, par quoi cela passe-t-il ? titution et à la mission», explique le lieu- Par une meilleure formation des jeunes tenant-colonel Bertrand Le Testu, ancien cadres (sous-officiers et officiers) mais chef de la section Formation au compor- également par la restauration des procétement militaire au Commandement de dures et des cadres traditionnels qui la formation de l’armée de Terre (CoFAT). régissent la plupart des actes du soldat, Un constat que ne fait que confirmer une au quartier comme en opérations. À titre étude récemment conduite. En effet, l’Ins- d’exemple, il faut remettre au goût du jour pection de l’armée de Terre (IAT) a pré- l’établissement de plans d’action écrits senté en avril dernier 1, les conclusions et des fiches de tâches (lire l’encadré). d’un audit mené sur les conditions d’exer- L’IAT a constaté que nombre de postes de cice du commandement dans 21 forma- travail dans les unités étaient dépourvus tions de l’armée de Terre. Les jeunes de ces dernières ! Des propositions engagés, logique reflet de leur généra- concrètes ont déjà été soumises au tion, mais dont les atouts l’emportent sur CEMAT et tendent toutes vers un objectif leurs faiblesses, peuvent pourtant dérou- commun : revaloriser et décomplexer ter des cadres souvent guère plus âgés. l’exercice du commandement. Ces derniers peuvent alors osciller, dans la recherche de l’affirmation de leur autorité, entre l’expression d’une distance un Rendue publique auprès des commandeurs, le 29 avril 2009. peu froide au «copinage». Dans le même temps, une confusion s’instaure parfois

Commander et obéir sont les deux aspects d’un tout indissociable qui garantit la solidité de notre édifice. »

Rappel des fondamentaux

TIM n° 208 - Octobre 2009

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L

DOSSIER

Obéir et commander

Les Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (ESCC) et l’École nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) apprennent à leurs élèves officiers et sous-officiers à commander. Le but : qu’ils puissent tous mener leur unité au combat, à des niveaux de décision différents bien sûr, avec une formation adaptée à leurs futures responsabilités.
a Formation militaire générale (FMG) est constituée de l’ensemble des savoirs, savoir-faire et savoir-être fondamentaux que chaque militaire doit acquérir au cours de sa formation, approfondir et entretenir dans toutes ses activités pour donner du sens à son action et orienter son comportement en toutes circonstances. L’emploi de la force, caractéristique du métier des armes, d’une exigence extrême en termes d’éthique et de comportement, en détermine la nature.

Commander,
Les écoles de Coëtquidan

ça s’apprend...

« Obéir et commander aujourd’hui, estce vraiment différent d’hier ? » Pour le général de division Nicolas de Lardemelle, commandant les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan jusqu’à l’été 2009 : « Il faut sans cesse adapter la formation au nouveau contexte (…) au gré de l’évolution

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TIM n° 208 - Octobre 2009

La « Grande école du commandement » forme des officiers capables de décider en situation difficile.

des besoins de l’armée de terre et des retours d’expérience, mais les fondamentaux en la matière restent les mêmes. » Ainsi, la « Grande école du commandement » forme des officiers capables de décider en situation difficile, des chefs en vue du combat, quelle que soit sa nature. Dans un contexte opérationnel en permanente évolution, il faut donner à l’officier les dispositions intellectuelles, physiques, techniques et humaines qui lui permettront de faire face aux situations d’aujourd’hui mais aussi d’imaginer les solutions aux défis de demain. « Les aptitudes à développer sont de pouvoir discerner dans la complexité, décider dans l’incertitude, agir dans l’adversité », précise le général de Lardemelle. On retrouve en elles « les qualités fondamentales d’intelligence de situation, de force de caractère et de savoir-être». C’est un équilibre entre « l’obéissance et l’initiative, la force de proposition et la rigueur d’exécution, l’exigence et l’attention aux subordonnés, la force du raisonnement et la curiosité d’esprit, le courage physique mais aussi intellectuel». La personnalité est forgée par une formation intégrée, à la fois militaire, académique et humaine. Formation académique pour la communication, la rigueur de conception, l’inventivité et la capacité de discernement. Formation militaire pour devenir des chefs, hommes et femmes d’action au savoir faire technique, tactique et physique. Formation humaine pour acquérir le sens des responsabilités, une force morale élevée, et un style de commande-

ment combinant autorité naturelle et sens de l’humain. Cette dernière vise en particulier à faire assimiler les fondements intellectuels, éthiques et déontologiques de l’exercice du métier des armes. Au-delà des lois et des textes qui définissent la conduite à tenir, le jeune chef devra faire face à la complexité des situations au combat, avec son lot de danger et de stress, et être armé de références solides pour commander. L’accent mis sur l’éthique et la déontologie se justifie donc, selon le professeur Henry Hude, comme «une force pour l’action. Le militaire porte

Certaines situations rendent inutile ou impossible l’exécution ultérieure d’un ordre ou d’une mission. Repérer ces moments-là est l’épreuve la plus difficile pour l’autonomie du jugement militaire. Ce sont ces situations où le militaire, qui assure sa part de responsabilité, ne doit pas exécuter l’ordre qui lui est donné, en pleine conscience. Ceci s’applique uniquement dans le cas où un ordre donné est contraire à la loi, comme le précise l’article 8 du Statut général des militaires : « Les militaires doivent obéissance aux ordres de leurs supérieurs et sont responsables de l’exécution des missions qui leur sont confiées. Toutefois, il ne peut leur être ordonné et ils ne peuvent accomplir des actes qui sont contraires aux lois, aux coutumes de la guerre et aux conventions internationales. »

la responsabilité de la façon dont il fait le travail qu’on lui a confié ». La formation au commandement s’exerce par l’exemplarité et l’action des cadres de contact, les mises en situation, la responsabilisation progressive en stages et exercices avec troupe. Qu’ils soient saintcyriens, élèves-officiers de l’EMIA, de l’EMCTA ou élèves-officiers sous contrat, tous sont placés en situation et font le constat unanime : « Pour bien commander, il faut être exemplaire et fédérer ses hommes, susciter les énergies pour un même objectif.» Le chef de bataillon >

L’ENSOA donne aux jeunes des notions de commandement et d’obéissance.

Un chef se doit d’être exemplaire, rigoureux et discipliné. J’ai bien conscience qu’il me faut obéir avant d’être un chef moi-même. J’ai pris exemple sur mon premier cadre de contact, il est le chef à qui on aimerait tous ressembler, c’est l’image du chef idéal. »
SLT Martin, élève officier de la 2e compagnie du 1er Bataillon de l’ESM
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Un seul cas de non obéissance

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DOSSIER

Obéir et commander

Pour exercer ce métier, il faut avoir une véritable conscience professionnelle, savoir obéir, se mettre à la place de ses futurs subordonnés. La finalité, c’est la mission. »
EVSO Bonnet, 12 e compagnie du 1er Bataillon de l’ENSOA
L e c o d e d u s o l d a t r é c a p it u l e e n d o u z e a rt i c l e s l e s rè g l e s d e c o n d u i t e d u m i l i t a i r e fr a nç a i s .

> Bernard Gaillot, commandant la 2 e compagnie du 1 er bataillon de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM) souligne : « Ces jeunes ont déjà un véritable goût du commandement, ils se projettent déjà sur leur première partie de carrière. Bien entendu, ils idéalisent ce moment, mais ils ont la chance d’avoir été placés très régulièrement dans des situations proches du réel, ils sont donc assez lucides et bien préparés.» La formation tient compte du caractère international des opérations ; depuis deux ans un exercice franco-britannique mené en partenariat avec l’école royale militaire de Sandhurst place régulièrement les élèves-officiers à la tête de sections françaises intégrées dans des compagnies de cadets britanniques. Bien sûr, les scénarios s’inspirent directement de la réalité opérationnelle du théâtre afghan.

« Ici on leur donne les bases du commandement et du respect d’autrui. Nos élèves sont extrêmement motivés. Ils viennent chercher chez nous un cadre, la cohésion, qu’ils ne retrouvent plus dans notre société moderne. Nous véhiculons des valeurs humaines et de discipline qu’ils recherchent. Le challenge c’est à la fois d’inculquer des savoir-faire et de

Et à Saint-Maixent ?

développer chez eux une certaine autonomie », explique le général de brigade Didier Legrand, commandant l’École nationale des sous-officiers d’active de SaintMaixent-l’École (ENSOA). Ainsi la préoccupation principale à l’ENSOA, en un espace de temps contraint, est de donner aux jeunes des notions de commandement

La passation de commandement

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et d’obéissance. Pour cela, il a fallu renforcer la formation initiale. Comme nous l’explique le directeur général de la formation, le colonel Alain Leclerc. « Nous avons séquencé la formation en deux phases : premièrement l’acquisition des fondamentaux ; deuxièmement, l’apprentissage du commandement. » Et de commenter : « L’apprentissage de l’obéissance formelle est la véritable école du soldat, ceci jusqu’à l’obtention du Certificat militaire élémentaire (CME). » La formation au comportement fait évoluer les méthodes d’enseignement. Le comportement est un domaine transverse, qui vise à former les élèves à obéir pour pouvoir ensuite commander. « Le but est de former des professionnels capables d’identifier les problèmes et de se donner les moyens d’agir en fonction des règles du métier », comme nous l’indique le chef de bataillon Richard Pinna, chef de la direction de la formation au comportement (DFC). Il faut susciter chez eux la réflexion de groupe. Le chef doit savoir réguler les comportements. Le chef est responsable de la formation de ses hommes. Les jeunes sont en perte de références, ils ont besoin d’un cadre. Ici ils se sentent accompagnés, c’est la pédagogie de la réussite. C’est dans cette optique que la DFC a mis en place de nombreux exercices concrets. L’objectif, forger des esprits, sans créer d’automatismes mais au contraire susciter une capacité à réfléchir, à réagir vite. Il leur faut prendre conscience de leur rôle de chef. Un bon chef est déjà quelqu’un qui a des connaissances; être un bon chef, cela s’apprend.
L’objectif est de f orger les esp rits s a n s c r é e r d ’ a u to ma t i s me s .

Frédéric Charillon, professeur des universités en science politique et directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, constate que les nouvelles générations recrutées sont plus individualistes. « Nous assistons, ces dernières années, à une plus grande marge de manœuvre dans la gestion des contraintes sociales, avec la génération MSN et Facebook. Tandis que sur le web, les jeunes peuvent choisir d’être “présents”, “absents”, “occupés” ou “disponibles” en fonction des interlocuteurs qui les sollicitent, l’engagement dans l’armée, par vocation ou par envie d’aventure, les amène à gérer une socialisation qui cette fois n’est plus virtuelle, et en devient donc plus contraignante, ce qui peut constituer un changement brutal. » À l’heure actuelle, tous les formateurs ont constaté une montée de l’individualisme. Le besoin de cohésion dans les armées se heurte ainsi aux individualités fortes des jeunes recrues, tendant à inhiber, notamment chez les plus jeunes cadres, l’exercice du commandement, plus particulièrement dans sa dimension de contrôle. Il faut donc trouver, dans les approches pédagogiques, un moyen de modifier ces comportements pour que les jeunes engagés acceptent d’eux-mêmes d’adhérer aux fondamentaux indispensables de cohésion et d’esprit de corps.
Être un bon chef, c e la s ’a pp r e n d.

Génération Facebook

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L ’

DOSSIER

Obéir et commander
É ch a u f f em e n t au P ar c o u r s d ' o b st a cl e s a u C e n t re d e fo r m a t i o n i n i t i a l e m i l i t a i r e (CFIM) de la 27 e BIM.

honneur de ce métier, c’est de commander et de savoir obéir», rappelait le CEMAT. L’armée de Terre a passé avec brio le cap de la professionnalisation, tout en adaptant son style de commandement aux caractéristiques sociales et psychologiques des engagés. Cette évolution du commandement relève d’un processus complexe, recherche d’équilibre entre la prise en compte du profil de nos jeunes, parfois en contradiction, au moins initialement, avec les valeurs militaires, et la nécessité de fidéliser des soldats dont les atouts l’emportent en définitive sur leurs faiblesses. Dès lors, certains cadres peuvent avoir l’impression de jouer le rôle d’éducateurs, en complément de l’exercice de l’autorité purement militaire. Indéniablement, donc, le commandement
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Savoir obéir
Il s’agit bien d’éviter un choc des cultures qui provoque nécessairement une incompréhension d’un côté comme de l’autre. Soucieux de fidéliser et d’améliorer leur formation, le chef d’état-major

S i l’e x e rc ic e d u c om m a n de m e n t im p li qu e u ne f o rm a t io n s pé c if iq u e , l’o b é is s a n c e n é c e s s i t e a u s s i u n a p p r e n ti s s a g e . D e v e ni r s o l d a t pa s s e pa r p l u s i e ur s é ta pe s , n ot amment celle, cru ciale, de la fo rmat io n g énérale in it i al e. L’outil de formation s ’ a d a p t e à l ’ é v o l u t i o n d e no s j e u n e s e n ga gé s e t d e s C e n t r e s d e f o r m a ti on i n i t i a l e m i l i t a i r e ( C F I M ) o n t é t é e x p é r i m e n t é s e n 2 0 0 9 . A ve c s u c cè s …

se complexifie au contact de générations qui évoluent logiquement au rythme de la société, rendant notamment la tâche des jeunes cadres plus délicate. C’est l’un des constats établis par la récente étude conduite par l’IAT auprès d’une vingtaine de formations. Les conclusions de l’IAT sont claires. Il faut « relégitimer » la notion de contrôle, affermir l’exercice du commandement mais aussi mieux préparer les recrues à leurs conditions d’engagements futurs, en adaptant leur période de formation initiale.

Une instruction progressive

de l’armée de Terre a donc décidé d’expérimenter, sur le modèle britannique, des centres de formation initiale militaire (CFIM). Avec le CFIM, on uniformise la formation tout en la valorisant et en la protégeant des «perturbations» du régiment. En effet, les jeunes recrues sont formées dans des locaux équipés à neuf, qui leur sont exclusivement réservés. Comme c’est déjà le cas pour la formation initiale en régiment, il s’agit de donner aux jeunes engagés, par un effort permanent d’éducation, un cadre de référence et un code de conduite. Dans ces centres, le chef et l’instructeur manifestent, en toutes circonstances et à chacun de leurs subordonnés, l’estime due à des compagnons d’armes. La pédagogie mise en œuvre 2 tend à inculquer des comportements et acquérir des

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capacités en vue de réaliser une action collective. Elle s’attache à rester pédagogique et progressive. Pédagogique, comme l’explique le colonel Dominique Lemaire, ancien chef de corps du 4e Régiment de chasseurs (4e RCh) de Gap, ayant soutenu l’expérimentation du CFIM pour l’ensemble des unités de la 27e Brigade d’infanterie de montagne : « La qualité de l’instruction contribue à l’image de la vie militaire que se font les jeunes recrues dans les premiers jours de présence au régiment. Beaucoup d’entre elles sont en situation d’échec parce qu’elles ne se sont pas senties à leur place dans le système d’enseignement national. Aussi avons-nous la responsabilité de ne pas en faire des échecs de la Défense nationale en reproduisant des méthodes pédagogiques auxquelles elles n’ont jamais adhéré. » Progressive, car les niveaux de départ sont disparates, les niveaux physiques souvent médiocres et qu’il faut amener l’ensemble du groupe au niveau fixé dans les domaines du combat, du tir, du sport, de l’endurance, de la rusticité et des premiers secours.
Séance de course à pied.

Le commandement se complexifie au contact de générations qui évoluent logiquement au rythme de la société, rendant notamment notamment l’exercice du commandement des jeunes cadres plus complexe. »

Les CFIM permettent de déléguer l’instruction aux chefs de groupe et ainsi de dispenser une formation quasi-individuelle aux jeunes engagés. L’encadrement, trié sur le volet, a été sensibilisé, lors d’un stage de mise en condition précédant la formation, aux exigences de qualité du CFIM. La mise en application des principes d’instruction favorise la manipulation du matériel, la répétition et l’attractivité de l’instruction.

Des résultats probants grâce à un taux d’encadrement renforcé

Elle permet également de responsabiliser davantage le personnel d’encadrement et facilite la prise d’initiatives. À l’instar du 4e RCh pour la 27e BIM, l’École nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) de Saint-Maixent a été désignée pour expérimenter un centre de formation initiale militaire (CFIM) pour toutes les formations non embrigadées. La première session s’est tenue sur douze semaines avec 83 jeunes de toute la France. Le bilan est positif, seulement 7% d’attrition ont été constatés sur le premier stage. Le chef de bataillon Christian

Pichon, de l’ENSOA, a commandé la première session de formation qui s’est tenue du 12 janvier au 3 avril 2009. « Les jeunes que nous avons incorporés étaient en attente de contact, ils n’ont pas eu peur d’obéir et ils étaient demandeurs. » Au vu du succès de cette première expérimentation, le principe des CFIM devrait être étendu à toute l’armée de Terre au cours des deux années à venir.
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Ordre du jour du 8 novembre 2008, à Saint-Cyr Coëtquidan.

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Entraînement au combat en zone urbaine.

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DOSSIER

Obéir et commander

es combats que les forces terrestres ont à conduire aujourd’hui dans le cadre des opérations, sont violents, longs et répétés. Ils exigent une coopération interarmes et interarmées approfondie et poussée jusqu’aux plus petits échelons du commandement. Le militaire doit savoir s’adapter en milieu multinational, il arrive parfois d’avoir à travailler dans une langue
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À l’épreuve des engagements opérationnels
L’apprentissage, en temps de paix, de l’obéissance et du commandement trouvent leur finalité dans l’engagement opérationnel et le combat. Le but premier : faire en sorte que, dans l’environnement d’une guerre ou d’une crise, tout fonctionne à l’instinct et avec l’efficacité maximale.
étrangère, d’obéir ou de commander à des militaires d’autres nationalités. Cela requiert une grande ouverture d’esprit. « En 2008, en Afghanistan, notre mission s’est révélée immédiatement intéressante, mais aussi dangereuse. Nous n’avions pas beaucoup de temps pour penser, le travail était prenant. Sans dire que nous n’avions aucun problème de discipline, ceux-ci restaient vraiment à la marge… Mes hommes comprenaient

pourquoi ils étaient là », explique le capitaine Laurent de Saint Blanquat, ancien commandant d’unité de la 2 e compagnie de combat du Régiment de marche du Tchad (RMT). C’est dans l’action que tout le travail du commandement en temps de paix trouve sa plénitude. Frédéric Pons, dans son ouvrage Opérations extérieures : les volontaires du 8 e RPIMa, cite ainsi l’expérience de l’adjudant Evrard, chef de section de Carmin 2 lors des combats d’Uzbeen, en Afghanistan : « Dans l’esprit du 8, il a appris à ses jeunes à obéir, mais en se posant aussi des questions pour savoir faire preuve d’initiative le moment venu. Il sait que le meilleur moyen de gagner la confiance de ses hommes est de leur donner confiance. […] Avant le départ, Evrard a senti monter l’excitation pour cette première opération extérieure. Chacun a pris conscience des risques. Evrard part en confiance avec

Il arrive parfois que des liens forts s’instaurent entre chefs et subordonnés. Au-delà de la confiance réciproque, c’est l’amitié qui devient le moteur de toute action, c’est ce qu’on appelle obéir d’amitié. Comme le disait le général Delattre de Tassigny : « Il ne suffit pas de commander à des hommes, il faut aussi savoir les aimer. » On parle aussi d’esprit de corps, fort sentiment d’amitié et de solidarité liant les membres d’un groupe et ce à tous les niveaux de la hiérarchie. C’est tout ce qui réunit dans une même communauté fraternelle et solidaire et qui fédère tous les personnels vers un intérêt collectif supérieur : la réussite dans l’engagement opérationnel.
Patrouille d’une section du 8e RPIMa dans le bazar de Nijrab, en Afghanistan.

ses “petits”. Il n’a pas tort. Eux sont soudés derrière leur chef. Ils le suivraient partout. Ils le disent : “Jusqu’en enfer…”»

« Le FELIN apporte de nombreuses plus-values sur le plan des relations chefs/subordonnés. Ce système est plus rapide, plus sûr et plus clair. En se dégageant ainsi une marge de temps supplémentaire, le chef peut faire participer ses subordonnés à l’élaboration de la décision. Dans ce contexte, les relations entre un chef et son subordonné ne peuvent être que simplifiées », explique le capitaine Julien Maurel commandant d’unité de la 4e compagnie de combat du RMT, qui a expérimenté le système FELIN. FELIN ne change pas réellement la conception des ordres, mais ajoute une nouvelle vision de l’espace de bataille, autorisant une meilleure gestion des efforts dans des espaces ou des zones d’actions de grande dimension. « Un des intérêts majeurs, c’est qu’aujourd’hui le chef sait où sont ses hommes. Avant, on commandait à la voix… Grâce à FELIN, nous voyons se dissiper en partie “le brouillard de la guerre”. Cela permet aussi d’éviter les tirs fratricides », souligne le capitaine Maurel. L’information, qu’elle soit ascendante ou descendante, constitue l’un des fondements du commandement. Mais travailler avec les nouvelles technologies peut aussi fausser la perception des choses pour le chef et ses subordonnés. Tout va plus vite, les hommes sont donc obligés de s’adapter, de comprendre plus vite, de réagir plus vite. Et même si les nouvelles générations sont habituées au virtuel, il n’en reste pas moins déstabilisant, surtout en période de stress où l’être humain a besoin de se rattacher à du concret. Rien ne remplacera le contact humain, d’autant plus que la technique n’a pas encore fait preuve d’une fiabilité à 100 %. « Attention il ne faut pas oublier que nous commandons des hommes et non des machines ! Le FELIN est un système d’hommes », conclut le capitaine Maurel.

Le commandement opérationnel du futur

Obéir d’amitié

Remplir sa mission, un objectif ancré dans la tête de tout militaire au départ. Mais il ne faut pas oublier que ce qui fait fonctionner le système ce sont les hommes qui le composent! « L’armée de Terre est un système d’hommes, où obéir et commander, que ce soit à l’entraînement ou en opérations, reste fondamentalement la même chose. Aujourd’hui, il faut davantage expliquer le pourquoi de la mission. Il faut amener à faire comprendre pour légitimer l’ordre. Une troupe qui sait pourquoi elle se bat est bien meilleure. Cela oblige également le chef à clarifier ses idées. Tout doit passer par l’adhésion », confiait le colonel de Medlege, chef de corps du RMT. Au sein des régiments, les départs en mission sont nombreux, il faut alors

Gestion de la distance

apprendre à gérer l’éloignement prolongé et la promiscuité de la vie collective. Pour de nombreux militaires l’éloignement est un facteur déterminant dans la gestion du quotidien. « La fatigue, le stress, les difficultés logistiques, de maintenance, l’omniprésence de l’armement, peuvent modifier les relations entre le chef et ses subordonnés. Dans ce cas, le chef doit savoir faire un choix, prendre une décision qui ne fera pas forcément l’unanimité. Il doit aussi savoir faire preuve de reconnaissance pour le travail accompli, il doit savoir écouter, sans doute plus qu’en France… d’où l’importance d’instaurer un véritable dialogue », précise le capitaine de Saint Blanquat. Il faut éviter qu’un individu s’isole du groupe. En opérations plus qu’ailleurs la cohésion doit passer au-dessus de tout !
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Il ne suffit pas de commander à des hommes, il faut aussi savoir les aimer. C’est ce qu’on appelle obéir d’amitié. » Général Delattre de Tassigny

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e capitaine Sage est commandant d’unité de la compagnie de réserve du 19e Régiment du génie de Besançon et enseignant en histoire-géographie. Réserviste depuis 1998, il a suivi depuis ces dernières années la montée en puissance de la réserve opérationnelle de l’armée de Terre. À ses débuts, sa compagnie avait un effectif de 15 personnes ; aujourd’hui, elle est composée de 120 militaires. Preuve du professionnalisme abouti de cette compagnie : l’année passée, elle a été l’une des premières à expérimenter une mission VIGIPIRATE à Paris en compagnie constituée. « Commander des réservistes est à la fois complexe car même si les réservistes sont volontaires ils sont aussi civils, avec une vie à part entière et des préoccupations autres que militaires. Ils peuvent claquer la porte sans problème », nous explique-t-il. Bien sûr, sa formation militaire l’a beaucoup aidé à mieux appréhender l’exercice du commandement. Pour lui, « c’est dans la difficulté que le commandement prend tout son sens. C’est pour cela qu’il faut adapter son commandement en établissant une relation de confiance, savoir commander sans être autoritaire, susciter l’adhésion. » Fort heureusement, la compréhension de l’art du commandement chez les réservistes est en phase avec celle des militaires d’active. L’armée de Terre est constituée d’environ 23 000 civils1 de la Défense. Même si ces derniers n’ont pas le même statut que les militaires, ils partagent les mêmes préoccupations et travaillent dans le même système hiérarchique, en étant

DOSSIER

Obéir et commander

Comment s’appliquent les notions de commandement et d’obéissance lorsque l’on est militaire de réserve ou personnel civil ? Il faut savoir faire face aux mêmes contraintes, de discipline, de relations humaines ou de travail, sans pour autant être présent à temps plein ou partager le même statut.

La compétence avant tout
soumis au quotidien aux mêmes notions d’obéissance et de commandement. L’absence de grade et d’uniforme, les différences de contraintes et quelquefois de mission sont susceptibles de générer des décalages et des incompréhensions de part et d’autre. Il faut alors savoir faire fi des préjugés. La solution se trouve nécessairement dans la discussion et la concertation ! Toutes les bonnes idées sont les bienvenues, à l’instar du Groupe de transit et d’administration des personnels isolés (GTAPI) de Rueil-Malmaison qui, en 2006, a créé une charte de bonne conduite à l’égard de ses personnels civils et militaires. Histoire de parler le même langage ! Pour Philippe Pax, commandant le détachement de Douai du 8e Régiment du
Personnel civil de la Défense chargé de la gestion du parc auto au 1er Régiment d’infanterie.

Du côté des civils

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matériel (8e RMAT), ce n’est pas un problème d’être civil ou militaire. «Après les premiers émois, la seule chose importante à retenir dans les relations humaines, c’est la compétence, le savoir-être professionnel. » Et de souligner un point important : « Un civil ne peut pas se retrancher derrière ses galons, la seule limite au commandement d’un civil c’est qu’il ne peut pas punir directement un militaire, il propose une sanction et sa hiérarchie décide. Pour ma part je ne fais aucune différence entre la gestion du civil et celle du militaire ; humainement, tout le monde est au même niveau. » Et de conclure : « Et n’oublions pas que le chef des armées est lui-même un civil ! »
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22 982 postes sont décrits au DUO 2009.

Le CEMAT vous parle

2010 : année pivot de la transformation

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n 2009, l’armée de Terre a rempli toutes ses missions opérationnelles. J’en sais gré aux unités qui se sont succédé sur tous nos théâtres d’opérations et mes premières pensées vont à tous nos camarades qui sont allés au bout de leur engagement personnel et professionnel et à leurs familles dans la peine. Fruit d’une préparation opérationnelle exigeante, leur capacité opérationnelle est reconnue et tous les efforts entrepris dans ce domaine devront être poursuivis. Selon une tradition désormais bien établie, le grand rapport de l’armée de Terre rassemble chaque année l’ensemble des chefs de corps autour du CEMAT et des commandeurs. Vos chefs respectifs vous communiqueront dans le détail les directives et orientations reçues à cette occasion, et dont l’ordre n°2 pour la transformation de l’armée de Terre constitue le cœur. Au moment où chacun a rejoint son poste, notamment dans les nouvelles affectations, je veux faire un bilan succinct du lancement de la transformation de notre armée de Terre, et vous donner mes axes d’effort pour 2010. L’été dernier a vu se réaliser l’essentiel des mesures de réorganisation prévues en 2009. Les dissolutions de formations, transferts d’unités et fermetures de garnison ont été effectuées, tout en maintenant la continuité des engagements opérationnels. En matière de renouvellement des matériels majeurs, 2009 devrait s’achever sur la livraison de 96 VBCI, 10 hélicoptères

La transformation de l’armée de Terre est en cours. La première phase s’est achevée à l’été 2009, avec la dissolution de formations, le transfert d’unités et la fermeture de garnisons. Les efforts se poursuivront en 2010, avec une priorité : l’exécution de nos missions opérationnelles et leur préparation.

TIGRE, 32 canons CAESAR, 224 PVP et 1049 FELIN. Les commandes de 200 PVP, 22 NH90, 332 VBCI et 3 systèmes SDTI ont été notifiées, devraient suivre d’ici la fin de l’année celles de la dernière tranche FELIN, des premiers LRU et VHM. Parallèlement, le processus d’adaptation réactive a permis de conduire plus de 60 opérations allant d’effets de combat aux tourelleaux téléopérés pour VAB ou aux engins Buffalo. Cet investissement d’ensemble se poursuivra en 2010, car nos soldats déployés en opérations ont absolument besoin du meilleur de ce que nous pouvons leur donner pour remplir leurs difficiles missions. Au total, 300 millions d’euros y seront consacrés sur trois ans.

Je suis donc confiant, au moment où nous entamons la deuxième phase de notre transformation. Celle-ci s’effectuera dans la continuité des mesures déjà prises ou lancées en 2009. »

Représentant 19000 mutations dont 6400 d’EVAT, le PAM 2009 s’est exécuté de façon satisfaisante, à l’exception de retards de paiement des frais de déménagement qui doivent être résorbés dans les meilleurs délais. Les dispositifs d’aide à la mobilité ont correctement fonctionné, et les flux de départ et

les réorientations ont correspondu aux attentes. Enfin, conditionnant la préservation du cœur de métier de nos régiments, l’expérimentation des bases de Défense a produit une première série d’enseignements qui seront pris en compte dans la mise sur pied des bases pilotes en 2010. Plus que jamais, pragmatisme, imagination et sens de l’intérêt général doivent prévaloir pour que ces réorganisations produisent, à efficacité équivalente, les économies attendues. Je suis donc confiant, au moment où nous entamons la deuxième phase de notre transformation. Celle-ci s’effectuera dans la continuité des mesures déjà prises ou lancées en 2009. La mission est claire : donnant la priorité absolue à l’exécution de nos missions opérationnelles et à leur préparation, poursuivre les mesures de réorganisation du commandement et les expérimentations pilotées par l’EMA dans le domaine de l’administration générale et des soutiens communs, ainsi que la réorganisation des forces terrestres, en marquant l’effort en 2010 sur les forces en métropole et la fonction maintenance, conformément au calendrier initial. Nous devons nous approprier pleinement les nouveaux modes de fonctionnement résultant des attributions désormais élargies de la DRHAT en matière de formation, et du CFT en matière de logistique, étendues en 2010 à l’armement des CMO aéromobilité, artillerie et agencement de l’espace terrestre. La réussite de la réorganisation de la chaîne maintenance constitue aussi un objectif majeur. Combinée à l’atteinte du rythme de croisière par la PEGP et au retrait des matériels non nécessaires au contrat opérationnel, cette restructuration volontariste doit nous permettre de dégager les économies attendues. Un défi similaire nous attend pour faciliter l’intégration du commissariat de l’armée de Terre dans le nouveau service du commissariat des Armées. Dans le domaine des ressources humaines, nous devons absolument maîtriser nos effectifs, ce qui passe par un suivi rigoureux et encore perfectible des situations de prise d’armes au sein des unités, dont dépendent la gestion et le recrutement du

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personnel. L’adaptation des parcours 1. Patrouille du groupement professionnels se poursuivra. Mon commando montagne (GCM) du 27 BCA dans la vallée objectif est clair: favorisant les acquis d'Afghanya, en Kapisa. professionnels, il s’agit, en particulier 2. Instruction VBCI par les pour les EVAT, d’offrir des possibilipersonnels du 35 RI avant sa perception à Canjuers. tés de carrière plus valorisantes et 3. L’année 2009 devrait plus lisibles à ceux dont la manière et s’achever sur la livraison l’envie de servir doivent permettre de de 32 canons CAESAR. rester dans nos rangs. La suppression des barrières à 11, 15 et 17,5 années de service, l’augmentation des volumes d’accès au corps des sousofficiers et les évolutions du BSTAT n’ont pas d’autre but. Par ailleurs, ayant produit des résultats très positifs en matière de standardisation et donc d’amélioration de la formation, le principe des centres de formation initiale des militaires du rang, les CFIM, sera étendu dès la fin de cette année et en 2010. Enfin, un effort notable doit être accompli dans le domaine de la concertation. Le CFMT renouvellera cette année une partie de ses membres. Pour qu’il puisse pleinement jouer son rôle, il est essentiel qu’il fasse l’objet de volontariats nombreux, en particulier dans les régiments: au cœur de l’action, ils doivent être au cœur de la concertation. L’armée de Terre entre à présent dans la phase charnière de sa transformation, dans un contexte d’interarmisation résolue des soutiens et d’engagement opérationnel soutenu. Nous n’avons pas parcouru tout ce chemin pour nous arrêter sans avoir atteint l’objectif fixé. Alors, poursuivons nos efforts et continuons notre marche en avant !

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Photos: ADJ Dominique DHE / CNPI2, ADJ Jean-Raphaël DRAHI, ADJ Gilles GESQUIÈRE
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Un détachement OMLT de retour d’Afghanistan a transité par Chypre du 2 au 4 juin 2009. Il s’agissait, dans le cadre d’une étude sur la gestion du stress en opération, d’expérimenter un « sas de fin de mission ». La qualité du séjour, des activités proposées et de la prise en compte des militaires a rapidement levé les réti-

Alors que les forces de la coalition présentes en Afghanistan cherchent à former une Armée nationale afghane performante et autonome, il semble intéressant d’analyser les expériences passées comparables. Aussi convient-il de revenir sur l’expérience française pendant la guerre d’Indochine (1946-1954). Le gouvernement français de la IVe République assura la création, puis la montée en puissance d’une Armée nationale vietnamienne (ANV), capable d’aider puis, à terme, de se substituer au corps expéditionnaire français en Extrême-Orient dans le combat contre la guérilla vietminh. Malgré les difficultés de recrutement et d’emploi de ces unités, l’ANV sut prendre à sa charge un pan du combat contre la rébellion communiste. Ce cahier retrace l’histoire de ce recours aux supplétifs et aux formations permanentes.

Retour au calme…

RETEX

Cahier de la recherche

Vos comptes rendus et expérimentations ne sont pas inutiles. Le Centre de doctrine et d’emploi des forces (CDEF) vous propose ainsi chaque mois un point, en quelques brèves, sur les RETEX en cours.

ADAPTATION

cences initiales et suscité l’adhésion des bénéficiaires. Le retour d’une opération éprouvante est délicat. Le succès de cette expérience confirme le besoin d’un retour au calme. Le sas de fin de mission pourrait être une solution. La gestion du facteur humain est un élément important pris en compte par le commandement.

Le lieutenant Aurélien de La Soujeole, du 27e Bataillon de chasseurs alpins, était en Afghanistan en mars 2009, au sein du GTIA Kapisa. Lors d’un engagement particulièrement difficile, il a été confronté à la réalité du métier militaire et aux exigences du commandement.

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PUBLICATIONS

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Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Intraterre du CDEF: www.cdef.terre.defense.gouv.fr

e 14 mars 2009, ma section est héliportée à 4 h 30 sur les hauteurs sud du village d’Alasay District. J’ai pour mission d’empêcher toute infiltration ennemie dans cette zone. L’hélicoptère américain Chinook me pose un peu plus bas que prévu. Mon premier réflexe, une fois mes groupes postés en 360 degrés, est d’observer les forces et les faiblesses de ma position. Je m’aperçois vite que celleci n’est pas idéale. Au-dessus de moi, un mouvement de terrain m’inquiète. Il me surplombe et cache les vues sur la ligne de crête qui mène à une autre section de la compagnie. Je décide donc de m’emparer de cette position. Mais cela ne sera pas facile. Nous avons du matériel, des munitions et des vivres pour quatre jours.

© ADJ Jean-Raphaël DRAHI

Pour atteindre ce point haut, il nous faut tout d’abord descendre dans un talweg, puis remonter environ 200 m de dénivelée. Mais je sais au fond de moi-même que cette position doit être mienne. La journée me donne raison. L’ennemi essaye à trois reprises de m’en déloger. La première fois, en arrivant aux abords de cette position, nous recevons quelques tirs en provenance de la crête juste en face. Bloqué, je réussi à reprendre ma progression et à m’emparer de cette position en demandant et réglant un tir de mortier de 120 mm. Les deux autres fois, l’ennemi se place à nouveau sur la ligne de crête et me harcèle. La mise en œuvre de ma puissance de feu me permet de maintenir sans

problème ma position que j’ai en plus fortifiée avec des sacs à terre. A 1 heure du matin, je reçois l’ordre de décrocher de ma position et de rejoindre le village à pied, les hélicoptères ne venant pas car la zone est trop dangereuse pour eux. Ne pouvant pas laisser tout mon matériel et mes munitions sur zone, je dois tout emporter, missiles, roquettes AT4, caisses de munitions, grenades… Nous nous répartissons le matériel. Chaque homme porte entre 70 et 100 kg sur le dos. Nous nous exfiltrons et arrivons aux VAB vers 5 h du matin. Je n’ai toujours pas dormi.

Cette expérience fut exceptionnelle pour moi à plusieurs titres. Elle me confirmait d’abord l’évidence tactique de s’approprier les hauts. Mais c’est surtout humainement que je retiens un grand nombre d’enseignements. J’étais heureux de constater que mes hommes ont toujours obéi sans broncher, malgré les efforts hors du commun que je leur ai demandé. J’ai pu constater leur calme, leur professionnalisme à chaque instant. C’est particulièrement enrichissant pour un chef de section de pouvoir vivre une telle expérience. J’ai constaté avec joie les bienfaits de notre entraînement spécifique. J’ai pris conscience de l’importance des stages comme celui du CNEC, qui nous entraîne à agir en situation d’extrême fatigue. Je jouissais enfin d’avoir à vivre une telle mission en étant le seul chef sur mon terrain. Il est assez rare pour un chef de section de pouvoir prendre de telles décisions tactiques et de se confronter à la réalité totale de son métier. Je suis heureux d’avoir pu vivre cette expérience et surtout d’avoir ramené tous mes hommes. »
Le lieutenant de La Soujeole commande e e la 2 e section de la 4 compagnie du 27 BCA.

APPEL A TÉMOIGNAGES ! Faites partager vos expériences opérationnelles à nos lecteurs. Envoyez vos textes à la rédaction par internet à sirpat-comecrite.emat@ terre-net.defense.gouv.fr

© Thomas GOISQUE

’Etais le seul chef «J sur mon terrain »

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Innovation

Le système d’information logistique centrale

Le Système d’Information Logistique CENTral (SILCENT) est en pleine transformation. Créé au lendemain de la guerre du Golfe, ce système permet de suivre les ressources expédiées, sans discontinuité, entre la métropole, les théâtres d’opérations et l’outre-mer. Le dernier module SILCENT, Client léger, récemment développé, apporte aux régiments des forces terrestres une nouvelle autonomie. La 7e BB a été désignée pour expérimenter cette nouvelle application.
Le suivi des flux s’exerce depuis la sortie d’un dépôt (avec une saisie unique des données ou un interfaçage avec un système partenaire) jusqu’au destinataire final. Ce système évite ainsi les ressaisies et donc minimise les marges d’erreur.

Méthode de marquage

SILCENT répond au besoin du commandement de localiser en permanence les ressources. »
CBA Geyer, chef de la SAF SILCENT

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S

ment ça marche ?”], déployés dans les établissements expéditeurs de ressources (DCMAT, DCCAT), au niveau des nœuds logistiques – escales aériennes, zones de ravitaillement, etc. – et dont le rôle est d’initialiser et de “tracer” les ressources expédiées, il permet à ses utilisateurs l’édition des documents liés à une expédition vers un théâtre d’opération extérieure ou l’outre-mer et de rendre compte de la réception de ressources », complète-t-il. « J’ai déjà utilisé l’application Client léger pour la projection d’une compagnie du régiment en Guyane et en ce moment je travaille sur la préparation GUEPARD », indique l’adjudant-chef Dechard. À terme, les formations des forces terrestres seront toutes en mesure d’initialiser leurs expéditions avec SILCENT. « Son utilisation par les autres armées et services renforce le caractère interarmées du SILCENT et illustre bien le besoin du Commandement de pouvoir localiser en permanence les ressources dans la chaîne des acheminements », conclut le CBA Geyer, chef de la SAF SILCENT. Le Système d’information logistique pour le suivi de la ressource en interarmées (SILRIA) devrait succéder à SILCENT à l’horizon 2012.
CNE Nathalie DURAND Infographies : Idé Photos : ADC Olivier DUBOIS

imple d’emploi », annonce d’entrée de jeu l’adjudant-chef Dechard, un des stagiaires de la formation Client léger expérimentée au sein de la 7e Brigade blindée au cours 2008. « J’ai été désigné pour ce stage en toute logique, puisque j’occupe les fonctions de sousofficier transit au 35 e Régiment d’infanterie », continue-t-il. « L’intérêt de cette application est d’homogénéiser le système, en toute simplicité », explique-t-il. « Désormais, avec Client léger, n’importe quelle unité pourra initialiser ses expéditions de ressource », indique l’ADC Douchet, de la Section administration fonctionnelle (SAF) SILCENT. « Même si Client léger ne présente pas toutes les fonctionnalités des postes nomades [cf. infographie “SILCENT, com-

L’introduction de l’application Client léger dans le SILCENT démultiplie les points d’initialisation des ressources et permet d’étendre à toute l’armée de Terre un système cohérent et uniforme.

SILCENT, comment ça marche ?

La pertinence du système réside dans sa capacité à suivre les flux logistiques au-delà des frontières de la métropole.

Le déploiement de SILCENT

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BD

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Vie des unités Le SIAé

Créé le 1er janvier 2008, le Service industriel de l’aéronautique (SIAé) est un défi qui attend l’armée française. Au carrefour de la culture militaire et de la culture de la performance, cette structure, à la fois étatique et industrielle, illustre l’avancée vers l’interarmisation. Au détachement de Toul, les aéronefs des armées de Terre et de l’Air (depuis le 14 avril 2009) sont au premier rang pour en profiter.

Une mécanique de haut vol
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C’

La création de ce service avait un seul but: « La satisfaction du client », comme l’explique l’ingénieur principal Cottereau, chef du détachement de Toul et Phalsbourg. Car la particularité de cette industrialisation de la maintenance aéronautique est qu’elle soumet à concurrence ce qui autrefois relevait de la Direction centrale du matériel de l’armée de Terre (DCMAT). La Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense (SIMMAD) décerne les marchés après comparaison des solutions étatiques et privées. Le SIAé se doit donc d’être compétitif vis-à-vis des entreprises privées.

est une expérience très enrichissante d’être confronté à cette nouvelle culture industrielle. » Le capitaine Frank Châtillon, commandant la division Gazelle Puma du détachement de Toul, est conscient du potentiel d’une telle structure. Placé sous la tutelle de l’armée de l’Air, le SIAé regroupe des entités de toutes les armées fusionnées autour des ateliers industriels aéronautiques (AIA). Les aéronefs de l’armée de Terre sont pris en charge par les détachements de Toul et de Phalsbourg, rattachés à l’AIA de Clermont-Ferrand (cf. encadré). Initiée depuis plus d’un an, cette démarche permet de regrouper les moyens industriels étatiques au sein du SIAé, qui est ainsi la première entreprise française de maintenance aéronautique militaire. Cette volonté de mise en commun des moyens et du savoir-faire en matière de maintenance aéronautique a été décidée dans une volonté de rationalisation. Employant environ 4 000 personnes, le SIAé réalise un chiffre d’affaires de 439 millions d’euros.

La fusion des ateliers aéronautiques a permis une spécialisation des ateliers et détachements, ainsi qu’une harmonisation du langage et des outils de travail. Pour l’armée de Terre, le but est de spécialiser les ateliers de telle sorte qu’ils deviennent les spécialistes de la maintenance des Gazelle, Puma et Cougar.

Le SIAé se doit donc d’être compétitif vis-à-vis des entreprises privées. »

La satisfaction du client

Ces exigences, dans l’atelier Puma du détachement de Toul, ne modifient pas la qualité du travail ni la réputation des militaires de l’armée de Terre. Dans le domaine technique, il n’y a pas de grand changement : « L’atelier qui donne le tempo est l’atelier Cellule et moteur. Il démonte tout et les autres ateliers, Avionique et Structure, suivent le rythme pour être en temps et en heure au rendez-vous des vols de contrôle de l’atelier Pilote », précise le capitaine Châtillon. Dans cet atelier récent et moderne, où flotte une odeur caractéristique de kérosène et d’huile de moteur, les mécaniciens du SIAé ne chôment pas. Les missions opérationnelles des anciennes unités du Groupement de maintenance ALAT (14e GMALAT) sont préservées puisque l’atelier de Toul continue à projeter des équipes techniques au Tchad et à Djibouti afin de réaliser in situ les visites des aéronefs déployés. La création du SIAé a même augmenté le rythme des missions, car des appareils de l’armée de l’Air sont également pris en charge: « Les éléments de base entre les Puma de l’ar-

« Il y a un socle armée de Terre »

Le SIAé regroupe des entités de toutes les armées
AIA : Atelier industriel de l’aéronautique BAN : Base aéronavale
Section Cougar Phalsbourg Toul

SIAé Direction Centrale

Site historique du SIAé Site issu de l’armée de l’Air Site issu de l’armée de Terre Site issu de la Marine

AIA Ambérieu AIA Bordeaux AIA Clermont Ferrand

AIA Cuers

BAN Hyères

Il y a trois catégories de personnel au sein du détachement de Toul. Une partie du personnel civil a un statut de fonctionnaire. Une autre partie des civils, qui dépend de l’armée de l’Air, a le statut de PCO (personnel civil ouvrier). Et enfin, il reste les militaires qui appartenaient au 14e GMALAT. Bien que sous l’autorité de l’armée de l’Air, les militaires du détachement de Toul ont un statut particulier. Ils bénéficient d’une appartenance double. Les notations relèvent du SIAé, mais ils dépendent toujours de la Direction des ressources humaines de l’armée de Terre (DRHAT) au niveau des mutations. La charge de travail de maintenance sur les aéronefs de l’armée de Terre et de l’armée de l’Air demeurant fixe et importante, les effectifs ne baissent pas pour l’instant dans le cadre des restructurations.
1

mée de l’Air et ceux de l’armée de Terre sont les mêmes. La différence se situe au niveau des ballonnets et de quelques autres options », ajoute le capitaine Châtillon. Avec une capacité opérationnelle maintenue et développée aux autres Puma de l’armée française, le travail ne manque pas. Et pour obtenir la satisfaction du client, être ou avoir été militaire, ça aide: «La culture militaire nous permet d’avoir des civils et militaires d’une très grande disponibilité et réactifs. Ils savent qu’ils travaillent pour le soutien opérationnel des aéronefs des troupes projetées », rappelle le capitaine Châtillon. L’ingénieur principal Cottereau le confirme : « Il y a un socle armée de Terre, un cœur de métier qu’on a gardé et qu’on enrichit avec les normes de qualité. L’élément le plus important, et que l’on veut conserver, c’est l’esprit de service. Le personnel du détachement est animé d’une flamme. » Et en effet, un client bien connu des mécaniciens de Toul attend ses aéronefs: l’armée de Terre ne sera pas déçue.
Réservoirs supplémentaires au niveau des trains principaux propres aux Puma de l’armée de l’Air.

Cédric BEYSSAC Photos : CCH Jean-Baptiste TABONE

Le statut du personnel

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Vie des unités

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Afin d’entraîner les SGTIA1 avant leur projection en Afghanistan, une Forward operating base (FOB) a été construite sur le camp de Canjuers : un chantier majeur pour le 5e Régiment du génie de Versailles, qui s’est déroulé d’avril à octobre. L’installation de cette base opérationnelle avancée permettra l’instruction des hommes dans des conditions les plus réalistes possibles, dans le cadre des Mises en condition avant projection (MCP).

ur une emprise de 2,5 hectares, la section renforcée2 de la 3e compagnie de travaux du lieutenant Marc Lassus est à l’œuvre pour relever le défi. Commencé fin avril, le chantier est réalisé en plusieurs étapes. La première est la réalisation des travaux préliminaires, c'est-à-dire l’installation, le déboisage et l’implantation topographique de la zone définie pour le chantier. La seconde étape est l’assainissement provisoire et le terrassement de la zone. Il s’agit du décapage de la zone (retrait de la couche superficielle de terre dite végétale), du déblaiement (retrait de matériaux) et du remblaiement (apport de matériaux) pour réaliser le fond de forme de la future plate-forme.
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Une Forward operating base à Canjuers
Dans un troisième temps, une fois la zone correctement nivelée et à la cote topographique conforme au projet, des matériaux supplémentaires sont apportés pour réaliser les couches successives de structure de la plate-forme finale. Une couche de fondation constituée de matériaux drainants est d’abord réalisée et nivelée. Elle est ensuite recouverte de la couche de base, constituée de matériaux de granulométrie plus fine, qui est nivelée et compactée. Celle-ci est alors à la côte finale du projet et forme une surface suffisamment durcie pour répondre aux sollicitations attendues (trafics routiers, zone vie, parkings, etc.). Tous ces matériaux sont issus des zones d’extraction du camp de Canjuers, notamment la carrière de Comboutaire (unique

Un chantier de taille

carrière militaire de France). Le drainage de la plate-forme et l’écoulement des eaux sont alors déterminés par une pente faible, des fossés et des passages busés. La construction des routes d’accès complète cette troisième étape. La préservation de l’environnement et du cadre naturel sont pris en compte dans l’ensemble de la réalisation de ce projet (zone Natura 2000, prise en compte des eaux usées, etc.)

La construction de la FOB comprend également trois zones distinctes avec la réalisation d’une plate-forme zone vie, d’une zone parking et d’une zone d’installations tactiques. Les ouvrages de protection composent la quatrième étape du projet. La création d’une entrée protégée avec une chicane, des postes de combat, un abri-section, un mirador, une enceinte en Bastion-Wall constituent une étape supplémentaire de la construction de la FOB pour les hommes de la section renforcée

Un projet inscrit dans la durée

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40 camions et engins permettent d’assurer la continuité du chantier. Un des camions KERAX se positionne devant la niveleuse, pilotée par le CCH Ramdine. Il dépose ainsi son contenu en avançant et réalise un tapis pour faciliter le passage de la niveleuse. C’est la réalisation des couches de matériaux. Après leur nivellement, celles-ci seront ensuite arrosées pour optimiser leur compactage.

jusqu’en octobre. A l’issue des travaux, les capacités d’accueil de la FOB seront alors de 250 militaires et de 80 véhicules environ. La dernière étape consistera aux finitions du projet, c'est-à-dire réaliser le déboisement périphérique, 100 mètres autour de la FOB et le nettoyage du chantier. Cette base opérationnelle avancée permettra aux SGTIA devant être déployés en Afghanistan de compléter leur entraînement et leur apprentissage, dans des conditions les plus réalistes possibles. Le plastron sera fourni par la brigade à laquelle le SGTIA appartient. Un DAO3 d’une trentaine de personnes, rattaché au 1er Régiment de chasseurs d’Afrique de Canjuers, est chargé de la mise sur pieds, de la conduite des exercices et de la définition des programmes. Ce DAO sera renforcé par un DIO4 armé par des unités rentrées d’Afghanistan depuis moins de six mois, ce qui permettra l’utilisation des RETEX « en boucle courte ». Le passage à la FOB deviendra un pas-

On fait du concret, le sapeur peut se retourner et voir ce qu’il a réalisé, c’est du réel. »

sage obligé dans les MCP Afghanistan. Une semaine complète sera proposée. Ce sera la dernière étape avant la projection. Au programme de base viendront s’ajouter des incidents variés et différents à chaque fois. Les détachements pourront jouer différents scénarios afin deparfaire leurs connaissances sur le terrain (parcours IED, techniques de brouillage, etc.) et de se familiariser à leur environnement futur. Si la FOB de Canjuers a été prévue pour l’entraînement des SGTIA, une FOB spécifique pour les OMLT sera également créée prochainement.
Sous-groupements tactiques interarmes. Les renforts en hommes et matériels sont fournis par l’ensemble des unités du régiment, notamment les 1re et 10e compagnies. 3 Détachement d’assistance opérationnelle. 4 Détachement d’instruction opérationnelle.
1 2

Pour assurer la continuité du chantier, pas moins de 20 camions bennes KERAX sont à l’œuvre. Un va-et-vient permanent assure l’approvisionnement du chantier en matériaux. Chaque camion exécute pas moins de six rotations par jour à la carrière de Comboutaire (distante de 30 kilomètres environ). Le défi est de taille et nécessite une gestion des hommes et des engins de tous les instants.

LTN Séverine BOLLIER Photos : CCH Jean-Baptiste TABONE

La dissolution du 5e Régiment du génie (5e RG) en 2010 entraîne une réorganisation de ses compagnies qui rejoindront le 19e Régiment du génie (19e RG). À ce jour, le 5e RG possède trois compagnies de travaux dont une possède une spécialité « voie ferrée ». Elles seront regroupées pour former les deux compagnies d’aide au déploiement lourd (ADL) du 19e RG et seront implantées sur les sites de Mourmelon (la 1re compagnie sera forte de 280 militaires) et de Canjuers (la 3e compagnie sera forte de 200 militaires) Les actuels bureaux opérations et le détachement de liaison et de reconnaissance travaux, à vocation travaux lourds, viendront renforcer l’état-major du 19e RG à Besançon.
Une des zones d’extraction est à proximité du chantier. Un concasseur mobile, avec aux commandes le caporal Mercier, permet de produire 40 tonnes à l’heure de matériaux de granulométrie choisie.

Le devenir des compagnies du 5e Régiment du génie

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L
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Liban

Portrait

a pile de chemises, c’est tous les cours de français. » Est-ce son goût pour l’encadrement qui l’a persuadé? « Il fallait prendre son courage à deux mains. J’avais un peu d’appréhension, mais une fois que c’est lancé, c’est lancé. » Pugnace, l’adjudant Beaurepaire ne lâche jamais prise. Son esprit combattif le pousse à affronter n’importe quelle situation même celle – inédite pour lui – de donner des cours de français à Jumayjmah, à proximité d’UN 2.45, à des adolescentes de 11 à 15 ans. « Je les ai d’abord aidées pour les épreuves du brevet. J’ai préparé mon premier cours pendant trois jours avec le concours d’Hamsa, une interprète de la compagnie, ancienne professeur de français. Mainssus Instruction au contrôle de foule (ci-de et à dr.)
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Le bon, la brute
Ces activités de coopération civilo-militaire (CCM) sont organisées pour mieux se faire accepter de la population. D’ailleurs, il n’a pas suivi de préparation par-

L’adjudant Benoît Beaurepaire commande la 4 e section de la 2 e compagnie du 92 e Régiment d’infanterie, basé à Clermont-Ferrand. Lors de son OPEX au Liban, ce « gorille pur et dur » a dévoilé un nouveau talent : celui de professeur de français.

tenant, c’est parti, j’ai réussi à les amadouer, elles sont très fières. Elles n’osent jamais avouer qu’elles ne savent pas. Il faut alors insister pour savoir si elles ont tout compris. Elles sont aussi très franches et plus volubiles que les garçons. » Pour le chef de section, c’est une véritable bouffée d’oxygène qui, deux fois par semaine, laisse de côté les patrouilles. L’objectif n’est pas de se substituer à un professeur.

Comment l’enseignant enrichit le vocabulaire de ses elèves

ticulière en amont pour « distiller » ses connaissances. Consciencieux, il s’appuie notamment sur des annales du brevet pour préparer ses séances. L’ingénieux pédagogue a aussi ses propres astuces. Le militaire se dévoile, se servant des photos de toute sa famille comme support de cours. Deviner l’âge d’un neveu ou décrire l’expression d’un oncle sur un cliché: tous les prétextes sont bons pour les faire parler et pour enrichir leur vocabulaire ! Le fantassin confie même qu’il adapte les procédés de pédagogie militaire pour s’adresser aux petites Libanaises. Au-delà des commentaires de textes ou d’images, une complicité s’installe entre « l’enseignant » et ses élèves. Au fil des séances, en toute confiance, les enfants se livrent peu à peu à l’adjudant. « On étudiait un texte sur une fête. Ce qui m’a interpellé, c’est qu’à 15 ans, les filles parlent déjà du mariage. » Très curieuses, les espiègles, tombées sous le charme du trentenaire aux yeux bleus, veulent tout connaître de sa vie privée! Les cours de français pour les enfants avaient seulement été envisagés par le

et l’enseignant
Les séances de français terminées, le gorille, qui sommeille en lui, se réveille.

trouvent là une occupation bénéfique pour leurs enfants qui, dès leur plus jeune âge, sont presque bilingues. Historiquement, le pays du cèdre étant très attaché à la France, la langue de Molière est une des langues officielles et la seule à être dispensée dans les écoles privées. Certains assistent même aux séances pour parler couramment, dans le but de poursuivre des études scientifiques 1.

1er Régiment de tirailleurs lors du précédent mandat. Grâce à une dizaine de volontaires – dont l’adjudant Beaurepaire –, le GTIA a pu mettre en œuvre cette heureuse initiative dans deux villes, Bint Jbeil et Jumayjmah. Âgés de 6 à 15 ans, les élèves sont nombreux en cette période de grandes vacances. Les parents

scentes de Jumayjmah. Cours de français donné à des adole

Les photos de famille du militaire servent de support de cours. »

Une force tranquille, humble et discrète

« C’est un pur et dur. Il a tout à fait l’esprit des Gorilles. » C’est en ces termes que le capitaine François Baggio, commandant la 2 e compagnie surnommée « les Gorilles », qualifie l’adjudant Beaurepaire. « Quand je me suis engagé, juste après mon bac, j’avais le choix entre l’infanterie, la cavalerie et le génie. J’ai choisi l’infanterie. Quand faut y aller, faut y aller! » Le chef de section athlétique n’hésite jamais très longtemps. Il fonce toujours, mais de façon posée et réfléchie et ce, malgré son âge, 31 ans, et ses allures de brute charpentée… C’est une force tranquille. Pourtant, il insiste : « Non, je ne suis pas un calme. Quand il faut que ça bouge, comme la mise en batterie d’un mortier, il faut immédiatement avoir les bons réflexes. Et si ça ne va pas, j’engueule mes mecs. » Il rejoint, en 1999, le 152e Régiment d’infanterie (152 e RI). Deux ans auparavant, à 18 ans, le baccalauréat en poche, il s’engageait pour « l’aventure et l’action ». Le Kosovo, son premier mandat OTAN à 21 ans comme chef de groupe, est une bonne entrée en

matière. « Nous avons été confrontés à une fusillade. Les manifestations rythmaient nos journées. Il fallait tenir les positions. Le contrôle de zone était intensif, j’ai dormi cinq heures par nuit pendant quatre mois. » Il est ensuite affecté au 92 e RI en tant que chef de section. C’est là qu’il devient un gorille. Au sein de la compagnie, l’adjudant Beaurepaire fait l’unanimité. Pas étonnant, lorsqu’on voit à quel point il se donne pour les autres: « Une bonne partie du temps, on s’occupe plus des mecs que de soimême. » Il sourit souvent, comme pour mieux dissimuler son humilité et sa discrétion. Lorsque sa section n’est pas en patrouille, il parfait sans relâche l’instruction de ses hommes. L’homme réservé laisse place au chef de section autoritaire mais juste. « Le côté humain est énorme dans l’infanterie, il y a un aspect formateur qui me passionne. » Mais ce qu’il retiendra surtout du Liban, c’est son expérience de professeur : « Oui, les ateliers de français avec les enfants, ça va me manquer ! »
1

Au Liban, les matières scientifiques sont enseignées en français.

LTN Céline BRUNETAUD Photos : ADJ Jean-Raphaël DRAHI

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C

Adjudant-chef Redoutey
ela ne s’explique pas avec des mots » : c’est le paradoxe du spéléologue Redoutey. Très peu loquace pour évoquer les sensations qu’il ressent dans les profondeurs, le flot peut pourtant devenir intarissable quand il plonge dans ses souvenirs et ses connaissances. Si sa timidité initiale peut le faire passer pour un homme discret et calme, il ne faut pas s’y fier. Dès qu’il évoque ses expéditions, son matériel, ses mélanges, le débit s’accélère, les mains font de
SON PARCOURS I 25 e Régiment du génie de l’Air à d’Istres I 34e Régiment du génie d’Épernay I 19 e Régiment du génie de Besançon I 13e Régiment du génie de Valdahon SES OPEX Tchad, Arabie Saoudite, Djibouti, ex-Yougoslavie, Kosovo. SES DIPLÔMES BMP2 Engins TP, Minex II et III.
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Portrait

La tête sous l’eau, les pieds sur terre
Côté pile, l’adjudant-chef Sylvain Redoutey occupe la fonction d’adjoint travaux au bureau camp du 13e Régiment du Génie de Valdahon. Côté face, il revêt des combinaisons de plongée pour exceller dans la discipline de la spéléologie. Détenteur de records1, plongeur de pointe, membre du Spéléo Secours Français, ce militaire attaché à sa région franc-comtoise se distingue par son inventivité et son perfectionnisme.
Son oxygène à lui, c’est l’impression de « liberté totale et de découverte ». Pour cet amateur de raid aventure, la spéléograndes arabesques, les yeux bleus transparents laissent deviner l’excitation de partager, d’expliquer cette discipline qui l’a pris aux tripes depuis une descente « féerique et mystérieuse » à la source du Planey (Vesoul).

« De l’or dans les doigts »

logie est le dernier moyen de découvrir des terres inconnues. Cette sensation d’être le premier à pénétrer des territoires lui fait franchir tous les paliers de la passion. Au bord de la source du Doubs, sa camionnette s’ouvre sur un véritable arsenal. Normalement le matériel coûte cher pour un spéléologue. Sauf pour l’adjudant chef Redoutey. L’ancien du Tchad et du Kosovo est un inventeur fou, une sorte de « Géo trouve-tout ». D’ailleurs, ses collègues plongeurs de l’armée de Terre, qui l’accompagnent pour le soutien logistique de ses expéditions, ne s’y trompent pas : « Il a de l’or dans les doigts », certifie l’adjudant-chef Sylvan Zini. Son expérience de vingt-cinq années de plongée, sa créativité, sa débrouillardise lui permettent de développer son matériel et ce, à moindre coût. Bricoleur, inventif, ce plongeur au physique de coureur de fond devient insatiable quand il s’agit d’évoquer ses créations : « Mes plus beaux bijoux, ce sont mes recycleurs : il s’agit d’une boucle respiratoire qui fonctionne en circuit
L’adjudant-chef Redoutey à son bureau au 13e RG de Valdahon.

Qui est-ce ?

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fermé. L’air utilisé est filtré et réutilisée ce qui permet de multiplier l’autonomie par 20. J’ai également développé un propulseur unique avec une hélice refaite. Cela en fait le propulseur le plus rapide jamais construit. » Inventif, il l’est également au régiment. Le capitaine Fabrice Nicol, chef de section Ops au Bureau opérations-instructions, est formel : «En tant que chef de section à l’instruction, il avait tout compris. Il avait la capacité de proposer des exercices originaux qu’il avait la démarche de créer. » Mais cette inventivité ne serait rien sans une rigueur indispensable au bon déroulement des expéditions souterraines : « Il est très perfectionniste et ne laisse rien au hasard. Il a le souci du détail. C’est un grand méticuleux. » L’adjudant-chef Zini et le capitaine Nicol ne font que souligner une évidence qu’il revendique : « Une grosse expédition se prépare plusieurs mois à l’avance. Les plongées sont minutées avec les limites de temps et de profondeur. Face à l’ampleur de l’infrastructure à mettre en place, tout doit être calé parfaitement. » Ce pur autodidacte, sans diplôme de plongée militaire, n’entend pas céder à l’euphorie de l’exploration, danger ultime des plongeurs dans les profondeurs inconnues du commun des mortels. Même si le risque zéro n’existe pas, son caractère et les exigences de la spéléologie de haut niveau lui dictent le respect des règles de bases. Cette discipline lui permet aujourd’hui de pouvoir tutoyer l’excellence.

Au-delà des records et de la dimension internationale de sa renommée 2, il peut se prévaloir de son appartenance à l’organisme du Spéléo Secours français. Spéléologue de pointe, il a ainsi été sollicité en mars 2009 pour récupérer le corps d’un plongeur qui est décédé dans la résurgence de Ressel dans le Lot : « Il est allé beaucoup trop loin par rapport au matériel qu’il avait. Cela ne pardonne pas. Il a narcosé 3. L’issue fatale

Une passion au service des autres

de cette plongée justifie un méthodisme qu’il revendique : « Je n’ai pas envie de marcher sur le fil. C’est pourquoi tout est hypercalculé. » En 1997, il s’est vu décerner la médaille de bronze pour acte de courage et dévouement lors d’une opération de sauvetage au bief Goudard dans le Jura. Fou de spéléo, oui, mais un fou conscient de la fragilité de l’être humain dans ces endroits riches de merveilles et de beautés mais cruels si l’on ne respecte pasles règles de base. Sous l’eau, ce père de trois filles ne cherche pas à se moquer de la mort et ne se pose pas en surhomme. L’ivresse des profondeurs ne l’attire pas. Sa démarche est guidée par une soif de liberté et de découverte qu’il cherchera toujours à habiller d’une combinaison de rigueur.
Record d’Europe de profondeur à 209 m à la résurgence du Goulde de la Tannerie. Record du monde d’immersion totale : 26 heures sous l’eau. 2 Salon international de la plongée à Moscou en 2008. 3 Excès d’azote dans le corps ou sommeil artificiel qui peut être mortel.
1

Cédric BEYSSAC Photos : ADJ Gilles GESQUIÈRE

Dès qu’il évoque ses expéditions, le débit s’accélère, les mains font de grandes arabesques, les yeux bleus transparents laissent transparaître l’excitation de partager cette discipline qui l’a pris aux tripes. »
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Joyeux anniversaire !
EN FRANCE ET DANS LE MONDE EN 2003 
22 AU 24 JANVIER : signature des accords de Marcoussis pour la République de Côte d’Ivoire.  20 MARS : bombardements aériens des États-Unis et du Royaume-Uni sur l’Irak.  9 AVRIL : le régime de Saddam Hussein en Irak tombe après vingt-quatre ans d’oppression dictatoriale. Prise de pouvoir par les États-Unis.  24 JUILLET : adoption de la loi François Fillon sur les retraites (40 ans de cotisations).  AOÛT : canicule ; 15 000 décès en France.
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TIM a 20 ans

À l’écoute de la Nation
Un rêve de gosse

Avec la professionnalisation récente de notre armée, le lien armée-nation est une préoccupation permanente des années 2003 et 2004. En 2004 est également lancé le sondage de Terre Information Magazine, qui adaptera ensuite sa ligne éditoriale afin de satisfaire son lectorat et d’instaurer une véritable « relation de fidélité ».

AUTRES REPORTAGES DU MAGAZINE

• Formation de l’Unité de recherche humaine de la 27e BIM (URH 27) • Interview du général Beth sur l’opération LICORNE • Dossier Technologie sur la Bulle opérationnelle aéroterrestre • Aide médicale gratuite en Afghanistan • Cadets tadjiks au CIECM • Projection en République démocratique du Congo • Campagne des feux de forêts 2003

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2003
J
e me rappelle, il faisait froid là-bas, il y avait du vent. Moi j’étais en T-shirt ; lui, il avait une grande veste avec un grand polo et moi j’avais si froid qu’il m’a prêté son polo. J’étais timide, près de maman, je ne parlais pas. Il disait, faut pas être timide, c’est pour toi
« Je lui ai dit : “Est-ce que je peux monter sur tes épaules ?” et il m’a dit oui. »

2003Le 15 février 2003, le 501-503e Régiment de chars de combat de Mourmelon accueillait Louis, un enfant malade, dans le cadre du premier partenariat entre l’association Rêves et l’armée de Terre. TIM a pu retrouver Louis, aujourd’hui âgé de 11 ans, qui a accepté de partager ses souvenirs.

Rubrique réalisée par l’ASP Adrien FACON

« Chouchouter » les familles « Le 28 e Régiment de transmissions porte une attention particulière aux familles des hommes et des femmes qui y servent et prend de nombreuses initiatives en ce domaine. De la création d’une Cellule d’information et d’aide aux familles (CIAF) à la récente mise en place d’une salle des familles, visite au cœur d’un dispositif novateur par son ampleur. »

qu’on est là, c’est pas pour nous. Je lui ai dit: “Est-ce que je peux monter sur tes épaules ?” et il m’a dit oui.» Moi, c’est Louis, un petit garçon de 11 ans qui se souvient de ce 15 février 2003 où son rêve a été exaucé : aller dans un régiment de l’armée de Terre. Il avait 5 ans et l’association Rêves, créée en 1994, faisait appel pour la première fois à l’armée de Terre, pour aider des enfants atteints de maladies graves. Car Louis est atteint de gammaglobuléminie, une maladie rare qui nécessite qu’il se fasse des piqûres toutes les semaines. Lui, c’est le capitaine Boudville, qui a reçu Louis et deux autres enfants au 503e RCC pour réaliser leur rêve. Objectif atteint car Louis regarde souvent les photos de ce jour et à chaque fois, c’est comme si il y était. Aujourd’hui, Louis rentre en 6 e et il a un nouveau rêve : aller chez les paras. Comme son papa, ancien sergent du 2e RCP. Et pourquoi pas devenir un jour militaire ?

2003

Politique sociale au 28 e RT

À la rencontre des estivants « Durant tout l’été, l’équipe du SIRPA Terre a sillonné avec son camion-podium le littoral français, allant à la rencontre des vacanciers sur leurs lieux de villégiature. Succès populaire garanti pour cette première édition… »
Par Mélanie Texier

Tournée des plages 2003

2004
Risques technologiques au Kosovo
« Près de 4 000 soldats pour une zone d’action de 322 000 km 2, soit quatre fois le volume des troupes françaises engagées au sein de l’opération ARTEMIS au Congo, pour un théâtre trois mille fois plus vaste ! L’opération LICORNE n’est pas fabuleuse que par son nom. Elle est actuellement la plus importante opération extérieure menée par la France et à laquelle l’armée de Terre participe à hauteur de 92 % du contingent engagé. Un an après l’intervention de la Force, l’attention se porte désormais sur le risque d’essoufflement du processus de paix. »

- 2004
Les « Scorpions » en défense « Sur les théâtres, les menaces d’attaque relèguent souvent au second plan d’autres risques que les troupes et la population locale peuvent pourtant être amenées à rencontrer. À Novo Selo, l’équipe NBC prévient et traite les risques technologiques et biologiques. Lumières sur cette poignée de soldats qui œuvre quotidiennement pour la sécurité de la force et des Kosovars. »

2004
Un an en Côte d’Ivoire
• Ministre de la Défense : Michèle Alliot-Marie. • CEMA : général d’armée Henri Bentégeat. • CEMAT : général d’armée Bernard Thorette.

EN FRANCE ET DANS LE MONDE EN 2004 

5 AVRIL : centenaire de l’Entente cordiale.  1ER MAI : entrée de 10 nouveaux membres dans l’UE.  6 NOVEMBRE : attaque de deux Sukhoï Su-25 de l’armée ivoirienne sur Bouaké.  7 NOVEMBRE : attaque de grande ampleur sur la ville de Falloujah (Irak).  14 DÉCEMBRE : inauguration du viaduc de Millau.

« Jour pour jour. Cinquante ans après la bataille de Diên-Biên Phu, le 7 mai 1954, une prise d’armes présidée par Jacques Chirac, président de la République, était organisée dans la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides en souvenir des combattants de la guerre d’Indochine. »

Commémoration de la bataille de Diên-Biên Phu

Comme les vrais engagés « À l’initiative des régiments, et basés sur le volontariat, les stages découverte permettent à des jeunes ayant effectué leur Journée d’appel et de préparation à la Défense (JAPD) de s’initier à la vie militaire sur une courte période. Ainsi, le 19 e Régiment du génie (19 e RG) accueillait du 22 au 31 octobre une trentaine de jeunes âgés de 17 à 22 ans. Tour d’horizon d’une journée passée en leur compagnie. »

« Du statut des réserves au concubinage, en passant par les règles d’attribution des chambres en hôtel cadres, jusqu’aux demandes de changement d’armée, le champ de prospective des rédacteurs de cette cellule communication personnalisée du CEMAT s’avère très diversifié : tout ce que les militaires, sans distinction de grade, ont toujours voulu savoir sur l’armée de Terre sans jamais oser le demander ! »

Ouverture de la cellule de communication personnalisée du CEMAT

Stage découverte au 19 e RG

AUTRES REPORTAGES DU MAGAZINE

Repères

• Service militaire adapté en Guyane. • Actualité : paix fragile au Kosovo. • BSPP : Soldats de cœur. • Expérimentation concluante de quad au 2 e REG. • Visite du président de la République au 6-12 e RC d’Olivet. • GIACM en Afghanistan.

TIM n°208 - Octobre 2009

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r o i s e r l e s m ot o s e t g a t t i d u M a n s , o n pe ut c t Bu D ’ h ab i t u d e , s u r l e c i r cu i 28 juin 2009, ce sont n ce we ek - en d d u 2 7 et ti o n . Ma i s e rrents l e s v o i tu r es d e c o mp é ti 18 pays, tous les concu e s pa d do c k s . V e n u s de e s ti l l l er s . l e s p at i n e u r s q u i o n t i n v a t r e h e u r e s s u r l e u r s ro q u i p e , p en d a n t vi n g t- q u rre. o n t r o u l é, s eu l o u e n é présentait l’armée de Te e ’ a r ti l l e r i e d e Suippes re ment d Parmi eu x, le 40 Rég i
Coureurs c Arci I Brigadier-chef Cédri ach et capitaine) (co I Lieutenant-colonel ki Jean-Pierre Trzcialkows ant Olivier Mariotti I Command l Pelmar I Lieutenant Mickae Perrin I Adjudant Aristide chef Paul Macé I Maréchal des logisffroy I Caporal Arnaud Go Logistique I MCH Ludovic Gigan bard I MCH Quentin Lom H Philippe Dumet I MC
Cédric BEYSSAC IÈRE Photos : ADJ Gilles GESQU

C

Sport

e ans que le 40 RA parela fait maintenant trois llers. Seule Mans Ro ticipe à ces 24 heures du ve, elle se ire présente sur l’épreu équipe milita sport à l’image ludiun pose en précurseur dans régiment, la curioet conviviale. Au sein du que de grade. hésion sans distinction sité a cédé le pas à l’ad (vice-chameau en free fighting Ancien athlète de haut niv des sports ier-chef Arci, du bureau pion d’Europe), le brigad et ses pratiquants e oriser ce sport du 40 RA, souhaite val ’une participaoi de plus marquant qu militaires. Qu te épreuve intern de cet tion à la dixième éditio alement reconnue? nation

Le 40e RA dans la course

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TIM n°208 - Octobre 2009

Rollers es 24 heures du Mans L

13 H 00 e s : le 40 RA Ouverture des paddock box 44. prend ses quartiers au 15 H 00 : le LTN Séance de qualification colle. Cela sera à Pelmar s’y e la 233 place. 16 H 00 BCH Arci Départ de la course : le s ses patins pour s’élance ver ers tours. assurer les deux premi

t -q u a t re h e u re s d e L e d é p a rt e s t l a n c é p o u r v i n g e o me n t l e p l u s s p e c t a c u l a i re d r o l l e r n o n - st o p . M ti on m oto : pa ti ns l a c o u r s e , i l r e s p e c t e l a t ra d i a n ts d e l ’ a u t re . d’un côté du circui t, pa rt ici p q uip e, , ca pit aine et co ach d e l’é L e BC H Ar c i r e m i e r s re l a i s c o mm e l ’ e x i g e a ssur e les d eux p le r è g l em e n t .

e c h an g e d e r o u l eu r Au n i v e a u t a c t i q u e , l e 4 0 R A 5 km parcourus, haque tour. Une fois ses 4,18 àc ds e j o i n t l a l i g n e d ro i t e d e s s t a n l e pa t ine ur r r ou l e ur s ui v a nt. pour transmett re le r elais au rela is à l ’ADJ Perrin. I c i , l e CDT Mario tt i p asse le

16 H 20 Goffroy. Premier relais au CPL t dans l’ordre, Puis viennen Trzcialkowski, le LTN Pelmar, le LCL H Macé. le CDT Mariotti, le MC 17 H 30 au box après Le MCH Macé revient e médical. être passé par le servic nte Dunlop. Il a chuté dans la desce er plus loin. Il ne peut pas all

e dispose de 7,5 m pour Au sein du box 44, le 40 RA x p é ri e n c e d e s a n n é e s s ’i n s t al l er. Prof itan t de leu r e e c ons a c r e r qu’à e nte s , l e s pa t i ne ur s n’ o nt à s pr écéd at at io n. u r a l i me n t a t i o n e t l e u r h y d r leu r p at in ag e, le é e p a r d ’ a u t r e s me m b re s L a l o g i s t i q u e es t a s s u r u s e r v i c e d e s ro u l e u r s . d u r ég i m e n t q u i s e m e t t e n t a our le plaisir. o u t r o u p e s, i l s s o n t t o u s l à p S o u t i en 2

el m a r se r e p o s e e t Au mil ieu d e la n u it , le LTN P t u rn e . f a i s an t at t en t i o n au f r o i d n o c s ’ h yd r at e t o u t e n mi li ta ire e st bén éf iq u e au M ê me s i l ’ e n t r a î n e m e n t qu e e t tr è s e x i ge a nt d e n i v e a u c a rd i o , l ’ e f f o rt s p é c i f i l e s o rg a n i s me s . pr euve d ’end ur ance ent am e c e t te é

18 H 30 l’équipe mais Deuxième chute dans uence cette fois-ci sans conséq oy. pour le CPL Goffr 20 H 00 é à la Après avoir rétrograd e bilise e place, le 40 RA se sta 391 e vers la 230 place. 22 H 00 our de Le MCH Macé est de ret ve ital du Mans. Il retrou l’hôp ns le box. ses coéquipiers da 02 H 30 40e RA Meilleur classement du e à la 145 place.

CHRONOLOGIE DE 27 H/24 H

w s k i a s su r e so n Aux aurores, le LCL Trzcialko pier s, é ri e u x . C o mm e t o u s s e s é q u i pa ssage avec s n d d u r é g im e n t d é c o u v r e l e c o m m an d an t e n s ec o s du Mans. Toujours l a p a r t i cu l a r i t é d es 2 4 h eu r e r a th o n s e me t e humeur, cet amateur d e ma d e bonn te q ui pe r e pr é s e nt a ti v e de t ou a u s er v i c e d ’ u n e é ir e . l a c h aî n e h i ér a r c hi q u e m i l it a

i o n s mé té o , Q u e lle s q ue s oie nt le s c on dit ul e t te n e u r s s ’ e n t ra î n e n t s o u s l a h o l e s p a ti En gymnase ou en extérieur, d u B C H A r ci . rc i c e s t e c h n i q u e s l e s p a ti n e ur s a l i gn e nt l e s e x e p r é p a re e t p h y s i q u e s. C ’ e s t i c i q u e s e o l l e rs . re d e s 2 4 h e u r e s d u Ma n s R l ’ a v e ntu

00 H 00 pour la nuit. Un roulement est établi ure les La première rotation ass e heures. relais pendant quatr BCH Arci, Elle est composée du ffroy et de l’ADJ Perrin. du CPL Go 04 H 00 nd le relais La seconde rotation pre wski, le CMT avec le LCL Trzcialko ar. Mariotti et le LTN Pelm 08 H 30 e retrouve L’équipe du 40 RA se rnières au complet pour les de iendront heures. Ils se maint e pendant autour de la 200 place de la course. le reste 15 H 30 des deux Le BCH Arci se charge . derniers relais
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p é t i t i o n d ’ e n d u ra n c e . i p e s u r c e t yp e d e co m r de v ie nt u n s por t d’é qu d e Tro yes. L o i s i r i n d i v i d u e l , l e ro l l e e n t g é n é r a l d e s 6 h eu r e s em l ler 9 e n r e m p o r t a n t l e c la s s e A s’est distingué en 200 e F r a nc e m i l i ta i r e d e r o nn a t d Le 40 R i te o r ga ni s e r l e c ha mp i o g i me n t d ’ a r t i l l e ri e s o u h a i l l e u rs s u r l e t a r ma c ? d é fi de s a r t À t e r m e , l e ré g i me n t s re l è v e r o n t -i l s l e à S u i p p e s . L e s a u t r e s ré

16 H 00 ns Fin des 24 heures du Ma e RA à la Rollers pour le 40 de circuit. 203e place et 131 tours

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13 H 00 e s : le 40 RA Ouverture des paddock box 44. prend ses quartiers au 15 H 00 : le LTN Séance de qualification colle. Cela sera à Pelmar s’y e la 233 place. 16 H 00 BCH Arci Départ de la course : le s ses patins pour s’élance ver ers tours. assurer les deux premi

t-quatre heures de Le départ est lancé pour ving ent le plus spectaculaire de roller non-stop. Mom tion moto : patins la course, il respecte la tradi de l’autre. côté du circuit, participants d’un capitaine et coach de l’équipe, Le BCH Arci, s comme l’exige assure les deux premiers relai le règlement.

e change de rouleur Au niveau tactique, le 40 RA parcourus, ue tour. Une fois ses 4,185 km à chaq ds rejoint la ligne droite des stan le patineur rouleur suivant. pour transmettre le relais au relais à l’ADJ Perrin. Ici, le CDT Mariotti passe le

16 H 20 Goffroy. Premier relais au CPL t dans l’ordre, Puis viennen Trzcialkowski, le LTN Pelmar, le LCL H Macé. le CDT Mariotti, le MC 17 H 30 au box après Le MCH Macé revient e médical. être passé par le servic nte Dunlop. Il a chuté dans la desce er plus loin. Il ne peut pas all

e dispose de 7,5 m pour Au sein du box 44, le 40 RA expérience des années s’installer. Profitant de leur t à se consacrer qu’à précédentes, les patineurs n’on on. alimentation et leur hydratati leur patinage, leur par d’autres membres La logistique est assurée service des rouleurs. du régiment qui se mettent au le plaisir. ou troupes, ils sont tous là pour Soutien 2

ar se repose et Au milieu de la nuit, le LTN Pelm urne. faisant attention au froid noct s’hydrate tout en t militaire est bénéfique au Même si l’entraînemen e et très exigeant de niveau cardio, l’effort spécifiqu organismes. uve d’endurance entame les cette épre

18 H 30 l’équipe mais Deuxième chute dans uence cette fois-ci sans conséq y. pour le CPL Goffro 20 H 00 é à la Après avoir rétrograd e bilise e place, le 40 RA se sta 391 e vers la 230 place. 22 H 00 our de Le MCH Macé est de ret ve ital du Mans. Il retrou l’hôp ns le box. ses coéquipiers da 02 H 30 40e RA Meilleur classement du e à la 145 place.

CHRONOLOGIE DE 27 H/24 H

wski assure son Aux aurores, le LCL Trzcialko , ux. Comme tous ses équipiers passage avec série nd du régiment découvre le commandant en seco du Mans. Toujours la particularité des 24 heures thon se met e humeur, cet amateur de mara de bonn e équipe représentative de toute au service d’un la chaîne hiérarchique militaire.

s météo, Quelles que soient les condition ette eurs s’entraînent sous la houl les patin en extérieur, du BCH Arci. En gymnase ou cices techniques les patineurs alignent les exer prépare et physiques. C’est ici que se s Rollers. l’aventure des 24 heures du Man

00 H 00 pour la nuit. Un roulement est établi ure les La première rotation ass e heures. relais pendant quatr BCH Arci, Elle est composée du ffroy et de l’ADJ Perrin. du CPL Go 04 H 00 nd le relais La seconde rotation pre wski, le CMT avec le LCL Trzcialko ar. Mariotti et le LTN Pelm 08 H 30 e retrouve L’équipe du 40 RA se rnières au complet pour les de iendront heures. Ils se maint e pendant autour de la 200 place de la course. le reste 15 H 30 des deux Le BCH Arci se charge . derniers relais
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pétition d’endurance. uipe sur ce type de com Troyes. er devient un sport d’éq général des 6 heures de Loisir individuel, le roll ent en remportant le classem er e s’est distingué en 2009 de France militaire de roll Le 40 RA r le championnat tillerie souhaite organise lleurs sur le tarmac ? À terme, le régiment d’ar veront-ils le défi des arti ments relè à Suippes. Les autres régi

16 H 00 ns Fin des 24 heures du Ma e RA à la Rollers pour le 40 de circuit. 203e place et 131 tours

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Du 22 au 26 août 20009 se sont déroulés les 52e championnats de France de parachutisme au centre de Maubeuge. L’ETAP a décroché pour la seconde année consécutive une médaille d’or catégorie équipe, mais aussi en catégorie individuelle grâce aux performances de l’adjudant-chef Ventaja. Ces deux médailles d’or couronnent l’habilité de ces paras engagés dans les précisions d’atterrissage, des sauts effectués à 1000 m visant à poser le pied le plus près possible d’une cible de la taille d’une pièce de deux euros. À noter : le championnat de France interarmées du 5 au 8 octobre 2009 à Montauban.

Le 25 août, le 3e Régiment de génie a organisé un biathlon à la fois aquatique et athlétique. Par équipe de deux personnes, mixtes et non mixtes, 92 binômes se sont élancés avec à leur tête le chef de corps, le colonel Marotte. Au programme, 6 obstacles aquatiques (légués par le Centre commando de Givet, dissous) à franchir de manière individuelle et course à pied de 3 000 m en équipe. Le meilleur temps était estimé entre 25 minutes et 30 minutes ; c’était sans compter sur la détermination des participants qui ont réalisé de très belles performances : 16 min pour les hommes, 18 min en mixtes et 33 min pour les femmes. Bilan de la journée : difficile physiquement mais très ludique et agréable.

Sport

Le 3 e Régiment de génie à l’eau

Le 14 août 2009 a eu lieu à Tyr, au Liban, un rituel lié à chaque mandat FINUL : un match de rugby. Quarante casques bleus français du GTIA Daman 9 ont ainsi affronté une équipe libanaise constituée de joueurs venus du Beirut Phoenician Rugby Club et du Black Lions Clubs. Ce match était un défi pour les casques bleus. Challenge réussi et victoire 25-9. Plus qu’un match de rugby, c’est une nouvelle fois à une belle leçon d’amitié avec le pays du Cèdre à laquelle ont pu assister le général italien Claudio Graziano, commandant de la FINUL, et le ministre des Sports libanais.

Le ballon de l’amitié

Championnats de parachutisme
TIM n° 208 - Octobre 2009

Les championnats du monde de Pentathlon se sont déroulés du 4 au 8 août 2009 à Sofia en Bulgarie. Le pentathlon militaire consiste en des épreuves de tir, de course d’obstacles, de jets de grenades, et de cross-country. Les quarante-trois équipes représentaient trente-quatre pays membres et invités. L’équipe vétérans de la Confédération internationale des officiers de réserve (CIOR), rattachée au pôle réserves de l’armée de Terre, menée par le capitaine Chabin, composée des capitaines Adrien et Augé, s’est classée première dans sa catégorie et première toutes catégories confondues. C’est donc un 14e titre mondial que remporte la France devant l’Allemagne et l’Angleterre.

Du 19 au 24 juillet, un détachement du 8 e Régiment du matériel s’est rendu aux Pays-Bas pour participer à la 93e édition de la marche internationale des quatre jours de Nimègue. L’équipe du 8e RMAT était intégrée au détachement France Défense Nation, qui commémore par cette marche la mémoire des soldats français et alliés tombés pour la libération des PaysBas en 1945. Il s’agit du plus grand rassemblement de marcheurs du monde, avec 45 000 participants, dont environ 5 000 militaires. La médaille de Nimègue est attribuée à chaque lauréat ayant satisfait aux épreuves de la marche : avec un sac de 10 kg sur le dos, les équipes doivent parcourir au minimum 160 km en quatre jour.

Brèves sport

Le 8e RMAT aux Pays-Bas

Champions du monde de pentathlon

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La revue de l’éducation nationale, Textes et documents pour la classe (TDC), parue le 15 juin 2009, s’intéresse de nouveau aux thèmes de la Défense. Destinée avant tout aux enseignants, aux collégiens et lycéens, TDC est une très bonne synthèse pour qui veut découvrir le monde de la Défense. Enrichie par de nombreuses images et cartes, la revue aborde des thèmes récurrents mais importants comme les nouveaux concepts stratégiques, la féminisation des armées, les métiers de la Défense, la place de la Défense dans l’Europe… Disponible dans les CDI des collèges et lycées, sur www.cndp.fr ou à la Librairie de l’éducation, 13, rue du Four, 75006 Paris, 4,40 .

Quartier libre
15 06 09

29 08 09

La Défense expliquée aux ados

Les 20 et 21 octobre, 40 véhicules du parc véhicule de la Défense sont mis en vente. Ouvertes aux agents civils et militaires, ces ventes auront lieu respectivement à Fleury-les-Aubrais (45) et à Saint-Maurice (94). Pour toute information, contacter le SPAC (Service parisien de soutien de l’administration centrale) au 01 45 52 61 15 (ou 16).

L’inauguration du musée du Génie, en projet depuis 1996, s’est déroulée le 10 juillet 2009 avant son ouverture au public le jour de la fête nationale. Angers, ville du génie depuis 1894 avec la création du 6e Régiment du génie, assoit définitivement son autorité dans le domaine avec la création de ce musée tant attendu. Un sas d’imprégnation nous transporte dans le monde du génie avant de nous plonger dans le temps, dans une galerie retraçant son histoire. Le parcours s’achève sur un espace fractionné selon les diverses missions du génie. Ouvert du mercredi au dimanche, de 13 h 30 à 18 h. Plein tarif à 4 et 2,5 en tarif réduit. Renseignements : www.musee-du-genie-angers.fr

L’armée de Terre s’expose à Perpignan

Du 29 août au 12 septembre 2009 s’est tenu, à la caserne Mangin, le Visa off de Perpignan qui réunit depuis 1996 des photographes de tous horizons. Une quarantaine de clichés ont été ainsi exposés, « de Paris à Kaboul », afin de mettre en avant l’étendue des missions de l’armée de Terre. L’adjudant Drahi et le caporal-chef Tabone, photographes du SIRPA Terre, ont exposé leurs travaux réalisés en parallèle à Kaboul et à Paris. Cet échantillon représentait le travail quotidien de 100 reportages dans dix pays. Les deux expositions peuvent être empruntées au SIRPAT. Contact : ADJ Drahi au 01 72 69 25 67.

20 10 09

Ventes de véhicules de la Défense

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TIM n°208 - Octobre 2009

Jusqu’au 13 décembre 2009 se tient au château de Péronne, dans la Somme, une exposition de bandes dessinées. Le thème : la Grande Guerre. L’intérêt : confronter les illustrés patriotiques de l’époque avec les bandes dessinées d’aujourd’hui majoritairement pacifistes. Mettre en images différemment, véhiculer un autre message, mélanger les genres – humoristique, satirique, merveilleux… – telle est l’ambition de l’exposition « Mobilisation générale ! 14-18 dans la bande dessinée ».Le plus : envisager la bande dessinée par le prisme du papier où l’image devient mot et au-delà sens. Renseignements : 03 22 83 14 18 ou www.historial.org

10 07 09

Un musée du Génie

18 09 09

Bulles de Poilus

Angers à l’heure médiévale !

La 12 e édition des « Rendez-vous de l’histoire » se tient à Blois du 8 au 11 octobre 2009 sur le thème « Le Corps dans tous ses états ». L’ECPAD, dans le cadre de son partenariat avec le salon, sera présent sur le Salon du livre, le cycle cinéma, les expositions. L’ouvrage Le sacrifice du soldat : corps martyrisé, corps mythifié, coédité avec le CNRS Éditions, sera de plus présenté au public. De plus, la revue Inflexions dont l’édition du 3e trimestre s’intitule « Le Corps guerrier », organise une table ronde le 11 octobre, à 9h30, à la Maison de la magie, sur le thème du corps du guerrier. Renseignements : 02 54 56 09 50 ou www.rdv-histoire.com

Dans le cadre des manifestations angevines liées au 600e anniversaire de la naissance du roi René, mécène et protecteur des arts, se tiendra du 3 octobre 2009 au 3 janvier 2010 une exposition rassemblant les plus beaux manuscrits enluminés possédés par le roi. « Splendeur de l’enluminure, le roi René et les livres », grâce au concours de 20 bibliothèques européennes, rassemble 47 manuscrits et feuillets dont 23 seront présentés pour la première fois ! Romans chevaleresques, ouvrages d’histoire, livres de dévotion, chefs-d’œuvre de la peinture occidentale… ourdiront de plaisir les amateurs de littérature médiévale. L’exposition est visible au château d’Angers, galerie de l’Apocalypse. Renseignements : 02 41 23 50 00 ou www.angers.fr

03 10 09

01 10 09

Le 57 e Régiment d’artillerie sur la toile

Suite à la réorganisation de l’armée de Terre, le 57e Régiment d’artillerie de Bitche a été dissous le 31 juillet 2009. Sur l’initiative de l’adjudant Frédéric Monget, un site internet a été créé pour perpétuer la mémoire du 57 e RA, ainsi qu’un livre prestige, 57 e Régiment d’artillerie. Imprimé en 2 250 exemplaires, 1 400 sont numérotés et retracent l’histoire, les opérations et la vie du 57. Les ouvrages numérotés sont réservés aux personnels ayant servi au 57e RA ou aux proches du régiment. Les ouvrages non numérotés sont disponibles auprès de l’adjudant Monget sur www.anciensdu57ra.fr

08 10 09

Rendez-vous avec l’histoire

La Fédération des clubs sportifs et artistiques de la Défense (FCSAD) organise du 6 au 8 novembre son 60 e salon national de peinture et de sculpture des armées, placé sous le haut patronage du ministre de la Défense. Plus de 170 œuvres sont visibles de 10 h à 18 h à l’espace Commines, dans le 3 e arrondissement de Paris. Renseignements : AnnaOriane Monge, 01 46 73 72 01 ou www.fcsad.net

À l’occasion de son vingtième anniversaire, la brigade franco-allemande, créée le 2 octobre 1989, consacre un livre à ceux et celles qui ont façonné la BFA, qui souhaitent la découvrir ou la redécouvrir. Illustré de nombreuses photos, l’ouvrage retrace l’historique de la brigade, présente les différentes unités françaises et allemandes ainsi que les OPEX menées depuis 1996, date du premier engagement extérieur de la BFA. Renseignements : www.df-brigade.de Brigade franco-allemande de 1989 à 2009, Fölbach Verlag, 386 pages, 15 (+ frais d’envoi).

Votre agenda

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La BFA a vingt ans !

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Peinture et sculpture

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ifficile de choisir. Selon quels critères ? Déjà certains grognent : « Comment a-t-il pu oublier untel ? » ; « De quel droit choisir celui-là plutôt qu’un autre ? » ; ou « Encore un prisonnier du politiquement correct ! » Voici donc un choix, forcément subjectif, d’auteurs que l’on peut qualifier «d’écrivains guerriers » et qui viendront peut-être enrichir votre bibliothèque. Résistant à 19 ans, déporté à Buchenwald l’année suivante, puis libéré, il s’engage dans la Légion. Ce sera l’Indochine, l’Algérie le putsch et la prison : son parcours, aujourd’hui connu, est caractéristique d’une époque. Plus qu’une simple histoire de guerres successives, les mémoires de Saint Marc sont les récits des tranches de vie d’une génération d’officiers et de militaires. Dans une veine plus littéraire que d’autres

La bibliothèque idéale

Quartier libre

Écriture et guerre ont souvent cohabité puisque ceux qui font la guerre la racontent depuis toujours. Parfois loins de la grande littérature, parfois très proches, certains ouvrages d’écrivains combattants sont devenus des best-sellers et ont marqué des générations de lecteurs.
auteurs, Hélie de Saint Marc évoque sans retenue ses doutes et ses difficultés. Engagé dans son époque, au cœur des évènements et aux avant-postes de l’histoire, il a poursuivi son œuvre, notamment par un livre écrit avec August von Kagenek : Notre Histoire, témoignage croisé d’un Allemand et d’un Français sur leurs vies de soldats.

Les écrivains guerriers
Ce livre se voulait un hommage à tous les sansgrades de la bataille mythique. Deuxième classe à Diên Biên Phu reste un récit limpide sur une bataille féroce menée par beaucoup comme un baroud d’honneur alors qu’ils se savaient perdus d’avance. Plus largement, Bergot a souvent pris le parti de raconter la guerre vue depuis la troupe. Depuis 1995, Erwan Bergot a donné son nom au prix littéraire de l’armée de Terre.

MEMOIRES

ROMAN

Hélie de Saint Marc

Erwan Bergot

Mémoires Les champs de braise
1995
TIM n° 208 - Octobre 2009

Deuxième classe à Diên Biên Phu
1964

Rubrique réalisée par le CNE Thomas DIJOL

Vladimir Volkoff 1979

Le Retournement

D’origine russe, Vladimir Volkoff est engagé volontaire pendant la guerre d’Algérie. Il comprend alors que les combats ne se gagnent pas seulement sur les champs de bataille, mais aussi

Tout le monde connaît cette histoire, symbolique de la guerre d’Indochine. L’abandon d’un poste isolé, la course à travers la jungle sous la pression des Viet-minhs, le sous-lieutenant Torrens, l’adjudant Willsdorf, l’identification fonctionnait à plein. Ce livre s’est aussi transformé en un film, prix du meilleur scénario à Cannes en 1965, avec les inoubliables Jacques Perrin et Bruno Cremer. Ancien du Service cinématographique des armées, prisonnier à Diên Biên Phu, Pierre Schoendoerffer (en photo, cidessous au centre) a beaucoup écrit et réalisé sur le sujet guerrier.

ROMAN

Pierre Schoendoerffer

La 317e section
1965

ROMAN

dans les médias et l’opinion, dans les arrière-cours de la politique et du renseignement. Auteur connu pour son œuvre pour la jeunesse (le fameux Lieutenant X), il est surtout l’un des fers de lance du roman d’espionnage pendant la Guerre Froide. Le Retournement raconte justement toute l’histoire de ces agents ennemis que l’on amène à travailler pour son propre camp.

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L’auteur livre un témoignage sur ce qu’était la guerre contrei n s u r re c t i o n nelle, menée par de petits groupes, les commandos de chasse, parfois aux limites des lois de la guerre. Jean Mabire a lui-même été à la tête d’un commando de chasse, au sein du 12e Bataillon de chasseurs alpins, après avoir été rappelé en 1958.

Jean Mabire 1968

Commando de chasse

Jean L’Herminier

Casabianca
1950

Mésestimé et trop souvent considéré comme un auteur de romans de gare, Guy des Cars est l’auteur d’un livre représentatif de l’histoire de beaucoup de soldats embarqués dans la Seconde Guerre mondiale. Rédacteur

Le commandant L’ H e r m i n i e r relate l’épopée du sous-marin Casabianca, depuis sa fuite de la rade de Toulon en 1942 où la flotte française se saborde, jusqu’à être le premier bâtiment français à entrer à Ajaccio libérée en septembre 1943. Entre-temps le submersible aura été de toutes les missions: débarquement de commandos et d’armes, exfiltration de responsables de la résistance. Autant d’aventures largement ignorées. L’histoire du Casabancia, racontée par celui qui l’a alors commandé, mérite vraiment d’être redécouverte.

ROMAN

en chef au journal Le Soir, il participe au conflit comme lieutenant d’infanterie. Son Officier sans nom retrace avec humanité la destinée de l’un de ces nombreux officiers subalternes, rappelés en 1939, et qui feront la guerre vaillamment, jusqu’à être fait prisonniers ou tués. Un livre à découvrir sans à priori. Voici un auteur symbolique du genre «fana mili» ou « militaria ». Ancien du 1er groupe de commandos, il se lance dans l’écriture après une carrière d’active. Ce livre est le premier volume de sa fresque sur la guerre d’Algérie. Écrit en 1963, c’est un récit à chaud d’une guerre complexe et du décalage entre politiques et militaires. Cet ouvrage a été adapté au cinéma avec Anthony Quinn et Alain Delon.

Auteurs étrangers
Aujourd’hui, les ouvrages d’auteurs américains sur la guerre en Irak (plus modestement en Afghanistan) foisonnent. Avec House to house, le Staff Sgt (ADJ) Bellavia a livré un témoignage poignant sur la bataille de Fallouja. Vu de l’œilleton de son M4, il propose une version très « infanterie » de son engagement, qui est d’abord une histoire simple de combattants, de copains englués sur la ligne de front, bien loin de la politique et de la géostratégie en pantoufles. Nicholas Monsarrat 1951

ROMAN

Jean Lartéguy 1963

RECIT

ROMAN

Guy des Cars 1955

L’officier sans nom

Ouvrage majeur sur la Deuxième Guerre mondiale, le livre est l’adaptation de son journal minutieusement tenu pendant toute la guerre. Récit de ses exploits et missions de pilote de chasse en «version embarquée», le livre, publié en 1948, est sans doute à l’origine de nombreuses vocations de pilote. Dans un style direct, il évoque le quotidien des pilotes dans ce qui est devenu un classique du genre. Enchaînant les récits haletants des combats entre Spitfire et Junker dans des descriptions incroyables il a, lui aussi, été adapté au cinéma, l’ECPAD vient d’ailleurs de le rééditer en DVD.

Les Centurions

Engagé dès le début de la guerre dans la Navy, Montsarrat livre dans ce document une des plus vibrantes histoires de la vie d’un équipage au cours de la terrible bataille de l’Atlantique. L’équipée de Monsarrat, embarqué à bord d’une corvette, à la merci de l’océan et des sous-marins allemands, sera adaptée au cinéma avec Jack Hawkins.

ROYAUME-UNI

Malaparte

La Mer cruelle

Kaputt
1944

ETATS-UNIS

Staff Sgt Bellavia

House to house

RECIT

Pierre Clostermann 1948

Le Grand Cirque

Lone Survivor de Marcus Luttrel relate une aventure hors pair avec l’épopée d’une équipe de Navy Seals, partis à la recherche d’un chef taliban et dont ne reviendra qu’un seul survivant… l’auteur.
Marcus Luttrel

Lone Survivor

Adulé par François Mitterrand et par Julien Gracq, l’auteur d’Orages d’acier a écrit pour la période plusieurs opus dont ses fameux Journaux parisiens. Affecté avec les forces d’occupation allemandes à Paris, il raconte son quotidien entre mondanités et réflexions sur l’époque. Il a poursuivi son œuvre avec Le Traité du Rebelle ou Les Abeilles de verre. Son texte de référence sur le sujet, La guerre comme expérience intérieure, concerne ses combats lors de la Première Guerre mondiale.

Italien d’origine allemande, engagé dans l’armée française en 1914, il choisit finalement la nationalité transalpine en 1928 et le métier de reporter. Dans ce livre, il propose un récit de voyage surréaliste et halluciné de son reportage sur le front de l’Est. Moins conventionnel et convenu que d’autres récits de guerre, il est à la frontière, à la fois ancien soldat et journaliste. Son récit extravagant est un témoignage de prix sur ce que la guerre peut parfois avoir de folie.

Culture et loisirs

ITALIE

ALLEMAGNE

Ernst Jünger

Journaux de guerre I et II

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GMPA Dépendance

Aujourd’hui en pleine forme… mais demain ?

Votre sérénité et celle de vos proches : mieux vaut y penser maintenant !
- Photo : © Théo Lannier PhotoAlto.

Au-delà de 60 ans le risque de dépendance double tous les cinq ans… La dépendance commence quand vous ne pouvez plus assumer seul des actes aussi simples que se laver, s’habiller, préparer un repas ou sortir son compagnon à quatre pattes. C’est aussi devoir compter sur ses proches en cas de perte d’autonomie ou de facultés mentales. Dans le souci constant d’offrir à ses adhérents les meilleures garanties face aux aléas de la vie, le GMPA vous propose de prendre en main votre avenir avec une protection en cas de dépendance partielle ou totale. “GMPA DÉPENDANCE” c’est : • Des prestations graduées en fonction de l'état de dépendance. • Des services d'assistance avec des solutions adaptées à votre état de santé. • Un capital en cas de décès sans dépendance. • Des cotisations qui n'augmentent pas en fonction de votre âge ou de votre état de santé. … et un conseiller qui vous connaît bien à vos côtés.

01 58 85 04 00

www.gmpa.asso.fr

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DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS
Je souhaite obtenir davantage d’informations sur :
Terre Info Magazine 10/2009

Adresser au : GMPA - Tour Neptune - CC0402 - 20, place de Seine - 92086 La Défense Cedex Nom : Adresse : Code postal : E-mail : Quelques renseignements vous concernant Age : Situation de famille : Adhérent GMPA n° (éventuellement) : Ville : Prénom :

GMPA Dépendance Les autres produits GMPA
Je vous remercie : de m’adresser une documentation par courrier de me contacter par téléphone : Domicile : Bureau : Portable : entre entre entre h et h et h et h h h

Conformément à la loi informatique et liberté n°78.17 du 06/01/78, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux données vous concernant, en écrivant par simple lettre au : GMPA - Tour Neptune - 20, place de Seine - 92086 La Défense Cedex.

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Vu dans les médias

Vu par 3 millions de téléspectateurs
Le 14 juillet 2009, France 2 consacrait une soirée spéciale à l’armée de Terre. Autour de Michel Drucker, plusieurs stars et de nombreux intervenants militaires sont venus, sur le plateau installé aux Invalides, échanger au sujet de notre armée.
mission merveilleuse, menée par un journaliste compétent. Invités, présentation, la “classe”, mais surtout tout ce que les hommes et les femmes engagés nous ont appris, y compris leur amour pour défendre les couleurs de leur pays représentées par leur drapeau. Merci de nous donner plus souvent des émissions de ce genre. »
Marie-Pierre Lambert, Fribourg (Suisse), sur www.linternaute.com

Vu dans les blogs

rrêtons de vivre cachés dans nos casernes ou faire la sourde oreille à la moindre question. Nous sommes soumis au [devoir] de réserve, mais rien n’empêche d’exprimer notre passion de notre vocation. Car le métier de soldat est avant tout une vocation et non un travail temporaire. […] Il faut mettre en avant notre passage à une armée compétente et professionnelle, même si on en connaît les problèmes au quotidien. C’est sous cet aspect que le monde

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civil nous observe. Combien d’élus ont manifesté leur colère lors des fermetures de quartiers militaires. Dans un premier temps pour l’aspect pécunier mais aussi leur attachement à une unité. Alors je dis que ce reportage longuement pensé à une date clé démontre un peu la vitrine des Terriens. Savoir se montrer positivement. En conclusion, on pourrait dire que les mentalités ont évolué avec l’information et hélas les conflits qui touchent le monde. Les Français ont quasiment toujours eu un rôle à jouer et nos citoyens comprennent mieux notre métier. Fini de nous voir comme les bidasses des années 70, pour souvenir la fin du service national a un peu près une dizaine d’années. Une armée pro ne se configure pas en dix ans mais nous avons su apporter les efforts quand il le fallait. La récompense ? Encore plus de monde au défilé du 14 Juillet. Tout simplement révélateur. » Endorphin sur www.armees.com

l y a une vie après le défilé. Sept ans que Michel Drucker en fait un show en prime time sur France 2, façon «Vis ma vie de militaire ». […] En ce jour de Fête nationale, l’écrin se doit d’être prestigieux. Il a reçu mi-juin sur l’esplanade des Invalides le ministre de la Défense, Hervé Morin, puis interviewé le président de la République et chef des armées, Nicolas Sarkozy, à l’Élysée. […] « L’armée n’est pas venue nous chercher et il n’y a eu de sa part ni censure ni propagande, réagit Laurent Perrigault, l’un des producteurs de l’émission. Mais c’est la preuve qu’en la montrant telle qu’elle est, cela plaît au public et peut susciter des vocations…»

Quartier libre

Contacté par Michel Drucker pour participer à l’émission, Gérard Darmon voulait juste confronter ses a priori à la réalité du terrain […]. Le comédien est revenu « profondément marqué » par sa semaine parmi les 1 300 Français de la force multinationale à Kaboul. « Comme beaucoup de gens de ma génération, j’avais plein de clichés en tête sur les militaires. Du genre : on se tait, on reçoit les ordres, rien ne dépasse, on mange mal. J’y suis allé pour apporter un regard décalé, candide. Et pour rencontrer les simples soldats, savoir qui sont ces fourmis de l’ombre, comment on vit à 30 ans quand on est six mois loin de sa famille. Mais je ne m’attendais pas du tout à trouver ça… […] J’ai vécu là-bas un moment fort de ma vie. […] La veille de mon arrivée, une roquette était tombée sur le camp. Et dans ce danger permanent, j’ai découvert des gens très attachants, qui font leur métier avec dévouement et distance. J’ai clairement changé d’avis sur les militaires. » Éric Bureau

Vu dans la presse

Le Parisien, 15 juillet 2009

Le nouveau jugement de Gérard Darmon après son séjour à Kaboul
L’émission Au cœur de l’armée de Terre a réuni 3 millions de téléspectateurs, soit 16,1 % de part de marché. Le défilé du 14 Juillet, quant à lui, a attiré 4 millions de téléspectateurs sur TF1 (38,3 % de part de marché) et 3,1 millions sur France 2 (30,6 % de part de marché).

© ADJ Jean-Raphaël DRAHI

Les indicateurs

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1 La 785e compagnie de guerre électronique met en vente son insigne au prix de 15 (port inclus). Chèque à adresser à l'ordre de l'amicale de la 785e CGE. Contact : ADC de Maistre, 785 e CGE, BP 95249, 45 052 Orléans armées.

INSIGNES
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Quartier libre
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met en vente son insigne des gorilles au prix de 15 (frais de port compris). Chèque à adresser à l'ordre de l'Amicale de la 2e Compagnie, quartier Desaix, 1, rue Auger, 63000 Clermont-Ferrand.

vente la médaille commémorative (diamètre 50 mm) des 40 ans

2 La 2e compagnie du 92e RI

3 Le Bataillon d'acier met en

4 À l'occasion de son 10 anniversaire, le groupe du 1er RPIMa spécialisé dans le Saut à très grande hauteur est rebaptisé « Groupe AQUILA ». Nous vous proposons notre nouvel insigne au prix de 25 . Commande à l'ordre de « Les Amis de la 1re Cie". Contact : AQUILA/LOIC, 1re Cie, 1er RPIMa, BP 12, 64109 Bayonne Cedex. Des T-shirt sont également disponibles, photos sur demande à aquila.sotgh@hotmail.fr
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de présence du 16e Bataillon de chasseurs à Saarburg (Allemagne) au prix de 6 (frais de port inclus). Envoyez un chèque à l'ordre de Cercle mess du 16e BC, SP 69318, 00655 Armées.

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Draguignan, terrain à bâtir 1 089 m2 tous accès. Exposition sud, quartier résidentiel, terrain arboré. Tél. : 04 94 45 06 84.

5 La promotion Capitaine Florès de l'École militaire interarmes met en vente, à l'occasion de son baptême, son insigne promotion au prix de 22 pour le numéroté et de 17 pour l'insigne nonnuméroté. Chèque à l'ordre de EMIA 48 (+ 5 de frais de port). Contact : Magasin PromotionEMIA1, Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, 56381 Guer Cedex. Tél. : 06 87 12 99 04. Courriel: magasin@emia48.fr.

Immeuble 160 m2 à Clamecy (Nièvre). RDC : à rénover comprenant 4 pièces + WC. 1er étage : cuisine/séjour, 2 chambres; salle de bain + WC. 2 e étage : chambre, salle de bains, WC, grenier aménageable. Prix : 185 000 . Tél. : 01 49 55 54 37 ou 01 42 77 09 34 ou 03 86 27 08 10.

A VENDRE

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Recherche insignes : Santé, Sahara contre échange ou vente d'insignes de toute armes, armée de Terre. Contact : Monsieur Thiry, 4, allée de l'Irounde, 33610 Cestas.

Malgré tout le soin apporté à la relecture des annonces, la rédaction de TIM ne saurait être tenue responsable en cas de défaillance d’un annonceur ou d'une information erronée. La rédaction rappelle qu’il s’agit d’un service gratuit, cependant elle se réserve le droit d'opérer une sélection des demandes.

Faites parvenir vos petites annonces à Terre Information Magazine par courrier ou par internet à : sirpat-comecrite.emat @terre-net. defense. gouv. fr

Disques ou CD de musique militaire du 43e RIMa stationné à Offenbourg, année 1976. Contact : Michel Durieux, impasse de la Mairie, 42660 Saint-GenestMalifaux. Tél. : 04 77 51 72 46. Recherche tout sur la musique militaire, en disque, vinyle, support CD régimentaire. Musique militaire, Allemagne, Italie, Suisse. Contact : Bruno Douchez, 3, rue Tercanot, 28700 Auneau.

Recherche camarades section pionniers de la CEA du 21e RIMA, de sa création à Sissonne en 1978 jusque 1983 à Fréjus. Contact : Leloup Joel, 06 59 48 19 19 après 20 h.

Vends jeux de stratégie, marques françaises et américaines, tels que : Croisades, Bonaparte, Nordge, Squad Leader, Forteress Europa… et autres titres. Contact: Pascal 06 81 07 96 31.

La 1re cie du 152 e Régiment d'infanterie met en vente son carnet de chants de traditions illustré de 225 pages, 14,5 x 10,5 cm couverture pelliculée. Prix de 17 port compris. Renseignements : 03 89 21 89 84.

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