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fr
62
e
Année - N˚19099 - 1,20 ¤ - France métropolitaine --- Jeudi 22 juin 2006 Fondateur : Hubert Beuve-Méry - Directeur: Jean-Marie Colombani
Afrique CFA1200 F CFA, Algérie60 DA, Allemagne 1,70¤, Antilles-Guyane 1,80¤, Autriche 1,70¤, Belgique 1,20¤, Canada 3$, Danemark 17 KRD, Espagne 1,80¤, Finlande 2,20 ¤, Grande-Bretagne 1,10£, Grèce 1,80¤, Hongrie 460 HUF, Irlande 1,80¤, Italie 1,80¤, Luxembourg 1,20¤, Maroc 10DH, Norvège 20KRN, Pays-Bas 1,70¤, Portugal cont. 1,80¤, Réunion 1,80 ¤, Suède 20KRS, Suisse 2,50 FS, Tunisie 1,6DT, USA2,50 $.
U
nrapport sur lapriseencharge dela
psychopathie, rendu public mardi
20 juin par la Haute Autorité de la
santé, recommande notamment le repéra-
ge précoce des troubles comportemen-
tauxchez l’enfant et l’adolescent. Relevant
que la « majorité des adultes » présentant
des troubles de la personnalité à expres-
sion psychopathique ont souffert de trou-
bles du comportement pendant l’enfance,
les expertspréconisent undépistagepréco-
ce, « afinde ne pas laisser les enfants ensouf-
france sans proposition de prise en charge ».
Déjà formulée par l’Insermen2005et ins-
crite dans le projet de loi de prévention de
ladélinquance, cettepropositionavait sus-
cité un vent de fronde chez les profession-
nels de la petite enfance. a
Lire page 13
Une proposition
de dépistage des
enfants difficiles
V
êtus de tenues jaune et noir,
des prisonniers enchaînés
les uns aux autres transpor-
tent du bois. Le cliché date de
1920. Il a été pris au Katanga, une
province de ce qui était alors le
Congo belge avant de devenir le
Zaïrepuis la République démocra-
tique du Congo. La photo fait par-
tie d’un fonds oublié, riche de plu-
sieurs dizaines de milliers de pho-
tos et de films, qui raconte près
d’unsiècle de l’histoire d’une riche
région industrielle au cœur du
continent noir. Entre les paysages
d’usine, la vie des colons blancs, la
dure condition des Noirs, souvent
traités comme du bétail humain,
c’est un trésor photographique
que l’on découvre et qu’il s’agit de
sauvegarder. a
Lire pages 22-23
L
e Japon et la Norvège vont pouvoir
chasser davantage la baleine après
lavictoire queces deuxpays ont rem-
portée devant la Commission baleinière
internationale, qui s’est terminée le
20 juin à Saint-Kitts-et-Nevis, dans les
Caraïbes. Une très large majorité d’Etats
membres (33 contre 32) a approuvé une
déclaration remettant en question le
moratoire sur la chasse à la baleine. Celui-
ci reste cependant en vigueur : trois
quarts des voix sont nécessaires pour
l’abroger. Sous couvert de « chasse scien-
tifique », autorisée par l’article 8 de la
Convention, le Japon, la Norvège et l’Is-
lande continuent à chasser les cétacés,
notamment le petit rorqual.
Ce débat occulte les nouvelles mena-
ces qui pèsent sur les cétacés et qui décou-
lent de la dégradation environnementale
des océans : contamination chimique,
prise dans les filets de pêche, collisions
avec les navires, nouvelles techniques de
recherche pétrolière. a
Lire page 8
Congo belge : les photos
retrouvées du temps colonial
D
ans un entretien au Monde, Ekme-
leddin Ihsanoglu, le secrétaire
général de l’Organisation de la
conférence islamique (OCI), qui tient sa
réunion annuelle à Bakou (Azerbaïd-
jan), évoque la fracture entre l’Islam et
l’Europe, accentuée depuis un an par la
publication dans la presse européenne
de caricatures du prophète Mahomet. Il
appelle à « mettre les points sur les “i” et à
parler en toute franchise » et affirme que
l’OCI « recherche une réconciliation »
avec l’Europe.
Le fossé entre Islam et Occident sera
aussi la question centrale, même sans
être explicitée, du sommet Etats-Unis –
Union européenne qui se tient mercredi
21 juin à Vienne (Autriche). Car le
réchauffement des relations transatlanti-
ques, après la fracture diplomatique de
2003 sur l’Irak, bute sur les violations
des droits de l’homme par les Etats-Unis
dans la « guerre contre le terrorisme ».
Les Européens doivent souligner à
Vienne leur souhait d’une fermeture de
la prison de Guantanamo, où des centai-
nes de suspects de terrorisme sont déte-
nus par les Etats-Unis hors de tout
cadre international, ainsi qu’aborder la
question du transfert illégal de prison-
niers par la CIA, notamment via le sol
européen. Pour les Européens, l’existen-
ce de Guantanamo est en soi un facteur
d’incompréhension avec le monde
musulman et contribue à creuser le fos-
sé existant.
« Nous sommes engagés dans la lutte
contre le terrorisme, mais si nous suppri-
mons les droits civiques et les libertés civi-
ques, alors ce serait une victoire pour les
terroristes », déclare le président de la
Commission européenne, José Manuel
Barroso, dans un entretien publié mer-
credi par l’International Herald Tribune,
précisant que l’Occident risquait de
« perdre son âme » dans la « guerre
contre le terrorisme ». a
Lire page 4
PAGE TROIS
Un nouveau poinçon pour
les plus beaux bijoux français
Les meilleurs joailliers français pourront désormais
apposer un nouveau poinçon sur leurs bijoux : un mini
hexagone. Une manière de reconnaître l’excellence des
artisans français alors que la concurrence internationale
se renforce. Environ 70 ateliers pourraient bénéficier
de ce poinçon inspiré du « Swiss made ».
Europe
Un plan pour la vigne
En finir avec la surproduction viticole. Tel est l’axe
de la politique de la commissaire européenne chargée
de l’agriculture. Mariann Fischer Boel propose
l’arrachage de pieds de vigne sur 400 000 hectares
en cinq ans et la modernisation de l’étiquetage. Un plan
rendu public au moment où l’on apprend la disparition
de René Renou, 54 ans, promoteur d’une réforme des
appellations d’origine contrôlée (AOC). Pages 17 et 35
Culture
Crise sociale à la Cinémathèque
Le pari d’augmenter le nombre de spectateurs
de la Cinémathèque après son déménagement rue
de Bercy à Paris a été gagné. Mais les tensions sociales
et la crainte d’une réduction des effectifs se sont
renforcées. Page 28
Le moratoire
sur la chasse
à la baleine
remis en cause
Budget 2007, EADS, GDF :
Villepin dans l’impasse
Parlement Le débat d’orientation sur la loi de finances s’engage jeudi
L’Organisation
de la conférence
islamique tend la
main à l’Europe
Sommet Etats-Unis – UE :
les droits de l’homme dans la
« guerre contre le terrorisme »
ALAIN ETCHEGOYEN
«
V
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»
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I
O
L
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S
Q
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!
»
a Sommaire complet en page 38
L
essocialistesont décidédeprofiter du
dernier débat d’orientationbudgétai-
re de la législature, prévu jeudi 22
juin, pour attaquer le bilan de la politique
menée par la droite depuis cinq ans. Le
député PS de l’Isère, Didier Migaud, a esti-
méàl’Assembléeque« lamajorité aéchoué
sur toute la ligne : depuis qu’elle gouverne, le
poids de la dette s’est accru de plus de dix
points de PIB, les dépenses publiques ont aug-
menté de 2,3 points de PIB (...), et la France
est en situation de déficit excessif depuis
2002. Lacroissance moyenne est de 1,4 %par
an, très inférieure à notre potentiel ».
Le député UMP Gilles Carrez dresse lui
aussi undiagnostictrèssévèresur lesfinan-
ces publiques : « Les bonnes années, l’Etat
dépense 15 %de plus qu’il ne fait de recettes ;
les mauvaises, 20 %. Et cela dure depuis
vingt-cinqans. Aucune famille, aucune entre-
prise ne se comporte ainsi », fait-il valoir
pour expliquer lanécessité de bloquer pen-
dant plusieurs années les dépenses à leur
niveau actuel. Le rapporteur général du
budget ne s’arrête pas là, puisqu’il propose
de jouer davantage sur le non-remplace-
ment des départs à la retraite des fonction-
naires et pense qu’« une pause des baisses
d’impôt est indispensable ». De son côté, le
député UDFde la Marne, Charles de Cour-
son, juge« déraisonnables »les hypothèses
de croissance retenues pour 2007, compte
tenudel’envoléedes prixdupétroleet dela
remontée des taux d’intérêt, et critique la
stratégie de cession des actifs publics et de
désendettement dugouvernement.
Minimisant à nouveaules critiques for-
mulées le 13juin par la Cour des comptes,
le ministre délégué aubudget, Jean-Fran-
çois Copé, s’est félicité, mardi, d’« avoir
été en2005aurendez-vous ». Et il a contre-
attaqué sur le coût du programme socia-
liste : selon lui, sa mise en œuvre « se tra-
duirait par une aggravation annuelle des
charges publiques de 115 milliards d’euros
en 2012 ». Un chiffrage formellement
contesté par le PS. a
Lire pages 12 et 13
Prisonniers enchaînés transportant du bois, Congo 1920.
L
es pressions politiques et les conces-
sions allemandes seront-elles suffisan-
tes pour conduire la Bourse paneuro-
péenne Euronext à se marier avec son
homologueallemande, laDeutsche Bör-
se, malgré la publication des bans avec la Bourse
américaine, le New York Stock Exchange
(NYSE) ?
Repoussant jusqu’à présent les avances alle-
mandes, Euronext, qui fédère les
places de Paris, d’Amsterdamde
Bruxelles et de Lisbonne, a préfé-
résigner une promessede maria-
ge avec les Américains et pourrait avoir fusionné
avec Wall Street d’ici six mois. AngelaMerkel s’en
est d’ailleurs plainte auprès de Jacques Chirac
lors d’une rencontre début juin. M. Chirac a assu-
ré qu’il « privilégie la solution franco-allemande
pour des raisons de principe », ajoutant qu’un
accord avec Francfort maintiendrait « à Paris un
minimumd’activité et d’emploi ».
La réunion des deux plus gros marchés finan-
ciers européens continentaux aurait évidemment
du sens. Elle serait de nature à renforcer la mon-
naie unique et à faire face à l’écrasante domina-
tiondeWall Street et deLondres enmatièrefinan-
cière. Elle relancerait aussi l’intégration
européenne.
Pourquoi, en dépit de bonnes intentions, la
France et l’Allemagne ont-elles, une fois de plus,
tant de mal à s’entendre ? Il existe d’abord des
freins techniques. En l’état, les modèles économi-
ques des deux entreprises sont très différents :
Euronext s’est constituée comme une fédération
de Bourses, où chacune garde son ancrage local.
L’opérateur de la Bourse de Francfort a, au
contraire, fait lepari delaconcentration, et propo-
se à ses clients une prestation financière complè-
te, qui va de la plate-forme de négociation des
ordres de Bourse jusqu’au règlement-livraison
des titres échangés, assuré pas sa filiale Clears-
tream (aujourd’hui, malgré elle, au cœur d’un
scandale franco-français). La Commission euro-
péenne pourrait par ailleurs s’inquiéter d’un
mariage franco-allemand, compte tenu des posi-
tions dominantes d’Euronext et
de la Deutsche Börse sur le mar-
ché des produits financiers
dérivés.
Mais la question de l’équilibre entre Paris et
Francfort est en fait la principale. La Deutsche
Börse a présenté une première proposition de
fusion, en mai, dont la rigidité était difficilement
acceptable par la direction d’Euronext et la place
de Paris. Elle voulait regrouper toutes les fonc-
tions de direction de l’entité fusionnée à Franc-
fort. Sa nouvelle offre, présentée lundi 19 juin,
comporte de réelles avancées (Paris conserverait
la mission stratégique de surveillance du marché
boursier, de gestion des relations avec les presta-
taires extérieurs et de direction du marché des
actions), mais les directions juridique et financiè-
re resteraient centralisées à Francfort. Des pro-
ches d’Euronext estiment entout cas que les amé-
liorations allemandes ne se font « qu’à la
marge ».
Asa décharge, le Suisse Reto Francioni, patron
de la Deutsche Börse depuis huit mois, n’a pas les
coudées franches. Cet interlocuteur, réputé conci-
liant et francophile, subit les pressions duLandde
Hesse, l’une des deux autorités de tutelle de la
Bourse de Francfort (avec la Bafin, le gendarme
des marchés boursiers allemand), particulière-
ment tatillonne sur la défense des emplois et de la
place financière de Francfort. Il doit aussi compo-
ser avec la présence de salariés de la Bourse à son
conseil de surveillance, cogestion à l’allemande
oblige.
En France, tout n’a peut-être pas été tenté jus-
qu’àprésent pour arrondir les angles, notamment
du côté des hommes politiques. Ces derniers réa-
gissent aujourd’hui isolément et tardivement. Les
banques françaises portent, elles aussi, une res-
ponsabilité, puisqu’elles ont revendu, après l’in-
troduction en Bourse d’Euronext, en 2001, les
actions de l’entreprise qu’elles détenaient.
Aujourd’hui, elles ne peuvent que constater qu’el-
les n’ont presque plus voix au chapitre, l’essentiel
du capital d’Euronext étant aux mains de fonds
spéculatifs anglo-saxons.
Rivalité et méfiance réciproques
La mésentente entre les places de Francfort et
de Paris est-elle une fatalité ? Elles entretiennent
depuis longtemps des relations difficiles, faites de
rivalité et de méfiance réciproques. Aujourd’hui
président de la Banque centrale européenne
(BCE) à Francfort, Jean-Claude Trichet, qui s’est
récemment prononcé en faveur d’une solution
européenne pour les Bourses, qualifiait pourtant,
lorsqu’il était directeur du Trésor à Paris, de « ter-
rible catastrophe » la possible localisation de la
BCEen Allemagne ouaux Pays-Bas, (dans le livre
Les Hommes qui ont fait l’euro, deJeanQuatremer
et Thomas Klau, éd. Plon, 1999).
Au milieu des années 1990, les premières dis-
cussions entre les deux places avaient déjà donné
des résultats décevants. Le projet d’alliance entre
Paris, qui disposait alors, avec le Matif, du pre-
mier marché à terme d’Europe continentale où se
négociaient les produits dérivés sur les tauxd’inté-
rêt, et la Deutsche Termin Börse (DTB) avaient
échoué en 1996. La victoire du marché allemand
sur le Matif (qui fermera ses portes à la fin des
années 1990) restera par la suite gravée dans la
mémoire de M. Théodore. Ce fleuron de la place
financière française a été victime, faute de soutien
à Paris, de la concurrence du modèle de négocia-
tion électronique de Francfort. Paris reviendra
dans la course en rachetant, en 2001, le marché à
terme britannique Liffe, ennemi juré du marché
allemand en matière de produits dérivés.
Plus récemment, en pleine négociation de rap-
prochement avec Paris, Werner Seifert, le patron
de la Deutsche Börse à l’époque, avait planté un
couteau dans le dos de M. Théodore, en annon-
çant, en2000, une alliance avec la Bourse de Lon-
dres. Les deux nouveaux partenaires devaient
créer un marché des valeurs européennes, appelé
« iX ». Le nomd’Euronext n’était mêmepas men-
tionné dans le projet. M. Théodore lavera cet
affront lamême année : tandis quele projet anglo-
allemand échoue, il annonce la création d’une
Bourse paneuropéenne, avec Bruxelles et Amster-
dam. Lisbonne s’y ralliera plus tard.
Aujourd’hui, la direction d’Euronext estime
que son accord transatlantique défend bien les
intérêts delaplacedeParis. Pour autant, unmaria-
ge avec les Allemands est-il définitivement com-
promis ? Pas sûr. Nombre de financiers français
redoutent une fusion avec les Américains. Si, à
court terme, les intérêts européens semblent bien
défendus, rien, selon eux, ne permet de penser
qu’il en sera de même à plus long terme. Beau-
coupdépendront aussi dupouvoir d’influence des
politiques sur des entreprises privées, qui doivent
pour s’entendre consentir à d’importantes
concessions. a
Cécile Ducourtieux, Cécile Prudhomme
et Adriende Tricornot
F
aire un musée : penser, classer, regar-
der, rester ferme, aller au compromis,
discuter, dépenser, intégrer (Paris, la
tour Eiffel). Faire le Musée du quai
Branly : penser les êtres, les objets, les
lieux ; classer, chanter dans un buisson de ques-
tions (René Char : « Nul rossignol n’a le cœur à
chanter dans un buisson de questions »). Passer à
l’acte : se faire peur, se faire plaisir, se faire outra-
ge, nuits blanches, engager une
équipe, un projet, vivre comme
vivent les toreros : le courage n’y
intervient pas. La peur, elle, est
partout : peur de défaillir, peur
de se manquer, peur que ça ne
marche pas, peur de la peur qui est la peur de
l’architecte.
Cette année, l’architecte Jean Nouvel (né à
Fumel, Lot-et-Garonne, en 1945) aura donné
trois conférences : Columbia (New York), Har-
vard (Boston), Institut français d’Athènes (le
27 février). A l’Institut français, l’architecte s’ex-
prime avec calme, devant un pupitre en plasti-
que translucide. Il met son grain de sel aux ima-
ges qu’il montre : « Vous aurez compris que je par-
ticipe à pas mal de concours. D’une façon générale,
j’en perds plus que je n’en gagne. En fait, les choses
se passent unpeucomme à Vegas : vous perdez pen-
dant trois heures, et d’un coup, vous gagnez
deux fois. » L’architecte présente deux concours
gagnés ensemble : le Musée du quai Branly
(ouverture le 23juin) et unbouquet de trois théâ-
tres à Minneapolis, en porte à faux sur le
Mississippi (inauguration, le 24 juin).
A l’Institut français d’Athènes, l’architecte
raconte son architecture. Il dit la proximité écra-
sante du Parthénon. Voix douce, à distance,
confiante. De façon récurrente, un petit rire joue
à saute-mouton avec le propos.
Nouvel : l’architecture est la
pétrification d’un moment de
culture. Ce moment suppose
qu’on s’intéresse à autre chose
qu’à l’architecture : « On ne peut
pas inventer l’architecture à partir de l’autonomie
de l’architecture. » Résumons : le substrat, ce
sont les arts plastiques (poussés à une autre
échelle) ; le cinéma comme inspiration perma-
nente ; mais au-delà des arts de l’œil, la culture
de l’époque, liée aux idées de l’époque. La musi-
que avant toute chose. L’architecture est cet art
dernier qui vient après les autres mais se montre
plus qu’eux.
N’importe quel torero vous le dira : on n’est
jamais que le contemporain de sa propre épo-
que. « Je ne serais pas l’architecte que je suis, si je
n’étais né dans cette époque : le structuralisme,
Lévi-Strauss, Michel Foucault, Deleuze… » En
retour, l’architecte se doit de se plier aux don-
nées du lieu où il œuvre : à ses couleurs, son
génie, ses matériaux, son histoire, sa géogra-
phie, à la direction des vents dominants qui
l’inondent.
De l’Ecole des beaux-arts comme machine à
recettes, l’architecte a retenu l’impératif de sin-
gularité, la recherche personnelle d’ancrages, de
correspondances, d’échos. Elle interfère avec ce
qui précède : « Plus que jamais, l’architecture
annule les lieux, les banalise, les violente. Alors
qu’elle doit révéler les géographies, les végétations,
les horizons, les lumières. Elle est l’extension de
notre monde au moment où celui-ci rapetisse. »Au
début d’un projet, tel un tireur à l’arc, un musi-
cien free, un sage, l’architecte se met dans un
état de non-savoir. Valéry : « Le temps scintille et
le songe est savoir. »Parti de l’inconnu, l’architec-
te fait vibrer le temps. Conscient que la maîtrise
est méprise, il vise le dérapage, la griffure, la
lumière, le rythme, la digression, l’instant, les
contraires et le plaisir de vivre quelque part.
« Nous pensons avec nos sens, nous sentons avec
nos idées. »
Quai Branly, le théâtre modulable frise la per-
fection. La questionn’est pas là, l’architecture gît
dans les détails : « Ma cousine et ma tante étaient
brodeuses. De sorte que, pensant àelles, j’ai fait bro-
der les numéros des places sur les sièges. »a
L’architecte au Parthénon
CULTURE
CHRONIQUE
FRANCISMARMANDE
Musée Chirac par Colcanopa
Mariages boursiers
ANALYSE
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ÉDITORIAL
Équation basque
L
e coup de filet lancé par les polices espagnole
et française contre des Basques soupçonnés
d’être des financiers de l’organisation indé-
pendantiste ETA ruine-t-il les espoirs de
paix après les offres de dialogue du gouverne-
ment de Madrid ? C’est l’interprétation qui a été immé-
diatement donnée par les responsables de Batasuna, la
vitrine politique de l’ETA, qui ont dénoncé « une atta-
que nette et frontale ». La réalité est sans doute plus
nuancée. Le président du gouvernement espagnol, José
Luis Rodriguez Zapatero, a pris des risques en accep-
tant de négocier avec une organisation ayant recouru,
depuis des décennies, à des actions terroristes pour
obtenir l’« indépendance » du Pays basque, qui com-
prend, selon elle, les trois provinces appartenant à l’Es-
pagne, la Navarre et le Pays basque français.
M. Zapatero l’a fait à condition que les violences ces-
sent. Dans un premier temps, il avait obtenu le soutien
de l’opposition conservatrice avant qu’elle change
d’avis et reproche aux socialistes de négocier avant le
désarmement de l’ETA. L’expérience de la négociation
entre les Britanniques et l’IRA en Irlande du Nord mon-
tre, au contraire, que le désarmement des groupes para-
militaires doit être affiché comme principe, mais que
sa réalisation est elle-même l’objet des négociations.
Il n’en ira pas autrement en Espagne. M. Zapatero a
toutefois intérêt à entamer les négociations, dont il
pourrait annoncer prochainement le début officiel,
dans une position de force, tant vis-à-vis de ses interlo-
cuteurs de l’ETA ou de ses dépendances que de l’oppo-
sition, prête à exploiter politiquement la douleur des
victimes du terrorisme. L’opération policière franco-
espagnole relève de cette démonstration de fermeté qui
est aussi nécessaire à la réussite des éventuels pourpar-
lers que le courage politique et l’ouverture d’esprit.
Quant à la solution institutionnelle qui pourrait sor-
tir des négociations, il est trop tôt pour en juger. Mais
la réforme du statut de la Catalogne, qui vient d’être
approuvée par référendum, est un précédent qui pour-
rait être utile pour le Pays basque. Dans une Espagne
largement décentralisée depuis la disparition de Fran-
co et l’avènement de la démocratie, les Catalans ont
obtenu de nouveaux pouvoirs, une satisfaction symboli-
que qui pèse au moins autant que les prérogatives
financières. La Catalogne s’est vu reconnaître le statut
de « nation » dans l’ensemble espagnol. Les Basques
le demanderont aussi, et ce qui a été accordé aux Cata-
lans ne saurait leur être refusé. D’autres régions pour-
raient se manifester
La cohésion de l’Espagne est-elle pour autant mena-
cée, comme l’affirme, dans l’opposition, le Parti popu-
laire, héritier du vieux centralisme conservateur ? La
reconnaissance mutuelle des spécificités locales peut
être au contraire une condition de l’unité. a
0123 est édité par la Société Editrice du Monde (SA). La reproduction de tout article
est interditesans l’accord de l’administration. Commission paritaire des publications et agences de
presse n° 0707 C 8197 ISSN0395-2037
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0123 2 Jeudi 22 juin 2006
U
n nouveau poinçon apparaîtra
bientôt sur les bagues, broches
et autres colliers : un petit
hexagone pour matérialiser le
label « Joaillerie de France »,
dont l’Union française de la bijouterie,
joaillerie, orfèvrerie des pierres et des per-
les (BJOP) annoncera la créationmercredi
21 juin, à Paris. Grandes marques, artisans
et ateliers indépendants affichent unedou-
ble ambition : « promouvoir une filière de
fabrication » et « rétablir la confiance »
d’unconsommateur soucieuxde« transpa-
rence »et de « respect de l’éthique ».
Inspiré du « Swiss made » des horlo-
gers helvètes, le label français sera décerné
avec « la plus grande rigueur », promet la
présidente déléguée de l’Union française
BJOP, Bernadette Pinet-Cuoq. Dans un
premier temps, seuls 70 ateliers environ
pourraient enbénéficier.
Ce label suffira-t-il à relancer unsecteur
fragilisé ? Non pas que la santé des
joailliers soit particulièrement mauvaise.
La plupart des grandes marques françai-
ses, à l’instar de leurs concurrentes étran-
gères, ont vu leurs ventes augmenter en
2005. Et c’est le créneau du luxe qui mar-
che le mieux : en France, les ventes de
bijoux en or à moins de 300 euros ont
fléchi de 5 %en2005(par rapport à2004),
tandis que celles des pièces à plus de
1 000 euros progressaient de 2 %.
« Un atout supplémentaire »
Maismêmedans cetteindustried’excep-
tion, où les pièces sont fabriquées encore
en grande partie à la main, la mondialisa-
tion est à l’œuvre. La clientèle du bijou de
luxe évolue : Chinois et Russes sont désor-
mais parmi les premiers acheteurs. La
concurrence prend de nouvelles formes :
les grandes marques étrangères – l’améri-
cain Tiffany, l’italien Bulgari – disposent
d’un réseau commercial internationalisé ;
les enseignes de prêt-à-porter (Gucci,
Dior…) semettent àvendredes bijouxcom-
me accessoires de mode ; des fabricants
anonymes inondent le marché, enréalisant
95 %des ventes mondiales. Italiens et Bel-
ges, premiers exportateurs mondiaux, sont
talonnés par les Indiens, suivis des Chinois
et des Thaïlandais, qui disposent d’une
clientèle locale importante, d’une main-
d’œuvre bon marché et sont proches des
lieux d’extractiondes pierres précieuses…
Devant ces bouleversements, la meilleu-
re arme des marques françaises reste leur
réputation d’excellence, qui repose en
grande partie sur l’habileté des employés
des ateliers indépendants. D’où le label,
qui vise à faire reconnaître un savoir-faire
proprement « français ».
Mais qu’est-ce qu’un bijou « français »,
quand le diamant vient d’Angola, de Rus-
sie ou d’Afrique du Sud, qu’il a été taillé à
NewYork, Tel Aviv, Bombay ou Anvers, et
qu’une partie de sa fabrication est de plus
en plus souvent réalisée en Chine, en Inde
ouenThaïlande ?SelonFrançois Mellerio,
rejeton de la dynastie joaillière Mellerio
(installée rue de la Paix dès le XVII
e
siècle),
« on peut qualifier de “français” un bijou
fabriqué à Paris par des ouvriers-artisans
français ». Le discret joaillier fait ses cour-
ses dans le monde entier, achetant ici un
lot de diamants, là une poignée de pierres
précieuses. Il assure savoir distinguer un
bijouhaut degammed’unautre, moins raf-
finé, et repère, sans faillir, le produit de
contrefaçon. « Même si les ateliers de Ban-
gkok ont fait des progrès, la qualité n’est pas
lamême. Ce qu’il enseradans vingt outrente
ans, personne ne peut le dire… », ajoute-t-il.
Certains joailliers jugent l’initiative du
label tardive ou par trop protectionniste.
Chez Boucheron, on considère qu’il est
« trop tôt pour se prononcer ». M. Mellerio,
lui, soutient le label, dans lamesureoùcela
peut représenter « un atout supplémentai-
re »pour la filière.
L’argument laisse de glace les responsa-
blesdeMauboussin, qui arécemment délo-
calisé une partie de sa production en
Chine. « Il s’agissait de relancer la maison,
qui connaissait de grandes difficultés finan-
cières et de rapprocher notre fabrication des
clients et des centres d’extractionde la matiè-
re première », explique Alain Némarq,
directeur général de l’ancienne maison
familiale, enfonctions depuis mai 2002.
Pour attirer une nouvelle clientèle
moins fortunée, celui qui apparaît comme
le mouton noir de la place Vendôme n’a
pas craint de casser les prix. Et les tabous :
dans ses publicités, les prix sont affichés.
« Aujourd’hui, dans ma clientèle, j’ai des
banlieusards et j’en suis fier ! », s’amuse
M. Némarq, qui traite ses détracteurs de
« gens de l’Ancien Régime ».
Les autres font la grimace : « Pour le
Manègeàbijouxde chezLeclerc, il yauninté-
rêt à délocaliser la production, dit un grand
nom de la place. Mais pas pour nous. Nous
vendons une belle pièce mais aussi durêve, un
statut social. On ne va quand même pas cas-
ser la romance pour trois francs six sous ! »a
Cécile Ducourtieux
et Catherine Simon
Face aux grandes marques étrangères ou aux fabricants des pays asiatiques, la joaillerie
française mise sur un nouveau label qui garantirait la tradition « made in France »
La Place Vendôme contre le monde entier
ONNEDIRAni le nomde l’atelier
ni son adresse exacte. Ses clients
donneurs d’ordres –quelques-
unes des marques de joaillerie les
plus prestigieuses de la place Ven-
dôme –cultivent la discrétion.
Mais aussi pour des raisons éviden-
tes de sécurité : ici, l’or, le platine
et les pierres fines s’entassent sur
les établis et même la poussière au
sol est hors de prix. Elle est
d’ailleurs soigneusement
recueillie, tous les soirs.
Sachez juste que l’entreprise est
située dans le 3
e
arrondissement
de Paris. « La maison s’est installée
ici à la fin du XIX
e
siècle, précise
son patron –qui tient à rester ano-
nyme –, parce que les douanes, qui
apposaient le poinçon de titre [qui
garantit la proportionde métal pré-
cieux pur], étaient proches. »
Sachez encore que l’endroit, où
travaillent une soixantaine d’arti-
sans, est l’un des établissements
les plus fameux de l’étroit milieu
de la fabrication joaillière françai-
se (elle emploie 12 000 profession-
nels). Ace titre, il devrait être un
des premiers à bénéficier du label
« Joaillerie de France ».
Cela étant dit, le contraste entre
la beauté des bijoux qui sortent de
l’atelier et la vétusté des lieux est
saisissant. L’atelier est installé
dans d’anciens appartements à
peine réaménagés. Les artisans
travaillent au coude-à-coude,
dans de petites pièces aux murs et
aux sols défraîchis et à l’atmosphè-
re confinée.
Dans un capharnaümque l’on
soupçonne très organisé, les échop-
pes voisinent avec la machine à
prototyper à 80 000 euros et le
matériel de conception assistée
par ordinateur (CAO) dernier cri.
Et toujours des bijoux partout, à
tous les stades de leur fabrication,
qui manquent d’être renversés au
moindre pas.
Les clients semblent s’en accom-
moder –les bons de commande
oude livraison aux adresses presti-
gieuses traînent partout. De fait,
pour réaliser leurs produits sophis-
tiqués, dont la qualité et la solidité
doivent être irréprochables, la
machine n’a pas encore remplacé
le « tour de main ».
Doigté, minutie, patience, sens
du beau sont les maîtres mots.
Dans une des pièces, les uns sculp-
tent des prototypes dans la cire.
Plus loin, d’autres polissent des
bagues. L’opération est délicate : il
s’agit de donner du brillant à la piè-
ce sans perdre trop de matière. « Il
faut compter une heure par
bague », précise le maître des
lieux. L’étape du sertissage –l’in-
sertiondes pierres fines dans la
monture des bijoux –est cruciale :
« Il s’agit d’ajuster la pierre dans
son chaton sans la griffer », expli-
que l’un des sertisseurs. « Certains
des bijoux qui sortent de l’atelier ont
nécessité jusqu’à 120heures de mani-
pulation. Abien des égards, nous res-
semblons aux ateliers de haute cou-
ture », ajoute son patron. a
C. Du.
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auprès de DOLMEA Real Estate Cœur Défense Tour B, 100 Esplanade du Général de Gaulle 92932 Paris la Défense Cedex et, sur les sites Internet de l’Autorité des marchés financiers (www.amf-france.org) et de DOLMEA Real Estate (www.dolmea.net). DOLMEA Real Estate
attire l’attention du public sur les facteurs de risques décrits dans le chapitre 4 du document de base de DOLMEA Real Estate et dans le paragraphe 2 de la note d’opération. Les Actions de DOLMEA Real Estate ne pourront être vendues aux Etats-Unis (tel que ce terme est
défini par la Regulation S du US Securities Act 1933, tel que modifié) en l’absence d’enregistrement ou de dispense d’enregistrement au titre du US Securities Act de 1933, tel que modifié. Il n’y aura pas d’enregistrement de tout ou partie de l’offre mentionnée dans les présents
documents aux Etats-Unis ni de réalisation d’une quelconque offre publique de vente portant sur des actions aux Etats-Unis.
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Sertissage de bague et moules en cire des prototypes de bijoux, dans un atelier parisien. BERTRAND DESPREZ/VU POUR « LE MONDE »
PAGE TROIS
Dans un atelier parisien,
doigté, patience et minutie
0123
Jeudi 22 juin 2006 3
IRAN SELON LE MINISTRE IRANIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Téhéran n’a pas encore arrêté sa réponse à l’offre internationale sur le nucléaire
BAKOU
ENVOYÉE SPÉCIALE
Le ministre iranien des affaires
étrangères, Manouchehr Motta-
ki, a déclaré, mardi 20 juin à
Bakou (Azerbaïdjan), en marge
delaréunionannuellede l’Organi-
sation de la conférence islamique
(OCI), qu’il n’était « pas encore en
mesure de dire quand l’Iran aura
fini d’élaborer sa réponse à l’offre »
qui lui a été faite par les pays occi-
dentauxpour garantir la non-mili-
tarisation de son programme
nucléaire. « Cette offre est à l’étude
de manière sérieuse et soignée. Aus-
sitôt que la réponse [iranienne]
sera prête, nous la ferons connaî-
tre », a ajouté M. Mottaki lors
d’une conférence de presse.
« Je voudrais néanmoins ajou-
ter, a dit M. Mottaki, qu’une forme
de négociations peut avoir lieu
avant [l’élaboration de] la réponse
définitive [de l’Iran]. Il peut y avoir
quelques questions et certains dou-
tes qui nécessitent des clarifica-
tions. Des négociations sans condi-
tions préalables peuvent aider les
parties [concernées] à se rappro-
cher. »L’Irana reçule soutiendes
57 pays membres de l’OCI, qui
ont appelé mercredi à des négocia-
tions « sans conditions préala-
bles ».
Interrogé sur la possibilité que
Téhéran donne sa réponse avant
le 29 juin, date fixée par les Euro-
péens, M. Mottaki a souligné
qu’« aucune date limite n’aété déci-
dée pour notre réponse lorsque ce
paquet [de propositions] nous a
été présenté ». Les Européens évo-
quent le 29 juin car une réunion
de préparation du G8, qui se tient
en juillet à Saint-Pétersbourg
(Russie), aura lieu ce jour-là à
Bruxelles. Toutefois, les Etats-
Unis se sont contentés, de leur
côté, d’indiquer que Téhéran dis-
posait de « quelques semaines » et
non de mois pour répondre.
Lundi, avant de s’envoler pour
le sommet Etats-Unis - Union
européenne de Vienne, le prési-
dent américain George Bush a
déclaré que, si l’Iran rejetait l’of-
fre occidentale, « il y aura une
action devant le Conseil de sécurité
de l’ONU, un isolement de l’Iran
sur le planinternational et des sanc-
tions politiques et économiques d’in-
tensité croissante ».
M. Mottaki s’est contenté de
lui répondre que « le temps des
menaces est révolu dans le monde
d’aujourd’hui », avant d’ajouter :
« Dans l’atmosphère actuelle,
basée sur lavolonté politique de cha-
cun, les droits politiques de l’Iran
doivent être d’un côté respectés, et le
programme de restriction des
armes nucléaires réalisé de
l’autre. »a
M. Na
SOMMET
George Bush
à Vienne
pour la rencontre
Etats-Unis - UE
SIX ANS de prison et deux grèves
de lafaiml’ont quelque peufragili-
sé, mais Akbar Ganji n’a rien per-
du de sa faculté d’indignation.
Libéréle 18mars, lejournaliste ira-
niencondamné en2001 pour avoir
accusé des dignitaires du régime
de l’assassinat d’intellectuels était
de passage à Paris, mardi 20 juin,
invité par l’association Reporters
sans frontières (RSF).
L’occasion, a-t-il confié dans
un entretien au Monde, de « mêler
ma voix à celle des défenseurs des
droits de l’homme à l’extérieur du
pays pour dénoncer vingt-sept ans
d’un régime, à Téhéran, qui bafoue
les droits les plus élémentaires ». Et
s’il reste volontairement discret
sur ses propres conditions de
détention, Akbar Ganji n’a de ces-
se d’énumérer les « anomalies »
d’un pays qui, selon Amnesty, a
fait exécuter 94 personnes en
2005 : « Le fait que le code pénal
autorise un citoyen à en assassiner
un autre s’il est jugé “impie” ; l’in-
terdictiond’écrire pour les journalis-
tes “opposants” ; la difficulté de
manifester (70 femmes ont été arrê-
tées il y a quelques jours) ou encore
lachape d’“autoritarisme” qui igno-
re toute vie privée et transforme le
simple geste pour une femme de
déplacer son foulard sur sa tête en
un geste politique ».
Pour cet intellectuel rompu à la
dialectique, qui cite indistincte-
ment Kant, Arendt, Chomsky ou
Kundera, le parcours a été diffici-
le. Anciengardiende la révolution
qui a cruaux idéaux d’une « Révo-
lution à la française », il s’est
improvisé journaliste d’investiga-
tion, le temps de « remettre encau-
se l’action des dirigeants, mais aus-
si les idées mêmes qui sous-tendent
la révolution islamique. » Une len-
te prise de conscience pour un
constat sans appel : rienn’est pos-
sible dans ce système « bloqué ».
« Il ne faut, dit-il, ni religion étati-
que, ni Etat religieux, mais la sépa-
ration des deux. » Et le temps de
regretter que ses amis réforma-
teurs n’aient pas « voulu payer le
prix pour leurs idées » en restant
frileusement dans le cadre de la
Constitution, il lance : « Nous
devons instaurer une démocratie.
La démocratie a ses failles : il y a la
corruption et Guantanamo ; mais
elle accepte que l’on en parle, c’est
cela la grande différence. »
Comment y parvenir ? « En
mobilisant les intellectuels, les jeu-
nes, les femmes, les opposants
mêmes, tous ceux qui veulent un
changement démocratique. Une coa-
lition fondée sur trois principes de
base : démocratie, liberté, droits de
l’homme. Ce qui manque, c’est le lea-
dership. » Y serait-il prêt et pen-
se-t-il lancer unparti politique ? Il
sourit, cite Gandhi, Mandela et
Solidarnosc, en Pologne : « Je pré-
conise depuis dix ans ladésobéissan-
ce civile et la résistance passive.
C’est la seule voie. Le régime dit que
je suis un traître ; moi, je ne sais
plus ce que je suis exactement
aujourd’hui, ironise-t-il, sauf un
pacifiste et un non-violent au servi-
ce des droits de l’homme. » Et il en
profite pour rappeler aux démo-
craties occidentales « leur devoir
de dénoncer les atteintes aux droits
de l’homme. Pourquoi ne pas faire
figurer cela dans chaque négocia-
tion avec l’Iran, y compris nucléai-
res ? », lance-t-il.
Pense-t-il que les Iraniens font
bloc autour de leur président,
Mahmoud Ahmadinejad, sur la
questionnucléaire ? « Pure propa-
gande ! Sur le strict plan du droit
bien sûr, si la Chine, l’Inde et tant
d’autres ont le nucléaire, l’Iran y a
droit, mais peu d’Iraniens approu-
vent le programme déraisonnable
actuel. Les réformateurs sont
contre, l’ex-président Rafsandjani,
inquiet, a fait savoir publiquement
ses réticences ; même les conserva-
teurs divergent entre eux… »
Et Akbar Ganji de se lancer
dans une attaque contre le gouver-
nement qu’il juge « peu solide » et
« en pleine dérive bonapartiste, où
des gens issus des groupes paramili-
taires sont infiltrés à tous les
niveaux : télévision, députés, minis-
tres ». Le président Ahmadinejad
a pour système de gouvernement
« la fuite en avant justifiée par la
création d’ennemis successifs, dit-il
encore : la presse, l’Amérique. L’af-
faire des caricatures de Mahomet
est probante, une bonne occasion
d’entretenir cette idée d’ennemis
imaginaires pour tenter de rallier
les gens. Avec les pays arabes, c’est
pire : aunomde l’hégémonie islami-
que dont il rêve, il renchérit sur
tout ; nous sommes, en paroles, plus
radicaux que les radicaux. C’est
dans ce cadre qu’il faut comprendre
ses diatribes contre Israël, à usage
interne. »a
Marie-Claude Decamps
Dans un entretien au « Monde »,
le secrétaire général de
l’Organisation de la conférence
islamique, réunie à Bakou
(Azerbaïdjan), appelle à réduire
le fossé entre l’Occident
et le monde musulman
mis en évidence par l’affaire
des caricatures de Mahomet
BAKOU
ENVOYÉE SPÉCIALE
Unfossé s’est creusé entre Occident et
mondemusulman, qui semble traduire
uneincompréhensionréciproque totale…
Ce fossé est réel. Il tient d’une part à la
disparitéentreledéveloppement économi-
que et social des deux parties et d’autre
part aux lacunes de la connaissance que
chacune d’elles a de son vis-à-vis. Il tient
aussi à la non-reconnaissance des préjudi-
ces historiques, notamment de la part de
l’Europe, depuis le Moyen Age. Nous ten-
tons de combler ce fossé par une réconcilia-
tion historique entre le monde musulman
et l’Europe.
Si nous ne mettons pas les points sur les
« i »et si nous ne nous parlons pas entou-
te franchise, le lourd héritage historique
qui continue de prévaloir dans l’incons-
cient remontera à la surface de part et
d’autre. C’est ce qui est arrivé à l’occasion
de la publication des caricatures méprisa-
bles [publiées en septembre 2005 au
Danemark] qui ont porté atteinte au pro-
phète Mahomet.
Comment l’Organisation de la conféren-
ce islamique [OCI] s’emploie-t-elle à
combler ce fossé ?
Je vous donnerai deux exemples. Il y a
d’abord le Programme d’action décennal
adopté par le sommet extraordinaire de
l’OCI [réuni à Djedda en décembre 2005].
C’est un document historique, une feuille
de route vers la modernisation et la modé-
ration qui nous permettront de parvenir à
l’entente [avec l’Occident. Ce programme
définit entre autres les grandes orientations
en matière d’enseignement et d’éducation
pour promouvoir « la tolérance », « l’ouver-
ture, le rejet du fanatisme et de l’extrémis-
me », « la bonne gouvernance », ainsi que
la lutte contre le terrorisme et « contre l’isla-
mophobie »].
Autre exemple : récemment, j’ai partici-
pé, aux côtés de nombreux ministres des
affaires étrangères européens, dereprésen-
tants d’organisations nongouvernementa-
les européennes et d’autres ONG musul-
manes d’Europe, ainsi que d’universitai-
res, d’intellectuels et de représentants des
médias, à une réunion organisée à Wilton
Park, en Grande-Bretagne.
Nous avons discuté de cette
question et un document va
bientôt être publié. Je m’étais
déjà exprimé sur ce sujet
devant le Conseil de l’Europe
et à l’OSCE [Organisation
pour la sécurité et la coopéra-
tionenEurope], sans parler de
multiples autres rencontres
avec de hauts responsables
européens dont M. [Javier]
Solana [haut représentant de
l’Union européenne pour la politique exté-
rieure et de sécurité].
Il y a déjà eu un nombre incalculable de
conférences et autres colloques sur le
dialogue des religions, dont les résul-
tats se font pour le moins attendre…
Le dialogue entre l’Islam et l’Occident
existe depuis des décennies : entre l’islam
et le catholicisme, entre l’islamet l’ortho-
doxie chrétienne, entre les trois religions
[monothéistes]… Mais lorsque nous nous
sommes retrouvés devant l’épreuve des
caricatures, nous avons dû
nous rendre à l’évidence : le
résultat [de ces dialogues] est
égal à zéro.
Nous devons nous enga-
ger sur une autre voie, fon-
dée sur deux principes
forts : une volonté politique
et la coopération des
moyens d’information pour
nous aider à éclairer les opi-
nions publiques. Nous
devons tirer les leçons de
nos erreurs. A propos des caricatures,
nous avons fait de notre mieux [pour cir-
conscrire le problème]. Mais lorsque l’opi-
nion publique se saisit d’une affaire, il
devient difficile d’arrêter des gens qui se
sentent insultés, démonisés. [L’Europe]
doit respecter l’Autre et ne pas se contredi-
re à propos de l’universalité de certaines
valeurs.
Mais l’OCI a-t-elle les moyens d’influen-
cer les prédicateurs musulmans qui
enflamment les esprits et multiplient
les fatwas en tout genre ?
Le Programme d’action décennal
appelle à la modération, à la mesure et à
la tolérance. Il prévoit une réforme de
l’Académie de la jurisprudence [« confor-
mément aux objectifs suivants : assurer la
coordination entre les instances chargées de
la fatwa à l’échelle du monde musulman,
contrer l’extrémisme religieux et le sectaris-
me, s’interdire de taxer d’apostasie les diffé-
rentes écoles de jurisprudence (…) promou-
voir la modération, le sens de la mesure et la
tolérance et récuser les fatwas qui détour-
nent les musulmans des principes et des
constantes de l’islam et des différentes éco-
les »]. L’Académie sera ainsi le vigile en
matière de religion. Tous les membres de
l’OCI ont approuvé cette décision. a
Propos recueillis par Mouna Naïm
LEPRÉSIDENT américain George
Bushest arrivé à Vienne (Autriche),
mardi soir 20 juin, pour le sommet
annuel Etats-Unis - Union euro-
péenne. Il devait s’efforcer, mercre-
di, lors de ses entretiens avec les
dirigeants européens, d’apaiser les
préoccupations sur les violations
des droits de l’homme par les Etats-
Unis dans la « guerre contre le ter-
rorisme ».
M. Bush, accompagné de la
secrétaire d’Etat Condoleezza
Rice, devait évoquer les grands dos-
siers internationaux : crise nucléai-
re iranienne, conflit israélo-palesti-
nien, libéralisation des relations
commerciales, approvisionne-
ments en énergie et protection de
l’environnement.
Les Européens devaient, pour
leur part, évoquer le maintien en
détention de centaines de prison-
niers dans le camp de Guantana-
mo, à Cuba, dont ils réclament la
fermeture. – (AFP.)
« [L’Europe] doit
respecter l’Autre
et ne pas
se contredire
à propos de
l’universalité de
certaines valeurs »
www.gap.fr
IRAN DROITS DE L’HOMME
Akbar Ganji : « La désobéissance civile est la seule voie » pour changer l’Iran
57 PAYS MEMBRES
Création. Néeen1969après l’incendie
criminel delamosquée Al-Aqsa, à Jéru-
salem, l’Organisationdelaconférence
islamique(OCI) rassemble57payset a
pour but principal derenforcer lacoopé-
rationéconomique, politique, socialeet
culturelleentreles Etats membres. Le
nombredes musulmans àtravers le
mondeest évaluéà1,3milliarddeper-
sonnes. Adoptées par consensus, les
résolutions des sommetset des ses-
sions ministérielles(affaires étrangè-
res) del’OCI ne sont quemoralement
contraignantespour lesEtats mem-
bres.
Programme. LeProgrammed’action
décennal adoptéendécembre2005par
unsommet extraordinaireprévoit de
« restructurer l’Organisation, d’enchan-
ger le nom, d’enréviser lacharteet les
activités », afindelarendre pluseffica-
ce. Il prévoit lamiseenplaceunméca-
nismede suivi des résolutions.
Manifestation au Pakistan, en février, contre la publication dans la presse européenne des caricatures de Mahomet : la colère soulevée
par l’affaire chez les musulmans a révélé l’étendue de l’incompréhension réciproque entre l’Islamet l’Occident. ASIMTANVEER/REUTERS
Diplomatie Entretien avec Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique
« L’OCI recherche
une réconciliation
historique entre
l’Islam et l’Europe »
INTERNATIONAL 4
0123
Jeudi 22 juin 2006
BUENOSAIRES
CORRESPONDANTE
Il est plus de minuit à Buenos
Aires, et, dans le petit studio, une
lueur de lassitude est apparue
dans les yeux d’Hebe de Bonafini.
La présidente de l’association des
Mères de la place de Mai, qui aura
78 ans endécembre, dément : « Je
ne suis jamais fatiguée car je ne me
fatigue pas de vivre ! »
Hebe a perdu ses deux fils pen-
dant la dictature militaire, elle est
veuve depuis 1982, mais vit de
réunions en réunions, voyageant
à l’étranger, défiant les crises
d’asthme et de diabète. Comme
tous les lundis, de 22 à 24 heures,
elle a présenté son émission « La
radio des Mères ». « Nous avons
des choses à dire et, si nous ne le fai-
sons pas nous-mêmes, les journaux
nous ignorent », regrette-t-elle.
Les Mères de la place de Mai ne
se contentent plus de faire leur
ronde hebdomadaire, tous les jeu-
dis, sur la place, face à la Casa
Rosada, le palais présidentiel.
Elles avaient commencé le
30 avril 1977, défiant les généraux
pour réclamer des informations
sur le sort de leurs enfants dispa-
rus. Simples femmes au foyer, les
militaires les avaient baptisées
« les folles de la place de Mai ».
A deux pas du Congrès, la Mai-
son des Mères est une vraie ruche,
oùs’affairent unevingtainedefem-
mes dont l’âge oscille entre 75 et
92 ans. Elles ont lancéunprogram-
mede festivités jusqu’enavril 2007
pour commémorer leurs trente ans
de combat. Outre leur émission
radiophonique, elles ont leur jour-
nal mensuel, leur imprimerie et
des archives sur les années de
répression, qui vont être digitali-
sées grâceàunaccordpassé avec le
ministère de l’éducation. Elles ont
aussi fondé enavril 2000–enplei-
ne tourmente économique – une
université, dont lesmurssont tapis-
sés d’affiches avec Che Guevara.
Plusieurs séminaires sont animés
par de prestigieux intellectuels,
comme l’historien Osvaldo Bayer
ou le romancier David Viñas, et les
sujets sont variés, allant de lalectu-
re du Capital, de Marx, à la théolo-
gie de la libération, en passant par
une introduction à la psychanaly-
se. Enaoût 2003, leprésident véné-
zuélien, Hugo Chavez, a ouvert un
cycleconsacréàsa« révolutionboli-
varienne ». L’université populaire
desMères de laplacedeMai comp-
te1 200élèves, des jeunes enmajo-
rité, engagés dans des activités
sociales, mais des conférences sont
également ouvertes au grand
public.
« Notre lutte s’est politisée,
reconnaît Hebe. Nous exigeons la
justice sociale, nous soutenons la
lutte des plus démunis. Nos enfants
sont morts pour un idéal, nous
continuons leur lutte. » Hebe n’a
jamais été aussi optimiste :
« L’Amérique latine vit un
moment historique, avec l’arrivée
au pouvoir de gouvernements de
gauche dans plusieurs pays qui
affrontent l’impérialisme améri-
cain. »Elle revendique sonamitié
avec M. Chavez, avec le président
bolivien, Evo Morales, et celle, de
longue date, avec Fidel Castro.
« Je vais en août à La Havane pour
son anniversaire », se réjouit-elle.
« Un nouveau pays »
Pour la première fois depuis le
retour de la démocratie en Argen-
tine, en 1983, elle est acquise au
chef de l’Etat. Nestor Kirchner,
qui revendique sonpassé de péro-
niste de gauche dans les années
1970, a fait des droits de l’homme
une priorité du gouvernement.
« C’est l’un de nos fils », assure
Hebe, pour qui la tâche n’est plus
de « résister, mais de soutenir la
construction d’un nouveau pays ».
Visiblement émue, elle était au
côté du président Kirchner, le
25 mai, pour fêter les trois ans de
sa prise de fonctions. Un anniver-
saire qui a été l’occasion d’une
spectaculaire démonstration de
force duchef de l’Etat, unanavant
l’élection présidentielle de 2007.
M. Kirchner a l’habitude de fai-
re attendre longtemps ses visi-
teurs. Grâce à l’interventiond’He-
be, le cinéaste et ancien député
Fernando Solanas a été reçu en
mai àlaCasaRosada, pour présen-
ter un projet de nationalisation
des hydrocarbures. « Je rentre
sans frapper dans le bureau prési-
dentiel », confie Hebe en riant. a
Christine Legrand
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LEPROCÈS de trois activistes
appartenant au groupe islamiste
kurde irakien Ansar Al-Islam
(Partisans de l’islam) et soupçon-
nés d’avoir planifié un attentat
contre l’ex-premier ministre ira-
kien Iyad Allaoui lors d’une visite
en décembre 2004 à Berlin s’est
ouvert, mardi 20 juin, à Stut-
tgart, sous haute surveillance, et
devrait durer jusqu’en septem-
bre. Les suspects, qui risquent
jusqu’à dix ans de prison, avaient
été arrêtés le matin de l’attentat
présumé, après des mois de sur-
veillance téléphonique.
Le même jour, le procès de
deux autres membres d’Ansar
Al-Islam, soupçonnés d’avoir
apporté un appui financier à l’or-
ganisation, s’est ouvert à
Munich. – (Corresp.) a
La mort de 15 Irakiens
à Baaqouba soulève une
polémique. Les Américains
prétendent qu’ils sont des
« terroristes » et la police
irakienne, des paysans
POURla première fois en Argenti-
ne depuis l’annulation des lois
d’amnistie par la Cour suprême,
en juin 2005, un procès s’est
ouvert, mardi 20 juin, à La Plata
(province de Buenos Aires),
contre un ancien commissaire de
police, Miguel Etchecolatz (76
ans), accusé d’homicides, arresta-
tions illégales et tortures commis
pendant la dictature militaire
(1976-1983). Il était le bras droit
du général Ramon Camps, chef
de la redoutable police de la pro-
vince de Buenos Aires, décédé.
D’autres procès suivront dans les
prochains jours contre d’anciens
policiers et des ex-militaires res-
ponsables de violations des droits
de l’homme. – (Corresp.) a
L’ÉGLISE épiscopalienne des
Etats-Unis se sépare de la Com-
munion anglicane – 70 millions
de fidèles en Grande-Bretagne et
dans les pays du Common-
wealth – et devient, de fait, une
Eglise schismatique. Ses délé-
gués ont rejeté, mardi 20 juin,
lors de leur convention à Colum-
bus (Ohio), un moratoire visant à
suspendre les ordinations d’évê-
ques homosexuels et les bénédic-
tions de couples gays.
Archevêque de Canterbury, chef
de l’Eglise anglicane (70 millions
de fidèles), Mgr Rowan Williams
avait souhaité l’adoption de ce
moratoirepour mettrefinauxdivi-
sions qui ont suivi la nomination,
en 2003 dans le New Hampshire,
de Gene Robinson, premier évê-
que homosexuel. Les Eglises afri-
caines avaient lancé la polémique
et rompu avec les Etats-Unis.
Les épiscopaliens ont ajouté
une nouvelle provocation en éli-
sant comme « primat » de l’Egli-
se américaine, le 18 juin, Kathari-
ne Jefferts Schori, femme-évêque
du Nevada, hostile au moratoire
et à toute interprétation « fonda-
mentaliste » de la Bible qui inter-
dit l’homosexualité.
Les minoritaires déplorent le
« mépris » (Robert Duncan, évê-
que de Pittsburgh) manifesté par
l’Eglise épiscopalienne vis-à-vis du
reste de la Communion anglicane.
« Il y a bien deux Eglises, dit l’un
d’eux à l’Agence France-Presse.
L’une qui croit à un christianisme
défini par les Ecritures il y a 2 000
ans. L’autre qui croit aux sensations
et aux expériences. » Déjà, des pres-
sionss’exercent sur l’archevêquede
Canterburypour recréer une Eglise
épiscopalienne aux Etats-Unis. a
Henri Tincq
Des membres d’Ansar Al-Islam
jugés à Stuttgart et à Munich
Deux soldats américains enlevés
ont été égorgés par Al-Qaida en Irak
Premier procès depuis l’abolition
des lois d’amnistie
ARGENTINE APRÈS TRENTE ANS DE COMBAT
Les Mères de la place de Mai
politisent leur mouvement
ANGLICANISME POLÉMIQUE SUR LES ÉVÊQUES GAYS
L’Eglise épiscopalienne des
Etats-Unis choisit le schisme
BAGDAD
ENVOYÉ SPÉCIAL
Q
uatre jours après leur dispa-
rition au cours d’une
embuscade tendue par des
insurgés à leur convoi, les corps
de deux jeunes soldats améri-
cains ont été retrouvés, mardi
20 juin, près du lieu du guet-
apens, à la sortie de lalocalité agri-
cole de Youssoufiya, au bord de
l’Euphrate, à 25kmausudde Bag-
dad.
Kristian Menchaca, 23 ans, et
Thomas L. Tucker, 25 ans, ont été
égorgés. L’armée américaine se
refusait encore, mercredi matin, à
confirmer les propos d’ungénéral
irakienselonlesquels les deux sol-
dats auraient été préalablement
« horriblement torturés ».
Sur Internet, un communiqué
du Conseil consultatif des moud-
jahidines, une organisationrebel-
le sunnite regroupant 7 ou8grou-
pes d’insurgés dominés par la
branche irakienne d’Al-Qaida, a
annoncé la « bonne nouvelle à la
nation islamique », précisant que
« les deux croisés pris en otage à
Youssoufiya ont été exécutés par
égorgement ». Le « département
d’information » du Conseil profi-
te de l’occasion pour « féliciter
l’émir Abou Hamza Al-Mouha-
jer », successeur d’Abou Mous-
sabAl-Zarkaoui à la tête d’Al-Qai-
da en Mésopotamie, d’« avoir mis
en œuvre la décision du tribunal de
lacharia (loi islamique) »concer-
nant les deux soldats. Pas un mot
en revanche sur la mort d’un cer-
tain Mansour Souleimane
Al-Machhadani, présenté, mardi,
par l’armée américaine comme
l’un des « bras droit » de Zar-
kaoui.
Pour retrouver ses deux hom-
mes, dont la mort porte à 2 502 le
nombre de soldats américains
tués depuis l’invasion de l’Irak en
mars 2003, l’armée des Etats-
Unis avait lancé plus de
8 000 hommes à leur recherche,
notamment à Ramadi et Baaqou-
ba, deux localités majoritaire-
ment sunnites –comme Youssou-
fiya –, à l’est et au nord de Bag-
dad. Les deux cadavres avaient
été repérés près d’une centrale
électrique dès lundi soir, mais le
général William Caldwell, porte-
parole de l’armée américiane, a
expliqué, mardi, qu’il « fallait
attendre que le jour se lève pour évi-
ter les attaques de nuit et vérifier
qu’il n’y avait pas d’engins explo-
sifs piégés sur les lieux avant d’en-
voyer un assez grand nombre de
troupes » récupérer les corps.
« Employés d’un élevage »
Au cours des opérations à Baa-
qouba, 90 kmau nord de Bagdad,
les troupes américaines affirment
être tombées sur un « repaire de
terroristes », lesquels auraient
ouvert le feuavant de succomber à
unassaut soutenupar des hélicop-
tères de combat. « Quinze terroris-
tes ont été tués »lors de cette opéra-
tion, a dit le général Caldwell.
« Faux », affirment plusieurs
témoins irakiens, dont un officier
depolice et l’activisted’uneorgani-
sation de défense des droits de
l’homme, Hadi Al-Azzaoui : « Les
treize, et nonquinze, personnes tuées
étaient des employés d’un élevage
semi-industriel de volailles qui, à
cause de la chaleur (50 degrés à
Baaqouba) et pour parer aux vols,
avaient pris l’habitude de dormir
dehors. »Un jeune survivant qui a
réussi à se cacher pendant l’as-
saut, Houssam Chamel, a déclaré
avoir vusonpère et trois de ses frè-
res se faire abattre par les soldats
américains sans provocation
aucune.
D’autre part, l’un des avocats
de l’équipe de défense de l’ex pré-
sident Saddam Hussein a été tué
mercredi. « L’avocat Khamis
al-Obeidi aété assassiné par des ter-
roristes », a annoncé la télévision
publique Iraqia. a
Patrice Claude
Devant un hôpital de Baaqouba, les familles des Irakiens tués lors de l’assaut de l’armée américaine
contre un « repaire de terroristes » entourent les cadavres des leurs, mardi 20 juin. ALI/AFP
INTERNATIONAL 6
0123
Jeudi 22 juin 2006
CAMPDE DJABAL (Tchad)
ENVOYÉ SPÉCIAL
L
e camp de Djabal, dans l’est du
Tchad, est plongé dans la torpeur.
Depuis mars, le dédale de paillotes et
de tentes, qui abritent près de 15 000 réfu-
giés du Darfour (ouest du Soudan), est
devenuunterreaupour la rébellionsouda-
naise qui y recrute des combattants âgés
parfois de 14 ans. « Les rebelles arrivent
dans le campsoi-disant pour voir leur famille
mais ils enrôlent », explique sous couvert
d’anonymat unresponsable onusien.
Derrière les branchages qui entourent
les habitations, les hommes en âge de se
battre sont rares –certains ont été tués par
les janjawids (miliciens arabes), d’autres
ont pris les armes contre Khartoum, dont
la campagne au Darfour aurait fait près de
200 000 morts et déplacé plus de 2 mil-
lions de personnes dont certaines ont trou-
vérefugeauTchadvoisin. Djabal, à75kilo-
mètres delafrontière, est livré auxfemmes
et aux enfants qui jouent parmi quelques
ânes squelettiques et de rares volailles.
« Nous savons que le campest rempli d’ar-
mes blanches et que certains détiennent pro-
bablement des armes de guerre », poursuit
le responsable onusien. Dans le village de
Goz Beïda, à quelques centaines de mètres
du camp, l’Armée de libérationdu Soudan
(SLA) a ouvert un bureau, en face de celui
de l’armée tchadienne, et ses hommes en
armes paradent dans les rues.
« Nous avons des témoignages selon les-
quels, dans l’école ducamp, plusieurs profes-
seurs recrutent de manière très agressive »,
explique David Buchbinder, un enquêteur
del’ONGHumanRights Watch, qui apas-
sé plusieurs semaines sur place. Les res-
ponsables des ONG, eux, voient des gens
disparaître tous les jours. La plupart des
recrues sont majeures et partent volontai-
rement dans les camps d’entraînement,
mais la SLAaccepte parfois des enfants de
14 ans. Et certains sont enrôlés de force.
Comme d’autres camps proches de la
frontière soudanaise, Djabal est devenu
unebasearrièrepour laSLA, dont les hom-
mes viennent se reposer, se ravitailler en
nourriture, en cigarettes ou en médica-
ments, laissant leurs armes à l’entrée, gar-
dée par une poignée de gendarmes tcha-
diens. Selon plusieurs sources, la popula-
tionde ces camps est artificiellement gros-
sie par leurs représentants, qui obtiennent
ainsi des surplus de nourriture qui sont
détournés vers la rébellion. Des taxes
seraient aussi prélevées sur les réfugiés.
Le Haut Commissariat aux réfugiés
(HCR) estime que ces activités « menacent
le caractère civil des camps de réfugiés et donc
la garantie d’être toujours protégés par le
droit international ». MaisàDjabal, larébel-
lion est très populaire parmi les réfugiés
qui ont subi lesattaquesdesjanjawids. Adi-
dje Moussa Yaya, une jeune femme, racon-
te comment sa famille a été chassée par
« les Arabes », qui ont tué sept de ses pro-
ches, « et parfois violent les filles ». Chérif
Fadoul Ismaïl affirme que « le gouverne-
ment soudanais, avec les janjawids, a tué
18 personnes et brûlé les cases »de son villa-
ge, aunord d’El-Geinena, auDarfour. « Ils
ont tué mes frères et ont violé mes sœurs sous
mes yeux », dit-il. Comme la plupart des
réfugiés du camp, il est opposé à l’accord
de paix signé par une partie des rebelles du
Darfour avec le gouvernement soudanais.
Réfugié « depuis deux ans et un mois », il
estime qu’« il n’y a pas de changement au
Soudan, il est impossible de rentrer ».
Le désir de retour motive nombre des
nouvelles recrues. Lorsque les réfugiés
sont arrivés à partir de juin 2004, les
6 000 habitants de Goz Beïdaleur ont por-
té assistance. Mais l’hospitalité des villa-
geois, qui vivent dans un dénuement total
alors que l’aide afflue dans le camp,
s’émousse. La compétition pour les rares
ressources naturelles est renforcée par la
présence toute proche d’un autre camp où
12 000Tchadiens ont trouvérefuge, dépla-
cés par la propagation du conflit du Dar-
four dans l’est du Tchad.
Car les janjawids multiplient les incur-
sions auTchadavec lacomplicité de tribus
locales pour s’emparer de têtes de bétail et
piller les villages africains. Fin mai,
Human Rights Watch a ainsi confirmé la
mort de 118 personnes, certaines décou-
pées à la machette, dans des villages situés
entre Djabal et la frontière soudanaise. Et
l’ONU fait état d’informations évoquant
« l’émergence de janjawids tchadiens » qui
menacent d’enflammer la région. a
Philippe Bolopion
JUSTICE SIERRA LEONE
Charles Taylor, ancien
président libérien,
a été transféré à La Haye
pour y être jugé
SOUS haute protection, à bord d’un héli-
coptère puis d’un avion affrété par les
Nations unies, l’ancien président libé-
rienCharles Taylor a été transféré, mardi
20 juin, de la prison de Freetown (Sierra
Leone) vers le centre de détentionde hau-
te sécurité de Scheveningen, dans la ban-
lieue de La Haye (Pays-Bas), où il doit
être jugé.
L’ex-« seigneur de la guerre », qui a
plaidé « non coupable », est inculpé pour
« crimes contre l’humanité », « crimes de
guerre » et neuf autres chefs d’inculpa-
tion par le Tribunal spécial pour la Sierra
Leone (TSSL) pour des faits commis
entre 1997 et 2000.
Charles Taylor est accusé d’avoir soute-
nu les rebelles sierra-léonais du Front
révolutionnaire uni (RUF) afin de s’em-
parer des richesses en diamants de ce
pays et de financer des achats d’armes.
Le RUF terrorisait ses victimes en leur
coupant des bras, des oreilles et des
lèvres.
Les guerres civiles duLiberia et de Sier-
ra Leone ont causé la mort de dizaines de
milliers de personnes entre 1989 et 2003.
Se félicitant, mardi, du transfert, le secré-
taire général de l’ONU, Kofi Annan, a sou-
haité que « tous les pays coopèrent avec le
tribunal spécial (…) enfacilitant (…) témoi-
gnages et auditions de témoins ».
Criminel de guerre
L’arrivée en Europe de Charles Taylor
constitue une étape déterminante dans le
processus qui doit mener au jugement de
l’un des principaux criminels de guerre
africains de ces dernières années. Ni le
Liberia d’Ellen Johnson Sirleaf, élue
démocratiquement en novembre 2005,
ni la Sierra Leone ne souhaitait que le pro-
cès ait lieu sur son territoire, par crainte
de déstabilisation.
Dès l’arrestation de l’ancien dictateur
réfugié au Nigeria, le 29 mars, le TSSL
avait demandé le dépaysement de
l’audience dans les locaux de la Cour
pénale internationale, à La Haye. Mais il
avait fallu encore trois mois pour qu’un
Etat, la Grande-Bretagne, se porte volon-
taire pour incarcérer M. Taylor après une
éventuelle condamnation.
Les Pays-Bas ont en effet accepté d’hé-
berger le procès à condition que l’accusé
purge sa peine dans un autre pays. Le feu
vert britannique, jeudi 15 juin, avait
débouché, deux jours plus tard, sur un
vote du Conseil de sécurité de l’ONUoffi-
cialisant le transfert à La Haye. a
Ph. B.
Situé à 75 km de la frontière,
le camp de Djabal est devenu
une base arrière pour l’Armée
de libération du Soudan (SLA)
Le président soudanais Omar Al-Bachir a
réitéré, mardi 20 juin, son oppositionau
déploiement d’une force internationale au
Darfour, affirmant que son pays ne serait
pas « recolonisé ». « Pourquoi y aurait-il
une force internationale ? », a demandé
M. Bachir lors d’une conférence de presse
conjointe avec le président sud-africain,
Thabo Mbeki, envisite auSoudan. « Nous
avons notre propre système de surveillance,
qui nous a permis de déterminer que cette for-
ce internationale a des visées coloniales. Elle
ne vient pas pour maintenir la paix, mais
pour se comporter au Darfour comme une
force d’occupation », a dit le M. Bachir.
« Je jure qu’il n’y aura aucune interven-
tionmilitaire internationale au Darfour tant
que je serai aupouvoir », avait-il déclaré
lundi soir. L’ONUsouhaite le déploiement
d’une force de maintiende la paix à la fin
de l’année oudébut 2007 pour prendre la
relève des troupes de l’Unionafricaine.
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Dans une semaine, découvrez les innovations de
Au Tchad, les camps de réfugiés du Darfour
sont un vivier pour la rébellion soudanaise
RECONNUcoupable par le tribu-
nal correctionnel de Paris d’avoir
fomenté, en 1995, un coup d’Etat
aux Comores, l’ex-mercenaire
Bob Denard ne retournera cepen-
dant pas en prison. Refusant de
suivre les réquisitions du parquet,
qui avait réclamé une peine ferme,
les juges ont condamné, mardi
20 juin, l’ancien « colonel Bob »à
cinq années de prison avec sursis.
Ses 25 compagnons d’armes,
eux aussi poursuivis pour « asso-
ciation de malfaiteurs en vue de la
préparation d’un crime », bénéfi-
cient également du sursis, voire
d’une dispense de peine. Agé de
77 ans et souffrant de la maladie
d’Alzheimer, Robert Denard
n’avait pas assisté aux audiences.
Le rôle des services secrets fran-
çais dans cette opération, qui avait
abouti àdéposer par laforce le pré-
sident comorien Saïd Mohamed
Djohar, a été reconnu par le tribu-
nal, mais pas au point d’exonérer
les prévenus, commel’avaient plai-
dé leurs avocats, faute de la preu-
ve d’un ordre explicite. « La sim-
ple conviction que l’opération était
implicitement couverte », ont esti-
mé les juges, n’est « pas suffisan-
te » pour les disculper.
Pour autant, la décisionn’épar-
gne pas les autorités françaises.
« Il est impossible et impensable,
constate-t-elle, qu’une opération
qui a perduré pendant 131 jours
(…) ait pu être méconnue des servi-
ces secrets et de la cellule africaine
de l’Elysée. » Et de souligner : « Il
est tout aussi manifeste qu’au
moins [les services secrets
français] n’avaient rien fait pour
entraver [le coup d’Etat] et qu’ils
l’avaient donc laissé arriver à son
terme. En conséquence, c’est que les
responsables politiques l’avaient
nécessairement voulu aussi. »
Pour justifier le refus d’une pei-
ne ferme de prison, le tribunal a
tenu compte de « l’ancienneté »
des faits, de l’absence de « violen-
ce caractérisée », mais aussi du
« fait que les autorités françaises
les avaient entérinés ».
Avocat de Bob Denard, M
e
Elie
Hatem estime qu’en reconnais-
sant la culpabilité de l’ancienmer-
cenaire, le tribunal a « voulu faire
payer les lampistes ». Il souligne
« la difficulté de mise en cause de
l’Etat et des politiques, qui se sont
tous dérobés ». De son côté,
M
e
Saïd Larifou, avocat de l’an-
cien président Saïd Mohamed
Djohar, mort en février, se félicite
de voir la culpabilité de Bob
Denard « établie pour la première
fois ». Il interprète cependant ce
jugement comme une « prime au
mercenariat, un encouragement à
commettre des coups d’Etat ». a
Philippe Bernard
Le Soudan refuse toute force de l’ONU
COMORES PROCÈS DE L’EX-MERCENAIRE À PARIS
Bob Denard est condamné
à cinq ans de prison avec sursis
Près du village de Goz Beïda, dans l’est du Tchad, des enfants du camp de réfugiés de Djabal jouent au milieu des ordures qui se consument, mercredi 14 juin. CHIP EAST/SIPA
ISRAËL-PALESTINE
MM. Abbas et Olmert
se rencontrent à Pétra
PÉTRA. Le président de l’Autorité
palestinienne, Mahmoud Abbas,
et le premier ministre israélien,
Ehoud Olmert, devaient se ren-
contrer pour la première fois, et
« de manière informelle », jeudi
22 juin, en présence du roi
Abdallah II en Jordanie.
D’après un haut responsable
du palais royal, cette rencontre
devait être l’occasion de débattre
« notamment du conflit israélo-
palestinien ». Mardi, M. Abbas
avait appelé « tous les groupes
armés à cesser immédiatement les
tirs de roquettes contre Israël et à
respecter la trêve ». Le soir même,
un raid israélien contre une voitu-
re transportant des activistes
palestiniens à Gaza avait causé la
mort de trois enfants. – (AFP.)
CORÉE DUNORD
Le Pentagone se prépare
à répliquer
à un éventuel tir de missile
WASHINGTON. Le conseiller du
président George Bush pour la
sécurité nationale, Stephen
Hadley, a refusé de commenter,
mardi 20 juin, les affirmations
du quotidien Washington Times
selon lesquelles le Pentagone a
activé le système américain de
défense antimissile.
Selon ce quotidien, l’une des
options envisagées consisterait à
abattre le missile nord-coréen à
l’aide de l’un des intercepteurs
basés en Californie ou en Alaska.
– (AFP, Reuters.)
JAPON-ÉTATS-UNIS
Tokyo lève son embargo
sur le bœuf américain
TOKYO. Le Japona décidé, mercre-
di 21 juin, de lever son embargo
sur les importations de bœuf,
réglant ainsi le principal conten-
tieux avec son grand allié avant
la visite du premier ministre Juni-
chiro Koizumi aux Etats-Unis, la
semaine prochaine. – (AFP.)
ÉQUATEUR
Occupation d’une installation
pétrolière française
QUITO. 200 villageois exigeant le
respect de l’environnement ont
occupé une station de pompage
de pétrole de la compagnie fran-
çaise Perenco, en Amazonie équa-
torienne, lundi 19 juin. Un mani-
festant a disparu suite à l’inter-
vention de militaires. – (AFP.)
ÉTATS-UNIS
Un Texan exécuté
HUNTSVILLE. Lamont Reese,
28 ans, a été exécuté, mardi
20 juin, par injection létale, pour
avoir abattu trois hommes à
l’aide d’un fusil d’assaut, en
1999. Le condamné a clamé son
innocence jusqu’à sa mort.
Depuis le début de l’année, il est
le 12
e
exécuté au Texas. – (AP.)
INTERNATIONAL
0123
Jeudi 22 juin 2006 7
Depuis 1946, la Commissionbaleinière
internationale(CBI) acrééplusieurs
sanctuaires pour protéger les baleines.
Antarctique. Cepremier sanctuairea
étédécidéen1938. Il couvreunezone
allant de40 degrés delatitude sudjus-
qu’aucontinent antarctiqueet s’éten-
dant entre70et 160degrés delongitu-
deouest. En1955, cettezoneaétépar-
tiellement ouvertepour réduire lapres-
sionsur lesautres zones dechasse.
Océan Indien. Cedeuxième« site »a
étémis enplaceen1979. Il s’étendsur
unezonemontant jusqu’à55degrés de
latitude. Lacapturedes cétacés àdes
finscommerciales yest interdite.
Mers du Sud. En1994, lors desa
46
e
réunionannuelle, laCBI adécidéde
l’établissement d’unezoneprotégée
dans lesmers dusudallant jusqu’à40
degrés delatitudesud. Et à60degrés
aulargedel’AmériqueduSudet dans le
Pacifiquesud. Tous les dix ans, cesanc-
tuairefait l’objet d’unerévision.
Atlantique sud et Pacifique sud.
Depuis desannées, cesdeux projets
sont àl’étude. Mais, faute d’unsoutien
fort, ilsn’ont toujours pasétédécidés.
La condamnation du moratoire
protégeant les cétacés renforce
les pays pour lesquels
certaines espèces sont assez
abondantes pour supporter
un « prélèvement limité »
A
en croire plusieurs observateurs
présents à la réunion annuelle de la
Commission baleinière internatio-
nale (CBI), qui s’est achevée mardi
20 juin à Saint-Kitts-et-Nevis aux Caraï-
bes, la diplomatie n’était pas la règle. La
raison ? La guerre de la baleine qui a per-
mis à ce minuscule Etat des Caraïbes
(39 000 habitants) d’entrer dans l’histoi-
re comme le lieu où, pour la première
fois, une majorité de pays membres de la
CBI (33 contre 32) ont condamné le
moratoire sur la chasse à la baleine adop-
té en 1986.
Si cette décisionn’a pas de conséquen-
ce immédiate – la levée du moratoire qui
protège les cétacés ne peut se faire
qu’avec les trois quarts des votes –, elle
renforce la positionduJaponet de la Nor-
vège. Ces deux pays pratiquent depuis
longtemps déjà la « chasse scientifique »
que l’article 8 de la Convention autorise.
Et le vote qui vient d’être obtenu aux
Caraïbes les conforte dans leur position,
fortement décriée par les associations de
défense de l’environnement.
Le Japon, qui a tué 916 grands cétacés
en 2005, prévoit ainsi de porter ce chiffre
à 1 143 en 2006 et à 1 325 en 2007. De
même, la Norvège, qui a chassé 639balei-
nes en 2005, envisage de prélever
1 052 individus en 2006 et 1 200 en
2006. Pour sa part, l’Islande prévoit aus-
si de tuer 100 de ces mammifères marins.
Ces trois pays remontent donc lente-
ment, mais sûrement, au niveau qu’ils
occupaient en 1987. Cette année-là, la
dernière qui autorisait la chasse commer-
ciale, 6 000 rorquals et cachalots au total
ont été pris. Déçus, les écologistes s’ap-
prêtent à mobiliser leurs forces pour la
réunion de la CBI qui se tiendra en 2007
aux Etats-Unis – en Alaska –, plus sensi-
bles aux actions de protection.
Toute la difficulté du débat sur la pro-
tection des cétacés dépend aujourd’hui
de la capacité que l’on a à évaluer les
populations des différentes espèces et de
l’interprétation que l’on fait ensuite de
ces chiffres.
Si plusieurs espèces de grands cétacés
(baleines franches, baleines grises de
l’ouest Pacifique) sont mena-
cées d’extinction, si certaines
sont dans une situationincer-
taine (comme la baleine
bleue, le plus grand animal
terrestre, dont il ne reste plus
que quelques milliers d’indi-
vidus), d’autres ont bien
retrouvé la santé depuis l’ar-
rêt d’une chasse qui a mené
les stocks, espèce après espè-
ce, au bord de la disparition.
Ainsi, rorquals communs et
jubartes sont maintenant estimés à plu-
sieurs dizaines de milliers d’individus,
tandis que les cachalots seraient environ
360 000.
C’est sur ce point que s’appuient les
pays chasseurs en ciblant essentielle-
ment le petit rorqual, riche de centaines
de milliers d’individus dans les deux
hémisphères, et qui pourrait donc, disent-
ils, supporter un « prélèvement limité .
Dans les années 1980, le comité scientifi-
que a ainsi adopté une procédure de ges-
tion (dite RMP, revised management pro-
cedure) qui légitime la chasse d’une espè-
ce dès lors qu’elle ne met pas en danger
sa survie. Mais la Commission n’a jamais
adopté cette RMP, et a maintenule mora-
toire. C’est contre cette positionque s’arc-
boutent les chasseurs, tandis que les
opposants refusent par principe toute
capture.
Ce blocage est d’autant plus gênant
qu’il dissimule de nouveaux dangers aux-
quels sont exposés ces animaux marins.
Selonunrapport de novembre 2005 rédi-
gé par l’Allemand Boris Culik, biologiste
marin pour le Programme des Nations
unies pour l’environnement, les petits
cétacés, dauphins et marsouins, sont
sous la menace, notamment des filets de
la pêche hauturière.
Oncraint d’autre part que le réchauffe-
ment du climat n’entraîne une diminu-
tion du krill, nourriture de
base des cétacés enAntarcti-
que. Enfin, la contamina-
tion par des produits chimi-
ques s’observe de plus en
plus chez les cétacés à dents
(odontocètes), situés au
sommet de la chaîne alimen-
taire. Ainsi, le gouverne-
ment japonais a dû interdi-
re la consommationde vian-
de de cachalot aux femmes
enceintes en raison du
degré élevé de pollution chimique des
chairs. Derniers périls : les collisions
entre cétacés et navires et les effets
fâcheux et destructeurs de certaines tech-
niques d’exploration pétrolière (notam-
ment les canons sonores) qui condui-
raient à désorienter les cétacés, qui
s’échouent.
La CBI a adopté une résolution criti-
quant ces pratiques. Mais l’acrimonie
des débats empêche, malheureusement,
que les nouvelles nuisances subies par
les mammifères, et qui sont le reflet de la
dégradation constante de l’environne-
ment océanique, soient sérieusement pri-
ses en compte. a
Hervé Kempf
CARINE CAMBY, la directrice
générale de l’Agence française de
la biomédecine, a annoncé, mardi
20 juin, que six équipes de biolo-
gistes travaillant dans des structu-
res publiques étaient autorisées à
mener des recherches sur des cel-
lules souches embryonnaires
humaines. Ces cellules très parti-
culières de l’organisme sont
issues de la destruction d’em-
bryons conçus in vitro et qui ne
s’inscrivent plus dans le cadre
d’un projet parental.
Cette autorisation très atten-
due survient près de cinq mois
après la publication du décret du
7 février 2006précisant les moda-
lités d’autorisation de ces recher-
ches. Mais aussi près de deux ans
après la promulgation de la loi de
bioéthique du 6 août 2004 qui en
acceptait le principe, à titre déro-
gatoire et pour une période de
cinq ans.
En pratique, les travaux autori-
sés ont trois objectifs. D’abord
améliorer les connaissances fon-
damentales pour mieux compren-
dre les mécanismes de différencia-
tion des cellules souches qui
constituent un embryon humain.
Ensuite, tester l’utilité de ces
mêmes cellules dans l’élabora-
tionde modèles d’étude des mala-
dies génétiques. Enfin, évaluer
leur potentiel thérapeutique.
Douze équipes de biologistes
avaient, après la publication du
décret, formulé des demandes
d’autorisation. Aucune n’a été
refusée. Six viennent d’être rete-
nues. Cinq autres sont en cours
d’instruction et une dernière s’est
retirée.
Produits importés
Sur les six premières autorisa-
tions accordées par l’Agence de
biomédecine, cinqconcernent des
équipes de l’Insermet de l’Institut
Pasteur de Paris qui se proposent
de travailler sur des lignées de cel-
lules souches embryonnaires éta-
blies à l’étranger. Et ce dans les
mêmes conditions éthiques que
celles définies par la loi française
du 6 août 2004.
Ces produits biologiques sont
d’ailleurs importés en France
avec l’aval des autorités sanitaires
et éthiques.
Pour l’heure, une seule équipe
– codirigée par Marc Pechanski
(Istem, Evry) et Stéphane Viville
(CHUde Strasbourg) –est autori-
sée à créer sur le territoire natio-
nal des lignées de cellules souches
à partir d’embryons conçus in
vitro. Il s’agit d’embryons por-
teurs des stigmates d’une maladie
génétique identifiée lors d’un dia-
gnostic pré-implantatoire deman-
dé par des couples qui risquent de
transmettre cette affection. Les
premières recherches dans ce
domaine portent sur les maladies
neuro-dégénératives dites de Stei-
nert et de Huntington.
Les autorisations annoncées
par M
me
Camby marquent aussi,
au terme d’un long processus
d’évaluation troublé par une série
de décisions prises dans une cer-
taine confusion, la possible entrée
des biologistes français dans le
paysage prometteur et concurren-
tiel de la biologie contemporaine
et de la médecine de demain. a
Jean-Yves Nau
LES SANCTUAIRES
Les baleines à nouveau menacées
par la « chasse scientifique »
Le Japon, qui a tué
916 grands cétacés
en 2005,
prévoit de porter
ce chiffre à 1 143
en 2006 et à 1 325
en 2007
GÉNIE GÉNÉTIQUE RÉGLEMENTATION FRANÇAISE
Premières autorisations de recherche sur
les cellules souches embryonnaires humaines
Quelques espèces concernées par le moratoire
Source : Royal BC Museum- illustrations : Al Denbigh
Longueur Poids Population
estimée
33 m 190 t
4000
à
6 000
27 m 70 t
19 m 100 t 8 000
dont quelques
centaines en
hémisphère Nord
18 m 30 t 22 600
10 m 10 t
360 000
à
935 000
25 000
à
50 000
0 10 20 30
0123
L E MONDE F ÊT E L E 250
e
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MÉDECINE
Une méthode fiable pour
le diagnostic du rhésus fœtal
Le laboratoire de biochimie et
biologie moléculaire de l’hôpital
Nord de l’Assistance publique-
Hôpitaux de Marseille est l’un
des trois centres en France à
déterminer le rhésus du fœtus
par génotypage à partir d’une
simple prise de sang chez la
mère. Un progrès essentiel, car
les incompatibilités entre une
mère ayant un sang de rhésus
négatif et un fœtus de rhésus
positif sont sources d’anémies
sévères potentiellement mortel-
les pour l’enfant à naître.
Cette technique permet de don-
ner à bon escient une prophy-
laxie sans avoir nécessairement
recours à l’amniocentèse. Cha-
que année, près de 150 000 fem-
mes rhésus négatif sont encein-
tes, dont 90 000 portent un
fœtus rhésus positif.
Le diagnostic du rhésus est systé-
matiquement fait chez les 15 %
de femmes enceintes d’un rhésus
négatif.
AGRICULTURE
Plusieurs pays africains
décident de cultiver du coton
transgénique
Pour pallier les difficultés de la
filière coton, huit pays africains
ont décidé de promouvoir la
culture du coton transgénique et
de favoriser la mise en commun
de la production d’engrais. Il
s’agit du Bénin, du Burkina Faso,
du Mali, du Tchad, du Came-
roun, de la Côte d’Ivoire, du Gha-
na et du Togo, qui se sont enga-
gés dans cette voie à l’occasion
d’une réunion de l’Organisation
mondiale du commerce, qui se
tenait à Ouagadougou. (AFP.)
ZOOLOGIE
L’Australie mobilise l’armée
contre le crapaud-buffle
Originaire d’Hawaï et introduit
vers 1930 en Australie, le cra-
paud-buffle (Bufus marinus), un
« monstre » de plus de 20 cm,
terrorise les habitants des territoi-
res de l’ouest et du nord du pays.
Le batracien, particulièrement à
l’aise dans son nouvel habitat – il
y en aurait 100 millions – est plu-
tôt placide.
Mais il inquiète ceux qui le croi-
sent en raison du venin produit
par ses glandes. Les militaires
australiens sont à pied d’œuvre
pour fixer l’ennemi et le réduire
si nécessaire.
ENVIRONNEMENT & SCIENCES 8
0123
Jeudi 22 juin 2006
ESPAGNE
Madrid veut négocier
la paix avec l’ETA
et interpelle ses
financiers supposés
MADRID
CORRESPONDANTE
L’opération policière menée, en France
et en Espagne, contre douze personnes
suspectées d’être des responsables du
réseau d’extorsion de fonds de l’ETA,
mardi 20 juin, alors que José Luis Rodri-
guez Zapatero s’apprête à annoncer offi-
ciellement l’ouverture des négociations
avec le groupe armé, ne pouvait pas ne
pas faire l’objet de lectures politiques de
la part des protagonistes de ce dossier.
Le chef de file de Batasuna, vitrine poli-
tique de l’ETA, Arnaldo Otegi, a considé-
ré que le coup de filet était le fruit d’une
« décisionpolitique dugouvernement espa-
gnol » en même temps qu’une « attaque
nette et frontale contre les espoirs de paix »
au Pays basque. L’un de ses lieutenants,
Joseba Permach, y a vu la preuve que
« l’Etat espagnol persiste dans la voie
répressive et sa stratégie de guerre ».
La présidence du gouvernement
n’avait pas encore indiqué, mercredi
21 juin, quand, précisément, s’exprime-
rait M. Zapatero devant les députés – ce
qu’il s’est engagé à faire avant que ses
représentants ne s’assoient à la table des
négociations avec les émissaires dugrou-
pe armé. Le chef de l’exécutif peut le faire
à tout moment, soit dans le cadre de l’or-
dre du jour ordinaire, soit à l’occasion
d’une séance consacrée à la fin du terro-
risme basque, en tout état de cause dans
les dix jours. Mardi matin, pas moins de
trois ministres ont commenté les arresta-
tions pour expliquer qu’elles démontrent
que, contrairement à ce que soutient l’op-
position conservatrice, le gouvernement
n’a pas décidé d’entraver l’action de la
justice pour attirer l’ETA à la table des
négociations. « Cela prouve clairement
que ni les juges ni les policiers ne restent les
bras croisés », a commenté le ministre de
l’intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba.
La fin du procès des deux supposés
assassins de Miguel Angel Blanco, jeune
conseiller municipal conservateur d’Er-
mua, tué par l’ETA après quarante-huit
heures de captivité en juillet 1997, a don-
né une mesure de la tension qui entoure
le dossier des négociations avec l’ETA.
Les proches de la victime ont applaudi le
réquisitoire duprocureur, qui a demandé
une peine de cinquante ans d’emprison-
nement pour Francisco Javier Garcia Gaz-
telu « Txapote »et sa compagne, Irantzu
Gallastegi Sodupe « Amaia ». Il a aussi
souligné « l’indifférence » et « le manque
absolu de repentir » manifestés par les
deux accusés durant le procès, au point
que la présidente du tribunal les a fait
expulser de la salle.
« Riez, riez, a lancé la sœur de Miguel
Angel Blanco aux proches des deux accu-
sés en sortant de la salle d’audience. Je
rirai encore davantage lorsque je verrai vos
enfants moisir en prison ! » Les deux etar-
ras sont sortis de leur mutisme à la fin du
procès : « Oui, nous sommes de l’ETA, et
nous n’arrêterons pas de lutter pour laliber-
té de l’Euskadi. » Le verdict a été mis en
délibéré. a
Cécile Chambraud
L
’arrestation du parrain des par-
rains, Bernardo Provenzano, en
avril, et celles qui ont suivi repré-
sentent-elles un tournant dans la lutte
contre Cosa Nostra ?
Oui, car à travers les billets que nous
avons trouvés, avec lesquels les boss
mafieux communiquent, nous avons eu la
confirmation que Provenzano était plus
qu’unchef. Pour uneorganisationcomple-
xecomme la mafia, il représentait unpoint
d’équilibre essentiel qu’il sera difficile, à
présent, de retrouver. A l’extérieur de l’or-
ganisation, c’est lui qui a su faire prévaloir
la stratégie dusilence enmettant unterme
aux attentats, comme ceux de 1992, qui
ont tué les juges Falcone et Borsellino.
Attentats qui ont créé une alarme socia-
le et entraîné une riposte de l’Etat, qui a
procédé à de nombreuses arrestations.
Cosa Nostra est restée dans l’ombre, se
consacrant aux affaires entoute tranquilli-
té, car, sur le plan intérieur, Provenzano a
su assurer la paix mafieuse entre tous les
courants. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de
morts dans les rixes entre clans, mais ils
n’étaient pas « voyants ».
Ils ont privilégié la « lupara bianca »,
du nom de la vieille arme de chasse chère
aux anciens mafieux : on fait disparaître
tout simplement l’adversaire. Pas de cada-
vre, rien: onmet dutemps à dénoncer une
disparition, la presse en parle peu, il n’y a
aucune certitude. Ça renforce l’idée que la
mafia a disparu…
La cavale de Provenzano a duré quaran-
te-trois ans. Comment l’expliquer sinon
par des appuis haut placés, y compris
politiques ?
Elle s’explique justement parce que, ces
dernières années, la mafia a lentement
construit une sorte d’écheveau au sein
même de la société, où toute une « bour-
geoisie mafieuse » s’entremet sans être
totalement dans l’organisation : techni-
ciens, avocats, médecins, commerçants,
politiciens. Un réseau si dense que nous
avons découvert un jour qu’un entrepre-
neur lié à Cosa Nostra recevait régulière-
ment la visite d’un policier, de nos servi-
ces, venu l’informer. Avec lui, Provenzano
était au courant de nos enquêtes presque
entemps réel…
Avant les législatives d’avril, vous avez
demandé aux partis de retirer des listes
tout candidat soupçonné de liens avec
la mafia. En vain. Le président de la
région Sicile, Toto Cuffaro, pourtant
jugé pour « faveurs à la mafia », a été
réélu. Ya-t-il trop d’intérêts en jeu ou
est-ce la conséquence du recul de la lut-
te antimafia sous Berlusconi ?
Présenter des candidats sous enquête,
c’est déjà lancer un message à la mafia. La
politique doit assumer sa responsabilité :
elledevrait se doter derègles d’autorégula-
tion, d’un code éthique. Je l’ai dit et le
redis, mais il faut croire que les temps ne
sont pas encore mûrs… M. Berlusconi
avait fort à faire lui-même avec la justice.
Peut-être, à ce moment-là, y a-t-il eu une
baisse d’attention, la lutte contre la mafia
n’étant plus autant une priorité.
Mais nous avons marqué des points.
Dans un billet adressé à Provenzano, Mat-
teo Messina Denaro, parrain de la région
de Trapani, nous rend l’hommage que le
pouvoir, parfois, omet de nous rendre : il
se plaint de ce que la justice a arrêté non
seulement plusieurs vagues « d’hommes
d’honneur » mais aussi leurs remplaçants
potentiels dans les rangs mafieux. Et ajou-
te : « Si cela continue, ils arrêteront jus-
qu’aux endroits même où l’on se réunit ! »
Autrefait encourageant, àl’électionenSici-
le, Rita Borsellino, sœur du juge assassiné
et novice en politique, en faisant une cam-
pagne centrée contre la mafia, a remporté
plus de 40 %des suffrages.
Comment voyez-vous la « succes-
sion » ? On parle de la famille Lo Picco-
lo de Palerme mais aussi de MatteoMes-
sina Denaro. Il est jeune, aime les voitu-
res, les vêtements chics et les femmes.
Un style nouveau ?
Il faut se méfier des hypothèses… Des
collaborateurs de justicenous parlent d’un
« directoire », d’un « triumvirat ». Les
mafieuxcherchent laformule. S’ils netrou-
vent pas d’accord, on peut s’attendre à des
violences. Jepensequelesfamilles palermi-
taines sont les mieux placées. Elles ont un
côté traditionnel qui s’accommode mal
d’un nouveau style. Elles font des affaires
pour gagner de l’argent, pas pour ledépen-
ser ! Puis, il y a aussi les boss en prisonqui
continuent à commander, voire à réclamer
des actions dures contre l’Etat. Rien n’est
joué…La seule certitude, c’est que la mafia
est forte, elleainfiltrélepouvoir, et l’écono-
miemais avec les coups portés, nous avons
réussi à la désorienter. a
Propos recueillis par
Marie Claude Decamps
Dans un entretien au « Monde »,
le procureur national antimafia
se réjouit des coups portés
à Cosa Nostra, à la suite
de l’arrestation de Bernardo
Provenzano, son chef suprême
Pietro Grasso : « La Mafia est forte,
mais nous avons réussi à la désorienter »
PAYS BALTES VILNIUS CONNAÎT SA 13
e
CRISE GOUVERNEMENTALE DEPUIS 1991
Les populistes plongent la Lituanie dans une crise politique
STOCHKOLM
CORRESPONDANCE
Après la démission du gouverne-
ment, début juin, le Parlement
lituanien a refusé, mardi 20 juin,
de voter la confiance au social-
démocrate Zigmantas Balcytis,
auquel le président Valdas Adam-
kus avait confié la tâche de mettre
sur pied une coalition de centre
gauche. Depuis que l’URSS lui a
reconnu son indépendance en
1991, la Lituanie enest à sa treiziè-
me crise gouvernementale.
Cette fois, la crise a été précipi-
tée par le sulfureux milliardaire
d’origine russe, Viktoras Uspaski-
chas, créateur, il y a quelques
années, d’un « parti travaillis-
te ». Il a fait une percée éclair aux
élections législatives de 2004,
s’imposant ainsi comme la pre-
mière formation du pays avec un
agenda ultrapopuliste.
Profitant d’un climat politi-
que délétère et de fréquentes
affaires de corruption, cet
ancien soudeur, qui a fait fortu-
ne dans la vente de métaux puis
dans l’importation de gaz russe
en Lituanie, avait raflé un tiers
des voix avec des slogans décli-
nés sur le mode « je suis riche, je
n’ai pas besoin de voler. » Même
si beaucoup s’inquiétaient de ses
liens avec le géant russe Gaz-
prom, les Lituaniens avaient été
conquis.
Sans issue
Ayant raflé avec son parti 40
des 141 sièges de la Chambre des
députés, M. Uspaskichas avait
obtenu d’être nommé ministre de
l’économie dans le gouvernement
de coalition péniblement mis sur
piedpar le social-démocrate Algir-
das Brazauskas.
Mais il avait été contraint de
démissionner, en 2005, à cause
de soupçons d’irrégularités dans
l’attribution de fonds européens,
notamment à l’une des entrepri-
ses de son groupe d’agroalimen-
taire Vikonda. Plusieurs hommes
d’affaires auraient aussi reçu des
fonds européens après avoir payé
des pots-de-vin à des membres
du parti.
Il y a unmois, la police a perqui-
sitionné au siège du parti et à son
domicile. M. Uspaskichas est subi-
tement parti pour Arkhangelsk
dans le nord-ouest de la Russie,
sa région d’origine, « pour affai-
res personnelles ». Depuis, il n’est
pas rentré. Il a renoncé à la prési-
dence de son parti mais affirme
ne rien craindre des investiga-
tions en cours en Lituanie.
Le parti travailliste, qui comp-
tait cinqministres dans le gouver-
nement actuel, les a tous retirés
après la défiance exprimée sur
l’honnêteté et la compétence de
deux d’entre eux par le président
Adamkus. Sans son soutien, le
gouvernement Brazauskas deve-
nait minoritaire. Il a préféré
remettre sa démission. La tentati-
ve de le remplacer par son minis-
tre des finances, Zigmantas Balcy-
tis, s’est révélée sans issue.
Unquart des quarante députés
duparti « dutravail »ont fait dis-
sidence pour créer un nouveau
parti. Mais le « parti travaillis-
te » demeure cependant la pre-
mière formation du pays, ce qui
rend ses adversaires nerveux.
Sans une très large coalition
allant au-delà des clivages tradi-
tionnels droite-gauche, il conser-
ve sa place d’arbitre.
Un groupe de plusieurs partis
de droite, réunissant 48 députés,
a proposé, récemment, la nomina-
tion du chef du Parti conserva-
teur, Andrius Kubilius, au poste
de premier ministre. Mais nom-
bre d’observateurs doutent qu’il
puisse obtenir plus de voix que
son rival social-démocrate. a
Olivier Truc
ROME
CORRESPONDANT
« Nous avons découvert que les vents de la
guerre s’étaient levés sur Palerme, c’est pour-
quoi nous sommes intervenus. »C’est ainsi
que Giuseppe Caruso, préfet de police de
la capitale sicilienne, a expliqué le vaste
coupde filet déclenché, mardi 20 juinà
l’aube, contre la mafia locale.
Aucours de l’opération dite « Gotha »,
menée par 500policiers, 45 suspects ont
été arrêtés sur les 52 visés par des man-
dats d’arrêt. Parmi eux, les trois chefs qui
expédiaient les affaires courantes de Cosa
Nostra depuis la capture du chef suprême,
Bernardo Provenzano, 73 ans, arrêté le
11 avril, près de Corleone, après quarante
trois ans de clandestinité. La police, qui
les espionnait depuis de nombreux mois,
a acquis la certitude qu’une guerre de suc-
cessionétait enpréparationentre les hom-
mes de Provenzano et le clandes ambi-
tieux Salvatore et Sandro Lo Piccolo, en
fuite depuis plusieurs années.
Avec l’arrestationde NinoRotolo,
60 ans, de FrancescoBonora, 64ans, et
d’AntoninoCina, 61 ans –de vieilles
connaissances de la justice –, « CosaNos-
traest à genoux », s’est félicité Pietro Gras-
so, le procureur national antimafia. Les
enquêteurs ont été aidés, dans leur connais-
sance de l’organisation, par le décryptage
des « pizzini », ces messages codés trou-
vés dans la cache de M. Provenzano. Mais
ils écoutaient aussi les conversations des
« boss »lors de leurs réunions ausommet.
Uncabanonentôle, meublé d’une table et
de huit chaises enplastique, telle était, à la
périphérie de Palerme, la salle duconseil
d’administrationde Cosa Nostra.
Dans ce repaire dénué de tout confort,
les « administrateurs provisoires »de l’en-
treprise mafieuse parlaient librement, se
croyant à l’abri des oreilles indiscrètes grâ-
ce à unsystème de brouillage. C’est ainsi
que la justice a appris le resserrement des
liens entre la mafia et la politique. « La
stratégie de Cosa Nostra n’est plus seule-
ment de soutenir des candidats aux diverses
élections, mais d’insérer sur les listes des can-
didats encore plus fiables car liés aux hom-
mes d’honneur par des liens de parentèle »,
ont écrit les magistrats sur leurs mandats
d’arrêt.
Selonla presse italienne, les dirigeants
de la mafia sicilienne avaient déjà désigné
leurs candidats en vue des élections muni-
cipales à Palerme, en2007. « La capture
de Provenzano et tout ce qui en découle nous
donnent un avantage significatif pour l’ave-
nir de la Sicile et de sa vie démocratique »,
estime le ministre de l’intérieur, Giuliano
Amato. a
Jean-Jacques Bozonnet
Le procureur national antimafia Pietro Grasso (de face), à la sortie de la préfecture de police de Palerme, mardi 11 avril, où il venait
d’entendre, à la suite de son arrestation le même jour, le chef suprême de Cosa Nostra, Bernardo Provenzano. OLYMPIA LANNINO/SIPA
Trois chefs de Cosa Nostra arrêtés à Palerme au cours de l’opération Gotha
FAITDIVERS
Varsovie ajourne
l’extradition du meurtrier
de Joe Van Holsbeeck
BRUXELLES. Un tribunal d’appel de
Varsovie a décidé, mardi 20 juin,
de consulter la Cour suprême polo-
naise sur l’extradition vers la Belgi-
que d’AdamG., 17 ans, meurtrier
présumé du jeune Joe Van Hols-
beeck, poignardé le 12 avril à la
gare centrale de Bruxelles pour
son baladeur MP3. Le tribunal a
ajourné sa décision de trente
jours. Le 31 mai, un tribunal régio-
nal de Varsovie avait marqué son
accord pour l’extradition, à condi-
tion qu’AdamG. puisse effectuer
sa peine en Pologne s’il est
condamné. En principe, la Polo-
gne n’extrade pas ses nationaux et
AdamG. est mineur. La Cour
suprême se prononcera, en fait,
sur l’application du mandat d’ar-
rêt européen par la Pologne. –
(Corresp.)
CANARIES
Un plan européen pour enrayer
l’immigration clandestine
MADRID. Quatorze pays européens
ont défini, mardi 20 juin, un plan
pour enrayer la vague d’immigra-
tion illégale qui déferle des côtes
africaines sur les îles Canaries
(Espagne), a indiqué le ministère
espagnol de l’intérieur. 10 000
émigrants clandestins sont arrivés
aux Canaries par mer depuis le
début de l’année. L’opération sera
coordonnée par Frontex, l’agence
européenne des frontières, et
dotée d’« 1,3 million d’euros »,
selon un communiqué du ministè-
re espagnol. – (AFP.)
EUROPE 10
0123
Jeudi 22 juin 2006
L
e dernier débat d’orientationbudgé-
taire du quinquennat de Jacques
Chirac, prévu jeudi 22 juin à l’As-
semblée et une semaine plus tard au
Sénat, va tourner à la querelle d’héritage.
En présentant la partie dépenses du pro-
jet de loi de finances pour 2007, sur les-
quelles la majorité et l’opposition vont
s’affronter, le ministre délégué au bud-
get, Jean-François Copé, a lui-même
ouvert la voie, dès le 12 juin, en précisant
qu’il entendait « prendre date » avec le
Parti socialiste (PS).
« Chiche », lui ont rétorqué ensubstan-
ce le PS et le Parti communiste. En s’ap-
puyant, pour une large part, sur le rap-
port de la Cour des comptes sur les finan-
ces publiques mais aussi sur l’exécution
du budget 2005, les députés socialistes et
communistes sont passés à l’attaque. L’of-
fensive a débuté, mardi, avec l’examen à
l’Assemblée du projet de loi de règlement.
Didier Migaud, député PSde l’Isère, a ana-
lysé dans le détail l’exécution du budget
2005 : « Je propose d’évaluer les résultats
du gouvernement selon la méthode préconi-
sée par la loi organique relative aux lois de
finances, c’est-à-dire envérifiant si les objec-
tifs fixés par cette majorité endébut de légis-
lature ont été atteints ou pas », a précisé
l’ancien rapporteur général du budget.
« La majorité, a-t-il poursuivi, a échoué
sur toute la ligne : depuis qu’elle gouverne,
le poids de la dette s’est accru de plus de 10
points de PIB, les dépenses publiques ont
augmenté de 2,3 points de PIB, les prélève-
ments obligatoires se sont alourdis de 1
point de PIB – soit environ 18 milliards
d’euros –et laFrance est ensituationde défi-
cit excessif depuis 2002 ».
« Erreur de diagnostic »
Le député de l’Isère a évoqué la persis-
tance du déficit budgétaire, en raison non
pas « d’un niveau de dépense publique a
priori trop élevé (…) mais d’un décalage
entre les dépenses et les recettes ». « Ce déca-
lage, vous l’avez creusé en baissant massive-
ment, mais de façon très ciblée, les prélève-
ments qui pèsent sur les plus aisés », s’est-il
exclamé, rejoint sur ce terrain par le dépu-
té communiste du Cher, Jean-Claude San-
drier qui propose, lui aussi, de revenir sur
les baisses d’impôt décidées par la droite.
Dans la ligne des critiques du prési-
dent de la Cour des comptes, Philippe
Séguin, M. Migaud a dénoncé « la multi-
plicationdes niches fiscales », « la dégrada-
tion » du compte de résultat de l’Etat et
de sonpatrimoine, ainsi que « des manœu-
vres budgétaires », comme le recours mas-
sif aux recettes exceptionnelles. Le grou-
pe socialiste, a-t-il conclu, déposera un
recours devant le Conseil constitutionnel
sur « les multiples entorses à la sincérité
budgétaire » marquant, selon lui, l’exécu-
tion du budget 2005.
Le secrétaire national du PS chargé des
questions économiques et de la fiscalité,
Eric Besson, devait prendre le relais dès
mercredi, lors d’uneconférence de presse, à
la veille du débat d’orientation budgétaire.
A la « relance réussie de 1997, parfaitement
conçue et mise enœuvre », le député socialis-
te de la Drôme oppose un« mauvais pilota-
ge macro-économique » qui, « depuis quatre
ans, a clairement contribué à l’essoufflement
de laproduction ». « Lagestionde l’économie
française par l’UMP, et singulièrement par
M. Breton, se caractérise par une grossière
erreur de diagnostic sur la situation économi-
que française (…) et une croissance durable-
ment faible », très inférieure à celle connue
sous la précédente législature. Evoquant le
lourd manque à gagner pour les finances
publiques des baisses d’impôts des ména-
ges les plus aisés – « 25 milliards d’euros »
cumulés sur quatre ans –, M. Bessonpense
que la droite laissera augouvernement issu
desurnes en2007« unlourdpassif de mesu-
res votées et non financées ».
M. Copé, lui, s’est déclaré satisfait
d’« avoir été en 2005 au rendez-vous ». Il a
opposé au « choix de la responsabilité » en
2007 celui « de la dépense publique supplé-
mentaire », assurant que la mise en œuvre
duprogrammeduPS« se traduirait par une
aggravation annuelle des charges publiques
de 115 milliards d’euros en 2012 ». Ce chiffre
est contesté par M. Besson qui, après une
réunion, mardi soir, avec les experts du PS,
confirmait les évaluations de François Hol-
lande (35 milliards) et de Dominique
Strauss-Kahn (50 milliards). Les 15 mil-
liards d’écart tiennent à la différence entre
le net et le brut, a-t-il précisé, comme pour
faire la synthèse. Le chiffrage détaillé duPS
est attendupour le 1
er
juillet. a
Claire Guélaud
Le projet de loi sur la participation et l’ac-
tionnariat salarié, présenté au conseil
des ministres, mercredi 21 juin, abrite
des dispositions additionnelles ayant
peu à voir avec le thème principal. La
mesure la plus importante instaure un
« congé de mobilité ». Ce congé permet,
à titre expérimental, à un employeur (à
partir de 1 000 salariés) de proposer à
un salarié occupant un emploi « vulnéra-
ble » des actions de formation ou des
missions dans d’autres firmes. Ce congé
interrompt la procédure de licenciement
et le salarié, qui peut refuser cette mesu-
re, l’effectue dans le cadre de son préavis
sans que son contrat de travail ne soit
rompu.
UN RESPONSABLE du Front
national (FN) sur une radio
s’adressant en priorité aux Fran-
çais d’origine maghrébine est iné-
dit. Pas étonnant donc que la pres-
tationde Marine Le Pen, vice-pré-
sidente du parti, sur Beur FM le
6 juin soit commentée dans les
milieux d’extrême droite.
Minute dans son édition du
14 juin lui consacre trois pages
ainsi que sa couverture, où on
peut lire : « Un million de voix en
jeu : quel sera le vote “beur” ? »
« Marine Le Pen fut mieux que
bien accueillie », s’émerveille
l’hebdomadaire d’extrême droite,
qui voit là le fruit de l’opposition
du président du FN à l’interven-
tion américaine en Irak. Minute
développe l’idée selon laquelle
l’électorat « d’origine immigrée »
et « soucieux de s’assimiler » sup-
porte de moins enmoins les « inci-
vilités » dont il serait, « comme les
Gaulois », la « première victime ».
Il aspirerait « à voir l’ordre réta-
bli », mission à laquelle la gauche
et le ministre de l’intérieur, Nico-
las Sarkozy, auraient « failli ».
Selon Minute : « Les suffrages
beurs qui s’étaient portés sur
Chirac en 2002 ont peu de chance
d’être accordés à Nicolas Sarkozy
en 2007. Ils ne le seront pas plus à
Philippe de Villiers, qui mène une
campagne pro-israélienne assez stu-
péfiante. Reste qui ? l’éventuel can-
didat “altermondialiste”; le candi-
dat socialiste s’il s’agit de Ségolène
Royal, et seulement d’elle ; et Jean-
Marie Le Pen .»
Enrésumé, pour l’hebdomadai-
re d’extrême droite, l’émission
« Forum débat » animée par
Ahmed El Keiy, sur Beur FM, à
laquelle M
me
Le Pen a participé,
aurait prouvé que l’horizon entre
le FNet les beurs est dégagé.
Ce que Minute omet cependant
de mentionner, c’est que cadres
et militants frontistes ont très lar-
gement contribué au « bon
accueil » de M
me
Le Pen. Et cela
en profitant, lors de l’émission,
des 35 minutes de questions
posées en direct par les audi-
teurs, sans qu’il y ait de sélection
préalable. Ainsi a-t-on eu la sur-
prise d’entendre un certain
« Louis de Toulouse » évoquer le
codéveloppement entre la France
et l’Afrique pour stopper « les
flux migratoires ». « Il a un peu de
mal, Louis », s’est étonné M. El
Keiy devant les hésitations de ce
dernier à poser sa question.
« Oui, il est très timide » a répli-
qué M
me
Le Pen en réprimant dif-
ficilement un fou rire car elle
avait reconnu dans ce Louis tou-
lousain Louis Aliot, le secrétaire
général du FN.
A deux reprises, M. El Keiy
s’est amusé à démasquer des
imposteurs : « J’aime bien votre
accent, Mustapha, mais il faut un
peu le travailler », a-t-il lancé à
l’un d’entre eux qui venait de
déclarer à « Mme Li Pen [sic] »
qu’il voterait pour elle. « Vous
avez le discours qui vous permet
d’être membre duFN »a-t-il répli-
qué à un certain Mourad de Paris
qui venait d’expliquer qu’il en
avait assez « d’être agressé par des
cousins dans le métro ».
Ces intrus ne sont tout de
même pas parvenus à occulter les
interventions d’authentiques
Français d’origine étrangère. Cer-
tains ont montré leur intérêt
pour la nouvelle égérie du Front.
La plupart ont parlé du racisme
dont ils sont victimes. D’autres se
sont inquiétés des relations entre
le FN et l’Algérie, si d’aventure il
arrivait aux affaires. Hormis un
auditeur qui a menacé d’une
« frappe stratégique pendant deux
cents ans » toute personne
« essayant d’exercer une pres-
sion » sur les musulmans, le ton
est resté courtois. Y compris
quand une auditrice évoquant la
fable du « Petit Chaperon rouge »
s’est demandé si Beur FM, en
invitant M
me
Le Pen, ne permet-
tait pas au « loup » frontiste de
« draguer les Beurs ». « Ce serait
naïf de penser le contraire, mais
c’est de bonne guerre »lui a répon-
du M. El Keiy, qui tient au plura-
lisme de son émission. a
Christiane Chombeau
Création d’un
« congé de mobilité »
Pourquoi faut-il stabiliser
les dépenses de l’Etat ?
Les bonnes années, l’Etat
dépense 15 %de plus qu’il ne fait
de recettes ; les mauvaises, 20 %.
Et cela dure depuis vingt-cinq
ans. Aucune famille, aucune
entreprise ne se comporte ainsi.
L’effort sans précédent de maîtri-
se de la dépense engagé par la
majorité depuis 2003 doit être
amplifié. Pour stabiliser puis
réduire la dette, les dépenses de
l’Etat doivent être bloquées pen-
dant plusieurs années à leur
niveau actuel. Les orientations
du gouvernement vont dans ce
sens. A structure fiscale constan-
te, une croissance de 2 %en volu-
me conjuguée à une inflation de
1,8 %assurent à l’Etat environ
12 milliards d’euros de recettes
en plus. Depuis 2004, les recettes
fiscales progressent plus vite que
la croissance. Je pense donc que
les hypothèses de recettes pour
2006-2007 sont robustes et fia-
bles. En 2007, près de 80 000
agents de l’Etat partiront à la
retraite. Un sur cinq ne sera pas
remplacé. On est loin des 50 %
envisagés initialement, mais c’est
un début. A l’avenir, il faudra
jouer davantage sur ce levier
pour rééquilibrer nos comptes.
Une pause dans les baisses d’im-
pôt est indispensable. Réduire la
dette est un engagement incon-
tournable envers nos enfants. a
Propos recueillis par C. Gu.
La prévision de croissance de
2,25 à 2,5 %pour 2007 est-elle
crédible ?
Les hypothèses de croissance
retenues dans le projet de budget
pour 2007 ne sont pas raisonna-
bles. L’envolée des prix dupétrole
pourrait nous coûter 0,9 point de
PIB. Les taux d’intérêt devraient
remonter d’aumoins 1,25 point.
L’augmentationannoncée de la
TVApourrait freiner la consomma-
tionenAllemagne, notre premier
partenaire commercial. Le gouver-
nement aurait donc dûs’entenir à
une prévisionqui ne dépasse pas
2 %. Se désendetter, c’est se don-
ner les moyens de réduire progres-
sivement le déficit à zéro, ce n’est
pas céder des actifs publics, com-
me les autoroutes, dont la rentabili-
té est supérieure autaux d’intérêt.
L’Etat doit faire mieux que stabili-
ser ses dépenses envolume et ten-
dre vers le zéro valeur pendant
deux à trois ans. Les dépenses
sociales devraient évoluer
d’un point au-dessus des prix. Il
faut que l’Etat cesse de pousser les
collectivités locales à la dépense. Et
qu’il soit mieux géré. Les départs à
la retraite et les gains de productivi-
té possibles de l’ordre de 2 %par
anpermettent de supprimer
40 000postes par an. Or 18 000
l’ont été enquatre ans. Il faut inté-
resser les fonctionnaires à cette évo-
lution, enliant le niveaude leurs
primes à l’effort de productivité. a
Propos recueillis par C. Gu.
Dans quelle situation économi-
que la France se trouve-t-elle ?
Les ministres de l’écono-
mie,Thierry Breton, et du budget,
Jean-François Copé, vivent dans
une bulle. Ils pensent que tout va
mieux, alors que le déficit, les pré-
lèvements obligatoires, l’endette-
ment et la dépense publique se
sont dégradés depuis juin 2002.
Le gouvernement prétend vouloir
faire baisser l’endettement de
2 points de PIB, après l’avoir fait
croître de 10 points. Mais com-
ment ? En recourant aux recettes
de privatisation, en ajustant ses
fonds de trésorerie ? C’ est très
artificiel. La Cour des comptes l’a
dit : la norme d’évolution de la
dépense n’est pas respectée. Le
gouvernement Jospin a mieux
maîtrisé la dépense publique. La
croissance française est molle
depuis plusieurs années. Je crains
que le budget ne soit bâti sur des
hypothèses trop optimistes et
qu’il ne faille le corriger par un
collectif. Le projet de loi de finan-
ces n’a pas vocation à être exécu-
té. Le gouvernement a une appro-
che idéologique des effectifs de
fonctionnaires : il ne raisonne
qu’en termes d’excès d’agents
publics. Cela n’a pas de sens. Si
des redéploiements sont nécessai-
res, nombre d’administrations
sont en grande difficulté : la justi-
ce, la sécurité, la santé, l’éduca-
tion, la recherche par exemple. a
Propos recueillis par C. Gu.
www.gap.fr
Budget Le dernier débat d’orientation budgétaire du mandat Chirac se tiendra jeudi 22 juin à l’Assemblée
Le PS attaque le bilan économique de la législature
QUESTION À… GILLES CARREZ (DÉPUTÉ UMP)
« L’Etat dépense 15 à 20 % de
plus qu’il ne fait de recettes »
QUESTION À... CHARLES DE COURSON (DÉPUTÉ UDF)
« Des hypothèses de
croissance déraisonnables »
QUESTION À... DIDIER MIGAUD (DÉPUTÉ PS)
« M. Breton et M. Copé
vivent dans une bulle »
FRANÇOIS NASCIMBENI/AFP
EXTRÊME DROITE MARINE LE PEN SE DÉMARQUE DE PHILIPPE DE VILLIERS
Le Front national « drague » la communauté maghrébine sur Beur FM
MAXPPP JACQUES DEMARTHON/AFP
POLITIQUE & SOCIÉTÉ 12
0123
Jeudi 22 juin 2006
D
ebout, au milieu de 700 militants
du PS assis en cercle autour d’elle,
Ségolène Royal soudain s’enflam-
me : « On est dans pays tassé, tiré vers le
bas, gouverné par des gens incapables, qui
se disputent entre eux et qui en viennent
maintenant à la violence verbale à l’Assem-
blée nationale ! »
La présidente du conseil régional de
Poitou-Charentes, candidate à l’investitu-
re de son parti pour 2007, n’était pas pré-
sente en séance lors de l’incident qui a
opposé, mardi 20 juin dans l’après-midi,
Dominique de Villepinà François Hollan-
de. Mais, le soir, pour son premier mee-
ting parisien dans un gymnase du
19
e
arrondissement, elle prend vivement
la défense de son compagnon. « Vous
avez vu maintenant comme le premier
secrétaire du PS se fait traiter de lâche ?
C’est inadmissible ! Je voudrais ici défendre
François, car c’est inadmissible d’être agres-
sé comme ça quand on est le chef d’un parti
politique ! », lance-t-elle sous les applau-
dissements.
Quelques heures plus tôt, l’hémicycle
s’est embrasé après que le chef dugouver-
nement, en réponse à une question de
M. Hollande, a taxé ce dernier de « lâche-
té ». Le député de la Corrèze avait repro-
ché aupremier ministre son« irresponsa-
bilité » en citant tout à la fois le projet de
privatisationde Gaz de France (GDF), les
actions en justice intentées à l’encontre
de journalistes à propos de l’affaire
Clearstream, et les levées de stock-
options réalisées par des dirigeants
d’EADSavant que le cours de l’entreprise
ne s’effondre. « Dans toute démocratie
digne de ce nom, le chef de l’État oule Parle-
ment auraient mis fin à cette situation »,
avait affirmé le premier secrétaire du PS.
« Monsieur Hollande, il est des
moments dans la démocratie où l’on ne
peut pas dire n’importe quoi, répond le
chef du gouvernement. Il est des moments
dans une démocratie où on ne peut pas
mélanger les carottes et les choux-fleurs. »
M. de Villepin se raidit, l’attaque lui brû-
le les lèvres. Fixant son adversaire, il
hausse le ton : « Je dénonce, monsieur Hol-
lande, la facilité, et je dirai même, en vous
regardant, la lâcheté… » Plusieurs dépu-
tés socialistes bondissent, les cris fusent.
« Sa lâcheté, je le redis », martèle le pre-
mier ministre. « Démission ! », scandent
les élus du PS, qui se massent au pied de
l’hémicycle. Les huissiers font rempart
pour les empêcher de se frotter au pre-
mier ministre. La suite des interventions
se perd dans le brouhaha. Jean-Louis
Debré décide de lever la séance « afin que
notre assemblée retrouve la sérénité néces-
saire à nos débats ».
Que se sont-ils dits, après, dans les cou-
loirs ? Après un bref échange avec le pré-
sident de l’Assemblée, M. de Villepin
quitte le Palais-Bourbon. M. Debré lui
a-t-il fait comprendre que ce départ était
nécessaire au retour à la « sérénité » ?
M. Hollande, pour sa part, estime que,
« s’il n’y apas d’excuses, demain, à l’Assem-
blée, laséance ne pourrapas se dérouler nor-
malement ». François Bayrou réclame
« des élections anticipées ». « Plus rien ne
marche », estime le président de l’UDF,
décrivant « un état de sidération généra-
le », « un pathétique effondrement », la
« décomposition du régime ». « Je pense
que, de toute façon, le premier ministre
n’était pas enétat de faire une sessionextra-
ordinaire », lâche Jean-Christophe Lagar-
de (UDF, Seine-Saint-Denis).
Pour nombre de députés de l’UMP, en
tout cas, le doute n’est plus
permis. « J’étais le premier à
dire, il y a un mois, qu’il
[M. de Villepin] devait se
demander s’il servait les inté-
rêts de lamajorité, répète Jean-
Paul Anciaux (UMP, Saône-
et-Loire). La démonstration
est faite qu’il les dessert. Les
incidents succèdent aux inci-
dents. Il est temps qu’il en tire
les conséquences. »
« La réponse de Villepin est
une provocation, s’étrangle
Christine Boutin (UMP, Yvelines). Il faut
que le premier ministre s’en aille. Ce n’est
plus possible. » « Cela montre que le pre-
mier ministre traverse des circonstances dif-
ficiles et qu’il est sous pression, se contente
de remarquer Marc-Philippe Daubresse
(UMP, Nord). C’est comme Zidane :
quand il est fatigué, il commet des fautes. »
La pression, en effet, ne s’est pas relâ-
chée sur le premier ministre, notamment
sur le dossier GDF-Suez, en dépit de l’ac-
cordintervenula veille entre le gouverne-
ment et les présidents UMP du Sénat et
de l’AssembléE. Les critiques à l’encon-
tre du projet de privatisation de GDF ne
se sont pas tues, mardi matin, lors des
réunions du bureau et du groupe des
députés UMP. BernardAccoyer, leur pré-
sident, reconnaît que « le débat existe
encore ».
En réalité, les réserves
qui ont continué à s’expri-
mer ausein même de l’UMP
jettent une hypothèque sur
les chances du projet de loi
qui sera présenté, mercredi
28 juinenconseil des minis-
tres, d’être examiné à la ren-
trée. « Personne ne croit à
une session extraordinaire à
la rentrée », avance Fran-
çois-Michel Gonnot (UMP,
Oise), qui souligne la
« concomitance avec les suppressions de
postes d’enseignant ». Le responsable des
questions de l’énergie à l’UMP s’interdit
de n’envisager qu’une solution indus-
trielle. « On vote bien des lois qui ne sont
pas promulguées. On peut bien présenter
des lois qui ne seront pas votées », lâche le
sarkozyste Yves Jégo. a
Patrick Roger et Isabelle Mandraud
Lors de la séance des questions
à l’Assemblée nationale,
mardi 20 juin, le premier
ministre a dénoncé la « lâcheté »
de François Hollande.
Le PS exige des excuses.
LES DROITS des enfants victimes d’un
manque de détermination gouvernemen-
tal ? Rapporteure de la missiond’informa-
tion de l’Assemblée nationale sur la
famille et les droits des enfants, qui avait
rendu un rapport remarqué le 25 janvier,
Valérie Pecresse (UMP, Yvelines) n’en-
tend pas que « des mois de travail restent
sans suite ». Alors qu’a débuté au Sénat,
mardi 20 juin, l’examen du projet de loi
sur la protection de l’enfance présenté
par le ministre délégué à la famille, Philip-
pe Bas, la députée dépose de son côté six
propositions de loi s’appuyant sur les tra-
vaux de la mission, mais que le gouverne-
ment n’a pas reprises à son compte.
La plupart d’entre elles, pourtant,
avaient recueilli dans lamissionparlemen-
taire, présidée par Patrick Bloche (PS,
Paris), un large consensus. « Pour des rai-
sons diverses, le gouvernement n’a pas jugé
opportun de les mettre en débat », regrette
M
me
Pecresse. Nommée rapporteure du
projet de loi sur la protection de l’enfance,
– il devrait être examiné en commission à
l’Assembléedébut juillet et discutéenséan-
ce à l’automne –, elle se garde la possibilité
de les présenter, toutes ou en partie, sous
forme d’amendement. « Ce que je veux,
c’est que le débat ait lieuet qu’onne se conten-
te pas de les évacuer sous prétexte que leur
objet s’éloigne duprojet de loi ouque çacoûte
cher », affirme-t-elle.
Aucœur de ces propositions, l’intérêt de
l’enfant, « qui doit, quoi qu’il arrive, primer
sur les aspirations des adultes ». Et la prise
en compte de la « désinstitutionnalisation
de la vie familiale », ajoute la porte-parole
de l’UMP, soulignant que « les situations
“à côté de la loi” se multiplient ». Ainsi,
avait relevé la missionparlementaire, la loi
Royal de 2000 autorisant la délégation
d’autorité parentale ne concerne que quel-
ques milliers de bénéficiaires, « quand
3 millions d’enfants ne vivent pas avec leurs
deux parents ». « L’intérêt de l’enfant, esti-
meM
me
Pecresse, c’est de consacrer le rôle du
“parent enplus”, du“parent social”, à la fois
dans le regardde la société et dans les yeux de
l’enfant. »
Le retard français
Une des six propositions non retenues
instaureainsi une« délégationde responsa-
bilité parentale pour les actes de lavie couran-
te de l’enfant ». Elle procéderait d’une sim-
pleconventionenregistréeaugreffedutri-
bunal, révocable à tout moment, alors que
la délégation d’autorité parentale suppose
une décision du juge des affaires familia-
les. Si cette procédure est à l’étude dans
plusieurs pays, elle se heurte aux réticen-
ces des professions judiciaires, qui esti-
ment leur intervention nécessaire. La
députée, ancien magistrat, est cependant
convaincue qu’elle « correspond vraiment
à une demande sociétale ».
Deux autres propositions portent, l’une,
sur la médiation familiale et l’exercice de
l’autorité parentale après la séparationdes
parents, l’autre, sur le droit de l’enfant à
entretenir des relations avec ses grands-
parents. La première vise, elle aussi, à la
déjudiciarisation des conflits familiaux et
veut offrir à l’enfant la possibilité de
demanderlarévisiondesconditionsd’exer-
cicedel’autoritéparentale. Ladéputéesou-
ligne le retardde la législationfrançaise au
regardde la Conventioninternationale sur
les droits des enfants en ce qui concerne
l’accès à la justice. Elle entend, à travers
deux autres propositions de loi, faire avan-
cer le droit à l’« accès aux origines », enins-
taurant un « accouchement dans la discré-
tion », qui se substituerait à l’accouche-
ment sous X, et enrendant possiblelalevée
de l’anonymat des donneurs de gamètes. a
P. Rr.
LAHAUTEAutoritédesantéarendupubli-
ques, mardi 20juin, des recommandations
de prise en charge de la psychopathie, une
thématique sensible aucarrefour de lapsy-
chiatrie et de la criminologie. Présidée par
la magistrate Nicole Maestracci, une com-
mission d’audition composée de psychia-
tres, juristes et sociologues, estime néces-
saire de faire preuve de « la plus extrême
prudence » sur le sujet, particulièrement
sur l’existence d’un « lien causal » entre
psychopathie et délinquance. Elle plaide
pour « des actions préventives précoces »
de ce trouble de la personnalité, notam-
ment par le repérage des troubles des
conduites chez l’enfant et l’adolescent.
Au mot « ambigu » de « psychopathe »,
qui n’est pas une catégorie clinique et qui
contient unechargesémantique« péjorati-
ve », lacommissionpréfère le « terme d’or-
ganisation de la personnalité à expression
psychopathique ». Ce trouble de la person-
nalité ne se manifeste qu’à l’âge adulte,
avec apaisement des symptômes au-delà
de 40 ans. Il se caractérise par une indiffé-
rence froide aux sentiments d’autrui, un
mépris desrègles, uneintoléranceàlafrus-
tration, uneirritabilité ainsi quedes passa-
ges à l’acte avec agressivité dirigée contre
soi (tentatives de suicide, automutila-
tions) ou autrui.
Les spécialistes estiment que le nombre
de psychopathes a augmenté ces dernières
années, maisaucunedonnéeépidémiologi-
que fiablene permet de le confirmer. Selon
les experts, « la majorité des adultes souf-
frant d’une organisationde lapersonnalité à
expression psychopathique a présenté des
troubles de laconduite dans l’enfance et l’ado-
lescence ». Ce constat récurrent a conduit
la commission à se prononcer pour un
repérage précoce de ces troubles pendant
l’enfance. Figurant dans unrapport del’In-
sermdeseptembre2005, lamêmepréconi-
sation, reprise par Nicolas Sarkozy dans
son projet de loi sur la prévention de la
délinquance, avait suscité un vent de fron-
de chez les professionnels de la petite
enfance.
« Risque de stigmatisation »
La commission se déclare « consciente
durisque de stigmatisation inhérent à toute
politique de repérage précoce » mais « esti-
me que le risque de laisser les enfants ensouf-
france sans proposition de prise en charge
est largement plus important ». « Nous
défendons de manière très ferme l’idée qu’il
faut s’occuper des enfants qui vont mal », a
expliqué M
me
Maestracci, tout en recon-
naissant que « le pire serait de repérer les
enfants sans leur offrir autre chose qu’une
place sur une liste d’attente ». La magistra-
te a ainsi relevé qu’en Seine-Saint-Denis,
5 000 enfants n’ont pu être reçus par une
structure de prise encharge pédopsychia-
trique « dans l’année de leur demande ».
En matière de prise en charge à l’âge
adulte, la commission rappelle que « le
traitement, qui repose sur un long travail
d’élaborationpsychique, ne peut avoir lapré-
vention de la récidive pour premier objectif,
même s’il peut y contribuer ». Elle se mon-
tre réservée sur le fait de conditionner une
réduction de peine au suivi d’une thérapie
en prison. La commission exprime par
ailleurs son malaise face à la loi du
12 décembre 2005 sur la récidive, qui
« multiplie le recours auxexpertises psychia-
triques et situe la perspective de soin dans
une logique purement sécuritaire ». a
Cécile Prieur
M. de Villepin joue l’esclandre
et jette un froid dans sa majorité
M. Cambadélis, député socialiste, est retenu par un huissier alors qu’il s’adresse fermement au
premier ministre lors des questions au gouvernement à l’Assemblée, mardi 20 juin. F. DUFOUR/AFP
L
’ancien porte-parole de François
Mitterrand, Max Gallo, et le pro-
bable candidat de l’UMP à l’élec-
tion présidentielle, Nicolas Sarkozy,
officialisent leur rapprochement pour
la dernière de l’émission de Franz-Oli-
vier Giesbert, « Culture et dépendan-
ces », qui sera diffusée mercredi
21 juin sur France 3.
Timides, se souriant, se cherchant du
regard, l’historien à succès et le ministre
de l’intérieur se sont retrouvés pour célé-
brer la France. Le biographe du général
de Gaulle et de Napoléon a adoré le dis-
cours prononcé par M. Sarkozy à Nîmes,
le 9 mai, dans lequel il exaltait la gran-
deur de la France et fustigeait la manie
de la repentance.
Soutien de Jean-Pierre Chevènement
en 2002, M. Gallo s’est dit « tout à fait
d’accord » avec cette vision, regrettant
que les médias ne s’en soient pas suffi-
samment fait l’écho. « J’affirme que ce dis-
cours mériterait d’être lu et relu », a lancé
l’écrivain admiratif qui, au passage, a
félicité le numéro 2 du gouvernement
d’avoir déclaré « comprendre » les parti-
sans du non au traité constitutionnel
européen.
M. Sarkozy lui a aussitôt retourné
l’hommage, en affirmant que c’est une
visite rendue auparavant à M. Gallo qui
lui avait inspiré ce discours nîmois. Leur
conversation a rassuré l’auteur de Fier
d’être français (Fayard) qui, explique-t-il,
craignait que M. Sarkozy ne soit pro-
américain et communautariste. Peu ava-
re de bonnes manières, M. Sarkozy a lan-
cé : « On doit s’enrichir en rencontrant des
gens différents. »
Au-delà de l’anecdote, cet assaut
d’amabilités télévisées est, pour
M. Sarkozy, le signe que son discours
porte aussi à gauche et notamment dans
les anciens bataillons de M. Chevène-
ment. Entre l’ex-ministre de l’intérieur
et son successeur, les bonnes manières
ne manquent pas.
Plusieurs collaborateurs du président
d’honneur du Mouvement républicain et
citoyen (MRC) ont vu leur carrière facili-
tée par le patron de l’UMP. L’ancien
conseiller parlementaire de M. Chevène-
ment, Didier Leschi, dirige le bureau cen-
tral des cultes. Son ex-directeur adjoint
de cabinet, Michel Bart, est aujourd’hui
préfet des Hauts-de-Seine. Spécialiste de
la Corse, Yannick Blanc dirige à présent
la police générale à la Préfecture de poli-
ce. Enfin, François Lucas, qui fut chargé
des collectivités locales, est devenu pré-
fet délégué à la sécurité en Bretagne.
« Nous avons été plutôt bien servis »,
estime l’un des heureux recasés du che-
vénementisme. a
Philippe Ridet
FAMILLE PROJET DE LOI SUR LA PROTECTION DE L’ENFANCE
Le texte du gouvernement déçoit
la rapporteure UMP, Valérie Pecresse
PSYCHOPATHIE UN RAPPORT DE LA HAUTE AUTORITÉ DE SANTÉ
Des experts préconisent un repérage des
troubles du comportement chez l’enfant
« Les incidents
succèdent aux
incidents. Il est
temps que
M.de Villepin en tire
les conséquences »
Jean-Paul Anciaux
député UMP
Le pas de deux de Max Gallo et Nicolas Sarkozy
PARTI RADICAL DE GAUCHE
Emile Zuccarelli penche
pour Laurent Fabius
Le député PRGde Haute-Corse a indiqué,
mardi 20 juin, qu’unanaprès le référen-
dumdu 29 mai « la question européenne
ne peut être escamotée dans le débat prési-
dentiel ». Emile Zuccarelli a expliqué qu’il
« attendait du candidat de gauche qu’il res-
pecte le vote du peuple souverain ». « J’at-
tends de voir ce que mon parti va décider »,
a-t-il ajouté, précisant que parmi les postu-
lants du PS « Laurent Fabius était celui
qui répondait le plus à ses préoccupations ».
VERTS
Le secrétaire national
veut réformer son parti
Le secrétaire national des Verts, Yann
Wehrling, a déclaré, mardi 20 juin, qu’il
souhaitait engager une réforme des sta-
tuts et du fonctionnement de son parti,
afin d’avoir « une vraie majorité et une
vraie direction ». « L’exécutif n’est qu’un
conglomérat de courants qui se regardent
en chien de faïence et on n’avance pas »,
a-t-il précisé en référence aux tensions
actuelles au seindu collège exécutif des
Verts.
POLITIQUE & SOCIÉTÉ
0123
Jeudi 22 juin 2006 13
Lors du réquisitoire, le parquet
a estimé que l’équipage
de l’A320 avait été maintenu
dans l’erreur « en raison d’une
ergonomie [du cockpit]
favorable à la confusion »
SANTÉ RAPPORT DU CONTRÔLE GÉNÉRAL ÉCONOMIQUE ET FINANCIER
L’Institut du cancer n’a « pas été
à la hauteur des enjeux », selon un audit
COLMAR(Haut-Rhin)
ENVOYÉ SPÉCIAL
A
l’issue d’un réquisitoire de cinq
heures, les procureurs Claude Pal-
pacuer et Laurent Guy ont deman-
dé, mardi 20 juin, des peines d’emprison-
nement assorties du sursis à l’encontre
de quatre des six prévenus qui comparais-
sent depuis le 2mai devant le tribunal cor-
rectionnel de Colmar (Haut-Rhin), suite
à la catastrophe aérienne qui avait provo-
qué la mort de 87 personnes le 20 janvier
1992 au mont Sainte- Odile.
Les deux représentants du ministère
public ont requis unande prisonavec sur-
sis pour Claude Frantzen, chef du service
de la formation aéronautique à la direc-
tion générale de l’aviation civile (DGAC),
Bernard Ziegler, directeur technique de
la société Airbus au moment des faits, et
Daniel Cauvin, directeur général adjoint
de la compagnie Air Inter jusqu’en 1989.
Ils ont réclamé neuf mois également
assortis dusursis pour Eric Lammari, qui
était en service à la tour de contrôle de
Strasbourg-Entzheimle soir du drame.
Ils laissent au tribunal le soin d’appré-
cier l’éventuelle culpabilité de Pierre-
Henri Gourgeon, directeur général de la
DGAC et de Jacques Rantet, directeur de
l’exploitation de la compagnie Air Inter à
l’époque du drame, tout en considérant
qu’aucune charge susceptible d’engager
une responsabilité pénale n’est établie
contre ces deux responsables.
Encommençant sonpropos, M. Palpa-
cuer savait que ses réquisitions pou-
vaient nourrir des déceptions. Comme
pour amadouer les parties civiles, dont il
craignait qu’elles « trouvent ses demandes
de peines insuffisantes », il avait prévenu :
« Il y aura des mécontents. » « La vérité
des victimes n’est pas la vérité des préve-
nus » a-t-il lancé. Et s’il a rappelé les
témoignages poignant des familles de vic-
times, des orphelins, des veuves, des
pères et des mères entendus au début de
cette audience, il a pris soin de souligner
que la justice pénale se doit
« de dépasser l’émotion ».
Elle a « des exigences rudes,
a-t-il relevé. C’est sa façon
de respecter les victimes en
disant le droit. » D’autant
qu’il existe des charges qui
fondent, selon le parquet,
ce procès qui aura été
« humainement nécessaire
et techniquement utile ».
Au fil de son réquisitoi-
re, le procureur a balayé la
thèse développée par M. Ziegler et la
société Airbus, selon laquelle le pilote et
le copilote de l’A320, tous deux morts
dans l’accident, pourraient être responsa-
bles ducrashde l’appareil. « J’ai laconvic-
tion qu’après un guidage approximatif,
l’équipage – novice sur un appareil nova-
teur –, a été pris de façon durable dans une
erreur de représentation en raison d’une
ergonomie favorable à la confusion », a-t-il
déclaré.
En clair, selon M.Palpacuer, l’ergono-
mie du cockpit de l’A320 dans sa premiè-
re version – il a été modifié par Airbus
après la tragédie – était conçue de telle
manière qu’elle n’a pas aidé l’équipage à
corriger les erreurs enregistrées lors de
l’approche sur l’aéroport de Strasbourg.
C’est là le principal grief que l’accusation
retient contre M. Ziegler. Selonle ministè-
re public, « sa fierté légitime » d’avoir été
comme il se définit lui-même « l’architec-
te de l’A320 »le rend« réticent à reconnaî-
tre que tout n’est pas parfait sur cet appa-
reil ».
Concernant M. Lammari, le contrô-
leur aérien, M. Palpacuer estime que le
tribunal doit prendre en compte le
« niveau de responsabilité »des différents
prévenus. Aussi, le ministère
public n’a pas voulu être
d’une sévérité extrême à son
égard.
En revanche, il n’a pas la
même indulgence à l’égard de
MM. Frantzen et Cauvin.
Pour Laurent Guy, qui a pris
la suite de M. Palpacuer au
ministère public, M. Frantzen
a délibérément « négligé » le
GPWS (avertisseur de proxi-
mité du sol), dont la présence
à bord de l’appareil aurait « sauvé les pas-
sagers et l’équipage », a-t-il assuré. « Avec
le GPWS nous avons unexemple d’immobi-
lisme : Air Inter attend que l’administra-
tion lui impose cet instrument et l’adminis-
tration attend qu’Air Inter soit disposé à
l’accepter », a-t-il déploré. « Air Inter dic-
tait-elle sa conduite à l’autorité de tutel-
le ? », s’est-il interrogé. En tout cas, selon
lui, ces deux hauts dirigeants, « bieninfor-
més » ont commis « une faute injustifia-
ble ». Suite du procès jusqu’au 27 juin
avec les plaidoiries de la défense. a
Yves Bordenave
Crash du mont Sainte-Odile : du sursis
requis contre quatre des six prévenus
SI LAcaractéristique des bons rapports est
de ne fâcher personne, l’audit sur l’Institut
national du cancer (INCa) est parfait. Le
rapport du Contrôle général économique
et financier « réfute de manière claire et
sans ambiguïtés les accusations de dépenses
somptuaires et les diverses assertions calom-
nieuses dont avait fait l’objet l’INCa et ses
dirigeants », ont estimé, mardi 20 juin,
dans un communiqué, les ministères de la
recherche et de la santé. Le professeur
David Khayat n’est pas moins satisfait :
« Je n’ai rienàme reprocher, adéclaré, mar-
di, le président de l’institut. Ma gestion est
impeccable, mon honneur est restauré. »
Le rapport de Bercy propose pourtant
de diviser par deux le nombre de salariés
de l’institut, ne voit pas pourquoi celui-ci
aurait besoin de 8 000 m
2
de locaux et
suggère, vu ses résultats, de le dégager
« de toute tâche de gestion ». Il s’interroge
même sur l’intérêt d’un institut dont « la
valeur ajoutée n’est pas pleinement assu-
rée ». Les formules, s’agissant d’un pro-
jet piloté par l’Elysée, sont certes pruden-
tes, et les contrôleurs ne relèvent jamais
de bévues, tout au plus « des facilités non
optimales », mais sur le fond, le bilan est
sévère.
Selonlerapport, leconseil d’administra-
tionne contrôle rienet « connaît encore des
marges de progrès ». Du conseil scientifi-
que, on ne sait pas grand-chose (« l’écart
entre les minutes des réunions et le compte
rendu public est regrettable ») : il faut
« remanier au plus vite la gouvernance »de
l’INCa et créer un conseil de surveillance
et undirectoire.
« Liens de parenté »
Quant aux « assertions calomnieuses »,
le rapport n’en fait pas totalement litière.
La direction avait reconnu trois « recrute-
ments marqués par des liens de parenté »
devant le conseil d’administration.
« Aurait également pu être citée la cousine
du directeur du département “Transfert,
tumorothèques et médicaments inno-
vants” », ajoutent les rapporteurs, qui esti-
ment joliment que « le contrat d’embauche
ne devrait pas être signé par une personne
liée à l’embauché ».
Un directeur de département « a vu sa
rémunération plus que doubler lors de son
embauche » à un taux « hors des pratiques
usuelles des organismes publics ». L’adjoin-
ted’unautre, dont lesalaireétait déjàdéro-
gatoire, a touché 9 439 euros en heures
supplémentaires sur trois mois, une situa-
tion « irrégulière pour un cadre », notent
les rapporteurs. Un troisième directeur a
été rémunéré « par le biais d’un contrat de
prestations de services avec une société de
droit belge dont il était dirigeant ».
Le chapitre sur les passations de mar-
chés est plus inquiétant : une seule entre-
prise s’est vu confier les fournitures de
bureau, le matériel vidéo, l’informatique,
l’aménagement des bureaux et l’achat de
mobilier. La gestion des loyers conduit les
rapporteurs à conclure que « l’INCa n’est
pas armé »pour traiter lui-même les ques-
tions immobilières et àdemander de « ren-
forcer l’attention générale à la gestionet à la
rigueur ».
Au fond, l’institut est-il indispensable ?
Les rapporteurs hésitent. Même si l’INCa
n’a qu’un an, « le recensement des flux
financiers » – avant et après le plan can-
cer –est « partiel, mal consolidé », et il est
difficile de se faire une idée. L’évaluation
des pratiques de soins « n’est pas enga-
gée ». Concernant la recherche, des
départements ont été créés « dans l’im-
provisation », mais « aucundébat stratégi-
que, ni en réunion de direction entre les
directeurs de départements, ni au conseil
scientifique ou au conseil d’administra-
tion, n’a eu lieu sur ce point ». D’ailleurs,
« la synergie entre soins et recherche, fonde-
ment de l’INCa, n’est pas nettement le critè-
re d’intervention de l’institut ».
« La préoccupation du patient est un des
fondements de l’INCa, notent les rappor-
teurs, peut-être même sa raison d’être en
tant qu’institution spécifique. » Hélas, le
département qui enest chargé « n’est guè-
re doté de moyens ». En somme, tranche le
rapport, « l’organisation des instances et
surtout leur conduite comme l’animation
des équipes de l’INCa n’ont pas été à la hau-
teur des enjeux et des difficultés de la lutte
contre le cancer ». a
Franck Johannès
SÉVRIER(Haute-Savoie)
ENVOYÉE SPÉCIALE
C’était avant la garde à vue. Avant la com-
parution devant le juge. Avant que leurs
mots ne se posent, tordus, sur des procès-
verbaux. Avant que la procédure et le
temps ne les usent. Que leurs avocats ne
les lissent. Que la solennité glacée d’une
cour d’assises et la terreur d’un verdict à
venir ne les émoussent. Des mots sans
adjuvant ni édulcorant, surpris sur des
écoutes téléphoniques.
Le président Bessy a choisi de les diffu-
ser, lundi 19 juin, après que le lieutenant
de gendarmerie Thierry Dupineut présen-
té son enquête sur la tuerie du Grand-Bor-
nand. Dès les premiers jours des « soup-
çons » s’étaient portés sur David Hotyat,
dont l’audition avait révélé des contradic-
tions dans sonemploi dutemps du11 avril.
Saligne téléphonique et celle de sa compa-
gne avaient été placées sur écoutes.
Le 24juin2003, DavidHotyat, qui vient
derecevoir saconvocationpour sesoumet-
tre à un test ADN, appelle Alexandra Lefe-
vre. Depuis le 12 avril, elle sait ce qu’il a
fait, la nuit précédente dans le chalet Flac-
tif. « Ça va ? – Ouais – Ils veulent me voir
pour mon ADN. – Ah ouais ? – Mais moi, je
vais les rappeler, je vais leur dire que j’suis
pas d’accord. »Ellelui recommandemolle-
ment d’y aller. « T’as rien à te reprocher,
pourquoi t’irais pas le faire, l’ADN ? – Non
mais, j’vais pas me faire chier. Ils ont qu’à
chercher ailleurs, hein ? Et puis, t’as le droit
de dire non, hein. – Ah ben ouais, t’as le
droit…–Je leur pète dessus, moi ! »
Le lendemain, il téléphone à la gendar-
merie. « Allô, ici c’est David Hotyat. C’est
pour le test ADN, en fait, j’ai discuté avec ma
femme et je préfère pas le faire… » On
entend la voix du gendarme qui s’étonne :
« Vous êtes lapremière personne qui refuse le
test, observe-t-il. – Ben, c’est parce que moi,
je suis concerné en rien, hein, j’ai rien à me
reprocher ! –Oui, biensûr, mais le juge, vous
savez, il vase poser des questions et forcément
ça va attirer son attention… » L’argument
porte. « Bon, ben, je vais y aller. »
« Mon rêve, il est démoli ! »
Cet été-là, les tensions montent dans le
couple. Une dispute, parmi d’autres, éclate
le 14 août. « Tu sais bien que depuis le mois
d’avril, j’suis pas bien », dit Alexandra Lefe-
vre. « A cause ed’mi ? lui demande David
Hotyat dans son patois du Nord. – A cause
du mois d’avril. – Quoi ? éructe-t-il. Qu’est-
ce qu’il y a euau mois d’avril ? »
Le 18août, le climat semble apaisé entre
eux, mais ils nourrissent des inquiétudes
sur leurs deux « meilleurs amis », Stépha-
ne et Isabelle Haremza. Le « gros con » et
« la grosse pute » qu’ils désignent sont
assis à quelques centimètres d’eux dans la
salle d’audience. Comme tout le monde, ils
écoutent. « Elleparle derrièrenot’dos », s’af-
fole Alexandra Lefevre. David Hotyat veut
lui régler son compte. « Ecrase-toi, David,
vu comment elle est fouteuse de merde et tout
le bordel, parce que nous, not’vie, elle peut être
foutue enl’air d’unseul coup ! »
La voilà justement, la voix d’Isabelle
Haremza. Onest le29août, elleappelleson
amie. « J’vais devoir te parler, dit-elle. –
Pourquoi ?–Ben, j’peuxpas, là…–C’est gra-
ve ? – Ben ouais, c’est Julie… [une autre
amie] – Quoi ? Tu lui as parlé ? – Ben non,
mais elle l’a dit à mon frère. – Je vais la cho-
per, hein ! Moi, je lui ai riendit, hein, surtout
ça ! A moins que j’étais défoncée, j’m’en rap-
pelle plus. – C’est ça que j’ai pensé… » On
entend les enfants d’Alexandra qui jouent
à côté d’elle. « J’ai peur, moi, mon rêve il est
démoli ! Ah ! maintenant, j’suis contra-
riée…», soupire-t-elle.
Où est la vérité d’un homme ? Celle
d’une femme ? Ici et maintenant ou hier et
là-bas ? Sans doute dans les deux. Mais à
cet instant, qu’ils pèsent lourd, ces mots,
sur la cour et les jurés !
D’écoutes téléphoniques, il a encore été
question, mardi 20 juin. Le 16 septembre,
David Hotyat est placé en garde à vue. Au
bout d’une demi-heure, raconte le gendar-
me qui a procédé à son audition, « il a
avoué sans rechigner » les cinq assassinats,
puis la crémation des corps, en précisant
qu’il avait « tout fait seul ». Comme il
demandait tous les quarts d’heure à voir sa
femme, le gendarme a euune idée.
Pendant son « temps de repos », expli-
que-t-il, il lui a diffusé l’enregistrement
d’une conversation « disons, assez salace »,
où Mlle Lefevre parle de son amant avec
une de ses copines. « Et que disait-elle ? »,
lui demande l’un des avocats de David
Hotyat, M
e
Didier Leick. « Elle évoquait
quelques, euh, quelques…–Frasques ?suggè-
reM
e
Leick. –Oui, elle racontait ce qu’elle fai-
sait sur le capot d’une voiture… », dit d’un
air gêné le gendarme, qui se justifie :
« C’était pour l’aider à se reconcentrer. »a
Pascale Robert-Diard
En commençant
son propos,
le procureur,
M. Palpacuer, savait
que ses réquisitions
pouvaient nourrir
des déceptions
POITIERS
CORRESPONDANT
Les sans-papiers qui occupent l’ancien-
ne école Saint-Louis depuis la fin du
mois de mai, dans le centre ville de Poi-
tiers, ont entamé leur troisième semaine
de grève de la faim. Ils étaient 99, au
début, principalement des Guinéens et
environ 70, lundi 19 juin.
Ils ont immédiatement bénéficié du
réseaudesolidaritéconstituéautour ducol-
lectif de soutien, créé il y a bientôt dix ans,
lorsdelapromulgationdes circulairesChe-
vènement sur les sans-papiers. Plus d’une
centainedepersonnes –organisationscari-
tatives, partis d’extrême gauche, bénévo-
les –, se relaient quotidiennement à leurs
côtés. Des médecins et des infirmiers ont
pris encharge leur suivi sanitaire.
D’autres ont entamé avec eux des négo-
ciations avec le préfet de la Vienne pour
réclamer leur régularisation et celle des
250 autres sans-papiers identifiés dans le
département. La mobilisation est appuyée
par deux manifestations hebdomadaires
devant les grilles de la préfecture.
Le consul de Guinée s’est déplacé deux
fois. Les pouvoirs publics ont annoncé la
régularisation de 70 personnes, faisant
application de la circulaire prise le 13 juin
par Nicolas Sarkozypour les familles ayant
des enfants scolarisés. Mais ces mesures,
qui s’accompagnent d’aides financières au
retour pour celles et ceux qui ne sont pas
régularisés, ne concernent que 15grévistes
de la faim. Elles ont déclenché la colère de
celles et ceux qui continuent d’occuper
l’école Saint-Louis.
Pendant quelques heures, les plus déter-
minés ont décidé de ne plus ingérer l’eau
sucrée et salée ainsi que les comprimés de
vitamines qui leur sont prescrits.
Condé Ibrahima, 37 ans, dénonce les
choix des pouvoirs publics : « Ils régulari-
sent des gens qui sont dehors et nous, ils font
comme s’ils ne nous voyaient pas. Lapréfectu-
re asaboté notre grève de lafaim. »Lecollec-
tif de soutien ne baisse pas les bras. Avec
son aide, le porte-parole du mouvement,
MohamedSakho, aannoncéqu’il allait col-
lecter des certificats et attestations démon-
trant que de nombreuses personnes – que
lapréfecturen’apasencoreprises encomp-
te – entrent dans les critères de la circulai-
re Sarkozy du 13 juin. a
AlainDefaye
JUSTICE PROCÈS DE LA TUERIE DU GRAND-BORNAND
Des écoutes accablent David Hotyat et Alexandra Lefevre
JUSTICE
Pédophilie sur internet :
un ancien magistrat
condamné
Le tribunal correctionnel de Tours
a condamné, mardi 20 juin, cinq
membres d’un réseau d’échange
d’images pédophiles sur internet
à des peines allant de 8 mois de
prisonavec sursis à 16 mois fer-
me. Michel Joubrel, 52 ans, ancien
substitut général à la cour d’appel
de Versailles, a été condamné à
8 mois de prison avec sursis et
1 000 euros d’amende. Le magis-
trat avait déjà comparu devant la
formationdisciplinaire du Conseil
supérieur de la magistrature (Le
Monde du 14 juin 2004) et avait
été radié de la magistrature en
février 2005. –(AFP.)
FAITDIVERS
Un militant d’extrême-droite
soupçonné de meurtre
L’auteur présumé d’un coup de
couteau mortel sur un homme
d’origine maghrébine de 27 ans,
dans la nuit de dimanche à lundi,
à Paris, serait, de source policiè-
re, un ancien responsable du
mouvement d’extrême-droite
Unité radicale, dissous puis
reconstitué en Bloc identitaire.
Fabrice Robert, président de ce
dernier, a démenti, mardi
20 juin, cette information. Le pré-
sident de SOS Racisme, Domini-
que Sopo, a demandé à Nicolas
Sarkozy « que le groupuscule Jeu-
nesses identitaires [auquel appar-
tiendrait l’auteur du coup de
couteau] soit dissous ». – (AFP.)
IMMIGRATION
La Cimade dénonce
la situation dans les centres
de rétention
Une délégation de la Cimade a
remis, mardi 20 juin, au ministè-
re de l’intérieur une lettre ouver-
te s’inquiétant de la « déshumani-
sation » des centres de rétention.
Reçue par Guillaume Larrivé,
conseiller technique chargé de
l’immigration au cabinet de Nico-
las Sarkozy, la délégation a
dénoncé des « faits et pratiques
avilissants » dont sont témoins
quotidiennement les interve-
nants dans ces centres, la présen-
ce d’enfants (validée par une déci-
sion du Conseil d’Etat en date du
12 juin) et la « politique du chif-
fre » menée par le ministère.
SANTÉ
La Cour des comptes
déplore le manque de moyens
de France Alzheimer
Dans un rapport rendu public
mercredi 21 juin, la Cour des
comptes déplore l’insuffisance
des moyens de l’association Fran-
ce Alzheimer face « aux besoins
créés par la rapide extension de la
maladie », qui touche 800 000
personnes en France. La Cour,
qui a examiné la gestion de l’asso-
ciation entre 2000 et 2003, n’a
« pas constaté de dépenses contrai-
res à l’objet de l’appel à la générosi-
té publique ». Mais elle reproche
notamment à l’association un
effort trop faible en matière de
création de centres d’accueil de
jour pour les malades. – (AFP.)
IMMIGRATION GRÈVE DE LA FAIM DEPUIS TROIS SEMAINES
Mobilisation de sans-papiers à Poitiers
SOCIÉTÉ DES LECTEURS
DU 123
La Société des lecteurs du Monde a tenu son assemblée
générale annuelle le samedi 10 juin à l’université Paris-
Sorbonne (17, rue de la Sorbonne, Paris 5
e
), sous la
présidence de Marcel Desvergne, président du conseil
d’administration et directeur général de la société depuis le
29 décembre 2003.
Réunie avec un quorum de 43,24 % des actions présentes ou
représentées, l’assemblée a approuvé à une large majorité
les sept résolutions soumises à son vote, dont le
renouvellement du mandat d’administrateur de Bernard
Angaud, Jean Martin et Bruno Parmentier.
POLITIQUE & SOCIÉTÉ 14
0123
Jeudi 22 juin 2006
ARCELOR a cédé à la grogne de ses
actionnaires, qui ont été nombreux,
depuis l’annonce dumariage avec Severs-
tal, à mettre en cause la défense du sidé-
rurgiste contre Mittal Steel. Il a convain-
cu son allié russe de revoir son offre, afin
de la rendre plus acceptable pour ses
actionnaires. Mercredi 21 juin, Alexei
Mordachov, le propriétaire et le patronde
Severstal, a donc rendu sa nouvelle copie,
et un conseil d’administration d’Arcelor
devait l’examiner dans la matinée.
M. Mordachov a accepté de ramener sa
participation dans la nouvelle entité, que
constitueraient Arcelor et Severstal, de
32 % dans son projet initial à 25 %. En
contrepartie, il apporterait ses actions
Severstal et n’ajouterait pas, comme pré-
vu, un versement en cash de 1,25 milliard
d’euros. « Cette nouvelle offre valorise Arce-
lor 2 milliards d’euros de plus que la précé-
dente », affirme Severstal dans uncommu-
niqué, publié mercredi. En outre, dans le
cas où la part de Severstal au capital d’Ar-
celor atteindrait 33 %, M. Mordachov
s’engage à déposer une offre publique
d’Achat (OPA).
Ce qui n’était pas le cas dans le schéma
précédent. Il était en effet prévu qu’Alexei
Mordachov verrait sa participation mon-
ter de 32 %à 38 %– suite à l’Offre publi-
quede rachat d’actions (OPRA) de 6,5mil-
liards d’euros que comptait lancer Arce-
lor pour concurrencer l’OPA de Mittal –
et que cela ne s’accompagnerait pas du
lancement d’une OPA. Au grand mécon-
tentement de nombre d’actionnaires d’Ar-
celor – au premier rang desquels Romain
Zaleski qui détient 7,4 %de son capital et
Colette Neuville, présidente de l’associa-
tion de défense des actionnaires minori-
taires (ADAM) qui en représente 2,5 %.
Concessions
Ils ont donc obtenu gain de cause à
double titre puisque nonseulement Arce-
lor a renoncé à son OPRA mais en plus
Alexei Mordachov a limité sa montée en
puissance. En gage de bonne foi, le mil-
liardaire russe a aussi consenti à n’avoir
aucun pouvoir exécutif au sein du comité
stratégique. Et comme prévu dans l’ac-
cord initial, il devra, pendant cinq ans,
voter conformément aux recommanda-
tions du conseil d’administration et ne
pas céder d’actions Arcelor. Passé ce
délai, il tiendra les cordons de la maison.
Autre concession faite aux actionnai-
res, la direction d’Arcelor est d’accord
pour étudier leur demande de revoir les
conditions d’agrément de la fusion avec
Severstal. Emmenés par Goldman Sachs
– la banque conseil de Mittal Steel – plu-
sieurs actionnaires d’Arcelor, qui repré-
senteraient quelque 30 % du capital,
avaient en effet demandé au sidérurgiste
de revoir les règles du jeu, qu’ils ne
jugeaient pas démocratiques. Ils souhai-
taient donc ajouter une résolution en ce
sens à l’ordre dujour de l’assemblée géné-
rale du 30 juin.
Dans une lettre envoyée à ses action-
naires lundi, le président du conseil d’ad-
ministration d’Arcelor Joseph Kinsch
indique que cette résolution « a bien été
ajoutée à l’ordre du jour de l’assemblée
générale des actionnaires du 30 juin ».
Avant d’ajouter : « Cependant, nous
devons, conformément à la loi luxembour-
geoise, vérifier qu’une telle requête est dépo-
sée par des actionnaires représentant 20 %
du capital du groupe au moment de la
demande ». Joseph Kinsch demande
donc aux actionnaires qui ont déposé cet-
te requête d’envoyer un document certi-
fiant qu’ils détenaient bien des actions
Arcelor au moment où cette requête a été
adressée, et le nombre d’actions qu’ils
détenaient.
Cela suffira-t-il à calmer l’exaspéra-
tion de certains actionnaires ? Mardi
soir, l’homme d’affaires espagnol, José
Maria Aristrain, qui détient 3,7 %d’Arce-
lor, a demandé l’abandon du projet de
fusion avec Severstal. Et réclamé la
démissionde Guy Dollé, le patrond’Arce-
lor, et de Joseph Kinsch, selon le Finan-
cial Times de mercredi.a
Dominique Buffier
L
a crise autour d’EADS a gagné les
milieux politiques mardi 20 juin.
Au centre de l’affrontement droite-
gauche à l’Assemblée nationale (lire
page 13), le rôle de l’Etat qui est action-
naire à 15 % dans le groupe franco alle-
mand d’aéronautique et de défense. Les
pouvoirs publics veulent faire évoluer le
pacte d’actionnaires qui limite la marge
de manœuvre de l’Etat.
« En 2000, c’est vous qui avez défini,
avec Lionel Jospin le pacte d’actionnai-
res », d’EADS, a lancé le premier minis-
tre Dominique de Villepin au premier
secrétaire du PS François Hollande.
L’acte fondateur avait été signé par Lio-
nel Jospin, premier ministre, Domini-
que Strauss-Kahn, ministre de l’écono-
mie, Jean-Luc Lagardère, et côté alle-
mand, par le chancelier GerhardSchroe-
der et Jürgen Schrempp, président de
DaimlerChrysler. Aucun de ces hommes
n’est encore en fonction.
« C’est votre responsabilité et nous
remettrons les choses à plat », a ajouté
M. de Villepin. Auparavant, le ministre
de l’économie Thierry Breton avait
annoncé avoir rencontré Arnaud Lagar-
dère, coprésident du conseil d’adminis-
tration d’EADS, « pour parler avec lui
des évolutions éventuelles de l’actionna-
riat mais aussi du management ».
Pour comprendre cette passe d’ar-
mes, il faut revenir à la création d’EADS
en 2000, né de la fusion du français Are-
posapatiale-Matra, de l’allemand Dasa
et de l’espagnol Casa. La volonté politi-
que était forte de part et d’autre du Rhin
de faire avancer la construction euro-
péenne en la concrétisant par une socié-
té commune.
Le principe était de constituer un
groupe détenu à parité, chacun ayant
30 % du capital. Coté allemand,
DaimlerChrysler posait comme condi-
tion que la société soit une firme privée
et ne voulait pas de participation publi-
que. Ce ne fut pas le cas puisque les inté-
rêts français se réunissaient dans la
Sogeade une société rassemblant Lagar-
dère (actionnaire du Monde) et l’Etat
avec chacun 15 % des parts.
Maintenir l’équilibre
Encontrepartie, unpacte d’actionnai-
res était signé garantissant que l’Etat ne
participe pas à la gestion du groupe.
« Le crapaud que nous avons dû avaler,
comme on dit en allemand a été relative-
ment petit », affirmait en octobre 1999, à
l’issue des négociations, Manfred Bis-
choff alors patron de Dasa, en évoquant
le maintien d’une participation de
l’Etat. Peut-être, avait-il sous-estimé
l’enjeu de cette concession.
A chaque crise qu’a traversée le grou-
pe, notamment lors de la bataille entre
patrons français pour diriger EADS en
2004, la question du rôle de l’Etat s’est
posée. Aujourd’hui, la donne a changé
avec le désengagement partiel des deux
actionnaires privés, Lagardère et
DaimlerChrysler en avril. Coté français
La décision de Lagardère de réduire de
moitié sa participation dans EADS pour
la ramener à 7,5 %, rend moins évident
le leadership qui était le sien du temps
de Jean-Luc Lagardère. Devenu le pre-
mier actionnaire français, l’Etat entend
être plus actif.
« Il est légitime que les actionnaires
français dans les circonstances actuelles
fassent le point sur la situation », recon-
naissait Arnaud Lagardère, coprésident
du conseil d’administration d’EADS à
l’issue de sa rencontre avec Thierry Bre-
ton. A Bercy, on souligne que l’Etat est
dans son rôle d’actionnaire en voulant
en priorité connaître l’origine du problè-
me des retards de l’A380 et les solutions
pour y remédier.
Les réflexions concernent la circula-
tion d’informations entre Airbus et sa
maison mère EADS. Quant au remplace-
ment éventuel de Noël Forgeard, copré-
sident exécutif, il ne serait pas à l’ordre
du jour en dépit de pressions multiples.
Mercredi 21 juin, le premier secrétaire
du PS réclamait son départ, « non pas
démissionner lui-même s’il ne le veut pas,
mais être démissionné par le gouverne-
ment ». Le nom de Louis Gallois, prési-
dent de la SNCF et représentant de
l’Etat au conseil d’EADS circule comme
successeur potentiel.
« Il faut à tout prix que la crise n’ait
pas de retombées négatives sur la coopéra-
tion franco-allemande », insiste le minis-
tre des transports Dominique Perben.
D’où la volonté au gouvernement de ne
pas revoir dans l’immédiat le pacte d’ac-
tionnaires. Cela ne ferait qu’aggraver
les tensions, les allemands y étant oppo-
sés.
DaimlerChrysler, se refusait à tout
commentaire. En marge d’une manifes-
tation du patronat de l’industrie BDI à
Berlin, mardi 20 juin, le ministre de
l’économie Michael Glos a indiqué que
la situation chez EADS « préoccupe » le
gouvernement, lançant implicitement
un appel au calme. Il a appelé les action-
naires à régler leurs querelles aussi vite
que possible et à rechercher des solu-
tions pour que « l’A380 remplisse dès
que possible les attentes placées en lui », a
estimé M. Glos. Interrogé sur le pacte
d’actionnaires, un porte-parole du
ministre de l’économie a rappelé mardi
sa position en faveur du maintien de
l’équilibre franco-allemand. a
Dominique Gallois et
Adriende Tricornot (à Francfort)
SIDÉRURGIE DEMANDE DE DÉMISSSIONS
Pour calmer ses actionnaires, Arcelor revoit
les modalités de son mariage avec le russe Severstal
Aéronautique Une conséquence du retrait partiel des actionnaires privés, Lagardère et DaimlerChrysler
L’Etat veut peser
davantage dans
la stratégie d’EADS
« LECOURS D’EADS ne se fait pas à l’As-
semblée nationale », affirmait un analys-
te, mardi 20 juin, pour expliquer la
remontée de l’action du groupe d’aéro-
nautique (+ 6,20 %, à 21,40 euros) en
dépit des nouvelles turbulences politi-
ques.
De même, l’éventualité selon laquelle
la société de leasing d’avions Internatio-
nal Lease Finance Corporation (ILFC)
pourrait annuler sa commande de dix
A380, entraînant un manque à gagner
de 3 milliards d’euros, n’a pas provoqué
de réactions sur le titre.
Pour les boursiers, par son ampleur,
la chute de 26 %de l’action mercredi
14 juin – soit une dépréciation de près
de 6 milliards d’euros – incluait à la fois
le manque à gagner de 2 milliards
d’euros d’ici à 2010 dû aux retards de
livraison des avions et d’éventuels man-
ques à gagner en cas de résiliation de
contrats.
Il s’agit donc d’une amorce de rattra-
page. Cependant, ce mouvement demeu-
re fragile tant la crise de confiance dans
le groupe est profonde. Le titre est enco-
re loin de ses plus hauts du printemps –
il avait culminé à 35,13 euros le 24 mars
–, période durant laquelle six dirigeants
du groupe, dont Noël Forgeard, coprési-
dent exécutif, ont exercé leurs stock-
options. En avril, les actionnaires histori-
ques, DaimlerChrysler et Lagardère, ont
quant à eux décidé de réduire leur parti-
cipation.
Enquêtant sur d’éventuels délits d’ini-
tiés dans le cadre de ces ventes, des mem-
bres de l’Autorité des marchés financiers
(AMF) se sont rendus, lundi et mardi, à
Toulouse chez Airbus. Ils cherchent à véri-
fier le calendrier de l’information financiè-
re délivrée par le groupe. Le gendarme
français de la Bourse avait annoncé, le
16 juin, qu’il enquêtait « depuis plusieurs
semaines sur le marché du titre EADS ».
En Allemagne, la Bafin, équivalent de
l’AMF, a indiqué, mardi 20 juin, qu’elle
procédait à des « contrôles de routine »
des transactions sur le titre EADS. a
D. G. et A. de T. (à Francfort)
FINANCE
Euronext présente une offre
d’achat à la Bourse de Milan
Euronext, qui gère la Bourse de Paris,
pourrait déposer une offre de rachat de
la Bourse de Milan cette semaine, selon
La Tribune du 21 juin. Engagée dans un
projet de fusion avec la Bourse de
New York, le NYSE, Euronext est aussi
convoitée par la Bourse de Francfort. Le
projet allemand, présenté le 19 juin, a
été désavoué, mardi 20 juin, par le Land
de Hesse. « La direction de Deutsche Bör-
se a fait un pas de trop », selon Roland
Koch, ministre-président du Land.
TRANSPORT
La Commission européenne
« préoccupée » par Skyteam
La Commission européenne s’est dite
« préoccupée », lundi 19 juin, par l’effet
que l’alliance de compagnies aériennes
SkyTeampourrait avoir sur la concurren-
ce, se gardant toutefois de la remettre en
cause. Bruxelles a envoyé une « commu-
nication de griefs », première étape
d’une procédure antitrust, aux huit mem-
bres de Skyteam.
TECHNOLOGIES
Philips se désengage
des semi-conducteurs
Le groupe néerlandais a annoncé, mer-
credi 21 juin, qu’il ne conservera qu’une
participation minoritaire dans sa divi-
sion semi-conducteurs, pour laquelle il a
engagé les opérations devant conduire à
une mise en Bourse au second semestre.
Philips pourrait aussi vendre des titres à
des investisseurs financiers.
Microsoft élargit les fonctions
de sa messagerie MSN
Le groupe américain Microsoft a lancé,
mardi 20 juin, une nouvelle version de
MSNMessenger, sa messagerie instanta-
née, baptisée Windows Live Messenger.
Elle permettra de téléphoner et partager
de la musique ou des photographies.
ASSURANCE
La Macif veut se développer
dans les assurances de personnes
Gérard Andreck a été élu à la présidence
de la Macif, lundi 19 juin. Il succède à
Jean Simonnet. La mutuelle va créer un
pôle assurances de personnes pour réé-
quilibrer son portefeuille.
INDUSTRIE
Clara Gaymard quitte l’AFII
pour General Electric France
La branche française du conglomérat
américain General Electric a annoncé,
mercredi 21 juin, que Clara Gaymard va
prendre sa présidence. M
me
Gaymard pré-
sidait jusqu’alors l’Agence française des
investissements internationaux (AFII).
DISTRIBUTION
Carrefour porte plainte en Argentine
contre PricewaterhouseCoopers
Carrefour, a annoncé, mardi 20 juin,
avoir porté plainte en Argentine contre
le groupe d’audit PricewaterhouseCoo-
pers. Le groupe français affirme que les
comptes de Norte, société acquise en
2001, ont été falsifiés et gonflés d’au
moins 120 millions de dollars (95 mil-
lions d’euros), et qu’ils ont été certifiés
en connaissance de cause par l’auditeur.
L’ACTIONNARIAT
Juillet 2000. Naissancedugroupe
EADS, issudelafusiondufrançaisAéros-
patialeMatra, del’allemandDasaet de
l’espagnol Casa. Il est alorsdétenuàpari-
tépar lesFrançais(Etat et Lagardèreréu-
nisdansSogeade, avecchacunprèsde
15 %desparts) et l’allemandDaimler-
Chrysler (29,7 %).
Avril 2006. Les deuxactionnaires pri-
vés, français et allemands, décident cha-
cunderéduire leur part de 7,5 %.
Mai 2006. DaimlerChryslerdétient
22,3 %ducapital et Sogeade29,7 %,
répartisentrel’Etat et Lagardère. Lapart
decedernier vaseréduire, les 7,5 %
étant utilisés, àpartir dejuin2007, pour
rembourser des obligations converti-
bles qu’il aémises. Outre1,8 %ducapi-
tal conservéenautocontrôle, l’Etat espa-
gnol (CEPI) endétient 5,5 %. Leflottant
–40,7 %–est disponibleenBourse.
L’usine d’assemblage de l’avion géant A380 à Toulouse. ULRICH LEBŒUF/ODESSA
En Bourse, le titre du groupe aéronautique revit
ÉCONOMIE & ENTREPRISES
0123
Jeudi 22 juin 2006 15
Le groupe Borletti, actionnaire
de Rinascente, détiendra à
terme 30 % du groupe, valorisé
1,075 milliard d’euros. Un fonds
immobilier de la Deutsche Bank
possédera les 70 % restants
A
la veille de l’été, le Printemps tour-
ne unepage de sonhistoire. Pinault-
Printemps-Redoute (PPR), proprié-
taire de l’enseigne de grands magasins a
annoncé, mardi 20 juin, qu’il entrait en
négociations exclusives avec un consor-
tiumemmenépar MaurizioBorletti, prési-
dent et actionnaire du groupe italien
Rinascente (Le Monde du 21 juin).
Le Printemps, qui compte 17 magasins
et 5 287 salariés, aété valorisé à 1,075 mil-
liardd’euros. PPRcède immédiatement le
contrôle de sa filiale, mais, à la demande
de l’acheteur, restera au capital à hauteur
de 49 %jusqu’en 2007
Le groupe Borletti détiendra à terme
30 % du groupe, tandis que son associé,
RREEF, une filiale de Deutsche Bank qui
gère des fonds immobiliers, sera proprié-
taire des 70 % restants. L’opération, bou-
clée par Rothschild côté PPR et Deutsche
Bank côté italien, sera financée sur fonds
propres et par dette bancaire assurée par
Natexis.
Le projet doit maintenant être soumis
début juillet aux représentants duperson-
nel et aux autorités de la concurrence.
« Notre stratégie consiste à organiser le
groupe autour de deux grandes activités : le
luxe et la distribution endonnant la priorité
au développement international, explique
au Monde François-Henri Pinault, PDG
de PPR. Le Printemps n’avait pas de projet
à l’étranger, c’est pourquoi nous avons vou-
lu profiter d’un contexte immobilier favora-
ble pour céder cet actif, c’était le bon
moment. »
Le processus de vente a été engagé il y a
unan. Lamultiplicationd’offres nonsolli-
citées a fini par convaincre PPR de se
défaire de son actif.
Parmi les prétendants, Philippe Houzé,
président des Galeries Lafayette, qui, dès
le mois d’avril 2005, avait mis en place
une petiteéquipe pour regarder le dossier.
Cette initiative lui avait d’ailleurs valuune
mise au point avec son nouvel actionnai-
re, Baudoin Prot, PDG de BNP Paribas,
qui n’avait pas été tenu au courant. Dans
les dernières semaines les Galeries étaient
revenues en force, cette fois avec le sou-
tien de BNP Paribas. En vain.
M. Pinault souligne que le choix de
l’acheteur s’est fait en fonction « des
garanties satisfaisantes qu’il offrait. Son
projet est ambitieux et se situe
dans la droite ligne de ce que
nous avons engagé. Il n’y a
donc pas d’inflexion stratégi-
que, mais plutôt une accéléra-
tionenterme de moyens », esti-
me M. Pinault afin de rassu-
rer les salariés sur leur avenir.
« Nous avons pleine confian-
ce dans l’équipe en place, nos
projets sont très proches »,
confirmeauMonde M. Borlet-
ti. Dans ces conditions, même
s’il encore trop tôt pour évo-
quer le sujet, il n’est pas exclu
que Laurence Danon reste
PDGdu Printemps.
« Nous voulons continuer à
positionner le Printemps sur le haut de gam-
me en jouant à la fois sur l’offre mais aussi
sur la qualité d’accueil et de service », souli-
gne M. Borletti, qui envisage d’investir
280 millions sur les cinq prochaines
années, soit à peuprès le double de ce qu’a
consenti PPRdepuis 2001.
Concernant les magasins en province,
le nouveau propriétaire du Printemps se
veut rassurant. « Il y a sûrement des maga-
sins qui marchent moins bien que d’autres,
nous allons étudier la situation, mais il faut
plus s’attendre àdes ajustements locaux plu-
tôt qu’à une restructuration ou un change-
ment de périmètre », assure M. Borletti.
PPR devrait retirer de cette cession
entre 850 et 900 millions d’euros, une
fois déduits les droits de mutation et les
taxes sur les plus values. Dans un premier
temps, cette somme viendra améliorer la
structurefinancière dugroupequi suppor-
tait au 31 décembre 2005 une dette de
4,5 milliards d’euros, soit un ratio sur
fonds propres de 56 %.
La vente du Printemps redonne des
marges de manœuvre à PPRpour se déve-
lopper dans le luxe. « Nous sommes prêts à
saisir les opportunités pour compléter notre
portefeuille de marques que ce
soit en terme de catégorie de
produit que sur un plan géo-
graphique », annonce
M. Pinault.
Après lePrintemps, laces-
sion de Conforama ou de la
Fnac n’est cependant pas
d’actualité. « Nous conti-
nuons à améliorer les
contours dugroupe mais celui-
ci reste organisé autour de
deux activités complémentai-
res – le luxe et de la distribu-
tion – qui doivent répondre à
des critères de croissance et de
rentabilité solides », estime
M. Pinault
Pour les Galeries Lafayette, il s’agit
d’un nouveau revers. En 2005, l’enseigne
de grands magasins s’était fait souffler La
Rinascente, déjà remportéepar M. Borlet-
ti. Les Galeries devront désormais comp-
ter sur unnouveauconcurrent, sans doute
plus redoutable que PPR, dans la mesure
où les grands magasins seront son princi-
pal métier.a
Stéphane Lauer
LES SOLDES d’été débuteront le 28 juin
à Paris et dans la plupart des villes fran-
çaises – le coup d’envoi ne sera donné
que le 5 juillet dans certaines aggloméra-
tions – et sans remise en cause profonde.
Des aménagements devraient être appor-
tés plus tard. Probablement pour ceux
d’hiver, début 2007.
La durée, pour ces derniers, serait ainsi
réduite de six à quatre semaines. Le
début de la période des soldes –d’hiver et
d’été – aurait également lieu à une date
fixe et commune à l’ensemble du territoi-
re. Une loi « est sur les rails », selon Char-
les Melcer, président de la Fédération
nationale de l’habillement (FNH).
En janvier, le ministre de l’économie,
Thierry Breton, avait ouvert ce dossier,
en déclarant qu’il était nécessaire de
revoir d’urgence la réglementation. Il
avait notamment évoqué une multiplica-
tion des périodes de soldes dans l’année.
Le 28 février avait eu lieu une réunion
du Conseil national de la consommation,
enprésence de représentants ducommer-
ce et des consommateurs, partagés sur
cette question. Y était aussi présent le
ministre des petites et moyennes entre-
prises (PME) et du commerce, Renaud
Dutreil, hostile à la propositionde M. Bre-
ton (Le Monde du 12 janvier).
D’après Bercy, les soldes – période où
les commerçants sont autorisés à vendre
à perte – représentent chaque année
3 milliards d’euros de chiffre d’affaires,
soit 0,2 point du produit intérieur brut
(PIB). Or, ce sont surtout les grandes
enseignes qui tirent leur épingle du jeu,
contrairement aux petits commerces.
Les derniers soldes d’hiver ont aussi
montré que l’engouement des consom-
mateurs marque le pas : depuis 2003, sol-
des et promotions représentent environ
27 % de la consommation annuelle de
vêtements, selon l’Institut français de la
mode (IFM). Les consommateurs vien-
nent surtout aucours des deux premières
semaines et les remises importantes
interviennent plus vite qu’avant.
Les soldes sont d’autant moins attrac-
tifs que « des promotions sont organisées
tout au long de l’année », analyse Evelyne
Chaballier, directrice des études à l’IFM.
D’ailleurs, certains professionnels de l’ha-
billement préféreraient une multiplica-
tion des périodes de promotions – pour
lesquelles la vente à perte est interdite –
plutôt que des soldes.
Un compromis
Il a donc fallu trouver un compromis.
Les soldes d’hiver dureront désormais
quatre semaines. Par ailleurs, la date de
début des soldes d’hiver comme d’été res-
tera inchangée d’une année à l’autre et
sera commune à l’ensemble des régions.
Il est fort probable que la durée de quatre
semaines s’applique dès les prochains sol-
des d’hiver, début 2007. Les soldes d’été,
quant à eux, resteront à six semaines.
Pour certains produits, tels que les bar-
becues et les technologies de pointe, il
sera possible d’organiser deux autres
semaines de soldes à un autre moment
de l’année. « Mais pour le textile, il n’y
aura toujours que deux périodes de sol-
des », s’empresse de préciser M. Melcer.
Par ailleurs, une dérogation serait pré-
vue pour les stations balnéaires et de ski,
pour démarrer hors de la date officielle,
lorsque la saison commence vraiment
avec l’arrivée des vacanciers.
La fixation d’une date unique de début
de période des soldes est souhaitée car
elle permettrait de rétablir une égalité
entre commerce traditionnel et vente en
ligne : ainsi aujourd’hui, un habitant de
Nice, où les soldes débuteraient plus tard
qu’à Paris, pourrait, sans attendre, « fai-
re des affaires » sur un site Internet basé
à Paris. a
Hélène Foyer
Pour M. Pinault, « c’était le bon
moment pour vendre le Printemps »
- Nom et adresse officiels de l’organisme acheteur : maître d’ouvrage : Conseil Général de
l’Hérault (collectivité territoriale - services généraux des administrations publiques) - 1000, rue
d’Alco - 34087 Montpellier France Cedex 4 - site : www.cg34.fr, Mandataire du Maître d’ouvrage :
Hérault Aménagement. Personne responsable du marché : monsieur le Président du Conseil
Général - maître d’ouvrage : Conseil Général de l’Hérault- mandataire du Maître d’ouvrage :
Hérault Aménagement, parc Euromédecine II - bâtiment D 109 Rue Henri Noguères - cS 84 268,
34098 Montpellier France Cedex 5, tél. : 04-67-40-92-00, télécopieur : 04-67-40-92-01, adresse
internet : [URL]http://www.cg34.fr[/URL].
Le pouvoir adjudicateur n’agit pas pour le compte d’autres pouvoirs adjudicateurs.
Objet du marché : Construction du complexe immobilier départemental « Pierres Vives».
Type de marché de travaux : exécution.
CPV : Objet principal : 45210000-2 (identique pour tous les lots).
Lieu d’exécution : commune de 34080 Montpellier France.
L’avis implique un marché public.
Caractéristiques principales : Marché de travaux tous corps d’état (12 lots) pour la réalisation,
sur une assiette foncière de 3.5 HA, d’un complexe immobilier départemental d’une superficie
d’environ 27 000 m2 SHON destiné à accueillir :
- les archives départementales ;
- la bibliothèque départementale de prêt (Ddll) ;
- l’office départemental des sports ;
Durée du marché ou délai d’exécution : 32 mois à compter de la réception de l’ordre de service
(délai identique pour tous les lots)
Options : descriptions concernant les achats complémentaires : des options sont définies au
règlement de consultation :
Des variantes seront-elles prises en compte : oui.
Le marché est couvert par l’accord sur les marchés publics (A.M.P.).
Prestations divisées en lots : oui. Possibilité de présenter une offre pour un ou plusieurs lots.
Cautionnement et garanties exigés : une retenue de garantie de 5 % sera appliquée sur le montant
du marché. Cette retenue de garantie pourra être remplacée au gré du titulaire par une garantie
à première demande.
Modalités essentielles de financement et de paiement et/ou références aux textes qui les
réglementent : articles 86 à 111 du Code des marchés publics français. Une avance forfaitaire
sera versée au titulaire, sauf indication contraire dans l’acte d’engagement, lorsque le montant
fixé dans le marché est supérieur à 50 000 Euros HT. Pas d’Avance facultative.
Modalités de règlement des comptes : Conditions du C.C.A.G.-Travaux. Les projets d’acomptes
dûment visés par le Maître d’œuvre suivant les dispositions prévues au chapitre 2.9 de la Note
d’organisation de Chantier seront remis au Mandataire. Ces projets intègrent l’état d’avancement
visé par l’OPC. Les travaux seront rémunérés par application d’un prix global forfaitaire.
Les prix sont révisables suivant les modalités fixées aux 3.5.3 et 3.5.4 du CCAP. Le délai global
de paiement est de 45 jours.
Modalités de financement : Marché financé sur les ressources propres de la Collectivité
Forme juridique que devra revêtir le groupement d’entrepreneurs, de fournisseurs ou de
prestataires de services : en cas de groupement, la forme souhaitée par la personne respon-
sable du marché est un groupement solidaire ou conjoint avec mandataire solidaire. Si le grou-
pement attributaire du marché est d’une forme différente, il pourra se voir contraint d’assurer
sa transformation pour se conformer au souhait de la personne responsable du marché tel qu’il
est indiqué ci-dessus.
Les candidats peuvent présenter une offre, soit en qualité de candidats individuels, soit en qua-
lité de membres d’un ou plusieurs groupements. Ils ne peuvent donc pas cumuler les deux
qualités.
Un même prestataire ne pourra pas être mandataire de plus d’un groupement pour un même
marché
L’exécution du marché est soumise à d’autres conditions particulières : l’exécution du marché
comporte une clause d’insertion par l’activité économique obligatoire pour les lots 1, 2, 3, 4,
6, 7, 8 et 9.
Langues pouvant être utilisées dans l’offre ou la candidature : français.
Unité monétaire utilisée, l’euro.
Conditions de participation :
Critères de sélection des candidatures :
1 - garanties et capacités techniques et financières
2 - références et/ou Qualifications professionnelles
Situation juridique - références requises :
Les plis portant la mention « objet du marché et numéro du lot » (inscrire l’intitulé précis et
complet) en haut à gauche de l’enveloppe extérieure contiendront :
- une 1
ère
enveloppe intérieure qui contiendra les justifications à produire indiquées ci-dessous
- et une 2
ème
enveloppe intérieure qui contiendra l’offre (une enveloppe par lot).
• Lettre de candidature et habilitation du mandataire par ses co-traitants (DC4 ou forme libre)
• Déclaration sur l’honneur dûment datée et signée par le candidat pour justifier en application
des articles 43, 44, 44-1 et 46 du CMP (DC5 ou forme libre) :
a) qu’il satisfait aux obligations fiscales et sociales de l’année n-1;
b) qu’il n’a pas fait l’objet d’une interdiction de concourir;
c) qu’il n’a pas fait l’objet, au cours des cinq dernières années, d’une condamnation inscrite au
bulletin n°2 du casier judiciaire pour les infractions visées aux articles L.324-9, L.324-10,
L.341-6, L.125-1 et L.125-3 du Code du travail;
d) Que dans la mesure ou il est assujetti à l’obligation définie à l’art. L323-1 du code du travail,
le candidat a souscrit la déclaration visée à l’article L323-8-5 du code du travail ou, s’il en
est redevable, versé la contribution au Fonds de Développement pour l’Insertion
Professionnelle des Handicapés visée à l’article L323-8-2 du Code du Travail;
• si le candidat est en redressement judiciaire, la copie du ou des jugements prononcés (ou DC5) ;
• Les renseignements permettant d’évaluer les capacités professionnelles, techniques et financières
du candidat et des documents relatifs aux pouvoirs de la personne habilitée pour l’engager (ou
DC5) :
– déclaration concernant le chiffre d’affaires global réalisé au cours des trois derniers exercices
(ou DC5) ;
– déclaration indiquant les effectifs du candidat et l’importance du personnel d’encadrement,
pour chacune des trois dernières années (ou DC5) ;
– déclaration indiquant l’outillage, le matériel et l’équipement technique dont le prestataire
dispose pour l’exécution des services (ou DC5) ;
– liste de références de travaux équivalents en cours d’exécution ou exécutés au cours des cinq
dernières années, indiquant notamment le montant, la date et le destinataire (ou DC5) ;
– les références et/ou qualifications QUALIBAT de leur entreprise (voir détail par lot).
Marché réservé : non.
Critères d’attribution :
Offre économiquement la plus avantageuse appréciée en fonction des critères énoncés ci-dessous
avec leur pondération.
- valeur technique : ce critère sera apprécié au regard du mémoire technique (sur la base
du cadre fourni en annexe du règlement de la consultation) : 55%;
- prix des prestations : ce critère sera apprécié au regard de l’offre financière calculée après
vérification par le maître d’œuvre : 45%.
Une enchère électronique ne sera pas effectuée.
Type de procédure : appel d’offres ouvert.
Publications relatives à la même consultation : Date d’envoi du présent avis au J.O.U.E. : 13 juin 2006
Date limite de réception des offres : 19 septembre 2006, à 16 heures.
Délai minimum de validité des offres : 180 jours à compter de la date limite de réception des offres.
Autres renseignements :
Numéro de référence attribué au marché par la personne publique : 06HA006/1.
Renseignements complémentaires :
Il est précisé que les résultats des calculs liés à la mise en œuvre de la clause de pondération
seront arrondis au centième inférieur.
Avis obligatoire.
Dématérialisation des procédures :
Les candidats sont autorisés à transmettre, par voie électronique, leurs plis à l’adresse sui-
vante : Via la plate-forme de dématérialisation des marchés publics accessible par
www.cg34.fr.
Le fuseau horaire de référence sera celui de (Gmt+01:00) Paris, Bruxelles, Copenhague,
Madrid.
L’offre peut être envoyée sous la forme d’un double envoi (d’une part la signature électronique,
d’autre part l’offre). Le délai séparant la réception de la signature électronique de la réception
de l’offre ne peut cependant excéder 12 heures.
Le niveau minimum de signature électronique exigé des candidats est le Niveau II (équivalent
classe 3) de la PRI (Politique de Référencement Intersectoriel).
Tout document contenant un virus informatique fera l’objet d’un archivage de sécurité et sera
réputé n’avoir jamais été reçu. Il est conseillé aux candidats de soumettre leurs documents à
un anti-virus avant envoi.
Les documents transmis par voie électronique seront re-matérialisés après l’ouverture des plis.
L’attribution du marché pourra donner lieu à la signature manuscrite d’un marché papier.
Conditions et mode de paiement pour obtenir les documents contractuels et additionnels :
conformément à l’article 41 du CMP, le dossier de consultation des entreprises sera remis à
chaque candidat contre un chèque de 500,00 euros, à l’ordre du tireur de plans, pour paiement
des frais de reproduction.
Le présent marché a un caractère périodique : non.
Ce marché s’inscrit-il dans un projet / programme financé par les fonds communautaires : non.
Conditions de remise des offres ou des candidatures : les offres peuvent être transmises par
lettre recommandée avec accusé de réception ou déposées contre récépissé.
Date d’envoi du présent avis à la publication : 13 juin 2006.
Adresse auprès de laquelle des renseignements d’ordre technique peuvent être obtenus : via la
plate-forme de dématérialisation des marchés publics accessible par www.cg34.fr ou : Zaha
Hadid ltd - mandataire du Groupement.
Correspondant : Stéphane HOF, studio 9, 10 bowling Green Lane - Londres Ec1 R OBQ
Angleterre, tél. : (+44)20-72-53-51-47, télécopieur : (+44)20-72-51-83-22, courriel :
stephane@zaha-hadid.com, adresse internet : http://www.cg34.fr
Adresse auprès de laquelle des renseignements d’ordre administratif peuvent être obtenus : via
la plate-forme de dématérialisation des marchés publics accessible par www.cg34.fr ou :
Hérault Aménagement. Correspondant : Jean-Roch MIRABEL, Parc Euromédecine II - bâtiment
D 109 rue Henri Noguères CS 84 268, 34098 Montpellier France Cedex 5, tél. : 04-67-40-92-
14, télécopieur : 04-67-40-92-37, courriel : jr.mirabel@herault-amenagement.fr, adresse inter-
net :http://www.cg34.fr.
Adresse auprès de laquelle les documents peuvent être obtenus (Sur support papier et Cdrom) :
Arts Helio. 10 Bld Victor Hugo, 34000 Montpellier France, tél. : 04-67-58-34-82, télécopieur :
04-99-13-35-11, courriel : arelio@orelsys.com.
Adresse à laquelle les offres/candidatures/demandes de participation doivent être envoyées :
via la plate-forme de dématérialisation des marchés publics accessible par www.cg34.fr ou :
Conseil Général de l’Hérault. Secrétariat CDAO - bureau 5010 1000 rue d’Alco, 34087
Montpellier France Cedex 4, adresse internet : http://www.cg34.fr.
Instance chargée des procédures de recours : Tribunal Administratif de Montpellier -
6 Rue Pitot - CS 99002, 34063 Montpellier France Cedex, tél. : 04-67-54-81-00, courriel :
greffe.ta-montpellier@juradm.fr, télécopieur : 04-67-54-74-10.
Organe chargé des procédures de médiation : monsieur le Président du Comité Consultatif
Interrégional de règlement amiable des litiges en matière de marchés publics préfecture de
Région - secrétariat Général pour les affaires interrégionales - 30 rue Paul Peytral, 13282
Marseille France Cedex 20.
Service auprès duquel des renseignements peuvent être obtenus concernant l’introduction des
recours : Greffe du Tribunal Administratif de Montpellier 6 Rue Pitot - CS 99002, 34063
Montpellier France Cedex, tél. : 04-67-54-81-00, courriel : greffe.ta-montpellier@juradm.fr,
télécopieur : 04-67-54-74-10.
Renseignements relatifs aux lots (Tous les renseignements relatifs aux lots sont en libre-accès
sur la plate-forme de dématérialisation des marchés publics accessible par www.cg34.fr) :
Lot(s) 1. - Gros œuvre - VRD - menuiseries extérieures - étanchéité - fondations spéciales.
Lot(s) 2. - Courants forts & courants faibles
Lot(s) 3. - CVC - plomberie - GTC
Lot(s) 4. - Peintures - revêtements de sols souples
Lot(s) 5. - Chapes - revêtements en résines
Lot(s) 6. - Cloisons - doublages
Lot(s) 7. - Faux plafonds
Lot(s) 8. - Menuiseries intérieures - équipements spécifiques
Lot(s) 9. - Serrurerie
Lot(s) 10. - Ascenseurs - escalators
Lot(s) 11. - Rayonnages
Lot(s) 12. - Cloisons vitrées
AVIS D’APPEL PUBLIC
À LA CONCURRENCE
TRAVAUX
a p p e l d ’ o f f r e s - a v i s d ’ e n q u ê t e
47, rue Louis Blanc - 92984 La Défense Cedex - Tél. 01 49 04 01 81 - Fax. 01 49 04 01 80 - www.osp.fr
O
S
P
« Notre stratégie
consiste à organiser
le groupe autour
de deux grandes
activités : le luxe et
la distribution, en
donnant la priorité
au développement
international »
François-Henri Pinault,
PDG de PPR
COMMERCE SOLDES, PROMOTIONS ET REMISES
Thierry Breton revoit à la baisse
ses projets de réforme des soldes
ÉCONOMIE & ENTREPRISES 16
0123
Jeudi 22 juin 2006
VALEURSDUCAC40 LESBOURSESDANSLE MONDE 21/6, 9h55
Pays Indice Dernier %var. Maxi Mini PER
cours 2006 2006
ACCOR............................◗.....46,50......46,41.....0,19 .....0,09......52,95 .....42,30....1,15...FR0000120404
AGF ....................................◗ .....90,80......91,20....-0,44 .....8,48....105,00 .....83,20....3,60...FR0000125924
AIR LIQUIDE ......................◗ ...146,70 ...146,90....-0,14....-0,69....163,35...140,26....3,85...FR0000120073
ALCATEL A.........................◗........9,77........9,88....-1,11....-6,69......13,82........9,07....0,16...FR0000130007
AXA....................................◗ .....24,37......24,43....-0,25....-8,87......30,09 .....23,00....0,88...FR0000120628
BNP PARIBAS....................◗ .....71,60......71,90....-0,42 .....5,60......79,25 .....66,65....2,60...FR0000131104
BOUYGUES........................◗ .....38,75......39,35....-1,52....-6,17......47,40 .....37,61....0,90...FR0000120503
CAP GEMINI ......................◗ .....43,83......43,75.....0,18...29,25......47,90 .....33,71....0,50...FR0000125338
CARREFOUR......................◗ .....43,82......43,78.....0,09...10,71......46,58 .....37,61....1,00...FR0000120172
CREDIT AGRICOLE ............◗ .....28,03......28,33....-1,06 .....5,34......34,17 .....26,65....0,94...FR0000045072
DANONE............................◗ .....91,20......91,40....-0,22 .....3,34....102,30 .....85,20....1,70...FR0000120644
DEXIA.................................◗ .....18,21......18,28....-0,38....-6,57......22,19 .....17,50....0,53...BE0003796134
EADS ..................................◗ .....21,65......21,46.....0,89..-32,13......35,42 .....16,75....0,49...NL0000235190
EDF .....................................◗ .....38,81......39,21....-1,02...21,36......49,10 .....31,81....0,79...FR0010242511
ESSILOR INTL.....................◗ .....76,85......76,80.....0,07...12,68......83,85 .....66,65....0,94...FR0000121667
FRANCE TELECOM............◗ .....16,73......16,84....-0,65..-20,30......21,94 .....16,37....1,00...FR0000133308
GAZ DE FRANCE................◗ .....25,85......25,83.....0,08 .....4,40......32,00 .....24,64....0,68...FR0010208488
LAFARGE............................◗ .....89,85......89,75.....0,11...18,22....104,90 .....73,55....2,55...FR0000120537
LAGARDERE ......................◗ .....56,00......56,35....-0,62..-13,85......68,90 .....54,00....1,10...FR0000130213
L'OREAL .............................◗ .....69,85......70,10....-0,36...11,23......76,45 .....62,30....1,00...FR0000120321
LVMHMOET HEN.............◗ .....73,75......74,15....-0,54....-1,73......85,95 .....68,75....0,90...FR0000121014
MICHELIN..........................◗ .....47,69......48,28....-1,22 .....0,44......60,60 .....45,54....1,35...FR0000121261
PERNODRICARD..............◗ ...148,60 ...149,90....-0,87 .....0,81....160,90...140,30....1,08...FR0000120693
PEUGEOT...........................◗ .....48,83......49,40....-1,15 .....0,27......54,30 .....46,60....1,35...FR0000121501
PPR.....................................◗ .....97,30......97,65....-0,36 .....2,26....106,40 .....87,85....2,72...FR0000121485
PUBLICIS GROUPE............◗ .....29,02......29,48....-1,56....-1,29......33,78 .....28,99....0,30...FR0000130577
RENAULT ...........................◗ .....84,75......85,70....-1,11...23,00......97,50 .....68,90....2,40...FR0000131906
SAINT-GOBAIN.................◗ .....53,75......54,05....-0,56 .....6,97......60,80 .....49,06....1,28...FR0000125007
SANOFI-AVENTIS .............◗ .....72,90......72,70.....0,28....-1,49......79,85 .....69,50....1,52...FR0000120578
SCHNEIDER ELECTRIC.......◗ .....77,00......77,90....-1,16 .....2,19......93,40 .....70,85....2,25...FR0000121972
SOCIETE GENERALE..........◗ ...109,30 ...109,40....-0,09 .....5,20....126,70...101,00....4,50...FR0000130809
STMICROELECTRONICS ...◗ .....12,61......12,54.....0,56..-16,88......16,56 .....11,82....0,07...NL0000226223
SUEZ...................................◗ .....30,33......30,30.....0,10...15,32......36,15 .....26,34....1,00...FR0000120529
THALES ..............................◗ .....29,72......29,80....-0,27..-22,40......40,50 .....26,72....0,83...FR0000121329
THOMSON.........................◗ .....13,05......13,04.....0,08..-26,27......19,32 .....12,57....0,28...FR0000184533
TOTAL ................................◗ .....48,25......48,35....-0,21....-7,86......57,40 .....46,52....3,48...FR0000120271
VEOLIAENVIRON. ............◗ .....38,72......39,01....-0,74 .....1,26......49,45 .....36,49....0,85...FR0000124141
VINCI..................................◗ .....79,15......79,40....-0,31...10,94......84,05 .....69,53....1,30...FR0000125486
VIVENDI.............................◗ .....27,35......27,47....-0,44 .....3,36......29,60 .....24,74....1,00...FR0000127771
.....................................................................................................................................................................................
FRANCE CAC 40 4742,45 21/6 -0,59 5329,16 11/5 4564,69 14/6 12,00
CAC Mid100 6505,37 21/6 -0,46 7678,54 11/5 6002,28 2/1
CAC Small 90 7624,17 20/6 -0,49 8710,94 11/5 7341,46 2/1
SBF 250 3359,18 20/6 0,73 3755,62 9/5 3244,18 13/6 12,80
ALLEMAGNE DAX Index 5454,65 21/6 -0,71 6162,37 11/5 5243,71 14/6 12,40
ROYAUME UNI FTSE 100 index 5637,50 21/6 -0,37 6137,10 21/4 5467,40 13/6 11,90
SUISSE Swiss market 7371,76 21/6 -0,35 8158,89 11/5 7123,18 13/6 14,40
ETATS-UNIS DowJones ind. 10974,84 20/6 0,30 11670,19 10/5 10661,15 20/1 14,00
Nasdaq composite 2107,06 21/6 -0,16 2375,54 20/4 2065,11 14/6 22,70
JAPON Nikkei 225 14644,26 21/6 -0,03 17563,37 7/4 14045,53 14/6 17,10
Mercredi 21 juin 9h30
Valeur Dernier Cours %var. %var. Plus Plus Divid. Code
cours préc. /préc. 31/12 haut bas net ISIN
(Publicité)
Cours en euros.
◗ : valeur pouvant bénéficier duservice derèglement différé(SRD). # : valeur faisant l'objet d'uncontrat d'anima-
tion. Plus haut et plus bas : depuis le 1/1/2006. n/d : valeur non disponible.
SÉLECTIONpubliée sous la
responsabilité de l'émetteur
Dernier cours connu le 21/6 à 9h
Valeur Cours date
en euro valeur
Fonds communs de placements
ECUR.1,2,3 FUTUR 49,41 20/6
ECUR.ACTS EUROPEC 17,78 20/6
ECUR.CAPIPREMIEREC 2501,85 20/6
ECUR.CAPITAL.C 51,97 20/6
ECUR.DYNAMIQUE +D 37,94 20/6
ECUR.ENERGIE D 43,66 20/6
ECUR.EURIBOR 1123,90 20/6
ECUR.EXPANSIONC 16502,80 20/6
ECUR.INVEST D 52,96 20/6
ECUR.MONEPRE.INSTC 106600,51 20/6
ECUR.MONEPREMIEREC 2183,84 20/6
ECUR.SECURIPREM.C 2350,72 20/6
ECUREUIL SENSIPREM 3060,80 20/6
ECUR.TRESORERIE C 60,58 20/6
ECUR.TRIMESTRIEL D 263,88 20/6
CAPITOP MONDOBLIG 64,05 19/6
Fonds communs de placements
ATOUT EUROLANDD 156,35 19/6
ATOUT EUROPE C 503,08 16/6
ATOUT EUROPE MONDE 39,72 16/6
ATOUT FRANCE C 212,39 19/6
ATOUT FRANCE D 175,28 19/6
ATOUT MONDE C 42,56 16/6
ATOUT VERT HORIZON 14,10 16/6
CAPITOP EUROBLIGC 123,12 16/6
CAPITOP EUROBLIGD 84,12 16/6
CAPITOP MONETAIREC 205,59 21/6
CAPITOP REVENUS 166,13 19/6
EURCOSOLIDARITE 258,21 19/6
MONELIONJOUR C 528,62 19/6
MONELIONJOUR D 418,64 19/6
SICAV5000 155,05 19/6
SLIVAFRANCE 260,70 19/6
SLIVARENTE 41,72 16/6
SLIVINTER 129,88 19/6
TRILION 792,90 19/6
Fonds communs de placements
DYNALIONEUROPE 87,86 19/6
EGERIS AC 25-65C 182,54 19/6
EGERIS AC 25-65D 150,03 19/6
EGERIS AC 55-100C 166,74 19/6
EGERIS AC 55-100D 141,51 19/6
EGERIS AC PEA25-65 163,68 19/6
EGERIS ACPEA55-100 61,65 19/6
EGERIS PRUDENT 196,35 19/6
INTERLION 294,37 19/6
Fonds communs de placements
CICFRANCE D 33,56 20/6
CICEUROOPPORTUNI 33,89 20/6
CICEUROLEADERS C 37,72 20/6
CICJAPON 6,94 20/6
CICOBLIGATIONS D 25,74 20/6
CICPLANBOURSE 12,67 19/6
CICPROF.TEMPERE 158,22 19/6
CICPROFILE EQUILI 19,24 19/6
CICPROFILE DYNAMI 26,38 19/6
CICUSA 12,38 20/6
CICOBLI C.T. D 133,99 20/6
Multi-promoteurs
CMACTIONS EUROC 22,81 20/6
CMEUR.TECHNOLOG. 2,80 13/6
CMFRANCE ACTIONSC 37,23 20/6
CMMID-ACT.FRANCE 44,32 20/6
CMMONDE ACTIONS C 255,37 20/6
CMOBLIG.COURT T.C 185,50 20/6
CMOBLIG.LONGT.C 134,52 20/6
CMOBLIG.MOYENT.C 405,38 20/6
CMOBLIG.QUATRE 171,30 20/6
CMOPTIONDYNAM.C 35,08 20/6
CMOPTIONEQUILI.C 67,15 20/6
Fonds communs de placements
CMOPTIONMODER.C 22,76 20/6
Fonds communs de placements
HDF CAPITAL APPR. 471,17 16/6
HDF EUROPE EQUITY 578,96 16/6
HDF GLOBAL EQUITY 470,93 16/6
HDF GLOBALOPPORTUN 533,24 16/6
HDF MULTI ALTERNAT 416,66 16/6
ADDILYS C 116,99 18/6
ADDILYS D 108,29 18/6
AMPLITUDE AMERIQUE C 21,25 15/6
AMPLITUDE AMERIQUE D 19,81 15/6
AMPLITUDE EUROPE C 31,69 15/6
AMPLITUDE EUROPE D 28,61 15/6
AMPLITUDE FRANCE C 96,18 15/6
AMPLITUDE FRANCE D 88,76 15/6
AMPLITUDE MONDE C 201,87 15/6
AMPLITUDE MONDE D 172,99 15/6
AMPLITUDE PACIFIQUE C 20,85 15/6
AMPLITUDE PACIFIQUE D 19,03 15/6
ELANCIEL EURO 89,47 15/6
ELANCIEL FRANCE 38,81 15/6
EMERGENCE EUROPOSTE 27,85 15/6
ETHICIEL C 121,38 15/6
ETHICIEL D 114,85 15/6
GEOBILYS C 140,90 15/6
GEOBILYS D 123,26 15/6
INTENSYS C 22,69 15/6
INTENSYS D 17,75 15/6
KALEIS DYNAMISME PEAC 84,43 15/6
KALEIS DYNAMISME PEAD 79,60 15/6
KALEIS DYNAMISME C 229,15 15/6
KALEIS DYNAMISME D 214,51 15/6
KALEIS EQUILIBRE C 221,12 15/6
KALEIS EQUILIBRE D 206,36 15/6
KALEIS SERENITE C 210,88 15/6
KALEIS SERENITE D 196,41 15/6
KALEIS TONUS C 70,37 15/6
KALEIS TONUS D 66,23 15/6
OBLITYS C 138,17 15/6
OBLITYS D 128,01 15/6
POSTE GESTIONC 2884,40 18/6
POSTE GESTIOND 2240,48 18/6
PRIMIEL EUROC 110,36 15/6
PRIMIEL EUROD 104,09 15/6
REVENUS TRIMESTRIELS 766,98 15/6
THESORAC 221,89 15/6
THESORAD 175,71 15/6
TRESORYS 52943,76 18/6
Fonds communs de placements
ALTERNAPOSTE 10 E 6120,62 15/6
DEDIALYS FINANCE 90,53 15/6
DEDIALYS MULTI-SECTEURS D 66,58 15/6
DEDIALYS SANTE 101,30 15/6
DEDIALYS TECHNOLOGIES 25,25 15/6
DEDIALYS TELECOM 40,61 15/6
POSTE EUROCREDIT 125,92 15/6
POSTE EUROPE C 112,18 15/6
POSTE EUROPE D 103,45 15/6
POSTE PREMIERE 2-3 ANS 10664,33 15/6
POSTE PREMIERE MONETAIRE 7838,11 18/6
REMUNYS PLUS 113,61 15/6
FCP Multi-gestion
F&CBIOPHARMA 15,79 20/6
F&CEMMKTS BDUSD 12,00 20/6
F&CEUR INFL LINK 9,96 20/6
F&CEUROHI.YLD.BD 14,95 20/6
F&CEURO.CORP. 18,29 20/6
F&CEUROP SMCAP A 14,76 20/6
F&CEUROPEANEQTY 15,52 20/6
F&CFAR EAST EQUIT 10,12 20/6
F&CGL CONVER BOND 11,93 20/6
F&CGL REAL ESTATE 16,43 20/6
F&CGL.EMG.MKT.USD 15,61 20/6
F&CCOMGL EMMKTS 98,39 20/6
F&CJAPAN.EQTY 26,96 20/6
F&CNORTHAMER EQ. 21,60 20/6
F&CPACIFIC EQTY 31,58 20/6
F&CSTEWARDSHI.INT 9,49 20/6
F&CUS SMCAP USD 82,07 20/6
Fonds communs de placements
FED.ACTS.ETHIQUES 83,52 19/6
FED.CROISSANCE C 50,62 19/6
FED.EPAR.ACTS 60,51 19/6
FED.EURODYNAMIQ. 29,87 19/6
FEDMULTI ACTS EUR 134,48 16/6
FEDMULTI 21E SIEC 57,69 16/6
PROFED.OBL. 39,08 19/6
PROFED.OBL.CONVER 23,15 19/6
FEDOBLIG.VARIABLE 21,71 19/6
......................................................................................
......................................................................................
......................................................................................
......................................................................................
......................................................................................
......................................................................................
......................................................................................
......................................................................................
......................................................................................
......................................................................................
......................................................................................
PER - Price Earning Ratio (ou cours/bénéfice) : cours de Bourse divisé par le bénéfice par action estimé pour
l'exercice courant. PER : Jacques Chahine Finances ; données : la Cote Bleue.
n/d : valeur non disponible.
Achat Vente
dollar us ................................1,2622...........1,2626
yen.......................................144,8100 ......144,8800
couronne tchéque.............28,5450.........28,5660
couronne danoise ...............7,4532...........7,4542
livre sterling.........................0,6841...........0,6847
forint hongrois...............276,2200 ......277,2200
zloty polonais ......................4,0730...........4,0830
couronne suédoise ..............9,1969...........9,2019
couronne slovaque ..........38,3400.........38,4400
franc suisse ...........................1,5602...........1,5605
couronne norvég. ...............7,9028...........7,9058
rouble...................................34,0490.........34,1480
livre turque...........................2,0501...........2,0601
dollar australien................1,7092...........1,7103
dollar canadien...................1,4053...........1,4063
yuanchinois .......................10,0974.........10,1074
wonsud-coréen ............1206,5000....1207,5000
dollar néo-zéland...............2,0295...........2,0395
rand sud-africain................8,9258...........8,9359
TAUX D'INTÉRÊT LE 21/6
Taux Taux Taux Taux
j.le j. 3 mois 10 ans 30 ans
france 2,84 2,98 3,98 4,23
royaume-uni 4,61 4,75 4,78 4,58
italie 2,84 2,98 4,18 4,58
allemagne 2,84 2,98 3,94 4,22
japon 0,12 0,33 1,85 2,26
états-unis 5,04 5,44 5,24 5,41
suisse 1,41 1,49 2,65 2,88
Etats-Unis
Les mises en chantier de logements,
en baisse depuis trois mois, ont pro-
gressé de 5 %en mai, à 1,957 million
d’unités, a annoncé, mardi 20 juin, le
département du commerce.
Suède
La Banque centrale a augmenté son
taux directeur de 0,25 point de base, à
2,25 %, mardi 20 juin. A en croire la
Riksbank, d’autres hausses devraient sui-
vre de manière à contenir l’inflation
sous la barre des 2 %annuels. L’infla-
tion a atteint 1,6 %en mai.
France
La consommationdes ménages fran-
çais enproduits manufacturés a aug-
menté de 0,6 %enmai après une pro-
gressionde 0,9 %enavril (+ 0,7 %enpre-
mière estimation), selonles données
publiées mercredi 21 juinpar l’Institut
national de la statistique (Insee).
Pologne
La production industrielle est en haus-
se de 3,8 %en mai, par rapport à
avril, soit une augmentation de 15,6 %
sur un an, a annoncé, mardi 20 juin, le
Bureau national des statistiques.
OMC
Les pays arabes ont décidé, mardi 20
juin, de se regrouper au sein de l’Orga-
nisation mondiale du commerce
(OMC) pour mieux coordonner leurs
positions aux négociations du cycle de
Doha, a annoncé le ministre égyptien du
commerce, Mohammed Rachid. Il com-
prendra les 12 pays arabes membres de
l’OMC (Bahreïn, Djibouti, Egypte, Jorda-
nie, Koweït, Mauritanie, Maroc, Oman,
Qatar, Arabie saoudite, Tunisie et Emi-
rats arabes unis).
La Commission européenne
devait présenter les grandes
lignes de sa nouvelle politique
viticole, jeudi 22 juin.
Au programme : arrachage
et modernisation de l’étiquetage
ÉNERGIE FUSION AVEC SUEZ
GDF : le projet pourra
être « modifié » par
les députés, assure
M. Accoyer (UMP)
COURSDE L'EURO
TAUX
OR
MERCREDI 21 JUIN9h55 Cours %var.
LIGHT SWEET CRUDE.......................69,34.......-0,36
POLITIQUE MONÉTAIRE LUTTE CONTRE L’INFLATION
La Banque du Japon envisage
une hausse des taux dans un bref délai
SICAVET FCP
P
roduire moins, mais mieux pour
rivaliser avec les vins du nouveau
monde(Chili, Argentine, Brésil, Afri-
que du Sud, Australie…), telle est la philo-
sophie de la réforme de la politique vitico-
le de l’Union, dont Mariann Fischer Boel
doit dévoiler les grandes lignes jeudi
22 juin à Bruxelles. La commissaire euro-
péenne en charge de l’agriculture veut en
finir avec la surproduction, en procédant
à l’arrachage de 400 000 hectares en cinq
ans – sur un total de 3,4 millions
aujourd’hui. Elle propose aussi de suppri-
mer la distillation, qui absorbe les surplus
mais est très coûteuse.
Pour Patrick Aigrain, responsable du
groupe des experts économiques de l’Or-
ganisationinternationale de la vigne et du
vin (OIV), le recours à l’arrachage
« revient à de la décapitalisation, et ne se
pratique pas dans les vignobles du nouveau
monde ». Les pays de l’hémisphère Sud
doivent, eux aussi, gérer la surproduction,
mais ils ont recours à des méthodes diffé-
rentes. Quand les Européens intervien-
nent après laphasedevinification, notam-
ment avec de la distillation, leurs rivaux
agissent en amont. Leur raisin peut être
transformé en moût, voire laissé sur sou-
che, comme en Australie où, en 2005,
l’équivalent, selon l’OIV, de 1,5 à 2 mil-
lions d’hectolitres n’a pas été vendangé. A
titre de comparaison, la Commission
vient d’autoriser laFrance àdistiller 3mil-
lions d’hectolitres en 2006.
Consommation stable
Sans être réduits, les subsides affectés à
la viticulture seraient dépensés différem-
ment. Dans l’esprit de M
me
Fischer Boel, ce
budget de 1,2milliardd’euros par an–ver-
sés pour l’essentiel à la France, l’Italie et
l’Espagne – serait affecté à des mesures
de développement rural dans les régions
viticoles, pour financer des infrastructu-
res, moderniser les installations de pro-
duction, ou faire de la formation. Chaque
Etat membre disposerait d’une envelop-
pe, qu’il pourrait, par exemple, affecter à
unfond de gestion de crise.
La réforme, qui sera négociée en 2007,
avant d’être adoptée avec l’aval des Etats
producteurs et du Parlement européen,
survient dans un contexte de concurrence
croissante entre vins du Vieux continent
et du Nouveau Monde. D’autant que les
récoltes ont été bonnes en 2004 et en
2005 et que la consommation mondiale,
elle, a peu augmenté.
Selon les chiffres publiés mardi 20 juin
par l’OIVsur lesvendanges 2006dans l’hé-
misphère Sud, la production est encore en
augmentation, à 51,18 millions d’hectoli-
tres – contre 178 millions d’hectolitres en
moyenne ces cinq dernières années dans
l’Union. « Ces pays du Sud ont augmenté
production et superficie, mais consomment
moins, s’agace Federico Castellucci, le
directeur général de l’OIV. Leur nécessité
d’exporter va donc croître. » Déjà, leur
part de marché des exportations est pas-
sée de 1,7 % au début des années 1980, à
10 %en 1995 et 21 %aujourd’hui.
Les Vingt-Cinq exportent, en volume,
à peine 7,5 %de leur production. La Com-
mission préconise qu’ils misent davanta-
ge sur la promotion des bouteilles euro-
péennes et modernisent leur étiquetage.
Elle suggère aussi de modifier les prati-
ques œnologiques. Par exemple, engéné-
ralisant l’utilisation de copeaux de bois,
afin de rivaliser avec les techniques à
l’œuvre dans le Nouveau Monde.a
Laetitia Clavreul et
Philippe Ricard(à Bruxelles)
TOKYO
CORRESPONDANCE
La Banque du Japon (Bank of
Japan, BoJ) pourrait décider dans
undélai « bref »une hausse de ses
taux d’intérêt, a déclaré, mardi
20 juin, le gouverneur de l’établis-
sement central, Toshihiko Fukui.
Cettehausse sera « lente et progres-
sive », a-t-il ajouté.
Ces déclarations ont relancé les
spéculations sur une évolutiondes
taux dès juillet. Les analystes
tablaient sur cedélai, mais larécen-
te chute des marchés financiers, et
les révélations sur l’investisse-
ment controversé de M. Fukui
dans un fonds aujourd’hui au
cœur d’unscandale, avaient modi-
fié leur appréciation.
Mardi, M. Fukui a précisé que la
hausse sera décidée en fonction de
plusieurs éléments, et pas seule-
ment del’évolutiondes prix. Lasor-
tie de sept années de déflation
avait motivé l’abandon, en mars,
delapolitiquemonétaireultra-sou-
plesuivie depuis en2001. Il semble
désormais quel’établissement cen-
tral, désireuxdesoutenir unecrois-
sanceéquilibrée, prendraencomp-
ted’autres facteurs, commel’inves-
tissement des entreprises.
L’annonce de M. Fukui inter-
vient tandis que le gouvernement,
malgré des doutes sur les perfor-
mances des entreprises – notam-
ment avec les prix du pétrole éle-
vés –, continue à se montrer opti-
miste pour la croissance. Le
13juin, il a revuà lahausse l’évolu-
tion du produit intérieur (PIB)
pour le premier trimestre, à 3,1 %
en glissement annuel, contre
1,9 %.
La perspective d’une hausse des
tauxcontinue de peser sur les mar-
chés. Depuis l’annonce de la fin de
la politique monétaire ultra-sou-
ple, l’indice Nikkei baisse. Il a per-
du près de 2 000 points en deux
mois, victime du retrait de leurs
avoirs par les investisseurs étran-
gers. Mardi, les déclarations de
M. Fukui ont fait chuter les
valeurs des entreprises fortement
endettées. Mercredi, leNikkei ater-
miné la journée en baisse de
0,03 %, à 14 644,26 points. a
Philippe Mesmer
LEPRÉSIDENTdu groupe UMPde l’As-
semblée nationale, Bernard Accoyer, a
affirmé, mardi 20juin, que le projet de loi
sur la privatisation de Gaz de France
(GDF) – préalable à son mariage avec
Suez – pourra être « modifié et amendé ».
Les députés UMP « veulent être cer-
tains que toutes les possibilités ont été explo-
rées »avant de donner leur aval à la priva-
tisation, a déclaré M. Accoyer. « Nous
serions plus sereins encore si nous avions la
certitude que l’on a encore recherché pen-
dant un certain temps d’autres solutions »,
a-t-il ajouté. Le texte gouvernemental
prévoit de ramener la part de l’Etat dans
GDF à 34 %(contre 80 %actuellement).
Des élus de la majorité jugent préférables
des participations croisées, une entrée de
l’italienEnel dans l’accordoula possibili-
té pour l’Etat de garder 51 %du capital.
Les syndicats ne sont pas parvenus à
mobiliser, mardi, les 150 000 salariés des
industries électriques et gazières contre le
projet de privatisation du gazier. Près de
10 % des agents d’EDF et 13,4 % de ceux
de GDF ont suivi l’appel à la grève des
fédérations CGT, FO, CFE-CGC, SUD et
UNSA-énergie, selon les directions des
deux entreprises. Lors des précédentes
grèves contre la fusion GDF-Suez, elles
avaient relevédes tauxdegrévistes respec-
tivement de 18,5 % et 22,5 % le 23 mars,
puis de 5,2 %et 6 %le 11 avril. La Fédéra-
tion mines-énergie de la CGT estime
qu’un tiers des gaziers et électriciens
devant travailler mardi a fait grève. a
MERCREDI 21 JUIN9h55 Cours %var.
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Vin européen : une réforme
pour résister à la concurrence du Sud
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TABLEAU DE BORD
ÉCONOMIE & FINANCES
Vases communicants
3,600
en millions d’hectares
UE à 25
Hémisphère Sud*
*Australie, Nouvelle-Zélande, Chili, Argentine,
Afrique du Sud, Brésil...
Source : Office international de la vigne et du vin
0,85
0,75
0,50
3,7
3,6
3,5
2002 2004 2003 2005
0,835
SUPERFICIE DES VIGNOBLES
— 63 000 ha
+ 45 000 ha
0123
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Allongement télescopique et Séparation cil à cil.
L
a rédaction de Paris Match vit des
heures mouvementées après le
refus d’Alain Genestar, directeur
général de la rédaction de l’hebdomadai-
re, d’accepter une autre activité au sein
du groupe. Selon nos informations,
M. Genestar aurait eneffet refusé la direc-
tion des rédactions du groupe Hachette
Filipacchi Médias (HFM) que lui aurait
proposée, mardi 20 juin, la direction
générale du groupe. M. Genestar, qui
dirige la rédaction de Paris Match depuis
juillet 1999, aurait refusé cette proposi-
tion « de manière ferme et définitive »,
selon une lettre de la rédaction, réunie
mardi après-midi enassemblée générale.
La rédaction de l’hebdomadaire a
adressé cette lettre à Gérald de Roque-
maurel, PDG de HFM, et Arnaud Lagar-
dère, patron du groupe (actionnaire du
Monde) et propriétaire d’HFM, indi-
quant que « la rédaction, déstabilisée par
neuf mois de rumeurs constantes (…), déplo-
re cette mise àl’écart pour des raisons politi-
ques. Dans ce contexte, les journalistes de
Paris Match présents à la réunion soutien-
nent Alain Genestar, à la suite d’un vote
ayant recueilli l’unanimité ». La société
des journalistes (SDJ) dénonce « l’ingé-
rence du politique », à moins d’un an de
l’élection présidentielle.
Les rumeurs sur une mise à l’écart de
M. Genestar étaient récurrentes depuis
la « une » du magazine du 25 août 2005,
où l’on voyait Cécilia Sarkozy, épouse de
Nicolas Sarkozy, au côté de Richard
Attias, présenté dans le journal comme
son « compagnon ». Arnaud Lagardère
n’avait pas apprécié le fait de ne pas avoir
été informé de cette intrusion dans la vie
privée de son ami Nicolas Sarkozy. Il
l’aurait dit fermement à M. Genestar à ce
moment-là. Selon le Canard Enchaîné,
Nicolas Sarkozy aurait été très mécon-
tent et l’aurait fait savoir à M. Lagardère.
Une grève évoquée
En novembre 2005, M. Genestar assu-
rait qu’il n’était pas menacé dans ses fonc-
tions, après des propos tenus par
M. Lagardère. Ce dernier, interrogé sur
i-télé sur un éventuel « changement à
Match », avait répondu : « Il y a ceux que
l’on vire, oui, absolument ! C’est la vie… Je
crois que c’est parfois nécessaire et il faut
effectivement prendre un peu de recul par
rapport àces choses-là. Celane veut pas dire
qu’onest cruel, parce qu’enécartant unjour-
naliste, (…) on laisse la chance à d’autres ».
Une réunion de crise devait se tenir
mardi soir chez M. de Roquemaurel. Ce
dernier était présent, mardi, au colloque
Presse Liberté organisé par l’association
du même nom, avec Anne-Marie Cou-
derc, directrice générale adjointe de
HFM. Interrogés sur un départ d’Alain
Genestar, ils ont répondu, un peu hési-
tants : « Il n’y a rien de nouveau. » Offi-
ciellement, « la direction générale d’HFM
ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet », a
fait savoir mardi une porte-parole du
groupe. M. Genestar n’a pas souhaité fai-
re de commentaires. Il était encore à son
poste mardi soir.
La SDJ a appelé à une autre assemblée
générale mercredi 21 juin à 15 heures.
« La grève pourrait être évoquée », note un
membre de la SDJ, ce qui ne s’est jamais
produit dans l’histoire de Paris Match,
longue de cinquante-sept ans.
Dans uncontexte morose pour la diffu-
sion de la presse magazine en France,
Paris Match a vu ses ventes progresser de
1,5 % à 634 369 exemplaires en 2005,
selon l’OJD, et l’hebdomadaire comptait
4,2 millions de lecteurs en 2005, selon
l’Association des éditeurs de presse
magazine (AEPM). a
Pascale Santi
Arnaud Lagardère, propriétaire
du titre, veut écarter
le directeur de la rédaction
du magazine. Les journalistes
dénoncent
des « raisons politiques »
I M M O B I L I E R
REPRODUCTION INTERDITE
Chambre des notaires de Paris - Place du Châtelet - Paris-1
er
- Téléphone : 01-44-82-24-00 Pour plus d’informations : www.paris.notaires.fr ou www.encheres-paris.com
FICHE PRATIQUE DES NOTAIRES
VENTE IMMOBILIÈRE ET ÉTAT DES RISQUES TECHNOLOGIQUES OU NATURELS
Depuis le 1er juin 2006, au titre d’une double obligation d’information au
profit des acquéreurs ou locataires, les promesses de vente ou d'achat
et les contrats réalisant ou constatant la vente d’un bien immobilier
doivent annexer un état des risques technologiques ou naturels dès lors
que le bien est situé dans des zones couvertes par un plan de prévention
de ce type de risques ou dans des zones de sismicité (art. L 125-5 du
Code de l’environnement).
La liste des communes concernées par un plan de prévention est
arrêtée par chaque préfet, ainsi que, pour chaque commune, la liste
des risques et des documents à prendre en compte (par exemple,
risques d’inondation, d’avalanche, de mouvement de terrain, de
toxicité ou d’effet thermique).
Cette obligation d’établissement d’un état des risques pèse sur le
vendeur ou le bailleur. Compte tenu de la technicité des informations qui
doivent être recueillies, il est conseillé de faire établir cet état par un
professionnel, tel un géomètre.
Le vendeur ou bailleur doit également informer par écrit l’acquéreur ou
le locataire de tout sinistre subi par un immeuble bâti ayant donné lieu
au versement d’une indemnité en application de l’article L.125-2 ou
L.128-2 du code des assurances.
Le non respect de ces deux obligations d’information peut entraîner la
résolution du contrat ou une diminution de prix.
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LE CONSEIL supérieur de l’audiovisuel
(CSA) a décidé de revenir sur sa décision
du 13 juin de classer François Bayrou et
dixautres députés de l’UDFdans l’opposi-
tion, pour la répartitiondutemps de paro-
le des partis politiques dans l’audiovisuel.
Le CSA a adressé une lettre à M. Bayrou,
publiée mardi 20 juin sur son site, expli-
quant avoir pris note du « désaccord »
exprimé par le président de l’UDFet assu-
rant ne prétendre « en aucun cas situer
une formation politique contre son gré ».
Cette décision faisait suite à une
demande de Bernard Accoyer, président
du groupe UMP de l’Assemblée, après le
vote par onze députés UDF de la motion
de censure contre le gouvernement, le
16 mai. Le CSAindique avoir « révisé »sa
décision pour finalement « maintenir le
dispositif en vigueur depuis le vote de la
motion de censure ». Le temps de parole
de l’UDF sera désormais « comptabilisé
sans être imputé sur celui de la majorité ni
celui de l’opposition ». Une méthode qui
« déroge aux règles traditionnelles du
Conseil, reconnaît le CSA, mais qui
répond à une situation inédite ».
Marielle de Sarnez, vice-présidente de
l’UDF, s’est félicitée, mardi, de cette déci-
sion, « qui reconnaît explicitement le droit
pour l’UDFd’exister en tant que telle et non
par rapport aux autres ».
La première décisiondu CSAavait sus-
cité un tollé à l’UDF mais aussi à gauche.
François Hollande, premier secrétaire du
PS, avait indiqué que son parti allait étu-
dier les possibilités de recours, tandis
que le PCFavait dénoncé « unchoix politi-
que et incohérent ». a
Sylvie Kerviel
Alain Genestar est prié de quitter
la direction de « Paris Match »
AUDIOVISUEL TEMPS DE PAROLE
Le CSA revient sur sa décision
de classer M. Bayrou dans l’opposition
JUSTICE
Pascal Clément veut renforcer
le droit à la protection des sources
des journalistes
Le ministre de la justice, Pascal Clément,
a réaffirmé, mardi 20 juin, son souhait
que le droit des journalistes à la protec-
tion de leurs sources soit inscrit dans la
loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la
presse. Il s’est prononcé pour un code de
déontologie commun à tous les médias.
TÉLÉVISION
Grève des locales de M6
Les rédactions locales de M6ont fait grève,
mardi, contre lafindes décrochages deRen-
nes et Nantes (15 suppressions d’emplois).
Le groupe Canal+ cède le PSG
Canal+ a annoncé, mardi, avoir finalisé
la cession du club du PSGaux fonds
Colony Capital, Butler Capital Partners
associés à la banque Morgan Stanley.
MÉDIAS 20
0123
Jeudi 22 juin 2006
Ma chance au départ,
c’est d’avoir été
parfaitement bilingue
dès l’enfance
B
oulanger-pâtissier, on
connaît. Chauffeur-
livreur aussi. Linguiste-
bijoutière, c’est plus
rare. Mais la rareté est
un terme qui va com-
me un gant à Marina
Yaguello, qui n’a
jamais été dugenre à suivre les voies tou-
tes tracées. Quant à « bijoutière », c’est
un terme qu’elle réfute, qui sent trop la
joaillerie façonplace Vendôme et les pier-
res précieuses serties. Tout ce qu’elle
déteste. Elle, ce qu’elle crée, ce sont des
« parures », des ornements de corps, des
pièces uniques et primitives.
Rapide retour en arrière. Marina
Yaguello a tout juste 14 ans quand, sui-
vant des cours de russe – on parle russe à
la maison –, elle découvre la philologie
des langues slaves. C’est une révélation.
Elle aborde, émerveillée, le perfectif et
l’imperfectif, les catégories sémantico-
linguistiques. Elle fait aussi du latin, de
l’anglais, de l’allemand, de l’italien, de
l’espagnol – elle s’attaquera plus tard au
serbe et au wolof. La jeune fille de
parents russes émigrés, décorateurs tous
les deux, est « entrée » en langues.
Ensuite tout ira très vite. Une agréga-
tion d’anglais à l’âge de 22 ans. Un poste
d’assistante à la Sorbonne l’année suivan-
te, grâce à celui qu’elle décrit comme son
maître, Antoine Culioli, père de la « théo-
rie des opérations énonciatives » et
cofondateur de Paris-VII, qui a reconnu
en elle une « personne très active, organi-
sée, et susceptible d’apporter la bouffée
d’oxygène nécessaire à cette discipline qui
avait du mal à s’imposer ». « Ma chance
au départ, c’est d’avoir été parfaitement
bilingue dès l’enfance », explique, comme
pour s’excuser, celle qui se classera bien-
tôt parmi les linguistes les plus recon-
nus, aux côtés de Claire Blanche-Benve-
niste ou de Claude Hagège. Elle voyage,
publie ouvrage sur ouvrage. Féministe
dans l’âme, elle écrit Les Mots et les fem-
mes (Payot), qui sera plus tard illustré
par Claire Bretécher, best-seller sans ces-
se réédité. Puis ce seront Alice au pays du
langage (Le Seuil, son record absolu de
ventes), et, toujours au Seuil, son éditeur
de cœur, Petits faits de langues, Des lan-
gues imaginaires et de leurs inventeurs
(tout récemment republié dans une ver-
sion réactualisée)… Mouche à tout coup.
Marina Yaguello devient la nouvelle figu-
re de la linguistique. C’est elle qui dirige-
ra Le Grand Livre de la langue française,
une œuvre collective cette fois.
Expérience qu’elle ne renouvellera
pas : « Je suis une solitaire. Mon autono-
mie est mon plus gros défaut : j’aime trop
décider seule, agir comme je l’entends. »
Car elle ne fait rien comme tout le
monde, ce qui lui vaut un cursus atypi-
que – elle ne prendra le temps de passer
son doctorat d’Etat qu’en 1983 –, et ne
lui fait pas que des amis dans le petit
monde universitaire. « Etre là où on ne
l’attend pas », telle est sa devise : « Je
déteste les spécialistes au sens étroit du ter-
me, qui se délimitent un champ et passent
des années à labourer le même sillon. »
Entre-temps, il est vrai, elle aura, au
cours de ses nombreuses missions de par
le monde, vécu un nouveau coup de
cœur : les arts premiers, les matières bru-
tes, ses « perles rares ». « J’ai commencé
en collectionneuse, amassant des stocks et
des stocks de cornaline, de spondyles, de
granit, de jadéite, d’agates, de stéatite, de
coraux, de bronzes de fouille, de coquilla-
ges, de plumes, de dents, de carapaces, de
toutes ces matières qui ont fait partie inté-
grante des parures depuis des millénai-
res. »
Car la parure, Marina Yaguello est for-
melle, n’a pas, de par les âges, été seule-
ment objet de séduction, et ne s’est pas
seulement conjuguée au féminin : « Elle
est aussi porteuse de messages religieux ou
de pouvoir, elle est trophée, signe de célébra-
tion ou de rituels magiques. »
Afrique de l’Ouest, Océanie, Chine,
Moyen-Orient, Australie, elle court les
marchés d’antiquaires, les musées
archéologiques, les étals de fouilles, dont
elle rapporte ses « perles ». Totalement
autodidacte en la matière, elle va se met-
tre, comme elle l’a fait depuis des années
avec les mots, à les classer, les trier, pour
en remonter les origines, en analyser la
substance, en tirer une syntaxe, et bien
sûr aussi, de ses mains de sculpteuse, les
assembler. Vingt ans durant, ses propres
créations, elle sera la seule à les porter…,
« à l’émerveillement de mes étudiants, qui
me voyaient arborer une parure différente
chaque jour en cours ».
Un accident de la route change le
cours des choses. Elle manque perdre
une jambe, subit de multiples interven-
tions, et en sort plus forte, plus détermi-
née que jamais à vivre, à foncer, à ne rien
se refuser. D’où la surprise – « beaucoup
de gens n’ont pas compris » – lorsqu’en
2000, alors qu’elle avait encore treize
ans de carrière devant elle, elle quitte son
prestigieux poste universitaire pour se
consacrer entièrement à sa nouvelle pas-
sion. « J’ai toujours confusément su que,
chez elle, ce serait le monde qui l’entoure,
les choses à faire, le concret qui l’emporte-
raient », reconnaît celui qui fut au départ
son mentor.
Depuis, ce sont deux expositions-ven-
tes par an (mi-juin et mi-décembre),
dans son petit atelier-bijou en lisière du
Marais, où elle reçoit sur invitation pour
faire découvrir ses créations à quelques
aficionados – qui deviennent presque
tous des amis.
L’argent est immédiatement réinvesti
dans de nouveaux voyages, de nouvelles
acquisitions : du quartz ou du bronze ici,
des piques de porc-épic là-bas ou du ver-
re archéologique pour un pectoral, une
ceinture, des bijoux de main, de cheville,
de lèvre ou d’oreille. Il y a aussi ses trois
enfants devenus grands et son compa-
gnon, universitaire et violoncelliste. Sa
maison au Sénégal et celle de Bretagne,
où elle aime retrouver sa tribu pour
vivre, cuisiner, bricoler, construire, reta-
per.
Une autre vie ? Elle répond oui, une
deuxième vie. Mais elle n’a de cesse de
les faire se rencontrer, de les juxtaposer,
de faire de l’une la continuation de
l’autre. Son rêve ? Publier une « Taxino-
mie de la parure », mettre en grammaire
tout ce qu’elle a appris sur le sujet. Mais
ce serait sûrement un ouvrage trop cher
à réaliser à cause des reproductions.
Et s’il vous prend la fantaisie de cares-
ser l’un des colliers exposés, d’en remon-
ter du doigt les perles en lui demandant
« en somme, ceci est une phrase ? », elle
sourit et un éclair vient jouer dans le bleu
quasi minéral de ses yeux. « C’est un peu
ça », dit-elle. a
Hélène Viala
photo Claudine Doury/vu
pour « Le Monde »
1944
Naissanceà Paris
deparents russes émigrés.
1966
Reçue à l'agrégation
d'anglais.
1981
Publie Alice aupays du
langage : 150000
exemplaires vendus.
1983
Découvrel’Afrique et passe
sondoctorat d'Etat.
1997
Prendla directiondel'UFR
del'Institut Charles-V
(université Paris-VII).
2000
Prendsa retraite
d’universitairepour se
consacrer à ses parures.
Linguiste
internationalement
reconnue, auteur
de nombreux
best-sellers sur
le langage, cette
professeure émérite de
l’université Paris-VII
a fait un virage sur
l’aile pour se consacrer
à son autre passion :
les pierres rares,
les arts premiers
et les parures sauvages
Décryptages
Portrait
PARCOURS
Je déteste les spécialistes
au sens étroit
du terme
Marina Yaguello
Alice au pays des
coquillages
0123
Jeudi 22 juin 2006 21
Au temps
Congo
belge
U
n trésor a été découvert au Katan-
ga, une province de l’ancien Congo
belge. Ce trésor, sans équivalent
en Afrique francophone, ce sont les dizai-
nes de milliers de photos prises entre
1906 et les années 1980 par les compa-
gnies minières qui exploitaient les riches-
ses en étain, cobalt, zinc que recèle le
Katanga. La majorité des clichés tout com-
me les quelques films sauvegardés ren-
voient à la colonisation belge, au temps de
l’Union minière du Haut Katanga
(UMHK). Pris le plus souvent par des ano-
nymes, ils racontent la vie au cœur du
continent africain dans une zone indus-
trielle. On y voit des mines et des usines
gigantesques. On y découvre ce qu’était la
vie des Blancs avant l’indépendance du
Zaïre – aujourd’hui République démocra-
tique du Congo –, leurs loisirs à des mil-
liers de kilomètres de la mère patrie. On y
touche du doigt surtout les conditions de
vie des Noirs, qu’ils soient ou non
employés dans les mines.
Les photos embrassent une longue
période et témoignent que le statut des
Noirs a évolué au fil du temps. La « solida-
rité de la mine »réunissant Blancs et
Noirs dans la seconde partie du XX
e
siècle
était inimaginable pour les générations
précédentes.
Il n’empêche qu’un malaise se dégage
à compulser les vieilles photos qui, par
milliers, montrent les Congolais africains
traités parfois comme du bétail humain
jusque dans les années 1930. Les tra-
vailleurs noirs amenés d’autres provinces
du Congo ou de pays limitrophes, photo-
graphiés nus à leur arrivée, sont dirigés
vers des hôpitaux pour recevoir des soins
avant d’être envoyés vers les mines ou les
usines. Constitué par le colonisateur bel-
ge, le fonds photographique a été récupé-
ré en 1966 par la Gécamines, la société
d’Etat congolaise héritière de l’UMHK
nationalisée. D’autres photos sont venues
l’enrichir jusqu’à ce que la Gécamines,
pillée par le pouvoir central, tombe en
faillite. Elle emploie encore aujourd’hui
12 000 personnes payées de manière épi-
sodique. Parce qu’il faut bien vivre dans
un Congo qui a connu plusieurs guerres
civiles, les salariés de la Gécamines récu-
pèrent donc les photos et les cèdent à vil
prix. Aujourd’hui, cet ensemble est mena-
cé d’être dispersé et donc de perdre toute
valeur pour les historiens et les cher-
cheurs. C’est dans ce contexte que l’Espa-
ce francophone de Lubumbashi, dirigé
par Hubert Maheux, a acquis des milliers
de clichés, de négatifs, de plaques de ver-
re, grâce à un don d’un industriel belge,
Georges Forrest, installé au Katanga.
C’est un échantillon de ce trésor que
Le Monde publie. a
Jean-Pierre Tuquoi
Nouveaucamppour « indigènes mariés »à la mine de l’Etoile,
à Lubumbashi, oùle cuivre et le cobalt sont exploités depuis le début
du XX
e
siècle. Alignées, couvertes de paille, les cases sont construites en
briques cuites dites « kimberley ». L’ensemble est clos de pieux et de fil de
fer. L’organisation des camps, où les célibataires et les couples sont séparés,
et les techniques de construction sont directement inspirées des modèles
sud-africains en vigueur à l’époque. La photo a été prise le 3 juin1925.
Panoramad’une usine enconstructionau quartier Panda, à Likasi, une ville minière. On distingue une tour de broyage. Les usines implantées au Katanga bénéficient de la tradition industrielle
de la Wallonie et du savoir-faire des colons anglo-saxons installés en Afrique du Sud. La vue a été prise le 9mai 1938. Aujourd’hui, la plupart de ces ensembles industriels ne sont plus que des friches.
ALikasi, les structures métalliques sont en cours de démontage. Le fer est venduau poids. Il part vers la Chine.
Défiléde travailleurs del’UMHK, place Albert, à Lumumbashi.
Onignore quel est le prétexte à la manifestationainsi que la date
exacte (les années 1920). Les travailleurs, torse nu, sont
identifiables par leurs outils de travail, qu’ils exhibent avec fierté
devant les Blancs : barres à mines, masses,tuyaux
métallurgiques utilisés dans les fours.
Chambrededésinfectionducampde préparationdes recrues. La photo
a été prise le 14 mars 1927. Les mines, les usines de concentrationdu minerai
oude fabrication de tôles de cuivre ont besoin de bras. Les recrues arrivent
par caravanes d’autres régions du Congo, principalement du Kasaï, et des
pays voisins (Zambie, Tanzanie, Rwanda, Burundi…). Avant d’être envoyées
autravail, les recrues sont désinfectées et soignées. Commencent ensuite
plusieurs mois d’« acclimatation » –c’est le terme officiel –à leur nouvelle
vie. Cette acclimatation passe par l’apprentissage de la langue locale.
Enquête
du
22
0123
Jeudi 22 juin 2006
Travailleurs deWittaker, une entreprise sous-traitante de l’UMHK, à Ruashi (Lubumbashi).
Ils sont photographiés en décembre 1926, avant un séjour de deux mois et demi à l’hôpital
de l’entreprise belge. Dès que la caravane des futurs travailleurs arrivait au Katanga, les recrues
les plus mal en point étaient envoyées à l’hôpital. Ala fois pour des raisons d’hygiène et par souci
scientifique, les hommes étaient photographiés nus, de face et de dos, au début et à la fin
de leur séjour. Sur une autre photographie, une flèche signale un homme placé au centre
avec cette légende : « Boy de même race et de bonne constitution. »
LeCercle des Belges. Les cadres européens bénéficiaient pour leurs loisirs du mess et des salles
à manger de l’Union minière du Haut Katanga (UMHK), à Lubumbashi. En dehors des réunions
mondaines, les hommes, tirés à quatre épingles, viennent s’y détendre en lisant la presse belge
(Le Soir, Le Journal…). Les femmes sont admises. La société met aussi un Cercle à la disposition
de ses employés blancs. S’y donnent rendez-vous les amateurs de tennis, de natation,
de tir à l’arc. Des troupes de théâtre amateur donnent à l’occasion des représentations.
Le cliché date de 1925.
0123
Jeudi 22 juin 2006 23
Franco-marocain,
de sensibilité
soufie.
Un leader
charismatique plus
qu’un politique.
Lhaj Thami Breze
PRÉSIDENT
Stratège de
l’organisation.
Chargé
des relations
avec le CFCM.
1
ER
VICE-PRÉSIDENT
Fouad Alaoui
Ancien trésorier,
il joue
un rôle clé dans
les relations avec
les pays du Golfe
2
E
VICE-PRÉSIDENT
Nazir Hakim
42 ans.
Professeur
de physique,
représente
la génération
montante.
PRÉSIDENT DU CRCM
RHÔNE-ALPES
Azzedine Gaci
Cet intellectuel
modéré exerce
une influence
localement, mais
peine à s’imposer
au plan national.
IMAMDE BORDEAUX
Tarek Oubrou
AQUITAINE
MIDI-
PYRÉNÉES
CORSE
AUVERGNE
BOURGOGNE FRANCHE-
COMTÉ
ALSACE
LORRAINE
CENTRE
Î-DE-F.
BASSE-
NORMANDIE
HAUTE-
NORMANDIE
PICARDIE
NORD-
PAS-DE-CALAIS
CHAMP.-
ARDENNE
PAYS-
DE-LOIRE
POITOU-
CHARENTES
BRETAGNE
LIMOUSIN
PROVENCE-
ALPES-
CÔTE D'AZUR
LANGUEDOC-
ROUSSILLON
RHÔNE-ALPES
Listes UOIF et alliées Listes FNMF
CCMTF (Turcs) Mosquée de Paris
Sources, photos : CFCM, UOIF Infographie Le Monde
2003 2005
** FNMF = Fédération nationale des musulmans de France
* CCMTF = Comité de coordination des musulmans turcs de France
La Mosquée de Paris, financée par l’Algérie regroupe les mosquées algériennes.
La FNMF, liée au Maroc, fédère les mosquées marocaines.
2003
2005
en nombre de sièges
19
10
3
1
16
6
4
2
13
10
Indépendants
FNMF**
Mosquée
de Paris
CCMTF*
UOIF
JMF
Jeunes
musulmans
de France
CBSP
Comité
de bienfaisance
et de secours
aux palestiniens
EMF
Etudiants
musulmans
de France
Association
de médecins
Avicenne
LFFM
Ligue française
de la femme
musulmane
Il forme les cadres
religieux dans
trois sites :
Institut européen des sciences
humaines
GEDIS
Edition de livres,
cassettes
et CD (Sarl)
Association
les imams
de France
Dar Al Fatwa
Instance théologique,
référence religieuse
de l’organisation
35 mosquées
300 associations
Huit associations spécialisées
- St Léger-de-Fougeret (Nièvre)
- Saint-Denis
- Leicester (Roy.-Uni)
Fédération des organisations
islamiques d’Europe (FOIE)
Union des organisations
islamiques de France
Union des organisations
islamiques de France
(UOIF)
UNE INFLUENCE SURTOUT LOCALISÉE DANS LE GRAND OUEST
UN LÉGER RECUL AU CONSEIL FRANÇAIS
DU CULTE MUSULMAN (CFCM)
C
onsidérée comme la
composante la plus
intransigeante du
Conseil français du
culte musulman
(CFCM), l’Union des
organisations islami-
ques de France (UOIF)
vient delancer uneopé-
rationde transparence enpubliant unlivre
intitulé Qu’est-ce que l’UOIF ? (éd. L’Archi-
pel, 120 pages, 8,50 euros). L’occasion de
fairele point sur cette organisationcontro-
versée.
Constituéeen1983, l’UOIFest, àl’origi-
ne, unregroupement d’unequinzained’as-
sociations, créé par des étudiants étran-
gers, principalement tunisiens. Leur réfé-
rence religieuse est le Libanais Fayçal
Mawlawi, qui se situe dans la mouvance
des Frères musulmans, mouvement poli-
tico-religieux fondé en Egypte en 1928.
Comme beaucoup d’associations musul-
manes, l’UOIF a pu se constituer après la
suppression, en octobre 1981, des arti-
cles 22 à 28 de la loi de 1901, qui interdi-
saient aux étrangers de créer des associa-
tions.
En1989, l’UOIFafait parler d’elleàl’oc-
casionde la première affaire de foulard, en
prenant la défense des deux jeunes filles
exclues du collège de Creil (Oise). L’année
suivante marque untournant.
Deux de ses membres, Abdal-
lahBenMansour et Amar Las-
far, entrent au Conseil de
réflexionsur l’islamde France
(Corif), créé par le ministre de
l’intérieur de l’époque, Pierre
Joxe. L’organisation change
de nom : d’Union des organi-
sations islamiques en France,
elle devient l’Uniondes organisations isla-
miques « de France » et axe son discours
sur la « citoyenneté ».
En 1993, l’exécutif de l’UOIF change.
Une nouvelle équipe, principalement
marocaine, encore en place aujourd’hui,
prend les commandes. Lhaj Thami Breze
devient président et FouadAlaoui secrétai-
re général. La plupart des responsables
ont obtenu la nationalité française. Lhaj
Thami Breze a été naturalisé en 2005.
L’UOIF entend incarner un islam de
France, face à la Mosquée de Paris, finan-
cée par le gouvernement algérien et la
Fédération nationale des musulmans de
France (FNMF), liée au Maroc. Elle n’est
pas la première force de l’islamen France,
mais elle est sans doute la mieux structu-
rée. Constituée selon un schéma pyrami-
dal, elle est, elle-même, une branche de
l’Uniondes organisationsislamiquesd’Eu-
rope(UOIE). Leterritoire aété découpé en
12 régions administratives, représentées
par un délégué. Propriétaire de 35 mos-
quées ou centres islamiques, l’UOIF a
contribué à l’acquisition de plus de 150
autres lieux de culte et fédère environ 300
associations.
L’efficacité de l’organisation est liée à
l’engagement de ses militants. Salariés ou
bénévoles, ces derniers acceptent deconsa-
crer une part de leur temps libre et de leur
revenu à l’organisation. Avant tout sou-
cieux de la solidité de la structure, ils pen-
sent qu’elleest incontournabledanslepay-
sage musulman français, malgré les atta-
ques dont elle est régulièrement l’objet.
L’influence de l’UOIF s’exerce aussi à
travers des actions qui lui sont propres.
Elle édite un calendrier des prières large-
ment diffusé et, surtout, elle organise cha-
que année, au parc des expositions du
Bourget (Seine-Saint-Denis), lerassemble-
ment des musulmans de France, qui attire
plusieurs dizaines de milliers de person-
nes, dont beaucoup de jeunes. Le public se
déplace pour écouter des conférenciers,
mais aussi pour faire ses achats dans un
vaste espace commercial.
L’UOIF a beaucoup misé sur la créa-
tion, en 2003, du CFCM. Elle s’est enga-
gée dans le processus, espérant qu’il lui
apporterait la reconnaissance des pou-
voirs publics. Cette stratégieaprovoquéde
vivescritiques auseindelabase, qui regret-
tequel’organisationn’ait pas étésuffisam-
ment pugnace lors duvote de la loi interdi-
sant le voile à l’école. Aujourd’hui, l’UOIF
se recentre sur elle-même, privilégiant la
formation des cadres et l’ouverture d’éco-
les privées musulmanes.
Lors des premières élections des repré-
sentants au Conseil français du culte
musulman, en avril 2003, l’UOIF a rem-
porté 11 régions sur 25. Mais ce succès
cache de grandes disparités d’implanta-
tion selon les régions. L’organisation est
surtout présente dans une grande moitié
Ouest, notamment à Bordeaux, Poitiers,
Nantes, et plus à l’est, à Reims. Autant de
zones oùles musulmans sont relativement
peunombreux. Enrevanche, elleest faible-
ment implantée en Ile-de-France, Nord-
Pas-de-Calais, Alsace-Lorraine, Rhônes-
Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Lan-
guedoc-Roussillon, là où la
communauté musulmane
est importante. Quand
l’UOIF parvient à exercer
une influence, c’est par un
jeu d’alliances locales avec
d’autres courants. Ainsi, en
2005, Lhaj Thami Breze et
Azzedine Gaci ont, respecti-
vement, été réélus président
du Conseil régional du culte musulman
(CRCM) de l’Ile-de-France centre et de
Rhône-Alpes, deux régions où l’UOIF
n’est pas majoritaire au CFCM.
On reproche à l’Union des organisa-
tions islamiques de France l’opacité de son
financement. Elle a longtemps vécu grâce
à des dons versés par de généreux dona-
teursvivant dans lespays duGolfeet entre-
tient de bons rapports avec laLigueislami-
que mondiale. Elle affirme, aujourd’hui,
que l’aide de ces donateurs étrangers n’ex-
cède pas 20 % de son budget, estimé, en
2002, à 1,5 million d’euros, le reste étant
fourni par les fidèles.
Le manque d’implication des jeunes de
la deuxième génération dans ses structu-
res constitue la principale faiblesse de
l’UOIF. Elle a pourtant pris ses distances
avec le conférencier suisse Tariq Rama-
dan, très populaire chez les jeunes musul-
mans pratiquants.
En outre, l’UOIF est régulièrement
montrée du doigt pour ses liens avec la
mouvance islamiste des Frères musul-
mans. Lors du rassemblement annuel du
Bourget, elleinvitedespersonnalités serat-
tachant plus ou moins directement à ce
courant comme des responsables du parti
algérien Mouvement de la société de la
paix (MSP) ou le cheikh Youssouf
Al-Qaradhawi, prédicateur sur la chaîne
satellitaire Al-Jazira. Les liens entre
l’UOIF et le Tanzim al-dawli, l’organisa-
tioninternationaledes Frères musulmans,
sont réels mais informels. Fouad Alaoui
admet qu’il rencontre de temps à autre
Hassan Al-Howeidi, l’ambassadeur itiné-
rant des Frères. Cependant, l’UOIF sem-
ble prendre ses distances avec ce mouve-
ment : depuis 2000, Youssouf Al-Qarad-
hawi n’est plus invité au Bourget. a
Xavier Ternisien
UOIF
Un réseau
en quête de
reconnaissance
La fin de l’idylle avec Nicolas Sarkozy
DÉBUT MAI, juste après le grandrassem-
blement duBourget, le site musulman
saphirnews.comtitrait : « L’UOIFlâche
Sarkozy ». L’auteur de l’article soulignait
un« changement de tonet de discours de la
direction de l’UOIFà l’égard du ministre de
l’intérieur ». Il envoulait pour preuve le
texte lu à la tribune, au Bourget, le 6 mai,
par le vice-président Fouad Alaoui, dans
lequel celui-ci critiquait les déclarations
de Nicolas Sarkozy sur l’immigration.
Ainsi s’achevait une idylle commencée
en2002, avec l’arrivée de M. Sarkozy au
ministère de l’intérieur. Celui-ci pensait
sans doute trouver, alors, dans l’organisa-
tionmusulmane un relais d’influence effi-
cace. L’UOIF, de son côté, appréciait les
bonnes paroles du ministre sur les reli-
gions et sa visionconservatrice de la socié-
té française. L’idylle entre le ministre de
l’intérieur et l’UOIFavait culminé le
19avril 2003, lorsqu’il s’était rendu au
Bourget. Lhaj Thami Breze avait déclaré à
cette occasion : « Nous recevons un ami,
que nous avons découvert et qui nous a
découverts. »
Les jeunes musulmans, qui constituent
une large part du public des rassemble-
ments de l’UOIF, n’ont pas accepté ce rap-
prochement avec le ministre de l’inté-
rieur. Ils reprochent à l’organisationde
s’être notabilisée, de ne plus être assez
engagée en faveur de la cause palestinien-
ne, de ne pas s’être opposée avec assez de
force à la loi sur le foulard à l’école. Dans
une tribune publiée le 25 avril 2005 sur le
site oumma.com, YaminMakri, membre
duCollectif des musulmans de France
(CMF) et proche de Tariq Ramadan, s’en
prenait aux « nouveaux notables de la
République (…) qui multiplient les arrange-
ments, accords et compromissions »et quali-
fiait les responsables de l’UOIF de
« conservateurs petits-bourgeois ». Peu
après, le 29 juin2005, Farid Abdelkrim,
ancienprésident des Jeunes musulmans
de France (JMF), annonçait qu’il démis-
sionnait du conseil d’administration de
l’UOIF. Il était pourtant le seul musulman
de la deuxième génération à siéger dans
cette instance.
Les propos de Nicolas Sarkozy sur la
« racaille »pendant la flambée de violen-
ce dans les banlieues, à l’automne 2005
ont encore creusé le fossé avec la jeunesse
musulmane. De leur côté, les dirigeants
de l’UOIF constatent que la reconnaissan-
ce de la religion musulmane n’est plus
une priorité pour le ministre de l’intérieur
même si, lors du dernier rassemblement
duBourget, le 6 mai, des élus UMP
étaient présents. a
X. T.
L’organisation
a longtemps vécu
grâce
aux généreux
donateurs
des pays du Golfe
Radiographie de l’Union des organisations
islamiques de France (UOIF), très structurée
et influente, souvent dénoncée pour ses liens
avec la mouvance radicale des Frères musulmans
Focus
24
0123
Jeudi 22 juin 2006
Quai Branly. Contrairement à ce que
nous indiquions dans la légende accompa-
gnant la photo de Claude Lévi-Strauss
visitant le Musée du quai Branly (Le Mon-
de du 21 juin), Emmanuel Desveaux n’est
pas chargé de mission auprès de Jacques
Chirac mais auprès du président du
Musée, Stéphane Martin. Il est, d’autre
part, directeur d’études à l’EHESS.
Amérique latine. L’article intitulé
« Immature Amérique latine » de Julio
Maria Sanguinetti, publié dans la page
Débats du Monde du 20 juin, aurait dû
être accompagnée du copyright El Pais.
Dreyfus. Vincent Duclert, auteur du
point de vue paru dans Le Monde du
samedi 17 juin, intitulé « Dreyfus au Pan-
théon ? », précise que le capitaine
Dreyfus a bien été réintégré dans l’armée
par une loi votée le 13 juillet 1906, au len-
demain de l’arrêt de la Cour de cassation
le réhabilitant totalement. Cependant,
cette loi l’a seulement promu au grade de
commandant et n’a pas reconstitué sa
carrière comme l’ordonnait la reconnais-
sance juridique de son innocence.
Dreyfus demanda, en juillet 1907, sa
mise à la retraite anticipée. Il reprit du
service durant les quatre années de la pre-
mière guerre mondiale et termina sa car-
rière militaire comme lieutenant-colonel.
Que cache la vague populiste ?
En Europe centrale, les politiciens libéraux ne craignent pas le vote protestataire. Explications
RECTIFICATIFS ET PRÉCISIONS
L
e populisme se répand dans
toute l’Europe. Le Zeitgeist
(le climat) populiste est ren-
du responsable du non aux
Pays-Bas et en France, qui a
enterré la Constitution euro-
péenne ; et les mots d’ordre
populistes s’imposent dans le discours
politique « normal » : Le Monde ne rap-
portait-il pas récemment qu’une majorité
de Français approuve certaines idées de
Jean-MarieLe Pen, tandis que les partis de
gouvernement font de leur mieux pour
s’approprier ses thèmes ?
L’Europe centrale fait figure de capitale
dece nouveaupopulisme. Il est aupouvoir
enPologne, l’a emporté enSlovaquie dans
sa version de gauche, et fait une percée en
Bulgarie. De fait, le style populiste triom-
phe dans la plupart des autres pays post-
communistes. La recette de ce succès n’est
pas un secret : elle est faite de colère, de
haine des élites, de flou politique, de désir
égalitariste, de conservatisme culturel,
d’euroscepticisme doublé d’anticapitalis-
me, de nationalisme déclaré, de xénopho-
bie latente, et d’autant de rhétorique anti-
corruption que possible. C’est la version
électorale du cocktail Molotov.
Curieusement, les libéraux ne semblent
pas s’inquiéter ni se scandaliser outre
mesure de ce phénomène. On les sent un
peuhonteux, assez mal à l’aise, mais guère
plus. Ils jugent le populisme à la même
aune que la prostitution : c’est vil et mal-
honnête, mais inévitable et potentielle-
ment très amusant. Les libéraux auraient-
ils perdu leur capacité à se scandaliser ou
leur modération a-t-elle d’autres
explications ?
Pour eux, démocratie et libéralisme
sont jumeaux. Ils ont donc pris l’habitude
de s’attaquer à l’« antidémocratisme » de
leurs ennemis. Ils dénoncent soit le dis-
cours simpliste et manipulateur, adressé
aux tripes, soit une politique électoraliste
faite pour « acheter » les voix populaires.
Mais, au fond, est-il interdit, en démocra-
tie, d’en appeler aux passions du peuple ?
Et qui décide quelles politiques sont popu-
listes quandd’autres sont honorables ? Au
fond, c’est la nature démocratique du
populismequi laisseles libéraux sans voix.
Mais leur passivité a aussi une autre
explication : ils savent que les populistes
ne sont pas, au fond, des antilibéraux. Le
populisme est d’abord la stratégie marke-
ting de tous ceux qui débutent en politi-
que. En Amérique latine, cette doctrine
s’appelle la « politique du violon » : on
empoigne le violon de la main gauche,
mais on joue de la droite. En Europe, on
fait campagne sur des thèmes populistes
et on gouverne selon les recettes libérales.
Dans un monde politique européen domi-
népar defauxsocialistes, defauxconserva-
teurs et de faux écologistes, les faux popu-
listes sont la dernière trouvaille.
Ainsi, quand, en 2001, l’ancien roi de
Bulgarie, Siméon de Saxe-Cobourg-
Gotha, a fondé un nouveau parti politique
et causé un véritable tremblement de terre
en remportant la majorité au Parlement,
les observateurs ont conclu au triomphe
du populisme. Le parti du roi s’était impo-
sé dans toutes les classes d’âge, de revenu,
ou de niveau d’éducation. Son discours
était vague et opportuniste, et sontonplus
moraliste que politique. Quelques années
plustard, sonparti arejoint l’internationa-
le libérale et a été un facteur décisif dans
l’intégration prochaine de la Bulgarie
dans l’Unioneuropéenne. Les libéraux ont
donc peut-être raison de ne pas trop s’en
faire, puisqu’il pourrait se révéler que les
populistes ne sont que des libéraux qui
avancent masqués. Le « facteur Union
européenne », justement, pèse de tout son
poids dans ce manège entre populistes et
libéraux.
Ces derniers se raccrochent à l’UE un
peu comme les laïques turcs se raccro-
chent à l’armée pour endiguer l’is-
lamisme. Mais si l’UE est le dernier rem-
part pour stopper les populistes, elle est
aussi la cause de leur succès. Les électeurs
qui subissent les contraintes fixées par
Bruxelles ont le sentiment que, s’ils peu-
vent changer les hommes, ils sont impuis-
sants à infléchir les politiques. D’où leur
attirance pour les partis antisystème,
qu’ils soient de gauche ou de droite.
Il y a un dernier aspect à ce pas de deux
entre libéraux et populistes, et c’est sans
doute le plus intéressant. En ce moment,
les populistes gagnent les élections en
pourfendant la corruption. Or, à l’origine,
le discours anticorruption a été produit
par les libéraux eux-mêmes. Vers le milieu
des années 1990, en Europe centrale, le
mécontentement populaire montait, les
gens ne supportaient plus d’être exhortés
àlapatience enattendant que les réformes
prônées par l’Occident portent leurs
fruits. Le sentiment anticapitaliste, et par-
ticulièrement antiprivatisations, grandis-
sait. L’accusation de corruption devint
alors, pour le citoyen postcommuniste, le
seul moyen d’exprimer sa déception à
l’égarddes élites politiques et de se lamen-
ter sur la perte des espoirs nés de 1989.
Leslibérauxsesont emparés delarhéto-
riqueanticorruption, qui leur semblait pré-
férable à d’autres expressions de colère,
comme le nationalisme xénophobe,
d’autant qu’elle semblait une occasion de
recadrer le débat. La corruption était un
véritable problème, sans doute celui qu’il
fallait régler le plus rapidement.
Mais en fin de compte ce discours est
devenu le point faible des libéraux, parce
qu’ils n’ont pas su interpréter les aspira-
tions anticorruption des gens. Aux yeux
des libéraux, la corruption est un problè-
meinstitutionnel dont les réponses setrou-
vent dans une plus grande transparence et
une série de réformes ; tandis que, pour
l’opinion publique, c’est une question
morale: il faut que les hommes aupouvoir
soient intègres. Quandles libéraux parlent
d’équité, l’opinion comprend montée des
inégalités. Quand ils accusent l’Etat de
créer lacorruptionet vantent les privatisa-
tions, lamajoritéblâme lemarchéet s’indi-
gne dubradage des entreprises publiques.
Les enquêtes montrent que ce n’est pas
la corruption à la petite semaine qui
inquiète l’opinion, mais uniquement la
corruption des politiques. Et plus un gou-
vernement tente de faire de la lutte contre
la corruption sa priorité, plus les gens le
soupçonnent d’êtrecorrompu. L’imaginai-
re de la corruption possède sa propre dia-
lectique : on commence par croire que la
corruption est partout, puis l’on se
convainc que tous les politiques sont cor-
rompus, on atteint enfin le stade suprême
lorsque l’on pense que l’objet même de
tout gouvernement est la corruption.
La guerre contre la corruption aura
donc rendulepopulismerespectable. Atta-
quer le populisme aujourd’hui, en Europe
centrale, c’est défendre « les copains et les
coquins ». Latentativelibéralepour dépoli-
tiser lalutte contre lacorruptionet enfaire
un instrument de réformes institutionnel-
les était condamnéed’avance. Les libéraux
auraient dû comprendre que le populisme
est avant tout une vision du monde dans
laquelle la société est constituée de deux
groupes séparés : le « peuple pur » et les
« élites corrompues ».
Reste à savoir pourquoi les représen-
tants des élites ne sont pas plus inquiets.
Serait-ce parce qu’ils s’efforcent déjà
d’être les prochains populistes ? a
Départ en vacances par Nicolas Vial
Les « Outreau »
quotidiens
de la justice
La formation des juges
Ainsi donc, notre justice fait grise mine au
lendemainde l’affaire dite d’Outreau. L’ar-
me absolue contre ce genre de dérive sem-
ble avoir été trouvée : la collégialité. Mais
qui dit « collégialité »dit mobilisation
d’effectifs supplémentaires. Pour mener à
bienune telle entreprise, le ministre de la
justice, par unarrêté endate du1
er
juin, a
fixé à 200 le nombre de places offertes au
concours d’entrée à l’Ecole nationale de la
magistrature pour la session2006, soit
environ40de moins que l’année précé-
dente. Cela s’appelle se donner les
moyens de ses ambitions, non ?
Clément Incerti
Chilly-Mazarin (Essonne)
L’estime et le respect
(…) Enseignante, je sais la désolationdes
élèves qui veulent travailler, et qui ensont
empêchés par quelques « durs ». Unpro-
fondsentiment d’impuissance et d’injusti-
ce saisit alors ces élèves sérieux qui
n’osent plus se manifester, et encore
moins protester, par crainte de repré-
sailles. Les familles souffrent avec leurs
enfants, et sont réduites ausilence (…).
Etre exigeant avec les jeunes, c’est une
marque de respect et d’estime. Acondi-
tiond’être juste et raisonnable, et exigeant
pour soi-même. Le laxisme est une forme
d’indifférence et de mépris. Dans le même
esprit reconnaître des devoirs est une mar-
que d’estime (…). Une campagne présiden-
tielle est l’occasiond’endébattre.
Lise Sandraz Paris
Musée Chirac
Nonpas unmusée d’art moderne occiden-
tal comme Georges-Pompidou. Pas plus
unmausolée des sciences et de l’industrie
à la manière de Valéry Giscard d’Estaing.
Encore moins une pharaonienne bibliothè-
que, calquée sur l’ego de François Mit-
terrand. Non, Jacques Chirac choisit l’ave-
nir, c’est-à-dire l’émergence de l’homme,
l’anthropologie naissante, l’universalité
des arts premiers. Questionmodernité
scientifique, M. Chirac possède quelques
longueurs d’avance sur ses prédécesseurs.
Nul besoin pour lui de se faire photogra-
phier avec le dernier volume de Julien
Gracq. La culture classique d’aujourd’hui,
c’est la paléo-anthropologie d’Yves Cop-
pens et Pascal Picq. C’est aussi la science
de pointe de demain. Il est rare qu’unchef
d’Etat soit le contemporaindu savoir de
sontemps.
Christian de Maussion
Paris
Aucourrierdeslecteurs
B
anale, édifiante, cette petite his-
toire racontée par l’avocate pari-
sienne Françoise Cotta. Elle se
déroule il y a dix ans. Un jeune
homme est accusé de vols par son
employeur. Sa juge d’instructionl’interro-
ge :
« Alors, monsieur, vous croyez pouvoir
nier encore longtemps ?
– Je suis innocent, madame.
– Bien, monsieur, vous pourrez réfléchir
à la Santé. »
Directionla prison, donc. Aucuntémoi-
gnage, aucune preuve. Deux mois plus
tard, même interrogatoire.
« Alors, monsieur, ça vous a permis de
réfléchir, la Santé ?
– Je suis innocent, madame.
– Vous allez réfléchir encore un peu. »
Le client repart à la Santé. Le temps
passe. La défense obtient un nouvel inter-
rogatoire. La juge reprend :
« Maître, expliquez-lui que son intérêt,
c’est d’avouer. Comment vous mettre en
liberté si vous n’êtes pas capable d’assumer
vos responsabilités ? (…) »
Le détenu avoue et repart pour la San-
té.
« Madame le juge, il a avoué, mainte-
nant, tenez votre parole, il faut le libérer. »
L’avocate a fini par convaincre son
client de rédiger des aveux. Par précau-
tion, la lettre fut envoyée au juge une fois
reçu l’ordre de mise en liberté. « Six mois
plus tard, il a été jugé et relaxé après que la
lettre eut été lue devant les magistrats et un
public sidérés », écrit M
e
Cotta, dans
l’ouvrage collectif dirigé par l’une de ses
consœurs du barreau, Christine Courré-
gé, Le Dossier noir de l’instruction.
Ces histoires de juges et d’avocats,
innombrables « Outreau du quotidien »,
dessinent au pochoir une réforme souhai-
table de la justice pénale. Dans le débat
relancé après la catastrophe judiciaire
d’Outreau, les droits de la défense occu-
pent une place centrale. Les avocats n’ont
pas manqué d’apporter leur contribution.
Leurs plaidoiries explorent les points
faibles du système : l’égalité des citoyens
devant la justice, la pratique profession-
nelle des juges, l’équilibre des armes
dans le procès. Parce qu’il touche au sym-
bolique et aux libertés, le procès pénal
concentre les analyses. Avec ses figures
du mal à soigner : l’extorsion de l’aveu,
l’usage débordant de la détention provi-
soire, les instructions « à charge et à
décharge »devenues unijambistes, les
voies de recours épuisantes et vaines.
M
e
Courrégé et ses vingt-neuf confrè-
res auteurs ne croient pas au grand soir :
« Pour être réaliste, il faut rester modeste »,
défendent-ils. Ils espèrent plutôt un sur-
saut des professionnels de la justice. Le
miroir tendu par le juge Fabrice Burgaud
n’a-t-il pas provoqué un séisme ? Mat-
thieu Boissavy, avocat à Paris lui aussi, et
Thomas Clay, professeur d’université,
proches d’Arnaud Montebourg, optent
dans leur Reconstruire la justice (Odile
Jacob, 176 pages, 19 ¤) pour une autre
stratégie. Ils ont pour ambition de
« réconcilier la justice avec les Français ».
Leurs très mitterrandiennes 110 proposi-
tions veulent dépasser « la focale obses-
sionnellement fixée sur la justice pénale ».
Pour eux, « la justice des Français est
avant tout celle qui règle le contentieux de
la famille, des loyers, des affaires, du tra-
vail, etc. Il convient donc de faire des propo-
sitions pour l’ensemble de l’institution ».
De son côté, Gilles-Jean Portejoie,
ténor du barreau et maire adjoint de
Clermont-Ferrand, s’en tient dans sa Jus-
tice au bénéfice du doute (Presses de la
Renaissance, 208 pages, 17 ¤) à quin-
ze pistes de réforme, mais invite les victi-
mes au débat. M
e
Portejoie suggère d’ins-
tituer un « acquittement au bénéfice du
doute »qui ouvrirait pour la partie civile
le droit à indemnisation. Pragmatiques,
programmatiques ou incantatoires, les
idées foisonnent. Déboucheront-elles ?
Jugement après les élections, en 2007. a
Nathalie Guibert
Ivan Krastev
Politologue et président du Center
for Liberal Strategies à Sofia
La guerre contre
la corruption aura donc
rendu le populisme
respectable
Lelivre
dujour
LeDossier noir del’instruction,
30avocats témoignent
sous la direction
deChristineCourrégé,
OdileJacob, 316pages, 20 ¤
Débats
0123
Jeudi 22 juin 2006 25
Lanouvellerestaurationdesmusées
LesOmbres, avecvuesur latour Eiffel
O
n le sait peu, mais le Musée
d’Orsay abrite l’un des plus
élégants restaurants de Paris
avec ses lustres de cristal étin-
celants sous les plafonds
marouflés de Ferrier et Constant. C’est
l’ancienne salle à manger et le fumoir de
l’hôtel d’Orsay, achevés en 1900, qui
offrent leur exceptionnel décor classé à
fresques, dorures et larges baies vitrées.
L’on y déguste une cuisine traditionnelle
française de qualité élaborée par Chris-
tian Leboutet, avec un foie gras de canard
aux fruits, feuilles de moutarde et cara-
mel de Banyuls (14 euros) ou bien un
steak d’espadon à la plancha, ragoût de
fèves et d’aubergines safranées, jus au
chorizo (16 euros). C’est le groupe Elior
qui, à la suite d’un appel d’offres, vient de
renouveler, pour onze ans, son contrat.
A partir des années 1970, les grandes
réalisations de l’Etat – le Centre Pompi-
dou, le Musée d’Orsay, la Cité des scien-
ces et de l’industrie, le Grand Louvre –
ont vu peu à peu leurs programmes inté-
grer une ouplusieurs cafétérias, des espa-
ces de petite restaurationet parfois même
des restaurants à part entière selon des
modèles en vigueur à l’étranger, inspirés
de l’expérience anglo-saxonne.
Une nouvelle législation
Au Musée Guggenheim de Bilbao, par
exemple, c’est le chef basque Martin Bera-
sategui (troisétoiles Michelin) qui supervi-
se la restauration, tandis qu’à New York,
au Musée d’art moderne (MoMA), le res-
taurant TheModernaobtenu, avecunchef
français d’origine alsacienne, une étoile
dans le guide rouge des restaurants de
NewYorkparuàl’automne2005. EnFran-
ce, onalongtemps considéréque laculture
et le commerce n’étaient pas compatibles.
Unenouvellelégislationfavorisant leparte-
nariat public-privé a été adoptée en 2003 ;
et plusieurs musées ont vu leur statut être
ouvert àl’activité commercialeà lasuite du
Musée du Louvre et de la Cité des sciences
et de l’industrie, qui avaient anticipé le
mouvement encréant des boutiques et des
espaces de restauration.
En échange de la concession donnée à
des sociétés privées, pour des périodes de
cinq à dix-huit ans, de créer des services
répondant à un cahier des charges, les
musées perçoivent une redevance calcu-
lée sur le chiffre d’affaires. Le leader
incontesté de la restaurationconcédée est
le groupe Elior, très présent dans les
musées franciliens, qui exploite aussi
quelques établissements de prestige com-
me le Jules Verne au second étage de la
tour Eiffel (étoilé Michelin), la Maison de
l’Amérique latine ou bien le Ciel de Paris
(tour Montparnasse), et qui vient d’obte-
nir la concession de la restauration au
nouveau Musée du quai Branly.
Au Louvre, les Parisiens connaissent
surtout le café Marly, au logo rouge
cobalt et or, et ses plats minimalistes,
impeccables et vite servis. C’est une cuisi-
ne classique dans l’univers Costes : sala-
de de haricots verts, tartare poêlé,
cabillaud vapeur garni de purée, pâtisse-
ries de chez Secco. Mais le Louvre, selon
Elior, c’est une dizaine de restaurants dif-
férents, dont le fleuron, Le Grand Louvre,
situé sous la Pyramide, est dirigé par Yves
Pinard, cuisinier et amateur de peinture
qui, le dimanche, propose un « ambigu »
comme au XVII
e
siècle, un ancêtre du
brunch. Café Mollien, café Denon, café
Richelieu, espaces de restauration rapide
sur la mezzanine, les visiteurs du musée
disposent d’une offre multiforme.
Au Centre Pompidou, chez Georges
(SNC Costes), on vise moins la restaura-
tion de masse qu’une certaine élite bran-
chée, pour une somme qui dépasse
80 euros en moyenne le soir. Carte élé-
gante, faite de peu, quelques produits
frais, des légumes spartiates. Unbeauver-
re de bon vin, beaucoup de clients buvant
de l’eau ou du thé, un service souple de
serveurs jeunes et de jeunes filles, élégan-
tes lianes.
Petit bijou d’architecture
Réservons unvéritable coup de cœur à
l’initiative récente du Musée d’art
contemporain du Val-de-Marne à Vitry –
petit bijou d’architecture contemporaine
– qui s’est attaché la collaboration de
deux jeunes chefs, Inaki Aizpitrate et Lau-
rent Chareau, ainsi que les conseils de
Gilles Stassart, spécialiste de la confron-
tationdes arts plastiques et de l’alimenta-
tion. Plus intéressante et aboutie qu’au
Tokyo-Eat (Palais de Tokyo à Paris), la
démarche de cette équipe est réellement
novatrice avec son plat de néobistrot
(12 euros), ses mini- « installations » de
légumes bruts, charcuterie, fromages et
desserts, ou son plat d’exposition emblé-
matique de l’artiste exposé, ainsi le
« mono lapin » lorsque l’artiste Jacques
Monory est à l’affiche. a
Jean-Claude Ribaut
Le Transversal : place de la Libération (94400)
Vitry-sur-Seine. Tél. : 01-55-53-09-93. Fermé le
lundi. A la carte, compter de 25 à 35 euros.
Art et gastronomie font
aujourd’hui bon ménage.
Ces dernières années,
les musées parisiens
ont réservé des espaces
pour servir des repas
Alcool
Les Français apprécient
les spiritueux
En 2005, 3,61 millions d’hectoli-
tres de spiritueux ont été consom-
més en France, (5, 8 litres par
habitant)soit 1,2 %de moins
qu’en 2004. « La consommation
des spiritueux résiste relativement
bien, même si elle est négative,
dans un contexte général morose
pour les boissons alcoolisées qui
voit une baisse inéluctable de la
consommation d’alcool et un dur-
cissement des politiques de santé
publique et de sécurité routière »,
se félicite la Fédération française
des spiritueux. Bien que la Fran-
ce reste, derrière la Grande-Breta-
gne, le deuxième plus gros mar-
ché en Europe, 38 %des Fran-
çais affirment ne jamais en boire,
et 39 %moins d’une fois par
semaine, selon un récent sonda-
ge d’Ipsos. Les alcools forts res-
tent essentiellement prisés par
les hommes, qui sont 36 %à en
boire une fois par semaine au
moins (contre 12 %pour les fem-
mes). Les moins de 25 ans sont
des buveurs plus rares : 42 %
d’entre eux affirment ne jamais
en boire. La France produit
460 millions de litres par an de
spiritueux, dont 350 millions
sont exportés.
Rendez-vous
Goûts
PARIS 7
e
Le Petit Niçois
Cuisine provençale
Spécialités : Bouillabaisse, Paëlla de la mer,
Petits farcies, Morue à l’aïloli,
Onglet de bœuf poêlé aux échalottes.
Formules de 18 € à 29 €
Ouvert tous les jours
10, rue Amélie - 75007 - 01.45.51.83.65 - www.lepetitnicois.com
Ala Cloche d’Or
« Excellente cuisine de tradition
et belle carte de vin »
Ouv. TLJ jusqu’à 5h du matin
- Fermé dimanche
3, rue Mansart - m01.48.74.48.88
PARIS 9
e
LE POLIDOR depuis 1845
« Ce lieu que fréquentèrent, tour à tour,
Verlaine, Hemingway, Gide et Boris Vian...
maintient des bons plats bien de chez
nous, à prix modérés et la belle carte des
vins perpétue la tradition ».
Menu midi 12 € (entrée, plat, dessert)
et 20 € - 41, rue Monsieur Le Prince
m01.43.26.95.34 - O.T.L.J. jusqu’à 0h30
PARIS 6
e
Ascot affiche d’emblée sa grande
générosité et s’impose comme
une adresse incontournable. À
deux pas des Champs Elysées, l’endroit
est à la fois chaleureux et parfaitement
climatisé, convivial et chic. Les friands
de viandes de qualité y dégustent,
par exemple, des onglets de bœuf,
des cœurs de rumsteck, des pavés
avec une sauce belle époque, des
faux-filets façon “New York strip”
au poivre mignonnette… tous aussi
goûteux que tendres. Ces morceaux
de choix vous sont proposés en taille
normale, entendez un minimum de
300 g, mais pour les petites faims, la
maison en propose quelques-uns en
200 g. On s’y rend également pour
des sommités telles que le carré ou le
gigot d’agneau allaiton de l’Aveyron.
Grande adresse oblige, les amateurs
apprécient les superbes huîtres qui
comptent parmi les meilleures de
la capitale.
Ne passez pas non plus à côté
des desserts grandioses, à l’instar de
la crème de mascarpone au citron
vert et fruits de saison, du macaron
au chocolat et glace pistache, du
carpaccio d’ananas arrosé de vieux
rhum…
L’IDÉE GOURMANDE DE LA SEMAINE
L’ASCOT: LE GRAND ART
DU BIEN RECEVOIR
L’Ascot
66, rue Pierre-Charron - 75008 Paris.
Tél. : 01 43 59 28 15
Ouvert 7 jours sur 7,
de midi à 15 h et de 19 h à minuit.
Parking en face.
L

Déjeuner ou dîner 34,50 €
Kir, 1 bte de vin pour 2, café compris
AU CHOIX :
◗ 8 entrées : croustillant de chèvre
chaud, persillé de raie et crabe...
◗ 10 plats : belle sole meunière
(+ 6,20 €), andouillette de Troyes...
◗ Fromages ou desserts.
Un très bon rapport qualité/prix.
34 bis, rue des Plantes - M° Alésia
Rés. : 01.45.39.31.31 - TLJ - Tout l’été
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Salon de 20à 80pers. - 2spacieuses terrasses
PARIS 14
e
AUMOULIN VERT
LEMUSÉEdu quai Branly offre
deux espaces consacrés à la res-
tauration (le Café Branly au rez-
de-chaussée et le restaurant Les
Ombres, sur la terrasse), tous
deux accessibles indépendam-
ment du musée.
Semblable à la coquille d’un
ormeau posé sur la toiture, le res-
taurant jouit d’une vue exception-
nelle sur la tour Eiffel, qui semble
avoir impressionné l’architecte.
Celui-ci a imaginé le décor du res-
taurant comme une ombre portée
de la dentelle métallique sur le
parquet, les tables et même les
assiettes. D’où son nom: Les
Ombres.
Le groupe Elior, qui a obtenu
la concession, a confié à Louis
Grondard, qui fit l’ouverture du
Jules Verne puis de Drouant, le
soinde recruter le jeune Arno Bus-
quet, 30 ans, second chez Lau-
rent, formé chez Joël Robuchon,
pour diriger la brigade. « Pas ques-
tion d’imaginer une cuisine des ori-
gines », dit Louis Grondard, mais
de rappeler, par quelques symbo-
les (légumes anciens et exotiques,
produits du commerce équitable)
et avec l’aide de Malraux que « le
jardinier oublié avait fait planter
des arbrisseaux pour que, des siècles
plus tard, la psalmodie inconnue de
la terre se fît entendre aux hom-
mes ».
Ainsi le foie gras des Landes
est-il accompagné d’un chutney
de mangue aux épices, la soupe
de carottes d’un assaisonnement
au cumin, la tête de veau en terri-
ne d’une gribiche aux herbes où
l’estragon impose ses fragrances.
C’est une cuisine vive aux goûts
tranchés, sans mièvrerie. Le sau-
mon légèrement fumé au bois de
hêtre évoque-t-il le boucané, une
technique de cuisson des Hurons
d’Amérique ? Peut-être, mais les
fines lamelles de concombre à
l’anis vert en font un plat de haut
goût. Même justesse des saveurs,
avec un filet de veau sauce au
thon, inspiré du vitello tonnato
Italien, ou bien un canard de Chal-
lans frotté au romarin. Chocolat
d’Amérique, vanille de Tahiti, ana-
nas au pain d’épices, les saveurs
du monde sont conviées à cette
table, à des prix raisonnables. a
J.-C. Rt
Les Ombres. Portail alma. 27, quai Bran-
ly, 75007 Paris. Tél. : 01-47-53-68-00
www.lesombres.fr ouvre le 7 juillet (le
Café Branly au rez-de-chaussée est fer-
mé le lundi.). Menu de saison : 32 ¤. A la
carte, plats en dégustation (45 ¤).
Dessins parus dans « Le Monde », affiches : Desclozeaux expose jusqu’au 30 juin à l’Ecole de l’image des Gobelins, 73, bd Saint-Marcel 75013 Paris.
26
0123
Jeudi 22 juin 2006
D
ivine bonne mine ! Elle mas-
que la fatigue et donne l’air
d’être enforme. Certes, pério-
diquement ressort l’image du
teint de porcelaine, notam-
ment promue par des grandes marques
japonaises, telles que Shu Uemura et
Sisheido, pour qui la peau blanche des
geishas demeure un idéal esthétique.
Mais en Occident, à moins d’avoir une
peau très claire, sans défaut et sans
tache, la peau bronzée demeure un critè-
re de beauté, synonyme de bonne santé.
Mais, depuis quelques années, les
campagnes de prévention et les mises en
garde des dermatologues – alarmés par
l’augmentation croissante des cancers
de la peau – ont sensibilisé
les populations aux méfaits
des UV (y compris dans les
cabines spécialisées). Celles-
ci ont entendu le message,
elles ont limité les temps
d’exposition et amélioré la
protection. Surtout, elles ont
découvert le produit mira-
cle : l’autobronzant qui, com-
me son nom l’indique, agit
tout seul. Sous l’effet de la
molécule DHA (dihydroxya-
cétone) qui favorise la pigmentation, ce
produit est en quelque sorte une peintu-
re qui colore la peau. Sans soleil.
Les marques de cosmétiques n’ont
pas laissé passer cette opportunité. Elles
n’ont eu de cesse d’améliorer les pro-
duits, parvenant à progressivement effa-
cer nos mauvais souvenirs des premières
crèmes autobronzantes qui faisaient le
teint carotte, laissaient de grandes traces
disgracieuses sur la peau et salissaient
les vêtements.
La formule de la DHA a été améliorée.
Concentrée à 3 % pour les peaux claires
et 5 % pour les peaux mates, elle est
désormais associée, par exemple, à des
acides de fruits qui lissent la surface de
la peau, de la glycérine et de la vitamine
F qui la nourrissent. Du coup, les auto-
bronzants, que l’on trouve désormais en
gel, crème, huile, lingettes ou spray,
offrent une vraie hydratationet unsécha-
ge de plus en plus rapide.
Résultat, l’autobronzant est devenu
un best-seller parmi les cosmétiques : il
a été utilisé en 2005 par 20 % des fem-
mes. Dans les ventes des produits Jean
d’Estrée, il se retrouve en cinquième
position derrière les crèmes antirides et
pour peaux sensibles. Encore très saison-
nier – on se rue dessus aux premiers
rayons printaniers, pour pouvoir arborer
la petite jupe jambes nues et bronzées et
pour ne pas arriver toute blanche à la pla-
ge –, l’autobronzant se vend aussi l’hi-
ver, essentiellement pour le visage.
« On sait que les gens sont plus raison-
nables avec le soleil, qu’ils renouvellent
plus facilement l’application des protec-
tions solaires toutes les deux heures »,
remarque Catherine Brient, directrice
marketing chez Jean d’Estrée. Aujour-
d’hui, on aime toujours être bronzé,
mais sans forcément avoir
envie de jouer la crêpe pen-
dant des heures sur untran-
sat. « L’autobronzant est un
bonmoyen de concilier la pru-
dence et la bonne mine. Dans
certains pays, comme le
Canada, hostiles aux exposi-
tions solaires et friands d’in-
dices de protection très élevés,
sa consommation est énor-
me, presque un rituel. »Il est
aussi fort apprécié en Gran-
de-Bretagne, où il permet aux peaux qui
ont du mal à ne pas rougir au soleil de
prendre instantanément une jolie cou-
leur.
L’utilisation de l’autobronzant, qui
(faut-il encore le préciser ?) ne contient
pas de filtre UV, est uniquement un ges-
te de plaisir. « Chez nous, pas question
d’être contre le soleil. Au contraire. Nous
en avons besoin pour la santé. Notre slo-
gan, “La peau se protège en bronzant”,
montre d’ailleurs bien que l’on encourage
plutôt à le vivre avec intelligence, à travers
deux gestes bien différents : l’autobron-
zant comme préparation à l’exposition et
la protection solaire haute sécurité, indis-
pensable pendant l’exposition », souligne
Christine Bonhomme, responsable mar-
keting chez Esthederm.
Gélules préparatrices, cabine de jets
autobronzants qui assurent une belle
couleur sous toutes les coutures, prolon-
gateur de bronzage relèvent d’une même
volonté : se donner et offrir aux autres
un teint « bonne santé ». Le bronzage
est un phénomène social et culturel qui,
selon les marques de cosmétiques, n’est
pas près de disparaître. D’ailleurs, cha-
cun continue de travailler à une meilleu-
re performance de ses produits. L’Oréal
avoue continuer à développer des formu-
les de plus en plus perfectionnées,
notamment sur la qualité du hâle. Chez
Jean d’Estrée, on reconnaît que l’idéal
serait de faire, en matière d’autobron-
zant, du sur-mesure, adapté à chaque
type de peau. A l’impossible, nul n’est
tenu ! a
Véronique Cauhapé
Prévention
Que faire en cas de vol
de son mobile ?
En cas de vol, les propriétaires de
téléphone mobile doivent non
seulement faire suspendre leur
ligne afin d’éviter de payer les
communications du voleur, mais
aussi faire en sorte que l’appareil
devienne inutilisable.
Il suffit pour cela de noter et de
conserver le numéro IMEI (Inter-
national Mobile Equipment Iden-
tity), sorte de carte d’identité de
l’appareil. Ce numéro apparaît
lorsqu’on compose #06#sur le
clavier ; il est également inscrit
sous la batterie de l’appareil et
sur l’étiquette de son coffret d’em-
ballage. Il faut aussi porter plain-
te auprès du commissariat de
police ou de la gendarmerie en
indiquant le numéro IMEI, puis
envoyer par courrier une copie
du récépissé ou du procès-verbal
de la plainte au service clients de
son opérateur.
Entre 2003 et 2005, le nombre de
vols a reculé de 14 %et 40 000
tentatives d’appel à partir de
mobiles volés ont été bloquées
chaque mois en 2005 (contre
12 000 en 2004).
Manuel
Pour écrire
en toutes circonstances
Même lorsqu’on aime écrire, on
peut se trouver désemparé lors-
qu’on veut adresser une lettre de
rupture ou de condoléances ou
qu’on doit écrire à son banquier
ou à son percepteur. Le Petit
Manuel d’écriture à l’usage des
complexés de la plume (ou de la
souris) d’Anne-Françoise Boul-
land (éditions Village Mondial,
223 p., 17 euros) a recensé en
trois parties, « écrire à la mai-
son », « écrire au travail » et
« écrire pour soi », les différentes
catégories de missives, sans
oublier le courriel. On y trouvera
de nombreux conseils et astuces
pour s’en sortir honorablement.
Enfance
Un CD
contre les dangers
L’association Enfance et partage,
qui lutte depuis près de trente
ans pour la reconnaissance et la
défense des droits de l’enfant, lan-
ce « Protection de l’enfance – Sui-
vez Arthur ! », un CD-Romd’in-
formation et de prévention desti-
né aux enfants de 6 à 10 ans. Réa-
lisé par des spécialistes, il
apprend aux enfants comment
réagir face à des situations à ris-
ques ou en cas de maltraitance et
comment se protéger lorsqu’ils
utilisent Internet. Ce CD-Rom
est disponible gratuitement, et
sur demande faite par courrier
(en joignant 2 euros pour les
frais de port), auprès de l’associa-
tion Enfance et partage, 2-4, cité
de l’Ameublement, 75011 Paris.
Vous êtes
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DES RESSOURCES HUMAINES
• DIRECTEUR
DU PERSONNEL
• RESPONSABLE
DU RECRUTEMENT
Bénéficiez d’un abonnement gracieux
de 6 mois au Monde du lundi daté mardi
et à son
supplément
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de visite professionnelle.
Le Monde Publicité - Service Emploi - Aurélie Porquet
80, boulevard Auguste-Blanqui - 75707 Paris Cedex 13.
*offre limitée.
AVEC ou sans toi, mais pas sans
toit pour toi : cette maxime à la
RaymondDevos résume l’engage-
ment moral que devrait prendre
tout propriétaire d’animal domes-
tique. Il est, en effet, quelquefois
difficile d’emmener son compa-
gnon à quatre pattes avec soi en
vacances. On doit s’assurer, lors
de la réservation, qu’il sera accep-
téàl’hôtel, dans le centrede vacan-
ces ou au camping. Il ne pourra
accéder à ces établissements que
s’il est tatoué, vacciné et muni
d’un certificat de santé.
A la mer, il sera exclu de nom-
breuses plages et à la montagne,
de tous les parcs naturels. Enfin,
pour un départ à l’étranger (l’ani-
mal doit être âgé de plus de
3 mois) il faut s’enquérir des exi-
gences propres au pays : vaccina-
tions, tatouage, puce électronique,
traitement antiparasitaire. Se ren-
seigner auprès du vétérinaire.
Parallèlement à sa campagne
annuelle contre l’abandondes ani-
maux (sanctionné par deux ans de
prison et jusqu’à 30 000 euros
d’amende), la Fondation 30 Mil-
lions d’amis édite un dépliant inti-
tulé Vacances pas bêtes. On y trou-
ve, notamment, la carte des plages
où la présence des chiens est auto-
risée, ainsi que la réglementation:
par exemple, l’obligation de tenir
son animal en laisse.
Un chien casanier
Si onvoyage entrain, onacquit-
tera 8 euros pour un animal de
petite taille, pesant moins de 6kg,
placé dans un sac. Un gros chien
tenu en laisse paiera demi-tarif.
En avion, tout dépend de la taille
de l’animal : les plus petits reste-
ront en cabine avec leur maître,
les autres iront en soute climati-
sée et pressurisée ; dans ce cas, il
faut louer ou acheter une cage
réglementaire. Les tarifs des
cages et du transport varient
selon les compagnies.
Le maître qui ne peut pas par-
tir avec son animal optera pour
l’une des différentes formules de
garde, à domicile, en pension, ou
dans une famille d’accueil. Le
choix dépendra à la fois de la
durée de l’absence et du caractère
de l’animal. Pour un chien casa-
nier et âgé, on préférera la garde
ou les visites à domicile. Dans le
premier cas, une personne (sou-
vent un couple de retraités) s’ins-
talle à demeure. Dans le second,
ons’adresse à une société de servi-
ces qui envoie une ou plusieurs
fois par jour une personne char-
gée de nourrir et de promener le
chien (10 à 15 euros l’heure ou le
passage). Là encore, le dépliant
propose des adresses d’organis-
mes sérieux.
Onpeut aussi confier cette mis-
sion à des voisins ou à des pro-
ches (famille, amis). Si elle dépan-
ne pour quelques jours, cette solu-
tionpeut se révéler contraignante
à la longue, excepté lorsqu’ondis-
pose d’une maison confortable
(villa avec piscine, par exemple)
située dans un lieu agréable, où
les personnes pressenties seront
ravies de s’installer gratuitement
quelques semaines, en contrepar-
tie de la garde des animaux.
Pour un chien plus jeune et
sociable, on cherchera une
famille d’accueil près de chez soi,
que l’on trouvera par l’intermé-
diaire d’organismes spécialisés,
car il s’agit là d’un appariement
« sur mesure ». On peut aussi
confier l’animal à une pension
que l’on prendra soin de visiter
préalablement et où on le placera
quelques jours avant le départ,
afinde s’assurer que tout se passe
bien. a
Michaëla Bobasch
L’autobronzant
ouavoir bonne
minesansdanger
DÉSORMAIS, grâce au simulateur
Marel (Ma Retraite EnLigne), il sera pos-
sible de calculer soi-même sa retraite en
quelques clics. Ce site remplace la plu-
part des instruments existants, notam-
ment celui de la Caisse nationale d’assu-
rance-vieillesse. Il fait partie des nou-
veaux outils d’information que le Gip
Info Retraite, qui coordonne les travaux
des 38organismes de retraite, devait pré-
senter, mercredi 21 juin, en direction des
futurs retraités.
Avec Marel, il suffit de répondre au
questionnaire : date de naissance, date
d’entrée en activité professionnelle, chô-
mage, jobs étudiants et emplois temporai-
res, période de service militaire pour les
hommes, cotisations à des organismes
de retraite complémentaire, salaire de
début d’activité et salaire actuel. Il faut
également préciser l’évolution des rému-
nérations tout au long de la carrière. On
anticipe enfin, à l’intérieur d’une four-
chette donnée, son revenu de fin de car-
rière.
A partir de ces données, le simulateur
calcule le montant mensuel de la pension
(retraite de base et complémentaire)
qu’on peut espérer à 60, 61, 62, 63, 64 et
65 ans). A l’exception des professions
libérales, qui seront intégrées à la fin
2006, tous les régimes sont pris encomp-
te : salariés du privé et de la fonction
publique, artisans, commerçants, agricul-
teurs, adhérents des régimes spéciaux,
élus locaux.
« Cet outil de simulation ne remplace
pas le bilan personnalisé que nous prati-
quons. Nous partons en effet des cotisations
effectivement versées aux organismes de
retraite et des droits effectivement acquis.
Enfin, nous offrons des services complémen-
taires en fonction de ce que demande le
client », affirme Pierre Péchery, prési-
dent de France Retraite, un des organis-
mes qui fournissent le même service
moyennant finances (357 euros).
Le Gip Info Retraite prépare aussi la
mise en place du système qui permettra
d’adresser tous les cinq ans, à chaque
assuré, un document sur les droits qu’il
s’est constitués et sur le montant estimé
de sa future retraite. Les plus de 50 ans le
recevront à partir de 2007 et les plus de
35 ans en 2010. a
M. Bo.
Accès par www.info-retraite.fr et par tous les
sites des régimes de retraite. Ou directement :
www.marel.fr
INTERNET
Unsitepublic
pour calculer
saretraite
GARDE DES SOLUTIONS MULTIPLES
Animauxenvacances
On se rue dessus
aux premiers
rayons printaniers,
pour pouvoir
arborer la petite
jupe jambes nues
et bronzées
pratique
Téléphone. Le 32-60 (0,15 euro
la minute), service de la Fondation
30Millions d’amis ; jusqu’au
31 août, de 10 heures à 12 heures
et de 15 heures à 17 heures.
Internet. www.30millionsda-
mis.fr (on y trouve le dépliant
Vacances pas bêtes).
www.spa.asso.fr (site de la socié-
té protectrice des animaux : liste
des plages autorisées, conseils).
www.etapes-avec-animaux.com
(hôtels accueillant les animaux ;
site réalisé avec le concours de la
Fédération française des commer-
ciaux). www.leguidedeshotels-
quiaimentleschiens.com(400
hôtels ; guide à commander sur le
Net ou par courrier : Société
B. Grégoire consulting, 264, rue
Jean-Monnet, 27012 Evreux
Cedex ; 20 euros.
Ces produits miracles, qui teintent la peau, évitent le désagrément de se retrouver
tout blanc sur les plages estivales. SYLVIE BOUVIER POUR « LE MONDE »
En hausse, les ventes
de ce produit témoignent
de la persistance
de la mode du bronzage
et de la prise en compte
des risques du soleil
MODES DE VIE
0123
Jeudi 22 juin 2006 27
LES NOUVEAUX FILMS
CrisedecroissanceàlaCinémathèque
Corrida
Une campagne d’affichage
contre la tauromachie à Paris
La Société protectrice des animaux
(SPA) et le Comité radicalement anticor-
rida (CRAC) ont lancé une campagne
d’affichage contre la tauromachie,
appuyée par dix personnalités, dont le
fondateur de Charlie Hebdo, François
Cavanna, le scientifique et essayiste
Albert Jacquard, le philosophe Morad
El Hattab et le chanteur Renaud, qui
ont apposé leur signature sur les affi-
ches sous le slogan : « Corrida : la souf-
france n’est pas un spectacle. La loi doit
l’interdire ! »
Cette campagne n’aura lieu qu’à Paris,
dans les rues et dans le métro, car « suite
aux pressions locales exercées, notamment
par les municipalités taurines », a expli-
qué la SPA, l’afficheur y a renoncé « au
dernier moment dans les villes du Sud ».
Selon la même source, la CRAC a
recueilli plus de 280 signatures au bas
d’une pétition pour l’abolition des corri-
das, parmi lesquelles celles de deux
anciens premiers ministres, Raymond
Barre et Michel Rocard. – (AFP.)
La Cinémathèque
française a enrichi
ses activités et accru
son public depuis neuf
mois. Mais la fusion avec
la Bibliothèque du film
inquiète les salariés
Guide de l'été 2006 0123
Découvrez notre sélection de 200 festivals
et rendez-vous incontournables en France
Arts, expos, photographie, cinéma, danse, musique et théâtre.
Supplément gratuit de 28 pages dans 0123 du jeudi 22 juin daté vendredi 23 juin 2006
LaNébuleuse
du cœur
AUTEURd’une soixantaine de documen-
taires, l’ethnologue Jacqueline Veuve
s’est vue récemment contrainte de se faire
poser unpacemaker. Cette épreuve lui a
donné l’envie de connaître l’histoire du
cœur des autres. D’oùcette étude de l’orga-
ne dans tous ses états : peint ou cuisiné à
la poêle, greffé outransplanté. L’échogra-
phie d’une femme enceinte oula soumis-
sionde l’organe vital de Louis XVII autest
ADNfont-elles comprendre ce qu’est un
cœur d’enfant ? Quoi de communentre ce
muscle autopsié, cette icône en cire, sucre
ouor vénérée dans les églises oules
musées, et les émotions qui lui sont asso-
ciées ? Effrayée de voir son« cœur en pain
d’épice »battre au ralenti, Jacqueline Veu-
ve court d’hôpitaux à la Basilique de Saint-
Denis, recueille les témoignages ducardio-
logue ou duboucher, des « malades »et
dupathologiste, pour unpériple assez
enjoué qui vise à honorer les gens de
cœur : donneurs d’organes, amateurs
d’âmes, collectionneurs de reliques
vivantes. a
J.-L. D.
Documentaire suisse de Jacqueline Veuve
(1 h 30.)
Dikkenek
AMATEURSDEBÊTISE, de médiocrité
et de laideur, vous allez vous régaler. Les
autres, méfiez-vous des risques d’indiges-
tion. Produite par Luc Bessonet réalisée
par Olivier vanHoofstadt, la comédie bel-
ge Dikkenek rassemble une brochette de
personnages issus de classes sociales diffé-
rentes, mais réunis par une commune bas-
sesse instinctive. Pourquoi ? Pure complai-
sance envers les pires travers de l’humani-
té ? Désir de caricaturer la Belgique com-
me un pays de beaufs pas remis de l’affai-
re Dutroux ? Ou d’évacuer une bonne fois
pour toutes unpaquet de haine de soi, si
gros qu’il étouffe tout, sens durécit et sens
de l’humour compris ? Car si l’absence de
scénario cohérent pourrait éventuelle-
ment renvoyer à une traditionbelge d’hu-
mour absurde, les gags, eux, font cruelle-
ment défaut –ou, du moins, n’appellent-
ils pas le moindre sourire. Onest donc
ailleurs. Dans un cinéma oùne compte
que la capacité à définir unvague concept
vendable, et éventuellement à réunir une
panoplie d’acteurs « bancables »(sûrs
d’être rentables pour leur producteur).
Soit ici, aux côtés de deux Belges inconnus
dupublic français : MarionCotillard,
Dominique Pinon, Jérémie Renier, Cathe-
rine Jacob, Mélanie Laurent. a
I. R.
Filmfranco-belge d’Olivier van Hoofstadt. Avec
François Damiens, Jean-Luc Couchard, Marion
Cotillard. (1 h 24.)
Metal, voyage
au cœurdelabête
LEHEAVYMETALest ungenre musical
décrié, qui suscite les moqueries (et même
des chefs-d’œuvre de moquerie, comme le
filmThis is Spinal Tap) et parfois la persé-
cution. Ethnologue et fan de metal, Sam
Dunnentreprend de redresser tous les
torts dont a été victime sa musique d’élec-
tion. Il le fait de manière si scolaire, si
méthodique, que l’onse convaincra vite
que cette musique bruyante n’attire pas
que des bons à rien, mais aussi d’excel-
lents éléments. Onglanera, dans cette dis-
sertation, quelques anecdotes piquantes :
comment Ronnie James Dio, chanteur
entre autres de Black Sabbath, a répandu
parmi les fans de metal le signe dudiable
(poingfermé, pouce et petit doigt éten-
dus) après l’avoir emprunté à sa grand-
mère sicilienne. Et l’onse remémorera,
avant de procéder à la canonisationd’Al
Gore, le rôle peuglorieux qu’a joué l’an-
cienvice-président (alors sénateur) dans
la tentative de censure dont firent l’objet
les musiciens de heavy metal, en1984.
Mais ces petites perles sont enchâssées
dans une démonstration répétitive dont la
rhétorique laisse à désirer. a
T. S.
Filmdocumentaire américain de SamDunn
et Scott McFayden (1 h 36.)
L
a Cinémathèque française se
remet de son premier mouve-
ment de grève depuis vingt ans.
Pendant une semaine, du 1
er
au
8 juin, les personnels ont été
rejoints par ceuxde laBibliothèquedufilm
(BiFi) pour direleur mécontentement, cris-
tallisé sur le projet de licenciement pour
faute grave d’une salariée de l’accueil (Le
Monde du10juin). L’ampleur decemouve-
ment a été tel que la direction a préféré
renoncer à cette sanction et reclasser la
salariée dans unautre service.
Cet incident lié à une mésentente, som-
me toute banale, entre une salariée et sa
chef de service a déclenché unmouvement
dont la radicalité a pour le moins surpris.
La grogne provient du double statut des
personnels de l’accueil – certains font par-
tie de la Cinémathèque, les autres sont
employés par une société externe, la Ceri-
tex. « Les grilles de salaires et les conventions
sont différentes. Ils n’ont pas tous les mêmes
salaires pour le même travail », affirme un
représentant dupersonnel. N’ayant pas les
moyens d’entretenir une vingtaine de per-
sonnes à la billetterie, au contrôle et à l’ac-
cueil, ladirectiondelaCinémathèqueenvi-
sage d’externaliser tous ces postes. Quitte
à reclasser ses propres employés qui occu-
pent actuellement ce type de fonctions.
Cette crise a laissé des fractures profon-
des au sein même de la direction, divisée
sur lecas delasalariéeincriminée. LaCiné-
mathèque avait déjà, par le passé, procédé
à des licenciements, sans déclencher untel
tollé. Mais cette crise a, par ricochet, dévoi-
lé des inquiétudes sur la difficile mise en
placedelafusionentrelaCinémathèqueet
la BiFi, prévue sur le papier en jan-
vier 2007. Avec ses milliers d’affiches, de
dessins de costumes et de décors de films,
de photographies de tournages, d’ouvra-
ges et d’archives sur lecinéma, laBiFi, déjà
installée dans le même bâtiment que la
Cinémathèque, est accessible aux simples
cinéphiles et aux chercheurs.
Les représentants du personnel dénon-
cent unmanquededialogueet deconcerta-
tionsur cet épineuxsujet, qui devrait abou-
tir à une absorption de la BiFi par la Ciné-
mathèque. Cette dernière devrait voir ses
effectifs gonfler de près 70 employés, qui
s’ajouteront aux 110 actuels. Les syndicats
et les représentants des salariés redoutent
qu’« un schéma d’économie libérale ne s’ap-
plique sur un projet culturel, au risque
d’oublier les missions de la Cinémathèque ».
350 000visiteurs en neuf mois
Mais ils ont surtout peur d’une réduc-
tiondes effectifs. Serge Toubiana, le direc-
teur de la Cinémathèque, écarte totale-
ment une telle hypothèse : « Nous avons
déjà engagé quarante personnes depuis deux
ans, ce qui est rare dans l’actuel contexte bud-
gétaire. Les métiers exercés par laCinémathè-
que et la BiFi sont globalement complémen-
taires, et il n’est pas du tout envisagé de sup-
primer des postes. Au contraire, c’est une
fusion qui va coûter de l’argent. » La Ciné-
mathèque a réussi la première étape de sa
métamorphose : son déménagement, fin
septembre 2005, rue de Bercy (12
e
arron-
dissement de Paris), dans le bâtiment de
Frank Gehry. Ce changement s’est accom-
pagné d’une forte augmentation de ses
activités – renforcement de l’action cultu-
relle et pédagogique, de la programma-
tion, création d’un service juridique, etc. –
et d’un accroissement de ses publics. Le
lieua attiré 350 000visiteurs enneuf mois
(dont 175 000 dans les quatre salles et
155 000 pour les expositions Renoir et
Almodovar). Avant de déménager, on
comptait 115 000 spectateurs par an, mais
dans deux salles seulement.
Ce pari d’élargir la base de la fréquenta-
tion grâce à des expositions temporaires a
fonctionné enuntemps record. Laconcur-
rence s’exerce finalement très peu avec les
gros multiplexes du quartier : entre le
1
er
janvier et le 6 juin, la fréquentation de
l’UGC Cité Bercy a augmenté de 8 % (à
1,194 million d’entrées) et celle du MK2
Bibliothèque, situéde l’autre côtéde la Sei-
ne, a augmenté de 17 %(à 523 480). Signe
que la Cinémathèque a su drainer et élar-
gir son propre public. La compétition est
en revanche bien plus vive avec les autres
salles d’art et essai parisiennes.
Le ministère de la culture, qui finance,
via le Centre national de la cinématogra-
phie, 85 %du budget de la Cinémathèque,
a jusqu’à présent réellement soutenu cette
initiative, entriplant en trois ans sa contri-
bution (à 17,76 millions d’euros en 2006,
en hausse de 10 % par rapport à 2005).
Depuis trois ans, les bilans sont positifs et
permettent de combler un déficit cumulé
de 1 million d’euros. Toutefois, les crédits
alloués à la restaurationdes films se rédui-
sent comme peaude chagrin.
« On m’a demandé d’emmener la Ciné-
mathèque à Bercy. J’ai fait mon boulot », dit
Serge Toubiana. S’il n’avait jamais dirigé
uneentreprisede cettetailleavant depren-
dre la tête de la Cinémathèque, l’ancien
pilier des Cahiers du cinéma possède une
réelle légitimité. Adossée à un statut assez
pesant d’association de loi de 1901 -qui
doit être modifié pour introduire une
notion de commerce en vue de l’ouverture
d’unelibrairie-, laCinémathèqueresteaty-
pique. Elle a connu des crises à répétition,
même sous les règnes très dynamiques
d’Henri Langlois oude Dominique Païni.
« La deuxième phase sera de pérenniser le
succès des salles, d’augmenter encore lavisibi-
lité de nos expositions, assure M. Toubiana,
tout en réussissant la fusion avec la BiFi. On
va encore changer d’échelle. » Il concède
qu’une telle opération est « compliquée »
et que les deux directions dialoguent
« plus ou moins ». Il espère que « la tutelle
aidera à pacifier le terrain ». « La concerta-
tion est impérative, et la fusion effective des
deux structures – pas seulement son proces-
sus administratif et juridique – prendra au
moins trois ans », dit-il. a
Nicole Vulser
La salle Henri-Langlois (415 places) de la Cinémathèque française, rue de Bercy à Paris. STÉPHANE DABROWSKI
CULTURE 28
0123
Jeudi 22 juin 2006
Cette semaine
avec Le Monde 2
un supplément
gratuit consacré
au vin.
Vendredi 23 juin en région parisienne
et samedi 24 juin partout en France
Lapetitefamilledes horreurs
LES NOUVEAUX FILMS
C
’est le célèbre critique
américain Roger Ebert
qui le dit : « Au cours
des années 1960, les
gens sont devenus cyni-
ques et ironiques. Les films de
minuit ont ouvert la porte à la nais-
sance de l’ironie. » On ne saurait
mieux exprimer l’idée : ce dont
parle Midnight Movies est cette
transformation du spectateur, du
changement profond qui allait
modifier le public des films et
engendrer une mutation du
cinéma.
A coups de témoignages divers
et d’extraits, le documentaire de
Stuart Samuels retrace l’histoire
de la réception d’une poignée de
films dont le succès fut très diffé-
rent des conditions normales du
succès en salles. Des films qui,
après une exploitation tradition-
nelle peu conséquente, ont connu
une nouvelle carrière, glorieuse
cette fois, en étant projetés, sans
publicité, dans des séances de
minuit.
Quoi de commun entre le wes-
tern métaphysique d’Alexandre
Jodorowsky El Topo, l’horreur
gore séminal de La Nuit des morts-
vivants de George Romero, le
polar musical jamaïquain Tout,
tout de suite, de Perry Henzel, le
mauvais goût underground de
Pink Flamingos de John Waters, le
délire musical de The Rocky Hor-
ror Picture Show de Jim Sharman,
l’inquiétante et incompréhensible
fable Eraserhead de DavidLynch ?
D’avoir connu une gloire véritable
grâce à leur passage dans les pro-
jections de minuit, pour la plu-
part, dans le célèbre et désormais
mythique cinéma Elgin de New
York. Un nouveau type de partici-
pation du public y est né, qui pou-
vait, dans les cas plus extrêmes
(The Rocky Horror Picture Show),
organiser de véritables cérémo-
nies (déguisements et reprises en
chœur des répliques, etc.), don-
nant son véritable sens à l’expres-
sion film-culte.
Ce qui résiste
Symptôme d’une transmuta-
tion du spectateur de cinéma, ces
séances furent aussi l’occasion
pour un certain nombre d’œuvres
indépendantes relevant d’une
esthétique marginale, peu noble,
voire extravagante, de se décou-
vrir un public potentiel avant
d’être progressivement intégrées
et récupérées par le système hol-
lywoodienoulacinéphilie interna-
tionale.
Quoi de mieux que le parcours
d’un John Waters ou d’un David
Lynch pour en témoigner ? Mais
le plus troublant est sans doute de
découvrir à nouveau à quel point
un film pouvait avoir plusieurs
vies en salles. En serait-il de
même aujourd’hui ?
La parodie cinématographique
est aujourd’hui fille de cet engoue-
ment distancié né alors, même si
la tradition remonte parfois à plus
loin. Ainsi, la série des Scary
Movies, dont le quatrième épisode
sort en salles, doit sans doute
autant à une antique tradition de
mise en boîte des conventions du
film d’épouvante qu’à l’ironie
« moderne ». Cependant, peu
convaincant, ce quatrième épiso-
de repose sur un trop faible nom-
bre de gags que les auteurs s’em-
pressent de surligner abondam-
ment, comme s’ils étaient fiers de
leurs maigres trouvailles.
Pourtant, ce qui résiste aujour-
d’hui, et que vient de démontrer
brillamment le film d’Alexandre
Aja, Lacolline ades yeux(lireci-des-
sous), c’est cette capacité de
réflexion transgressive que
contiennent parfois les ressorts de
la série B. Une réflexion qui a pu
trouver par le passé, comme lerap-
pelle le film de Stuart Samuel en
évoquant La Nuit des morts-
vivants de George Romero, un
point de jonctionavec unsouci col-
lectif de critique subversive de la
société. a
Jean-François Rauger
Midnight Movies. Filmaméricain de
Stuart Samuels. Avec John Waters,
David Lynch, George Romero. (86 min.)
Scary Movie 4. Film américain de David
Zucker. Avec Anna Faris, Regina Hall,
Craig Bierko. (1 h 23.)
L
e premier mérite de La colline a
des yeux est sans doute de rem-
plir avec succès le contrat qui le
lie implicitement au spectateur
du samedi soir amateur de ter-
reur cinématographique qui se risquerait
dans une des salles qui le projette : le
plonger enterrainconnu et lui offrir mal-
gré tout son lot de surprises.
Celles-ci ne seraient pas seulement
comprises dans les diverses manières de
le faire sursauter de frayeur, mais aussi
dans la façon de donner un sens aux cli-
chés sur lesquels il fonctionne. Il ne
s’agit pas d’opposer la peur à l’intelligen-
ce, mais bien plutôt de voir comment cel-
le-ci peut trouver sa pâture dans l’épou-
vante elle-même ou, en tout cas, dans ce
qui la rend possible et en constitue l’ori-
gine.
Tout d’abord, La colline a des yeux, réa-
lisé par Alexandre Aja, est un remake :
celui d’un film de Wes Craven, succès de
la fin des années 1970. C’est à cette épo-
que que le fantastique cinématographi-
que, entendu au sens large, désormais
légitime, s’assure une place dans la série
Ahollywoodienne et devient presque sys-
tématiquement rentable. Aussi, et sur-
tout, il se révèle une incroyable machine
formelle contribuant, par la liberté figura-
tive que les auteurs s’y autorisaient,
d’une manière poétique tout autant que
radicale ou transgressive à décrire le
monde contemporain et ses transforma-
tions inquiètes.
Il y avait dans le film de Craven, com-
me d’ailleurs dans ceux qui lui ont servi
de modèle (Délivrance, Massacre à la tron-
çonneuse), une critique violente de l’idée
d’un état primitif et idéal de l’Amérique
tout autant qu’une manière de dévoiler
ce qu’il pouvait y avoir de barbare dans la
civilisation elle-même. La vague récente
de remakes de films d’horreur à laquelle
le film d’Aja appartient doit notamment
sonexistence ausouci de recréer plus pré-
cisément et plus efficacement, avec désor-
mais les moyens offerts par la technique
numérique, les univers monstrueux et
fantasmagoriques, mais aussi l’hyperréa-
lisme gore lié au genre.
Les membres d’une famille américai-
ne moyenne, traversant pour ses vacan-
ces le désert du Nevada, deviennent la
proie d’un clan d’autochtones dégénérés
qui ne leur épargnent aucun sévice et
tuent la plupart d’entre eux, avant de suc-
comber sous les coups vengeurs des survi-
vants, ceux-ci répondant à la barbarie
par plus de barbarie encore.
Ce schéma, ce programme pourrait-
ondire, d’une simplicité biblique fait l’ob-
jet par le réalisateur et ses scénaristes
d’un traitement inventif et d’une efficace
montée dramatique de la tension qui ali-
mente avec succès une jubilation et une
excitation un peu enfantines. Mais, en
inscrivant dans un théâtre et un contexte
particulier son récit, Aja en dévoile quasi
théoriquement la pulsionqui
est, en fait, l’origine de son
projet. Les agresseurs mons-
trueux sont les habitants
d’une région où eurent lieu
diverses explosions atomi-
ques expérimentales dans les
années 1950.
Contaminés, ils vivent
dans des décors utilisés à
l’époquepar l’arméeaméricai-
ne pour évaluer les effets
dévastateurs de l’arme
nucléaire. A l’intérieur même
de ces habitations vouées à connaître le
souffle de l’explosion se trouvaient dispo-
sés des mannequins, effigies destinées à
simuler de dérisoires silhouettes humai-
nes.
Au-delà de la beauté un peu surréaliste
que font surgir ces pantins de plastique,
c’est toute une vision de la civilisation qui
s’y trouvait caricaturée et réduite ici à
l’état de ruines. Ces mannequins simu-
laient lavie quotidienned’unefamilleamé-
ricaine banale (un mari dans un fauteuil,
des enfants devant la télévision, etc.).
Aveclerappel decettevisiond’une exis-
tence calme et désuète, le réalisateur mon-
tre ce qui fait le centre véritable de son
œuvre : une idée de la famille qui, au-delà
de l’antagonisme facile sur lequel le récit
semble fonctionner (bonne famille contre
mauvaise famille dégénérée et clanique),
la désigne comme l’objet en soi, la cible
même de la pulsionqui donne aufilmtou-
te son énergie. Comme ces militaires et
savants atomistes, finalement, qui
voyaient, peut-être, l’exutoire d’un secret
désir demort dans l’horizond’unedestruc-
tiondumodèle dérisoire de ce bonheur un
peu idiot vu par l’American way of life de
l’ère Eisenhower.
Le surcroît de violence qui caractérise
ce remake d’un film pourtant déjà bien
éprouvant est sans doute à mettre au
compte de ce souci de retrouver et d’incar-
ner cette énergie libératoire. La texture
conférée à certains plans par l’usage d’ef-
fets spéciaux numériques incarne précisé-
ment le fort sentiment
qu’une volonté de lacération
jouissive des images (et donc
des clichés idéologiques) est
à l’œuvre.
Cette lacération morbide
trouve à s’incarner dans la
brutalité graphique persis-
tante des péripéties (coups
depiochedanslecrâne, cruci-
fixions et autres sévices se
succèdent). La colline a des
yeux montre que derrière la
logique d’assouvissement
des mauvaises passions qui détermine le
cinémad’horreur peut se cacher unevitali-
té fortement subversive. a
Jean-François Rauger
Filmaméricain. Avec Aaron Stanford, Kathleen
Quinlan, Vinessa Shaw. (1 h 43.)
L’Ententecordiale
Unaristocrate, fonctionnaire ringard du
Quai d’Orsay, se retrouve avec uninterprè-
te de l’Unesco, asthmatique bourré de pro-
blèmes sentimentaux et financiers, pour
négocier le rachat à unex-membre du
KGBd’une arme convoitée par des diplo-
mates plus oumoins véreux. Cette abraca-
dabrantesque jamesbonderie accumule
des gags plus ou moins éculés en lorgnant
sur la formule favorite de Francis Veber :
la cohabitationforcée entre unhomme à
principes et un emmerdeur, les gaffes du
secondpouvant sortir le premier de situa-
tions préoccupantes. Malgré une mise en
scène par moment approximative et une
interprétationsouvent caricaturale (chez
les seconds rôles), cette comédie trépidan-
te fait parfois mouche. Dans son registre
habituel, ChristianClavier montre tou-
jours autant d’abattage. a
J.-L. D.
Filmfrançais de Vincent de Brus. Avec Christian
Clavier, Daniel Auteuil, Jennifer Saunders, John
Cleese. (1 h 33.)
LaRupture
Vince Vaughnest l’une des figures les
plus intrigantes du cinéma commercial
américain. Sonvisage unpeu mou, son
corps au bord de l’embonpoint peuvent
devenir menace (dans le remake de Psy-
chose par Gus VanSant) oumachine comi-
que. Là, il s’essaie à la séductionet l’objet
de ses efforts a les traits de Jennifer Anis-
ton. Entre la ci-devant vedette de Friends
et le Serial Noceur, le scénario élabore une
alchimie toxique, faite d’opposition des
contraires : elle est chic et intellectuelle, il
est grossier et d’extractionmodeste ; elle
voudrait l’emmener au ballet, il préfère
jouer à GTA. Cette guerre de tranchées se
conclut comme l’indique le titre –mais le
scénario, la mise en scène et le jeu des
acteurs échouent à faire comprendre ce
qui a réuni ces deux-là. Reste la beauté
des paysages urbains de Chicago. a
T. S.
Filmaméricain de Peyton Reed. Avec Jennifer
Aniston, Vince Vaughn (1 h 46.)
TERREUR DANS LES ANNÉES 1960, AUX ÉTATS-UNIS, NAISSANCE D’UN GENRE
L’autrecinémademinuit
Nomination
Pascal Rambert dirigera
leThéâtredeGennevilliers
L’auteur, metteur en scène de
théâtre, de cinéma et d’opéra,
Pascal Rambert, a été nommé à
la direction du Centre dramati-
que national (CND)-Théâtre de
Gennevilliers par le ministre de
la culture Renaud Donnedieu de
Vabres. Il remplacera Bernard
Sobel, qui avait fondé ce théâtre,
en 1963, à partir du 1
er
janvier
2007.
Election
François Taillandier,
président de la Société
des gens de lettres
Le romancier et essayiste Fran-
çois Taillandier a été élu, vendre-
di 14 juin, à la présidence de la
Société des gens de lettres
(SGDL) pour un an.
Il succède à Alain Absire, qui a
présidé pendant quatre ans cette
association qui assure la protec-
tion du droit moral des auteurs
de l’écrit, ainsi que la défense de
leurs intérêts juridiques et
sociaux.
Droits d’auteur
Le nouveau texte doit
être débattu le 30juin
La commission mixte paritaire
(sept députés, sept sénateurs) a
été chargée d’élaborer un texte
de compromis entre les versions
des deux Assemblées sur les
droits d’auteur qui doit être
débattu en séance publique, le
30 juin, à l’Assemblée nationale.
Les agresseurs
monstrueux sont
les habitants
d’une région
où eurent lieu
diverses explosions
atomiques
expérimentales
Aaron Stanford dans « La colline a des yeux ». DR
« La colline a des yeux »
d’Alexandre Aja
Le remake d’un film
de Wes Craven où chacun
redouble de violencecache
une vitalité subvervise
CULTURE
0123
Jeudi 22 juin 2006 29
ART PRIX RECORD POUR UNE TOILE DE GUSTAV KLIMT
Cultures juives
Mosaïques séfarades
Le Festival des cultures juives,
plus particulièrement orienté cet-
te année vers le monde séfarade,
propose conférences, exposi-
tions, concerts, films et specta-
cles.
Jusqu’au 29 juin. Information et réserva-
tions au Café des psaumes. 16, rue des
Rosiers, Paris-4
e
. Tél. : 01-42-17-10-69
www.fsju.org/festivalculturesjuives
Photographie
Laissez-nous aussi
regarder la France
Plus de 150 000 étrangers restent
aujourd’hui enFrance dans l’atten-
te d’une déclarationd’asile politi-
que. Six étudiants de Sciences Po
Paris regroupés dans l’association
Photo sans papier ont demandé à
14 d’entre eux de refléter, grâce à
unappareil photo mis à leur dispo-
sition, leur visiond’une France
dont ils risquent d’être expulsés.
Le résultat est une expositionitiné-
rante d’une soixantaine de clichés
accompagnés de textes, de toiles
dupeintre Kamel Amzal, d’une
vidéo de l’ensemble des clichés pré-
sélectionnés (200) et d’unespace
sonore (témoignages, entretiens).
Jusqu’au 25 juin à l’espace La Générale,
40-46, avenue du Général-Lasalle,
Paris-20
e
, M
o
Belleville. Du 4 au 21 juillet à
la mairie du 3
e
, 2, rue Eugène-Spuller,
Paris-3
e
, M
o
Temple.
Photo sans papier, chez Jérémy Lachal,
34, rue Saint-Sauveur, Paris-2
e
.
Portrait d’Adele Bloch Bauer, peint en 1907 par Gustav
Klimt. « C’est notre Mona Lisa », déclare Ronald Lauder, magnat des
cosmétiques, qui l’aurait acquis en vente privée pour 135 millions de dol-
lars, selon The NewYork Times. Un prix qui, s’il était avéré, dépasserait
de loin le précédent record pour un tableau, 104,1 millions de dollars
obtenus en 2004 chez Sotheby’s pour un Picasso. Ronald Lauder a fon-
dé à NewYork la Neue Galerie, consacrée entièrement à l’art allemand
et autrichien.
La toile, spoliée par les nazis et exposée à Vienne, au Belvedere, avait
fait l’objet d’une bataille entre le gouvernement autrichien et les héri-
tiers du modèle qui avaient obtenu gain de cause. Depuis le mois d’avril,
elle était au Los Angeles County Museumof Art (Lacma). Il faudra main-
tenant aller à NewYork la voir, à la Neue Galerie, où elle sera montrée du
13 juillet au 18 septembre, avec quatre autres Klimt également propriété
de la famille Bloch-Bauer, et eux aussi restitués aux héritiers par le gou-
vernement autrichien.
AFP PHOTO / MUSEUM ASSOCIATES-LOS ANGELES COUNTY MUSEUM OF ART
LUGANO(suisse)
ENVOYÉE SPÉCIALE
I
l est un lieu en Europe où l’insaisissa-
ble Martha Argerich se pose durant
quelques jours, un endroit où l’on
peut entendre la pianiste mythique
jouer une dizaine de fois en moins de
trois semaines. Il faut pour cela venir au
bord du lago di Lugano, dans la ville où
mourut Arturo Benedetti Michelangeli, en
1995, et où s’était fixé le pianiste allemand
WilhelmBackhaus après la guerre.
Depuis cinq ans, Martha Argerich, sou-
tenue par la banque suisse BSI, offre à
Lugano une villégiature à la musique, non
pour soi, mais entre soi. Sont invités des
artistes confirmés (les frères Renaud et
Gautier Capuçon font partie de sa garde
rapprochée) et de jeunes débutants avec
lesquels elle joue, comme en témoigne le
coffret Martha Argerich and Friends paru
chez EMI, deux fois nominé pour le Gram-
my Award 2006.
Ce soir du samedi 17 juin, au Palais des
congrès de Lugano, celafait cinqjours que
le festival a commencé. L’Orchestre de la
Suisseitalienne, sousladirectiond’Alexan-
der Vedernikov, vient de donner l’ouvertu-
re de Don Giovanni : de la prestance et du
jarret. Suit le Rondo pour piano KV 382 de
Mozart, par la Vénézuélienne Gabriela
Montero (née à Caracas en 1970), tandis
que Piotr Anderszewski est le protagoniste
du Concerto pour piano n˚ 24 KV491. Pro-
tagoniste est le mot, tant le pianiste polo-
nais se veut maître de l’étrangeté dans cet-
te musique véhémente et tragique.
Toutefamilièreaucontraire, voirefami-
liale, la Symphonie concertante pour violon
et alto KV 364 qui réunit la mère, Dora
Schwarzberg, et la fille, Nora Romanoff-
Schwarberg. La première, annoncée souf-
frante (elle finira effectivement la soirée
dans unhôpital de la ville), semble à la fois
tancer et encourager la jeune altiste de
20 ans. Ce jeude chat et de souris va bienà
Mozart, qui passe avec bonheur de l’espiè-
glerie au chant éperdu.
Enfin, Chostakovitch, avec le rarissime
Concerto pour piano, trompette et orchestre
à cordes op. 35. Martha est entrée en piste.
Royale et fuyante, comme à l’accoutumée.
Celle qui « aime le piano » mais « déteste
être pianiste » a tout gardé de sa jeunesse
tourmentée et souveraine, le regard à la
fois impérieux et rieur, l’opulente et som-
bre chevelure maintenant auréolée d’ar-
gent, la fougue de cavale noire, la puissan-
ce érotique du jeu. Martha s’amuse, et
nous aussi, de cettemusiquecruelleet câli-
ne, qui se gausse et tonitrue mais fait son-
ner comme personne la trompette magis-
trale du jeune Russe Sergeï Nakariakov
(né en 1977 à Gorki).
Pas des tièdes
Une petite réception suit. Martha finira
par arriver en coup de vent, glissera entre
lesofficielspour finir entreamiset enmusi-
que. La répétitionqui suit, dans les studios
de la Radio suisse italienne, durera tard
dans la nuit, jusqu’à 4 heures.
C’est dire s’il est tôt pour elle le lende-
main lorsque commence, vers 16 h 30,
dans l’orangeriedusuperbe hôtel de laVil-
la Castagnola, la répétition du concert de
dimanche après-midi. Le jeune Adriel
GomezMansur, 17ans, devait jouer enpre-
mière partie. Mais il a déclaré forfait. A
18 h 30, c’est donc la Japonaise Akane
Sakai qui s’y colle avec Chopin : Mazurka
op. 63 n˚1, puis Scherzo en mi majeur,
op. 54. Impressionnée, la jeune femme
joue un peu brouillon, mais la sensibilité
est belle, le jeu prenant. Tous les « artistes
de Martha Argerich » ont en commun de
n’être pas des tièdes.
La Sonate pour violon et piano de César
Franck, par Ivry Gitlis, est rivée au clavier
de Sergio Tiempo (né à Caracas en 1972,
l’une des révélations de Martha). Le grand
violoniste, vieux monsieur, est toujours
aussi séduisant, même si la fatigue l’oblige
désormais à jouer assis, la volute de l’ins-
trument fichée au flanc du piano. Ludique
et bien sonnante, la Sonate pour deux pia-
nos KV 448 de Mozart. En face de Martha
Argerich, la pétulante Karin Merle. Cela
ressemble à une conversation animée
entrecopines oùlamusiquetiendrait natu-
rellement la première place.
Le soir, au dîner gracieusement offert
par MarisaGarzoni, lachaleureuseet mélo-
mane hôtesse des lieux, on commence
sans attendre Martha, partie vérifier que
sa carte bancaire était bien restée à la mai-
son. Le coordinateur du « Progetto Mar-
tha Argerich » et ancien directeur de la
Radio suisse italienne, Carlo Piccardi,
racontera au retour comment il en a profi-
té pour lui tirer les vers dunez pour la pro-
grammation de 2007. La carte était bien à
la maison, une maisonavec une cafetière à
expresso, remplie de Coca-Cola, de musi-
que et d’amis. a
Marie-Aude Roux
Progetto Martha Argerich, Festival de Lugano
(Suisse). Jusqu’au 29 juin. Tél. :
00-41-91-924-14-75. De 10 ¤ à 55 ¤.
www.rtsi.ch/argerich
MarthaArgerichet sesartistes
auFestival deLugano
Art
Le Musée Getty pourrait ren-
dre jusqu’à 21 objets à l’Italie
Selon le Los Angeles Times, des négocia-
tions seraient en cours entre le musée
Getty de Los Angeles et des responsables
culturels italiens pour que des antiquités
qui auraient été pillées en Italie et en Grè-
ce soient rendues à Rome. L’établisse-
ment avait affirmé en septembre ne pas
avoir acheté sciemment des objets pillés,
tout en admettant que 82 de ses pièces
étaient d’origine douteuse. L’ancienne
responsable des antiquités du musée,
Marion True, a été accusée « d’associa-
tion de malfaiteurs » destinée au « recel
d’œuvres d’art ». Son procès s’est
ouvert, à Rome, en novembre. Robert
Hecht, un marchand d’art américain, est
accusé d’avoir joué le rôle d’intermédiai-
re. La Grèce est également sur la piste de
Mme True, après avoir saisi dans une vil-
la qu’elle possède sur l’île grecque de
Paros, 29 antiquités non déclarées, dont
les archéologues grecs examinent actuel-
lement la valeur en vue d’éventuelles
poursuites pénales. – (AFP).
Musique
Le Teknival breton devrait
avoir lieu à Vannes
Le Teknival prévu pour le premier week-
end de juillet dans le Morbihan devrait
finalement avoir lieu sur l’aérodrome de
Vannes. Les élus locaux et responsables
économiques et agricoles morbihanais
se rejettent depuis plusieurs semaines, à
travers pétitions, déclarations et manifes-
tations, l’organisation de cette rave-par-
ty à laquelle sont attendues 50 000 à
80 000 personnes. La préfecture de Bre-
tagne a décidé depuis deux ans d’organi-
ser chaque été une grande rave-party,
mais l’Etat, qui veut éviter les rassemble-
ments clandestins, peine à convaincre
les municipalités – (AFP).
AGENDA
APRÈS LA QUATRIÈME dispersion du
fonds de la librairie Berès, qui a eu lieu à
l’hôtel Drouot, le 20 juin dans la soirée, les
stendhaliens sont complètement rassurés.
Les six cahiers du Journal de Stendhal, qui
couvrent plusieurs années entre 1801 et
1814, ont étépréemptés, aucours delaven-
te, par la Ville de Grenoble, pour 800 000
euros (hors frais).
La veille, le libraire avait fait don à la
France d’un autre joyau de sa collection :
un exemplaire de la Chartreuse de Parme,
abondamment corrigé, et complété par les
soins de l’auteur (Le Monde du 20 juin).
Charleville-Mezières, ville natale de Rim-
baud, a eu moins de succès : elle n’a pu
acquérir aucun des douze poèmes manus-
crits de « l’Homme aux semelles de
vent ». Estimés chacun entre 100 000 et
200 000 euros, ils ont (à une exception
près) tous dépassé leur estimation haute :
Génie est parti à235 000euros, Comédie de
la soif à 310 000 euros, Larmes à 250 000
euros et Bonne pensée du matin à 240 000
euros. La représentante de la ville a dû se
contenter de préempter, pour 1 000 euros,
une modeste copie (anonyme mais d’épo-
que) d’untexte de Rimbaud. L’undes deux
libraires qui se disputaient âprement les
manuscrits rimbaldiens lui en a d’ailleurs
fait cadeau.
La Bibliothèque nationale de France
s’est réservée quelques pièces majeures : le
premier jeu d’épreuves du poème de Mal-
larmé Un coup de dés jamais n’abolira le
hasard, minutieusement corrigé par son
auteur (185 000 euros) ; un ensemble de
manuscrits autographes constituant la
majeure partie d’Alcools, de Guillaume
Apollinaire (130 000 euros) ; mais aussi
un texte de Proust, Sentiments filiaux d’un
parricide, copié par Céleste Albaret, avec
des corrections de l’écrivain (10 000
euros).
Etienne de Laigue et Balzac
Les représentants du Muséumd’histoi-
re naturelle de Paris étaient venus à trois
pour tenter de faire une razziasur les nom-
breux livres scientifiques de Pierre Berès.
Ils ont dû se borner à préempter (20 000
euros) le Singulier Traicté contenant « la
propriété des tortues, escargotz, grenoilles, et
artichaultz », d’Etienne de Laigue, publié
à Lyon vers 1533. Ils n’ont pu retenir le
Recueil de dessins aquarellés d’oiseaux, attri-
bué à Pierre Gourdelle (1550), qui a battu
tous les records de la vente avec 1,22 mil-
liond’euros (hors frais).
En revanche, à l’exemple de Grenoble,
d’autres collectivités territoriales se sont
manifestéesavecuncertainsuccès. Notam-
ment le département d’Indre-et-Loire qui
a préempté, pour le château de Saché, les
épreuves férocement corrigées par Balzac
duLys dans la vallée (305 000 euros).
Dans l’ensemble, cette quatrième vaca-
tion, organisée par la firme Pierre Bergé et
associés, a été un succès : la plupart des
estimations hautes ont été largement
dépassées. L’ultime dispersion du fonds
du libraire de l’avenue de Friedland aura
lieuen décembre 2006. a
Emmanuel de Roux
Martha Argerich (au piano) et Sergej Nakariakov (à la trompette), le 17 juin. ALIX LAVEAU
QUESTIONS D’INFO
Le Monde - LCP-Assemblée nationale - France Info
Frédéric Haziza, LCP-Assemblée nationale
Patrick Roger, Le Monde
et Marie-Eve Malouines, France Info
reçoivent
François Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste
sur LCP-Assemblée nationale
jeudi 22 juin à 20h 30
Rediffusions : jeudi 22 juin à minuit, vendredi 23 juin à 13 h 30 et
21 heures, samedi 24 juin à 12 h 30 et dimanche 25 juin à 23 heures.
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VENTE LE FONDS DU LIBRAIRE PIERRE BERÈS
Grenobleobtient
le« Journal »deStendhal
DANS LE PASSÉ, les retards ou
annulations surprises des concerts
de Guns’n’Roses ont provoqué
tant de colère, voire d’émeutes,
qu’une entrée sur la scène de Bercy
sur le coup de 22 h 45 (le concert
était prévu vers 21 heures) tient
presque du soulagement. Ce
20juin, le public parisienest prêt à
tout pardonner à un groupe qu’il
attend de revoir depuis 1993.
Mêmes’il nereste plusquelechan-
teur, Axl Rose, commemembreori-
ginel de ce gang mythique du hard
rockde lafindes années 1980et du
début des années 1990.
Entouréde sept musiciens, dont
trois guitaristes et deux claviers,
qui ont remplacéSlash, Duff McKa-
gan et autre Izzy Stardlin, Axl en
appelle d’abord aux mannes de
vieux brûlots. Doublé de quelques
effets pyrotechniques, Welcome To
The Jungle, It’s So Easy ou Mr.
Brownstone fédèrent les fans
d’autant plus facilement que les
aigus stridents du chanteur ont
gardé toute leur puissance.
En 1987, avec ces titres de l’al-
bum Appetite For Destruction, la
bande de Los Angeles injectait du
sang neuf dans la scène metal. Le
disque se vendra à plus de vingt
millions d’exemplaires, un record
pour unpremier album.
Sur la scène de Bercy, ces hym-
nes gardent leur efficacitésans que
le groupe dégage la dangereuse
aurade sesdébuts. Abusant ducre-
do « sex & drugs & rock’n’roll »,
Guns’n’Roses déraillait dans une
proportion équivalente à celle de
sonsuccès. Bagarres et scandales à
répétition, paranoïa et ego dictato-
rial du chanteur vont précipiter le
déclin. D’autant que l’avènement
du grunge et de Nirvana, réconci-
liant la violence du heavy metal et
l’élégance mélodique du « rock
indé », filent un coup de vieux au
groupe.
Accumulant les dérapages, Axl
Rose licencie ou est quitté par ses
petits camarades. L’enregistre-
ment d’un nouvel album– Chinese
Democracy – s’enlise pendant dix
ans (treize millions de dollars y
auraient été engloutis).
Aujourd’hui, ce nouvel opus serait
bouclé, prêt à paraître à l’automne
2006, sous la forme d’un triple (!)
CDde trente-deux titres.
A Bercy, Axl semble avoir
retrouvé la santé. Certes moins
émacié qu’aux heures de gloire du
groupe, pas très glamour dans son
jeanet sonblousondecuir, les che-
veux blonds tressés et attachés en
catogan, il semontre affableet cha-
leureux. Lien de cause à effet ? Les
nouvelles compositions man-
quent souvent de tranchant. Dans
le genre rock fossilisé, on pourra
ainsi préférer l’allant de Velvet
Revolver, le groupe fondé par
d’autres membres originels de
Guns’n’Roses. a
Stéphane Davet
MUSIQUE GUNS’N’ROSES EN CONCERT À BERCY
Axl sanstension
MUSIQUE
La pianiste invite chaque
année dans cette ville du
Tessin musiciens confirmés
et jeunes débutants
CULTURE 30
0123
Jeudi 22 juin 2006
On lâche rien
Jean-Michel Normand
La lune plus 10 %
D
ans le wagon bondé du
métro aérien qui ramène
des supporteurs alle-
mands du stade de Berlin
vers le centre-ville, une
mélodie revient, tel un
doux refrain fredonné
l’air de rien. « C’est beau,
c’est si beau… Nous n’avions pas vécu ça
depuis longtemps… » Un jeune couple
s’embrasse. Elle, blonde en short, ferme
les yeux. Ses paupières sont maquillées
aux couleurs du drapeau allemand : noir,
rouge et or. Arrêt à la station Zoologis-
cher Garten. Dans la rue, des vagues de
passants portent haut les couleurs du
pays organisateur de la Coupe du monde,
qui vient, ce mardi 20 juin, de franchir le
premier tour en tête du groupe A et
affrontera la Suède en huitièmes de fina-
le, samedi 24 juin, à Munich.
Sitôt conclue la troisième victoire de
l’équipe nationale en autant de matches,
3 buts à 0 face à l’Equateur, un élan de
joie déferle sur la capitale allemande. Sur
le Kurfürstendamm, le boulevard chic de
l’ancien Berlin-Ouest, les conducteurs
rivalisent à coups de klaxon. Le concert
dure une bonne demi-heure. De la bien-
nommée colonne de la Victoire à la porte
de Brandebourg, l’espace réservé aux sup-
porteurs, avec son écran géant et ses
stands de bière et de saucisses, est telle-
ment bondé qu’il faut en interdire l’accès
aux nouveaux arrivants. Quelque
700 000 personnes y sont massées – un
record – pour célébrer la fête du football
et, plus particulièrement, la performance
de l’équipe entraînée par Jürgen Klins-
mann.
S’ils l’espéraient, peu d’Allemands
croyaient que Michael Ballack et ses par-
tenaires s’en tireraient aussi bien pen-
dant la première phase du tournoi. Les
mois de préparation n’avaient guère été
concluants. Il était alors de bontonde cri-
tiquer le sélectionneur, Jürgen Klins-
mann, et de douter de ses protégés. Toute-
fois, après un premier match libérateur
face au Costa Rica, remporté (4-2) en
ouverture du Mondial, l’espoir et la fierté
ont gagné le pays. Le bras de fer contre la
Pologne (1-0, but à la 91
e
minute) a soudé
encore unpeuplus la populationderrière
ses joueurs et son drapeau.
Celui-ci est incontestablement l’objet
à la mode dumoment. Jamais, de mémoi-
re d’Allemand, n’avait-on vu autant de
rectangles aux couleurs nationales appa-
raître aux fenêtres et aux balcons du
pays. Même lors de l’euphorie de la réuni-
fication, en 1990, l’étendard n’avait pas
été brandi avec le mélange de fierté et de
simplicité qui caractérise ce début de
Mondial. Les fournisseurs, qui n’avaient
pas prévu cela, frôleraient la rupture de
stock. Des policiers en service, qui
avaient eux aussi arrimé des petits dra-
peaux à leurs voitures, ont été invités à
remballer leur matériel, au nom de l’im-
partialité dont ils sont censés faire preu-
ve pendant le travail…
Mardi, enattendant le début du match
contre l’Equateur, l’aigle, autre symbole
refoulé en raison du passé nazi, a fait son
apparition dans le stade olympique de
Berlin. Un immense oiseau peint sur un
drap blanc a été déployé dans un virage,
sur une vingtaine de rangées. Les batte-
ments de l’oiseau porteront la Mann-
schaft vers la victoire, proclame une ban-
derole. Puis les hymnes ont retenti. De la
chancelière, Angela Merkel, présente
dans la tribune, au public en passant par
les joueurs, la plupart des Allemands ont
entonné le Lied der Deutschen.
Alors que les médias et la classe politi-
que débattent des raisons de ce regain de
patriotisme et qu’un syndicat d’ensei-
gnants demande une réécriture moins
« nationaliste » de l’hymne national, les
joueurs, eux, ont démontré sur le terrain
qu’ils étaient dignes de l’engouement
qu’ils ont suscité dans la population.
L’Equateur, déjà qualifié lui aussi pour
les huitièmes de finale, n’a jamais été en
mesure d’inquiéter Jens Lehmann, le gar-
dien de but allemand.
Bien organisés, les Blanc et Noir se
sont vite mis à l’abri d’une mauvaise sur-
prise avec deux buts de Miroslav Klose
(4
e
, 44
e
), qui a ainsi pris la tête du classe-
ment provisoire des buteurs, avec quatre
réalisations. Lukas Podolski, son parte-
naire enattaque, a inscrit le troisième but
(57
e
), mettant fin aux doutes quant à son
efficacité actuelle.
« Jouer devant un tel public, dans une
ambiance aussi exceptionnelle, donne un
coup de pouce supplémentaire aux joueurs.
C’est la fièvre du Mondial », s’est réjoui
Jürgen Klinsmann après le match.
Contre la Suède en huitièmes de finale, le
24 juin, le onze allemand aura sans doute
besoin de tous ces encouragements pour
se qualifier. Auteur d’un match sérieux,
Michael Ballack, le capitaine, a lui aussi
été applaudi par les supporteurs de son
pays. Les récentes critiques émises
contre lui sont déjà un vieux souvenir. Il
avait osé arborer à l’entraînement un
t-shirt barré du mot « Italia ». a
Antoine Jacob (à Berlin)
I
l aura fallu que les joueurs togolais
empochent un chèque certifié par la
FIFA– solide établissement financier
–pour que soit réglée la douloureuse
affaire des primes qui a empoisonné le
groupe G. Le Togo affrontera donc la
France, vendredi à Cologne. On ignore
sur quelle base s’est négocié le compro-
mis, mais les vingt-trois sélectionnés, qui
avaient menacé de faire grève avant le
match contre la Suisse (finalement perdu
0-2), ont dû modérer leurs revendica-
tions. Ils réclamaient à leur fédération –
qui a certes reçu 4,5 millions d’euros de la
part de la FIFA– une indemnité de pré-
sence au Mondial égale à 155 000 euros
par joueur. A peu près autant que la som-
me promise aux Brésiliens (157 000
euros) s’ils remportent le trophée.
Les Eperviers togolais ont perdu le
sens de la mesure, mais peut-on leur en
vouloir ? La plupart évoluent dans de
modestes clubs européens où les contrats
ne se négocient pas à coups de millions.
Ainsi, Richmond Forson défend vaillam-
ment les couleurs de la Jeanne d’Arc de
Poiré-sur-Vie (Vendée), qui a terminé cet-
te saison en tête de son groupe en divi-
sion d’honneur, l’équivalent de la sixiè-
me division (Le Monde du 21 juin). Appe-
lés à croiser le chemin de l’élite mondiale
de ce football qui brasse tant d’argent, les
Eperviers ont cru pouvoir demander la
lune, plus 10 %. Désormais redescendus
sur terre, ils ne veulent plus parler gros
sous. « Une équipe africaine qui rencontre
la France, c’est toujours spécial. La motiva-
tion vient toute seule », assure le défen-
seur Kader Touré. a
La ferveur de l’Allemagne en fête
Le pays hôte de la compétition, gagné par la fièvre du Mondial, vit une belle période d’union nationale
Aucun des cinq joueurs qui ont reçu un carton jaune au cours des deux premiers matches
ne rentrera en jeu une seule minute, même si le Mexique mène 30 à 0
Luiz Felipe Scolari, entraîneur du Portugal, à propos de Cristiano Ronaldo, Deco, Pauleta, Nuno Valente et Costinha
Groupe A
Equateur - Allemagne : 0-3
Mardi 20 juin
Michael Ballack dispute le
ballon au défenseur équatorien
Paul Ambrossi, mardi 20juin,
lors de la victoire de
l’Allemagne sur l’Equateur.
JAIME RAZURI/AFP
LA PHRASE DU JOUR
0123
Jeudi 22 juin 2006 31
W
illy Sagnol ne regarde
pas le Mondial à la télé :
« On dort foot, on mange
foot, on pense foot, alors si
en plus… » Willy Sagnol ne sup-
porte pas ceux qui critiquent
l’équipe de France. Aux anciens
Bleus qui avaient émis des réser-
ves, il a lancé un « ferme ta gueu-
le » définitif. L’invective va sûre-
ment lui être souvent rappelée,
Willy Sagnol s’en moque.
De toute manière, il n’apprécie
guère les journalistes qui « ont
raconté des choses absurdes »sur le
stage de Tignes, se plaisent à lan-
cer des « polémiques ». Il le leur a
dit en face, et a refusé de leur par-
ler à la fin des matches France-
Suisse et France-Corée du Sud.
Willy Sagnol a détesté les sif-
flets du Stade de France : « Le
public parisien, on a l’impression
qu’il vient à un spectacle. » Willy
Sagnol « n’a pas demandé à être
un dieu vivant » et plaint Zinédi-
ne Zidane de ce qu’« il endure ».
Willy Sagnol veut continuer à fai-
re tranquillement son marché le
samedi matin.
Pour un peu, Willy Sagnol pas-
serait pour un mauvais coucheur,
un atrabilaire, un têtu obstiné, un
râleur perpétuel. Ses coéquipiers
relatent qu’il lui arrive parfois de
piquer des colères, c’est sa maniè-
re de sonner l’alarme quand il sent
que les choses vont de travers. Il
peut le faire dans l’intimité du
groupe, ou choisir l’extérieur (via
les journalistes, donc). Enseptem-
bre2005, aprèslavictoiredes Fran-
çais contre les îles Féroé (3 -0), il
avait tancé ses camarades qui se
croyaient déjà en Allemagne :
« Nous avons oublié les fondamen-
taux. A un moment on s’est vu trop
beaux, chacun a essayé de faire son
petit numéro. »
Laleçonaétéentendue, et diver-
sement appréciée. Mais, avec
désormais 40 sélections, Willy
Sagnol appartient aux cadres de
l’équipe de France. C’est lui qui a
négocié les primes pour cette Cou-
pe du monde : 240 000 euros cha-
cun en cas de victoire finale. Sa
proximité avec Zinédine Zidane
lui donne encore plus de poids. Et
ses performances sur le terrain
avec le maillot du Bayern Munich
ajoutent à son autorité ; cette
année, il a été élu meilleur arrière
droit du championnat allemand.
En équipe de France, il assure
et rassure. Il garde fermement son
territoire, aime les longues échap-
pées dans le couloir pour balancer
des centres tendus devant la cage
adverse et n’hésite pas à frapper
de loin, une qualité rare dans cette
sélection. Certes, dans les pre-
miers matches du Mondial, il a
semblémoins àl’aiseque d’habitu-
de. Il a sa part de responsabilité
sur le but égalisateur des Sud-
Coréens : à sa décharge, toute la
défense française jouait à ce
moment-là au ralenti.
Willy Sagnol est peut-être tout
simplement exigeant. Et ses
récents coups de gueule tous azi-
muts cachent sûrement une insa-
tisfaction : ce Mondial en Allema-
gne, son deuxième pays désor-
mais, il veut le réussir. Ne pas en
sortir par la petite porte comme en
2002, où, remplaçant, il s’était sen-
ti « inutile ». Alors il fait bloc,
réclame qu’on laisse l’équipe de
France tranquille, et lui avec. Si
l’affaire tourne mal, que les Bleus
ne se qualifient pas pour les 8
es
de
finale, vendredi 23juin, enbattant
le Togo, alors il est possible que
Willy Sagnol ne se prive pas de
dire tout haut ce qu’il pense. a
BrunoCaussé
(envoyé spécial à Hameln)
P
uisqu’il suffit de décréter que
la vie est belle et l’avenir
radieux, pourquoi donc se pri-
ver du plaisir de l’affirmer à
tout-va ? Depuis le stage
d’oxygénation du mois de mai
à Tignes, Raymond Domenech distille
inlassablement son discours à l’eau de
rose et au besoin il répond à ses propres
contradictions par l’ironie. Dans un pre-
mier temps, le sélectionneur avait décla-
ré que ses réflexions et la préparation
physique de son groupe étaient tendues
vers le premier match devant la Suisse, le
13 juin. « Une rencontre capitale, car elle
peut susciter un élan », avait-il indiqué.
Le résultat nul (0-0), l’indigence du
jeu pratiqué n’ont pas altéré sa foi :
« Nous étions au maximumde ce que nous
pouvions, ce sera meilleur au prochain
match. » La calamiteuse seconde
mi-temps face à la Corée du Sud (1-1), les
deux points stupidement abandonnés
sur la pelouse de Leipzig n’ont pas davan-
tage altéré son optimisme. « Ce qu’on a
vu contre les Coréens donne de l’espoir »,
a-t-il encore répété, mardi, à Hameln, à
quelques kilomètres de la forteresse qui
héberge la délégation française.
Simple posture ou conviction inflexi-
ble, Raymond Domenech avance au
moins trois bonnes raisons de croire que
l’aventure ne prendra pas fin vendredi
23 juinà Cologne dans la confusiond’une
nouvelle déconvenue devant le Togo.
« Une équipe en progrès. » Après
avoir revuà la télévisionla deuxième ren-
contre des Bleus, l’entraîneur français
confirme ses premières impressions :
« Il y a eu de l’envie dans le jeu, dans la
construction, dans la volonté d’aller de
l’avant, nous avons montré davantage que
cinq jours auparavant face aux Suisses. »
Le sélectionneur rappelle que les
Coréens ne se sont montrés dangereux
qu’à une seule reprise pendant les 70pre-
mières minutes et que, au total, ils n’ont
mis à leur actif que quatre situations
avantageuses devant le but de Fabien
Barthez. « Sur un coup franc, une touche
vite effectuée, un corner et enfin sur cette
action décisive où notre défense s’est laissé
surprendre », résume Domenech, qui
réfute la thèse du problème physique :
« Si dans ce domaine nous n’étions pas au
point, nous n’aurions pas eu les ressources
pour repartir à l’attaque après l’égalisa-
tionde nos adversaires et de nous créer deux
nouvelles occasions de but. »
Sur le planindividuel, Domenechrelève
la forme ascendante de Patrick Vieira.
Excentré, le Turinois avait raté les trois
matches de préparation avant le Mondial
et ne fut guère plus rassurant devant les
Suisses, bienqu’il eût retrouvé pour l’occa-
sion son poste de prédilection comme
milieu axial au côté de Claude Makelele.
Bien plus en jambes face aux
Coréens, précieux dans la
récupération et privé d’un but
valable, le Turinois a retrouvé
la confiance. « Je savais qu’il
monterait en puissance, je
l’avais d’ailleurs annoncé, rap-
pelez-vous, Patrick est un com-
pétiteur », indiquelesélection-
neur.
« Un esprit positif et un
mental intact. » Ni l’altercation entre
William Gallas et Lilian Thuram, d’une
part, et Zinédine Zidane, d’autre part, au
beaumilieude laseconde périodede Fran-
ce-Suisse, ni la sortie glaciale du même
Zidane à la fin de France-Corée du Sud
n’ont ébranlé les certitudes de Dome-
nech. « Je ne comprends ni ne m’explique le
pessimisme véhiculé par les médias », relè-
ve le sélectionneur. « Ce qui compte pour
nous, c’est ce que nous vivons entre nous et
qui n’a rien à voir avec ce qui est traduit par
la presse, insiste le patron des Bleus. Moi,
je vois auquotidienl’implicationde chacun.
Du banc de touche, j’observe
les rictus, la souffrance des
joueurs, tous tendus vers le
même objectif : la victoire. »
Sur ses relations tendues
avec les cadres dugroupe, et
avec Zinédine Zidane enpar-
ticulier, il n’oppose pas un
démenti formel – « pures
spéculations » – mais écarte
l’idée d’une atmosphère sus-
ceptible de nuire à la destinée de l’équi-
pe. « Zizou est le capitaine, je discute avec
lui, il est le relais des joueurs auprès de l’en-
cadrement technique. Chacun fait son bou-
lot et Zidane le fait bien. »
« Une disponibilité tactique éprou-
vée. »Les suspensions d’Eric Abidal et de
Zidane vont conduire Domenech à rema-
nier la formation alignée devant la Suisse.
Devant l’état d’urgence, il pourrait égale-
ment revoir ledispositif tactiqueentitulari-
sant, pour la première fois depuis l’épreu-
ve, deux véritables attaquants. « Depuis
deux ans, nous n’avons cessé d’expérimenter
les formules, souligne le sélectionneur. On
a déjà évolué sans Zidane, on a déjà joué à
deux et à trois attaquants. Nous avons des
références. J’ai conçu la liste des 23 joueurs
pour pallier les blessures et les suspensions. »
L’absence du capitaine incitera-t-elle cer-
tains deses coéquipiers àprendre davanta-
ge d’initiatives et rendra-t-elle le jeu plus
rapide au profit de Thierry Henry ? En
attendant « la vérité du terrain », Dome-
nech adresse cette curieuse formule aux
censeurs: « Avant de nous condamner, lais-
sez nous commettre notre crime. » a
Elie Barth
(envoyé spécial à Hameln)
Togo
La FIFAa versé les primes
Les joueurs, en conflit avec leur
fédération, ont été payés par la
Fédération internationale, a indi-
qué la FIFAmardi 20 juin. Pour
verser ces primes de participation
auMondial, la FIFAa puisé dans
la cagnotte de 7 millions de francs
suisses (4,5 Md’euros) qui doit
être versée à la fin duMondial à
chaque fédération participante.
Corée du Sud
La confiance règne
« Nous sommes déterminés à battre
la Suisse et à continuer (jusqu’en
huitièmes de finale). Nous
n’aurons même pas à regarder le
résultat de Togo-France », a déclaré
Cho Jae-jin, passeur décisif face à
la France. Si les Bleus battent le
Togo par plus de deux buts d’écart,
unnul ne suffira pas aux Asiati-
ques pour accéder au second tour.
Suisse
Gygax forfait
Victime d’un coup contre le Togo,
le milieu de terrain suisse Daniel
Gygax ne participera pas au troi-
sième match, contre la Corée du
Sud, vendredi 23 juin. « Il a passé
une radio ce matin, qui confirme
l’existence d’une blessure », a
annoncé, mardi 20 juin, le méde-
cin de la formation helvète, Cuno
Wetzel.
Willy Sagnol, libre penseur des Bleus
Les coups de gueule de l’arrière droit marquent sa détermination
Quelques raisons d’espérer
En deux matches, l’équipe de France a affiché une progression qu’elle devra confirmer face au Togo
« Je ne
comprends ni
ne m’explique
le pessimisme
véhiculé par
les médias »
Raymond Domenech
L
e bouc émissaire a été inventé bien
avant les règles du football. Inté-
grant cet archétype dans leurs dis-
cours, les sélectionneurs aiment y
avoir recours quand leur équipe déçoit.
Parfois, c’est un élément matériel qui leur
sert de repoussoir. Après le match nul
(0-0) concédé par la France face à la Suis-
se, mardi 13 juin, Raymond Domenech
s’était plaint del’état delapelousedeStutt-
gart, qui, selon lui, faute d’un arrosage
adéquat, freinait lacoursedes ballons fran-
çais. Des Suisses aussi, sûrement, mais il
n’en avait mot dit. Mardi 20 juin, le sélec-
tionneur national a repris ce traditionnel
du genre en critiquant l’arbitrage. Il est
revenu sur le but non accordé à Patrick
Vieira, contre la Corée du Sud, lorsque la
balle avait largement franchi la ligne du
but coréen.
Raymond Domenech a également rap-
pelé que, lors du match contre la Suisse,
l’arbitre n’avait pas sifflé penalty lorsque la
main d’un défenseur helvétique, dans sa
surface de réparation, avait involontaire-
ment stoppé un tir de Thierry Henry. Puis
l’entraîneur des Bleus a critiqué les deux
cartons jaunes reçus par Zinédine Zidane,
qui provoquent sasuspensionpour le déci-
sif France-Togo, vendredi 23 juin. Le pre-
mier avertissement ducapitaine des Bleus,
récolté face à la Suisse : « C’est la seule fois
où un arbitre a donné un carton jaune à un
joueur pour uncoupfranc tiré [avant lecoup
de sifflet], j’ai vérifié », a assuré Raymond
Domenech. Le second, face à la Corée du
Sud, pour une charge sur un défenseur
alors quele jeuétait interrompu: « Je trou-
ve que c’est pointilleux. Il y a une forme d’ex-
cès qui me paraît surprenante. »
Pour l’entraîneur, la France n’a « pas eu
de décision favorable », au contraire, selon
lui, des Suisses, qui auraient été « large-
ment favorisés par l’arbitrage » : « Il y a
penalty pour le Togo [pour une faute de
Patrick Müller sur Adebayor] de la même
manière que contre nous [pour une main
dans la surface du même Müller]. »
Toujours selon Raymond Domenech,
les résultats du groupe G seraient donc
« faussés ». Le sélectionneur français a
demandé aux dirigeants de la FIFA, sans
les nommer, de faire « un bilan, et vite »,
sans attendre la fin du premier tour. Et il
espère que cette « injustice » mettra ses
joueurs « en situation de se révolter ». En
football comme en politique, rien ne vaut
un bon vieux bouc émissaire pour appe-
ler à la mobilisation générale. a
B. C. (envoyé spécial à Hameln)
www
Sur lemonde.fr : Une édition spé-
ciale « Mondial 2006 »
Palmarès
Un titre de champion de France
(Monaco, 2000) ; quatre titres de
champion d’Allemagne (Bayern
Munich, 2001, 2003, 2005,
2006) ; une Ligue des champions
(Bayern Munich, 2001) ; deux Cou-
pes des confédérations (Bayern
Munich, 2001, 2003) ; une Coupe
Intercontinentale (Bayern
Munich, 2001) ; trois Coupes d’Al-
lemagne (Bayern Munich, 2003,
2005 et 2006).
Domenech
fustige
l’arbitrage
Claude Makelele (à gauche) et Lilian Thuramle 20juin, avec des supporteurs français. CHRISTOPHE ENA/AP
L’équipedeFrance
32
0123
Jeudi 22 juin 2006
C
e fut peut-être le plus rapide
remplacement de l’histoire de
la Coupe du monde. A la
3
e
minute d’Angleterre-Suè-
de, mardi 20 juin à Cologne,
Michael Owen, blessé pen-
dant quatre mois avant la compétition,
est pris de douleur après une violente tor-
sion du genou. L’attaquant de Newcastle
s’écroule sur la pelouse, rampe laborieu-
sement sur le flanc jusqu’à la ligne de tou-
che. Une civière le transporte. Le sélec-
tionneur suédois de l’Angleterre, Sven-
Goran Eriksson, doit revoir ses plans.
La grande perche qui le remplace aussi-
tôt est l’avant-centre de Liverpool, Peter
Crouch (1,98 m). Bien qu’il ait inscrit cinq
jours auparavant le premier but anglais
contre Trinité-et-Tobago (2-0) en tirant
vicieusement surles dreadlocksd’undéfen-
seur, il aessuyédepuis descritiques àpeine
voilées. Non pour sa valeureuse prestation
maispourles défautsdesataille. Owenesti-
mait ainsi que ce gratte-ciel planté devant
les buts adverses avait naturellement
réveillé le détestable penchant des Anglais
pour le « kick and rush », ces longs ballons
expédiés devant, au petit bonheur la chan-
ce. L’accusé s’est défendu en expliquant
que le jeu aérien n’était pas son point fort.
Ona pule constater à la 24
e
minute quand,
d’une tête mollassonne, il a raté une occa-
sion en or. Les Anglais n’ont pu éviter un
match nul (2-2) qui prolonge le syndrome
suédois. Depuis le 22mai 1968àWembley,
ils n’ont pas battu les Scandinaves. Le
Royaume est tout de même heureux d’évi-
terl’Allemagneen8
es
definale. Il seraoppo-
sé à l’Equateur, le 25 juin, à Stuttgart.
A Cologne, des banderoles avaient été
déployées à la gloire de Wayne Rooney. A
20 ans, le prodige est plus médiatique et
adulé que David Beckham. Owen n’avait
pas caché sajoied’être enfinassociéaugar-
nement de Manchester United. « Ce n’est
pas pareil si vous avez Peter [Crouch] ouRoo-
ney sur le terrain, a expliqué pour sa part le
sélectionneur. Le monde du football le sait.
(…) Rooney est fantastique, parfait partout
quand il est à 100 %. » Crouch, pour lequel
Erikssonavait réservé une place sur le banc
enraisond’uncartonjaune, a dûapprécier.
Avec le forfait d’Owen, Eriksson a dû
finalement réunir Rooney et Crouch. Tout
les oppose. Le visage dupremier est la syn-
thèse entre un nourrisson et un boxeur.
Celui dusecondest sec et anguleux. Wayne
est un caractériel doublé d’un bulldozer.
Peter, une asperge filandreuse qui semble
à l’étroit dans soncorps.
Dans un premier temps, Crouch n’a pas
su trop où se placer. Alors il a joué comme
un faux attaquant, en retrait, laissant Roo-
neyfairegronder les tribunesavecsesaccé-
lérations et ses missiles. Il y a sept semai-
nes, lephénomèneétait opéréd’unefractu-
re du métatarse. Aujourd’hui, il pète mira-
culeusement la forme.
A la 68
e
minute, Eriksson a voulu pré-
server son génie en le remplaçant par
Steven Gerrard. On vit alors Rooney
gagner le banc en frappant une barre
métallique avant de jeter rageusement
ses chaussures. Crouch a fini le match
seul devant. « Je profite de chaque minute
que je passe dans cette équipe », a affirmé
ce garçon modeste. A tel point qu’il refu-
se d’exploiter sa marque de fabrique,
malgré sa popularité : la danse du robot,
une déambulation mécanique qu’il a
inaugurée en marquant dans des mat-
ches amicaux. Il a toutefois annoncé
qu’il l’exécuterait si l’Angleterre gagne
la Coupe du monde.
En cas de nouveau malheur offensif,
l’Angleterre peut compter sur unquatriè-
me larron, le juvénile Theo Walcott. Il a
17 ans, joue à Arsenal, où Arsène Wen-
ger ne l’a jamais titularisé. Ou se reposer
sur ses milieux puisqu’eux seuls ont mar-
qué (Joe Cole, 34
e
, Steven Gerrard, 85
e
)
contre la Suède. a
BrunoLesprit
(envoyé spécial à Cologne)
L
’équipe américaine affronte
le Ghana, jeudi 22 juin, dans
un match couperet, avec le
double espoir de gagner et
de voir l’Italie battre la Républi-
que tchèque dans le même temps.
Autant dire que, pour eux, la por-
te de la qualification pour les hui-
tièmes de finale est bien étroite.
En 2002, les Etats-Unis avaient
atteint les quarts de finale pour la
premièrefois depuis 1930, perdant
1 à0contreles futurs finalistes alle-
mands. Pourtant, le New York
Times se demande non sans raison
qui, entre les Etats-Unis et le Gha-
na, est vraiment l’outsider… C’est
dire si les Etats-Unis, malgré d’in-
contestables progrès, ont conscien-
cedenepas êtreune grandenation
de football, ce qu’ils ont démontré
aprèsunpremier matchraté(défai-
te contre le République tchèque,
0-3), malgré un bon nul (1-1) arra-
ché à l’Italie dans une partie épi-
que, où ils ont fini à 9 contre 10.
Avant le Mondial, les médias
américains avaient fait des efforts
inattendus, multipliant les numé-
ros spéciaux, les explications tech-
niques, les commentaires sur la
beautédujeu, ses subtilités, s’inter-
rogeant sur le particularisme amé-
ricain qui ne fait pas du « soccer »
un sport majeur et isole le pays du
reste du monde.
Pour la première fois, le New
York Times a consacré un supplé-
ment à la Coupe du
monde. Le National
Geographic dédie sa
« une » à la passion
planétaire pour le bal-
lon rond. Même la
revue mensuelle de
l’associationaméricai-
ne des retraités, (plus
de35millions demem-
bres), contient un
vade-mecum footbal-
listique.
L’irruption du soccer a
d’ailleurs fini par irriter certains
chroniqueurscommeWilliamMat-
tox, de USA Today, qui ne voit pas
pourquoi, sous prétexte que le
monde entier adore ce sport, les
Américains doivent regarder et
apprécier des rencontres qu’ils
trouvent la plupart du temps
« ennuyeuses ».
Lanotoriétédusoccer auxEtats-
Unis s’apparente en dehors des
périodes de Coupe dumonde à cel-
le du handball en France – avant
les exploits des « barjots ». Un
sport pour écoliers, et plus encore
pour écolières, sans aucunecompa-
raison possible avec les grandes
machines économiques, publicitai-
res et médiatiques quesont lebase-
ball, le football amé-
ricain, le basket-ball
et même le hockey
sur glace. Les filles y
ont trouvé le grand
sport collectif qu’el-
les cherchaient, avec
l’énorme avantage
d’être différent de
ceux pratiqués par
les garçons.
Avec un grand
réservoir de joueu-
ses et l’esprit de compétition typi-
quement américain, l’équipenatio-
nale féminine cumule les succès.
Le championnat féminin a autant
d’audience que celui des hommes.
Il faut dire que ce dernier survit à
peinedecriseencrise. Ce sport aux
Etats-Unis reste, quandil est prati-
quépar les hommes, presqueexclu-
sivement une affaire de minorités.
Les vrais amateurs ont des
ancêtres italiens, irlandais ou
sont des immigrants de première
ou deuxième génération venus
d’Amérique latine. Ils n’ont pas
un attachement particulier pour
l’équipe nationale. Le paradoxe,
c’est qu’il s’agit aussi dusport pré-
féré de l’élite. Les parents des clas-
ses aisées préfèrent voir leurs
enfants pratiquer ce sport « civili-
sé » plutôt que le football améri-
cain et le hockey, plus violents.
Il exerce aussi un attrait indé-
niable sur les intellectuels –« s’in-
téresser ausoccer montre une ouver-
ture sur le monde », souligne Matt
Weiland, coauteur d’un guide de
la Coupe du monde. « Les amou-
reux du soccer rejettent aussi le
modèle des sports américains uni-
quement calibrés pour permettre à
latélévisionde diffuser de lapublici-
té », ajoute-t-il. Et le New York
Times de se lamenter de la faibles-
se du soccer aux Etats-Unis,
« marginalisé à cause du football,
du base-ball et du basket-ball –
nous sommes trop puissants et en
trop bonne santé pour être des
seconds couteaux ». a
Eric Leser
(NewYork, correspondant)
Les Etats-Unis restent coupés du monde
Malgré les progrès de leur équipe nationale, les Américains boudent toujours le soccer
Duo atypique,
mais so British
Tout oppose le géant Peter Crouch et le teigneux
Wayne Rooney, les deux attaquants anglais
L
e Brésil gagne. Le Brésil ne
convainc pas. Cette petite
musique aussi désagréable
qu’une fausse note aux
oreilles des artistes de la Seleçao
tourne à la ritournelle, à la veille
du dernier match du premier
tour, face aux Japonais, jeudi
22 juin, qui ne compte pour rien
puisque les champions du monde
sortants sont déjà qualifiés.
Ceux-ci se voient reprocher un
manque de brio indigne de leur
talent, qui ne devrait leur autori-
ser que des scores étourdissants
et une débauche de gestes mémo-
rables. Demande-t-on trop à cette
armada de vedettes ? C’est l’avis
de Juninho, le milieu lyonnais :
« On croit toujours que le Brésil va
gagner en jouant du grand football
et inscrire beaucoup de buts.
Quand on se met à exagérer, on crée
une grosse attente. (…) Nous allons
souffrir pour gagner. »
Pour faire taire les critiques,
les joueurs et leur entraîneur, Car-
los Alberto Parreira, ont inventé
une formule magique qui tient en
trois mots : « monter en puissan-
ce ». Si l’équipe n’a pas encore
atteint les sommets, c’est donc
qu’elle réserve le meilleur pour la
fin. « Il y a des choses à améliorer,
c’est vrai, expliquait Ronaldinho
après le match contre la Croatie
(1-0). Mais c’est prévu. On va mon-
ter en puissance pour pouvoir
répondre quand il y aura des
moments plus difficiles. »
Avec ces mots, le plus doué des
virtuoses brésiliens ne faisait que
reproduire les propos de Parrei-
ra : « Nous ne commençons pas à
100 %, mais ce n’est pas ce que je
voulais. Je veux que l’équipe monte
en puissance pendant la compéti-
tion. » Confirmation du même
après la victoire contre l’Australie
(2-0) : « Nous montons enpuissan-
ce progressivement. »
Art de l’esquive
Pour aboutir à ce résultat, la
Seleçao a insisté sur la récupéra-
tion dans un premier temps. Les
préparateurs physiques sont eux
aussi « montés en puissance ». Il
n’est pas unentraînement sans sa
série d’exercices de courses, de
vivacité, et d’explosivité. Il y eut
même quelques cours particu-
liers pour Ronaldo. Parreira pro-
met d’ailleurs que son avant-cen-
tre va lui aussi « monter en puis-
sance » et redevenir le buteur
impitoyable d’il y a quatre ans.
En dépit de leur art consommé
de l’esquive, les Brésiliens ne refu-
sent pas l’autocritique. Kaka s’y
est livré : « Il faut que nous soyons
plus rapides et plus actifs. Cela vaut
aussi pour moi. Il faut améliorer
notre marquage et nos déplace-
ments, nous laissons trop d’espaces
à nos adversaires. » Son compère
Ronaldinho évoque une adapta-
tionnécessaire à sonrôle différent
de celui qu’il tient au FC Barcelo-
ne. « Ici, je joue milieu de terrain,
pas attaquant. Je dois m’appliquer
à donner plus de rythme à l’équi-
pe. » Mais, au fond, le statut d’ar-
tistes obligés peut agacer. Et beau-
coup partageraient le cri du cœur
de Juninho : « L’important, c’est
d’être la meilleure équipe le 9 juillet
[date de la finale à Berlin]. Si d’ici
là nous gagnons chaque match 1-0,
ce serait très bien. » a
Pascal Ceaux (envoyé spécial
à Bergisch-Gladbach)
Expressiontaillée dans la langue de bois d’après-matchexprimant la
satisfactiond’avoir obtenuunrésultat favorable auquel onne
s’attendait pas vraiment. « Onnous aurait dit qu’onferait matchnul ce
soir, on aurait signé des deux mains. » Soupçonnépar les médisants
de ne savoir « penser qu’avec les pieds », le footballeur professionnel
n’est donc pas manchot avec un stylo. Il est vrai que certaines stars du
ballonont appris à devenir ambidextres afin de gagner dutemps dans
les séances d’autographes…Bousculés dans leurs certitudes depuis
le début de ce Mondial 2006, les Bleus signeraient aujourd’hui « des
deux mains » pour une qualificationpour les huitièmes de finale. Celle-
ci passe par une victoireavec deux buts d’écart face au Togo, vendre-
di à Cologne. a
Frédéric Potet
DICOFOOT
Signer des deux mains
Pour la
première fois,
le « New York
Times »
a consacré
un supplément
à la Coupe
du monde
Quand le Brésil « monte en puissance »…
Groupe B
Suède - Angleterre : 2-2
Mardi 20 juin
Peter Crouch (1,98 m) a remplacé Michael Owen à la 3
e
minute de Suède-Angleterre, mardi 20juin. MATT DUNHAM/AP
Lepremiertour
Groupe E
Ghana - Etats-Unis
Jeudi 22 juin, 16 heures
0123
Jeudi 22 juin 2006 33
Foot-business
J.-P. Boucheron
L
e verdict est tombé lundi
19 juin dans la matinée. Plus
de 18 millions de téléspecta-
teurs avaient les yeux rivés
sur leur écran la veille pour suivre
le deuxième match des Bleus en
Coupe du monde de football
contrelaCorée duSud(1-1). Citant
les chiffres de Médiamétrie, TF1
précise, dans un communiqué de
victoire, qu’il s’agit de sa meilleure
audience de l’année 2006 et de sa
sixième meilleure audience depuis
quel’outil demesureexiste. Aquel-
ques minutes de la fin de
larencontre, l’audience a
dépassélecapdes20mil-
lions de téléspectateurs.
Depuis le coup d’en-
voi de la Coupe du mon-
de, le 9 juin, les records
d’audience ne cessent
de tomber. Déjà, mardi
13juin, lors de lapremiè-
re confrontation des
Bleus, face à la Suisse
(0-0), TF1 avait réuni
14,7 millions de téléspectateurs.
Un chiffre jamais encore atteint à
cette heure de diffusion, entre 18
et 20 heures.
La chaîne du groupe Bouygues
n’est pas seule à se déclarer satis-
faite des audiences entraînées par
le Mondial. M6, même si elle ne
possède pas les mêmes affiches,
assure avoir réalisé sa meilleure
audience de l’année, avec 6,3 mil-
lions de téléspectateurs lors de
Brésil-Croatie (1-0), le 13 juin.
Deux jours plus tard, le match
Angleterre - Trinité-et-Tobago,
retransmis à partir de 18 heures,
lui assurait, avec 4,1 millions de
téléspectateurs, un record
d’audience dans cette tranche
horaire. Même chose avec Argen-
tine - Serbie-et-Monténégro, dif-
fusé à partir de 15 heures.
Cette fièvre des supporteurs sur
canapé n’est pas limitée aux fron-
tières de l’Hexagone. En Allema-
gne, 23 millions de téléspectateurs
ont suivi la victoire de la Manns-
chaft face à la Pologne (1-0), le
14 juin, une audience supérieure à
celle du match d’ouver-
ture, Allemagne-Costa
Rica (4-2). En Italie, le
duel de la Squadra
azzurra contre le Ghana
a attiré le 12 juinplus de
19 millions de téléspec-
tateurs.
Même dans les pays
oùlatraditionfootballis-
tiqueest quasi inexistan-
te, comme aux Etats-
Unis, les indicateurs
sont à la hausse. Selon l’institut
Nielsen, le nombre de téléspecta-
teurs qui ont regardé les premiers
matches du Mondial sur la chaîne
sportive ESPN2 a doublé depuis
2002. Mais, avec 1,2 million de
foyers concernés, le taux d’audien-
ce (1,4 %) reste très faible.
Pour l’instant, en Europe, les
chiffres sont largement supé-
rieurs à ceux de 2002. Il est vrai
qu’alors la compétition se dérou-
lait en Corée du Sud et au Japon,
avec un décalage horaire impor-
tant.
Reste à savoir comment vont
évoluer les courbes à partir des 8
es
de finale en fonction des perfor-
mances des équipes nationales.
TF1 surveille de près le parcours
des Bleus. Le prix des spots publi-
citaires sur cette chaîne est dépen-
dant de leur parcours. Si la Fran-
ce se hisse en finale, le spot de
trente secondes diffusé avant le
match ou à la mi-temps fixerait
un nouveau record, à 250 000
euros, soit plus que le 1,5 million
de francs demandés lors de la fina-
le du Mondial 1998.
Mais la chaîne du groupe Bou-
ygues, prévoyante, a jugé bon
d’augmenter plus encore les prix
lors des matches du premier tour,
là où la présence de la France et
l’audience étaient assurées. Il
n’empêche. Malgré ces tarifs très
élevés, la diffusion des matches
de la Coupe du monde reste une
opération à perte pour les chaînes
de télévision.
Selon l’agence de conseil en
média ZenithOptimedia, TF1
devrait engranger 50 à 60 mil-
lions d’euros de recettes publici-
taires selon le parcours de l’équi-
pe de France, et M6de 14à 18mil-
lions d’euros. Acomparer avec les
100 millions d’euros déboursés
par TF1 et les 27 millions d’euros
versés par M6 pour acquérir les
droits de diffusion. L’opération
est d’abord une question d’image
et d’audience. D’où l’intérêt
d’égrener jour après jour les vic-
toires d’audience… a
Laurence Girard
L
e futur des sélections natio-
nales s’inscrirait-il en poin-
tillés ? Possible. Le sacro-
saint principe de « mise à
disposition » obligatoire et gratui-
te des joueurs pour le compte de
leurs équipes nationales est en
effet suspendu à un avis que doit
rendre la Cour de justice euro-
péenne fin 2007 dans le cadre de
l’affaire opposant le club de Char-
leroi à la Fédération internationa-
le (FIFA). Soutenu par le G14
(lobby des clubs européens les
plus huppés), le petit club belge
réclame des dommages et inté-
rêts, après l’indisponibilité de
son joueur Abdelmajid Oulmers
consécutive à une blessure surve-
nue lors d’un match avec le
Maroc.
Au-delà du problème juridique
soulevé par les clubs, qui contes-
tent la conformité des règles édic-
tées par la FIFA avec le droit com-
munautaire de la concurrence, se
trouve un incontournable postu-
lat : clubs et sélections nationales
font appel à une même main-
d’œuvre. Ace jour, deux intérêts
s’affrontent. D’une part, celui des
clubs, dont la logique s’apparente
désormais à celle d’une entrepri-
se de spectacle soucieuse de la dis-
ponibilité de ses salariés pour son
propre compte. D’autre part,
celui de la FIFA, dont le Mondial
constitue une vitrine sans égale et
une source croissante de revenus.
Le divorce entre les clubs les
plus riches et l’organisationmère
dufootball n’a jamais été aussi pro-
che. Pourtant, les deux parties
auraient tout à gagner à unaccord
fondé sur une analyse objective.
Les clubs profitent de l’exposition
exceptionnelle de leurs joueurs en
sélection. Le Mondial attire fans,
partenaires et médias par l’excep-
tionnelle concentrationde talents
qu’il propose, grâce autravail effec-
tué principalement, au quotidien,
dans les clubs.
Si les uns et les autres n’accep-
tent pas, pour le biendu jeuet des
enjeux, une gouvernance rationali-
sée et des concessions récipro-
ques, le spectre d’unreflux de l’in-
térêt du public pourrait apparaî-
tre. Le football est tout juste âgé
d’une centaine d’années, et il peut
très bienvoir reculer l’énorme pas-
sionqu’il suscite. D’autres sports
concurrents pourraient très bien
entirer profit. a
Chronique réalisée par le Centre
de droit et d’économie du sport
de Limoges (www.cdes.fr)
Des signes de tension entre supporteurs ont été
enregistrés, mardi 20 juin à Cologne, en marge
du match entre l’Angleterre et la Suède (2-2). De
brèves échauffourées ont opposé des hooligans
allemands à des fans anglais à l’issue de la ren-
contre. Aucun incident n’a toutefois été relevé à
l’exception d’une bagarre ayant éclaté dans une
brasserie de la ville. La police a arrêté 45 suppor-
teurs allemands, qu’elle a identifiés comme des
fauteurs de troubles connus. Ils ne devaient être
relâchés que le lendemain afin d’éviter tout ris-
que de nouvelle confrontation avec des fans
anglais. La police a également interpellé cinq Bri-
tanniques en état d’ébriété aux abords du stade.
Treize autres supporteurs anglais, auteurs de
provocations, avaient été arrêtés le matin
même. Quelque 35 000 fans britanniques ont
assisté au match depuis les tribunes du Rhein-
Energie Stadion de Cologne et probablement
autant, privés de billets, l’ont suivi devant des
écrans géants. (Photo : Peter Dejong/AP)
Audiences en hausse dans le monde
Partout, les télévisions enregistrent des taux d’écoute records
Les sélections
en danger ?
Buts
Allemagne : Klose (4
e
, 44
e
),
Podolski (57
e
)
Avertissements : Avertissements :
Equateur (sélectionneur : Suarez)
Mora • De la Cruz ; Guagua ; Espinoza ;
Ambrosi • Mendez ; M. Ayovi (cap)
(Urrutia, 68
e
) ; Valencia (Lara, 63
e
) ;
E. Tenorio • Borja (Benitez, 46
e
) ; Kaviedes
Allemagne (sélec. : Klinsmann)
Lehmann • A. Friedrich ; Mertesacker ; Huth ;
Lahm• Schneider(Asamoah, 73
e
) ;
Frings (Borowski, 67
e
) ; Ballack (cap) ;
Schweinsteiger • Klose (Neuville, 67
e
) ;
Podolski
Costa Rica (sélec. : Guimaraes)
Porras • Drummond (Wallace 70
e
) ; Umana ;
Marin (cap) ; Badilla ; Gonzalez • Bolanos
(Saborio 78
e
) ; Solis ; Centeno ; R. Gomez
(Hernandez 82) • Wanchope
Pologne (sélectionneur : Janas)
Boruc • Baszczynski ; J. Bak (cap) ;
Bosacki ; Mi. Zewlakow •
Smolarek (Rasiak, 85
e
) ; Radomski
(Lewandowski, 64
e
) ; Szymkowiak ;
Krzynowek • Jelen ; Zurawski (Brozek, 46
e
)
Allemagne-Equateur 3-0
Buts
Suède (sélec. : Lagerbäck)
Isaksson • Alexandersson ; Mellberg (cap) ;
Lucic ; Edman • Linderoth (D. Andersson,
90
e
+1) • Jonson (Wilhelmsson, 54
e
) ;
Källstrijm; Ljungberg •
Allbäck (Elmander, 75
e
) ; Larsson
Angleterre (sélec. : Eriksson)
P. Robinson • Carragher ; R. Ferdinand
(S. Campbell, 56
e
) ; Terry, Ash. Cole • Beckham
(cap) ; Lampard ; Hargreaves ; J. Cole • Owen
(Crouch, 4
e
) ; Rooney (S. Gerrard, 69
e
)
Pologne-Costa Rica 2-1
Paraguay-Trinité-et-T. 2-0 Suède-Angleterre 2- 2
Groupe A, le 20 juin à 16 heures
Berlin • 72 000 spectateurs
Arbitre : V. Ivanov (Rus)
Groupe A, le 20 juin à 16 heures
Berlin • 43 000 spectateurs
Arbitre : S. Maidin (Sin)
Groupe B, le 20 juin à 21 heures
Cologne • 45 000 spectateurs
Arbitre : M. Busacca (Sui)
Equateur : Valencia (52
e
)
Allemagne : Borowski (75
e
)
Buts
Suède : Allbäck (51
e
), Larsson (90
e
)
Angleterre : J. Cole (34
e
), S. Gerrard (85
e
)
Avertissements :
Suède : Alexandersson (83
e
),
Ljungberg (87
e
)
Angleterre : Hargreaves (76
e
)
Paraguay (sélec. : Ruiz)
Bobadilla • Caniza (P. Da Silva, 88
e
), Caceres
(Manzur, 77
e
), Gamarra (cap) ; Nunez •
Barreto ; R. Acuna ; Paredes ; Dos Santos •
Santa Cruz ; Nelson Valdez (Cuevas, 66
e
)
Trinité-et-T. (sélec. : Beenhakker)
Jack • Edwards ; Sancho ; Lawrence ;
A. John (Jones, 31) • Birchall ; Yorke (cap) ;
Whitley (Latapy, 67) ; Theobald •
Glen (Wise, 41) ; S. John
Groupe B, le 20 juin à 21 heures
Kaiserslautern • 46 000 spectateurs
Arbitre : R. Rosetti (Ita)
Buts
Paraguay : Sancho (25
e
c.s.c.),
Cuevas (86
e
)
Paraguay : Paredes (30
e
), Dos Santos (55
e
)
Trinité-et-Tobago : Sancho (45
e
),
Whitley (49
e
)
Avertissements :
Costa Rica : R. Gomez (25
e
)
Pologne : Bosacki (33
e
, 66
e
)
Costa Rica : Umana (17
e
), Marin (45
e
+2),
R. Gomez (45
e
+3), Badilla (56
e
), Gonzalez (76
e
)
Pologne : Radomski (18
e
), J. Bak (23
e
),
Mi. Zewlakow (29
e
), Baszczynski (60
e
),
Boruc (90
e
+1)
Tensions et
échauffourées
A lire dans Le Monde
à vivre sur France Info…
Du dimanche au vendredi
à 17h55 sur France Info
Le regard de la rédaction
du Monde
Tous les samedis
dans Le Monde
La chronique de Richard Place
envoyé spécial de France Info
en Allemagne
La diffusion
des matches
de la Coupe
du monde
reste une
opération
à perte pour
les chaînes
RÉSULTATS ET CLASSEMENTS
Allemagne-Costa Rica
Pologne-Equateur
Allemagne-Pologne
Equateur-Costa Rica
Equateur-Allemagne
Costa Rica-Pologne
9
9
14
15
20
20
1
2
3
4
9 pts (+ 6)
6 pts (+2)
3 pts (–2)
0 pt (– 6)
6 pts (+ 6)
3 pts (0)
1 pt (– 2)
1 pt (– 4)
1
2
2
4
4-2
0-2
1-0
3-0
3-0
1-2
Angleterre-Paraguay
Trinité-et-T.-Suède
Angleterre-Trinité-et-T.
Suède-Paraguay
Suède-Angleterre
Paraguay-Trinité-et-T.
10
10
15
15
20
20
1-0
0-0
2-0
1-0
2-2
2-0
Argentine-Côte d’Ivoire
Serbie-et-M.-Pays-Bas
Argentine-Serbie-et-M.
Pays-Bas-Côte d’Ivoire
Pays-Bas-Argentine
Côte d’Ivoire-Serbie-et-M.
10
11
16
16
21
21
2-1
0-1
6-0
2-1
Mexique-Iran
Angola-Portugal
Mexique-Angola
Portugal-Iran
Portugal-Mexique
Iran-Angola
11
11
16
17
21
21
3-1
0-1
0-0
2-0
Italie-Ghana
Etats-Unis-Rép. tchèque
Italie-Etats-Unis
Rép. tchèque-Ghana
Rép. tchèque-Italie
Ghana-Etats-Unis
12
12
17
17
22
22
2-0
0-3
1-1
0-2
Australie-Japon
Brésil-Croatie
Brésil-Australie
Japon-Croatie
Japon-Brésil
Croatie-Australie
12
13
18
18
22
22
3-1
1-0
2-0
0-0
France-Suisse
Corée du Sud-Togo
France-Corée du Sud
Togo-Suisse
Togo-France
Suisse-Corée du Sud
13
13
18
19
23
23
0-0
2-1
1-1
0-2
Espagne-Ukraine
Tunisie-Arabie s.
Espagne-Tunisie
Arabie s.-Ukraine
Arabie s.-Espagne
Ukraine-Tunisie
14
14
19
19
23
23
4-0
2-2
3-1
0-4
Groupe A Groupe B Groupe C Groupe D Groupe E Groupe F Groupe G Groupe H
Allemagne
Equateur
Pologne
Costa Rica
Espagne
Ukraine
Tunisie
Arabie s.
7 pts (+ 3)
5 pts (+1)
3 pts (0)
1 pt (– 4)
6 pts (+ 7)
6 pts (+ 2)
0 pt (– 2)
0 pt (– 7)
6 pts (+ 4)
4 pts (+ 1)
1 pt (– 1)
0 pt (– 4)
1
2
2
4
1
2
3
4
1
2
3
4
Portugal
Mexique
Angola
Iran
Angleterre
Suède
Paraguay
Trinité-et-T.
Argentine
Pays-Bas
Côte d’Ivoire
Serbie et M.
4 pts (+ 2)
3 pts (+ 1)
3 pts (0)
1 pt (– 3)
6 pts (+ 3)
3 pts (+ 2)
1 pt (– 1)
1 pt (– 2)
1
2
3
4
1
2
3
4
Italie
Rép. tchèque
Ghana
Etats-Unis
Brésil
Australie
Croatie
Japon
4 pts (+ 2)
4 pts (+ 1)
2 pt (0)
0 pt (– 3)
1
2
2
4
Suisse
Corée du Sud
France
Togo
En gras : les équipes qualifiées
En italique : les équipes éliminées
34
0123
Jeudi 22 juin 2006
DISPARITIONS
RenéRenou
ThiounnThioeunn
Promoteur
d’une réforme des
appellations d’origine
contrôlée (AOC)
Il fut une
des « cautions
bourgeoises » du
régime khmer rouge
PRÉSIDENT du comité national
des vins et eaux-de-vie de l’INAO
(Institut national des appella-
tions d’origine), René Renou est
mort à lundi 19 juin à Séoul
(Corée du Sud), au cours d’une
mission avec la Sopexa (Société
pour la promotion des exporta-
tions agricoles et agroalimen-
taires françaises). Il était âgé de
54 ans.
Viticulteur, René Renou s’était
engagé en 1986 au sein de
l’INAO. Nommé à la présidence
du comité national des vins en
2000, il venait d’être reconduit
dans ses fonctions en mars.
Avec bonhomie et conviction,
René Renou avait engagé le mon-
de vitivinicole dans un débat en
profondeur.
Il ne cachait pas les difficultés
qui allaient se poser devant ce qui
n’était, à ses yeux, que le début
d’une crise liée à la surproduction
mondiale, en même temps qu’à
l’évolutiondes modes de consom-
mation : « Il faut désormais avoir
le courage de répondre, disait-il,
aux deux concepts du vin qui ont
cours : l’anglo-saxon et le fran-
çais. »
Sa proposition de réforme s’ar-
ticulait autour de trois grands
principes : le choix entre appella-
tion d’origine contrôlée d’exc-
ellence (AOCE) et simple AOC, la
réécriture de tous les décrets des
différentes appellations, et la créa-
tion d’un dispositif rigoureux de
contrôle de la qualité. La mesure
la plus nouvelle était la création
de l’AOCE, réservée « aux vins de
luxe ou de rêve » pour laquelle
l’engagement de 75 %des viticul-
teurs de l’appellationserait néces-
saire. Autant dire une révolution
dans le monde viticole. Ses propo-
sitions ont en grande partie ali-
menté le débat engagé par les pou-
voirs publics depuis 2003.
Viticulteur à Thouarcé (Maine-
et-Loire), René Renou produisait
unbonnezeaux, petite appellation
de 130hectares, qui doit sa réputa-
tion « d’inimitable vin de dessert »
au terroir unique qui occupe trois
collines de schistes – la Monta-
gne, Beauregard et Fesles –
au-dessus de Thouarcé et à son
cépage unique, le chenin blanc,
aurendement strictement limité à
20hectolitres àl’hectare, et bénéfi-
ciant d’une surmaturationdes rai-
sins sur la souche sous l’action de
la « pourriture noble ». a
Jean-Claude Ribaut
A
ncien ministre de la
santé du régime khmer
rouge au Cambodge,
Thiounn Thioeunn est
mort à l’âge de 86 ans,
vendredi 16 juin. Une cérémonie
bouddhiste présidée par un moi-
ne de haut rang a eu lieu lundi
19 juin à Phnom Penh lors de sa
crémation.
Thiounn Thioeunn était l’aîné
de quatre frères célèbres, issus
d’une famille de l’aristocratie
khmère, qui s’étaient rangés du
côté de Pol Pot après des études
en France où s’est formée à la
politique, dans les années 1950,
sous l’influence du Parti commu-
niste français, la petite future oli-
garchie du régime qui deviendra
connu sous le sobriquet de
« Khmers rouges » inventé par
le prince Norodom Sihanouk.
Ancien camarade d’études de
Sihanouk au lycée Chasseloup-
Laubat de Saïgon, Thiounn
Thioeunn a suivi une formation
en cardiologie et chirurgie à
Paris avant de rentrer au Cam-
bodge et, en 1971, avec son épou-
se Mala, d’accomplir un geste
politiquement fracassant : quit-
tant PhnomPenh, il se rend dans
la « Zone spéciale » insurgée de
l’ouest du pays d’où les combat-
tants de Pol Pot guerroyaient
contre « l’impérialisme et ses
laquais », d’abord Sihanouk,
puis le maréchal Lon Nol. Dès
lors, Thiounn Thioeunn devient
un hôte privilégié de Pol Pot,
alias « Frère numéro un ».
Une fois Phnom Penh tombée
aux mains des Khmers rouges en
1975, il va devenir ministre de la
santé publique. A ce titre, il
supervise non seulement les
hôpitaux chargés de soigner la
nomenklatura d’un pays ren-
voyé à l’agriculture de base,
mais aussi la formation de jeu-
nes Khmers rentrés au pays et
dirigés vers une « voie médica-
le » dépourvue de tous moyens.
En1976, lors d’une des rares visi-
tes de diplomates étrangers
venus de Pékin pour un premier
contact avec cet étrange « Kam-
puchéa démocratique » isolé du
monde, le prince Sihanouk, qui
sert encore pour quelques mois
de chef d’Etat nominal avant de
jeter l’éponge, leur présente
Thiounn Thioeunn comme un
des « intellectuels » sur lesquels
le pays peut s’appuyer alors
même qu’il n’y a plus de mon-
naie et que la capitale a été vidée
de pratiquement tous ses habi-
tants – patients des hôpitaux
compris.
Fidèle à Pol Pot
Thiounn Thioeunn n’a pas été
personnellement impliqué dans
les politiques qui ont conduit, de
1975 à 1979, à la mort de près
d’un tiers de la population cam-
bodgienne dans les « killing
fields » de Pol Pot. Il en a été,
comme ses frères, la « caution
bourgeoise » à vernis patrioti-
que.
Le plus connu des quatre est
Thiounn Prasith, qui représenta
le Cambodge « polpotiste » aux
Nations unies avec la caution
des grandes puissances de 1978
à 1992, et qui vivrait toujours à
New York. Thiounn Mumm, un
autre frère, sorti de Polytechni-
que, eut un temps la haute main
sur les finances de la résistance
antiaméricaine en exil à Pékin,
puis conserva des fonctions sous
le régime khmer rouge.
Mais à la différence du reste
de la famille, Thiounn Thioeunn
resta fidèle à Pol Pot près de
vingt ans après que l’armée viet-
namienne eut évincé les Khmers
rouges en 1979.
Ce n’est qu’en 1998 que l’hôte
personnel de « Frère numéro
un » fit finalement défection des
poches d’insurrection encore
actives pour retourner à Phnom
Penh. Pol Pot venait de perdre le
dernier lambeau de son pouvoir
dans un règlement de comptes
entre factions du mouvement, et
y laissait sa vie. a
Francis Deron
Louis Darinot, ancien député
(PS) de la Manche, ancien maire
de Cherbourg, est mort vendredi
9 juin à son domicile de Cher-
bourg. Il était âgé de 81 ans.
Né le 16 mars 1925 à Segry
(Indre), pharmacien à Bayeux
puis à Cherbourg, Louis Darinot
a été député de la 5
e
circonscrip-
tion de la Manche de 1973 à 1988
et maire de Cherbourg de 1977 à
1980. A l’Assemblée nationale, il
a présidé la commission de la
défense nationale de 1981 à 1986.
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AU CARNET DU « MONDE »
Naissances
Jane GEITNER-BERÈS,
Platane et Odessa BERÈS,
ont le bonheur d'annoncer la naissance
de
Sienne BERÈS,
le 1
er
juin 2006, à 16 heures.
Laurence et Stéphane
GRANDGUILLAUME-LIENHARD
ont la joie d'annoncer la naissance de
Nina
le 16 juin 2006.
11, rue de Marignan,
75008 Paris.
Décès
M. Eugène Becker,
son époux,
M
lle
Alice Becker,
sa fille,
M. et M
me
Georges Labrosse,
M
me
Claudette Labrosse,
M. et M
me
Olivier Labrosse
et leurs enfants,
M. et M
me
Arnaud Labrosse,
et leur fille,
M
me
Emmanuelle Labrosse,
Son époux et leur fils,
M
me
Alice Debord,
M. et M
me
Antoine Bertucci,
M
me
Elise Bertucci,
M. Alexandre Sun,
ses frère et sœur, belles-sœurs et beaux-
frères,
leurs enfants, petits-enfants
Et toute sa famille,
ont la douleur de faire part du décès de
M
me
Marie-Louise BECKER,
née LABROSSE,
survenu le 19 juin 2006.
Cérémonie religieuse dans la plus
stricte intimité.
L' inhumation aura lieu vendredi
23 juin, dans le caveau familial, au
cimetière de Mâcon (Saône-et-Loire).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Chalon-sur-Saône. Varennes-le-Grand.
Saint-Loup-de-Varennes. Mellecey. Mâcon.
M. et M
me
Louis Biot
Ainsi que toute la famille
Et tous ses amis,
font part du décès de
L'Abbé Paul BIOT,
croix de guerre 1939-1945,
survenu dans sa quatre-vingt-neuvième
année.
Ses obsèques seront célébrées jeudi
22 juin 2006, à 10 h 30, en la cathédrale
Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône.
Le présent avis tient lieu de faire-part.
Nedjma Mériem Cadi, née Mostefaï,
son épouse,
Samir et Karine,
Amel et Mehdi,
ses enfants,
Sidonie Maya, Ali-Yacine, Iman,
ses petits-enfants,
Les familles Cadi, Mostefaï, Boureghda,
Raczka, parentes et alliées,
ont la douleur de faire part du décès de
Hassen CADI,
ingénieur en Aéronautique ,
survenu à Paris le 19 juin 2006, à l'âge de
soixante-dix ans.
La levée de corps aura lieu le jeudi
22 juin, à 14 h 30, à l'hôpital Necker. Les
obsèques auront lieu le même jour, à
15 h 30 au carré musulman du cimetière
parisien de Thiais.
Que Dieu le Tout Puissant
lui accorde Son infinie miséricorde,
et l'accueille dans Son éternel paradis.
9, rue Auguste Comte,
92170 Vanves.
Nous avons la tristesse de vous
apprendre le décès du
docteur Odette CHADENSON,
36 bis, chemin de Vassieux
(Caluire, Rhône),
survenu le 20 juin 2006 au matin.
De la part des familles Chadenson,
Raggueneau et Gojon.
Colette Provôt,
Roland et Monique Chetaille,
Alain et Sylvie Chetaille,
Noëlle et Jean-Pierre Mansoux,
Jean-Yves et Annie Chetaille,
Bruno et Sylvie Chetaille,
Leurs enfants et petits-enfants,
ont la tristesse de faire part du décès de
M. Joseph CHETAILLE,
survenu le 20 juin 2006, dans sa quatre-
vingt-dix-neuvième année.
La cérémonie religieuse sera célébrée
le samedi 24 juin, à 10 heures, en l'église
Sainte-Madeleine de Tarare.
Susie Deiller,
son épouse,
Catherine, Patrick, Elisabeth, Annie et
Jean-Hervé Deiller,
ses enfants,
Muriel Nathan, Dominique Vuillier
et Mary de Sousa,
ses belles-filles et son gendre,
Mikaël, Maëlle, Ewane, Anne-Cécile,
Anouk, Antonin, Vincent et Victor,
ses petits-enfants,
ont la tristesse d'annoncer le décès du
docteur Jean-René DEILLER,
survenu le 17 juin 2006, à Paris, à l'âge
de quatre-vingt-quatre ans.
La cérémonie religieuse aura lieu ce
jeudi 22 juin, à 15 heures, en l' église
Sainte-Bathilde, 49, avenue du Plessis, à
Châtenay-Malabry.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Anne et Graham Rook,
Isabelle Demarquay,
Bénédicte et Olivier van Ruymbeke,
ses enfants,
Christopher et Natarsha,
Gregory et Angela,
Astrid, Jean, Romain,
ses petits-enfants,
Ella, Emma, Millie,
ses arrière-petites-filles
Et toute la famille,
ont la tristesse de faire part du décès de
M
me
Odile DEMARQUAY,
née BONNAMAUX,
survenu le 18 juin 2006.
Le service religieux aura lieu le
vendredi 23 juin, à 10 heures, au temple
du Saint-Esprit, 5, rue Roquépine, Paris 8
e.
1, rue Bellanger,
92200 Neuilly-sur-Seine.
M
me
Françoise Godard,
son épouse
Et toute sa famille,
ont la tristesse de faire part du décès de
M. Serge GODARD,
survenu le 19 juin 2006.
La levée de corps aura lieu le lundi
26 juin, à 13 h 30, à l'amphithéâtre de
l'hôpital Saint-Joseph, Paris 14
e
.
La cérémonie religieuse sera célébrée
le même jour, à 16 heures, en l'église de
Vénizy (Yonne).
154, rue de Lourmel,
75015 Paris.
M. et M
me
Francis et Georgette Gouge,
ses enfants,
Barbara, Vanessa, Guillaume,
ses petits-enfants,
M
me
Christiane Jouvençon,
M
me
Hélène Flammant,
ses belles-sœurs,
Ses neveux et nièces
Ainsi que toute sa famille
Et ses amis,
ont la tristesse de faire part du décès de
M
me
Henriette GOUGE,
née VERGEAT,
survenu à Brunoy le 17 juin 2006, à l'âge
de quatre-vingt-seize ans.
La cérémonie religieuse sera célébrée le
mercredi 21 juin, à 15 heures, en l'église de
Saint-Joseph du Tremblay à Champigny-
sur-Marne, 40, rue du Docteur Charcot, où
l'on se réunira,
suivie de l'inhumation le même jour à
16 heures au cimetière de Champigny-sur-
Marne Centre Ancien, dans la sépulture de
famille.
79, rue Gabriel Péri,
94430 Chennevières-sur-Marne.
Marc et Christophe Jampolsky,
ses fils,
Marilou et Roman Jampolsky,
ses petits-enfants,
ont la grande tristesse d'annoncer le décès
de
Pierre JAMPOLSKY,
à l'âge de quatre-vingt-huit ans.
S'y associent :
Véronique Puvilland,
Régine Borderie,
ses belles-filles,
Les familles Clauser, Bazennerie,
Gaillard, d'Adler, Jouët, Maupas, Morawitz
et Homann-Herinberg.
Une cérémonie aura lieu le lundi 26 juin
2006, à 10 h 10, en la salle de la Coupole
du crématorium du Père-Lachaise, suivie de
l'inhumation au cimetière du Père-Lachaise,
à 11 h 15.
Serge Mauny,
son époux,
Catherine et Frédéric,
ses enfants,
Leurs conjoints
Et ses petits-enfants
Ainsi que toute sa famille
Et ses amis,
ont la douleur de faire part du décès de
Pierrette MAUNY,
née COUTANGT,
survenu le 19 juin 2006, dans sa soixante-
quinzième année.
Ses obsèques religieuses auront lieu le
vendredi 23 juin, à 10 h 30, en l'église de
Noyers-sur-Cher (Loir-et-Cher).
Merci aux équipes de l' hôpital
Ambroise Paré qui l'ont accompagnée
avec professionnalisme et dévouement.
53, rue Etienne Marey,
75020 Paris.
Aix-en-Provence.
Nicole MENCHERINI,
née HUON,
est morte dimanche 18 juin 2006.
Elle a lutté jusqu'au bout contre le
cancer, pour le bonheur, pour un monde
plus juste et plus humain.
Un dernier hommage lui sera rendu
mercredi 21 juin, à 16 h 15, au crématorium
des Milles, 2370, rue Claude-Nicolas
Ledoux, 13290 Les Milles.
Robert,
son mari.
« S'Il veut vivre pour toi,
Dieu même doit mourir,
Et tu voudrais sans mort hériter
de sa vie ? »
Angélus Silésius.
Jean-Marie, Pierre, Bernard, Marie-
Thérèse Patarin,
ses enfants,
ont la douleur de faire part du décès de
leur mère
Marie-Anne PATARIN,
survenu dans sa quatre-vingt-dix-
neuvième année, le 18 juin 2006.
Sa famille,
Ses petits-enfants,
Ses arrière-petits-enfants,
ses joignent à eux dans la peine qu'ils
traversent.
La cérémonie religieuse aura lieu dans
la plus stricte intimité familiale à Port-
en-Bessin le vendredi 23 juin, où elle
reposera auprès de son mari
Jean Camille PATARIN.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Jean-Marie et Françoise Patarin,
26, place du Commandant Martin,
18000 Bourges.
Pierre et Chantal Patarin,
Pennaros,
29800 Plouedern.
Bernard Patarin,
34, avenue Jean d'Estienne d'Orves,
94340 Joinville-le-Pont.
Marie-Thérèse Patarin,
34, avenue Jean d'Estienne d'Orves,
94340 Joinville-le-Pont.
M
me
Francine Tastavy,
son épouse,
Sophie et Laurent, Jérôme,
ses enfants,
Daphné,
sa petite-fille,
M. et M
me
Pierre Erard,
sa sœur et son beau-frère,
M
me
Françoise Maous,
sa belle-mère
Ainsi que toute la famille,
ont la tristesse de faire part du décès de
M. Michel TASTAVY,
survenu le 19 juin 2006, à Paris, à l'âge
de soixante-treize ans.
La cérémonie religieuse sera célébrée
le vendredi 23 juin, à 10 heures, en
l'église de Creissan (Hérault), suivie de
l'inhumation dans le caveau de famille.
Cet avis tient lieu de faire-part.
4, passage des Fours à Chaux,
75019 Paris.
Remerciements
M
me
Serge Rechter,
Sa famille,
très touchées de l' affection et de la
sympathie que vous leur avez témoignées
lors du rappel à Dieu de
M. Serge RECHTER
vous remercient profondément de vous
être associés à leur peine et à leurs prières.
Anniversaires de décès
Il y a onze ans, la vie quittait
Alain BONTZOLAKIS.
Sa mère demande à tous ceux qui l'ont
aimé de garder à jamais dans leur cœur le
souvenir de son sourire.
Aline Kiesel.
Le 22 juin 2003,
Marie-Claire COTHENET
nous quittait, le jour de
ses quarante-deux ans.
Que toutes celles et tous ceux qui l'ont
connue et aimée aient une pensée pour elle.
Souvenir
Le 22 juin 1991,
Augustin POSTEL-VINAY
perdait la vie à l'âge de vingt ans.
Ceux qui l'aiment.
Anniversaires
HO-DAC Cung
aurait eu cent ans aujourd'hui.
Madeleine, Bernard, Agnès.
Conférences
M. Denis Oswald, membre
du Comité international olympique
donnera une conférence
le lundi 26 juin 2006, à 9 heures,
à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne
(12, place du Panthéon, Paris 5
e
)
en salle 17 dans le cadre
du Diplôme de droit du sport,
dirigé par M
me
Sophie Dion.
Soutenances de mémoire
A l'EAC, L' Ecole de la médiation
culturelle et du marché de l'Art, Paris 9
e
,
13, rue de la Grange Batelière,
paris@groupeeac.com Diane Paloux
soutiendra « La valorisation du
patrimoine au service des territoires
urbains » vendredi 23 juin, à 9 h 30.
Le jury est composé de M. Duval -
directeur de « Territoires Publics » et M.
Debost, responsable de la médiation
Bureau du patrimoine.
CARNET
0123
Jeudi 22 juin 2006 35
8 3 1 7
4
9 2 8 6
1
5 8 2
9 2 8
6 1
3 9 7 5
1 4
R´ealis´e par Koalog (http://sudoku.koalog.com)
6 2 8 5 9 1 7 4 3
7 5 3 8 6 4 2 1 9
1 9 4 7 3 2 5 8 6
3 6 2 9 4 7 8 5 1
4 1 9 3 8 5 6 7 2
5 8 7 2 1 6 9 3 4
8 7 1 6 2 3 4 9 5
9 4 6 1 5 8 3 2 7
2 3 5 4 7 9 1 6 8
Tr`es facile
Compl´etez toute la
grille avec des chiffres
allant de 1 `a 9.
Chaque chiffre ne doit
ˆetre utilis´e qu’une
seule fois par ligne, par
colonne et par carr´e de
neuf cases.
SUDOKU Nº 193 Solution du n
o
192
ESCAMOTAGE
SCIENTIFIQUE
La donne suivante a été distri-
buée au cours d’un match entre
les Norvégiens et les Israéliens, et
le joueur norvégien a réussi son
chelem en escamotant une de ses
perdantes en se servant du jeu de
son adversaire. Après avoir caché
les mains d’Est-Ouest, prenez sa
place en Sud.
Ouest ayant entamé le 4de Trè-
fle, comment Sud a-t-il joué pour
gagner ce PETIT CHELEM À
CARREAUcontre toute défense ?
Réponse
Après la levée de la Dame de
Trèfle, le déclarant a fait l’impas-
se à Cœur. Même si elle échouait,
il pouvait espérer la réussite de
son contrat en ne perdant aucun
atout grâce à l’impasse à Carreau
(si Ouest détenait le Roi second
ou R 8 4).
L’impasse à Cœur ayant réussi,
il fallait, s’il y a un atout à perdre
(ce qui était le cas), éviter de don-
ner un Pique. Après la levée de la
Dame de Cœur, Sud joua le Valet
de Carreau, qui resta maître, puis
il continua Carreau pour le 10 et
l’As de Carreau. Ensuite, il élimi-
na les Cœurs et les Trèfles en réali-
sant le Roi de Trèfle, l’As de Cœur
et l’As de Trèfle, sur lequel il jeta
le Valet de Cœur.
Enfin il tira le Roi de Pique
(dans l’espoir que la Dame de
Pique tomberait) ou qu’Ouest
n’aurait plus que deux Piques, et
il rendit lamainà Ouest à Carreau.
Celui-ci prit avec le Roi, mais il
dut rejouer Cœur ou Trèfle dans
coupe et défausse. Le mort coupa
et le 4 de Pique de Sud s’évapora.
PURE ET SIMPLE
La ligne de jeu la plus simple
est souvent la meilleure et sonexé-
cution ne doit pas vous faire peur.
En tout cas, si vous avez la chance
de découvrir immédiatement un
moyen facile de gagner le contrat,
n’allez pas chercher ailleurs !
Prenez la place du déclarant en
Sud après avoir caché les mains
d’Est-Ouest.
Ouest ayant entamé le Roi de
Trèfle, comment le déclarant en
Sud a-t-il joué pour gagner ce
contrat de QUATRE PIQUES ?
Note sur les enchères
Il est étonnant qu’Ouest ait
passé d’entrée avec une main qui
vaut 13-14 points en comptant la
distribution. D’autre part, l’ouver-
ture de « 1 Cœur » en Est en troi-
sième position, avec seulement
quatre cartes, n’a d’intérêt que
pour indiquer une entame.
Philippe Brugnon
Ouest Nord Est Sud
passe ! passe 1 ज! 1 ࡕ!
2छ 3 ࡕ passe 4 ࡕ...
Unjeupour chaquejour
Lundi daté mardi Affaire de logique
Mardi daté mercredi Scrabble
Mercredi daté jeudi Bridge
Jeudi daté vendredi L’art en question
Samedi daté dimanche-lundi Echecs
ࡕR D 10 4
ज7
छ7
ࡔD 10 9 7 6 5 4
ࡕ6 3
N
ࡕV 7 5
ज5 2
O E
जA R 10 8
छR V 6 5 2 छ10 9 8 3
ࡔA R V 2
S
ࡔ8 3
ࡕA 9 8 2
जD V 9 6 4 3
छA D 4
ࡔ–
Ann. : O. don. Pers. vuln.
BRIDGE Nº 2208
LeLoto
Les résultats sont
publiés dans cette page
dans nos éditions datées
dimanche-lundi, mardi
et vendredi
D
D
D
H A
A
A
1
0
2
5 1
0
3
0
1010
1010
1020
1
0
2
0
1
0
0
5
1005
1000
10
15
1
0
1
5
1015
En France
Météorologue en direct
au 0899 700 703
(1,34 € l’appel + 0,34 € la minute)
7 jours/7 de 6h30-18h
Service proposé par MeteoNews
en partenariat avec Le Monde
http://www.meteonews.fr
Région
Nord-Ouest
Ile-de-France
Nord-Est
Sud-Ouest
Sud-Est
Front chaud Front froid
Dépression Anticyclone
Occlusion Thalweg
D A
>40° 35 à 40° 30 à 35° 25 à 30° 20 à 25° 15 à 20° 10 à 15° 5 à 10° 0 à 5° -5 à 0° < -5°
>40° 35 à 40° 30 à 35° 25 à 30° 20 à 25° 15 à 20° 10 à 15° 5 à 10° 0 à 5° -5 à 0° < -5°
< 1 mm
1-5 mm
5-15 mm
15-50 mm
> 50 mm
Jours suivants
Paris
Madrid
Lisbonne
Séville
Rabat
Alger
Tunis
Rome
Barcelone
Tripoli
Le Caire
Jérusalem
Beyrouth
Athènes
Berne
Amsterdam
Bruxelles
Berlin
Londres
Edimbourg
Dublin
Oslo
Stockholm
Copenhague
Riga
Varsovie
Kiev
Ankara
Istanbul
Sofia
Odessa
Budapest
Vienne
Prague
Munich
Zagreb
Milan
Belgrade
Bucarest
St-Pétersbourg
Helsinki
Minsk
Moscou
Paris
Madrid
Lisbonne
Séville
Rabat
Alger
Tunis
Rome
Barcelone
Tripoli
Le Caire
Jérusalem
Beyrouth
Athènes
Berne
Amsterdam
Bruxelles
Berlin
Londres
Edimbourg
Dublin
Reykjavik
Oslo
Stockholm
Copenhague
Riga
Varsovie
Kiev
Ankara
Istanbul
Sofia
Odessa
Budapest
Vienne
Prague
Munich
Zagreb
Milan
Belgrade
Bucarest
St-Pétersbourg
Helsinki
Minsk
Moscou
Amsterdam
Athènes
Belgrade
Berlin
Berne
Bratislava
Bruxelles
Budapest
Bucarest
Copenhague
Dublin
Edimbourg
Helsinki
Istanbul
Kiev
La Valette
Lisbonne
Ljubljana
Londres
Luxembourg
Madrid
Moscou
Nicosie
Oslo
Prague
Reykjavik
Riga
Rome
Sofia
Stockholm
Tallin
Tirana
Varsovie
Vienne
Vilnius
Zagreb
Alger
Amman
Bangkok
Beyrouth
Brasilia
Buenos Aires
Dakar
Djakarta
Dubai
Hongkong
Jérusalem
Kinshasa
Le Caire
Mexico
Montréal
Nairobi
New Delhi
New York
Pékin
Pretoria
Rabat
Séoul
Singapour
Sydney
Téhéran
Tokyo
Tunis
Washington
Cayenne
Fort-de-Fr.
Nouméa
Papeete
Pte-à-Pitre
St-Denis
18 11
32 20
38 21
25 17
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30 20
18 10
34 20
32 17
20 12
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15 11
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29 13
30 16
31 27
26 14
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18 10
20 14
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31 22
35 21
16 10
27 19
13 3
28 20
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34 15
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21 18
37 23
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34 17
32 23
31 18
33 25
26 22
22 11
20 8
26 18
32 23
42 32
31 24
31 17
33 23
37 16
23 10
29 18
22 11
45 35
30 16
34 23
20 6
32 18
30 15
30 27
15 12
38 19
26 21
43 25
36 18
27 26
30 23
22 14
30 25
29 23
23 18
trèsnuageux
beautemps
beautemps
couvert
averses
orageux
assezensoleillé
ensoleillé
ensoleillé
assezensoleillé
couvert
averseséparses
pluieéparse
beautemps
orageux
beautemps
beautemps
ensoleillé
trèsnuageux
trèsnuageux
ensoleillé
trèsnuageux
beautemps
aversesmodérées
trèsnuageux
ensoleillé
violentsorages
assezensoleillé
orageux
trèsnuageux
aversesmodérées
beautemps
orageux
orageux
beautemps
beautemps
assezensoleillé
beautemps
averseséparses
beautemps
beautemps
beautemps
beautemps
ensoleillé
beautemps
beautemps
beautemps
assezensoleillé
beautemps
assezensoleillé
assezensoleillé
assezensoleillé
ensoleillé
orageux
trèsnuageux
beautemps
ensoleillé
ensoleillé
pluvieux
averseséparses
ensoleillé
fortepluie
beautemps
assezensoleillé
fortepluie
averseséparses
beautemps
beautemps
averseséparses
ensoleillé
20°
30°
16°
31°
34°
44°
26°
41° 25°
32°
21°
38°

22°
26°
29°

24°
22°
30°
29°
49°
16°
30°
22°
44°
19°
22°

17°
14°
20°
17°
35°
16°
25°
16°
27°
14°
21°
21°
27°
16°
33°
23°
37°
12°
30°
19°
33°
23°
32°
20°
26°

14°

19°
24°
28°
22°
30° 24°
31°
18°
25°

11°
10°
25°
21°
27°

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12°
18°
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13°
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14°
19°
17°
23°
18°
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21°
16°
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15°
21°
15°
21°
16°
21°
10°
19°
10°
19°
10°
20°
11°
19°
16°
23°
16°
23°
18°
21°
12°
24°
14°
21°
17°
25°
16°
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20°
31°
21°
30°
19°
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20°
30°
17°
30°
21°
32°
10°
19°

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12°
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11°
20°

25°
12°
28°
13°
28°
13°
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14°
30° 20°
30°
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13°
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12°
22°
11°
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15°
28°
17°
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13°
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12°
28°
15°
23°
11°
27°
21°
29°
15°
25°
15°
30°
19°
32°
19°
32°
20°
33°
05h45 02h59
21h58 19h06
Vendredi
Samedi Dimanche Lundi
Jeudi 22 juin 2006
22.06.2006
22.06.2006
22.06.2006
30 km/h
25 km/h
15 km/h
15 km/h
45 km/h
Températures
à l’aube
et l’après-midi
11°
22°
Caen
EN EUROPE DANS LE MONDE
OUTREMER
Dans le monde L’hiver austral est bien là, avec 14 degrés au Cap comme à Auckland
Los Angeles
Chicago
Anchorage
Vancouver
Québec
Miami
Paris
St-Pétersbourg
Barcelone
Le Cap
Abidjan
Marrakech
Yaoundé
Khartoum
Ankara
Riyad
Kaboul
Omsk
Irkoutsk
Karachi
Kuala Lumpur
Hanoi
Shanghai
Auckland
Honolulu
Alice Springs
Port Moresby
Vladivostock
Tripoli
Bagdad
Antananarivo
La Paz
Lima
Caracas
Managua
Rio de Janeiro
Santiago du Chili
PARIS
Amiens
Metz
Strasbourg
Orléans
Caen
Cherbourg
Rennes
Brest
Nantes
Poitiers
Montpellier
Perpignan
Marseille
Ajaccio
Nice
Clermont-
Ferrand Lyon
Chamonix
Bordeaux
Biarritz
Limoges
Besançon
Rouen
Châlons-
en-Champagne
Toulouse
Dijon
Grenoble
Lille
Mitigé
Jeudi, la perturbation de la veille continuera son chemin vers le Sud-Ouest, le Centre et le
Nord-Est, mais elle aura perdu de son activité pluvieuse. Il n'en restera que des nuages
assez tenaces de Bordeaux à Bourges, Troyes et Strasbourg. Al'arrière, des nuages bas se
formeront aussi sur le quart Nord-Ouest, et le ciel sera variable de l'Auvergne au nord des
Alpes. Les éclaircies se développeront davantage sur le quart sud-est, la Corse, voire sur le
Poitou-Charentes. Températures douces en général, chaudes vers la Méditerranée.
ST-ALBAN
COEFF. DE MARÉE:66
Cumul pluviométrique
le
En Europe
LEVER:
COUCHER:
PARIS
COUCHER:
PARIS
LEVER:
Le
12h TU
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
Retrouvez nos grilles sur www.lemonde.fr
Solution du n° 06 - 145
Horizontalement
I. Opéra-comique. - II. Rado-
0tage. UTC. - III. Prise. Môle. -
IV. Hôtels. Ille. - V. En. Séantes. -
VI. Lys. Sueur. Oô. - VII. Imam.
VGE. Inn. - VIII. Nébuleuses. -
IX. Lieus. Pire. - X. Tiédir. Risée.
Verticalement
1. Orphelinat. - 2. Paronyme. -
3. Edit. Sable. - 4. Rosés. Muid. -
5. Atèles. Lei. - 6. Ça. Sauveur. -
7. OGM. Négus. - 8. Méo. Tues. -
9. Lier. Epi. - 10. Quels. Isis. - 11.
Ut. On. Ré. - 12. Echelonnée.
I. Joue dangereusement. II.
Commence sur le terrain et finit
en colonnes. Interjection.
III. A prendre avec modération.
Diminuée. IV. Vous mène jus-
qu’à la crise. Homme de fer. V.
Une couche devenue une croû-
te. Prépare les dirigeants de
demain. En silence. VI. Ne lais-
sera pas passer grand-chose.
VII. Mesure en forêt. Eléphant
politique. VIII. Tremble comme
une corde sensible. Romains.
IX. La grande est au ciel. Patron
en région. Ouvre le journal. X.
Retour inespéré.
1. A mis les lampes au rebut. 2.
Travail pour le restaurateur.
Voyelles. 3. Dirigent les affaires.
4. Encaisser brutalement. Qu’il
a fallu apprendre. 5. Spécialiste
dans son domaine. Partir à l’a-
venture. 6. Conjonction.
Possessif. 7. Particulièrement
affligeant. 8. Mis en mouve-
ment. Symbole de dureté. 9.
Conduisit à destination. Ouvre
la portée. 10. Le chlore. Sorties
du néant. Homme de théâtre.
11. Bonnes voies. Enfant du
réchauffement. 12. Se penche
sur le sacré.
Philippe Dupuis
HORIZONTALEMENT VERTICALEMENT
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12
Ouest Nord Est Sud
– passe passe 1 ࡔ
passe 1 ࡕ passe 1 SA
passe 2 ࡔ passe 2 छ
passe 3 छ passe 6 छ
ࡕV 5 3 2
जV 10 6
छA 9 5 2
ࡔR D
ࡕ10 8
N
ࡕD 9 7 6
ज9 8 4
O E
जR 7 5 3 2
छR 10 8 छ4
ࡔV 9 7 5 4
S
ࡔ10 6 2
ࡕA R 4
जA D
छD V 7 6 3
ࡔA 8 3
Ann. : N. don. N.-S. vuln.
MOTS CROISÉS Nº 06 - 146
En vente chez votre marchand de journaux
MÉTÉO & JEUX 36
0123
Jeudi 22 juin 2006
20.00Journal, Météo.
20.45 Football.
Japon - Brésil
Coupe du monde
(1
er
tour, groupe F).
21.00 Coup d’envoi
en direct de Dortmund.
23.00Le Résultat des
courses. Magazine.
23.05 Incroyable
mais vrai !
Divertissement présenté
par Bruno Roblès avec
la participation de Jean-
Pascal, Sophie Favier
et Roger Pierre. Avec
Clémence Castel,
Pierre Bellemare,
Pierre Dhostel.
0.45 Les Coulisses
de l’économie.
1.35 Coupe
du monde.
Résumé (50 min).
20.10 Touche pas
à mes filles. Série
(S1, 8/28). Tel est pris
qui croyait prendre.
20.40Sport 6.
20.50 et 22.00 Passé
retrouvé. Présenté
par Véronique Mounier.
23.15 Corps et âmes.
Téléfilm. Laurent Car-
célès. Avec Hélène de
Fougerolles, Jean-Marie
Lamour (2003) 0d.
Une hôtesse de l’air
nage en plein bonheur
jusqu’au jour où elle dé-
couvre que son mari lui
a menti sur son passé.
0.55 Sport 6. Magazine.
1.00 Le Justicier
de l’ombre.
Série (S1, 16/22).
Retrouvailles. Avec
David Morse (45 min).
20.10 Tout le sport.
Magazine.
20.20 et 2.00 Plus belle
la vie Feuilleton d.
20.55 Amadeus aa Film
Milos Forman. Avec
Tom Hulce, F. Murray
Abraham, Elisabeth
Berridge (1984) d.
Un portrait de Mozart
en génie insolent,
raconté par son jaloux
rival, Salieri.
23.35 Météo, Soir 3.
0.10 Natalie Dessay.
Mozart, la Messe en ut
Documentaire. Esti
(France, 2006, 55 min).
En l’église Notre-Dame-
du-Liban, à Paris.
Avec Natalie Dessay
et Véronique Gens, et
le Concert d’Astrée,
dir. Louis Langrée
20.00Journal, Météo.
20.45 Football.
Pays-Bas - Argentine
Coupe du monde.
(1
er
tour, groupe C).
21.00 Coup d’envoi
en direct de Francfort.
23.00Le Résultat
des courses.
23.05 Les Experts.
Chaud business 0.
La Détenue 2
Série (S4, 15-17/23).
Ken Fink ; Deran Sara-
fian. Avec William L.
Petersen, Marg Helgen-
berger (2003) d.
0.45Affaires
non classées.
Série (S3, 7 et 8/8).
Les Frères d’armes
[1 et 2/2] 2d. Avec
Amanda Burton, Peter
McNamara (50 min).
20.00Journal, Météo.
20.30Question ouverte
Magazine. Avec Valéry
Giscard d’Estaing.
20.55 Envoyé spécial.
Magazine présenté
par Guilaine Chenu
et Françoise Joly.
Au sommaire : Pieds
Noirs : le passé recom-
posé ; La ruée vers
le rosé ; PS : Drôles
de dames d.
23.00Infrarouge.
Deux médecins
face à l’injustice
Documentaire.
Thierry Fournet,
Patrick Schmitt
et Anne Marty
(France, 2006) d.
23.55 Un été sans
soleil Documentaire.
(2005, 50 min) d.
20.50Laura.
Le compte à rebours
a commencé.
Téléfilm. J.-T. Filippe.
Avec Delphine Chanéac,
Christophe Malavoy,
Sophie Duez [3/4]
(France, 2006) d.
Laura est arrêtée,
mais sa tante Ludmilla
parvient à la sortir
de ce mauvais pas...
22.40 USS Charleston,
dernière chance
pour l’humanité.
Téléfilm. R. Mulcahy.
Avec Armand Assante,
Rachel Ward [1-2/2]
(Australie - Etats-Unis,
2000, 215 min) d.
Une crise politique
internationale s’achè-
ve par un conflit
nucléaire.
fEn clair jusqu'à 20.50
20.10 Le Grand
Journal, la suite.
20.50Over There.
Nouvelles recrues
Le Convoi
Série [12, 13/13] 2.
Jesse Bochco ; Chris
Gerolmo. Avec Lom-
bardo Boyar, Brigid
Brannagh (2005) d.
22.15 Le Bureau.
Série (saison 1, 4/6).
22.50 Jour de Coupe
du monde
de la FIFA. Présenté
par Hervé Mathoux.
23.45 Le Souffleur Film
Guillaume Pixie. Avec
Guillaume Pixie, Linda
Hardy, Frédéric Diefen-
thal, Elodie Navarre.
Comédie dramatique
(Fr., 2005, 70 min) d.
20.10 Tout le sport.
Magazine.
20.20 et 2.10 Plus belle
la vie Feuilleton d.
20.55 Des racines
et des ailes.
Vive le mariage !
Magazine présenté
par Louis Laforge d.
22.55 Météo, Soir 3.
23.25 Culture
et dépendances.
Les Français face
à leur histoire
Magazine présenté par
Franz-Olivier Giesbert,
avec la participation
d’Elisabeth Lévy et
Aude Lancelin. Invités :
Nicolas Sarkozy, Jean-
Denis Bredin, Maurice
Druon, Abdourahman
A Waberi, Max Gallo
(100 min) d.
20.00Le Journal de la
culture, Météo.
20.15 Au bonheur des
chevaux. [14/15].
Au centimètre près.
20.40La Femme
au portrait a aa
Film Fritz Lang. Avec
Edward G. Robinson,
Joan Bennett, Raymond
Massey. Suspense
(EU, 1945, N., v.o.) d.
Un homme rencontre
une femme dont il
a admiré le portrait
dans une vitrine.
22.20 La Vie en face.
Le Village assassiné
Documentaire.
Hans-Jürgen Busch
et Jens Busch
(Allemagne, 2006).
23.15 Tracks.
Magazine (55 min).
20.00Journal, Météo.
20.55 25
e
édition
de la Fête
de la musique.
Présenté par Anthony
Kavanagh. Invités :
Florent Pagny, Patrick
Bruel, Pascal Obispo,
Tina Arena, M Pokora,
Olivia Ruiz, Cali, Chico
& les Gypsies, Bob
Sinclar, Placebo, Diam’s,
Les Pussycat Dolls,
Bénabar, Raphaël,
Marc Lavoine, Corneille,
Laurent Voulzy, Juanes,
Natasha St Pier,
Beatriz Luengo...
1.00 Journal, Météo.
1.25 Des mots
de minuit.
Magazine présenté
par Philippe Lefait
(90 min).
fEn clair jusqu'à 20.50
20.10 Le Grand
Journal, la suite.
20.50L’Enlèvement Film
Pieter Jan Brugge.
Avec Robert Redford,
Helen Mirren (2004) d.
Un bourgeois est victi-
me d’un enlèvement.
Sa femme tente
de le récupérer.
22.25 South Park.
Série (saison 7, 6/15).
Les Petits Policiers 0.
22.50 Jour de Coupe
du monde
de la FIFA. Présenté
par Hervé Mathoux.
23.45 Million Dollar
Baby aa aFilm
Clint Eastwood.
Avec Clint Eastwood,
Hilary Swank (EU,
2004, 110 min, v.o.) d.
20.00Le Journal de la
culture, Météo.
20.15 Au bonheur des
chevaux. [13/15]
Des étalons en or.
20.40Comédia.
Aïda Opéra de Verdi.
Par l’Orchestre et les
Chœurs de l’Opéra de
Zurich, dir. Adam Fis-
cher. Avec Nina Stem-
me (Aïda), Luciano
d’Intino (Ammeris),
Juan Pons...
23.15 Arte info.
23.30 Jour
de colère a aa
Film Carl Theodor
Dreyer. Avec Thorkild
Roose, Lisbeth Movin,
Preben Lerdorff Rye,
Sigrid Neiiendam.
Drame (Dan., 1943,
90 min, N., v.o.) d.
MERCREDI 21 JUIN
La fiction
Chacun joue sa vie
14.50France 5 Pour la Fête de
la musique, France 5 propose un
filmétonnant, à mi-chemin entre
le réel et la fiction. Réalisé par
Stéphane Moszkowicz, Chacun
joue sa vie raconte l’engagement
dans la musique de neuf jeunes
musiciens de Seine-et-Marne,
les Smokin’Fuzz. Fondée sur
une enquête scrupuleuse, ce sujet
met en scène des acteurs dans
leur propre rôle.
Le film
Sympathy for the Devil
(One + One)
21.00CineCinema Auteur
C’était un temps d’énergie et de
fièvre révolutionnaires. En 1968,
Jean-Luc Godard était évidem-
ment aux premières loges pour
se lover dans le bouillonnement.
A Londres, où l’un de ses projets
tombe à l’eau, il rencontre
les Rolling Stones. Joli choc
au sommet de la contre-culture.
Godard capte le processus
de création de Sympathy for the
Devil, premier titre de l’album
Beggars Banquet. Ce bijou sera
l’ultime contribution de Brian
Jones, mort peu après. De prises
en pauses, ça cherche, ça vit, ça
s’épanouit. Le moment est inten-
sément politique, parfaitement
débridé, totalement inspiré.
Le concert
Le Buena Vista Social Club
présente IbrahimFerrer
22.10Mezzo Juan-les-Pins,
2003. IbrahimFerrer a 76 ans.
Depuis qu’il a été contacté pour
l’enregistrement de Buena Vista
Social Club, le chanteur est
devenu la star internationale du
groupe, auprès de Ruben Gonza-
lez, Compay Segundo, Eliades
Ochoa, Barbarito Torres... Avec
ses vingt musiciens, il présente
ici l’albumBuenos Hermanos.
MAGAZINES
19.50 L’Actors Studio.
Russell Crowe. TPS Home Ciné
21.05 Parlez-moi d’ailleurs.
Amérique latine :
cap à gauche. LCP
22.30 C dans l’air. France 5
DOCUMENTAIRES
19.35 Une histoire
du football.
[6/6] Carton rouge ! Histoire
19.55 Pilot Guides.
Batailles historiques
aux Etats-Unis. Voyage
20.15 Le Cinéma des effets
spéciaux. CC Premier
20.45 Les Sous-Marins
perdus. Désastre en haute
mer. National Geographic
20.50Quand la femme
chante. Histoire
21.35 L’Energie
des océans. France 5
22.20 Le Crime et la Plume.
« Serpico » avec
Peter Maas. Planète
23.45 Chirurgie de
la dernière chance II.
[2/2]. Discovery Channel
0.35L’Invincible Armada.
[2/3]. Histoire
0.50Tout sur les animaux.
Les phacochères. Planète
SPORTS EN DIRECT
19.45 Rugby. Championnat du
monde des moins de 21 ans
(2
e
demi-finale), à Clermont-
Ferrand. Eurosport
20.45 Football.
Coupe du monde (1
er
tour,
gr. C) : Côte d’Ivoire - Serbie-
Monténégro. Eurosport
MUSIQUE
20.50Concerts for Peace.
Avec Itzhak Perlmann. Mezzo
22.10 IbrahimFerrer
à Juan 2003. Mezzo
23.05 Keziah Jones. En 2004.
A l’Elysée-Montmartre. Mezzo
FILMS
20.45 In My Country.
John Boorman (Irl. - GB, 2004,
v.m., 100 min) 0CC Premier
20.45 Tous en scène.
Vincente Minnelli (Etats-Unis,
1953, v.m., 115 min). TCM
21.00 A l’angle du monde.
Michael Powell (GB, 1937, N.,
v.o., 75 min). TPS Ciné Club
22.40 ShowBoat.
George Sidney (Etats-Unis,
1951, v.m., 110 min). TCM
23.55 Un drame
à Manhattan.
W. S. Van Dyke (EU, 1934, N.,
v.o., 85 min). TPS Ciné Club
TÉLÉFILMS
20.40Silence brisé.
Joseph L. Scanlan. NT 1
22.30 Vipère au poing.
Pierre Cardinal. Direct 8
22.35 Frost. Paul Harrison. TMC
SÉRIES
19.55 Frasier. L’Humour de Crane
(S2, 6/24). Paris Première
20.45 Star Trek : Enterprise.
Mission d’exploration.
Le Peuple de la grotte
(S1, 3 et 4/26, v.m.). Jimmy
23.35 Six Feet Under.
La Partie de paintball
(S3, 8/13, v.m.) 0Jimmy.
JEUDI 22 JUIN
Le film
Victor Victoria
20.45 TCMA Paris, dans les
années 1930, Victoria, une jeune
femme à la superbe voix d’opéra ,
ne trouve pas de travail. En déses-
poir de cause, elle commande un
repas pantagruélique dans un res-
taurant où elle sympathise avec
Toddy, chanteur de cabaret au
chômage. Un grand classique de
la comédie musicale, signé par
Blake Edwards en 1982. Avec
Julie Andrews et James Garner.
Le document musical
Kaneka ou la Renaissance
des rythmes kanak
21.35 France ÔDans le cadre
d’une semaine spéciale arts
premiers proposée à l’occasion
de l’ouverture du Musée du quai
Branly, France Ôeffectue un
retour aux sources de la musique
kaneka, pratiquée par de nom-
breux groupes de la Grande
Terre et des îles Loyauté. Un
rythme ancestral que les jeunes
générations kanak se sont réap-
proprié, basé sur deux instru-
ments à percussion, le bwanjep
(fabriqué avec de l’écorce de
figuier sauvage) et le bambou.
Le documentaire
Deux médecins
face à l’injustice
23.00France 2 Beat Richner est
un médecin suisse qui a fondé
trois hôpitaux pédiatriques
gratuits au Cambodge dont
il finance le fonctionnement en
donnant des concerts de violon-
celle dans les pays développés.
Krisana Kraisintu est une chi-
miste thaïlandaise qui a mis au
point une trithérapie contre le
sida et a convaincu le gouverne-
ment thaï d’investir dans la fabri-
cationde médicaments génériques
pour ne plus dépendre des labora-
toires américains et européens.
Un filmdistingué au Figra 2005.
MERCREDI 21 JUIN
Terrains sensibles
15.00France Culture Dans la
série « Banlieues, autoportraits
six mois après », Aude Lavigne
a réalisé un documentaire
à Vénissieux (69).
17-20
17.00France Info Bernard Tho-
masson s’installe au Musée du
quai Branly, inauguré le 20 juin,
pour trois heures de direct.
Al’Olympia
20.00FIP Concert en direct avec
Susheela Raman, Orquesta do
Fuba, Salif Keita et Souad Massi.
Fête de la musique
20.30France Musique Soirée
musique en direct : Mozart
(20.30, depuis le Sénat), Dvorak
(22.30, depuis le Louvre), musi-
ques du monde (23.30).
CÂBLE, SATELLITE, TNT
CÂBLE, SATELLITE, TNT
CHRONIQUE DOMINIQUE DHOMBRES
Desménagèresdésespéréesmaiscoiffées
0ueI accueiI µeur
Ies teut-µetits ?
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Les éveIutiens
de I'éceIe
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Chaque mois,
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LA PET¡TE ENFANCE
EN ßÉßAT
MAGAZINES
20.30Les Livres de la 8.
Spécial Histoire. Invités : Fran-
çois Kersaudy ; Alain Niderst ;
Yves Pouliquen ; Jean-Denis
Bredin ; Elisabeth Badinter.
Direct 8
22.20 Petites confidences
entre amis.
Guillaume Canet ; François
Berléand ; Maïdi Roth ; Maxim
Nucci. Paris Première
22.30 Le Culture club.
Best of. France 4
23.50 Les Dossiers de Téva.
Camping : L’été chaud des
vacanciers. Téva
DOCUMENTAIRES
20.15 Transsibérie.
Nomades du froid. Planète
20.50Les Dragons. Histoire
20.50Le Fabuleux Retour
d’Amélie. Odyssée
21.00 La Vie de camping. LCP
21.40 Il était une fois la
Mésopotamie. Histoire
21.40 Célébrations.
Guerres tribales en Nouvelle-
Guinée. France 5
22.30 The Little Richard’s
Story. Planète
0.25 Voyage au cœur
des polyphonies
corses. Odyssée
SPORTS EN DIRECT
20.45 Football. Coupe du monde
(1
er
tour, groupe F) : Croatie -
Australie. Eurosport
22.30 Golf. Open de Potomac
(1
er
jour). Sport+
MUSIQUE
22.15 Wagner. Ouverture de
Tristan & Isolde. Par Chicago
Symphonic Orchestra, dir.
Georg Solti. Mezzo
23.00Natacha Atlas.
Festival Interceltique
de Lorient 2003. Mezzo
1.00 Kenny Neal Blues
Band. Mezzo
FILMS
20.45 Vive la sociale !
Gérard Mordillat (Fr., 1983,
95 min). CC Famiz
21.00 Avanti !
Billy Wilder (Etats-Unis, 1972,
v.m., 140 min). TPS Cinétoile
22.15 Gare au percepteur.
Walter Lang (EU, 1950, N.,
v.o., 85 min). CC Classic
22.45 Coup de torchon.
Bertrand Tavernier (France,
1981, 130 min) 0CC Auteur
23.00Minuit dans le jardin
du Bien et du Mal.
Clint Eastwood (EU, 1998, v.m.,
150 min). TPS Home Cinéma
TÉLÉFILMS
20.40Liés par le sang.
Stephen Williams 0NT 1
20.50Le Mystère Alexia.
Marc Rivière. France 4
SÉRIES
20.50Ultime recours.
Eden. Provocation (saison 1,
3 et 4/16) 0Série Club
22.30 The Jury.
Zéro de conduite. Tragédie
shakespearienne (saison 1,
1 et 2/10, v.o.) 0Série Club
23.55 Jeremiah.
Le Gouvernement de Valhalla
[1-2/2] (S2, 1-2/15). Jimmy.
JEUDI 22 JUIN
Priorité santé
11.40RFI Avec la psychiatre
Maryvonne Bargues, de retour
de Gaza, Claire Hédon évoque
la prise en charge psychologique
des Palestiniens.
2 000ans d'histoire
14.05 France Inter Patrice Geli-
net convie Michel Terasse à dis-
serter sur l'Espagne musulmane.
Concert
20.00France Musique En direct
du Théâtre des Champs-Elysées,
l'archet racé de VadimRepin
dans le Concerto pour violon
de Beethoven.
Littérature et histoire
22.15 Judaïques FML'écrivain
Nine Moatti est invité pour évo-
quer son livre Hannah et le der-
nier Ottoman.
Mercredi 21juin
TF1 France 2 France 3 Canal + Arte M6
TF1 France 2 France 3 Canal + Arte M6
MEURTRE, infanticide, détournement de
mineur et même vol de nounou, ces dames de
WisteriaLane n’yvont pas demainmorte. Elles
s’ennuient terriblement dans leur banlieue
américaine cossue et déploient des trésors
d’imagination pour remédier à cette regretta-
ble situation. Leur maxime est plutôt : « L’en-
fer, c’est les autres »(Sartre) que « le couple est la
grande aventure dumonde moderne »(Obaldia).
Chaque mardi, ces femmes au foyer déses-
pérées commettent leurs petites turpitudes
sur M6. Elles sont toujours, quoi qu’il arrive,
admirablement coiffées derrière les baies
vitrées de leurs grandes maisons donnant sur
des pelouses soigneusement entretenues.
C’étaient, mardi 20juin, les neuvième et dixiè-
me épisodes de la première saison.
La série est diffusée depuis l’automne 2004
aux Etats-Unis sur la chaîne ABC. La premiè-
re saisonest déjà passée sur Canal+à l’autom-
ne 2005, mais le public en redemande mani-
festement.
Les malheurs de ces dames ont la particula-
rité de faire rire. L’action est commentée en
permanence par l’une d’elles, qui s’est suici-
dée dès le premier épisode, c’est dire. Elle trou-
ve cocasses les tribulations de ses copines,
pourtant abondamment équipées des ultimes
raffinements du confort ménager. Ces fem-
mes aufoyer ont beauorganiser des brocantes
ou des défilés de mode improvisés, rien ne va.
Leurs maris s’enfuient ou sont jetés enprison.
Leurs enfants fument de la marijuana ou les
rejettent. Il y aurait de quoi mettre en désor-
dre leurs longues chevelures blondes, rousses
ou brunes. Même pas !
Prenez Bree, par exemple. C’est le modèle
même de la femme blanche anglo-saxonne
protestante, comme disent les Américains
(«WASP », en anglais, ce qui veut dire aussi
« guêpe »). Rien ne vient déranger l’arrange-
ment impeccable de ses cheveux roux. Son
intérieur est tenuavec unsoinméticuleux, voi-
re maniaque. Elle est parfaite, et même davan-
tage.
Enfant, ellesesentait coupabledenepasobte-
nir de meilleures notes encore. Jeune mariée,
elle se reprochait d’avoir tardé trois semaines à
répondre aux lettres de félicitations. Elle réussit
en conséquence à rendre tout le monde cinglé
autour d’elle. Et ce n’est pas la pire !
Lynette, qui ades enfants hyperactifs, voleles
nounous des autres et les fait espionner par une
caméra cachée. Gabrielle, la bombe sexuelle
latino, s’envoie en l’air avec son jeune jardinier.
Mais ce n’est rienencore à côté de ce qui se pas-
se dans la maison de la jeune femme qui s’est
suicidée. Il yades cadavres aufonddes placards
oudes étangs. Ledécor est rose, mais les person-
nages plutôt noirs. Et cela vous fait rire ! a
Les codes du CSA 0Déconseillé aux moins de 10 ans 2Déconseillé aux moins de 12 ans 6Déconseillé aux moins de 16 ans 8Déconseillé aux moins de 18 ans.
Les cotes des films aOn peut voir aaA ne pas manquer aaaChef-d’œuvre ou classique. Sous-titrage spécial pour les sourds et malentendants d.
Jeudi 22juin
Lasélectionradio
Lasélectiontélévision
TÉLÉVISION & RADIO
0123
Jeudi 22 juin 2006 37
BRUXELLES
CORRESPONDANT
B
eatrix des Pays-Bas a commencé, mardi
20 juin, la quarantième visite d’Etat de
sa carrière de reine. Le choix de celle qui
ne supporte pas qu’on l’appelle autrement
que « majesté » – une formule à laquelle sa
mère, la reine Juliana, préférait un simple
« madame » – s’est porté sur la Belgique, si
proche des Néerlandais par la langue qu’y par-
le la majorité de la population, tellement loin-
taine si l’on voit le mépris dont témoignent de
nombreux Belges à l’égard de leurs voisins –
qui le leur rendent bien.
Est-ce pour gommer le trait principal de la
caricature à laquelle se livrent Flamands et
Wallons, toujours prêts à dépeindre les Néer-
landais comme d’impénitents radins ? Tou-
jours est-il que, pour parcourir les 130 kmqui
séparent son palais de la ville d’Anvers, la rei-
ne n’a pas hésité à emprunter l’avion. Un brin
surpris par ce caprice à 10 000 euros, la
famille royale belge n’a cependant pas hésité à
renoncer à la tradition qui veut que les chefs
d’Etat soient d’abord accueillis à Bruxelles. Le
roi Albert II l’attendait sur le tarmac, en com-
pagnie de la reine Paola, de son fils Philippe,
futur héritier du trône, et de l’épouse de celui-
ci, la princesse Mathilde.
Aux Pays-Bas, la toquade de la reine a susci-
té des commentaires mais la déférence des
médias à l’égard de la maison royale a fait en
sorte que les critiques soient plus douces
qu’amères. Décrite comme entêtée et cassante,
la reine Beatrix est très populaire. Mardi, un
éditorialiste flamand de gauche s’extasiait
devant cette monarchie voisine « où le senti-
ment populaire et l’identité sont encore incarnés
par la famille royale, alors qu’en Flandre la sym-
pathie pour la monarchie ne cesse de décroître ».
Mêmelafortune de lamaisonroyale ne sem-
ble pas remise en question par les Néerlandais.
D’autant moins, d’ailleurs, qu’el-
le a été fortement revue à la bais-
se : si le magazine Forbes plaçait,
en1998, Beatrixàlaseptièmepla-
cedans sonclassement des fortu-
nes mondiales (4,7 milliards de
dollars), il a depuis, et de maniè-
reassez étrange, ramenésonesti-
mation à 250 millions de dollars.
Moins qu’Albert de Monaco
(1 milliardestimé) et ElizabethII
d’Angleterre (500 millions).
Selon des documents révélés
après le décès du prince Bern-
hard, le père de la reine, mort
en 2003, c’est ce dernier qui
aurait écrit au journal pour se plaindre des
« absurdités »qu’il écrivait. Luisa Kroll, la res-
ponsable du célèbre classement, a même reçu
un fax émanant du prince et lui détaillant les
possessions de sa fille. Bernhard aurait
notamment prouvé qu’elle détenait moins
d’actions d’entreprises néerlandaises que le
journal l’affirmait.
Dans un autre entretien, le prince a expli-
qué que sa fille s’était mise encolère enappre-
nant son intervention, lui affirmant qu’elle se
souciait peu de ce que l’on pouvait raconter à
son propos. Lors du même entretien,
Bernhard affirma que, lors de son mariage
avec la jeune Argentine Maxima Zorreguieta,
le prince héritier Willem-Alexander reçut, en
tout et pour tout, un service en argent pour 24
personnes. L’épisode a encore renforcé l’ima-
ge d’une reine qui paie l’impôt
sur ses revenus privés et
entend gérer son pays comme
une entreprise.
La constance de la populari-
té de Beatrix, qui pourrait abdi-
quer en 2008 ou 2010 au profit
de Willem-Alexander, impres-
sionne, paraît-il, la famille roya-
le belge. Elle s’intéresserait de
près à la manière dont la reine
prépare son fils et sa belle-fille
à leur rôle futur. Comment
imposer une image positive de
la future reine Mathilde, et sur-
tout du prince Philippe, criti-
qué pour sonapparente indifférence et sa gau-
cherie ? La réponse ne semble pas simple à
trouver face à l’hostilité d’une part croissante
des Flamands, qui souhaitent une réduction
des pouvoirs royaux. Pour le quotidien néer-
landais NRC-Handelsblad, il n’y a, en tout cas,
aucun doute à propos de Philippe de Belgi-
que : « Le prince héritier n’y arrivera pas »,
titrait le journal, le 17 juin. a
Jean-Pierre Stroobants
LE BILLET ÉRIC FOTTORINO
Colère première
IL Y A 50 ANS DANS « LE MONDE »
La cathédrale de Rouen restaurée
Beatrix, reine modèle, modèle de reine
LA RÉOUVERTURE de la cathédrale clôt l’un des chapitres
les plus importants de la reconstruction de Rouen. Il aura fallu
douze années pour rendre au culte le monument si gravement
endommagé au cours du bombardement nocturne du 18 au
19 avril 1944 qu’on avait craint de le perdre à jamais.
Cent ouvriers ont travaillé pendant ces douze années à la restaura-
tion de l’édifice. Ils ont passé 2 500 000 heures sur ce chantier
considérable, où ont été manutentionnées, taillées, scellées
6 000 tonnes de pierre, dressés 10 kilomètres d’échafaudages
et employés 800 mètres cubes de bois d’étai. C’est par l’étaiement que
commença l’ouvrage. Pour soutenir la tour lanterne qui menaçait de
s’effondrer il fallut assembler dans la cathédrale, à l’entrée
du chœur, une véritable forêt.
Ainsi la cathédrale est rendue à la vie de la cité ; Rouen atteint
une étape essentielle de sa renaissance. Sans doute il reste encore
beaucoup à faire pour que soit définitivement terminée la restitution
extérieure du célèbre monument. La tour Saint-Roman, une des par-
ties les plus anciennes, porte encore en plein ciel, à la vue de tous,
les mutilations qui résultèrent, le 1
er
juin 1944, de l’incendie qui
dévora son toit en H.
Rouen attendait impatiemment la renaissance de sa cathédrale,
et ce n’est pas une vaine formule que d’écrire qu’elle y voit le symbole,
mieux encore, le signal, d’un renouveau.
Roger Parment
(22 juin 1956.)
PORTRAIT
21 Marina Yaguello, linguiste,
se consacre aux pierres rares
et aux arts premiers.
ENQUÊTE
22 Mémoire. Au temps
du Congo belge.
FOCUS
24 Radiographie.
UOIF, un réseau en quête
de reconnaissance.
DÉBATS
Que cache la vague populiste ?
Par Ivan Krastev.
RENDEZ-VOUS
OUVERTURE
31 La ferveur de l’Allemagne
en fête. Le pays hôte de la com-
pétition vit une belle période
d’union nationale.
LES BLEUS
32 Quelques raisons d’espérer.
En deux matches, les Bleus ont
affiché une progression qu’ils
devront confirmer face au Togo.
LE PREMIER TOUR
33 Duo atypique, mais
so British. Tout oppose le géant
Peter Crouch et le teigneux Way-
ne Rooney.
EN MARGE
34 Audience en hausse
dans le monde.
0123.fr
Mardi, ce devait être la fête à Chichi. Une parenthèse enchantée
sur le parcours accidenté du locataire de l’Elysée, avec masques
rituels et têtes aztèques. Depuis le temps qu’il attendait ce jour,
le président de la République ne pouvait se manquer dans
le rôle de guide de musée, faute de jouer convenablement celui
de guide de la nation. Et patatras ! Voilà que son premier ministre,
à l’Assemblée nationale, a piqué une colère première qui emprun-
tait assez peu à l’art et beaucoup à la tête de cochon.
C. DOURY
O. LANG/AFP
L’ACTUALITÉ
ÉDITORIAL & ANALYSES
2 Editorial : Equation basque.
Mariages boursiers, par Cécile
Ducourtieux, Cécile Prudhomme
et Adrien de Tricornot.
L’architecte au Parthénon.
La chronique « Culture »
de Francis Marmande.
PAGE TROIS
3 Joaillerie. La Place Vendôme
contre le monde entier.
INTERNATIONAL
4 Diplomatie. Un entretien
avec Ekmeleddin Ihsanoglu.
6 Irak. Deux soldats américains
enlevés ont été tués par Al-Qaida.
SCIENCES & ENVIRONNEMENT
8 Baleines. La « chasse
scientifique » autorisée.
EUROPE
10 Italie. Un entretien
avec Pietro Grasso.
POLITIQUE & SOCIÉTÉ
12 Finances. Le budget 2007
en débat à l’Assemblée.
14 Mont Saint-Odile. Sursis
requis contre quatre prévenus.
ÉCONOMIE & ENTREPRISES
15 EADS. La crise se déplace
sur le terrain politique.
MÉDIAS
20 Presse. Alain Genestar est
prié de quitter « Paris Match ».
DÉCRYPTAGES
GOÛTS
26 Gastronomie. La nouvelle
restauration des musées.
CINÉMA
28 Patrimoine. Crise
de croissance à la Cinémathèque.
29 « La colline a des yeux »,
d’Alexandre Aja.
30 Musique. Martha Argerich et
ses artistes au Festival de Lugano.
SERVICES
35 Carnet. 36 Météo & Jeux.
37 Télévision & Radio.
MONDIAL 2006
EADS dans la tourmente
L’intégralité du débat
avec Frédéric Lemaître,
rédacteur en chef au Monde. En
séquence Chats.
Guantanamo, « goulag
des temps modernes »
Retour sur ce camp controversé.
Une chronologie à la « une ».
Olivier Besancenot,
tête d’affiche de la LCR
Le parcours du jeune militant
qui a pris la suite d’Alain Krivine.
Un portfolio à la « une ».
La souveraine
des Pays-Bas, en visite
officielle en Belgique,
pourrait abdiquer
en 2008 ou 2010 au profit
du prince Willem-Alexander.
La popularité de Beatrix
impressionne, paraît-il,
la famille royale belge
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aTirage du Monde daté mercredi 21 juin 2006 : 414 787 exemplaires. 1 2 3
38 Jeudi 22 juin 2006