Tours, le 28 mai 2010.

Mesdames, Messieurs, La reprise des négociations avec l’Intersyndicale, ce vendredi 28 mai, n’aura malheureusement abouti à rien. Malgré les avancées concrètes du Directoire, et l’engagement de verser une prime exceptionnelle de 130 euros en octobre 2010 en contrepartie de l’arrêt du mouvement de grève, d’une poursuite des négociations sur la baisse raisonnable du nombre de RTT et de la signature des accords à l’imprimerie, la seule réponse de l’Intersyndicale a été de demander 200 euros, de reporter à janvier 2011 les questions essentielles que nous devons pourtant aborder dès aujourd’hui, et d’appeler enfin à une grève illimitée aux conséquences désastreuses. Cette « prise d’otage » de l’ensemble de la collectivité est irresponsable pour deux raisons : • • Tout d’abord, elle grève un peu plus les finances du journal qui n’en avait vraiment pas besoin, compromettant l’exercice 2010. Ensuite, elle donne de l’entreprise NR une image déplorable. Aux lecteurs et annonceurs bien sûr, qui seront privés demain de « leur » quotidien pour la quatrième fois en quinze jours. Aux citoyens aussi, qui connaissent les grandes difficultés de la presse sur l’ensemble de la planète, et qui doivent donc se demander quel vent de folie destructrice souffle à la NR, en pleine période de crise et de chômage de masse.

Devant un tel déni de réalité, le Directoire a pris la décision, ce soir, de procéder à l’impression extérieure de l’édition de l’Indre, pour sauver ainsi une partie de ce qui fait vivre plus de 1000 familles de notre Groupe, depuis bientôt 66 ans. Il continuera ainsi, tant que la raison ne l’emportera pas, à rechercher tous les moyens qui permettront de maintenir la relation respectueuse que nous devons entretenir avec nos clients. Il s’engage également devant vous, à étudier avec ceux qui voudront le faire honnêtement, toutes les solutions possibles et imaginables pour sortir de cette impasse qui nous emmène tout droit vers un séisme sans précédent, que certains veulent ignorer, sinon provoquer. Nous avons répondu avec franchise, lors de nos réunions avec l’Intersyndicale, à toutes les questions que se posaient légitimement les représentants du personnel. Nous restons mobilisables jour et nuit pour renouer le dialogue avec eux. Mais parce que l’heure est très grave, nous tiendrons aussi, lundi 31 mai à 12H au Garage, une réunion d’information pour répondre directement à vos interrogations.

Le Directoire. PS : vous trouverez en page 2, une série de questions que certains d’entre vous se posent peutêtre, et les réponses que nous y apportons.

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Pourquoi la direction refuse-t-elle d’appliquer les 0.7% de l’accord national sur les salaires réels ? D’une part, parce que cet accord ne s’applique juridiquement que sur les salaires minimum par catégorie. Il fut un temps où nous pouvions l’appliquer sur l’ensemble des salaires. Cette époque est malheureusement révolue. D’autre part, l’application d’un indice sur les salaires en 2010 a certes un effet sur nos charges de 2010 mais aussi, et surtout, les années suivantes. C’est le fameux « effet report ». A titre d’exemple, l’application des 0.7% en 2010 pèserait 671 k€ sur la période 2010-2012. Pourquoi la direction propose-t-elle une prime à la place de l’augmentation indicielle ? Pour les raisons évoquées ci-dessus d’abord. Mais aussi, parce que nous sommes conscients des efforts demandés à chacun et nous souhaitons donc que tous les collaborateurs gagnent plus en 2010, qu’en 2009. A titre d’exemple, pour un salaire de base moyen mensuel brut d’employés de 1533€, la prime de 130 € proposée représente plus que les 0.7% revendiqués. Ce n’est bien sur pas le cas pour les plus hauts salaires. Pourquoi la direction souhaite-t-elle une négociation immédiate sur la réduction des RTT ? Parce que nous devons trouver quelque part le million et demi qui nous manque déjà en chiffre d’affaires. En réduisant le nombre de RTT, nous augmentons le nombre de jours travaillés et faisons donc baisser par voie de conséquence le nombre de CDD auquel nous avons recours. A titre d’exemple, une réduction de moitié des RTT pour chacune des catégories représente une économie estimée à 10 CDD soit 500 000 €. A quoi va servir l’argent de La Montagne ? D’abord, à éviter la cessation de paiement en juillet, et sa conséquence immédiate : la perte de tous vos acquis sociaux. Ensuite à contribuer au désendettement de la société qui se chiffre à 16 millions d’euros (Caisse des Dépôts et moratoires). A financer nos projets de développement indispensables au redressement de notre exploitation. Enfin à mettre en place des synergies entre nos deux groupes. Pourquoi le Directoire exige-t-il la signature des accords sur les effectifs de l’imprimerie ? Parce que la nouvelle organisation qui en découlera permettra de réduire sensiblement et immédiatement le nombre de CDD sans réduire le nombre de titulaires.

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