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LES

MEILLEURES
COPIES
ADMISSIONS
AU COLLÈGE
UNIVERSITAIRE
SESSION 2015

un jury établit souverainement la liste des candidats exemptés d’épreuves écrites et déclare ces derniers directement admissibles. D’une durée de vingt minutes. son ouverture d’esprit. • Sciences Po offre également plusieurs programmes de doubles diplômes avec des universités à l’international et en France. Pour les autres candidats. sa curiosité intellectuelle. Après un examen approfondi des dossiers.Le saviez-vous ? Afin de renforcer la diversité de ses étudiants. il permet d’évaluer. la motivation du candidat. 1). le jury d’admission a déclaré admis 803 candidats à l’issue de la voie Examen. sa disposition à être en prise avec les enjeux  contemporains.   Les candidats déclarés admissibles sont ensuite invités en entretien d’admission. Seule l’orthographe a été corrigée. mathématiques ou sciences économiques et sociales (coef. sa capacité à mobiliser et à mettre en relation des connaissances pertinentes. 2). l’une des cinq disciplines qui constituent le socle de la formation fondamentale délivrée à Sciences Po (coef. . Toutes ces procédures d’admission sont sélectives : • Une procédure par examen pour les candidats qui préparent le baccalauréat de l’enseignement général ou technologique français ainsi que pour les candidats qui préparent à l’étranger un diplôme d’études secondaires dont l’équivalence a été reconnue. 2). 5304 lycéens s’étaient portés candidats par cette procédure. • Une procédure Conventions Éducation Prioritaire qui s’adresse aux élèves scolarisés dans l’un des lycées partenaires de Sciences Po. son esprit critique et sa capacité à développer une réflexion personnelle. • L’épreuve à option : littérature et philosophie. la phase d’admissibilité se poursuit par trois épreuves écrites : • L’histoire. Les copies peuvent comporter certaines erreurs factuelles ou d’analyse qui ont été signalées aux candidats lors de la correction. • Une procédure internationale pour les candidats qui préparent un baccalauréat français à l’étranger ou un diplôme étranger. En 2015. Sciences Po a créé différentes voies d’accès au Collège universitaire. son goût pour l’innovation. • L’épreuve de langue étrangère (coef. La procédure par examen comporte deux étapes  : l’admissibilité et l’entretien d’admission.

pour porter chacun d’eux à ne s’occuper que de lui seul. de l’ordre de l’impalpable. Le plus grand avantage des religions est d’inspirer des instincts tout contraires. un isolement face à autrui. ce qui fait bien voir de quelle importance il est que les hommes gardent leur religion en devenant égaux. la religion pose des enjeux différents des biens matériels. tome II. un certain comportement néfaste. des lignes 1 à 3. Il n’y en a point non plus qui n’impose à chacun des devoirs quelconques envers l’espèce humaine. c’est une affirmation accentuée par l’adverbe « démesurément ». posent les fondements de la démocratie. Elle ouvre démesurément leur âme à l’amour des jouissances matérielles. selon l’auteur. de la contemplation de lui-même. Il faut reconnaître que l’égalité. Les œuvres des philosophes du siècle des Lumières. elle tend à les isoler les uns des autres. et qui ne le tire ainsi. En effet selon l’auteur. Il parle donc d’  « instincts tout contraires ». Le fait que tous les hommes jouissent des mêmes droits et libertés entraîne. 1840. Alexis de Tocqueville aborde ainsi la notion de religion. ou en commun avec elle. principe indissociable de la démocratie. et qui n’élève naturellement son âme vers des régions fort supérieures à celles des sens. une tendance à ne s’intéresser qu’à sa propre existence : « ne s’occuper que de lui seul ». établissant ainsi le lien entre religions et peuples démocratiques. l’égalité ouvre plus que nécessaire l’âme –c’est-à-dire l’esprit. les sentiments et inclinations – à l’amour des biens et possessions matérielles. permettent de compenser (l. toute solidarité entre les hommes risque d’être dissoute.Épreuve de littérature et philosophie Commentaire du texte d’Alexis de Tocqueville. tandis que la France en 1840 est une monarchie constitutionnelle. mais ce que ces croyances entraînent dans les comportements humains. suggère cependant aux hommes [. « au-delà et au-dessus des biens de la terre ». L’auteur n’évoque cependant pas une religion spécifique mais des religions en général. Il souligne ainsi ce qui semble être une tendance : « suggère ». La seconde phrase (l. telles que De l’esprit des lois de Montesquieu ou Du contrat social de Rousseau. ou du régime démocratique. Il n’y a point de religion qui ne place l’objet des désirs de l’homme au-delà et au-dessus des biens de la terre.] des instincts fort dangereux . De la Démocratie en Amérique.1-4) que les religions. En effet. Son ton.5-10). 1840. Alexis de Tocqueville dans l’extrait de De la démocratie en Amérique. Enfin Alexis de Tocqueville énonce sa thèse. développe chez les hommes des « instincts fort dangereux ». dont il oppose les répercussions sur les hommes avec celles de l’égalité. de temps à autre. Les peuples religieux sont donc naturellement forts précisément à l’endroit où les peuples démocratiques sont faibles . tome II. par leurs exigences. Cela s’apparente à un narcissisme. Ce n’est ainsi pas l’objet de croyance dont il est question. Ainsi. Ceci se rencontre dans les religions les plus fausses et les plus dangereuses. L’égalité. L’auteur fait ici référence au devenir I . elle confère à l’homme un caractère superficiel en opposition à la spiritualité que porte la religion.. De la démocratie en Amérique. ce qui est transcendant à l’homme. ne sont-elles pas nécessaires aux hommes vivant sous un régime fondé sur l’égalité ? L’auteur énonce d’abord le défaut du principe d’égalité (l. En d’autres termes. marqués notamment par le rejet de l’obscurantisme religieux. Alexis de Tocqueville. Mais l’auteur ne pose pas ce principe comme négatif : il l’admet comme porteur de « grands biens ». c’est-à-dire des ensembles de pratiques et croyances partagées au sein d’un groupe donné. « tend à ».4) est davantage formelle. n’est pas catégorique. s’interroge sur le rapport entre démocratie et religion. qui introduit de grands biens dans le monde. Les religions..

ils sont complémentaires. par exemple. Il est intéressant de constater ce que l’auteur considère être « le plus grand avantage » des religions. L’auteur admet donc l’existence de plusieurs religions. expose sa thèse. Ces caractéristiques sont assimilables pour l’auteur aux religions « les plus fausses et les plus dangereuses ». Les dangereuses peuvent se référer aux sectes. L’homme est de ce fait habité par la foi. L’extrait qui nous est donné à étudier expose ainsi une thèse selon laquelle les religions sont indispensables au sein d’une démocratie. Elles permettent d’assurer un rapport avec autrui. elles contribuent à ouvrir l’esprit des hommes et à les détacher de la superficialité. Par fausses. L’auteur insiste sur la nécessité qu’ont les hommes de « [garder] leur religion ». déjà présentes au XIXe siècle. et aucune divinité n’est évoquée. L’auteur considère que l’égalité ne doit pas être un frein à l’ouverture sur autrui et ainsi la générosité et la recherche de spiritualité. les religions sont perçues comme utiles pour différentes raisons : Bossuet. un ensemble de règles à suivre pour se rapprocher de la divinité dont il est question. Pour l’auteur. Elles tirent ainsi le croyant de « la contemplation de lui-même ». L’auteur. En effet les termes de foi et de croyance ne sont pas employés. Si la démocratie assure le principe d’égalité. qui se définirait par une ouverture sur le monde et un remède contre le caractère superficiel des hommes. du Paradis. décriées par la religion catholique. II Alexis de Tocqueville décrit « les peuples religieux ». avec « l’espèce humaine ». il entend peut-être les religions vouant un culte aux idoles.des hommes après leur mort. comme supérieurs par essence aux hommes qui suivent les principes démocratiques. les comportements qu’elles encouragent. à savoir les instincts qu’elles inspirent aux hommes. la considéraient illégitime. Ainsi. Alexis de Tocqueville expose ensuite le deuxième comportement qu’inspirent les religions : l’altruisme. même ces religions ont le pouvoir de changer les comportements des hommes. dans le domaine de la spiritualité et du rapport à l’autre. Souvent. à la suite de ce constat. une manière de penser. elle permet de se détacher des biens matériels et de s’ouvrir aux autres hommes. la religion semble contribuer à une attitude de fraternité. Les religions posent systématiquement des «  devoirs ». « l’objet des désirs » est celui. une formulation qui invite à la réflexion. contrairement à d’autres philosophes qui. Pour Alexis de Tocqueville. Ainsi. Ces dernières sont en constant rapport avec autrui. Les dix commandements de Dieu dans La Bible en sont un bon exemple car ils impliquent souvent les relations à entretenir avec les autres hommes. Il s’agit presque d’un caractère que l’on choisit d’adopter. au XIXe siècle encore. livre sacré de l’Islam énonce des règles similaires. dont les religions s’emparent et tentent d’expliquer. Ainsi. un sentiment qui échappe au domaine du perçu. Concilier religion et démocratie permet aux hommes d’être égaux entre eux sans être indifférents : il s’agit donc d’une alliance importante. La religion apparaît ici comme un ensemble de pratiques et de règles. De même Le Coran. Il ne parle pas de Dieu mais des religions : les pratiques associées. décrit la Foi comme étant la clé pour percevoir un sens à l’histoire. dans la religion catholique. les hommes suivant un ensemble de règles et habités d’une croyance. n . de son narcissisme. Cet instinct diffère donc de celui que la démocratie est susceptible d’entraîner.

1835. une multitude de portraits réalistes qui illustrent la pluralité de la société française de la fin du XIXe siècle. Son habillement était celui du campagnard en qui les paysans aussi bien que les voisins ne considèrent plus que la fortune territoriale. en Touraine. les espoirs d’un jeune provincial ambitieux dans Le Père Goriot – en la personne de Rastignac -. Le narrateur fait ici le portrait du comte de Mortsauf. lumineux sans chaleur. Comme beaucoup d’aristocrates. il avait l’attitude d’un gentilhomme appuyé sur une valeur de convention. saillantes et brunes au milieu des tons blafards de son teint. dont les humeurs sont viciées par d’anciennes maladies. Ses pommettes. Son front plat.Épreuve de littérature et philosophie Commentaire du texte d’Honoré de Balzac. Le libéral le plus haineux. les convictions immarcescibles 1 du lecteur à jamais acquis à la QUOTIDIENNE 2. pour cet auteur prolifique. celui-ci a émigré et perdu sa fortune durant la Révolution. mot qui n’était pas encore monnayé. son menton était droit et long. mais que celui-ci est décrit dans un état de déchéance. nous constaterons que Balzac brosse bien le portrait d’un gentilhomme. La demi-couronne. Âgé seulement de quarante-cinq ans. qui ceignait monastiquement l’arrière de sa tête dégarnie de cheveux. tant il avait promptement vieilli dans le grand naufrage qui termina le dix-huitième siècle. L’action se situe en 1814. Sa bouche était violente et impérieuse. dans Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas. dépeignant la vie désabusée d’une Femme de trente ans dans un milieu aisé. au fil de sa magistrale «  Comédie Humaine  ». car son nez était enflammé comme celui d’un homme dont la vie est altérée dans ses principes. venait mourir aux oreilles en caressant les tempes par des touffes grises mélangées de noir. Le laissez-aller de la campagne lui avait fait négliger son extérieur. Honoré de Balzac. défiant sans objet. il paraissait approcher de la soixantaine. Le Lys dans la vallée écrit en 1835 est. par exemple. annonçait les habitudes de la vie en plein air et non les fatigues de l’esprit.Inaltérables 2 . Dans quelle mesure ce portrait s’oppose-t-il aux canons aristocratiques traditionnels ? Dans un premier temps. Maigre et de haute taille. Sa chaussure était grossière. Quoique les dix années d’émigration et les dix années de l’agriculteur eussent influé sur son physique. Aucune classe sociale. inquiet sans pensée. ridé transversalement par marches inégales. aucun type de caractère n’échappe à la plume de Balzac.Journal ultra royaliste Honoré de Balzac offre. l’occasion de dévoiler les traits d’un aristocrate français déchu par la Révolution. au moment de la restauration de la monarchie en France. Le Lys dans la vallée. en passant par les manœuvres machiavéliques d’une jeune femme du peuple cherchant à soustraire la fortune d’un vieil homme fortuné et décrépi dans La Rabouilleuse. il subsistait en lui des vestiges de noblesse. Son œil clair. le poids d’une constante infortune et non les efforts faits pour la dominer. ou La Princesse de Clève de Madame de La Fayette. trop large pour sa figure qui finissait en pointe. jaune et dur tombait sur vous comme un rayon du soleil en hiver. indiquaient une charpente assez forte pour lui assurer une longue vie. Ces derniers contrastent en effet vivement avec ceux dont l’aristocratie est d’ordinaire affublée – que ce soit. Le Lys dans la vallée (1835) 1 . l’apathie angoissée d’un jeune homme tout-puissant dans La Peau de chagrin. aurait facilement reconnu chez lui la loyauté chevaleresque. Son visage ressemblait vaguement à celui d’un loup blanc qui a du sang au museau. Ses mains brunies et nerveuses attestaient qu’il ne mettait de gants que pour monter à cheval ou le dimanche pour aller à la messe. III . qui se sait au-dessus des autres par le droit. dont l’estomac est affaibli. au-dessous par le fait.

Pour la société de son époque. de sa vigueur canine d’antan. « viciées » (ligne 6) . donne à cet aristocrate une bouche «  violente et impérieuse  » (ligne 12) . « Son habillement était celui du campagnard » (ligne 15)  . Nous pouvons noter que sa physionomie. cette apathie n’est pas uniquement apparente. force est de constater que cette puissance apparente qui transparaît dans sa physionomie et l’assimile à un gentilhomme. la mauvaise santé. La vieillesse et la mort apparaissent dans son portrait : IV « il avait promptement vieilli » (lignes 1-2). nous dit-on. Un peu plus loin. «  il ne mettait de gants que pour monter à cheval ou le dimanche pour aller à la messe » (lignes 17-18)  . le narrateur insiste de nouveau sur cette vigueur.Nous montrerons ensuite en quoi l’aristocratie dans ces conditions est en décalage par rapport à la société de cette époque. « affaibli » . c’est bien davantage son absence d’effort pour « dominer » « une constante infortune » (ligne 9) qui peut lui être reproché. Balzac dresse ici le portrait d’un gentilhomme. Il en a d’ailleurs l’attitude. « ridé » (ligne 7). davantage qu’une menace.ce qui correspond évidemment à la couleur de la monarchie. en s’épargnant le devoir d’être élégant. au comte de Mortsauf. du déclin. Rappelons que dans la société médiévale. porte les marques d’une certaine puissance. C’est un homme qui ne s’afflige pas les « fatigues de l’esprit » (ligne 8). Cet aristocrate n’a pu survivre à la Révolution – du moins moralement puisqu’il semble bien s’être laissé abattre par son « infortune ». « Inquiet sans pensée. Or nous ne pouvons omettre de remarquer que le luxe de l’habillement et la mode est un caprice réputé de la noblesse française – ainsi que le soulignent les auteurs qui en font mention tels que Montesquieu dans Les Lettres persanes. il ne reste plus grand chose de sa puissance passée. « la demicouronne […] venait mourir aux oreilles » (lignes 2-3). la noblesse d’épée a pour rôle de protéger le clergé et le TiersÉtat : elle est donc censée pouvoir se targuer d’une sorte de force. le symbole royal est détourné pour devenir l’attribut monastique – les moines faisant de par leur vocation vœu de pauvreté. se cachant «  audessus des autres par le droit » (ligne 14). Enfin. La bourgeoisie en effet. défiant sans objet » (ligne 12) : la suspicion le remporte sur la combativité. est à peu près illusoire : la Révolution française a déchu cet homme comme un «  grand naufrage  » (ligne 2). Mortsauf a laissé sa fortune et son statut se faire inexorablement submerger. Le narrateur dénonce l’absence de volonté de cet aristocrate retombé dans la médiocrité – c’est-à-dire. « altérée » (ligne 6). il ne reste de ses cheveux qu’une « demi-couronne ». comparée à la tonsure des moines. peut paraître méliorative – de cette blancheur aristocrate et majestueuse – il ne reste de cette pâleur pure que des «  tons blafards  » (ligne 10). une face faible et affaissée. Toutefois. L’image du naufrage renforce la fatalité de cette déchéance : on ne survit pas à un naufrage . Néanmoins. légitimée par sa position sociale : « jaune et dur [il] tombait sur vous comme un rayon du soleil en hiver » (ligne 11). La comparaison avec le prédateur confère déjà une puissance qui pourrait paraître menaçante. cette faiblesse. de puissance. un menton « droit » et « long » : il n’a donc pas. Mortsauf. Son nom même trahit ce destin tragique : Mortsauf a certes survécu à la Révolution mais il en demeure à jamais ravagé. Dégarni par la pauvreté. d’une domination qui semble propre à la noblesse. Le comte déçoit dans les attentes que l’on espère d’un gentilhomme. car il ne pouvait pas lutter contre une telle catastrophe. Il est ensuite comparé à un «  campagnard  » (ligne 15) puisqu’il ne s’habille plus selon les exigences de son rang mais davantage pour mener une vie pratique : « Le laissez-aller de la campagne lui avait fait négliger son extérieur  ». cette force présumée de la noblesse en signalant une « charpente assez forte pour lui assurer une longue vie » (lignes 10-11). «  Sa chaussure était grossière  » (ligne 18). Son regard même paraît avoir une assurance implacable. Si la blancheur du loup auquel il est comparé. ou mort-vivant. et font place à une nouvelle vision de la hiérarchie et des qualités dignes de respect. qui s’est laissé chuter d’une position aisée à une position moyenne dans la hiérarchie sociale. a supplanté la noblesse et les valeurs qui étaient jusque-là acceptées par la société paraissent désormais désuètes. d’intensité – le soleil – accentue la ressemblance de Mortsauf avec un gentilhomme traditionnel. Ce détail résume avec ironie la situation en ne couronnant le comte Mortsauf qu’à demi. semblet-il. dont on nous précise par ailleurs qu’il est blanc . Mortsauf est devenu médiocre et impuissant. c’est la crainte respectueuse que doit inspirer ce loup. Son « laissez-aller » (lignes 14-15) en ce qui concerne son habillement est secondaire . telle qu’elle est décrite par le narrateur. le comte de Mortsauf. La conscience de son rang et du pouvoir qui devrait naturellement en découler. « maladies » (ligne 7) . ligne 5. et qui plus est. Encore une fois. ligne 13. la comparaison avec un objet à forte valeur symbolique. . Le visage de Mortsauf ressemble « vaguement à celui d’un loup blanc qui a du sang au museau  » (lignes 4-5) déclare le narrateur. Ce champ lexical est celui de la faiblesse.

l’aristocratie n’a plus sa place dans cette société. Louis XIV s’est efforcé de développer l’oisiveté et le loisir parmi ses courtisans. précisément pour les rendre inoffensifs. de s’adapter à une société réformée. qui propose des valeurs différentes. n’échappe pas à ce jugement . affaiblie et piégée dans son propre immobilisme. Cela peut tout d’abord paraître paradoxal : n’avons-nous pas dit que Mortsauf avait vu sa vie et ce qu’il était bouleversé par la Révolution  ? Mortsauf a changé mais malgré lui. dans des journaux réservés à une audience précise et homogène. Pour conclure. Dans ce portrait. la Révolution a établi une société nouvelle. mot qui n’était pas encore monnayé » (ligne 20). cependant. La dégénérescence de cette aristocratie obsolète et complètement opposée aux idéaux d’une noblesse puissante. à ses valeurs. et Mortsauf. précisément parce qu’elle a évolué. comme l’illustre l’adjectif «  haineux  » qui se rapproche du sens de «  convaincu  » et qui qualifie les libéraux. qui critique la noblesse en remettant en question l’utilité sociale d’hommes dont la seule compétence est de savoir à quelle heure le roi se lève. puisque dans cet univers nouveau. puisque c’est précisément ce qui l’empêche d’évoluer. Balzac dépeint la fadeur d’une noblesse inerte. mais il reste en lui « des vestiges de noblesse » (ligne 19). Cela l’empêche d’être innovant ou d’accepter l’innovation. son rang se voit substitué par une approche économique : « Son habillement était celui du campagnard en qui les paysans aussi bien que les voisins ne considèrent plus que la fortune territoriale  » (ligne 15-16). Il ne peut être moteur de la société : il fait partie d’une noblesse affaissée. Il a subi la Révolution. Ce qui rend un changement difficile pour Mortsauf c’est qu’il est lui-même attaché à ses traditions. Ces vestiges le rendent inadapté à une nouvelle société bourgeoise. le montre par les propos de philosophes tels que Voltaire. n V . ce qui est physiquement illustré par la nécessité de l’exil : « dix années d’émigration » nous dit-on ligne 18. La fin du texte rappelle encore une fois ce nouveau rapport à l’argent : « Le libéral le plus haineux. Comme l’indique son nom. celle-ci reste bien marquée et essentielle. Les qualités que le narrateur reconnaît chez le comte de Mortsauf sont en effet obsolètes et figées : il se complait dans la « loyauté chevaleresque » (lignes 20-21) et dans son incapacité à évoluer. ce texte de Balzac dresse le portrait d’un homme désargenté. ne peut pas avoir lieu. après le traumatisme de la Fronde. c’està-dire les fondateurs de cette nouvelle société. dans les prémices d’une société capitaliste commence-t-elle à se manifester. et auxquelles elle semble s’attacher. tombé dans un déclin qui pourrait dénier son appartenance à l’aristocratie  . Historiquement la noblesse doit pourtant être synonyme de puissance. La vie de Mortsauf est minée par son immobilisme : sa « vie est altérée dans ses principes » (lignes 5-6) . de protection voire de domination. est doué de «  convictions immarcescibles » dont il s’abreuve dans un journal très ciblé dont les lecteurs sont « à jamais acquis » ce qui ne risque pas non plus de faire évoluer sa vision des choses puisque le débat. Cette manœuvre a bien fonctionné : le siècle des Lumières qui annonce les prémices de la Révolution. bien que noble. Toutefois. son existence n’a plus lieu d’être. est également dépeinte dans Le Sagouin de François Mauriac. Les « paysans aussi bien que les voisins » identifient les Hommes à leurs biens. tout le respect qu’il inspirait par son titre. Ainsi.Ainsi la valeur de l’argent. le protagoniste est mort bien que sa vie ait été préservée. lui-même est un gentilhomme « appuyé sur une valeur de convention » (lignes 13-14). tandis qu’un homme comme Mortsauf n’a pas su changer. Or.

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les soldats français chantent « On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried » s’inscrivant alors dans le même optimisme d’août 1914. et au sud trois principaux mouvements avec Franc-Tireur de Jean-Pierre Lévy. Dans un premier temps. la résistance est constituée de toutes les catégories sociales et les paysans. ce n’est donc pas de Gaulle qui a engendré les mouvements résistants car ceux-ci se sont constitués de manière spontanée à l’instar de l’étudiant en philosophie Philippe Viannay et son mouvement Défense de la France. dispersée et peu organisée. le Front national de Pierre Villon et d’autres mouvements comme ceux de la résistance. impuissante face à la stratégie de guerre éclair de l’Allemagne. qui sont pourtant la majorité de la population. Ce peu d’engouement pour la résistance montre alors une certaine passivité de la population envers l’occupant et surtout envers l’État français. ne représentent que 8% des effectifs totaux de la résistance. « la flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ». Face à ces deux ennemis. la résistance revêt plusieurs aspects comme le montre l’historien Olivier Wieviorka. La résistance est alors dispersée et est caractérisée par de nombreuses actions isolées comme des étudiants qui déposent des gerbes sur la tombe du soldat inconnu le 11 novembre 1918 ou le préfet Jean Moulin qui refuse de cautionner un texte dégradant envers l’armée française. l’appel est peu entendu malgré sa diffusion plusieurs jours de suite sur la BBC. et qui s’opère de 1940 à 1944. en mai et juin 1940. Amouroux parle de « 40 millions de pétainistes » en 1940 pour souligner un certain attachement à la figure d’homme providentiel de Pétain du fait de ses faits d’armes à Verdun. L’historien H. La république est ainsi supprimée et certaines libertés fondamentales reniées.Épreuve d’histoire Composition Les combats de la résistance française contre l’occupant et contre le régime de l’État français (« Régime de Vichy ») Durant l’hiver 1940. l’armée française subit une débâcle en l’espace de trois semaines. Pour lui. Dès lors. Pourtant. alors ancien sous-secrétaire dans l’armée. On distingue alors la « résistance-mouvement » qui est caractérisée par l’emploi de la propagande et une volonté d’influencer la population et la « résistanceréseau » qui est une entité plus spécialisée dans des opérations de sabotage ou de renseignement. VIII lança un appel à la résistance. LibérationSud avec d’Astier de La Vigerie et enfin Combat d’Henri Frenay. Seuls quelques hommes influents à l’instar de René Cassin ou Félix Eboué qui est gouverneur du Tchad le rejoignent. deux jours après la nomination de Pétain en tant que président du conseil. Par ailleurs. dont une centaine d’hommes provenant de l’île de Sein. En effet. une résistance se forme. la résistance est divisée et n’a pas d’objectif commun car il existe certaines tensions idéologiques. elle a su s’organiser en unifiant ses forces entre 1942 et 1943 (II) ce qui a permis la libération du territoire et le rétablissement de la république (III). Pour Olivier Wieviorka. On peut définir la résistance par un mouvement protéiforme qui possède plusieurs modalités d’action allant du sabotage à la propagande. On estime alors à environ 5000 les effectifs des Forces françaises libres à l’été 1940. le général de Gaulle. Quelques mouvements se constituent néanmoins avec au Nord LibérationNord de Christian Pineau. . Cela montre que le combat des résistants est aussi mené par des hommes politiques ou des universitaires. l’occupation se met en place et une nouvelle forme de régime naît de cette déroute avec l’attribution des pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet. Néanmoins. Il y a donc une différence entre les différentes structures qui n’œuvrent pas toutes selon les mêmes modalités. Nous pouvons donc nous demander : En quoi l’unification progressive de la résistance à travers l’idéal républicain a-t-elle permis de surmonter les divisions internes et de mener à la libération ? Si au commencement la résistance mène un combat dispersé face à l’État français et au régime nazi de 1940 à 1942 (I). Le 18 juin 1940. Il est de ce fait un des premiers pionniers de ce mouvement et exhorte la population à combattre un double ennemi.

Entre 1940 et 1942. Cette victoire donne alors du crédit à de Gaulle qui après avoir cessé de fustiger la IIIe République écrit dans un manifeste en 1942. la défaite de Stalingrad en février 1943 et la débâcle de la bataille de Koursk montrent que l’armée allemande n’est pas invincible et qu’elle peut être vaincue.Enfin. avec l’instruction du service du travail obligatoire dans le courant de l’année 1943. il existe au départ des tensions politiques héritées de la III e République. face à l’intensification de la répression en zone nord et au durcissement du régime de Vichy. L’Armée secrète. les rangs de la résistance grossissent d’autant plus que les FFL sont auréolés de gloire après leur victoire à Bir Hakeim en 1942 par Koenig montrant aux alliés que la lutte contre le nazisme s’effectue à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de la France. on assiste à un essor progressif de la résistance avec la création de mouvements qui ne poursuivent malgré tout pas les mêmes objectifs. Tout d’abord. Les combats n’ont donc pas tous pour but d’éliminer l’État français. Par ailleurs. Cette unification est accélérée par l’invasion en novembre de la zone sud par le nord. Cette rencontre marque le premier lien entre la résistance de l’intérieur et celle de l’extérieur. de Gaulle modère donc ses critiques envers la IIIe République ce qui permet d’apaiser les tensions avec les mouvements de résistance attachés à la République. l’ORA du général Frère ou encore les FTP avec leur section de la main d’œuvre immigrée accentuent les opérations de sabotage et n’hésitent plus à assassiner certains dirigeants nazis. Ce rassemblement des mouvements de résistance permet alors de la fin de 1943 à 1944 d’aider à libérer la France. Les chefs de huit grands mouvements de résistance. les mouvements sont divisés sur les modes d’opération à adopter. Par conséquent. D’une part. et des individus comme Henri Frenay qui considèrent le régime de Vichy comme une « bonne chose ». les forces de l’extérieur se rendent aussi compte que seule l’unification peut mener à la victoire contre l’occupant. En effet. L’unification est aussi accentuée par la création du comité français de libération nationale qui permet à la France d’obtenir une légitimité auprès des alliés et d’unifier le pouvoir politique. Christian Pineau de Libération-Nord rencontre le général de Gaulle. À l’été 1943. En août 1943. De Gaulle et le général Giraud basé à Alger décident donc d’unir leurs forces en créant une Armée française de la libération. En outre. Ainsi. le CNR (Conseil National de la Résistance). Ils créent alors une armée secrète dirigée par le général Delestraint chargée de mener une lutte armée. Sous l’influence de Christian Pineau. Cette rencontre du 27 mai 1943 rue du Four à Paris marque en effet une situation originale. les objectifs que doivent tenir la résistance interne et externe. Dès cette date. Enfin. la France est donc unifiée dans une structure unique qu’est le CNR et organise un combat contre un double ennemi avec une coordination entre l’intérieur et l’extérieur. Les dirigeants prennent alors conscience qu’il faut s’unir et décident de créer un organe unique en Europe. cette unification doit faire face au fort caractère de Frenay qui est un conservateur et d’Astier de La Vigerie qui est plutôt à gauche. les représentants des syndicats et des partis s’assemblent malgré les clivages politiques dans le but de vaincre l’Allemagne et de rétablir la république. tous les mouvements ne souhaitent pas uniformément se soumettre à de Gaulle comme le FN qui considère qu’ils doivent rester indépendants. C’est ainsi qu’en janvier 1943 les trois mouvements principaux de la zone sud s’unissent en formant les MUR malgré les profondes divisions internes. Cela brise en outre le mythe de « Vichy-bouclier » qui n’a pas su empêcher cet événement et qui collabore activement avec l’occupant nazi. les communistes résistent massivement après l’opération Barbarossa et l’invasion de la Russie le 22 juin 1941 et d’autre part de nombreux hommes de tendance conservatrice s’engagent. Ainsi. En février 1942. de Gaulle décide d’envoyer Jean Moulin pour coordonner les actions de la résistance. les mouvements se fondent parfois dans IX . L’objectif et les idéaux ne sont alors pas les mêmes pour tous les résistants avec certains qui luttent contre un double ennemi. En outre. C’est ainsi qu’en janvier 1942 Jean Moulin est parachuté en France avec le titre de délégué général. des maquis se forment pour lutter contre l’ennemi. Tout d’abord. c’est toute la France qui est occupée. la résistance intensifie son action armée et sa lutte prend une nouvelle forme. C’est donc dans le courant de 1942 que l’unification des mouvements s’opère à travers l’idéal républicain et que les combats s’intensifient. les Franc tireurs et partisans dirigés par Charles Tillon souhaitent mener une lutte armée contre l’ennemi et d’autres résistants privilégient le renseignement et la coopération avec les services de renseignement britanniques (SOE). C’est sous l’objectif commun de la République que ces mouvements s’unissent et marquent la première étape de l’union de la résistance.

Partout la répression est violente. de Gaulle rétablit la République par une ordonnance et s’appuie sur le programme du 15 mars 1944. Rousso) qui est contesté par des historiens comme Pierre Laborie qui relativise l’élan et l’engouement pour la résistance. l’ORA. Néanmoins. la libération aurait certes été plus longue et sanglante. Ainsi. X Les résistants aident donc à libérer la France lors de la bataille des haies en Normandie et en libérant de nombreuses villes comme Limoges. En effet. Laval qui est exécuté et Pétain qui va en prison à perpétuité. L’épuration fait néanmoins des morts parmi les collaborationnistes et marque une ère sombre de la résistance avec la tonte de 20 000 femmes soupçonnées d’avoir familiarisé avec l’ennemi. les alliés débarquent donc dans le cadre de l’opération Overlord grâce aux renseignements français. la résistance française a donc su surmonter ses divisions pour s’unir face à l’ennemi. Les mouvements de résistance s’assemblent alors dans le Mouvement de la libération nationale qui comprend les MUR et d’autres mouvements comme Défense de la France. Koenig achève l’unification des différents corps-francs en fondant dans les forces françaises de l’intérieur plusieurs groupes comme l’AS. on peut être hostile à l’occupant tout en lui restant fidèle » pour Pierre Laborie. Les combats des résistants ont donc mené à la libération progressive du territoire. Toulouse et Paris le 25 août 1944. « on peut applaudir le chef de l’État tout en désapprouvant sa politique. De 1940 à 1944. d’autant plus que l’Allemagne subit des défaites à l’Est. Selon William Donovan. l’ennemi est vaincu et les partisans de l’État français sont jugés par des Hautes Cours de Justice comme P. la résistance est remise en question par des historiens comme Olivier Wieviorka dans Histoire de la résistance qui montre que les combattants n’auraient pas réagi face au génocide et qu’ainsi les résistants sont coupables de ne pas avoir aidé les juifs qui étaient pourtant des victimes des exactions contre l’ennemi. chef de l’OSS. mis à mal par une IIIe République fragile. des enfants dans une église et y mettent le feu entraînant la mort de plusieurs centaines de civils. pour finir de vaincre l’ennemi. l’époque de la résistance est l’histoire de la redécouverte progressive de l’idéal républicain. les SS de la division Das Reich enferment alors des femmes. À Oradour-sur-Glane. Enfin. Les mouvements de résistance voient alors leurs effectifs s’amplifier de manière considérable avec un peu moins de 500 000 FFI au mois de juin 1944. Toutefois. Ainsi. Toutefois la répression est violente car les nazis répercutent les actions des résistants sur les civils avec des massacres.les maquis pour lutter contre le double ennemi. Charles Tillon élabore la « Théorie de la boule de Mercure » qui vise à organiser des opérations furtives contre l’ennemi en petit nombre. Le 6 juin 1944. plus de 80% des informations utiles au débarquement ont été fournies par les résistants. Néanmoins. Les alliés et les résistants mettent alors en œuvre de manière conjointe des opérations de débarquement en s’appuyant sur les renseignements fournis par le BCRA dirigé par Pierre Brossolette. Olivier Wieviorka relativise cette donnée dans Histoire du débarquement en Normandie en montrant que sans l’aide des résistants. les FTP-MOI. de Gaulle s’appuie sur un « mythe résistancialiste » (H. D’autre part. La dernière étape des combats contre l’ennemi est alors la réussite de l’opération Fortitude qui consistait à faire croire à l’État français et à l’occupant que le débarquement aurait lieu au Nord. Cela montre que l’idéal républicain est enraciné dans l’esprit des résistants et ce malgré les dissensions idéologiques. pour rétablir la République et sa légalité après les combats. mais qu’elle aurait abouti. n .

En effet une crise externe peut avant tout jouer sur les importations. cela s’explique du fait que jamais aucune civilisation ou société (connue) ne connaissait pas de comportement déviant. l’exemple du tsunami en 2011 au Japon s’était par exemple suivi d’une hausse des prix de certaines pièces automobiles (les usines concernées ayant été détruites) ce qui s’était exporté sur le prix des voitures sur le marché français. même si les actes déviants ne peuvent apparemment pas être éradiqués. On peut modéliser un choc d’offre ainsi : On assiste donc à un déplacement de la courbe d’offre O vers la droite. le prix diminue. on parle alors de choc positif ou négatif. XI . qui est l’agrégation du Produit Intérieur Brut (PIB). Par exemple si l’État décide de subitement abaisser les cotisations patronales. il n’en reste pas moins intéressant de connaître leurs origines. avant de voir si l’individu joue réellement un rôle dans la détermination d’un acte déviant. Nous nous demanderons quelle est la source des actes déviants. L’offre globale est donc : ∑ VA + M = PIB + M Un choc d’offre peut avoir deux types de répercussion sur le marché. Pour cela nous verrons d’abord quelle part joue l’individu dans un acte déviant. et enfin car la société trouve dans un acte déviant une façon de rappeler à tous ses normes et ainsi ressouder ses liens. Un choc d’offre correspond à une variation brutale d’une des variables de l’offre globale. En effet. les causes d’un tel choc d’offre peuvent être internes ou externes à l’économie. Dans le cas d’un choc d’offre positif. Conduite d’un raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire Comment expliquer les comportements déviants ? Le sociologue Émile Durkheim développa une thèse montrant que la déviance a toujours existé. Le déplacement de la courbe modifie le prix et la quantité d’équilibre du marché. Néanmoins. qui lui-même correspond à la somme de toutes les valeurs ajoutées (VA) et des importations. selon la loi de la rareté. ce qui peut se répercuter sur le prix de vente des produits. les entreprises voient alors une chute de leurs coûts. De plus. l’offre augmentant. et existera toujours. Le phénomène inverse se produit en cas de choc d’offre négatif. notées M. les répercussions de ce choc seront bénéfiques pour le marché. on assiste donc à une augmentation du prix d’équilibre et à une diminution des quantités : o o Enfin. la diversité des actes déviants explique la difficulté de les voir un jour disparaître.Épreuve de sciences économiques et sociales 1. Selon lui. dans le but de limiter leur nombre. la courbe de l’offre se déplace vers la gauche. Question d’analyse microéconomique ou macroéconomique Représenter graphiquement et expliquer les chocs d’offre. n 2.

tels que : le gain. autrement dit. l’acte déviant s’explique du fait du décalage entre les buts que tous partagent : la richesse. Cette analyse relève donc d’un processus. Selon Merton. Dans cette théorie. la probabilité d’être pris et la probabilité d’être condamné. à des actes déviants (ici le suicide) résultant d’une situation d’anomie. le contrôle social est aujourd’hui moins présent car il est appliqué par des institutions et non plus par d’autres individus. Néanmoins. comme le présente le document 2. XII Le sociologue Ohlin critiquera cette thèse indiquant que si l’accès aux moyens « reconnus » est inégalitaire. l’accès aux moyens «  non-reconnus  » l’est tout aussi : il n’est pas donné à tout le monde de maîtriser les techniques relatives aux délits. mais la société elle-même. Il se focalise alors sur les éléments à sa connaissance. notre société moderne possède un rapport bien différent avec la déviance que les sociétés dites « traditionnelles ». montrent que l’acte déviant s’explique par l’évolution progressive de notre société. d’autres sociologues comme Merton expliquent les déviances comme résultant d’une inégalité entre les buts et les moyens de chaque individu. même si l’individu joue un rôle. le pouvoir. l’individu. Alors que dans les sociétés traditionnelles. . De plus. qui sont eux inégalement répartis. De la même façon qu’un agent économique fait un choix. alors qu’en 2012 près de 3 millions de faits ont été constatés. l’éparpillement de l’habitat explique la faible probabilité d’être pris. Il reste cependant intéressant de se demander dans quelle situation et face à quels choix l’individu se trouve avant de commettre un acte déviant. un acte déviant relève d’un acte rationnel. la défense de cette thèse implique déjà un certain rôle joué par la société qui diffuse ses valeurs au travers des buts et des moyens. notamment dans les cambriolages. seules quelques plus de 600 000 condamnations furent prononcées. est vu de manière générale comme la source de cette déviance. dont le document 4 est extrait. mais que cet acte serait entièrement conditionné par la société.En effet. des institutions idéologiques (l’Église par exemple) et de l’école (augmentation de l’échec scolaire). Toujours dans l’idée que l’individu est à l’origine de l’acte déviant. l’individu doit lui aussi opérer un choix entre ce que va lui apporter. qui constituent d’après le document 1 près de deux tiers des faits constatés. Dans la nomenclature de Merton. d’une modification temporelle de la structure de la société qui se ferait du fait de la crise de la famille (divorce). Ici. Enfin. comme il pouvait l’être auparavant. D’après Marie Cusson. au centre de l’acte déviant. le taux d’élucidation apparaît donc comme faible et pèse ainsi en faveur de l’acte déviant au moment de l’arbitrage. ces facteurs sont à l’heure actuelle en faveur de la déviance. car ils disposent alors de moyens non reconnus pour accéder aux buts. ce n’est pas l’évolution de la société qui est en cause. On comprend donc que les individus de classes inférieures soient davantage empreints à commettre un acte déviant car ils ont moins à perdre en commettant un acte déviant que cela soit d’un point de vue financier ou même symbolique (leur réputation). L’anomie est décrite par Durkheim comme étant un effacement des normes de la société du fait d’un contrôle social appliqué dorénavant par des instances plus distancées de l’individu  : dans notre société ce sont par exemple la police ou la gendarmerie. Dans ce cas. ou par son évolution. c’est-à-dire que les sanctions en cas de déviance sont appliquées par la famille et les groupes de pairs. certains sociologues. Cette thèse est défendue par Howard Becker dans Outsiders. avec l’exemple du téléphone portable. il apparaît que ce n’est plus l’individu qui joue un rôle déterminant dans l’acte déviant. fruit de la division du travail social. Cependant une autre analyse est possible. D’après lui. les gains de l’acte déviant et les risques encourus. à l’aube des théories sur la société moderne. promus par les médias par exemple et les moyens de les atteindre qui sont socialement reconnus : le travail. On assiste ainsi. les individus qui partagent ces buts mais qui ne disposent pas des moyens sont susceptibles d’être déviants. Pour la sociologue Marie Cusson. Cette analyse explique par exemple comment le sentiment de «  frustration relative  » ressenti par les individus n’ayant pas accès aux biens se traduit par des vols. comme nous le montre la comparaison entre le document 1 et 3. Par exemple l’avènement de la consommation. En effet. ces personnes sont des «  innovateurs  ». la société apparaît elle aussi impliquée dans les sources de l’acte déviant. les sociétés modernes connaissent elles une solidarité organique. Néanmoins une telle thèse apparaît incomplète car elle ne comprend pas les actes irréfléchis ou sans réel gain. comme Durkheim. Selon lui. Durkheim parle d’une «  solidarité mécanique » qui implique un contrôle social informel. l’épargne. Ce choix se fait néanmoins dans une situation où réside une asymétrie d’information car l’individu ne connaît pas réellement les risques avec lesquels il doit arbitrer son choix. facteur qui entre en jeu. explique en partie le nombre croissant de vols et autres atteintes aux biens. D’une part.

les faits constatés ne représentent ainsi plus que 10% des faits constatés au total. Bien souvent cette identité ne correspond pas à son «  identité réelle  ». La question de la limitation de la déviance reste donc toute entière. on parle alors de stigmate. La déviance n’est donc pas plus le fruit d’un choix d’un individu. Cependant le retour à une société traditionnelle semble aussi difficile. On voit donc bien apparaître un phénomène d’émergence qui dépasse de loin la simple réalité d’un choix fait entre des gains et des coûts. Selon Becker. Ainsi le sociologue Sutherland explique que c’est par ce processus que les élites s’échappent de la déviance. ce sont les « entrepreneurs de morale  » (l’exemple emblématique étant celui du Conseil des Narcotrafiquants du Ministère des Finances aux États-Unis qui imposa la législation actuelle pour la marijuana). cela se produit par un phénomène d’étiquetage. L’individu se voit attribuer à tort ou à raison une « identité virtuelle » de déviant. car ils ont en effet su éviter l’étiquetage en rendant leur déviance légitime. n XIII . malgré la volonté de certains. Ici la déviance est le fruit de la collectivité. que de la volonté de chaque groupe de légitimer des normes. qui détermine la norme et ce qui n’est pas la norme ? Selon l’auteur. Ce sont ces entrepreneurs de morale qui vont déterminer l’individu comme étant déviant. Ils ont ainsi fait reculer les réglementations financières. Mais dans ce cas. Selon lui un acte est condamné comme déviant d’après la considération qu’en ont les autres individus de la société. pas de l’individu. Ce stigmate va avoir pour effet de marginaliser l’individu qui va alors souvent intérioriser cette image que l’on possède de lui et qui va finalement le pousser à être déviant.Becker part du principe que la déviance. Comme nous l’explique le texte : « le déviant est celui auquel cette étiquette a été appliquée avec succès  ». c’est avant tout le fruit du regard des autres.

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