I –Classes, stratification et mobilité sociale

Sociologie
Notions: Inégalités économiques, inégalités sociales
Acquis de première : salaire, revenu, profit, revenus de
transfert

1- 1 – Comment analyser la structure sociale?

Thème 1121– Les analyses théoriques sont-elles encore pertinentes pour
expliquer les évolutions sociales actuelles ?

 Etape 2 – La moyennisation de la société, une réalité ambigüe
 Objectifs :
-

Maîtrise du vocabulaire des analyses théoriques des classes
Réflexion sur la pertinence actuelle des analyses théoriques

 Complétez le tableau en utilisant les connaissances personnelles et les documents
Document 1 :
Les Français sont de plus en plus nombreux à se dire appartenir à la classe moyenne, ce qui est évidemment la
négation d’une conscience de classe. (…) Aujourd’hui que le mouvement atteint son achèvement, peut-on encore
parler de classe moyenne ? (...) La classe moyenne est en train de se détruire elle-même en tant que classe, entraînant
une transformation de toute la structure sociale qui enlève du même mouvement à la classe ouvrière et à la classe
dirigeante leur caractère de classe au sens fort, marxiste du terme. S’il n’y a plus lutte entre-elles, comment se
définiraient-elles l’une par l’autre ? Et en pure logique, si tout le monde est moyen, plus personne ne l’est. (…) On
peut proposer une « vision cosmographique. » Regardons notre société comme un ciel où les étoiles s’organisent en
constellations diverses plus ou moins amples, plus ou moins cristallisées. (...) Les analyses de la stratification sont
fondées sur deux échelles principales, le revenu et le niveau scolaire qui (...) délimitent un champ (...) sur lequel les
CSP se distribuent selon un ordre qui n’est pas une hiérarchie unidimensionnelle. Les groupes ouvriers et employés
sont très proches les uns des autres, c’est à peine si les employés du commerce ont un revenu supérieur à celui des
employés de l’industrie, bien que leurs diplômes soient légèrement inférieurs : toutes ces catégories peuvent être
regroupées en un ensemble qu’on appellera constellation populaire. (...) Les cadres, les enseignants et les ingénieurs
sont plus dispersés que les groupes populaires mais assez proches les uns des autres quant au diplôme : ils forment une
constellation centrale.
Source : Henri Mendras (1994), La seconde Révolution française : 1965-1984, Paris, Gallimard, coll. « folio Essais »,
p. 60-67

Document 2:
Nombre d'années qu'il
faudrait aux ouvriers pour
atteindre le niveau de vie
des cadres supérieurs (1)

Rapport du salaire
des cadres
supérieurs /
ouvriers

Croissance du pouvoir
d'achat moyen annuel des
ouvriers au cours des 5
dernières années (en %)

1955 29

3,9

4,8

1960 50

3,9

2,8

1965 40

4,0

3,5

1970 37

3,8

3,7

1975 36

3,4

3,5

1980 65

2,9

1,6

1985 372

2,7

0,3

1990 353

2,8

0,3

1995 316

2,6

0,3

1998 151

2,5

0,6

2007 166

2,7

0,6

Lecture : compte tenu du pouvoir d'achat moyen des ouvriers, il leur fallait 166 ans
en 2007 pour atteindre le niveau de vie des cadres de cette année-là, contre 29 ans
en 1955. (1) Compte tenu de l'évolution du pouvoir d'achat moyen des 5 dernières
années
Source : Louis Chauvel et actualisation à partir des données de l'Insee pour 2007

Document 3 :

Source : Futuribles , Etude rétrospective et prospective des évolutions de la société française (1950-2030)

Document 4 :

Source : INSEE, Cinquante ans de consommation en France - Édition 2009
Document 5 :
On entend parfois dire que l’essor de la consommation de masse, à l’œuvre depuis la Seconde Guerre mondiale, se
traduirait par une relative uniformisation des habitudes alimentaires. En effet, l’essor de la grande distribution,
l’industrialisation de la production et les moyens de transport modernes, qui permettent d’acheminer les produits des
pays les plus lointains à moindre frais, sont autant de facteurs qui ont permis la « démocratisation » de la plupart des
produits alimentaires auparavant réservés à une élite (café, épices, fruits exotiques, viande rouge, glaces, etc).
Pourtant, que l’on se penche sur des enquêtes statistiques de consommation alimentaire ou sur des travaux plus
qualitatifs portant sur les attitudes et les pratiques, on observe que des différences sociales persistent.(…)
Plus encore que les types de produits, leur qualité, et notamment le fait qu’ils soient labellisés, différencie les
consommateurs. Les catégories socioprofessionnelles supérieures sont ainsi plus nombreuses à déclarer acheter des
produits biologiques, comme l’indique le Baromètre 2012 de l’Agence Bio. (…)
La restauration hors foyer (RHF) représente une part croissante du budget alimentaire des ménages. Mais celle-ci s’est
surtout accrue pour les ménages les plus aisés : les repas à l’extérieur représentent ainsi en 2006 environ 30 % du
budget alimentaire du dernier décile, une part deux fois plus élevée que celle des deux premiers déciles. Il en va de
même, en moins accentué, entre les PCS : la part est de 34 % chez les cadres et de 22 % chez les ouvriers. De plus, au
sein de la RHF, il faut distinguer différents types de lieux : les plus aisés consacrent une part beaucoup plus importante
aux restaurants « classiques », tandis que les plus modestes dépensent surtout en cantines et restauration rapide
Source : Les différences sociales en matière d’alimentation, Centre d’Etudes et de prospective, n°64, Octobre 2013
Document 6 :
Inglehart étudie depuis bientôt trente ans les évolutions culturelles qui ont, selon lui, fondamentalement transformé les
sociétés occidentales et les mécanismes d’identification, de mobilisation et de participation socio-politique de leurs
populations. Ces évolutions tiendraient essentiellement à la valorisation croissante de l’autonomie individuelle aux
dépens des valeurs relatives à l’accès aux biens et aux richesses matérielles. Sous l’effet de l’accroissement des
niveaux d’instruction, des transformations urbaines et industrielles, de l’expansion des moyens de communication, la
capacité des populations à exprimer leurs opinions, à prendre part aux décisions, à s’engager en politique, s’est accrue.
Parallèlement, les populations des pays développés, ayant le sentiment que leur sécurité matérielle est acquise,
aspireraient à davantage d’autonomie, à l’affirmation de leur personnalité, bref passeraient au « post-matérialisme » :
par exemple, on souhaiterait plus souvent, désormais, s’épanouir au travail plutôt qu’accroître ses revenus. Tous les

aspects de la vie politique et sociale en seraient affectés (allégeances partisanes distendues et moindres solidarités de
classe ou confessionnelles, nouvelles formes d’organisation et d’adhésion politique, enjeux inédits, nouveaux
mouvements sociaux) et cette transformation serait structurelle.
Outre les évolutions de court terme que peut connaître la montée de ces valeurs dans nos sociétés, le remplacement
des générations, par un effet quasi mécanique, nourrirait une tendance de fond : non seulement les jeunes éduqués
dans la prospérité remplacent leurs aînés, mais toutes les cohortes d’âge sont de plus en plus exposées aux valeurs du
post-matérialisme.
Source: Perseverare diabolicum ?, in www.ceri-sciencespo.com/publica/critique/article/ci02p63-67.pdf
Document 7 :
Question :

Avez-vous le sentiment d’appartenir à une classe sociale ?

Question : Estimez-vous qu’en France, à l’heure actuelle, la lutte des classes est une réalité ?

Source : Sondage IFOP pour L’Humanité, janvier 2013

Comment définir la moyennisation de la société ?

(document 1)
Variables permettant d’illustrer cette moyennisation
Constat d’une moyennisation réelle Epoque
Données
Interprétation de cette Analyse
théorique
moyennisation
pertinente
Pourquoi ?
Analyse
théorique
inadaptée
Pourquoi ?
Constat d’une remise en Epoque
cause de la moyennisation
Données
Interprétation de cette Analyse théorique
moyennisation
pertinente
Pourquoi ?
Analyse théorique
inadaptée
Pourquoi ?

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