La boîte à mots

Vos élèves vont vous la réclamer!
Tout d’abord je demande pardon à tous ceux qui la connaissent bien et l’utilisent : la première
partie de l’article n’est pas pour vous ! Jusqu’à présent, j’étais persuadée qu’absolument
tous les profs connaissaient cet outil et que son utilisation était l’élément principal de
chacun de leurs cours. Or, dernièrement un de mes collègues m’a fait remarquer que le
concept de la boîte à mots n’est absolument pas aussi connu que celui de “respirer” : je me
suis donc mise à écrire cet article.

C’est quoi la boîte à mots ?
La boîte à mots est un recueil de vocabulaire que vous créez avec votre classe/étudiant
au fur et à mesure que vous abordez de nouveaux sujets. C’est un outil :

unique d’un groupe à l’autre, car ce sont les élèves qui choisissent les mots ;
contextualisé, car il peut contenir des mots qui sont apparus dans une situation
particulière de débat ou d’explication ;

multi-thèmes ;

simple à créer et à utiliser (vous n’avez besoin que de petits papiers) ;

efficace : son utilisation régulière donne des résultats impressionnants : les élèves
mémorisent de nouveaux mots même s’ils n’ont pas une grande motivation.

La “boîte” à mots c’est effectivement une boîte, plutôt petite (enfin, vous la prenez comme
vous voulez, évitez des boites à chaussures quand même), jolie et agréable ; ou un autre
récipient qui peut contenir des petits papiers. Personnellement, j’utilise des enveloppes.
Dans notre “boîte”, nous mettons du vocabulaire que les élèves apprennent pendant chaque
cours.

Comment l’introduire et l’utiliser ?
Pour la boîte à mots, quatre règles sont essentielles :

il faut l’introduire dès le premier cours (ou très vite au début du semestre ou de
l’année) ;
il ne faut jamais oublier de la compléter ;

il faut demander aux élèves de la compléter (et ne pas le faire à leur place) ;

il faut avoir des petits papiers ou au moins une paire de ciseaux et une feuille de
papier.

On démarre !

d’un verbe. c’est vous qui allez l’expliquer et le faire deviner à la fin de l’activité. Une fois que les élèves auront fini de noter. mais on peut utiliser d’autres moyens. Au début. notez un ou deux mots au tableau). par exemple. permettez-lui de regarder dans ses notes. à savoir :   un dessin des gestes. . pour expliquer “voiture”. ils doivent indiquer s’il s’agit d’un nom. cette activité peut s’avérer difficile pour certains apprenants. pour éviter des répétitions.)) La personne qui trouve le bon mot. C’est un outil efficace pour faire parler les gens qui en ont peur. Demandez aux élèves de ne pas regarder dans leurs notes. Dites seulement (pendant ce premier cours) que les mots seront utiles après. ils donnent l’explication EN FRANÇAIS du mot sur le papier. d’un adjectif ou d’une expression. Les expressions sont aussi possibles. des grimaces  une comparaison  un exemple (pour de faibles niveaux. Si un élève ne comprend pas le mot qu’il a pioché. Version “Jeu du pendu” – tous niveaux Faites piocher un mot par élève et jouez au pendu au tableau. On apprend ! Au début du cours suivant. Vous pouvez donner plus de papiers si quelqu’un le demande. Dites-leur de noter les mots de manière lisible et de bien vérifier l’orthographe (en cas de besoin. ramassez les papiers et mettez-les dans la boîte. mais ne dépassez pas quatre. L’explication peut se faire entièrement oralement (aux niveaux plus avancés). ça prend un peu plus de temps. sortez la boîte (c’est la TOUTE première activité). Chaque personne dit à haute voix le mot qu’elle note. Mais au fur et à mesure vous allez voir qu’ils prennent l’habitude et surtout se débloquent. En cas de panne absolue. Dans l’explication. Annoncez que vous allez travailler avec les mots notés au cours précédent. C’est le point de départ de plusieurs manières de réviser le vocabulaire avec la boîte à mots. A tour de rôle. Attention. fait à son tour l’explication d’un de ses mots.A la fin du cours (c’est la TOUTE dernière activité) distribuez aux étudiants des petits papiers – deux à trois par personne. Indiquez qu’ils doivent noter deux mots nouveaux/particulièrement intéressants/particulièrement difficiles qu’ils veulent retenir après ce cours. Version de base – tous niveaux (si vous aimez observer que vos élèves apprennent) Faites piocher aux élèves trois mots qu’ils doivent garder secrets. dire: “Peugeot” ou “Renault” ou une autre marque FRANÇAISE bien sûr .

Partagez le contenu de la boîte entre les élèves. l’explication – sous différentes formes – arrive) Ce n’est pas une activité qui vise à humilier ceux qui ne comprennent pas ! Montrez aux élèves qu’ils peuvent s’aider les uns les autres. par exemple. Ensuite. tout en respectant la contrainte (p. laissez du temps pour que le lecteur pose des questions à l’auteur (attention quand même au temps !). non ?) Version “Phrase” à partir de A2 (si la créativité de vos élèves a besoin d’un coup de main) Faire piocher aux apprenants cinq mots de la boîte et demander aux binômes de rédiger une phrase avec ces cinq mots . je ne comprends pas… – Moi. un texte au passé composé…). un mode. cette phrase doit prouver qu’ils comprennent le vocabulaire utilisé :). Cela peut paraître une activité plutôt classique. Ceux qui en sont capables seront fiers et ceux qui recevront l’explication auront envie de savoir pour partager le savoir (parce que c’est un plaisir. Si non. Invitez les élèves à parler entre eux ouvertement : – Ça. pour créer une liste de vocabulaire exclusive de la classe en question. je comprends. ramassez les feuilles.Version “Je ne comprends pas”. Chaque élève pioche sept mots et écrit un court récit dans lequel il les insère. Ils l’imprimaient. Version “Raconte-moi”. mais j’ai observé beaucoup de fois (et je parle des apprenants adultes) un vrai engagement et un vrai sentiment de responsabilité pour aboutir à la création de cette liste commune. C’était formidable :) . Demandez de lire les textes. Version “Révision totale”. c’est… (et voilà. un texte avec trois verbes au conditionnel présent. mélangez et distribuez pour que chacun se trouve avec le texte de quelqu’un d’autre. A1-A2 (pour renforcer l’interaction et la coopération au sein du groupe) A réaliser avant un test ou dans un groupe où il y a de grosses différences de niveau ou de nombreuses absences. on rassemble les fichiers et on en fait un. Une fois les textes écrits. Demandez aux élèves de créer deux colonnes nommées “Je comprends” et “Je ne comprends pas”. à partir de A1 A réaliser à la fin du semestre. la gardaient dans leurs notes pendant les semestres suivants et utilisaient ce vocabulaire dans leurs récits par exemple. une construction grammaticale que vous êtes en train de travailler). en soignant l’orthographe. à partir de A2 (si vous avez l’impression de ne pas assez travailler l’expression écrite) Imposez une contrainte grammaticale (donc. Dépouillez la boîte et mettre tous les mots face visible sur la table.ex. avant un test final ou un examen. un temps. Demandez si les textes sont compréhensibles. On peut mettre un mot dans la colonne “Je comprends” à condition que toutes les personnes comprennent vraiment. Chacun est responsable de réécrire sa partie dans un fichier Word. qui est une œuvre commune.

Mes élèves sont à tel point habitués à l’utilisation de la boîte à mots qu’en cas d’un petit oubli de ma part (je ne suis qu’un être humain) ils me regardent fixement en demandant: “Et la boîte???” Ewa – les Zexperts .