Alliages de fonderie, traitements et moyens de fusion.

I. Principe général des alliages.
A. Les fontes (principe).
Dans les fontes, la totalité du carbone peut se combiner au fer pour former de la cémentite ; on
obtient alors des fontes blanches. Dans le système fer - carbone, la cémentite est un composé
métastable qui, au cours d’un refroidissement lent dit d’équilibre stable, se décompose en
graphite et en ferrite.
Avec la seule action de la cinétique de refroidissement, on obtient déjà deux grandes classes
de structures des fontes :
-fontes blanches (perlite + cémentite) : refroidissement rapide
-fontes grises (graphite + ferrite) : refroidissement lent

B. Eléments d’addition
Eléments graphitisants : Si, Ni, Cu,…
Elements carburigènes : Cr, Mn, Mo,…
Type de
fonte
Blanche
Grise
Malléable
GS

C

Si

Mn

S

P

%
3,3 à 3,6
3 à 3,7
2 à 2,6
3,0 à 4,0

%
0,4 à 1,2
1,2 à 2,5
1,0 à 1,6
1,8 à 3,0

%
0,25 à 0,8
0,25 à 1,0
0,2 à 1,0
0,10 à 0,8

%
0,06 à 0,2
0,02 à 0,25
0,04 à 0,2
0,03

%
0,05 à 0,2
0,05 à 0,1
0,20
0,10

Certains éléments comme le Ni et le Mo sont rajoutés afin d’obtenir des structures de type
hors équilibre pendant un traitement thermique ultérieur.

C. Les composants des fontes.
- Le carbone
Le carbone est avec le fer, l'élément de base de la composition des fontes et des aciers.
L'introduction de ferrailles dans les lits de fusion nécessite souvent de "recarburer" le bain par
des additions de matières carbonées. La solubilité du carbone dans un bain ferreux augmente
avec la température. Le carbone est gammagène et forme avec le fer ainsi qu'avec beaucoup
d'autres éléments des carbures plus ou moins stables, métastables. Il joue un rôle déterminant
dans les transformations à l'état solide.
Le silicium
Élément normal de la fonte, il devient élément d'addition au-dessus d'une teneur de 3 %.
Élément alphagène, il joue un rôle fondamental en métallurgie des fontes, car, aux teneurs

évanescent. On l'élimine autant que possible des bains de fonte par réaction avec des laitiers ou des poudres basiques en milieu réducteur. ou qui sont ajoutés à la charge pour obtenir la teneur visée. carbure isomorphe de la cémentite. Il entre donc dans la composition d'aciers. . Si les teneurs en C et Si ne sont pas trop élevées. ils produisent un effet germinateur du graphite. sont des corps inoculants. La solubilité du MnS dans le fer liquide est inférieure à celle du FeS. Ainsi. accroît la ségrégation à la coulée et abaisse la tension superficielle. il se forme ainsi un réseau dur favorable à la résistance à l'usure. diminue la fluidité. la présence de manganèse dans la fonte est donc favorable à la désulfuration.. il se dissout dans la ferrite en solution solide et en améliore les caractéristiques. suppression du graphite de surfusion. Phosphore Élément faiblement graphitisant. L'excès de manganèse fixe le carbone sous forme de Mn3C. Son action fragilisante se manifeste dès les plus faibles teneurs dans les aciers et les fontes. Ajoutés en petite quantité au métal liquide avant la coulée. En effet. Soufre Le soufre est une impureté généralement nocive qui peut provenir du minerai mais dont le principal apport vient du coke des charges (lors de la fusion au cubilot). Il peut accroître la tendance à certains défauts de fonderie : abreuvages. il stabilise la cémentite et la perlite.. en raison probablement des faibles teneurs en aluminium et en calcium qu'ils contiennent. comme on l'a vu précédemment. soufflures dans les fontes. Si après cela il persiste du manganèse en excès. En effet. il oriente la solidification des alliages Fe-C-Si vers le système stable (graphite+ferrite). le phosphore est une impureté des minerais ferreux qu'on élimine le plus possible par oxydation en présence de laitier basique. pour les teneurs supérieures à 0. Il accroît le retrait.3 %. Le manganèse est aussi un élément gammagène plus économique que le nickel. qui entraîne plusieurs avantages pratiques : multiplication des cellules eutectiques. le rôle principal du manganèse est de fixer. il apparaît sous forme de Fe3P qui constitue les cristaux d'eutectique phosphoreux. augmente la fragilité. C'est un graphitisant puissant. Il se combine de préférence au Fe et au Mn pour former respectivement du FeS et du MnS.considérées (jusqu'à 18 %). de fontes alliées austénitiques ou martensitiques. mais son effet carburigène limite dans certains cas les teneurs admissibles dans les fontes. Dans les fontes grises. Les ferro-silicium. il améliore la coulabilité. le soufre sous forme de MnS. élimination des carbures. Manganèse Cet élément provient de la réduction des oxydes de manganèse contenus dans les minerais de fer.

l'austénite peut dissoudre de 0.La ferrite. - - La cémentite ou carbure de fer est une combinaison métallique de fer et de carbone définie chimiquement par la formule Fe3C (contenant 6. 2.85 % de carbone à 735 °C à 1. 1. peu résistant et magnétique à température ambiante (point de curie à 768 °C). Les constituants des fontes. Nous sommes en présence de la variété α du fer dont la solubilité maximum en carbone est de 0. Solution solide de carbone dans le fer γ. . cassant et très fragile. La ferrite est une solution solide d'insertion de quelques atomes de carbone dans le fer α (sous forme cubique centré). Le fer α peut dissoudre de 0. Elle est constituée par une maille orthorhombique dont le motif de base peut-être assimilé à un triangle par simplification. composants principaux des fontes. Dans les fontes grises suivantes : fonte perlitique à cémentite fonte perlitique : la cémentite proeutectoïde à disparu fonte perlitique à ferrite - L’austénite.D.La cémentite.67 % de carbone). C'est un corps très dur.5 % à 10 % de silicium. Les constituants et composants des fontes. Le fer et le carbone. de sa vitesse de refroidissement et des états physiques du fer (α ou γ) nous permet de déterminer ses constituants qui peuvent être de nature différente. La ferrite est un corps très ductile. peuvent coexister dans celles-ci pour former : • • des combinaisons chimiques des solutions solides L'étude du refroidissement d'une fonte en fonction de sa composition. .05 %. résilient. Introduction. Ce corps n'est pas stable en dessous de 735 °C.7 % de carbone à 1130 °C. En .

ou à former des carbures.… .Austénitisation qui permet d’obtenir une structure austénitique homogène. Principe. ductilité. V. titane. Les aciers. Action générale des éléments d’addition L’action des éléments d’addition sur les caractéristiques des aciers dépend essentiellement de deux facteurs : . Certains éléments. Le Si et le Ni qui ne forment pas des carbures se retrouvent en solution dans la ferrite. La simple observation du diagramme Fer . Ainsi. chrome. c'est à cette température que ce produit le changement de variété allotropique du fer. . ferrite et cémentite varie en fonction du % de carbone. élargissent le domaine de stabilité de l’austénite et abaissent les températures de transformation.rejet de graphite si le refroidissement est suffisamment lent . Objectifs généraux des traitements thermiques Ces traitements ont pour but d’améliorer notablement les propriétés mécaniques des aciers en cherchant le meilleur compromis entre la limite élastique ou la limite de rupture et le couple ténacité.Le type de modification qu’ils apportent de stabilité de l’austénite. D’autres éléments. Par ordre d’affinité avec le C : Cr. Mo. la proportion de perlite. appelés gammagènes. manganèse… Eléments alphagènes : silicium. Le fer γ se transforme en fer α avec un rejet de carbone sous différentes formes : . rétrécissent le domaine de stabilité de l’austénite et élèvent les températures de transformation. On peut décrire ces traitements par les étapes suivantes : . dits alphagènes. On peut donc obtenir des structures austénitiques. molybdène.rejet de cémentite si le refroidissement est rapide II. Eléments gammagènes : nickel. Nb.La tendance des éléments à se substituer en partie aux atomes de fer de la cémentite Fe3C. pour des conditions d’équilibre. W. Ti.Carbone nous montre que la structure de base d’un acier non allié dépendra de sa teneur en carbone par rapport à la teneur eutectoïde.effet.

étirage.. I. depuis son développement industriel au début du 20ème siècle n'a pas cessé d'envahir notre vie quotidienne. forgeage. ces métaux sont les plus utilisé juste après les fontes et les aciers. L'élasticité. L'aluminium.. . Son utilisation est souvent liée à une de ses principales qualités : sa légèreté.. Les alliages d’aluminium.5 % en volume) peut être résolu par un bon tracé de la pièce et un système de masselotage adéquat. Les principales caractéristiques des alliages d'aluminium sont les suivantes : • • • • • • • • • masse volumique faible bonne usinabilité bel aspect bonne résistance à la corrosion caractéristiques mécaniques intéressantes compte tenu de la masse volumique bonnes conductivités électrique et thermique durcissement important par traitement thermique bas point de fusion (658 °C) inconvénient : faible résistance à l'usure et à la fatigue La mise en œuvre des alliage d'aluminium est assez facile par un grand nombre de procédés : laminage. formage. Introduction Fabriqué industriellement depuis 1886 à partir des bauxites et de la cryolithe. métallurgie des poudres. certaines précautions en soudage et en usinage.Trempe dont le but est d’éviter la transformation de l’austénite en produits d’équilibre (ferrite et perlite) au profit de la martensite. . Le grand retrait au moulage (3. extrusion..Son coefficient de dilatation important et sa grande conductivité thermique imposent. assez élevée. à cause des dilatations.5 % à 8. III. La soudabilité dépend de la trempe et du revenu pratiqués sur la pièce.Revenu pour un retour partiel à une structure comportant les constituants d’équilibre. moulage. peut être une gêne dans certains cas d'usinage.