Le FOS est l'abréviation de l'expression "Français sur Objectifs Spécifiques".

Il s'agit d'une branche de la
didactique du FLE. Ce dernier s'adresse à toute personne voulant apprendre le français dit "général". Par contre,
le FOS est marqué par ses spécificités qui le distinguent du FLE. La principale particularité du FOS est
certainement ses publics. Ceux-ci sont souvent des professionnels ou des universitaires qui veulent suivre des
cours de français à visée professionnelle ou universitaire. Donc, ils veulent apprendre non LE français mais
.plutôt DU français pour réaliser un objectif donné
Les caractéristiques des publics de FOS
Ce sont les publics qui constituent la particularité principale de cette branche du FLE. Ils se distinguent par les
:points suivants
La diversité des publics du FOS (1
Les publics du FOS sont marqués par leur diversité qui comprend plusieurs catégories. Cette diversité témoigne
de la richesse de cette branche du FLE. Parmi les publics du FOS, on peut trouver des travailleurs migrants, des
professionnels, des spécialistes ainsi que des étudiants poursuivant leurs études dans des universités
:francophones. Il s'avère important de mettre l'accent sur les principaux acteurs de cette diversité
A ) Les travailleurs migrants et leurs familles
Arrivés en France, les travailleurs migrants ont du mal à s'adapter avec leurs nouveaux milieux professionnels et
culturels. Au niveau professionnel, Ils ont besoin d'un certain français spécifique dans leur travail afin qu'ils
soient capables d'accomplir certaines tâches professionnelles. Leur besoin du français ne se limite pas au milieu
professionnnel mais il concerne également leur vie quotidienne (effectuer des procédures administratives à la
préfecture ou à la mairie, faire des courses, suivre l'actualité locale, etc.). Notons égalment que ces travailleurs
arrivent souvent en France en compagnie de leurs enfants. Ces derniers sont scolarisés dans des établissements
français. Vu que leur langue maternelle n'est pas le français, ces enfants, applelés ENAF (élèves nouvellement
arrivés en France), doivent faire face à des difficultés pour suivre leurs cours. Une telle situation pousse certains
enseignants à mettre l'accent sur un nouveau type de français qui voit le jour sous le nom de "Le français
.scolaire". ce dernier vise principalement à préparer les enfants des migrants à suivre leurs cours
B) Les professionnels et les spécialistes ne quittant pas leur pays
Beaucoup de professionnels et de spécialistes non francophones ont besoin de français dans leurs activités
professionnelles. L'importance de ce besoin varie selon leurs activités et leur milieu du travail. Il peut être
primordial pour exercer leur métier. C'est le cas des guides touristiques travaillant avec des touristes
fancophones. Dans ce contexte, le français est d'une importance capitale afin qu'ils puissent faire face aux
situations de travail. Pour d'autres professionnels, le FOS les aide à prendre contact avec leurs homologues
fancophones venant participer à des projets communs. Prenons l'exemple des techniciens et des architectes
égyptiens travaillant avec leurs holomogues français dans la construction du métro du Caire. Citons également la
tendance de la délocalisation de certaines entreprises françaises qui commencent de plus en plus à s'installer dans
des pays de l'Europe d'Est (La Roumanie, La Bulgarie, L'Hongrie, etc.). Les ingénieurs et les techniciens locaux
de ces pays ont besoin du FOS en vue de bien mener leurs communications aux milieux professionnels. Reste à
noter le besoin aléatoire de certains spécialistes notamment universitaires qui se montrent de temps en temps
intéressés à lire des références et à participer à des colloques ou des conférences en français dans leur domaine de
.spécialité
C) Le public étudiant
Le public étudiant constitue une composante importante dans la diversité du FOS. Il représente la ressource
inépuisable qui garantit la présence active du FOS au sein des universités et des centres de langues. Dans ce
contexte, on peut distinguer deux types d'étudiants. Le premier type concerne ces étudiants étrangers, souvent
boursiers, qui s'intéressent à poursuivre leurs études supérieures dans des universités francophones (françaises,
canadiennes, belges, etc.). Le deuxième type s'agit d'étudiants qui restent dans leurs pays nataux en suivant des
cours dans le cadre des filières francophones qui connaissent un grand succès dans le monde entier. Dans les
deux cas, ces étudiants ont besoin de suivre des cours, lire des références, rédiger des mémoires, voire des thèses,

discuter avec leurs professeurs, etc. Pour ce faire, ils doivent maîtriser plus ou moins le français dans leur
spécialité. Ils ont deux possibilités pour le faire: soit ils suivent un stage intensif en FOS avant de partir à
l'étranger, soit ils suivent des cours en FOS organisés par certaines universités francophones au début de leurs
études. Vu leur temps limité, ces cours semblent insuffisants pour préparer les étudiants à accomplir leurs tâches
mentionnées ci-dessus. C'est pour pourquoi, beaucoip d'étudiants étrangers, malgré leurs compétences
intellectuelles, ont du mal à faire du progrès dans leurs études notamment lors de leurs premier mois aux
universités francophones. D'où l'idée d'élaborer une formation du FOS à distance à l'attention de ces étudiants qui
peuvent suivre cette formation du FOS tout
Les besoins spécifiques (2
La présence des publics du FOS est liée toujours à la prise en considération de leurs besoins spécifiques qui
constituent la particularité principale de ces apprenants du FOS. C'est grâce à ces besoins spécifiques que les
publics du FOS se distinguent par rapport aux autres publics du FLE qui veulent avant tout apprendre DU
français et non pas LE français. Cet apprentissage a pour fonction de réaliser des buts précis dans des contextes
donnés. Vu cette relation étroite entre les publics du FOS et ses besoins, on les appelle parfois « publics des
besoins spécifiques ». On s'intéresse à mettre en relief les éléments suivants:
- L'identification des besoins
En fait, chaque concepteur des programmes du FOS doit avant tout identifier les besoins de ses apprenants.
L'identification des besoins consiste à collecter les informations concernant les situations cibles où les apprenants
utiliseront la langue. Cette identification se fait de manière directe dans la mesure où le concepteur a la
possibilité de rencontrer ses apprenants avant la formation en vue de discuter avec eux leurs besoins langagiers.
Les apprenants peuvent également exprimer leurs besoins en répondant à un questionnaire préparé par le
concepteur. Une fois que les besoins sont identifiés, le concepteutr est en mesure de définir les objectifs à
atteindre lors de la formation prévue. Ces objectifs tournent autour de compéténces linguistiques que les
apprenants doivent maîtriser dans un domaine donné. Enfin, le concepteur passe à la dernière étape qui consiste à
élaborer le contenu sensé répondre aux besoins des apprenants.
- La classification des besoins
Pour mieux comprendre les besoins langagiers, beacoup de didacticiens, à l'instar de R. Richterich, ont proposé
plusieurs classifications. Chaque classification met l'accent sur une caractéristique particulière du besoin
langagier. A travers les classifications proposées, les didacticiens soulignent la différence entre plusieurs types
des besoins. On en cite:
- Les besoins individuels/ sociaux.
- Les besoins subjectifs/objectifs.
- Les besoins prévisibles/imprévisibles.
- Les besoins concrets/figurés.
Dans ces différentes classifications, on constate l'opposition entre les différents types de besoins
(individuels/sociaux, subjectifs/objectifs, prévisibles/imprévisible, etc.). Mais cette opposition n'est que
superficielle. Prenons l'exemple de la première classification des besoins (individuels/sociaux). Si un apprenant
du FOS a des besoins langagiers individuels (par exemple, maîtiser le français du tourisme). Ce besoin
apparemment individuel ne se réalise que dans un contexte social, voire professionnel. Précisons également que
ce besoin dit individuel trouve ses origines dans les besoins sociaux qui créent chez l'apprenant du FOS non
seulement le besoin mais aussi la volonté de suivre une formation dans un domaine donné. Certes, il y a des
besoins purement individuels mais ils sont d'une part rares et d'autre part ils peuvent se réaliser à long terme dans
un contexte social ou professionnel.
- Les composantes des besoins langagiers

Le besoin langagier se compose de trois composantes principales:
1) La composante psycho-affective
Il s'agit de ce semtiment d'insécurité qu'éprouve l'apprenant au début de son apprentissage vis-à-vis d'une langue
étrangère. Ce sentiment se manifeste souvent au début de l'apprentissage. L'apprenant se demande s'il peut suivre
cet appentissage jusqu'au bout. Incapable de vaincre ce sentiment d'insécurité linguistique, l'apprenant finit
parfois par abandonner l'apprentissage du FOS. Pour faire face à cette difficulté, il s'avère important de souligner
le rôle de l'enseignant qui doit aider l'apprenant à surmonter ce sentiment. Il peut encourager l'apprenant à suivre
sa formation en lui indiquant les avantages qu'il pourra avoir au terme de cet apprentissage.
2) La composante langagière
Cette composante couvre trois domaine différents. D'abord, la communication en classe qui se fait en langue
étrangère non en langue maternelle des apprenants. L'enseignant donne de temps en temps des consignes en
français aux apprenants. Au début de l'apprentissage, les apprenants ont du mal à comprendre ces consignes.
C'est pourquoi, il est conseillé à l'enseignant de commencer par des consignes faciles à retenir en les répétant
plusieurs fois au cours de la formation. Le deuxième domaine concerne cette différence entre la communication
apprise en classe et celle en situation réelle. Dans le cadre du FOS, le concepteur doit utiliser des documents
authentiques lors de la formation. Ces documents authentiques jouent un rôle de premier plan, d'un côté, ils
rendent les apprenants plus motivés à suivre cette formation et d'un autre côté ils les préparent à mieux affronter
les situations cibles aux milieux professionnel ou universitaire. Quant au troisième domaine, il s'agit de
l'apprentissage lui-même et ses représentations chez l'apprenant en tant que valeur d'échange. Ces
représentationsi peuvent soit facililter ou freiner l'apprentissage.
3) La composante socio-culturelle
Suivre des cours en FOS ne consiste non seulement à maîtriser l'aspect linguistique mais aussi l'aspect socioculturel de cette langue. Pour communiquer en langue étrangère, il faut comprendre la culture de cette langue.
Par exemple, un étudiant chinois venant poursuivre ses études en France doit comprendre les spécificités de la
culture française d'autant plus que sa culurure d'origine est complètement différente. C'est pourquoi, les
didacticiens du FOS se mettent d'accord sur l'importance de souligner l'aspect intercuturel dans le cadre des
activités proposées.
Pour savoir plus d'informations, vous pouvez lire les ouvrages suivants:
- R. Richterich, Besoins langagiers et objectifs d'apprentissage, Hachette, Paris, 1985.
- E. Stones, Introduction à la psychologie , Les Editions ouvrières, Paris, 1973.
- P. Fouliquié, Dictionnaire de langue pédagogique, Paris, 1971.
- G.H Radowski, les jeux du désir, PUF, Paris, 1980.
- D. Lehmann, Objectifs spécifiques en langues étrangères , Hachette, Paris, 1993.
La motivation des publics du FOS (3
Les apprenants du FOS sont marqués par leur motivation d'autant plus qu' ils suivent cette formation spécifique
pour réaliser un but précis aussi bien au niveau professionnel qu'universitaire. La formation du FOS constitue "un
accélérateur professionnel" dans la mesure où elle ouvre aux apprenants, au terme de leur formation, d'autres
débouchés plus privilégiés dans le monde professionnel. Prenons l'exemple d'une entreprise japonaise qui décide
d'avoir une branche dans un pays francophone. Alors, l'administration choisit, parmi son personnel, les employés
qui maîtrisent bien le français des affaires. Ces employés sont certainement plus privilégiés au niveau de salaire
par rapport à leurs collègues qui travaillent au Japon.

Notons également que la motivation des publics du FOS est liée en grande partie au fait qu'ils ont des objectifs
précis de leur apprentissage. Ils suivent des cours du FOS pour réaliser un objectif donné. Autrement dit, la prise
de conscience de l'utilité des cours ne fait que favoriser leur motivation. Par contre, nous avons constaté, au cours
de notre expérience du FLE, que les lycéens se montrent souvent desintéressés de suivre ce type des cours parce
qu'ils sont, d'une part obligés d'assister aux cours et ils ne voient pas, d'autre part, l'utilité de ces cours.
Il faut tenir compte du fait que la formation du FOS vise à réaliser des besoins non seulement précis mais aussi
urgents et immédiats. Ces besoins devraient être satisfaits juste après la formation. Une telle situation rend les
apprenants plus motivés par rapport aux autres apprenants qui n'ont pas de besoins immédiats. Face aux
difficultés qu'affronte le public du FOS, c'est leur motivation qui les aident à y faire face. D'où l'importance du
rôle de l'enseignant qui doit susciter chez ses apprenants leur motivation en leur rappelant de temps en temps les
avantages de suivre une telle formation.
Le temps limité des publics du FOS (4
Une des contraintes des publics du FOS est leur temps limité consacré à l'apprentissage. Une bonne partie des
apprenants sont des professionnels qui ont un emploi de temps assez chargé. Alors, ils sont obligés de suivre les
.cours de FOS souvent le soir après une longue journée de travail ou pendant le week-end
Les difficultés des publics (5
1) L'absence du choix
Certains apprenants se voient parfois obligés par leur institution professionnelle ou universitaire de suivre des
cours du FOS sans savoir leur l'utilité. Alors, ils assistent aux cours proposés sans avoir aucune motivation, celleci constitue un facteur-clé dans l'apprentissage en général et dans celui du FOS en particulier. Actuellement, on
constate que des entreprises non francophones s'intéressent à avoir relations commerciales avec leurs
homologues en France. Donc, ils ont besoins de préparer leur personnel afin de bien mener ces relations aussi
bien à l'oral qu' à l'écrit. Dans une telle situation, les apprenants ne sont pas consultés à propos de leurs besoins
langagiers. On peut trouver la même situation dans certaines universités non francophones qui accordent une
importance à ouvrir des filières francophones au sein de leurs établissements. Ces derniers imposent à ces
étudiants certaines leurs spécialités enseignées en français. En vue de surmonter cette difficulté, l'institution,
qu'elle soit professionnelle ou universitaire, doit convaincre ses membres des avantages qu'ils pourront tirer des
cours en FOS. Par exemple, dans une entreprise, les cours du FOS aident le personnel d'avoir une promotion au
niveau professionnel. Une telle promotion signifie certainement une augmentation de leur salaire. Dans le monde
universitaire, les étudiants du FOS seront mieux préparés au marché du travail qui demande de plus en plus des
professionnels maîtrisant des langues étrangères dans leur spécialité.
2) La difficulté du temps limité
La plupart des publics du FOS sont souvent des professionnels qui ont des occupations qui rendent limité leur
temps consacré à l'apprentissage. Si l'institution des apprenants propose de suivre des cours du FOS, les
apprenants ont alors le temps pour le faire. Sinon ils sont obligés de suivre ces cours après une longue journée du
travail ou pendant leurs jours de congé. S'ils ne sont pas motivés de suivre ces cours traditionnels du FOS, ils
finissent par abandonner l'apprentissage. Il faut tenir compte du fait que le temps limité à l'apprentissage est une
des principales caractéristiques des publics du FOS. C'est pourquoi, on propose une formation à distance du FOS.
Vous trouvez dans la rubrique Formation thématique des exercices autocorrigés qui aident les apprenants à
s'entraîner selon leur disponibilité dans leur domaine de spécialité.
3) La difficulté des déplacements
Les apprenants du FOS sont parfois obligés de se déplacer à un endroit loin de leur domicile ou de leur travail
pour assister aux cours qui se tiennent souvent dans les grandes villes, alors les apprenants de province ont du
mal à y assister régulièrement. Se déplacer dans une autre ville ou même dans la même ville prend beaucoup de
temps alors que les apprenants du FOS ont du temps très limité pour l'apprentissage ce qu'on a souligné dans la
difficulté précédente. Face à ce problème, notre site propose des formations à distance que les apprenants

peuvent suivre dans les quatre coins du monde sans avoir besoin de se déplacer. Ceci donne aux apprenants la
possibilité de choisir les heures d'apprentissage selon leur emploi de temps professionnel.
4) La difficulté financière
Le coût élevé des cours du FOS n'est que le résultat des difficultés précédentes. Les cours traditionnels du FOS
coûtent cher vu le temps de leur appretissage à y consacrer et les déplacements à faire. A cela s'ajoute le
programme du FOS qui vise principalement un public très limité dans une spécialité pointue (chimie organique,
ophtalmologie, chirurgie esthétique, gestion des entreprises, etc). Dans une telle situation, le concepteur se trouve
souvent en face d'un petit nombre d'apprenants lors de la formation. Il en résulte que la rentabilité des cours est,
d'une part faible pour le concepteur vu le temps de l'élaboration des cours (analyse des besoins, collecte des
données, préparations des activités langagières, etc.). D'autre part, les apprenants payent cher les cours du FOS à
cause de leur nombre restreint en classe. Les TICE peuvent résoudre ce problème en proposant une formation
accessible pour un très grand nombre d'apprenants. Alors, elles seront plus rentables pour le concepteur et moins
chères pour les apprenants.
5) La difficulté psychologique
La plupart des publics sont des adultes qui ont terminé leur apprentissage depuis un certain temps où ils se sont
engagés dans le monde professionnel. Il s'agit parfois de responsables et de cadres qui ont du mal à reprendre le
chemin de la classe. Ils se trouvent souvent à côté de jeunes qui suivent la même formation. C'est pourquoi, ils
hésitent à assister à ces cours traditionnels en se contentant dans la plupart de temps d'acheter un manuel dans le
domaine visé, ce qui ne satisfait pas ses besoins de l'apprentissage. Le FOS. COM surmonte cette difficulté en
proposant une formation individuelle qui favorise l' autonomie des apprenants.

Historique du FOS
Le FOS a connu plusieurs développements tout au long de son histoire. On peut les résumer dans les étapes
suivantes:
Le Français Militaire
L'histoire du FOS remonte aux années vingt du siècle précédent où une commission militaire était chargée
d'élaborer un manuel du français militaire destiné aux soldats non-francophones combattant dans l'armée
française. Ce manuel a vu le jour en 1927 sous le nom de " Réglement provisoire du 7 juillet pour l'enseignement
du français aux militaires indigènes ". A la suite de la première guerre mondiale, la France a décidé de rendre les
soldats de leurs colonies, notamment celles d'Afrique, plus efficaces au niveau militaire à travers l'amélioration
de leurs compétences langagières en français. Présidée par le général Monhoren, la commission militaire a
élaboré ce manuel militaire qui a deux objectifs à réaliser. D'une part, il doit faciliter les rapports des soldats avec
leurs supérieurs en français. D'autre part, ces soldats, de retour dans leurs pays d'origine, doivent contribuer au
.développement de leurs pays
Les enseignants du français militaire accordent une importance particulière à la composition des classes qui
doivent être homogènes au niveau des apprenants. Pour ce faire, ils prennent en considération trois critères
principaux: le degré d'instruction des soldats, leur dialecte parlé et le nombre limité à 20 élèves par classe. Le
manuel du français militaire se compose de 60 leçons, elles portent sur la vie quotidienne dans les casernes où on
aborde également l'habillement, les verbes du mouvement, les grades, le salut, la visite des officiers, etc. Au
cours de chaque leçon, les militaires apprennent une douzaine de mots. Notons également que des leçons ont été
consacrées à enseigner quelques aspects de la terminologie militaire: les munitions, la transmission,
:l'observation, le service de la santé, etc. On cite le passage suivant tiré du manuel et porte sur l'observation
A la guerre, pour avoir des renseignements, sur - l'en-ne-mi -, on doit l'ob-ser-ver . L'observation se fait -à - "
la-vue - et par -l'é-cou-te. Dans l'infanterie, tous les - guet-teurs observent le terrain du côté de l'ennemie, ils
donnent - l'a-lar-me - si l'ennemie s'approche. Dans chaque bataillon, il y a un sergent - ob-ser-va-teur - et des
soldats observateurs ; ils se servent de -ju-mel-les - avec les quelles ils voient très loin. Dans l'artillerie, il y a
aussi des observat- eurs placés dans des observatoires. L'observation par l'écoute, se fait dans des postes placés
sous terre ; les hommes de ces postes ont des appareils - a-cous-tique ; avec des appareils, ils entendent très

" loin
On constate que les termes de l'observation sont à la fois écrits en gras et syllabés en vue d'attirer l'attention des
apprenants sur le lexique à retenir et la façon de le prononcer. Assurés par des lieutenants et des sous-lieutenants,
les cours de ce manuel sont donnés dans le cadre de la méthode directe. L'enseisgnant parle toujours avec ses
apprenants en français. Il est interdit de parler le dialecte des élèves au cours de l'apprentissage. On peut faire
appel à un interprète lors de premiers cours. Pour expliquer un verbe ou un terme, l'enseignant a recours à la
.gestuelle et aux mimiques afin d'éviter la traduction
Soulignons que l'élaboration de ce manuel s'est faite dans un contexte historique bien déterminé, ce qui justifie le
fait que la diffusion de ce manuel était limitée aux militaires. Après la deuxième guerre mondiale et
l'indépendance des colonies occupées par la France, ce manuel est tombé aux oubliettes. Mais, au seuil du vingtunième siecle, l'industrie militaire française a connu un progrès remarquable, ce qui pousse des pays non
francophones à conclure des transactions avec la France pour acheter de nouvelles armes et de former leurs
militaires. Dans les deux cas, ces militaires étrangers ont besoin d'un français spécialisé dans le monde militaire.
.Une telle situation pourrait contribuer à donner une deuxième naissance au français militaire
:Pour plus d'informations sur ce sujet, vous pouvez consulter
Règlement provisoire du 7 juillet 1926 pour l'enseignement du français aux militaires indigènes , Charles- .Lavauzelle et Cie, Editeurs militaires, Paris, Limoges, Nancy, 1927
Gisèle Kahn, Un manuel pour l'enseignement du français aux militaires indigènes, in Publics spécifiques et .communications spécialisées, Hachette, Paris, 1990
Le Français scientifique et technique
A partir de 1960, on constate l'émergence d'un nouvel enseignement du français qui est destiné à un public
spécifique. A cette époque, le français en tant que langue étrangère connaît un recul sur la scène internationale.
Ce recul a poussé les responsables français du ministère des Affaires Etrangères à chercher de nouveaux publics
dans divers domaines. Alors, on commence à accorder un intérêt croissant aux domaines scientifique et
:technique. Cette volonté de recupérer le statut mondial du français se traduit en pluiseurs actions
.La création du Centre scientifique et technique français à Mexico en 1961 La tenue des stages et des rencontres internationales ainsi que des "Journées d'études" (Paris 1960, Strasboug 1960 et Toulouse 1962)
L'organisation des " Cours Spéciaux pour Etudiants Etrangers " dont une partie de ces cours était consacrée à des spécialités scientifiques. Ces cours sont donnés à l'intitiative de l'Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud,
.qui deviendra plus tard le CREDIF
Le Minsitère des A.E demande aux éditions Hâtier d'élaborer un manuel pour enseigner le français scientifique .et technique. Ce manuel a vu le jour en 1971
Le service culturel à l'ambassade de France à Damas commence à assurer des cours des mathématiques en .français
Au niveau méthodologique, soulignons que la tendance du français de spécialité s'accompagne avec la montée en
force du Français Fondamental où l'accent est mis sur le contenu des cours notamment le lexique. Il s'agit d'un
recensement des termes et des expressions les plus récurrents en français. Ils étaient présentés en trois niveaux:
Niveau 1, Niveau 2 et perfectionnement. Or, en 1961, Gaultier propose un modèle de langue de spécialité. ce
dernier met l'accent sur trois catégories principales: les sciences exactes et narurelles (mathématiques, physique,
chimie, etc.), les sciences humaines (le droit, l'économie, l'administration, etc.) et les Arts et les Lettres
(littérature, musique, l'art plastique, etc.). Selon ce modèle, l'enseignant prépare ses apprenants à travers quatre
étapes. Les deux premières sont consacrées au Français Fondamentale. Quant aux troisième et quatrième étapes,
elles visent à initier les apprenants aux langues spécialisées selon leurs domaines. Les productions pédagogiques

du français scientifique et technique du CREDIF ne font que refléter cette tendance. Dans ce contexte, on peut
:citer
Les Vocabulaires spécialisés: Vocabulaire d'initiation aux études agronomiques, Vocabulaire d'initiation à la (1
critique et à l'explication littéraire, Vocabulaire d'initiation à la vie politique et Vocabulaire d'initiation à la
.géologie
Le Vocabulaire Général d'Orientation Scientifique (VGOS) (2
:Des dictionnaires contextuels: on peut en citer (3
Dictionnaire contextuel de français pour géologie .Dictionnaire contextuel d'un domaine de la vie politique. Elections législatives Il est à préciser que le français scientifique et technique est influencé par la méthodologie de la Structuro-Global
audiovisuelle (SGAV). Celle-ci commence à occuper le devant de la scène au cours de années 1960-1970. La
SGAV est marquée par la présence du son et de l'image sur le même support. Dans le cadre de cette tendance
méthodologique, le CREDIF produit plusieurs méthodes dont la plus célèbre est Voix et Images de France. Cette
méthode a des échos pour le français de spécialité qui connaît la naissance de Voix et Images médicales. notons
:que le français scientifique était la cible de plusieurs critiques qui se résument en quatre remises en cause
La remise en cause des documents fabriqués La remise en cause du parcours obligatoire de l'apprenant pour s'approprier une langue La remise en cause des aspects universels des méthodes SGAV .La remise en cause de la primauté de l'oral sur l'écrit -

Le Français Instrumental
Né hors de l'Hexagone, le français instrumental fait ses premiers pas en Amérique latine. Au niveau historique, il
fait sa parution dans les années soixante-dix au moment où le français scientifique et technique a le vent en
poupe en France. L'idée principale de ce type de français consiste à considérer le français comme " instrument "
visant à faciliter la compréhension des textes spécialisés pour les doctorants et des universitaires. D'où
l'appellation "Le Français instrumental" qui commence à s'affirmer de plus en plus à travers la création du Centre
Scientifique et Technique à Mexico. De même, un des séminaires des enseignants américo-latins du français a été
consacré à discuter le français instrumental organisés par les SEDIFRALE (Sesiones para Docents e
Investigadores de Fèrances Lengua extranjera).
Au niveau méthodologique, le français instrumental accorde une importance particulière à développer la capacité
de lecture chez les apprenants. Pour ce faire, l'enseignant s'intéresse à analyser les différentes unités textuelles:
unités morpho-syntaxiques, indices discursifs, indices iconographiques, idées de textes, etc. Il doit également
prendre en compte les données individuelles de chaque apprenant: sa personnalité du lecteur, son idéologie et ses
connaissances préalables conditionnent en grande partie la compréhension des textes spécialisés. L'enseignant
s'attache, au cours de la formation, à développer chez ses apprenants leurs compétences de lecture à savoir: la
compétence thématique, la compétence discursive, la compétence textuelle, la compétence linguistique et la
compétence stratégique.
Avant la formation, l'enseignant doit sélectionner des textes à travailler avec ses apprenants. La sélection prend
en considération leur niveau en langue cible (le français) et leurs connaissances préablables des sujets des textes
choisis. Selon la méthodologie du français instrumental, il est récommandé de commencer avec des textes dont
les données peuvent faciliter la compréhension: des tabeaux, des sondages, des illustrations, etc. A partir de ces
données, les apprenants peuvent formuler des hypothèses qui seront confirmées ou infirmées lors de la lecture.
Dans certaines expériences didactiques du français instrumental, on enseigne, lors du premier semestre, des

textes qui suscitent l'intérêt des apprenants issus de plusieurs spécialité. Ensuite, en deuxième semestre,
l'enseignant travaille des textes spécialisés à l'attention des apprenants qui se regroupent en petits groupes.
Quant à la méthode d'aborder un texte spécialisé, il y a plusieurs approches de lecture: la lecture globale, la
lecture sélective, la lecture intégrale et la lecture critique. C'est à l'enseignant d'adopter l'approche de lecture qui
s'accode avec les besoins de ses apprenants. Reste à souligner que certains didacticiens ont critiqué cette
importance donnée par le français instrumental à la lecture. Or, les publics spécialisés pourraient avoir besoin de
développer leur compréhension et leur expression orales dans des domaines donnés. C'est le cas, par exemple,
des guides touristiques ou des réceptionnistes qui manifestent leur besoin de savoir communiquer avec des
touristes francophones. Or, le français instrumental s'intéresse à travailler le contenu sans analyser les besoins des
apprenants.

Le Français Fonctionnel
En 1974, on assiste à la naissance du français fonctionnel. Sur le plan économique, le monde est touché de plein
fouet par le choc pétrolier qui avait des répercussions négatives sur la diffusion du français à l'étranger
notamment dans les pays non francophones. De sa part, la France a diminué le budget consacré à la diffusion du
français à l'étranger. Beaucoup de pays ont décidé de réduire les heures d'apprentissage des langues étrangères au
sein de leurs établissements scolaires. Ce recul est marqué même les anciennes colonies françaises en Afrique
.considérées comme le pied-carré du français à l'étranger
Face à cette situation, le Ministère des Affaires étrangères a pris des mesures visant à relancer le français sur la
scène internationale. Ces mesures consistent à chercher de nouveaux publics sans se contenter de publics
traditionnels aux départements littéraires. La langue de Molière peut intéresser non seulement des littéraires mais
aussi des scientifiques, des techniciens, des juristes, des médecins, etc. Cette volonté d'affirmer la présence du
français a mené à favoriser le français fonctionnel au niveau mondial. Or, plusieurs mesures ont été prises dans
:ce contexte, on en cite à titre d'exemple
.Le français fonctionnel figure désormais dans le Bulletin Officiel pour des postes d'enseignants à l'étranger La création des centres d'études et de documentation scientifique et technique (CEDST) comme à Khartoum et .à Mexico
En 1976, le gouvernement français met en place un programme intitulé "Formation des boursiers prioritaires" .qui concerne neuf pays non francophones ayant des relations stratégiques avec la France
c'est à Louis Porcher que revient le mérite de lancer le terme du français fonctionnel pour la première fois dans
son fameux article " Monsieur Thibaut et le bec Bunsen ". Dans cet article, il opte pour un enseignement
fonctionnel du français en proposant une définition du français fonctionnel: " La meilleure définition du français
fonctionnel nous paraît être celle d'un français qui sert à quelque chose par rapport à l'élève ". A propos de
fondements méthodologiques du français fonctionnel, ils sont marqués par des rejets de certaines caractéristiques
du français scientifique et technique: refus des cursus longs, méthodes lourdes, comptage lexical, universalisme
.des méthodes et documents fabriqués
Dans ce contexte, des modèles du fançais fonctionnel ont été élaborés en vue de mieux connaître sa
méthodologie. Par exemple, le modèle proposé par D.Lehmann met l'accent sur trois aspects à prendre en
compte: les besoins des apprenants, les situations de communication prévues et l'analyse des actes de parole. De
son côté, S. Moirand a élaboré un modèle similaire en ajoutant un quatrième aspect concernant l'analyse du
discours. En 1981, R.Porquier et D. Lehmann ont proposé un modèle circulaire qui met l'apprentissage au
centre de son intérêt. Autour de l'apprentissage, on trouve quatre éléments principaux: la description des
participants, les situations de communication, la mise en forme pédagogique et l'analyse du discours authentique.
Certes, le français fonctionnel n'échappe pas aux critiques de certains didacticiens qui lui reprochent par exemple
la linéarité de son processus (analyse de besoins, détermination des situations de communication, etc.). Mais, il
constitue sans doute un tournant important dans le développement du FOS dans la mesure où son point de départ
.non pas le contenu à enseigner mais plutôt les besoins des apprenants

Le Français sur Objectifs Spécifiques
Avec le Français sur Objectifs Spécifiques, on arrive à une étape importante du développement de ce type du
français qui continue à s'adapter avec la réalité de ses publics. Calqué sur l'expression anglaise " English for
Special Purposes" (ESP) lancée par Hutchinson T. , Waters A., le FOS est marqué par sa centration sur
l'apprenant qui est avant tout le point de départ de toutes ses activités pédagogiques. La problématique principale
du FOS est basée sur certains aspects: des publics, spécialistes non en français mais en leurs domaines
professionnel ou universitaire, veulent apprendre DU français dans un temps limité POUR réaliser un objectif qui
est à la fois précis et immédiat, d'où l'expression "objectifs spécifiques". Soulignons également que le FOS
:couvre tous les domaines mais les spécialités les plus demandées par la majorité des publics du FOS sont
Le Français des affaires Le Français du tourisme et de l'hôtellerie Le Français juridique Le Français médical Le Français scientifique et technique Le Français des relations internationales Le Français des transports Le Français du secrétariat Le Français des sciences sociales et humaine Le Français de la poste et des télécommunications Le Français journalistique Avec l'émergence du FOS, on partage l'opinion de beaucoup de didacticiens selon laquelle tout enseignement du
français a ses objectifs spécifiques y compris celui de la littérature. En suivant une formation du FOS, l'apprenant
veut réaliser une tâche précise dans un domaine donné. C'est pourquoi, le FOS souligne l'importance de l'aspect
utilitaire de l'enseignement. Les cours de FOS ont pour mission, entre autres, d'aider l'apprenant à mieux se
préparer au marché du travail tout en accélérant sa carrière professionnelle. Ainsi, on considère l'apprentissage du
FOS comme "un capital". Ce qui nous renvoie au terme d' " unités capitalisables " de Richterich dans son fameux
livre Besoins langagiers et objectifs d'apprentissage. Notons également que la rentabilité de l'apprentissage du
FOS ne fait que renforcer la motivation chez les apprenants. Or, au cours de la formation, ces derniers se
montrent plus motivés à suivre les cours par rapport à leurs collègues qui apprennent du FLE. Dans le cas du
FOS, le public est conscient de ses besoins et de ses objectifs ainsi que de la rentabilité immédiate ou différée de
son apprentissage. Certes, le public du FOS fait face à beaucoup de difficultés qui rendent sa tâche loin d'être
facile. C'est le cas aussi des formateurs qui affrontent pluiseurs obstacles afin de préparer leurs cours du FOS.
D'où l'idée de créer ce site spécialiste en FOS qui met l'accent sur sa réalité (ses publices, sa méthodologie, ses
difficultés, etc.) tout en proposant une formation à distance à la fois pour les apprenants et les formateurs en leurs
.donnant les moyens d'apprendre en toute autonomie

Le Français Langue Professionnelle (FLP)
Au seuil du troisième millénaire, le FOS est à l'heure d'un nouveau développement qui marquera son parcours. Il
se voit obligé de s'adapter aux besoins du marché basés notamment sur des demandes croissantes du monde
professionnel. D'une part, nous assistons à une diversification des domaines professionnels qui sont de plus en
plus pointus (l'aéronautique, l'art floral, etc.). D'autre part, nous remarquons l'émergence des demandes
.d'amélioration des compétences en français des professionnels de qualification faible
Contexte politique et économique -

Au niveau politique, le comité interministériel du 10 avril 2003 a considéré la maîtrise de la langue comme une
véritable compétence professionnelle. Or, apprendre une langue à visée professionnelle est devenu un droit
inscrit dans le Code du Travail depuis la promulgation de la loi du 4 mai 2005 relative à la formation
professionnelle tout au long de la vie (voir Liaisons sociales , n° 14423 du 13 juillet 2005). Au niveau
économique, certaines entreprises souffrent d'une pénurie de main-d'ouvre qualifiée alors que des migrants
peuvent occuper ces postes à condition d'améliorer leurs compétences communicatives en français. Les normes
européennes concernant le contrôle de qualité et la sécurité exigent de la part des salariés des compétences
communicatives notamment au niveau de l'explication des tâches et des modalités d'exécution. Soulignons que la
dimension linguistique n'a pas encore sa place importante dans la formation professionnelle pourtant les
compétences communicatives jouent un rôle de premier plan dans l'efficacité et l'appartenance d'un salarié dans
une équipe de travail. Cette non-maîtrise communicative notamment celle de l'écrit pourrait concerner aussi des
francophones. C'est le cas des natifs travaillant dans le bâtiment, l'hôtellerie, l'intérim et la propreté. Ces secteurs
recrutent souvent des professionnels qui ont une faible qualification. Ils éprouvent des difficultés à respecter les
normes de qualité : rapports avec le client, communication entre les agents, la complexification des procédures,
.contraintes de sécurité, etc
Activités didactiques du FLP Depuis 2006, des institutions de formation de langue proposent des diplômes en FLP. C'est le cas de la Chambre
du Commerce et d'Industrie de Paris (CCIP) qui proposent le Certificat de Français Professionnel 1 et 2 (CFP1 et
2). Par exemple les titulaires du CFP1 peuvent comprendre et s'exprimer dans les situations les plus simples de la
vie sociale et professionnelle. Le CFP 1 valide aussi une compétence de français de niveau A2 selon le Cadre
européen commun de références. De même, la CCIP propose aussi d'autres certificats pour des spécialités plus
pointues dans le monde professionnel. Nous en citerons à titre d'exemple Diplôme du Français Médical (DFM),
Certificat de Français du secrétariat (CFS), Certificat de Français du Tourisme et de l'Hôtellerie (CFTH) et
Certificat de Français Juridique (CFJ) ainsi que Diplômes du Français des Affaires 1 et 2 (DFA 1 et 2) et Diplôme
du Français des Affaires Approfondies (DAFA). Ces diplômes suivent la même méthodologie du CFP déjà
mentionnée pour développer les compétences communicatives des apprenants dans des domaines plus
.spécifiques

Le Français sur Objectifs Universitaires (FOU)
Le Français sur Objectifs Universitaires est un nouveau concept qui commence à gagner du terrain dans les
milieux didactiques. Il s'agit d'une spécialisation au sein du FOS visant à préparer des étudiants étrangers à suivre
des études dans des pays francophones. Il se distingue par certaines spécificités que tout enseignant doit
connaître pour assurer ce type de cours dits spécifiques. La prise en compte de ces spécificités constitue une
condition préalable pour garantir l'efficacité de toute formation dans ce domaine. Ces spécificités concernent cinq
: points principaux
La diversité des disciplines universitaires -1
Le FOU se distingue avant tout par la diversité des disciplines universitaires visées par les apprenants : le droit,
: la médecine, la chimie, etc. Dans ce contexte, nous trouvons deux catégories principales
Des étudiants Dans cette catégorie, nous constatons la présence de deux types d'apprenants de FOU. Le premier type concerne
des étudiants étrangers qui cherchent à suivre des cours de français dit académique dans leurs pays d'origine. Il
s'agit des étudiants des filières universitaires francophones à l'étranger qui ont pu voir le jour grâce à des
conventions signées entre des universités françaises et des universités étrangères. Elles ont pour objectif de
proposer des formations françaises pour des étudiants étrangers. Selon les statistiques du Ministère des Affaires
Etrangères, il existe 167 filières francophones à l'étranger qui regroupent près de onze mille étudiants. C'est le
cas par exemple des filières francophones de l'archéologie au Caire (Egypte), de la gestion et de l'économie à
Prague (République Tchèque), des Sciences Juridiques à Hanoi (Vietnam), etc. A propos du deuxième type, il
s'agit des étudiants étrangers qui viennent poursuivre leurs études dans un pays francophones. Ce type
d'apprenants de FOU a l'avantage de pratiquer, d'une part, le français dans leurs échanges quotidiens et d'autre
part, d'avoir un contact direct avec les milieux universitaires francophones (enseignants, colloques, séminaires,
etc.)

Des émigrés Ce sont des étrangers qui viennent s'installer dans un pays francophone avec l'objectif de trouver un créneau
professionnel qui leur permettra d'améliorer leur niveau de vie ou du moins d'avoir une rémunération supérieure
à ce qu'ils pourraient attendre dans leur pays d'origine. Pour ce faire, ils sont amenés à s'inscrire dans une
université francophone pour un ou deux ans en vue de valider leurs connaissances et leurs compétences déjà
acquises dans leurs pays d'origine. C'est le cas, par exemple, de certains dentistes étrangers qui viennent
s'installer en France. Ils sont dans l'obligation de faire au moins deux ans à la faculté de chirurgie dentaire pour
.avoir une reconnaissance institutionnelle avant de trouver un poste dans un hôpital ou dans un cabinet dentaire
Les besoins spécifiques -2
Les besoins spécifiques sont une des caractéristiques principales des publics de FOU. Les publics, mentionnés cidessus, veulent apprendre non LE français mais plutôt DU français P OUR agir dans les différents milieux
universitaires. Lehmann (1993) souligne ce point en précisant : « Se demander ce que des individus ont besoin
d'apprendre, c'est poser implicitement qu'ils ne peuvent pas tout apprendre d'une langue, donc que des choix
doivent être opérés » En suivant des cours de FOU, les apprenants cherchent à être capables de comprendre des
cours, prendre des notes, lire des livres spécialisés, passer des examens, rédiger des mémoires ou des thèses, etc.
(Challe, 2002) D'où la nécessité d'analyser les besoins de ces apprenants avant l'élaboration des cours en vue d'y
.mieux répondre
Le temps limité consacré à l'apprentissage -3
Les publics, qu'ils soient professionnels ou étudiants, ont un temps assez limité pour suivre des formations de
FOU. Ils ont déjà leurs engagements professionnels ou universitaires. Par conséquent, ils sont souvent obligés de
suivre les cours soit pendant le week-end soit à la fin de la journée. Fatigués, ces publics finissent souvent par
.abandonner leurs cours
La rentabilité de l'apprentissage du FOU -4
Les apprenants ont des objectifs très précis à atteindre au terme de la formation. Par exemple, les étudiants
étrangers sont motivés à suivre ce type des cours dans le but de réussir dans leurs études universitaires. En
revanche, les publics de FLE n'ont pas toujours des buts très définis. Selon notre expérience d'enseignement du
FLE, les apprenants ont souvent des objectifs plus flous par rapport à leurs homologues de FOU (Qotb, 2009)
La motivation des publics -5
Vu que les publics de FOU ont des objectifs bien définis dont la rentabilité devrait être quasi-immédiate, ils font
montre d'une grande motivation lors de l'apprentissage, d'où la réciprocité entre rentabilité et motivation au cours
de la formation. Plus l'apprentissage est rentable, plus les apprenants sont motivés à suivre les cours de FOU.
C'est grâce à cette motivation que certains apprenants peuvent faire face aux différentes difficultés qu'on
.développera ci-dessous
La compétence Universitaire
Dans ce contexte, les cours de FOU ont pour objectif de développer une Compétence Universitaire (CU) chez les
:apprenants. Cette compétence universitaire se distingue par trois composantes principales
A- La composante linguistique
Il s'agit de développer chez les apprenants les connaissances llinguistiques nécessaires (lexique, grammaire, etc)
pour que les étudiants puissent suivre les cours dans leurs domaines visés: comprendre le cours, prendre des
.notes, poser des questions, etc
B- La composante méthodologique
Les cours de FOU devraient développer chez les apprenants certaines compétences méthodologiques visant à les

aider à réaliser des tâches universitaires: participer à un colloque, préparer une communication, prendre la parole
devant un public spécialisé, rédiger un article, déterminer une problématique, synthétiser un documentélaborer
.un plan de recherche, rédiger un mémoire ou une thèse, etc
C- La composante disciplinaire
Il s'agit de familiariser les apprenants avec leur domaine de spécialité en utilisant la langue cible. Dans ce
contexte, les cours de FOU sont marqué par un échange entre les apprenants et leur enseignant. Ce dernier a les
connaissances linguistiques et méthodologiques tandis que les apprenants maîtisent le savoir spécialisé du
.domaine visé