LES CLAVETTES

I. Introduction
Une clavette est une pièce implantée par moitié dans l’arbre et dans le moyeu destinée à les rendre solidaire en
rotation et quelquefois en translation.
Exemple : montage d’une roue dentée sur un arbre
On distingue :
 les clavetages longitudinaux où les clavettes sont parallèles à l’axe des pièces à immobiliser
 les clavetages transversaux où une clavette transversale immobilise en rotation et en translation deux pièces
généralement coaxiaux
Clavetage longitudinal

Clavetage transversal

Clavette parallèle

Clavette transversale

Clavette inclinée

Clavette vélo

Clavette disque
Les clavetages longitudinaux sont les plus utilisés et on distingue :
 les clavettes inclinées
 les clavettes parallèles
 les clavettes disques
II. Clavette inclinée
1.principe
La liaison est obtenue par coincement des faces inférieure et supérieure de la clavette sur ces portées
On distingue deux types de clavette inclinées :

les clavettes inclinées sans talon

Enseignant: M. Ben Jaber

1

2. B ou C  la section axb et la longueur l exemple : clavette parallèle A. Désignation on distingue trois formes des clavettes parallèles A.12x8x40 40 12 8 Enseignant: M. clavette parallèle On distingue trois types de clavetages :    clavetage libre : clavette libre dans l’arbre et dans le moyeu clavetage normal : clavette serrée dans l’arbre et libre dans le moyeu clavetage serré : clavette serrée dans l’arbre et dans le moyeu 1. B et C l l l b a sx45° A B C Le choix de l’une des formes dépend des contraintes de fabrication Une clavette parallèle se désigne en indiquant dans l’ordre :  l’expression ‘clavette parallèle’  la forme A. a x b x L II. forme A. Ben Jaber 2 . Désignation clavette inclinée à talon a x b x L clavette inclinée. les clavettes inclinées avec talon Ce type de clavetage a pour inconvénient de désaxer légèrement l’arbre et le moyeu ce qui entraîne des vibrations pour des vitesses de rotation assez élevées.

Enseignant: M. Elles sont déterminées à partir du tableau suivant : s : valeur du chanfrein à 45°. Determination des clavetages parallèles Les deux principaux problèmes liés à la définition d’un clavetage par clavette parallèle sont :  l’assemblage des éléments (arbre. L : les longueurs sont à choisir dans le tableau des dimensions normalisées établi par le capitaine Renard.2. Ben Jaber 3 . non représenté sur les dessins. a) Section axb de la clavette Les dimensions a et b ainsi que les caractéristiques de la section de la rainure dans l’arbre et le moyeu sont fonctions du diamètre nominal de l’arbre. L’assemblage des éléments est permis par une cotation soigneuse de l’arbre et du moyeu. clavette et moyeu)  la tenue de la clavette lors de la transmission de couple La tenue de la clavette est assurée par une condition sur la pression de contact entre la clavette et le moyeu qui ne doit pas dépasser la pression de matage qui est une caractéristique du matériau.

Ben Jaber 4 . à transmettre entre l’arbre et le moye. l’effort T appliqué sur la clavette vaut : L a tenue de la clavette à cette force est déterminée par les deux conditions suivantes : Enseignant: M.b) les ajustements L’ajustement arbre/moyeu peut être choisi parmi les propositions suivantes : Liaison encastrement Liaison glissière De précision courante A jeu réduit (équilibrage) Précis avec montage manuel Fretté avec clavette de sécurité De qualité courante De qualité soignée H8e8 H8h8 Effort transmis par la H7g6 clavette H7p6 Effort transmis par serrage H8e8 H7f7 les ajustements arbre/clavette et clavette/moyeu sont à choisir parmi les propositions suivantes : c) longueur de contact clavette / moyeu Pour un couple C donné.

6 d lcmin 2.la pression de contact admissible est liée aux conditions de fonctionnement et est à choisir dans le tableau* suivant : Conditions de fonctionnement Mauvais conditions : chocs.6 d : on doit envisager une solution moins coûteuse telle que clavette disque. Ben Jaber 5 . ergot ou goupille  si 0. vibrations. tolérances larges Conditions moyennes Très bonnes conditions Encastrement Glissant sans charge Glissant sous charge 30 à 24 MPa 12 à 24 MPa 3 à 8 MPa 45 à 75 MPa 60 à 115 MPa 16 à 32 MPa 24 à 48 MPa 4 à 12 MPa 8 à 15 MPa  si lcmin < 0. a 2 3 4 5 6 8 10 12 14 16 18 20 22 25 28 32 36 40 45 50 56 63 70 80 90 100 l de 6 6 8 10 14 18 22 28 36 45 50 56 63 70 80 90 100 __________________________ à 20 36 45 56 70 90 110 140 160 180 200 220 250 280 320 360 400___________________________  Sinon envisager une solution plus performante Enseignant: M.5d d : on détermine alors la longueur minimale de la clavette :  lmin = lcmin + a forme A  lmin = lcmin forme B  lmin = lcmin+a/2 forme C et on choisit à partir du tableau suivant une valeur normalisée de l supérieure à lmin.

Ben Jaber 6 .LES GOUPILLES I.soit à immobiliser une pièce par rapport à une autre ( goupille d’arrêt) . Types de goupilles 1. On en distingue deux types : Enseignant: M.Goupille conique Ces goupilles faciles d’emploi sont maintenues en place par adhérence grâce à leur faible conicité : 1/50 Les trous coniques doivent être usinés à l’aide d’alésoirs avec les pièces montées en position. Désignation : Goupille cylindrique type A. Fonction Une goupille est un organe de liaison implanté dans deux trous appartenant à deux pièces différentes. goupille cylindrique La difficulté du maintien d’une telle goupille dans son logement (ça exige un ajustement serré précis donc coûteux) fait que son emploi n’est pas à recommander sauf dans le cas particulier de positionnement. Elle sert à: .soit à assurer la position relative de deux pièces (goupille de position) goupille d’arrêt goupille de position II. d x L D : diamètre et L : longueur 2.

type A : goupille habituelle (démontage par écrou) - type B : pièces soumises à des vibrations (blocage par écrou) Désignation : Goupille de positionnement A. tolérance de conicité qualité 10 type R : rectifié . Désignation : Goupille V g-L Elles sont désignées par la lettre V suivie du diamètre de perçage g et de la longueur L. d x L 4. goupille cylindrique fendue Ces goupilles sont surtout utilisées comme freins d’écrou. tolérance de conicité qualité 8 Désignation : Goupille R. Goupille de position conique Ces goupilles assurent avec grande précision la position relative de deux pièces . Elles existent en deux séries . Ben Jaber 7 .- type NR : non rectifié. Enseignant: M. d x L 3. le freinage par goupille derrière l’écrou impose pour le trou une position axiale précise (à éviter) Elles permettent également l’immobilisation en translation d’axes lisses.

5. D-L III. Application Désignation : Goupille cannelée ISO 8739 dxL 6. Elles ont l'avantage de ne pas exiger un ajustement très précis. e et f acceptent une petite déformation élastique et réalisent le serrage. d. Ben Jaber 8 . Goupille cylindrique creuse ou élastique Ces goupilles sont obtenues par enroulement d’une bande d’acier à haute résistance ( traité et revenu pour R=1400Mpa) Elles existent en deux séries :  série épaisse E utilisée normalement  série mince M utilisée pour les pièces délicates Dans le cas d’effort important on peut introduire deux goupilles l’une dans l’autre. Désignation : goupille élastique. goupille cannelée Ces goupilles sont maintenues en place par déformation élastique. Goupille pleine Enseignant: M. Ces cannelures sont obtenues par déformation plastique permanente. E . On réalise trois cannelures suivant trois génératrices d’une tige cylindrique. Au montage les parties a. b. c. Calcul des goupilles 1.

Une goupille pleine est sollicitée au cisaillement Si S : est l’aire de la section cisaillée T : est la valeur de l’effort de cisaillement La contrainte de cisaillement est :   S T T D 2 et S  2 S 4 La condition de résistance de la goupille s’écrit :    adm contrainte admissible de cisaillement du matériau R constituant la goupille. 2k Cas où l’effort à transmettre est un couple C : L’effort T transmis par les sections cisaillées de la goupille est : T  C 2C  r d où d est le diamètre de l’arbre Enseignant: M.  adm  e où k est un facteur de sécurité. Ben Jaber 9 .

l’amélioration du comportement dynamique des assemblages clavetés libres par élimination des chocs . couple transmissible En exerçant un effort axial sur le cône de l’arbre contre le moyeu on crée une pression entre les surfaces de contact.la réduction des balourds (centrage précis de l’arbre et du moyeu) . Ben Jaber 10 .un soulagement des clavettes par un apport d’une composante d’adhérence pour le couple transmissible par l’assemblage 2. création de pression de contact Soit F l’effort axial générant la pression p. L’expression de la pression p qui s’écrit : p   R22  R12  F     f   1       tg   2     En admettant dans une première approximation :=arctg(f) << Enseignant: M.une réduction de l’encombrement . En supposant que la déformation engendrée par cette pression reste élastique le couple transmissible par adhérence de l’assemblage conique vaut : Ct  2 R 3  R13 fp 2 3   sin    2 y p dl R2 r R1 x /2 3. Principe Les surfaces de liaison sont des cônes de révolution ayant les mêmes angles au sommet. L’angle de cône appelé  est l’angle compris entre deux génératrices d’une même section plane axiale du cône La conicité est le rapport entre la différence de diamètre D et d de deux sections et la distance L entre ces 2 R2  R1     2tg   sections : C  L  2 Les emmanchements coniques permettent : .EMMANCHEMENT CONIQUE 1.

Ben Jaber     2  tg    1    11 . Lors du démontage on doit vaincre la force d'adhérence T0.F p 2  R2  R12   et Ct  2 3 fF R23  R13    R22  R12 sin    2   Remarques:  la pression p ne doit pas dépasser la pression limite admissible par le matériau constituant les deux pièces. Condition de non coincement Après la suppression de la force axiale F il faut garantir le démontage des deux pièces sans coincement qui peut être du à la pression de contact p0 entre l'arbre et le moyeu due à la déformation élastique du moyeu lors du montage. la force qui a tendance à démonter l'arbre (composante axiale des forces de pression) doit être supérieure à celle qui le maintient (composantes axiales des forces d'adhérence)   La condition de non coincement s'écrit: 5. pour démonter les piéces on doit exercer une force axiale d’extraction qui vaut :     F0  p R  R 2 2 2 1   f  Enseignant: M. Pour éviter le coincement. 4. Force axiale d’extraction En cas ou    .  on remarque que Ct et d’autant plus élevé que le coefficient d’adhérence f est grand et  est petit.

On dit qu’une tige est filetée et qu’un trou est taraudé .Pas : pour chaque diamètre nominal correspond un pas usuel ou gros normalisé (boulonnerie de commerce) et un petit nombre de pas fins d’emploi exceptionnel ( écrou de faible hauteur.ASSEMBLAGE FILETE I. Caractéristiques 1. Généralités 1. Ben Jaber 12 . Une tige filetée est aussi appelée ‘une vis’ et un trou taraudé ‘un écrou’ 2. L’assemblage est réalisé grâce aux obstacles que constituent les filets homologues de la vis et de l’écrou et aux frottements entre les filets. vis d’appareil de mesure…) Enseignant: M. La partie pleine restante s’appelle filet. Fonction : les éléments filetés permettent de réaliser une liaison complète (encastrement) démontable. II.diamètre nominal : pour la vis : diamètre d au sommet des filets pour l’écrou : diamètre D au fond des filets d=D 2. Définitions : un filetage est obtenu à partir d’un cylindre (ou cône) sur lequel on a exécuté une ou plusieurs rainures hélicoïdales.

3. 3.Nombre de filets : Habituellement un filetage ne comporte qu’un seul filet . La longueur de filetage utilisable x pour la vis ou p pour l’écrou est indiquée par un trait fort Enseignant: M.sections des filets On utilise pour l’assemblage : - les filetages triangulaires (ou profil métrique ISO) les filetages ronds III. Si pour un diamètre nominal donné on veut avoir un pas important et conserver une section suffisante on creuse dans l’intervalle d’un pas plusieurs rainures hélicoïdales. Pour connaître le nombre des filets d’une vis on peut compter le nombre d’entrées de filets en bout de la pièce ou compter le nombre de creux compris entre deux sommets consécutifs d’un même hélice. Ben Jaber 13 . Représentation des pièces filetées Une pièce filetée se représente comme une pièce lisse non filetée avec l’adjonction du cylindre passant au fond de filets en traits fins ou interrompus courts selon que celui-ci est vu ou caché.

Ben Jaber 14 . écrou H Enseignant: M. filetage métrique ISO (on indique le pas 1. j=15 longueur libre l 3. désignation des vis : une vis à tête hexagonale de cotes d=10. Forme 4.9 .Dans un assemblage de pièces filetées les filetages extérieurs cachent toujours les filetages intérieurs IV. M 10 – 50 longueur total l type diamètre nominal de profil désignation d’un goujon Goujon M 10 – 50 /26. Forme de la tête 2. le profil utilisé est indiqué à l’aide des désignation normalisées 1.5 si l’on redoute la confusion avec un autre pas) Ecrou H. filetage métrique ISO (on indique le pas 1. longueur fileté x désignation des écrous : un écrou hexagonale de cotes d=10. Cotation des filetages Le diamètre à coter est le diamètre nominal commun à la vis et à l’écrou.5 si l’on redoute la confusion avec un autre pas) de longueur total l=50 Vis H. l’implantation M 10 type diamètre nominal de profil Désignation d’un boulon : Boulon H 10.5 sous la forme M10x1. M 10 – 50 .5 sous la forme M10x1.

Ben Jaber classe de qualité type de profil diamètre nominal 15 .Longueur de la vis Forme de la tête la vis Enseignant: M.