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*

PARIS, IMPRIMERIE DE C. L. F. PANCKOUCKE,
Rue des Poitevins, k. i4>

OEUVRES
COMPLÈTES

DE

Jf
C r
—û

CICERON

ACADEMIQUES
TRADUCTION NOUVELLE
PAR M. DELCASSO
• Ancien élève de l'école Normale, professeur au collège royal de Strasbourg.

DES BIENS ET DES MAUX
TRADUCTION NOUVELLE
PAR M. STIKVENARD
. Professeur de littérature grecque à la Faculté des lettres
* de Dijon.

PARIS
C. L. F. PANCKOUCKE
MEMBRE DE l'oRDRE ROYAL DE LA LEGIOH d' BONHEUR
ÉDITEUR, RUE DES POITEVINS, N° l4.
M DCCC XXXIII.

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ACADÉMIQUES

DE

M.

T.

CICÉRON

TRADUCTION NOUVELLE

PAR M. DELCASSO
ANCIEN ELEVE DE l' ECOLE NORMALE,
PHOFESSBUR AU COLLEGE ROYAL DE STRâSBOORfl,

INTRODUCTION.

Plusieurs passages de Cicéron, confirmés par d'autres témoi
gnages dignes de foi , prouvent qu'il y eut deux éditions des
Académiques. La première , divisée en deux livres , avait pour
interlocuteurs Catulus , Lucullus et Hortensius. Cicéron, ayant re
connu que ces grands personnages étaient trop étrangers aux
subtilités de l'Académie, et que la matière se prêtait mieux à une
division en quatre livres, refit son ouvrage sur un nouveau plan,
et se mit lui-même en scène avec Varron et Atticus. Les deux
éditions se conservèrent ensemble , malgré l'auteur. Le temps a
respecté, dans la plus ancienne, le second livre tout entier; dans
l'autre, un fragment du premier, qui contient l'histoire des doc
trines académiques jusqu'à Arcésilas.
L'Académie se rattachait par Platon à Socrate, et par Socrate
à l'école Ionique. En Grèce, comme partout ailleurs, la science
fleurit d'abord à l'ombre du sanctuaire ; les Orphée , les Musée ,
furent des prêtres et non des philosophes. Mais la civilisation
qu'ils avaient dérobée à l'Orient, déserta bientôt les froides con
trées de la Thrace, pour se fixer plus près de son berceau, sous
le beau ciel de l'Asie Mineure. Dès-lors, la pensée grecque ne
tarda pas à s'affranchir de toutes ses entraves. La philosophie prit
naissance lorsqu'aux chants harmonieux des Homérides succédè
rent en Ionie les libres spéculations de ces sages que Cicéron
nomme Physiciens , parce qu'ils cherchèrent l'origine et la for
mation du monde. Selon Thalès, l'eau est le principe de l'univers;
selon Anaximandre , c'est la matière infinie ou plutôt informe ;
selon Anaxiinène , tout vient de l'air ; Anaxagore suppose deux
principes, la matière et l'intelligence. Ainsi, chacun de ces philo
sophes se choisit a priori une hypothèse, et sur ce fondement
ruineux bâtit l'édifice de son système.

Cratès et Crantor composèrent la première ou l'ancienne académie. elle reconnut des lois permanentes qu'elle représenta par les combinaisons des nombres . se réfugia au sein du moi. ce grand homme professa le scepticisme : mais pour les premiers c'était le but. pour Socrate ce ne fut que le point de départ. Dans le premier livre des Académiques . L'es prit humain. Xénophane. se replia sur lui-même. Parménide et Zénon.INTRODUCTION. l'accoutumant à ne s'occuper que des devoirs de l'homme et du citoyen. Le rationalisme incomplet de Pythagore provoqua l'idéalisme des Eléates. Laissant de côté les questions insolubles qu'avaient agitées les anciens sur les mystères de la création. à tout réfuter. afin d'y découvrir un criterium de vérité et une règle de conduite. mais elle ne dé passa point ces formes abstraites enveloppées dans d'obscures métaphores. ne trouvant rien de certain ni dans l'empirisme ionique. dont la plus célèbre. il circonscrivit 1» philosophie dans les limites de la conscience. ces deux écoles. d'accord I. L'enseignement de Socrate fit naître plusieurs écoles. et comme de ce sujet un et identique elle ne pouvait logiquement déduire la multiplicité et le mouvement. habiles artisans de paroles qui se jouaient de la pensée. Alors parurent les sophistes. fut une continuation . tout périssait. en morale et en logique. à tout prouver. Religion. Varron présente le ta bleau des doctrines que professaient en physique. Aristote . fondée par Pythagore. elle nia la réalité objective. le bien et le mal. celle de Platon. Xénocrate. disciple d'Anaxagore. ordre social. disciple du même maître. fonda le péripatétisme. qui donna aux études philosophiques cette puissante impulsion. un progrès de l'école Ionique dont elle était fille. Cette nouvelle secte. Comme les sophistes ses adversaires. porta le nom d'Académie. et par là ouvrit la voie au scepticisme. ni dans les rapports formulés par les pythagoriciens. 3 L'école Italique. effrayé de n'avoir péniblement enfanté que le vide. Toujours prêts à discourir de tout. Polémon . opposées dans les termes. ils confondirent le vrai et le faux. Les héri tiers directs de Platon. Au dessus des phénomènes variables. Ce fut Socrate. . afin d'arriver avec plus de certitude à la vérité. vertu. Aux erreurs accréditées il oppo sait un doute philosophique . Speusippe .

il avoue que Zénon s'éloigna davantage de ses prédécesseurs. il dut tout rapporter à la sensation. n'a rien de commun avec le spiritualisme de la première académie. dans sa logique. substance et cause de tout ce qui existe. mais admettaient la probabilité. 'que ce philosophe subtil n'apporta aucun changement es sentiel dans la morale et dans la physique.qui forma une quatrième secte. . fondateur du stoïcisme. emprunté au pyrrhonisme. immuables . Platon . Re connaissons qu'il fut conséquent avec lui-même : dans ses études naturelles. Après quelques mots consacrés à ce chef de la seconde ou moyenne académie. Pourquoi Varron ne fait-il pas re marquer l'intervalle immense qui sépare ce matérialisme étroit des sublimes théories de Platon ? Cicéron . s'appuyant sur le sensualisme des stoïciens afin de le combattre. qui ne peuvent venir ni de l'activité capricieuse du moi. et fonda une troisième académie qu'on appela nou velle. soutint que la sensation ne peut produire ni la certitude. ni des phénomènes passagers de la nature extérieure. comme Platon . qui modifia les opinions d'Arcésilas. Quoiqu'Arcésilas luimême se soit donné pour académicien. qui . universels./. INTRODUCTION. Mais lorsqu'il s'agit de rattacher ces principes à quelque chose. ni même la probabilité. n'admet pas seulement la double existence de l'homme et du monde sen sible . interrompu au moment où Ci céron commence à parler de Carnéade. il est manifeste que ce doute absolu. Varron place encore dans l'ancienne académie Zénon de Cittium. Il commence par Arcésilas. plus hardi . Jusque là les deux systèmes sont presque identiques. L'auteur devait ensuite exposer les opinions dePhilon. qui s'était réservé la moyenne et la nouvelle acadé mie. le texte est. et donna beaucoup plus d'importance au témoignage des sens. quoique Cicéron s'efforce d'enter sa doctrine sur celles de Platon. Carnéade et Philon niaient la certi tude. un peu légèrement selon nous. de Socrate et des Ioniens. Il avance. il avait tout réduit à la matière . prend son essor dans la région des idées jusqu'à l'être éternel. rival de Zénon . Aristote recule timidement devant les difficultés de l'ontologie . En effet Aristote. Quant à la logique. il s'élève à ces principes nécessaires . prend la parole après Varron. sur le fond des choses.

nous donnera une idée des disputes stériles auxquelles fut condamnée l'académie depuis Arcésilas jusqu'à Antiochus. et qu'on peut regarder comme un vrai stoïcien . 5 Varron terminait probablement le premier livre des Académi ques par le système d'Antiochus. fondateur d'une cinquième secte.INTRODUCTION. loin des larges voies du platopisinc. quoiqu'il pré tendit être revenu à l'ancienne académie. intitulé Lucullus . . pour s'être laissé entraîner sur les pas de Zenon . Le livre suivant.

quin videremus hominem. Hic pauca primo. quaeso. quum solebant : nec tamen istum cessare. ecquid forte Roma novi . venisse eum Roma pridie vesperi . Atticus : Omitte ista . — Mi . et . inquil . coutinuo ad nos venturum fuisse. et quaere potius. nullam moram interponendam putavimus . quae scribat . TERENTIUM VARRONEM. et vetustale amicitiae conjunctum. quae nec percunctari . nuntiatum est nobis a M. nisi de via fessus esset . nobiscum et studiis eisdem . sed celare. I. Varrone . satis eum longo intervallo ad suam villam reduximus. existimo. nec audire sine molestia possumus. ipsum ad nos venientem vidimus. A.*vi iimMIMMVMMVWMvtvntiUiiMiVwvV ACADEMICORUM LIBER PRIMUS.D M. In Cumano nuper quum mecum Atticus noster esset . Quod quum audissemus . paullumque quum ejus villa abessemus. Silent euim diutius Musae Varronis . ecquid ipse novi. ut mos amicorum est . atque ea percunctantibus nobis. Itaque confiesti m ad eum ire perreximus. atque illum complexi .

A cette nouvelle. mais je pense qu'il cache ses productions. Je ne crois pourtant pas qu'il demeure oisif. D'abord il nous dit quelques mots sur Rome : c'était moi qui lui en avais demandé des nouvelles. s'il n'eût été fatigué du voyage. je vous prie . M. et que. quand nous l'aperçûmes : il venait lui-même nous trouver. — Il n'en . Ah ! plutôt qu'il nous donne des nouvelles de ce qu'il fait lui-même : car les Muses de Varron gardent un silence plus long que de coutume. Après l'avoir emhrassé .ACADÉMIQUES LIVRE PREMIER. me dit-il . nous crûmes que nous devions. TEREJNTIUS VARRON. Nous partîmes donc sur-le-champ pour aller chez lui . il serait venu nous voir aussitôt. ces détails qu'on ne peut demander ni entendre sans douleur. Varron nous fit annoncer qu'il était arrivé de Rome le soir précé dent. sans différer. comme notre ami Atticus se trou vait avec moi dans ma terre de Cumes. nous le reconduisîmes jusqu'à sa demeure. comme c'est l'usage entre amis. nous rendre auprès d'un homme qui nous est uni par la conformité des goûts et par une vieille amitié. A M. I. et nous étions encore un peu éloignés de sa maison de campagne . Atticus nous arrêta : Laissez . et le trajet fut assez long. JL/ernièrement.

tam requiris.»gita. Sed habeo opus magnum in manibus. -s. quod occultari velit. philosophiamque veterem illam. si essent graecis doctrinis eruditi. inquam . posteaquam sum ingressus. praesertim quum et ipse in eo excellas. esse. et diu cogitavi. quod ista ipsa de re multum . Varro . res eas. nime vero. quae et sunt ma gna sane. LIBER I. Itaque non haesitans respondebo : sed ea dicam . nec de manibus unquam deponere. existimavi . et artibus antecedat. mandare monumentis. quod jam pridem ad hune ipsum ( me autem dicebat ) quaedam institut . quum multa scribas. a Socrate ortam. cur. cujus nosti studium (nihil enim ejusmodi celare possumus). genus hoç praetermitlas. II. et id studium. non te ea intermittere . jam diu exspectans .8 ACADKMICORUM II. quas tecum simul didici . sed accuratius traetare . si qui de nostris ejus studio tenerentur. ut dixi . . scribere.Et ego : Ista quidem . quae mihi sunt in promtu . inquit ille : intemperantes enim arbitrer . non audeo tamen flagitare : audivi enim e Libone nostro . Illud autem mihi ante hoc tempus nunquam in mentem venit a te requirere : sed nunc. et limantur a me politius. totaque ea res longe ceteris et studiis. quid sit. Tum ille : Rem a me saepe deliberatam et multum . latinis lit— teris illuslrare . quaero. Nam quum^philosophiam viderem diligentissime graecis litteris explicatam .

en effet . II. Comme je voyais la philosophie traitée avec un soin particulier dans les écrits des Grecs. et qu'il ne sort jamais de vos mains. Mais j'ai sur le métier un grand ouvrage. surtout quand vous y excellez. Varron . lui dis-je alors . il y a long-temps . selon moi . je le répète. dites-moi . 9 est rien .ACADÉMIQUES II. dont je me propose . et de développer en no tre langue cette ancienne philosophie dont Socrate est le père . que je m'ap plique à limer et à polir '. Ce que je dirai se présentera de soi-même. Aussi n'hésîterai-je pas à vous répondre. . LIVRE I. je vous prie . m'a appris (de telles choses peuvent-elles se cacher?) que. vous négligez de vous exercer en ce genre. d'adresser une partie à notre ami ( il parlait de moi) : c'est un travail important. Alors Varron : Vous me parlez d'une chose à la quelle j'ai souvent pensé. répondit Varron : car. loin d'interrompre cet ouvrage . et quand cette étude et cette science tout entière l'emportent de beau coup sur les autres études et les autres sciences. dont l'affection vous est connue. d'un projet que j'ai souvent agité. vous redoublez vos soins pour l'achever. pourquoi vous . parce que. il s'agit d'une chose qui m'a long-lemps et sérieusement occupé. qui com posez tant d'ouvrages3. quoique depuis long-temps . je n'ose le réclamer : car notre ami Libon2. Mais il est une ques tion que je n'ai pas encore songé à vous faire : mainte nant que j'ai entrepris de transmettre à la postérité le sujet de nos communes études . c'est folie d'écrire quelque chose dans l'intention de le cacher. — Et moi . j'ai cru que ceux de nos compatriotes qui ont du goût pour cette étude . j'attende ce présent.

quae nec indocti intelligere possent. quae sine eruditione graeca intelligi non possunt : itaque ea nolui scribere. possem scribere ita plane. si Epicurum. sin a Graecorum artibus et disciplinis abhorrerent . nec disserendi putant. verbis quanquam novis cogimur uti . aut Rabirii similes esse. nec docti legere curarent. Vides autem eadem ipse : didicisti enim non posse nos Amafinii. nihil apta interrogatione concludunt. et ex maleria ea. Jam vero physica.io ACADEMICORUM II. nihil partiuntur. nullam denique artem esse nec dicendi . de rebus ante oculos positis vulgari sermone disputant. et oratorum etiam (quoniam utramque vim . . quam nostra lecturos . id est. ut Amafinius. si Democritum probarem. de corpusculorum (ita enim appellat atomos) concursione fortuita loqui? Nostra tu physica nosti. nulla arte adhibita. ne haec quidem curaturos . LIBER I. qui. graeca potius. virtutem esse nostri putant ) sic parentes . quum causas rerum efficientium sustuleris. quam fingit et format effoctio . quae contineantur ex effectione. nihil definiunt. indocti ne a nobis quidem accipient : ut frustra omnis suscipiatur labor. adhibenda enim geometria est. Nos autem praeceptis dialecticorum . Quid est enim magnum. quae docti (ut dixi) a Graecis petere malent . ut legibus .

malgré leur nouveauté . nous sommes obligés d'employer. rien prouver par une adroite induction. certaines expressions que les savans ai meront mieux. tandis que ceux qui auraient de l'éloignement pour les arts et les sciences de la Grèce . une fois qu'on a rejeté les causes efficientes. qui . ni pour la parole . c'est-à-dire Démocrite . de parler du con cours fortuit des corpuscules (c'est ainsi qu'il appelle les atomes)? Mais vous. Ils ne savent rien définir. . n s'ils étaient versés dans la littérature grecque . ni pour le raisonnement. Cicéron. et que les savans ne daigneraient pas lire. liraient les ouvrages des Grecs plutôt que les miens . En physique. Est-il en effet si merveilleux . Mais nous. ne suivant aucune méthode scien tifique . comme je l'ai dit. ne se soucieraient guère d'un tra vail qu'on ne peut comprendre sans être initié à l'érudition grecque. vous connaissez notre physique : elle embrasse la force efficiente et la matière: que cette force façonne et modifie : aussi avons-nous be soin des lois de la géométrie6. et que les ignorans ne voudront pas même recevoir de nous. Ce serait donc entreprendre un travail inutile. les préceptes de la rhétorique et de la dia lectique (deux sciences que notre école met au nombre des vertus5). Sur ce sujet vous pensez comme moi : vous reconnais sez que nous ne pouvons pas ressembler aux Amafinius et aux Rabirius 4. si j'approuvais Epicure. enfin ils pensent qu'il n'y a aucun art . comme au tant de lois . Voilà pourquoi je n'ai pas voulu écrire des li vres que les ignorans ne pourraient entendre . chercher dans les Grecs. rien diviser. LIVRE I. je pourrais m'exprimer avec autant de faci lité qu'Amafinius. traitent en style vulgaire de ce qui tombe sous les yeux de tout le monde.ACADÉMIQUES II. qui respectons .

la ACADEMICORUM II. ea. de expetendis . quam obscure etiam contra stoicos disserendum ? ? Totum igitur ilhid philosophiae studium mihi quidem ipse sumo. nec ullum arbitror. ut essent nota nostris. quam nos. probamus : quam erit illa acute explicanda nobis? quam argule. quod non possit ab bonestate sejungi. quantum potui (nihil enim magnopere meorum miror). ac. et ad vitae constantiam quantum possum . quod bonum quale sit. Quoniam quibusnam quisquam enuntiare verbis. post L. in qiiibus est studium. de vita et moribus. quid sit illud verum et simplex bonum. et ad delectationem animi. ad Graecos ire jubeo. LIBER I. Quae autem nemo adhuc docuerat. id est. majus aut melius a diis datum munus bomini : sed meos amicos. aut quem ad intelligendum poterit adducere haec ipsa. quam rivulos consectentur. fugiendisque rebus ? Illienim simplieiter pecudis et hominis idem bonum esse censent : apud nostros enim. ut scis. Si vero academiam veterem persequamur. A Graecis enim peti non poterant. nec erat. quae sit et quanta subtilitas. in Graeciam mitto. negat omnino Epicurus sine voluptatibus sensum moventibus nec suspicari. ut apud Platonem est. Sive enim Zenonem sequare : magnum est efficere. non ignoras. ut quis intelligat."unde studiosi scire possent. feci. ut ea a fontibus potius hauriant. JE&ii .

Ce sont des recherches . LIVRE I. et que les amis de la science ne pouvaient trou ver nulle part . c'est-à-dire que je leur conseille de lire les auteurs grecs. de les faire connaître à nos concitoyens. Sui vez-vous Zénon8. dont vous savez que je partage les principes . bonheur dont Epicure prétend n'avoir pas la moindre idée . vous n'ignorez pas de combien de difficultés est entourée cette question. ce qu'on doit fuir. si ou le dis tingue du plaisir des sens. je les envoie en Grèce. Nous attachons-nous à la vieille académie. ce qu'on doit chercher? Les épicuriens. la règle de ma conduite et l'amusement de mon esprit. chez nous . Mais. vous aurez bien de la peine à faire comprendre ce qu'il entend par ce bonheur simple et vrai qui ne peut être séparé de l'honnête. pensent tout sim plement que le bonheur de l'homme est le même que ce lui de la brute. et j'en fais. ceux de mes amis qui ont du goût pour cette étude. il est vrai .ACADÉMIQUES II. les mœurs. Mais . autant qu'il m'est possible. pensant avec Platon que la philosophie est le plus grand et le plus beau présent que l'homme ait reçu des dieux. i3 Enfin'. par quels termes pourra-t-on exprimer et faire pénétrer dans les intelligences ces principes qui concer nent la vie. que de subtilité il nous faudra pour en expli quer les doctrines ! que d'adresse et d'obscurité dans nos discussions contre les stoïciens ! Je garde donc pour moi seul toutes mes études phi losophiques . afin de puiser à la source plutôt que dans les filets d'eau qui en dérivent. j'ai tâché. Quant aux choses que personne n'avait encore ensei gnées. autant que je l'ai pu (car je ne suis pas grand admirateur de mes productions).

dum causae . Ego autem (dicam enim . Quid enim causae est. multi alii . renovabam. aut etiam ad nostros cives erudiendos nihil utilius . quum licebat . ne obsolescerent. cur poêlas latinos graecis litteris eruditi legant . ut res est ) . aut Demosthenem imitati. haec inclusa habebam. nihil aliud video . dum honores . temnent sua. aut. si. Aut enim huic aetati hoc maxime aptum est . honestissimam judico. et. legendo. et otii oblectationem hanc . dum reipublicae non solum cura . Sophoclem . sed vim graecorum expresserunt poetarum? Quanto magis philosophi delectabunt. Pacuvius-. Attius. hoc in primis consentaneum .i6 ACADEMICORUM II. excellens omni genere laudis. philosophos non tegant ? an quia delectat Ennius . Theophrastum ? Oratores quidem laudari video. LIBER I. Euripidem . si haec ita non sunt . si qui e nostris Hypcridem sint. dum me ambitio . si quas dignas laude gessimus . sic . Brutus" quidem noster. qui non verba. aut iis rebus . doloris medicinam a philosophia peto . sic hi Platonem imitentur. quod agere possimus. et administratione reipublicae liberatus. Nunc vero et fortunae gravissimo perculsus vulnere. ut illi jEschylum . sed quaedam etiam procuratio multis officiis implicatum et constrictum tenebat. Aristotelem .

le barreau. Mais aujourd'hui. par la lecture.ACADÉMIQUES II. je ne vois pas à quelle autre occupation je pour rais me livrer. quand il m'était possible. Eh quoi! notre Brutus lui-même. s'ils imitent Platon. frappé du coup le plus ter rible de la fortune12. s'il n'en est pas ainsi . cette raison vous paraît-elle solide? Au con traire. Théophraste. Sophocle. je le renouvelais . 2 . comme ces poètes ont imité Es chyle. Pacuvius. et délivré du fardeau de l'admi nistration. ceux qui ne peuvent pas lire les ouvrages étran gers. En effet. le plus utile à l'instruction de nos concitoyens . ne déxxvn. et ceux qui le peuvent ne mépri seront pas des productions nationales. me tenaient captif et enchaîné dans les liens de mille devoirs. lorsque l'ambition. et je ne connais pas pour mon loisir de plus noble amusement. Aristote. puisqu'ils lisent les poètes? Serait-ce parce qu'on trouve du charme dans Ennius . ou il faut convenir que c'est le plaisir le plus approprié à mon âge. liront les vôtres. 17 avouez-le. Attius et beaucoup d'autres qui ont reproduit. Et pourquoi les Romains versés dans la littérature grecque ne liraientils pas les philosophes latins . Euripide! Et n'entends -je pas louer tous les jours ceux de nos orateurs qui ont pris pour modèle Hypéride ou Démosthène ? Pour moi (car je veux parler sans détour). je renfermais ma philo sophie en moi-même . et non-seulement le soin des affaires publiques. mais encore la responsa bilité qui pesait sur moi. mais le génie des poètes grecs? Combien plus encore plairont les philosophes. pour n'en pas laisser éteindre le goût. les honneurs. le mieux assorti à ce que je puis avoir fait de louable. LIVRE I. ou . et . non les mots. je cherche dans la philosophie un remède à ma douleur. cet homme supérieur dans tous les genres de mérite .

— Imo vero et ista . quod malim . tractari autem novam. Sed videamus . ut dicis. assidamus. erroremque eorum . sed ignorare te non arbitror. remigrare in domum veterem e nova. quod te velle video. qui ita putarunt. inquit. quae contra Philonis Antiochus scripserit. quanttu : nam Aristum Athenis audivit aliquandiu . de re? — Relictam a te veterem jam. et totam veterem academiam .i8 ACADEMICORUM II. coarguit. inquit . nec vero sine te. te huic etiam generi litterarum. et eamdem quidem sententiam sequitur. negaret in libris (quod coram etiam ex ipso audiebamus). ille : quid est enim. philosophiam latinis litteris persequitur. ut tu existimas ipse. renovari a te. si videtur. Quamobrem da . a qua absum tam diu. quam ex Antiocho jam pridem audita re . magnus vir. quaeso . nisi molestum est. inquam. nihil ut iisdem de rebus Graecia desideret . — Est. idemne Attico placeat fieri a me. LIBER I. inquam. Sed de te ipso quid est . quod audio ? — Quanam . cujus tu fratrem Antiochum. — Sane istuc quidem. inquit. Antiocho id magis licuerit. Tum ille : Istuc quidem considerabo . nostro familiari. — Mihi vero. duas academias esse . inquit : sum enim admodum infirmus. — Quid? ergo. velim : et simul . quam nobis in novam e vetere? Certe enim recentissima quaeque sunt correcta et emendata maxime : quanquam Antiochi magister Philo. IV. inquam .

et que déjà vous appartenez à la nouvelle. et même . a soutenu dans ses ouvrages'5 (et nous l'avons entendu de sa bouche ) qu'il n'y avait point deux aca démies . et il nous serait. les leçons d'Ariste'3. Cependant. poursui vit-il. car je suis bien faible. j'aimerais à vous entendre rappeler cette réfutation . dont le frère Antiochus fut votre maître. il a taxé d'erreur ceux qui affirmaient le con traire. LIVRE I. rien à désirer aux Grecs ? Il suit d'ailleurs la même doctrine que vous : car il a quelque temps écouté . il aurait donc été permis à notre ami Antiochus de quitter une maison neuve pour rentrer dans une vieille14. répondit-il . Le maître d'Antiochus . dans A thènes . si vous le jugez à propos. il est vrai . livrez-vous donc aussi à ce genre de compo sition. sur les mêmes questions . 19 veloppe-t-il pas la philosophie en langue latine. De grâce. lui dis-je. pourvu que ce soit de concert avec vous. Mais assurons-nous qu'Atticus partage le désir que je vous a. de ma nière à ne laisser. reprit-il . sans doute . et raviver dans mon souvenir toute la vieille académie que j'ai perdue de vue depuis si long-temps.ACADÉMIQUES H. — Très à propos . Philon que vous regardez vous-même comme un grand homme. IV. sur votre compte. — Ce que vous dites est vrai . . — Comment? répondis-je. — Non . que viens-je d'apprendre? — De quoi est-il ques tion? lui dis-je. — On prétend que vous avez abandonné la vieille académie. si ce n'est pas abuser de votre complaisance . défendu de passer de la vieille dans la neuve! Assuré ment les derniers travaux doivent avoir le plus d'exacti tude et de perfection. Alors Varron : J'y penserai . as seyons-nous. Mais. mais je ne pense pas que vous ignoriez ce qu'Antiochus a écrit contre le paradoxe de Philon.

primus a rebus occultis.2o ACADEMICORTIM II. eoque praestare ceteris. quod haec esset una omnis sapientia. scire se putent. nihil se scire dicat. in quibus omnes ante eum philosophi occupati fuerunt. ob eamque rem se arbitrari ab Apolline omnium sapientissimum esse dictum . . quod illi. nihil tamen ad bene vivendum. in conspectu consedimus omnes. uisi id ipsum . et in ea sententia permaneret. et ab ipsa iiatura involutis. intelligi potest. se nihil scire. ipse. ita disputat. avocavisse philosophiam . Quae quum diceret constanter. refellat alios . maximeque Platonis. et ad vitam communem adduxisse : ut de virtutibus et vitiis. cœlestia autem vel procul esse a nostra cognitione censeret. satisne ea commode dici possint latine ? Quae quum essent dicta . cordari ? et simul videre . perscripti varie et copiose sunt. omninoque de bonis rebus et malis quaereret. Hic in omnibus fere sermonibus. qui ab iis. non arbitrari. Tum Varro ita exorsus est : Socrates mihi videtur. quae nesciant. sese scire. ut nihil affirmet ipse. id unum sciat . si maxime cognita essent. vel. qui illum audierunt. LIBER I. et in [om nibus] hominibus ad virtutis studium cohortandis consumebatur. id quod constat inter omnes . omnis ejus oratio tum in virtute laudanda. quod nesciat. ut e Socraticorum libris .

comme on peut s'en convaincre dans les livres de ses disciples . c'est parce qu'ils s'imaginent savoir ce qu'ils ignorent . quand même nous les connaîtrions parfaite ment. c'est qu'il ne sait rien '7. dit-il. auxquelles. hors de la portée de notre intelligence. et en restant fidèle à celte opinion. et s'il l'emporte sur les autres.ACADÉMIQUES II. et. à son avis. et l'avoir amenée à l'observation de la vie com mune. inutiles pour nous apprendre à bien vivre. Ainsi il se bornait à l'examen des vertus et des vices. pour ainsi dire. il ne laissait pas de consacrer tous ses discours à louer la vertu.6. s'attachaient tous les phi losophes . LIVRE I. avant lui. et d'ailleurs. et en même temps de voir si de pareilles matières peuvent avec assez de facilité être présentées en langue latine? A ces mots. tandis que lui sait uniquement qu'il ne sait rien. . Dans presque tous ces entretiens. du bien et du mal. 21 vois manifester. ce phi losophe discute sans rien affirmer. avoir le premier détourné la philosophie de ces questions obscures. Tout ce qu'il sait. toute la sagesse se réduisant à ne pas prétendre savoir ce qu'on ne sait point. Je pense que c'est pour cela qu'Apollon l'a déclaré le plus sage des hom mes18. — Moi ? dit Atticus : est-il rien que je puisse préférer au plaisir de me rappeler ce que j'enten dis autrefois de la bouche d'Antiochus . Les choses célestes étaient. nous nous assîmes vis-à-vis l'un de l'autre : alors Varron commença ainsi : Socrate me paraît. voilées par la nature ellemême. Tout en répétant ces pa roles. et surtout dans ceux de Platon '9. à exhorter les hommes à la pratique de la vertu . et l'on en convient généralement. se bornant à réfuter ses adversaires. rédigés par ses disciples avec une variété et une fécondité inépuisables.

e loci vocabulo nomen habuerunt. Nam. et illam veterem academiam differebat. duos autem praestantissimos studio atque doctrina . et nulla affirmatione adhibita consuetudinem disserendi reliquerunt. quod minime Socrates probabat. qui rebus congruentes . sed idem fons erat utrisque. Sed utrique Platonis ubertate completi. nominibus una : nihil enim inter peripateticos . Abundantia quadam ingenii praestabat. Xenocratem Chalcedonium .22 ACADEMICORUM II. illam autem Socraticam dubitationem de omnibus rebus . quod est alterum gymnasiùm . qui Platonis instituto in Academia . et eadem rerum expetendarum . qui varius . et eam quidem plenam ac refertam . ut dixi. sororis filium. illi autem . nominibus differebant. Aristoteles. LIBER I. Plato philosophiae quasi heredem reliquisset . Quae quidem erat primo duobus. et multiplex . Ita facta est [disserendi]. fugiendarumque partitio. et rerum ordo. una et consentiens duobus vocabulis philosophiae forma instituta est. Platonis autem auctoritate . peripatetici dicti sunt. cer tam quamdam disciplinae formulam composuerunt . quum Speusippum. cœtus erant et sermones habere soliti . et descriptio disciplinae. Sed quid ago? . academicorum et peripateticorum . quia disputabant inambulantes in Lyceo . ut mihi videtur quidem. ars quaedam philosophiae. et copiosus fuit. et Aristotelem Stagiritem : qui erant cum Aristotele.

empruntèrent leur nom à ce lieu. Ceux qui. — Mais que fais-je ? dit Varron . toujours est-il ri . si Platon laissa . formèrent un système bien déterminé. ce que Socrate était loin d'approu ver. d'accord sur le fond des choses. l'héritage de sa philoso phie à Speusippe. comme je l'ai dit. Mais les uns et les autres. continuè rent à s'assembler et à s'entretenir dans l'Académie. suivant l'usage institué par Platon. En effet. du moins à ce qu'il me semble. et à son habitude de discuter sans rien affirmer. qui était un autre gymnase. ses disciples les plus distingués par le savoir et par l'amour du vrai . al Par l'influence de Platon . et en même temps riche et complet. qui veut remontrer à Minerve. s'établit un système de philosophie un et identi que20 sous une double dénomination. bien que sous deux déno minations : car il n'y avait aucune différence entre les péripatéticiens et cette vieille académie. par la fécon dité de son génie. cette doctrine était. divers et abon dant. remplis des idées fécondes de Platon. Je parle des aca démiciens et des péripatéticiens qui. furent Xénocrate de Chalcédoine21 et Aristote de Stagire. Ainsi . un système. Les sectateurs d'Aristote furent nommés péripatéticiens. lorsque je prétends vous apprendre ces choses? Quoique ce ne soit pas précisément» le pourceau du pro verbe . Aristote l'em portait. suis-je bien dans mon bon sens. pour ainsi dire . ils établissaient la même distinction entre ce qu'on doit rechercher et ce qu'on doit fuir. parce qu'ils dissertaient en se promenant dans le Lycée. mais les uns et les autres puisaient à la même source. ne différaient que par le nom. la philosophie devint un art. Ils renoncèrent au doute universel de Socrate . une. génie vaste. Dans le principe . LIVRE I. un en seignement méthodique.ACADÉMIQUES II. fils de sa sœur.

Ac primam illam partem bene vivendi a natura petebant. Valde enim amo nostra atque nostros . perge. meque ista de lectant. nisi in natura . quaerendum esse illud summum bonum. in voce. tamen inepte. quoniam placet. qui philosophiam jam professùs sim populo nostro exhibiturum ? — Pergamus igitur. putas. claritatem . quisquis Minervam docet. V. quid repugnet . Fuit ergo jam accepta a Platone philosophandi ratio triplex : una. extremum esse rerum expetendarum. aut sumne sanus. neque ulla alia in re . tertia. celeritatem . vires. quid consentieus. inquit. in partibus autem. vim. eique parendum esse dicebant . inquit. LIBER I. Valitudinem. et vita. Corporis autem alia ponebant esse iu toto. in lingua etiam . de vita et moribus . et quid falsum. et isto modo. quid rectum in oratione. de natura et rebus occultis. ut aiunt. altera. constituebantque. — Quid me. alia in partibus. Varro. et corpore. adeptum esse omnia e natura et animo. et praestantiam aliquam partium singularum : ut in pedibus. inquit. et quid verum . qui haec vos doceo? nam etsi non sus Minervam. sensus integros. in toto. quum latine dicuntur. de disserendo. Tum Atticus : Tu vero. quo omnia referrentur.24 ACADEM1CORUM II. pulchritudinem. judicando. pravumve. in manibus. inquam. et finem bonorum.

l'accord et la répugnance des idées. de la nature et des choses occultes. on recommandait de lui obéir23. au corps et à la vie. et les avantages attachés à chacune des parties du corps . du raisonnement et du jugement qui discerne le vrai du faux.« dicule à qui que ACADÉMIQUES ce soit d'oser faire II. qui ai pris l'engagement de faire con naître un jour la philosophie à nos concitoyens! — Eh bien ! continuons. et pour la langue enfin l'expression nette des sons. Ils établissaient que le dernier terme des choses désirables. les termes justes de ceux qui ne le sont pas . — Que sera-ce pour moi. on s'adressait à la nature . reprit-il. leur dis-je. LIVRE la leçon I. Continuez . c'est d'avoir reçu de la nature tout ce qui est nécessaire à l'âme. puisque vous le trouvez bon. les autres dans les parties : dans le tout. Ces ques tions surtout me charment . Dans la première partie. c'est dans la nature seule qu'il faut chercher ce bien suprême auquel toutes nos actions doivent être rapportées. Des biens du corps. Selon ces philosophes. l'intégrité des sens. la force pour les mains. et le comble du bonheur. dit alors Atticus : j'aime beau coup et les choses et les hommes de mon pays. ils plaçaient les uns dans le tout. dans les parties. la vigueur. pour apprendre à bien vi vre . Varron . l'éclat pour la voix. à Minerve î5 V. la seconde. comme l'agilité pour les pieds. la santé. la troisième. la beauté. . traitées en notre langue et comme nous venons de les entendre. La philosophie transmise par Platon à ses successeurs se divise en trois parties : la première traitait de la vie et des mœurs.

id est virtus. cetera autem pertinere ad id putant. Morum autem putabant studia esse. quasi perfectio naturae. partim ratione formabant . quae ad virtutis usum valerent. Ergo haec animorum. ut gloriam. Atque haec illa sunt tria genera. aut tuendum. et quasi consuetudinem : quam partim exercitationis assiduitate. aut adaugendum . quae putant ple . eumque esse conjunctum cum hominibus humana quadam societate. Hominem esse censebant. Ac de summo quidem atque naturali bono sic agunt. progressio quaedam ad virtutem appellatur. Vitae autem ( id enim erat tertium ) adjuncta esse dicebant . et mores dividebantur.a6 ACÀDEMICORUM H. neque absolutum . LIBER I. et memoriam dabant . in quibus erat philosophia ipsa . ut divitias. Ita tripartita ab iis inducitur ratio bonorum. ut opes. Animi autem. in qua quod inchoatum est . et universi generis humani. quorum utrumque mentis esset proprium. quas in animis ponunt. quae non tam naturae . ut gratiam. una res optima. VI. Nam virtus [animi bonis et corporis] cernitur in quibusdam . Na turae celeritatem ad discendum . et ingenii. explanatam vocum impressionem. omniumque rerum. quasi partem quamdam civitatis. quam beatae vitae adjuncta sunt. quod autem absolu tum. quae essent ad comprehendendam ingeniis virtutem idonea : eaque ab iis in naturam.

et la mémoire . Telles sont aussi les trois espèces qu'admettent . la puissance . Tels sont donc les biens de l'âme. Alors ils envisageaient l'homme comme membre de la cité et du genre humain . VI. auquel ils rapportaient tous les autres biens qui servent à l'accroître ou à le conserver. voilà le double objet de leur philosophie 24 . tels que les ri chesses . en effet la vertu aime à se montrer au milieu de quelques avantages qui dépendent moins de la nature que d'une vie heureuse. les autres à Yhabitude : de la nature. c'est-àdire comme uni à ses semblables par le lien de l'huma nité. ce qui est accompli .ACADÉMIQUES II. LIVRE I. à l'habitude. ils attribuaient nos penchans et. c'est la vertu même qu'ils regardaient comme la nature perfectionnée25. et. Ceux de la vie26 (car c'était la troisième espèce) consistaient en certains accessoires qui peuvent faciliter la pratique de la vertu . qu'ils faisaient dépendre toutes deux de l'activité de l'âme et de l'intelligence . pour ainsi dire. la gloire et le crédit. Nature et habitude . dans laquelle ce qui est ébauché et non accompli s'appelle acheminement vers la vertu . notre façon de vivre qui devait être déterminée eu partie par un exercice assidu . 27 Ils appelaient biens de l'âme tous les moyens de faire pénétrer la vertu dans les esprits . c'était à leurs yeux la plus belle. Voilà ce qu'ils pensaient du bien suprême et na turel . ils dérivaient la promptitude à apprendre . Ainsi ils re connaissaient trois espèces de biens. et ils rapportaient les uns à la nature. de toutes les prérogatives de l'âme . en partie par la raison.

. et cetera. quae supra dicta sunt. quae erant congi uentes cum descriptione naturae. rique peripateticos dicere. forma atque descriptio. atque in ipsa virtute versantur. Easunt autem maxima. voluptatumque contemtio : ex quo laborum dolorumque susceptio multorum . nisi adjungerentur et corporis. autmaxima. et ejus partis. quae esseut prima [in] natura . quae in ipso animo. recti honestique causa . ut eam dividerent in îes duas : ut altera esset efficiens . aut omnia . Communis haec ratio . et justitia. alios peripateticos arbitrantur. LIBER I. nec tamen beatissimam. et utrisque hic bonorum finis videbatur. De natura autem (id enim sequebatur) ita dicebant . et multis vitae commodis anteponebantur. quam primam posui. Haec quidem fuit apud eos morum institutio. qui tum appellarentur. Ex hac descriptione. magnorum . adipisci. si alios esse academicos. ad virtutis usum idonea. in una virtute esse positam beatam vitam. agendi quoque aliquid in vita.28 ACADEMICORUM II. Itaque omnis illa antiqua philosophia sensit. Hinc gignebatur fuga desidiae. et earum rerum. quas natura praescriberet. et officii ipsius initium reperiebatur . quaeque ipsa per sese expetenda . atque aequitas. quod erat in conservatione earum rerum. haeque et voluptatibus . est enim haec partitio illorum : illud imprudenter. Id quidem non falso. Unde et amicitia exsistebat.

vertus qu'on préférait aux voluptés et à tous les avan tages de la vie. elle recommandait d'obéir aux préceptes de la nature. c'est bien là leur division. ils rapportaient tout à deux principes : l'un efficient. Cette théorie comprenait l'obli gation de mener une vie active. les biens désirables par eux-mêmes. . les plus importans sont ceux qui viennent de l'âme et qui consistent dans la vertu. pour l'une comme pour l'autre. et le plus haut degré du bonheur . l'homme se chargeait de travaux et de douleurs sans nombre et sans mesure. si l'on croit qu'il y a une différence essentielle entre les péripatéticiens et ceux qu'on appelait alors académiciens. On se trompe . tels furent la forme et le plan de cette partie que j'ai placée la première2'. Or. Telle fut. et que ce bonheur n'est pas complet . facilitent la pratique de la vertu. nous l'avons dit plus haut . dans l'intérêt du juste. ou du moins les plus importans. en d'autres termes. De là . Cette classification était commune aux deux écoles. la fuite du désœuvre ment et le mépris des voluptés : grâce à cette énergie. Pour expliquer la nature (c'était la seconde partie). de l'hon nête et de ce qui est conforme au vœu de la nature. I. selon l'opinion commune : et ce n'est pas une erreur . chez ces philosophes. à moins qu'on ne joigne à la vertu les biens du corps et ces accessoires qui. 29 les péripatéticiens . Ainsi toute cette ancienne philosophie a pensé que dans la vertu seule est placé le bonheur de la vie . était d'atteindre les biens que la nature met au premier rang. et de les posséder tous.ACADÉMIQUES II. la justice et l'équité. la science qui réglait la conduite .IVRE I. Ce dévouement produisait l'amitié. et la source du devoir lui-même.

altera autem quasi huic se praebens . aut ex aliis transferenda. quod non alicubi esse cogatur. nisi in hujuscemodi verbis. id jam corpus. aut dialecticam appellem . Aut enim nova sunt rerum novarum facienda nomina . VII. si nulla vi contineretur. ut philosophiam . sed enitar. ut aliis multis . vim esse censebant. et id quidem com mune omnium fere est artium. sed philosophorum. qui in iis rebus tot jam saecula versantur. quibus. utamur verbis interdum inauditis. neque vim sine aliqua materia : nihil est enim . Neque enim materiam ipsam cohaerere potuisse. si te latina forte deficient. qui . quod efficeret. Quin etiam graecis licebit utare.3o ACADEMICORUM II. aut rhetoricam. ut latine loquar. aut physicam . Nos vero. in eo autem. — Bene sane facis . eaque efficeretur aliquid. Dialecticorum vero verba nulla sunt publica : suis utuntur. in utroque tamen utrumque. consuetudo jam utitur pro latinis. In eo. quanto id magis nobis concedendum est. quum voles. atque id in multis. LIBER I. a quibus haec jam diu tractantur). Sed quod ex utroque. materiam quamdam. quas Troiaryr/zç Graeci vocant : quod ipsum apud Graecos non est vulgi verbum . Qualitates igitur appellavi. ut in rebus inusitatis (quod Graeci ipsi faciunt . Quod si Graeci faciunt. et quasi qualitatem quamdam nominabant. inquit Atticus. quod efficeretur. Dabitis enim profecto .

ou détourner d'anciens mots de leur signification pre mière. Cette combinaison des deux principes . mais à celui des philosophes. comme beaucoup d'autres . à moins qu'il ne se pré sente certains mots. ils ont un langage à eux. dit Atticus. Si les Grecs en usent ainsi dans des matières dont . il faut ou créer des termes nouveaux. VII. tels que ceux de philosophie. Néan moins ils ne concevaient pas l'une sans l'autre : car les parties de la matière ne resteraient pas cohérentes. cependant s'en occupent depuis long-temps . mais je tâcherai de m'exprimer en latin . même chez eux . ont été naturalisés chez nous par l'usage. Dans la cause efficiente ils voyaient une force. qui. mot qui . si les mots latins viennent à vous manquer — C'est agir avec complaisance . et . et la force ne peut se trouver hors de la matière . qualité : car vous permettrez sans doute que. lorsque vous le voudrez. d'employer les mots grecs . je me serve parfois de termes nouveaux. ils l'appelaient corps . et même il vous sera permis. pour exprimer des choses nouvelles . à l'exemple des Grecs qui. En effet. LIVRE I. n'appartient pas au langage du peuple. Il en est de même dans pres que toutes les sciences. Nous ne demandons pas mieux. physique ou dialectique. J'ai donc appelé qualités ce que les Grecs nommaient zoioTjjTEç 29. comme nous di rions. puisque tout ce qui est. On peut citer beaucoup d'exemples semblables : ainsi les dia lecticiens n'emploient jamais les expressions vulgaires. si elles n'étaient retenues par quelque force . 3i l'autre se prêtant à l'action du premier qui le modifiait. l'objet soumis à son action était une sorte de matière28. rhé torique. dans des questions inusitées parmi nous .ACADÉMIQUES II. doit être quelque part.

Earum igitur qualitatum sunt aliae principes. e quo essent astra mentesque. — Audebimus ergo. variae sunt. quae supra dixi . quae gignuntur e terra. prima sunt. et quasi patiendi : aquam dico. et tritius) materiam quamdam. accipiendi . Itaque aer quoque (utimur enim pro latino). ex qua omnia expressa atque efficta sint. inquam. novis verbis uti . et efficiendi . Varro. et quasi multiformes. eorumque quatuor. quae infinite secari ac . elementa dicuntur : e quibus aer. earumque rerum. iuquit. et terra. et ignis. omnibusque modis mutari. quae tota omnia accipere possit. bene etiam meriturus mihi videris de tuis civibus. Sed subjectam putant omnibus sine ulla specie. movendi vim habent. Quintum genus. Ex iis autem ortae animantium formae. Ergo illa initia. haec nunc primum tractare conamur? — Tu vero. et terram. sed etiam verborum. si eos non modo copia rerum auxeris. eoque etiam interire. reliquae partes . te auctore . ut effecisti. atque carentem omni illa qualitate (faciamus enim tractando usitatius hoc verbum.3a ACADEMICORUM II. dissimile Aristoteles quoddam esse rebatur. atque ex omni parte. Principes sunt uniusmodi . LIBER I. et. sed in suas partes. et ignis. ex iis aUtem ortae. et aqua. aliae ex iis ortae. singulare. si necesse erit. ut e graeco vertam. non in nihilum. et simplices .

Il en est deux. l'eau et la terre sont des qualités premières. élémens31. reçoivent et souffrent en quelque sorte l'action de cette force. le feu. LIVRE I. au dessous de toutes les modifications. qui peut être modifiée de toutes les façons et dans toutes ses parties : d'où il suit que. si . l'air et le feu . De ces qualités dont je parlais. Ils croient que tout est fait et formé de cette matière . nous pourrons. mais se décomposer en ses par ties. lui djs-je . les unes sont pre mières. s'il est permis de le dire.ACADÉMIQUES II. pour elle. puisxxvii. les autres dérivées. au besoin. Ainsi l'air 3o (car ce mot est devenu latin). multiformes. — Eh bien ! réponditil. les autres. substance de tous les phéno mènes . de ces qualités sont nées les formes des animaux et de toutes les choses que la terre enfante : aussi les appelle-t-on priucipes. 33 ils s'occupent depuis tant de siècles. avec votre autorisation. qui peuvent être coupées et divisées à l'infini . Les qualités premières sont uniformes et simples. recourir à des termes nouveaux. vous augmentez aussi celui des mots. après avoir augmenté pour eux le trésor des idées . Mais. périr ce n'est point s'anéantir . vous aurez bien mérité de nos concitoyens . ces phi losophes supposent une certaine matière sans figure et dépourvue de qualités (répétons ce mot pour le rendre plus usité et plus commun). Aristote admettait un cinquième élément dont étaient formés les astres et les âmes . à nous qui nous efforçons de les traiter pour la première fois. et pour traduire le mot grec. celles qui en dérivent sont variées et. qui possèdent la force motrice et efficiente . essence à part . à plus forte raison nous permettra-t-on d'en faire autant. 3 . je veux dire l'eau et la terre. et qui différait des quatre précédentes. —Varron .

quasi prudentiam quamdam . quae insint in eo . a quo intereat. procurantem cœlestia maxime . quae intervalla item infinite dividi possint. e quibus. Partes autem esse mundi . omnia . inter quasi fatalem et immutabilem continuationem ordinis sempiterni : nonnunquam quidem eamdem fortunam . LIBER I. quae pertinent ad homines : quam interdum eamdem necessitatem appellant. Et quum ita moveatur illa vis. quia nihil aliter possit . atque ab ea constitutum sit . deinde in terris ea. quod efficiat multa improvisa haec. quum sit nihil omnino in rerum natura minimum. extra quem nulla pars materiae sit . VIII. effectum esse mundum. quae sunt ei subjectae. nec opinata nobis. Quam vim animum esse dicunt mundi. in omni natura cohaerente et continuata cum omnibus suis partibus. quae natura sentiente teneantur : in qua ratio perfecta insit.34 ACADEMICORUM II. nullumque corpus. eamdemque esse mentem. quae erat in V . dividi possint. quam qualitatem esse diximus. et illa effici. omnia intervallis moveri. et quum sic ultro citroque versetur : et materiam ipsam totam penitus commutari putant. quod dividi nequeat : quae autem moveantUr. Tertia deinde philosophiae pars. quae sit eadein sempiterna : nihil enim valentius esse . quae appellant qu<ilia . omniumque rerum. sapientiamque perfectam : quem Deum ap pellant. propter obscuritatem ignorationemque causarum.

LIVRE I. VIII. Quel quefois ils appellent cette force nécessité . fortune . des intérêts de l'homme. à laquelle ils attribuent la volonté et la plus haute sagesse. au milieu de la continuation. voilà cette pro vidence qui veille sur toutes les choses soumises à son empire. travaillée tout entière par de perpétuelles transforma tions . fatale et immuable de l'ordre éternel . ils en concluent que dela matière elle-même. sortent les phénomènes que nous avons appelés qualités. ont formé le monde avec ses diverses parties. Voilà leur Dieu .de si petit qu'on ne puisse diviser. Hors du monde il n'y a nulle parcelle de matière . qui se meut ainsi et s'agite en tous sens. dans la nature juxta-posée et continue. Ils ajoutent que les corps qui sont mus parcou rent des intervalles pareillement divisibles à l'infini : or. et s'occupant aussi . « . Ils disent que cette force est l'âme du monde. 35 qu'il n'y a dans la nature rien. pour ainsi dire. d'autres fois encore . parce qu'elle produit cette multitude d'effets inattendus. nul corps. comme c'est précisément cette force dont32 nous avons fait naître les qualités . et qui doit durer éternellement : car il n'est rien de plus fort qui puisse la détruire. prenant un soin particulier du ciel.ACADÉMIQUES II. que l'obscurité des causes et notre ignorance nous empêchent de prévoir 33 . sur la terre . Ensuite les académiciens et les péripatéticiens 3. Us appellent parties du monde tous les êtres dont il se compose. ce vaste assemblage est maintenu par la na ture sentante en qui réside la raison parfaite . parce que rien ne saurait être autrement qu'elle ne l'a établi . et qui.

Huic quasi ex altera parte. adhibebant. id est . oratoria vis dicendi adhibebatur. Itaque hancomnem partem rerumopinabilem appellabant. .aut ita mobiles et concitatae. id est. solam censebant idoneam . ducibus utebantur ad probandum. nisi in animi notionibus atque rationibus : qua de causa definitiones rerum probabant . et uniusmodi . quale esset. Quanquam oriretur a sensibus .36 ACADEMICORUM II. Mentem volebant rerum esse judicem . orationis ratione conclusae. jam a Platone ita nominatam . nos recte speciem possum us dicere. quia continenter laberentur et fluerent omnia. ratione. ut nihil unquam unum esset constans. sic tractabatur ab utrisque. cui crederetur. quod semper esset simplex. et quasi re rum notis. Hanc illi ideam appellabant. de quibus disceptabatur. quae essent aut ita parvae. Sensus autem omnes hebetes et tardos esse arbitrabantur. quod explanari volebant : in qua tradebatur omnis dialecticae disciplina. ne idem quidem . et ad concludendum id . nec percipere ullo modo res eas. tamen non esse judicium veritatis in sensibus. LIBER I. Scientiam autem nusquam esse censebant. explicatrix orationis perpetuas ad persuadendum accommodatae. qua de causa quaeque essent ita nominata . quaesubjectae sensibus viderentur. ut sub sensum cadere non possent. et has ad omnia .et iu disserendo. Verborumetiam explicatio probabatur. quia sola cerneret id. quam etymologiam appellabant. Post argumentis. et tale.

ce qu'ils appelaient étymologie. ni même iden tique. Ils voulaient que l'intelligence fût juge des choses . mar cher de front l'art oratoire qui consiste à développer toute la suite d'un discours composé de manière à per suader. Voilà pourquoi ils approuvaient les défini tions de choses. Aussi regardaient-ils cet ordre de choses comme du domaine de l'opinion. parce que seule elle contemple ce qui est toujours simple. Ensuite. . selon ces philoso phes . La science. 37 traitaient ainsi la troisième partie de la philosophie. signes infaillibles de la valeur des idées . si petites. LIVRÉ î. uniforme . pour ainsi dire. Ils approuvaient aussi les explica tions de mots35. prenant pour guides lesargumens. Ces choses sont. celle qui s'occupe de la raison et de la dialectique34. l'art en vertu duquel la raison déduit des conséquences. lourds.ACADÉMIQUES II. qu'elles ne peuvent tomber sous les sens. le jugement de la vérité ne réside pas dans les sens. ils arrivaient à' la preuve et à la conclusion de ce qu'ils voulaient éclaircir. ils la regardaient comme seule digne d'être crue. puisque tout s'écoule incessamment. C'est là ce qu'ils appelaient idée. à l'exemple de Platon : nous pouvons le traduire exactement par le mot species. ou si mobiles et si rapides . tout nous échappe. En cela consistait tout l'art de la dialectique . c'est-à-dire les motifs pour lesquels tel terme avait été appliqué à tel objet. à leur avis. que rien ne saurait persister un . et le voit tel qu'il est. absolument in capables de percevoir les choses qui paraissent de leur ressort. ne repose que sur les notions de l'âme et le rai sonnement. et les employaient dans toutes les ques tions controversées. Quoi que né des sens. ils faisaient. Au contraire ils accusaient les sens d'être épais. Avec la dialectique.

quae posita est in virtute et in moribus. inquit. si vultis. — Nos vero volumus. Jam Polemonem audiverant assidue Zeno et Arcesilas. totumque se ad investigationem naturae contulisset . tamen ab ea disciplina omnino semovendus est : qui quum maxime necessariam partem philosophiae. — Et recte. et ita moratus. reliquisset. beate vivere. ut pro Attico etiam respondeam. in ea ipsa plurimum discedit a suis. Praeclare enim explicatur peripateticorum . Aristoteles primus species. LIBER I. qui primi Platonis rationem auctoritatemque susceperant. tuebantur. unaque Crantor. vehementius etiam fregit quodam modo auctoritatem veteris disci plinae : spoliavit enim virtutem suo decore . et Xenocrates. vir et oratione suavis. Haec erat illis prima a Platone tradita : cujus quas acceperim disputationes . Theophrastus autem. respoades. ut in his quiddam divinum esse diceret. IX. quas paullo ante dixi. et post bos Polemo. quod negavit in ea sola positum esse. Nam Strato .38 ACADEMICORUM II. diligenter ea. in Academia congregati. quae a superioribus acceperant. Speusippus autem. et Crates. quanquam fuit acri ingenio. labefactavit : quas mirifice Plato erat amplexatus. et academiae veteris auctoritas. çxponam. Sed . ejus auditor. ut prae se probitatem quamdam et ingenuitatem ferret . inquam. imbecillamque reddidit.

reprit Varron : il est beau en effet de voir se développer l'influence du péripatétisme et de la vieille académie. qu'il voyait en elles quelque chose de divin3'. défendaient avec zèle les doc trines qu'ils avaient reçues de leurs prédécesseurs. je vous exposerai.ACADÉMIQUES II. nous le voulons. esprit subtil dans la discussion et habile à se replier dans tous les sens . Théophraste ensuite. que nous avons un peu plus haut appelées species. Si vous . 36 Telle était la première philosophie transmise par Platon à ses successeurs. 3g IX. Au contraire. et je réponds pour Atticus comme pour moi. en affirmant que ce n'est point sur elle seule que repose le bonheur de la vie39. Zénon 41 et Arcésilas avaient suivi assidûment les leçons de Polémon. et après eux Polémon . Quant à son disciple Straton 4°. si vous voulez. Entre les discussions qu'elle fit naître. mais Zénon. lui disje. quoique d'un esprit vif et pé nétrant. il dépouilla la vertu de son éclat. Cratès et Crantor réunis dans l'Académie. — Assurément. et se livra tout entier aux recherches de la physique. porta de plus rudes atteintes à l'autorité de l'ancienne doc trine. plus âgé qu'Arcésilas . puisqu'il laissa de côté la partie la plus importante de la philosophie. — C'est très-bien répondu . et la réduisit à l'impuissance. Speusippe et Xénocrate. qui les premiers avaient hérité du système et de l'auto rité de Platon . dans laquelle même il s'éloigna beaucoup de ses maîtres. qu'il prévenait par uu air de probité et de candeur. doué d'une éloquence douce 38 et d'un naturel si heureux . celles qui sont venues à ma connaissance. et que Platon avait embrassées avec tant d'enthousiasme. s'efforça de corriger l'ancien système. il doit être tout-à-fait exclus de l'Académie. En effet. Aristote le premier ébranla les idées. LIVRE I.

sic inter recte factum atque peccatum. significare — : corrigera valdeque Mihi correctionem vero. offîcium et contra ofificium . lis ipsis alia interjecta. qui omnia . et media numerabat. ea praeposita appellabat. in quibus ponebat nihil omnino esse momenti. nec mala essent . idque appellaret honestum. Sed quae essent sumenda. et solum. quam voeabulis commutaverat . rejecta autem. quae ad beatam vitam pertinerent . Atque ut haec non tam rebus. prave. videtur. media locabat quaedam : recte facta sola in bonis actionibus ponens. et quadam aestimatione dignanda docebat. Cetera autem etsi nec bona . in malis.o ACADEMICORTJM II. idem si aetate. peccata. qui . alia minoris. quod esset simplex quoddam. quum . alia naturae esse contraria. Of . X. nervos virtutis incideret. videtur sicut Arcesilam et:Eam peracute solebat quodquoque anteiret vides Antiochus. ex iis alia pluris esse aestirnanda. Quae autem secundum na turam essent. Zeno igitur nullo modo is erat . et unum bonum. id est. Quae pluris. Zeno ter explicabo./. tameii alia secundum naturam dicebat. ea sumenda . Pompoconatus subtiliin- nium. LIBER I. sed contra. ut Theophrastus. disciplinam. contraque contraria : neutra autem in mediis relinquebat . uec quidquam aliud numeraret in bonis . est quam dissereret. moveretur . quae minoris. in una virtute poneret .

Entre ces deux espèces. quoiqu'elles ne fussent. lui dis-je . il admettait des actions moyennes : ne regardant comme bonnes que les actions vertueuses. de même entre la vertu et le vice. Enfin il mettait au nom bre des choses que j'ai appelées moyennes. comme l'exposait Antiochus. in divisible42. comme avait fait Théophraste. les secondes inférieures^. Zénon n'était pas homme à énerver la vertu. et il n'y attachait aucune importance. certains de . LIVRE I. Il laissait parmi les choses moyennes celles qui n'étaient ni conformes ni contraires à la nature. et leur ac cordait une certaine estime. ni mauvaises. les autres moins. comme mau vaises que les actions vicieuses. les autres contraires à la nature. j'en serai charmé. 1l permettait d'user des choses naturelles. Loin de là.ACADÉMIQUES II. entre le devoir et son con traire. Quant aux autres choses. il plaçait dans la vertu seule tout ce qui peut constituer une vie heureuse. ni bonnes. Comme en cela il avait moins changé les idées que les mots. hors de la vertu il ne reconnaissait aucun bien . je vous exposerai encore cette réforme . il en comptait d'autres qui étaient interposées et moyennes. — Moi . Il nommait les premières supérieures. Mais des choses dont on peut user. et il appelait honnête le bien simple. X. les unes méritaient plus d'estime. Pour les choses contraires il recommandait le contraire. à ses yeux. unique. il disait cependant que les unes étaient conformes . /<i le désirez . et vous voyez que Pomponius témoigne le même désir.

et efferri laetitia dicerent. sed quasdam virtutes natura. Quumque perturbationem animi illi ex bomine non tollerent. et extimescere. Statuebat enim ignem esse ipsam naturam. opinionisque judicio suscipi . XI. primum. voluntarias esse putabat. aut more perfectas. Quumque eas perturbationes antiqui naturales esse dicerent. hic nec id ullo modo fieri posse disserebat : nec virtutis usurn modo. quin ea semper uteretur. hic omnes in ratione ponebat : qnumque illi ea gênera virtutum. et omnium perturbationum arbitrabatur esse matrem. ut dixi. immoderatam quamdam intemperantiam. uaturaque et cqndolescere. non adhiberet. sed ipsum habitum per se esse praeclarum . ex qua superiores sensus et mentem effici rebantur. ut quatuor initiis rerum illis quintam hanc naturam. et concupiscere. praetermissaque. aliaque in parte animi cupiditatem. ne bis quidem assentiebatur : nam et perturbationes. ut superiores. alia rationem collocarent . media putabat. nec tamen virtutem cuiquam adesse. et rationis ex pertes. sejungi posse arbitrarentur . quae supra dixi. ./}2 ACADEMICORUM II. sed eam contraherent. in angustumque deducerent : hic omnibus his quasi morbis voluit carere sapientem. Haec fere de moribus. ficia aulem et servata. Quumque superiores non omnem virtutem in ratione esse dicerent. LIBER I. De naturis autem sic sentiebàt.

de craindre et d'être transporté de joie . de désirer. comme on l'a cru jusqu'à ce jour. Tandis que ses prédéces seurs disaient que toute vertu ne vient pas de la raison . XI. Quant aux élémens. v. qu'elles naissent d'un jugement de l'opi nion46. 43 voirs remplis ou négligés44. dont j'ai parlé plus haut*. Telle était à peu près sa morale. Zénon déclarait cette séparation impossible. et néanmoins la vertu ne s'iden tifie avec nous que lorsque nous la pratiquons sans cesse. dans une autre la raison. Zénon les plaçait toutes dans la raison 45. et ne viennent point de la raison .ACADÉMIQUES II. loin de bannir du cœur de l'homme les passions qui l'agitent. Zénon ne partageait même pas cet avis. . Selon les anciens . Les anciens pensaient que ces deux espèces de vertus . peuvent se présenter séparément. il croyait d'abord qu'il ne faut pas ajouter aux quatre principes des choses cette cinquième essence dont les anciens composaient les sens et l'âme : car il soutenait que le feu est l'élément qui * Voyez chap. reconnaissaient qu'il est naturel de s'affliger. il faut encore l'identifier avec soi-même pour être digne d'éloges. Zénon au contraire re garda les passions comme des maladies dont il voulut que le sage fût exempt. LIVRE I. mais que plusieurs sont le fruit de la nature ou de l'ha bitude . ils mettaient la passion dans une partie de l'âme. de pratiquer la vertu. ajoutait-il . Les anciens. et que la mère de toutes les affections turbu lentes est une intempérance d'esprit immodérée. ces agitations désordonnées sont instinctives. car il pensait que les passions sont volontaires. pourvu que ces mouvemens soient resserrés et contenus dans de justes limites. Il ne suffit pas.

comprehensibile. sed iis soluni. quod nullo modo arbitrabatur quidquam effici posse ab ea. quum eo verbo ante nemo tali in re usus esset : plurimisque idem novis verbis (nova enim dicebat ) usus est. nos visum appellemus licet. comprehensionem appellabat. Plurima autem in illa tertia philosophiae parte mutavit. cujus generis Xenocrates et superiores etiam animum esse dixerunt : nec vero. Feretis haec? — Nos vero. quos junctos esse censuit a quadam quasi impulsione oblata extrinsecus : quam ille <poivi:x(jia. LIBER I. inquit. ct mentem. Visis non omnibus adjungebat fidem . quum acceptum jam et approbatum esset . quae quidque gigneret. Quod autem erat . et teneamus hoc verbum quidem : erit enim utendum in reliquo sermone saepius. Sed ad haec. aut quod efficeret aliquid. et quasi accepta sensibus. In qua primum de sensibus ipsis quaedam dixit nova. quae viderentur. quae propriam quamdam haberent declarationem earum rerum. posse esse non corpus. quum ipsum per se cerneretur. similem iis rebus. aut quod efficeretur. id autem visum . ex quo etiam nomen hoc duxerat. quae visa sunt. Discrepabat etiam ab iisdem. et voluntariam. Quonam enim modo kxTxXviirtov diceres ? — Sed . quae manu prenderentur . quae expers esset corporis ./.4 ACADEMICORUM II. assensionem adjungit animorum : quam esse vult in nobis positam . atque sensus.v.

C'est là l'origine de ce terme que personne n'avait encore employé dans cette acception. car. mais seulement à celles qui portaient le caractère pro pre des objets aperçus. ré pondit Alticus : pourriez-vous traduire autrement koitxXvjnrov? — L'aperception reçue et approuvée se nom mait compréhension. Ce fut dans la troisième partie de la philosophie qu'il apporta le plus de changemens. A ce qui est aperçu et pour ainsi dire reçu par les sens . métaphore empruntée aux objets que prend la main. ne saurait être incorporel4'. Disant des choses nouvelles. il joint l'approbation de l'esprit. Retenons bien ce mot. LIVRE I. De cette dernière nais . qu'il regarde comme venant de nous. L'avait-elle saisi de manière que la raison ne pût l'arracher. et par conséquent l'âme et les sens. Zénon recourut souvent à des termes nouveaux. alors c'était la science. et que nous pouvons appeler aperception. Il différait encore de ces philosophes. et comme volon taire. D'abord il avança quel ques idées nouvelles sur les sens48 : ils reçoivent. /. selon lui . Zenon n'ajoutait pas foi à toutes les aperceptions . Comme une telle aperception se faisait reconnaître par elle-même. dans le cas contraire. ni ce qui est produit. l'inscience. en ce qu'il préten dait que rien ne peut être produit par un principe in corporel .5 engendre tout. l'impression extérieure qu'il appelle <pxvr»<slx . et que ni ce qui produit .ACADÉMIQUES II. tel que Xénocrate et les anciens se figuraient l'âme. Il appelait aussi sensation ce que la sensation avait saisi. dans la suite de cet entretien. il faudra l'employer souvent. il l'appelait compré hensible: me passerez-vous ce mot49? — Sans doute.

et temeritatem. et stoicorum. Varro . inscientiam nominabat . et uno nomine omnia. inquam . ut supra dixi. et ignorantiam . neque in pravis numerabat. XII. et suspicionem . eamque neque in rectis . et . a virtute sapientiaque removebat. quodque natura quasi normam scientiae et principium sui dedisset . quae essent aliena firmae et constantis assensionis. et opinationem . comprehensionem illam . E quo sensibus etiam fidem tribuebat. et cum falso incognitoque communis. id ipsum sensum appellabat .!fi ACADEMICORUM II. Verum esse au . quam dixi. LIBER I. e quibus non principia solum. collocabat. quae esset imbecilla. comprehensio facta sensibus et vera esse illi. ut convelli ratione non posset . et veteris academiae ratio. scientiam : sin aliter. a te . quod. relinqueret. unde postea notiones rerum in animis imprimerentur . et fidelis videbàtur : non quod omnia. Quae quum dixisset : Et breviter sane. quae essent in re. minimeque obscure exposita est . Errorem autem. ex qua exsisteret etiam opinio. sensu comprehensum . Sed inter scientiam et inscientiam. Atque in his fere commutatio consistit omnis dissensioque Zenonis a superioribus. quod cadere in eam posset. sed latiores quaedam ad rationem inveniendam viae reperiuntur. sed soli credendum esse dicebat. sed quia nihil . comprehenderet . si ita erat comprehensum .

Tels sont à peu près les changemens qu'il introduisit dans la philoso phie. comme notre ami Antiochus. le soupçon. 47 sait l'opinion qui est sans force. Quand Varron eut ainsi parlé. Entre la science et Pinscience il plaçait la compréhension dont j'ai parlé . XII. Par elle s'impriment dans nos esprits les premières notions des choses . Zénon plaçait bien loin de la vertu et dela sagesse. attendu. sans la ran ger parmi les choses bonnes . comme je l'ai dit. l'opi nion. qu'il faut ( . mais parce qu'elle n'omet rien de ce qui est de son res sort. je lui dis : Vous nous avez exposé brièvement et sans la moindre obscu rité. LIVRE I. l'erreur. le système de la vieille académie et celui des stoï ciens. D'après cela. l'irréflexion. non qu'elle saisisse tout ce qui est dans l'objet. que la compréhension faite par les sens lui paraît vraie et fidèle.ACADÉMIQUES II. et que la nature nous l'a donnée comme la règle de la science. le point de départ de tout savoir5'. ni parmi les mauvaises : il disait qu'elle seule mérite notre confiance. en un mot tout ce qui est étranger à une conviction ferme et constante. mais encore des voies plus larges pour raisonner. et par lesquels il différa de ses prédécesseurs. l'ignorance. il ajoute foi aux sens. et compatible avec le faux et avec l'inconnu 5o. et ces notions nous découvrent non-seule ment les principes. Je pense.

quam aliquam novam disciplinai!) putàndam. qui ab aiitiquorum ratione nunc desciscis. et ab omni lapsu con . LIBER I. ne illud quidem ipsum . opinionibus et institutis omnia teneri . angustos sensus. cohibereque semper. omnes paene veteres : qui nihil cognosci . et ea. neque esse quidquam. correctionem veteris academiae potius . Anaxagoram . imbecillos animos. — Tunc Varro : Tuae sunt nunc partes . Arcesilas sibi omne certamen instituit. nihil veritati relinqui. ut Antiocho. satisne ista sit justa defectio. quae ad confessionem ignorationis adduxerant Socratem . et qua de causa discidium factum sit . Sic omnia latere censebat in occulto. aut stu dio vincendi. quod. inquam. deinceps omnia tenebris circumfusa esse dixerunt. nihil percipi . brevia curricula vitae. quae ab Arcesila novata sunt. quod cerni. inquit . probas./. neque assensione approbare. et (ut Democritus) in profundo veritatem esse demersam .8 ACADEMICORUM II. Democritum . Itaque Arcesilas negabat esse quidquam. nihil sciri posse [dixerunt]. ut mihi quidem videtur. tem arhitror. non pertinacia. docere. ut accepimus . nostro familiari . ut videamus . et velutjam ante Socratem. neque affirmare quemquam . placebat. aut intelligi posset : quibus de causis nihil oportere neque profiteri . Empedoclem . sed earum rerum obscuritate. — Tum ego: Cum Zenone. quod Socrates sibi reliquisset. quod sciri posset.

comme disait Démocrite. que d'approuver une chose fausse ou inconnue. qui avez abandonné les opinions anciennes. me semble. dirigea toutes ses attaques contre niâtreté. on ne doit jamais rien avancer. Anaxagore. et la vérité. que la sensibilité est bornée. et presque tous les an ciens. Arcésilas affirmait qu'il n'est rien qu'on puisse savoir. afin que. passant presque toutes ses journées à combattre les opinions des autres. pour ces motifs.ACADÉMIQUES H. rien affirmer. reprit Varron . qu'il faut mettre un frein à notre étourderie. pas même ce que Socrate s'était ré servé. Il croyait donc que tout nous est caché. dans la philosophie de Zenon. plongée au fond d'un puits. Ils avancèrent qu'on ne peut rien connaître. ou parnon l'ambition pas. de nous faire connaître l'objet et la cause de cette séparation. Il agissait conformé ment à ce système . Empédocle. que la vérité n'a que faire ici-bas. que. l'intelligence faible. LIVRE I. rien savoir. mais à cause par opi-* de l'obscurité de ces questions qui avaient réduit Socrate à faire l'aveu de son ignorance. De même. qu'il est impossible de voir ou de comprendre quoi que ce soit . à cedequ'il vaincre. 49 voir. Zénon. Démocrite. pour la préserver de tout faux pas. que tout dépend des opinions et des conventions. la vie courte. et que rien n'est plus honteux que de faire devancer la perception et la connaissance par l'assentiment et l'approbation. que ce serait la porter au comble. afin que nous jugions si elle fut légitime. — C'est maintenant à vous . dans le xxvu. rien comprendre. 4 . et qui approuvez les innovations d'Arcésilas. enfin que tout est enveloppé de ténèbres. rien approuver. une légère réforme de la vieille académie plutôt qu'une doctrine nouvelle. et avant lui52. — Alors je pris la parole : Arcésilas. comme on nous l'apprend .

Hanc academiam novam appellant . qui quartus ab Arcesila fuit .5o ACADEMICORUM II. quum in eadem re paria contrariis in partibus momenta rationum invenirentur. faciebat . quam cognitioni et perceptioai assensionem approbationemque praecurrere. ut cognovi ex iis. Sed tamen illa. ut contra omnium sententias dies jam plerosque deduceret : ut. nihil certi dicitur. facilius ab utraque parte assensio sustineretur. de omnibus quaeritur. quae mihi vetus videtur : si quidem Plalonem ex illa vetere numeramus. unum tamen praeter ceteros mirabatur. ) .. LIBER I. qui quum ab eo plurimum dissentiret.. tinere temeritatem . Huic rationi quod erat consentaneum . quum aut falsa . et. in eadem Arcesilœ ratione permansit. vetus . haec. nova nominetur : quae usque ad Carneadem perducta . quam exposui . incredibili quadam (Multa fuit desunt. quae tum esset insignis. et in utramque partem multa disseruntur . aut incognita res approbaretur : neque hoc quidquam esse turpius . Carneades autem nullius philosophiae partis ignarus. facultate.. Cujus in libris nihil affirmatur. qui illum audierant. maximeque ex Epicureo Zenone .

c'était un homme d'un talent incroyable 56 (Lacune considérable. Ils nomment nouvelle cette académie qui me paraît être l'ancienne. comme je l'ai appris de ceux qui l'avaient entendu. si l'on veut . tout en s'éloignant beaucoup de ses opinions. il obtînt plus facilement que des deux parts le jugement restât suspendu. dans ses écrits. celle dont je viens de parler. Cependant qu'on appelle . interroge sur tout sujet. 5i même sujet . LIVRE I.) 4- . n'affirme rien. et. Carnéade n'ignorait aucune partie de la phi losophie. et nouvelle celle qui se continua jusqu'à Carnéade.ACADÉMIQUES II. ayant trouvé pour et contre des argumens de force égale. discute souvent le pour et le contre. quatrième successeur 54 d'Arcésilas. et surtout de Zénon l'Epicurien 55 qui. et qui ne s'écarta point des principes de son fondateur. vieille académie . sans jamais arriver à quelque chose de certain53. si toutefois c'est dans l'ancienne qu'on doit ranger Platon qui. l'admirait néan moins par dessus tous les philosophes .

Mé taphysique. C'est un travail important. la dialectique et la morale. Enfin par quels termes. aut quem ad intelligen . Dans nos textes. 3. Écrivains latins très-médiocres.. 358. Ce passage est visiblement altéré. 5. r|ui fut appelé le plus savant des Romains . 7. justifia cet éloge par le nombre et l'importance de ses ouvrages. pages 353. 4. qui appartenaient à la secte d'Épicure. i. Aussi avons-nous besoin des lois de la géométrie. Notre ami Libon. Varron veut prouver que . n. L. Timée. Deux sciences que notre école met au nombre des vertus. quod jam quibusnam quisquam enuntiare verbis. Les stoïciens regardaient les sciences comme des vertus. chap. Scribonius Libon . %. Aristote. Il s'agit de l'ouvrage de Varron sur la langue latine. Il est certain du moins que Platon ne voulait point qu'on séparât la rhéto rique de la vertu.. 6. pour la rhé torique. 1 et 3. édition de Deux-Ponts. C'était pro bablement aussi l'opinion de l'ancienne académie. liv. mais non pour la physique. etc. il le dit pour la rhétorique. la physique et la morale. Pourquoi vous . ce qui suffit pour expliquer ce passage des Académiques. la dialectique. Amafinius et Rabirius. beau-père de Sextus Pompée. quoniam est intraduisible. Varron . Platon et Aristote appuient la physique sur la géométrie.NOTES SUR LE LIVRE PREMIER.— Ployez Platon.. Je propose un léger changement au moyen duquel tout me parait s'éclaircir : adhibenda enim geometria est . il est néces saire de recourir à des termes nouveaux. qui composez tant d'ouvrages .

Outre son ouvrage de Lingua latina. Toutefois . Lu cien. 15. maison neuve pour rentrer dans une vieille! Antiochus. 11. mariée à Dolabella. pour le fond. 9. Cicéron veut parler ici d'une satire composée par son ami. de quit ter une. à celle des premiers académiciens. Julien. etc. dans Brutus. Austi faut-il recourir aux principes de la géométrie. Plutarque . avait long-temps défendu la nouvelle aca démie. Vous avez composé un poème. et les auteurs du Catholicon d'Espagne se sont exercés en ce genre.Élius. Suivez-vous Zénon? La doctrine morale de Zénon ressem blait beaucoup. mais par quels termes pourra-t-on les exprimer? comment amènera-t-on quel qu'un à les comprendre ? — J'en dis autant de la vie. ( Daiinou. L. Frappé du coup le plus terrible de la fortune. 13. Sénèque . Depuis la mort de notre. du vers a la prose . à l'imitation de Ménippe. La perte de sa fille Tullia. Ce que j'entendis autrefois de la bouche d'Antiochus. ces ouvrages de ma jeunesse. Antiochus écrivit contre son maître un livre intitulé : Sosus. disciple de Philon. et morte en couches. Ce genre admettait le mélange du sérieux au plaisant . 8. Élius Stilo. d'autres et ses quiHebdomadesf se sont perdus qui: ilcontenaient rappelle iciune sessuite Sa d'éloges. Les leçons d'Ariste. i4. Philon avait écrit deux livres où il soutenait qu'il n'y avait qu'une seule académie. Varron en avait com posé tires . 5i dumpoterit adducare? — Hœc ipsa de vitd et moribus . Soutenu dans ses ouvrages.Il aurait donc étépermis . ) 12. des traits originaux aux citations et aux parodies. <i notre ami Antiochus . beaucoup ses Antiquités. C'est peut-être ce mélange que Cicéron a voulu indi quer par ces mots : omni fere numero. qui nous a été conservé. 10. etc. 16. du grec au latin. Pétrone. maître de Varron. Atticus avait entendu Antiochus par lequel pœne ex Epicuri convul . le nomme Ariston.NOTES SUR LE LIVRE I.

ibid. comme il le dit lui-même an premier livre des Lois. se borna à réfuter les antres. 67. m. Cet oracle était ainsi conçu : ïoçiç 2o<poxXîiç . ebap. duobus nominibus una. 18. C'est Gros-Jean qui remontre à son curé : prov. . Socrate . 4. m. . Plus bas . ce que nous appelons spontanéité et réflexion. S'établit un système de philosophie un et identique. Voyez de Finibus. dit. les sophistes prétendaient tout savoir. voyez de Orat. m. ai. La philosophie par excellence n'est que la réunion de la nature et de l'expérience.54 NOTES sus horticulis fuerat. . le premier achemi nement au bien . Tout ce qu'il sait. 18. de Orat. comme ici. et la facilité à retenir : voilà l'ébauche de la vie. Du temps de Socrate . 19. On retrouve ici. ce qui n'était qu'ébauché par la nature. voilà le double objet de leur philoso phie. on recommandait de lui obéir. iv. Xénocrate de Chalcédoine. et trompaient la jeunesse par cet étalage d'une fausse science. 17. et déclarant ne rien savoir. Sur Speusippe et Xénocrate. c'est l'effet de la réflexion. 10 et suivans. 22. Mais ces facultés naturelles vont être développées par l'expérience et par la raison. notre vie se régler '. mais Cicéron. ao. liv. que Platon est le plus fidèle interprète de Socrate. actpcâTepoi. § 1 8 . dans des termes moins rigoureux. Apollon l'a déclaré le plus sage des hommes. va se perfectionner. Nature et habitude. On s'adressait à la nature. ou la spontanéité.i"Eùpi«i£nc' «v^pûv iràvTuv XaxpdtTTiC aoepwTtXToç. Quelques-uns écrivent Xénophon. Toujours est-il ridicule à qui que ce soit d'oser faire la leçon à Minerve. La nature nous donne l'activité de l'âme et l'intelligence. 16. affectant le doute . Et surtout dans ceux de Platon. pour les combattre. c'est quyU ne sait rien. nos penchans vont se prononcer. Dictionnaire de l'Académie. s'achever. la promptitude à saisir. n'affirma rien. 2 3. 24. dit-il. de la spontanéité et de la roflexion.

32. et Plut. les institutions civiles et politiques. 20 dialectique. id jam corpus et quasi quedita . 27. Platon appelle la matière en elle-même âo'paToç xat â(/. Cette expression appartenait surtout aux stoïciens. mais les élémens ont déjà une forme. de Placitis phil. Les anciens académiciens . c'est le résultat de l'action de la force efficiente sur la matière. elementa. iroXuEiiïi. la matière est. l'eau et la terre sont des qualités pre mières. àçyjti . 55 fectionnée. ceux de la vie . par elle-même. Ce que les Grecs nommaient n&to'TïiTsç. aToi^eia. ( Voyez la note 28. nature per-i 26. Par matière ils entendaient la substance sans modifications. Elémens. On voit au § 6 ce que les premiers disciples de Platon entendaient par le mot qualité. Timée. quod ex utroque. 3° morale (Sext. {foyez Platon. le feu . ils sont rèiroiov. 28. la fraternité des hommes .. etc. modifiée par la force efficiente. Cicéron confond ces deux idées. l'air.SUR LE LIVRE I. vu . qualitas.) 29. — Initia . Comme cette forme est simple. Tels sont donc les biens de l'âme . La sub stance. celles qui en dérivent sont multi formes. sans qualités.) 3 1 . l'eau et la terre sont les élémens. Les biens de la vie étaient la sociabilité . L'objet soumis à son action était une sorte de matière.. . lefeu . 30. d'après Xénocrate . Ainsi l'air. § 16 ) : mais Antiochus commençait par la morale. Selon Platon. Emp. qualitas. Les qualités premières sont composées. sui vaient cet ordre : i° physique. «oio-rnc . dont les académiciens ont or dinairement emprunté la terminologie. Telsfurent laforme et le plan de cettepartie que j'aiplacée la première. Timée. Cette force dont nous avons fait nattre les qualités.op<po{.. Aristote et Pla ton distinguent les élémens des principes. la matière et la forme sont les principes . les élémens sont les qualités premières. mais de parties ho mogènes. Ces quatre ou cinq élémens sont donc des phénomènes au-dessous desquels est la substance matérielle. 25. regardent £<xt! T7iç comme éxoîaTou lafùttaf.. devient corps . C'estPlaton la vertu: Hmême âpETïi qu'ils TeXeioTiri. âiroio«.

Cicéron n'a donc pas dit que la qualité est une force Aussi. mais dont les parties se maintiennent unies par l'action permanente de cette force. 37. Ils approuvaient aussi les explications de mots. doué d'une éloquence douce. Son disciple Straton. je préférerais ici qua. On sait que la logique distingue les définitions de choses et les. 38. Celle qui s'occupe de la raison et de la dialectique. Slraton de Lampsaque. 34. au lieu de quant. en parlant des idées. 35.. ou des principes que la raison saisit immédiatement . 6eia.56 NOTES tetn. que l'obscurité des causes et notre ignorance nous empêchent de prévoir. 3g. La matière est une substance passive et divisible . etc. La force efficiente . de là le monde est appelé natura cohœrens et continuata. elle s'occupait de l'art de raison ner. Qu'il voyait en elle quelque chose de divin. natura sentiens et continens . est l'intelligence qui a façonné la matière. Il va maintenant revenir sur les trois parties pour montrer les changemens qu'elles ont éprouvés. Ce phi losophe s'appelait d'abord Tyrtamus : sa divine éloquence lui va lut le nom de Théophraste. Telle était la première philosophie Le commencement de ce paragraphe n'a pas été compris : les traducteurs n'ont pas vu que Cicéron se résume ici. Voici une maxime de Théophraste : T6x»i f« 8v»itS» K?xy4o. t'txi oùni*. 36. après avoir traité complètement la question qu'il a posée plus haut. Voyez § 5 : Fuit accepta a Platane philosophaniti ratio triplex. Cicéron désigne ici les deux parties de l'ancienne logique : la première ou logique supérieure s'occupait du jugement. Théophraste ensuite . Platon dit sou vent. 3 3. La force efficiente est Dieu ou l'âme du monde. la seconde ou logique infé rieure était appelée dialectique. surnomme . disserere .définitions de mots. Cette multitude a"effets inattendus . et par conséquent des vérités déduites. Que ce n'est point sur elle seule que repose le bonheur de la vie.

XnirToc. quod neque in bonis ponatur.. x<xTop8<û|AaTa. Zénon veut au contraire que toutes nos vertus soient volon taires. chef des stoïciens. Zénon les plaçait toutes dans la raison. nullius momenti. sumenda. Cetera nec bona nec mala. pluiis aestimanda. secundum uaturam. une apothéose de la volonté. et officia. Les stoïciens distinguaient rectè facta. . Voyez Cickron. Tnrpe. au dessous. neque in contrariis. Comme cette raison est subjective. à<?iacpo'pa. 44. Et il appelait honnête le bien simple.êva. Selon ces philosophes. natura. neutra. — Rejecta est ici synonyme de teposita. irpoïi^iiéva. le stoïcisme est une exagération de la force personnelle . 45. plus bas. àiroirpoiT]f(j. media. ceux qui sont le fruit de la réflexion.Certains devoirs remplis ou négligés. r>7 le Physicien. (iroeposita. Voici le tableau de toutes ces subdivisions : Houestom. jcaTà cpuffiv. qui fleurit plus tard. . 43. ne doit pas être confondu avec Straton de Céos. et par conséquent filles de la raison. Le mot français devoir est beaucoup plus général que le mot latin officium. et fut aussi péripatélicien. minoris œstimanda. Nous avons vu plus haut (§5) que les académiciens et les péripatéticiens admet taient deux espèces de biens. lib. Les secondes inférieures. dont il est ici question.sera. aia^po'v. contraria. ceux qui viennent de la nature. .6. nonsumenda. rejecta. indivisible. irapà cpùatv. Zenon de Cittium . (/. réfléchies. et signifie placé de côté. unique. 4 1 . x«6iîxovTa. nos qualités sont involontaires quand elles dérivent de notre nature . volontaires quand nous les avons acquises par l'usage de la rai son. 42.SUR LE LIVRE I. x%>. de Finib. Les actions de cette dernière espèce étaient bien inférieures aux pre mières : on les mettait au rang des choses moyennes. ni : Officium medium quoddam esse. etc. âXmirra.

Interroge sur tout sujet. Tous les manuscrits donnent et veluti amantes Socratem.v àaSsvîi xâ'i i/tv&Ti su-pcaTcftiaiv. si cette pre mière notion est retenue par la raison . y. Ces mots sont visiblement corrompus.aTœXïiij/tç . est inadmissible. Zénon voulut faire de la sensibilité un crite rium infaillible. qui conserve toutes les lettres des manuscrits. que donnent les manuscrits. elle devient compréhen sion. . Uopinion. au contraire.. Arcésilas s'était réellement détaché de Platon. Le point de départ de tout savoir. VII. 47. Les anciens ne plaçaient pas dans les sens le discernement de la vérité ( Voyez § 8). 53. et qui conduit à l'erreur plus souvent qu'à la vé rité. l5l. $6la. hellénisme assez fréquent . l'image offerte par la sensation est repoussée par la raison . œavT«a!a. et produit 1 inscience. D'abord il avança quelques idées nouvelles sur les sens. et non de leur physique. Et compatible avec le faux et avec l'inconnu. — Principium sui. Leclerc ( et velutjam antè Socratem). produite par cette cause. et l'âme humaine. Si. 49. Il rappelait compréhensible. à l'exception de Vs final qui a pu être confondu avec IV de Socratem.i>v ëXs-fovï.) 51. 50. est un jugement qui ne repose que sur des apparences . Ao'ijav Si tt. 5a. est aussi matérielle : Tiv t)"^7 °' 2toïxoî icvtBfMt 6spu. et avant lui.58 NOTES 46. Emp. Et que ni ce qui produit. — La sensation. Selon les stoïciens . aï«8nat. ni ce qui est produit ne saurait être incorporel. la cause efficiente est un corps (le feu). et produit la science. et qui se rapproche du texte. elle prend le nom de çavToiGtoc otxatTotXïiTUToç . etc. (Sext. Cicéron exagère le scepticisme des anciens. sans jamais arrivera quelque chose de certain. . nous donne l'image des objets extérieurs. Je propose principium scire.' (Plutarque.) 48. Réduit Socrale à faire l'aveu de son ignorance. — Voyez la note 5o. Son doute était celui de Pyrrjion plutôt que celui de l'Académie. Nous avons admis dans le texte la correction proposée par M. Il ne s'agit pas ici du principe de la nature : Varron parle de la logique des stoïciens .

Et surtout Zenon l'Épicurien.. philosophe épicurien que Cicéron entendit à Athènes. C'était un homme d'un talent incroyable. nullam oppugnavit quam non everterit.. Évandre. 56. Philon l'appelait le Coryphée des épicuriens. On peut suppléer ce qui manque par ce passage de l'Orateur (n.. 161) : Carneadis vero vis incredibilis Ma dicendi et varietas perquam est optanda nobis : qui nullam unquam in illis suis disputationïbus rem defendit quam non probarit. 38. celui-ci. Lacyde.—Zeno Sidonicus. Carnéade eut pour maître Hégésimus. 5g 54. Jusqu'à Carnéade. 55.SUR LE LIVRE I. qui fut disciple d'Arcésilas. . celui-ci . La phrase de Ci céron est interrompue. quatrième successeur d'Arcésilas.

.

.LIVRE SECOND.

Il contenait un entretien qui avait eu lieu la veille entre les mêmes personnages. les opinions qu'Antiochus avait empruntées au Portique. Autour de cette difficulté fondamentale. Cicéron et Lucullus . En termi nant son ouvrage . les systèmes qui s'étaient succédé dans l'Académie . Dès-lors. Catulus . Cicéron mettait encore une fois aux prises Antiochus et Philon . on reconnaît que Catulus. et s'arrêtait en particulier sur les innovations introduites par Philon. Cicéron prenait la pa role. dont les interlocuteurs sont Hortensius . qui avait eu des relations intimes avec Antiochus f . erre au gré de ses passions ou de ses caprices . les derniers représentans de cette célèbre école. ôtez la certitude de nos jugemens . de toute science. En effet. En rapprochant plusieurs passages du Lucullus. Ce dialogue est consacré à la grande question de la certitude. dans la vie comme dans la science . ne tardera pas à s'abîmer au sein du cahos. sans règles et sans principes. Enfin . à moins d'une réforme philosophique. du beau. il ne reste que le suivant. il n'est pas inutile de se faire une idée de ce premier livre que nous avons perdu. et la so ciété. mais il ne traitait la question que fort superficiellement. Hortensius oppo sait. divisée en deux livres. à ces doctrines entachées de scepticisme. la lo gique. en suivant l'ordre des temps . viennent nécessairement s'entrechoquer tous les systèmes. du bien. Tant que ce problème n'est pas résolu . l'esthétique. et vous arrachez de la conscience les idées du vrai. dans le livre précédent. l'homme. Ensuite . exposait . Avons-nous un criterium de vérité? tel est le point de départ de toute philosophie . qui donne son nom à l'ouvrage. Nous avons déjà indiqué les solutions diverses présentées sur ce grave sujet par les différentes sectes de l'Académie. la morale et le droit sont impossibles. qui portait son nom . Pour mieux comprendre le sujet du Lucullus. D* la première édition des Académiques.INTRODUCTION. et combattait vivement le dogmatisme d'Antiochus. Lucullus.

Telle est la conclusion de cette controverse fameuse. par les perpétuelles hésitations de sa vie. . pour le second entretien. à traiter. fondement de toute logique. Varron et Cicéron . et le quatrième aux opinions rivales de Philon et d'Antiochus. Cicéron lui répond dans la seconde partie. sur la logique. s'appuyaient sur la division de la philosophie en trois parties : morale. Quant au quatrième. qui se re trouvent disséminés dans le Lucullus . En voyant s'accréditer ces dangereuses opinions. depuis le chapitre xxi jus qu'au chapitre xlv. dans le fragment du premier livre. des doctrines acadé miques. que le monde va être livré à de longs déchiremens. les interlocuteurs revenaient sans doute. du milieu des ruines. dans leur histoire abrégée. Il serait très-intéressant de pouvoir combler le vide immense qui reste entre le quatrième livre et le fragment du premier. Il nous semble voir. s'élève un nouvel ordre de choses. il est certain qu'il ne différait guère du Lucullus. jus qu'à ce que. dans le quatrième. ce livre est tout entier consacré à la question de la certitude . que le troisième était consacré au système de Carnéade. et delà certi tude qui en résulte.INTRODUCTION. Or. car le grammairien Nonnius cite onze passages de celui-ci. dans le troisième. sur la physique. Cicéron nous présente un commentaire vivant de ses tristes doc trines. mais complète. pour soutenir le probabilisme de Carnéade. la question du témoignage des sens. sur la morale. d'après ce philosophe. et déploie toutes les richesses de son érudition et de son éloquence. 63 s'était engage. Il est vraisemblable que ce second livre de la première édition correspondait assez exactement au quatrième de la dernière . On a supposé . on sent que l'on assiste à la dissolution de la société antique. Les fragmens conservés du second et du troisième livre se prêtent assez à cette hypothèse. physique et logique. Ajoutons que si. Il tient parole dans la première partie du se cond livre. qu'après le résumé historique du premier livre . dans le second livre. l'in dication d'une distribution plus méthodique. du moins sa mort héroïque leur a donné un éclatant démenti. Après cette brillante intro duction. on revenait en détail dans le second sur la doctrine d'Arcésilas .

quae de virtute ejus erat . qui adolescentiam in forensi opera. Idque eo fuit mirabilius. Luculli. ut diligentiam admirarentur omnes . quae . sed etiam gloriam superiorum. tum omnis liberalis et digna homine nobili ab eo percepta doctrina . pari pietate et industria praedito . in Asiam quaestor profectus . post in Africam. I. ingenium agnoscerent. LUCULLUS. paternas inimicitias magna cum gloria est persecutus. continuo praetor (licebat enim celerius legis praemio). cum fratre . Post ad Mithridaticum bellum missus a senatu. quod ab eo laus imperatoria non admodum exspectabatur. deinde absens factus aedilis . quibus temporibus florere in foro maxime potuit . caruit omnino re bus urbanis. admodum adolescens. Ut enim.ACADEMICORUM LIBER SECUNDUS. inde ad consulatum : quem ita gessit. magnumque optimarum artium studium . non modo opinionem vicit omnium . IMagnbm ingenium L. ibi per multos annos admirabili quadam laude provinciae praefuit .

de la guerre contre Mithridate. par le sénat. poursuivre glorieusement les ennemis de son père. Lucullus1 possédait toute l'instruction digne d'un homme de sa naissance et de son rang . Chargé depuis. Ensuite on le fit édile quoique absent. mais la gloire même de ceux qui l'avaient précédé. et reconnut son génie. A. qu'on ne s'attendait guère à trouver les talens d'un grand capitaine dans un homme qui avait consacré sa première jeunesse aux exerxxvn. il fut privé du séjour de Rome. où tout le monde admira son activité. En effet . 5 . il s'ac quit une réputation extraordinaire dans le gouverne ment de cette province. immédiatement après il fut préteur : car on pouvait arriver à cette charge avant le temps. enfin il fut élevé au consulat. il fut nommé questeur et se rendit en Asie. un zèle ardent pour les sciences. il surpassa nonseulement l'opinion que l'on avait conçue de son mérite. de concert avec un frère qui l'égalait en esprit et en piété fdiale. I. par le bénéfice de la loi2. LUCULLUS.vec un grand génie.ACADÉMIQUES LIVRE SECOND. dès qu'on l'eut vu . puis on l'envoya en Afrique. mais . dans le temps où il aurait pu briller du plus vif éclat au barreau . bien jeune encore. Ce succès parut d'autant plus étonnant . Pendant plusieurs années .

oppugnationibus . ut ille rex post Alexandrum maximus hune a se majorem ducem cognitum.66 ACADEMICORUM I. navalibus pugnis. Sed. quo plus in negotiis gerendis res . LIBER II. verborum majorem Hortensius. Qui quidem etiam pollicenti cuidam . disciplinam. hoc erat memoria illa praestantior : quam fuisse in Themistocle . in Asiae pace consumserat. Murena bellum in Ponto gerente. quam Themistocles spreverat . respondisse dicitur. Itaque . singularem ferunt. Itaque quum totum iter et navigationem cofisumsisset partim in percunctando a peritis. Tantus ergo imperator in omni genere belli fuit. vel viderat. traditurum. quod baerebant in memoria quaecumque audierat . faterelur. se artem ei memoriae . quae monumentis mandare voluin us : sic ille in animo res insculptas habebat. partim in rebus gestis legendis : in Asiam factus imperator venit. oblivisci se malle discere : credo. ut litteris consignants . quum esset Roma profectus rei militaris rudis* Habuit enim divinam quamdam memoriam rerum . quam quemquam eorum. In eodem . Sed incredibilis quaedam ingenii magnitudo non desideravit indocilem usus disciplinam. quam verba prosunt . quem facile Graeciae principem ponimus . quae tum primum proferebatur. sturae diuturnum tempus . Tali ingenio praeditus Lucullus adjunxerat etiam illam . prœliis. totiusque belli instrumento et apparatu. quos legisset.

parmi tous les généraux dont il avait lu l'histoire. il arriva en Asie général consommé . après avoir employé tout son voyage par terre et par mer. soit à lire les historiens . LIVRE II. que je regarde comme le premier homme de la Grèce. dans ce qui con cerne le matériel et les approvisionnemens d'une armée . sculptés dans son esprit. Mais. En même temps. novice dans le métier des armes. dans l'organisation et le gou5. que les préceptes ne remplacent point. lui qui était parti de Rome. A un naturel non moins heureux. le plus grand des rois après Alexandre. on prétend qu'il répondit : J'aimerais mieux apprendre à oublier : sans doute parce qu'il ne pouvait arracher de sa mémoire ce qu'il avait une fois vu ou entendu. comme les inscriptions confiées à desmonumens. dit-on. dans les combats sur terre et sur mer. tandis que Muréna faisait la guerre dans le Pont. . Aussi. pour ainsi dire. quoique inférieure pour les mots à celle d'Hortensius3. il ne connaissait point l'égal de Lucullus. que Mithridate . autant la première mémoire est préférable à la seconde. avouait que . Lucullus avait joint cette mémoire artificielle que dédaignait Thémistocle. C'est qu'il avait une mémoire prodigieuse pour les choses . et les souvenirs restaient. Cette faculté était. extraordinaire dans Thémistocle. et passé le long temps de sa questure au sein de la paix d'Asie. dans les sièges . Mais la force incroyable de son génie se passa de cet apprentissage de l'expérience . Quelqu'un lui proposant un jour de lui en seigner l'art de la mémoire. il montra. autant dans les affaires les choses l'emportent sur les mots.ACADÉMIQUES I. Aussi devint-il un capitaine si distingué dans toutes les parties de l'art militaire . 67 cicesdu barreau. soit à consulter les hommes de l'art . dont on commençait alors à s'occuper .

et la. Nec vero ineunte aîtate solum. arbitrabantur. Nos enim consules introduximus paene in Urbem currum clarissimi viri : cujus mihi consilium et auctoritas quid tum in maximis rebus profuisset. quae populari gloria decorari in Lucullo debuerunt . tanta vis virtutis atque ingenii peregrinata abfuit ab oculis et fori . tanta prudentia fuit in constituendis temperandisque civitatibus . in quo ita magna rei militaris esse occupatio solet. inimicorum calumnia triennio tardius . et quasi vestigiis persequendis. Itaque privabo illum potius debito testimonio . et in ipso bello . quam vellem. LFBER H. tamen diutius . quam debuerat. triumphavit. Majore enim stu dio Lucullus quum omni litterarum generi . Quin etiam . ea fere sunt et graecis lilteris celebrata . Sed . quam id cum mea laude communicem. quam. tinis.08 ACADEMICORUM I. Sed . dicerem . tanta aequitas . ut non multum ïmperatori sub ipsis pellibus otii relinquatur. qui illum ignorabant. nisi de me ipso dicendum esset. haec interiora cum paucis ex ipso saepe cognovimus. II. sed et pro quaestore aliquot annos . ut hodie stet Asia Luculli in— stitutis servandis. quod hoc tempore non est necesse. et curiae. Nos autem illaexterna cum multis. -juum victor a Mithridatico bello revertisset. Quum autem e philosophis ingenio scientiaque putaretur An . tum philosophiae deditus fuit. etsi magna cum utilitate reipublicae .

éloignés des regards du forum et du sénat. peu d'amis ont pu. que. II. D'ailleurs. consul alors. dans des affaires très-importantes. qui méritèrent l'éclat d'une gloire populaire. disciple de . Ces qualités extérieures sont connues du public aussi bien que de nous. ont presque toutes été cé lébrées dans les langues grecque et latine. eu apprendre de lui-même les détails suivans. un appui dont je parlerais. ce qui présente ment n'est pas nécessaire. mais pour l'intérieur de ce grand homme. C'est pourquoi je le priverai d'un témoignage qui lui est dû. Que dis-je? lorsque vain queur il fut revenu de la guerre contre Mithridale.ACADÉMIQUES I. bien que son absence ait été très-utile à la répu blique. même sous la tente. tant de prudence. il lui reste peu de loisir. Lucullus se livra à l'étude des différens genres de littérature. avec plus d'ardeur que ne croyaient ceux dont il n'était pas connu. et presque en suivant ses traces. tant de justice. les actions de Lucullus. Cepen dant . Ensuite sa prudence et son crédit me prêtèrent. où les occupations d'un général sont si multipliées. cette haute vertu et ce puissant génie sont restés plus long-temps que je n'aurais voulu . les intrigues de ses ennemis retardèrent encore de trois ans son triomphe : car ce fut moi qui. Comme Antiochus. intro duisis presque dans la ville le char de cet homme illus tre. LIVRE II. qu'aujourd'hui encore l'Asie se maintient en conservant ses institutions. 69 vernement des états. comme moi. s'il ne fallait aussi parler de moi-même. et jusqu'au milieu de la guerre. 1l s'y livra non-seulement pendant sa jeunesse. et même à celte de la philosophie. mais aussi pendant les années de sa proquesture4 . plutôt que d'associer ce témoignage à mes propres louanges.

7o

ACADEMICORUM I, LIBER II.

tiochus, Philonis auditor, excellere, eum secum et quaestor habuit, et post aliquot annos, imperator. Quumque
esset ea memoria, quam ante dixi, ea saepe audiendo
facile cognovit , quae vel semel audita meminisse potuisset. Delectabatur autem mirifice lectione librorum , de
quibus audiebat.
Ac vereor interdum , ne talium personarum , quum
amplificare velim , minuam etiam gloriam. Sunt enim
multi, qui omnino graecas non ament litteras; plures,
qui philosophiam ; reliqui, etiamsi haec non improbeut,
tamen earum rerum disputationem principibus civitatis
non ita decoram putent. Ego autem, quum graecas lit
teras M. Catonem in seaectute didiciss,e acceperim ;
P. autem Africani , historiae loquantur, in legatione
illa nobili , quam ante censuram obiit , Panaetium
unum omnino comitem fuisse : nec litterarum graecarum , nec philosophiae jam ullum auctorem requiro.
Restat , ut iis respondeam , qui sermonibus ejusmodi nolint personas tam graves illigari. Quasi vero clarorum
virorum aut tacitos congressus esse oporteat, aut ludicros sermones, aut rerum colloquia leviorum. Etenim ,
si quodam in libro vere est a nobis philosophia laudata,
profecto ejus tractatio optimo atque amplissimo quoque
dignissima est : nec quidquam aliud videndum est no
bis , quos populus romanus hoc in gradu collocavit , nisi

ACADÉMIQUES I, LIVRE II.

71

Philon, passait alors pour le premier des philosophes
par son génie et son savoir , Lucullus le garda auprès de
lui pendant sa questure, et quelques années après, lors
qu'il fut à la tête des armées. Grâce à cette mémoire
dont j'ai parlé, il retint aisément des doctrines souvent
expliquées, et qu'il aurait pu retenir dès la première
fois. Ajoutez qu'il se plaisait étrangement à la lecture
des livres dont on lui faisait l'éloge.
Mais en voulant relever la gloire de ces grands per
sonnages, je crains quelquefois de l'affaiblir. Bien des
gens en effet n'aiment point les lettres grecques; un plus
grand nombre n'en veut qu'à la philosophie ; les autres,
sans proscrire cette étude , la trouvent indigne des pre
miers hommes de la république. Mais moi , comme je
sais que M. Caton apprit le grec dans sa vieillesse , et
que le second Africain, au rapport de nos annales, dans
cette célèbre légation qui précéda sa censure , n'eut pour
compagnie que Panétius5, je ne demande pas d'autre
titre en faveur des lettres grecques et de la philosophie.
Il me reste à répondre à ceux qui ne veulent point qu'on
mêle de si graves personnages à ces sortes d'entretiens ;
comme si les grands hommes devaient se réunir, ou
pour demeurer muets, ou pour échanger des paroles ba
dines et des conversations sur choses légères. Ah ! si dans
un de mes ouvrages6 j'ai bien fait de louer la philoso
phie, il faut reconnaître que cette étude est très-digne
des hommes les plus vertueux et les plus distingués.
Seulement , prenons garde , nous que le peuple romain
a placés dans un rang si élevé, que nos études privées
ne portent quelque préjudice à nos devoirs publics. Que
si, lorsque nous avons une charge à exercer, nous ne né
gligeons jamais de prendre part aux travaux des assem-

<

72

ACADEMICORUM I, LIBER II.

ne quid privatis studiis de opera publica detrahamus.
Quod si , quum fungi munere debeamus, non modo operam nostram nunquam a populari cœtu removemus, sed
ne litteram quidem ullam facimus, nisi forensem : quis
reprehendet nostrum otium, qui in eo non modo nosmet ipsos hebescere et languere nolumus; sed etiam, ut
plurimis prosimus, enitimur? Gloriam vero non modo
non minui, sed etiam augeri arbitramur eorum, quo
rum ad populares , illustresque laudes, bas etiam minus
notas, minusque pervulgatas adjungimus. Sunt etiam,
qui negent in iis, qui in nostris libris disputent, fuisse
earum rerum , de quibus disputatur, scientiam. Qui mihi
videntur non solum vivis, sed etiam mortuis invidere.
III. Restat unum genus reprehensorum , quibus academiae ratio non probatur. Quod gravius ferremus, si
quisquam ullam disciplinant philosophiae probaret, praeter eam , quam ipse sequeretur. Nos autem , quoniam
contra omnes dicere , qui scire sibi videntur, solemus ,
non possumus, quiu alii a nobis dissentiant, recusare.
Quanquam nostra quidem causa facilior est, qui verum
invenire sine ulla contentione volumus; idque summa
cura studioque conquirimus. Etsi enim omnis cognitio
multis est obstructa difficultatibus, eaque est et in ipsis
rebus obscuritas, et in judiciis npstris infirmitas, ut non
sine causa et doctissuni, et antiquissimi inveuire se

ACADÉMIQUES I, LIVRE II.

73

blées, si nous n'écrivons pas un seul mot étranger au
forum ; blâmera-t-on notre loisir , parce que , loin de le
passer dans l'engourdissement et la paresse, nous nous
efforçons de le rendre le plus utile qu'il nous est possible?
Oui , je pense que nous ne diminuons pas , que même
nous augmentons la gloire de ces grands citoyens, lors
qu'à leurs titres chers au peuple et à la renommée , nous
en ajoutons d'autres moins connus et moins vantés.
Quelques-uns vont jusqu'à prétendre que nos interlocu
teurs ne possédaient pas les connaissances sur lesquelles
nous les faisons discourir : hommes envieux, selon moi,
qui , non contens d'attaquer les vivans , s'acharnent
même sur les morts.

III. Reste encore une classe de censeurs : ceux qui
n'approuvent point le système de l'académie. Cette op
position nous chagrinerait davantage, si jamais philo
sophe avait approuvé une autre école que celle dont il
fait partie. TJous surtout, qui avons coutume de com
battre tous ceux qui s'imagiuent savoir^, nous ne pouvons
trouver mauvais que d'autres n'adoptent point nos opi
nions. Toutefois, notre cause est plus facile à défendre ,
puisque nous voulons trouver la vérité sans dispute , et
que nous mettons , à la chercher , le plus grand soin et
le zèle le plus ardent. En effet , quoique toute connais
sance soit hérissée de difficultés , quoiqu'il y ait dans
les choses mêmes tant d'obscurité , et dans nos jugemens tant de faiblesse , que les philosophes les plus
doctes et les plus anciens ont douté avec raison de pou

74

ACADEMICORUM I, LIBER II.

posse , quod cupereut , diffisi sint : tamen nec illi defecerunt, neque nos studium exquirendi defatigati relinquimus, neque nostrae disputationes qurdquam aliud
agunt , nisi ut , in utramque partem diceudo , eliciant ,
et tanquam exprimant aliquid, quod aut verum sit, aut
ad id quam proxime accedat. Neque inter nos, et eos,
qui se scire arbitrantur, quidquam interest, nisi quod
illi non dubitant, quin ea vera sint, quae defendunt; nos
probabilia multa habemus, quae sequi facile, affirmare
vix possumus. Hoc autem liberiores et solutiores sumus,
quod integra nobis est judicandi potestas; nec, ut omnia, quae praescripta et quasi imperata sint, defendamus,
necessitate ulla cogimur. Nam ceteri primum ante tenentur adstricti, quam, quid esset optimum, judicare
potuerunt : deinde infirmissimo tempore aetatis aut obsecuti amico cuidam , aut una alicujus , quem primum
audierunt, oratione capti, de rebus incogtiitis judicant, j
et, ad quamcumque sunt disciplinam quasi tempestate
delati , ad eam , tanquam ad saxum , adhaerescunt. Nam ,
quod dicunt omnino se credere ei , quem judicent fuisse
sapientem ; probarem , si id ipsum rudes et indocti ju
dicare potuissent (statuere enim, qui sit sapiens, vel
maxime videtur esse sapientis) : sed, ut potuerunt, om
nibus rebus auditis, cognitis etiam reliquorum sententiis, judicaverunt; aut, re semel audita , ad unius se

ACADÉMIQUES I, LIVRE II.

75

voir trouver ce qu'ils cherchaient ; cependant ils n'ont
point perdu courage. Nous, non plus, nous ne renon
çons pas, vaincus par la fatigue, à l'ambition des décou
vertes, et même nos discussions n'ont d'autre but, en
mettant aux prises les opinions rivales, que d'en expri
mer, d'en faire jaillir quelque chose de vrai, ou qui
s'approche le plus possible de la vérité. Entre nous et
ceux qui prétendent savoir, il n'y a qu'une différence :
c'est qu'ils ne doutent point de la vérité des opinions qu'ils
soutiennent, et que, nous , nous regardons comme pro
bables bien des croyances auxquelles nous nous laissons
aller volontiers, mais que nous ne pouvons affirmer. Par-là
nous sommes plus libres et plus indépendans , puisque
rien n'enchaîne notre jugement, et que nulle nécessité
ne nous contraint à soutenir des doctrines prescrites,
et pour ainsi dire commandées. Les autres, au contraire,
se trouvent liés avant d'avoir pu discerner quelle est la
meilleure opinion. Dans l'âge le plus faible, s'abandonnant
à un ami, ou séduits par le premier discours du premier
philosophe qu'ils ont entendu, ils jugent de ce qu'ils ne
connaissent point, et, quel que soit le système vers lequel
les pousse la tempête, ils s'y cramponnent comme à un
rocher. Quand ils disent qu'ils adoptent avec confiance
toutes les opinions de celui qu'ils jugent avoir été sage,
je les approuverais, si des novices ou des ignorans étaient
juges en pareille matière ( pour décider si un homme a
de la sagesse, ne faut-il pas avant tout être sage8?);
mais de deux choses l'une : ou bien, après avoir tout
écouté, après avoir pris connaissance de toutes les opi
nions , ils ont arrêté leur jugement comme ils ont pu ; ou
bien, sur le premier exposé, ils se sont livrés à l'autorité
d'un seul. Quoiqu'il en soit, je ne sais comment la plu

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ACADEMICORUM I, LIBER II.

auctoritatem contulerunt. Sed nescio quo modo plerique
errare malunt, eamque sententiam, quam adamaverunt,
puguacissime defendere , quam sine pertinacia, quid constantissime dicatur, exquirere.
Quibus de rebus et alias saepe nobis muha quaesita et
disputata sunt, et quondam in Hortensii villa, quae est
ad Baulos, quum eo Catulus, et Lucullus, nosque ipsi
postridie venissemus, quam apud Catulum fuissemus,
Quo quidem etiam maturius venimus, quod erat constitutum , si ventus esset , Lueullo in Neapolitanum ,
mihi in Pompeianum navigare. Quum igitur pauca in
xysto locuti essemus , tum eodem in spatio consedimus.
IV. Hic Catulus : Etsi heri , inquit, id, quod quaerebatur, paene explicatum est, ut tota fere quaestio tractata
videatur; tamen exspecto ea, quae te pollicitus es, Luculle, ab Antiocho audita , dicturum. Equidem, in
quit Hortensius, feci plus quam vellem. Totam enim
rem Lueullo integram servatam oportuit; et tamen fortasse servata est. A me enim ea, quae in promtu erant,
dicta sunt ; a Lueullo autem reconditiora desidero.
Tum ille : Non sane , inquit , Hortensi , conturbat me
exspectatio tua; etsi nihil est iis, qui placere volunt,
tam adversarium : sed quia non laboro, quam valde ea,
quae dico , probaturus sim , eo minus conturbor. Dicam
enim, nec mea , nec ea, in quibus, si non fuerint, non

ACADÉMIQUES I, LIVRE II.

77

part aiment mieux s'égarer et défendre avec opiniâtreté
le système pour lequel ils se sont passionnés, que de
chercher sans obstination quelle est la doctrine la plus
conséquente.
Ces questions ont souvent fait le sujet de nos entre
tiens et de nos discussions, et dernièrement surtout, dans
la maison d'Hortensius , à Baules, lorsque nous y vîn
mes , Catulus , Lucullus et moi , le lendemain du jour
que nous avions été chez Catulus. Nous y arrivâmes de
bonne heure, parce que nous avions le projet, si le vent
était favorable, de nous rendre par mer, Lucullus à sa
maison de Naples , moi à celle de Pompéies. Après un
moment d'entretien dans l'avant - cour , nous nous y
assîmes.
IV. Alors Catulus prit la parole : Quoique le sujet
de notre discussion ait été, à peu près, épuisé hier, au
point que la question paraisse presque traitée à fond ,
cependant , Lucullus , j'attends encore ces argumens que
vous tenez de la bouche d'Antiochus, et que vous nous
avez promis. — Pour moi , dit Hortensius , j'ai fait plus
que je n'aurais voulu. Il fallait laisser à Lucullus cette
tâche tout entière, et peut-être même lui reste-t-elle
encore. J'ai simplement exposé ce qui s'offrait au pre
mier coup d'œil ; Lucullus creusera plus avant dans le
sujet.
Alors Lucullus répondit : Je ne suis point troublé par
votre attente, Hortensius, quoique rien ne soit plus dé
favorable à qui veut plaire. Ne cherchant pas à vous con
vaincre de ce que je dis , pourquoi me troublerais-je ? Ce
n'est point un système à moi que j'expose , un système
pour lequel je préférerais la victoire à la défaite , lors

78

ACADEMICORUM I, LIBKR II.

vinci me malim, quam vincere. Sed mehercule, ut quidem n unc se causa habet, etsi hesterno sermone labefacta est, mihi tamen videtur esse verissima. Agam igitur, sicut Antiochus agebat. Nota enim mihi res est.
Nam et vacuo animo illum audiebam , et magno studio ,
eadem de re etiam saepius; ut etiam majorem exspectationem mei faciam , quam modo fecit Hortensius. Quum
ita esset exorsus, ad audiendum animos ereximus.
At ille : Quum Alexandriae pro quaestore, inquit, essem, fuit Antiochus mecum, et erat jam antea Alexan
driae familiaris Antiochi Heraclitus Tyrius; qui et Clitomachum multos annos , et Philonem audierat , homo
sane in ista philosophia, quae nunc prope dimissa revocatur, probatus et nobilis : cum quo [et] Antiochum saepe
disputantem audiebam; sed utrumque leniter. Et quidem
isti libri duo Philonis, de quibus heri dictum a Catulo
est , tum erant allati Alexandriam , tumque primum in
Antiochi manus venerant : et homo natura lenissimus
(nihil enim poterat fieri illo mitius) stomachari tamen
cœpit. Mirabar ; neque enim unquam antea videram. At
ille Heracliti memoriam imploraus , quaerere ex eo , viderenturne illa Philonis, aut ea num vel e Philone,
vel ex ullo academico audivisset aliquando? Negabat.
Philonis tamen scriptum agnoscebat ; nec id quidem dubitari poterat. Nam aderant mei familiares, docti homi

dans l'état actuel de la question. et C. je ne l'avais jamais vu s'emporter. que les deux livres de Philon. Antiochus se trouvait avec moi. avec une grande attention. Avec nous se trou vaient mes amis P.IVRE H. Ce fut aussi dans ces temps-là. était venu dans la même ville un ami d'Antiochus. durant plusieurs années. Selius. Avant nous . récemment apportés à Alexandrie. I. car je l'écoutais d'un esprit libre. Heraclite disait que non : cependant il reconnaissait le style de Philon . du caractère le plus doux qu'on puisse ima giner . soit de Phi lon . tombè rent . il lui demandait si ces livres lui paraissaient être de Philon . He raclite de Tyr 9. et il n'était pas possible d'en douter. reprend faveur aujourd'hui. de bonne-foi. avait étu dié sous Clitomaque et sous Philon : il s'était acquis de la considération . 1l reprit ainsi : Pendant que j'étais proquesteur à Alexandrie .ACADÉMIQUES I. et Tetrilius Rogus. dont Catulus parlait hier. ou s'il avait jamais rien entendu de pareil. et souvent sur le même sujet. Invoquant les souvenirs d'Héraclite . Je procèderai donc comme procédait Antiochus : sa mé thode m'est bien connue. C'est vous faire attendre de moi plus que n'en promettait tout-à-l'heure Hortensius. Mais. entra cependant dans une grande colère . entre les mains d'Antiochus. Cet homme . notre cause. pour la première fois. malgré les coups qu'on lui a portés hier . j'en étais surpris : car. soit de quelque autre académicien. qui. jusque-là. 79 même qu'il serait faux. Souvent j'entendais Antiochus discuter avec lui. presque abandonnée . me paraît reposer sur la vérité. . nous redoublâmes d'attention. de la célébrité dans cette philosophie qui . mais de part et d'autre avec douceur. A ce début.

Tum igitur et quum Heraclitum studiose audirem contra Antiochum disserentem. qui se illa audisse Romae de Philone. Ad Arcesilam Carneademque veniamus. quum aliquos ex antiquis claros viros proferunt. quae sunt heri defensa. quae con tra Philonem erat . adhibito Heraclito. nec se tenuit . et Tetrilius Rogus. praetermittenda est.8o ACADEMICORUM I. et alia plura . doctisque compluribus. V. Minus enim acer est adversarius is. ut causam ex eo totam cognoscerem. quum veteres physicos nominatis. Sed ea pars. dedi Antiocho operam diligentius . Tum et illa dixit Antiochus. qui ista. et praeterea Aristone . Itaque complures dies. et C. quos dicant fuisse populares. LIBER II. et ab eo ipso duos illos libros dicerent descripsisse. . quin contra suum doctorem librum etiam ederet. sic rursus exorsus est : Primum mihi videmini (me autem nomine appellabat) . et item Antiochum contra academicos. qui Sosos inscribitur. Valerio. negat academicos omnino dicere. Etsi enim mentitur. Selii . multum temporis in ista una disputatione consumsimus. quod seditiosi cives solent. Repetunt a P. quibus ille secundum fratrem plurimum tribuebat. et in his Antiochi fratre Aristo. facere idem. tamen est adyersarius lenior. Quae quum dixisset. et Dione . quae heri Catulus commemoravit a patre suo dicta Philoni. nes ^ P. qui. ut eorum ipsi similes esse videantur.

vous me semblez ( et il s'adressait à moi. quoi qu'il mente à sa conscience. lorsque vous vous appuyez de l'auto rité des anciens physiciens l3. qu'ils représentent comme les amis du peuple. Valerius. je prêtai plus d'attention aux entretiens de ce dernier. et Antiochus contre les académi ciens. Je dois passer sous silence ce qui était dirigé contre Philon : car c'est un adversaire peu redou table. Alors Antiochus traita Philon comme Catulus nous racontait hier que son père l'avait traité . après son frère. en me nommant). afin de se faire passer pour leurs imitateurs. Antiochus faisait le plus de cas. entre lesquels se trouvaient Ariste . Lucullus continua ainsi : En premier lieu. afin d'apprendre de lui le sujet de toute cette controverse. Ils remon tent jusqu'à P. qui prétendaient avoir entendu à Rome attribuer les mêmes principes à Philon. c'est un bien faible adver saire. Après ce préambule . frère d'Antiochus. à nos conférences Héraclite et un grand nombre de savans . Parlons d'Arccsilas et de Carnéade. qui fut consul la première année xxvn. pendant plusieurs jours. Oui.ACADÉMIQUES I. agir comme nos citoyens séditieux. il en dit encore davantage. LIVRE II. Ayant ainsi entendu avec intérêt Heraclite disser tant contre Antiochus . et avoir copié ces deux livres d'après le manuscrit de l'auteur io. deux amis dont. 81 hommes savaus. celui qui nie formellement que tout ce qu'on soutenait hier fut avoué des académiciens. enfin il ne put s'empêcher de publier contre son maître un livre intitulé Sosus lt. 6 . lorsqu'ils citent quelques Romains illustres de l'antiquité. V. Nous consacrâmes avec eux beaucoup de temps à cette unique discussion. et de plus Ariston et Dion I2. Nous admîmes donc .

Sirniliter vos. Pompeium. quum haerent aliquo loco. Scaevolam. sic yos philosophiam bene jam constitutam velitis. Cassium . Q. invito senatu . alterum . Platonem etiam. Anaxagoram. quasi mente incitati. Parmenidem. et de hoc quidem nihil meutiuntur : horum nominibus tot virorum atque tantorum expositis. LIBER II. eorum se institutum sequi dicunt. commemorant dum punicum bellum tribunus plebis tulerit. exclamant. Et tamen isti physici raro admodum . nihil cernere. aiunt Tib. et Socratem profertis. alterum quidem. . Democritum. ut videmus . primo anno consul fuit. P. palam . Empedocles qui dem . Africanum referre in eumdem numerum solent.Empedoclem. addunt etiam C. illi quidem etiam P. nihil omnino. ut illi rempublicam . qunm perturbare .ACAUEMICORUM I. nihil nos sentire. et postea bis consul factus sit . L. duos vero sapientissimos et clarissimos fratres. nec Arcesilae calumnia conferenda est cum Democriti verecundia. Xenophanem. exaciis regibus. ut suspicamur. obscurius . Marium . Crassum et P. Graccho auctores legum fuisse. ut interdum mihi furere videatur : Abstrusa esse omnia . Sed neque Saturniuus (ut nostrum inimicum potissimum nominem) simile quidquam habuit veterum illorum .

lors qu'une difficulté les arrête. Cassius. LIVRE II. sur des questions nou6. le second plus secrètement . vous voulez renverser la philosophie déjà constituée . Il en est ainsi de vous : comme ils attaquaient la république bien affermie . Anaxagore. dans des circonstances très rares. Ils ajoutent encore C. Ils rappellent ceux qui ont proposé les lois populaires de l'appel au peuple. Flaminius qui. nous ne sentons rien . Démocrite. porta. Parménide. Crassus et P. Gracchus l'idée de ses lois. Ils ont même l'habitude de mettre dans ce nombre Scipion l'Africain. Après avoir étalé les noms de tant et de si grands hommes. et se donner pour savoir plus qu'ils ne savent. lors même qu'ils étaient consuls. . Xénophane. comme on le soup çonne. et même Platon et Socrate. le premier ouvertement. Je sais qu'il arrive à ces physiciens. et fut ensuite deux fois consul. Que si . et la mauvaise foi d'Arcésilas ne saurait se com parer avec la candeur de Démocrite. ont donné à Tib. malgré le sénat. et vous mettez en avant Empédocle. tribun du peuple. nous ne voyons rien . ils passent à des personnages plus connus. Ensuite. Scévola.ACADÉMIQUES î. ils ne mentent pas. Pompeius. ne ressembla jamais aux vieux Romains qu'il évoque . à Q. Ils prétendent que deux frères aussi sages qu'illustres. 83 après l'expulsion des rois. comme nous le voyons. et pour celui-ci du moins . à L. P. quelques années avant la seconde guerre punique. à C. il est impossible de décou vrir la nature de quoi que ce soit. et même Empédocle parfois au point de me paraître fou : Tout nous échappe. Marius. ils affirment qu'ils sui vent la même conduite politique. Mais le plus souvent ils me paraissent trop affirmer . Mais Saturninus (pour nommer de préférence notre enne mi ) . de s'écrier comme frappés d'enthousiasme . la loi Agraire.

sic Arcesilas.qui negassent quidquam sciri . libenter uti solitus est ea dissimulatione. quasi modo nascentes. tum exortus est. qui otium perturbaret. plus tribuebat iis. qui constitutam philosophiam everteret. Sedfuerint illa veteribus. incognità : ni hilne est igitur actum. LIBER II. quam ait etiam in Africano fuisse Fannius. nominibus differentes. nihil novi reperienti . quam Graeci sipcovstxv vocant. quos volebat refellere : ita quum aliud diceret atque sentiret. quale sit-. a quibus stoici ipsi verbis magis. quod investigata sunt. aut percipi posse ? quorum e numero tollendus est et Plato. sed emendanti superiores immutatione . Quod si illi tum in novis rebus. explicatum putamus ? Nonne.84 ACADEMICORUM I. VI. summis ingeniis. Majorem autem partem mihi quidem omnes isti videntur nimis etiam quaedam affirmare. Gracchus. quum jam philosophorum disciplinae gravissimae constitissent. Socra tes autem de se ipse detrahens in disputatione . quia reliquit perfectissimam disciplinam. nihilne tot saeculis. re congruentes. haesitaverunt. et Socrates : alter. obtrectans. quam sententiis dissenserunt. posse reperire. ut putatur. peripateticos et academicos. posteaquam Arcesilas Zenoni. plusque profiteri se scire.et in eorum auctoritate delitesceret. si vultis. maximis studiis . ut in optima republica Tib. quam sciant. quod idem fuerit in Socrate. idque propterea vitiosum in illo non putandum .

pensons-nous que tant de siècles. VI. qu'on vit s'élever. comme le dit Fannius. depuis qu'Arcésilas .ACADÉMIQUES I. la philosophie dans son enfance 14 a balbutié sans répondre. LIVRE IL 85 vclles . Pour So crate. il corrigeait. sans rien in venter. parce que. en se cachant sous l'autorité de ceux qui avaient soutenu qu'on ne peut rien savoir ni comprendre? De ce nombre il faut retrancher et Platon et Socrate : car le premier laissa un système vraiment achevé . ses devanciers en modifiant leurs . en ajoutant qu'il ne faut pas blâmer dans Scipion ce qu'il eut de commun avec Socrate. et prodi guait la louange à ceux qu'il voulait réfuter : parlant ainsi autrement qu'il ne pensait. tant d'études et de travaux n'aient amené aucun progrès? N'est ce pas lorsque les écoles les plus respectables étaient solidement établies . et dont les stoïciens mêmes s'écar tèrent par l'expression plus que par la pensée. cette ignorance absolue des anciens 15 : est-ce donc en pure perte qu'on a fait tant de recherches . il se rabaissait lui-même dans la discussion. d'accord sur les choses . semblable à ce Gracchus. si vous voulez. perturba teur d'une république excellente. à ce qu'on pense. celui des péripatéticiens et des académiciens" qui . et qui était aussi familière au second Africain . il usait habituellement de cette espèce de dissimulation que les Grecs appellent ironie . ne différaient que dans les termes . Mais admettons. jaloux de Zénon. Arcésilas qui voulut renverser une philosophie bien constituée. tant de gé nies du premier ordre .

qui est quartus ab Arcesila. quod nos facere mmc ingredimur. verborum . admodum floruerunt . post autem confecta a Carneade. quam xxràXvj-^i» . qui nihil probarent : Antipatrumque stoicum . aut perceptio. Jam Clitomacho Philo vester operam multos annos dedit.8fi ACADEMICORUM I. Sed ipse Carneades diu tenuit : nam nonaginta vixit annos. dum hujus definitiones labefactare vult . quanquam floruit quum acumine ingenii . proxime a Lacyde solo retenta est. et qui illum audierant . faciundum omnino non putabant. Lacydis discipulum . Bene autem nosse Carneadem Stratoniceus Metrodorus putabatur. quam in Charmada eloquentiae. et ii quidem non mediocres. in Melanthio Rhodio suavitatis. qui multus in eo fuisset. qui Evandrum audierat. Philone autem vivo patrocinium academiae non defuit. nec defiuiri aiebant necesse esse. turo admirabili quodam lepore dicendi. Sed . quum Arcesilae Lacydes fuisset. LIBER II. ingenii non minus in hoc. e quibus in dustriae plurimum in Clitomacho fuit : declarat multitudo librorum . quid esset cognitio. nec verum esse ullam. ut contra academicos disseramus. si verbum e verbo voh^j^l^c^'pTPe^jn^sio. conatus est clarissimis rebus tenebras obducere ? Cujus primo non admodum probata ratio . aut. reprehendebant . Audivit enim Hegesinum. id quidam e philosophis. rationem disputarc cum iis.

Enfin votre Philon étudia sous Clitomaque pendant longues années. Il n'est pas nécessaire. et ses élèves obtinrent une brillante réputation. de définir la connaissance. Clitomaque. et reprochaient au stoïcien Antipater d'avoir longuement disserté contre eux. déploya son habileté dans de nombreux ouvrages. et ceux qui prétendraient persuader qu'il . à couvrir de ténèbres les choses les plus claires? La doctrine d'Arcésilas . ou la perception. disciple de Lacyde . peu goûtée d'abord. l'académie ne manqua pas de pro tecteur.iç. quoiqu'il brillât par la finesse de son esprit et la grâce admirable de son éîocution. qui eut pour maître Évandre . a été tout-à-fait improuvée par quelques philosophes d'un mérite peu commun.. car il parvint à sa quatre-vingt-dixième année . d'argumenter contre les académiciens. si nous voulons rendre littéralement ce qu'ils entendent par xoir<xùvi-]. ne fut adoptée en premier lieu que par Lacyde . et. surtout. Métrodore de Stratonice passait pour bien connaître la doctrine de Carnéade. disaient-ils. puisqu'il fut auditeur d'Hegesinus. Mais l'entreprise i que nous formons . LIVBE II. ou la compréhension . mais dans la suite elle fut per fectionnée par Carnéade.6 . qui avait étudié sous Arcésilas. tant que vécut Philon. s'appliqua. le quatrième successeur d'Ar césilas. »7 expressions. pour réfuter les défmitions de ce philosophe. Ils pen saient qu'il n'y a aucun moyen de discuter avec des gens qui n'admettent point de preuves. Il y avait autant de génie dans ce philosophe que d'élo quence dans Charmadas et de douceur dans Melanthius le Rhodien. Carnéade enseigna long-temps.ACADÉMIQUES I.

ut docuit Antiochus. quae contra academicorum pertinaciam dicebantur. quae tam clara essent . et rem idoneam . quod timebat. aut evidentiam nos . qui persuadere vellent. et . et hommes dignos . quod comprehendi posset (id enim volumus esse àxxrxXvirrov) . definienda censebant. si opus erit. ne hic sibi (me appellabat jocans) hoc licere putet soli. visum igitur impressum effictumque ex eo . Sed tamen orationem nullam putabant illustriorem ipsa evidentia reperiri posse . ut est reprehensus a patre Catulo . eosque. quod ea sustinere vix poterat .88 ACADEMICORUM I. de qua quaeratur. dici oportere putabant. LIBER II. quale esse non posset ex eo . in id ipsum se induit . propterea quod nihil esset clarius ivxpysta y ut Graeci : perspicuitatem . putant. verba. nec ea . si illud esset. inscienter facere dicebant . sicut Zeno definiret . illi vocant. Philo autem . quod comprehendi et percipi posset. unde esset . dum nova quaedam commovet . et aperte mentitur. quibuscum disseratur. Quum enim ita negaret quid quam esse . Plerique tamen et definitiones ipsarum etiam evidentium rerum non improbant . quae contra dicerentur. sed ad ea . Alii autem negabant . fabricemurque . tale visum (jam enim hoc pro (pxvrxoiqi verbum satis hesterno sermone trivimus) . nominemus. esse aliquid. ne qui fallerentur. . si placet . se pro hac evidentia quidquam priores fuisse dicturos .

mais ils se croient obligés de répondre aux attaques dirigées contre elle. l'expression de perspicuité ou évi dence . D'autres déclarent seule ment que jamais ils ne parleront les premiers en faveur de l'évidence . une impres sion. * tComme Philon. et que les académiciens sont dignes qu'on discute avec eux. et que des choses si claires ne doivent pas être définies. si vous le voulez. il faut qu'elle soit. en soulevant des opinions nouvel les l8. parce que rien n'est plus clair que Ysvxp'ysix . selon la remarque d'Antiochus. et en même temps. ne peut résister à ceux qui nient la constance des académiciens dans leurs doctrines . Ils croyaient. Cependant la plupart ne désapprou vent pas les définitions des choses évidentes . si pour croire à Vaperception (mot assez rebattu hier dans le sens de (pxvrxaix) .vj%rov). ils pensent que le sujet en question est susceptible d'être examiné . 89 est des choses qu'on peut comprendre et percevoir. il soutient que rien ne peut être compris (nous tra duisons ainsi àxxrx>. LIVRE II. afin que celui-ci (il me désignait en plaisantant) ne s'ima gine point en avoir seul le droit. à leur avis. afin d'empêcher l'er reur de s'accréditer. et forgeons des mots quand il en est besoin . comme Zenon la définit19. il est convaincu de mensonge. et qui ne saurait ressembler à l'objet dont elle ne . je le répète. il s'embarrasse dans le piège même qu'il craignait. Employons . en ignorans. une représentation conforme à l'objet dont elle vient. ainsi que le lui reprocha le père de Catulus.ACADÉMIQUES I. agi raient. comme disent les Grecs. En effet . qu'on ne peut trouver aucune explication plus lumineuse que l'évidence.

Quod idem fit in vocibus. in . non videam . aut diducimus . ISon enim is sum. et cogniti. quo minime vult. LIBER H. e|. quid quaerat amplius. judicium tollit incogniti. et alia multa. VII. quale videatur. et certa sunt. ex quo efficitur. auf de collo columbae respondeam. nihil posse comprehendi : ita imprudens eo. dum adspectus ipse fidem faciat sui judicii. Ordiamur igitur a sensibus. quale vel falsum esse possit? Hoc quum infir mat tollitque Philo. ut retiueamus eam defînitionem . quam Philo voluit evertere. si et sani sunt. et ab ea deus aliqui requirat. an postulet melius aliquid. Quorum ita clara judicia. Neque vero hoc loco exspectandum est . quod est tale. et situs earum rerum.go ACADEMlCORUM I. Quam nisi obtinemus. qui. percipi nihil posse concedimus. mule non esset : id nos a Zenone definitum rectissime dicimus. ut si optio naturae nostrae detur. ut plane confidas . Qui enim potest quidquam comprehendi . Meo autem judicio ita est maxima in sensibus veritas. quae obstaut et impediunt. Itaque et lumen mutari saepe volumus. quas intuemur. tale dicam esse. intervalla aut contrahimus. et valentes. id perceptum coguitumque esse . Quare omnis oratio contra academiam suscipitur a nobis. Epicurus hoc viderit. contentane sit suis integris incorruptisque sensibus. multaque facimus usque eo . revolvitur. et omnia removentur. dum de remo inflexo . quidquid videtur.

)t vient point. LIVRE II. en infirmant.ACADÉMIQUES I. Cette définition nous paraît très-juste : car comment concevoir une chose avec la certitude de l'avoir perçue et comprise. C'est pourquoi nous voulons qu'on change sou vent le jour et le point de vue des objets soumis à nos regards . la vérité la plus entière est dans le témoignage des sens. l'objection de la rame brisée et du cou de la colombe 20 : car je ne suis pas de ceux qui prennent toutes les apparences pour des réa lités. C'est à Épicure de réfuter ces objections et bien d'autres. Leurs jugemens sont tellement clairs et certains. si toutefois ils sont sains. nous avouons que rien ne peut être perçu. Et qu'on ne s'attende pas ici que je réponde à. Toute notre discussion contre l'académie aura donc pour objet de défendre cette défi nition que Philon voulut renverser : si nous ne la faisons pas triompher. en bon état. . Commençons donc par les sens. A mon avis. et si l'on éloigne tout ce qui gêne ou trouble leur action. Nous en faisons autant pour les sons. s'il est possible qu'elle soit fausse? et c'est précisément Philon qui . nous étendons. et nous multiplions les épreuves . . ou nous resserrons les distances . jusqu'à ce que l'œil lui-même ait pleinement confirmé son premier juge ment. il revient étourdiment se heurter contre l'écueil qu'il voulait fuir. je ne vois pas ce qu'elle pourrait désirer de plus. ou si elle souhaite quelque chose de mieux. et qu'un dieu lui demandât si ses organes sains et en bon état lui suffi sent. les odeurs. supprime le discernement du connu et de l'inconnu . d'où il résulte que rien ne peut être com pris : ainsi . VII. en détrui sant ce principe. que si l'on donnait à la nature humaine la liberté de choisir.

majora nectens . quem philosophi interiorem vocanl . canorum illud. sed quodam modo sensibus . Cetera se ries deinde sequitur . ille canis. et aures cantibus . quae nos fugiunt in cantu . aut voluptatis ? in quo Cyrenaici solo putant veri esse judicium . quae nos non videmus? Quam multa. inter eum . Potestne igitur quisquam dicere . et inter eum. est quaedam tameu. quia sentiatur. hoc asperum. qui in sensibus sui cujusque generis judicium requirat acrius. quis est. hoc bene olens. ut haec : Illud est album. quae quasi expletam rerum comprehensionem amplectuntur : • . qui in voluptate sit. quin cernat. quanta vis sit in sensibus? Quam multa vident pictores in umbris. talia sequuntur ea. etsi vitiosa. qui doleat . non apertissime insaniat? Atqui qualia sunt haec . aut Andromacham. et in eminentia. hoc dulce. ut oculi pictura teneantur. deinceps. Ille. quae sensibus percipi dicimus. Nihil necesse est de gustatu et odoratu loqui. odore . equus est. LIBER II. in sapore : ut nemo sit nostrum . non sensibus. in quibus intelligentia . Adhibita vero exercitatione et arte ./ I 92 ACADEMICORUM I. quae non sensibus ipsis percipi dicuntur. ut haec . et eo quidem . quum id nos ne suspicemur quidem. ita qui sentiat. Animo jam haec tenemus comprehensa. aut doloris . nihil interesse? aut. Quid de tactu . exaudiunt in eo genere exercitati? qui primo inflatu tibicinis Antiopam esse aiunt.

et celui qui éprouve du plaisir. Et si. sans dépendre unique ment des sens. Que dire du toucher? de celui surtout que les philosophes appellent intérieur . bornées il est vrai . et que saisissent des hommes exercés dans la musique ! Au premier souffle du joueur de flûte . grâce au secours de l'expérience et de l'art. il n'y a point de différence? Penser ainsi. cela est harmonieux. est-il possible de méconnaître alors le merveilleux pouvoir des sens? Quede choses. Vien nent ensuite les idées composées que nous saisissons et retenons par l'esprit et non par les sens. qui oserait dire qu'entre celui qui souf fre. les peintres ne voient-ils pas dans les ombres et dans les reliefs? Que de choses qui nous échappent dans le chant. mais incon testables. nous en formons un faisceau plus considérable encore. ils vous disent : C'est Antiope ou c'est Andromaque". LIVRE II. ceci est doux. nos oreil les par la musique. Enfin . comme : C'est un cheval . taudis que nous ne le soupçonnons même pas. chacun dans son espèce . nos yeux sont captivés par la peinture. parce qu'il est réelle ment senti : or. et qui ressent la dou leur ou le plaisir? A lui seul les Cyréuaïques 22 attri buaient le jugement de la vérité. cela est rude.ACADÉMIQUES I. ne peuvent se passer de leur entremise. en sorte qu'il n'est personne qui puisse exiger de ses sons . un jugement plus sûr. ceci est odoriférant. il faut le dire aussi des perceptions. parcourant toute la série des idées élémentaires. . 9S et les saveurs. invisibles pour nous . Il n'est pas nécessaire de parler du goût et de l'odorat qui nous don nent des connaissances . ne serait-ce pas évidemment déraisonner? Ce que nous disons des impressions sensibles 2Î. telles sont ces idées complexes . par exemple : Cela est blanc. c'est un chien. qui.

aut duabus. qtiarum omne . qualia visa a falsis discerni non possent : quo tandem lus modo uteremur? quo modo autem . videremus? Memoriae quidem certe. falsae sinotitiae igitur essent (èvvoixçhaeenim falsae. LIBER II. Quumque artium aliud ejusmodi genus sit . sed omnis vitae usum . aliud. sed quum alteru m percepta et comprehensa tenere videmus . quid repugnaret. omnesque artes una maxime continet . et faciat : quomodo aut geometres cernere ea potest. rationis particeps.vero quae potest esse. nisi quae non ex una. sed ex multis animi perceptionibus constat? quas si subtraxeris . nec quaeri. ut tantummodo animo rem cernat. illum negabimus . quae non modo philosophiam . quae aut nulla sunt .94 ACADEMICORUM I. tias appellare Quod si tu essent videbare). quod non animo comprehendit et tenet? Ars. Si horoo est . ut moliatur aliquid. animal est mortale. sine quibus nec intelligi quidquam. qui distingues artificem ab inscio ? Non enim fortuito hunc artificem dicemus esse . qui fidibus utitur. Quae potest enim esse memoria falsorum? aut quid quisquam meminit. Quo e genere nobis notitiae rerum imprimuntur. explere numeros.noti aut ejusmodi visis impressae . alterum non item. aut is . aut internosçi a falsis non possunt . quid cuique rei consentaneum esset . aut disputari potest. et conficere versus? quod idem in similibus quoque artibus continget . nihil omnino loci relinquitur.

et suivra-t-il la marche des vers? Pareille observation s'ap plique aux autres arts . si. comment le géomètre concevra-t-il des choses qui ne sont point . les autres se proposent l'exécution et la production : or. les uns sont seule ment l'objet des spéculations de l'esprit. mais d'une multitude? Si vous les supprimez. comment distinguerez-vous l'artiste de l'ignorant? En effet. Dites-moi donc ce que l'art produira. quand nous di sons que l'un est artiste. ou qu'on ne saurait distinguer des fausses? comment celui qui s'accompagne de la lyre remplira-t-il la mesure. rien examiner ou discuter. Parmi les arts. qui ont aussi pour but de pro duire et d'exécuter. uon-seulement la philosophie. ce n'est pas au hasard . sans lesquelles on ne peut rien comprendre . avant toutes les autres facultés . 95 qui embrassent presque toute la nature d'un objet : S'il est homme. ce qui n'y conviendrait point? Par là certainement on ne laisse aucune place à la mémoire . contient. . c'est un animal mortel et doué de raison. ou si elles reposaient sur des aperceptions telles qu'on ne pût distinguer si elles sont vraies ou fausses. dis-je. De ce genre sont les notions gravées en nous . et l'autre non . com ment pourrions-nous nous en servir? comment verrionsnous ce qui serait convenable à chaque chose. qui seule . LIVRE H. je ne dis pas d'une ou de deux perceptions de l'esprit. et qu'il n'en est pas de même du second. et la conduite de la vie entière. Si ces notions étaient fausses (il me semble que vous avez traduit evvoixi par notions). Peuton se figurer une mémoire des choses fausses ? Garderaiton le souvenir de ce que l'esprit n'a point saisi et retenu? Est-il un art qui ne se compose. mais parce que nous voyons que le premier re tient ce qu'il a perçu et compris . elles étaient fausses.ACADÉMIQUES I. mais tous les arts .

Maxime vero virtutum cognitio confirmat. nisi is. quae falsae esse non possunt. LIBER II. In quibus solis inesse etiam scientiam dicimus. ille vir bo nus . Ea autem constantia si nihil habeat percepti et cogniti. et quo modo? Quaero etiam.96 ACADEMieORUM I. quum certi nihil erit. opus est in faciendo atque agendo. quum. percepti. quod sequatur? quum vero dubitabit. constituti? Nullo igitur modo fieri potest. nihil haberet comprehensi . Quid enim est . intolerabili dolore lacerari potius. necne . quo omnia referantur. percipi et comprehendi multa posse. quamobrem ita oporteret. quam aut officium prodat. quid sit extremum et ultimum bonorum . Ipsa vero sapientia. unde nata sit. cogniti. quaero. si se ignorabit. sed eam stabilem quoque atque immutabilem esse censemus. sapientia sit . nisi iis rebus assensus sit . cur has sibi tam graves leges imposuerit . qui poterit . qui statuit omnem cruciatum perferre . multa perceperit ? VIII. aut agere fidenter audebit. qui artem tractabit. artem vivendi. quo modo primurn obtinebit nomen sapientiae? deinde quo modo suscipere aliquam rem . ut ejus conservandae causa nullum supplicium recuset . quod arte efBci possit. ut quisquam tanti aestimet aéquitatem et fi dem . ignorans. aut fidem . quae ipsa ex sese babeat constantiam. itemque sapientiam. quam nos non comprehensionem modo rerum .

Et la sagesse elle-même. que nous ne re gardons pas comme la simple compréhension des choses.ACADÉMIQUES I. connues. comment osera-telle former une entreprise et la poursuivre avec con fiance . VIII. mais comme une compréhension ferme et immuable. à moins d'une ferme croyance à des vérités infaillibles. 7 . plutôt que de s'en éloigner. se serait-il imposé de si ri goureuses lois . comment pourrat-elle être la sagesse ? Il est évident qu'il faut à la sagesse un principe régulateur lorsqu'elle entreprend quelque xxvit. cet art de bien vivre. La connaissance des vertus prouve très-bien que beaucoup d'idées peuvent être perçues et comprises. qui. je vous demande d'où et comment elle est née? Et cet homme de bien . Il en est de même de la sagesse. ignorant où tout doit tendre. d'être déchiré par d'intolérables douleurs. perçues. s'il n'était conduit à la conscience d'une obligation par des idées comprises. je vous le demande encore. au point de se résigner à toute sorte de supplices. Sur ces idées seules repose aussi la science. comment obtiendra-t-elle le nom de sagesse? Et puis. arrêtées ? Il est donc complètement impossible qu'on es time la droiture et la bonne-foi. LIVRE II. de sa nature. plutôt que de trahir son devoir ou sa parole . qui a résolu de supporter toute espèce de tourmens. pourquoi . supposé qu'elle s'ignore jusqu'à ne pas savoir si elle est sagesse ou non. Si cette invariabilité ne s'appuie sur aucune perception. est invariable 25. aucune connaissance. 97 si celui qui l'exerce ne possède pas des perceptions en grand nombre"*. lorsqu'il n'y aura point de règle certaine pour la diriger? Tant qu'elle doutera du bien suprême et fon damental.

quasi quaedam lux lumenque vitae? tamenne in ista pravitate perstabitis? Nam quaerendi initium ratio attulit. quod sapientia . ratio omnis tollitur. et exitus percipiendi et comprehendendi tenet. et id appetimus. si. inventio. quod movet . LIBER H. quid officii sui sit. prius oportet videri. Quid! quod si ista vera sunt. eique credi : quod fieri non potest. aperta sunt. quae perfecit virtutem . quod visum erit . At nemo invenit falsa . quod est visum. sequatur. Nam aliter appetitio (eam enim esse volumus cp/u-i^v). nihil unquam omnino aget. idque initium esse naturae accommodatum. accommodatumne naturae sit. . moveri non potest. discerni nou poterit a falso. Quaestio autem est appetitio cognitionis . quum ea. quaestionisque finis . necesse est id ei verum . Illud autem. quod occurrit. constitui necesse esse initium . vi deri. nec ea . an alienum? Itemque . quœ quasiinvoluta fuerunt. quae incerta permanent . Itaqiu. nunquam movebitur. Quod si aliquid aliquando acturûs est. quod videtur. non occurrit animo. inventa esse possunt : sed. quum csset ipsa ratio confirmata quaerendo. Sic et initium quaerendi. ad nullam rem unquam impelletur. si id . qua ad agendum impellimur. si id. esse sapientia? Atque etiam illud perspicuum est. tum inventa dicuntur.y8 ACADEMICORUM I. Quo modo autem moveri animus ad appetendum potest. non percipitur. quum quid agere incipiat.

Que si enfin il agit. quand elle. comment l'âme sera-t-elle excitée à désirer. Mais nul ne dé couvre le faux. Ainsi la rai son embrasse et le principe de la recherche. le flambeau de la vie! Persisterez-vous encore dans ce système abject? La raison est le principe de toute re cherche. (jui est de percevoir et de comprendre.ACADÉMIQUES I. si l'homme ne trouve pas en sa conscience la loi du devoir. Or. Voilà pourquoi la forme d'argument. et son but. il ne fera rien absolument . on dit l'avoir découvert. ce qui jamais n'aurait lieu . Et. Au contraire. la raison. LIVRE II. ne reconnaît pas si ce qu'elle aperçoit est conforme ou étranger à sa nature ? De même. 99 chose. Quoi! si vos argumens sont justes. la cause qui l'excite doit avant tout être aperçue et commander à la croyance. le désir (nous entendons par là ô/J/ttj}) qui nous pousse à l'acte. Or. fortifiée par ses recherches mêmes . la raison que j'appellerais volontiers la lu mière. ne saurait être excité. le douteux ne saurait non plus être dé couvert. . si uneaperception réelle ne pouvait se distinguer d'une fausse. il ne sera poussé. excité à rien. de plus . il faut que ce qu'il trouve en sa conscience lui paraisse vrai. la recherche est un désir de con naître . a-t-on mis au jour ce qui était comme enveloppé. et que ce principe doit être conforme à la na ture : car autrement. la raison tout entière nous est enlevée . et nous fait tendre vers l'objet aperçu. elle a pour but la découverte. enfante la vertu. qu'on nomme en grec àxcïsifyç .

negant quidquam a falsis interesse. aut invenisse diceremus? aut quae esset conclusi argumenti fides? Ipsa autem philosophia. quae est graece xnohifyî. quod postulabat Horlensius . e quibus omnia decreta sunt nata. quum diceret . qui illa visa. quae ex rebus perceptis ad id . Ex hoc illud est natum . ut id ipsum saltem perceptum a sapiente diceretis. quin decretum nullum falsum possit esse. neque ea posset ulla notio discernere : quo modo quempiam aut conclusisse aliquid.ioo ACADEMICORUM I. argumenti conclusio. quae rationibus progredi debet . non esse falsum. adducit. Quo e vitio et amicitiarum proditiones . lex veri rectique proditur. IX. quod movere nulla ratio queat. fixum. et rerum publicarum nasci solent. sed etiam stabile. quae philosophi vocant S'oyfAtXrx : quorum nullum sine scelere prodi poterit. auod non percipiebatur. quem habebit exitum ? sapientiae vero quid futurum est? quae neque de se ipsa dubitare debet. qualia isti dicunt. consentaneum esse unum . ut ea vel falsa esse possent. Talia autem neque esse. neque de suis decretis. nihil posse percipi. Quod si omnia visa ejusmodi essent. ratum esse debeat. sapientique satis non sit. ei . Sed Antipatro hoc idem postulanti. Non potest igitur dubitari. ita definitur : Ratio . qui affir muret nihil posse percipi. neque videri possunt eorum rationc. LIBER II. Quum enim decretum proditur.

pour être conséquent. Mais lorsque Antipater demandait la même concession. ils doi vent être stables. LIVRE II. des choses perçues . qui ne marche que par le raisonnement . à quel but arrivera-t-elle? Qu'adviendra-t-il de la sagesse. comment affirmerions-nous de quelqu'un qu'il a tiré une consé quence. Voilà ce qui a engagé Hortensius* à vous de mander de reconnaître au moins qu'il est une chose per çue par le sage. en disant : Celui qui affirme que rien n'est perceptible . reconnaître une chose perçue. inébranlables à tout rai sonnement. ils ne sauraient être ni paraître tels dans le système de ceux qui prétendent que les aperceptions dont ils dérivent ne diffèrent en rien des aperceptions fausses. fixes. comme le di sent nos adversaires. con duit à celles qui ne le sont point 26. Or. Cette viola tion entraîne ordinairement à la trahison de l'amitié et du patriotisme. Carnéade répondait ' Dans la séance précédente. . et il ne suffit pas au sage que ces préceptes ne soient point faux .ACADÉMIQUES I. fait une découverte? Quelle confiance mérite rait la conclusion d'un argument? Et la philosophie. c'est qu'on ne peut rien percevoir. Si toutes nos aperceptions étaient. toi se définit un raisonnement qui. certains. et dont aucun ne peut être violé sans crime? En effet. IX. qui ne doit douter ni d'elle-même . c'est que les autres ne le sont pas. aucun précepte de la sagesse ne peut être faux . c'est violer la loi même du vrai et du juste.il n'est donc pas permis d'en douter. exposées à l'erreur. si nous n'avions aucun moyen d'en discerner la valeur réelle. doit. ni de ses préceptes que les phi losophes appellent S'cr/u-xrx . violer un de ces préceptes.

quod perciperetur. abhorrere a sapientia plurimum. falsi. ex quo omne veri. et finem bonorum. Antiochus ad istum locum pressius videbatur accedere. praesertim quum in eo summa consisteret. ut alia non possent . LIBER II. certe boc ipsum. aut unde proficiscatur. constitutionem veri . falsique judicium esset. judicium veri. neque his ita confidere . eum nibil excipere. tamen illud dicere percipi posse . percipere eos debuisse. aut quo perveniendum sit . Hanc enim esse regulam totius philosophiae . quae a quovis accipi oporteret . nibil posse per cipi. incogniti. Hoc igitur modo potius erat ab bis postulandum . ut moveri non possint. et quae repudiari .102 ACADEMICORUM I. nesciat. docereque vellent. Haec autem babere dubia . Qui enim negaret quidquam esse. fluctuare. ut. Carneades acutius resistebat. sicut in ceteris rebus. non debere eos in suo decreto . quod exceptum non esset. Ita necesse esse. ut . Etenim duo esse baec maxnna in philosophia. Quoniam enim id baberent academici decretnm (sentitis enim jam boc me S'cy/^x dicere). nec sapientem posse esse . quam rationem quemiam susciperent . aut extremum expetendi. ne id ipsum quidem . cogniti . comprehendi et percipi ullo modo posse. Nam tantum abesse dicebat . qui aut cognoscendi esse initium ignoret. ut id consentaneum esset . ut maxime eliam repugnaret.

sont la connaissance du vrai. flotter dans l'indécision. LIVRE II. ce qu'il doit rejeter. c'est le dis cernement du vrai et du faux. Puisque le cas dont il s'agit n'est pas excepté. En effet. Antiochus sur ce point serrait de plus près son adver saire. du connu et de l'inconnu. si l'on ignore le principe de toute connaissance et le dernier terme de nos désirs . Telle était la meilleure manière d'exiger d'eux qu'ils . c'est s'éloigner on ne peut plus de la sagesse. Celui qui prétend que rien n'est perçu n'admet point d'exception. attendu que c'était là le fondement de leur système. et voulaient enseigner ce que chacun doit croire. comme pour le reste. pour l'une et l'autre . Il n'est pas possible d'être sage. la loi suprême de toute la philosophie. disait-il. il fallait bien qu'ils eussent reçu les perceptions d'où dérive le jugement du vrai et du faux. dans une croyance inébranlable . c'est-à-dire . il ne sau rait lui-même en aucune façon être compris ni perçu. Car les deux questions qui dominent la philosophie. Rester dans le doute sur ces questions. notre point de départ et notre but. pour leur principe. Les académiciens ayant pour principe (vous com prenez que par ce mot j'entends S'oy^x) que rien ne peut être perçu. io3 avec une extrême subtilité : Loin d'être conséquente . Dès que les académiciens se donnaient pour philoso phes. cette conclusion répugne au principe.ACADÉMIQUES I. ne pas se reposer. et l'idée du souverain bien. di sait-il. ils ne devaient pas.

tum et perceptio eorum omnium apparet.io4 AGADEMICORUM I. hoc unum sa Item. X. si ulla sententia cujusquam esse potest nihil approbantis . tum zpoXvj^sn. percipi nihil posse. deinde hominem maxime. Mens enim ipsa . quae vis esset in sensibus. quemadmodum primo visa nos pellerent. rerumque innumerabilium multitudo . sit . ne majorent largiar ei . quanto quasi artificio natura fabricata esset primum animal omne . sed paullo abstrusior : habet enim aliquantum a physicis. libertatem et licentiam. LIBER II. quam intendit ad ea. et obscuris. dictum satis. ut opinor. quas Graeci tum svvoixi. quibus movetur. Itaque alia visa sic arripit. tum ut sensus ad res percipiendas rntenderemus. argumentique conclusio . ut his statim utatur. Sed de inconstantia totius illorum sententiae. et eadem ratio. vocant. atque etiam ipsa sensus est. qui lucem eripere conetur? Sed id disputari polerat subtiliter. naturalem vim habet. quae sensuum fons est . aliqua recondit . deinde appetitio ab his pulsa sequeretur. Cetera autem similitudinibus constituit : ex quibus efficiuntur notitiae rerum . perfecta his gradibus. e quibus memoria oritur. ad sapientiam pervenit. qui contra dicturus est . ut verear. . Nam quid eum facturum putem de abditis rebus. Eo quum accessit ratio . Sequitur disputatio copiosailla quidem. perceptum esse dicerent.

de quelle manière d'a bord les aperceptions nous frappent. et cn forme des idées générales. mais un peu trop abstrus : car il a quelque chose de la méthode des physiciens . pour montrer l'mconséquence de cette doc trine . et même de licence. je veux dire. celui qui s'efforce de nous ravir la lumière? Néanmoins il serait possible de faire voir. l'âme. si l'on peut appeler doctrine l'opinion d'un homme qui n'est sûr de rien. ensuite le désir obéit à leur impulsion . par une analyse délicate. . Ainsi elle saisit certaines aperceptions pour s'en servir sur-le-champ. Ensuite se présente un système de discussion . io5 reconnussent au moins une chose perçue. en vertu de leurs ressemblances . et de là naît la mémoire . parvient à la sagesse 2'. s'élevant sur ces degrés. et surtout l'homme. et la rai son.ACADÉMIQUES I. le raisonnement et la multitude innombrable des objets extérieurs. pour mieux dire. qu'il n'y a rien de perceptible. ou. En effet. elle rap proche les autres . Mais en voilà bien assez. avec quel art admirable la nature a façonné tous les animaux. a une force naturelle qu'elle dirige vers les objets qui l'affectent. Que fera-t-il . qui est la source des sensations. quelle est la portée de nos sens . alors apparaît la per ception qui s'empare de toutes les idées reçues. en sorte que je crains de laisser à celui qui doit me répliquer trop de liberté . il est vrai . X. que les Grecs appellent svvoixi et xpoxii^sit. la sensibilité même. elle en met d'autres en réserve . Une fois qu'à la sensibilité sont ve nus se joindre la raison. à mon avis . LIVRE II. plus fécond . comment enfin nous dirigeons notre sensibilité pour percevoir les objets. dans un sujet enveloppé de ténèbres.

tum etiam propter usum. ex qua re una vita omnis apta sit. quasi sensus alteros. quod sit eorum consilium . Alii autem elegantius. quae in profundo veritalem. et artes efficit. qui . qui negant quidquam posse comprehendi . vel ornamenta vitae . haec ipsa eripiunt vel instrumenta. ut dixi. Quocirca et sensibus utitur. respondent : Quid ergo istud ad nos? num nostra culpa est? naturam accusa. penitus abstruserit. quod percipi non possit. Interdum enim quum adbibemus ad eos orationem hujusmodi : Si ea. amplectitur maxime cognitionem. et istam xtx-àty-^iv. aut quid velint. et usque eo philosophiam ipsam corroborat. Cum bis igilur agamus. docere conantur. quae disputentur. Ad rei'um igitur scientiam .io6 ACADEMICORUM I. peritule ut causa postulat. LIBER II. ut virtutem efficiat. eaque distinguere. Nec vero satis constituere possum. quautumque intersit inter incertum. dicere. vitaeque constantiam aptissima quum sit mens hominis . tum omnia fore incerta . comprehensionem dicemus . ipsumque animal orbant animo : ut difficile sit de temeritate eorum . vel potius etiam totam vitam evertunt funditus . quum ipsam per se amat (nihil est enim ei veritatis luce dulcius) . vera non sint. Ergo hi. quod eos insimulemus omnia incerta dicere. qui etiam queruutur. ut ait Democritus. et id. quam. verbum e verbo exprimentes ..

en traduisant littéralement. que nous appellerons . dérobent-ils à la vie toutes ses ressources. 107 Comme l'esprit humain est fait pour acquérir la science des choses. et ce qu'ils veulent Quand parfois nous leur di sons : Si les doctrines que nous soutenons ne sont pas vraies . ils veulent distinguer ces deux choses. tout doit être incertain. compréhension. comme dit Démocrite. je ne puis guère déterminer quel est leur projet. Avec son aide. Adressons-nous . Aussi ceux qui prétendent que rien ne peut être com pris .ACADÉMIQUES I. non-seu lement par elle-même (rien n'est plus cher à l'esprit que la lumière de la vérité) . il se sert des sens. qui sont comme de nouveaux sens. il s'at tache de toute sa force à connaître. et privent l'être animé du principe qui l'anime : excès de témérité qu'il serait difficile de carac tériser comme il le mérite! En vérité. seule règle à laquelle on doive subordonner toute la vie. comme je l'ai dit . ils nous répondent : Eh! que nous importe? est-ce notre faute? accusez la nature qui. mais encore par l'usage qu'on en fait. a caché la vérité au fond d'un abîme. et pour imposer une règle à la vie. obtient son amour. D'autres se défendent avec plus d'adresse : ils se plai gnent qu'on les accuse de dire que tout est incertain . et donne à la philosophie assez de force pour qu'elle produise la vertu . il invente les arts. ils s'efforcent de montrer combien il y a de différence entre ce qui est incertain et ce qui ne peut être perçu . ou plutôt même ils ruinent la vie jusque dans ses fondemens. et cette %xz xX^tç. tous ses ornemens. LIVRE II.

si habemus. quod sequare : ad visum illud. non se ei ademisse. nec potest is . ea. ut Carneades volebat. ut non eodem modo falsum etiam possit videri. Si nihil interest . quae cerni possent. et quasi verisimile. qui omnia sic incerta dicunt.io8 ACADEMICORUM I. LIBER II. sic reliqua visis . interesse oportet. si notionem veri et falsi . dicat. reliqua se negant tollere : ut. eaque se uti regula et in agenda vita . non communi veri et falsi nota. probabile aliquid esse. ut. cetera autem concedere : faciunt pueriliter. XI. sive aliud quid proferes. haec distinguunt. ut quidquam possit ita videri .tibi crit revertendum. In eo . hoc se unum tollere. si quis quem oculis privaverit. stellarum numerus par. sive tu probabilem visionem . ullum habere judicium . et in quaerendo ac disserendo. Quo enim omnia judicantur. sublato. sed propria veri . propterea quod ea non possunt internosci. sic inter verum et falsum. Quamobrem. et quae non impediatur. Volunt enim (et hoc quidem vel maxime animadvertebam vos moveri) . an impar sit . Ut enim illa oculis modo cognoscuntur. illos. Quae ista regula est . de quo agimus. Nam. quasi desperatos aliquos relinquamus. quum dicunt. nullam habemus? Nam. sive probabilem . ut inter rectum et pravum. aut ullam omnino veritatis uotam. cui est visio veri falsique communis . nulla regula est .

c'est nier la règle. comme si . Les autres veulent (et je remar quais hier que c'était là ce qui faisait le plus d'impres sion sur vous) qu'il y ait quelque chose de probable. mais grâce au caractère distinctif du vrai . dans leurs discussions. de même que ces choses sont connues par les yeux. comme entre le bien et le mal. C'est pourquoi . Après nous avoir enlevé tout moyen de juger . on prétendait ne lui avoir point enlevé les choses visibles. si nous n'avons aucune idée du vrai ni du faux. XI.ACADÉMIQUES I. et. et non d'après un caractère commun au vrai et au faux. il faut qu'il y ait une différence entre le vrai et le faux. Quelle est cette règle. En effet . 109 donc à ceux qui établissent cette distinction 28. Pour ceux qui disent que tout est aussi incertain que le nom bre pair ou impair des étoiles. soit que vous adop tiez ou l'aperception probable. de former un jugement ou de reconnaître la vérité à quelque signe. qui leur sert de règle dans leur conduite. dans leurs recherches. pour ainsi dire. Je reste. ils affirment ne pas nous enlever le reste . soit que vous vous attachiez à tout autre principe. le reste est révélé par les aperceptions . selon Carnéade . Nier la différence. abandonnons-les comme gens dont on désespère. LIVRE II. c'est qu'une idée puisse s'offrir avec des caractères tels que le faux n'en ait jamais de semblables. est à la fois probable et libre d'entraves 29 . de vraisemblable . Si elle . ils disent une puérilité. nous vous l'accordons. Il est impossible^ à celui qui voit du même œil le vrai et le faux . par cela même que 'nous ne pouvons pas discerner l'un de l'autre? Car si nous en avons une idée. il faudra fii revenir à cette a perception dont nous parlons. Quand ils disent : Tout ce que nous nions . ou celle qui. après avoir privé quelqu'un des yeux .

sensus. verum illud quidem impressum in animo atque mente. Sin autem commune nihil erit. si erit communitas cum falso. Quod est igitur istuc vestrum pi obabile ? Nam si . a quibusdam interrogentur : Ergo istuc quidem percipis? Sed qui ita interrogant. album esse videatur ? aut quo modo ista aut perspicua dicemus . quod nigrum sit . quod volo. autem. Ex hoc illud lus usu venire solet. perspicuum nec ve- ullum relinquitur. certa et proprin nota. esse aliquid perspicui. et conantur ostendere. Quo enim modo perspicue dixeris album esse aliquid . neque tamen id percipi ac comprehendi posse. aut menti impressa subtiliter. sine aliqua ejus rei . quum sit incertum. quidquid dixerint . quod ita mihi videatur verum .no ACADEMICORUM I. moveatur? nec argumentum. ut coarguant. quia proprium in communi siguo notari non polest. quam sibi quisque placere dicit. inaniterve ritas. nullum erit judicium . neque neque corpus. ab his irridentur. LIBER II. Non enim urgent. et primo quasi adspectu proba . neque asseverare.ut. ut id . vere. neminem ulla de re posse contendere.. Ita neque neccolor. quod cuique occurrit . Simili in errore versantur. babeo. quum possit accidere . ac vi veritatis coacti. perspicua a perceptis volunt distinguere. quum convicti . id enim quaero . ut non possit idem falsum videri.

» dès qu'il peut arriver que le noir paraisse blanc? Comment affirmerous-nous que l'âme reçoit des impressions évidentes. mais qu'elles sont imprimées dans l'âme. Une erreur semblable les aveugle. et s'efforcent de montrer qu'il y a des vérités évidentes . car je cherche quelque chose qui me pa raisse tellement vrai que je ne puisse le croire faux. reconnaître la nature propre d'une idée. Si au contraire il n'y a en elle rien de commun . De là il leur arrive ordinairement qu'à la moindre chose qu'ils avan cent . ni sous la compréhen sion 3o. dans la pensée. corps. LIVRE II. vérité. dès qu'on ignore si ce qu'elle éprouve est réel ou illusoire? Ainsi. on leur demande : Vous percevez donc cela ? Mais ils se moquent de ceux qui leur font cette objection. si la chose qu'on soutient ne porte avec elle une marque spéciale de certitude. couleurs. Il faudrait les serrer de plus près en leur prouvant qu'on ne peut discuter ni affirmer quoi que ce soit . ob . parce qu'on ne peut. tout juge ment devient impossible. lorsque. Qu'ils nous disent comment il y aura de l'évi dence dans cette proposition . « Ceci est blanc . sensation . preuve. j'ai ce que je veux . Quelle est donc votre probabilité? Si ce qui s'offre à chacun et paraît probable au premier coup d'œil . convain cus et contraints par la force de la vérité.ACADÉMIQUES 1. tout nous est enlevé. fidèles. à un si gne commun . évidence . et qu'elles ne tombent ni sous la perception . ils veulent de la perception distinguer l'évidence . m porte un caractère commun au faux et au vrai .

aequaliter omnibus abrogatur fides . quam Graeci avyKixràièsaiv vocant. id . exsistat aliquid . aut argumentum. quœ dicta sunt. ut. Nam quum vim. quod visum sit . XII. simul illud . deinde. Primum quia his visis. quum omnia fecerit. id se dicent sequi . bile videtur. Quo obscuro et oppresso . pauca dicemus : non quo non latus locus sit. quod signifîcatur. aut falsum sit. explicabarous .ira ACADEMICORUM I. quid eo levius? Sin ex circirmspectione aliqua et accurata consideratione . nunc de assensione atque approbatione . etiam absentibus nobis. quod et verisimile videatur. sed paullo ante jacta sunt fundamenta. His satis cognitis . aut quam proxime accedant . et absit longissime a vero : quo modo. inter quae nihil interest. et ea re id sequor. veritas se ipsa defendet. quam quum ita loquuntur : Est hoc quidem rei illius signum . ut. si magna parte quidem (ut solent dicere) ad verum ipsum . quae esset in sensibus . Si quis enim ea . sed fieri potest . id confirmatur. Sed de perceptione hactenus. quum dicant posse accidere sapienti. labefactare volet. aut nihil sit omnino. notum his esse debebit in signe veri. quod tandem ve rum sibi videbuntur attingere? Quid autem tam absurde dici potest . tamen exitum non habebunt. confîdere sibi poterunt ? Ut enim confidant . facile. diligentissimeque circumspexerit . LIBER H. quae jam explicata sunt .

8 . Ce caractère est-il voilé. se défendra toute seule. Les explications que nous avons données suffisent pour l'intelligence de cette première question. quoi de plus léger ! Si vos aca démiciens prétendent au contraire ne s'attacher à ce qu'ils ont aperçu qu'avec une sorte de circonspection. mais parce que les fondemens en sont déjà posés : car. Je serai bref. il faudrait connaître le caractère distinctif du vrai. ils ne pourront pas cependant nous échapper. quelle vérité penseront-ils atteindre? Quoi deplus absurde que ce langage qu'ils nous tiennent: Ceci est le signe' ou la preuve de telle chose. de prendre pour vraisemblable ce qui est trèséloigné du vrai . que les Grecs nomment av■yxxràâ'soiq 3t. ou aussi près que possible? Pour en être sûr. malgré la circonspection la plus attentive . Si quelqu'un cherche à renverser nos raisonnemens. la vérité.ACADÉMIQUES I. LIVRE H. Nous allons maintenant traiter de l'assentiment et de l'approbation . non que le sujet ne soit vaste. et après un examen scrupuleux . et voilà pourquoi je m'y attache . à quel titre seront-ils sûrs d'avoir ap proché de la vérité en grande partie. D'abord ces aperceptions. Ensuite. n3 tient votre assentiment. comme ils reconnaissent qu'il arrive au sage. qui ne diffèrent point entre elles. malgré tous ses efforts . C'eù est assez sur la perception. mais il peut se faire que la chose signifiée soit fausse ou ne soit rien du tout? XII. même en notre absence . en démontrant combien xxvn. effacé. sont toutes également indignes de foi. comme ils disent.

de quibus disputatum est. quod fieri sine assensione non potest. aperiebatur. neque peccare quemquam . vitia in ipsorum esse potestate . idque quod maxi mum est. quo modo non potest animal ullum non appetere id . Deinde quum inter inanimum et animal hoc maxime intersit. deprimi . in eo. LIBER II. si nihil situm est in ipsis nobis? Maxime autem absurdum . At vero animus quodam modo eripitur his . nec artes. non erit. et percipi sensibus. animal agit aliquid (nihil enim a gens ne cogitari quidem potest quale sit) : aut ei sensus adimendus est. quos neque sentire. vera sunt . Nam. ut sit aliquid in nostra potestate. Sed haec etiam sequuntur. qui- . Qui enim quid percipit. nec memoriam sine assensione posse constare. sic animum perspicuis cedere. Quanquam . cujus omnis constantia et firmitas ex his rebus constat.ii/. quae est in nostra potestate sita . Ut enim necesse est. nisi assensione. nec notitias rerum. aut ea. lancem in libra. comprehendi multa. reddenda assensio. qui rei nulli assentietur. si illa. Ubi igitur virtus. hoc idem in virtute non esse. ponderibus impositis. quod accommodatum ad naturam appareat (Graeci id olxsïov appellant) : sic non potest objectam rem perspicuam non approbare. assentitur statim. ACADEMICORUM I. quod inanimum nihil agit. nihil attinet de assensione omnino loqui. neque assentiri volunt.

dès qu'on perçoit une idée. ou nous rendre cet assentiment qui dépend de nous. 8. lui refuser son adhésion. plus d'arts. celui qui n'approuve rien . il faut ou nous en lever la sensation . quand il rencontre l'évidence. plus de mémoire. comme entre l'être inanimé et l'être animé la plus grande différence consiste en ce que le premier n'agit point . Ré sumons-nous : il faut. si rien ne dépend de nous-mêmes? Certes il serait par trop absurde que le vice fût en notre pouvoir. tandis que le second agit (on ne saurait même se le figurer n'agissant point). enfin. apercevoir et donner son assentiment à ce qu'on aperçoit : en conséquence . interdire à un être la sensation et l'assentiment. n5 il y a d'autorité dans les sens . en quelque sorte.ACADÉMIQUES I. dont la constance et l'énergie dépendent précisé ment des choses auxquelles elle a adhéré et consenti. ainsi l'esprit doit céder à l'évidence : car si l'être animé ne peut s'em pêcher de désirer ce qui lui paraît conforme à sa nature (oixsîov. perd la liberté d'agir. n'est-ce pas. et qu'il n'en fût pas de même pour la vertu . Or. plus de notions. Ajoutez encore les conséquences suivantes : sans cet assentiment. avant d'agir. Où sera donc la vertu . on y adhère. LIVRE H. il ne peut pas non plus . qu'on ne pût faillir sans assentiment. nous avons fait entrevoir que bien des choses sont comprises et perçues par la sen sibilité . il est inutile de parler de l'assentiment : car. si les principes que nous avons soutenus sont justes. Ensuite . . disent les Grecs). Au reste. lui ôter la vie ? De même qu'il est nécessaire que le plateau d'une balance cède au poids dont on le charge. le plus noble privilège de l'homme. ce qui ne peut avoir lieu sans notre assentiment.

quae visa dicimus . alia falsa. XIII. nihil interesse autem . » . id omne tale est. is omnem actionem tollit e vita. Sed prius potestis totius eorum rationis quasi fundamenta cognoscere. quod percipi possit. ut ejusdem modi falsum etiam possit videri. nec in his quidquam intersit. quale sit id . assentiamur. quae quasi contineant omnem hanc quaestionem : quae ita videantur. non posse eorum alia percipi. sed etiam si discerni non possint. quot stoici. j . non posse accidere. eorumque et vim . ut eorum alia percipi possint . LIBER II. totidem verbis. ut in iis nihil intersit. unius argumenti conclusione tota ab his causa comprehenditur. et genera definiunt : in his . id percipi non potest : quod autem verum visum est. Quibus positis . quod percipi et comprehendi possit. et quod falsum est . . quae videntur. quae contra ab his disputari solent. bus assensa est. non modo si ex omni parte ejusdem modi sint.n6 ACADEMICORUM I. alia non possint. Et. alia vera suut . Componunt igitur primum arlem quamdam de his . Composita [autem] ea conclusio sic est : «Eorum. Nullum igitur est visum. quam agamus . necesse est . Deinde illa exponunt duo. Nunc ea videamus . ut etiam alia eodem modo videri possint. quod visum sit . eique . aut assensum tollit . Quare qui aut visum . quae visa sint ejusmodi. alia non percipi. et quas approbavit : omninoque ante videri aliquid .

117 ôter l'aperception et l'assentiment . les espèces . Mais. auparavant. il n'y aura nulle différence entre elles . LIVRE H. non-seulement si de tout point elles sont semblables. et qu'il n'y ait nulle différence entre elles . Ensuite. ils renferment toute la discussion en un seul argument que voici : « Des choses qui nous apparaissent. il est impossible que l'une soit perceptible. se servant des mêmes termes que les stoï ciens. c'est ôter de la vie toute espèce d'action. Maintenant . Or. vous pouvez connaître les fondemens de tout leur système. le faux peut avoir la même apparence que le vrai. » . ils posent ces deux principes comme do minant toute la question : premièrement. ils en déterminent la nature. D'abord. il est impossible que la première soit perçue . voyons ce que nos adversaires ont coutume de répondre. et. et distinguent celles qui peuvent être perçues et comprises. ils composent une sorte de théorie de ce que nous avons nommé aperception . XIII.ACADÉMIQUES I. Cela posé. sous la même apparence qu'une autre peut offrir. si une chose se présente à nous. les autres fausses. Aucune aperception n'est donc réelle ment perceptible. et ce qui est faux n'est point perçu. et l'autre non. quand deux choses se ressemblent si parfaitement qu'on ne les distingue pas. les unes sont vraies. secondement. mais même pour peu qu'on ne puisse les distinguer. et que la dernière ne le soit pas.

XIV. Ea sunt haec : « Quae visa falsa sint . ut concludant id . « Inter quae visa nihil intersit. Quae sunt item duo : uaum. quod sit a vero. qui ita disserunt. Haec autem universa concidunt etiam minutius. tale esse . et ab omni consuetudine . neque enim quisquam repugnat. quae videantur. alia vera esse. deinde in ea.» alterum. et eas quidem magnas : primum insensus. ea quum talia sint. adjuncta esse falsa. Ut enim de sensibus hesterno sermone vidistis .n8 ACADEMICORUM I. alia ut non possint. Quae autem sumunt . quae a veris nihil differant. » Haec duo proposita non praetervolant . quae ducuntur a sensibus. ut non mediocrem curam adhibeant et diligentiam. his omnibus. nihil posse comprehendi. sed ita dilatant . ea percipi non posse . quale etiam a falso possit esse. «Omne visum. item faciunt de reliquis . «Eorum. ex his non posse alia talia esse. Dividunt enim in partes. volunt efficere . ex his duo sibi putant concedi. ut ne ratione quidem et conjectura ulla res percipi possit. quae visa sint. quod volunt . ut percipi possint. LIBER II. » et alterum . alia falsa. . sed ab eorum causa. Tum perveniunt ad eam partem. quam obscurari volunt. veris. philosophia quidem dignissimam judico. » Reliqua vero multa et varia ratione defendunt. in singulisque rebus . quas in minima dispertiunt. Hanc ego subtilitatem .

« Toute aperception. En effet . et que. » Ils ne passent pas à la légère par-dessus ces deux propositions . entre deux aperceptions. La première traite des sens. je trouve cette minutieuse analyse très-digne de la philosophie. XIV. Pour moi. et. en effet. reposant sur le vrai. il s'en trouve de vraies et defausses. » Ils défendent. il n'existe nulle différence. . 119 Parmi les propositions sur lesquelles ils s'appuient pour arriver à leurs conclusions. ils veulent mon trer qu'à côté de nos aperceptions vraies. où ils établis sent que rien ne peut être perçu ni par raisonnement . vous leur avez vu faire pour les sens .a seconde . nous ne saurions comprendre. Ces divisions générales sont encore morcelées en petites fractions : car ils font pour tout le reste ce que . a la même appa rence que si elle reposait sur l'erreur. par des raisonnemens nombreux et va riés.» l'autre. qui sont aussi au nombre de deux : l'une. Voici l'une : «Les aperceptions fausses ne sont point perçues. » voici l'autre: « Lorsque. et d'abord ils divisent en grandes parties. dont ils veulent affaiblir l'au torité. mais ils s'ar rêtent à les développer avec beaucoup de soin et d'exac titude. ni par conjecture. Vient ensuite la troisième partie . mais en même temps très . ils pensent que chacun leur accorde les deux suivantes. dans l'entretien d'hier. LIVRE II. et l'autre point.ACADÉMIQUES I. qu'ils subdivisent eu leurs moindres parcelles. ils procèdent par division . par conséquent. leurs autres propositions fondamentales. des connaissances que nous devons aux sens et à l'expérience commune. « Parmi nos apercep tions. il ne se peut que l'une soit perceptible . se trouvent des aperceptions fausses absolument semblables aux vraies . personne ne s'y oppose. et dans chacune de ces parties .

cur illa vera definitio sit ? Si negaverint. de quibus disserant. illa vera. quae ad concludendum sumta erunt. sicut occursum est. se dilucide perspicere. quod non ap . et horum luminibus utens oratio . Sin autem negabunt vera visa a falsis posse distingui . fidentium est hominum . tum similitudines dissimilitudinesque. LIBER II. ut falsa ejusdem modi nulla possint esse. qui poterunt longius progredi ? Occurretur enim . quoniam vel illa veri definitio transferri non possit in falsum . et earumtenuis et acuta distinctio. num illa definitio possit in aliam rem transferri quamlibet ? Si posse dixerint. quae tutentur. et firma. nisi his . Si enim dicent. nec ulla communione visorum impediri. et certa esse. quumaliquid definierint.iao ACADEMICORUM I. se aliquid patefacturam . quod ea definitione explicetur. nihil posse comprehendi . quod ipsum sibi repugnet magis? quumque ipsa natura accuratae orationis hoc profiteatur. non eorum. nihilo magis vera illa esse. quam falsa. remotissimau). id percipi posse : quod minime illi volunt. Definitiones enim . si. quid potest reperiri . comprehendere ea se posse fatebuntur. ita probatis. fatendum sit. Nam concludi argumentum non potest . ea. Quid eniin agant. et partitiones . Ergo si rebus comprehensis et perceptis nisa et progressa ratio hoc efficiet. qui clament. roget eos quispiam. Eadem dici poterunt in omnibus partibus. quid dicere habeant .

ACADÉMIQUES I. aveu qu'ils sont bien loin de nous faire. lorsqu'ils ont défini quelque chose. non? mais ce serait déclarer que la définition du vrai ne peut convenir au faux. On ne peut conclure un argument . qui niarche toujours appuyé sur des choses perçues et comprises j venait à démontrer que rien ne peut être compris . comme tout discours suivi se propose de mettre eu lumière quelque chose de caché . des définitions . Que feraient-ils. on leur demandait : Votre définition peut -elle s'appliquer à tout autre objet in différemment? Répondraient-ils. 121 peu favorable à la cause des philosophes qui la mettent en usage. conviennent à des hommes qui ont foi dans la vérité. à moins que les pro positions sur lesquelles s'appuie la conclusion. LIVRE II. et reconnaître que la chose définie est perceptible . n'aient été admises comme n'ayant rien de commun avec l'er reur. et non à des gens qui vous crient que leurs opinions ne sont pas plus vraies que fausses. s'adresse . et . oui? mais alors com ment prouver que la définition est vraie ? Diraient-ils . des similitudes. des partitions et un discours où se réfléchit leur lumière . En effet . Si donc le raisonnement. au contraire. S'ils soutiennent. On les attaquera de même sur tous les articles. comment irontils plus loin ? On leur opposera l'objection déjà opposée. qu'y aurait-il au monde de plus contradictoire? Enfin. la solidité et la certitude de ce qu'ils défendent . S'ils prétendent voir nettement la question dont ils traitent . que les aperceptions vraies ne se distinguent pas des fausses. par-là même ils reconnaîtront qu'ils peuvent la compren dre. si. des dissimilitudes avec leurs distinctions fines et délicates. sans se laisser abuser par aucune apparence semblable . pour atteindre à ce but .

ut maneamus in perspicuis firmius et constantius . ut nihil nobis assentati esse videamur. quae perspicua sint : qualis est istorum oratio. ïta priori posterius . quam videri volimt? Maxime autem convincuntur. ea. quasi praestigiis quibusdam et captionibus depellamur. nobis ita ut sint. dixitque sapientis esse. qui om nia non tant esse. qui voluit subvenire erroribus Epicurus . auxilia totidem sunt contra . ne ab iis. opiuionem a perspicuitate sejungere. Nam. quam diximus. qui videntur conturbare veri cognitionem. indicet. tam vehemènter repugnantia : primum. tanquam interesset. pareat . Quamobrem quum duae causae perspicuis et evidentibus rebus adversentui'. Sed tamen. quum haec duo pro congruentibus sumunt. declarant quaedam esse vera : deinde ibidem . iis. nihil profecit : ipsius enim opinion is errorem nullo modo sustulit. quae sint. et ita agamus. vel diligentia. et . » At primum sumseras'. et ea . sic persequamur. majore quadam opus est vel arle. ut nihil in praeteritis relinquamus. quae clara sint ipsa per sese. satis magnam habet vim. XV. LIBER II. adhibituram et sensus . Pri mum igitur perspicuitas illa . ut ipsa per sese. quo id facilius assequatur. Sed progrediamur lougius. quaeque ab his dicuntur.la* ACADEMICORUM I. » quod quum volunt. posteriori superius non jungitur. « inter falsa visa et vera nihil interesse. « esse quaedam falsa visa.

puisqu'il laisse l'opinion exposée à l'erreur. ceux qui voient en toutes choses.» admettre ce fait. la pre mière proposition ne s'accorde point avec la seconde. il faut redoubler d'attention et de soin . par des espèces de prestiges et de séductions. et telles qu'elles sont. » Mais vous aviez d'abord admis cette différence : par conséquent. Comme deux obstacles s'opposent à l'évidence. non des réalités. c'est déclarer qu'il en est aussi de vraies : la seconde. Mais pourtant. Ainsi. n3 au témoignage des sens et à l'évidence . Le premier . Sans doute cette évidence. mais des apparences? Ce qui les accable surtout. si nous voulons rester plus fermes et plus constans dans l'évi dence . il ne ré sout pas la difficulté . est assez forte pour nous révéler par elle-même les choses qui sont. et faisons en sorte qu'on ne nous accuse pas de nous en faire accroire. seront-ils capa bles de faire un seul discours . en recomman dant au sage de séparer l'évidence et l'opinion . XV. c'est qu'ils adoptent comme concordantes ces deux propositions qui se repoussent si violemment : la première. dont nous avons parlé. il lui faut aussi deux moyens de se défendre.ACADÉMIQUES I. Mais allons plus loin . que rien ne nous échappe. suivons toutes leurs objections si exactement . ni la seconde avec la première. «Il est des aperceptions faus ses. LIVRE II. afin de ne pas nous laisser distraire des choses claires en ellesmêmes . «Entre les aperceptions vraies et les fausses . il n'y a aucune différence. lorsqu'Épicure veut prévenir ces erreurs qui pa raissent troubler la connaissance du vrai.

desciscunt a veritate. inquiunt . constitui. extis declarentur (haec enim aiunt probari stoicis. de quibus jam diximus : et esse armatos. efficere non possit? aut. quae omnino nulla sint . ut. quae sint. auspiciis. inter quae nihil sit omnino? Deinde. quo- niam ipsi etiam illi solent non confuse loqui. si haec. quos contra disputant) : quaerunt. Nam quum dicatis . quae nullae sint. genera quod tim deinceps argumenta facere eorum. ut occurrere possimus interrogationibus eorum. falsa visa quae sint. Oportet igitur et ea. possint agnoscere. Adversatur enim primum. quum mens moveatur ipsa pcr scse. ea deus efficere possit piobabilia. ut et . visa quaedam mitti a deo. comparanda. cur non. velut ea. multa posse videri esse. cur illa non possit. quae perspicua sunt. quonam modo. quae pro perspicuitate responderi possunt. quae autem plane proxime ad verum acce dant. quod fallacibus et captiosis interrogationibus circumscripti atque decepti quidam. LIBER II. ut iis. in promtu habere. alterum est. si ea quoque possit. quum animi inaniter moveantur eodem modo rebus iis . quae perdifficiliter. captionesque Exponam igitur discutere. quod parum defigunt animos et intendunt in ea. quanta luce ea circumfusa sint. quum eas dissolvere non possunt.ia4 ACADEMICORUM I. Primum conantur ostendere. internoscantur tamen? et. quaeque oraculis. quae in somnis videantur.

que certaines aperceptions viennent de Dieu : par exem ple. qui peut rendre probables des aperceptions fausses. il faut nous armer afin de soutenir le choc des objections . puisque l'âme s'impressionne elle . . parce qu'eux-mêmes ont cou tume de s'exprimer avec méthode. ad mettent ces croyances 32 ). ou celles que provoquent les oracles. ces réponses dont nous venons de parler. s'il le peut. En premier lieu. le second . pour défendre l'évidence. comment Dieu. de ce que quelques-uns. l'es prit recevant de vaines impressions de ce qui n'est pas . Car si vous prétendez . nous paraissent être. LIVRE II. ne pourrait-il pas les rendre telles .a5 obstacle vient de ce que l'esprit ne se fixe pas sur les choses évidentes avec assez d'attention pour reconnaître de combien de lumière elles sont entourées . ne pourrait-il pas les rendre tout-à-fait vraisemblables? Et . et de rompre tous les pièges. comme de ce qui est. lès auspices. qu'on ne les en distinguât pas du tout? En second lieu. enlacés et surpris par des inter rogations perfides et captieuses auxquelles ils ne peuvent répondre . pourquoi ne pourrait-il pas faire en sorte qu'on les dis tinguât Irès-difficilement de la réalité ? Enfin . celles qui nous apparaissent en songe. Voilà ce que je me propose de faire à présent. J'exposerai donc les argumens de nos adversaires dans leur ordre de génération . leurs antagonistes. les entrailles (ils font remarquer que les stoïciens . ils s'efforcent de montrer que bien des choses qui ne sont point. se détachent de la vérité.ACADÉMIQUES I. disent-ils . Il faut donc avoir sous la main. s'il le peut encore.

Et primum quidem hoc reprehendendum . motu mentis aliquo. nihil esset. sic etiam mentem moveri. nonne. et captiosum genus. neque quidquam interesset inter intestinum et oblatum.i»<5 ACADEMICORUM I. anne falsa. LIBER II. verisimile sit. XVI. quae falsa sint. quae cogitatione depingimus . vera illa sint. sed ut in hîs nihil intersit omnino? ut . vel dormientîbus videntur. Ad has omnes visiones inanes Antiochus quidem et permulta dicebat . quod captiosissimo genere interrogationis utuntur. qui distingueretur tremor ille et pallor. quae vel furiosis. cur non etiam . et ea . sed ipsa capita dicenda. alia ratio est . quod genus minime in philosophia probari solet . qui acervum efficiunt uno addito grano . si qui tremerent et exalbescerent vel ipsi per se. Postremo si nulla visa sunt probabilia. vel objecta terribili re extrinsecus. ut non modo non internoscat visa. quum aliquid minutatim et gradatim additur aut demitur. Sic euim adsceuditis : . ut plane nihil in tersit? praesertim quum ipsi dicatis. inquiunt. Mihi autem non idem faciundum puto . Soritas hos vocant . sapientem in furore sustinere se ab omni assensu. quia nulla in visis distinctio appareat. sin autem sunt . ea declarant. quae non facile internoscantur ? cur non. et erat de hac una re unius diei disputatio. vitiosum sane.

LIVRE II. un homme vient à trembler et à pâlir. par exemple.ACADÉMIQUES I . soit à l'aspect d'un objet extérieur qui l'effraie . et dans laquelle peu à peu. genre mauvais et perfide. de cette forme de raisonnement peu estimée en philosophie. on ajoute ou l'on retranche. On appelle sorties 33 ces argumens semblables à un monceau qui se forme grain à grain. ou plutôt qu'elle ne remarque aucune différence entre les unes et les au tres? Si. qu'elle ne peut distin guer les aperceptions vraies des fausses. par un mouvement spontané de l'âme . que l'âme alors est tellement impressionnée. qu'ils prê tent à toutes nos idées . Enfin . n'est-il pas vraisemblable . soit de lui-même . il n'y aura aucun moyen de distinguer la cause de ce trem blement et de cette pâleur. D'abord nous blâmons l'emploi de ces interrogations captieuses . qu'il Au nesujet voit de rien cette de distinct vanité fantastique dans ses aperceptions. parce XVI. pourquoi n'en sera-t-il pas de même de celles qu'on distingue difficilement des fausses ? Pourquoi pas de même de celles qui n'en diffèrent point du tout ? d'autant plus que le sage. . Mais si quel ques-unes le sont. pendant le sommeil . m7 même. sur cet unique objet. comme l'attestent les images que forme la pen sée. pas à pas. vous le dites vous-mêmes. la discussion durait un jour entier. notre raisonnement ne vaut rien. se garde de tout assentiment dans une passion violente . Antiochus parlait longuement . Telle est en effet votre marche ascendante : « Si Dieu . et. si nulle aperception fausse n'est probable . Je ne crois pas en devoir faire autant . aucune différence n'indi quera s'ils viennent de l'intérieur ou du dehors. mais il faut indiquer les principaux chefs. et celles qui se présentent dans la folie ou dans le sommeil. ajoutent-ils . disent-ils.

si lupi canibus similes.intersit?» Hue si perveneris. cur non etiam ut valde verisimile? cur deinde non. quod fieri solere concedimus. sive per insaniam. Nihil est enim . . LIBER II. ut ne internosci quidem? postremo. tuum. eosdem dices ad extremum. quam mordicus teneie debemus . quod de suo genere in aliud genus Iransferri possit. nihil inter haec interesse? Ne repugnantia quidem videmus. « Si tale visum objectum est a deo dormienti . Et quidem honestis similia sunt quaedam non honesta . sequatur. ut. abesse dicemus. Quid dubitamus igitur affirmare. si possit? Quomodo autem sumis. aut omnia deum posse. ut difficiliter a vero internoscatur? deinde. si quid cui simile esse possit. sive in quiete. quod fieri qui potest? Omnium deinde inanium visorum una depulsio est . Nam ab omnibus ejusdem modi visis perspicuitatem . ut proba ble sit .ia8 ACADEMICORUM I. et artificiosis minime artificiosa. et in alieno. ut inter visa differentium generum nihil interesset : reperirentur. At si efficeretur. Quis enim tibi dederit . ut eadem sint? ut. ut etiam internosci diffleiliter possit ? deinde . ut ne internoscatur quidem P^postremo ut nihil inter hoc et illud. aut ita facturum esse. quae et in suo genere essent. me tibi primum quidque concedenle . sive pen»vinum . meum vitium fuerit. et bonis non bona . sive illa cogitatione informantur. Sin ipse tua sponte processeris .

parce qu'il lui ressemble. ou la folie : c'est de dire que l'évidence. il fera ce qui est en question ? Comment prenez-vous pour démontré que . à l'art.ACADÉMIQUES I. ce sera la vôtre. enfin . il s'ensuit qu'il est difficile de l'en distinguer. LIVRE II. Pourquoi donc hésitons-nous à déclarer qu'entre ces choses. ou que . arrive d'ordinaire). pourquoi n'en offrirait-il pas une très-vraisemblable? Pourquoi pas une qu'il fût difficile de distinguer du vrai? une ensuite que l'on n'en distinguât pas? une enfin qui n'en différât point du tout?» Si je vous laisse parvenir jusque là. tantôt par la pensée elle-même (ce qui . ce qui manque d'art. qu'elle est la même ? comme si vous alliez jusqu'à dire qu'un loup est un chien . qui vous accordera ou que Dieu peut tout 34. iag nous présente une aperception probable . si vous y arri vez de vous-mêmes. suf fît pour nous débarrasser de toutes ces visions fantasti ques produites '. au bien . nous avons un moyen qui . () . seul . qu'elle ne peut l'être . s'il était prouvé qu'entre des aperceptions de divers genres il n'y a nulle différence. En effet. à la quelle il faut s'attacher indissolublement. s'il le peut. à l'hon nête ressemble parfois ce qui n'est pas honnête. puis . l'ivresse. en vous cédant chaque point . manque à toutes XXVII. dès qu'une chose est semblable à une autre. il n'y a pas de différence. il s'en trou verait qui seraient et dans leur genre. ce sera ma faute . tantôt par le sommeil. lors même que nous ne voyons pas qu'elles répugnent entre elles ? C'est qu'il n'est rien qui puisse être transporté de son genre dans un autre : or. la chose est-elle possible? En second lieu . Et sans doute. je l'avoue . ce qui n'est pas bien. et dans un autre.

visa illa contemnimus. cor atque consentit illa dicant cum oculorum Alcmaeonis adspectu. nec sensu. Sed mihi neutiquam sentiant. aliquid. sentit. iisque. simul ut experrecti sumus. ut et incipientes furere . ita narravit : Visus Homerus adesse poeta. dixisse : Visus sum mihi cum Galba ambulare ? At. Idemque in Epicharmo . Num censes Ennium. At enim dum videntur. sentiant et dicant. quod non sit. haesitant. quum sibi fingit aliquid et cogitatione depingit . ut ea. quum in hortis cum Serg. Nam videbar somniare me et ego esse mortuum. id videri sibi. XVII. simul ac se ipse commovit . neque integritatem dormientium. Quod idem contingit insanis . quumque edormiverunt . : . LIBER II. quum relaxentur. qua sobr-ii : dubitant. eadem est in somuis species eorum . et vigilantium. ambulavîsset . et. quae viden tur. non . illa visa quam levia fuerint. quae in Foro gessimus. quum somniavit. neque ita babemus. sed id omittamus : illud enim dicimus. atque ad se revocavit. vicino suo. quid intersit inter perspieua. Plurimum interest. quae vigilantes videmus. eadem approbatione faciunt. non eamdem esse vim. Ne vinoleuti quidem quae faciunt. intelligunt. itaque. imbecillius assentiuntur. Galba.i3o ACADEMICORUM I. revocant se interdum. et inania? Eadem ratio est somniorum. nec mente. Quis enim.

Mais laissons cela de côté. qu'il leur semble voir ce qui n'est point. Quel est l'homme en ef fet qui .ACADÉMIQUES I. La différence est grande. au milieu des créations et des images formées par sa pensée . comme Alcméon 3?: Mais jamais mon esprit ne s'accorde avec ce qui frappe mes yeux. dès que nous sommes éveillés. hésitent . 9- . lorsqu'il a fait un songe. et n'en tenons pas le même compte que des actes que nous faisons au Forum. il s'exprime ainsi 35 : Il me sembla que le poète Homère était présent. les mêmes carac tères que nous saisissons durant la veille. Du moins. XVII. Galba . après s'être promené dans un jardin avec son voisin Serg. elles ont . nous méprisons ces aperceptions . dites-vous. Ceux qui sont ivres n'agissent pas non plus avec la même assurance que ceux qui sont à jeun : ils doutent . ne sent pas . Pensez-vous qu'Ennius. n'adhèrent que fai blement aux visions de leur esprit . Aussi. et quand le sommeil a dissipé l'ivresse. au commencement de leur accès. ils reconnaissent toute la vanité de ces aperceptions. dès qu'il éveille son atten tion et rentre en lui-même . Ils le sentent encore lors que le transport se calme. et ils disent . durant le sommeil . tant qu'elles nous appa raissent . la différence qui existe entre l'évidence et l'illusion? Il en est de même pour les son ges. i3i les aperceptions de cette espèce. LIVRE II. Il arrive également aux fous de sentir et de dire. Seulement nous soutenons que la force et l'intégrité de l'esprit et des sens ne sont pas les mêmes dans le sommeil et dans la veille. aurait dit : Il m'a semblé que je me promenais avec Galba? Mais. De même dans Epicharme 36 : Car il me semblait rêver que moi-même j'étais mort. se reprennent quelquefois .

tam absurde . pueriliter consect. omnia se reddere incerta . contra vos est. LIBER H. ne approbet falsa pro veris. aut mente captos . ut nihil intersit. quae videntur. quae «<TjjAa Graeci. At enim ipse sapiens sustinet se in furore. aut somno oppressos . aut obscuriora sunt. constantiae . Quaerimus gravitatis . Si enim res se ita habeant. an sano : oui possit exploratum esse de sua sanitate? quod velle efficere. tum ni hil interesse. aut semper sustineret. firmitatis . sapientem aliquando sustinere assensionem . aut signorum annulis impressorum. et sanorum. aut tarditas. furiosorum. aut nunquam. aut a perspiciendo lemporis brevitate excluditur. si aut in sensibus ipsius est aliqua forte gravitas. Illud attendimus . Similitudines vero aut geminorum . .antur. Ne hoc quidem cernunt. ebriosorum. Quanquam totum hoc. ut insano . Ea dico incerta. ut tum diceremus interesse inter vigilantium visa. quod nolunt. non mediocris insaniae est. Sed ex hoc genere toto perspici potest levitas orationis eorum.i3a ACADEMICORUM I. qui omnia cupiunt confundere. et eorum qui essent aliter affecti . in hoc omni genère quam inconstan te!' loquamur. utrum ita cui videatur. sapientiae judicium : utimur exemplis somniantium. Et alias quidem saspe. Non enim proferremus vino. Si enim tnter visa nihil interesset. et sobriorum.

il retiendrait toujours son assentiment. Souvent il s'abs tient aussi dans d'autres occasions .ACADÉMIQUES I. et nous tirons nos exemples des songes. Mais le caractère de toute cette discussion met à dé couvert la légèreté de ces philosophes qui veulent tout confondre. autre ment. le sage lui-même s'abstient. diffèrent de celles que l'on reçoit dans un autre état. s'il n'a pas le temps de les voir à fond. sobres et rai sonnables. ou ne le retiendrait jamais. et celles d'un homme de bon sens. LIVRE II. de la fo lie. Nous cherchons un jugement marqué au coiu de la gravité. de la fermeté. Nos adversaires ne s'aperçoivent pas qu'ils rendent tout incertain. i3ï Je sais que. dans la fureur. il ne faut pas être médiocrement fou. est contre vous : car. ou bien en core . C'est une puérilité d'alléguer les . qui pourra être sûr d'avoir un esprit sain? Pour vouloir nous condamner à ce doute . ou si les objets qu'il aperçoit sont trop obscurs. sans le vouloir assurément 38. quelque embarras dans ses organes. de la sa gesse. s'il n'y avait aucune différence entre nos aperceptions . Si telle est notre nature . de peur d'admettre le faux pour le vrai. qu'il n'y ait aucune différence entre les aperceptions d'un insensé . tout ce que vous dites de cette réserve du sage en cer taines circonstances. tantôt qu'elles n'en diffèrent point. s'il éprouve quel que pesanteur. de la constance. de l'ivresse! J'insiste sur ce point : nous sommes bien inconséquens dans toute cette discussion. J'appelle incertain ce que les Grecs nomment xS~yhov. des hommes privés de la raison. pousserions-nous l'absurdité jusqu'à citer des hommes plongés dans l'ivresse ou dans le sommeil . Au reste . pour prouver tantôt que les aperceptions des personnes éveillées .

LIBER II. aut pluribus . et eos quidem innumerabiles . ut non suo quidque genere sit tale. a quibus ne tu quidem jam te abstinebis : et ais Democritum dicere . ut in hoc quoque nostro mundo aliquid alicui par sit . ut inter eos nihil prorsus intersit . in reliquis mundis. itemque homines. quod rerum natura non patitur.i34 ACADEMICORUM I. praesertim concedentibus nobis ? et cur id potius contenditis. nihil in tersit. sed undique perfecte et absolute ita pares . nulla re differens ulla communitas? ut sibi sint et ova ovorum . Lu . quod fieri nullo modo potest. innumerabiles esse mundos. concedatur tibi. Dein confugis ad physicos eos. quum eae plurimis in rebus appareant? Sed . Quis enim nostrum similitudines negat esse . similia esse multa multorum : cur eo non estis contenti . Deinde postulas. non similes. quo contentus esse potueras.inquies . unde omnia Democritus gigni affirmat. quum ex illis individuis. ut inter eos ne minimum quidem intersit. ut. qui maxime in academia irridentur. si satis est ad tollendam cognitionem . et apes apium simillimae. ut nihil différat . Tu autem vis eosdem plane esse. si mundus ita sit par alteri mundo . Cur enim. et in hisj quidem innumerabilibus innumerabiles Q. quale est? et sit in duobus . Quid pugnas igitur? aut quid tibi vis in geminis? Conceditur enim similes esse. et quidem sic quosdam inter se non solum simi les .

non-seulement qui se ressemblent. il a pu se former . vous demandez que . en dépit de la nature. si un monde ressemble à un autre monde . on vous accorde qu'il se rencontre aussi. Ensuite vous avez recours à ces physiciens . ajoutez-vous. mais qui de tout point sont si parfaitement. i35 ressemblances entre des jumeaux . dans ce monde que nous habitons. Qui de nous conteste ces ressemblances qui s'offrent en foule? Mais si. les abeilles aux abeilles. ce qui est absolument impossible. et qu'entre deux objets .ACADÉMIQUES I. nulle distinction possibles. puisque de ces atomes 41 . il existe une conformité sans différence ? Ainsi les œufs seraient tout-à-fait semblables aux œufs. dites-vous. et que vous ne vous abstiendrez pas de citer encore4". au point qu'il n'y ait entre eux nulle différence . Pourquoi donc tant vous débattre? Que voulez-vous avec vos jumeaux? On vous accorde qu'ils sont semblables. deux choses tellement semblables. si absolument pareils. que chaque être n'est pas tel qu'il est en son genre. qu'ils ne diffèrent en rien. pourquoi ne pas borner là vos prétentions . surtout quand nous vous accordons cette ressemblance ? Pourquoi soutenir. vous voulez qu'ils soient les mêmes . qu'il y a des mondes sans nombre. Mais il ne vous suffit pas qu'ils se ressemblent. ou plutôt il s'est formé . il suffit que beaucoup de choses soient semblables entre elles . pour nous dérober toute connaissance. et qu'il en est. Il en trouve une multitude dans ce cas. LIVRE II. Puis. dont tout a été composé . vous auriez pu vous en contenter. dont on se joue souvent dans l'académie. qu'il n'y ait entre elles nulle différence. dans les autres mondes qui sont . et de même pour les hommes. entre les empreintes d'un cachet 39. ou un plus grand nombre. selon Démocrite . Démocrite avance. car.

Primum quidem me ad Democritum vocas . tam facile internosceremus . qui gemini fuerunt. quod dilucide docetur a politioribus physicis . consuetudine adhibita. illum ipsum sapientem. qua vera a falsis possit distinguere . quum ei res similes occurrant . singularum rerum singulas proprietates esse. Deli fuisse complures (salvis rebus illis). Sed et ad ceteras res habet quamdam artem . pugnes licet . nisi quod tale fuerit. nec unquam ulli viso assensurum. An non videmus. cui non assentior. eos. potiusque refèllam. si assueveris. LIBER II.i36 ACADEMICORUM I. tam similes. Ut mater geminos internoscit consuetudine oculorum : sic tu internosces . uti ne minimum quidem similes viderentur? Hic . Fac enim antiquos illos Servilios. et ad similitudines istas usus adhibendus est. propter id. ut quos nunquam putassemus a nobis internosci posse. de quo omnis hic sermo est . quam dicuntur : num censes etiam eosdem fuisse? Non cognoscebantur foris. Videsne. in hoc tanto mundo Catulus alter non possit effici? XVIII. Non ab alienis. ut in proverbio sit ovorum inter se similitudo? tamen hoc accepimus. at a suis. tatir Catuli non modo possint esse. retenturum assensum. non repugnabo : quin etiam concedam. quale falsum esse non possit. sed etiam sint. at domi. quas non habeat denotatas. qui gallinas alere permultas quaestus . hoc usu venire.

en présence des similitudes dont je parle .ACADÉMIQUES I. pen sez-vous pour cela qu'ils fussent les mêmes ? Hors de chez eux on ne les distinguait pas. Une mère accoutumée à voir deux ju meaux . pour les autres choses. que nous ne trouvons plus entre elles la moindre ressemblance? Ici vous pouvez batailler à votre aise . D'abord . une règle au moyen de laquelle il distingue le vrai du faux . beaucoup de personnes qui nourrissaient . je vous accorderai que ce même sage . suspen dra son jugement . vous les distinguerez de même. que nous aurions cru ne pouvoir distinguer jamais. lorsque cette île florissait par le commerce. par notre expérience . ces deux ju meaux . Supposez que les anciens Servilius 42 . mais chez eux on les dis tinguait. vous me citez devant Démocrite . que chaque être a ses proprié tés. aient été aussi semblables qu'on le prétend. Il a. Lutatius Calulus . les distingue . cependant nous avons appris qu'il y avait à Délos . que des personnes . dont je ne reconnais pas l'autorité . grâce à l'habitude. je ferai plus . dont il n'aura pas remarqué le caractère spécial. on doit recou rir à l'expérience. Les étrangers les confondaient . et que même je réfu terais plutôt . d'innombrables Q. dans notre monde qui est si grand . 137 innombrables . LIVRE II. qui a passé en proverbe. je ne riposterai pas . pourquoi . en vertu de ce principe . et n'ad hèrera à une proposition qu'avec la certitude qu'elle ne peut être fausse. si faciles à reconnaître. que nous devons toujours prendre pour exemple. Ne voyons-nous pas . Vous nous citez la ressemblance des œufs. s'il rencontre des choses semblables . n'existe rait-il pas un second Catulus? XVIII. mais. nous deviennent. voyez-les habituellement . démontré par des physiciens plus instruits . mais leurs parens ne les confondaient point.

Primum qui potestis non impediri . Ab hac mihi non licet transversum. quam si inter illa omnino nihil non interesset. Nihil enim magis assentiri potest.i38 ACADEMICORUM I. qualia falsa esse non possint. ova illa internoscere. quae id gallina peperisset . quum visa in an i mis imprimantur. quod interdum soletis dicere . in qua melius sibi eonstitit Arcesilas . quae de Carneade nonuulli existimant. si nihil erit . quam quidquam approbare non cognitum? Carneadem autem etiam heri audieba . Quasi vero non specie visa judicentur : quae fidem nullam habebunt. quum sit commune falsi ? Ex his illa necessario nata est ïnoxy. Neque id est contra. non vos id dicere . sed et natura tolletur. tollendus asscnsus est. Si enim percipi nihil po test. ut talia visa vera judicem. ne confundam omnia. quod intersit : ut etiam illud absurdum sit . nos : nam nobis satis est. ut aiunt. Illud vero perabsurdum. digitum discedere. quod dicitis. probabilia vos sequi. si vera sunt. hoc illud esse. LIBER II. sed inter species et quasdam formas eorum. sublata veri et falsi nota. Quid euim est tam futile. quum a veris falsa non distent ? deinde quod judicium est veri . Habeo enim re gulant. causa solerent : hi quum ovum inspexerant . dicere solebant. si re nulla impediamini. Veri enim et falsi non modo cognitio . id est assensionis retentio. quod utrique visum est. inter ipsas impressiones nihil interesse .

Mais le comble de l'absurdité. comment n'en seriez-vous pas empêché . qui en même temps s'ap pliquerait au faux? De là naquit nécessairement cette Izoxvii ou suspension d'assentiment44. mais seulement qu'il n'y en a point entre les formes ou idées qui en résultent : comme si l'idée ne faisait pas juger l'aperceptîon . marque distinctive du vrai et du faux. Il est encore ab surde d'avancer. si rien n'est perceptible . En effet . si rien ne vous en empêche. Quoi de plus inconséquent que d'approuver ce qu'on ne con . et qui . comme vous en avez l'habitude. que vous ne prétendez pas qu'au moment où les aperceptions s'im priment dans l'âme . tout assentiment nous est interdit. car. à l'inspection d'un œuf. puisque le vrai n'est point distinct du faux? Ensuite. il n'y ait aucune différence entre les impressions. comme on dit . car j'ai pour règle de juger vraies les aperceptions qui ne sauraient être fausses. que s'il n'y avait entre eux nulle res semblance. ce n'est pas seulement la connaissance . comme l'un et l'autre l'ont cru. dans laquelle Arcésilas se montra plus d'accord avec lui-même que Carnéade . puisqu'il nous suffit de dis tinguer les œufs. comment concevoir un jugement du vrai . c'est de dire que vous suivez la probabilité. LIVRE U.ACADÉMIQUES I . désignaient la poule qui l'avait pondu. Dès-lors on ne peut pas plus identifier l'un avec l'autre 43. x3g des poules pour les vendre . Il ne m'est pas permis de m'éloigner de cette règle . Cet exemple n'est donc point contre nous . d'un travers de doigt . s'il n'y a entre l'un et l'autre aucune différence. si je ne veux tout confondre. s'il faut admettre ce que quelques-uns pensent de ce dernier . qui perd toute confiance dès qu'on supprime la. D'a bord . c'est la na ture même du vrai et du faux qui s'évanouit .

in Syria quum esset mecum. veri inveniendi causa con tra omnia dici oportere. quum tantis laudibus philosophiam extuleris. LIBER II. non dubitabo monere. quod comprehendi possit . Volo igitur videre quid invenerint. et aliquot annis minorem natu . quant sapientem nihil opinari . te. vel incognitae. Restat illud . et multis annis post. ostendcre. quasi turpe aliquid. nihil esse. et dicendi vis fuisset ? XIX. An in eo auctoritas nihil obest? Mihi quidem videtur vel plurimum. opinaturum. multo etiam asseverantius. Hortensiumque nostrum dissentientem . hominem amicissimum (me autem appellabat). multo etiam major in Çarneade et copia rerum. de quo jam nimium etiam diu disputo. id est. inquit. ut diceret. Haec Autiochus fere et Alexandriae tum. paullo ante quam est mortuus. inquit. Non solemus. nisi tanta in Arcesila. Quis enim isla tam aperte perspicueque et perversa . Tune. Quae sunt tandem ista mysteria? aut cur celatis. peccaturum esse sapientem. id est .i4o ACADEMICORUM I. quod dicunt. et falsa secutus esset. qui audient. quam auctoritate ducantur. mus solitum esse delabi interdum . esse aliquid . quod percipi possit. sententiam vestram? Ut. Mihi porro non tam certum est . nunquam assentiri rei vel falsae . et pro omnibus. ratione potius. Quid si utroque? num pejus est? Unum tamen illud non ce lant. Sed jam confirmata causa.

serait-ce moins bien ? Toutefois . Est-ce que sur ce point l'autorité n'est pas à craindre? Elle me paraît l'être beaucoup : car. qui eût adopté des maximes d'une faus seté si manifeste . Je voudrais bien voir ce qu'ils ont trouvé. d'abord à Alexandrie . un dogme qu'ils ne cachent point. c'est que rien ne peut être perçu. on nous disait hier que Carnéade avait coutume de se laisser aller jusqu'à prétendre que le sage peu s'en tenir à l'opinion. Pour moi . sans cette richesse de pen sées . et que je suis plus âgé que vous . d'une manière bien plus positive encore . si je suis sûr qu'il est des choses qu'on peut com prendre.ACADÉMIQUES I. ré pond Arcésilas. LIVRE II. et quelques années après. suivent la raison plutôt que l'autorité. Nous n'avons pas coutume de le montrer. je ne craindrai pas de vous donner un avis. soutenir le pour et le contre. Comment ! vous . Mais à présent que ma cause est solidement établie. sur toute question. et qui même avez . C'est à peu près ainsi qu'Antiochus exposa ses doctrines . qui avez porté si haut la philosophie par vos éloges . ce que nous avons trop long-temps discuté. cette puissance de paroles . je suis plus sûr encore que le sage ne s'en rapporte jamais à l'opinion . si évidente . c'est-à-dire à l'erreur. entraînantes dans Ar césilas . lorsqu'il était en Syrie avec moi. Quoi! s'ils suivaient l'une et l'autre. que pour trouver le vrai. beaucoup plus encore dans Carnéade ? XIX. c'est-à-dire qu'il n'adhère point à une chose fausse ou incertaine. dans les derniers temps de sa vie46. Que signifient ces mystères? pourquoi cacher votre sentiment comme une chose honteuse45? Afin que nos disciples . dit-il . Reste cet autre paradoxe des académiciens . il faut. comme je vous aime beaucoup (il s'adressait à moi) . 141 naît point? Or.

sive ejus loci. et actionem rerum sustulerunt : quod non modo recte fieri . Sublata enim assensione. percipi possit? Vide. finem fecit.i4a ACADEMICORUM I. Provide etiam . quorum illi uti lumine licebat : isti autem. an ita sen . quem incolebant. eam philosophiam sequere . ne uni tibi istam sententiam mi nime liceat defendere. quae confundit vera cum falsis . quae cognosci. ne illarum quoque rerum pulcherrimarum a te ipso minuatur auctoritas. etiam atque etiam . quos tu probas. quaeso. omnem et motum animorum . tantis offusis tenebris. sed omnino fieri non potest. An tu. sive natura ademerat. spoliat nos judicio . Hortensius autem vehementer admirans (quod quidem perpetuo . omnibus orbat sensibus ? Et Cimmeriis quidem . ne scintillam quidem ullam nobis ad dispiciendum reliquerunt. juratusque dixeris. privat approbatione. Quos si sequamur. quod mihi quoque licebat. jocansne. nam nunquam arbitror contra academiam dictnm esse subtilius). LIBER II. qui ex te illa cognoveram : negabis esse rem ullam. quum res occultissimas aperueris. Lucullo loquente. ignes tamen aderant. comprebendi . commoveris . iis vinculis simus adstricti . situs. in lucemque protuleris. Quae quum dixisset ille. ea te comperisse. quibus adspectum solis sive deus aliquis. ut nos commovere nequeamus. ut etiam manus saepe tolleret : nec mirum. fecerat. me quoque.

ce qui . se mit . on n'a plus habilement défendu l'académie) . n'est pas même possible. toute action extérieure . car jamais . percevoir ? Craignez . Si nous les sui vons. que vous approuvez . dès qu'on supprime l'assenti ment . je vous en conjure . d'approuver. n'avait cessé de témoi gner son admiration. 143 ébranlé Hortensius malgré son dissentiment4'. car. ne nous laissent pas même une étincelle pour entrevoir quelque chose à tra vers les ténèbres qui nous enveloppent. Après avoir ainsi parlé. Hortensius qui. soit par la situation de leur pays. à qui la vue du soleil avait été ravie . soit par la nature. et nous prive de tous nos sens ! Les Cimmériens eux-mêmes 48. Hor tensius . Prenez-y garde . redoublant alors d'enthousiasme . on supprime tout mouvement de la pensée . LIVRE II. à moi qui ne les connaissais que d'après vous) . il s'arrêta. nous serons bientôt enchaînés de manière à ne pouvoir plus remuer. comprendre . vous sui vriez une école qui confond le vrai avec le faux . il vous est encore moins qu'à un autre permis de soutenir une telle doc trine. après avoir déclaré avec ser ment que vous en étiez sûr (ce qu'il m'eût été aussi per mis d'attester. Eh quoi ! après avoir découvert et mis au jour les complots les plus secrets . dis-je . Mais ces phi losophes . nierez-vous qu'il y ait quelque chose qu'on puisse connaître . pendant le discours de Lucullus . avaient au moins des feux dont la lumière les éclairait. nous enlève le droit dejuger.ACADÉMIQUES I. soit par un dieu . au point de lever souvent les mains au ciel (ce qui ne doit pas surprendre . selon moi . craignez de diminuer vous-même la valeur mo rale de vos plus belles actions. loin d'être raisonnable .

Si te. Haec quum dixisset Catulus. idem te comperisse dixisses. simul ac visum sit . Illud vero non censuerim . ut caveres . et in concione quaereret. cœpit hortari . et nihil praetereuntis eorum. copiose : taceo . tiens (non cnim satis intelligcbam) . et parati . ut sententia desisterem. LIBER II. quae pro illa causa dici possint. deterrendum puto. inquit arridens . sententiam mutes. ne quis improbus tribunus plebis . Hoc. inquit. quum idem negares quidquam certi posse reperiri . si tibi ita videatur. quae est habita memoriter. me omnes intueri. non tamen ut ei respondere posse diffidercm. Tum ego non minus commotus. Catule'. De causa autem ipsa malim quidem te ab hoc dissentire. cave ne te terreat. quo minus . hujusmodi quadam orationc sum cxorsus : Me. Tantum enim non te monuit . Sin cesseris. neque te . arriperet te. quorum vides quanta copia semper futura sit. nisi tu opposuisses .i44 ACADEMICORUM I. oratio Luculli de ipsa re ita movit. Auctoritas autem tanta plane me movebat . XX. ut ejus auctoritate moveare. sententia destitisse. et copiosi . qui tibi constares. Memini enim Antiochum ipsum. Luculli oratio flexit. quaeso. quum annos multos talia sensissel . ut docti hominis. quam solco in causis majoribus . Tum mihi Catulus. non magnopere mirabor. accurate .

je commençai à peu près en ces termes : Moi . Catulus . oùLucullus a déployé tant de mémoire . non moins ému que j'ai coutume de l'être dans les plus grandes causes . LIVRE II.même . qui ne l'est pas moins. et n'omettant rien de ce qu'on peut dire pour sa cause. en pleine assemblée. soit sérieuse ment (car je ne pus le discerner) . ne cédez point à cette crainte. de méthode et d'éloquence . vous le savez. Sur le fond même de la question . Catulus se tut. je ne crois pas devoir vous en détourner.ACADÉMIQUES I. Alors. Si pourtant vous lui cédez . i/. nous aurons toujours grande abondance. je n'en serai pas extrêmement surpris . jamais en défaut . dont. j'admire ce que Lucullus a dit sur le fond du sujet. comment vous vous mettez d'accord avec vous . Il est vrai qu'une autorité si respectable allait m'entraîner. et tous les regards se portèrent sur moi. Tout-à-l'heure. affirmez avoir acquis la certitude de la conju ration. vous qui . ÏO .5 à m'exhotter aussi. changea de sentiment dès qu'il le jugea à propos. ne vous saisît et ne vous demandât . car je me souviens qu'Antiochus . XX. je me tais. ajouta-t-il en riant . je préférerais que vous ne fussiez pas de l'avis de Lucullus. Croyez-moi . après avoir pensé comme nous pendant bien des années. Alors Catulus medit : Si ce discours. soit par plaisanterie. J'aborXXVII. Son discours atteste un esprit éclairé . Mais je ne voudrais point que ce fût l'autorité de notre adversaire qui vous entraînât. tout en soutenant qu'on ne peut rien trouver de certain . si vous n'y aviez opposé la vôtre . et si vous jugez à pro pos de changer d'avis . a pu vous convaincre. Je ne vais pas cependant jusqu'à désespérer de pouvoir lui répondre. il vous a presque averti de prendre garde qu'un de ces médians tribuns du peuple. fécond . à changer enfin d'opi nion.

ad hanc potissimum philosophiam me applicavi. et meas cogitationes sic dirigo . si in minimis rebus pertinacia reprehenditur. vera videre : sic. LIBER II. me et ardere studio veri reperiendi . tum etiam me ipsum velim ? Itaque. aut studio certaudi . non modo stultitiam meam. nisi ineptum putarem.m sum opinator (non enim sum sapiens). qui nihil unquam falsi approbem . et naturam condemnandam puto. turpissimum est. Nam.DEMICORUM I. quod. quum gaudeam. deosque penates . sed quaerimuB de sapiente. pro veris probare falsa . non minorent tuam.6 ACA. aut frustrari quumalios. .i. in tali disputatione id facere. Ego enim si aut ostentatione aliqua adductus. Ego vero ipse et magnus quide. Qua fidunt duce nocturna Phœnices in alto. Aggrediar igitur.'. fieri interdum solet : jurarem per Jovem. qui nunquam assentiar. quae dicerem. Nec tamen ego is sum. quum de republica disceptatur. qui nihil opi ner. sed etiam mores. Qui enim possum non cupere verum invenire. calumnia etiam coercetur : ego de omni statu . si simile veri quid invenerim? Sed. ut hoc pulcherrimum esse judicem . non ad illam parvulam Cynosuram . consilioque totius vitae aut certare cum aliis pugnaciter. si pauca antè quasi de fama mea dixero. et ea sentire.

et je dirige mes pen sées . uniquement par opi niâtreté. si dans les moindres choses on blâme l'obstination . je jurerais par Jupiter. si je ne jugeais inconvenant. comme je ne conçois rien de plus beau que d'aper cevoir la vérité. car. Comment ne désirerais-je pas de découvrir le vrai . LIVRE II. je ne vois rien de plus honteux que de prendre le faux pour le vrai. IO. Guide nocturne. car je ne suis pas un sage . pour ainsi dire. en qui les navigateurs phéniciens mettent leur confiance. toute opinion. à la défense de ma réputation. mais encore le vice de mon cœur et de mon caractère. moi qui me réjouis quand je rencontre le vraisemblable? Mais . Cependant. voudrais-je. lorsqu'on délibère sur la république. disputer sur la condition et la conduite de la vie. 1/I7 derai donc la discussion après quelques mots consacrés. on ré prime la mauvaise foi. si c'est la vanité ou l'esprit de chicane qui m'a conduit à préférer la philosophie que je sou tiens. voudrais-je tromper et les autres et moi-même? C'est pourquoi. mais nous ne parlons que du sage. Je le déclare . qui s'interdit tout assentiment. que je brûle du désir de trouver la vé rité . il faut condamner. non-seulement ma folie.ACADÉMIQUES I. Pour moi . d'imiter ce qui se fait quelquefois . et que mes pensées sont d'accord avec mes paroles. par les dieux pénates. je suis un grand opinateur. dans une telle discussion . je ne me donne pas pour un homme qui n'approuve jamais rien de faux. . non vers cette petite Cynosure 49 .

Quid igitur loquar de firmitate sapientis? quem quidem nihil opinari tu quoque. ut ait Aratus. Zenoni assentiens . mox referam me ad ordinem ) . Carneades nonnunquam secundum illud dabat. ut errem . nec percipio tamen : nihil enim arbitror posse percipi. Sed non de me . et secundum. rationes has. XXI. neque possum resistere. sed ad Helicen. Quae cnrsu interiore. levitate. temeritate dijunctius. concedis. brevi convertitur orbe. Visa enim ista quum acriter mentem sensumve pepulerunt . id est. et clarissimos septemtriones . Nihil est enim ab ea cogitatione. errore.i48 ACADEMICORUM I. Non sum sapiens. ne capiatur. hisque interdum etiam assentior. non ad tenue elimatas : eo fit . aliquando etiam opinabitur. LIBER H. Quod quoniam a te probatur (ut praepostere tecum agam . ne fallatur. itaque visis cedo. quam habemus de gravita te sapientis. ut dixi . considera. Si ulli rei sapiens assentietur unquam . accipio. nunquam autem opinabitur : nulli igitur rei assentietur. Ita sequebatur etiam opinari : quod tu non . haec primum conclusio quam habeat vim . Sapientis autem hanc censet Arcesilas vim esse maximam . cavere . quod eam tenent . sed de sapiente quaeritur. assentiri aliquando. eoque directius gubernant. et vager latius. Luculle. latiore specie. Hanc conclusionem Arcesilas probabat : confirmabat enim et primum . videre.

el il en résultait que le sage . j'intervertirai l'ordre de la discussion. En effet.Sa révolution se resserre dans un cercle plus étroit. Lorsque les aperceptions ont vivement frappé mon esprit ou mes sens. c'est du sage qu'il est question. vous nous accordez qu'il n'opine jamais? Comme vous admet tez ce point. est ce qu'il y a de plus opposé à l'erreur. Souvent Carnéade prenait pour mineure 5o que le sage donne quel quefois son assentiment . Considérez d'abord quelle est la force de l'argument qui suit : XXI. me réservant d'y revenir plus tard. néanmoins je ne les perçois pas. Si le sage donne parfois son assentiment à quelque chose . je cède aux aperceptions et ne puis y résister. donc il ne donnera jamais son assentiment. je le répète . en d'au tres termes. que . à la légèreté. car il s'appliquait à prouver la majeure et la mineure. Arcésilas admettait cette conclusion . ce n'est pas de moi . de toute erreur. mais vers l'Hélice et ses sept brillantes étoiles. et qui les conduit d'autant plus sû rement . et que la lime n'a pas rendu presque insaisissable. Lucullus. et quelquefois même j'y adhère. consiste à se garder de toute surprise. Pourquoi donc insisterais-je sur la fermeté ^l'esprit du sage. or. si l'on en croit Arcésilas d'accord avec Zénon . je les reçois. Mais. puisque vous-même. Comme je ne suis point un sage. vers un système plus large. vous dites qu'il n'opinera jamais. à l etourderie. De là vient que j'erre. LIVRE IL 149 comme dit Aratus . la gravité du sage . La plus haute vertu du sage. telle que nous la concevons.ACADÉMIQUES I. car je pense que rien ne peut être perçu. que je m'égare au loin. parfois aussi il opinera .

quae per cipi non possunt. ut mihi videris. diutius didicisse neminem . etiamsi quid percipi possit. ab his. an aliquid opinaturum esse sapientem. Sed illud primum. quae possiut. sapientem . assentiii quidquam aut falsum . XXH. illorum. ut tam praecipitem in locum non debeat se sapiens committere.i5o ACADEMICORUM I. et scripsit de his rebus acutissime . a me sumsero. sapientem nihil opinari. falsum esse et stoici dicunt . accepero. sapientem assensus omnes cohibiturum : ut tibi videndum sit. ne praecipilet. et didicit apud Philonetn tam diu. Nitamur igitur. omnino nihil esse . et quae non possint percipi. Quamobrem quum tam vitiosum esse constet . his. LIBER II. Ita enim finitima sunt falsa veris . si assensurus esset. effectum illud erit. et. vis. Nobis autem primum . quod percipi possit . nihil posse percipi. qui haec ipsa. Sed prius pauca cum Antiocho. si temere processerit. tamen ipsa consuetudo assentiendi periculosa esse videtur et lubrica. Sin autem . et eorum adstipulator Àntiochus : posse enim eum falsa a veris. idne malis. aut incognitum : sustinenda est potius omnis assensio. inquies . ut constaret. distinguera. Etenim de eo omnis est controversia. eaque. Neutrum . etiam opinaturum . et recte. quae a me defenduntur. et idem haec non acrius accu . quae possunt (si modo ea sunt quaedam : jam enim videbimus). quod tu ijiihi das.

l'habitude de donner son assentiment nous paraîtrait périlleuse et glissante. que le sage ne doit pas s'exposer sur une pente si rapide. il en résultera que le sage suspendra toujours son assentiment. si le sage donne son assentiment. Cette même doctrine que je défends . est repoussée comme fausse par les stoïciens. LIVRE H. le mieux est de retenir tout-à-fait son assentiment. XXII. Il écrivit en faveur de nos principes. et avec raison. Mais auparavant. si en même temps j'accepte ce que vous m'of frez. Le faux est si voisin du vrai . Mais cette majeure. lors même que certaines choses pourraient être perçues. on ne se précipite dans l'er reur. et nous le ver rons bientôt). Pour nous. et ce qui n'est point perceptible s'approche tant de ce qu'on peut percevoir (si toutefois il y a quelque chose de tel. selon moi. je pose en fait que rien ne peut être perçu . il faudra aussi qu'il s'en tienne à l'opinion. comme il est constant que c'est un grand mal d'adhérer au faux ou à l'inconnu . de peur qu'en s'avançant au hasard. Ils soutiennent en effet que le sage peut distinguer le faux du vrai. de mon côté . et solidairement par Antiochus. que le sage n'opine jamais. ce que vous ne voulez pas. Vous aurez à choisir : adopterez-vous ma conclusion? aimerez-vous mieux que le sage puisse opiner? Ni l'un ni l'autre. si long-temps que jamais personne n'a plus long-temps étudié. i5i peut s'en tenir à l'opinion. En conséquence. deux mots d'explication avec Antiochus. Tâchons donc de prouver que rien ne peut être perçu : là dessus roule toute la controverse. ce qui n'est pas perceptible de ce qui l'est. Mais si . direz-vous.ACADÉMIQUES I. avec beaucoup de pénétration . et autant . Antio chus l'avait étudiée sous Philon.

et maxime ad stoicos? eorum enim erat propria ista dissensio. Unde autem subito vêtus academia revocata est? Nominis dignitalem videtur. Pœnituit eum illa sensisse? Cur non se transtulit ad alios. nihil posse percipi. Quamvis igitur fuerit acutus. et ut ii. retinere voluisse : quod erant qui illum gloriae causa facere dicerent. Mihi autem magis videtur non potuisse sustinere concursum omnium philosophorum. Quid ! eum Mnesarchi pœnitebat? quid! Dardani? qui erant Athenis tum principes stoicorum. ut Maenianorum . quum a re ipsa descisceret. qui se audirent. veterum. tamen inconstantia levatur auctoritas. qui se sequerentur. sperare etiam fore ut ii. habere.i5a ACADEMICORUM I. ut fuit. quam multos annos esse negitavisset. nisi posteaquam ipse cœpit. quaero. qui il lï ostenderit eam. qui sub Novis solem non ferunt. quam antea defensitaverat. quum quaereret. Nunquam a Philone discessit. Etenim de ceteris sunt inter illos nonnulla commu nia : haec academicorum est una sententia. LIBER II. sic academicorum umbram secutus est. quae stoici. quam reliquorum philosophorum nemo probet. Quis [inquam] enim iste dies illuxerit. quum aestuaret. Dionysius ille Heracleotes utrum comprehendisset certa . Itaque cessit. savit in senectute. item ille. Quoque solebat uti argumento tum quum ei placebat. veri et falsi nota m ? Excogitavit aliquid? Eadem dicit. Antiochii vocarentur.

en effet. qui étaient alors à Athènes les chefs du stoïcisme? Le fait est qu'il ne s'éloi gna de Philon . Aussi. A-t-il ima giné un nouveau système? Il répète ce qu'ont dit les stoïciens. et qu'il espérait même que ses dis ciples seraient appelés Antiochiens. cette inconstance porte préjudice à son autorité. Dites-moi. ainsi . avait coutume d'opposer à Denys d'Héraclée 54 : il lui demandait si . pourquoi ne pas entrer dans une autre école. Moi je pense plutôt qu'il ne put soutenir le choc de tous les philosophes con jurés.ACADÉMIQUES I. LIVRE II. grâce à ce signe infail lible qui. et comme ceux qui ne peuvent sup porter les rayons du soleil . Mais pourquoi tout à coup faire renaître la vieille académie? Il paraît qu'il a voulu conserver le nom respectable de cette école. celui des académiciens est le seul qu'au cun des autres philosophes n'approuve. autant il eu avait mis autrefois à les défendre. il chercha l'abri de la vieille académie. En effet. les autres systèmes ont certains points communs. vaincu par la chaleur. qu'il avait nié durant tant d'années. Quelques-uns ont dit qu'il agissait ainsi 52 en vue de la gloire. tout en s'écartaut de ses doctrines. se réfugient sous celles de Ménius . près des boutiques neuves 53 . S'est-il repenti d'avoir partagé nos sentimens? Alors. selon vous. malgré son talent que je reconnais. dans celle des stoïciens surtout. entraîne l'assentiment. il avait . à l'époque où il soutenait que rien n'est perceptible . Il est un argument qu'Antiochus. quand a brillé le jour qui lui révéla ce signe distinctif du vrai et du faux. Antiochus dé serta donc son poste. de Dardanus51. i53 il mit d'ardeur à les attaquer dans sa vieillesse. car son dissentiment avec l'académie n'était autre que le leur? Quoi donc! rougis sait-il de Mnésarque. que lorsqu'il commença lui-même à avoir des auditeurs.

si ego idem dicerem ? tu . is curavit. et ingenii gloria. Et primum quod initio dixisti. illa nota. Ferres me. ex co ceteri sumerent. honesti inane nomen esse. quale sit : similiter a nobis deantiquis philosophis commemorari . illudne. aut quaestus causa philosophabantur. atque seditiosi soleient claros viros. id bonum solum esse. quod multos amios teuuisset. XXIII. Maxima fuit et gravitatis . Anaxagoras nivem nigram dixit esse. dicta sunt. Quid loquar de Democrito? quem cum eo conferre possumus non modo ingenii magnitudine. de . videamus. « Hacc loquor de universis. Illi quum res non bonas tractent. qui ostentationis.i54 ACADEMICORUM I. honestum quod esset. At quis est hic? num sophistes? sic enim appellabantur ii. LIBER II. Luculle. quae vosmet ipsi nobilissimis philosophis placuisse conceditis. qua assentiri dicitis oportere. Nos autem ea dicimus nobis videri. Sed cum hoc alio loco plura . » Nihil excipit. quae a te. similes bonorum videri volunt. an. voluptatem esse summum bouum : qui ex illius commutat* sententia docere vellet. quod argumentum ex Diouysio ipse sumsisset. nihil ita signari in animis nostris a vero posse. sed tamen populares aliquos nominare. sed etiam animi?qui ita sit ausus ordiri. nunc ad ea . quod postea defensitavisset. Zenonique magistro eredidisset . quod non eodem modo possit a falso. ne si dubitarem quidem.

Lucullus. A présent. cet argument qu'il avait tiré de la conduite de Denys. dans la suite. Lorsque nous faisons mention des anciens philoso phes. à vous en croire. nous agissons. il fournit aux autres. ces agitateurs vou draient paraître semblables à des gens de bien. Que feriez-vous de moi. En lui rappelant ce changement de doctrine. Que dirai-je de Démocrite? Est-il quelqu'un qu'on puisse comparer. comme les sédi tieux qui s'appuient de l'exemple de quelques citoyens il lustres.ACADEMIQUES I. Mais une autre fois nous nous occuperons de lui plus longuement. voyons par où vous avez dé buté. vous l'avouez vous-même. dévoués à la faction populaire. Antioehus voulait prouver que le vrai ne laisse pas dans l'âme une empreinte différente de celle du faux : il a si bien fait que. tout en se livrant à des pratiques criminelles. nous. mais encore pour la puissance de la pensée. à ce philosophe qui osa commencer ainsi un de . nous déclarons penser ce qu'ont pense. i55 perçu ce principe auquel il fut attaché pendant plusieurs années. XXIII. et qu'il tenait de Zenon son maître. les philosophes les plus célèbres. Anaxagore dit que la neige est noire 55. la volupté est le souverain bien. revenons sur votre discours. LIVRE II. non -seulement pour l'élévation de l'esprit. l'honnête est le seul bien. au contraire. si j'en disais autant Psi seulement je doutais en pa reil cas? Et quel est donc cet. contre lui-même. Mais. Anaxagore? un sophiste? Ceux qu'on appelait ainsi philosophaient par ostentation ou par cupidité. l'honnête est un vain mot. ou cet autre qu'il soutint dans la suite. et d'abord. Anaxagore dut toute sa gloire à sou noble caractère et à son génie.

quae in consuetudine probantur. aut quo sono sit. LIBER H. nisi clarum . ut voluptatem . XXIV. nisi nobilem ? Atqui habebam molestos vobis. qui negant esse quidquam . sed minutos. sed tantum sentire. Quid dicam de Platone ? qui certe tam inultis libris haec persecutus non esset . Diodorum. qui fulcire putatur porticum stoicorum? Quam multa ille contra sensus . Videorne tibi.i58 ACADEMICORUM I. nihil amplius. Satis multa de auctoribus : quanquam ex me quaesieras. inve . affici se quodam modo. nulla fuit ratio persequi. sed dissolverit sane : certe tam multa non collcgisset. Alexinum. perpetuam praesertim. Sed quid eos colligam . scire. nisi videret . Stilponem. non. bis resisti non facile posse. neque se . quod percipi possit extrinsecus. ut dolorem . tot saeculis. sed etiam imitari nunquam. quae nos fallerent probabilitate magna. quum habeam Chrysippum . ea se sola percipere. quo quid colore. nominare modo illustres homines. ut Saturninus. quam multa contra omnia . Quid Cyrenaei [videntur]? minime contemti philosophi. quorum sunt contorta et aculeata quaedam sophismata : sic enim appellantur fallaces conclusiunculae. nonne putarem post illos veteres. dissolvit? idem mibi quidem non videtur. quae tactu intimo sentiant . nisi probavisset : ironiam enim alterius.

surtout sans la jamais démentir 5?. s'il n'avait reconnu qu'il est difficile d'y résister. Reconnaissez-vous maintenant que je ne me borne pas. comme Saturninus . mais pourquoi irais-je ramasser de telles autorités. mais que les philosophes que j'imite sont tous distin gués. développé cette pensée. à citer des hommes illus tres. le plaisir .ACADÉMIQUES I.' si je ne pense pas que. Diodorc . car il n'avait aucune raison de reproduire l'ironie d'un autre. quel est le son d'un objet. qui ont dardé avec vigueur quelques sophismes acérés (on appelle sophisme l'apparence trompeuse d'un raisonnement). seulement nous nous sentons affectés d'une certaine manière 59. qui est regardé comme la colonne du portique? Que d'objections contre les sens. quoique vous m'ayez encore * Voyezdemandé* chap. nous ne savons pas . Stilpon. quand j'ai Chrysippe. qui ne sont pas du tout à mépriser. disent-ils . LIVRE II. que d'objections contre la certitude qui résulte de l'expé rience. n'admettent rien de perceptible à l'extérieur . quoique subalternes. dont la vrai semblance nous fait illusion . dans une foule d'ouvrages. s'il ne l'eût approuvée . Certaine ment il n'eût pas assemblé tant d'argumens. XXIV. ils prétendent ne percevoir que ce qui leur est attesté par le sens intime. i59 certainement pas. mais supposons-le. n'a-t-il pas réfutées! Il est vrai que je ne crois point qu'il les ait réfutées. comme la douleur. depuis ces an- . quelle est la couleur. Alexinus 58. Que pensez-vous des Cyrénaïques ? Ces philosophes . VI. célèbres? J'avais à vous opposer des adversaires in commodes. Voilà bien assez d'auteurs cités.

sed ita necesse esse sapienti. Quaesivit de Zenone fortasse.160 ACADEMICORUM I. credo. Recte consensit Arcesilas . nullum tale esse visum a vero. quod non est . si nec percipere quidquam posset sapiens. posset esse. Nihil opinaturum. nullum esse visum. neque verum . niri verum potuissc. quod esset. ut doceret. ad definitionem additum : neque enim falsum percipi posse. quod percipi posset. nec opinari sapientis esset. tantisque studiis. Quid inventum sit. Hic Zenonem vidisse acute. si id tale esset ab eo. ut non ejusdemmodi etiam a falso posset esse. tot ingeniis. Quid ergo id esset? Visum. sed verum invenire voluisse. sed ne dixerat quidem . sicut esset impressum. quod percipi posset. quale vel falsum. 1lle. etiamne. sic intelligitur. quid futurum esset. tum honesta. superiorum non modo expresserat . ex eo. inquam. nec solum posse. te ipso quoque judice. quod est. si esset tale. et effictum. posse hominem nihil opinari. Quale igitur visum? Tum illum ita definisse. quoniam esset. Visa est Arcesilae quum vera sententia. et signatum. Post requisitum. et digna sapiente. Arcesilam vero non obtrectandi causa cum Zenone pugnavisse. Nemo. si ejusmodi esset visum verum. quaerentibus. LIBER II. paullo post videro. Haec autem . credo. ut ejusdemmodi ab eo . quale vel falsum. Incubuit autem in eas disputationes.

et conformément à ce qui est. quelques mots en ce sens furent ajou tés à la définition : en effet. Il put demander à Zénon : Si le sage ne perçoit rien . parce qu'il lui est possible de percevoir. si une aperception vraie ne différait point d'une fausse? Zénon alors aura bien vu que rien n'est perceptible. nous verrons ce qui a été découvert . on ait pu découvrir cette vérité pour suivie. gravée et figu rée en nous d'après ce qui est. Car cette autre maxime : le sage ne donnera son assentiment à rien. Et quoi donc? L'aperception . mais dans l'intention de trouver la vérité. 161 ciens philosophes. Voyons au paravant comment on reconnaît qu'Arcésilas ne lutta pas contre Zénon par jalousie. et si l'opinion lui est inter dite . et que le sage non -seulement le peut.ACADÉMIQUES I. avant Zénon. mais le doit. et vous-même en serez juge. Ensuite. Arcésilas dut en convenir. Arcésilas se livra à ces discussions afin de prouver que toute aperception veuue du vrai peut se confondre avec quelque autre venue du faux. Arcésilas trouva cette maxime vraie. n'avait même dit que l'homme peut ne jamais admettre l'opinion. Et quelle aperception ? Zénon l'aura définie : Celle qui est empreinte . LIVRE II. par tant d'études. n'appartenait point à leur controverse. Personne. qu'arrivera-t-il ? Zénon lui aura sans doute ré pondu : Le sage ne s'arrêtera pas à l'opinion. Enfin. si l'aperception de ce qui n'est pas peut ressembler à celle de ce qui est. Plus tard . si le vrai était tel que le faux. Voilà l'unique objet de ce débat qui dure encore aujourd'hui. je pense. on ne percevrait ni l'un ni l'autre60. tant d'esprits distingués. Arcésilas aura répliqué : En se rait-il de même . n'avait sou tenu. durant tant de siècles. 11 . honorable et digne du sage. attendu qu'il est XXVII.

Primum cur? nam et in remo sentio non esse id. si ne sensus quidem vera nuntiant? quos tu. quod videatur. communi loco defendis. neque columbae collo commoveri. qui magno suo periculo causam agat. et importune insistere. Tu autem te negas infracto remo . et in columba plures videri colores. et perceptione sublata. quae adhuc permanserit. Equidem Clitomacho plus. est una contentio.itii ACADEMICORUM I. idcirco heri. sequitur omnium assensionum retentio : ut. nihilposse percipi. opinatione. Sed id omittamus. quod percipi possit. contra sen sus tam multa dixeram. non necessario loco. Igitur semper auctorem habes eum . Quod ne id facere posses . Itaque Timagoras epi- . Luculle . Quid ergo est. Illud certe. nulli unquam esse credendum. Deiude nihilne praeterea diximus? maneant illa omnia. si ostendero. aut Metrobatum doro. si unus sensus semel in vita mentitus sit. nihil ad hanc controversiam pertinebat. confidere suis testibus . quam pro- XXV. puto. Hoc est verum esse. nulli rei assensurum esse sapientem . quam Philoni. Nam illud. lioc magis ab eo disputatum. nec esse plus uno. et tamen opinari : quod a Carneade dicitur probatum. Eo enim rem demittit Epicurus. Licebat enim nihil percipere . credens. tu concedas nunquam assensurum esse. LIBER II. Lacerat iste causam : veraces suos esse sensus dicit.

il faut que vous m'accordiez qu'on ne doit jamais donner son assentiment. . J'aurais voulu vous en empêcher. n'avons-nous rien dit de plus? Tous nos argumens subsistent. Vous dites que la rame brisée et le cou de la colombe ne vous embarrassent guère. et c'était dans cette intention qu'hier. Voilà pour* Voyez cbap. Or. dit-on. j'avais si long-temps parlé contre les sens. confiant dans ses témoins. Lucullus. en sorte que . en effet. sans nécessité. D'abord. Pour moi. Une fois l'opinion et la per ception supprimées. 16Î possible de ne rien percevoir. va jusqu'à dire que si un seul sens nous a trompés une fois dans la vie. Mais passons outre. que percevra-t-on . En suite . et je sais que le cou de la colombe est d'une seule couleur. m'en rapportant à Clitomaque* plutôt qu'à Philon ou à Métrodore . Épicure .ACADÉMIQUES LIVRE H. Voici un philosophe qui met en pièces votre cause63 : il déclare ses sens véridiques. I I. par un lieu com mun. et dont l'inflexible logique est un peu gênante. bien qu'il me semble en avoir plusieurs62. il s'ensuit certainement que toute adhésion doit être retenue . XXV. C'est là un homme naïf. si les sens eux-mêmes n'annoncent pas la vérité61 ? Vous les défendez. je pense que Carnéade a discuté sur cette hypo thèse. sans l'approuver positivement. xxxi. admis par Carnéade. et pourtant d'opiner. si je démontre que rien ne peut être perçu. pourquoi? Je sens que la rame n'est pas telle qu'elle pa raît. il ne faut jamais se fier à aucun. ce qui fut. Vous avez donc toujours un garant qui plaide à ses risques et périls.

quum oculum lorsisset. Si quis deus te interroget . quid respondeas? Utinam quidem roget! audias. Sed hic quidem majorum similis. qui in scholis nominari solet. me plane his oculis non esse contentum. at familiarem nostrum Avianum. quam longe videbimus? Ego Catuli Cumanum ex hoc loco video. Tu vero. quod obstet. qui visa sensibus alia vera dicas esse. et nunc quidem sub" oculis sunt. Quasi quaeratur. quid sit . num amplius quid desideres. Pompeianum non cerno : neque quidquam interjectum est. non oculorum. Responderem igitur audacter isti vestro deo. Ut enim vera videamus. communibus locis : domi nobis ista nascuntur. neque ipsi nos suspicere possunt. non quid videatur. mille et octoginta stadia quod abesset. Quaedam volucres longius. Dicet me acrius videre. non videmus. sic nobis aer crassus offunditur. duas ex lucerna flammulas esse visas. ACADEMICORUM I. At ille nescio qui. cnreus negat sibi unquam. opinionis enim esse mendacium . quam ullos pisces fortasse. LIBER II. alia falsa. fortasse in porticu Neptuni ambulantem. Ergo ut illis aqua. qui neque videntur a nobis. sanis modo et integris sensibus. O praeclarum prospectum! Puteolos videmus.iG/. qui ea distinguis? Desine. Quid? talpam num desiderare lumen pu . videbat. sed intendi longius acies non potest. At amplius non desideramus. quaeso. quam nobiscum male egerit.

un air épais s'étend autour de nous. Certains oi seaux voient encore plus loin. O l'admi rable vue ! Nous apercevons Pouzzoles . bien qu'ils soient sous nos yeux. Je répondrai donc hardi ment à votre dieu . LIVRE II. mais leur portée ne va pas jusque là. comment les dis tinguez-vous? Renoncez. aux lieux com muns : chez nous on en voit naître assez. qu'une telle erreur vient de l'opinion et non des yeux : comme s'il s'agissait de savoir ce qui est . je vous prie. et qui ne peuvent nous apercevoir. Vous supposez qu'un dieu me demande si je désire quelque chose de plus que mes sens intacts et sains : que répondrais-je ? Ah ! seulement qu'il m'interroge ! Vous reconnaîtriez bientôt avec quelle défaveur il nous a traités. Mais nous ne désirons rien de mieux. Catulus. je ne découvre pas celle de Pompéii : il n'y a pourtant rien qui la dérobe à mes re gards. elle aurait à . et d'autres fausses. jusqu'où s'étendra-t-elle ? Je vois d'ici .ACADÉMIQUES I. Cependant on cite dans les écoles un homme (son nom ne me revient pas ) qui voyait les objets à mille quatre-vingts stades. que nous n'apercevons point. Mais cet épicurien ressemble à ses prédécesseurs. Qu'en conclure? Comme l'eau les en vironne . Quoi! pensez-vous que la taupe désire la lumière? Au reste. Pour vous. Quand même la vue nous donnerait des idées vraies. et non ce qui paraît. qui reconnaissez que certaines aperceptions des sens sont vraies. votre maison de Cumes . mais nous n'a percevons pas notre ami Avianus qui se promène peutêtre sous le portique de Neptune. i65 quoi l'épicurien Timagoras affirme qu'il a beau se torturer l'œil. il ne voit jamais deux flammes à une lampe64. que je ne suis pas du tout content de ma vue. Il me dira probablement qu'elle est plus libre que celle des poissons.

qui ne nunc quidem. discedamus. celeritas ejus quanta sit. at iis. quam quod falsum videret. percipi. Epicurus autem posse putat etiam minorem esse eum. quod nosci. nihil esse. quam videa tur. cur ita videatur : quam ut maxime inveneris. Quaere rationem. moveri haec villa. ut. qui in navi sunt. Quid ego de navi? vidi enim a te remum contemni. aut non multum mentiantur. sed non multo. qui nunquam sensus mentiri putat. Sed. Majora fortasse quaeris. E quibus primum est. quae concludant. esse . quod haud scio. quam terram. Ubi igitur illud est. quantus videatur : ut oculi aut nihil mentiantur. tamen nobis stare videatur. ut minuam controversiam : videte. tas? Neque tam quereretur cum deo. quod parum longe. nec majorem quidem multo putat esse. LIBER II. Videsne navem iHam? stare nobis videtur. an non possis. Quatuor sunt capita. comprehendi possit. quam in parvulis sitis. quaeso. qui tanta incitatione fertur. non tu verum testem habere . Quid potest esse sole majus? quem mathematici amplius duodeviginti partibus confirmant majorem esse. Quantulus nobis videtur! mihi quidem quasi pedalis. de quo haec tota quaestio est. ne cogitari quidem'possit.i66 ACADEMICORUM I. sed eum non sine causa falsum testimonium dicere osteuderis. vel tantum esse. quum ille sol . XXVI. semel? Sedab hoc credulo.

nous paraît cependant immobile. Qu'il nous paraît petit! Pour moi. non pas que votre témoin est fidèle. devant votre dieu . pas même en ce moment. l'erreur n'est pas consi dérable. Epicure croit qu'il peut être encore moindre qu'il ne paraît . il me semble avoir un pied de diamètre. Qu'est donc devenu ce principe inflexible : Si une fois * ? Mais laissons là cet homme crédule qui pense que ses sens ne mentent jamais. . à cette conclusion. 167 se plaindre . gers qu'il porte . Mais pourquoi vous citer le navire? Ne vous ai-je pas vu déjà mépriser la rame? Peut-être voulez-vous quelque chose de plus grand. aux yeux des passa. lorsque vous l'aurez trouvée (et je ne sais si vous en viendrez à bout-). à quel frêle appui vous vous confiez. moins de la faiblesse que de la fausseté de sa vue. que rien ne sau- ** Voyez au chapitre xtir ces quatre principes. mais que ce n'est pas sans motif qu'il rend faux té moignage65. XXVI.ACADÉMIQUES I. quand cet astre. Il y a quatre prin cipes** * Voyezqui le chapitre mènent precédent. de grâce. Afin d'abréger la discussion. LIVRE II. cette campagne paraît se mouvoir. Voyez-vous ce navire ? Il vous semble immobile . considérez. tandis que . Quoi de plus grand que le soleil ? Les mathématiciens démontrent qu'il est au moins dix-huit fois plus grand que la terre66. mais pas de beaucoup . vous aurez prouvé. ou bien un peu plus grand . Cherchez la raison de ces apparences . ou enfin de sa grandeur apparente : en sorte que si les yeux trompent. emporté par un mou vement si rapide que l'esprit n'en saurait concevoir la vitesse .

Omnis pugna de quarto est. qua dicis oportere. Sublato enim judicio illo. quod percipi non posset. quibuscum res est . alia non possint. qui non sit. seciindum. Primum Epicurus non dat. qui tibi videbitur. quo oportet agnosci. id quoque conceditis. LIBER II. Quando igitur potest tibi P. Ne sit sane. quia nulla nota verum distinguebatur a falso : qua distinctione sublata. Geminus. inter quae visa nihil intersit. agnoscendo. Fallet igitur sensum. quartum. Servilium Geminum videbat. quem videris. nullum esse visum verum a sensu profectum. qui bis cum Gemino consul fuit. Pugnas omnino . videri certe potest. cui non oppositum sit visum aliud . Cotta.i68 ACADEMICORUM I. etiam si ipse erit. quae falsa esse non pos set ? Negas tantam similitudinem in rerum natura esse. Qui igitur P. quoniam aliquid videtur esse. . Vos . Horum quatuor capitum secundum . cur non possit tibi Cotta videiï. incidebat in ejusmodi visum. et tertium . quodque percipi non possit.non posse id percipi. dubia omnia reddiderit. Quintus videri. aliquod visum falsum. quid habes explorati. et si una fefellerit similitudo. tamen non ea nota judicabis. si Quinlum se videre putabat. ejusmodi notam . tertium . quod ab eo nihil inter sit. quam haberet. ut non possit esse ejusdemmodi falsa. in C. ut eorum alia percipi possint. omnes concedunt. fieri non posse. sed cum adversario facili.

elle trompera les sens.le croyait quatrième. voyant le débat P. et si une seule ressemblance nous trompe. mais vous . Epicure n'admet pas le premier . mais votre adversaire est traitable : supposons que cette ressemblance n'existe point. perçu . et l'autre non. se place une aperception fausse qui n'en diffère point. compris : or. selon vous . Une fois qu'on vous enlève ce discernement. Dès -lors. avec qui nous discutons . 169 rait être vu . qu'en regard de toute aperception vraie venue des sens. le quatrième. Servilius roule Geminus donc sur *. Celui qui Tout . et qu'on ne peut percevoir. elle rendra tout le reste douteux. Privé de ce caractère distinctif. LIVRE II. De ces quatre principes. vous l'accordez. comment auraitil eu une marque infaillible pour reconnaître C. si deux aperceptions ne diffèrent point. puisque * Voyez chap. Le premier. Geminus vous paraît être Quintus. Vous combattez avec acharnement . parce qu'aucun signe ne distinguait le vrai du faux. Si P. il ne peut se faire que l'une soit per ceptible. base de toute connaissance. pour être à l'abri de l'erreur. qu'il est impossible de les percevoir. le second. . tombait sur une aperception qui ne pouvait être perçue . voir Quintus. lors même que celui que vous voyez serait réellement celui que vous croyez voir. le troisième. qui vous assure qu'un autre ne vous paraîtra pas être Cotta. vous ne le recon naîtriez pas en vertu de ce caractère qui est indispen sable . que. elle peut sans doute être apparente.Cotta qui fut deux fois consul avec Geminus? Vous dites qu'une ressemblance si parfaite n'est pas dans la nature. le second et le troisième conviennent à tout le monde.ACAbÉMIQUES I. xvm. qu'il y a des aperceptions fausses. c'est là le point essen tiel de la question.

mentemque . nullum granum. centum Alexandros ejusdemmodi facere non posset? qua igitur notione discerneres? Quid? si in ejusdemmodi cera cen tum sigilla hoc annulo impressero . Stoicum est quidem. quanto artificio esset sensus nostros . nihil interest. Sed adhibes artem advocatam etiam sensibus. nec audire possumus ? Jam illa praeclara . quoniam gallinarium invenisti Deliacum illum . sed pugnaie nolo : ad id enim.i7o ACADEMICORUM I. LIBER II. nullum esse pilum omnibus rebus talem . quod agitur. simul inflavit tibicen . omnibusne partibus visa res nihil differat. Pictor videt. ceteris omnibus . nihil esse idem. et totam constructionem hominis fabricata natura . eadem temperatione . nec admodum credibile . et. ecquae poterit iu agnoscendo esse distinctio ? An tibi erit quaerendus annularius aliquis . aqua . a perito carmen agnoscitur. Quid ? hoc nonne videtur contra te valere . qurc nos non videmus. ne signorum qui dem ? Die mihi . si sine magnïs artificiis . cur non extimescam opinandi temeritatem. Haec refelli possunt. si hominum similitudo tanta esse non potest . qui ova agnosceret ? XXVII. nec videre . quod sit aliud. Sed. an iuternosci non possil. ad quae pauci accedunt nostri quidem generis admodum . Etiamne hoc af . eodem cœlo . etiam si differat. qualis sit pilus alius. Lysippus eodem aere . quod non est? Omnia dicis sui generis esse.

entre hommes. de notre être entier. Quoi ! ne voyez-vous point que cet argument est contre vous . svm. i7i certaines choses nous paraissent être ce qu'elles ne sont point ? Vous dites que chaque chose a son genre . de notre esprit . même air. dites -vous. vous qui avez déjà trouvé ce poulailler de Délos qui reconnaissait si bien les œufs*? XXVII. Cette opinion peut se réfuter : néanmoins je refuse le combat . une ressemblance si absolue est impossible. voit des choses qui nous échappent . bien que diffé rentes. Vous avez recours à l'art pour perfectionner les sens. c'est une maxime stoïcienne. et ainsi du reste. en est-il de même entre deux statues? Dites-moi : Lysippe ne pourrait-il pas. ou qu'elles ne puissent être distinguées . et difficile à croire. au premier souffle du joueur de flûte . LIVRE II. même trempe. pas un grain.ACADÉMIQUES I. il n'importe guère à notre sujet que deux aperceptions ne diffèrent en rien . qu'il n'y a pas un cheveu. Un peintre. pour voir et pour entendre. avec même bronze. même eau. quel signe les discerneriez-vous? Eh quoi! si avec cet anneau j'imprime cent fois mon cachet sur la même cire. faire cent Alexandre semblables6'? A. En effet. si . il nous faut une longue étude de ces arts dont s'occupent très-peu de personnes de notre rang? Ensuite. vous décrivez admirablement68 le travail exquis de la nature dans la formation de nos sens . Mais si. que nul objet n'est exactement le même qu'un autre. comment distinguerez-vous les empreintes? Irezvous chercher un graveur d'anneaux. le musicien habile reconnaît l'air qu'on exécute. . de tout point semblable à un autre. afin que je * )'ojez chap.

sed visum esse . Sed ut ad ea . ne tu. Quasi quisquam neget . Sed mihi neutiquam cor consentit Similia de vinolentis. firmare potes . videare mentitus. contraque rationem . dum studiose omnia conquisierit contra sensus . et qui experrectus sit. Dormientium . Alcmaeo autem . quae clariora sunt . De quo queri solent stoici . et furiosorum visa imbecilliora esse dicebas. Quo modo? Quia. et quidem ob eam causam. ne affirmentur modo. quae a te diligentissime tractata sunt. sed etiam a Chrysippo. cujus furor consede . esse aliquam vim cum prudentia et consilio scilicet. quae finxerit . ipsum sibi respondentem . ut tuo verbo utar . itaque ab eo armatum esse Carneadem. disputantur etiam eleganter. siccorum. inferiorem fuisse . Ennius non diceret se vidisse Homerum . quum experrectus esset . sanorum. quam vigilantium. Luculle . et. et perspicuitatem . qui idem me facturum paullo ante dixeris . veniam : res jam uuiversas profundam . vel .172 ACADEMICORIJM I. et vinolentorum . Ea sunt ejusmodi . Sed de physicis mox. contraque omnem consuetudinem . de quibus volumina impleta sunt non a noslris solum . LIBER II. Denique videantur sane. eum somnia. quae fabricata sit hominem ? Qualis ista fabrica est? ubi adhibita? quando? cur? quo modo? Tractantur ista ingeniose .

les aperceptions. pour arriver à quelque chose de plus clair. qui tout -à -l'heure avez annoncé que j'en parlerais. mais il m'a semblé voir Homère. couler à fond d'un seul coup tous ces argumens. affirmer que c'est une force intelligente et sage qui a formé. vous ne passiez pas pour menteur. à l'évi dence. sont plus indécises que lorsqu'on est éveillé. pour me servir de votre expression . disiez . sommeil. Comme si quel qu'un niait qu'au sortir du sommeil on reconnaisse la . Mais . et précisément afin que vous. ou. à jeun. en sorte qu'il a fourni des armes à Carnéade. i73 ne craigne plus les égaremens de l'opinion. dès à présent. Ce sont des objections de ce genre que vous avez si habilement discutées. non-seulement par notre école . pourvu qu'on ne les affirme point. Ces idées peu vent être reçues comme probables . de ce qu'Alcméon dit : Mais jamais mon esprit ne s'accorde Vous en dites autant des hommes ivres. dont tant de volumes ont été remplis. ou dans son bon sens. mais par Chrysippe même : aussi les stoïciens l'accusent-ils d'avoir soigneu sement recueilli tout ce qu'on oppose aux sens . LIVRE II. qui a façonné l'homme ? Comment concevez-vous ce travail ? Où a-t-il été fait ? Quand ? Pourquoi ? Comment ? Ce sont des sujets qu'on traite avec esprit .vous . Au reste.ACADÉMIQUES I. à l'expérience. au raisonnement. dans l'ivresse. dans le délire. Lucullus. je parlerai bientôt de physique. D'où tirez-vous cette conclusion ? De ce qu'Ennius bien réveillé ne di sait pas j'ai vu. je veux . Dans le. Pouvezvous donc aussi. et de n'avoir pu ensuite se réfuter lui-même. qu'on discute agréablement.

Tuditanus? Quisquam sanissimus tam certa putat. audi . si modo id somniavit . -video te vivum . non fuisse ea vera. Age adsta . quae essent sibi visa in furore. iteradum eademmet ista mihi ? Num videtur minorem habere visis . ut erant. mane . qui. te appello : nonne ita credit filium locutum . ut experrecta etiam crederet ? unde enim illa . ut si vigilans audiret. putare. dum licet : nonne etiam bis exclamavit se videre. quum conabatur etiam patrern .i74 ACADEMICORUM I. dormienti vero aeque . quum videntur. id quaeritur. quum. Experrectus enim potuit illa visa putare. probabantur. et somnia. Sed non id agituf : tutti. ita suos configebat sagittis. rit. quae videbantur? Quid? ille. Ulysses. Quid loquar de insanis ? qualis tandem fuit affinis tuus. Video. LIBER II. quae videt. fidem? XXVIII. ut Eurystbei filios. Quid? Iliona somno illo. quam is putabat. qUam vigilantes . quo modo videantur. Catule. quum uxorem interimebat. . O pietas ànitni. Mater. quum omnino non videret? Quid? apud Euripidem Hercules. ac vigilanti . Nisi vero Ennium non putamus ita totum illud audivisse .

je te vois vivant. i75 vanité de ses songes . et voulait tuer son père . comme il l'aurait en tendue éveillé ? A son réveil . mais. dans Euripide. que Tuditanus l'était de ses visions ? Que dire de celui qui s'écria : Je te vois. je t'appelle ne croit-elle pas entendre son fils. quoi qu'il ne vît rien du tout? Eh quoi! Hercule. qu'en revenant d'un accès de folie on s'aperçoive des illusions dont on a été le jouet. il y adhérait comme s'il eût veillé. quel fut Tuditanus votre allié. répète-moi les mêmes paroles? Paraît-elle avoir en ses aperceptions moins de foi qu'une personne éveillée 69? XXV11I. ne cédait-il pas à de fausses im . en effet. Catulus. qu'Ennius entendit toute cette tirade : O piété de l'âme (si toutefois il a eu ce songe). écoute. pendant son sommeil. reste. ajouterait-elle : Ah! montre-toi. Ne pensons-nous pas. L'homme le plus sensé est-il aussi certain de ce qu'il voit. dans ce songe : Ma mère. les prenant pour ceux d'Eurysthée. il put bien reconnaître que ces aperceptions n'étaient réellement qu'un songe. Que dirai-je des fous? Vous savez. Ulysse. Quand ces apparences nous frappent. Quoi donc! Ilione. lorsqu'il perçait à coups de flèches ses fils. comme elle le croi rait en veillant? autrement. LIVRE II. Ce n'est pas là ce dont il s'agit. comment les prenons-nous? voilà la question. lorsqu'il immolait son épouse.ACADÉMIQUES I. tandis qu'il est permis? ne répéta-t-il pas deux fois qu'il voyait.

et falsa. quae me excruciat : Caeruleae incinctœ igni incedunt . quo certius nihil potest esse : inter visa vera. ut illud efficiatur. num dubitas. me. si essent. quam credebat. nihil interesse. me expetunt. qualis recordatio fieri soleat eorum. incede. Circumstant cum ardentibus tsedis . quum falsa illa vel furiosorum . ad animi assensum . adsunt. nonne ibidem incitato furore. Vos autem nihil agitis . quin sibi haec videre videatur? Itemque cetera : Intendit crinitus Apollo Arcum auratum. Incede. Fer mi auxilium. lunat innixus. Non enim id quaeritur . Omnia autem haec proferuntur. vel somniantium . qui experrecti sint. non perinde movebatur falsis. qui furere destiterint : sed qualis visio fuerit . qui negat cor sibi cum oculis consentire. ut veris moveretur ? Quid? ipse Alcmaeo tuus . aut eorum. LIBER II. quia videbantur? Apparet enim jam cor cum oculis consentire. pestem abige a me.176 ACADEMICORUM I. Diana facem jacit a laeva. Qui magis haec crederet. adsunt. Flammiferam hanc vim . Quid? quum virginis fidem implorat. Unde haec flamma oritur? Et illa deinceps. recordatione ipsorum refellitis.

qui dit que son esprit n'est pas d'ac cord avec ses yeux. de la main gauche. Cette torture enflammée qui me déchire. 12 . lorsqu'il implore la pitié de la jeune fille : Porte-moi secours. lance une torche"". en de vaines apparences. ne s'écrie -t. il n'y a nulle différence quant à l'assentiment de l'esprit. LIVRE II. je me propose d'ar river à cette conséquence .il pas au même en droit . comme il eût cédé à de véritables? Et votre Alcméon lui-même. Il est visible qu'alors son esprit était d'accord avec ses yeux. Doutez-vous qu'il ait cru voir ces choses? J'en dis au tant du reste : Apollon. autant de foi que nous en inspirerait la présence réelle des mêmes images. éloigne de moi ce fléau. les voici . quand vous réfutez les illusions de la folie ou du sommeil par le souvenir qui en revient plus tard. dans un redoublement de fureur : et ensuiteD'où : naît cette flamme? Approche . les voici . Vous ne prouvez rien. moi qu'elles poursuivent ? Écoutez-le . elles s'avancent. Bleuâtres. Il avait. Elles m'entourent armées de torches ardentes. On ne vous demande pas quels sont les souvenirs de ceux qui se réveillent ou qui cesxxvii. En citant tous ces exemples . approche . i77 pressions.ACADÉMIQUES I. c'est moi . Diane. il le courbe en s'appuyant. la plus sûre que vous puis siez trouver : qu'entre les aperceptions vraies et les fausses. tend Son arc doré. à la belle chevelure. ceintes de feu.

In pbilosophia igitur? Sol quantus sit. videte . aut somniantium tum. Nec hoc in . LIBER H. aut in musicis ? At ea non novit. dialecticus judicabit. aut furentium. paucis additis. et periculosum locum . ut queat judicare? Quid igitur judicabit? quae conjunctio. non est satis. Nam haec quidem judicare. et horum similia judicat. Sed quoniam tantum in ea arte ponitis . ne contra vos tota nata sit. concludendique rationem : tum. quatenus. Quae primo progressu festive tradit elementa loquendi . an in litteris . quod tu modo dicebas esse vitiosum interrogandi genus. quum coimnovebantur. et ambiguorum intelligentiam . quac disjunctio vera sit. ut ulla in re statuere possimus. quid repugnet? Si haec. Cujus veri et falsi? et in qua re? In geometriane. XXIX. Plus autem pollicebatur. lubricum sane. Sed abeo a sensibus. quid habet. Quid est. quid sequatur quamque rem. Quid ergo? istius vitii num uostra culpa est? Rerum natura nullam nobis dedit cognitionem finium . qiiid sit verum. ad ceteras res .i78 ACADEMICORTJM I. quid ambigue dictum sit. quae sunt in philosophia multe atque magnae. de se ipsa judicat. quid ad illum? quod sit summum bonum. vel falsum. venit ad soritas. quod ratione percipi possit? Dialecticam inventam esse dicitis. veri et falsi quasi disceptatricem et judicem.

les choses qui se conviennent. La dialectique s'ouvre par une in génieuse exposition des élémens du langage. en sorte que nous ne savons ja mais où nous devons nous arrêter. qui attribuez tant de force à cet art . Mais vous. juger de ces difficultés ne suffit pas pour résoudre les grandes et nombreuses questions qui se présentent dans la philosophie. Eh quoi ! si cet argument est vicieux . prenez garde qu'il n'ait été inventé contre vous-mêmes.ACADÉMIQUES I. en littérature. celles qui répugnent entre elles? Si la dialectique juge de ces vérités et d'autres semblables. après quelques autres préceptes . à déduire les conséquences. pendant leur délire ou leurs rêves. mais quelles furent leurs visions au moment où ils en étaient frappés. XXIX. LIVRE II. Cependant elle promettait davantage : car. est-ce notre faute? La nature ne nous a point fait connaître les limites des choses . . dites-vous. Ce sera donc en philosophie? Mais la grandeur du soleil est-elle de son ressort? Quelles données a-t-il pour juger en quoi consiste le souverain bien ? De quoi jugera-t-il donc ? si l'union ou la disjonction des idées est vraie? quels sont les termes ambigus. elle arrive au sorite. Quel est l'objet que peut saisir le raisonnement? La dialectique. elle juge de ce qui lui appartient. De quel vrai et de quel faux ? en quelle matière ? Le dialecticien jugera-t-il de ce qui est vrai ou faux en géométrie. Il ne s'agit pas seu12. passage glissant et périlleux. i79 sent d'être fous . ar gument dont vous avez condamné les captieuses inter rogations. en musi que? Mais il ne connaît point ces sciences. fut inventée pour être arbitre et juge du vrai et du faux. Enfin . Quittons enfin les sens. puis elle enseigne à débrouiller les équivoques.

si ad eum numerum unum addidero. si locus is. qui te ex somno excitet. clarus. Quid plura? hoc enim fateris . Sed quid proficit? Sequitur enim. praeceps erit. quam ad multa perveniat. aliquanto prius. angusta : quanto aut addito . neque primum multorum respondere posse. qavxàÇsiv. et eodem modo interroget. ne molesti sint : eruut enim. brevia. quo non possit accedere. prius quam ad finem veniam . verbi causa . si potestis. ante sustinebo. inquit. Cautum est . quoad videbitur. ut agitator callidus . quum gradatim interrogetur. Sic me. nisi cavetis. multane erunt? Progrediere rursus. pauper. parva. quod ab iis dicitur. Frangite igitur eos. id est. inquit. aut demto. certum respondeamus . eoque magis. tria. quod liqueat. non habemus. At vitiosi sunt soritae. anne multa. longa. lata. Si habes. nec diutius captiose interroganti respondebo. sed nulla omnino in re minutatim interrogati : dives.i8o ACADEMICORUM I. Placet enim Chrysippo . uude nomen est. non modo quiescas. quiescere. obscurus sit. pauca. Quo in numero conticuisti. neque . Per me vel stertas licet. LÎBER II. pauca sint. inquit Carneades. Cujus generis error ita manat . Nihil me laedit. inquit : ego enim. multa. quo ferentur equi. magna. equos sustinebo . ut non videam . acervo tritici solum. neque ultimum te paucorum .

ACADÉMIQUES I, LIVRE II.

181

lement ici du monceau de blé, d'où vient le nom de so
rtie; quel que soit le sujet sur lequel on nous presse de
minutieuses questions, par exemple : pour qu'il y ait ri
chesse ou pauvreté, gloire ou obscurité, peu ou beau
coup, grandeur ou petitesse, pour qu'un objet soit long
ou court, large ou étroit, combien faut-il ajouter ou re
trancher ? nous n'avons rien de certain à répondre.
Mais les sorites sont des argumens vicieux. Voulezvous en éviter les atteintes? brisez-les, si vous pouvez;
car ils vous blesseront , si vous n'y prenez garde. On y a
pris garde, dit Lucullus. Lorsqu'on fait marcher Chrysippe de question en question, et qu'on lui demande,
Trois sont-ils peu ou beaucoup? avant d'arriver à beau
coup, il juge à propos de se reposer, ce que les Grecs
expriment par yjtjvxàfyiv ï1. Goûtez le repos, répond
Carnéade , et même ronflez , je ne m'y oppose point.
Qu'y gagnerez-vous? Viendra quelqu'un qui vous réveil
lera et continuera à vous interroger de même : Si j'ajoute
un au nombre après lequel vous vous êtes tû , serons-nous
arrivés à beaucoup ? Vous irez encore en avant tant qu'il
vous plaira. Mais pourquoi insister ? Vous avouez vousmêmes ne pouvoir désigner le dernier degré pour arriver
à peu, ni le premier pour atteindre à beaucoup. Ce
genre d'incertitude s'étend si loin, que je ne vois rien
qui puisse s'y soustraire.
Aucun trait ne me blesse , dit Chrysippe : comme un
conducteur habile, avant d'arriver au but, je retiendrai
mes chevaux, et surtout s'ils se précipitent sur une pente
inclinée. Je m'arrêterai donc au milieu de l'interroga
toire, et je cesserai de répondre à vos questions cap
tieuses. Si vous avez à dire quelque chose de clair, et

i8ï

ACADEMICORUM I, LIBER II.

respondes; superbis. Si non habes; ne tu quidem percipis. Si, quia obscura; concedo. Sed negas te usque ad
obscura progredi. Illustribus igitur rebus insistis. Si id
tantummodo , uttaceas; nihil assequeris. Quid enim ad
illum, qui te captare vult, utrum tacentem irretiat te,
an loquentem? Sin autem usque ad novem, verbi gratia, sine dubitatione respondes pauca esse, in decimo
insistis; etiam a certis et illustrioribus cohibes assensum : hoc idem me in obscuris facere non sinis.

Nihil igitur te contra soritas ars ista adjuvat; quae
nec augenti , nec minuenti , quid aut primum sit , aut
postremum, docet. Quid, quod eadem illa ars, quasi
Penelope telam retexens, tollit ad extremum superiora?
utrum ea vestra , an nostra culpa est ? Nempe fundamentum dialecticae est, quidquid enuntietur (id autem
appellatur afywju,»; quod est quasi effatum), aut verum esse, aut falsum. Quid igitur? haec vera, an falsa
sunt? Si te mentiri dicis, idque verum dicis; mentiris et
verum dicis. Haec scilicet inexplicabilia esse dicitis. Quod
est odiosius, quam illa, quae nos incomprehensa, et non
percepta dicimus.
XXX. Sed haec omitto. Illud quaero , si isla explicari
non possunt , nec eorum ullmn judicium invenitur, ut
rcsponderc possitis, vcrane, an falsa sint : ubi est illa

ACADÉMIQUES I, LIVRE II.

18I

que vous ne répondiez point, vous êtes bien dédaigneux.
Si vous n'avez rien à dire, c'est que vous ne percevez
rien. Est-ce l'obscurité des idées qui vous force au si
lence? D'accord; mais vous prétendez ne pas avancer jus
qu'aux idées obscures. Le point auquel vous vous arrêtez
est donc clair. Votre but est-il seulement de ne pas ré
pondre? Cet expédient ne vous réussira point. Qu'im
porte à celui qui veut vous saisir, de vous enlacer silen
cieux ou parlant? Enfm si, arrivé à neuf, par exemple,
vous répondez sans hésitation que c'est encore peu , et
si vous vous arrêtez sur dix, alors vous refusez votre
assentiment à des choses certaines et très-claires, ce que
vous ne me permettez pas pour des idées obscures.
Votre art ne vous est donc d'aucun secours contre les
sorites, puisqu'il ne vous enseigne pas quel est, en aug
mentant, le premier point où l'on atteint à beaucoup,
et, en diminuant, le dernier où l'on arrive à peu. Que
dis-je? de même que Pénélope défaisait sa toile, la dia
lectique détruit son ouvrage après l'avoir composé. Estce votre faute ou la nôtre? Le fondement de la dialec
tique est que toute proposition (en grec à^/a^ce, en latin
effatunî) est vraie ou fausse. Eh bien! ce qui suit est-il
vrai ou faux? Si vous dites que vous mentez, et que ce
soit vrai, vous mentez et vous dites la vérité. Ce sont ,
répondez-vous , choses inexplicables'2. Votre terme est
plus dur que les nôtres : nous disons que ces choses ne
sont ni comprises ni perçues.
XXX. Mais passons par-là-dessus. Je vous le de
mande : si ces propositions ne peuvent être expliquées ,
s'il n'est aucun jugement qui vous mette à même de pro
noncer sur leur vérité ou leur fausseté, que devient

i84

ACADEMICORUM I, LIBER H.

defraitio , « Effatum esse id , quod aut verum , aut falsum sit ? » Rebus sumtis , adjungam , ex his sequendas
esse alias , alias improbandas , quae sint in genere con
trario. Quo modo igitur hoc conclusum esse judicas :
« Si dicis nunc lucere, et verum dicis ; lucet igitur ? »
Probatis certe genus, et rectissime conclusum dicitis.
Itaque in docendo , eum primum concludendi modum
traditis. [Aut], quidquid igitur eodem modo concluditur, probabitis; aut ars ista nulla est. Vide ergo, hanc
conclusionem probalurusne sis : « Si dicis te mentiri ,
verumque dicis ; mentiris. Dicis autem te mentiri, verumque dicis. Mentiris igitur. » Qui potes hauc non probare, quum probaveris ejusdem generis superiorem?
Haec Chrysippea sunt , ne ab ipso quidem dissoluta.
Quid enim faceret huic conclusioni : « Si lucet, lucet;
lucet autem ; lucet igitur ? » Cederet scilicet. Ipsa enim
ratio connexi , quum concesseris superius , cogit inferius
concedere. Quid ergo haec ab illa conclusione differt :
«Si mentiris, mentiris; mentiris autem; mentiris igi
tur ? » Hoc negas te posse nec approbare nec improbare. Qui igitur magis illud ? Si ars , si ratio , si via , si
vis denique conclusions valet; eadem est in utroque.

Sed hoc extremum eorum est : postulant, ut exci->
piantur haec inexplicabilia. Tribunum aliquem censeo

ACADÉMIQUES I, LIVRE II.

i85

votre définition : On entend par proposition ce qui est
.vrai ou faux? Après avoir posé des prémisses, j'en dé
duirai des propositions dont les unes seront admissibles,
et les autres inadmissibles, parce qu'elles seront opposées
aux premières'3. Ainsi, que pensez-vous de cette con
clusion : Si vous dites qu'il fait jour à présent , et que
ce soit vrai, il s'ensuit qu'il fait jour? Vous approuvez
certainement ce genre d'argumentation, et la consé
quence vous paraît très-juste. Aussi cette forme est-elle
la première que vous donnez dans votre enseignement.
Vous approuverez donc toute conclusion déduite de la
même manière, ou votre art est nul. Voyons donc si
vous approuverez aussi cet argument : Si vous dites que
vous mentez, et que ce soit vrai, vous mentez; or vous
dites que vous mentez, et c'est vrai; donc vous mentez.
Comment n'approuveriez-vous pas ce raisonnement,
après avoir approuvé celui qui précède? Ce sont là des
objections de Chrysippe, et , que Chrysippe n'a point
réfutées. Que ferait-il en présence de cette conclusion :
S'il fait jour, il fait jour; or il fait jour ; donc ilfait
jour? Il l'adopterait sans doute. L'enchaînement même
des propositions , quand vous avez admis les premières ,
vous force à admettre la dernière. En quoi le syllogisme
précédent diffère-t-il de celui-ci : Si vous mentez , vous
mentez; or vous mentez; donc vous mentez? Vous dé
clarez pourtant ne pouvoir ni approuver ni improuver
cette conclusion. Pourquoi pouviez-vous plutôt admettre
l'autre? Si l'art, si les règles, si la méthode, si la force
de l'argumentation ont quelque valeur, elle doit être la
même dans les deux exemples.
Mais voici leur dernière ressource : ils demandent
qu'on excepte ces propositions inexplicables. Qu'ils s'a

i86

ACADEMICORUM I, LIBER II.

videant : a me istam exceptionem nunquam impetrabunt. Etenim quum ab Epicuro, qui totam dialecticam
et contemnit, et irridet, non impetrent, ut verum esse
concedat, quod ita effabimur, « Aut vivet cras Hermachus, aut non vivet:» quum dialectici sic statuant, omne,
quod ita disjunctum sit, quasi. « aut etiam, aut non,»
non modo verum esse , sed etiam necessarium : vide ,
quam sit cautus is , quem isti tardum putant. Si enim ,
inquil, alterutrum concessero necessarium esse : necesse
erit, cras Hermachum aut vivere, aut non vivere. Nulla
autem est in natura rerum talis necessitas. Cum hoc
igitur dialectici pugnent, id est, Antiochus et stoici :
totam enim evertit dialecticam. Nam si e contrariis disjunctio (contraria autem t:a dico, quum alterum ait,
alterum negat) , si talis disjunctio falsa potest esse, nulla
vera est. Mecum vero quid habent litium , qui ipsorum
disciplinam sequor? Quum aliquid ejusmodi inciderat,
sic ludere Carneades solebat : « Si recte conclusi , teneo ;
sin vitiose, minam Diogenes reddet ; » ab eo enim stoico
dialecticam didicerat; haec autem merces erat dialecticorum. Sequor igitur eas vias, quas didici ab Antiocho;
nec reperio, quomodo judicem, «Si lucet, lucet, » ve
rum esse, ob eam causam , quod ita didici, omne, quod
ipsum ex se connexum sit, verum esse; non judicem,
«Si mentiris, mentiris,» eodem modo esse connexum.

ACADÉMIQUES I, LIVRE II.

187

dressent à quelque tribun du peuple : moi , je ne leur
accorderai jamais cette exception. Epicure, qui mé
prise et tourne en ridicule toute la dialectique , ne leur
accorde pas même la vérité de cette alternative : Ou
Hermachus vivra demain, ou il ne vivra pas; tandis
que les dialecticiens établissent que toutes les proposi
tions disjonctives qui procèdent par oui ou non, sont
non-seulement vraies, mais encore nécessaires. Remar
quez comme il est sur ses gardes , ce philosophe d'un
esprit épais , à vous en croire : Si j'accorde , dit-il , que
l'une des deux propositions soit nécessaire, il sera né
cessaire aussi que demain Hermachus vive, ou qu'il ne
vive point; or il n'y a point de telle nécessité dans la
nature des choses. Que les dialecticiens, c'est-à-dire
Ântiochus et les stoïciens, combattent contre Epicure :
car il renverse toute la dialectique. Si, en effet, deux
propositions contradictoires , en d'autres termes , dont
l'une est affirmative et l'autre négative, peuvent être
fausses en même, temps , il n'y a plus de proposition
vraie. Mais, avec moi , qu'auraient-ils à démêler, puisque
je reconnais leurs principes? Carnéade, quand s'offrait
une discussion de ce genre , avait coutume de dire en
plaisantant : « Si j'ai bien conclu, ma cause est gagnée ;
si mon argument est vicieux, Diogène me rendra ma
mine. » C'était ce stoïcien qui lui avait enseigné l» dia
lectique; et les dialecticiens recevaient une mine pour
honoraires. Ainsi je suis les routes que m'a tracées An
tiochus. Ayant trouvé vrai ce raisonnement, S'il fait
jour, ilfait jour, parce que j'ai appris que toute con
nexion qui repose sur l'identité est vraie, je ne vois pas
pourquoi je ne trouverais point la même connexion
entre ces idées, Si vous mentez, vous mentez. Ou j'ad

i88

ACADEMICORUM I, LIBER II.

Aut igitur hoc, et illud; aut nisi hoc, ne illud quidem
judicabo.
XXXI. Sed, ut omnes istos aculeos, et totum tortuosum genus disputandi relinquamus, ostendamusque, qui
simus : jam, explicata tota Carneadis sententia, Antiochia ista corruent universa. Nec vero quidquam ila dicam , ut quisquam id fingi suspicetur : a Clitomacho
sumam , qui usque ad senectutem cum Carneade fuit,
homo et acutus, ut Pœnus, etvalde studiosus ac diligens.
Et quatuor ejus libri sunt de sustinendis assensionibus.
Haec autem, quae jam dicam, sunt sumta de primo.
Duo placet esse Carneadi genera visorum : in uno hanc
divisionem, Alia visa esse, quaepercipipossint;alia quae
non possint ; in altero autem, Alia visa esse probabilia,
alia non probabilia. Itaque, quae contra sensus, contraque
perspicuitatem dicantur, ea pertinere ad superiorem di
visionem; contra posteriorem nihil dici oportere. Quare
itaplacere, tale visum nullum esse, ut perceptio consequeretur; ut autem probatio, multa. Etenim contra naturam esset, si probabile nihil esset : et sequitur omnis
vitae ea, quam tu, Luculle, commemorabas, eversio.
Itaque et sensibus probanda multa sunt : teneatur modo
illud , non inesse in his quidquam tale, quale non etiam
falsum, nihil ab eo differens, esse possit. Sic, quidquid
accident specie probabile, si nihil se offeret, quod sit

ACADÉMIQUES I, LIVRE II.

189

mettrai l'un et l'autre argument ; ou , si je repousse le
second , je repousserai aussi le premier.
XXXI. Mais , pour sortir de ces subtilités et de. tou
tes ces discussions tortueuses, pour montrer qui nous
sommes, développons enfin l'ensemble du système de
Carnéade , et l'échafaudage d'Antiochus s'écroulera tout
entier. Je ne dirai rien dont on puisse me soupçonner
d'être l'inventeur; j'emprunterai tout de Clitomaque,
qui vécut avec Carnéade jusqu'à sa vieillesse, homme
d'une sagacité vraiment carthaginoise, et, de plus,
rempli d'ardeur et d'application pour l'étude. Nous
avons de lui quatre livres sur la suspension d'assenti
ment. Ce que je vais dire est extrait du premier.
Carnéade suppose deux espèces d'aperceptions : dans
la première, il distingue celles qui sont perceptibles et
celles qui ne le sont point; dajns la seconde, celles qui
sont probables, et celles qui ne le sont point. Tout ce
qu'on dit contre les sens et contre l'évidence se rap
porte à la première espèce. Carnéade ne voit rien à ob
jecter à la seconde. Il en conclut que nulle aperception
ii est perceptible, mais que beaucoup sont probables.
En effet, il serait contre nature qu'il n'y eût rien de
probable : un tel principe entraînerait, Lucullus, ce
bouleversement total de la vie, dont vous nous faisiez
le tableau. On admettra donc souvent comme probable
le témoignage des sens, pourvu qu'on n'oublie pas qu'il
n'offre alors aucun caractère qui ne puisse se repro
duire, absolument semblable, dans une aperception
fausse. Par conséquent, quelle que soit l'idée qui se pré
sente sous une apparence probable, si rien ne vient
combattre cette probabilité, le sage s'en servira ; et c'est

ac sic omnis ratio vitae gubernabitur. bono gubernatore. pfobabilitati illi contrarium . neque percepta. Non enim est e saxo sculptus. Quid enim ? conscendens riavem sapiens . Neque nos contra sensus aliter dicimus. movetur sensibus : ut ei multa vera videantur. multa sequitur probabilia . quia sciret aquam nigram esse. Etenim is quoque . et non agendi : faciliorque erit . albam ipsam esse. omnis vita tollatur. aut e roboie dolatus. stadia triginta. ac stoici. ut sit visum illud probabile. qui multa falsa esse dicunt. quam erat Anaxagoras. neque ulla re impeditum. se ex sententia uavigaturum? qui potest? Sed si jam ex hoc loco proficiscalur Puteolos. ac sensibus videantur. se illuc venturum esse salvum. ne videri quidem. Habet corpus . sed sibi. qui a vobis sapiens inducitur. probo navigio. unde illa concreta esset. non comprehensa . num comprehensum animo habet atque perceptum.igo ACADEMICORUM I. ut albam esse nivem probet. neque tamen habere insignem illam et propriam percipiendi notam . qui id non modo ila esse negabat. Et quaecumque res eum sic attinget. habet animum : movetur mente . cujusmodi hoc verum. quia possit ejusdem modi exsistere falsum aliquod. longeque aliter se habere. LIBER II. eoque sapientem non assentiri. . Hujusmodi igitur visis consilia capiet et agendi . neque assensa. sed similia veri : quae nisi probet . utetur eo sapiens. hac tranquillitate : probabile videatur. movebitur.

en montant sur un vais seau. est-il sûr et certain de naviguer selon son désir? Comment le pourrait-il être? Mais s'il part d'ici pour Pouzzoles . Quelle que soit l'idée qui frappe le sage . c'est parce qu'il peut exister quelque erreur semblable à la vérité qui est sous ses yeux. il cèdera à l'impression. aux impres sions des sens : en sorte que bien des choses lui parais sent vraies . il trouvera la neige blanche. ni taillé dans le chêne le plus dur'4. non approuvées. mais qui. car il n'est point sculpté dans le roc. qui n'est qu'à trente stades . sur des aperceptions de ce genre. i9i à de telles idées qu'il subordonnera toute sa conduite. mais sans avoir cette marque caractéristi que et spéciale. sur un bon na vire. il se rè glera pour agir et pour ne point agir. avec un bon pilote. et par un temps serein comme celui-ci . . Il a un corps. non perçues. une âme. quoi? le sage. plus accommodant en cela qu'Anaxagore qui non-seulement le niait. ne voulait pas même que la neige qui en résulte paraisse blanche. Le sage que vous donnez pour modèle en fait autant : il suit souvent des probabilités. sachant que l'eau est noire avant que de se condenser. il lui paraîtra probable qu'il doit arriver sans accident. Nous ne sommes pas plus hostiles aux sens que les stoïciens. ce serait rendre la vie impossible. S'il refuse son assentiment. des idées non com prises. qui disent que bien des choses sont fausses et très-différentes de ce qu'elles paraissent aux sens. qui déterminerait la perception. Ne pas adopter cette règle . Car. il cède aux impulsions de la volonté. mais vraisembla bles. si elle porte un caractère probable que rien ne démente.ACADÉMIQUES I. LIVRE II.

Quanquam nihil mihi tam mirum videtur. qui hoc quidem certe. Accipe. qui a te totus diversus est. Quod est caput Epicuri? Si ullum sensibus visum . tibi assentior. Manilio . Certa igitur cum illo. nobis tacentibus. altero vestro. rem ullam percipi posse sensibus. Censorinum . conclusio ipsa loquitur. esse quaedam probabilia. ex uno Epicuri capite. falsi esse aliquid in sensibus. falsum est. Quid sequitur? ut taceam. non videtur hoc satis esse vobis. quum scripsisset iisdem de rebus ad L. quo modo isla Carneades diceret. quod negemus rem ullam percipi posse. ab Antiocho quidem maxime. quam ista dici. XXXII. nihil posse percipi. LIBER II. quae paullo ante dixi. nihil percipi potest. quemadmodum eadem dicantur a Clitomacho. certe levior reprehensio est. cui erant. Licet enim haec quivis arbitratu suo reprehendat . Clitomacho auctore. iqquit. Hoc autem si ita sit. Non concedo. illa certe debemus effugere. Lucilium scripsit poetam . Quod vestrum ? Sunt falsa sensus visa. perceptio et comprehensio tollitur. qui consul cum M'. qui neget . ut unum modo sensibus falsum videatur : praesto est . Quod tamen dicimus. quem ad C. quae a te vel maxime agitata sunt : « Nihil igitur cernis? nihil audis? nihil tibi est perspicuum? » Explicavi paullo ante. noli mecum. notissima. Ne sit.' eum. Epicuro. in eo libro. Ita.iga ACADEMICORUM I.

Ainsi . Querellez-vous donc avec lui . S'il en est ainsi. sur la foi de Clitomaque . sans que nous ouvrions la bouche . selon sa fantaisie. Je veux le croire . qui connaissait parfaitement ce que j'ai dit tout-à-l'heure. xxv. après en avoir xxvii. Quel est le vôtre? Certaines aperceptions sensibles sont fausses. dit Lucullus . d'avan cer que rien ne peut être perçu. c'est que de telles attaques viennent d'Antiochus. comment Carnéade rendait compte de son probabilisme. qu'il Voyez a dédié chap.au poète Lucilius . la perception et la compréhension dis paraissent. la con clusion parlerait elle-même : rien ne peut être perçu. Que s'ensuit-il ? Quand je me tairais . mais en faut-il plus pour échapper à ces reproches que vous avez ac cumulés contre moi : « Vous ne voyez donc rien ? vous n'entendez rien ? il n'y a rien de clair pour vous ? » J'ai expliqué un peu plus haut. LIVRE II. vous trouvez que ce n'est pas assez. la proposition d'Epicure. Au reste . Quel est le principe d'Epicure ? Si une seule aperception des sens est fausse . ce qui m'étonne le plus . Quoique chacun nous blâme.ACADÉMIQUES I. dans le *livre Épicure. et qu'une seule fois le té moignage des sens soit faux. i93 XXXII. Apprenez maintenant de quelle manière cette question est présentée par Clitomaque lui-même. nous ne sommes cer tainement pas si répréhensibles. il se trouvera sur-le-champ quelqu'un* qui déclarera les sens incapables de rien percevoir. Je n'admets pas. Quand nous reconnais sons que certaines choses sont probables . et non avec moi. puisqu'il vous est diamé tralement opposé . i3 . puisque certaine ment je m'accorde à dire avec vous que les sens sont sujets à l'erreur. en vertu de deux principes. rien ne peut être perçu. l'un d'Epicure et l'autre de vous-mêmes.

ab academia sensus eripi. a quibus nunquam dictum. qui dicant. sustineat. Id quum ita sit. Nec ut placeat. dupliciter dici assensus sustinere sapientem : uno modo.ig4 ACADEMICORUM I. prima institutio et quasi disciplina illo libro continetur. Itaque. moveri tameo. sunt enim mihi nota. aut colorem. et agere aliquid : reliquit ejusmodi visa. aliae contra. LIBER II. fuit. quibus ad actio . altero. nihil autem falsi perceptum et cognitum possit esse. quum se a respondendo . ut aut approbet quid. neque aiat. ait. cur alia percipi posse dicas. sed scriptum est ita. de quibus agimus. aut saporem. omnino eum rei nulli assentiri. ut neque neget aliquid. alterum placere. alia non posse. autsonum nullum esse. aut improbet. aut etiam . adjungit. id autem non esse satis . sequens probabilitatem . Quae quum exposuisset. veri et certi notam. ut nunquam assentiatur. vehementer errare eos. Academicis placere. Scripsit igitur his fere verbis. esse rerum ejusmodi dissimilitudines. ut aliae probabiles videantur. ut. proptcrea quod earum ipsarum rerum . propterea quod multa falsa probabilia sinl. quum hoc intelligatur. ubicumque haec aut occurrat. non inesse in his propriam. sit. illud sit disputatum. qui de omnibus rebus contineat se ab assentiendo. quae nusquam alibi esset. aut non. respondere possit. eum. alterum tenere. aut deficiat.

il adopte aussi la seconde. soit capable de mouvement et d'action . dit-il . Après cette exposition . On se trompe grandement. Il s'exprime à peu près en ces termes . il répond oui ou non . il nous laisse les aperceptions qui excitent à agir. Et pour qu'on ne soit point choqué de ce qu'un philosophe qui. qui fut consul avec M'. sans nier. s'attachant à la probabilité seule . et que rien de faux ne peut être perçu ni connu. Censorinus . qui ne puisse se retrouver ailleurs. Manilius. il retient sa ré ponse. sur toutes choses retient son assentiment . parce que maintes choses sont à la fois fausses et probables. . Clitomaque ajoute qu'on en tend de deux manières la maxime . Mais cela ne suffit pas pour qu'on dise que les unes sont perceptibles et les autres non . ajoute Clitomaque. quand on nous i3. la saveur et le son. Les académi ciens n'ont jamais nié la couleur. et celles à l'aide desquelles nous pouvons.ACADÉMIQUES I. je les ai retenus . pensent que les choses dif fèrent en ce que les unes sont probables . sans affirmer positivement'5. quand on ac cuse l'académie de nous enlever nos sens. sans déclarer s'il approuve ou improuve. parce que ce livre contient l'idée première et les développemens de la question qui nous occupe. Les académiciens . Clitomaque admet la pre mière acception. ils soutiennent seulement que ces sensations ne portent point en elles un caractère propre de vérité et de certi tude. d'après la seconde. les autres ne le sont point. i95 adressé un autre sur le même sujet à L. et ne donne jamais son assentiment. et. le sage ne donne son as sentiment à rien . LIVRE U. le sage suspend son adhésion^ D'après la première. selon qu'elle se présente ou ne se présente pas.

sint falsa sane. et vibrat. et eo quidem expedito . Mare illud. defendere. de quo loquor ram. eadem nos. albescit. libero . qui magnus mathemati . quibus iisdem istesensibus vester. quod ita visum sit. tamen non possis id verum esse. si modo probabilia sint . LIBER II. nec tamen assentietur. Non enim lucem eripimus. dissimileque est proximo ei continenti : ut . purpureum videtur. quae interrogati in utramque partem respondere possimus . XXXIII. quae nulla re impediantur. sequentes tantummodo. sed ea. quia a sole collucet. quod nunc. cur id eveniat. nem excitemur. oculis. jacere jam illud tuum perspicuitatis patrocinium. soluto . etiam si possis rationem reddere. reliqua. nisi comprehensa.196 ACADEMICORUM I. cœlum. si nihil percipimus (sic enim quaerebas). vider! dicimus. sed ea. sentiet. Unde memoria. idem huic nostro videbitur. invidiosa certe non sunt. intuebitur. quae ter sub quemque sensum cadunt. Sic igitur inducto et constituto probabili. item ea . mane flavum . quod meminisse visa. Haec si vobis non probamus. Luculle. quod videbatur oculis. Favonio nascente. nulla re implicato. quodque nunc. quia nobismet ipsis modo cœruleum videbatur. mare . dum sine assensu : neque tamen omnia ejusmodi visa approbari. quae vos percipi comprehendique . non possumus? Quid? Polyaenus. vides profecto. Iisdem enim hic sapiens .

lorsque vous dites que vous percevez et comprenez une chose. car nous ne pouvons nous rappeler les idées . la terre. qu'elle nous semble être vraie. répondre dans un sens ou dans l'autre. nous di sons. qu'on renverse votre dé fense de la certitude. la mer. et que main tenant la partie éclairée par le soleil blanchit. ce matin jaunâtres .ACADÉMIQUES I. vous demandez d'où vient la mémoire*. étincelle . brille. Nous ne vous dérobons pas la lumière : seulement . en ne suivant que les apparences . il recevra par les mêmes sens les idées que la sensibilité vous révèle. Quand même vous pourriez nous donner la raison de tous ces changemens. si elle est probable. sans obstacle. de cette probabilité sans en trave. le ciel. Si nous ne vous faisons agréer ces idées . vous voyez assurément . et diffère de celle qui la touche. mais seulement celles que rien ne trouble. XXXIII. vous ne pourriez pas soutenir que ce. pourvu toutefois que nous ne donnions pas notre assentiment. Le sage dont je parle . vii et xn. lui paraîtra . Si nous ne percevons rien . en ce moment où le zéphyr se lève. Cependant il ne donnera pas son assentiment à cette apparence. Quoi ! * Voyez cbap. parce que nous avons vu ces vagues tout-à-l'heure. pure de tout mélange. qu'autant que nous les avons comprises. LIVRE II. d'une couleur empour prée. libre. 197 interroge. qui a d'a bord frappé vos yeux était vrai. azurées . En produisant et en constituant ainsi la doctrine de la probabilité. considèrera des mêmes yeux que le vôtre. comme à vous. accusez-les d'être fausses : au moins elles ne sont certainement pas odieuses. . Cette mer. Il ne faut pas cependant regarder comme probables toutes les aperceptions de ce genre . Lucullus .

stoicorum. stoici certissimam putant. quam omnes. etiam si comprehensio perceptioque nulla sit. Sed tibi aut concedeudum est. LIBER IL eus fuisse dicitur. totam geometriam falsam esse credidit . quam scientia. ut vobismet ipsis placet. sequuntur. Epicuro assentiens . oblitus est? Atqui. oracula. Quid fiet artibus? Quibus? iisne.198 ACADEMICORUM I. praeter eum. aut memoriam mihi remittas. vaticina tiones. princeps prope . certas ha . falsum quod est. et falsa dijudicent? Sed illa sunt lumina duo . qua vera. omnia. a quibus ipse didicit . quas illi . is posteaquam . Quod is potest facere de iis rebus . Primum enim negatis fieri posse. somnia. quod videtur. quod minime vis. conjectura se plus uti. oportet. vera esse aruspicum auspicia . vera igitur illa sunt nunc omnia. ita esse. ea de re dubitare se dicat. habet ea comprehensa atque percepta. nec habent istam artem vestram. num illa etiam . quae tantum id . At id quidem perspicuum est : quum Panaetius . Si igitur memoria. quae quisque meminit. quae ipsae fatentur. id percipi non potest . seque ab assensu sustineat. quae maxime causam istam continent. perceptarum comprehensarumque rerum est. quae sciebat. an iis. meo quidem judicio. et facile esse ei locum. Hoc per me licet. Falsi autem comprehendi nihil potest : et omnia meminit Scyron Epicuri dogmata. ut quisquam nulli rei assentiatur.

du moins à mon avis .ACADÉMIQUES I. sur ce sujet. Or. xgg Polyénus qui fut. dit-on. de la vérité des augures. oublia-t-il la géométrie. Il est pourtant manifeste que cela se peut. ou que vous accordiez qu'il en est ainsi . Ce que Panétius fait pour des choses que ses maîtres croyaient certaines . D'abord vous déclarez impossible qu'un homme ne donne jamais son assentiment. il en résulte qu'ils sont tous vrais. pourquoi le sage ne le ferait-il pas pour les . même sans compréhension et sans perception. Si donc il n'y a de mémoire que pour les choses perçues et comprises. excepté lui. et que. Je ne m'y oppose pas. dit qu'il doute d'une chose que tous les stoïciens. des songes. et n'ont pas. puisque Panétius. ou que vous me laissiez la mémoire. des prédictions. lorsque. il considéra cette science comme fausse? Le faux cependant ne saurait être perçu. en recon naissant qu'elle peut exister. et comme Scyron se souvient de tous les dogmes d'Epicure . il suspend son assentiment. des oracles. telle est votre manière de voir. Que deviendront alors les arts? Quels arts? ceux qui avouent eux-mêmes reposer moins sur la science que sui des conjectures? ou ceux qui s'en tiennent aux appa rences. un grand mathématicien'6. re gardent comme très-certaine. c'est-à-dire. mais vous. comme l'art que vous possédez. le premier à peu près des stoïciens . le moyen de discerner le vrai du faux ? Mais vous élevez deux difficultés qui résument toute la question. LIVRE II. il faut que nous ayons perçu et compris tout ce que nous nous rappelons. ce que vous ne voulez point. rien de faux n'est compris. devenu disciple d'Epicure. il faut.

id ipsum saltem dicere posse comprehendi : quod ipsi Antiocho pingue videbatur. si quaesitum ex eo sit. in rebus. nihil comprehendi posse . stellarum numerus par. utitur probabilibus. sic hoc ipsum . cognitum. pressius. Quam quoniam non habet. non percepta . Non enim potest convenienter dici . ut hoc ipsum decretum. Sed ut illa habet probabilia . ut ais.- cenda. Itaque non metuit. ne confundere omnia videatur. praeter probabile. plurimisque LIBER II. in quibus nihil sequere. in quibus . eadem uteretur in ceteris. qui affirmaret. quod diceret. et sine decretis vitam agere possit. aoa in liberis ACADEMICORUM procreandis. Nam si in hoc haberet cognitionis notam . in quibus versatus exercitatusque sit. Et tamen illud usitatum. nescire se dicat. si ipsum comprehendi posse dicatur. Illo modo potius putat urgendum fuisse Carneadem : Quum sapientis nullum decretum esse possit. I. non ut Antipater. et incerta reddere. multisque aliis de rebus. « nihil posse percipi . an impar sit : item. si de officio. sed. et sibi ipsum contrarium. perceptum. nihil posse comprehendi . Non enim. et saepe repudiatum refers. quod sapientis esset . In incertis enim nihil est probabile. quemadmodum. Nam Antipatrum reprehensum . nisi comprehensum . consentaneum esse ei. nihil posse percipi. » fateretur esse perceptum : proinde quasi sapiens nullum aliud decretum habeat .

x. Car si . et sur beaucoup d'autres choses dans lesquelles il est versé. et qu'il pût vivre sans dogmes. mais là où elle * Voyez chap. Antiochus lui-même trouvait cet argument grossier et contradictoire : c'est une inconséquence de dire . il s'en rapporte à la probabilité. d'avoir des enfans . Dans les choses incertaines . exercé . il se servirait du même signe pour les autres . de vous marier. de semer. vous reprenez une objection triviale et cent fois réfutée.ACADÉMIQUES I. Aussi ne s'attendait-il pas à être accusé de tout confondre. de faire mille autres choses dans lesquelles la probabilité seule peut vous guider. si cette proposition même est com prise. Rien ne peut être compris. de rendre tout incertain **. ix. qu'il n'en sait rien. a été nécessairement perçu : comme si le sage n'avait pas d'autres dogmes. non pas comme Antipater. on a repris Antipater d'avoir soutenu que celui qui dit . Néanmoins. doit recon naître au moins que cette maxime peut être comprise. . LIVRE II. Interrogez-le sur le devoir. d'une manière plus pressante. il en est de même de celui-ci : Rien ne peut être perçu. comme sur le nombre pair ou impair des étoiles. ao3 barquer. En effet. Il pense qu'il aurait fallu plutôt presser Carnéade de la manière suivante : Le sage n'admet aucun dogme qui ne soit compris . à ce que vous dites *. Mais comme les autres sont probables et non perçus. connu : vous devez donc avouer que ce dogme du sage. pour l'employer. perçu . mais . Rien ne peut être perçu. il ne répondra pas . pour celui-ci . Rien ne peut être compris. n'en ayant pas. il n'y a point de probabilité . il avait une marque qui entraînât la certitude. ** Voyez chap.

Luculle. nec magnopere contenderem. « quod impressum ésset e vero. Non facimus. esse quaedam falsa visa. alterum . quod viderelur esse quaedam in visis differentia. Qumn enim sumeretur unum . quum ego nihil dicerem posse comprehendi. in quo possit exsultare oratio : cur eam in tantas angustias. si. Id ita esset. percipiendi signum nullum habemus. praîsertim lie Carneade quidem huic . quam falsa cernimus. superius illud ea re a se esse concessum . nihil ea differre a veris : non attendere. « quo modo imprimi non posset a falso : » cum simplici homine simpliciter agerem. Quum sit enim campus . in primis enim est nobilis) . diceret ille. nam tam vera. reprehensionem Antiochi (nec mirum.0/1 ACADEMICORUM I. nec quid respondeat. LIBER II. » neque adhiberet illam magnam accessionem. atque etiam. nihil tam repugnare. XXXV. Ac mihi videor nimis etiam nunc agere jejune. quo neget visa a falsis vera differre. Sed probandi species est.3. et in stoicorum dumeta compellimus? Si enim mihi cum peripatetico res esset. si nos verum omnino tolleremus. nec quid faciat. qui id percipi posse diceret. autem est. in his non dcerit sapienti. eam tolli altero. sapientem interdum opinari : non repugnarem . qua solebat dicere Antiochus Philonem maxime perturbatum. Ne illam quidem praetermisisti .

XXXV. et non avec un signe qui détermine la perception. et je ne m'en étonne pas. ni pour répondre. Ily a des aperceplionsfausses. je ne contredirais point . Quand vous prenez. cette proposition. » et qui n'ajoutât pas cette grande clause : « Et qui est telle. s'il répliquait que le sage opme quelque fois . Quand nous avons un vaste champ où la discussion peut s'élancer en liberté. et cette autre. Elles ne different en rien des vraies . LIVRE II. quand j'avance que rien ne peut être compris . vous ne faites pas attention que j'accorde la première .ACADÉMIQUES I. Lucullus. jusqu'ici . Il me semble que. tandis que cette différence est niée par la seconde . pour quoi l'étouffer entre les défilés et les broussailles du stoï cisme ? Si j'avais affaire à un péripatéticien qui me dît : « On peut percevoir l'impression qui vient du vrai . mais ils se présentent à nous revê tus de probabilité . . une autre objection d'Antiochus . dit-il*. j'ai argumenté avec trop de sécheresse. Et même. nous discernons et le vrai et le faux. » avec un homme de bonne foi j'agirais saus détour. parce que je reconnais quel que différence entre les aperceptions . qu'elle ne saurait venir du faux. ao5 se montre . Vous n'avez pas omis. et je ne contesterais pas beaucoup. qui déclare les aper ceptions fausses semblables aux vraies : quoi de plus contradictoire? L'objection serait juste. autorisé par l'exemple de * Voyez chap. le sage n'est embarrassé ni pour agir. car elle a fait du bruit : Antiocbus disait que Philon en avait été fort em barrassé. si nous sup primions toul-à-faitla vérité : loin de là. xiv.

Illud ferre non possum. quo tandem modo sit ejus academiae. ut exponas disciplinam sapientiae. A quo primum quaero. haec duo. Hoc mihi et peripatetici . vel quod amavi hominem. ne Xenocrates quidem. idque turpissimum esse dicas . XXXVI. politissimum et acutissimum omnium nostrae memoriae philosophorum. aut Theophrastus . Tu. fines bonorum malorumque consti . quale falsum esse non possit. Horum neutrum ante Zenonem magnopere defensum est. et plenissimum temeritatis . cujus esse se profiteatur? Ut omittam alia. » Nihil ejusmodi invenio. mores fingas . sed qui minor etiam : a tale verum. Respondet mihi non Aristoteles. quum me inco gnito assentiri vetes . quale falsum esse non posset . id est. quid sit. aut peripateticorum? vel id solum percipi posse. Itaque incognito nimirum assentiar . quod esset verum tale. sed ita plane probo. de quibus agitur. loco valde repugnante : nunc quid facere possum ? Quaero enim. LIBER II. naturam rerum omnium evolVas .2o6 ACADEMICORUM I. Ego tamen utrumque verum puto : nec dico temporis causa. opinabor. Antiochus in primis : qui ine valde movet. aut veteris acade miae. et vetus academia concedit : vos negatis. quod comprehendi possit. vel sapientem nihil opinari? Certe nemo. tantum tibi arroges . sicut ille me. aut Polemo. quis unquam dixit . vel quod ita judico.

207 Carnéade qui n'est pas trop hostile à cette idée. soit parce que je le juge comme le philosophe de notre temps le plus poli et le plus spirituel. que j'opine. pour former . Les péripatéticiens et la vieille académie me le permettent . ni même Xénocrate ou Polémon . soit parce que je l'ai aimé comme il m'aimait luimême. Ni l'une ni l'autre ne fut vivement défendue avant Zénon. et je ne parle pas ainsi par égard pour la circonstance . par un seul péripatéticien ? Par aucun. en d'autres termes. qu'elle ne puisse être fausse. dont l'autorité est puissante sur moi . pour dévoiler la nature de toutes les choses . et ce n'est ni Aristote. Le sage n'opine jamais . et surtout Antiochus . Je lui de mande d'abord à quel titre il est de cette académie à la quelle il fait profession d'appartenir.ACADÉMIQUES I. c'est un philosophe plus récent encore : « Une vérité telle. je juge vraie l'une et l'autre . XXXVI. vous avez assez de confiance en vous . ni Théophraste . LIVRE II. Voici une préteution que je ne puis souffrir. les deux propositions dont il s'agit : On ne per çoit que ce qui est vrai. Moi. » Je ne trouve rien de ce genre. ont-elles été émises par un seul philosophe de la vieille académie . vous vous y opposez . pour exposer la science de la sagesse. Tandis que vous me défendez d'adhérer à l'inconnu. il faudra donc que je donne mon assentiment à l'inconnu . Mainte nant que puis-je faire ? Je demande : que peut-on com prendre? On me répond . et tel que le faux ne saurait être. ju geant qu'un tel assentiment est ce qu'il y a au monde de plus honteux et de plus inconsidéré . je dis franchement ce que je pense. Sans parler du reste.

tuas.ao8 ACADEMICORUM I. an illi arrogantes. qui claros viros a se instructos dicant rempublicam saepe rexisse. restitero peripateticis. sustinuero epicureos. et diligo? qui ista Antiochea contemnit? Nostra. tam inter se amantes viros : Diodoto quid faciam stoico. qui sibi persuaserint . qui sibi cum oratoribus cognationem esse. si dixeris tuam. ad quam me deducas. idemque etiam disputandi et intelligendi judicium dicas te et artificium traditurum : perficies. tam bonos. quem a puero audivi? qui mecum vivit tot annos? qui habitat apud me? quem et admiror. scire se solos omnia? Non me quidem. Age. inquies. Hoc primum quale est. Certe sola.ut ego ista innumerabilia complectens. definias. sed me ad suam quisque rapiet. officia describas. inquit. Utrum igitur nos impu dentes. a non sapiente explicari sapientiam? Sed discedamus a nobismet ipsis : de sapiente loquamur. Atqui ita dicas. LIBER II. quam vitam ingrediar. quae sunt in tua disciplina. sed sapientem dico scire. Neque vero tu solus. si vera. sola vera sunt. si ab hac abstraxeris ? Vereor. necesse est. plura enim vera discrepantia esse non possunt. nusquam labar? nihil opiner? Quae tandem ea est disciplina. tot meos familiares. qui labi nolumus. ne subarroganter facias . . de quo (ut saepe jam dixi) omnis haec quaestio est. Optime : nempe ista scire.

tant d'hommes de bien étroitement unis en tre eux ! comment agirai-je envers le stoïcien Diodote qui fut mon maître dès mon enfance . je dis que c'est le sage. vous engager à me transmettre les moyens naturels et artificiels deraisonner et de conce voir ! Quand j'embrasserai ces innombrables objets. Nous reprochera-t-on notre va nité. ne peuvent être vrais. et qui disent que des hommes illustres . qui habite chez moi . quand nous craignons de faillir? ou plutôt n'accusera-l-on pas d'orgueil ceux qui s'imaginent que seuls ils savent tout? Non . c'est le seul : car plusieurs systèmes différens . en même temps . ont souvent gouverné la république. si vous m'arrachez à celle-ci ? H y aurait un peu de présomption à répondre que c'est la vôtre : cependant vous répondrez nécessairement ainsi. déterminer la vie que je dois sui vre . supposons que je tienne bon contre les épicuriens. parlons xxvn. et vous ne serez pas le seul : chacun voudra m'entraîner dans son parti. m'amènerez-vous au point de ne jamais faillir. D'abord. est le seul vrai. comment un homme qui n'est pas sage enseigne-t-il la sagesse ? Mais ne parlons pas de nous-mêmes . LIVRE II. de n'être ja mais dupe de l'opinion ? Quelle est enfin l'école où vous me conduirez .ACADÉMIQUES I. je ne dis pas que c'est moi qui sais tout . direz-vous. qui méprise les idées d'Antiochus ? Notre système. et. 10g les mœurs . que j'admire . i4 . Fort bien. qui vit avec moi depuis tant d'années . Supposons que je résiste aux péripatéticiens qui pré tendent avoir une certaine parenté avec les orateurs . s'il est vrai . dé crire tous les devoirs. que je chéris . Certainement. parmi lesquels je compte tant d'amis. me répondra Lucullus. formés par leurs leçons . il sait néanmoins ce que vous enseignez. constituer la limite du bien et du mal .

probant. sed cogere. eo inspectante. et a nobismet ipsis distributa sapientia est. juraturum putas? Si fecerit. quod magnitudinem nullam habeat. Non qusero ex his illa initia mathematicorum. et quasi libramentum . quam ter ram. quae ex conjectura pendent. extremitatem . si adjiciam jusjurandum . rationes omnes descripserit eas. in quo nulla omnino crassitudo sit . vel. ut illud ante.a lo ACADEMICORUM I. . si est crediturus. quae disputationibus huc et illuc trahuntur. quae de natura rerum sunt quaesita. si placet. vos ipsi ut dicitis : nae ille longe aberit . quibus efficitur. quae vim afferunt in docendo . solem ipsum. lineamentum . LIBER II. Haec quum vera esse concessero. digitum progredi non possunt : punctum esse. Geometrae provideant. aut. contemserit. sapientemne prius. ut sibi se illa scire persuaserit ? Non quaero rationes eas . Estne quisquam tanto inflatus errore. videamus. In très igitur partes et a plerisque. ut ar guments credat philosophorum. longitudinem latitudine carentem. quorum potissimum? Omnia physicorum licet explicare. quam Archimedes. Primum ergo. multis partibus solem majorem esse . Quod si geometricis rationibus non est crediturus . et qui omnia vobis. quibus non concessis . quae describunt. nullam adhibent persuadendi necessitatem. qui se profitentur non persua dera. quem deum censet esse .

qui . toutefois après quelques mots de préambule'8. Commençons . . pensez-vous que votre sage jurera que le soleil est beaucoup plus grand que la terre. il méprise le soleil. quelle 14. lesquels préfèrera-t-il ? Rien n'empêche d'expliquer tous les sys tèmes des physiciens.ACADÉMIQUES I. qu'il regarde comme un dieu '9. comme vous le dites . qui ne l'est pas encore. Que les géomètres y prennent garde aussi . au du sage . LIVRE II. mais le travail serait long. Quel est cependant celui qu'il suivra? Supposez un homme qui veut devenir sage. S'il n'ajoute point foi aux démonstrations géométriques qui enseignent avec une sorte de tyrannie. si vous voulez. la surface est comme le niveau d'un plan qui n'a pas d'épaisseur. Est-il un homme assez enflé d'erreur. Je ne leur demande pas raison de ces abstractions qui servent de point de départ aux mathématiciens. et qui prouvent tout ce qu'ils expo sent. avant qu'Archimède ait développé devant lui les calculs par lesquels il démontre ce fait? S'il le jure. certainement il sera bien éloigné de croire aux argumens des philosophes. Si pourtant il y croit. Quand j'accorderais la vérité de ces définitions. la ligne est une longueur sans largeur. par les recherches qui ont pour objet la nature des choses . mais à contraindre. auquel doit (je l'ai dit souvent) se rapporter toute notre discussion. L'étude de la sagesse a été divisée en trois parties par la plupart des auteurs et par nous-mêmes. et qu'on ne peut leur contester sans les arrêter tout court : le point est ce qui n'a aucune étendue . eux qui aspirent non-seulement à persuader. si je demande le serment. pour se flatter de connaître la nature ? Je ne tiens pas compte de ces systèmes fondés sur des conjectures . tiraillés en tous sens dans les discussions . n'admettent point la nécessité de persuader.

cui sex reliquos concessisse primas ferunt . e quibus omnia constant. materiam infinitam. sed ea. eas primum confusas. haec pervulgata . insipiens eliget. noudum esse : quam potissimum sententiam eliget et disciplinam? Etsi quamcumque eliget. quac ex eo orirentur. definita. tum ex his omnia. Sed sit ingenio divino. Est enim inter magnos homines summa dissensio. non persuasit. Xenophanes paullo etiam antiquior. Is enim infinitatem naturae dixit esse . sed longum est. et sempiternum. neque natum unquam. LIBER II. quem sequatur. qui moveat terram. et inane. XXXVII. Fingealiquem nunc fieri sapientem. Non persequor quaestiones infinitas : tantum de principiis rerum. couglobata figura. populari et sodali suo. similes inter se. Princeps Thaïes. sed ex ea particulas . uberior in ceteris. minutas. quem unum e physicis potissimum probabit? Nec plus uno poterit. Anaxagoras. e qua omnia gignerentur. Quaero tamen. postea in ordinem adductas a mente divina. Empedocles . qurc ab eo formetur. gigni autem terram. ignem.aia ACADEMICORUM I. videamus quem probet. Democritus huic in hoc similis . unum esse omnia. et id esse deum . At hoc Anaximandro . infinitum aera. unus e septem . plenum . Parmenides. aquam. Leucippus . Post ejus auditor Anaximenes. neque id esse mutabile . ignem. ex aqua dixit constare omnia.

qu'il n'a point eu de commencement . le premier rang. En suite. qu'il meut la terre . qu'il est éternel et de figure sphérique. XXXVII.ACADÉMIQUES I. pour le reste il est plus riche en instruction. son ami et son concitoyen . mais que tout ce qui en provient est fini. un peu plus ancien. il choisira avaut d'être sage. car celui-ci fait naître tout de la matière infinie. et il en fait naître la terre. avance que l'air est infini . Anaximène. qu'il est Dieu . confuses dans le principe. Leucippe veut que ce soit le plein et le vide . Je n'examine pas le nombre infini des questions : voyons seulement le système qu'il adoptera sur les prin cipes des choses. sur ce point Démocrite est du même avis . Xénophane. dit-on. Empédocle s'en tient . Mais il n'a pu le persuader à Anaximandre. Mais . quel est celui des physiciens qui. disciple d'Anaximandre. obtiendra son approbation ? Il n'en peut préférer qu'un. Thalès. et qu'il l'a formée. seul entre tous . ai3 doctrine . a soutenu que l'eau est le principe de tout. à qui les six autres cédèrent. A leur tête. eût-il un es prit divin. ont été mises en ordre par l'intelligence divine. le feu. LIVRE II. qu'il est immua ble . un des sept sages. prétend que tout ce qui existe ne forme qu'un être . sur les élémens dont tout se compose : c'est là l'objet d'une grande controverse entre d'illustres philosophes 8o. Anaxagore prétend que la matière est infinie. qu'elle se compose de molécules trèspetites et semblables entre elles : ces molécules. qui ont donné naissance à tous les êtres. l'eau. quelle école choisira-t-il ? Quelque parti qu'il prenne . Parménide croit que le feu est le principe unique .

et fuisse semper. et fore. deos esse. Plato ex materia in se omnia recipiente mwndum esse factum censet a deo sempiternum. hune mundum esse sapientem. ignem. quam . novo consilio inito . quem sequatur. tam praeclari operis inceptio . comprehendi ea tamen et percipi . flumen orationis aureum fundens.4i4 ACADEMICORUM I. lunam. condemnatique discedent. XXXVIII. quae et se. credo. mare. regat. eam sic animo comprehensam habebit. Erit ei persuasum etiam. veniet . terram. quoniam stoicus est. et mathematicorum initiis proficisci volunt omnia. nego. ceteri tot viri et tanti. Sint ista vera (vides enim jam me fateri aliquid esse veri) . ut ea. moveat. Melissus. et nota quatuor. nec magis approbabit nunc lucere. Heraclitus. LIBER II. quod esset infinitum . stellas omnes. quae sensibus. Aristoteles. Ex his eliget vester sapiens unum aliquem. et ipsum fabricata sit. et omnia moderetur. Pythagorei. Quamcumque vero sententiam probaverit. quod quaedam animalis intelligentia per omnia ea permeet et transeat. ut omnis hic mundus ardore deflagret. ex numeris. quod nulla fuerit . et ita eum . Quum enim tuus iste stoicus sapiens syllabatim tibi ista dixerit . qui illum desipere dicat : neque enim ortum esse unquam mundum . solem. et immutabile . fore tamen aliquando. habere mentem. repudiati ab eo. hoc.

Melissus pense que ce qui existe est infmi . se retireront. Quelque sentiment qu'il approuve. source de vie. j'avoue qu'il y a de la vérité) . et . Il sera même persuadé que le soleil . la mer. u5 aux quatre élémens vulgaires et connus . Les pythagoriciens attribuent l'origine de toutes choses aux nombres et aux principes des mathématiques. votre sage. son esprit l'embrassera avec autant de certitude que les impressions sensibles . il ne le sera pas moins . la lune . lorsque votre sage stoïcien aura prononcé ses sentences syllabe par syllabe . les trésors de son éloquence. Platon croit que . parce que dans tous ces vastes corps se glisse et se répand une certaine intelligence. de cette matière qui se prête à toutes les modifications . en choisira un pour guide. et les autres . enfin il sera sûr qu'un jour ce monde entier doit être la proie d'un vaste embrase ment. je le crois. et doit toujours être . qui règle . que ce monde est sage. est dans le délire. viendra tout à coup Aristote. comme il est sûr qu'il fait jour à présent . qu'il est doué d'une intelligence qui l'a formé et s'est formée elle-même . puisqu'il est stoïcien . dont toutes les . comme un vaste fleuve. Dieu a créé le monde pour être éter nel. rejetés et condamnés.ACADÉMIQUES I. immuable . En effet. sont des dieux . Ce prétendu sage. toutes les étoiles . Entre tous ces philosophes. répandant. LIVRE II. Supposous tout cela vrai (vous le voyez . je nie encore que ces idées soient comprises et perçues. dira-t-il . a toujours été . le monde n'a jamais pris nais sance . jamais résolution nouvelle du créateur n'enfanta soudainement ce magnifique ouvrage. XXXVIII. meut et gouverne tout. Heraclite rap porte tout au feu . la terre . tant et de si grands hommes.

illud autem superius. non docentis . relinquatur? Ut omittam levitatcm temere assentientium . Sed quum sacerdotes deorum vacationem habeant . non mihi necesse esse. nulla senectus diuturnitate temporum exsistere. sicut caput et famam tuam .ïi6 ACADEM1CORUM I. esse undique aptum . mutationemque moliri. LIBER II. Quaecumque sint. ut nulla vis tantos queat motus . Negas sine deo posse quidquam. omnia esse effecta natura : nec. tantam vim natricum viperarumque fecerit? Cur mortifiera tam multa [perniciosa] terra marique disperserit? Negatis haec tam polite. minutorum opusculorum fabricator. ut ille . Somnia censet haec esse Democriti . et hamatis uncinatisque corporibus concreta haec esse dicat. ne ut dubitem quidem . quod tibi est? Cur deus. qui det isti deo immunitatem magni qui dem muneris. interjecto inani. tamque subtiliter effici potuisse sine divina aliqua solertia. defendere necesse erit : mihi . ut Iiic ornatus unquam dilapsus occidat. qui asperis^ et laevibus . quanti libertas ipsa aestimanda est. quanto est aequius habere ipsos deos ? Negat opera deorum se uti ad fabricandum mundum. Ecce tibi e transverso Lampsacenus Strato. docet. Tibi hoc repudiare. fuisse videatur. cujus quidem vos majestatem deducitis usque ad apium formicarumque perfectionem : ut etiam inter deos Myrmecides aliquis. sed . omnia nostri causa quum faceret (sic enim vultis).

que l ien enfin n'en saurait dissoudre et dé truire l'admirable ensemble. à vous entendre. mais non pas. que nulle force ue pourrait amener les secousses. polis. vous ne me laissez pas seulement le droit de douter. dont vous ravalez. comme le dit un autre philosophe. uu Myrmécide81 chargé de ces menus ouvrages. en sorte qu'il y aurait apparemment. il est bien plus juste que les dieux eux-mêmes le soient. est ou a été produit par des poids. qui. Straton n'a pas besoin de leur secours pour former le monde.ACADÉMIQUES I. il montre que tout ce qui est ou se fait . mais lui. Sans un Dieu . ajoute Straton. unis au sein du-vide. considérant tour-àtour chacune des parties du monde . comme votre tête et votre honneur. des rêves de Démocrite. que toute la durée des temps ne le ferait point vieillir. combien ne dois-je pas estimer la liberté de me soustraire au joug qui pèse sur vous ! Pourquoi Dieu . plus occupé de chimères que de science. Voilà que Straton de Lampsaque vient à la traverse. Il vous faudra repousser ce système. à moi. Quand les prêtres des dieux sont exempts de toute charge. Cependant. tandis que. au moyen de corpuscules raboteux. ce sont. parmi les dieux . les révolutions dont vous le menacez. dites-vous. LIVRE IL 217 parties sont si bien coordonnées. dentelés. la ma jesté jusqu'à lui faire fabriquer les abeilles et les fourmis. Il enseigne que tout a été fait par la nature. sans parler de Timprudeuce de ceux qui donnent leur assentiment à la légère. et défendre le précédent. rien ne peut exister. et dispense la divinité d'un si grand travail. a tout fait pour nous. . a-t-il créé tant de serpens et de vipères? Pourquoi a-t-il disséminé sur la terre et sur les mers tant de fléaux destructeurs ? Vous soutenez que le fini et la perfection du travail at testent l'industrie d'un Dieu. crochus.

Etiam dicitis . si quid adversi accident (quod cui non accidit?). qui sint situs partium . Itaque medici ipsi. Portenta videntur. quia possit fieri. LIBER II. Quis enim potest (quum existimet a deo se curari ) non et dies . ut patefacta et detecta mutentur. quae penetrare in cœlum. qui adver . et noctes divinurn numen horrere? et. et me timore. Latent ista omnia. Sed ecquid nos eodem modo rerum naturas persecare. quam vim quaeque pars habeat . neque ego . extimescere. quidquid autsit.ai8 ACADEMICORUM I. eamque esse terram multarum urbium et montium. aperire . ne id jure evenerit? Nec Stratoni tamen assentior . Corpora nostra non novimus . naturalibus fieri. Ipse autem. ut nulla acies humani ingenii tanta sit. XXXIX. Luculle. quorum intererat ea nosse. Sic ille et deum opere magno liberat. sed tamen neque ille. esse e regione nobis . et quasi radicibus suis haereat. an me dia pendeat? Habitari ait Xenophanes in luna. dividere possumus. ignoramus. optantis. e contraria parte terrae . aperuerunt. Nec eo tamen aiunt empirici notiora esse illa. terra penitusne defixa sit. singulas mundi partes persequens. Modo hoc . crassis occultata et circumfusa tenebris. non ita. qui dixit. nec vero tibi. terram intrare possit. aut factum esse docet ponderibus et motibus. jurare posset ita se rem habere . utvideamus. ut viderentur. aut fiat. modo illud probabilius videtur.

Straton délivre Dieu d'un grand travail. Oui. ou si elle est suspendue dans l'espace? Xénophane82 dit que la lune est habitée . pour voir si la terre est solidement assise . par le même procédé. tantôt celle-là qui me paraît plus probable. parce qu'il peut arriver que les parties découvertes et mi ses à nu éprouvent de l'altération. Tout cela paraît prodigieux. Tous ces secrets. ouvrir. pénétrer dans le sein de la terre. quelle est la nature de ses parties ? nous l'ignorons. qu'au dessous de notre pays . 219 et des mouvemens naturels. XXXIX. et moi d'une grande crainte : car qui pourrait penser que Dieu veille sur lui . moi. Voilà pourquoi les médecins . qu'il en est autrement. qui ne craindrait de l'avoir mérité? Toutefois. Mais quoi ! pouvonsnous. sans trembler jour et nuit devant sa puissance suprême? Et si quelque malheur arrive (à qui n'en arrive -t -il pas?). ces mystères n'en sont pas mieux connus. LIVRE II. à qui il importe de le savoir.ACADEMIQUES I. c'est tantôt celleci . comme il n'aurait pu jurer qu'il en est ainsi. disent les empiriques. Et cependant . L'esprit humain n'a point de vue qui puisse percer la voûte céleste. Vous di tes même . Nous ne connaissons pas notre corps : quelle est la disposition . ont ouvert le corps pour mettre au jour ce qu'il contient. diviser la nature des choses. néan moins. je ne m'attache ni à l'opinion de Straton . et comme attachée par de profondes racines . sont cachés et enveloppés dans d'épaisses ténèbres. je ne jurerais point. sur l'autre côté . ni à la vôtre . que c'est une terre couverte de villes et de montagnes. disséquer. ô Lucullus.

stellas. Putas solem esse tantulum? Egone ? vobis quidem tantum ? Sed et vos ab illo irridemini . vix potest. et corpus. ut Dicaearcho visum est. qui nihil islorum sciri putat posse. tresne partes habeat. . qui. ne sit quidem ullus? si est. rationis. Atque hoc etiam Platonem in Timaeo dicere quidam arbitrantur. sis vestigiis stent contra nostra vestigia . Epicure? Loquere. unusque sit? si unus et simplex. an. qui ista non aspernor. solem . Liber igitur a tali irrisione Socrates. quasi stante terra cœlum moveretur. eadem effici omnia . quam eis. quum audiunt . quale sit. supera denique omnia. cœlum. liber Aristo Chius. ut Xenocrates . sed paullo obscurius. utrum sit ignis. sitne . an aeternum? nam utramque in partem multa dicuntur. Sed redeo ad animum. irae. Satisne tandem ea nota sunt nobis . et ipsi illum vicissim eluditis. ut ait Theophrastus . Quid tu. LIBER II. desipere vos arbitrantur ? Hicetas Syracusius . an sanguis? an. an anima. ut Platoni placuit. quos antipodas vocatis? Cur mihi magis succensetis . an simplex. cupiditatis.22« ACADEMIÇORUM I. quae venarum? tenemusne. numerus nullo corpore? quod intelligi. lunam . rem ullam in mundo moveri : quae quum circum axem se summa celeritate convertat et torqueat . Et. neque praeter terram. quae nervorum natura sit. quid animus sit? ubi sit? denique. stare censet. quidquid est. mortale sit.

est-elle périssable ou immortelle? car on ar gumente beaucoup pour et contre. comme il semblait à Dicéarque . le soleil. exprime cette opinion . les étoiles . au rap port de Théophraste. la concupiscence. comme vous vous moquez de lui. la raison. et dans un sens opposé : vous les appelez antipodes. la colère. Plu sieurs pensent que Platon . Epicure . rien n'est en mouvement excepté la terre . il y a des hommes dont les pieds sont placés directement sous les nôtres. en un mot tous les corps célestes . Socrate et Ariston de Chio sont à l'abri de ces railleries : ils pensent qu'on ne peut savoir rien de semblable. que . LIVRE II. comme le voulait Platon .ACADÉMIQUES I. . comme dit Xénocrate . Pourquoi vous emporter contre moi qui ne méprise point cette opinion . la lune . le croyez-vous aussi grand que vous le supposez? Il se moque de vous. 22! de la terre . Connaissons-nous suffisamment la nature des nerfs et des veines ? Savons-nous ce que c'est que l'âme ? où elle est? enfin si nous en avons une . mais un peu obscurément. croyait que le ciel. plus vio lemment que contre ceux qui ne peuvent vous entendre sans vous accuser de folie? Hicétas de Syracuse. savons-nous si elle a trois parties. sont immobiles . un nombre sans corps 83. un souffle ou du sang? estelle . présente les mêmes apparences que si elle restait immobile au milieu du mouvement des cieux. supposé qu'elle existe. tournant sur son axe avec une ex trême vitesse. nous n'en avons point ? et . pensez-vous que le soleil soit aussi petit que vous le dites? Moi? mais vous. ce qu'on peut difficilement concevoir? Enfin . ou si elle est simple et une? Admettons qu'elle soit sim ple et une : est-elle un feu. qui . dans le Timée. Et vous . ou si. Mais je reviens à l'âme et au corps. dites-moi. quelle que soit sa nature. dans l'univers .

eisdem de rebus disputautes? et. neve fueris commentitiis rebus assensus. . quum in uno mundo ornatus hic tam sit mirabilis .tii ACADEMICORUM I. dextra. non quod tuis rationibus non assentiar . Sin agis verecundius . aliud illico subsequatur? aut atomos ullas. innumerabiles. post. quant tam prava sentire. et me accusas . formis. LIBER II. occurrit : ita sunt in plerisque contrariarum rationum paria momenta. deligam. alios ejusdemmodi mundos esse? et. sinistra. Tune aut inane quidquam putes esse. et qua quodque cesserit. aliquid animo videre videamur. ne quid maxime quidem probabile sit. est melius. supra. XL. Quem potissimum? quem? Democritum? semper enim (ut scitis) studiosus nobilitatis fui. aetatibus. ut nos nunc sumus ad Baulos. eisdem nominibus. Urgebor jam omnium vestrum convicio. ut et quod movebitur corporum cedat. ante. honoribus. aut si etiam dormientes. Puteolosque videmus. sed quod nullis : vincam animum . cuique assentiar. rebus gestis. infra. illarum sit dissimillimum ? aut sine aliqua mente rem ullam effici posse praeclaram? et. ingeniis. si nunc. e quibus quidquid efficiatur. Horum aliquid vestro sapienti certum videtur. alios dissimiles. sic innumerabiles paribus in locis esse. nostro. Nihil sentire. imagines extrinsecus in animos nostrosper corpus irrumpere?Tu vero ista ne asciveris . quum ita completa et conferta sint omnia .

de même il est dans d'autres lieux. les autres différens ? Croiriez-vous aussi que . une infinité d'hommes dont les noms .ACADÉMIQUES I. et si vous m'accusez . sont les mêmes que les nôtres. Parmi ces hypothèses. pareils à ceux-ci . il nous semble voir quelque chose en esprit. mieux vaut n'avoir point d'opinions arrêtées . II. . A l'instant je serai accablé de vos invectives : Comment! me direzvous . mais de ne me rendre à aucun. le nôtre n'en rencontre pas même une probable : tant la force des raisons opposées se con trebalance! Si vous agissez avec plus de modestie. l'âge. produiraient des êtres qui leur ressemblent si peu ? Vous croiriez que . vous voudriez qu'il y eût encore d'innombrables mondes au dessus . en se combinant. les uns sem blables au nôtre . croirez-vous que des images venues de l'extérieur pénètrent dans l'âme à travers le corps ? Ah ! n'affirmez jamais de telles choses . LIV. les dignités. ou pendant le sommeil. vous le savez . pour faire de merveilleux ouvrages . à droite . devant . non de ne pas me rendre à vos argumens. les actions. et que nous voyons Pouzzoles. ne donnez pas votre assentiment à ces rêveries. derrière . il n'a point fallu une intelligence? Et lorsqu'un seul monde vous offre un spectacle si admirable. que la place abandonnée par un corps en mouvement est à l'instant occupée par un autre? Vous admettriez des atomes qui . et qui discutent sur le même sujet? Et si maintenant. je ne résisterai plus . Qui préfèrerai-je ? qui? Démocrite? car toujours. 223 XL. que d'en avoir de si absurdes. à gauche. comme nous sommes maintenant à Baules . il y en a une qui paraît certaine à votre sage . l'esprit. j'ai été partisan de la noblesse 84. tandis que tout est tellement plein et serré . et je choisirai celui en qui je dois avoir confiance. l'extérieur. au des sous. vous penseriez qu'il y a du vide .

Quae tu vide. mente praeditus. Soli . Vos ergo hujus magnitudinem quasi decempeda (hinc enim me quasi maiis architectis mensurae vestrae nego hoc) permensi refertis. qui quasi majorum est gentium stoicus. Ergo credere dubium est . quod nescio? an stoicis ipsis in ter se disceptare . ne impudenter etiam postules. et reliquis fere stoicis jEther videtur summus deus . ACADEMICORUM I. Sed cur rapior in invidiam ? licetne per vos nescire. non solum arroganter : praesertim quum ista tua mihi ne probabilia quidem videantur. an ita sit. dominum nostrum ignorare . ut aliquid assensu meo comprobem. fatumque illud etiam. verecundior? Neque tamen istas quaestioues physicorum exterminandas puto. Est enim animorum ingeniorumque naturale quoddam quasi pa- . Zenonis auditor. XLT. quo omnia contineri dicitis. Cleanthes. leniter ut dicam. qua omnia regantur. Solis autem magnitudo (ipse enim hic radiatus me intueri videtur) admonet. contemno. ut crebro faciam mentionem sui. ullam esse arbitror . an iEtheri serviamus. Nec enim divinationem . mihi cum iis non licebit? Zenoni . uter nostrum sit .22/. LIBER II. atque haud scio . quippe qui nesciamus. Solemdominari . Itaque cogimur dissensione sapientum. quam probatis . Ne exaedifîcatum quidem hune mundum divino consilio existimo . et rerum potiri putat. Non ergo id agitur.

pour ainsi dire . pour mieux dire. au contraire .ACADÉMIQUES I. Cléanthe . à l'aristocratie du stoïcisme . tout radieux en ce moment. XLI. puisque vos opinions ne me paraissent pas seulement probables. je la regarde comme nulle. doué d'une intelligence par la quelle tout est régi. ou. Cléanthe qui appartient . Mais pourquoi chercher à me rendre odieux ? Me permettrez-vous enfin d'ignorer ce que j'ignore ? ou bien. vous dites que le destin règle tout . disciple de Zénon . Ainsi le désaccord de vos sages nous réduit à ignorer notre souverain . puisque nous ne savons si c'est au Soleil ou à l'Ether qu'il faut obéir. et moi je le méprise. 22 5 En me parlant ainsi . La grandeur du Soleil (car. les stoïciens pourront -ils disputer entre eux. tandis non et que presque je netous pourrai les stoïciens disputer regardent contre euxl'Ether ? Zécomme le Dieu suprême. LIVRE II. vous parlez de cette grandeur comme si vous l'aviez mesurée à la toise. 1l y aurait à l'exiger de la présomption. Vous . L'examen et la con templation de la nature sont pour l'âme et pour l'intellixxvii. Je ne pense pas même que ce monde ait été construit par la sagesse divine. Vous admettez la divination . pense que le Soleil est le souverain et le maître de toutes choses. il semble fixer sur moi ses regards) m'invite à faire sou vent mention de lui. que je ne crois point capables d'une telle opération ! Eh bien ! lequel de nous (j'adoucis l'ex pression) montre le plus de réserve? est-il permis d'en douter? Cependant je ne pense pas qu'il faille rejeter tout-à-fait ces questions de physique. vous n'avez donc pas l'intention de me faire approuver un système. je dirai même de l'insolence . i5 . pauvres architectes. j'ignore s'il en est ainsi.

si in ejusmodi rebus. quum cornix cecinerit . amittere. si erunt mensi . humanissima completur animus voluptate. credat. approbat . quem metiri non possuut. haec nostra. contemnimus. Ex quo illa conclusio nascitur : Si. nec magis affirmabunt. earum etiam rerum auctoritatem . Indagatio ipsa rerum tum maximarum . qui ceteras res eodem modo . quo magnitudinem solis . neque approbant. sol quantus sit. consideralio coatemplatioque naturae : erigimur. Veniamus nunc ad bonorum malorumque notionem. Sed paullulum ante dicendum est. LIBER II. cogitantesque supera atque cœlestia. praeclareque agi secum putet. habet oblectationem. . verisimile quod sit. affirmet . hulum. ut assentiatur. percipi non potest. ut exigua et minima. aut vetare. tum ali quid eam aut jubere. quasi percipiat . Si vero aliquid occurret. quod verisimile videatur. is eas res non percipit. Qui igitur approbat . quam so ' lem. quam terram. Magnitudo autem solis percipi non potest. Non enim magis assentiuntur. et hic noster : sed vester. plus quam duodeviginti partibus majorem esse . sex pedum esse . Quaeret igitur haec et vester sapiens . tum etiatn occultissimarum . invenerit. Non mihi videntur considerare. si quae illustriores videantur.lucere nunc quam. signum illud . humana despicimus. noster. elatiores fieri videmur. quum physica ista valde affirmant.22« ACADEMICORUM I. ut vereatur temere opinari.

car ils ne sont pas plus décidés à croire et à af firmer que maintenant il fait jour. il nous semble planer dans une région supérieure . par là . surpasse de dixhuit fois au moins le volume de la terre. ils assureront de même que le soleil . L'esprit plein de pensées hautes et célestes . Mais. mais si quelque chose de vraisemblable s'offre à l'observateur. Cette étude nous élève. De là sort cette conclusion : S'il est impossible de percevoir l'étendue du soleil. On j5. sur ces questions de physique . ne connaît réellement pas ces choses. le nôtre craindra d'opiner inconsidérément.ACADÉMIQUES I. croire. auparavant. me paraissent ne pas assez considérer que. dans de telles recherches. et si . j'ai encore quelques mots à dire. Ceux qui . qu'ils ne peuvent mesurer. Dans la recherche seule de ces phénomènes admirables et profondément cachés. alors surtout son âme est remplie de la volupté la plus digne de l'homme. . ne connaît rien. après avoir mesuré cette statue . si petit. sondera donc ces mystères : seulement le vôtre ira jusqu'à approuver. le monde est à nos pieds. celui qui ne connaît pas les autres choses mieux qu'il ne connaît l'étendue du soleil. comme le vôtre . si. donc celui dont toutes les connais sances supposent cette perception . nous méprisons cette vie terrestre où tout est si frêle. Notre sage. Passons maintenant à la connaissance des biens et des maux. affirmer. sont si affirmatifs. il ne nous est pas donné de percevoir l'étendue du soleil . ils se privent de l'autorité attachée à des idées plus claires. il a trouvé quelque chose de vraisemblable. LIVRE II. se trouve déjà un charme puissant . 2*7 gence un aliment naturel. et croira avoir ob tenu un beau succès. qu'à soutenir que le chant de la corneille est un ordre ou une défense du ciel 85 . or. ils assurent qu'elle est haute de six pieds.

posse percipi. princeps Xenophanes . LIBER II. Sed. Megaricorum fuit nobilis disciplina. quae relicta jam videntur. et quam non multum a Platone. opinor. eretriaci appellati : quorum omne bonum in mente positum. quanlus sol sit. Hos si contemniînus. quod cœperam : quid habemus in rebus bonis et malis explorati (nempe fines constituendi sunt. vides quantum ab eo dissenserit . quod is Eretria fuit . Responderint. Illi similia. et simile. Socratis discipulus . et idem semper. minusve comprehendi. quod esset unum .S28 ACADEMÏCORUM I. dummodo eodem pacto ce tera percipi comprehendique dicant. Parmenides et Zeno : itaque ab his eleatici philosophi nominabantur. Megareus. ut scriptum video. sed. qui in cognitione et scientia summum bonum po int. nullam rem percipit. Hi quoque multa a Platone. deinde eum secuti. quoniam omnium rerum una est definitio comprehendendi. explicata uberius et ornatius. et Herillum . XLII. qua verum cerneretur. ad quos et bonorum et malorum summa referatur) ? qua de re est igitur inter summos viros major dissensio? Et omitto illa. quem modo nominavi . cujus. et jam abjectos putamus. qui quum Zenouis auditor esset. Nec enim possunt dicere. et mentis acie. Non repugnabo . A Menedemo autem . a quo iidem illi megarici dicti : qui id bonum solum esse dicebant . Post Euclides. illos certe minus despi . aliud aliomagis.

Si nous dédaignons les érétriens. La doctrine des précédens était à peu près la même. Les érétriens. nous devons certainement traiter avec moins de mépris ceux dont je vais parler : Ariston . toujours identique : ils devaient aussi beau coup à Platon.| Parménide et Zénon vinrent après lui : de ces philosophes la secte des éléates a pris son nom. pourvu qu'on m'accorde que le reste est perçu et compris de la même manière. mais avec plus de développement et d'élégance. nommé tout-à-l'heure. puisque . ainsi appelés de Ménédème d'Erétrie. et fort peu de Platon. adopta en réalité ce que son maître n'avait fait . L'école de Mégare fut célèbre : j'ai lu aue Xénophane. il n'y a qu'une seule manière de comprendre quoi que ce soit. Ces philosophes definissaient le bien ce qui est un. Ensuite parut un disciple de Socrate. dans cette vue intérieure qui saisit le vrai. disciple de Zénon . je ne parle point d'Herillus qui place le souverain bien dans -la connaissance et la science. N'est-ce pas sur ce sujet que les plus grands hommes sont surtout en guerre? Je néglige les systèmes qui paraissent abandonnés. Nos ad versaires ne prétendront point qu'une chose est plus ou moins comprise qu'une autre. Reprenons la question déjà posée : Qifavons-nous de certain sur les biens et les maux? il faut ici fixer la limite qui détermine le suprême degré des biens et des maux. d'après leur dé finition. qui fit donner à la même école le nom de mégarique. en fut le chef. disciple de Zénon. plaçaient le bien suprême dans l'âme.ACADÉMIQUES I. Je ne dis pas que uou. Euclide de Mégare. LIVRE II. toujours semblable. il s'éloignait beaucoup de son maître. et si nous les regardons comme déjà mis de côté . XLII. 229 me répond qu'on peut percevoir la grandeur du soleil.

quae àS'ixipoptx ab ipso dicitur. Aristonem . Honestum au tem. Diodorus. quae »i:à&ux nominatur. re probavit ea . Ambo hi peripatetici. quum Zenonis fuisset auditor. in his rebus neutram in partem moveri. haec nunc videamus . non quo probaret . nisi quod virtuti esset contrarium. sed ut opponeret stoicis. qui Socratem audierat. et honestatem finem esse Callipho cen suit . Huic summum bonum est. ejusque amici nunc proxime videntur accedere. Has igitur tot sententias ut omittamus. cere debemus . frui iis rebus. quae Zeno voluit. quod ducatur a conciliatione naturae. et Aristoteles. quas primas homini natura conciliet. Pyrrho autem . Nihil esse bonum . fruentem rebus iis. quae diu multumque defensa sunt. Honeste au tem vivere. neque tamen cum cyrenaicis de ipsa voluptale consentiens. nisi virtutem . Introducebat etiam Carneades . hoc idem cum honestate . et vetus academia censuit.a3o ACADEMICORUM I. neque malum . Zeno statuit . Post Epicurus. in mediis ea momenta. summum bonum esse. qui . LIBER II. quas primas natura conciliavisset. ut indicant scripta Polemonis . Voluptatem autem. quem Antiochus probat maxime . nulla esse censuit. quae ille verbis . cujus est disciplina nunc notior. ea ne sentire quidem sapientem. vacare omni molestia . unde cyrenaici. Hieronymus . Alii voluptatem . finem esse voluerunt : quorum princeps Aristippus.

que le souve rain bien consiste à jouir des avantages que la nature désigne comme les premiers . Hiéronyme veut que ce soit l'absence de tout malaise . est le bien . Cette importance que Zenon avait attribuée aux choses moyennes . Ariston la déclara nulle. non qu'il l'approuvât . tel est le principe moral de la vieille académie . dont Antiochus est le partisan zélé. disciple de Socrate et chef des cyrénaïques.ACADÉMIQUES I. a3i qu'énoncer en belles paroles : Qu'il n'y a qu'un seul bien. ce qu'il appelle indifférence. en présence de ces choses. dont la doctrine est plus connue aujourd'hui . Carnéade mettait aussi en avant ce principe. à cette condition. Diodore . et qui ne s'accorde pas avec les cyrénaïques au sujet de la volupté. pour ne nous occu per que des suivans. Omettons donc tous ces systèmes . mais pour l'opposer aux stoïciens. comme l'indiquent les écrits de Polémon . la vertu . pour lui. selon quelques-uns. joint l'honnête : ces deux derniers sont péripatéticiens. Calliphon nous assigne pour fin l'honnête uni à la volupté. le souve rain bien. Suivant Pyrrhon. le sage ne sent pas même les choses moyennes. consiste à n'être affecté ni pour ni contre. Aristote et ses sectateurs se rapprochent de cette solution. Ensuite se présente Epicure. ce qui est contraire à la vertu. La fin que nous devons nous proposer est la volupté. LIVRE II. qui ont été long-temps et opiniâtrément défendus. parmi lesquels se distingue Aristippe. qu'un seul mal . il nomme cet état de l'âme apathie. Vivre honnêtement en jouissant des biens que la nature met au premier rang . L'honnête que l'on atteint en se conformant au vœu de la nalure.

Sin vera sunt Zenonis . Cupio sequi stoicos. eadem in veteres academicos peripateticosque dicenda.232 ACADEMICORUM I. gerrnanissimus stoicus. qui inventor et princeps stoicorum fuit. stoicis f nonne indicat . finem esse bonorum. » Nihil potest dici inconsideratius. quos exposui. Est enim inter eos non de terminis. de omni ratione vitae dissident. Nam aut stoicus constituatur sapiens. sed alter. omnibus iis finibus bonorum. sed de tota possessione contentio. rei falsae assentiens. quem sequar? modo ne quis illud tam ineruditum absurdumque respondeat : « Quemlibet. Utrumque non potest. si nunquam. Ad vos nunc refero. uter est prudentior? Quid? quum ipse Antiochus dissentit quibusdam in rebus ab iis. XLIH. neutri assentiens . Jam illud perspicuum est. Si Polemoneus. quoniam tantopere dissentiunt. quos amat. meo judicio in philosophia prope singularem) per ipsum Antiochum? qui appellabatur academicus. peccat stoicus. malorum fines esse contrarios. Erit igitur res jam in discrimine. Nam omnis ratio vitae definitione summi boni continetur. Licetne (omitto per Aristotelem . non possc illa probanda esse sa . vos quidem nihil dicltis a sapiente tam alienum esse. Hic igitur. erat quidem. Non potest igitur uterque esse sapiens. aut veteris academiae. modo aliquem. si perpauca mutavisset. de qua qui dissident. LIBER II.

Il est clair qu'à chacun de ces souverains biens que j'ai énumérés. car il faut que le vrai sage appartienne au portique ou à la vieille académie. Voyons : je veux m'attacher aux stoïciens. en phi losophie. malgré son titre d'académicien. En effet.ACADÉMIQUES I. un pur stoïcien? Nous voilà donc déjà au milieu d'un conflit. LIVRE II. la défini tion du souverain bien embrasse toute la conduite de la vie. génie presque unique . n'indique. Estce le disciple de Polémon? alors le stoïcien a tort. elles sont en guerre. n'est plus indi gne du sage. a33 suprême . qui. je ne dis pas d'Aristote . Est-ce Zénon qui dit vrai ? il faut tourner le reproche contre la vieille académie et les péripatéticiens. il ne peut être à la fois de l'une et de l'autre école*. fondateur et chef du stoï cisme 8S. On ne peut rien dire de plus inconsidéré. Puisque ces philosophes sont tellement en désaccord. Je ne donnerai donc mon assentiment ni à l'un ni à l'autre. être en dissidence sur cette définition. tant que je ne saurai lequel des deux est le plus sage8'. lequel adopterai-je ? Seulement qu'on ne me fasse point cette réponse ignorante et absurde : Celui que vous voudrez. pourvu que vous en adoptiez un. mais d'Antiochus lui-même. c'est donc l'être aussi sur toute la conduite de la vie. était. Aurai-je la permission. il faut qu'un seul le soit. Quoi? lorsque Antiochus lui-même diffère en plusieurs points des stoïciens qu'il aime. C'est à vous maintenant que je le de mande.t-il . lui qui adhère à l'erreur : rien. selon vous. non pour des li mites. à peu de chose près. XLIII. correspond un souverain mal qui en est le contraire. ils ne peuvent être sages l'un et l'autre . d'après Zenon . à mon gré . mais pour le domaine entier.

omnia peccata esse paria. virtutem jacere plane puto. dogma prodere. At hoc Antiocho vehement issime displicet. homuncio hic. Distrahor. tum illud videtur : et tamen. inquit. ne virtuti plus tribuat. sed non beatissimam. partim etiam necessaria. XL1V. Praecide. statue aliquando quidlibet. qui nihil censuit deesse virtuti. et fortuna: mala. qui quum dicat esse quaedam et corporis. in quibus consentiunt . Quid? illa. quam natura patiatur. Contiueo igitur me. metuo.a34 ACADEMICORUM I. Ecce multo major etiam dissensio. inquit. et acuta mihi videntur in utramque partem . tum hoc mihi probabilius. Sed ille. si sapiens sit. Et hic. Deus ille. ne scelus faciam ? scelus enim dicebas esse. nonne caveam . nisi alterutrum sit. nec . qui in his omnibus sit . et paria . praesertim Theophrasto multa diserte copioseque dicente. LIBER II. beatum fore censet . ne vix sibi constet. num pro veris probare possumus ? sapientis animum nunquam nec cupiditate moveri . Zeno in una virtute positam beatam vitam putat. pienti? Placet stoicis. Quid? quae dicuntur quidem . qui multa putat praeter virtutem homini partim cara esse . beatam. Luculle. ne incognito assentiar. quod mihi tecum est dogma com mune. tamen eum . vereor. Quid Antiochus ? Etiam. Liceat tandem mihi considerare. Verum in his discrepant. utram sententiam sequar.

Mais quoi! pouvons -nous adopter comme * Voyez chap. outre la vertu. beaucoup de biens chers et indispensables à l'homme. Zénon place dans la vertu seule le bonheur de la vie. vient de la vertu . je trouve plus de probabilité. direz-vous. tantôt là. Voici un dissentiment bien plus grave encore. et pourtant. . Tiré en deux sens contraires . ils ne sont pas d'accord. i\. LIVRE II. mais Antiochus réprouve énergiquement cette maxime. vous avez appelé crime* la violation d'un dogme. de part et d'autre. Lucullus. mais non pas la vie la plus heureuse. Qu'en pense Antiochus? La vie heureuse. Mais je crains que l'un n'attribue à la vertu plus que la nature ne permet . Décidez-vous . Je me re tiens donc afin de ne point adhérer à l'inconnu . Sur ce principe. et que cependant l'homme plongé dans ces maux peut être heureux s'il est sage. dit-il. tantôt ici. le second un faible mortel qui croit qu'il est. dogme qui m'est commun avec vous.ACADÉMIQUES I. dit-on . me paraissent ingénieuses et de force égale : ne dois-je pas me garder de commettre un crime? car. où la grâce se joint à l'éloquence. Le premier est un dieu qui pense que la vertu ne manque de rien . je désespère de la vertu. et j'ai peur que l'autre ne soit en opposition avec luimême . surtout depuis les réfuta tions de Théophraste. Comment? les raisons. XLIV. prenez un parti quel conque. si l'un des deux n'a raison. a35 pas que de telles opinions ne sauraient être approuvées du sage? Il plaît aux stoïciens que toutes les fautes soient égales. en disant qu'il est des maux qui tiennent au corps et à la fortune. Permettez-moi de considérer quel sentiment je dois suivre.

praeter turpitudinem . Sed quaero. si patria deleatur. non quo mihi displiceant. baec probabilia sane suit. mmquam dolere. cui. verum aureolus . permotiones istas animis nostris datas : metum. Atque illi quidem etiam utiliter a natura . et. laetitia efferri. de Luctu. Est enim non magnus. nihil est in bonis : tibi vero. secusne. sunt enim socratica pleraque mirabilia stoicorum. fortitudinis quasi cotem esse dicebant : recte. et in omni permotione naturalem volebant esse quemdam modum. sapientes solos reges. clementiae. Antioche. alias viderimus. et venisse doleat. Legimus omnes Crantoris. praeter honestatem . so . misericordiam aegritudinemque . dicebant .236 ACADEMICORUM I. multa bona. minime. Atrocitas quidem ista tua quo modo in veterem academiam irruperit. cavendi causa. quando ista fuerint ab academia vetere decreta . praeter honestum. ut animum sapientis commoveri et conturbari negarent? Mediocritates illi probabant. Age. quae nxptxSo^x nominantur : sed ubi Xenocrates. non doleat? Satis durum . sed Zenoni necessarium . ut Tuberoni Panaetius praecipit. Illa vero ferre non possum. quae et venientia metuat sapiens necesse est . millta mala videntur. Sapiensne non timeat? nec. LIBER II. Illi unquam dicerent. num etiam illa? nunquam timere. ipsam iracundiam. ubi Aristoteles ista tetigit? hos enim quasi eosdem esse vultis. nescio. ad verbum ediscendus lihellus. cui. veteris academici.

prenons cette opinion pour probable. Antiochus. qui . Mais. outre le déshonnête. a37 vraies les idées mêmes sur lesquelles ils s'accordent ? par exemple. la miséricorde et les peines du cœur. elles n'ont pourtant rien qui me répugne. vous admettez beaucoup de biens. par Crantor. outre l'honnête. et digne d'être appris littéralement. mais c'est un livre d'or. il n'en est point ainsi : outre l'honnête. pour nous tenir sur nos gardes. Mais je ne vois pas comment vos impitoyables doc trines auraient fait irruption dans la vieille académie. de l'ancienne académie. pour aiguiser notre courage. Je ne saurais accepter vos idées . c'est ce que nous examinerons une autre fois. Les mêmes philosophes disaient encore. dans toute émotion . la co lère même. Que ce soit vrai ou faux. transportée par la joie? passe. et. pour nous porter à la clémence . Pour vous. beaucoup de maux que le sage doit craindre quand ils viennent. . elle respectait la limite fixée par la nature. il n'est pas long. qu'on nomme paradoxes. que c'est pour notre utilité que la nature a mis en nos âmes ces émotions : la crainte. viennent de Socrate. que l'âme du sage n'est jamais agitée par les désirs. en sera-t-il de même de celleci : Le sage n'éprouve ni crainte ni affliction? Le sage ne craindrait-il rien? ne s'affligerait-il pas. mais nécessaire pour Zénon . Mais où en trouve-t-on la trace dans Xénocrate . déplorer quand ils sont venus. je le demande. Nous avons tous lu le traité sur le deuil .ACADÉMIQUES I. comme Panétius le recommande à Tubéron. l'ancienne académie a-t-elle jamais posé cette maxime : Le sage ne doit être ni agité ni troublé? Elle approuvait des états intermédiaires . ne re connaît aucun bien. car la plupart des étranges maximes du stoïcisme. LIVRE II. même en voyant sa patrie en ruines? La conséquence est dure.

et eam civitas incoleret. exsules . bono modo. familiari tuo. los divites. quae ubique essent. sapieutis esse ? neminem consulem . P. qui tum. eum. quantum videbitur. Albinum. servos . stoicus. aut Xenocrates . non esse leges? ne urbes denique. LIBER II. scripta graece. quam mœnia . Luculle. praetor esset. Legi apud Clitomachum . consul fuit. nisi sapientem? Postremo. Scipione et M. » Aristoteles . nec in ea civitas. solum liberum? insipientes omnes . qui cum avo tuo. » Tum ille : « Huic stoico non videris. peregrinos . tantum. furiosos? denique scripta Lycurgi . Luculle. perpauca balbutiens. si es assensus Antiocho. imperatorem. aut civilates . nescio an ne quinquevirum quidem quemquam. non dubitavisset. mibi autem. jocantem dixisse Carneadi : «Ego tibi.. solos formosos? omnia. doctum sane hominem. A. et Roma urbs.a38 ACADEMICORUM I. solum civem. ut supra dixi. duodecim Tabu las nostras. praetorem . Carneade. tam sunt defendenda . quum Carneades et stoicus Diogenes ad senatum in Capitolio starent. praetor esse non videor. ut indicat ipsius historia. Sed ille noster est plane. nisi quae essent sapientium? Hase tibi. quia sapiens non sum . XLV. quos Antiocbus sequi volebat. Marcello coss. Solonis. . nec haec urbs . quin et praetor ille esset.

comme le prouve l'histoire qu'il a écrite en grec. à votre avis. alors pré teur. riches. Auraient-ils jamais dit que les sages seuls sont rois. des exilés . Rome n'est point une ville . que sais-je? peut-être quinquévir? enfin. préteur. des esclaves . J'ai lu dans Clitomaque. que nos lois des Douze-Tables ne sont lois que pour les sages ? qu'il n'y a de villes et de cités . complètement stoïcien . n'auraient point douté qu'Albinus fût préteur. homme savant. un préteur. défendre toutes ces assertions comme vos remparts. qu'autant qu'elles sont peuplées de sages ? Si vous avez embrassé les doctrines d'Antiochus . qu'au moment où Carnéade et le stoïcien Diogène attendaient au Capitole pour être présentés au sénat. a39 dans Aristote? songez que. et ses habitans des citoyens.IVRE II. je les défendrai avec une juste mesure. Albinus. comme je l'ai dit. Mais notre ami était.ACADÉMIQUES I. parce que je ne suis point un sage . et qui fut consul avec votre aïeul . homme libre . qu'Antiochus prétendait suivre . pour vous. pour moi. votre ami. Marcellus . s'adressa en plaisantant à Carnéade : « Je ne suis point . A. il faut. que le sage seul est citoyen. » Carnéade lui répondit : « C'est l'avis de ce stoïcien. XLV. Scipion et de M. ces deux philo sophes n'en font qu'un. I. sous le consulat de P. Lucullus . des furieux ? Au raient-ils dit que les lois de Lycurgue et de Solon. général. dis-je . en dépit de quelques hésitations. beaux? que tout ce qu'il y a au monde appartient au sage? qu'il n'y a que le sage qui soit consul. Rome une ville. » Aristote ou Xénocrate . . Albinus . c'est-à-dire. ses habitans ne sont point des citoyens. autant qu'il me paraîtra convenable. et que ceux qui manquent de sagesse sont tous des étrangers .

Aut enim honestatem esse finem. bominem jungit deo. ut Calliphontem sequar. quod minime vultis. ut eam probare etiam vi . eos invidiosum nomen voluptatis fugere. quam suaviter voluptas sensibus nostris blandiatur. corpus solum tuetur. Quid consilii datis? Testatur saepe Chrysippus. ne labar ad opinionem . Nam qui summum bouum dicant id esse. de finibus bonorum . quasi corporis simus expertes . quae defendi possint. nec multo secus eos.ut assentiar Epicuro. Quod facere eos etiam. animum solum complectitur. Sit sane ita : quanquam a Polemonis . aut voluptatem. qui illud idem cum honestate conjungerent. quasi auimum nullum babeamus. qui ad bonestatem prima naturae commoda adjungerent. et Antiochi finibus non facile divellor. aut Aristippo. Possum esse me dius : ut . neque quidquam habeo adbuc probabilius. cujus quidem sententiam Carneades ita studiose defensitabat . et aliquid adsciscam et comprobem incoguitum. et peripateticorum. Ita tres relinquit sententias. aut utrumque. quas putet probabiliter posse defendi. quoniam Aristippus . circumcidit et amputat multitudinem. verumtamen video. tres solas esse sententias. sed in vicinitate versari.24o ACADEMICORUM I. pecudum illos mo tus esse dicit. Zeno. vcl potius reprehendit manu. si vacemus omni molestia. LIBER II. Revocat viitus. Vos auteiii mihi veremini . Laboreo.

LIVRE II. comme si nous n'avions pas d'âme . et puisque Aristippe . Ainsi Chrysippe ne laisse que trois opinions qu'on puisse soutenir avec probabilité. et il en est à peu près de même de ceux qui ajoutent à l'hon nête les premiers avantages de la nature. comme si nous n'avions pas de corps. et que jusqu'ici je ne sache rien de plus probable . La fin de l'homme. il élague et retranche la multitude des autres. se tiennent dans le voisinage de la volupté . dont Carnéade défendait le sentiment avec tant de chaxxvu. cependant je vois avec quelle douceur la volupté caresse nos sens . quoiqu'il soit difficile de me détacher de la fin dernière de Polémon. est l'honnête. et que je n'adopte et n'approuve quelque chose d'inconnu. ce que vous condamnez. Ceux qui veulent que le souverain bien consiste à rester exempt de tout malaise. tout en évitant d'en prononcer le nom odieux. ne s'occupe que du corps . je pourrais suivre Calliphon88. ne s'occupe que de l'âme. j'élève l'homme jusqu'à la divinité. 16 . ou la volupté. des péripatéticiens et d'Antiochus.ACADÉMIQUES I. Eh bien! quel conseil me donnez-vous? Chrysippe soutient souvent qu'il n'y a sur le bien suprême que trois sentimens qui puissent se défendre. ou l'un et l'autre à la fois. dit -elle. Je veux bien le croire . » Je pour rais prendre un milieu. La vertu me rappelle. moi . dit-il. et je me laisse aller à approuver Epicure ou Aristippe. ou plutôt sa main puissante me retient : «Ces passions. On en peut dire autant de ceux qui unissent la volupté avec l'honnête. »4i Vous craignez pour moi que je ne me laisse glisser à l'opinion . sont faites pour la brute . puis que Zenon .

Sed . Tantum interest. Unum igitur par. quum honestas in voluptate contemnenda consistat. amicitia . multa ruunt. Nihil igitur me putatis. moveri? Tam moveor. si ipsum [fînem] velim sequi. eum nunquam. deretur. LIBER II. reliquum est. qui nomen honestatis a se ne intelligi quidem dicant. hanc regulam. nisi forte. carilas. habiturum. tanquam hominem cum bellua . approbas. verum illud. quid invita sequeretur. justitia. quod gloriosum sit in vulgus . nunquam se intelligere potuisse . id honestum velimus dicere . quasi mercede aliqua. quid Carneadi probaretur. copulabis ? XLVI. Audi contra illos. De quo Chrysippo fuit. quod tu. Nam quae voluptate. non magna contentio. quam tu. et gra vis et recta ratio mihi obversetur? Tu .a ACADEMICORUM I. quod depugnet. nisi erit gratuita. Alterum si sequare. quantum ego sentio . . ea non est virtus. reliquae virtutes. Luculle . Quanquam Clitomachus affirmabat. voluptas cum honestate. neque me minus hominem . et alia innumerabilia quum audiam . nonne ipsa veritas. a qua qui aberravisset. assentiris.a/. fontem omnium bonorum in corpore esse. certum . honestatem cum voluptate . quum es commotus. quarum esse nulla potest . sed fallax imitatio simulatioque virtutis. ad officium impellitur. quam te putaveris. haec. hanc praescriptionem esse naturae. et maxime communitas cum hominum genere. acquiescis . hanc normam.

une hypocrisie de vertu. ébranler votre conviction : moi. ce n'est pas vertu. que de ruines! vous détruisez surtout la sympathie qui unit le genre humain. Chrysippe . doivent être désintéressées. c'est une imitation trompeuse. La seule différence. c'est là. la loi . ferme. Ecoutez d'autre part ceux qui prétendent ne pas comprendre même le mot honnête. 16. . selon moi . invariable . la vérité même. la justice et les autres vertus qui . pour exister. Suivez l'un des principes rivaux. Pensez-vous que j'entende ces maximes sans en être ébranlé ? Elles font sur moi autant d'impression que sur vous. n'a pas dû balancer long-temps entre eux. de la brute et de l'homme? XLVI. Lucullus. ne me croyez pas moins homme que vous-même. perçue. la volonté de la nature : qui s'en écarte. LIVRE II.ACADÉMIQUES I. dès que l'impression est reçue . être poussé au devoir par la volupté comme par un salaire . il n'y a pas de raisonnement qui puisse détruire. les affections de famille . En effet. la pure et sévère raison ne m'ar rêterait-elle point ? Quoi ! lorsque l'honnête consiste à mépriser la volupté . Mais si je voulais suivre Calliphon. vous l'approuvez. vous voulez qu'elle soit vraie. l'amitié. vous y adhérez. vous tenterez l'union monstrueuse de la volupté et de l'honnête. certaine. Il ne reste donc plus que deux athlètes aux prises . vous y acquies cez. pour eux . comprise. qu'on aurait cru qu'il l'adoptait. Clitomaque affir mait pourtant n'avoir jamais pu deviner quel était sur ce point l'avis de Carnéade. à moins que nous n'ap pelions ainsi ce qui procure une bonne réputation dans le monde. c'est que vous . la règle. l'honnête et la volupté. ceux qui disent que la source de tous les biens est dans le corps. au contraire. n'aura jamais de guide à suivre dans la vie. a43 leur. arrêtée.

cui si assensus sim . nihil politius? A Chrysippo pedem nunquam. falsumne sit. ratum. perceptum. Numquid horum probat noster Antiochus ? Il le vero ne majorum quidem suorum. Plato autem omne judicium veritatis. comprehensum . abductam ab opinionibus et a sensibus . qui inter se dissident? In hoc ipso. quo modo judicare oporteat. deque eo nulla ratione neque pelli . aliud cyrenaicorum . Venio enim jam ad tertiam partem philosophiae. praeter permotiones intimas. XLV11. aliud Epicuri. veritatemque ipsam. et multum probati ? aut ipsum Aristotelem. praesertim quum judicia ista dialecticae nulla sint. Ubi enim aut Xenocratem sequitur. Aliud judicium Protagorae est. firmum . neque moveri po tes : ego nihil ejusmodi esse arbitrer. quod cuique videatur . si quid ita connexum est. quod in elementis dialectici docent. quoniam vera a falsis nullo discrimine separantur. et in voluptate constituit. qui omne judicium in sensibus. quo profecto nihil est acutius. Qui ergo academici appellamur. fixum vis. LIBER II. ut hoc : «Si dies est. qui putet id cuique verum esse. qui .»44 ACADEMICORUM I. et in rerum notitiis . nihil putant esse judicii. non assentiar saepe falso . verum. . cogitationis ipsius et mentis esse voluit. cujus libri sunt de ratione loquendi multi . an abutimur gloria nominis ? aut cur cogimur eos sequi .

placés hors du domaine des opinions et des sens . ne m'expose à approuver le faux. Où suit-il Xénocrate . LIVRE II. qui pense que le vrai est. si je l'approuve. dans leurs élémens . Pla ton veut que le discernement du vrai et la vérité même.ACADÉMIQUES I. qui prétendent qu'on ne peut être sûr que des mouvemens intérieurs. il fait . dont rien n'égale la pénétration et l'élégance? Il ne fait jamais un pas sans Chrysippe. XLVII. Vous voyez que j'arrive enfin à la troisième partie de la philosophie. Autre est le principe logique de Protagoras. n'ap partiennent qu'à la pensée et à l'intelligence. dont nous avons des livres nombreux et estimés sur les rè gles du langage ? où suit-il Aristote . Nous . puisque nullé diffé rence ne distingue le vrai du faux . Notre Antiochus accepte-t-il un de ces principes? Lui ! pas même ceux de ses pères en philosophie. qui fait reposer tout jugement sur la sensation . sur les idées sensibles . autre celui dés evrénaïques. ce qui lui paraît tel. à juger de la vérité ou de la fausseté des propositions conjonctives. comme. qu'on appelle académiciens . surtout puisque la dialectique n'a rien à voir dans cette distinction. S'il fait jour. a/J 5 je pense qu'il n'est aucune idée qui . sur la volupté. pour chacun. abusonsnous de la gloire de ce nom ? De quel droit nous force rait-on à suivre des philosophes qui ne s'accordent point? Prenons un exemple : les dialecticiens enseignent . autre celui d'Epicure.

quod eos omnes. quae jam non ad multitudinem . LIBER II. Chrysippo aliter placet. exsules. pugnumque fecerat. negat Antiochus. scire quidquam. nisi ut opifices concitentur? Qui si undique omnes convenerint. quum extensis digitis adversam manum ostenderat.» Deinde. occludi tabernas jubes? Quo enim spectat illud. quum artificia tolli queris a nobis. At scire negatis quemquam rem ullam . hujusmodi est. » Tum quum plane compresserai. facile contra vos incitabuntur. Expromam primum illa invidiosa. quod ante non fuerat. Qua ex similitudine etiam nomen ei rei. «Assensus hujusmodi. et tanquam in concionem vocas? et quidem. Negat enim vos Zeno. nisi sapientem. Luculle. opiniosissimi homines . aliter Philoni . servos. » quanta contentio est? Aliter Diodoro. quum paullum digitos constrinxerat .tv imposuil. . comprehensionem illam esse dicebat. insanos esse dicatis . Quo modo. Et hoc quidem Zeno gestu conficiebat. doctore suo . pertinent. qui adestis. etiam insipientem multa comprehendere. ut seditiosi tribuni solent. lucet. « Visum. qui in concione stabunt. deinde ad illa veniam . nonne multis in rebus dissentiunt? Quid me igitur. inquiebat. %<xr<xty^.246 ACADEMICORUM I. Antipater et Archidemus . Quid ? cum Cleanthe . in invidiam. quam multis rebus Chrysippus dissidet ? Quid ? duo vel principes dialecticorum . sed ad vosmet ipsos. Nam . inquies? nos enim defendimus .

ordonner qu'on ferme les boutiques ? car. inconnu jusque-là. que vous les traitez d'exilés . et. Pour vous signaler à leur haine . les doigts étendus. et Zenon le démontrait par un geste. je révèlerai d'abord à tous ceux qui se réuniront . Chrysippe d'une au tre encore. à l'exemple des tribuns séditieux. la science que personne ne possède. dans quel but nous accusezvous de supprimer les arts. et fermant le poing. » De cette simili tude. disait-il . a47 clair. repliant un peu les doigts. di sait-il . Comment? direz-vous. » Alors. sinon pour ameuter contre nous les artisans? Si pourtant ils s'assemblent de toutes parts . Enfin. c'est Zenon .ACADÉMIQUES I. et qu'il donna à cet acte de l'esprit. Antipater et Archidemus. il présentait l'intérieur de la main : « Voilà. » Mais . ces opinateurs intarissables. serrant les doigts. il ajoutait: «Tel est l'assentiment. LIVRE II. il disait : «Vous voyez l'emblème de la compréhension. Philon d'une autre. on comprend bien des choses. aux prises avec Cléanthe. d'insensés. il nous sera facile de les lancer sur vous. nous soutenons que. ne sont-ils pas en guerre sur mille choses? Pourquoi donc . l'image de l'aperception. Lucullus. non la multitude. qui le déclarent. sur maintes questions. mais vous-mêmes ici présens : car vous ne savez rien . il avait emprunté le nom de xxrâty^ti. » Ensuite. Que dis-je? Chrysippe n'est-il pas. mettant la main gauche sur la droite.. excepté le sage. d'esclaves . même sans être sage . Lorsque. Que de contestations à ce sujet ! Diodore pense d'une manière. me dévouer à la haine. et se tenant le poing étroitement et fortement serré : « Voilà . c'est Antiochus . Je passerai ensuite aux outrages qui concer nent. son maître? Les deux principaux dialecticiens. me citer en quelque sorte devant le peuple. Mais vous dites aussi que personne ne sait rien excepté le sage.

etiam quod ipse vidisset. quod probabile esset. desinerent irasci : ne nobis quidem succenserent . ut « arbitrari» se diceret. quum in his esset tanta solertia? Quod si eos docuisset aliquis. qui sapientes sint. tum. cujus compotem. illa subtilius. An pateretur hoc Zeuxis . ut ea non esse facta. Ita tu nunc. aut Polycletus. Sed. » quod inscientia multa versaretur in vita. lucere nescis. si nihil comprehendi posset . aut Phidias. quo modo tu. id. Quam rationem. nisi sapientem.ACADEMICORUM I. esse neminem. quod autem satis esset ipsis . sed ut « videri » pronuntiarent. scientiam talem esse dicebat. nihil se scire. deinde ita teneri. satis magnam vim habere ad artes : sic ego nuuc tibi refero. « si sciens falleret. et illum pugnum arcte vehementerque compresserai . aut fuerint. Catule. neque mihi dabas. relinquere. artificia concidere dicebas . quod nusquam esset . majorum ctiam comprobat diligentia : qui primum jurare « ex sui animi sententia » quemque voluerunt. Sed. quam vim habere diceretur scientia . quum didicissent id tollere nos . in tua villa nos esse. Num minus haec invidiose dicuntur? Nec tamen nimis eleganter. Hortensi. LIBER II. ne ipsi quidem solent dicere. . Quum autem laevam manum admoverat. quaeque jurati judices cognovissent. nec tu. artem sine scientia esse non posse. qui testimonium diceret.

Ainsi maintenant. ils se seraient apaisés. ils se seraient même réconciliés avec nous . et vous. eux qui ont déployé une si rare habileté ? Si pourtant on leur eût expliqué la force que vous prêtez au mot science. qu'en rendant témoignage. qu'on ne fût responsable que pour l'avoir violé à bon escient . Notre doctrine est encore confirmée par la prudence de nos ancêtres. sans la science. Zeuxis. on dît je présume. même pour ce qu'on aurait vu soi-même. et que vous nous attaquiez avec plus de finesse. Mais comme vous nous disiez qu'en supprimant la compréhension on détruit les arts. que nous sommes dans votre maison de campagne. que les juges assermentés. Catulus. je vous renvoie votre argument. et que vous n'accordiez pas à la proba bilité assez de force pour les faire naître. Phidias ou Polyclète au raient-ils souffert qu'on les accusât de ne rien savoir. et je réplique que. vous ignorez qu'il fait jour. Hortensius. en second lieu . qui ont voulu d'abord que chacun prê tât serment d'après le sentiment de son cœur . enfin. les arts ne peuvent exister. 249 ceux qui sont sages ou l'ont été. dès qu'ils auraient appris que nous suppri mons ce qui n'est point . quels sont-ils? les stoï ciens ne le disent point. parce que l'erreur involontaire est fréquente dans la vie . que nous laissons subsister ce qui leur suffit. Une telle accusation serait-elle moins redoutable que la vôtre ? Il est vrai qu'elle n'est pas trop ingénieuse . ensuite . vous. après avoir achevé l'informa- . LIVRE H.ACADÉMIQUES I.

et de sorite. Saepius enim congredientes nos. Posthac tamen. ut intelligat se opinari. nihil esse.»5o ACADEM1C0RUM I. LIBER II. Luculle. nos baec contulisse. Sed quid Catulus sentit? quid Hortensius? — Tum Catulus. Egone? inquit. est mihi perorandum. ut. fero. vehe . assensurum autem non percepto. navigandi nobis. quum plus uno verum esse non possit. ut percipi nihil putem posse. requiremus. sed etiam Favonius ipse insusurrat. quod percipi possit. de obscuritate naturae. id est. inquam. sed ita. aut pseudomeno : quas plagas ipsi contra se stoici texuerunt. quam quidem ille Carneadeam esse dicebat. XLVIII. quod comprehendi et percipi pos sit : per Inox^v illam omnium rerum comprobans. — Tum Lucullus. quam de oculorum sensuumque reliquorum mendaciis. Non moleste. deque errore tot philosophorum . opinaturum sapientem existimem. sciatque nihil esse. Verum. inquit. tempus esse. qui de bonis contrariisque rebus tantopere discrepant. illi alteri sententiae. potius de dissensionibus tantis summorum virorum disseramus. jacere necesse sit tot tam nobiles discipli nas. quoniam non solum nauta significat. si quae videbuntur. — Optime. et quoniam satis multa dixi. quum haec quaeremus. et maxime in Tusculanis nostris . Ad patris revolvor sententiam .

je pense que rien ne peut être perçu . — Fort bien. qu'en pensez-vous? — Moi! répondit Catulus. non que le fait avait eu lieu. Hortensius.ACADÉMIQUES I. XLVIII. Lucullus. j'en ai dit assez . que rien n'est perceptible. je tiens fortement à cette autre maxime . et surtout dans nos maisons de Tusculum : nous pourrons alors. au sorite . la vérité étant une. cependant. par son murmure. et que rien ne saurait être compris ni perçu. c'est-à-dire qu'il opinera. prononçassent. en sorte que. nous nous attacherons aux graves dissentimens des hommes les plus distingués . et je suis loin de le blâmer. mais que vous . lorsque nous reviendrons sur ces re cherches. dis-je : vous. Souvent nous aurons occasion de nous réunir. Une au tre fois . qu'il disait être celui de Carnéade . à l'erreur de tant de philosophes si divisés sur la question des biens et des maux. renouveler nos discussions. et le zéphyr. à tous ces filets que les stoïciens ont tissus contre eux-mêmes ! — Alors Lucullus reprit : Je ne regrette point que nous ayons eu cet entretien. prenant pour guide en toutes choses la probabilité. Mais puisque le batelier. par ses signes . vous. aussi bien . — J'ai votre avis. LIVRE II. qu'il est temps de nous embarquer. mais qu'il leur semblait. nous avertissent. Grâce à cette èzroxrç. puisque. mais je crois que le sage donnera son assentiment à des idées non perçues. toute fois en sachant bien qu'il opine. j'en reviens à l'avis de mon père. voilà des sujets bien préférables aux illusions des yeux et des autres sens . il faut terminer mon discours. a5i tion. mille systèmes célèbres doivent s'écrouler. Catulus . à l'obscurité de la na ture . quand il nous plaira. au menteur.

nos ad naviculas nostras descendimus- . menter assentior. LIBER II. — Teneo le . Ita sermone confecto. Hortensi ? — Tum ille ridens. Sed tibi quid tandem videtur. Tollendum. Catulus remansit. — Habeo. Nam ista academiae est propria senteutia.»5« ACADEMICORUM I. sententiam tuani nec eam admodum aspernor. inquam. inquam.

— Je vous tiens. Hortensius ? — Je pense . car c'est là le propre sentiment de l'académie. LIVRE II.ACADÉMIQUES I. a53 en semble . Catulus resta chez Hortensius. dit-il en riant . L'entretien étant ainsi terminé. qu'il faut suspendre le jugement 89. répon disse . . et nous descendîmes vers nos barques.

orat. . chap. liv. il prenait le titre de proquesteur. qui était de ce nombre. A celle d'Hortensias. ou mémoire artificielle. Plutarque . Mais une loi de Sylla établit une exception en faveur des partisans du dictateur. Cicéron dit. Justin . Lucullus. i3 et suiv. des détails sur la mémoire pro digieuse d'Hortensius : « Memoria tanta. etc. Panétius est à peu près le premier des stoïciens. 3.. 8. i3 . Apophth. 2. 7. Par le bénéfice de la loi.SUR NOTES LE LIVRE II. Partit. Si dans un de mes ouvrages. n. 1. n du xie liv.. 7. voyez Athénée. Qui s'imaginent savoir. Plus bas. On trouve dans le Brutus . iv. Il en est longuement question dans la Rhétorique à Hérennius . 5. 3a). liv. dans le langage du por tique et de l'académie . Cicéron fait allusion ici à un ouvrage intitulé Hortensius . 33. Sur l'ambassade de Scipion. Cicéron admet la pro babilité. 88. de ses Institutions. liv. et proquesteur les huit suivantes. dont il ne reste que des fragmens. 3. La questure était conférée pour une année. Cicéron revient très-souvent sur ce su jet [de Orat. On ne pouvait être préteur que deux ans après avoir été édile. consultez la vie de ce grand homme par Plutarque. profita de cette loi qui avait cessé d'être en vi gueur au moment où Cicéron écrivait les Académiques. Panétius. Quintilien a consacré à la mémoire le chap. 6. mais rejette la certitude. ni. Lucul lus resta environ neuf ans en Asie : il fut questeur la première année. n. Les anciens attribuaient une grande importance à la mnémonique . qu'à son avis. chap. de Finib. iv. 86. — Savoir. Strabon. xxxvm. Pour tous les détails relatifs à Lucullus. . quantam in nullo cognovisse me arbitror. chap. Proquesture. » 4. vi. Lucullus. signifie être certain. Si le magistrat revêtu de cette charge continuait à l'exercer au delà du terme fixé par la loi . ValéreMaxime.

12. cité par Fabricius dans sa bibliothèque grecque. 11. Les manuscrits por tent Ma vêlera : nous avons reçu dans le texte la correction vetcribus. XVII. ne doit pas être confondu avec Héraclite le péripatéticien. Mais un passage d'E tienne de Byzance. Il est donc probable qu'Antiochus avait adressé son ouvrage à son com patriote Sosus . 61. Ariste . i5. mais de Philone. manuscrits portent Solus . vers la fin du chap. Antibius et Eubius . voyez l'Introduction du premier livre. Sur ces anciens philosophes que Cicéron nomme habituel lement physiciens . Plusieurs. stoïciens illustres. Je rapporte modo nascentes à illis : la philosophie.NOTES SUR LE LIVRE IL 255 8. 10. venait de naître. . liv. ex. Etienne dit que la ville d'Ascalon a vu naître Antiochus . Ce philosophe académicien . ) 13. On a eu recours à diverses subtilités pour expliquer ce titre. 3. il est probable que les trois amis de Lucullus n'avaient pas entendu ce philosophe lui-même. pour accuser Ptolémée Aulète. (Voyez pro Cœlio. Heraclite de Tyr. Ariston et Dion. 1. 16/i). dont parle Diogène Laërce (v. frère d'Antiochus . Je ne crois point qu'on puisse comparer les hésitations des premiers philo sophes à l'état d'un enfant au moment de sa naissance. beaucoup plus ancien . 9. philosophe académicien . i/|. Cette ignorance absolue des anciens. car Cicéron ne dit pas a Philone . Un livre intitulé Sosus. approuvée par tous les éditeurs. en effet. était probablement un péripatéticien originaire d'Alexan drie même. et des éditeurs ont préféré cette dernière leçon. D'après le manuscrit de l'auteur. Dion. vu. Ariston. cité par Diogène Laè'rce (ix. Philon était venu à Rome après la prise d'Athènes par Sylla : néanmoins. lève toute difficulté. dont il n'est fait mention qu'en ce passage . 20) : 2oçôv -yàp eîvat «hï tov sirl'Yvuao'fievov tôv ooço'v. Il est déjà question d'Ariste dans le liv. et Strabon . La philosophie dans son enfance. Sosus . qu'il ne faut pas confondre avec Ariston de Chio. fut envoyé à Rome par les Alexandrins . Ne faut-il pas être sage? Ces paroles sont traduites de Xénophane. stoïcien comme lui.

à laquelle succède la perception ou la compréhen sion. vaticinationes. 31.. qui est celle de Platon. Voici la succession de ces faits de l'entende ment. 32.( une a58 grande différence entre visum NOTES et perceptio. Quel que soit l'incon vénient de répéter sans cesse les mots aperception. Les stoïciens. Zu-pcaTâôsaiç. Le point de départ est l'impression organique qui entraine Yaperception. 28. que l'on emploie mal-à-propos dans toutes les traductions pour rendre visum. dont le .'» «pavTaoîav. vu. la rigueur du langage philosophique ne permet point de s'y soustraire. voyez aussi plus bas. admettent ces croyances. Qui établissent cette distinction. Sur ce criterium de Carnéade. xvh. Les stoïciens n'admettaient pas . mathem. mais ils recon naissaient des probabilités . » 33. — Voyez chap. compréhension.. Les premiers académiciens ne niaient pas l'évidence. de Divinat. Il arrive quelquefois qu'on ne trouve point un milieu qui convienne aux deux extrêmes de la proposition qu'on veut prouver : alors on prend plusieurs milieux. xm . consultez Sext. Durand et d'autres traducteurs n'ont pas compris cette distinction des académiciens. chap. c'est-à-dire la certitude absolue.. â(ia xat àwepîoiraoTov xai ^is£a>Teu{/-évï)v. Cette dernière suppose l'assentiment. xat ttiv môavTiv .) 29. Ces der niers mots expliquent quœ non impediatur. On appelle sorites. entre voir et per cevoir. Lucullus est très-faible dans ses objections contre cette doctrine. perception. pour le vrai... Adv. somnia. au milieu. leur percep tion ou compréhension ne s'exerçait que sur des données sen sibles. d'autre sanction que le témoignage des sens.. etc. oracula. nous expliquerons le sens du mot perception . 166 : Ttiv «iSavr. Emp. Carnéade et Philon niaient la perception. Consultez Ci céron. xxxm : « Vera esse haruspicum auspicia.. Plus bas . et par là croyaient échapper au re proche de rendre tout incertain. Ni sous la compréhension. mais ils la faisaient sortir des profondeurs de l'âme et non des phéno mènes variables de la sensibilité. Probable et libre d'entraves. ( Voyez la note suivante et le chap. Cicéron cherche à établir cette distinction subtile dans la seconde partie du livre. 30. qui nous pa rait très-philosophique.

Il s'exprime ainsi. l7- . monceau. 121). qui. par laquelle tout s'explique. 42. ce qui est contraire à la nature des choses. Lucullus appelle ici individua. pour s'appuyer de leur au torité. Voyez ch. La version de Castillon est diamétralement opposée aux doctrines que soutient Lucullus. nihil non interest. la certitude absolue : cependant ils se défendaient du reproche de pyrrhonisme. sur YÉp.SUR LE LIVRE II. Dans la séance précédente . Cette phrase est inintelligible dans nos textes et dans nos traductions. Dieu ne peut pas ce qui est absurde. Cicéron la cite. 3g. Alcméon. xxm. Que Dieu peut tout. 37. le dernier à l'autre. le titre d'une tragédie d'Ennius. disciple de Pythagore. nous donne le vers entier : In somnis mihi visus Homerus adesse poêla. Songe de Scipion. Epicharme. l'an de Rome Soi . 36. de oopo'ç. xxv et xxvi). 1. Poète et philosophe sicilien. Sans le vouloir assurément. 34. en effet. ce que les Grecs ap pelaient âTofioi . 43. Identifier l'un avec l'autre. i. 1. 40. de Fin. Les empreintes d'un cachet. Tout sorite contient autant de syllogismes que de milieux. Carnéade et Philon niaient la perception. 41. a59 premier convient à un extrême.. iv. 35. a3 . cite encore les physiciens au ch. et l'an 5o5. Cet argument par accumulation se nomme sorite. Un scoliaste. 1. 38. c'est-à-dire. ce que Cicéron désigne ailleurs par le mot corpuscula. v. Lucrèce parle de ce songe d'Ennius (1. 5o d'Horace. Atomes. Voyez aussi Cic. ch. et qui forment comme une chaîne du premier terme au second. xxvi. Voyez note 28. Catulus avait cité ces exemples {voyez chap. Tel était. et que Cicéron étalera encore un peu plus loin. Je n'ai pas hésité à ajou ter une négation. Le second de ces deux frères fut con sul deux fois. 62. au rapport de Nonius. Ceci s'adresse à Cicéron. Les anciens Servilius. De citer encore. On peut abuser de cette arme dans la discussion . mais la logique apprend à déjouer tous les pièges dont Lucullus se tire assez mal en ce passage .

i4. 1 .a6o NOTES 44. Deux philosophes stoïciens.. Celte petite Cynosure. 17. de celui qui précède. le premier est sou vent nommé dans Cicéron (Orat. depuis l'an de Rome 680. 5 1 . 45. Argonaut. 46. Dans les derniers temps de sa vie. Après avoir été ques teur à Alexandrie . Mné sarque eut Panétius pour maître. Saint-Augustin [Contra Acad. Au sujet des Cimmériens. liv. Comme une chose honteuse. ch. xxix. grande ourse.Suspension d'assentiment. paraît décrire un cercle plus étroit. Le second n'est guère connu que par ce passage . voyez Homère. nec eam cuiquam nisi qui secum ad senectutem usque vixissent aperire consuevisse. i. Carnéade prenait pour mineure. La Cynosure. Silius Itaocits . et que la mi neure de son syllogisme correspondait à la conclusion. ÈXfx». dont nous avons parlé note 6. » Voyez le même ouvrage.. constellation de la petite ourse. Malgré son dissentiment. 50. fcnoyri est une métaphore em pruntée aux exercices du manège.. 1. XII.8. 2. 48. i3o. Ecl. jusqu'à l'an 687.. Voyez plus bas. . n1 .. pour commander contre Mithridate. Les Cimmériens. ao) dit. n. 45. étant plus rapprochée du pôle. On n'a pas vu que Carnéade intervertissait l'ordre des propositions. et suivans. Triones. Valerius Flacccs.. de Dardanus. Lucullus fut envoyé en Cilicie avec le titre de proconsul. Voyez Aratcs . Kuvo'noujia. m. 47. vers 3o. (Stob. 4g. De Mnésarque.l . Ce passage a embarrassé mal-à-propos les éditeurs des Académiques. Antiochus mou rut en 686. de Fin. a. mais la liberté du dialogue permet de tels anachronismes. intitulé Hortensius. C'est un terme célèbre dans l'his toire de la philosophie ancienne. 3o. 6). ch. Il resta alors en Syrie. Phénom. étoiles de la grande ourse. Cet ouvrage ne fut composé qu'après la mort d'Hortensius. phys. Il parait qu'il ne s'accordait pas avec le reste des stoïciens. ch. liv. On croit voir ici une allusion à l'ouvrage de Cicéron. 1 1. en parlant des académiciens : « Illis morem fuisse occultandi sententiam suam . Odyssée.

Démoerite. 56.. 48). citée par Cicéron. Par suite d'une ophthalmie. Nous avons adopté l'heureuse correction de P. Ce passage est inexplicable. il se dégoûta du stoïcisme. Les manuscrits portent sub nube. v. et passa dans la secte d'Epicure. En supposant . Ces dernières portaient le nom de Mœnianœ . (Conf.. 3i. son maître. que Leucippe avait ébauché. Galien et Lactance en font mention. La cinquième était donc la dernière parmi celles des ci toyens qui possédaient quelque fortune. Il développa le système des atomes. . Par Leucippe . Que la neige est noire.. On ne peut croire que Cicéron ait rappelé sérieuse ment une aussi misérable argutie. v. Baïle. Faber : sub novis. De la cinquième classe. 1. Voici encore un passage qui a tour menté les commentateurs. . est dé veloppé dans Sextus [Pyrrh. tout s'explique aisément. Disciple de Zenon de Cittium. fut un des plus grands philosophes de la Grèce.. Ce sophisme d'Ansxagore. dont il a été souvent question dans les chapitres précédens et dans le xvne en particulier. se retrouve exactement dans la Préparation évangélique d'Eusèbet et en partie dans Diogène Laërce. 53. Métrodore de Chio fut disciple de Démocrite et maître d'Hippocrate. que facerent est une erreur de copiste pourfacere dkerent. Ling. 7 . Cette expression était consacrée dans le langage populaire . Deipnos. Près des boutiques neuves. 6. Athen. a6i 5a. iv. parce qu'elles étaient près de la colonne de Ménius. 1. i3). La sixième classe se composait des pro létaires.. hyp. 19). Les bouti ques neuves étaient exposées aux rayons du soleil. si l'on rejette la correction sed lenebricasos. Orat. de Fin. Le peuple romain était divisé en six classes d'après le cens. avec Lambin . 66. vu. un abri sous une espèce de balcon qui entou-r 54. Qu'il agissait ainsi. Cic.) 55.-Liv. La phrase de ce philosophe. ce qui n'offre aucun sens.. lot. n. il se rattache à Parménide et à l'école d'Elée... Tit. 94. D'autres boutiques étaient appelées sub veteribus (Plaut. phil.. iii . Du côté des rait vieilles la colonne on trouvait de Ménius. Curcul. Dict. et désignait une partie des boutiques du Fo rum ( Varro . Denys d'Héraclée. 266 .SUR LE LIVRE II.

Ce passage est altéré. Qu'il rendfaux témoignage. si les sens eux-mêmes n'annoncentpoint la vérité? Ce qui ne vient pas des sens. par cet exemple même . son maître . Sext. Cet argument serait contre Cicéron. aurait répondu l'ancienne académie. Jusque-là . Sg. et être sûr de quelque chose.. tels que le sortie et le menteur. surnommé Cronus . 1.) 58. beaucoup plus faible que Lucullus. Lucullus avait d'avance répondu à cette objection au ch. Que percevra-t-on . D'une seule couleur. 6 1 . Zenon tient tête à Arcésilas. Alexinus d'Elis et Eubulide. 64. 60. 65. mais il lui était facile de prouver. relatifs à ce phénomène. et on ne voit pas comment ce dernier renverse la célèbre définition des stoïciens. Deux flammes à une lampe. Diodore . Dix-huitfois plus grand que la terre. 62.jàp àirô T»iç Kupiîvïiç tpiXoootpot (lova (paaiv ûirctp^siv là nâ6v. 63. si le fait sur lequel il repose n'était faux. mais de l'intelligence. Stilpon . vi. Diodore . liv. Timagoras n'aurait pas dû le nier. Si. au lieu de lacerât ista causa. Cicéron est. J'a dopte la correction lacerât iste causai». SXKo Si cùSiv. Sans la jamais démentir. On sait aujourd'hui . vu . Stilpon de Mégare florissait 5oo ans avant Jésus-Christ. Affectés d'une certaine manière. prouve qu'on peut échapper à l'erreur. Il est inutile de citer tous les passages des anciens . 66. xlii. 53 : Ot . (Voyez Intr. malgré le témoignage de la vue. on sait que le cou de la colombe n'a qu'une seule couleur.. qu'on peut quelquefois s'en rapporter au témoignage des sens. dans cette réplique . ne sont connus que par des argumens captieux . On ne percevrait ni l'un ni l'autre. Emp. Il est certain que Platon et Socrate admettent plusieurs dogmes essentiels. xlvii. Qui met en pièces votre cause. en distinguant maintes fois l'illusion de la réalité. il y a donc en nous quelque chose qui rectifie les erreurs des sens. ch. est en core cité plus bas. Alexinus.a6a NOTES 57. Répétons encore que Cicéron. dont il est question plusieurs fois dans les Académiques. en déclarant qu'il ne partageait point l'opinion d'Epicure.

Cent Alexandre semblables. Ensuite. 71.SUR LE LIVRE II. Polydore. mathem. Tout élève de philosophie sait aujourd'hui que ce n'est pas à la vue seule de juger des dis tances et des proportions. Cette princesse. 44 . que nous ne croyons pas devoir nous y arrêter. § a53. puisque des mêmes prémisses on peut déduire des propositions contradictoires. comme dans cet autre exemple de Cicéron : Cur cuperes causa non erat. Hypot..On employait dans le même sens îtjTaaflai et èircy tiv. Elle avait élevé comme un fils son jeune frère. 67. 69. Une personne éveillée. qui lui apparaît dans le songe rapporté ici.. avait épousé Polymnestor. 70. 79. § 416. Lance une torche. Perse. fille de Priam. 1. Cicéron fait allusion à VHerculejurieux d'Euripide. par con séquent. Cicéron se donne un adversaire trop commode. choses inexplicables.. Le premier vers cité dans ce chapitre : Je te vois. vu. Cette phrase est encore un peu obscure : la suite des idées l'explique. à ce sujet. et Tuscul. 73. 2a. est probablement tiré d'une tragédie d'Ajax. En conscience. 1. Le même. et que. . pour que. 72.—Prœclara ne me parait point ironique. On répond qu'il est impossible de réunir toutes les conditions que Cicéron exige. Ce sont. ne prouvent rien dans la question agitée par les académiciens. Je ne prends pas cur dans le sens interrogatif.. vi. . jamais statuaire ne fera deux statues absolument sem blables. L'auteur veut montrer qu'on ne doit aucune confiance à la dialectique. Pyrrhon. roi de Thrace. Les autres fragmens sont de VAlcméon d'Ennius. Vous décrivez admirablement. 106. mais dans le sens conjonctif . Consultez Sext. ftai>x<«ïsiv.. v. Parce qu'elles seront opposées aux premières. Sat. n. Ulysse. Adv. c. intitulée llione. Emp. Ces derniers vers sont tirés d'une tragédie de Pacuvius. La difficulté qui lui paraît inexplicable est une confusion d'idées si faciles à reconnaître et à débrouiller.. 68.. 1. a63 que le soleil est quatorze cent mille fois plus grand que la terre' Mais les erreurs des anciens.

un peu plus bas . Cic. auïeùam aut non. Taillé dans le chêne le plus dur. atomistique. Ep. sans impiété . Ce philosophe était aveugle. 76. 1. tantôt non . dit-on. au chap. ont éte torturés de toutes les manières. i63 : Où ykp i-arà «Tpooc • cr7i iraX(U^à7ou . v. Myrmécide. ch. pythagoricienne et platonicienne. Cicéron embrasse les écoles ionienne. de l'affirmation sur probabi lité. nequeaiat. xviii . regardant le soleil comme un dieu. sed paululum ante dicenduin est. On conjecture qu'il mourut avant son maitre. Entre d'illustres philosophes. vel ut illud ante . ne pouvaient .ûpjMit. Polyénus quifut. il a déclaré que le faux peut avoir les mêmes caractères que le vraisemblable. Ces mots. L'auteur. xli . 80. non inesse in his quid quant taie . Envers le stoïcien Diodote. dont il se défend si mala droitement. qui travaillait l'ivoire avec une merveilleuse .. a pour résultat d'empêcher toute négation. lorsque. xxxi.Volyénus de Lampsaque fut au nombre des principaux disciples d'Épicure (Sehec. fourmi. 6. Qu'il regarde comme un dieu. distingue l'affirmation sur certitude. chant xix. chercher à en déterminer la grandeur. Cicéron parait en contradiction avec lui-même. . puis. Il dit d'abord que la seconde manière de suspen dre son assentiment. Mais il a lui-même détruit toute confiance en son probabilisme.. il logea chez Cicéron jusqu'à sa mort. Imité de ce vers de l'O dyssée. neque neget. un grand malhématicien. Avec un peu plus de logique. Dans la revue des systèmes qui remplit le chapitre suivant. ao). quod non etiam falsum. 78. On appelait ainsi un ouvrier athénien ou milésien . oùcf' à-iro TFiTpiic. De (/. voyez l'Introduction du livre ier. éléate. Les stoïciens. il se jèterait dans le scepticisme absolu . 'AXX1 ilcTfâ» yifOt «IV. Quelques mots de préambule. Sur les prin cipaux d'entre ces philosophes.a64 NOTES 74. suivant son système. 79. iSanf affirmer positivement. toute affirmation. revenant sur ce même acte de l'esprit . 77. Le sens que nous adop tons semble être confirmé par le début de la partie morale . de Fin. il prétend qu'il nous autorise à dire tantôt oui. 75. 81 .

voyez la note 32. et dans les nouveaux fragmens philosophiques. 26). dans la Biographie universelle. renvoyer à une autre séance la décision. sans un grand effort . Cousin. voyez l'excellent article de M. Chef du stoïcisme. Cicéron prend ce mot dans le sens de l'lirox»i des nouveaux académiciens. . Sur Xénophane . page l34.SUR LE LIVRE II. que les interprètes de Cicéron ne sont pas bien sûrs d'entendre.Laehc. qui explique toïlendum par differendum . Partisan de la noblesse. On lit dans la plupart des éditions : mens sine corpore. 87. sont loin d'être en opposition. 83. 84. Le père de Démocrite était un des principaux citoyens de la ville d'Abdère (Diog. xlii : Voluptatem et honestatem fnem esse Callipho censuit. Suspendre le jugement. Sur les superstitions des stoïciens. 82. 88. les réduire à deux . ix. qui convient mieux au système de Xénocrate et aux mots suivans : quod intelligi quale sit vix potest. Un nombre sans corps. Nous avons adopté l'opinion du président Bouhier. Lequel des deux est le plus sage. Goerenz propose numerus. a65 délicatesse. 34. Au rapport de Pline . Il va lui-même. Tous les systèmes que Cicéron vient d'énumérer. Xcnophane. Voyez ad lollendam cognitionem. Voyez ch. Cette discussion se termine par un jeu de mots. qui n'ont peut-être que le tort d'être exclusifs. Nous nous sommes ef forcés de plier au sens général de ce passage un texte manifeste ment altéré. Suivre Calliphon. Une défense du ciel. 86. 89. 85. il avait fait un vaisseau qu'une abeille cachait sous ses ailes.

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SÏIÉVENART PROFESSEUR DE LITTERATURE GRECQUE A LA FACULTE DES LETTRES DE DIJON. .DES VRAIS BIENS ET DES VRAIS MAUX TRADUCTION NOUVELLE PAR M.

veuve de Caton et asservie par César. et à détourner sa pensée de la mort de Tullia. Caton . Pourquoi suis-je sur cette terre ? Telle est la première question que s'adresse tout homme qui veut un peu philosopher avec luimême. pour eux . comme tant d'autres. c'est du moins cette opinion qui y domine entre toutes les autres. retiré dans la solitude de ses ma gnifiques villa . Alors parut le traité des Vrais biens et des vrais maux. qu'il s'était .INTRODUCTION. à côté du livre de la Consolation. auquel doit aspirer dans ce monde toute créature hu maine : c'était là . de YHortensius et des Académiques. L'an de Rome 708. et l'une des questions les plus vitales de la mo rale restait. tù TeXfi . cherchait à se consoler des maux de sa patrie . jeune épouse que le sexagé naire avait prise et répudiée dans l'espace de quelques mois. en proie à d'interminables dis putes. Torquatus . que je viens d'achever. on peut dire de lui ce que Voltaire disait de Bayle. je fais expliquer la doctrine des épicuriens par L. Cicéron s'est proposé de passer en revue et de discuter les principales opinions qui avaient survécu de son temps. Dans ces cinq livres. Là dessus les anciens avaient bâti l'idée d'un bien su prême . Cicéron. Nous verrons tout-à-l'heure pourquoi ce problème était in soluble. afin de ne point faire de jaloux. avait aussi son but. fines. Pison. du père et de l'époux. J'ai choisi des personnages qui ne sont plus. son bien suprême. sa fille bien-aimée. Mais chaque école. irepl teXôv. et de la joie insultante que cette perte avait inspirée à Publilia . Dans le traité de Finibus. et celle des péripatéticiens par M. Aux chagrins du citoyen. » " Dans les cinq livres de Cicéron sur la nature du bien et du mal. 19) : « Les dialogues que j'ai faits depuis peu sont aristotéliques . il opposa les études du philosophe. Il en trace lui-même le plan dans une lettre à Atticus (xm. celle des stoïciens par M. ayant son système. le but final de la vie .

) . soit qu'il parle lui-même. Cela nous parait aujourd'hui si simple . si l'on ne trouve nulle part un ré sultat entièrement satisfaisant. a. et qu'il ne fallait pas l'y chercher. 269 fait l'avocat-général des philosophes. Au cun ne s'est aperçu qu'ils cherchaient tous ce qu'on ne peut pas trouver. car on connaît très-bien celles de Cicéron . comme lorsqu'il défend le probabilisme académique et attaque les dogmes d'Epicure et de Zénon . chap. m. Il s'agit ici de la grande question du souverain bien. soit qu'il donne la parole à quel qu'un des personnages qu'il introduit. 3. ire partie.. puisqu'il est de toute impossibilité que le souverain bien soit dans un ordre de choses où tout est nécessairement impar fait. si les modernes ont absolu ment renoncé à cette question . eut appris à l'homme que le bonheur n'était point de ce monde . sect. que personne ne s'a vise plus d'en douter.. c'est qu'il était impossible d'en ob tenir sur ce qui n'existe pas. qu'il ne donne jamais ses conclusions. que. mais non pas ce que Vol taire ajoute de Bayle.. liv. » ( La Harpe .INTRODUCTION. qui n'a cessé d'agiter pendant tant de siècles les écoles anciennes. mais il est très-commun d'ignorer ce qui est pourtant une vérité de fait. C'est le premier inconvénient ( et il est capital) de ces interminables controverses des anciens. c'est depuis que le législateur de l'Évangile. Cours de littérature. et .

qui me ad alias litteras vocent : genus hoc scribendi. il on eram nescius. philosophari. quae summis ingeniis . et dignitatis esse negent. personae tamen. ut hic noster labor in varias reprehensiones incurreret. ea latinis litteris mandaremus. tamque multam operam ponendam in eo non arbitrante1. quum. et hi quidem eruditi graecis litteris. contemnentes latinas.BONORUM DE FINIBUS ET MALORUM AD BRUTUM LIBER I. Quanquam philosophiae quidem vituperatoribus satis responsum est eo libro . quo a nobis philosophia defensa et collaudata est . et iis quidem non admodum indoctis. Erunt etiam. etsi sitelegans. fore. qui se dicant in graecis legendis operam malle consumere. si remissius agatur. sed tantum studium . quum csset accusata . totum hoc displicet. Postremo aliquos futuros suspicor. Nam quibusdam. I. exquisitaque doctrina philosophi graeco sermone tractavissent. Brute. Contra quos omnes dicendum breviter existimo. Quidam autem non id tam reprehendunt.

Brutus . pourvu qu'on s'y adonne avec modération : toutefois. Ce livre ayant paru obtenir vos suffrages et ceux des hommes que je . D'autres critiques se présente ront . proscri vent la philosophie. suffisamment répondu aux détracteurs de la philosophie dans le traité1 où je l'ai défendue de mes louanges et de mes efforts. A toutes ces objections. diront-ils. I. quel qu'en soit l'agrément. diront qu'ils aiment mieux prendre la peine de lire les moralistes grecs. Quelques-uns. contre les accusations et les reproches d'Hortensius. Je n'ignorais pas . ils ne veulent pas qu'on y consacre tant de soins et tant de travail. je pense qu'il est bon de répondre en peu de mots. LIVRE I. qu'en confiant à la langue latine des sujets déjà traités en grec par des philosophes d'un génie élevé et d'un rare savoir. est au dessous de votre rang et de votre caractère. qui . Les uns. j'allais exposer mon travail à des reproches de plus d'une espèce. il est vrai . me rappelleront à d'autres études : ce genre d'écrire. enfin. et dédaigneux pour la nôtre .DES VRAIS BIENS ET DES VRAIS MAUX ADRESSÉ A RRUTUS. sa vans dans la langue grecque. je le prévois. J'ai déjà . Les autres n'y voient rien de si blâ mable. sans être entièrement dépourvus de connaissances.

non enim illum ab indu'stria. qui rebus infinitis modum con stituant. et quacrendi defatigatio turpis est. quum. LIB. Qui autem . Sive hoc difficile est : tamen nec modus est ullus investigandi veri.iyi DE FIN. difficilem quamdam temperantiam postulant in eo. scribimus : quis est tam invidus. et iis. moderatius tamen id volunt fieri. sit pulcherrimum. quod quaeritur. veritus . nisi inveneris. ne movere hominum studia viderer. mediocritatem desiderent. retinere non posse. qui se latina scripta dicunt contemnere. in reque eo meliore. in quibus hoc primum est . I. quam his . quo major sit. Qui liber quum et tibi probatus videretur. quum id. His igitur est difficilius satisfacere.. aut arare. Etenim si delectamur. sed ab illiberali labore debis terret injucundus : sic isti curiosi labor. plura suscepi . si maxime hoc placeat. ET MAL. aut aliquid ferre denique. Sive enim ad sapientiam perveniri potest : non parandanobis solum ea. qui ab eo nos abducat? sin laboramus : quis est. ut Terentianus Chremes non inhumanus. sed fruenda etiam est. qui omnino avocent a philosophia . . quos ego posse judicare arbitrarer. quod semel admissum coerceri reprimique non potest : ut propemodum justioribus utamur illis. qui alienae modum statuat industriae? Nam. et vituperata ab Hortensio. BON. quos offendit noster minime no- II. qui novum vicinum non vult Fodere.

Cette investigation est-elle pénible? comme elle a pour but la vérité. une fois com mencée. ils exigent une retenue très-difficile dans une étude qui . 18 % . II. Ils sont loin de là . que choque une étude. pour ainsi dire. Quant à ceux qui demandent de la modération à l'homme que la philosophie a su charmer. ne connaît plus de bornes ni de repos2. et qui veulent de la modération dans une étude d'autant plus estimée qu'on la pousse plus loin. Pouvons-nous. et ici mon xxvh. mais incapable de l'enchaîner. atteindre la sagesse? il ne suffira pas d'en faire la conquête. j'ai entrepris d'aller plus loin . pleine d'attraits. c'est une corvée d'esclave dont il veut le détourner. quand l'objet que l'on cherche est la suprême beauté ! Si le plai sir d'écrire a tant de charmes pour moi . 2-H regardais comme de vrais connaisseurs. ces indiscrets conseillers.DES BIENS ET DES MAUX. I. à mes yeux . qui pourrait être assez jaloux pour me l'envier ? si c'est un pénible labeur. LIV. car ce n'est pas une occupation libérale. ou porte un lourd fardeau. il faudra en jouir. pou:. ceux qui repoussent entièrement la philosophie . vous ne devez pas vous arrêter que vous ne l'ayez trouvée : quelle honte de manquer de courage dans ses poursuites . sont . plus équitables que ceux qui tracent une barrière devant une matière qui n'en admet pas. où est l'homme qui peut empêcher autrui d'exercer sa pensée? C'est dans une intention bienveillante que le Chrêmes de Térence 3 s'oppose à ce que son nouveau voisin Ou sillonne la terre. en ef fet.ne pas me montrer capable d'ex citer la curiosité du lecteur. Il est plus difficile de répondre à ceux qui disent ne faire aucun cas des traités traduits en latin . Ainsi.

274 DE FIN. in quo admirer : cur in gravissimis rebus non delectet eos patrius sermo . I. qui Ennii Medeam . quos probamus. aut inertissimae segnitiae est. scriptorem tamen . Rudem enim esse omnino in nostris poetis . BON. De quo Licinius ferreum scriptorem : verum. beateque vivendo a Platone disputata sunt. ab illis . quibus nostra ignola sunt. sed tuemur ea . potius Caecilii . quum Sophocles vel optime scripserit Electram . quae autem de bene. inquit. Utinam ne in nemore nihilominus legimus. et nostrum scribendi ordinem adjungimus : quid habent. Quis enim tam inimicus paene nomini romano est. quam hoc idem graecum. ut . quum iidem fabellas latinas . quam utramque Menandri legam? A quibus tantum dissentio . ut legendus sit. aut rejiciat? qui se iisdem Euripidis fabulis delectari dicat? Synephebos ego. tamen male conversam Attilii mihi legendam putem. cur graeca anteponant iis . quae et splendide dicta sint . An. ET MAL. LIB. ad verbum de grœcis expressas . neque sint conversa de Graecis? Nam si dicent.. non inviti legant. Mihi quidem nulli satis eruditi videntur. aut fastidii delicatissimi. eisque nostrum judicium. haec explicari non placebit latine? Quod si nos non interpretum fungimur munere . aut Andriam Terentii. quae dicta sunt ab bis. aut Antiopam Pacuvii spernat . opinor.

Quoi! ces vers : Plût au ciel que les bois. écartant le simple rôle de traducteur. dira-t-il . A mes yeux . avec mon opinion . ou la délicatesse. je répondrai : Pourquoi . tandis que de simples tragédies latines . traduites du grec. etc. mot pour mot . c'est encore un écrivain qui soutient la lecture.. que. vous déplairont . ne sont pas pour eux une lecture désagréable! Est-il. 6. ou XAntiope1* de Pacuvius. à juste titre. je crois pouvoir lire encore la méchante version qu'en a faite Attilius. pourquoi préfèrera-t-on les écrits de la Grèce à ceux qui ont de l'éclat et de l'originalité? A ceux qui prétendront que toutes les matières ont été traitées par les Grecs. . que je lise les Jeunes cama rades de Cécilius5. ou XAndrienne de Térence. et pour oser dire que ces mêmes pièces le charment dans Euri pide? Qui? moi. j'expose les doctrines des Grecs en y ajou tant . pour mépriser. lisez-vous tant 18. bien que Sophocle ait admirablement écrit son Electre. en effet. sur un même sujet.. I. sur le bonheur.. un homme as sez ennemi du nom romain . affecter pour tous nos poètes une ignorance absolue. énon cées en latin? Il y a plus : si. nous plaisent autant que dans le grec . il n'est instruit qu'à demi . Licinius a beau appeler. LIV. a7S étonnement est extrême. c'est pousser à l'extrême ou l'in souciance. et les idées de Pla ton sur la vertu . pour rejeter la Médèe d'Ennius. ils ne peuvent souffrir l'idiome de leur patrie . ce dernier un écrivain de fer. celui qui ne connaît pas notre littérature.DES BIENS ET DES MAUX. le tour de style qui m'est propre . Oui . plutôt que l'une et l'autre comédie dans Ménandre? Pourquoi pas? mon avis diffère tellement du vôtre. Quoi ! pour le développement des sujets les plus graves .

Tarentinis ait se. ET MAL. recusabo. 1. nec mihi tamen . Quid Theophrastus ? mediocriterne delectat. Afranius a Menandro solet. Facete is quidem. ut id apte fieri possit : ut ab Homero Ennius. BON. aut Aristotelem. Quanquam si plane sic verterem Platonem. ut noster Lucilius . Sed id neque feci adhuc . sicut alias : sed nec tam docti tunc erant. quos modo nominavi. car tam multos legant.. Quid enim est a Chrysippo praetermissum in stoicis? legimus tamen Diogenem . credo. has res esse tractatas : ne ipsos qu'idem Grascos est. Antipatrum . et Siculis scribere. quum inciderit.276 DE FIN. LIB. mererer de meis civibus. multos alios . interdictum puto. et Rutilius multo etiam magis : quorum ille judicium reformidans. transferam. si videbitur. Nec vero . ne faciam . ad arbitrium suum scribere? Quod si Graeci leguntur a Graecis. quum tra ctat locos ab Aristolele ante tractatos? Quid epicurei ? num desistunt de iisdem . siadeorum cognitionem divina illa ingenia transferrem. Panaetium . in primisque familiarem nostrum Posidonium. Utinam esset ille Persius! Scipio vero. Mnesarchum . ut verterunt nostri poetae fabulas : male. ad quorum judi . Locos quidem quosdam. et Consentinis. et maxime ab iis. iisdem de re bus alia ratione compositis : quid est cur nostri a nostris non legantur? III. quo minus omnes mea legant. quam legendi sunt. de quibus et ab Epicuro scriptum est. et ab antiquis.

il n'y avait pas assez de . et Afranius9 envers Méuandre. se lon l'occasion . comme nos poètes ont traduit les tragédies grecques. beaucoup d'autres. Oui. je ferai passer dans notre langue quelques morceaux empruntés surtout aux deux philosophes que je viens de nommer. je ne veux pas restreindre le nombre de mes lecteurs. et surtout notre ami Posidonius. Panétius. criti ques si redoutés de ce poète. at-il rien omis en parlant du stoïcisme? Nous lisons cepen dant. de son temps. quand ils ne font que présenter diversement un même système . et surtout Scipion l'Africain et Rutilius. sur cette doctrine. Et Théophraste 8 ? le lit-on avec moins de plaisir. Je n'imiterai pas Lucilius. lorsqu'il disserte sur les matières traitées avant lui par Aristote? Et les épicuriens? ne se donnent-ils pas carrière sur des sujets déjà développés . LIV. 277 d'écrivains grecs différons? Chrysippe. Mais. sans toutefois m'interdire pour l'avenir cette liberté. Ah! plutôt. que de leur faire ainsi connaître ces divins génies? mais c'est ce que je n'ai point encore fait . comme Ennius agit à l'égard d'Ho mère. I. pourquoi les Latins ne trouveront-ils pas des lecteurs romains? III. et par les anciens ? Que si les Grecs sont lus par les Grecs. que ne puis-je compter parmi eux Persius. les habitons de Consente et de la Si cile! c'est là une de ces plaisanteries qui lui sont or dinaires. Diogène Antipater. qu'il disait : Je n'écris que pour les Tarentins. et par Ëpicure . Mnésarque. par exemple. Lors même que je me bornerais à traduire Platon ou Aristote.DES BIENS ET DES MAUX. serait-ce donc rendre un faible service à mes concitoyens.

et sunt illius scripta leviora . Xaïpi . ornateque dictas . graviter.a78 DE FIN. Ego autem quem timeam lectorem. apud quem praeclare Scaevola. Sed ex eo credo quibusdam usuvenire. Graecum te. bine inimicus. quum ad me accedi'. verbis electis . Praeclarorum hominum . inquam. ET MAL. Res vero bonas . cium elaboraret . ne Graecis quidem cedentem in philosophia. Graece ergo praetor Athenis. Sed jure Mucius. latinam linguam non modo non ino . centurionum . Quem quidem locum cum multa venustate. ut abhorreant a Latinis . Non est omnino hic docendi locus : sed ita sentio. ut urbanitas summa appareat. de male Grae cis latine scripta deterius. Ego autem satis mirari non queo . turma omni'. saluto : Xaïpe. ac primorum . doctrina mediocris. quam Romanum. audeam scribere? Quanquam a te ipso id quidem facio provocatus gratissimo mihi libro . cohorsque. quis non legat? nisi qui se plane Graecum dici velit : ut a Scaevola est praetore salutatus Athenis Albucius. atque Sabinum. Tite! Lictores. Tite ! hinc hostis mi Albucius . Maluisti dici. et saepe disserui. signiferumque . Albuci. et omni sale idem Lucilius.. quum ad te. LIB. quem ad me de Virtute misisti. I. dummodo de iisdem rebus ne Graecos quidem legeudos putent. Quibus ego assentior. quod inciderint in inculta quaedam et horrida. Id quod maluisti . te . Tritanni . Municipem Ponti . unde hoc sit tam insolens domesticarum rerum fastidium. BON.

et copier cet Albutius IO. LIV. il fait dire à Mucius : Rome. et l'armée. comme ou se . dites-vous. offrent une exquise urbanité. et j'ai soutenu souvent que la langue latine. sou tenu. et encore plus mal traduits. Je suis de leur avis. quel lecteur redouterais-je. Eh bien. de ce qu'il leur est tombé sous la main des livres sans goût . en longs échos. non-seulement n'est point pauvre. ces ouvrages. I.DES BIENS ET DES MAUX. présentées avec un style châtié. pourvu qu'ils m'accordent que les originaux eux-mêmes ne méritent pas plus les honneurs de la lecture. que j'ose dédier mon livre ? je ne vous l'adresse. pourquoi ne pas les lire? Voudrait-on passer tout-à-fait pour Grec. élégant. la Sabinie. et d'ailleurs. à la gloire romaine! Je suis Grec. Mais les choses excellentes. Mucius avait raison. Je me demanderai toujours avec étonnement d'où vient cet étrange dédain pour une des gloires de la patrie. mal écrits en grec. et le Pont. mais peu de savoir. vient. Pour moi . qu'en retour du don inestimable pour moi de votre traité de la Vertu. il est vrai. De vingt titres pompeux décoraient votre nom : Mais vous les rejetez. sans agrément. puisque c'est à vous. soit! un préteur Dans Athènes vous dit : Xaïps! Chaque licteur Répète. citoyen d'Athène. je suis convaincu . et. De sa haine voilà l'origine comique. digne rival des Grecs en philosophie . que le préteur Scévola salua en grec à Athènes? Dans le récit de cette anecdote. le salut hellénique. je crois. Lucilius a mis beaucoup de grâce et de sel. Ce sujet serait ici déplacé : toutefois. d'une consistance légère. Vous renoncez. Mais l'aversion ha bituelle de quelques personnes pour les ouvrages la tins. Titus. 279 savans dont le jugement pût l'inquiéter.

ullus orationis vel copiosae. labore meo doctiores cives mei. in eo quoque elaborare. Quando enim. postea quidem quam fuitquem imitarentur . aut oratoribus bonis. et tamen qui diligenter haec. quid extremum. aequi esse debent. nec simulent. et iis servire. vel . vel elegantis ornatus defuit ? IV. ut vulgo putarent. non deseruisse mihi videar praesidium . si vita suppetet. ut extre mum malorum? Qua de re quum sit inter doctisshnos . quod et scripta multa sunt. illas non magnopere desiderent. recteque faciendî consilia referenda? quid sequalur natura. BON.a8o DE FIN. modo legant ilta ipsa. nec cum istis tantopere pugnare . Qui autem a fia malunt scribi a nobis. in quo a populo romano locatus sim : debeo profecto. sic ut plura nemini e nostris. autpoetis. et scribentur fortasse plura. Ego vero . ut summum ex rebus expetcndis? quid fugiat. quo sint omnia bene vivendi . I. ut sint opera. judicabit nulla ad legendum lus esse potiora. quum forensibus operis . laboribus . quod his libris quaeritur. quid ultimum.. sed locupletiorem etiam esse. pem. legere assueverit. quae de philosophia litteris mandamus. studio. quid sit finis. ET MAL. tum id. qui graeca legere malint. si suas habent . quam graecam. quantumcumque possim. LIB. quam quum omnia in philosophia. Quid est enim in vita tantopere quaerendum. vel nobis dicam. qui vel utrisque litteris uti velint . periculis .

tous les généreux sentimens? Qu'est-ce que la nature doit. je dois sans doute . des re cherches plus dignes de nos soins que celles de la philo sophie. au milieu des travaux. quiconque s'appliquera à lire mes traités philosophiques. LIV. et ne nous en imposent pas. de tous les efforts dont je suis capable . De plus. ou rechercher comme le plus grand des biens. des périls du forum . des fati gues . nos bons poètes : depuis qu'ils ont eu des modèles à imiter. et qu'ils considèrent que j'ai déjà écrit beaucoup . Est-il . a8l l'imagine . crois n'avoir pas déserté le poste où m'a placé le peuple romain . ni à ceux qui .DES BIENS ET DES MAUX. qui. en effet . si les dieux prolongent mes jours. pour s'exprimer avec abondance. se convaincra qu'il n'est point de lecture préférable à celle-là. travailler aussi à éclairer mes concitoyens par mes veilles. et que j'écrirai peut-être encore davantage. le but auquel il faut rapporter toutes les vertus. qu'ils soient plus équitables. Je ne m'arrê terai pas à combattre ceux qui préfèrent la lecture des Grecs. plus même qu'aucun de mes compatriotes. toutes les bonnes actions. sur cette . pourvu que réellement ils les lisent. ou éviter comme le plus grand des maux? Quand. n'ont aucun désir pour celle des Grecs. I. et surtout que la question qui fait l'objet spécial de cet ouvrage : quelle est la fin. je ne serai pas inutile à ceux qui voudront cultiver les deux littératures. Pour moi. les termes leur ont-ils jamais manqué ? IV. mais voyez nos bons orateurs . contens de connaître la langue de leur patrie. Du moins . avec grâce . Je n'ose me citer moi-même . dans la vie. Pour les Romains qui voudraient me voir consacrer ma plume à d'autres sujets. mais qu'elle est même plus riche que la langue grecque.

in quibus. Torquato. persecuti sumus. qui eam disciplinam probant. ut ab ipsis. P. disseretur inter principes civitatis. Ut autem a facillimis ordiamur.a82 DE FIN. non tanquam adversarium aliquem convincere. Manilium. prima veniat in medium Epicuri ratio. Verum enim invenire volumus. quae plerisque notissima est : quam a nobis sic intclliges expositam. quum C. Triarius. I. ut sint illa vendibiliora. (|ui legerint. V. ET MAL. ab hisque M. fere a nobis explicatam esse his litteris arbitramur. quam mihi quisque tribuit. reliquaque ejusdem generis et legimus libenter. quis alienum putet ejus esse dignitatis. Nos autem hanc omnem quaestionem de finibus bonorum et majorum . in primis gravis et doclus . a meque ei responsum. Bru tus dissentiet. negligentur? Nam. BON. « partus ancillae sitne in fructu habendus ». Accurate autem quondam a L. Scaevolam. quod et acutum genus est. quae vitam continent omnem. nosque ea scripta. non modo quid nobis probaretur. LIB. sed etiam quid a siugulis philosophiae disciplinis diceretur. quan tum potuimus. quod in omni munere vitae optimum et verissimum sit. et legemus : haec. haec uberiora certe sunt. magna dissensio. Quanquam id quidem licebit iis existimare. M'. homine omni doctrina erudito. defensa est Epicuri sententia de voluptate. non soleat accuratius explicari.. exquirere? An. et ad usus civium non inutile.

P. les opinions des plus savans hommes sont par tagées . ont plus de cours parmi le vulgaire . Triarius. sur la volupté. j'ai rassemblé les opi nions professées par toutes les écoles philosophiques. Ils étaient venus l'un et l'autre me voir à ma campagne de Cumes. dans ce traité. je le veux . et sur laquelle M. jeune homme aussi sage qu'éclairé. Brutus aura combattu leur opinion. mais les nôtres sont plus fécondes. peut-on regarder comme au dessous du rang où me place l'opinion publique. l'investigation de la vérité la plus importante pour la conduite de toute la vie? L'enfant d'une esclave doit-il être assimilé auxfruits d'une terre ? telle est la question qu'auront discutée deux grands personnages de la république. on lit. et je lui répon dis en présence de C. et comme c'est une question subtile et assez usuelle. a83 matière . La vérité. développé dans presque toute son étendue la question sur la nature des biens et des maux. LIV. et que. on lira toujours avec plaisir leurs dissertations et d'autres du même genre : et on négligera ce qui embrasse le cours entier de la vie? Leurs éludes . et l'exposition que j'en vais faire.DES BIENS ET DES MAUX. non content d'émettre mon avis. Torquatus. La conversation tomba d'abord . V. et non le plaisir de triompher d'un adversaire. voilà le but de nos recherches. J'examinerai d'abord le système d'Epicure. sera reconnue par vous aussi impartiale. J'avoue que la décision appar tient au lecteur. Manilius. si répandu . Commençons par le plus aisé. Néanmoins. aussi soignée que celle de ses partisans. J'entendis un jour défendre avec ardeur la doctrine d'Epicure. I. Scévola11 et M'. je pense avoir. dont les connaissances sont universelles . par L.

BON. ET MAL. Oratio me istius philosophi non offendit. Nam quum ad me in Cumanum salutandi causa uterque venisset. ut fere faciunt. et dicit plane. aut Zenonem putas (quorum utrumque audivi . quae dicat ille. Quamobrem tandem. modo. inquit. maximisque erroribus animos hominum liberavisse. non admodum flagitem. Re mihi non aeque satisfacit . DE FIN. inquit. si non habeat. sumus aliquando otiosum. tibi non vera videantur. Nisi mihi Phaedrum. Nam illuc quidem adduci vix possum. quae senserit ille. quid sit. Aristotelis. deinde Torquatus : Quoniam nacti te. et omnia tradidisse. mentitum . si afferat eloquentiam. Nam et complectitur verbis . I. non asperner. quod Epicurum nostrum. fallare. LIB. sed certe non probes. inquam. minus eo delectari. Theophrasti orationis ornamenta neglexerit. Vide quantum.28/. quarum summum erat in utroque studium. inquam. tot seutentiae : falli igitur possumus. quem ego arbitror unum vidisse verum. quod vult. quod iutelligam : et tamen a philosopho. omnes mihi Epicuri sen . quum mihi nihil sanc praeter sedulitatem prol)arent). qui ab eo dissentiunt. certe audiam.. sicut nostrum Triarium . et quidem locis pluribus. quod ista Platonis. utea. Torquate. adolescens. non satisfacit? te enim judicem aequum puto. quae pertinerent ad bene beateque vivendum : sed existimo te . ei disputationi interesset. eum. pauca primo inter nos de litterls . Sed quot homines . non tu quidem oderis. 'bene noris.

Voyez. répondis-je . que tous deux aimaient avec ardeur. parce qu'il a dédaigné les ornemens que Platon. je vous crois un juge équitable. je puis donc me tromper. ni notre ami Triarius ne le trou vez à votre goût. c'est. je pense. car on ne me persuadera pas que son sentiment ne soit le vôtre. toute la doctrine d'Épicure m'est assez . autant de lêt es.DES BIENS ET DES MAUX. 285 sur les lettres. ce talent lui manque-t-il ? je ne l'exige pas. que j'allais entendre . est loin de me satisfaire. mais pourquoi vous n'approuvez pas un philosophe que je vois seul sur la route de la vérité. je ne dis pas ce qui vous donne de la haine contre notre célèbre Épicure (car en cela vous n'imitez pas ses adversaires). que vous ne soup çonniez de mensonge envers moi Phèdre et Zénon12. Torquatus. Aristote et Théophraste ont semés dans leurs écrits. et qui nous a donné tous les préceptes nécessaires au bonheur et à la vertu. repri t Torquatus ? car. ni vous. vous m'apprendrez saus doute. lui dis-je. A moins. Un phi losophe montre-t-il de l'éloquence ? je ne la repousse point . par qui l'esprit humain s'est affranchi des plus grandes erreurs. dans plus d'un endroit. Mais en quoi ne vous satisfait-il pas . I. autant d'opinions. Si donc. quelle est votre erreur! Le style de ce philosophe ne me déplaît nullement : il s'exprime d'une manière aussi claire que facile. LIV. pourvu que vous ayez bien compris ce qu'il dit. C'est sur le fond même des choses qu'Epicure . Torquatus me dit ensuite: Puisque vous voilà débarrassé d'affaires . et dont le zèle est la seule chose qui m'ait plu. Cependant.

quae materia sit . mihi quidem depravare videatur. Democrito adjicit. in physicis. conferebamus. omnia : eumque motum atomorum nullo a prin cipio . cum Attico nostro frequenter audivi . sed quid probarem. Atque eos. ut ea. nec infimum. censet in infinito inani . unum . et causam efficiendi reliquerunt. I. Sed hoc commune vitium : illae Epicuri propriae ruinae. eorpora individua. sed ex aeterno tempore intelligi convenire. quae vis sit . quid non probes. nec ultimum. Phaedram autem etiam amaret : quotidieque inter nos ea . LIB. ita ferri. Ille atomos .. quae audiebamus. alterum . nec medium. ut concursionibus inter se cohaerescant . primum totus est alienus. non fere labitur. quae quidque effîciat : de materia disseruerunt . ET MAL. VI. quos nominavi . id est. quum miraretur î Ile quidem utrumque . Epicurus autem . neque erat unquam controversia. nec citimum sit. tentiae satis notae sunt. quid ego intelligerem. sed ita . Quanquam utriusque quum multa non probo . Quid igitur est? inquit : audire euim cupio. quae sint . quas appellat. perpauca mutans. quae corrigere vult . in quo nihil nec sum mum. quaeque cernantur. . BON. vim.286 DE FIN. inquam. tum illud in primis . propter soliditatem . ex qua quaeque res efficiatur . quibus maxime gloriatur. ex quo efficiantur ea . in quibus sequitur Democritum . quod quum in rerum natura duo quaerenda sint . Principio.

ils for ment tout ce que nous voyons. à l'eu croire (et c'est ainsi qu'il appelle de petits corpuscules indivisibles à cause de leur solidité) . Il veut aussi que le prin cipe moteur ne leur soit pas étranger. et avec tant de malheur. sont incessamment portés de telle sorte dans le vide infini. mais voici les erreurs propres à Epicure. venant à s'accrocher dans leurs tourbillons continuels. mais qu'il leur ait été propre de to.ute éternité. ni milieu . aimait particulièrement Phèdre. Mon ami.DES BIENS ET DES MAUX. 287 connue. je veux savoir pourquoi vous n'approuvez pas Epicure. Les atomes. Il ajoute quelque chose à Démocrite13. si je repousse l'opinion de l'un et de l'autre sur une foule de questions. Mais enfin. objet favori de ses prétentions . ni bas . où il ne peut y avoir ni haut. et ont gardé le silence sur la cause efficiente. lui répondis-je. D'abord. il lui fait de rares changemens. la matière dont tout est fait. I. Lorsqu'il suit Démocrite . VI. la physique . ses erreurs sont moins gra ves. je désapprouve encore plus leur système de la nature. lui est en tièrement étrangère. qui les admirait tous deux. ils n'ont parlé que de la matière . et jamais la controverse ne roulait sur le sens des paroles . ajouta-t-il. Mais . Cette faute leur est commune. J'ai même assisté souvent à leurs leçons avec Atticus. Bien que la nature renferme deux principes. qu'il gâte à mes yeux ce qu'il veut corriger. mais sur l'adoption des idées. et ce qui détermine la forme de chaque être. LIV. que. . Chaque jour nous nous entrete nions sur ce qu'ils avaient dit.

ex quo efficeretur mundus. deinde eadem illa ato morum . Nam si omnes atomi declinabunt. quam fieri sine causa quidquam dicere. LIB. quae oblique ferantur . ad lineam. eadem illa individua. Nam et ipsa declinatio ad libidinem fingitur (ait enim declinare ato mum sine causa) : quum nihil turpius physico . Ne illud quidem physici . si a Polyaeno. si omnia deorsum e regione ferrentur. ut ipse constituit. BON. I. turbulenta concursio hune mundi ornatum efficere non poterit. ET MAL. cujus causa haec finxerat . quo nihil posset fieri minus. Ita effici complexiones . in quo etiam Democritus haeret. nullae unquam cohaerescent : sin aliae declinabunt. itaque attulit rem commentitiam : declinare dixit atomum perpaullum . ut atomus altera alteram posset attingere.88 DE FIN. et. et adhaesitationes atomorum inter se. tum ne efficit quidem quod vult. quae recte .5. et copulationes. sine causa eripuit atomis : nec tamen id . quaeque in eo essent. ut dixi. quum il lu d occurreret. et solida corpora ferri suo deorsum pondere ad lineam : hunc naturalem esse omnium corporum motum. e regione inferiorem locum petentium . primum erit hoc quasi provincias atomis dare. credere aliquid esse minimum : quod profecto nunquam putavisset. Quae quum res tota ficta sit pueriliter.. Deinde ibidem homo acutus. aliae suo nutu recte ferentur. assecutus est. Censet enim. nunquam fore. fami . omnesque partes mundi. et illum motum natu ralem omnium pouderum .

il n'a pas atteint son but. elle seule aussi leur ôte sans motif le mouve ment direct de haut en bas qu'il avait établi dans tous les corps. et que ce mouvement est na turel à tous les corps. adhèrent l'une à l'autre. que de donner à ceux-ci un mouvement direct. son ami . Ce dernier reproche s'applique aussi à Démocrite. XXVII. En effet. si tous les atomes ont égale ment un mouvement de déclinaison . et un mouvement oblique à ceux-là. à la honte de sa physique'. c'est leur assigner sans preuve des emplois dif férais. L'habile philosophe va plus loin : songeant que . 989 Il pense que les atomes sont emportés directement en bas par leur propre poids. et composent l'uni vers. s'ac couplent. si tous les atomes se portaient toujours en bas . il n'en sera pas moins impossible que cette rencontre fortuite d'atomes produise jamais l'ordre et la beauté de l'uni vers. pour un physicien. d'abord. Car. Jamais Epicure n'eût adopté cette chimère . s'embrassent . dont il n'allègue aucune cause . par le moyen duquel ces molécules . C'est même. qui ne peut même être favorable à son système. I. avec tant d'hypothèses gratuites. '9 . jamais leur union ne sera possible. jamais un atome ne touche rait l'autre. son imagination seule donne aux atomes cette direction légèrement obli que . une absurdité de croire à l'indivisibilité des infiniment petits. il a subtilement imaginé un mouvement im perceptible de déclinaison. venant à se rencontrer . Si une partie seulement en est douée. s'il eût mieux aimé appren dre la géométrie de Polyène .DES BIENS ET DES MAUX . que de la lui faire désapprendre. Il n'y a ici qu'une fiction puérile. par la perpendiculaire . et de plus. Et cependant . LIV.

quae est quaerendi. quo modo efficiatur concludaturque ratio. quae est de vita et moribus. quam ùntip'txv vocant . geometriam discere maluisset . I. qui eum unum secutus est. Judicia rerum in sensibus ponit : quibus si semel aliquid falsi pro vero probatum sit. quae sequitur.ago DE FIN. quantus videtur. quae Xoyixvi dicitur. Quae etsi mihi nullo modo probantur : tamen Democritum laudatum a ceteris. Tollit definitiones . sed etiam cogitemus. qui et oriantur. quorum incursione non solum videamus. qua via captiosa solvantur. ac disserendi. quippe homini erudito. ostendit. BON. nihil de dividendo ac partiendo docet. ab hoc. Jam in altera philosophiae parte . Huic bipedalis fortasse : tantum enim esse censet. inermis ac nudus est. liari suo . tum innumerabiles mundi . tota ab illo est. Sol Democrito magnus videtur. nollem vituperatum. ET MAL. sunt tota Democriti : atomi.] Confirmat illud vel maxime. quod ipsa natura. quae idola nominant . atque magnificum. Ita. ea corrumpit. iste vester plane . in constitutione finis. inaue. sublatum esse omne judicium veri et falsi putat. LIB. et intereant quotidie. aut minorem. tradit . vel paullo aut majorem. imagines . quae mutat. quam illam «tiam ipsum dedocere. in geometriaque perfecto. ambigua distinguantur. infinitio ipsa. . [In tertia vero parte. non . VII.. nil generosum sapit. ut mihi quidem videtur. non.

Epicure lui donne environ deux pieds. Que voyez-vous de grand . croit que le soleil est d'une grandeur immense. LIV. règle suprême de conduite. Destinée à former. Il dénature ainsi tout ce qu'il change. VII. réfuter un argument captieux. loué par tant d'autres. Je réprouve toutes ces fictions : mais je vois avec peine que Démocrite. à diriger le raisonnement . habile géomètre. il devient impossible de prononcer avec certitude sur rien l4. Il supprime les définitions. la logique est la seconde des sciences philosophiques. d'élevé dans le but que présente Epicure à toutes les actions do l'homme? Après avoir établi qu'il n'est que J9- . et il pense que. à la morale . et les images ou apparences. distinguer. Ici. et de ces my riades de mondes qui éclosent et périssent à tout mo ment. diviser. mais celui de la pensée . Du reste . il n'enseigne rien de tout cela. con clure. I.DES BIENS ET DES MAUX. c'est à Démocrite qu'il emprunte et les atomes . répandre la lu mière sur un raisonnement ambigu . et il le suppose un peu plus ou un peu moins grand que nous ne le voyons. Démocrite. dès qu'ils ont pris l'erreur pour la vé rité. dont la rencontre produit non-seulement le phénomène de la vision . Passons à la troisième partie de la philosophie. Il donne aux sens le droit de tout juger. et le vide . c'est aussi de lui qu'il à pris l'idée d'un infini incommensurable . votre Épicure est entièrement dénué de ce qui peut être utile. soit blâmé par celui-là même qui l'a exclusivement pris pour guide.

Octavio fuit. quem optimus quisque pro patria et pro suis suscipit. quod pecunias praetorem in provincia cepisse arguerent. aut cum Latinis consulatu tertio conflixisse apud Veserim propter voluptatem. quem in adoptionem D. Quid ? T. et quae sequamur. Ac fieri potest . adsciscat et reprobet. dolorem etiam . LIB. I. sed . qui hoc primas cognomen invenerit. ut nihil homine videatur indignius. ut errem : sed ita prorsus existimo . causam apud se dicere juberet. eum non talem videri fuisse in imperio. Quod quanquam Aristippi est. Silano emancipaverat. labores . ut ait ille . BON. reque ex utraque parte audita . Quod vero securi filium perçussent . et in conspectum suum venire vetnit : numquid videtur tibi de voluptatibus suis cogitavisse? Sed ut omittam pericula. et quae fugiamus. ut eum. pronuntiaret . Macedonum legatis accusantibus . privavisse se etiam videtur multis voluptatibus . ut non modo nullam captet. is .aga DE FIN. Torquatus . a cyrenaicisque melius liberiusque defenditur : tamen ejusmodi esse judico. voluptatem et dolorem. Ad ma jora enim quaedam nos natura genuit et conformavit . patrioque amori praetulerit jus majestatis atque imperii. quales ejus majores fuissent . ET MAL. quum illam severitatem in eo filio adhibuit . id est. quum ipsi natura. Ad haec. ut mihi quidem videtur. qui consul cum Cn.. refert omnia. utaliquam ex eo perciperet corpore volupta tem . neque eum Torquatum . aut torquem illum hosti detraxisse.

c'est uniquement à cela qu'il prétend rap porter tous nos désirs et toutes nos aversions. laissons la privation absolue de jouissances . les douleurs même auxquelles tout bon ci toyen s'expose pour la patrie et sa famille. les deux parties entendues. de combien de plaisirs ne se priva-t-il pas. est-ce un sentiment de vo lupté qui l'animait alors? Mais laissons à part les périls. les travaux. la volupté et la douleur. itf deux choses que la nature cherche et redoute . cette doctrine a été encore mieux sou tenue par l'école cyrénaïque que par Épicure. et il lui défendit de paraître à l'avenir devant lui. LI\. le collègue de Cn. X. mais qui ne parlent pas moins haut. Torquatus. porta le nom de Torquatus l6. Dites-moi. nique le même sentiment l'ait porté à combattre contre les Latins sur le Véséris . il prononça qu'il ne lui sem blait pas que son fils eût porté dans le commandement l'intégrité de ses aïetix . par l'adoption. Torquatus. et abordons des preuves plus légères en appa rence. avait émancipé son fils pour qu'il passât. là résolution de braver tous les tourmens. Fondée par Aristippe . Et quand il fit tomber la hache sur la tête de son fils . ce qu'il croyait devoir à la majesté de l'empire? L. plutôt que de manquer jamais au devoir. .5. selon moi . et la nature.DES BIENS ET DES MAUX. Peut-être suis-je dans l'erreur. rien ne semble plus indigue d'un homme qu'une telle opinion . ait arraché à l'ennemi son collier par volupté. nous a faits pour quel que chose de plus grand. dans son troisième consulat. le premier. en préférant ainsi aux sentimens les plus vifs de la nature . Octavius au consulat. dans la famille de Decius Silanus : il voulut que ce jeune homme se défendît lui-même en sa présence contre les deputés de Macédoine. Toutefois. qui l'accusaient de concussion. mais je ne crois pas que le Romain qui.

quid poetarum evolutio . aut ipse doctrinis fuisset instructior (estenim. ita sua sponte . ET MAL. sed vîdentur leviora. aut ista didicisset. BON.ig\ DE FIN. qui aut saperet aliquid . cognitioque rerum . aut ne deterruisset alios a studiis : quanquam te quidem video minime esse deterritum. voluptatem. Triari . et cognitio re rum. Et . quod quaeritur saepe . Homines optimi non intelligunt. quid historiae . quas qui tenent. etiamsi ad corpus nihil referatur. veniamus. ea facere ipsa per se laetitiam. Nam si concederetur. Haec igitur Epicuri non probo. per se esset et virtus . ( VIII. De cetero vellem equidem. et per se esse jucunda . quid tanta tot versuum memoria voluptatis affert ? Nec mihi illud dixeris : Haeç enini ipsa mihi sunt voluptati. Torquate? quid huic Triario litterae . inquam. I. Nunquam hoc ita defendit Epicùrus : neque vero tu . cur tam multi sint epicurei : sunt aliae quoque causae . Et erant illa Torquatis. quam deserere ullam offîcii partem : ad ea. Quae quum dixissem . quae hoc non minus declarant. sed multitudinem hoc maxime allicit .. recta et honesta quae sint . quod ita putat dici ab illo . si ita se res habeat. quod ita tibi videri necesse est . aut quisquam eorum. non satis politus iis artibus . quod minime ille vult. expetenda. dolores denique quosvis suscipere malit. Quid tibi. eruditi appellantur). LIB. etiam praetereat omnes voluptates . lotam rationem everti. magis ut illum provoca . id est.

et à retenir tant de vers? Et n'allez pas dire : Cette occupation est pour moi une vive jouissance. aux recherches historiques ? Quel plaisir trou vez-vous à feuilleter sans cesse les poètes. Ce n'est point là ce que répond Epicure. versé dans ces matières . en effet. vous en ferez vousmême l'aveu. il me laisse dési rer en lui ! et une connaissance plus approfondie des sciences (car il est bien superficiel . s'il en était ainsi. Entraînés par un sentiment honorable . et il repousse cette conséquence. Triarius. ne provient pas la foule si nombreuse des épicuriens. Que de choses. 2g5 et vous. je ne puis donc approu ver Epicure. de là . convient-il que les actions louables sont agréables par elles-mêmes. VIII. I. Dans tout ceci . De même. enfin . ces hommes ne voient pas que tout son système serait renversé. ni celle de tout homme de sens. dans ce qui fait le fond d'une instruction solide). dégoût qu'il n'a pas pu cependant vous inspirer. bien plus pour les faire . Épicure. J'avais tenu ce langage . quel charme vous attache à l'étude des lettres. sans aucun rapport aux sens ? Il en résultera que la vertu et la science doivent aussi par elles-mêmes exciter nos désirs. les belles ac tions charmaient le cœur des Torquatus. et le soin de ne pas détourner les hommes de l'é tude. LIV. Il faut remonter à d'autres causes : la plus puissante est sans doute cet appât qui at tire la multitude . d'ailleurs. lorsqu'elle s'imagine qu'Epicure pré tend qu'une chose juste et honnête trouve en elle-même le principe de la volupté qu'elle produit. telle ne sera pas non plus votre réponse.DES BIENS ET DES MAUX.

deinde hoc quoque alienum : nam ante Aristippus. Tu quidem. aut pertinacia . Quamobrem dissentientium inter se reprehensiones non sunt vituperandae : maledicta . contumeliae . inquit.. ludus esset. deteriora fecit. nisi te. nec ea ipsa. ET MAL. nec cUm iracundia . nisi te audire vellem . LIB. Sed ad haec. an . totum Epicurum paene e philosophorum choro sustulisti. At me. o Triari. BON. assentior : neque enim disputari sine reprehensione . ut non dicas. quae ille diceret? quum praesertim illa perdiscere. Quid ei reliquisti . quam ut ipse loquerer : tum Triarius leniter airidens . nisi molestum est. quoquo modo loqueretur. concertationesque [in disputando] pei tinaces. inquit. a quo dissentias. tum iracundiae. indignae mihi philosophia videri so lent. recte disputari potest. inquam. Prorsus. Fieri. intelligere. si probarem. Si qua in his corrigere voluit. nullo pacto potest. primum in eo ipso parum vidit. quid diceret? Aliena dixit in physicis. Quid enim me prohiberet epicureum esse. Disserendi artem nullam habuit. habeo quae velim. etiam indoctum fuisse. et ille melius.a96 DE FIN. Tum Torquatus. Addidisli ad extremum . Voluptatem quum sum mum bonum diceret . censes haec dicturum fuisse? Utrum igitur peicurri omnem Epicui i disciplinam placèt. inquam . quae tibi probarentur. L rem. quid non probes ejus. contentiones .

quelle que soit son élocution? Toute sa physique est d'emprunt. en se cond lieu. premièrement il a eu la vue bien courte. dont l'étude est un jeu? Accordons le droit de réfutation réciproque à ceux que sépare un dissenti ment philosophique.DES BIENS ET DES MAUX. Qui m'empêcherait. c'est le courroux et l'entê tement. ou peu s'en faut . repris-je. Vous mettez le comble à tous ces reproches par celui d'ignorance. et . si j'approuvais ce système. ô Triarius. quel mérite lui laissez-vous. de ne pas dé clarer pourquoi on diffère d'opinion avec un autre. en plaçant le bien suprême dans la volupté. si je ne consentais à vous en tendre? Eh bien! reprit-il. Il est impossible. car. d'être épicurien . bannissons l'aigreur. On ne peut pas discuter sans blâmer le sentiment de sou adversaire. après celui d'être intelligible à votre esprit. la colère. Pour la dialectique. Au reste. et il a gâté tout ce qu'il a voulu corriger. en effet. 297 parler eux-mêmes . aimez-vous mieux parcourir . dit Torquatus. Mais ce qui n'est pas permis. avant lui. que pour mon propre compte. Épicure du rang des philo sophes. l'opiniâtreté . n'a-t-elle pas votre assentiment. j'aurais quelque chose à vous répondre. il n'a rien dit qui lui fût propre : car. que j'aurais parlé de la sorte. il en ignore le secret . Pensez-vous. telle qu'elle est. seulement. I. qui sont si indigues du philosophe. si vous le permettez. Je suis de votre avis. encore. Aristippe avait mieux exprimé la même doctrine. l'emportement. LIV. lui répliquai-je . Triarius répondit avec uu léger sourire : Vous venez de re trancher.

voluptatem appetere. quid sit extremum. Tunc dicere exorsus est. inquam. summumque malum.rem inquam explicabo . quae te ipsum probaturum esse confidam. nihil scilicet novi. ut ipsi auctori hujus disciplinae placet : constituait! . Ut placet. ut ad id omnia referri oporteat . ET MAL. Sed uti oratione per petua malo. quid . quantum . ab Epicuro reprehensa. LIB.*sic agam. et. Primum igitur. Nunc dicam de voluptate. inquit : modo ista sis asquitate . BON. quid ultimum bonorum : quod. de una voluptate quasri. ipsum autem nusquam. libenter assentiar. Tuo inquit vero id : quidem unam . IX. tale debet esse. . ut sumino bono . quae dices. quam interrogare. I. non quod ignorare vos arbitrer. de qua omne certamen est? tur. de quo quaerimus. quam ostendis. dolorem. eamque Sic faciam maximam. eaque gaudere. et quale sit id. igi- De physicis alias. Probabo. idque in struit docere sic : Omne animal. quod summum bonum esse vult.. si mihi probabis ea. pertinax non ero. arbitratu. dolorem aspernari. Certe. et Democriti errata. et magnitudinem solis probabo . aut interrogari. Hoc Epicurus in voluptate ponit. Quaerimus igitur. inquam. ea tamen. et quidem tibi et declinationem istam atomorum . inquit. et correcta permulta. sed ut ratione et via procedat oratio. omnium philosophorum sententia. tibique.a98 DE FIN. simul atque natum sit. ut summum malum.

Je suivrai d'abord la méthode du fondateur de cette doctrine . le souverain bien. dont l'importance est si haute. je vous prouverai cette dé clinaison des atomes . et la repousse de tout son pouvoir. et je définirai le sujet de notre discus sion . je me soumettrai sans répugnance. manière de le prouver. Voici sa . vous ne me trouverez point opiniâtre : si vous pouvez me persuader. Plus tard. pour lui.DES BIENS ET DES MAUX. dès sa naissance. LIV. mais seulement des raisons qui. Alors il entra ainsi en matière. . Epicure le place dans la volupté : voilà. ou porter votre examen sur la seule volupté . objet de ces débats ? Choisissez . Que cherchons-nous ? quel est le bien suprême. lui dis-je . et il agit ainsi lorsqu'il n'est pas encore dépravé . lui dis-je. comme un très-grand mal . selon lui. de mal plus grand que la douleur. Non . ajouta-t-il . Arrêtons-nous donc . Tous les philosophes nous disent : C'est celui auquel tous les autres biens doivent se rapporter. et qui ne se rapporte à aucun autre. I. mais afin de procéder avec ordre. nous nous occuperons de la physique . IX. Tout animal . Aujourd'hui je ne parlerai que de la volupté : n'attendez de moi rien de nouveau. et il y met son plaisir comme dans un très-grand bien. sur ce point uni que. Comme il vous plaira . et vous verrez qu'Epicure a relevé et corrigé de nombreuses erreurs dans le système de Démocrite. a le goût de la volupté. pourvu que cette droiture que vous me montrez ne se démente pas. non que je le croie mal connu de vous. comme il n'est pas. Mais je préfère une dissertation suivie aux interruptions fréquentes des interrogations. dit-il . j'en ai la con fiance . lui répondis-je. et la grandeur du soleil . auront votre assentiment. Je vous persuaderai . il hait la douleur. agg toute la doctrine d'Epicure.

praeter voluptatem.3oo DE FIN. car nec voluptas in bo nis sit numeranda. alierum aspernandum seâtiamus. promta et aperta judicari. aut quid malum. neque disputatione. quid aut ad naturam. et inter mediocrem animadversionem atque admunitiouem : altera. Alii autem (quibus ego assentior) . dulce mel : quorum nihil oportere exquisitis rationibus confirmari. et negent satis esse. et dolorem? Sunt autem quidam e nostris . possit. et quid judicat.. aut fugiat aliquid. occulta quaedam et quasi involuta aperiri . quo aut petat. quam ob rem volnptas expetenda. et dolorem ipsum per se esse fugiendum. idque facere nondum depravatum. Ea quid percipit. ipsa nalura incorrupte atque integre judicante. Itaque negat opus esse ratione. a natura ipsa judicari. quum a philosophis compluribus permulta dicantur. et voluptatem ipsam per se esse expetendam. I. sed et àrgumen . sensu judicari . Interesse enim inter argumentum conclusionemque rationis. fugiendus dolor sit. aut contra sit. LIB. non existimant oportere nimium nos causae confîdeie. banc quasi naturalem at que insitam in animis nostris inesse notionem . altera . tantum satis esse admonere. ut calere ignem. nivem esse albam. quid bonum sit. Etenim quoniam detractis de homine sensibus. Itaque aiuut . qui haec subtilius velint tradei e . BON. sed animo etiam ac ratione intelligi posse. Sentiri hoc putat. a se repellere. nec in malis dolor. reliqui nihil est : necesse est. ET MAL. ut alterum esse appetendum.

Otez à l'homme tous les sens. et celle qui n'a besoin que d'être exposée. et la dou leur un objet d'aversion. fuite de la seconde. D'autres enfin. ainsi . il suffit d'énon cer le fait. si ce n'est par les sens ? Est-il donc capable de former une perception . la raison . appellent le secours de l'étude qui les dégagera. toutes les preuves sont donc inutiles pour démontrer que la volupté est à re chercher. voilà le résultat des impressions na turelles de notre intelligence. nous font aussi connaître que. Car la distance est grande entre une pro position qui exige des preuves. la volupté est désirable. il ne lui restera rien pour juger de quoi que ce soit : où donc est pour lui le moyen de discerner ce qui est conforme ou contraire à la nature . et il serait superflu de chercher bien loin des argumens. et parlez ensuite de la volupté et de la douleur. cher chez des preuves solides . LIV. Tous les raisonnemens. Les idées abstraites. ne sont pas les seuls juges de ce qui est bon. par elle-même. comme on sent que le feu est chaud . discutez . l'esprit . et je me range à leur avis . recherche de la première. que la neige est blanche . 3oi tant qu'il conserve le jugement sain que la nature lui a donné. disent-ils . . et comme enve loppées de nuages. à la vue de tant de philosophes qui soutiennent que la douleur n'est pas plus un mal que la volupté n'est un bien . nous disent : Ne vous reposez pas sur la bonté de votre cause . que la douleur est à craindre. et de ce qui est mauvais . à fuir autre chose que la douleur ? Il est des épicuriens qui poussent l'argument plus loin : Nos sens .DES BIENS ET DES MAUX. Cela se sent . que le miel est doux . I. mais les autres se saisissent à la première vue. d'arrêter un jugement qui le conduise à rechercher autre chose que la volupté. les rendra claires . raisonnez .

qui dolorem ipsum. aspernatur. et rationibus conquisitis. sed quia nonnunquam ejusmodi tempora incidunt. LIB. Neque porro quisquam est. aut fugit . qui blanditiis praesentium voluptatum deliniti atque corrupti. voluptatem accusantium . et accu rate disserendum. quia voluptas sit. Sed ut perspiciatis . quam nihil molestiae consequatur. unde omnis iste natus sit error.3oa DE FIN. laborum et dolorum fuga. et justo odio dignissimos ducimus . aut odit. totam rem aperiam. Nemo enim ipsam voluptatem. qui dolorem eum fugiat.quae ab illo inventore veritatis . quum soluta nobis est . ET MAL. id est. Ut enim ad minima veniam . et dolore disputandum putant. explicabo. eaque ipsa. quia dolor sit. similique sunt in culpa . L tandum. amet. consectetur. BON. quis nostrum exercitationem ullam corporis suscipit laboriosam . qui in ea voluptate velit esse.. Et harum quidem rerum facilis est et expedita distinctio. occaecati cupiditate non provident . et quasi architecto beatae vitae dicta sunt . vel illum . doloremque laudantium . ut labore et dolore magnam aliquam quaerat voluptatem. qui ratione voluptatem sequi nesciunt. X. quo voluptas nùlla pariatur? At vero eos et accusamus . nisi ut aliquid ex ea commodi consequatur? Quis autem vel eum jure reprehenderit . sed quia consequuntur magni dolores eos . Nam libero tempore . de voluptate. qui offi cia deserunt mollitia animi. adipisci velit. quos dolores et quas molestias excepturi sint.

ni longueurs. ne fuit la volupté parce que c'est la volupté. par mollesse. Des cendons jusqu'aux détails : qui de nous ne fait point un exercice pénible pour en retirer quelque sorte d'utilité ? Trouveriez-vous si blâmable ou l'homme qui recherche rait une volupté dont l'effet ne saurait être funeste . LIV. trahissent leurs devoirs. séduits et cor rompus par les attraits de la volupté du moment. I. et repousser la douleur. n'aime. mais bien parce qu'il n'est pas rare que le tra vail et la pèine fassent naître une grande volupté. mais parce qu'elle cause de grandes douleurs à l'homme qui ne sait pas en user modérément.DES BIENS ET DES MATJX. Mais je veux vous montrer clairement l'erreur de ceux qui blâment la volupté et qui louent la douleur. s'a veuglent sur les maux et les chagrins où leur passion va les jeter. qui. ne méprise . Som mes-nous tout-à-fait libres ? rien ne s'oppose-t-il à notre penchant pour le plaisir? nous pouvons alors nous aban donner à la volupté. et reproduisons tout ce qu'a dit là dessus l'inventeur de la vérité. non plus . nous blâmerons. je veux dire par le soin de fuir la peine et la douleur. ou celui qui éviterait une douleur d'où ne sortirait aucun plaisir? Au contraire. mais sur vient-il un de ces momens où les devoirs sociaux et la nécessité des affaires commandent ? souvent il faut faire . 3o3 X. dit-il. Développons. pour cela. Per sonne . le sage qui a bâti l'édifice de notre bonheur. nos idées. Ceux-là ne sont pas moins coupables. Personne. nous croirons dignes de toute notre aversion ceux qui . ne hait . ne recherche la douleur comme douleur. L'explication de cette différence ne présente ni difficultés .

BON. Nec me tamen laudandis majoribus meis corrupisti . I. et in sanguinem suum tam crudeles fuisse . aut in liberos. et molestiae non recusandae. eligendi optio. aut rerum necessitatibus saepe eveniet . Tu tam egregios viros censes tantas res gessisse sine causa? Quae fuerit causa. quo minus id . Itaque earum rerum hic tenetur a sapiente delectus . Torquem detraxit hosti. ut aut rejiciendis voluptatibus majores alias consequatur . ut . quod maxime placeat . ET MAL. quid est. mox videro. interpretaris ? Siccine eos censes aut in armatum hostem impetum fecisse . ne ad eam non possim accommodare Torquatos nostros? quos tu paullo ante quum memoriter. tum etiam erga nos amicé et benivole collegisti. omnis dolor repellendus.. nihil ut de commodis suis cogitarent? Ad id ne ferae quidem faciunt . quaeso. Temporibus autem quibusdam . itaque turbent. non intelligamus. fecerint. quae sine dubio praeclara sunt. nihil ut de utilitatibus . et aut ofHciis debitis. cur verear . ut ita ruant. LIB. Hanc ego quum teneam sententiam . Quorum facta quemadmodum. virtutem his ipsam per se cau sam non fuisse. omnis voluptas assumenda est. Et quidem se . interea hoc tenebo : si ob aliquam causam ista . quumque nihil impedit.3o4 DE FIN. aut perferendis doloribus asperiores repellat. nec segniorem ad respondendum reddidisti. earum motus et impetus quo pertineant. facere possimus . ut et voluptates repudiandae sint.

l'amour de Rome. vous ne m'avez pas séduit. LIV. mes ancêtres? Votre amitié pour moi leur a prodigué les éloges : mais. 3o5 divorce avec la volupté . telle est la règle que s'imposera le sage. songez-y. s'il en existe un. dans toute sa fougue. Et quel est le prix de cet exploit? la gloire. il affronte un grand péril : mais l'armée le voit. ils se sont élancés à travers les bataillons ennemis. je pose en fait que le principe de ces actions d'éclat . Il condamne son fils à la mort : si c'est sans motif. et c'est sans raison que de si grands hommes auront. Tel est mon système . supporter des douleurs passagères pour en éviter de plus cruelles . n'est pas la seule vertu. et pourquoi hésiterais-je de rap porter à ces principes la vie des Torquatus . à vous entendre. I. mon zèle à vous réfuter ne s'en ralentira point. interprétez-vous leur conduite? Quoi! vous pensez que. et ne se point refuser à la peine. faisant abnégation de leur avantage personnel. fait de si grandes choses! Je chercherai bientôt quelle intention a pu les diriger : en attendant. et ont sévi contre leurs propres enfans? La brute même. gages inébranlables de sécu rité pour le reste de ses jours. Comment. 10 .DES BIENS ET DES MAUX. ne fait rien dont le motif soit impénétrable. Torquatus arrache à l'ennemi son collier : mais il se couvre de son bouclier pour éviter la mort. Renoncer à de légers plaisirs pour en savourer de plus grands1'. je vous prie. je voudrais n'être pas desxxvn.

Sed de clarorum hominum factis illustribus et gloriosis . tam importuno. eorumque factis non emolumento aliquo. ne interiret. qua intelligebat contineri suam. In oculis quidem exercitus. ut tollatur error omnis imperitorum.. Si sine causa. Filium morte multavit. sed ipsius honestatis decore. BON. mollis habeatur di sciplina. tua praesertim. delicata. saluti prospexit civium. ut aut voluptates omittantur. Sin ut dolore suo sanciret militaris imperii disciplinam. claris et fortibus viris commemorandis . Non enim hanc solam sequimur. Nunc autem explicabo. quae suavitate ali .. tamque crudeli. Atque haec ratio late patet. satis hoc Ioco dictum sit. quem modo dixi. LIB. XI. nollem me ab eo ortum. quam severa sit.quae voluptaria.3o6 DE FIN. ET MAL. In quo enim maxime consuevit jactare vestra se oratio . At magnum periculum adiit. majorum dolorum effugiendorum gratia. qui studiose antiqua persequeris. texit . exercitumque in gravissimo bello animadversionis metu contineret. Quid ex eo consecutus est ? Laudem et caritatem : quae sunt vitae sine metu degendae praesidia firmissima. intelligaturque ea. quam continens. majorum voluptatum adipiscendarum causa. aut dolores suscipiantur. Erit enim jam de omnium virtutum cursu ad voluptatem proprius disserendi locus. constituto. laudandis . qualisque sit. id totum evertitur eo delectu rerum . voluptas ipsa quae. I. quam gravis.

lorsqu'en citant les grandes actions des hommes célèbres. Quelle est la vo lupté que nous cherchons? Est-ce seulement celle qui chatouille la nature par je ne sais quelle douceur secrète. la sévérité. il pourvoit par là au salut de ses concitoyens. se trouve renversé par l'alternative que je viens de poser. c'est se sauver lui-même. et sur tout à la vôtre. par là aussi nous prouverons la gravité réelle. L1V. XI. ardent admirateur des anciens. définissons maintenant la volupté. Pour préserver les ignorans de l'erreur. . 3o7 cendu d'un homme si dur et si cruel. la tendance générale des vertus vers la volupté. ce qui ouvre une vaste carrière à l'éloquence. et les sauver. mais par le noble attrait de la vertu. ou qu'on ne se dérobe à aucune volupté que dans la vue d'une volupté plus grande.DES BIENS ET DES MAUX. car. ao. Si sou but est de sacrifier les sentimens de la nature au besoin de rétablir la discipline militaire et d'enchaîner l'armée à son de voir dans une guerre périlleuse. la retenue d'une seçte que l'on se figure voluptueuse et sensuelle. ou qu'on ne s'expose à au cune douleur que pour éviter une douleur plus cruelle. I. Ce raisonnement s'étend bien loin . vous nous dites qu'ils n'y furent excités par aucun inté rêt particulier. il le sait. en son lieu. Mais c'est assez parler en ce moment des faits qui ont illustré et couvert de gloire les grands hommes : nous démontrerons bientôt.

3o8 DE FIN. illum in hac esse rogatiuncula delectatum : « Num quidnam manus tua sic affecta. Non . qua naturam ipsam movet. medium esse quiddam inter dolorem . et cum jucunditate quadam percipitur sensibus . Quisquis enim sentit.. ut omne id. aut in dolore. dolor : doloris omnis privatio recte nominata est volu ptas. quum omni dolore caret. et voluptatem. Illud enim ipsum . qunm privamur dolore. Ut enim quum cibo et potione fames sitisque depulsa est . I. desideraret? Ita credo. quo offendimur. quo gaudemus . facete et urbane sloicos irridente. porrecta manu : quae manus significet. si voluptas esset bonum. sed maximam illam voluptatem habemus . statua est in Ceramico. augeri . quod quibusdam medium videtur. quemadmodum affecta nunc est. eum necesse est aut in voluptate esse . LIB. non modo voluptatem esse.. Omnis autem privatione doloris putat Epicurus terminari summam voluptatem : ut postea variari voluptas . ipsa detractio molestiae consecutionem affert voluptatis : sic in omni re doloris amotio successionem efficit voluptatis. ipsa liberatione et vacuitate omnis molestiae gaudemus. ET MAL. Nam quoniam . verum etiam summam voluptatem. Chrysippi sedentis. omni dolore detracto. Itaque non placuit Epicuro. At etiam Athenis . BON. At. omne autem id. ut a patre audiebam. amplificarique non possit. quemadmodum sit affectus. voluptas est. desiderat? Nihil sane. distinguique possit . quae percipitur.

et cette absence de toute sensation pénible. car l'ab sence de la douleur est aussi pour nous une volupté trèsgrande.DES BIENS ET DES MAUX. que de ne sentir aucune douleur. c'est donc avec raison que le nom de volupté a été donné à l'éloignement d'une douleur quelconque. dans toutes les autres choses . qui peut bien être modifiée diversement. LIV. Mon père se jouait quelquefois des stoïciens avec une grâce délicate : il me disait uu jour qu'à Athènes. Il pense que l'absence de toute douleur est le dernier terme où puisse aller la volupté . Si . dit-il . sans doute. Dès que la douleur se retire . et non contre Epicure. disait mon père. 3o9 et qui excite des sensations agréables?' Non. mais qui jamais ne s'élèvera plus haut. la voluplé est une conséquence du besoin satisfait. dans le Céramique lfj. Mais si la volupté était un bien. « Votre main . Ce geste exprime une question qui préoccupe agréablement l'esprit du philosophe. dans l'attitude où elle est. que quelques-uns ont regardée comme intermédiaire. si la parole lui avait été donnée. reconnaît en soi-même le sen timent du plaisir ou celui de la douleur. désire-t-elle quelque chose? Non . Quiconque. I. c'en est une aussi. mais un plaisir extrême. se rend bien compte de ce qui l'affecte . Voilà pourquoi Epicure n'admet pas de milieu entre la douleur et la volupté. lorsqu'on a chassé la soif et la faim par le boire et le manger. c'est contre Aristippe et les cyrénaïques que porte cette 'conclusion . La volupté n'est donc pas un bien. il y a une slatue de Chrysippe assis et avançant la main. ne la désirerait-elle pas? Je le crois. disait un stoïcien. il en fait lui. non-seulement un plaisir. Car si le chatouille . nous éprouvons de la joie : or. comme tout ce qui blesse est douleur . » Ce n'est point ce langage qu'aurait tenu la sta tue. tout ce qui inspire la joie est volupté .

dolor in longinquitate . quia. secundum non recte. Extremum autem esse bonorum voluptatem . et ad eos cum suavitate afïlueret et illaberetur : nec manus esse contenta posset ulla vacuitate doloris sine jucundo motu voluptatis. Constituamus aliquem magnis . nihil dolere : primum tibi recte. ET MAL. qui ita sit affectus. est igitur voluptas bonum. Nam si ea sola voluptas esset. et firmitatem animi. multis. quum ita esset affecta. quae quasi titillaret sensus. Ad ea quum accedit. Chrysippe. levis.perpetuis fruentem et animo et corpore voluptati" bus. aut magis expetendum possumus dicere? Inesse enim necesse est in eo. XII. Conclusum est enim contra cyrenaicos satis acute : nihil ad Epicurum. ut Epicuro placet. nihil desiderare manum. concessum est. diuturnitatem allevatio consoletur. si voluptas esset bonum. in gravitate. I. quod dolore caret. . Idcirco enim non desideraret. brevis soleat esse: ut ejus magnitudinem celeritas. ut ita dicam . Sin autem summa voluptas est. quod mors sensu careat. si loqui posset.3io DE FIN. id in voluptate est.. ex hoc facile perspici potest. LIB. nec impendente : quem tandem hoc statu praestabiliorem . BON. fuisse desideraturam. nullo dolore nec impediente. » Hoc ne statuam quidem dicturam pater aiebat. earumque assidua recordatione laetetur : quid est . nec praeteritas voluptates effluere paliatur. nec mortem. nec dolorem timentis. ut neque divinum numen horreat.

votre main ne sent-elle pas. posée ainsi . une âme inébranlable . elle en aurait le désir : comment . durable. en effet. L'homme dont nous parlons a d'autres avantages : la crainte des dieux ne trouble pas son repos. 3n ment des sens délicieusement caressés était l'unique vo lupté. Si l'absence de toute douleur est. la vo lupté suprême. parce que. par cela même. par la puissance constante des souvenirs. d'abord il est bien constant que votre main . ne désire rien . de la seconde. aucune douleur. le mépris de la mort et de la dou leur. une impression de plaisir? XII. ce serait trop peu pour la main de ne point éprou ver de douleur sans mouvement de plaisir. et qu'ainsi l'excès trouve son contre-poids dans la courte durée. Que pourriez-vous. LIV. il sait encore jouir des voluptés passées. au con . désirer ce qu'on possède? Exempte de douleur. La volupté est le bien suprême : on peut voir maintenant cette vérité sans nuages. Tel homme jouit des plaisirs sans cesse renaissans de l'âme et du corps. elle est lé gère. un état plus désirable? Nous lui supposons . mais ensuite on s'est trompé quand on a prétendu que . elle dure peu. de la première. comme conséquence nécessaire. comme l'affirme Epicure. I. ajouter à tant de félicité? Tel autre. si la volupté était un bien . je le répète .DES BIENS ET DES MAUX. grande. aucune crainte ne le trouble : peut-on citer un plus grand bonheur. et la longueur dans le peu de souffrance. parce qu'elle prive de tout senti ment.

ut cum voluptate vivatur. ubi consistat. quod melius sit. vcl extremum . quis eas aut laudabiles.3)2 DE FIN. non intelligunt . aut . nec exspectata voluptate : quid eo miserius dici . Quod quum ita sit. vel ultimum. omnes rectas res atque laudabiles eo referri. ultimum esse bonorum cum voluptate vivere. quae sua natura aut sollicitare possit. omnesque et metus. ad id autem res referuntur om nes : fatendum est. vivere cum dolore. quanti in hominem maximi cadere possunt. et aegritudines ad dolorem referuntur. quod ipsum nullam ad aliam rem. nulla praeterea nec praesenti. quod Graeci téAoç nominant. XIII. maxime fugienda est : summum profecto malum est. si Epicurum audire voluerint. I. nec praeterea est res ulla. accedere? Statue con tra aliquem confectum tantis animi corporisque doloribus.. BON. quid natura postulet. splendore nominis capti. Cui sententiae consentaneum est. quod huc possit. Praeterea et appetendi . ET NUL. et. aut fingi potest ? Quod si vita doloribus referta . perspicuum est . tanquam in extremo. et refugiendi . aut a dolore. et omnino rerum gerendarum initia proficiscuntur aut a voluptate. Istae enim veslrae eximiae. nulla spe proposita. Id qui in una virtute ponunt. Quoniam autem id est vel summum bonum . errore maximo. LIB. summum esse bonum jucunde vivere. aut angere. nisi voluptatem efficerent. fore levius aliquando. pulchraeque virtutes. liberabuntur. Nec enim habet nostra mens quidquam.

la volupté est la source de tous nos désirs . ne se rapportant à rien. elle ne nous repousse que par la douleur. I. en écou tant Epicure. et . voilà le seul but où notre esprit puisse s'arrêter. voilà l'unique objet de nos craintes et de nos chagrins. La volupté . 3i3 traire.DES BIE1VS ET DES MAUX. un état plus misérable. plie sous le poids des douleurs de l'esprit et du corps. dites-moi. XIII. la douleur. par la même rai son . et. De quelle erreur seraient désabusés. et qui. Or. tous les philosophes nous disent que le bien suprême est ce qui. si elle . jamais il ne l'attendit : figurez-vous. il n'espère pas les voir un jour allégées. ne compren nent pas les besoins de la nature! La vertu! elle est. jamais il ne goûta le plaisir . Enfin . belle et sans prix : mais. LIV. comme de la douleur découlent toutes nos craintes. c'est sans doute aussi le pire des maux . d'après ce principe. j'en fais l'aveu. constitue le terme auquel toute chose aboutit : il faut donc m'accorder que la volupté est le souverain bien. Si une vie abreu vée de douleurs est ce qu'il faut craindre le plus. s'il est possible. il est évident que toutes nos actions les plus honorables se rapportent au plaisir. le plus grand des biens sera de vivre dans la vo lupté. la trouveriez-vous digne de vos louanges et de vos vœux. Ainsi le veut la nature : par la vo lupté seule elle nous attire. éblouis par ce beau nom . les philosophes qui placent ce bien dans la vertu .

ne invidia verbi labefactetur oratio mea. Ex cupiditatibus odia. . Sa pientia enim est una. Nam quum ignoratione rcrum bonarum. quae mœstitiam pellat ex animis. si nihil efficeret . nec tantum in alios caeco impetu incurrunt. sed intus etiam in ani mis inclusae inter se dissident atque discordant.3i4 DE FIN. cupiditatibusque delractis. non expeteretur. BON. totam etiam labefactant saepe rempublicam. quae ars vivendi putanda est. Nec hae sese foris solum jactant. non arte laudatur : sic sapientia. sed universas familias evertunt. et gubernatoris ars. discordiae. ET MAL. quae nos exhorrescere metu non sinat : qua praeceptrice . I. nunc expetitur. et omnium falsarum opinionum temeritate demta. et gravissimis animi doloribus torqueantur : sapientia est adhibenda. quod est tanquam artifex conquirendae et comparandae voluptatis. et malarum. quae et terroribus. utilitate. omnium cupiditatum ardore restincto. jam videtis. certissimam se nobis ducem praebeat ad voluptatem. dissidia. seditiones. expetendas arbitraretur? Ut enim medicorum scientiam non ipsius artis . in tranquillitate vivi potest. maxime hominum vita vexetur. Cupiditates enim sunt insatiabiles : quae non modo singulos homines. bella nascuntur. sed bon» valitudinis causa probamus . ob euuique errorem et voluptatibus maximis saepe priventur. quia bene navigandi rationem babet.. Ex quo vitam amarissimam necesse est effici : ut sapiens solus. LIB. Quatn autem dicam voluptatem.

DES BIENS ET DES MAUX. mais les familles entières. et se renfermant dans les bornes de la nature. Il en est de même de la sagesse . Car ces vices sont insatiables. Or. de discordes. puisse vivre exempt de crainte et de chagrin. qui en voudrait? si on la désire. et même les états. Vous entendez de quelle volupté je veux parler : que le sens quelque fois fâcheux de ce terme ne décrédite point mes paroles. de séditions. les dé sirs vicieux. qui est l'art de la vie : si elle n'était bonne à rien . est-ce l'art de la navigation que l'on estime? non. dissipant autour de nous les craintes funestes. Le moyen qu'avec elles la vie ne soit pas remplie d'amertume? Il n'y a donc que le sage qui. si. qui éloi gne de nous ces craintes et leurs angoisses. Opposons-y la sagesse : seule. A son école . En effet.perdent. Encore. on vit tranquille. parce qu'elle éteint le feu des cupidi tés. dans notre propre cœur elles se livrent bataille . 3i5 ne produisait la volupté? Ce n'est point pour la méde cine même qu'on fait cas de la science du médecin . I. Dans un pilote. l'erreur en ces matières prive souvent l'homme des plus vifs plaisirs. c'est l'utilité qu'on en retire. la sagesse peut nous conduire sûrement à la vo lupté. extirpant la crainte frivole et l'erreur. et nous arrachant le bandeau des fausses opinions . quoi de plus utile et <le plus favorable au bonheur que la division . Il n'y a qu'elle qui bannisse ces chagrins. De là tant de haines. c'est uniquement parce qu'elle nous met en possession de la volupté '9. ils. non-seu lement les particuliers. mais pour la santé qu'elle procure. dans leur fureur. L1V. l'ignorance de ce qui est bon ou mauvais est le principal tourment de la vie. de guerres. les cupidités ne causaient tant de ravages qu'au dehors! Mais non. et sont continuellement en guerre. et le livre à des peines intolérables.

monet. tertium . BON. I. sed quia pacem animis afferat. XIV. amputata circumcisaque inanitate omni et errore .3i6 DE FIN. quae nec naturales . sapientiamque esse solam. Ne naturales quidem multa desiderant. quibus contenta sit . quae naturales essent. cur dubitemus dicere . et eos quasi concordia quadam placet ac leniat. aut fugiendis. alterum . et omnes monstret vias . nec necessariae. ut necessariae nec opera multa. LIB. Inanium autem cupiditatum nec modus ullus. rationem ut sequamur. Quod si vitam omnem perturbari videmus er rore et inscientia. quae ad quietem et tranquillitatem ferant : quid est . quae in rebus aut expetendis. Temperantia est enim. et necessariae. Quarum ea ratio est . ET MAL. quam illa. nec tamen necessariae. Nec enim satis est judi . nec finis inveniri potest. sine aegritudine possit. et terminatas habet. naturae finibus contentus. qua est usus Epicurus? qui unum genus posuit earum cupiditatum . et sine metu viyere. et sapientiam propter voluptatem expetendam. nec impensa expleantur. Quae est enim aut utilior. et ipsius fortunae modice ferre doceat injurias. et parabiles. quae nos a libidinum impetu.. et insipientiam propter molestias esse fugiendam? Eademque ratione ne temperantiam quidem propter se expetendam esse dicemus. et formidinum terrore vindicet. propterea quod ipsa natura divitias . quae essent et naturales. aut ad bene vivendum aptior partitio.

à connaître tous les chemins qui mènent à un paisible repos. I. quand elle nous a aidés à discerner ce qu'il faut faire ou éviter : sachons de plus nous atta . Tout n'est pas fait encore . et à cause de leurs funestes conséquences qu'il faut éviter l'ignorance et la folie? Par la même raison. il ne faut ni peines ni dépenses. Que si l'erreur et l'ignorance troublent la vie de l'homme.DES BIENS ET DES MAUX. les dernières enfin n'ayant ni l'un ni l'autre caractère? Pour la satisfaction des nécessaires . XIV. 3i7 qu'a faite Épicure des cupidités . j'affirme que la tempérance ne doit point être désirée pour ellemême . la seule école où nous apprenions à supporter les injures du sort. qui est son ouvrage : car j'appelle tempérance cette vertu 22 qui nous fait régler sur la raison et nos appétits et nos répugnances. et ont leurs limites. les unes naturelles et nécessaires. LIV. les autres naturelles. les naturelles n'en demandent pas même beaucoup. parce que les choses dont la nature se con tente sont aisées à acquérir. Les cu pidités superflues sont seules infinies 2°. mais sans nécessité. si la sagesse 21 est le seul rempart contre les assauts des passions et les terreurs de toute espèce. mais pour le calme qu'elle procure à l'âme. pour la douce union des cœurs . pourquoi ne pas dire hautement que c'est à cause de la volupté qu'il faut rechercher la sagesse.

quae laudatur. et qui suum judicium retinent. Qui autem ita frui volunt voluptatibus. quod tenere atque servare id. non quia voluptates fugiat. saepe etiam legum judiciorumque pœnis obligantur. et qua etiam carere possent sine dolore. quod sentiunt non esse faciendum : hi voluptatem maximam adipiscuntur. sed stare etiam oportet in eo. nec vigiliae. ne voluptate victi faciant id. I. per se ipsa allicit. metuque vivamus. . nec ea ipsa. ut nulli propter eas dolores consequantur. et non necessariam . victi et debilitati. LIB. industria. tum in morbos graves. care. sed quia majores consequatur. et quae vel aliter pararetur. animumque et corpus. ne. nec assiduitates.3i8 DE FIN. quod sit judicatum. objecta specie voluptatis. si id non faciant. Plerique autem. temperantiamque expetendam. non possunt. incidant in majorem. provident. ob eamque causam propter voluptatem et parvam. nec intemperantiam propter se fugiendam esse. quod statuerunt . ne fortitudo quidem : sed ista sequimur.. tum in damna. Eadem fortitudinis ratio reperietur : nam neque laborum perfunctio. ut sine cura. quid faciendum. Iidem etiam dolorem saepe perpetiuntur. neque perpessio dolorum. tradunt se libidinibus constringendos. BON. quantum efficere possimus. quid eventurum sit. ET MAL. XV. tum in dedecora incurrunt. nec patientia. praetermittenda voluptate. non faciendumve sit. nec. Ex quo intelligitur.

pour affranchir de la peine. inutile. ce n'est point l'ennemie des voluptés que nous embrassons . se laissent emporter au vent des passions . du courage enfin. En ef fet. Mais que d'hommes . Mais que ne bravons-nous pas pour vivre exempts d'inquiétudes et de craintes. et que. autant qu'il . de l'activité si digne d'éloges. sans prendre garde au naufrage ! De là vient que. si la souffrance des douleurs ne sont point à rechercher pour elles-mêmes . Mais celui qui n'admet le plaisir qu'en excluant ses suites funestes. mais la vertu qui nous en promet de plus douces encore. dans l'infortune. incapables d'em brasser fortement une résolution. L1V. des soins assidus. pour une volupté passagère. 3ig cher à notre choix. dans la tempérance. trouve le plaisir suprême. il en est ainsi de la patience. si la fatigue du travail . Il sait aussi souffrir une légère douleur pour en éviter une plus grande. Concluez donc que l'intempérance n'est point en elle-même une chose à craindre.DES BIENS ET DES MAUX. Même raisonnement pour la force d'âme. dans l'opprobre. ils tombent dans de grandes maladies. celui-là. celui dont la volonté est assez ferme pour résister à la volupté dès que sa raison lui a ordonné de s'en abstenir. souvent même sous la vindicte des lois. dont la priva tion ne leur eût rien coûté. XV. dans le mépris du plaisir. I. et séduits par une vaine image de plaisir. des veilles.

has optari . miserum est . sin minus. quum ea non placeat. copulatas esse docui cum voluptate. quia dolorem pariant . ut de omni virtute sit dictum . quod tranquillet animos. si tolerabiles sint. ob eamque debilitatem animi . succumbere doloribus . I. Quibus rebus intelligitur. temperantiam. omni est liber cura et angore. quum et mortem contemnit. Ut enim sapientiam . . exeamus. et ad dolores ita paratus est . multi parentes .. et libido. nihil earum rerum defuturum. ut ab ea nullo modo nec divelli. quia voluptatem.3ao DE FIN. parvos multa habere intervalla requietis. ut meminerit. in eadem causa sunt. Quemadmodum temeiitas. feramus. mediocrium nos esse dominos : ut. sed similia fere dici possunt. XVI. moleatia liberemus. Ut enim mortis metu omnis quietae vitae status perturbatur . nec fortitudinem patientiamque laudari suo nomine : sed illas rejici . nonnulli patriam . LIB. qua antequam nati . ET MAL. multi amicos . tum spe. nec distrahi possint : sic de justitia judicandum est. maximos morte finiri. Justitia restat . eosque humili animo imbecilloque ferre . tanquam e theatro. quae non modo nunquam nocet cuiquam . qua qui affecti sunt. fortitudinem. quas natura non depravata desideret. et ut . aequo animo e vita. uec timiditatem ignaviamque vituperari . plerique autem se ipsos penitus perdiderunt : sic robustus animus et excelsus. sed contra semper alit aliquid tum vi sua atque natura. BON.

I. ai . parce que la douleur est leur inséparable compagne . déposant ce fardeau . Que la témérité . l'inxxvn. et qu'avec les secondes . et nous n'au rons omis aucune vertu. contri bue encore à calmer les esprits. et sortant de la vie comme d'un théâtre. XVI. dans le cas contraire. qui. une âme forte et haute rejette toute idée pénible par le mépris de cette mort qui replace l'homme dans le néant où il était avant de naître . c'est la volupté qu'ap pellent nos vœux. comme c'est être misérable que de succomber à la douleur. LIV. car elle sait que la mort met un terme aux maux les plus grands. si nous les trouvons tolérables. la lâcheté. pour les autres. qu'elles en sont inséparables : même pensée s'applique à la jus tice. et. s'unissent si intimement à la volupté. Ici ençore notre langage sera le même. que les maux légers nous laissent souvent du relâche. et par sa vertu propre. à l'intrépidité. non contente de ne nuire à personne. leurs amis. la licence. par une attitude fière contre la douleur. Il est donc clair que le blâme ou l'éloge ne s'adressent pas à la timidité. par le plus grand nom bre eux-mêmes. notre âme et notre corps! Et comme la crainte de la mort. mais qu'on repousse les premières. elles sont ses bourreaux. de même. à la force. Parlons maintenant de la justice. La sagesse . remplit la vie de trouble23.DES BIENS ET DES MAUX. avonsnous dit. par quelques-uns leur patrie. elles l'agitent. la force . la tempérance . s'emparent d'un cœur : passions turbulentes. et que. comme cette pusillanimité a fait abandonner par beaucoup d'hommes leurs parens. 32i est en nous . les supportant. nous en sommes maîtres. considérées en elles-mêmes. à la faiblesse. et par l'espoir que tous les besoins d'une nature non corrompue seront satisfaits. ou de la sup porter avec faiblesse.

liberalitati magis con venant. ut te consule . Quod si qui satis sibi contra hominum conscientiam septi esse et muniti videntur. aequitatem. neque honoris. hoc ipso. neque imperii. ipsi se indicaverunt. benivolentiam sibi conciliant. Plerumque improborum facta primo suspicio insequitur . quas nulla praeda unquam improbe parta minuit. deinde sermo atque fama. qua qui utuntur. LIB. turbulentaeque sunt : sic injustitia cujus in mente consedit. vel ingenii . quibus eorum animi noctes atque dies exeduntur. ET MAL. a diis immortalibus supplicii causa impor tai putant. tum accusator.Vil DE FIN. quod adest. nec epularum . potius inflammat : ut coercendi magis . et semper solli citant. tum judex : multi etiam . Neque homini infanti atque impotenti injuste facta conducunt. fidem. quam dedocendi esse videantur. tum pœna legum. nec reliquarum cupiditatum . nunquam tamen confidet id fore semper occultum. si effecerit : et opes vel fortunae . qui nec facile efficere possit. deorum tamen borrent. easque ipsas sollicitudines . turbulenta : et si vero molita quippiam est. BON. quum conscientia factorum . I. nec libidinum . Invitat igitur vera ratio bene sanos ad justitiam. quod conetur..ad augendas . quanta. nec obtinere. et iguavia semper animam excruciant . Quae autem tanta ex improbe factis ad minuendas vitae molestias accessio fieri potest . quamvis occulte fecerit. . odioque civium? Et tamen in quibusdam neque pecuniae modus est.

repos si doux de la vie25. plus d'un enfin. 3a3 justice. et par la crainte de la punition des lois. vient ensuite l'accusateur. que la véritable raison invite tous les hommes d'un esprit droit. le succès est im possible. je veux dire le succès durable. S'il est des hommes qui croient s'être fait un assez fort rempart contre le cri de l'huma nité . bouleverse l'âme où elle réside s4. la pensée du ciel les fait frémir. le juge. le plaisir qui résulte rait d'une méchante action peut -il donc alléger les peines de la vie autant que cette action même les aggrave et par les remords de la conscience. équitables . Le méchant ne peut cacher ses actions : le soupçon. je le sais . LIV. par sa seule présence . est son propre dénonciateur. sincères . Et pour quoi de tels hommes seraient-ils injustes? Les appétits naturels sont si faciles à contenter sans nuire à per3 1. la renommée. L'utilité. Mais l'homme qui a reçu en partage le génie ou la fortune est intéressé à faire le bien : de là naît l'estime publique. les inquiétudes qui les déchirent nuit et jour.DES BIENS ET DES MAUX. . Et que ceux qui n'ont ni esprit ni ressource . des hommes qui . environnés de plaisirs. et par la haine publique? Il est. Médite-t-elle un funeste dessein ? malgré les té nèbres dont elle s'enveloppe . I. comme sous votre consulat. il faut les enchaîner. ils les regardent comme un supplice que les dieux im mortels leur envoient. et cet amour de nos semblables. sont sur ses traces. et les soins qui les dévorent. C'est donc à être justes . l'opinion publique. au faîte de la fortune et des honneurs. elle ne comptera jamais sur un éternel secret. impuissansà satisfaire leurs cupidités par des moyens iniques. sentent que leur feu devient chaque jour plus ardent : mais il ne faut pas instruire ces gens-là. ne croient pas trouver leur intérêt dans l'injustice : pour eux.

reperire potest exitum . quae eveniunt improbis. jucundum est. quod cujus in animo versatur. BON ET MAL. quae pariuntur injuria. nisi dirigatur ad voluptatem . voluptas autem est sola . Nihil enim desiderabile concupiscunt . sed multo etiam magis. Itaque non ob ea solum incommoda. Itaque ne justitiam quidem recte quis dixerit per se ipsam optabilem. caritatem. beateque vivere . Nam diligi et carum esse. praesertim quum omnino nulla sit causa peccandi. facile explentur sine ulla injuria . LIB. I. in voluptate."sed in his rebus . nunquam sinit eum respirare . id est. Quae enim cupiditates a natura proficiscuntur. quae nos vocet ad se et alliciat suapte natura : non potest esse dubium. his parendum non est. explicabo brevi. sed quia jucunditatis vel plurimum afferat. et. plusque in ipsa injuria detrimenti est . quia tutiorem vitam . nihil aliud sit . et voluptatem efficit pleniorem. XVII.3a4 DE FIN. quae autem inanes sunt. Huic certae stabilique sententiae quae sint conjuncta . fugiendam improbitatem putamus. nunquam acquiescere. Quod si ne ipsarum quidem virtutum laus.. in qua maxime ceterorum philosophorum exsultat oratio . aut in'dolore. nisi cum voluptate vivere. quin id sit summum atque extremum bonorum omnium. quam in iis rebus emolumenti. propterea. quod aptissimum est ad quiete vivendum. Nullus in ipsis error est finibus bonorum et malorum.

LIV. caç dans l'injustice il y a toujours plus à perdre qu'à gagner. si. la volupté est le seul attrait qui nous séduise à la vertu. Quel plaisir d'être aimé et estimé de tout le monde ! Combien nos jours s'écoulent alors . L'erreur consiste-t-elle à prendre la volupté pour le bien le plus précieux . Or. c'est plutôt cette inquiétude qui harcèle sans cesse ceux qui s'y abandonnent. pour lesquelles les autres philosophes sont si prodigues d'éloges . et la douleur pour le mal le plus .DES BIENS ET DES MAUX. et vivre heureux n'est autre chose que de vivre dans la volupté. cette même volupté est in contestablement le plus grand de tous les biens . d'après la nature. ne peuvent avoir pour fin dernière que la vo lupté. que nous devons recher cher l'équité. si les vertus mêmes. ce qui interdit l'injustice à l'homme. c'est pour les avan tages qu'elle amène à sa suite . XVII. selon nous . 3*5 sonne! Les autres désirs ne conduisent à rien qui soit di gne de nos vœux : le devoir est donc de leur résister. I. Ce n'est donc point pour elle-même . Je vais développer en peu de mots ce qui s'at tache étroitement à cette doctrine si vraie et si solide. et plus tranquilles et plus doux ! Les inconvéniens extérieurs ne sont donc pas .

nec ob eam eau sa m non multo majores esse et voluptates. BON. aut molestiam plus aut ad beatam. nulla successerit. Quod idem licet transferre in voluptatem. aegritudinem statim consequi. nisi in voluptatis locum dolor forte successerit : at contra . quae sensum moveat. animo autem. ut ea major sit. si nihil tale metuamus. quum. e quibus haec efHciantur. sic laetamur iis. Ut enim aeque doleamus animo. gaudere nosmet omiltendis doloribus.3a6 DE FIN. LIB. el futura. Animi autem voluptates et dolores nasci fatemur e corporis voluptatibus et doloribus. nisi praesens. quam corporis. quum corpore dolemus : fieri tamen permagna accessio potest. si aeque diu sit in corpore. etiam si voluptas ea. ignorant. Jam illud quidem perspicuum est. ET MAL. peccant. si qui e nostris aliter existimant : quos quidem video esse multos. Quanquam autem et. I. laetitiam nobis voluptas animi . aut ad miseram vitam afferre momeuti. Itaque concedo quod modo dicebas. Sed ut iis bonis erigimur. et dolores animi. Nam corpore nihil. delracla voluptate.. et quod adest. et praeterita. quanta volu ptas sit non dolere. si aliquod aeternum et infinitum impendere malum nobis opinemur. Non placet autem. maximam animi aut voluptatem. quae exspectamus. Stulti au . et ad corpus referri . quam eorum utrumvis. Eoque intelligi polest. cadere causa. soutire possumus . et molestiam dolor afferat : eorum tamen utrumque et ortum esse e corpore . sed imperitos. quae recordamur.

le souvenir d'un bien dont on a joui ne rend pas moins heureux. je l'avoue. Loin de là . de la joie. et j'accorde ce que vous disiez tan tôt . nous sentons . lors même que cette ab sence ne serait accompagnée d'aucune volupté sensible . que de se figurer que notre mal n'aura point de fiu. et c'est au corps qu'elles se rapportent . les peines et les plaisirs de l'esprit . Vous pouvez transporter cet argument à la volupté : elle a bien plus de charmes. ou la vraie douleur. que les mêmes impressions bornées aux sens. qu'il est impossible aux philosophes nombreux qui pensent autrement . 3a 7 cruel ? non . contri buent encore plus au bonheur ou à l'infortune . quand nous ne craignons pas qu'elle s'épuise. LIV. nous ne pouvons être affectés que des choses présentes . l'absence de cette dernière nous semble un motif de joie . par l'esprit . en effet. que . Il est donc maintenant évident qu'un extrême plaisir ou une peine extrême de l'âme . au reste . et je n'en reconnais pas moins que les voluptés et les peines morales sont plus grandes que les corporelles. Nous ne préten dons pas . la volupté retirée. Mais si l'attente d'un bien qu'on espère donne de la joie . et par là on peut comprendre quel vif plaisir il y a dans cet éloignement de la douleur. et sa tristesse cause de la douleur : mais ces affections vien nent du corps . Les fous se . Par le corps. Des plaisirs et des peines du corps viennent cependant. et telles qui ne sont plus . Bien que l'âme souffre à la fois de ses propres peines et de celles du corps. si même cette volupté ne cède la place à la douleur. vienne aus sitôt le chagrin. et celles qui sont encore à naître.DES BIENS ET DES MAUX. I. d'asseoir solidement leur opinion. c'est à ignorer ce qui peut causer ou la vraie volupté. c'est toujours un cruel surcroît de douleur. il est vrai. La volupté de l'esprit inspire.

gloriae. . laetitia. nisi jucunde. secumque discordans. I. quod vitam adjuvet. summum bonum consequamur? Clamat Epicurus. nec in discordia dominorum domus : quo minus animus a se ipse dissidens . O praeclaram beate vivendi. Est autem situm in nobis. gustare partem ullam liquidae voluptatis et liberae potest. quo facilius id. et aperlam. et corporis voluptatibus : videtisne. ut aegritudo sequatur. nisi sapienter. ni hil tranquilli potest. quae praeterierunt.. nec sapienter. sapientes bona praeterita. si illa mala sint. non posse jucunde vivi. tunc fit . grata recordatione renovata. divitiarum. acri animo et attento intuemur. dominationis. perfruique maximis et animi. nihil quieti videre. ut et adversa quasi perpetua oblivione obruamus. et secunda jucunde ac suaviter meminerimus. XVII I. BON. Neque enim civitas in seditione. LIB. si bona. justeque vivatur.3a8 DE FIN. juste. honeste. Quod si corporis gravioribus morbis vitae jucunditas impeditur : quanto magis animi morbis impediri necesse est? Animi autem morbi sunteupiditates immensae et inanes. delectant. quod propositum est. quam vacare omni dolore et molestia. quam nihil praetermittatur. tem malorum memoria torquentur . et directam viam! Quum enim certe nihil homini possit melius esse. is. et simplicem. honeste . Sed quum ea. Atqui pugnantibus et contrariis studiis consiliisque semper utens. ET MAL. beata esse potest. quem vos nimis voluptatibus esse deditum dicitis.

il vous crie : Il n'est point de bonheur sans sagesse. En effet. ce bonheur est impossible pour un état déchiré par des factions . de la domination et des voluptés sensuelles. sans honneur. les sages. Or. il n'est point d'hon neur. notre esprit fait naître pour nous le chagrin du sein des souvenirs amers.DES BIENS ET DES MAUX. les cruels soucis qui rongent le cœur de l'insensé qui ne veut pas comprendre que ce qui n'est pas une douleur physique . jouissent encore de leurs plaisirs passés. ajoutez ici les chagrins amers. est le sort le plus digne d'envie. ouverte à tous les hommes ! Si vivre sans douleur et sans cha grin . I. il n'est pour elle ni calme ni repos. but de nos efforts ? Écoutez la voix de cet Epicure que vous dites esclave de la volupté . comment donc une âme qui n'est pas d'accord avec elle-même pourrait-elle goûter une volupté pure? Tant que des passions ennemies se la disputeront. de justice. de sagesse sans bonheur. XVIII. pour une maison dont les maîtres sont divi sés. nous avons en nous-mêmes la puis sance d'ensevelir en quelque sorte le malheur dans un éternel oubli . Que si les maladies cor porelles privent la vie des plus douces jouissances. O route du bonheur facile. 3a9 font un tourment des maux qui ne sont plus. LIV. sans justice. nous reprocherat-on d'avoir rien omis de ce qui peut charmer l'exis tence . infaillible . Fixé attentivement sur le passé. et de réveiller avec délices la pensée du bonheur. si jouir des plaisirs les plus vifs et de l'âme et des sens. par le charme des souvenirs. quel tourment ne seront pas les maladies de l'esprit? J'en tends par là ces désirs effrénés et insatiables des ri chesses. de la gloire. la joie des réminiscences du plaisir. et conduire à ce bien suprême .

Accedunt aegritudines . nihil dolendum esse animo. Nullas enim consequuntur voluplates. aut malivoli. futura modo exspectant. semper impendet. alii audaces. qui animos exedunt conficiuntque curis hominum non intelligentium . quum sero sentiunt. LIB. Illi enim negant bon um quidquam esse . frustra se aut pecuniae studuisse. moustrosi. aut opibus . neque sapieutium non beatus. I. . multos labores. qua qui est imbutus. Nemo igitur est eorum non mi ser. aut omnia semper desperantes . nisi nescio quam illam umbram. Multoque hoc melius nos veriusque . Accedit etiam mors . Quas ob causas in eorum vita nulla est intercapedo molestiae. Praeterea bona praeterita non meminerunt . magnosque susceperant. et metu : maximeque cruciantur . difficiles. mœrores. quod sit a dolore corporis praèsenti futurove sejunctum. protervi. quod appellant honcstum . quietus esse nunquam potest. molestiae. iuvidi. aut imperiis. et ignavi . ET MAL. Ecce autem alii minuti et angusti . tum superstitio . aut gloriae. quasi saxum Tantalo . quam stoici. libidinosarum ctiam voluptatum. Igi tur neque stultorum quisquam beatus. maledici. iidem intemperantes. alii petu lantes. BON.33o DE FIN. lucifugi. quae quia certa esse non possunt. alii autem etiam amatoriis levitatibus dediti . Nec vero quisquam stultus non horum morborum aliquo laborat.. praesentibus non fruuntur . quae. quarum potiendi spe inflammati. conficiuntur et angore. nunquam in sententia permanentes.

le charmant sou venir des biens passés . Forte d'un tel appui. la jouissance de ceux qu'ils pos sèdent . disent-ils. C'est peu . ne cherche aucun autre bien. la souffrance est sans terme. parmi les quels il n'en est pas un qui connaisse le bonheur! Mais aussi. à la turbulence. toujours suspendu sur leurs têtes . vont désespérant de tout. à les entendre. à l'audace. Le seul vrai bien. et que tous les laborieux plaisirs placés devant eux par l'imagination leur échappent sans retour? alors surtout leur supplice est intolérable. mais vide de sens. et Suffit au bonheur 2?. ne sont rien pour eux . à l'emportement . 33 1 et présente . portent leurs coups dans l'ombre . ou ce qui n'en est pas la cause immédiate . ceux-là joignent la légèreté . et la super stition . à l'esprit faible et ré tréci. Pour de tels hommes. et .DES BIENS ET DES MAUX. pour la puissance . mot brillant. D'autres hommes . Que d'insensés . ne doit pas nous tourmenter : et comptez le petit nombre de ceux que l'une de ces maladies ne rend pas infail liblement malheureux. l'intem pérance et un caractère versatile. mé dians. où est le sage qui ne soit vraiment heureux? et nous l'affirmons à meilleur droit que les philosophes du Portique. déchirent la réputation d'autrui ! Ceux-ci abandonnent leur cœur à de frivoles amours . qui ne laisse pas un moment de repos à ceux qui ont bu à sa coupe fatale. à l'injustice. LIV. et ils tremblent à toute heure dans la crainte d'un avenir dont l'incertitude les tient dans de continuelles angoisses. qui est pour quelques hommes le rocher de Tan tale . est un je ne sais quoiqu'ils appellent Yhonnête. dans leur humeur morose 26. pour la gloire . intraitables. la vertu. envieux. I. Mais s'aperçoiventils que tous leurs travaux ont été stériles pour la for tune . Vient ensuite la crainte de la mort. combien d'autres. .

quum stultorum vitam cum sua comparat. nujlam requirere voluptatem. magna afîîcitur voluptate. non tam sol klo . BON. quo non plus habeat voluptatum . Nam et praeterita grate meminit . nunquam vim tantam habent. quamque jucunda. ab iisque vitiis. Dolores autem . quod gaudeat. fruitur praesentibus. negligit mortem . His rebus instructus sem per est in voluptate : neque enim tempus est ullum. quam ex hoc percipiatur. XIX. quod videamus esse finitum. quod exiguam dicit fortunam intervenire sapienti. nec ad melius vivendum. sed exspectat illa. non dubitat . ET MAL. abest plurimum : et. Sic enim ab Epicuro sapiens semper beatus inducitur. Finitas habet cupiditates . de diis immortalibus sine ullo metu vera sentit . virtutem autem nixam hoc honesto. ut non plus habeat sapiens. neque pendet ex futuris. ut animadvertat. quanta sint ea. maximasque ab eo. In dialectica autem vestra nullam vim existimavit esse. LIB. Optime vero Epicurus . et praesentibus ita potitur. neque majorem voluptatem ex infinito tempore aetatis percipi posse.33a DE FIN. I. et gravissimas res consilio ipsius et ratione administrari . Sed possunt haec quadam ratione dici . quam splendido nomine . nec ad commodius dis- . si qui incurrunt. quam quod angatur. non modo non repugnantibus . quam dolorum.. verum etiam approbantibus nobis. migrare de vita. si ila melius sit. atque ad beate vivendum se ipsa esse contentam. quae paullo ante collegi .

le plaisir ne l'em porte sur la douleur. Toutefois. . dans l'im mensité des âges . Quant à votre dialectique . nous ne la combattons pas. I. Lui survient-il des douleurs ? il sait en faire la com pensation : jamais elles ne sont assez poignantes pour ne pas lui laisser encore plus à jouir qu'à souffrir. Derrière un tel rempart . à toutes les erreurs que je viens d'énumérer. Epicure dit encore très-bien que la fortune a peu de prise sur le sage 28 . nous allons même jusqu'à leur applaudir. et que. il éprouve un inef fable plaisir à comparer sa vie avec celle de tant d'insen sés. ni pour vivre plus heureux. LIV. il pense juste sur les dieux immortels et ne les craint pas : vaut-il mieux pour lui quitter la vie que d'y rester? il n'hésite pas. que l'ascendant de la raison suffit pour diriger les plus graves affaires. lorsque les stoïciens professent cette doctrine. chez lui. ni pour raisonner plus juste. méprisant la mort. il est impossible de savourer une vo lupté plus délicieuse que le sage pendant sa courte car rière. de l'homme que la sagesse mène au bonheur. il est toujours dans la vo lupté. Borné dans ses désirs.DES BIENS ET DES MAUX. Que de charmes dans le souvenir du passé ! que de jouissances dans le présent ! quelle sé curité pour l'avenir! étranger à tous les vices. 333 XIX. elle n'est bonne . Car voici le portrait tracé par Épicure . Pas un moment où. selon lui .

quae quasi delapsa de cœlo est ad cognitionem omnium. id omne oritur a sensibus. et rerum gerendarum.334 DE FIN. judicio ab eadem illa constituto. et verborum vis. Denique etiam morati melius erimus. non conturbamur ignoratione rerum . et sedatio animi . ad quam omnia judicia rerum dirigentur. ET MAL. Quidquid porro animo cernimus . quae natura desideret. tollitur omnis ratio et vitae degendae. nullo modo poterimus sensuum judicia defendere. omnium rerum occultarum ignoratione sublata . nunquam ullius oratione victi sententia desistemus. ii. et natura orationis. regula. In physicis plurimum posuit. L serendum. Ea scientia. quum didicerimus . et (ut modo docui) cognitionis regula. si stabilem scientiam re rum tenebimus. sublata cognitione et scientia . et moderatio. Nisi autem rerum natura perspecta eiit. et consequentium repugnantiumve ratio potest perspici : omnium autem rerum natura coguita. levamur superstitione . Praeterea . et fortitudo sumitur contra mortis timorem . BON. liberamur mortis metu . generibusque earum explicatis. ne id ipsum quidem expedire possunt. e qua ipsa borribiles exsistunt saepe formidiries. et. Sic e physicis . et constantia contra metum religionis. ut Epicuri ratio docet. Qui si omnes veri erunt. natura cupiditatum. servata illa. et nihil posse percipi dicunt. .. tum denique poterit aliquid cognosci et percipi : quos qui tollunt.quod disserunt. remotis sensibus. Tum vero. veri a falso distinctio traditur. LIB.

et la prenant pour arbitre souverain de tous nos jugemens. LIV. mé prisant la mort . tandis que la physique nous instruit des choses. comme Épicure l'enseigne. 335 Que nous enseigne la première de ces deux sciences ? la force des mots. Si . la nature du discours. physique. et qu'alors . et contre la superstition.■ mais il a donné DES BIENS beaucoup ET DES d'importance MAUX. c'est ap prendre à les fuir : car cette règle (et je l'ai démontré toùt-à-l'heure) rend le jugement droit . les conséquences vraies ou fausses . et nient qu'ils puissent nous transmettre de véritables per ceptions . Hien ne calme l'esprit comme de pénétrer dans les secrets de la nature . à laI. C'est dans leurs impressions que toutes les perceptions de l'intelligence trouvent leur ori gine 29. Là seulement l'âme se raffer mit contre la peur de la mort . En fin . Si le rapport des sens est fidèle. analyser le caractère des passions . libres de toute superstition . nous ne pourrons jamais défendre les jugemens des sens. la connaissance de la nature nous manque. Mais ceux qui récusent leur témoignage. retranchez la connaissance de la nature . aucun autre langage ne nous fera changer d'opinion. la vraie connaissance des choses est possible. nous ne sommes plus troublés par cette ignorance qui enfante tant de terreurs. ceux-là ne se feront jamais comprendre. La morale même gagnera à la connaissance des vraies intentions de la na ture. la conduite de la vie n'a plus de base. et nous apprend à distinguer la vérité de l'erreur. Alors. au contraire . embrassant cette règle qui semble un don du ciel . .

» Neque vero hoc oratione solum . nihil jucundius. Restat locus huic disputationi vel maxime necessarius. nihil uberius . quam nostras expeteremus (quo loco videtur quibusdam stabilitas amicitiae vacillare) : tuentur tamen eum locum. Ut enim virtutes. ET MAL. et vita sine amicis. et factis . affirmatis nullam omnino fore. si voluptas summum sit bonum. quam magnos. fictae veterum fabulae declarant. insidiarum et metus plena sit. sed multo magis vita . Sed ad rem redeamus. nihil esse majus amicitia. XX. de quibus ante dictum est. De hominibus dici non necesse est. ab ultima antiquitate repetitis . tamque variis. BON. tria vix amicorum paria reperiuntur. expediunt. quas ad beate vivendum sapientia comparaverit. I. seque facile. ut ad Orestem pervenias . Tribus igitur modis video esse a nostris de amicitia disputatum. LIB. quantaque amoris conspiratione consentientes tenuit amicorum greges? Quod fit etiam nunc ab epicureis. At vero Epicurus una in domo. Nam quum solitudo . in quibus tam multis. Alii . quum eas voluptates .336 DE FIN. de qua Epicurus quidem ita dicit : «omnium rerum. et moribus comprobavit. ratio . de amicitia. et ea quidem angusta. profectus a Theseo. quam. quae ad amicos pertinerent. sic amicitiam negant posse a voluptate discedere.. negarent esse per se ipsas tam expetendas. Quod quam magnum sit. ut mihi videtur.

dans l'école d'Épicure . I. disent-ils. le plus doux. Je trouve . selon vous. Mais Epicure. et auquel il me semble facile de ré pondre. si nous en croyons les anciennes fables . mais qu'on peut soutenir. et comme chacun de ces amis retrouvait dans les autres l'affection qu'il leur inspirait ! Cet exem ple est.DES BIENS ET DES MAUX. 3?7 XX. d'alarmes sans fin. ne peut plus exister dès que la volupté est reconnue pour le premier des biens. l'amitié est la com pagne inséparable de la volupté. nous présentent à peine trois couples d'amis 3o. les vo luptés qui intéressent nos amis ne sont pas pour nous à rechercher par elles-mêmes. Comme les jours d'un homme isolé sont menacés de dangers. écoutez le langage d'Epicure : De tous les trésors que la sagesse peut amasser pour le bonheur. Est-on parvenu à s'en entourer. qui. suivi par tous les épicu riens. Comme la vertu. trois manières diffé rentes d'envisager l'amitié. Mais revenons aux choses : ce ne sont pas les hommes qui doivent nous occuper. qui . LIV. Selon quelques-uns . l'amitié est leplus grand. comme celles qui nous con cernent : système qui ébranle un peu l'amitié. La doctrine que professait sa bou che était sanctionnée par sa vie et par ses mœurs : mérite bien grand . Mais ici. dans une seule maison de peu d'étendue. le cœur tranquille et rasxxvn. le plus iné puisable. encore aujourd'hui. Reste une chose qui est étroitement liée à la ques tion que je traite : c'est l'amitié . la raison même nous porte à nous faire des amis. aa . en remontant d'Oreste jusqu'à Thésée. en avait réuni une troupe nombreuse.

aut diuturnum timeret malum. amicitias comparare. Praeclare enim Epicurus his paene verbis : » Eadem . Nam et laetamur amicorum laetitia aeque atque nostra . qui verentur. sed etiam effectrices sunt volupta tum tam amicis. quam sibi. despicationes. inquit . adversantur voluptatibus : sic amicitiae. Quocirca eodem modo sapiens erit affectus erga amicum. in hoc ipso vitae spatio . eadem de amicitia dicenda sunt. quibus non solum praesentibus fruuntur. » Sunt autem quidam epicurei timidiores paullo contra vestra convicia. ET MAL.338 DE FIN. et a spe pariendarum voluptatum sejungi non potest. I. invidiae. LIB. quo in se ip sum. Quod quia nullo modo sine amicitia firmam et perpetuam jucunditatem vitae tenere possumus . eosdem suscipiet propter amici voluptatem : quaeque de virtutibus dicta sunt . et pariter dolemus angoribus. sed lamen satis acuti. quibus partis confirmatur animus. quosque labores propter suam voluptatem susciperet. ne quod aut sempiternum . ipsa monet. amicitiae praesidium esse firmissimum. BON. . et amicitia cum voluptale connectitur. et nosmet ipsos diligamus : idcirco et hoc ipsum efficitur in amicitia . sed etiam spe eriguntur consequentis ac poster! temporis. Atque ut odia.. quemadmodum hae semper voluptatibus inhaerent. neque vero ipsam amicitiam tueri . non modo fautrices fidelissimae. nisi aeque amicos. ne. quae perspexit. scientia confirmavit animum .

LIV. et tout ce qu'il ferait pour se procurer à lui-même du plaisir. 339 sure ne peut plus se détacher de l'espérance du plaisir que promet leur affection. de même. I. nous ne chérissons pas d'autres nous-mêmes . i Intimidés par vos reproches. comme le plus fort rempart. Les haines. Épicure dit encore : La même connais sance qui nous a raffermis contre la crainte d'un mal durable ou sansfin. et d'entretenir long-temps l'amitié si. les témoignages de mépris repoussent le plaisir. dans nos amis .* . commerce si doux pour le présent . Et. nous montre l'amitié comme l'asile le plus sur. il résulte de là qu'on a pour eux une tendresse sans ré serve. Ainsi . Puisqu'il est donc impossible d'être heureux sans amis. les jalousies . et que cette union de l'amitié et de la volupté nous rend heureux de la joie d'un ami . Voilà dans quel sens doit s'appliquer à l'amitié cette maxime. là dessus. s'ils avançaient que la volupté seule 22. que la volupté est inséparable de la vertu.DES BIENS ET DES MAUX. il le fera avec empressement pour leur en procu rer31. et malheureux de sa peine. rien ne l'attire plus vivement et ne l'entretient avec plus de constance qu'une amitié mutuelle. le sage confondra toujours dans un même sentiment et les intérêts de ses amis et les siens . et craignant de réduire l'amitié au néant. promesse de bonheur et de force pour l'avenir.

si omnia dixi. si equos. copulationesque .o DÈ FIN. si loca. qui dicant. et perspicuum est. nisi voluptatem . quam se ipsos diligant. et eonsuetudinum instituendarum voluntates fieri propter voluptatem. si canes. si urbes. incorruptis atque integris testibus . tota amicitia quasi claudicare videatur. quae dixi. LIB. et justius? Sunt autem . si campum. XXI. quod conjunctione tali sit aptius. fœdus quoddam esse sapientum . id est . tum amorem efïlorescere tantum . si amicitiam propter nostram voluptatem expetendam putemus . Etenim. magistra ac duce natura . ut . tamen ipsi amici propter se ipsos amentur. si ludicra exercendi aut venandi consuetudine. si gymnasia. non modo non impedirirationem amicitiae. sole ipso illustriora et clariora sunt. ut ne minus quidem amicos . ET MAL. etiamsi nulla sit utilitas ex amicitia. si fana. hausta e fonte naturas..3/. I. Quapropter si ea. Quod et fieri posse intelligimus. Itaque primos congressus . Quibus ex omnibus judicari potest. sed sine hoc institutionem amicitiae omnino non posse reperiri. nihil ad jucunde vivendum reperiri posse. nihil esse prosperum . adamare solemus : quanto id in hominum consuetudine facilius fieri poterit. et saepe id videmus. . si infan tes pueri. paene loquuntur. quum autem usus progrediens familiaritatem effecerit. si summum bonum in voluptate ponatur. mutae etiam bestiae. si tota oratio nostra omnem sibi fidem sensibus confir mat . BON.

quelle re . 34i doit la faire rechercher. qu'il est impossible de récu ser . alors . impossible entre les hommes. loin d'anéantir ce sentiment. aux chiens qui chassent avec nous ? Et l'habitude ne pro duirait pas le même effet à l'égard des hommes ! D'autres. disent-ils. Je me résume. De toutes ces opinions. disent qu'il existe entre les hommes sages une sorte de contrat par lequel ils s'engagent à ai mer leurs amis autant qu'eux-mêmes. si tout notre système est confirmé parle témoignage des sens.DES BIENS ET DES MAUX. Ils consentent à regarder la volupté comme formant les nœuds de l'amitié : mais. N'aime-t-on pas les maisons . l'amitié seule agit et se fait sentir. LIV. nous crient que le plaisir seul est le bon heur. d'autres épicuriens font une dis tinction ingénieuse. enfin. nous en sommes souvent témoins. l'on peut conclure que. et il est évident qu'une amitié parfaite et cimentée de la sorte est le plus grand charme de la vie. les lieux d'exercice. si l'enfant au berceau . quand ces nœuds ont été serrés par l'habitude . abstraction faite de l'in térêt personnel . sans cela . les villes . si la bête même. que la seule douleur rend malheureux . s'ils sont puisés dans la nature. XXI. inspirés par le seul instinct . les promenades que l'on fréquente? Ne s'attache-t-on pas aux chevaux qu'on monte d'ordinaire. on chérit ses amis pour eux-mêmes. I. les temples . Si les principes que je viens de développer le disputent à la clarté du soleil. Nous comprenons la possibilité d'une telle stipulation . l'amitié deviendrait . en mettant le bien suprême dans la volupté .

astris contereret? quae et a falsis initiis profecta. quo melius viveremus. sed ii indocti. ntsi quae beatae vitae disciplinam juvaret. qui hac exaudita quasi vocenaturae. An ille tempus aut in poetis evolvendis. ut Plato. geometria. de quibus neque depravate judicant . facimus . nihil afferrent. quae pueros non didicisse turpe est . Quae quum dixisset.34a DE FIN. inquit. ut id meo arbitratu facerem. omnisque puerilis est delectatio : aut se. ut ego. et eo quidem consilio. BON. numeris . nihil asperum. Eas ergo artes persequeretur. ante hoc tempus nunquam est data.. Explicavi. et. vivendi artem tantam. te hortatore. in musicis. quietae. tamque operosam. Quae mihi facultas. et perinde fructuosam relinqueret? Non ergo Epicurus iueruditus. si essent vera. I. nisi dolorem. ET MAL. quo jucundius. LIB. id est. sententiam meam. ut omnes bene sanos in viam placatae. beatae vitae deduceret? Qui quod tibi parum videtur eruditus. consumeret? in quibus nulla solida utilitas. vera esse non possunt. sic eam firme graviterque comprehenderit . quod nullam eruditionem esse duxit . et Triarius. neque corrupte : nonne ei maximam gratiam habere debemus. . tuum jûdicium ut coguoscerem. ea causa est . ea putent usque ad senectutem esse discenda. qui . tranquillae.

ou . basés sur de faux principes . ne nous sont d'aucun secours pour arriver au bonheur? Se serait-il appliqué à toutes ces vagues théories . Epicure n'était point ignorant. au point de faire marcher le sage dans la route de la paix et de la félicité ? Epicure vous paraît peu sa vant : mais c'est qu'il dédaignait toute science qui n'ap prend pas à l'homme à être plus heureux. à l'étude de la musique . ex posé mon opinion. a pénétré le sens de ces pa roles.DES BIENS ET DES MAUX. 343 connaissance ne devons-nous pas au philosophe qui. J'ai . docile à la voix de la nature. de l'astronomie. . Donnez ce nom à ceux qui croient devoir prolonger jusque dans leurs vieux jours les études qui pouvaient sans honte occuper leur en fance. Aurait-il imité l'exemple de Triarius et le mien? Aurait-il consenti à dépenser son temps à la lecture des poètes. de la géomé trie. pour divorcer avec l'étude de l'art de bien vivre. Après avoir dit ces mots. comme Platon . Jusqu'à ce jour. ne conduisent personne à la vé rité . amusement frivole et fait pour l'enfance? ou se serait-il consumé. ajouta Torquatus. jamais ne s'était pré sentée à moi l'occasion de disserter à loisir sur cette doctrine. Quel était mon but? de connaître votre jugement. I. du moins . des nombres. LIV. travaux qui. si laborieuse et si féconde en résultats? Non.

On n'est pas d'accord sur le lieu de sa naissance : il fut précepteur du vieux Caton. 117. comédie de Ménandre. avec l'académicien Carnéade. Diogène. acte i. contemporain d'Ennius. ne connaît plus de bornes ni de repos. Il en reste des fragmens. Panétius. une fois commencée. ou de la Philosophie. Cicéron l'écrivit dans la soli tude. Ce traité avait pour titre . 5. 1 . 6. était Rhodien : il fut disciple d'Anlipater. il n'est pas parvenu jusqu'à nous. en parlant de la pas sion du jeune Agricola pour les études philosophiques : « Retinuitque. Voyez le Père puni par luimême. et précepteur de Scipion . Tacite dit de même . II ne faut pas confondre ce Diogène avec le fameux cynique. v. UAntiope avait été traduite aussi d'Euripide . Dans une étude qui . dans la Médée qu'il avait traduite d'Euripide. Saint Augustin en parle avec une vive admiration . Plût au ciel que les bois . La Médée d'Ennius est perdue. La Médée ou TAntiope. j'ai retranché les mots surabondans [latinas litteras oderit]. Que le Chrémès de Térence. 7. A l'exemple de Goerenz.NOTES. Mnésarque est inconnu. Commencement d'un vers d'Ennius. traduite par Cécilius. 4. sur cette doctrine . pendant la seconde guerre punique. etc. à l'âge de soixante-deux ans. les Athéniens l'envoyèrent à Rome. Dans le traité où je Cai défendue. qui appartient au Portique. » 3. Les Synephèbes (titre grec). quod est difficillimum . neveu d'Ennius. que plusieurs éditions antérieures présen taient déjà comme suspects. par Pacuvius. Hortensius . qu'il accompagna . Antipater fut disciple de Diogène de Babylone. scène i. ex sapientia modum. Stoïcien et natif des environs de Babylone. Que je lise les Jeunes Camarades de Cécilius. péripatéticien. 2. il eut pour maître Chrysippe. et Critolaùs. Nous lisons cependant.

et qu'il y était devenu épicurien. et Cicéron pour ami et pour auditeur. Afranius envers Ménandre. 8. lui donnèrent le salut en langue grecque . homme de bien. dont il est question plus bas.NOTES. il avait habité Athènes. * 10. ni designorans. . était très-versé dans les lettres grecques et la philoso phie stoïcienne. Cicéron revient souvent sur son éloge. est connu par ses Carac tères et son Histoire des plantes : il avait écrit beaucoup d'autres ouvrages . appelé aussi Émilien. était le plus sa vant des contemporains de Lucilius. parce qu'ils en savent trop pour moi. Le Scipion dont Cicéron parle ensuite. vi ). g. premier auteur de la satire. est le second Africain. les personnes présentes. et par les fragmens bien mutilés qui nous restent de ses œuvres. ni des esprits du premier ordre . il était rempli de hardiesse et de vé hémence. Posidonius avait eu Panétius pour maître. que. Selon Cicéron [Orateur. Théophraste . qu'à son retour il accusa Scévola de concussion. Pom pée alla l'entendre lorsqu'il passa par cette île lors de son expédi tion contre Mithridate. préteur en Achaïe. Ce fut alors qu'il alla voir Mucius Scévola. dit M. et Al bucius en conserva un tel ressentiment. Ce poète latin avait traduit avec succès plusieurs comédies de Ménandre. Copier cet Àlbucius. les licteurs même . Théry. Il donnait de leçons publiques à Rhodes. élève de Platon et d'Aristote. très-jeune encore. parce qu'ils n'entendent rien à mes vers . chevalier romain . qu'il passait presque pour Grec. mais négligé et diffus. le lit-on avec moins de plaisir? Théophraste. » Autant que nous pouvons le décider. tant sur la physique que sur la morale. et lui doit l'idée principale et quelques détails de son traité des Devoirs. il avait coutume de dire : « Je ne veux pour lecteurs. et par les nombreux jugemens des anciens auteurs sur le génie et les ouvrages de Lucilius . Cicéron [de Claris oraloribus . 345 en Egypte. ch. Horace a dit de lui : Dicitur Afrani toga convenisse Menandro. parce qu'il était fils de Paul-Émile. de Lesbos. — Rutilius . Caïus Persius. Lucilius . ch. habile ju risconsulte . Scévola. xxxv) dit que Titus Albucius était si savant en grec .

qu'il ne faut pas confondre avec l'école sensualiste moderne. 7) cite comme trois excellens jurisconsultes ce Scévola. Démocrite. Fondée par Aristippe. ch. ou cyrénaïques. mais bien les jugemens que nous portons sur les impressions reçues par eux. et il eut le surnom de Torquatus . « S'abstenir pour jouir. Il ajoute quelque chose à Démocrite.Il devient impossible de prononcer avec certitude sur rien. ou sensuels. et c'est aussi de lui qu'est venue la secte des asotes . sans attendre le signal . était né à Cyrène . qui ensei gnaient à Athènes la doctrine de leur maitre. 1a. M'. fondateur de la secte qui met le souverain bien dans le plaisir des sens . Il s'appelait Titus Manlius. Aristippe . Phèdre et Zenon. Deux philosophes épicuriens. >> . Ce même Man lius . en Ionie. Voilà ce qui donna lieu dans la suite à la locution proverbiale Manliana imperia . d'Abdère. Scévola. "dans les tourbillons de Descartes. de Milet . Renoncer a de légers plaisirs pour en savourer de plus grnnds. combattit contre un La tin. fut con temporain de Socrate et de Platon. selon d'autres.3/. appelée aujourd'hui Càioran. Condillac et Rousseau ont fort bien démontré que ce ne sont ja mais nos sens qui nous trompent . xvn. Son fils . ville d'Afrique . ou Curin. 15. A. L'impitoyable consul lui fit trancher la tête. et contemporain de Platon . qui passa depuis à ses descendans. 16. lorsqu'il eut tué le Gaulois qui l'avait défié en présence des deux armées. reproduite depuis. sur la côte de Barca. dans la Thrace . Porta le nom de Torquatus. i4. On lui doit la doctrine des atomes. ou . Manilius et Marcus Brutus. c'est l'épicuréisme de la raison. a dit Rousseau . m. Ses sectateurs furent ap pelés cyrénéens. il. défendit d'attaquer l'ennemi sans son ordre. 17. commandant une armée romaine en Campanie contre les Latins. i3.6 NOTES. avec quelques rêveries différentes. et lui eut arraché son collier [torques). le même probablement dont il est question au chap. Aulu-Gelle (liv. et le tua. les monades de Leibnitz et les molé cules organiques de Buffon. lorsqu'on voulait désigner un ordre sévère. l'an 4i4 de Rome.

C'est dans cette dernière qu'était la statue de Chrysippe. et que l'homme n'est pas malheureux. acquiert une valeur re lative. pour s'y développer au besoin.) ai. « La nature ne donne immédiatement à l'homme que les désirs nécessaires à sa conservation . il se transforme et se montre au loin devant nous. car il ne répond pas exactement à l'idée de Cicéron. dit Ré . Ainsi l'on s'épuise sans arriver au terme . Les cupidités superflues sont seules infinies. 347 18. il est es sentiel de ne jamais perdre de vue les premières définitions de Torquatus. que nous avons perdu. et signifie l'union de la science et de la sagesse. par conséquent. 19. s'éveille et les devance. fuit plus vite qu'on ne peut le poursuivre : quand on croit l'atteindre . Pour bien saisir l'idée qu'il faut attacher au mot volupté dans le système d'Ëpicure . etc. Je me sers de ce mot faute d'autre. la plus active de toutes . Si la sagesse. l'autre. J'appelle tempérance cette vertu. 11. plus le bonheur s'éloigne de nous. soit en mal. ex cite et nourrit les désirs par l'espoir de les satisfaire. Dans le Céramique. Rien selon moi . C'est l'imagination qui étend pour nous la mesure des possibles. et les observations qu'il fait ici sur le vrai sens de ce mot. 22. Elle a mis toutes les autres comme en réserve au fond de son âme . Ce n'est que dans cet état primitif que l'équilibre du pouvoir et du désir se rencontre. Sitôt que ses facultés virtuelles se mettent en action. et qui. Cette double acception. dans un des faubourgs. liv. soit en bien. Ne voyant plus le pays déjà par couru . qui paraissait d'abord sous la main . où les citoyens morts à la guerre étaient enterrés aux frais de l'état. » (Emile. et plus nous gagnons sur la jouissance . 20. l'imagination. ne trouve son équivalent que dans le mot sapience. On conçoit que sapientia. commune dans les ouvrages philosophiques de Cicéron.NOTES. et les facultés suffisantes pour les satisfaire. opposé à error et à inscientia . s'étend sans cesse. celui qui reste à parcourir s'agrandit. En possession de la volupté. Mais l'objet . Il y avait à Athènes deux places de ce nom : l'une dans la ville même où les courtisanes logeaient. nous le comptons pour rien .

il va plus loin . Scheller est le seul savant qui ait défendu cette étrange leçon. Vauvenargues a dit dans le même sens : « La pensée de la mort fait oublier de vivre. repoussée par Matthiae et par Goerenz. qui . ne cherche aucun autre bien. et suffit au bon heur. J'ai adopté . gnier-Desmarais. non moins inconséquens que barbares . Voyez Tusculanes. Villemain . démenti. Sans cette correction. Rath est peut-être celui qui a le plus appro ché de la vérité. que ces vers d'Horace : Est modus in rebus. la pensée de Cicéron me semble inintelligible. jouissaient des blessures et de la mort de leurs gladiateurs. » 24. 27. dit M. . Il a le premier reconnu la nécessité d'effacer les mots non potest fieri . sunt certi denique fines . mais surtout dans le deuxième Paradoxe. et sans l'adoption du mot injustitia. il étend son affection à tous les hommes : le caritas generis hurnani s'échappe de son âme.348 NOTES. Beaucoup d'éditions portent ici monstrosi. La fortune a peu de prise sur le sage. Quos ultra citraque nequit consistera rectum. par sa seuleprésence. L'injustice. sur le même théâtre où ils applau dissaient avec transport ce vers plus humain que patriotique : Homo sum . 25.. Par ces derniers mots. ne donne une idée plus juste de la tempérance et de ses lois . 9. pour ce passage .. Dans leur humeur morose. La vertu. Cicéron semble mettre l'expression de ses pro pres senlimens dans la bouche d'un épicurien. par les féroces conquêtes des Romains . au commencement de la phrase. repos si doux de la vie. Les commentateurs ont torturé cette phrase par mille conjectures diverses. 26. a3. Dans un autre ou vrage . la leçon et la remarque de Goerenz. Cet amour de nos semblables . Et comme la crainte de la mort remplit la vie de trouble. 28. bouleverse l'âme où elle réside. v. Cette pensée est souvent développée par Cicéron avec de beaux mouvemens . humani nihil a nie alienum puto. que presque toutes les' éditions placent après le mot turbulenta..

contemporains de Platon. Nous présentent à peine trois couples d'amis. dans ce passage ."Les adversaires de la doctrine épicurienne convien dront du moins qu'il y a quelque chose de bien délicat dans cette théorie de l'amitié. 349 29. Le premier couple est Thésée et Pirithous. On ignore quel est le troisième : est-ce Achille et Patrocle? Aide Manuce indique ici Damon et Pythias : c'est un anachronisme. le second. Oreste et Pylade. Et tout ce qu'ilferait pour se procurer à lui-même du plai sir. 30. ceux du nôtre. C'est . puisque ces deux amis. Cicéron remonte d'Oreste à Thésée. malgré l'égoïsme sur lequel elle repose . . C'est dans les impressions des sens que toutes les percep tions de l'intelligence trouvent leur origine. étaient postérieurs de beaucoup à Oreste. dit-on .NOTES. en d'autres termes . 3 1 . et ils pourront dire avec La Fontaine : Les amis de ce pays-là Valent bien . la fameuse proposition : « Nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu. Or. il lefera. » qui est le point de départ de la doctrine des écoles sensualistes anciennes et modernes.

qui parens philosophiae jure dici potest. qua de re quis vellet audire. ille contra. et ceteros sophistas.LIBER SECUNDUS. rlic quum uterque me intueretur. ut e Platone intelligi potest . defendebant sententiam suam. Qui mos quum a posterioribus non esset retentus . Quando enim Socrates. dicerem impudens. si quid videretur. non de se quaererent. quid sentirent. seseque ad audiendum significarent paratos : Primum . quidquam tale fecit ? Eorum erat iste mos . qui se audire vellent. diceret. I. quoad poterant. Audax negotium. inquam . ut ad ea. Arcesilas eum revocavit. Sed et illum . Sed qui audiebaut. ne me. qui tum sophistae nominabantur : quorum e numero primus est ausus Leontinus Gorgias in conventu poscere quaestionem. quem nominavi . quod ne in ipsis quidem philosophis magnopere unquam probavi. Apud ceteros . quae ii respondissent . quibuscum disserebat. sed ipsi dicerent. deprecor. lusos videmus a Socrate : is enim percunctando atque iuterrogando elicere solebat eorum opiniones. Quod quum dixissent. tanquam philosophum. jubere dicere. ut ii. nisi hoc institutum postea translatum ad philosophos nostros esset. id est. putetis scholam vobis aliquam explicaturum. instituitque .

questionnait ses interlocu teurs .LTVRE SECOND. I. Après So crate. a-t-il dit. et exigea de ses auditeurs les plus curieux . et aujourd'hui encore. les yeux fixés sur moi. A ors deux. de demander sur quelle matière on voulait l'entendre discourir : tentative audacieuse. il répondait. que je taxerais d'impu dence . semblaient at tendre mes paroles : Je commence. et c'est ainsi qu'il leur faisait produire au dehors leurs sentimens pour les réfuter à son gré. Mais nous voyons dans Platon comme Socrate se joue et du sophiste que je viens de nommer. qu'au lieu de le questionner. si cette manie n'avait aussi gagné nos philoso phes. Socrate. Le vé ritable père de la philosophie. cette coutume fut négligée. même dans un philosophe. et de tous les autres. A l'école des autres philosophes. en agit-il jamais ainsi ? Il laissait cet usage à ceux que l'on appelait alors sophistes. mais ceux qui venaient l'entendre demeuraient libres de défendre contre lui leurs sentimens tant que cela leur était pos sible. Ce fut Gorgias le Léontin 2 qui donna l'exem ple de provoquer les questions du public. par vous prier de ne pas me regarder comme un philosophe 1 qui va faire une leçon publique : prétention qui m'a toujours paru peu honorable. Son tour venu. leur dis-je. tel est l'usage de l'académie4. au contraire. Lui. l'auditeur se tait. c'est-à-dire. mais Arcésilas la re nouvela 3. ils exposassent d'abord leurs opinions. . la question faite. Celui qui vient pour s'éclairer.

sensitque. quid sit id. qui ambigunt. quid quisque concedat. conveniat. II. qui audire vult. ita dixit. praescribere primum debet (ut quibusdam in formulis. ut inter eos. quasi torrens. et ad exitum perveniri. oratio. quid sit id. qui quaesivit aliquid . quid abnuat . ET MAL. quae via quadam et ratione habetur. sed audire velle contra ria. sed etiam cur : ego autem arbi trer. conveniat. qui aliquid sibi videri dicant. negat enim definiri rem placere : sine quo fieri interdum non potest. Qmnis autem in quaerendo."Î5a DE FIN. ut. quod velis . quamvis multa cujusquemodi rapiat : nihil ta men teneas. II. LIB. Ubi enim is. non vidit. Non enim solum Torquatus dixit . BON. ea res agetur). quanquam admodum delectatus sum ejus oratione perpetua. de quo disseratur. iuter quos disseritur. quid sentiret . in omni disputatione id fieri oportere. Hoc positum in Phaedro a Platone probavit Epicurus. ex rebus concessis concludi . autem philosophos . nihil apprehendas. Sed quod proximum fuit. de quo nunc disputamus. et intelligas. oratio . Quod quidem jam fit etiam in academia. eos. de quo agatur : velut in hoc ipso. tacet. tamen commodius. non ipsos in ea sententia esse.. Nos commodius agimus. . « Voluptas mihi videtur esse sum mum bonum. Quum enim fertur. quum in rebus singulis insistas. nusquam orationem rapidam coerceas. » perpetua oratione contra disputatur : ut facile intelligi possit.

mais en provoquer la réfutation. s'entendent bien sur l'objet de leurs débats? et nous-mêmes. il n'est point de digues pour arrêter ce flux rapide de paroles. Son lan gage sans interruption m'a vivement charmé : toutefois . et que. est-il possible que des personnes qui discutent.DES BIENS ET DES MAUX. Toute discussion réglée et méthodique doit avoir pour première loi de fixer. et où l'on sait ce que chacun admet ou rejette. dans les disputes où l'on insiste sur chaque chose en particulier. le point à juger. Il exclut toute définition : mais . c'est le souverain bien : or. on parvient plus sûrement au but. il. sans débuter par là . 353 par exemple. et il pense qu'elle est applica ble à toutes les discussions. Epicure applaudit au choix qu'a fait Platon de cette marche dans son Phèdre. Le discours qui coule comme un torrent a beau entraîner avec lui toutes les idées impor tantes. Toutefois une conséquence nécessaire de cette méthode lui a échappé. il me semble que. l'audi teur ne prétend pas exprimer son opinion personnelle. vous ne retenez rien. sans un examen prélimixxvii. Torquatus a dit et motivé son sentiment. et d'établir nettement l'état de la ques tion. LIV. il me semble que lu volupté est le souve rain bien ? la proposition contraire est confondue dans un discours continu. comme font les jurisconsultes. par là. a3* . Notre marche est plus sage. la conclusion qui se tire des points ac cordés est bien plus facile. nous entendrons-nous ? Ce que nous cherchons . pou vons-nous savoir ce que c'est. II. tout vous échappe. On reconnaît sans peine qu'en je tant ainsi dans l'arène l'énoncé d'un jugement .

quo omnia . quae res huic voci subjiciatur. quod esset natura appetendum . qui crebro dicat. inquam. velim definias. hoc. et satis firme conceptam animo atque comprehensam. aperitur. sive extremum. inquit. inquit. Nunc idem . optimum. -nisi mihi viderer habere bene cognitam voluptatem . referrentur. quid sit voluptas : de quo omnis haec quaestio est. quum finem bono rum dixerimus. Nunc autem dico. aut. Bonum ipsum etiam quid esset. quae vis subjecta sit vocibus. II. quum quid quidque sit. LIB. quale sit.35/. III.. si opus fuisset. quod liberet modo. qui . definisses : aut. DE FIN. Me ipsum esse dicerem. quid sonet haec vox voluptatis. quo magis id intelligat . BON. quid etiam sit ipsum bonum? Atqui haec patefactio quasi rerum opertarum. Hoc vero. Quaerimus enim finem bonorum : possumusne scire. quoniam tibi non omnino displicet definire. quod juvaret. et id facis quum vis. Nam hunc ipsum sive finem. id esse. non intelligere interdum. quid finis. diligenter oportere exprimi. quae recte fierent . Quasi quis. Praeclare hoc quidem. nisi contulerimus inter nos. aut qui . nesciat . eumque. ET MAL. aut. ipsum Epicurum nescire. definitionem aliquam desideret. nisi molestum est . . aut. sive ultimum definiebas. quid sit voluptas. fortasse. quod prodesset. sit. neque id ipsum usquam referretur. definitio est : qua tu etiam impru dent utebare nonnunquam. et in eo nutare. id est. Tune ille ridens.

a3. qui révèle la nature de chacune d'elles. puisque vous en faites quand bon vous semble . et vous auriez dit que le bien est l'objet de nos appétits naturels. vous avez dit : C'est à quoi se rapporte tout ce qu'on fait. définie. je dirais que c'est moi.» n'entend pas toujours bien le sens du mot volupté. II. Définition excellente. au besoin. est ce que nous appelons définition : plus d'une fois vous avez vous-même défini sans y penser. vous l'auriez. ou agréable. il vacille. ou qui . Mais non . c'est Epicure : il n'en sait rien. LIV. qui est le hut de toutes nos ac tions. c'est ce qui ne se rapporte à rien. Puisque vous nê repoussez pas entièrement les définitions. dit Torquatus. je voudrais vous entendre définir la volupté : car c'est là le texte de toute notre discussion. pour mieux en avoir l'intelligence. qu'il consiste dans ce qui nous est ou avantageux . et ce philosophe qui nous dit souvent : « Appliquez-vous surtout à mettre en évidence la force des termes.DES BIENS ET DES MAUX. qui ne sache pas ce que c'est que la volupté . ou utile . Est-il un homme. La nature même du hien. . III. lui répliquai-je. si je ne croyais avoir acquis là dessus des idées vraies et précises. Voilà qui est excellent! reprit-il avec un sourire. En parlant de la dernière . 355 naire du sens que nous attachons à ce mot? Ce coup d'oeil attentif sur les choses cachées . demande qu'on définisse ce mot? Cet homme. cet homme .

Omnes enim jucundum motum. sed. inquit. Nam Metrodorum non putant ipsum professum. praeter illud . verbis his eamdem cerle vim voluptatis Epicurum nosse. et quidem discendi . Epicurus ignorat? Non semper. id ipsum . inquam. aut quid sit ullum bonum. Quid est igitur. inquam. II. inquam. An baec ab eo non dicuntur? Quasi vero me pudeat. Nam interdum nimis etiam novit . ut is. ET MAL. inquam. qui se unus . graece q£ovijv . qui finem rerum expetendarum . Quonam. aut non possim. qui ubique sunt. quod cibo. aut omnes mortales . quod te pudeat sapienti assentiri . cjuo sensus hilaretur. inquit. inquit. quod requiras? Dicam. istorum . latine voluptatem vocant. aut Epicurus . LIB. quin facile possis : nec est. quam ceteros. quod sciam . f|uid sit . esse dicat. et jucunditate quadam perfunditur. quemadmodum ea dicantur. quum appellaretur ab Epicuro. nesciunt. ubi sit. quale sit. et potione. Ego vero non dubito. quippe qui testificetur. Verum hoc loco sumo. modo? Quia voluptalem banc esse sentiunt omnes. Septem autem illi. sapientem profitcri sit ausus. quid sit voluptas .356 DE FIN. id extremum. et aurîum delectatione . repudiare tantum beneficium noluisse. et obscœna voluptate capiatur. Atqui. sed populorum sufïragio omnium nominati sunt. voluptatem. non suo . nesciat. ostendere.. BON. Quid ergo? istam voluptatem. quam sensus accipiens movetur. id ultimum bonorum. inquit . ne intelligere quidem se posse.

ne s'arrogea pas lui-même ce titre si honorable . et plutôt pour mon instruction que pour blâmer ou vous ou Epicure. comme si je devais en rougir. dans l'endroit présenté tout-à-l'beure. parfois même. Au reste. il ne le refusa point. LIV. le plus grand des biens . Les sept sages reçurent ce nom des suffrages unanimes de la Grèce. ce qui les remplit de quelque sensation dé licieuse. Eh bien! dit. seulement. selon tous les hommes. qui réjouit les sens. Car ce que chacun appelle en grec vjïovtj. pèse ou sur Epicure . Que demandez-vous donc de plus? répliqua-t-il. Vous le pouvez sans peine. à ma connaissance. quand Epicure le lui donna. Epicure a pris le mot de volupté dans l'acception que lui donnent tous les hommes. j'affirme que. ou le plaisir des oreilles. cette sorte de volupté est-elle donc ignorée d'Ëpicure? — Non. qui ait osé s'appeler lui-même sage. en latin voluptas .DES BIENS ET DES MAUX. Métrodore 5. N'est-ce pas là son langage ? Vous me parlez . ou les voluptés impures.je n'en doute pas. ou sur le genre hu main. — Comment l'entendez-vous? — C'est que. répondit Torquatus . le bien suprême . 557 celui qui a dit que la volupté est le but de tous nos désirs . II. et non d'eux-mêmes. il ne la connaît c|ue trop .il. la volupté est ce qui excite agréable ment les sens . dis-je à mon tour. en effet . ou que je ne puisse pas vous montrer quel sens Epicure attache à ces expressions. repris-je. je suis également certain que vous avez épousé sans honte les opinions d'un homme qui est le seul. celui-là ne sau rait pas ce que c'est que volupté ! Cette ignorance. exprime un mouvement agréable. car il affirme ne pouvoir comprendre d'autre bonheur réel et possible que le boire et le manger. Je vous le dirai. il ne l'ignore pas toujours. . repris-je.

Hieronymus Rhodius quod dicat esse summum bonum. quam te reprehenderim. Ego quoque . inquam. Tenesne igitur. si quid attuleris. aliud non dolere. inquit : illa autem voluptas ipsius restinctionis in motu est. parum plane. non augeri voluptatem? Memini vero. inquit. inquam. nisi valde pertinax fueris . postea videro . nonne meministi. iuquit . Cur igitur. res tam dissimiles eodem nomine appellas? Quid paullo ante. LIB. in hoc quidem pertinacem. ET MAL. nihil dolere. inquit. sitienti in bibendo voluptas? Quis istud. aut Epicurum reprehensum velim. inquam. variari . quam quo te. inquit. ut paullo ante docui . Restincta enim sitis stabilitatem voluptatis habet . posset negare? Eademne. inquam. inquit. II. in quit . augendae voluptatis finis est . quo putet omnia referri oportere? Teneo. quae restincta siti? Imo alio genere. didicerim libentius . Estne quaeso. Et quidem. finem illi videri . Atqui reperies. causa magis. Non dolere. aliam nihil dolendi. Quid ? idem iste de voluptate quid sentit ? Negat esse eam. Sed tu istuc dixti bene latine .. propter se ipsam expeteudam. inquam. idque propric quidem in disparibus coloribus . BON. dici enim nihil potest verius. dixerim.«8 DE FIN. Nam . quum omnis dolor detractus esset . Aliud igitur esse censet gaudere. Varietas enim latinum verbum est. doloris omnis amotio. concedas necesse est. inquit. inquam. vehementer errat. istud quam vim habeat. aliam vero vim voluptatis esse.

mais peu clair. 35g Mais aussi. répondit-il : c'est. Je dis alors : Connaissez-vous ce souverain bien . vous ne serez pas assez opiniâtre pour mécon naître l'énorme distance qu'il y a entre jouir et ne pas souffrir. et s'applique . — Mais . On le dit d'un . répondit Torquatus. autre est d'éprou ver du plaisir. est-on dans l'action de l'étancher. l'absence de toute douleur est le dernier pé riode de la volupté. quel est son sentiment? — Il nie qu'elle soit désirable par ellemême. sa grande erreur : je l'ai en effet démontré. le plaisir est-il le même? —-Non. j'examinerai ce qu'il faut entendre par absence de douleur : en atten dant. l'ab sence de la douleur. son espèce seule a changé. — Ainsi . — Eh bien ! blâmez mon entêtement . — Pourquoi donnez-vous le même nom à des choses si dissemblables? — J'ai dit tout. L'avez-vous déjà oublié? — Non pas : votre langage était très-correct. lui dis-je. car le mot latin varietas s'emploie proprement en parlant de plusieurs couleurs .IV. à une multitude d'objets différens. — Dites-moi .DES BIENS ET DES MAUX. répliqua . d'après cette opinion . II.il . au quel Hiéronyme le Rhodien6 dit qu'il faut tout rappor ter? Je le connais. la volupté peut bien varier. Et c'est là . on est dans une volupté permanente . A-t-on étanché sa soif. par méta phore. car je vois là deux choses identiques. l'homme qui a soif trouve-t-il du plaisir à boire? — Qui le niera jamais? — La soifapaisée. mais qu'elle ne s'accroît jamais. la volupté qu'on éprouve est en mouvement. I. Plus tard. je trouverai un plaisir plus doux à m'éclairer qu'à reprendre. autre d'être exempt de douleur.à -l'heure que. sur la volupté . selon lui. du mo ment où la douleur cesse .1 .

quae dulcem motum afferant sensibus. Varium poema. summo bono a te ita constituto . quam nihil dolere? Imo sit sane nihil melius. etsi satis clemens sum . inquit ille. sed transfertur in multa disparia. inquam . Itaque hoc frequenter dici solet a vobis. ut id totum in non dolendo sit . inquam (nondum enim id quaero). ET MAL. varii mores. quum percipitur ex multis dissimilibus rebus . Quid dubitas igitur. Quam cur voluptatem appelles.36o DE FIN. tum in summa voluptale nos esse : quum autem vescamur iis rebus. BON. id tenere unum. et maxima quidem. etiam non dicente te . qua fieri nulla major potest. ut. Voluptas etiam varia dici solet . LIB. II. id defendere ? Quid enim necesse est . indolentia ? Plane idem . inquit. qui faciat varietatem voluptatum. Quod quidem mihi si quando dictum est (est autem dictum non parum saepe). An potest. quod . nescio. dissimiles efficientibus voluptates. varia fortuna. quidquam esse suavius. quum dolore careamus. IV. non intelligere nos. intelligo. tanquam meretricem in matronarum cœtum . suspectum. sic voluptatem in virtutum concilium adducere? Invidiosum nomen est. tum esse in motu voluptatem. infame. quam dicat Epicurus volu ptatem. ut ita dicam . Ista varietas quae sit . non satis perspicio. dicitur. id tueri . varia oratio. intelligerem . Eam si varietatem diceres. sed non augeri illam non dolendi voluptatem.. num propterea idem voluptas est . quod ais .

et cela n'est pas rare. et vous ne comprenez pas ce qu'Epicure entend par là. direz-vous. de la fortune. comme une courtisane dans une assemblée de femmes chastes? J^a volupté. LIV. . c'est sentir une volupté en mouve ment. quoi de plus doux que de ne point souffrir ? — Je vous l'accorde . et l'identité la plus complète. Est-ce cette va riété-là que vous voulez désigner? Je vous comprends. Voilà bien une volupté variée . et on l'emploie aussi pour parler de la volupté que des causes diverses font éprouver. IV. II. Eh! reprit-il.DES BIENS ET DES MAUX. je me sens surprendre par un léger mouvement de colère. le mot latin voluptas! A laquelle de ces deux langues suis-je donc étranger? Comment. d'un mets qui plaît . j'avoue qu'en dépit de ma modération dans la dispute. — Puisque vous placez ainsi le bien su prême dans l'absence de la douleur. mais je ne vois pas d'augmentation dans celle qui est l'absence de la dou leur. des mœurs . Chaque fois qu'on me tient un tel langage . l'ignorerais-je. et que manger. n'a rien d'odieux que le nom . ce n'est pas en core là ce qui m'occupe : mais en résulte-t-il l'identité entre la volupté et l'indolence 7 ? — Oui . c'est jouir d'une volupté très-graude. quand vous avancez que d'être sans douleur. d'ailleurs. et je ne comprends pas pourquoi vous donnez à celle-ci le nom de volupté. pourquoi ne vous ren fermez-vous pas dans la preuve de cette proposition? et quel besoin d'entraîner la volupté au milieu des vertus. 36 1 morceau de poésie ou d'éloquence . par exemple. Mais il m'est im possible de démêler ce que vous entendez par variété . et ici vos explications sont superflues. Qui? moi ! je ne comprends pas le mot grec ijSovvj. sans doute . aussi bien .

Ergo illi intelligunt . Sed hoc interest. et quod idem valeat : hic nihil fuit . omnium latine loquen . quid sit ijiovvj graece . scire lit— teras. qui latine sciunt. sed certe non pereruditos. quod graece rçJbvj} . ego non intelligo? Ut scias me intelligere. H. qui fit. Huic verbo om nes. Egone non intelligo . BON. primum idem esse voluplatem dico. qui eam sic definiunt. commotionem suavem jucunditatis in corpore. Nullum inveniri potest. laetitiam in animo. quam declarat voluptas. quod ille vjPovyjV. Itaque. vitiosa res. sciant omnes . Sublationem animi sine ratione. ut majores nostri ab aratro abduxerunt Cincinnatum illum . quicumque epicurei esse voluerunt? quod vestri quidem vel optime disputant.quam ille Caecilianus. tamen interdum soleo subirasci. nihil opus esse. qui «omnibus laetitiis laetum esse se » narrat. ut ego nesciam . quod quaereremus. qui ubique sunt. opinantis se magno bono frui : non dicitur laetitia. Et quidem saepe quaerimus verbum latinum par graeco. duas res subjiciunt. quod voluptas dicitur etiam in animo.. in disputando. ut dictator esset : sic vos de Pelasgis omnibus colligitis bonos illos quidem viros. In co autem voluptas. ET MAL.362 DE FIN. quid Epicurus dicat. qui philosophus futurus sit. nec gaudium in corpore. Nam et ille apud Trabeam. «laetitiam» dicit. ut stoici putant. eamdem. latine voluptas? utram tandem linguam nescio? Deinde. voluptatem animi nimiam. quod magis idem declaret latine. LIB. eum.

tau . Cette volupté. qui tirèrent Cincinnatus de la charrue pour l'élire dicta teur. disent-ils. la joie de l'âme. 1l nous arrive parfois de trouver dif ficilement chez nous le mot qui répond exactement au mot grec. donne le nom dejoie à un plaisir très-vif de l'esprit. et. c'est parmi les Grecs les plus simples et les plus grossiers que vous prenez vos disciples. est. De tels auditeurs comprendront le langage d'Epicure. LIV. n'est autre chose qu'une enflure d'esprit . dans l'homme qui croit jouir d'un grand bien. si j'en crois les stoïciens. un autre personnage s'écrie : Je suis joyeux de toutes les joies! Remarquons pourtant une différence : on applique le mot volupté même à l'esprit : usage vicieux. II. je le répète. 363 tandis que tous ceux qui ont voulu se livrer à l'épicuréisme l'ont compris sur-le-champ? Vos sages ne prou vent-ils pas à merveille que la science est inutile pour par venir à la philosophie? A l'exemple des vieux Romains . Par là tous les hommes entendent deux choses. contraire à la raison . et en voici la preuve : voluplas . Par exemple. et il sera inintelligi ble pour moi ! Mais je le comprends. dans Trabea 8. dans notre langue . un jeune homme. Mais les mots foie et gaîté ne se disent point proprement du corps.DES BIENS ET DES MAUX. dans Cécilius . ici point d'incertitude : le terme voluptas est le re presentant le plus fidèle de l'expression î]Sovvj. l'exacte tra duction de son vjSovvj. les sensations corporelles qui nous charment.

non verborum.364 DE FIN. nec angatur : itemque inter eum. qui nec laetetur. modo intelligas. et eum . ut non intelligatur. cognomento qui OK0rsivc<. et euni. ponitur. Quanquam haec inter nos nuper notitia admodum est . ne. ET MAL.. V. facit. inter illum qui dicat. qui potiatur expetitis corporis voluptatibus. ut . quum pcrcipitur ea. quae sensum aliquem moveat. qui. aut quum rerum obscuritas. quorum alter laetitia gestiat. BON. sit aliqua culpa ejus. transfer in animum : juvare enim iu utroque dicitur. ut videor. LIB. Quod duobus modis sine reprehensione fit : si aut de industria facias. Satisne igitur videor vim verborum tenere : an sum etiam nunc vel graece loqui . si ego non intelligam. Hanc quoque jucunditatcm . perhibetur. qui crucietur summis doloribus. II. quid Epicurus loquatur. Nunc demain mihi animus ardet . esse eum . quia de natura nimis obscure memoravit. qui utroque careat. alter dolore crucietur : esse illum medium. si vis . ut mihi non constem. luculenter sciam. ut Heraclitus. vel latine docendus ? Et tamen vide. quum graece. qui ita loquatur. Tanta laetitia auctus sum. ex eoque jucundum . jucunditas. tium more.

qui fut surnommé le ténébreux. la faute en serait peut-être à lui . ce plaisir à l'esprit. volupté se dit des plaisirs excités par quelque sensation agréable. II. inhérente au sujet qu'on traite plutôt qu'aux pa . ou bien . et l'autre déchiré de douleur. comme chez Héraclite IO. et celui qui dit : De quels feux mon cœur est la proie! dont l'un est transporté de joie. qui s'applique à tous les deux. parce qu'il avait enveloppé de nuages ses leçons sur la nature . car jucundum vient de juvarev. si vous voulez. Eh bien ! m'accorderez-vous que je comprends as sez le sens des termes . LIV. Transportez. de l'aveu de tous ceux qui parlent bien. car je crois savoir assez bien le grec : pourquoi emploie-t-il des mots inintelligibles? Dans deux circonstances seulement cette obscurité est permise : quand elle est calculée. elle ravit mes sens. si je n'entendais pas le langage d'Epicure . Avouez aussi qu'entre l'homme qui jouit des plaisirs sensuels long-temps convoités . il y a un troisième personnage qui prononce ces mots : Quoiqae notre union soit si nouvelle encore . et que ce dernier n'éprouve ni joie ni douleur. il y a place pour celui qui n'est dans aucun de ces deux états. pourvu que vous conveniez qu'entre celui qui dit: Rien n'égale ma joie. 365 dis que. et celui que de cruelles douleurs mettent au supplice. quand l'obscu rité. V. et qu'il n'est pas nécessaire que j'aille étudier le grec ou le latin ? Prenez-y garde .DES BIENS ET DES MAUX.

nec in dolore. Tu autem inter haec tantam multitudinem hominum interjectam non vides. qui suam naturam sensumque perspexerit..366 DE FIN. LIB. sed de illustri et facili. summum bonum esse . quid sit voluptas. nec in voluptate esse : ut in voluptate sit. sed ut ille suo more loquatur. II. tertiumhoc. etiam in vulgus pervagata. qui censet. in motu. Quanquam non negatis nos intelligere. nec non vult . nec de re obscura . quum in dolore. loquitur. quum efficere non possit . si possit . Si enim idem dicit. imbuti quibus sumus. ut physici . aut artificiosa. ut cuiquam . quod Hieronymus. Quis enim est. Torquate. nec lae . quum in voluptate sumus. ut opinor . hoc est . non ut nos non intelligamus. illam nihil dolentis. qui non videat. nostrum negligat. in stabilitate) : quid tendit. quid dicat. Epicurus autem . vacuitas doloris. credo idem vos. haec esse in natura rerum tria ? unum. BON. quae vis sit istius verbi. qui epuletur. et voluptas idem esse videatur? Hoc est vim afferre. ut ille facit . sine ulla molestia vivere : cur mavult dicere voluptatem . in dolore. qui. intelligit? Sin autem voluptatem putat adjungendam eam. sed quid ille dicat. E quo efficitur. non intelligatur oratio : qualis est in Timeo Platonis. sensibus : extorquere ex animis cognitiones verborum . qui torqueatur. plane et aperte loqui . quae sit in motu (sic enim appellat hanc dulcem. quam vacuitatem doloris. in quo nunc quidem sumus. ut mathematici . qui ipse notus sibi sit . alterum. ET MAL.

comme le convive assis h un festin . où est le moyen de regarder comme identiques l'absence de la douleur et celle de la volupté? Non . Toutefois vous ne niez pas que je comprenne le sens du mot vo lupté . qu'il appelle volupté en mouvement (car c'est le nom qu'il donne à une sensation agréable. exprimé le plus clai rement qu'il lui a été possible . Pense-t-il qu'il faut y joindre ce plaisir. II. c'est faire violence à nos sens. Puisqu'il en est ainsi . vous niez l'acception dans laquelle Epicure l'em ployait. LIV. je veux dire qui se replie sur ses propres sensa tions . le troisième. Qui ne voit pas qu'il y a trois états dans notre nature: l'un. mais d'un sujet clair et accessible à toutes les intelligences. comme les physiciens . vous ne voyez pas cette multitude qui ne sent ni plaisir . non dans la volupté. car. 367 roles. neutre. de choses subtiles. qui est le nôtre en ce mo ment? Car jc crois que vous n'éprouvez tous deux ni volupté . pour l'homme qui se connaît luimême. et il désigne l'absence de la douleur par les mots volupté stationnairè) ? Je ne vois plus son but. de douleur. d'ailleurs. A-t-il voulu don ner dans le sens d'Hiérouyme.DES BIENS ET DES MAUX. comme ceux qui souffrent. ce n'est plus moi qui suis un ignorant. de volupté. Torquatus. qui soutient que le sou verain bien est de vivre sans douleur ? il devait le placer. comme les mathématiciens . c'est lui qui a eu le tort de se faire un langage à part. Quoi ! entre ces deux états . comme ce philosophe qui a le bon esprit de se com prendre. ni . l'autre. arrête notre intelligence. ni douleur. Epicure s'est. il n'a parlé ni de choses obscures . et de mépriser l'usage. comme dans le Timée de Platon. que de vouloir arracher de notre esprit la notion attachée aux termes consacrés par l'usage. je crois. mais dans la douleur absente.

eum. et ea quidem summa . dialecticas captiones. et judicandi . Ergo in eadem voluptate eum . non etiam philosophorum sit. II. inquit. qui alteri misceat mutsum. Tum ille. inquit . dicamque. quae una continet omnem et perspiciendi . ut mihi quidem videtur. quae modo loquebamur. rhetorice. Rhetorice igitur. hoc ipsum providens. scientiam. contemnit Epicurus. quod latius loquerentur rhetores . sed hac rhetorica philosophorum . BON. ET MAL. Torquate. nec dolentium ? Non prorsus . Finem. LIB. dialecticam. rhetorum solum. hoc stoici : omnem vim loquendi. Summum a vobis bonum voluptas dicitur. omnesque. esse interdum paullo hebetiorem. dialectici autem compressius. quid id quaque re sit. ipse non sitiens . et. qui sine dolore sint. quum populariter loquatur. ruit in dicendo. non nostra illa forensi : quam necesse est. pugni similem esse dicebat. et ratione ac via disputandi. quae docere vult. si videtur : quod quidem ego a principio ita me malle dixeram. inquam . qui illud sitiens bibat? VI. tantium . esse dico. in voluptate. quam dialectice disputare? Quasi vero. interrogandi . Aperien . in duas tributam esse partes. palmae. nos mavis . ut jam ante Aristoteles. perpetua oratio . Sed dum dialecticam. Zeuonis est . si potero. rhetoricam. Obsequar igitur voluntati tua? . nec ea. ulla arte distinguit : ut haec ipsa. inquit..368 DE FIN. quale quidque sit . inquam .

Un homme qui n'a pas soif. qui . avec ce mépris pour l'art. si je puis. la volupté. seul . est-ce que le discours suivi ne sied pas aussi bien à la philosophie qu'à l'élo quence ? — Voici l'opinion du stoïcien Zénon : il a . non celle du barreau. Vous dites avec lui. goûte. 24 . répondis-je . Torquatus. dans la méfiance de cette dialectique captieuse. à en bien juger. qu'il comparait à la main fermée. Trêve de questions . mais l'éloquence philosophique. pour l'in telligence de la multitude. votre Epicure . tous deux éprouvent donc le même plaisir? VI. et qui boit : d'après vous. distribué en deux parties tout ce qui regarde le discours. qui. Je vous obéirai donc. avec cette aversion pour les distinc tions dans les choses qu'on enseigne . l'éloquence. C'est donc en orateur. dit Torquatus . 3 69 ni mal aise? Nullement. répondit Torquatus : tout homme sans douleur. LIV. verse à boire à celui qui est altéré . et non en dialecticien . à mes yeux . que vous voulez m'entendre parler? — Sans doute. ne peut se soutenir : j'en trouve la preuve dans ce que nous disions à l'instant. qu'il comparait à la main ouverte. II. et la dialectique . la rhétorique. repris-je. comme Aristote. dès le com mencement c'est ce que j'ai demandé . parce que la pensée de l'orateur se déve loppe davantage . apprend à bien connaître l'état d'une question . Mais. s'interdit de creuser bien avant dans les questions.DES BIENS ET DES MAUX. à en bien discourir. et j'emploierai. parce que le langage du dialecticien est plus précis. que la volupté est le souverain xxvn. et la vo lupté suprême. je le répète.

qua sensus du Ici ter ac jucunde movetur. conjungeret doloris vacuitatem cum voluptate. nec Aristippus. in voluptate ponit non dolere . dum est igitur. si loqui possent. attica pubes . neque Hieronymus . si sententiam hanc. Quam si explicavisset . si utrumque probaret . Multi enim et magui philosophi haec ultima bonorum juncta fecerunt. Ant enim eam voluptatem tueretur. ET MAL. ut Aristoteles . id est. et duobus ultimis uteretur. qui voluptatem summum bonum dicit . LIB. qui virtutis usum cum vitae perfectae prosperitate conjunxit. BON. non tam haesitaret. qui summum bonum statuit non dolere . volu ptatis nomine unquam utitur.3?o DE FIN. quid sit voluptas : aliter enim explicari. quod quaeritur. . pro illa indoleutia. Callipho adjunxit ad honestatem. Idem fecisset Epicurus. quam ut Omnes Danaî Mycenenses . appelè rent voluptatem : aut. II. quae nunc Hieronymi est. propterea singulis finibus utuntur : et. illud Aristippeum contemneret : aut . non potest. quam Aristippus. quum uterque graece egregie loquatur .. reliquique Graeci . quam etiam pecudes. si magis placeret suo more loqui. voluptatem : Diodorus ad eamdem honestatem addidit vacuitatem do loris. conjunxisset cum Aristippi veterc sententia. ut probat. quippe qui ne in expetendis quidem rebus numeret voluptatem. hoc non dolere solum voluptatis nomine appellaret. qui hoc anapaesto citantur . Illi enim inter se dissentiunt .

ou il soutien drait . ne range pas même la volupté parmi les choses qui mé ritent nos désirs. Alors. dans la divergence de leurs opinions. ou le Grec de Mycènes. Si Epicure nous eût donné cette expli cation. la volupté qui caresse délicieu sement les sens . ou . qui met le bien suprême dans la volupté. Calliphon" ajoute la vo lupté. a joint le bonheur avec la pratique de la vertu. «t tous les Grecs cités dans ce passage. Diodore l'absence de la douleur : et. s'il aimait mieux parler à sa manière que comme Le peuple de Minerve. et comme l'un et l'autre parlent très-bien grec. et du premier ordre. ont reconnu à la fois deux souverains biens : Aristote . il joindrait la douleur absente à la volupté positive . et que la brute même appellerait volupté. qui le fait consister dans la douleur absente. ou enfin. si Epicure avait adopté le sentiment d'Hiéronyme. Définissons donc ce que c'est que la volupté : au trement. et méprise rait la volupté d'Aristippe. Pour eux.DES BIENS ET DES MAUX. il n'hésiterait pas autant. . à une vie honorable. comme il fait. il aurait fait un pareil rapprochement. il ne donnerait le nom de volupté qu'à l'absence de la douleur. le voile qui couvre l'objet de nos recherches ne tombera jamais. Des philosophes nombreux. ils ont établi deux souverains biens différais. 37i bien. comme Aristippe . et verrait dans leur union le bien su prême. loin d'em ployer comme synonymes les termes volupté et indolence. II. Ari stippe. par exemple. si la voix lui était donnée . n'y a jamais placé l'absence de la douleur . et Hiéronyme . LIV. si conforme à l'ancienne opinion d'Aristippe. admettant l'une et l'autre.

Vos ex his tam dissimilibus rebus non modo nomen unum (nam id facilius paterer). nec haberent ulla ex parte aliquid aut dolens . sunt. quam eodem nomine omnes appellamus. id est autem malum. alterum . » Hoc loco tenero se Triarius non potuit. Duae sunt enim res quoque . ne suspicari quidem se ullum bonum sejunctum ab illo Aristippeo genere voluptatis. atque ibi hoc dicit . quae sunt luxuriosis efficientia voluptatum. Obsecro. Quis enim vestrum non edidicit Epicuri xvpîxi. in quo breviter comprehensis gravissimis sententiis . ambobus debuit uti. BON. et doloris metu.372 DE FIN. ET MAL. neque tamen dividit verbis. in . Quum enim eam ipsam voluptatem . Torquate. rectene hanc sententiam interpreter : « Si ea . aut aegrum . Animadverte igitur. qui utramque probat. sed etiam rem unam ex duabus facere conamini : quod fieri nullo modo potest. laudat locis plurimis. cum voluptate. Unum est. audet dicere. sicut facit re. II. In alio vero libro. quasi oracula edidisse sapientiae dicitur. <To£«« . quasi maxime ratas? quia gravissimae sint ad beate vivendum breviter enuntiate sentëntiae. VII. scribit his verbis. qui essent fines cupiditatum. et mortis. docerentque. Hic. L1B. ubi omnis ejus est oratio de summo bono. sine dolore esse . quod reprehenderemus : quum undique complerentur voluptatibus. nihil haberemus. id est .. quae nota tibi profecto. liberarent eos deorum. ne tu verba solum putes.

. ce qui est impossible. LIV. vous faites violence à deux choses pour les amalgamer en une seule. Torquatus. autre d'éprouver de la volupté. » Ici Triarius ne put se contenir. il déclare sans hésiter qu'il ne soupçonne pas même l'existence d'un bien qui diffère de la volupté d'Aristippe. nous ne serions nullement fondés à les blâmer : environnés de plaisirs. Ici. dit-on. les affranchissait de la crainte des dieux. 373 VII. et à laquelle il donne de si fréquens éloges. de celle de la mort et de la douleur. il y a non-seulement deux mots. Dans un autre livre. Tel est son langage dans l'en droit où il traite exclusivement du souverain bien. s'ils apprenaient à met tre des bornes à leur cupidité . où il a.DES BIENS ET DES MAUX. d'une gravité sen tencieuse . mais deux choses : autre est d'être exempt de souffrir. et. ils seraient sans douleur et de l'âme et du corps . il devait les proposer séparément. Puisqu'Ëpicure admet l'un et l'autre . Parle-t-il de cette volupté nommée ainsi par le vulgaire. recueilli de courtes maximes comme des oracles de sagesse. en effet. qui révèlent en peu de mots tout le secret du bonheur? Ma traduction est-elle fidèle? écoutez-moi : « Si ce qui donne de la volupté aux hommes épris de ses charmes. ils seraient donc exempts de mal. ce qui est plus intolérable. II. car où est parmi vous celui qui n'a pas dans la mémoire les Maximes fondamentales d'Epicure I2. jamais il ne les distingue par les termes. De grâce. il a écrit ce passage qui vous est sans doute connu . Vous vous obstinez ce pendant à comprendre sous un même terme deux idées bien distinctes. Torquatus. Loin de là .

Istis quidem ipsis verbis . sed plane dicit. At ille non pertimuit. dicit absurde. nec dolorem. si longus. luxuriosos ob eam ipsam causam. nec mortem. Quid ergo attinet dicere. ut ais tu. quod intelligam : idque si ita dicit . Si alia sentit. finitas cupiditates habere. quod ita viverent . ". nihil dolere? Atqui reperiemus asotos primum ita non religiosos. jam doloris medicamenta illa Epicurea. summa voluptas. Et tamen. VIII.reprehenderentur. si sapientes sint. a summo philosopho non. nunquam intelligam .37't DE FIN. si nec cupidi sint. alia loquitur. « Nihil habcrem. tanquam de narthecio promant : « Si gravis. quid sentiat. quum esset praesertim . Epicure. levis. similiter et si dicat . sed quid sentiat . qilit. si luxuriosus sit. LIB. saneque fidenter. eo nomine duntaxat cetera caverent? Sed tamen nonne reprehenderes. BON. nec deos metuant. ut persequerentur cujusquemodi voluptates. Torquate. quum sciret . Mihi sex menses satis sunt vitae : septimum Orco spondeo . non esse reprehendendos luxuriosos. deinde ita mortem non timentes . quod . inquam.. quo modo possit. inquit . qui . velle tamen confitentem audire Torquatum. II. ET MAL. ut illud in ore habeant ex Hymnide. non videtis. haec dicit Epicurus? quod mihi quidem visus est . quum luxuriose viverent . aut fingere aliquos . ut edant de patella. brevis. non reprehendendos parricidas . » Unum nescio. quid attinet luxuriosis ullam exceptionem dare.

sans doute j'ignore ce qu'il pense. mais sa pensée vous échappe. II. ni la douleur. dis-tu . mais pour tirer un aveu de Torquatus. le voici : « Est-elle grande? elle passe.DES BIENS ET DES MAUX. pourvu qu'ils modèrent leurs passions. par ignorance. s'il parlait de la sorte. qu'à toute heure ils fredonnent ce passage de YHyinnis : Six mois. repris-je. mais il ne s'ensuit pas que je ne comprenne point ce qu'il dit. et craignant si peu la mort . Oui. Épicure tient-il ce langage? et. dit-il. ni la mort. qu'il ne faut point blâmer les parricides. pourvu qu'ils soient sages. ce n'était pas. à la volupté suprême ? Parmi ces hommes à la vie dis sipée . durable? elle est légère. trouveraient grâce devant un si grand philosophe. il dit une absurdité. Mais pourquoi ne parler que des voluptueux. pourvu qu'ils fussent en garde sur tout le reste ? Toi-même . six mois de bonne vie* Et donnons le reste à Pluton ! La douleur est une maladie dont la boîte à recettes d'E picure leur fournit le remède . Si son expres sion et sa pensée sont différentes. et qu'ils ne craignent ni les dieux. je crois. ce sont les propres paroles d'Epicure . nous en trouverons d'assez peu superstitieux pour manger dans les bassins sacrés l3. Lorsqu'il avance que les voluptueux ne sont point dignes de blâme. Que sert donc de dire : Si les voluptueux met . ô Epicure ! ne blâmerais-tu pas l'homme qui passe sa vie à la poursuite de toutes les sortes de voluptés. vi vant voluptueusement. dit ce dernier sans embarras et avec confiance . puisque l'absence de la douleur suffit . et supposer des gens qui . autant vaudrait dire. LIV.» Il est un point qui m'embarrasse : comment le voluptueux prcscrira-t-il des limites à ses passions? VIII.

sed ut voluptas non sit sum . ut verum loquamur. Torquate. ET MAL. his omnibus exquisitis. clamat Epicurus se nescire. si finitas cupiditates haberent? » Hoc est dicerc. piscatu. si essent boni viri. hercule. si non essent asoti. qui solem. Non reprehenderem asotos. qui consumtis patrimoniis egeant. respondeat his vestis. et qui de conviviis aufcrantur. aut beate. Mundos . elegantes . nec occidentem unquam viderint. hir siphone. Ex quo efficitur. pistoribus. quibu' vinum Defusum e pleno siet. quid sit bonum : adsint etiam formosi pueri. nec orientem. crudique postridie se rursus ingurgitent. Corinthium . qui ministrent. BON. adhibentes ludos. ne improbos quidem. aucupio. » Isto modo. reprehenderem. Hic homo severus luxuriam per se ipsam reprehendendam non putat! Et.. ut ait Lucilius. quibus detractis. Nemo nostrum istius generis asotos jucunde putat vivere. utaiunt. II. nix et sacculus abstulerit. LIB.376 DE FIN. argentum. nunquam dixerim. rectissime non putat. illa. ut soletis. optimis cocis. locus ipse : hos ego asotos bene quidem vivere . et quac sequuntur. cui nil Demsit . qui in mensam vomant. venatione. Nolim enim mihi fingere asotos . non ut voluptas ne sit voluptas. si voluptas summum bonuni est. vitantes cruditatem .

DES BIENS ET DES MAUX, LIV. II.

377

taienl des bornes à leur cupidité , je ne trouverais rien à
blâmer en eux ? N'est-ce pas dire , Je ne blâmerais point
les débauchés , s'ils n'étaient débauchés? A ce compte ,
je ne blâmerais pas non plus les méchans, s'ils étaient
gens de bien. Aux yeux de ce juge sévère , la sensualité
n'est pas condamnable par elle-même. Et, pour dire
vrai, Torquatus, il est conséquent en pensant ainsi, si
la volupté est le bien par excellence. Car j'écarte de ma
pensée ces esclaves des sens dont la bouche inonde la ta
ble, qu'on emporte du festin, et qui , le lendemain , sur
chargent de mets un estomac encore en travail ; gour
mands qui se vantent de n'avoir jamais vu ni coucher ni
lever le soleil; et qui, après avoir dévoré leur patri
moine , sont réduits à l'indigence. Dans l'esprit de per
sonne les sensuels de cette espèce ne passent pour heu
reux. Mais parlez -moi de ces voluptueux de bonne
compagnie et de bon goût, qui ont des cuisiniers, des
pâtissiers d'élite , ce qu'il y a de plus délicat en poissons ,
en volaille , en gibier ; qui savent éviter les indigestions ;
qui , comme dit Lucilius,
Boivent des vins exquis,
Par la neige avec art domptés et rafraîchis ,
Sans altérer les sucs de la liqueur vermeille ;
et qui savourent tous les plaisirs sans lesquels Epicurc
s'écrie qu'il ne connaît point de bonheur; joignez-y de
jeunes et beaux esclaves, pour servir à table; et que les
tapis, l'argenterie, l'airain de Corinthe, le lieu même,
soient dignes de ce luxe. La vie sensuelle de ces hommes
est-elle heureuse ? je le nierai toujours. Il ne résulte pas
de là que la volupté ne soit plus volupté , mais j'en con
clus qu'elle n'est pas le souverain bien. Si Lélius, qui,

378

DE FIN. BON. ET MAL., LIB. II.

mum bonum. Nec ille, qui Diogenem stoicum adolescens , post autem Panaetium audierat, Laelius, eo dictus
est sapiens, quod non intelligeret , quid suavissimum
esset (nec enim sequitur, ut cui cor sapiat , ei non sapiat palatum); sed quia parvi id duceret.
O lapathe, ut jactare necesse est, cognitu' cni sis !
In quo Laeliu' clamores sophos ille solebat
Edere, compellans gumias ex ordine nostros.
Praeclare Laelius, et recte oopoç, illudque vere :
O Pnbli, o gurges, Galloni, es homo miser, inquit;
Cœnasti invita nunquam bene, quum omnia in ista
Consumis squilla, atque acipensere cum decumano.
Is haec loquitur, qui in voluptate nihil ponens, negat
eum bene cœuare, qui omnia ponat in voluptate : ettamen non negat, libenter unquam cœnasse Gallonium;
mentiretur enim ; sed bene. lia graviter et severe voluptatem secernit a bono. Ex quo illud efficitur, qui bene
cœnent, omnes libenter cœnare; qui libenter, non continuo bene. Semper Laelius bene. Quid bene? Dicet Lucilius,
Cocto,
Condito.
Sed cedo caput cœnae :
Sermone bono.
Quid ex eo?
Si quaeri', libenter.
Veniebat enim ad cœnam, ut animo quielo satiaret de

DES BIENS ET DES MAUX, LIV. II.

379

jeune encore , avait été disciple du stoïcien Diogène , et ,
plus tard, de Panétius, fut appelé sage, ce n'est pas
qu'il fût entièrement insensible aux impressions agréa
bles (depuis quand le bon goût de l'esprit exclut-il ce
lui du palais?) , c'est qu'il faisait peu de cas d'un tel bon
heur.
Pour te priser, oseille, on n'a qu'à te connaître,
S'écria tout à coup le sage Lélius;
Et vous, dit-il, Gallonius,
Des gloutons le chef et le maître,
Vous vivez d'esturgeons, de morceaux délicats ;
Tout votre bien s'épuise en bonne chère ;
Mais jamais vous n'avez su faire
Un véritable bon repas.
Ne plaçant point le bien suprême dans la volupté , Lélius
ne regarde pas comme heureux à table celui pour qui la
volupté est tout. Ce n'est pas le friand plaisir de Gallo
nius qu'il nie, c'est son bonheur. En homme sage et aus
tère, il distingue la volupté de ce qui est bon. Concluons
que faire un repas véritablement bon , c'est manger avec
plaisir ; mais que manger avec plaisir n'est pas nécessai
rement faire un véritable bon repas. A table, Lélius
était toujours heureux. Comment cela ? Lucilius va ré
pondre :
Chaque mets arrivait bien préparé, bien cuit"!.
Mais quels étaient les plus friands?
De ses sages amis l'entretien.
Ensuite?
L'appétit.
Il ne se mettait à table que pour satisfaire tranquillement

38o

DE FIN. BON. ET MAL., LIB. II.

sideria naturae. Recte ergo is negat, unquam bene cœnasse Gallonium; recte, miserum : quum praesertim in
eo omne studium consumeret. Quem libenter cœnasse
nemo negat. Cur igitur non bene? quia quod bene, id
recte , frugaliter, honeste : ille porro male , prave , nequiter, turpiter cœnabat. Non igitur nec lapathi suavitatem acipenseri Gallonii Laelius anteponebat , sed suavitatem ipsam negligebat. Quod non faceret, si in voluptate summum bonum poneret.
IX. Semovenda est igitur vol uptas, non solum ut
recta sequamini, sed etiam ut loqui deceat frugaliter.
Possumusne igitur in vita summum bonum dicere ,
quum id ne in cœna quidem posse videamur ?
Quo modo autem philosophus loquitur tria gênera cupiditatum, naturales, et necessarias; naturales, non necessarias; nec naturales, nec necessarias? Primum divisit
ineleganter. Duo enim genera quae erant, fecit tria. Hoc
est non dividere, sed fraugere rem. Qui si diceret, cupidilatum esse duo genera, naturales, et inanes; naturalium
quoque item duo, necessarias, et non necessarias :confecta res esset. Qui haec didicerunt quae ille contemnit, sic
solent : vitiosum est enim in dividendo, partem in genere
numerare. Sed hoc sane concedamus. Contemnit enim
disserendi elegantiam : confuse loquitur. Gerendus est
mos, modo recte sentiat. Et quidem illud non nimium
probo, et tantum patior, philosophum loqui de cupidita

DES BIENS ET DES MAUX, LIV. II.

38 1

les besoins de la nature. Il a donc raison de parler ainsi
de Gallonius, dont la gourmandise se donnait carrière,
sans faire, pour cela, un bon repas. Pourquoi? parce
que les choses bonnes ont le caractère de la raison , de la
frugalité, de la vertu : or, Gallonius soupait en homme
intempérant, en vil glouton. Le goût de l'oseille n'était
donc pas , pour le palais de Lélius, préférable à celui de
l'esturgeon; mais il dédaignait les raffinemens de la sen
sualité. Le ferait-il , si la volupté était pour lui le bien
suprême ?
IX. Eloignons donc la volupté , si nous voulons que ,
dans nos actions , dans nos paroles , la sagesse soit pos
sible. Même à table, il n'est pas permis d'appeler la vo
lupté le souverain bien : comment mériterait-elle ce nom
dans le reste de la vie ?
Mais pourquoi Epicure range-t-il les cupidités en trois
classes , les naturelles , les nécessaires et celles qui ne sont
ni nécessaires ni naturelles? Cette division est inexacte.
Il n'y a que deux sortes de cupidités , et il en fait trois :
est-ce là diviser ? non , c'est mettre en pièces. S'il avait
établi deux genres de cupidités , les unes naturelles , les
autres inutiles ; s'il eût ajouté qu'entre les premières il y
en a de nécessaires et de non nécessaires, ce serait chose
jugée. Dans une division, il faut toujours distinguer
l'espèce du genre. Mais faisons-lui cette concession : aussi
bien, la justesse des termes n'est rien à ses yeux, et son
langage confond tout. Qu'il parle à sa mode , pourvu
qu'il pense bien. Il est une chose pourtant que je tolère,
mais sans l'approuver : t'est qu'un philosophe propose de
mettre des bornes aux passions. Peut-on en donner à la
cupidité? Il faut la trancher dans ses racines. Convoiter

382

DE FIN. BON. ET MAL. , LIB. H.

tibus finicndis. An potest cupiditas finiri? tollenda est,
atque extrahenda radicitus. Quis est enim, in quo sit
cupiditas, quin recte cupidus dici possit? Ergo et avarus
erit, sed finite; et adulter, verum habebit modum; et
luxuriosus eodem modo. Qualis ista philosophia est, quae
non interitum afferat pravitatis , sed sit contenta mediocritate vitiorum? Quanquam in hac divisione rem ipsam
prorsus probo ; elegantiam desidero. Appellet haec desideria naturae : cupiditatis nomen servet alio , ut , quum
de avaritia, quum de intemperantia , quum de maximis
vitiis loquetur, eam tanquam capitis accuset. Sed haec
quidem liberius ab eo dicuntur, et saepius. Quod equidem non reprehendo : est enim tanti philosophi , tamque hobilis, audacter sua decreta defendere.
Sed tamen ex eo , quod eam voluptatem (quam om
îtes gentes hoc nomine appellant) videtur amplexari
saepe vehementius, in magnis interdum versatur angustiis , ut , hominum conscientia remota , nihil tam turpe
sit , quod voluptatis causa non videatur esse facturus.
Deinde, ubi erubuit (vis enim est permagna naturae),
confugit illuc , ut neget accedere quidquam posse ad vo
luptatem nihil dolentis. At iste non doleadi status non
vocatur voluptas. Non laboro, inquit, de nomine. Quid ,
quod res alia tota est ? — Reperiam multos , vel innumerabiles potius , non tam curiosos , nec tam molestos ,
quam vos cstis : quibus, quidquid velim, facile per

DES BIENS ET DES MAUX, LIV. II.

383

quelque chose, n'est-ce pas mériter la qualification
d'homme cupide? Autrement, il y aurait donc une me
sure pour l'avarice , pour l'adultère , pour la débauche.
Quelle philosophie que celle qui ne détruit pas le vice,
mais croit faire assez de le régler! Toutefois, dans cette
division , j'approuve le fond des choses ; ma critique ne
porte que sur les termes. Qu'Épicure appelle donc dé
sirs naturels ce qu'il nomme cupidités , et qu'il réserve
ce dernier mot pour d'autres choses : par ce moyen ,
quand il en viendra à l'avarice , à l'intempérance, à tous
les principaux vices , il aura le droit de leur faire le pro
cès. Mais je n'insiste pas ; il se met si souvent à l'aise
pour le choix des expressions ! Sans doute , un philoso
phe aussi grand , aussi célèbre , doit avoir le privilège de
développer ses dogmes avec une libre audace.

Le mal est qu'en s'attachant avec ardeur à ce que l'on
nomme vulgairement volupté , il tombe parfois dans un
tel embarras , qu'il semble qu'il n'y ait rien de si honteux
qu'il ne puisse faire sans témoins. Ensuite, après qu'il en
a rougi (tant est grande la force de la nature ! ) , il se ré
fugie dans cette proposition : La volupté est à son com
ble chez l'homme qui n'éprouve point de douleur.— Mais
l'état d'indolence ne s'appelle point volupté.— Je me sou
cie peu des termes , répond-il ; mais ces deux choses dif
fèrent totalement. — Je trouverai, dira-t-il encore, des
auditeurs moins fâcheux, moins vétilleux que vous, et
je leur persuaderai sans peine tout ce que je voudrai. —
Mais, si l'absence de la douleur est une extrême volupté,
pourquoi ne pas dire aussi que la privation du plaisir

38/,

DE FIN. BON. ET MAL., LIB. II.

suadeam. — Quid ergo dubitamus , quin, si non dolere,
- voluptas sit summa , non esse in voluptate , dolor sit
maximus ? cur id non ita fit? — Quia dolori non volu
ptas contraria est , sed doloris privatio.
X. Hoc vero non videt, maximo argumento esse, voluptatem illam, qua sublata, neget se intelligere omnino , quid sit bonum (eam autem ita persequitur, quae
palato percipiatur , quae auribus ; cetera addit , quae si
appelles, honos praefandus sit); hoc igitur, quod solum
bonum severus et gravis philosophus novit , idem non
videt ne expetendum quidem esse, quod ad eam voluptatem hoc eodem auctore non desideremus , quum dolore careamus. Quam haec sunt contraria ! Hic si definire, vel dividere didicisset, si loquendi vim, si denique
consuetudinem verborum teneret, nunquam in tantas
salebras incidisset. Nunc vides , quid faciat. Quam nemo
unquam voluptatem appellavit, et hanc in motu voluptatem, quae duo sunt, unum facit : sicenim has suaves,
et quasi dulces voluptates appellat. Interdum ita exte
nuât, ut M'. Curium putes loqui : interdum ita laudat,
ut, quid praeterea sit bonum, neget se posse ne suspicari quidem. Quae jam oratio non a philosopho aliquo,
sed a censore opprimenda est. Non est enim vitium in
oratione solum, sed etiam in moribus. Luxuriam non
reprehendit , modo sit vacua infinita cupiditate, et ti
more. Hoc loco discipulos quaerere videtur, ut , qui asoti
esse velint, philosophi ante fiant.

DES BIENS ET DES MAUX, LIV. II.

385

est une excessive douleur? — C'est, dit-il, parce que
l'opposé de la douleur n'est pas la volupté, mais l'absence
de la douleur.

X. Mais, en plaçant la volupté dans les jouissances du
goût, de l'ouïe , et dans d'autres sensations que la décence
défend de désigner, il ne voit pas, ce philosophe grave
et sévère , que lui-même nous prouve avec force que cette
même volupté , unique élément de bonheur à ses yeux ,
n'est pas même chose désirable : en effet, d'après ses
propres paroles, être sans douleur, c'est n'avoir rien à
désirer. Quelle étrange contradiction! S'il eût étudié
l'art des définitions, des divisions, s'il connaissait la force
et l'usage des termes , il aurait évité ce mauvais pas.
Mais, vous le voyez, il donne le nom de volupté à une
chose qui ne l'avait jamais reçu , à l'indolence ; et l'idée
très-différente de celle-là , l'idée à laquelle tous les
hommes attachent le nom de volupté , il veut l'identifier
avec la première. Son dédain pour ces plaisirs qu'il
nomme volupté en mouvement , semble parfois si grand,
qu'on croirait entendre parler Curius15; quelquefois il
les loue jusqu'à dire qu'il ne soupçonne pas même la pos
sibilité de quelqu'autre bien. A un tel langage ce n'est
pas une réfutation philosophique qu'il faut opposer, c'est
la flétrissure du censeur : car, ici , le vice ne s'arrête pas
au langage , il passe dans les mœurs. Que la luxure se
donne des bornes , dit-il, qu'elle soit exempte de crainte,
je ne la blâmerai pas : doctrine qui semble chercher
des disciples ; c'est comme s'il disait aux hommes : Faitesvous philosophes pour devenir esclaves du plaisir.
XXVII.

a5

At ille pellit. duce natura. Haec et tu ita posuisti. Qui igitur . A primo . an movente? quoniam. nec ullum habet ictum. quod ea voluptas. animal aspernatur est. et parvos ad se alliciat. ab his. Itaque Epicurus semper hoc utitur. aut etiam a bestiis . ab Epicuro loqui discimus. ait optime judicari. hanc voluptatem expeti nihil dolendi. Neque enim haec movere potest appetitum animi. Et simul non prohciscitur animal illud modo natum. De malis autem et bonis. atqueutnatum bonum. Iï. LIB. vo ut malum. hoc natura videlicet vult . ut opinor . non illa stabilis. Si stante. in qua tanlum inest nihil dolere. salvam esse se. stante. summi boni. Quam multa vitiosa? summum enim bonum et malum. vagiens puer utra voluptate dijudicabit. BON. ET MAL. quae nondum depravata sint. et bestias. quo pellat animum status hic non dolendi. animantium ortu petitur origo luptate. et verba vestra sunt.. quœ in motu sit. quae putat esse specula naturae . quod tamen dicitis. Itaque in hoc eodem peccat Hieronymus. ab iis animalibus. a summa volu ptate : quae est a te posita in non dolendo. nulla turpis voluptas erit. quod concedimus : si movente. si diis placet. quae praetermittenda sit. ut diceret .386 DE FIN. ut probet voluptatem natura expeti. qui permulcet sensum voluptate. et eam Simul appetit. Nec tamen argumentum hoc Epicurus a parvis petivit . gaudet dolorem.

par l'exemple de l'enfant et de la brute. la volupté sensible produira cet effet. l'erreur d'Hiéro-. ne peut vouloir alors que sa propre conservation. Ainsi. comme vers un bien. quel est le plaisir infâme qui ne sera pas permis ? Et même ce nouveau-né ne débute point par la volupté suprême. Si c'est . il fuit la douleur comme un mal. Alors. tel est celui de votre secte. pour découvrir la source du souverain bien. qui n'est que la douleur absente. ou par la volupté en mouve ment .DES BIENS ET DES MAUX. II. des bêtes. Epicure ne l'a jamais appliqué pour prouver qu'elle nous apprend à désirer la volupté de l'indolence. Tel a été votre langage. discernerat-il ce qui est. 387 Il remonte . par la vo lupté en mouvement . il n'est point encore dépravé. que vous faites consister dans l'absence de la douleur. la nature. à la naissance des animaux . par excellence. Or. . bon ou mauvais? est-ce par la volupté stationnaire. et jamais de cette volupté stationnaire. dans lesquelles il se plaît à contempler la nature . il se porte vers elle . grâce au ciel . qui ne sait que crier. technologie que . Comme ici l'erreur se multi plie ! Comment l'enfant . nous enseigne Epicure? Si c'est par la volupté stationnaire. Torquatus. comme vous le dites . Quel soubait peut exciter une telle volupté? quelle impression l'état de pure priva tion peut-il laisser dans l'esprit? Ici. et on l'accorde. et son jugement sur le bien. est parfait. Épicure veut-il prouver que le penchant à la volupté est naturel ? il parle toujours de la volupté en mouvement . sur le mal. affirmer que la vie prélude par une a5. Cet exemple des enfans. A peine né. je crois . LIV. nyme est énorme : seule. l'a nimal aime la volupté .

summaemihi videtur inscitiae. non valitudinem. et se ipsum. Callipho ad virtutem nihil adjunxit. In his primis uaturalibus voluptas insit. parvae tamen esse possunt. asperneturque contraria.. ut voluptatem expetat. Polemoni. ET MAL. et corpus. non integritatem corporis. aliud ita natum : sic ferarum natura non est illa quidem depravata mala disciplina. appetat. ea prima visa sunt. duasque. Nec vero. convenit. Atque ab isto capite fluere necesse est omnem rationem bonorum et malorum. simul ut ortum est. non sensus . inprimis amplectitur. II. non ingenii motum . et in corpore : quae quum leviter agnovit. deinde utriusque partes. etiam ante Aristoteli. salvumque velit. BON. nisi . sed tantum ut se ipse diligat.388 DE FIN. et omnes partes suas diligit. Ut bacillum aliud est inflexum et inciïrvatum de industria. Nihil vero putare esse. ut ea. Ergo nata est sententia veterum academicorum et peripateticorum. magna quaestio est. tune discernere incipit. Omne enim animal. praeter volu ptatem . LIB. necne. animum. quae paullo aute dixi. virtute adhibita. ut finem bonorum dicerent. Nam sunt et in animo praecipua quaedam. natura movet infantem. secundum na turam vivere. non membra . sed natura sua. Quamvis enim depravatae non sint . id est. quae prima [data] sunt natura. frui primis a natura datis. ab alia voluptate dicere naturam proficisci. ut integrum se. quae maximae sunt. in alia summum bonum pbnere? XL Bestiarum vero nullum judicium puto.

voilà la vé ritable source de toutes les discussions sur les vrais biens et les vrais maux. il aime son individu et tout ce qui le compose. les deux élémens constitutifs de son être. Je veux qu'il n'ait point été dépravé . ensuite leurs diverses parties. 38g sorte de volupté. car. Calliphon ajoute la volupté . Diodore l'absence de la douleur . la volupté fût au dessus de tout. II. et à repousser ce qui leur est contraire. et c'est à tous tes objets réunis que les uns ou les autres ont attaché le . ses appétits le portent à satisfaire les pre miers goûts de la nature. mais il peut être faux. Les biens désignés plus haut étaient réputés les plus grands par Polémon. n'est-ce pas se contredire? XI. un bâton tortu est sou vent produit par l'arbre. d'abord. quand cela serait ainsi . l'instinct de la bête peut recevoir une altération . par Aristote : de là. que la nature porte d'abord l'en fant . et.DES BIENS ET DES MAUX. qui mettaient le souverain bien à vivre selon la nature . dès sa naissance . non de l'éducation. à la conservation du corps et à la santé : or. ce n'est point à la volupté. ainsi. à donner à la nature la vertu pour compagne. A la vertu. avant lui. LIY. c'est de luimême. il y en a sans doute qui occupent le premier rang. l'opinion de l'ancienne académie et du péripatétisme . Le jugement de la brute n'est rien pour moi. des sens. c'est-à-dire . l'âme et le corps. dans l'âme comme dans le corps . préférable même aux facultés de l'âme. Il est bien difficile de décider si ces premiers mouvemens de la nature sont accompagnés d'un senti ment de volupté : mais le comble de la folie est de croire que. Parvient-il à en avoir le discernement . D'ailleurs. et placer le souverain bien dans une autre . mais à sa propre conservation . Sans avoir été courbé à dessein .

idem tenere debuit ultimum bonorum. Carneadis tertius : tres. quum senten . Carneadi. id est. ut voluptatem illam. Hieronymo. His om nibus. voluptatem. quae essent secundum naturam . unus Aristippi.. quam nobis leges permittunt. Epicurus autem quum in prima commendatione voluptatem dixisset . Aristippo simplex voluptas. in honestate. doloris vacuitas. LIB. rejicientemque contraria. Beliqui sibi constiterunt ut extrema cum initiis convenirent. Diodorus. Nam Pyrrho . sensibus ipsis judicari. Una simplex. alter Hieronymi . II. eligentem ea. Privatarum litium judices sumus. esset extremum. quod esse volunt* virtute. in quibus honestas cum aliqua accessione . quae natura evenirent. consequentes sunt fines bonorum. quod ille.3go DE FIN. Nihil enim possumus judicare. posita in decore tota . fecisset idem. si eam . Aristo. nisi quod est nostri judicii. id est . malum : plus tribuit sensibus . vel Epicuri. consentire naturae. « vivere cum intelligentia earum rerum. in prima commendatione poneret. quod ait. quam Aristippus . ut Aristippo. quos dixi. sin eam. » Ita tres sunt fines expertes honestatis. nisi vacuitatem doloris. ET MAL. voluptatem. Diodori. quam Hieronymus. bonum esse . Polemonis . non Aristippi . jam diu abjecti. Calliphontis. BON. voluptas. frui principiis naturalibus . Nam. stoicis. cujus Zeno auctor. XII. honeste vivere : quod ita interpretantur. Herillus. dolorem . In quo frustra judices solent .

de Calliphon . dans la conformité à la nature. en prononçant une . Les autres. et la douleur un mal . ont fait concorder la fin avec le principe. II. Chez Aristippe. mais nous ne pouvons prononcer que sur les matières de notre compétence. ] XII. A-t-il dans la pensée la volupté d'Hiéronyme . qui élève la volupté au dessus de tout. de Diodore. car on a rejeté depuis long-temps les systèmes de Pyrrhon . nous sommes juges. »|Nous comptons ainsi trois définitions qui excluent l'honnêteté . et rejeter celles qui la combattent.DES BIENS ET DES MAUX. celle de Zénon . chez Carnéade. l'absence de la dou leur. non celle d'Aristippe qu'il doit regarder comme le bien par excellence. conséquens avec eux-mêmes. chez Hiéronyme . Aristippe le voit dans la volupté. celle d'Hiéronyme et celle de Carnéade : et trois qui ajoutent à l'honnête quelque chose . et que cette secte dé finit ainsi : « Vivre avec une telle intelligence des choses qui arrivent naturellement. d'Herillus l6. Une seule enfin . celle d' Aristippe ou d'Epicure . c'est la volupté . Quand il avance que . il a dû voir le premier des biens dans ce qui l'est aux yeux de ce philosophe. la jouissance des biens naturels. c'est cellelà. la volupté est un bien . qui n'appar tient qu'à la vertu et à l'honnêteté. celles de Polémon . qu'on puisse choisir celles qui sont conformes à la nature. d'après le jugement même des sens . le Portique. Si Épicure. LIV. En vain le juge. d'Ariston . désigne celle d'Aristippe. Dans les débats privés. il attribue aux sens plus d'autorité que les lois ne leur en accordent. 39r souverain bien. n'admet que l'honnête ou la vertu .

prope. rotundum. si perspexerit. idem . nisi turpe. longe. nihil esse ei loci. sed eligenda modo. quam quum honestate ornatissimam . non modo ut sola ponatur in summi boni sede. movere. sed ne illo quidem modo . BON. de quibus etiam atque etiam consideret. LIB. illud est judicatum. aut tantum.t enim statuet. nihilo magis . quas ratio rerum omnium dominas. Quid judicant sensus? dulce . nisi honestum. Ita relinquet duas . nec fugienda. ET MAX. nihil malum. ut nec expetenda. Rejicietur etiam Carneades . II. tiam pronuntiant. tum etiam ipsis initiis naturae. Quam igitur pronuntiabit sententiam ratio. nec ulla de summo bono ratio aut voluptatis. amarum . cetera aut omnino habere momenti.. addere . hoc non addito. asperum. verborumne sit controversia. deinde adjunctis virtutibus. ut ad honestatem applicetur. rerum intereas. adhibita primum divinarum humanarumque rerum scientia. quam quaerimus. Hujus ego nunc auctoritatem sequens. pri mum de voluptate. tu voluptatum satellites et ministras esse voluisti? quarum adeo omnium sententia pronuntiabit. nihil esse bonum.392 DE FIN. De vacuitate doloris eadem sententia erit. non dolendive particeps . stare. lene. et totius perfectione vitae locupletatam videbit. aut honestatis expers. Au. probabitur. quadratum . aut rejicienda sint : aut anteponet eam. si quid mei judicii est : si enim non fuit eorum judicii . Quod eo liquidius faciet. quae potest appellari rite sapientia. XIII.

rien n'est jugé. ou dans la douleur néga tive. et flétrira tout système qui placerait le bien suprême ou dans la volupté . la forme ronde ou carrée. et des vertus auxquelles la raison donne un empire universel. l'amer. son examen ne se portera plus que sur deux opinions : le seul bien . le mouvement. Même condamnation sera portée sur l'ab sence de la douleur. La préférence de la raison pourra se porter sur l'opinion qui place le bonheur auprès de la vertu . la distance. l'immobilité. ou dans toute autre chose également étrangère à l'honnête. chez vous . et n'y siégera plus auprès de l'honnêteté. Elle rejetera aussi la doctrine de Carnéade. c'est la vertu . Mais son choix sera plus éclairé si elle commence par examiner à fond la différence de ces deux opinions : est-elle dans les choses ou dans les mots ? XIII. ajoute ces mots . H. le seul mal . pour laquelle le mot sagesse semble fait . LIV.DES BIENS ET DES MAUX. sur quoi prononcent les sens? sur le doux. et il faut laisser à l'occasion le soin de le choisir ou de le rejeter. c'est le vice . s'il m'appartient d'enjuger : car. la volupté sera exclue du trône du souverain bien . et qui . et enrichit la vie de tous ces biens primitifs que la nature donne et permet. quand même il ne s'exprimerait pas ainsi. Quelle sentence prononcera donc la raison . aidée de cette science des choses divines et hu maines . si la cause est hors de ses attributions. le reste est trop peu de chose pour mériter notre empressement ou notre aver sion . 3y3 sentence . selon la première . Ainsi . le poli. Or. le rude. escortent la volupté comme de viles complaisantes ? Dans ses arrêts . j£ vais donc aussi suivre cette route où la raison .

quodvos interdum. vel potius nimium saepe dicitis. quasi mortalem deum : contraque . ut ad cursum. omnesque simplices sententias eorum . Nec enim figura corporis . sed adeptione . qui eam voluptatem non modo summam. quam omnes unam appellamus voluptatem. Atque haec contra Aristippum. Sed ille . ut ait Aristoteles . equum. BON. canem : sic hominem ad duas res . summum bonum ponere. nec ratio excellens ingenii humani significat. in quibus nitlla inest virtutis adjunctio. Quantum enim potero . ut frueretur voluptatibus. omnino a philosophia semovendas putabo : primum Aristippi . ad hanc unam rem na tum hominem . Non enim. ut dixi . Quo nihil mihi videtur absurdius. IL faciam. minuam contentioues . carere eo malo satis est ad bene vivendum. nihil dolere.. adarandum. cui nihil est mati. sic hoc divinum animal ortum esse voluerunt. Nos beatam vitam non depulsione mali . contemnentes istam vacuitatem doloris. cyrenaicorumque omnium . Aliter autem vobis placet. si malum dolor est. ad intelligendum et ad agendum esse natum . LIB. Hoc dixerit potius Ennius. Hi non viderunt.394 DE FIN. quos non est veritum . Nec vero audiendus Hieronymus : cui summum bonum est idem . bovem. ad indagandum . Nimium boni est. ut tardam aliquam et languidam pecudem. ET MAL. vitiose. ad pastum et ad procreandi voluptatem. quae maxime dulcedine sensum moveret. in ea voluptate . sed solam etiam ducit.

En effet . mesurons le bonheur. Laissons dire à Ennius : C'est un assez grand bien que l'absence du mal. j'abrégerai les dis putes. non-seulement sur . mais comme le seul bien véritable ! Votre secte n'embrasse pas cette opinion. ils ont prétendu qu'il ne naissait que pour manger et se repro duire. Pour nous. qui a regardé ce que tout le monde entend par la volupté. l'organisation et l'intelligence de l'homme montrent assez qu'il est né pour autre chose que la volupté des sens. qui est . entachée d'un grand vice. comme la nature a produit le cheval pour la course . le chien pour la chasse. elle a aussi fait naître l'homme . Je dis d'abord que l'opinion qui sépare la vertu du souverain bien doit être retranchée de la philosophie. je ne dis pas comme le bien suprême . 3g5 m'appelle. l'éloignement de ce mal ne suffirait pas au bonheur. Ils n'ont pas compris que . Écartons surtout celle d'Aristippe et de tous les cyrénaïques .DES BIENS ET DES MAUX. ce dieu mortel . qui n'ont pas rougi de placer le bien suprême dans les plaisirs sensuels. le plus haut degré de l'absurde. II. LIV. Autant qu'il est en moi . suivant l'expression d'Aristote. opinion que vous professez quelquefois. N'écoutons pas da vantage Hiéronyme . Quels reproches mérite cet Aristippe. à mon sens . pour qui la douleur négative est le souverain bien . je l'ai dit . le bœuf pour le labourage. C'est . quand même la douleur serait un mal. pour la pen sée 18 et pour l'action. et même trop souvent. En effet . Abaissant cet être divin au niveau de la brute .

quam amplexabantur. LIB. nihil prorsus dicerent interesse. Dum enim in uua virtute sic omnia esse voluerunt . sustulerunt. Quae quum Aristoni et Pyrrhoni omnino visa sunt pro nihilo . recte jam pridem contra eos desitum est disputari. ut hic : sed agendo aliquid . aucloritatem videatur habiturum . vel vacuitatem doloris. darent. . unum quoddam bonum vidit. Nam qui ad virtutem adjungunt vel voluptatem. primum vilissimas res addunt. protulit. ut eam rerum selectione expoliarent.?»96 DE FIN. Id autem ejusmodi est. aut ubi niteretur : virtutem ipsam. quae prima natura approbavisset [ea cum voluptate conjungerent]. ET MAL. tamque re stricte faciant. quam ut stoicis. cur id tam parce . ut inter optime valere. BOIS. opponeret. sed nec optimum. quibuscum bellum gerebat. quod addant ad virtutem . intelligo. nec tamen. considerandove quaeramus. quae etiam si malo caret. et expleturum cumulate vitam beatam : de quo omnis haec quaestio est. quam omnia. II. tamen non est summum bonum : acessione utuntur non ita probabili . boni judicemus : nec eam cessando. sive non dolentem . nec ei quidquam .. et gravissime aegrotare. Quasi enim emendum eis sit. Quae possunt eadem contra Carneadeum illud summum bonum dici : quod is non tam. additum ad virtutem. ut Aristippus . ut probaret. aut unde oriretur. quam unam virtus minimi facit. sive gaudentern. deinde singulas potius . ut. Herillus autem ad soientiam omnia revocans.

Telle est. Pyrrhon et Ariston comptaient pour rien ces principes naturels . et poursuivons-le avec ardeur. de puis long-temps . et ne lui laisser ni origine ni fondement . mais de combattre les stoïciens. et pourrait même embellir la vie du bonjjgur le plus doux : or. ceux-là lui donnent une bien faible escorte : est-ce la peine de se montrer si avares envers la vertu ? Comme s'ils devaient . ni dans la dou leur absente d'Hiéronyme . ils l'habillent pauvrement. ils la meublent pièce à pièce. à leurs frais . la nature du souverain bien. il serait digne d'être admis. et ne voyaient pas même de différence entre l'état de maladie et la santé : aussi. ils ont étouffé la vertu même dans leurs embrassemens. voilà le point qu'il faut débattre] Ceux qui rangent à côté de la vertu . en effet. On peut appliquer à l'opinion de Carnéade ce que je viens de dire du souverain bien d'après ces deux philosophes . au lieu de lui fournir à la fois tout ce que demande primi tivement la nature. II. jusqu'à lui ôter le choix des choses . et dans les plus sages méditations. mais non le plus grand des biens . mais dans la pratique des ac tions vertueuses . On l'a . pourvoir à son éntretien .DES BIENS ET DES MAUX. n'est pas pour cela un bien du premier ordre . selon lui . ni un bien qui pût régler la vie entière. 3y7 cette absence. quoi que le but principal de Carnéade ne fût pas de sou tenir son sentiment personnel . A force de réduire tout à la seule vertu . sans oublier qu'il ne repose ni dans les molles voluptés d'Aristippe . que. mais sur l'acquisition du vrai bien. pour n'avoir rien de répréhensible . qui a voulu tout renfermer dans la science. LIV. Hérillus. ou la volupté qu'elle méprise. qui. réuni à la vertu. eut pour objet un bien positif. ou l'absence de la douleur. contre lesquels il était en guerre. sont-ils exclus de la discussion.

Ita ceterorum sententiis semotis. IL nec quo vita gubcruari possit. et multi postea . Itaque eo. defensores ejus sententiae fuerunt . quodcumque verisimile videatur. qui auctoritatem minimam habet . sed virtuti cum voluptate certatio. ut tempus postulat. Honestum igitur id intelligimus . et quasi desperata cognitione certi. et nescio quomodo is. si honestum aliquid ostendero . per se ipsum possit jure laudari. Quos nisi arguimus . LIB. omnis vera laus deserenda est. facit. relinquitur non mihi cum Torquato. breviter. ET MAL. quodque et ipse . BON. Cum Epicuro autem hoc est plus negotii. non contemnit . sine ullis praemiis fructibusve . Quam quidem certationem homo et acutus. propter seque expetendum . non . totumque discrimen summi boni in eadem comparatione positum putat.398 DE FIN. jacere vestra omnia. quale sit. quod sit ipsum vi sua . detracta onmi utilitate . accedam ad omnia tua . Torquate . quod e duplici genere voluptatis conjunctus est. Restatis igitur vos. Post enim Chrysippum non sane est disputatum. nisi memoria forte defecerit. Nam cum academicis incerta luctatio est : qui nihil affirmant. maximam vim .. XIV. id sequi volunt. Ego autem existimo . populus cum illis. constituto. Itaque hic ipse jam pridem est rejectus. omne decus . et diligens Chrysippus. ut. quod tale est. et amici ejus . Quod quale sit. omnis virtus.

II. je renverserai par là tout votre système. de toute vue intéressée: Bien que cette définition en donne une idée assez juste . vivement soutenues par lui . qu'il joint ensemble deux sortes de voluptés.nous par Vhonnéte? ce qui mérite par soi-même nos éloges . abstraction faite de toute utilité . qui mérite d'être recherché en soi . écartons tous les autres systèmes. Vous y êtes encore . que la vertu lutte contre la volupté. LIV. Je ne sais comment il s'est fait que leur parti s'est appuyé sur le peuple. Aux yeux clairvoyans de l'ingénieux Chrysippe . Torquatus . comme le temps l'exige . je pense que . cette lutte n'était pas une bagatelle. Qu'entendons. on n'a pas de prise sur eux. puis j'aborderai tous vos argumens . de véritable gloire.DES BIENS ET DES MAUX. c'était un combat à outrance. ou plu tôt. puisqu'ils n'affirment rien . ne pas les réfuter serait abdiquer tout sentiment de vertu . si ma mémoire me les rappelle. ce juge le moins compétent et le plus redoutable. comme s'ils étaient sans espoir dans la recherche du vrai . qui al lait décider de la vie du souverain bien. vous . XIV. par ses amis et par une ar mée de défenseurs. car. pour les acadé miciens . on le connaît encore mieux par le . 39g donc aussi rejeté : Chrysippe est le dernier qui soit en tré avec lui dans la lice. Toutefois. Ainsi . Or. et disputons contre vous. Mais contre Epicure l'embarras est d'autant plus grand . d'hon neur. si je démontre la réalité de quelque chose d'hon nête . Essayons-le donc d'abord en peu de mots . et qu'ils se bornassent à suivre à la trace le vrai semblable. Torquatus.

sed suis. deinde omnium mortalium societate. ut perexigua pars ipsi relinquatur. et vigentem. tamen hoc uno a bestiis plurimum differunt. quum vacui curis. injuriam. scire avemus : bis initiis inducti omnia vera diligimus. Eademque ratio fecit hominem hominum appetentem. fallentia odimus. IL tam definitione. et usu congruentem : ut profectus a caritate domesticorum ac suorum . et optimi cujusque studiis atque factis : qui permulta ob eam unam causam faciunt.. quia decet. quod rationem habent a natura datam mentemque . sagacem. et cum praesentibus futura copulet. et disjuncta conjungat. Et quoniam eadem natura cupiditatem ingenuit homiui veri iuveniendi. ET MAL. fidelia. quod facillime apparet. etiam quid in cœlo fiat . atque. Homines enim . qua sum usus. falsa. non sibi se soli natum meminerit. etsi aliis multis . et similitudines transferat. serpat longius . et sermone./. et acrem . et se implicct primum civium . celerrimeque multa simul agitantem. quae et causas rerum. et consecutiones videat. ut fraudem . ut ita dicam . tum vana. simplicia. quailquam aliquantum potest. perjurium. Eadem ratio habet in se quiddam am . ut ad Archytam scripsit Plato.oo DE FIN. quia honestum est. LIB. quia rectum. omnemque complectatur vitae consequentis statum. intelligi potest. quam communi omnium judicio . BON. etsi nullum consecuturum emolumeutum vident. malitiam. sed patriae. id est. cumque his natura. constantia. et.

ne cède à personne. qui établit les rapports. qui examine . la malignité. doit penser qu'il n'est pas né seulement pour lui . et embrasse le cours entier de la vie. cette intelligence vive et per çante . l'ordre et la proporxxvn. il se doit encore aux siens et à sa patrie. L'homme . qui joint les objets sépa rés.DES BIENS ET DES MAUX. mais bien légers. la sincérité . notre aversion pour tout ce qui est faux et trompeur. le juste et l'honnête . la raison . Par la raison . sans autre mobile que le beau . et demeure invincible. II. qui assemble l'avenir avec le présent . aux coutumes de la société. A ces trois divisions de l'honnête se joint un quatrième genre de beauté. qui pénètre plusieurs choses à la fois . 26 . qui . cette sagacité d'esprit qui discerne les causes et les effets. /. LIV. l'homme se rappro che de l'homme. De là. et s'étend par degrés à celle du genre humain. Quel est le principe de la supériorité de l'homme sur la brute ? c'est ce noble pré sent de la nature . et la portion de lui-même dont il peut disposer se réduit à peu de chose. au langage. il passe à celle de ses compa triotes. véritable puissance de l'âme. je ne dis pas supportables. le parjure. se conforme aux manières . et par l'exemple de tant d'hommes vertueux . qui n'a peur de rien. La nature a aussi mis en lui le besoin de la vérité : j'en vois la preuve dans ces loisirs que nous employons à la recherche des mys tères célestes. plus faite pour commander que pour obéir. de l'amitié de ses parens et de sa famille . écrivait Platon à Archytas . en sorte que. pour la bonne foi .ot témoignage universel. la constance . Enfin la raison a en elle-même je ne sais quelle force sublime et fière. de là . pour qui tous les accidens de la vie sont. ont fait bien des choses dont ils n'espéraient évidemment aucun avantage. l'injustice. comme la fraude. notre amour pour tout ce qui est vrai .

quartum sequitur. Nam ex his tribus laudibus . sed etiam levia ducens. plum atque magnificum. omnia humana non tolerabilia solum. Cujus similitudine perspecta in formarum specie ac dignitate . Videsne . sub hac voce honestatis quae sit subjicienda sententia. et temeritatem reformidat . semper invictum. neque videre . aut qualem esse velint. qui honestate summum bonum metiantur. Quod. altum quiddam et excelsum . quas ante dixi . LIB. id solum dicitur honestum. quam. continetur. XV. inquit . formam honestatis : quae tota his quatuor virtutibus . Ut enim consuetudo loquitur. et non audet cuiquam aut dicto protervo . vereturque quidquam aut facere.. tamen expetitur propter voluptatem. aut loqui. eos inani voce sonare (his enim ipsis verbis utitur). Si enim ad honestatem omnia referantur. II. ad imperandum magis. quae a le quoque commemorates sunt. Hanc se tuus Epicurus omnino ignorare dicit. quani ad parendum accommodatum. Atque his tribus generibus bonestorum notatis . et in eadem pulchritudine . Habes undique expletam et perfectam . Torquate. neque in ea voluptatem dicant inesse .4oa DE FIN. ait. quod est populari fama gloriosnm. nemini cedens . quod parum virile videatur. neque intelligere. quanquam voluptatibus quibusdam est saepe jucundius. et aptum ex illis tribus : in quo inest ordo et moderatio. aut facto nocere . transitum est ad bonestatem dictorum atque factorum. nihil timens . ET MAL. BON.

affirme ne pas comprendre l'honnête séparé du plaisir. le portrait achevé de l'honnê teté : elle consiste dans les quatre vertus dont vous avez vous-même parlé. enfin . Votre Epicure prétend ne savoir ce que c'est . chez les nations barbares . et ne pas comprendre çeux qui mesurent le souverain bien sur l'honnête. A l'en croire. II. . et qu'on se garde de rien faire ou de rien dire qui semble indigne de l'homme. Me surez-vous maintenant la distance qui sépare nos opi nions? Un illustre philosophe. Or. XV. qu'appelle-t-on honnête? ce que l'opinion publique estime glorieux. celui qui rapporte tout à cet objet . Consultons l'u sage. mais c'est toujours pour la volupté qu'on la recherchera. dans l'Italie . et voit 26. sans y joindre la volupté. ajoute-t-il . qu'on ne hasarde contre personne ni une parole insultante ni un fait nuisible. qu'on transporte des objets sensibles aux choses morales. parle à vide (ce sont ses propres termes) . dit-il. LIV.DES BIENS ET DES MAUX. cette gloire . 4o3 tion. Voilà . flattera quelquefois plus que certaines voluptés. ce mot d'hon nêteté a pour lui un sens impénétrable. qui a tout remué dans la Grèce . Torquatus. Sa conformité avec les trois premières vertus règle nos discours et nos actions de manière que l'on évite la témérité .

quum id a multitudine laudetur. cui obsisti non potest. illud ho nestum. Ego autem hoc etiam turpe esse saepe. sed quia tale sit. LIB. honestum quid sit. Itaque idem natura victus. sua ta men pulchritudine esset specieque laudabile.. non ob eam causam tamen illud dici honestum esse. BON. aut quidquam aliud honestum intelli . honeste. et sine eo jucunde neget vivi posse.jjo4 DE FIN. si id non est in voluptate. nisi etiam honeste. nisi honeste vivatur. II. ut. quam sit magna dissensio? Philosophus nobilis. non posse ju* cunde vivi. ut. An. vel si obmutuissent. quia laudetur a multis. Nam si propter voluptatem : quae est ista laus. ET MAL. ut sine ea jucunde neget posse vivi. quae possit e macello peti? Non is vir est. nisi populari fama? Sine ea igitur jucunde negat posse vivi. sentiat. negat se intelligere : nisi forte illud. quum honestatem eo loco habeat. si quando turpe non sit. quod jucunde? Ergo ita. Quid turpius . quod populare sit. judico. quod a te etiam paullo ante dictum est. et. tamen non esse non turpe . non posse ho neste vivi. Quod si sit ipsum per se rectum atque laudabile. a quo non solum Graecia et Italia. nisi quod possit ipsum propter se jure laudari. sed etiam omnis barbaria commota est. quod multitudinis rumore laudetur. dicitur? idemne. quam sapientis vitam ex insipientium sermone pendere? Quid ergo hoc loco intelligit honestum ? Cerle nihil . vel si ignorarent id homines. dicit alio loco id. Quid nunc.

et alors. II. dit-il.DES BIENS ET DES MAUX. avec honneur. par soi-même. et. nos éloges et notre estime. pour leur propre beauté. il n'a pu comprendre que ce qui est juste. la gloire sont choses hono rables par elles-mêmes . affirmant que. puisqu'il en fait une de l'honnê teté. si l'on ne vit avec honneur. sont-ce là des expressions synonymes? autant vaudrait dire qu'on ne peut vivre honnêtement si l'on ne vit honnêtement. quel éloge accorder à ce que le marché peut fournir? sans doute. par son essence. il n'est pas d'agrémens dans la vie. dans cette expression. cet irrésistible ascendant a-t-il arraché à Epicure un aveu que vous avez fait vousmême : on ne peut. elles mériteraient encore. il n'exige pas cette approbation comme une condition du bonheur. veut-il dire . Aussi . Car. 4o5 leur union tout au plus dans les éloges que donne le bruit populaire. la justice . quelle honte! de l'opinion des fous dépendrait le bonheur des sages. louable par sa nature. ce n'est pas grâce aux applaudissemens de la mul titude. La vertu . je condamne cela même comme une honte . s'il n'entend que les jouissances de la volupté . si l'on n'est pas loué du public? cela signifierait que. Avec plaisir. vivre avec plaisir. sans l'admiration populaire . ou une chose digne d'éloges par elle-même. Ou bien . si parfois la honte ne s'y joint pas. droit. LIV. . Qu'en tend donc ici Epicure par le mot honnête ? ou rien du tout. et non par les éloges d'un peu ple : en dépit de l'ignorance et du silence des hommes. et moi . il n'attache pas non plus au sens de ce mot l'approbation populaire .

fortitudinis. quibus si philosophi non uterentur. dignitatem . XVI. ET MAL. inquit Plato . tum etiam pœnae timore. Quam te decebat iis verbis uti . Itaque. nisi honeste. propter earum rerum. Sunt enim levia et perinfirma . non teste moveamur. praestantissimis ingeniis homines se ad philosophiae studium contulerunt. Torquate. sua vi. sapientiae. latissime patet : ut in omnibus facti». est in nobis sensus acerrimus : quibus sapientiam non cernimus. quae significabantur bis verbis . aut semper sint in . ipsumque per se.. « Oculorum . sua sponte. clamare Epicurum. quum diceres. ut nos intuens . II. « quicum in tenebris?» Hoc dictum in una re. temperantiae. quasi testificarere. et sapienter.o6 DE FIN. philosophia omnino non egeremus! Istorum enim verborum amore. Quam illa ar dentes amores excitaret sui. ut altior fieres . laudari bonestatem et justitiam aliquando ab Epicuro. ut interdum insisteres . si videretur! » Cur tandem? an quod ita callida est. quae dicebantur a te. re. nisi quod sit rectum. non posse jucunde vivi. justitiae./. ut optime possit architectari voluptates? Cur justitia laudatur? aut unde est hoc contritum vetustate proverbium. gat. BON. quae perraro appellantur ab Epicuro. Tanta vis inerat in verbis. qua aut afficiantur. sua natu'ra laudabile. tu ipse mihi gloriari videbare. LIB. quum animi conscientia improbos excruciari . et juste viveretur.

avéz-vous dit . sont tourmentés .quels transports elle exciterait dans nos cœurs. L'élévation des idées renfermées dans ces mots paraissait se communiquer à votre lan gage. vous sembliez dire : Vous le voyez . Torquatus. soit pour l'avenir. ces termes sans lesquels il n'y aurait plus ni philosophie . mais encore par la loi pé nale. justice. ce mot à un sens très-étendu : il signifie que. et non le témoignage des hommes. tempérance. me regardant avec une noble assurance . sans justice. Aussi.DES BIENS ET DES MAUX. Les médians . quoi que nous fassions. vous preniez à mes yeux uu air triomphant. sans sagesse. force. nonseulement par leurs remords. qui les épouvante soit pour le présent. si peu familiers à Epicure. dit Platon '9. LIV. Oh!. ni philo sophes! Oui. « La vue . Qu'ils allaient bien dans votre bouche. ces mots. est le sens le plus subtil : toute fois l'œil ne saurait apercevoir la sagesse. sont l'attrait qui a poussé vers l'élude de la philosophie tant de génies éminens. il est des momens où Epicure loue aussi l'honnête et le juste. et. Quel faible raisonnement ! Il ne fallait pas sup . vous étiez pressant. sa gesse. XVI. si elle était visible ! » Pourquoi ? est-ce parce qu'elle est un ingénieux artisan de voluptés? Pourquoi loue-t-on aussi la justice? et d'où vient cet adage usé : Avec lui les ténebres 20 ? Appliqué d'abord à une seule chose. lorsque vous disiez qu'Épicure proclame l'impossibilité d'une vie agréable sans honnêteté. II. nous devons considérer les choses mêmes .

An tu me de L. ferret ad plebem. nec vero omnia timente. Tubulo putas dicere? qui. Erat enim res aperta. ipse se cruciet. ET MAL. facile ut excogitet. BON. sed primum qui animi conscientiam nou curet. sine ullo conscio fallat. sed callide improbo quaerimus. ut omnis hereditas ad filiam perveniret.4o8 DE FIN. Caepioni. quidquid fecerit. Id Sextilius factum negabat. Fadio Gallo. Quo plebiscito . metu . aut imbecillo animo fingi. cujus in testamento scriptum esset. se ab eo rogatum. Non oportet timidum . non bonum illum virum. versutum. esse versutum? Memini me adesse P. Scaevola.. ut se indicet. XVII. ut dolere alterius improbe facto videatur : quid est enim aliud. ut annoproximo P.qui. tantum abest. ita aperte cepit pecunias ob rem judicandam . sine teste. se esse heredem Q. tribunus plebis. decreta a senatu est consuli quaestio Cn. Non igitur de improbo. quam scilicet comprimere nihil est negotii. ne afficiantur aliquando. LIB. veteratorem . Pompeius in fœdere numantino infitiando fuit. quum is ad amicos rem ita deferret . omniaque formidet: sed omnia callide referentem ad utilitatem . perficiet etiam. Profectus in exsilium Tubulus statim. acutum . quo modo oc culte. qui occultus et tectus dicitur. II. Is enim. vellentne de ea re quaeri. qualis Q. Sextilio Rufo. necrespondere ausus. Poterat autem impune : quis enim redargueret? Nemo nostrum credebat : erat- . quum praetor quaestionem inter sicarios exercuisset.

et parlons de l'homme pour qui les remords ne sont rien . Ecartons l'homme à qui tout fait peur. car qui l'aurait pu convaincre ? aucun de nous ne le croyait. un homme timide. proposons plutôt un méchant habile . un fourbe au cœur corrompu. Le crime était trop avéré. qui rapporte tout à ses fins. dont le testament portait qu'il avait prié Sexti lius de faire passer toute la succession à sa fille Fadia. comme exemple. reçut leur argent avec une impudence si peu déguisée. XVII. de faire informer. LIV. sans témoin . que le tribun Scévola dénonça. 409 poser. l'année suivante. toujours prêt à se faire un supplice de ses terreurs. parce qu'il sait les étouffer. et c'est par là que les fourbes sont habiles. ju geant des assassins. II. Ne citons donc pas un homme qui n'est que méchant. consul. et sa dénégation était sûre de l'impu nité . fera éclater contre le crime une indignation hypocrite . Mais imaginez un homme adroit . Il s'en faut de beaucoup que la perversité cachée se laisse découvrir : au contraire . se bannit lui-même sur-lechamp. qui. et proposa de faire des poursuites? En vertu d'un plébiscite21.DES BIENS ET DES MAUX. Tubulos. n'osant se défendre. Pensezvous que je fasse allusion au préteur Tubulus. comme fut Q. Sextilius le niait . le méchant qui ourdit sa trame dans les ténèbres . Cépion. J'assistai un jour à une consultation que faisait Sextilius Rufus : il se prétendait héritier de Fadius Gallus . l'affaire au peuple. le sénat ayant ordonné à Cn. et il était plus vraisemblable que le mensonge . sans complice. qui excelle à trom per furtivement . Pompée 22 dans le traité de Numance. sans carac tère .

si Annibalem in Africam retraxisscl. si suum finem bonorum sequi volet. qui id se rogasse scripsisset. ut adipiscantur maguas voluptates. qui omnia voluptate metiuntur. ob eamque rem laetus. si magna res. quœ quidem vel cum periculo est quaerenda vobis : est enim effectrix multarum et magnarum voluptatum.. cujus interesset. LIB. sed etiam legibus partam. adeunda sunt quaevis pericula . Tenuit permagnam Sextilius hereditatem : unde. que verisimilius. nisi aliter amicis videretur. Itaquc quantum adiit periculum? . quam illum. quod debuisset rogare. Aderamus nos quidem adolescentes. se in legem Voconiam juratum contra eam facere non audere. Num igitur eum postea censes anxio animo aut sollicito fuisse? nihil minus. illa hereditate dives. idemque erit Epicuro vestro faciendum. pe ricula adeunda sunt.4io DE FIN. ET MAL. non modo non conlra leges. contraque. BON. quod Scipioni. magna hereditas agetur. si secutus esset eorum sententiam . ea statuunt per se expetenda. Addebat etiam . recta et honesta quae sunt. qui honesta et recta emolumentis omnibus et commodis anteponerent . Magni enim aestimabat pecuniam. ne nummum quidem unum attigisset. quum pecunia voluptates pariantur plurimae. sed etiam multi amplissimi viri : quorum nemo censuit plus Fadiae dandum. quam posset ad eam lege Voconia pervenire. hunc mentiri. qui. magna gloria proposita. II. decoris honestatisque causa : sic vestris . Ut igitur illis .

Vous-mêmes. J'étais fort jeune alors . l'héri tage est-il considérable . que du côte d'un homme qui attestait avoir prié Sextilius d'un service dont il avait dû le prier. Eh bien ! pensez-vous qu'il en ait du remords.DES BIENS ET DES MAUX. luttera. à moins qu'on ne l'en dégageât. lorsque. il repoussa Annibal en Afrique. doivent tout braver pour l'a mour de la volupté. les plus vifs? Regardant la justice et la vertu comme dési rables par elles-mêmes. pour se satisfaire. que fera-t-il ? ce que fit Scipion . plus d'or pourra payer plus de plaisirs . LIV. et . mais il y avait à cette assemblée de trèsgraves personnages. Pour accomplir ce projet . guidé par la gloire. nos philosophes enseignent qu'il n'est pas de danger auquel on ne doive s'exposer pour elles : par la même raison . les vôtres . pour qui la vo lupté est la règle de tout . le liait . Sextilius rappelait aussi son serment de fidélité à la loi Voconia 23 : ce serment. à vos périls. cette succession le rendit opulent . Ainsi votre sagesse . je veux dire de celui qui s'acquiert. disait-il . non-seulement sans violer la loi. il n'en aurait pas retenu un sesterce. et aucun n'opina pour que Fadia reçût plus que la part accordée par cette loi. II. s'il eût suivi le principe qui place toujours la vertu avant l'intérêt . L'affaire est-elle importante . 411 était du côlé de celui qui avait intérêt à mentir. à quels périls il ex posa sa tête! c'est que le but de tous ses efforts était l'honneur et non le plaisir. et sa joie fut au comble : car il faisait grand cas de l'argent . mais par la loi. alléchée par quelque grand profit . s'il . de l'inquiétude? rien moins. si votre Epicure est fidèle à ses principes sur le souverain bien . Sextilius devint ainsi le maître d'un immense héritage : mais . ne devez-vous pas chercher à vous enrichir ? L'or n'estil pas l'instrument des plaisirs les plus nombreux.

II. et si omnia haec ad utilitatem referantur. fidcs. equibus appareat. qui omnia ad vestrum commodum.. ET MAL. prœlium ineunt. an quodam animi ardore atque impetu concitati? Utrum tandem censes. Torquate. scisse enim te quis coarguere possit? Sed nimis multa : perspicuum est enim. nisi aequitas.4i4 DE FIN. si quis sine teste libidini pareat? an est aliquid per se ipsum flagitiosum. omniaque reipublicae. quam rationem pravam valere? Si scieris. quod ipsi vos. tuamne de se orationem libentiusauditurum fuisse. Imperiosum illum. sed officium sequi? plusque rectam naturam. nibil eum fecisse sua causa. nonne intelligis . virum bonum non posse reperiri. idem tu certe fecisses). cujus mors tibi emolumentum factura sit. justitia proficiscantur a natura. Deque his rebus satis multa in nostris de Republica libris sunt dicta a Laelio. si nostra verba audiret. tamen ea faciatis. non voluptatem vos. et velle aliquem imprudentem super eam assidere. ut ipsi dicitis. nisi monueris. eo majorem vim esse naturae. LIB. tu . an meam. Satisne ergo pudori consulat. sanguinem pro patria profundunt . quae est moderatio cupidatum. etiam si nulla comitetur infamia? quid fortes viri? voluptatumque calculis subductis. rationi obediens. ne assideat: sed impunetamen. aspidem occulte latere uspiam . Transfer idem ad modestiam . improbe feceris. ad voluptatem referatis . BON. XIX. et. inquit Carneades. quum ego dicerem. vel temperantiam .

et ne vit que la patrie.DES BIENS ET DES MAUX. ou vous. qui rapportez tout à votre avantage . puisque vous. dit Carnéade. à la tempérance qui modère les passions et les soumet à la raison. II. ou moi . XIX. qu'un serpent se tînt caché quelque part. si leur but com mun est l'intérêt . et qu'un homme qui n'en sait rien . LIV. qui souteniez le con . Si l'équité. vous vous rendriez coupable en ne l'en prévenant pas : l'impunité cependant était assurée à votre silence. mais le devoir. et où la droite nature l'emporterait sur une raison dépravée? Si vous saviez. pour emprunter vqs paroles. non la volupté. dans mon traité de la République . Appliquez-les à la modestie. Lélius . même sans que l'infamie s'y attache ? Ont-ils fait d'avance ce calcul des voluptés . et dont la mort vous serait avantageuse. qui de nous deux le charmerait davantage . lorsqu'ils marchent au combat. il fit toujours abstraction de lui-même. la justice n'ont pas leur principe dans la loi naturelle . discute assez longuement ces questions.. vous feriez des choses pour lesquelles votre guide serait. les héros . qui disais que. à la volupté. la loyauté. Est-ce res pecter la pudeur que de se livrer en secret à un plaisir honteux ? et certaines choses ne sont-elles pas honteuses de leur nature . entraîué par l'enthousiasme? Ah! si ce Torquatus . il est clair que l'homme de bien est une chimère. aux or dres inflexibles. pouvait nous entendre. voulût s'asseoir dessus. ou. 4i5 la loi naturelle.car qui pourrait vous convaincre d'avoir connu le danger ? Mais en voilà trop là-dessus. dans sa conduite . et prodiguent leur sang à la patrie ? Leur cœur n'est il pas plutôt embrasé .

datis testibus. nisi sua? Si vero id etiam explanare velles. in tanto praesertim viro : num etiam ejus collega P. quo modo eum tandem laturum fuisse existimes? Esto : fecerit. neque porro ex eo natus. Torquatus propter suas utilitates. Decius. Sed dies me deficiet : et. malo enim dicere. » sic a me satis datum est testium. tres aliqui . nisi voluptatis causa. si nostros colligere cœpero. Quid enim? te ipsum. Ego.. «Aut hoc testium satis est . contra nihil. dicere consessori solebat. apertiusque diceres. Varius. Graecis hoc modicum est : Leonidas . si ita vis. alii tamen citarentur. dignissimum majoribus tuis . Contineo me ab exemplis. ET MAL. ut se virtuti tradat constringendam voluptas. et cquo admisso in mediam aciem Latinorum irruebat. Epaminondas .4i6 DE FIN. consul cecidisset in prœlio. perficiam illud qui dem . qui est habitus judex durior. seque e continenti genere tertiam victimam reipublicae praebuisset. voluptasne induxit . autnescio. quam Epicurus voluptatem petendam putat ? Quod quidem ejus factum nisi esset jure laudatum. princeps in ea familia consulatus. BON. quam voluptates. quum sciret confestim esse moriendum. quum. aut quatuor. cum Pyrrho bellum gerens. ut adolescentulus eriperes . II. LIB. quum se devovebat. aut quando . eamque mortem ardentiore studio peteret. non esset imitatus quarto consulatu suo filius. quid satis sit . ut A. nihil eum fecisse. aliquid de voluptatibus suis cogitabat? Nam ubi eam caperet .

avec plus d'ardeur qu'Epicure n'en demande dans la poursuite du plaisir? Si cette action n'eût pas été digne de tous les éloges. Mais Decius. appliqué à un si grand homme.» De même . si je me mettais à recueil lir les nôtres.-Sylla? Vous le fîtes donner à votre xxyii. dans vos jeunes années. dit-il au juge qui siégeait près de lui.DES BIENS ET DES MAUX. pour lui demander des chaînes. 27 . J'abrège ces exemples. LIV. qui. j'amènerais la volupté devant la vertu. qui fit la guerre à Pyrrhus. ou le mot assez n'a pas de sens pour moi. Mais vous . Les Grecs m'en fournissent peu. bride abattue. elle n'aurait trouvé d'imitateurs ni dans son fils. ce mot me semble préférable à celui de volupté. fli7 traire? Employant un langage plus clair. est-ce la volupté qui vous porta. au milieu des troupes latines? La volupté! en quel lieu. lui qui volait à une mort certaine. le premier. lorsqu'il se dé voua et s'élança. son collègue. à arra cher le consulat à P. J'ai fait comme A. porta le consulat dans sa fa mille. fixait-il sa pensée sur la volupté. D'ailleurs . son petit-fils. Varius : des témoins avaient été produits dans une affaire devant ce juge ri gide. Léonidas. j'ai cité assez de témoignages illustres. la journée n'y suffirait pas. II. ô Torquatus ! digne rejeton de vos aïeux . vous auriez af firmé que la volupté fut sa règle unique : comment eûtil supporté un tel langage ? que vous en semble ? Eh bien ! j'accorde que Torquatus ait consulté son intérêt : car. ni dans cet autre consul. troisième victime de sa race sacrifiée à la république. et mourut dans le combat. Mais . on en voulait présenter encore d'autres : « Ou voilà assez de témoins . Épaminondas et trois ou quatre autres. en quel moment au rait-il pu en jouir. consul pour la quatrième fois.

quam ipsis nobis consuluerimus.4i8 DE FIN. Sullae consulatum ? quem quum ad patrem tuum rctulisses . et copiosus. nec futuro dolore . et quaerebas. vel civis quum semper. ut in acie sit ob rempublicam interfectus. Is ita vivebat. summum malum esse dolorem. LIB. ut illa plurima in sua patria sacrificia et fana contemneret. tum post consulatum fuit? Quo quidem auctore nos ipsi ea gessimus. Cupiditates non Epicuri divisione finiebat. Thorius Balbus fuit. quum ex altera parte ponebas cumulatum aliquem plurimis et maximis voluptatibus . nec sperata voluptate. quis aut hoc miserior . nullo . summum bonum voluptatem? XX. et idem facillimus ad concoquendum . ut nulla tam exquisita posset inveniri voluptas . qui et suavissimus esset. qualis ille vel consul . Erat et cupidus voluptatum. ut ad cœnam et esuriens et sitiens veniret. ET MAL. cruciatibus maximis. qua non abundaret. et ne noceret.. EL P. nec praesenti . fortissimum virum . toto corpore. nulla nec adjuncta. vino. ita non superstitiosus . Habebat tamen rationem valitudinis : utebatur iis exercitationibus. quem meminisse tu non potes. Cetera illa adhibebat. quibus dem . BON. L. ut omnibus potius. ex altera autem. Lanuvinus. eo cibo. ita non timidus ad mortem. et ad volupta tem . aul superiore illo beatior foret? deinde concludebas. At quam pulchre dicere videbare. sed sua satietate. et cujusvis generis ejus intelligens.

Dans sa vie sensuelle. soigneux de sa santé . la volupté le plus doux des biens ! XX. d'un goût ex quis. mettant d'un côté un homme au sein des voluptés. 419 père . sans soulagement . II. qu'il prenait en pitié tous les sacrifices et tous les temples de sa patrie. fort de son exemple . et il craignait si peu la mort qu'il s'est fait tuer dans une bataille. et surtout après son consulat! Moi-même . j'ai veillé sur la chose publique plus que sur mes intérêts privés. et de l'autre. un homme livré to'ut entier aux souffrances les plus cruelles. sans espérance . puis demandant où serait le mortel plus heureux que le premier. était bu sans excès nuisible. la faim et la soif qui devaient assaisonner ses repas . et d'une digestion facile. plus mi sérable que le second . romain d'un graud caractère : quel consul ! quel citoyen. il exci tait. La superstition lui était tellement étrangère. Votre mémoire ne peut se rappeler Thorius Balbus . il n'est pas de volupté possible. 1l admettait d'ailleurs toutes ces jouissances hors desquelles Epicure ne voit 27. ce n'était pas la distinction établie parEpicure. et concluant enfin que la douleur était le plus cruel des maux . il mettait dans leur choix un goût délicat. tous ses mets étaient dé licats. par un exercice modéré. . en combattant pour notre république. Riche amateur des plaisirs. de Lanuvium.DES BIENS ET DES MAUX. Mais qu'il faisait beau vous entendre. son vin. c'é tait la satiété. Toutefois . La limite qu'il imposait à ses dé sirs. en tout temps. sans douleurs ni pour le présent ni dans l'avenir. de raffinemens imaginables dont il ne jouît. L1V.

vita denique conferta voluptatum omnium varietate. quam potantem in. ob ejusque mulieris menioriam primo anno et vir. illi perpetienti erat voluplarius. quum vigiliis et fame cruciaretur. Aberat omnis dolor : qui si adesset. joco. Bella magna gesserat . clamat virtus beatiorem fuisse. sexagesimo anno post Iiberta . II. At ego. triumpharat: nec tamen sua illa superiora. quam philosophis uteretur. unusque de multis. consul est factus. nec lascivia. populi romani duce et auctore Bruto . et pater ejus . nulla vi coactus.îo DE FIN. huic quem anteponam. nec dubitabit isti vestro beato M. Quem quidem. causa civitati libertatis fuit. neque tam praeclara ducebat. sed saepe etiam tristes firmitate et constantia sunt beati. Non enim hilaritate. bis consul fuerat. Color egregius . se ipsa interemit. ratio quidem vestra sie cogit. LIB. tum ipsum. et tamen medicis plus .. Hic dolor. summa gratia . comite levitatis.rosa Thorium. testata cives. quum sua voluntate. nec risu. ET MAL. quam dederat hosti . BON. Hune vos beatum. integra valitudo. aut. quid sit bonum. Stuprata per vim Lucretia a regis fdio.r. praeter fidem . Virginius. quem propter fidem constantiamque susceperat : qui nobis miserabilis videtur audieutibus. quam illum ultimum casum. Regulum anteponere. nec molliter ferret. lis negat se Epicurus intelligere. ex patria Carthaginem revertisset. Tenuis L. non audeo dicere : dicet pro me ipsa virtus. tam magna.

DES BIENS ET DES MAUX, L1V. II.

421

pas de bonheur possible. Exempt d'infirmités, il pouvait
supporter la douleur sans faiblesse , quoique plus dis
posé à consulter les médecins que les philosophes. Teint
frais, santé robuste, tous les moyens de plaire, vie enfin
que tous les plaisirs semblaient se disputer, rien ne lui
manquait. Par une conséquence nécessaire de votre sys
tème, vous voyez là un homme heureux. ^Mais moi , savez-vous qui je lui préfère? je n'ose vous le dire. La
vertu prendra la parole à ma place : à votre fortuné
mortel elle préférera, sans hésiter, Regulus24. D'après
sa seule parole, engagée à un ennemi, revenu de Rome
à Carthage , il fut livré au supplice des veilles et de la
faim : eh bien! la vertu le proclame plus heureux que
Thorius buvant la tête couronnée de roses25.

Regulus avait dirigé des guerres importantes, géré
deux fois le consulat , obtenu les honneurs du triomphe :
à toute cette gloire il trouvait moins d'éclat que dans la
situation extrême qu'il avait généreusement embrassée
par un sentiment d'honneur; et cet état, si misérable à
nos yeux , avait ses délices pour le grand homme souf
frant. C'est que le bonheur n'est pas seulement dans la
joie, dans les plaisirs, dans les ris, dans les jeux, folâ
tres compagnons de la frivolité : la fermeté , la constance
sont le bonheur des âmes sérieuses. Lucrèce, que le fils
d'un roi venait d'outrager, en appela aux Romains , et se
donna la mort. Grâce à l'indignation du peuple , soulevé
à la voix de Brutus, Rome brisa ses fers; et, pour ho
norer la mémoire de cette romaine , dès la première an
née, et son époux et son père furent élevés au consulat.
Soixante ans après cette conquête de la liberté, un homme

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DE FIN. BON- ET MAL., LIB. 11.

tem receptam, virginem filiam sua manu occidit, potius, quameaAppii Claudii libidini , qui tum eratsummo
iu imperio, dederetur.
XXI. Aut haec tibi, Torquate, sunt vituperanda,
aut patrocinium voluptatis repudiandum. Quod autem
patrocinium , aut quae ista causa est voluptatis, quac.nec
testes ullos e clarisviris, nec laudatores poterit adhibere? Ut enim nos ex annalium monumentis testes excitamus eos , quorum omnis vita consumta est in laboribus gloriosis, qui voluptatis nomen audire non possint:
sic in vestris disputationibus historia muta est. Nunquam audivi in Epicuri scbola Lycurgum , Solonem ,
Miltiâdem, Themistoclem, Epaminondam nominari; qui
in ore sunt ceterorum omnium philosophorum. Nunc
vero , quoniam haec nos etiam tractare cœphnus , suppeditabit nobis Atticus noster de thesauris suis, quos, et
quantos viros [habere testium sat est] ! Nonne melius
est de his aliquid , quam tantis voluminibus de Themista loqui ? Sint ista Graecorum : quanquam ab his philosophiam et omnes ingenuas disciplinas habemus; sed
tamenest aliquid, quod nobis non liceat, liceat illis. Pugnant stoici cum peripateticis. Alteri negant quidquam
esse bonum, nisi quôd honestum sit. Alteri, plurimum
se , et longe longeque plurimum tribuere honestati , sed
tamen et in corpore , et extra , esse quaedam bona. Et
ccrtamen honestum , et disputatio splendida : omnis est

DES BIENS ET DES MAUX, LIV. II.

4*3

du peuple, Virginius, tua lui-même sa propre fille, plu
tôt qne de l'abandonner à la brutalité d'Appius Claudius, alors tout-puissant.
XXI. De deux choses l'une , Torquatus : ou condam
nez ces actions , ou cessez d'être l'avocat de la volupté.
La misérable cause que celle qui ne s'appuie ni sur le
témoignage ni sur les éloges d'aucun grand homme ! Pour
témoins , pour partisans de la nôtre, nous produisons des
personnages célèbres, dont toute la vie a été consacrée
à de glorieux, travaux , et qui ne voulaient pas connaître
la volupté, même de nom : mais, pour appuyer vos dis
putes, l'histoire est muette. Jamais , dans l'école d'Epicure , je n'entendis citer Lycurgue , Solon , Miltiade ,
Thémistocle, Épaminondas, noms qui sont dans la bou
che de tous les autres philosophes. Et aujourd'hui que
nous traitons aussi ces matières , Atticus pourra tirer de
son trésor d'érudition des exemples aussi imposans. Ne
vaut-il pas mieux en toucher quelque chose que de rem
plir d'énormes volumes du nom de la seule Themista 26 ?
C'est là une allure des Grecs : nous tenons d'eux la phi
losophie et toutes les nobles études; mais, après tout, il
est des libertés qu'ils s'arrogent et nous interdisent. Un
combat est livré entre le Portique et l'école d'Aristote.
L'unique bien est dans l'honnête, dit le stoïcien; le péripatéticien affirme qu'il faut élever aux cieux ce qui est
honnête, mais qu'il ne laisse pas d'y avoir encore d'au
tres biens, soit en nous, soit hors de nous : honorable
combat, dispute glorieuse, qui n'a pour objet que la
vertu. Au lieu de cela , dispute-t-on contre les épicuriens;
il faut entendre raisonner longuement sur les plaisirs
obscènes , sujet fréquent des leçons du maître. Croyez

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DE FIN. BON. ET MAL., LIB. II.

enim de virtutis dignitate contentio. At cum tuis quum
disseras , ïnulta sunt audienda etiam de obscœnis voluptatibus , de quibus ab Epicuro saepissime dicitur. Non
potes ergo ista tueri , Torquate , mibi crede , si te ipse ,
et tuas cogitationes , et studia perspexeris. Pudebit te ,
inquam', illius tabulas, quam Cleanthes, sane commode,
verbis depingerc solebat. Jubebat eos, qui audiebant,
secum ipsos cogitare pictam iu tabula Voluptatem , pulcherrimo vestitu , et ornatu regali , in solio sedentem;
praesto esse Virtutes, ut ancillulas, quae nihil arliud agerent , nullum suum offîcium ducerent , nisi ut Voluptati
ministrarent , et eam tautum ad aurem admonerent (si
modo id pictura intelligi posset), ut caveret, ne quid
perficeret imprudens , quod offenderet animos hominum ,
aut quidquam , e quo oriretur aliquis dolor. Nos quidem
Virtutes sic natae sumus , ut tibi serviremus ; aliud negotii nihil habemus.
XXII. At negat Epicurus (hoc enim vestrum lumen
est) , quemquam , qui honeste non vivat , jucunde posse
vivere. Quasi ego id curem , quid ille aiat , aut neget.
Illud quaero , quid ei , qui in voluptate summum bonum
ponat, conscntaneum sit dicere. Quid affers, cur Thorius , C. Hirrius Postumius , cur omnium horum magister, Orata, non jucundissime vixerit? Ipse negat, ut
aute dixi , luxuriosorum vitam reprehendendam , nisi
plane fatui sint, id est, nisi aut copiant , aut mctunnt.

DES BIENS ET DES MAUX, LIV. II.

/,a5

moi, Torquatus, un tel système ne vous semblera plus
soutenable dès que votre réflexion se sera tournée sur
vous-même, sur vos pensées, sur vos goûts. Vous rougi
rez , dis-je , devant cette image tracée avec tant de jus
tesse par Cléanthe 2'. Figurez-vous , disait-il à ses audi
teurs, la Volupté personnifiée par la peinture : magnifi
quement vêtue, parée comme uue reine, elle est assise
sur un trône; près d'elle sont les Vertus, ses suivantes,
dont l'unique fonction est de la servir, et de s'approcher
de son oreille (si l'art du peintre pouvait exprimer ce
mouvement) , pour l'avertir de s'abstenir de tout ce qui
peut blesser les esprits des hommes ou causer quelque
douleur. Nous autres Vertus, lui disent-elles, nous nais
sons vos esclaves; vous servir, voilà notre seul devoir.

XXII. Vous répondez d'un air triomphant qu'Épicure
n'admet pas de bonheur pour une vie déshonnête : mais
ne veux-je donc savoir que ce qu'il affirme ou ce qu'il
nie ? ce que je cherche, c'est ce que doit dire, pour être
conséquent , un homme qui met le souverain bien dans
la volupté. Comment me prouverez-vous que Thorius,
HirriusPostumius, Orata , leur maître à tous, n'aient pas
vécu très-agréablement? Epicure lui-même ne voit rien
de rcprchensible dans une vie voluptueuse, pourvu qu'on
n'ait pas la faiblesse de s'abandonner au désir ou à la
crainte. Il promet un remède à l'un et à l'autre : c'est

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DE FIN. BON. ET MAL., LIB. II.

Quarum ambarum rerum quum medicinam pollicelur,
luxuriae licentiam pollicetur. His enim rebus detractis ,
negat se reperire in asotorum vita , quod reprchendat.
Non igitur potestis voluptate omnia diligentes , aut
tueri , aut retinere virtutem. Nam nec vir bonus ac justus haberi debet , qui , ne malum babeat , abstinet se ab
injuria. Nosti, credo, illud :
Nemo pius est, qui pietatem
Cave quidquam putes esse verius..Nec enim, dum metuit , justus est : et certe , si metuere destiterit , non
erit. Non metuet autem , sive celare poterit , sive opibus magnis , quidquid fecerit , obtinere ; certeque malet
existimari bonus vir, ut non sit, quam esse , ut non putetur. Ita , quod certissimum est , pro vera certaque ju
stitia, simulationem nobis justitiae traditis; praecipitisque
quodam modo, ut nostram stabilem conscientiam contemnamus , aliorum errantem opinionem aucupemur.
Quae dici eadem de ceteris virtutibus possunt : qua
rum omnium fundamenta vos in voluptate , tanquam in
aqua , ponitis. Quid enim ? fortemne possumus dicere
cumdem illum Torqualum? Delector enim, quanquam
te non possum , ut ais, corrumpere; delector, inquam,
et familia vestra , et nomine. Et hercule mihi vir optimus, nostrique amantissimus , A. Torquatus versatur
ante oculos : cujus quantum studium et quam insigne
fuerit erga me temporibus illis, quae nota sunt omni

DES BIENS ET DES MAUX, LIV. II.

4a7

promettre toute licence à la volupté. Otez ces deux pas
sions du cœur de l'homme de plaisir, je n'y trouve, dit-il,
plus rien à blâmer. En soumettant tout à la règle de la
volupté , il est donc inévitable que vous abandonniez la
vertu : car s'abstenir de l'injustice par intérêt personnel ,
ce n'est pas mériter le nom d'homme juste. Vous connais
sez le vers :
N'est point pieux qui ne l'est que par crainte.
Gardez-vous de croire qu'il soit une vérité plus évidente
que celle-là. N'être juste que par crainte, ce n'est pas jus
tice. Que la peur disparaissse, l'iniquité reviendra. Or, on
cessera de craindre, si l'on peut être injuste en secret, ou
assez puissant pour soutenir son injustice. Certainement
on aimera mieux paraître homme de bien sans l'être,
que de l'être et de ne le paraître pas. Il est donc incontes
table qu'à une justice vraie et solide, vous substituez son
masque , et que vous semblez formuler ce précepte : Mé
priser l'infaillible témoignage de la conscience , obéir aux
erreurs de l'opinion.
La même observation peut s'appliquer aux autres ver
tus; vous les élevez toutes sur la volupté : c'est les fonder
en l'air. Comment, d'après cette doctrine , pourrions-nous
reconnaître dans l'illustre Torquatus un vrai courage?
C'est un plaisir pour moi (bien que, par là, dites-vous,
je ne puisse vous séduire) , oui , c'est un plaisir de citer
votre famille et votre nom. J'ai toujours devant les yeux
A. Torquatus, cet homme vertueux qui m'honora de son
amitié. Vous savez sans doute , comme tout le monde ,
quels éclatans témoignages je reçus de son attachement.
Ils devraient pourtant m'être moins chers , si je croyais

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DE FIN. BON. ET MAL., LIB. II.

bus, scire necesse est utrumque vestrum. Quae mihi
ipsi , qui volo et esse, et haberi gratus, grata non essent, nisi eum perspicerem mea causa mihi amicum
fuisse , non sua : nisi hoc dicis , sua , quod interest om
nium recte facere. Si id dicis , vicimus. Id enim volumus , id contendimus , ut officii fructus sit ipsum officium. Hoc ille tuus non vult , omnibusque ex rebus voluptatem , quasi mercedem , exigit. Sed ad illum redeo.
Si voluptatis causa cum Gallo apud Anienem depugna.vit provocatus , et ex ejus spoliis sibi et torquem , et cagnomen induit , ullam aliam ob causam , nisi quod ei
talia facta digna viro videbantur; fortem non puto. Jam
si pudor, si modestia, si pudicitia, si, uno verbo, temperantia , pœnae aut infamiae metu coarcebuntur, non
sanctitate sua se tuebuntur : quo adulterium , quo stuprum, quo libido non se proripiet ac projiciet, aut occultatione proposita , aut impunitate , aut licentia ?
Quid? illud, Torquate , quale tandem videtur? te
isto nomine , ingenio , gloria , quae facis , quae cogitas ,
quae contendis , quo referas, cujus rei causa perficere,
quae conaris , velis , quod optimum denique in vita ju.dices, non audere in conventu dicere? Quid enim mereri velis jam, quum magistratum inieris , et in concionem adscenderis (est enim tibi ediceuflûm , quae sis
observaturus in jure dicendo : et fortasse etiam, si tibi
erit visum , aliquid de majoribus tuis , et de te ipso di

DES BIENS ET DES MAUX, LIV. II.

429

cet attachement inspiré par son intérêt , et non par le
mien, à moins que vous ne conveniez que l'intérêt de
chaque homme consiste à bien faire. Si vous le dites ,
j'ai gagné; car, dans cette discussion, mon seul but est
de prouver que le bien qu'on fait est à lui-même sa ré
compense. Mais ce n'est pas là ce que veut votre sage ;
il veut tirer de la volupté de tout, comme un salaire
exigé. Je reviens à l'ancien Torquatus. Est-ce dans la vue
de la volupté qu'il combattit contre le Gaulois, auprès
du Téveron ? en lui arrachant ce collier auquel il dut sou
surnom , se proposait-il autre chose que de se conduire
en homme de cœur ? dès-lors il cesse de l'être à mes yeux.
Ah ! si l'honneur, la modestie , la chasteté , en un mot ,
la tempérance, ne se maintiennent que par la crainte de
la punition ou de l'infamie ; si leur propre sainteté n'est
pas la garantie de leur durée, est-il un adultère, une
débauche si honteuse à laquelle on ne s'abandonnera
pas, dès qu'on aura pour soi le secret, l'impunité, la
pleine licence ?

Mais voici quelque chose de plus grave, Torquatus,
et vous en jugerez. Avec votre nom, vos talens, votre
gloire, vous n'oseriez pas avouer à la face des hommes ,
les principes de vos actions et de vos pensées, votre
plan , votre but , enfin ce que vous jugez le plus honora
ble dans la vie. Revêtu d'une magistrature, vous mon
terez à la tribune : là, il vous faudra exposer d'avance les
règles de votre juridiction; peut-être même , fidèle à un
antique usage , direz-vous quelque chose de vos ancêtres
et de vous : eh bien! proclamerez-vous alors que, dans
toute votre magistrature , vous ne ferez rien que pour l'a

Si ne hoc quidem satis ample . quae nec sunt ulla. in motu ut sit . Rem videlicet difficilem et obscuram. non intelligere nos. inquis.43o DE FIN. utilitatis tuae causa facturum . si coronam times . Verbum ipsum voluptatis non habet dignitatem : nec nos fortasse intelligimus.apud quos turpiter loquare? XXIII. dignos existimas. Cur. et Triarium . intelligimus : voluptas . Nunquam facies. ET MAL. ut apud imperitos isto modo loquar? An tu eadem ista die in judicio . Sit sane ista voluptas. aut. eam tum adesse. more majorum) . Invidua quum dicitis.. ces . cui addi nihil possit . esto. et faciat aliquam varietatem : tum aliam quamdam summam voluptatem . BON. dic in senatu. nihil nisi . quid sit voluptas . nec possunt essse . die te omnia et in isto magistratu . ut fateare . Dic in quovis conventu. quid eam tu velis esse ? Tum enim eam ipsam vis . me non modo . II. eamque stabilem appellas. quae passeribus nota est omnibus. tam amentem putas . nisi quod turpis est oratio ? Mene ergo . et nomen imponis . satis honeste dici putas . et in omni vita . sed etiam. quum dolor omuis absit. Hoc enim identidem dicitis . Verum . scire (est enim jucundus motus in sensu). voluptatem quam dicatis. ne doleas. LIB. quam modo ego dixi . et intermundia. quid merearis igitur. si efficio . te omnia facere . ut te dicas in eo magistratu omnia voluptatis causa facturum esse? teque nihil fecisse in vita nisi voluptatis causa? An me. a nobis intelligi non potest? Quid.

si vous craignez encore cet auditoire . c'est le mot de volupté qui manque de noblesse. 43i mour de la volupté . Vous n'en ferez rien . mais encore de ce que votre école entend par la volupté. et si obscure ! Lorsque vous parlez d'atomes et d'intermondes . je ne la compren drai pas ? Il y a plus : je veux vous faire avouer que j'ai la perception non-seulement de la volupté en général. si ce n'est à cause de la honte inséparable d'un tel langage? Triarius et moi. J'entends par là et celle que vous appelez volupté en mouvement. dans toute votre magistrature. dites-le dans le sénat. Parfois . dans toute votre vie. Admettons qu'il s'agisse de cette dernière. peut-être aussi ne le comprenons-nous pas. rien qui ne tourne à votre . parlez ainsi dans le tribunal. dites que. vous ne ferez rien que pour votre propre utilité . dont les modifications sont diverses .DES BIENS ET DES MAUX. je vous comprends. que vous placez dans l'absence de la dou leur. au. Mais soit . que la volupté seule a toujours été votre guide? Vous allez me dire : Me croyez-vous assez insensé pour tenir ce langage à l'ignorant vulgaire ? J'en tends : du moins. et que vous nommez volupté stable. comme si cette idée était si difficile à saisir. nous sommes donc seuls dignes de cette basse confi dence ? XXIII. II. et pourquoi . Où est l'assemblée au sein de laquelle vous oseriez dire que toutes vos actions n'ont d'autre but que d'écarter la douleur? Si ce langage vous paraît trop peu honorable. choses de néant . vous nous reprochez de ne pas discer ner nettement ce que vous appelez volupté. et la volupté. qui est une impression agréable des sens . qui ne peuvent exister. en effet . LIV. que les moineaux mêmes connaissent . et celle qui s'élève au plus haut degré .

quam in motu esse dicitis . rectumne sit. omnes . non habet ullum voluptas locum . et in medium proferre non audeas? At vero illa. Vide. sic sententiam habeas aliam domesticam . qua tecum ipse. quae laudabiles. nosbaronesstupemus. mori pro patria : » haec quum loqueris. H. XXIV. recta . fidem . qui tibi paratissimus est. ut vestitum. futuram putes? Eamne rationem sequare. et ea dicas . non modo illa. voluptatem v'ocant. nihil denique nisi tua causa : quem clamorem concionis . ET MAL.43a DE FIN. si incessum fingeres. in senatu . « officium . Nam inter ista tam ma gnifia verba . quaeso. honesta . dignitatem . aut quam spem consulatus ejus. digna imperio . omnia pericula pro republica. quam. BON. quo gravior viderere. tu videlicet tecum ipse rides. ut in fronte ostentatio sit. sententiis tuis. ne non debeas verbis nostris uti. nemo appellat volup tatem. quae . aequitatem . quae bonestae. quae non sentias. Mihi quidem eae verae videntur opiniones. quae stoici dicunt . digna populo romano . praeter vos. intus veritas occultetur? Vide. aliam forensem. qui latine loquuntur. sed ne haec quidem stabilis.. quam omnes urbani . LIB. quae peripatetici . quae apud populum. Quod si vultum tibi. quod expediat. inquam . quae gloriosae. aut etiam. In judiciis . quae in senatu. rustici . tamque praeclara . et cum tuis utare. non esses tui similis : verba tu fingas. profiteri autem . semper tibi in ore sunt.

vous ne semblez ad mettre ni cette volupté que vous appelez en mouvement. nous sommes ébahis . vous promettez une conduite digne de l'empire. et vous en riez en vous-même : car. daus le sénat. ne s'é tait avisé de nommer volupté.DES BIENS ET DES MAUX. XXIV. les mots de devoir. devant xxvn. étalant ceux-là au Forum! sur votre front on lira le mensonge. Vous mentiriez à vousmême si vous composiez votre visage. avant vous. tout ce qui parle notre langue. de noblesse d'âme. vous ne laissez pas une place pour celui de volupté . si pompeux . vous ne devez pas parler comme nous . loua bles. équité. vous dévoilerez à vos amis des principes que vous rougiriez de professer en public! En compensation. pour la république braver tous les perils. Shonneur. pour paraître plus grave . Songez-y. vous avez toujours à la bouche. qu'on peut avouer daus le sénat. N'entendez-vous pas d'ici les clameurs de l'assemblée? Né voyez-vous pas s'évanouir toutes vos espérances pour le consulat qui vous attend? Quoi! vous suivrez dans le secret de votre cœur. toute la campagne. de droiture. votre démarche. comme les péripatéticiens et les stoïciens . et que toute la ville. digne du peuple romain . portant ceux-ci chez vous. 4^3 avantage. et penser à votre manière. rien enfin que pour l'amour de vous-même. et que personne . appelle volupté aussi bien que vous. II. et vous composerez votre lan gage au point de dire ce que vous ne pensez pas! vous changerez de sentimens comme d'habits . et vous renfermerez au dedans de vous la vérité! Soyez-en juge: cela est-il bien ?A mon sens. ni celle qui est stable. stupides admirateurs . parmi tous ces mots si nobles. LIV. 28 . glorieuses . il n'y a d'opinions vraies que celles qui sont honorables. mourir pour la patrie : voilà votre langage aux tribunaux.

tollet eadem./r34 DE FIN. Esse enim . etiamsi ad se ex iis nihil redeat? Et quidem prodest . adeundum vitae periculum : ne tum quidem te respicies . BON. et sua sponte nascitur. ET MAL. ut moriatur. si utilitas amicitiam constituet. sed jacturae rei familiaris erunt faciundae. Ne in odium veniam. utilitatis causa expetenda. vides. LIB. nisi velle bonis aliquem affici quam maximis. Primum cur ista res digna odio est. Quod si non modo utilitatem tibi nullam afferet. nisi te amor ipse ceperit ? quod non subducta utilitatis ratione effici solet. Sed quid ages tandem. Manebit ergo amicitia tam diu. ne sine fructu alligatus sis . ne quo incommodo afïîciare. labores suscipiendi. e quo nomen ductum amicitiae est. nisi eris. optabis. aut quis amicus esse cuiquam . et suis voluptatibus? Vadem te ad mortem . inquis . mihi eo esse animo. si utilitas ab amicitia (ut fit saepe) dcfecerit? Relinquesne? quae ista amicitia est? Retinebis? qui conve nu ? Quid enim de amicitia statueris . nisi quod est turpis? Quod si. non relinques amicum : tamen. quem non ipsum amet propter ipsum ? Quid autem est amare.quam diu sequetur utilitas : et. in omni cœtu concilioque proferendae sint : ne id non pudeat sentire . sed ipsum a se oritur. Qui autem esse poteris. Imo videri fortasse.. si amicum destitero tueri. non potes. At enim sequor utilitatem. vero locus ubi esse potest . II. Amicitia. et cogitabis sibi quemque natum esse. quod pudeat dicere.

vous désirerez sa mort.DES BIENS ET DES MAUX. dites-vous . c'est à l'utilité que je m'attache. L'é prouver est impossible . Mais l'amitié. Non. comme fit ce pythagoricien auprès 28.là. elle n'a sa source qu'en elle-même. de sentir cette amitié. LIV. si ce n'est pas l'amitié même qui est entrée dans votre cœur? Loin d'elle tout principe intéressé. Je vais plus loin : votre fortune doit souffrir de votre affection pour lui. lors même que rien ne nous en reviendrait? Ce sera encore chose utile pour moi. Mais . vous avez soutenu que l'amitié n'est désirable que pour notre intérêt propre. ils vont se rompre. direz. exposer votre vie : vos regards ne se porteront-ils pas alors sur vousmême ? Ne songerez-vous pas que chacun est né pour soi et pour son plaisir? Vous donnerez-vous en otage à un tyran pour votre ami . si l'amitié vous devient inutile? La rejetterez-vous ? quelle amitié! Continuerezvousà aimer? quelle inconséquence! Vous le savez.vous. mais votre avantage consisterait à la faire paraître. vous conservez votre ami. L'utilité a formé ses nœuds : qu'elle disparaisse. il faut vous donner de grandes peines. à moins que vous n'aimiez réelle ment. 435 le peuple. dans la crainte de quelque désavantage. Eh bien! votre amitié subsistera tant que l'intérêt marchera à sa suite. d'où nous est venu le mot d'amitié . Mais je m'exposerais à la haine en aban donnant mon ami. en toutes sortes d'assemblées : par là un homme n'est pas exposé à penser sans honte ce qu'il a honte de dire. où trouvera-t-elle une place? Peut-on être ami d'un autre sans l'aimer pour lui-même? Aimer. pour vous déga ger de liens inutiles. II. Que ferez-vous. si ce n'est parce que la chose est d'elle-même honteuse? Si. comment pourrez-vous aimer. est-ce autre chose que de vouloir combler quelqu'un de biens . Pourquoi. . Or.

si haec vera sunt (nihil enim affirmo). si id non probares. ut facit. Torquate. et bumanum fuisse. LIB. funditus evertunt amicitiam : quamvis eam Epicurus. Quasi quis illum neget et bonum virum . Ratio isla. De ingenio ejus in his disputationibus. in cœlum efferat laudibus. et in omni vita constantes. In omni enim arte. Sit ista in Graecoriun levitate perversitas. quid naturae tuae consentaneum sit. non precarere? XXV. Sed quamvis comis in amicitiis tuendis fuerit. non satis acutus fuit. sed quid disciplinac. ET MAL. non de moribus quaeritur. II. ut moriare pro amico? aut si esses Orestes. et hodie sunt et in amicitiis fideles. quod te praetennissurum credam aut mortis. haec omnia. Non quaeritur autem. Ac mihi quidem.^6 DE FIN. Nihil enim arbitror magna laude dignum. Faceres tu quidem. quod et ipse bo nus vir fuit. dices te esse Orestem . ut pythagoreus ille fecit siculo tyranno? aut Pilades quum sis. aut doloris metu. a quibus de veritate dissentiunt. te indicares? et. quam defendis. et .. ut in ipsa virtute. praecepta. At multis se probavit. sed tamen non gravissimum est tcstimonium multitudinis. vel stu dio. BON. optimum quidque rarissimum. Pyladem refielleres. vel quavis scientia. quae probas. quae didicisti . quo mi nus ambo una necaremini. qui maledictis insectantur eos. At coluit ipse amicitias. Et quidem jure fortasse. et multi epicurei fuerunt. et comem . tamen. tyranno dabis pro amico.

plein de douceur et d'humanité? Ce n'est pas sur ses mœurs que nous discutons . dans quel genre d'étude. en effet. En effet . mais le témoignage de la multitude n'est pas d'un grand poids : dans quel art. LIV. n'est-il pas rare d'exceller ? Epicure a été homme de bien. 1l n'a cependant pas manqué d'ap probateurs. il y a encore beau coup d'épicuriens fermes dans leurs amitiés. ce que je n'affirme pas. bien qu'Epicure l'élève jus qu'aux cieux. Assez d'autres passent pour . et vous nommerez-vous? et. rien de louable dont la crainte de la douleur ou de la mort puisse vous détourner. solliciterez-vous la faveur de périr avec lui? XXV. II. afin de mourir à sa place? Nouvel Oreste. non sur la volupté . démentirez-vous Pylade. s'il est certain qu'Epicure ait été ami constant. Mais lui-même . L'opinion que vous soute nez .DES BIENS ET DES MAUX. Mais ce que je cherche ici . vous feriez tout cela. Mais. comme dans la vertu même. c'est la conduite conforme à vos principes . mais sur le devoir : eh bien ! c'est pour moi une nouvelle preuve de l'ascendant de la vertu et de l'impuis sance de la volupté. direz-vous que vous êtesQreste. dites-vous. Sans doute. Qui lui refuse le titre d'homme de bien. a été fidèle dans ses amitiés. il y a toujours eu . Laissons aux gens légers le travers d'accabler d'injures ceux dont ils ne par tagent pas le sentiment. graves et constans dans toute leur conduite . si vous n'y pouvez réussir. dans quelle science . les préceptes que vous avez appris . Torquatus. c'est sur sa doctrine. que vous approu vez. je crois. il ne s'en est pas moins trompé. et se réglant . Avec raison peut-être . car il n'est. anéantissent l'amitié. et non à votre grand caractère. 437 du tyran de Sicile? Nouveau Pylade. il est des hommes dont l'opi nion est réfutée par leur vie.

quam facere : sic hi mihi videntur facere melius . sed offîcio consilia moderantes.. BON. quod sine ea tuto. nec jucunde quidem posset. modestiam. faciunt etiam illud. Atque ut ceteri existimantur dicere melius. Attulisti aliud humanius horum recentiorum. ut quemadmodum sint in se ipsos animati . id et fieri posse . nec quaesita voluptate. nulla exspectata. XXVI. graves. quae a te de amicitia dicta sunt. II. et sine metu vivi non posset. et minor voluptatis. quum autem usus accessisset. Illa videamus. dicere alios. fœdus quoddam inter se facere sapientes. quod sciam : primo utilitatis causa amicum expeti. Posuisti etiam. ipsis non satis. ET MAL. eodem modo sint erga amicos . hoc videtur major vis honestatis. Mihi enim satis est . et saepe esse factum . nunquam dictum ab ipso illo.438 DE FIN. Sed haec nihil sane ad rem. Nam aliquando posse recte fieri dicunt. tum ipsum amari propter se. tamen accipio quod dant. et emolumentis. At vero si fructibus. nec voluptate. ob eamque rem colendam esse. Hoc etsi multis modis reprehendi potest. Ita enim vivunt quidam. etiam omissa spe voluptatis. Hoc fœdus facere si potuerunt . et ad voluptates percipieudas maxime pertinere. E quihus unum mihi videbar ab ipso Epicuro dictum cognoscere : amicitiam a voluptate non posse divelli. LIB. ut eorum vita refellatur orntio. virtutes omnes per se ipsas gratis diligant. et utilitatibus amicitias cole . ut aequitatem. Satis est ad hoc responsum. quam dicere.

IV. ne fut professée parEpicure. sans aucun retour sur la volupté. Si c'est trop peu pour les épicuriens . par une espèce de traité. Que d'objec tions pourraient s'élever ici ! Mais non . S'ils ont pu faire un pareil traité. la justice. à reporter sur leurs amis les mêmes sentimens dont ils sont animés pour eux-mêmes. sans nul intérêt . J. l'ami tié une fois affermie par l'habitude. Mais tout cela ne touche point à la question. qui jamais . disent que les gens sages s'obligent. puis. qu'ils jurent donc aussi d'aimer. Les voilà donc qui avouent qu'on peut faire bien sans l'attente. sans la recherche du plaisir. II. De plus. parce qu'en elle seule on trouve sûreté. 43g dire mieux qu'ils ne font : ceux-ci . Il m'a semblé n'y reconnaître qu'une maxime d'Epicure : que l'amitié est inséparable de la volupté. Examinons ce que vous avez dit sur l'amitié. font mieux qu'ils ne disent. Vous avez avancé ensuite une proposition plus honorable . que cela se fait souvent. à mes yeux. que je sache . et pour elles-mêmes. Si notre amitié n'a pour fondement que l'utilité maté rielle qui en revient. parmi vous. sécurité. J'y ai suffisamment répondu. la tempérance. d'après vos allégations. plaisir. je prends ce qu'on me donne. toutes les vertus. XXVI. et qu'elle doit être cultivée. si elle n'a pas en elle-même sa . que cela est pos sible. c'est assez pour moi.DES BIENS ET DES MAUX. c'est pour eux qu'on les aime. vous avez dit: d'abord c'est pour son propre intérêt qu'on se fait des amis. d'autres. et que rien n'est plus propre à la volupté.

etiam sine hac Pyladea amicitia. nimium longi su . Utilitatis causa amicitia est quaesita. quicum arcana. ut dicitur. et munies. ET MAL. nihil esse praestantius . Odium autem et invidiam facile vitabis : ad eas enim res ab Epicuro praecepta dantur. seria. At quicum joca. quicum occulta omnia? Tecum optime. Sed in rebus apertissimis . Sed fac ista esse non inopportuna : quid ad utilitatem tantae pecuniae ? Vides igitur. si nulla caritas erit. satis et in mediocribus amicitiis praesidii. II. si amicitiam sua caritate metiare.44o DE FIN. vi sua. quae faciat amicitiam ipsam sua sponte. Num igitur utiliorem tibi hunc Triarium putas esse posse. deinde etiam cum mediocri amico. BON. Prae sidium amicorum.. XXVII. quid dicat . Et tamen. summas familiaritates prœdiorum fructuosorum mercede superari. satis in legibus. ex se. quin fundos et insulas amicis anteponamus? Licet hic rursus ea commemores. Satis est tibi in te. sed quid convenienter possit rationi et sententiae suac dicere. quae soletis. sin emolumento. mus. LIB. non mea . quam tua sint Puteolis granaria? Collige omnia. multorum te benivolentia praeclare et tuebere. si veri amici futuri sumus. et propter se expetendam : dubium est. tantis vectigalibus ad liberalitatem utens. Non quaero . Jam contemni non poteris. Me igitur ipsum ames oportet . quae optimis verbis ab Epicuro de laudibus amicitiae dicta sunt.

DES BIENS ET DES MAUX. pour que nous devenions véritablement amis. son principe. est-il douteux que nous ne préférions nos terres. pour l'u tilité . vous y échapperez facilement : Épicure donne là-dessus des préceptes. la bienveillance publi que sera votre rempart. vous le pouvez . si vous lui donnez l'intérêt pour base. il n'est rien de plus excellent. Supposons néanmoins que tout cela soit utile : quelle comparaison à faire. II. et non ce que vous espérez de moi. par vos liaisons ? Le mé pris ne saurait vous atteindre. nos domaines. de tous nos secrets? Confiez-les à vous-même. pour votre dé fense . vous le voyez : si vous fondez l'amitié sur l'amitié même. sa force. Pour la haine et l'envie. ou bien à un ami ordinaire. C'est par intérêt qu'on se fait des amis! Croyez-vous donc que Triarius puisse vous être plus utile que vos gre niers de Pouzzol? Ramassez tous vos argumens rebattus. vous n'avez pas besoin. mais ce que son système lui permet de dire. quelque confident de toutes nos idées gaies ou tristes. les belles louanges qu'Epicure adresse à l'amitié. de cette amitié de Pylade . Mais vous qui faites un si noble usage de vos grands biens. Des amis nous protègent ! mais n'êtes-vous pas assez pro tégé par vous-même. XXVII. LIV. par les lois. Mais c'est trop s'attacher à démontrer l'évi . en un mot. à nos amis ? Rappelez encore ici . Je ne cherche pas ce qu'il dit . 441 source . direz-vous . les revenus de vos domaines l'emporteront sur les liaisons les plus intimes. Je veux que vous aimiez ma per sonne. Mais ne faut-il pas . Mais. avec cette immense fortune ? Ainsi . son attrait .

LIB. nec minorem voluptatem percipi in brevitate temporis. negat infinito tempore aetatis volu ptatem fieri majorem . quemadmodum tute dicebas. Qua igitur re a Deo vincitur. qui sibi is conveniet. quam finito atque modico. At enim hic etiam dolore. IL spectat ultimum tempus aetatis : quod Crœso scribit Herodotus praeccptum a Solone. negat Epicu rus diuturnitatem quidem temporis ad boate vivendum aliquid afferre. Qui autem voluptate vitam effici beatam putabit. « quam hoc suave ! » dicturum. voluptatem non optabiliorem diuturnitas facit? Quid est igitur. nisi constanter loquare ? In vo luptate corporis (addam.444 DE FIN. cur ita semper Deum appellet Epicurus beatum et aeternum? Demta enim aeternitate nihilo beatior Jupiter. An dolor longissimus quisque miserrimus. dum ea ipsa . si vis. Haec dicun(ur inconstantissime. Qui bonum omne in virtute ponit. voluptate. quam si illa sit sempiterna. is potest dicere. Quum enim summum bonum in voluptate ponat. animi. ET MAL. id est. si uratur. . si negabit voluptatem crescere longinquitate? Igitur ne dolorem quidem. perfici beatam vitam perfectione virtutis : negat enim summo bono afferre incrementum diem.. si aeternitate non vincitur? In quo quid est boni praeter summam voluptatem . et eam sempiternam? Quid ergo attinet gloriose loqui . BON. At enim . quam Epicurus : uterque enim summo bono fruitur. At eum nihil facit : ait enim se .

il faut nécessairement qu'il en soit de même pour la volupté. et même dans celle de . LIV. et qu'elle devienne par là plus désirable. à la volupté. jouissent Ëpicure du est même sujet souverain à la douleur. éternel? L'effet de l'éternité mis à part. que de savourer une volupté sans fin? Mais pourquoi toute cette pompe de langage. quand même on le brûlerait. il s'écrierait : Quelles délices! En quoi donc Dieu l'emporte-t-il sur lui . effetMais . si l'éternité ne lui donne pas l'avantage? Et que peut-il y avoir de meilleur dans toute l'éternité. réside dans la volupté corporelle. ne rendra pas non plus la douleur plus vive. sans être incon séquent. qui La est douleur! la voelle n'est rien pour lui. Mais celui qui rapporte le bonheur à la volupté ne peut. La durée n'ajoutant rien. Pour celui qui voit dans la vertu le souve rain bien. et qu'une volupté de quelques instans n'est pas moindre en elle-même que celle qui dure toujours. il est fondé à dire que la perfection du bonheur n'est autre que la perfection de la vertu. quand on se dément soi-même ? Le bonheur. avancer la même chose. bien . 5 Vous disiez : Ëpicure prétend que la longueur du temps n'importe pas au bonheur.DES BIENS ET DES MAUX. dites-vous . en lupté. Ju piter n'est en rien plus heureux qu'Épicure : tous deux. selon lui. N'a-t-il pas dit que. et il refuse à la volupté une in tensité plus grande dans un temps infini que dans un in tervalle borné. Etrange contradiction! Il met le bien suprême dans la volupté. Pour quoi donc Ëpicure appelle-t-il toujours le dieu suprême bienheureux . 4/. et qu'ainsi le temps n'ajoute rien au premier des biens. j'ajouterai. II. si la douleur s'augmente par la du rée. et.

qui voluptatem nullo loco numerat. a Non minor. quod sentiat . nisi voluptatem tanti aestimaretis. laudarem etiam : verum enim diceret. ut vultis.6 DE FIN. LIB. Huic ego. hae non sunt in potestate sapientis : non euim in ipsa sapientia positum est beatum esse. non audio. Haec bene dicuntur. Sed.4/. BON. dicere existimo. quas sapientia comparat ad voluptatem : totum autem id ex tern um. Certe . quam rebus exquisitissimis ad epulandum. minorem voluptatem percipi. ET MAL. audio dicentem. « Sapientem locupletat ipsa natura. » XXVIII. Age . id in casu est. concederem . si negaret quidquam interesse ad beate vivendum . qui ad voluptatem omnia referens. idque Socratem.. Quid? istam voluptatem perpetuam quis potest praestare sapienti? Nam quibus rebus effîciuntur voluptates . loquitur ut Frugi ille Piso . quod parvo esset natura contenta. voluptas percipitur ex vilissimis rebus. quam ex pre . teuuissimo victu. sed in iis rebus. inquit. et quod externum . contemtissimis escis et potionibus. NatUrales divitias dixit parabiles esse. Ita fit beata? vitae domina fortuna : quam Epicurus ait a exiguam intervenire sapienti. quali uteretur victu . inquies : ista parva sunt. potionis sitim. » cujus divitias Epicurus parabiles esse docuit. cibi condimentum esse famem. nec ego repugno : sed iuter sese ipsa pugnant. II. Negat enim . Nec euim eum . id est. vivit ut Gallonius. sit quod et in corpore) situm est vivere beate.

ces biens . dès que vous ne placez pas le bonheur dans la sagesse . et vit comme Gallonius. je l'écoute. sont le jouet du ha sard. Cela est vrai. II. parle comme Pison Frugi 28 . Or. dit Epicure. pourvu que celle-ci. » Epicure nous enseigne que ces biens sont toujours sous notre main. Sans doute. comme vous le prétendez. selon vous . peu importe pour le degré de volupté. Il dit que les biens naturels sont à notre por tée. car je puis voir dans son langage l'expression de sa pensée. pour vivre heureusement. dépende de l'autre. foulant aux pieds la volupté. LIV. parce que la nature se contente de peu.DES BIENS ET DES MAUX. rapportant tout à la volupté. ou jouir de tout le luxe de la table. il ne faut pas rechercher de quoi l'on vit. mais je n'écoute pas un homme qui . Se nourrir des choses les plus viles. Lorsque Epicure dit ensuite « que les plus vils alimens sont aussi agréables que . S'il avançait que. la sagesse doit acquérir pour la volupté. « Le sage est assez riche des biens de la nature . je lui applaudirais même. C'est peu de chose que tout cela . et je ne repousse pas cette opinion : mais ici je relève encore une contradiction. mais dans les biens que . Que Socrate. je me rangerais à son avis. dise que le boire et le manger n'ont pas de meilleur assaisonnement que la soif et la faim . et cependant Epicure a dit«que la fortune n'est rien pour le sage. ne boire que de l'eau.» XXVIII. Alors c'est la fortune qui règle souverainement le bonheur. direz-vous. étrangers à la sagesse . Eh bien! cette volupté. car il serait dans le vrai. si la volupté n'était pas votre trésor. khi l'esprit. qui pourra l'assurer pour toujours au sage? Les choses qui donnent de la volupté ne dépendent pas de lui.

ita futurum. BON. Qui potest igitur habitare in beata vita summi mali metus? Traditur. se acipenserem menae non anteponere. iis licet dicere. . quam in syracusanis mensis. id est. inquit. Cui vero in voluptate summum bonum est./. et sit exploratum . ET MAL. sed ad vesperam? Dolor igitur. Jam ipsum absurdum. Sed quœ tandem ista ratio est? « Maximus dolor. etiamsi non aderit : jam enim adesse poterit. huic omnia sensu. ut in his beata vita. sed ne palatum quidem. tam facilis. Qui enim voluptatem ipsam contemnunt. II. quae a Platone graviter vituperantur . quae sunt suavissima. sit. si modo dolor summum malum est. quam vultis. Ipse enim Metrodorus. non ratione sunt judicanda. si potest. paene alter Epicurus. esto : consequatur summas voluptates. eaque dicenda optima. metuetur semper. inquit. quo modo esse habiturum sit corpus non dico ad annum. brevis est. LIB. ab Epicuro ratio negligendi doloris. summum malum. » An id exploratum cuiquam potest esse. sese non possit.48 DE FIN. tiosissimis. beatum esse describit his fere verbis : « Quum corpus bene constitutum sit . inquam. no» modo parvo. sit voluptas non minor in nasturtio illo . voluptatis comparatio : quid de dolore dicemus? cujus tanta tormenta sunt. maximum malum negligi. breve ? deinde dolorem . Verum. » Primum quid tu dicis . quo vesci Persas esse solitos scribit Xenophon. » Hoc est non modo cor non habere . sed per me nihilo.

Aux contempteurs dela volupté. pour rien même .DES BIENS ET DES MAUX. si forte ment blâmés par Platon . dit Métrodore. la douleur. dans les souffrances extrêmes. il est impossible que la vie. soit aussi savoureux que les mets de Syracuse. Mais qui peut s'assurer d'être en santé jusqu'à la fin . Premièrement. je ne dis pas d'une année . est-il une place pour la crainte d'un mal extrême? Épicure. s'il est possible. /. dans la vie heureuse. non d'après la raison . cet autre EpicUre . Mais j'accorde que les grandes voluptés soient à bon marché.g les plus exquis. Mais quelle est donc cette merveilleuse recette? Une très-grande douleur est de courte durée. si elle est le plus grand des maux. selon Xénophon. D'abord le mépris d'un trèsgrand mal est une absurdité. a écrit : Celui-là est heu reux qui joint à une bonne constitution. mais d'après les sens. nourriture des anciens Perses. je permets de dire qu'ils ne préfèrent pas un esturgeon à un hareng : mais un homme pour qui la volupté est le premier des biens . soit heureuse? Métrodore.f. 29 . Or. doit se prononcer. II. même absente . et il doit regarder comme meilleur ce qui les flatte le plus. la certitude qu'elle ne s'altérera pas. je veux enfin que la volupté soit d'une acquisition aussi facile qu'il vous plaira : que di rons-nous de la douleur. dont les tourmens sont si cruels que. je veux que le cresson . LIV. car elle peut survenir. il manque à la fois de goût et de juge ment. qu'entendez-vous par courte xxvii. a donné le secret de ne pas se soucier de la douleur. mais d'un jour? On craindra donc toujours le plus grand des maux .

quem maximum ? Quid enim? summus dolor plures dies manere non potest? vide ne etiam menses. est (nam per verior. .funestare quaedam qui est. dolore. gemitu. virum ethonestatem magnos non alia sedsaxum praecepta :vetant toleratio dico. . BON. Huic Epicurus comparet se. II. familiarem meum. qualesit. questu. confîci vidi. qui simul atque arripuit. et dolere ipsam ineosdem illud sunt. ginquum XXIX. cruciatus perferebat? Nec tamen miser esse. nec ad breve tempus. Cn. interficit. quo opti mum atque humanissimum.IB. brevem. vos estturpe PhiForquae non doin- Quod ejulatu. et diu. I. fremitibus Resonando .. uti leges. si potest . M. multum flebiles voces refert. Octavium. Quis istum dolorem timet ? illum mallem levares . lemnium ac bene se Quamobrem paene idnon qua longinquos quidem clamore amatis. ET MAL.*5o DE FIN. Quos ille.. tantummodo laboriosus videbatur. dii immortales ! quum omnes artus ardere viderentur. At miser. si in vitiosa et flagitiosa vita afflueret voluptatibus. Cui viperino morsu venae viscerum Veneno imbutx tetros cruciatus cient. levem Quod esse autem dicitis magnum : id non dolorem intelligo. sed et saepe plane. lon- loctetaeo effeminari titudinis putandum terdum potestis Video lores : enim quorum necesse). quia summum id mal um non erat. Nisi forte eum dicis. F. nec vero semel .

Le noir venin de l'hydre a passé dans ses veines. mon ami . Mais qui craint une pareille douleur ? Ah ! calmez plutôt celle dont j'ai vu tourmenté Cn. j'ai presque dit les lois que la force d'âme dicte aux hommes pour les empêcher d'être amollis par la douleur. Il existe un calmant qui rend la douleur plus tolérable que ne font tous vos remèdes : mais son usage vous est interdit . II. non pas de se plain dre. XXIX. A quelles tortures il était en proie. d'un seul jour. Ainsi. grands dieux! lorsqu'un feu dévorant semblait avoir pénétré dans tout son corps ! Mais la douleur n'est pas le souverain mal : aussi Octavius n'était pas malheu reux. . ses longs gémisscmens Répandent dans les airs l'horreur de ses tourmens. Qu'Epicure se mette à sa place. s'il peut. mais aiguës et prolongées. 45i durée? et ensuite. LIV. car j'ai vu souffrir vivement et longuement. et que de longues souffrances sont légères? je ne vous comprends pas. à vous qui n'aimez point la vertu pour elle-même.DES BIENS ET DES MAUX. soulagement parfois nécessaire. les rochers de Lemnos. Le malheur eût été de vivre au sein des voluptés . par une très-grande douleur? Quoi! une douleur semblable ne peut pas durer plusieurs jours! Prenez garde qu'elle ne soit persévérante pendant plu sieurs mois. Ce sont les préceptes . il était souffrant. Ses souffrances ne furent pas d'une seule fois . à moins que vous n'entendiez parler d'une douleur dont le premier accès nous emporte. comme Philoctète. Elles nous ap prennent combien il est honteux . Ses plaintes. Octavius . livrant son corps aux plus cuisantes peines. le meilleur et le plus aimable des hommes. dites-vous qu'une grande douleur est courte. 29. fils de Marcus. Lorsque. mais de fatiguer de nos cris. ses sanglots. dans le vice et l'infamie.

scribebamus haic : tanti autem morbi aderant vesicae et viscerum. vide ne facinus facias . inquit. Si gravis. et futuri atque impendentis torquet timor? Moriatur.45a DE FIN. dictata sunt. levis. . et eumdem supremum diem. ne longe abeam . Sed audiamus ipsum : « Compensabatur tamen. » Non ego jam Epaminondae. ut nihil ad eorum magnitudinem posset accedere. quum mori suadeas. cum his omnibus animi laetitia. ET MAL. Portasse id optimum. Dici aliter non potest. XXX. et intellige. Virtutis. ut dignum est tua erga me. succumbere. BON. deinde quae est ista relaxatio. turpe esse viro debilitari dolore. fortitudinis fomentis dolor mitigari solet. Nam ista vestra. fac ut Metrodori tueare liberos. quum et praeteriti doloris memoria recens est. quam capiebam memoria rationum. et erga philosophiam. brevis. Primum non saepe . sed ubi illud. facta ejus cum dictis discrepare. » Ecce miserum hominem. inventorumque nostrorum. Sit Epicurus Philocteta : si gravis dolor.. patientiae. Sed tu. Potius ergo illa dicantur. levis : dat enim intervalla. vitae beatum. LIB. inquit. si lon gus. magnitudinis animi . Epicdrus Hermarcho S. Audi . f'rangi. Àt jam decimum annum in spelunca jacet. Plus semper voluptatis? Si enim ita est. II. et relaxat. Si longus. inquit. si dolor summum malum est. brevis. voluntate ab adolescentulo suscepta. «Quum ageremus. moriens quid dicat Epicurus.

n'est-ce pas un attentat que le conseil de mou rir? Dites-lui plutôt : Il est indigne d'un homme de plier. Sans aller plus loin. écoutez les aveux d'Epicure mourant . Vainqueur des Lacédémoniens à Mantinée. et en même temps au dernierjour de ma vie. Ëpicure aHermarque. C'est dans un jour de bonheur. mais que devient ce principe .le lui-même : Tout cela est pourtant compensé par cette joie qu'apporte à mon âme le souvenir de mes dogmes et de mes découvertes. 453 Qu'Epicure soit Philoctète. elle a ses intervalles . voilà les remèdes de la douleur. Ce serait peut-être le meilleur . salut. Voilà un homme malheureux . II. queje vous écris cette lettre. à une pareille mort. et se dise: Si la douleur est vive. ni celle de Léonidas. Vertu. don nez-moi un noble gage de votre attachement pour moi et pour la philosophie depuis votrejeunesse : ayez soin des en/ans de Métrodore. elle est légere. Fous. que le sage éprouve toujours plus de plaisir que de douleur? S'il en est ainsi . ses momens de relâche. dit-il. quel est donc ce misé rable soulagement qu'accompagnent et le souvenir ré cent des douleurs passées . force. car je ne vois que du verbiage dans ces maximes : Grande. et la crainte déchirante de leur retour prochain? Qu'il meure.DES BIENS ET DES MAUX. J'éprouve des dou leurs d'entrailles si vives qu'elles ne peuvent le devenir davantage. longue. cependant . elle est légère. Fort bien. Mais écoutons. mais sont-ils fréquens? Et puis. si la douleur est le plus grand des maux. grandeur d'âme. Cela est incontestable. et mesurez la différence qui sépare ses actions de ses dogmes. de succomber sous le poids de la douleur . elle dure peu. je ne préfère plus ni celle d'Épaminondas. Non. XXX. Longue. Mais dix ans sont déjà écoulés de puis qu'il gémit dans sa caverne. et se . elle dure peu. pa tience. LIV.

se in Thennopylis. oblitus es. Epicure. in laetitia et in victoria est mortuus. H. rationes tuas te video compensare cum istis doloribus . Est autem a te' semper dictum . Ita multo sanguine profuso. Praeclarae mortes sunt imperatoriae : philosophi autem in suis lectulis plerumque moriuntur. inquit. rex Lacedaemoniorum . inquit. nec dolere. hastam. nisi propter corpus. non memoriam corpore perceptarum voluptatum. quum esset proposita aut fuga turpis . » Audio equidem philosophi vocem. Nihil enim jam habes . simulque ipse gravi vulnere exanimari se videret. audivisset. si vera sunt ea. si vera sunt tua scripta et inventa : gaudere non potes. ET MAL. ut cupiebat.454 DE FIN. » Quibusnam praeteritis? Si ad corpus pertinentibus . Refert tamen . salvusne esset clypeus? Quum salvum esse flentes sui respondissent : rogavit. opposuit hostibus. falsum est. aut gloriosa mors . non Leonidae mortem hujus morti antepono : quorum alter quum vicisset Lacedaemonios apud Mantineam.. trecentosque eos. nec gaudere quemquam . Leonidas autem. quos eduxerat Sparta. BON. quaesivit. qua erat transfixus. gaudeo. Primum enim . LIB. sed quid tibi dicendum sit. essentne fusi hostesPQuumque id quoque. cum summis doloribus laetitia. ut primum dispexit. « Praeteritis . evelli jussiteam. quod ad corpus refe ras. quorum recordatione te gaudere dicis. Si autem ad animum. quod sibi videtur esse morienti magna laus : « Compensabatur. quod negas . hoc est.

. et que vous avez toujours dit que c'est au corps seul qu'on rapporte la joie et la douleur. il ordonna qu'on arrachât le javelot dont il était percé. De quel passé? S'il se rapporte au corps. S'il a rapport à l'esprit. sont compensées par ma joie. dans vos écrits. quelle part faites-vous pour le corps? . et préféra une glorieuse mort à une fuite honteuse. Léonidas. et non par le souvenir de vos plaisirs corporels. II. dans cette attention que je trouve si bienveillante et si fidèle . Je reconnais . roi de Sparte. content de cette réponse. vous l'avez oublié. LIV. puisque rien en vous ne peut plus être rappelé au plaisir du corps . mais ce que vos opi nions vous dictaient. ditil .DES BIENS ET DES MAUX. je vois vos douleurs compensées à vos yeux par vos découvertes . le premier dit en revenant à lui : Mon bouclier est-il sauvé? Oui. et. lui ré pondirent ses amis en pleurs. — Les ennemis sont-ils en fuite? — Oui . lui dirent-ils encore. Toutefois Epicure veut couvrir de gloire ses derniers instans : Mes cruelles douleurs. la joie du passé. dit-il . vous êtes en contradiction avec vousmême. n'avait que trois cents hommes avec lui pour disputer le passage des Thermopyles à l'armée innom brable des Perses . ô Epicure! les paroles d'un philosophe . Si la vérité ré side dans ces dogmes dont le souvenir vous donne de la joie. si la raison se trouve dans vos découvertes. vous ne pouvez vous réjouir. 455 sentant mourir d'une grave blessure. J'ai. Mais pourquoi recommandez-vous ensuite les en fan s de Métrodore? Et. La mort des grands capitaines a quelque chose d'éclatant : d'ordinaire les philosophes meurent dans leur lit. il le disputa . car vous avez toujours nié l'existence d'un plai sir purement spirituel. et les flots de sang qui s'échappèrent le firent ex pirer dans la joie et dans la victoire.

456 DE FIN. Nam ista commendatio puerorum. Nam quod ita positum est. Toiquate. ipsa esse optabilia per sese . LIB. lia redarguitur ipse a sese . Cur deinde Metrodori liberos commendas? quid ex isto tuo egregio officio. « mortem nihil ad nos pettinere : quod enim dissolutum sit. meliusque potuit. memoria et caritas amicitiae. summorum officiorum in extremo spiritu conservatio. II. non invitatam voluptatibus . ET MAL. quum videamus tanta officia morientis? Sed. quem modo nominavi . ut epistolam laudandam arbitror eam. id esse sine sensu . quod non referatur ad cor pus.. Quod enim testimonium majus quaerimus. BON. quod disso- . Hue et illuc. vincunturque scripta ejus probitate ipsius ac moribus. et breviter apteque . id nihil omnino ad nos pertinere. nec praemiorum mercedibus evocatam. ad corpus refers? XXXI. et multis saepe verbis . quod autem sine sensu sit . quae honesta et recta sint . indicat. vos versetis licet : nihil in hac praeclara epistola scriptum ab Epicuro congruens et conveniens decretis ejus reperietis. in eo libro . » Hoc ipsum elegantius poni. Scripsit enim . animi ullum esse gaudium. innatam esse homini probitatem gratuitam . sed etiam ab ipsius sententia judico discrepare. et tanta fide (sic enim existimo). quam modo totidem fere verbis interpretatus sum (quanquam ea cum summa ejus philosophi nullo modo congruebat) : sic ejus testamentum non solum a philosophi gravitate.

LIV. que l'espoir des récom penses n'avait pas aiguillonnée. après avoir traduit la lettre d'Epicure mot à mot . parce que ce qui est en dissolution n'a nul sentiment . et que ce qui est dé pourvu de sentiment est nul pour nous.Mais. sa probité. De quelque côté que se tourne votre école . dans le livre cité plus haut. il a souvent et longuement écrit. le tendre souvenir de l'amitié. chez lui . trouvons-nous un témoignage plus grand que ces soins empresses d'un mourant? Mais si. d'un autre côté. En effet. Le soin qu'il a de recommander dejeunes enfans. il s'y réfute lui-même.DES BIENS ET DES MAUX. elle ne trouvera rien. II. qui s'accorde avec ses maximes. non-seulement fort éloigné du grave caractère de l'ami de la sagesse. que la mort n'est rien pour nous . sont. malgré sa discordance avec la doctrine de ce phi losophe. je crois devoir la louer. Torquatus. mais bien différent encore de ses propres dogmes. la preuve d'une probité naturelle et gratuite que n'excitait point la volupté. ses mœurs ont triomphé de ses écrits. il pou vait s'exprimer avec plus de grâce et de justesse : car il ne dit pas assez clairement ce qu'il entend par état de dis solution. toutefois je ne laisse pas de saisir sa pensée. par fois aussi avec précision. l'atten tion aux devoirs de la vie à l'instant de la mort. son testament est à mes veux. éteint tout . puisque cette dissolution. Loin de là. pour preuve dé cisive que le juste et l'honnête sont désirables par euxmêmes. Ainsi. Ici même. c'est-à-dire la mort. 45^ XXXI. dans cette admirable lettre d'Épicure .

Nullus est igitur cujusquam dies natalis. quod pertineat ad nos: tam accurate. vicesimo die lunae. Sed tamen intelligo. infinitasque regiones. quum dissolutione. id esse sine sensu. mense Gamelione : itemque om nibus mensibus. At habetur. ut sit. et Metrodori memoria colatur. tamque diligenter caveat et sanciat. » Haec ego non possum dicere non esse hominis quamvis et belli . idque testamento cavebit is . BON. qui semel fuit? certe non potest. fiat ad unum tempus reversio. qui innumerabiles mundos. physici praesertim . quarum nulla essetora. unde profecta sint. nulla extremitas. quid sit dissolutum. quod. etiamne post mortem coletur . et humani. Et ego id scilicet nesciebam? Sed. quid sit. qui una secum philosophati sint.. sapientis vero nullo modo . dent ad eorum epulas. lutum sil. Numquid tale Democritus? ut alios omit . ut non satis plane dicat. nisi quum multa annorum intercesserint millia . morte. ut omnium siderum eodem . quod satis sit ad diem agendum natalem suum quotannis . LIB. An ejusdemmodi ? ne id quidem . ET MAL. Quaero autem. quid velit. putare ullum esse cujusquam diem natalem. H.458 DE FIN. «ut Amynomachus et Timocrates . de Hermarchi sententia dent . qui vobis quasi oraculum ediderit . heredes sui . id ejusmodi est. sensus omnis exstinguatur. id est. quem se ille vult . et quum reliqui nihil sit omnino. Quid? verene potest esse dies saepius. nihil ad nos pertinere post mortem ? Haec non erant ejus . mente peragravisset. ut et sui.

Le jour natal est donc une chimère. Laissons les igno- . et pour honorer sa mémoire et celle de Métrodore? C'est là. II. d'après l'avis d'Hermarque? et que chaque mois. et surtout d'un physicien. s'il n'était venu au monde. tout ce qu'il fau dra pour célébrer lejour de sa naissance. mais non d'un phi losophe. je demande pourquoi Épicure ordonne avec tant de soin çpi Amynomaque et Timocrate. Ne le savais-je pas? Admettons qu'il y en ait un : le célébrera-t-on encore au delà du tombeau ? Le célébrera-t-on pour obéir au testament d'un homme qui a prononcé d'un ton d'oracle qu'après la mort nous n'avons plus de part à rien ? Où trouver ici le philosophe dont le génie avait plané sur des sphères innombrables. la con duite d'un homme sensible et aimable . ilsfassent les frais d'un banquet pour ceux avec qui il avait philosophé. Mais tel est le nom qu'on lui donne. tous les vingtièmes de la lune . Ni pareille ment. 459 sentiment.DES BIENS ET DES MAUX. j'en conviens. comme il en avait la prétention : un tel homme supposer un jour de naissance dont le retour est annuel! Quoi! le jour écoulé peut-il revenir? certainement non. LIV. mais de lui seul . au mois de gamélion 29 . donnent tous les ans . parce qu'il fut le prin cipal guide d'Epicure. puisqu'il ne reste plus rien de nous-mêmes. pourquoi préférer celui de sa naissance à celui qui le vit sage pour la première fois? Il ne serait pas devenu sage. ses héritiers. si sa grand'mère n'y fût venue. Est-ce un jour tout pareil? pas davantage : à moins que l'on n'entende par là le retour des astres au même point après une révolution de quelques milliers d'années. direz-vous. et sur des my riades de mondes sans fin et sans rivages ? Démocrite ordonna-t-il jamais rien d'aussi inconséquent? Je ne parle point des autres. S'il fallait absolument marquer un jour.

nam memini etiam qus nolo . quem ille unum seeutus est. an eum. Vide. Quod si (lies nota nd us fuit . XXXII. nisi natus esset. vetare meminisse. niala meminisse non oportere ?» Primum in nostrane potestate est. quid meminerimus ? Themistocles quidem. ut nimis imperiosi philosophi sit. Non est igitur summum malum dolor. quo sapiens factus est ? Non potuit . II. Torquate. inquies . Res tota. Sed. magis fuisse veslrum . ET MAL. ne ista sint Manliana vestra. non doctorum hominum. Quos quidem dies quemadmodum agatis. ut ad propositum revertamur (dedolore enim quum diceremus . quum ci Simonides. agere Epicuri diem natalem . ad istam epistolam delati sumus). BON. Et isto modo ne si avia quidem ejus nata non esset.46o DE FIN. tam . an quis alius. Qui in summo malo est . nunc totum illud concludi sic licet. Sed res se tamen sic habet. quam illius . si imperes. » Magno hic ingenio. Tantum dico. Sapiens autem semper beatus est. non dico. quo natus . aut majora etiam . quod facere . is tum . fieri sa piens . velle post mortem epulis celebrari memoriam sui nominis.. quum in eo est . LIB. et est aliquando in dolore. ut ageretur. Nihil opus est litibus. Jam illud quale tan dem est : «Bona praeterita non effluere sapienti. lestamento cavere . non est beatus. artem memoriae polliceretur: «Oblivionis. hunc appelle» . mallem. inquit. eumne potius. oblivisci non possum quae volo. et in quantam hominum facetorum urbanitatem incurratis.

Un tel ordre. le souvenir et l'oubli dépendent si peu de nous. qu'à lui d'en ordonner par testament la célébration. Que signifient ces maximes : Lesjouissances ne sont pas écoulées pour le sage. le sage est toujours heureux. rappelle ceux . Donc la dou leur n'est pas le plus grand des maux. Je ne ferai qu'une réflexion : il vous convenait mieux de célébrer spontanément le jour natal d'Epicure. il faut en perdre le souvenir? La mémoire dépend-elle donc de nous? Simonide. et il ne laisse pas d'être parfois dans la douleur. vouloir qu'après leur mort on célèbre leur mémoire par des festins: Et comment ces festins-là se passent-ils! A quelles délicates plaisanteries ne vous exposent-ils pas! Je n'en dis rien. matière dont nous a détournés la lettre d'Epicure.DES BIENS ET DES MAUX. prenez-y garde.6i rans. l'art de l'oubli . tant que cet état dure. ré pondit ce grand homme . et je ne suis pas maître d'oublier ce que je voudrais. Celui qui est dans le plus grand des maux ne peut. LIV. promettait à Thémistocle de lui révéler le secret de diriger la mémoire : «J'aimerais mieux. Mais reprenons notre sujet : c'est la douleur. pour les maux. Torquatus. être heureux. «Ingénieuse réponse. car il est des souvenirs qui se réveillent malgré moi . Voici le raisonnement qu'on peut faire. ou quelque autre. XXXII. car je hais les que relles. /. II. que ce serait une tyrannie philosophique de défendre de se souvenir. Or. Au fond.

et prima quae que avolat . quam recordandi. inquit. BON. Quod enim ne vivus quidem. tropaeorum recordatione levaret dolorem suum : audirem . « jucundi acti labores. Corporis autem voluptas si etiam praeterita delectat. et plane probarem. Itaque beatior Africanus cum patria illo modo loquens . quam vestra dogmata. Desine . tnos hostes . non ifitelligo . Nam si quae sunt aliae.46a DE FIN. ipsius oblivione obruentur. si potero . in palude demersus . saepiusque relinquit causas pœnitendi . si prima quaeque bene ab eo consulta. Quae si a vobis talia dicerentur. Boma . omnes animi voluptates esse e corporis societate. » Nec male Euripides (concludam .. Marius uti poterat . se omnes secum libidinum voluptates abstulisse. graecum enim hunc versum nostis omnes) : Suavis laborum est praeteritorum memoria. Sed vobis voluptatum perceptarum recordatio vitam beatam facit . quam dum fruebatur. II. qualibus C. cur Aristoteles Sardanapali epigramma tantopere derideat : in quo ille rex Assyriae glorietur. egens . Vulgo enim dicitur. LIB. quo modo id potuit mortuo permanere? Fluit igitur voluptas corporis. et qu'idem corpore perceptarum. falsum est. diutius sentire poterat. Nec enim absolvi beata vita sapientis . nec ad exitum perduci poterit. ut expulsus. si etiam jucunda memoria est praeteritorum malorum? ut proverbia nonnulla veriora sint. Sed ad bona praeterita redeamus. atque facta. latine . Quid. non possim. ET MAL.

et que je traduirai si je puis : MaisIlparlons est douxencore de songer desaux plaisirs maux passés. Essayez d'en admettre d'autres : dès-lors. 463 de votre Manlius. lorsqu'il adressait à sa patrie ces mots : Cessez. d'Euripide. Rome. car le bonheur complet .DES BIENS ET DES MAUX. le bonheur final ne se trouverait ja mais dans la vie d'un homme sage. vous êtes dans l'erreur en assignant aux sens une part dans tous les plaisirs de l'âme. et des voluptés corporelles. car le peuple dit : « Douleur passée est un plaisir. je ne comprends pas pourquoi Aristote s'égaie tant au sujet de l'épitaphe où Sardanapale. vous ne placez le bonheur que dans le sou venir des voluptés . au lieu d'un souvenir agréable. ils laissent après eux le repentir. » Voici un vers plein de sens. dit ce philosophe . et s'envolent sans re tour . II. dénué de tout. se vante d'avoir fait descendre avec lui toutes ses voluptés dans sa tombe. tels que le souvenir de ses trophées? Je vous écoute et vous approuve. Plus heureux était Scipiou l'Africain . Même durant sa vie. cessez3" . Parlez-vous de plaisirs capables de consoler Marius banni. qu'on a soufferts. ou quelque chose de plus absolu en core : puis-je faire l'impossible? Mais le souvenir des maux passés n'a-t-il pas son charme? Quelques-uns de nos proverbes sont plus vrais que vos dogmes. il n'a pu recevoir l'impression de ces plai sirs que pendant le court instant de leur durée : com ment donc a-t-il pu les sentir encore après la mort ? Les plaisirs du corps sont donc fugitifs. souvent même. Si une volupté corporelle fait encore plaisir quand elle est passée. s'il venait à perdre entièrement la mémoire de ce qu'il a fait de louable. roi d'Assyrie . que vous connaissez. LIV. Mais vous . et caché dans un marais.

referre. haec leviora ponam : poema. aut legis . ET MAL. Quod vero a te disputatum est. . quae dixi. . . corpore autem praesentia . quia trium temporum particeps animus sit. XXXIII. locus amœuus. Laboribus hic praeteritis gaudet : tu jubes voluptatibus.' reliquaque praeclare : Namque tibi monuments mei peperere labores. villa Luculli (nam si tuam dicerem. quam corporis. Illud autem ipsum qui obtineri potest . Torquate. ad corpusne refers. aut deserueris totam Epicuri voluptatem . honestatem . quod dicitis . si in eo perstiteris. speciem ipsam virtutum . quod te sua sponte delectet? Aut pertinacissimus fueris. BON. venatio. LIB. omnes animi et voluptates et dolores ad corporis voluptates et dolores pertinere? Nihilne te delectat unquam (video. e quibus nihil unquam retulerat ad corpus : tu totus haeres in corpore. signum . II. sed ea. quae dixi. an est aliquid. ludi. si negaveris. quicum loquar)? te igitur. majores esse volup tates et dolores animi. latebram haberes : ad corpus diceies pertinere).464 DE FIN. tabula . de quibus ante dictum est. ipsum per se nihil delectat ? Omitto dignitatem . quum regionum conquiris historiam . orationem quum aut scribis . quum omnium factorum . ad corpus ea. Hic se ad ea revocat.

Son âme évoque des réminiscences entièrement étrangères au corps : le corps est tout pour vous. si vous renoncez à cette opinion . tandis xxvii. L'âme. que nous trouvions la nôtre dans le sou venir des voluptés. quand vous lisez. car vous m'échapperiez. vous. II. parce qu'elle embrasse le présent. n'y a-t-il donc que les choses corporelles qui vous fassent plaisir? Rien ne vous en procure-t-il par soi-même? Lais sons de côté gloire. le passé et l'avenir. il faut que vous rejetiez tout le système d'Epicure sur la volupté. Mais comment pouvez-voùs soutenir cette proposition . Voici des choses bien plus légères. un tableau. vous diriez qu'il y a ici quelque chose de corporel) . honneur. la maison de plaisance de Lucullus (je ne dis pas la vôtre. ou ne contient-il pas quelque chose qui vous charme par sa vertu propre? Ou vous serez le plus opiniâtre des hommes.DES BIENS ET DES MAUX. si vous persistez à attribuer au corps toutes ces choses . dont nous avons parlé plus haut. XXXIII. un beau lieu. quedis-je? une statue. beauté même de la vertu. ou . a des plaisirs et des peines supérieurs aux peines et aux plaisirs du corps. mes dangers ont fondé votre gloire. /. qui n'est pas moins admirable : Mes travaux. 3o . que tous les plaisirs et toutes les douleurs de l'âme tiennent aux plaisirs et aux douleurs des sens? Quoi! Torquatus! car je n'oublie pas à qui je parle. une fête. LIV.65 et le reste . quand vous écrivez. Quand vous composez un poëme ou un dis cours. le rap portez-vous aux slns . tout cela enfin . lorsque vous compulsez les annales de tous les peuples . une chasse. dites-vous encore. C'est dans ses travaux passés qu'il puise sa joie : vous voulez.

partim indulgenter vel cum labore. congregatione aliae cœtum quodam modo civitatis imitantur. quem vos beatum semper vultis esse. BON. Quarc aliud aliquid . si etiam bestiae multa faciunt. qui propter me aliquid. Videmus in quodam volucrium genère nonnulla indicia pietatis. dum omnia ad voluptatem doloremque referetis . non videtis. in educando perfacile appareat . . quam corpore : quid occurrat . cognitiônem. Sed . Quid. dum efficere vultis beatum sapientem . cui gratuletur. Animi enim quoque dolores percipiet omnibus partibus majores. Voluptatem bestiis concedamus. ut is. ET MAL. Ergo in bestiis erunt secreta a voluptate humanarum quaedam simulacra virtutum : in ipsis hominibus virtus. plus. gaudeat? Animi voluptas oritur propter voluptatem corporis . quam is . Nec vero id . quam corporis. quum maximas animo voluptates percipiat . omnibusque partibus majores.466 DE FIN. in multis etiam disciplinam videmus. memoriam. ut gratulator lxtior sit . quam ego ipse. nisi voluptatis causa.. solum sentiantur : qui probari potest. bominis summum bonum reperiendum est. et peregrinatione laetantur . efficietis unquam. quibus vos de summo bono testibus uti soletis. Ita miser sit aliquando necesse est is. LIB. ut in gignendo. II. quam corporis : ita fit. duce sua quaeque natura. Torquate . non voluptatem ? partim cursu . aliud ^juiddam iis propositum . et major est animi voluptas.

qu'on a plus de plaisir à féliciter un autre qu'à jouir soi-même. celui auquel vous attribuez un bonheur continuel : bonheur impossible . dans le cœur de l'homme . LIV. Par là . chez et semblent quelquesimiter familles la société d'oiseaux. Torquatus. II. comme de mettre au monde et d'élever ses pe tits. dont vous invoquez ici le témoignage. chercher pour l'homme quel que autre souverain bien. Il faut donc . Laissons la volupté à la brute. Mais comment prouveriez-vous que celui qui se réjouit de quelque chose pour l'amour de moi. ne montre-t-elle pas . l'amour de la volupté sera la seule vertu ! et nous dirons que l'homme . Mais vous . Les bêtes auront donc en elles des images de la vertu hu maine . Ainsi . en portant la brute à faire beaucoup de choses pénibles . vous donnez aussi au sage des peines morales bien plus grandes que toutes les douleurs corporelles. et c'est ainsi. aux voyages. de toute né cessité. Il y a plus : la na ture . selon vous. humaine.DES BIENS ET DES MAUX. des traces Nousdevoyons piété. . de connaissance. .qu'elle lui a proposé quelque autre chose que la seule volupté ? Il en est qui se plaisent aux courses. n'a reçu en naissant aucun noble attribut qni lui soit propre? 3o. et elle est plus vive. se puise dans la volupté du corps. 467 que le corps ne jouit que du présent. d'autres volent par bandes. en ressente plus de joie que moi. qui placez le bon heur de votre sage dans l'avantage d'avoir des voluptés d'esprit plus vives en tout que celles des sens .. distinctes de la volupté : et . à vous entendre. de mémoire. tant que vous ferez du plaisir et de la douleur le centre de tout. même? La volupté de l'esprit. vous ne voyez pas quelle objection vous faites naître. le voilà parfois très-misérable. ce roi de la nature . même de discipline.

Hellesponto juncto. non . nulla erit? et homini . praecipui a natura nihil datum esse dicemus? XXXIV. nisi ad voluptatem conquiruntur ? Ut. L1B. Torquate . sed omne cœlum . terramque navigasset . plurimis et gravissimis artibus atque virtutibus instructum et ornatum. quid tanto concursu honestissimorum studiorum. totamque cum universo mari terram mente complexum . maria pedibus peragrantem . tanto virtutum comitatu . BON. longe multumque superamur a bestiis . certe sine causa videretur tanta couatus : sic nos sapientem. si quidem in voluptate sunt omnia . Nec tamen ullo modo summum pecudis bonum. Nos vero . et hominis.468 DE FIN. ut illum. Athone perfosso. II. ET MAL. Quid enim tanto opus est instru mento in optimis artibus comparandis . quum tanto impetu in Graeciam venisset. tantisque equestribus et pedestribus copiis. suppetunt multo labore quaerentibus. mel se auferre ex Hymetto voluisse diceret . quum tantis classibus. classibus montes . varieque abundantes nihil laborantibus : nobis autem aut vix. aut ne vix qui dem . nati sumus : nec id ex animi solum .. voluptatem petere si dicemus . si ea nullam ad aliam rem . tantique belli . si Xerxes. quibus ipsa terra fundit ex sese pastus varios. mellis causa dicemus tanta molitum. idem mihi videri potest. mihi crede. si . causam ejus quis ex eo quaereret tantarum copiarum. qui ceteris animantibus plurimum pracstat. maria ambulavisset. Ad altiora quaedam et magnificentiora .

II. après avoir réuni une flotte si nombreuse. sans travaux. Torquatus . se trouvant au milieu de la Grèce enva hie de tous côtés par ses armes. pour nous comme pour elles. je ne croirai jamais que le souverain bien des hommes et des bêtes soit le même. qu'est-il besoin de ces longues et hautes études. comme Xerxès. Ne trouverait-on pas une disproportion énorme entre ce frivole motif. Si. Non. après cela. que pour conquérir un peu de miel? Croyez-moi. et le travail de l'homme arrache avec peine à la terre sa nourriture. mais pour lui faire embras ser par la pensée l'immensité des cieux . et tant de troupes de cavalerie et d'infanterie. la volupté est l'unique objet. non pour qu'il tra verse la mer à pied. la nature leur fournit tout ce qui soutient l'existence . répondre à quelqu'un qui lui aurait demandé la cause d'une si grande expédi tion et d'une guerre si formidable : Je suis venu chercher du miel du mont Hymette.DES BIENS ET DES MAUX. voyagé à pied sur les flots et navigué à travers la terre . LIV. de ce concours de nobles connaissances. et d'aussi prodigieux efforts ? Nous avons travaillé à perfectionner le sage par la vertu et la science. Ah ! s'il fallait tout rapporter à la volupté . XXXIV. ni pour qu'il ouvre une montagne à ses flottes . de ce cortège de vertus ? Je crois entendre Xerxès. qu'il n'a en vue que la volupté? ne serait-ce pas dire qu'il n'a tant fait. des terres et des mers : dirons-nous. après avoir jeté un pont sur la mer et percé le mont Athos . Examinez toutes les facultés de l'âme : . de combien les bêtes l'emporteraient sur nous ! Sans frais. nous sommes nés pour quelque chose de plus noble et de plus grand.

si in ipso corpore multa voluptati praeponenda sunt . Polycletum . Quod si esset in voluptate summum bonum. sed ministri etiam videbuntur. Pindarum . Quis est autem dignus nomine hominis. optabile esset. qui tibi. pulchritudo ? qui tandem in animis censes ? in quibus doctistimi illi veteres inesse quiddam cœleste et divinum putaverunt. nullo intervallo interjecto . LIB. inest ad humanam societatem justitiae fida custodia. Ergo haec in animis : tu autem etiam membra ipsa sensusque considera. Archilochum . BON. ad voluptatem artes suas direxisse ? Ergo opifex plus sibi . in quibus inest memoria reium innumerabilium (inde quidem infinita inest conjectura consequentium . sed Phidiam .. num existimes . dies noctesque versari . ut reïiquae corporis partes . qui unumdiem totum velit esse in isto genere voluptatis. quum omnes sensus dulcedine omni quasi perfusi moverentur. Vestri haec verecundius : illi fortasse constantius. inest moderator cupiditatis pudor. Zeuxin . in voluptate maxima. non comites solum virtutum . Quid . inertes a majoribus nominabantur : sed quaero . velocitas . non multum a divinatione differens . Sed lustremus animo non has maximas artes . ut vires . non dico Homerum .47° DE FIN. ET MAL. ut dicitis. II. quibus qui carebant. inest [in] perpetiendis laboribus adeundisque periculis firma et stabilis doloris mortisque contemtio). partibus. valitudo .? Cyrenaici quidem non recusant.

Polyclète . selon la pensée des anciens sages ? Si le bien suprême était. croyez-vous que Phidias. dans l'inertie. LIV. il faudrait sou haiter de pouvoir passer les jours et les nuits dans la continuelle jouissance de toutes les voluptés capables de charmer le plus les sens. à plus forte raison . dans les périls. comme vous le dites. nos organes sem blent faits pour tenir compagnie à la vertu . aient assigné la volupté pour but à leur . et vous verrez que nos sens. elle observe la justice par respect pour la société humaine. il est bien des choses pré férables à la volupté. comme la beauté. II. Croyez-vous que tant d'hommes de génie. Vous êtes plus retenus. dans laquelle est descendu un rayon céleste. dans les travaux. elle méprise la douleur et la mort. inébranlable. et de les enivrer de plaisir. l'agi lité . la volupté. sans compter Homère . la force. Mais quel est l'homme.DES BIENS ET DES MAUX. pour le corps même . selon l'expression de nos ancêtres. la santé . Considérez ensuite toute la structure du corps humain . qui voulût consumer tout un jour dans de pareils plaisirs? Les cyrénaïques ne s'y refuseraient pas. ils sont plus conséquens» Interrogeons les arts : je ne parle pas des premiers de tous. sans lesquels la vie humaine est plongée. de lame. Voilà pour l'âme. n'en sera-t-il pas ainsi . Archiloque et Pindare. pour la ser vir. digne de ce nom. Si . elle en pénètre la conséquence par une intuition presque di vine. elle applique à ses désirs la règle de la bienséance et de là pudeur. Zeuxis . 471 elle conserve la mémoire d'une multitude d'objets.

cum animi levissima parte déli berat ? Quaero enim de te : si sunt dii . non Cyri . id est .. sed cum cupiditate . quanta perturbatio rerum omnium consequa . tam longe lateque diffusi . ut vos etiam putatis . BON. quum voluptates corpore percipere non possint? aut si sine eo genere voluptatis beati sunt. facturos arbitramur? Nonne videmus . lege vestrae familiae : neminem vldebis ita laudatum . in qua inest ratio atque consilium. Idiie consensisse de Calatino plurimas gentes arbitramur. non Philippi . ET MAL.47» DE FIN. qui voluptatem summum bonum esse decernit. Non elogia monumenCUI torum PLURIM. II. velut GENTES hoc ad. et quidquid ipsis expediat. proponet ad formarum . non cum ea parte animi.K id significant CONSENTIUNT . nisi quod is . primarium populi fuisse . non Themistoclis . non Alexandri . quos suis commodis inservituros. non eorum. quod praestantissimus fuisset in eonficiendis voluptatibus ? Ergo in iis adolescentibus bonam spem esse dicemus . portam POPULI :PRIMARUM Uwo ost fuisse virdm. lege nostrorum bominum . qui sunt ab Homero laudati . Lege laudationes. qui possunt esse beati. ut artifex callidus comparandarum voluptatum diceretur. Torquate. cur similem animi usum in sapiente esse nolitis ? XXXV. non Agesilai * non Aristidis . et magnam indolem . quam civis excellens ad factorum pulchritudinem ? Quae autem est alia causa erroris tanti . LIB.

Nous lisons sur une de nos portes : A celui que la voix publique a reconnu POUR AVOIR ETE LE PREMIER DES ROMAINS. s'ils sont heu reux. et votre école les admet. cœurs reconnaissais : tous les nœuds sont rompus. Torquatus. non des héros d'Homère. de Philippe. d'Alexandre. pour exécuter de belles figures . comment peuvent-ils être heureux . c'est-à-dire la partie la plus débile de la substance immatérielle? Je vous le demande . d'Aristide. Croyez-VOUS que tout le monde ait désigné Câlatinus comme le pre mier citoyen de Rome. mais cteux de nos Romains . les éloges. en effet : s'il est des dieux . de Thémistocle.DES BIENS ET DES MAUX. 473 art ? "Voilà donc un artiste qui . Ne . adieu . puisqu'ils ne jouissent d'aucune volupté corporelle? et . si commune? n'est-ce pas que celui qui a prononcé que le souverain bien con sistait dans la volupté . mais celle qui est le siège turbulent des passions . pourquoi ne pas admettre aussi chez le sage un bonheur spirituel ? XXXV. se proposera un objet plus noble qu'un grand citoyen qui voudra faire de belles actions ! Quelle est la source d'une erreur si étrange ej. Lisez. II. parce qu'il était le plus habile artisan de voluptés? Où sont les jeunes hommes dont le grand caractère nous donne de brillantes espérances? Les chercherons-nous parmi ceux qui nous paraissent disposés à tout sacrifier à l'idole de l'intérêt et du plai sir? Ne voyez-vous pas quelle horrible confusion résul terait de pareils principes ? adieu . non ceux de Cyrus. n'a pas consulté cette partie de l'âme où résident la raison et la sagesse . bienfaisance . Ce n'est pas là ce que portent les inscriptions de nos monumens. ceux de votre maison : vous ne verrez personne qui ait été loué pour son raffinement dans l'art des voluptés. d'Agésilas. sans ce genre de plaisir. LIV.

. sine doloris metu . cur non cadant in sapientem . LIB. tranquillitate degere omnem aetatem siue dolore. II. voluptate dominante. sed fieri non potest . perpetuisne malis voluptatibus perfruens in ea . ad quos ista referam . Maximas vero virtutes jacere omnes necesse est. non est facile defendere. nec gratia deberi videtur ei. Quod jam a me exspectare noli. quanquam aliquid ipse poterani . vel Herculis perpeti aerumuas: sic enim majores nostri labores non fugiendos . an quum de omnibus gentibus bene mererere . quod vos quidem adjungere soletis . qua3 . quam saepe usurpabas. cogeremque . quae pro salute gentium summo labore gessisset. qui suam ob causam commodaverit. Tute introspice in mentem tuam ipse. Exigerem ex te . Quae quum dixissem . Ac .. BON. Sunt etiam turpitudines plurimoe . ET MAL. Habeo . nisi vererer. eamque omni cogitatione pertractans . nisi bonestas natura plurimum valeat . percunctare ipse te. ne Herculem ipsum ea . si tuam ol> causam cuiquam commodes . voluptatis causa gessisse diceres. sed fœneratio . beneficium illud habendum est. Nec enim . quum opem indigentibus salutemque ferres. ne plura complectar (sunt enim innumerabilia) . tur? quanta confusio? Tollitur beneficium . inquit Torquatus . tristissimo tamen verbo aerumnas etiam in deo nominaverunt. et . ut responderes . tollitur gratia : quae sunt vincula concordiae. assumto etiam illo . bene laudata virtus voluptatis aditus intercludat necesse est.474 DE FIN.

et de mandez-vous ce que vous aimeriez le mieux. si la vertu descend de son haut rang. Torquatus. ou d'une vie tranquille passée dans le sein de la volupté. c'est trafic. n'attendez rien de moi. et. pour exprimer qu'il ne faut pas reculer de vant la peine. et quelle reconnaissance doit-on ù celui qui ne fait rien que pour soi3' ? Toutes les autres vertus tomberont aussi dans le mépris . il est inépuisable. il ne sera pas facile de prouver que des actions honteuses ne peuvent jamais être reprochées an sage. sans nulle douleur. 475 rendre service que dans son propre intérêt. dans laquelle vous tendriez une main secourable à tous les malheureux. si je ne craignais de vous entendre dire qu'Alcide lui-même rap portait à la volupté tant d'efforts entrepris pour le salut des peuples. Après que j'eus ainsi parlé : Je sais à qui rendre compte de cet entretien. bien que . Tel est le langage de nos pères. descen dez dans votre cœur. dussiez-vous subir toutes les douleurs qu'Hercule a souffertes dans ses tra vaux. Je n'épuiserai pas mon sujet. doit fermer la porte à la volupté. Ici. même en parlant d'un dieu. ce n'est plus bienfait. comme parle votre école. sondez-en tous les replis. mais j'ajouterai : La vertu .DES BIENS ET DES MAUX. ou d'une vie utile au monde. si l'on couronne la volupté. me dit Torquatus. même sans crainte de la douleur. H. et. pour mériter nos éloges. en supposant l'impossible. J'exigerais de vous une réponse. LIV.

finem fecimus et ambulandi . inquit arridens. ET MAL. Credo. LIB. quae modo audivi . hic stoicorum more nos vexat. quam te ab istis. hac quidem de re. Quae quum essent dicta. . Imo . quos dicis . et disputandi. BON. Posthac quidem. iniquum . quum optimos viros . Syronem dicis et Philodemum . audacius. . Nam haec ipsa mihi erunt in promtu. inquit . intelligis.76 DE FIN. Age sane. Tum Triarius . inquit. tum doctissimos homines. tamen invenire malo paratiores familiares nostros./. Recte . U. instructum videro. nec ante aggrediar. Triarium aliquid de nostra disseusione judicare. Tu enim ista lenius . Sed erat aequius. inquam.

mieux préparés que moi. vous. mais je n'attaquerai que quand vous aurez achevé de vous munir auprès des philosophes que vous nommez. Eh bien ! faites comme il vous plaira.77 je puisse vous présenter moi-même quelques objections . reprit-il. Mon audace. Vous voulez peut-être. il nous harcèle en vrai stoï cien. répondit Torquatus en souriant. Je vais m'armer de tout ce que je viens d'entendre. ces hommes de vertu et de science. Vous attaquez. Non pas. Vous avez deviné ma pensée . avec ménagement . lui dis-je. du moins sur cette matière. mais lui . repartis-je. mais il serait plus convenable que Triarius prononçât son jugement sur notre dispute. j'aime mieux confier ce soin à nos amis . . LIV.DES BIENS ET DES MAUX. Ces derniers mots terminèrent notre promenade et notre discussion. /. II. désigner par là Syron et Philodème32. dit alors Triarius. sera plus grande encore à l'avenir.

se coururent les Léontins . ) a. parce que vérité n'est jamais pour nous une certitude. « Plusieurs passages du traité des Maux et des Biens. en Sicile.NOTES. n II y vint pendant la guerré du Péloponnèse. Un disciple d'Empédocle porta l'art oratoire à Athènes : ce fut Gorgias de Leontium. n'attendez de moi ni des discours savans. et pour cet art heureux de sortir tout à coup du ton didactique par des mouvemens qui deviennent eux-mêmes des preuves. » [Biogra phie universelle. quand ils furent déployés devant la multitude. . aujourd'hui Lentini. et étonna la Grèce par son talent brillant et fécond. Cette école enseignait qu'il fallait suspendre son jugement sur toutes choses . Les habitans de Léontium l'avaient député pour implorer l'assistance des Athé niens. Arcésilas étudia d'abord sous Crantor et Polémon. Après la mort de ce dernier. Je ne suis pas un grand philosophe. CicÉnoN. art. Ce fut Gorgias . il quitta l'ancienne Académie. Ces frivoles ornemens étaient distribués dans des périodes tantôt assujéties à la même mesure . dit M. brillante et passionnée d'exposer la morale . pour cette manière. » ( Voyage du Jeune Anacharsis.) Gorgias eut cependant un mérite réel. Villemain. « Mon en fant . et j'aime tou jours la vérité. éblouis. le Léontin. Cette coutumefut négligée. forcèrent l'orateur à s'établir parmi eux . liv. et je me sou cie peu de l'être. etc. De ne pas me regarder comme un philosophe. tantôt distinguées par la même chute. et. et s'empressèrent de prendre chez lui des leçons de rhétorique. fondée par Platon. peuvent avoir servi de modèle à Rousseau . Mais j'ai quelquefois du bon sens. mais Arcésilas la renouvela. 3. et récita une harangue dans laquelle il avait entassé les figures les plus hardies et les expressions les plus pompeuses. » [Émile. iv: Profession de foi du vicaire savoyard). I. et ne rien affirmer. «' il posa les bases de celle qu'on appela depuis la nouvelle ou la moyenne Académie. ni de profonds raisonnemens. ils répandirent un si grand éclat que les Athéniens. il parut à la tribune.

Hiéronyme. il écrivit un traité sur la question qui lui avait été proposée. souffrir. Trabéa. je veux croire qu'il en est de même de ce que je n'entends pas. qui s'y trouvait. et le dernier de Térence. Il mourut à cinquante-trois ans . 479 4. 9. Victor» Le Clerc remarque que ce Trabéa était un ancien poète comique dont il ne reste qu'un petit nombre de fragnaens . 7. Diogène de Laërte range ces philosophes parmi les péripatéticiens. annéesHéraclite après Pythagore. le premier est de Cécilius. moins les deux premières lettres. 6. Des deux vers qu'il rapporte ensuite. est plein de force. dans la Vie de Socrate . était d'Ephèse. raconte qu'Euripide lui montra quelques ouvrages d'Héraclite. le Rhodien. réputation Comme chez quelques Heraclite. Dans la Fie d'Arcésilas. Cicéron a suivi cette méthode dans les cinq livres de ses Tusculanes. Ce dialecticien célèbre était d'une ville de Carie. en 10. Calliphon. sept ans avant son maître. entre autres le premier 'vers cité ici par l'auteur. Étymologie douteuse. Jucundum vient de juvare. M. » 1 1. mais il conçut . mais ce mot. et dolere. Est-ce comme disciple d'Aristote? est-ce seulement parce qu'il aurait suivi en partie sa doctrine? Il mettait le souverain bien à n'avoir aucune douleur. Entre la volupté et l'indolence. Stilpon. 8. L'Athénien Métrodore fut le principal disciple et le plus intime ami d'Épicure. Diogène et il fut de Laërte . 5. qui fut historien.Et aujourd'hui encore. des questions auxquelles.NOTES. absence de la douleur. et lui en demanda son sentiment : «. Il demanda du temps : de là le surnom de Kpo'voç ( temporiseur). Je suis obligé d'employer ici ce mot dans le sens qui résulte de son étymologie : in privatif. Depuis le jour qui commença leur liaison. o'voç (âne). en présence du roi. Il vint à la cour de Ptolémée Soter. Ce que je comprends. il ne se sépara de lui que pendant six mois. Métrodore. dit-on. tel est l'usage de l'académie. Telle fut l'origine d'une épigramme dont le sens était que son vrai nom n'était pas Kpo'voî. il ne put répondre. lui adressa. Il ne faut pas le confondre avec Hiéronyme de Candie . Quelque temps après. répondit le sage.

/. » Patella . Voici le proverbe la tin : « Itn non religiosi . « Le chef des sceptiques fut Pyrrhon d'Elée. était une comédie de Ménandre. avec lequel il assista à l'expédition d'Alexandre. Entendre parler Curius. Il naquit avant Epicure. j'ai cru devoir suivre la rédaction scrupuleuse de Goerenz. selon Aide Manuce. un si grand dépit de n'y avoir pu répondre sur-le-champ. Ses compatriotes lui con fièrent la charge de grand-pontife. aucune connaissance positive qu'on puisse acquérir par les sens et le raisonnement. et ne le trouvant ni dans le dogmatisme de Démocrite. 14. Recherchant un premier principe de toute connaissance humaine. Ils l'estimaient tellement qu en son honneur ils accordèrent l'immunité à tous les philosophes. vainqueur des Sabins et de Pyrrhus. qu'on prétend qu'il en mourut de douleur. se . et mourut à l'âge de quatre-vingtdix ans. 15. x. — Voyez h cinquantième lettre à Atticus. ni dans la dialec tique des philosophes de Mégare . D'Hérillus. qui ne reconnaissait comme existant que les atomes. Après s'être appliqué à la peinture . 16.trouve dans la suspension de tout . ut edant de patella. et devint le disciple d'Anaxarque. C'est le proverbe français . Chaque mets arrivait bien préparé. Curius Dentatus . bien cuit. il se jeta dans la phi losophie. Diogène de Laërte. Le but de la scep tique. traduite par Cécilius. Pour manger dans les bassins sacrés. petit bassin où l'on mettait quelque partie de la victime. 11. Les Maximes fondamentales.— Si peu scrupuleux. du moins. dans sa fie d'Epicure. liv. ou. — Hymnis. ni dans les jeux d'es prit des sophistes. a recueilli ces maximes. xm. Pyrrhon finit par se persuader qu'il n'existe aucune vérité. i4*.8o NOTES. en Sicile. prendre jusque sur Vautel. Pour plusieurs de ces citations poétiques dont Cicéron se plait à semer sa prose . ou le souverain bien. qui prouvaient alternativement la vérité et la fausseté de toute proposition . et eut l'occasion de connaître la philo sophie des Perses et celle des Indiens. 1 3. célèbre" par sa frugalité et son désintéres sement. qu'ils mangeraient de ce qu'on offre dans des vases aux dieux.

mais il différait d'opinion avec ce lui-ci aussi bien qu'avec Zénon . et quelques élèves de Socrate . Non celle d'Aristippe. ou plutôt de celui qui le rédigea en système. mais qu'elle est le seul bien. Zénon avait déclaré que la vertu était le souverain bien. Pour y parve nir.««. — Hérillus. en accordant une valeur plus ou moins grande aux choses placées entre les deux extrêmes. tom. Ses écrits ren fermaient quelques morceaux dirigés contre Zénon . avaient été de véritables sceptiques . Disciple de Zénon . dont il fut le fondateur. que le sage seul se propose. de la Lit-' térat. et que tout le reste est parfaitement indif férent. et s'exprima en sceptique sur l'existence de la divinité. Il en rejeta . vers lequel court le commun des hommes. grecque. dans le calme de l'âme et l'indifférence. du nom de son auteur. et aussi philosophe péripatéti cien . la partie dialectique et physique. dans la suite. dit encore M. philosophe péripatéticien et géographe . vers lequel tendent les efforts des hommes .) — Il y eut trois Ariston : l'un d'Alexandrie . 17. enfin Ariston de Chio. car Héraclite. examen. déclarant que la vertu n'est pas seulement le souverain bien . ou motifs de doute. 3i . en admettant un double but. C'est ce dernier dont il est question ici. et les pyrrhonistes se regardaient comme des socraticiens. Pyrrhon proposa dix moyens appelés xpo'xoi twox. et qui est la science. ou pyrrhonisme. M. et maître du célèbre Ératosthène . ils sont perdus . Le Clerc. et la secte des hérilliens . S'écarter du texte de M. et un but d'un ordre inférieur. les sophistes.NOTES. furent portés à quinze. si l'on peut appeler ainsi une doctrine qui rejetait tout système. Cette doctrine trouva beaucoup d'approbateurs. il ne resta pas long-temps fidèle an système des stoïciens. et ne peut influer sur la félicité du sage. 3/(2. Hist. m . mais il avait admis différens degrés dans la ligne qui sépare la vertu du vice. fut appelé scepticisme . » (SchOeix. savoir. Le Clerc lit ici : « Ut voluptatem illam [Aristippi] in prima xxvii. de Garthage. de oxsijiiç'. un but absolu. Ariston renversa tous ces degrés. Schœll. pag. qui. Ce nouveau système. un autre de Céos . et furent com battus par Cléanthe . s'éteignit avec lui. poète épigrammatique . 481 jugement . et le vice le seul mal. s'ac cordait avec Ariston sur l'indifférence de tout ce qui est un mi lieu entre la vertu et le vice . c'est s'imposer l'obligation de motiver le choix que l'on a fait.

» (Pascal. l'uni vers n'en sait rien. Scribae sane si semel turbant . le plus faible de la nature : mais c'est un roseau pensant. une goutte d'eau suffit pour le tuer. non Aristippi. m . Avec lui . C'est de là qu'il faut nous relever. omissa sit. Et dieu mortel. C'est un jeu qui est encore fort en usage à Rome parmi le peuple. giuocare. Ainsi . deviner combien celui contre qui il joue a de doigts étendus ou repliés. et je transcris ici. l'un. Voyez Traité des Devoirs. Le Clerc. les ténèbres. pour gagner. doit. Aristippi in TIrsini cod. n. la note de ce savant. dit Platon. 4i. l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue. Le jour. et l'avantage que l'univers a sur lui . ou quatre. comme il lui plaît. dans le même temps. . ofare alla mora. 5. ut illam. 20. toute notre dignité consiste dans la pen sée. et l'auteur fait allusion à ce jeu de la mourre [de Offic. ou trois . itemque apud P. probante etiam Cratandria. Quod mirum videri non débet. Nostri cum vulgata' faciunt. non. a3 . Mais . pour les philologues. Unura dubitamus. dit M. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser. Une vapeur. » J'ai préféré la leçon de Goerenz . les deux joueurs sont obligés de s'en rapporter à leur bonne-foi. « L'homme n'est qu'un ro seau. in uno peccato non ferc acquiescunt./. de Divinat. Vulgata ferenda minime est. ou toute une main. Quae ratio alteri praeferenda est qua v. Cicero haec in contextu. quam ut non in codd. etc. Quicum in tenebris . De deux hommes qui y veulent jouer.). an verus hic verborum oçdo dici possit : nisi enim penitus fallimur. quum nihil saepius occurrat. Quant au proverbe suivant . « Addidimus cum Davis. scripsisset. les témoins pro noncent. parce qu'il sait qu'il meurt . et l'autre.) 19. élève tout d'un coup un doigt ou deux . 19) . quand l'univers l'écra serait. La nuit. tenant derrière lui la main fermée . i. et la note. » 18. non de l'espace et de la du rée. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la mo rale.. il est cité encore {de Offic. quippe quum contexta: tenori ex asse adversetur. commendatione poneret. voluptatem . Putamus igitur voluptatem ex glossa adhaerere : sic locus egregie coibit. pour la pensée. La vue. Marsum magis vage omittitur. m . et Bremio ex Eliensi .8a NOTES.

portée l'an de Rome 584. Cette loi. et conclut avec eux une paix honteuse. droit que le sénat se réserva dans les der niers temps . L'illustre auteur de l'Iconographie ter mine ainsi l'exposé de son opinion : « Rendons honneur à la mé moire de ce respectable Romain : si nous ne pouvons l'excuser en tièrement sur les manières dures dont les historiens l'accusent. elle préférera . m. . Michelet. 146. Ces lois ne lièrent d'abord que les plébéiens. les honneurs d'un triomphe à décerner sur le refus du sénat (Tite-Live. fourberie qui fut blâmée par la république. Les plébiscites avaient pour objet différentes affaires . 63 ) . son amour pour la patrie. io). Un méchant habile. les privilèges de citoyen à accorder. pag. Tout le monde sait ce que l'on raconte d'Atilius Regulus. appliquée aux faits qui concernent ce per sonnage. et. les dispenses des lois. 483 ai. En vertu d'un plébiscite. 1. Regulus. tom. admirons au moins sa valeur. Pompée fut vaincu par les Ntrmantins. Dans le traité. irepartie. M. Premier membre de sa famille parvenu au consulat. 2. La loi Voconia. sa confiance dans les destinées des Romains : admirons encore plus ses mœurs simples et frugales. sans hésiter. tribun du peuple. ad Cornel. de Golbéry. plebeio magistratu rogante ) . depuis l'an 3o6. 24. Ascon. 23. § 6). etc. comme jut Pompée. xxvi. C'est pour éluder cette disposition. Q. telles qu'un traité de paix (Tite-Live. que l'usage des fidéicommis s'introduisit chez les Romains. 21 ). in Cic. comme une de ses prérogatives . elles atteignirent tout le peuple romain (Tite-Live.) 22. m . Festus. dans l'exercice de la plus haute magistrature. est beaucoup moins connue.. il avait eu l'adresse de glisser des termes ambigus. si l'on veut . par tribus .NOTES. étaient appelées plebiscita ( quœ plebs suo suffragio sine patribus jussit . par Adam. le commandement à donner aux gé néraux pour le jour de leurs triomphes (Tite-Live. Vat Voconius Saxa. mais la critique historique. Les lois qui étaient faites dans les comices. On peut consulter avec fruit un excellent article de Visconti ( Iconographie romaine. excluait les filles des grandes successions de leurs pères. 55). A votrefortuné mortel. mais. {Antiquités romaines. ch. xxxiii. tra duite par M. et l'Histoire romaine de Nieburh. mais ces sons de l'envisager comme le martyr de sa religion pour le ser3i. et son amour pour la pauvreté.

A l'âge de quatre-vingts ans. et l'en thousiasme de la philosophie lui tenait lieu de tout. La nuit. mais bien avec des roses. pour moudre son blé. presque mourant. Od.484 ' NOTES. Parle comme Pison Frugi. le philosophe la reçut. Pison fut surnommé Frugi. soit autour des coupes. Stobéè nous a conservé de lui un Hymne à Jupiter. ensuite il se mit sous la conduite de Zénon. et comme la victime la plus courageuse et la plus ferme qui se soit jamais dévouée à son attachement pour ses principes.) ' 26. 5. Ce mot vient de rajwîXia . Cette image tracée avec tant de justesse par Cléanthe. parmi lesquels Cicéron cite surtout un Traité de la Volupté. » 25. et la dis tribua sur-le-champ. il se louait à un jardinier pour tirer de l'eau . ment. fut la disciple et l'amie d'Epicure. il reçoit une lettre par laquelle un ami lui demande un service. Il quitta l'arène pour suivre les leçons de Cratès le Cynique. après avoir passé deux jours sans manger . Cléanthe. il prit la résolution de se laisser mourir. femme de Léontée. placées soit dans les cheveux. C'est l'ex pression grecque iv <rr«<pâvoioiv. 27. après avoir été pendant dix-huit ans le disciple de Zénon. 28. en Troade. fille de Zoïle. Le roi Antigone lui ayant en voyé une somme considérable. Sa pauvreté lui était devenue chère. Il est assez probable que les mots in rosa ne signifient pas . remarquable par la magnificence des idées. Du nom de la seule Thémista? Thémista. pour se guérir d'un mal aux gencives . . d'Assus. février). il avait été d'abord athlète. qui disparut par ce moyen. comme on tra duit communément. ou à une boulangère. 2y. Au mois de Gaméliou. Cependant. huitième mois athénien (janvier. L'antiquité s'accorde à le regarder comme le plus vertueux des stoïciens. i. de Lampsaque. disant à ses amis qu'il était trop avancé pour reculer. sur un lit de roses. Gamélion . fêles nuptiales. Que Thorius buvant la tête couronnée de roses. rend le ser vice. Né dans la pauvreté. ( Voyez Mitscherlich sur Horace. et une Rhétorique. fut son successeur. Cléanthe avait laissé de nombreux ouvrages. aussitôt il se fait apporter de la nourriture. à cause de sa grande sobriété. et se remet à mourir.

philosophe épicurien . si vous feignez de donner pour vendre ensuite à votre mot. vous usez de fraude : c'est d'être gratuits qui les rend inestimables. autre sectateur d'Épicure . Toutes ces théo ries. ami de Cicéron. sans égard à ses destinées futures : triste et vaine philosophie. si les bienfaits à usure étaient moins communs. 31. Philodème. elles ne considèrent l'homme que dans l'état présent. liv. qui vient se briser contre l'écueil de la mort! FIN DU VINGT. reposent sur les bases les plus frêles : vides d'espérance. dit Rousseau.) 3a. Rome. mais. » [Emile . depuis que l'homme a perdu le vrai bien . Fous voulezpeut-être désignerpar là Syron et Philodèrne ? Syron. C'est que. Et quelle reconnaissance doit-on avoir à celui qui ne fait rien que pour soi? « L'ingratitude serait plus rare. cessez Ce sont des vers d'Ennius. dit encore M. mais l'intérêt y est : il y a moins d'obligés ingrats que de bienfaiteurs intéressés. On aime ce qui nous fait du bien. tout également peut lui paraître tel. c'est un sentiment si naturel! L'ingratitude n'est pas dans le cœur de l'homme. . Cessez. de la Mennais. qui avait fait un poème à la louange de Scipion l'Africain. Varron compte près de trois cents systèmes sur le souverain bien.NOTES. selon la pensée de Pascal.SEPTIÈME VOXUME. îv. auteur de quelques livres de philosophie et de poésies amoureuses. Si vous me ven dez vos dons. je marchanderai sur le prix. 485 30.

Notes Introduction Livre II Notes Des vrais Biens et des vrais Maux. Introduction Livre I . a 1 54 6a 65 2 5 /t 268 271 3 44 55i 478 . Introduction Livre I Notes Livre II Notes : Pages. Académiques.TABLE DES MATIÈRES.