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Aix-en-Provence, le 21 Novembre 2016

Hervé GUERRERA
Conseiller Municipal
8 Av Montfleuri
13090 Aix-en-Provence
Madame la Maire
D’Aix-en-Provence
Objet : Recours gracieux contre la délibération : Identifiant : 013-211300017-20160923lmc196835-DE-1-1 « PARC RAMBOT - CREATION DU PARKING DES PRECHEURS AUTORISATION DE DEPOT DE DEMANDES D'AUTORISATION D'URBANISME ET
REGLEMENTAIRES » - Date de signature : 27/09/2016 - Date de réception : mardi 27 septembre

Madame la Maire ;

Vu la délibération du Conseil Municipal d’Aix-en-Provence du 27 Septembre 1859 et le testament
de Monsieur Gustave Bruno Rambot annexés à la présente ;
Vu les articles 900-2 à 900-8 du code civil ;
Vu le Plan de Déplacements Urbains 2015>2025 (PDU) approuvé par le Conseil Communautaire
de la Communauté du Pays d’Aix du 17 Décembre 2015 ;
Vu le Plan Local d’Urbanisme de la Ville d’Aix-en-Provence approuvé par délibération du Conseil
municipal le 23 juillet 2015 ;
Vu les articles L 123-2 a et R 123-12 4 b du Code de l’urbanisme ;
Vu la Loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996 sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie ;

Je viens, par la présente, vous demander l’annulation de la délibération citée en objet aux
motifs de :
 Une interdiction clairement posée par le code civil
C’est par décision du 27 Septembre 1859 que le conseil Municipal, présidé par le Maire Emile
Rigaud acceptait le legs de Monsieur Gustave Bruno Rambot. La ville, manifestant sa volonté
de satisfaire toutes les conditions attachées au legs par le testateur, rentrait alors en jouissance
du jardin de 1000 m2 dénommé « enclos de Beaufort » que possédait Monsieur Rambot au
Cours Saint Louis, actuel Cours des Arts et Métiers.

Les conditions du legs furent particulièrement explicites, la délibération de la ville reprenant les
éléments du testament : « Ce legs a été fait à la condition expresse que le jardin serait
consacré à une promenade publique ou plutôt à un jardin public d’agrément avec des
ombrages variés, des labyrinthes, des massifs, des kiosques, etc… afin que les goûts de loisir
ou d’étude puissent y trouver dans les journées d’été la solitude et la fraîcheur favorables à la
causerie, à la lecture ou à la méditation. Le bâtiment [qui faisait partie du legs et qui est
aujourd’hui disparu] sera destiné à contenir des collections scientifiques telles que Musée
d’Histoire Naturelle ou d’Archéologie herbiers, etc. »

Outre d’être toujours d’actualité sur ces derniers points, l’archéologie comme le Muséum restent
en attente de lieux définitifs, la clairvoyance et la vigilance de Monsieur Rambot sont
particulièrement aiguisées. Il ajoute « Une plaque [ …] devra être placée […] vis-à-vis de
l’avenue pour indiquer le nom du donateur et sa double destination ci-dessus indiquée afin
qu’elle ne soit pas dénaturée par la suite. »

Voilà pourquoi furent gravées, sur tous les piliers d’entrée du parc, les mentions de « Parc
Rambot » rendant ainsi hommage au geste du généreux donateur. Pour être complet sur ce
point il nous faut dire que 3000 mètre carrés, au vis-à-vis de la rue Nostradamus, ont été ajoutés
à l’enclos Beaufort, les deux formant le Parc tels que les visiteurs et les familles peuvent le voir
aujourd’hui.

En matière de legs, les legs font l’objet des articles 900-2 à 900-8 du code civil, toute
municipalité dispose d’un délai de 10 ans (Article 900-5) après la mort du disposant
pour
changer la destination d’une donation. Elle doit le faire aux termes d’une procédure précise. Audelà de ce délai, largement dépassé à ce jour pour le legs Rambot, le legs est acquis dans les
conditions voulues par le testateur et acceptées par la Municipalité.

La délibération incriminée par la présente pose donc un lourd problème de droit. Même si par
une argutie la délibération précise que l’ouvrage sera réalisé au « tréfonds du Parc Rambot » et
qu’il permettra « de conserver en surface l'usage de jardin public du Parc Rambot ».

Que faites-vous Madame la Maire de l’invitation à la fraîcheur explicitement voulue par le
testateur. Qu’en resterait-il avec votre parking ?

Un toit végétalisé ne sera jamais un véritable jardin tel que l’a voulu Mr Rambot et tel que la ville
l’a accepté ? Nous sommes là dans la « dénaturation », si je puis dire, dont la ville, comme le
légataire se prémunissait en 1859 !

Et puis comment pourrait-on réinstaller un jardin avec des jeux d’enfants, des poussettes, des
mamans à côté d’extracteurs crachant des polluants de toutes sortes ?

Pour réaliser l’ouvrage vous serez bien obligée de supprimer le jardin actuel, les plantations, les
arbres et notamment des micoucouliers et cela serait en totale contradiction avec le legs comme
ne manqueraient pas de le noter les institutions chargées dans ce pays de faire respecter le
droit !

La délibération citée en objet change donc la destination du legs ce qui est strictement
interdit par le code civil.

 Une contradiction flagrante avec le Plan de Déplacements Urbains (PDU).

La contradiction avec le l’objectif numéro 2 du PDU, voté en Décembre 2015 par la Communauté
du Pays d’Aix est flagrante. Cet objectif vise à RÉDUIRE L’USAGE DE LA VOITURE ET MIEUX
ORGANISER LES LIVRAISONS. « Aujourd’hui, les opinions publiques sont plus favorables
qu’on ne le croit à la réduction du stationnement en ville. 79% des personnes sondées au cours
de l’enquête ménages déplacements en 2009 étaient d’accord pour dire que la voiture en ville
n’est pas nécessaire. Quand le stationnement est difficile, cher ou impossible, les études
montrent que l’on utilise deux fois moins sa voiture». Cet objectif du PDU est structuré autour de
deux grands axes « Créer du stationnement en périphérie, pour plus d’intermodalité et ainsi
faciliter le rabattement des automobilistes vers le transport collectif d’une part et d’autre part le
limiter en centre-ville ».

Et la contradiction avec le PDU ne s’arrête pas là. Citons encore le PDU. « La ville d’Aix-enProvence va supprimer plus de 400 places de stationnement dans le cadre du réaménagement
du centre-ville et de l’extension de la semi piétonisation, sur les places des Prêcheurs et de la
Madeleine, sur les rues Portalis, Verdun et Lacepède. Cette suppression d’ampleur va
s’accompagner de la création de places de substitution pour les résidants à proximité du cours
des arts et métiers. ».

Dans le PDU il n’est absolument pas question de créer un nouveau parking.

 Une imprécision totale sur l’environnement, le coût de l’ouvrage et une contradiction
totale dans le nombre de places
La délibération propose, à l’initiative de la SEMEPA de réaliser un parc souterrain de 300 puis
plus loin de 400 places, les deux chiffres figurant de façon totalement contradictoire dans
la délibération, sur 4 niveaux. Cette proposition n’est accompagnée d’aucune étude portant sur
les qualités des sols à perforer, les veines hydrauliques potentiellement présentes. Aucun macro
chiffrage du coût de l’ouvrage n’est présent.

Comment croire que la SEMEPA ne dispose pas de ces données et pourquoi ne sont-elles pas
rendues publiques ? Rappelons que d’autres études avaient conclu, à cause des mouvements

d’écoulement d’eau à cet endroit, qu’il n’était pas possible, voire dangereux d’envisager une
infrastructure souterraine à cet endroit-là.
 La redondance avec un équipement existant
Cette nouvelle localisation du parking, improvisée au cours d’une réunion publique tumultueuse
et suite à une mobilisation salutaire pour sauver nos platanes d’alignement, nous rapproche
encore, à quelques dizaines de mètres, du parc de stationnement Rambot. L’utilisation
optimale de ce dernier éviterait aux Aixois d’avoir à débourser plusieurs fois des millions d’euros
pour la même infrastructure. Le coût du parking Rambot, inauguré en 2009 ce n’est pas si vieux,
était de 9 Millions HT. Il nous faut en faire une utilisation optimale.
Rappelons aussi, et il y a urgence à agir eu égard aux défis posés par la requalification des
places à la commercialité du quartier, la proposition de faire, à partir de l’entrée du Parc Rambot
une allée soit négociée avec les Arts et Métiers et donc au cœur de l’école ou bien sur les voies
existantes.
Allée qui permettrait aux vélos, aux piétons et à des « Super diablines » de relier, en moins de
3 minutes, le cœur commerçant du quartier comtal. Ce passage Agard du 21ième siècle
redonnerait « de l’oxygène » aux commerces de ce quartier « Palais Précheurs » qui souffre à
la fois de la concurrence des Allées provençales, mais encore plus de la perte des marchés et
des nuisances des chantiers.
 Le non-respect de la loi sur l’Air
La législation stipule que chacun a le droit de respirer un air qui ne nuise pas à santé. AirPaca
classait, déjà en 2010, cette zone urbaine dans la catégorie des espaces dépassant les limites
d’émission pour le dioxyde d’azote, pour le benzène et les particules inférieures à 10 microns.
L’infrastructure, dont la délibération est l’objet, ne viendrait que dégrader un air qui n’avait pas
besoin de cela pour être hors normes.
 La contradiction avec le PLU en l’état
Le Parc Rambot est situé en zone UI, zone urbaine d’intensification, qui a pour vocation de
favoriser le renouvellement urbain le long des axes structurants en prolongeant le tissu continu,
tout en conservant des espaces de respiration en cœur d’îlot. La zone UI favorise la
diversification des fonctions urbaines et la mixité de l’habitat.
Le Parc Rambot est intégré, pour les parcelles concernées, dans une partie de cette zone UI
appelée « secteur d’attente de projet ». C’est en fait une servitude d’inconstructibilité pour 5 ans
maximum imposée par le PLU sur le secteur. La Ville prévoirait, à terme sur ce secteur, un projet
d’aménagement global. Elle « gèle », dans l’attente et à quelques exceptions près, toute
construction afin de ne pas obérer le futur projet. Il s’agit de l’application des articles L 123-2 a
et R 123-12 4 b du Code de l’urbanisme.
Pour « sortir » de cette situation, le PLU devrait être au minimum modifié ce qui nécessitera du
temps alors qu’il y a urgence à agir. De plus les procédures de modification recréent des aléas
juridiques et sont susceptibles de recours devant les juridictions compétentes. Les délais induits
par ces procédures sont là encore contradictoires avec l’obligation de trouver des solutions
rapides aux problèmes posés par le stationnement.

Aussi, pour toutes les raisons ci-dessus explicitées et compte tenu de l’aléa juridique, technique,
financier, des impacts écologiques et humains de la délibération; pour que la parole et la mémoire
de nos anciens soient respectées, pour que nos enfants continuent de jouir d’un vrai parc je vous
demande Madame la Maire, par la présente et avec la plus grande insistance, d’annuler la
délibération citée en sujet.
Il est temps d’engager notre ville dans de vraies solutions de mobilité alternatives qui apportent
des réponses durables aux légitimes questions posées par les commerçants et les habitants.

Hervé GUERRERA

Délibération du Conseil Municipal d’Aix-en-Provence du 27 Septembre 1859

Testament de Monsieur Gustave Bruno Rambot