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2010

Solennité de la Très Sainte Trinité
par Mgr Jacques Masson Introduction L’Evangile de Saint Mathieu se termine par l’envoi solennel de Jésus dans le monde entier, pour enseigner les nations, et les baptiser au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (Matthieu 28, 19). Il s’agit bien des trois Personnes divines, mais le nom de “Trinité” n’est pas prononcé. Il ne l’est pas non plus dans les autres Evangiles, et moins encore dans l’Ancien Testament. Dom Guéranger fait remarquer à ce sujet : « Nous avons vu les saints Apôtres, au jour de la Pentecôte, recevoir l'effusion de l’Esprit-Saint, et bientôt, fidèles à l’ordre du Maître, ils vont partir pour aller enseigner toutes les nations, et baptiser les hommes au nom de la Sainte Trinité. Il était donc juste que la solennité qui a pour but d'honorer Dieu unique en trois personnes suivît immédiatement celle de la Pentecôte à laquelle elle s'enchaîne par un lien mystérieux. Cependant, ce n'est qu'après de longs siècles qu'elle est venue s'inscrire sur le Cycle de l'Année liturgique, qui va se complétant par le cours des âges » (Année Liturgique, temps après la Pentecôte). Comment et quand est “née” la Sainte Trinité ? Posée sous cette forme, cette question surprendra certainement, car nous savons et croyons tous que Dieu est Eternel. Mais, dans l’Ancien Testament, nous voyons surtout Dieu Père, dans le Nouveau Testament Dieu Fils, avec l’annonce du Paraclet du Saint-Esprit. Il semblerait que la Trinité soit “née” au cours des millénaires et des siècles, selon les circonstances, avec l’apparition de Dieu à Abraham, avec l’Incarnation, avec la Pentecôte. C’est pour quoi il m’a semblé important d’aller voir si, dans l’Ancien Testament, on ne trouverait pas des allusions, des annonces de ces trois personnes appelées “Dieu”, qui plus est : “Dieu unique”, “un seul Dieu”.

Repères

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit je Vo u s a d o re profondément et je Vous offre les très précieux Co r p s, S a n g,  m e e t Divinité de JésusChrist, Présent dans tous les tabernacles de la terre, e n r é p a ra t i o n d e s outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du Cœ u r Im m a c u l é d e Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs. [Prière enseignée par l’Ange en 1916 aux trois voyants de Fatima]

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LA GENÈSE Dès le début de la Bible, la Genèse nous présente le récit de la création du monde, puis de l’homme et de la femme : Genèse, chapitre 1 :
1. Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. 3. Dieu dit : Que la lumière soit et la lumière fut. 6. Dieu dit : Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux et qu'il sépare les eaux d'avec les eaux et il en fut ainsi. 9. Dieu dit : Que les eaux qui sont sous le ciel s'amassent en une seule masse et qu'apparaisse le continent et il en fut ainsi. 11. Dieu dit : Que la terre verdisse de verdure : des herbes portant semence et des arbres fruitiers donnant sur la terre selon leur espèce des fruits contenant leur semence et il en fut ainsi. 14. Dieu dit : Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit; qu'ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années; 20. Dieu dit : Que les eaux grouillent d'un grouillement d'êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre contre le firmament du ciel et il en fut ainsi. 24. Dieu dit : Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce : bestiaux, bestioles, bêtes sauvages selon leur espèce et il en fut ainsi.

Le Créateur est appelé du seul nom de “DIEU”. Et, dans la création des éléments qui composent le monde, ce Créateur crée toutes choses par sa Parole. La formule utilisée est « DIEU DIT », répétée sept fois. Ce chiffre sept semble indiquer que la création non seulement est parfaite que tout est bon, comme le déclare le texte ; mais il peut aussi indiquer que la création du monde matériel est menée à son terme, qu’elle est terminée. Le texte se poursuit pour passer à ce qui ressemble fort à une autre création, je dirais, à une autre forme de création, à une création nouvelle. En effet, si l’expression employée est la même « DIEU DIT », une “précision” est ajoutée, et le texte explique le pourquoi de cette précision. Voyons le verset 25 : Genèse chapitre 1, 26 :
Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu'ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre.

Le ton a changé : certes, c’est la Parole toute puissante de Dieu qui va créer quelque chose de nouveau, en disant : « FAISONS », qui, n’est pas un singulier, mais un pluriel qui n’a rien d’un pluriel de majesté, car il indique le caractère exceptionnel de cette nouvelle création, de cette nouvelle créature : elle est faite à « NOTRE image », à « NOTRE ressemblance » : elle possède quelque chose qui la rend proche, qui l’unit et la relie de manière particulière et exceptionnelle à ce Créateur à ce Dieu qui a dit : « Faisons ». De plus, l’homme reçoit en quelque sorte une participation au privilège divin du Créateur, qui lui donne mission de dominer sur toute la création. FAISONS ? Ce n’est plus simplement DIEU DIT »… Une pierre d’attente. Une première piste de réflexion. D’autant plus qu’il y a, dès le début, cette mention mystérieuse :

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Genèse, chapitre 2,2 :
« Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l'abîme, l’esprit de Dieu planait sur les eaux. »

Dans sa note (c) la Bible de Jérusalem écrit à propos de la parole “esprit” : « Comme l’oiseau qui vole au-dessus du nid où sont ses petits ». Ce qui renforce la compréhension que l’homme, créé par Dieu, a bien une place privilégiée dans cette création : il est le « petit » de Dieu. Il a avec Lui un rapport particulier, que n’a pas le reste de la Création. Ce qui explique l’intimité entre Dieu et Adam et Eve, qui parlent avec Dieu, dans le Paradis Terrestre. Abraham Faisons brièvement connaissance avec la famille d’Abraham : Genèse chapitre 11 :
27. Voici la descendance de Térah : Térah engendra Abram, Nahor et Harân. Harân engendra Lot. 28. Harân mourut en présence de son père Térah dans son pays natal, Ur des Chaldéens. 29. Abram et Nahor se marièrent : la femme d'Abram s'appelait Saraï; la femme de Nahor s'appelait Milka, fille de Harân, qui était le père de Milka et de Yiska. 30. Or Saraï était stérile : elle n'avait pas d'enfant. 31. Térah prit son fils Abram, son petit-fils Lot, fils de Harân, et sa bru Saraï, femme d'Abram. Il les fit sortir d'Ur des Chaldéens pour aller au pays de Canaan, mais, arrivés à Harân, ils s'y établirent.

Abraham qui s’appelait alors Abram, habitait tout d’abord la ville de Ur en Chaldée (BasseMésopotamie), puis celle de Harân (nord-ouest de la Mésopotamie). La Mésopotamie était une région que l’on appellerait « païenne », car elle adorait de nombreux dieux, des idoles. Mais, un jour, Dieu parle à Abraham, et lui demande de quitter Harân avec sa famille et ses troupeaux pour aller à l’endroit que Dieu lui désignera. Dieu lui promet de faire de lui une grand peuple, de le bénir, de magnifier son nom qui servira de bénédiction. Par lui seront bénies toutes les nations (cf. Genèse 12, 2-3). Alors, Abram part avec sa femme Saraï, son neveu Lot, et tout ce qu’il possède, et se dirige vers le Pays de Canaan (Genèse 12, 5). J’invite le lecteur à lire dans le Livre de l’Exode, à partir du chapitre 12, (le 2ème livre de la Bible) les pérégrinations d’Abram-Abraham, en Egypte et dans tout le pays de Canaan, et ses “aventures” familiales, avec son neveu Lot, avec sa servante et son fils Ismaël, son intercession en faveur de Sodome, l’épreuve avec Isaac son fils unique que Dieu lui demande d’immoler, selon les coutumes du pays dont Abram était originaire. On voit Abram parler aisément avec « le Seigneur » qu’il ne connaît pas encore, dont il ne connaît pas le nom, qui sera révélé à Moïse sept siècles plus tard, mais qui lui dit pourtant « Je suis le Seigneur Dieu qui t’ai fait sortir d’Ur des Chaldéens pour te donner ce pays en possession » (Genèse 15, 7) sans lui révéler son Nom, et sans lui révéler qu’il est le Dieu Unique.

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Mais le contexte donne l’impression que c’est un dialogue entre deux « personnes », Abraham et Dieu qui se présente comme un Dieu Puissant, pour ne pas encore dire tout-puissant et unique. Et Abraham ne semble avoir aucun hésitation à écouter Dieu, même quand il lui demande d’immoler son fils. Qui plus est, nous dit le texte de la Genèse, après que Dieu lui eut promis une descendance, Abraham passa la montagne, à l’orient de Béthel, y dressa sa tente, ayant Bethel à l’ouest et Aï à l’est. Sichem est un lieu saint situé à environ 90 km au nord de ce qui sera Jérusalem. L’endroit où Abraham installa ensuite sa tente est situé plus au sud, à 20 km au nord-est de Jérusalem. C’est là que « Abraham bâtit un autel au Seigneur et invoqua son Nom » (cf. Genèse 12, 6-8). Quel nom ? Nous ne le savons pas. Plus tard, Abraham reçoit un jour une visite singulière et fort significative, et par sa rédaction, et par les personnages présentés, mais surtout par le mélange du pluriel et du singulier dans la conversation : Dieu apparaît à Abraham au Chêne de Mambré : Genèse chapitre 18 :
1. Le Seigneur lui apparut au Chêne de Mambré, tandis qu'il était assis à l'entrée de la tente, au plus chaud du jour. 2. Ayant levé les yeux, voilà qu'il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui; dès qu'il les vit, il courut de l'entrée de la Tente à leur rencontre et se prosterna à terre. 3. Il dit : Monseigneur, je t'en prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t'arrêter. 4. Qu'on apporte un peu d'eau, vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l'arbre. 5. Que j'aille chercher un morceau de pain et vous vous réconforterez le cœur avant d'aller plus loin; c'est bien pour cela que vous êtes passés près de votre serviteur ! Ils répondirent : Fais donc comme tu as dit. 6. Abraham se hâta vers la tente auprès de Sara et dit : Prends vite trois boisseaux de farine, de fleur de farine, pétris et fais des galettes. 7. Puis Abraham courut au troupeau et prit un veau tendre et bon; il le donna au serviteur qui se hâta de le préparer. 8. Il prit du caillé, du lait, le veau qu'il avait apprêté et plaça le tout devant eux; il se tenait debout près d'eux, sous l'arbre, et ils mangèrent. 9. Ils lui demandèrent : Où est Sara, ta femme ? Il répondit : Elle est dans la tente. 10. L'hôte dit : Je reviendrai vers toi l'an prochain; alors, ta femme Sara aura un fils. Sara écoutait, à l'entrée de la tente, qui se trouvait derrière lui. 11. Or Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge, et Sara avait cessé d'avoir ce qu'ont les femmes. 12. Donc, Sara rit en elle-même, se disant : Maintenant que je suis usée, je connaîtrais le plaisir ! Et mon mari qui est un vieillard ! 13. Mais le Seigneur dit à Abraham : Pourquoi Sara a-t-elle ri, se disant : Vraiment, vais-je encore enfanter, alors que je suis devenue vieille ? 14. Y a-t-il rien de trop merveilleux pour le Seigneur Dieu ? A la même saison l'an prochain, je reviendrai chez toi et Sara aura un fils. 15. Sara démentit : Je n'ai pas ri, dit-elle, car elle avait peur, mais il répliqua : Si, tu as ri.

Dieu apparaît à Abraham, qui, reçoit trois hôtes. La conversation qui s’ensuit ne présente pas de confusion. Mais, Abraham semble tout d’abord s’adresser à une seule personne, et demande à ses serviteurs de leur apporter de l’eau pour se laver pieds. Il leur présente de quoi manger. Ils lui demandent où est son épouse, et « l’hôte » [comme s’il s’agissait d’une seule personne] annonce une naissance à la vieille Sara pour l’année suivante. Et le récit se termine par cette appellation significative, qui ne peut que désigner Dieu : « Le Seigneur dit à Abraham » (verset 13) et qui termine sa visite en disant « l'an prochain, je reviendrai chez toi ».
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Trois hommes, donc trois personnes, mais un interlocuteur qui se présente dans le texte comme s’il était seul, et puis le titre « le Seigneur », qui ne peut être que Dieu. Ebauche de la Révélation du Mystère de Dieu ? de la Trinité ? La Bible de Jérusalem écrit à ce sujet (note a) : « Ce récit narre une apparition de Dieu accompagné de deux “hommes”. Le texte hésite en plusieurs endroits entre le pluriel et le singulier. Il n’est pas impossible que dans sa première rédaction, le texte parlait seulement de “trois hommes”, et laissait leur identité dans le mystère. Dans ces trois hommes et l’adoration unique d’Abraham, beaucoup de Pères ont vu l’annonce du mystère de la Trinité, dont la révélation était réservée au Nouveau testament ».
Note : Cette icône, appelée icône de l’Hospitalité d’Abraham, fait référence à la Genèse chapitre 18, 1-15. A Mambré, petit village de Mésopotamie, Abraham et sa femme Sarah, représentés ici de part et d’autre de l’icône, accueillent trois pèlerins qui se révèlent en fait être des anges messagers de Dieu. L’icône de la Trinité la plus célèbre est, bien entendu, le chef d’œuvre peint en 1441 par Andreï Roublev. Au XVI° siècle, il fut décidé au concile de Moscou, que toutes les icônes de la Trinité devraient respecter la structure de composition de l’icône d’Andreï Roublev. Cette icône respecte ainsi le célèbre modèle de référence, chef d’œuvre d’équilibre de la composition et de transparence des lumières, aujourd’hui conservée à Moscou, à la Galerie Tretiakov. Les trois figures des anges s’inscrivent dans un cercle, et cette géométrie est encore soulignée par les deux cercles des marchepieds.

On s’est beaucoup interrogé sur l’identification des trois anges d’Andreï Roublev, pour savoir quel ange représentait le Père, lequel représentait le Fils et lequel le Saint-Esprit. Le mystère demeure, les trois anges symbolisant en fait une unité. Traditionnellement, l’ange central, aux larges ailes déployées qui dominent l’ensemble des personnages, est Jésus-Christ, et derrière lui, est toujours représenté le chêne de Mambré, représentant l’arbre de vie. On considère généralement que l’ange représenté devant la montagne est l’Esprit, tandis que l’ange devant le Temple est le Père. Cette icône est fêtée notamment le lundi après la Pentecôte. On consultera une belle description de l’icône de Roublev sur le site de l’Abbaye de Fleury.
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LA VISION D’ISAÏE DANS LE TEMPLE (vers 740) Chapitre 6 :
1. L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône grandiose et surélevé. Sa traîne emplissait le sanctuaire. 2. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, ayant chacun six ailes, deux pour se couvrir la face, deux pour se couvrir les pieds, deux pour voler. 3. Ils se criaient l'un à l'autre ces paroles : « Saint, saint, saint est Yahvé Sabaot, sa gloire emplit toute la terre. »

Là aussi, la Tradition des Pères a vu dans cette triple répétition, une annonce du Mystère de la Trinité, les Séraphins chantant la gloire des trois Personnes de la Trinité, qui seront révélées dans le Nouveau Testament. Le « Sanctus » chanté ou récité durant la Sainte Messe, est souvent appelé « hymnus angelicus » car la première partie du texte a été chantée par les « Séraphins aux six ailes » (Isaïe 6, 3) et par les « Quatre Vivants » de l’Apocalypse (4, 4-11) aussi aux six ailes. Généralement considéré comme louange à la Trinité, le Sanctus existait dès le IVème siècle dans la liturgie orientale.

LA MANIFESTATION DE LA SAINTE TRINITÉ : LE BAPTÊME DE JÉSUS Nous avons quitté l’Ancien Testament. Jésus a laissé Nazareth où il habitait avec Marie sa Mère, pour descendre dans le Sud du Pays, près de Jéricho, où Jean, dit le Baptiste, cousin de Jésus, baptisait, un baptême de pénitence, et invitait à la conversion. Jésus arrive près de Jean. C’est l’occasion de lire les trois récits écrits Matthieu, Marc et Luc, de cet événement exceptionnel, unique dans l’histoire du monde et de la Révélation. Jésus, âgé d’un peu plus de 30 ans (32 ans probablement, tout comme Jean Baptiste, son aîné de 6 mois) notons-le, n’a pas encore commencé son ministère public : il le fera après avoir passé quarante jours dans le désert, où il connaît les trois tentations de Satan, puis retournera en Galilée, avec une première halte à Cana où il fera son premier « signe ». Mathieu chapitre 13 :
13. Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui. 14. Celui-ci l'en détournait, en disant : « C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi ! » 15. Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour l'instant : car c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice. » Alors il le laisse faire. 16. Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l'eau ; et voici que les cieux s'ouvrirent : il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. 17. Et voici qu'une voix venue des cieux disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. »
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Marc, chapitre 1 :
9. Et il advint qu'en ces jours-là Jésus vint de Nazareth de Galilée, et il fut baptisé dans le Jourdain par Jean. 10. Et aussitôt, remontant de l'eau, il vit les cieux se déchirer et l'Esprit comme une colombe descendre vers lui, 11. et une voix vint des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur. »

Luc, chapitre 3 :
21. Or il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s'ouvrit, 22. et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix partit du ciel : « Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. »

Le Baptême de Jésus par Jean-Baptiste est capital, et marque un tournant radical dans la Révélation de Dieu : C’est vraiment une « Epiphanie », une « Manifestation », la seule et unique Manifestation de Dieu, Père, Saint-Esprit et Fils, dans l’histoire de la Révélation. Jean vient de baptiser Jésus. A ce moment le ciel se « déchire », non pas pour montrer « derrière », un vide », un « trou » : il « explose » si l’on peut dire pour répandre sa lumière sur le monde, faire entendre la Voix du Père et la présence du Saint-Esprit. Devant Jean, se trouve Jésus ; au-dessus de Jésus, le Saint-Esprit « comme une colombe », comme sous une forme corporelle, « comme une colombe ». Et, « au-dessus », venant d’En-Haut, une Voix qui descend du Ciel qui vient de s’ouvrir, celle du Père. Le Père, le Saint-Esprit, le Fils : expression qui révolutionne quelque peu notre façon de parler de la Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit. Il faut noter à ce sujet que le Serviteur de Dieu, le bienaimé Pape Jean Paul II, a repris cet ordre d’énumération, quand il proclama trois années de préparation au Grand Jubilé de l’An 2000 : La première année, consacrée à Dieu le Père ; la deuxième année consacrée à Dieu le Saint-Esprit ; la troisième année consacrée à Dieu le Fils. Et enfin, comme couronnement : l’Année Sainte consacrée à l’Eucharistie, qui rend présent le Fils au milieu de nous, mais aussi le Père et le Saint-Esprit, la Trinité tout entière. Cette Manifestation de la Très Sainte Trinité a eu un seul témoin : Jean dit le Baptiste. Les Evangiles ne le disent pas clairement, et emploient une formule ambiguë : « il » comme si c’était Jésus qui était le destinataire de la vision. Mais Jean l’Evangéliste, disciple de Jean le Baptiste, nous apporte son témoignage, précieux, qui lève toute ambiguïté : le seul qui ait eu cette vision, c’est Jean le Baptiste. Et il apporte son témoignage :
Baptême de Jésus [Mt 3,16] Hortus deliciarum, 12ème s. CATÉCHÈSE PAGE 7

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Jean, chapitre 1 :
29. Le lendemain, il voit Jésus venir vers lui et il dit : « Voici l'agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. 30. C'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui est passé devant moi parce qu'avant moi il était. 31. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais c'est pour qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptisant dans l'eau ». » 32. Et Jean rendit témoignage en disant : « J'ai vu l'Esprit descendre, tel une colombe venant du ciel, et demeurer sur lui. 33. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau, celui-là m'avait dit : «Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint. » 34. Et moi, j'ai vu et je témoigne que celui-ci est l'Élu de Dieu. »

Ne nous y trompons pas. Quand Jean déclare « je ne le connaissais », il ne veut pas dire que Jésus était pour lui un inconnu : ils étaient cousins. Mais il ne le connaissait pas sous sa véritable « identité », comme « Messie », comme « Agneau de Dieu », comme étant Celui « qui baptise dans l’Esprit-Saint ». Son témoignage est capital. Il était indispensable, avant que Jésus ne commençât son ministère public, qu’il fût révélé. Aussi déclare-t-il par trois fois, voyant Jésus passer : « Voici l’Agneau de Dieu », paroles inspirées, qui montrent déjà quelle sera la Mission de Jésus. Et ces seules paroles sont « suffisantes », pourrait-on dire, pour poser la première pierre de l’Eglise que Jésus bâtira sur Simon, qu’il appelle Pierre, frère d’André . En effet, deux disciples de Jean le Baptiste suivent alors Jésus, c’est André, le frère de Simon qui deviendra Pierre, et le deuxième disciple qui n’est autre que Jean, le futur voyant de Patmos, l’Evangéliste.

DE L’ECRITURE À LA LITURGIE : LA MESSE DE LA SAINTE TRINITÉ Nous avons noté au début de cette « étude-méditation-réflexion », en citant Dom Guéranger que « ce n'est qu'après de longs siècles que la Messe de la Trinité était venue s'inscrire sur le Cycle de l'Année liturgique ». Dom Guéranger (que nous citerons largement ici) expose les raisons qui ont « retardé » cette Fête de la Sainte Trinité : « Tous les hommages que la Liturgie rend à Dieu ont pour objet la divine Trinité. Les temps sont à elle comme l'éternité; elle est le dernier terme de notre religion tout entière. Chaque jour, chaque heure lui appartiennent. Les fêtes instituées en commémoration des mystères de notre salut aboutissent toujours à elle. Celles de la très sainte Vierge et des Saints sont autant de moyens qui nous conduisent à la glorification du Seigneur unique en essence et triple en personnes… On comprend dès lors comment il se fait que l'Eglise ait tardé si longtemps d'instituer une fête spéciale en l'honneur de la sainte Trinité. La raison ordinaire de l'institution des fêtes manquait ici totalement. Une fête est le monument d'un fait qui s'est accompli dans le temps, et dont il est à propos de perpétuer le souvenir et l'influence : or, de toute éternité, avant toute création, Dieu vit et règne, Père, Fils et Saint-Esprit ». « Toutefois, la nécessité se fit sentir de l’institution d’une Messe spéciale : il suffisait pour cela d’établir sur le Cycle (liturgique) un jour particulier où les chrétiens s'uniraient d'une manière en quelque sorte plus directe dans la glorification solennelle du mystère de l'unité et de la trinité dans une même nature divine » (Dom Guéranger, ouvrage cité). La chose ne se fera pas en une seule fois, comme nous allons le voir.
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Alcuin au VIII° siècle « Le premier à se mettre à cette tâche est Alcuin d’York (Ealhwine en vieil anglais, Albinus en latin). C’était un savant et religieux anglais, et l’un des principaux amis et conseillers de Charlemagne. Il sera Abbé de Saint-Martin de Tours en 796. Il se fixe à Tours en 801 et fait de son abbaye un foyer de la renaissance. Il mourra en 804, à l’âge de 74 ans ». « Dès le VIII° siècle, le savant moine Alcuin, rempli de l'esprit de la sainte Liturgie, comme ses écrits en font foi. crut le moment venu de rédiger une Messe votive en l'honneur du mystère de la sainte Trinité. Il paraît même y avoir été incité par un désir de l'illustre apôtre de la Germanie, saint Boniface. Cette Messe, simplement votive, n'était toutefois qu'un secours pour la piété privée, et rien n'annonçait que l'institution d'une fête en sortirait un jour. Cependant la dévotion à cette Messe s'étendit peu à peu, et nous la voyons acceptée en Allemagne par le concile de Seligenstadt, en 1022 ». (cf. Dom Guéranger, ibid.) ».

Etienne Evêque de Liège introduit la Messe dans son Diocèse « A cette époque déjà, une fête proprement dite de la Sainte-Trinité avait été inaugurée dans l'une des églises de la pieuse Belgique, dans celle-là même qu'une autre grâce prédestinait à enrichir le Cycle chrétien d'un de ses signes les plus resplendissants. Etienne, Evêque de Liège, instituait solennellement la fête de la Sainte-Trinité dans son Eglise en 920, et faisait composer un Office complet en l'honneur du mystère. Riquier, successeur d'Etienne sur le siège de Liège, maintint l'œuvre de son prédécesseur ».

L’Ordre Monastique aide à la diffusion de cette Messe « La Messe de la Sainte Trinité s'étendit peu à peu, et il paraît que l'Ordre monastique lui fut promptement favorable ; car nous voyons, dès les premières années du XIe siècle, Bernon, abbé de Reichnaw, s'occuper de sa propagation. A Cluny, la fête s'établit d'assez bonne-heure dans le cours du même siècle, comme on le voit par l'Ordinaire de cet illustre monastère rédigé en 1091, où elle se trouve mentionnée comme étant instituée depuis un temps déjà assez long ».

L’attitude et la position de Rome Sous le pontificat d'Alexandre II, qui siégea de 1061 à 1073, l'Eglise Romaine, qui souvent sanctionna, en les adoptant, les usages des Eglises particulières, fut mise en mesure de porter un jugement sur cette nouvelle institution. Le Pontife, dans une de ses Décrétales, tout en constatant que la fête est déjà répandue en beaucoup de lieux, déclare que l'Eglise Romaine ne l'a pas acceptée. par cette raison que chaque jour l'adorable Trinité est sans cesse invoquée par la répétition de ces paroles : Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, et dans un grand nombre d'autres formules de louange (De feriis. Cap. Quoniam. Celte décrétale a été attribuée par erreur à Alexandre II).

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La Messe de la Sainte Trinité gagne de nombreux Eglises et Ordres religieux « Malgré l’attitude de l’Eglise de Rome, la fête continuait à se répandre, comme l'atteste le Micrologue ; et dans la première partie du XII° siècle, le docte abbé Rupert, que l'on peut appeler avec raison l'un des princes de la science liturgique, proclamait déjà la convenance de cette institution, s'exprimant à son sujet comme nous le ferions aujourd'hui, dans ces termes remarquables : « Aussitôt après avoir célébré la solennité de l'avènement du Saint-Esprit, nous chantons la gloire de la sainte Trinité dans l'Office du Dimanche qui suit, et cette disposition est très à propos; car aussitôt après la descente de ce divin Esprit, commencèrent la prédication et la croyance, et, dans le baptême, la foi et la confession du nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (De divinis Officiis, lib. XI, cap. I.) ». En Angleterre, l'établissement de la fête de la Sainte-Trinité eut pour auteur principal le glorieux martyr saint Thomas de Cantorbéry ; ce fut en 1162 qu'il l'institua dans son Eglise, en mémoire de sa consécration épiscopale qui avait eu lieu le premier Dimanche après la Pentecôte. Pour la France, nous trouvons, en 1260, un concile d'Arles présidé par l'archevêque Florentin, qui, dans son sixième canon, inaugure solennellement la fête, en y ajoutant le privilège d'une Octave. Dès 1230, l'Ordre de Cîteaux, répandu dans l'Europe entière, l'avait instituée pour toutes ses maisons ; et Durand de Mende, dans son Rational, donne lieu de conclure que le plus grand nombre des Eglises latines, dans le cours du XIII° siècle, jouissaient déjà de la célébration de cette fête. Parmi ces Eglises, il s'en trouvait quelques-unes qui la plaçaient, non au premier, mais au dernier Dimanche après la Pentecôte, et d'autres qui la célébraient deux fois : d'abord en tète de la série des Dimanches qui suivent la solennité de la Pentecôte, et une seconde fois au Dimanche qui précède immédiatement l'Avent. Tel était en particulier l'usage des Eglises de Narbonne, du Mans et d'Auxerre.

Le Pape Jean XXII étend la Messe de la Sainte Trinité à toutes les Eglises « On pouvait dès lors prévoir que le Siège Apostolique finirait par sanctionner une institution que la chrétienté aspirait à voir établie partout. Jean XXII [le français Jacques Duèze], qui occupa la chaire de saint Pierre jusqu'en 1334, consomma l'œuvre par un décret dans lequel l'Eglise Romaine acceptait la fête de la Sainte-Trinité et l'étendait à toutes les Eglises. « Si l'on cherche maintenant le motif qui a porté l'Eglise, dirigée en tout par l'Esprit-Saint, à assigner ainsi un jour spécial dans l'année pour rendre un hommage solennel à la divine Trinité, lorsque toutes nos adorations, toutes nos actions de grâces, tous nos vœux, en tout temps, montent vers elle, on le trouvera dans la modification qui s'introduisait alors sur le calendrier liturgique. Jusque vers l'an 1000, les fêtes des Saints universellement honorés y étaient très rares. Après cette époque, elles y apparaissent plus nombreuses, et il était à prévoir qu'elles s'y multiplieraient toujours davantage. Un temps devait venir où l'Office du Dimanche, qui est spécialement consacré à la Sainte Trinité, céderait fréquemment la place à celui des Saints que ramène le cours de l'année.
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« Il devenait donc nécessaire, pour légitimer en quelque sorte ce culte des serviteurs au jour consacré à la Souveraine Majesté, qu'une fois du moins dans l'année, le Dimanche offrît l'expression pleine et directe de cette religion profonde que le culte tout entier de la sainte Eglise professe envers le souverain Seigneur, qui a daigné se révéler aux hommes dans son Unité ineffable et dans son éternelle Trinité » (cf. Dom Guéranger, le Temps après la Pentecôte).

PRIÈRES POUR LA FÊTE DE LA TRÈS SAINTE TRINITÉ Commençons cette solennité de la très Sainte Trinité en rendant gloire au Dieu Unique en Trois Personnes, en nous unissant à la sainte Eglise qui, à l'Office de Prime, récite le magnifique Symbole connu sous le nom de Symbole de saint Athanase, lequel reproduit avec majesté et précision la doctrine résumée des enseignements divins. Prime, rappelons-le, est une prière de l’Office Divin, le Bréviaire. Correspondant à la première heure du jour, vers 7h.00 du matin, il fait partie des « petites heures ». Le concile Vatican II, dans la réforme de la liturgie demandée par “Sacrosanctum Concilium”, a rendu cet office facultatif dès 1963, puis l'office fut supprimé : en effet, cet office du matin était considéré comme faisant doublet avec Laudes. Aujourd'hui, il n'est récité que par les prêtres et communautés utilisant les Livres Liturgiques de 1962. l'office de Prime est conservé par l'ordre cartusien (moines et moniales de l'ordre des chartreux) et par les moniales bénédictines de Solesmes et Kergonan (dans la forme ordinaire du rite romain).

Le Symbole de saint Athanase « Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, garder la foi catholique, que chacun doit conserver intégrale et inviolée, sous peine indubitable d'éternelle perdition ». Voici donc la foi catholique, telle qu’elle est présentée dans le célèbre Symbole de Saint Athanase, également connu sous le nom de Quicumque.
« Quiconque veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique ; Et celui qui ne l'aura pas gardée entière et inviolable, périra certainement pour l'éternité. Or la foi catholique consiste à révérer un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité, Sans confondre les personnes, ni diviser la substance. Car autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit. Mais la divinité du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, est une : la gloire égale, la majesté coéternelle. Tel qu'est le Père, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit. Le Père est incréé, le Fils incréé, le Saint-Esprit incréé. Immense est le Père, immense le Fils, immense le Saint-Esprit ; Eternel le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit. Et néanmoins il n'y a pas trois éternels, mais un seul éternel ; Comme aussi ce ne sont pas trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé, un seul immense. De même tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; Et néanmoins il n'y a pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ;

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Et néanmoins il n'y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; Et néanmoins il n'y a pas trois Seigneurs, mais un seul Seigneur. Car de même que la vérité chrétienne nous oblige de confesser que chacune des trois personnes prises à part est Dieu et Seigneur: de même la religion catholique nous défend de dire trois Dieux ou trois Seigneurs. Le Père n'est ni fait, ni créé, ni engendré d'aucun autre. Le Fils est du Père seul : ni fait, ni créé, mais engendré. Le Saint-Esprit est du Père et du Fils : ni fait, ni créé, ni engendré, mais procédant. Il n'y a donc qu'un seul Père, et non trois Pères ; un seul Fils, et non trois Fils ; un seul SaintEsprit, et non trois Saints-Esprits. Et dans cette Trinité il n'y a ni antérieur, ni postérieur, ni plus grand, ni moindre ; mais les trois personnes sont toutes coéternelles et égales entre elles ; En sorte qu'en tout et partout, comme il a été dit ci-dessus, on doit révérer l'Unité en la Trinité, et la Trinité en l'Unité. Celui donc qui veut être sauvé doit penser ainsi de la Trinité. Mais il est nécessaire encore pour le salut éternel, qu'il croie fidèlement l'Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. Or la droiture de la foi consiste à croire et à confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, étant engendré de la substance de son Père avant les siècles, et il est homme, étant né de la substance d'une mère dans le temps ; Dieu parfait et homme parfait, subsistant dans une âme raisonnable et un corps d'homme , Egal au Père selon la divinité, moindre que le Père selon l'humanité. Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'est néanmoins qu'un seul Christ, et non deux. Il est un, non que la divinité ait été changée en l'humanité ; mais parce que Dieu a pris l'humanité et se l'est unie. Il est un enfin, non par confusion de substance, mais par unité de personne. Car de même que l'âme raisonnable et la chair est un seul homme, ainsi Dieu et l'homme est un seul Christ : Qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts; Qui est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu te Père tout-puissant, et de là viendra juger les vivants et les morts; A l'avènement duquel tous les hommes ressusciteront avec leurs corps, et rendront compte de leurs actions personnelles ; Et ceux qui auront fait le bien iront dans la vie éternelle ; et ceux qui auront fait le mal iront dans le feu éternel. Telle est la foi catholique, et quiconque ne la gardera pas fidèlement et fermement ne pourra être sauvé.

Hymne de l’Office de Tierce [Hymne du Bréviaire Maronite. Les Maronites sont les disciples et les « descendants » de Saint Maron, et l’Eglise Maronite, dont le Patriarche réside à Bkerké sur les hauteurs de Beyrouth, est une Eglise Orientale qui a toujours été catholique].
Gloire à vous, ô Père, Dieu caché, impénétrable. A vous aussi est due la louange, Fils unique, incompréhensible. A vous nos chants, Esprit-Saint, inexprimable, complément de la Trinité indivise et qu'on ne peut sonder.
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Le Père engendre, le Fils est engendré de son sein, et l'Esprit procède du Père et du Fils. Le Père est créateur, il a tiré le monde du néant ; le Fils est créateur, avec le Père il a fait tout ce qui est; L'Esprit-Saint Paraclet, sceau de toutes choses, parfait tout ce qui est, a été, ou sera. Le Père est l'intelligence, le Fils la parole. l'Esprit la voix : trois noms de trois personnes, qui n'ont toutefois qu'une seule volonté, une seule puissance. Telle est la foi de la sainte Eglise, qu'elle a apprise par l'écho des mystères célébrés dans les cieux : Saint, Saint, que trois fois soit dit Saint le Dieu un, célébré par les habitants du ciel et de la terre.

Hymne des Vêpres
Le soleil aux rayons de feu disparaît à l'horizon : Unité divine, lumière éternelle, heureuse Trinité, versez l'amour dans nos cœurs. Dès le matin vous êtes l'objet de nos chants, le soir nous vous prions encore ; daignez nous admettre à offrir aussi nos vœux parmi les habitants du ciel. Au Père, au Fils, et à vous, Esprit-Saint, soit gloire à jamais, comme toujours dans les siècles sans fin. Amen.

Séquence d'Adam de Saint-Victor
Confessons l'Unité divine, vénérons la Trinité d'un culte pareil : reconnaissant trois personnes que distingue une personnelle différence. Elles reçoivent leur nom de leur relation, étant un substantivement, et non trois principes. En employant pour elles le nombre de trois, tu dois reconnaître que leur nature est simple, que leur essence n'est pas triple. Etre simple, pouvoir simple, vouloir simple, savoir simple, tout y est simple; la puissance d'une des personnes n'est pas moindre que ne l'est celle de deux, ni celle de trois. Le Père, le Fils, l'Esprit-Saint, un seul Dieu ; mais chacun possède ce qui lui est propre. Une seule vertu, une seule divinité, une seule splendeur, une seule lumière; ce que l'un possède , l'autre le possède aussi. Le Fils est égal au Père, et la distinction personnelle des deux n'enlève pas cette égalité. Egal au Père et au Fils, l'Esprit est le lien qui procède de l'un et de l'autre. L'humaine raison ne saurait comprendre ces trois personnes, ni la dissemblance qui les constitue. Là il n'y a ni succession de temps, ni lieu pour circonscrire la chose. En Dieu, rien que Dieu ; en lui, nulle cause que celle qui produit les êtres. Dieu est cause effective et formelle, cause finale, mais jamais matière. Parler dignement des divines personnes est au-dessus des forces de la raison, et dépasse le génie. Génération et procession dans la divine essence, je confesse que ma raison ne le saisit pas, mais ma foi le croit sans aucun doute. Que celui qui croit ne soit pas impatient, qu'il n'ait pas l'imprudence de s'écarter de !a voie royale. Qu'il garde la foi, qu'il règle sa vie, et n'ait aucun penchant vers les erreurs que l'Eglise condamne. Glorifions-nous dans notre foi, que notre constance dans cette foi unique inspire nos chants mélodieux : a l'Unité en trois personnes soit l'éternel honneur ! A la Trinité dans l'essence simple, gloire coéternelle ! Amen.

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Hymne à la Trinité L’Orient fait lui-même entendre sa voix à l'honneur de la Trinité Sainte. L'Evêque Saint Siméon, mis à mort dans la grande persécution de Sapor II, en 340, entonnera pour l'Eglise Syrienne ce chant sacré dont il est l'auteur : vénérable écho de la foi des martyrs, le plus ancien monument de l’hymnographie orthodoxe en ces contrées où fut le berceau du monde :
Louange à vous, Seigneur, qui nous avez crées dans votre liberté au commencement. Louange à vous, Seigneur, qui nous avez appelés votre ressemblante et vivante image. Louange à vous, Seigneur, qui nous avez ennoblis par le don de la liberté et de la raison. Louange à vous, Père plein de justice, qui avez voulu nous posséder dans votre amour. Louange à vous, Fils très saint, qui avez pris notre corps pour nous sauver. Louange à vous, Esprit de vie, qui nous avez enrichis de vos dons. Louange à vous, Seigneur, qui nous avez rassemblés et ramenés des erreurs de l'idolâtrie. Louange à vous, Seigneur, qui nous avez conduits à la science de votre Divinité. Louange à vous, Seigneur, qui avez fait de nous des instruments raisonnables pour votre service. Louange à vous, Seigneur, qui nous avez conviés à la splendide demeure du ciel. Louange à vous, Seigneur, qui nous avez instruits des célestes hiérarchies. Louange à vous, Seigneur, oui nous avez jugés dignes de vous louer avec les Anges. Que toute bouche vous célèbre, Père, Fils, et Saint-Esprit. Que des hauteurs et des bas lieux louange soit à la Trinité. Que dans le siècle présent et futur soit à vous la louange et des esprits et des créatures revêtues d'un corps. Du temps jusqu'à l'éternité, dans les siècles des siècles. Amen.

Terminons ce parcours chrétien de prières en reprenant le chant de l’Introït et en le faisant nôtre, aujourd’hui et pour toujours : Bénie soit la Trinité Sainte et l'Unité Indivisible. célébrons-la, car elle a agi avec nous dans sa miséricorde Benedicta sit sancta Trinitas, atque indivisa Unitas. confitebimur ei, quia fecit nobiscum misericordiam suam

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