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Qui danse avec la Loi

réti-sens et brouhaha
Philosophie mineure de l’()social
Ulrich KOBBÉ
Que je gravisse la muraille
Haut du droit ou d'illusion courbe
Et, me cernant même,
Dépasse ainsi ma vie,
A ce sujet ai-je
Un esprit ambigu
Pour en dire juste1

Scrutant les discours publics concernant une politique de
consommation de drogues, le discours antidrogue d’autrefois se trouve remplacé par un débat hyper-tendu pour
une libération ou pour une libéralisation de l’usage. Prêtant une oreille attentive aux histoires quotidiennes, ces
racontars quelque fois propagandistes semblent déplorer
cas par cas la dynamique d’un brouhaha débridé. Ceci
réclame une réflexion, voire, une flexion discursive et digressive.2 Ça demande – au lieu d’une réplique contrebraquante – un repli rationnel pour étudier le réti-sens
d’une indécence éclectique, quoi … d’un indé-sens par
excellence.3
La différence d’une libéralisation et d’une libération de
l’usage de drogues signifie plus qu’un simple shift graduel et nominal, plus qu’une perte d’alii. Comme Pierrele-Rouge, singe académicien chez Kafka4, qui – en palpant les cicatrices de son éducation libératrice – fait apparaître les stigmates de cette émancipation, ce rapport
académique va donner à voir ‹ l’homme ›”, mais quelle
humanité ? quelle libération ? quelle liberté ? Or, faisant
fonction simagrée de cascadeur d’expert, cette position
adoptée permet d’extemporer la constatation lacanienne
que l’on commettrait le pire au nom de la liberté et de la
jouissance. Ce laconisme nous annonce qu’une liberté
individuelle aura tendance de se déchaîner, qu’une pareille avision de jouissance sans limite viserait une
consommation décontextualisée. Oui, ça pointe sur la
connessence 5 de la consommation, sur un/e conneriesens, comme l’épingle Lacan.6 C’est le moment qui exige
(et permet) d’identifier la fonction de la Loi et de son ab
1

Hölderlin (1805)
Les digressions de la présentation powerpoint seront réalisées à l’aide de
commentaires graphiques (Jeudy & Cavaillez, 2011 ; Kul-Want & Piero, 2011 ;
2012) et de bédés (cf. Kobbé, 2002) intégrés comme des citations originales
dans le contexte de ces réflexions philosophiques et psychanalytiques posant
un regard critique sur le réel du social.
3
Lacan (1973a, 101)
4
Kafka (2008)
5
Lacan (1968, 2)
6
Lacan (1967, 10)
2

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sence pour le sujet, pour l’être désirant. Blanchot nous
tente avec la constatation lapidaire que le désir serait
l’interdit qui se libère en se désirant.7
Commençons alors avec les dix commandements comme prototypes modèles de la Loi morale et symbolique à
la fois : S’il s’agit donc, nous expose Kant8, du devoir de
la sortie de l’homme de sa minorité, de son incapacité de
se servir de son entendement sans la direction d’autrui
dont il est lui-même responsable, cette demande pressante nous impose la liberté – et l’obligation – de nous
servir en tout ce qui est affaire de conscience, de notre
propre raison. Cette question de notre liberté s’articule –
nous apprend Foucault9 – moins dans ce que nous entreprenons avec plus ou moins de courage que dans
l’idée que nous faisons de notre connaissance et de ses
limites. En ce qui concerne ces limites de notre liberté
c’est d’abord ce que nous appelions la Loi en tant qu’articulée qui constitue le droit – le droit de jouir ainsi que le
droit de s’abstenir. Mais cette Loi ne doit, nous fait remarquer Lacan10, ne doit certes pas être tenu pour l’homonyme de ce qui peut s’énoncer ailleurs au titre de la
justice. Au contraire, l’ambiguïté, l’habillement, que cette
Loi reçoit de s’autoriser de la justice, c’est une matrice
inscrite dans la structure, un script qui semble s’autodéterminer et qui reste extrêmement ambigu. Car, si les limites de cette liberté, si toute liberté se trouve comme
étant une fonction de l’Autre, comment interpréter – et se
représenter – qu’il n’y a pas seulement cet ‹ autrement ›
mais d’autant plus – bigre, c’est infect ! – que cet Autre
ment ? Lacan11 nous fait savoir que cette altérité comme
telle, l’Autre, serait essentiellement celui qui est bien sûr
capable et de convaincre et de mentir. Ceci ne représente nullement une alternative dichotome : Revenons
sur les formules algébriques lacaniennes. Comme le
grand Autre est non seulement le lieu où s’inscrit la Loi12
mais – dans sa particularité d’(A)ment – à la même manière aussi un amant, un allié amical, il incarne par
conséquent une duplicité simultanée.
Slavoj Žižek, touche-à-tout lacanien, nous revèle que
toute Loi implique, pire que cela, que tout commandement – ‹ Tu ne désireras / ne convoiteras pas › – demande sa propre transgression. Nous nous voyons
confronté par une dialectique inhérente, par le nucléus
pervers de la Loi qui fait fonction d’un pivot et qui
contient sa propre transgression. C’est déjà l’apôtre Paul
qui revèle dans l'Épître aux Romains, lettre du Nouveau
Testament, que ses passions seraient provoquées par la
Loi, que le commandement produirait toutes sortes de

7

Blanchot (1973, 38)
Kant (1784, 1)
Foucault (1990, 41)
10
Lacan (1970, 48)
11
Lacan (1955, 76)
12
Lacan (1959a, 403)

8
9

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convoitises ainsi que le besoin de les transgresser.13
En effet, Saint Paul élabore une dialectique subtile où la
Loi est à la fois ce qui interdit et ce qui suscite le désir.
La Loi donne de désirer ce qu’elle interdit. C’est sur ce
plan que Saint Paul situe la Loi symbolique comme condition de la vie humaine.14 Dans sa structure profonde, la
Loi n’appartient nullement au registre de la morale du
Décalogue et elle ne se confond pas avec une série
d’interdictions. Elle a pour fonction essentielle d’inscrire
une limite au cœur du monde de l’humain.15 Que ça serait la Loi donnant la première impulsion à désirer, invitant à convoiter, se trouve être causé par le fonctionnement structurel du surmoi : Cette instance divise tout
commandement défini dans deux parties complémentaires mais asymétriques, à savoir dans un commandement
formellement indéfini ‹ Tu ne dois pas › et dans le commandement obscène et défini ‹ Désires ! ›
Žižek 16 constate que ceci serait la contradiction lacanienne entre la Loi symbolique et l’appel obscène du surmoi dans sa forme absolue : Toutes les négations restent sans effet se transformant dans une dénégation pure. Ce qui reste n’est qu’on écho pressant et obscène
comme une geste purement tautologique d’un renversement d’interdictions en ordonnances. De cette façon la
transgression serait inscrite comme un reste indestructible dans la Loi originaire. Son utilité – ou plutôt l’objectif
de la Loi comme telle – serait de se légitimer et d’assurer
les conditions existantes. Le résultat immédiat de l’intervention de la Loi serait donc qu’elle divise le sujet et introduit une confusion morbide entre vie et mort. Le sujet
se trouve divisé entre une obéissance (consciente) à la
Loi et un souhait (inconscient) de la transgresser suscité
par cette interdiction de la Loi.17
Pour ce qui concerne un désir irréalisable et vide ainsi
qu’une jouissance sale et infinie, le caractère contradictoire de l’obscénité de la Loi se laisse décliner à l’aide
des deux paraboles kafkaïennes devant la Loi :
(1) Dans la première scène, une sentinelle se tient posté
devant la Loi. Un homme de la campagne lui demande la permission d'une entrée qui lui est refusée toutefois avec l’ajout ‹ C’est possible, […] mais pas
maintenant ›. L'attente dure des années et finalement,
l'homme, sur le point de mourir, demande pourquoi
personne d'autre n'est venu essayer d'entrer. Le gar13

7.5 … lorsque nous étions dans la chair, les passions des péchés provoquées
par la Loi agissaient dans nos membres …
7.7 Que dirons-nous donc? La Loi est-elle péchée? Loin de là! Mais je n'ai
connu le péché que par la Loi. Car je n'aurais pas connu la convoitise, si la Loi
n'eût dit: Tu ne convoiteras point.
7.8 Et le péché, saisissant l'occasion, produisit en moi par le commandement
toutes sortes de convoitises; car sans Loi le péché est mort.
7.9 Pour moi, étant autrefois sans Loi, je vivais; mais quand le commandement
vint, le péché reprit vie …
14
Causse (2012, 548)
15
Causse (2012, 545)
16
Žižek (2001a, 128-129)
17
Žižek (2001b, 203)

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dien lui hurle alors : ‹ Cette entrée n'était faite que
pour toi, maintenant je pars, et je ferme la porte ›.18
(2) Dans une deuxième scène, le protagoniste, Josef K.,
se trouve devant la porte d’un cabinet d’enquête qui
serait destinée seulement pour lui. Ici, une blanchisseuse le pousse – ‹ Vous n’avez qu’à entrer › – par la
porte dans la chambre de la Loi et la ferme avec les
mots: ‹ Après vous il faut que je ferme; personne n’a
plus le droit d’entrer ›.19
Ça se résume en quelques mots : La première scène
semble signifier que la limite, séparant la vie quotidienne
du lieu tabouisé de la Loi, ne peut pas être transgressée.
En contradiction totale avec ceci nous montre la deuxième scène que cette limite existe certes, mais qu’elle peut
être franchise d’emblée. En plus, la logique formelle de
cause et effet ne paraît plus être en vigueur à tel point
que la nature de cette justice se revèle comme étant
anarchique. Preuve de cette perversion de la Loi sont les
rires, quintes de toux, interpellations et applaudissements des parties du tribunal où les mots se transforment en actes (sexuels), où ces actes tournent aux éclatements de rires. Certes, pour Kafka il s’agit d’un coté
d’une machinerie aveugle de la Loi se suffisant à soimême, de l’autre de sa contradiction reposant sur la logique affective de la jouissance, mais il focalise en particulier le fait que cette Loi consiste de fragments d’une
texture traumatique, cruelle, arbitraire, incompréhensible
et irrationnelle.20
La Loi kafkaïenne se déterminant en s’énonçant qu’ellemême se présente comme pure forme vide et sans
contenu : Elle est une Loi transcendante et insondable,
exclusivement obligée d’une nécessité pratique, d’un
principe absolu dont l’objet reste inconnaissable.21 Il y a
une énonciation qui fait Loi, qui fonctionne comme une
interpellation et qui laisse entrevoir que là ou l’on croyait
qu’il y avait Loi, ne se retrouve en fait désir et seulement
désir, pas volonté stable mais désir versatile.22
Or, avec une liberté désirante qui ne rencontre plus de
Loi, voire, ni interdit ni séduction par la Loi, comment le
droit de désirer et de jouir pourrait-il se justifier en
s’autolimitant, en s’autreposant ? S’il n’a pas de „Verneinung“, pas cette pointe la plus affirmée de ce que Lacan
appelle l’entredit (comme on dit entrevue)23, que deviendrait ce sujet à la fois maître et esclave dans sa position
d’entre-je24 ? Comment est-ce qu’il réaliserait cet interdit25 dont le trait d’union entre l’inter et le dit annonce

18

Kafka (2006, 258-260)
Kafka (2006, 49)
20
Kul-Want & Piero (2012, 79)
21
Deleuze & Guattari (1975, 79-82)
22
Deleuze & Guattari (1975, 90)
23
Lacan (1959b, 79)
24
Lacan (1956b, 245)
25
Lacan (1973b, 151)
19

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qu’il devra être dit entre les mots et que l’inter-je26 courtcircuité se perd entre le message et le code ? Le conflit
d’une libéralisation ou libération de l’usage de drogues
semble être déterminé non seulement par une attente
anxieuse de voir violé les soi-disant derniers tabous 27
mais encore par un mode d’existence qui n’est plus caractérisé par une absence de liberté mais bien plutôt par
l’excès même de celle-ci.28 Le problème logique et idéologique consiste dans la prétention d’une complémentarité de l’excès d’une liberté (de jouissance) et d’un excès
de l’économie (de jouir), d’excès du ‹ trop › et du ‹ pas
assez ›.29 Que cette jouissance ne se trouve plus limitée
par le principe de plaisir – par le principe de jouir si peu
que possible – fait problème dans nos temps postmodernes. Alors que l’interdiction de jouir classique fonctionnait comme une interdiction paradoxe de quelque
chose d’impossible, servait à maintenir l’illusion d’une
jouissance – théoriquement – possible, alors que le tabou induisait (comme indiction, comme Loi) le vœux de
transgression, existe actuellement une tension d’un surmoi surmoulé de façonnage postmoderne, d’un surmoi
absolu, illimité, centralisé sur une maximalisation économique, sur un plus-de-jouir, pour consommer et jouir
sans renoncement : En reversement du principe original,
la jouissance se trouve toujours déterminé par un impératif aussi pervers qu’avant. Cette tension dialectique
d’un désir déréglé et d’une jouissance impossible ne se
laisse pas dissiper, donc tout au plus aveuglement agir.
Le pivot de l’inter-dit, ce dit entre les mots, entre les lignes, permettrait donc – Lacan le dénonce comme du
refoulé 30 – l’accès à un réel encore à étudier. 31 Nous
rencontrons un schisme du sujet dans un réel du propre
désir (qu’une jouissance d’enfer serait réalisable) et dans
une défense contre cela (parce que je ne veux pas vraiment y croire) avec l’effet d’une consternation (car je suis
néanmoins surpris que cet incident se produit tout de
même). Cette dynamique reflète une logique d’un ‹ comme-si › de la Loi, d’un mécanisme de compensation imaginaire 32 dont l’apôtre Paul s’exprimait finalement par
une devise paradoxe : ‹ Obéissez aux Lois comme si
vous n’y obéiriez pas › … Ceci implique que la jouissance imposée n’est qu’une jouissance perverse parce que
le surmoi ne prescrit pas une jouissance authentique
mais une idée imaginaire, un simulacre de jouissance.
Nous sommes – dans le champ des addictions comme
dans le champ des droits – confrontés par un fanatisme
symptomatique, car nous sommes face à des sujets fanatiques de leurs symptômes. Lorsque le symptôme (pas
26

Alors que le transcrit publié online (Lacan, 1957a) et la version chez Bénaboue et al. (2002, 49) citent ‹ inter-je ›, la version imprimée, établie par Jacques-Alain Miller, le rapporte comme ‹ inter-jeu › (Lacan, 1957b, 19).
27
Kobbé (2016)
28
Ramaioli (2013, 110)
29
Žižek (2009, 76)
30
Lacan (1975, 4)
31
Lacan (1973b, 151)
32
Lacan (1956a, 218)

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seulement d’une consommation de drogues mais aussi
d’une économie de possession de droits comme de libertés) est, du fait de l’époque, vidé de sens, le sujet en fait
une cause qu’il revendique, devenant par là un extrémiste du symptôme.33 Eh bien, flexion et réflexion de la Loi
nous avertissent que le pire est du côté du refus de la
privation, que l’asocial est du côté du refus de la Loi d'interdit du père, que l’injustice est du côté du refus de
l’impair, que l’inhumain est du côté du refus du non au pire.
Le hic est alors de décider s’il y a un dépassement de la
dialectique paulinienne de la Loi et de sa transgression :
D’une part, le con citoyen désirant cette liberté confronte
le su-je avec une maxime s’orientant à un impératif apodictique quasiment et kantien et sadien : J’ai le droit de
jouir sans qu’aucune limite m’arrête dans le caprice des
exactions que j’aie le goût d’y assouvir. Si on répond par
l’affirmative à la question éthique d’un droit de se droguer selon ses besoins comme tout le monde a la liberté
et le droit d’exercer des disciplines sportives de risque,
des pratiques sexuelles déviantes, d’optimiser son corps
par des moyens chirurgicales ou tatouâtes, cette individualisation extrême fait part d’une mode de vie ‹ alternative › acceptée, d’un mode de vie sous-culturel supporté.
La logique d’un arbitraire postmoderne implique son principe d’une liberté de choix entraînant un droit à l’autodétermination. 34 Il y a une articulation destinale par une
nouvelle permissivité – on dirait simplicité – du droit contemporain qui semble faire part d’un programme de
jouissance35, corrélée à un acharnement de populations
arrêtées dans ces droits d’autodétermination absolue.
Mais il y a une différence entre les positions de réclamer
et déclamer un droit fictif, d’avoir et de défendre un droit
réel et/ou d’obtenir un droit imaginé. La référence à
l’autonomie humaine, à la liberté individuelle, sert entre
autres – voire, comme dans d’autres cas aussi – à pouvoir légitimer des mesures douteuses parce que ceci serait le mieux, le droit et la responsabilité personnelle,
même de ceux qui n’ont pas le choix. De ce fait, cette
position asociale ne connaît pas d’autrui et rend indifféremment responsable et fadas, hasardeurs, mineurs,
égomanes et idéologues. Ça veut dire que cette autodétermination indifférente ne fait pas seulement valoir le
droit narcissique d’une affirmation de soi, mais que ceci
abroge aussi tout droit et nie tout devoir d’une assistance
pour le semblable. Au lieu d’une pratique où le sujet n’est
point à lui-même aliéné36, celui-ci se sépare de la communauté et se désintègre dans et par son égocentrisme
jouissif – répétons le lucidement : ‹ Je est un autre ›.37
Nous rencontrons une nouvelle norme à la base d’une
incivilité actuelle – incivilité parce que l’espace subjectif
33

Naparstek (2012, 22)
Soyka (2016, 45)
35
Voruz (2013, 216)
36
Lacan (2001, 125)
37
Lacan (1954, 17) ; cf. Rimbaud (1871)
34

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qu’elle instaure est un espace inhabité. 38 C’est le moment où le droit a une compassion humaine, où l’humanitaire se voit remplacé par un droit de l’homme de
s’abandonner à sa consommation – c’est le triomphe des
droits individuels, l’éclipse des collectifs. Il y a un humanisme technocratique orienté vers la rationalité en finalité.
Reste à réclamer que l’erreur n’est probablement pas
qu’on avait trop critiqué les droits, mais qu’on ne les aurait pas critiqués suffisamment – ou plutôt pas de la manière adéquate – concernant leur verso, qu’on n’aurait
pas assez concrétisé la dialectique négative de la liberté
en ce qui concerne le surplus d’une perversion opportuniste de l'idée de tolérance, que Marcuse qualifiait de tolérance répressive. On a historiquement une progression
de droits individuels, puis de droits politiques, plus récemment de droits sociaux et avec tout cela de droits
universels. 39 Et il se pourrait que pour l’ordre juridique
d’une liberté et d’une légalité serait aussi vrai ce que disait Lacan pour l’ordre symbolique : Elle a la structure
d’une fiction et elle a un vide dans son centre. Autrement
dit, dans le contexte des droits de l’homme, le désir n’est
plus du tout l’envers de la Loi, mais plutôt perverti : Le
souhait se trouve convertit dans une mentalité de droits,
le désir noué à et masqué par la Loi, grâce à quoi les
Lois font fonction de simulacres des deux, de formules
vides. S’il y a une liberté sans fraternité, une légalité
sans égalité … bienvenu dans une ère post-factuelle,
dans l'après-vérité d’un simulacre éthique de faux équilibres de valeurs. Abolir les Lois serait à l’avenant d’un
‹ Dieu est mort ›, d’une évidence que tout est permis,
dans les pilles d’une érosion culturelle.40 Autrement dit,
la mort de Dieu semble autoriser l’être humain à prendre
la place du disparu ; elle marque une place probablement à occuper ; elle projette la fiction qu’il y aurait eu de
jouissance divine que le sujet addicte puisse incarner.
Cette usage de drogues se constitue, souligne Santiago,
comme nouvelle forme de défense contre le réel sans
loi.41
D’autre part, il y a le concitoyen légaliste qui n’est ni capable ni libre de penser, de dépenser42 la Loi dans sa diversité légale, qui n’est que fixé à panser la Loi par de
plus en plus du même, par une pétrification de la Loi.
Cependant, l’excès du surmoi n’est en dernière analyse
rien d’autre que l’inscription en repli sur la Loi, un refletdans-la-loi qui dépasse – et ainsi abolit – la Loi. 43 Ce
champ social et politique, champ surdéterminé et surcodé, subit une béance discursive : Il y a un facteur de ramification défini par la différence entre un discours scientifique et son complément hystérique. Donc, cette topologie est définie par un discours rationnel cherchant à
38

Ramaioli (2013, 110)
Gavrilidis (2013)
Dahmer (2014)
41
Santiago (2013, 355)
42
Blanchot (1973, 96)
43
Žižek (2006, 142-143)
39
40

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accepter, intégrer et symboliser des limites et un discours désirant, défensif-offensif, prévenant toute privation imaginée. Mais la Loi, elle est – comme l'expose Lacan44 – cohérente à tout le registre de ce qui s’appelle le
désir et de ce qui s’appelle interdiction. C’est de la béance même de l’interdiction inscrite que relève la conjonction, voire l’identité de ce désir et de cette Loi. Si Lacan45
trace comme axiome de ni céder sur son désir ni
l’abandonner, cette convocation éthique 46 peut être
conçue comme ‹ ne cède pas sur le manque qui te constitue ›, une devise qui remet en question comment cette
béance pourrait être compensée par des suppléments
d’une technē sociale et/ou d’une Loi symbolique. N’oublions pas que la Loi ne peut pas rendre justice de la même façon pour tout le monde : Une justice ne repose pas
sur une similitude ou uniformité, sur l’effet logique d’un
discours universalisant et aliénant, mais sur une asymétrie absolue auquel le gadget viendra répondre comme
une prothèse pour la combler ou comme un exosquelette
pour l’assurer.47
Il y a un nœud impossible à défaire de la Loi, du désir et
de la transgression. Une société permettant le pire, le
rendant normal, banal et fatal, ce collectif égalise et officialise l’arbitraire jouissif par n’importe quel acte égalant
et finalisant un jouicentre égotiste, déjanté et nase. Inéluctablement, ce suçon sur le moi-peau social provoque
une rétorque également fauchée à Lacan : Vous voulez
un maître ? Vous l’aurez !
Sur ce, je reste lacanien-freudien au sens où, avec
Freud, Lacan et Žižek, l’inconscient est le lieu par excellence de la liberté. Voilà un paradoxe banal : Nous
n’avons pas directement – et encore moins par le biais
addicte – accès à ce lieu de la liberté – c’est Paul, saint
homme, qui en est un symptôme. Dans la logique d’une
différentialité žižekienne qui prend le manque comme un
critère positif, une libération de l’usage ne pourrait donc
nullement être prise pour un acte libre. L’acte libre le plus
radical, c’est l’acte inconscient. Sur ce, il ne faudra en
aucun cas confondre – comme chez Saint Paul48 – la loi
symbolique avec le surmoi puisque cet inconscient est le
lieu même du ‹ non-écrit ›, du ‹ pas encore écrit ›, dans
le social du ‹ pas encore › démocratique 49 , c’est-à-dire
de ‹ ce qui doit encore advenir › dans cette danse avec
la Loi.
Cette confiance derridien tente de rompre une position
du sujet marquée par ambiguïté et dédoublement, par un
tore sous la forme d’un plan kafkaïen, d’un plan ne représentant que le cas particulier d’une sphère infinie.50
44

Lacan (1971, 68)
Lacan (1960, 370)
Kobbé (1998)
47
Nepomiachi (2013, 35)
48
Causse (2012, 547)
49
Kobbé (2005)
50
Hoffmann (2007)
45
46

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Nous voilà exposés à la topologie torique d’un sujet, d’un
animal social, qui s’est – comme dans le ‹ Terrier › de
Kafka51 – fermé l’issue par son propre engagement et qui
reste sans réponse à la question, si ce n’est, comme le
dit Lacan52, par le recours à une antériorité infinie.
Sous ceci, cet essai tente à prendre une responsabilité
vaine pour l'autrui et – d'une certaine façon – d'intégrer
une axe éthique des actes, du désir, de la jouissance
comme des aspects peut-être encore marginaux dans la
topologie du pli. Sous ceci, cet essai vise une foucaultiade : À travers quel jeu de vérité, quelle vérité variable
comme une variable personnelle – Lacan choisit le néologisme ‹ varité ›53 – l’homme se donne-t-il à penser son
être propre quand il se perçoit comme fou, quand il se
regarde comme malade, quand il s’estime comme addicte, quand il se réfléchit comme un être vivant, parlant,
dépendant et jouissant, quand il se juge et se punit à titre
de criminel ou déviant, quand il réclame sa liberté, quand
il se reconnaît comme homme de désir ?54 A l’égard d’un
brouhaha débridé, cette volte (ou re-volte) psy – qui ne
se veut pas révolte – reste pour sûr une réflexion fragmentée, réalisée et seulement réalisable dans un cours
philosophique sceptique et d'une certaine façon désenchantée. Mais il connaît, en s'assujettant aux jugements
cyniques, un désir éthique comme une visée qui – comme résistance toujours exclusivement réactive – ne
connaît pourtant, avec les paroles de Kafka, pas un seul
chemin. 55 A cela, l'écrivain expose que le chemin véridique mène sur une corde qui se trouve tendue à peine
au-dessus du sol.56 Le vouloir traverser, signifie un acte
de balance comme cours auto-interrogatif sur une voie
qui semble plutôt être destinée à faire trébucher que
d'être parcouru car toute position éthique porte des dangers et nous avertit que ce que nous appelons chemin
est hésitation.57 Sur ce, il ne s’agit pas du tout d’une variante nouvelle de la Loi mais de sa re-formation, voire,
sa déformation constitutive qui doit contrer ce faux choix
de vouloir ou cimenter ou abolir la Loi limitante. Uniquement l’idée d’une réalité incomplète ouvre une espace de
liberté entre lacancan et derridada.58 Une liberté n’existe
que dans le ‹ pas encore › incertain d’une réalité ontologiquement inachevée. La transgression ne transgresse
pas la Loi, elle l’emporte avec elle.59 C’est pourquoi on
est interpellé60 à réparer la texture d’une Loi imparfaite, à
remmailler les cordages sociales, à ravauder les entrelacs borroméens du ‹ pas encore ›.
51

Kafka (2002)
Lacan (1962, 243-244)
53
‹ varité › dans le sens de différentes versions d’une vérité variable, voire,
toujours menteuse (Lacan, 1977, 3).
54
Foucault (1984, 13)
55
Kafka (1918, aph. 26)
56
Kafka (1918, aph. 1)
57
Kafka (1918, aph. 26)
58
Kobbé (1990)
59
Blanchot (1973, 139)
60
Althusser (1970)
52

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La mention du nœud borroméen nous rappelle qu’on a
ici à faire avec le symbolique de la Loi, avec l’imaginaire
d’une solution adéquate et avec le réel d’une liberté à
gogo. Badiou nous explique que cette figure du réel serait une figure fausse, une figure du semblant, et qu’il
faudra – pour exploiter l’allégorie de la caverne de Platon61 – sortir de la caverne pour échapper au lieu que ce
semblant organise sous la forme d’un discours contraignant et arrogant.62 Voilà que Siqueira63 souligne qu’il
reviendrait au psychanalyste de se tenir rigoureusement
au bord qui limite semblant et réel, pour éviter toute
confusion entre le semblant (du réel) et le simulacre, cet
objet fantasmatique du sujet devenu marchandise et promettant une ascension dans le ciel social, dans uns soidisant ‹ sociel ›.64 Quoi pourrait donc être le hors-champ65
de ce réel ? Tentons d’identifier son point d’impossible
propre, un point qui devra représenter quelque chose humainement impossible, quelque chose d’utopique66 alors :
Ce qui sera la forme apparente de ce dont un réel déterminé est le réel caché67, ça sera une jouissance excessive en même temps et extatique et lubrique et supportable. Pour le transposer dans le registre de la Loi : Si
la réalité sociale fonctionne par la défense d’une transgression de la limite légale, son réel serait concevable
comme une Loi sans transgression.
o
o

Ou ce serait un impératif catégorique, à condition
que cette Loi infranchissable ait comme référence
l’impossible plus que kantienne.
Ou ce serait une Loi avec des im-/possibilités hétérotopiques plus que sadiennes.

Voilà pourquoi la réalisation d’une libération absolue de
l’usage de drogues reste l’utopie cachée, marque le point
d’impossible propre du réel.
Quand l’argument pré-programmatique du CAST pour
ces journées fait référence au spectacle des massmédias et d’une politique sanitaire déjà dénoncée comme étant plutôt abjecte68, ce phénomène ne dévoile rien
de ce réel et le nie nullement : Le scandalisé comme le
scandale ne sont qu’une mise en scène d’un fragment du
réel lui-même dans le rôle d’une exception au réel. C’est
pourquoi il est juste qu’il y ait une Loi, mais sa justice est
imprévisible et le différend de ses actes exige de calculer

61

Badiou (2015, 12)
Badiou (2015, 12)
63
Siqueira (2012, 358)
64
‹ sociel › comme allusion abréviative d’un ciel social (Miller, 2005, 11).
65
Il s’agit d’une allégorie exposant en termes imagés les conditions d'accession
de l'homme à la connaissance de la réalité. Elle fait fonction d’une leçon sur
les devoirs du philosophe d'y exercer la dialectique (Platon, 1960).
66
Badiou (2015, 35)
67
Badiou (2015, 34)
68
« ‹ Est-ce qu’il s’agit de mesures sanitaires que l’on vous a confiées ? – osait-je
à évoquer. – › ‹ Sanitaires ? Oui, certainement, sanitaires, – mais sanitaires
est trop faible, sanitaires c’est peu dire ; c’est bien pire et criminel › » (Panizza,
1890, 190).*
* Traduction par l’auteur (UK).
62

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avec l’incalculable. 69 Comment peut-il être ? Peut-être
que c’est kafkaïen70 : Peut-être n’y a-t-il pas de liberté
mais seulement des issues de désertion, de lignes de
fuites. Pierre-le-Rouge, parlêtre piaulant et intello, ne
veut dans son rapport pour l’académie pas du jugement
des hommes. Il ne cherche qu’à propager des connaissances, se contente de relater comme moi – maintenant
avec vous – me suis contenté de relater.
Pour ce qui est de cet essai, je me rapporte à la phrase
de base finale chez Kafka 71 qui condense sa parabole
devant la Loi dans une sorte de mise en abîme72 et fait
savoir qu’elle ne veut rien de vous, qu’elle ne vous veut
rien, qu’elle ne veut rien pour vous : Elle vous prend
quand vous venez et vous laisse quand vous vous en allez.
Sur ce pas du pas, d’un ‹ pas encore ›73 – nous y voilà …
Un pas-de-deux
De philosophie et psychanalyse
Est désormais ce pas sage
Promettant qu‘au moins
Le pas du passifou 74
Le pas du pas
Le pas encore incertain
Se passe bien
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69

Derrida (1994, 39)
Kafka (2008)
71
« La justice ne veut rien de toi. Elle te prend quand tu viens et te laisse
quand tu t’en vas » (Kafka, 2006, 267) ; cf. Kremer (1998, 91).*
* Traduction par l’auteur (UK).
72
Derrida (2005, 54)
73
Blanchot (1973, 80, 149)
74
Lacan (1972, 469)
70

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Dr. Ulrich KOBBÉ
iwifo-Institut, BP 30 01 25, D-59543 Lippstadt
ulrich.kobbe@iwifo-institut.de