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Le Sabre d'Allah: Khalid Ibn Walid

Khalid Ibn Walid , le Sabre d'Allah, comme l'appela une fois le Prophète , fut le héros des
campagnes successives contre les tribus arabes sécessionnistes. Il joua un rôle clé dans la
pacification de l'Arabie.

L'armée musulmane mal équipées et sous entraînée avait combattu sur deux front en même temps
au début du règne du second calife. Sur le front de l'Irak, ils avaient affronté les grandes armées de
Crosoes, le puissant empereur perse et sur le front syrien ils avaient été déployés contre une
formidable force de l'empereur byzantin.

Les musulmans combattirent pendant toute une journée contre les formidables forces romaines en
syrie. A la fin la situation fut équilibrée. Les guerriers musulmans se rassemblèrent dans leur
campement pour revoir leur progression du jour. A la fin un vaillant soldat se leva et s'adressa à eux
d'une voix résolue:

"Mes frères ! Allah est avec nous. Nous combattons pour l'établissement d'un régime basé sur
l'égalité, la fraternité et la justice. Demain je veux donner une leçon aux hordes romaines."
"Quoi?" demanda une voix. "Je propose d'affronter les 60 000 robuste guerriers de Jablah, chef des
Ghassans, avec seulement 30 musulmans." "Es-tu sérieux, Abu Sulaiman?" demanda le vieux Abu

Sufyan. "Oui", répondit Khalid Ibn Walid dont le surnom était Abu Sulaiman.
" Je pense que tu as surestimé ta force. De cette façon tu jouerais avec les vies précieuses des
musulmans", répondit Abu Sufyan.
"Non, pas du tout. En réalité, je veux sauver les vies précieuses des musulmans. De cette façon, je
veux impressionner l'ennemi qui est fier de la supériorité de sa force et de son équipement militaire

", répondit Khalid Ibn Walid .

A la fin Abu 'Ubaidah le commandant des forces musulmanes intervint et on se mit d'accord sur le

fait que Khalid Ibn Walid ) au cÅ“ur de lion affronterait les 60.000 soldats féroces et
bien équipés de Jablah Ibn Ghassan avec 60 musulmans au lieu de 30. Le lendemain Khalid Ibn

Walid avec ses 59 compagnons combattit dans une bataille mémorable sans parallèle
dans l'histoire militaire contre les 60.000 chrétiens. La bataille fit rage toute la journée et les 60
musulmans étaient perdus dans une mer d'hommes armés et ils combattirent comme des lions contre
les vagues déferlantes des forces ennemies décidées à les écraser sous leur pieds. De temps en
temps le cri Allahou-Akbar (Dieu est Grand) s'élevait au dessus du tumulte de la bataille témoignant
de leur existence à leur frères combattants qui regardaient la progression de la bataille avec
beaucoup d'anxiété.
A la fin, dans un dernier effort Khalid Ibn Walid qui combattait comme un héros, gagna la journée

et les chrétiens furent mis en déroute avec de lourdes pertes. Khalid gagna une bataille
mémorable sans précédant dans l'histoire de la guerre. La victoire établit la supériorité des
musulmans sur les romains en dépit de leur infériorité exceptionnelle en nombre te en équipement.

Abu Sulaiman, aussi connu sous le nom de Khalid Ibn Walid appartenait au plus
respectable des clans des Quraish. Son père, Abdush Shams Al-Walid Ibn Al-Mughaira, était
considéré comme un des hommes les plus sages des Quraish et il était connu pour son éloquence et
sa bravoure dans toute l'Arabie. Khalid qui n'avait guère plus de 17 ans à la naissance de l'islam,
manifestait un grand intérêt pour l'art de la guerre, y compris pour les chevaux et le tir, dans lequel
il gagna bientôt une grande réputation. Sa charge dans la bataille de Uhud contre les musulmans par

derrière fut repoussées après de durs combats. Khalid Ibn Walid embrassa l'Islam en

l'an 8 de l'hégire avec 'Amr Ibn Al 'Aas , un autre personnage célèbre des premiers
temps de l'islam. Sa première apparition comme soldat de l'Islam fut lors de la bataille de Mut'ah,
en 8 de l'hégire, lors de laquelle il montra son exceptionnelle bravoure et ses talents militaires. Les
musulmans, avec à peine 300 hommes affrontèrent une armée romaine de 150.000 soldats bien
entraînés. Les premiers commandants musulmans furent tués sur le champs de bataille et le
commandement des musulmans fut confié à Khalid Ibn Walid , qui combattit comme un lion et
brisa 8 épées dans une seule bataille. Prenant une action d'arrière garde, Khalid Ibn Walid
montra ses talents militaires et sortit ses hommes de la bataille.

La rupture de l'accord par les Quraish de la Mecque conduisit à l'invasion de la ville sainte lors de
laquelle le commandement du flan droit de l'armée musulmane fut confié à Khalid. Les musulmans
entrèrent dans la ville sainte sans aucune résistance et le Prophète de l'islam au bon cÅ“ur
pardonné aux insurgés. "Les gens eux mêmes (c'est-à-dire de la Mecque), cependant, furent traités
avec une magnanimité toute spéciale" écrit Phillip K. Hitti, "Il n'y a guère d'entrée triomphale dans
les anciennes annales qui soit comparable à celle ci". Les autres campagnes auxquelles Khalid prit
une part active durant la vie du Prophète sont les batailles de Hunain, de Najran et la prise de
Taif.

La mort du Prophète provoqua la tristesse parmi les musulmans. Avec la disparition de


l'autorité centrale, les tribus arabes se révoltèrent contre leur nouvelle foi. Abu Bakr qui fut élu
premier calife de l'Islam était inflexible dans insistance d'une reddition inconditionnelle des

sécessionnistes ou de la guerre jusqu'à annihilation. Khalid Ibn Walid fut le héros de


ces guerres. 'En six mois de commandement il avait réduit à la soumission les tribus de l'Arabie

centrale' (Hitti). Avant sa mort, Le Prophète avait désigné Oussama au

commandement d'une campagne contre les Romains. Abu Bakr , lors de son élection
comme Calife, fut conseillé par ses lieutenants les plus dignes de confiance de ne pas disperser les
forces musulmanes à l'extérieur de la capitale qui était menacée de toute part. Mais le pieux calife
refusa de mettre de coté l'ordre de son défunt maître et dispersa l'armée sous les ordres d'Oussama
qui avait un effet de réflexion sur les tribus arabes récalcitrantes et qui contribua immensément a
l'établissement du prestige militaire de l'islam.

Khalid Ibn Walid , le sabre d'Allah, comme le Prophète l'appela une fois,
fut le héros des campagnes successives contre les tribus arabes sécessionnistes. Il joua un rôle
important dans la pacification de l'Arabie. Taleiha, Musailamah, l'imposteur et Malik Ibn Nawera,
furent vaincus les uns après les autres dans de difficiles combats. D'après les premiers historiens de
l'Islam, la campagne contre les 40.000 féroces guerriers menés par Musailamah, fut le plus dur
jamais combattu par les premiers guerriers de l'islam lors duquel l'extraordinaire bravoure et les
talents militaires de Khalid gagnèrent la journée et Musailamah fut tué dans un jardin
adjacent, lors d'une bataille connue sous le nom de "Bataille du jardin de la mort". Cette victoire
établit une fois de plus la supériorité de l'islam sur toute l'Arabie.
Les empires voisins perse et romain, qui jusqu'ici se moquaient et sous estimaient la force militaire
de l'Arabie, voyaient maintenant une menace pour leurs intérêts dans l'avènement de la puissance de
l'islam. La pacification du nord de l'Arabie mit les musulmans en conflit avec les Perses qui
gouvernaient l'Irak arabe et qui étaient reconnus comme seigneurs par les tribus arabes nomades
habitants les régions voisines. Les perses incitèrent ces tribus à se lever contre l'Islam. De telles
machinations de la part des perses contre l'Islam, obligea le vertueux calife au bon cœur, Abu Bakr

, à envoyer en le 12 de Muharram 12 A.H ses forces sous le commandement de Khalid

Ibn Walid . Le premier à s'opposer à eux fut Hormuz, un tyran détesté par ses sujets
arabes qui gouvernait la région du Delta. Khalid divisa ses troupes en trois parties, mettant
Muthanna aux commandes de la colonne avançant, 'Adi ibn Hatim pour la seconde et lui-même
levant l'arrière. Il avança stratégiquement sur Al Hafir, le poste militaire de la frontière de l'empire
perse. "La dessus Hormuz défia Khalid", écrit Sir William Muir "en un combat singulier. Il organisa
traîtreusement une embuscade mais fut égorgé lors de l'affrontement. Les musulmans se ruèrent
alors en avant et un grand massacre fit fuir l'ennemi. Ils les poursuivirent jusqu'aux rives des
Euphrates', ("Le Califat --- Son avènement, sa grandeur et sa chute "). La bataille fut nommée 'Zaat
as-Salasil' (La maîtresse des chaînes) parce qu'une grande partie de l'armée perse fut enchaînée pour
que les soldats ne s'enfuient pas".

Dans une autre campagne près du canal de Tigris lors de laquelle une petite colonne volante sous le
commandement d'Al-Muthanna fut en grand danger, Khalid arriva à temps pour soulager son
lieutenant, vainquit l'armée perse renforcée avec de lourdes pertes, un grand nombre de soldats
ennemis étant tués ou noyés.
La perse était maintenant en alerte à cause des victoires inattendues d'une poignée de musulmans
mal entraînés et sous équipés contre leur force pourtant bien supérieure en nombre et en
organisation. L'empereur perse leva une taxe auprès des clans arabes loyaux et déploya rapidement
une formidable force sous le commandement de Bahman, un général perse vétéran. Les deux
armées se rencontrèrent à Al Walaja, près du confluent des deux rivières en Avril 633. Khalid
qui divisa son armée en deux, avança sa colonne pour rencontrer l'ennemi alors qu'il garda deux
colonnes en réserve et surprit l'ennemi épuisé dans une embuscade située à l'arrière. Ainsi la
supériorité tactique et les grands talents militaires de Khalid ganga la journée pour les musulmans
contre les forces perses pourtant supérieures.

L'amertume se répandit parmi les tribus bédouines chrétiennes qui appelèrent Ardashir, l'empereur
perse pour venger leur défaite. Une grande force conjointe formée de perses et de bédouins fut
déployée en hâte sous le commandement du général perse Jaban pour rencontrer la force
musulmane à Ulles en mai 633.

Laissant un gros détachement à Al-Hafir, pour garder ses arrières, Khalid marcha
rapidement en avant pour rencontrer l'ennemi. La bataille fut acharnée et pendant un long moment
le dénouement fut incertain. A la fin, dans une charge acharnée de Khalid, les perses abandonnèrent
et s'enfuirent, laissant derrière eux 70.000 morts sur le champ de bataille. En un seul combat, Khalid
avait vaincu un guerrier perse réputé pour être l'équivalent de 1000 guerriers.

A cette époque, les Perses étaient largement désillusionnés et leur moral était brisé. Néanmoins, les
bédouins chrétiens insistèrent pour expulser les envahisseurs. Khalid surprit Amghisiya,
une ville prospère dans la région de Al Hira. Le Calife en apprenant ces victoires des armées
musulmanes, s'écria : "O, Quraish, en vérité votre lion, le lion de l'Islam, a bondi sur le lion perse,
et l'a privé de sa proie. Les femmes ne porteront jamais un second Khalid".

Khalid avec un escadron volant se hâta vers le canal pour fermer les écluses et
permettre à ses bateaux de remonter le canal. Al Hira fut assiégée par les musulmans et capitula peu
après. Un traité fut signé avec les habitants de Hira en 633, qui fut plus tard rectifié par le calife de
l'Islam. On fit de Hira le quartier général des forces islamiques et de là Khalid commença la
consolidation de ses gains. Les réformes introduites par Khalid en consultation avec le Calife en
faveur des agriculteurs et des habitants de des pays conquis fournissent un contraste frappant avec
le féodalisme perses qui prévalait jusqu'ici dans ces régions. Ainsi, les musulmans furent bien
accueillis comme des bienfaiteurs remplaçant les tyranniques seigneurs perses. Par mesure de
précaution, des garnisons musulmanes furent postées ici et toutes les troupes furent gardées prêtes
en colonne mobiles.

La prochaine à être assiégée fut la forteresse de Anbar, située sur l'Euphrate à environ 80 miles au
dessus de Babylone. La fosse profonde attenante à la forteresse fut traversée en y jetant les corps
usés des chameaux tombés au combat et la ville capitula sans plus de résistance. Ain-at-Taur, un
point vert dans la région de Anbar, fut aussi capturée par les musulmans.

Khalid avait maintenant atteint Al Firad, située sur la frontière irakienne et syrienne,
qui était divisée par une rivière. Les frontières syriennes étaient gardées par une forte garnison

byzantine qui, alertée par les succès de Khalid , fit cause commune avec les Perses et les
bédouins chrétiens afin de vaincre les envahisseurs musulmans. Un conflit long et difficile s'ensuivit
dans lequel les musulmans furent victorieux et l'ennemi perdit plus d'un lakh de soldats.

Les victoires de l'islam sur les perses établit la suprématie des armes islamiques et du

commandement de Khalid Ibn Walid , le Sayfullah. Khalid resta en Irak


pendant 14 mois et pendant cette période il combattit et gagna 15 batailles contre un ennemi qui
était de loin supérieur en armes et en hommes. Les Arabes, qui jusqu'ici se considéraient comme
bien inférieurs aux perses dans tous les aspects de la vie et qui les reconnaissaient comme leurs
seigneurs, se débarrassèrent de leur complexe d'infériorité et regagnèrent leur confiance. Les

victoires éclaires de Khalid en Irak qui paralysaient le vaste et plein de ressources


empire perse en si peu de temps, figurent parmi les campagnes les plus glorieuses dans les annales
de la guerre et l'ont placé parmi les plus grands généraux de tous les temps. Il avait imaginé
plusieurs nouvelles tactiques qui étaient jusqu'ici inconnues dans le monde, parmi lesquelles le fait
de charger par les forces de réserve. Il se révéla aussi être un bon administrateur qui consolida ses
gains, installa des garnisons militaires à des endroits convenables pour sécuriser la région, effectua
des réformes agraires et d'autres réformes avantageuses pour les hommes du commun qui rendirent
les musulmans chers aux habitants contrairement à leur précédents seigneurs féodaux perses. Les
musulmans avec leur penchant démocratique étaient préférés aux bureaucrates perses.

Après la défaite des forces conjointes à Firad en janvier 634, la saison du pèlerinage approchant,
Khalid essaya d'accomplir en secret le Hajj. Sir William Muir dans son travail bien documenté "Le
Califat --- Son avènement, sa grandeur et sa chute ", écrit :
"La saison du pèlerinage à la Mecque arrivant maintenant, Khalid forma le désir de l'accomplir
incognito sans même que ne le sache son royal maître. Ainsi, ayant recruté son armée pendant 10
jours sur le champ, il donna des ordres de marcher lentement et par étapes faciles vers Al Hira. Puis
il partit secrètement avec une petite escorte pour sa pieuse mission. Sans guide, il traversa le désert
avec une merveilleuse sagacité et rapidement. Ayant accompli les rites du pèlerinage, il rebroussa
chemin de la Mecque et rentra à Al Hira au début du printemps, juste alors que l'arrière garde
arrivait. Ainsi il garda bien son secret, et l'armée pensa toujours qu'il était à Al Firad et qu'il revenait
doucement. Même Abu Bakr, qui présida lui-même le pèlerinage, ne fut pas conscient de la
présence de son grand général".

L'attitude des armées Byzantines aux frontières de la Syrie était aussi menaçante que depuis le

temps du Prophète . Les armées Byzantines avaient fait des incursions fréquentes dans
les territoires arabes bordant la Syrie et avaient emporté leurs troupeaux et leurs biens. Khalid

, qui était posté aux frontières syriennes, affronta avec succès les armées Byzantine. Le

calife Abu Bakr , ayant réalisé le grand danger à l'horizon syrien, demanda aux
musulmans de s'enrôler pour le service actif sur le front syrien. Plus d'un millier de compagnons du

Prophète , dont une centaine qui avait participé à la bataille de Badr se porta volontaire.

Le calife en personne alla à la plaine de Jurf pour dire adieu à chaque brigade partant pour la Syrie
et leur donna l'ordre suivant: "Hommes, j'ai dix ordres à vous donner, que vous devez observer
loyalement: Ne trompez personne et ne volez personne; Ne trahissez personne et ne mutilez
personne; ne tuez pas les enfants, ni les femmes, ni les personnes âgées; n'écorcez pas et ne brûlez
pas les palmiers; Ne coupez pas les arbres fruitiez et ne détruisez pas les champs, les troupeaux ni
les chameaux excepter pour avoir de la nourriture. Vous rencontrerez des hommes vivant dans des
cellules; laissez les tranquille à ce à quoi ils se sont dévoués...."

Des instructions à caractère plus général furent aussi données au chef de fournir un bon
gouvernement aux peuples envahis, et de respecter sa promesse; de ne pas trop rester à chaque fois,
et de toujours être franc; de respecter les ambassadeurs, de ne pas les détenir longtemps de peur
qu'ils ne deviennent des ennemis; de préserver le secret quand c'est nécessaire, de faire des tour de
garde la nuit et le jour et de ne jamais être lâche.

Trois divisions formées de 5.000 soldats chacune furent envoyées sur le front Syrien sous le
commandement de Shurjil Ibn Hasana, 'Amr Ibn Al 'Aas, et Yazid Ibn Abu Sufyan. On confia aussi
à Abu 'Ubaidah le commandant suprême du front syrien le commandement d'une division séparée.
Mais les Byzantins avaient rassemblé une force dans le voisinage de Yarmuk qui était dix fois plus
forte que les musulmans. Cela nécessita le transfert vers le front de Khalid Ibn Walid. Le sage

Calife Abu Bakr ordonna à Khalid de partir vite pour le front syrien avec la moitié de
ses forces, laissant la seconde moitié en Irak sous le commandement de Al-Muthanna. D'après les
historiens Tabari, Muqaddasi et Balladhuri, le Calife avait désigné Khalid comme commandant
suprême des forces musulmanes sur le front syrien. La marche éclair de Khalid et de ses hommes
dans un désert sans route, sans eau et impassable entre l'Irak et la Syrie est un des exploits les plus
audacieux de l'histoire. Il traversa le désert en cinq jours ce qui lui valu l'éminence de porter le nom
de 'Thanniyat ul Ukab' (le passage de l'aigle).
L'armée musulmane en Syrie fut divisée en quatre corps qui opéraient sous le commandement de
quatre généraux dans différents secteurs. Abu 'Ubaidah commandait la division des Homs dont le
quartier général était à Jabia, 'Amr Ibn Al 'Aas commandait la division de Damas et Sharjil ibn

Hassana commandait la division opérant au Jordan. Sur le conseil de 'Omar , le calife


Abu Bakr ordonna la concentration de la totalité de la force musulmane à Jaulan près de Yarmuk en
avril 634 afin d'y rencontrer un ennemi dont les ressources, les richesses et l'approvisionnement en
matériel de combat étaient illimités. Les Romains aussi rassemblèrent tous leurs corps et l'énorme
armée romaine campa dans le méandre semi-circulaire de la rivière Yarmuk protégée sur trois cotés
par la rivière et ils considéraient que c'était un lieu idéal pour camper. L'armée musulmane arriva
plus tard et occupa le col de la bouteille. Les Romains réalisèrent leur erreur mais c'était trop tard.
Les deux armées se regardaient depuis deux mois quand Khalid arriva sur les lieux. On lui confia le
commandement suprême des forces musulmanes. D'après toutes les sources historiques connues, y
compris Tabari, l'armée d'Héraclius comportait 240.000 hommes alors que les musulmans n'étaient
que 40.000. L'armée romaine était commandée par de célèbres généraux et guerriers, dont Théodore
le Sakkellarius, Bannes et Jarja (George).

Khalid Ibn Walid , réalisant la supériorité des Romains en nombre et en armes, eut
recours à ses tactiques habituelles et divisa son armée 38 corps égaux, tous commandés par des
guerriers compétents. Le 30 Août 634, les Romains, inspirés par les prêtres, sortir de leur camp pour
rencontrer les Musulmans. Un carnage terrible s'ensuivit et les Romains furent vaincus dans un
massacre épouvantable. D'après Tabari, plus de 120.000 Romans périrent dans la vallée de Wakusa
et furent noyés dans la rivière. Avec cette mémorable victoire dans la bataille de Yarmuk, toute la
Syrie était aux pieds des musulmans. Lors de cette mémorable bataille, Khalid Ibn Walid montra un
superbe talent militaire, une chevalerie extraordinaire et de rares mouvements stratégiques. Quand
la nouvelle du désastre fut transmise à l'empereur Byzantine Héraclius à Antioche, il dit : 'Adieu
Syrie, ma blonde province. Vous êtes des ennemis maintenant ...quelle terre je laisse à l'ennemi; et il
quitta Antioche pour Constantinople. Khalid déclara : 'La Syrie s'assit aussi calme qu'un chameau'.

Mais avant la fin de la bataille de Yarmuk, le calife Abu Bakr mourut et lui succéda

'Umar. Immédiatement après son élection comme calife, 'Umar donna des ordres pour

la déposition de Khalid du commandement suprême. La lettre fut remise à Khalid au


milieu de la bataille de Yarmuk et fut gardée secrète jusqu'à la fin. Khalid obtempéra avec plaisir
aux ordres du calife et jusqu'à sa mort il combattit comme un soldat ordinaire dans les armées de
l'islam. Il montra un sens de la discipline incroyable pour un général de son rang. Ignorant
l'humiliation que cet ordre aurait pu provoquer en lui, il continua à servir avec un zèle infatigable
comme un soldat croyant de l'Islam dans toutes les campagnes qui eurent lieu ensuite en Syrie.

Pendant le califat de 'Umar, les forces musulmanes remportèrent de brillantes batailles en Syrie, en
Irak, en Perse, et en Egypte et la bannière islamique fut portée aux extrémités occidentales de
l'Egypte, à l'ouest et aux cotes de la mer Caspienne au nord. Le siège de Damas dura plus de deux
mois et une nuit alors que dans la ville on fêtait la naissance d'un enfant de Lord Bishop et que les
habitants étaient ivres, Khalid et ses associés escaladèrent les murs et ouvrir les portes orientales. Le
Takbir (cri d'Allah-ou-Akbar) remplit l'air et les festoyeurs ayant compris que situation était critique
ils capitulèrent à Abu 'Ubaidah, le commandant musulmans qui gardait les portes occidentales. Les
deux armées - l'une menée par Khalid - déclarèrent avoir pris la ville et l'autre commandée par Abu
'Ubaidah qui avait accepté la capitulation de la ville sous certaines conditions, se rencontrèrent au
cÅ“ur de la ville. En fin, les termes de la capitulation acceptés par Abu 'Ubaidah furent considérés
comme bons pour toute la ville et furent ratifiés par le calife 'Umar.

Khalid prit part à plusieurs campagnes en Syrie, dont celles de Homs et de Kansarain. Avec la
conquête de Kansarain, la dernière place forte des Byzantins en Syrie, le règne des Byzantins en
Syrie s'acheva et l'empereur Héraclius se retira à Constantinople pour ne jamais revenir. La valeur
exceptionnelle exhibée par Khalid lors de la campagne de Kansarain obligea 'Umar à changer son

opinion à son sujet. Il reconnut ouvertement: 'Que Dieu bénisse Abu Bakr . Il avait un
plus grand sens du type d'homme qui convient que moi'.

Le respect montré par les conquérants musulmans envers les races conquises en Irak et en Syrie fut
responsable, pour une grande partie, de l'établissement d'un gouvernement et d'une administration
stables dans ces régions. Dans " Le Califat, Son avènement, sa grandeur et sa chute ", Sir William
Muir reconnaît : 'Si les musulmans avaient maltraités les gens en Syrie ou s'ils avaient persécuté
leurs religion, leur position aurait en fait été désespérée; mais leur clémence envers les conquis, leur
justice et leur dignité contrastaient avec la tyrannie et l'intolérance des Romains.....Les chrétiens
syriens jouissaient de plus de liberté civiles et politiques sous leurs envahisseurs arabes que sous le
règne de Héraclius et ils n'avaient aucun désir de retourner à leur ancien état....Les musulmans,
quand ils se retirèrent, rendirent les impôts collectés, puisqu'ils n'étaient plus capable de remplir leur
part du marché en garantissant la sécurité de la vie et des biens. Un évêque nestorien écrit à propos
de l'année 15: Les Talites (Arabes) a qui Dieu avait accordé de nos jours la domination, sont
devenus nos maîtres; mais ils ne combattent pas la religion chrétienne; plutôt ils protègent notre foi,
ils respectent nos prêtres et nos hommes saints, et font des cadeaux à nos églises et à nos couvents'.
Ainsi, les musulmans en Syrie régnaient sur les corps et les cÅ“urs de leurs sujets en Syrie et en
Irak.

La raison derrière la déposition de Khalid n'était pas la malice de la part du grand calife

'Umar . C'était une personne trop grande pour qu'on l'associe à de tels actes. Comme le
dit Sir William Muir:

'Le chef militaire devait laisser la place au fonctionnaire civil; de l'épée à la plume; de Khalid à Abu
'Ubaidah. Il n'y a pas d'occasion de chercher des motifs ultérieurs qui aurait menés 'Umar à
remplacer Khalid par Abu 'Ubaidah. Pas la moindre des haines personnelles ne l'ont influencées.
'Umar était trop grand pour cela.'
'Umar a essayé d'effacer l'incompréhension créée parmi les gens au sujet de la déposition de Khalid
Ibn Walid. Il envoya une lettre dans les différentes provinces pour annoncer qu'il n'avait pas déposé
Khalid à cause d'une faute de sa part, mais parce qu'ils avaient commencé à mettre plus de
confiance en Khalid qu'en Dieu.

D'après les célèbres historiens Tabari et Ibn 'Asakir, Khalid Ibn Walid, le sabre d'Allah, mourut à
Homs en 21 de l'hégire (644).
Ainsi trépassa le héros de centaines de batailles avec un désir inassouvi de martyr sur ses lèvres
mourantes.

"Hélas", murmura-t-il "Moi, qui aie combattu des centaines de batailles et dont le corps porte
d'innombrables cicatrices, je n'ai pas pu être béni par le martyr - la plus grande ambition de tout vrai
musulman. Je suis allé dans tous les endroits possibles pour la Shahadah, mais il était écrit dans
mon destin que je mourrais dans mon lit. A mon avis il n'y a pas d'action plus chère que mon attente
auprès de mon cheval abrité par la nuit, le ciel scintillant par la pluie, attendant l'aube, afin que je
puisse attaquer l'ennemi."

En apprenant la nouvelle de sa mort, le calife Umar s'exclama : 'La mort de Khalid a créé un
vide dans l'islam qui ne peut être comblé'.
'Les campagnes militaires de Khalid Ibn Walid et de 'Amr Ibn Al 'Aas , écrit Philip K. Hitti dans son
travail monumental "The History of the Arabs" qui s'ensuivirent en Irak, en Perse, en Syrie et en
Egypte sont parmi les brillamment exécutées dans l'histoire de la guerre et apporte une comparaison
favorable avec celle de Napoléon, d'Hannibal ou d'Alexandre'.