PRINCIPES
D

U

DROIT
D E LA
NATURE ET DES GENS.
IITítAIT DU GIUND OUVRAGE LATIN.
De Mr. DE WOLFF,
Par Mr. FORMET.
TOME TROISIEME.

A AMSTERDAM,
Chez

MARC MICHEL
MDCCLVIII.

RE Y,

Tlii: V!:W - ")RK

' ifiMR.'i I. '..i AND
■ - TfLI'BN
.' ..WUNg
E
1510
L

T

A
.

C

H

A

B

L

E

DES
P I T R E S.

Contenus dans le Troifiéme Volume.
•L IVRE

SEPTIE ME.

De l'Empire Domeftique , ou des Devoirs
& des Droits qui fe rapportent aux Socié
tés Conjugale, Paternelle &Hérile..
Chap. I De PEmpire , & de la Société en gé
néral.
.
.
Pag. i
Chap. II. De la Société Conjugale , ou du
Mariage.
...
27
Chap. III Des Parentages & Alliances. . 61
Chap. IV. De la Société Paternelle. .
70
Ceap. V. Des Teflamens , & dé la SucceJJion
ab inteftat , ou du Droit héréditai
re.
.
.
.111
Chap. VI. De la Servitude , & de la Société
entre les Maîtres & les Domefttques.
...
. 12T
Chap. VII. De la Maifon.
;
.135
LIVRE

HUITIEME.

De l'Empire Public, ou du Droit des Etats.
Chap. I. De POrigine des Etats, & de VEm
pire Public.
.
.
.138
ClIAP. II. Des différentes Formes du Gouver" 1 vernemtnt.
,
.
152.
Chap.
'

TABLE DES CHAPITRES.
Chap. III. De la Maniére de régler un Etatí
Pag. 180
Chap. IV. Des Droits de la Majesté. . 223
Chap. V. De la Théorie Naturelle dis Loïx
Civiles.
.
.
.
242
Chap. VI. Des Devoirs du Supérieur , ou
Chef de fEtat , ô? des Sujets. 247
LIVRE

E U V I E M E,

Dq Droit des Gens.

.

Chap. I. Du Droit des Gens en général. 257
Chap. II. Des Devoirs d»s Nations envers el
les-mêmes , & des Droits qui en ré
sultent.
.
.
.
261
Chap. III. Des Devoirs des Nations les unes
' . .
envers les autres , & des Droits.
qui en résultent.
.
.
267
Chap. IV. Du Domaine des Nations. . 274
Chap. V. Des Traînés.
.
. .
28a
Chap. VI. Des moyens de terminer les Dé
mêlés qui s'élévent entre les Na
tions.
.
.
.
292
Chap. VIL Du Droit de guerre des Nations.
- •
397
Chap, VIII. Du Droit des Gens dans la Guerre.
308
Chap. IX. De la Paix, & des Traittés qui
la concernent.
.
.
. 32J
Chap. X. Du Droit des Ambassades. . 330

PRIN:

PRINCIPES « D U DROIT NATUREL. & de la Société en générai. ou des Devoirs & des Droits qui se rapportent aux Sociétés Conjugale .ou efpéce de Traitté . LIVRE SEPTIEME. í. Paternelle & Hérile. De FEmpire. Ce qu'on appelle Société dans le Négoce. De . A es .1'Empire Domestique . par lequel plusieurs person nes réunissent leurs forces pour arriver à un même but. n'est qu'une Tome III. - CHAPITRE I. A Société en général est fondée sur un Traitté.

ceux qui contractent la Société. au cas qu'il refuse de le faire. Dans ces derniéres on se pro pose plusieurs fins de concert . ou qu'il se montre négligent. II peut y avoir autant de Sociétés différentes . est de celles qu'on nomme parfaites. dónt les Mem bres font des Individus. dont les Membres font d'autres So ciétés . conserve Jes fins particuliéres de son institution. On appelle JJsocìés . III. qui fait partie de la Société composée. & remplir fi délement les obligations particuliéres auxL'obligation qui lie les Associés entr'eux . pour arriver au but commun de la Société. ou Membres .a PRINCIPES DU espéce comprise sous ce genre. VU . quelque lien d'association. Tout Membre d'une Société est obligé de faire ce qui dépend de lui . & chaque Société (impie . que de fins pour lesquelles on peut se réunir. qui se réunissent par. IV. & des Sociétés com posées. V. II y a des Sociétés Simples . La Société entre plusieurs personnes donne ce droit il tous sur chacun . Par conséquent des Associés ont droit de contraindre leur Coasso-Ciés à satisfaire à ses obligations. ôc la Société entre deux personnes donne ce droit réciproque à l'une iur l'autre.

$ VI. & de la maniére qui eit exprimée dans les conventions. Deíbrte que s'il n'y a point eu. IX. . en vaquant à quelque chose qui n'étoit pas comprise dans ses devoirs proA a pres. Mais YObligation propre de cha que Associé. de conventions particuliéres . c'est de remplir les fonctions qui lui ont été spécialement imposées. si quelque Associé trouve pourtant une occasion d'avancer le bien commun de laSociété. les Associés ne font tenus qu'à commune. L''Obligation commune des Associés est donc celle par laquelle ils doivent travailler de toutes leurs forces au bien commun de la Société. Tout Associé est obligé de procurer le bien commun de la Société de toutes ses forces. Lorsqu'il existe des conventions particu-^ liéres . VIII. & sur les con ventions formelles qui ont été arrêtées en la formant. qui ont déterminé les fonctions de diatc-un . Les obligations & les droits des Membres d'une Société se réglent & se déterminent sur le but de cette Société .DROIT NATUREL. VII. pour arriver ainsi au but qu'elle se propose. Ainsi c'est par l'idée de ce but que se détermine celle du salut. On appelle Salut de la Société ses progrès non interrompus vers le but de fa destina tion. qu'on peut appeller autrement le Bien commun de la So ciété.

mais qu'elle la laisse subsister . soit en ne fai sant que le négliger. XI. Une Société n'est pas autorisée à traverser les en« . Cette obligation bannit toute négligence . X. à s'£n désister. mais encore engager. & y substitue l'attention & la diligence. ou ceux qui voudroient y apporter des obstacles . celui qui n'en est pas Membre. & de se réunir contre ceux qui voudroient le faire. ceux qui font propres à y concourir. XIII. XIL Un Associé ne sauroit travailler à son bien propre au préjudice de celui de la Société . faire non senlement tout ce qu'il peut . soit en lui faisant un tort réel. il est obligé de la faire. autant que cela dépend de lui.4 PRINCIPES DU pres. Cela fait voir que l'obligation propre ne détruit pas entiére ment l'obligation commune .II est évident qu'aucun Associé ne doit rien négliger de ce qui convient au bien de la Société. Cette matiére demande pourtant d'être traittée avec beaucoup de circonspection.&poury contribuer. autant qu'elles font compa tibles ensemble. On appelle Etranger à l'égard d'une So ciété . Le devoir des Associés est d'empêcher qu'aucun Etranger ne nuise à la Société. Chaque Associé doit avoir à cœur le salut de la Société . . à le faire . & à plus forte raison ne rien faire qui y soit contraire.

Quand une Société a été simplement con tractée .que cela diminue ses. Ce que l'on' appelle pas. les obligations & les droits sont les mêmes par rapport à tous les . pour arriver à quelque but commun' par des efforts réunis .DROIT NATUREL. n'y a au cun lieu . prééminence. il y a un. il faut que ses droits reçoivent . XIV. ou jouira de quelque droit dont les autres ne sont pas participans . XVII.. Dans une Société égale personne n'a dè' prérogatives . 3quel-- . ou défendu à l'autre. il y a alors différence d'obliga-tions & de droits par rapport aux Associés. xvr. Des Associés ne doivent pas souffrir que l'un d'entr'eux fasse des choses contraires au bien de la Société. XV. fous prétexte qu'elle en souffre . ou défendu à l'un. -'. Dans une Société inég&le .' profits &c. mais . l'un n'est pas plus obligé . est de -même permis. si l'on' convient expressé ment que l'un d'entr'eux se chargera dte quelque fonction particuliére .des atteintes formelles. rang. on n'a pas plus de droit que l'autre.. ce qui est: permis. en un mot il n'y a point d'ordre auquel on soit nécessairement astreint. La premiére de ces Sociétés se nomme égalév la seconde inégale. oui A. Associés . 5 entreprises d'un Etranger . pour qu'elle puisse agir de la forte. à laquelle les' autres ne font pas astreints .

peu vent y régler les rangs à leur gré j & ceux qui entrent ensuite dans cette Société . Cependant . est obligé de contribuer davantage au bien commun . qui jouissent de certaines prérogatives . si la Société y conient . Des Associés intrinsèquement égaux font ceux qui ont tous les mêmes droits . différer seule ment par rapport au rang. s'il le veut. à-moins qu'on n'en soit autrement convenu. ils peuvent à cause de quelques raisons extrinséques accorder la prérogative du rang à l'un d'entr'eux . XIX. qui sont plus chargés d'obligations . Avec cela ils peuvent être extrìnséquement inégaux . celui qui a plus de droits . XX. comme tout dépend ici du bon-plaiíìr des Associés. on peut régler d'une façon particuliére le rang d'un nouvel Associé qui y entre. Cependant. Ceux qui contractent une Société. tant du cô té . doi vent se conformer à l'ordre qu'ils y trouvent établi. XXI. il y a un ordre réglé. quoi que d'ailleurs il soit inférieur .6 PRINCIPES DU quelques Membres. & les mêmes obligations. se suivre dans un certain rang. il y en a d'autres au-contraire . Dans une Société inégale. ou bien l'un des Associés peut lui céder le lien. XVIII. les rangs & les prééminences y ont lieu . toutes choses d'ailleurs égales .

Ce qui se régie dans une Société en vuë d'arriver à la fin qu'elle se propose. ou priviléges. . ? té des droits . XXV. On peut prendre le mot de Société dans un sens plus général encore que nous n'a vons fait jusqu'à-présent.moins qu'on ne détermine le contraire par des conventions particuliéres.DROIT naturel. qui partout ail leurs a le pas & le rang sur les autres . il les acquiert . les Loix font lesmoyens par lesquels la Société arrive à la A 4 fi» . les ar ticles qui en forment le plan. XXII. Dès l'origine de la Société . & c'est ce qui met tous les Associés» dans l'obligation d'y conformer dans la sui te leur conduite. de les changer . de les détruire . xxni. pour toute multi tude d'hommes qui se réunit dans la vuë d'arriver à un but commun. qui avoit certains droits. & elle a le droit de les faire . Rien n'em pêche aussi qu'un Associé . & d'y en substituer de nouvelles. i Quand quelqu'un est reçu dans une So-. ciété íur le pied de successeur d'un autre . XXIV. Toute Société doit avoir ses Loix . que de celui des avantages qu'il procure au bien commun. ne peuvent être arrêtés que par ce consentement com mun. doit fir tre réglé du commun consentement des As sociés. à . Encore une fois tout est arbitraire à cet égard. soit le dernier dans la Société. A proprement parler .

La Société a par con séquent le droit d'ajoûter aux Loix la Sanc tion des peines contre les transgresseurs . s'il vient à commettre quelque infraction des Loix qui l'y expose . & le second dans le droit d'exiger lare. & par rapport aux récompenses. il y a mérite de peine. Par rapport aux peines . Tout excès à l'un ou l'autre de ces égards. ils ne doivent point souffrir qu'aucun d'entr'eux transgresse ces Loix. Ainsi c'est de leur oblervation que dépend lesalutde la Société. Le premier consiste dans l'obligation de . ne pourroit qu'être ruineux pour la Société. & tous les Associés y étant intéressés . on ne doit propo ser que des récompenses qui sussisent poui encourager les observateurs.comXXVIII . En conséquence de ces «ngagemens réciproques. On ne doit ajoûter aux Loix pour Sanc tion.Corps de la Société s'oblige envers chaque Membre à les lui accorder.8 PRINCIPES DU fin qu'elle se propose. s'il fait des actions qui l'en rendent digne. que des peines qui sussisent pour ar rêter les transgrefleurs . & mérite de récompense. tout le . XXVI. ou de décerner des récompenses à ceux qui les observent. Mais ces peines & ces ré compenses doivent être réglées du consen tement commun de tous les Membres de la Société. chaque Associé s'oblige envers tout le Corps de la Société à les subir . XXVII. subir la peine .

chacun de ses Membres a: dioit de déclarer fa volonté au sujet de ce qu'on doit faire dans ce cas.'DROIT' NÀ TOREE- <p xxym. maisrien n'empêche que descorrventions particuliéres ne l'ôtent à quelquesuns. & quand il ne le feroit pas expressément . Chaqtìe Associé a naturellement le' droit' de voter. ou'ne ïe font pas: 11 y a pluralité'. IJ y a Pbtum assirmatif &' négatif .5^ Ism . qui alors ne fauroient se l' arroger.prorfiet d'en observer les. quand il ie trouve autant de suffrages d'un côtéque de l'autre.Loix . Quiconque est reçu dans une Société. il est chargé de Fobligatíond'observer les Loix de la Société>. pour les autres avis. . Lorsqu'il survient quelque cas. suivant' qu'on déclare vouloir. Ainsi . ou ne pas vouloir ce dont il s'agit. qui -a Tidéede toutes les actions qui . XXIX. XXXII.' suivant que tous ceux qui votent font d'ac cord. dès le moment de fbn entrée .Celui-làest au fáit d'une affaire. lés actions qui font requises pour arriver à mr certain' but. A.lorsque ie plu? grand nombre de suffrages se réunissent à un avis \ & alors il y a minorité. XXXI. ou votum: XXX.. & partage.T.1Otr appelle Jffaire l'affemblage de toutes ": . II y a parité. Cette déclas ration se nomme suffrage . II y a unanimité .qui inté resse laJSociéfé . il est censé le faire tacitement.

quand on a travaillé infructueux íement. XXXIII. s'ils ne l'ont pas fait expressément . lors qu'après avoir comparé les suffrages . ce ne font pas les meilleurs qui peuvent l'emporter. Pour connoître quels font les meilleurs. est donc censée valoir autant qu'une au tre . on appelle meilleurs . ou qui y sont reçus depuis qu'elle est formée . Chaque voix . ils déterminent ce qui doit être fait. XXXV. ceux qui contractent une So ciété . ou nel'être pas. L'unanimité des suf frages conclut aussitôt d'une maniére déci sive. de jn*. chacun abondant or dinairement dans son sens. Mais lorsqu'ils font partagés. Cela étant. mais c'est ce qui est très dissicile . ceux qui décident le sujet en question de la maniére la plus con forme à la vérité. Les Consultans font dits conclurre .PRINCIPES DU la composent. qui renferme ce à quoi ils ont conclu. . C'est ce qu'ils expriment par une Conclusion. que pour la décision des affaires il faut s'en rapporter à la pluralité des suffrages .& on lé régie sur la pluralité. quand on est parvenu au but . Une affaire est dite avoir son issue . font censés convenir tacitement. lions de parler. & ne l'avoir pas.. à cause des dissicultés dont nous ve-. Quand il y a division dans les suffrages. ou suffra ge . & ne donnant d'attention qu'à ses propres idées. xxxrv. ou Sentence. il faut les peler.

s'il y a autant de suffrages pour l'une que pour l'autre . XXXVL II ne sauroit y avoir de conclusion dans la parité des suffrages .causé par la parité des suffrages . par allusion à une fable des Grecs. & que du défaut de conclusion. & il faut la terminer par quelque au tre voye. par conséquent l'affaire dont il s'agit.DROIT NATURETJ- ti maniére que ce qui est agréé par le plus: grand nombre. d'u ne affaire par la parité des suffrages-. XXXVIL Si une chose peut demeurer dans l'état où elle est . XXXIX. soit regardé comme lavis commun de tous. Calculus Minervx. il s'ensuit qu'elle doive y demeurer. l'affairea eu son issue . quand deux personnes prétendant à une chose . C'est comme l'équilîbre d'une balance. mais s'il s'agit d'une chose qui nepuisse demeurer dansTétat où elle est. puisqu'elle laisse les cho ses dans l'état où elles étoient. Lorsqu'on compte les voix. II consiste dans la décision. il faut nécessairement accorder & con férer ce dont il s'agit à l'une des deux . ou à un droit . XXXVIIL Cela ne fanroit avoir lieu. la parité de suffrages ne peut donner d'iffuë à l'aífaire. & l'on n'y apporte aucun changement. on ne sáirroît A 6 met . II rélulte de-là que la parité de suffrages est en fa veur du poíTeíTeur. Faffaire n'a point d'iffuë. On appelle le premier de ces cas. reste au même état.

pour produire par cette réunion parité . ce font des voix différentes. les uns acordant plus. décidée. XLL Si les voix ont été recueillies pour faire quelque partage . fi trois Juges condamnent à mort . Qiiand on ne peut amener les suffrages à' «ne pluralité. les autres moins. De .. deux. on ne pourroit arriver par ce moyen à une déci sion. & qu'il y eût parité de suffrages à décerner des peines différentes . s'il y a parité de voix.qui ne font pas les mêmés . à l'amende . & deux au bannissement . XLIII. il faut suivre Faviscon? . PRINCIPES D U mettre ensemble que celles qui font parfai tement les mêmes.même de toute charge qu'on voudroit imposer. ces quatre derniers suffrages ne sauroíent être réunis pour former la pluralité. on ne fauroit arriver à la décision de l'affaire par cette voye. Par exemple. à qui il faudroit accorder uue certaine i liofe . & qu'il y ait eu parité pour former des portions de quantités diver ses . XLII. Dèsqu'jl y a quelques déterminations qui y varient. ou pluralité. XL. s'il falloit punir quelqu'un . II en est de ..même . On ne fauroit réunir des avis . l'affaire ne fauroit être décidée. Ne s'agit-il que d'une feule personne.w*. ou pour assigner à des personnes diffé rentes des portions de quantité égale.

il est permis d'y avoir recours* Que s'il y avoit parité de sort. jusqu'à ce qu'on arrive à une conclusion. & qu'on ne peut la terminer par la voye des suffrages. il faut. ou même à A 7 un . ce qu'elle cesse. lors qu'on y a recours. délibération.DROIT N ATUREt. doivent même convenir entr'eux qu'on prendra ce parti au défaut de la pluralité.. XLV. Mais il est aussi natu rellement permis d'accorder à l'un de ceux qui. Lorsqu'une affaire est de nature à ne pouvoir demeurer dans l'indécifion . on réitére jusqu'à. En supposant des cas où le sort même seroit interdit. & quand toute autre voye est infructueuse pour dé cider une affaire qui ne sauroif rester dans l'indécifion . oat part à la. ig- contre lequel il y a le moins de voix. & quand même ' ils n'en conviendroie'nt pas expressément. recom mencer la délibération & recueillir de-nou veau les voix . & déci* derl'affaire en conséquence. au cas que Ja déci sion souffre quelque retardement. XLIV. Ceux qui contractent une Société . habilités physiques ou morales . & change la parité en pluralité. ils sont censés l'avoir fait tacitement. il faudroit recourir aux pro. Le sort est la derniére ressource . celui qui fait pencher la balance. XLVIL On appelle Suffrage décisif. Le sort produit cet effet. XLVÍ.

on n'a aucun égard à lui dans le compte des suffrages. XLIX. & alors toute ré solution prise par une assemblée incomplets te est nulle. Lequel de ces arrangemens qu'on ait permis . Cela fait voir qu'il est k propos que ceux qui . ou à perpétuité . dans certaines af faires au-moins. on peut même établir que ce suffrage décisif sera un droit ambulatoire . ou bien. L. Mais il peut être statué qu'aucune affaire ne fera con clue . & qu'ayant été invité à la délibé ration il n'ait chargé personne de son suf frage. XLVIÍL Tout dépendant des conventions . le droit de rendre un suffrage décisif. ou pour un certain tems. toute af faire terminée par la voye du suffrage décisif est dûëment terminée. on ne pourra rien conclurre fans l'unanimité. Si l'un de ceux qui ont droit de voter ? s'absente . si étant présent il resuse de donner sa voix . une per sonne qui a déjà donné son suffrage . & se ranger à quelqu'autre avis. ou bien qu'il faudra urt certain nombre déterminé de voix.14 PRINCIPES DU un tiers . Tant qu'il n'y a rien de décidé. On peut régler dans une Société que l'un des Associés aura un sauffrage décisif. ou même que tous n'as sistent à la délibération . qui passera succes sivement d'un Associé à l'autre. on peut encore régler que . à-moins qu'il n'y ait un certain nom bre de présens . peut le changer .

ne changent d'opinion . LIIL Quand on recueille les avis. 1$ qui opinent . l'avis qui étoit appuyé du moindre nombre de suffrages ne peut être préféré. mais qu'il faut interroger successivement chacun de ceux qui ont droit de voter. & celui qui empêche quelqu'un de jouir de cette liber té . lui fait injure. que tout le mon de ne doit pas parler à la fois . à-moins que tous ceux qui avoient formé la pluralité . LV. expriment les raisons qui dé terminent leurs opinions. Une conclusion décidée ne peut plus fr ire changée que du consentement unanime de ceux qui l'ont formée^ & même fi un tiers avoit acquis quelque droit par-là. qu'il faut un certain ordre .DROIT NATUREL. il faut lais ser à chacun la liberté de dire le sien sui vant ses véritables sentimens. Si dans une Société quelqu'un contribué plus . les conséquences de ce qui est décidé à 1» pluralité des voix. La pluralité n'est concluante qu'après que chacun a dit son avis. LIL Une chose ayant été décidée à la plurali té des voix . L1V. On ne sauroit imputer à ceux qui ont été d'avis contraire. ce consentement unanime ne pourroit lui por« ter préjudice. LI. & n'accédent à cet avis. II est évident d'ailleurs.

légitime . celle qui est conforme aux JLoix de la Société dans laquelle elle a été formée. & dedrefferla Conclusion. Nous avons vu que celui qui succéde à -nn autre dans une Société.ti6 PRINC'IPE'S' D-'ÌJ p!us que les autres . juste. Personne ne sauroit s'opposer à urre décision. LVIIL On appelle Conclusion. ou Sentence. Ou bien . ou Décision lé gitime . de recueillir les voix. entre dans tou tes ses obligations. fi teus ne participent pas également à l-'affaire qui fait le fonds même de la Société j l'estimation des suffrages doit être réglée en raison de ce que chacun a de part à ce fonds* LVI.. k valeur de son suffra ge doit naturellement être eíHmée dans la proportion de ce qu'il contribue. . Aucun des Associés n'a droit de s'opposer à ce qui a été réglé à la pluralité des voix : mais s'il est réglé qu'on ne puiíle conclurre que dans le cas d'unanimité . LVII. Nous ajoutons qu'en général il en est de -même de quiconque prend la place d'une personne morale. & l'on ne doit pas souf frir que personne le fasse. quiconque . Quandon-axhargé-quelqu'un de ce foin .matiéres qui doivent être mises en délibération.proposer les. un seul paT son opposition peut annuller tout ce que les autres voudroient décider. LIX. II faut conférer à quelqu'un' le droit de .

la Discorde . II n'est permis à personne de mener une vie entiérement solitaire . il faut contracter des Sociétés. LXI. & elle en est le plus fer me soutien. . leur diversité. afin qu'elle juge & décide.ne laissent pas d'acquiescer conformément aux Loix de la Société. de vivre entiére ment pour soi-même . lorsque ceux qui ont été d'avis différens.. ayant véritablement formé les hommes pour la Société. & nous en trace la rou te . il est naturelle ment en droit d'en appeller à la Société en tiére. leurs forces. à ce que le plus grand nombre décide. Quand les forces d'un seul ne sussisent pas pour arriver à un but décidé . lors que les Associés contreviennent aux Loix . ou non... pour se procurer las biens» . quoiqu'il soit réglé qu'elle est sussisance pour décider. La Concorde est l'identité des sentimens . & le prier de la mettre sur le tapis. r .DROIT naturel: a quelque proposition à faire . La Nature ellemême nous y invite. Tous les hommes sont naturellement obli gés à se prêter des secours réciproques . La Concorde doit régner dans les Sociétés . & resusent de se soumettre à la pluralité. doit s'adresser à lui. '. Et au cas qu'il essuyât un resus. II y a concorde soit dans l'unanimité . LX.LXII. & 4 réunir. & non pour les autres. soit dans la pluralité. si la cho se en question doit être proposée . Mais il y a discorde .

Tout ce qui répugne à cette grande So ciété. & personne par conséquent ne doit rien faire qui soit propre à l'exciter. Chacun d'eux a le droit de ne pas souffrir qu'un . parce qu'elle embrasse tout dans son en ceinte. Et dans toute Société particuliére. On lui donne aussi le nom de grande Société. ou à ne pas vouloir les mêmes choses.I 18 PRINCIPES DU biens qui leur conviennent. & tout ce qui lui convient . s'accorder à vouloir. Le but de la Société Naturelle . LXVIÍ Dans ce qui regarde lés intérêts de la grande Société Naturelle. -est contraire au Droit Naturel. ceux qui en font Membres font obligés à se donner tous les secours réciproques qui concernent les cho ses nécessaires pour arriver au but de cette Société. LXVI. La discorde est défendue par la Loi Naturelle. LXIII. tous les hommes doivent être unanimes. On appelle Société Naturelle . LXV. & 4vancent la perfection de leur état. celle que la Nature a mise entre tous les hommes. & sert à sa con servation . c'est que les hommes s'aident réciproquement . Tous les hommes doivent vivre dans la concorde. & se délivres des maux auxquels ils pourraient être ex posés. LXÍV. est conforme à ce droit.

quand elle a une fin contraire au droit de quelqu'un. dèsqu'elle a une fin illicite. Dans la grande Société Naturelle tous les hommes font égaux. ne produiroit aucune obligation. Le Ser ment même. au-lieu que si la fin est com mandée. ni aucune obliga tion. l'innocence de son but n'empêche pas qu'elle ne . la Société est licite. . LXXIII. Toute Société est illicite . LXXI. LXXIL Une Société est injuste.DROIT NATUREL. quand il interviendroit pour les lier . la premiére de ces idées est plus gé nérale: toute Société illicite n'est pas pour cela injuste. 19 qu'un autre fasse des choses contraires au bien commun de cette grande Société. II n'est pas permis d'employer des moyens illicites pour arriver à une fin licite . Dèsqu'une Société est illicite . personne n'a de préro gative .devienne illicite. LXVIII. LXIX. Les Membres d'une semblable Socié té ne sont pas des Associés proprement ditsj ce n'est qu'une bande de Scelérats. LXX. & lorsque quelque Société agit ainsi . ou seulement licite . ce qui est permis ou défendu à l'un . l'est de-même à l'autre. II est aisé de sentir la différence entre illicite & injuste. il ne peut en résulter aucun droit .

. en tra vaillant pour le but de la Société travaille pour foi-même. & fous ce point de vue . lxxiv. de-même que tout parti culier. qui convient à. LXXVI. eft pareillement reftrainte par rapport aux actions reqùifes pour arriver au but de la Société compofée. Toute Société. Elle a par conféquent le droit de fe défendre contre tous ceux qui voudroient luicaufer quelquedommage. LXXV. tant qu'elle ne fait rien contre le droit d'autrui. DU *■ ' ■ Une Société eft conlidérée comme une feule perfonne . tout ce que la Loi de Nature enfeigne des devoirs envers foi -même. Ainfl plufieurs Sociétés différentes doivent être regardées comme autant de perfonnesfinguliéres. de fuivre fon propre juge ment dans la détermination de fes actions. Il doit lui être permis . à plus forte rKfon tout ce qui peutcaufër fa ruine & fa perte.. la liberté des Socié tés limples qui la forment. LXXYU. La Liberté eft un privilége naturel . eft appliquable aux Sociétés . Dans uneSociété fimple la liberté des Affociés eft reftreinte par rapport aux actions qui regardent le but de la Société. Et dans une Société compofée . où chaque Membre .toute Société. qui vivent dans l'état naturel. & à éviter tout ce qui tend à fon imperfection .io PRINCIPES LXXIII. eft obligée à fe perfectionner elle & fon état.

Tout Membre d'une Société doit non feulement travailler à fe rendre lui-même tous les jouts plus propre à remplir les vues de la Société. On appelle Dommage dans une Société 1 ce qui arrive de contraire à la fin qu'elle fe propofe. ' XXXVIII. Pour former une Société. & qui foient douées des qualités qui y conviennent. LXXIX. il lui eft permis d'entrer dans ces So ciétés: mais il ne doit pas le faire. Quand il y a diverfes Sociétés .DR'OIT NATUREL. & en général à avancer les progrés du Corps auquel il ap partient. & que quel qu'un fe fent des forces fuffifantes pour travailler conjointement à ces différentes fins. La perfection d'une Société confifte dans fon aptitude à atteindre le but qu'elle fe propofe. LXXXI. & s'il le fait volonr . que les Affociés réuniffent pour arrive* à ce but. Et cette aptitude doit être eftimée par le degré fuffifant des forces . dont les fins ne font pas contraires . il faut un cer tain nombre de perfonnes proportionné au but qu'elle fe propofe . ai LXXVII. mais encore il doit donner les foins qui dépendent de lui à rendre les mêmes offices aux autres . Aucun Affocié ne doit caufer du -dommage à fa Société . désque fes forces font infuffifantes. LXXX.

quoique perpétuelle.contraire une Société perpétuelle est celle qui est contractée pour une fin qui du re toujours. U n'est pas permis de quitter une Société au . LXXXIII. LXXXIV. dèsqu'ils le ju gent à propos. Personne ne doit être reçu dans une So ciété que du consentement commun de ceux qui la composent. ou même lorsqu'il n'en reste pas assez pour le but de son institution. ou dans laquelle il s*agit d'une chose qui ne peut ou ne doit arriver qu'u ne fois. LXXXII. ou dont la fin cesse lorsqu'un certain tems est écoulé . LXXXVI. On appelle Société à tems . il est obligé de le réparer. perpétuelle ou à tems ^ peut être rompue. ou même par simple faute.2a PRINCIPES DU lontairement . détruit parlà même la Société. est fini. Toute Société. lorsque le tems pour lequel elle a été con tractée. LXXXVÏÏ. Au . Toute Société . Et en général tout cas quî> détruit le motif de l'association. Une semblable Société expire . existe. celle qui n'est contractée que pour un certain tems . pé rit par la mort des Membres qui la com posent. du commun consente ment de tous les Associés . LXXXV. ou que le but qu'on s'y proposoit.

Le droit de déterminer les actions libres d'un autre . LXXXVÍII. & qui veut que tout se fasse à sa fantaisie. ou présumé. A ce droit est joint celui de forcer par des peines ceux flui ne veulent pas déterminer ainsi leurs . Elle peut traitter de-mème tout Associé qui prétend dominer. 23. Un Associé . s'appelle Empire. XC. Mais réciproquement la Société est en droit d'exclurre de son Corps . ou tacite. s'il survient quel que cas qui mette un Associé hors d'état de concourir en quoi que ce soit au but de la Société. & non autrement. Cependant on a le même droit dans le premier cas. est en droit d'y renon cer. en substituant à sa place quelqu'un qui convînt également . Naturelle ment personne ne peut s'arroger d'empire fur un autre malgré lui. qui conque resuse de remplir ce à quoi il est obligé par ses engagemens. Ainsi l'empire sur quelqu'un ne s'acquiert qu'en vertu de íbn consentement. ou exprès. qui pré voit que la Société va devenir ruineuse.DROIT NATUREL. L'Empire emporte le droit d'obliger un autre à déterminer ses actions libres d'une telle maniére. au dommage des autres Associés . mais dèsqu'ils n'y ont absolument autun intérêt. II en est de-même. LXXX1X. ou peut le faire. à-moins qu'il n'ait été expressément déter miné qu'on ne pourra quitter la Société que du commun consentement des Associés.

& la promptitude avec laquel le il le fait . Dans une Société . Ainsi on a dans ce but une régie par laquelle on peut juger . 1e Corps entier peui. XCV.*4 PRINCIPES DU' actions . XCL L'Empire est une puissance.. ou de les y encourager par des ré compenses. mais il ne sauroit être étendu au-delà des actions qui se rapportent au but de la Société. porte le nom iïObéiffance . i'e . consiste dans le droit sur les actions d'autrui. à proprement parler . Le Droit que le Corps d'une Société a fur cbacun des Membres est un empire. & celui qui y est soumis . a droit. aulieu que le resus de le faire est dit Desobéis sance. ni ne peut être rendu tel malgré lui. Naturellement personne n'est sujet d'un autre . si l'empire est légitimement exercé. XCIIL Un Sujet n'a point de liberté par rapport aux actions sur lesquelles celui qui comman de. Ainsi l'Empire . XCIL ' Tout Sujet est obligé de régler ses actions fur la volonté de celui qui a droit de lui commander. XCIV. est dit Sujet. renonce par conséquent à sa liberté par rapport aux actions sur lesquelles il ac corde ce droit. & celui qui fa soumet à un au tre . & tout empire naît de l'état de Société.

XCVIII. & celui auquel Tempire est déféré . finon elle est gou vernée par un autre. ou bien il peutle con férer. 45 se réserver l'empire. ou pour toute la vie. L'exercice de l'empire se nomme Qouver' nement.DROiT NATURE L. Quand une Société se réserve l'empire. Et celui auquel il est conféré est dit Gouverneur . soit à un seul.0ÌX fondamentales de la Société. pour un certain tems .d'une ma niére révocable. Le droit du Chef de la Société n'est fondé que sur cette concession originaire . ou non tranfmiflìble . On les nomme J. ?ome IIL B XCIX. La Société a pareillement le droit de dresser les loix conformément auxquelles l'empire doit être exercé. comme transinissible. Elle peut même le déférer à un Etranger. XCVI. ou quelques-unes en étant exceptées. ou irrévocable . & cela sur toutes les parties du Gouvernement . soit à quelques -uns d'entre les Membres. ou par quelques áutics. sur la volonté qu'a eu & qu'a témoigné la Société . XCVII Quand une Société transfére l'empire à quelqu'un . il dépend d'elle de le faire aux conditions qu'elle juge à propos.avec une autorité limitée. ou Chef de la Société. . en se donnant un Chef.. se trouve dans l'obligation d'observer ces loix. elle se gouverne elle-même. ou illimitée.

ne peut pas être imputé à toute la So ciété . CUL . les Sociétés font dans l'obligation de les obferver. Tous les Membres d'une Société font obligés d'obéir à celui qui en a été établi Chef . excepté celles qui répugnent à la Loi Naturelle . Cependant fi les fujets vouloient s'aftreindre à de femblables chofes . CIL Ces Accords. cela leur eft permis. ou Traittés étant une fois faits . fans que les autres y ayent eu au cune part . &leur cas ne différe en rien de celui des particuliers. ou de certaines autres Sociétés. & elle peut auffi acquérir des droits fur des perfonnes. ou qu'il voulût exercer fon autorité par rapport à des chofes qui ne fe rappor tent pas à la Société . on nepeut même imputer une chofe réfoluë à la pluralité des voix. mais s'il venoit à commander des chofes qui fuffent contraires à la Loi Natu relle . ou* Traittés. ou aux Lois fondamentales de la So ciété . Une Société entiére peut contracter des obligations à l'égard de certaines perfonnes. une Société peut faire des Accords. CI. ou des Sociétés. à ceux qui n'ont pas été de cet avis. D'où il réfulte qu'en gé néral . ou eft difpenfé de l'obéiffance. ou qu'ils l'ayent ratifié dans la fuite . CL Ce qui a été fait par un Membre d'une Société.a6 PRINCIPES DU XCIX.

B a III. elle doit ap± porter tous ses foins & toute fa diligence à en procurer l'exécution . la So ciété a droit de l'en empêcher. & si elle se rend coupable de négligence . CHAPITRE IL De la Société Conjugale . & leur adonné en même tems .DROIT NATUREL. la faute lui est im putable. r. ou désir d'y vaquer. ïst naturelleBient illicite. a? cm. C'est donc une chosé' conforme au Droit Naturel. CIV. LA Nature a rendu les hommes propres à procréer lignée. ou au Mariage. que cette procréation. Lorsqu'une Société s'est chargée par Traitté du foin de quelque affaire . & elle ne leur per met le commerce du sexe que dans cette vue : tout autre genre de commerce . . La Loi Naturelle veut même que tous les hommes procréent. Quand la Société a accordé quelque droit à un Etranger . tout comme aux animaux . n. l'instinét. qui n'a que le plaisir pour objet . & que l'un de ses Membres veut troubler l'exercice de ce droit .

Les paroles qui excitent & favo risent ces actes . sont désignés . & à plus forte raison ces com merces contre nature. Le commerce avec une personne de mau vaise vie. dèsqu'il ne se rapporte te qu'au plaisir. Elle est opposée à tous les^ vices honteux dont nous avons fait l'énumération . VI. La Chasteté est cette Vertu . a besoin d&s secours d autrui. est illicite. On appelle lascifs tous les actes du plaisir qui accompagne le commerce charnel . porte le nom de Fornication. Encore plus ceux par les quels chaque sexe à part le souille par mol lesse. & elle ban nit toute action & toute parole lascive. VIL Un Enfant qui vient au monde . Les lieux & les personnes qui ont du rapport à ce commerce . IV. par laquelle nous ne recherchons le commerce charnel que dans le dessein de procréer lignée. sont au rang des choses illicites. par des noms qu'il n'est pas nécessaire de rapporter ici.si PRINCIPES DU III. . dans la So ciété. qu'on nomme Sodo mie & Pédérastie. Sans eux il périroit en . Tout cela est naturelle ment illicite. lors qu'ils ne se rapportent pas au but de la gé nération. & tant les actes que les paroles. ibnt dites de-même lascives. Tout acte employé dans le commerce charnel . V.

ix. 59 en naissant .... . X.longtems <iue les besoin* durent. & par une suite nécessaire l'éducar. . Dieu veut la propagation du Genre Hu main..DROIT NATUREL. en imprimant cet amour dans le cœur des Parens. mais même de se conserver.. Concubitus promifcuus.ont besoin . & par conséquent cette éduca* tion est un devoir fondé dans la Nature. un panchant naturel pour leur lignée. On appelk Commerce vague. au-lieu que dans les Hommes il n'a point d'autres bornes que la vie. sont com-' pris fous le nom général ^Education. « Les foins que l'on donne à un enfant J depuis fa naissance jusqu'à ce qu'il soit en état de se conduire par lui-même . tion . mais dans les Animaux il ne dure qu'aussi. Elle est d'une nécessité indispensable..Le but de la Nature. VIII. XI.XII. qui convient à tous les hommes lans exception. ' . Le Nature a mis dans ks Hommes aussibien que dans les Animaux brutes . . & qui est inséparable de la génération. ce qui arrive lorsqu'une femme ieçoit tout homme qui veut avoir habitude B 3chac* . qui en est inséparable. a été de procurer aux enfans l'éducation dont ils . & de tous les moyens non seule ment de le perfectionner. sans eux il seroit privé de l'éducation .

Sociétés s'appellent Sociétés Conjuga les. XVI. Cela donne également l'exclufion à ceux qui sont dans un âge trop tendre . les personnes froides. II n'y a que des Sociétés réglées entre mâles & femel les. Ce commerce n'est point une voye convenable pour la propa gation du genre humain .: On appelle Age de puberté . comme en général à tous ceux que quelque défaut corporel rend in habiles à la génération. XIV. Les Eunuques. entiérement destituées de tout désir . charnel . parce que l'éducation se trouve alors séparée. ou de les éléver. Celles qui n'ont pas encore atteint cet âge . toutes celJes eu un mot qui ont des causes d'impuifsau- . ne doivent point se marier. . qui puissent procurer aux enfansl'avan tage d'être élévés. ou Châtrés. II résulte de-là que ceux qui ne sont pas en état de procréer des enfans . XV. ou Mariages . celui auquel les personnes des deux sexes se trouvent ha-* biles à la génération. . & â ceux qui sont accablés-d années . XIII. Ces.-. c'est-à-dire. font dites impubères^ & la Loi Naturelle ne leur permet pas de .ìó PRINCIPES DU charnelle avec elle. les Femmes dont la conformation est défectueuse .contracter mariage. & elles consistent dans un accord entre le mâle & la femelle pour procréer lignée & l'éléver.

XVII. Elle répugne aussi au Droit Na turel .DROIT naturel: 31 sance . II est clair qu'une femme ne doit point épouser plusieurs ma ris . c'est une vraye licence. Hiais un droit purement feint. iî peut se marier & faire les fonctions de ee sexe. ne sauroient contrac ter de mariage. XVIII. XX. XIX. de maniére à laifler à VHermaphrodite le pouvoir génératif. ou de stérilité . qui est la base de l'Education. par lequel on suppose que tous les hommes seroient autorisés à habiter d'une maniére vague avec toutes les femmes. la génération & l'éducation y répugnent également : ainsi la Polyandrie est illicite. puisqu'un pareil accord ne peut avoir en vue que la volupté. pour procréer lignée. La Communication des femmes est un ac cord par lequel plusieurs hommes conviendroient entr'eux de mettre leurs femmes tw commun. Cette communauté est illicite . On appelle Hermaphrodites les individus qui réunissent les deux sexes. La Communauté des femmes est un droit. Quand il y a un des sexes qui prévaut . XXL II n'est point non plus naturellement per» B 4nus- . On appelle Polygamie le Mariage d'une per sonne avec plusieurs autres. car elle est incompatible avec cet amour naturel des Pa ïens pour leurs Enfans . Ainsi ce n'est pas un droit .

& les passions n'eufÍ£iit pas sur eux l'empire qu'ils y exercent . à con dition que l'enfant qui naîtra . XXII. soit en con sidérant qu'elle n'a guéres d'autre objet dans ceux qui y ont recours. Mais il est aisé de se convaincre qu'elle est illicite. XXIII. si les hommes étoient bien maîtres d'eux. sont moins peu plés que les autres.3* PRINCIPES DU nìis de prêter fa femme à un autre. comme on peut le faire par l'Expérience.ni en général. que les sens. dans la vue de pro pager le genre humain. accorde Fusage de son corps à d'autres qu'à lui. ou à l'Emprunteur. que quiconque prend plu sieurs femmes. Au. . ou fans être en état de donner l'éducation aux enfans qui pourroient en pro venir . On met en question . mais. que la Monoga mie sussit abondamment pour la propagation du genre humain . soit eu s'aífurant. La Monogamie convient donc aux prin cipes & au droit de la Nature. dans la feule vuë de la vo lupté. si la Polygamie est naturellement permise.. que la feule volupté .mêmes dans le sens moral. tombe dans une Polygamie illicite. & nous sommes obligés de lui donner la préférence.moins peut-on po ser pour régie. & que les Etats où la Polygamie est en vogue. II est vrai qu'à la rigueur la Polygamie ne répugneroit pas à la Loi Naturelle . fût-ce du consentement de son mari. soit au Prêteur. l'imagination. qu'une femme . c'est-à-dire.

On appelle Epoux ceux qui ont contrac té ensemble la Société du mariage. Mais le mari ne doit à Ta femme. enfans qui leur naîtront. de la génération . mari. & tout autre usage. Pufage de leur corps pour la géné ration . & de concourir à l'éducation des. & par conséJuent les regarder comme capables d'une. n'est point. Ainsi la femme transfére au mari. à plus forte raison plusieurs. XXV. . Outre cela des observations incontestables1 fur la proportion des deux sexes dans ###BOT_TEXT###amp; Monde. prouvent qu'il seroit même impos sible que chaque homme pût avoir deu* femmes.. exclusivement à touc autre . & le mari à la femmeun droif sur son corps. XXIV.DROIT NATUREEv & mais dans Pétat où ils se trouvent actuelle ment .& Vv femme au. l'usage du corps que pourla génération-. obligatoireb 5 xxvm. Les Epoux se promettent réciproquement de s'aocorder l'un à l'autre . olygamie licite. relativement aux œuvres de la génération. Car pour iooo garçons il ne naît ordinairement que ioao filles. qui n'^r. Concluons donc que Je mariage entre un mâle & une femelle eífc Je seul qui soit naturellement licite. Et si l'un ou l'au tre des époux accorde ce droit à quelqu'un „ il viole un droit parfait. xxvr.. on ne peut pas leur supposer cet em pire moral sur eux-mêmes. pous but que des voluptés étrangéres à Pacte..

foi conjugale.. Gìt appelle Adultère l'usage qu'une per sonne mariée accorde de son corps à une autre ... soit mariée. Et ï'union du corps employée pour cet effet. Mais ce n'est point pé cher. parce/ que le consentement mutuel des époux y intervient. viole une obligation . Celui des époux qui resuse le devoir con jugal à l'autre . XXX. On appelle Foi conjugale la constante vo lonté qu'ont les époux» de remplir l'engager ment qu'ils ont contracté en se mariant . fût-ce la sienne propre. quoique d'ailleurs ce soit uu marché illicite.. XXX1L . viole la. Cet usage du corps requis pour la géné ration. Ainsi celui des deux qui donne cet usage à d'autres . XXVIII. & double . & par conséquent péche. XXXI. Mais il est dit simple i lorsque l'une des personnes n'est pasmariée . différent de celui de la. générationXXIX.3* PRINCIPES DU XXVII. quaud elles le sont tou tes' deux. que de resuser de se prêter à tout ac te impur. Cependant la communication ou le prêt des femmes n'est pas un adultére. la Copulation charnelle. C'est un acte illicite que d'avoir affaire à une femme morte... se nomme le Devoir conjugal. soit libre. de n?accorder à aucun' autre l'usage de leurscorps pour la génération.

femmes que la sienne . en la» prenant pour une autre. On appelle Concubines les femmes avec' Jesquelles: un mari a commerce . . Et le Concubinage est un ac-cord qu'un mari fait avec d'autres. La Jalousie a' fa source dans la nature méV ìnë . fans savoir qu'elle est mariée . Celui qui commet un adultére avec lai femme d'autrui . .. Là où la communauté des femmes est in<r troduite .. xxxiv:. xxxvr. c'est le chagrin que ressent un des époux de ce que l'autre viole la foi conjugale . ce n'estî pas en commettre un. pour leur accorder rufagede B 6 sor» . 3$ XXXII. il nasauroit y avoir d'adultére. v Avoir affaire à sa propre femme . mais avoir affaire à la femme d'au trui.DROIT NATUREL. La Jalousie en général est cette passion) qui nous attriste de ce qu'un autre jouît de J'objet de nos désirs-. .. outre la* . & celle qui commet adultére avec le mari d'une autre femme. . Cette passion ne: sauroit non plus subsister avec la communaux té des femmesí. Dans'Tétât conjugal. ou: a intention de la violer. fait injure à cette femme. c'est commettre: adultére . fait injure au mari de cet te femme . xxxnr. . XXXVr.. & s'accorde par conséquent avec le Droit Naturels xxxvir.sienne propre.

ou qui resuse l'usage de son corps.$5 PRINCIPES DU fon corps. Ce n'est pas commettre un viol . mais la derniére ne fauroit être imputée à la femme. Cet accord est illicite. lorsque par des présens. & s'il a. fbit veuve .ôt corruption violente. donné des espérances d&mariage. & ne diffère point de l'adultêre.com>merce . XLIL Les Enfans Bâtards font ceux qui naissent hors . est présu mée une prostituée.. XL! Un. il' doit les remplir. lors que le mâle y employe la force. XXXVIIL On appelle Corruption (Stapruni) le com merce avec une personne libre . quoiqu'elle l'accorde à* d'autres. veuve. & l'acte commis avec elle est un acte de fornication . il n'est pas raturellement obligé à épouser la personne qu'il a séduite. XXXIX.. k laquelle la femme. consent. XL. . Toute femme qui n'accorde Pùsage de fon corps qu'argent comptant. mais ce n'est pas le même cas . ou une.. ou viol. Corrupteur est naturellement obligé' d'éléver les enfans qui naissent de ibn. L'une & l'autre font illicites . soit fille . on gagne & corrompt une fille. mais s'il n'en a point donné. que de forcer une prostituée avec laquelle ori nefauroit convenir de prix . II y a corruption volontaire . qui n'est pas une prostituée.

celle qui s'est livrée à des acíes char nels illicites. XLVI. & il n'y a point d'obligation de les élévjjrpour elévíur poui ceux qui ont eu affaire à cett« prolntuée. n'a jamais eu de commerce illicite . XLIV1 On appelle Pudique. Impudi que. toute personne qui. font au.contraire appellés gitimes. Une femme pudique est exemp te d'adultére. & dont le pére est par confié^ quent incertain . eu d'habitude charnelle. La Pudkité estl'éloignement pour tout aéte charnel illicite.. le panchant à de semblables actes. . XLVH. -. Et la Virginité"con vient en général aux deux sexes.soit d'adultére. XLIII. La Pudicité est une obligation également imposée aux deux sexes . . une femme impudique en est coupable. n'appartiennent à aucun pére . B z XLVIIfc .. On nomme Vierg& une fille qui n'a jamais. l'Impudicité.DROIT NATURES: & hors de l'état du Mariage . & empor te le non-usage des parties destinées à lagénération . VImpudicité. .» XLV. Les Bâtards nés du commerce avec uné prostituée.. soit de corrurS tion. Ceux qui naissent dans le Mariage. .un) vice défendu. . desorte qu'elle périt avec le pre mier acte de copulation charnelle.\ '-.

à plus forte raison . toutes les fois que cette personne n'a pasdes forces sussisantes pour se défendre ellemême. c'est-à dire . Une Femme qui a été violée . un frére. Tout homme a le droit de défendre une personne à la pudicité de laquelle on atten te par violence . un mari . A plus forte raison un pére . contre toutes sortes d'attentats. font. fi elle ne se sussit pas à elle-même. violée par forces ae perd rien de sa pudicité \ & Faction ne-' fauroit lui être imputée. a naturelle^ ment le droit de punir celui qui lui a fait cet outrage .$8 PRINCIPES DU XLVIII. Ainsi ce droit va de pair avec celui de la défense de notre propre vie. comme ci-deflus T les proches» doivent-ils le faire. qu'el le peut même tuër celui qui veut la forcer. Lorsqu'on attente à la pudicité d'une peissonne du sexe .. Toute Fille. LE. Le mari a droit de défendre le droit qu'u" a íur le corps de fa femme contre ua Adul tère . . XLIX.. elle est en droit de la défen dre .ils dans l'étroite obligation de défendre les personnes du sexe qui leur sont unies par ces liens.. fi elle n'a point d'autre moyen de s'en dé faire. & tout homme est obligé de la sou>tenir & de l'aider dans l'exercice de ce droit. ou Femme. & ce droit est infini . LI. & même il y est obligé . L. un fils .

Ce qu'on nomme Fiançailles . de corrup tions. . Ce consentement mutueL fait la perfection du mariage .que le mâle & la femelle se déclarent réciproquement . LV. ' Naturellement tout ce qui est requispouï la perfection du mariage . II est naturellement illicite*.UROIT NATUREL ^ tére qu'il trouve en flagrant délit . un même acte procure alors la perfection & la consommation dumariage. & pour éléver les enfans qui en naîtront. liv. & ce trafic porte le nom de Maqtierelage. & d'adultére. qu'elles veulent s'u* nir ensemble par le mariage. 11 en résulte un engagement que les parties font obligées de remplir . . On appelle Maquereau.la volonté qu'ils ont de s'unir pour travailler à la génération . soit aussitôt . Leno. Que si cette copulation a lieu fous la con dition du mariage . L-VL.-. L'un & l'autre peuvent punir les personnesdont ils reçoivent cette injure. s'il a été pris d'u ne maniére absoïuë . s'il y ai eu quelque convention particuliére. c'est.& la fem me a le même droit contre une Adultére. . soit dans le tems & aux conditions qui ont été exprimées . consiste dans cette déclaratioa que font deuxpersonnes de sexe différent . LIIL ' . & sa consommation consiste dans la copulation charnelle. celui qui fait un trafic de fornications .

elles font cenfées avoir "contracté & confommé le mariage: ■ i L1X. à-moins que la perfonne avec la quelle les premiéres fiançailles avoient eu lieu. Lorfque des perfonnes fiancées paffent (Fun commun confentement à la copulation charnelle. . ne font pas valables > comme ~ lorf .. mais elle n'eft pas obligée à tenir fon engagement . fi les fecondes fiançailles avoient été accompagnées de copulation charnelle. mais on eft tenu à des dédommagemens envers la perfonne fiancée. auxquelles quelque erreur a: donné lieu . Quand aprés s'être fiancé à uneperfonne^. Des fiançailles . lvi.4» PfR IN C IPES DltT . ne veuille fe défifter de fon droit. au cas que celui qui avoit palfé à de fecondes fiançailles . Et non feulement elle peut le faire . niére. 11 en eft de-mê me. LX. ' * .. le premier engagement doit l'emporter fur te fecond . ou: pour fe fiancer & fe marier d'une autre ma-. Quand quelqu'un s'eft fiancé deux fois".. Les délibérations & pourparlers qui pré cédent les fiançailles . le mariage fubfiC te .. n'ont rien d'obligatoi re.LV1II.. s'avife de revenir à elle. & n'empêchent point qu'on ne puifie fe défifter des propofitions qui ont été avan cées. pour demeurer dans le célibat. & ne peut être contrainte au mariage . ■ ■ . lvh. i . on en époufe une autre .

Naturellement les fiançailles ne penvent être contractées que comme promesses. LX1I.DROIT NATUREL. & alors son consentement postérieur donne validité aux fiançailles. & par ce qu'on appelle verba futuri temporis f mais des personnes non fiancées peuvent par des paroles de présent contracter fur le champ un mariage. la chose dépend de lui. Elles doivent I'être. Les fiançailles peuvent être rompues d'un commun consentement. veut passer par dessus ces articles. a eu quelque commerce illicite. qui exige que les fiançailles pré cédent le mariage. elles sont invalidées par-là. ou que la fiancée fille . Des Abscns peuvent être fiancés. 11 n'y a aucune raison naturelle. Et en général onpeut poser cette régie . s'il survient quelque cas qui ôte la fa culté d'engendrer.. & elles le font ipso fac to . que s'il survient depuis les fiançailles un cas dont l'existence auroit empêché de les contracter. ou veuve . 41 lorsque la fille qu'on avoit crue vierge . ne se trouve pas telle. en détruisent la validité. qui surviennent après les fiançailles. & des maladies contagieu ses ou incurables. puis. La démence. LXIV. LXI. LXIII. Mais si celui qui s'étoit fiancé. si par erreur elles ont été contractées avec une personne déjà impuissante. 7 qu'U . depuis son engagement .

Ceux qui font inhabiles au mariage . Les présens font de simples' marques d'amitié. & qu'il n'y a au cun usage établi là-deffus . On peut joindre aux fiançailles les arrhes & les présens. Les arrhes n'augmentent pas réellement la validité des fiançailles . l'échange des bagues. Et quand il arrive qu'on fiance ceux qui n'ont pas atteint l'âge de puberté. c'est-àdire . LXVIIL . qui peut être fournie par un Envoyé.la consommation du mariage. comme. Autrement ce n'est plus une arrhe. LXVII. ou par Lettres. . c'est un présent.43 PRINCIPES DU qu'il ne faut pour cela qu'une déclaration mutuelle de consentement. mais elles servent à prouver qu'elles ont été effectivement contractées. c'est fous la condition tacite qu'ils voudront bien se marier ensemble. qu'elles n'appartiennent pas à la per sonne qui les reçoit . Lorsqu'on n'a rien déterminé pardescon-ventions particuliéres. par exemple . La maniére de donner ces arrhes estime chose purement arbitraire. le don des arrhes n'est pas un transport de domaine. lorsqu'ils seront parvenus à cet âge. LXVI. comme un gage qu'elle est obli gée de restituer après . LXV. mais elles font entre ses mains . Les arrhes qui se donnent réciproquement sont une confirmation de l'engagement. dans laquelle on doit se confor mer aux usages de fa Nation. ne fauroient se fiancer.

font propres à être données sur le pied d'arrhes. celles qui fe font devant témoins . Par exemple. peut le faire . LXIX.re. la partie qui veut rompre . quand même il y auroit quelque pei ne de stipulée. LXXL . clandestines . Quand il y a une semblable peine statuée. en fe sou mettant à la peine .maniéres à la volonté des contractans. au cas que le mariage ne parvienne pas à fa con sommation. au-lieu que l'autre le garde... Toutes sortes de choses. Leur force de preuves demeure toujours égale. ' ' v LXXII. la restitution doit se faire de part & d'autre . LXX. & cette restitution doit se fai. .. cellesqui . Les présens de nôces font -Censés donnés à condition qu'ils seront restitués. la partie en faute peut être obligée à restituer ce qu'elle a re çu . ou que le contraire ne paroissf d'ailleurs. & elle ne doit rien audelà. En général on peut régler les choses en plusieurs. Quandles fiançailles se rompent d'uncom-' mun consentement . II est naturellement permis d'ajoûter à V engagement des fiançailles quelque peine de dédit. à-moms qu'on ne soit convenu sur un autre pied . & non à titre de peine.DROIT NATUREL. LXVIII. même de trèsmince valeur. On nomme Fiançailles publiques .

Et cette con sommation est censée avoir lieu. . . r LXXV. & de le consommer .. ni qui répugne même en quoi que ce toit à l'honnêteté. :. II est permis de contracter des fiançailles. Mais on peut en con tracter de secondes conditionnelles. pour le cas où les premiéres -se -trouveroient mai> quer par le défaut de la condition. il est toujours permis de passer au mariage. n'ont aucune validité . n'est oblì . il n'est pas permis de passer à des fiançailles absolues avec une autre personne . lorsque la copulation charnelle a suivi les fiançailles conditionnelles. ou illicite.. toutes choses d'ailleurs égales. & quand on le fe* roit . Des fiançailles contractées fous une con* dition honteuse. ces derniéres ne sauroient prévaloir sur les premiéres. Alors la personne à qui l'on a promis cette donation . Quoique des fiançailles ayent été condi tionnelles. font entiérement nulles.44 PRINCIPES D U qui se font sans témoins. tant que la condition est en suspens . II n'y a rien là-dedans de hon teux .1 en stipulant qu'on recevra une certaine som me d'argent. ' LXXÏV. & celles qu'on a fait dépendre d'une condition impossible. Les unes font na turellement aussi valables que les autres . LXXIII. Dans les fiançailles conditionnelles . avant Inexistence de la condition. lxxvi.

à-moins qu'elle n'ait fixé un terme où elle se décidera . ait pris une résolution fi nale. comme de simples propositions non obligatoires. si elle a formellement consenti à cette clause. mais. gée à rien jusqu'à ce que la condition ait été exécutée. LXXVII. & qu'on l'accepte de l'autre . Quand on promet mariage d'une part.DROIT NATUREL. & qu'il ait même paru qu'elle hésitoit à accep ter cet accord . fi elle trouve quëlque cho se qui l'accommode mieux . & quant à l'autre. elle conserve une liberté ré. LXXVIII On donne le nom de Choses domestiques à toutes celles qui font nécessaires à la vie. & qui contribuent à futilité ou à l'agrément. LXXIX. Ajoûtons que la partie qui se reserve le droit de prendre mieux. mais li un pareil ter me a été fixé . si elle le trouve.ciproque . n'a dans le fonds fait aucun ac cord. les fiançailles font conditionnelles. il est libre à cette partie de faire valoir le droit qu'elle s' est reservé. & tout ce qui s'est passé n'est pas regardé comme de vrayes fiançailles. mais si elle ne s'est pas expliquée. L'administration de ces choses do mestiques s'appelle Oeconomie. il faut ' qu'elle attende que la partie avec laquelle elle a contracté . de se marier ailleurs . à condition qu'il sera permis à la partie qui promet . Jl convient a des époux de demeurer enfem .

puisque c'est un moyen de feire prospérer l'œconomie. ou bien a elle-mê me un métier. LXXXII. dans son négoce . & dont la raison suffi sante est contenue dans le but du Mariage.46 PRINCIPES DU semble. tous fraix faits . un négoce en propre. Ces acquisitions à-la-vérité n'entrent pas naturellement toutes en com munauté. il n'y a que celles qui sont au nombre des choses nécessaires . Le profit qui reste . on peut con venir arbitrairement jusqu'où s'étendra la communauté des acquisitions. il doit les faire. & tra vailler de concert à les acquérir. II y en a qui sont de devoir. la femme peut vaquer à certains ouvrages ou travaux. n'est pas en . & dont l'usage convient à la So ciété Conjugale. des ouvrages communs des époux . Après cela. lorsqu'elle s'y trouve propre . utiles . H y en a d'autres qui sont accessoires . c'est-à-dire . Si l'un des deux époux peut faire des ac quisitions plus considérables que l'autre. & d'avoir une (Economie commu ne . qu'ils doivent se faire part de toutes les choses nécessaires. mais elle l'est aussi natu rellement à ceux du second . LXXXL Dans la Société Conjugale . LXXX. ou agréables . La femme est absolument obligée aux ouvrages du premier ordre . & par les quels la femme aide le mari dans fa profes sion. utiles & agréables qui sont en leur pouvoir. & d'acquérir un plus grand nombre de choses domestiques.

troduit quelque chose à cet égard . La femme peut commettre ^administration de ses biens à son mari . Réciproquement quand la femme a un métier. . & contracter ainsi une Société universelle à l'égard de tout ce qu'ils poífédent .. autant que les circon stances le demandent. & le mari peut donner la même charge à fa femme .DROIT NATUREL. seulement elle est obligée de fournir aux dé penses domestiques . peuvent convenir que leurs biens seront désormais communs. fi elle s'en trouve capable . « tre. LXXXV. Mais elle peut par une convention particuliére . LXXXW. & le mari peut en faire autant en faveur de fa femme.à. établir à son mari un droit quelconque sur ses biens. 11 en elt de -mê me de l'usnftuk des biens qu'un mari & une femme peuvent s'accorder réciproque ment. Si la coutume a in. ce qu'elle gagne est tout. 47 en commun. & cela de part & d'au. LXXXIII. En général ceux qui se marient . mais la femme y participe pro rata de son travail. ou négoce en pro pre. en se mariant.quelque maniére que ce soit depuis le mariage. le mari & la femme íont censés y avoir consenti ta citement.fait à elle. ou qui se trouve quelquefois établi par l'usage. & de tout ce qu'ils pourront acquérir. La femme retient naturellement le domai ne sur les biens qu'elle avoit en se mariant . ou qui viennent à lui écheoir de .

. & Dépense en parti culier l'argent qu'on débourse . suivant les facultés de chacun d'eux.4*5 PRINCIPES DU tre. Si la femme est pauvre . d'une matiére absolue. ou sous quel que conditionLXXXVI. On appelle Fraix en général tout ce qu'on employe pour une choie . tems &c. matériaux. Les autres dépenses domestiques regardent les époux en commun. desorte que toutes les dépenses sont fraix. Cet ar rangement eít tout.à-fait conforme à laLol perfective de la Nature. LXXXVII. le proiduit'de l'industrie ç}es époux. ils partagent le reste. LXXXIX.en raison de ce qui a été acquis par chacun. ar gent . & de faire outre cela tous les fraix qui sont en leur pouvoir. ne sussit pas poux . Quand le revenu des biens &c. le mari doit se char ger de tout. : LXXXVIII. Et on leur donne à toutes le nom général de Chartres du mariage. mais tous les fraix ne sont pas dépenses. Les deux époux font obligés de contri buer en commun aux dépenses de l'éducation de leurs enfans . & réciproquement. soins . s'ils mettent dans une masse commune le gain qui naît de leurs ouvrages & de leurs biens. & qu'après avoir fait là-deisus les dépenses domestiques . Les charges du mariage peuvent íe parta ger fort commodément d'une maniére pro portionnée aux facultés des époux .

Si l'un des époux veut aliéner ou enga ger son bien au préjudice de l'autre . Quand les époux ont consenti à la communauté des biens . XCI. . ils font obligés de prendre des biens mêmes. Les ser vitudes ne fauroient être non plus imposées sur les biens de l'un' . ' Lorsque ìa femme . celuici n'est pas obligé d'y consentir. C jSClV. Quand on acquiert des immeubles en les achetant de Targent qui procéde des ouvra ges ou des biens des époux . ni l'engagement . & d'en tirer conjointement le surplus néces saire . ne regarde que lui. pro rata des biens de chacun des époux. le dommage est commun. Naturellement le mari n'a pas le droit d'aliéner ou d'engager les biens de fa fem me . & celúi qui survient aux biens acquis est Une diminution du gain commun. XCIII. ont leur bien à part . l'aliénation .DROIT NATUREL. ces acquisi tions appartiennent au gain commun. Tom III. 45 pour fcurnir aux charges du mariage . ne sauroient se faire que d'un consentement com mun. mais s'il y a communauté . & la femme n'a pas non plus ce droit fur les biens du mari. ou le mari . le dommage qui arrive au bien de l'un. XCII. que du consentement de tous les deux. XC.

Ainsi ceux qui se marient . Dans l'état conjugal on doit avoir des foins réciproques de tout ce qui intéresse la vie.. se promettent tacitement . contractant à cet égard une obliga tion parfaite. il est obligé de le réparer. la commodité. de s'aimer préférablement à ^out le reste du genre hu main . Çes foins ont pour prin cipe un amour mutuel.£o PRINCIPES DU XCIV.. la lanté. t xcv. & de se rendre toutes fortes de ser vices . qui est déjà un de voir à l'égard de tous les hommes . Si l'un des époux eause du dommage à l'autre par sa faute . J4CVJÍ. . se procurer tous les plaisirs & se délivrer de tous les chagrins autant que cela est en leur pouvoir. être fans-cesse prêt à se rendre toutes sortes de bons ossices . le bonheur de la perionne avec laquelle on se trouve lié par le mariage. L'inimitié répugne au mariage & en rampt le lien. XCVI. quand même ils ne le feroient pas expressément. . 11s doivent s'aimer préférablement à tout le reste du genre humain . & n'avoir pour but que de se plaîre l'un à l'autre par toutes les voyes li cites. degré de force par la liaison intime qui unit deux époux. volontaire ou involon taire .. . & rend leurs biens & leurs maux entiérement corn ai uns. . mais qui acquiert le plus haut. Cette union est û étroite qu'elle fait considérer les deux époux com-> me une feule & même personne .

secours réciproques qu'emporte la communauté devie. en lui payant une certai ne somme d'argent pour l'éducation des en fans qu'on auroit eu d'elle. au -lieu que la commu nauté de vie Test. II n'est pas permis de faire un accord par lequel on'prenne une femme pour un cer tain tems. fans entrer d'ailleurs en com munauté devie. XCVIII. Ce mariage ar bitraire & à tems. Mais si au-contraire deux personnes de sexe différent fáisoient un accord où il ne fût question que d'avoir un ou deux enfans l'u ne de l'autre. ' Les époux font naturellement obligés 2 travailler de concert à la_génération & à Téducation de leurs enfans. ): XCIX. se nomme Commfunantt de vie. ou pour la renvoyer quand on le juge à propos. en se donnant pour cet effet tous les. Cette communication réciproque de tomes sortes de bons ossices. qu'on appelle ad Hhelac jpst fréquent en Orient . Elle n'emporte pas la communauté de biens. Celle-ci n'est pas essentielle au lien du mariage. Cet accord seroit naturel lement une espéce Ile mariage . où les hommes atC a tri . Ainsi une Société qui ne seroit contractée pour s'aider mutuellement dans les choses qui appartiennent à la communauté de la vie. quoiqu'elle fût entre un mâle & une femel le . rie seroit pas naturellement un mariage. 5* XCVII.DROIT NATUREL. quoiqu'imparfait.

quand il n'y a aucun obstacle réel qui l'en empêche. L'un.d'avis différent . & il faut suivre les régies que nous avons données ci-dessus sur la parité des suffrages en général. l'éduca tion des enfans la communauté de la vie & les charges du mariage. CI. suivant que des conventions par ticuliéres l'ont réglé. & d'autres où il appartient ìi Tépouse . desorte que quand ils font . des époux ae doit paturellement pas soufifir. Mais il peut naî tre des cas où le suffrage décisif appartient à l'époux . il est illicite. /. C. CIL La Société Conjugale doit avoir ses loix. ces résolutions doivent être pri ses d'un commun accord j & s'il survient en général quelque cas qui intéresse la So ciété Conjugale. Ces loix ont pour objet la génération .que l'auí tre .' & elles se déterminent par le commun con sentement du mari & de la femme. l'éducation des enfans & la communauté de la vie . Toutes les fois qu'il s'agit de déterminer quelque chose qui regarde la génération . les deux époux ont un égal droit de déclarer leur volonté .$i PRINCIPES DU tribuënt à leur sexe de grands priviléges : mais il est ai£é de voir que n'ayant que la feule volupté en vue . cela fait une exacte parité. Une Mére est obligée d'allaiter son en fant. Ce feroit mal à propos qu'on attribuéroit aucune supériori té à cet égard au mari.

mais . & que la femme le souffre pendant longtems .de l'encouïager à son devoir par des récompenses^ Mais l'amour conjugal doit toujours modé-. cetC 3te . tant à ces égards . mais s'il le fait. -Quand Fusage a établi cette sujiettíoti dans un Pa'ïs. une personne du sexe qui se: marie est censée consentir tacitement à ert poiter le joug. que sur toutes au tres actions quelconques. CV. un mari est en droit de punir sa fem me si elle resusé d'obéir . a Dans l'état naturel l'époux ne doit point s'arroger l'empire. crv.DROIT NATUREL. est naturellement égal & réciproque par rapport aux choses dont nous venons de parler niais la femme peut transporter tout l' empire conjugal aa mari . Ainsi l'empîre marital n'est pas naturels & ne peut s'acquérir que par une conven tion accessoire au mariage. CVI. L'empire du mari sur la femme . . cm. La femme n'est point nécessairement sujette au mari. & celui de la femme sur le mari. CVIs. rer considérablement la punition. & le mari peut prendre d'a bord le degré d'autorité qui est approuvé par la coutume. ou. Lorsque cet empire est établi & recon nu . 53 tre fasse rien qui soit contraire aux loix qui concernent cet objet. elle peut le devenir.

jusqu'à ce qu'on soit assuré qu'el le n'est point enceinte du premier mariage. ou par la mort .56 PRINCIPES DU ÇXV. . d'é* lever des enfans.. CXIX. Et si une Íiersonne propre à la génération. La promesse qu'on auroit faite à un époux mourant . . jnais la temme ne doit pas passer à de nouvel les nôces. est destituée de validi . CXVIIL Ceux qui sont en état d'engendrer. elle est pareillement obligée à con tracter ce mariage. Le mariage étant dissous . C'est ce qu'on appelle secondes No ces . mais d'aileurs destituée des biens de la fortune.& de soutenir ce que nous avons appellé les charges du mariage. Un Veuf & une Veuve font des époux Èrivés de leurs moitiés par la mort. & Polygamie successive.«n trouve une autre qui voulant l'épouser. CXVII. font naturellement obligés à se marier. eût-elle même été accom pagnée de sermçnt .tion. Dèsqu'un mariage est rompu par dissolu. CXVI. le mari & la femme peuvent naturellement se marier ail leurs. Le •roit Naturel leur permet de témoigner leur sensibilité pour cette perte par les mar ques du deuil exterieur. qu'on ne passera pas à de secondes nôces . ait dequoi suppléer abondamment à cette indi gence . le mari peut naturel lement épouser aussi-tôt une autre femme .

Une Veuve qui se remarie . . 57 té.biens de quoi subvenir à réducation> C 5 de. à-moins'que ces enfans. CXXIL Quoiqu'un mari ne répudie pas fa femme? adultére .CXXIV. ou leur M'ére . Quand il écheoit des hiens aux enfans' de quelque maniére que ce soir . Quand' une Veuve se remarse . CXXÍ. & c'est à celui qui a' commis fadultére qu'est imposée l'obb'gation d'y subvenir. doit se réserver sur ses. foins de l'éducation retombent unique ment sur l'autre .. ayant des en fans i & qui a des biens propres tandis. à-moins que l'éducation desenfatrs qut restent de ce premier mariage. celui qui:. se charge naturellement des soins'. cxx. enfans qui ne Iur appartiennent pas . que ses enfans n'ont rien.& même des' dépenses de l'éducation desenfans qu'elle a d^nn premier lit. & à-moins que les enfànsn'ayent des biens en propre . dépenses requises pour l'ëducatiou. n'ayent des biens en propre pour y subvenir. il est per mis aux Parens d'en employer les revenusaux dépenses de leur éducation. tous. I/un des époux venant à mourir.DROIT NATUREL. il n'ëst pas obligé de nourrir les. ne puisse pas s'accorder avec les secondes nôces.' exxiih. les. l'époux sur vivant est obligé de faire du sien toutes les. II enu est demême de celle qui épouse un Veuf. l'épouse .

. II ne doit rien entrer de ces biens dans les chargçs du se cond mariage:. quand il n'a point de preuve du con traire.' en sont certains. Un Pére est dit reconnoúrs son enfant. ou d'ar dultére. CXXVII. cxxv. femme n'^it . Le mari est de-plus obli gé de présumer que I'enfant qui naît. Les Enfans supposés sont ceux qu'on' met à la place des véritables enfans qui sont nés . cxxrx. quoiqu'il n'en ait point de certitude parfaite . lui. à elle .. soit dè séduction.. par cela seul qu'elle l'a mis au mon de ^ mais le mari. & cette réserve n a rien da contraire au Droit Naturel.PRINCIPES DU de ses enfans. à-moins que là. illégitimes on bâtards ceux qui sont néshors de mariage. . ou de prostitution. chaque époux reprend le lien . quoique la chose soit fausse. s'il'. ceux qui font nés de deux personnes liées par l'état de mariagq . mais s'il reste des en fans à élever. cxxvm. pour ainsi dire. ou en faisant semblant qu'ils en font nés .. ils y doivent contribuer tousles deux pro rata de leurs biens. CXXVI. On a donné à ces biens ré> servés le nom de receptitia. On appelle Enfans légitimes . & les autres. A la dissolution du Mariage . lorsque í'enfant vient au monde en leur présence. toujours été' sous íes yeux. TJne Mére est certaine qu'un enfant est. est à.

Da' tels enfans sont censés légitimes. Et il' est obligé de reconnoître ainsi les enfans qui lui naissent dans l'ctat du mariage lorsqu'il n'a point de preuves d'adultére. CXXXI. . * Celui qui conFesse qu'il a couché avec: une femme. cela une forte d'opprobre. On ne sauroit imputer aux enfans illé*gitimes le défaut de leur naissance & par conséquent le-s droits & les obligations entr'eux & leurs Parens font. soutient que vous êtes pé se de son fruit. tandis que vous le niez'.DROIT N ATTIREE. cxxx. est obligé de reconnoître Pensant . & c'est leur faire: injure que de répandre sur eux à cause de. ou pres te d'accoucher. . Si elle vous défére le fer ment. Toute action faite par l'un des épouxjne sauroit être imputée à l'autre . il faut que Vous reconnoissiez l'enfant. s'il déclare en termes exprès . cxxxu. 59. exxxiiï. . naturellement: les mêmes quecceuxrqui concernent les en fans légitimes*. ou par fa con duite . dans le tems où elle est présu mée avoir conçu . dèsqueC 6 ce-. . & que vous Je resusiez. qu'il let regarde comme tel. jusqu'à ce qu'il ait prouvé que cette personne a eu affaire avec quelque au tre dans le même tems. eít obligée de donner des preuves de votre com merce avec elle. La tache' qu'on leur repro* che n'est point naturelle.Une femme qui étant enceinte .

que ce soit. à-moins qu'il ne s'agisse d'une chose qui ait été convertie à l'usage de la Société. qui recevant l'argent de spn mari pour payer . ou si c'est un immeuble . qui ne peuvent être punis. II en est de-mème des enfans .fe PRINCIPES DU çelui-ci n'y a aucune part.. à laquelle ils n'ont point concouru. Quand des Marchands font crédit à une femme. il est obligé à la restitution. Pour assurer cette restitution à ceux à qui elle revient . le distrait à d'autres usages . le do nataire doit Teur fournir caution . CXXXIV. mais s'il se remarie. & par confis quent la peine .ou contracte quelque dette. le dona taire peut en demeurant dans le veuvage . l'autre n'est pas obligé de pa yer. il ne peut l'aliéner. si faction en mérite . posséder la chose donnée. pour une action de leurs Péres. le mari demeure obligé de payer les dettes con tractées chez ces Marchands. sous la coaditîon qu'il ne se remariera pas. Quand Pua donne quelque chose à l'autre . jusqu'à sa mort. . comme sienne. ne peut regarder que le délinquant. Quand un des époux achette une chose en son nom . au cas que la femme ne se trouve pas solvablc CXXXVL Toutes les donations entre mari & fem me font naturellement licites. . Conjugalecxxxv.

au. 11 est vrai que la cognation se prend auffi dans un íens gé . III. La personne dé laquelle d'antres descen dent par voye de génération . ou souche.DROIT NATUREL. mais non fémini ne. IV. CHAPITRE 61 III. ou entre des person nes qui se íuivent dans un ordre continu . Cela fait des descendances. est dite la tbge. cm entre d'autres qui remontent à une ori gine commune. mais non masculine. Ceux qui descendent d'un même hom me .lieu qu'on appelle cognâtes ceux qui descendent d'une même tige féminine. & tige fémi nine. Des Parentages £f Aïïiancts: .. Et ce caractére peut conVenir à une femelle tout comme à un mâle. II y » donc tige masculine. LE Genre Humain se propage par une suite continuelle de générations. La dépendance d'une même tige masculinerend ceux qui y sont compris agnates. & au -contraire ceux qui descendent d'une même femme par des mariages diffé rens. mais par des mariages différens. ont la même tige féminine. ont la même tige masculine. J I. n.

La différence de cognation entre la tige. & tant qu'on suit uniquement le fil de cet te suite . VII. & une personne quelconque placée dans la! ligne droite des générations. Une ' ' gé . elle. . le sont en ligné droite. & Ligne descendante^ mais il est visible que c'est la même . en exceptant celle qui tient lieu de souche.óu cognâtes. V. çqì gnatì materni . &qui détermine le rang de toutes íes autres dans la ligne où elles se trou vent. naît du nom bre de générations qui les lépare. se nomme Ligne. On compte dans une semblable ligne au tant de générations . Ainsi le rapport entre ces person nes est celui d'engendré à engendrant. font dits descendans. vnr. & qu'elle différe seulement .' .: . vJ ': ' ' c « . La suite des générations qui forment les descendances susdites .. On don ne^ à cette différence le nom de degré. & qu'on dit cognati paternl . sont appellés ascendants & ceux qui ont le rapport d'engendrés . est dite droite 5 & ceux qui y sont agnates. ' : VI VCeux qui dans cette ligne droite ont aux: autres le rapport d'engendrans. suivant qu'on J'en visage par rapport aux personnes engendran tes .§* PRINCIPES Dtf néral . II y a donc Ligne ascendante . & cognati ab utroque ÌOr terc.. qu'il y a de person nes. ou aux personnes engendrées.

Nous ne rapporterons pas ici les noms con. _. On nomme les Ascendans cognâtes dans tordre supérieur .-DROIT NATUREX:. XÍL Dans une ligne droite vous. X.xi :. c'est parce que vous prenez arbitrairement un point pù vous la terminez . & il y a autant de degrés entre la personne dont il s'agit & la tiee . & fí elle semble íînir . ceux entre lesquels il y a une génération font cognates au second degré. J1US .pouvez pren dre pour terme une personne quelconque. Ensuite on dit que ceux qui se touchent dans Tordre des générations . Le nombre des degrés fait Péloignement ou la proximité du parentage.í. descendante. En remontant .. & ainsi de suite. c'est-à-dire. . mais en descendants la ligne se termine nécessairement à la person ne qui meurt sans postérité.. . -. La Gognation directe est celle qui a lieu entre des personnes qui sont placées dans la même ligne droite. . . qui divise cette ligne en ascendante & en. qu'il y a de générations écoulées. font cognates au premier degrés. comme les Péres & les en cans. cognâ tes dans fordre inférieur. XIII. qui fe suivent dans Tordre des générations. ' IX.. . 6$ génération fait un degré . -. & les Deseendans . la ligne droite ne sinit point.

XVI. seize au quatriéme. XIV.à la progression des parens. comme Test celui des parens dans chaque degré de cognation de l'ordre supé rieur. La diversité du nombre des enfans que produisent les mariages . Mais nous sommes obligés pourtant dé faire attention. tant que vous supposez qu'il ne se contrac te point de mariage entre un ascendant & on descendant en ligne droite. de quelque degré que cc .64 PRINCIPES DB nus d'Ayeul & de petits-fils . II est aisé de comprendre que le nombre des enfans dans chaque degré de cognation de Tordre inférieur . Et' au-lieu que les lignes ascendantes font non interrompues. &c. de Bisayeul & d'arriére petits-fils. Tout homme a deux parens 'au premier degré . soi xante-quatre au sixiéme . les lignes descendantes s'éteignent le plus souvent tout. le prouve. En voici le fondement. & ainsi à PinSnj de maniére qu'à chaque degré il y a' tou jours autant de mâles que de femelles. Cet te progression double ne sauroit manquer. ne sauroit être déter miné. & comme infinies. Tous les cognates .il s'en trouve huit au troiliéme . . & en continuant . ce Pére & cette Mére ayant eu íhacun leur Pére & Mére . savoir son Pére & fa Mére. d'où naît ce qu'on nomme quartiers. XV. trente-deux au cinquiéme.à-fait. cela fait quatre jparens au second degré.

ou une femelle .DROIT NATUREL. II y a deux espéces de lignes droites qui concourent à une tige commune . ' 63 ce soit.gard de l'autre. Comme cet te tige peut être également un mâle. : : XX. sans descendre les uns des autres. XIX. . & des cognates collatéraux. il y a des agnates collatéraux. . r --Toutes les personnes qui descendent d'u ne même tige par plusieurs lignes droites . Les lignes droites qui remontent à une tige commune. . & que ces enfans en ont d'autres . . jusqu'à un degré quelcon^ . qui yoiit se réunir à celui qui a eu le premier plusieurs enfans dans la ligne. Ainsi uii Famille est une multitude de peTsonnes qui descendent de la même tige par des lignes quelconques. Cette collatéralité consiste en ce que dans l'Arbre Gé. que. XVII. t néa .savoir la h ligne paternelle. . les petits-fils & les petites-filles au second . cela for me autant de lignes droites différentes . sont dites obliques l'une à Yé. qui est leur tige commune. descendent d'une même personne. Quand quelqu'un a eu plusieurs enfans.forment ensemble la famille de cette tige. . xvm. On donne le nom de Collatéraux à ceux qui descendent d'une tige commune . Les fils & les fil les font au premier degré de la famille . & la ligne maternelle. & ainsi de suite .

ou cognates. & par conféquent agnates feulement. que s'ils font à trois degrés de cette tige. Dans le premier cas ils jfonti dits fréres germains.1 66 PRINCIPES DU néalogique. fuivant qu'ils font de-même Pére. ou à des degrés différens■ ' 2LXL. > : XXIIL Les Collatéraux au Jfecond degré en li- .Les Fréres & Sœurs font collatéraux au premier degré en ligne égale. rapport à la tige...!■• . ou qu'ils font de Pére ou deMére qui ne ibpt pas les mêmes.der niêine -Klére. : a : . ou uterins ..c-'eft. XXJIL. . Tous les collatéraux appartiennent à la mê me famille .&. ces perfonnes fe trouvent pla cées fur des lignes différentes qui font obliques les unes à l'égard des autres . . au-lidu que dans. lorfqu'elles font au même degré par. ils font parens au troiliéme degré. & qui vont fe réunin h un point commun. Leur paren té n'eft pas également étroite.. D'où réfulte encore que le parentage. .i«. .deux parties égales.à-dire . mais ils peuvent être au même degré par rapport à l'afcendence commune . eft toujours entr'eux •au même degré que par rapport à la tige . qui les divife en. . & font tout enfemble agnates & cognates . le fecond cas ils ne font qUe fréres eotifanguins . On les conçoit fe réunifiant dans ce point . des colla téraux en ligne égale . Ainfi les lignes obliques des collatéraux font dites égales entr'elles .

du côté pater nel &du côté maternel. la feconda Matertera. eft en François une Tante. tr / ■ 1 . des Collatéraux en ligne iné gale. le rapport des colla téraux entr'eux étant. Une Ligne oblique eft dite inégale à l'au tre . Les Jurifconfultes n'ont aucune peine à les démê ler toutes les fois qu'il s'enpréfeute. font les fils & les filles des fréres & des Cœurs. La fœur du Pére. On 1 eft . Viennent enfuite les Grands-oûr cles . mais ce gen re fe fubdivife en Latin en trois* efpéces. & ceux d'un frére & d'une iœur amitini. &c.1. 67 gne égale . & des fœurs . Nous les nommons en général coufins germains . Les Ro mains ont même eu le nom de fobrini pour les petits-fils des fréres . XXIV. lorfqu'elles font 1 des degrés dirTérensde la tige commune .DROIT NATUREL. en Latin la premiére eft /Imita . que Latins . & les Grandes-tantes-. . Les enfans de deux fréres font dits patrùc les . Voici feulement quelques noms tant François j. Il feroit fuperflu d'indiquer les dif férends qui naiffent de ce principe. & le fecond Avuncitlm. en ajoûtant feulement les mots de Major ^Maxiiws. ou collatéraux au troiiîéme degré en ligne égale. ou de la Mére. ceux de deux fçjrurs confobrini . comme nous l'avons déjà infinué. qui confervent les mêmes dénominations . le même que leur rapport à la tige. Le frére du Pére & celui de la Mè re ont chez nous le nom commun d'Oncle * les Latins appellent le premier Patruus..

Les relations descendantes opposées à ces rela tions ascendantes. &c. Le Pé re. ou le frére du mari . En vertu de l'union étroite du mariage. &c. ou frére de la femme. Cela ne s'étend pas au-delà de ce que nous venons d'indiquer . par exemple. Mettons encore ici quelques dénominations. ou Marâtre. Ce genre de parenté se nomme Alliance . font celles de neveu & niéce . est dite Noverca . Ainsi les Alliances. ou d'un commerce illégitime quelconque. Si c'est au con . : . XXVI. suivant quel'Oncle. petit . ou qu'il l'est seulement de Pére ou de Mére. par rapport aux enfans du premier mariage . & qui le rend allié au même degré avec l'autre époux. deviennent Pé re. & les parens respectifs de deux personnes mariées ne deviennent point pour cela parens en-. Affinitas. naissent des mariages. ou Assinités.neveu & petite-niéce &c. XXV. XXVII. Quand un Pére se remarie. sa femme.68 PRINCIPES D U' C est lié plus ou moins étroitement avec ces parens. . les parens d'un des conjoints deviennent parens au même degré de l'autre. « Natureilement le parentage est le mê* me soient que les personnes dont on est pa rent soient nées dans l'état du mariage . est frére germain du Pére . On appelle Degré cFalliance la diversité qui naît du degré auquel le parent d'un des époux se trouve avec lui. tr'eux.

v . .pére &. XXX. la Belle . XXVIII. qui deviennent conjòceri.. le Pére du mari ou de la femme qu'on époule . bru . Au-delà il n'y a point d'assini té. Dans l'un & dans l'autre cas les enfans portent le nom de beaux -fils & belles . & de-mê me du Beau-pére. à la plan ée de Pére & de Mére. devient sorí gendre . & représente le parentagedu Pére & de la Mére. son époux est Fitricus. & le Pére de la fem me.. privigtii & privign<z. .DROIT NATUREL. ou Bellemére. . sieurs détails . XXIX. ne font pas alliés pour cela.. ou . celle qui épouse le fils . Le Pére du mari. * 6$ traire la Mére qui se remarie. v Suivant le Droit Canon la Belle -mére de ma femme ne m'est alliée qu'au premier ^degré du second genre d'assinité. ou Parâtre.Mére .. Celui qui épouse la fille d'une per sonne . gêner . Socrus . nutiisk &c. qui pourroient devenir ïastir '--i* XXXÍ... est Socer ^ ou Beau-pére^ la Mére . & le gendre ou lá bru font au rang de leurs enfans. leurs gendre & bru tiennent le rang d'enfans.ils ne tiennent en rien aux enfans. : L'Affinité du Parâtre & de la Marâtre est au premier degré. Quand on se marie. Nous omettons ici plu-. Le Beau . Mais cela ne remonte pas au Pére & à la Mére du Parâtre & de la Marâtre. soit Pére .filles .mére font de-' même au premier degré d'assinité .

. Quand un mari ne répudie pas fa fem me . . I. par exemple.= •> Il A Société Paternelle eft celle qu'on fuppofe contractée entre les Péres & .. les enfans nés d'adultére deviennent fes alliés avec la . j .II y a une forte de mariage entfe ceux qui ont un commerce charnel . ■.».. ' XXXI. ro A . quand l'adultére caufe la diflblution du mariage. les parens du fiancé ne deviennent point parens de la fiancée.relation de Beau-pére à beau-fi/s. devient comme votre belle -fœur d'alliance. '.fT> PRINCIPES DU • . ■ •■ t. • ' . d'une perfonne que vous avez deshonorée . & les parens de part & d'autre. & Réciproquement. & il en eft de-même de votre frére à l'égard de cette perfonne.f • :. XXXIII. : De la Société Batcrnelk. & h* elles ne font point fuivies du mariage .• . Mais ce genre d'alliance n'a point lieu . quoiqu'il la fache coupable d'adulé tére. : 1 :. XXXII... ■ CHAPITRE IV. : • -. : On ne contracte point d'alliance par de fimples fiançailles . &rii Téfulte une forte d'alliance entre les person nes qui ont ce commerce . . La fœur .

-j-. coniifte -à les conferver par les foins qui peuvent les faire paffer de l'enfance à l'âge où ils font en.Wv . ■ L'obligation des Parens envers leurs en fans. quoique le nom de Société Paternelle n'indique que celui-ci. dont nous avons parlé ci-deftus v.DROIT NATUREL. mais encore la fanté 6c l'intégrité de tous les membres de leùt corps..!é£at de vaquer à -leur propre confervation i. ce qui regarde non feulement leur vie.V in».. Méres & leurs enfans pour procurer l'édu cation de ceux-ci.. aérai toutesleurs aciions d'une 'Manière con forme.■i :.. . & les enfans réciproquement doivent obéir à leurs Parens dans toutes les chofes qui intéreflent leur éducation. comme tous les quafi-contract's . . les Vêtir 1 d'habits prcH près à les défendre des iojuies: de l'air .en vertu duquel les Parens font dans l'obligation de veiller foigneufement à l'éducation de leurs enfans. puisqu'au. \. La Société Paternelle eft une efpéce d'accord . c# . de les rendre (pro pres à pourvoir par :eux-mêmes à cette con fervation j auflî-bien qu'à déterminer en gé. a la Loi Naturelle.i: =. m. Pour cet effet ils doivent les nour rir d'alimens fains .• ni même dé les expofjîr .■j : '. naturellement valable .ù> ?: Les Péres Méres o'oiit pas' 'le droit defaire mourir 'leurs enfans.contraire ils font obligés de les conferver . : v . &.. La Mére y tient le mê me rang que le Pére .

U y a ici des atten tions . La division des âges est arbitraire.. Mais vu l'extrême différence qiï*il y a. d'autres n'en comptent que trois. . c'est de les amener au point de pouvoir prendre eux-mêmes ces soins.j'* P R IN CI PES DU détourner d'eux tous les périls dont ils pourroient être menacés. ses des anciens Médecins sur les années climactériques . juf^ qu'à 28 juvenis . . V. tant que ceux^ ci ne font pas en état de remplir les devoirs envers eux-mêmes qui supplééroient à ces besoins. Les premiers suivent une pro gression septenaire . D'autres vont par dixaines . . conforme aux hypothé. . VI. Jusqu'à 7 ans infans . & ensuite. les individus. la jeunesse de vingt à trente où commence l'âge viril. à vingt. & cela se rapporte plus rsa corps qu'à í'ame. En général les Péres & Méres font obligés de pourvoir à tous les besoins des enfans. vir. & à bien régler les actes de leur imagination & de leur mémoire. on peut distinguer . qui malheureusement ne font guéres: connues du gros des Péres & Méres. entre . Ils doivent surtout être attentifs à empêcher que leurs sensations ne s'altérent. mettant l'enfance d'un an à dix . . jusqu'à 14 puer 9 jusqu'à aï adoltfiens. II yt en a qui en mettent cinq jusqu'à l'âge vi ril inclusivement .. Tadolescence de dix. Le but des foins que les Péres & Mé res se donnent pour la perfection & la con servation des enfans . -.

sont obligés de procurer à leurs enfans ces divers secours. les enfans par la voye d'une bonne éducation. & il faut qu'ils uíent d'un extrême 'discerne ment . les Parens. en les rapportant uniquement àl'état des facultés. s'augmentent. suivant l'état de leur fortune . & deviennent propres à un plus grand nombre d'usages . poury amener. * On doit de-plus procurer aux. com me nous l'avons déjà insinué . plus précise . ôc que les facultés supérieures ne s'exercent point. Mais en mê me tems ils ne doivent pas forcer l' exerci ce des facultés . D eoa: . la jeunesse supposera un jugement qui commence à meurir. VII. le plu tôt qu'il leur est possible . en voulant le prématurer . tant qu'il n'y a que du caquet . fueritia . Comme les forces du corps se conser vent. 75 ces âges d'une façon . & de les distribuer convenablement à chaque 2ge. VIII. enfans la Tom III. Et c'est à ce point. Alors la premiére enfance durera jusqu'à ce que l'usage de la parole soit formé . pour bien juger de ce qui convient à chacun des différens âges. mais où le jugement est encore d'une extrême foiblesse . que les Pa ïens doivent tendre.DROIT NATUREL-. la se conde . par Je secours de différens exercices . l'adolescence sera l'âge où ces facultés supérieures agissent à-la-vé rité . & Ydge viril aménera toute la perfection des facul tés qui met l'homme en état de se gouver ner par lui-même.

Comme c'est l'ufage de la Raison qui dis tingue principalement l'homme de la bê te . X. les Parens doivent travailler sur toutes choses. Cela en fait dans la suite des génies serviles . à cultiver la Raison. pourquoi une chose est . on doit au contraire leur en fournir d'abord d'aussi çlai* les qu'il est possible . inculquées dans l'enfance. en voulant qu'ils les en croyent presque touj jours sur leur simple assertion. qui ne voyent & ne pensent que par autrui. & les Péres & Mé. & les préparer insensi blement à l'habitude de former dans la suite des notions distinctes. La perfection de l'esprit est le principal objet de l'éducation . Le préjugé de Pautorité est un des pins contraires à la vérité. effet il faut les accoutumer à n'ad mettre aucune proposition fans raison . Mais surtout on ne sauroit trop prendre garde que leur esprit ne se . Cependant les Pa4 rens aiment à l'inspirer à leurs enfans . Pour cet. & à demander toujours . XI. & il ne faut laisser échapper au cune occasion de leur faire acquérir de sem blables idées. IX.charge pas d'idées consuses .74 PRINCIPES DU connoissance de toutes les choses dont les idées peuvent étendre leur esprit & régler leur cœur. res . & à tems . ou doit être ainsi. Surtout il n'y a point de poison plus dangereux que les notions erronées & superstitieuses .

tant qu'ils: ne font pas en état de le faire par eux-mêmes. Tant . & l'obligation où les enfans se trouvent de s'y soumettre. ils ne savent ce qu'ils doivent faire ou omettre. & par conséquent les Parens doivent s'attacher à rendre l'exercice de toutes les vertus familier à leurs enfans. . . la sagesse.jbjLOIT NATUREiU 75 res doivent s'appliquer soigneusement à or-! ner leurs enfans de toutes les Vertus intel lectuelles & morales. les Pa-i rens doivent régler par leurs ordres toute leur maniére d'agir . est parfaite. & c'est le droit de faire cette détermination . XIV. C'est un droit naturel des Péres & des Méres de déterminer les actions des en' fans. qui constitué la Puijsance paternelle. & également. au Pére & à la Mére. D a XV. il n'y en a aucune dont l'homme doive être dépourvu . Cela renferme la pru dence . qui appartient en commun . XII. Par rapport aux Vertus morales en par ticulier . Cette détermination des actions des en fans par l'autorité des Parens . & en même tems le» Sciences & les Arts autant que le demande la condition des enfans dont il s'agit.que les enfans n'ont pas encore des principes de conduite. & qu'ignorant quelles font les actions conformes ou con traires à la Loi Naturelle . XIII. & sans les avoir con sultés. . se nomme Gouvernement. & leur défendre de rien faire à leur insu .

y6 PRINCIPES DU XV. . ou celle de quelque autre . XVII. lorsqu'ils y. VObéiJsance des enfans consiste à reconnoître cette sujettion . Naturellement les Parens n'ont d'autre droit sur les enfans que celui dont nous venons de parler .. II en résulte emfire d'une part . . ou ne pas faire ce qu'ils veulent . II faut seulement être attentif aux caractéres qui se manifestent dans les en fans . XVI. & la Puissance Paternelle ne s'étand pas au-delà. XIX. & sujeúion de l'autre. ils joignent celui de les punir. suivant qu'on a lieu de se promettre une plus heureuse réusíite des uns que des autres. mais à prendre uniquement la volonté de leurs Pa ïens pour régie de leur conduite. pour dispenser avec prudence les ré compenses ou les peines. manquent. en ne leur permettant point d'agir par fantaisie.. & de Jes recompenser. pour faire ce que leurs Parens ne veulent pas . L'effet de ces peines & de ces ré compenses est naturellement d'engager les enfans à la pratique des régies qu'on leur impose. Au droit qu'ont les Parens d'obliger les enfaps à l'obéissance. lorsqu'ils remplissent leurs devoirs. Les Parens doivent former les enfans à l'obéissance. & en conséquen ce de cela à ne point suivre leur propre volonté . XVIII. ou de suivre de mauvais conseils.

XX. & au cas qu'ils le fas sent. XXIL S'il y a conflict entre l'autorite des Pa rens . Le Pére étant mort . loTsque leur obéissance étoit encore aveugle . & que la femme soit sujette au maD 3 ri> . pour empêcher que la foiblesse de cet âge . . soit en fait de commission .Les Parens peuvent donner des loix aux enfans.-* Dans l'adolescence il commen ce à se manifester quelques traces d'indé pendance . & qu'elles ne doivent être faites que de leur consentement. & qu'ils ne pouvoient ju ger de leur moralité . . & les premiéres se mences des passions ne jettent les jeunes gens dans des écarts. Toutes les actions de la première & de la seconde enfance sont sous le domaine des Parens. Mais s'il leur arrive de faire de sembla bles actions . ellès ne sauroient leur être imputées. qu'elles émanent du Pére & de la Mére en commun . On les nomme. mais les Parens doivent alors re doubler leur attention . XXI. Loix Paternelles. les enfans font dispensés ae l'obéissarice. mais qui demeurent également respectables. mais il faut toujours remarquer^omme ci-des sus. Les Parens ne sauroient rien ordonner aux enfans qui soit contraire au Droit Naturel . ce sont même des loix simplement maternelles .DROIT NATUREL: -77 XIX. soit en fait d'omission.

ni les autres. XXIV. suivant lesquelles . x»n doit la préférer. celles qui ^privent de la vie. ni les unes. droit de punir les enfans qui resusent d'obéir à des or dres qui concernent des choses illicites. XXIII. fera sussisante'. il y ait des cas où l'on préfére les ordres du Pére . Je Pére & la Mére n'étant pas d'accord.78 P R. capitales . XXV. & l'on doit déter miner certaines régies . Mais si les choses font dans. XXVII. cruelles. il faut lui remettre la peine . ou tiennent dans l'éducation une conduite qui ïépugne manifestement à cette loi.. On appelle Peines. est apjpliquable ici.donnent des ©rdres contraires à la Loi Naturelle . \ On peut d'ailleurs. ou si l'on croit qu'u ne peine plus légére que celle qu'on lui préparoit. l'é tat naturel .1 N C I P E S D U ïi . Les Parens n'ont pas le. XXVI. ni la Mére que le Pére . Toutes les fois qu'on peut espérer de Corriger un enfant fans le punir . XXVIIL . & d'autres où l'on préfére les ordres de la Mére. celles qui in fligent au corps des tourmens violens. ce que nous avons démontré j>lus haut de l'égalité des suffrages . Les Parens n'ont droit d'employer. Le Pére ne doit pas souffrir que la Méire. les enfans doivent préférer les ordres clu Pére.

XXXI. XXX. desorte que lorsque ceux-ci y. D 4 XXXU. Les Pa rens sont obligés de donner de bons exem ples aux enfans . Les Instructions ne sussisent pas. C'est aux Parens à prendre garde que leurs enfans ne rencon trent de ces corrupteurs. Dèsque les enfans parviennent à un âge où ils peuvent faire usage de la Rai son . les Parens doivent leur donner une connoiffance exacte du Bien & du Mal . si pernicieux pour la jeunesse. XXIX. & ceux qui agissent autrement violent le droit qu'a la jeunesse d'exiger qu'on ne lui présente point de mauvais exemples.. c'est incontesta blement le bon exemple qu'ils leur donnent. & les conduire au -point de pouvoir distinguer entre les vrais biens & les biens appavens . cette obligation est commune à tous les nommes.DROIT NATUREL: . Les enfans ont même naturellement le droit d'exiger que leurs Parens ne leur donnent point de mauvais exemples . .jamais de mauvais. & de ue leur en fournir . Ce ne font pas les Parens seuls qui ue doivent point donner de mauvais exem ples aux jeunes gens. & & des Loix Naturelles . les vrais maux & les maux appareils. ils commettent une injustice. 79 XXVIII. La meilleure maniére dont les Parens peu vent se servir pour obliger les enfans à la pratique de leurs devoirs. manquent .

& des vérités révélées. & en leur pardon nant toute autre faute plus aisément que celle-là. Car quand ce défaut est contraété. de ses perfections. XXXIII. c'est à faire un bon usage de l'argent. On doit inspirer de bonne heure la piété aux jeunes gens . ou entendu dire aux autres. En général on doit inspirer dès le plus bas âge aux enfans les dispositions opposées aux vices. & bientôt après on trouve plus de plaisir à raconter ses propres inventions que la vérité. Une chose que les Parens doivent aussi enseigner de bonne heure aux enfans . & à ne point prodiguer d'abord en dépenses super flues celui qu'on leur donne.PRINCIPES DU XXXII. de les œuvres . qui fait que les enfans aiment à dire tout ce qu'ils ont vu. XXXV/. Et l'on peut ajoûter qu'un des meilleurs moyens de prévenir l'habitude d u mensonge . le gros des hommes est le plus enclin. XXXV. il méne droit au mensonge. N'ayant pas toujours de nouvelles choses vrayes à débiter. c'est d'ôter celle du babil . auxquels le Vulgaire . II est aisé de sentir combien cette coutume influe sur tout le reste de la vie. XXXIV. on in vente . . en leur procurant une connoiílance solide de Dieu . Le mensonge étant également bas & odieux . on doit en éloigner les enfans par toutes fortes de voyes .

mais pour leur appren dre à éviter les défauts qui produisent ces fâcheux effets. Le bonheur des enfans doit être le grand but de leurs Parens. XXXVIL Les enfans ne sachant pas par eux-mê mes de quelle nature font les devoirs aux quels ils sont obligés envers leurs Parens. & pro curer leur avantage plutôt que celui de tout antre. à la médisance. &5 XXXIX.DROÏT NATURELS tï XXXVI. & aux discours injurieux. . les enfans deviennent d'une indocilité incorri gible. l'estime . l'estime & la louange qu'il mérite . & la source constan te de leur plaisir. & à devenir sages aux dé pens des autres-. On nc doit pas non plus leur dissimuler ce qui est méprisable & blâmable dans tes mauvais su jets. Mais en même tems U convient de leur faire connoître ce qui mérite l'hon neur.ci à les y dresser dès la plus tendre enfance . au blâme. & dans tous les cas de collision les préférer aux étrangers. Ils doivent les aimer comme eux-mêmes . & à ne point se plaîre au mépris . car il arrive souvent qu'en négligeant trop les premiéres années . XXXVIII. c'est à ceux . II est très-important pour les enfans d'ê tre formés de bonne heure à rendre à cha cun l'honneur . & la louange dans les per sonnes auxquelles ils les accordent. non afin qu'ils en fassent l'objet d'une mordante critique .

les Parens doivent y accoutumer ies enfans. pour l'ufage ou la commodité de leurs Parens . Ce choix étant fait . 6c ne point les laiiler croupir dans l'oiOvetéli mais d'un autre côté. L'âge . Ce font alors Opera simpHccs artificiellesXLII. a. . L'utilité du travail étant une chose reconnuë . à la bouti que. & à leur propre profit. K 11s peuvent les aider dans leur profession. XL. & d'autres cir constances faciles à démêler . un fils au métier . . desque leur âge en fera susceptible. C'est ce qu'ort nomme Opera ministerielles. Société. une fille à laver.& cela est com pris fous le nom d'Opera obfequialts. íl ne leur est pas permis de les charger de travaux trop pesons. il s'agit de les préparer par toutes les instructions convenables au genre de vie qu'ils embrasseront. On distingue deux sortes de services que les enfans peuvent rendra à leurs Parens. ou négoce . Les enfans doivent être destinés par leurs Parens à un certain genre de vie au quel ils soient propres. & dans lequel ils puissent se rendre utiles à la . déterminent la nature & la mesure de ce travail. & difproportionnés à leurs for ces. à coudre.8* PRINCIPES DU XXXIX. & de leur faire donner ces instructions. Mais deplus les enfans peuvent travailler pour euxmêmes. le tempérament .11* peuvent rendre en général toutes sortes de services domestiques . si fa Mé re est blanchisseuse ou couturiére ôíc. / XLI.

& s'ils resusent de s'en acquitter. ía maison tout ce qui sert à l'usage & à la commodité de leurs Parens. XLUII. puisque cela les forme à gagner leur vie par eux-mêmes. pour tirer du secours de leurs enfans dans la profession qu'ils exercent. & les Parens ont même droit d'exiger qu'ils le fassent. si les enfans se trouvent en état d'aider leurs Parens dans le premier or dre de service. pour l'amour de cela . dans le cas que nous avons déter miné . sont en droit de les exiger. sans que cela préjudicie aux choses qu'ils doivent apprendre pour le gen re de vie auquel ils font destinés'. ils sont obligés de vaquer aussi à ces devoirs : & le* Parens. c'est-à-dire. Outre cela. XLVI. & de les punir de leur desobéissance . ils sont obli gés de le faire . ou de leur négligence. Si les enfans parviennent à un état où ils puissent gagner quelque chose. XLV. à faire dans. XLIV. Cependant. en tra vaillant à leur propre profit . s'ils ne s'y' trouvent pas propres. ni. les Parens ont le droit de les y contraindre . détruire l'établisse ment avantageux qu'ils pourroient fairé.en prenant un autre parti. Les Parens ne doivent point priver les D 6 en- . les Païens .DROIT NAÏÛRÉL- #3 XLIL Les enfans sont obligés à la seconde es péce de services. ne doivent pas les y desti ner.

Une attention qui convient surtout aux Parens. du crédit . Quoiqu'ils ayent la propriété de leurs biens. pour que leurs enfaris ayent des richesses. du corps. & en laissant par cette conduite leurs enfans dans l'indigence. c'est de faire eníòrte. dèsque les Parens peuvent contribuer à faire posséder à leurs enfans. XLIX. . dont ils n'ont pas joui eux-mêmes. mais . II y auroit une balle & criminelle envie dans les Parens . ils doivent aucontraire éprouver la plus sincére satisfac tion . . autant que cela dépend d'eux. XLVII. ils ne lailì'ent pas de commettre une injustice réelle. Tout au-contraire les Parens doivent faire tous leurs efforts . En général. des honneurs. ils ne le faisoient pas. ils laissent assez de bien à leurs enfans .84 PRINCIPES DU cnfans des -biens de la fortune qu'ils auroient pu leur transmettre. si pouvant procurer à leurs enfans des biens de l'esprit. des amis. non feulement les choses nécessaires à la vie. en les mettant dans ces heureuses conjonctures. XLVIII. & employer toutes les voyes légitimes. Les ai mant comme eux-mêmes. pour subvenir au-moins aux fraix de leur éducation. ou dumoins pour qu'ils ayent les dispositions pro-« pres à leur faire acquérir toutes ces choses. qu'au cas qu'ils vien nent à mourir. ou de la fortune. une bonne réputation . en les dissipant avec prodigalité .

C'est un devoir réciproque des Parens & des enfans . & effacer toutes les idées de l'autre.retenir dans le devoir par le motif de la crainte servile . de ne point se contrister & s'ir riter les uns les autres . La crainte des enfans pour leurs Parens doit être une crainte filiale . & de leur donner la préférence à cet égard sur tout le reste du genre humain. elle n'est point ordonnée par la Loi Naturelle.~ que les Parens font les plus grands bienfai teurs des enfans . ils sont obligés de s'y employer de tout leur pouvoir. ils ne doivent jamais perdre de vuë le bonheur de leurs Parens . les Parens peuvent les .DROIT NATUREL? 85 mais encore les choses utiles & agréables . mais . . ex trêmement odieuse dans tous les hommes . ou ne l'ont que très-imparfaitement . car pour la crainte servile. & y travailler avec une con stante application. J'est beaucoup plus encore dans les enfans. de ne D 7 point . il faut leur inspirer la crainte filiale .ci ne fauroient avoir en retour trop d'amour & de reconnoiifance pour eux. c'est-à-dire . Ils ne doivent laisser échapper aucune oc casion de faire éclater leur gratitude . L. lorsque les enfans font encore privés de l'ulage de la Raison . ce n'est point un de voir des enfans envers leurs Péres. dèsque la Raison se développe. LII. Cepen dant. & que ceux . II paroît de tout ce que nous avons dit. L'ingratitude .

LIV. quelque odieu se & déréglée que puisse être leur conduite. mais que les commodités & les agrémens de la vie leur manquent. les enfans doivent préférer leurs Parens à tout autre . Si les Parens ont le nécessaire. PRINCIPES DU poitit se causer de ces chagrins qui naissent de l'emportement des passions. lorsqu'ils sont pauvres . Les Parens ne doivent jamais former des imprécations confte leurs enfans .moins qu'ils ne soient dans la même pauvreté. LV. Dans le cas de collision . excepté leur femme & leurs enfans . ni les charger de leur malédiction. Les enfans sont obligés de nourrir leurs Parens. tant que les en fans ne font pas capables de cette adminsstra . lorsqu'il s'agit de rendre les devoirs de Thumanité . Les enfans doivent faire grand cas de leurs Païens . les enfans font obligés de les leur fournie proportionnellement à leurs facultés.M. & les honorer -comme leurs pre miers & principaux Supérieurs j & c'est aux Parens à leur faire prendre cette habitude dès la premiére enfance. De quelque maniére qu'il vienne à écheoir des biens aux enfans. lui. à. s'ils font Maris & PéresLVI. tes Parens en font les administrateurs. ou qu'ils n'ayent pas de quoi subvenir aux be soins de leurs propres enfans. LVII.

LXI. LIX.mais ils n'acquiérent pas pour cela le domaine de ces biens . . Si les dépenses de l'éducation étant fai tes. par rapport à l'aptitude qu'ils ont pour . Les enfans. ni même de les charger d'aucune servitude. LVIIÏ. les Pa rens font obligés de leur en faire la restitu tion. ne laissent pas d'en conserver le domaine . il resle quelque chose des revenus des enfans. & l'usufruit mê me ne leur appartient qu'autant qu'ils l'employent aux dépenses de l'éducation. & ils peuvent faire de nouvelles acquisitions de domaine.DROIT NATUREL} 37 tration. Le nom à'Impuberes. & ceUx qui à cause de la foiblesse de leur jugement ne sont pas en état d'administrer leurs biens . Dèsque les enfans ont acquis l'âge & la raison qui sussisent pouf gouverner ces biens par eux-mêmes. & de Puberes . les Parens font obligés de le join dre à la masse de leurs biens . se donne dans un sens physique aux jeunes gens . LX. Par conséquent ils n'ont pas le droit de les alié ner.On a donné le nom de Peculium aux biens des enfans qui font íous ^administrai tion des Parens. ni de les engager pour leurs propres dettes. . mais ils ne font pas tenus de leur ren dre compte de l'emploi qu'ns ont fait des revenus pendant le cours de l'éducation. & d'augmen ter par ce moyen leur patrimoine.

& c'est pour cela que les enfans mineurs ne sauroient faire aucune donation sans le consentement de ' leurs Parens . lors que l'usage de ces choses est fini . on seroit fort facile à surprendre dans les affaires de la vie. & quand ils font parvenus à la puberté morale . & à plus forte raison quand ils ont été faits au dommage des Mi neurs. LXII. On a donc besoin du conseil & du secours des autres . on les ap pelle Majeurs. & déterminer ses actions par soi-même. font dits Mineurs'.ce cas. Les Parens ont le droit de casser de semblables contracts fans aucune exceptidn . Tant qu'on est dans l'état de Minorité . lxih. LXV. il n'est pourtant pas permis aux enfans de les donner ou de les vendre . par rapport au degré de capacité sussisant pour se con duire . LXIV. fans le consentement de leurs Parens. . à -moins qu'elles n'euffent été achetées d'un argent appartenant aux enfans. demeurent en pro pre aux premiers. Et même dans. Ceux qui sont impubéres à ce dernier égard. fans la ratification desquels tout ce qu'ils peuvent contracter en général est destitué de validité.88 PRINCIPES D U pour la génération mais on peut ausli l'em-' ployer dans un sens moral . & fdans toutes sortes de contracts. Les choses que les Parens donnent aux enfans pour leur usage .

conservation. LXVIII. il faut leur restituer les biens qui leur font venus d'ail leurs. Lorsqu'on prend un enfant étranger pour sien.à l'âge où ils peuvent pourvoir par eux-mêmes à toutes les choses nécessaires à leur conservation . dèsque les enfans sont parve nus''. Et Pacte par lequel l'ensant fort de des sous la puissance paternelle . Ils deviennent alors leurs propres maîtres. s'ils ne font pas d'ailleurs capables de vaquer aux foins qui regardent leur .DROIT NATURËL: 89 LXV. fils ou filles. LXVI. LXV1I. La mort du Pére n'émancipe pas les en fans . lorsque les enfans ont les connoifsances nécessaires pour régler leurs actions . LXX. & déterminer leurs actions d'une maniére conforme à la Loi Naturel le. cela se nomme Adop tion. ' . II n'y a point encore d'émancipation na turelle. mais ils demeurent naturellement fous la puissance de la Mére. on peut dire que l'émancipation naturelle a lieu dans les circonstan ces que nous venons d'indiquer. Quand les filles se marient . . A Pémancipation des enfans . portant le nom d''Emancipation . & leurs actions ne dépendent plus de la volonté des Parens. Naturellement la puissance paternelle prend fin . elles sont naturellement émancipées. LXIX.

aulieu que s'ils font déjà dans un état d'indépendance . il dépend uniquement de leur volon té d'en régler les conditions.fils par rapport à l'autre. qu'il fait pourtant n'ê tre pas engendrés de lui . mais on l'employe dans un sens particulier. ou bien chacun d'eux peut adopter pour foi . Celui qui adopte acquiert les droits de Pére .90 PRINCIPES DU tion. qui reconnoît pour siens des enfans de fa femme . Un Pére & uneMére peuvent naturellement adopter. LXXI. ou de sa plus proche parente . & celui qui est adopté ceux de fils. lxxiii. Un enfant adoptif devient partie de4a fa mille de son Pére adoptif. Lés deux Epoux peuvent aussi faire une adoption de concert. Un Pére. Ce nom est général. il faut qu'il la ma rie . dèsqu'ils n'agiisent point en cela contre le droit d'un autre. Quand quelqu'un a dessein de conserver sa famille. & par son moyen cette famille peut être propagée & conservée. LXXVL . on se sert du mot i?Arrozation. LXXV. les adopte. lorsque les enfans dont on fait choix pour les adopter. & qu'il adopte celui qu'elle épouse. & alors le fils adoptif de l'un est sur le pied de beau . Et quand ils le font. LXXII. Lxxrv. par le moyen de sa fille . il doit en pren dre le nom . sont encore fous la puissance paternelle.

il ne s'ensuit pas qu'on les ait adoptés.& ceux-ci ne font point entiérement soustraits à l'autorité de leurs Parens naturels. Les enfans qui entrent par adoption dans une autre famille . L'Arrogation est valable fans le consen tement des Parens . LXXXI. mais il convient pour tant à ceux qui font adoptés de la forte. . Les Parens ont le droit de donner leurs enfans à adopter à d'autres . soit volontairement . nepeuvent être adoptés fans le consentement de leurs Parens . auxquels il convient alors de régler avec les Parens adoptifs toutes les conditions de l'adoption. ne perdent point les droits naturels qu'ils ont dans la leur propre. LXXX. De ce qu'on éléve des enfans qui ne font pas à foi . g% LXXVI. soit même parce qu'el le est inhabile à la génération . LXXVII. Une personne plus jeune peut aussi en adopter une plus âgée. d'obtenir ce consentement. LXXIX. il leur convient d'avoir toujours l'œil que leurs enfans soient bien élévés. wvrï LXXX1I. peut natu rellement adopter. & même les enfans qui ne font pas encore en état de discerner ce qui leur est bon & utile . LXXVIII. L'Adoption ne dégage pas les Parens na turels de tout foin . Une personne qui vit dans le célibat .DROIT NATUREL.

soit toutes deux . L'Adoption peut aussi se faire naturelle ment à cette condition. Quand des personnes qui se marient ont déjà des enfans de mariages précédens. dans les cas épineux & importans . & demander son consentement. & au-lieu des caractéres de beau-fils. revêtent celui d'enfans naturels. Alors néanmoins. soit l'une d'elles . c'est que le Pére naturel demeure chargé de tout le soin de l'education. ' ' LXXXIII. LXXXIV. cela se nomme Union de familles. le Pére adoptif ne peut plus priver son sils des droits qu'il lui a conféré .~) C'est une chose qui arrive souvent en Allemagne. au-lieu que dans l'Arrogation l'accord a' lieu entre l'adoptant & l'adopté. . sont réputés nés de tous lesdeux. Çunio.PRINCIPES DU LXXXII. ou belles>fille qu'ils auroient eu . L'Adoption est donc naturellement un accord fait entre les Parens naturels & les Parens adoptifs . au -moins fans son consentement. C'est. & auront les mêmes droits que ceux qui naîtront du nouveau mariage. Alors les enfans qui ne sont nés qued'un des époux. il doit recourir aux conseils du Pére adoptif. Dans l'un & dans l'autre il faut observer les conditions dont on est convenu. & qu'elles conviennent que ces enfans déjà existens seront sur le même pied. vel parifìcatio prolium.à ceux qui font cet ac cord! prendre garde de ne causer par ce mo yen * .

DROIT NATUREL. . LXXXVII. fur lesquels on puisse prendre les dépen ses de leur éducation. lors qu'un des époux s'oblige simplement à éléver les enfans que l'autre a eus d'un pre^ mier mariage.moins qu'il n'y ait des revenus particuliers à quelques-uns des enfans . à . 93 yen aucun dommage aux enfans du premier Ut. non plus qu'à ceux qui peuvent leur écheoir d'ailleurs depuis cette union. l'union est va. la . Ce n'est pas une union dd famille . ou d'autres personnes impartiales . En général il dépend de la volonté de ceux qui font cet accord. LXXXVIII. peuvent consentir en leur nom. d'en régler toutes les conventions . Quand ces enfans d'un autre lit ont des biens en propre . il faut le leur demander . s'ils n'ont pas encore cet âge . paternels rou maternels . i : LXXX1X. .' . naturellement Puniondes familles n'y touche en rien. fous la clause de leur ratification . LXXXVI. Les familles unies s'élévent à fraix com muns . révoeablement ou irrévocablement. Si les enfans qu'on se propose d'unir sont d'un âge à donner leur consentement . LXXXV. on peut ou les unir . & de conclurre purement ou conditionnellement . Si l'une des parties feulement avoit des «nfans du premier mariage . auxquelles on s'en rapporte . quand ils pourront la donner .

font obligés de se charger de leur éducation. Le mariage entre les Péres & Méres & leurs enfans . ou dans quelque tems que ce soit . Ils le font encore. à plus forte raison ne l'est-il pas dans les degrés ultérieurs de collatéralité. quand même il ne naîtrait point d'enFans du mariage actuel. XCII.moins qu'on n'en soit expressément convenu. mais bien de leur Consentement. les Grandspéres. si les Péres & Méres sont dans une extrême in digence . après le mariage. lorsque les enfans. -II en est demême. xcrvV . dans le tems qu'on se marie. XC1II. viennent à mourir avant leurs Parens. XC. II est toujours tems de procéder à l'union des familles. ou s'ils usent d'une négligence manifeste dans l'éducation. & en général il l'est à l'infini entre tous les ascendans & descendans. il n'est pas illicite par Droit Naturel. à. II n'en est pas de-même du mariage entre frére & sœur . Cette union une fois faite ne peut être révoquée malgré les enfans. soit du pre mier .P R INC I P E S DU lable-. i Si les Péres & Méres meurent avant que leurs enfans soient élévés . Grand. est naturellement illicite . XCI. . Cela péut se faire éga lement. soit du dernier mariage . & autres ascendans qui existent .méres .

DROIT NATUREL. XCVI1. sont dites Tuteurs. . ou en partie . ils doivent chercher d'au tres personnes. par exemple. pour les en charger. On donne le nom de Pupilles aux person nes impubéres qui sont privées de Pére & de Mére. vu la force de l'amour pa ternel. ' xcym. 95 XCIV. en qui ils ayent de la con fiance . en rendant la pareille à sa famille. lement personne en mourant du loin de leur famille . il regarde naturellement les plus proches parens : & si tous lesparens manquoient . ou du -moins de l'un des deux. lors qu'on se charge en tout . faire du bien aux Parensen la per sonne de leurs enfans. Quand les Parens n'ont chargé spécia. de 'leur éducation. XCVI. il est libre dans l'état naturel à quicon que veut de prendre foin de l'éducation des enfans qui se trouvent dans ce cas. XCV. On reconnoît les obliga tions qu'on a à une personne. On peut . Quand les Péres & Méres meurent fans ìaisi'er d'ascendans qui puissent prendre soin de leur famille. il doit user de la même précaution. Ceux qui le font pour s'en bien acquitter .est le droit d'éléver des pu pilles. Ainsi la Tutéle. se rendent dignes d'une véritable louange. Et les personnes qui de droit prennent le foin de leur éducation . Et même si l'un des époux mourant a lieu de croire que celui qui survit n'est pas en état d'éléver la famille .

les pupilles . qui n'ont aucun lien de parenté avec les pupilles. légitimes . qui ont ce droit comme plus_-proches Parens . cm.& au cas que ces biens manquas sent. non seulement les revenus . n'ont pas be soin de Curateur. CIL Le Tuteur n'est pas obligé de fournir de son argent aux dépenses de l'éducation . La Puissance Paternelle est naturellement dévolue aux. Un Curateur est une personne à laquelle appartient le droit d'administrer les biens des Mineurs . 11 la chose esfc nécessaire . ou d'autres personnes que quelques infirmités du corps .Tuteurs. mais mô me une partie du capital. il doit seulement administrer les biens des pupilles . & dabifs."' 'Ils font vicaires Pa- . CI. XCIX.96 PRINCIPES DU XCVIII. recourir à la libéralité d'autrui. ou autres mineurs . ou de l'esprit* rendent incapables de ce loin. Dans l'état naturel personne ne peut être contraint à se charger de tutéle. qui ont été constitués en cette qualité par la derniére volonté des Varms . & à toutes les autres voyes possibles pour tirer leurs pupilles d'affaire. en employant pour leur éduca tion .C. Tant qu'il y a des ascendans en vie . des v . Les Tuteurs se divisent en Testamentai res.

auxquels on n'a point assigné de fonctions séparées. fait une espéce de contract avec son pupille . E d'eux .DROIT NATUREL.mêmes. d'accepter la tutelle sur le pied qu'elle leur est proposée. au -Heu que ceux des deux premiéres sortes sont des Tuteurs inférieurs. & chacun Tome III. le principe général de leurs devoirs. & à administrer ses biens avec prudence & fidélité. par lequel il s'engage à le bien élever . Ces derniers font dits Tuteurs su périeurs . II y a des Tuteurs d'éducation . ils peuvent naturelle ment se les partager entr'eux . On peut dire qu'un Tuteur qui se charge d'une tutelle . de partager les fonctions de la tutelle entre plusieurs personnes. Quand il y a plusieurs Tuteurs conjoin tement. Mais il dépend réciproquement de la volon té des Tuteurs . Par conséquent. des Tu teurs d'administration . eíh qu'ils doivent apporter les mêmes foins à cette éducation que les Parens eux . l'attache ment & la reconnoissance qu'il auroit eus pour ses propres Parens. Le pupille de son côté est parfaitement obligé d'avoir pour un Tuteur fidéle les soumissions . ou de les confier à une feule . & des Tuteurs d'infpeBion. Parens défunts dans tout ce qui concerne l'éducation des pupilles. ou honoraires . CIV. ou de prendre tel autre arrangement. CVI. II dépend de la volonté des Parens. CV.

On appelle Inventaire . & qui les gou verne avec négligence. CV1I. Le Tuteur honoraire est obligé d'assister ses Contuteurs de ses conseils . Quiconque est prodigue . un trop grand nombre d'occupations . ou le teins d'y vaquer. auquel le pupille succé . CX. les qualités propres pour Être Tuteur d'éducation. qui éléve un pupille à se» dépens . ne íauroit être Tateur d'administration . quand un âge trop avancé .& de ses secours. ou avec d'autres Parens. . il doit Être fidéle à ses engagemens. Ou en général tout homme qui n'entend rien à l'administration de ses propres biens . CIX. II n'est pas besoin d'ajoûter que les Mineurs ne saurai ent être Tuteurs. ou quelque infirmité corporelle ne laissent pas les for ces. ne le fait pas comme Tuteur. quoiqu'il ne soit pas impossible qu'il ait. est inhabile à la gestion d'une Tutelle. cvin. défunt . Un Tuteur. & il peut cesser de le faire. mais comme Bienfaiteur .58 PRINCIPES DU d'eux contracte alors une obligation relative ì la fonction qui lui est échue. S'il est dans ce dernier cas . à -moins qu'il n'ait pris quelque engagement avec les Pé' res & Méres mourans . quand il veut. la consignation des biens du. On est pareillement inhabile à la Tutel le . CXI.

mais. & naturellement ils doivent y appeller des Témoins . CXIL Le Tuteur administrateur est obligé de rendre tous les ans compte de son admi nistration au Tuteur honoraire. où il y auroit une défense expresse d'aliéner certai nes choses mobiles . par exemple .DROIT NATUREL: 9$ céde. U faut accepter le cas . & celui où les richesses du pupille seroient telles. II représen te la personne du pupille . qu'il n'y auroit aucune raison de se défaire de ces choses. & faire de l'argent qui en provient un capital qu'il place à intérêt. CXIII. le Tu teur doit . CXIV. après avoir fait touE a tes . qu'il couserveroit & augmenteroit son patrimoine de tout son pouvoir. ou dont il ache tte quel que fonds. Pour remplir les vues susdites . C'est au Tuteur & au Curateur à dresser cet Inventaire. Un Tuteur ne doit point non plus fai re de dépenses superflues pour l'éducation de son pupille . vendre tous les biens meubles qui sont superflus . Le Tuteur honoraire doit aussi avoir l'œil que tout cela se passe fidélement . en ce qu'il doit faire pour l'administration . & sur tout ceux qui se gâteroient en les gardant . avant qu'il ait pu se faire aucune distraction. qui y met tent leur signature & leur sceau. c'est-à-dire. & qu'on procéde sans délai à l'Inventaire. tout ce que ca pupille feroit lui-même s'il étoit en état d'avoir ce foin.

Au contraire si les pupilles ont-des det tes à acquitter . dont les in térêts courent de-nouveau. &' à faire rentrer exactement les intérêts. lorsqu'ils périclitent. Un Tuteur qui se sert de l'argeht de son pupille pour ses propres besoins . est obligé d'en payer l'intérêt fans délai . Si les pupilles ont des débiteurs qui payent mal . qui auroient obligé le pupille luimême à cette aliénation. s'il y en a. car autrement ces intérêts accumulés deviennent entre ies mains un nouveau capital . c'est aux Tuteurs à les poursuivre . & pour cet effet diminuer. au cas qu'il y ait des* occasions favorables de placer . 1 CXVII. ou à retirer les capitaux . ou d'acquérir. de lui-même. pour ainsi dire. . pour éteindre les dettes par les simples épargnes sur les levenus. com me il feroit de tout autre . en conservant. CXV. & le convertir en capital . s'il est possible . .lop PRINCIPES DU tes les dépenses convenables. les dépenses de l'éducation . les fonds & capitaux . à -moins qu'il ne puisse prouver que les occasions de pla cer lui ont manqué. CXVI. n'y . comme quand il . & de l'exiger . il doit épar gner le reíle des revenus. les Tuteurs doivent tra vailler à les en libérer. que dans les cas de nécessité. Un Tuteur ne sauroit aliéner des biensimmeubles du pupille. CXVI1I. tant que faire se peut.

ioï n'y a point d'autre moyen d'acquitter de» dettes. CXXIL Dans le cas où l'on est obligé de faire distraction des effets & biens du pupille . J] faut auparavant en faire faire la taxe par des experts . le Tuteur peut l'aliéner. d'indiquer Je jour de la vente.nent le juste prix. où il se présente des acheteur» -plus avantageux. íe Tuteur peut aliéner ces biens. qui en don. & surtout s'il n'est presque pas possible de subvenir autrement aux fraix de l'éducation. & de la faire au plus of frant.vient de donner connoiffance au Public des choses qui doivent se vendre . CXIX. Quand les réparations d'un bien demanderoient des dépenses dont ce bien ne rapporteroit pas ensuite Jes intérêts . . Toute aliénation d'un fonds. Pour cet effet il con*.DROIT NATUREL. ou humeurE3 . à moins qu'on ne soit réduit à une nécessité qui ne souffre point de délai-w CXXIII. ble. .présente personne qui fasse une offre raison nable. il faut différer la vente jusqu'à ua autre tems. cxx. Naturellement un Tuteur administrateur ne fauroit faire d'aliénation sans le consen tement du Tuteur honoraire. Et si après ces précautions il ne se . S'il y a des biens immeubles & inutiles . cxxr. & le Tuteur doit donner ses foins à trouver des Acheteurs.

& s'il n'en pos séde pas de tels. mais il peut en acqué rir à son profit. ne la ratifie. le Tuteur aliéne quelqu'un de ses propres biens . Naturellement les biens du Tuteur ré pondent de ceux du pupille . On appelle Tuteur & Curateur suspeSt } ceux qui usent de malversation . Quand le cas existe .ou en général quelquepersonne que ce soit . ou avant que d'avoir rendu ses comptes.. On ne doit prendre pour Tuteur admi nistrateur . est autorisée à faire connoître un semblable Tuteur pour ce qu'il est. faite sans nécessité. pendant la durée de la tutelle . CXXVI. propres à servir de cau tion pour ceux du pupille . il peut la revendiquer contre le possesseur. Le Tuteur ne peut pas charger le bien du pupille de servitude. cxxv. après avoir at teint la majorité. est nulle de droit. ou de né gligence dans leur administration. CXXIV. qu'un homme qui posléde des biens immeubles. desorte que ii . II n'a pas non plus le droit d'engager les fonds du pupille . hormis les cas d'extrême nécessité. mais en remboursant le prix d'achat. CXXVII. ner pour lui. . & à-mo'ins que le pupille . afin qu'il soit privé de son administra tion . le Tuteur honoraire .ïo» PRINCIPES DU hie. le pu pille y retient hypothéque. un au tre Contuteur . d'autres doivent caution-.

. Ils peu vent employer pour cet effet les châtimens & les récompensesCXXXL Les Tuteurs qui s'acquittent dignement de leurs fonctions . l'acte seroit valable : mais tout ce qui est à leur domma-j ge est nul. font de véritables bien faiteurs des pupilles. & ceux-ci doivent les payer de reconnoissance . vers elles à la prestation gratuite de choses qui leur sussent avantageuses. tement de son Tuteur. & les Tuteurs font même obligés de les former à l'obéissance . Ces obli-! gations n'acquiérent de validité . ou une personne en curatelle avoient acquis quel que droit. & de retour dans toutes les occasionse 4 exxxUij . doit être appliqué à celui desCu^ íateurs. . II en est de -mê me de celui qui a un Curateur. Les Pupilles doivent obéir à leurs Tu teurs . Cependant si un pupille .Tout ce qui a été jusqu'ici de Fossice de»' Tuteurs.DROIT NATUREL: to$ tíon .CXXIX. cxxx. CXXV1II. en empêchant qu'ils ne fassent aucune démarche fans les consulter . Le Pupille ne sauroit naturellement con-. tracter aucune obligation. & obligé d'autres personnes en-. ou le Curateur . sans le consen-. & qu'elle passe à une autre personne plus propre à s'en acquitter. qu'après que le Tuteur . les ont ratifiées. ou même malgré eux.

ÇXXXVI. 6c que le patrimoine qu'ils administrent est con sidérable . & tous les soins cessent à la majorité. ou du Curateur .on est obligé de la réparer. II n'est pas même naturellement illicite d'établir un salaire au Tuteur . la tutelle prend naturel lement fin 5 & tous les soins en général ces sent . CXXXIÍÍ. mais ils ne font pas en droit de l'exiger. niéres dispositions. . ou de la curatel le. qui puissent établir ce salaire dans leurs der-. II en est de-même de celle du Pupille. Mais il n'y a naturellement que le Pére . ils méritent naturellement uri honoraire . ou un Curateur. Quand un Tuteur. Ainsi naturellement la tutelle finit à l'âge de puberté dans le sens moral. ou la Mére. S'il se trouve alors qu'on ait cau sé quelque dommage par sa faute. & se conduire d'une ma niére convenable . .io4 . il faut restituer les biens au pupille dàns leur entier . PRINCIPES DU C XXXII. ou à la curatelle. quand les biens du pupille peuvent soutenir cette dépense. CXXXV. quand le pupille peut administrer ses biens par íui-même. Au bout de la tutelle. Dèsque le Pupille est parvenu à l'âge & à l'état où il peut avoir soin de fa pro pre conservation . CXXXIV. & rendre compte de son admi nistration. La mort du Tuteur. vai quent exactement à leurs devoirs. ou au Curateur . mettent fin à la tutelle . volontai re ou involontaire . .

le pupille . E 5 . on. CXXXVII. font obligés de rembourser au Tu* teur & au Curateur les dépenses faites> pour l'administration . Et en gé néral quand la tutelle est divisée.DROIT NATUREL: 105. chacun est res ponsable pour sa part des dommages qui arrivent. le Tuteur ou laCurateur avoient engagé leurs propres bienspour remplir leurs devoirs . CXXXÌX. Le Pupille. & les dommages qu'ils peuvent avoir reçus à ce sujet: deser te que si. chaque Tuteur ne doit réparer que les dommages' arrivés dans la partie qui lui étoit confiée. CXXXVIIL Le Tuteur & le Curateur honoraire né ' répondent que des dommages causés par leuï faute dans ce qui regarde Tinspection de l'adniinistration.ne répond pas des dommages causé* par le Tuteur d'administration. Celui qui n'est établi que Tuteur d'édircation. Quand plusieurs Tuteurs .. administroient de concert. Quand' même des Tuteurs & des Curav teurs qu'on auroit établi conjointement. mais s'il y en a qui ne soient pas* folvables. CXXXVI.CXL. par exemple. les autres sont censés lblidair&-aient engagés pour eux.partageroient l'administration entr'eux. & celui qui a été' en en-ratelle . ou Curateurs « administrent conjointement.. ilsne demeurent pas moins solidairement engav gés que s?ils.

soit qu'elle les possédât déjà en propre . autant que faire se peut. qu'on est obligé de leur restituer $ & s'il y a quelque caule qui empêche qu'on ne puisse leur fai re d'abord cette restitution. en prenant les mêmes précautions . ils peuvent re tenir les biens -mêmes pour leur servir de sûreté . les Parens sont na turellement obligés à lui en faire la resti tution. ou que fes Parens les lui donnent en la mariant. les biens qui lui appartiennent. vient à se marier. On donne le nom de Dot aux biens que la Femme apporte en mariage . sont dans P«£ bligation de les dégager.io6 P R I N C I P E S D U celui qui a été en-curatelle . CXLIII. peuvent faire eux-mêmes la déduc tion des dépenses par eux faites . mais ils sont en droit de prendre en même tems les précautions convenables pour assurer la conservation de ces biens. Naturellement le mari n'a d'autre droit que celui d'employer les revenus de cette dot aux charges du mariage. Quand une Fille qui a des biens en pn> pre. ou le Cura teur. CXLI. CXLII. & qui se marie. Ainti il n'en a pas . Les Tuteurs sont de même obligés de don ner à une fille qui est fous leur tutelle . à-moins qu'il n'y ait d'ailleurs quel que caution sussisante. quand ils entrent dans l'exercice de leur propre administra tion. Naturellement le Tuteur.

Et quand même la fille auroit des biens pro-i pres . comme ©n le juge à propos. ils doivent la doter suivant leurs facultés. à-moins que le mari ne veuille la prendre fans dot. & qui peuvent augmenter ou diminuer ar bitrairement les droits respectifs des deus ipoux sur les biens dotaux. les Parens font encore les maîtres de la doter au-delà. Le fonds: demeure à la femme. Quand on dote la fille d'autrui . & la maniére d'en jouir ou d'en dis poser. E 6 CXLVIIL . il n'a que Fusufruit. CXLV. & les biens paraphernaux . & ee peut même être une action très-louable. Le Droit Civil dis tingue entre les biens dotaux. quìls veuillent le faire . CXLVI. qui n'ont rien que de licite. qui viennent à lui écheoir depuis* mais cette distinction est. que la fem me apporte effectivement en mariage . CXLVII. il dépend d'eux de déterminer la dot. Quand des Parens marient une fille quî n'a point de biens propres . ce qui concerne las dot. CXL1V. On peut naturellement régler. C'est ce qui se fait dans les Contrasta de mariage.. U n'y a rien làdedans que de licite .. Les Parens ne sauroient naturellement être contraints à doter leur fille ^ & au caa.DROIT NATUREL^ w? le domaine. cette dot est une espéce de donation.in^eonnuë dans le Droit Naturel.

des choses qui se consument par l'ufage. fût honteuse . Une Femme qui en se mariant a des biens en propre. ils sont regardés sur le même pied que l'argent comptant. ou bien son Tuteur ou Curateur en son nom . ou en disposer à son gré de toute autre maniére. régie elle-même . ou qui sont infructueuses. On peut apporter en dot les. CXL1X. tous ces articles. . est dotée par elle. C'est par le contract de mariage .' ' CL... CLI. Èt pour le» fonds qui font donnés en dot. . comme cel les qui font uniquement pour Fornement. Na turellement elle ne peut pas établir une dot au mari sur ces biens.même. que la femme qui a des biens en propre . Quand on donne en dot de semblables choses pas sées à l'estimation.Ìo8 PRINCIPES DU CXLVIII.. On peut aussi donner entKot sur le pied de l'estima tion . le mari en acquiert le domaine. tua pou* le plaisir. droits' demême que les biens eíFectifs. après en avoir fait l'estimation. Quoique la cause pour laquelle on doteroit une personne du sexe -. fl ce n'est entant qu'on réserve à la femme certains biens'. & les Tuteurs ou Curateurs ne peuvent non plus le faire . la donation demeure naturellement valable. peut les aliéner. dont les revenus ne dpivent pas être employés aux dépenses qui concer nent les charges du mariage.

ce qu'un mari donne à la femme pour la fûreté de fa dot. puifque nous venons de vo'ir. tant préfens qu'à venir. fes propres biens. mais il n'en eft pas de. ayec cette claufe que le mari l'employera à fon profit . femme. Mai» dans leDroit Naturel elle n'a pas lieu. Quand le mari adminiftre les biens de fa femme. Cette donation ne lauroit être de moindre valeur que la dot. La Morgengabe dans le Droit Germanique eft ce qu'un époux donne à fon époufe le .lendemain de les nôces pour le prix de fa virginité. CLIII. Quoique cela ne foit point dû par le Droit Naturel . ou du-moins qu'il l'adininiftrera en Ion propre nom . CLI. il en acquiert par-là le domaine. Quand on donne de l'argent en dot. CLIL . lorfquelle adminiftre par elle-même.même.que tous les biens du mari font naturellement engagés i la. comme liens . CLIV. ou même lorfque le mari n'eft adminiftrateur qu'au nom de la femme. cependant on peut le Régler par voye de convention . deforte qu'elle peut en tout tems reprendre fes apports fur ces biens . font naturellement engagés à la femme pour la fùreté de ceux qui lui appartiennent. Donatio profiter nup~ tias. ou par quelque autre .DROIT NATUREL. On appelle dans le Droit Romain Dona' tion pour caufe de noces . Se il n'y a E 7 rien .

ou à leur fortune. fentement. CLV. & ce que fa femme lui apporte . les Parens sont naturellement obligés de lui donner. Le devoir des enfans à l'égard des ma riages qu'ils veulent contracter. . Les enfans ne doivent point se marier sans le consentement de leurs Parens. ÇHA . CLVIII. La femme acquiert le domaine sur ce don. de soutenir les charges du mariage. ou une certaine somme d'argent.íîo PRINCIPES DU rien là-dedans d'illicite. est donc de consulter leurs Parens . ou des biens qui soient de quel que rapport. le mariage n'est pas naturelle ment nul. Quand on marie un fils qui n'a point de biens propres . CLVI. LesParens de leur côté ne doivent pas re* fuser de consentir aux fiançailles . quand il n'y arien dans la personne qu'ils veulent épouser. Les fiançailles même ne perdent pas leur validité par le défaut de consente ment des Parens. mai* s'ils le font. & après leur avoir exposé leurs raisons . proportionnellement à leurs facultés . qui soit > pontraire à leur bonheur. II peut à-la-vérité ne confister que dans un simple usufruit. ou au ma riage de leurs enfans. . & qui n'est pas en état avec ce qu'il peut gagner. CLVII. de requérir leur con. ©u même dans l'usage d'une chose qui ne rapporte point de fruit.

Des Testamms . IV. Celui qui succéde aux biens d'un désunt est dit Héritier . II fait avec le désunt la même personne morale . Jecepter un héritage . les mêmes droits qu'elle y avoit elle-même. I. en laquelle con tinuent d'exister tous les droits & toutes le» obligations qui concernent ses biensIIL Le Droit héréditaire est celui de succé der à tous les biens délaissés par un désunt.DROIT NATUREL. est universel. & représente la person*. Une per sonne qui administre simplement les biens d'une hérédité. nf CHAPITRE V. c'est déclarer suffi samment. ON est dit succéder aux biens d'une per sonne défunte. fans avoir témoigné qu'el le . ou par ses paroles. La malle de tous ces biens forme Yhéréáité9 & le domaine que l'Héritier y acquiert. ne de ce désunt par rapport à tous les biens par lui délaissés. & de la Succefiion ab intestat. qu'on veut être héritier. ou du Droit héréditaire. ou par ses actions . lorsque par la mort de cette personne on acquiert sur les biens qu'elle laisse . n.

'ïí4

PRINCIPES DU

le a intention de revêtir la qualité d'héritier,
n'est pas censée avoir accepté l'héritage.
L'Acquifitíon d'une hérédité se fait ett
occupant _ la possession des biens délaissés
.-par le désunt. Dans cette hérédité l'on com
prend non seulement toutes les choses cor
porelles, tant meubles qu'immeubles, maisles droits, titres & prétentions, de quel-que nature qu'ils soient. Seulement si dans
la masse de l'hérédité il se trouve des cho
ses qui appartiennent à d'autres, on doit
ka restituer ; ou, s'il y a des dettes à pa
yer , il faut les éteindre , & en faire déduc
tion de la valeur de l'hérédité.
VI.
A l'égard des droits personnels, & des. obligations personnelles , il n'en passe rien k
-l'hérétier.
VII.
On appelle Charges de rhérédité , les
obligations attachées aux biens du désunt.
Si ce font des dettes , & qu'elles excédent
la valeur de la masse, l'héritier n'est pas
naturellement obligé à s'épuiser pour les
payer , & personne n'est naturellement cen
sé accepter un héritage à son dam. Mais ,
pour obvier à tout, il faut que l'héritier ait
un certain tems pour examiner l'état des
-ehoíes, & prendre son parti, en déclarant
qu'il a accepté l'héritage, ou qu'il le re.fuse.
Vffl.
- Pour cet effet il faut d'abord faire tra
ion

DROIT NATUREL.

113

inventaire exact & fidéle de tous les biens
& de toutes les charges de l'hérédité , &
dans l'état naturel il doit y avoir des témoins
présens. Que si l'héritier l'avoit cependant
fait seul, & qu'ensuite l'héritage ne se trou
vât pas sussire au payement des dettes, l'hé
ritier doit naturellement produire aux Créan
ciers une spécification des biens délaissés par
le désunt , & l' assirmer par seiment.
IX.
II dépend de la volonté de celui à qui
-un héritage échoit de l'açcepter, ou de se
resuser ; & même dans l'état naturel l'héri
tier, après avoir accepté , peut encore re
noncer , si l'inventaire a été fait en présen
ce de témoins, ou si la probité de l'héritier
étant reconnue , il produit une spécification
.qu'il assirme
' * : >par 'serment.
- * ..X. > « i Les Parens,~en mourant, doivent láisser
Jeiirs biens à leurs enfans ; que s'il y en a
quelques-uns d'élévés, tandis^tie les autres
ne le font pas , & que les biens qu'ils lais
sent, sussisent à peine à l'éducation de ces
derniers, ils doivent naturellement les hé
riter, ou du -moins, si les revenus sussisent
.pour les éléver, jouir de ces revenus, jus;
.qu'à- ce que leur éducation soit finié;.'XL :-' . -3- - - --i .
Les devoirs des Péres & Méres envers
.les enfans par rapport à la succession de
Jeurs biens , doivent être appliqués à tous
les autres atcendans envers les petits -fils,
arriére petits - fils &c. Car ces ascendans
font

H4

PRINCIPES

DU

sont également obligés de contribuer est
tout ce qui dépend d'eux au bonheur de
tedrs descendans.
XII.
On appelle fkns héritiers ceux qui des
cendent d'une personne désunte par voye
de génération. Quand il y a outre les fils
& filles, des petits -fils ou petites - filles ,
dont le Pére, ou la Mére, qui devoient hé
riter sont déjà morts , ces petits-fils & pe
tites-filles prennent la place des désunts, &
les représentent par rapport au Droit d'héri
ter. C'est ce qu'on nomme le Droit de re
présentation , qui est conforme au Droit Na-.
turel.
. '
xin.
Quand quelqu'un meurt sans enfans, fl
doit naturellement laisser ses biens à ses Parens au premier degré , ou , à leur défaut , à
ceux d'un degré ultérieur , à -moins qu'il
ne laisse une femme, à laquelle U veuille &
doive avoir égard.
XIV.
Les héritiers naturels sont ceux que les
degrés de proximité désignent , savoir les
enfans, & ensuite les parens; les héritiers
volontaires sont ceux que le désunt a insti
tué par une déclaration de fa volonté, ex:
presse , tacite , ou présumée. '
XV.
:
^ Le Droit héréditaire réciproque des Pa^
rens & des enfans est un Droit parfait, &
qu'on ne íauroit leur enlever malgré eux.
:

XVI:

DROIT NATUREL:
XVI.
Cependant VAbdication des enfans peut
avoir lieu. Elle consiste dans la déclara
tion sussisante que font les Parens , qu'ils
ne veulent plus les reconnoître pour leurs
enfans ; & la chose est permise dèsque les
enfans commettent de propos délibéré des
choses qui répugnent diamétralement à leurs
devoirs, & ne veulent point sortir du gen
re de vie criminel où ils se sont plongés..
XVII.
Les enfans du même degré ont naturel
lement le même droit à l'héritage de leurs
Parens; & réciproquement , les Parens du
même degré ont le même droit à l'héritage
de leurs enfans.
XVIII.
Les enfans doivent partager également
entr'eux l'hérédité , y compris aussi ceux
qui ont le droit de représentation , & qui
reçoivent la même portion, que leur Pé
re ou leur Mére recevroient , s'ils étoient
en vie. La repartition suit les mêmes loix
à l'égard des ascendans qui héritent de leuis
descendans.
XIX.
.
On peut transférer quelque domaine &
.un autre, à condition qu'il n'en fera mis
en possession qu'après la mort du Donateur:
Alors le Donataire ne pouvant accepter
qu'après cette mort, il n'est pas besoin que
la volonté du Donateur lui soit connue au-.
paravant.

n6

PRINCIPES

DU

XX.
Le nom de Testament se donne à la dé
claration expresse de la volonté d'un désunt
au sujet de la translation du domaine des
choses par lui délaissées après fa mort, ou
de toute autre chose qu'il veut être faite
après ce terme, avec cette condition que
l'acceptation ne peut avoir lieu qu'après fa
mort.
XXI.
En vertu de cette condition, le Testateur
peut changer la volonté , tant qu'il vit.
XXII.
- Tester , c'est donc faire un Testament
.ou déclarer. fa volonté par rapport au do
maine des biens 'qu'on délaissera à fa mort.
Celui qui régie les choses de cette façon ,
est dit mort ayant testé ; mais sll n'a rien
réglé, il meurt ab intestat. La derniére vo
lonté est 'celle par laquelle quelqu'un régie
-ce qui doit être fait après fa mort.
XXI1L.
.
Un Testateur, ayant le droit de changer fa
volonté tant qu'il vit, peut casser son Tes
tament, & n'en faisant point d'autre à la
place , mourir ab intestat.
XXIV.
C'est la mort du Testateur qui donne au
.Testament sa validité , qu'il n'a point avant
ce tems-là. II est naturellement permis de
.faire un Testament.
XXV.
Les enfans font deshérités , lorsque par
. pne volonté expresse de leurs Parens , ils
font

DROIT NATUREL.

u?

font exclus du rang des héritiers , & privés
du droit de succéder aux biens de leurs Parens après leur mort. Cette exbérédation
est naturellement permise, lorsque lesenfans
íbtìt vicieux & incorrigibles.
XXVI.
Quand des Péres & Méres, fans négli
ger leurs propres enfans , peuvent remplir
les devoirs de Fhumanité envers d'autres
ils y font naturellement obligés : par exem-pie , s'ils peuvent procurer des établiflemens à d'autres, assister des étrangers, ou
des personnes à la mendicité , & cela err
dîsposant de quelque partie de leurs biens
en leur faveur après leur mort. .
XXVII.
On appelle Legs la donation d'une cer-.
taine chose , ou somme d'argent faite par
derniére volonté. Celui qui reçoit cette
donation est dit Légataire. 11 n'y a rien làdedans qui ne soit conforme à la Loi Natu
relle. Ceux qui ont de grands biens, &qui
laissent abondamment í leurs enfans de quoi
vivre à leur aise, font très-bien delaisser.
des legs aux personnes qui le méritent.
f
XXVIII.
On peut faire les mêmes remarques au>
sujet des enfans qui viennent à mourir avant
leurs Parens , & qui ont un bien sussisant
pour faire des legs.
XXIX.
. Nous n'avons d'autre raison de faire du
bien à nos collatéraux , entant que tels ,
que celle de reconnoître par - là le bienfait
.
*
des

& spécialement la participation à nos biens. Cependant chacun est naturellement présu mé vouloir plutôt obliger un parent colla téral qu'un étranger. XXXI. & qu'elles soient alléguées dans le Testament.ii8 P R I N C I P E S D U des Parens qui nous sont communs . ii ceux-ci ont fait des choses dia métralement contraires à leurs devoirs. & le droit d'y succéder après notre mort. en fassent de-même à l'égard de leurs Péres & Méres. invalide le Testament par rap port à l'institution d'héritier. de ion Ayeul . &c. Les enfans peuvent deshériter les Péres & Méres. XXXIII. entant que tels. & que les en fans. Ils ne sont point héritiers naturels . Les Collatéraux . Un Enfant posthume est celui qui naît aÍirès la mort de son Pére. XXXII. ils ne le sont que volon tairement. U faut né cessairement que les Péres & Méres insti tuent leurs enfans héritiers . qui n'ont point eux-mêmes d'enfans. Une exhérédation qui n'a point de jus tes causes . u'ont donc pas un droit parfait d'exiger les de voirs de l'humanité . ou qu'il y ait des raisons valables d'exhérédation . Un tel enfant a e même droit que les autres à l'héritage de son Pére . soit à un degré ultérieur. XXXIVS . soit au premier degré . XXX.

Les legs ne font naturellement valable? qu'autant qu'ils peuvent subsister fans pré-. en omet tant . Quand il n'y a . il n'en doit pas moins être admis à l'héri tage. & le Testament subsiste dans tous ses antres articles . cela dépend d'eux . . ' Si des héritiers institués veulent admettre une personne qui a été deshéritée à la par ticipation de l'héritage .DROIT NATUREL. iudice des héritiers naturels. Quand un enfant posthume. est dit héritier aè intestat. XXXVIII. mais le Testament n'en demeure pas moins valable dans ses autres clauses. XXXVI. XXXIX. ou qui ne ra point institué héritier . à-moins qu'il ne soit évident que le Testa teur ne les a faits qu'à cause qu'il a cru te nombre des héritiers moindre . XXXV. & prétend qu'elle ne procéde que d'une injuste haine. 119 » XXXIV. XXXVII. même par rapport aux legs . Quand une personne deshéritée nie la cause d'exhérédatíon . ni ascendans . Celui qui succéde aux biens d'un désunt qui n'a point fait de Testament . ou quelque autre enfant a été omis dans le Testament . ni deC cea. comme il a fait . l'héritier institué est obligé de prouver la validité de cette cause. un ou quelques-uns des enfans.

fans faire attention aux collatéraux . . à -moins que cet héritier ne soit naturel . en sachent le contenu. .à son gré lequel des collatéraux ii Veut pour héritier. ou même par l'héritier . . Au-lieu que c'est un Testa ment écrit . quand le Testateur laisse sa der niére volonté rédigée par écrit. II sussit pour cet effet que le Testateur déclare sa volonté en présence de témoins. Aucontraire on présume que celui qui est son héritier ab intestat .ïio PRINCIPES. & même.choilir un étranger. pour vu qu'on soit assuré de la volonté du désunt par quelque voye que ce soit. Une personne qui meurt ab intestat n'est pas présumée avoir voulu qu'après fa mort iés biens n'appartiennent à* personne. le Testament est naturellement valable . XL. XLI. ou absent . le Testateur peut instituer . il n'elî pas besoin que ceux qui signent . l'héritier étant présent . ou qu'il la mette par écrit . ' XLII. Quand un Testament écrit est signé par des témoins. rapport à la maniére de tester . f. ou qu'il signe ce qu'un autre & écrit.. Par. l'étoit aussi suivant sa volonté. XLIV. cela se nomme Testa ment nuncujpatif. Lorsque le Testateur déclare sa volon té devant des témoins . auquel cas il n'est pas besoin de présomption. DU cendans en vie . & ne succéde de droit . XLIII.

& ^qu'il ne se trouve personne qui ait le droit d'en hériter . & à leur défaut les Péres & Méres. ses biens font naturellement au premier occupant. en lui impo sant certaines charges. XLV1IL On peut léguer toutes les choses . XLV. ses enfans lui succédent par droit de repré sentation . Quand quelqu'un meurt ab intestat. ou fous condition. l'héritier n'a naturellement que l'usiifruit des biens de la succession .DROIT NATUREL: 121 XLIV. ou descendante . Lorsqu'on a institué un héritier pour un certain terme . Quand une personne meurt ab intestat . XLV1I. jouisse de l'usufruit des biens depuis fa mort. &. manquent entiérement. S'il y a quelque con dition. tant Terne III. l'héritage est dévolu aux collatéraux. sans distinction de lexe . Si les héritiers en ligne droite ascendan te. Si l'instttution est faite purement . & ascendans par droit de proximi te. ^intention du Testateur est que celui qui auroit été héritier ab intestat. tant que la condition n'a pas eu son accomplissement. tant qu'il y en a dont le degré est encore connu. XLVL On peut instituër un héritier . la simple acceptation de Fbéritier lui confére aussitôt le domaine sur les biens du désunt. F cor . ou pure ment. (de lui testateur) jusqu'au terme prescrit à l'héritier pour entrer en possession.

succéde aux biens.. ou en remplissant ces dispositions. mais s'il n'avoit pas encore accep té . à charge qu'il ne fera pas telle chose . il est obligé à restituer l'héjédité à l'héritier ab intestat. il ne transmet rien. empêchent de déclarer leur volonté. ou l'usufruit même de tous ses biens pour un certain tems. venant à mou rir. Celui qui en ver tu d'une acceptation ainsi présumée. . ou légataire. s'il vient en suite à la faire. . ou quelque autre cause . où l'on ordonne feulement certaines dispositions qui doivent avoir lieu après no tre mort . dans lequel on n'exprime que des legs. Lia On est naturellement toujours maître d'aìoûter de nouveaux articles à son Testa ment. ' . Un héritier. acquiert un droit sur quelque bien héréditaire . & alors celui qui est héritier ab intestat . h.iaa P R I N C I P E S D U corporelles qu'incorporelles. l'acquiert du moment que le Testateur vient à expirer. c'est-à-dire.US. Quand un héritier a été institué sous une condition négative. en acquittant ces legs. transmet le droit qu'il a acquis à l'héritage par son acceptation à son propre hé ritier. XLIX. LL On présume l'acceptation de ceux que l'âge . Ost peut naturellement faire un Testa ment .

le désunt est censé . Les Testateurs ont le droit d'avan-ì tager un. ou inégales arbitrairement. En général on peut instituer plusieurs héritiers . Les héritiers. avanta ges ou non avantages &c. ou quelques Loix positi ves d'un Etat . On appelle Avantage . c'est au profit Fa de . LVL Quand le Testateur a partagé l'hérédité d'une certaine maniére entre les héritiers. LIV. LVII. soit qu'ils n'apportent aucun chan gement aux précédens . ou légataire renonce à ce qu'il devoit recevoir . avec charge ou fans charge. LV11I. lorsqu'il meurt ab intestat . qui ayent des portions égales . les autres conditionnelle ment. ne peuvent pas se dispenser de l'obligation de payer les legs. ce qu'on laisse de -plus à un héritier qu'aux autres. nj nient. dès -là qu'ils ont accepté l'héritage. ou qu'ils y en a ap portent. avoir voulu pour héritier celui que ces Usages ou. ont réglé les droits de suc cession d'une certaine maniére. ceux-ci peuvent néanmoins d'un consente ment unanime én faire le partage d'une au tre maniére. .DROIT NATUREL. LV. dont les uns héri tent purement . . Si les Usages. Prœlegatum . Quand un héritier. ou quelques-uns de leurs héri tiers. ces Loix désignent.

Les Parens peuvent mê me substituer des héritiers à ceux qui font dans cet état. la portion. lix: Quoiqu'un héritier institué ne veuille . & les enfans. LXIII: La substitution ordinaire ' est celle par laquelle quelqu'un est institué héritier au défaut d'un autre. & les autres se k partagentpra rata de leurs droits. revient. les foux.124 . reviennent en entier à l'autre. La substitution pupillai. LX1I. ne sauroient tester. ou légataires pour un legs . ou ne puisse pas avoir l'héritage . LXL Outre l'héritieï ^institué . afin qu'au cas que le premier vienne à manquer par quelque cause que ce soit . en supposant qu'ils y relient jusqu'à leur mort. l'autre entre dans tous ses droits. le Testateur peut en nommer un autre qui lui soit substi tué .P R I N C I P E S DU de la masse . II en est de-même de la substitution des legs. Les furieux.\ rt est celle par laquelle les Parens subltituënt des héritiers à leurs enfans impubéres. m cas qu'ils viennent à mourir avant que d'à . si l'une d'elles resuse ce qui lui. Deux personnes étant instituées conjoin tement héritiéres pour une certaine portion. & tous ceux qui sont impubéres dans le sens moral. pendant la durée de leur é< tat. les legs ne laissent pas de subsister. LX. ou le legs .

LXV. C'est une charge imposée sur l'hé ritage. il dépend naturellement de l'hé-' ritier de choisir parmi les choses de ce gen re qui se trouvent dans l'hérédité. au cas que l'héritier vienne à faire . . à con dition que vous donnerez votre maison à un tel. quand le pupille sort de sa minorité. ou à ne pas faire certaine choÇe . il est censé avoir cassé ce legs. ou qu'il ait retiré le payement d'une dette dont il avoit fait un legs . LXVI. en agissant d'u ne maniére contraire aux intentions du Tes tateur. la seconde . U n'y a rien là-dedans qui répugne au Droit Naturel. Un héritier peut être naturellement instiF 3tué.DROIT NATUREL. 125 d'avoir atteint L'âge de puberté. La premié re expire. LXVI11. On peut léguer une chose appartenan te à l'héritier.. LXVII. U y a un legs pénal . je vous légue mon bien . celle qu'il veut donner au légataire. & cela signifie qu'il n'aura l'héritage qu'à condition de donner cette chose à celui à qui elle a été léguée. lors qu'on laisse quelque chose à une personne. lorsque Fhéritier institué entre en possession de l'béritage . Par exemple . Si le Testateur avant fa mort a aliéné la chose léguée . qui a lieu . Si on fait un legs d'une chose désignéeen général. LXIV.

ses héritiers . Toutes les conventions au sujet des hé rédités.commis de famille. le sont de-même. Cel les que les époux ont faites entr'eux^ou en se manant.Ï2Ô P R I N C 1 P E S D U — tué . ou même en tout à un autres & cela a aussi lieu à l'égard des legs. ou ab intestat. & il est universel . & qu'un des époux vient à mourir . On appelle Fidei. & même aux commodités & aux agrémens de la vie. Cela se nomme Fidéi* commis . ni Pére & . LXXI. & fans préjudice des héritiers naturels. soit pour le tems de la viduïté. & particulier. LXXII. Quand il n'y a ni enfans . Tout cela doit se régler sur les circonstances particuliéres. à condition qu'il rendra l'héritage ^ en partie. i Lorsqu'un des époux n'a pas de quoi vi vre par lui-même. Quand il n'y a point de conventions én» tre le mari & la femme. institués . s'il ne s'agit que d'une partie . ce qui est laissé à la famille avec défense du Testateur de l'aliéner hors de la famille. ^. sur la maniére dont ils doivent succéder aux biens l'un de l'autre. ou un usufruit. ou d'un legs. LXXIII. qui sussise aux néces sités. ou après leur mariage. succédent à ses biens. soit à vie. l'autre en mourant doit naturellement lui laisser une portion de ses biens. sont naturellement valables. LXX. s'il s'agit de tout l'héritage . LXIX.

F 4 S% . il doit faire quelque legs. ment la nourriture. Suivant le Droit Naturel le mariage doit être perpétuel. par la quelle quelqu'un s'engage à rendre des fervices continuels à un autre . I. LXXV.DROIT NATUREL. mais même les commodités de la vie . fe nomment Maîtres. par rapport à l'héritage de leurs Péres & Méres. & de la Société entre Us Maîtres & les Domeftiques. par lequel il lui fournifle «on feulement les néceffités. Le même Droit met en égalité les enfans' illégitimes avec les enfans légitimes . Ou bien s'il ne peut pas le fai re . LA Servitude eft cette fujettion . CHAPITRE VI De la Strvitude . & ceux qui promettent reciproque-. un des époux peut inftituër l'autre fon héritier. car dans ce casci le legs n'eft pas renfermé dans des bor nes auffi étroites. ou qu'il ne veuille pas pour certai nes raifons.commis .. ou fidéï . pourvu qu'il en foit continuellement nourri. inf ^Tére . que lorfqu'il s'agit de pei-i fonnes moins proches. LXXIV. Celui qui prend cet engagement eft dit efclave.

iû8 PRINCIPES DU III. Ja Communauté primitive. & en le faisant. mais il y a une servitude contrainte .. de le ven dre elle-même. VI. & cela pour toujours. La servitude est parfaite. ou que ce ne soit pas pour toujours. ' VIII. II est permis à toute personne qui n*a. Naturellement la servitude doit être une chose volontaire . Mais elle est imparfaite. ou droit sur eux. dèsqu'elle n'a point d'au tre moyen de gagner fa vie . mais qu'ils dépendent uniquement de la volonté du Maître . IV. d'aliéner fa liberté de quel que . & que ceux-ci jouissent d'une puissance . VII. pas d'autre moyen de subsister. elle n'existe que depuis l'iutroduction des domaines. C'estlà la fervitade volontaire. Une personne est en droit de se mettre en servitude . quand les ser vices ne font point déterminés . elle contracte un accord qui tire sa force du consentement qu'elle y a donné. ou de ne le pas faire. s'il ne s'agit que d'une certai ne forte de services . il faut laisser à chacun la liberté de se mettre en service . II résulte de-là que les esclaves sont sujets à leurs Maîtres. qui a lieu lorsqu'on est forcé contre son gré à servir. La servitude ne pouvoit avoir lieu dans. V.

X. 11 doit se souvenir que c'est un homme aussi bien que lui. Un Créancier peut réduire en servitude un débiteur insolvable. Réciproquement le Maître doit agir avec son esclave d'une maniére conforme aux de voirs de l'bumanité. quand il ne s'agit que de payer leurs dettes. de les. & prendre garde à ne rien faire dans l'exercice de son droit qui répugne à ces devoirs. Mais ils n'ont pas le même droit. Ou bien il peut le donner en servitude à quel que autre. ÍJn Maître ne doit pas permettre que son esclave se laisse aller au vice . Mais à cet égard son droit est parfait. des Parens qui font dans une impuissance ablbluë d'élever leurs enfans . & il peut fobliger à ces servi ces & à ces actions. t-xj qttè maniére que ce soit.vendre en servitude. & à perpétuitéIX. jusqu'à ce que par ses services il ait été exactement payé. XII. que par rapport aux services que celui-ci est obligé de lui rendre. & aux actions qui s'y rapportent. I] est même permis à. Un Maître n'a de droit sur son esclave .. qui paye la dette à sa place. Un mari nón plus n'est pas en droit de vendre fa femme. ôc qu'il est obligé de l'aimer comme soi-même.DROIT NATUREL. XIII. aucontraire il est obligé de le mettre dans le T 5 che- . XI.

Le droit de punir appartient au Maître dans les cas où l'esclave est vicieux.ï3o PRINCIPES DO chemin de la vertu . Cependant le Maî . indépendamment des services qu'il est obligé de rendre à son Maî tre. ou né gligent : il peut aussi l'animer à la pratique de ses devoirs par l'attrait des récompenses. & 'û en a le domaine absolu. cela n'appartient pas naturellement au Maître. XVIL Tout le profit qui revient des services de l'esclave est au Maître. L'in* térêt des Maîtres mêmes le demande. Un Maître peut exiger de son esclave tous les services que fa santé & ses forces lui permettent de rendre . en lui prescrivant des choses qui s'accordent avec la Loi Naturel le . & des habillemens propres à les défendre contre les injures de l'air. XIV. XV11L L'esclave peut donc avoir son bien pro pre . à. XVI. XV.Ce bien est à lui de plein droit. & qui confiste en ce qu'il peut acquérir de quelque maniére que ce soit . & lui défendant celles qui y répugnent. cependant s'il lui survient quelque bien d'ailleurs .moins qu'il n'y ait des conventions contraires. Il faut que les esclaves reçoivent de leurs Maîtres des alimens sains & en quantité sussisante. qu'on appelle Peculium . ou qu'à ses heures de relâche il puisse encore ga gner quelque chose.

. II n'est permis à. ou le laisser à son héritier.DROIT NATUREL: ìjf Maître n'est pas obligé de souffrir qu'il ea abuse. Le Maître ne sauroit s'approprier le bien de l'esclave. XIX. ou involontaire . car. XX. il est obligé de le répa rer du sien propre : autrement le Maître pourroit le punir. XXII. Quand un esclave est malade . & régler leur actions d'une maniéré conforme à la volonté de leur Maître. Un Maître peut aliéner son esclave à so/i gré . en le donnant ou vendant à qui . II peut aussi le léguer . qui font propres à lui rendre la santé. XXIII.personne de réduire quel qu'un en servitude malgré lui. & fans que le Maître y ait en rien contribué. cause quelque dommage . mais fi celui-ci. sens une jus te cause. Ainsi les esclaves doivent être su jets. & tous les secours. le Maître doit lui fournir tous les remédes . XXIV* . par fa fau te volontaire . en entrant en servitude . & en ont transporté le domaine 3l leur Maître. XXL Les aétions de l'esclave font fous le do maine du Maître . & comme il lui plaît. ils ont perdu leur liberté . dont la puissance est un empire. .

c'est lui rendre: la liberté. ou témoigne sussisamment. de ce qu'il mérite. II n'y a rien que de permis dans ces affranchiffemens . XXVII. ne se chargent de Télever. le mettent hors d'état de servir. ni lui fournir les alimens. ou l'âge. ou. sorte . il lui est permis de prendre la suite. y est naturellement -sujet lui . Un Maître n'a pas naturellement le droit de vie & de mort sur son esclave. à.moins que soit lePére. Quand un esclave est traitté de la. il est obligé de les rendre . ou qu'on ne lui donne pas le néces saire. lorsque la mala die. si on le congédioit. pas même celui de le traitter avec dureté . ni emplo yer ses services . . Quand quelqu'un a achetté des ensans que les Parens vendoient par misére. en le frappant impitoyablement lorsqu'il ne le mérite point . & autres dédom magerons. ou au-delà. comme. Un enfant né d'une personne du sexe es clave .i3a PRINCIPES DU XXIV. jusqu'à ce qu'on ait payé pour lui les dépenses de l'éducation.. XXVIII. lorsqu'on lui offre le remboursement du prix d'achat & des fraix d'éducation. pourvu que ce ne soit pas au préjudice de l'esclave». par exem ple. .mê me . 'Affranchir un esclave . soit quelque autre . II n'a. XXVI. XXV. qu'il ne veut plus. II sussit naturellement pour cet ettet que le Maître déclare.

XXXIII. XXXII. Un domestique ne sauroit vaquer à ses propres affaires . dans le tems où il est obli„gé de servir son Maître. Cette Société n'assujettit les domestiques qu'à une servitude imparfaite. L.DROIT NATURELS ' i& XXVIII. est naturellement un mariage légi: lime. mais à toutes ses heures de liberté il peut travailler pour lui-même. Tous les droits & obligations qui con cernent les Maîtres & Maîtresses. Le marché entre deux esclaves de sexe différent . . en Latiniser»^ XXX. moyennant la nourriture & des gages. valets & servantes . Ils font ce pendant obligés à faire promptement & exactement tous les ordres que leurs Maîtres leur donnent sur des choses conformes à. XXIX.e domestique est obligé de réparer tous E ? les. valet ou servante ^ est une personne qui loue ses services pour un tems . On nomme également Maîtres ceux qui ont de tels domestiques. XXXI. Un domestique . à-moins que celuici n'y consente. qu'on appelle Société Hérile . de s'unir ensemble pour avoir li gnée . leurs engagemens. & qui est con forme au Droit Naturel. dépendent du contract de loua ge : & il en résulte une espéce de Société .

Le tems pour lequel la Société Hérile aVoit été contracté . II y a obligation de la part du domestique de procurer l' avantage du Maître en tout ce qui dépend de lui. XXXVII. Le Maître ne peut plus alors retenir le domestique maigré lui . Cependant un Maître peut prêter son domestique à un autre pour quel ques jours. XXXVI. cette So ciété finit auflì avec lui. le Maître ne peut pas forcer le domestique à servir un autre pour lui. venant à finir . Le Maître a droit d'exiger du domestique tous les services pour lesquels celui-ci s'est engagé. mais dans le seul cas où le Maître resuse de tenir ses engagemens. & de la part du Maître de profiter de toutes les occasions de pro curer du bien à son domestique. Demême le domestique peut quitter avant le terme . Un Maître peut congédier avant le ter me un domestique qui ne fait pas son de voir . CHA« . ni le domestique demeurer con tre le gré du Maître. XXXIV.P R I N Cri» ES D Û les dommages causés par fa malice. XXXV. autrement cela n'est pas permis. oo même par fa négligence. Ajoûtons que pen dant la durée du contract .

dite Mére de famille. elles y sont toutes trois. compo-.CROIT NATUREL: CHAPITRE ï3£ VII.. Quand on a réglé ces droits & ces obligations . & ne sont pas char gés des mêmes obligations. posé des enfans . Pére & Maître. On restreint quelquefois ce terme à ces derniéres. sinon. elle est imparfaite. De la Maison. & des personnes qui fer vent. chaque membre ou personne de la Maison doit vaquer à. Hérile . ce qui fait son par: . dont ils sont membres. Dans la Maison tous les membres n'ont pas les mêmes droits. IV. est dit dans la maison Pére de famille. suivant la fin de la Société simple .est. la Maison faite. L ON appelle Maison une Société fée des Sociétés Conjugale £t ou du-moins de deux d'entr'elles. Mére 6cMaîtreiIe. HL Ce qu'on appelle le Domestique est conv. & celle qui est Femme. Quand est par Le même qui est Mari . mais ces droits & ces obligations se déterminent relative ment à chacun .

. qui font considérées com me autant de personnes singuliéres. réunissant leurs forces . Ils doivent surtout être attentifs à mainte nir réciproquement l'autorité l'un de l'au tre : & Hs agissent très. C'est ensuite à leur vigilance à les faire observer. & partager leur empire. procurent l'avantage & le plus grand bien de chacune des Sociétés simples . IX. & prendre garde tant à s'en ac quitter . il est censé s'obìiger tacitement à procurer le bien de la Maison en général . VII. qu'à ne point empêcher les autres de s'acquitter de leurs foncìions.imprudemment .consentement du Pére & de la Mére de famille. Le but de la Maison. Naturellement le Pére & la Mére de fa mille gouvernent de concert la Maison: ce pendant ils peuvent convenir entr'eux de ce dont chacun aura la principale direction. est que tous ceux qui la composent. quand . ou Société com posée . ou de la Maison . qui font partie de la So ciété composée . & il acquiert aussi tacitement les droits qui répondent à ces obligations.. Quand quelqu'un entre dans une des Sociétés simples . VIII. dansla vue' de procurer leur plus grand bien. VI.t& PRINCIPES DU partage . entre lesquelles il s'est formé une Société. Toute Maison doit avoir ses Loix . qui: se déterminent du commun.

. En général ceux qui composent une mê me Maison.DROIT NATUREL. les devoirs de l'humanité. être prêts à se rendre mutuellement. doivent. XI. X. des cho ses qui sont propres à lui attirer le mépris. en présen ce des enfans ou des domestiques s. & en toute occasion. 137 quand l'un dit ou fait à l'autre . Le Pére & la Mére de famille ne doi vent point non plus souffrir de familiarités jentre les enfans & les domestiques.

-v * fous . I. utiles ou agréables. elles n'en jouiroient pas en fûreté. •Es Maifons . De rOrigine des Etats . & ne feraient pas en état de fe défendre contre la violence des autres. ou Familles . CHAPITRE I. ou du Droit des Etats.„ LIVRE HUITIEME. De l'Empire Public . H eft donc nécefiaire que plufieurs Mai• . ne fe luffifent pas à elles-mêmes . qui font le bonheur de la vie préfente .& de PEmpire Publie. el les ne fauroient tirer de leur r propre fonds toutes les chofes «>wn»vc_*w néceffaires. & quand elles le pourraient. II.

utiles & agréables à la vie . Le Bien commun de l'Etat confifte dans l'abondance de toutes les chofes néceffai-' res . foit pour fe procurer les biens de la vie . fe qualifient Etrangers. ce font ceux auxquels il eft permis de demeu rer & de vaquer à leurs affaires dans unPaïsdont ils ne font pas Citoyens.PRINCIPES DU &e. Ainfi ce font des conventions entre les hommes qui ont formé les Etats. Et à leur égard . ou Nation. font appellés Citoyens. foit pour fe maintenir dans la poffeffionpaifible de ces biens. Gar toute. "VLes Particuliers. faite dans des vues différentes. Une multitude d'hommes affociés en for me d'Etat. ne forme pas un Peuple. ou Membres. III. IV. eft dite Peuple. en partageait entr'elles les mo yens de les acquérir. VI. Outre les Citoyens il y a les Hàbitans . en" repouffant de concert ceux qui voudroient le troubler. ceux qui n'appartien nent pas au même Etat . qui compofent les Etats . Ce font donc les fins de tout Etat». 139 ■fors fe joignent enfemble . & dans la fureté contre toutes les attaques du de hors. . VII.autre affociation. & réuniffent leurs forces. Il réfulte de cette union une Société à laquelle on donne le nom SEtat.

Chaque Citoyen est obligé de contri buer de toutes ses forces au bien commun de la Société. ce qui ne regarde que . que. & agréables à la vie. C'est une Société de plusieurs fa milles réunies pour se procurer l'abondance & la sûreté. Pour arriver à ce double but . XII. Dans cgs sentimens il doit: chercher tous les moyens de procurer à l'E tat l'abondance. VIII. utiles. il faut un ordre . o-u du-moins la sussisance & la tranquillité . & d'avoir ses intérêts & son salut à cœur. X. en pleine tranquillité & sûreté. . XI. IX. tel . On peut en conséquence définir ainsi un Etat.Ho PRINCIPES DU l'abondance .. Aucun Citoyen ne doit rien faire de con traire au bien commun de l'Etat. Beaucoup moins doit -il troubler & détruire direcìement l'abondan ce & la tranquillité de l'Etat. On appelle Public ce qui intéresse tout l'Etat : Particulier . C'est cet ordre qui constitue ce qu'on appelle la République. & d'en éloigner tout ce qui pourroit troubler la tranquillité publi. Le Salut de l'Etat consiste dans la jouis sance non interrompue des choses nécessai res. ni avan cer ses propres intérêts au détriment de ceux du Public. ou la sûreté.. & des arrangemens con venables.

L'institution des Etats n'a rien que de conforme à la Loi Naturelle . Le Peuple est le maître de garder l'em pire . XVII. De. L'Empire Civil ne sauroit s'étendre h d'au-' cres actions qu'à celles qui intéressent le Bien public. & il lui subordonne tou jours son propre bien particulier. .Ja Société acquiert le droit de contraindre les particuliers à ne rien faire qui y soit con* traire. XIV. Quand il se forme un Etat.là la distinction entre Bien public & Bien particulier. XV. Le Bien public est l'objet principal de tout bon Citoyen. qu'il travaillera de toutes ies forces à procurer le bien commun . & la Société s'engage envers chaque particu lier à faire régner l'abondance . qu'elle s'accorde avec la Volonté Divine. & à mainte nir la lûreté. & l'op peut dire par la même raison . 141 tel ou tel Citoyen. XVIII. XIII.DROIT NATUREL.'En vertu de ces engagemens. Cet Empire appartient 'originairement en propre au Peuple. Les Droits de l'Etat sur les particuliers fe réglent sur le but de l'Etat. Ces droits forment une autorité qu'on appelle YEmpïre Civil. ou Public. XVI. chaque par ticulier s'engage & s'oblige à l'égard de toute la Société.

Si ce n'est que l'exercice . & d'y mettre les restrictions qu'il juge à propos. soit à plusieurs personnes conjointement . a le simple usufruit de l'Empire . c'est que le peuple peut transférer le simple exercice . ou la substance même de l'Empire.autorité limitée ou illimitée. ou de le conférer . XX. ou le trans férer. soit à plusieurs person nes. avec une . Les droits fe déterminent par la vo lonté du Peuple. UEmpire Souverain efl celui fur les -ac tes .I4a PRINCIPES DU pire pour soi . au-moins quant à l'exer cice. telle qu'il l'a déclarée en transférant l'Empire.été déféré. En le con. il dépend encore de lui d'y attacher les conditions. XIX. Une distinction qui mérite encore d'ê tre soigneusement observée . XXL Le Chef d'un Etat est celui auquel l'Empire a. celui qui commande . & comme de son patrimoine. soit à une. tous les Citoyens doivent convenir entr'eux . Quand il s'agit de donner une forme à l'Etat. XXII. & de régler la République. lì c'est la substance . pour un tems ou pour toute la vie. d'une maniére transmissible à d'autres ou non transmissible . & mêmé étrangére. & à quelles conditions . s'ils veulent garder l'empire . il en peut disposer par droit de propriété . soit à une seule. révocablement ou irrévocablement.férant .

DROIT NATUREL. .De -même la liberté des Sociétés sim ples . des Epoux . il est parfaitement libre dans ses actions. & des Familles dans l'Etat . n'en rend compte à qui que ce soit. XXIII. mais par rapport à tout le reste . Tout Etat est naturellement libre.XXV. & in dépendant des autres Etats. . & des Domestiques. sans en rendre comp te à qui que ce soit . &*n'a d'autre Tribunal d'où il dépende que celui de sa conscienceXXIV. tant qu'il ne fait au cune démarche contraire au droit des au|res Etats. qui n'ont asicune sorte de droit sur lui. & fans qu'on puisse Je traverser en rien . elle demeure en son entier. La liberté des particuliers dans l'Etat est restreinte par rapport à tout ce qui in téresse le Bien public. des Enfans. II en est de-même des droits des Péres de familles . & ainsi la Souveraineté consiste dans la parfaite indé pendance par rapport à l'exercice de l'Enjpire. n'est res treinte que dans les choses qui concernent le Bien public. Par conséquent il peut régler par lui-même tous les détails de son Gouvernement . . .. i43 tes duquel personne n'a droit que le pos sesseur même de cet Empire . . Personne ne peut porter atteinte aux or dres du Souverain . &c XXVI. des Maîtres. j XXVIÍ.

ou Public . XXVIII. lorsque quel«ues-uns de ces droits font détachés. qui vivent dans l'état naturel. XXX. Quand il arrive donc qu'un Etat est dans la dépendance d'un autre Etat. & .rEmpire à quelqu'un. ^ Les Etats doivent être considérés com me des personnes libres. il en résulte qu'il n'est pas toujours nécessaire que le Peuple conserve quelque droit sur les actions du Chef de l'Etat. il faut qu'elle procéde . XXIX. comme la chose n'est point naturelle. & lorsqu'ils transportent . Quand tous ces droits fans exception font réunis . ils peuvent'y joindre la Souveraineté . possédent originairement l'Empire Souverain -. ou de quelque événement particu lier. qui ne font pas nécessairement unis dans un même sujet.qu'il puisse reprimer & punir les Rois qui abusent de leur autorité. L'un & l'autre de ces cas étant poíïïble. dont nous n'examinons point ici la jus tice òu l'injustice. XXXL . celui qui les posséde a l'Empire plein . ou entier* au -lieu qu'il ne l'est point. Les Peuples qui forment ces Etats . ou du consentement de l'Etat as sujetti. II comprend divers droits. consiste dans le droit de déterminer tout ce qui eít requis pour le Bien public.144 PRINCIPES DU XXVII. mais qui peuvent être séparés les uns des autres. ou la retenir. L'Empire Civil .

Dans le cas de la division . quand il doit ex pirer au bout d'un certain terme . de maniére que la Souveraineté demeure au Peuple. soit absolu ou HG Tome III. L'Empire peut être transféré d'une manié re limitée en certaines parties . en transférant l'Empire . que le Roi dans le profane. qui peuvent exister séparément. XXXII. Un Empire à tems ne laisse pas de pouvoir être absolu & souverain. & même en garder quelques-unes pour lui. quand ceux qui l'ont conféré . cha cun peut être Souverain dans la partie qui lui est assignée. & d'une maniére absolue dans les autres . Telle étoit la puis sance des Dictateurs chez les Romains. suivant que le Peuple le juge à L'Empire est à tems. ou dépend du consentement de quelqu'un: si ces res trictions n'existent point . & pré caire . peu vent le révoquer en tout tems à leur gré. Ces divers droits. mais qui réunis ensemble for ment l'Empire public.DROIT NATUREL. peut le donner tout entier à quelqu'un . Pour l'Empire précaire . s'appellent Parties de FEmpire. il est absolu. 145 XXXI. Le Peuple . L'Empire est limités quand son exerci ce est astreint à certaines Loix . C'est ainsi que chez les Hébreux le Grand Pontife n'étoit pas moins Souverain dans le sacré . . ou le diviser par parties entre plusieurs . Mais il peut aussi être limité .

qui ne peuvent être décidé» que sur le champ . que dans certains cas le Chef de l'Etat soit obligé de requérir le consentement du Peuple . une Loi fondamen tale.& qui se font toujours de Ja même maniére : mais pour les cas impré vus. Mais il peut au-contraire étendre ces droits . qui suivent un train réglé.ou du-moins de quelques-uns d'en tre le Peuple. le Peuple astreint son Chef . font dites Loix fonâammtaks de PEtat. L'exercice de l'Empire limité tst res treint. & comme il le juge à propos. . Les Loix à l'observation desquelles .' par exemple . & changer un Empire limité en Empire ab solu. il faut le consentement de tout le Peuple . C'est. xx xiv. Les Loix auxquelles le Chef de l'Etat est astreint dans l'exercice de l'Empi re . .146 PRINCIPES DU mité. XXXVII Quand c'est le Chef de l'Etat qui s'est imposé à lui-même certaines Loix. XXXVI. ou de quelques-uns d'entre le Peuple. il n'est -rí v point . nommés pourjuger de ces cas. ou qui a formé un certain Conseil sans l'approîwtioa duquel il ne veut rien faire . pour vu qu'il ne porte point d'atteinte aux droits qu'il a une fois accordés à son Chef. par rapport aux choses. XXXV. peuvent être cassées ou changées du consentement du Peuple. il ne peut jamais être souverain.

n'a pas dit expressément qu'au cas qu'il agît . suivant qu'il suit ce principe . mais qu'il pourra lui desobéir s'il gouverne mal. & de ne rien faire qui y répugne. il ne s'est réservé aucun droit sur les actions du Chef. & qu'il. à quelque con dition que l'Empire lui ait été transféré . ! L'Empire ne sauroit être transféré avec cette clause vague . XXXIX. Ceux . & faire ce qui lui plaît fans l'approbation de son Conseil. qu'ainsi il existe toujours une dépendan ce mutuelle entre le Chef & le Peuple. &.autre ment il -ne vouloit pas lui obéir.là se trompent . XL. G a XU- . Lorsque le Peuple s'est contenté d'ex primer généralement fa volonté fur cer taines choses que le Chef de l'Etat doit fai re ou ne pas faire . ou mauvais . eu qu'il l'abandonne. Son Gouvernement eíl bon . demeure dans l'obligation d'avoir toujours pour but le Bien public . XXXVIII. Tout Chef d'un Etat . ou qu'il n'a pas établi un Conseil sans le consente ment duquel il ne puisse rien décider . que le Peuple obéira au Chef lorsqu'il gouvernera bien .~ DROIT NATUREL. qui croyent que cette exception est toujours tacitement comprise dans la translation de l'Empire . i47 point obligé à suivre toujours ces Loix . il peut les abolir quand il le juge à propos .

M PRINCIPES DU XLI. au-lieu que dans le second il se la réserve. La con stitution des Gouvernemens . & chacune de ses parties potentielles de limitationAinii l'Empire peut être inféodé . absolu. XLII. les divers droits qui sont compris dans le domaine . L'in* féodation déroge cependant à la Souveraine. ou limitée. le droit de jouissance . Ainsi . S'il le confére tel qu'il le posséde lui-même. savoir la propriété . plein . & non tel qu'il auroit dû le lui conférer.commis &c. XLIII. est la suprême Loi de J'Etat. souverain. un droit de propriété & de patrimoine. On appelle Parties potentielles du domai ne . Seulement dans le premier cas . & la maniére de posséder l'Empire . # 9 lorsque lc possesseur du domaine direct . quand le Peuple transfé re l'Empire .fìées en autant de maniéres . & cepen dant être absolu . peuvent être diverft. c'est un Empire plein. souverain . & le droit d'usage. ce doit toujours être de la maniére la plus conforme à cette Loi. Le Salut public . L'Empire d'un Chef est tel que le Peu ple le lui a conféré . il laisse au jugement du Chef la détermination des moyens tes plus propres pour arriver à ce but . que le domai ne est susceptible de division . déféré fur le pied de Fidéï. Et il est toujours censé que le Peuple a eu ce dessein . soit qu'il ait donné l'Empire d'une maniére absoluë .

que par le conseil de Joseph les Rois d'Egypte íe ren dirent propriétaires des fonds de leurs su>4 jets. XL1V. Ainsi . II pourroit même y avoir Empire . . ou de tous autres biens ap?artenant aux Citoyens. comme on et» voit une image dans les Ordres Religieux. il n'est jamais cenlé se dépouiller de ses propres biens. XLV. 6c les convertir à son utilité . fie il s'y réserve un droit distinct de celui de l'Empire. absolu & plein. XLVL Par rapport à la Communauté primitif G 3* ve . de la Genése. Alors l'administration de ces biens communsappartient à l'exercice de l'Empire. Le Chef de l'Etat ne sauroit donc dis poser des biens propres de ses sujets . quant à la maniére d'en dispo ser. II y en a qui prétendent que la puil* lance des Rois électifs est de ce genre. L'Empire donné par Fideï . son Empire pourroit néanmoins être limité . L'Empire ne renferme point le domai ne des Fiefs . ou au cas qu'il fût maître de ces biens . Ost voit au XLVII.DROIT NATUREL: tty se réserve certains droits sur les actes dô l'Empire. comme il le ju ge à propos . & com* munauté mixte de biens . En général ce genre de domaine ne fait rien à la maniére de posséder l'Empire. quand le euple transfére l'Empire.convmis. II ne seroit pourtant pas impos sible que ces deux droits sussent réunis. peut aussi être souverain .

& ceux qui for ment un Etat. . il faut que les choies soient soumis* au domaine d'un seul. XLVÍII. il faut en-. On peut aller plus loin encore. C'est une es péce de Droit de nécej/ité. elle ne. Si le Sa lut public demande que le Chef de l'Etat dispose d'une certaine maniére de quelques Citoyens par rapport à leur propre per sonne . ou à celui -du Corps de l'Etat. & cette puis sance éminente . sauroit subsister avec l'Empire Civil. Cela lui donne sur ces biens ce qu'on appelle un domaine éminent. XLVII. il seroit en droit de le. XL1X. mais fou exercice ne sauroit avoir lieu . il a aussi ce droit . Quand en vertu du Droit éminent on a dispose des biens des particuliers . Le domaine susdit sur les biens.de l'Etat. ou Sujets .. faire. Si le Salut public demandoit que le Chef de l'Etat disposât d'une certaine ma niére des biens des Citoyens. Quand il se forme des Etats..ï$o PRINCIPES DU ve . que dans les cas où il n'y a point d'autre moyen de procurer le salut . y contentent tacitement. constitué le Droit éminent qu'a le Chef de l'Etat sur les biens & la per sonne des Citoyens . à-moins qu'il ne se le réserve expressé ment. . le Peuple est censé transférer cette espéce de domai ne. .. & qui lui est austì transférée tacitement avec l'Empire. qu'on peut nom mer Puissance éminente . Et en transférant l'Empire . .

DROIT NATUREL. l'Accord qui con tient les articles réglés entre le Chef de l'Etat & le Peuple fur la maniére de gou verner l'Empire. c'est toujours avec cette exception tacite . Quand en conférant l'Empire on ex prime spécialement ' certaines détermina tions par rapport à la maniére de l'exercer. 15s ensuite les. & fai re ensorte que le dommage ne tombe sur eux que pro rata. on n'y peut rien changer fans son consen tement. . à-moins que le Salut public ne le demande autrement. . LUI. ou de tout le 'Peuple . S'il y a une semblable Ca pitulation . .. .. i LIV. Les Conventions générales . . autant que la chose est possible . & el le est la Loi fondamentale de l'Empire. qui ne font G \ qu'un-: . : . c'est elle qui régie les droits du Chef de l'Etat & Ceux du Peuple. Tant que l'Empire est entre les mains de celui avec qui la Capitulation a été faite . On appelle Capitutcuiw . : . de maniére que sans ce consen tement ils ne puissent être Valables. . il faut qu'il faffe dépendre ces actes du con sentement d'un certain Collége.dédommager aux dépens de l'Etat . LL : Quand le Peuple veut se réserver quel que droit sur les actions du Chef de l'Etat qui s'écarteront des Loix fondamentales .

étant conféré à une feule personne. Le Monar que a autant d'autorité seul. . un tiers en décidera . qu'en avoit . cette for me est celle qui convient le mieux à leur génie..'Isa P R I N C I P E S D U qu'imposer au Chef de l'Etat l'obligation de gouverner avec bonté & équité . fait une-Monarchie. où TEmpire appartient tout entier au Peuple. il pourroit le faire íàns préjudice de fa Souveraineté. LV. I. & du Pouvoir absolu. tel qu'il est originairement dans le Peuple . au . Ainû ce ne sont point des Loix.vernement . . Quand on confère l'Empire-à cette con dition . Mais si dans un cas particulier le Chef de l'Etat jugeoit à propos de se soumettre à une telle décision . . L'Empire . CHAPITRE IL Des différentes Formes de Gouvernement. & ne diminuent rien de la Sou veraineté. IL -. que s'il survient des différends en tre le Chef de l'Etat & le Peuple. Comme les hommes aiment naturellement la liberté. ne laissent aucun droit au Peuple sur les actions de ce Chef. 1A Démocratie est cette Forme de Gou. cela diminue la Souveraineté.

foit" limitée . Ceux qui poflëdent Je droit de gouverner. L'Ariftocratie eft cette Forme de Gou«vernement . où l'Autorité . où l'Empire tel qu'il eft origi nairement dans le Peuple. pourvu qu'il ne faffe jamais que la moindre partie du Peuple. eft confié à uni certain nombre .aâes del'Emt G5 ' pir . VI. Il y a de-plus des Formes mixtes. w:r > Ariftote a indiqué une quatriéme forte. foit commet ufufruit.. dont le nombre peut va rier arbitrairement . faus qu'au*ciur Etranger. d'autres de l'Ariftocratie d'autres de la Démocratie . fous le nom de Timo-cratie. V. fur les.. appartient à: un feul . foit abfoluë . '-■ . foit comme ufufruit. dans laquellt le Gouvernement n'ap partient qu'à ceux qui ont certains fonds: de terre .• de Gouvernement . ait droit. plein & fouverain . abfolu & fouve rain . . reven ons. fuivant qu'on partage & qu'on limite ce que nous avons appellé plus hauc les parties de la puiffance. les unes de la Monarchie. Ils jouïffentde l'Empire plein . qui ap* proclient plus. Il jouît d'un Empire abfolu . foit comme patrimoine .' *g$ auparavant tout le Peuple enfemble. ni.Û R 01 T N'A T U R EL. ou qui jouïffent de certains. foit comme patrimoine . Optimales. On appelle Royaume la Forme de G6u-vernement .. font appellés les Grands .

le Peuple en corps eft fupérieur . : Au-contraire dans la Monarchie & dans l'Ariilocratie . VIL On appelle en général Supérieur dans l'E tat . &c. & chaque particulier eft fujet. & collégues à la Royauté . celui dont les acrions dé pendent d'autrui Dans la Démocratie. • Dan& les Formes mixtes de Gouverne ment on pourvoit à la liberté civile du Peu ple» .' l'Allemblée'' des Grands. . le Peu ple eft privé de cette liberté -9 & quand il confent à établir l'une de ces deux Formes de Gouverneméhs. Le Peuple jouît "de cette 'liberté dans la Démocratie . La Liberté Civile du Peuple confifte dans l'indépendance par rapport aux actes requis pour le maintien & l'avancement du Bien public. mais mê me à l'égard des flens.154 PRINCIPES DU pire qu'il exerce. comme quand deux ou trois fréres régnent. Dans l'Arillocratie la Supériorité appartient à. il renonce à fa libertéIX. fans partager l'Empire . quand même il y en auroit deux. il eft indépendant non feulement à l'égard des Etrangers. Dans la Condomiriation . VIII. & Sujet. ou qu'une Reine s'affocie Ion Epoux. Il peut cependant y avoir condominatton . celui qui a droit fur les actions des autres . mais chaque Grand en particulier n'eft pas moins fujet que le refte duPeuple. il y a autant de Supérieurs que de Collégues à l'Empire r & chacun d'eux ne dépend point des au tres .

. & qu'ils ont une ferme & perpétuelle volon té de ne rien faire qui ne serve à l'avancement de ce Bien.. Dans: chaque Forme de Gouvernement. ou comme patrimoine . . Au. lorsque ceux qui "gouver nent . Ceux qui forment originairement un EG 6 taty .contraire . cc de s'abstenir de tout ce qui pourroit lui être contraire. . dent avec le Bien public . le Chefs demeure obligé à faire les mêmes choses auxquelles le Peuple lui-même auroit été obligés a'il s'étoit réservé l'Empire.DROIT NATUKEX. . XIII. & l'Empire Ci vil conserve par-tout la même étendue.. . . . & à la liberté naturelle des Particu liers. on ne sauroit donner de-' forme convenable à l'Etat... XIV. . manquent . Quelle qu'elle soit.' -. dèsque les Chefs eonnoissent les moyens né cessaires pour procurer le Bien public . oui comme un bien dont on n'a que l'usufruit. '„ Xi En général il n'y a point de Forme de Gouvernement qui ne convienne au but pour lequel les Etats ont été formés..XL . XII. La Monarchie & l'Aristocratie peuvent: être possédées . La Forme de l'Etat n'apporte aucun chan gement à l'espéce de TEmpire. les Chefs ne sauroient avoir de* droits plus étendus que ceux qui s'accor. ou de -bonnes intentions.. . ou de lumiéres .. fie.

mais au nom d'un Supérieur. & dans l'Aristocratie ce que les Grands veulent . XVII.55« PRINCIPES DU tat. ou d'un certain nombre de suffrages. On donne le nom de Magistrats à ceux auxquels quelques parties du Gouverne ment font commises dans l'Etat. qui est obligé de s'en tenir à ce que le Monarque. XV. Dans Ia»Monarchie ce que le Monar que jveut. on re garde comme la volonté de tout le Peuple ce qui convient aux Loix fondamentales > ou bien ce qui est muni du consentement . XVIII. L'Etat Populaire subsiste.commettre Fexeicice de: l'Enir . soit de tout le Peuple . lorsque lePeu>^glte ne fait que. à. que ìe sen timent du plus grand nombre prévaudra. autorises pour cet effet. jugent convenable au Bien public XVI. Ce sont des espéces d'Aides que le Chef prend dans.moins qu'on n'ait réglé par des conven tions particuliéres que la décision dépendra de l'unanimité. li administration du Gouvernement. ou les Grands.. à qui il' est obligé d'en rendre compte. soit de quelquesuns d'entre le Peuple. est regardé comme la vo lonté de tout le Peuple. Dans un Gouvernement mixte . & fera regardé comme celui de tout le Peuple. Le Ma gistrat n'exerce pas l'empire en son propre nom. conviennent tacitement.

de l'accorder à des Femmes. On appelle Territoire J'étenduë d'un lien ©ù quelqu'un a droit d'exercer l'Empire Civil. & que ces personnes une fois élues . c'est une Aristocratie à.. & dans le second par rapport ài leurs biens . Mais lì le Peuple n'a que le droit d'établir tous les ans un cer tain nombre de personnes qui exerçent J'Empire Civil. ayent une autorité souveraine. ou poíï'éderrt ces biens . teinsXIX. en se réservant le droit sur toutes leurs aérions. sont sujets. XX. ou même à des Etrangers qui pos sédent quelques biens dans le territoire de-l'Etat.dans le premier cas par rapport à leur personne . Gn donne le nom $Affaires publiques à toutes celles qui intéreslent le Corps de l'Etat. quoiqu'ils demeurent membres d'un autre Etat. k des Mineurs ou autres impu béres . ou.. II dépend uniquement de la volonté d'ad mettre les seuls Péres de famille à l'exercice de l'Empire . XXI. Ceux qui du consentement du Peu ple demeurent dans le territoire de i'Etat.ÍJROIT NATUREL: t$7 l'Empire à une personne . mais d'ailleurs ils demeurent tot*-. ou à plusieurs conjointement . ee n'est plus une Démocratie . ou y possédent quelques biens . aux Loix du Peuple dans le territoire duquel ils vivent . &qui íe rapportent à l'avancement du G i Biejjf . jours étrangers.

il faut qu'il s'assemble eu corps dansun certain lieu . S'il veut le faire par luimême . quand Us* viendront à exister.-:'> Le tems & la maniére de convoquer lesDiétes dépendent aussi uniquement de la volonté du Peuple. autant qu'il est possible. . pourvu qu'elles souffrent du délai. ou qu'elles s'assemblent seulement lorsque cer tains cas le requerront.XXII. Dans la Démocratie le soiftde ces affaires appartient au Peuple .. ces cas. Si c'est le dernier. fi un autre ju ge que cette convocation soit nécessaire yil faut qu'il expose ses raisons à celui qui a faUtorité de la faire. j XXIV. & que chacun dise son avis. . & par conséquent qu'el les réglent fans-cesse tous les détails.. . . Le pouvoir de convoquer la Diéte étant une fois remis à quelqu'un . auxquels le soin de ces détails soit confiéLe Peuple peut seulement se réserver de dé cider dans les Diétes les affaires importan tes .158 PRINCIPES DU Bien commun. Mais û celui ci usoit de: . . XXUL . il faut que le Peuple détermine . qui les administre par lui-même o-u par ceux -qu'il en charge. & confère à quelqu'un }e droit de convoquer la Diéte . Ain si il faut toujours qu'il y ait des Magistrats. Ces Assemblées se nomment Comices ©u Diétes. II est pourtant impossible que ces Diétes íbiént perpétuelles. . soit qu'il veuille qu'el les se tiennent dans un tems déterminé .

ou ne vouloit pas convo quer . on peut l'y contraindre. nombre du Peuple est trop grand . XXVL 11 dépend encore du Peuple de régler ^ si celui qui étant convoqué . est autoriíë à charger un autre de sa voix. Mais réciproquement. si l'on manque d'appeller à la Diéte ceux qui y ont droit .* ou bien . quoiqu'il y en eût des raisons mani festes . ceux-là seulement ont le droit de Diéte . ou à i'envoyer par éerit .oppolition casser ce qui a été conclu. tait tort .même lorsque la pluralité est requise. s'il n'y a que les préíensauxquels appartienne le droit de suffrage. auxquels le Peuple dans la Démocratie a restreint l'exercice de I'Empire : tous le» autres doivent être exclus. XXV1L Quand le .DROIT NATUREL: rS9 de négligence . Et com me le Peuple peut statuer que certaines períonnes seront exclues de l'exercice de î'Empire . & au cas qu'il fail le unanimité de suffrages pour décider >. s'ils vouloient fe présenter. Le Peuple a toujours ce droit supérieur . on leur. & que te plus petit nombre prend des résolutions fans le con cours d'autres qui font le plus grand nom bre. ils peuvent par leur . il peut casser ceux qui agissent de la forte . & ne pouvant assister en personne. Avoir le Droit de Diéte .& leur en lubr roger d'autres* XXV. c'est pouvoir y venir. 11 en est de. & y donner son suffrage.

R I N C l P E S D U grand pour que tout le monde puisse re trouver à la Diéte . ou par une résolution générale. Les Membres d'un tel Sénat font dits Séna teurs . soit chargé du soin de proposer les affaires . & il est appellé à donner conseil à ce Supérieur par rapport aux affaires publiques. . & forment une Magistrature supé rieure. aú-moins dans le sens le plus ordi* naire. j Un Sénat est une Assemblée de certai nes personnes .un Directeur qui. XXVIII. XXX. Dans la Démocratie . ou. ou qui ne souffrent point de délai. cn personne à la Diéte. L'Etat n'en demeure pas moins Populaire. qui élisent certaines per sonnes pour les représenter à la Diéte.II faut dans les Diétes. auxquelles on confie leGouvernement Public . par rapport aux cho ses dont l'administration est quotidienne . moins il est possi ble au Peuple de s'assembler fréquemment plus il doit étendre les bornes deTautoritié du Sénat . il faut le distribuer en: certaines Classes. & defor mer les conclusions. On com met aussi à ce Sénat l'exécution des choses qui ont été réglées par le Supérieur. dont en général l'existence «st indisgenlablemeut nécessaire dans tout Etat . & ces Classes en Corps encore moindres . de recueillir & compter les voix.w5o P. Ce Directeur doit être' choisi. XXIX. par une élection que font ceux qui assistent.

de former les conclusions . Le parti inférieur eo nombre doit toujours se soumettre aux ré solutions du párti supérieur. & qui soient les Conservateurs de la Li berté. qui ayent particuliérement l'œil là -dessus. de pjoposer les affaires . n'excéde les bornes de son pouvoir. de diriger les dé libérations . XXXII. C'est à ce Sénat qu'ap partient le Droit de cpnvoquer les Diétes. doit être que te Sénat . &c. II convient même d'établir des Magistrats . 161 Etat Démocratique. Une des principales attentions du Peu ple dans la Démocratie. il faut préférer celui qui assure le mieux la liberté du Peuple. & n'u surpe injustement Ja Souveraine Puissance. XXXI.DROIT NATUREL.: : XXXIV. qui maintiennent les Loix fondamentales . Dans la Démocratie chacun renonce à fa liberté par rapport aux choses qai sont ré glées par la pluralité. ou qui que ce íoit auquel on a confié une partie de l' exercice de l'Empire. soit à perpétuité. soit pour la Diété actuelle. i Entre tous les plans qu'on peut choisir dans la Démocratie pour le Gouvernement de l'Etat. il convient de donner ce droit . & n'a aucundroit de s'y opposer. Quand on le fait . XXXHl. On peut dans la Démocratie donner à quelqu'un le droit de suffrage décisif. .

. de les compter. XXXVI.. eelui-ci est en droit de résister. . Une Dignité Civile .tres . t. Horsdelà le parti le plus nombieux peut forcer les au tres à se soumettre à sa décision . & de former les conclusions. & prenoit des délibérations quitendilftnt à le dépouiller des biens ou de la -vie. on est pourtant obligé dans la Dé mocratie d'y acquiescer. & le plus petit nombre a droit de s'op poser à l'exécution da ce qui a été ainsi ar rêté. contre. « . .des Loix fondamentales &: de la liberté du Peuple . .i XXXVIII. : Les Magistrats chargés du maintien . certains particuliers dans l'avis du plus grand nom bre . . & de faire rapport au Peuple de tout ce qu'ils croyent devoir être censuré .: <*. Mais fì le plus grand nombre pensoit à opprimer le moin dre. XXXVII. . . ou redressé. XXXV.' . il fait tort à l'au tre . & en cas de refus les punir comme refractaires. ou injustice.. '. . ..' Quand le Peuple a statué qu'on ne condurra que par l'unanimité des suffrages .:':: ! î.. . Quand même il y auroit quelque 'mau vaise volonté. & que le parti le plus nombreux veut rem porter par la pluralité. c'est celle qui donlie à quelqu'un la prééminence sur les au. . ont le droit d'examiner la condui te du Sénat & des autres Magistrats .16a PRINCIPES DU droit à celui auquel appartient déjà le droit de recueillir les voix. 4. ' .

lorsqu'après la mort de ceux qui gouvernoient . ou de quel* que autre espace de tems. ou ceux aux* \ quels il a commis ce droit. Elle est éleftive . se nomme Majesté'-. La dignité de celui qui posséde seul l'Autorité Souve raine. volonté du Peuple. -m. Iî dépend également de cette volonté . ou à tems ì lorsque l'autorité des Grands est renies? niée dans lès bornes d'un an. '. le Peuple . & les droits de la Majesté. pour les faire entrer dans le Corps de ceux qui gouvernent . la Majesté réside dans le Peuple. à tems . 163 tres dans les affaires d'Etat.-' ' ces: / ' . '. conservent leur autorité jusqu'à la fin de leur vie.DROIT NATUREL. si ceux qui gouvernent. . d'attacher le droit d'être du nombre des Grands à certaines Familles * à certaines Charges. eniétablissant l'Aristocratie . Lorsque le Gouvernement est Démocra* tique . même du bas peuple . ... Elle est perpé? tuelle. de se réserver l'élection des suc cesseurs . : Le nombre des Grands dans . XXXIX. L'Aristocratie est annuelle. que nous examinerons ailleurs. ou d'établir une certaine l+oi de succession . élisent les suc.XLI. ou perpétuel . ou à la possession de cer taines Terres Sec. font ceux qui appartiennent à l'exerciee de l'Autorité Souveraine. de rendre le dépôt de l'Autorité annuel . XL. l'Aristocra* tie dépend de la . de tirer des person nes de tous les ordres de l'Etat. .

c*est aussi avec cette clause ta cite . XL1I. ni les Grands dans l'Aristocratie . . & ceux qui «'unifient en forme d'Etat . XLIII. quand il y a quelque Loi fondamentale qui prescrit l'ordre de la succession. dont ces diverses sortes d'Aristocratie sont susceptibles. & sauftout droit d'un tiers. dèsque l'envie en prendroit à ceux qui Font conférée. le droit de gouverner les personnes qui habitent une certaine partie du territoire de la République. Ainsi quand l'Empire est conféré à quelqu'un . Tout Empire peut être divisé en semblables parties. ni le Roi dans la Monarchie. révoquable à chaque instant . cela ne pourroit se faire que du consente ment unanime de tout le Peuple. ne peuvent démembrer l'Etat . à -moins que le contraire ne soit positivement exprimé. Nous n'examinerons point en détail toutes les autres modifications .I i64 PRINCIPES DU cesseurs. L'Aristocratie ne sauroit être précaire c'est-à-dire . que les parties subjectives en seront inaliénables. conviennent ta citement de ne pas souffrir ce genre de di vision. Ainsi . XLIV.il faut que ces parties composent tou jours un même Corps d'Etat . Enfin elle peut être succefftve . re . dont chacune est gouvernée séparément. Mais cette di vision ne dort point produire une aliéna tion :.

ché aux Terres. il faut une ratification expresse. aux personnes privées de la rai: son. Lorsque les avis des Chefs Aristocrati ques sont partagés. XLVI. de leurs successeurs. dont le pouvoir est à tems. ou qu'on n'arrange les choses de ma niére que l'élection des nouveaux Chefs précéde le terme auquel l'administration des Anciens doit expirer. Quand le Droit Aristocratique est atta. & même aux étrangers. La Souveraineté .DROIT NATUREL. 165 XLIV. & tous les droits . feule* ment. 11e sont obligés de rendre compte à per sonne au bout de leur Gouvernement. Pour confirmer ce qu'ils ont réglé. ou du -moins tacite. XLVII. ils ne sauroient rien établir qui ait force au-delà du tems de leur autorité. où le Peu ple s'eft réservé le Droit d'élection . XLV. le Peuple n'a pas droit de décider. Dans l'Aristocratie élective. Les Chefs. & leurs Actes ne sauroient être cassés . à-moins qu'il n'y ait une Loi qui défi nisse qui doit l'exercer pendant ce temslà . l'Empire appartient au Peuple pendant l'interrégne . aux femmes. il pafle aux enfans. à -moins que quelque Loi fondamentale n'y soit contrai re . ou qu'on ne suspende l'usage de ce Droit à l'égard de ces différens ordres de person nes.

C'est ce qu'on nomme Regnum '/Esymnetkum. celle où le nombre des Chefs est tel qu'ils peuvent s'assembler tous tous les jours . & personne n'a droit de lui faire iendre compte de sa conduite. Dans ce cas la Majesté résideroit égalemeut dans le Mo narque. laxa. La Monarchie & l'Autorité à tems peu vent se trouver ensemble. XLIX. Le Monarque peut décider à.iG6 PRINCIPES DU droits de la Majesté . On peut appeller Aristocratie étendue. sont attachés à l'Assemblée des Grands. . ou toutes les fois que les affaires le deman dent. II ne dépend donc que du Tribunal de fa con science. celle où le nombre des Chefs est. & ne le fût que pour un -certain tems. Les Grands se trouvant en trop grand nombre pour régir l'Etat tous ensemble. mais la Majesté ne réside point dans ce Sé nat . fort grands & Aristocraslie resserrée. striÏÏa . son gré de toutes les affaires publiques : cependant il est obligé par le droit interne à ne rien faire qui répugne au Bien public. peuvent établir un Sénat pour cet effet . XLVIII. Rien n'empêchexoit que quelqu'un fût Roi. qui n'est qu'un Corps suhordonné. demeu rant le maître des moyens qu'il juge con venables pour l'avancement de ce bien.

mais qu'on l'oblige en même teins à se régler sur la volonté du Peuple . LIV. & la Monarchie absolue. Royaume Légitimé . c'est celui où le Roi a sur la per sonne & les 'biens de ses sujets le même droit qu'à un Maître sur ses esclaves . Le Peuple est à-la-vérité maître de le conférer . iê? . Ainsi naturellement . n'ont point ce degré d'autorité. Un Royaume Hérile. il y en a encore plusieurs autres mitoyen-nes. lui. cela s'appelle Regnum Laconkum. & ne dérive point des conventions originaires de cette formation. il y a un mélange des différentes sortes de Gouvernemens. c'est celui où le Roi est obligé d'exercer l'Empire suivant les Loix fondamentales & perpétuelles . ni le Monarque . Dans ces for tes de Royaumes. pou vant s'approprier & convertir à son utilité tout ce qu'ils ont . Ce genre de Gouvernement ne s'accor de point avec la fin pour laquelle les Etats ont été formés . II pourroit aussi y avoirune Aristocratie Hérile. ou des Grands .moins qu'U . Entre cette efpéce de Ro yauté.DROIT NATUREL. ou entiérement des potique. LI1. mais à. & sui vant la Capitulation réglée avec lui quand l'autorité lui a été transférée. LI. Quand on commet à quelqu'un l'exercice de l'Empire . & tout ce qu'ils sont en état d'exécuter. . ni les Chefs Aristocratiques.

soit par voye d'élection. Puisqu'il est permis au Peuple de se sou mettre à un Despotisme absolu . LIX. La diversité des Royaumes dépend uni quement de Ja volonté du Peuple . Un Royaume successif est celui où un Roi succéde à l'au tre en vertu de certaines Loix établies. : LVII. le Roi peut se choisir r quel . est celui où le Peuple élit le successeur du Roi qui vient à manquer .168 PRINCIPE ne Tait fait expressément . Au-contraire il doit aimer ses sujets comme soi-même. soit dans une Assem blée générale . il n'y reste pas la moindre injustice. Quand un Royaume est possédé fur 1& pied de patrimoine . soit par ceux auxquels il a conféré le droit d'Election. il ' présumé l'avoir fait. LVI. . LV. le Chef de l'Etat est obligé en vers tous ses sujets à tous les devoirs de l'humanité. Fût-il Maître absolu il ne doit jamais exercer son autorité d'une maniére contraire à ces devoirs. & tra vailler à-leur bonheur. Le Peuple est auísi le maître d'admettre les femmes à la Royauté . un Royau me Hérile n'est donc point naturellement il licite . lors qu'il les fonde. Un Royaume électif . LVI1I. Quelle que soit la Forme du Gouver nement. & quand le Peuple y a consenti . soit par voye de succession .

. ou publics. H pà: . ! I I I f j í f I ! isiçr quel successeur il veut . & com me Particulier . parent . ou qu'il acquiert de quelque maniére que ce soit. qui se rapportent à l'exercice de l'Einpire . ou même étranger. dont les revenus font des tinés à l'adminiítration & à la splendeur perpétuelle du Royaume .DROIT NAT-UREL. Ainsi celui qui auroit le droit de succéder aux Biens parti culiers . & dans ce dernier cas il ne jouît que des droits des Particuliers. en préférant à leurs propres enfans ceux qu'ils jugeoient plus dignes de leur succéder. qui ne peuvent être confon dus dans une même maffe. qui font reservés à son usage particulier. Les premiers Em pereurs de la Chine en ont donné des eXempies. il est pourtant le maître de transférer l'Empire avec les Biens Royaux à un Etranger. Cela fait deux sortes de Biens séparés. ou qui n'ont point de rapport à cet exercice. Un Roi peut faire des a&ions Royales 9 c'est-à-dire . En général la succession à l'Empire demeure toujours différente des biens héréditaires . quoique dans un Royaume Tome III. fils . Ainsi il peut être considéré comme Roi . ne puisse pas deshériter ípn fils fans une juste cause. & des Biens par ticuliers. fille . n'auroit pas pour cela le droit de succéder aux Biens Royaux. LX. & des a&ions privées . Et quoiqu'un Roi qui posséde son Royaume sur le pied de patrimoine . LXL Le Roi peut aussi avoir des Biens Ro yaux.

LXIII. ni di viser l'Etat en parties aliénables. un Roi venant à mourir fans avoir déclaré fa Volonté par rapport à la succession . Quand le Royaume est patrimonial . il est le maître de toutes les dispositions susdi tes. le Roi ne sauroit changer la Forme du Gouvernement. qui a été déféré au Monarque par h libre volonté du Peuple. n'elt pas présumé avoir voulu que TEmpire souffre division. Ainsi ses Enfans n'ont pas droit de la par tager entr'eux. & le diviser même en parties aliéna'bles. comme il lui plaît. cette division ne sauroit non plus avoir lieu fans le consentement exprès du Peuple.170 PRINCIPES DU patrimonial . On peut à-la-vérité distinguer entre trn Royaume parfaitement. Dans un Royaume qui n'est pas par faitement patrimonial . & un Royau. LX1I. Mais ii le Roi a acquis un droit patrimonial. in dépendamment de la volonté du Peuple . LXIV. ma . S'il est patrimonial . N On distingue entre un Royaume volon taire. le Roi peut changer à son gré la Forme de l'Etat . mais par la volonté du Peuple.' & imparfaite ment patrimonial. Dans ce dernier cas. lé Roi puisse disposer de la succession aux Biens Royaux comme de celle qui regarde les biens particuliers. Dans le premier toute propriété appartient au Roi: dans le second il n'a que le droit de transférer l'Empire .

& celui qui est héritier ab intestat. -\ .dont le Roi s'est emparé par les armes. ou de' ceux qui lui appartien nent en propre. lorsqu'il n'y a point de Testament: mais si au -contraire elles par viennent à l'Empire. qui possédoit l'Empire en pa . c'est . Un Roi . le plus proche agnate succéde aux Biens . Si un Roi qui posséde l'Empire en patrimoine . succéde aux biens particuliers. ou au défaut des fils. LXV.& le' laisser après lui à qui il veut.un Testament purement Royal . Que si le Roi n'a fait absolument aucune déclaration de sa volonté . 171 meforcé.-'. comme Roi. ne dispose par son Testament que de la succession à la Royau té. .'. il s'agit de régler fi ce doit être dans leur rang de naissance . Cette derniére forte de Royaume dé pend absolument du Roi. Un Roi'peut tester. tant Royaux que particuliers. elles ne sauroient prétendre à la succeflìon . ou si elles ne doi vent succéder qu'au défaut des mâles.DROIT NATUREL. en dilposant des Biens de l 'Empire:. qui peut en dis poser à son gré . Nous n'entrerons pas dans le 'détail des cas plus particuliers. LXVLUc v : . &comnie Particulier. ' LXVI. Quand la Coutume exclut les Femmes de l'Empire .^':' :. ensorte qu'une fille aînée soit préférée aux fils qui font ses cadets.:. le fils aîné . ou par quelqu'autre voye de contrains te.

une Election dans laquelle ils ont été ob servés. & fans laisser aucun héritier de son sang. Un Roi électif ne peut rien établir qui ait fonce au-delà de la durée de son ré gne . LXX. à. .. Dans les Royaumes électifs on peut fai. . : Lorsque de pareils réglemens existent. au -lieu que celle où ils ont été négligés .. leur patrie. par rapport à leur sexe . LXIX. quoiqu'il en soit le maître. est illégitime. Le Peuple ayant prescrit certaines Loix aux Electeurs. ou tacitement. LXXI. & peut établir quelle Forme de Gouvernement il juge à propos.leur âge . qui étant une fois acquis. peut les abroger. & même leur fa mille . Jeur qualité . . qui devient maître de fa destinée. est dite légitime . LXXIL . sur l'espace de tems dans lequel l'élection doit se faire .Ï7* PRINCIPES DU trimoine. Dans ce dernier cas le Peuple n'^st pas obligé de la ratifier . ne peuvent plus être perdus.te divers réglemens sur l'éligibilité des su jets . l'Empire retourne au Peuple .moins qu'elles n'eussent donné à quelqu'un cer tains droits.. . le lieu . & les autres circonstances. . venant à mourir sans avoir dé claré fa volonté sur la succession . LXVIH. le nombre des suf frages pour l'élection . : . à-moin s que son successeur ne le ratifie expressément.

Un Roi électif ne sauroit abdiquer sans. que 11 le Roi fait telle chose.L'Empire appartient au Peuple pendant rirrterrégne. II peut aussi y avoir un Vi caire . il est obligé de promettre qu'il gouvernera d'une maniéré convenable au Bien public . LXXLV. le Peuple est le maître d'élire un nouveau Roi. ou toute autre Forme de Gouvernement que le Peuple in troduit . On peut conférer le Royaume électif a* vec la Loi commiffoire . LXXV. L'espace qui s'écoule entre la mort d'un Roi électif & sélection de son successeur. & finit à celui où le nouveau Roi est élu.DROIT NATUREL? ï72 LXXII. de lui transférer l'Empire à quelles conditions il veut . & réciproque^ ment. -Lorsqu'un Roi est élu. qui ait alors l'exercice de l'Empire . le consentement du Peuple . & qu'il íuivra certaines Loix. A la mort de chaque Roi électif . ou d'établir quelque au tre Forme de Gouvernement. L'autorité de ce Vicaire est réglée par les Loix fondamentales de l'Etat.cas qu'en l'élisant on. ou manque à telle autre. . & dont le Gouvernement commence au moment où le Roi désunt est expiré. le Peuple ne sauroit le forcer à l'abdication. est dit Interrègne. : LXXVI. lui en prescrive. au. il . LXXÎIt .

Dans les cas où le droit de représenta tion a lieu par rapport à la succession aux. Quand le Peuple a consenti ex pressément que les filles héritent pêlemêle avec les mâles . l'Empire pas se de l'un à l'autre . LXXVII.. & ainsi suivant les degrés de proximité. que les héritiers ab intes tat obtiennent les. LXXVIII On a établi les Royaumes successifs. il a aussi lieu pai rapport à la succession au Royaume. en i partage. LXXIX. . . .: jLXXX. Biens des personnes désuntes . .. dans la vue que le successeur soit toujours cer tain. quand on parvient au Royaume de la même maniére. le Peuple est présumé -. -. successions qui leur tom be n t.Ì74 PRINCIPES DU sera déchu de la Royauté \ & le cas venant à exister. maniére de succéder est héréditai re. Dans un Royaume successif . LXXXJL . . lorsqu'il y a des cas douteux . il perd effectivement la Couxonne... .avoir voulu ce qui tend la succession . Ainsi'.. suivant la coutume des Nations voisines. La. on ne présume pas cette ma niére de succéder. mais s'il'n'y a point de consente ment exprès.certaine.. Alors l'aîné des fils a la préférence. ou* s'il n'existe aucu ne Loi . suivant les Loix que Je Peuple a établies. .. . elles suivent leur rang de naissance .

d'acquitter les dettes privées dn Roi désunt. qui n'est pas toujours héréditaire. par exemple . II ne faut pas le confondre avec le Royaume successif. L'Héritier de la Couronne n'est pas obligé . le Royaume vient à être inféodé . la succession ab intestat a lieu sur le pied où elle étoit dans le tems de la fondation de ce Royaume . c'est elle qui régie les rangs .DROIT NATUREL: 175 LXXXI. De. la succession ab intestat ne laisse pas d'y subsister sur le pied allodial qui avoit originairement lieu. sans que les Loix . LXXXIII. ou les Usages . & détermine les droits. qui ont été contractées fans son consentements il peut renoncer à l'héritage des biens particuliers. c'est un héritage séparé. cela n'influe point sur celle de la Couron ne. LXXXII. c'est pouvoir succé der au Royaume .là les Loix qui réglent ces successions auroient changé. Cependant un Royaume héréditaire ne fait pas partie des biens particuliers d'un Roi . Dans un Royaume où l'on succéde par droit héréditaire . y mettent aucun obstacle. par exemple. Le Royaume héréditaire eít Celui où la succession est réglée comme dans les hérita ges. On peut donc succéder aux uns fans succéder aux autres. LXXX1V. Si.même ceux H 4 qui . Etre habile à régner . La vo lonté du Peuple en décide . & quand même depuis ce tems.

LXXXVIII. par exemple . . Tels font. qu'après l'extinction de cette ligne. il n'y a que ceux qui sont nés suivant la te neur de ces LoiX qui puissent régner. La succession linéale est celle où le Royaume passe continuellement de l'un à l'autre en ligne droite. LXXXVI. peut faire cette Loi. LXXXV. ne font pas admis à la succession au Royaume. Dans cet ordre de succes sion. c'està-dire. qu'ils font censés avoir reçu le Ro yaume. escendans: mais cette volonté du Peuple: n'eít pas présumée. qui déterminent leur habileté à succéder. Le Peuple.. les Bâtards. les morts font réputés vivans. qu'au défaut des mâles la Couronne tombera à la plus Sroche parente du premier Roi. íi la Loi Civile les excluoit du droit d'héri ter dans le tems de la fondation. eu fondant un Royaume suc cessif. & le transmettre à leurs enfans. sans parvenir aux branches collatérales. Dans un Royaume successif .Ì76 PRINCIPES DU qui par le droit de la nature auroient la iùccession ordinaire des biens ab intestat . Si le Peuple établit certaines Loix par rapport à la naissance des Enfaus des Rois. LXXXVII. ou à ses. où les Fem mes ne parviennent au Thrône qu'au dé faut des mâles . á-mohis qu'il n'y ait des raisons manifestes qui Pindiquent. les renonciations des fem mes font inutiles. C'est } .

pére . ce qui peut avoir lieu de deuxmaniéres^ ou en égalité de droit avec les. quoiqu'hé-. . me dans un Royaume successif. quand les Femmes y font' admises.. son Grand. en le privant de: la Couronne. mais il n'en est pas de-mê-. de succession.DROIT NATUREL _ Vft> C'est ainsi que l'Arriére -petit . H 5 ré--.ment du dernier Roi. XC. Dans un Royaume patrimonial. Chatramites . Chez les.con traire cognatique..ce n'est pas le fils du Roi qui lui succéde c'est le fils de la sœur du Roi.4juandl les Femmes & leurs desceudans font exclus à perpétuité. Telle est la succession> au Thrône de France. Na tion Arabe la Couronne appartenoit au' premier Noble qui naifloit après l'établiile. qui pourroient encore. Nous supprimons le détail des exemples. ou seulement au défaut des mâles.fils d'un Roi1 succéde à son Bisayeul . Elle est au. un Roi! peut deshériter son fils. mâles .& son Pére. avoir lieu. LXXXIXLa Succession linéale est agnatique . II résulte évidemment de -là que cedroit des íucceffetirs au Royaume ne leur' vient pas du Roi dont ils descendent. & en géné ral la succession va toujours aux fils des fil--lès des Rois. mais du Peuple qui a établi une semblable Loi. Dans le Malabar ? par exemple. étant censés lui avoir transmis le Royau me.aussi-bien que celui de plusieurs autres or dres de Successions . quoiqu'ils n'en ayent pas joui eux-mê mes.

ou abdication ne peut préjudicier à eeux qui sont déjà nés. & l'espérance de ce droit par la seule conception dans le sein maternel. il va devant les autres. Cela a lieu dans toute» les maniéres de succéder . & pour ses enfans qui ne font encore ni nés. ni même conçus \ mais son abdication n'est pas valable par rapport à ceux qui existent déjà de l'une ou de l'autre maniéré.déterminé dans la fondation du Royaume. le Royaume même. Un Fils de Roi deshérité n'a pas les Biens propres . ni ceux qui 'font déjà conçus de cette espérance. x XÇL Dans un Royaume successif le droit de succéder s'acquiert par l'ordre de la nais sance. il ne peut renoncer à ce droit que de la maniére suldite.Î78 P R I N CTP E S D U léditaire. < ' Dans toute efpéce de succession le fils nè avant l'acquifuion de la Couronne est préférable à celui qui est né depuis & pen dant la Royauté . II en est de-même de celui qui ne régneroit pas en core. II en est de -même du petitfiîs. Or la volon té des 'Parens ne sauroit dépouiiler les enfans nés de ce droit. dèsqu'il n'est pas patrimonial. ni à leur posté> lité. mais il a les Biens Ro yaux. XCII. fi3»r à-moins que le droit de représentation n'ait . aucune renon ciation .^ né du fils aîné . Ainsi un Roi peut bien abdiquer le Royaume pour soi . mais qui auroit le droit à la succes sion. à-moins que le contraire a'ait été.

. oui ceux qui font chargés de soutenir ses droits. la Guerre n'est point ura moyen propre à décider les controverses pair sapport à la succession au Thrône.. ou des Chefs. ni le Peuple.. qui peu vent la décider. mais les deux parties font obligées à rechercher les conditions d'ac commodement les plus convenables. En général. à-moins qu'originairement le Peuple ne se fût réservé ce droit.. Ainsi il feut pour accommoder ces différends suivre les mêmes routes par lesquelles on parvient clans l'état naturel à terminer les diiférendsi fiir les cas douteux. XCIV. XCVI. xcv. Alors le Peuple . que quand l'autre resuse de prêter l'oreilie à toutes les conditions de cette nature. H 6 ne fa. Dans une République mixte le droit dí» Chef. 17$ n'ait pas lieu dans les Contrées où le cas ar rive. Ceux qui font en dispute sur le droit de succession n'ont point naturellement De droit de guerre . Lorsqu'il s'éléve quelque controversefhr l'ordre du droit de succession . fans qu'aucun en soit pos sesseur. Quand il y a plusieurs compétiteurs à: tin Royaume .DROIT NATO R EX. est déterminé par lts. ce n'est ni le Roi actuel. L'une: des parties n'acquiert le droit de guerre. XCXII. le Peuple ne doit point accorder des secours à l'un préférablement à l'au tre. Loix fondamentales.

Et de . Quand dans le Royaume susdit.là son successeur. les droits du nou veau Roi peuvent être étendus . mais il ne peut être.tto PRINCIPES DU ue doivent point souffrir que ces Loix fon damentales souffrent aucune atteinte de la part de ceux qui gouvernent XCV1L. à chaque élection . diminué : au-lieu que dans un Royaume électif . le droit du successeur peut bien être augmenté par la Capitulation . il n'est pas obligé pour cela de l'accorder à ses successeurs. il n'o blige point par. Dans un Royaume successif légitime. Maniére. Constitution soit bien réglée il faujt metr .. Pour que cet te. le Peu ple accorde plus de droit à un Roi que ne le permettent les Loix fondamentales. de régler un Etat*. même malgré le Peur fle- C H A PITRE III. si un Roi renonce à quelqu'un de ses droits . £ LA Constitution d'un Etat.même . De la. ou par de nouvelles . mination du moyen par lequel on arrive à la fin de cet Etat. qui peut revendiquer ce droit.Loix fondamentales. c'est la déter^. ou restreints arbitrairement. XCVIII.

& que ceux qui voudroient violer ces Loix. avecplus de succès qu'ils ne pounoient le faire dans l'étaí. &. à leurs taknSj en un -mot à leur aptitude pour les effets qu'on vient d'indiquerK. Z \fc . commodes & agréa bles à. ÏSTc II convient qu'il y ait dans un Etat au tant de Citoyens qu'il en faut pour procurerles choses nécessaires. La Constitution d'un Etat doit de-plus être telle que ceux qui se trouvent disposés à observer les Loix Naturelles y soient fa vorisés . L'Etat doit donc fournir à ses Membres des moyens de se perfectionner eux & leur état . & qui lesmerte à l'abri de la crainte de toute violence externe.. i8i mettre les choses sur un pied qui procure' aux Citoyens les choses nécessaires. c'est-à-dire.DROÎT NATUREL.la. à son bien commun. mais à leurs qualités. en réunissant leurs efforts .la vie. pour avancer de concert leu» félicité .. soient reprimés. Pour cet effet on introdnit l'obligation civile dans les cas où l'obligation naturelle ne sussiroitpaspoiiB empêcher les actions contraires à. naturel. H.. & pour se maintenir contre les atr taques du dehors.fin de l'Efat. com modes & agréables à la vie. qui ne produit pas par elle-même ces effets . m. II ne faut donc pas simple ment faire attention à la multitude des Ci toyens.

VIL Lorsque la multitude des Citoyens d'un Etat ne leur permet pas d'avoir au-moins le nécessaire. aussi-bien que ceux dont le secours est nécessaire pour la défen se de l'Etat . d'Art. d'aller ailleurs.. mais encore par rapport à quel que ordre particulier de Citoyens . on est en droit d'exiger d'eux un dédommage ment du tort que l'Etat souffre . com modes & agréables . il est permis à ceux dont la République peut se passer pour Pavancement du Bien public. qu'il en résul te un défaut des choses nécessaires. lorsque quelque ordre parti» eulier de períonnes utiles à l'Etat. qui vou draient transporter leurs biens ailleurs .Sb PRINCIPES D U V. Quand le nombre des Citoyens est trop petit pour le Bien. le Chef doit être at tentif aux moyens de l'augmenter. De-même on peut retenir dans le Païs ceux qui se distinguent dans quelque genre de Science. dont le trop grand nombre seroit préjudiciable aux autres. en les per dant. Mais l'Etat n'est pas obligé d'accorder la même permission aux Citoyens riches. D'un autre côté le nombre des Citoyen» ne doit pas être si grand. man que . ou n'est pas assez nombreux. VI. public . &c. à-moins qu'ils n'en mettent à leur place d'autres qui y soient aussi propres^ VUL . & cela non seulement en général. II enest de-même. & surtout pour lajéfense de l'Etat.

ou qui font nés de perfión* nes venues d'ailleurs. '. . Quand un Etranger devient Membre de l'Er tat .. IX. i8j VIII. d'accorder ou de resu ser le Droit de Bourgeoisie à un Citoyen. de statuer à quelles con^ ditions. par exemple . 11 dépend uniquement de la volonté du Peuple .11 n'y a aucun Citoyen qui ne puisse quitter l'Etat . & en cas d'octroi .est le Droit dont les Citoyens jouissent. . qui voyagent . --. qui vien nent d'ailleurs . . WL Outre les Etrangers habitans . ou ne font qu'un. il y a des Etrangers à tems . séjour de quelque tems . dèsqu'il a le consentement du Supérieur. ili ne l'acquiert pas. pour des affaires de Négoce.. On leur. S'il km naît des enfans pendant ce séjour. ceux qui sont nésde Partns qui avoient le droit de Bour geoisie dans le lieu où ils habitent. oppose les Etrangers . Le Droit de Bourgeoisie . ou l'Indigénaf. il acquiert ce droit : mais si on lui per* met simpJement d'être habitant du Païs.DROIT NA TUREL. c'est ce qui n'est . & avec quelles prérogatives. Mais sortir du Païs par trou pes .jamais permis que dans les cas d'une extrême disette. ou de celui auquel le Peuple a remis ion autorité . XI. X. Advenas . ils . on charges. On appelle Indigénes.

il faut déterminer dans de justes proportions le prixv . ne croupissent dans Foisiveté . en un mot l'avancement de tout ce qui peut améliorer le fort des Citoyens. il peut lui resuser le pri vilége d'habitant. acquérir au* moins le nécessaire. XIII. C'est à lui à procurer la multiplication de tous les ou vrages de FArt & de L'Industrie . ne manquent pas d'ou* vrage. autant qu'il est pos sibles que dans un Etat chacun puisse.la suflilance des choses nécessaires à la vie.PRINCIPES D. ni Habitans du lieu. la culture des produétions naturelles. XIV. Pour cet effet. mais ils appartiennent à l'Etat dont kurs Parens sont membres. II faut faire ensorte . sont aussi étrangers. Les enfans nés depuis qu'on a quitté . XV. Cela lui donne le droit d'empêcher que ceux qui ont des forces íuffiíantes' pour travailler .Etat à pourvoir à Pàbondance . C'est au Chef d'un. de leur naissance . II dépend. Et en général on perd par -là tous les droits dont ©n jouïssoit comme Citoyen. comme d'un autre côté il doit veiller à ce que ceux qui peuvent & veu* veulent travailler. Quiconque quitte formellement l'Etat de Citoyen devient étranger . & son retour ne le fait pas rentrer dans ses droits. du Peuple de les lui rendre } & bien loin d'y être obligé . ou du moins à. par ses soins & par son travail . U ne sont ni Citoyens .

d'une maniére dont les dépenses ne soient pas trop onéreuses pour les Parens. XVIL Ceux qui sont propres à perfectionner les Sciences & les Arts. XVIII. qu'ils y soient préparés . & qu'onprenne soin de ceux pour lesquels les Parens ne font pas en état de faire les dépen sés nécessaires.. doivent être fa vorisés & encouragés en toutes maniéres. 185 prix des travaux . II est à-propos aussi de régler par rap port à chaque Profession le nombre de ceux qui l'embraffent. des ouvrages & des den rées. à quoi ils doivent joindre les connoissances néces saires pour le genre de vie auquel ils se des tinent. & à la pratique des de voirs envers cet Etre Suprême .DROIT NATUREL. XVI. envers les autres hqmmes. 11' faut prendre soin que les enfans soient instruits. qu'ils soi ent destinés au genre de vie auquel ils sont propres . dans toutes les choses dont Ja conrroilTànce eit nécessaire & utile. st faut détourner dï leur dessein ceux qui voudroient embrasser des vocations qui ne leur conviennent pas. & envers soi-même. L'Etat peut même contrain dre les Païens à faire donner à leur enfans les . Un des premiers foins dans un Etat doit être que les Citoyens soient formés à la crainte de Dieu. comme en général tous ceux qui se distin guent dans quelque genre que ce soit. Et d'Un autre côté.

Les Ecoles sont des lieux établis par F Au torité publique . à lire. & d'y tenir des Précep teurs & des Profeíïeurs. ou Régens: ceux qui enseignent dans les Académies . II y en a de publics . qui ayant les talens & les qualités propres à leurs fonc tions . On donne le nom de Précepteurs à ceux qui vaquent à l'instruction des Enfans. Et afin de s'assurer qu'ils remplis sent leurs. à leur faire apprendre . XIX. on procure aux Sciences & aux Arts tous les progrès cou . à chiffrer. à écrire . que chacun peut prendre dans fa maison pour fes enfans. &c. XX. dans les choses qu'ils doivent savoir. ou Universités. devoirs . Dans un Etat bien réglé. XXI. XXII. Ceux qui enseignent dans les Ecoles in férieures . que l'Etat entretient. & de particuliers . & des Académies. II convient d'établir dans un Etat des Ecoles. y joignent la diligence & les bonnes mœurs. où l'on instruit les en fans . Jes adolescens & les jeunes -gens. conservent le nom de Précep teurs. où l'on enseigne le* Sciences à la Jeunesse.i86 PRINCIPES D_U les instructions publiques qui sont établies. Ces derniéres s'ap pellent aussi Académies . par exemple . 11 y en a de supérieures. certains Supérieurs doi vent y avoir l'œil. ont celui de Professeurs. 11 y a des Ecoles inférieures pour les enfans.

187 continuels qui sont possibles. où elles ayent leur vé ritable liaison . ce font ces Compagnies qu'on nomme Sociétés de Scien ces . réduire dans un ordre systématique.XXIV*. & il faut lui ajoindre des Directeurs d'une capacité assor* tissante. ou parmi les Savans qui y parviennent par leurs recherches. . Ces Réglemens doivent être ob servés exactement. d'examiner les preuves de ces vérités. ou Statuts. ?.même ausli versé qu'il est possible dans toutes les Scien ces & dans tous les Arts . 11 doit être lui. Toute Société des Sciences doit aussi avoir des Loix. & lorsqu'elles sont parveHuës à la certitude. d'en déduire de nouvelles vérités . Les occupationsprincipales de semblables Sociétés consistent à rassembler les vérités utiles répandues dans les Ecrits qui se publient . Un des prin cipaux moyens pour cet effet . de les confirmer par des observations & par des expériences. . & par conséquent d'y exercer une sorte d'empire. Le Président d'une semblable Société . & qui sont établies dans la vue de per fectionner les Sciences . & de les enrichir de nouvelles découvertes. XXIII. qui prescrivent les moyens propres à conduire au but qu'elle se propose. :o . enfin de rectifier soigneusement toutes les erreurs & tous les défauts qui restent dans les Sciences & dans les Arts. de les. & c'est au Président à y avoir . c'est celui qui est chargé du loin d'y maintenir Tordre .DROIT NATUREL. .

aussi -bien qu'au maintien de la concorde entre les Membres de la So ciété. Les Membres d'une Société des Scien ces doivent avoir la liberté de philosopher. qui ne doit point être confondue avec la li cence des sentimens. à laperfection de l'Etat . XXVI. XXV. de Musique. XXVIF. instituées pour for mer d'excellens Artilles. propres a en for mer eux-mêmes d'autres dans la suite. XXVIIt Outre les Sociétés des Sciences . II convient à une Société des Sciences de s'informer exactement de tout ce qui regarde l'Oeconomie de la Campagne . & au bien du Gouver nement. II est de l'intérêt de l'Etat. afin' de juger quelles font parmi ces choses cel les qui contribuent à la connoiflance de laNature . c'est d'examiner toutes les choses qui peuvent contribuer à la conservation . des Sociétés des Arts. com me le Labourage. il y ». Un autre objet d'une Société des Scien ces.m P R I N C I P È S DU avoir lieu . aussi-bien que des détails qui con cernent les1 Ouvriers & les Artisans . ou celles qui peuvent être per fectionnées par le lecours des MathématU N ques. Tel les font des Académies de Peinture . le Jardinage. que touá ces Arts atteignent le . le foin desBestiaux . d'Ar chitecture .

Ministres . . & qu'on n'en re çoive point dans les Corps de Maîtrise qui n'ayent \í capacité requise pour leur Pro fession. doivent être en état de procurer au Peuple la connoiffance de la volonté de Dieu. Les Edifices destinés aux Assemblées où l'on célébre le Culte Divin . XXXIII. XXXII. & où les Docteurs publics vaquent aux fonc.. & qui soient en même teins les Ministres du Culte.DROIT NATUREL. Ces Docteurs publics . La Crainte & le Culte de Dieu étant les fondemens les plus solides du bonheur d'un . L'Etat doit faire bâtir & entretenir un nombre suffisant de Temples qui soient propres au Culte ... & que les méchans soient reprimés. & de diriger tout ce qui concerne le Culte Divin. de le porter tant à la pratique des Vertus qu'à la suite des Vices . soit qu'on les nomme Prêtres . Etat. tions . qui forment les hommes à cette crainte. 189 plus haut degré de perfection possible. . se nomment Temples ou Eglises. XXX. ou Prédica teurs..1 doit y avoir des Docteurs établis par Autorité publique. Le Chef de l'Etat doit avoir foin que' les sujets soient vertueux & pieux . XXXI. XXIX. Le Chef de l'Etat doit avoir soin que les Ouvriers dans toutes sortes de Profeflìons fassent bien leur ouvrage . .

190

PRINCIPES D U

tions de leur Miniítére. Car il ne convient
point à ces Docteurs de faire des assemblées
particuliéres pour le Culte dans leurs mai
sons, & le Chef de l'Etat n'est pas obligé
de le permettre.
XXXIV.
Les Fêtes font des jours consacrés au Cul
te Public. 11 en faut dans un Etat. Les
travaux ordinaires font interrompus ces
jours là, à l'exception seulement des cho
ses qui ne pourroient être négligées fans
manquer aux devoirs naturels.
XXXV.
Les Jours de fête différent entr'eux , &
cette diversité est fondée sur celle des Dog
mes qu'on y propose au Peuple. On ne doit
point négliger d'assister aux Assemblées pu
bliques qui se tiennent dans Aes Temples
les Jours de fête, & en cas de négligence
le Chef de l'Etat peut forcer les sujets à s'y
trouver.
XXXVL . - .
Puisque dans un Etat bien réglé on ne
doit pas souffrir le mépris du Culte Pu
blic, à plus forte raison ne doit -on pa»
souffrir celui de la Religion, permettre que
rAthéisme, ou le Déisme, se xépandent,&
& tolérer ceux qui en font ouvertement pro
fession. Mais d'un autre côté il faut empê
cher que ceux qui se distinguent par leur
génie & par leur science , soient exposés aux
accusations injustes d'ennemis qui cherchent
à les rendre suspects d'Athéisme, de Déis
me. &c. ;
- .
XXXVII.

DROIT NATUREL.

191

XXXVII.
Tout ce qui peut donc contribuer à ré:
pandre des opinions contraires à la Reli
gion , & aux Bonnes Mœurs , doit être soi
gneusement iuterdit dans un Etat. On n'y
doit permettre l'impression , ni la vente des
Livres où ces lentimens dangereux sont
proposés. Et pour y obvier, il est à propos
d'établir des Censeurs des Livres, qui n'en
permettent l'impression qu'après en avoir
examiné le contenu.
XXXVIII.
.
Le Chef de l'Etat doit avoir foin que
les Cérémonies du Culte Public soient con
venables au but de ce Culte , & que le
Peuple n'en abuse point; car en cas d'a
bus , celles qui y donnent lieu , doivent être supprimées. II faut expliquer le sens de
ces Cérémonies au Peuple, le diriger dans
leur usage , & ne pas permettre que qui que
ce soit ose les mépriser hautement, ou les
tourner en ridicule.
XXXIX.
On appelle Choses Sacrées celles qui font
employées au Culte Public de la Divini
té; Lieux Sacrés, ceux où ce Culte se célé
bre, & Usage- Sacré, celui qui se rapporte à
ces choses & à ces lieux. Au-contraire on
donne le nom de Chose Profane à celles qui
n'entrent pour rien dans le Culte , & leur
usage est dit profane. Suivant ces idées une
Chose Sacrée est censée profane , lorsqu'on
la fait paûer de l'usage qu'elle avoit dans le

*$0

PRINCIPES

DU

Culte à quelque autre usage étranger ait
Culte;
XL.
La Consécration est l'Acte par lequel on
destine certaines choses au Culte Public,
pour lequel elles font déformais uniquement
reservées. Si quelques Rites accompagnent
une semblable Consécration , c'est au Chef
de l'Etat à les déterminer.
XLI.
UEgltse est une Assemblée d'hommes
qui servent Dieu de la même mamire, &
qui par conséquent sont attachés à la mê
me Religion. Une Eglise particuliére , c'est
celle d'un certain lieu, comme d'une Ville,
d'un quartier de cette Ville, ou de quelque
' .Village. L'Eglise Universelle est la multitu
de de tous les hommes qui servent Dieu
de la même maniére, & professent la même
Religion, dans quelques lieux de la Terre
qu'ils soient dispersés. Chacun de ces hom
mes est membre de l'Egiise. ,
'
XLll.
. ; Les Choses Ecclésiastiques font celles qui
servent à quelque usage de l'Egiise sans êíre pourtant consacrées directement au Cul
te Divin. Tels sont les Biens d'Eglise, ou
lés Droits qu'elle peut avoir.
XLIII.
II est permis de placer dans les Temples
des Images qui représentent quelques at
tributs de la Divinité, qui rappellent le sou
venir de ses grands bienfaits , ou qui met
tent

DROIT

NATUREL.

193-

tent sous les yeux des exemples mémora
bles de piété. De telles Images sont des
choses sacrées; au -lieu qu'il n'en est pas
demême de celles que quelqu'un aurôit
dans son Cabinet , quoiqu'il les rapportât à
son Culte particulier.
XLIV.
Une Eglise , comme une Armée , tin
Collége &c. est un assemblage d'individ'aâ
distincts les uns des autres. II faut qu'il
y ait entre ces individus un Principe d'u
nion. Dans les Etats, c'est le Bien pubHc;
dans les Eglises, c'est la Communauté de
Religion. Tant que ce Principe d'union'
subsiste , le Corps demeure te même , quoi
que les individus se succédent les uns aux
autres. L'Eglifp de ce Siécle est la même
que celle du second , ou du troisiéme Sié
cle, dès-là qu'on y professe la même Reli
gion. Au-contraire le Principe d'union étant ôté , les individus se séparent , & ne
forment plus un Corps , soit de Nation ,
soit d'Eglise.
. XLV.
Par rapport aux Nations, elles sont ausfi censées périr , lorsque chaque Citoyen
est emmené en servitude , ou que l'Ëtat
entier perd ses droits & fa liberté. L'Eglise universelle périt de -même, quand la
communauté de Religion n'a plus lieu entre
ses Membres & une Eglise particuliére ,
quand le Culte Divin y est aboli, ou que
tous ceux qui célébroient ce Culte sont ex
terminés par quelque accident funeste, ou
Tome IÌI.
l
. qu'ils

194

PRINCIPES

DU

qu'ils viennent à changer.de Religion.
XLVI.
Un Peuple qui change de domicile,
& va s'établir dans une autre Contrée, de
meure le même Peuple, auíïï-bien que lors
qu'il change de Forme de Gouvernement.
XLV1I.
* Les ichoses tant Sacrées qu'Ecclésiàstiques appartiennent naturellement à l'Egliie particuliére d'un certain lieu , & demeu
rent à cette Eglise dans toute la suite des
tems , quoique les Membres s'en renouvel
lent par la suite des générations. Mais dans
tous ces tems , FEglise n'a droit d'emplo
yer ces choses, tant Sacrées qu'Ecclésiasti
ques , qu'aux usages auxquels elles ont été
destinées. Elle ne peut les divertir à d'au
tres usages, encore moins les aliéner, ni
faire quoi que ce soit au préjudice de l'Eglise à venir.
XLVIII.
Cependant , quand il y a abondance de
choses Sacrées, & disette de choses Ecclélkstiques , on peut vendre celles d'entre
les premiéres qui sont superflues , & em
ployer l'argent qui en provient à des usages
plus nécessaires à l'Eglise. II en est demê
me quand certaines choses Sacrées , qui avoient originairement leur utilité , devien
nent dans la luite inutiles.
xux.
II peut arriver aussi que la calamité des
tems diminue de telle forte les revenus Ec
clésiastiques qu'ils ne sussisent plus à l'en-.
. ". . tï&

DROIT NATUREL:

19^

tretien des Ministres , ou au soulagement
des Pauvres les plus nécessiteux ; dans ces
cas il est permis d'aliéner les choses Sa
crées.
L.
Quand on a le droit d'aliéner , on a ce-.
lui d'engager. Dans les cas susdits donc,
si l'on ne veut pas aliéner les choses Sacrées
& Ecclésiastiques, on peut du- moins les en
gager ; & il vaut mieux le faire , quand cc;
la suffit pour les nécessités présentes.
LI.
- II y a des choses Sacrées nécessaires, c'està-dire , fans lesquelles on ne sauroit va
quer au Culte Divin. Tels sont les Tem
ples. D y a des choses Sacrées utiles,- com
me les Images. II y en a de précieuses, com
me les vases d'or & d'argent , & de moins
précieuses, comme des vases d'autres mé
taux. La magnificence dans les choses -S acrées peut servir de motif à glorifier Dieu ,
réveiller l'idée de ce qui est dû. à sa gran
deur, & produire d'autres sentinìens de pié
té : ainsi cette magnificence est naturelle
ment permise.
lil
Si la nécessité oblige à aliéner les choses
Sacrées , le choix doit tomber sur ces choses
précieules , auxquelles on en substitue d'áu^
tres de moindre valeur.
lui.
Quand une Eglise vient à périr , les cho
ses Sacrées & Ecclésiastiques ne sont plus
'. . '.
I a
à.

afin qu'-clles soient propres à produire l'ufasage. . &'gaye dans la Comé die. à -moins qu'il n'y ait un Chef dans l'Etat qui ait le droit d'en disposer à son gré. faire un objet d'attention . il peut disposer de celles-ci à son gré . st le droit d'occupation n'appartient pas au Chef de l'Etat.Tragédies & les Comédies dans un Etat . dont l'issuë est triste dans la Tragédie.196 PRINCIPES DU à personne. mais on doit même en. ou en leur donnant une autre destination. Ceux qui font ces représentations se nomment AStcurs. LVII. Les exemples que four nissent ces Speéìacles peuvent être utiles pour í'instruction & pour la correction de ceux qui y assistent. On peut donc non seulement tolérer les . II y a des Spectacles qu'on nomme Tra gédies & Comédies. elles sont des moyens d'a vancer la pratique de la Philosophie Morale & Civile. LVI.. & s'acquiérent par le premier accupant. les choses Sacrées & Ecclésiastiques demeurent à ceux qui for ment la nouvelle Eglise : mais si le Chef de l'Etat a droit sur les choses qui ne sont plus soumises à aucun domaine . Une Eglise venant à changer de Reli gion. LIV. LV. Ce sont des représenta tions d'événemens . . auquel elles font destinées. en les laissant à la nouvelle Eglise.

qui la rendent à chacun.DROIT NATUREL.Tribunaux I 3 dan» / . Celles-ci cependant peuvent obtenir un certain délai. pour exposer les raisons de leurre^ fus. & demander une nouvelle décision. Dans un Etat bien ré glé. aucu ne injustice ne doit être tolérée. y LX. dèsqu'il attente aux droits parfaits des autres . il est. Chacun doit jouïr en pleine tranquillité de ce qui lui appartient légitimement. en ajugeant gain de cause à l'u ne des parties. Ils font outre cela en droit de faire exécuter leur sentence . fans acception de personnes. Le devoir des Juges est de se mettre exactement au fait des causes qui font por tées devant leur Tribunal f & de pronon cer ensuite. & de préposer des Juges habiles & intégres. & en condamnant l'autre. L1X. II y a outre cela des Tribunaux d'Appel. Pour arriver à ce but. II con vient qu'il y ait de semblables. Le Chef de l'Etat doit procurer à tous les Citoyens une sûreté parfaite contre tou tes sortes d'injures. personne ne doit être souffert . 197 LVII.~ auxquels celui qui se croit lésé par la sen tence du Juge peut porter ses plaintes. essentiel de bien régler l'administration de la Justice. en y forçant à Vobéissance les parties qui resusent de se soumettre. LVIII.

*o3 P R I N C I P E S D U dans un Etat. Cependant. elle lui en ôte du moins l'exercice. la guerre entre les Particu liers redevient permise. Mais dèsque le Juge paroît. ou qu'il soit trop éloigné . On ne doit point souffrir dans un Etat. aux voyes de fait que le Ma gistrat employé pour se faire obéir. Mais quand ils ont pronon cé en dernier ressort. & décernent les peines que mé ritent les coupables. ou qu'il refuse de nous écouter. LXII. c'est-à-dire. LXL Les Juges prononcent non seulement sur les Affaires Civiles . de guerre entre les Particuliers. & qu'il veut prendre conDoiffance de l'affaire . la partie condamnée ne peut plus se dispenser de l'obéissance . mais aussi sur les Affaires Criminelles . LXIU. LXIV. Si la For me des Sociétés Civiles ne prive pas l'homme du droit de guerre qu'il avoit dans l'Etat Naturel . 11 faut auffi éviter toute guerre particu . sans s'exposer à ce qu'on appelle Yexécution. lorsqu'il y a des cas où l'on ne l'auroit implorer le se cours du Juge . la guerre entre Par ticuliers cesse. Ces cas ont lieu quand on ne sauroìt attendre le secours du Juge fans se met tre dans un danger éminent. soit qu'il n'y en ait point dans la Contrée où nous nous trouvons . & Toblige d'y substituer le recours aux Tribunaux.

qui peut les faire rentrer dans l'ordre a s'ils en sortent. auquel ils sont comptables de leurs actions . il y en a ftìrriparables. aùlieu que la chose est impossible à l'égard des autres.uc . LXVI. LXVII.DROIT NATUREU 199 Itére. ou pour maintenir fa réputation . Tout le Corps de l'Etat est considéré comme une personne morale : d'où résulte 1 4 q. & alors le coupable ell obligé à réparer ce qui peut l'être. Les Juges font des Magistrats qui ne rendent pas la justice en leur propre nom . pour décider les dis putes . II peut aussi y avoir des injures. ou en appellant à son secours des personnes qui nous tirent du danger. on employe les punitions. II y a des Injures réparables. LXV. A l'égard des premiéres . en core moins pour faire parade de fa bravou re ou de son adreífe. en partie réparables . & à en durer punition pour le reste. Ja réparation remet les choses sur le même pied où elles étoient avant l'offenfe . LXVIII. & en par tie irréparables. lorsqu'on peut le faire par la suite . & par conséquent n'est pas un moyen con venable dans un Etat. Tout Duel est une guerre entre Particuliers. &. Au défaut donc des réparations. On fait ce que c'est que les Duels. máis qui l' exercent au nom d'un Supérieur.

. LXX. ou telles autres omises. ce qu'ils doivent faire .. est défendu. ' LXXII.s proprement.quand il n'y a que de notre faute . fans des sein. & ce qui leur. Car si le Chef de l'Etat se bornoit à déclarer que telles choses doivent être faites. tacitement permis. c'est un quasi malfait. LXXI. :.& l'on appelle Crime ce qui blesse tout le Corps de l'EtauOú bien on distingue en tre Délits particuliers . Quand la Loi Civile permet expressément des choses qui font naturellement illicites. elle accorde seulement l'impunité à ceux qui les commettent. une Loi. on ne . elle ne donne pas pour cela un véritable droit de les faire . est censé attaquer tout le Corps. . -fans ajoûter à quoi s'expoferoient les refractaires. LXIX. Un Malsait est une action injurieuse ou dommageable . commise à dessein : mais .Tout ce que ces Loix n'ordonnent ou ne défendent pas expres sément. Un Malfait qui ji'a qu'un particulier pour objet est nomme Délit .aoo PRINCIPES DU que celui qui attaque quelque particulier. & Délits publics. qui adroit de l'en punir. . . pour en prévenir la transgression. est censé..II faut qu'il y ait dans un Etat des Loix qui déterminent ce que les Citoyens peu vent faire .. Les Loix doivent être accompagnées de peines sussisantes . ce ne íeroit pa.

LXX11I. U peut être pour un tems . ou une confis cation générale de tous les biens & droits. Quoique les héri tiers souffrent de cette confiscation . Les premiéres font. II y a ou tre cela les flétrissures. ou de quelque autre Corps. pour les appli ques au profit du Fisc. La confiscation» des biens consiste à en priver le particulier auquel ils appartenoient . ou une amende qui consiste à fournir une certaine somme d'argent. ou elles lui infligent quelque douleur en son corps. On appelle Fisc le Trésor où entrent les revenus des biens propres & privés du Roi. LXXIV.sujets. Les Peines consistent principalement en deux choses . ils ne font pourtant pas à proprement parler pu nis. ou dumoins d'un certain Territoire. ou un bien sus ceptible d'estimation pécuniaire. Le Bannissement est une peine qui condam ne le coupable à sortir d'un Etat. mais ils ressentent un mal à l'occasion du crime de celui dont ils doivent hériterLXXV. ou perpétueL LXXVI. que comme une instruc tion qu'il a voulu donner à ses. La Déportation est une peine qui condani1 5. qui privent le cou pable de fa réputation. On dit aussi Fisc d'un Collége. »e . ou elles privent le coupa ble de quelque bien qui lui appartient .DROIT NATETRBD tel île pourroit regarder cette déclaration de la volonté du Chef.

c'est celle qui cause quelque douleur corporelle . pendaison. La Prison est un lieu clos. marques au fer chaud &c. celle qui pri ve un nomme de la vie. comme le carcan. crucifixion . LXXVII. II y a décollation. Ces divers supplices peuvent être allégés . LXXXL . non seulement on le roue vif. LXXIX. & même après la mort. mais de laquel le la mort ne s'enfuit pas. On étrangle quelque fois un homme. la pri vation de la sépulture . sustigation. Une Peine afflictive . on brûle. on tire à quatre chevaux . & quelquefois .. Enfin il y a des Peines dites infamantes 9 parce que l'ignominie y est jointe. Elle porte aus si le nom de dernier supplice.toi PRINCIPES DU ne le coupable à être transporté malgré lui dans quelque lieu éloigné & desagréable. mais on le tenaille auparavant. d'où le coupa ble ne sauroit sortir. & cette peine peut être pour un cer tain tems. d'où il ne lui est pas permis de sortir. LXXX. LXXVIU. ou aggravés par di verses circonstances. Elle peut servir de pei ne . mutilation . avant que de le rouër. II y a auísi une extrême variété dans ces peines. en un mot les hommes n'ont été que trop in génieux à cet égard. Le genre de cette peine varie presque à l'infìni. ou la sépulture qu'on nomme deshonnête. on no ye. On appelle Peine capitale . ou perpétuelle.

DROIT KATURÊ.L.

tcr

LXXXI.
Nous appelions Peines civiles,. celles qui
s'infligent pour quelque délit privé ; & Pei
nes publiques , celles qui s'infligent pour quel
que délit public. II y a aussi des Peines ar
bitraires , ou extraordinaires , qui ne sont
pas déterminées par les Loix , ou par les
Coutumes.
LXXXILLes peines que l'on inflige aux coupables
doivent être exemplaires ; & c'est pour cet
estet qu'on les accompagne de toutes les cir
constances qu'on juge les plus propres à fai
re impression sur í'eíprit des spectateurs.
LXXXIIL
Un Délit, ou Grime, est censé plus ou
moins grave , à proportion du dommage
cju'il a causé, ou du péril dans lequel il a
jetté. Et c'est là-dessus qu'on régie la pro
portion des peinesi .
LXXXIV.
Les crimes contre l'Etat font plus gra
ves , & demandent des punitions plus sévé
res que ceux qui ne regardent que les par
ticuliers.
LXXXV.
Quand en commettant une mauvaise ac
tion on auroit eu en vuë un moindre mal
que celui qui en résulte, on est relponsable
de ce mal dans toute son étendue.
LXXXVI.II y a des circonstances aggravantes dans
les crimes , qui aggravent les punitions.
Telles' sont le guet-à-pens , ou propos dé.
16
libé

âo4

PRINCIPES

DU

libéçé , les brigandages, les rechutes, ou
actes fréquens, & surtout les crimes com
mis gratuitement , qui ne sauroient être as
sez punis. On fait auflì attention aux qua
lités personnelles du coupable. L'ignprance, la pauvreté d'autres états semblables diminuënt les crimes, au-lieu que les états
contraires les aggravent.
LXXXVII.
Les peines n'ayant pour. but que de
détourner des mêmes crimes ceux qui voudroient les commettre , elles ne font per
mises qu'autant qu'elles se renferment dans
les bornes de ce but; ainsi , qúand des pei
nes d'une certaine force sussisent , de plus
fortes font illicites. Mais si l'on ne peut
venir à bout de reprimer certains .crimes,
fans y employer des peines capitales , elles
font alors licites.
LXXXVIII.
On appelle Peine du talion celle qui in
flige au coupable précisément le même mal
qu'il a cauíé ; œil pour œil, dent four dent.
Cette peine n'étant autre choie qu'une
vengeance , est défenduë par la Loi Natu
relle. U n'est pas d'ailleurs toujours néces
saire que le mal de la peine soit précisément
égal à celui du crime ; il peut être plus
grand, ou moindre, suivant que le but de
la peine l'exige. Or ce but ne peut jamais
être que la correction du coupable , ou l'exemple proposé aux autres.
LXXXIX.
Les actes internes ne sauroient jamais ti
tre

DROIT naturel:

2©s

tre punis , quoiqu'ils soient même parvenu»
dans la suite par quelqu« aveu à la connoifsance des autres.
- '
XC.
Les errans ne peuvent être punis pour les
erreurs ; mais ils deviennent punissables,
s'ils veulent les répandre. Cela est applW
quable aux Athées , aux Déistes , & à tous
ceux qui ont des opinions contraires à là
Religion, ou aux Bonnes Mœurs.
XCI,
Tous ceux en général qui font dans un
Etat des choses qui n'y font pas permises ,
se rendent punissables.. XCII.
Dans un Etat bien réglé, on ne doit pas
souffrir que les Théologiens, ou Docteurs
publics , se diffament & se persécutent les
uns les autres pour quelques différences
d'opinions ; & ceux qui s'opiniâtrent à te^
nir cette conduite, méritent punition.
XCIII.
Toutes les injures , réelles ou verbales i
font punissables. II ne doit pas être permisaux Concitoyens d'un Etat de proférer
des paroles injurieuses les uns contre les au
tres. -.'..;...
XC1V.
- Dans I'Etat Naturel, un particulier n'a
pas droit d'en punir un autre , pour une
action vicieuse quelconque , qui ne fait
tort à personne. Mais dans un Etat Civil
on punit les actions , qui bien- qu'elles ne
blessent personne en particulier peuvent a1 1
yoiç

ȣ

PRINCIPES DU

voir des conséquences par rapport au Corp»
entier de la Société. On punit encore un
vice qui ne fait tort qu'à celui qui s'y li
vre, afin d'empêcher les autres de suivre
son exemple. En général le Chef del'Etat
peut défendre & punir tous les vices hon
teux.
XCV.
Les coupables étant reconnus & décla
rés dignes de punition, on doit la leur in
fliger, à -moins que des raisons particulié
res n'obligent à les remettre entiérement,
ou à les mitiger. Le Chef est autorisé à cet. te remission, ou mitigation, mais il ne doit
jamais l'accorder fans raison sussisante.
XCVL .
Le Chef de l'Etat peut reeonnoître le»
bons services que certains particuliers ont
rendus à l'Etat, ou à lui-même, non feu
lement en faisant du bien à ces particuliers
eux-mêmes , mais encore en transmettant la.
récompense à leurs enfans , où à leurs parens ; ou bien, dans les cas qui mériteroient
punition, en la remettant, ou en la mitigeant , à cause des services précédens , soit
des coupables mêmes, soit de leurs Péres,
Ancêtres, Parens &c. La grande espéran
ce qu'on peut aussi avoir qu'un sujet actuel
lement coupable & punissable, rendra dans
la suite des services considérables à l'Etat,
peut être un motif sussisant de remission , ou.
de mitigation.
XCVII.
; Les Peines décernées par lesLoix, doi-i 1
vent

DROIT NATUREL.

ao?

vent être connues des sujets. S'il étoit
facile cependant à un délinquant de prévoir
la grandeur du dommage qui résultera de
son' action , il est punissable même avant
Pexistence de la Loi. Cependant son cas elt
plus favorable pour la remission, ou pour la
mitigation.
XCVIII.
Les Enfans ne fauroient être punis à cau
se des mauvaises actions de leurs Péres, ni
les Péres à cause des mauvaises actions de
leurs enfans , ni les parens pour leurs parens, ni les héritiers pour ceux dont ils hé
ritent.
XCIX.
Une Femme enceinte ne doit point être
punie du dernier supplice avant qu'elle ait
mis au monde l'enfant qu'elle porte.
C.
;
. . )
Quand les Enfans ont, ou peuvent at
tendre quelque chose sur quoi ils n'ont
pas un droit propre , mais qui est fous le
domaine du Roi , ou du Peuple , & qu'on
les en prive à cause du crime de leurs Pa
rens , ce ne font pas les enfans qui font
punis, ce sont les Parens qui reçoivent Ja
peine dans leurs enfans. Cependant il ne
faut en venir-là, que quand les Parens se
font rendus coupables de crimes extrême
ment graves.
CL
On peut, après le. supplice des criminels,
laisser leurs cadavres exposés fans sépulture
aux
p . yeux du Public
CIL?

*o8

PRINCIPES

1ÏU

CH.
Personne ne sauroit être puni pour une ac
tion qui ne peut lui être imputée , ou audelà de ce qu'elle peut lui être imputée.
Ainsi, par exemple , tout ce qui se commet par
une ignorance invincible, en rêvant, dans
la folie, dans la sureur &c. ne peut êtreinvputé , ni puni.
cm.
Les actions commises dans l'yvrefle sont
imputables, à proportion que l'yvresse ellemêmeTest.
CIV.
La conviction doit toujours précéder la
peine , & le prévenu ne sauroit être puni ,
qu'après que son . crime a été sussisamment
prouvé.
CV.
Quiconque avoué lui-même son crime ,
peut être puni sans autre délai , à-moins qu'il
n'y ait quelques circonstances particuliéres
qui engagent à mitiger,. ou à aggraver la
peine portée par la Loi.
\CVI.
Avant que de condamner un- coupable
qui avoue son crime, il faut lui permettre,
surtout s'il s'agit d'une peine considérable
ou capitale , d'alléguer tout ce qui peut
tendre à fa décharge; & il ne sauroit être
puni qu' après que fa défense a été ouïe ,
ou qu'il a reconnu qu'il n'avoit rien à alléguer
pour sa défense.
CVII.
Quand il n'y a point de preuve sussisan-:
te

mais cependant il en reste. pour qu'il ne tienne plus qu'à fa propre confession plus forte raison . Pourl'ordinaire le crime y résiste. Ainsi on peut dire que la Torture est naturelle ment illicite . & l'innocence y succombe. lors que la Torture est une peine plus grande que le crime même dont il s'agit. &. qui . d'une malice reconnue. Supposé . . quand on n'a encore aucuns indices. quand il ne s'agit pas d'un crime pu nissable par une peine capitale 1 3. & qu'enfin il ait un corps sain & robuste .consiste dans des tourmens cruels & insup portables. Ces cas exceptés. 9 CVIU.la négative . il n'en reste guéres. par exem ple . lorsqu'il y a lieu de présumer que le pa tient mentira plutôt que de souffrir : 2. qu'il s'agisse d'un crime diamétralement opposé à la sûreté publique . aoç te pour la conviction . c'està-dire . on peut employer la voye des tourmens BQur lui arracher la confeflìon. que le prévenu soit fort suspect. ou du -moins qu'elle l'est I. ou en gé néral. & que i'accusé per siste dans . souffrir. on la présente. Avant que d'ap pliquer à la Torture. il faut employer les moyens les plus propres à en tirer l'aveu de son crime. quand il n'y a pas encore assez de degrés de proba bilité contre I'accusé. Cependant ces moyens ne font rien moins que propres a trouver la Vérité. qu'on effraye l'accuíé en le mena çant de la lui faire. infligés à I'accusé pour le for cer à confesser ses crimes. On s'est servi presque en tout tems & en tous lieux de la Torture .DROIT NATUREL.

& le mettre en pri son. & il ne faut pas y recourir. On ne doit mettre personne en prison qu'il n'y ait des raisons probables qui le rendent suspect.e peine capitale . la torture spirituelle n'est pas ua moyen assez sûr pour découvrir la vérité . ou infamante. bannissement. c'est le serment purgatoire déféré par le Juge à un accusé . par exem ple . CIX. CX. & dans le der nier cas . on ne doit rien négliger pour le dér couvrir. Que s'il s'est caché. S'il s'agit d'un crime qui mérite une peine capitale . quand on l'a décou vert . il ne faut pas différer l'exécutioa de la peineCXI. ! : Quand il est constant qu'un crime a été commis. par lequel il le somme de déclarer qu'il n'a pas fait ce dont on l'accuse . dans le cas duCXII. ou . ou . ou l'attraper.«no P RI N C I P E S DU - ' CVHI. Dèsqu'un crimemirit. II n'est pas non plus besoin de mettre en prison celui auquel la peine peut être infligée . Un criminel ne doit être détenu en pri son que jusqu'à ce que la sentence du Juge Tait absous. ou condamné. ou qu'il ait pris suite .que les choses qu'il avance pour fa justifica tion font vrayes. il faut donner tous ses foins à dé couvrir le coupable. 11 y a une Torture fptritudh . ou afflictive . comme absent. on doit le saisir .

est condamné par le Juge à une peine . . au s aílicìoire. Cette sûreté con tre l'emprisonnement . ou à souffrir la torture . le Juge doit lui accorder fa demande sur la caution qu'il fournit de se présenter en jugement. afflictive . Dèsque celui qui avoit le faufconduit . plutôt que de demeurer exposé à une sem blable peine. Le second accorde l'un& l'autre de ces droits . Le premier n'accorde que le droit de comparoître en jugement. & défendra sa cause en personne pourvu qu'on lui donne des sûretés contre í'emprisonnement. CXIII. II paroît d'abord dur de pu nir ainsi quelqu'un pour le crime d'un autre. -Si un coupable . & qu'étant absent il promette au Juge de se présenter lorsqu'il fera cité . se nomme Saufconduit. s'en fuit de la prison . & de s'en retourner aussitôt en sûreté.DROIT NATUREL. l'autre n'étant ainli nommé que d'une maniére impropre. On le distingue en général & spécial. il faut emprisonner Je criminel. soit capitale . On peut même mettre en prison un té moin qu'on soupçonneroit de vouloir pren dre la fuite. & c'est le saufconduit proprement dit . mais dans certains cas Tintérêt de la Répu blique le demande. ou un prévenu . cxv. car il est à présumer qu'il s'ensuira toujours. sans y joindre celui de demeurer dans Je lieu au-delà du jour mar qué pour le jugement. CXIV.

Ainsi il ne peut être accordé que dans les cas où le crime est encore incertain. Si donc l'accusé vient à confesser son crime . & de le priver d'une sépulture honnête. CXXL . on différe l'exécution de fa peine.2ia PRINCIPES DU le saufconduit cesse. qui avoit avoué son crime . pendant la durée des infor mations . il peut être aussitôt conduit en prison . vient à commettre un crime pour lequel il convienne de l'emprisonner . CXVII. autant que cela est possible. Si les témoins-qui ont déposé dans une affaire criminelle . oú qu'il l'avouë lui-même. jusqu'à ce que la choie soit éclaiïcíe. L'exécution d'une peine capitale. cxx. . ou qui en avoit été convaincu. doit être différée à l'égard d'un cri minel qui est attaqué d'une maladie violente. C XVIII. l'e xécution de la peine doit pareillement être différée. CXIX. ce saufconduit ne sauroit l'en garantir. il est permis de l'infliger à son cadavre . malgré son saufconduit. & lorsque son saufconduit a enco re force . font accusés de faux. Quand un coupable . vient à mourir avant que d'avoir pu souffrir la peine capitale qu'il méritoit . Lorsqu'un coupable condamné devient suspect d'un plus grand crime . jusqu'à ce qu'on ait jugé cette nouvelle affaire. CXVI. Si un accusé. ou afflictive .

CXXIV. II n'est pas permis de donner une sépul ture deshonnête aux athées . ou un amour insensé . de la mélancolie . . & aux gens fans Religion . On diffère la peine . aij CXXI. tant qu'on a dessein de découvrir & de convaincre de nouveaux complices du crime.. ou le complice d'un crime. & se soient obstinés à le faire. -i . Ceux qui se tuent eux-mêmes. C'est un des moyens les plus propres à découvrir la vérité. suivant que les circonstances le suggérent. du délire . ou qui produisent dansl'esprit des patiens des idées convenables à leur situation. & combien il mérite d'être détesté . & leurs corps tiaittés avec ignominie. CXXII. CXXV. à-moins qu'ils n'ayent répan du leurs erreurs . des circonstances propres à le convaincre. ítenir : cependant on est en droit de ne pas leur accorder une sépulture solemnelleCXXVL . de la sureur. La Confrontation est un Acte dans lequel le témoin. peuvent être privés d'une sépultu re honnête . quoiqu'on les ait avertis de s'en ab. .DROIT NATUREL. nar re en présence de l'accusé qui soutient le contraire . des cérémonies qui fassent sen tit aux spectateurs la turpitude du crime . à -moins qu'il n'y ait eu dans leur fait. CXXIII. II' est permis d'employer dans l'exécution des peines .

En effet l'exemple des Ani maux prouve qu'elles peuvent déterminer des Etres privés de liberté à commettre. il faut qu'il mette en œuvre tous les moyens & toutes les précautions qui peuvent ar rêter les progrès du mal . De-plus il doit veiller à ce que les remédes dont Pilla ge est le plus commun. Quand même Thomme n'auroit pas une liberté réelle.1e Chef de l'Etat doit prendre garde que ses sujets ne soient pas accablas par des travaux excessifs . CXXVHI. soient à un prix raisonnable . Enfin . qui rui nent leur santé. mais qu'il n'en auroit que les apparences. un objet d'attention. Dans un Etat bien réglé on ne doit point conférer à une feule personne diverses Char ges. il faudroit toujours des peines dans un Etat. au maintien de la santé de ses sujets . & à son recouvrement . & à ce qu'il y ait d'habiles Mé decins & Chirurgiens. qui loient propres à gâter la santé de ceux qui en useroient. -_. -qui dépendent de lui.:// w> . dans les tems de maladie contagieuse & de peste . auxquelles elle est hors d'état de suffi. Les maladies du bétail sont aussi. Surtout.414 PRINCIPES DU CXXVI. ni aucu nes liqueurs . lorsqu'ils l'ont perdue. ou à omettre certaines actions. & le faire cesser. CXXVIL Le Chef de l'Etat est obligé de donner tous les soins. Pour cet effet il doit donner ses ordres pour qu'on ne vende aucuns alimens.

cxxxn. contre l'imprudence de ceux qui voudroient les cacher . chacun dans leur genre. L'entretien des grands . autant faut-il de vigilance pour les prévenir. & à ce que ces Ouvriers s'acquittent bien de leur devoir. & contre tout abus dans ce genre. ait aussi de quoi vivre. Le Chef de l'Etat doit donner ses foins à ce qu'on puisse avoir des matériaux propres à bâtir à un prix raisonnable . & autres Ouvriers. Dans un Etat bien réglé les Edifices pu blics doivent être . Les sujets en retirent plusieurs avantages considérables. Autant que les malheurs dont les in cendies peuvent être suivis. & bien bâtis. -J : cxxxui.chemins mérite l'attention du Chef de l'Etat.chemins il faut joindre leur sûreté. ou pour les éteindre. à ce qu'il y ait des Architectes.DROIT NATUREL. des Charpentiers. cxxx. tous habiles dans leur métier . des Massons. Pour cet effet on doit donner des ordres sévéres con tre la négligence de ceux quipourroient les causer. mais il faut en même tems fixer les appòintemens. CXXXI. 415 re . beaux. de maniére qu'un homme qui a une charge sussisante pour l'occuper . font considé rables. Au bon état des grands . CXXIX. Les maisons doivent aufll être bâties de la maniére la plus propre à résister aux incendies. .

qui doit faire enlorte qu'aucun d'eux ne manque du nécessaire. & ne soient pas réduits à la mendi cité. vêtemens. & détruire tous les abus qui pour roient se commettre à cet égard. Le foin des Pauvres est tout-à-fait digne du Chef de l'Etat . qui ne permettent pas aux pauvres d'en avoir à un prix raisonnable. & autres choses semblables. & jette les Citoyens dans la pauvreté. il ne faut pas souffrir peux qui sont encore en état de gagner leur vie» . CeLuxe dissipe l'argent . Par conséquent il ne doit pas être toléré dans un Etat bien réglé. il faut aussi prendre gar de qu'il ne vienne â diminuer trop. Même. Le bois étant une des choses les plus né cessaires à la vie . Un des principaux moyens pour cet effet. c'est d'empêcher la trop grande cherté des denrées . quand le bois menace de devenir rare dans un Païs. Le Chef de l'Etatne sauroit avoir trop de soin que les sujets ne tombent pas dans la pau vreté. boissons. il faut obliger les sujets à l'épargner . cxxxv. & en fin à manquer. CXXXIV. II ne doit pas être permis à de riches particuliers d'en faire des amas ex cessifs . CXXXVI. On appelle Luxe toute dépense excessi ve en alimens. Pour les Mendians. meu bles. & de reprimer sévérement tous ceux qui pourroient l'occalionner par quel ques mauvaises pratiques.&i6 P R I N C I P E S D U CXXXIIL : .

On peut aussi y recevoir ceux dont les Péres & Méres font dans une extrême disette. La permission de mendier ne doit pas être accordée indifféremment à tout le mon de . C'est pour cela que font fondées les Maisons dites de... Quand les Parens ont de quoi nourrit leurs Énfans. peuvent être punis.. Tomt. mais que leurs facultés ne s'étendent pas jusqu'à pouvoir les faire in struire . K dç . A bien plus for te raison ceux qui font semblant d'être dans la misére. C'est ce qu'onnomme Ecoles des Pauvres. CXXXVIIL . & des biens de la Fortune... Les Maisons d'Orphelins font destinées à nourrir & élever lesÉnfans qui dès leur bas-âge font privés de leurs Parens . & ceux qui le font fans cette permis sion . CXXXIX. & les y forcer au cas qu'ils resusent d'y vaquer. * DROIT NATUREL. comme . Les Laza rets font des Hôpitaux de Malades . sT? vi«. où l'on leur fournit tous les secours propres à ré tablir leur santé. CXXXVII. mais on doit leur procurer le travail auquel ils font propres . travail. III. ou qui usent de quelques fraudes pour surprendre la charité. il faut prendre des arrangemens dans un Etat pour procurer aux Enfans qui font dans ce cas des instructions qui ne content rien à leurs Parens. Les Hôpitaux font des lieux où 1^'on nourrit les Pauvres qui font entiérement hors d'état de gagner leur vie.

il ftiut ! lui ôter J'administration de ses biens. d'une maniére qui empêche que des Citoyens ne tombent de Tabomlanee dans la pauvre té . : Surtout il faut être attentif à ce que les Ouvriers . ÇXLIIL . doit être réglé par les Loix. Toutes les espèces de Lotteries ne devroient être permises dans un Etat public . en trouvent à un prix raisonnable.Eli ún mot il faut prendre ^rde que la charité de ceux qui font en état de donner. Le Jeu étant une des cho ies qui occasionnent le plus cette prodiga lité..permis . . Le Chef .-déterminé jusqu'où peuvent aller les intérêts. CXLÏ. ne s'é puise pas en faveur de sujets indignes d'en Les Usuriers ne doivent pas être tolé rés dans un Etat bien réglé. & qu-il n'y a point d'autre mo- . Les excès de la prodigalité ne doivent pas être foufferts dans un Etat} & quand quelqu'un les commet . & que d'autres ne faflent des fortunes considérables par la voye du Jeu. qui ne peuvent faire aller leurs métiers fans emprunter de l'argent. nie . & la confier à un Curateur.âi8 PRINCIPES DU de présenter de faux témoignâmes &c. CXLH. est en droit de punir ceux qui prehrietjt au-delà. après avdir.

CXLVL On ne doit point souffrir dans un Etat K s que . de la fidélité . & qui administrent leurs biens avec fidélité & d'une maniére prudente. Ainsi il ne faut pas permettre qu'aucune tutelle soit confé* rée à des gens reconnus pour manquer de la capacité . CXLIV. auxquels l'Etat confie la direction de toutes les affaires de la tutelle. Ceux qui rendent des services à l'Etat .DROIT NATUREL. Le Chef de l'Etat doit avoir soin que les Pupilles ayent des Tuteurs. qui leur soient conférés. auxquel les font attachés ces titres & ces rangs. Les Titres font certains noms qu'on donne aux Emplois & à ceux qui en font revêtus. méritent d'être honorés. C'est à de lortgs & d'importans fervices que font dûs les Emplois éminens. CXLV. & par conséquent il ne faut pas les rendre véna les. ne doivent être conférées qu'au mérite . & l'iiatérêt de la République le demande. ou de quelque autre qualité requise pour cette fonction. qui pren nent un soin exact de leur éducation . & il convient mê me qu'il y ait des honneurs déterminés. arç CXLIII. Leur Tribunal se nomme Collège des Pupilles. Tels font les Ti tres & les Rangs. II doit y avoir des Tuteurs supérieurs £ ou Magistrats tutélaires . Les Dignités. Les Rangs réglent Tordre dans lequel marchent ceux qui pos sédent les Emplois.

de ma niére que chaque Citoyen ne contribue qu'à proportion de ses facultés . par les mains desquels ces Ou vrages paffent. On appelle Charges âe l'Etat . . doivent être punis d'une maniére proportionnée au rang de la personne qu'ils ont offensé. Tous les Citoyens de 'Etat doivent porter ces charges en com mun. Ceux qui se rendent coupables à cet égard . Sans cela toute la subordination seroit bientôt détruite. & surtout que ce traite ment soit fait aux personnes qui font re vêtues des Dignités Civiles. CXLIX. i Les Charges ordinaires sont celles que de mande le Gouvernement ordinaire & per pétuel de la République : les Charges 'extraor-. & ceux qui les répandent . Et on doit régler les moyens par les quels l'argent nécessaire pour cet etfet peut être levé. méritent pareillement puni tion.des charges publiques. Les Imprimeurs & les Libraires . CXLVIII. CXLVIL Ceux qui font des Libelles diffamatoires . doivent être pu nis de peines plus sévéres que celles qui font établies contre les injures qui se bor nent aux paroles. recueilli & administré.*20 PRINCIPES DU que des Citoyens en traíttent d'autres igno minieusement . toutes les dépenses nécessaires pour le gouverner & Îiour le défendre. & que person ne ne soit réduit à la pauvreté par le poids .

Le Trésor public est le lieu où V'argent de l'Etat est en dépôt. Hors ce cas. Les Grands ont les memes droits dans un Etat Aristocratique. à-moins que le Royaume ne soit patrimonial. . en céder l'uíufruit . & dans les cas presl'ans . mais le fonds demeure toujours à l'Etat . II faut un Trésor dans un Etat. CL. sont celles qui se rapportent à des cas particuliers qui surviennent. si quel que Roi avoit aliéné de semblables domai nes. & de toute sa maison .' Ces revenus sont fondés sur des Terres . Dans une Monarchie les sujets sont oblt-' gés de fournir au Roi ce qui est néces saire pour l'entretien de sa personne . Quiconque est Chef de l'Etat. que l'on appelle Domaines . sur un pied convenable à la splendeur de son rang : & pour cet effet il convient d'assigner certains revenus fixes . CLI. à cause du grand nombre de cas possibles où il faut faire quelque effort extraordinaire pour la défenle & pour le soutien de l'Etat . *á» traordinaires . le Chef de l'Etat pourroit toujours re^ K a von . que la diversité des circon stances peut néanmoins faire augmenter. de sa famille . toutes les fois que des causes réel les l'exigent. ou Bitnt de la Ta ble Royale. on y fait entrer le produit des charges ex traordinaires. II est permis d'imposer au Peuple ces fortes de charges .DROIT naturel. les louer. peut disposer de ces do maines à son gré pendant fa vie .

& pour la commodité. Dans un Royaume successif les domaines ae sauroient être aliénés . la bonté extrinséque de la monnoye doit s'accorder avec fa bonté intrinséque . . de chacune desquelles il y ait une quantité sussisante. il est le maître de l'ôter ou de la laisser à son successeur. CLIII. Mais fi c'est du sien propre qu'un Roi augmente le revenu de ses domaines. & le payement des ouvra ges . mais . le consen tement du Peuple sussit pour autoriser l'a liénation. Pour que tout soit dans l'ordre à cet égard . Si le Peuple avoit augmenté les revenus des domaines par des raisons qui regardas sent uniquement le Roi . CLIV. CLII. cette monnoye doit conlister en différentes fortes d'elpéces. II doit circuler dans un Etat autant d« monnoye au-moins qu'il en faut pour l'a~ chat des denrées . même avec le consentement du Peuple. & le Roi peut ajoûter à la jouissance de ce surplus «uelle charge ou condition il veut. à-moins qu'on ne substitue l'équivalent à leur place . cela passe à tous ses successeurs.aaa PRINCIPES DU voquer l'aliénation . & les Chefs doivent prescrire les propor tions. sans qu'il y ait jamais de prescription à cet égard. íi ìt Royaume n'est pas successif. en faveur duquel cette augmentation auroit été faite. CLV.

ou le Pouvoir d'établir des Loix.. çelui qu'on nomme la Puijfance Légiflatri~ ce. son" K'*. Personne ne doit Blême s'ingérer à battre monnoye. . . Les Faux Monnoyeurs en particulier méritent une peine sévére. aux Grands dans l'Aristocratie . . tant à l'égard de la monnoye que de la vaisselle .* v da^ . _ Àin/i celui auquel. fût-elle bonne. L'Exercice de l'Empire Civil a pour but d'avancer le Bien public.DROIT NATUREL: W} tions de l'alliage . II.. jouît par-là même de tous le* droits fans lesquels on ne peut l'exercerd'une maniére propre à avarreer le Bien pu blic. Ce pouvoir appartient au Peuple dans la Dé mocratie. Enfin on doit prendre garde que la bonne monnoye ne sorte pas de l'Etat . au Roi dans la Monarchie -. . & que les Négocians frauduleux n'en fassent entrer de mauvaise à sa place. autant qu'il est possible. t . en soient pu nis. cet Empire appartient. & lorsque la For me du Gouvernement est mixte. t . Entre ces Droits Fun des principaux est. . ensorte que ceux qui s'écartent de ces régies. ce pouvoir te déteunine copformément aux Loix. Des Droits de la Majtsté. CHAPITRE IV.

Ainsi . qui nè peut ni les Subroger . & 1 briqué le Chef & le Peuple sont d'avis différent sur quelque Loi fondamen tale .. peut donner dispense de ces Loix. : ' ' ' .2*4 PRINCIPES DU damentales. UneL Dispense est une permission accor dée ' dans un cas singulier par rapport à quelque chose que la Loi défend. ou qu'ils prennent des Arbitres. Ils conviennent l'un & l'autre au Chef de l'Etat. elles ne sont.-'' J Abroger une Loi. quand il y a de sembla bles Loix. Celles-ci ne peuvent être interprétées que par des Pristtìpes tirés du Droit Natu-i rel. il faut' qu'ils s'accommodélit à l'amiable. II y a aussi Vlnterpréíatio» des Loix . Ainsi ce droit appartient au Chef de l'Etat. pour ainsi dire. par rapport à toutes les Loix qui ne sont pas fondamen tales. quoiqu'elle '-conserve fa force à l'égard de tous1 les autres. point soumises à la Puissance Législatrice. Qui conque a le droit d'abroger des Loix . par rapport au cas muni d'une dispense . mais toujours en exceptant lès Loix fondamen tales.' . par laquelle on en détermine le sens. La Loi fe tait. . mais il ne peut l'exercer à l'égard des Loix Naturelles . Ce droit emporte celui de faire des changemens aux Loix. ni en faire de nouvelles. c'est déclarer que les Sujets ne sont plus obligés de s'y soumet tre. \ HL V. C est encore un droit du Chef de l'Etat .

VIIL On appelle Droit de glaive .& ce qui leur appartient.. rou- .crime. & les empêcher de commettre. n?a pas pour but immédiat lit mort du malfaiteur. qui cil introduite' par l'ufage du Barreau. le Chef de l'Etat déter mine les peines décernées contre toutes fortes de crimes.. On dislingue l'interprétation des Loúç en trois sortes...DROIT NATUREL: **$ & Divines : il est renfermé dans l'enceinte des Loix Humaines . Ce droit est une conséquence de celui qu'ont naturellement tous les hommes de se défendre. celui de punir les malfai teurs d'une peine capitale. en exerçant le Droit de glaive. c'est celle qui est donnée parle Supérieur meme . l'interprétation doctrìnale^ c'est celle qui íe fait par le Juge . IX. VI. S'il yICavoit 5 J autre. qui fait partie de l'Empire Civil. . elles obtiennent feules ment l'impunité. les ac tions qu'il permet ne deviennent pas véri tablement permises. Le Chef de l'Etat . En vertu de ce droit . mais il se sert de cette mort pour servir d'exemple aux autres Ci toyens. lemême quelque . ou Droit' de vie & de mort . & s'il en fort .& enfin l'interprétation usuelle . VIL Entre les Droits de la Majesté est' celui' de punir. II y a l'interprétation autentique. confor mément aux Principes de l'Equite.. eux.

& on peut le regarder com me une conséquence de celui de dispenser de l'obfervation des Loix.. dont nous avonsparlé ci-dessus. Quand le cas de l*3ccusé est douteux. car la haine . Mais dèsqu'on ne fauroit empêcher l'homicide . & faiie gracede cette peine.elrles deviennent justes. XL Le Droit de remettre ou de mitiger le* peines. XII. lai Cruauté . Naturellement le Chef de ï'Ëtat a droit de faire grace à tout criminel . le iarcin &c. faire graee.. Inexécution de la peine capitale ne doift Jamais avoir lieu . cela se nomme Aboli tion^ Le Chef de TEtat peut terminer par cette voye une affaire qui fit'est pas encore éclaircie . de quel que crime qu'il se soit rendu coupable 5 ce pendant si une Loi Divine positive avoit dé terminé certaine peine pour certain crime * il ne pourroit en dispenser. & cela eít compris fous le droit de. X. & nuls autres semblables motifs % fc'iafluënt sur ses arrêts. v XIV^ . est un de ceûx qui appartiennent a la Majesté .& qu'on le décharge de l'aecusation in tentée contre lui .ssS PRINCIPES D U loute pour arriver à ee but. le viol. XIIL . le Chef del'E« tat la iuivroit volontiers . avant qu'elle ait été con firmée par le Supérieur qui en a le droit. que par des peines capitales .

soit comme: transaction'."' . Après l'Amnistie.. qui en conséquence sont di tes privilégiées. c'est plutôt une transaction.DROIT TÍATUREX:.. ou se dispenser de certaine chose. c'est: la: concession d'un Droit assirmatif ..rêt de l'Etat demande que tels ou tels cou pables obtiennent une Amnistie . «ft conséquence desquelles orì.. . Uri. & elle tire sa force de l'accord. est assirmatif dans. II n'y a point de Droit Naturel négatif. ou à plusieurs.. . 1?Amnistie est autre chose y. soit comme grace. . II peut y avoir bien des cas où l'Amnistie . Lorsque cette Amnistie s'accorde.de se& fcô 'draits> . ).. qu'une grace . est le le seul moyen de pré venir de plus grands maux.conclu entre les deux.Privilège . ..» XVII. Le premier consiste à pouvoir fai te v l'autre à pouvoir ne pas faire . za?. XVL 'i Ota' distingue le Droiti en affirmatif . XVIII. ou négatif. est obligé de iaiUec jpuïr ìa: perionme privilégiée. XV. il. XIV. & négatif. ni puni. ou à un certain ordre: de personnes...tous ses cas. accordée à un. Si l'inté. c'est une sorte d'oubli perpétuel des crimes commis par le passé. personne ne peut plus être accusé.. le Chef a. . droit de la leur accorder. parties. Les Priviléges sont réellement des Loix..pour mettre fin à une rebellion .

XX. en le privant de quelque privilége. elles ne peuvent pas s'en prévaloir l'une contre l'autre. d'accorder des priviléges à qui .. telle qu'il l'a sussi samment déclarée dans ía concession. . II n'y a que le Cher de l'Etat au quel il appartienne de donner des privilè ges . quòique son malfait ne concerne pas l' exercice de ce privilége. Le droit d'une personne privilégiée se mesure donc sur la volonté de celui qui a accordé le privilége. XXILLe Chef de l'Etat est obligé de foute* nir la personne privilégiée contre tous ceux qui . II peut aussi pu nir un malfaiteur. 11 n'est pas permis d'étendre ce droit au -delà $.: -. fans en troubler l'ufage en quoi que ce foit._. en statuant des peines en cas d'abus. & ce Droit est compris entre ceux de la Majeité. nu pour toute la vie. . XXL Quiconque jouît d'un privilége n'est pas obligé de souffrir qu'un autre fasse quel* que cbofe qui foit contraire à ion privilége. pour un temis. . & dans les cas douteux . fous une charge quelconque. lì dépend donc de la volonté de ce Chef . XIX. &e. & fous quelles conditions il juge à propos . Et quand deux personnes jouïfìent de pri viléges égaux. Interprétation du privilége n'appartient qu'à celui qui l'a donné* .«28 PRINCIPES DU droits .

La teneur du privilége détermine de quelle maniére cette famille en doit jouïr. XXIV. Un Privilége accordé à une personne & à ses héritiers . & ne passe point à ses héritiers . ou ce Collége . donne à une famille entiére . Ainsi il ex pire à la mort du privilégié. ceux-ci ne succédent pas proprement au droit du désunt.moins qu'il u'y ait des distinctions . n'est censé devoir passer qu'à ses descendans. & res treint à fa personne. mais ce droit qui leur avoit été promis . c'est celui qu'on.voudroient la troubler dans Fexercice de ses droits. c'est-à-dire » à une personne & à tous ceux qui en naî tront. il appartient à tous ceux qui com posent cet ordre . ou si tous l'ont à la fois. ou à un Col lége . à . XXVI. ou exceptions K 7 k - . & l'octroi du privilége ren ferme tacitement la promesse de cette pro^ tection. acquiert fa force par la mort du privilégié. de maniére qu'il ne puisse être transféré à un autre. lorsque la famille s'é teint. aî$ qui. c'est celui qui est donné à un individu physique . 11 expire. & suivant le sujet dont il s'agit. Un Privilège personnel . XXV. Un Privilège de famille . Quand ma privilége est accordé à uri certain ordre de personnes. quelquefois aux mâles seuls.DROIT NATUREL. XXIII. & s'il passe de l'un à l'autre. .

à-moins -. 11 n'y a rien qui soit naturellement illicite dan» les Monopoles . XXVII.P R l'N eiPES DU à l'égard de quelques membres. Personne ne peut asiéner un privilége fan* lî consentement du Supérieur . On ne doit accorder de priviléges que dans la vnë du Bien public . Tels font les Monopoles. On ne peut accorder un semblable droit . XXVIII. à-moins que le Chef de l'Etat neleus ait expressément donné cette étendue. . & dèsque ce lien en souffre . & que le droit de Monopole ne prive pas plusieurs autres Marchands d'un gain dont ils auroient grand besoin. te Chef peut les revoquer. XXIX. ne passent pas aux hé ritiers . Les priviléges d'un certain ordre. ou du-moins d'un grand nombre de Citoyens. Oor appelle ainsi le droit de vendre certaines marchan dises. De sem«biables priviléges peuvent être révoqués ou= ehangés par le Chef de l'Etat* mais il ne doit pas le taire à la légére. qu'il! . accordé à une feule personne» ou à un seul Collége. le droit doit être aboli. lorsque par leur moyen les Marchandises ne haussent pas de prixr mais qu'au-contraire tout le monde peut les ac* quérir à meilleur marché .. que lorsque le Bien public y est visiblement intéressé .. . 01* corps de personnes . & dèsqu'il y «n a qui vont au dommage de l'Etat. » XXX.

il en établit d'autres fous lui. C'est par Je moyen de toutesces personnes que le Chef gouverne. dans la Démocratie. de-même que tous ceux dont ce Chef. au Peuple.DROIT NATUREL: *3t- qu'il nel'eût obtenu avec le pouvoir d'aliéV aer. ce qui peut avoir lieu. fe fervent dans l'exécution des affaires. XXXIJL C'est au Chef de l'Etat qu'appartient le droit de le gouverner. auxquels le Chef de l'Etat a commis l'exercice de quelque droit. & que le privilégié vient à mourir avant la fin de ce tems. pouvant gouverner tout par lui -môme. appartenant à l'Empire Civil. Quand un privilége est accordé pour un certain tems . ou ceux qu'il a établis fous lui . pour gérer les. ou. les héritiers en jouïtïent jusqu'au bout du terme. Mais ne. XXXIV. Tous ceux-là font dits avoir part aux Charges publiques . Durement & simplement. aux Grands dans l'Áristocratie . à-moins que la nature même du privilége ne prouvequ'il étoit purement personnel. au Roi dans la Monarchie. XXXIB. II lui appartient donc de conférer cesCharges. U peut aussi donner à certaines personnes le droit de lés. ou Ossices publics. XXXI. Charges publiques. quand on ac quiert un privilége a titre onéreux. d'aliénation n'est jamais pré fumé. . conférer.. ou. Cepen dant ce droit.

payent quelque chose pour cela. Pac conséquent elles ne doivent point être ven dues. Dans le second cas. & donner la préférence à un moindre. ni données au plus offrant. la Charge n'est validement conférée qu'a près la confirmation. ou enfin en lui présentant un certain nombre de sujets* parmi lesquels il choisit. & toute brigue .. ce payement est licite. Toute corruption . II ne doit point être permis à ceux qui conférent les Charges. & le droit parfait de la solliciter. On appelle habiles aux Charges publiques ceux qui ont la capacité suffisante pour s'en bien acquitter . Cepen dant si l'utilité publique demande que ceux qui les obtiennent . pourvu que la somme & la maniére de la payer n'ayent rien qui puisse faire exclurre un sujet plus habile. Quiconque est habile à remplir une Char ge publique . C'est eníiúte à ceux qui k conférent . Dans l'Eglife on nomme ces mauvaises pratiques Sir nwnie. doivent être reprimées par des peines sévéres. XXXV. & la volonté constante de 1e faire. Le Chef de l'Etat ne doit confé rer les Charges qu'à des sujets habiles. XXXVII. à s'acquit ter .P R INCIPES DU en requérant fa confirmation. de recevoir des présens de ceux qui les sollicitent . XXXVI. a le droit imparfait de l'obtenir. pour être présentés & recommandés au Chef.

JLes revenus attachés aux Charges doîvent .soit expressément . celui qui en vertu du pouvoir dont il est revêtu .DROIT NAÏUREL: a33 ter de leur devoir en faisant tomber leur choix sur le plus digne . qui leur a donné ce droit de collation. c'est demander soi-même au Supérieur qu'il nous permette de renoncer à notre Emploi . est obligé à réparer ce dom mage. c'est perdre le droit d'en exercer les fonctions pendant un certain tems. qite sur la nature même des affaires qu'ii s'agit de gérer. est censée perpétuelle* XLI. & avoir le consentement de ce Supérieur. soit tacitement v:& ïeùrs droits se réglent tant sur ce qui a été positivement exprimé . II y a une obligation ré ciproque entre l'un & l'autre d'observer ce dont ils font convenus . la lui avoit conférée. Obtenir son congé . Etre cassé. XLÍL . c'est être privé sans retour de son Emploi. XXXVIII. Etre suspendu . La Collation d'une Charge renferme un accord entre le Collateur ôí celui à qui elle est conférée. Quand l'élection d'un sujet indigne a cau sé quelque dommage à l'Etat . suivant la volonté présumée du Chef.. XL. ' * Une Charge qui n'est pas conférée pour un certain temsj. . XXXIX. ou fous quelque condition résolutive .

On appelle Accidens des revenus que quel qu'un tire à l'occaíìon de l'Emploi qu'il exerce. les. C'est la récompense des services qu'ils rendent à l'Etat. ou appointemens. II faut que les appointemens soient suffìfans pour faire vivre ceux qui les reçoi vent. desorte que si avec le tems le prix des choses augmente . II faut que les Gens en charge ayent des gages.P R I N C I P E S D U - vent être payés su tems marqué fans délai . XLI1I. & ceux qui tirent ces revenus doivent de leur côté remplir exactement toutes les fonc tions pour lesquelles ils leur ont été assi gnés. à pro portion que les Accidens sont plus conlidé^ rables . XLV. . II y a des Accidens fixes. ou pour subvenir aux néceílités de l'Etat.& les autres font regardés comme faisant partie des Appoin temens dont on diminue la force. Les uns . ils peuvent auíli être récompensés en obtenant des droits uti les. XLIV. on ne fauroít rien retrancher de leurs appointemens . appointemens doivent être augmentés dans la même pro portion. 'XLVL . Outre î'argent comptant. ou priviléges quelconques. àmoins que ce ne soit pour les punir de quel que faute d'un autre genre qu'ils ont com mise . il y en a de variables. Tant qu'ils le font . ou au-contrajre.

Urie personne qui remplit une Charge publique. dans l'exercice de fa Charge. en consé quence de quelque Etablissement avanta geux à l'Etat . peut être cassé . le Supé rieur peut le leur resuser . ou fous quelque condition résolutive. XLIX. Pour ceux qui demandent leur congé. ou de fraude . XLVIÍI.DROIT NATUREL. qui venoient de la longueur des procès. Tout homme qui se rend coupable de négligence . M . On ne fauroit casser un homme qui «'ac quitte fidélement d'une Charge. qui ne lui a pas été conférée pour un certain tems. Par exemple. Quand certains particuliers souffrent di minution dans leurs accidens . s'il est de l'intérêt de l'Etat qu'ils demeurent dans leurs Postes. la Réfor mation de la Justice a fait perdre aux Gens de Droit plusieurs accidens . qui ne se rapporte pas à l'exercice de cette Char ge' . ne peut pas l'abdiquer fans le consentement du Supérieur : car nous avons vu que la collation est une espéce d'accord* & pro. On peut aussi être privé d'une Charge pour quelque faute. quand rnême elle lui auroit été conférée purement & simplement.duit une obligation réciproque. XLVII. ce n'est point un obstacle à cet établissement. 335 XLVI.

lu. ou un âge trop avancé . LI. LIY. & le droit expire à la mort du Collateur. . & lui ajoindre quelqu'un qui fasse ses fonctions. le pouvoir d'y vaquer. Quand une longue maladie . on doit lui conserver des appointemens. II en est de-mê me d'une Adjonction en survivance . ou expectance. dont l'une est subordonnée à l'autre. dont il avoit obtenu ce Poste. ôtent pour toujours à celui qui exerçoit une Charge .i36 PRINCIPES DU L. On peut conférer plusieurs Charges à une feule personne. le Supérieur peut le contraindre par force à garder son Emploi. lui. Si quelqu'un demande son congé . & que ce Roi vient à mourir avant que ce Poste vaque. quand elle est en état de s'en bien acquitter . & qu'on ne puisse pas trouver une personne as sez habile pour le remplacer. à-moins que le Ro yaume ne soit patrimonial. ou Collateur. Quand un Roi actuellement régnant z donné une survivance. les es pérances de l'Ajoint cessent avec la vie du Supérieur . autrement cela n'est pas permis. On ne sauroit conférer nan plus à la même personne des Charges . le successeur n'est pas obligé de ratifier la collation . ne peut être resusé à celui qui demande son congé.par de pareil les raisons. Ce consentement du Supé rieur.

ou pour le négoce qu'ils font .. LVI. ni les autres. dont l'Etat reçoit du soulagement . 237 LIV. On peut être encore chargé dans un Etat de certaines obligations onéreuses. . . comme de loger les soldats &c. qui ne consistent point à payer en argent.DROIT NATUREL. U ne faut hausser les uns. . On appelle Tributs. LV. Un Roi qui a le droit d'imposer de nouveaux tributs.autres biçns quifcppar . mais à faire certaines choses . c LVIII. tant meubles qu'immeubles . «n diminuent le prix. c'est l'argent que l'on paye à l'Etat pour les marchandises . Les Impôts mis sur les marchandises. en augmentent le prix. l'argent que les Citoyens sont obligés de donner à l'Etat pour les biens qu'ils possédent . que dans des nécessités urgentes. dont les biens sont chargés. Les Impôts . pour les trans ports de voiture: &c. ou même par tête. tant ordinaires qu'extraordinaires. 'a par-U même celui d'en gager les domaines & . .. pour tou tes ks choses consomptibles . ! LVII. Les Tributs . C'est au Chef de l'Etat qu'appartient le droit d'imposer & d'exiger les charges . & on les nomme alors en Latin Annona. Ces Tributs peu vent aussi se payer en denrées.

& il ne doit s'en faire aucune fans fa permission. le Chef de l'Etat doit faire enforte que cette mauvaise monnoye soit échangée con fie de la bonne. Si quelque calamité publique oblige à faire des monnoyes de quelque matiére vi le.. & de l'étrangére. ou presque point de prix. . qui n'ait point. Si . suivant que l'intérêt de l'Etat le demande. LX.c3S PRINCIPES DU partiennent au patrimoine duPeuple. Les Tributs & les Impôts doivent être appliqués à l'usage auquel ils sont destinés.. . il ne faut point l'aliéner à d'autres usages. LXIV. en la haussant & la baissant. aussibien que celui de déterminer la valeur ex trinséque de la monnoye du Païs. LXI. LXIII. LX1I. C'est aussi à lui qu'il appartient de régler l'administration des Aumônes. par exemple . Une CoIleBe est une levée extraordinai re d'argent qu'on recueille chez les Cito yens pour quelque usage particulier. dèsque ces circonstances ont pris fin. tel impôt a été mis pour la réparation des grands-chemins. .ou dont les revenus sont destinés à porter les charces de l'Etat. Le Supérieur a le droit de les accorder . Le Droit de battre monnoye est un de ceux qui appartiennent à la Majesté. Les Droits de la Majesté comprennent ceux .

pour ce qui regarde les choses qui peuvent varier dans le Culte ex terne . Au -contraire . dépendent de la volonté du plus grand nombre. On entend par le Droit sur les Choses Sacrées . on peut les assou pir par des décisions provisionnelles . mais elle est bornée. C'est le Chef de l'Etat qui rend ces décisions. Le Chef de l'Etat a une certaine étendue de droit à cet égard . doivent convenir entr'eux qu'il ne se fera que ce que le plus grand nombre trou vera bon. de former des Alliances . Ainsi le droit originaire que posséde le Peuple íur les Choses Sacrées. & îes ac tions externes qui en résultent nécessaire ment . LXVIL- . ceux qui se réunissent en forme d'E^ tat . ne sauraient en effet con sentir que le Culte Divin interne . Alors le Chef de l'Etat donne là-dessus les réglemens qu'il juge les plus convenables au bien de l'Etat & de l'Eglise. ne sauroit aller jusques-là. & les affai res de l'Eglise. celui de réglet ce qui regarde le Culte Divin . & de disposer en général de tout ce qui in téresse le bien de l'Etat. Seulement quand il s'éléve des controverses . Ceux qui s'unissent pour former un Etat. LXVI. Jus circa Sacra . qui obligent à garder le silence sur les matiéres agitées.DROIT NATUREL. $39 ceux de conférer les Charges Civiles % de faire la Guerre . qui puisse imposer la néces sité de tenir pour vrai ce qu'il veut faire pas ser pour tel. LXV.

ovl dé l'en tenir iéparé. Quand ceux qui s'unissent en forme d'E tat.24o PRINCIPES DU Lxvn. . . .'. & cela de maniére qu'il demeure. Lorsque des personnes qui vivent dans l'Etat Naturel. pendra de la volonté du plus grand nom bre. en propre à chaque Eglise particuliére._J . /. \ LXIX. -:. Du doit convenir dans l'origine des Etats. LXX. se réunissent pour former une Eglise . ou du-moins qu'ils profefsoient déjà une cer taine Religion . le Peuple est pa reillement maître de conférer à la même per- . & cela ne souffre de change ment que lorsque -plusieurs Eglises particu liéres forment une union . ou dont l'exécutiou a besoin du Bras Séculier . & de la Protection Civile. LXV11I.. elles doivent convenir que tout ce qui appartient au Culte Public Divin dé. ou qu'il soit exercé par l'E? glise universelle. l'étoient déjà en forme d'Eglise. il dépend d'eux d'unir le droit sur les Choses Sacrées à l'Empire Civil.: Dans l'Etat Naturel chaque Eglise particu liére a un droit propre & absolu sui les Cho ses Sacrées. eu conséquen ce de laquelle ce droit s'exerce en com mun.. . que le droit sur les Choses Sacrées dé pendra de l'Empire Civil par rapport aux actes qui ont quelque rapport à la Républi que. Lorsque l'Empire Civil est transféré à un autre.

' ni aucune restriction à cet égard . le Peuple est censé ne s'être reservé aucune part à ce droit . LXXI. Tome III. Mais lorsque les Loix fondamentales n'e s'y opposent pas.DROIT NATUREL. . L fai . il peut perdre le Royaume . LXXII. si dans la col lation de l'Empire Civil il n'est fait aucu ne mention du droit sur les Choses Sacrées. á^t personne l'Empire Civil . & le droit sur les Choses Sacrées. S'il n'y a point de Loi fondamentale qui ordonne que le Chef de l'Etat soit de la Religion reçue. Mais li les Loix en ont disposé autre ment . il peut en changer à son gré. ou de les partager entre. & à quelles conditions il juge à propos4 pourvu que cette Religion n'ait rien de con traire au bien de F Etat Civil.moins qu'il n'y ait de fortes raisons de croire le contraire. le Chef de l'Etat ne fauroit y toucher. le Chef peut tolérer quelle Religion il veut dans l'E tat . ne peut pas leur en donner de plus étendus que ceux de la Religion domi nante. Quand il y a quelque chose d'établi paf les Loix fondamentales au sujet du Droit fur les Choses Sacrées . Et le Chef même qui les leur accorde . ne doi vent pas étendre leurs droits au-delà de ces conditions. Ceux dont la Religion est tolérée dans un Etat à certaines conditions . différentes personnes. Enfin . & le l. LXXIII.& l'avoir conféré avec l'Empire Civil. à.

àmoins qu'il n'y ait là-dedans quelque chose de contraire aux Loix fondamentales. LXXIV. lui demeu rent sujets . ceux qui gouvernent sous lui. En fin. ******* ********* *&******* CHAPITRE V. I ON appelle Loix Civiles . LXXV. De la Théorie Naturelle des Loix Civiles. Le Chef de l'Etat est obligé de confé rer à ceux dont il se sert pour gouverner sous lui . Ce font des Loix positives humaines. Dans tout Etat donc où il y a un Chef. leur autorité demeure toujours dépendante de la sienne. & ne peuvent dans aucun cas le dispenser d'acquiescer à sa volonté. celles qui font données à l'Etat par son Chef. il peut casser les Actes quel conques qui font émanés d'eux.*4í PRINCIPES DU faire perdre à ses successeurs. par son chan gement de Religion. rien n'empêche qu'il ne fasse immédiate ment les choies qui font de leur ressort . & . Mais quelque Droit qu'il ait accordé . . & la voye d'Appel à rui demeure toujours ouverte. & il peut donner à ce droit l'étenduë qu'il juge à propos . . autant de droit que leurs fonc tions en exigent . à-moins que les Loix fondamentales ne s'y oppo sent.

. Lorsque dans des tems d'ignorance ils'est introduit des Loix Civiles contraires au Bien public. Les Loix Civiles sont destinées â pres crire les moyens qui font propres à pro curer le bien de l'Etat. .DROIT NATUREL. qui rendent certaines Loix Civiles contrai res à son bien ? il faut les abroger. . . í IV. ne sauroit être rendu illicite par la Loi Ci vile .Les Loix Civiles d'un Etat n'obligent que les Membres de cet Etat. Ce à quoi l'on est naturellement obligé . m. . elles doivent être abrogées. elles n'obli gent jamais entant que Loix étrangéres. Desorte que s'il survient quelque changement dans l'Etat . 143 IL : . . dèsqu'on en découvre les défauts. Aucun Supérieur ne sauroit donner des Loix Civiles contraires aux Loix Natu relles . ni ce qui est naturellement défen du devenir licite. V. qu'il ne soit démontré qu'elles se rap portent à ce bien. tant de précepte que de défense. Que si l'on admet des Loix étrangéres. Les Loix Civiles ne La peu . La Théorie naturelle des Loix Civiles con siste dans la maniére de déduire des Loix Civiles des Loix Naturelles. VI. mais que le Chef de l'Etat veut qu'elles ayent force. De-mê me on ne doit jamais recevoir de Loix étran géres .

. elles deviennent Civiles. .. & il donne à celui qui se sert de cette per mission le droit de rfe pas souffrir que les au tres l'en empêchent. VII. suivant que cela convient à l'intérêt de l'Etat. peut par la volonté du Supérieur être changée en une chose dûë. il oblige tous les au tres Citoyqns à ne point s'opposer aux ac tions faites en vertu de cette permission . -. n'est civilement valide. quand le Juge peut contraindre à leur observation ceux qui voudroient s'en dispenser. se ... x. de -même une chose imparfaitement dûë.s44 PRINCIPES D U peuvent accorder aux crimes que l'impu* nité. Quand íc Supérieur régie quelque cbo. :'i t j X. Lorsqu'une choie peut être faite de plu sieurs maniéres . XI.i. r . peut le devenir parfaitement. Quand le Chef d'un Etat permet par quelque Loi Civile une chose qui n'est pas naturellement licite . que quand il est fait de lí maniére preicrite par la Loi. Une chose naturellement licite . VIII. & alors l'Acte qui concerne cette chose .-m... II en est de -mê me des Loix Naturelles préceptives .. ou en une chose illi cite. IX.. Les Loix Naturelles prohibitives venant à être munies de peines dans un Etát . le Chef de l'Etat peut prescrire qu'elle se fasse de telle ou telie .

. Mais les r Loix Civiles doivent déterminer. l'Etat Civil. Surtout il con vient d'avoir lieu à ce que les procès ne s'al longent pas. S ' '. t : Une doit pas être permis d'entamer des procès au Barreau pour des bagatelles . &il faut prendre des mesures pour éviter les délais superflus & nuisibles. é 1 XV. de quelle -conséquence il faut qu'une affaire soit pour être portée en Justice.DROIT NATUREL: 445 . .turelles se changent en Loix Civiles. dt s offenses tout-: à -fait légéres. t ies Loix Civiles peuvent donc appor ter certaines modifications aux Loix Na turelles . XII. Dans ce» cas les Loix Civiles peuvent fournir ces dé terminations . L. . où ils se dépouil. % lent . ou qu'il prend des précautions pour qu'on ne fasse rien qui y soit contraire.. H y a quelquefois des Loix Naturel les. déterminations sont dissiciles . .autres. doivent se terminer. où ils jouissent de droitsillimités. > -.' xiii.& qu'ils ne naissent pas les uns des. il rénd Civile Ja Loi Naturelle d'où procéde cette Obligation. ' * . & alors encore les Loix Na. . se sur la maniére dont on peut satisfaire à une Obligation Naturelle. & tous les procès en Justice. dont les . afin de faire paffer les hommesde l'Etat Naturel . à. ou même impossibles à trouver. y ajoûter ou en diminuer certai nes choses . XIV. Toutes les affaires dans un Etat .

en chan geant les Loix Naturelles en Loix Civiles. ou quelque autre cause que ce soit . XVI. fans néanmoins jamais y déroger essentiellement . C'est par conséquent de ce bien qu'on dérive les raisons des changemens que les Loix Civiles apportent aux Loix Na turelles. par les divers moyens que nous venons d'indiquer. peuvent avoir introduit dans les Loix Civi les . On ne fait point tort à une personne quand par quelque Acte que la Loi autori se . soit par la correction des Loix. ni les détruire. soit par l'abrogation. Toutes les erreurs que l'ignorance des tems . ' XVIII. II faut seulement prendre garde . de ne pas prendre certaines er. XVII. C II Ai . . doivent en être bannies . qui ant lieu en Allemagne. On peut rappor ter à ce cas certaines ventes imaginaires. & entr'autres celui de l'étenduë excessive & injuste.à46 PRINCIPES DU lent d'une partie de leurs droits pour le bien' de la Société. que plusieurs Loix Romaines don nent à la Puissance Paternelle. dèsqu'on vient à découvrir ces erreurs. leurs communes pour des Principes du Droit (Naturel. II y en a plusieurs exemples. on lui ôte ce qu'elle pouvoit espérer en vertu d'une autre Loi.

ou Chef de fEtat ^ & des Sujets. . Ainsi. TOut Chef d'un Etat est dans Vobliga* tion de le bien gouverner. en honnêtes-gens. Còmme il est impossible que le Chef d'un Etat prenne connoissance de tous les dé tails du Gouvernement . L 4 Y-. Cela sup pose en lui les connoiiìances nécessaires . : II. II faut leur former également l'esprit & le cœur. il doit se servir du ministére de gens éclairés & prudens. Des Devoirs du Supérieur . qui lui fassent rapport des affaires . ceux qui font appellés à parvenir au Gouvernement de l'Etat. III. doivent être élevés d'une maniére qui ìes y rende propres. . Les Conseillers d'un Prince doivent se mettre exactement au fait des affaires qu'ils doivent rapporter. lorsque le Royaume. qui font in capables de s'écarter de la Vérité. ou l'Aristocratie sont successives. I.droit'naturel{ chapitre 9^ vi. ôc s'en acquitter avec exactitude. IV. & la volonté constante d'agir suivant ses hjç miéres. & qui y joi gnent en même tems leurs conseils.

6c fe préserver soigneusement de tous les pré jugés qui pourroient le faire tomber dans cette méprise. d'un côté pour les faire respecter . de son propre bonheur .PRINCIPES DU V. II ne doit point confondre l'Autorité iòuveraine avec la Puissance arbitraire . & de l'autre pour ne pas les pouffer au-delà de leurs jus tes bornes. d'exceller même en toutes sortes de vertus. & faire choix de Conseillers du mê me caractère. Le Chef de l'Etat ne doit point souf frir que ses Conseillers soient des flatteurs. & de celui de ses sujets. VIII. & que ceux qui ont l'espérance de succéder au Royaume . II convient au Chef de l'Etat de se dis tinguer. íì elles ne font animées par la crainte de Dieu. II n'y a même aucune réalité dans ioutes ces vertus . Si rEmpire Civil est limité par des Loix fon« . VI. & ne point faire deux objets différens . & qui lui don nent de mauvais conseils. Pour cet effet il doit connaître exacte ment tous les Droits de la Majesté . soient pareil lement formés à la vertu dès l'âge le plus tendre. 11 doit aimer son peuple . qui lui déguisent les choses. & par une solide Le Chef de l'Etat doit être sage & pru'dent . IX.

en accor dant des secours & des récompenses à ceux.. Le Commerce . & qu'on ne procure pas la liberté de philo sopher à eeux qui n'en abusent pointi En fin. Le Chef de l'Etat doit faire tout ce qui dépend de lui . On ne protége pas suffisamment les Sciences . tant entre les. le Chef de l'Etat ôt ses» Conseillers doivent en être bien instruits. à procurer lesprogrès des Sciences & des Arts..par lesquelles ils s'efforçent souvent d'obscurcir la réputation & denuire même à la fortune de ceux dont les taleris& le mérite leur font ombrage. Mais en même tems il ne doit pas souffrir les tracasseries . pour que l'opulence de ses sujets aille. qui s'y distinguent. lors qu'on ne les débarasse pas de ces obstacles . & toutes les intrigues.Citoyens qu'avec les Etrangers. fcntOÏT NATtfRËtf. les ja lousies. en augmentant . les cabales des Gens de Lettres .. à pour voir les Académies & les Ecoles de person nes propres à enseigner . .. & ne rien tolérer de ce qui pourroit produire l'effet* contraire. un désli -5» mo . pour un plus grand'encouragement des Arts & des Sciences . X. zty fondamentales .. C'est* eneore au Chef de l'Etat à pren«dre íoin qu'il ne manque point de gens ha biles pour toutes sortes de Charges . est à cet égard un des principaux objew . le Chef de l'Etat: peut faire parvenir ses graces jusqu'aux Sa* vans étrangers qui se distinguent d'une fa? Çyn extraordinaire. XI.

4 XII. & le Chef de l'Etat ne sauroit se tenir trop sur ses gardes con tre tous les projets de cette nature qu'on lui propose. Pour cet esset il ne doit pas se borner à connoître l'intérieur de son Etat. Une des connoissances les plus essentiel les au Chef de l'Etat . Cependant il ne faut pas trop mul tiplier les genres de Commerce. dèsqu'il a pu les prévenir.*So PRINCIPES DU moyens les plus essicaces d'enrichir les Sajets. aux sujets que les conseils de ceux qui voudroiesit les fouler. ne sont pas des cho ses moins importantes. c'est eelle des hom mes . pour lesquel les il peut se passer de secours étrangers pour les choses nécessaires à la vie. qu'on les traitte avec injustice .-' L'Agriculture & toutes les parues de l'Oeconomie Rurale. ì 11 faut aussi empêcher que les Citoyens ne soient fondés à se plaindre. & de son propre crû . tel que ses Conseillers le lui représentent. qui sont in. mais il est obligé d'en acquérir par lui-même une connoissance distincte. & le Chef de l'Etat est responsable de celles que les Juges commettent . séparables du luxe des Citoyens. La principale force d'un Etat consiste dans ces richesses inté rieures. fous prétexte d'augmen ter le Trésor public . xiil . XV. . : ':. Rien en particulier n'est plus préjudiciable. '. XIV.

XVI. agit d'u ne maniére injuste . afin de les em^ ployer chacun d'une maniére convenable . XVIII. & fans révolte. ou aux Grands . . XVII. & à reprimer ses entreprises. & que l'abus ne concerne ces Loix. ' XXLes Sujets doivent en général honorer leur Souverain. Tout Souverain qui viole les Droits re servés au Peuple . à -moins qu'elle ne soit limitée par des Loix fondamentales.' Ê$t mes & de leur caractére. XIX.vouloient obéir . mais si le Supérieur infligeoit des peine9 pour cette desobéissance . Les Sujets ne sont point obligés d'obéir à tous les ordres émanés du Souverain qui font contraires aux Loix fondamentales ? mais s'ils. Cependant. : L 6 s'il. & en faire un très . & autorise ses sujets à lui résister . il faut les souffris avec patience. quand même il. mais ils y sont d'autant plus obligés 9 . . & le Peuple ne doit jamais fe révol ter contre le Souverain.tfROlT NATUREL-.. & aux fonctions pour lesquelles ii est pro pre. L'Empire Souverain n'admet aucune ré sistance de la part de ceux qui y sont sou mis . on doit ne lui pas obéir . . cela leur estpeiwis. toutes les fois que le Supérieur commande des choses contraires h la Loi Naturelle .grand» cas . abuseroit de son autorité.

en l'aliénant. & se soumet à tout ce qui oblige les particuliers. représentations & des -supplications leur est naturellement ouveite. par exemple.: ils n'ont . l'aban<donnant. quand ie Souve rain ordonne quelque choie qui leur lcmblt trop dure. Les actes externes de ce respect de* sujets pour leur Souverain . ôc s'il vouloir passer plus loin .que le droit de supplication. U en est demêniC' lorsqu'il y renonce de quelque autre maniére que ce soit. . XXI. Après quoi .t il ne reste d'au tre parti que l'obéissance..Un Souverain qui abdique. . &çXXIIf.. cet acte est nul ipso jure . doivent être déterminés. ou injuste.' Les Magistrats eux menus ne sauroient résister aux injusti ces du Chef. ..*$* PRINCIPES D U «'il gouverne avec justice & bonté. Si un Rqì qui n'est qu'usufruitier . on peut lui résister par la fois XXIV^ . mais ces supplica tions & ces représentations doivent se faire de la maniére la plus humble.des sujets.'. des. La voye. ft el les n'ont point de succès . & le livrer ef fectivement . . comme les autres. Loix fondamentales. alié ne l'Empire . que pour le maintien des. La force en core une fois ne peut se trouver entre les main. XXII. & dans les tenues les plus soumis. rentre dans> la condition privée.

toute. pour le priver de la vie ^ ou de UËmpire. Dsqu'il y a quelque clause attachée à la possession du Royaume. & le Peuple peut recourir à lafotce pour lui ré silier. comme que le Sou verain íera déchu pour cause de félonie* &c. est celui par lequel on attente à_la vie du Nouverain .DROIT NATUREL. & ne paroît penser qu'à les dé truire. perd par -là même le Royaume. ni s'engager dans aucune machination qui puisse porter at teinte à l'exercicc du Pouvoir Souverain. contre la personne du Souverain * ou contre le maintien de l'Etat. avoir lier* -. XXVIII. i i XXVIt i On appelle Crime de Léze-Majesié. Le Crime de Perduellion . Un Roi qui agit en ennemi déclaré deÉes sujets . *. z dan* . & le Mo narque retombe dans l'état privéXXVI. . & & la perte de son Chef. action commise contre les Droits de la Majfsté .ou de Haute-Tra* hìson . Aucun Citoyen ne doit rien faire contrée ks Droits de la Majesté . ne point sonner d'entrepriles qui tende à la ruine de l'Etat . à plus forte raison .Ce crime. ajj XXIV. les Sujets íbnt déliés de l'obéissance dèsque le Roi viole cette clause. * L. répugne au Droit Naturel . Ce crime peut. . . & peut être pu ni de différentes peines íuivant le degré der son énormité. XXV.

Cela peut lé faire en détrô nant celui qui régne actuellement. Telle étant fa source. ou par force .ï&f PRINCIPES DU dans l'Aristocratie. XXXI. pour occuper fa place à l' exclusion du successeur légitime. XXXII. comme dans la Monar chie . XXX. il est manifeste que k Crime de Léze-Majesté ne peut être com mis que par ceux qui sont membres de í'Etat.Majesté. ' Lorsque l'Usurpateur est dans l'acte mê me de l'invalìon . il est permis de lui ré sister par la force. & de celui qui a transmis l'Empire aux person nes qui l'exercent actuellement . quoiqu'on n'y ait aucun droit. Ce font eux seuls que regardent les. en les violant. ou du Roi. L'Obligation de ne pas commettre le Grime de Léze. & même. & ils se rendent capa bles de perfidie . conventions susdites.vient de l'accord primitif sur lequel les Etats lont fondés . sai . LesEnfans des Criminels de Léze-Majes té ne peuvent pas être punis du crime de leurs Parens . s'il eli uéces*. ou enprofitant de la ponjoncture de fa mort . & il mérite les plus rudes peines-. mais cette obligation tire fa force de la Loi Naturelle.» l. Envahir FEmpire t c'est s?en emparer par adresse . xxix. cependant ils peuvent être privés des choses sur lesquelles ils n'ont pas Un droit propre . mais qui dépendent du Peu ple .

on ne peut se dispenser de lui obéir. au-lieu que la discorde détruit les plus grands Empires. qu'elle n'est fondée sur aucune convention . ce qui étant une fois fait. XXXIII. Et même . & de lui rendre tous les devoirs que les hommes se doivent les uns aux au tres . Les Sujets sont obligés d'aimer leur Sou verain .ni le Chef légitime. &. Les Citoyens doivent observer exactement . surtout si le Maître légîi jime de l'Etat ordonne à chacun de courresus à l'Usurpateur. lors même qu'il gouverne mal . XXXIV. XXXV. n'ayant pas des forces suf fisantes pour lui résilier. il est toujours permis de recou rir aux voyes de fait sufmentionnées. & qu'on ne lui a promis aucu^ ne fidélité . de le tuër. 11 doit régner une parfaite concorde en tre les Citoyens. tant jqu'il ne retient cette possession que par Ja force .DROIT naturel: z5$ faire. il est alors permis de traitter avec lui & de lui promettre fidé lité . C'est l'amour réciproque du Prince & des Sujets. k! . tout attentat contre lui devient illicite. & tant qu'il n'agit pas en véritable Ennemi de ses Peuples.la possession . . Mais si les conjonctures deviennent telles qu'il faille céder à l'Usurpateur.les Citoyetis. après que de l'invasion il paíìe à . qui fait la force & le bonheur d'un Etat. C'est par elle que les plus petits Etats peuvent prendre 'les accroissemens les plus considérables.

. & à l'avantage de leurs Concitoyens. le 16 Juillet. Dèsqu'on est reçu au nombre des Cito* yens d'un Etat . & rapporter leurs actions «u bien de l'Etat.£5<î PRINCIPES &c: les Loix Civiles. on devient astreint à Tob-r servation des Loix établies dans cet Etat. . XXXVí.

que les unes à l'égard des au tres. l'ont nommé Droit interim . les mêmes devoirs que la Loi de Na ture impose aux particuliers. qui vivent dans Pétat de Nature . Grotius . on l'appelle Droit nécef]airt ou naturel . C H A P I T RE L Du Droit des Gens en général* r l N considére les Nations diffé-' rentes comme autant de per sonnes libres. des Gens. tant envers elles-mêmes. & qui sont obligées à remplir.LIVRE NEUVIEME. C'est donc le Droit Naturel qui doit servir de régie à leut conduite ^ & lorsque ce Droit est appliqué aóx Nations. Du Droit des Gens. & quelqnes autres après lui .

violations du Droit parfait. en ver tu duquel une Nation défend fa liberté na turelle. pour travailler à leut per . ou maintient & poursuit ses droits légitimement acquis. 6c de réunir leurs forces . De-là naît le Droit de la Guerre . à des préséances . & l'exercice de cette liberté ne sçauroit être troublé. font obligées d'agir de concert . II est parfaitement immuable . & d'exiger ensuite de celles sur qui elles ont ces droits acquis . l'accomplisment des obligations qui y répondent. Les Nations ont le droit d'acquérir des droits . & en punissant même celles qui les ont atta quées. & & injures quelconques sont illicites . ou à d'autres avantages propres. & aucune Nation ne peut se libérer des obli gations qui en découlent. V. Les lésions. Aucu ne d'elles n'a droit de prétendre à des pré rogatives. IL En vertu de ce Droit nécessaire des Gens. de -même que les parti culiers . & les Nations qui s'y trouvent exposées . Aucune d'elles n'a droit Xur les acìións de quelque autre . il y a entre les Nations une parfaite éga lité d'obligations & de droits '7 parce qu'il y a une parfaite égalité de nature. ont le droit de les repousser en se défendant. la liber té leur appartient à toutes . * III.258 P R I N C I P E S D U des Gens. Les Nations .

disputent plus du nom que de la chose. ou de toutes les Nations prises ensemble . En continuant la même fiction . les quelles deviennent Loix Civiles . C'est ce que Grotius a appellé le Droit des Gens vo lontaire . font les différentes Nations..DROIT NATUREL: s# perfection commune C'est un lien de So ciété que la Nature même a'établi entr'elles . lorsqu'on les envisage relativement à cette Cité. des Getis.interne. Mais . & dont résulte un Corps qu'on peut appeller la grande Cité.Grotius. par conséquent la grande Cité ne fauroit en être destituée. Ses Loix :ne font autres que les Loix Naturelles . qui est fondé sur le Droit universel qu'elles ont de régler la détermination des actions de chacune d'elles en particulier. VI. Loix . de manié re qu'elle concoure au salut commun. ou Citoyens de ce Corps. II est de l'elfence de toute Société d'a voir des. VII. Les Membres. ni ses adversaires. s . n'ont distingué avec affez de précision ce qui est effective ment du Droit des Gens volontaire. . ni . & de contraindre même à s'acquitter de cette obligation celles qui voudroient s'y foustraire.ou naturel. & ceux qui le combattent pour mettre à la place un Droit externe placé dans une espéce d'oppolition avec le Droit . on dé couvre l'origine d'un Empire universel. <.

& ne veut plus s'y confor mer. qui s'établit par un long usage de choses introduites . Enfin il y a un Droit des Gens coutumier. de là tranquillité & de la sûreté dont chacun y jouît. & qui n'oblige qu'aussi longtems qu'une des Nations qui y est as sujettie n'a pas expressément déclaré qu'el le y renonce .c6o PRINCIPES DU VIII. & des Droits qui en résultent. I. Des Devoirs des Nations envers elîes-mêtnes . I" A Conservation d'une Nation consiste dans ía durée des biens de Société . . & observées fur le pied de Droit. *}ui en ont réuni les différentes familles. étant Baturellement obligées à se conserver. entre les Nations. Ainsi toutes les Nations . par les Traités qu'elles font entr'elles. IX. qui n'est qu'un Droit particulier. Cet te durée dépend du nécessaire à la vie. >- CHAPITRE II. doi vent par-là même veiller à ce que les choses pécelîaires à la vie ae leur manquent point.C'est-rlà Je Droit des Gens pa&ice . Les Nations peuvent aussi acquérir des Droits » & contracter des Obligations. . C'est encore un Droit particulier.

& mettre en œuvre les mo yens qui sont propres à les détourner. Et quand môme il ne s'agiroit pas d'une ruiue totale . TJne Nation est d'autant plus parfaite . ou à prévenir. III. II s'ensuit de. & aux ver tus . elle peut recourir au secours de quelque autre Nation . II. cette obligation s'étend à tout' ce qui pourroit altérer fa perfection & celle de son état: & elle lui donne le droit à tou tes les actions propres à empêcher . Que si elle ne fe sussit pas à elle-même par rapport à ces fins. V. . & si rien ne lui manque à cet égard . . soit fa ruine. Société . La Gloire d'une Nation consiste dans les éloges que lui donnent de concert les Gens éclairés & vertueux . qu'elle est plus en état d'arriver au but de la. agi & à se mettre à l'abri de tout ce qui pourroit troubler leur tranquillité & leur sû reté.là que toute Nation doit se préserver des dangers qui pourroient cau ser sa ruine. soit quelque attein te à fa perfection.DROIT NATUREL. tifier par les Alliances qu'elle contracte. IV. II y a une obligation naturelle en ver tu de laquelle aucune Nation ne sauroit se dispenser de travailler à sa perfection & à celle de son état. & se for-. on peut dire que son état est par fait. par rapport à la per fection de son Gouvernement .

est contraire à la gloire d'un Etat . i . & le seul principe solide de sa gloire.262 P R I N C I P E S DU tus tant intellectuelles que morales qui s'y font remarquer. ceux qui font dépositaires de l'Autorité Publique . peuyent se passer . . que de s'opposer à cés maux dès leur naislance . & les Chefs de la So ciété . & c'est le fort d'une faine Politique. font . 'C'est donc un objet digne de l'attention de chaque Ejtat. VII. les Nations ont le droit de se demander les unes aux autres la com munication des denrées & autres secours. -. & naturellement celles-ci. ne sauroient être trop atten tifs à encourager les Citoyens dont les lu miéres & les vertus peuvent tourner à la véritable gloire de la Patrie. Tout ce qui tend à ramener la barbarie. & se distingue des autres. ou à corrompre les mœurs.. Plus il s'y trouve d'individus doués d'excellentes qua lités de l'efprit &du cœur. i-. Ces vertus font la pierre de touche de la perfection d'un Etat .' .VI. Comme chaque Contrée ne produit pas toutes les choies qui peuvent contribuer à fa perfection . plus la Nation qui les poíléde se rend recommandable . dont celles auxquelles on les demande. & d'en empêcher les progrès.. Pour cet effet il doit veiller à ce que chaque Citoyen rapporte autant qu'il est possible fa conduite & ses démarches à la gloire de la Nation . que de se rendre di gne du genre de gloire que nous venons d'indiquer.

le Commerce externe se fait avec les Etrangers . On nomme auíïï yfôef de pure volonté tous ceux qui dépendent uniquement de nous. sont d'une ex trême utilité . & par conséquent ceux qui concernent des droits de pure faculté. ou douées d'un mouve ment propre. celui dont on peut se servir . tés de Commerce. VIII. Une Nation ne sauroit néanmoins aller porter ses denrées en vente chez une autre fans son consentement. IX. On appelle Droit de sure faculté. L'un & l'autre. & contribuent beaucoup à la prospérité de l'Etat . en procurant celle des particuliers. De ce nombre est le Droit d'acheter ce dont on a besoin. Le Commerce interne est ce lui qui a lieu entre les sujets d'un même Etat. avec d'autres Nations. où on le juge à propos. 263 sont obligées à les leur céder à un prix rai sonnable. A . X. sagement dirigés.DROIT NATUREL. . On appelle Commerce le Droit récipro que d'acheter & de vendre des choses quel conques mobiles . ou ne pas se servir. de former entr'elles des Trai-. II est donc du devoir naturel des Nations. & le resus de l'en-' trée des marchandises n'est point une injure faite à la Nation qui l'éprouve.' suivant qu'on le juge à propos . fans être assujetti à aucune contrainte externe.

& mieux en état de se dé fendre contre les attaques du dehors. elle est dans l'obligation d'y recourir. qui en ôte l'usage . XII. Ainsi le Droit de Commerce étant na turellement & dans son origine un Droit de pure faculté. Lorsqu'une semblable Con vention a eu lieu . U s'en suit de-là que toute Nation a le droit d'aug menter fa puissance autant qu'elle peut le faire fans préjudicier aux droits des autres. XIII.Û64 P R I N C I P E S D U XI. demeure sur ce pied. qui lui conservent les droits dont elle a un besoin essentiel. La Puissance d'une Nation contribue à fa perfection . ayent sussisam ment déclaré qu'ils coníëntoient à y renon cer. en fe soumettant à sa domination j & alors elle stipule certaines conditions. & que ceux auxquels on l'interdit. les Parties contractantes font également obligées à la remplir j ensor . ou contrainte . jusqu'à ce que les Nations par leurs différens Trai tés . . Les Droits de cette nature subsistent jus qu'à ce qu'il intervienne quelque défense.U peut arriver aussi qu'il soit du vérita ble intérêt d'une Nation de se donner à une autre. en ce qu'elle la met plus à portée d'acquérir tout ce qui convient à ses différens besoins . Et si elle trouve dans l'alliance des autres un principe de puissance que ses propres forces ne pourroient lui donner . y ayent apporté les restriéìions & les limitations qu'elles jugent convenables.

xrv. il est acquis . & par un effet de notre pro pre volonté. & il n'y a per sonne qui ne puisse changer de domicile . Au. quand il le juge à propos. quelque long qu'il soit. XVII. du domicile naturel. Ceux qui n'ont aucun domicile assuré . ou d'une famille dans un lieu . M tût . qui demeurent . n'est pas une acquisition de domi cile. ' " XV. & même auflì long qu'on voudra le supposer. & l'Etat inférieur peut résister par la force au supérieur . sont dits vagabonds. jusqu'à ce qu'on l'ait signifié par une déclaration expresse . lorsque nous y sommes venus nous-mêmes . Un séjour de quelque tems .DROIT NATUREL. L'un & l'autre dépendent na turellement de notre liberté. tanTome III. 26$ te que l'Etat supérieur peut contraindre l'inférieur à l'obéiffance dans les cas où il l'a promise. ou par un choix positif d'un autre domicile. lorsqu'on y est né. avec le dessein d'y demeurer toujours. II est naturel. porte le nom de Do micile. font enfreints & vio lés. L'habitation d'une personne . lorsque les Droits qu'il s'étoit réservés. & que nos Parens l'ont occupé avant nous.contraire un éloignement. XVI. Ce font des gens . n'en est point un abandon . tantôt dans un lieu . dans un lieu pour quelque affaire à laquelle on y vaque .

'.. au-lieu qu'il y a pour l'ordinaire des droits attachés à la qualité de Citoyen. .. Les Enfans nés de ^Parens vagabonds n'ont point de Patrie..il est vo lontaire. . nié . c'est le Lieu . II est fondé sur Tobligation naturel le où nous sommes de travailler a la perfec tion de notre état. & qui est mis au nombre des Vertus les . U peut être une pei ne décernée par l'Etat. XIX. . qui font pour l'ordinaire irréguliéres . le Pays où les Parçns sont domiciliés lors que l'enfant vient au monde. plus recommandables fous le nom $Amour dt la Patrie. L'exil est involon taire dans ce cas. & il ne faut pas la confondre aveç le lieu nataL Áuslì celui-ci ne confére t il aucun droit. qui a une relation inti me avec celui de notre Patrie. UExil c'est Tobligation. . fans aucune intention de s'arrêter nulle part.. que l'on a dans fa Patrie. l'on faisoit son domicile.. fans au cune note d'infamie.. jugé contre leur conduite & leurs mœurs . La Patrie . & on s'y soumet pour obéir à la sentence des Supérieurs . r XX. > . :-. . quoi qu'il ne soit pas impomble qu'un vagabond ne soit honnête homme.-. la Ville. lorsqu'on prend ce parti de sbi. Cela forme un pré.: XVIII.*66 P R 1 N C I P E S D U tôt dans un autre . de quitter le sé-i jour où. C'est de ces droits que procéde rattachement qu'on a pour elle . . On peut naî tre par conséquent hors de fa Patrie .

& des Droits qui ea résultent. & s'ils éprouvent un re fus . Ce Droit dépend des relations qui subsistent entre les Citoyens & le Chef de l'Etat . quand même ces raisons ne feroient pas ma< nifestes . & des Loix fondamentales . ils font obligés d'y acquiescer. La permission de sortir d'un Païs par un exil volontaire .DROIT NATUREL. à-moins qu'il n'y ait des rai-: sons particuliéres qui s'y opposent . XXII. CHAPITRE IIL Des Devoirs des Nations les unes envers x les autres . s'appelle Droit d'émigra tion. 367 tnême . lorsqu'il en existe . iìnon la volonté du Supérieur en décide. L CHaque Nation doit à toute autre ce qu'elle se doit à elle-même. Les Exilés doivent être reçus par les Na« tions auxquelles ils demandent un nou veau domicile. dans tous ies cas où celle qui implore son secours ne M a peut . XXI. mais . ils n'ont pas un droit parfait à obtenir de telle ou telle Nation le domicile qu'ils demandent . pour éviter quelque disgrace . à la quelle on avoit naturellement liau de s'at tendre.

à la teneur desquels il. à certains tems. ou au seul achat. à la prospérité de leur Commerce & de leurs en treprises. IL Le Droit qu'ont les Nations d'obtenir ces secours les unes des autres. m. G'est donc cette teneur qui détermine fi le Commerce est restreint. Elle doit s'intéreffer à leur perfec tion. & exempt de toute contrainte. Toute Nation doit aimer les autres com me elle-même.a68 PRINCIPES DU peut pas se sussire. &. à leur gloire. IV. On peut ajoûter aux Traittés de Commerce telles conditions. «| Le Droit parfait de Commerce entre les Nations est fondé sur les Traittés . ou clauses commissaires. & aucune demande dans ce genre. ou à la vente. Ainsi les Nations ne doivent rien se resuser les unes aux autres de ce qui peut contribuer à leur conservation. une Nation qui ne s'en départirait jamais. est impar fait. mais le droit de demander est parfait. à leur bonheur. ne peut être regar dée comme une injure. & où elle peut accorder ce secours fans déroger à ses devoirs envers elle-même. Bien loin qu'une telle conduite répugne aux maximes de la Politique .doit toujours être confor me. & spécialement à l'achat de certaines choses. y trouveroit des ressources qu'aucun genre de Po litique ne sauroit procurer. fans en excepter ses enne mis. ou à leur perfection réciproque. qu'on . .

M 3 VIL . U convient seulement à cette obli gation . Aucune Nation ne peut en empêcher une autre de former des liaisons de Commer ce avec une troisiéme . & de ne rien souffrir qui ten de à h violation des engagemens contrac tés. sans faire in jure à l'autre. aussitôt qu'une des parties commerçantes le juge à proposV. la Na tion qui a exigé cette privation de Commer ce . en exerçant un Com merce auquel elle ne s'étoit pas encore adonnée . mais par la voye des Traittés elle peut stipuler que la choie n'ait pas lieu. est en droit de s'opposer à toute con travention . II n'y a rien dans ce monopole qui répugne à l'ebligation na turelle. qu'elle ne ven dra certaines marchandises qu'à elle feule . De tels Traittés existans. diminué' le profit qu'une autre y faisoit. coupable d'iniurt à leur égard. il peut être interdit & révoqué . Mais tant que le Commerce n'est fondé que sur une permis sion . que ces sortes de marchandises soient eníuite vendues à un prix raisonnable. elle ne viole le droit parfait d'aucu ne autre. Quand une Nation . soit expresse. VI. elJe use de son droit. afin que les autres ne puiflent s'en fournit qu'en s'adressant à elle. B en est de même lorsqu'une Nation stipule d'une autre. soit tacite. maisquelque prix que la Nation qui les vend y mette . & ne se rend par conséquent pas.DROIT NATUREL- 269 qu'on juge à propos.

ou Foires. ou leur achat. {Empo rta.') les lieux assignés à quelque Commer ce perpétuel entre les Nations.&7b PRINCIPES DU VII. d'où s'en fuit qu'elles sont toutes obligées à le favo riser. en veillant à l'entretien des chemins. On appelle Marchés. le libre exercice de la Religion. & on les proportionne au gain que procure leur vente. il con vient qu'il y ait de semblables lieux . Les fraix qu'exige l'entretien du Com merce .. VIII. toute altercation entre les Négocians. IX. le droit d'habitation perpétuelle . autant qu'il est possible . donnent le droit de le charger de quelques impôts qui servent à en indemnifer. 11 y ré gne une liberté . &c. tous les avantages qui fervent à la commo dité du Commerce. à l'extirpation des brigands de terre & de mer. à en augmenter la fa cilité & la sûreté. à le protéger. ou sur celles qui sor tent. l'usage du Droit reçu dans . Tels font les privilé ges & concessions qui fe rapportent à ce but. Comme c'est un des plus grands moyens de faciliter le Commerce. en vertu de laquelle il est permis d'y vendre & d'y acheter en tout tems. à prévenir tout retardement dommageable . Le Commerce en général contribue aa bonheur commun des Nations. Ces impôts se mettent sur les mar chandises qui entrent. & qu'on y réunisse . la possession des immeubles .

c . X. pour veiller aux privilé ges de leur Nation . charger & décharger leurs marchandises. qui íònt des lieux formés sur le rivage de la Mer . a?i sa Patrie . & on ne doit accorder ce privi lége à aucun lieu que par des raisons tout-àfait singuliéres . Le Droit d'étaple (Jus stapula') est un privilége d'arrêter ceux qui passent sur un fleuve avec leurs marchandises . XI. On fortifie ordinairement les Ports. -' j . ils sont'. peuvent séjourner . . M4 con* . l'exemption . & à la fin périt. Us demeurent sujets de la Puissan ce qui les a chargés de cette fonction y & dans le Territoire où ils se trouvent. ou à payer une certaine redevan ce.DROIT NATUREL.moins une diminution considérable des impôts . où les Vais seaux trouvent un abri . & véritablement prises du Public. Tout Commerce gêné languit. &c. XII. & attendre le tems favorable pour se remettre en mer. pour les préserver des attaques de l-'Ennemi.. ou du . Le Commerce maritime a un oetbin in dispensable des Ports .. Les Consuls sont des personnés établies dans les Villes maritimes de Commerce . ou dans les Ports. & de les contraindre à les vendre dans le lieu qui a ce droit. & terminer les diffé rends qui peuvent s'élever entre les Mar chands. Cela est fort contraire à la' liberté dn Commerce.

mais elle ne peut les fai re recevoir des autres Nations . & quand il en existe qui ont décidé la cho se . . . & de cet te obligation naît le droit qu'a chacune d'el les de ne rien souffrir d'aucune autre . & comme elles font toutes natu-. & de lui décerner tous les titres & les hon neurs qu'elle veut . ou lésion.} . celui d'un au . ne peut venir que des ïraittés . Aucune Nation ne doit causer de dom mage. XIV. C'est une affaire de Traitté . icllement égales... XV. . * XHL En vertu de la liberté des Nations . & l'obligation de les recevoir de l'autre. il est permis à chacune d'elles de donner à son Chef quel nom elle juge § propos .i72 PRINCIPES D U considérés comme des étrangers qui y sé journent pour leurs affaires. . Les Chefs des Nations en font les représentans. & en particulier de ne pas permettre qu'elle se mêle de son Gouvernement. à une autre . Le droit par fait d'établir des Consuls d'une part. & toute parole . li le Chef d'un Etat traitte trop durement les sujets ..lesChefs doivent se regarder sur le même pied . dans lesquels on ré gie ces choses d'une maniére convenable aux intérêts réciproques. ou action contraire à cette égalité > est injurieuse à ce lui qui y est exposé. En conséquen ce de ce Principe. les Nations qui ont accordé un titre y ne peuvent plus le resuser -fans injure. qu'en l'obtenant d'elles.

ou de remplir des engagement quelconques. &enunmot.la troubler. XVIIL Enfin. La différence de Religion ne sauroit dis penser une Nation des devoirs de l'humanité envers une autre. . en cas qu'ils soient punis pour desobéissance.- M 5 €11 A- . toutes les Nations font naturerellement obligées à vivre dans une parfaite concorde.. ils doivent íe soumettre . qu'autant que la Nation chez qui on les envoye . L'envoi des Mission-.. en core moins de la conquérir & de íe l'assujettir fous ce prétexte. veut bien les rece voir .DROIT NATUREL:- *7$ «reEtatne sauroit employer la force pour' s'opposer à ces traittemensi XVL Une Nation n'est pas en droit d'en for cer une autre à recevoir fa Religion. XVII. ou qu'elle leur ordonne de sortir. A plus forte raison ne dégage-t-elle pas de l'obligation. de teniría parole. & à détruire tous les obstacles qui pourroíeut. & si elle leur défend l'entrée . ou bien. naires n'est licite . lèur punition estlégitime.

soit qu'elle l'exerce par elle-même . Du Domaine des Nations^ L LOrsque quelque Nation occupe une Corrtrée vuide. fans en excepter les lieux déserts' & stériles. qui se trouvedans ce district. . devient aussitôt sujette à l'empire de la Natiorj.S?4 PRINCIPES CHAPITRE DU IV. Le Chef de l'Etat est à.. comme attachés à la Terre. m. Chaque Nation ayant un empire civil à «Ile appartenant. H. Le Territoire de quelque Puissance eífe tout lieu où elle a droit d'exercer son em~ pire.. une Con trée occupée de la maniére susdite. ni les droits qui peuvent être. ou par quelque autre . passe fous fa domination . au district du territoire -. qui s'en est emparé . & qui n'étoit à person ne. toute cette Contrée avec les choses qui s'y trouvent . est pendant tout son séjour íhjefc à l'empire de la Nation à laquelle la Terre appartient.. Ainsi l'on voit que l'Empire tient pour ainsi dire.. ou Maîtredui territoire.. & par conséquent un Etranger. «ause de cela nommé Seigneur . & on la comprend dansle territoire de cette Nation. «ou incultes .

VI. quelle que puifle-être la. demeure dans l'état de la communauté primitive. Ii'Empire s'àcquérant avec le. Si dés Familles séparées habitent dansÏjuelque Contrée . & se les assujettir . De telles Familles jouissent dé la liberté naturelle & personne ne peut occuper Fempire sur elles.consenti. V. des lieuxVII. Que si cesFamilles n'ont point de demeures fixes > & qu'elles errent d'un lieu à l'autre el les font censées avoir. mús. & dans le cas de la communauté primitive.le reste de la Contrée.domaine . ou de quelque par tie de la Mer adjacente à un continent .. & que chacune d'elle ait es fonds propres . tacite ment. fans leur consentement. ces fonds font autant de domai nes particuliers..& en communauté mixte v les lieux où elles n'ont pas coutume d'aller.. quand une Nation s'empare d'une Ile.: qui n?y est pas compris .-qú'elle a occupés origi nairement... que les fonds de la'Contrée où eJles se trouvent. ment . servent à l'usage commun.distance. s& IV. & c'est comme si elles l'occupoient conjointe. Ees. s'il en res te:. demeurant comme non occupés .Jurisconsultes Romains ont. ces choses deviennent sons territoire & sont censées ajoûtées à celui qu'elle possédoit dé jà*. ou d'une Terre inhabitée . appellé Mi 6» cho* .D R 01 T N ATU UEÏÍ:.

II s'ensuit de -là que les vîvans ne peuvent. choses universelles.ì?6 PRINCIPES D U thojis communes .ìk la maniére dérivative d'acquérir les cho ses dites res univer/ttatis. C'elî. ou indirecte. Ces choses appartiennent non seulement à ceux qui vivent à. ou res univerfitatis . après l'occupation. ceux qui possédent des biens en pro pre .le dor . celles qui appartenoient i une communauté mixte de toute la Nation. cas d'une nécessité indispensable. celles qui . d'une maniére directe. demeuroient dans l'état de commu nauté primitive . qui ne reconnoît point de loi. choses publiques . pouvant exer cer son domaine sur elle .présent. ou à certaines conditions. VIII. ouïes engager à leur gré' . IX. comme il lui plaît. peuvent les donner à des corps . purement & simplement. celles qui étoient possédées en communauté mixte par quelques Corps par ticulier . & choses fìngulïêres . . Tout Maître d'une chose . mais encore à ceux qui leur succéderont après leur mort. mais qu'ils n'ont ce droit que dans les. que les successeurs ne puissent incontestablement en éprouver aucun préjudiceX. oudu-moins d'une utilité fi manifeste. ou res smgulorum% celles qui appartenoient aux particu liers. Comme le Chef de l'Etat est chargé de teiller à. point les aliéner. Futilité publique % & qu'il a.

. Le domaine de ces choses peut être transporté au. & par utíe conséquence de ce. que ceux qui sont membres de la Communauté à laquelle ils appar tiennent. afin qu'il régie l'usage que les pattîculiers en tirent -de la ríianiére la plus con venable à Tutilité publique. qui reste encore. droit. Les choses publiques sont dans le do-' maine de toute la Nation . accor ai Z d* .res univerfitatis. & leur permettre de séjourner autant que leurs affaires le de. >xl . En vertu d'un droit . . . XIIL Néanmoins c'est à. . & l'usage en ap partient indifféremment à chaque Citoyens pourvu qu'il ne fasse rien qui aille au détri^ ment de l'usage public.Çhef de l'E» tat. on doit accorder aux Etrangers & à ieurs mar chandises un passage libre par les chemins & sur les fleuves assujettis au domaine d'u ne Nation quelconque .. . son consentement est requis pour l'aliénation & pour l'oppignoration des choses qui sont dites. il est permis $ tout le monde de faire usage* des choses qui ne souffrent aucun détriment par. . tant aux Corps qu'aux particu liers.DROIT NATUREL: &fir domaine émìnmt sur tous les biens qui ap partiennent .. D'ailleurs personne n'est en droit de disposer de l'usa ge de ces biens .' :. mandent. la Nation qui. qui en a déjà par sa qualité le domaine éminent.là .de la communauté primitive . .

Elles-ont auífi:la: for ce: . ou entre deux Etrangers-. ils sont obligés de se conformer aux Loix . XIV. On doit: ©btenir au préalable son consentement ex près. Les crimes commis par dès Etrangers doivent être jugés suivant les Loix du lieu où. sous prétexte qu'il ne.Loix qu'en ap partient la. on est obli gé de s'y soumettre. qu'autant qu'il existe des Loix particuliéres en faveur des Etrangers. 6c: personne n'a droit de lui en demander comp te. & cette obligation ne peut cesser . ils arrivent. ou être assuré du consentement taci te. entre un Etranger & un Citoyen. c'est aux mêmes.S7& P R IN C IP E S D U de ces permissions. & d'agir comme le feroient les Cito yens du lieu dans les mêmes circonstances. de vouloir s'en servir. lui en revient: aucun dommage. dé prendre à cet égards les résolutions qu'elle juge convenables. il dépend d'elle de l'interdire. ou criminelle . XVI. & si le Seigneur du territoire ne l'accorde qu'à certaines conditions .. & s'il s'éléve quelque af faire litigieuse . On a déjà insinué que. tant que les Etrangers séjournent dans un territoire quel conque. xv: Si quelque Puissance juge qu'il convient âla sûreté de son Etat de n'en permettre l'entrée à aucun Etranger.. & d'attacher des peines à la vio lation de cette Loi. dérision. ni lorsqu'elle a interdit les passages.

BROIT NATUREL.

v&

ce de les contraindre à remplir les engage*
mens qu'ils ont contractés,
XVII.
Lorsqu'un homme d'une Nation en ou
trage un de quelque autre Nation , cela
n'intéresse que ces particuliers , & les Na^
tions entiéres ne doivent point s'imputer de
telles actions les unes aux autres , à-moins
qu'il ne survienne quelque approbation , ou
ratification, par laquelle il paroisse qu'un
Etat prend le fait & cause de son Citoyen.
Le lieu où l'injure a été commise, dans le
territoire , ou hors du territoire , ne fait
point non plus par lui-même une affaire Na
tionale..
xvm.
Cependant les Chefs des Etats doivent
veiller à ce que leurs sujets ne causent au
cune injure , ou dommage , aux íujets des-.
autres Puiflances ; & lorsqu'ils y connivent
d'une maniére sensible , ils s'en rendent res
ponsables, & donnent lieu à. des griefs pu-r
blics légitimement fondés.
XIX..
Chacun pouvant disposer de ce qui luii
appartient en faveur de qui bon lui semble,.
une Nation peut accorder un droit quelcon
que sur son territoire à une autre , comme
celui de construire un Fort , de pêcher ,. .
d'acheter & de posséder des fonds, &c.
'
XX.
Personne d'un autre côté ne pouvant être privé. d'un droit une fois acquis , ni;
obligé à. souffrir qu'on y. porte atteinte „
au*

s8o

PRINCIPES: DU

aucune Nation n'est en droit d'en chasser
une autre de la Contrée qu'elle occupe ,
.pour se mettre à sa place. Ainsi c'est un.
droit abusif que celui d'étendre ses frontié
res par la voye de conquête, & d'assujettir
une Nation qui nous étoit auparavant in- .
connue dans des Pais nouvellement décour
*
verts. Les hommes font égaux partout ; &
les Empires, ou Etats du Nouveau Monde
n'étoient pas moins à ceux qui- les occu'
poient , que ceux des autres Parties du
Monde appartiennent à leurs Maîtres; puis- »
qu'en général aucune Nation , ni aucun Er
tranger, ne peuvent s'arroger de droit, quel
qu'il soit , sur le territoire d'autrui..
XXL
Celui qui se trouve en Terre étran
gére , n'a pas pour cela changé de do*micile , & il demeure Citoyen de fa PatrieS'il lui arrive donc alors de léser quelqu'un
de ses Concitoyens, il peut à son retout
être tiré en cause , jugé & puni suivant lesLoix établies dans le lieu de son domicile..*
XXII.
Les Nations étant obligées de reconnoîr
tre la validité respective de leurs Jurisdio
tions , un testament est valable comme ju
diciaire,. lorsqu'il a été dépose à. lajusticc
du. lieu où. il a été fait.
xxiir.
Quand un Etranger meurt dans quelque
j
Pairs , il a pour héritier celui qui devoit
l'être suivant les Loix de fa Patrie. Et le
Chef de. l'Etat. n'ayant droit sur ies actions
des-;

DROIT NATUREL;

28!

des Etrangers qu'autant qu'il doit obvier à ce
qu'elles ne prcjudicient point à la Société,
les biens de ceux qui meurent hors de la
Patrie , lors même qu'ils les ont avec eux
en. Terre étrangére , demeurent à l'héritier
naturel suivant les Loix de la Patrie, & le
File ne íauroit s'en emparer. . .
XXIV.
On appelle Drok d'aubaine , celui par
lequel les héritiers étrangers sont privés
des biens qui leur reviendroient si celui
qui les laisse étoit mort dans fa Patrie ; &
ce droit est fondé. sur des Loix qui rendent
ces héritiers inhabiles à succéder, & ne per
mettent pas de tester en leur faveur. Ce
Droit, & ces Loix, ne font guéres d'accord
avec le Droit des Gens, tant à l'égard de la
saisie des. biens des Etrangers faites dans le
lieu où ils meurent, qu'à celui de l'excluíìon des héritiers naturels fondée sur leur
séjour dans d'autres Contrées. Les Chefs de
l'Etat ne font pas naturellement autorisés à
faire de semblables Loix -, car ils n'ont qu'un
droit éminent íur les biens de leurs sujets.
XXV.
- Les Droits que noiis avons nommés cir
dessus dans le Droit Naturel , ufucapìon &
prescription. , ont lieu entre les Nations. '
Mais , coinme il peut exister diverses cau
ses qui forcent une Nation à garder le silen
ce pendant longtems , quoiqu'elle sache
qu'une partie de foa domaine est injuste
ment aliénée & possédée par quelque autre,
la longueur de ce- silence n'est pas une pré>
so»-

tfet

PRINCIPES DU

somtion aussi forte d'abandon de son droit
& de son domaine entre les Nations qu'en
tre les particuliers. II n'y a guéres que la
prescription immémoriale qui soit admise
d'Etat à Etat , & qui est jugée sussisante;
parce que celui qui répéte une choie, de
vant prouver son domaine , est hors d'état
de le faire , dèsque la prescription en est
immémoriale.
XXVI.
Cependant des Nations voisines peuvent
convenir entr'elles d'un certain terme de
Íirescription , qui étant une fois reconnu a
orce de Loi.

CHAPITRE

V. :- :

Des Traînés*
i - *
j
* **
!
L
LEs Puijsances Souveraines sont les per
sonnes qui exercent l'empire dans un
Etat, & au-dessous d'elles il y en a de
moindres, qui font chargées de quelque par
tie de l'empire , mais dependamment de la
Puissance Souveraine , & en son nom. Tels
font les Magistrats & les Généraux.
II.
On appelle Traîné , un Accord fait entre
des Puissances dans la vue de procurer le
bien public, & cela à perpétuité, ou dûmoins pour un espace de tems soit considé
ra.

DROIT NATUREL.

»83

table. Quand il ne s'agit que d'affaires pas
sagéres, & qui n'ont point de suite, ce sont
de simples Pactes, ou Conventions.
m.
Comme il est égal de faire une chose par
soi même, ou par un autre, ceux qui sont
chargés par les Puissances Souveraines de la
conclusion d'un ïraitté, ont droit de s'en
acquitter. '
IV.
Quand les personnes revêtues delapuifsanct- souveraine réglent entr'elles , ou
avec quelque particulier , des affaires qui
n'intéressent que leur utilité propre , les
Actes passés à ce sujet ne sont pas de»
Traittés.
V.
'. Les Traittés font dans le cas de tout ce
que nous avons appellé Pactes & Promejses
.dans le Droit Naturel; ainsi il sussit de leur
appliquer tout ce qui a été dit ci-dessus à
cet égard.
.VI.
II naît un Droit parfait des Traittés, &
leur violation est une injure. Par consé
quent il n'est pas permis à un Etat de faire
des Traittés contraires |à ceux qui subsistent
déjà entre lui & quelque autre Etat ; 6c au
cas que la chose arrive, les Traittés antérieurs
prévalent fur ceux qui les ont suivisVII.
Les Traittés de simple amitié , par les
quels on s'engage à éviter toute lésion réci
proque ,. ne sont pas naturellement nécessai
Kfi»

284

PRINCIPES

DU

res. Cependant , s'il y a quelque Nation
qui ait pour principe de courir-sus à son gré
à toutes les autres, & qui fasse profession
d'hostilité , on peut faire avec elle de sem
blables Traittés.
VIII.
Végalité régne dans les Traittés , lors
que les Parties contractantes s'engagent
réciproquement aux mêmes choses, ou à des
choses équivalentes ; mais ils font dits iné
gaux,' lorsqu'une Partie promet plus que
l'autre. II y a une nouvelle distinction à
faire sur cette inégalité, qui est ou ex parti
digniori, lorsque l'Etat le plus puissant pro
met gratuitement des secours , ou autres
avantages plus considérables, que ceux aux^
quels s'engage le moindre ; ou ex paru mi~
nùsdtgná, lorsque celui-ci, à-cause même de
sa foiblesse , est obligé de consentir à des
engagemens plus onéreux , que ne le font
ceux de la Puissance principale. Ces der
niers engagemens peuvent donner atteinte
à l'empire , lorsque l'on en traníporte quel
que partie , soit quant à la substance , soit
quant à l'exercice, ou au droit, à la plus
forte Puissance, qui s'ingére par ce moyeu
dans le Gouvernement de la plus foible ; aulieu que ce Gouvernement ne souffre point
d'altération , lorsque l'Etat promet seule
ment de remplir certains engagemens que
la nécessité des conjonctures exige de lui ,
& après l'accomplissement desquels il n'est
forbordonné en rien à l'autre EtaL.
IX.

& doivent être déterminées par les devoirs généraux des Nations les unes envers les autres. & ne servent qu'à indiquer par qui ces Traittés ont été conclus.^ Une Nation tributaire est celle qui est obligée de payer annuellement une certaine redevance à une autre. il n'y en a aucune qui puis se devenir tributaire qu'en conséquence de quelque Traitté. XII.DROIT NATUREL.. lorsque ses effets font restreints aux personnes qui le font. soit pour un certain tems aux suc cesseurs de ceux qui ont contracté. Cela ne l'empêche pas de conserver la Puissance Souveraine . tant égaux qu'inégaux . il est réel. Ce qui fait la réalité des Traittés.. Vu l'égalité naturel le des Nations. ne les rendent pas person nels. soit à per pétuité . . & de l'exercer dans toute son étendue.. Un Traitté est personnel. IX. abstraérjon faite de l'équité ou de l'iniquité qui s'y trouvent. sont une dépendance de l'équité naturelle . f. c'est leur rapport à une utilité publique ôc permante. Les noms mis comme signatures au bas des Traittés. XI. lorsqu'ils ont été conclus avec toutes les formalités requises. & ils font reconnus comme ayant force. Toutes les clauses & conditions des Traittés . Ce pendant leur validité dépend de la forme plus que du fonds . mais s'ils s'étendent plus loin .

dont l'autorité vient de cesser. Lors donc qu'un Roi vient à mourir. ou Chefs des Etats. XIII. s'il n'y avoit rien qui te rapportât directement à la personne du Roi. à-moins qu'ils n'ayent été person nels. subsiste en son entier . Si. Seu lement ils ccsseroient s'ils étoient fondés fur une caule relative & propre à l'Etat Po pulaire. ils empruntent des sommes de quel ques particuliers pour le Bien public . qui de leur côbé jouissent de tous les droits fondés sur ce Traitté. ou même à être chassé & déposé . & ils subsistent quand même la forme du Gouvernement seroit changée.& ils Pobligent ausli-bien que les Successeurs à la Couronne. & fait en particulier des Traittés . le Traité d'un autre Etat avec celui où ces changemens arrivent. Les Traittés faits avec un Peuple libre sont réels. sont censés faits aveclePeuplemême. xrv. C'est par le droit qu'il tient du Peuple <Jue le Roi exerce l'empire en général. Les mêmes régies ont lieu à l'égard de tous les autres engagemens contractés par les Rois. leurs Successeurs & le Peuple font obligés d'ac quitter ces dettes avec les intérêts qui ont été stipulés.tt86 PRINCIPES DU XII. parce que lé Peuple demeure toujours le même. ainsi ceux qu'il conclut. XVJ . par ex emple . ou qu'on en élit un nouveau.

lorsqu'elle se rapporte seulement à quelques-uns d'entr'eux. ou qui n'ait point de Re ligion . II eíî permis à une Nation de faire des Traittés avec toute autre . & c'est ce qu'on nomme Garan tie. particuliére . Comme on n'a en vue dans les démarches faites en faveur de celui qu'on défend lans le cas de Garantie. que futilité de celui au quel on donne du secours . ìB? XV. n'est cependant obli gée à donner les secours qu?elle. Cela est déterminé dans un Traitté fait exprès à ce sujet . La Puissance qui garantit . qu'à réparer le tort qu'elle peut avoit caule. XVI. & qu'on nomme Traitté de ga rantie. XVIII.a promis» que lorsqu'elle en est requise. . de quelque Reli gion qu'elle soit . lorsqu'elle em brasse tous les Articles énoncés dans un Traitté-. afin d'en tirer satisfaction . . La Garantie est générale. XVII. -. . C'elt ordinairement une promesse de se joindre à la partie lésée dans le cas de vio lation du Traitté de la part de l'autre Par tie. & même contre une Nation de mê me Religion. .DROIT NATUREL. -»' XIX. on peut agir lans en donner avis ni déclaration à celui qui a violé le Traitté. Une Puissance peut intervenir en tiers pour. & de l'obliger tant à accomplir les conditions . la sûreté d'un Traitté fait entre deuxautres . .

droit . . ': XX. Si plusieurs Puissances interviennent dans un Traitté de garantie . ou une certaine étendue de territoire. easorte que l'une étant dans le cas d'en obtenir l'effet. En général . XXII. ou bien ceux où elle cautionne qu'une Puissan ce remplira les engagemens où elle est en trée envers une autre. Le Souve rain peut aussi engager ses propres biens pour les dettes de la Nation. aussi-bien que les droits de la Nation . ceux où une Puiflance promet son secours à une autre. ou Conventions quelcon ques . peuvent aussi être accompagnés & munis d'oppig/ioration. Les Traittés. toutes les autres prennent fa défense. Tout ce qu'une Nation a dans sonidomaine peut servir de gage. & comme on donne des gages pour la (ûreté d'une dette. xxi. Provinces entiéres.488 PRINCIPES DU XIX. Can tons. ou des choses précieu ses qui appartiennent à l'Etat. au cas que quelqu'un veuille la dépouiller d'un certain. on peut regarder comme ïraittés de ga rantie . est donné. on peut aussi en donner pour celle d'un Traitté. Quand une Province entiére . comme Villes. toutes peuvent pro mettre garantie à chacune . aucune garantie ne sauroit avoir lieu que sauf le droit d'un tiers.' Quand même le mot de Garantie ne seroit pas formellement exprimé dans un Trait té. ea- .

Les droits antkhreflìques se déterminent par les conventions stipulées dans le Traité sur lequel ils font fondés . En ef fet ils ne font point esclaves . lorsque l'engagement pour le quel ils avoient été livrés . . s'il en existe . ne s'accomplit pas . quoique la chose donnée en gage puisse être retenue pour quelque autre dette . en compen sation des intérêts de la somme qu'il a prêtée. L'oppignoration & l'antichréfe cessent. Celui à qui l'on a donné des ôtages. font remplis . Ce sont de véritables gages . on la convention accom plie. XXIV. .DROIT NATUREL! ify en gage pour sûreté d'une dette. On appelle Otages des personnes données pour la sûreté d'une dette.. XXV. & de les resserrer aussi étroitement qu'il est nécessaire pour prévenir leur évasion . mais ils le deviennent. N de . XXIII. C'est-à-dire que celui entre ses mains de qui se trouve la chose engagée peut jouir de ses revenus & de ses fruits. est en droit de les garder . mais il ne peut leur faire faire aucune forte d'ouvrage. il y a ou tre l'oppignoration ce qu'on appelle antichxfse.. ou du-moins ils peuvent être détenus en captivité* seulement on n'a pas droit Terne ÎII. à-moins qu'on ne soit expressément convenu du contraire. que l'on retient jusqu'à ce que la dette soit payée.)„: . ou d'une con vention quelconque.:.' lorsque les engagemensquis'y rapportaient.

lavoir qu'il le délivrera. i::XXVII. & se porte lui-même pour caution des choses stipulées . en ôtage.. & les dettes contractées par les Ôtages doi^ vent être payées. Comme c'est d'ailleurs une chose oné reuse que d'être donné en ôtage . l'Etat auquel cet ôtage appartient demeure obligé de le racheter. ou à fa famille. II y a une obligation de la partide celui .qui donne l'ôtage envers celui qui est donné. XXVI. àmoins qu'il n'y ait une convention contrai re. Ainsi les ôtages cessent d'être tels. . . de -même que les gages. & qu'au cun Citoyen n'y est obligé personnellement plutôt qu'un autre ? l'Etat Ou le Souverain doivent accorder tous les dédommageniens convenables à celui qui veut bien être livré en ôtage. & il peut . -.! XXVIII.a9ô PRINCIPES DU . peuvent être retenus pour une cause dif férente de celle qui les a fait donner . avant qu'on les metíe en liberté. Les dépenles nécessaires qui les concer nent . man que à fa parole. cela le regarde . regardent ceux qui les donnent. quand celui qui les a donnés.de les tuer. & au cas qu'il ne l'ait pas fait par l'accomplissement de la condition fous laquel le il avoit été donnìé . Si après cela l'ôtage contracte des engagemens particu liers. ensorte que l'ôtage soit devenu esclave ou captif.Les ôtages.

que te 'Foi expres se l farts quoi il seroit ailé d'anéantir tous les Traittés. soï peut être retenu pour ses propies engagemens. qui s'unissent par des Traittés. ' C'est ce qu'on appel le Foi tacite. c'est-à-dire. & elle ne doit pas être moins sainte . XXIX. exige . Comme les Puissances moindres. & qui ne sauroit être violé fans porter atteinte à ce salut. moins inviolable . d'où résulte qu'ils doivent être Saints . & au nom desquels elles agissent. elles ne fauroient contracter auN a ' cun .DROIT NATUREL. Cçtte sain teté au -reste n'a aucun rapport avec la Religion des Etats. que l'exécution certai ne des différens Traittés qu'elles contractent ensemble . XXXI. tout ce qui est néceflaire pour l'accomplissement de la convention .v : : XXX. ou sub ordonnées . inviolables. . On appelle Saint dans le Droit des Gens ce que le Bien public . Quand on convient de quelque affaire que ce soit. passe pour être tacitement compris dans la convention. n'ont de droit que celui qu'el les tirent des Puissances Souveraines qui -les employent . quand même il ne seroit pas expressément stipu lé . en resusant d'exécuter des cho ses fans lesquelles leur teneur formelle ne sauroit obtenir son accomplissement. Or il n'y a rien qui intéresse plus le repos & le bonheur des Nations. le Salut commun des Nations .

au cas que la ratification de l'on Chef n'ait pas lieu . & qui ne fauroit obliger le Supé rieur qu'autant qu'il le ratifie expressément. Des moyens de terminer ks Démêles qui s'élè vent entre les Nattent. il se trouve engagé & obligé de sa tisfaire de tous ses biens. LEs démêlés entre les Etats & les Sou verains concernent ordinairement les droite . en passant les bornes de leur commission . Au cas donc qu'ils desa vouent celui qui a fait une semblable pro messe . Seu lement si celui qui a contracté une telle Jponsion . s'est borné à promettre tel ou tel dédommagement . & même de fa liberté . ou tacitement.a9a P R I N^C I P E S DU cun engagement . cette fponston est un enga gement propre . ou que cela est com pris dans l'étenduë de leurs pouvoirs. I. qui les regarde personnel lement . Si les Puissances inférieures s'engagent à faire ratifier par le Souverain les engagemens qu'elles contractent. CHAPITRE VI. XXXII. Tout ce qu'elles font au-delà. n'oblige point leurs Supérieurs. si ses biens ne sussisent pas. qu'autant qu'elles en reçoi vent charge expresse . il n'est pas tenu au-delà de la promesse.

HL Aucune Nation ne doit en mettre une autre dans le cas d'avoir de justes Griefs contr'elle . de médiation . ou bien recourir aux voyes de transaction .ce qui rend les Griefs justes ou injustes. Le Droit Naturel étant celui dont les Nations font usage . fé^ . GonN 3.DROIT NATUREL: 293 droits qu'ils s'attribuent . comme lorsque ceux qui ont causé des Griefs sont tombés dans de fréquentes récidives. & quand il en existe de tels . en reconnoisfant le droit revendiqué par une Nation. à-moins que la Nation plai gnante ne veuille se désister de son droitIV. oud'ac1 bitrage. ou quelque injure qu'ils prétendent avoir reçue. II y a des cas où les cautions font nécefláires . II est aisé d'inférer de cette Défini tion . & leur cas est le même que celui des particuliers considérés dans l'Etat de Nature. ils doivent être levés & détruits par ceux qui les ont donnés. & ont rendu leur bonne foi suspecte. en tenant les Assemblées &.& en: réparant les dommages qu'on peut avoir causés par fa violation. les Nations doivent s'accom moder à l'amiable . conformément à ce qui a été dit sur ce sujet à l'égard des particuliers. On fait cesser les Griefs . Ainsi . On appelle Griefs des plaintes fondées sur le droit manifeste d'un Etat auquel' un autre Etat a porté atteinte. . c'est par ses régies que doivent être terminés les démêlés qui naissent entr'elles.

qui doivent agir en cela de la maniére qui leur paroît. lorsqu'on fégle l'étenduë du Droit des Sujets d'une autre Nation sur le même pied dont elle use envers ceux de la nôtre. . _ . Le Droit du Talion n'a aucun fondement dans la nature . V. en lui enlevant des biens . VI..de la guerre pour forcer à l'acceptation celle qui les resuse. & toute Na tion qui ne peut obtenir d'ure autre la sa tisfaction convenable à l'injure qu'elle en a: reçue.s94 P R I N C I P S DU férences nécessaires pour éclaircir vuider leurs différends . celle qui offre des conditions raisonnables peut recourir au Droit. & font : cenr .. comme les.. ou enfin en remettre la dé cision au sort. Mais il n'en est pas de-même de celui de funir . dés droits . VIL . qui sont à fa bienséance. L'exercice de ce Droit dépend de la liberté des Nations. La Retorsion du Droit' a lieu . la plus convenable au bien de l'Etat. & il est par conséquent illicite entre les Nations. V1IL _ Les biens de tous les particuliers réu nis ensemble font considérés entre les Na tions. . biens de l'Etat . ou. peut se la procurer à elle-même. ou qu'on a tout lieu de croire qu'elle rompra aussitôt les con ventions d'accommodement. Lorsqu'une Nation ne veut consentir à aucune de ces voyes .

* ou.ci est en droit de s'emparer d'autres.DROIT NATUREL. d'obtenir par -là. biens équivalens quelr conques . s'ils en font usage. . peut leur être ravie de -même que ces biens. En vertu du droit commun à tous les particuliers dans l'Etat de Nature . soit des.. X.. qui lui fervent de dédommagement. qui est reservé aux Etats & aux Sou verains. de façon que si l'une d'elles retient injulteinent quelque bien d'une autre . il faut qu'ils y soient autorisés par les Chefs de l'Etat. 8c elles font naturellement licites. Yexplétion du Droit a lieu pareillement entre les Nations . celle -ci peut prendre des sujets de la Nation ennemie . G'eifc ce qu'on appelle Rtpresailks.IX. . 095 censés engagés en commun pour les dettes 4e l'Etat.le . fans vouloir le lui rendre çel. afin.. & les retenir com me gages. ce qu'elle . Néanmoins les particuliers dans Tétat de Société ne fauroient se prévaloir de ce 4roit .Citoyens. . soit de' l'Etat.. Le Roi est à cet égard dans le cas des Sujets . XI. & elle est comprise dans l'engagement par lequel ils font censés répondre des obligations & des dettes de leur Patrie. La Liberté naturelle étant comptée par mi les biens des Citoyens. & ses biens propres font compris dans cette maille. Si donc une Nation resuse à l'autre ce qu'elle a un droit parfait d'exiger.

à cause de semblables actions. --. XIÌI. . & cette attention regarde le Chef de l'Etat. : ?. . ceux qui ont donné lieu à des represailles. est tombée . qu'on nomme An-drohpsie. Chacnn étant naturellement obligé à ré parer le dommage qu'il a causé . justes ou injustes. Comme elle a pour but d'arriver à la satisfaction désirée. ou à l'androlepsie peuvent être lepoull'és avec une force proportionnée à celle qu'ils employent. doivent être relâchés.ceux qui ont été pris pour ce sujet. doivent dédommager les personnes sur qui la perte qu'elles ont causée . dans les affaires publiques . ou autrement. Ceux qui résistent à l'exécution des re presailles. pourvu qu'on ne leur inflige aucune peine corporelle .. dèsque cette satis faction a eu lieu . & ce qu'il fait justement .. íìnon on peut les retenir en prison . ou .' XIV. ! . sont exposées à cette espéce de saisie . est censé fait par l'Etat. en vertu du privi lége attaché à toute défense licite de son droit. injustement . ou même les ré duire en esclavage . . .'->. Lors donc que quelqu'un souffre parvoyede represailles..Le Souverain agit au nom de l'Etat . En ef fet aucun des Citoyens n'est obligé de payer pour tous les autres. de tout sexe. Les personnes de tout rang.gg6 P R I N C I P E S D U prétend. du . '. XII. & qu'on n'attente pas à leur vie. Sou~ . & de tout âge.

C H A P I T R E VIL. La Guerre offensive est licite r lorsque. JDu. On peut l'appeller mixte . Enfin les. \J qu'elle a lieu entre des Nations . on les exerce . quand il.. .XV. droit est' certain . par exemple . votre. '.quelque injure manifeste. ne sauroient en tirer umsut jet de guerre légitime.DROIT NATUREL.là éUe est particuliére. l'Etat demeure toujours tenu à lui donner les dédommagemens convenables.represailles & l'androlepsie étant licites.. tant qu'elles ont les causes cidesl'us indiquées... s9r Souverain. de quelque injure reçue ...' On. qjielquedrçit. quandun. La Guerre offensive est encore primitives l'on veut tirer satisfaction. Souverain est en guerre avec quelques particuliers .Droit de guerre des Nations.' La Guerre &at offènfivë. avec dés sujets rebelles. ou. ou vindicative . peut- . ceux sur qui. on résiste à celui par lequel on est attaqué. quand. & que le Droit Naturel n'y est d'ailleurs violé en rien. & que vous avez en tête un adversaire qui resuse d'y déférer. ou entre des Souverains hors de.de réparer.s'agit de poursuivre. quand on attaque celui qui n'avoit pas dessein d'atta quer $ défenství.

Çsuá/orìa. pour montrer qu'il est de notrë intérêt de faire la guerre .. Que fi une Guerre étoit absolument desti tuée de. bellum serìnum. au-lieu que celles qui éta blissent le droit légitime que nous avons à. ou du detnier. ~) entant qu'elles sussisent. IV. ces.. est illicite. On appelle lesraisons qui déterminent dans ce cas persuasi ves. est injuste. toute raison.. La seule utilité ne sauroit fournir une' raison de Guerre sussisante. ' Chaque Nation eít. III. que sur des raisons du premier..état de. font dites justifiantes Çjuflificœ. de? vienne plus. en droit d'áugmen* ter fa puissance . Quant à la Guerre dé fensive.de. dèsque l'offenfivc. V. pour forcer à desaccommodemens raisonnables celui qui re fuse de s'y prêter. on les nomme quafi justificA. cet égard.trois ordres. cet accroissementi de puissance ne sauroit fournir une raison. on peut décider que toute Guerre qui n'est fondée. & quoique par-là elle. peut aussi dans les causes douteuses recou rir à la Guerre offensive .393.qu'elle repousse . P R. On . I N G I E E S D U. on doit la regarder comme indigne de l'humanité. & mieux en. dangereuse .')& s'il y en a qui tiennent une espéce de mi lieu à cet égard. faire du mal' à ses voisins. & qui soient plus spécieu~ ses que convainquantes . Ces. légitime de lui faire la guerre.distinctions faites. & l'appeller Guerre de hêtes féroces. elle est licite.

divers -instrUmens^dont on se sert dans les opérations-militaires . maisj com me nous venons de le dire-. ramener de quelques erreurs capitales. pour la punir de quelques . Alors c'est plutôt une Guerre défensive qu'offensive. lesquel les se trouvent en état par ce moyen de fai re tête aux Puissances plus fortes. Les personnes qu'on employe s là guer re .. sons entre eux..i N 6 je . por tent. celui $Armes. qui naît de diverses combinat. pour attaquér pour défendre . sensible ment pour but d'assujettir les autres . Tldolâtrie. qu'on entreprend íòus^ce prétexte . ou pour la..commeTAthéisme. :. à-moins que ceux-ci..pas à faire la guerre aux Etats. le nom de òoldatsySx. & de troubler la tranquillité:publique. . VIL. . Les Puissances Souveraines ayant le droit de faire la guer. par où l'on entendune juste proportion de puissance entre dif férons Etats.: Les vues qu'on s?y propose font légitimes . les.. elles n'autori sent.DROIT. VI.Ja con* sermtion de séquìlibre. dont le pouvoir paroît trop redoutable . &cv. . enorgueillis de leur forces ne fassent des démarches» qui rayent . .. . & de la réunion de certai nes Pujiffances moins considérables.i . parce qu'il i^á guóres lieu que dans cette Partie du Monde. Ofi ne sauroit non plus déclarer la guer re à une Nation. Ce Sys tème de Politique est appellé aussi 7« Balance de PEurope .. crimes dont elle se rend coupable . at>9 allègue: ordinairement pour justifier cellej.NATURÊU.

& ils peuvent faire ces ' levée» suivant leur bon-plaisir ..soldats . GuerreIX. XI. de la. & lorsqu'elles accordent ce contente ment . Cet engagement s'appelle Capitulation . & s'ils le resusent le Souverain a droit de les y contraindre . On appelle val Shommes . deviennent soldats de l'Etat qui les entretient (Milites conducìitii. appartenantà.. une . on ne doit point s'en prévaloir pourfaire des enrôlemens forcés.. . ôí leur obligation dépend: de rengagement qu'ils ont contracté. ont par conséquent le droit de lever des. & elle doit être religieusement observée de part & d'autreX-. Le Droit de lever des soldats apparte nant au Souverain .'). mais hors de ces cas on ne doit point enrôler par force des Sujets qui peuvent rendre d'autres ser vices à l'Etat. il n'est pas permis de faire des recrues en Païs étranger íàns le consentement des Puissances qui les gouver nent . Les Etrangers qui s'enrôlent volontai rement . & qui contribuent aux frais.300 PRINCIPES DU le . à-moins qu'il n'e xiste à cet égard quelque Loi fondamental le i mais ils doivent néanmoins s'abstenir de tout ce qui pourroit préjudicier auBien publicVI1L Dans les cas d'extrême nécessité tous les Sujets font obligés de faire la fonction de soldats. ou plagium'. lTenlévement de quelque Sujet.

far cultés . ou sujets quelconques des autres Puissances. font dans ce cas.même les habits . & à ce que le Bourgeois . commettent une injure à leur égard . & leur donnent juste sujet de déclaïer la guerre . ^ tine Puissance étrangére. En tems de guerre ils campent í mais en tems de paix ils logent dans les Villes.stipendium. elle doit leur être exactement payée . Tous les propriétaires sont obligés de s'y soumettre proportionnellement à leurs. Les immunités .N z lient . (. & l'obligation de les recevoir dans fa mai son fait une partie des charges publiques. XII. qu.^ Com me leur subsistance est fondée sur cette sol de. & le Souverain doit être également attentif à ce que k Soldat. ou exemptions de cette charge publique. Comme lesSolda-ts . tant Citoyens. ne souffrent point par ces arrangemens.DROIT NATUREL.-Les Soldats reçoivent pour leuts servi ces une faye. Ceux qui débau chent les soldats. n'ont pas ordinairement des con-rioislànces assez étendues pour le faire de justes idées des obligations naturelles.& l'on doit leur fournir de .qu'Er trangers . ils vio lent les dToits de Souveraineté de ces Puis sances . . ne doivent être accordées non plus qu'à des personnes aux? quelles de pareils priviléges conviennent tioujours relativement au Bien public XIII. molaks. pour en obtenir satisfaction. civiles. ou solde. & les logemens . qui conviennent à leur état. on exige d'eux qu'ils se .

. & d'où dépend principalement le .la nature.Traittés ^ quidéterminent. & dirigent les grandes opérationsmilitaires.violent ce serment ..sur des. Les devoirs & fonc tions de chacun font exactement détermi nées. l'étenduè'.par des Réglemens. . favo risent les déserteurs. commandent toute l?Armée. & qu'ils char gent des fonctions qui y sont attachées.nomme Troupes auxiliaires. & lors qu'ils. ' XV. es sentielle.sont ceux auxquels lès Sou verains confient un certain degré de com mandement sur les soldats. ou Loix . Ceux qui. que. Lorsque c'est de l'argent . . ils font punis luivant l'exigence du cas. ©H ies. « . le tems &4es autres conditions qui les concernent. succès des entreprises.. LesChefs r ou Généraux . partagent leur crime-& leur peine. qui se défendent contre un Agresseur injus te $m aïs le droit parfait d'obtenir ces secoursne peut.goa P R I N C I P E S. ou'. XYL. Les Nations sont naturellement' obli gées de secourir en tout ce qui dépend d' eL les celles qui soutiennent uneguerrejuste'. dont: l'assemblage forme le Droit Militaire. xiv: Les Officiers. être fondé. qui est. . II régne une subordination entre les divers Ossiciers & Généraux. ou Cavalerie . il porte le nom: de Subjìàésí.i. D U' lient par ferme ntv tant à faire leur devoir s qu'à: servir pendant le tems stipulé . Une Puissance peut fournir diverses' sôr= tes de secours à une autre. Lorsque ce sont: des soldats . soit Infanterie .

secours réciproques dans les cas. & leur territoire est compris dans cette neutralité. & à. dans les cas de Guerre défensive . dans lesquels on.. ou de son argent.de Guerre offensive . Alliance défensive . Si une Puissance: sou-> tient quelque guerre manifestement injuste.ou bien ils peu vent embrasser l'un & l'autre de ces cas. fit.... lors qu'elle ne peut elle-même se passer de íesTroupes . Les Puissances qui n'épousent les intéTêts. lorsque deux Puissances se promettent des. lorsqu'il arrive. ui de l'autre des Na tions belligérantes. Le concours de circonstances formellement' exprimé . fait. n'empêcher aucu ne des démarches relatives à la guerre. n'est pas obligé de les fournir. comme d'un autre côté celle qui les a pro mis. ce qu'on ap pelle casus fœderis . s'engage ordinaire ment à ne favoriser .^'Alliance offensi ve. ou tacitement supposé dans le Traitté.. elle n'est pas en droit d'exiger ces secours .DROIT NATURES.s Traittés lont dits. XVII. Ili est naturellement permis de prendre ce par tis cependant. à guoi l'cra-peuttajoûter d'autres conditions . €é. ' 30s XVI. ou avec toutes les deux. ou le cas du Traitté . font dites neutres y.. pour s'assurer un droit par fait à n'être pas forcé de sortir de la neu tralités on fait des Traittés avec l'une des Puissances en guerre . & ne prennent aucune part à la Guerre. ce n'est qu'alors qu'on est tenu à en rem plir les conditions. ni de l'une .

à. Mais les. & le Souverain doit yeillei.Etat par le Territoire d'un autre . de. ce qu'elles leur devroient hors du tems de guerre .3P4 F R IN C IPE S D U arbitraires . mais ce que l'on fournit aux Troupesqui passent . qui passent . façon qu'il ne soit incommode . Les dommages aussi qui pourroierït: survenir par la licence de quelques soldats. d'abuser de cette-permission. & ils sont comme tous les autres..Traittés de neutralité peuvent apporter di^ verfes restrictions à ces droits.Le passage même est une chose gratui te . XVIIILes Puissances neutres doivent à cel les qui se font la guerre . XIX. conformes1 aux intérêts paríicur^ Hers des Contractans. & après avoir été demandé d'u ne part . le passage assuré à travers leurs Etats.. ni à ceux chez qui l'on passe.. nom-tne Traînés de neutralité. comme l'entrée de leur territoire à leurs Sujets & .. & la permission d'y acheter à ún prix jaisonnable ce dont ils ont besoin. doivent être réparés. ce que ses sujets reçoivent les dév' dom* .. doit être payé avec exactitu*de. ni à ceux. on péutla lui refusee. XX. saints & inviolables. En général le passage des Troupes d'un' . il doit être accordé de l*autre . Si l'on a de justes sujets de soupçonner là' Puissance qui demande que ses Troupes en trent dans un autre Etat. est uni Droit qui reste encore de la communauté primitive .Soldats . C'est ce qu'on.

resuse de recevoir les Hé rauts .DROIT NATUREL. Ce* la revient à ce qu'on appelle aujourd'hui Déclaration conditionnelle . Quand la Puiflance à laquelle on veut déclarer la guerre . H est clair aussi que les Déclarations ne con viennent qu'à la Guerre offensive . Quand la premiére a eu lieu . La Déclaration de Guerre est un acte par lequel une Puissance notifie à une au tre. XXII. XXI. 305 dommagemens convenables. car elle y étoitíCensée comprise. & en ne laissant à l'Ennemi que íe tems dont il a exactement besoin pour offrir ou pour accepter des conditions de paix raisonnables . & l'on n'est: pas obligé à des dé- . & non à la défensive. on peut exiger d'à-. Quand on a lieu de craindre que ces dédommagemens ne serònt pas fournis . Immédiatement après la dé claration . ou les Lettres qu'on lui adresse. vance des cautions sussisantes. Mais la simple Loi du talion ne sussit pas pour autoriser à s'en abstenir. les hostilités peuvent com mencer. on est dispensé de ce devoir. ils lui déclareroient la guerre. par laquelle ils avertissoient préala blement l'Ennemi que s'il ne leur accordoit pas le droit ou la satisfaction qu'ils demandoient . qu'elle va poursuivre son droit par la voye des armes. qui différe par -là de la Déclaration pure. Elle étoit précédée chez les Romains de ce qu'ils appelloient Clavigation . il n'est pas besoin que la seconde íuive.

: XXV. comme dette. ne doivent pas être traittés comme les sujets de la Puissance ennemie. quoiqu'il se trouve actuellement .. il n?est pas besoin d'une déclaration particuliére:.. Celui qui assiste I'Ennemi .' XXIII. Ce qui appartient à l'Ennemi . & peut être saisiXXIV. le devient luimême. jusqu'à ce que leurs possesseurs ayent prouvé le contraire. Mais les Etrangers qui voyagent. & leurs biens sont exempts des hostilités 5 seulement ils sont présumés biens de l'Enne mi . ou Associé.de celui qui n'est pas ennemi. & les biens quelcon ques font aussi biens de l'Ennemi. pour attaquer cet Allié. Ainsi. & il est censé compris dáns les ter mes de la Déclaration de guerre . ou séjournent en terre ennemie. dépôt. & suivent le même sort. qui fait Je sujet de la guerre. chaque individu de tout sexe & de tout âge y est compris. ou à la réparation de l'injute. La qualité SEtíntmìs a lieu entre les Nations comme entre leurs Chefs. leurs Peuples sont dans le même cas. instruit de tes t-'4çk .3o6 PRINCIPES DU lais dont on éprouvtroit du préjudice. est de bonne prise . Lorsque les Souverains se déclarent & se font la guerre les uns aux autres . II y a uíï autre genre de Déclaration * qu'on nomme Publication par laquelle celui qui entreprend une guerre. en tre les mains. ou autrement. qui s'a dresse à tous ceux qui s'opposent à la pourfuite du droit .

. P animosité x ou telle au. Le premier est une Exposition . -> ». & dans la Guerre offensive. & dans la Guerre défensive.* . & d'^«timanifeste dans la Guerre défensive. Les Déclarations & Publications faitespar écrit.DROIX NATUREL. autres.'. du Son de trompe. 307 desseins les autres Puissances. le second une Réfutation.?. & cela dépend de la volonté du Souverain. ou ses propres Sujets.. & s'ils viennent à y cesser ^ c'est par une violation criminelle de la Loi de nature. tre passion violenta XXVIL En effet le devoir de l'Amour des Ennemis n'est point détruit par l'état de guerre & tous les sentimens d'humanité.uns aux. ou de Hérauts. que les hommes se doi vent les. . qui se sert pour cet effet de ses Ministres. suivant qu'il le juge à propos.* m . La Publication convient également. portent communément le nom de Manifeste dans la Guerre offensive. XXVI. . de Manifestes. On peut auffi inférer dans ces Piéces les ordres que les Souverains don nent à leurs Sujets sur la conduite qu'ils doi vent tenir pendant la durée de la guerre. ou d' Affiches. subsistent danstoute leur force au milieu des guerres les plus violentes. de Lettres. La maniére de la faire peut varier. 11 faut s'y abstenir de tous les termes qui sentent la haine .. & tousles actes de charité .

que dans les cas où elles excédent les bornes du Droit Na turel. '. en qualité d'Associés & d'Alliés .dont la cause est injutle. doit restituer tout ce qu'il apriSj & réparer tous les dommages qu'il . Celui qui fait une Guerre juste a droit d'exiger le remboursement des fraix qu'elle lui cause: & de son côté. & assassinat. est illicite . celui. Les différentes opérations d'une Guerre juste. ' ra. brigandage.jo8 PRINCIPES DU 'CHAPITRE VIII. En vertu de la li berté naturelle . Une GueTre est juste . c'est à celui qui fait la guerre de juger s'il employe des moyens qui ayent cette convenance ou proportion avec ion but.' peut . & peut être regar dé comme vol . Ceux qui paTticipent à une semblable guer-re. & l'on ne sauroit lui demander raison de les démarches. lorsqu'on s'y pro pose d'obtenir ce à quoi l'on a un véritable droit. tant qu'elles ont une proportion convenable avec le but au quel on veut parvenir. se ren dent coupables des mêmes crimes.. II. Du Droit des Gens dans la Guerrei I. font licites. TOut ce qui se fait dans une guerre in juste .

& faire échouer ses entreprises. 305< peut avoir causés . de quelque oidre qu'elles . àmoins qu'ils n'ayent commis d'ailleurs quel que crime qui mérite qu'on leur inflige cette peine capitale. Le Droit de la guerre s'étend à toutes les aérions qui peuvent porter un Ennemi in juste à en venir aux conditions d'une Paix équitable. V. nemi.DROIT NATUREL. Tout ce qui se fait pendant le cours de la Guerre relativement à son but . que d'exercer des cruautés . VI. II ne résulte point de ce droit . 11 est même tenu a subir une peine formelle . Ú ne faut point non plus mettre à mort les prisonniers de guerre. &ne prennent aucune part à la guerre. 6c il s'étend à tout ce qui est nécessaire pour repouffer l'En-. conformément à une estimation équitable. est compris fous le nom ^Hostilités. ou tuer les Sujets d'une Puissance ennemie qui demeu rent tranquilles . Elles s'exercent sur les personnes comme sur les biens. IV. II faut pareillement accorder la vie aux Troupes qui mettent les armes bas . Le droit iur les personnes naît de la juste défense de soi-même & de ses biens . Ce n'est point un moyen licite de jetter la ter* reur dans l'esprit de l'Ennemi. comme s?étant rendu coupable d'injure. qu'on doi ve maltraitter inhumainement. & d'arriver à la satisfaction qu'on exige . & qui demandent quartier.

Mais.PRINCIPES DU soient . Cependant l'exercice du droit le plus rigoureux dans ce cas. les prisonniers doivent être rendus au prix dont on est convenu. * la-guerre donne dans certains cas le droit d'exiger dès conditions très-dures. des con tributions exorbitantes. & il est bien dissicile d'en renfermer le droit dans des bornes précises. . . VIL ' Ce« excès ont ordinairement pour but de diminuer les forces de celui qu'on suppole soutenir une guerre injuste contre nous . est fort voilìn de l'injustice & de l'inhumanité. sur ceux que Je sort de la guerre fait tomber entre nos mains: & de pareilles extrémités ne peuvent pas même se justifier par la résistance trop opiniâtre de ceux qui ont resuté de se rendre dans un combat . à cela près. IX. tous les actes destinés à causer du dommage à l'En nemi. On appelle dégâts. ou dans une Place assiégée. II n'y a rien qui soit à l'abri des fureurs & des violences de la Guerre^ parce qu'il n'y a rien dont la perte ne soit censée préjudiciable à l'Ennemi. ou ravages. ou de rachat . Les prisonniers de guerre ne font pas na turellement réduits en servitude j on les gar de jusqu'à leur délivrance par voye d'é change . mais ils peuvent par quelque faute particuliére s'exposer à ce sort. & de livrer même ics Villes au pillage. VIII. Lorsqu'il existe un cartel de rachat.

_-: Lorsque l'Ennemi se trouve sur un ter ritoire qui n'est pas en guerre . qui font le sujet de la guerre. ou d'y saisir ses biens. mais il ne faut pas toucher aux sépulcres . arracher les jardins & les vignes . pour assiéger une Ville. ii Qn est aussi en droit de raser les fortifica tions des Villes . il ne convient plus de faire le dégât . XI. renverser ou brûler le* maisons.Oo peut donc désoler les campagnes . en diminuant les forces de l'Ennemí. soit tacite. quand même elles appartiendroient à un Culte superstitieux & idolâtre. 311 iiemi. ou la satisfaction . on veut les abandonner . soit formelle & fondée sur les Traittés. Ils ne sont licites qu'autant qu'ils servent à nous faire obtenir le droit . ni aux choses sacrées . la différence de Religion ne devant jamais -entrer pour rien dans aucune guerre.DROIT NATUREL. mais. sans qu'il nous en revienne aucun profit. si cela est nécessaire pour poser un Camp. XIL . Ce la répugne à la neutralité. lorsqu'après les avoir prises . non plus que de conduire à travers ce territoire les prisonniers & le butin. détruire les fruits & les moissons. â-moins que ce ne soit pour les punir de quelque délit qui mérite une semblable peine. X. il n'est pas permis de l'y prendre. quand on s'est une fois rendu maître des Villes & des Provinces. pour livrer bataille. ou en lui infligeant une peine méritée.

Quand on déclare la guerre . peuvent être confisqués . lorsqu'il écheoit.XIV. Cependant s'il y en a quelqu'un à qui il survienne des obstacles insurmonta bles. tels qu'une violente maladie. ne deviennent pas biens ennemis pour ceux qui font en guerre avec le Maître de ce territoire . que lorsque la guer re se fait avec celui dont cet Etranger est sujet . les Etran gers qui sont sujets de l'Ennemi . XIII.U XII. & à dédommager des fraix de la guerre. . le droit d'exiger des contributions l'est aussi $ niais . XV. au bout duquel ils font réputés ennemis ^ & en cette qualité peuvent être faits pri sonniers. à l'Etat dont ils dépendent. & l'on est en droit de défendre aux sujets de l'Etat qui doivent à l'Ennemi. mais ils ne font dans ce cas. Les biens immeubles qu'un Etranger posséde en terre ennemie. servent à entre tenir l'Armée .-3ia PRINCIPES D. Les Contributions Militaires qu'on exige des sujets de l'Ennemi . & sous la domination duquel il a fixé son domicile. Lorsque celle-ci est juste . on doit lui accorder le délai convenable. ou même leur ordonner de remettre ce payement. reçoi vent ordre de sortir dans un certain espace. de rien payer pen dant le cours de la guerre. Tous les biens de l'Ennemi qui se trou vent dans le territoire de la Partie adver se .

que la force ouverte . ou des lieux où elles ont été transportées & cachées. ÔC dans quelles proportions il le juge à pro pos.DROIT NATUREL. Le Souverain de son côté peut leur céder quelle partie du butin . ni les Soldats . Le Pillage consiste à enlever avec vio lence les meubles & autres effets des mai sons de l'Ennemi. font moins considérables. ensorte que . & même qu'on le doit. & tombés en la puissan ce du Vainqueur. ne fauroient s'en rien approprier fans son consentement. mais qui devroit être renfermée dans les bornes convenables . XVII. ce font c«s effets même en levés à l'Ennemi . Mais il ne faut pas Tom III O meu . Le Butin . ni les Ossiciers . 3j3 mais on doit en proportionner ld taxe aux facultés de ceux sur qui on les léve. ni les Troupes auxiliaires . au nom duquel tou tes les opérations militaires se font. Quand la ruse & les stratagèmes peur Vent produire le même effet à la Guerre . xvin. 11 est justement acquit dans les cas susdits. . mais fa possession est dévolue au Souverain . il est incontestable qu'on peut le faire . XVI. lorsque les contribu tions ne font pas payées^ & c'est alors une explétion de droit . puisque les dommages qui «n résultent. On peut re courir à cette voye. ni les Généraux . s'il étoit possible d'agir d'une maniére bien me surée dans de semblables exécutions.

L''Occupation consiste à la Guerre . lorsqu'on assujettit quelque Na tion. & alors. on ne doit plus exercer d'hostilité contr'eux. & en régler la succession comme il lui plaît. pour les réduire fen fii puissance. violations àe promesse^ & tout ce qui dent de la perfidie & de la trahison.' ' : L'Empire appartenant originairement au Peuple . perdant la qualité d'Ennemis. Elle est permise dans une Guer-. & surtout <ies immeubles . àmoins qu'il n'y ait quelque Convention sti pulée par la Nation qui s'est soumise. avec le domaine.3 r* PRINCIPES DU mettre au rang des stratagèmes . XX. on est censé acqué rir cet Empire originaire & primitif . En géné ral tout ce qui appartenoit à une Nation conquise est dévolu à la Nation conquéran te. " . le Vainqueur peut chan ger à son gré la Forme du Gouvernement . les manquemens. ou pouvoir éminent d'en disposer à son gré.oit précédem ment à l'Ennemi. ensorte que les habitans des lieux occupés. Vil-' les & Provinces . A ce domaine est atta ché PEmpire. ?~. deviennent su-. Au défaut d'une sem blable Convention ."1 . ou conquis. re juste . jets de la Puissance conquérante. XIX. * Seu . & cette Convention devient alors une espéce de Loi fondamentale. .' às'emparer par la force des armes des biens de l'Ennemi . & par son moyen çm acquiert le domaine de ce qui apparten.de parole . à son Domaine.

à -moins que ce ne soit à titre de peine justement méritée. Un -dssaflìn est un homme que l'on paye pour tuer quelque Ennemi par surprise.DROIT NATUREL. On appelle Espions ceux qui s'introdui-. Mais comme les mêmes découvertes tournent au desa vantage de ceux chez qui elles se font . Les ruses étant permises à la Guerre . de maniéréqu'elles ne puissent plus être bues. &c. peuvent être mises au nom bre des moyens permis pour forcer l'Ennemì à céder à nos attaques . en supposant toujours une Guerre juste . il n'est pas naturellement illicite de se servir d'as sassins . De plus il y a des violences qui ne doivent jamais être permises . XXIII. & l'on ne déroge par-là à aucun enO a g». il est permis d'avoir des Espions. . 315 Seulement il ne sauroit ïéduire ses nouveaux Sujets à la servitude. & ce qui s'y passe. & l'on peut aussi gâter les eaux fans poison . ou les baies em poisonnées . l'empoisonnement dés Fontaines . de punir les Espions. On ne doit point exercer -de violence sut ceux qui se soumettent sans résister. comme le viol des Personnes du sexe . XXIV. De semblables découvertes étant très-utiles pour le succès de la Guerre . le massacre des Enfans . sent surtivement dans un lieu ennemi . XX1L Cependant les fléches . ils ont le droit . pour examiner l'état des forces. XXI.

XXVI. La Suspension d'hostilités pendant un certain espace de tems . & entant que conclue. XXVII.On doit observer les conventions qui la regardent. ceux qui l'ont (*) Je ne faurois entrer dans cette ide'e . . & |e crois qu'on peut démontrer qu'une pratique aussi odieuse en traîne des inconvcniens contraires à ce que nous devant à sous-racines & aux autres. Quelque long que soit le terme d'une Trêve .3i6 PRINCIPES DU gagement positif (*). Les Sujets d'une Puissance belligéran te ne doivent point commettre d'hostilités en qualité de personnes privées. elle ne met point fin à la guerre . Mais ces assassins ètant découverts par celui qui fait une Guer re juste . ou qu'il n'y ait de très-fortes présomptions que leur conduite fera approuvée. à -moins qu'ils n'en ayent charge ou permission . les hostilités peuvent recommencer lans qu'il soit besoin d'une nouvelle décla ration de guerre. que dans le tems prescrit &dela maniére dont on le leur commande. XXV. De-mê me les Soldats ne doivent rien faire contre l'Ennemi. aussi religieusement que celles des autres Traittés. La Trêve doit être publiée aussi -tôt qu'elle est conclue. portent le nom de Trêve. peuvent être punis. & dèsqu'elle est fi nie . dont les Parties belligérantes conviennent. Elle oblige sur le champ.

XXXI. qu'on puisse occuper. elle est particuliére. mais ce particulier doit être puni . S'il y a quelque Place assiégée . confiés. réparé. ni de faire entrer du. II n'y a que ceux qui sont mani festement abandonnés. mais elles n'autorisent pas à s'emparer des lieux qu'on trouve fans défense. secours . où les attaquans ayent causé quelque dommage. après lequel elle ait à commencer. XXX. ne rompt pas la Trêve .commencé. doit demeurer pendant qu'el le dure . c'est une Tréveg£ nérale. En général tout ce qui est comprjs dans la Trêve . la seconde est du res sort des Généraux. XXVIII. sinon. & ils peuvent la régler suivant i'étenduë des pouvoirs qui leur font. La pre-miére ne doit être conclue que par les Puis"sances Souveraines . il n'est pas permis de les réparer.DROIT NATUREL: 317 l'ont contractée. XXIX. Quand laSufpension d'hostilités s'étend 1 tous les actes militaires. . tion . _ L'action d'un particulier. àu même état où il se trouvoit lorsqu'elle a. mais elle ne fauroit obfr ger les Sujets que du moment qu'elle parvient à leur connoiffance. La liberté d'aller & de venir est un effet naturel des Trêves . quoiqu'elle soit une hostilité . & le domma ge qu'il a fait . On peut aussi détermi ner un terme autre que celui de la publica-.

d'aller & venir «n toute sûreté. qu'on ne doit pas étendre au-delà de Jeur teneur. tant aux 'personnes qu'aux choses . qu'on n'y fortifie ce qui en a besoin. On peut céder à un autre le droit qu'on 1 . ensorte que celui qui a la permif4ìon de paner. ( Commeatus ) le droit accordé .. XXXIII.' «a. pour éviter toute altercation. les conduise lui-même. XXXII.*si8 PRINCIPES DU dans la Ville. On comprend fous le nom de Convois.. & d'être accompagné du nombre de domestiques qui convient à l'état de la personne dont il s'agit. ou de faire paífer ses effets. Le Saufconduit qui se rapporte à quel que affaire . emporte la permission d'aller & de revenir autant de fois qu'il est né cessaire pour la terminer. XXXIV. & il comprend la permission de se pourvoir des choses re quises en voyage . il n'est pas nécessaire que celui à qui 11 est accordé. & qu'on ne faffe des levées. le meilleur est que ces diverses choies soient articulées en -détail dans l'expédition du Saufconduit. . ne peut pas s'en servir pour favoriser le pas sage d'un autre . & il peut charger un autre de ce soin. ou des effets d'autrui. Les permissions qui les concernent. mais rien n'empêche qu'on ne rentre plus avant dans son territoire. Cepenfendant. font des priviléges restreints. Mais íì le Saufconduit regarde directement les ef fets . .

XXXV. & peuvent être appliquées au payement de fa rançon.. Les cboses précieuses dont on ne l'a pas dépouillé en le prenant. XXXVI. Quand cette rançon a été stipulée . fans les avoir encore payé. cela ne le dégageroit point de son obligation . on ne peut pas en hausser le prix. & la Puissance dont la cause étoit inO ± jus . mais s'il ne meurt qu'après avoir été mis en li berté . & qu'il avoit conservées en cachette. jets. ceux qui avoient promis ce payement. fi le cas arrive avant qu'il ait été délivré . ou l'injure qu'elles avoient souf fert pendant la guerre. la iançon ne peut Être justement resusée. c'est celui où le prisonnier seroit repris par d'autres Ennemis . parce qu'on apprend que le prisonnier est plus riche qu'on n'avoit cru. Un cas encore.DROIT NATUREL. demeurent à lui. Quand le prisonnier meurt sans que la jrançon ait été payée^. On a donné le' nom de Pofiliminium au rétablissement des choses & des personne» en leur état précédent. font dégagés . & cette double prise dejuanderoit une double rançon. Le Souverain dans une Guerre juste est obligé d'exiger del'Ennemi ce rétablissement en faveur de ses Su. 3T0 a sur la rançon d'un captif. qui sert à réparer le dommage. après avoir été relâché par les premiers. ou bien qu'il ait été retenu comme iimple gage de la sûreté du payement .

quoique la chose soit vraye suivant le Droit de Nature . ici quelque différence dans le Droit des Gens. Chaque Partie belligérante prétend or dinairement avoir le droit de son côté . qui soit censé com mun aux deux Parties belligérantes. & de juger si ceux qui la font. & en vertu duquel le Postliminium ne sauroit désormais avoir lieu . Mais . Ceux qui se sont soumis eux & leurs fciens à une Puiífance ennemie . & en vertu duquel on s'en rapporte à leur propre jugement. & n'aibandonnât les biens qui étoient en fa puifsance. & on laiíle à leur conscience à décider. lui ont con féré un Droit acquis qu'on ne peut plus Inì ôter . ne permet pas de les assujettir à la décision d'un tiers fans leur consentement. il y a pourtant . n'est pas naturellement en droit <ïe le resuser. & Ja liberté naturelle dont les Nations jouis sent . XXXVII.Sao PRINCIPES DU Juste. abusent de leur droit ou non.faifant connoître par-là qu'il y renonce. & elle fait naître une foule de nouveaux incidens . à-moins que le possesseur ne relâchât les personnes . II faut donc recourir ici à un Droit volontaire de la Guerre . D'un autre côté la Guerre n'est point par el le-même un moyen propre à terminer les différends. XXXVIII. si leurs actions font précisément telles qu'elles doivent être pour arriver à la . sur lesquels il est encole plus dissicile de prononcer.

De la Paix. Les Nations qui rie se mêlent point de la guerre que d' autres ont entr'elles. XXXIX. A leur égard tout eíl censé également juste & fondé en raison. réuni toutes les Nations dans une Société commune . &m qu'ellespeuventlégitimenientse proposer. i CHAPITRE IX. Toutes les Nations font naturellement obligées à vivre en paix les unes avec les autres. Ainsi elles ne s'intérelsént point non plus à ce que le Droit de . LA Paix est un état dans lequel on jouît tranquillement de ses droits.BROIT NATUREL. ne) doivent point se mêler non plus de juger de leur conduite . leurs Sujets mê me . ni dans celle des faits qui ar rivent dans la guerre même. & des Traittés qui lacomsrnm% - ' . Les Chefs de l'Etat font dans l'oblìgation de procurer ce précieux avantage à. chaque Souverain est tenu envers les autres Rations % comme envers la sienne .pofîlimitùutn ait lieu. r. puisque ce Droit suppose une réparation fai* te par celui qui a tort à celui qui a droit. fans être réduit à recourir à la force pour les maintenir . entant que la Nature a. & elles n'entrent ní dans la question du droit qui fait le sujet de la guerre. de proO 5 -eu- . ou les recouvrer.

C'est ce qu'il fait en évitant d'exciter lui . Nous avons vu ci-dessus qu'il étoit per mis de continuer une Guerre juste . ou à ne pas accepter des con ditions raisonnables d accommodement .même des guerres . pour s'opposer à ses des seins. & on doit pousser U' guerre jusqiràce qu'il soit totalement vaincu . Quar. ne sauroit la faire par lui-même y & ce soin regar* de . mais à l'égard d'un perturbateur du repos publie. & en dé tournant par ses conseils celles qui pourroient s'allumer ailleursv > n. III. & mis hors d'état de faire de nouveaux mouvemens. ou dont l'esprit est aliéné . On appelle Perturbateur du repos public le Souverain . ou l'Etat . ' iv: La Paix ne peut être conclue que par les Puissances Souveraines. est dans le cas précédent.$2a P R I N CÌ P Ê'S" ï) U curer leur tranquillité autant que la ch&Tn dépend de lui.cl il existe quelque Peuple de ce caractére ? les autres doivent s'unir à temps contre lui . qui en attaque d'autres par des guerres téméraires & in justes. Un Roi encore mineur . En général quiconque s'obstine dans une guerre à' re fuser 'un droit ou une satisfaction manifeste ment justes . on ne doit cesser de lui faire la guerre . qu'après avoir sussisamment pourvu à la sûreté pour l'avenir. jusqu'à ce qu'on eût obtenu ce dont elle étoit I'objet .

comme hors de là. il est en droit de faire la paix.pendant la captivité du Roi à bonclurre la paix . il est à craindre qu'un Sou verain captif n'acquiesce à des conditions deíavantageusee à l'Etat. & de conclurre la paix . qu'aO 6 près . . VIL En suivant la rigueur du Droit . & les autres Nations ne peuvent resuser de traitter avec lui . : -. l'empire avec tous ses droits lui est dévolu. quî veut qu'on rende à chacun ce qui lui ap* pattient. ne pourroit faire la Paix. le Roi .. on. ou conditionnellement & mo yennant la ratification de l'Etat . ou si personne n'est chargé 4e cette administration. c'est à celui qui a l'espéran ce la plus prochaine de succéder à la ÇouEonne. si k cas y échet. c'est à ceux qui ont l'administration du Ro yaume . & qu'il n'auroit pas acceptées lui-même étant en liberté. Mais . V.DROIT NAT U R EL.\ 3*3. & quand le Royaume n'est pas un bien de patrimonie. des cho ies qui appartiennent à l'Etat. En général un Souverain peut faire la paix . de les personnes qui administrent l'Etat en son nom.peut disposer de l'Etat à son gré : & quand même il seroit prisonnier. en promettant pnreraent & simplement des choses qui lui appartiennent en propre. Dans un Royaume patrimonial . VI. Lorsqu'un Usurpateur a reçu Te ferment de fidélité des Peuples qu'il s'est assujetti .

répa rations & dédommagemens qui en résulteroient. IX. la restitution de biens «u de territoires pris pendant la guerre a . & laquelle des deux Parties bel ligérantes soutenoit une Guerre juste . la conservation de quelques autres dans l'état où elles se trou vent actuellement. où on laisse le fonds de la cause indécis. parce que ce font les seules dont on puisse se promets tre la réussiteVIII.p4 P R I N C I P ES DU' près avoir décidé à qui étoit le droit dans ïa Guerre . Tou te Paix . . & les combinaisons d'accommodement font les seules voyes qu'on employe . elles étoient avant la guerre. 'UAmnistie est l'abolition & l'oubli de tout ce qui s'est passé dans la guerre. . Ainsi les Traittés de Paix ne peuvent être que des Transactions . dont nous avons souvent parlé . afin de régler exactement les restitutions . La matiére ordinaire de» Articles dans les Traittés de Paix. . Mais on sent bien que cela répugne à cette liberté naturelle des Nations . & que de cette maniére on n'arriveroit jamais à aucune is sue des affaires. c'est le rétablissement de certaines choses dans l'état où.. & où l'on ne procéde pas même le plus souvent à l'examen juridique de ce qui s'est fait pen dant la guerre. après avoir réglé les articles aux quels on doit satisfaire de part & d'autre . emporte naturellement FAmniflie à l'égard du reste. . Les motifs de persuasion .

on rend aussi les droits qui y étoient attachés. à-moins que cela ne soit sti pulé à l'égard de quelqúes-uns d'une façon particuliére. ainsi ce qui étoit dû alors . que les choses seront remises dans l'état où elles étoient avant la guerre . Lorsqu'il est porté par le Traitté . considé rés comme tels. ter dans l'état où il se trouve. à compter du jour de la conclusion de la Paix . En ren dant les choses.réciproques. ne s'efface & ne s'abolit point par la Paix. XI. & qui est relatif à des cho ses arrivées entre des particuliers . Tout ce dont on ne dit rien dans le Traitté. On restitue avec les choses leurs fruits. : . les injures non réparées . avant que de la rendre. de meure dû . cela. O z s'enj . Dans la restitution des choses prises on ne comprend pas ordinairement les effets. & qui n'ont point été cause de la guerre. à-moins que quelque autre terme n'ait été positivement déterminé. L'Amnistie par elle-même ne s'étend point à des choses qui se sont passées avant la guerre . ou meubles . même pen dant fa durée . . & la prestation de divers autres engagemens."DROIT NATUREL: 385 eu4eur aliénation en faveur de celui qui les a pris. II n'est pas permis de détruire les fortifications d'une Place . & par la même raison et qui s'est fait hors de la guerre. est censé íbbfis-. X. XII. sont encore à réparer .

h.. Le Souverain d'un Etat patrimonial peut disposer de tout l'Etat .n . Un ïraitté de Paix peut aussi se référer à d'autres qui ont précédé . ía conclusion de la Paix termine la guer . il peut conclurre la Paix fans le con> fentement du Peuple. à-moins qu'on ne l'exprime... II est aussi le maître. fous la domi nation duquel elle doit paner.' XIV. XV. & alors c'est à la teneur de cés anciens Traittés qu'on doit s'en tenir. pour aliéner une partie de l'Etat . Si le Dròit de faire des Traittés a étéi conféré au Souverain fans aucune restricétion . & qu'on n'en indique formellement la da te. de disposer des biens & des personnes des Citoyens . Toute So ciété étant d'ailleurs obligée à ne rien faire au préjudice de quelqu'un de ses membres .. ensorte qu'elle accorde sans résistance l'nommage au nouveau Souverain . ment les hostilités . & non d'aucun autre état antérieur. en vertu du domaine éminent qui lui apparu tient . Mais dans un Etat ufùfruitaire la pro?riété de l'Empire demeure toujours au euple .i»6 P R I N C I P E S D U s'entend de l'état qui a précédé immédiate^ .. il faut le consentement particulier de cette partie . fans le consentement duquel on ne sauroit faire aucune aliénation. ou d'une partie quelconque. XIII. suivant l'exigence des cas . fans le consentement du Peu ple.

qui fait la guerre à celle avec oui on avoit conclu la Paix. quand le su jet est.' . sont censés compris dans la Paix . à . Mais . . . différents ou qu'on se joint à une au-tre Puissance. qu'ils ne font pas attachés à la per sonne de ceux: qúi les font . XVIIL ' La Paix est dite rompue . mais pour les Sujets & ks Soldats. il faudroit une paix particuliére avec eux. Ceux-ci lont obligés à accomplir les conditions du Traitté . dèsqu'il est conclu .moins qu'il n'y en ait quelques-unes dónt le terme ait été renvo yé. 34^ te. ils ne peuvent être obligés à rien que du ternie de la publication. Alliés r ou Associés qui ont pris part à la guerre . mais qu'ils 's'étendent à tout le Peuple . 'J' XVI. & l'Amnistie s'étend à eux. qui ne . Les Traittés de Paix font réels*.' .peut plus être renouvellée pour te même sujet. c'est-àdire . XVII. C'est rompre la Paix que de recommencer la guerre pour le même su jet qui avoit excité la précédente . Mais la rupture n'a pas lieu .XIX.DROIT NATUREL. Les Amis. lorsqu'on est viole les conditions. en ne faisant pas ce qu'on devoit faire . ! ' > . s'ils avoient soutenu la guerre pout leur propre fait & cause . ou» ' d'attaquer les Alliés qui y avoient eu pari. II eri est de-même de tout Traitté. ou en faisant ce qu'on ne devoit pas faire. & aux succes seurs des Souverains.

. j XX* . .$4* PRINCIPES DU XIX. eà cense violer tout le Traitté. . quand il y en a plusieurs qui regardent une même affaire . 3c. Celui qui se trouve dans l'impúiíïancé d'accomplir les conditions du Traitté de Paix. Ces Articles font liés entr'eux. Kirngre la faix. II faut y procéder fans délai à l'égard des Troupes . quand ils roulent sur des affaires séparées. & subsister dans les autres. ne le rompt pas en y manquant. mais elle l'est si les Sujets d'une Puissance font traittés par l'autre d'une maniére contraire aux Articles de Paix. -. Les Artkles de Paix sont les divers chefs dont on convient dans le Traitté. La Publication de la Paix annonce à tons les Citoyens la cessation de la Guerre. . XXII. mais la viola tion d'un Article lié avec d'autres . pour obvier à la continuation des hostilités mais on peut retarder cette Publi(*) J'aurois cm que quiconque violé un Article quel conque d'un Traitté . Quand les Sujets d'une Puissance com mettent des contraventions au Traitté dë Paix fans le consentement du Souverain. est com« mune à tous ceux qui font compris dans cette liaison (*% XXI. 1 La Paix peut être rom pue dans les Articles de ce dernier ordre . 3 . la Paix n'est pas rompue pour cela. ils font différens .

fait quelques pro messes pour appaisser une sédition . soit pour le déthrôner . XXIII. . & par conséquent la fìx«E au terme qu'on juge le plus convenable. dans laquelle les Sujets sont censés justement ar més contre le Chef de l'Etat. & qui est permise dans tous les cas où il est permis de résister au Souverain. .DROIT NATUREL. 34^ blication à l'égard des Sujets fans courir les mêmes risques. £ XXIV. de la Guerre Civile. dont les auteurs . Quand le Souverain a. L'Amnistie est une semblable promesse . de la même maniére qu'on est tenu aux engagemens extorqués par les Voleurs & les Brigands. Comme la Sûreté publique en est troublée . & consistent dans des mouvemens impétueux & paflagers de la Po pulace contre les Magistrats & autres Puis sances subalternes . : ". XXV. soit pour lui imposer certaines Loix. ''.. sont punis sables suivant la diversité des circonstan ces. ôcpuni. . Le Tumulte.' . sofflt encore autre chose . . ou k Sédition. c'est un crime public . mouvemens qui sont or dinairement accompagnés de desordres & de violence. il élb obligé à les tenir. ou les acteurs . On appelle Rebelles les Sujets qui pren nent injustement les armes contre leur Sou verain . pout . après laquelle person ne ne doit plus être tiré en cause. U faut distin guer la Rebellion.

qui ne sont pas d'une fort grande importance. III. {Legatí.. 11s dépendent de la volonté de celui qui les a établis. Les Agent sont des Personnes emplo^ yées par une Puissance . Ministres. . ne. Amiaffadeurs.^ les Person nes qu'une Nation. IV. ou même de quelques Citoyens. pour exécuter quelque commis sion relative aux affaires publiques. I.Du Droit des Ambajfadis. . ce sont leurs mandataires . & tout ce qui a été dit sur cette fonction dans le Droit Na: turel. . II. - . Le Droit d'envoyer des Ministres appar tient à toutes les Puissances Souveraines . C H A P I T R E X. leur est appliquable.S3ò PRINCIPES DU pour le actions que cette Amnistie concer-. ou un autre Souverain . Rien n'empêche que dans certains cas on ne leur confie des af faires pubii jues. envoyent vers une autre Nation. ou un Souverain. : . . ON appelle Envoyés. . au nom de laquelle elles agissent pour les affaires particuliéres du Chef de TEtat . &c. .

Ón-ne peut donc fans injure Fempêcher de faire de semblables de mandes . . . Les Nations doivent de-plus éteindre tous les différends aussi-tôt qu'il est . ne peut resuser de íes recevoir . & en général d'employer tous les moyens propres à augmenter fa perfection & celle de son état.En conséquence de ce Droit . faire cesser les griefs . 331 IV. & démontre le Droit parfait qu'ont les Natiofls d'envoyer des Ministres les unes chez les autres. collision entre ce que cet Etat doit à soir . quoiqu'elle n'ait pas celui de les exiger. Tout cela rend les Ambassades nécessaires. . Com me il ne sauroit y avoir continuellement des . fans faire injure à l'Etat qui les envoye .possible . ou les terminer. & tenter toutes les voyes d'accommodement qui peu vent prévenir les guerres. Entre ces moyens les Alliances & les divers Traittés tiennent le principal rang.DROIT NATUREL. II y a des Ministres ordinaires. qui pas sent plusieurs années à la Cour du Sou verain auprès duquel on les envoye. VI.même & ce qu'il doit aux autres Nations. l'Etat au-' quel on envoye des Ministres . à-moins qu'il n'y ait . Nous avons vu que chaque Nation a ]e droit parfait dedemajjder aux autres les ossices de l'humanité . V. blique .' comme lorsqu'il appert que l'Envoyé n'á pour but que de troubler la tranquillité pu. & d'exciter des révoltes.

Jamais les Envoyés de quelque*Etat que ce soit. n'est fondé . '. . ni fur le Droit nécessaire . & de Gens habiles qui mav nient les affaires avec succès.- . ou du -moins avec les premiéres Personnes de l'Etat. qui fassent honneur à la Natioa . quoique les envo. & cette obliga tion demeure la même . Inoccupation principale ctë ces Ministres consiste à faire rapport à leur Cour de ce qui se |>asse dans celle où ils se trouvent .33a PRINCIPES DU affaires à gérer. Comme les Ministres íont envoyés pour traitter avec les Souverains. VIII. fût-ce même fous le prétexte de k Lói du talion i & le mépris. & pour vaquer à -des fonctions d'une grande importance. ne doivent être 'méprisés ou outragés . VII. Ce Droit d'avoir des Ministres dans les Cours étrangéres . ni même sur le Droit vo lontaire des Gens .qui les envoye . ou les ou.yés viennent de la part d'une Puissance en-' nemie.. r L'Etat qui les reçoit doit leur faire hon neur. tant à leur arrivée que pendant le cours de l-eur Négociation ... on doit faire choix de gens dis tingués . ce n'est qu'une coutu me qui s'est introduite entre certaines Nae tions. & à laquelle peuvent déroger toutes celles qui le jugent à propos . fans faire au cune injure aux Puissances dont elles refu sent de recevoir les Ministres. & qui revient à la charge tfEfc fion. IX.

sont de véritables injures faites à la Nation qui les envoye. ils doivent être considé- .DROIT NATUREL. appartiennent donc au Droit Cou. des Nations . 333 trages qu'ils éprouvent . tumier des Nations . ensorte que les mêmes droits & les mêmes distinctions conviennent à l'un & à l'autre. ks il font chargés. & aucun Etat n'est obligé de s'y conformer . ils sont envoyés. & dont elle est en droit de poursuivre la réparation. suivant le Droit Naturel . sont gratuites . Ainsi les conséquences qu'on prétend en ti rer . Toutes les prérogatives par les quelles on a étendu la dignité du caractére représentatif au-delà des bornes du Droit Naturel . si elles se sont intro duites > par l'usage. que relative ment aux affaires de la négociation desquel. comme dérivant d'un Droit néçeffaire . lorsqu'elles sont fondées sur des Traittés. qui. XI. Les Ministres sont censés avoir un Ca ractére représentatif. consiste dans le pouvoir qui leur est confié de traitter des atFaires publiques au nom de leur Souverain avec celui auquel. à-moins qu'il ne s'y soit engagé par quelque Traitté. ou au Droit Pactice. Ce caractére ne va point jusqu'à les faire considérer comme une mê me personne morale avec celui qui les envo ye. ou même volontaire'. Les Envoyés ne pouvant au plus repré senter celui qui les envoye .

::. com me nous l'avons remarqué ci-dessus.à-dire . XII. où une Nation doit préférer ce qu'el le se doit à elle-même à ce qu'elle doit aux autres... tant Civile que Criminelle . < .334 PRINCIPES DU se trouvent hors de leur Patrie. l'Etat . entant que.-l . Ainsi tout ce qui regarde leurs affaires privées . est naturellement soumis à la Jurisdiction .ou étrangers . Cela fait voir ce qu'on doit penser du Droit iPAfyk . leurs denrées . en exceptant toujours les cas de colli sion.. le pouvoir d'a gir comme s'ils étoient actuellement hors du territoire dans lequel ils se trouvent^dDe pareils Droits ne peuvent exister que par î'effet d'une Convention expresse . leurs domeíliques . . qui séjournent pendant un certain temps hors de chez eux. .: ' ' Les Envoyés . ou taci te. c'est. considérés comme des particuliers. & sur celui des Etrangers.. . II peut même y avoir un Droit spécial qui les concerne. & des autres Priviléges que les Ministres Publics s'arrogent en divers endroits . doivent jouir de tous les avantages & de toutes les sûretés qui sont fondées fur le Droit commun des Gens . & par lesquels ils s'attribuënt Yexterritorialité. :i --. ment à cet égard. & on ne voit aucu ne raison pour laquelle le Droit volontaire des Gens devroit souffrir quelque change. & jouïr du Droit qui convient à des Etrangers.. du Lieu où ils se trouvent . leurs meubles .

dans le second ils peu vent être révoqués. & de l'étenduë des pouvoirs qu'il lui a con fiés. dèsqu'une Nation ju ge à propos de changer les coutumes qu'el le avoit suivies jusqu'alors. Les Lettres de Créance sont une Décla ration écrite . Tous les autres Droits des Ambassá» deurs. Et voilà jusqu'où s'étend suivant les Principes naturels la sainteté & l'inviolabilité des Ministres Publics. & ils ne peuvent entamer Pexercice de leur Charge . doit les traitter honorable ment. XV. qui existent parmi les différentes Na tions. F I N. Ces Lettres sont nécessaires aux Mi nistres . ou fur la Coutume. Dans le pre mier cas ils obligent ceux entre qui les Traittés existent.DROIT NATUREL. XIV. 335 qui les reçoit . & ne font appuyés que sur les Traittés . n'ont aucun fondement dans le Droit Naturel. qu'après les avoir pro duites. . du choix qu'il a fait d'une telle Personne pour cette fonction . par laquelle le Souverain qui envoye un Ministre instruit celui au quel il est envoyé.

.

.

. f .