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FONDÉE

À+\

PAR

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GAIDOZ

H.

v^A

1870-188S

L^^

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE

H.

WfA

D'ARBOIS DE JUBAINVILLE

Membre

de

l'Institut,

Professeur au Collège de France

AVEC LE CONCOURS DE
E.

ERNAULT

J.

LOTH

G.

Doyen

de la Faculté des
Lettres de Rennes

Professeur à l'Université
de Poitiers

DOTTIN

Professeur à l'Université
de Rennes

ET DE PLUSIEURS SAVANTS DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT
Secrétaire de

la

rédaction

:

J.

VENDRYES,

Année

chargé du

cours de grammaire comparée

Sorbonne.

à la

1910.

Vol.

XXXI

PARIS
LIBRAIRIE Honoré CHAMPION, ÉDITEUR
5

,

OU A

I

M A L A OU A
I

9

I

O

I

S

(6 e )

CHRONIQUE
DE NUMISMATIQUE CELTIQUE

Au commencement

annoncèrent
une découverte qui mit en émoi le monde des amateurs. Il
s'agissait d'un trésor de monnaies gauloises, en or, trouvé au
lieu-dit

de 1908, divers journaux

Grange-Neuve, territoire de Soudières,

1

commune

de

Lapte (arr. d'Yssingeaux, Haute-Loire). C'est le 27 janvier
1908, que le cultivateur Jean Maisonnial découvrit un vase
de terre gris rougeàtre 2 qui fut brisé et laissa voir environ
,

170 statères (et probablement plus).
Le trésor fut examiné, dès les premiers jours, par M. Ph. Testenoire-Lafayette, qui put faire quelques photographies des
principaux types. On parla d'abord d'une vente aux enchères
qui devait avoir lieu à Lapte;
virent

ou vinrent sur

puis diverses personnes écri-

les lieux, et,

par leurs démarches intem-

pestives, contribuèrent à faire germer, dans l'esprit de l'inven-

son trésor valait une somme énorme. Il
l'idée que
rompit ses relations avec les personnes qui lui avaient donné
de sages conseils, dans les premiers jours de sa joie. C'est ainsi
que le trésor de Lapte fut « bloqué » pendant quelques mois.
Puis, peu à peu, les pièces se disséminèrent de divers côtés ,

teur,

5

er février
1. Journal des Débats, 30 janvier et 7 février 1908; Le Journal,
Mémorial de la Loire, L'Avenir du Puy-de-Dôme, etc.
2. Le fragment que j'ai eu en communication avait o m 004 à o m ooi)
d'épaisseur; il y avait des stries, marques du tour.
3. Plusieurs statères sont venus à Paris, en 1909, où j'en ai acquis un;
d'autres sont entrés dans les collections de M. Changarnier et de M. Collombier. Treize ont été acquis, en 1909, par le Musée Crozatier au Puy, et
trente par le Musée de Cluny, à Paris.
I

;

le

Revue Celtique,

XXXI.

4

A. Blanchet.

)0
et,

aujourd'hui

il

faut perdre l'espoir de faire

plète de cette trouvaille.

de temps après

la

Heureusement,

les

une étude comnotes prises peu

découverte permettent d'apprécier

l'intérêt

des pièces.
Il

grec,

y avait d'abord deux imitations, assez directes du statère
avec un aurige conduisant un cheval dont les pieds

nombreux
les

rappellent

plus usées

du

le

trésor,

second

cheval. Ces pièces, qui sont

portent

les

(....OY), qui

lettres

peuvent être un souvenir du nom de Philippe. Deux autres
pièces, avec un triskeles sous le cheval, sont peut-être voisines
des précédentes, comme époque, et deux autres portent une
déformation du monogramme composé de A et P. Viennent
ensuite treize pièces, en deux variétés, du type dont la tête
laurée porte une moustache et où l'on voit, au revers, une
sorte d'écran perlé sous le cheval à gauche
La masse du
trésor de Lapte était constituée par une dizaine de variétés
d'un statère avec une tête à gauche, à cheveux en boucles
nombreuses et serrées. Au revers, aurige conduisant un
cheval à gauche ou à droite; au-dessous, lyre droite ou renversée, accostée de lettres ou signes, M ou 2 ou A ou Y ou
VW, ou W- Sur un exemplaire il semble qu'il y ait M AN.
On sait que Saulcy avait attribué aux Mandubii des statères
de cette série à cause des lettres MA qu'on peut lire, à la
rigueur, sur un exemplaire du Cabinet de France. iMais j'ai
repoussé cette attribution et j'avais déjà soupçonné la véritable
patrie des statères à la lyre, en les comparant à un statère
arverne, de même poids et métal et d'un style analogue 2 Il
me paraît évident que le trésor de Lapte est composé de
monnaies des Arverni, antérieures à celles de la dernière période, qui sont classées à côté des statères de Vercingétorix
1

.

.

La variété
1. Voy. mon Traité des m. gauloises, 1905, p. 221, fig. 65.
nouvelle de Lapte (4 exemplaires) ne porte pas l'écran perlé. Il y avait aussi
une troisième variété, en or bas, avec tête sans moustache apparente
(2 pièces).

Pour le statère à la
2. Voy. mon Traité des m. g., p. 219, fig. 58.
moustache, dont j'avais mis en doute, faute de raison connue, l'attribution
aux Arvernes, il faut revenir au classement antérieur, qui est sans doute
celui de Saulcy.

1

.

Chronique du numismatique

même

sont à peu près du

et

mais

l'or

en

que

poids

Au

plus blanc.

est

celtique.

revers,

celles

5

de Lapte

n'y a

il

cheval sans traces d'aurige et de char; mais on retrouve

symboles qui existent sur
2

lyre

cercle perlé,

statures

faut en croire

S'il

.

les

de

un

Lapte

'

;

plus qu'un

:

les

triskeles,

travail tout récent,

contenu un statère de la dernière
époque avec le vase sous le cheval et un rinceau au-dessus >.
Mais on ne parait pas avoir donné à ce spécimen toute l'attention qu'il méritait
nous n'en possédons ni le poids ni le
degré de conservation. Je crois donc que nous ne pouvons, sur
la foi d'un renseignement, trop vague, fixer la date d'enfouissement du trésor de Lapte à une époque aussi rapprochée de
Vercingétorix que l'indiquerait la présence du statère en
trésor de Lapte aurait

le

;

question.
Je viens de citer

Ulysse Rouchon.

et

un mémoire de
est

Il

MM.

trouvé dans une carrière, à un kilomètre
pelle-Laurent (c ne de Massiac.

au cours des travaux de
dépôt, dont
nait des

nombre

le

la

de La ChaCantal),

ligne de Brioude à Saint-Flour.

et

du

style des statères

dernière époque, d'autres de Pictilos, d'Epas-

la

cavalier, enfin d'autres encore à

légende Epomeduos. Ces pièces sont toutes connues

la

c'est, je crois,

Ce

exact de pièces n'est pas connu, conte-

(EPAD), au type du

nactus

à l'ouest

de Saint-Flour,

arr.

monnaies d'argent des types

arvernes de

Jacotin de Rosières

consacré en partie 4 à un petit dépôt

première

la

fois

qu'on

les

;

mais

trouve ainsi réunies.

Les journaux des 18 et r 9 septembre r 909 ont annoncé, d'une
manière énigmatique, que des terrassiers venaient de découvrir,
à Paris, au coin du boulevard Raspail et de la rue de Varenne,
des médailles a irrégulières » avec «

l'effigie

d'une

femme au

une chimère aux ailes repliées ». Ce
trésor est devenu l'objet d'un procès, où quatre parties, dont
la
ville
de Paris, sont intéressées. Les monnaies était
profil

1

à la

égyptien

»

et

«

Le poids est en movenne de 7
moustache que pour ceux à la

mon

2.

Cf.

5.

Ch. Jacotin de Rosières

un peu

plus fort pour les statères

lyre.

Traité, p. 418, fig.

La Chapelle-Laurent,
4.

gr. 50,

Paris,

Ibid., p. 9-14, pi. III.

et

452 et 453.
Ulysse Rouchon. Les trésors de Lapte

Champion, 1910,

gr. in-8°,

14 p., 4

pi.

et

de

.

A.

52

Blaiichet.

déposées au greffe correctionnel du Palais de Justice. J'ai
obtenu l'autorisation de les examiner et j'ai constaté que
le trésor, trouvé dans un vase de terre malheureusement brisé

composé de trente-quatre statères larges des
ou moins bonnes de style,
d'or plus ou moins jaune.

et égaré,

était

Parisii, de plusieurs variétés, plus
et

C'est sans doute la première fois qu'on peut signaler avec

une cachette de monnaies

précision

même

des

Parisii,

Paris

à

'

M. Amardel, qui nous a déjà donné plusieurs mémoires
sur les monnaies gauloises de sa région, vient de publier une
pièce intéressante. C'est un « petit bronze » d'Auguste au
type de l'aigle, surfrappé sur une pièce de Germanus Indulilli 1.
au type du taureau 2
M. Amardel pense que
.

bronze à l'aigle n'a pas été frappé
de la Gaule, qui serait Narbonne.
La pièce aurait été émise uniquement dans le but de donner
à Octavien le titre d'Augitstus, et, comme ce bronze à l'aigle,

Rome, mais dans une

à

le

ville

même

module, avec la tête nue et le revers au
taureau accompagné des mots Augustus divi. j., aurait été
fabriqué postérieurement au bronze Germanus K
bronze de

le

cette dernière

J'accepte volontiers
à cause

du

fait

Mais

je crois

le

disait,

cher un
reau

Germanus

que

ce

i

.

mauvais
dit

j'ai

La trouvaille

d'Auguste

celle

ait été inspiré

n'est
:

il

pas

faut

la

sûrement

aussi

peut-être y cher-

César. Que le type du
monnaie de bronze de Massalia,

à

fort

ulté-

la tête

portrait de

par

moi-même
faite

une époque

atelier officiel et à

maintenant, avec M. Amardel, que

laurée des bronzes de

qu'on

non point

proposition,

surfrappe, car cette opération a pu avoir

la

que dans un

lieu ailleurs

rieure.

de

nettement 4

,

et

il

s'agit

Paris, près de la Seine et de la rue

tauc'est

seu-

du Bac, en

1805, comprenait des statères de Philippe ou du moins de bonnes imitations
où le nom grec était encore lisible.
2. G. Amardel, Un cas de surfrappe instructij".Narbonne, 1909, gr. in-8°.

26

p. (Extr.
3.

donc

Le

du

Bull, de la

travail

difficile

de

iM.

Commission

Amardel

archéol. de

Narbonne.)

accompagné de
monnaie qui a fourni

n'est pas

de parler du style de

la

théorie exposée.
4. Traité des

m. gauloises, 1905,

p.

252;

cf.

p.

428.

figures;
les

il

bases de

est
la

Chronique du numismatique

lement

maintenant

d'établir

celtique.

l'antériorité

5

d'une

3

pièce sur

l'autre.

Le problème

le plus difficile est sans doute de déterminer
du bronze (semis) au type de l'aigle. J'ai déjà
eu à m'en occuper dans un article
qui a échappé à l'attention de M. Amardel. Il est certain que ce semis est fréquent
en Gaule
on l'a trouvé en nombre à Sens, à Alise, à Etang 2 ,
et M. Amardel assure qu'il est commun à Narbonne. De plus,
on trouve une copie libre du semis à l'aigle sur des vases
fabriqués à Lezoux ; mais j'ai déjà fait remarquer que les
•potiers arvernes avaient simplement imité un vase d'Arezzo.
Et je présume que si les potiers du centre de l'Italie s'inspiraient d'une monnaie pour orner leurs produits, c'est que
cette pièce passait fréquemment devant leurs yeux. D'ailleurs,
en général, la fabrique des semis à l'aigle est supérieure à celle
des pièces au taureau, qui sont probablement sorties de Lugu-

l'origine réelle

1

,

:

dunum. J'estime donc que

l'origine gauloise

du semis

à l'aigle

démontrée.
J'arrive maintenant au fond de la question
celle de l'atelier de Narbonne. De ce que l'on n'a pas encore signalé de
monnaies frappées dans cette ville et du fait que les pièces de
n'est pas encore

:

Germanus,
fréquentes

celles à

dans

de T. Poni. \Sex. f.

l'aigle et celles

la

Narbonnaise,

M. Amardel

5

sont

n'hésite

pas

conclure que ces espèces y sont nées. C'est aller un peu vite,
du moins pour les deux premières pièces, qu'on trouve aussi

à

souvent dans le nord de la Gaule que dans le Midi.
Je ne crois pas à l'existence de l'atelier de Narbonne,
M. Amardel paraît le concevoir. S'il eût fonctionné

tel

que

à cette

nous aurions certainement des monnaies avec une
comme nous en avons pour les colonies
de Nemausus, Cabellio, Vienna, Copia-Litgudumim, etc. Je

époque,

indication d'origine,

1.

Examen

le Bull,

des

monnaies gantoises

de la Soc. archéol. de Sens.

Xumism., 1909,
2. Dans cette

p.

186 et

localité

t.

et

rom.

recueillies à

XXI, 1905,

p.

Sens en iSyj, dans

247 (—- Mèm.

3.

Cf.

Nemausus

mon

notes de

de Saone-et-Loire, plusieurs exemplaires étaient

associés à des semis d'Auguste au taureau, à des bronzes de

des as de

et

s.).

(Rev.

Num., 1889,

p. 350).

Traité des m. gauloises, p. 255-256.

Germanus

et à

A. Blanche!

54
crois,

ma

pour

que

part,

.

Rome

du Sénat de

l'influence

fut pré-

pondérante, de bonne heure, dans la métropole de la Narbonnaise, même avant que cette province fût devenue province
consulaire (22 av. J.-C).

Malgré

déductions ingénieuses de M. Amardel,

les

saurais admettre

comme démontrée

Narbonne, sous Auguste.
Parmi les monnaies de

je

ne

l'existence de l'atelier de

peu dont la
de Nemausus au type du crocodile. M. Amardel vient d'ajouter deux
la

Gaule,

il

en

est

bibliographie soit aussi développée que celle de

numéros

1

longue. Si l'on en croit
composition du revers de cette
commune, résulte d'une plaisanterie satirique.

à la liste d'articles, déjà si

auteur,

cet

l'as

tout dans

la

monnaie, si
Le crocodile, attaché par une
palmier très

fragile,

n'est

une branche de

forte chaîne à

autre qu'Antoine,

retenu

par

la

reine d'Egypte. La pièce aurait été émise pour flatter Auguste
et Agrippa. Je laisse de côté

quelques menus

encore l'hypothèse suivant laquelle

détails et signale

les lettres

PP, accostant

bustes d'Agrippa et d'Auguste, devraient être interprétées

les

par Permissu Principis.

Je regrette que M. Amardel ait cru suffisant de se borner
consulter les travaux de Charles Robert et de Goudard, qui,

à

selon

lui,

résument tous les autres. Mais aujourd'hui, on ne
la numismatique de Nemausus, sans prendre

peut s'occuper de

connaissance de ce qu'a écrit

beaucoup

d'autres,

admet que

M.

Willers

2
.

PP

les sigles

Celui-ci, après
signifient Pater

comme ce titre a été donné à Auguste
752 de Rome (2 av. J.-C), on a basé la

Patriae et

par

en

classification

l'an

d'un groupe d'as de Nemausus sur
titre.

1.

M. Amardel, que ne

2°. Encore le crocodile de Nîmes,
327).
(Extr. du même recueil).

2.

pas

classement admis

le

La signification du crocodile de Nîmes, Narbonne, 1908, gr. in-8°, 25 p.
du Bull, de la Commission archéol. de Narbonne, t. X, 1908, p. 305-

(Extr.

(p.

Sénat

présence supposée de ce

la

satisfait

le

J'ai

résumé en

437-438),

le

s.

1.

n. d.

[

1909J, gr. in-8°, 21 p.

quelques lignes dans mon Traite des m. gauloises
paru dans la Numism. Zeitschrift de Vienne,

travail

t. XXXIV, 1902, p. 123 et s. J'ai admis, en 1905, le classement de M. Willers
au sujet duquel je fais quelques réserves aujourd'hui.

Chronique du numismatique

généralement, n'a pas
d'ailleurs,

— qu'Auguste

remarqué,

celtique.

comme

5 5

ses devanciers

avait déjà pris le titre de Pater Patriae

et unième puissance
remarque pourrait aplanir quelques difficultés de classement. Mais je ne crois pas plus que M. Amardel aux interprétations données pour les lettres PP. Pas plus
que Permissu proconsulis, le Pater Patriae n'est évident; mais
Discuter
le Permissu Principis n'est aucunement préférable
ici les raisons favorables et contraires aux diverses solutions
m'entraînerait bien loin; je rappellerai seulement que les
sigles PP ont servi dans l'épigraphie latine pour abréger une
trentaine de mots ou de locution^-. On conçoit que la difficulté est grande de faire un choix. Mais j'aurais aimé que
M. Amardel discutât l'interprétation de Parentes Patroni en
faveur de laquelle Lagoy et La Saussave avaient donné de
bonnes raisons, auxquelles on pourrait peut-être en ajouter
quelques autres, tirées de la numismatique et aussi des inscrip-

dans quelques municipes, avant sa vingt
tribunice

1

.

Cette

.

tions.

Pour en revenir au type même du crocodile, je dirai que
vu moi-même beaucoup de variétés de l'as de Nemausus.
J'ai pu constater, avec beaucoup d'autres, que les variétés de
fabrique sont innombrables. Même pour les pièces les plus
j'ai

il
y eut certainement des défaillances artistiques
hâte de la fabrication rendait inévitables. Et je ne

soignées,

que

la

parle pas des contrefaçons, fabriquées

Je ne

puis donc

croire

qu'il

soit

un peu partout en Gaule.
d'attribuer un sens

utile

moins grotesque du crocodile.
il faut se rappeler que le crocodile avait déjà symbolisé l'Egypte elle-même sur des bronzes
portant le nom de Crassus, qui ont probablement été frappés
vers 30 avant J.-C, et nous savons bien que des aurei et des
deniers, frappés à Rome en 28 et 27 avant J.-C. portent un
déterminé à

Pour

l'aspect

crocodile avec

1.
t.

plus ou

serrer de près la question,

La remarque

la

légende

a déjà

AEGVPTO CAPTA. Que

cro-

été faite dans le Corpus Inscriptionum latinarum,

XII, n° 136, à propos d'une inscription de Sion,

où Auguste

patriae à une date comprise sûrement entre 746 et 748 de
:.

ce

Rome.

R. Cagnat, Cours J'épigraphie latine (Appendice des sigles).

est pater

A. Blanchet.

56

codile symbolise

pays vaincu, on n'en saurait douter

le

l'on

si

veut bien mettre ces pièces en parallèle avec celles d'Auguste

un taureau, que la légende Armema
symbole de l'Arménie. A mon avis,
si le crocodile de Nîmes est attaché à une palme, c'est que la
M. Amardel m'excupalme est un emblème de la Victoire

où une Victoire
capta désigne

terrasse

comme

le

1

.

sera de ne pas accepter son

hypothèse intéressante.

mots un

où quelques
2
la Gaule
comme on eût pu le faire et

Je mentionnerai en peu de

travail

pages ont été consacrées au numéraire de l'ouest de

La matière

n'a pas

été traitée

.

l'auteur n'a pas su se dégager de vieilles attributions sans bases
sérieuses,

comme

de

celle

la

pièce

aux

Bienos-Belinos

Ebu-

rovices.

Dans ma dernière Chronique de numismatique celtique, j'ai
M. Victor Tourneur, relatif aux monnaies

signalé l'article de

Anna

exprimé quelque doute au
auxTongrois. Au moment
même où l'expression de mon doute se faisait jour dans la
Revue Celtique, M. Tourneur amplifiait son hypothèse et
légende

à la

Rovcri, et j'ai

sujet de l'attribution qu'il en faisait

sous la même bannière les nombreux exemplaires de
monnaie où se lit assez souvent le nom Avaucia*.
Son travail est méthodique et on le consultera avec profit.
Il a donné une liste de provenances plus complète que celle
de mon Traité, mais je ne l'étonnerai pas en lui disant que
ralliait

la

cette liste n'est pas encore telle

Au

sujet

justes,

qu'on

du type, M. Tourneur

qui découlent

la désirerait.

fait

des observations assez

naturellement du

qu'il a

fait

beaucoup plus d'exemplaires que ses devanciers
lieu

pour l'auteur d'en

il

:

pu voir

n'y a pas

Le terrain scientifique

tirer vanité.

est

trop large aujourd'hui pour qu'on perde son temps à échanger

i

.

2.

C'est le sens ordinaire dans la
L. Coutil, Sépultures

casses et Baiacasses
casses et

des

1.

Numismatique

antique.

mobiliers funéraires des Lexovii, Esuvii, Vidu-

(Départe m cul du Calvados). Sépultures

Eburovices (dép.

Curiosolitae. S.
3.

et

de

l'Eure).

Les

Uneîli,

et

les

foyers des Velio-

Ambivareti

et les

n. d., gr. in-8°, paginé 145 a 302, fig. et pi.

Victor Tourneur, La monnaie de bron~e des Tongrois (> 1-27 av. J.-C),
XXI e congrès (Liège, 1909) de la Fédération archcol. et bistor.

dans Annales du
de

Belgique,

479,

pî.

XX.

t.

II

(i= r fasc),

Rapports

et

mémoires, Liège,

1909^.461-

Chronique de numismatique

des

traits satiriques

corrélation entre

le

r
.

M. Tourneur

nom

celtique.

a raison

57

de repousser toute

des Adualuci et celui d'Avaucia, qui

désigne certainement un chef ou magistrat monétaire. Par
contre, ce qu'il dit de la nature

du métal pour

l'époque

fixer

de la fabrication me parait peu probant. A le lire, on devrait
admettre que la plupart des monnaies gauloises de bronze, au
moins dans le nord de la Gaule, auraient été émises pour
faciliter

transactions

les

M. Tourneur

des

soldats

Comment

romains.

peut-il expliquer la présence de

tant de

pièces

gauloises de bronze dans des oppida que les soldats romains

n'ont certainement jamais occupés d'une manière
Il

faudrait plus de place

que

je

n'en puis prendre

ici

cuter cette théorie, assez neuve, mais bien fragile,

durable

?

pour discrois.

je

Avaucia et leurs sœurs muettes
étaient attribuées par M. Tourneur aux Tungri, ces Germant
fédérés qui succédèrent aux Eburones. On sait que ceux-ci
furent décimés par César, tout autant que les Aduatuci je ne
saisis donc pas bien les raisons qui portent M. Tourneur à
supposer que les derniers ont disparu de la carte du monde
tandis que le « groupement » auquel appartenaient les Eburones
J'ai déjà dit

que

les pièces

;

1.

Toutefois

il

M. Tourneur. On

m'est impossible de passer sous silence une facétie de
sait que les bronzes de la série Avaucia portent une

figure formant swastika dont les éléments sont difficiles à déterminer. J'avais

simplement dans mon Traité (p. 357), qu'on pouvait « songera
mais je ne voulais pas effacer l'hypothèse des quatre bustes
de cheval. M. Tourneur s'empare des quatre mots de ma note, et faisant
remarquer que ces bustes présentent un appendice au-dessus de la tête, il
« On connaît le serpent à lunettes, mais pas encore le
écrit plaisamment
serpent.
à cornets acoustiques » (Joe. cil., p. 465). Renvoyant à la
planche de son mémoire, M. Tourneur déclare que les bustes de chevaux
du droit de la pièce sont les mêmes que celui du cheval du revers. J'ai peutêtre « des yeux pour ne point voir » de la même manière que M. Tourneur;
mais il y a un fait bien certain, c'est que si le type du droit est composé de
quatre bustes de chevaux, ces bustes n'ont ni la crinière ni la jambe antérieure
du cheval du revers. Je ne tiens pas à rester sur le terrain de l'histoire
naturelle; même sur ce terrain, je pourrais répondre à M. Tourneur que,
dit très

des serpents »

;

:

.

.

ne connaît pas le « serpenta cornets acoustiques ». la vipère cornue
moins encore dans les Balkans. Mais, je ferai seulement appel à
des faits de l'archéologie celtique. M. Tourneur aurait-il oublié qu'il y a,
sur les autels de Sommericourt et de Vignory et sur le cippe de Beauvais,
un serpent à tête de bélier, qui autorise l'hypothèse du serpent cornu ?

si

l'on

existe au

8

A. Blanche!.

5

se serait vite reconstitué

et aurait

vement abondant. Que Tongres
de

la

ait

eu

un

monnayage

relati-

fourni beaucoup de pièces

série Avaucia, je le reconnais volontiers.

neur

ignore

'

que

région de

la

Mais M. TourNeuss est très riche en
en a signalé 8 trouvés à

exemplaires de ce numéraire. Il
Neuss, avant 1897; mais il faut citer aussi les 85 exemplaires
trouvés isolément sur le terrain des tuileries antiques de Neuss
inventoriés par

et

M. Max-L.

Strack.

première importance, combiné

Ce renseignement, de

avec celui du gisement

du
Marberg (Cercle de Coblenz), où 5 3 pièces ont été recueillies,
me paraît indiquer que les monnaies du groupe Avaucia ont
été émises par un peuple dont l'aire d'habitation n'était pas
aussi exiguë que M. Tourneur paraît le croire.
Dans la séance du 28 avril 1909, à la British Numismatic
Society,

de

M. Henry Laver à lu un mémoire sur le monnayage
il
met en opposition la réputation de

Prasutagus où

de ce roi avec le fait que son nom ne paraît pas
monnaies des Iceni. Remarquant que beaucoup de
monnaies sans légendes, provenant de trésors découverts dans
les comtés de Suffolk et de Norfolk, ont le poids réduit, qui
est caractéristique des monnaies d'or bretonnes, contemporaines de l'empereur Claude, M. Laver estime qu'on peut
attribuer quelques-unes de ces pièces à Prasutagus
Mais le problème me paraît présenter trop d'inconnues pour
qu'on puisse espérer une solution heureuse. En effet, si
Prasutagus a frappé de la monnaie d'or, il a dû le faire seulement avant 44, date à laquelle les contrées voisines de la
Tamise furent déclarées province romaine; car ce roi, qui
2

richesse

sur

les

3

.

avait institué

propres

filles,

Néron son héritier au même
avait dû se garder d'éveiller

en s'arrogeant

le

saurions affirmer qu'il
1

2.

que

ses

deux

colère impériale

monnaies d'or. Or si
mort vers éo ou 61, nous ne

droit d'émettre des

nous savons que Prasutagus

que

titre
la

ait

est

été déjà roi des Iceni en 44*.

eût été facile d'éviter cette lacune, en consultant le compte rendu
publié dans la Rev. nttm., 1905, p. 109.
Tacite, Ami., XIV, 31
« Rex Icenorum Prasutagus, longa opulentia

II

lui

j'ai

:

clarus ».
3.

4.

Nutn. Circulât, 1909, p. 11472.
L'expression longa opulentia de Tacite ne peut fournir des dates

précises.

Chronique de numismatique

M. Edmond Gohl,

le

celtique.

59

sympathique conservateur du

national hongrois, à qui Ton doit plusieurs

M usée

mémoires sur

la

danubienne, vient de
dresser un inventaire soigné des monnaies du groupe Biatec
monnayage antique de l'Europe
le
Il n'y a en effet, dans

numismatique

celtique

de

la

région

1

.

centrale,

aucun groupe plus intéressant, d'abord

variétés et des divisions qui s'y trouvent
statères d'or qui s'y rattachent; enfin, à

;

à cause des

ensuite à cause des

cause des trouvailles

nombreuses qui fournissent une base d'étude assez solide.
M. Gohl restreint l'étendue du groupe tel que je l'avais indiqué 2 et, en effet, il s'affirme que les pièces d'argent avec
les noms de Biatec et de Nonnos sont les seules qui aient un
poids constant, généralement supérieur à 17 grammes. On
,

sait

que, dans

Biatec et de

le

dépôt des Alpes de Gerlitz

Nonnos étaient associées

à

;

,

les

pièces de

un quinaire de Marc

Antoine et de Lépide, frappé en 43 av. J.-C. Et d'autre part,
les deux têtes accolées de certains tétradrachmes de Biatec
paraissent imitées des têtes d'Honor et Virtus du denier de
Q. Fufius Calenus (monétaire en 82 av. J.-C.). Cette pièce
de Biatec est peut-être la plus ancienne de la série et fut sans
doute la plus répandue, car M. Gohl en a relevé onze variétés,
qui indiquent des émissions successives, avec des déformations

du type. Ceci s'accorde bien avec

théorie que

la

je

soutiens

grande dissémination
du monnayage celtique, qui sortit de nombreux centres de
commerce, mais non d'ateliers officiels. Le groupe comprend
encore une division d'argent de 6 gr., et trois statères d or,
d'un poids régulier de 6 gr. 44 à 6 gr. 48; puis les tétradepuis quelques années au sujet de

la

drachmes de Nonnos dont M. Gohl
(l'une présente

la

a

relevé treize variétés

légende rétrograde).

Adrien Blanchet.
1.

A

Biatec-ocsportbeii barbar pen-^ek,

dans Numi^matikai Kâçlôny, 1909,

39-50, 99-104.

Traité des m. gant., p. 450-451, fig. 497 à 500.
Voy. dans la Rev num. de 1905 (p. 416) mon compte rendu du
travail de M. Luschin von Ebengreuth.
2.

3.

.

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