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H A S S A N A L B A N N A http://hurmasevenler.wordpress.com/

HASSAN AL BANNA

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Biographie

Né en 1906 nord du Caire

à Al-Mahmudiyyah, petit village au

Premier fils d'Ahmad AbdarRahman al-Banna, réparateur de montres et imam. Il fait partie de l'association Al-urwatu-wuthqa dirigée par al- Afghani et Abduh.

Il suit le cursus de l'école gouvernementale. Il sera à 12 ans le président d'une Association de la bonne conduite. Il sera fortement marqué par la personnalité et les enseignements du cheikh Muhammad Zahran.

Il préfère s'inscrire ensuite à l'école des instituteurs d'al-Damanhur plutôt qu'à un institut religieux. Il y fait la rencontre des fidèles de la confrérie soufie Al-Ikhwan al-Hassafiya et entre dans la tariqa comme élève et membre actif. Il retiendra l'enseignement du guide : la prédication (ad dawa) et doit s'éloigner des sujets de division et de conflit. Cette période est marquée pour lui par les manifestations populaires qui se déroulent de 1919 à 1922 à Damanhur exigeant l'indépendance nationale, auxquelles il participe.

populaires qui se déroulent de 1919 à 1922 à Damanhur exigeant l'indépendance nationale, auxquelles il participe.

• Dès l'âge de 17 ans, le jeune al-Banna a une connaissance approfondie des réalités égyptiennes,

notamment concernant la vie des campagnes, les différents types d'éducation offerts aux enfants, les divisions d'école, le soufisme et ses exigences, l'approche moderne ou traditionnelle des

sciences islamiques, le travail de l'artisanat, les préoccupations politiques constant engagement associatif.

cela s'ajoute son

A

• Il choisit la voie de l'étude des sciences pour l'action et entre à Dar al-ulum, un institut au programme diversifié situé au Caire, considéré comme "moderne" au regard du programme traditionnel d'al-Azhar.

• Dans la capitale, il prend conscience de l'état de la situation quant à la fidélité aux enseignements islamiques et l'influence des modes occidentales.

• La prédication à l'intérieur des mosquées ne semble pas fournir une réponse adapté à ces problèmes. Il décide alors d'aller parler aux gens dans les cafés. Il écrit dans ses Mémoires : "la réussite tenait au fait, d'abord, de bien choisir le sujet sans entrer dans des sujets qui blessent les sensibilités ; ensuite à la façon de présenter les choses, toute à la fois belle et attirante, et enfin, à ne pas traîner le propos."

• Le contexte - la diffusion des idées concernant la séparation de la religion et du politique, la sortie du livre de Ali Abd arRazeq, al Islam wa usul al ukm, le relâchement des moeurs, la chute du califat ottoman - alimente sa prise de conscience de la nécessite d'une action de grande envergure.

• En juin 1926, il fonde avec quelques autres la revue al Fath. En 1927, naît l'association Ashshuban al muslimin (les jeunes musulmans).

• En 1927, ayant obtenu son diplôme, il est envoyé dans la ville d’Isma‘iliyya comme instituteur. La présence étrangère est très forte. La ville est le siège de l’Agence mondiale pour le canal de Suez et des camps de l’armée anglaise. Il connaît là ce qu’il appellera lui-même une « étrange révélation ». L’occupation militaire mobilise en lui le patriote.

• En 1928, un groupe de six compagnons, touchés par ses enseignements, révoltés par les humiliations vécues, confiants dans les capacités et la clarté de vision d’al-Banna, lui proposent de nouer un pacte qui les lieraient dans l’action et le don total à la prédication. Al-Banna accepte. Ainsi naît l’organisation Les Frères musulmans.

• En 1933 est fondée l’Ecole des mères des croyants, destinée aux femmes, qui comporte enseignements qui vont du domaine religieux aux sciences sociales, en passant par l’économie familiale. Naîtra ensuite une association de Sœurs musulmanes.

• La même année est créée la section des randonnées. Dès les premières années du mouvement, le principe est de s’appuyer sur les forces populaires. Sur le plan interne, l’accent est mis sur l’éducation, tandis que vis-à-vis de l’étranger se prépare la constitution d’un front de résistance à l’occupant, passant par une prise de conscience et incluant la préparation physique.

• De 1932 à 1939, al-Banna est en poste au Caire. Il ne cesse de se déplacer dans un grand nombre de villes. Mosquées, écoles, entreprises d’artisanat se développent sous l’impulsion des sections locales. L’organisation devient, selon l’expression d’Ibrahim al-Bayyumi Ghanim, un « mouvement social global ». Loin de toute préoccupation politicienne, al-Banna veille à l’enracinement durable des Frères dans la société égyptienne par un long et patient travail d’éducation.

• La période 1936-1939 est décisive.

• En 1936, un tournant s’opère : dans la célèbre épître Da‘watuna (Notre message), il présente les principes qui conduisent l’organisation des Frères musulmans en insistant sur le caractère globalisant de l’islam. Il dresse un triste constat de l’état des lieux de la société égyptienne qui ne pourra être redressée que par le retour à la référence d’un islam bien compris. La deuxième introduit la question de la relation de l’islam avec la politique. Dans la troisième, il estime que les pays musulmans sont à la croisée d’un chemin : ou ils choisissent la voie servile de l’Occident, ou ils reviennent à l’islam, un islam qui doit connaître une nécessaire réforme intérieure. Cette épître se conclue par la présentation des « étapes de la réforme concrètes » – connues sous le nom « les cinquante demandes ». Il y a bien là un nouveau type d’engagement des Frères musulmans sur la scène politique.

• Cette même année est signé le traité anglo-égyptien dans lequel les concessions faites par les Anglais sont fort limitées. Les Frères musulmans vont prendre la direction d’un large front du refus, hostile à la colonisation. Dans le même moment historique se structure la résistance palestinienne : insurrection armée de 1935, grève générale de 1936… C’est l’embrasement. Les Anglais demandent aux dirigeants arabes d’intervenir. Les Frères musulmans collectent des fonds pour soutenir les Palestiniens. Le soutien à la cause palestinienne devient pour eux emblématique. Al-Banna refusera la partition proposée par les Anglais en 1937 et appelle à la tenue d’un Congrès cette même année, au cours duquel il propose la création d’un fonds islamique mondial afin de racheter les terres palestiniennes. La doctrine des Frères est désormais élaborée, issue d’une lecture nouvelle des références islamiques conjuguée à une longue expérience de terrain. L’intervention du guide lors du Congrès de 1939 rappelle l’histoire du mouvement, souligne les points essentiels de la doctrine et dessine les perpectives. Il insiste sur la nécessaire durée de l’effort de formation, qui doit précéder l’étape de la réalisation.

• Face au discrédit des partis, les Frères musulmans et d’autres associations islamiques ont gagné la confiance populaire et al-Banna, au surplus très charismatique, est considéré dorénavant comme un danger autant sur le plan intérieur que sur le plan international. Toute stratégie politique doit prendre en compte la popularité du mouvement et de son guide.

• Al Banna interpelle les différents premiers ministres en matière de politique étrangère, et, sous pression britannique, il est arrêté une première fois en 1941, et peu après libéré et transféré vers le Sud-Ouest saharien, tandis que les deux revues hebdomadaires de l’organisation sont suspendues et son imprimerie fermée.

• La structure de l’association se complexifie et l’organisation de l’éducation islamique se fait à l’échelle de petits groupes de travail et de formation, appelés « familles », de façon à contourner les contraintes établies par le pouvoir. Les Frères continuent donc à être actifs sur le plan social et revendicatifs en matière politique.

• En 1944, al-Banna décide de se présenter aux élections à Isma‘iliyya. Malgré une victoire au premier tour, il est battu au second (tout laisse supposer une fraude). Aux critiques de cette stratégie, al-Banna explique longuement sa position : pour lui, se présenter aux élections est le prolongement naturel de l’action des Frères, qui ne changent pas de nature. Et à la question de savoir si, par la participation électorale, les Frères ne sortent pas de leur domaine religieux, il répond « que l’islam ne connaît pas ces divisions dans les affaires de la nation : une institution religieuse se doit de donner l’avis de l’islam dans tous les domaines de la vie et la voie parlementaire est le plus court et le meilleur des chemins. » Il estime aussi que la Constitution égyptienne ne contredit pas le Coran (article paru dans la revue hebdomadaire des Frères musulmans le 4 novembre 1944).

• Février 1946 voit le déroulement d’une énorme manifestation appelant à l’indépendance du pays, organisée par les étudiants membres des Frères. L’année 46 est marquée par cette confrontation, qui se poursuit, les Frères appelant à la dénonciation de l’accord anglo-égyptien de 1936, annonçant un soulèvement populaire si les Anglais refusent de s’en aller. Nombreux sont alors les Frères qui sont arrêtés. Plusieurs bureaux sont fermés, et les scouts interdits. Les manifestations continuent et s’amplifient. En janvier 1947, suivant la suggestion d’al-Banna, le Conseil des Ministres égytiens décide de couper les liens avec les Anglais et présente le cas de l’Egypte au Conseil de sécurité. Ce dernier n’accède pas à la requête. Le premier ministre se distancie alors totalement des Frères.

• Le 29 novembre 1947, le Conseil de sécurité adopte un plan de partage de la Palestine. L’ensemble du monde arabe et musulman se mobilise. Face à la capacité de mobilisation des Frères (qui envoient une forte milice en Palestine), les puissances étrangères obtiennent du premier ministre la dissolution des Frères musulmans, qui est proclamée le 8 décembre 1948, au motif, non établi, que cette organisation voulait renverser le gouvernement. Tous les biens des Frères sont confisqués. Le 28 décembre, le premier ministre an-Nuqrashi est assassiné. Son successeur accuse les Frères de « menées terroristes » , bien qu’il se soit agi d’un acte isolé et les principaux dirigeants sont arrêtés.

• Le 12 février 1949, al-Banna est assassiné. On saura plus tard que la voiture des tueurs appartenait à un membre des services du gouvernement. La popularité du guide, le développement du mouvement, son soutien à la cause palestinienne étaient tels qu’ils menaçaient les partis égyptiens et les puissances occidentales.

ANECDOTE SUR HASSAN AL BANNA – UNIR ET NON DIVISER

L’Imam Hassan al Banna était sur le point de prier tarawih (les prières surérogatoires du mois de Ramadan) à la mosquée lorsqu’une violente querelle éclata parmi les membres de l’assistance.

Certains voulaient prier 8 rak’a (sections de prières) tandis que d’autres insistaient sur 20. Ils lui demandèrent : « Qui a raison et qui a tort ? » Il ne répondit pas, parce que l’une ou l’autre réponse n’aurait fait qu’aggraver la situation.

Au contraire, il leur demanda : « Est-ce que les prières de tarawih sont fard (obligatoires) ou sunna ? » Ils répondirent à l’unanimité : « Elles sont sunna, bien sûr. » Il ajouta : « Mais l’unité des Musulmans est fard. Devons-nous violer quelque chose de fard pour établir une sunna ?

Nous ferions bien mieux de prier à la maison et de préserver notre unité et notre fraternité.

HASSAN AL BANNA – ANECDOTE HISTOIRE DE LA DA’WA ET DE LA CHAUSSURE

Prédication par l’action

Un homme apprit que son fils est parti assister à un cours à la mosquée dispensé par un jeune du nom de Hassan al-Banna.

Le Père se mit alors en colère et se rendit à la mosquée. Il trouva son fils au milieu de ses amis attendant l’arrivée du cheikh. Furieux, il le gronda sévèrement, le brutalisa devant les présents et le sortit de la mosquée par la main.

En sortant de la mosquée, il trébucha sur sa chaussure alors qu’il tenait son fils par la main. Un jeune qui était en train d’entrer dans la mosquée se précipita vers lui, se baissa et lui remit la chaussure au pied.

Étonné, l’homme dit :

»Pourquoi as-tu fait ceci ? Pourquoi t’humilier ainsi ? »

Le jeûne dit : « L’islam nous a appris à vénérer nos aînés »

L’homme dit : « Qui es-tu ? », « Hassan al-Banna » dit le jeune.

« C’est toi Hassan al-Banna ? », s’exclama l’homme « Prends mon fils que voici avec toi, et j’en ai un deuxième, je te l’envoie immédiatement ».

Muhammad Efindi[1] `Abd Al-Khâliq, que Dieu lui fasse miséricorde, était parmi les instituteurs de cette école. C’était un professeur d’arithmétique et de mathématiques, doué d’une noble éthique et attaché à la vertu. Il suggéra aux élèves en deuxième année de fonder entre eux, à l’école, une association qu’ils appelleraient « l’Association de l’Ethique ». Il établit lui-même sa charte, se chargea de sa supervision et encadra les élèves pour choisir le conseil d’administration de l’association. La charte se résumait en ces points :

Quiconque insulte son frère paie une amende de 1 mallîm. [2]

Quiconque insulte le père d’autrui paie une amende de 2 mallîms.

Quiconque insulte la mère d’autrui paie une amende de 1 qirsh.

Quiconque insulte la religion paie une amende de 2 qirshs.

Quiconque se bagarre avec une autre personne paiera cette même somme de 2 qirshs, la punition est multipliée lorsque l’erreur provient d’un membre du conseil d’administration ou le président de l’association.

Celui qui cesse d’appliquer la charte sera boycotté par ses camarades jusqu’à ce qu’il la respecte.

La somme qui proviendra de ces amendes sera dépensée dans les voies du bien et de la bienfaisance.

Tous les membres de l’association sont tenus de se recommander mutuellement l’attachement à la religion, l’accomplissement des prières aux heures prescrites, l’obéissance à Dieu, aux parents et aux personnes plus âgées et plus grandes en rang. Le riche patrimoine acquis à l’école de la Guidance Islamique fit que ce jeune adolescent [3] dépassa ses frères et attira l’attention et les regards. Ainsi, lorsqu’on a voulu élire le conseil d’administration de l’Association de l’Ethique, il fut choisi comme président du conseil. L’Association exerça ses fonctions et de nombreuses personnes furent jugées pour les contraventions qu’elles ont commises. Il résulta de ces amendes une somme d’argent non négligeable. On en dépensa une partie pour honorer notre camarade Labîb Iskandar, le frère du médecin du village, à son départ. En effet, Labîb a dû accompagner son frère qui a été muté dans un autre village. Cette somme fut aussi utilisée pour les dépenses nécessaires pour l’enterrement d’un étranger, noyé et porté par le fleuve du Nil près des murailles de notre école.

Il ne fait pas l’ombre du doute qu’une telle association réalise dans le domaine de l’édification de l’éthique ce que vingt leçons théoriques ne peuvent produire. Les écoles et les instituts doivent accorder le plus grand soin à ce genre d’associations…

Mes plus grands espoirs au terme de mes études sont au nombre de deux.

Sur le plan privé, j’espère rendre heureux ma famille et mes proches et rester fidèle à mon bien-aimé ami dans la mesure de mes moyens, jusqu’à la limite de ce que me permet ma situation et autant que Dieu m’en donnera la possibilité.

Sur un plan plus général, j’aimerais être un guide éducateur en passant mes journées à instruire les enfants et mes nuits à enseigner aux parents le sens de la religion, les sources de leurs joies et les orientations de leurs vies soit au moyen du sermon et de la discussion, soit par l’écriture et la publication, soit enfin par les déplacements et les visites.

Le moyen que j’ai mis à ma disposition pour réaliser mon premier espoir est la connaissance du Très-Beau et le choix de l’excellence : La récompense de l’excellence est-elle autre chose que l’excellence ?

Quant aux moyens du second espoir, ils sont sur le plan moral : la persévérance et le don de soi qui sont plus nécessaires à l’homme de bien que son ombre et qui sont le secret de toute réussite (…).

Sur le plan pratique : d’abord de longues études pour lesquelles j’essaierai d’obtenir une reconnaissance officielle, puis la connaissance de ceux qui adhèrent au même principe et qui sont également attirés par ses partisans, puis encore le moyen d’un corps qui s’est habitué aux difficultés pour supporter ses faiblesses et qui a aimé la peine dans le but de vaincre sa fragilité ; enfin en mon être intime que j’ai vendu à Dieu par une fructueuse tractation et un commerce nourri par le désir du succès, en espérant qu’Il l’accepte et qu’Il lui octroie la plénitude.

Pour ces deux espoirs, je m’en remets à la connaissance du devoir en demandant le soutien de Dieu, le Maitre des louanges. C’est ce que je lis dans Ses paroles : « Si vous voulez la victoire pour Dieu, Il vous donnera la victoire et affermira vos pas ».

C’est là un pacte entre moi et mon Seigneur, j’en prends acte et j’en rends ici témoin mon professeur.

Extrait de la dissertation de Hassan al Banna (Mudhakkirat ad-da’wa wa ad-da’iya)

J’étais habité par la plus grande des préoccupations, alors que je voyais la vie sociale de la chère nation égyptienne oscillant entre son Islam plein de valeurs, dont elle a hérité, qu’elle a protégé, nourri, avec lequel elle a vécu, dont elle s’est enrichie durant quatorze siècles pleins, et la puissante invasion occidentale armée et disposant, en outre, de toutes les anciennes armes de destruction telles que l’argent et le prestige, les belles apparences et les plaisirs, la force et les moyens d’information. Cela faisait naitre en moi un sentiment d’une telle intensité qu’il se transmettait à mes compagnons d’étude d’al Azhar, de Dar al ‘Ulum et des autres institutions.

« L’islam est une organisation complète qui englobe tous les aspects de la vie. C’est à la fois un état et une nation, ou encore un gouvernement et une communauté. C’est également une morale et une force, ou encore le pardon et la justice. C’est également une culture et une juridiction, ou encore une science et une magistrature. C’est également une matière et une ressource, ou encore un gain et une richesse. C’est également une lutte dans la voie de Dieu et un appel, ou encore une armée et une pensée. C’est enfin une croyance sincère et une saine adoration. L’islâm, c’est tout cela de la même façon ».

L’Islam remédie aux problèmes des sociétés : d’abord en anticipant les causes, et ensuite, en coupant le mal à la racine. A chaque probleme social sa solution.

La solution première pour toute transformation réside dans la réforme intérieure et la solidarité humaine. L’Islam englobe l’ensemble de ces éléments sans faire dans la complication et n’embarasse pas les hommes de difficulté, car pour l’homme, il « veut la facilité, non pas la difficulté » (2 : 185).

Il pose des règles de base, des branches pénales, en trace le cadre d’application et recommande ensuite à chaque époque, chaque siècle, d’apporter sa contribution. C’est pourquoi c’est la voie valable pour chaque époque et en tout lieu.

Et c’est pourquoi l’Islam exige la diffusion du message jusqu’à ce que dernier unisse tous les hommes et que la parole du Très-Haut se réalise :

« O Muhammad, Nous ne t’avons envoyé que comme une miséricorde pour l’Univers » (21:107)

Si ces valeurs renforcent ce dont nous avons fait mention plus haut, et conduisent aux résultats que nous venons d’exposer, de sorte que le système islamique prenne effet sur l’individu, le foyer et la communauté, et que notre discours soit intériorisé et entendu, alors notre pensée aura connu la réussite et notre message la diffusion « Dieu tient à parachever Sa Lumière » (9:32)

Ce qui est attendu avec le Coran, ce n’est pas uniquement le psalmodie ou le fait de son contact béni, même s’il est béni en vérité. Mais la plus importante de ses bénédictions, c’est sa méditation et sa compréhension, puis son application dans les affaires religieuses comme dans les affaires de ce monde.

Nous ne demandons pas à ce que soient appliquées les règles du Coran en nous en tenant à l’application des peines les plus dures que peut admettre la partition, car on ne peut émettre un jugement sur une chose sans tenir compte des autres considérations sur lequel il se fonde.Il n’existe de châtiment que si, au préalable, on s’est préoccupé des conditions qui empêchent la réalisation de la faute et du crime et que son auteur n’ait donc plus aucune circonstance atténuante.

La première des entreprises est donc l’instruction qui est un devoir pour tout musulman et toute musulmane, c’est un droit pour eux inaliénable et c’est la responsabilité des autorités de dispenser aux hommes et aux femmes l’enseignement islamique, ses règles et que son message parvienne à tous…Dieu le Très Haut n’a mentionné les peines et les châtiments que dans quelques versets seulement et Il ne les a précisés qu’à une seule reprise ; en revanche, le Coran est empli d’appels intimes aux cœurs pour les encourager au bien, à la piété et au noble caractère : Il n’est pas une conversation à trois sans qu’Il soit le quatrième, à cinq sans qu’Il ne soit le sixième, qu’ils soient moins ou davantage. Il est avec eux ou qu’ils se trouvent puis Il les informera de ce qu’ils faisaient le jour du Jugement dernier, car Dieu est en toute chose savant ». C’est aux autorités, de même, de promouvoir et d’enseigner aux hommes et aux femmes les autres sciences dont la nation a besoin telles que l’agriculture, le commerce, la médecine, l’ingénierie, l’aviation, l’art de la guerre…

La deuxième obligation qui repose sur les épaules de l’autorité c’est de pourvoir chaque citoyen du bien minimal qui lui permet de vivre dignement. La loi divine exige que tout citoyen dans une nation islamique, qu’il soit musulman ou non, possède un toit qui le protège du froid de l’hiver et de la chaleur de l’été, des ennemis et des intrus.Le gouvernement doit pourvoir également à sa nourriture et à tout ce qui concerne sa personne et son corps ; aux vêtements comme aux soins de santé.Ce sont autant de droits que le gouvernement doit respecter ; il ne s’agit pas d’aumônes que l’on distribue aux gens et chaque citoyen doit pouvoir pratiquer une activité qui lui permette de profiter de tous les services de la nation.

Mon frère, sache – puisse Dieu m’accorder ainsi qu’à toi une conduite exemplaire – que tout être a dans la vie un but principal qui constitue l’axe de ses pensées, ce pour quoi il agit et le cœur de ses espérances. C’est ce qu’on appelle un idéal.

Lorsque cet objectif est noble et élevé, il en découle des actes grands et nobles. L’âme de l’homme s’imprègne alors d’une forme de beauté spirituelle et inscrit constamment l’individu dans le sens de la perfection, jusqu’à ce qu’il en retire quelque chose à la mesure de ses capacités.

L’Islam, qui est là pour corriger l’âme humaine, la purifier et l’élever à ce qu’on peut envisager de meilleur, montre à l’ensemble de l’humanité le but absolu, l’aboutissement idéal qui est le sien, à savoir (la conscience de la ) sainte présence de Dieu. Le noble verset mentionne :

Fuyez donc vers Dieu ! Je suis pour vous, de Sa part, un avertissement explicite ! (51 :50)

Sachant cela, cher frère, tu ne trouveras rien d’extraordinnaire à ce qu’il faille au musulman se rappeler de Dieu en toutes circonstances et suivre l’exemple du Prophète – qui connaissaient le Seigneur mieux que personne – concernant ces importantes et éloquentes formules de dhikr, de prière, d’expression, de gratitude, de glorification, de louange, afin de les réciter en toute circonstances. En effet, le Prophète mentionnait Dieu dans toutes les situations.

Ainsi tu ne t’étonneras pas que nous demandions aux Frères musulmans d’observer la sunna de leur Prophète, de le prendre pour modèle, d’apprendre de lui ces formules de dhikr et d’être proche de Dieu :

Vous avez, dans le Prophète de Dieu, un bel exemple, pour qui espère en Dieu et au Jugement dernier, et qui évoque souvent le Nom du Seigneur. (33:21)

« Quelle lumière issue des soleils de la rabbâniyya le Prophète bien-aimé (paix sur lui) a-t-il donc attisée dans le cœur de ses compagnons pour qu’elle donne le jour et offre la lumière après tant d’ombre et des ténèbres ?

Le Prophète (paix sur lui) a placé 3 sentiments dans le cœur de ses compagnons qui s’en sont imprégnés et par lesquels ils ont rayonné :

Il imprima dans leur cœur que ce avec quoi il était venu est la vérité et que le reste est erreur, que son message est le meilleur des messages, que son programme est le meilleur des programmes et sa législation l’organisation la plus complète par laquelle se réalisé le bonheur de tous les hommes. Il leur récita du Livre de Dieu ce qui, abondant en ce sens, affermissait l’être et liait le cœur : « Tiens-toi à ce qui t’est révélé, car tu es sur la voie droite. Cela est certes un rappel pour toi et pour ton peuple :

vous serez bientôt interrogés » (L’ornement)

Il imprima encore dans leur cœur le sentiment qu’étant les partisans de la vérité et les porteurs du message de lumière, alors que d’autres errent dans la nuit, et puisque enfin ils avaient entre les mains ce qui, provenant des cieux, les guidait dans l’orientation des affaires du monde, il fallait nécessairement qu’ils devinssent des enseignants pour les gens […].

Enfin, il imprima dans leur cœur le sentiment que, s’ils croyaient assurément à cette vérité et s’ils étaient fiers d’y être fidèles, alors Dieu les aiderait, les guiderait et leur donnerait la victoire et les soutiendrait même si tous les hommes s’opposaient à eux […].

Oh, jeunes gens !

L’un des aspects les plus dangereux pour une communauté qui se dresse, alors qu’elle n’est encore qu’à l’aube de son éveil, réside peut être dans la divergence des doctrines qui la composent, dans le mélange de ses voix, dans la multiplicité de ses méthodes, dans la disparité de ses voies et de ses manières d’agir, et dans la profusion de ceux qui font obstacle à la prise du pouvoir. Tout cela entraîne une dispersion des efforts et une dislocation de la force, rendant nos buts plus difficiles à atteindre.

Il est donc nécessaire avant toute chose, pour celui désire réformer la société, d’étudier toutes ces doctrines et de mesurer la valeur de chacune d’elles…

Il faut que le fondement de la renaissance soit l’éducation. Ainsi donc la nation s’éduque d’abord et comprend parfaitement ses droits ; elle prend connaissance par ailleurs des moyens par lesquels elle parvient à atteindre ses droits.

Elle est éduquée dans la foi en ses moyens et cette foi s’enracine en son être avec force ou, peut-on dire en d’autres termes, il faut qu’elle apprenne les modalités de sa renaissance sur le plan de la pensée, de l’action et de la spiritualité (…).

Tout cela nécessite un temps particulièrement long, car c’est un programme destiné à une nation, il est donc nécessaire que ladite nation s’arme de patience, de douceur et s’apprête à une lutte de longue haleine. Toute nation qui tente d’enfreindre en cela les règle de la nature ne peut récolter que l’échec.

extrait des Mudhakkirat ad-da’wa wa ad-da’iya

Messieurs,

Vous avez déjà vu une parcelle de terre laissée à l’abandon : elle produit des ronces, de la broussaille et finit par devenir aride, infertile, imperméable à l’eau… Et puis une autre, dont un bon cultivateur prend soin à force d’entretien et de culture :

"elle donne alors un verdoyant jardin qui offre toutes sortes de magnifiques couples de plantes" (50, 7).

Il en va de même pour les individus et les nations, si les personnes qui s’en occupent sont responsables délaissent l’éducation sans avoir à cœur de l’améliorer et de la promouvoir, ou bien lui accordent de l’importance et lui assignent un objectifs précis. En effet, la véritable éducation prépare l’individu à la vie intégrale, l’oriente physiquement et intellectuellement vers l’humaine plénitude et l’éduque à ses droits et ses devoirs. C’est pourquoi l’incidence en est déterminante sur la vie des nations :

elle est la base de leur avenir ; leur grandeur et leur déclin en dépendent.

Dieu a mis dans la nature, le jour ou Il l’a créée, tous les moyens nécessaires aux Hommes pour atteindre le bonheur, mais c’est à eux qu’il appartient de les découvrir et d’emprunter le chemin qui permet d’en tirer profit afin de vivre bien sur terre et dans l’au-delà….

Que les deux parents veillent à être le meilleur exemple pour leur enfant en respectant les rites religieux. Qu’ils s’empressent d’en éxecuter les commandements – surtout en sa présence, bien devant lui – à accomplir la prière, à lui raconter des histoires d’hommes pieux, pour éveiller à cet âge la disposition naturelle qui consiste à reproduire ce qu’il entend.Les modèles de référence dont il dispose sont ses parents et son entourage familial. Il leur faut donc être à l’image de ce qu’écrivit ‘Umar Ibn ‘Utba au précepteur de son fils :Que la première éducation que tu donnes à mon fils soit de t’éduquer toi-même, car ses yeux sont rivés sur toi : pour lui, le bien c’est ce que tu fais, et le mal, ce dont tu t’abstiens ».

Les gens considèrent souvent les mouvements d’un point de vue de leurs manifestations concrètes et de leurs tendances particulières, et négligent beaucoup de prendre en compte les raisons psychologiques et les motivations spirituelles qui sont en réalité l’adjuvant, la substance, le fondement du succès et du développement de tout mouvement. C’est là une réalité que seul démentira quelqu’un d’étranger à l’étude et à la science qui en étudie les dessous. En effet, dans tout message sous-tend, derrière l’ensemble des apparences, un esprit idéologie et une force intrinsèque qui l’oriente, le régit et l’anime.

Il est dès lors peu probable qu’une nation puisse se construire sans un profond réveil intérieur :

« Dieu ne modifie pas l’état d’un peuple avant que les individus qui le compose ne réforment ce qui est en eux-mêmes » (Coran 13:11).

C’est pourquoi je peux affirmer que la préoccupation première de notre message et la condition indispensable de son développement, de sa visibilité et de sa diffusion, c’est une prise de conscience intérieure.

La voie d’al Ghazali et sa façon d’organiser les sciences, les savoir et l’acquisition des connaissances m’avaient fortement influencé et je vivais donc une tension très forte : entre, d’une part, l’intense désir d’augmenter mes connaissances et, d’autre part, les recommandations de l’Imam al Ghazali limitant la connaissance obligatoire à la seule connaissance dont on a besoin pour pratiquer ses devoirs de foi et gagner son pain : une fois cela atteint, il convient, selon lui, de s’engager dans l’action.

Cette dernière recommandation, contrairement à mon premier désir, me poussait à m’en tenir à l’essentiel et à délaisser le reste afin de ne pas perdre mon temps.

Nous voulons d’abord un réveil spirituel, une activité intérieure consciente qui prenne effet dans la vie et dans les cœurs. Cela ne signifie pas que nous envisageons, dans le présent message, les branches de la réforme sous l’angle des différents aspects pratiques seulement, mais nous envisageons également d’insuffler un certain état d’esprit.Nous voulons des consciences dynamiques, énergiques et actives, des cœurs nouveaux et enthousiastes, des esprits critiques, capable de concevoir des idéaux et des objectifs à atteindre.Il faut déterminer ces objectifs et ces idéaux, définir des valeurs. Il faut également les faire intérioriser jusqu’à en faire une norme parfaitement intégrée. Car sans cette définition et ce recadrage, ce réveil sera semblable à un rayon perdu dans le désert, sans lumière ni chaleur.

En mars 1928, je reçus chez moi la visite de six Frères… Nous nous mîmes d’accord pour agir comme il plaît à Dieu et au service des hommes. Nous fîmes le serment de vivre en frères qui agissent pour l’Islam et qui combattent pour lui. L’un d’entre eux dit : « Comment nous appellerons-nous ? Serons-nous officiellement une association, un club, une confrérie (tarîqa), un syndicat ? – Rien de tout cela, dis- je. Gardons-nous des formalités et des choses officielles ! Notre groupement, ce sera tout d’abord et foncièrement une Idée, avec toutes les choses qu’elle implique. Nous sommes des frères au service de l’Islam, donc nous serons les « Frères musulmans.

1) Je crois que tout est sous l’ordre de Dieu ; que Muhammad est me sceau de toute la prophétie adressée à tous les hommes, que la Rétribution éternelle est une réalité, que le Coran est le Livre de Dieu, que l’Islam est une Loi complète pour diriger cette vie et l’autre. Et je promets de réciter (chaque jour) pour moi-même une section du Coran, de me tenir à la Tradition authentique, d’étudier la vie du Prophète et l’histoire des compagnons.

2) Je crois que l’action droite, la vertu, la connaissance, sont parmi les piliers de l’Islam. Et je promets d’agir étroitement en accomplissant les pratiques du culte et en évitant les choses mauvaises : je me plairais aux bonnes mœurs, j’aurai en horreur les mauvaises ; je répandrai autant que je peux les usages musulmans, je préférerai l’amour et l’attachement plutôt que la rivalité et la condamnation, je ne recourrai aux tribunaux que contraint et forcé, je renforcerai les rites et la langue de l’Islam et je travaillerai à répandre les sciences et les connaissances utiles dans toutes les classes de la nation.

3) Je crois que le musulman doit travailler, gagner sa vie, s’enrichir, et qu’une part de ses gains revient de droit au mendiant et au misérable, et je promets que je travaillerai pour gagner ma vie et assurer mon avenir, que j’acquitterai la zakât sur mes biens et en gageant aussi une part volontaire pour faire la charité, que j’encouragerai tout projet économique utile et ferai progresser les produits de ma région, de mes coreligionnaires, de ma patrie, sans jamais pratiquer l’usure ou l’intérêt ni chercher le superflu au-delà de mes capacités.

4) Je crois que le musulman est responsable de sa famille, qu’il a le devoir de la conserver en bonne santé, dans la foi, dans les bonnes moeurs. Et je promets de faire mon possible en ce sens et d’insuffler les enseignements de l’Islam aux membres de ma famille. Je ne ferai pas entrer mes fils dans une école qui ne préserverait par leurs croyances, leurs bonnes moeurs. Je lui supprimerai tous les journaux, livres, publications qui nient les enseignements de l’Islam, et pareillement les organisations qui nient les enseignements de l’Islam, et pareillement les organisations, les groupes, les clubs de cette sorte.

5) Je crois que le musulman a le devoir de faire revivre l’Islam par la renaissance de ses différents peuples, par le retour de sa législation propre, et que la bannière de l’Islam doit couvrir le genre humain et que chaque musulman a pour mission d’éduquer le monde selon les principes de l’Islam. Et je promets de combattre pour accomplir cette mission tant que je vivrai et de sacrifier pour cela tout ce que je possède.

6) Je crois que tous les musulmans ne forment qu’une seule nation unie par la foi islamique et que l’Islam ordonne à ses fils de faire le bien à tous ; je m’engage à déployer mon effort pour renforcer le lien de fraternité entre tous les musulmans, et pour abolir l’indifférence qui existent entre leurs communautés et leurs confréries.

7) Je crois que le secret du retard des musulmans réside dans leur éloignement de la religion, que la base de la réforme consistera à faire retour aux enseignements de l’Islam et à ses jugements, que cei est possible, si les musulmans oeuvrent dans ce sens, et que la doctrine des Frères Musulmans réalise cet objectif. Je m’engage à m’en tenir fermement à ces principes, à rester loyal envers quiconque travaille pour eux, et à demeurer un soldat à leur service, voir à mourir pour eux.

Les Frères musulmans, comme le savent les gens, et comme ils se présentent eux-mêmes, sont une association au service l’utilité publique, une prédication de réforme (islahiyya) et de renouveau (tajdidiyya) qui se fonde sur les règles de l’Islam et ses enseignements.

Qu’elle soit une association au service de l’utilité, cela est clair à l’observation des actions de ses sections qui touchent tout à la fois le plan culturel, la piété, l’action de bien, les activités sportives, la réconciliation entre les gens et la mise sur pied, selon ses moyens, de mosquées, d’instituts, de dispensaires et de refuges (pour les orphelins).

Le fondement de la réussite et de la visibilité de cette prédication est un message clair, enraciné, qui tombe dans l’oreille des hommes et qui atteint leur cœur et leur intelligence.

Je pense que les Frères musulmans sont parvenus par ce moyen à obtenir une reconnaissance populaire perceptible et dont tout porte témoignage. Il leur reste désormais à faire parvenir cette noble prédication au niveau des instances officielles et le plus court chemin pour cela est la « tribune du Parlement ».

C’est un devoir pour les Frères de faire accéder leurs conférenciers et leurs prédicateurs à cette tribune afin que soit entendue du haut de cette chaire la parole de leur appel et qu’elle soit ainsi audible pour les représentants du peuple dans cette sphère officielle, et circonscrite, et ce après qu’elle se soit répandue et qu’elle ait été appréhendée par le peuple.

C’est avec l’idée de réaliser cet objectif que le Bureau de l’orientation a décidé que les Frères participent aux élections législatives.

HASSAN AL BANNA – LES 10 RECOMMANDATIONS

1- Lève-toi pour accomplir la Prière dès que tu entends l’appel, et quelques soient les circonstances.

2- Récite le Coran, lis, écoute ou invoque Dieu, mais ne passe jamais une partie de ton temps futilement.

3- Emploie-toi à parler l’arabe littéraire car ceci fait partie des rites de l’islam.

4- Ne polémique pas de trop et ce, quelque soit le sujet, car les disputes n’apportent aucun bien.

5- Ne ris pas de trop car le cœur attaché à Dieu est paisible et serein.

6- Ne plaisante pas, car la communauté ambitieuse et combative ne connaît que le sérieux.

7- N’élève pas la voix au-delà de ce qui est nécessaire à ton interlocuteur, car il s’agit là d’insolence et de nuisance.

8- Évite la médisance des gens et le dénigrement des organisations et ne dis que du bien.

9- Fais connaissance avec celui que tu rencontres parmi tes frères, même si ce dernier ne le sollicite pas de toi, car le principe de base de notre prédication est l’amour et l’entre-connaissance.

10- Les devoirs sont plus nombreux que le temps dont tu disposes. Aussi, aide autrui à tirer profit de son temps, et si tu as une tâche à faire, sois bref dans son accomplissement.

1. Les Égyptiens, noyés dans des problèmes sociaux profonds et tiraillés par les influences culturelles étrangères, n’ont plus confiance en eux-mêmes et en leurs valeurs. Une mentalité de victimes s’est développée dans les esprits des individus qui ne se considèrent plus comme des sujets de l’histoire et encore moins comme des agents porteurs d’un message universel adressé à toute l’humanité. Personnalité touchée, affectivité blessée, le problème de la société égyptienne est celui de toutes les identités qu’aucune fierté n’habite, qu’aucune dignité n’éveille, qu’aucun sens ne motive. Le mal est à l’intérieur et a atteint le cœur.

2. L’ignorance de leur propre identité est la chose la mieux répandue chez les Égyptiens. Les gens du peuple, pour la plupart, ne

savent rien, ou presque, de la religion : ils la pratiquent par héritage ou imitation mais n’en connaissent souvent pas même les principes élémentaires. Il est impossible, si l’on tient compte du mal qui ronge les coeurs, de présenter l’islam comme l’ont toujours fait les auteurs classiques depuis des siècles avec une armature conceptuelle et théorique extrêmement rigide. Non seulement il faut donc apprendre au peuple les fondements de son appartenance religieuse et culturelle à l’islam, mais encore il est de première nécessité d’en revoir les modes de présentation afin de les adapter à l’époque…

3. Dans cet état de faiblesse, la tentation de l’imitation était réelle et, à l’époque, elle pouvait emprunter deux voix. La première est

de se laisser emporter par les conceptions modernistes avec le lot des séductions véhiculées par le mode de vie occidental et de délaisser l’islam et ses enseignements. C’est la voie prise par de nombreux intellectuels et politiciens égyptiens, baignés dans des études et des comportements venus d’ailleurs, qui ne considèrent le salut du pays que dans l’assimilation aux « valeurs du vainqueur ». Al-Banna leur adressera les mêmes critiques que celles qu’avaient adressées en leur temps al-Afghani, ?Abduh ou Ibn Badis aux franjiyyin, leur reprochant leur ignorance de leurs références et d’eux-mêmes. Avec la même force il s’en prendra à cette autre imitation frileuse des anciens, protégée et armée par un formalisme vide perpétuant les longs siècles du taqlid dont se sont plaints tous les réformistes. La bonne compréhension de l’islam ouvre le chemin d’une troisième voie par laquelle le monde musulman, conscient et fort de ses références universelles, fait la part des choses et établit des choix, des sélections dans l’apport des autres civilisations.

4. C’est encore cet état de faiblesse et d’ignorance qui donne leur force à ces confréries soufies qui ne cessent de se multiplier en

Égypte. Perturbé dans les affaires de sa vie quotidienne, on en vient à désirer s’éloigner du monde et à trouver dans la structure confrérique le réconfort et la paix. On sait combien al-Banna était amoureux de la méditation et de la spiritualité, mais ce qu’il conçoit ici comme un danger, c’est une spiritualité-refuge, une spiritualité associée à la passivité, qui, de plus, accompagnée par une

méconnaissance de l’islam, finit par être séduite par n’importe quel discours de shuyukh se présentant comme des saints (ou étant considérés comme tels) et qui ajoutent d’innombrables innovations religieuses (bida’) dans leurs rites et leurs actions. Ce type de spiritualité-passivité, de spiritualité-enfermement, est l’un des risques majeurs encouru dans une société déchirée, sans repères, et au sein de laquelle les intimités ne trouvent aucune sérénité.

N’as-tu pas vu que le Prophète a montré que la faiblesse des nations et la situation de dégradation des peuples (malgré leur grand nombre et leurs importantes richesses) réside dans la lâcheté, la peur, l’absence de valeurs et le manque de qualités qui font les vrais hommes ?

Lorsqu’une nation connaît le bien-être, qu’elle prend l’habitude de vivre dans le confort et devient complètement matérialiste et superficielle ; lorsqu’elle oublie de porter ses responsabilités dans la difficulté, de se manifester dans les affaires graves et de lutter pour la vérité, elle perd toute dignité

La prédication véritable interpelle d’abord les âmes, puis réveille les coeurs et ouvre les espaces les plus secrets de l’intimité. Il est impossible que celle-ci prenne racine avec le bâton ou sous le coups du pilon et des projectiles.

Au contraire, les moyens sur lesquels se fonde et s’enracine toute prédication sont connus, reconnus et ont dû très vraisemblablement être identifiés par quiconque a un penchant pour l’histoire des mouvements; ils tiennent en quelques mots : la foi, l’action, la fraternité. Qu’a donc le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, alors qu’il cherchait à ancrer son appel dans l’intimité des premiers partisans parmi ses compagnons, si ce n’est de les appeler à la foi et à l’action, puis il a uni leur coeur au moyen de l’amour et de la fraternité : ainsi se sont unies la force de la foi et celle de l’unité, et leur groupe est devenu un mouvement modèle dont la parole devait forcément être entendue et l’appel être victorieux, même si tous les hommes de la terre s’y étaient opposés.

Comme tu le sais, les Frères ne sont pas cela uniquement. L’essence de leur mouvement est une idée et un credo qu’ils sèment dans l’âme des hommes afin d’éduquer l’opinion générale et d’emporter l’adhésion des cœurs et des esprits. Il s’agit d’agir pour l’Islam et d’agir par l’Islam dans tous les domaines de la vie.

La manière de procéder et de concrétiser la chose ne repose en rien sur l’argent. Dès le début et jusqu’à présent, l’Histoire nous montre que les idées qui ne tiennent pas initialement sur l’argent et n’en dépendent en aucune façon. Certes un mouvement a besoin d’argent à certains stades de son développement, mais il est fort peu probable que l’argent en soit le fondement essentiel.

D’ailleurs, les hommes qui défendent des idées et leur partisans sont toujours les moins bien nantis : interroge l’Histoire, elle te répondra.

Le premier fait est celui de la faillite des fondements sociaux sur lesquels s’est constituée la civilisation des nations occidentales : le mode de vie de l’Occident, qui s’est appuyé sur les sciences de la matière, la technologie, la découverte, l’invention et la diffusion des productions intellectuelles et techniques dans tous les marchés du monde, n’a pas réussi à offrir à l’intimité de l’être humain une once de lumière, le moindre espoir ou un simple rayon de foi.

Cette civilisation n’a pas non plus tracé aux âmes angoissées les chemins qui mènent au calme et à la sérénité. Or, l’homme n’est pas une machine parmi les machines et c’est tout à fait naturellement qu’il se trouve dégoûté de cet état de fait strictement matérialiste et qu’il finit par chercher à se fuir. Le mode de vie occidental n’a trouvé d’autres moyens, pour permettre à l’être humain de se divertir, que de le réfugier dans les choses matérielles, elles-mêmes par la transgression, les séductions, l’alcool, la sexualité, les grandes fêtes assourdissantes, les apparences attirantes et excitantes qui certes le distraient un temps mais qui, ajoutant la faim à la faim, le rendent perpétuellement insatisfait. L’être humain sent s’élever alors les plaintes de son âme désirant détruire cette prison matérialiste pour se libérer dans l’espace et la paix vers le grand souffle de la foi et du soulagement.

Les Frères musulmans ne voient aucun mal à ce que nous importions de l’Occident ce qu’il y a d’utile dans ses conception en matière de connaissances bienfaisantes et d’apports intéressants.

Néanmoins, ils pensent, en marge de cette considération, que ces connaissances et ces conceptions doivent se couvrir du vêtement de l’Islam et que l’on y insémine l’âme de l’intelligence islamique avec les notions de surveillance divine, de fraternité, de sentiment humanitaire et ce, en s’éloignant du mal.

Hassan al Banna ; Min ahdaf al fikra, al ‘unsur al mafqud

HASSAN AL BANNA – LE CONCEPT DE L’ACTION

« Sache, mon frère – que Dieu t’accorde la réussite – que chaque individu possède dans sa vie un but essentiel autour duquel s’organisent ses pensées, vers lequel se dirigent ses actes, autour duquel se concentrent ses espoirs : ce but est ce qu’on appelle l’ "idéal". Aussi, plus ce but est élevé et noble, plus les actes qui en découlent sont sains et nobles. C’est ainsi que l’islam est venu réformer les âmes, les purifier, et les élever jusqu’à ce qu’elles atteignent le plus haut degré de perfection auquel elles puissent parvenir. Le Coran a éclairci ce but ultime, qui est notre Seigneur : « Fuyez donc vers Dieu. Je suis, pour vous, de Sa part, un avertisseur explicite. » [1]

Et sache mon frère que ton cœur est une forteresse qui ne s’ouvre que par ta volonté, après la Volonté de Dieu ; c’est du cœur que provient la victoire aussi bien que la défaite. Lorsque les cœurs sont purifiés, les pas s’affermissent, et la victoire arrive. Le croyant est l’individu qui a saisi le pourquoi de son existence dans cette vie, il préserve donc son âme de l’asservissement à Satan, de la soumission à l’argent, ou de l’assujettissement aux passions, de même qu’il s’éloigne grâce à elle des péchés véniels qui décontenancent les gens pour s’élever vers son Seigneur, répondant à son appel : « Dis : en vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur de l’univers. A Lui nul associé ! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre. » [2]

Cette âme forte, dirigée vers son Seigneur, aucune force sur terre ne peut lui résister, car elle tire sa vigueur de Dieu. Aussi, l’armée de Satan ne peut pas la vaincre, car elle a trouvé le meilleur refuge dans le cœur, et personne ne peut avoir de pouvoir sur ce dernier si ce n’est Dieu.

Et sache mon frère que, parmi les lois divines établies, Dieu s’est fait un devoir de n’apporter Son Secours qu’aux cœurs purs et sincères. Préserve-lui donc sa pureté, et médite la signification de la Parole divine suivante : « Dieu vous a donné la victoire, à Badr, alors que vous étiez humiliés. Craignez donc Dieu, afin que vous soyez

La prédication à Dieu nécessite deux choses :

• un forte motivation ;

• une maîtrise conséquente de cette motivation.

La prédication ne peut se contenter de la seule motivation, de même que la raison seule ne peut suffire. Qu’ils ne nous méprisent donc pas ceux qui ne sont pas convaincus, et que les périls imminents ne nous enflamment pas. Aussi, dans la prière, celui qui se trouve au premier rang est comme celui qui se trouve au dernier. D’ailleurs Dieu n’accorde pas sa miséricorde au rang désordonné.

Sache donc que l’islam est venu en tant que ligne de conduite pour organiser les différents aspects de l’existence. Car l’individu ne saurait évoluer sans une ligne de conduite organisée. Organisez-vous donc, afin de parvenir au degré de la piété, lequel degré regroupe l’ensemble des facteurs de la réussite :

• que chacun d’entre nous ait son programme scientifique, dans lequel il organisera ses études et ses lectures ;

• que chacun d’entre nous ait son programme spirituel d’actes de dévotion, dans lequel il organisera son lien avec son Seigneur ;

• que chacun d’entre nous ait son programme financier, dans lequel il organisera ses recettes et ses dépenses.

La vie du croyant doit être remplie de toutes sortes d’actions agréées par Dieu le Très Haut :

• durant le jour et la nuit ;

• durant la semaine ;

• durant le mois ;

• durant l’année ;

• durant la vie.

Premièrement : Exemples d’actes pieux à accomplir durant le jour et la nuit.

On se référera pour cela à l’épître Al-Ma’thûrât, en tenant compte des quelques remarques suivantes :

nos prédécesseurs avaient l’habitude de se lever avant l’aube, afin de se rendre à la mosquée pour y attendre la prière de l’aurore (subh) ;en tenant compte des quelques remarques suivantes : la prière de l’aurore doit être accomplie en

la prière de l’aurore doit être accomplie en congrégation ;mosquée pour y attendre la prière de l’aurore (subh) ; le frère répétera trois fois, après

le frère répétera trois fois, après les deux cycles de prière (rak`atay) surérogatoires de l’aube (fajr) : « Oh, mon Dieu ! Seigneur de Gabriel, de Raphaël, de Mikaël et du Prophète Muhammad, paix sur lui, je te demande la protection contre l’Enfer. » ;de l’aurore doit être accomplie en congrégation ; lorsqu’il se met en rang pour la prière

lorsqu’il se met en rang pour la prière de l’aurore, il dira : « Oh, mon Dieu ! Accorde- moi les meilleures choses que tu accordes à Tes pieux Serviteurs. » ;sur lui, je te demande la protection contre l’Enfer. » ; qu’il mentionne Dieu jusqu’au lever

qu’il mentionne Dieu jusqu’au lever du soleil ;choses que tu accordes à Tes pieux Serviteurs. » ; la prière du lever du jour

la prière du lever du jour (duhâ) : « Et n’accomplit assidûment la prière du lever du jour que le repentant. » Il est bon de lire les sourates 91, le Soleil, 93, le Lever du jour, 92, la Nuit ainsi que la fin de la sourate 2, la Vache et la fin de la sourate 59, l’Exode.» ; qu’il mentionne Dieu jusqu’au lever du soleil ; lorsqu’il se rend à la mosquée,

lorsqu’il se rend à la mosquée, il y accomplira deux cycles de prière, en dehors des heures déconseillées, en ayant l’intention de saluer le Seigneur de la mosquée ;sourate 2, la Vache et la fin de la sourate 59, l’Exode. la litanie dite Wird

la litanie dite Wird Ar-Râbitah ;ayant l’intention de saluer le Seigneur de la mosquée ; la grande litanie, son abrégé ou

la grande litanie, son abrégé ou la partie consacrée aux invocations qu’elle contient ; s’il le peut, il récitera les trois, à tout moment qui lui convient, le préférable étant de consacrer à cette tâche un moment précis ;heures déconseillées, en ayant l’intention de saluer le Seigneur de la mosquée ; la litanie dite

la lecture quotidienne d’une partie du Coran ;la lecture assidue d’un livre intéressant, auquel il consacrera un moment précis, et sans se

la lecture assidue d’un livre intéressant, auquel il consacrera un moment précis, et sans se plonger dans un autre livre avant d’avoir terminé le premier, sauf en ce qui concerne les manuels de référence, auquel cas il n’y a pas d’inconvénients en la matière. Lis, réfléchis, résume en marge des pages, et pose des questions sur ce qui t’est incompréhensible. Que ni la pudeur ni l’orgueil ne t’empêche de poser des questions, puisse Dieu nous préserver de cela. Ensuite, rends le livre à son propriétaire si c’est un prêt, ou remets-le à sa place dans la bibliothèque, après l’avoir feuilleté et retenu. Essaie de lire trois fois les manuels de référence. Sinon, sache que se contenter de feuilleter des pages ne développe pas l’intelligence, ni n’affine la compréhension. Résume les livres et entraîne-toi à les exposer, afin que tu bénéficies d’une aisance dans l’expression orale, et que tu t’entraînes à porter des responsabilités ;la lecture quotidienne d’une partie du Coran ; sois attentif à ne pas oublier d’accomplir la

sois attentif à ne pas oublier d’accomplir la prière du witr avant de dormir, suivant en cela le conseil du Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui. Si tu es sûr de toi et de ta capacité à te réveiller à temps, effectue-le dans le dernier tiers de la nuit, car c’est un moment où la récompense est plus généreuse ;et que tu t’entraînes à porter des responsabilités ; ne lésine pas à dire beaucoup de

ne lésine pas à dire beaucoup de prières et d’invocations, te faisant humble devant Dieu – dans toutes les situations où tu te trouves – et ayant un cœur empli de crainte et d’attention, car l’invocation est la moelle de l’adoration ;c’est un moment où la récompense est plus généreuse ; veille une partie de la nuit

veille une partie de la nuit en priant, afin que ton âme se purifie, et que ta volonté s’affermisse :car l’invocation est la moelle de l’adoration ; « Nous allons te révéler des paroles lourdes.

« Nous allons te révéler des paroles lourdes. » [4] ;

fais ton autocritique avant de te coucher, si tu te trouves du bien, remercies-en Dieu, et si tu te trouves des manquements, demande-Lui pardon et repens-toi à Lui ;: « Nous allons te révéler des paroles lourdes. » [4] ; tu dois avoir une

tu dois avoir une activité sportive quotidienne, afin de fortifier ton corps. Bannis la paresse, ne serait ce qu’en effectuant de la marche à pied.tu te trouves du bien, remercies-en Dieu, et si tu te trouves des manquements, demande-Lui pardon

Deuxièmement : exemples d’actes hebdomadaires à accomplir.

• la leçon religieuse : un soir par semaine, afin de te rappeler Dieu avec tes frères, pour que les cœurs s’unissent, que les âmes se nourrissent d’une même nourriture, et qu’elles s’abreuvent à une source commune ;

• la nuit de la katiba, où les âmes se purifient dans le calme de la nuit, où l’on entend les mélodies saintes à l’aube, où le Très Miséricordieux déverse sa miséricorde, où l’on se libère de nos habitudes d’oisiveté et de luxe, où l’on se prépare à supporter les difficultés et à s’engager dans le sentier de Dieu. Les frères croyants doivent prendre un grand soin à ces entraînements spirituels ;

• la prière de l’aube en congrégation : tu dois accomplir la prière de l’aube à la mosquée avec tes frères au moins une fois par semaine ;

• le jour consacré aux sorties de détente ou au sport : le service militaire et l’entraînement physique sont au centre des préoccupations de l’islam sur le plan individuel. Ainsi, le musulman fort est plus apprécié par Dieu que le musulman faible, quand bien même il y aurait du bien dans les deux ;

• le vendredi : il convient de procéder au bain rituel du vendredi, de se rappeler qu’il y a une heure, ce jour-là, où les invocations sont exaucées, de lire les sourates qu’il est recommandé de réciter le vendredi, et de ne cesser de saluer et de bénir notre Prophète bienaimé.

Troisièmement : exemples d’actes à accomplir mensuellement.

• le jour du conseil, au cours duquel se réalise l’accomplissement de l’obligation d’enjoindre le bien et de réprouver le mal, et que cela se fasse de façon organisée et de la meilleure manière qui soit. Le frère va donc prendre connaissance des manquements de ses voisins ainsi que des autres. Il leur rend visite et leur prodigue ses conseils avec douceur et courtoisie. De même, il leur enjoint de ne pas commettre d’actes réprouvables, en leur enjolivant le bien et la félicité. Aussi, il est préférable que le conseil soit secret et personnel, dans la mesure du possible, pour qu’il aboutisse et influe assurément sur la personne. Parmi les règles à observer en prodiguant des conseils :

que celui qui conseille recherche uniquement l’Agrément de Dieu – Exalté soit-Il – lorsqu’il présente ses suggestions ; qu’il ne se croie pas meilleur que son frère, car tous les fils d’Adam sont pécheurs ; s’il reçoit des conseils de son frère, qu’il les accepte cordialement et qu’il l’en remercie, car le croyant est le miroir de son frère ; qu’il choisisse le moment propice et approprié pour prodiguer ses conseils, en dehors des moments de colère ou de réjouissance ; qu’il se garde de faire des remarques en pleine assemblée.

• le jour de l’au-delà, durant lequel les frères vont purifier leurs âmes, et grâce auquel ils sortent du monde de l’anarchie et de l’excitation vers le monde de la sérénité. Ils visitent l’au-delà en se rendant au cimetière, passage obligé vers l’au-delà, et en faisant l’autocritique de leurs actes passés. Ils demandent alors pardon à leur Seigneur. Et que la mort est suffisante comme exhortateur au bien ;

• le jour de la visite, où le frère rend visite aux malades musulmans, pour faire entrer la joie dans leurs cœurs afin de renforcer les liens d’amitié ;

• le jour de l’entreconaissance avec les frères, durant lequel il rend visite à certains de ses frères. Il peut aussi organiser à leur intention une petite réception, sans frais inutiles, afin de faire leur connaissance, cela sera plus à même de renforcer les liens de fraternité entre eux ;

• le jour de la réconciliation, où il convient de rechercher certaines personnes qui sont en froid, afin de résoudre leur différend et de les réconcilier sur des bases islamiques ;

• le jour de l’aumône, où le frère va dépenser une partie de son argent pour son Seigneur, pour les proches, les pauvres et les nécessiteux, et par lequel il va s’entraîner à la générosité. Cette action se décomposera en trois parties : une pour la prédication, une durant le Ramadân, une durant les jours de fête ;

• le jour de la campagne, durant lequel il va porter ses efforts intenses pour prêcher dans les campagnes rurales, afin d’apprendre aux campagnards leur religion et les sensibiliser aux vertus de leur foi, à la manière des savants. Cela permettra au frère de s’entraîner :

à la prédication ;

à la rhétorique ;

à appliquer ses propos concrètement sur lui-même ;

à s’imprégner de la pédagogie du Prophète ;

à se consacrer uniquement à Dieu en se dépouillant des charges matérielles.

• le jeûne : jeûner trois jours durant chaque mois, en rompant occasionnellement son jeûne avec ses frères ;

• la prière d’exaltation une fois par mois, ou une fois au cours de l’année, voire une fois dans la vie.

Quatrièmement : exemples d’actes annuels à accomplir.

• célèbre les fêtes musulmanes qui distinguent le bien du mal, et encourage tes proches, tes frères et les gens de ton

entourage à célébrer ces fêtes également ;

• essaie d’accomplir une retraite spirituelle (i`tikâf) durant les

dix derniers jours du mois de Ramadân ;

• verse l’aumône redevable sur tes biens ;

• organise un programme constructif, que tu appliqueras toi- même et que tu feras appliquer à tes proches ainsi qu’à tes amis intimes. Cela concernera ton corps, ton esprit, ton

argent, autrui, la prédication, et par dessus tout ton Seigneur ;

• durant ton congé annuel, sors avec tes frères pour accomplir

les obligations de la prédication et t’entraîner à l’âpreté et à la

virilité.

Cinquièmement : exemples d’actes à accomplir durant la vie.

• que ta demeure soit une demeure musulmane dans laquelle les préceptes de l’islam sont mis en pratique, et que tu sois en relation avec les autres foyers musulmans afin de faire vivre la communauté musulmane ; • prends tes dispositions et prépare-toi à accomplir l’obligation du pèlerinage ; • veille toujours sur les brèches de l’islam, et prends garde à ce que, à cause de ta malveillance, l’islam ne soit justement battu en brèche : « Et lutte contre eux avec vigueur, par le moyen du Coran. » [5] Et sois avide de participer à l’effort, sous toutes ses formes. »

Hassan al Banna