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L’affaire du Racing 92 a beau avoir dégonflé aussi vite qu'elle était

apparue, elle a remis les corticoïdes au centre des débats. Vieux
compagnons des pratiques dopantes, les corticoïdes sont
omniprésents dans les AUT publiées par les Fancy Bears. Plus de la
moitié des 127 dossiers de sportifs hackés les concernent, dont 43
pour les seules prednisone-prednisolone, des anti-inflammatoires que
l’on retrouve notamment dans les AUT de Serena Williams. Si l’on
évoque la désormais ex-numéro 1 mondiale du tennis, c’est parce que
le schéma de timing de ses AUT sur l’année 2014 représente un cas
d’école des questions troublantes posées par l’utilisation des
corticoïdes dans le sport de haut niveau.

Alors qu’elle n’a plus joué depuis le 21 février, l’Américaine se voit
accorder une AUT pour de la prednisone, 20 mg une fois par jour par
voie orale, du 12 au 19 mars. Puis du 21 au 30 pour le même produit
et la même posologie. De retour sur les courts le 20 mars à Miami, elle
remporte le tournoi le 29, alors que son AUT court toujours, en ayant
perdu un seul set sur la compétition et sans évoquer la moindre
blessure avant de parler d’une « gêne à la cuisse » la semaine
suivante.

Un mois et demi, le schéma se fait encore plus précis. Blessée à la
cuisse gauche au premier tour à Madrid, le 4 mai contre la Suissesse
Belinda Bencic, la petite sœur de Venus affiche un gros bandage dès
le lendemain. Le 7, elle se voit accorder une AUT pour de la
prednisone, encore 20 mg une fois par jour par voie orale, autorisation
courant jusqu’au 21. Deux jours plus tard, la douleur trop forte, elle
abandonne avant son quart contre la Tchèque Petra Kvitova et évoque
l’obligation de « (s)e reposer et (s)e soigner ». « Mais je guéris vite »,
ajoute-t-elle. On la retrouve en compétition dès le 14, à Rome, la
cuisse moins gênante puisqu’elle va triompher en ne concédant qu’une
seule manche sur le tournoi avec une finale remportée le 18. Soit
encore dans le créneau de son AUT. Et l’interrogation de surgir : une
fois sa blessure au moins assez résorbée pour pouvoir s’aligner à
Rome et battre les autres meilleures joueuses de la planète, Williams
a-t-elle pu profiter d’un avantage sur la concurrence en jouissant
toujours de son traitement aux corticos ? Autrement dit : les deux
questions auxquelles les experts chargés de valider ou non les
demandes d’AUT, à savoir la nécessité du traitement et le fait qu’il
n’améliore pas les performances, n’ont-elles pas basculé vers la
négative avant la fin de la période de ses AUT ?

Seul son médecin était apte à prendre cette décision. ne « sait pas » si un traitement aux corticoïdes pourrait donner un avantage au sportif ou à la sportive concerné(e) une fois la blessure moins prégnante. préfère esquiver : « Je ne commente pas les cas particuliers ». Pour accorder une AUT. c’est indiscutable. dont environ 60% approuvés ». le responsable de l’antidopage à la Fédération internationale. il y a un bénéfice. est-ce le cas dans notre exemple ? « Quand on voit ce schéma. les athlètes sont à la recherche de moyens de bénéficier de corticothérapie depuis des années. professeur agrégé du Val-de-Grâce et conseiller scientifique du président de l’AFLD (Bruno Genevois). on nous demande notamment : est-ce que le produit en question n’améliore pas la performance ? Cette condition n’est pas remplie. c’est trop peu pour avoir un effet euphorisant. » La fiche notice de cette molécule pour la même . je ne peux vous dire si c’est bien ou si c’est mal. Mais précise qu’une AUT « peut être retirée avant son expiration si le joueur ou la joueuse ne remplit plus ses conditions ». Stuart Miller. explique Xavier Bigard. soit « autour de 100 cas par an. « Il n’y a même pas à se poser la question. Il n’est pas exclu qu’il ait fallu prolonger le traitement de corticoïdes jusque-là pour assurer la fin de la cicatrisation. « Ce n’est pas de la langue de bois mais tant que je n’ai pas vu l’état de sa cuisse et de la lésion. tranche le rhumatologue Gérard Guillaume. Il n’y a pas la moindre ambiguïté. c’est déjà tiré par les cheveux… » Gérard Guillaume: « Quelle que soit la dose. nommé directeur du développement Intégrité et Développement fin 2015 et dont le nom figure sous la mention « autorisée par » sur les AUT de l’Américaine. » Et d’ajouter : « Les traitements de corticos par voie orale sur 15 jours.« Je ne commente pas les cas particuliers » Contacté par RMC Sport. Alors. Et 20 mg par jour par voie orale. confirme un grand spécialiste de la lutte antidopage qui préfère garder l’anonymat pour ce cas sensible. il y a bien un soupçon qu’elle ait pu bénéficier d’un côté euphorisant ». ancien médecin de l’équipe cycliste de la Française des Jeux qui fait partie des experts mandatés par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) pour les demandes d’AUT. Ce n’est pas un hasard si tous sports confondus. » Tout le monde ne partage pas cet avis. Celui qui n’est « pas un docteur médical » mais qui chapeaute le processus des expertises d’AUT pour les circuits ATP et WTA.

pour garder son or olympique du skiff (aviron) en battant à la photo-finish son grand rival croate Damir Martin le 12 août à Rio ? A l’issue de son succès. véritable effet dopant. les contours de l’éthique se brouillent. d’une manière générale. professeur de biophysique à la faculté de pharmacie de Montpellier. Même sous le sceau de la légalité. poursuit Gérard Guillaume. dont une pile pendant les Mondiaux). qui a été mis en évidence sans problème chez l’animal. un souci d’efficacité : on a des médicaments. Au-delà des nuances déjà présentes parmi les experts français se dessine une nouvelle fois une différence d’approche avec les Anglo-Saxons. C’est un excitant mais aussi et surtout un défatiguant et un stimulant de la performance. il y a un bénéfice. « Les Anglo-Saxons ont plutôt. » Xavier Bigard apporte un bémol au dernier détail : « Seulement quand ils sont présents dans des quantités importantes ». corticoïde anti-inflammatoire administré par voie rectale et utilisé pour les problèmes de type hémorroïdaires (il avait déjà bénéficié de trois AUT similaires. Alors. il faut être efficace beaucoup plus rapidement. Dans les AUT des Fancy Bears. pointe Michel Audran. les cas d’interrogations similaires se multiplient. Mahe Drysdale. En France et dans . il avait déclaré s’être « senti parfaitement bien toute la semaine mis à part une grosse nervosité avant la course ». pour qui le corps humain (qui sécrète naturellement ces hormones) s’autorégule. analyse Xavier Bigard. dans sa version commercialisée par le laboratoire Biogaran. Dans tous les cas. « Ça s’accompagne toujours d’un effet d’amélioration de la performance. une en 2016 et deux en 2015. « L’effet euphorisant des corticoïdes. par exemple. est assez discuté par les Anglo-Saxons chez l’homme ». a-t-il pu bénéficier ne serait- ce que d’un très léger avantage sur la fin de son AUT accordée du 19 juillet au 31 août derniers pour la fluocortolone (médicament : Ultraproct). euphorie ». les corticos ? Un expert raconte combien certains patients peu sportifs en ont vanté les bienfaits sur leurs inédites prouesses athlétiques. évoque pourtant la chose dans les « effets les plus fréquemment rencontrés » : « excitation. Jacques Ménétrey: « Ce qui a été utilisé dans ce cas ne représente pas un traitement habituel » Les plans philosophique et médicamenteux tendent à la même divergence. Quelle que soit la dose.posologie et la même voie d’administration.

Quelques mois plus tard. a expliqué Jacques Ménétrey. elle affirmera pourtant dans les colonnes de Sports Illustrated n’avoir pas pu prendre de médicament avant la finale (au point d’imaginer un forfait) par peur d’un problème lors du contrôle antidopage. » Un écart de vue qui se retrouve encore dans documents de Serena Williams. Elle s’impose au courage avant de s’écrouler dans les vestiaires. je préfère utiliser d’autres techniques. Tremblotante. celle qui était alors numéro 1 mondiale se sent « comme un zombie » avant sa demie contre la Suissesse Timea Bacsinszky. et celle d’une autre qui préférerait les limiter. dans les colonnes du quotidien suisse Le Matin. ils confirment que ce choix n’était pas forcément le plus approprié pour un traitement initial. « Pour moi. 20 mg une fois par jour du 8 au 10). on est peut-être un petit peu plus respectueux du temps de repos. arguant que les corticos peuvent servir pour un spectre très large de pathologies. Au-delà du storytelling. congestionnée. on va utiliser plutôt des doses moins importantes. chef de l’unité d’orthopédie et traumatologie du sport aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). on est moins pressé et on a moins de pression. qui a publié une étude en 2008 réclamant qu’on les retire de la liste des produits prohibés par l’AMA. professeur de médecine sportive à l’université de Sydney. Le 5 juin 2015. La boite de Pandore est ouverte Entre l’influence d’une certaine école pour libéraliser les corticoïdes. Si les spécialistes français consultés sont moins catégoriques. reste une interrogation : cette prescription de corticoïdes était-elle vraiment la plus appropriée pour une grippe même très sévère ? « Ce qui a été utilisé dans ce cas ne représente pas un traitement habituel ». La faute à une grosse grippe attrapée en seconde semaine. La prednisolone aidera à lui redonner les forces nécessaires pour aller gagner la finale. l’Américaine se voit accorder une AUT pour de la prednisolone par voie orale (40 mg en 2x20 mg une fois par jour du 5 au 7. tranche Gérard Guillaume.les pays occidentaux ou latins. recroquevillée sur un banc et en sanglots. » Tout l’inverse d’un Andre Agassi qui utilisait tellement les infiltrations pour soigner ses bobos qu’il avait avoué à l’issue de sa carrière avoir hésité à appeler son chien… « Cortisone ». à l’image de la volonté du . Et à efficacité équivalente. à l’image de l’Australien John Orchard. jamais le premier. touchée par une fièvre à 38. c’est le dernier recours. à la veille de sa finale de Roland-Garros remportée contre la Tchèque Lucie Safarova.5°.

qui reconnaît que « ce sont quand même les meilleurs médicaments pour traiter une inflammation ». alors qu’il va être contrôlé six heures après. c’est d’avoir des prescriptions abusives : une tendinite. Avec un tel système. Le Brésilien Ronaldo ou l’Espagnol Rafael Nadal peuvent témoigner de l’effet sur la santé d’une trop fréquente utilisation de ces molécules . s’interroge Michel Audran. « C’est une aberration. s’insurge Gérard Guillaume. un grand n’importe quoi s’est organisé dans la façon d’aborder le sujet sur le plan de la lutte antidopage.président de l’AFLD (Bruno Genevois) de les faire interdire de la façon la plus large possible. des joueurs ont témoigné d’une certaine pression mise par le staff médical pour revenir au plus vite sur le pré à coups d’infiltrations alors que les experts français pointent la nécessité de « les assortir d’un repos pour assurer la bonne réparation des tissus ». paf. mais autorisés par voie locale (articulaire. cutanée et inhalée). Mais impossible pour les contrôleurs de déceler la voie d’administration. Ils sont également autorisés hors compétition. Quand on voit des blessures récurrentes sur des garçons censés être jeunes et en bonne santé. Une véritable fracture entre ceux qui exploitent les règlements et ceux qui s’y refusent. Et il n’y a pas besoin de rester dans le vélo pour ça. » Aux experts de se débrouiller pour y répondre… « Quand vous avez autorisé la prise d’un cortico. Pourquoi ne sont-ils pas interdits en permanence ? ». la boîte de Pandore est ouverte sur le plan des AUT et de la façon de jouer avec le seuil des 30 nano- grammes par millilitre. Alors que ce n’est pas forcément le traitement le mieux adapté car ça finit par fragiliser le tendon. pour laquelle on doit juste déclarer la prise lors du contrôle. Xavier Bigard résume : « Le sportif a-t-il pris au départ de la compétition. en-dessous duquel un contrôle n’est pas déclaré positif. intraveineuse. qui empêche l’athlète d’en faire une deuxième ? Voire une troisième ? C’est incontrôlable ». des corticoïdes par voie d’administration interdite ou est-ce que ça résulte d’une voie d’administration autorisée. tendineuse. on ne comprend pas trop pourquoi ça arrive. « Une autre façon de tricher. par exemple une infiltration qu’il aurait eu deux ou trois jours auparavant ? C’est la question. Les corticos sont interdits en compétition par voie générale (orale. où certains pays pratiquent les infiltrations de corticos jusqu’à la veille ou le jour même du match. un cortico en local. intramusculaire ou rectale). pour laquelle ils nécessitent une AUT. par exemple en infiltration. schématise l’ancien médecin de la FDJ. Il faut même peut-être plus aller dans les sports collectifs… » Dans le rugby ou dans le football.

Pour mieux comprendre combien le système des AUT peut laisser la porte ouverte à un possible dopage. budesonide et flucticasone. fonte musculaire ou encore ostéoporose et articulations fragilisées. C’est au quatrième ou cinquième rang des substances utilisées. le Britannique a été sommé de s’expliquer devant la presse de son pays au sujet des documents sortis par les Fancy Bears. ces sportifs américains ne seraient pas sous amphétamines Partie 3>> AUT : Serena Williams. Mais c’est surtout ses trois AUT pour des injections de triamcinolone acetonide. D’autant les Anglo-Saxons ne sont pas forcément les seuls concernés malgré leur approche plus permissive. qui inquiètent.qui peuvent avoir de graves conséquences : mauvais fonctionnement de la glande surrénale. Bradley Wiggins offre un cas d’école. beaucoup soulignent également une tendance à la baisse de forme du sportif une fois la cure de corticos arrêtée. Qui soulèvent de nombreuses questions. les corticoïdes sont impliqués uniquement dans 7 à 8% des cas de contrôles positifs. risques psychologiques. surtout dans les sports d’endurance tels le cyclisme ou la natation. datant de juin 2011. molécules utilisées dans la gestion de l’hyperréactivité bronchique d’effort (pathologie improprement appelée asthme d’effort et qui touche entre 30 et 40% des athlètes. c’est au deuxième. Les combos pris entre fin 2008 et fin 2009 de salbutamol. « Au plan international. « Il y a une manipulation. et il faut balancer un coup de pied là-dedans ». tient à informer Xavier Bigard. Les deux joueuses qui ont battu la dominatrice Serena Williams juste après ses AUT de 2014 ? La Slovaque Jelena Cepelova (alors 78e mondiale) début avril à Charleston et l’Espagnole Garbine Muguruza (alors 35e) au deuxième tour de Roland-Garros fin mai. Partie 1>> AUT: Mode d'emploi d'un système controversé Partie 2>> AUT: En France. formoterol. conclut Gérard Guillaume. En France. juin 2012 et mai 2013. l'illustration du grand flou autour des corticos . de mauvaises pratiques. pas aidés sur ce plan par les environnements dans lesquels ils se pratiquent). Vite placé au cœur de la polémique. » Pour pointer les effets dopants de certains traitements. « peuvent aussi servir pour bidouiller » dixit Gérard Guillaume. problèmes de régulation endocrinienne.

» Michael Rasmussen. « Quels vont être les effets ergogéniques (se dit de substances qui augmentent les performance) de 8 mg de corticoïdes ? Ils ne vont pas être très importants ». qui refuse de se prononcer sur des cyclistes dans son rôle d’expert mandaté par l’AFLD pour les demandes d’AUT « pour éviter les conflits d’intérêt ». soit 40 mg en une fois. D’autres le font pour lui. Je ne connais pas son dossier médical actuel mais ce qui est sûr. » Dans son livre Secret défonce. estime Gérard Guillaume. c’est que le fait d’avoir eu une injection de Kenacort avant le départ du Tour a boosté ses performances. de poursuivre : « Pourquoi ? La triamcinolone est un cortico à effet retard. A l’époque. professeur agrégé du Val-de- Grâce et conseilleur scientifique du président de l’AFLD (Bruno Genevois) qui chapeaute l’expertise des demandes d’AUT pour l’agence. juste avant une course de trois semaines. Et l’ancien médecin de l’équipe cycliste la FDJ de 1999 à 2015. « poulet » (son surnom) danois aux hormones viré du Tour 2007 en raison de ses pratiques et convaincu de dopage. où elle sévissait déjà dans les années 70 sous le surnom de « Kéké » (diminutif de Kenacort. « Dès lors qu’il y a une AUT pour une injection. estime Xavier Bigard. Ça ne se verra pas. Par exemple. Mais ils sont tout de même là. explique le rhumatologue Gérard Guillaume. On peut même faire mieux. « C’est le timing systématiquement réclamé par les athlètes ». ndlr). poursuit-il. Son action va donc se prolonger au moins sur les trois semaines du Tour. le nom du médicament). je refuse de souscrire à cette conclusion-là ». il n’avait pas d’asthme ou d’allergie.Sir Bradley Wiggins a expliqué les avoir réalisées pour gérer des allergies au pollen dont il souffrirait depuis 2003. pointe Gérard Guillaume. l’ancien cycliste Erwann Menthéour avouait s’en être injecté à la même posologie que celle affichée sur les AUT de « Wiggo ». a expliqué avoir déjà utilisé une AUT pour 40 mg de triamcinolone en s’injectant 8 mg par 8 mg avant les grosses étapes. » Gérard Guillaume: « On peut tricher de cette façon. « De là à en conclure qu’on a là le moyen de se doper en toute légalité. J’ai eu ce coureur (Wiggins. ndlr) dans mon équipe (en 2002 et 2003. le Giro en 2013. Et en avoir ressenti les effets durant toute l’épreuve. « Il peut donc y avoir des manipulations. on . personne n’empêche l’athlète d’en faire une autre en cours d’épreuve. ont été effectuées juste avant des grands Tours de trois semaines : la Grande Boucle en 2011 et 2012 (il a remporté cette dernière édition). Problème ? Les trois injections de cette molécule bien connue dans le peloton.

de ne pas s’interroger sur les AUT de Wiggins. « Ça peut aussi servir de masquant. et en profiter pour obtenir une prescription d’une triamcinolone qu’on peut faire en intramusculaire. rappelle Gérard Guillaume. selon la nature de la molécule de cortico utilisée. ça devient beaucoup plus difficile de les manipuler. un spray à base de triamcinolone. Pierre Bordry. donc on se tourne à nouveau vers les corticos. « Comme tous les efforts ont été orientés sur la détection de l’EPO. donc. Bref. Mais comme on a eu une bonne éducation. où il a remporté son quatrième titre olympique sur piste. des hormones et de ce genre de produits. Gérard Guillaume s’en amuse : « Je ne suis pas dans sa tête mais c’est écrit partout… » A Rio. pousse la problématique encore plus loin dans L’Express : « Certains corticos associés à une faible . Même son ancien coéquipier Chris Froome. Comme les voies d’administration ne sont toujours pas détectées. Il y a plus de risques.peut utiliser sans AUT une crème. Et après. on s’arrange avec la légalité. » Difficile. tout d’un coup. ancien président de l’AFLD. explique l’ancien médecin de la FDJ. le choix du traitement et les éventuelles améliorations des performances engendrées ». même avec des micro-doses. on essaie de les avoir d’une façon légale. Dave Brailsford a préféré faire l’autruche en affirmant ne pas avoir été au courant que « la triamcinolone avait des effets dopants ». Nicolas Portal: « Brad a respecté les règles » Ancien coureur devenu directeur de Sky en 2011. a avoué au site Cyclingnews que « des questions rest(aient) ouvertes sur ses symptômes. jouer avec les règlements pour les contourner dans une sorte de retour vers le passé basé sur les connaissances du présent. Wiggins a également été vu en d’utiliser un inhalateur style Ventoline pour son hyperréactivité bronchique d’effort. Nicolas Portal tient à répéter que « Brad a respecté les règles » mais semble tout de même pas loin de lâcher son ancien poulain : « Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé avec sa santé. » Manager de la Sky. » Il y a aussi la possibilité des micro-doses : se faire prescrire un médicament corticoïdien banal puis utiliser sa version lourde en petite quantité. on peut tricher de cette façon. Est-ce qu’il était capable de le faire ? En avait-il besoin ou pas ? C’est à lui d’y répondre. pour en prendre autrement ». qui a bénéficié d’AUT pour de la prednisolone en 2013 et 2014 (l’histoire était connue avant les Fancy Bears) pour soigner des « inflammations asthmatiques » mais évoque à ce sujet « une amélioration des performances négligeable » (donc là quand même).

proche du MPCC par son passé à la FDJ. » « C’est du bon sens médical de demander à un athlète qui doit bénéficier d’un traitement agressif d’être au repos. du fait de son état de santé. » Alors. « Tout coureur qui.dose d’EPO peuvent servir de masquant : on ne voit pas l’EPO au contrôle ». confirme Gérard Guillaume. il faut arrêter le sportif et on attend qu’il récupère. pas un seul groupe isolé ». qui apporte des réponses claires à cette question. Si la cortisolémie est trop basse. peut-on lire sur leur site internet. . il y a un risque d’insuffisance surrénale aigue en cas d’accident ou d’acte chirurgical. nécessiterait un traitement de cortisone par voie générale se verra obligatoirement prescrire un arrêt de travail et de compétition de 8 jours minimum. Face au problème des corticos dans le cyclisme. » Professeur de biophysique à la faculté de pharmacie de Montpellier et spécialiste du dopage. (…) Les infiltrations de corticoïdes. « Il faudrait une unité que tout le monde respecte. (…) La reprise de compétition se fera sous réserve d’une vérification de cortisolémie normale. qui prescrira obligatoirement 8 jours minimum d'arrêt de travail et de compétition et un contrôle de cortisolémie. directeur sportif de l’équipe Sky qui n’adhère pas au MPCC (Wiggins et Froome n’auraient pas pu courir juste après leurs AUT si c’était le cas). la reprise de la compétition se fera après 8 jours de repos minimum supplémentaire et retour à la normale de la cortisolémie. En cas de cortisolémie anormalement basse. sept du World Tour). la voie de la raison émane sans doute du MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible). « Il faudrait que ce soit fait au niveau mondial mais tout le monde ne partage pas l’opinion des Français au sujet des corticoïdes ». On ne calme pas la douleur pour laisser concourir le sportif qui va aggraver ce phénomène. avance Nicolas Portal. association réunissant les équipes françaises et quelques étrangères (en tout. calme Michel Audran. dans leur gestion d’un possible dopage comme sur le plan de la santé du sportif. je suis d’accord. Michel Audran surfe sur la même position : « Si c’est un phénomène inflammatoire articulaire. qui ne requièrent pas d'AUT. tous au MPCC pour éviter les ambiguïtés ? Certains réclament un mouvement plus global. seront obligatoirement validées par le médecin responsable de l'équipe. Le MPCC reste tout de même le symbole de prises de position fortes. qui explique aussi que le recours aux anti-inflammatoires non stéroïdiens n’est pas plus développé en raison de prix plus bas pour les corticos et de la nécessité d’une « égalité d’accès au niveau des substances » entre les pays riches et les moins développés.

« Le CIO doit taper fort et contraindre. exige Gérard Guillaume. » Le débat reste ouvert. . président de ladite commission. ils ont donné la réponse. les responsables du cyclisme britannique vont bientôt être auditionnés au Parlement. Alors que l’agence antidopage britannique (UKAD) enquête sur un colis médical reçu par l’équipe avant le Tour 2011. chacun cherche une solution sans vraiment la trouver. Mais tous ces organismes internationaux sont aux mains des anglo-saxons (ce que réfutent certains experts même si la plupart le confirment. a même précisé au quotidien londonien Times que l’audition porterait sur les motifs qui ont permis l’attribution de ces dérogations médicales. ndlr). Damian Collins. qui ont une approche beaucoup plus complaisante des corticos.Dans le débat clivant des corticos. eux. n’en ont pas fini avec la polémique. on nous avait répondu que si on voulait mettre tout ça en place. « On pourrait réfléchir à mieux clarifier les critères d’autorisation ou d’interdiction et envisager d’interdire toutes les voies d’administration de corticoïdes au minimum jusqu’à deux-trois jours avant une compétition ». Voilà. par la commission « Culture. Wiggins et la Sky. c’était une telle usine à gaz que c’était irréalisable. Quand on avait sollicité l’AMA pour leur dire qu’il fallait arrêter avec tout ça. Il a des responsabilités à prendre. au sujet des AUT délivrés aux coureurs du pays. média et sport ». propose Xavier Bigard.