Mémoire de Diplôme d'Ingénieur Civil

Mémoire de Master STEU
MASTER SCIENCES ET TECHNIQUES DES ENVIRONNEMENTS URBAINS
SPECIALITE : AIR, EAU, ENVIRONNEMENT URBAINS

Année 2011 / 2012

Présentée et soutenue par :

Lamis KIWAN
Le 24 Septembre 2012 à l’Université Libanaise, Faculté De Génie III - Hadath

Titre :

Fiabilité Des Performances Energétiques Des Bâtiments

Jury

Dr. Hassan EL-Hajj
Dr. Khaled EL-TAWIL
Dr. Mahmoud EL-Rabih

Directeur de mémoire : M. Alaa CHATEAUNEUF, Professeur des Universités, Polytech' Clermont-Ferrant

Le tuteur au Liban : M. Khaled EL-TAWIL (chargé à la FDG-UL du plan d'échange d'étudiants: Liban-France)

Laboratoire/Institution : Institut Pascal – Université Blaise Pascal – Clermont Ferrand
1
Fiabilité des performances énergétiques des bâtiments
Ecole Centrale de Nantes - Master sciences et techniques des environnements urbains (STEU) -
Spécialité : air, eau, environnement urbains (AEEU)

- Résumé -
Dans le cadre du développement durable, les nouvelles réglementations thermiques dans le secteur du
bâtiment conduisent à la recherche de l’amélioration des outils de simulation pour arriver à bien
construire des systèmes performants en termes d’énergie tout en assurant le confort de l’habitat. C’est
pourquoi la performance énergétique est devenue un sujet d’actualité sur lequel porte de nombreux
efforts de recherche. Les incertitudes liées aux données énergétiques et au vieillissement des matériaux
conduisent à un manque de précision dans la prédiction des performances énergétiques. L’optimisation
du cycle de vie ne pourra être réalisée sans tenir compte de ces incertitudes.

Les travaux de recherche actuels ont permis de développer des modèles puissants pour l’analyse du
comportement hygrothermique des éléments de construction. Toutefois, ces modèles restent
insuffisants pour la prise en compte des incertitudes dans les données sur les matériaux, les dimensions
et le chargement climatique. Une modélisation cohérente des incertitudes s’avère nécessaire pour
garantir le confort ressenti dans les locaux et pour permettre de rentabiliser les investissements.

Dans ce contexte, l’objectif de ce stage de Master est d’étudier le comportement hygrothermique au
niveau d’une paroi simple afin d’identifier les paramètres les plus influents sur la distribution
hygrothermique dans un mur monocouche, en vue de l’évolution fiabiliste de sa performance
énergétique.

La première partie de ce mémoire est consacrée à l’étude bibliographique liée aux modèles des
transferts hygrothermiques des matériaux dans le bâtiment et à l’examen des différentes outils
d’analyse disponibles.

Dans deuxième partie, nous implémentons un modèle de couplage hygrothermique basé sur la théorie
de Philip et De Veries, pour effectuer les simulations numériques sur le logiciel MATLAB. Ces simulations
sont effectuées à l’échelle d’une paroi simple, afin de valider le modèle par rapport aux résultats
obtenus par le logiciel WUFI. L’étude du comportement hygrothermique d’une paroi simple est réalisée
par MATLAB sous des conditions climatiques intérieures statiques et extérieures dynamiques.

Enfin, la dernière partie est consacrée à l’étude des incertitudes des paramètres d’entrée du modèle
hygrothermique choisi, et au calcul de la fiabilité de la performance énergétique du modèle
hygrothermique.

Mots Clés : Température, humidité relative, Transfert hygrothermique, Simulation numérique,
Incertitudes, Fiabilité, Performance énergétique.

PLATEFORME POLYTECH’ CLERMONT-FERRAND, AXE MSGC
CAMPUS DES CEZEAUX- 63173 AUBIERE-FRANCE.
Stage effectué sous la responsabilité de Alaa CHATEAUNEUF
Professeur à Polytech Clermont-Ferrand

2
Reliability of the Energy Performance of Buildings
Central Nantes - Master of Sciences and Techniques in Urban Environment - Specialty: Atmosphere,
Water and Urban Environment

- Abstract –
Under the durable development, the new thermal regulations in the building sector push the
researchers to develop the simulation tools, to achieve buildings with efficient systems in terms of
energy while ensuring the comfort of habitat this is why the energy performance remains a topic on
which many research efforts are carried. However, the uncertainties related to energy data and aged
materials, lead to a low accuracy in predicting the energy performance. Therefore, the optimization of
the life cycle of buildings should take into account these uncertainties.

The research that has been done till now, modeled the hydrothermal behavior of building elements, but
those models only partially reflect the effective comfort felt by users, since we need to include the
uncertainties that are part of the models.

In this context, the aim of this Master thesis is to study the hydrothermal behavior through a wall, and
to identify the parameters most affecting the hydrothermal distribution through a simple wall, in order
to develop a model of reliability of the energy performance of a monolayer wall.

The first part of this thesis concerns a literature review, related to hydrothermal models of transfer in
porous materials, in addition to the analysis of various available hydrothermal analysis tools.

In the second part, we choose a coupling model based on the theory of Philip and De Veries to make our
simulation on MATLAB. The simulations are running for a single wall, in order to validate the models by
comparing them with the results of the program WUFI. The study of the hydrothermal behavior of a
simple wall is realized using MATLAB, under static internal conditions and dynamic external conditions.

Finally, the last part is dedicated to the study of the uncertainties of the input materials parameters of
the chosen model, and to the calculation of the reliability of the energy performance of walls.

Keywords: Temperature, Relative humidity, Hydrothermal transfer, numerical simulation, Uncertainties,
Reliability, Energy performance.

PLATEFORME POLYTECH’ CLERMONT-FERRAND, AXE MSGC
CAMPUS DES CEZEAUX- 63173 AUBIERE-FRANCE.

Training carried out under the supervision of Alaa CHATEUANEUF
Professor at Polytech Clermont-Ferrand

3
Remerciement
En préambule à ce rapport de stage, je souhaiterai adresser mes remerciements les plus
respectueux aux personnes qui m’ont apporté leur aide et qui ont contribué à l’élaboration de ce travail.

Je tiens à adresser, dans un premier temps, mes vifs remerciements au professeur Alaa
CHATEAUNEUF, de Polytech Clermont-Ferrand au sein duquel j’ai effectué mon stage, de m’avoir fait
confiance en acceptant de me confier ce sujet et de m’avoir fait l’honneur d’accepter de
m’accompagner dans ces recherches.

J’exprime ma profonde gratitude aux responsables du département de master II STEU de l’Ecole
Centrale de Nantes au sein duquel j’ai suivi mon cursus de recherche cette année, surtout au professeur
Jean-François Sini, pour leur soutien et leur encouragement continuel ainsi que leur patience durant
cette année et pour m’avoir fait l’honneur de juger ce travail.

Je remercie vivement le professeur Ahmed Loukili, responsable du département génie civil à
l’Ecole Centrale de Nantes, où j’ai poursuivi mon cursus de troisième année génie civil, pour son aide et
son accueil durant cette année.

Je tiens également à remercier les responsables de l’Université Libanaise - Faculté de Génie
représentée par le Doyen Prof. Younes, par le directeur de la branche 3 de la Faculté de Génie Dr.
Hamdan, par le directeur du département Génie Civil Dr. Hassan El Hajj, par le Prof. Khaled El Tawil et
toute l’équipe d’enseignement de l’Université Libanaise, pour tout soutien et support tout au long des
quatre années d’études.

Un grand merci à tous mes collègues à l’Ecole Centrale de Nantes et à Polytech de Clermont :
stagiaires, étudiants et thésards avec qui j’ai vécu des moments inoubliables, dans une superbe
ambiance.

La reconnaissance la plus sincère s’adresse à ma famille et mes amis, qui m’ont soutenue durant
mes études et qui m’ont toujours encouragée le long de mon séjour et ont partagé avec moi les
moments difficiles et heureux.

A Nibal, mon mari, je tiens à exprimer tout au fond de mon cœur le remerciement le plus
chaleureux pour son appui sûr, sa patience et sa compréhension. C’est grâce à son amour éternel que je
peux franchir les obstacles les plus difficiles.

Finalement, j’exprime ma profonde gratitude envers les professeurs qui m’ont fait l’honneur de
participer au jury de ce projet de recherche.

4
Nomenclature
Caractères Latins :

C : concentration de l’eau (kg/m3)
Cp : capacité massique (J/kg.K)
D : coefficient de diffusion (m2/s)
Dw : diffusivité massique (m2/s)
DT : diffusivité thermique (m2/s)
E : énergie produite ou dissipée (J)
h : coefficient de transmission thermique / d’échange par convection (W/m2.K)
g : accélération de la pesanteur (m/s2)
Jl : densité du flux massique de la vapeur d’eau (kg/m.s2)
Jv : densité du flux massique de l’eau liquide (kg/m.s2)
?? : probabilité de défaillance (-)
JQ : densité du flux massique (W/m2)
qa : flux d’air (m3/s)
Q : énergie de transfert thermique (J)
K : conductivité hydraulique (m/s)
Kl : coefficient de perméabilité à la phase liquide (-)
Kv : coefficient de perméabilité à la phase vapeur (-)
Lv : chaleur latente de vaporisation de l’eau (J/kg)
S : surface d’échange (m2)
T : température ( °C ou K)
T0 : température de référence ( °C ou K)
U : énergie interne (J)

t : temps (s)
x : abscisse perpendiculaire à la surface d’échange (cm)

5
Lettres grecques :
λ : conductivité thermique (W/m.K)
ρ : masse volumique (kg/m3)
δ : coefficient de thermomigration (1/K)
θ : humidité relative (kg/kg)
ϕ : flux thermique (W)
ԑ’ : taux de changement de phase (-)
ν : viscosité cinématique (m2/s)
? : teneur volumique en eau (kg/m3)
? : potentielle capillaire (Pa)

Indices :

int : intérieur
ext : extérieur
a : air
f : fluide
l : liquide
s : solide
v : vapeur

6
Table des matières
- Résumé - ....................................................................................................................................2

- Abstract – ...................................................................................................................................3

Remerciement ...................................................................................................................................4

Nomenclature ....................................................................................................................................5

Table des matières .............................................................................................................................7

Table des figures .............................................................................................................................. 10

Liste des tableaux ............................................................................................................................ 11

Introduction Générale ...................................................................................................................... 12

Chapitre 1 : Etude Bibliographique ................................................................................................... 14

1.1. Introduction ......................................................................................................................... 14

1.2. Couplage des phénomènes dans la performance énergétique ................................................ 15
1.2.1. Influence de l’humidité sur les constructions ........................................................................................15

1.2.2. Influence de l’air et de la chaleur ...........................................................................................................16

1.3. Modélisation de la performance énergétique ........................................................................ 16

1.4. Comportement thermique et hydrique .................................................................................. 18
1.4.1. Mécanisme de transport chaleur ...........................................................................................................19
1.4.1.1. Transfert de chaleur par conduction .................................................................................................19
1.4.1.2. Transfert de chaleur par convection ..................................................................................................19
1.4.1.3. Transfert de chaleur par rayonnement..............................................................................................20

1.4.2. Mécanisme de transport de l’humidité ..................................................................................................21
1.4.2.1. Transfert en phase liquide .................................................................................................................21
1.4.2.2. Transfert en phase vapeur .................................................................................................................21
a) Transfert par diffusion ...........................................................................................................................21
b) Transfert par évapo-condensation : ......................................................................................................22

1.5. Modélisation du transfert hygrothermique ............................................................................ 23
1.5.1. Equations de diffusion de la chaleur et de la masse : Lois de Fick et de Fourier ....................................23

1.5.2. Etat des lieux de la modélisation hygrothermique .................................................................................24

7
1.5.3. Théorie de la diffusion............................................................................................................................25
Coefficient de diffusion hydrique : .................................................................................................................25

1.5.4. Modèle de SHERWOOD ..........................................................................................................................27

1.5.5. Modèle de capillarité .............................................................................................................................28

1.6. Couplage de transfert hygrothermique .................................................................................. 29
1.6.1. Modèle de Krischer ................................................................................................................................29

1.6.2. Modèle de Luikov ...................................................................................................................................30

1.6.3. Modèle de Philip et De Veries ................................................................................................................30

1.6.4. Modèle de Whitaker ..............................................................................................................................31

1.7. Outils d’analyses hygrothermique disponibles ....................................................................... 32
1.7.1. Modèles de flux de chaleur ....................................................................................................................33

1.7.2. Modèles HAM simplifiés ........................................................................................................................33

1.7.3. Evaluation des outils de simulation .......................................................................................................34
a) Logiciel WUFI ..............................................................................................................................................34
b) Modèle 1D-HAM (Heat-Air-moisture) ........................................................................................................36
c) Modèle MATCH ..........................................................................................................................................36
d) Modèle UMIDUS ....................................................................................................................................37
e) Modèle MOIST ............................................................................................................................................37
f) Modèle HAMLAb ........................................................................................................................................38
g) Modèle hygRIC-1D ......................................................................................................................................38
h) Modèle DELPHIN 5 .....................................................................................................................................38

Chapitre 2 : Simulation du transfert couplé de chaleur et d’humidité ................................................ 39

2.1. Introduction ......................................................................................................................... 39

2.2. Influence des matériaux : simulation par WUFI ...................................................................... 41

2.3. Modélisation sur MATLAB ..................................................................................................... 45
2.3.1. Choix du modèle thermique ......................................................................................................................45
2.3.1.1. Hypothèses simplificatrices ...............................................................................................................45
2.3.1.2. Mise en équation ...............................................................................................................................46
2.3.1.3. Résolution numérique par méthode des différences finies .............................................................46

2.3.2. Choix du modèle de couplage hygrothermique .....................................................................................47
2.3.2.1. Hypothèses simplificatrices ...............................................................................................................48
2.3.2.2. Equations de couplage du transfert hygrothermique .......................................................................48
2.3.2.3. Résolution numérique par la méthode des différences finies ..........................................................49

2.4. Validation du modèle ............................................................................................................ 51

8
2.4.1. Validation du modèle de la paroi monocouche du béton cellulaire .......................................................51

2.4.2. Validation du modèle de la paroi monocouche de la brique ancienne ..................................................52

Chapitre 3 : Etude de la sensibilité .................................................................................................... 54

3.1. Introduction ......................................................................................................................... 54

3.2. Etude de la sensibilité des paramètres ................................................................................... 55
3.2.1. Chaleur spécifique ..................................................................................................................................55

3.2.2. Conductivité thermique..........................................................................................................................57

3.2.3. Masse volumique ...................................................................................................................................58

3.2.4. Epaisseur ................................................................................................................................................59

3.3. Calcul de la fiabilité ............................................................................................................... 60
3.3.1. Définition de la fiabilité ..........................................................................................................................60

3.3.2. Analyse de sensibilité / analyse de fiabilité............................................................................................60

3.3.3. Formulation générale du problème de fiabilité .....................................................................................61

3.3.4. Démarche du calcul de la fiabilité ..........................................................................................................62

3.3.5. Méthodes de l’analyse de la fiabilité .....................................................................................................63
3.3.5.1. Intégration directe.............................................................................................................................63
3.3.5.2. Méthodes de simulations ..................................................................................................................63
3.3.5.3. Méthodes d’approximation ...............................................................................................................63

3.3.6. Application sur une paroi simple du béton cellulaire .............................................................................63

Conclusion Générale et perspective: ................................................................................................. 67

Références Bibliographiques : .......................................................................................................... 67

Annexe I : « Mécanismes de transfert de masse dans le milieu poreux » ........................................... 74

Annexe II : « Méthode des différences finies » .................................................................................. 76

Annexe III : « Le programme développé sur MATLAB, de l’évolution hygrothermique d’un paroi
multicouche » .................................................................................................................................. 77

9
Table des figures
Figure 1.1: convection à l'interface solide/fluide _____________________________________________ 20
Figure 1.2: evapo - condensation à la construction d'un pore ___________________________________ 22
Figure 1.3: profils d'humidité dans un lit de sable (Hougen) ____________________________________ 28
Figure 1.4: volume élémentaire représentatif _______________________________________________ 31
Figure 1.5: organigramme du modèle WUFI avec les équations de transfert _______________________ 35
Figure 2.6: la distribution de l'humidité dans un mur extérieur __________________________________ 40
Figure 2.7: les variations de la température interne et externe pendant un jour de modélisation ______ 42
Figure 2.8: les variations de l’humidité relative interne et externe pendant un jour de modélisation ____ 42
Figure 2.9: les profils de température des parois simples modélisées par WUFI _____________________ 43
Figure 2.10: les profils de l’humidité relative des parois simples modélisées par WUFI _______________ 44
Figure 2.11: comparaison de la distribution de la température dans une paroi de béton cellulaire, donnée
par MATLAB avec celle trouvée par WUFI __________________________________________________ 51
Figure 2.12: comparaison de la distribution de l'humidité relative dans une paroi de béton cellulaire,
donnée par MATLAB avec celle trouvée par WUFI ___________________________________________ 52
Figure 2.13: comparaison de la distribution de la température dans une paroi de brique ancienne, donnée
par MATLAB avec celle trouvée par WUFI __________________________________________________ 52
Figure 2.14: comparaison de la distribution de l'humidité relative dans une paroi de brique ancienne,
donnée par MATLAB avec celle trouvée par WUFI ___________________________________________ 53
Figure 3.15 : Influence de la chaleur spécifique sur l’évolution de la température au milieu de la paroi __ 55
Figure 3.16 : Influence de la conductivité thermique sur l’évolution de la température au milieu de la paroi
____________________________________________________________________________________ 57
Figure 3.17: Influence de la masse volumique sur l’évolution de la température au milieu de la paroi ___ 58
Figure 3.18: Influence de l'épaisseur sur l’évolution de la température au milieu de la paroi __________ 59
Figure 3.19: diagramme des limites de la probabilité de la défaillance____________________________ 61
Figure 3.20: organigramme de l’analyse fiabiliste de la performance énergétique __________________ 62
Figure 3.21: la distribution de la température au milieu de la paroi ______________________________ 64
Figure 3.22: graphe circulaire montrant en pourcentage l'importance des variables sur la fiabilité de la
performance __________________________________________________________________________ 65
Figure 3.23: évolution de la probabilité de défaillance en fonction de la température admissible ______ 66

10
Liste des tableaux
Tableau 1.1: Liste des mécanismes de transport de chaleur et d'humidité et leurs causes et potentiel ...... 18
Tableau 2.2: Les propriétés physiques des matériaux de construction utilisés ............................................ 43
Tableau 3.3: Les propriétés physiques du béton cellulaire ........................................................................... 55
Tableau 3.4: Le pourcentage de l’erreur de la température au milieu de la paroi en fonction de la chaleur
spécifique ...................................................................................................................................................... 56
Tableau 3.5: Le pourcentage de l’erreur de la température au milieu de la paroi en fonction de la
conductivité thermique ................................................................................................................................. 57
Tableau 3.6: Le pourcentage de l’erreur de la température au milieu de la paroi en fonction de la masse
volumique ..................................................................................................................................................... 58
Tableau 3.7: Le pourcentage de l’erreur de la température au milieu de la paroi en fonction de l’epaisseur
...................................................................................................................................................................... 59
Tableau 3.8: Lois de variation des propriétés physiques appliquées sur LifeRel ........................................... 63
Tableau 3.9: La sensibilité des paramètres trouvées par LifeRel .................................................................. 64
Tableau 3.10: Variation de la probabilité de défaillance et des sensibilités des paramètres en fonction de la
température admissible ................................................................................................................................ 66

11
Introduction Générale
Actuellement, le cadre de la consommation de l’énergie est marqué par le prix croissant,
sans cesse, du baril de pétrole et de l’énergie. Cette situation annonce un déficit dans la balance
commerciale des pays non producteurs de pétrole. Par-dessus, ce problème économique
précède la fin des stocks de pétrole fossile dans les quarante prochaines années, il se posera un
problème donc de réserve énergétique pour les générations futures.
L’autre problème majeur de la consommation actuelle de l’énergie est d’ordre
environnemental, où le réchauffement climatique est devenu une question primordiale au
niveau de la communauté internationale, car des effets sensibles sont désormais observables à
l’échelle du globe entier.
Le secteur du bâtiment joue un rôle important pour atteindre l’objectif des accords de
Copenhague et de Kyoto, luttant contre le réchauffement du globe. Cette préoccupation
environnementale a donné naissance à diverses méthodes dans le but de répondre aux deux
exigences primordiales : diminuer les consommations énergétiques des bâtiments et leurs
impacts sur l’environnement extérieur et assurer des ambiances intérieures saines et
confortables sachant que nous passons la majorité de notre temps à l’intérieur du bâtiment. A
l’échelle mondiale, les initiatives internationales sont nombreuses et suivent des directions
différentes selon leur genèse ou la culture de leur pays par exemple : US GBC (US Green Building
Council) aux Etats Unis, MINERGIE en Suisse, PASSIVEHAUS en l’Allemagne …etc. En France,
l’association HQE (Haute Qualité Environnementale) est créée par l’ADEME (Agence de
l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) en 1996 dans le but de développer la qualité
environnementale des bâtiments de manière concertée.

Dans ce contexte la connaissance la réponse hygrothermique à travers une paroi de
bâtiment est importante, elle permet d’améliorer le confort thermique dans l’habitat et conduit
à l’utilisation rationnelle de l’énergie. L’objectif visé par notre travail consiste à étudier l’effet de
la variabilité des propriétés hygrothermiques des matériaux sur la dispersion des performances
énergétiques, donc à examiner la fiabilité des performances énergétiques dans le cadre d’un
modèle hygrothermique simple.

Aujourd’hui encore, la modélisation et la caractérisation hygrothermique des matériaux
de construction restent mal maîtrisées et les travaux dans ce domaine sont rares dans la
littérature. Notre étude présente un intérêt scientifique puisqu’elle permet de comprendre
l’influence des variabilités dans le transfert hygrothermique couplé au sein d’une paroi simple.

Le mémoire est divisé en trois chapitres :

 le premier chapitre, constient une étude bibliographique globale. Il s’agit d’une définition de
la problématique, y compris l’influence de l’humidité, de la chaleur et de l’air sur les
bâtiments, ainsi qu’une illustration du comportement thermique et hydrique des parois.
Ensuite, nous présentons les modèles de transfert de masse et de chaleur et des modèles de
couplage dans la littérature. Et puis nous terminons ce chapitre par citer des outils d’analyse
du transfert hygrothermique disponibles.
 le deuxième chapitre est destiné à la résolution du transfert monodimensionnel couplé, en
régime statique et dynamique, dans une paroi simple. Nous définissons le modèle sur lequel
nous étudions les variations de la température et de l’humidité relative à travers la paroi.

12
Les calculs font par MATLAB sont comparés aux résultats trouvés par le logiciel WUFI afin de
pouvoir valider le modèle.
 le troisième chapitre porte sur l’étude de la sensibilité de la performance énergétique vis-à-
vis de la variation des données d’entrée du modèle fiabiliste choisi. Le modèle fiabiliste
permet après le calcul de la probabilité d’assurer une performance énergétique adéquate.
Ce travail nous permet d’identifier les paramètres permettant d’assurer la performance
énergétique, compte tenu des incertitudes.

13
Chapitre 1 : Etude Bibliographique
La performance énergétique, d’après le centre français d’étude sur les réseaux, les
transports, l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU) (1) est exprimée principalement
à travers:

 le confort des occupants, il s’agit d’une ambiance adaptée aux usages prévus dans le
bâtiment et permettant de satisfaire un certain niveau de confort en hiver comme en été ;
 l’hygiène et la santé des occupants, par rapport aux besoins en oxygène, à l’élimination des
odeurs, fumées et divers gaz nocifs ;
 la durabilité du bâtiment et des équipements, par rapport aux problèmes de condensation,
de mise hors gel… ;
 l’économie liée aux consommations énergétiques ;
 la préservation de l’environnement, par rapport à l’utilisation de ressources non
renouvelables et aux émissions de polluants dans l’atmosphère.

1.1. Introduction
Le secteur du bâtiment représente à lui seul 40% de la consommation d’énergie en
France et 20% des émissions de CO2 ; une réglementation spécifique existe depuis 1975 et les
premiers chocs pétroliers, la réglementation thermique RT2000 et son évolution RT2005 en
application depuis le 1er septembre 2006. Elles portent sur tous les bâtiments neufs résidentiels
et tertiaires et visent à réduire les consommations d'énergie avec un objectif affiché par rapport
aux versions précédentes ;
 RT2000, réduction par rapport à la RT89, de 20% dans les logements, 40% dans le tertiaire et
à limiter l'inconfort d'été dans les locaux non climatisés,
 RT2005, réduction par rapport à RT2000, de 15 % dans tous les cas.
La réglementation affiche comme objectifs (2; 3) :
 de limiter la consommation d’énergie dans le secteur de construction,
 de diminuer l’émission des gaz de l’effet de serre,
 d’améliorer le confort d’été dans les bâtiments.
Pour cela, on impose de satisfaire aux 3 exigences suivantes :
- La consommation conventionnelle d'énergie doit être inférieure à une consommation de
référence, valeurs établies en énergie primaire,
- La température intérieure calculée en été doit être inférieure à une température de référence,
- Des performances minimales sont requises pour une série de composants ou « gardes fou »
(isolation, ventilation, système de chauffage…).
La performance énergétique de « l’enveloppe du bâtiment » (c’est-à-dire les parois extérieures,
les fenêtres, la toiture, etc.) est réglementée spécifiquement en Allemagne et en Angleterre, à la
fois par la valeur du coefficient global de déperditions et par des valeurs de coefficients
surfaciques par éléments de paroi. Depuis la RT2000, des exigences analogues sont apparues
également dans la réglementation française, pour les principaux types de parois ainsi que pour
les ponts thermiques (Aussourd et al. 2006). En France et désormais en Grande-Bretagne, on

14
impose le respect d’une consommation ou d’une émission de référence, c’est-à-dire relative à
un bâtiment ayant la même architecture que celle du projet et utilisant, pour chacune de ses
fonctions, la solution de référence décrite par la réglementation. Avec la RT 2005, pour la
France, la solution de référence est désormais « renforcée » dans le sens de l’efficacité
énergétique. Cette nouvelle version en application depuis le 1er septembre 2006 impose
désormais d’exprimer les consommations des bâtiments sous forme de ratios d’énergie primaire
(kWh EP par m² et par an) et pour les bâtiments résidentiels, des valeurs maximums sont fixées
en fonction des zones climatiques au nombre de 3. Par exemple, en zone H2 (climat « moyen »),
la consommation conventionnelle pour le chauffage, le refroidissement et la production d’Eau
Chaude Sanitaire ne doit pas dépasser 110 kWh/m²/an dans le cas d’un combustible fossile et
190 kWh/m²/an en chauffage électrique. Signalons que, dans le même temps, les exigences
passent à 70 kWh/m²/an en Allemagne et à 60 kWh/m²/an au Danemark (Aussourd et al. 2006).

1.2. Couplage des phénomènes dans la performance
énergétique
1.2.1. Influence de l’humidité sur les constructions
L’humidité peut affecter l’aptitude d’utilisation et la durabilité des composants du
bâtiment. Elle produit des problèmes directs et indirects dans les bâtiments. Ceci est évident
dans le cas des bâtiments qui ont été exposés à l’effet de l’eau pendant une longue période.
Dans les matières à base de bois par exemple, l’effet direct de l’humidité se manifeste dans la
déformation du volume et de la forme du matériau. Ainsi, sous des conditions variables de
température et d’humidité, une déformation par fluage est provoquée dans les poutres en bois
d’une structure. La déformation de forme des planches de bois par la pression hydrique, peut
causer de grave défaillance quand l’eau pénètre dans la structure du fait des ouvertures et des
bords de plaques dans les salles de bain. Or l’eau provoque non seulement des dommages
structuraux, la valeur de l’isolation thermique des éléments de construction peut être encore
considérablement réduite par l’humidité. Il est démontré que c’est un sujet important
aujourd’hui, dans le cadre de la réduction des émissions de dioxyde de carbone du domaine de
la construction.

Trechsel (1994) (4) a estimé qu’environ 75 à 90% de tous les endommagements
affectants l’enveloppe du bâtiment, sont causés par l’humidité. Pourtant, après diminution de la
température de la structure, on observe des accumulations de poussière et une croissance des
moisissures dans la surface intérieure due à la condensation de l’humidité de l’air interne.

L’endommagement de l’humidité dans les bâtiments est constaté quand le taux
d’humidité dans la structure dépasse une certaine limite de la résistance de la structure. Cela
peut conduire à la croissance des microbes, des moisissures, des caries et des dégâts d’insectes
sur les matériaux après un temps critique d’exposition. Les causes typiques menant aux
dommages de l’humidité sont les fuites d’eau, la pénétration de l’eau par les joints et les
soudures, la convection de l’air humide dans la structure, la ventilation insuffisante de l’air

15
intérieure, la condensation des vapeurs d’eau, les remontés d’humidité du sol, l’accumulation
d’humidité dans la structure, et l’absorption de l’eau par la structure des bâtiments.

1.2.2. Influence de l’air et de la chaleur
Dès qu’un courant d’air chaud à la surface d’un matériau de construction est caractérisé
par un flux de chaleur entraînant des gradients de température au sein du matériau, les
différents mécanismes de transferts, qui seront décrits dans ce chapitre, vont être accentués.
Ces derniers, qui sont principalement gouvernés par la conduction thermique (loi Fourier)
entraînent des gradients de pression de gaz (pression partielle de vapeur d’eau et /ou pression
partielle d’air sec). Leurs influences sur les transferts de masse et d’humidité seront plus
importantes si la température est supérieure à 100°C. Pour des températures inférieures, les
phénomènes de diffusion resteront prépondérants(5).

1.3. Modélisation de la performance énergétique
Dans les nouvelles normes de construction, le calcul de la performance énergétique est
devenu essentiel. La modélisation dans le secteur des bâtiments a commencé dans les années
cinquante. Dès de début, les objectifs ont été de quantifier la demande d’énergie nette, de
développer les moyens qui pourraient réduire la consommation et d’améliorer les techniques
d’isolation thermique dans les bâtiments. Plus tard, les modèles HVAC (Heating, Ventilation, and
Air-Conditioning) ont été ajoutés et la consommation d’énergie est devenue la grandeur à
quantifier. Cependant presque aucun modèle, n’était en mesure de quantifier la fuite d’air et
d’humidité à travers les bâtiments. A cette époque, des estimations des taux de filtration et de
ventilation ont eu lieu, et l’humidité est restée négligée dans les études.
Durant la même période, des efforts de recherche sur les transports de chaleur, d’air et
d’humidité ont commencé à apparaitre au niveau de l’enveloppe. Dans les années soixante,
quelques outils d’évaluation simples sont devenus populaires. Ils ont mis en évidence l’effet de
l’humidité dans les bâtiments, suivant deux modes de transport, le transfert de flux de chaleur
par conduction, et l’écoulement de la vapeur d’eau par diffusion.
Aujourd’hui, des modèles complets et très sophistiqués, qui simulent le transfert de
chaleur et d’humidité, unidimensionnel et bidimensionnel, sont disponibles. Ils permettent la
modélisation de l’humidité sous forme liquide ou vapeur, même dans des régimes transitoires.
Ces modèles considèrent toutes les sources d’humidité telles que le vent, la pluie, l’humidité
initiale des matériaux de construction, la sorption et la désorption, la condensation interstitielle
et la condensation de surface. Certains modèles permettent même de quantifier les
conséquences des tolérances d’humidité inadéquates, tels que le stress hygrothermique, les
infections fongiques, la corrosion, le transport du sel et les dégâts du gel. Des exemples de tels
modèles sont les suivants : Match(6), WUFI(7), Latenite, Delphin et hygIRC(8). En Europe, les
modèles unidimensionnels complets font partie des normes thermiques des bâtiments. Tous ces
modèles prennent en compte les conditions intérieures (température, humidité relative, la
pression d’air) et partent de conditions limites connues. Bien sûr, ces modèles présentent d’une
façon ou d’autre une approximation des conditions réelles, comme par exemple le cas d’un

16
milieu complètement couplé, ainsi que la mise en œuvre correcte de la pluie poussée par le vent
et son impact sur l’enveloppe.
L’analyse des modes de circulation de l’air à l’intérieur d’un bâtiment est une étape
importante sur le chemin des analyses HAM (Heat-Air-Moisture) dans les bâtiments. Ces
analyses permettent d’étudier le transfert couplé de chaleur, d’humidité et d’air dans les parois.
Au cours des dernières années, nous avons démontré les intérêts de l’étude complète de
transfert couplé de chaleur et d’humidité et d’air dans l’évaluation de la réponse
hygrothermique des bâtiments.
Ces études s’intègrent dans le cadre de l’amélioration de la performance énergétique
des bâtiments, et par conséquent de la réduction de la consommation d’énergie conduisant à
des environnements plus sains et plus urbains. Dans le cadre du développement durable, les
nouvelles réglementations en matière d’isolation thermique dans le secteur du bâtiment,
conduisent les scientifiques à la recherche de nouveaux matériaux pour constituer des systèmes
économes en énergie.
Afin de tester les propriétés hygrothermiques des matériaux de construction, il est
habituel d’utiliser des modèles mathématiques pour simuler la performance du système
structural et les équipements techniques. Les ingénieurs de structure, mécanique, ou électrique
utilisent différents modèles mathématiques d’analyse de la réponse du système ou des sous-
systèmes modélisés et proposent ensuite d’améliorer, d’ajuster ou de réviser le système selon
les besoins jusqu'à arriver la conception finale désirée (9).
Cependant nous avons encore du chemin à parcourir en termes de développement des
critères professionnels sur lesquels des modèles sont basés : quelles sont les procédures
d’analyse efficace du coût et de la qualité ? et comment développer l’expérience nécessaire
pour utiliser correctement ces modèles ? Le changement rapide des technologies aux niveaux
des matériaux et de l’environnement intérieur des bâtiments, combiné aux attentes plus
élevées de la performance à la fois pour le bâtiment et l’enclos, ont créé un besoin très réel
pour le développement et l’utilisation des méthodes pratiques d’analyse hygrothermique.
Ainsi, l’objectif général de l’analyse hygrothermique est l’évaluation des conditions de
température et d’humidité qui pourraient avoir lieu dans l’enveloppe du bâtiment au cours du
temps. Différents individus ou groupes peuvent avoir des besoins différents pour l’analyse HAM
(Heat-Air-Moisture).

17
1.4. Comportement thermique et hydrique
Dans la pratique, le transport de chaleur et d’humidité dans les composants de
construction, peut être évalué selon plusieurs mécanismes. Dans le calcul de transport de la
chaleur, nous prenons en compte, la conduction thermique, ainsi que le flux d’enthalpie par le
mouvement d’humidité avec le changement de phase. Le Tableau 1.1 classe les différentes
techniques de transport hygrothermique à travers les éléments de construction.

Tableau 1.1: Liste des mécanismes de transport de chaleur et d'humidité et leurs causes et potentiel
Mécanismes de transport Cause et le potentiel de transport
Conduction de chaleur Température
Rayonnement thermique Température à la puissance 4
Transport
de chaleur Flux d’air Pression totale-différence de densité
Flux enthalpie par mouvement Diffusion de la vapeur à changement de
d’humidité phase-champ de température
Pression de vapeur (température, pression
Diffusion du gaz
totale)
Transport Transport moléculaire (effusion) Pression de vapeur
de vapeur
Diffusion de solution Pression de vapeur
Convection Gradient de pression totale
Conduction capillaire Tension d’aspiration capillaire
Diffusion de surface Humidité relative
Transport Infiltration Gravitation
de liquide Débit hydraulique Gradient de pression totale
Electokinesis Champ électrique
Osmose Concentration des ions

Nous allons brièvement examiner, dans ce qui suit, les mécanismes de transport de
chaleur et d’humidité considérés dans cette étude.

18
1.4.1. Mécanisme de transport chaleur
Les échanges thermiques au sein des matériaux poreux sont des phénomènes de
transfert d’énergie sous forme de chaleur. Comme on a présenté dans le Tableau 1.1, ils sont
régis par plusieurs phénomènes (10) :

a) conduction dans la matrice solide, dans la phase liquide (généralement l’eau), ou dans la
phase gazeuse contenue dans les pores ;
b) convection dans les pores ;
c) rayonnement entre les parois des pores ;
d) évaporation-condensation qui implique un transfert de chaleur par la chaleur latente
sous l’effet d’un gradient de concentration de température.

Nous rappelons succinctement dans ce qui suit les modes de transfert de chaleur les
plus dominats (conduction, convection et rayonnement). Il faut noter que ces modes sont en
général interdépendants et qu’ils se présentent simultanément dans les problèmes pratiques.

1.4.1.1. Transfert de chaleur par conduction
Le phénomène de la conduction de la chaleur existe dans tous les corps, solides ou
fluides ; il s’agit du transfert par contact sans mouvement de la matière.

Le transfert de chaleur par conduction s’appuie sur la loi de Fourier énonçant que « le
flux surfacique est proportionnel au gradient de température », ce qui se traduit pour un
matériau isotrope homogène par la relation :

?? = −?????? (1.1)

avec ?? la densité de flux de chaleur, ? la conductivité thermique du matériau considéré et ? la
température de ce matériau.

1.4.1.2. Transfert de chaleur par convection
La convection est le transfert de chaleur dans un milieu matériel avec mouvement de
matière. Ce mode de transfert a lieu au sein des fluides ou entre un solide et un fluide. Dans le
domaine du bâtiment, on distingue deux types de convection : la convection naturelle et la
convection forcée.

 La convection naturelle recouvre les écoulements des fluides interstitiels, induits par les
variations de masse volumique dues aux différences de température ;
 la convection forcée se produit quand le mouvement du fluide est imposé par une
intervention extérieure d’origine mécanique (pompe, mise en pression, ventilateur, etc….) ;
 la convection mixte mêle de manière équivalente les deux modes de convection
précédemment cités.

19
La convection est un phénomène très complexe où la thermique et la mécanique des
fluides sont couplées. Dans le cas du transfert entre un solide et un fluide Figure 1.1 le flux
thermique échangé entre la surface et le fluide en mouvement est donné par la loi de Newton :

? = ??(?? − ?? ) (1.2)

Avec ? le flux thermique traversant la paroi, ?? la température de la paroi du solide, ?? la
température du fluide loin de la paroi, ? la surface d’échange, et ? le coefficient d’échange par
convection.

Figure 1.1: convection à l'interface solide/fluide

1.4.1.3. Transfert de chaleur par rayonnement
Le rayonnement en un transfert de chaleur entre deux corps, séparés par du vide ou par
un milieu transparent par l’intermédiaire d’ondes électromagnétiques. Ce mode de transfert ne
nécessite pas de support matériel solide ou fluide. Dans la pratique, le rayonnement s’effectue
en présence d’un gaz. C’est la raison pour laquelle le rayonnement est rarement le seul type
d’échange thermique mis en jeu, puisque la convection et la conduction sont également
présentes, le rayonnement reste négligeable tant que la température du solide se trouve en
dessous de 200°C.

Les parois qui composent l’enveloppe des bâtiments sont le siège de transferts
thermiques complexes dus au couplage conduction-convection-rayonnement. Dans la structure
du bâtiment, les pores des matériaux utilisés étant de faibles dimensions, la part de transfert
convectif peut être négligée. De même, au voisinage de la température ambiante, les parts de
rayonnement ne sont pas non plus prises en compte. Par conséquent le transfert thermique
peut être considéré purement conductif, notons qu’il faut ajouter l’effet du transfert de
l’humidité sur le transfert thermique par couplage entre les modes de transport, ce qui sera
présenté dans le chapitre 2.

20
1.4.2. Mécanisme de transport de l’humidité
Dans les bâtiments, les transferts d’humidité peuvent se développer en phase gazeuse
ou liquide. La nature et l’intensité de ces transferts sont liées aux propriétés intrinsèques des
matériaux utilisés pouvant induire des phénomènes particuliers.

1.4.2.1. Transfert en phase liquide
L’eau présente sous forme liquide dans un milieu poreux, est principalement due, soit à
l’adsorption des molécules d’eau, du débit hydraulique, soit à la condensation capillaire.

 L’eau adsorbée présente une faible migration qui est induite par le gradient de masse
volumique. Les molécules d’eau se déplacent des régions où elles sont moins liées vers des
zones où elles sont plus liées.
 L’eau due à la condensation capillaire s’écoule sous l’effet d’un gradient de pression liquide
des zones à forte concentration vers les zones à faible concentration en liquide ; ce
déplacement est régi par la loi de Darcy :

??
?? = − ?????? (1.3)
??

Avec : ?? = ?? − ?? ?? ;
?? le coefficient de perméabilité à la phase liquide ;
?? la viscosité cinématique de l’eau ;
et ?? la pression motrice dans le liquide.

1.4.2.2. Transfert en phase vapeur
Le transfert de l’humidité en phase vapeur, se fait essentiellement par deux modes de
transfert : par diffusion et par évapo-condensation

a) Transfert par diffusion
La diffusion de la vapeur d’eau provient des différences de concentration entre les deux
composantes du mélange gazeux air sec-vapeur d’eau, il en résulte un transport moléculaire, qui
se poursuit jusqu’à l’uniformisation des concentrations.

La densité du flux massique par diffusion moléculaire s’exprime suivant la loi de Fick :

?? = −?? ?????? (1.4)

où ?? est la pression de vapeur d’eau, et ?? est le coefficient de perméabilité à la vapeur d’eau.

21
b) Transfert par évapo-condensation :
Ce mécanisme de transfert, d’après Paczkowski et Laurent(11), tel que l’illustre la Figure
1.2 se décompose en quatre temps:

Figure 1.2: evapo - condensation à la construction d'un pore

- Au premier temps, la vapeur arrive à la construction entre les pores et se condense sur la
cloison amont, du fait de la réduction de la pression de vapeur d’équilibre, en raison de la
courbure de la cloison.
- Ensuite, la condensation provoque l’élévation de la pression du liquide derrière la cloison. La
différence de pression du liquide entre les cloisons amont et aval induit un transfert
convectif du liquide vers l’aval.
- La troisième phase commence par l’arrivée du liquide sur la cloison avale, qui provoque
l’augmentation de son rayon de courbure, d’où le déplacement de l’équilibre liquide-vapeur
vers une pression partielle de vapeur plus élevée, ce qui provoque l’évaporation du liquide.
- Et finalement, la vapeur se diffuse sous le gradient de pression partielle.

22
1.5. Modélisation du transfert hygrothermique
Ce paragraphe donne un bref aperçu des différentes méthodes d’analyses
hygrothermiques des bâtiments. L’objectif est de comparer les modèles, et les méthodes
d’analyse HAM (Heat-Air-Moisture). Les domaines de validité et les limitations des diverses
procédures d’analyse hygrothermique, sont également discutés.

1.5.1. Equations de diffusion de la chaleur et de la masse : Lois de
Fick et de Fourier
Les phénomènes de diffusion hydrique et de chaleur naissent de l’inhomogénéité des
concentrations d’humidité et des températures respectivement(12), alors que le flux d’humidité
et de chaleur tend à homogénéiser ces grandeurs. Fick, pour la diffusion de particules et Fourier
pour la diffusion de chaleur, ont proposé des lois similaires :

Loi de Fick

?? ? = −?????? ? (1.5)

avec ? la densité volumique de particules (m-3) et ? le coefficient de diffusion (m2.s-1).

Cette loi traduit les faits suivants :
- le courant de particules est d’autant plus grand que l’inhomogénéité de concentration est
importante ;
- le mouvement microscopique de diffusion de particules a lieu des zones les plus riches en
particules vers les zones les plus pauvres et tend donc à homogénéiser le milieu ;
- le coefficient D qui dépend de la nature des particules et du milieu support, est important
lorsque les particules diffusent facilement dans le support.

Loi de Fourier

?? ? = −?????? ? (1.6)

avec ? la température (°C) et λ la conductivité thermique du matériau (W.m-1.K-1).

Cette loi traduit les faits suivants :
- le courant thermique est d’autant plus grand que l’inhomogénéité de température est
importante ;
- le transfert thermique a lieu des zones les plus chaudes vers les zones les plus froides et
tend donc à homogénéiser la température ;
- plus λ, qui dépend de la nature du milieu, est important, plus les transferts thermiques se
font facilement. On dit que le milieu est un bon conducteur thermique.

23
1.5.2. Etat des lieux de la modélisation hygrothermique
Le calcul de la consommation d’énergie dans les bâtiments et plus précisément la fuite
de chaleur à travers les enveloppes du bâtiment, suppose normalement que la chaleur est
transférée à travers l’enveloppe par conduction. Cependant la plupart des matériaux de
construction sont poreux, et ont donc tendance à contenir l’air et l’eau sous différentes phases.
Ainsi, les murs d’un bâtiment sont soumis à des gradients thermiques et d’humidité, et le
transfert de chaleur et de masse se produit simultanément et indépendamment, et par
conséquent la détermination précise de la chaleur transférée nécessite un calcul simultané des
effets des chaleurs latente et variable à la fois.
Au cours de l’analyse des énergies produites et consommées par les bâtiments, il est
important de connaitre la dynamique de la température et de la distribution de l’humidité à
travers les parois et comment elles sont liées entre elles pour évaluer le transfert de chaleur et
de masse à travers les parois constituées d’une succession de matériaux de construction.
Pour cela, nous avons besoin de calculer à la fois, les effets de la chaleur variable et de la
chaleur latente. En plus de ces effets sur le transfert de chaleur, l’humidité a d’autres
implications, notamment dans le cas des climats chauds et humides à cause des dégâts dans la
structure des bâtiments, tel que la croissance de la moisissure.
Plusieurs chercheurs ont développé des modèles de transfert thermique et hydrique, à
travers les matériaux poreux, et peu sont ceux qui ont modélisé le transfert hygrothermique qui
constitue un couplage entre ces deux types de diffusion.

Cunningham (13) a développé un modèle mathématique pour les matériaux
hygroscopiques dans les structures plates, en utilisant une analogie électrique avec les
résistances pour les flux de vapeur, et une approximation exponentielle en fonction des
coefficients constants de transport de masse. En utilisant la théorie d’évaporation-condensation
Kerstecioglu et Gu (14) ont étudié la diffusion hygrothermique dans les matériaux poreux, mais
l’application de la théorie est limitée à des faibles teneurs d’humidité. Pour estimer le transfert
de chaleur et de masse à travers les murs composites, dans des conditions non isothermiques,
Burch et Thomas (15)ont développé un modèle de calcul, MOIST, en utilisant la méthode des
différences finies. Mais ils ont considéré la conductivité thermique comme constante et la
chaleur latente due au changement de phase dans le mur comme négligeable. Ce modèle est
encore limité à des faibles taux d’humidité contenus dans le mur.

El Diasty et al. (16) utilisent une approche analytique qui simule des conditions isothermes avec
des coefficients de transport constants. Liesen (17) utilise la théorie d’évaporation-condensation
et une méthode de facteur de réponse pour élaborer et mettre en œuvre un modèle de
transfert de chaleur et de masse dans le programme de simulation thermique du bâtiment
IBLAST (17) (Integrated Building Loads Analysis and System Themodynamics). Il a négligé les
variations des propriétés hygrothermiques durant le calcul, il n’y a donc pas de transfert de
liquide. Ce modèle est limité à des teneurs d’humidité très faibles, et présente des avantages au
niveau de la réduction du temps de calcul.

Yves Couasnet (18) a fait des recherches sur les risques de condensation dans les parois de
l’habitat en étudiant le comportement des matériaux de construction (panneau de particules de
bois, vermiculite, terre cuite,...) vis-à-vis du transfert d’humidité.

24
B.Perrin (19) a étudié le phénomène de transfert de chaleur et de masse dans un mur
multicouche où il a fait différentes combinaisons des paramètres : humidité relative,
perméabilité, conductivité thermique,....

Toutes les méthodes précédentes sont l’origine de plusieurs programmes de simulations
pour prédire le transfert de chaleur et d’humidité à travers les murs poreux des bâtiments, mais
à des conditions plutôt stationnaires. Et habituellement, tous les modèles ont la même origine,
les équations de conservation de masse et de chaleur, les lois de Fourier, Fick et Darcy, seule la
différence concernant des hypothèses particulières.

Dans ce qui suit, on a choisi quelques modèles de résolution du transfert de chaleur et
d’humidité, parmi les plus importants dans la littérature.

1.5.3. Théorie de la diffusion
La théorie de la diffusion qui a été développée par Fick (1855), exprime une
proportionnalité entre la densité du flux (J), traversant une unité de surface et le gradient de
??
concentration ??
, suivant une direction ? normale à cette surface. L’expression de ce modèle
s’écrit :
??
? = −?? ?? (1.7)

où Dw est le coefficient de diffusion hydrique en [m2/s] ; c’est une caractéristique du problème
physique, qui varie souvent avec la concentration en eau C.
En établissant un bilan massique au milieu poreux, l’équation de diffusion est, alors,
déduite (voir annexe I) (20):
??
= ??? ?? ?, ? ?? (1.8)
??

Cette équation met en évidence le caractère non linéaire de la diffusion de l'humidité
dans le matériau. Cependant la température n'est en général pas uniforme dans la structure. Il
est donc nécessaire de prendre en compte un coefficient de diffusion de l'humidité qui dépend
de la température. En pratique, dans la littérature, les auteurs les plus connus proposent une
expression du coefficient de diffusion du type :
−? ? 1 1
? −
?? ?, ? = ?? ?, ?0 ? ? ? ?0 (1.9)
?0
??
Avec ?
= 4700 ? −1 et T en °K

Coefficient de diffusion hydrique :

Le matériau est souvent décrit par le coefficient de diffusion ?? , caractéristique du
matériau, dépendant à la fois de la température ? et de la concentration en eau ?. L'équation
de la migration de l'humidité dans les matériaux de construction est issue de celles de la
mécanique des milieux poreux. Classiquement, une loi de diffusion exprime un flux comme le
produit d'une grandeur caractéristique du matériau par le gradient d'une grandeur intensive.
Les différentes grandeurs considérées sont définies par une moyenne sur le volume élémentaire
représentatif, pour autant qu'on puisse définir cette moyenne pour le matériau considéré, de

25
telle sorte que les opérateurs de dérivation aient un sens. Ainsi, on obtient l'expression du flux
total en fonction du gradient du degré de concentration en eau.
Les méthodes expérimentales classiques dans les problèmes de séchage donnent
généralement accès à la concentration en eau, et très rarement à l'humidité relative. Il est donc
préférable d'exprimer le flux en fonction de la teneur en eau, en utilisant classiquement
l'isotherme de désorption, qui relie la teneur en eau, ?, à l'humidité relative, ? . Cette dernière
est définie par le rapport entre pression de vapeur et pression de vapeur saturante.
En d'autres termes, la teneur en eau ?, et l'humidité relative ?, sont bien reliées par la
même relation à l'équilibre. Ce qui conduit à l'équation classique de la diffusion énoncée
comme:
??
= ???[?? (?, ?)??] (1.10)
??

Cette loi de diffusion, est fonction des deux paramètres, ? et ?. Les expressions
usuelles de la loi de diffusion, que l'on trouve dans la littérature sont données ci-dessous.:

Loi de Granger (21):
−?? 1 1
?,?
? −
? ? ?0 (1.11)
?? ?, ? = ?. ? ?
?0

où ? (m2/ s) , ? , ?0 , Qs , et R ( Qs/ R en ° K ) sont des coefficients choisis par l'utilisateur, et
?? est fonction de la température et de la concentration en eau.

Loi de Mensi:

?? (?) = ?. ? (?,?) (1.12)

où ? et ? sont des coefficients choisis par l'utilisateur et ?? est fonction uniquement de la
concentration en eau.

Loi de Bazant:
La loi de Bazant s'exprime à partir du degré d'humidité ?, qui est relié à la concentration en eau
par la courbe de sorption/désorption. La forme de cette loi est la suivante :

1−?
?? ? = ?1 ?+ ? (1.13)
1 − ?(?)
1+
1 − 0.75

Usuellement, D1=3,10−10 (m2/s), α est compris entre 0,025 et 0,1, n est de l'ordre de 6 et ?(?)
est le degré d'humidité, qui s'exprime en fonction de la concentration en eau à l'aide de la
courbe de sorption/désorption.

26
1.5.4. Modèle de SHERWOOD
En 1992, T.K. Sherwood a supposé que le transfert de masse, à l’intérieur d’un milieu
poreux à sécher, soit gouverné par l’équation de diffusion (Toei, 1996 et Keey, 1980). Cette
approche assimile le mécanisme de transfert interne à une diffusion moléculaire décrite par la
loi de Fick (22) . Elle s’écrit dans le cas unidirectionnel par :
?? ?2 ?
= −?? 2 (1.14)
?? ??

où ?? est le coefficient de diffusion.

Cette approche utilise la concentration en eau ? comme force motrice du processus. Ce
modèle appliqué au bois et à l’argile donne des résultats plus ou moins satisfaisants. Les
différences constatées pour certains matériaux sont attribuées à l’obligation de mener les
calculs avec un coefficient de diffusion constant.

Alors que, ce modèle a donné des résultats satisfaisants pour plusieurs matériaux. Il
était nécessaire, dans certaines cas, de considérer la variation du coefficient de diffusion. Plus
tard, Sherwood a montré que la diffusion peut être interprétée suivant de nombreuses
manières : mouvement du liquide, diffusion interne de la vapeur dans le solide, ou diffusion à
travers la couche limite. Ainsi, le mot « Diffusion », doit être utilisé avec précaution.

De plus, Sherwood reconnaît que dans les milieux poreux non saturés, les forces
capillaires peuvent jouer un rôle important. La grande difficulté dans l’utilisation du modèle
diffusif reste la détermination du coefficient de diffusion.

En 1937, Ceaglske et Hougen ont utilisé la théorie capillaire dans leurs études sur les
matériaux granulaires, pour calculer le profil de la distribution d’humidité dans un lit de sable, ils
ont démontré, les limites du modèle diffusif, et le rôle joué par la capillarité en présentant des
comparaisons des mesures expérimentales (Figure 1.3). Ces travaux montrent que la théorie
capillaire est bien plus adaptée pour modéliser le phénomène de séchage des milieux
granulaires.
Les premiers formalismes sur le séchage sont, donc, posés mais avec un inconvénient
majeur, c’est qu’ils négligent complètement l’effet de la chaleur.

27
Figure 1.3: profils d'humidité dans un lit de sable (Hougen)

1.5.5. Modèle de capillarité
Selon Fortes et al., (1980) (23), Hougen et al. ont démontré les limites du modèle de
diffusion. Des études expérimentales effectuées sur le sable ont été menées par ces
scientifiques. Ils démontrent que le modèle de diffusion ne peut prévoir la distribution de la
concentration du produit. La capillarité est due à l’écoulement du liquide à travers les interstices
et à l’attraction moléculaire entre le liquide et le solide. Ce phénomène est analysé pour la
première fois par Buckinghan. L’équation suivante représente l’écoulement de liquide par
capillarité :

?? = −? ???? ? (1.6)

où ? est le potentiel capillaire qui représente la différence de pression entre l’eau et l’air à
l’interface et ? est la conductivité hydraulique.

28
1.6. Couplage de transfert hygrothermique
De nos jours, il existe plusieurs modèles numériques permettant de décrire les
transferts couplés de chaleur et d’humidité dans les enveloppes de bâtiment (Hens, 1996 ; Deru
et al., 2002) (24). Des études expérimentales et numériques ont été développées au Building
Research Institute (Japon) sur les transferts couplés de chaleur et de masse dans les éléments de
bâtiment (Noumowe et al., 1999). Pour modéliser le comportement hygrothermique, un
programme informatique a été développé et a permis de déterminer, en fonction du temps, la
distribution de température et d’humidité dans les structures multicouches, lors de leur
humidification ou de leur séchage (Watanabe, 1994) (25). Ainsi qu’un modèle complet de
simulation de transfert de chaleur et de masse dans les matériaux poreux déformables a été
développé par Gawin (1996). Et après, pour calculer le flux de chaleur en régime transitoire
Shengwei et Youming (2003) présentent un modèle qui permet en outre d’analyser les flux de
chaleur transitoire à travers une enveloppe et évalue les facteurs de réponse et les coefficients
de transfert par conduction.

Notons que la mise en place des équations de couplage des différents transferts est
essentiellement le fruit du travail de cinq chercheurs : Krischer et Kroll (1963), Luikov (1961) et
Philip et De Vries (1957). Les formulations exprimant les différents bilans, proposés par ces
équipes, présentent de nombreuses analogies. Ces théories supposent que le milieu poreux est
continu et localement en équilibre thermodynamique.

1.6.1. Modèle de Krischer
Cette théorie est basée sur l’analyse des transferts de chaleur et de masse d’une grande
variété de milieux poreux. Elle suppose que, pendant le séchage, l’humidité peut se déplacer
sous forme liquide par capillarité, et sous forme vapeur sous l’action d’un gradient de
concentration en vapeur (26).
Les flux de vapeur et de liquide ont pour expression :
?? = −?? ?? ???? (?)
(1.7)
?? = −?? ?? ???? (?? )

avec ?? et ?? respectivement les coefficients de diffusion de la vapeur et du liquide. La valeur de
?? peut être déterminée par l’isotherme de sorption.

Cette approche fut le point de départ de plusieurs théories, en particulier, celle de
Berger et Pei, 1973. Ces derniers acceptent les hypothèses émises par Krischer en ce qui
concerne le transport de l’humidité en considérant également que le liquide peut se déplacer
par diffusion.

29
1.6.2. Modèle de Luikov
D’après l’étude historique de Fortes et al. (1980)(23), Luikov, en 1934, met en évidence
le phénomène de la thermo-diffusion. Il propose que le gradient de température puisse être un
facteur de migration du liquide à l’intérieur du produit. Pour modéliser les transferts de chaleur
et de masse dans les corps poreux, il propose la division des flux de liquide et de vapeur en deux
parties, l’une induite par un gradient de concentration, et l’autre par un gradient thermique ; ce
qui donne le système d’équations suivant :
?? = −?? ?? ???? ? − ?? ?? ?? ???? (?)
(1.8)
?? = −?? ?? ???? ? − ?? ?? ?? ???? (?)

où ?? et ?? sont, respectivement, les diffusivités liquides et vapeurs et ?? et ?? sont des
coefficients représentant la thermo-migration de liquide et de vapeur.

Ce système d’équations est ensuite associé aux bilans d’énergie et de masse. Et pour
expliciter le terme vaporisation-condensation, Luikov introduit le taux de changement de phase
« ? ′ ». Le terme de la variation temporelle locale de la quantité de vapeur condensée se définit
par:
??
? = ?′?? (1.9)
??
où ? ′ représente le taux de changement de phase, qui est une fonction inconnue. Elle représente
un paramètre adimensionnel caractérisant la résistance à la diffusion de vapeur dans le
matériau.
Le système d’équations différentielles suivant peut alors être formulé :

??
= ??? ?? (???? ? + ????? ? )
?? (1.10)
?? ??
?? ?? = ??? ? ???? ? + ?? ?′??
?? ??

avec ?? , la chaleur latente de vaporisation, ?? = ?? + ?? , le coefficient de diffusion hydrique
?? ? ? +?? ? ?
total, et ? = , le coefficient de thermomigration.
?? +??

Ce modèle est suffisamment puissant pour décrire les phénomènes de transfert
simultanés de chaleur et de masse dans le milieu poreux, mais la principale difficulté qu’il pose,
est la détermination du paramètre "?′", qui varie avec la variation du taux d’humidité.

1.6.3. Modèle de Philip et De Veries
Ce modèle propose une description des transferts de chaleur et de masse dans les
milieux poreux non saturés. Cette approche est basée sur l’étude des comportements
thermique et hydrique des sols pour lesquels le mouvement de l’humidité est supposé
s’effectuer par capillarité et diffusion ou sous l’action des gradients d’humidité et de
température et également de gravité (27). Les flux de liquide et de vapeur sont calculés
individuellement, ce qui permet d’obtenir le taux de changement de phase. Les flux de liquide et
de vapeur, en fonction des gradients d’humidité et de température ont pour expression (26):

30
?? = −?? ???? ? − ??? ???? ? − ??
(1.11)
?? = −?? ???? ? − ??? ???? (?)

Les coefficients ?? et ??? de migration de la phase liquide sont déterminés à partir de la courbe
de succion capillaire. Le système d’équations gouvernant la migration de l’humidité et de
chaleur est comme suit:
??
= ??? ?? ???? ? + ?? ?? ?? ???? ?
?? (1.12)
??
?? ?? = ??? ????? (?) + ?? ??? ?? ???? (?)
??

Luikov, De Vries et philip ont proposé une modélisation mathématique prenant en
considération la coexistence des phases liquide et vapeur au sein du milieu poreux et faisant
apparaitre les effets de couplage entre le transfert de masse et le transfert de chaleur.

1.6.4. Modèle de Whitaker
Whitaker (1980) utilise dans son formalisme mathématique l’état microscopique de
chaque phase présente dans le milieu poreux. Dans ce modèle, il considère la valeur moyenne
sur un volume élémentaire représentatif (V.E.R.), présenté sur la Figure 1.4.

Figure 1.4: volume élémentaire représentatif

Il apparaît que les propriétés physiques ne sont pas uniformément distribuées lorsque
l’échelle est petite. Il applique les équations de continuité, de quantité de mouvement et
d’énergie à la phase solide, liquide et gazeuse. Cependant, l’utilisation de la valeur moyenne
conduit à l’apparition de nouveaux termes, et le système d’équations est complété par des
relations qui sont tirées de la thermodynamique appliquée. Les équations utilisées sont

31
principalement l’équation de l’énergie, les équations de continuité de l’eau, les équations de
mouvement, et les relations thermodynamiques.

Ce modèle permet d’évaluer la variation des principaux paramètres tels que : la
pression, la température, la teneur en eau, et les flux de liquide et de vapeur à chaque instant.

La difficulté dans l’utilisation des modèles de Luikov et de Whitaker réside dans la
détermination des différents coefficients qui ne peuvent être calculés d’une façon directe. Le
recours à l’expérimentation n’est pas une chose aisée. La difficulté d’utilisation de ces modèles
augmente lorsque les conditions générales ne sont pas constantes et varient avec le temps.

1.7. Outils d’analyses hygrothermique disponibles
Plusieurs modèles ont été développés pour simuler les équations de diffusion de
chaleur, d’air et d’humidité. Ces modèles sont élaborés et intégrés dans des logiciels utilisés
dans le domaine des matériaux poreux des bâtiments et dans le domaine étroitement lié à
l’humidification et le séchage des matériaux. En général tous les modèles d’analyse
hygrothermique, sont des simplifications du comportement réel. Il est difficile de définir un
point de démarcation entre les modèles simples et détaillés en fonction de leurs paramètres de
modélisation seulement. Au contraire, il peut être plus utile de faire la différence entre les
modèles basés sur les phénomènes qu’ils sont destinés à combler.

Cette partie suppose que la différenciation soit basée sur l’intention du modèle. Des
modèles détaillés visent à prédire la performance réelle, alors que le but des modèles simplifiés
consiste principalement à fournir des informations suffisantes pour permettre aux concepteurs
et aux analystes de prendre des décisions.

Dans plusieurs modèles et situations d’évaluation, les résultats d’une analyse doit
fournir des informations suffisantes pour accepter ou rejeter un matériau ou un ensemble de
matériaux. La performance relative des différents assemblages est beaucoup plus importante
pour un modélisateur que le choix à faire sur la performance réelle pour chaque modèle. Dans
tous les cas, le modélisateur n’a souvent pas les ressources (temps, connaissances, propriétés
des matériaux, etc…) pour procéder à une analyse détaillée. Des modèles simples ont été
développés pour répondre à ce besoin. Ces modèles ne sont pas nécessairement destinés à
prédire la performance avec précision, mais pour fournir des prévisions de précision suffisante
dans le but de la prise de décision. De tels modèles doivent inclure des informations à des
ensembles de données de base, mais en simplifiant les données d’une manière significative. Par
exemple, les conditions moyennes annuelles peuvent être utilisées pour représenter des
conditions aux limites, les flux d’air bidimensionnels peuvent être réduits à l’état stationnaire
unidimensionnel, et les propriétés des matériaux peuvent être supposées constantes, etc.

32
Il est souvent nécessaire de procéder à l’analyse détaillée pour la recherche, le
développement de produits, et les travaux de rénovation historique. Des modèles détaillés ont
connu un développement spectaculaire pendant ces dernières années. Nous les passerons en
revue dans la suite cette section.

1.7.1. Modèles de flux de chaleur
Les débits de chaleur et d’humidité à travers l’enveloppe d’un bâtiment sont
inextricablement couplés. Cependant, la connaissance des seules conditions de température
peut être très utiles pour l’analyste. Des modèles informatiques existent pour la prédiction du
flux de chaleur à travers les bâtiments. Ces programmes peuvent être différenciés par le nombre
de dimensions qui peuvent être modélisés, si l’analyse dynamique est possible, et sur la façon
dont ils gèrent, par rayonnement et par convection à la surface et dans les cavités. Les
programmes les plus largement utilisés en Amérique de nord sont par exemple, FRAME et
Therm, qui sont en deux dimensions et à l’état d’équilibre, utiles particulièrement pour évaluer
la performance thermique des fenêtres et d’autres ensembles légers. Ces deux programmes
permettent une analyse rapide des conditions de température d’un projet existant. Les
programmes suédois HEAT2 et HEAT3 fournissent plus d’informations, en permettant l’analyse
dynamique de deux ou trois dimensions des structures. HEAT 7.2 développé à Oak Ridge
National Laboratory (ORNL), a été largement utilisé pour résoudre des problèmes complexes en
trois dimensions de pont thermique et des problèmes dynamiques de perte de chaleur (28).

1.7.2. Modèles HAM simplifiés
Les modèles HAM (Heat-Air-Moisture) combinent les équations de chaleur et de masse,
et les bilans énergétiques. Des modèles unidimensionnels, et transitoires, pour simuler le
transport de chaleur, d’air et d’humidité dans les éléments de construction, ont été bien établies
depuis environ deux décennies. Au cours des dix dernières années, de nombreux programmes
ont été développés et améliorés pour différents conditions d’analyse.
Parmi les premiers modèles, la méthode de Glaser (29; 30) est publiée à l’origine en
1958-59 en tant que méthode graphique. Ce modèle suppose que l’enveloppe du bâtiment est
unidimensionnelle et que le transport d’humidité est entraîné par la diffusion de vapeur. Le
Manuel de l’ASHRAE Fundamentals (31) a inclus un exemple rapide de cette méthode depuis la
version de 1981. Typiquement, l’analyse Glaser suppose des conditions aux limites pour des
périodes allant de quelques jours à quelques mois, avec des propriétés des matériaux
invariantes.
Plusieurs codes européens acceptent l’utilisation de la méthode de Glaser. La norme
d’humidité allemande, DIM 4108, par exemple, prévoit la conductivité thermique et
perméabilité à la vapeur d’une gamme de matériaux, définit les conditions aux limites et la
période d’utilisation en mouillage et en séchage, et recommande même des seuils de
performance acceptables (par exemple, en donnant les teneurs maximales en eau pour
différents matériaux). La plupart des publications nord-américaines qui décrivent la méthode de
Glaser, supposent un seul ensemble de conditions aux limites (mouillage) et considèrent même
toute condensation dans les matériaux comme étant une défaillance.

33
Bien que la diffusion peut être un mécanisme important pour le transport d’humidité
dans les parois formées de matériaux solides, capillaires actifs (tels que les murs de maçonnerie
de plâtre fins, souvent utilisés en Europe), de la condensation d’exfiltration est plus importante
pour la consommation d’énergie et de tolérance à l’humidité des ensembles légers encadrés,
souvent utilisés en Amérique du Nord. Une simple extension de la méthode de diffusion de
Glaser peut être faite par l’ajout d’une convection simple parallèlement à la diffusion. Un tel
modèle considère les fuites d’air comme un processus de diffusion, découplés du flux de
chaleur, sans tenir compte des effets de chaleur latente.
Plusieurs modèles simples ont été développés en ignorant l’absorption hygroscopique et
le flux de chaleur convectif. Stewart (31) a élaboré un modèle en utilisant les données horaires
météorologiques et en ajoutant les effets des radiations solaires. Tenwole (32) a signalé le
développement d’un modèle informatique basé sur une convection et une diffusion
unidimensionnelles sans un transport capillaire, mais en utilisant les valeurs de température et
d’humidité moyennes.

1.7.3. Evaluation des outils de simulation
L’apparition de l’humidité dans l’enveloppe des bâtiments est généralement attribuée
aux phénomènes de diffusion et de condensation de l’air humide intérieur. Il y a cependant
plusieurs sources d’humidité, comme la pluie battante, les remontées capillaires, l’humidité de
construction qui peuvent aussi affecter l’ensemble du patrimoine bâti : monuments historiques
et constructions récentes. Ces phénomènes ne peuvent pas être traités correctement avec des
méthodes simples qui ne décrivent que le processus de diffusion, car d’autres mécanismes
apparaissent, comme la rétention d’eau et le transport en phase liquide. Il en est de même pour
d’autres phénomènes comme la condensation en été, les cycles humidification-séchage, le gel-
dégel, le stockage transitoire d’humidité et la perte de chaleur par évaporation, qui peuvent soit
entraîner des dommages, soit augmenter la consommation d’énergie.

Pour prévoir et suivre les mouvements d’humidité dans l’enveloppe d’un bâtiment, de
nombreux outils de simulation et logiciels ont été développés dans le monde et validés au cours
des dernières années. Pour illustrer les possibilités offertes par ces logiciels, nous présentons,
quelques-uns, disponibles sur le marché et largement utilisés dans le domaine de la recherche.
Récemment, une évaluation des modèles hygrothermiques, qui servent à améliorer la qualité de
l’enveloppe des bâtiments, est faite par CMHC (Canada Mortgage and Housing Corporation) en
2003. Cette évaluation a identifié 45 outils de modélisation hygrothermique, 12 nouveaux
modèles hygrothermiques ont été développés dans les quatre dernières années (33).

a) Logiciel WUFI
Ce logiciel(34; 35), développé par le Fraunhofer Institut Bauphysik (IBP), est largement
utilisé en Allemagne, en Europe de l’Est et aux Etats Unis. Le but de ce programme est de
prévoir et de suivre les mouvements d’humidité dans l’enveloppe d’un bâtiment. WUFI a été
conçu pour calculer le transport unidimensionnel d’humidité et de chaleur couplée. Le transfert
de chaleur s’opère par conduction, par flux d’enthalpie (y compris le changement de phase), par
radiation solaire à ondes courtes et par refroidissement par radiation à grande longueur d’onde
34
(la nuit). Le transfert de chaleur par convection et le transfert de masse ne sont pas modélisés.
Le transport par phase gazeuse s’effectue par diffusion de la vapeur et par diffusion de liquide,
le transport en phase liquide se fait par diffusion capillaire et superficielle.
Une base de données contenant plus de 50 matériaux typiques du bâtiment est incluse
dans ce logiciel. Pour chaque matériau, elle fournit la chaleur spécifique, la conductivité
thermique, la masse volumique, la porosité totale et le facteur de résistance à la diffusion de
vapeur. Ce qui donne à cet outil de simulation une grande performance.
L’architecture du logiciel WUFI est illustrée par l’organigramme de la Figure 1.5. Les
données d’entrée comprennent la composition de la structure (nature des matériaux,
épaisseurs, respectives…), son orientation et son inclinaison, les conditions initiales
(température, teneur en eau), et la période d’analyse. Les caractéristiques des matériaux et les
conditions climatiques peuvent être sélectionnées à partir des bases de données fournies ou à
partir d’autres sources.

Figure 1.5: organigramme du modèle WUFI avec les équations de transfert

Le programme WUFI semble bien convenir à notre travail de modélisation. Bien que
certains aspects du programme sont réduits, en raison des limites de la version de
démonstration, l’outil WUFI présente une interface simple et efficace, et permet de modéliser la

35
plupart des mécanismes de transport de chaleur et d’humidité et est reconnu par la plupart des
chercheurs.

Les faiblesses du modèle WUFI qui utilise la méthode de Glaser dans ses calculs, ainsi
que les avantages de la simulation hygrothermique ont été reconnues par le comité CEN TC
89(36). C’est pourquoi un nouveau groupe de travail a été constitué pour pallier l’absence de
guide officiel pour les outils modernes de simulation, puisque beaucoup de fabricants sont prêts
à faire tester leurs produits plus complètement afin de fournir les données « matériau », afin de
permettre une utilisation plus importante des outils de simulations dans le futur. Parallèlement,
pour convaincre un plus grand nombre de praticiens d’utiliser les outils de simulation, l’interface
utilisateur doit devenir plus simple d’utilisation et plus fiable.

b) Modèle 1D-HAM (Heat-Air-moisture)
Le programme 1D-HAM (37) modélise l’écoulement de l’air, la chaleur de conduction et
la diffusion de la vapeur d’eau à travers une paroi. Le choix du pas de temps pour ce modèle
dépend du critère de stabilité selon les différents régimes explicites, et les coefficients de
transport sont constants.

Il s’agit d’un programme disponible dans le commerce 1D-HAM (Hagentoft, 1992) qui a
été utilisé pour calculer les conditions hygrothermiques d’un mur multicouche. Ce modèle
résout les équations monodimensionnelles de transfert transitoire de chaleur et de masse
couplées, à travers un mur multicouche poreux, en prenant en compte les caractéristiques
hygrothermiques des matériaux. Ce programme considère le transfert d’humidité en phase
vapeur par diffusion et par convection, et par de transfert d’eau en phase liquide, et utilise des
propriétés des matériaux simplifiées, en considérant par exemple les coefficients de transport
constants. La chaleur est transférée par conduction, par convection et en chaleur latente. Les
données climatiques sont fournies grâce à un fichier de données avec une résolution maximale
des valeurs par heure sur l’année. Le programme tient compte aussi de l’absorption du
rayonnement solaire de surface.

c) Modèle MATCH
MATCH, Moisture and Temperature Calculations for Constructions of Hygroscopic
Materials, consiste en un modèle unidimensionnel pour le transport de la chaleur et de
l’humidité. Ce programme a été développé lors d’un projet de doctorat (6), au sein des
laboratoires des isolations thermiques, département des bâtiments et énergie, à l’université
technique du Danemark (1990).

Dans ce modèle, les profils de température et d’humidité sont calculés en régime
transitoire, en considérant les profils thermiques et hygroscopiques au cours du temps. Avec
des courts pas de temps il est possible de prendre en considération le cas lorsque l’enveloppe

36
est exposée à des faibles gradients de température d’une manière intensive, comme par
exemple quand ils sont exposés au rayonnement solaire.

MATCH utilise la méthode de FCV (Finite Control Volume), pour calculer l’évolution
temporelle à la fois des variables thermiques et hydriques couplées. Les couches de la structure
sont divisées en des petits volumes de contrôle, et le temps en des pas d’une heure au moins.
Pour chaque pas de temps et volume élémentaire, les flux de chaleur et d’humidité à travers le
volume sont calculés. La différence entre les quantités entrantes et sortantes est stockée ou
libérée à partir du volume.

Le transport de l’humidité est décrit par la diffusion de la vapeur selon la loi de Fick. Les
pressions de vapeur sont obtenues à partir de la teneur en humidité des couches et des courbes
de sorption des matériaux.

Ainsi, MATCH calcule l’état hygrothermique de toute la construction dans une
dimension (1D) dans l’espace et en négligeant les transports convectifs de chaleur et d’humidité.

d) Modèle UMIDUS
UMIDUS (38) est un modèle de simulation de transfert unidimensionnel de chaleur et
d’humidité, à travers les matériaux poreux, dans le but d’analyser la performance
hygrothermique des éléments de construction sous n’importe quelles conditions climatiques.
Ce programme, peut analyser le transfert de l’eau dans les deux phases liquide et vapeur en
analysant les régimes de diffusion et de capillarité. Le model donne les profils de l’humidité et
de température au sein d’un mur multicouche, et des toits de faible pente, et calcule le
transfert de chaleur et de masse à travers ce mur.

e) Modèle MOIST
Il s’agit d’un modèle unidimensionnel qui modélise le transport de chaleur et d’humidité
à travers l’enveloppe des bâtiments. De même que UMIDUS, le transfert d’humidité se fait par
diffusion ou un par flux de capillarité, et le transfert de l’air est simulé en considérant les cavités
et les conditions de pressions internes et externes (39). Ce programme est appliqué pour prédire
la teneur en humidité à l’hiver dans les couches extérieures de la construction, ainsi que
l’humidité relative en surface au niveau des couches de construction dans les climats chauds et
humides, ce qui sert à l’analyse du potentiel de la croissance de moisissures, et il sert à analyser
l’effet de l’humidité sur le transfert de chaleur. MOIST est un modèle qui ne comprend pas
l’humidité extérieure d’une construction par la pluie et l’effet isolant. Par ailleurs, le modèle ne
comprend pas la chaleur et l’humidité de transfert par le mouvement de l’air, et les données
météorologiques pour les villes européennes ne sont pas disponibles et ne peuvent pas être
générées, seules les données météorologiques pour les Etats Unis et pour Canada sont
disponibles.

37
f) Modèle HAMLAb
C’est un modèle de simulation unidimensionnel de chaleur, d’air et d’humidité. Il s’agit
d’une collection de quatre outils et fonctions dans MatLab/Simulink/FemLab qui comprend
HAMBASE, utilisé pour simuler le climat intérieur des bâtiments multizones, ainsi celle de
l’énergie et de l’humidification, HAMSYS, utilisé pour faire les plans du système HVAC dans les
bâtiments, HAMDET, utilisé pour la simulation HAM (Heat, Air, Moisture) en 3 dimensions, ainsi
dans des simulations de l’air dans les chambres et autour des bâtiments, et HAMOP, qui est
utilisé pour élaborer les paramètres d’optimisation. Tous les outils ont été validés, sauf HAMOP,
par comparaison aux données expérimentales obtenues dans le laboratoire et dans les études
in-situ (40).

g) Modèle hygRIC-1D
C’est un modèle de simulation HAM unidimensionnel pour modéliser le mouvement de
chaleur, d’air et d’humidité dans les murs extérieurs. C’est un modèle hygrothermique avancé
qui est une version améliorée du modèle LATENITE développé par l’institut de Recherches et
Construction et le VTT (Finlande). hygIRC peut être utilisé pour des systèmes de modèles de
paroi commune. Il simule les conditions de chaleur d’air et d’humidité dans les murs, afin de
déterminer comment on fait des améliorations qui affectent la durabilité des murs dans les
constructions.

Cette information peut être utilisée comme un moyen pour confirmer l’intégrité de
plusieurs mesures spécifiques de réhabilitation développés pour les murs de grande hauteur
avant qu’elles soient recommandées pour les bâtiments (41).

h) Modèle DELPHIN 5
C’est un modèle unidimensionnel ou bidimensionnel, pour le transport de chaleur, d’air,
d’humidité, des polluants, et pour le transport du sel dans les matériaux poreux de construction,
utilisées dans les bâtiments en général. Le modèle Delphin peut être utilisé dans le but de
simuler la transition de masse et les processus de transport d’énergie, dans les conditions
limites naturelles. Cet outil de simulation est utilisé dans les calculs des ponts thermiques, y
compris une évaluation des problèmes hygrothermiques (condensation de surface..). Il est aussi
utilisé dans l’élaboration et l’évaluation des systèmes d’isolation intérieurs, et dans le calcul
transitoire de la demande d’énergie de chauffage annuelle, le calcul des risques de croissance de
moisissures et de nombreuses applications (Nicolai, Grunewald and Zhang, 2007).

De nombreuses variables comme la teneur en humidité, la pression d’air, les
concentrations de sel, les températures, et les flux d’eau liquide, de la vapeur d’eau, d’air, de
sel, de chaleur, et d’enthalpie peuvent être obtenues en tant que fonctions de l’espace et de
temps.

38
Chapitre 2 : Simulation du transfert
couplé de chaleur et d’humidité
L’exploitation des techniques de simulation numériques pour étudier la performance
hygrothermique des bâtiments (diffusion combinée de chaleur et d’humidité), offre la possibilité
d’aboutir à des améliorations de la conception des constructions. L’étude de la performance
hygrothermique des composants des bâtiments permet d’évaluer la durabilité, l’efficacité
énergétique et les effets de la réhabilitation des maisons. L’objective de ce chapitre est
d’exploiter un modèle simple pour pouvoir observer le comportement hygrothermique de
quelques murs, monocouches et multicouches, utilisés fréquemment dans les constructions.
Cela est effectué par application du modèle sur MATLAB, par le logiciel WUFI sur différents
types de parois. Nous simulons, dans des conditions identiques, trois matières de construction,
en cherchant les profils de température et d’humidité relative à travers ces parois, afin
d’effectuer une comparaison entre les matériaux de construction.

2.1. Introduction
L’humidité qui a lieu au sein des matériaux a une influence notable sur leurs propriétés
thermo-physiques. Son apparition dans l’enveloppe est généralement attribuée aux
phénomènes de diffusion et de condensation de l’air humide intérieur. L’infiltration qui se
produit pendant la saison des pluies est probablement le problème d’humidité le plus courant
dans les maisons. Elle peut se manifester par des taches et des fuites au plafond ou l’écaillage de
la peinture. Dans les cas graves, elle peut causer un pourrissement pouvant même affecter la
structure.

L’objectif est donc de garder l’eau hors des éléments de construction, ou au moins de
réduire au maximum, cette teneur en eau aux points où son effet est préjudiciable. Pour se
faire, nous devons tout d’abord clarifier la façon dont l’eau pénètre dans les matériaux poreux
et sous quelles conditions elle peut causer des dommages. La Figure 2.6 montre
schématiquement les principaux mécanismes qui contribuent à l’entrée de l’humidité dans les
éléments de construction.

39
Figure 2.6: la distribution de l'humidité dans un mur extérieur

D’une part, l’humidité peut affecter un élément de construction sous forme liquide,
comme la pluie ou l’humidité ascensionnelle, d’autre part elle peut le faire sous la forme de
vapeur d’eau, qui se condense à la surface ou à l’intérieur du matériau.

Du fait des conditions hygrothermiques variables, il se produit un transfert de cette
humidité au sein des matériaux. Ce transfert hydrique est souvent lié à un transfert thermique.
Le couplage de ces deux types de transfert affecte la durabilité de l’enveloppe et peut
contribuer de façon significative aux déperditions énergétiques. L’amplitude de cette
contribution dépend de plusieurs facteurs, en particulier l’épaisseur des parois et les conditions
environnementales. Pour prévoir et suivre les mouvements de l’humidité dans l’enveloppe d’un
bâtiment, plusieurs études ont été réalisées et de nombreuses simulations ont été développées
et validées au cours de ces dernières années (42; 43).

En vue d’une meilleure compréhension de ces phénomènes et pour arriver à exécuter
quelques exemples conduisant aux calculs de la fiabilité de la performance énergétique des
matériaux de construction, dans les enveloppes, nous allons aborder dans ce chapitre une
modélisation du transfert couplé unidimensionnel de chaleur et de masse au sein d’une paroi
poreuse monocouche.

L’objectif de ce chapitre est donc élaborer un modèle de simulation dont les résultats
sont validés par le logiciel WUFI (ou WUFIZ), pour calculer le transport de chaleur et d’humidité
à travers une paroi monocouche.

40
En premier lieu, nous présentons la description mathématique des transferts thermique
et hydrique qui interviennent au sein d’un milieu poreux. Puis, nous exposons la discrétisation
de ces équations. Ensuite, nous effectuerons une application numérique sur quelques exemples
de murs simples. Les évolutions temporelles de l’humidité relative et de la température et leurs
distributions spatiales au sein de chaque matériau seront étudiées, ainsi que l’étude de
l’influence de la nature et de l’épaisseur des matériaux au sein de l’enveloppe sur ces transferts.

2.2. Influence des matériaux : simulation par WUFI
Pour observer l’influence des matériaux sur la diffusion de la chaleur et de l’humidité
relative à travers une paroi, on simule par le logiciel WUFI trois matériaux, le béton cellulaire qui
est utilisé fréquemment dans les constructions actuelles et caractérisé par une densité
volumique faible tout en assurant une solidité optimale, la brique ancienne caractérisé par une
masse volumique élevée et une haute diffusivité thermique, et la brique en terre cuite à
recouvrement texturée, qui est une matière de construction isolante thermiquement offrant
une bonne isolation acoustique, caractérisée par une haute résistance au feu, qui aboutit à un
climat intérieur sain.

Nous examinons la sensibilité à la diffusion hygrothermique, de ces matériaux utilisés
actuellement dans le domaine de construction. Nous choisissons Boulder aux Etats Unis comme
ville froid, dont le climat est quasiment sec. Les conditions climatiques extérieures à Boulder
sont présentées dans la base des données climatiques de WUFI.

Par suite, toutes les simulations mises en évidence dans ce paragraphe se font à
Boulder, pendant une journée froide à des conditions de température extérieure variantes, où
les conditions intérieures sont considérés pratiquement constante ; ( ???? = 20°C ± 3°?
et ???? = 40% ± 3%). Les données climatiques extérieures et les conditions intérieures sont
énoncées par les graphes suivants (Figure 2.7 et Figure 2.8) ;

41
Figure 2.7: les variations de la température interne et externe pendant un jour de modélisation

Figure 2.8: les variations de l’humidité relative interne et externe pendant un jour de modélisation

42
Au temps initial, nous considérons que les conditions, de température et d’humidité
relative, sont constantes à travers toute la paroi :
?0 = 20°? et ?0 = 80% ; (?0 = 18,02 ??/?3 )

Les coefficients d’échange de transfert thermique extérieur et intérieur sont supposés constants
tout au long de la période de simulation ;
???? = 17 ?/?2 ? et ???? = 8 ?/?2 ?

Les propriétés physiques des matériaux utilisés dans notre étude sont mises dans le
Tableau 2.2.

Tableau 2.2: Les propriétés physiques des matériaux de construction utilisés
Chaleur Conductivité Diffusivité Diffusivité
Densité
Matériau spécifique thermique thermique Massique
(kg/m3)
(J/kg.K) (W/m.K) (m2/s) (m2/s)
Béton cellulaire 460 840 0,119 3,07*10-7 3,12*10-9
Brique ancienne 1670 840 0,4 2,85*10-7 3,56*10-7

Brique terre-cuite a
1820 800 0,516 3,54*10-07 1,93*10-14
recouvrement texturé

La diffusion de la température et de l’humidité relative à travers des parois simples, de 25cm
d’épaisseur, des trois matériaux, est présentée dans les figures ci-dessous.

Figure 2.9: les profils de température des parois simples modélisés par WUFI

43
Figure 2.10: les profils de l’humidité relative des parois simples modélisés par WUFI

D’après l’analyse des résultats précédents, et la comparaison des propriétés physiques
des trois matériaux de construction utilisés (Béton cellulaire, Brique ancienne et Brique en terre
cuite), nous remarquons que la température se diffuse vers la paroi intérieure plus rapidement à
travers la brique en terre cuite que la brique ancienne, et diffuse moins rapidement dans le
béton cellulaire que dans la brique ancienne. Cela est expliqué par le fait que la conductivité
thermique λ, qui est la grandeur caractéristique en terme d’isolation thermique, est plus grande
pour la brique en terre cuite que la brique ancienne, et plus petite pour le béton cellulaire que
pour la brique ancienne. Donc plus la conductivité thermique est grande plus le matériau est un
bon conducteur thermique et par conséquent un mauvais isolant thermiquement.

D’autre grandeur permettant d’expliquer ces résultats, et caractérisant les propriétés
thermiques d’un matériau, est la chaleur spécifique ?? , qui caractérise la capacité du matériau à
emmagasiner la chaleur. Les résultats obtenus sont adaptés avec cette propriété car le béton
cellulaire et la brique ancienne sont caractérisés par des chaleurs spécifiques plus grandes que
celle de la brique en terre cuite, ils ont donc tendance à stocker la chaleur et à empêcher sa
diffusion plus que dans la brique en terre-cuite.

D’autre part, nous observons que l’humidité relative dans la paroi de la brique ancienne
se diffuse d’une façon plus rapide que les autres parois, il se produit donc un transfert rapide de
l’humidité au sein des matériaux, du fait que la brique ancienne est caractérisée par une grande
diffusivité massique. Cette apparition des influences notables sur la structure du bâtiment ainsi
que sur les propriétés thermo-physiques du matériau.

44
2.3. Modélisation sur MATLAB
D’après les principes physiques de transfert de chaleur et de masse décrits auparavant,
nous pouvons développer un système différentiel, sur la base du modèle adopté par WUFI, pour
lequel les potentiels de l’humidité et de la température à travers une paroi simple ou
multicouche sont calculés sous des conditions climatiques ambiantes. Nous décrivons, dans ce
qui suit, le modèle thermique et le système d’équations couplées ainsi que la technique de
résolution numérique décrite par notre programme sur MATLAB.

Puisque les flux d'air à travers les joints et les autres endroits où des fuites sont difficiles à
quantifier, le transport de chaleur et d'humidité causé par la convection d'air à travers un
élément de construction n'est pas l'objet de cette étude. À cette exception près, nous avons
analysé tous les autres mécanismes de transport qui se produisent dans la pratique, leurs causes
et les potentiels de conduite. Les mécanismes de transport de liquide considérés sont la
conduction capillaire et la diffusion de surface. Dans la physique du bâtiment, les flux de
l'infiltration à travers la gravitation jouent un rôle seulement dans des cas isolés. Puisqu’elle ne
peut pas être prise en compte en ce qui concerne le transport d'humidité à une dimension à
travers un élément de construction vertical, elle n'est pas présentée dans nos équations. La
même règle s'applique au transport de liquide à travers l'écoulement, l’électrocinèses
hydraulique et l'osmose.

Dans la pratique, nous n’avons pas encore de modèles précis décrivant tous les
mécanismes le transport hygrothermique à travers les éléments de construction. Puisqu’il s’agit
d’un système d’équations non linéaire, dont les coefficients sont fortement dépendants des
potentiels, la résolution analytique est difficile. Nous avons cherché à simplifier le plus possible
le calcul, en supposant que les propriétés physiques des matériaux sont constantes et que les
conditions intérieures sont quasiment constantes.

2.3.1. Choix du modèle thermique
Dans cette partie, nous présentons un modèle simplifié de diffusion de la chaleur, en
négligeant toute influence de l’humidité. Cette équation aux dérivées partielles décrit les
processus de diffusion, y compris les flux de chaleur par conduction.

2.3.1.1. Hypothèses simplificatrices
Dans la modélisation du transfert de chaleur, nous considérons les hypothèses
simplificatrices suivantes :

 la paroi est simple formée d’une seule couche de matériau (brique, béton cellulaire,…) ;
 les propriétés thermo-physiques (λ, ρ et Cp) des matériaux sont supposées constantes ;

45
 les variations des températures internes sont supposées négligeables durant la période
de simulation ;
 les flux thermiques sont nuls au sol et au plafond, par conséquent leur variation a lieu
uniquement dans la direction x.

2.3.1.2. Mise en équation
Pour un modèle à trois dimensions de l’espace, l’équation de diffusion de la chaleur
s’écrit comme suit ;
?? ?2 ? ?2 ? ?2 ?
= ?? + + (2.1)
?? ?? 2 ?? 2 ?? 2
avec ? est fonction de , ?, ?, ?? ? , est la température au temps ? et à la position (?, ?, ?) à
l’intérieure de la paroi, ?? est la diffusivité thermique qui dépend de la nature des matériaux de
construction.
?
?? = ?? ?2 /? (2.2)
??

avec ? la conductivité thermique (?/?. ?), ? la masse volumique (??/?3 ), et ? la chaleur
spécifique ( ?/??. ?).
Dans le cas unidimensionnel, l’équation de diffusion de la chaleur devient :
?? ?2 ?
= ?? (2.3)
?? ?? 2
où ?(?, ?)est la température à l’instant ? et à l’abscisse ? de la paroi.

2.3.1.3. Résolution numérique par méthode des différences finies
Cette équation peut être résolue numériquement, pour trouver les profils de
température à travers un mur à chaque pas de temps. Afin de la modéliser sur MATLAB, nous
avons utilisé la méthode des différences finies (Annexe II) pour discrétiser le système. Dans ce
qui suit la méthode numérique des différences finies est illustrée dans le cas d’un régime
unidimensionnel stationnaire. Pour commencer, il est nécessaire de discrétiser la fonction ?
dans le temps, en des pas de temps ∆?, et dans l’espace en des nœuds espacées de ∆?.
Considérons les temps égaux à 0, ∆?, 2∆?, … , ?∆?, et les positions sont 0, ∆?, … , ?∆? =
?
? avec ?? = ?(?∆?, ?∆?) . En écrivant l’équation aux dérivées partielles en fonction de
l’approximation par des différences finies on obtient :
? +1 ? ? ? ?
?? − ?? ? − 2?? + ??−1 (2.4)
= ?? ?+1
∆? ∆? 2

46
?
Nous pouvons connaitre la valeur de la fonction ?? à l’instant j pour toutes les positions i, en
connaissant sa valeur au temps initial t=0. A l’aide de l’équation suivante, nous pouvons obtenir
?
la valeur ?? pour toute position ?.

? +1 ? ?? ∆? ? ? ? ? ? ?
?? = ?? + ? − 2?? + ??−1 = ? ??+1 + ??−1 + (1 − 2?)?? (2.5)
(∆?)2 ?+1

?? ∆?
avec ? = ∆? 2
. D’où, l’équation sous forme matricielle s’écrit :

?? ? +1 = ? ?? ? (2.6)

En d’autres termes, cette équation sert à calculer la distribution de la température au
temps ? + 1, compte tenu de sa répartition au temps ?. Aux extrémités (? = 0 et ? = ?), nous
remplaçons l’équation précédente par les conditions aux limites ?(0, ?) = ???? (température
intérieure) et ?(?, ?) = ???? (température extérieure).
On peut interpréter cette équation en disant que la température à un endroit donné à
l’étape suivante de temps est une moyenne pondérée de sa température et des températures
aux positions voisines, à l’étape de temps actuelles. En d’autres termes, durant un temps ∆?,
une section donnée de la paroi, transfert à chacune de ses voisines espacées de ∆?, une partie
de son énergie thermique et maintient la partie restante (1-2a).

2.3.2. Choix du modèle de couplage hygrothermique
Les matériaux de construction utilisés dans l’enveloppe de bâtiment sont des matériaux
poreux. Ils contiennent de l’eau en phase liquide ou gazeuse. L’humidité peut être transportée
par diffusion, par capillarité, par convection et par introduction non intentionnelle d’eau. Les
faces intérieure et extérieure des enveloppes sont à des températures différentes. Il en résulte
par conséquent un transfert de chaleur par conduction à travers le matériau et un transfert de
chaleur accompagnant chaque changement de phase. Ceci créé des interactions de transport
complexes pendant lesquelles certains matériaux stockent et accumulent l’eau dans leur
structure poreuse. Ce qui peut entrainer des dommages mécanique, biologique et chimique
selon les conditions environnementales, la teneur en eau, l’histoire et les propriétés
intrinsèques du matériau.
Dans la littérature, on trouve plusieurs modèles permettant de modéliser les transferts
hygrothermiques dans une paroi. Ces modèles diffèrent par leur approche et leur complexité.
Pour notre étude, nous avons utilisé un modèle simple, basé sur la théorie de Philip et de
Vries(27) qui considèrent que l’humidité traverse le matériau poreux sous forme liquide et
vapeur. La phase liquide est supposée se déplacer par capillarité tandis que la phase vapeur se
diffuse en fonction des gradients de pression partielle de vapeur.
Nous présentons le modèle hygrothermique utilisé, et la discrétisation des équations
simulées par notre programme sur MATLAB écrit pour chercher les profils de température et

47
d’humidité relative dans la paroi. Nous comparons les résultats donnés par MATLAB avec ceux
donnés par le logiciel WUFI.

2.3.2.1. Hypothèses simplificatrices
Dans la modélisation du transfert de hygrothermique, nous considérons les hypothèses
suivantes (44; 45):

 La phase solide constituant le milieu poreux est indéformable, homogène, isotrope, et
n’est le siège d’aucune réaction chimique,
 Les différentes phases sont en équilibre thermique en tout point du milieu poreux,
 La phase gazeuse obéit à la loi des gaz parfaits,
 La teneur en masse de l’humidité en phase vapeur, est supposée très faible par rapport
à celle de la phase liquide,
 Les chaleurs massiques des différentes phases sont constantes, pour la gamme de
température considérée,
 La masse de vapeur est négligeable devant celle du liquide, par conséquent la
concentration de l’humidité dans le milieu poreux est égale à la teneur d’humidité en phase
liquide,
 les flux thermique et hydrique sont nuls au sol et au plafond, par conséquent leur
variation a lieu uniquement dans la direction x.

2.3.2.2. Equations de couplage du transfert hygrothermique
En appliquant les lois de conservation aux différentes phases et en considérant les
hypothèses simplificatrices citées précédemment (2.3.2.1), l’équation de transfert de l’humidité
sous ses différentes phases s'écrit alors :
?? ?? ??
= ??? ?? ???? (?) + ???? (?) (2.7)
?? ?0
L’équation devient :
?? ?2 ?? ?? ? 2
= ?? (?) + (?) (2.8)
?? ?? 2 ?0 ?? 2

où ?? est la diffusivité massique (?2 /?), ?? est la diffusivité thermique (?2 /?. °?), ? est
l’humidité relative (??/??), ? est la température en °C, ?0 est la température de référence (°C),
?? est la masse volumique du matériau (??/?3 ), ? est le temps (s) et ? est l’abscisse(m).

D’autre part, l’équation de couplage du transfert hygrothermique peut être obtenue,
par l'expression de la conservation de l'enthalpie dans les phases solide, liquide et vapeur.
Cependant, le flux de chaleur est composé du transfert thermique par conduction et d’un terme
source résultant des processus d’évaporation-condensation de l’humidité. Ce denier terme

48
traduit les effets de changement de phase (chaleur latente) dont le moteur est la densité de flux
de vapeur.

??
?? ?? = ??? ????? (?) + ?? ??? ?? ???? (?) (2.9)
??
Dont ?? est la chaleur latente de vaporisation de l’eau et vaut 2.26 ∗ 10^6 ?/??.

En considérant les hypothèses précédentes (2.3.2.1), et sachant que les flux thermique
et hydrique sont nuls au sol et au plafond, et sous des conditions stationnaires, l’équation de
couplage peut être écrite dans la direction x perpendiculaire sous la forme :

?? ?2 ? ?2 ?
?? ?? = ? 2 + ?? ?? 2 (2.10)
?? ?? ??

2.3.2.3. Résolution numérique par la méthode des différences finies
Les inconnues du modèle sont les champs d’humidité (?) et de température (?). Le
problème consiste à trouver l’évolution de ces variables pour un milieu poreux dont on connait
la géométrie, les propriétés des matériaux, l’état initial et l’environnement hygrothermique. La
méthode numérique utilisée est celle des différences finies.

En discrétisant par la méthode des différences finis l’équation (2.8) de diffusion de
l’humidité on obtient :

?? ? +1 − ?? ? ? − 2?? ? + ??−1 ? ?? ?? ??+1 ? − 2?? ? + ??−1 ?
= ?? + (2.11)
∆? ∆? 2 ?0 ∆? 2

donc :

?? ∆? ?? ?? ∆?
?? ? +1 = ?? ? + ??+1 ? − 2?? ? + ??−1 ? + ? ? − 2?? ? + ??−1 ? (2.12)
∆? 2 ?0 ∆? 2 ?+1

?? ∆? ?? ∆? ?
On pose ? = et ? = , et ? = ? ? , l’équation devient :
∆? 2 ∆? 2 ?0

?? ? +1 = ? ??+1 ? + ??−1 ? + 1 − 2? ?? ? + ? ??+1 ? + ??−1 ? − 2??? ? (2.13)

49
Et sous forme matricielle:

?? ? +1 = ? ?? ? + ? ?? ? (2.14)

En résolvant cette équation, nous obtenons les profils de la teneur en eau à travers le
temps, nous introduisons les résultats dans l’équation du couplage pour obtenir les profils de
température à travers le temps. Nous discrétisons l’équation de couplage (2.10) en utilisant la
méthode des différences finies. Nous obtenons les équations suivantes :

?? ? +1 − ?? ? ??+1 ? − 2?? ? + ??−1 ? ??+1 ? − 2?? ? + ??−1 ?
?? ?? =? + ? ?
? ? (2.15)
∆? ∆? 2 ∆? 2

D’où la température au pas de temps suivant :
∆?? ∆??? ??
?? ? +1 = ??+1 ? − 2?? ? + ??−1 ? + ?? ? + 2 ? ? − 2?? ? + ??−1 ? (2.16)
2
∆? ?? ?? ∆? ?? ?? ?+1

?
On sait que la diffusivité thermique s’écrit ?? = ? en m2/s.
? ??

∆??? ?? ∆? ??
Et on pose a= ,? = et ? = ?. ,
∆? 2 ∆? 2 ?? ? ?

?? ? +1 = ? ??+1 ? + ??−1 ? + 1 − 2? ?? ? + ? ??+1 ? − 2?? ? + ??−1 ? (2.17)

D’où l’équation matricielle :

?? ? +1 = ? ?? ? + ? ?? ? (2.18)

Nous introduisons les équations de couplage discrétisées (2.18) et (2.14) dans un
programme sur MATLAB afin qu’on puisse simuler les trois matériaux étudiés.

50
2.4. Validation du modèle
Dans cette partie, nous présentons les résultats de la validation du modèle de couplage
présenté ci-dessus, en comparant les résultats trouvés par MATLAB (Annexe III) avec ceux
obtenus par WUFI.
En se basant sur un modèle de calcul simple, nous présentons la validation du modèle
sur MATLAB au niveau d’une paroi monocouche de 25 cm d’épaisseur en béton cellulaire et en
brique ancienne. A la surface extérieure, on applique des conditions de température et
d’humidité relative qui rassemblent à celles d’une journée froide à Boulder (Figure 2.7 et Figure
2.8). Pour la surface intérieure, la température et l’humidité sont maintenues respectivement à
20°C et 80 % au temps initial, et elles changent brutalement à 21°C et 40 % et restent constantes
pendant les 24 heures de simulation.
La paroi est discrétisée en 25 nœuds par la méthode de différences finies. Les propriétés
physiques des matériaux utilisés dans cette simulation sont montrées dans le Tableau 2.2.

2.4.1. Validation du modèle de la paroi monocouche du béton
cellulaire
Les figures 2.11 et 2.12 montrent les résultats obtenus par la modélisation sur MATLAB,
et ceux trouvés par WUFI. Il s’agit de l’évolution de la température et de l’humidité relative à
travers une paroi monocouche en béton cellulaire au temps initial et au temps final.

Figure 2.11: comparaison de la distribution de la température dans une paroi de béton cellulaire, donnée par
MATLAB avec celle trouvée par WUFI

51
Figure 2.12: comparaison de la distribution de l'humidité relative dans une paroi de béton cellulaire, donnée par
MATLAB avec celle trouvée par WUFI

2.4.2. Validation du modèle de la paroi monocouche de la brique
ancienne
Les distributions, données par MATLAB, de la température et de l’humidité relative à
travers une paroi simple de la brique ancienne au temps initial et final, elles sont comparées
dans les figures suivantes, avec celles trouvées par WUFI.

Figure 2.13: comparaison de la distribution de la température dans une paroi de brique ancienne, donnée par
MATLAB avec celle trouvée par WUFI

52
Figure 2.14: comparaison de la distribution de l'humidité relative dans une paroi de brique ancienne, donnée par
MATLAB avec celle trouvée par WUFI

En comparant les profils obtenus par notre programme sur MATLAB avec ceux obtenus
par WUFI, nous remarquons un écart acceptable dans le cadre de notre étude. Cela peut être
expliqué par le fait que nous avons considéré dans notre programme, que les propriétés
physiques des matériaux sont constantes dans le temps, tandis que réellement le problème est
plus complexe, puisque les propriétés varient avec la température et le taux d’humidité. De plus,
cette modification de l’évolution hygrothermique entre MATLAB et WUFI, est interprétée du fait
que les conditions extérieures sont approximées dans notre programme.

Nous considérons dans la suite que les résultats trouvés par MATLAB sont compatibles
et en accord avec ceux obtenus par WUFI, et que les erreurs ne sont pas significatives. Ainsi
nous considérons que le programme MATLAB est valable pour l’observation de l’évolution
hygrothermique d’une paroi monocouche.
Nous utilisons ce programme dans le dernier chapitre pour le calcul de la sensibilité des
propriétés des matériaux et nous prolongerons pour le calcul de la fiabilité.

53
Chapitre 3 : Etude de la sensibilité
Lord Kelvin écrivait « il n’y a de science que du mesurable… ». Mesurer des grandeurs
identifiées est une activité fondamentale dans les laboratoires de recherche scientifique et dans
l'industrie. Toute validation théorique d’un phénomène (physique, biologique, chimique, etc.)
passe par la mesure fiable de ses effets. C’est aussi fondamental dans de nombreuses activités
quotidiennes comme le pesage dans les commerces, les analyses biologiques, la mesure de
vitesse avec un radar, les modélisations physiques … Il est nécessaire d’établir la confiance dans
les résultats fournis lors de ces opérations.

Le but de ce chapitre est d’évaluer la fiabilité du comportement hygrothermique,
compte tenu de la variabilité des paramètres d’entrées, en nous appuyant sur le modèle choisi
dans le chapitre précédent. Avant de procéder au calcul de fiabilité nous sommes passés par le
calcul de la sensibilité du modèle aux paramètres d’entrée. Ainsi nous avons examiné les
paramètres les plus influents sur la diffusion de la température à travers une paroi simple. De
cette manière nous avons pu identifier les grandeurs qui agissent sur la performance
énergétique.

3.1. Introduction
Mesurer une grandeur (température, humidité relative, teneur en eau,…), n’est pas
simple, puisqu’il faut calculer la valeur de cette grandeur mais aussi lui associer une incertitude
afin de pouvoir qualifier la qualité de la mesure. Or, évaluer l’incertitude sur une mesure est un
domaine complexe.
Dans notre travail nous avons choisi pour le calcul de l’incertitude une formule simple pour
l’évolution de l’erreur relative :
A−B
e = ∗ 100 (1.3)
?

Avec ? est le pourcentage de l’erreur relative, en prenant ? est la valeur de référence et ? la
valeur approchée.

54
3.2. Etude de la sensibilité des paramètres
Dans cette partie, on calcule la sensibilité aux paramètres des matériaux de
construction, dans le cas d’une paroi simple du béton cellulaire. Pour tous les paramètres, la
référence provient de la température du béton cellulaire dont les propriétés physiques sont
énoncées dans le Tableau 3.3 suivant :
Tableau 3.3: Les propriétés physiques du béton cellulaire
Chaleur Conductivité Diffusivité Diffusivité
Epaisseur Densité
spécifique thermique thermique Massique
(cm) (kg/m3)
(J/kg.K) (W/m.K) (m2/s) (m2/s)

Béton cellulaire 25 460 840 0,119 3,07*10-7 3,12*10-9

L’étude de sensibilité est effectuée en considérant une variation des paramètres de 25%
et 50% par rapport aux valeurs de référence proposées dans le Tableau 3.3.

3.2.1. Chaleur spécifique

Sensibilité à la chaleur spécifique
25
Température au centre de la paroi

20

15

10

5

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Temps de simulation en heures
Cp=840 (J/kg.K) de référence 0,75*Cp 1,25*Cp 1,5*Cp

Figure 3.15 : Influence de la chaleur spécifique sur l’évolution de la température au milieu de la paroi

55
La Figure 3.15 présente l’influence de la chaleur spécifique sur l’évolution de la
température au milieu de la paroi du béton cellulaire. Plus on augmente la chaleur spécifique,
plus on diminue la diffusivité thermique du matériau et par conséquent l’amplitude de la
température diminue. Une variation de 25% de la valeur de ?? peut conduire à une erreur de
±1,6°? (14%) de la température au milieu de la paroi. Pour atteindre la même température
dans les dix premières heures, nous aurons besoin de deux heures de plus si la chaleur
spécifique augmente de 50%. Le Tableau 3.4 montre la valeur de l’erreur relative au niveau de la
température au milieu de la paroi, en fonction de la variation de la chaleur spécifique du
matériau.
Tableau 3.4: Le pourcentage de l’erreur de la température au milieu de la paroi en fonction de la chaleur spécifique

Erreur de la température au milieu de la paroi
Chaleur Référence
0,75*?? 1,25*?? 1,5*??
spécifique ?? =840J/kg.K
Erreur (%) 0 13,53 -11,55 -21,12

On note que l’erreur positive signifie une température plus petite que celle de référence et vice-
versa.

56
3.2.2. Conductivité thermique

Sensibilité à la conductivité thermique
25
Température au centre de la paroi

20

15

10

5

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Temps de simulation en heures
λ=0.119 W/m.K de référence 0,75*λ 1,25*λ 1,5*λ

Figure 3.16 : Influence de la conductivité thermique sur l’évolution de la température au milieu de la paroi

La Figure 3.16 montre l’influence de la conductivité thermique sur l’évolution de la
température au centre de la paroi. On note que plus la conductivité thermique est élevée, plus
la température au milieu change rapidement du fait de la diffusivité thermique. On remarque
que son effet est significatif avec une différence de ±1.2°? lorsqu’on fait varier la conductivité
thermique de 25 %. Cette différence augmente à ±2°? si on fait varier la conductivité
thermique de 50%.
Le Tableau 3.5 compare la valeur de l’erreur relative des trois cas étudiés par rapport au
cas de référence. On note que l’erreur entre le cas de référence et 1,25*lambda est plus faible
(en valeur absolue) que celle de 0,75*lambda.

Tableau 3.5: Le pourcentage de l’erreur de la température au milieu de la paroi en fonction de la conductivité
thermique

Erreur de la température au milieu de la paroi
Conductivité Référence
0,75*λ 1,25*λ 1,5*λ
thermique λ=0,119 W/m.K

Erreur (%) 0 -9,74 8,42 14,65

57
3.2.3. Masse volumique

L’impact de la masse volumique sur la température au milieu est montré sur la Figure
3.17. On note que cet impact est analogue à celui de la chaleur spécifique puisque les deux
paramètres sont liés par la diffusivité thermique. Dans ce cas, une erreur de 25 % de la masse
volumique peut conduire à une erreur de 1 à 1,2°? de la température.

25
Sensibilité à la masse volumique
Température au centre de la paroi

20

15

10

5

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Temps de simulation en heures
ρ=460 kg/m3 densité de référence 0,75*ρ 1,25*ρ 1,5*ρ

Figure 3.17: Influence de la masse volumique sur l’évolution de la température au milieu de la parois

La comparaison des erreurs en fonction de la masse volumique est présentée dans le
Tableau 3.6.

Tableau 3.6: Le pourcentage de l’erreur de la température au milieu de la paroi en fonction de la masse volumique

Erreur de la température au milieu de la paroi
Masse Référence
3 0,75*ρ 1,25*ρ 1,5*ρ
volumique ρ=460 kg/m

Erreur (%) 0 11,71 -11,3 -21,37

58
3.2.4. Epaisseur
L’influence de l’épaisseur sur l’évolution de la température au milieu de la paroi est
montrée sur la Figure 3.18. Plus l’épaisseur est petite, plus la température évolue vite. Ainsi lors
des premières 10 premières heures, la température décroit plus vite lorsque l’épaisseur diminue
25%. Dans notre cas, une erreur de 14,5% de la température est observée lorsque l’épaisseur
augmente de 25%. A l’opposé des cas précédents où l’impact sur la température n’était pas
important, l’impact de l’épaisseur sur la température est considérable, comme le montre la
Figure 3.18 où les courbes sont très dispersées.

Sensibilité de l'épaisseur de la paroi
25
Température au centre de la paroi

20

15

10

5

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Temps de simulation en heures
e=25cm de référence 0,75*e 1,25*e 1,5*e

Figure 3.18: Influence de l'épaisseur sur l’évolution de la température au milieu de la paroi

Afin de comparer les résultats des trois cas étudiés avec ceux de référence, les erreurs sont
montrées dans le Tableau 3.7. L’erreur pour le cas 0,75*e de la température est très marquante.
Cela confirme le fait que l’épaisseur est un paramètre très influant sur la performance
énergétique de la paroi.

Tableau 3.7: Le pourcentage de l’erreur de la température au milieu de la paroi en fonction de l’epaisseur
Erreur de la température au milieu de la paroi
Référence
Epaisseur 0,75*e 1,25*e 1,5*e
e=25 cm

Erreur (%) 0 31,95 -14,46 -35,39

59
3.3. Calcul de la fiabilité
La quête sans fin d’une modélisation déterministe est vaine. Nous vivons dans l’incertain
et nous nous devons maitriser les risques associes à cet incertain. D’où la fiabilité fut un
problème ancien mais toujours d’actualité, il s’agit d’une affaire de probabilité. Cette partie
présente d’une façon globale la théorie de la fiabilité de la performance énergétique et d’une
façon brève, les évolutions des méthodes de résolution. On part d’un modèle simplifié, qui
donne les distributions de la température et de l’humidité relative à travers une paroi comme
résultats. Ces résultats sont intégrés dans un modèle de calcul de fiabilité, qui s’appelle LifeRel,
développé par A. Chateauneuf, pour prédire la performance réelle d’une paroi simple.

3.3.1. Définition de la fiabilité
Par définition, la fiabilité est l’aptitude d’un dispositif à accomplir une fonction requise,
dans des conditions données et pendant une durée donnée. Le terme est aussi utilisé comme
caractéristique désignant une probabilité de succès ou un pourcentage de succès (AFNOR NF
X50-120).

????????é = 1 − ?? (3.1)

avec ?? étant la probabilité de défaillance.

L’analyse de la fiabilité de la performance énergétique, permet d’obtenir des
informations précises sur les contributions de chacune des variables de conception pour assurer
le niveau de sûreté exigé. Or cette analyse fait intervenir différents niveaux de complexité
d’ordre probabiliste et énergétique. La complexité du modèle probabiliste dépend des
distributions des variables, de leurs limitations physiques et de leur interdépendance. La
complexité du comportement énergétique découle des phénomènes transitoires et non
linéaires. Le couplage des modèles hygrothermiques et probabilistes est donc une étape
primordiale pour l’analyse des systèmes. La qualité des résultats de l’analyse de la fiabilité
dépend directement de la qualité des informations disponibles, une connaissance de plus en
plus fine améliore les résultats, mais elle exige des développements spécifiques et des
procédures adaptées.

Le choix de l’objectif de la fiabilité peut se faire soit par l’acceptation d’une valeur
raisonnable pour les nouveaux systèmes sans a priori historique, ou soit par la calibration des
niveaux de fiabilité dans les règlements actuels pour des systèmes similaire. Or pour les
systèmes où la défaillance engendre des pertes économiques seulement, le choix de l’objectif
de la fiabilité peut être par optimisation du coût total sur la durée de vie.

3.3.2. Analyse de sensibilité / analyse de fiabilité
L’analyse de sensibilité est la recherche des paramètres statistiques de la réponse d’un
modèle hygrothermique, en fonction de la variabilité des données d’entrée autour d’une valeur
connue, de référence comme nous avons calculé dans la partie précédente, cette analyse

60
requière un modèle probabiliste des données d’entrée et un modèle hygrothermique avec des
réponse d’intérêt, et elle peut se faire par méthodes de simulation ou de perturbations.

Tandis que, l’analyse de fiabilité est le calcul de la probabilité de défaillance d’un
scénario de défaillance choisi, considère plus d’autres grandeurs, telles que le point de
défaillance le plus probable, l’importance des variables sur la fiabilité, les coefficients partiels de
sécurité. Cette analyse demande de plus d’un modèle probabiliste des données d’entrée et un
modèle hygrothermique, la définition d’un scénario de défaillance, et elle peut être résolu par
des simulations ou des approximations.

3.3.3. Formulation générale du problème de fiabilité
?
On considère un vecteur de variables aléatoires de base d’entrée noté ? = . Pour la
?
fiabilité de la performance énergétique étudiée dans notre cas, on a choisi la variable ? comme
étant la température en un point de la structure, celui où il est attendu qu’elle soit maximale,
soit le centre de la paroi, et la variable ? une température seuil admissible. On lie les variables
aléatoires d’entrée au travers d’une fonction dite de performance notée ? ? . On propose
que ;

 ? ? > 0 = Succès et on est dans le domaine de sûreté
 ? ? < 0 = Défaillance et on est dans le domaine de défaillance
 ? ? = 0 Désigne l’état limite, ou limite de la défaillance

On suppose que ? est de la forme suivante : ? ? = ? ?, ? = ? − ?

Avec r et s sont des réalisations respectives de R et S.

Donc la probabilité de défaillance ?? sera calculée comme suit :

?? = ? ? = ? − ? ≤ 0 = ??? (?, ?)????
?−?≤0

où ??? désigne la densité conjointe entre ? et ? , et
? = ? − ? est une variable aléatoire, elles est appelée la
marge de sûreté.

La variable ? peut être une fonction en un point choisi, celui
où on attend qu’elle soit maximale, et ? correspond au seuil Figure 3.19: diagramme des limites de la
admissible. probabilité de la défaillance

61
3.3.4. Démarche du calcul de la fiabilité
L’organigramme de la Figure 3.20 illustre la démarche de calcul fiabiliste. Après la
collecte des informations disponibles sur le système, la première étape consiste à définir les
modèles probabilistes et de couplage à utiliser dans l’analyse. Ces deux modèles sont complétés
par la définition des scénarios de défaillance, pour former ce que nous appelons le modèle
fiabiliste.
A défaut d’intégration directe de la probabilité de défaillance (ce qui est très rare), des
techniques de simulations de Monte Carlo peuvent être utilisées pourvu que le coût du calcul
énergétique reste faible. Dans les cas réels, le calcul de l’indice de fiabilité est un moyen efficace
pour l’analyse des systèmes industriels. Le point de conception est obtenu par un algorithme
d’optimisation particulier, permettant de piloter directement ou indirectement le modèle de la
performance énergétique. A l’issue de cette étape, la probabilité recherchée est estimée soit par
les techniques FORM/SORM, soit par des tirages d’importance au voisinage du point de
conception. En plus du niveau de fiabilité, le concepteur peut avoir accès aux facteurs
d’importance des différents paramètres hygrothermiques et probabilistes.

Figure 3.20: organigramme de l’analyse fiabiliste de la performance énergétique

62
3.3.5. Méthodes de l’analyse de la fiabilité
Il est très difficile d’identifier une méthode d’analyse fiabiliste comme étant la
“meilleure”. Pour chaque problème, certaines méthodes sont mieux adaptées que d’autres, et
même dans chaque méthode, un jeu de paramètres convient mieux au système à étudier. Il est
pratiquement impossible de donner une règle générale, mais avec l’expérience on peut
recommander une méthode pour un type de problème donné. Le logiciel LifeRel que nous avons
utilisé pour l’analyse de la fiabilité, dispose de plusieurs approches, afin de confronter leurs
résultats.
Sans entrer dans les détails de chaque méthode d’analyse, il existe trois grandes
approches pour le calcul de la fiabilité.

3.3.5.1. Intégration directe
Il s’agit de l’intégration directe de la probabilité de défaillance. Cette méthode est
rarement possible analytiquement, sauf dans des cas académiques. L’erreur d’intégration étant
faible, du même ordre que la probabilité de défaillance à calculer.

3.3.5.2. Méthodes de simulations
Les simulations Monte Carlo sont souvent très gourmandes en temps de calcul.
Certaines formes peuvent cependant être avantageusement couplées aux méthodes
d’approximation.

3.3.5.3. Méthodes d’approximation
Il s’agit des méthodes FORM (First Order Reability Method) et SORM (Second Order
Reliability Method). Ces méthodes sont les plus utilisées actuellement, car elles permettent de
résoudre la majorité des problèmes rencontrés par l’ingénieur avec un coût de calcul
raisonnable.

3.3.6. Application sur une paroi simple du béton cellulaire
Dans cette partie, on applique le modèle de couplage sur LifeRel pour l’analyse d’une
paroi simple en béton cellulaire, dans le but d’étudier la fiabilité de la performance énergétique
de la paroi. Les variables aléatoires choisis sont les propriétés physiques du béton cellulaire,
pour lesquelles nous avons étudié la sensibilité du modèle. Le Tableau 3.8 montre les lois de
distribution de ces propriétés physiques, modélisées par le logiciel LifeRel.

Tableau 3.8: Lois de variation des propriétés physiques appliquées sur LifeRel
Coefficient de
variable Loi de probabilité Moyenne Ecart-type
variation (CV)
Conductivité thermique Log-normale 0,119 0,0238 20%
Chaleur spécifique Log-normale 840 168 20%
Densité Log-normale 460 46 10%
Epaisseur Log-normale 25 1,25 5%

63
Nous nous intéressons dans cette application à la température minimale pendant un
jour au milieu de la paroi ?????? . La Figure 3.21 illustre la dispersion de cette température due
aux incertitudes sur les paramètres d’entrée. Cette distribution est obtenue par 500 tirages de la
méthode de Monte Carlo. Le calcul des paramètres de la température ?????? indique une
moyenne de 10,39°C, un écart-type de 0,79°C, ce qui correspond à un coefficient de variation de
8%.

Figure 3.21: la distribution de la température au milieu de la paroi

Dans cette étude, nous considérons qu’il y a défaillance lorsque la température
minimale pendant la journée au milieu de la paroi ?????? se trouve en dessous d’une
température admissible ??? . Ainsi, la fonction de performance s’écrit :

? ? = ?????? − ??? (3.2)

Pour le niveau admissible ??? = 8°? le logiciel de calcul de fiabilité LifeRel indique une
probabilité de défaillance de 1,3x10-4 (indice de fiabilité ? = 3,65), avec les valeurs des
sensibilités envers les variations des paramètres d’entrée indiquées dans le Tableau 3.9 et le
graphe 3.22.

Tableau 3.9: La sensibilité des paramètres trouvées par LifeRel
Point de défaillance le plus
Variable Importance
probable
Conductivité 33,0% 0,1085
Chaleur spécifique 32,9% 460,1
Densité 17,4% 393,3
Epaisseur 16,7% 231,8

64
Importance des variables

Epaisseur
17%
Conductivité
Densité 33%
17%

Chaleur spécifique
33%

Figure 3.22: graphe circulaire montrant en pourcentage l'importance des variables sur la fiabilité de la performance

La garantie d’une valeur admissible de température dépend donc essentiellement de la
variabilité de la conductivité thermique et de la chaleur spécifique, étant la forte importance de
ces deux variables (i.e. 33% chacune) sur les résultats de diffusion thermique d’une paroi
simple. Par ailleurs, malgré la forte sensibilité déterministe de l’épaisseur de la paroi (comme le
démontre l’étude de sensibilité), les méthodes de construction indique un coefficient de
variation relativement faible pour cette variable 5%. Par conséquent, l’importance de l’épaisseur
de la paroi est relativement réduite, et s’élève à seulement 17%.

L’importance des variables montre que la chaleur spécifique et la conductivité
thermique jouent un rôle important sur le modèle de fiabilité d’un modèle de diffusion
hygrothermique d’une paroi simple. Bien entendu, cette conclusion dépend fortement des
hypothèses de départ (lois et paramètres statistiques) qui seront approfondies dans un futur
travail à partir des données expérimentales.

Pour étudier l’évolution de la fiabilité en fonction du seuil admissible, on fait varier la
valeur de la température admissible de 7,5°C à 10°C. Les résultats en termes de probabilité de
défaillance et d’importance des paramètres sont donnés par le Tableau 3.10. Il est démontré
que la probabilité de défaillance est très sensible à l’objectif fixé par le concepteur. L’importance
des paramètres restent indépendants du niveau admissible de température

65
Tableau 3.10: Variation de la probabilité de défaillance et des sensibilités des paramètres en fonction de la
température admissible
??? ?? ? ?? ? ?
-2
10°C 30,7x10 35,4% 35 ,2% 14,8% 14,6%
9,5°C 13,8x10-2 34,8% 34,8% 15,3% 15,1%
9,0°C 3,8x10-2 34,1% 34,0% 16,1% 15,8%
8,5°C 4,3x10-3 33,7% 33,3% 17,3% 16,3%
8,0°C 1,3x10-4 33,0% 32,9% 17,3% 16,7%
7,5°C 1,7x10-7 32,5% 32,4% 17,5% 16,8%

Nous avons observé l’évolution de la probabilité de défaillance en fonction du niveau
admissible de température Figure 3.23. D’après cette figure, nous remarquons que la
probabilité de défaillance augmente fortement quand le niveau de la température admissible
s’approche de 10°?. Pour un niveau de confiance de 1%, la température qui peut être garantie
se trouve à 8,5°C.

1.00E+00
7.5 8 8.5 9 9.5 10
1.00E-01
Probabilité de défaillance

1.00E-02

1.00E-03

1.00E-04

1.00E-05

1.00E-06

1.00E-07
Température admissible (°C)

Figure 3.23: évolution de la probabilité de défaillance en fonction de la température admissible

66
Conclusion Générale et perspective:
Il est très difficile de garantir la fiabilité du rendement réel d’une rénovation
énergétique. De plus, la caractérisation de la performant d’un modèle de diffusion
hygrothermique est une tâche complexe, étant donné que, pour chaque modèle, les sensibilités
des matériaux et des paramètres dépendent fortement du système étudié. Alors qu’il est
pratiquement impossible de donner une règle générale, l’expérience permet de recommander
une méthode pour un type de problème donné. Les méthodes fiabilistes permettent de
comprendre les rôles des incertitudes dans la diffusion hygrothermique au sein des parois des
bâtiments. Ces méthodes sont utilisées pour le calcul de la probabilité de défaillance par rapport
à un objectif donné, d’une part, et pour l’évaluation des sensibilités vis-à-vis des incertitudes des
données, d’autre part.

Pour comprendre les phénomènes de diffusion à travers les matériaux de construction,
nous avons consacré le premier chapitre à l’étude des modèles de diffusion hygrothermique et
des outils d’analyse hygrothermique disponibles. Nous avons également rappelé leurs avantages
et les limites de leur utilisation.

Dans le deuxième chapitre, nous avons discrétisé et implémenté sur MATLAB le modèle
de diffusion, afin de permettre le couplage pour le calcul de fiabilité. Les simulations
numériques et les comparaisons avec les résultats du logiciel WUFI ont permis de valider les
développements dans le cas du béton cellulaire, de la brique ancienne et de la brique en terre
cuite.

Les résultats obtenus dans le dernier chapitre concernant la sensibilité et la fiabilité du
modèle représentent une étape exploratoire, permettant des approfondissements dans des
travaux futurs. Pour les modèles de diffusion hygrothermique, nous pourrons adopter d’autres
modèles pour coupler les phénomènes de diffusions de chaleur, d’humidité et d’air. Cette étude
nous a permis d’évaluer l’importance de la sensibilité aux paramètres d’entrée, par rapport à la
diffusion hygrothermique dans des cas simples. Le rôle des paramètres du matériau s’avère
primordial dans l’estimation des performances réelles.

En perspective de ce travail, l’analyse de sensibilité peut être développée pour des cas
plus complexes de diffusion dans des parois multicouches, tout en considérant le couplage avec
les équations de diffusion de l’air. Concernant l’application numérique, il serait intéressant
d’étudier le comportement hygrothermique des matériaux de différentes compositions telles
que les matériaux d’isolation. De plus, l’étude de la fiabilité de la performance énergétique doit
tenir compte du flux d’air et des phénomènes de convections dans le modèle hygrothermique.
Cette étude peut être également complétée par la modélisation de la pluie extérieure et l’étude
de son interaction à l’échelle d’une paroi et à l’échelle du bâtiment.

En complément de cette étude numérique, des essais expérimentaux permettront
d’identifier les variabilités des caractéristiques hygrothermiques des matériaux de construction
et d’isolation, afin d’augmenter la fiabilité énergétique dans le domaine du génie civil.

67
Références Bibliographiques :
1. Mémentos technique du bâtiment - Confort thermique . CETE de Lyon : Ministère de
l’Equipement, des Transports, du Logement, du Tourisme et de la mer - centre d’études sur les
réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques Certu, Juillet 2003.

2. La réglementation thermique 2000. Schwach, P. décembre 2000, CSTB Magazine 132
novembre.

3. Réglementation thermique 2000. Visier J. C. décembre 2000, CSTB Magazine 132 novembre,
p. 3.

4. Ed, Trechsel HR. Moisture Control in Building. Philadelphia : PA: ASTM, 1994.

5. R.B.Anderson. Modification of Brunuaer, Emmet and Teller equations, Journal of the
American Chemical Society . 1946, Vol. 68, pp. 686-691.

6. Rode Pedersen, C. Combined Heat and Moisture Transfer in Building Constructions’. s.l. :
Thermal Insulation Laboratory, Technical University of Denmark, 1990.

7. Ph.D.Achilles Karagiozis, Hartwig Künzel, Andreas Holm. WUFI-ORNL/IBP-A North American.

8. Cornick, S. A Numerical modeling tool to simulate heat, air and moisture transfer through
building envelopes. February 13, 2008.

9. Burnett, Dr. John Straube and Dr. Eric. Review of Modeling Methods for Building Enclosure
Design. s.l. : Univercity of Waterloo.

10. P.S, Meukam, P., Menguy, G., Girard, P. Thermophisical chracterisation of tropical wood
used as building materials: with respect to the basal density; Construction and Building
Materials. 2006.

11. Paczkowski et Laurent. Transfert dans les aliments solides modèles physiques et
mathématiques. s.l. : Techniques de l’Ingénieur, traité Agroalimentaire, 2000.

12. Brizeux, PSI. Etude de deux phénomènes de diffusion : la diffusion thermique et la diffusion
de particules.

13. M.J., Cunningham. The Moisture Performance of Framed Structures: A Mathematical
Model. Bldg Envir. 23. 1988, pp. 123 - 135.

14. L., Kerestecioglu A. and Gu. Incorporation of the Effective Penetration Depth Theory into
TRNSYS, Draft Report. Cape Canaveral, Florida : Florida Solar Energy Center, 1989.
68
15. W.C., Burch D.M. and Thomas. An Analysis of Moisture Accumulation in Wood Frame Wall
Subjected to Winter Climate. NISTIR 4674, Gaithersburg MD : National Institute of Standardsand
Technology, 1991.

16. El Diasty, R., P. Fazio and I. Budaiwi. Modelling of indoor air humidity: the dynamic
behaviour within an enclosure. Energy and Buildings, 19. 1992, pp. 61-73.

17. Liesen, R.J. Development of a Response Factor Approach for Modeling the Energy Effects of
Combined Heat and Mass Transfer with Vapor Adsorption in Building Elements. s.l. : Ph.D. thesis,
Mechanical Engineering Department, University of Illinois, 1994.

18. Yves Couasnet. contribution à l’étude du transfert de vapeur d’eau en régime permanent et
non stationnaire dans les matériaux poreux hygroscopiques. s.l. : Cahiers du Centre Scientifique
et Technique du bâtiment, Sept 1989.

19. B. Perrin et W. Kamel. Behaviour of multilayers walls with different vapor permeability of
external coating. s.l. : A.S. Mujumdar, 1992.

20. KAHLERRAS Loubna. Contribution à l’Etude de l’Influence des Conditions de surface sur les
Transferts Thermo-Hydriques dans les Milieux Poreux. s.l. : Faculté des Sciences de l’Ingénieure
Département de Génie Climatique, Université Mentouri Constantine.

21. GRANGER, L. Comportement différée du béton dans les enceintes de centrale nucléaire:
analyse et modélisation. s.l. : Thèse de Doctorat de l’ENPC, février 1995.

22. A.Belhamri. Etude des transferts de chaleur et de masse à l’interface d’un milieu poreux au
cours du séchage. France : Thèse de doctorat. Aérodynamique, Combustion, Thermique.
Université de Poitier, 1992.

23. Fortes M.& Okos M.R. Drying theories: their bases and limitations as applied tofoods and
grains. Advances in drying. s.l. : A.S. Mujumdar,, 1980. pp. 119-151.

24. DERU MICHAEL P. AND KIRKPATRICKALLAN T. Ground-coupled moisture transfer from
buildings. . Part 1-Analysis and modeling. s.l. : Transaction of the ASME 10/Vol. 124., 2002.

25. WATANABE Kazumasa. Hygro-thermal condition in building components simulated with heat
and moisture simultaneous transfer model. March 1994.

26. Straube, J.F. and Burnett. Overview of Hygrothermal Analysis Methods, ASTM Manual 40 -
Moisture Analysis and Condensation Control in Building Envelopes. Philadelphia : American
Society of Testing and Materials, 2001.

27. Philip, J.R. and De Vries, D.A. Moisture movement in porous materials under temperature
gradients. s.l. : Transaction of American Geophysical Union, 1957, Vol. 38, pp. 222-232.
69
28. J. Christian and J. Kosny. Toward a National Opaque WallRating Label. Proceedings of
Thermal Performance of the Exterior Envelope of Buildings VI, Clearwater. 1995, pp. 221–240.

29. Glaser, H. Waermeleitung und Feuchtigkeitsdurchgang durch Kuehlraumisolierungen. s.l. :
Kaltetecknik, 1958. pp. 86-91. Vol. 3.

30. Glaser, H. Graphisches Verfuhren zur Untersuchung von Diffusionsvorgangen. s.l. :
Kaltetecknik, 1959. pp. 345-355. Vol. 11.

31. Stewart, M. B. Annual Cycle of Moisture Analysis. ASHRAE/DOE Thermal Performance of
Exterior Envelope of Buildings. Orlando, FL : s.n., Dec. 1979, pp. 887–896.

32. TenWolde, A. Steady-State One-Dimensional Water Vapour Movement by Diffusion and
Convection in a Multi-layer Wall, ASHRAE Transactions, Vol. 91, Part 1a. 1985.

33. Rode, C. &Grau, K. Calculation tool for whole building hygrothermal analysis
buildingsimolation 2000. Zurich, Switzerland : IEA Annex 41 meeting, 2004.

34. WUFI Pro IBP (2008). WUI Pro 5.0 on line help.

35. Kuenzel & Hartwig, M. Simultaneous Heat and Moisture Transfer in Building Components -
One and Two Dimensional Calculation Using Simple Parameters. s.l. : IRB Verlag, Stuttgart,
Germany, 1995.

36. Ramos, N.M.M., Delgado, J.M.P.Q. and Barreira, E. & Freitas, V.P. Hygrothermal Properties
Applied in Numerical Simulation: Interstitial Condensation Analysis. s.l. : Journal of Building
Appraisal, 2009. pp. 161–170. Vol. 5.

37. Hagentoft, C-E. PC-program: 1D-HAM. Notes on heat transfer 5-93. Dept. of Building Physics.
s.l. : Lund University, 1993. Report TVBH-7147.

38. M. Mendes, I. Ridley, R. Lamberts, P.C. Philippi and K. Budag. UMIDUS: a PC Progam for the
Prediction of Heat and Moisture Transfer in Porous Building Elements. Brazil : Pontifical Catholic
University of Parana-Federal University of Santa Catarina.

39. Burch, D.M. & Chi, J. . MOIST: A PC program for predicting heat and moisture transfert in
building envelopes. s.l. : Release 3.0, NIST special publication 917, 1997.

40. Van Schijndel, A.W.M. Integrated heat, air, and moisture modeling and simulation in
HAMLab. Trondheim, Norway : IEA ECBCS Annex 41, working meeting, 2005.

41. Karagiozis, A. . Overview of the 2-D hygrothermal heat-moisture transport model LATENITE,
Internal IRC/BPL Rep. Ottawa : National Research Council Canada, 1993.

70
42. Meukam, P., Noumowe, A. Modeling of heat and mass transfer in lateritic building
envelopes. 2005, pp. 158- 167.

43. Woloszyn, M., May, M., Kwiatkowski, J. Influence des conditions aux limites sur les mesures
de l’inertie hygrique des matériaux de construction, . La Grande Motte, France : 24ème
rencontres Universitaire de Génie Civil, 2006.

44. Philip, J.R., De Vries, D.A. Moisture movement in porous material under temperature
gradients. s.l. : Transaction of The American Geophysical Union, 1957, pp. 222 – 232.

45. Samri, D., Arnaud, L. Assessment of heat and mass transfers in building porous materials.
Lyon : Proceedings of the 4th European Conference on Energy Performance & Indoor Climate in
Building, 2006.

46. Zoltan E. HEINEMANN. Fluid flow in porous media. 2005. Vol. 1.

47. DOURY, Jean-Louis and BETBEDER-MATIBET, Jacques. Constructions parasismiques. 1997.

48. BELMOUDEN, Youssef. Analyse spectrale non itérative des oscillateurs simples sous l'action
des tremblements de terre. Lausanne,Suisse : Bulletin de l’Institut Scientifique, Rabat, section
Sciences de la Terre, 2004.

49. AMOURI, Chahinez. Construction des spectres de reponse pour la region de Constantine.
Constantine : Université Mentouri de Constantine Faculte des sciences de l'ingenieur.

50. CAPRA, Alain and DAVIDOVICI, Victor. Calcul dynamique des structures en zone sismique.
s.l. : Eyrolles, 1982.

51. CHOPRA, Anil K. Dynamics of Structures A Primer. Berkely, California : The Earthquake
Engineering Research Institute, 1980.

52. CLOUGH, R.W. and PENZIEN, J. Dynamique des structures-Principes Fondamentaux. s.l. :
Pluralis, 1980.

53. LESTUZZI, Pierino and BADOUX, Marc. Genie Parasismique. s.l. : Presses polytechniques et
universitaires romandes, 2008.

54. PAULTRE, Patrick. Dynamique des structures. Paris : Hermes Science, 2005.

55. SAEZ, Esteban. Conception des batiments bases sur la notion de performance. Paris : Ecole
Central de Paris, 2006.

56. Boffi, Giacomo. [Online] may 15, 2012.
http://www.stru.polimi.it/people/boffi/dati_2012/08/slides.0.pdf.

71
57. CORNATON, Irénée and GARCI, Wahid. [Online]
http://www.freelem.com/intro/contacts.htm.

58. DAVIDOVICI, Victor. [Online] novembre 2001.
http://www.graitec.fr/expert/15_11_2001_vd.asp.

59. Algorithmes d’intégration temporelle de l’opérateur. ALARCON, Albert. Révision : 6861, s.l. :
Code_Aster, 02/08/2011, Vol. Clé : R5.06.04.

60. MEKKI, M., ELACHACHI, SM. and ZOUTAT, M. NOUVELLES APPROCHES DE MODELISATION
NON LINEAIRE DES STRUCTURES EN BETON ARME. Algeria : ENSET OranSBEIDCO – 1st
International Conference on Sustainable Built Environment Infrastructures in Developing
Countries ENSET Oran, 2009.

61. BALANDIER, Patricia. CONCEPTION PARASISMIQUE DES BATIMENTS (STRUCTURES)
INTRODUCTION A LA DYNAMIQUE DES STRUCTURES. s.l. : DDE Martinique – SECQUIP, 2001.

62. Ministere de l'Amenagement du Territoire, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de
l'Environnement - Secretariat d'Etat a l'Habitat. [Online] Juillet 2001.
http://www.scribd.com/doc/58393871/8/EVALUATION-DE-LA-PERIODE-FONDAMENTALE.

63. BONNARD, Quentin. La Tour Téotista à Monaco. s.l. : INSA Strasbourg, 2011.

64. AUDEBERT, Sylvie. Reponse sismique par methode spectrale. s.l. : Code Aster, 2009. p. 33.

65. SUCUOGLU, Haluk and AKKAR, Sinan. Introduction to Earthquake Engineering. Ankara,
Turkey : s.n., 2011.

66. Vibrations. s.l. : Institut de Mathematique et de Modelisation de Montpellier, 2011-2012.

67. Setra. Guide méthodologique Ponts en zone sismique Conception et dimensionnement selon
l’Eurocode 8. s.l. : Setra, 2012.

68. Error estimates and adaptive time stepping for various direct time integrtion methods. Choi,
Chang-koon and Chung, Heung-Jin. 6, s.l. : Elsevier Science Ltd, 1996, Pergamon, Vol. 60, p. 22.

69. Alternative characterization of time integration schemes. Pegon, Pierre. Ispra, Italy : Elsevier
Science, 2000, computer methods in applied mechanics and engineering, p. 21.

70. Brief history of computation of earthquake response spectra. Trifunac, M.D. Los Angeles,
U.S.A : Elsevier Science, 2006, Soil dynamics and earthquake engineering, p. 8.

71. Eurocode8. Calcul des structures pour leur résistance aux séismes - Partie 1: Règles
générales, actions sismiques etrègles pour les bâtiments. 2004.

72
72. Selection of earthquake ground motion records : A state-of-the-art review from a structural
engineering perspective. Katsanos, EvangelosI., Sextos, AnastasiosG. and Man, GeorgeD.
Thessaloniki,Greece : Elsevier Science, 2010, Soil dynamics and earthquake engineering.

73. Bertil, D., Rey, J. and Belvaux, M. Projet ANR SISBAT, Modelisation de l'action sismique. s.l. :
BRGM, 2010. Rapport RP-58886-FR.

74. Earthquake response spectra fo rperformance based design—A critica lreview. Trifunac,
Mihailo D.Trifunac. Los Angeles, USA : Elsevier Science, 2012, Soil
DynamicsandEarthquakeEngineering, p. 11.

73
Annexe I : « Mécanismes de transfert de masse dans le
milieu poreux »
Loi de Fick:

Lorsque survient une modification de l’un des paramètres thermodynamiques
(variations des conditions limites en humidité relative par exemple), le système comprenant les
phases liquide, gazeuse recherche un nouvel équilibre et un transfert de masse s’établit.

On considère que le transport de vapeur d'eau est un processus diffusionnel régi par la loi de
Fick qui s'exprime en milieu poreux par :

? = −????? ??

Où :

J : la densité de flux de masse.

D : le coefficient de diffusivité de la vapeur d’eau en (m2/s).

CV : la concentration en vapeur d’eau en (kg/m3).

L’équation de diffusion est obtenue en considérant un volume élémentaire limite par les plans
P1 et P2 d’abscisses respectives x et (x + dx). Les valeurs des flux à travers les deux plans 1 et 2
sont respectivement J(x) et J(x + dx):

La quantité de matière accumulée dans l’élément de volume limite par les deux plans P1 et P2
est donnée par la relation :

??
? ? − ?(? + ??) . ?? = . ????
??

Cette quantité de matière peut également s’exprimer en fonction de la variation temporelle de
la concentration dans l’élément de volume de longueur dx, soit :

? ??
[?? (? + ??) − ?? (?)] . ?? = . ????
??

74
En égalisant les deux expressions, on obtient :

?? ???
=−
?? ??

En combinant les équations, on obtient la deuxième loi de Fick :

??? ? ???
= (? )
?? ?? ??

Cette relation représente l’équation de diffusion.

Loi De Darcy :(46)

En 1854 Dupuit a fait des expériences sur les filtres urbains de l’eau, il a déduit que la
baisse de pression provoquée par le filtre était proportionnelle à la vitesse de filtration.

Henry Darcy a prouvé cette hypothèse en 1856 grâce à des expériences effectuées sur divers
paquets de gravier de sable. Darcy a trouvé que l’écoulement de l’eau à travers le filtre de sable
correspond à la formule suivante :

? ∆?
? = ?. .
? ?

Avec ;

A est la section transversale perpendiculaire à la direction de l'écoulement

k est la perméabilité c’est une propriété du milieu

L est la longueur dans la direction de l'écoulement

Δp est la différence de pression le long de l'écoulement

μ est la viscosité du fluide.

Au premier congrès d'huile du monde dans 1933 la perméabilité a été définie par Fancher,
Lewis, et Barnes. Dans la même année Wyckoff, Botset, Muskat et roseau suggérés de donner à
l’équation de l’écoulement et à l'unité de la perméabilité le nom de Darcy.

La loi de Darcy est seulement valide pour un écoulement laminaire équilibrée, traversent un
milieu poreux. D'ailleurs, le fluide doit être en grande partie incompressible.

75
Annexe II : « Méthode des différences finies »
La méthode des différences finies est une méthode de discrétisation bien adaptée à la
résolution numérique des équations de conservation de grandeurs extensives telle que la
masse, la quantité de mouvement, l’énergie, dont ils sont les bases des équations de diffusion
de masse et de chaleur. Cette méthode possède diverses propriétés telles que la conservation
locale des flux, la possibilité de l’appliquer à des maillages quelconques (maillages structurés ou
non structurés) qui la rendent attractive. Un autre avantage de cette méthode est qu’elle
conduit à des schémas numériques robustes. Cela explique pourquoi cette méthode est
largement employée dans divers domaines : la mécanique des fluides, le transfert de chaleur et
de masse…etc.

Cette méthode est la base de tous les codes généralistes en Mécanique des Fluides : Fluent,
Star-CD, CFX, Fire...etc.

La méthode des différences finies repose sur une formulation intégrale du problème continu.

76
Annexe III : « Le programme développé sur MATLAB, de
l’évolution hygrothermique d’un paroi multicouche »
disp('*** Programme de calcul hygrothermique ***');

fid = fopen('c:\temp\paroi.txt');
z = fscanf(fid, '%f');
fclose(fid);

Lv=2.26*10^6; % la chaleur latente de vaporisation de l'eau en J/kg

nc = z(1); % nombre de couche
tmax = z(2); % la durée de la simulation en sec
dt = z(3); % Pas de temps en secondes
m = int16(tmax/dt) ; % nombre d'incréments dans le temps
dt_disp= z(4); % instants de l'adffichage
if (dt_disp>0)
m_disp = int16(tmax/dt_disp) ; % incréments de l'affichage
else
m_disp = int16(0);
end;
x1 = z(5); % point d'intérêt (pour le clacul de la
fonction de performance)
T0 = z(6)+273.15; % temperature initial dans le mur en K
w0 = z(7); % humidité relative initial dans le mur en %
offset1= 7;

rho=zeros(nc,1) ; % masse volumique kg/m3
%poro=zeros(nc,1) ; % porosité
Cp=zeros(nc,1) ; % Chaleur spécifique
Lambda=zeros(nc,1); % conductivité thermique W/m.K
%mu=zeros(nc,1) ; % résistance à la diffusion de vapeur
DT=zeros(nc,1) ; % vecteur coefficient de diffusion m2/s
DW=zeros(nc,1) ; % vecteur coefficient de diffusion m2/s
DF=zeros(nc,1) ; % vecteur coefficient de diffusion m2/s
L =zeros(nc,1) ; % vecteur longueur de la couche en m
as=zeros(nc,1) ; % vecteur de constantes pour T
bs=zeros(nc,1) ; % vecteur de constantes pour w
cs=zeros(nc,1) ; % vecteur de constantes pour w
f =zeros(nc,1) ; % vecteur pour le calcul
g =zeros(nc,1) ; % vecteur coefficient de reduction
nx=zeros(nc,1) ; % vecteur nombre de points par couche
nk=zeros(nc+1,1); % vecteur nombre de points dans toutes les
couches

for i=1:nc;

L(i) = z(9*(i-1)+1 +offset1) /1000; % longueur de couche en m

77
nx(i) = z(9*(i-1)+2 +offset1); % nombre de point par couche
rho(i) = z(9*(i-1)+3 +offset1);
%poro(i) = z(9*(i-1)+4 +offset1);
Cp (i) = z(9*(i-1)+5 +offset1);
Lambda(i)= z(9*(i-1)+6 +offset1);
%mu(i) = z(9*(i-1)+7 +offset1);
DT(i) = Lambda(i)/(rho(i)*Cp(i)); % coefficient de diffusion
thermique en m2/s
DW(i) = z(9*(i-1)+8 +offset1); % coefficient de diffusion
hydrique en m2/s
g(i) = z(9*(i-1)+9 +offset1); % coefficient de reduction

end;

Tint=zeros(m+1,1); % vecteur temperature interieur
Text=zeros(m+1,1); % vecteur temperature exterieur
wint=zeros(m+1,1); % vecteur humidité relative interieur
wext=zeros(m+1,1); % vecteur humidité relative exterieur

Tg=zeros(m+1,1); % vecteur temperature au point d'intérêt pour
la fonction de performance
xt=zeros(m+1,1); % vecteur de temps

for i=1:m+1;
xt(i)=double(i-1)*dt;
xt(i)=xt(i)/3600;
end;

nk(1)=0;
for k=2:nc+1;
nk(k) = nk(k-1)+ nx(k-1)+1;
end;

fid = fopen('c:\temp\enviro.txt');
z = fscanf(fid, '%f');
fclose(fid);

mpt = z(1); % nombre d'instants pour la charge
d'environnement
mi = (z(5*(mpt-1)+2)-z(2))/dt;
if (abs(mi-m)>0)
disp('*** Erreur dans le fichier Enviro.txt: temps final différent
du temps dans paroi.txt ***');
end;
Tint(1)=z(3)+273.15;
Text(1)=z(4)+273.15;
wint(1)=z(5);
wext(1)=z(6);
ik=1;
for i=2:mpt;
mi = (z(5*(i-1)+2)-z(5*(i-2)+2))/dt;

78
if (mi<1)
disp('*** Erreur dans Enviro.txt: pas incorrect ***');
mi = 1;
end;
for k=1:mi;
ik=ik+1;
Tint(ik)= 273.15+ z(5*(i-2)+3)+(k/mi)*(z(5*(i-1)+3)-z(5*(i-2)+3));
% temperature interieure
Text(ik)= 273.15+ z(5*(i-2)+4)+(k/mi)*(z(5*(i-1)+4)-z(5*(i-2)+4));
% temperature exterieure

wint(ik)= z(5*(i-2)+5)+(k/mi)*(z(5*(i-1)+5)-z(5*(i-2)+5)); %
humidité relative interieur
wext(ik)= z(5*(i-2)+6)+(k/mi)*(z(5*(i-1)+6)-z(5*(i-2)+6)); %
humidité relative exterieur

end;
end;

A = zeros(nk(nc+1)) ; % Matrice zero carré
B = zeros(nk(nc+1)) ; % Matrice zero carré
Aw= zeros(nk(nc+1)) ; % Matrice zero carré
Bw= zeros(nk(nc+1)) ; % Matrice zero carré
Tj= zeros(nk(nc+1),1); % vecteur temperature au temps Tj
wj= zeros(nk(nc+1),1); % vecteur humidité relative au temps Tj
x = zeros(nk(nc+1),1); % abscisse x
TC= zeros(nk(nc+1),1); % vecteur temperature au temps Tj en °C
i=0 ;
n=0 ;
sx=0;

for k=1:nc;
dx=L(k)/nx(k) ; % pas d'espace en m
as(k)= DT(k)*dt/(dx^2);
bs(k)= DW(k)*dt/(dx^2);
cs(k)= bs(k)*Lv/(rho(k)*Cp(k))

f(k)= g(k)*as(k);
f(k)= g(k)*as(k)*rho(k)/T0;
sx=sx-dx;
for i=1:nx(k)+1;
sx = sx + dx;
x(i+nk(k))= sx;
end;
end

for i=1:nk(nc+1);
Tj(i) = Text(1);
wj(i) = wext(1);
end;
if (m_disp>0)
line(x,wj);

79
end;
ii=0;
for temps=1:m+1; % boucle sur les incréments de temps
for k=1:nc; % boucle sur les couches
imin=1;
imax=nx(k)+1;
if (k==1) imin=2; end;
if (k==nc) imax=imax-1; end;
for i=imin:imax;
A(i+nk(k), i +nk(k)) = 1-2*as(k);
A(i+nk(k), i-1+nk(k)) = as(k) ;
A(i+nk(k), i+1+nk(k)) = as(k) ;

B(i+nk(k), i +nk(k)) = -2*cs(k);
B(i+nk(k), i-1+nk(k)) = cs(k) ;
B(i+nk(k), i+1+nk(k)) = cs(k) ;

Aw(i+nk(k), i +nk(k)) = 1-2*bs(k);
Aw(i+nk(k), i-1+nk(k)) = bs(k) ;
Aw(i+nk(k), i+1+nk(k)) = bs(k) ;

Bw(i+nk(k), i +nk(k)) = -2*f(k);
Bw(i+nk(k), i-1+nk(k)) = f(k) ;
Bw(i+nk(k), i+1+nk(k)) = f(k) ;
end;
end;

% conditions aux limites internes et externes

A(1,1) = 1 ;
A(nk(nc+1),nk(nc+1)) = 1 ;

B(1,1) = 0 ;
B(nk(nc+1),nk(nc+1)) = 0 ;

Aw(1,1) = 1 ;
Aw(nk(nc+1),nk(nc+1)) = 1 ;

Bw(1,1) = 0;
Bw(nk(nc+1),nk(nc+1)) = 0;

Tj(1) = Tint(temps);
Tj(nk(nc+1)) = Text(temps);

wj(1) = wint(temps);
wj(nk(nc+1)) = wext(temps);

for k=2:nc;
A(nk(k)+1,nk(k) ) = 1;
A(nk(k)+1,nk(k)+1) = 0;
A(nk(k)+1,nk(k)+2) = 0;

80
B(nk(k)+1,nk(k) ) = 0;
B(nk(k)+1,nk(k)+1) = 0;
B(nk(k)+1,nk(k)+2) = 0;

Aw(nk(k)+1,nk(k) ) = 1;
Aw(nk(k)+1,nk(k)+1) = 0;
Aw(nk(k)+1,nk(k)+2) = 0;

Bw(nk(k)+1,nk(k) ) = 0;
Bw(nk(k)+1,nk(k)+1) = 0;
Bw(nk(k)+1,nk(k)+2) = 0;
end;
% Tj vecteur temperature a l'instant j et Tj1 ce vecteur à
l'instant j+1
Tj1 = A *Tj + B *wj;
wj1 = Aw*wj + Bw*Tj;
Tj=Tj1 ;
wj=wj1 ;

% disp(wj) ;
% disp(wj1) ;

for k=1:nk(nc+1);
TC(k)=Tj(k)-273.15;
end;
if (m_disp>0)
afficher=mod(temps*dt,dt_disp);
if(afficher==0)
%line(x,wj);
%line(x,TC);

end;
end;

Tg(temps)=TC(x1);

end;

line(xt,Tg);
disp(Tg);
xlabel('temps(hr)');
ylabel('Température au milieu(°C)');
title('La distribution de la température au milieu de la paroi par
rapport au temps');

%xlabel('X(m)');

81
%ylabel('Température(°C)');
%title('La distribution de la température dans la paroi en fonction du
%temps');

%ylabel('Humidité relative (kg/kg)');
%title('La distribution humidité relative dans la paroi en fonction du
temps')

fid = fopen('c:\temp\out.txt','w+');
fprintf(fid, 'Temperature_finale %f', Tg(m+1));
fclose(fid);
disp('Temperature_finale ');
disp(Tg(m+1));
disp('*** Fin des calculs ***');

82