MODULE : ENTREPRISE ET SON ORGANISATION

TABLES DES MATIERES
INTRODUCTION GENERALE ............................................................................................ 2
CHAPITRE I : DEFINITION ET TYPOLOGIE D’UNE ENTREPRISE ......................... 3
I. Un type particulier d'organisation .................................................................................. 3
II- Typologie.......................................................................................................................... 4
CHAPITRE II : LES GRANDS COURANTS DE PENSEES EN MATIERE
D’ORGANISATION DE L’ENTREPRISE ........................................................................... 6
I- L'ÉCOLE CLASSIQUE .................................................................................................. 6
1- TAYLOR et L'O.S.T. (1856-1915).............................................................................. 8
2- Henry FORD (1863-1967) ........................................................................................... 8
3- Henri FAYOL (1841-1925).......................................................................................... 9
4- Max WEBER (1864-1920) ........................................................................................... 9
II- LE COURANT PSYCHOSOCIOLOGIQUE ............................................................ 10
1-L'école des relations humaines .................................................................................. 10
2- La théorie des besoins et des motivations ................................................................ 11
3- Douglas MAC GREGOR (1906-1964) : Théorie X contre théorie Y .................... 11
4- Frederick HERZBERG (1923 ...) ............................................................................. 12
III- L'ÉCOLE NEO-CLASSIQUE ................................................................................... 13
1- Alfred P. SLOAN (1875-1966) .................................................................................. 13
2- Peter DRUCKER (1909 ....)....................................................................................... 14
3- Octave GELINIER (1916 ...) ..................................................................................... 15
CHAPITRE III : LES THÉORIES DES RELATIONS HUMAINES, DE LA
MOTIVATION ET DE LA DÉCISION............................................................................... 17
I- LES THEORIES DE LA DECISION ........................................................................... 17
II- LA THEORIE DU COMPORTEMENT .................................................................... 19
III- LA THEORIE DES JEUX ......................................................................................... 20
IV- L'ÉCOLE SOCIO-TECHNIQUE .............................................................................. 21
1- LE NEO-TAYLORISME .......................................................................................... 22
2- LA PENSÉE " JAPONAISE " ................................................................................. 23
3- LES ORGANISATIONS CAPITALISTES ASIATIQUES(G.REDDING) ......... 25

INTRODUCTION GENERALE

Traditionnellement la firme a toujours été perçue comme un ensemble, une association
d’individus ou de structure qui visent, quelques soient les conditions de son environnement, la
maximisation de son profit. La vision donnée à une telle œuvre était alors considérée de
l’extérieur comme celle d’un seul homme car elle provenait de personnes assemblées
poursuivant sensiblement les mêmes objectifs que le leader. Dès lors, la vision était celle d’un
propriétaire qui dispose de tous les droits de propriétés de l’entreprise qui sont : l’usus (droit
d’utiliser le bien), le fructus (droit de bénéficier du fruit d’un bien) et l’abusus (le droit de
disposer de son bien). Cette orientation était celle de l’époque mais celle-ci s’est détériorée
dans le temps avec les nouvelles approches telles les sociétés par action et le développement
de multinationales. Ce sont des cas où l’entreprise devient la propriété de plusieurs personnes
(actionnaires) avec un système de gestion plus complexe.
L’organisation en entreprise a pour finalité la recherche de la synergie parmi la multitude
d’acteurs (personnel), dont l’effet est que le tout peut être supérieur à la somme des
parties ou, au moins, différent d’elle. De nos jours, le management d’une entreprise est la
recherche, dans le temps, d’une coordination maximale à partir des différents inputs
(ressources matérielles et humaines). Vu sous un tel angle, la maximisation du profit n’est
plus nécessairement, le critère absolu mais c’est la mise en place d’une synergie optimale qui
doit se faire en rapport avec les objectifs et la taille de l’organisation. En ce moment, tous les
aspects liés à la croissance de l’organisation sont dictés d’abord par la possibilité
d’application d’une coordination optimale. Toutes ces procédures visent à rechercher
l’efficacité en entreprise c’est à dire la relation optimale entre input et output. La recherche de
la synergie revêt en outre un autre aspect caractérisé par le terme « efficience » qui a trait à la
réalisation du but collectif.
Ce cours vise à comprendre, dans une perspective comparative, les auteurs et les concepts
associés aux études organisationnelles et administratives. En outre, il pourra être un support
d’orientation dans le management et les prises de décisions. Il s'agit d'un cours axé sur les
concepts et les idées et qui vise plus une compréhension et des conseils opérationnels.

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Cours Entreprise et son Organisation. I. OUIMINGA

la fonction de production et la fonction de distribution. Le type d’organisation. I. Dans l'analyse économique. L'entreprise se distingue de la société en ce que cette désignation n'emporte ni droits ni obligations. Le développement de 3 Cours Entreprise et son Organisation. Cette approche a été appliquée le plus souvent de façon rigide conférant toujours au leader un pouvoir absolu Ce type d’organisation a vite évolué face aux différents revers de la médaille rencontrés.CHAPITRE I : DEFINITION ET TYPOLOGIE D’UNE ENTREPRISE Ce chapitre sert à décrire l’entreprise et les différents éléments qui la composent. Le prolongement de cette vision permet de voir l’entreprise comme une entité de production et de séparation. Un type particulier d'organisation L’approche classique reconnue à l’entreprise est celle d’un concept socio-économique désignant un groupe humain dont le but est de produire un bien ou service destiné à la vente. Après la révolution industrielle les entrepreneurs ont souffert de cette « vision dirigiste » et purement rentière de l’entreprise ce qui les a vite confronté à des échecs. L'école des relations humaines et Henri Fayol (classique) ont défini quatre fonctions principales dans l'entreprise : la fonction de direction. c'est-à-dire des relations entre facteurs de production et biens produits tout en respectant l'hypothèse de l'unicité du centre de décision. l'entreprise est considérée comme la cellule de base de la production. la fonction logistique qui est en relation avec les fournisseurs. I. de cette vision classique de l’entreprise on est arrivé à une vision qui incorpore les relations sociales comme facteur majeur dans l’organisation de l’entreprise. L'entreprise s'oppose à l'administration dont la production n'est pas destinée à être vendue et au ménage dont la production reste limitée. Les modèles néoclassiques ont permis une prise en compte de la multiplicité des fonctions de production. son caractère productif ainsi que la composante sociale seront des éléments de base qui seront définis dans cette section. En effet. La théorie classique de la firme lui assigne un objectif de maximisation du profit en fonction de ses recettes et de ses coûts. OUIMINGA . Elle se présente comme une boite qui assemble différents inputs pour obtenir des outputs (production) avec une division des tâches qui affecte à chaque membre un rôle bien précis (séparation). et présuppose l'existence d'un centre de décision unique.

on a : . les entreprises du secteur public qui ont des organisations très variées. Cette classification permet de mieux appréhender le monde des entreprises. II. Elles sont à la base du financement de l’économie . Par exemple dans le secteur secondaire on les industries dans le domaine alimentaire. Selon le critère utilisé en comptabilité nationale. Un critère qui revient très souvent dans la classification des entreprises est le critère juridique. dans la métallurgie. en société d’économie mixte. .l’organisation a intégré la question sociale sous différents aspects plaçant l’être humain et son équilibre comme pierre angulaire d’un système en perte de vitesse. Sociétés financières qui ont pour rôle la collecte. la transformation et la répartition des ressources monétaires. On pourrait ainsi avoir par secteur les entreprises du : .Typologie Bien que chaque entreprise constitue une entité originale. I. on peut les regrouper en catégories homogènes en fonction d’un ou plusieurs critères. secteur secondaire regroupant les activités de production et de transformation (industries) . etc. Entreprises individuelles assimilables au secteur des ménages produisant des biens et services marchands non financiers mais ne possédant pas de personnalité juridique distincte de celle des exploitants. dans les cosmétiques etc. assurance. restauration. secteur primaire correspondant aux activités agricoles et aux industries extractives . OUIMINGA . On peut aussi classer les entreprises selon le critère d’activité. etc. . tourisme. en office. .) et qui regroupe pour les pays en développement l’informel Il peut arriver que l’on ne se contente pas d’une classification par secteur mais que l’on prolonge suivant les branches et filières. on classe les entreprises en : . Entreprises d’assurance dont la fonction est d’assurer les agents économiques . Sociétés et quasi sociétés non financières dont l’acticité principale est de produire des biens et services marchands non financiers . secteur tertiaire qui est celui des activités productives de services (commerce. Elles sont parfois organisées en société anonyme où l’Etat est seul actionnaire ou des fois en Établissements Publics Industriel ou Commercial. . transport. 4 Cours Entreprise et son Organisation. Le point clé est que celui qui dispose de la plus grande part est l’Etat et non une personnalité morale qui est un individu ou un groupe d’individus. .

De nos jours.. artisanales. société à responsabilité limitée. Ces critères présentés ici donnent un aperçu et ne sont pas exhaustifs. la puissance financière : importance du capital social. Par contre. I.). les petites et moyennes entreprises (PME) qui peuvent compter jusqu’à 500 salariés et les grandes. société en commandite simple ou par action. par exemple on peut utiliser : . le nombre d’employés . commerciales. la représentation géographique… Il faut noter que les classifications selon la dimension conduisent souvent à distinguer les très petites entreprises qui connaissent très peu de salariés ou pas. Suivant les besoins. OUIMINGA . . .) appartenant à une seule personne physique et des entreprises sociétaires (Sociétés anonymes. des bénéfices nets ou encore des marges commerciales nettes . les entreprises du secteur privé qui comprennent les entreprise individuelles (agricoles. . etc. on regroupe les entreprises selon le critère le plus approprié. etc. c’est l’instrument utilisé qui varie d’une firme à une autre . le chiffre d’affaires (puissance commerciale) . 5 Cours Entreprise et son Organisation. des capitaux propres. le critère de classification le plus regardé est sans doute le critère de dimension.

les prix. Ceci correspond en fait aux exigences nouvelles engendrées par l'émergence de la société industrielle. Dès lors. on passe à " la main visible des entrepreneurs " pour paraphraser le célèbre ouvrage de Chandler (the visible hand : the managerial revolution in american business. De " la main invisible " des économistes classiques qui prétendent que le marché est le seul élément régulateur. managériale etc. comme un agent économique simple prenant des décisions d'optimisation rationnelle compte tenu d'une vision simplifiée (simpliste ?) du marché qui ne comprend que les quantités. En effet. L'exode rural pousse vers les villes une main-d'œuvre peu ou pas qualifiée mais qui est prête à accepter des 6 Cours Entreprise et son Organisation. sont apparus les premiers auteurs qui. l'armée et l'église.CHAPITRE II : LES GRANDS COURANTS DE PENSEES EN MATIERE D’ORGANISATION DE L’ENTREPRISE Introduction Les économistes considèrent l'entreprise. technique. On assiste à l’augmentation de la taille des entreprises. et le coût des facteurs de production (capital et travail). la gestion d'une entreprise de production requiert une qualification très différente de la conduite d'un simple atelier. ou plutôt l'entrepreneur. la conduite des organisations productives doit trouver une voie qui lui soit propre et adaptée aux exigences d'une entreprise dans un contexte tout à fait nouveau. OUIMINGA . Cette orientation n’est qu’une facette de la question d’organisation car elle se révèle limitée dans l’environnement socioéconomique. donc des capitaux.). découle une succession d’innovations et leur application industrielle qui induit une mécanisation de plus en plus grande du travail. C’est pourquoi.L'ÉCOLE CLASSIQUE Avec la révolution industrielle au début du XIX ième siècle. I. le taux d'intérêt. ont posé les bases de la science des organisations. de manière plus exhaustive. se sont engouffrés nombre de praticiens et de théoriciens de l'Entreprise qui se sont efforcés d'étudier celle-ci dans sa complexité : humaine. I. Devant le caractère pas très réaliste d'une telle vision. commerciale. le rôle essentiel du chef d'entreprise a été reconnu comme étant quelqu'un capable d'organiser et de mettre en œuvre une combinaison efficace de facteurs de production. des équipements et des effectifs à gérer. au XIX ème siècle. Bien qu'inspirée de ces modèles. Les seules organisations véritablement hiérarchisées étaient. Il ya également l’urbanisation de plus en plus répandue de la société et une plus grande demande de produits standardisés de première nécessité.

Elle peut.. Les ouvriers ne sont que des rouages du mécanisme global. se dessinent les 4 grands principes qui président à la pensée classique : L'organisation hiérarchique : L'entreprise doit être hiérarchisée (cf. : l'armée). I. Les hypothèses implicites sont les suivantes : Postulat mécaniste : l'entreprise est une gigantesque machine composée de milliers de pièces. cependant. .Les individus réagissent. Les fondements de la pensée classique sont basés sur 3 notions : une approche empirique et normative des hypothèses implicites des principes d'organisation. commandements .Le matériel est régi par des lois physiques que l'on connaît et dont on maîtrise les processus industriels . Ces pratiques sont présentées sous forme de règles à suivre : recommandations. OUIMINGA . Il est naturellement paresseux et fraudeur . Partant de là. : L'armée) Le principe de spécialisation : Le travail est découpé en gestes et opérations très simples facilement assimilables par une main-d'œuvre peu qualifiée. selon des lois psychologiques que l'on croit connaître parfaitement : L'individu recherche la sécurité et répugne aux responsabilités . De 7 Cours Entreprise et son Organisation. sauf aux derniers (les ouvriers) qui ne doivent être que des exécutants. (ex : Les 14 principes de Fayol) L’approche normative est basée sur le fonctionnement selon les théories existantes. être parcellisée et déléguée aux échelons inférieurs. Il n'est motivé que par le salaire. Le principe d'exception : les subordonnés s'occupent des taches routinières. selon les normes établies. L'autorité est pyramidale. eux aussi. Seuls les problèmes exceptionnels doivent remonter la hiérarchie et être solutionnés par elle.. L'unicité de commandement : On ne doit dépendre que d'un seul chef (cf. Postulat rationaliste : l'entreprise est composée d'éléments humains et matériels qui peuvent être dominés par l'esprit de l'organisateur : . On diminue ainsi le temps d'apprentissage et l'exécution répétée des mêmes gestes permet une cadence très rapide.conditions de travail difficiles en échange d'un salaire de subsistance et de l'espoir de grimper à l'échelle sociale. Le contexte intellectuel est à cette période favorable au développement des sciences exactes (salutaire pour le monde) et à la croyance dans l'efficacité absolue des modèles rationalistes et du progrès technique. L'approche empirique est issue de pratiques professionnelles et d'expériences de Direction. principes.

Cet aspect social de la pensée taylorienne est resté dans l'ombre dans la mesure où il fallu attendre FORD pour une réelle mise en application de ces principes sociaux. d'une part.Henry FORD (1863-1967) Le mérite de FORD a été de mettre en application les idées de TAYLOR et cela dans 2 domaines qui ont contribué à la naissance du " Fordisme " : Le développement du travail à la chaîne : Idée de génie car ce n'est plus l'homme qui fixe la cadence mais le convoyeur. d'autre part. Taylor s'était bien rendu compte du caractère abrutissant du travail ouvrier et. Il est clair que le fossé s'accroît entre. I. 2. parcellisé en gestes élémentaires. en contrepartie. la surqualification et l'autorité des ingénieurs qui. Verticale : les taches de conception et de commandement sont du ressort exclusif de la Direction.plus cette technique engendre des avantages : on peut mesurer facilement la productivité d'un ouvrier .TAYLOR et L'O. mais aussi comment il faut le faire (the one best way) et. 1. ni la séparation entre l'exécution et la conception (cf. L'ouvrier est un instrument de la machine (cf. OUIMINGA . l'industrialisation de l'Angleterre du XIX ième à Karl Marx et " Le capital ") mais c'est lui qui a systématisé ces techniques pour donner un modèle scientifique de l'organisation des entreprises au XX ième siècle. 8 Cours Entreprise et son Organisation. non seulement indiquent ce qui doit être fait. Il réorganise le processus productif selon une double division : Verticale et horizontale.S. (1856-1915) Il fut l’un des pionniers en matière d’innovation dans le management. Ce n'est pas TAYLOR qui a inventé la parcellisation des taches. on peut rémunérer l'ouvrier en fonction de son travail (rendement). et chacun est contraint de suivre le rythme sous peine d'être éliminé. Charly Chaplin dans " les temps modernes ").T. la déqualification des ouvriers qui ne peuvent accéder à un apprentissage global du processus et exécutent stupidement un geste dépourvu de sens à la limite de l’abrutissement. Horizontale : le travail est décomposé. L'ouvrier exécute car il n'est pas payé pour penser. il préconisait que ce travail fut correctement payé et que les ouvriers puissent accéder à la société de consommation par une redistribution équitable des gains de productivités ainsi réalisés.

mais parce que Ford pensait. Pour lui " administrer " pouvait se résumer en 5 infinitifs : Prévoir . URWICK.Max WEBER (1864-1920) C'est l'inventeur de l'Organisation bureaucratique'. MOONEY. que les premiers clients de Ford seraient précisément ses employés. La légitimité de cette organisation repose sur le droit et les règlements. commerciale. il a publié un livre intitulé " L'administration industrielle et générale " (1916) dans lequel il reconnaît 6 fonctions à l'entreprise : il s’agit des fonctions technique. la rigueur. OUIMINGA . Il constate que les activités administratives augmentent au fur et à mesure que l'on s'élève dans la hiérarchie (que Fayol comme Taylor voit d'une façon pyramidale) et qu'elles concernent principalement l'administration des Hommes. F. KAFKA "le château" ou "le procès"). En lui conférant une légitimité juridique. etc. est à la fois le plus efficace et le plus égalitaire car chacun est traité de la même manière. basée sur la compétence. la précision et. L'apport de Fayol repose essentiellement dans l'organisation administrative de l'entreprise (Taylor était. 4.L'application sociale de la pensée de TAYLOR : Les ouvriers de Ford sont les mieux payés des États-Unis.Henri FAYOL (1841-1925) Directeur d'une société minière à Decazeville. Organiser . une stricte hiérarchie (Cf. administrative. Le détenteur de l'autorité donne des ordres qui sont autant de règlements (notes de services) qui ont aussitôt valeur juridique. C'est ainsi qu'il va définir 14 principes d'administration. Coordonner et Contrôler. derrière la General Motors. quant à lui. BRECH. Voir ces principes en annexe. selon Weber. En 1988. Les idées de Fayol ont été largement reprises par des auteurs anglo-saxons tels que GULICK. Ce modèle. sécuritaire. I. 3. non par altruisme. Weber garanti à cette bureaucratie une totale indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. bien sur. C'est une organisation désincarnée de son aspect humain. elle occupait la seconde place dans la production automobile américaine. Le modèle bureaucratique wébérien a inspiré l'organisation des grandes administrations (et la rédaction des statuts des fonctionnaires) et continue aujourd'hui d'inspirer nombre d'organisation bureaucratique 9 Cours Entreprise et son Organisation. financière. plus concerné par l'aspect technique). fort justement. Commander . comptable. Il voit l'absence de sentiments humains comme la garantie même de l'équité.

Il est vivement combattu par les partis de " gauche ". les rapports humains à l'intérieur de groupes.) et ceci.surtout dans ses aspects égalitaires et indépendants. temps de repos.LE COURANT PSYCHOSOCIOLOGIQUE 1-L'école des relations humaines Ce mouvement va se développer principalement à la fin des années 30. Les limites de l'école classique se trouvent dans ses principes mêmes : La déshumanisation du travail provoque une contestation de plus en plus vive : Absentéisme. Ce sont donc plutôt l'attention et la considération dont ces ouvrières ont bénéficiées pendant cette expérience qui ont conduit ces dernières à " mieux " travailler. horaires . La somme de travail accompli par un ouvrier n'est pas déterminée par sa capacité physique mais par sa capacité sociale . y compris aux États-Unis. L'initiateur de ce mouvement est Elton MAYO (1880-1949) qui a travaillé essentiellement sur des thèmes tels que les relations entre la productivité et le moral des employés. Ces changements ne peuvent donc expliquer ces augmentations de productivités. Partant d'une critique radicale du système Taylorien qui réduit l'homme au niveau de la machine.. 10 Cours Entreprise et son Organisation. l'idée émerge que. c'est en privilégiant l'homme que la productivité du travail sera augmentée. Au cours de ces expériences. Son étude la plus célèbre a été menée durant 5 ans au sein de la Western Electric Cy à Chicago. A chaque changement la productivité du travail augmenta. II. et entre les groupes eux-mêmes. Il provoque également la naissance d'un pouvoir syndical important et des conflits sociaux de plus en plus durs contre les cadences infernales ou le salaire au rendement. I. y compris quand l'on revint à l'organisation initiale. Les principales contributions de l'école des relations humaines sont donc : . Il devient alors indispensable de trouver un sens plus humain au travail. De nouvelles approches fondées sur la sociologie et la psychologie vont alors voir le jour. Le taylorisme devient également de symbole de l'exploitation capitaliste de l'homme par l'homme.. bien au contraire. chaque fois en expliquant les raisons du changement proposé et avec l'accord unanime des 6 ouvrières. OUIMINGA . rémunération. Ce système permet d’éviter les complaisances et les relations amicales au sein de la société.. " turnover " (rotation de personnel en entreprise) important. MAYO changea plusieurs fois les conditions de travail de 6 ouvrières dans un atelier (Éclairage.

. propriété) · Les besoins personnel et de protection (se mettre à l'abri de toutes les agressions extérieures. n'est pas.) · Les besoins sociaux (emploi.. appartenance. intimité) Besoins sociaux (du corps. se sentir accepté.· Les rémunérations non financières jouent un rôle important dans la motivation des ouvriers .La théorie des besoins et des motivations MASLOW (1908-1970) a proposé une fort célèbre classification pyramidale des besoins fort célèbre : · Les besoins physiologiques (se nourrir.. altruisme . se loger .. dormir. boire.) Besoins physiologiques (manger. se faire respecter et se respecter soi- même) · Les besoins d'accomplissement (création artistique. de la propriété. estime personnelle) Besoins personnels (amour. l'école des 'relations humaines' ne remet pas fondamentalement en cause la prééminence de la Direction Générale (donc la division verticale du travail) et.. amitié... Malgré cela. de l'emploi.) 3. reconnu et compris des autres) · Les besoins d'autosatisfaction ou d’estime (confiance.Douglas MAC GREGOR (1906-1964) : Théorie X contre théorie Y Mac Gregor est l'un des premiers à rejeter globalement les techniques de management qui reposent sur la théorie classique (qu'il appelle " théorie X ") et cela pour les raisons suivantes : 11 Cours Entreprise et son Organisation. se vêtir.. littérature. résolution des problèmes. de la santé. santé. respirer. I. une véritable contradiction du système taylorien mais plutôt une amélioration.) Estime (confiance. · La parcellisation des tâches n'est pas la forme la plus efficace de la division du travail . · Les travailleurs se sentent membres d'un groupe et c'est en fonction du groupe qu'ils réagissent aux directives de la hiérarchie. OUIMINGA .) Figure 1 : Pyramide des besoins de MASLOW Accomplissement personnel (morale.. 2. en ce sens. créativité.. respect des autres et par les autres.

Il n'existe qu'une aversion pour le travail ennuyeux : Donner un travail intéressant à quelqu'un et il en retrouve immédiatement le goût. réalisées sur le terrain. Sa théorie repose sur un modèle incitatif. I. la théorie classique est bâtie sur des modèles (Armée. Si l'exercice de responsabilités satisfait ces objectifs sociaux (reconnaissance. voire inexactes (aversion pour le travail et les responsabilités. La théorie classique a pour pivot central la notion d'autorité alors que ce concept n'est qu'un outil. d'une façon générale.. Il faut limiter les sanctions et promouvoir les récompenses : L'homme recherche la satisfaction d'objectifs sociaux égoïstes. Des travaux plus fins permirent de mettre en lumière que. église .) Psychologue de formation.. du management et de la motivation..) il recherchera les responsabilités et ne les rejettera pas. 4. la théorie classique ne tient pas compte de l'influence du milieu dans laquelle elle évolue (environnement économique et politique. les facteurs de mécontentement étaient surtout liés à l'environnement et que les facteurs de satisfaction étaient ceux qui permettaient un développement personnel. Les hypothèses concernant les comportements humains sont simplistes.. concurrence .. (Et vice-versa). pouvoir. Ses travaux l'on conduit à une découverte importante en matière de psychologie du travail : Les circonstances qui conduisent à la satisfaction du travail sont différentes de celles qui conduisent à une insatisfaction. OUIMINGA .. Mac Gregor propose donc une théorie du management (Théorie Y) qui repose sur les postulats suivants : . F.) qui ne sont plus du tout adaptés aux réalités de l'entreprise moderne (surtout après la 2ème guerre mondiale) .) . afin de déterminer avec précision quelles sont les motivations de l'homme et quelles conditions faut-il réunir pour que l'homme s'épanouisse dans son travail. parmi d'autres.. mis en confiance.Frederick HERZBERG (1923 .. une 12 Cours Entreprise et son Organisation.. Ainsi.) . En d'autres termes.... . de nombreux individus peuvent faire preuve de créativité et il est prouvé que l'on utilise que très imparfaitement les capacités d'intelligence et d'imagination des salariés d'une entreprise. argent . Herzberg réalisa entre les années 50 et 70 de nombreuses études. ce n'est pas parce que l'on va supprimer les causes d'insatisfaction que l'individu sera satisfait. . recherche de la sécurité maximum .

C'est un courant orienté vers le pragmatisme. en fait. sociétals . Même si ce courant a fait sien.. I. . à des degrés divers. son rôle quant à la répartition équitable de cette même richesse. Le but premier (mais non unique) de l'entreprise est la maximisation du profit. et les travaux sur la motivation notamment) la philosophie du management des hommes repose encore grandement sur un " darwinisme " social : Chaque individu lutte pour sa survie. il est néanmoins vrai que certains ressorts psychologiques mis en lumière par Herzberg demeurent des pierres angulaires de la psychologie du travail. représentatifs de ce courant de pensée : 1. Il 13 Cours Entreprise et son Organisation. sous-jacents à cette école. sont ainsi les suivants : . est largement passé sous silence . Ce courant de pensée est prolixe en auteurs et en leaders. les meilleurs accèdent aux postes-clef..considération du travail accompli.. Les principes généraux.) restent subordonnés à l'accomplissement prioritaire de celui-ci. certains aspects de l'école psychosociologique (l'enrichissement des tâches. dont la base théorique demeure très largement inspirée de L'école classique (d'où son nom . Le management requiert des compétences particulières.L'ÉCOLE NEO-CLASSIQUE Cette école s'est développée grâce à l'apport de grands praticiens. et même si cette notion est aujourd'hui contestée. Il est donc l'inventeur de " l'enrichissement des tâches ". les moins performants sont éliminés. mais qui a su incorporer ce qui parait bénéfique dans les courants postérieurs. la fonction essentielle et capitale de notre société " affirme P. Il n'a écrit qu'un seul ouvrage : " my years with General Motors ". C'est lui qui mesure l'efficience de l'organisation et tous les autres objectifs (sociaux. L'entreprise est le moteur principal de la richesse économique : " Le management est. Il faut donc enrichir le travail en incluant dans celui-ci des facteurs de motivation. SLOAN (1875-1966) SLOAN passa la totalité de sa carrière à Général Motors. (Chef d'entreprises et grands cabinets de conseil type Mac kinsey.).. dont 33 ans comme Directeur général puis Président.).. III...Alfred P. Boston Consulting Group . OUIMINGA . des outils propres et des techniques distinctes (toujours cet aspect normatif et pragmatique).Drucker. Trois d'entre eux nous paraissent. tout en améliorant l'environnement des salariés. Par exemple la décentralisation et la fameuse DPO (Direction Par Objectif). Par contre.

La prise en compte des impacts sociaux de l'entreprise sur son environnement et des influences de ce dernier sur les orientations de l'organisation. la clef absolue de la réussite. (IBM.. La fixation de la mission spécifique de l'organisation : " . responsabilités. juridique. maintenir et développer une clientèle. . seuls deux services dans l'entreprise sont des centres de profit (les autres étant des centres de coût) : La Recherche et Développement. On imagine le caractère révolutionnaire de ces idées entre 1925 et 1935 au temps du Taylorisme-roi. 2.la Direction Générale ne doit pas s'occuper d'exploitation mais de politique générale .) car il permet de connaître et de comprendre si parfaitement le client que le produit se vend lui-même.est connu pour avoir fait de GM la première société mondiale. seule une définition précise de la mission et de l'objet de l'institution rend possible la détermination d'objectifs clairs et réalistes… " ..... . I. OUIMINGA . en appliquant 4 principes simples : .certaines fonctions et certains contrôles doivent être centralisés (finances..) . productivité) le profit n'est plus une cause. La condition pour que ça marche c'est la coordination et la circulation horizontale des informations.Peter DRUCKER (1909 . Pour DRUCKER les tâches majeures de l'équipe directoriale sont : .. à la fois productive et satisfaisante pour le personnel. mais une conséquence de l'excellence du management. la recherche du profit n'est pas une fin en soi.) Bien qu'il n'ait jamais exercé personnellement des fonctions de management.. selon DRUCKER. Pour lui. . Ceci maîtrisé (R+D. TOYOTA . Pour DRUCKER..les divisions doivent être autonomes et jugées d'après la rentabilité du capital investi . grâce à la décentralisation. 14 Cours Entreprise et son Organisation. publicité. La mise en place d’une organisation du travail efficace. Un bon marketing est. efficacité et réduit considérablement le temps de réponse apporté à tout problème.l'organigramme doit prévoir des passerelles afin que chaque division soit représentée consultativement dans les autres divisions. Marketing. . conception des voitures . DRUCKER a conseillé nombre de dirigeants de grandes entreprises américaines et s'est particulièrement intéressé aux fonctions de Direction Générale. Il pense que la décentralisation procure initiatives. Il fait figure de pionnier en affirmant que le but premier de l'entreprise est de créer.. et le Marketing. P.

Pour une expansion à long terme l'entreprise doit combattre un certain nombre de goulets d'étranglement tels que : les marchés.la délégation réelle de l'autorité .la motivation des hommes. Octave Gélinier est un praticien de l'entreprise. OUIMINGA .. Ces objectifs permettent.Enfin DRUCKER estime que l'entreprise est une institution faite pour créer des changements (à la différence de l'église ou de l'armée dont le but. La finalité humaine directe : " aujourd'hui une entreprise ne peut être en accord avec son environnement que si elle poursuit explicitement des objectifs d'utilité sociale.l'intégration des services .Gélinier. " aussi bien à l'extérieur de l'entreprise (adéquation des produits aux aspirations des clients à prééminence de la demande). simples et concrètement applicables. les conditions indispensables à la compétitivité d'une entreprise sont : . l'innovation). mais aussi à l'intérieur (satisfaction et motivation des salariés) 15 Cours Entreprise et son Organisation. I. . Le développement incessant de l'innovation. . managériales et au temps.la définition réelle des responsabilités .la définition de la structure adéquate . Pour lui.Octave GELINIER (1916 . le point fondamental du management de l'entreprise est la définition de sa politique générale à long terme.. Enfin. cette politique n'a de valeur que si elle est accompagnée par des objectifs quantitatifs et datés. . (DPO).la supervision hiérarchique . est de maintenir les choses en l'état) et cela signifie satisfaire d'abord les gens de l'extérieur (les clients) bien avant ceux de l'intérieur (les employés). Pour lui la science des organisations doit reposer sur des principes clairs.) Ancien Directeur Général de la CEGOS (Conseil en Organisation). C'est l'un des pères fondateurs de la Direction Par Objectifs (DPO). . Il pense "qu'il y a concordance entre croissance à long terme et profits à long terme ". ils sont complétés par des programmes d'application et des budgets. . 3. La présence d'une forte concurrence (ce qui permet l'imagination. Mais. les sources de financement et la capacité d'évolution de l'équipe dirigeante face aux mutations technologiques. selon O. la motivation. Ces objectifs définis. . et par-là. au contraire. en effet : . Ce dernier point est pour lui fondamental. .

I. 16 Cours Entreprise et son Organisation. OUIMINGA .

. OUIMINGA . étrangers à la décision qu'il doit prendre rationnellement. Ainsi " l'homme administratif " de SIMON se distingue de " l'homo oeconomicus ". I.LES THEORIES DE LA DECISION La notion de " prise de décision " a. en fonction des erreurs passées.) Disciples de SIMON.. GALBRAITH. la rationalité " procédurale " qui va consister à une succession de décisions itératives.) et James MARCH (1928 .CHAPITRE III : LES THÉORIES DES RELATIONS HUMAINES. DE LA MOTIVATION ET DE LA DÉCISION I. C'est dans cet esprit que s'inscrivent les travaux de H. à s'approcher de la moins mauvaise solution possible. de tous temps.. peut-on avoir seul raison contre la multitude ? ARROW et. et il n'a pas une fonction de préférence stable et durable. 17 Cours Entreprise et son Organisation. en d'autres termes. qui cherchent.Richard CYERT (1921 .. car il ne maximise pas.) . de quelle manière .? Les économistes également se sont posés la question de savoir si les choix exprimés démocratiquement (à la majorité) étaient optimaux. de donner un caractère opératoire aux idées de SIMON. de synthèse ou d'analyse sont limitées · Il est influencé par des émotions et des événements extérieurs (professionnels ou privés). ils se sont efforcés. CYERT et MARCH 1. formation. économiquement rationnels (rationalité limitée). montrerons que les choix collectifs ne sont pas optimums dans la mesure (entre autre) où les personnes du groupe ne décident pas en pleine connaissance de cause (contraintes d'accès aux informations) et en fonction de critères qui ne sont pas. économiquement.. SIMON. son utilité. Son ouvrage le plus célèbre est " administrative behavior " (1947). le décideur navigue souvent dans le brouillard car : · Les informations dont il dispose ne sont pas complètes. fascinée les conseils en organisation : Quand.Herbert SIMON (1916 . Ainsi. ou. adhésion à de nouvelles valeurs) de repousser ces limites. Prix Nobel d'Économie en 1978. il ne connaît pas tous les paramètres indispensables à la prise de position rationnelle. au travers d'un célèbre ouvrage : " A behavioral theory of the firm " (1963).. · Ses capacités d'abstraction. d'une façon différente... comment. Ainsi SIMON oppose à la rationalité absolue. Le but de la théorie dite " de la rationalité limité " est donc de mettre en lumière les limites pratiques de la rationalité humaine et de s'efforcer trouver les moyens (entraînement.. 2.

Ils décrivent toutes les organisations comme des processus dynamiques et continus de prises de décisions. Ainsi. mais représentent le meilleur compromis possible. I. il faut avancer pas à pas) 2. OUIMINGA . et ce qui est vrai aujourd'hui ne sera peut-être pas vrai demain (vision systémique). mais telles les têtes de l'hydre. selon eux.La recherche de la problématique : Il est indispensable de rechercher les vraies causes des problèmes posés dans l'entreprise sans utiliser de masques (indulgence pour les " amis " et dénigrement des " ennemis ") : Il faut voir les réalités en face. 4. et traitement séquentiel des problèmes : pas tout à la fois. Il existe donc des négociations entre coalitions qui conduisent aux prises de décision.L'apprentissage : Les entreprises changent leurs comportements et la perception qu'elles ont des choses avec le temps. 3. Ils remarquent que l'entreprise est " un groupe de participants aux demandes disparates ". la théorie du comportement de la firme peut être résumée en 4 concepts fondamentaux : 1.L'élimination de l'incertitude : Une firme cherche à éliminer progressivement les multitudes d'incertitudes qui l'entourent. Donc les buts poursuivis ne sont pas rationnels. " in fine " intérêt à la bonne marche du système. il est nécessaire de mettre au point des procédures de résolution des conflits (rationalité locale: chaque coalition résous ses propres problèmes. bien que tous aient. elles renaissent sans cesse à Irrationalité incontournable des choix à long terme. 18 Cours Entreprise et son Organisation.La résolution des conflits : Une entreprise étant composée de coalitions de membres ayant des buts différents.

OUIMINGA . Le jugement.Tableau 1 : Techniques traditionnelles et techniques modernes de prise de décision Technique de prise de décision Type de décisions Traditionnelles Modernes Programmées : 1. les répétitives procédures opérationnelles modèles. aux parts de marché. un système de sous-objectifs. La sélection et la formation a)la formation des hommes qui généraux de résolution des des dirigeants prennent des décisions problèmes b) la construction de programme heuristique pour l’ordinateur Source : H. Les règles empiriques appliquées à : Application de processus 3. au niveau de profit ou à la valeur boursière de l'entreprise. dont la réalisation est confiée à différents 19 Cours Entreprise et son Organisation. 2. La première est que dans les grandes entreprises. I. et la Les techniques heuristiques de Décisions politiques uniques. Les entreprises poursuivent en effet de multiples objectifs relatifs au volume de production. Un directeur commercial peut ainsi avoir tendance à privilégier les ventes sur les résultats financiers. La seconde est que les dirigeants accordent parfois une attention plus importante aux critères qui relèvent de leur compétence qu'au profit. la simulation par L’organisation développe des standardisées ordinateur processus spécifiques pour y 3. La structure de 2. l’intuition. des canaux d’information bien définis Non-programmées : 1.LA THEORIE DU COMPORTEMENT La théorie comportementale prend en compte les conflits d'objectifs qui peuvent exister au sein d'une même entreprise en s'appuyant sur deux constatations. L’habitude 1. Le traitement informatique faire face l’organisation : les attentes de données communes. créativité résolution des problèmes nouvelles et mal structurées. ce rôle étant dévolu au personnel d'encadrement de l'entreprise. La routine administrative : l’analyse mathématique. propriété et gestion sont le plus souvent dissociés : les actionnaires n'exercent pas de réel pouvoir de décision. Le nouveau management : la décision par les ordinateurs II. La recherche opérationnelle : Décisions routinières et 2. SIMON.

(Négociation entre syndicats et patrons.par exemple une entreprise baisse ses prix pour conquérir des parts de marché. Conséquence : personne ne gagne de parts de marché et tout le monde perd de la marge et des bénéfices. Les partisans de cette théorie refusent en outre l'hypothèse classique de rationalité des décisions et soulignent qu'il peut de ce fait exister des contradictions entre les objectifs sectoriels et la stratégie globale de l'entreprise. C'est donc un recensement des politiques possibles et des réactions possibles de l'adversaire. III.responsables. OUIMINGA . par exemple) 20 Cours Entreprise et son Organisation. Le jeu peut être à somme nulle (ce que l'un gagne. Il appartient alors à chacun d'eux de les réaliser sous la contrainte des objectifs des autres responsables et ce faisant d'accepter d'autres compromis. les autres compétiteurs font de même pour ne pas les perdre. C'est un jeu perdant-perdant) ou positive et. l'autre le perd) ou non nulle et dans ce cas la somme algébrique des gains peut être négative (personne n'a intérêt à jouer . I. avec une évaluation chiffrée (gain ou perte) des conséquences possibles de chaque politique sur soi-même. et une appréciation de voir l'adversaire faire tel ou tel choix. cette théorie mathématique concerne les comportements de 2 ou N joueurs (compétiteurs. compte tenu d'hypothèses pas trop irréalistes.MORGENSTERN et J. De ces compromis doivent émerger des résultats considérés comme satisfaisants. Ce décalage peut être accentué par une communication insuffisante entre les décideurs et leurs subordonnés. La philosophie sous-jacente est toutefois intéressante pour l'analyse de certains comportements qui recherchent des équilibres dans des jeux à somme positive (non nulle) : Cela peut conduire certaines organisations antagonistes à accepter certaines règles de comportement (compromis) afin de favoriser leurs intérêts communs. mais peu opératoire pour N joueurs (équilibre de Nash). concurrents) dont le but est d'optimiser le comportement social (donc le gain) dans des situations conflictuelles (par exemple : Duels). tout le monde a intérêt au jeu.LA THEORIE DES JEUX Inventée par O. La théorie comportementale tente aussi de prendre en compte l'évolution que subissent les objectifs du fait de l'expérience acquise. limitées car la démonstration mathématique qui sous-tend la théorie est indiscutable pour 2 joueurs. toutefois. dans ce cas. Les vertus applicatives de la théorie des jeux sont. la déperdition d'information rendant alors la réalisation des objectifs globaux très aléatoire.VON NEUMAN en 1944 (" Theory of games and economic behavior ").

selon EMERY. Leurs travaux. Le jeu est en équilibre. I. Favoriser l'apprentissage en travaillant (effet d'apprentissage) 21 Cours Entreprise et son Organisation.1 000 000 $ modifie + 2 000 000 $ + 500 000 $ Il est clair que quel que soit le choix de B. Pour cette école.) ont porté sur la structure et le fonctionnement des organisations dans une perspective sociotechnique qui cherche à optimiser à la fois l'aspect technique et social du travail.Autre exemple : 2 constructeurs de voitures se demandent s'il faut changer l'esthétique de leurs véhicules. Ce système sociotechnique est cependant mouvant car perméable aux échanges avec l'environnement de l'entreprise.L'ÉCOLE SOCIO-TECHNIQUE Frederick EMERY et Éric TRIST sont tous deux psychosociologues qui furent parmi les principaux fondateurs du " Tavistock Institute of Human Relations " à Londres. pour être fécond et satisfaire les équilibres psychologiques de ses membres doit obligatoirement : . ce qui permet d'accepter une charge de travail assez lourde . étant entendu que ce que l'un gagne c'est au détriment de l'autre et vice-versa (jeu à somme nulle) : Tableau 2 : Différentes issues du jeu COMPORTEMENT Constructeur B Constructeur A Ne modifie pas modifie Ne modifie pas 0 . Les probabilités de gains ou de pertes sont les suivantes. .. Thorsrud. Klein . Ainsi. ces deux aspects sont totalement imbriqués : La technologie définie et impose des contraintes de travail qui doivent être traitées et organisées selon des règles sociales et psychologiques. Proposer des tâches suffisamment variées.. A a intérêt à modifier son modèle (gain dans chaque hypothèse). Faire connaître et comprendre la nature du travail qu'il effectue . ainsi que ceux diligentés dans le cadre de ce célèbre Institut (Rice. Un consensus est atteint. l'environnement du travail. IV. OUIMINGA . et " idem " pour B qui a lui aussi intérêt à ne pas modifier son modèle quel que soit le choix de A (gain ou perte minorée). .

qui impose le rythme de travail. I. aujourd'hui largement informatisés. d'autant que la pression des pays à faibles coûts salariaux est de plus en plus forte.". Reconnaître socialement le travailleur . 1. Les processus industriels. pouvoir . . Permettre à ce dernier de situer son travail par rapport à la politique générale de l'entreprise .Tout d'abord la pression des 3 millions de chômeurs est telle que les salariés en poste n'ont plus le même pouvoir de négociation face au patronat : "Si tu n’es pas content.et non plus le "petit chef" . c'est dans les services que le néo-taylorisme c'est le plus développé (+ 79 % en 10 ans !). contre moins de 20 % en 1984. La recherche acharnée du "zéro défaut" passe par l'application de principes tayloriens : il faut décortiquer les processus en opérations élémentaires pour que les possibilités de dysfonctionnement soient minimum. . L'avènement de l'ère de la qualité a grandement favorisé le développement du néo- taylorisme. L'obtention des normes ISO 9000 ne peut 22 Cours Entreprise et son Organisation.. pour lui. puis du début des années 70. permettent aujourd'hui de produire à la fois en petites séries personnalisées. Quelles sont les raisons de ce spectaculaire retournement de situation ? . le constat est le suivant : En France. aucune alternative au travail répétitif qui soit plus productive que lui n'a été trouvée ! Renoncer au taylorisme c'est donc renoncer à être compétitif.S. .5 % des salariés déclarent leur travail répétitif. OUIMINGA .. un vecteur pour un futur meilleur (financier. Les nouveaux logiciels dit de "groupware" ou de "workflow" sont conçus pour structurer le travail administratif d'un groupe de personne comme une somme de tâches répétitives effectuées par les individus et regroupées en un ensemble cohérent par la machine.). C'était "la révolte des O. C'est aujourd'hui l'ordinateur .. 29. . C'est grâce à l'outil informatique que le néo-taylorisme se répand dans les activités de service (marchand ou non-marchand).LE NEO-TAYLORISME Tout le monde pensait que les années 70 allaient sonner le glas du Taylorisme avec les grandes grèves de 68. avec la grève symbolique du "Joint Français" à St Brieuc en 1972. Par ailleurs. . social. Or. 25 ans plus tard. contre le travail à la chaîne et les cadences infernales. il y en a dix qui attendent devant la porte !" . Faire sentir que son travail est socialement utile et qu'il sera. Paradoxalement. tout en gardant une production de masse standardisée. Autoriser un certain degré de liberté et d'initiatives dans l'accomplissement des tâches .

si c'est le client qui le demande. . Paradoxalement les deux premiers auteurs japonais significatifs sont des américains. Ne trouvant que peu d'écho dans leur propre pays. Ce transfert des contraintes vers l'extérieur (fournisseurs ou clients) permet d'obtenir des salariés des conditions de travail taylorienne sans revendications majeures (quand le contremaître demande de faire passer la cadence de 25 à 30.LA PENSÉE " JAPONAISE " A l’intérieur de cette sous section. OUIMINGA . un outil d'évaluation financière de la qualité. I. Seul abandon de la philosophie taylorienne qui prône un salaire élevé en contrepartie d'un travail abrutissant : les gains de productivité profitent aujourd'hui largement au capital et très peu au travail. Le flux tendu est un système de production extrêmement fragile car il ne supporte aucun dysfonctionnement (au risque de tout arrêter). 23 Cours Entreprise et son Organisation. Il s'agit de Joseph JURAN et d'Edward DEMING qui sont les inventeurs du concept de " qualité totale ". contrôles et améliorations techniques permanentes. c'est un tollé général.se faire qu'à ce prix. Ce n'est donc plus le patron qui impose le travail taylorien au nom de la rentabilité. nous présentons de manière hétéroclite et rassemblée quelques idées. construisant par-là. Tel est l'obstacle majeur sur lequel le néo-taylorisme va être confronté 2. la contrainte du travail répétitif ne provient plus de la hiérarchie : c'est une logique inscrite dans le flux. encore empreint de l'esprit de TAYLOR dans l'immédiat après-guerre. JURAN montre la façon dont la " philosophie qualité " affecte les différents niveaux d'activité de l'entreprise et souligne l'importance de la " trilogie de la qualité " que sont : planification. liées à l'organisation des processus de production et / ou au management des hommes au travail qui ont été développées par l'industrie japonaise. Les salaires ont tendance à baisser en terme réel avec comme conséquence un part croissante du salariat qui se trouve exclue de la consommation de masse. mais au contraire le marché (c'est à dire le client) qui l'impose au nom de la qualité. on réalise 30 pièces sans discuter !). L'illustration de ce phénomène se trouve particulièrement mise en valeur avec la notion de flux tendu. Donc quand il y a flux tendu. Leur principale contribution à la philosophie de la qualité est d'avoir défini une méthodologie permettant de déterminer les coûts évitables et inévitables induisant la qualité. c'est au Japon que ces deux consultants développèrent ces concepts " qualité ".

. On doit à Taïchi OHNO la mise au point. L'une des obsessions de SHINGO était la panne. et engendre une production tellement fiable qu'elle rend (théoriquement) inutile tout contrôle final du produit fini. Il préconise en effet la mise en place de systèmes de contrôle " en continu " à l'issu de chaque étape du processus de production.Contrôle à la source des défauts et des pannes. I. capable de s'adapter aux changements de goût.S'inspirant en partie de ces enseignements. Shigéo SHINGO sera à l'origine de plusieurs concepts de management japonais dont le retentissement dans le monde occidental fut considérable. en toutes circonstances. Il ne pouvait accepter qu'une panne bloque l'ensemble du processus de fabrication. Le système Poka-Yoke : zéro défaut. les raisons de la plus grande compétitivité des entreprises japonaises sont les suivantes : . Le système SMED (single minute exchange of die = changement d'outillage en moins de 10 minutes). plus exactement.Petits lots. Il va donc mettre au point un certain nombre de procédés techniques qui vont permettre de réduire. . à de nouvelles technologies etc. OUIMINGA . et même pièce par pièce .Stocks importants . chez TOYOTA. zéro contrôle.Pas ou très peu de stock. de déplacer le 24 Cours Entreprise et son Organisation. SHINGO pense que l'avenir va vers des systèmes productifs extrêmement flexibles.Organisation évolutive des processus permettant une intégration " en continu " de nouvelles technologies. Il définit l'organisation occidentale des systèmes productifs de la façon suivante : .Privilégie la productivité de l'homme au travail par le dialogue et la responsabilisation.. Ceci permet de réduire considérablement les coûts engendrés par les produits finis défectueux.Grandes séries .Méthodes de contrôle tolérant les pannes et les défauts . . Ou. les temps de réparation. . Parmi ces techniques nous en retiendrons deux : .Recherchant toujours l'augmentation des cadences Selon lui. .. (Par exemple au travers des " cercles de qualité ") . de la fameuse technique du " just in time " qui permet de réduire considérablement les stocks. passant de plusieurs heures à quelques minutes.Temps d'adaptation des fabrications à une nouvelle technologie très long. . La flexibilité.

3. Il prône le développement de la perspicacité créative qu'il définit comme étant " la capacité de combiner de synthétiser. . l'avance prise dans le domaine de la " High Tech " qui demande des années de recherches fondamentales non rentables immédiatement. lorsqu'elle le souhaite . selon lui. Cette philosophie du JIT (ou JAT en français) ne se résume pas aux problèmes de stocks.énergie qui se manifeste souvent par un sens de la mission . alors que celles de l'Ouest sont obnubilées par la recherche de bénéfices immédiats. Maîtriser totalement la qualité . Ainsi pour OHMAE " dans ce que j'appelle l'esprit du stratège. Un mot. de telle sorte que l'on obtienne plus de l'ensemble résultant que ce qu'on y a introduit ". Produire ce que la clientèle souhaite. ce qui limite considérablement l'imagination.REDDING) Cet état d'esprit se retrouve assez largement dans différents modèles d'entreprises asiatiques. informé et solidaire des objectifs de l'entreprise. I.LES ORGANISATIONS CAPITALISTES ASIATIQUES(G. de remanier des phénomènes sans liens au départ. . Disposer d'un personnel polyvalent. Ainsi Gordon REDDING (professeur de management à l'université de Hongkong) montre que des types d'entreprises aussi différentes que sont les communautés chinoises d'Asie. Un autre point semble fondamental pour lui. selon OHMAE. les autres préceptes sont les suivants : . Rechercher la souplesse maximale et apprendre à produire de petites quantités . Éviter les attentes ou les temps morts . est que les entreprises japonaises planifient pour réaliser les profits à long terme. Ceci explique. les "Cheabol" coréens ou les grands réseaux complexes japonais connus sous le nom de "Kaisha" 25 Cours Entreprise et son Organisation. En effet. la perspicacité et l'énergie constitutive nécessaire à son application .problème des stocks vers ses fournisseurs. enfin du théoricien japonais Kenichi OHMAE (ancien directeur du bureau Mac Kinsey de Tokyo) qui analyse la pensée stratégique japonaise et la distingue de celle pratiquée en Occident dans de nombreux domaines. N'acheter que des produits fabriqués selon les principes de la qualité totale. OUIMINGA . Apporter directement les pièces ou les produits nécessaires à l'endroit où ils sont nécessaires.alimentent un processus de pensée fondamentalement créatif et intuitif plutôt que rationnel ". Le premier point. Il estime que les " managers " des firmes occidentales sont enfermés dans des raisonnements purement rationnels.

ce qui accroît sensiblement l'efficacité des salariés nippons.) et donc parfaitement stable. l'une des raisons d'être de ces grands "zaïbatsu" est l'emploi. coréennes.ou "Keiretsu". les salariés de ces entreprises ont une véritable dévotion pour leur société et une totale disponibilité. On a beaucoup écrit sur "l'emploi à vie" qui était octroyé aux salariés de ces grands groupes. parties de ces groupes gigantesques (par exemple. bien au contraire ! En effet. banques.. OUIMINGA . De fait.. La structure des "Chaebols" coréens.M. Ils doivent donc infléchir leurs stratégies en fonction des injonctions gouvernementales (axes stratégiques forts sur les industries lourdes : acier. chantiers navals . qui devient véritablement une obsession en occident. Les techniques du "zéro mépris" (tout travail même très humble est perçu comme honorable. De plus. offrent souvent une redoutable efficacité alors que leurs types de fonctionnement sont assez différents : Ainsi parmi les spécificités des "kaisha" japonaises certaines d'entre elles paraissent particulièrement originales : L'actionnariat de ces réseaux congloméraux est constitué principalement de participations croisées entre différentes filiales ainsi que de participations bancaires. contrôle indirectement le groupe du même nom).) Ces grandes unités verticales (par lignes de produits) plongent profondément dans le secteur des petites entreprises via la sous-traitance. De plus cette permanence des salariés permet des investissements massifs en formation et cela jusqu'au niveau de cadre moyen (35-40 ans). la banque Sumitomo. ceci permet d'avoir une vision à très long terme sans se soucier le la rentabilité immédiate. elles-mêmes.E. Seul l'absence de travail est méprisable) permettent une motivation et une malléabilité maximale.. filiales. Dans la mesure ou des banques très puissantes font. Il n'en est rien. L'entreprise coréenne est une énorme organisation familiale dirigée de façon militaire.. en contrepartie de cette sécurité. I. de plus en plus utilisé en raison du décalage accru entre les salaires et conditions de travail des Chaebols et ceux en vigueur dans les P. la propriété du capital est extrêmement contrôlée (salariés. si elle est également conglomérale. n'en est pas moins différente. Ces grands conglomérats dépendent traditionnellement des pouvoirs publics pour se procurer des capitaux. 26 Cours Entreprise et son Organisation. Certains voient dans cette philosophie le germe de la moindre compétitivité de l'économie nippone.

La diaspora chinoise d'Asie est forte de plus de 50 millions de personnes et de dizaines de milliers de petites entreprises familiales qui travaillent en réseaux. Bien sur. I. le textile etc. les sous-vêtements.Moins connues et plus fascinantes sont les réseaux redoutablement efficaces des petites entreprises chinoises basées en Asie. Incapables individuellement de faire faces aux exigences des grands flux commerciaux. OUIMINGA .que ces réseaux sont capables de mobiliser rapidement. Très souples. Cette complémentarité et cette solidarité se retrouvent également au niveau des capitaux - considérables . elles ont collectivement raflé des pans entiers de marchés tels que les appareils photos bon- marchés. Pour les chinois les notions de danger et d'opportunité sont liées et ils font ainsi preuve d'un extraordinaire dynamisme dans certains secteurs. les sèche-cheveux... Le ciment de l'efficacité de ces réseaux se résume d'un mot : la confiance. . mais de récents succès (poupées GI JOE) donnent à penser que le marketing est une notion que commencent à maîtriser ces réseaux chinois. les jeux. et très solidaires elles peuvent honorer en quelques jours des commandes de plusieurs milliers d'unités qu'individuellement elles sont incapables d'honorer. 27 Cours Entreprise et son Organisation. ces activités s'inscrivent largement dans la sous- traitance internationale (ils laissent à d'autres le soin de résoudre les problèmes de la marque et de la distribution).

28 Cours Entreprise et son Organisation. I. OUIMINGA .