L'asile étant un lieu où une personne se sentant menacée peut se mettre en sécurité, le droit

d'asile renvoie au fait que dans les différentes civilisations les sociétés ont reconnu un droit à chaque
être humain de trouver refuge face à des menaces et des poursuites. Ainsi la déclaration universelle
des droits de l'homme énonce dans son article 14 : « Devant la persécution, toute personne a le droit
de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. » La convention de Genève de 1951 a
donné à cette protection une traduction en droit international public. Le droit d'asile ancien, suivant une
tradition millénaire, était le droit d'une autorité (religieuse, politique...) ou d'un établissement (temple,
église...) de pouvoir accueillir sur son territoire toute personne de son choix. Le droit d'asile moderne,
émerge lentement aux XVIIIe, XIXe et surtout XXe siècles, comme une valeur éthique voire politique,
parfois inscrite dans le droit, tendant à accorder aux personnes injustement menacées le bénéfice
d'un refuge pour se protéger temporairement voire (re)faire durablement leur vie en exil.

Contrairement à une idée reçue, le droit d'asile moderne a peu de liens avec celui de l’Antiquité et du
Moyen Âge :

1. le droit d'asile ancien correspond à un privilège du protecteur et non du protégé ;

2. il peut bénéficier aux criminels de droit commun alors que l'asile moderne les exclut de son
champ de protection.
Dans la Grèce antique, on parle de droit d'asyle ou asylie pour différencier cette notion, vivace durant
toute l'antiquité, du droit d'asile moderne. L'asylie est définie comme le droit d'échapper à la saisie
violente. Durant la période des guerres incessantes entre cités, l’asylie des temples avait pour
conséquence de mettre hors de portée des envahisseurs grecs prenant une autre cité grecque les
bâtiments et biens dévolus aux cultes des dieux de l’Olympe. L’asylieest alors essentiellement le
privilège d’une caste de prêtres qui construit idéologiquement son immunité au sein du monde grec
par-delà les clivages politiques qui conduisent les cités à se faire la guerre. Le sanctuaire, espace
consacré, était un lieu d'asyle et sa sacralité se communiquait à quiconque y pénétrait

Dans la Rome ancienne, l'asile a pu apparaître comme l'origine et la raison d'être d'une cité nouvelle :
un espace de refuge, à distance géographique, sociale ou politique d'une domination urbaine ; un
espace de refuge et regroupement des parias poursuivis qui reconstruisent ailleurs une vie et une ville.
Cette forme du droit d'asile apparaît essentiellement dans le mythe de la fondation de Rome :
le Capitole aurait été édifié comme lieu d'asile par Romulus afin d'accélérer le peuplement de la
nouvelle cité. Dans le sillage du sens grec, certains temples romains (surtout des temples situés en
Grèce conquise qui conservaient leurs anciens privilèges), en raison de leur caractère sacré, ont rempli
cette fonction initiale de refuge pour les esclaves, débiteurs, criminels et opposants recherchés.
Néanmoins, on constate que la République romaine puis l'Empire ont plutôt cherché à limiter
grandement le nombre de ces lieux refuge, considérant que le droit d'asile était incompatible avec leur
vision de la justice et du maintien de l'ordre.

C'est à la fin du IVe siècle apr. J.-C., alors que le christianisme nicéen est la seule religion tolérée dans
l'Empire romain (à la suite de l'Édit de Thessalonique en 380), que le droit d'asile ancien se christianise.
Il est tout d'abord un fait populaire : des individus se réfugient spontanément dans les églises
chrétiennes et les cas se multiplient. Face à un phénomène qui s'amplifie et grâce à l'action des Pères
de l'Église (qui élaborent une théorie du droit d'asile chrétien), le pouvoir séculier est conduit à
officialiser ce nouveau droit, notamment par la Constitution du 21 novembre 419, puis par le Code
Théodosien. La loi dispose alors que tout individu est admis à trouver refuge dans les églises
chrétiennes s'il cherche à échapper à un quelconque poursuivant, qu'il s'agisse d'un particulier ou d'un
agent de l'État. Néanmoins, rapidement, deux catégories de personnes sont exclues du droit d'asile :
les esclaves, qui n'ont pas d'identité juridique, et les débiteurs du fisc, car l'État refuse de les laisser

166) en 1539 sous François Ier. au sens moderne. Fridtjof Nansen fonde en avril 1920 le Comité Nansen pour secourir prisonniers et réfugiés de guerres. donc de franchir une frontière internationale et d’entrer dans un autre pays. n’est concevable sans possibilité de quitter son pays. le continent européen compte des millions de personnes déplacées durant le conflit. Il s’agit des articles 13 et 14 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 texte proclamé par l'Assemblée générale des Nations unies et non cosigné comme traité. l’énoncé des principes fondamentaux paraît loin derrière la complexité des négociations qui aboutissent à l’adoption de la Convention de Genève sur les Réfugiés (1951) Il s'agit d'une définition strictement individuelle du réfugié qui doit faire état d’une persécution personnelle à son encontre pour bénéficier de la protection. Trois ans après la Déclaration universelle des droits de l'homme.. Apparaît alors dès 1949 une nouvelle fonction auprès du Secrétariat Général de l'ONU : le Haut Commissaire aux Réfugiés21. Elle ne dénonce pas. Elle ne permet non plus de prendre en considération les persécutions genrées des femmes .filer. Cette définition permet facilement d'accueillir les personnalités célèbres fuyant le bloc communiste. à l'initiative de Fridtjof Nansen. ce qui permet une sélection au cas par cas. toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays. 2) Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations unies. L'articulation de ces deux articles est essentielle : le 13-2 constitue une condition de la possibilité du 14-1 . le droit d’asile s’éteint à partir du XVIe siècle. la politique à l’égard des juifs entre 1933 et 1939. Celui-ci est chargé de préparer l'élaboration et l'adoption d'un traité international. Leur prise en charge implique une logistique dont seule les armées disposent. Les objectifs sont d'unifier les règles entre les états membres et de limiter les déplacements des réfugiés une fois leur demande d'asile déposé. la Commission Européenne propose une réforme du droit d'asile au niveau européen. . contribue à faire évoluer le sens même du droit d'asile vers un droit du réfugié. investi dans le cadre de la Société des Nations (SDN) dans l'aide aux prisonniers de guerre. Sous l'impulsion des légistes.. et de revenir dans son pays. pour une part. vers l’accueil de réfugiés affluant en masse. mais ayant parfois force de droit par l'effet d'autres instruments (ex. que l’on ait énoncé après la Shoah deux principes connexes et fondateurs du droit d’asile moderne : la liberté de circulation pour trouver refuge dans un autre pays. 2) Toute personne a le droit de quitter tout pays. La réforme redéfinit également les obligations des réfugiés vis à vis de leur pays d'accueil49.  Article 14 : 1) Devant la persécution.: Convention européenne des droits de l'homme):  Article 13 : 1) Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État. par ses énoncés de principe. Elle n’engage pas les États. pour l’avenir. Aussi l'ONU échoue à intervenir avec l'Organisation internationale pour les réfugiés (OIR) créée en 1946. L'effondrement moral des pays libéraux tant en Europe qu’aux Amériques face au besoin de protection des juifs durant les années 1930. L'institutionnalisation sur le plan international d'un passeport pour les réfugiés victimes de guerres. explique. Le 13 juillet 2016. Explorateur polaire norvégien. y compris le sien. notamment en France par l'ordonnance de Villers- Cotterêts (art. pour lesquels rien ne doit pouvoir se soustraire au pouvoir royal. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale. et n’est progressivement plus reconnu par les tribunaux. aucun droit d’asile.