Proxémie

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Nommée et étudiée par l'anthropologue américain Edward T. Hall en 1963, la proxémie est la
distance physique qui s'établit entre des personnes prises dans une interaction.

Hall a remarqué que les proxémies varient selon les cultures considérées. Ainsi, dans les pays
latins, les distances entre les corps sont relativement courtes. En Afrique elles sont souvent si
réduites que le contact physique est fréquent. À l'inverse, dans les pays nordiques ou au
Japon, les contacts physiques sont plus rares et ces distances plus importantes.

Les proxémies varient également selon les cultures et les lieux où l'interaction se déroule, ce
qui signifie qu'elles doivent être prises en compte par les architectes et designers. On peut
notamment les apprécier intuitivement dans des lieux publics comme les ascenseurs ou les
transports en commun.

Quelques exemples de proxémies dans les pays latins : - sphère intime (de 15 cm à 45 cm :
pour embrasser, chuchoter) - sphère personnelle (de 45 cm à 1,2 m : pour les amis) - sphère
sociale (de 1,2 m à 3,6 m : pour les connaissances) - sphère publique (plus de 3,6 m).

Une étude qui sera publiée dans le journal CyberPsychology & Behavior, indique que même
dans les jeux vidéo, la proxémique se pratique. Dans le jeu "Second Life" où les joueurs
incarnent un personnage, les limites de l'espace personnel dans le monde virtuel du jeu sont
respectées. L'étude a été réalisée par Nick Yee, un doctorant en communication à Stanford et
son directeur de thèse, Jeremy N. Bailenson. (Source : futura-sciences)

En reprenant différents travaux d’éthologie. Edward T. Hall constate que dans les relations
entre les animaux, il semble y avoir des sphères invisibles qui définissent une bulle autour de
chaque individu. Les rapports de proximité entre les différents membres régulent en partie le
comportement de chacun. Ils découpent l’espace autour des individus en catégorie de
distances : la distance de fuite et la distance critique.

Ces distances varient entre les espèces et dans les rapports entre espèces. De plus entre en jeu
le fonctionnement social des espèces (il distingue les espèces de contact des espèces de non-
contact).

La distance de fuite

L’animal fuit lorsqu’un individu s’approche.

La distance critique
Bulle dans laquelle l’animal est acculé et où il est à portée de son
éventuel agresseur. N’ayant plus le choix, plutôt que de fuir il attaque à
son tour pour tenter le tout pour le tout.

La distance personnelle

Les individus se côtoient sans changement d’attitude tant qu’aucun des deux
n’empiète l’espace de l’autre.

La distance sociale

L’individu perd le contact avec son groupe et se trouve en situation
d’anxiété, de détresse psychologique.

Illustration : Tableau récapitulatif des distances proxémiques chez les animaux

Ces distances sont variables, par exemple en situation de surpopulation, on note une légère
diminution de ces distances mais en contre partie augmente des comportements de stress
(montée de l’agressivité jusqu’à une auto-régulation hormonale pour limiter les naissances et
apparitions de comportement suicidaires –constat fait au sein de population de rat en
laboratoire et de cervidés en liberté).

Le pas que franchit Edward T HALL, c’est d’adapter cette dimension cachée aux
comportements de communication humains. Il établit une territorialité des comportements
autour de l’individu (une territorialité privée) et une territorialité du groupe (territorialité
publique).

Les bulles qui entourent les personnes sont le produit principalement de deux facteurs : les
capacités perceptives et la dimension psycho-socio-culturelle de l’individu. Nous reviendrons
plus loin sur ces variations, mais elles permettent de définir des distances épistémiques que
l’on retrouve dans les groupes et pour tous les individus. Les variations peuvent être très
grandes, mais leur organisation globale reste la même. Les bulles s’enroulent dans le même
ordre autour de l’individu. L’absence d’une bulle ou sa quasi inexistence est souvent une
marque de pathologie de l’intégrité psychique ou corporelle de l’individu. Elle peut aussi être
la marque d’une violation de l’individu par un social répressif ou agressif (c’est par exemple
le cas dans la plus part des situations d’internement et des situations étouffantes au propre
comme au figuré).

Les bulles de l’homme sont au nombre de quatre, nous les résumons et les présentons en nous
éloignant du corps de l’individu (voir tableau page suivante).

Situation
Perceptions
Distance

Intime
Distance réservée au contact intime avec son partenaire amoureux et ses enfants. Toute autre
présence constitue une agression de l’intégralité individuelle. Même pour les personnes
habilitées, cette zone n’est pas vraiment pratiquée dans les espaces publics

Proche :

Corps à corps, acte sexuel, acte affectif intime (câlin, baiser…), bagarre.

Vision parcellaire et déformée.

Olfactive, thermique et musculaire de l’autre.

Possibilité de toucher toutes les parties du corps

Contact

Eloignée :

Intimité, relations familiales (entre enfants et parents) et amoureuses. En dehors de ces cas,
cette sphère n’est pas pénétrée dans un espace social public sans stress ou gène.

Distance du secret

Visualisation déformée du visage (à cette distance on louche)

Le contact haptique (toucher de la main) est limité par la longueur des membres.

Perte du contact thermique, mais maintien des contacts olfactifs

15-45cm

Personnelle

Zone limites de non contact physique direct. Elle marque l’affectivité et la proximité
quotidienne des individus dans leur vie publique.

Proche :

Contact marquant l’intimité et l’affectivité des personnes en public.

Distance de la confidence.

Limites des contacts kinesthésiques par extension des membres.

Vision visuelle à sa netteté maximum permettant de distinguer détails et texture du visage.

45-75cm

Lointaine :
C’est la distance des discussions personnelles entre amis. Quelqu’un hors champ peu entendre
mais en faisant un effort

Au-delà du toucher bras tendu d’un seul individu jusqu’au toucher bras
tendu entre deux individu.

L’ouïe ne perçoit plus le chuchotement mais les voix modérée.

Le champ de vision ouvert avec plus ou moins de netteté sur tout un corps assis.

75-125cm

Sociale

Relations interpersonnelles directes. Au delà de tout contact physique directe, jusqu’au limite
de portée de la voix sans effort.

Proche :

Relations interpersonnelles être personnes se connaissant et se côtoyant sur un projet commun
(Travail, réunion informelle…)

Vision de pratiquement tout le corps.

La voix porte et est entendue sans effort.

Il n’y a plus de contact physique direct.

1,25-2,10m

Lointaine :

Relations interpersonnelles formalisées (entretiens…). Les positions sont définit par une
culture des règles sociales (Rapports hiérarchiques…).

Le contact visuel maintient la permanence du contact.
2,10-3,60m

Publique

La prise de parole est hiérarchisée. Les intervenants ont un statut d’orateur face à un public.

Proche :

Le sujet a la possibilité de fuir. Mise en place d’un discours oratoire avec effet de voix et
choix syntaxiques.

La voix doit commencer à être soutenue.
Perte de la précision des contacts visuels. C’est la posture qui commence à témoigner du lien

Perte de l’impression de profondeur

3,60-7,50m

Lointaine :

Distance oratoire. Position entre un orateur et une audience, un public. Forte implication des
prises de parole dans un dispositif fortement hiérarchisée (meeting, distance avec les grandes
personnalités)

La vision fond le détail dans un décor aplani.

Le corps et la voix ne sont perçu par l’auditoire par exagérations des intonations et des gestes.

Théâtralité des postures et de l’élocution.

Au delà de 7,50m

Les distances chez l’homme d’après le chapitre du même nom in " La dimension