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PSYCHOLOGIE

Mélanie Klein : Vienne, 1882-Londres, 1960. Psychanalyste britannique d’origine
autrichienne.

Essais de la psychanalyse, 1947 ,Envie et Gratitude, 1957, L’amour et la Haine
Développement de la psychanalyse, 1952.

M.K. est l’une des plus grandes figures de la psychanalyse après Freud.En 1932, elle écrit la
psychanalyse des enfants, qui étudie le cas de Dick, âgé de 3ans et montre ainsi à Anna Freud qu’il
est possible d’analyser de jeunes enfants.
Anna Freud garde une optique éducative centrée sur l’adaptation de l’enfant et sur le développement
du surmoi. Klein, au contraire, procède comme avec les adultes, à l’exploration des mécanismes
archaïques très précoces du nourrisson, et c’est en cela qu’elle innove dans les thérapies d’enfants,
utilisant dans le transfert le jeu comme équivalent à la parole. Elle pense qu’il existe dès la naissance
un moi primitif immature exposé à l’angoisse que provoque le conflit entre pulsions de vie et pulsions
de mort, et qui se manifeste par l’amour et la haine. Deux types d’angoisse vont se succéder pendant
les premiers mois de la vie et déterminer la structure du sujet : L’angoisse persécutrice ou paranoïde,
et l’angoisse dépressive.
La position schizo- paranoïde prédomine les quatre premiers mois. Elle est marquée par trois
mécanismes : Le Clivage de l’objet (le sein maternel) en « bon » et « mauvais » objet, la projection du
mauvais objet et l’introjection du bon objet. L’enfant vit dans la dialectique gratification/ frustration.
A ce stade, il a déjà des fantasmes, à entendre comme expression mentale des pulsions partielles. Ces
fantasmes sont des défenses contre une réalité interne et externe encore indifférenciée. Si le fantasme
de bon objet prévaut, l’enfant sera capable de projeter à l’extérieur ses pulsions destructrices. Au
contraire, si le fantasme de mauvais objet domine, il sera envahi par l’angoisse persécutrice et
adoptera des défenses psychotiques telles que le rejet de toutes expériences perspectives réelles,
l’éclatement du moi et de l’objet, le morcellement corporel, et le repli sur soi. Pour Klein, la position
schizo- paranoïde peut devenir le point d’ancrage des psychoses.

La position dépressive succède à la précédente et culmine vers le sixième mois. Les fantasmes
destructeurs et la haine du mauvais objet entraînent un fort sentiment de culpabilité liée à l’angoisse
de perdre la mère comme objet d’amour, mère comme objet d'amour, mère désormais perçue comme
objet total, non clivé. L'angoisse de perte est générée par les fantasmes de dévoration du stade oral, et
par l'agressivité du stade anal. Le mécanisme de défense contre l'angoisse de perte et contre la
culpabilité est la réparation qui permet à l'enfant de reconstruire son monde intérieur. Dans les cures
d'enfants, Klein fait intervenir le jeu comme activité réparatrice. Par les mécanismes du déplacement,
de la condensation et de la figurabilité, le jeu transforme l'angoisse en plaisir et aide l'enfant à
surmonter les phases schizo-paranoïde et dépressive.

Françoise Dolto : Médecin et psychanalyste française (Paris, 1908 1988).

le Cas Dominique (1974), dans lequel elle relate intégralement la cure d'un adolescent psychotique,
Psychanalyse et Pédiatrie(1971), qui est sa thèse soutenue en 1939,
l'Évangile au risque de la psychanalyse (1980), où elle expose sa conception de la foi religieuse.

C'est l'une des figures marquantes de la psychanalyse en France, tant par l'originalité de ses positions
théoriques, que par sa pratique des thérapies d'enfants auxquelles elle a consacré toute son œuvre.
Son ouvrage théorique le plus important est l'Image inconsciente du corps (1984) dans lequel elle
expose sa conception du développement psychique de l'enfant. La mère y tient un rôle fondamental.
C'est elle qui administre à l'enfant ce que Dolto appelle «les castrations symboligènes». Cela signifie
que chaque stade du développement s'achève par une séparation, un renoncement à l'objet immédiat
de satisfaction.
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Cette séparation donne lieu à une sublimation et à la constitution métonymique d'un autre objet, d'où
le terme de castration (coupure) symboligène (qui avance sur le chemin symbolique de
l'humanisation). Dolto reprend les stades freudiens du développement libidinal (oral, anal, génital) en
y ajoutant la castration ombilicale, prototype de toutes les castrations futures. Au stade oral, il s'agit,
par le sevrage, de séparer l'enfant du corps à corps avec la mère, ce qui permet l'accès au langage. Au
stade anal, c'est la coupure avec la tutelle maternelle qui amène l'enfant à l'autonomie corporelle. La
castration anale laisse une place où pourra s'instaurer la relation avec le père. C'est lui qui intervient
dans la castration œdipienne, celle qui porte sur l'interdit de l'inceste et inscrit l'identité sexuelle.
- l'image de base qui forme le substrat du narcissisme primordial, du sentiment de continuité d'être
dans son corps, et qui évolue selon les stades libidinaux;
- l'image fonctionnelle, composante sthénique qui pousse l'enfant vers le mouvement et la relation au
monde extérieur pour trouver le plaisir localisé dans le schéma corporel en un lieu érogène;
- l'image érogène qui, associée à l'image fonctionnelle, identifie certaines parties du corps dans leur
capacité à procurer plaisir et déplaisir.
Ces trois composantes sont en perpétuelle interaction pour constituer une «image dynamique», celle
d'un désir orienté vers la recherche d'un nouvel objet grâce aux castrations symboligènes.

Jacques Lacan : Psychanalyste français (Paris, 1901-1981).

En 1932 paraît sa thèse de doctorat De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la
personnalité. Loin de voir dans la paranoïa la simple aggravation de traits définissant le «caractère
paranoïaque», Lacan considère que ce que le malade paranoïaque dénonce dans le monde constitue en
réalité ce qu'il a en lui et qu'il méconnaît. Le mécanisme de la projection était ainsi analysé et étudié
dans une approche aussi singulière que brillante et qui ne pouvait que contrarier le monde de la
psychiatrie. Lacan fait son entrée sur la scène psychanalytique en invoquant une thèse: «le moi, écrit-
il, se construit à l'image du semblable». Cette image qui est renvoyée par le miroir. L'investissement
libidinal qui est provoqué chez l'enfant comme étant la sienne sera le point d'ancrage des
identifications futures ouvrant pour chaque sujet la possibilité de se reconnaître comme différent de
l'autre, comme sujet autonome de désir.
Il a isolé trois registres, le réel, le symbolique et l’imaginaire, et approfondi la notion de désir en tant
que «désir de l’Autre». La catégorie de l’Autre est en effet essentielle, car elle désigne ce qui, dans
le discours de chaque être humain, est susceptible d’être rempli par ce qu’il ne veut pas reconnaître.
L’œuvre de Lacan, transmise surtout oralement (et publiée dans les quelque vingt volumes de son
Séminaire), a suscité un grand intérêt notamment en France et en Amérique latine.

Donald Woods Winnicott : Pédiatre et psychanalyste britannique (Plymouth, 1896
Londres, 1971).

De la pédiatrie à la psychanalyse (1957), L'Enfant et le Monde extérieur (1957), Processus de
maturation chez l'enfant (1971), Fragments d'une analyse (1971)

Dès ses premiers écrits, dans les années 1930, Winnicott élabore des concepts originaux sur le
développement psychique de l'enfant. La fonction maternelle y tient une place fondamentale. C’est de
l'interaction entre la mère et l'enfant que dépend la réussite saine et stable du processus de maturation
du moi. Pour Winnicott la mère doit être «suffisamment bonne». Cela signifie qu'elle doit prodiguer à
l'enfant des soins (handling) qui lui fassent prendre conscience de son corps et permettent au schéma
corporel de se développer. La mère doit aussi apporter le maintien (holding), le soutien physique qui
constitue une réassurance permanente de l'enfant. Le visage, le regard et la voix de la mère
représentent la première image et les premiers supports d'identification de l'enfant. La mère participe
également à la création de ce que Winnicott appelle «l'espace potentiel» dans son ouvrage Jeu et
Réalité (1971).

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Il s'agit d'un lieu psychique entre le moi et le non-moi où se déroulent les «phénomènes
transitionnels». C'est là que l'enfant et la mère vont créer les premiers objets transitionnels qui ne font
pas partie du corps de l'enfant, mais ne sont pas non plus tout à fait dans la réalité extérieure. Ces
expériences, parmi lesquelles le jeu tient une place privilégiée, sont le support de l'activité
fantasmatique de l'enfant. C'est aussi le substrat de ce qui deviendra la symbolisation. En effet, l'enfant
fait l'expérience des limites de son corps et, peu à peu, il opère une séparation-individuation avec la
mère. Cette voie le mènera à l'indépendance. Winnicott évoque la «capacité d'être seul», capacité qui
s'exerce d'abord en présence de la mère. Lorsque la mère n'est pas suffisamment bonne, l'enfant va
développer des défenses. Si les réponses répétées de la mère sont inadéquates aux demandes du
nourrisson, il adviendra ce que Winnicott appelle un «faux self», c'est-à-dire une attitude de
soumission de l'enfant qui va contre ses propres désirs et provoquera par la suite une dysharmonie
psychique. En revanche, c'est sur le «vrai self» que repose le sentiment d'identité et de continuité
d'être indispensables à l'équilibre psychique. Si la mère ne favorise pas les phénomènes transitionnels
et la capacité créative de l'enfant, celui-ci restera dans la dépendance. Si le holding et le handling font
défaut, une dépression psychotique peut s'installer. Il s'agit d'une angoisse impensable, d'une crainte
du morcellement corporel et de l'effondrement. Ces conceptions du développement sont le fruit d'une
immense expérience et d'un talent de clinicien hors pair.

René Spitz : Psychanalyste américain (Vienne, Autriche, 1887 Denver, Colorado, 1974).
Le Non et le Oui. Paris, 1962, La Genèse de la communication humaine, 1962, De la naissance à la
parole. Paris, 1968, La Première Année de la vie de l'enfant, 1968

Ses études consacrées aux enfants âgés de moins de deux ans mettent en évidence le rôle joué par
l'absence prolongée de la mère dans le développement psychique et somatique de ceux-ci.
Convaincu de l'influence prépondérante de l'environnement sur la croissance de l'enfant, Spitz a étudié
les nourrissons placés en institution et a comparé deux milieux différents. L'un était une crèche
pénitentiaire où des mères emprisonnées s'occupaient de leur bébé. Le deuxième était une
pouponnière où les enfants, séparés de leurs mères, bénéficiaient de l'hygiène, de la diététique et des
soins médicaux assurés par un personnel qualifié. Spitz fut le premier étonné des résultats. Le
développement et la santé des nourrissons "de prison" étaient de loin meilleurs que ceux de la
pouponnière, surtout lorsque ces derniers avaient vécu quelques mois avec leur mère avant le
placement. Ces enfants dépérissaient sur les plans physique et intellectuel dans le cadre d'un véritable
syndrome dépressif. Cet état, nommé "hospitalisme" est dû à la séparation précoce d'avec la mère et à
son non-remplacement par un "substitut" convenable. En effet, si les besoins corporels des bébés
étaient satisfaits, le personnel, trop peu nombreux, ne pouvait combler leurs désirs affectifs et sociaux.
Spitz montrait ainsi l'importance des relations intersubjectives initiales dans le développement du
sujet. A partir de ces observations, les travaux de Spitz portèrent sur la "construction du lien objectal".
Après une période où le nouveau-né ne fait aucune distinction entre lui-même et son environnement,
le sourire intentionnel à sa mère ("premier organisateur psychique") marque le début de la
reconnaissance de cette mère comme objet de son amour. Puis l'angoisse du huitième mois ou "peur
de l'étranger" ("deuxième organisateur") prouve que l'enfant fait une différence entre ses proches et les
autres. Enfin son premier "non" ("troisième organisateur") affirme son identité face à autrui.
Le stade pré-objectal du nouveau-né correspond au stade narcissique primaire de Freud. Le nouveau
né vit dans un état fusionnel. Sa vie est végétative. Il ne différencie pas le milieu extérieur qui
l'entoure de sa propre personne. Il ne distingue pas les sons qu'il produit de ceux qu'il entend du
dehors. Cette perception confuse, non distincte des différents éléments environnants est appelée
"syncrétique".
Il n'établit une distinction que vers 3 mois grâce à la maturation de son système nerveux et de ses
organes perceptifs. C'est en effet à cet âge qu'il prend plaisir à gazouiller car il se rend compte qu'il a
un pouvoir sur les sons qu'il émet, contrairement à ceux qui proviennent de l'extérieur.

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Le bébé ne perçoit le monde que de façon discontinue quand il est calme et motivé. C'est ainsi par
exemple que l'énervement des cris de faim l'empêche de reconnaître le sein ou le biberon lorsqu'on le
lui présente. De plus, le nourrisson ne reconnaît le signal de la nourriture que lorsqu'il a faim.
L'activité motrice est globale : ce sont les réflexes archaïques. Le rythme nycthéméral est gouverné
par l'alternance faim-sommeil. Il y a entre la mère dont il dépend entièrement et lui-même une unité
circulaire faite d'échanges dans les deux sens, appelée "dyade" dans laquelle la vie profonde
maternelle constitue l'élément dominant.
A partir du 2ème mois, le bébé s'intéresse à ce qui bouge autour de lui. Il suit des yeux le visage humain
qui tourne autour de lui. Le nourrisson passe progressivement d'une perception par le contact à une
perception à distance. A partir du 3ème mois, l'enfant acquiert le sens du relief, de l'espace en trois
dimensions. C'est le bon moment pour fixer un boulier au dessus du lit afin que le nourrisson puisse à
la fois regarder, toucher et écouter. La bouche est un moyen de perception, d'ingestion et
d'exploration. L'enfant porte tout à sa bouche car c'est pour lui un moyen de connaissance.
Le stade précurseur de l'objet ou réponse par le sourire correspond au stade anaclitique de Freud. Le
sourire est le premier comportement actif, intentionnel du nourrisson. Ce sourire volontaire, le bébé
l'adresse au visage humain, à condition qu'il soit mobile et composé d'un front, de deux yeux et d'un
nez. Le nourrisson sourit au visage de face vers 3 mois. L'enfant reconnaît le visage de sa mère entre 4
et 6 mois. Il y a la "bonne mère" et la "mauvaise mère". Le nourrisson les perçoit d'abord comme
différentes avant de réaliser qu'il s'agit de la même personne. La "mauvaise mère" est celle qui refuse
la satisfaction de ses désirs et envers laquelle il dirige son agressivité. La "bonne mère" est celle qui
assouvit ses désirs et à laquelle il montre son amour. Progressivement, les frustrations deviennent
supportables parce qu'elles annoncent une satisfaction prochaine. Ce renoncement momentané au
profit d'une satisfaction ultérieure est à l'origine du principe de réalité. La mère est donc le point de
rencontre de sentiments opposés d'agressivité et d'amour de la part du nourrisson. Cette ambivalence
est obligatoire et la mère qui essaierait d'éviter toute frustration à son enfant entraînerait un état de
dépendance qui entraverait l'autonomie de ce dernier, en l'empêchant de prendre contact avec la
réalité.
L'angoisse du 8ème mois et le début des relations objectales se reconnaissent facilement. L'approche
d'un inconnu ou le départ de la mère déclenchent vers 8 mois de la part du nourrisson une réaction de
crainte, de repli et de pleurs.
Dans l'apparition de l'angoisse, Spitz distingue 3 étapes :
 le prototype physiologique des manifestations d'angoisse, simple état de tension ;
 les réactions d'évitement, entre 4 et 6 mois, où l'enfant peut exprimer la peur dans une situation
qu'il connaît déjà pour l'avoir vécue un certain nombre de fois et dont il a enregistré le
caractère désagréable ou douloureux ;
 l'angoisse du huitième mois, perception intra-psychique spécifique.
La perception du "Non" est l'étape suivante. Dès que l'enfant sait marcher, il se trouve confronté à un
grand nombre d'interdits et les "non" se multiplient. L'enfant se trouve alors dans une situation
délicate : il est écartelé entre son désir et l'interdit frustrant, entre son amour pour sa mère et son
agressivité. Il adopte une solution de compromis et s'identifie à l'agresseur. C'est l'âge du "non", lequel
est support de l'agressivité. En secouant la tête, l'enfant indique à l'entourage qu'il est capable de juger,
de nier, d'exercer sa volonté, affirmant ainsi sa personnalité.

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Jean Piaget : Psychologue et pédagogue suisse (Neuchâtel, 1896 Genève, 1980).

Le Langage et la pensée chez l'enfant, 1923, la Naissance de l'intelligence chez l'enfant, 1936, la
Psychologie de l'intelligence, 1947, Introduction à l'épistémologie génétique, 1950, la Perception,
1955, Mémoire et Intelligence, avec B. Inhelder, 1968, Épistémologie des sciences de l'homme, 1972
Où va l'éducation? 1972

Jean Piaget est considéré comme un des fondateurs de la psychologie du XXème siècle. La méthode
de Piaget est exposée dans l'introduction à "La représentation du monde chez l'enfant". Cette méthode
n'est ni celle de l'observation ni celle des tests. Il s'agit de faire parler et de laisser parler l'enfant de
telle sorte que l'investigation psychologique se présente comme une conversation. Selon lui, la pensée
de l'enfant passe graduellement par une période sensori-motrice (acquisition de la notion d'objet
permanent, jusqu'à 2 ans), préopératoire (égocentrique et animiste jusqu'à 4 ans), intuitive (apparition
au niveau sensori-moteur de la réversibilité des opérations et du concept de conservation jusqu'à 7
ans), opératoire concrète (opérations complexes sur les objets jusqu'à 11 ans) pour atteindre entre 11
et 14 ans le stade d'équilibre final, celui des conduites intellectuelles supérieures. Le point de vue
théorique qui se dégage des analyses de Piaget insiste sur l'aspect de construction progressive des
connaissances. Le psychologue a qualifié son épistémologie de "constructiviste", signifiant par là que
le résultat de ses recherches permet de se représenter le développement non comme une simple
accumulation continue et linéaire des connaissances, mais plutôt comme une construction de
structures de complexité croissante.
Jean Piaget a étudié les comportements des nourrissons en observant d'abord ses propres enfants et en
se posant trois questions :
 Quelle différence qualitative existe-t-il entre la pensée de l'enfant et celle de l'adulte ?
 Quelle est la vision du monde de l'enfant et son explication des phénomènes ?
 Quelles filiations conduisent d'une structure de pensée à une autre ?
Pour le psychologue, l'intelligence n'est qu'un cas particulier de l'adaptation biologique et progresse
par étape. L'âge de passage d'un stade à l'autre est variable selon les enfants mais l'ordre des stades est
immuable:" l'enfant se développe naturellement en passant par un certain nombre d'étapes qui se
succèdent dans un ordre constant".
La période de l'intelligence sensori-motrice
Sous ce terme, Piaget désigne toute une série d'aptitudes qui diffèrent de l'intelligence dite
"supérieure". Cette période voit se développer une intelligence qui structure le monde par la
perception et le mouvement, et élabore les catégories "pratiques" de l'intellection du monde. Les deux
acquisitions fondamentales de cette période sont la permanence de l'objet lorsque l'enfant devient
capable de se représenter l'existence et les déplacements d'un objet qui a disparu de son champ visuel
et l'organisation de l'espace qui permet à l'enfant d'organiser les déplacements de son corps.
 de 0 à 1 mois : c'est l'exercice des réflexes. Le nouveau-né tète le sein grâce au réflexe de
succion. Entre deux tétées, il suce ses doigts, les draps, la couverture, etc. Très vite, lorsque
l'enfant a faim, il rejette tous les objets à sucer qui ne sont pas le sein ou la tétine du biberon.
Piaget conclut que le mamelon a une signification pour l'enfant : contact mamelon + sensation
de lait qui coule = apaisement de la faim.
 de 1 à 4 mois : c'est le stade des premières habitudes (réactions circulaires primaires) : fixation
du regard et poursuite oculaire, schèmes relatifs à la phonation, l'audition, les prémices de la
préhension, schèmes des mains, ébauche de coordination entre la succion et la préhension,
coordination vision-préhension. Le nourrisson tente de saisir ce qu'il voit mais si l'objet
convoité disparaît, il ne le cherche pas.
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 de 4 à 8 mois : c'est le stade de l'adaptation sensori-motrice intentionnelle avec les réactions
circulaires secondaires qui permettent l'apparition de l'intentionnalité au niveau des
comportements de l'enfant. Le bébé cherche l'objet caché d'abord sans insister puis
systématiquement. Le jeu de cache-cache l'intéresse.
 de 8 à 12 mois : c'est le stade de la coordination des schèmes secondaires et leur application
aux situations nouvelles. L'enfant commence à agir sur le milieu.
 de 12 à 18 mois : c'est la découverte des moyens nouveaux par expérimentation active.
L'apparition des réactions circulaires tertiaires rend imprévisible la conduite de l'enfant pour
l'observateur. L'enfant agit et manipule les situations. Pour attraper un objet, l'enfant est
capable d'attirer vers lui un autre objet le supportant.
 de 18 à 24 mois : l'enfant invente de nouveaux systèmes par combinaison mentale. A 2 ans,
l'enfant fait preuve d'une intelligence pratique très développée.
La période pré-opératoire (2 à 7 ans)
Les comportements d'imitation et de représentation se développent progressivement. Entre 3 et 7 ans,
les jeux symboliques sont les moyens d'adaptation autant intellectuels qu'affectifs. L'enfant imite les
adultes et expérimente. Il prend, goûte, secoue et jette tous les objets qu'il peut attraper afin de les
connaître. C'est un explorateur dont la curiosité est légitime et il ne faut pas lui interdire de toucher à
tout.L'apparition du langage permet à Piaget d'étudier la logique enfantine : la pensée de l'enfant est
égocentrique. Sa vision du monde se fait toujours par rapport à lui. L'égocentrisme ou tendance
naturelle à tout rapporter à soi n'est pas de l'égoïsme. Il ne s’agit pas d’un défaut moral mais d’un
stade normal du développement.
Cet égocentrisme a 3 dimensions :
 l'égocentrisme moral : c'est le cas d'un aîné qui devient jaloux lors de la naissance d'un frère ou
d'une sœur.
 l'égocentrisme social : c'est le cas de l'enfant qui lors d'une fête à l'école maternelle abandonne
sa danse et ses camarades pour regarder le public, insensible à ce que penseront les
spectateurs. La "cruauté" des enfants de cet âge n'est pas due à la méchanceté mais à
l'ignorance naturelle d'autrui.
 l'égocentrisme intellectuel : Piaget s'est aperçu en écoutant parler des enfants entre eux que, la
plupart du temps, il n'y a pas d'échanges d'idées mais des sortes de "monologues collectifs".
Le concept de "syncrétisme" constitue un instrument commode qui permet de rendre compte du
caractère de la plupart des manifestations du psychisme enfantin : "tout est lié à tout". L'enfant trouve
toujours une raison à tout, quelle que soit la question. Sa fertilité en hypothèses est déconcertante.
L'idée du "hasard" est absente de la pensée de l'enfant avant 7 ou 8 ans.
L'enfant définit globalement les choses par l'usage :
 qu'est-ce qu'une auto ? : " c'est pour aller vite".
 qu'est-ce qu'une maman ? : " c'est pour faire la cuisine".
 qu'est-ce qu'un vélo ? : "c'est pour faire la course" etc...
Ce type de réponse définit le "globalisme" ou la pensée "syncrétique" : l'enfant n'effectue pas de
synthèse. "Le syncrétisme est la tendance spontanée des enfants à percevoir par visions globales au
lieu de discerner les détails, à trouver des analogies immédiatement, sans analyse, entre des objets et
des mots étrangers les uns aux autres, à lier entre eux des phénomènes naturels hétérogènes, à trouver
une raison à tout événement même fortuit, bref c'est la tendance à tout lier à tout.
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Karl Abraham : Médecin et psychanalyste allemand (Brême, 1877 Berlin, 1925).

L'œuvre de K. Abraham est très vaste et touche aussi bien la psychopathologie et la psychanalyse que
la peinture, la mythologie ou l'histoire. Il aborde la démence précoce et la psychose maniaco-
dépressive pour lesquelles il montre l'efficacité de la psychothérapie analytique (1912).
En 1907, dans les Traumatismes sexuels comme forme de sexualité infantile il développe le concept de
«traumatophilie», tendance à rechercher et à subir continuellement des traumatismes.
Ses travaux les plus originaux concernent les stades de développement de la libido (Esquisse d'une
histoire de la libido basée sur la psychanalyse des troubles mentaux, 1924). Il avance la notion d'objet
partiel, largement reprise par son élève et analysante Melanie Klein. Il complète la description des
phases du développement libidinal des Trois Essais sur la théorie de la sexualité de Freud (1905).
Dans le stade oral, il distingue le stade oral simple, marqué par la succion, et le stade sadique-oral,
correspondant à la poussée dentaire, marqué par le plaisir cannibalique de mordre et de dévorer. Dans
le stade anal, il décrit le stade anal primitif, caractérisé par un érotisme lié à l'évacuation et une libido
liée à la destruction et à la perte, et le stade sadique-anal au cours duquel l'érotisme est lié à la
rétention, et la libido, à la domination. Ces concepts seront repris et modifiés par Melanie Klein, qui
remplacera le terme de stade par celui de position.
Dans ses essais de psychanalyse appliquée à la mythologie, Abraham démontre que la théorie du rêve
comme accomplissement de désir peut aider au déchiffrage de la signification sexuelle des mythes en
utilisant les mécanismes du déplacement, de la condensation et de la figurabilité (Rêve et
Mythe, 1909). Il meurt en 1925 des suites d'un cancer du poumon.

PSYCHOLOGIE

Définition
La psychanalyse est une discipline fondée en 1885 par le médecin viennois, Sigmund Freud. C’est
une méthode d’investigation qui consiste à mettre en évidence la signification inconsciente des
paroles, des actions et des productions imaginaires du sujet (rêves, fantasmes, délire…) Il en découle
alors une interprétation contrôlée par la résistance, le transfert et le désir. Jadis l’hypnose précédée la
cure psychanalytique. Le sommeil hypnotique provocant la libération des souvenirs oubliés, liés à
un évènement traumatisant du sujet. On considérait alors que par cette méthode, les troubles
psychologiques avaient disparus.Le traitement psychanalytique, sous forme d’entretiens
confidentiels, consiste à révéler progressivement au sujet, l’origine lointaine de son mal et à lui
démontrer le mécanismes dans le moindre détail, ce qui lui permet d’affronter lucidement, avec un
« moi » fortifié, le conflit inconscient au lieu de le refouler. Le patient revit symboliquement son
drame et l’extériorise sur l’analyste pour s’en délivrer (mécanisme du transfert).
Comment fonctionne le psychisme en psychanalyse ?
Inconscient, conflit et sexualité :

La notion d’inconscient dynamique est intiment liée à celle de conflit, car c’est bien en terme de
conflit qu’il faut décrire aussi bien la formation des névroses que le fonctionnement du psychisme de
l’homme « normal ». Selon Freud, la névrose est d’origine sexuelle(au-delà de l’activité sexuelle) La
sexualité commence dès la petite enfance(affirmation qui fit scandale) et passe par une série de
stades, oral, anal, phallique, génital(après une période de latence entre cinq ou six ans et la puberté).
La nature de la sexualité adulte(équilibrée, névrotique ou perverse) dépend de ce processus antérieur
qui commence dès la naissance.

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Le système préconscient- conscient et la censure.

La conception de l’appareil psychique, selon Freud vit avec des pulsions qui opposent deux systèmes :
Le système inconscient(ICS) et le système préconscient-conscient(PCS-CS).

L’inconscient est le réservoir des pulsions et de tout contenu psychique qui a été refoulé, en
particulier les désirs de l’enfance. Il est mû part la recherche du plaisir au détriment du sens réel. Les
pulsions de l’inconscient sont particulièrement mobiles et plastiques, et tendent à faire irruption dans
la conscience et à s’actualiser en conduites.
Le préconscient renferme l’ensemble des données psychiques qui ne sont pas présentes à la
conscience (souvenirs, connaissances, habitudes) mais peuvent le devenir, à l’appel de la volonté.
Entre l’inconscient et le préconscient se trouve une barrière, la censure, qui ne laisse passer les désirs
inconscients dans le préconscient qu’après les avoir transformés ou déguisés. Sinon, elle les refoule.
Cette censure s’exerce d’ailleurs également entre le préconscient et le conscient ; elle se relâche dans
le rêve, d’où l’importance de celui- ci comme instrument d’analyse. Freud découvre que le
refoulement peut avoir lieu dans l’inconscient et propose une autre conception de la définition de
l’appareille psychique, dans lequel il distingue trois instances ; Le ça, le moi et le surmoi.

Le ça représente les forces instinctives inconscientes.
Le surmoi intériorise les interdits moraux et sociaux dus à l’éducation.
Le moi à qui est attribué la fonction de synthèse. Il se défend contre les pulsions du ça en se
guidant sur les impératifs du surmoi et en tenant compte des réalités de la société
la censure est une fonction psychique qui interdit l'émergence des désirs inconscients dans la
conscience autrement que sous une forme déguisée.
Dès les Études sur l'hystérie (1895), Freud considère que c'est sous l'action de la censure que se
développent chez un sujet les manifestations de résistance qu'il rapporte à la défense, au rejet ou au
refoulement. Le but de la censure est, en effet, de travestir le contenu des désirs inconscients afin
qu'ils soient méconnaissables pour la conscience. Dans Métapsychologie (1915), Freud nous indique,
en outre, qu'il y a censure au moins à deux niveaux: entre l'inconscient et le préconscient, entre le
préconscient et le conscient. Les procédés de déformation utilisés par la censure sont, d'une part, le
déplacement et la condensation, d'autre part l'omission et le renversement en son contraire d'une
représentation. Ainsi en va-t-il dans le rêve. Freud tient la censure pour responsable des déformations
et du déplacement dans le rêve: la voie de la motricité étant fermée du fait de l'état de sommeil dans
lequel se trouve le rêveur, le refoulement est moindre. Il se réduit précisément à la censure, qui peut
laisser passer ce qui est refoulé sous la forme de déguisements divers, d'omissions et de remaniements,
ainsi que d'une élaboration secondaire unificatrice.
La défense en psychanalyse.

En psychanalyse, la défense est l’ensemble des procédés, les plus souvent inconscients, utilisés par le
moi pour maintenir son unité et son intégrité contre les dangers internes ou externes qui les mettraient
en cause.
Les dangers contre lesquels le moi se défend peuvent être extérieurs, car la satisfaction de ses désirs
profonds risque d’entraîner pour lui des conséquences fâcheuses du fait des interdits sociaux. Mais ils
sont en réalité toujours réductibles à des dangers intérieurs, les pulsions inconscientes (instinct
sexuelle, instinct de mort) qui sont de véritables agressions internes provoquant la perturbation de tout
l’appareil psychique.
La défense est donc il s’agit de maintenir, par une série de compromis, l’unité toujours fragile du
psychisme humain. Les moyens qu’utilise la défense du moi sont des plus variés.

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Le refoulement consiste à rejeter et à maintenir dans l’inconscient les
représentations(souvenirs ou images, le plus souvent liés à la sexualité) dont la présence à l’intérieur
de la conscience claire ne serait pas tolérable dans la mesure ou elle s’oppose au surmoi du sujet. Il est
source d’angoisse et ne résout pas les conflits, qu’il se contente de nier.
La régression, par laquelle un sujet, pour se soustraire aux difficultés rencontrées, retombe
(inconsciemment) à un niveau de comportement inférieur, lié à une étape dépassée de son
développement psychique. Un enfant, par exemple, qui parler normalement, était propre, adapter au
milieu scolaire, se remet à « parler bébé », à mouiller son lit, se montre incapable de toute activité à
l’école, etc. Une régression s’observe souvent chez l’enfant lors de la naissance, dans la famille d’un
nouvel enfant.
La projection, mécanisme par lequel une personne attribue à un objet ou à une personne
étrangère les caractéristiques psychiques (traits de caractère, désirs, sentiments) qu’elle refuse plus ou
moins consciemment d’assumer, bien qu’elle les possède ou les éprouve en réalité elle-même. Freud
cite le cas du jaloux qui, hanté par le désir d’être infidèle, accuse sa partenaire de le tromper. La
projection, qui fait passer de l’auto- accusation à l’accusation d’autrui, n’est pas un mécanisme de
défense sans efficacité.
La sublimation consiste à orienter une pulsion(libido, agressivité) vers un but différent de son
but primitif, en harmonie avec les normes sociales, religieuses ou morales du surmoi. Une partie de
l’énergie sexuelle, par exemple, notamment dans ses aspects pervers, peut être déviée vers des but
socialement utiles comme l’activité artistique ou la recherche scientifique. Les formes les plus brutales
de l’agressivité peuvent se transformer en esprit de compétition à des niveaux très élevés :
professionnels, sportifs, culturels.

les stades de développement chez l’enfant

Psychologie
En psychologie, on appelle «stade» une étape particulière dans la chronologie du développement du
sujet entre l'état de bébé et d'adolescence. Chaque étape de ce développement est fondée sur
l'existence d'une discontinuité, changements de rythme ou changements qualitatifs observés dans
l'évolution tout à la fois somatique, physiologique et comportementale de l'enfant.
Historique
Platon comme Aristote ont traité des questions relatives à l'enfance. Pour Platon, les enfants sont
dotés à la naissance de certains talents, que leur éducation doit chercher à développer. Aristote a
proposé à son tour des méthodes d'étude du comportement des enfants. Par la suite, les enfants
furent perçus comme des adultes en miniature. Au XVIIIe siècle, le philosophe français Jean-
Jacques Rousseau semblait faire écho à Platon en affirmant que l'éducation devrait être la moins
contraignante possible.
Le développement de l'enfant
Ces différents aspects du développement affectif et intellectuel de l'enfant doivent être analysés avec
les phénomènes liés à la croissance physique et aux modifications émotionnelles, psychologiques et
sociales qui les accompagnent.
L'hérédité et l'environnement
On s'accorde à penser que les modèles du développement de l'enfant sont déterminés par l'action
conjointe et réciproque de la génétique et de l'environnement, bien que les recherches ne permettent
pas de définir le rôle exact du patrimoine génétique. L'investigation dans ce domaine porte sur des
vrais jumeaux (ou homozygotes), élevés séparément. On a comparé leurs comportements en termes
de ressemblances et de différences, ces résultats étant alors comparés à ceux qu'on obtient avec des
jumeaux élevés ensemble. Cependant, les conclusions de ces études n'ont pas été validées.

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La croissance physique
Un nouveau-né pèse en moyenne 3,4 kg pour une taille de 53 cm; sa tête est plus développée que
ses membres inférieurs. L'enfant grandit le plus rapidement entre la naissance et trois ans, puis le
rythme de croissance se stabilise jusqu'à l'adolescence; la crise de croissance qui intervient alors est
bien moins importante que celle du bébé. La prise de poids est elle aussi la plus rapide pendant les
trois premières années, mais elle suit un rythme régulier pendant l'adolescence. Les recherches
indiquent que les rythmes de croissance sont fonction de la santé de l'enfant : la croissance en taille
et en poids ralentit pendant une maladie, puis reprend à un rythme plus élevé à la guérison.
Activités motrices
Les capacités motrices se modifient sans cesse pendant les deux premières années de la vie. Dès la
naissance, les nourrissons produisent de nombreux mouvements non coordonnés. Le grand nombre
d'actes réflexes est caractéristique de leur comportement moteur; ces actes apparaissent peu après la
naissance, puis disparaissent rapidement. Par exemple, si on tapote la paume d'un bébé, ses doigts se
replient involontairement en un poing : c'est le réflexe palmaire.
Des modèles successifs de développement moteur se succèdent à partir de ces premiers
mouvements. Ainsi, diverses étapes précèdent l'apparition de la marche, qui débute généralement
entre treize et quinze mois.
Lorsque les compétences motrices de base sont acquises, les enfants apprennent à coordonner leurs
mouvements et leurs capacités de perception, en particulier la perception spatiale. Ce processus
revêt une importance majeure pour le fonctionnement de la coordination œil-main.
Le langage

La capacité à communiquer et à comprendre un langage est un exploit majeur de l'être humain. La
vitesse d'acquisition du langage est spectaculaire : le premier mot est émis vers douze mois; la
plupart des enfants disposent à deux ans d'un vocabulaire de 200 à 300 mots, qui passent à
2 600 mots à l'âge de six ans. Les enfants de trois ans forment des phrases correctes et à l'âge de cinq
ans, ils utilisent des constructions très complexes.
La seule théorie de l'apprentissage ne suffit pas à expliquer ce phénomène. Le linguiste américain
Noam Chomsky a émis l'hypothèse que le cerveau humain serait conçu spécialement pour acquérir
et reproduire le langage; le système mental n'a en effet besoin d'aucun apprentissage formel et
fonctionne à la perfection dès que l'enfant est en contact avec la langue.
Formation de la personnalité
Les théories de la personnalité visent à décrire le comportement des individus qui répondent à leurs
besoins physiques et psychologiques et qui vivent un conflit personnel en cas d'échec. La formation
de la personnalité est ainsi définie comme le processus par lequel l'enfant apprend à faire face aux
conflits. En cas de conflit écrasant, le recours à un mécanisme de défense constitue une réponse
normale; par exemple, la rationalisation consiste à nier qu'on ait eu tel ou tel objectif, alors qu'on se
l'était bel et bien fixé.
L'intelligence et l'apprentissage
On peut définir l'intelligence comme la capacité à manipuler efficacement des concepts. Cette
définition sous-tend les questions des tests d'intelligence destinés aux enfants. Deux tests célèbres
sont utilisés pour classer la progression mentale de l'enfant et pour estimer ses capacités
d'apprenant : le test Binet-Simon et l'échelle d'intelligence de Wechsler. Les études scolaires sont
liées aux facultés de raisonnement verbal, ce qui semble valider le contenu des tests; certaines
études confirment la relation entre les résultats à ces tests et la réussite scolaire. Les prévisions
fondées sur les tests demeurent cependant imparfaites : les tests d'intelligence ne mesurent pas la
motivation ; par ailleurs, nous ne connaissons qu'imparfaitement les qualités requises pour des
études.

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Relations sociales
Les relations sociales entre les jeunes enfants s'organisent autour d'un intérêt mutuel sans
interaction. Puis, avant l'entrée à l'école, les relations entre les enfants de même âge et de statut
identique — le groupe de pairs — se transforment peu à peu en un système social complexe qui
imprègne leurs valeurs et leur comportement. La transition vers le monde social adulte passe par une
nouvelle organisation du groupe de pairs : apparition d'un leader, diversification des membres avec
leurs forces et leurs faiblesses. La conformité au groupe de pairs culmine vers douze ans; elle ne
disparaît plus par la suite, bien qu'elle soit moins discernable dans le monde des adultes.
Avec l'âge, la composition des groupes de pairs se modifie. Les groupes de préadolescents sont
plutôt homogènes : leurs membres sont généralement du même sexe et proviennent du même lieu.
Plus tard, les relations sociales s'organisent autour du partage de valeurs et d'intérêts communs.
La socialisation
La socialisation est le processus d'apprentissage des comportements socialement acceptables et des
comportements répréhensibles ou interdits. Selon certaines théories, la socialisation se produirait
seulement par imitation ou par un cycle de punitions et de récompenses. Les théories actuelles
insistent plutôt sur le rôle de la cognition, soit la perception, la réflexion, et la connaissance; pour
être réellement socialisé, l'individu doit comprendre implicitement ou explicitement les règles de
comportement social qui fonctionnent dans toutes les situations. La socialisation recouvre aussi la
compréhension des concepts de la morale sociale.
Tendances actuelles
La psychologie de l'enfant poursuit les études sur l'interaction entre les facteurs biologiques et
environnementaux, et sur leur influence sur le comportement et le développement; sur le rôle de la
cognition lors de la socialisation, en particulier lors de l'adaptation aux rôles des sexes, et sur la
compréhension des mécanismes de la cognition. On étudie également la fonction de la cognition
dans l'apprentissage du rôle sexuel chez les enfants. Les chercheurs ont pu établir quelques
différences générales entre les sexes (par exemple, on observe classiquement que les filles excellent
dans le maniement du langage alors que les garçons sont souvent meilleurs en mathématiques), mais
la part de l'inné et celle de l'environnement dans ces dispositions n'ont pas pu être établies. De
nombreux travaux actuels s'attachent à préciser les composantes cognitives tels que la mémoire et la
concentration et à préciser leur rôle dans la résolution de problèmes rencontrés par les élèves en
différentes matières. Ces recherches devraient permettre d'améliorer les méthodes d'enseignement
des matières scolaires et l'efficacité des cours de soutien.

LES STADES
Le stade oral
Il constitue le premier stade de l'évolution libidinale. Le plaisir sexuel est essentiellement lié à
l'excitation de la cavité buccale et des lèvres par l'alimentation. À travers l'activité de nutrition, par
exemple, s'exprime et s'organise la « relation d'objet » avec la mère, marquée par les notions de
« manger » et d'« être mangé ». Karl Abraham a proposé de diviser ce stade en fonction de deux
activités différentes: succion (stade oral précoce) et morsure (stade sadique-anal).
Le stade anal
Second stade de l'évolution libidinale selon Freud, le stade anal se situe approximativement entre 2 et
4 ans et est caractérisé par une organisation de la libido sous le primat de la zone érogène
anale. La relation d'objet est constituée de significations liées à la fonction de défécation
(expulsion/rétention) et à la valeur symbolique des excréments. Ce stade constitue le point
d'ancrage du sadomasochisme, en relation avec le développement de la maîtrise musculaire.
Cette liaison avec la notion de sadomasochisme trouverait, en effet, sa correspondance
privilégiée entre la fonction biphasique du sphincter anal (évacuation/rétention) et le contrôle

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de celui-ci, et la nature bipolaire du sadisme, qui vise contradictoirement à détruire l'objet et
à le maintenir en le maîtrisant.
Le stade phallique
Troisième stade du développement de la libido, le stade phallique est caractérisé par l'unification des
pulsions partielles qui existent chez l'enfant, unification qui se constitue sous le primat des organes
génitaux. À ce stade, l'enfant, garçon ou fille, ne connaît qu'un seul organe génital: le pénis, et
l'opposition des sexes ne se traduit à ce moment que par l'opposition au terme de «phallique» ou
«châtré». Le stade phallique constitue un moment culminant pour l'enfant et correspondant au déclin
du complexe d'Œdipe, dans lequel le complexe de castration est prévalent.
le stade du miroir

D'après Lacan, le stade du miroir est une phase de la constitution de l'être humain. Il constitue, du
point de vue de l'évolution de la structure psychique de chacun, un moment fondamental s'analysant
en la constitution de la première ébauche du moi. Le stade du miroir est ce moment
«d'individualisation du sujet dans le miroir». Jusqu'ici l'enfant vit dans la confusion de lui et de l'autre.
L'image du corps s'est construite dans le «réseau de sécurité langagière» (F. Dolto, l'Image
inconsciente du corps, 1984) formé par la mère. Ce que l'expérience du miroir va apporter à l'enfant,
c'est une faculté d'individualisation de son corps propre qui marquera son entrée dans le narcissisme
primaire.
L'expérience se joue entre 6 et 18 mois, soit une année pendant laquelle elle va se produire plusieurs
fois, en trois moments qui se superposent et se mêlent: d'abord l'enfant vit dans la confusion de lui et
de l'autre. Puis, placé devant un miroir, il va comprendre que ce qu'il voit dans ce miroir n'est qu'une
image, autrement dit que l'autre du miroir n'est pas réel. Enfin, troisième moment, décisif celui-là,
l'enfant va reconnaître l'image du miroir comme étant la sienne; de même, il va percevoir que l'image
de sa mère, à ses côtés, est celle de sa mère. C'est là que s'opèrent «l'unification et l'identification
primordiale» au reflet, à l'image d'une figure reconnue comme autre. C'est un moment crucial pour
l'enfant qui effectue là la première conquête de son identité par la perception d'une image totale de son
corps, qui va précéder le sentiment d'unité de sa personne.
L'expérience du miroir comporte un certain nombre d'enjeux sur le développement psychique et
libidinal de l'enfant, et sur son devenir. Elle ouvre à l'enfant la perception du corps des autres comme
différent de son propre corps. Désormais, les comparant, il va voir qu'à l'endroit du sexe, chez
certains, il y a quelque chose, alors que chez d'autres il n'y a rien. Il va être ainsi conduit à s'interroger
sur cette différence anatomique, et sera apte, dès lors, à aborder la problématique œdipienne. En outre,
il s'agit aussi pour l'enfant, au travers de l'expérience spéculaire, de sortir de l'individualisation mère-
enfant dans laquelle il vivait jusqu'alors.
Grâce à cela encore pourra s'amorcer pour lui la période œdipienne, l'élaboration d'une représentation
imaginaire de sa mère dont il serait le seul objet de désir. Puis, rencontrant son père, il pourra
pressentir, imaginairement encore, que celui-ci est son rival dans la satisfaction du désir de la mère.
Enfin, l'alliance répétée lors du stade du miroir de l'image spéculaire et de son nom dit par la mère
l'initieront au registre symbolique. Ce moment deviendra ainsi le point d'ouverture à toutes les
opérations symboliques que l'enfant devra effectuer au cours de la période œdipienne. Le stade du
miroir ouvre ainsi à l'enfant la possibilité d'appréhender l'intrication du symbolique et de l'imaginaire
qui va marquer cette période et qui trouvera son terme dans la symbolisation de l'interdit de l'inceste
par l'intervention de la loi du père.
le complexe d'Œdipe
L'expression de «complexe d'Œdipe» n'apparaît que tardivement dans l'œuvre de Freud (1910). Sa
découverte est cependant préparée depuis longtemps. Freud est amené par son auto-analyse à
reconnaître en lui l'amour pour sa mère, et envers son père une jalousie en conflit avec l'affection qu'il
lui porte. En 1897, il écrit à son ami Fliess: «J'ai trouvé en moi comme partout ailleurs des sentiments
d'amour envers ma mère et de la jalousie envers mon père, sentiments qui sont, je pense, communs à
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tous les jeunes enfants.» Freud ajoute: « Tout être humain se voit imposer la tâche de maîtriser le
complexe d'Œdipe… » (Trois Essais sur la sexualité, 1905).
Le mythe d'Œdipe
Œdipe, fils de Laïos et de Jocaste, est le personnage central des mythes grecs. L'oracle avait prédit à
Laïos que, s'il avait un fils, celui-ci le tuerait, épouserait sa femme et prendrait son royaume.
Dès sa naissance, Œdipe fut donc condamné à mort. Mais celui qui devait le tuer ne put s'y
résoudre et l'abandonna dans la montagne. Un berger au service du roi de Corinthe passa par
là, recueillit l'enfant et l'éleva comme son propre fils. Brillant par son courage et son
intelligence, Œdipe fut finalement adopté par le roi Polybe, qui n'avait pas d'enfant. Il en
oublia lui-même son origine. Quittant à peine l'adolescence, il consulta l'oracle de Delphes et
apprit avec épouvante qu'il tuerait son père et épouserait sa mère.
Pour fuir son destin, il quitta Corinthe et se rendit à Thèbes. Sur la route, une altercation se produisit
avec l'équipage d'un cortège qu'il croisa, au cours de laquelle il tua un vieillard inconnu. Ce
vieillard était Laïos, mais Œdipe ne le sut que plus tard.
Lorsqu'il arriva à Thèbes, un double malheur venait de se produire: le roi venait d'être assassiné, et
une bête monstrueuse, le Sphinx, dévorait chaque jour des jeunes gens du pays. Jocaste, la
reine, avait annoncé qu'elle épouserait celui qui délivrerait la cité de ce monstre, et qu'elle lui
donnerait son royaume. Œdipe se présenta devant le Sphinx et répondit le premier à l'énigme
que celui-ci posait à tous ceux qui tombaient entre ses mains, et qu'il massacrait lorsqu'ils ne
trouvaient pas la réponse. Œdipe épousa Jocaste et devint le maître d'un grand pays. Il eut
quatre enfants et jouissait d'un vrai bonheur lorsque Thèbes fut ravagée par la peste.
Questionné sur le moyen de faire cesser l'épidémie, l'oracle de Delphes répondit qu'il fallait
chasser le meurtrier de Laïos, dont le crime impuni répandait la souillure sur tout le pays.
Œdipe mena lui-même l'enquête. Se croyant toujours le fils de Polybe, il découvrit peu à peu
avec effroi son double crime: l'assassinat et l'inceste. Jocaste se pendit, Œdipe se creva les
yeux pour ne plus voir la lumière du jour et partit en exil, poursuivi par la malédiction de tous.
Seule sa fille Antigone lui resta fidèle jusqu'à la mort. La malédiction s'abattit cependant sur
toute sa descendance: ses deux fils s'entretuèrent pour la possession du royaume, et Antigone
fut exécutée sur l'ordre de Créon le traître, frère de Jocaste, qui convoitait la succession de ses
neveux. Élaboration du concept chez Freud

Complexe d'Œdipe de la fille

Comme le garçon, son premier objet d'amour est la mère. Il lui appartiendra donc de se détacher de
celle-ci pour pouvoir orienter son désir vers le père. Le processus pour la fille se révèle plus long et
compliqué: constatant qu'elle est dépourvue de pénis, elle se considère comme castrée et normalement
elle se détourne de sa mère, à laquelle elle reproche de l'avoir mise au monde sans pénis, et choisit le
père comme objet d'amour (Sur la sexualité féminine, 1931), s'identifiant alors à la mère et voulant la
remplacer auprès du père. Elle peut se mettre à la haïr: à la rancune liée à l'envie du pénis s'ajoute
alors la jalousie œdipienne. Freud considère que la raison de la disparition du complexe d'Œdipe chez
la fille n'est pas claire. Quoi qu'il en soit, qu'il s'agisse du garçon ou de la fille, le passage inéluctable
par l'œdipe doit permettre au sujet d'aboutir à la position hétérosexuelle, et à la formation du Surmoi,
source de la morale et de la vie sociale.

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le complexe de castration

Ce complexe est centré en psychanalyse sur le fantasme de la castration, celui-ci constituant la
réponse apportée par l'enfant à l'énigme que présente pour lui la découverte de la différence
anatomique des sexes, c'est-à-dire la constatation de la présence ou l'absence de pénis: la cause de
cette différence est l'absence du pénis chez la fille.
La structure et les effets du complexe de castration sont différents chez le garçon et chez la fille, selon
Freud. Le garçon redoute la castration comme la réalisation d'une menace paternelle en réponse à
ses activités sexuelles, ce qui provoque chez lui une angoisse de castration. La fille, de son côté,
ressent l'absence de pénis comme un préjudice qu'elle cherche à nier, à compenser ou à réparer.
Le complexe de castration est étroitement lié avec le complexe d'Œdipe et spécialement avec la
fonction interdictrice et normative dont il est porteur.

le narcissisme

Amour que l'on porte à l'image de soi-même, le narcissisme, décrit par P. Näcke en 1899 comme une
perversion sexuelle, a été promu par la psychanalyse au rang de donnée structurale de la vie
psychique. Après les Trois Essais sur la théorie de la sexualité (1905) qui posent les stades du
développement de la libido d'objet (stade oral, anal, génital), Freud, dans ses recherches sur la
psychose, éprouve la nécessité d'introduire un nouveau stade qui permettrait d'éclairer le problème du
choix de l'objet sexuel: ce stade sera le narcissime. (Pour introduire le narcissisme, 1914). Au cours
de ses observations cliniques il note dans la paranoïa et la démence précoce un retournement de la
libido du sujet sur lui-même qu'accompagnent un désintérêt pour le monde extérieur et une image de
soi grandiose (le Cas Schreber, 1911). Peu à peu, ce trait pathologique du retournement de la libido va
devenir, dans la théorie freudienne, une phase d'investissement pulsionnel indispensable à la vie
subjective. Freud avance l'idée d'une libido du moi en équilibre énergétique avec la libido d'objet.
L'investissement libidinal du moi correspond à une phase d'unification pulsionnelle. En effet, jusque-
là, dans l'autoérotisme, les pulsions trouvaient satisfaction dans des objets partiels pris sur le corps
propre. Le narcissisme représente donc un moment constitutif du sujet dans son unité. C'est ce
moment structural que Lacan décrit dans le Stade du miroir (1948) comme une identification
primordiale à l'image de soi-même dans le miroir, et un «carrefour du narcissisme» qui se situe entre
le 6e et le 24e mois. Dès lors, la libido du moi devient un investissement permanent et participe au
choix d'un objet d'amour dans le monde extérieur. On comprend alors que les déséquilibres de cette
balance énergétique entre libido du moi et libido d'objet soient à l'origine des troubles psychiques que
Freud appelle «les névroses narcissiques» et que nous nommons aujourd'hui les psychoses. Elles se
caractérisent par un retrait de la libido d'objet qui se reporte sur le moi d'une façon démesurée (la
manie, la schizophrénie), ou, à l'inverse, par une dépression irréductible de la libido du moi (la
mélancolie).
l'objet

L'objet en psychanalyse est une notion complexe et variée. De façon générale, il s'entend toujours
avec un déterminant explicite ou implicite qui est de nature à donner un sens au désir de chaque être
humain. On parlera ainsi de l'«objet de la pulsion» qui peut être défini comme ce par quoi celle-ci
cherche à atteindre un seul but, à savoir la satisfaction. Lorsqu'on parle de «l'objet d'amour» (ou de la
haine), le terme d'«objet» prend alors un sens différent: la relation en cause implique alors celle de la
personne totale ou d'un objet lui-même visé comme une totalité. Enfin, en philosophie ou en
psychologie, l'objet s'entend traditionnellement comme ce qui s'offre au sujet de la perception et de la
connaissance, avec des caractères fixes et permanents que tout sujet peut reconnaître indépendamment
de son désir ou de ses opinions.
L'objet de la pulsion

L'objet de la pulsion, nous dit Freud, est «ce en quoi ou par quoi elle peut atteindre son but» (Pulsions
et destin des pulsions, 1915). Il n'est pas lié à elle à l'origine, mais il en est un élément qui varie en

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permanence: la pulsion se déplace, en effet, d'un objet à l'autre au cours de son devenir, et l'objet peut
servir à la satisfaction de plusieurs pulsions.
L'objet d'amour

Si l'objet d'amour apparaît comme une sorte de déguisement de l'objet de la pulsion, il en est pourtant
bien différent.
D'une part, il ne peut être considéré comme une pulsion partielle, tels le sadisme ou le voyeurisme,
pas plus qu'il ne saurait représenter «l'expression d'une tendance sexuelle totale», laquelle n'existe pas.
D'autre part, son destin est complexe: il peut se transformer en haine.
En troisième lieu, l'amour s'analyse comme une passion du Moi total, alors que les pulsions peuvent
fonctionner de façon indépendante de toute constitution du moi.
Ainsi, on peut dire que la pulsion chez l'enfant se définit comme partielle en raison essentiellement du
type d'objet qu'elle vise et non en raison de son mode de satisfaction (plaisir d'organe).
C'est seulement à la puberté qu'intervient le choix d'objet proprement dit, dont des préfigurations
existent dans l'enfance, mais qui seul permet à la vie sexuelle de s'unifier et de s'orienter vers un autre.
Dans les «relations d'objets» qui s'ensuivent, on se trouve amené à distinguer un objet pulsionnel et un
objet d'amour. Le premier est susceptible de procurer la satisfaction à la pulsion; il peut s'agir d'une
personne, ou encore une partie du corps.
Quant à l'objet d'amour, il est réservé «pour des relations du moi total aux objets». Freud réserve dans
ses textes l'expression de choix d'objet à la relation de la personne avec ses objets d'amour, qui sont
eux-mêmes des personnes totales. Il existe donc une opposition entre objet partiel (objet de la pulsion)
et objet total (objet d'amour), qui peut amener à conclure que le sujet passerait de l'un à l'autre par une
intégration progressive de ses pulsions partielles au sein de l'organisation génitale. Mais cette
distinction n'implique pas nécessairement une telle conséquence: l'objet partiel peut, en effet, être tenu
pour un pôle indépassable de la pulsion sexuelle Par ailleurs, l'investigation analytique montre que
l'objet total, loin d'apparaître comme un achèvement, n'est jamais dépourvu d'autres implications: sa
constitution paraît bien souvent être de l'ordre d'une forme modelée à l'image du Moi et des différents
objets partiels qui le composent, que d'une harmonie complète de ceux-ci.
Objet partiel

L'objet partiel est celui qui est visé par une pulsion partielle, sans pour autant qu'une personne dans sa
totalité soit prise comme objet d'amour (sein, pénis). Il s'agit particulièrement de parties du corps
réelles ou fantasmées, et de leurs équivalents symboliques. Cependant Freud parle aussi de
l'identification d'une personne totale à un objet partiel, en particulier le phallus.
L'objet transitionnel

Ce terme, introduit par D.W. Winnicott, désigne un objet ayant une valeur particulière pour le
nourrisson ou le jeune enfant, en particulier au moment de l'endormissement. Ce peut être un coin de
couverture, un chiffon ou une serviette qu'il suçote. Le recours à des objets de ce type est, selon
Winnicott, normal, et il permet à l'enfant d'effectuer la transition entre la première relation orale à sa
mère et la véritable relation d'objet. Ce n'est pas dire pour autant que la fonction de l'objet
transitionnel soit abolie dès lors que l'enfant effectue son passage vers une «relation d'objet
proprement dite». L'objet transitionnel apporte à l'enfant dès le départ un champ d'expérience qui ne
peut être contesté; selon Winnicott, il appartient au domaine de l'illusion: «Ce champ intermédiaire
d'expérience dont il n'a à justifier l'appartenance, ni à la réalisation intérieure, ni à la réalité extérieure,
constitue la part la plus importante de l'expérience de l'enfant. Il va se prolonger, tout au long de sa
vie, dans l'expérience intense qui appartient au domaine des arts, de la religion, de la vie imaginative,
de la création scientifique» (La Psychanalyse).
la période de latence

La période de latence est celle qui va de la fin de la sexualité infantile (5 ou 6 ans) jusqu'au début de la
puberté. C'est un temps d'arrêt dans l'évolution de la sexualité. On peut y observer une diminution de
l'activité sexuelle de l'enfant et la désexualisation des relations d'objet et des sentiments avec
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prévalence de la tendresse sur les désirs sexuels. On constate aussi l'apparition de certains sentiments
tels que la pudeur et le dégoût, et d'aspirations morales et esthétiques. Selon la psychanalyse, la
période de latence trouve son origine dans le déclin du complexe d’œdipe.
Le refoulement s'intensifie et porte en particulier sur les premières années; les investissements d'objets
se transforment en identifications aux parents, les sublimations se développent.
Freud est ainsi amené pour rendre compte de la fin de l’œdipe à parler d'une «impossibilité interne» de
celui-ci, c'est-à-dire une sorte de discordance entre la structure œdipienne et l'immaturité biologique:
«L'absence persistante de la satisfaction espérée, la frustration perpétuée de l'enfant qu'il espère,
contraignent le petit amoureux à renoncer à un sentiment sans espoir.»

L’ADOLESCENCE

PRÉSENTATION

L’adolescence est une étape de la croissance située entre la puberté et l'âge adulte. Elle débute en
général vers quatorze ans chez les garçons et douze ans chez les filles. La transition vers l'âge adulte
varie selon les cultures, mais elle est souvent définie par le moment où les individus commencent à
vivre indépendamment de leurs parents.

DÉVELOPPEMENT PHYSIQUE

L'apparition de la puberté est associée à des changements importants sur le plan corporel. L'activité de
l'hypophyse se traduit par un accroissement des sécrétions hormonales dont les effets physiologiques
sont très étendus. L'hormone de croissance provoque une accélération rapide de la taille et de la
corpulence. En deux ans environ, le corps parvient à son poids et à sa taille adulte. Cette croissance
survient plus tôt chez les filles que chez les garçons. De même, les filles sont sexuellement mûres
avant les garçons. L'acquisition de la maturité sexuelle chez les filles est marquée par l'apparition des
menstruations et, chez les garçons, par la production de sperme. Les principales hormones gouvernant
ces changements sont les œstrogènes chez les premières et les androgènes chez les seconds. Ces
substances sont aussi associées à l'apparition des caractères sexuels secondaires : pilosité pubienne et
corporelle, développement de la poitrine et élargissement des hanches chez les filles; pilosité faciale,
corporelle et pubienne, mue de la voix chez les garçons.

DÉVELOPPEMENT INTELLECTUEL

Aucune modification spectaculaire des fonctions intellectuelles n'a lieu au cours de l'adolescence. La
capacité de compréhension de problèmes complexes se développe graduellement. Le psychologue
français Jean Piaget a montré que l'adolescence est le stade où la pensée formelle opérationnelle
commence : elle se caractérise par des pensées impliquant une logique déductive. Piaget suppose que
cette étape survient chez tous les individus, quelles que soient leurs expériences éducatives ou
apparentées. Toutefois, cette hypothèse n'a pu être étayée par des preuves expérimentales; ces
dernières montrent, au contraire, que la capacité des adolescents à résoudre des problèmes complexes
est fonction de l'accumulation de connaissances et de l'éducation.

DÉVELOPPEMENT SEXUEL

Les modifications physiologiques qui surviennent à la puberté sont responsables de l'apparition des
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pulsions sexuelles. La satisfaction de ces pulsions est encore compliquée par de nombreux tabous
sociaux et par le manque de connaissances sur la sexualité. Cependant, depuis les années 1960,
l'activité sexuelle a augmenté chez les adolescents. De récentes études montrent que 50% des
adolescents de moins de quinze ans et 75% des adolescents de moins de dix-neuf ans disent avoir eu
des rapports sexuels. En dépit du fait qu'ils sont concernés par la sexualité, certains adolescents ne
sont pas intéressés ou pas informés sur les méthodes de contrôle des naissances (contraception) ou les
symptômes des maladies sexuellement transmissibles. Par conséquent, le taux des naissances
illégitimes et la fréquence des maladies vénériennes vont en s'accroissant.

DÉVELOPPEMENT ÉMOTIONNEL

Le processus de développement psychologique se déroule tout au long de la vie. L'adolescence
correspond au passage d'un individu dépendant à un individu indépendant dont l'identité va lui
permettre de communiquer avec les autres d'une manière adulte. L'apparition de problèmes
émotionnels est variable parmi les adolescents.
L’adolescence est une phase de transition ouvrant de nouvelles perspectives à l'existence,
l'adolescence est la période des choix décisifs. La puberté, marquée par de profondes mutations dans
le corps et dans les représentations psychiques, dessine l'avenir social et personnel de l'individu à
travers l'indispensable processus de la conquête d'identité.
L'adolescent est conduit à reconsidérer son univers mental ainsi que sa place dans la famille et dans la
société. Bien que tous les événements de cette période de la vie ne soient pas reliés directement aux
changements physiologiques, c'est leur apparition qui déclenche un développement radical et oblige
l'individu à élaborer des rapports nouveaux avec son environnement.

Le fait pubertaire

La puberté est la conséquence de modifications endocriniennes, programmées dès la différenciation
sexuelle chez l'embryon et le fœtus. Elle marque une étape de l'ontogenèse où la machinerie
hormonale, relativement silencieuse dans les dix premières années de la vie, va brusquement se mettre
en marche et déterminer deux grandes sortes de mutations. La première est la maturation des
caractères sexuels primaires, qui permet à l'appareil sexuel de remplir sa fonction de reproduction. La
seconde est l'apparition des caractères sexuels secondaires: associés à des modifications
morphologiques, ils traduisent l'identité masculine ou féminine. C'est, par exemple, le développement
des seins chez la fille, ou du système pileux chez le garçon, la répartition différentielle des graisses
dans les deux sexes. Les transformations de la puberté signifient la capacité, désormais acquise, de
l'être humain à engendrer et à se reproduire.
La puberté se définit, chez la fille, comme le moment d'apparition des premières règles; chez le
garçon, comme celui de la première éjaculation. Les modifications corporelles
précédant cet événement constituent la pré puberté. L'âge moyen de la puberté des filles, en France,
est de 12 ans et mois, et celui des garçons de 13 ans et demi-14 ans. Il existe cependant des
différences non négligeables quant à l'âge moyen où débutent les changements morphologiques
(croissance, modification du système pileux, etc.) qui se poursuivent au-delà de l'apparition de la

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puberté. Si la durée de ces transformations peut varier considérablement selon les individus sans être
pour autant pathologique, l'ordre séquentiel des changements s'avère généralement constant.

Le passage à l'autonomie

Le statut social de l'adolescent, et son évolution sur le plan psychologique conduisant à
l'affirmation du moi sont analysés par les sciences humaines.La démographie conçoit l'adolescence
comme une classe d'âge entre l'enfance et la maturité dont les membres ne sont pas encore entrés dans
la vie adulte ou active par le mariage ou le travail. Elle démontre que, à la suite du développement
socio-économique des sociétés industrielles, la limite supérieure de l'âge de l'adolescence se trouve
continuellement repoussée: ce que l'on définissait autrefois comme la classe des 14-18 ans tend à
devenir celle des 14-20 ans. La sociologie caractérise cette classe d'âge par son statut particulier, celui
du passage de la dépendance à l'autonomie. L'étude des populations corrobore le constat des
sociologues: les liens des jeunes avec le système économique familial se maintiennent de plus en plus
longtemps en raison de la prolongation de l'obligation scolaire et de la formation professionnelle, à
laquelle s'ajoutent les incertitudes du marché du travail.

La psychologie

Celle-ci ne réduit pas l'adolescence à des caractéristiques visibles et repérables. Tout en la
considérant comme le passage obligé de l'enfance à la maturité, les psychologues et les
psychanalystes la définissent par le travail psychique qui vise au désengagement des liens contractés
dans l'enfance avec les images parentales intériorisées. La conquête d'une identité désormais sexuée
passe par le même travail interne. La manifestation extérieure de ce processus de réaménagement de
l'espace psychique, lui aussi bousculé par les transformations pubertaires, est la crise d'adolescence.
Elle accompagne la séparation psychique d'avec les parents et la maturation des idéaux, désormais
théoriquement indépendants des choix parentaux. En somme, du point de vue psychologique, cette
période est celle de la naissance d'un nouveau rapport à un corps sexuellement mature, du
changement des relations à l'autre et du choix de l'objet sexuel et amoureux.
Certains historiens et anthropologues, comme Philippe Ariès et Margaret Mead, ont défendu la thèse
que l'adolescence est apparue avec la modernité. Ainsi en France, jusqu'au XIXe siècle, la progression
de l'enfance à la maturité semble être prise en charge par la communauté adulte. De même, dans les
sociétés traditionnelles, les jeunes gens parvenus à l'âge pubertaire participent à des rites d'initiation
par lesquels ils sont insérés dans des classes d'âge souvent autonomes: ils accèdent à leur identité
sociale ainsi assignée sans passer par une période de transition marquée par la crise d'adolescence.
À l'époque actuelle, il faut des circonstances particulières pour que les adolescents partagent les
mêmes conditions de vie que les adultes: celles-ci existent dans certaines sociétés du tiers-monde où il
y a pénurie de main-d'œuvre et où il manque des hommes pour porter les armes. L'Iran a jeté des
enfants de 13 ans dans sa lutte contre l'Iraq, et les guerres civiles qui se poursuivent dans de
nombreux pays d'Afrique en mobilisent de plus jeunes encore. Dans ces cas, pris au sens strictement

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sociologique, il n'y a pas d'adolescents. Cependant, définie comme travail psychique de la puberté et
comme réaménagement de la relation à son corps, à
l'autre et à la société, l'adolescence est un phénomène universel que l'on retrouve à toutes
les époques.

L'âge des révélations

Dans le développement jusqu'alors «linéaire» du sujet, trois axes nouveaux permettent de définir ce
qui caractérise l'adolescence: la sexualité, la finitude du sujet et le sentiment d'étrangeté, qui résulte
des deux découvertes précédentes.

L'engagement dans la sexualité

L'apparition des modifications corporelles de la puberté met brusquement le jeune en face d'un
questionnement sur son identité. Il est un homme, elle est une femme: son sexe est de toute évidence
irréversible. Les représentations des identités masculine et féminine – des modèles qui proviennent de
l'enfance – se trouvent à présent au centre des préoccupations du jeune. Malgré les données
anatomiques, il lui reste à résoudre la question fondamentale: comment devient-on un homme ou une
femme, comment intègre-t-on un corps nouveau et étranger, comment accède-t-on à la jouissance? Le
problème n'est pas vulgairement mécanique, car être un homme ou une femme signifie qu'il faut
composer avec les pulsions actives et passives et avec les représentations qui les sous-tendent. En
même temps, il n'est plus possible de s'identifier à ses parents, et la transition doit être opérée en
accord avec son désir, dans une extrême solitude.
L'adolescent vit l'engagement dans la sexualité avec angoisse et dans la peur de l'autre. D'autant que
ses caractéristiques anatomiques ne coïncident pas nécessairement avec ses désirs, actifs ou passifs,
qu'il peut percevoir comme illégitimes, autrement dit contradictoires avec ses modèles. Ainsi,
l'identité sexuelle n'est pas donnée en prime à la puberté: il s'agit d'une conquête pleine de
renoncements et d'embûches.

La finitude du sujet

Lorsque l'adolescent fait l'expérience de la découverte du «principe de réalité», c'est l'illusion de sa
toute-puissance qui s'écroule: il n'est plus au centre d'un monde, limité auparavant à la constellation
familiale. Après avoir rêvé du monde adulte où «tout serait possible», il est confronté à une réalité qui
limite la réalisation des désirs infantiles. Se manifestent alors les angoisses de mort. Elles sont d'autant
plus intenses que la sensation de finitude éprouvée par l'individu concerne non seulement sa place
sociale, mais aussi son propre corps. Cette impression de perte de soi ne sera dépassée qu'avec le
temps et la structuration du moi.

Le sentiment d'étrangeté

L'adolescent est un étranger à lui-même et à son nouveau corps, qu'il perçoit par moments comme un
objet persécuteur qui contrarie ses rêves d'enfance. Aussi lui manque-t-il des mots

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pour désigner ce qu'il ressent au plan des excitations sexuelles. Il s'ensuit un état d'«inquiétante
étrangeté» (Freud) qu'il tentera de maîtriser en développant des stratégies diverses, orientées par les
compromis du moi, et dont l'issue dépendra de la qualité de la petite enfance et du développement
antérieur autant que des «objets» (au sens de personnes) que le jeune rencontrera dans cette phase de
profonde angoisse.
La recherche d'identité est propre à tout adolescent: lorsqu'il se trouve en marge de la communauté
locale ou nationale à laquelle il se sent appartenir à part entière, sa frustration
redouble. Ainsi, la révolte des adolescents des banlieues ne tient pas seulement aux facteurs
socio-énomiquess, mais aussi à cette absence d'identité collective particulièrement insécurisante.

Une période de choix décisifs

La conquête d'une autonomie économique, qui intervient à la fin du processus pubertaire, est elle-
même fondée sur une double autonomie de pensée et d'action. Apparaît alors également la faculté de
composer avec les contraintes de la réalité, sans nuire toutefois à la capacité:

1) d'aimer, de créer des relations nouvelles;
2) de penser, éventuellement dans l'infidélité aux modèles familiaux;
3) de travailler, d'investir dans un objet, un secteur que l'on a choisi pour les
satisfactions qu'il apporte.

Le choix de vie

La question «Qui suis-je?» de l'adolescent met en cause continuellement sa fidélité aux parents. C'est
par le biais de cette interrogation que se fait la construction des idéaux, soumise au désir, même
inconscient, de s'acquitter de sa dette envers eux. Les études sociologiques semblent confirmer que les
enfants se dirigent vers la profession et le mode de vie des parents, mais en réalité le désir de leur
rester fidèle se manifeste par des mécanismes infiniment plus complexes lors du choix de vie. Ainsi, la
marginalité de nombreux adolescents est une manière de ne pas trahir l'amour qu'ils portent au père et
à la mère(tels qu'ils se les représentaient dans leur petite enfance); dans certains cas, elle est
l'expression d'un sentiment de révolte des parents, qu'eux-mêmes avaient étouffé: elle exprime leur
propre désir de transgression refoulé, leur propre insatisfaction dans la vie quotidienne. Mais la
marginalité peut traduire également l'impossibilité du jeune de se poser en rival des parents, de
s'autoriser inconsciemment à les «dépasser», à faire mieux qu'eux.

Le choix de caractère

Avant d'envisager une profession et un mode de vie et de trouver l'équilibre entre les exigences de la
réalité extérieure et son idéal du moi lors du choix de vie, l'adolescent est amené à intérioriser les
modèles nés au contact de l'environnement familial et social. Le «choix de caractère» obéit donc à une
dynamique interne.
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Les idéaux qui se mettent en place par ce processus et auxquels le sujet tentera de se conformer
peuvent varier au cours de l'existence, mais ils demeureront comme la ligne de mire sur laquelle
s'ajusteront toutes les réalisations de la maturité conquise. Le choix de caractère est le résultat de la
manière, souvent inconsciente, dont l'adolescent gère sa relation à lui-même et aux autres. Le principe
qui le guide, à son insu, est de faire l'économie d'une trop grande tension ou excitation internes. Pour
maintenir l'équilibre, il recourt aussi bien aux mécanismes de pensée (le rêve, la création, la pensée
logique) qu'à l'action (le sport raisonnable ou intensif, l'action sociale, etc.). Le choix de caractère, la
manière dont l'adolescent souhaite être perçu par les autres, mais aussi par lui-même, est corrélatif du
choix de vie. Certes, il n'est pas indépendant de ce qui s'est passé dans les premiers âges de la vie (le
narcissisme infantile de l'adolescent en témoigne), mais il n'est pas non plus prédéterminé par la petite
enfance. Pour s'en rendre compte, il suffit de penser à la malléabilité des adolescents, à l'insistance
avec laquelle ils recherchent des modèles. Ils sont en quête de ce qui leur échappe et qui pourtant
existe en eux, c'est-à-dire le désir de se sentir exister, mais aussi de vivre en paix avec les figures
parentales, après s'en être différenciés.

L’AGE ADULTE

L’age adulte commence, en France, à 18ans, age de responsabilité civile, droit au mariage, au vote, à
la « liberté » sexuelle, au travail…Les rites de passages sont plus flous qu’autrefois. On ne peut pas
parler de l’age adulte sans parler du contexte social et gouvernemental car il est question d’être
« acteur » de sa vie dans ces contextes là. Lorsqu’on est adulte, on est dans la répétition (mécanisme
de défense) et l’évolution. Par exemple, certaines personnes âgées (donc adulte) n’évoluent plus
psychiquement. La notion de répétition implique par exemple, que le choix du conjoint(milieu social,
niveau scolaire) est lié à sa propre culture.

21
LE VIEILLISSEMENT ET LA MORT

Le vieillissement est le processus qui se repère dans les changements psychiques et physiques. C’est
l’age qui s’avance vers la mort, c’est la dernière période d’un individu. La notion du temps devient
importante dans le processus de vieillissement, il peut être linéaire ou cyclique (répétition). Le temps
peut être simplement l’instant.

Effets du vieillissement.

ORGANE OU SYSTÈME EFFETS NATURELS DU FACTEURS ACCÉLÉRANT LE
VIEILLISSEMENT PROCESSUS

Peau Perte d’épaisseur et d’élasticité Tabagisme, exposition excessive au
(apparition des rides) soleil
S’écorche plus facilement en raison de
la fragilité des vaisseaux sanguins près
de la surface
Cerveau / système nerveux Perte d’une partie des facultés de Consommation excessive d’alcool et
mémorisation et d’apprentissage due à d’autres drogues
la mort de neurones
Réponse plus lente aux stimuli (perte
des réflexes)
Sens Perdent leur finesse à la suite de la mort Tabagisme, exposition répétée à des
de neurones sons trop forts

Poumons Deviennent moins efficaces lorsque leur Tabagisme, air de mauvaise qualité,
élasticité diminue manque d’exercice

Cœur Pompe le sang moins efficacement, ce Tabagisme, consommation excessive
qui rend l’exercice plus difficile d’alccol, mauvaises habitudes
alimentaires
Circulation Devient plus mauvaise et la tension Accident, obésité
augmente lorsque les artères durcissent

Articulations Perdent de leur mobilité (genoux, Accident, obésité
hanches) et se détériorent en raison des
frottements et de la pression constants
(la disparition de cartilage entre les
vertèbres cause une diminution de la
taille)
Muscles Perte de poids en force Manque d’exercice, mauvaise
alimentation

Foie Filtre plus difficilement les toxines du Consommation excessive d’alcool,
sang infection virale

Le vieillissement est l’ensemble des modifications biologiques communes à tous les êtres vivants, qui
semblent apparaître inévitablement et irréversiblement avec le passage du temps et qui aboutissent à
un affaiblissement des différentes fonctions de l’organisme, puis à la mort. Les effets du temps et leur
amplitude sont très différents d’une espèce vivante à l’autre et, au sein d’une même espèce, d’un
22
individu à l’autre. Chez l’Homme, les manifestations liées à l’âge comprennent notamment une
diminution de la souplesse articulaire et de la force musculaire, de la résistance générale du corps, de
l’élasticité des tissus (particulièrement visible au niveau de la peau), du nombre de cellules nerveuses
(à partir de vingt-trois ans), ainsi qu’un épaississement et une rigidité de la paroi des vaisseaux
sanguins et un affaiblissement général des fonctions du corps.
Les médecins et les biologistes spécialistes du vieillissement orientent leurs recherches vers la
compréhension de ces phénomènes et vers une meilleure connaissance des handicaps provoqués par
l’âge.
Les manifestations liées à l’âge ne sont pas associées directement et inéluctablement au vieillissement
biologique. Ce sont aussi des conséquences des maladies — de plus en plus fréquentes avec l’âge — du stress
ou des facteurs d’environnement. En l’état actuel des connaissances, il n’existe aucun moyen d’agir directement
sur le processus du vieillissement. Mais on peut prévenir et traiter les maladies et les facteurs qui aggravent ses
manifestations (par exemple, l’arrêt précoce d’un tabagisme diminue le risque ultérieur de troubles cardio-
vasculaires).

THÉORIES BIOLOGIQUES DU VIEILLISSEMENT
Il n’existe aucun consensus scientifique sur la vraie nature du processus de vieillissement. La recherche sur sa
cause biologique première est donc animée par l’étude et la vérification de plusieurs hypothèses. Chacun des
grands domaines concernés (génétique, biologie cellulaire, physiologie) est lui-même à l’origine de différents
courants d’idées. L’un des concepts génétiques les plus marquants est fondé sur le principe que le
vieillissement est le résultat de l’accumulation de lésions génétiques, de petites erreurs dans l’énorme
machine qui sert à la transmission de l’information génétique, ce qui réduirait, voire empêcherait, le
fonctionnement cellulaire. Une autre théorie repose sur l’effet Hayflick, du nom du microbiologiste américain
Leonard Hayflick. Ce dernier a découvert que certaines cellules humaines dans une culture de tissus ne
peuvent effectuer qu’un nombre limité de divisions avant de mourir, ce qui peut signifier que le
vieillissement est programmé génétiquement au sein des cellules. Cette découverte peut aussi expliquer les
différences de longévité entre les espèces animales ainsi que les écarts entre individus d’une même espèce.
Dans l’espèce humaine, par exemple, les femmes ont généralement une durée de vie supérieure d’environ
huit années à celle des hommes.
Parmi les aspects cellulaires du vieillissement bien répertoriés, on retient particulièrement l’accumulation des
radicaux libres. Ces substances sont des produits (des «déchets») du fonctionnement cellulaire, qui sont
normalement neutralisés au fur et à mesure par la cellule. Leur accumulation avec le temps ou la diminution
des capacités de neutralisation serait responsable de certaines maladies et du vieillissement. Dans la mesure
où les radicaux libres peuvent, notamment, altérer l’ADN qui constitue les gènes, on voit que les différentes
théories ne s’excluent pas forcément, mais qu’elles peuvent se compléter. Les théories physiologiques du
vieillissement sont axées sur les systèmes (ensembles de plusieurs organes) et sur leurs interconnexions. Le
système immunitaire, qui protège l’organisme contre les cellules étrangères, fait l’objet d’intenses recherches.
Chez les mammifères, le système immunitaire perd peu à peu sa capacité à lutter contre les infections et
autres éléments étrangers au fur et à mesure que l’organisme vieillit. En effet, malgré la production
d’anticorps, ceux-ci sont parfois incapables de distinguer les cellules de l’organisme des cellules étrangères.
En fait, la plupart des scientifiques pensent aujourd’hui que le vieillissement n’est pas le fruit d’un seul
mécanisme, mais qu’il résulte plutôt de la conjonction de plusieurs phénomènes.

ASPECTS SOCIAUX DE LA VIEILLESSE
Le processus du vieillissement des populations humaines doit également être envisagé dans un contexte
socio-économique, qui est d’ailleurs en constante évolution. La manière dont les individus vieillissent n’est
pas totalement déterminée par la biologie : elle dépend aussi de circonstances environnementales et sociales.
Des études de plus en plus nombreuses portent sur le vieillissement en tant que processus ayant de fortes
conséquences sur les facteurs psychologiques, sociaux et culturels, et subissant en retour l’influence de ces
facteurs. Ces études sont élargies à tous les âges de la vie et ne se cantonnent plus à la seule phase de la fin de
la vie.
Les travaux des scientifiques qui se penchent sur l’aspect social et psychique du vieillissement contribuent à
bousculer certaines idées préconçues qui veulent que ces aspects soient inévitables. L’un de ces a priori, par
exemple, est que l’intelligence serait à son maximum à l’adolescence et se détériorerait inéluctablement par la
suite, ce qui est faux. Une autre idée reçue est que l’activité sexuelle subirait un déclin rapide et irréversible
23
avec l’âge, ce qui n’est pas exact : seuls certains aspects de la sexualité sont modifiés; la satisfaction et la
sensation d’épanouissement de la personne peuvent rester les mêmes; il n’y a pas d’empêchement biologique
réel à avoir des relations sexuelles à un âge considéré traditionnellement comme trop avancé. Dans ce
domaine, il existe d’énormes variations d’un individu à l’autre.
Les conséquences du vieillissement ne semblant pas inéluctables, les scientifiques spécialisés dans l’étude de
la psychologie et des comportements cherchent le moyen de les modifier. Par exemple, on a découvert que
certains apprentissages visant à renforcer la mémoire contribuent à ralentir la perte de mémoire immédiate
que connaissent parfois les personnes âgées. On a aussi constaté que les soins à domicile, qui maintiennent
l’autonomie, sont stimulants chez de nombreux sujets, même chez ceux que l’on croyait atteints d’un
handicap irréversible et que l’on aurait placés plus facilement, autrefois, en milieu hospitalier ou en
institution.
ÉTAT ACTUEL DE LA RECHERCHE
Pour bien comprendre le processus de vieillissement, il faut conjuguer les efforts de plusieurs catégories de
chercheurs, notamment les essais cliniques menés par la recherche médicale et l’analyse statistique des études
à long terme réalisées par les chercheurs en sociologie. Dans le domaine médical, on s’intéresse
particulièrement aux besoins nutritionnels des personnes âgées, aux variations de réaction aux médicaments
en fonction de l’âge et à tout ce qui touche aux démences séniles.
Certains chercheurs se posent également des questions à plus long terme sur la manière dont des changements
sociaux — les habitudes de groupes liées au tabagisme, à l’exercice physique et à l’alimentation, ainsi que les
fluctuations économiques, les bouleversements politiques, les avancées médicales et les nouvelles
technologies — peuvent affecter le processus de vieillissement.
Retour à l’enfance :
Le vieillissement est aussi synonyme de dépression. La personne âgé a des difficultés à ce projeter dans
l’avenir, vit dans la négation. La lutte contre cette dépression est une lutte contre un état maniaque,
d’excitation et d’euphorie.
Les pertes d’autonomie psychique et physique entraînent la personne âgée dans la période du huitième mois
chez l’enfant, notamment dans la perte de l’objet d’amour. On vieillit comme on a vécu. On parle de
désinvestissement d’objet car il y a une perte irréparable et donc ce n’est plus la peine d’investir la vie. La
personne âgée va cliver le bon(passé) et le mauvais(avenir). L’agressivité devient alors difficile à gérer
(relation sadique). On retrouve la période de l’œdipe mais dans le sens inverse c’est à dire, une dégradation
de l’œdipe et ses interdits. L’œdipe est une structuration psychique des réalités internes et externes, donc un
processus de neutralisation. La personne âgée au contraire, se déconstruit. Cette déconstruction interne se
manifeste notamment par le besoin de se repérer par rapport au matériel qui l’entoure(matérialiste). On est
aussi dans le besoin d’être soutenue (porté par la mère) car elle se sent persécutée(on me vole, on me veut du
mal…) et qu’elle retourne la haine qu’elle a pour ce corps usé vers l’extérieur, c’est à dire vers les autres.
La répétition (radotage) est manifeste une limitation du langage car les phrases se vident de leurs sens et se
radotage permet de combler se vide de la communication. Il arrive souvent que les personnes âgées parlent
d’une perte de mémoire (qui n’est pas toujours réel). C’est un moyen d’aggraver un simple oubli.(oublié
d’acheter le pain par exemple) et de ne trouver aucun intérêt à mémoriser les choses, puisque la vie est en
phase finale…De plus, la personne vieillissante comme l’enfant, confond la réalité et
l’imaginaire(hallucination, confusion…)
Il existe aussi le processus d’imitation qu’on trouve chez l’enfant et qu’on retrouve chez la personne âgée. Ce
processus signifie une perte d’identité que l’on cherche à travers l’autre (qui représente le support de cette
identité perdue, en se cramponnant par exemple)
La sexualité est vécue par l’homme comme un fardeau, car il ne peut plus éjaculer ou avoir une érection(donc
recours aux médicaments)c’est à dire un désinvestissement de son corps, augmenté par le regard de la société.
On retrouve dans se regard, la censure sexuel chez l’enfant.

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LA MORT
La mort est une cessation irréversible de la vie et approche imminente de la mort. La mort représente un
changement complet de l'état d'un être vivant et la perte de ses caractéristiques essentielles.
PHYSIOLOGIE

La mort se produit à plusieurs niveaux : la mort somatique est la mort de l'organisme en tant qu'ensemble
intégré. Elle précède habituellement la mort des organes, des cellules et de leurs composants. La mort
somatique est marquée par l'arrêt du battement cardiaque, de la respiration, des mouvements, des réflexes et
de l'activité cérébrale. Le moment précis de la mort somatique est parfois difficile à déterminer parce que des
états transitoires comme le coma, l'évanouissement et la transe lui ressemblent beaucoup.
Après la mort somatique se produisent plusieurs modifications qui peuvent être utilisées pour déterminer
l'heure et les circonstances du décès. Algor mortis, le refroidissement du corps, dépend surtout de la
température de l'environnement immédiat. Rigor mortis, la raideur cadavérique due au raidissement des
muscles du squelette, s'installe de cinq à dix heures après le décès, mais disparaît trois ou quatre jours plus
tard. Livor mortis, la lividité cadavérique, une coloration bleue rougeâtre qui apparaît dans la partie inférieure
du corps, résulte de la stase sanguine. La coagulation du sang commence peu de temps après la mort, de
même que l'autolyse, la mort des cellules. La putréfaction, la décomposition qui s'ensuit, est causée par
l'action d'enzymes et de bactéries.
Les organes meurent à des vitesses différentes. Alors que les neurones du cerveau ne survivent que cinq
minutes à la mort somatique, les cellules cardiaques survivent environ quinze minutes et celles du foie en
moyenne trente minutes. C'est la raison pour laquelle des organes peuvent être prélevés sur un corps
récemment décédé et greffés chez une personne vivante. Voir Transplantation d'organes.
DÉFINITION DE LA MORT
Les définitions de la mort varient selon les cultures et les époques. Dans les sociétés occidentales, la mort est
vue, par les croyants, comme la séparation de l'âme et du corps. Dans cette optique, l'essence de l'humanité
est indépendante de propriétés physiques. L'âme n'ayant aucune manifestation corporelle, son départ ne peut
être ni observé ni déterminé objectivement.
Jadis, l'arrêt de la respiration était considéré comme le signe de la mort. Plus récemment, l'arrêt des fonctions
vitales, respiration et circulation, a été retenu comme critère. Mais, cette façon de voir a été récusée lorsque
les progrès médicaux ont permis d'entretenir la respiration et le fonctionnement cardiaque par des moyens
artificiels. C'est pourquoi le concept de mort cérébrale prévaut à présent : la perte irréversible de l'activité
cérébrale est le signe incontestable du décès.
Le concept de mort cérébrale est parfois remis en question car des personnes peuvent perdre toutes leurs
activités mentales supérieures tout en conservant des fonctions cérébrales inférieures telles que la respiration
spontanée. C'est la raison pour laquelle certains spécialistes demandent maintenant que la mort soit définie
comme la perte de la conscience, ce qui correspond à l'arrêt des centres supérieurs du cerveau, principalement
le néocortex.
La conception que la société se fait de la mort a un intérêt plus qu'académique. Les progrès rapides de la
technologie médicale soulèvent des problèmes moraux et reposent la question de la définition de la mort
légale. Par exemple : qui doit décider des critères de la mort? Les médecins, les législateurs, ou chaque
personne pour elle-même? Est-il moralement et légalement permis de provoquer la mort en interrompant
toute assistance mécicale? Les gens ont-ils le droit de demander l'arrêt des soins palliatifs pour mourir en
paix? Le parent le plus proche ou le représentant légal peuvent-ils prendre des décisions au nom d'un mourant
comateux? Il est devenu urgent de répondre à toutes ces questions avec le développement des greffes de
tissus humains.

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PSYCHOLOGIE DE LA MORT
Les besoins des mourants et de leur famille font l'objet d'une attention accrue depuis les années 1960. Les
thanatologues (ceux qui étudient l'environnement et l'expérience intime de personnes proches de la mort) ont
identifié plusieurs stades par lesquels passent les mourants : dénégation et isolement (non, pas moi!), colère,
rage, envie et ressentiment (pourquoi moi?), culpabilité (si je me comporte bien, puis-je continuer à vivre?),
dépression (à quoi cela sert-il?) et acceptation. La plupart des spécialistes estiment que ces stades ne se
produisent pas dans un ordre préétabli et qu'ils peuvent être mêlés de sentiments d'espoir, d'angoisse et de
peur. Comme les mourants, les familles et les amis passent par des stades de dénégation et d'acceptation.
Cependant, le deuil est un processus régulier qui commence souvent avant la mort de l'être aimé. Cette
douleur anticipée peut soulager les sentiments de détresse qui suivront. Le stade suivant du deuil, après la
survenue de la mort, est souvent plus long et plus profond si la mort est inattendue. Pendant cette phase, les
personnes en deuil pleurent, ont du mal à dormir et perdent l'appétit. Certaines se sentent effrayées, en colère
ou tristes d'avoir été abandonnées. Plus tard, la peine peut se transformer en dépression, ce qui se produit
parfois lorsque le soutien social a cessé et que les proches ont cessé d'offrir leur aide et leur réconfort. Il peut
alors en résulter un sentiment de solitude extrême. Finalement, le survivant recouvre peu à peu sa sérénité et
son énergie et rétablit ses liens avec les autres.
Les soins aux mourants en phase terminale peuvent être dispensés à domicile, mais sont plus communément
délivrés dans des hôpitaux ou des institutions spécialisées. Ce genre de soins exige des qualités particulières
de la part des médecins et de l'équipe médicale qui doivent maîtriser leur propre peur de la mort pour être
capables de réconforter les mourants. Bien que controversé, le principe qui consiste à dire la vérité aux
mourants est maintenant largement accepté, à condition, bien entendu, que cela soit fait avec tact et
compassion. De toute façon, la plupart des gens se rendent compte de l'approche de la mort, même les
enfants. Les aider à verbaliser cette réalité, encourage l'expression de véritables sentiments. Se sentant plus en
sécurité, le mourant informé retrouve dignité et sérénité. Le personnel médical et les représentants des
différents cultes peuvent aider cet accomplissement simplement en permettant au patient de parler de ses
sentiments, de ses pensées et de ses souvenirs, ou en se substituant à la famille et aux amis qui peuvent ne pas
se sentir à l'aise en ces circonstances. Pour la personne âgée, la mort est un retour à l’enfance.(tunnel, c’est à
dire le col et la lumière pour la naissance, tunnel et lumière pour la mort)

Les soins palliatifs
Ensemble des techniques médicales et psychologiques destinées à atténuer les symptômes et à soulager la
souffrance d’une personne atteinte d’une affection sévère et invalidante.
CHAMP D’APPLICATION

Un médecin prodigue à ses malades des traitements palliatifs, au sens large du terme, lorsqu’il se trouve
devant une maladie incurable ou face à un mourant. Soulager la douleur devient alors le seul et unique but.
Cette définition classique est néanmoins trop étroite. Par exemple, l’ablation chirurgicale partielle d’une
tumeur que l’on n’arrive pas à extirper complètement est un traitement palliatif, qui peut accorder une survie
de plusieurs mois ou de plusieurs années. L’expression «soins palliatifs» fait aujourd’hui référence à une
discipline spécifique, qui peut être exercée notamment par une équipe formée à l’intérieur d’un service
hospitalier. En France, ces unités ont été créées officiellement en 1986. Les traitements sont adaptés à chaque
malade. Deux éléments, cependant, sont prédominants : le traitement de la douleur et la prise en compte de la
souffrance psychologique. L’équipe responsable, multidisciplinaire, comprend des médecins, des infirmières,
des kinésithérapeutes et des psychologues. Dans le cas idéal, le patient est accueilli avec sa famille dès son
entrée dans l’unité de soins palliatifs par le médecin qui réalisera les prescriptions et le suivi. Il reçoit des
explications sur le fonctionnement du service et sur le déroulement de son séjour. Tous ses problèmes sont
pris en compte, physiques et psychiques, en incluant les «petits maux» souvent négligés.
PERSPECTIVES

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Les spécialistes souhaitent que leur discipline s’étende en dehors des services hospitaliers, que le médecin de
famille prenne en charge les soins palliatifs à domicile, et qu’il puisse obtenir aisément l’appui d’une
infirmière, d’un kinésithérapeute, d’un travailleur social ou d’une aide ménagère. Le maintien à domicile,
facteur primordial du bien-être du patient, serait aussi une source d’économies pour les systèmes de
protection sociale. Ces conditions supposent le développement de crédits et de mesures administratives et
législatives.

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