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Rapport d’activité 2009

Fondation ABS
Place du Vallon 4 – 1005 Lausanne – CH
Tél. 021 311 11 15 Fax 021 311 11 18
Table des matières
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Table des matières

1. Billet du Président du Conseil de Fondation ..................................................... 4

2. Les membres du Conseil de Fondation au 31 déc. 2009................................... 5

3. Billet de la Direction ............................................................................................. 6

3. Le personnel de la Fondation .............................................................................10
3.1. Les membres du personnel au 31 décembre 2009 ...................................................................................... 11

4. Le Passage ...........................................................................................................13
4.1. Fréquentation du Passage .......................................................................................................................... 13
4.2. Nouvelles personnes accueillies et provenance .......................................................................................... 14
4.3. Les prestations............................................................................................................................................ 16

5. Le Distribus ..........................................................................................................22
5.1. La fréquentation ......................................................................................................................................... 22
5.2. Les demandes spécifiques ........................................................................................................................... 26
5.3. Conseils, soins et orientation ..................................................................................................................... 29

6. Distribution, échanges et ventes de matériel lié à la consommation ............30

7. Distributeurs automatiques de matériel stérile .................................................39

8. Les comptes 2009................................................................................................40

9. Remerciements ....................................................................................................42

Remarque importante !
Comme vous pourrez le consta-
ter, les statistiques concernant la
remise et la récupération du ma-
tériel stérile pour le Passage et le
Distribus ont été regroupées
dans un même chapitre. Cette
manière de faire vous en facilite-
ra la lecture et la comparaison !

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1. Billet du Président du Conseil de Fondation
ABS a fêté ses 10 ans en 2009 ! Ces années d’existence supposent que des
femmes et des hommes ont voulu l’ouverture d’un centre d’accueil de jour pour des
personnes concernées par la toxicomanie depuis bien plus longtemps encore. Forts
de leurs convictions pour la réduction des risques, les Martine Monnat, Jan de Haas
et Marcel Cohen-Dumani - pour ne nommer que les pionniers - ont su convaincre les
autorités publiques de l’importance de ce qui n’était alors qu’un projet.

Depuis 1999, des dizaines de collaborateurs se sont succédés pour accueillir, préve-
nir, soigner, nourrir, habiller, orienter celles et ceux qui sont respectueusement quali-
fiés d’usagers. Leur travail demande, entre autres, de créer des liens, de les mainte-
nir dans la durée, de trouver cette « bonne distance » d’accompagnement, de faire
face à la précarité, à la violence, de croire dans le potentiel de développement de
l’autre… et d’y croire encore ! Ce rapport est le reflet de leur quotidien.

La direction d’une telle entreprise implique un engagement de tous les instants, une
rigueur assidue et un sens particulièrement développé pour l’intérêt général. Si la
gouvernance d’ABS a pris de la maturité au fil des ans, elle sait aujourd’hui, au-
travers du Directeur et du Conseil de Fondation qui l’incarnent, maintenir le cap, mo-
destement mais assurément, sur ce parent encore trop pauvre de la politique des 4
piliers qu’est la réduction des risques. Les différentes manifestations organisées en
2009 et l’activité quotidienne décrite dans ce rapport en témoignent.

Au nom de ces femmes et ces hommes pour qui, le démantèlement social, la conta-
mination par le VIH/l’hépatite ou la mort a pu être évitée, que l’ensemble des per-
sonnes mentionnées plus haut soient remerciées.

Si je devais résumer mon propre engagement de ces dix années passées comme
membre de l’association puis Président de la fondation ABS, j’emprunterais les mots
utilisés pour qualifier le travail éphémère d’Andy Goldsworthy (photo de couverture):
« son intention n'est pas d'apposer sa marque sur le paysage mais de travailler ins-
tinctivement avec lui, afin que ses créations manifestent, même brièvement, un con-
tact en harmonie avec le monde naturel ».

Au moment de me retirer de cette belle et grande aventure qu’aura été ABS, l’unique
fierté qui m’habite est celle d’avoir contribué, grâce au travail réalisé par les collabo-
rateurs de la Fondation, au mieux être de femmes et d’hommes, de concitoyennes et
concitoyens en situation difficile, qui ont pu reprendre contact avec le monde naturel.

Serge Gallant
Président du Conseil de Fondation

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2. Les membres du Conseil de Fondation au 31 décembre
2009
Président

Serge Gallant Infirmier-chef, responsable du service de la formation continue
de la Direction des Soins, CHUV

Trésorier

Jacques Leresche Gérant de fortune

Membres

Alain Pécoud Professeur PMU

Danielle Romanens Infirmière clinicienne La Calypso

Marcel Cohen-Dumani Consultant sécurité Informatique

Philippe Bergier Juriste

Bernard Favrat Médecin et chercheur CHUV/PMU

Secrétariat du Conseil de Fondation

Denis Pilloud Directeur scolaire retraité

Vernissage de l’exposition « La dépendance nous concerne tous » 21.10.2009

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3. Billet de la Direction
2009 fut l’année de la double certification QuaTheDa (système qualité mis en place par
l’Office fédéral de la santé publique pour les institutions « drogues et alcool » au niveau na-
tional). En effet et grâce au soutien financier de la Municipalité lausannoise, nous avons pu
mettre en place ce système qualité certifiant la conformité de notre fonctionnement et de nos
prestations aux standards professionnels pour ce type de structure. Double certification car
non seulement notre centre d’accueil le Passage a obtenu la certification « centre d’accueil à
bas seuil », mais également le Distribus qui a obtenu la certification « travail social hors-
murs ». Cette double certification vient couronner 5 années de travail à remettre sur rail une
structure qui était en proie à de grandes difficultés d’organisation interne jusqu’en 2004.
Nous sommes d’autant plus fiers de ce résultat que nous sommes la deuxième institution
bas-seuil de Suisse à obtenir cette certification et la première en Suisse romande.

Je tiens ici à remercier tous les collaborateurs pour leur important investissement dans la
mise en place de ce système et plus particulièrement M. Matthieu Rouèche, responsable
qualité de la Fondation ABS pour l’immense travail réalisé. Mes remerciements vont égale-
ment à la Municipalité lausannoise pour leur soutien financier à la réalisation de cet ambi-
tieux projet.

Mais qui dit « système qualité » dit amélioration permanente et mesure objective de nos
prestations et de notre organisation. Comme vous pourrez le constater à la lecture de ce
rapport d’activité, nous avons passablement étoffé nos statistiques. Elles s’inscrivent non
seulement dans une volonté d’être le plus transparent possible vis-à-vis des autorités dont
nous dépendons financièrement, mais également dans l’intention de mieux cerner l’usage de
nos prestations par les personnes fréquentant nos infrastructures et de mieux connaître leurs
profils (âge, sexe et provenance), tout en maintenant la garantie d’anonymat, garantie indis-
pensable à un accueil bas-seuil.

Ces statistiques sont pour nous une richesse d’informations qui nous permettent de mieux
cerner l’évolution des tendances de consommation de produits psychotropes (modes de
consommation et produits consommés) des personnes qui fréquentent le Passage et le Dis-
tribus.

De ces nombreuses statistiques, nous pouvons en tirer les principaux constats suivants :

La fréquentation du Passage reste stable depuis quelques années. Nous dénom-
brons plus de 20'000 contacts annuellement.
Il est fréquenté par une majorité de personnes ayant entre 30 et 45 ans.
La proportion de contacts hommes - femmes reste relativement stable, respective-
ment 82% et 18%.
Le nombre de repas offerts aux usagers est toujours en augmentation, soit un peu
plus de 11'000 repas, 2'500 collations les mardis et environ 13'000 petits déjeuners.
L’utilisation des autres prestations (douches, vestiaire de seconde main, soins de
premiers recours, soutiens sociaux, petits jobs) restent relativement stable par rap-
port aux deux années précédentes.
La fréquentation du Distribus est toujours en progression, même si cette progression
s’est ralentie en 2009 pour atteindre un peu plus de 17'000 contacts.
La majorité des utilisateurs du Distribus ont entre 25 et 45 ans.
La proportion hommes - femmes reste stable, respectivement 77% et 23%.
La quantité de matériel d’injection remis aux usagers est également stable, soit un
peu plus de 100'000 seringues.

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Le taux de retour du matériel usagé est en légère augmentation pour atteindre un
taux de retour d’un peu plus de 90%.
L’héroïne reste très présente dans les substances consommées ainsi que les médi-
caments, principalement le Dormicum®. La consommation de cocaïne semble rester
stable.
De nouveaux usagers, généralement plus jeunes, commencent à fréquenter le Distri-
bus. Ils consomment principalement par inhalation.
Le Distribus est également fréquenté par des travailleuses du sexe œuvrant dans les
environs de la place du Tunnel. Elles viennent se ravitailler principalement en préser-
vatifs.

Si nous pouvons nous réjouir de constater que nos prestations correspondent à de véritables
besoins, nous ne pouvons que nourrir quelques inquiétudes vis-à-vis de l’évolution de la
consommation chez les plus jeunes. En effet, nous constatons qu’une partie des nouvelles
personnes fréquentant le Distribus ont moins de 20 ans. La proportion de contacts dans la
classe d’âge de moins de 20 ans fréquentant le Distribus est passée de 1 à 3% entre 2008 et
2009. Or, ces jeunes consommateurs restent relativement insensibles aux messages de
prévention et de réduction des risques. Invariablement, ils nous répondent qu’ils gèrent leur
consommation et qu’elle n’est qu’occasionnelle. Ces jeunes personnes ne fréquentant pas
encore le Passage, nous sommes confrontés à la difficulté de faire un travail plus en profon-
deur avec eux. A titre informatif, le temps d’interaction avec les usagers au Distribus est en
moyenne de 4 minutes.

De plus, une nouvelle difficulté s’est rajoutée à notre mission de réduction des risques de-
puis le mois de novembre au Distribus. En effet, la répression policière envers les trafiquants
et les consommateurs au centre ville lausannois s’est passablement accentuée dans le
cadre de l’opération Celtus+. L’augmentation de la répression a eu pour effet de faire chuter
de près 50% la fréquentation du bus en novembre et décembre et de faire monter l’état de
stress et d’agressivité des personnes qui ont continué à le fréquenter.

Selon nos observations, les premiers usagers touchés par ces mesures répressives et qui
ont arrêté de fréquenter le Distribus sont les consommateurs encore intégrés et n’ayant pas
encore eu de problème avec la police et la justice. Or, nous pouvons raisonnablement nous
demander si ces consommateurs, ne venant plus chercher leur matériel au bus, prennent
plus de risque aujourd’hui en réutilisant leur propre matériel usagé et/ou en se le parta-
geant !

Si la police lausannoise et cantonale présente aujourd’hui les premiers résultats qu’elle con-
sidère positifs de l’opération Celtus+ en termes de saisie de drogues (héroïne, cocaïne et
haschich) et de lutte contre le trafic, nous pouvons affirmer, de notre côté, qu’en termes de
consommation, nous n’avons pas vu la différence sur le terrain, si ce n’est que dans un glis-
sement de la consommation vers des médicaments après les saisies.

Ces saisies n’ont pour effet que diminuer momentanément l’accessibilité à ces substances
avec un report sur d’autres substances plus ou moins dangereuses comme les médicaments
largement répandus dans le marché noir. De plus, la consommation de médicaments est
souvent accompagnée d’une consommation importante d’alcool, rendant ainsi les risques
pour la santé des consommateurs plus importants. A ce propos, nous vous invitons à lire
l’article de M. Christophe Mani, Directeur de l’Association Première ligne à Genève, « Com-
ment contrer l’épidémie de Dormicum® » dans le journal première ligne no 12, mars 2010.

A l’heure où tout un chacun peut se procurer n’importe quels médicaments plus ou moins
dangereux par le biais des ventes en ligne sur Internet (18'900 sites Internet proposent de

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vendre des Dormicum® et autres Xanax® sans ordonnance), la répression du trafic de rue a-
t-elle encore un sens alors qu’elle ne permet qu’à ces ventes de se développer de plus en
plus.

Comme le déclarait M. Hagenlocher, chef de la police lausannoise : « A défaut d’éradiquer le
problème, nous arriverons à déstabiliser le milieu de la drogue à Lausanne et à le rendre
moins attractif. »1

Le trafic de drogues n’a cessé d’évoluer depuis des décennies. Si le trafic de rue est encore
bien visible et représente une nuisance non négligeable en termes de sécurité publique, il
n’en demeure pas moins que petit à petit, les trafiquants vendent leurs produits par d’autres
biais et les consommateurs n’auront plus qu’à attendre à domicile la livraison de leurs com-
mandes.

Après 30 années d’activités professionnelles dans le domaine des dépendances qui font de
moi un observateur de terrain privilégié de l’évolution de la consommation de drogues ces
dernières décennies, je me permets de corroborer les propos de M. Hagenlocher en rajou-
tant que le trafic de drogues ne s’est jamais aussi bien porté aujourd’hui malgré les moyens
financiers mis à disposition de la répression. De plus, elle n’a malheureusement quasi au-
cune influence sur la consommation de produits psychotropes.

En 1994 l’émission Temps Présent proposait au public romand le reportage : « Drogue, une
guerre perdue ? »

Ce reportage mettait en évidence des vérités partagées par différents milieux concernés :

Un responsable de la police zurichoise déclarait : « Les mesures policières n'ont pratique-
ment pas d'effets sur la consommation de drogues ».

Un juge d'instruction zurichois complétait ainsi les propos de son collègue : « Pour moi, le
problème de la drogue est un problème de santé publique. L'argent devrait être mis à dispo-
sition de la prévention et de la recherche ».

16 ans après la diffusion de ce reportage, je suis malheureusement obligé de transformer
cette interrogation en affirmation ! Oui, la guerre à la drogue est perdue et l’argent consacré
à la répression n’a que trop peu été mis à la disposition de la prévention et de la recherche !

Selon les chiffres publiés par l’Institut de recherche économique de l’Université de Neuchâtel
en 2006, la répression représentait le 65% des coûts directs des drogues illégales, soit 798,4
millions de francs pour un coût global de 1'225,8 millions2.

A quelques mois (janvier 2011) de l’introduction de la révision partielle de la LFStup. accep-
tée largement par le peuple suisse et vaudois et qui inscrit durablement la politique des 4
piliers, les Autorités vaudoises devrait s’inspirer de ces constats pour redéfinir les priorités de
financement de la politique drogue cantonale et orienter également ces financements vers
les trois autres piliers de la politique fédérale, soit la prévention et la recherche, les thérapies
et la réduction des risques.

1
24 HEURES du 8.04.2010.
2
Le coût des drogues illégales en Suisse, Claude Jeanrenaud, Présentation lors de la réunion du Conseil de la
Fondation neuchâteloise pour la prévention et le traitement des addictions, Fleurier, 18 mai 2006.

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Si le pari de diminuer le financement de la répression au profit des trois autres piliers, en
particulier de la prévention, est risqué, il n’en demeure pas moins qu’il n’y a pas actuellement
d’autres alternatives pour tenter de juguler un problème de santé publique.

Ce problème risque de prendre de plus en plus d’ampleur ces prochaines années avec le
développement d’autres formes de dépendance sans substance tel que le jeu pathologique,
le sexe, l’Internet, etc..

Pour terminer, 2009 fut également le 10ème anniversaire de l’ouverture du Passage ! 10 ans
qu’il accueille des personnes confrontées directement ou indirectement à une consommation
problématique de produits psychotropes de Lausanne et du canton, voire d’autres régions.
10 années d’histoires de vie faites d’espoirs et de souffrances.

Deux événements majeurs ont marqué ce 10ème anniversaire. Le premier fut la co-
organisation avec le groupe de quartier du Vallon de la fête de quartier du Vallon les 12 et 13
septembre. Plus de 500 personnes ont participé à cette fête, habitants du quartier avec leurs
enfants, familles et amis des collaborateurs et usagers du centre. A cette occasion, Monsieur
le Conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard et Monsieur le Directeur de la sécurité sociale et de
l’environnement Jean-Christophe Bourquin sont venus nous honorer de leurs présences.
Nous tenons ici à les remercier chaleureusement.

Le deuxième événement fut l’organisation de l’exposition « La dépendance nous concerne
tous ! » au Forum de l’Hôtel de Ville à Lausanne du 21 au 31 octobre. Un peu plus de 200
personnes ont pris le temps de visiter cette exposition et ce fut pour nous l’occasion de faire
découvrir nos activités à un public très diversifié.

Nicolas Pythoud, Directeur

ème
10 anniversaire de l’ouverture du Passage et fête de quartier du Vallon 12-13.09.2009

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3. Le personnel de la Fondation
La vie d’une équipe est faite d’arrivées et de départs ! L’année 2009 n’a pas échappé à cette
règle.
En effet, M. Dominique Spoerry (collaborateur social) et M. Yoann Laperrousaz nous ont
quittés pour s’envoler vers d’autres destinations professionnelles. Nous relevons également
le départ de Mme Claudia Desplazes (remplaçante sociale). Nous tenons ici à les remercier
chaleureusement pour leur investissement au sein de la Fondation.

Mais qui dit départs, dit également arrivées. Mme Stéphanie Bermon et Mme Anne-Valérie
Cornut sont venues renforcer l’équipe sanitaire. Nous enregistrons également l’arrivée de M.
Patrick Bergier qui est venu renforcer le pôle administratif. Ce dernier gère la saisie et le
traitement des statistiques. Nous saluons également l’arrivée de Mme Christine Chételat en
qualité de remplaçante sanitaire.

Nous avons eu le plaisir d’accueillir Mme Mélissa Capelle et Mme Anna Zürcher, stagiaires
des HES-Sociale, Mme Sylvia Anjelkovic, Mme Anasthasie Mbessa Fogang Jordan,
Mme Anne-Sophie Taillebois et M. Frédéric Gillioz, stagiaires des HES-Santé Lausanne,
ainsi que Mme Maude Huaut et M. Benoît Kervin de la HES - Santé Bruxelles (BE).

Nous tenons à témoigner notre gratitude à l’ensemble des collaborateurs et collaboratrices
de la Fondation pour leur engagement de chaque instant. Sans leur présence, leurs qualités
humaines et leurs nombreuses compétences, rien ne serait possible.

ème
Le personnel sans dessus dessous lors du 10 anniversaire de l’ouverture du Passage !

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3.1. Les membres du personnel au 31 décembre 2009
Direction

Nicolas Pythoud, Direction

Daniel Béquet, adjoint à la Direction et collaborateur sanitaire

Equipe

Patrick Bergier, collaborateur administratif (saisie et traitement des statistiques)

Stéphanie Bermon, collaboratrice sanitaire

Giada Brignoli, remplaçante sanitaire

Pauline Bülher, collaboratrice sociale

Martine Bukula Mateus, entretien des locaux

Denis Burri, collaborateur social

Anne-Valérie Cornut, collaboratrice sanitaire

Antoine Cosandey, collaborateur social

Nathanaël Chételat, cuisinier et collaborateur social

Christine Chételat, remplaçante sanitaire

Françoise Gay, collaboratrice sanitaire

Héloïse Mojon, collaboratrice sociale et employée de commerce

Antoine Ray, collaborateur administratif

Fernand Rodrigues, collaborateur social

Matthieu Rouèche, collaborateur social et responsable qualité

Laurence Rouvière, collaboratrice sociale

Isabel Mafuta Toko, collaboratrice d’entretien des locaux

Sébastaõ Toko, collaborateur remplaçant d’entretien des locaux

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Superviseuse des soins délégués

Dresse Martine Monnat, Médecin associé à l’Unité toxicodépendance du Dépar-
tement psychiatrie du CHUV.

Superviseur de l’équipe

Frédéric Neu, Dip. Psych. – psychologue FSP

Intervention de M. Jean-Christophe Bourquin, Directeur de la sécurité sociale et de l’environnement.
Vernissage de l’exposition « La dépendance nous concerne tous ».

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4. Le Passage
4.1. Fréquentation du Passage

Avec 23’289 contacts enregistrés en 2009, nous relevons une légère diminution des con-
tacts par rapport à 2008 (24'060 contacts). Toutefois, cette différence est pratiquement
insignifiante en termes de fréquentation quotidienne.
La proportion des contacts femmes fréquentant le Passage a légèrement augmenté par
rapport à 2008. Elle est passée de 13 à 16%, ce qui est plutôt positif. Nous relevons égale-
ment une présence plus constante du nombre d’usagers tout au long des heures
d’ouverture.

Graphique 1

Graphique 2

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Compte-tenu de la légère diminution des contacts annuels, la fréquentation quotidienne
moyenne est naturellement en diminution par rapport à 2008. D’une moyenne quotidienne de
66 usagers en 2008, nous atteignons une moyenne de 64 personnes en 2009.
La fréquentation quotidienne du Passage se situe dans une fourchette de 45 à 110 con-
tacts quotidiens.

ème
10 anniversaire de l’ouverture du Passage et fête de quartier du Vallon 12-13.09.2009

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4.2. Nouvelles personnes accueillies et provenance
Le Passage a accueilli 313 nouvelles personnes en 2009, dont 247 hommes et 66 fem-
mes contre un total de 310 personnes en 2008.
Depuis août 2004, le Passage a accueilli 1337 personnes différentes.

Graphique 3

Les nouvelles personnes accueillies proviennent majoritairement de Lausanne (39%), de
Lausanne région (8%) et du reste du canton de Vaud (8%). Les personnes enregistrées
sous Autres cantons (7%) proviennent essentiellement des cantons avoisinants, soit les
cantons du Valais, de Genève, de Fribourg et de Neuchâtel. Les personnes enregistrées
sous Autres pays (23%) proviennent principalement de France voisine et des pays du
Maghreb. Toutefois et si 313 personnes (79% d’hommes et 21% de femmes) ont franchi le
seuil du Passage pour demander de l’aide, seules une moitié d’entre-elles ont été accep-
tées car elles correspondaient à nos critères d’accueil. Les autres ont été réorientées dans
le réseau lausannois en fonction de leur problématique personnelle et de leurs besoins. Il
s’agit en général de personnes étrangères cherchant un avenir meilleur en Suisse. (Graphi-
que 4)

Graphique 4

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4.3. Les prestations
4.3.1. L’alimentation

Graphique 5

Le nombre de repas offerts a poursuivi sa progression en 2009 pour atteindre 11’220 repas
contre 10'769 en 2008. A ce chiffre, il faut ajouter environ 3'000 collations offertes le jeudi
ainsi qu’environ 13’000 petits déjeuners. Le nombre moyen de repas servis quotidien-
nement est de 39.
Le graphique 5 ne tient pas compte des ces chiffres.

Nous servons également des collations salées et sucrées l’après-midi et ceci grâce à la
boulangerie Mojonnier qui nous donne chaque jour les invendus de la veille.
Le mode de paiement reste stable par rapport à 2007. 4’761 repas ont été payés par le
biais d’une contre prestation sous forme de petits jobs. (Graphique 6)

Graphique 6

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4.3.2. L’hygiène

Le nombre de douches prises au Passage a légèrement diminué en 2009 (943) par rapport à
2008 (984). Malgré cette baisse, nous constatons toutefois que les usagers du centre ont
une meilleure hygiène corporelle que par le passé. (Graphique 7)

Graphique 7

Graphique 8

Le vestiaire du Passage est accessible à tous les usagers ayant besoin de vêtements divers
et s’inscrit dans une démarche de conseils et d’accompagnement ayant trait à l’hygiène cor-
porelle.
Son horaire d’ouverture est le suivant : du lundi au vendredi de 9h 30 à 12h15 et de
13h30 à 16h00. Le vestiaire est fermé jeudi matin et le week-end sauf en cas de nécessité.

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Nous relevons une légère augmentation de l’utilisation du vestiaire par les usagers. 234
usagers en ont bénéficié en 2009 contre 228 en 2008. Le nombre de contacts a néanmoins
diminué, passant de 1407 contacts en 2008 à 1115 contacts en 2009. (Graphique 9)

Graphique 9

4.3.3. Les prestations sanitaires

Préambule

C’est le renouveau au sein de l’équipe sanitaire. Des départs définitifs, des vacances prolon-
gées, de nouveaux visages, de nouvelles personnalités viennent nous rejoindre dans
l’accompagnement quotidien des usagers. La motivation est grande et la qualité de nos pres-
tations reste constante. L’accueil des bénéficiaires est un souci permanant au sein de
l’équipe, mais nous soulignons avec quelle aisance et ouverture les usagers participent à
l’intégration des nouveaux collaborateurs.
Ce dynamisme est un équilibre où chacun participe à créer un climat de sécurité. Un grand
merci à tous ceux qui nous ont quittés. Pour ceux qui nous ont rejoints, portons notre regard
vers l’avenir pour continuer à élaborer des stratégies dans le but d’améliorer et de dévelop-
per des réponses pragmatiques aux différents problèmes que nous rencontrons.
Ces 2 dernières années, nous avons vécu, comme l’ensemble de la population, deux alertes
sanitaire. La rougeole touchait un nombre croissant de personne et cette année ce fut la
grippe H1N1. Dans ces deux situations, nous avons pu mettre en place un système
d’information, de prévention et de vaccination pour les usagers présentant des risques ma-
jeurs en cas de développement de ces deux maladies. Dans les deux cas, nous sommes
restés loin d’une pandémie et ce fut fort heureux. Cet exercice nous a permis d’acquérir des
réflexes, la mise en place d’une logistique et une mise en réseau avec les partenaires médi-
caux. Cet apprentissage devrait nous permettre d’être dans l’avenir encore plus efficaces et
pertinents dans nos interventions.
Nous continuons par ailleurs d’encadrer un nombre croissant d’étudiant venant se former
dans ce milieu particulier qu’est le bas seuil. Développer ses compétences dans la relation

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d’aide, voici un axe ou après la théorie et les concepts, la mise en pratique d’une attitude
peut s’effectuer au quotidien. Ces étudiants viennent d’horizons différents, santé, social et de
pays étrangers. La politique Suisse en matière de toxicomanie intéresse bon nombre de pro-
fessionnels par ses réponses pragmatiques que l’on peut développer. C’est toujours avec
beaucoup d’intérêt que nous accueillons, informons et encadrons ces futurs collègues.

Daniel Béquet, Adjoint de direction

Statistiques

Les personnes fréquentant le Passage peuvent bénéficier de soins de premiers recours cha-
que jour. Ces soins sont placés sous la responsabilité de la Dresse Martine Monnat, délé-
guée gracieusement par la PMU.

Les soins de premier recours ont augmenté substantiellement en 2009, 1812 contre 1632 en
2008. Cette augmentation est due principalement à la prise de médicaments prescrits par un
médecin, à la prise de traitements en collaboration avec le SIM et l’hôpital de Cery ainsi
qu’aux campagnes de vaccination (grippe H1N1 et grippe saisonnière).
Ces deux rubriques sont regroupées sous l’item « Prise de traitements ». (Graphique
10)

Graphique 10

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4.3.4. Les interventions sociales

Préambule
Apporter des réponses pragmatiques aux difficultés rencontrées quotidiennement par nos
usager-ère-s a nécessité un questionnement continu de nos pratiques et une adaptation de
nos fonctionnements à l’évolution des problématiques liées à la consommation de produits
psychotropes.
Pour ce faire et en complément à la gestion des prestations quotidiennes du Passage se
sont ajoutés la conduite de projets tels que le DUD (Droits et Devoirs des Usager-ère-s), le
développement d’une ligne de flyers réduction des risques et l’amélioration des collabora-
tions avec le réseau social et sanitaire qui sont autant d’exemples d’actions concrètes dans
lesquels les collaborateur-trice-s ont investi de l’énergie. La qualité de cet investissement,
s’est formalisée avec l’obtention de la certification qualité QuaThéDA. Elle a favorisé
l’évolution de nos prestations et nous a permis de répondre aux mandats qui nous été
confiés avec professionnalisme.
Dans l’objectif d’amélioration de nos prestations, nous avons aussi une nouvelle aide de la
Loterie Romande pour parfaire les rénovations qui ont été faites les années précédentes.
Ces travaux nous permettrons une meilleure aération de l’espace de vie du Passage,
d’obtenir une cuisine plus professionnelle que l’actuelle ainsi que d’installer un système in-
formatique performant pour l’ensemble des divers services offert au sein du Passage.
Antoine Cosandey, collaborateur social

Statistiques

Nous avons réparti les interventions sociales en 6 catégories distinctes : écoute, discus-
sions ; téléphones administratifs et familiaux ; entretiens de soutien ; entretiens
d’information ; entretiens d’orientation et soutiens administratifs.
En 2009, nous constatons une diminution du nombre d’interventions sociales, 5186
contre 6827 en 2008. Toutefois, cette baisse est imputable au manque de rigueur du per-
sonnel dans le relevé des interventions sociales. Pour 2010, de nouvelles consignes ont été
données afin de garantir une meilleure comptabilisation du travail des intervenants. (Graphi-
que 11)

Graphique 11

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4.3.5. Les activités occupationnelles

Un peu plus de 300 personnes différentes ont bénéficié des petits jobs que nous offrons
quotidiennement aux usagers du Passage en 2009. Nous répartissons les 5 à 7 jobs quoti-
diens entre les usagers par tirage au sort. Nous veillons à un tournus entre usagers sur une
période de 3 semaines. Ce qui signifie qu’une personne ayant obtenu un job ne pourra pas
s’inscrire pour le même job durant cette période. (Graphique 12)

Il est important de relever que plus d’une douzaine de personnes s’inscrivent chaque
jour pour le tirage au sort des petits jobs alors que nous ne pouvons en proposer que 7
au maximum. Ce constat nous a poussés à proposer à la Municipalité de financer le déve-
loppement des petits jobs que nous pourrions offrir aux usagers. Cette proposition sera trai-
tée en dans le courant 2010.

Graphique 12

Page 21
5. Le Distribus
5.1. La fréquentation

Le nombre de contacts au Distribus a encore augmenté de 2006 contacts en 2009, mais
dans une moindre mesure qu’en 2008. La clé de répartition des contacts en fonction des
âges n’a que très peu varié par rapport à l’année précédente. Toutefois, nous relevons de-
puis la moitié de l’année 2009 une plus grande fréquentation de contacts ayant moins de
20 ans, de 1% en 2008 contre 3% en 2009. L’augmentation des contacts avec une popula-
tion de moins de 20 ans risque de se poursuivre en 2010 et cela n’ira pas sans se poser de
nouvelles questions sur nos moyens d’intervention vis-à-vis de cette population particulière-
ment fragile où un travail préventif devrait être réalisé avant qu’elle ne glisse dans une
consommation problématique et chronique.

Graphique 13

Page 22
De 15342 contacts recensés en 2008, nous en comptabilisons 17348 contacts en 2009,
soit une fréquentation moyenne quotidienne de 55 personnes. La proportion de contacts
femmes reste quasi identique quelque soit l’évolution de la fréquentation mensuelle.
Nous constatons également qu’à partir du mois de novembre, la fréquentation du Distribus à
considérablement diminué. Cette diminution importante est à mettre en lien avec
l’accroissement de la répression (opération Celtus plus, cf. le billet de la direction)) en centre
ville (Graphique 14)

Graphique 14

La proportion de contacts hommes / femmes est restée quasiment identique en 2009
(77% d’hommes et 23% de femmes) à celle enregistrée en 2008 (79% d’hommes et 21%
de femmes). (Graphique 15)

Graphique 15

Page 23
Le pourcentage hommes - femmes varie en fonction des classes d’âge. Ainsi, nous
constatons que le 92% des contacts de moins de 20 ans concerne des hommes. Cet
écart se stabilise entre 20 et 25% pour les classes d’âge comprises entre 20 et 44 ans.
L’écart entre hommes - femmes se réduit encore, respectivement 65 et 35% dans la
classe d’âge 45 -49 ans, diminue légèrement dans la classe 50 - 54 ans et les contacts
hommes sont largement majoritaire (97%) dans la classe 55 ans et plus. (Graphique 16)

Graphique 16

La proportion des contacts du Distribus fréquentant le Passage augmente par rapport à
2008. Si ce pourcentage était de 26% en 2008, il est passé à un peu plus de 31% en 2009.
Cette augmentation est pour nous un signe d’encouragement car les relations que nous
pouvons développer au Passage sont plus profonds et efficaces que celles développées au
Distribus.

Graphique 17

Page 24
De manière à rendre plus lisible la fréquentation du Distribus, nous avons décidé cette année
de publier les chiffres concernant le nombre de contacts qui viennent spécifiquement pour
l’obtention de prestations non liées à l’injection. Nous constatons que 21% des contacts au
Distribus concernent des demandes spécifiques sans autres prestations. (Graphique
18)

Graphique 18

Nous avons séparé ces contacts en 6 catégories distinctes : paille pour le sniff, préser-
vatifs, bicarbonate, aluminium, récupération de matériel d’injection usagé et soins, conseils,
orientation. (Graphique 19)

Graphique 19

Page 25
5.2. Les demandes spécifiques
Depuis avril 2009, nous mettons à disposition des usagers qui consomment par sniff des
postits qui leur permettent de rouler des pailles. Cette offre, même si elle est peu utilisée,
permet de rappeler aux consommateurs les règles d’hygiène minimum à respecter lorsqu’on
consomme de cette manière.
Le graphique 20 ne concerne que les demandes de paille sans autres prestations. Il ne tient
donc pas compte de l’ensemble des demandes pour ce type de matériel.

Graphique 20

La grande majorité des demandes pour des préservatifs sans autres prestations provient des
travailleuses du sexe oeuvrant dans les environs de la place de la Riponne. Pour ces
personnes en particulier, nous appliquons la distribution sur les mêmes normes que Fleur de
Pavé. De plus, nous les orientons vers cette structure systématiquement. Toutefois, une
quantité non négligeable de jeunes adultes de sexe masculin viennent également chercher
des préservatifs au Distribus, car ils n’osent pas aller se fournir ailleurs. Cela nous permet de
rappeler un certain nombre d’informations concernant les maladies sexuellement
transmissibles. (Graphique 21)

Graphique 21

Page 26
Plusieurs usagers s’adressant au Distribus consomment du crack qu’ils fabriquent à partir de
la cocaïne. Traditionnellement, ces usagers transformaient la cocaïne en crack avec de
l’amoniaque, produit hautement toxique pour les voies respiratoires. Aussi, nous avons
décidé de leur mettre à disposition du bicarbonate qui permet la même transformation tout
en diminuant les risques pour les voies respiratoires. (Graphique 22)

Graphique 22

Face à l’augmentation d’usagers consommant par inhalation, nous avons décidé de leur
remettre de l’aluminium de bonne qualité garantissant un minimum de combustion afin de
diminuer les risques de lésions des voies respiratoires. (Graphique 23)

Graphique 23

Page 27
Plusieurs usagers nous rapportent du matériel d’injection sans prendre de matériel stérile en
échange. Il s’agit souvent de personnes qui ont décidé d’abandonner l’injection ou qui
entrent en thérapies à visée d’abstinence. (Graphique 24)

Graphique 24

Le Distribus joue également un rôle social et sanitaire non négligeable de par son bas seuil
d’accessibilité lié à son positionnement géographique. Dès lors, un certain nombre de
consommateurs s’adressent à lui pour des prestations indirectement liées à la
consommation de produits psychotropes. (Graphique 25)

Graphique 25

Page 28
5.3. Conseils, soins et orientation

Si un certain nombre de contacts se rende au Distribus uniquement pour des prestations de
conseils, soins et orientation, nous essayons également de profiter de ces brefs instants de
rencontres pour aller au-delà des traditionnels messages de réduction des risques liés à
l’échange de matériel. 540 liés au départ à l’échange de matériel nous ont permis d’aller au-
delà de cette prestation pour sensibiliser les usagers à d’autres problématiques sociales et
sanitaires. (Graphique 26)

Graphique 26

Le Distribus à la rue du Tunnel

Page 29
6. Distribution, échanges et ventes de matériel lié à la
consommation
Comme nous l’avons mentionné à la table des matières, nous avons voulu cette année per-
mettre au lecteur une meilleure vision globale des statistiques liées à la consommation par
voie intraveineuse. Le choix d’associer les statistiques du Passage et du Distribus permet de
mieux percevoir les différences et/ou similitudes de profil de la population touchée par les
deux structures. Les graphiques concernant le Passage sont toujours situés au-dessus de
ceux du Distribus.

Graphique 27

Graphique 28

Page 30
Comme nous pouvons le constater sur les graphiques 27 et 28, les pourcentages des
contacts selon les classes d’âge varient d’une manière plus ou moins importante entre le
Passage et le Distribus.
Le premier constat que l’on peut en tirer est que la population fréquentant le Passage
est globalement plus âgée que celle fréquentant le Distribus. A titre d’exemple, la
tranche d’âge de moins de 20 ans est de 0.5% au Passage alors qu’elle s’élève à un
peu plus de 3% au Distribus. La tranche d’âge comprise entre 40 et 44 ans représente la
grande majorité des contacts au Passage (36%) alors qu’elle ne représente que le 22%
au Distribus.
Dès lors, ces constats nous permettent de déduire que les consommateurs ne commencent
à demander du soutien que lorsque leur consommation est devenue plus problématique
avec comme corrolaire une marginalisation accrue.

Graphique 29

Graphique 30

Page 31
Comme nous l’avons déjà constaté dans les graphiques, la proportion de femmes fréquen-
tant le Passage et moindre que celle fréquentant le Distribus. Les proportions hommes -
femmes venant s’approvisionner en matériel de consommation sont quasiment identiques à
celle de la fréquentation. (Graphiques 29 et 30)

Graphique 31

Graphique 32

La quantité de matériel d’injection remis, échangé ou vendu par les deux entités est en légè-
re augmentation par rapport à 2008. Le Passage et le Distribus ont remis 102’061 seringues
remises en 2009 contre 96’442 en 2008. La proportion de seringues oranges et brunes sont
quasi identiques au Passage et au Distribus, même si cette proportion est inversée : environ
49 % de seringues oranges sont remises au Passage contre 51% au Distribus. (Graphiques
31 et 32)

Page 32
Graphique 33

Graphique 34

Le Passage reste, en termes de quantité, l’entité qui distribue le plus grand nombre de
seringues par contact (9.3 seringues par contact au Passage contre 4.5 seringues au
Distribus). Cette différence s’explique par le fait que le Passage reste un lieu plus sécurisant
pour les usagers car moins à proximité de la répression sévissant au centre ville. Dès lors,
les usagers osent venir chercher et rapporter plus de matériel sans avoir la crainte de tomber
sur un contrôle policier.
Toutefois, la quantité de matériel d’injection remis annuellement par contact est extrêmement
faible si l’on estime raisonablement que la plupart des injecteurs se piquent au minimum 1 X
par jour. Aussi, nous pouvons légitimement nous poser la question de savoir avec quel
matériel ils s’injectent quotidiennement. Est qu’ils réutilisent du matériel usagé ? Se
procurent-ils du matériel en pharmacie ? Questions malheureusement sans réponse !
La seule certitude que nous pouvons avoir, c’est qu’ils ne s’approvisionnent pas dans les
autres structures du canton car la Fondation ABS distribue près du 85%. (un peu plus de
100'000 seringues par la Fondation ABS pour un total d’environ 120'000 seringues).

Page 33
Graphique 35

Graphique 36

Pour raisons déjà évoquée précédemment concernant la remise, l’achat et la vente, le Pas-
sage reste le lieu privilégié par les usagers pour rapporter leur matériel usagé. (Graphique
35 et 36)

Page 34
Graphique 37

Graphique 38

Le taux de récupération du matériel usagé au Passage est nettement plus élevé qu’au
Distribus, respectivement de 104.5% (100% en 2008) au Passage et de 85.8% (83.3% en
2008) au Distribus. Toutefois, le taux de récupération du matériel usagé pour les deux
entités est en légère augmentation par rapport à 2008. Globalement, le taux de récupération
entre les deux structures est de 90.2% en 2009 contre 86.2% en 2008, soit une progression
de 4%. (Graphiques 37 et 38)
Cette augmentation nous permet d’affirmer que le travail permanent de sensibilisation
concernant la récupération du matériel usagé porte petit à petit ses fruits.

Cependant, l’écart entre le matériel remis et le matériel récupéré (un peu moins de 10%)
n’indique pas que le matériel usagé est abandonné dans l’espace public. De nombreux

Page 35
témoignages des usagers nous indiquent que ce matériel est le plus souvent stocké à
domicile ou qu’il est rapporté en pharmacie pour son élimination.

Graphique 39

Graphique 40

La proportion de récupération du matériel fluctue mensuellement au Passage alors qu’elle
reste stable au Distribus, sans que nous puissons expliquer cette différence. (Graphique 39
et 40)

Page 36
Graphique 41

Graphique 42

Le pourcentage moyen d’injecteurs au Passage (57%) prenant de l’Ascorbine®3 est
supérieur à celui du Distribus (51.6%). Toutefois, ces deux pourcentages moyens sont
légèrement inférieurs à ceux enregistrés en 2008 qui étaient proches de 60% pour les deux
entités.
Ceci pourrait nous indiquer que la consommation d’héroïne est en léger recul par rapport à
l’année précédente. Toutefois, nous pouvons craindre que la probable diminution de la
consommation d’héroïne ne soit à mettre en lien avec les importantes saisies d’héroïne à
Lausanne, 26 kg selon les chiffres publiés par la police. Dès lors, nous pouvons craindre que
faute d’héroïne sur le marché, les consommateurs se soient rabattus sur la consommation
de médicaments et en particulier de la consommation de Dormicum® qui, du point de vue de

3
L’Ascorbine® est principalement utilisée pour la préparation d’injection d’héroïne.

Page 37
la santé, est plus dangereuse, ce d’autant plus que sa consommation est souvent associée à
une consommation d’alcool.

Graphique 43

Graphique 44

La proportion de consommateur-trices d’héroïne est plus élevée au Passage que celle ob-
servée au Distribus. Cette proportion est encore plus prononcée chez les femmes. (Graphi-
ques 43 et 44)

Page 38
7. Distributeurs automatiques de matériel stérile
L’année 2009 a été marquée par la suppression de l’automate de Pierre Viret. En effet
et comme nous l’avions indiqué en 2008, les automates sont déjà vieux et tombent souvent
en panne à tel point que l’automate de Pierre Viret a rendu définitivement l’âme. Ayant été
retiré de son emplacement, il sert aujourd’hui à prélever des pièces afin d’entretenir
l’automate restant à Bel-Air.
Comme nous pouvons le constater, l’automate de Bel-Air a connu deux grosses pannes, soit
au mois de février et au mois d’août.
Aussi, il nous est impossible de comparer la vente des seringues par le biais des automates
à celle de l’année précédente, année où les deux automates avaient déjà connu régulière-
ment des pannes.
Toutefois, les nombreuses pannes ont dissuadé de nombreux consommateurs à utiliser
l’automate restant, ce qui fait que peu de boîtes ont été vendues par ce biais en 2009.

Graphique 45

Graphique 46

Page 39
8. Les comptes 2009
Répartition Centre d’analyse Charges Produits Résultats
A 76.7 % Passage 1'350.853.74 1'449'071.46 98'217.72
TOTAL charges salariales 1'074'287.68
5281 Frais de voyages 93.16
5283 Frais de repas 163.47
5285 Formation / Information 3'617.13
5286 OuaTheDa assurance qualité 3'925.03
5287 Stagiaires 6'875.00
5288 Charges sociales stagiaires 551.65
5291 Honoraires comptabilité 24'366.79
5293 Honoraires révision 2'228.27
5295 Honoraires supervision 4'003.62
5296 Honoraires juridiques 351.17
5300 Besoins médicaux et divers 284.34
5310 Alimentation et boissons 37'246.00
5320 Petits jobs 20'690.00
5330 Abonnements journaux 77100
5340 Frais divers des utilisateurs 100.00
5410 Articles ménagers et intendance 15'648.10
5420 Frais d'entretien divers 12'938.30
5430 Frais de véhicule 901.80
5450 Loyer y c. chauffage 60'637.60
5453 Electricité 9'695.05
5454 Téléréseau Internet Suisa 1'308.95
5455 Téléphone 4'164.15
5456 Impôt / Taxes 2'905.25
5457 Frais bancaires et postaux 621.09
5460 Frais administratifs 5'838.00
5464 Indemnités et frais Conseil de Fondation 2'392.98
5470 Frais divers 1'433.06
5475 10 ans ABS 18'141.04
5480 Expo Forum 4'321.08
5490 Film - Plaquette - Graphisme - Logos 9'639.55
5700 Primes ass. dommages, bris glaces, vols 539.72
5710 Primes d'assurance RC 703.21
5720 Primes d'assurance incendie 366.74
5730 Primes d'assurance auto, taxes 1'631.40
5780 Restitution à Relais ventes de seringues 30900
5840 Confection des boîtes emballages 1'018.35
5842 Frais divers 22000
5900 Moins-value sur titres obligataires 840.21
5920 Amortissements 2'284.80
5950 Attrib. à provo pour renouvellement véhicule 3'600.00
5960 Attrib. à provo pour renovation locaux 9'200.00
6100 Subventions Passage Ville de Lausanne
6140 Attribution de réserve pour QuaTheda
6210 Vente de repas 1'350'000.00
6220 Autres recettes 50'000.00
6240 Remb. HES pour stagiaires et interventions 12'918.00
6250 Remb. par Fondation du Relais 1'839.50
6260 Dissolution réserve usagers 11'565.00
6270 Dissolution réserve UNISET 2'514.65
6280 Recettes et dons pour les 10 ans ABS 1'664.65
6290 Remb. et recettes dues à petits jobs 2'399.55
6340 Recettes brutes des 2 distributeurs 9'386.00
6850 Intérêts CCP - BCV - comm. imp. source 150.00
6860 Revenu des titres 5'154.00
7850 Recettes ventes seringues (à 20 ct) 332.59
816.32
331.20
TOTAL 1'350.853.74 1'449'071.46 98'217.72

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Répartition Centre d’analyse Charges Produits Résultats
D 76.7 % Distribus 314'005.23 227'679.40 -86'325.83
TOT AL charges salariales 270'740.83
5281 Frais de voyages 24.31
5283 Frais de repas 42.66
5285 Formation / Information 943.21
5286 QuaTheDa assurance qualité 1'024.56
5291 Honoraires comptabilité 6'353.80
5293 Honoraires révision 581.04
5295 Honoraires supervision 1'044.00
5296 Honoraires juridiques 91.57
5300 Besoins médicaux et divers 74.20
5455 Téléphone 1'085.89
5460 Frais administratifs 1'522.36
5464 Indemnités et frais Conseil de Fondation 624.00
5470 Frais divers 373.70
547510ansABS 4'730.41
5480 Expo Forum 1'126.76
5700 Primes ass. dommages, bris glaces, vols 140.74
5710 Primes d'assurance RC 183.37
5720 Primes d'assurance incendie 95.63
5730 Primes d'assurance auto, taxes 40.00
5900 Moins-value sur titres obligataires 219.09
7040 Matériel Distribus 235.70
7042 Téléphone Distribus 331.50
7044 Indemnités de repas (soir) 3'862.50
7045 Frais de véhicule Distribus 3'488.00
7070 Attrib. à provo pour renouvellement Distribus 12'200.00
7080 Restitution à Relais ventes de seringues 2'825.40
7560 Subvention Distribus Ville de Lausanne
7080 Recettes ventes par Distribus (à 20 ct)
225'000.00
2'679.40
TOTAL 314'005.23 227'679.40 -86'325.83

Répartition Centre d’analyse Charges Produits Résultats
T 3.3% Terrasse 48'404.95 44'100.00 -4'304.95
TOT AL charges salariales 44'671.17
5285 Formation / Information 155.59
5291 Honoraires comptabilité 1'048.37
5293 Honoraires révision 95.87
5295 Honoraires supervision 172.26
5296 Honoraires juridiques 15.10
5455 Téléphone 179.04
5460 Frais administratifs 250.98
5464 Indemnités et frais Conseil de Fondation 102.96
5470 Frais divers 61.65
5475 10 ans ABS 780.46
5480 Expo Forum 185.89
5700 Primes ass. dommages, bris glaces, vols 23.22
5710 Primes d'assurance RC 30.23
5720 Primes d'assurance incendie 15.77
5900 Moins-value sur titres obligataires 36.14
7140 Frais d'aménagement 358.60
7142 Chauffage terrasse 221.65
7640 Subventions Terrasse Ville de Lausanne
44'100.00
TOTAL 48'404.95 44'100.00 -4'304.95

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9. Remerciements
C’est un exercice périlleux que de remercier toutes celles et ceux qui nous ont sou-
tenus chaleureusement tout au long de notre activité. Le risque est toujours grand
d’en oublier un. Que celle ou celui qui a été omis involontairement nous pardonne !

Aux Autorités municipales et communales qui soutiennent financièrement
notre action.

Aux Autorités cantonales pour leur soutien financier au Programme cantonal
« matériel stérile ».

Aux usager(e)s du Passage et du Distribus qui nous accordent quotidienne-
ment leur confiance.

Aux voisins directs du Passage qui, jour après jour, font preuve de tolérance
vis-à-vis des personnes que nous accueillons.

Aux passants anonymes qui nous encouragent et nous remercient.

Aux membres du Conseil de Fondation ABS pour leur engagement actif et bé-
névole.

A l’ensemble des collaborateurs de la Fondation ABS.

Aux donateurs pour leur générosité soit en espèces ou en nature, en particu-
lier la boulangerie Mojonnier, Terre des Hommes, Switcher, Textura et la Bou-
tique Cyrillus.

A Terre des hommes sans qui nous ne pourrions achalander notre vestiaire
d’habits de seconde main.

A M. Patrick Bergier pour la réalisation des graphiques contenus dans ce rap-
port d’activité.

Aux institutions qui soutiennent la Fondation ABS et en particulier :
o La Loterie Romande
o InfoDrog
o La CARL (Centrale d’alimentation de la Région Lausannoise)
o La Policlinique Médicale Universitaire
o Le Centre St Martin.
o L’équipe du SIM
o Le groupe de quartier du Vallon

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