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CHAIÉnnO

Jean-Louis
Roland
POURTIER

P OL TT T A U E S
ET D Y NA M I Q UE S
TERRITORIALES
danslespaysdu Sud

Publications
de Ia Sorbonne
@
!;

-
I

AI AI N M USSËT

Politique de l'État
urbain au kïexique
et dévetroppernent
Le Prograrnmedes Cent Villes

Résumé: Pourfaire face à la craissance de I'arbanisatizTtet ltux ûesoinsaccrusdescitadins,
legouuernement mexicaintentede rnenreenltlace unepolitique d'encadrement et de sowtien
dts uillesintermédiaires,considéréescommeune akernatiue à la prédominancede Mexbo,
Guadakjaraet Monterrey.Mais dansun cantexteéconomique néolibéralpeufauorableanx
grand.es politiquesd'amênagement d.u territoire, Ia marger/e manæuurede l'Etat semble
particulièrementréduite er les actisns engagees, malgré d'incontestablesréussites,
Peuuent
paraîtîe marginales.L'exemplede Toluca, capitale de lEtat de Mexico, ?ermet de mieux
comprendre lesenjeux, lesauancées* les limites du Programme des Cent ViIIes lancé en
1993pour reuitaliserdescentresurbains qui regrowpent aujourd'huiplus de 30 millions
d'habitants.
Moa-clés: Mexique, uillesinterw'zêdiaires,centreshistoriques,politiques urbaines.

Depuis le milieu des annéesquatre l4ngt, l'État mexicain se yeut de rnoins en
moins révolutionnaire er de pius en plus néoiibéral. La grave crise économique de
1982, liée au problème conjoncturel de la baisse du cours des hydrccarbures, a
sonné le glas des grandes poiitiques d'arnénagernent territorial largement sub-
ventionnéesgrâce aux r€venus de la rente péuolière. Le volontarisme affiché des
années soixante-dix est auiourd'hui oassé de mode. Les technocrates et les
planificateursnespèrent plus rranrfor*., i'.rpn.. mexicain ni rnême corriger les
dtspuitésrégionaleshs plus vûyântesen investissaur,souv€nt à fonds perdus, des
sommescolossaies.La crise âe 1994-L995, de nature torâlemenr differenre, a cepen-
dant troublé le jeu des parrisânselu recul massif de i'État. Dans un pa,vs,rù, malgré
la nefte amélioration de tr:us les indicateurs macro-économiques, les tensions
socialesn ont fàit Çue s'arrrslifier au couis des dix dernières années, il clevient
di$iciledeprônerun l"iru.r-i*irequi risquededéstabiliser dela société.
I'ensembie

Leprécédent gouvefn€lnenc a-,,ait
tentéde colmaterlesbrèchesdu corpssocial
endéveloppan, ,]n ,,rrr*programmr âuxgroupes'les
d'aideer de çourien plus
tragilisés
parla modernisariun'de!'éconornie deI'Etar.Certepolirique
erie rerrait

17
+'.:,
F;4.*;-
_-l

Politiqueset dynamiques
terrhoriales
danslespaysdu Sud

a été abandonnéeavec l'arrivée au pouvoir d'un nouveau président,Ernesro
Zedillo,maiscelui-cinapæ renoncéà agir dansle domainede I'aménagement
Iocal.un nouveauPlan.deDéueloppement Urbain (lgg5-2000) a vu le jour pour
prendreen compteun élémentessentieldu Mexiquecontemporain: la croisslnce
accéléréedestaux d'urbanisation.En apparence, sesobjectifsdiffèr.nt peu de tous
lesplansprésentéspar chaqueprésidentdepuisle milieu desannées soixante-dix:
le Plan National de Déuelnpplment Ubain lancéen 1978 parle trèsdirigisteJosé
Ldpez Portillo, préconisaitdéjà de déconcentrerles actirités de Mexiio et .le
le développemenrdes viiles moyennes.Poumant,le projet d'Ernesto
9u9l9o
Zedillos'inscrirdansune situationéconomiqueet politiqueinédite,-etil s'appuie
sur un programmespécifique,baptiséProgrammàdes èent Viltes(prograà) at
I 00 ciudade),engagépar sonprédécesseur, carlos salinas,en 1993.Le tàut estde
savoirsi, en choisissant
de favoriserl'essordesvillessecondaires,l'État a décidéde
prendrele train en marche,ou s'il entend réellementpesersur l'évoludon et la
recompositiond'un_tissu urbain fortement marqué pàr la présenced'une ville
géante(Mexico)et de deuxgrandescapitalesrégionales, Guadalajara et Monterrey.

Létude du nouveauPkn de Déueloppement urbain et du programmedescent
villes doit donc permetrrede reconsiâérerle rôle de l'Érat-amé"nageur dans un
contexrepa_niculier : celuid'un paysoir le modèlenéolibéralen vigieur, importé
des Etats-unis,s'opposeaux traditionsinterventionnistes héritéJsde l'époque
révolutionnaire. iiintroduction du Programme National de DéveloppËrnËt t
Urbain, est à cet égard une véritable professionde foi : o dans un conte"te de
déréglementationcroissante,définir d.s o.r pour organiser le territoire et
aménagerles villes n a rien de paradoxal.Il sbgit au iontraire d'harmoniser
I'actiondesdiffërentsagenrsdu corpssocialet de I'État, dansle tempset dans
I'espace,afin de favoriser un développemenréquitableo. Malgré ioutes les
déclarationsd'intention du gouvernement,le décalàgeentre les diicours officiels
et les pratiqueséconomiq"esappliquéesà la gestion des villes apparaît donc
commeune manifestationdesclivagespolitiquesqui divisentnon lèulement le
parti au pouvoir depuisles annéesvingt, mais aussil'ensemblede la société
mexlcalne.

Le Mexique,entrevillageset mégapoles
Ilf-'1, cependantsoulignerque la principaleréussitedu régimeincarnépar le
_
Parti RévolutionnaireInstitutionnel (pru) cônsisteà avoir suiréer une véritable
moyenne,qui manqueranr aux payslatino-américainsmaisqui fait la force
{æ;e
de la sociéténord-américaine.or, cette évolution a suivi l. rythÀ. continu de
I'urbanisation,puisquel'on estpasséd'unepopulationencorej dominanterurale
au début desannéescinquanteà une natiôn maioritairementurbainemoins de
40 ansplus tard.cependant,en 1995,I'INEGIcomptabilisair encorei9g 000 lo-

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Politiqwede l'État et déueloppement
urbain au Mexique

;alitésde moinsde 2 500 habitants,dont la nujorité (presque70 0/o)étaitformée
Jepetitsnoyauxregroupantmoinsde 50 personnes.

Lesarnbiguttés de I'urbanisation
Au coursdesquarantedernièresannées,le Mexiqueâ connu une croissance
urbaine spectaculaire. On est ainsi passéd'un raux d'urbanisationà peine
supérieurà 3l o/oen 1921,à plus de 71 o/oen 1990.Lescauses de cetteévolution
brutalesont multiples: I'exoderural massifqui a marquéla secondemoitié du
K(' sièclea joué en faveurde certainesvilles,et norammenrde Mexico,la capitale
économique et politiquedu pays.D'aurres,commeMonterreyou commelescités
de la frontièrenord, ont trouvé dans I'industrialisationun moreur pour leur
croissance.Il faut cependanttempérer l'optimisme des statistiquesofficielles,
puisque la limite de 2 500 habitants agglomérésservanr à définir les zones
urbainesestune définition puremenrtechniquequi ne correspondpasà la réalité
socialedu Mexique.En fait, certainesagglomérations compranrplusieursdizaines
de milliers d'habitantsne sont souvenrque de gros bourgsruraux officiellement
baptiséesn villes o, mais dont les paysages, les structureser les activitésne rap-
pellentque vaguementle monde urbain. Lnecl considèreà ce proposque les
localitésdont la tailleoscilleentre2 500 et 15 000 habitantsappartiennent à une
strateparticulière,situéeentrel'urbainet le rural, qui représenre encore14 o/ode
la population mexicaine(contre 21,80/oen 1970). On peut donc abaisserà
57,30/ola part de la populationvéritablement urbaineau Mexique(en 1990)alors
que,selonlesmêmescrirères,elleétait de 36,9 o/ovingcansplus tôt.

La croissancerapide des principalesagglomérarions, mais aussides villes
moyennes, posed'énormesproblèmesaux autoritéslocaleset nationales. I)ans les
villescoloniales,commeMorelia,Pueblaou Mexico,i'aménagemenr descenrres
historiquesestdevenuun casse-tête pour lesmunicipalités,Lesvieuximmeubles
dégradés sont occupéspar desfamillespauvresqui riont pas les moyensde les
entretenir.Ces uecindades font actuellementI'objet d'une politique acive de
réhabilitationet d'améliorationde I'habitar qui remet .n-..ur. le droit au
Iogementdes ancienslocataires,le plus rouu.nt expulsésvers des quarriers
périphériques. Peuou mai contrôiée,ia croissanceurbaineentraîneausside graves
dysfonctionnements : rares
sont lesagglomérations où lessenrices
peuventsuivre
le rythme accéléréde I'expansiondémàgraphique, mêmesi iestauxde couverrure
s'améliorentselon la taiile des localiiés-(ta'bleau
1), De nombreux quartiers
manquenr d'eau, les pannes de courant sont fréquent.r. À lvlexico, le
Départementdu District Fédéral(nor) reconnaîtque près de 10 9/odeshabi-
tations ne sonr pas reliéesau rout,à-l'égour.Les rransporrsposenraussicie
nombreuxprobièmes.Danslesruesencombrées, lesembouteillagesparalysent la
cti'culationaux heuresde pointe,Ce phénomènen'esrdéiàplusI'exclusivité de ia


territorialesdanslespaysdu Sud
Politiqueset dynamiques

capiralefedérale,que ni lesgrandsal(esde circulationtracésdanslesannéesi970-
1980,nile métro,nontréussi
à désengorger
- âucontrâire.
TobleouI - Disporitéssocio-économiques
selon lo toille des locolités,en % {19951

< 2 5OO HABITANTS 2 50&14 999 > 15 000
o)
ANALpt-rABÉtrsMr 22,7 14,5 5l

PntrucrpAUx bl
senvrcrs
E^., ^^r^Ll^
LUU P9rUUrC ?R ? t 3,l
Évocuofion des eoux ô8,9 2^( 7)
Électricité 2t.l 4,7
o) En 7ode lo populotion; b) En % des hobilotionsnon équipées.
Source : /NEG/, Conteo 95 de poblociôn y vivîendo, lggô.

L'essordes ailles ffioyennes
Dans cecontexte,lesviileslesplus dynamiquesne sont pastoujourscellesque
I'on croit. Le dernier recensement(1990) a monffé que la croissanc€
démographiquede la zone métropolitainede Mexico s'était ralentie et que son
poidsrelatifdansla hiérarchieurbaineavaitdiminué.F;n1970,avec8,8 millions
d'habitants,elleregroupait18,30/odela populationmexicaine.En 1990,malgré
le rattachementde nouveaux municipes et le doublement de ses effectifs
(15 millions),ellene représentait
que 18,5%odu total. En fait, sur I'ensemble
de
la période1970-1990,ce sont lesvillesintermédiairesqui ont le plus progressé,
puisquellesont connu un rFhme de croissancenettementsupérieurà celui des
grandesmétropoles(tableau2). Ce taux a atteint 5,9o/a par an pour les agglo-

Tobleou el croissonce
2 - Dishibution delo populofion
selon
lo hilledeslocolités,
1950-1990

ryPEDEI.OCAUTÉ 1950 1970 | 990 Tlux DEcno$seNcE'

qz
NOMBRED'HABIIANTS Nombtel Nombre' Nombret 195G70 197040

TOTAI. 98 590 r00,0 97 850 t00,0 l 56 ô02 100,0 2 .6

RURAI{< 2 r'99} 97 607 57,4 954r0 4t,3 1 5 40 t 6 28,7 t\ o,8
SÊMI.URSAIN
889 17,A | 940 2t,8 2 170 13,9 À< o,4
{de25ooà 149991

UREAIN
84 i0,5 196 13,7 318 13,0 4,6 )A
l 5 0000-99 000
I 30 I 1,8 77 22,6 A1 5,9
loo 00G499000
500 000ç99 999
o 0,0 2,9 \4 10,9 o,0 9,6
> I 000 000
l 8,5 2 8,s 7 I 1,0 3,2 3 .9

l) Nombre de iocolitésrecensées.
2t % de lo populolion totole.
3) Croissonce de lo populotion. Ce tobleou prend en compte lo populotion des municipolités,pos celle des
ogglomérolions type Aire Mêlropolitoine de ÀÂexico.
Source: /NEG/,Estodisticos
del medioombiente,Mexico, 1995.

20
Politiquede I'Etat et déueloppement
urbain au Mexique

mérationsconsidérées de taillemoyennepar lesautoritésmexicaines(de 100 000
à 500 000 habitants)et 9,6 pour lesvillescomprisesentre500 000 et un million
d'habitants,alorsqu il n'étaitquede 3,7 pour Monterrey,3,4pour Guadalajara et
seulement2,6 pour Mexico.Au coursde la période1940-1970,lesplus grandes
villesont absorbéla majoritédesmigrants,mais ce sonr lesvillesde taille plus
modestequi sesont avérées lesplusarrracivesentre 1980er 1990.
Le Coiteode 1995a.omptâbilisé101 villesintermédiaires (entre100 000 et
un million d'habitants,selonle critèrepuremenrquantirârifutilisépar l'tNeCI)
alors que le pays nen comptait que 32 en 1970, signe que les processus
d'urbanisationse sont diversifiésau détriment des centresurbains de taille
supérieure. Cetteévolutions'explique en grandepartieparcequela capitalea cessé
d'êtrele principalpoint d'attractiondesmigranrsd'originerurale.En outre,les
difficultésliéesà I'hyperconcentrationurbainequi caractérise
l'airemétropolitaine
de Mexico (.orrg.riion, pollution, sour-.mploi, délinquance...) ont favoriséle
départversl'extérieurdespopulationslesplus fragiles(surle plan économique)ou
les plus sensibles à la dégradationde ieursconditionsde vie, De fait, les villes
moyennesoffrent désormaisde meilieures possibilitésd'accueil pour les
populationsen quêtede travailou de tranquillité.C'estpourquoi, entre1970et
1990, les villes de ia frontièrenord (Tijuana ou Ciudad Juârez),ou cellesqui
entourentI'aire métropolitainede Mexico (Toluca,Cuernavaca) onr connu un
rythme de croissance nettemenrsupérieurà la moyennenationale.C'est aussi
pourquoi l'État fédérala décidéds faire poner l'essentielde seseffortssur ce
segmentparticulièrement dynamiquede I'armatureurbainemexicaine.

L'aménagemettt
du territoire en question
Le remblementde terredu 19 septembre1985 a monrréla grandefragilité
d'un.systèmepolitico-économique hypercentralisé, dont la brusqueparalysiea
touchéI'ensembledes activitésmexicaines. À cette occasion,on a ressortides
cartonsle vieux projet d'un changementde capitalequi date du milieu du
XW'siècle, quand la capitalede la Nouvelle-Espagne était périodiquement
affectéepar de violentesinondations.Si I'idées'esttôuiefoisrévélèeimpraticable,
pour desraisonsà la foispsychologiques et financières,
ellea permisde débattreà
nouveaud'un probièmeoccultépar ia criseéconomiquede 1982: la nécessaire
(rnaishypothétique)décentralisation des activitésdu District Fédéral.De fait,
ciepuisla fin de la Révolutionjusqu'aumilieu desannéesi960, i'État mexicain
s'estp€u intéressé auxvillesen généralet à la croissancede Mexicoen particLrlier.
Tournéverslespaysâns, qui aviient formé le grosdesarméesrévolutiônnaires, il
a préferémettre en æuvre de grands programmeséconomiquesdestinésà
renforcerle monderuralet à favoriserl'essordune agriculture Dansles
annéessoixante-dix, ia politiquerégionaiedu paysâ été oé' -od.tn..
sur la créationde
quaûe grandsports industrielsqui devaientdiversifierles activitésde régions

21
I

I Politiquu et dynamirluesterritorialesdarx lespaysdu Sutl

prometteuses ou dynamiserdesespaces périphériaues sous-développés.Sur!a côte
du Golfe,l'effort portasurTâmpico-Altamira (Tâmauiipas) et sur Coatzacoalcos-
Lagunade Ostiôn (Veracruz). Sur le versantPacifique,ce sonrlessiresdeLâzaro
Cârdenas(Michoacân)et SalinaCruz (Oaxaca)qui ont bénéficiéde toutesles
attentionsgouvernementales.
La crisede 1982 a mis un termeà cettepoiitiquevoiontariste,rempiacée à la
fin de la décenniepar le volet n développement local, du Prograntme Nationa!de
Solidarité(pnoNnsol). Mais le programmeengagépar CariosSalinasde Gcrtari
n avaitpaspour but de réduirelesinégalités qui opposenttoujourslesdifférentes
régions mexicaines.Four les économistesqui entouraientle Président,les
déséquilibres spatiauxet sociauxn'étaienrplus perçuscomme une enrraveau
développement maiscommeun corollairede la croissance (Musset,1997).II ne
s'agissaitdonc plus de gaspillerles denierspublicspour tenter d'en iimiter les
effets,mais d'intervenirau niveau local afin d'amortir le choc des mesures
macroéconomiques prisespar le gouvernemenr fédéral,En cesens,la politiquede
PRONASOL s'inscrivaitdansune vieille tradition mexicaine:I'attributionpar le
Présidentde la Républiqued'une aideaux communautés méritantes- selondes
critèresqui ne sont pas toujoursobjectifs...farrivée au pouvoir d'un nouveau
président,ErnestoZedi\lo, a sonnéie glasd'un programmeouvertementfondé
sur despratiquespaternalistes et dont l'efficacitélaissaitbeaucoupà désirer.La
nouvelleadministration, obligéede travaillerdansdesconditionsdifficilesà cause
de la crisefinancièrede 1994-1995,a choiside faireporterl'essentiel de sesefforts
sur un secteurjusqu'alorsffop souventnégligépar le pouvofufédéral: la ville.
C'est pourquoi un Plan National de Déueloppement Urbain a été décrétépour la
période 1995-2000,afin d'adapterla politique de l'État aux besoinJd'une
populationde moinsen moinstournéeversle monderural.

Le PlanNationalde Développement
Urbain 1995-20A0
Le programme lancé par I'administration Zedillo esr parriculièrement
ambitieux, parce qu'il s'inscrit dans un contexre généralde réforme des
institutionspolitiqueset de transformationdesstrucrureséconomiques de l'État.
Il s'agiten effetde donnerplus de droitset plus de moyensaux autoritéslocales
et ar.rxmunicipalités,afin de leur permettre de gérer les conséquences d'une
croissance urbaineconsidérée commeirréversible.

Un programme ambitieux
La décentralisation, rnot magique!, est présentéecomme ie fondementde
toute politique d'aménagement du territoire,désormaiscentréesur un certain
nombre de n villes stratégiques , chargéesnon seulemenrd'atrirer ies inves-
tissements productifset lesflux migratoires,maisausside concentrerlesactivités

22

t
I
Politiquede I'Etat et déueloppement
urbain au Mexique

éconcmiques et d'en redistribueries bénéficessur roureune région'.C'est donc
dans le cadre d'un nouvrâu fèdéralisme,moins soumis au bon vouloir des
autoriréscentraleset des besoinsdu District Fédéral,que le gorvernementâ
décidéde repenser le développement local.Cettenouvelleorientationdu pouvcir
fédéraln'estd'aiileurspas que de la poudre aux yeux: en juillet 1997, pour la
premièrefois dans I'hisroireciu Mexique moderne,les habiunts du District
Fédéraiont pu élire leur maire au suffrageuniverseldirect. Certes,le parti du
Présidentgardetoujoursla hautemain sur presquetous lespostesde gouverneurs
et sur une écrasante majoritéde communesurbaines.Polutant,depuisle début
desannéesquatre-vingt-dix, le degréd'autonomiedesautoritésrégionales n a fait
qu'augmenterau rythme des défaitesélectoraiesciu PRI et du désengagement
massifd'un Etat irrésistiblementattirépar lessirènesdu néolibéralisme.

C'est pour tenter d'enrayercetteérosionpolitique que le Plan Nationalde
Déueloppement Urbain insistesur les aspectssociauxdu programmemis en place
par le gouvernernent.Celui-ci reconnaîten effet qu'il âut combattrela pauvreté
et la rnarginalitéqui carâctéris€nt une grandepartie des villes mexicaines, en
aidantfinancièrement lesmunicipalitésqui n ont paslesmoyensde répondreaux
besoinsessentiels de la population.Pour autant, ii ne s'agit plus d'accorder
ponctuellementdes subyentionsà fonds perdus,mais de favoriserle dévelop-
pement d'activitéséconorniques sur le long terme. C'est ainsi que, dans les
discoursofficieis,un nouveauconceptvertueuxet virtuelfait sonapparition,celui
de u déveioppement urbainordcnnéet durabie, que i'on retrouvedanstous les
forumshumanitaires et dcologiques de cettefin de siècle.Cn ne peut que saluer
la volonté de l'État mexicainde s'inscriredansla longueduréeet d'essayer de
réguier des phénomènesqui échappenten grande pariie à son contrôle.
Cependant,il âut fairela part deschosesentrelesdéclarations d'intentionet les
politiques misesen *uut. pour agirconcrètement surle terrain.

Des mayercsmesurés
Largeutetantle nerfule.,poliriques
d'rménagemenr tcrritorial,l'Étara lancé
une vasiecâmpagnecl'actuaiisation des cadasrres urbains, afin de faciliter la
perceptiondesimpôtslccauxecde liraiter la dépendance desmunicipalitésvis-à-
visdesraiticipatiotisfédérales.
En quelquesannées, cesontofficieilementplusde
5,5 miilions cie nouveauxcontribuablesqLii ont été ainsi recensés et obligésde
payerleur ate foncière.Cerrerecherche Ëffrgne.de nouvelles ressources permet
de compenseren partie les restrictionsbudgétairesimposéespar le rl.tr au
gouvernemeilt fede(rai.
Pourrespecter
lesconc{itionsdraconiennes de sesbailleurs
de foncls,l'Ëtat recomrnandeié.cormais
aux municinalités d'assainirleursfinances

t, llntgt'riin:;:tt ritliontri tle rit.:;rt*'r,llattrl:tuto l9l;5-2000" p. ;1:1,.

'23

_. { iÈ*-*
Politiques et dyrzantiqtrcs territoriales dans lts paTs àw Sud

localeset de chercherde nouveauxpârtenaires
dansle secteurprivé- ce qui reste
plus facileà dire qu'à faire.

C'est cependantdâns un domaine particulier,celui de la conversiondes
espaces mraux en zonesurbaines,que l'Etat a engagédesactionsdécisives. En
effet, dans un pays or), à caused'une législationinadaptée,les processu:
d'urbanisationsefaisaientde manièresemi-clandestine, il était urgentde prendre
desmesureset de régulariser la situationdesnouveauxcitadins- souventeux-
mêmesissusdu monde rurai. Depuis les annéessoixante,les villes s'étendaieni
ainsi au détriment des terres ejidalef situéesà leur périphérieimmédiate.
Officiellement,les ejidatariosn'avaientpasie droit de vendreleurs champs,dont
ils n'avaienteue I'usufruit. Dans les faits, il existait souvent des ententes
financièresenrie promûteursimmobiliers et conseiisd'ejidospour permenre
I'urbanisationd'une pardedesterrainsde la communauté.Une fois I'opération
menéeà son terme,lesmembresde l'ejidoaliaientseplaindreaux autorités,qui
leur concédaient de nouvellesterresafin de ccmpenserlesn pertes subiespar le
',
village. Pour tenter de mettre de I'ordre dans un marché incontrôlé, le
gouvernement fedéralétait donc régulièrement obligéde consdtuerdesréserves
foncièresdesdnées à être transferéesaux Etatset surtout aux municinalitésen
quêtede terrainsà bâtir.

Le sexennatde CarlosSalinasde Gortari (1989-1994)a été marquépar une
forte augmentation de la régularisation (a posterior) des terrains agricoles
incorporésde manièreinformelleaux centresurbainsen plein développement, Il
s'agissaitalors non seulementde reconnaîtrele fait accompli, mais aussi de
permettre l'intégration des nouveaux quartiers aux espacesanciennement
urbanisés. La proclamationde la fin de la réformeagraire(1991)et le changement
de statut desejid"ofont ainsi été présentéspar le gouvernementde CarlosSalinas
comme un grand pas en avantvers la normalisationdes relationsentre villes et
campagnes - lesespacespéri-urbains pouvantdésormais êtregéréssanshypocrisie
par les difftrents acteursdu changement.

régional
Villzset dcueloppement
Malgrétoutes
lesréserves
quel'onpeutfairesurle Programme
National
de
DéveloppementUrbain, il resteque saprincipaleoriginaiitéest de mettre la ville
de développement
au centredesstratégies territorialet d'intégrationrégionale,Les

2, Les ejidos sont les terres agricoles, théoriquement inaliénables, attribuées par la
Réforme agraire aux communautés rurales.
3. Les ejidatirios peuvent désormais vendre leurs terres, si le conseil de I'ejido ne
s'opposepas à Ia transaction (modification de l'article 27 de la Constitution).

24
urbain au lVlexique
Politiquede l'Ëtat et déueloppement

arnénageurs mexicains proposenten effetde créerou de renforcerseptgrandsaxes
srructurants centrés sur desviliesintermédiaires reliéesentreellespar desvoiesde
ccmmunicationmoderne s karte 1). De manièredélibérée,cesâxescontournent
la mégalopolemexicaine (Aire métropolitaine de Mexico et centres urbains
périphériques). Ils sont chargésde mettre en relationles régionssud du pays,
considérées comme de simplesgisementsde matièrespremières,et les régions
industriellesdu nord, intégrées auxcouloirscommerciaux situésde l'autrecôtéde
la frontière.LIn tel schémane fait malheureusement ou'entretenirles liens de
vassalitéet de dépendance solidementétabiisentrele noid .t le sud du Mexique,
au lieu d'envisager despoiitiquesde développement destinéesà mettreen valeur
le potentielde certainsEtatscommele Chiapas,plusconnuspour leursproblèmes
agrairesque pour leurs performances économiques. En revanche,le nouveau
programmea le mérite de mettre à I'honneur desvilles intermédiairesjusqu'alors
négligéespar les polidquesnationales,et de proposerdes âxestransversaux
considérés commedesaiternativesaux directionsdominantesde I'espacenational.
C'estle casde I'axeAcapulco-Vcracntz, dont le tracés'inspirede i'anciencamino
real qui reliait les deux océansà l'époquecoloniale,et celui de I'isthme de
Tehuantepec (Coatzacoalcos-Salina Cruz) qui met en relationles deux grands
pcrts industrieissituésà chaqueextrémitéde la partiela plusétrcitedu Mexique.
Il faut cependantnoterque cesdeuxaxessont en grandepartievirtuels,puisque

Corte I - les villesdu ?rogranme des Cert Yillesel les couloirsd'infégrolionurboineel régionole

vitl", r.rbru, du
''Pr og.s 666 des c enl v i l l es '

i /4, Couloirsd'intésforion
{--./ urboineet régiônole

ô 500 km
:-
-

Â
É.q

I Guoymos- Noocies
2 Mqnzoniilo- N-ue'o toredo
3 Motomoros- Villqhermosc
4 Acopulco - Verscruz
5 Topochulo.Monzonillo
6 SolinoCruz, Ccaizocoqlcos
7 Villohermoso" Cqncûn

25
Poliriqueser dynamiquesterrirorirtlesdanslespaysdu Sud,

I'auroroure
qui c^onduit
d'Âcapurco à veracruzpasse
parravirledeÀ4exico
erque
seuieunercutefedérale
unit salinacruz et coatzacoalccs{.
Çorte? - Lesrégionsrurclesmorginolisées,
selonle progranmeNslronsj
de DéveloppemenflJrbaini g95-2000

Régions
I SierrosTorohumo.o,de Duronco.
de Srnolooy de Alomos

2 Sierrosde.Durcngo, l-iuicholcie Jotisco,
Indrgenode Novorit y Ponienrejp ls-61*..,
3 Semidesérticos neoleonés, potosino et
romcutlpeco
4 Semidese,ricos
duronguense.potosrrr.y

5 Sierros Norte de Guonojuolo y
semiderértico polo5ino y rocoir.ono
6 Sierro Norte de Guonoiuoto y Sur de
50n LuisPotosi

7 Mezquitol, Otomi-Tepehuo,Huosleco Sietos
Norte de Guonoiuoto. de pueblo, Norte de
lJorcolo, Sieûo Gordo, Hucstecoporosrno
y Lhrconfepec-Huoyocoilo
I ïierro Coiienfe y surponiente mexiquense
9 Norponiente mexiquense y Boi.o sur
I0 Région Zongoiico y Sierro Negro
11 Lo Monfono y Cosio Chico
12 Sierro de Ooxoco
I 3 Pochuil
14 Mixe
l5 RégionSelvo y los Altos de Chiooos
16 Siero Modre de Chiopcs
JZ RégionMoicero y Henequenero

Lesvillesmoyennes sonrpar ailleursconsidéréescornmeun élémentcenrrar
,
dansla lutte conrrela pauvretéer re sous-diveioppemenr desrégionslesplus
marginaiisées.
Trente-deuxcentresurbainsont ainsi'é'ré
rei."l""rirtpour offrir de
nouvelles.
perspectivesd'emploi,de formation* d. log.rn; Ju* popul.tion,
pauvresde dix*ept zonesrurares parriculière*.ntfrrgiiireop* l., mutarions
récenres
de I'économie mexicaineGane2). pourranr, ;.;r.;;fbis, regouver_
nemenrfédéral pas.pris la peined'exposer clairemenr
1a les ressources
donr
pourraientbénéficierles viiles choisiespour participer
à ces actionsde
développement économique et de soridaritisociie. r. prin.ipJlntérêrde ce
programme estdemontrerquela perception,des zones.à proUierri.,, .hangéenre
le sexennatde carlos saiinasèt ceiui d'Ernesto
zedilla. pour la nouvelle
adminisration,les monragnes du nord-ouesr(SierraMadre occidental),ies
hauts-plateauxdu centre-n-ord
et les versanrsde la sierraMadreoriental ont

4' Loléoduc,quifournit en hydrocarbures la raffineriede Sa.linaCruz est un élément
essentielde I'organisat,"li,l.:rif,l.; mais le ch"*.in
a. f.i ,.""ririLÀiqu. doi, &r"
entièrementréh;biliré si .r'onveur donner à cer axe
une importance non seurement
nationale,mais aussiinternationare(.o-*.
au canalde panamâ).
"ri.r.rative

26

I
E
L
urbain aw IVIexique
Politiquede I'État et déueloppement

remplacéie littoral du Sud-Pacifique et les espacesrurâux clLrMichoacân.Les
sous-entendus polidquesexpliquentsans doute en grande pertie ces dérives
géographiques. Ce nest pasun hasarcl si ieszonesconsidérées commeprioritaires
par i'Etat sonrcellesqui ont plutôt n bien u votélorsde l'électionprésidentieile
de
1994.En ce qui concerneie Chiapas,territoireparticulièrement sensibledepuis
I'apparitionquasimiraculeuse du sous-commandant Marcos(enjanvieri994), les
choix stratégiques de l'État fedéralsont éclairants,Alors que le PRONASOL, de
CarlosSalinæavaitfait portersûneffortsur l'étroitebandecôtière,le Prograrnme
National de Développement1995-200Ad'Ernesio Zedillo s'estorienté vers les
hautes-terres et la forêt lacandone,là où les guerillercsde I'Armée Zaptriste de
Libération lr{ationaleont trouvé un refi.rgeet des appuis parmi la population
d'orisineindienne.

Le ProgrammedesCent Villes
Presquetcutes les villes désignéespour servir d'appni aux régions les plus
marginalisées du pays font cependantpartie d'un projet plus important, qui
marqueun infléchissernent nc'tabledansles politiquesfedéralesd'aménagement
du territoire: le Programme desCent Vjlles.Lancéà la fin du sexennat
de Carlos
Salinæde Gortari (en 1993),ce projet exprimeparfàitementles attenteset les
contradictionsd'une sociétéen pleinemutatiûn,dont les représentants doivent
répondreaux besoinsaccrusd'une population de plus en plus urbaine, en
respectent lesrèglesd'uneéconomiede moinsen mcinsdirigiste.

Une nouaelle statégie ?
À l'origine du Programme desCentViffus,on irouve i'hyperconcentration de la
populadon et des activitéséconomiquesdu iVlexiquedansla capitaleet dansles
zonesrnétropoliuinesde Guadaiajara,À'{onterreyet Puebla(envircn 27 millions
d'habitantsen i995). Au coursdesannées1980-199û,le développernent soutenu
desvillesmcyennesa changéen partielesdonnéesdu probième: en favorisantleur
essor',on pouvaitncn seulementlimiter ie poidsde rnégapoles devenues ingérabies,
maisaussitenterde réduire1adispersion (tout aussiiiifficiie à administier)des
popLrlations ruraies.LÉtat a Ccn. âé.idéd'influerindirectement sur lesprocessus
d'urbanisarion ens'intéressani, âncasFarca:,à desviilessecondaires qui paraissaient
offrir de véritabies dç dé.teloppement.
possil-'ilités Au total, 116viilesrno,l'ennes {et
207 municipes,si l'on tieat compte ries espaces conurbains) ont particioé ou
participenta* Progra'nrne rtes{uezit\rilks(donnéesde 1997),Leslocalitésconcernées
sontréparties sur i'ensemi:le du territoire(rartel), maisie schémagénéra1 resp€cte
trois grandespriciitdsqui expliquentC'apparentes inégaiirés spatiales : ia priseen
comptedes
'iensitésde popuiationiplusfbrresdansla zonecenrâie),la proxirnité
de zcnesruraiesmarginalisées tsterral,{adreCccilent'zl,par exemple),iesimpératifi;

?-7
territorialesdanslespaysdu Sud
Politiqueset dynamiques

du développementéconomiqueet de I'intégrationnord-américaine(villes de la
frontière).C'est bien entenduautour de Mexico que I'effort principala été porté.
En rendantplusattiranteset plusdynamiqueslesvilla de la lointainepériphérie(on
pourraitparlerd'une troisièmecouronne),on espèrenon seulementdétournerde la
capitaleet de la Zone Métropolitaineunepartiedesmigrants,maisaussiâttireryers
l'extélieurdeshabitantslassésde -rivredansune agglomérationsurdirnensionnée,
surpeuplée et polltrée.

Dans la continuité du PRONASOL cher à Carlos Salinasde Gortari, l,:
Programmedes Cent Villes se veut ouvert sur la sociétécivile. Ce sont les
rnunicipalitéselles-mêmes qui prennentla décisionde présenterun projet ele
développement ou de réhabilitationet de solliciterl'aide de la Fédération.Le
projet est ensujteexaminépar desexpertsdu Ministère desFinanceset de divers
organismes d'Etat.S'il estapprouvé,lesmécanismes financierssont débloqués et
la coopérations'organise entrelesautoritésmunicipaleset le pouvoircentral,par
I'intermédiairedes représentants locaux du Ministère du DéveloppementSocial
(smr,sot-). Les participationsfedéralespeuvent représenter jusquà 80%o du
budgetde I'opération,_les 20 %oqui restentétant à la chargede la municipalité.
Danscertainscas,lesEtatspeuventfinancerune partiedu programme,si celui-ci
s'inscritdansla stratégiedu gouverneuren place! Lessommesengagées peuvent
paraîtreimportantes,mais ellesne représententqu'une infime partie du budget
national, ce qui reladvisela portée globaledesactionsprojetéeset réalisées5. De
'i
,:i
1993 à 1996, presque3 milliardsde pesos(presque400 millions de dollarsau
cours de 1997) ont ainsi été investisdans les différentesrubriquesdu budget j
supervisé par SEDESOL, ce qui représente en moyennepour chaqueville un peu 1
plus de 25 millions de pesos(environ 3 millions de dollars)sur cinq ens(tableau
3). Cependant,les fonds réservés par l'État ne correspondentpæ à une dotation
globale et renouvelable,répartie de manière égalitaireentre les municipalités
membresdu programme.Il s'agitau contrairede soutenirdesopérationsponc-
tuelleset bien définies,dont le coût peut varierde quelquesmilliersà quelques
millionsde pesos,selonla naturedu projet.
La modernisation des réseauxde transport et I'amélioration de la voirie
(réparationdes chaussées, rénovationdes trottoirs et de l'éclairagepublic) sont
considéréescomme une priorité par presque toutes les autorités locales.Le
deuxièmepostedesdépenses concernela réactivationéconomiqueet culturelledes
centres-villes(lI,6o/o du budgettotai). Ce point estpaniculièremenr imponanr
dansla sûatégieglobaledu Programnte drs CentVilles,puisqiil s'agitpour l'Étar
et pour les autoritéslocalesde revitaliserles centresanciens,délaisséspar les
couchesles plus favorisées de la sociétémexicaine.Séduitespar les modesde vie ':.:!


5. Pourla seuleannée1995,les
dépenses programmées
du Ministère
du Développement
socialreprésentaient
152milliaidsde peso-s. =
-:
=
I 2B +
i a!..
I
:i
L :ti
I
:
i

Politique ciel'Etat et déueloppementurbain att Mexique

Tqbleou
3 - Lesinveslissemenls
du Progromme
desCentVrlles{1993-199ô)

f ÉDÉRALES
PARIICIPANONS
INVESÏISSEMENTS ror,lL(rrsos)
{%l
Mise c jourdu codoslreurborn <aÀ
2 1 1,7
lncorporotion
el régulorisotion
du sol urbcin 605,I 31,5
Voirieet lronsport 1 244,3 48,9
Environnemeni 58r,3 { ^a
Revitolisotion
des cenlres 318,4 47,9
lotal 2 960,8 47,1
'100
Saurce: Seqetorio de DesorrolloSociof Progromode Ciudqdes, 1997

nord-américains (l'automobile,la rnaisonindividuelie,la consommationde mæ-
se...),celles-cipréêrent s'installerdansdeslotissements de la périphérie,abrités
derrièrede hauts murs et surveillésjour et nuit par des gardiensarmés.Ces
urbains,de moinsen moinscitadins,fréquententpeulesquârtierscentraux,jugés
sales,dangereux et sous-équipés, et préfèrentsepromenerle soir et le dimanche
dans de grandesgaleriescommerciale s type mall. Pour inverserla tendance,les
municipalitésont décidé de faire porter une grande partie de leur effort sur
I'anrmationccmrnercialedes centreshistoriqueset sur la réhabilitationdes
paysages urbainsdégradés.
Des accordsont été passé.s avecles entrepreneursmembresde la Chambre
Mexicainede i'lndustriede la Construction(CMIC)pour muldplierlesprojetsde
développernent uibain fondés sur la conservationet la mise en valeur du
patrimoinearchitectural héritéde l'époquecolonialeet du XIX'siècle.Le but de
I'opérarionest d'inciterles investisseurs privésà sejoindre aux pouvoirspubiics
pour linanceria reconquêtedescentres-villes. Le Ministèredu Développement
Sociai estime à cet égarclque, sur I'ensembie des opérationsintégréesau
Programme riesCentVilles,pa:;ri0 pesosinvestispar l'Etat,le secteurprivéengage
désormaisB pesossupplémentai.res. Cette synergiesecteurprivé-secteur public,
voulue,encouragée (et peut-êtreexagérée) par ie gouvernement d'ErnestoZedillo,
entre tout à fait dans le cadred'une politique d'aménâgement d'inspiration
libéralequi tourne1edosauxsrandsprojetsvolo:rtaristes desannéessoixante-dix.

o Pauyrs1bhæa,
si JsindeDieu,siprèstiw frF,..,
Si i'r:n veurétudierde manière préciseun exemple de la politiqueurbaine
menéedansle cadredu Prograsrzmt desCentVi![es,ie casde Toluca,capitalede
l'Étatdefu{exic*,esrFartieu[èremenrréveiareur.
Peuplée de 56a000hablrants en
i995,Toiucaest,selon1escritères puremeni de I'INEGI,une vilie
quanritarif
internrédiairedansia iridrarci:ie
descentres
uri:ainsmexicains.Située à moinsde
70 km rlu centiede Mexica,eliefaii en outrepartiedesagglomérations qui


Politiques et dynamiques territoriales dans lts pays d.u Sud.

composentla mégalopoiemexicaineen coursde formation,véritabienébuleuse
dont lesdifferentsnoyauxs'organisent autourd.ei'Aire ldétropolitainede la Viile
de Mexico(carte3). En tant que capitaied'un Etat fedéré,Tclucarevendique une
identité qu'elle a du mal à définir et à imposer,car son développement
économiqueet son autonomiepolitiquedépendentétroitementdesbesoins,des
intérêtset desambitiotrsdu District Fédéral.En 1995"eliereprésentait moinsde
5 % de la populationde l'État de Mexico,aiorsque lesmuniiipesconurbainssj.Ll
DF regroupaient à eux-seulshuit miilionsd'habitants(environ7A 0/ode la popuia-
tion totalede l'Etat).En la modifiantà peine,an pourraitfa.cilement appiicuerà

€orte 3 - Lc rrrégolopole
rnexicsine
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Corridor industriel
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ffi Erpo.u
rrboniré r Axe de lo croissonce
urbolne

30
urb/zinau Mexique
Politiquede l'Etat et déue/oppement

Toluca ia phrasecélèbre,souventamribuéeau vieux dictateurPorfirio Diaz:
( pauvreMexique,si loin de Dieu, si prèsdesÉtats-Unisu.

Jusqu'audébutdesannéesquatre-vingt,Toiucan était qu un grosbourg agricole
vivantsur sonpæséde capitaierégionale.La constructiond'unevoie rapidepuis,
danslesannéesquatre-vingt-dix, son doublementpar une autorouteà péage,ont
bouleversé lesdonnéesdu probième.Le long de I'autoroute,versMexico,s'étend
désormaisune grandezone industrielleoir I'on retrouveplusieursconstructeurs
automobiles(dont Chrislei),des géantsde l'alimentaire(Bimbo), ainsi que de
grandsnoms de la chimie et de la pharmacie.La politique de déconcentration
industrieilemenéepar le pouvoir centralâu coursdesannéesquatre-vingta trouvé
un largeéchoauprèsde nombreuxchefsd'entrepriseen quêted'espace(Tolucaest
entouréepar de vastesplainesagricoles)et de liberté d'action (la législationlocale
n'estpastrèscontraignante). Le tremblementde terrede 1985,qui a mis à jour les
faiblesses
géographiques, poiitiqueset socialesdu District Fédérai,a joué en faveur
du bassinde Toluca,perÇu 'Encomme véritablealternativeà la croissance démo-
graphiquede la capitie. quinze ans, la population du municipe a presque
doubléet les structuressocio-écanomiques de la ville ont été transformées. Le
secteurtertiaireesttoujoursprépondérant(environ6û % desactifs),maisie secteur
secondaireoccupe désorrnaisune place essendelle,supérieureà la moyenne
nationale(plus du tiers de la population active).Le municipe de Toluca affirme
ainsiunevocarionindustrieiletardivemaisen plein essor.

Une croissanceaussirapicien'apourtantpasquedesavantages. Ijurbanisation
s'estfàitede manièresouyenianarchique,sansque les autoritéslocalespuissent
réguieran canaiiserie flux des nouveauxarrivants.Dès le debut des années
soixante,au bord du boulevardpériphérique,des coloniaspopulairesse sont
édifiéessansI'accorcini l'appui de la municipalité,le plus souventsur desterres
ejidales,
suivanten celadestechniquesd'appropriationinformellefort répandues
au lv{exique".Aujouid'hui, tout cet ensembieest désormaisréhabilité,mais les
zonesd'habitatsous-intégrd sontsanscesse rejetéesyersun espace périphériqueen
continuelleexpansion.En outre, le cenirehistoriquede Toluca,qui s'articulait
traditionnellementautolrr Cu Palaisdu gouvernement, de ia cathédraleet du
marchécouvert,apparaitde moinsen moins adapréà la taillede I'agglomération
et aux nauvellespraticuesde la pr:puiation.Dans les muaicipesconurbainsde
Toluca,iesmnéesquatie-vinet-clix ont ainsivu fleurir de nombreuxlotissements
(condomiteiosh*riàntah) d-estinés aux classesmcyenneset supérieuresqui
répugneetà fiéquenterlesruesétroiteset eucombrées de la zonecentrale.

6. Un quartierdu sr,rdde ia vi.liepoire encoreson nom ci'origine: EjiCo Capuitirlân.

3t
Politiqueset dynamiquesterritorialesdans lespaysdu Sud.

Toluco. lo ploceGonzolezArrotio(clichéde l'outeur).

C'est pourquoi, dès qu'ellea pu le faire, la mairie a décidéde profiter du .ii

Programade Cien Ciudadesnon seulementpour améliorerla vie quotidiennedes r:a
habitants,mais aussipour changerl'image d'une n ville-champignon ) dont le
patrimoine architectural,situé dans un centrehistorique de taille réduite, avait
sérieusement besoin d'être protégé.Ijune des premièresréalisationsa été la
réhabilitation de la place GonzalezArratia, située sur le côté gauche de la
,îi
cathédrale,le long de la rue NicolasBravoT.Louvrage,inauguréen 1996,a coûté
neuf millions de pesos(l,1million de dollarsen 1997),répartisentreles rois ï
maîtres-d'ceuvr. fédéral(50 o/o),I'Étatde Mexicoé0 o/o)et la municipalité
'i'Étrt
(10 0/o).À la placed'un parkingqui menaçaitruine,le quartierdisposedésoimais
d'un véritable espacede vie à I'architectureélégante,conçu pour recevoirdes
animationsculturelleset desspectacles organisés par la mairie.Grâceà l'appui
financier du gouvernementcentral, le centrehistorique de Toluca a rapidemenr
changéde visage.Des ruesentièresont été remodelées, desmaisonsanciennes
réhabilitées,des espacesaménagéspour accueillir dans un cadre agréableles
habitantsdu centreet attirer (si possible)ceux de la périphérie.La placefray
Andrésde Cætro, situéesur le côté droit de la cathédrale , en facede la mairie, a
étéentièrementrénovée.En sous-sol,un vasteparkingpermetaux employésdes
servicesadministratifs,mais aussià leurs visiteurset âux clientsdes commerces
proches,de garerleur voitureen toute sécurité.En surface,desboutiquesont éré

7. La construction de la cathédrale a débuté au milieu du XiX siècle,mais elle n'a été
achevéequ'en 1978. C'est l'une des plus récentesdu pays.

32
Poliùr1uede l'Etat et déueloppertent
urbain au Mexique

installéesafin d'hébergeries nombreuxvendeursà la sauvettequi encombraient
lesportalesde la rue Miguel Hidalgo.Les peinturesdesédificespublicsont été
soigneusement refaitese. un cenireculturela étéinstallédansla petitechapeliede
la SanraCruz.
Ces travauxont permisde mettre en valeur,à moindre coùt, desquartiers
centrauxmenacésde dégradationsocialeet de dévitalisationéconomique.Ils
s'inscriventcependant dansun programmepluslarge,qui touchei'ensemble de Ia
zonemétropolitainede Toluca(municipesde Lerma,Metepec,Ocoyoacac, San
Mateo Âtenco, XonacattranetZinacantepec).Ces communespériphériques,qui
regroupaient presque500 000 habitantsen 1995,subissent directementleseffets
du développement industrielrécentde Toluca.Leur croissance démographique a
ététrop rapidepour couvrir tous lesbesoinsd'une populationencorefortement
marquéepar la ruraiité,malgréia proximitéde la capitalede I'Etat.C'estainsique
presque20 o/oàeshabitationsdu municipe de Zinacantepecne disposentni d'eau
potableni de tout-àJ'égout.Pourtant,dansla logiqued'une politique urbaine
d'inspirationlibérale,lesautoritéslocalescherchentavanttout à améliorerI'image
descentresanciens,afin d'attirer des investisseurs privéset de favoriserle déve-
loppementéconomiquede leur commune.Les investissements réalisés
en 1997
dans le cadre du Programmcdes Cent Villes sant à cet égard particulièrement
révélateurs(tableau{. iis mettenten pratiquela stratégie clairementexpriméepar
lesresponsables locauxde SEDESOL (délégationde l'État de Mexico): u I'objectif
principalest à la fois d'amélioreret de revitaliserI'imagedescentre-villes et de
renforcerla convivialitéet i'identitéde la société,'.
Tobfeou4 . [e ProgrommedesCenlYillesdcns l'oire métropolitcinede Toluco{budget19971

IOTUCÀ MUNICIPES
CONURSAINS
rypED'AcTIoN ACTONS INVESTISSÉMENT ACTIONS INVESTIsSEAÆNI
Ei'IGAGÉËS {PÊsos} €NGAGÉEs {PEsos)
Iotol 21 r5 000000 20673013
Améliorotion
des rues' 10 49,8% tç 36,2%
Infrostruclure
routiàre,
signolisolion 2 l B , 5t a 4 13,-5:/.
Réoménogeneni
d'unespcceurboin2 2 8 , 7% i 7,6%
Réhobilitotion
des icçodesoncrennes 7 23C% 14 19,3%
Réhobilitotion
des monumenis
2
historiques
et des édrficespublics
Réhobilitotion
des cenkeshisioriques I 4,5 %
Aménogement
des ruescommercroles tb.5 %
1) Povoge des choussées,réporotion des ircttoirs,écloiroge public.
2| Quortier ou ploce.
Source : 55Dr'5,J1,Delegcciôn Estadode Méxicc. Srbc)elegaciôn de Descrrollo urbcno y vivienda
ldocumentsde nc,;oil).

B. sEDEsol-, lroq:'ani,zlili):iuiiades. lijercicic i997, p.3.

_!:l

t-È€---
Politiqueset dynamiquestenitoriales dans lespaltsdu Sud

Pour I'ensemblede la zone métropolitaine,le poste principal des dépenses
concerneI'améliorationde la voirie (pavagedeschaussées, réparationdesffomoirs,
modernisation de l'éclairagepublic). On pourraitpenserque cetterépartitionesr
équitable,maissi on replacelesactionsengagées dansleur contextegéographique,
on corlstate que Ia disribution des crédits reflète la volonté politique des
aménageurs et lessous-entendus économiquesdesautoritéslocales.En effet, sar:f
exception,les ffavaux de réhabilitation ont tous été entreprisdans les espaccs
centraux,au détriment des zonespériphériques.À Toluca,pr, .*.ropl., un seui
quartier excentré,celui de San Luis Obispo, situé sur le PaseoTollocanNorte, a
bénéficiéd'une aide de plus d'un million de pesos,financéeà 80 %opar l'État
fédérel,afin d'améliorerson image.Dans lescommunesvoisines,on a mis I'accent
sur le décordescentreshistoriquesplutôt que sur I'améliorationdesinfrætructures
urbaines.La peinturea couléà flots pour redonnerde l'éclatà desfaçades dégradées
par le temps et les intempéries.A Metepec,des couleursvives,parfois criardes,
attirent irrésistiblementl'æil despassants: le rouge,le verr,I'orange,le jaunecanari
ou le rose ryrien se marient, s'opposent,s'entrecroisentpour faire des rues
anciennesun vrai kaléïdoscope. Cependant,malgrécertainsexcès,l'ensemblene
manque pas d'audaceet rappelleles vernis éclatantsappliquéspar les anisans
locaux sur les poteriesfaçonnéesdepuis plusieurssièclesdans les atelierset les
arrière-coursdes maisonsde la ville. De fait, cette débauchede couleurs,qui a
cottré2 millions de pesosaux contribuables(environ 250 000 dollar$, est avanr
tout destinéeà mettreen valeur14 o couloirsartisanaux,oir lestouristesvenusde
Mexico peuventacheterles produits de la région, essentiellemenr desplats, des

Metepec. lo rue Cincode Moyo (clichéde l'outeur).

34

. ,:p;::*,s?-:=
.::,r.:,..:
Politiquede I'Etat et déueloppement
urblzinau Mexique

vaseser desbibelotsd'argilequi ont acquisuneréputationinternationale (Metepec
esrcéièbrepoui sessanionset poff sesarbres-de-vie). De la mêmemanière,la
mairiede SanIi,4areo Atencoé4 A*0 habitants),dont le patrimoinearchitectural
esttrèsiirnité,a choisideconsacrer lestroisquartsde sonbudget(presquei,5 mil-
lionsCepesos)pour refairelestrottoirsdu circuit BenitoJtârez,oii sont instaiiés
les masasinsde chaussures oui font la fortune de la commune.I-e samediet le
dimanihe,desrnilliersd'*.hËte,rru débarquentdu District Fédéralpour faireieurs
empietteset profiter de prix particulièrementattractifs- même si la qualité n est
pastcujours au rendez-vous.
Tei que le (trogramme desCent Villesa été conçu, les travauxréalisésdansles
centresancienssont donc ouvertementdesdnésà favoriserie développement
économiquedesmunicipes,€n partantdu principeque I'installationd'un égoutne
rendrapasplusrichela population,alorsqriune populationplusrichepourra,grâce
à sesimpôts, payer l'égout dont_elle a besoin.Ce calcul financier,opposéatx
traditionsinter-'entionnistes de I'Etat mexicain,n'estpasdu goût de tout le monde.
De I'avismêmedesagentsde SEDESOL, la populations'estsouventopposéeà des
projetsqui semblaientprivilégierle paraîtreet le superfu,au lieu de s'attaquerà des
problèmesde fond (l'approvisionnement en eaupotable,le ramæsage desordures
ménagères, I'améiiorationdes ransports publics, la lutte conue la peuvretéou
conue ia déiinquance).Les autorités iocalesont dû organiserde nombreuses
réunionsavecleshabitantspour justifierleur point de vue et imposerleursprojets
(c'estle volet u participation sociale, du Programmedts Cent Vilh). Une fois
i'ouvrageréalisé,lescritiquessefont plus rares.l,escitadinsapprécientde voir que
leur en.rironnement cuoddiena étdvaiorisé.mêmesi certainsémettentdesdoutes
sur la duréerie vie des travâuxde Cécoratione. En effet, les couchesde peinture
masquentbien deslézardes et les maisonsréhabilitées ont besoind'un entretien
périodiqueqr:e les propriétairesne sont pas toujours prêts à æsumer.5i la
rénoradcn ciesespaces pLrblicstransfbrmevéritablementles paysages urbains et
s'inscntd:u-rs le long terme (l'arnénagement Cela placeGonzalezArratia,à Toluca,
en esaûn exceiient exemple), ce n'estpas_le casdesconstructions individuellesqui
ont bénéficiéci'uneaideponctuelleCeI'Etat.On peut doncconsidérer que,d'une
manièregénéraie,lesacri'.nsmenéesdansle cadredu ProgrammedesCent Villes
n'ontqu'uneinfluencetrèslimitées*r lesprocessus d'urbanisation en coursdansla
vaiiéeile'ii:luç. Pourrani,eliespennetre,rr ei'eccompagner l'évolutionactuelledes
rapr,]ûl'fs
de i,:r.;ret cleCépenoance que i'airenétropolitainede Mexicoentretient
dep,,:islcngrenilsavecies<lifËrentes viliesinrermédiaires de la régioncenrraie.

Co:lclusion
de 1,8 0/o
Ûe 1àit.si i'+:r .^'entjent rir-rxtrndancesactuelles(tauxde croissance
par an), les çLlatregrandeszones métropaiitainesdLr lv{exiqueverront ieur

9. Fnquêtes persl-t:uelles,ncn ii-,ndéessur un échantillon représentltif de la population.

ar
.)-,)
territorialesdanslespaysdu Sud
Politiqueset dynamiques

populariondoubleren quaranteanspour atteindreles50 millionsd'habitantsen
2035.Mrir, d'unautrecôté,lescitésmembres
du Programme
desCentVilles
bénéficientd'un taux de croissance nettementsupérieur(2,5 o/, par an) et leur-
population doubleraen seulement20 ans. En 2015, près de 63 millions de
Mêxicainsvivront dcnc dansdesvillesconsidérées commesecondaires, Compte
tenu de la des
fuiblesse sommes engagées,
ce progrâmme peut appanître inadapté
aux besoinsréelsde la population,mais il présentel'originalitéde s'intéresser à
une catégoriede viliesen pieinecroissance qui va occuperune placeessentielle
dans Ia hiérarchieurbaine du troisièmemiilénaire.Certes,Mexico ne va pas
perdresonrang.Le District Fédéralne va passediluer dansl'immenseréseaudes
villes moyennes.Les peintresen bâtiment de Metepec,malgréleursvigoureux
coupsde pinceau,ne peuventpaseffacerla logiqued'une organisationterritoriale
fondéedepuisdessiècles sur la toute-puissancede la capitalenationale.Pourtant,
avecou sansI'appui d'un Etat de plus en plus prisonnierde sarhétoriquerévolu-
tionnaireet de sespratiquesnéolibérales, le systèmepolitique,économiqueet
culturel du Mexiqueest en train de changer.

Quelle que soit sa taille ou sa placedansla hiérarchieurbaine,la ville est au
cæur de cestransformations.Tel qu'il est conçu, le Programme desCent Villesne
peut pasaccélérerle mouvement- ce n'estsûrementpasson but ! -, maisil doit
permettrede fonctionnercommeune soupapede sécuritédestinéeà calmerles
attentesde la sociétémexicaine.En 1997, c'est l'un des chefs de file de
I'opposition,CuauhtémocCârdenæ,qui a été élu maire de Mexico.Ce séisme
politique n'a pasaffectéque la capitaledu pays: il a remisen câusetout le système
mis en placeà l'échellede la Nation par le Parti Révolutionnaire Institutionnel.
Or, le ProgrammeNational de Déueloppement Urbain lancé en 1995 par le
présidentErnestoZedillo doit se conclureen I'an 2000, annéeoù va sedérouler
une électionprésidentielledécisivepour l'avenir du pays.Pour la premièrefois
depuis la fin des annéesvingt, I'hypothèsed'une victoire de I'opposition n'est
exclue par personne,surtout si les populations urbaines,devenueslargement
majoritaires,suiventl'exempledonnépar leshabitantsdu District Fédéral.Si d'ici
là vent, la poussièreet la pluie n'ont pas effacéleur ouvrage,les peintresde
le
Metepecet de SanMateo Atenco auront peut-être,alors,leur mot à dire.

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