I§f|reg_que ¡¿'1rt du lutbier¡ estime que face au premier violon qui régne

en maitre absolu, le second uiolon est le plus sacrifié de la compagnie,
ajoutant plus loin : Il n'en est póts de méme pour l'alto, sa uoix quoíque
discréte a une couleur trés trancbée, elle se distingue toujours ; celui qui
le joue n'a qu'a bien se tenir, il est quelqu'un.
L'auteur évoque une période encore proche oü 1'on at riuait tant
bien que mal ci constituer un quatuor c) corctres ctuec trois uiolonistes dont
l'un jouctit de l'alto. ta ptupart tlu temps sur un t'tolon monte une quinle
plu-s_ bcts, et une basse. Je ne cacbe pas cependant la clfficulté qu'on
éprouuctit a se procurer le mctlheureux alÍc¡. C'était d qui ne uoulait pas
le jouer ; l'un prétendait clue Qa dérangeait la main, qu'il n'était pas
famíliarisé auec la clef ; un autre qtte le mancbe était trop gros.
Le groupe représente ainsi pour l'alto un terrain privilégié
d'évolution dans cette période qui connait un fort dévelq2ppement de
I'ac.tivité, qu'elle soit.ch4mbnstg oq orchestrale. Le nombre des altistes
connait un accroi§sement significatif á l'orchestre et la parité avec les
violoncelles est de plus en plus acquise. Les effectifs wagnériens, en 1876,
au Festspielbaus de Bayreuth sont de douze altos et.douze violoncelles
pour trente-deux violons. A Paris, dans les derniéres années du siécle, la
grande maiorité des formations :vmphoniqucs parisiennes lSot i('tc des
con-cert-sr qolcerts Colonne, concerts Lamoureux) posséde un pupitre qui
regroupe cle dix á douze altistes tandis qu'en 1900, 1'orchestre
philharmonique de Vienne compre onze altos et onze violoncelles pour
trente-trois violons.
Face aux grancles salles et á 1'ampleur des orchestres, on re,q-herche
un timbr-e d'alto différent de ce que proposent les insrruments de petires
tailles, encore nombreux ) 1'époque romanticlue. Ces grancls violons qui
dénaturaient le son du pupitre d'alto des orchestres, selon Berlioz, iie sont
plus au goüt des instrumentistes qui se tournent vers cles modéles plus
grands et plus sonores, d'une longueur de caisse, en général, éga1e ou
supér'ieure á -r0 t m. voire beaut oup plus grandc a\e( ce qu'experimcnic
1'Allemand Hermann Ritter. Certaines instiiútions montrent 1'exemple tel
l'Opérá de Paris oü, dans les années. 1890, les corrrrats imposent aux
nouveaux altistes de s'engager á jouer sur un instrument gfand.fórmctt.

EMANCIPATION DE
..!..1 - ,. ''

S'éloignant cle Ia taille du violon, l'alto semble enramer un
processus d'inclépendance et cle reconnaissance, ce que plusieurs
événements nous inclicluent : une spécialisatictn des instrumentistes qui se
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