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EXPOSE SOUS LE THEME

:

Les Sanctions Encourues Par Les
Dirigeants En Cas De Faute Personnel

Préparé par :

Mohamed BARROUG Abderrahim EL HAMI
Ayoub IDALI et Mohamed BELKAID
Yassine SAIDI Ahemd SERRAR

Encadré par :

Pr. Ahmed RESSA

ANNEE UNIVERSITAIRE : 2016-2017

1

SOMMAIRE

Introduction ............................................................................................................................... 3

Première partie – La notion du dirigeant et ses responsabilités ......................................... 4

Chapitre 1 : Notion de dirigeant de fait et de droit ...................................................................5

Chapitre 2 : La faute de gestion .................................................................................................11

Chapitre 3 : Les responsabilités civiles, pénales et administratives ..........................................15

Deuxième partie – Les sanctions encourues par les dirigeants en cas de faute personnelle .. 28

Chapitre 1 : Les sanctions patrimoniales encourues par les dirigeants .............................................29

Chapitre 2 : La déchéance commerciale. ......................................................................................36

Chapitre 3 : La banqueroute et autres infractions. .......................................................................39

Conclusion ............................................................................................................................... 49

Bibliographie ............................................................................................................................ 50

Webographie ............................................................................................................................ 52

2

Introduction

L’évolution bouleversante qu’a connue le droit des difficultés de l’entreprise,
consiste dans la dissociation du sort de l’entreprise de celui de ses responsables. En fait, l’idée
se ramène à traiter séparément l’entité économique, selon qu’elle est passible de
redressement, ou pratiquement condamnée à la liquidation de ses responsables, dont la
responsabilité civile ou pénale peut être engagées ou non, selon que l’échec de l’entreprise
leur est imputable ou non.

Cette responsabilité peut être engagée à tout moment de la vie de l’entreprise. Elle
varie en fonction de la gravité des faits commis. Ainsi, les dirigeants peuvent être déclarés
responsables soit sur le plan civil, pénal ou les deux à la fois.

Une telle étude va nous aider à répondre au problème que pose les sanctions
encourues par les dirigeants en cas de faute personnel qui s’attachent surtout à leur nature
juridique. En fait, cette question révèle une grande confusion aussi bien au niveau du texte
qu’au niveau son application. On est amené donc à poser la question de savoir quelles sont les
sanctions encourues les chefs des entreprises en cas de faute personnel ?

La réponse à cette question n’est pas aisée, elle nous conduit à analyser :

 La notion de dirigeant de fait et de droit et les responsabilités des
dirigeants (Partie I) ;
 Les sanctions encourues par les dirigeants en cas de faute personnel (Partie
II).

3

PREMIERE PARTIE
Notion de dirigeant et ses
responsabilités

4

Chapitre I : notion de dirigeant de fait et de
droit

Section 1 : notion de dirigeant de droit

I- Définition du dirigeant de droit

1. L’identification légale du dirigeant de droit

L’article 15 de la loi 44.06 relative au CDVM1 défini la notion de dirigeant comme
étant : «Toutes personnes qui, à un titre quelconque, participent à la direction ou à la gestion
de la société ou de ses filiales ». Il dresse en outre une liste limitative des dirigeants de droit,
«Il s’agit notamment du président directeur général, des directeurs généraux, des membres du
directoire, du secrétaire général, des directeurs, ainsi que, toute personne exerçant, à titre
permanent, des fonctions analogues à celles précitées. Sont assimilés aux dirigeants les
membres du conseil de surveillance ».

Il convient de signaler que la généralité des termes de cet article, laisse entendre
qu’il vise tant les dirigeants de droit que les dirigeants de fait, surtout qu’il a assimilé aux
dirigeants statutaires toute personne exerçant à titre permanent, des fonctions similaires à
celles exercées par ceux-ci.

La généralité de ces termes laisse la porte ouverte à la doctrine et à la jurisprudence
pour tenter de définir, chacune dans son champ d’intervention, la notion de « dirigeant de
droit ».

A côté de cette approche purement légale de la notion de dirigeant de droit, une
approche jurisprudentielle s’impose pour combler les insuffisances dont souffre la définition
légale.

1
DAHIR portant loi n° 1-93-212 du 4 rebii II 1414 (21 septembre 1993) relatif au conseil déontologique des valeurs
mobilières et aux informations exigées des personnes morales faisant appel public à l'épargne tel qu’il a été complété et
modifié par le Dahir n° 01-07-09 du 17 avril 2007 BO n° 5522.

5

Celui-ci se manifeste par le contrôle journalier de l’entreprise de la part du dirigeant. la responsabilité patrimoniale des dirigeants au cours de la procédure collective. inédit. en connaissance des activités et l’octroi des accords pour la conclusion des contrats et la signature des effets de commerce4. L’exemple qui illustre parfaitement cette situation est celui de la décision prise par le tribunal de commerce de Marrakech à l’occasion de l’ouverture de procédure de liquidation judiciaire de la société de menuiserie XXX. il est responsable de tout manquement ou négligence et il ne peut s’exonérer de sa responsabilité en évoquant l’existence d’un dirigeant de fait. II.  Le critère de contrôle : le juge Marocain a retenu un autre critère. com de Casablanca. L’appréciation jurisprudentielle de la notion du dirigeant de droit La jurisprudence Marocaine a essayé d’apporter quelques éclaircissements sur la notion de dirigeant de droit. inédit. 3 Trib. Ainsi. jugement n° 9/2006 du 08/02/2006 dossier n° 12/15/2002. 6 . en imbriquant les insuffisances dont souffrent les textes. dans laquelle le juge a étendu la procédure de liquidation au dirigeant de droit en dépit de l’existence d’un dirigeant de fait3.Les catégories du dirigeant de droit5 L’étude de la notion de dirigeant de droit nous mène à distinguer entre deux catégories de dirigeants : le dirigeant en fonction. il s’agit du critère de contrôle. la qualité de dirigeant de droit s’acquiert une fois que celui-ci est désigné par la loi ou par les statuts. On peut déduire que l’attitude du juge est animée par un esprit réaliste puisqu’il s’est référé à la réalité du déroulement de la direction. Voir dans le même sens les jugements émanant de Trib. le juge marocain. En conséquence. professeur chercheur à la fsjes cadi ayyad marrakech. après examen d’un ensemble de décisions de justice. le juge se base sur :  Le critère fonctionnel : pour identifier le dirigeant de droit. dans un jugement émanant du tribunal de commerce de Casablanca. et l’ancien dirigeant. En effet. Ainsi. 4 Trib. 2 Jugement 32/2009 du 16/02/2009 dossier n° 80/25/2008. inédit. 5 Idriss FAÏK. com de Marrakech. Cette qualité lui impose l’obligation d’exercer toutes les missions et les fonctions qui découlent de la gestion de l’entreprise2. 2. com de Casablanca. a retenu un certains nombres de critères pour mieux appréhender cette notion. jugement n° 107/2009 du 18/05/2009 dossier n° 203/25/2008.

si on constate une insuffisance d'actif pouvant leur être imputable. Or. celle de l’accomplissement des formalités de publicité. En principe. dont le mandat ou le contrat est en cours. la responsabilité de ces derniers pourra être engagée. le dirigeant de fait est désigné par l’article 374 de la loi 17-95 relative aux SA comme étant : « …toute personne qui. La question qui mérite d’être posée. 2. soit par un contrat de travail. Néanmoins une personne peut parfaitement gérer une entreprise sous le couvert et au lieu et place du dirigeant de droit appelée dirigeant de fait. les statuts et désignés par une décision sociale. Dès lors. Mais finalement la cour de cassation s’est arrêtée. Section 2 : notion de dirigeant de fait A l’inverse du dirigeant de droit. aux formalités publicitaires. La jurisprudence n’a pas toujours apporté. Le cas de l’ancien dirigeant Le dirigeant de droit peut voir sa responsabilité engagée. 1. il est mis à leur charge une obligation de moyen par laquelle ils doivent réaliser l'objet social en y apportant toute leur diligence. Le fondement de leur responsabilité découle de la nature même de leurs fonctions. après plusieurs décisions. L’objectif de cette mise en rétroactivité de la responsabilité du dirigeant est de ne pas prendre la révocation ou la démission comme prétexte pour le soustraire à la responsabilité de ses agissements fautifs. En effet. la même solution. directement ou par personne interposée 7 . même s’il a cessé ses fonctions soit par démission ou par révocation. la révocation ou l’expiration normale du mandat social. avant que la personne morale qu’il dirige soit déclarée en état de cessation de paiement. ce dernier peut conduire l’entreprise par une gestion désastreuse à sa défaillance. le dirigeant de fait est celui qui dirige une entreprise sans être nommé ni par la loi ni par les statuts. est celle de savoir s’il faut retenir comme date efficace. une entreprise doit être dirigée par les organes prévus par la loi. Le dirigeant de droit en fonction Les dirigeants en fonction sont ceux qui exercent leurs fonctions. la date de la démission. ou au contraire. soit par mandat social. Dès lors se pose la question de sa responsabilité et la preuve de cette situation de fait ? En droit marocain.

Ainsi. 7 RIVES-LANGE.Chron. Pour Mr M. la doctrine et la jurisprudence se sont efforcées à construire des critères de définition de dirigeant de fait. et qui vont servir comme base permettant d’assimiler le dirigeant de fait à celui de droit. On ne peut pas devenir dirigeant de fait en s’abstenant. Notion de dirigeant de fait au sens de l’article 99 de la loi du 13 juillet 1967 D. directement ou par personne interposée. seront applicables à toute personne qui. au moins en partie.Les critères de qualification du dirigeant de fait La notion de direction de fait a reçu une multitude de définitions doctrinales. La preuve de la direction de fait peut être établie par tout moyen. fait ressortir trois critères de distinction de dirigeant de fait : une activité positive de gestion ou de direction exercée en toute indépendance et souveraineté. n° 8/2005. la responsabilité des dirigeants de fait d’une entreprise en difficulté. in revue Marocaine de droit des affaires et des entreprises.  L’activité positive de direction et l’immixtion dans la gestion : La direction de fait suppose une activité positive. 8 . I. P 14. précise et concordante pour démontrer que la personne incriminée a la qualité de dirigeant de fait. en fait. Rives-Lange le dirigeant de fait est celui qui : «… en toute souveraineté et indépendance. cité par Mohamed Aissam CHAOUI.1975.aura. exerce une activité positive de gestion et de direction7». les critères de détermination de la direction de fait. c’est l’activité qui crée le dirigeant de fait. exercé 6 Pour les autres formes de sociétés voir l’art 100 de la loi 5-96. à condition qu’elle soit suffisamment pertinente. dispose que : «Les dispositions du présent titre visant les gérants de sociétés objet de la présente loi. l’article 100 de la loi 5-96 sur les sociétés autres que la SA. La lecture de la définition du professeur Rives-lange. exercé la direction. Au niveau de la responsabilité. l’administration ou la gestion de la société anonyme 6 … ». aura en fait. l’article 702 du Code de Commerce le rend responsable au même pied d’égalité que le dirigeant de droit. En présence d’une définition imprécise et incomplète de la notion de dirigeant de fait. ce qui a permis de constituer un référentiel pour déterminer.

et surtout s’il exerce un contrôle effectif et constant sur la société. Les applications jurisprudentielles de la théorie de direction de fait L’application de la notion de la direction de fait. pour diriger en fait. la personne morale. contrat de travail …) soit un lien indirect (fournisseur. La première catégorie concerne les associés majoritaires. ni l’initiative des grandes décisions. qui même investi d’une fonction de direction ou de responsabilité.la gestion de ces sociétés sous le couvert ou au lieu et place de leurs représentants légaux» et c’est la même formulation qui a été prévue par l’article 374 de la loi 17-95 relative au SA. et les activités effectuées doivent émaner de l’administration et de la direction générale de la société. la qualification de dirigeant de fait est retenue en cas d’absence de toute relation de subordination. puisque le dirigeant est celui qui conduit l’affaire comme un maître. ni la liberté de faire ou de ne pas faire. la personne outrepasse les fonctions et les attributions qui lui sont assignées. puisqu’elle s’attache à rechercher si l’intéressé exerce des fonctions similaires à celle d’un dirigeant de droit.  Indépendance et souveraineté dans la gestion : Le critère d’indépendance et de liberté est un caractère décisif. Elle signifie qu’une personne qui se trouve dans un état de dépendance et de subordination au sein d’une personne morale. Dans tous les cas de figure. est très compliquée parce que la tranche des personnes qui peuvent avoir cette qualité est très vaste. En droit social. Les actes accomplis doivent révéler que leurs auteurs sont en mesure de décider du sort de l’entreprise. dans la pratique. client …). la cour de cassation a retenue la direction de fait lorsque l’associé participe activement à la gestion de la société. La jurisprudence en matière fiscale est beaucoup plus restreinte. Il s’agit d’un salarié. soit un lien direct (associé. dont la qualification varie en fonction de la branche de droit. ne demeure qu’un agent d’exécution soumis à la volonté d’une autorité supérieure qui exerce véritablement le pouvoir. 9 . II. Le salarié n’a ni l’indépendance. ne peut être dirigeant de fait. En droit des sociétés.  L’activité de direction ou de gestion : L’exercice des activités de direction et de gestion est un critère de qualification déterminant. Elle peut englober toute personne qui a un lien avec la société.

Il convient donc d’examiner leur domaine d’intervention et leur finalité. en l’espèce le tribunal de commerce de Marrakech a reconnu la qualité de dirigeant de fait au conjoint d’un dirigeant décédé. En outre. 8 Jugement n° 09/2006 du 08/02/2006 dossier n° 12/05/2002. Ces actes peuvent intervenir dans la gestion interne de la société : organiser le déroulement de l’activité sociale. Les actes de gestion de fait sont aussi ceux par lesquels une personne exerce indûment la gestion externe de la société : la signature de contrats au nom et pour le compte de la société. III. 10 . la représentation de la société auprès des tiers. peut avoir la qualité de dirigeant de fait s’il s’immisce dans la gestion de l’entreprise. dont le but est d’assurer la protection de la société contre les détournements de ce pouvoir à des fins personnelles au dirigeant. technique. Ces actes sont appelés actes de gestion de fait. et perçoit une rémunération supérieure à celle de dirigeant de droit. etc. l’établissement des déclarations fiscales de la société. Dans le même ordre d’idée le conjoint d’un dirigeant décédé. commerciale ou financière. afin d’établir l’existence d’un lien entre leur accomplissement indu et la qualité de dirigeant de fait. le salarié n’est pas à l’abri de cette qualification. puisqu’elle (sa femme) a pris le relais de la direction de l’entreprise sans être légalement désignée8. La limitation du pouvoir de dirigeant de fait par l’intérêt social La direction est un pouvoir décisionnel ayant pour finalité la satisfaction des objectifs sociaux. s’il exerce une fonction de direction. voire nuisibles à la société.L’interaction entre l’intérêt social et la direction de fait 1. 2. etc. le législateur sanctionne l’exercice du pouvoir de gestion qui outrepasse l’intérêt social. La détermination des actes de gestion de fait Le dirigeant de fait accomplit des actes qui présentent un lien avec la finalité du pouvoir de gestion. inédit. définit le rôle des différents employés. de droit ou de fait. Il en résulte une limitation du pouvoir du dirigeant. Dans les sociétés par actions et les sociétés à responsabilité limitée.

Elle est appréciée par les tribunaux au cas par cas. soit à omettre ce qu'on e tait tenu de faire. soit à faire ce dont on e tait tenu de s'abstenir. non seulement par son fait. de manière prudente. mais par sa faute. car non séparable des fonctions de dirigeant. une règle de droit. Il est donc essentiel de distinguer les pouvoirs des dirigeants dans leurs rapports internes (avec les associés) de leurs pouvoirs dans leurs rapports externes (avec les tiers). la responsabilité du dirigeant ne peut être recherchée. la faute consiste. lorsqu'il est e tabli que cette faute en est la cause directe.Chapitre II : la faute de gestion La faute de gestion ne fait l’objet d’aucune définition précise par la loi. aux devoirs qui découlent d'un En droit français contrat ou d'une activité réglementée. 9 Dahir formant code des Obligations et des Contrats dans son chapitre III « Des obligations qui résultent des de lits et quasi-de lits » . soit à faire ce dont on était tenu de s'abstenir. La faute de gestion peut résulter. mais aussi du simple défaut de respect des dispositions légales et des statuts…comme la continuation abusive d’une exploitation déficitaire.La caractérisation de la faute de gestion Le plus souvent. non seulement d’une erreur dans la gestion ou d’une négligence. que les dirigeants se comportent. hypothèse plutôt rare. En Droit marocain. que si sa faute a causé un préjudice personnel. soit à omettre ce qu'on était tenu de faire. La faute consiste. sans intention de causer un dommage. La jurisprudence exige. s'agissant d'un préjudice résultant d'une faute de gestion. 11 . Toute stipulation contraire est sans effet. dans la gestion des affaires sociales. A l’égard des associés. d’un point de vue civile. la faute du dirigeant est considérée comme celle de la personne morale. distinct du préjudice subi par la société. sans intention de causer un dommage9. Une faute est un manquement à une loi. Article 78 : Chacun est responsable du dommage moral ou mate riel qu'il a cause. I. diligente et active. si bien que la jurisprudence considère que la responsabilité personnelle à l’égard des tiers n’est pas engagée. Tout acte ou omission d’un dirigeant qui serait contraire à l’intérêt social pourrait constituer une faute de gestion. en effet.

2. telles que les irrégularités graves et répétées dans la tenue de la comptabilité. La faute de gestion constitue donc une violation caractérisée des règles relatives à la gestion des sociétés. les retards dans la présentation des comptes annuels. 1. Par exemple. L’appréciation jurisprudentielle de la faute de gestion La faute de gestion peut être appréciée d’une manière jurisprudentielle sous deux angles. elle se fonde sur des critères juridiques lorsque le dirigeant ne gère pas la société dans l’intérêt social. Appréciation de la faute de gestion dans le temps La faute de gestion va être fondée sur des critères économiques. celle d’un « père de famille » en apportant toute la vigilance nécessaire dans l’exercice de ses fonctions. Il en est ainsi des enfreintes aux règles comptables dans tous ses cas de figure. une appréciation selon la compétence du dirigeant. par exemple le défaut de désignation d’un commissaire aux comptes pour les sociétés dont la désignation est obligatoire. Faute de gestion et incompétence du dirigeant La qualification de faute de gestion peut avoir des formes variées. et le licenciement d’un commercial entraînant une baisse du chiffre d’affaires. la négligence dans la supervision du recouvrement d’une créance. l’usage excessif des crédits et l’ignorance des conseils du commissaire aux comptes. La faute de gestion peut être caractérisée à toutes les phases de la vie de l’entreprise. le désintérêt d’un dirigeant social pour son entreprise traduit par sa présence intermittente est une faute de gestion. II. les informations trompeuses lors d’une transaction. 12 . ainsi que sur des critères juridiques. le dirigeant est tenu de montrer une attention particulière. Cette faute peut trouver sa source durant la gestion commerciale et financière de l’entreprise. En droit Marocain. d’une part une appréciation dans le temps. mais dans son intérêt personnel. et d’autre part.

com Casablanca.  Avoir fait des biens ou du crédit de la personne morale un usage contraire à l’intérêt de celle-ci à des fins personnelles ou pour favoriser une autre personne morale ou entreprise dans laquelle il était intéressé directement ou indirectement12 Ce cas est tout à fait similaire aux cas visés par les articles 107 al. qu’on peut ramener à deux grandes catégories. 1. 3 de la loi 5-96 sur les sociétés autres que la SA et 384 de la loi 17-95 relative aux sociétés anonymes. cité par A. Les faits portant atteintes aux biens de l’entreprise et à l’épargne  Avoir disposé des biens de la personne morale comme des siens propres10 . et le manquement aux obligations comptables prévues par les dispositions de la loi 15-96 code de 10 Ce cas est illustré bien par le cas de dirigeant ayant pris en possession le siège social en l’utilisant aux fins d’habitat. traduit l’intention du dirigeant de donner une image fausse de la société. EL HAMMOUMI. avoir fait des actes de commerce dans un intérêt personnel11 . nuisant par conséquent à leurs droits. à savoir : les faits relatifs à l’atteinte aux biens de l’entreprise et de l’épargne et à l’inobservation des règles comptables. ce qui crée chez les tiers et chez les associés une image fictive.cité. Les faits constituant une faute de gestion grave ou lourde sont bien déterminés par l’article 706 du Code de Commerce. du 11/11/2002. op. 12 Article 706/n°5 de la loi 17-95 relative aux sociétés anonymes. p 177 11 Article 706/n°5 de la loi 17-95 relative aux sociétés anonymes. grossière. Autrement dit. 13 . signe de l’extrême défectuosité d’un comportement. n° 442/02 n° dossier 371/10/2002. La comptabilité permet de donner une idée sur la réalité du patrimoine social. jugement de Trib.Faute de gestion grave ou lourde La faute lourde serait considérée comme une faute énorme. 2. Manquement aux règles comptables Le manquement aux règles comptables.  Sous le couvert de la personne morale masquant ses agissements. la faute lourde sanctionnerait le comportement des dirigeants ayant agi avec une intention égoïste. Ainsi les faits justifiants la soumission du dirigeants au redressement et liquidation judiciaire sont au nombre de sept. III.

cité par Abdeljalil EL HAMMOUMI. p180.  Avoir tenu une comptabilité manifestement incomplète ou irrégulière au regard des dispositions légales14. cité par Abdeljalil EL HAMMOUMI. op. p180.  Avoir détourné ou dissimulé tout ou partie de l’actif ou frauduleusement augmenté le passif de la personne morale. op.commerce et de la loi 9-88 relative aux règles comptables. fait présumer que les biens sociaux sont appréhendés par les dirigeants13. 14 Tribunal de commerce de Casablanca.cité.cité. jugement n° 101/02 du 18/03/2002. Sont donc sanctionnés ceux qui :  Avoir tenu une comptabilité fictive ou fait disparaître des documents comptables de la personne morale ou s’être abstenu de tenir toute comptabilité conforme aux règles légales. 13 Tribunal de commerce de Casablanca. 14 . jugement n° 101/02 du 18/03/2002.

Pour prétendre à une réparation. oblige son auteur à réparer ledit dommage.O. la victime doit apporter la preuve d'une faute. d'un dommage (ou préjudice) et d'un lien de causalité entre les deux précédentes conditions.Un fait générateur imputable au fautif.Chapitre III : les responsabilites civiles. Une personne peut toutefois s'exonérer de sa responsabilité en démontrant que le dommage provient d'un cas de force majeure ou du fait même de la victime ou d'un tiers. être intégrale. .Un dommage subi par la victime. penales et administratives Section 1 : les responsabilités civiles La responsabilité civile est l'obligation de réparer le dommage (ou préjudice) que l'on a causé à autrui. 15 Dahir (9 ramadan 1331) formant Code des obligations et des contrats (B.Selon l’article 7715 du DOC « Tout fait quelconque de l'homme qui. L'action en responsabilité civile appartient à la victime du dommage. La réparation doit. de diffamation par voie de presse. lorsqu'il est établi que ce fait en est la cause directe » Toute stipulation contraire est sans effet. le magistrat peut ordonner la publication de sa décision dans les journaux). cause sciemment et volontairement à autrui un dommage matériel ou moral. 12 septembre 1913) (1) 15 . Le dommage peut être réparé par équivalent (dommages- intérêts) ou en nature (en cas. Celui qui demande réparation doit toujours apporter la preuve de chaque une de ses trois conditions. sans l'autorité de la loi. lorsqu'elle n'est régie par aucun contrat. en principe. Elle est contractuelle lorsque le dommage résulte de l'inexécution totale ou partielle d'un contrat. Il faut satisfaire à 3 conditions : . . délictuelle (ou extracontractuelle). Les tribunaux compétents sont en principe les tribunaux civils.Un lien de causalité entre le fait générateur et le dommage. par exemple. .

la douleur physique ou psychique ou les sentiments d’affection. tels que l’honneur. incapacités…) 2. la réputation. » I.  Le dommage moral : est un dommage subjectif qui ne porte pas atteinte au patrimoine.  Le dommage matériel : s’entend d’un dommage objectif portant atteinte au patrimoine et qui est directement évaluable en argent. blessures. et d’une véritable perte (appauvrissement de la victime) ou d’un manque à gagner (victime privée d’un enrichissement sur lequel elle pouvait légitimement compter). l’image. soit à omettre ce qu'on était tenu de faire.  Le dommage corporel : il s'agit des dommages aux personnes. Il s’agit plus d’une indemnisation qu’une réparation proprement dite : on ne remet pas la victime dans l’état dans lequel elle se trouvait avant mais on compense ce dommage par une réparation. Le dommage doit être direct. moraux et corporels. mais par sa faute. soit à faire ce dont on était tenu de s'abstenir. Le dommage réparable Tous les dommages donnent lieu à réparation intégrale à condition qu’ils présentent certains caractères. d’un dommage purement matériel ou pécuniaire. sans intention de causer un dommage. 16 Dahir (9 ramadan 1331) formant Code des obligations et des contrats (B. 12 septembre 1913) (1) 16 . Il peut s’agir d’une atteinte aux biens ou d’une atteinte à la personne physique. actuel et il doit constituer une atteinte à un intérêt légitime. Il s'agit d'une atteinte à l’intégrité physique d’une personne (préjudice esthétique. non seulement par son fait. lorsqu'il est établi que cette faute en est la cause directe. Les types de dommage On distingue les dommages matériels.O. Toutes les conséquences d’une faute ne sont pas nécessairement constitutives d’un dommage réparable. Toute stipulation contraire est sans effet La faute consiste. . Le dommage 1. mais à des formes de sentiments humains.Ainsi que l’article 78 du DOC16 « Chacun est responsable du dommage moral ou matériel qu'il a causé. certain.

 Dommage certain : un préjudice éventuel. Le préjudice futur est réparable s’il est certain. telle qu’elle est organisée par le droit des sociétés. Il appartient donc aux juges du fond de constater que le préjudice allégué par la société ou les associés a bien sa source dans un acte. Il en est d’ailleurs ainsi en ce qui concerne leur responsabilité à l’égard des tiers. est pratiquement subordonnée aux conditions exigées par le droit commun en matière de responsabilité civile. 17 . Cette exigence ne pose pas de problème pour le dommage actuel.  Dommage direct : il ne s’agit que du rappel de l’exigence de lien de causalité entre le fait générateur et le dommage. en particulier celui des prédispositions de la victime. Au total. Il est évident que l’établissement de ce lien de causalité est difficile car il est rare que la faute du dirigeant poursuivi soit la cause unique ou principale du dommage. cette exigence n’exclut pas la réparation des dommages subis par les victimes par ricochet. En tout cas. les juges du fond apprécient souverainement les preuves produites par le demandeur pour décider si le dommage est ou non la conséquence du manquement reproché au dirigeant.  Dommage actuel : cette exigence implique uniquement que le dommage soit appréciable au jour où le juge statue. mais a soulevé des difficultés en cas de préjudice futur. Il n’est cependant pas évident d’établir cette certitude. En revanche. c’est-à-dire dont la réalisation est trop hypothétique n’ouvre pas droit à l’action en réparation. On a généralement recours à la démonstration d’une probabilité suffisante. Mais elle ne signifie pas que les dommages futurs soient exclus de la réparation. la responsabilité des dirigeants à l’égard de la société ou des associés. Le lien de causalité entre le dommage et la faute de gestion La responsabilité du dirigeant est enfin subordonnée à la preuve par le demandeur de l’existence d’un rapport de causalité entre le dommage subi par la société ou l’associé et la faute reprochée au dirigeant. Les victimes par ricochet sont celles subissant un dommage parce qu’il en a d’abord causé a une autre personne (la victime immédiate) avec laquelle elles ont des liens particuliers. un fait ou une abstention du dirigeant poursuivi. II. mais cette exigence soulève un certain nombre de difficultés.

I. En ce sens. ne se justifiant pas par l'accomplissement d'un devoir ou l'exercice d'un droit et qui est frappé d'une peine prévue par la loi Étymologiquement. socialement imputable. crime). 18 . tout délit ou toute contravention. etc. soit perpétré(e) concrètement. mesure de publication de la décision du juge.  Des crimes ou délits dont elle se rend complice. résultant d'un acte externe de l'homme. Cette dernière doit être clairement distinguée de la réparation obtenue par les victimes des dommages (dommages-intérêts. soit envisagé(e) abstraitement par le législateur. de heurter ou d’abattre un obstacle. délit. Les principes stricts du droit pénal s'appliquent et peuvent aboutir à la condamnation de l'auteur de l'infraction à une peine (amende. Il n'est dérogé à ce principe que lorsque la loi en dispose autrement ». Dans un sens étroit.Section 2 : la responsabilité pénale La responsabilité pénale renvoie à la punition ou à l'amendement de l'individu qui commet une infraction (contravention.  Des tentatives de crimes. représentant les intérêts de la société. le terme d'infraction vient du latin “infractio “qui désigne le fait de briser. Seuls les tribunaux pénaux sont compétents et l'action appartient au Ministère public. etc.  Des tentatives de certains délits qu'elle réalise dans les conditions prévues par la loi. l’infraction relève des techniques judiciaires (qualification pénale) et non des techniques législatives d'incrimination. Dans un sens large.). le mot infraction vise tout crime.L’infraction L'infraction est une violation d'une loi de l'État. positif ou négatif.). le terme infraction désigne précisément le fait pour une personne de transgresser une règle de droit pour laquelle il existe une sanction pénale. Selon l’article 132 du Code Pénal « Toute personne saine d'esprit et capable de discernement est personnellement responsable :  Des infractions qu'elle commet. emprisonnement.

1. 19 . Article 4 du code pénal : « Nul ne peut être condamné pour un fait qui. il faut qu’elle soit prévue et réprimée par un texte de loi. ne constituait pas une infraction »19 17 http://www. les 3 éléments doivent être réunis pour qu'un acte soit qualifié infractionnel. l'élément moral et l'élément légal. Les infractions sont classées en trois groupes en fonction de la gravité du comportement qu’elles révèlent. Elles sont punies de peines d’amende. etc. qui manifestent une violation extrême des interdits fondamentaux de notre société. en général. A côté des éléments spécifiques de chaque infraction. qui révèlent moins une atteinte aux normes fondamentales de l’ordre social qu’une indiscipline à l’égard des règles de la vie en commun. L’élément légal Pour qu’une action ou une abstention soit punissable. Ces éléments sont : l'élément matériel. 5 juin 1963). 19 Dahir n° 1-59-413 (28 joumada Il 1382) portant approbation du texte du Code pénal (B.vie-publique. ni puni de peines que la loi n'a pas édictées »18.O. 5 juin 1963).html 18 Dahir n° 1-59-413 (28 joumada Il 1382) portant approbation du texte du Code pénal (B. les violences aggravées. On distingue les contraventions.  Les délits Désignent les infractions caractérisant une volonté de transgresser une norme sociale importante. selon la loi en vigueur au temps où il a été commis.O. le port d’arme. mais encore le viol ou l’émission de fausse monnaie sont des crimes. Les articles 3 et 4 du code pénal évoquent : Article 3 du code pénal : « Nul ne peut être condamné pour un fait qui n'est pas expressément prévu comme infraction par la loi. l’agression sexuelle. les délits et les crimes. On compte parmi les délits les infractions les plus courantes : le vol. L’homicide.  Les crimes Constituent la catégorie formée par les infractions les plus graves.fr/decouverte-institutions/justice/fonctionnement/justice-penale/quels-sont- differents-types-infractions-penales.  Les contraventions17 Désignent les infractions les moins graves.

l'intention « criminelle » est obligatoire pour caractériser l'infraction  La faute intentionnelle : La faute intentionnelle. qu'il s'agisse d'une faute intentionnelle ou non-intentionnelle. par contre le résultat dommageable du comportement est différent lorsqu’il s’agit de l’infraction tentée. Il faut faire la différence entre la volonté et le mobile. d'y apporter une raison..  un lien de causalité entre cette action et ce dommage. un motif. il faut que l'acte provienne de la volonté de l'auteur. Exemples : meurtre. (Exemple : omission de porter secours. : privation de soins et d'aliments sur un mineur de 15 ans). 2.  Infraction de commission20 : Cette infraction suppose trois choses:  une action physique de la part de l'auteur.) Commission par omission : L'individu omet un acte prescrit par la loi. dégradation.  un résultat qui constitue le dommage.  Infraction d'omission21 : on distingue entre : Omission simple : L'individu omet un acte prescrit par la loi. C’est le comportement pénal déterminant un résultat dommageable qui constitue l’élément matériel de l’infraction consommée. La volonté détermine l'infraction alors que le mobile tente d'en justifier la commission. L’élément matériel En principe le droit pénal ne réprime pas les infractions pour le simple fait qu’il y a eu une intention criminelle. vol. c’est-à-dire par un comportement pénal qui révèle la faute pénale ou l’intention criminelle... L’élément moral Pour qu’une action ou une abstention constitue une infraction punissable il faut que l’agent ait commis une faute et que cette faute lui soit imputable. mais il cherche à 20 Droit pénal des affaires 21 Droit pénal des affaires 20 . qui est une faute au niveau de laquelle le délinquant est non seulement conscient de l’illégalité de son acte. De cette omission. L'infraction sera réprimée indépendamment de tout dommage.. 3. il résulte un dommage (ex. non témoignage en faveur d'un innocent. Pour qu'une infraction soit constituée. qui veut dire que l’agent auquel l’acte est matériellement imputable ne sera coupable que s’il a commis une faute. Elles ne pourront être réprimées que lorsque leur commission aboutit à un résultat « pas d’infraction sans activité matériel ». En matière criminelle.

selon l’article 114 du Code Pénal « Toute tentative de crime qui a été manifestée par un commencement d'exécution ou par des actes non équivoques tendant directement à le commettre.  Le dirigeant qui commet une escroquerie à la TVA peut également voir sa responsabilité pénale engagée. vu qu’elle englobe quelque chose non voulue vraiment et parfois elle suffit à déclencher la responsabilité pénale. Donc cette faute n'est réprimée que si elle est à l'origine directe d'un dommage. Alors on distingue entre Deux cas : la faute d'imprudence et l'imprudence volontaire. si elle n'a été suspendue ou si elle n'a manqué son effet que par des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur.  Le dirigeant qui présente des comptes annuels fallacieux en ayant réalisé des abus de biens sociaux engage aussi sa responsabilité pénale  La faute non intentionnelle : Il y’a également la faute non intentionnelle. Exemple :  Le dirigeant qui ne respecte pas la réglementation sur l’emploi de la main-d’œuvre étrangère commet les infractions de travail dissimulé et d’emploi d’étrangers non munis d’autorisation de travail.  L'imprudence volontaire : est une violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité. est assimilée au crime consommé et réprimée comme tel ». et c’est ce qu’on appelle dol général qui se traduit par la conscience et la volonté de commettre une infraction. Exemple : le dirigeant d’une entreprise de transport peut être condamné pour mise en danger délibéré de la personne d’autrui pour n’avoir pas fait respecter à ses chauffeurs la réglementation sur la circulation des poids lourds.  La faute d'imprudence : ne comporte pas de désir de résultat .Il peut s'agir d'une imprudence.atteindre un but précis. Mais il peut s'agir également d'une faute caractérisée qui a exposé autrui à un risque grave. Cette faute intentionnelle peut se présenter soit sous forme d’une volonté criminelle générale. Au niveau de cette faute il peut s’agir soit d’une faute d’imprudence et de négligence sans volonté criminelle on les appelle aussi des infractions quasi-délictuelles. au niveau de laquelle la faute trouve sa véritable place. 21 . d'une négligence ou d'un manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou un règlement.

. Ceux qui l'ont aidé. dans la mesure où il devient difficile d’imputer la faute à l’agent. négligence ou inobservation des règlements. 433. 135. Selon l’article 432 du Code pénal « Quiconque. au moment où il a commis l'infraction. inattention. vu qu’il existe quelques cas où ce dernier n’a pas toutes ses facultés mentales au moment de la commission de l’infraction. Et l’article 138 du Code Pénal « Le mineur de moins de douze ans est considéré comme irresponsable pénalement par défaut de discernement ».22 II. commet involontairement un homicide ou en est involontairement la cause est puni de l'emprisonnement de trois mois à cinq ans et d'une amende de 250 à 1. imprudence. Ainsi que l’article 135 du Code Pénal « Est partiellement irresponsable celui qui. se trouvait par suite de troubles de ses facultés mentales dans l'impossibilité de comprendre ou de vouloir ». négligence ou inobservation des règlements. coups ou maladies entraînant une incapacité de travail personnel de plus de six jours est puni de l'emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement » En principe pour que toute infraction soit punissable. cause involontairement des blessures. inattention. chose qui peut entraîner soit son exonération totale ou partielle. 134. se trouvait atteint d'un affaiblissement de ses facultés mentales de nature à réduire sa compréhension ou sa volonté et entraînant une diminution partielle de sa responsabilité ». il faut que la faute soit mise au compte de celui qui l’a commise. Et selon l’article 433 du Code Pénal « Quiconque.La complicité Celui qui commet l'infraction n'est pas le seul à risquer la condamnation. imprudence. ou provoqué son comportement sont en effet sanctionnés par le droit pénal à travers la notion de complicité La complicité n’est pas une infraction. par maladresse. mais parfois cette condition ne peut pas exister. mais une modalité de la commission de l’infraction : le complice est celui qui participe à l’infraction à côté de l’auteur (celui qui 22 Article 432. 138 du code pénal 22 .000 dirhams ». au moment des faits qui lui sont imputés. Selon l’article 134 du Code Pénal édicte que « N'est pas responsable et doit être absous celui qui. par maladresse.

L’instigation par provocation à l’infraction : La provocation doit résider dans un don. 1. alinéa 2 du Code pénal). En effet le complice se définit par rapport à l’auteur de l’infraction. l’auteur. Il n’y a de complicité que s’il ya ce que l’on appelle un fait principal punissable. Pour retenir ou non la complicité par provocation. a. La complicité requiert pour être retenue que des conditions précises soient réunies. L’auteur de l’infraction est celui qui commet matériellement l’acte infractionnel. Il peut avoir été aidé ou provoqué par un tiers : le complice.  La complicité par instigation C’est le cas où le complice a commandité l’infraction. dans le cadre de laquelle plusieurs participants commettent les mêmes actes infractionnels en même temps (ex : 2 agresseurs qui agressent ensemble et portent tous les 2 des coups). Il existe 2 types de complicité par instigation : la complicité par provocation ou la complicité par fourniture d’instructions. Dans la complicité le complice participe à l’infraction commise par l’auteur. mais seulement l’un d’eux. une intention. Il faut en effet bien distinguer la complicité de la coaction. Les différents cas de complicité La complicité. on regarde souvent le lien qui existe entre l’auteur et le potentiel complice : s’il existe entre eux un lien hiérarchique ou que 23 . une menace. un ordre ou un abus d’autorité ou de pouvoir (article 121- 7.commet lui-même l’infraction). sans exécuter les mêmes actes que celui-ci (ex : 2 agresseurs. dans la coaction le coauteur commet l’infraction avec l’auteur. c’est à dire une infraction commise. et d’un élément dit moral. un acte. comme tout acte infractionnel. porte les coups et l’autre fait le guet. le complice). se compose d’un élément dit matériel. L’élément matériel de la complicité Ce qui constitue l’acte matériel de complicité varie selon les différents cas de complicité. une promesse. c’est à dire qu’il l’a en quelque sorte organisée et en est à l’origine sans pour autant la commettre lui-même.

alors la complicité par provocation sera plus facilement envisageable. prévue à l’article 434-1 du Code pénal.l’on peut retenir un ascendant psychologique du second sur le premier. Il a été consacré dans le Code pénal à l’article 222-33-3 par la loi du 5 mars 2007.  Le happy slapping Le happy slapping. Pour être établie. cela constitue un comportement répréhensible lorsque cela concerne un crime (ex : un meurtre ou un viol). Pour que la complicité soit retenue dans ce cas. concomitant à l’infraction. il faut être actif et accomplir des actes positifs. non banal. ne peut être passive : pour être complice. et qu’elle présente un caractère unique. la complicité par aide et assistance requiert 2 conditions. L’instigation par fourniture d’instructions : L’instigation peut également consister pour le complice à donner à l’auteur de l’infraction les informations nécessaires à la commission de celle-ci. comme convenu avant le braquage. Toutefois.  La complicité par aide et assistance C’est le cas où le complice commet un ou plusieurs actes dans le but de faciliter l’infraction. Un acte positif : un recours actif : La complicité. distincte du crime en question : la non dénonciation de crime. au sens pénale. ou vidéolynchage est un autre récent cas de complicité. un acte antérieur ou concomitant à l’infraction principale : Le complice par aide ou assistance aide à la commission de l’infraction : l’acte de complicité est par définition antérieur. Ne pas dénoncer une infraction dont on a connaissance. les actes postérieurs à la commission de l’infraction sur lesquels complice et auteur se sont mis d’accord avant sont bien des actes de complicité par aide et assistance (ex : le conducteur du véhicule qui attend les braqueurs à la sortie. C’est une infraction à part entière. ou tout au plus. est bien complice du braquage). il faut que l’information soit suffisamment précise. c’est à dire exploitable. Toutefois. ce n’est pas en devenir complice au regard du droit pénal. 24 .

Attention donc. Mais attention. en tant qu’acte de complicité ! b. Celui qui prête l’arme ne sera pas toujours considéré comme complice du meurtre par le juge: cela dépendra des circonstances et de s’il y a suffisamment de cohérence entre l’infraction prévue et l’infraction commise. Le risque pénal encouru par le complice Pour ce qui est des poursuites pénales. mais aussi par la Justice. le complice encourt les mêmes que l’auteur. il sera complice de viol. de la personnalité des auteur/complice. Par exemple. 25 . 2. Le happy slapping concerne le plus souvent des infractions de violences pouvant aller jusqu’aux agressions sexuelles et aux viols. filmer une infraction n’est pas uniquement réprimé par la morale et le sens commun. ou du moins la conscience. quelqu’un prête une arme pour qu’un autre intimide la victime mais ce dernier la tue. etc. de s’associer à un acte infractionnel. Alors que le statut de celui qui filme était avant la loi du 5 mars 2007 indéterminé. le cameraman sera complice de violences. En effet. il est désormais considéré comme complice de l’infraction filmée. Tout dépend donc de ce qui est filmé : si ce sont des violences. Le happy slapping consiste en le fait de filmer une infraction aux personnes en train de se commettre. L’élément moral de la complicité L’élément moral est le même pour tous les cas de complicité : c’est l’intention. le critère est celui de la cohérence entre l’infraction projetée et l’infraction commise. L’acte matériel de complicité est ici l’acte de filmer l’infraction. Il peut arriver que seul l’un des 2 soit poursuivi ou condamné. de leur situation. si c’est un viol. de leur âge. dire que auteur et complice encourent le même risque pénal ne signifie pas pour autant que les 2 seront effectivement poursuivis ou condamnés de la même manière : cela dépendra des circonstances dans lesquelles l’infraction a été commise. Le problème qui peut parfois se poser est celui du cas où l’infraction envisagée par le complice est différente de celle qui sera en fait commise par l’auteur.

La faute de service La faute de service résulte d'une défaillance dans l'organisation ou le fonctionnement normal du service public. La responsabilité de l'administration résulte à l'origine de la distinction faite entre faute de service engageant la responsabilité de l'administration. qui relève des juridictions judiciaires. Du fait de la mission de service public qui est confiée à l'administration. » II. ses imprudences ».La faute personnelle La faute par un agent en dehors de l’exercice de ses fonctions doit naturellement être considérée comme une faute relevant de la seule responsabilité de l’agent. La faute personnelle est donc celle qui laisse transparaître l’homme pris individuellement et non l’agent public. A son tour. ses passions. tardivement ou pas fonctionné. L'administration a l'obligation de réparer les préjudices qui ont été causés par son activité ou celle de ses agents. Les contentieux liés à cette activité sont confiés aux tribunaux administratifs. qui relève des juridictions administratives. Elle peut constituer en un acte matériel ou en un acte juridique. Selon Édouard Laferrière. Article 79 du Dahir des Obligations et Contrats énonce que : « L'Etat et les municipalités sont responsables des dommages causés directement par le fonctionnement de leurs administrations et par les fautes de service de leurs agents. Le problème devient plus complexe lorsque la faute commise par l’agent est commise dans l’exercice de ses fonctions. l’Article 80 du Dahir des Obligations et Contrats évoque que : « Les agents de l'Etat et des municipalités sont personnellement responsables des dommages causés par leur dol ou par des fautes lourdes dans l'exercice de leurs fonctions.Section 3 : la responsabilité administrative L'expression "responsabilité administrative" désigne la responsabilité de l'administration qui peut être engagée lors de l'exercice de ses activités. 26 . sa responsabilité n'est pas régie par le Code Civil. la faute personnelle est celle qui « révèle l’homme avec ses faiblesses. Il s'agit d'un service public qui a mal. I. et la faute personnelle engageant la responsabilité de l'agent fondée sur le droit commun.

est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. quel que soit son rang dans la hiérarchie. qu’il est d’usage d’appeler des « sanctions administratives ». 27 . on rattache une sanction : Sanctions Civiles. civile et administrative. l’Article 17 du dahir n° 1-58-008 du 24 février 1958 portant statut général de la fonction publique évoque : « Tout fonctionnaire. de réparer un préjudice. civil et des fois même administratif. En devenant chef d'entreprise. L'Etat et les municipalités ne peuvent être poursuivis à raison de ces dommages qu'en cas d'insolvabilité des fonctionnaires responsables. à son tour sert à limiter les pouvoirs. elle. le créateur va engager sa responsabilité sur plusieurs terrains : pénal. La responsabilité propre de ses subordonnés ne le dégage en rien des responsabilités qui lui incombent. Pénales et administratives. » La responsabilité administrative va se traduire par la mise en oeuvre de mesures coercitives. qui est liée aux agents du secteur public. Quant à la responsabilité administrative. Le fonctionnaire chargé d'assurer la marche d'un service est responsable à l'égard de ses supérieurs de l'autorité qui lui a été conférée pour cet objet et de l'exécution des ordres qu'il a donnés. Pour chacune de ces responsabilités. En matière de sanctions. Une même infraction peut entraîner à la fois la responsabilité pénale. La responsabilité civile permet. La responsabilité pénale sert à réprimer.

DEUXIEME PARTIE Les sanctions encourues par les dirigeants en cas de faute personnelle 28 .

qui précise que : « En cas de redressement ou de liquidation judiciaire d'une société. tel qu’il est réglementé par le livre V du code commerce. pour se pencher ensuite sur l’action en extension de la procédure de redressement ou de liquidation judiciaire. décider que cette dernière sera supportée. vise à atteindre trois principaux objectifs à savoir la sauvegarde de l’entreprise. avec ou sans solidarité. désignée par la loi française de sauvegarde.Chapitre I : les sanctions patrimoniales encourues par les dirigeants Le droit des entreprises en difficultés. deux types d’actions en responsabilité peuvent conduire à des sanctions patrimoniales : .la seconde action tend à étendre la procédure de redressement ou de liquidation aux dirigeants. En effet. Quant à la deuxième. en cas de faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance d'actif. le tribunal doit ouvrir une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire à l'égard de tout dirigeant contre lequel peut être relevé un des faits ci-après: … ». Ce sont donc ces deux actions qui feront l’objet de cette deuxième partie. S’agissant de la première. elle est prévue par l’article 706 Code de commerce. en tout ou en partie. Les sanctions patrimoniales font partie des solutions partielles de l’apurement du passif de l’entreprise. appelée extension de la procédure de redressement ou de liquidation judiciaire aux dirigeants sociaux. 29 . intitulée en droit français obligation aux dettes sociales. par tous ses dirigeants ou seulement certains d'entre eux ». le tribunal peut. comme action en responsabilité pour insuffisance d’actif et .la première est l’action en comblement du passif. le maintien de l’activité et de l’emploi et l’apurement du passif. elle est réglementée par l’article 704 Code de commerce qui dispose que : « Lorsque la procédure concernant une société commerciale fait apparaître une insuffisance d'actif. en commençant tout d’abord par l’étude de l’action en comblement de passif dans un premier temps.

Comme toute autre action en responsabilité. non seulement d’une erreur dans la gestion ou d’une négligence. Ainsi. La faute de gestion Peut-être une action ou une omission. l’action en comblement de passif est tributaire de l’existence d’une faute. ce principe souffre d’un certain nombre d’exceptions. la faute de gestion peut résulter. vue qu’il y a une confusion de patrimoine entre la société et son dirigeant et par voie de conséquence un engagement automatique du patrimoine du dirigeant en cas de cessation de paiement de celle-ci. rémunérés ou non. Néanmoins.L’action en comblant du passif à la lumière de la jurisprudence et des pratiques des tribunaux marocains Lorsque le redressement judiciaire d’une société commerciale fait apparaître une insuffisance d’actif.96 permet de constituer des sociétés de personnes dont la responsabilité de gérant est illimitée. une insuffisance d’actif résultant de celle-ci et un lien de causalité entre ces deux éléments.Section 1 : l’action en comblant du passif I. mais du simple défaut de respect des dispositions légales et des statuts…comme la continuation abusive d’une exploitation déficitaire. Cette obligation de répondre aux dettes sociales est subordonnée à trois conditions essentielles : il faut une société en état de cessation de paiement. avec ou sans solidarité. compte tenu du particularisme de cette action. Toutefois. ou par certains d’entre eux. mais dont les éléments de qualification et de motivation sont susceptibles de contrôle par la cour suprême. 30 . en tout ou en partie. l’article 704 Code de commerce a conditionné le succès de cette action par l’existence d’une faute qualifiée de gestion. librement appréciée par les juges de fond. le tribunal peut en cas de faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance d’actif. Déjà la loi 5. décider que cette dernière sera supportée. un préjudice et un lien de causalité entre la faute et le préjudice. 1. un actif insuffisant pour répondre au passif et une faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance. par tous les dirigeants de droit ou de fait.

L’insuffisance d’actif C’est l’équivalent du préjudice subi par les créanciers. comme il peut s’analyser au regard des créanciers. la date à retenir pour apprécier l’insuffisance d’actif commence le jour du jugement d’ouverture de la procédure. en droit commun de responsabilité. selon l’article 706 Code de commerce. a contrario les dettes qui leurs sont postérieures n’entrent pas dans le passif pouvant donner lieu à cette sanction.Le résultat de l’action en comblement du passif Le résultat de l’action en comblement de passif peut s’analyser au regard des dirigeants. La formule retenue par la loi laisse entendre que la simple contribution de la faute de gestion à l’insuffisance d’actif demeure suffisante pour engager la responsabilité du dirigeant. Pour la première catégorie. soit ils s’acquittent de la dette mise à leur charge par le 31 . qui ne sont qu’une précision de la règle générale prévue par l’article 566 Code de commerce qui rend le tribunal qui a prononcé le redressement ou la liquidation judiciaire compétent pour toutes les actions qui s’y rattachent. En effet. le tribunal compétent pour connaître l’action en comblement de passif est le tribunal devant lequel est ouverte la procédure de redressement ou de liquidation judiciaire de la personne morale conformément aux dispositions de l’article 703 Code de commerce. donc seule les dettes antérieures au jugement d’ouverture peuvent donner lieu à une action en comblement de passif. 3. Le lien de causalité Pour engager la responsabilité du dirigeant il est nécessaire qu’il existe un lien direct. II. La faute du dirigeant qui a accru le passif social ou rendu l’actif social insuffisant. En outre. Il s’agit de la condition essentielle de la mise en œuvre de la responsabilité. la faute doit contribuer à l’insuffisance d’actif. deux solutions sont envisageables . et la réalisation du passif d’autre part. de cause à effet entre le faute de gestion et l’insuffisance d’actif. Dans le même ordre d’idées. .La mise en redressement ou liquidation judiciaire personnelle et . 2. a mis la société hors d’état de payer ses créances. Sur un autre plan. l’insuffisance d’actif ne peut être définitivement établie qu’après l’achèvement de la vérification de l’actif.La déchéance commerciale. Le non acquittement de la dite dette expose le dirigeant concerné à : . d’une part.

juge. 1. D’un autre côté. il se peut que le dirigeant soit dans l’impossibilité de payer les sommes dont il est redevable en vertu du jugement ordonnant le comblement de passif. les sommes versées doivent être utilisées aux fins d’aider au redressement de l’entreprise. le particularisme de cette sanction tient au fait qu’il n’existe aucun droit au règlement intégral du passif des créanciers. Pour la seconde catégorie. le législateur a prévu trois sortes de sanctions qui sont applicables aux dirigeants qui ne s’acquittent pas de la dette mise à leur charge par l’action en comblement de passif : 23 Article 704 alinéas 3 du livre V de la loi 15-96 formant le code de commerce. les sommes recouvrées seront affectées au désintéressement des créanciers. le juge peut décider de mettre à la charge du dirigeant « tout ou partie avec solidarité ou non » de l’insuffisance d’actif en cas de faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance. Dans les deux premières hypothèses. car ils ne sont pas concernés par le plan. 32 . ce qui semble exclure les créanciers postérieurs. prévoit deux issues possibles pour les sommes payées par les dirigeants après leur condamnation. malgré que ces dits jugements soient exécutoires de plein droit. Le sort des condamnations et la sanction de non-paiement L’article 702 alinéa 3 du Code du commerce. ou seulement chirographaires. soit qu’un plan de continuation est retenu. Par ailleurs. Le tribunal a tout le pouvoir pour accorder la réparation totale ou partielle de l’insuffisance d’actif. ils sont traités sur le même pied d’égalité. dans ce cas ils seront soumis à une procédure de redressement ou de liquidation. Il faut signaler que cette solution s’avère plus équitable pour les créanciers chirographaires. En réaction à une telle situation désastreuse. Une condamnation fluctuante des dirigeants D’après l’article 704 Code de commerce. 2. Dans la seconde situation. soit qu’un plan de cession ou de liquidation est adopté. Le texte prévoit que les créanciers seront payés au marc le franc23. habituellement lésés en termes de remboursement ou d’indemnisation. qu’ils soient privilégiés. où un plan de continuation est décidé. Ainsi on distingue deux situations. soit ils sont défaillants. c’est à dire que les sommes seront réparties entre tous les créanciers de manière égale.

(article 711 du Code de commerce). directement ou indirectement. L’action en extension de procédure aux dirigeants a un objectif évident : la prise en charge du passif de la personne morale par le dirigeant fautif. en vue de les soustraire aux poursuites de la personne morale en état de redressement ou de liquidation judiciaire. De son côté. le tribunal peut. décider que cette dernière sera supportée.  Ils sont enfin punissables pénalement des peines de banqueroute. cette sanction se concrétise par la commission de l’un des faits énumérés limitativement par les articles 705 et 706 du Code de commerce. Pour y arriver. en vertu de l’article 715 du Code de commerce qui emporte interdiction de diriger. dissimulés ou détournés tout ou partie de leurs biens. Le déclenchement et l’exercice de cette action a été confiés au syndic en vertu de l’article 708 du Code de commerce. consiste dans l’extension de la procédure de redressement ou de liquidation judiciaire aux dirigeants de l’entreprise en difficulté.  Ils sont tout d’abord exposés à une extension de procédure de redressement ou de liquidation de bien en application de l’article 705 du Code de commerce  Le tribunal doit ensuite prononcer la déchéance commerciale. avec ou sans solidarité. administrer ou contrôler. C’est ainsi l’article 704/1 Code de commerce mentionne que « Lorsque la procédure concernant une société commerciale fait apparaître une insuffisance d’actif. s’ils ont de mauvaise foi. Section 2 : l’extension de la procédure de redressement ou de liquidation judiciaire aux dirigeants sociaux La deuxième sanction patrimoniale prévue par la loi marocaine. en cas de faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance d’actif. par tous ses dirigeants ou seulement certains d' entre eux ». en tout ou en partie. toute entreprise commerciale ou artisanale et toute société ayant une activité économique. ce dernier est 33 . À la différence de l’action en comblement du passif qui repose sur la commission d’une faute ayant contribué à l’insuffisance de l’actif. le tribunal doit ouvrir une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire à l'égard de tout dirigeant contre lequel peut être relevé un des faits ci-après: ……………………… ». stipule dans son premier alinéa que : « En cas de redressement ou de liquidation judiciaire d'une société. gérer. ou à celle de ses associé ou créanciers. l’article 706 du Code de commerce.

Cependant. qui sera compétent pour mettre en mouvement l’action en l’extension de la procédure de redressement ou de liquidation. C’est la raison pour laquelle le législateur a prévu la possibilité de sanctions professionnelles. La mise en œuvre de cette action suppose la mise en redressement et liquidation judiciaire de la personne morale. I. L’action d’extension de la procédure produit des effets. certains dirigeants ne sont pas toujours en mesure d’exécuter les condamnations qui leurs sont infligées en vertu du jugement ordonnant l’extension de la procédure. L’ouverture de procédure de redressement ou de liquidation à l’encontre du dirigeant L’ouverture de procédure de redressement ou de liquidation à l’encontre du dirigeant. Sur un autre plan. tout dirigeant qui n’est pas en mesure d’exécuter des condamnations qui lui sont infligées en vertu de l’action en extension de la procédure. pire encore celui-ci subit « les conséquences du redressement et de liquidation de la personne morale».soumis à toutes les conséquences de redressement ou de liquidation judiciaire. On vise ici surtout. L’issue de l’action ou extension L’issue de l’action en extension de la procédure nous mène vers l’objectif principal de cette procédure à savoir : la responsabilité du dirigeant du passif social sur son patrimoine personnel. très aggravées. qui consistent 34 . II. donne lieu à une procédure accessoire à la procédure ouverte contre la personne morale. Ainsi. les conséquences patrimoniales que ces procédures peuvent engendrer. C’est le tribunal qui a prononcé le jugement d’ouverture de procédure contre la personne morale. les conséquences sont plus graves que s’il y avait seulement obligation de supporter le passif. les seules atteintes au patrimoine personnel du dirigeant peuvent se révéler insuffisantes ou limitées. sur le dirigeant à titre personnel. ce qui peut les rendre passible d’autres sanctions. En effet. En effet. comme c’est le cas pour le comblement de passif. cette fois. comme elle peut avoir des répercussions sur les ayants droit et les ayants causes du dirigeant. risque de voir sa responsabilité aggravée.

Dans le même ordre d’idée. le conjoint et les descendants du dirigeant sont également affectés par l’action d’extension de procédure. Sur un autre plan. En effet. L’instauration de cette procédure profite en conséquence aux créanciers sociaux. et qui ont des conséquences redoutables. en prouvant par tous les moyens que les biens appartenant au conjoint du débiteur ou à ses enfants mineurs ont été acquis avec des valeurs fournies par celui-ci. considérés comme la pièce maîtresse de l’action en extension de la procédure.à réprimer les agissements fautifs les plus graves. qui vise à sanctionner pénalement tout dirigeant ayant commis des faits.surtout les créanciers chirographaires .l’action en extension de procédure comme une garantie supplémentaire qui leurs permet le recouvrement de leurs créances échues. 24 Art. le volet pénal est prévu également. puisque le dirigeant est passible de la sanction de banqueroute24. 721 C. dans la mesure où elles évincent le dirigeant de la vie des affaires. en vertu de l’article 678 du Code de commerce qui dispose que : « Le syndic peut. de gravité importante. les créanciers considèrent .com 35 . demander que les acquisitions ainsi faites soient réunies à l’actif ».

de saisir. La déchéance commerciale n'affecte que les personnes physiques. 26 Loi n° 15-95 formant le Code de commerce (promulguée par Dahir n° 1-96-83 du 15 rabii 1417 (1 août 1996)). Elle peut être prononcée tant que la procédure est ouverte.Faits donnant lieu à la déchéance commerciale des commerçants personnes physiques Selon article 712 du code de commerce26. s’il y a lieu. toute entreprise commerciale et toute société commerciale ayant une activité économique. en vue de prononcer. administrer ou contrôler. 36 . 2) avoir omis de tenir une comptabilité conformément aux dispositions légales ou fait disparaître tout ou partie des documents comptables. et toute société commerciale ayant une activité économique ». directement ou indirectement. directement ou indirectement. gérer. la déchéance commerciale de toute personne physique commerçante contre laquelle a été relevé l’un des faits suivant : 1) avoir poursuivi abusivement une exploitation déficitaire qui ne pouvait conduire qu'à la cessation des paiements. « le tribunal est tenu à tout moment de la procédure. soit d’office. gérer.Chapitre II : la decheance commerciale Section 1 : le fait générateur de la déchéance commerciale La déchéance commerciale emporte interdiction de diriger. La personne frappée de déchéance ne peut exercer les fonctions précitées même en présentation d'une autre personne (par exemple : représentant permanent d'une société au sein du conseil d'administration ou de surveillance d'une autre société). Selon article 711 du code de commerce25. toute entreprise commerciale ou artisanale. soit à la demande du procureur du Roi. administrer ou contrôler. « La déchéance commerciale emporte interdiction de diriger. 3) Avoir détourné ou dissimulé tout ou partie de l'actif ou frauduleusement augmenté son passif » 25 Loi n° 15-95 formant le Code de commerce (promulguée par Dahir n° 1-96-83 du 15 rabii 1417 (1 août 1996)). I.

dans un intérêt personnel. II. sans qu'il y ait lieu au prononcé d'un jugement.Faits donnant lieu à la déchéance commerciale des dirigeants des sociétés commerciale Au niveau de l’article 706 du code de commerce : « en cas de redressement ou de liquidation judiciaire d'une société. une exploitation déficitaire qui ne pouvait conduire qu'à la cessation des paiements de la société 5) avoir tenu une comptabilité fictive ou fait disparaître des documents comptables de la société ou s'être abstenu de tenir toute comptabilité conforme aux règles légales . 2) sous le couvert de la société masquant ses agissements. 7) avoir tenu une comptabilité manifestement incomplète ou irrégulière. 37 . 4) avoir poursuivi abusivement. qui ne peut être inférieure à cinq ans. » Ainsi selon article 715 du code de commerce27. 6) avoir détourné ou dissimulé tout ou partie de l'actif ou frauduleusement augmenté le passif de la société . La déchéance commerciale et l'incapacité élective qui en résulte. de commerce. Le jugement qui prononce la déchéance commerciale emporte l'incapacité d'exercer une fonction publique élective (au sein des chambres professionnelles. avoir fait des actes de commerce dans un intérêt personnel . 3) avoir fait des biens ou du crédit de la société un usage contraire à l'intérêt de celle- ci. « Le tribunal doit prononcer la déchéance commerciale du dirigeant de la société qui n'a pas acquitté l'insuffisance d'actif de celle-ci mise à sa charge » Lorsque le tribunal prononce la déchéance commerciale. 27 Loi n° 15-95 formant le Code de commerce (promulguée par Dahir n° 1-96-83 du 15 rabii 1417 (1 août 1996)). le tribunal doit ouvrir une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire à l'égard de tout dirigeant contre lequel peut être relevé un des faits ci-après : 1) avoir disposé des biens de la société comme des siens propres . Il peut ordonner l'exécution provisoire de sa décision. il fixe la durée de la mesure. cessent de plein droit au terme fixé. à des fins personnelles ou pour favoriser une autre entreprise dans laquelle il était intéressé directement ou indirectement .

la décision du tribunal emporte réhabilitation ». « Dans tous les cas... sans qu’il y ait lieu au prononcé d’un jugement. 28 Loi n° 15-95 formant le Code de commerce (promulguée par Dahir n° 1-96-83 du 15 rabii 1417 (1 août 1996)). de pêche.Levée de la déchéance commerciale La déchéance commerciale et l’incapacité élective qui en résulte cessent de plein de droit au terme fixe. d’agriculture. La durée d’incapacité d’exercer une fonction publique élective résultant du jugement de liquidation judiciaire est de cinq ans. 38 . Selon article 720 du code de commerce28. du parlement . III. en tout ou partie.). L’incapacité s'applique également à toute personne physique à l' égard de laquelle la liquidation judiciaire a été prononcée. Lorsqu'il y a relèvement total de la déchéance commerciale et de l'incapacité élective. l'intéressé peut demander au tribunal de le relever. Elle prend effet de plein droit à compter de la notification qui en est faite à l'intéressé par l'autorité compétente.industrie. de la déchéance commerciale et de l'incapacité d'exercer une fonction publique élective s'il a apporté une contribution suffisante au paiement de l'insuffisance d'actif.

soit fait des achats en vue d'une revente au-dessous du cours. contre lesquelles a été relevé l'un des faits ci-après30 : 1) avoir dans l'intention d'éviter ou de retarder l'ouverture de la procédure de traitement. dans son mémoire : l’entreprise en difficulté. L’indépendance de l’action publique et de l’action civile ne se conçoit pas dans ce cas. sont coupables de banqueroute les personnes mentionnées à l'article 702. Ibrahim SAMB. 30 Loi n° 15-95 formant le code de commerce dans son article 721. 4) avoir tenu une comptabilité fictive ou fait disparaître des documents comptables de l'entreprise ou de la société ou s'être abstenu de tenir toute comptabilité lorsque la loi en fait l'obligation 29 M. Les dirigeants peuvent faire l’objet d’une sanction pénale de banqueroute.Chapitre III : la banqueroute et autres infractions Section 1 : la banqueroute La banqueroute est une situation dans laquelle se met un débiteur qui ne peut plus régler ses dettes et se trouvant dans l’impuissance de remplir ses engagements (cessation de paiement). Université Hassan Ier de Settat au Maroc - Licence en droit privé 2006. 3) avoir frauduleusement augmenté le passif du débiteur. soit employé des moyens ruineux pour se procurer des fonds. C’est bien ce qui résulte de l’article 721 du code de commerce29. Elle se caractérise par une faute voire une fraude du débiteur et une déclaration par les tribunaux. En cas d'ouverture d'une procédure de traitement. 39 . L’infraction de banqueroute ne peut être relevée par le tribunal correctionnel que lorsque le tribunal de commerce a préalablement ouvert une procédure de redressement judiciaire en constatant la réunion des conditions de fond prescrites par la loi notamment la qualité du débiteur. l’état de cessation des paiements. 2) avoir détourné ou dissimulé tout ou partie de l'actif du débiteur.

La peine est aggravée et portée au double lorsque le banqueroutier est dirigeant. et distingue entre eux suivant qu’elles prennent leur source dans l’imprudence ou dans la fraude. Cette infraction est punie d’un an à cinq ans d'emprisonnement et d'une amende de 10. lorsqu’elle est pure d’un calcul coupable. gérer. ne peut constituer qu’un délit de banqueroute simple. par des jeux ou des paris. Toutefois le code pénal consacre une partie importante à ce sujet. 31 Article 722 du code de commerce. encourent également. Les personnes coupables. La faute. pour qui ne peut être inférieure à cinq ans (article 719 du code de commerce). En vertus de l’article 556 du code pénal « est coupable de banqueroute et puni des peines édictées à la présente section suivant que cette banqueroute est simple ou frauduleuse. ne distingue pas entre la banqueroute simple ou facultative. d'une société dont les actions sont cotées à la bourse des valeurs31. « la banqueroute simple est punie de l’emprisonnement de 3 mois à 3 ans. engagé des dépenses jugées excessives. La déchéance commerciale emporte interdiction de diriger. toute entreprise commerciale ou artisanale. directement ou indirectement.000 dirhams ou de l’une de ces deux peines seulement. soit intentionnellement. dans la négligence ou dans le crime.La banqueroute simple La banqueroute dite simple désigne une faillite accompagnée de fautes ou de graves négligences commises sans intention frauduleuse. pour tout commerçant en état de cessation de paiement qui se trouve dans un des cas suivants : 1) Soit par son train de vie. soit par négligence. quelque grave qu’elle soit. 40 . L’article 721 du code du commerce. administrer ou contrôler. la déchéance commerciale (article 723 du code de commerce). et toute société ayant une activité économique. » I. De ce fait. et selon l’article 557 du code pénal. tout commerçant en état de cessation de paiement qui. et la banqueroute frauduleuse. de droit ou de fait.000 à 100. Il est donc nécessaire de s’arrêter sur la définition et les infractions assimilées aux deux cas de banqueroute. à titre de peine accessoire. suivant l’article 711du code de commerce. a accompli des actes coupables de nature à nuire à ses créanciers.

les gérants ou liquidateurs d’une société à responsabilité limitée et d’une manière générale. directeurs ou liquidateurs d’une société anonyme. dans les quinze jours de cessation de ses paiements. 4) Soit payé. L’article 559 du code pénal ajoute que les administrateurs. a: 1) Soit contracté pour le compte d’autrui. 3) Soit omis de faire au greffe. « Est coupable et puni également de la peine de banqueroute simple. 6) Soit omis de tenir une comptabilité. de mauvaise foi. des engagements jugés trop considérables eu égard à sa situation lorsqu’il les a contractés. 3) Soit. dans l’intention de retarder la constatation de la cessation de ses paiements. dans la même intention. s’ils ont de mauvaise foi : 41 . la déclaration de cette cessation et le dépôt de son bilan. dans le cas et dans les délais fixés. tout commerçant en cessation de paiement qui. 5) Soit déjà était déclaré deux fois en faillite lorsque ces deux faillites ont été clôturées pour insuffisance d’actif. Par référence à l’article 558 du code pénal. sans recevoir des valeurs en échange. 5) Soit présenté une comptabilité incomplète ou irrégulièrement tenue. 2) Soit omis de satisfaire aux obligations d’un précédent concordat et été déclaré en faillite. 7) Soit exercé sa profession contrairement à une interdiction prévue par la loi. un créancier au préjudice des autres. sont puni des peines de banqueroute simple. employé des moyens ruineux de se procurer des fonds. tous mandataires sociaux. après cassation de ses paiements. 4) Soit omis de se présenter en personne au syndic. 2) Soit dépensé des sommes élevées. fait des achats en vue d’une revente au-dessous du cours ou. dans des opérations de pur hasard ou dans des opérations fictives de Bourse ou sur marchandises.

ou qui se sont frauduleusement reconnus débiteurs des sommes qu’ils ne doivent pas. En vertus de l’article 561 : « Est coupable de banqueroute frauduleuse et puni de l’emprisonnement de deux à cinq ans. fait des achats en vue d’une revente au-dessous du cours ou dans la même intention. dissimulation d’une partie de l’actif. 2) Soit. payée ou fait payer un créancier au préjudice des autres. Les personnes mentionnées à l’article précédent sont également punies des peines de banqueroute simple et en vertu de l’article 560 du code pénal. des engagements jugés trop considérables eu égard à sa situation lorsqu’elle les a contractés. 1) Soit dépensé des sommes élevées appartenant à la société en faisant des opérations de pur hasard ou des opérations fictives. employé des moyens ruineux de se procurer des fonds. 3) Soit. 5) Soit tenu ou fait tenir irrégulièrement la comptabilité de la société. désignent les personnes coupables de banqueroute frauduleuse. soit par des actes publics ou des engagements sous signatures privées. 4) Soit fait contracter par la société. tout commerçant en état de cessation de paiement qui a soustrait sa comptabilité.La banqueroute frauduleuse Est considérée comme étant un crime consistant dans la faillite accompagnée de certaines manœuvres telles que la spoliation de ses créanciers. dans l’intention de retarder la constatation de cessation des paiements de la société. II. qui en vue de soustraire tout ou partie de leur patrimoine aux poursuites de la société en état de cessation de paiement ou à celles des associés ont. soustraction des livres. 42 . détourné ou dissipé tout ou partie de son actif ou qui. ou reconnaissance des dettes supposées… Les articles allant de 561 jusqu’à 566 du code pénal. sans qu’elle reçoive des valeurs en échange. pour le compte d’autrui. s’est frauduleusement reconnu débiteur de sommes qu’il ne devait pas ». après cessation des paiements de la société. détourné ou dissimulé tout ou partie de leurs biens. soit dans ses écritures. de mauvaise foi. soit dans son bilan.

frauduleusement. 2) Les personnes convaincues d’avoir frauduleusement produit des créances fictives dans la faillite. et sont donc : 1) Les personnes convaincues d’avoir. Selon l’article article 561 du code pénal « Le coupable peut. les gérants ou liquidateurs d’une société à responsabilité limitée et d’une manière générale. conjoint. ont reconnu la société débitrice de sommes qu’elle ne devait pas ». détourné ou dissimulé tout ou partie de son actif ou qui. ont soustraits les livres de la société. recélé ou dissimulé tout ou partie de ses biens meubles ou immeubles. 3) Les personnes qui. soit dans les écritures. « en cas de cessation de paiement d’une société. être frappé pour cinq ans au moins et dix ans au plus de l’interdiction d’un ou plusieurs des droits mentionnés à l’article 40 du présent code ». soit dans le bilan. en outre. 32 Articles 564. descendants ou ascendants du débiteur font également objet de la punition des peines de banqueroute frauduleuse32. soit par des actes publics ou des engagements sous signatures privées. Les créanciers. soit par interposition de personnes. soit en leur nom. directeurs ou liquidateurs d’une société anonyme. sont punis des peines de banqueroute frauduleuse les administrateurs. syndic. se sont rendues coupables de l’un des faits prévus à l’article 561 du code pénal 4) Les personnes exerçant la profession d’agent de change ou de courtier en valeurs reconnues coupables de banqueroute même simple. à moins que le fait ne constitue un des actes de complicité prévus par l’article 129 du présent code. 43 . tous mandataires sociaux qui. L’article 563 du code pénal précise les personnes concernées par la banqueroute frauduleuse. Au terme de l’Article 562 du code pénal . faisant le commerce sous le nom d’autrui ou sous un nom supposé. 565 et 566 du code pénal marocain. dans l’intérêt du débiteur. soustrait.

aux mesures de publicité prévues par la loi. directeur général. le législateur marocain a mis en place un ensemble de formalités devant aboutir à l’acquisition par la société de la personnalité morale. le chef d’entreprise doit prêter à ces formalités une attention suffisante.Section 2 : Autres infractions I. tout fondateur. 33 La loi n°17-95. 2. directeur général délégué ou membre du directoire qui s’abstient ou refuse de mauvaise foi à faire procéder. de la déclaration de souscription et de versement effectués par chacun d’eux et un exemplaire ou une expédition des statuts. passible de sanctions. Il est à noter que l’article 108 relatif à la loi 5-95 des autres sociétés commerciales établit les mêmes sanctions pour les mêmes infractions.  Soit à une ou plusieurs mesures de publicité prévues par la présente loi.Celle où l’auteur de l’infraction s’abstient ou refuse de procéder au dépôt des pièces ou d’actes au greffe du tribunal. Ainsi l’article 402 de la loi relative aux sociétés anonymes établit deux infractions : 1.000 dirhams ». car toute négligence peut être considérée comme infraction. après son inscription au registre du commerce.Infractions liées à la constitution de la société Au niveau de la constitution de la société. sera puni d’une amende de 10. au moment de la constitution de la société. dans les délais légaux :  Soit à plusieurs dépôts de pièces ou d’actes au greffe du tribunal. 44 . Il s’agit. il s’agit essentiellement des infractions : 1. dans les délais légaux. et le défaut de publicité D’après l’article 42033 relatif aux sociétés anonymes : « sans préjudice de l’application de législations particulières notamment celles relatives aux informations exigées des personnes morales faisant appel public à l’épargne. article 420 modifié et complété par l’article 1 de la loi n°20-05 promulguée par le dahir n°01- 08-18 du 23 mai 2008.000 à 50. Malgré leur caractère formel.La deuxième infraction concerne l’omission ou le refus de procéder. administrateur. Infractions liées au refus de dépôt des pièces ou d’actes au registre de commerce.

et par l'article 107 de la loi 5-96 relative à la SARL. Infractions liées au capital social et leurs sanctions Ce sont les infractions qui peuvent être commises à l'occasion de la recherche du capital ou qui sont liées à sa structure. sciemment. désignées contrairement à la vérité comme étant ou devant être attachées à la société à un titre quelconque .000.infractions liées au fonctionnement de la société 1. Abus de biens sociaux Le délit d'abus de biens sociaux est régi par les articles 384 de la loi 17-95 relative à la société anonyme. sciemment. auront publié les noms de personnes. sciemment. seront punis d'un emprisonnement d’un à six mois et d'une amende de 8 000 à 40 000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement : 1) ceux qui. 2) ceux qui.  Infractions liées à la surévaluation des apports en nature. aux sociétés en nom collectif. pour provoquer des souscriptions ou des versements. pour l'établissement du certificat du dépositaire constatant les souscriptions et les versements auront affirmé sincères et véritables des souscriptions qu'ils savaient fictives ou auront déclaré que les fonds qui n'ont pas été mis définitivement à la disposition de la société ont été effectivement versés. l'article 384 stipule que: « Seront punis d'un emprisonnement de un à six mois et d'une amende de 100. II. 3) ceux qui. ou auront remis au dépositaire une liste des actionnaires mentionnant des souscriptions fictives ou le versement de fonds qui n'ont pas été mis définitivement à la disposition de la société . 2. Sur le plan de la SA. en commandite simple. auront fait attribuer à un apport en nature une évaluation supérieure à sa valeur réelle. 4) ceux qui.000 à 1. frauduleusement. auront obtenu ou tenté d'obtenir des souscriptions ou des versements . Suivant l’article 379 de la loi n° 17-96 relative aux sociétés anonymes . Il s'agit notamment des:  Infractions liées à la souscription et au versement du capital .000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement:… les 45 . par simulation de souscriptions ou de versements. ou par publication de souscriptions ou de versements qui n'existent pas ou de tous autres faits faux. en commandite par actions et en participation.

opéré entre les actionnaires la répartition de dividendes fictifs . du crédit ou des pouvoirs . à l'expiration de cette période . de mauvaise foi. à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement ». des biens ou du crédit de la société. en cette qualité. en vue de dissimuler la véritable situation de la société. des biens ou du crédit de la société. La répartition des dividendes fictifs L’article 384 de la loi 17-95 énonce que : « Seront punis d'un emprisonnement de un à six mois et d'une amende de 100 000 à 1 000 000 de dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement les membres des organes d'administration. de direction ou de gestion d'une société anonyme : 1) qui. de direction ou de gestion qui.  Un acte accompli de mauvaise foi. de mauvaise foi. Sur le plan de la SARL et des autres types de sociétés.  Un acte accompli dans un intérêt personnel . en l'absence d'inventaire ou au moyen d'inventaires frauduleux. 2) qui. un usage qu'ils savent contraire à l'intérêt économique de celle-ci. auront fait. auront sciemment publié ou présenté aux actionnaires. 3) qui. auront. 4) qui.membres des organes d'administration. mais avec une sanction pécuniaire beaucoup moindre que la SA. auront fait des pouvoirs qu'ils possédaient et/ou des voix dont ils disposaient. de mauvaise foi. 2. Il ressort de ces textes que le délit suppose la réunion de quatre éléments :  Un acte d’usage de biens. une image fidèle du résultat des opérations de l'exercice. auront fait. allant de 10.000 à 100. un usage qu'ils savaient contraire aux intérêts économiques de celle-ci à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils étaient intéressés directement ou indirectement . de la situation financière et du patrimoine. sciemment. même en l'absence de toute distribution de dividendes.  Un acte contraire à l’intérêt social .000 dirhams. des états de synthèse annuels ne donnant pas. un usage qu'ils savaient contraire aux intérêts 46 . l'article 107 reprend le même texte de fond à l'encontre des gérants. pour chaque exercice.

les gérants qui. » Concernant les gérants des sociétés à responsabilité limitée et autres sociétés de personnes. soit au 34 Les articles de 403 à 406 de la loi n°17-95 relative aux sociétés anonymes. à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement. de mauvaise foi. à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils étaient intéressés directement ou indirectement. 3). en l'absence d'inventaire ou au moyen d'inventaire frauduleux . de la situation financière et du patrimoine à l'expiration de cette période en vue de dissimuler la véritable situation de la société . malgré les incompatibilités prévues par la loi. L’article 405 punit d’un emprisonnement de six mois à deux ans et/ou une amende de 10 000 à 100 000Dh tout commissaire aux comptes qui.les gérants qui. L’article 107 de la loi 5-96 énonce : « Seront punis d'un emprisonnement de un à six mois et d'une amende de 10 000 à 100 000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement : 1). 47 . auront fait. exercé ou conservé les fonctions de commissaire aux comptes. 2). 4). en cette qualité. » III. auront fait. soit en son nom personnel. même en l'absence de toute distribution de dividendes.économiques de la société. sciemment. un usage qu'ils savent contraire à l'intérêt économique de celle-ci.les gérants qui.les gérants qui auront. une image fidèle du résultat de l'exercice. des biens ou du crédit de la société. de mauvaise foi. un usage qu'ils savent contraire aux intérêts économiques de la société. à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement . auront sciemment présenté aux associés des états de synthèse ne donnant pas. opéré entre les associés la répartition de dividendes fictifs. des pouvoirs qu'ils possèdent ou des voix dont ils disposent.Infractions liées au contrôle de la société La loi 17-95 sur la société anonyme34 a prévu les différentes infractions relatives au contrôle de la société. pour chaque exercice. L’article 404 punit d’un emprisonnement d’un à six mois et/ou une amende de 8 000 à 10 000Dh toute personne aura sciemment accepté.

lorsque la situation nette de la société. de direction ou de gestion les faits lui paraissant délictueux.000 à 20. dans les trois mois qui suivront l'approbation des comptes ayant fait apparaître ces pertes.000 dirhams ou de l' une de ces deux peines seulement. IV. 48 . dont il aura eu connaissance à l’occasion de l’exercice de ces fonctions. les membres des organes d' administration. sciemment. de direction ou de gestion d' une société anonyme qui. du fait de pertes constatées dans les états de synthèse devient inférieure au quart du capital social n'auront pas. aura sciemment donné ou confirmé des informations mensongères sur la situation de la société ou qui n’aura pas révélé aux organes d’administration.Infractions relatives à la dissolution de la société Par référence à l’Article 407 relatif à la société anonyme : Seront punis d' un emprisonnement de un à six mois et d' une amende de 4. convoqué l' assemblée générale extraordinaire à l' effet de décider s'il y a lieu à dissolution anticipée de la société.titre d’associé dans une société de commissaires aux comptes.

Conclusion En réalité. mais une sanction infligée au dirigeant qui a commis une faute en exerçant le pouvoir de gestion dans son intérêt personnel. Elle n’est donc pas une mesure de réparation. en particulier. l’action en extension de redressement ou de liquidation permet de mettre une partie ou la totalité des dettes de l'entreprise à la charge d'un dirigeant qui a usé du pouvoir de gestion pour se livrer à des comportements répréhensibles dans son intérêt personnel. La condamnation des dirigeants pour combler l’insuffisance d’actif peut même porter sur toute l’insuffisance d’actif alors que la faute de gestion de ce dirigeant n’a causé qu’une partie de cette insuffisance. Il faut insister sur le développement du volet éthique en droit des affaires en général. Par conséquent il ne s’agit pas d’une responsabilité mais d’une sanction infligée au dirigeant. et chez le dirigeant. 49 . par définition. l’action en responsabilité patrimoniale tend. à la réparation des dommages causés à l’entreprise et à ses partenaires. ce qui permet un retraçage du champ d’intervention de tous les acteurs sur la scène économique. Il n’y a donc pas de proportionnalité entre le montant de la condamnation et le préjudice résultant de la faute du dirigeant de fait. De même.

2éme édition 2005. Hassania CHERKAOUI. 50 . 2000. Monsieur Ahmed HALOUI Sous la Direction Madame le Professeur Corinne MASCALA. Idris FAÏK. sans maison d’édition. Université Hassan Ier de Settat au Maroc . Abdeljalil EL HAMMOUMI. édition 2003.Licence en droit privé 2006.  Mémoires et thèses M. Université Cadi Ayyad de Marrakech. Ibrahim SAMB. Loi n° 17-95 relative aux sociétés anonymes. sans maison d’édition. Saad MOUMMI. la société en commandite simple. dans son mémoire : l’entreprise en difficulté. édition BADII. l’intitulé de la thèse : La responsabilité pénale des dirigeants de l’entreprise. édition 2010. droit des entreprises en difficulté. droit des entreprises en difficulté. « DROIT COMMERCIAL ». La loi n°15/95 formant code du commerce. 3éme édition 2008. la société en commandite par actions. Hassania CHERKAOUI. Loi n° 15-95 formant le code de commerce.  Testes de lois et Dahirs Loi n° 5-96 sur la société en nom collectif. « Droit des affaires ». Bibliographie  Les ouvrages Abdeljalil EL HAMMOUMI. la société à responsabilité limitée et la société en participation. la responsabilité patrimoniale des dirigeants au cours de la procédure collective. Année universitaire 2006-2007. droit des obligations et contrats.

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