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GEJ5 C238 La résurrection de la chair 1.

(Le Seigneur :) « Quant à la résurrection de la chair, il faut entendre par là les bonnes œuvres de l'amour du prochain ! Ce sont elles qui deviendront la chair de l'âme et qui, à son dernier jour dans le monde des esprits, renaîtront avec elle à la vie éternelle, sous forme de corps éthérique concret, à l'appel des trompettes de Ma doctrine. Même si tu avais cent fois revêtu un corps terrestre, tu n'en auras jamais qu'un seul dans l'au-delà, et ce sera celui que J'ai dit. - As-tu compris maintenant ? » 2. Pierre dit : « Oui, Seigneur et Maître, je le comprends plus clairement que jamais ! Cependant, il me revient encore un texte d'un prophète qui dit à peu près ceci : "Ce jour-là, tu verras ton Dieu dans la chair : aussi, garde ta chair pure et ne la rends pas impure par toutes sortes de péchés, car, avec une chair pécheresse, tu ne contempleras jamais la face de Dieu." Voilà en substance ce que dit ce texte, et il est difficile à un entendement humain d'y découvrir autre chose. Comment faut-il donc l'entendre dans son vrai sens ? » 3. Je dis : « Exactement comme Je viens de le dire ! "Tu verras Dieu dans ta chair" signifie que tu verras ton Dieu dans tes bonnes œuvres accomplies selon Sa volonté, que tu connais bien, parce que seules les œuvres accomplies par l'âme avec son corps, qui ne lui a été donné que comme instrument, rendent cette âme noble, ou le contraire, aux yeux de Dieu : des œuvres pures donnent la pureté, des œuvres impures, l'impureté. Des pensées pures selon la pure connaissance, et même une conduite chaste et pure par ailleurs, mais ne s'accompagnant d'aucune, ou de trop peu, des œuvres de l'amour du prochain, ne suffisent pas, loin s'en faut, à procurer à l'âme un corps spirituel, donc la vision de Dieu. 4. Car celui dont l'âme est encore aveugle en ce qu'elle ne comprend pas que ce n'est pas la connaissance seule, mais bien et avant tout les œuvres accomplies selon la pure connaissance et la foi qui donnent à l'âme une vraie consistance, celui-là est encore bien misérable, et pareil à un homme qui saurait fort bien comment construire une maison et posséderait même en quantité les meilleurs matériaux, mais ne pourrait se résoudre à se mettre au travail. Cet homme-là aura-t-il un jour une maison où se mettre à l'abri des éléments déchaînés, quand viendront l'hiver et les tempêtes ? 5. A quoi te servira-t-il, dans la tempête, de savoir très exactement comment bâtir une maison dont les murs défient si bien les tempêtes que ses habitants s'y sentent en parfaite sûreté, si tu n'as pas de maison et n'as plus le temps d'en atteindre une autre dans le grand désert de ta vie ?! 6. Oui, Mes très chers, même la plus pure connaissance et la foi ne sont pas des murs solides capables de vous protéger à l'heure des tempêtes : seules les œuvres du véritable amour du prochain sont et peuvent cela. Elles sont le véritable et durable corps de l'âme, sa demeure, sa patrie et son monde. Notez bien cela, non pas seulement pour vous, mais avant tout pour ceux à qui vous prêcherez cet évangile après Moi ! Quand ils connaîtront la parole du salut et y croiront, exhortez-les à œuvrer véritablement selon cet amour du prochain que Je vous ai si souvent demandé ! 7. Car en vérité Je vous le dis, si quelqu'un prétend aimer Dieu par-dessus tout, mais ne prête pas attention à la misère de son frère, il ne verra jamais Dieu dans la chair ! Les Pharisiens et docteurs de la loi disent aussi qu'ils servent Dieu au sens le plus pur, et que, par leurs prières et leurs offrandes, ils réconcilient sans cesse l'humanité pécheresse avec Lui :

mais en échange, ils dépouillent le peuple, et l'on ne saurait parler à leur propos d'amour du prochain. Et quel bien tout cela fait-il ? Aucun, ni aux Pharisiens, ni au peuple ! 8. Car, premièrement, Dieu n'a jamais eu besoin des services d'un homme, et encore moins de l'holocauste d'un quelconque animal. Mais le sacrifice qu'on Lui offre dans les œuvres du véritable amour du prochain, celui-là, Il le considère avec satisfaction et ne manque pas de le bénir. - Comprends-tu à présent, Pierre, ce que signifie "voir Dieu dans sa chair" ? » 9. Pierre dit: «Oui, Seigneur, à présent tout est clair, car Tu nous as expliqué cela de telle manière que nous pouvons véritablement le toucher du doigt, et nous T'en remercions ! Mais nous voici presque arrivés - sauf qu'au lieu qu'il soit midi, le soir va bientôt tomber ! » 10. Je dis : « Peu importe ! Nous prendrons un peu de pain et de vin avant de nous mettre en route. Aussi, terminons promptement ce petit bout de chemin ! »

GEJ5 C239 Des bienfaits de la mesure. Comment préparer la chair des animaux impurs 1. Pressant le pas, nous atteignîmes bientôt la maison d'Aziona, où les autres disciples nous attendaient et où Aziona, Hiram et Epiphane nous avaient préparé un bon repas de poisson, de pain et de vin. 2. Pierre ne manqua pas de Me dire « Seigneur, en chemin, Tu ne nous as parlé que de pain et de vin, et voici qu'il y a également des poissons ! Devons-nous les manger aussi ! » 3. Mais le repoussai cette préoccupation mesquine et digne d'un Juif du Temple en disant : « Mange ce qu'on te présente, et cela ne nuira ni à ton corps, ni à ton âme : nul homme n'a à se garder d'autre chose que de l'intempérance, et il en va donc de même pour vous. 4. C'est ce qui dépasse la mesure qui est mauvais pour l'homme. Manger sans mesure rend l'estomac malade, boire sans mesure rend malades l'estomac et le cœur, et entraîne en outre la concupiscence charnelle et toutes sortes de débauches. 5. Aussi, soyez mesurés et sobres en toute chose, et vous aurez toujours une âme saine et joyeuse dans un corps également sain. Mais que celui qui prépare la nourriture pour luimême et les autres prenne soin qu'elle soit fraîche et bonne, et c'est ainsi qu'elle ne fera pas de mal. Notez bien cela en sus de tout le reste ! » 6. Et Pierre Me demanda encore « Seigneur, les païens, par ailleurs souvent fort respectables, ne pèchent-ils pas lorsqu'ils mangent la chair d'animaux impurs ? Car cela nous est détendu, à nous autres Juifs, et celui qui en mangerait pécherait gravement contre la loi de Moïse. » 7. Je dis : « En cas de nécessité, même un Juif strict peut manger la chair de tous les animaux, et cela ne lui fera que du bien : car toute nourriture qu'un homme prend par nécessité est purifiée par Moi, à condition que, dans ce cas, il respecte encore davantage la mesure ! 8. La chair du porc est bonne : mais l'animal abattu doit être très bien saigné, puis laissé sept jours durant dans le sel, le vinaigre et le thym. Ensuite, on devra le sortir de cette marinade, bien le sécher avec des linges, puis le laisser suspendu plusieurs semaines dans une

fumée de bon bois et d'herbes, jusqu'à ce qu'il soit tout à fait sec et dur. Ensuite, lorsqu'on veut en manger, il faut d'abord le faire bouillir dans moitié d'eau, moitié de vin assaisonnés de thym et de persil, et l'on aura ainsi une bonne et saine nourriture : mais cet animal devra toujours être abattu en hiver. 9. Et il faut procéder avec les autres bêtes impures de la même manière qu'avec le porc, si l'on veut que leur chair, mangée avec mesure, ne nuise pas à l'homme. Et l'on fera avec les oiseaux des diverses espèces et avec les innombrables animaux des vastes mers exactement comme avec les animaux de la terre ! 10, Tu devrais savoir à présent, Pierre, ce que tu peux manger, et comment, afin de ne pécher ni contre ton estomac, ni contre ton âme ! Mais mangeons vite ce repas, et nous partirons aussitôt après. » 11. Nous prîmes place à table et mangeâmes. 12. Cependant, Aziona s'approcha et dit : « Seigneur et Maître, ne préférerais-Tu pas partir demain matin plutôt que ce soir ? A ma connaissance, il n'y a pas un seul village à moins de plusieurs lieues d'ici, et la nuit Te surprendra avant que Tu n'y parviennes ! » 13. Mais Je lui répondis : « Demeurez avec Moi dans vos cœurs et dans Ma doctrine, et Je serai Moi aussi toujours près de vous, ici-bas dans le temps de votre vie, et pour l'éternité dans l'au-delà ! Mais à présent, Je dois repartir, car bien d'autres M'attendent non loin d'ici, et Je dois courir à leur aide. L'hiver prochain, Je reviendrai vous faire une visite de quelques jours, comme cette fois-ci, car Je passerai l'hiver non loin d'ici, peut-être à Kis, près de Cana. Mais à présent, détachez notre bateau, car Je vais partir à l'instant avec Mes disciples. » 14. Tout fut très vite fait comme Je l'avais ordonné, Je montai dans le bateau, et bientôt, nous filions sous un bon vent. Contournant la partie nord du pied de la montagne, nous arrivâmes bientôt dans une petite baie, située, par rapport à celle où nous venions de passer plusieurs jours, juste de l'autre côté de la montagne dont J'avais fait l'ascension. 15. Sur le rivage de cette baie, il y avait un village où vivaient et se rencontraient beaucoup de gens : car c'était le lieu d'un marché où l'on trouvait le meilleur sel qui fût, ainsi que l'huile de roche la plus pure, du bois de construction, des chaudrons et mille autres ustensiles domestiques. Aussi ce village était-il fort riche et très fréquemment visité par les gens de nombreuses contrées, et c'était aussi ce même village où Mes disciples avaient fait un bref séjour, quelques lunes auparavant, quand Je les avais envoyés seuls préparer les gens à Ma venue, et d'où Je les avais ramenés près de Moi d'une manière merveilleuse, sur la montagne près de Kis : aussi y étais-Je déjà plus ou moins connu, et plus encore Mes disciples, qui y avaient passé plusieurs jours en ladite occasion.