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Cahiers de recherche

EURIsCO
Cahier n° 2008- 05

L’épargne des ménages au Maroc :
Une analyse macroéconomique et microéconomique

Rapport d’étude

Najat El Mekkaoui de Freitas (coordinateur) Eurisco Université Paris Dauphine

Touhami Abdelkhalek Insea, Maroc
Florence Arestoff Eurisco Université Paris Dauphine
Jézabel Couppey-Soubeyran Centre d’économie de la Sorbonne-CNRS Université Paris 1
Sabine Mage Eurisco Université Paris Dauphine

L’ÉPARGNE DES MÉNAGES AU MAROC :
UNE ANALYSE MACROÉCONOMIQUE ET
MICROÉCONOMIQUE*

Najat El Mekkaoui de Freitas* (coordinateur)

Touhami Abdelkhalek**
Florence Arestoff*
Jézabel Couppey-Soubeyran***
Sabine Mage*

Juin 2008

Université Paris-Dauphine

* Cette étude a bénéficié d’un support financier de l’Institut CDC pour la Recherche. Nous remercions Isabelle
Laudier, Mohamed Fassi-Fehri, Abdesselam Aboudrar, Mohamed Soual, Mhamed Grine, Hamza ElHajoui,
Hocine Tanjaoui pour leur soutien et les échanges effectués lors de la réalisation de cette étude.
La partie portant sur l’analyse microéconomique de l’épargne a pu être réalisée grâce à l’exploitation de la base
de données CBMS « Community Based Monitoring System » mise à notre disposition par la Direction des études
et des prévisions du Ministère de l’Economie et des Finances. Nous les remercions vivement et particulièrement
Mohamed Chafiki et Hind Jalal pour leur disponibilité et collaboration. Nous remercions également Baptiste Venet
et Laure Jaunaux pour les échanges effectués lors de la réalisation de la partie portant sur l’épargne des
ménages ainsi que Régis Bourbonnais, Abdesselam Fazouane et Mouna Cherkaoui pour leur soutien et leur aide
lors de la rédaction du rapport final. Nos plus vifs remerciements vont enfin à Ines Chaari et Cindy Duc pour leur
participation.
* Laboratoire d’Economie de Dauphine (EURIsCO), Université Paris Dauphine
** Institut national de statistique et d’économie appliquée (INSÉA), Maroc
*** Centre d’économie de la Sorbonne-CNRS, Université Paris I Panthéon-Sorbonne

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Le Maroc se situe à la tête de la région du MENA (Middle East and North Africa), « en
termes d'ouverture de sa Société Civile, de la promotion de la démocratie, de l’autorité de la
loi, de la décentralisation et de la participation de la communauté » (Banque Mondiale,
2005). En effet, dès 1970, le Maroc a amorcé des réformes en matière de libéralisation
politique et s’est également engagé dans un vaste programme de développement. La crise
économique de 1983 a conduit l’économie marocaine à intensifier ses réformes en matière
d’ouverture commerciale et financière notamment. Depuis le début des années 1990, la
situation économique et financière du Maroc est relativement stable mais la croissance, très
volatile (des activités agricoles en particulier), n’a néanmoins pas permis de faire reculer le
chômage et la pauvreté.

Dans ce contexte, la mobilisation et l’affectation de l’épargne des ménages représentent une
des stratégies majeures des institutions publiques et privées pour promouvoir
l’investissement et la croissance. La mise en œuvre de ces stratégies nécessite une analyse
assez précise des déterminants de l’épargne. Très peu de travaux empiriques sur les
problématiques de revenu et d’épargne des ménages ont été menés au Maroc. Cette étude
propose une évaluation empirique des déterminants de l’épargne domestique mais aussi des
déterminants microéconomiques de l’épargne des ménages en utilisant une enquête de
terrain : l’enquête CBMS « Community Based Monitoring System ». Aucune évaluation de ce
type n’avait auparavant pu être menée dans le cadre de l’économie marocaine en raison de
l’absence de données microéconomiques sur le revenu des ménages. L’enquête mobilisée
dans cette étude est tout à fait originale puisqu’elle renseigne sur le revenu et la
consommation des ménages et couvre un échantillon de la population qui distingue des
ménages urbains (ville d’Essaouira) et des ménages ruraux (ville de Bouaboud). Notre
objectif est de comprendre le comportement d’épargne de ces ménages en fonction de la
zone de résidence mais aussi en fonction d’un certain nombre de facteurs
socioéconomiques tels que le nombre d’enfants dans la famille, le nombre d’inactifs, le type
de logement… Les données recueillies permettent de mesurer le niveau moyen de revenu et
d’épargne dans ces deux villes mais aussi de mieux identifier les déterminants
microéconomiques du comportement d’épargne des ménages. Il est toutefois difficile d’en
tirer des conclusions au niveau national. Seule une enquête élargie avec un échantillon
représentatif de la population nationale permettrait une analyse d’ensemble.

L’étude est organisée en six sections.

Pour appréhender l’environnement économique marocain, nous proposons dans un premier
temps un état des lieux de la situation macroéconomique (performances économiques
récentes, rôle des différentes composantes du produit intérieur brut (PIB), politiques
budgétaires et monétaires). À partir de statistiques macroéconomiques, notre analyse
s’oriente dans la section 2 plus spécifiquement sur le niveau d’épargne globale et sa
répartition entre les catégories d’agents.

Les deux sections suivantes mettent en exergue un certain nombre de déterminants de
l’épargne qui jouent un rôle à la fois sur le plan macroéconomique et microéconomique.
Nous proposons dans la section 3 une analyse de l’état du développement financier. La
mobilisation de l'épargne via le système financier est en effet un préalable indispensable à
une allocation efficace des ressources. La situation sur le marché du travail, le niveau de
pauvreté relative ou encore le taux de fécondité qui sont autant d’éléments qui interviennent
dans la décision d’épargne des ménages sont présentées dans la section 4.
La section 5 propose une série d’estimations économétriques des déterminants de l’épargne
réalisées à partir des données macroéconomiques de la base World Development Indicators
(WDI) de la Banque Mondiale. La sixième et dernière section mobilise les données obtenues
à partir de l’enquête CBMS pour appréhender le comportement d’épargne des ménages au
niveau microéconomique et pour tenter d’en identifier à partir de régressions micro-
économétriques les principaux déterminants.

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Section 1 : L’environnement économique

Mesurée en valeur ou en volume, la croissance du PIB apparaît très volatile depuis le début
des années 1990 mais cette volatilité est moindre depuis quelques années. L’activité
économique a continué de progresser en 2006 avec un taux de croissance du PIB à prix
constants estimé par la Banque centrale du Maroc à 8% alors qu’il est évalué à 2,4 % en
2005 (données en base 1998). Cette évolution semble liée à la hausse de la demande
intérieure très soutenue en 2006. L’année précédente, l’environnement n’a pas été très
favorable : les mauvaises conditions climatiques et notamment les sécheresses ont
fortement affecté la production agricole, la hausse du prix du pétrole a renchéri le coût des
importations et l’Accord sur les textiles et les vêtements (ATV) a expiré en 20041 soumettant
la production marocaine de textiles à une plus grande concurrence internationale.

Le profil de croissance marocain

L’évolution du PIB depuis 2002 indique que l’économie marocaine affiche en 2006 de très
bons résultats en matière de croissance (graphique 1). En 2005 en revanche, le pays a
accusé une décélération de son rythme de croissance avec des performances économiques
moyennes : 2,4% de croissance du PIB à prix constants.

1
L’accord textile vêtement (ATV, 1995-2004) signé à Marrakech en 1995 dans le cadre des accords
de l’OMC prévoyait le démantèlement progressif de toutes les restrictions quantitatives sur ce
commerce jusqu’en 2005. Mis en place en 1975, l'accord multifibre allouait des quotas d'exportation
aux pays en développement vers les pays riches pour les vêtements et produits textiles et avait
garanti un accès aux marchés des pays développés aux productions d'Asie, d'Europe de l'est et
d'Afrique. Ce qui a permis à ces derniers de faire face à la concurrence des gros producteurs comme
la Chine qui n'avait pas signé cet accord.

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2002-2006 En % 12 PIB à prix constants PIB à prix courants 10 8 6 4 2 0 2002 2003 2004 2005 2006 Source : Auteurs. L’essentiel de la volatilité de la croissance marocaine s’explique donc par l’instabilité productive dans ce secteur. Graphique 1 : Taux de croissance du PIB. 1990-2006 Source : Rapport annuel 2006 de la Banque Al-Maghrib Le graphique 2 met également en évidence l’évolution du PIB par secteur et montre que ce sont les variations du PIB agricole qui sont les plus marquées. Nous observons en premier lieu une importante volatilité de la croissance marocaine depuis deux décennies bien que celle-ci soit moins marquée en fin de période. 2006). Graphique 2 : Evolution du taux de croissance du PIB global et par secteur. Le tableau 1 qui renseigne sur la valeur du PIB agricole (y compris la pêche) et non agricole (« secteurs secondaire et tertiaire ») confirme ce résultat. D’après les données des comptes nationaux en base 1998 (Royaume du Maroc. Rapports annuels (2005 et 2006) Pour mieux appréhender le profil de croissance marocain.8% est inférieur de pratiquement un point à celui évalué sur la période plus récente 2000-2005 (4. Les conditions climatiques expliquent le plus souvent les écarts de productions très importants d’une année à l’autre. Le taux de croissance à prix courants dans le secteur agricole est passé de pratiquement –15% en 2005 à +28% en 2006. d’après les données (base 1998) de la Banque Al-Maghrib. Les variations annuelles de la production nationale sont en effet moins importantes de 2001 à 2006.9%) mais les statistiques de 2006 viennent nuancer ce résultat. le graphique 2. le taux de croissance moyen sur la période 1998-2005 évalué à 3. Les activités primaires représentent encore aujourd’hui une 5 . HCP. issu du rapport annuel 2006 de la Banque Centrale indique l’évolution du PIB depuis 1990.

5 380. plus de 10% de cette population travaille aujourd’hui dans ce secteur contre 8.2 446. 2006) * donnée en base 1980 Néanmoins. Rapports annuels (2005.5 73.1 522.1 426. Cette diversification est confirmée par la part de la population active occupée dans les différentes activités.0 500. dans le secteur industriel (y compris le bâtiment).6 80.7 65.0 477.4 460.9 73.3 PIB agricole 59. de sylviculture et de pêche contre moins de 78% en 2006. 2007). 2001-2006 (en milliards de dirhams) 2001* 2002 2003 2004 2005 2006 PIB à prix courants 383.8 Source : Banque AL-MAGHRIB.7 62.5% en 2000. En 2000. la croissance régulière du PIB non agricole traduit en effet une diversification des activités économiques.0 494. pratiquement 81% de la population occupée en milieu rural participe à des activités agricoles. cette variabilité agricole affecte moins l’évolution du PIB global que par le passé.5 403. 6 .part importante des activités de l’économie marocaine (14% du PIB en 2006) et influencent donc fortement les performances macroéconomiques. Inversement. Comme le note le FMI dans son dernier rapport sur le Maroc (FMI.6 575.5 PIB non agricole 119. Tableau 1 : Produit intérieur brut (base 1998).

B.9% en volume) alors que leur croissance est évaluée à 2.1% en volume). 102202 105937 112320 120360 133404 149054 165301 Variations de stocks -1689 5466 3349 10682 10342 9078 16713 Exportations 109800 125115 133450 134920 145953 165382 189921 Source : Comptes de la Nation de base 1998. 2000-2006 (à prix courants. nous observons une grande variabilité dans la contribution des différentes composantes du PIB et en particulier celle du solde extérieur et celle des variations de stock (cf. tableau 2) montre que les deux principales composantes du PIB sont les dépenses de consommation finale des ménages (environ 60%) et l’investissement (environ 25%). L’étude des contributions aux variations du PIB met en évidence un autre déterminant à la volatilité du PIB au Maroc. Tableau 2 : Equilibre emplois-ressources. graphique 3). En effet. l’investissement et les exportations avec un taux de croissance respectivement en valeur de 10.7% en 2005 (1. ce dernier étant mesuré par la formation brute de capital fixe (FBCF). D’après le HCP (2006). 7 . Les composantes du PIB L’équilibre emplois-ressources (cf. 2006.F. Les dépenses de consommation finale des ménages ont augmenté de 7. en millions de dirhams) 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 Ressources Produit intérieur brut 393786 462871 446044 476987 500081 522649 575271 Importations 131007 136004 143187 149155 171973 197443 220998 Total 524793 562875 589231 626142 672054 720092 796269 Emplois Dépenses de 242134 246780 258334 274162 288243 295998 319127 consommation finale des ménages Dépense de 72346 79577 81778 86018 94112 100580 105207 consommation finale des APU F.9% et 14. Haut Commissariat au Plan. Royaume du Maroc.C.8% en 2006 (3.8% ont néanmoins joué un rôle important sur la conjoncture récente. Cette évolution récente confirme que la hausse de la demande intérieure explique en partie les performances économiques récentes.

3% et 5. Graphique 3 : Contributions aux variations du PIB entre 2000 et 2006 en points de croissance 5.00 Dépenses de consommation 3.00 Solde extérieur -3. l’évolution de la dépense en produits de l’agriculture (à prix constants) oscille entre -5. Royaume du Maroc.9% pour les dépenses en Postes et télécommunications.C.F. celle des produits de l’industrie entre 41.00 -2.03 points de croissance du PIB). Un autre fait notable est relatif à la contribution du solde extérieur qui. La contribution de l’investissement (FBCF) aux variations du PIB a progressé d’année en année depuis le début de la décennie .4% en 2003.00 finale des APU 1.1% en 2002. 8 . elle est stable en 2006. une contribution extrêmement variable en début de période est observée : la dépense de consommation des ménages a contribué à hauteur de 30% à celle du PIB en 1999 (0.4% en 2003.00 finale des ménages Dépenses de consommation 2. 0.00 4. La contribution de la dépense de consommation des ménages s’est également sensiblement améliorée en 2006 confirmant la reprise de la demande intérieure.00 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 Variations de stocks -1.6% en 2000 et 28.54 points des 1. celle des produits de la pêche entre 64. après avoir freiné la croissance du PIB de 2003 à 2005.B.43 point des 1.00 Source : Auteurs à partir des Comptes de la Nation de base 1998. participe positivement à la variation du PIB en 2006. Néanmoins.4% en 2001 et -45.4% en 2001 et -2.39 points de croissance du PIB). ou encore entre 111. La volatilité des dépenses de consommation des ménages se reflète d’ailleurs assez bien dans l’évolution annuelle des postes de consommation des ménages enregistrée dans les comptes nationaux : par exemple. Haut Commissariat au Plan (2006). à 150% en 2000 (1.00 F.

6%. L’évolution des dépenses d’investissement réparties entre l’agriculture.29 0.55 4.84 0.73 3.89 APU F.5% en 2006) mais reste un secteur prépondérant.1 de hausse en 2002 et -1.94 4.12 1.C. en 2002. 17.2% de baisse dans l’agriculture. Avril 2006.2% l’année suivante .07 Dépenses de consommation finale des 1.95 1. l’industrie.64 -0. Du côté des ressources.70 1.F 1.27 -1.5 1.71 3.I.62 0.46 Solde extérieur -2. 12% en 2005 et 14. L’industrie représente (hors raffinage de pétrole) respectivement pour les mêmes années 16. en points de croissance 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 Produit intérieur brut 1.25 1.52 0. Haut Commissariat au Plan.21 0. Royaume du Maroc. -6.19 Source : Comptes de la Nation de base 1998. Tableau 3 : Contributions à la croissance du P. contre une hausse de 13. tableau 4).11 Variations de stocks -0. le bâtiment et les services n’apparaît guère plus stable : par exemple.55 2.3% de la valeur ajoutée globale en 2004.18 2. La branche « services » est le troisième secteur d’activité avec une valeur ajoutée qui participe à hauteur de 14% à celle de la nation.B entre 2000 et 2006.12 0.80 2.95 1.8 de baisse en 2003.10 2.01 -2.82 -0.43 ménages Dépense de consommation finale des 0. -28.5% de la valeur ajoutée totale (cf.40 4.2% et 16. la valeur ajoutée du secteur agricole n’est pas celle qui contribue le plus à la valeur ajoutée nationale (15.54 1.47 -1.B.07 -0.49 6. 9 .5 de baisse dans les services en 2001 contre 12.95 1.03 8.5 1.59 1. La dépense de consommation des administrations publiques (APU) qui représente un peu moins de 20% du PIB a contribué de manière encore plus variable à la croissance du pays.13 3.84 4.51 10.

4% du PIB.8 Postes et télécommunications 3.5 Raffinage de pétrole et autres produits 0. 2006.4 0.1 2. elle constitue le principal partenaire du Maroc avec près de 73% du total des exportations et presque 53% de la valeur totale des importations en 2006.5 6.8 sociale Education.8 Activités financières et assurances 5.8 Services rendus aux entreprises et 14. Tableau 4 : Structure des valeurs ajoutées par branche à prix courants 2005 2006 Agriculture 12. Les comptes extérieurs Les opérations sur biens et services D’après la Banque Al-Maghrib.2 12.1 Total 100.9 -5.6 2.2 16.3 1.0 personnes Administration publique générale et sécurité 10.0 14. En 2006.2 9.0 14.5 Pêche 1.3 d’énergie Electricité et eau 3.6 5.6 Branche fictive -4.2 Commerce 12. santé et action sociale 10.8 Bâtiment et travaux publics 6. le solde négatif est évalué à 5.0 Source : Comptes de la Nation de base 1998.5 Transports 4.0 100.0 Industrie 17.0 3. Le solde de la balance commerciale marocaine affiche de manière récurrente un déficit qui s’est aggravé en 2004 et la tendance s’est confirmée en 2005 et 2006.8 3.2 Industrie d’extraction 1.3 Hôtels et restaurants 2. Royaume du Maroc Haut Commissariat au Plan. 10 . En effet.8 2. en dépit d’une progression des exportations supérieure à celle des importations. « la structure des échanges commerciaux par région révèle la prédominance des transactions avec l’Union européenne ».1 9.

7 Importations globales 122.7 86.0 Déficit commercial global -43. En effet. ce sont les ventes de phosphates et dérivés qui ont permis une hausse du total des ventes à l’étranger de 7.2% en 2005 malgré un recul des exportations de textiles. Les biens d’équipement représentent néanmoins une part importante des importations (22% des importations en 2004) participant ainsi à l’évolution de l’appareil productif. Les importations de biens de consommation représentent en 2006 plus de 40 milliards de dirhams et les biens d’équipement plus de 45 milliards.0 -52.8 80. 11 .4 136.2 -70. Du côté des exportations.4 83. Tableau 5 : Déficit commercial global2 entre 2000 et 2006 (en milliards de dirhams) 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 Exportations globales 78. en grande partie.4 207.3 Source : Banque Al-Maghrib.1 157. 2 Les données tiennent compte ici des transactions effectuées sous le régime des admissions temporaires sans paiement et ne recoupent donc pas celles des comptes de la nation proposées dans le tableau 2 « Equilibre emplois-ressources ».3 111.1 -44. les « Machines et appareils divers » constituent avec les voitures un des premiers postes d’importations.9 87.1 -95. et donc l’augmentation du coût du fret. mais aussi une hausse des achats de denrées alimentaires à l’étranger expliquent.5 124.7 130.9 99. cette récente évolution.0 -85.7 -44. Rapports annuels (2001 à 2006) La facture pétrolière.9 184.

1 1780. ils évaluent ces flux de transferts à 8.7 -3777. Opérations financières 14555.0 Crédits commerciaux 2886.8 2.4 l’étranger Monnaie fiduciaire et dépôts 1703. la position nette est évaluée à –192 milliards.8% du PIB (avec la nouvelle base.0 13765. l’étude de la position extérieure du Maroc qui renseigne sur l’ensemble des créances et des engagements à l’égard du reste du monde en encours.4 12316. Malgré la crédibilité financière du Royaume.7 699. Straubhaar et Vadean (2005) montrent que le Maroc fait partie des 30 premiers pays recevant les transferts des migrants les plus élevés. d’après le dernier rapport de la Banque centrale. Tableau 6 : Compte de capital et d’opérations financières (en millions de dirhams) Solde 2005 Solde 2006 Compte de capital et d’opérations 14515.0 Source : Rapport annuel de la Banque Al-Maghrib. le compte des opérations financières renseigne sur l’évolution des créances ou des engagements des résidents vis-à-vis des non-résidents. Ainsi.1 Secteur privé 16270. prêts et placements. 2006.0 ---2. A l’occasion d’une conférence organisée par l’OCDE et la Banque centrale marocaine sur les transferts de fonds internationaux des émigrés.7 ---2.5 -150. nous évaluons ce chiffre à 9%). En 2002.2 Secteur public . Le compte de capital met en évidence l’importance des transferts des migrants au Maroc dont le solde s’établit à pratiquement 40 milliards de dirhams en 2005 et 26 milliards en 2006. et donc sur la position nette à un moment donné est indispensable.1 Prêts et investissements étrangers au Maroc 14002.Prêts -1715.Le compte de capital et des opérations financières La balance des paiements avec l’étranger indique que le Maroc affiche un solde (recettes – dépenses) du compte de capital et des opérations financières positif en 2005 et 2006 (tableau 6). la position du Maroc est débitrice nette par rapport au reste du monde (-150 milliards de dirhams en 2005).0 Prêts et investissements marocains à -2321. Le compte de capital présente les opérations relatives à des actifs et le compte des opérations financières retrace toutes les formes d’investissements.5 10536.8 -25.6 12290. En ce qui concerne notamment les investissements directs étrangers au Maroc. La dette publique extérieure Le Maroc reste un pays endetté envers l’étranger et plus particulièrement vis-à-vis des institutions financières internationales et notamment de la Banque Mondiale. Rappelons que les transferts représentent une source de revenu pour des millions de ménages dans les pays en développement ou à revenu intermédiaire. Pour appréhender dans sa totalité le compte financier. Capital – transferts des migrants -39. la confiance des marchés internationaux de capitaux et le 12 . Plus précisément.1 financières 1.

la dette extérieure du Maroc reste un fardeau pour le budget de l’Etat.soutien politique et financier des pays occidentaux et des institutions multilatérales. Si le ratio dette extérieure / PIB reste élevé. 13 . la tendance générale est cependant à la baisse depuis le début de la décennie (graphique 4).

Le rapport de 2007 se félicite quant à lui de « l’excellente performance des recettes fiscales et [de] la modération des dépenses [qui] ont significativement amélioré la position budgétaire en 2006 ». (2000-2005) 60 50 40 En % du PIB 30 20 10 0 2000 2001 2002 2003 2004 2005 Source : Auteurs d’après les données de la Banque Al-Maghrib.7 58. Graphique 5 : Soldes budgétaires. 2002-2008 (en % du PIB) 14 .0 55.6 Source : Rapport du FMI (2007) * projection du FMI Le niveau de dette est passé de 64. le solde primaire devient positif en 2006.9% du PIB en 2000 à 58.2% du PIB en 2006 traduisant ainsi une volonté des autorités marocaines de ne pas laisser dériver ce ratio.9 63.0 59. une variation positive de la dette totale est venue nuancer ces bons résultats. Nous constatons en effet que pour la première fois depuis un certain nombre d’années.2 58. La maîtrise des dépenses et notamment de la masse salariale a permis d’infléchir récemment la tendance et les projections du FMI confirmeraient cette évolution en 2007 et 2008.9 62. Graphique 4 : Dette publique extérieure. 2002-2008 (en % du PIB) 2002 2003 2004 2005 2006 2007* 2008* Dette du secteur public 64. Tableau 7 : Dette totale du secteur public. Le graphique 5 qui indique l’évolution du solde budgétaire (solde y compris paiements d’intérêts) et du solde primaire met en évidence cette récente amélioration de la position budgétaire. De 2004 à 2005 néanmoins. Rapports annuels (2001 à 2005) La situation budgétaire Le rapport de 2005 du FMI indique que la situation budgétaire du Royaume « ne présente pas de risque pour la stabilité des finances publiques à court terme » mais insiste sur la nécessité de poursuivre la réforme du système fiscal.

à l'exception du Directeur du Trésor et des Finances Extérieures qui ne prend toutefois pas part au vote des décisions relatives à la politique monétaire. De 2004 à 2005 néanmoins. 2 1 0 Solde -1 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 budgétaire -2 Solde primaire -3 -4 -5 -6 Source : Auteurs à partir des données du rapport du FMI (2007) Nota : le solde primaire correspond à la différence entre les recettes et les dépenses hors prise en charge de la dette sous forme d’intérêt. en %) 15 . les dépenses ont largement excédé les recettes. Bien qu’un tel objectif soit porteur de crédibilité monétaire. Les possibilités de financement du Trésor ont été réduites à une facilité encadrée dans son montant et dans le temps. les prix à la consommation ont augmenté de plus de 3% de 2005 à 2006 alors que le niveau d’inflation s’était stabilisé autour de 1. La dégradation observée en 2005 (4. Néanmoins. Cette mesure s’inscrit notamment dans les objectifs de réduction de la masse salariale de l’Etat décidés en collaboration avec la Banque Mondiale.5% les trois années précédentes (graphique 6). la stabilité des prix. Politique monétaire La conduite et la définition de la politique monétaire sont confiées à la banque centrale qui a pour objectif expressément défini. Sgard (2006) précise qu’après avoir pris en compte les recettes de privatisation (dont le produit devrait cependant décliner dans les années à venir).7%) est liée à un facteur particulier : le financement d’un programme de retraite anticipée des fonctionnaires. le déficit budgétaire participant à la création de dette publique n’est plus que de 2. Graphique 6 : Évolution de l’indice des prix à la consommation (2000-2006. La composition du Conseil de la Banque a été revue pour en exclure les représentants de l'Administration.6% (en pourcentage du PIB) en 2004. L'autonomie de la Banque Centrale a été consolidée par l'obligation de son retrait du capital et des instances de gestion des organismes soumis à son contrôle. il crée des contraintes fortes dans une économie en développement. L’inflation telle qu’elle est mesurée apparaît relativement faible et maîtrisée en dépit des tensions des dernières années sur le prix du pétrole mais aussi d’une forte augmentation de la demande intérieure en 2006.

il est en 2007 de 181. pour mesurer la tendance fondamentale des prix : la hausse mesurée pour 2005 est de 1. L’observation de l’évolution de l’indice des prix à la consommation depuis 1960 confirme une volonté de stabilité des prix depuis le milieu des années 1990. un indice d’inflation sous-jacente.3 pour les produits non alimentaires (HCP. Une analyse sur plus longue période montre que c’est pour les biens alimentaires que l’indice du coût de la vie a le plus augmenté.5 2 1.5 0 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 Source : Auteurs d’après les données du FMI (2007) La Banque Al-Maghrib publie. G r a p h i q u e 7 : T a u x d 'i n f l a t io n s u r l o n g u e p é rio d e 20 In d i c e d e s p r i x à l a c o n s o m m a t i o n ( % 15 a n n u e l) 10 5 0 1960 1970 1980 1990 2000 2010 ts id source : WDI 16 . un chiffre plus élevé qu’en 2004 (1. la politique monétaire prudente mise en œuvre explique en partie la détente des prix. D’après la banque centrale. (cf.3%) mais reste en deçà de la limite de 2% retenue comme référence pour la hausse des prix à moyen terme.6%. 2007). 3. Les interventions de la Caisse de compensation ont en effet réussi à atténuer les effets de la flambée du cours du pétrole sur le niveau général des prix. graphique 7). à l’instar d’autres banques centrales. En normalisant cet indice à 100 en 1989.5 1 0.8 pour l’alimentation et de 174.5 3 2.

Le tableau 8 confronte l’épargne nationale brute et l’investissement brut (FBCF) de l’économie marocaine de 2000 à 2006. En outre. TIPP. l’épargne des ménages est définie comme un solde brut correspondant à la différence entre le revenu disponible brut et la dépense de consommation. les plus-values ne sont pas intégrées dans le revenu des ménages. Celles-ci se rapportent aux différents facteurs qui peuvent modifier de manière significative la mesure de l’épargne dans une économie : . les impôts sur les plus-values réalisées sont inclus dans les impôts directs et sont donc déduits du RDB. certains auteurs préconisent d’évaluer l’épargne après avoir déduit les impôts indirects du RDB au même titre que les impôts directs.les biens durables : la frontière entre consommation et épargne peut être déplacée si l’on donne aux achats de biens durables un caractère d’investissement. Cette convention de mesure suscite cependant des discussions. Épargne – investissement Les comptes nationaux permettent de déterminer la capacité ou le besoin de financement d’une économie pour chaque année. Dans une perspective de comparaisons internationales. La prise en compte des plus-values rehausserait l’évaluation de l’épargne. Traditionnellement. l’investissement en logement est soumis à la TVA). les transferts sociaux en nature (ou consommations individualisables à la charge des administrations publiques) : leur prise en compte modifie sensiblement le champ de la consommation des ménages. . la CCF mesure la perte de valeur des équipements productifs des entrepreneurs individuels et l’obsolescence du patrimoine en logement des ménages.la structure fiscale (poids relatif des impôts indirects) : le revenu disponible brut (RDB) s’entend après déduction des impôts perçus directement par les APU. Mais ces impôts se répercutant sur les prix de détail toutes taxes.Section 2 : L’épargne La mesure de l’épargne dépend des conventions adoptées en ce qui concerne le revenu disponible et la consommation. En revanche. et partant celui de l’épargne. . . en millions de dirhams) 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 17 . On peut se demander si de tels biens ne devraient pas être comptabilisés en consommation de capital fixe plutôt qu’en dépense de consommation. …) sont prélevés indirectement par le biais de la consommation ou de l’investissement (en France par exemple.la consommation de capital fixe (CCF) : étant donné que l’épargne peut servir à compenser en partie ou en totalité la perte de valeur du capital. Tableau 8 : Epargne et investissement de 2000 à 2006 (à prix courants. Le taux d’épargne s’en trouverait accru. . Dans le cas des ménages. En revanche. ce surcroît de revenu nominal ne confère évidemment pas plus de pouvoir d’achat aux ménages. il est intéressant de calculer un taux d’épargne net. les impôts indirects sur les produits (TVA. elle est difficile à produire et varie sensiblement d’un pays à l’autre. La mesure du revenu est plus élevée dans les pays où les impôts indirects représentent une part importante des prélèvements obligatoires. La notion est cependant délicate en ce qui concerne les logements.les plus-values financières (peu pertinent si le développement financier est faible) : contrairement aux intérêts et aux dividendes.

graphique 8).Epargne 95 466 129 614 131 945 146 280 152 297 168 152 198 340 nationale brute FBCF 102 202 105 937 112 320 120 360 133 404 149 054 165 301 Source : Comptes de la Nation de base 1998. 18 . L’année 2001 est marquée par une forte progression du taux d’épargne nationale (cf. C’est d’ailleurs à partir de cette période que le Maroc dégage une capacité de financement de son économie (cf. Royaume du Maroc. graphique 9). Haut Commissariat au Plan. 2006.

Les PME qui composent pourtant un large pan du tissu productif du pays rencontrent notamment d’importantes difficultés de financement. Cela traduit un problème. Comparé à ceux des pays voisins du Sud de la Méditerranée. Ce taux d’investissement a cependant une répercussion assez faible en termes de croissance du PIB. d’allocation des ressources au sein de l’économie. les banques achètent des titres publics. Le Maroc a donc un surplus d’épargne que le circuit traditionnel d’intermédiation ne parvient pas à acheminer efficacement jusqu’aux forces productives du pays. Graphique 8 : Taux d’investissement et taux d’épargne en % du PIB courant. Haut Commissariat au Plan. Si elles le pouvaient. supérieur à celui de l’Egypte (18% en moyenne au cours de la décennie 90) mais inférieur à celui de la Tunisie (28%) et de l’Algérie (30%). 2006 Graphique 9 : Capacité de financement (+/-) 2000-2006 (en millions de dirhams) 20000 15000 10000 5000 0 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 -5000 Source : Auteurs d’après les données de la Banque Al-Maghrib. commun à l’ensemble des pays à revenus intermédiaires. 2000-2006 35 30 25 Taux d'investissement 20 Taux d'épargne 15 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 Source : Comptes de la Nation de base 1998. Royaume du Maroc. Rapports annuels (2001 à 2006) Cette capacité de financement reflète toutefois l’atonie du taux d’investissement. Or si les banques estiment insuffisantes les garanties qu’elles peuvent obtenir auprès du 19 . « le problème est qu’au lieu d’apporter leurs ressources aux entreprises moyennes. financent les grandes entreprises et stockent leur liquidité résiduelle à la Banque centrale. ce taux d’investissement se situe à un niveau intermédiaire. en grande partie lié à un développement insuffisant de l’intermédiation financière et du système financier dans son ensemble. Comme le note Sgard (2006). qui se situe à un niveau quasi inchangé depuis quelques années : de 25% contre 23% en moyenne au cours de la décennie 1990. elles investiraient en Bons du trésor américains ».

les sociétés non financières. 20 . Les comptes nationaux permettent également de déterminer l’apport financier de l’extérieur. Le rôle des administrations publiques et des sociétés financières s’est réduit depuis 1998.secteur des PME. plusieurs catégories d’agents participent à la constitution de l’épargne nationale brute dont les sociétés financières (qui participent à la collecte de l’épargne). on comprend aisément que l’émission d’actions. les ménages et les administrations publiques. Épargne par catégorie d’agents Au sein de l’économie domestique. Le tableau 9 renseigne sur les montants épargnés pour chaque institution de 1998 à 2003 qui est à ce jour la dernière année disponible dans les données des comptes nationaux sectoriels. Les deux secteurs institutionnels qui participent le plus à l’effort d’épargne nationale sont les sociétés non financières et les ménages. même sur un compartiment adapté du marché boursier. ne puisse guère rencontrer plus de succès.

Graphique 10: Structure de l’épargne en %. (en millions de dirhams) 1998 1999 2000 2001 2002 2003 Sociétés non 45 689 44 028 50 185 55 145 60 590 69 332 financières (SNF) Sociétés 7 806 7 389 10 335 9 358 8 996 7 507 financières (SF) Ménages 36 901 30 610 28 773 63 534 56 162 63 508 Administrations 8 109 12 959 6 174 1 576 6 197 5 923 publiques (APU) Total 98 505 94 986 95 467 129 613 131 945 146 270 Source : Les comptes de la Nation de base 1998. La hausse constatée entre 2000 et 2001 (+ 35. Les années 1999-2000 sont marquées par une diminution de l’épargne globale qui est essentiellement liée à la réduction du montant d’épargne des ménages. direction de la statistique. Le rôle de chaque catégorie d’agents dans la constitution de l’épargne nationale est mieux identifié par le graphique 10 qui indique la répartition de l’épargne globale par secteur institutionnel pour l’année 2003. Royaume du Maroc. HCP. direction de la statistique. Royaume du Maroc. HCP. 2003 Sociétés non financières Sociées financières Ménages Administrations publiques Source : Auteurs d’après « Les comptes de la Nation de base 1998 ». Tableau 10 : Capacité ou besoin de financement par catégorie d’agents 1998 1999 2000 2001 2002 2003 SNF -8 121 -18 528 -4 765 -2 329 2 245 -3 731 SF 6 352 5 153 7 704 8 128 6 207 5 745 Ménages 3 660 1 102 874 27 650 17 732 22 552 APU -3 372 10 552 -8 922 -15 340 -9 975 -9 435 Extérieur 1 481 1 721 5 109 -18 109 -16 209 -15 131 21 . Tableau 9: Structure de l’épargne brute par catégories d’agents 1998-2003. Les comptes nationaux et en particulier le compte de capital enregistrent la capacité ou le besoin de financement de chaque institution en confrontant les ressources disponibles (épargne brute) et la formation brute de capital (FBCF + variation de stock + variation des actifs incorporels).77 % en dirhams courants) est également due au comportement des ménages.

HCP. direction de la statistique. direction de la statistique. Royaume du Maroc. Source : Auteurs d’après « Les comptes de la Nation de base 1998 ». les graphiques 11 et 12 mettent en évidence l’évolution de la capacité ou le besoin de financement des entreprises (SNF) et des ménages. cette catégorie institutionnelle présente régulièrement un besoin de financement. Ainsi. Plus précisément. en millions de dirhams 22 . le flux annuel d’épargne des sociétés non financières est donc inférieur à leur FBCF (investissement productif) (cf. Royaume du Maroc. De 2000 à 2001. besoin évalué à 3 milliards de dirhams en 2003. graphique 11). A l’exception de l’exercice 2002. Graphique 12 : Évolution de la capacité de financement des ménages 1998-2003. les ménages ont largement accru leur capacité de financement alors que leur investissement a continué d’augmenter légèrement cette même année en passant de 32 millions de dirhams à plus de 36 millions. HCP. Graphique 11 : Évolution de la capacité de financement des entreprises 1998-2003. en millions de dirhams 5000 0 1998 1999 2000 2001 2002 2003 -5000 -10000 -15000 -20000 Source : Auteurs d’après « Les comptes de la Nation de base 1998 ». Le montant d’épargne des ménages a plus que doublé pour cette période. Seules deux catégories d’agents affichent régulièrement une capacité de financement : les ménages et les sociétés financières. Les ressources excédentaires d’épargne des ménages et des sociétés financières couvrent en partie les besoins des sociétés non financières ainsi que ceux des administrations publiques.

Quant à l’épargne institutionnelle. représentent quasiment la moitié de la valeur de l’épargne financière. la valeur des titres nouvellement émis est estimée à plus de 36 milliards de dirhams en 2005 et à presque 14 milliards en 2006. Cette part est relativement constante sur les trois années considérées. Cette évolution traduit le développement d’intermédiaires financiers qui s’introduisent dans le circuit épargne-investissement pour collecter l’épargne des particuliers et la gérer eux-mêmes. Epargne financière et institutionnelle L’évolution des différents placements réalisés par les agents non financiers de 2004 à 2006 montre un accroissement de toutes les formes d’épargne financière à l’exception des placements à moyen terme. les avoirs liquides. 23 . Tableau 11 : Évolution des placements des entreprises non financières et des particuliers. principalement constitués des dépôts à vue auprès des banques. En ce qui concerne les titres de sociétés. l’épargne financière dans son ensemble a progressé d’environ 109 milliards entre 2005 et 2006. En tenant compte des titres de sociétés. en millions de dirhams 2004 2005 2006 Avoirs liquides 282504 324312 375284 Placements à vue et à court 143405 158049 181368 terme Placements à moyen terme 1816 3075 2565 Titres d’OPCVM 35995 35503 53483 Epargne institutionnelle 127525 141464 153608 Total 591223 662403 766308 Source : Rapport 2006 de la Banque Al-Maghrib D’après la Banque centrale marocaine. les placements à court terme ont augmenté de 14. direction de la statistique.6%. elle ne cesse de progresser depuis 2004. HCP. En 2006. 30000 25000 20000 15000 10000 5000 0 1998 1999 2000 2001 2002 2003 Source : Auteurs d’après « Les comptes de la Nation de base 1998 ». Royaume du Maroc. la valeur des placements augmente de 8. En 2006.2% en 2006 à la faveur d’une meilleure rémunération des comptes épargne alors que les souscriptions des agents non financiers en bons du Trésor se sont soldés par un flux négatif.

L’objectif est d’améliorer le fonctionnement du système financier au service de la mobilisation de l'épargne et du financement de l'économie. Les instruments de la politique monétaire ont été modernisés. . prises de participation). Contrepartie nécessaire de ces évolutions. solvabilité. Ses pouvoirs et ses moyens d'intervention pour gérer les crises bancaires ont également été renforcés. C’est à la Banque centrale. pour au final parvenir à une allocation efficace des capitaux. 24 . Des mécanismes de protection des déposants ont été introduits. Trésor.Section 3 : Le développement financier Le Maroc s’est engagé depuis le début des années 1990 dans une réforme étendue à l’ensemble des composantes du secteur financier (secteur bancaire. visant à moderniser et à libéraliser son système financier. liquidité. la réglementation prudentielle a été renforcée (capital minimum. à libéraliser les taux d’intérêt et l’obligation faite aux banques d’investir une fraction minimale de leurs ressources en titres publics a été assouplie (10% depuis 1998). Le champ d'activité des établissements de crédit a ainsi pu s’élargir à une offre de produits et services financiers plus diversifiée et à un segment plus vaste de la population. dont les prérogatives en la matière ont été étendues. depuis le début des années 2000. graphiques 13 et 14). par une progression sensible de la bancarisation de l'économie observée à partir du poids croissant des dépôts et des crédits évalué par rapport au PIB (cf. Outre la suppression de l’encadrement du crédit déjà mentionnée. Une refonte du cadre législatif a permis d’introduire les notions de banque universelle et d’établissement de crédit. ce qui va dans le sens d’une « désadministration » de la gestion des banques. Réforme du secteur bancaire La réforme du secteur bancaire marocain s’est articulée autour de quatre grands axes : . . Cela se traduit. Les autorisations administratives sont désormais limitées aux seules décisions stratégiques. . La déréglementation de l’activité bancaire a consisté à lever l’encadrement du crédit. Les établissements bancaires sont appelés à accroître les moyens à même de permettre une meilleure maîtrise des risques et de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance. marchés de capitaux. marché des changes). positions de change. secteur de l’assurance et de l’épargne institutionnelle. les mécanismes de réescompte à taux fixe ont été supprimés et des instruments indirects de régulation des agrégats monétaires ont été introduits. que la supervision des banques incombe.

pour un taux de bancarisation moyen du pays évalué entre 25 % et 30%. Demirgüç-Kunt et Levine (2007) L’ensemble de ces dispositions a favorisé une restructuration du secteur bancaire.0% 10.0% 1960 1962 1964 1966 1968 1970 1972 1974 1976 1978 1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 Source : Base de donnée de Beck.0% 50.0% 30. Tableau 12 : Les principaux acteurs du secteur bancaire en 2004 Nombre d’établissements Attajari Wafabank 463 BMCE 233 BMCI 154 CMA 196 25 . Graphique 13 : Évolution des dépôts / PIB. 1960-2006 Les crédits accordés par les banques et les autres institutions financières au secteur privé / PIB 70. Les réseaux de ces banques totalisent un peu plus de 2 000 agences. Sur les dix-sept banques qui possèdent aujourd'hui une licence d'exploitation.0% 0.0% 40.0% 60. Demirgüç-Kunt et Levine (2007) Graphique 14 : Evolution des crédits à l’économie / PIB. 1960-2006 Dépôts / PIB 90% 80% 70% 60% Dépôts / PIB 50% 40% 30% 20% 10% 0% 60 62 64 66 68 70 72 74 76 78 80 82 84 86 88 90 92 94 96 98 00 02 04 06 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 19 20 20 20 20 Année Source : Base de donnée de Beck.0% 20. sept contrôlent l’essentiel des activités.

Le CPM regroupe la Banque Centrale Populaire (BCP) et les banques Populaires régionales.Tafilalet 2 141.10 Taounate 26 .26 Taza – Al Hoceïma .47 Rabat – Salé – Zemmour .65 116 3.7 5.44 Tadla . la SGBM (Société Générale de Banque au Maroc).41 17 3.53 105 4. Viennent ensuite la BMCI (Banque Marocaine pour le Commerce et l’Industrie) détenue à 65% par BNP Paribas. 2005. La BMCE. Le groupe Attajari Wafabank (issu de la fusion entre la Banque Commerciale du Maroc et Wafabank) représente le premier groupe bancaire et financier du Maghreb.08 10.70 Haouz Oriental 1 918.66 63 3.7 0. Le crédit populaire du Maroc (CPM).11 Marrakech – Tensift – Al 3 102.7 7. 2004 REGIONS MAROCAINES Population Nombre Couverture Taux (en milliers) d’établissem (nombre d’implantatio ents d’établissemen n des bancaires ts pour 100 établissemen 000 habitants) ts (en %) Oued Ed-Dahab .84 Souss – Massa .37 5 5.28 Gharb – Chrarda – Béni 1 859.04 70 3.90 5.11 Meknès . est également devenue une institution importante dans le paysage bancaire marocain.80 5. En effet.Azilal 1 450.25 Lâayoune – Boujdour – 256.06 660 18.53 3.57 Zaër Doukala . HCP.0 0.51 Grand Casablanca 3 631.Lagouira 99.93 Sakia El Hamra Guelmin – Es-Semara 462.05 107 6. Tableau 13 : Implantation et couverture bancaire par région.8 3.2 32.4 0. 2 366. à savoir le groupe « Banque Populaire » est le mieux implanté au Maroc avec un réseau de 672 agences en 2004. créée en 1995. Royaume du Maroc.Boulemane 1 576.54 72 3.9 3. Le crédit agricole du Maroc (CMA) est également un acteur important du secteur avec 196 agences répertoriées en 2004.54 Hssen Chaouia .49 215 9. Elle représente la deuxième banque privée marocaine en termes de total d’actifs.17 Fès . le Crédit du Maroc (CM) et le Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH).Abda 1 984.52 43 2.Ouardigha 1 655.11 63 3. CM 141 CIH 102 CPM 672 SGMB 195 Autres 57 Source : Le Maroc des régions. direction de la statistique.0 8.96 2.65 148 4. 1 807.Daraa 3 113. en gérant 27 % des dépôts des agents marocains.09 173 9.15 19 7. Attajari Wafabank est l’une des principales banques commerciales du Maroc.49 3.

ce niveau de capitalisation boursière situe le Maroc devant la Tunisie mais derrière l’Egypte. direction de la statistique et calculs des auteurs. Tanger .6% au Maroc) à 81.1 millions d’habitants. Les régions « Oued ». Jusqu’au début des années 2000. Il est observé que la bourse égyptienne « Cairo & Alexandria Stock Exchange » a 27 . ne bénéficie que de 7.35 7.Tétouan 2 470. « Doukala ». « Meknès ».69 2033 6. La région de Souss en particulier.9% (24. contre 24.3 millions d’habitants.00 Source : Le Maroc des régions.2% au Maroc). la taille des marchés marocains (évalué par le rapport capitalisation boursière / PIB) dépassait celle des marchés égyptiens. Les régions de Casablanca et de Rabat sont caractérisées par une importante implantation bancaire avec notamment plus de 32% de l’ensemble des agences établies dans le secteur « Grand Casablanca » et pratiquement 11% du réseau dans la région « Rabat-Salé- Zemmour-Zaër ». Cette couverture géographique répond à la demande : avec 3. « Chaouia ». la région de Casablanca est en effet la plus peuplée (tableau 13). HCP.37 157 6. Mais à partir de 2002. La seconde étape s’est concentrée sur un objectif de dynamisation du marché boursier et sur le renforcement de la supervision financière : 52 entreprises domestiques étaient cotées.80 100.2% de l’ensemble du réseau bancaire alors que le secteur de Rabat. Les régions « Rabat » et « Oriental » bénéficient également d’un important réseau d’agences par rapport au nombre d’habitants (environ 9 établissements pour 100 000 habitants).6 % en 2002 et 41. Sur le marché financier. qui est la deuxième région la plus peuplée derrière « Grand Casablanca » avec 3. 2005. en 2003. Après s’être beaucoup dégradée au début des années 2000. En forte progression depuis 2002.2% en 2006 (67. les marchés égyptiens se développent fortement et la capitalisation boursière passe de 28. « Guelmin ». Avec plus de 18 agences bancaires pour 100 000 habitants. L’implantation bancaire est également liée à la concentration d’activités économiques et à la présence de centres de décisions.8% en 1999 (graphique 15). « Marrakech ». C’est pourquoi il existe des disparités géographiques en termes de couverture de la population. « Taza » et dans une moindre mesure « Tanger » affichent une couverture bancaire inférieure à la moyenne nationale qui est de pratiquement 7 établissements pour cent mille habitants.72 Total 29 894. à la Bourse de Casablanca et la capitalisation boursière atteignait à cette même date 13152 dollars (FIBV). la capitalisation boursière a renoué avec un niveau (exprimé en pourcentage de PIB) nettement supérieur à celui de la fin des années 1990 : 67. l’importante concentration bancaire dans la région de Casablanca est confirmée. « Gharb ». Réforme du secteur financier La réforme des marchés de capitaux est engagée depuis 1993. Royaume du Maroc. Elle s’est déclinée en différentes étapes. Le plus faible taux de « couverture bancaire » est celui de la région de « Tadla-Azilal » où il y a moins de 3 établissements pour cent mille habitants. la première étape a consisté dans un remodelage institutionnel destiné à moderniser la gestion de la Bourse avec notamment la mise en place du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM).6 millions d’habitants. est représentée par un taux d’implantation bancaire de plus de 10%. avec 2.2% en 2006.

0% 40. infra). 4 Conseil national du crédit et de l’épargne. droit à clôturer les comptes ou à les transférer sans frais en cas de fermeture d’agence. amendement de la loi relative à la Bourse de valeurs. amendement de la loi relative au dépositaire central. Les titres de créances négociables ont été introduits dans un second temps en 1995. Demirgüç-Kunt et Levine (2007) Sur le marché monétaire. les associations de micro-crédit.0% 70.0% 20. Approfondissement des réformes et stabilité du système financier Engagée depuis 2003. Celle-ci renforce l’autonomie de la banque centrale et ses pouvoirs en matière de contrôle et de supervision. la réforme a débuté en 1989 avec une dynamisation du marché des adjudications. loi relative aux opérations de pension. Le rôle des commissaires aux comptes est accru : ils doivent s’assurer du respect par les établissements de crédits des règles comptables et prudentielles. rendre compte de leur mission à la 3 Loi relative aux offres publiques.0% 30.2% en 2006 pour l’Egypte contre 23. La refonte de la loi bancaire est assez emblématique.0% 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 Années Source : Base de donnée IFS (FMI). la caisse de dépôt et de gestion. droit d’indemnisation en cas d’indisponibilité des dépôts dans une agence. 5 Conseil national de la monnaie et de l’épargne.0% Capitalisation / PIB 60. 28 .6% pour le Maroc (cf. la caisse centrale de garantie et les services financiers de Barid Al Maghrib. Les attributions des différentes instances crées par la loi bancaire ont été refondues pour améliorer la supervision du secteur : le CNCE4 remplace le CNME5 et le comité des établissements de crédits voit ses prérogatives étendues à toutes les questions relatives à l’activité des établissements de crédit. 6 Droit d’information deux mois avant la fermeture d’une agence par un établissement de crédit.0% 50. Les droits des déposants sont renforcés6.0% 0. amendement de la loi relative aux OPCVM. Graphique 15 : Évolution de la capitalisation boursière (en % du PIB) 1960-2006 Capitalisation boursière / PIB 80. d’après Beck. amendement du Dahir portant loi sur le CDVM.été beaucoup plus active que la bourse marocaine de Casablanca (à l’exception des années 1995 et 1996). La loi bancaire et le contrôle dévolus à la Banque centrale ont été étendus à de nouvelles entités : les banques off shore. la phase d’approfondissement des réformes (via de nombreux amendements et lois3) est en grande partie dédiée à la stabilité et à la sécurité du système bancaire et financier.0% 10. Le volume des transactions (exprimé en pourcentage de PIB) atteint 44.

8 Source : IMF Working paper n°04/201".7 5. tableau 15). en raison vraisemblablement d’un taux relativement élevé de prêts non performants jusqu’au début des années 2000. Financial Sector Development in the Middle East and North Africa" Oct.8 Tunisie 5.0 4.6 4.3 Egypte 5.3 3.0 5. Le Maroc pâtit également sur la période considérée d’une ouverture financière encore faible. échelle de 1 à 10) 1960 1970 1980 1990 Algérie 2.4 6. L’économie marocaine présente aujourd’hui un niveau de développement financier évalué à 5. en tout cas inférieure à celle de l’Egypte et de la Tunisie (où le contrôle des changes demeure pourtant assez strict) et comparable à celle de l’Algérie.6 2. Etat du développement financier Porté par les réformes et leur approfondissement.3 5.6 7.8 3.5 3. des réserves obligatoires et de change. 2004 29 . le secteur bancaire et financier marocain s’est accru.5 4.2 Maroc 5.8 Maroc 2.0 Source : IMF Working paper n°04/201.8 4.7 Egypte 1. Mushfiq.0 3.4 4. le secteur bancaire reçoit une évaluation inférieure à celle de la Tunisie et de l’Egypte. Par contre. le Maroc comparé à la Tunisie et à l’Egypte enregistre des résultats meilleurs au niveau de la supervision financière et de la politique monétaire.2 2. le Maroc qui se situait en dessous de la moyenne des pays du MENA a rattrapé son retard dans le courant de la décennie 1990 (cf. supérieur à celui de la moyenne de la zone évaluée à 5/10 (cf.0 Tunisie 3.7 1. tableaux 14 et 15).Banque centrale et rapporter à cette dernière toute violation des dispositions réglementaires et législatives.3 4. Tableau 14 : Indicateur quantitatif synthétique de développement du secteur financier : évolution historique (moyenne annuelle.0 3.5 4.8 4. Si l’on se réfère aux mesures de développement financier proposées par Creane. tableau 14).0 2. Mobarak et Sab (2004) à l’appui des données rassemblées par le FMI.6 6.0 6.0 2.2 5.7 7.3 6. Goyal. des crédits au secteur privé (cf. Financial Sector Development in the Middle East and North Africa" Oct.5/10.3 5.5 5.0 3.7 4.9 3. 2004 En se référant à ces mesures synthétiques.5 3. Tableau 15 : Indicateurs qualitatifs détaillés de développement du secteur financier. La mesure fournie correspond à un indicateur synthétique tenant compte à la fois de la masse monétaire. des dépôts bancaires.5 5.4 4. 2002-2003 (échelle de 1 à 10) Indicateur Secteur Secteur Régulation Politique Ouverture Environnement synthétique bancaire financier et monétaire financière institutionnel non supervision bancaire Algérie 3.

Tunisie. Une dizaine de pays de la région « Moyen Orient Afrique du Nord » sont présents7 avec toutefois. Demirguç-Kent et Levine utilisent trois ratios consistant à rapporter les actifs du type d’IF considéré à ceux de l’ensemble des IF : • Actif de la banque centrale / Actif des IF (Central Bank Assets to Total Financial Assets) • Actif des banques de dépôts / Actif des IF (Deposit Money Bank Assets to Total Financial Assets) • Actif des autres IF / Actif des IF (Other Financial Institutions Assets to Total Financial Assets) Alors que les banques dominent encore largement l’ensemble des IF en Tunisie et en Egypte. les caisses d’épargnes et les banques de développement). 2007) proposent une série d’indicateurs de mesure du développement. contre moins de 1% en Tunisie. fonds d’investissement. le poids des banques a continué de s’accroître en Tunisie (le ratio atteint près de 95% en 2006).7% en Egypte. Beck. 7 Djibouti. alors qu’il diminuait au Maroc et en Tunisie. 52. un grand nombre de données manquantes. Indicateurs de taille Afin de déterminer le poids relatif de chaque institution dans l’ensemble des IF.D’autres indicateurs viennent utilement compléter l’analyse. les banques de dépôts et les autres institutions financières (compagnies d’assurances. atteignant 28% en 2006. Oman. de la Tunisie et de l’Égypte sont bien renseignées. L’actif des banques marocaines représentait. couvrent une longue période allant de 1960 à 2006 et un très large ensemble de pays de différentes régions du monde et à des stades de développement différents. Algérie. Banque mondiale). qu’en Tunisie et en Egypte : le ratio de leurs actifs était de 30% en 1990 alors qu’il demeure faible en Egypte tout au long de la période proche de 5% en moyenne et en diminution en Tunisie depuis la fin des années 1990. Maroc. Egypte.2%) avant d’amorcer un fléchissement (66% en 2006). Le poids des autres IF apparaît beaucoup plus important au Maroc. les données du Maroc. Syrie. fonds de pension. Liban. de la structure et des performances des systèmes financiers. Irak. extraites de la base « International Financial Statistic » (FMI. qui ne coïncide toutefois pas avec un accroissement du poids des autres IF. Le poids de l’actif de la Banque centrale demeure assez important en Egypte. et s’est accru jusqu’en 2000 (68. Libye. et nous fournissent des points de comparaison pour apprécier le niveau de développement financier du Maroc. atteignant juste 4. par rapport aux deux autres pays. Iran.5% de l’actif total de toutes les IF. Les données ne sont pas disponibles au-delà de cette date pour le Maroc. Dans le cadre de leurs travaux consacrés aux performances des systèmes financiers. 30 . Beck.1% en 2006. contre près de 90% en Tunisie et 47. Jordanie. en 1990. Elles nous permettent de constituer un groupe homogène de pays (tous trois classés par la Banque mondiale au sein du groupe de pays à « faible revenu moyen »). En revanche. l’intermédiation apparaît relativement plus diversifiée au Maroc. Yémen. Indicateurs de développement des institutions financières Pour mesurer le développement de l’intermédiation. Demirgüç-Kunt et Levine (2000. trois catégories d’institutions financières (IF) sont définies: la Banque centrale. Les données réunies pour les construire. Il s’est accru jusqu’en 1990 pour atteindre 46%. en revanche. puis a commencé à diminuer ensuite. dans certains cas.

il fluctue depuis les années 1990 (données non disponibles avant cette date) et atteint 65% en 2006.2% en Egypte (6. moindre au Maroc (2. Mesurée ainsi. qui traduit le poids des engagements à court terme de l’ensemble des IF. bien qu’elle semble s’être accru au Maroc entre 1980 et 1990. • Actif des autres institutions financières / PIB (Other Financial Institutions Assets to GDP). : • Actif de la banque centrale / PIB (Central Bank Assets to GDP) . en Tunisie. la taille des banques dépasse largement celle de la banque centrale.I. mesuré de la même manière en rapportant la valeur de leur actif au PIB. date à laquelle le ratio atteint 16% contre 6.4% en 2005). La taille globale des IF relativement à celle de l’économie est mesurée par un dernier ratio : • Passifs liquides / PIB Ce ratio.B. l’activité des « autres IF » demeure faible dans les trois économies.6% en 1980). Demirgüç-Kunt et Levine utilisent des ratios rapportant la valeur respective de leurs actifs au P. • Actif des banques de dépôts / PIB (Deposit money Bank Assets to GDP) . Dans le cas de l’Egypte.7% en 2006 contre 44. 79% au Maroc et 68% en Tunisie. Ces trois indicateurs font observer que la Banque centrale a un poids considérable (41. faible en Tunisie (inférieur à 1% de 1990 à 2006).8% en 1980) bien que fluctuant en Egypte. en revanche. s’accroît dans chacune des trois économies : le ratio augmente tout au long de la période au Maroc (17% en 1963 et 76% en 2006) et en Egypte (28% en 1963 et 81% en 2005) . Demirguç-Kent et Levine par un autre ratio : • Actif des banques de dépôts / (Actif de la banque centrale + actif des banques de dépôts (Deposit Money Bank Assets / Deposit Money Bank Assets + Central Bank Assets). on obtient une mesure de la taille de l’intermédiation dans son ensemble : celle-ci atteint 128% du PIB en Egypte. le poids de la Banque centrale demeure important : l’actif des banques représente entre 60% et 70% du total des actifs de la banque centrale et des banques de dépôts au cours de la période. 31 . et représente respectivement en fin de période plus de 96% et 99% de la somme totale des actifs de la Banque centrale et des banques. En sommant ces trois ratios. Le poids des banques.L’importance relative des banques par rapport à la banque centrale est mesurée par Beck.9% en 2006 Bank Assets to GDP 6 contre 12. Pour mesurer le poids relatif des trois catégories d’IF dans l’économie. Beck. Au Maroc comme en Tunisie. a progressé de manière significative dans les trois pays et a franchi le seuil de 100% au milieu des années 2000 au Maroc et en Egypte (contre 60% en Tunisie).

consiste à canaliser l’épargne vers les investisseurs.9% en 2006). Indicateurs d’activité La fonction principale d’une IF. • Frais bancaires généraux / Actif total des banques : « Overhead Costs ». Beck. les dépôts bancaires atteignaient 49% du PIB en 2006. • dépôts auprès des banques et des autres IF / PIB (Financial System Deposits / GDP). L’importance des autres IF. inférieure à 1% en Egypte. • Primes des assurances dommages / PIB (Non Life Insurance Premium Volume / GDP). Il est à noter que si ces deux ratios permettent de mesurer le poids dans l’économie de l’activité de crédit et son évolution. l’activité d’assurance ainsi mesurée apparaît faible. Demirgüç-Kunt et Levine utilisent tout d’abord deux ratios de crédits rapportés au PIB: • Crédits des banques au secteur privé / PIB (Private Credit by Deposit Money Banks to GDP) . Dans les trois pays. Ce qui signifie que l’épargne gérée par les IF a progressé plus rapidement que le PIB. Dans les deux cas. Demirgüç-Kunt et Levine retiennent deux indicateurs d’efficience : • Marge d’intermédiation (intérêts reçus – intérêts versés) / Actif total des banques : « Net Interest Margin » . Indicateurs d’efficience et de concentration L’efficience met en rapport des mesures de résultat et de moyens (ou de dépenses). en dépit d’un fléchissement dans les années 2000. 32 . calculer le taux d’intermédiation des financements. en 2006. Beck. En Tunisie. • Crédits des banques et des autres institutions financières au secteur privé / PIB (Private Credit by Deposit Money Banks and other Financial Institutions to GDP). et tout particulièrement d’une banque. en particulier celle des entreprises d’assurances est mesurée en rapportant les primes d’assurance au PIB : • Primes d’assurances vies / PIB (Life Insurance Premium Volume / GDP) . proche de 2% en 2005 en Tunisie et au Maroc. Deux autres ratios mesurent l’activité des IF en considérant les dépôts qu’elles gèrent : • dépôts auprès des banques / PIB (Bank Deposits / GDP) . et ne paraît pas encore progresser de manière significative. Pour cela. Pour mesurer de ce point de vue l’activité des IF. entre 50% en Egypte et 60% environ en Tunisie et au Maroc. Si l’on observe l’écart entre les deux ratios. on constate que la quasi intégralité des crédits est octroyée par les banques au Maroc et en Tunisie et que les IF autres que les banques semblent participer davantage à l’activité de crédit en Egypte (le second ratio atteignant 55. L’importance des crédits relativement au PIB s’est accrue au cours de la période dans les trois pays et se situe. La part des dépôts auprès des banques ainsi que les dépôts gérés par l’ensemble des IF a cru continûment au Maroc et en Egypte tout au long de la période. le ratio est d’autant plus faible que le degré de concurrence et d’efficience est élevé. il faudrait à partir des comptes de patrimoine financiers de l’ensemble des secteurs institutionnels (comptes non publiés). ils ne constituent pas pour autant une mesure de la structure des financements de l’économie.

l’activité du marché égyptien (44. la taille du marché boursier apparaît la plus significative en Egypte (plus de 81. Au Maroc.5% en 2005). Ces évolutions sont assurément à lier aux processus de privatisation engagés dans ces pays. autour de 2% pour le Overhead Costs ratio. Toutefois. Ces mesures confirment le bon niveau de développement de la bourse égyptienne (classée troisième en Afrique juste après l’Afrique du Sud et la Namibie). celui encore relativement faible du marché boursier tunisien et le niveau intermédiaire à cet égard du Maroc. encore faible en Tunisie (12% en 2006).5% à 61. même si le niveau atteint par ce ratio (3. Indicateur d’efficience En rapportant le volume total des transactions boursières à la capitalisation boursière (Stock Market Turnover Ratio). la croissance du ratio égyptien est beaucoup plus soutenue : il atteint en 2006 54. on obtient un indicateur d’efficience mesurant la liquidité ou l’activité d’un marché boursier par rapport à sa taille.4% contre 35% pour le Maroc et 15% pour la Tunisie.5% en Egypte.1% à 70% en Tunisie. On observe une augmentation significative du ratio de concentration dans les trois pays au cours de la période : le ratio est passé de 53. Cela suggère que le développement des marchés de capitaux se fait concomitamment à celui des intermédiaires financiers considérés dans leur ensemble. Notons que le marché bousier est le plus développé là où l’intermédiation l’est également (en termes d’actifs ou de liquidités gérés par l’ensemble des IF). de 45. en très forte progression au Maroc (de 3% en 1990 à 67% en 2006). et surtout à celle encore très faible du marché tunisien (1. L’indicateur de concentration qu’ils retiennent rapporte l’actif des trois plus grandes banques du pays considéré à l’actif total des banques.2% en 2006). Indicateurs d’activité et de liquidité Mesurée en rapportant le volume total des transactions au PIB. le « Turnover Ratio » n’a cessé de croître entre 1990 et 2006. le Maroc apparaît cependant le moins bien classé.2% en 2006) contraste aussi nettement comparée à celle du marché boursier marocain qui toutefois s’est fortement élargi (24% en 2006 contre guère plus de 3% en 2000). en Tunisie et en Egypte. les deux ratios se situent à des niveaux tout à fait comparables à ceux observés en Europe ou aux Etats-Unis : de l’ordre de 2% à 4% pour le Net Interest Margin ratio. et de 57. En termes de marge d’intermédiation. ce qui représente le niveau d’efficience le plus élevé.7% en 2006 pour les deux mesures).8% en 2005) n’est guère éloigné de celui observé pour la Tunisie (3.Pour les trois pays qui nous intéresse. Un marché petit mais actif aura un ratio élevé. tandis qu’un marché grand mais peu actif ou peu liquide présentera un ratio faible.3% en 2005 au Maroc. 33 . Indicateurs de développement des marchés Indicateurs de taille Mesurée en termes de capitalisation boursière rapportée au PIB. L’Egypte enregistre les ratios les plus faibles (1.5% en 1990 à 66.8%).

5% 79.6% 32.7% 99% 79.3% 27.9% 60% 30.3% 57.0% 95.6% 10.2% 0.6% 97. Tableau 16 : Indicateurs de développement financier TUNISIE MAROC EGYPTE 1963 1970 1980 1990 2000 2005 2006 1963 1970 1980 1990 2000 2005 2006 1963 1970 1980 1990 20 Central Bank Assets / Total Financial Assets 20.3% 44.7% 52.5% 24.2% 96% 59.4% 3.0% 70. Other Financial Institutions Assets / Total Financial Assets 1.6% 59.7% 45.6% 10.1% 17.4% 36.5% 0.6% 2.3% 6.1% 9.9% 50.6% 51.0% 31.1% 99.5% 96.1% 42.6% 15.0% 74.5% 0. Deposit Money Bank Assets / GDP 60.0% 99.1% 12.4% 18.5% 54.8% 76% 28.6% 73.7% 6.2% 59.4% 4.6% 58.9% 81.1% 22.5% 54.7% 79.2% 48.4% 0.1% 99.8% 14.6% 59.5% 34.7% 73. Central Bank Assets / GDP 0.2% 30.2% 47.8% 0.9% 18.2% 7.0% 65% 17. .7% 46.6% 25.5% 3. Liquid Liabilities / GDP 49.8% 66.7% 51.2% 91.3% 4.2% 4.1% 2.1% 17.3% 25.8% 45.0% 85.1% 5.3% 89.5% 55.4% 3.8% 78.4% 95% 46.7% 68. Deposit Money Bank Assets / (Deposit Money + Central) Bank Assets 79. Deposit Money Bank Assets / Total Financial Assets 77.3% 0.9% 23.3% 75.3% 77.6% 52.2% 102% 37.6% 64.3% 22.6% 32% 42.2% 97.8% 31.2% 10.7% 64.

1% 0.71% 0.9% 16.8% 29.2% 0.3% 2. Private Credit by Deposit Money Banks and Other Financial Institution / GDP 53.5% 62.84% 0.2% 49.4% 35.1% 1.9% 7.4% 19.1% 60.8% 48.3% 57.1% 51% 19.5% 50.8% 61% 17.5% 63.2% 7.3% 82% 22.5% 43.9% 23.5% 66. Bank Overhead Costs / Total Assets 2.4% 6.8% 61% 22.3% 82% 19.9% 61.4% 3.2% 54.1% 59% 13.3% 4.4% 34.1% 0.9% 42.9% 62.5% 4.4% 63.1% 11.6% 78.5% 2.7% 17. Bank Concentration 45.3% 61.24% 0.9% 10.9% 36.9% 56.3% 70% 53.1% 3.8% 20.7% 21.8% 27.0% 54.1% 0. Other Financial Institution Assets / GDP 10. Financial System Deposits / GDP 40.9% 66.1% 17.1% 5. Net Interest Margin 3.2% 0.8% 17.1% 17.4% 13.8% 2.5% 16. 35 .9% 3.5% 2.2% 57.5% 2.3% 2.1% 48. Private Credit by Deposit Money Banks / GDP 53. Bank Deposits / GDP 53.1% 15.0% 2.5% 62.2% 57.5% 2.5% 62% 13.15% 0.8% 14.4% 46.37% 0.5% 23.18% 0.5% 49% 19.6% 78.1% 0.6% 25. Life Insurance Premium Volume / GDP 0.

8% 35% 7.15% 0.5% 1.9% 1.2% 3.0% 31.5% 1.4% 15% 7.6% 0. Source : Auteurs 36 .2% 3.8% 15.2% 50.2% 35.8% 0.05% 2.0% 24% 0.8% 8.7% 12% 3.54% 2.2% 22. Non-Life Insurance Premium Volume / GDP 1.9% 67% 4. Stock Market Total Value Traded / GDP 0.6% 1.5% 16. Stock Market Turnover Ratio 3.3% 8.3% 9.2% 1.1% 37.8% 14.3% 11. Stock Market Capitalization / GDP 4.

Section 4 : Chômage et développement humain

Les sections précédentes ont permis de faire le point sur l’état du développement économique et
financier au Maroc mais ont également permis de présenter un certain nombre de variables
considérées comme des déterminants fondamentaux du taux d’épargne (cf. supra). Nous souhaitons
dans cette section approfondir notre analyse de la situation économique marocaine en présentant un
certain nombre de variables relatives au développement humain qui peuvent jouer un rôle dans le
comportement d’épargne agrégée des ménages.

Le taux de chômage au Maroc : de fortes disparités démographiques et géographiques

Un secteur public prépondérant, une migration importante des travailleurs vers l’étranger et des
indemnités de licenciement relativement élevées sont des traits caractéristiques du marché du travail
marocain (Agenor et El Aynaouni, 2005). Les auteurs notent également un taux de chômage très élevé
des jeunes urbains qualifiés.

Au Maroc, l’indicateur du chômage enregistre en effet de fortes disparités entre les villes et les
campagnes mais aussi entre les jeunes et les adultes en défaveur des populations jeunes et des
populations urbaines (tableaux 17 et 19).

Tableau 17 : Taux de chômage selon le milieu (en %), 2000-2006
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Taux de chômage 13,4 12,3 11,3 11,4 10,8 11,0 9,7
Urbain 21,4 19,5 18,3 19,3 18,4 18,3 15,5
Rural 5,0 4,5 3,8 3,4 3,1 3,6 3,7
Source : Royaume du Maroc, HCP (2006).

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Tableau 18 : Taux de chômage selon le genre (en %), 2000-2006
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Taux de chômage 13,4 12,3 11,3 11,4 10,8 11,0 9,7
Masculin 13,6 12,3 11,1 11,1 10,6 10,8 9,7
Féminin 12,8 12,2 12,1 12,2 11,3 11,5 9,7
Source : Royaume du Maroc, HCP (2006).

Tableau 19 : Taux de chômage selon les tranches d’âge (en %), 2000-2006
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Taux de chômage 13,4 12,3 11,3 11,4 10,8 11,0 9,7
15-24 19,6 18,5 17,2 16,2 15,4 15,7 16,6
25-34 20,5 18,9 17,3 17,5 16,4 16,5 14,0
35-44 7,3 6,4 6,1 6,9 7,0 7,8 6,0
45 et plus 2,6 2,2 2,1 2,5 2,2 2,1 2,3
Source : Royaume du Maroc, HCP (2006).

Le taux de chômage était chiffré à 9,7% au niveau national en 2006 contre 13,4% en 2000. La situation
s’est donc améliorée mais le pays reste confronté à un taux de chômage important et, compte tenu de la
pyramide des âges, doit également faire face à une croissance de la population active. Un afflux de main
d’œuvre important devra donc être absorbé dans les années à venir.

Selon la banque Al-Maghrib, l’augmentation légère du taux de chômage en 2005 est liée à « la
diminution des opportunités d’emploi dans les zones rurales où ce taux est passé de 3,2% à 3,6%, celui
enregistré en milieu urbain étant resté quasiment stable, à 18,3% au total et à 25,6% pour les
diplômés ». Au contraire, en 2006, la baisse du taux de chômage national est liée à celle du taux de
chômage en milieu urbain qui passe de 18,3% à 15,5%, soit une diminution de pratiquement 3 points de
pourcentage. Parmi ces chômeurs urbains, 51,6% n’ont jamais travaillé.

Nous observons à partir du tableau 19 que la situation professionnelle est différente selon les tranches
d’âge. Clairement, plus les individus sont jeunes (moins de 35 ans) et plus la probabilité d’être au
chômage est importante. A titre d’exemple, en 2006, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24
ans est de 16,6% alors que le taux de chômage dans la catégorie des individus de plus de 45 ans est de
2,3%.

L’étude de El Aoufi et Bensaïd (2005) insiste sur le fait que ce sont les jeunes urbains (moins de 35 ans)
qui sont les plus touchés par le chômage. Se situant au niveau très élevé de 34,2% en 2003, le taux de
chômage des jeunes citadins est en effet 5,5 fois plus élevé que celui des jeunes ruraux (6,2%). D’après
ces mêmes auteurs, l’évolution des indicateurs du chômage depuis la moitié des années 1970 indique
que le taux de chômage des jeunes urbains a doublé depuis la fin des années 1980. On passe ainsi, en
l’espace de deux décennies, de 18,8% en 1982 à 37,6% en 2000. Cette évolution permet aussi de
confirmer que le chômage des jeunes en milieu urbain demeure, en longue période, largement supérieur
au chômage des jeunes ruraux.
En revanche, nous ne constatons pas de différence significative entre les taux de chômage des hommes
et des femmes et ce depuis le début de la décennie. Les situations sont plus contrastées en fonction du
milieu de résidence et de la tranche d’âge. Selon El Aoufi et Bensaïd (2005), en milieu urbain, les jeunes
hommes semblent moins souffrir que les jeunes femmes (33,4% contre 37,7% en 2003) alors qu’en
milieu rural c’est la situation inverse qui prévaut (2,2% pour les jeunes femmes et 6,7% pour les jeunes
hommes).
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La situation du marché du travail nous renseigne indirectement d’une part sur la solvabilité faible des
jeunes, compromettant par là même leur accès au crédit, et d’autre part sur leur incapacité relative à
épargner.

Développement humain et pauvreté

Depuis les années 1970, le PIB par habitant a presque triplé au Maroc et l’espérance de vie est passée
de 55 ans en 1970 à 73 ans en 2006 (graphique 16).

Graphique 16 : Evolution de l'espérance
de vie
80

en année
70

60

50

40
1960 1970 1980 1990 2000 2010
tsid
Espérance de vie Femmes Espérance de vie Hommes

Source : Banque Mondiale, WDI

L’indice de fécondité révèle que le nombre d’enfants par femme au Maroc n’a cessé de décroître depuis
le début des années 1980, que ce soit en zone urbaine ou rurale (tableau 20). La fécondité reste plus
élevée à la campagne, ce qui peut refléter une différence de mœurs et de contextes familiaux.

L’évolution du taux de fécondité au Maroc est caractéristique d’un pays en développement dont le
niveau de vie s’élève. Le graphique 17 met clairement en évidence la chute de la fécondité depuis les
années 1960. A cette date, les femmes marocaines avaient en moyenne plus de sept enfants contre 2,5
aujourd’hui.

Tableau 20 : Indice synthétique de fécondité selon le milieu
1982 1994 2004

Urbain 4,28 2,56 2,1
Rural 6,59 4,25 3,1
Source : Recensement Général de la Population et de l’Habitat, HCP, Royaume du Maroc, 2007

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Graphique 17 : Taux de fécondité
7
Naissances par femme

6

5

4

3

2

1960 1970 1980 1990 2000 2010
tsid

Source : Banque Mondiale, WDI

En ce qui concerne le niveau d’éducation, de 1970 à 2003, le taux de scolarisation dans le primaire est
passé de 47% à 92% grâce notamment à d’importantes ressources investies dans le domaine de
l’éducation (environ 6% du PIB en 2003). Le taux d’analphabétisme a également diminué fortement de
1982 à 2004, passant de 65% à 43% de la population âgée de plus de 10 ans. Sur la même période, le
taux d’urbanisation est passé de 42,7% à 55,1%. Le taux de branchement au réseau public de
distribution d’électricité a été multiplié par 10 en zone rurale passant de 4,5 en 1982 à 43,2 en 2004. Le
Maroc a donc accompli des progrès en matière de développement humain. Cette évolution est
confirmée par les indicateurs de la Banque mondiale selon lesquels le taux de pauvreté aurait régressé
de 21% en 1985 à 15% en 2001 (pour une population de 30 millions d’habitants).
La pauvreté8, très sensible à la volatilité de la croissance économique liée au secteur agricole, reste
néanmoins importante. En effet, la confrontation des séries statistiques de croissance et de pauvreté
indique que le recul de la pauvreté est le résultat de bonnes performances dans le secteur agricole sur
la période 2001-2004, alors que la hausse de la pauvreté dans les années 1990 (13% en 1991 à plus de
15% en 2001) était le résultat d’une faible production due à la sécheresse. La situation économique au
Maroc dépend donc fortement des conditions climatiques puisque la pauvreté est un phénomène plus
particulièrement rural (tableau 21). Plus de 25% de la population rurale vit en dessous du seuil de
pauvreté contre 7,6% dans les zones urbaines pour les données les plus récentes disponibles.

Tableau 21 : Taux de pauvreté relative par milieu
1984-85 1990-91 1998-99 2000-01
Ensemble 21 13,1 16,2 15,3
Urbain 13,3 7,6 9,5 7,6

Rural 26,8 18,0 24,1 25,1

Source : Enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages, HCP (2006).

En outre, une baisse importante du taux de pauvreté en ville de 1984 à 2001 est observée,
respectivement de 13,3 à 7,6 alors que ce taux a peu régressé en zone rurale depuis le milieu de la
décennie 80 (cf. graphique 11).

8
La pauvreté est ici mesurée par le taux de pauvreté relative qui est la proportion d’individus dont la dépense
annuelle par personne se situe en dessous du seuil de pauvreté à savoir 3890 dirhams par an en zone urbaine et
3520 dirhams par an en zone rurale.
EURIsCO, Université Paris Dauphine 40
Email : eurisco@dauphine.fr, site web : http://www.dauphine.fr/eurisco/

2 12.1 14.2 0 2 1.1 0.5 8.6 16 19. Comme attendu.dauphine.fr.3 8.3 Source : Enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages. EURIsCO.4 Supérieur 0.9 Autres niveaux 17.7 0 3. site web : http://www.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.8 12. plus le taux de pauvreté est faible.fr/eurisco/ . il devient quasiment nul pour les familles dont le chef possède un diplôme de l’enseignement supérieur.7 19.4 Secondaire 2. plus le niveau de diplôme du chef de famille est élevé. HCP (2006).7 Fondamental 10.7 17. Université Paris Dauphine 41 Email : eurisco@dauphine. Organisation" Tableau 22 : Taux de pauvreté relative selon le niveau scolaire du chef de ménage 1984-85 1990-91 1998-99 2000-01 Sans niveau 24.

etc. décès. pour l’achat de matériel. de nombreuses variables économiques et financières affectent donc l’épargne. l’épargne prend toute son importance. Ces besoins sont fortement liés au caractère saisonnier des activités économiques en particulier dans l’agriculture. Le chômage est plus important en saison creuse. financer la prise en charge des personnes âgées et/ou dépendantes. la construction d’une maison. l’exploitant agricole a d’énormes besoins de financement.fr. Ainsi. Les salaires agricoles sont moins élevés pendant la saison creuse qu’en période de récolte. Derrière ces motifs. La possibilité de s’assurer contre de tels évènements pourrait être d’une aide importante pour des millions de populations les plus démunies. Ainsi. les opportunités d’achat de terres. La disponibilité d’épargne (ou l’accès au crédit) leur permet alors de lisser leur consommation dans le temps. Organisation" Section 5 : Les déterminants de l’épargne domestique : une évaluation économétrique Les ménages peuvent avoir besoin de disposer. motifs peuvent être détaillés : • Les besoins d’urgence : les urgences engendrent des besoins soudains et inattendus de sommes importantes. L’irrégularité des flux de revenus et leur non-correspondance avec les flux de dépenses entraînent des besoins financiers en termes de lissage de la consommation.fr/eurisco/ . Ces évènements nécessitent de disposer de montants importants. Université Paris Dauphine 42 Email : eurisco@dauphine. • Les besoins de lissage des flux de dépenses et de recettes. et non personnelles (guerres. il doit autofinancer son activité. etc. vol. Elles sont de deux formes : personnelles (maladie.dauphine. cyclones -.). site web : http://www. les ménages ont besoin de capital dépassant ce dont ils disposent à l’instant présent. Les agriculteurs. de pesticides. perte d’emploi. de bétail ou d’autres actifs productifs. Dans chacun de ces cas. En effet.. etc… Si l’agent ne peut pas ou ne souhaite pas emprunter.1 Déterminants fondamentaux du taux d’épargne De nombreux déterminants de l’épargne sont identifiés dans la littérature mais les principales variables retenues sont les suivantes : EURIsCO. Si l’on ajoute à la saisonnalité l’incertitude liée à toute activité productive. certains évènements ou encore le désir de laisser un héritage à ses enfants. Hulm et Rutherford. La plupart de ces évènements peuvent toutefois être anticipés même quand la date exacte n’est pas connue. 5. voient donc leurs revenus varier fortement d’une période à l’autre. différents besoins. de fertilisants. de semences. en début de saison.inondations. de sommes relativement importantes en réserve pour diverses raisons que l’on peut regrouper en quatre catégories (Matin. et en particulier les travailleurs agricoles ne possédant pas de terres. • Les opportunités : un ensemble d’opportunités peut apparaître tels que les opportunités d’investissements pour une activité nouvelle ou existante. la perte d’une récolte peut causer d’énormes difficultés financières. Nous souhaitons dans cette section mettre en évidence les déterminants fondamentaux de l’épargne au Maroc. évènements climatiques . etc. 1999) : • Les besoins relatifs au cycle de vie : rassembler un pécule pour son enfant ou ou plus précisément pour une jeune fille (dot). les études des enfants (capital humain). de manière ponctuelle ou régulière.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. où la demande de main d’œuvre est importante. bien supérieurs à ce dont dispose le ménage habituellement..).

Organisation" . Variations des termes de l’échange L’évolution des termes de l’échange9 représente également une variable d’intérêt dans l’étude des déterminants macroéconomiques de l’épargne des ménages.fr/eurisco/ . Lorsque la taille de la famille s’accroît. L’effet attendu est donc négatif. Démographie De la même manière. l’impact du vieillissement de la population sur l’épargne globale dépend en grande partie d’effets de cycle de vie sur le comportement des ménages. Pour la plupart de ces variables. Nous proposons de tester un modèle qui tienne compte de ces différents déterminants tout en intégrant d’autres variables affectant également le comportement d’épargne et notamment l’impact du développement des services bancaires sur l’épargne. . indices exprimés selon une même année de base. Au final. En raison du niveau d’épargne plus élevé des actifs comparés aux seniors. Université Paris Dauphine 43 Email : eurisco@dauphine. Toutefois.le taux de croissance de l’économie .le taux d’intérêt . les ressources du ménage peuvent ne plus être suffisantes. . Si les consommateurs agissent conformément aux hypothèses du modèle de base de cycle de vie. une baisse significative des taux d’épargne peut résulter de la hausse des ratios de dépendance des personnes âgées car une part croissante de la population puise dans ses actifs financiers pour maintenir sa consommation durant sa période de retraite. Croissance de la productivité Dans l’approche en termes de cycle de vie (Modigliani-Brumberg). EURIsCO. Une augmentation des termes de l’échange de 1% signifie que la croissance du prix des exportations est 1% plus forte que celle du prix des importations. . l’effet du taux de fécondité sur l’épargne pourra donc se révéler ambigu.les termes de l’échange.les variables démographiques . l’accroissement du taux de croissance du revenu par habitant est susceptible de profiter davantage aux travailleurs qu’aux retraités. dans la mesure où les gains de productivité futurs sont considérés dans les cours des actifs financiers.le prix relatif des biens . Cette situation peut alors entraîner une baisse de l’épargne. Taux de fécondité Le taux de fécondité peut également être un facteur de l’évolution du taux d’épargne. la prise en charge de la scolarité et de l’éducation des enfants peut être un motif d’épargne et amener les familles à accroître leur niveau d’épargne dans un souci de financement futur des études des enfants.fr. l’effet attendu est négatif. En considérant ces aspects. la présence d’enfants au sein du ménage peut être perçue comme un substitut de l’épargne. site web : http://www.dauphine. dans la mesure où les enfants devenus actifs sont supposés accumuler pour leurs parents. Néanmoins. Elle signifie également une détérioration de la compétitivité-prix. Les principaux mécanismes par lesquels ces déterminants peuvent influencer l’épargne sont explicités ci-après. l’effet sur l’offre d’épargne est théoriquement ambigu notamment à cause des effets de substitution et des effets de revenu induits par les variations de prix et de taux d’intérêt. l’impact (positif) sur les revenus des ménages peut les amener à privilégier la consommation. Par ailleurs. une hausse de la croissance entraînerait une hausse de l’épargne globale dès lors que la répartition des taux d’épargne par âge demeure identique. .Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. L’impact de cette variable a d’ailleurs fait 9 Les termes de l’échange sont le rapport entre l’indice du prix des exportations et celui des importations. ce qui incite donc à limiter voire à diminuer l’épargne.

en conséquence. Zones urbaines et rurales et accès aux services bancaires A priori. nominal cette fois. En effet. en raison du caractère volatile de la production agricole notamment du fait des incertitudes relatives au climat. la diminution de la valeur relative des exportations correspond à une baisse de revenu qui. la valeur des revenus financiers : à richesse égale.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. les revenus de la population rurale sont soumis à plus de variabilité que ceux des ménages urbains. L’effet revenu lié à la hausse des prix joue en sens inverse. Une épargne de précaution peut.fr/eurisco/ . l’offre de EURIsCO. l’effet de revenu et l’effet de richesse. 1982). et plus les épargnants sont prêts à différer leur consommation aujourd’hui. être réalisée afin de faire face aux variations à venir des revenus issus de la production agricole. Taux d’intérêt Trois effets sont traditionnellement mis en avant relativement au taux d’intérêt réel : l’effet de substitution. pourra les inciter à diriger leur épargne vers des formes moins liquides. les raisons d’épargner ne tiennent pas nécessairement au taux d’intérêt. Par ailleurs. L’inflation L’inflation affecte l’épargne par différents canaux.fr. une baisse de l’épargne et une détérioration de la balance commerciale sont attendus (effet de Harberger-Laursen-Meltzler). dans ces modèles basés sur les flux. Ce résultat a été remis en cause avec les modèles d’équilibre général intertemporels élaborés pour la consommation et les soldes extérieurs (Obstfeld. site web : http://www. Dans les modèles intergénérationnels. les ménages peuvent donc consommer davantage et épargner moins. Dans le cas d’une diminution des termes de l’échange. Les ménages peuvent en effet accroître leur épargne pour compenser les pertes en capital sur un actif à revenu fixe non indexé : s’ils souhaitent maintenir leur pouvoir d’achat. Les ménages ruraux sont d’une part relativement plus pauvres et ont sans doute une propension à épargner plus faible. Plus le taux d’intérêt réel est élevé. qui leur permettent d’en disposer le moment voulu. n’est pas compensée par une baisse de la consommation. même en se limitant à cette conception « classique » du taux d’intérêt. pour les ménages créanciers nets. A l’inverse. l’effet net attendu est ambigu. les ménages qui décident par précaution d’allouer une partie de leur revenu à l’épargne cherchent spontanément des placements sûrs. l’épargne ne s’ajuste que si les chocs affectant les termes de l’échange sont perçus comme transitoires. c’est-à-dire épargner davantage. incitant là aussi à épargner davantage. Ces effets peuvent néanmoins être compensés par l’effet revenu dans la mesure où une hausse du taux d’intérêt accroît. leur consommation doit diminuer afin de compenser l’érosion due à l’inflation. Dans le cadre de modèles intertemporels fondés sur un agent représentatif. Ainsi. les ménages ajustent leur épargne pour lisser leur consommation même en cas de modifications permanentes des termes de l’échange. Auquel cas le niveau de l’épargne ne dépendra pas du taux d’intérêt réel. Ainsi un ratio d’urbanisation élevé associé à un niveau d’agriculture moindre devrait avoir un impact négatif sur l’épargne. Dans cette autre perspective plus keynésienne. En effet les propensions marginales à consommer et à épargner sont inférieures à l’unité. Le taux d’intérêt. pour consommer davantage à la période suivante. Un choc permanent aurait peu d’impact sur l’épargne (ou sur la balance commerciale) car les ménages corrigeraient alors rapidement leur consommation pour s’adapter à la diminution de leur revenu. Il peut s’agir d’une épargne dite de « précaution » destinée à se prémunir contre les aléas de l’existence comme le chômage.dauphine. Université Paris Dauphine 44 Email : eurisco@dauphine. la hausse du taux d’intérêt réel réduit la valeur actualisée du futur flux de revenu du travail induisant une baisse de la richesse. Les ménages anticipant une hausse des prix sont incités à réduire leur épargne par un effet de substitution de la consommation présente et à la consommation future. Organisation" l’objet de nombreux commentaires dans la littérature. Mais d’autres arguments peuvent justifier un effet positif. En outre.

on peut s’attendre à une épargne positive des ménages vivant dans ces zones. Musalem et Murphy. site web : http://www. EURIsCO.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. Les variables explicatives considérées pour analyser le comportement d’épargne sont les suivantes : . WDI Au cours des dernières années. Graphique 18 : Taux d'épargne et de consommation 80 en % du PIB 60 40 20 0 1960 1970 1980 1990 2000 2010 Taux_Epargne Taux_Consommation Source : Banque mondiale.fr. Ces derniers. en raisonnant en tendance plutôt qu’en variations conjoncturelles. des termes de l’échange et du crédit domestique bancaire. de l’inflation. La variable à expliquer est ainsi le taux d’épargne domestique exprimé par rapport à la richesse nationale mesurée par le PIB. Enfin la littérature (cf.2 Définition des variables et choix des variables retenues Les variables susceptibles d’influencer l’épargne identifiées précédemment n’ont pas pu être considérées dans leur ensemble en raison de la faiblesse voire de l’absence même de séries statistiques longues. le taux de croissance du PIB par tête calculé en monnaie locale à prix constants. Par ailleurs. Il en est ainsi du taux de croissance du PIB par tête. Un certain nombre de variables agrégées a néanmoins pu être pris en compte dans la base de données de la Banque Mondiale (WDI) et testé. nous considérons la variable « crédit domestique du secteur bancaire » qui nous informe sur l’offre de crédits auprès des ménages. 2004) met en évidence le rôle de l’exode rural qui entraîne souvent un effet de rupture de contrat moral entre les enfants et les parents.fr/eurisco/ . 5. Enfin. du taux d’intérêt. ne pouvant plus compter sur leur descendance pour les aider. La mesure considérée dans les régressions économétriques permettant de capter le comportement d’épargne est représentée par le taux d’épargne. Les variables relatives à la population urbaine et rurale sont considérées car elles sont bien renseignées dans la base de données. le graphique 18 indique une évolution à la hausse depuis les années 1980. Le graphique 18 met en évidence l’évolution de ce taux depuis les années 1960. Organisation" produits financiers étant plus importante dans les zones urbaines. les données de la Banque Mondiale permettent d’estimer le taux d’épargne domestique autour de 20% du PIB. Ne disposant pas d’une variable permettant d’observer l’offre totale de services financiers. sont alors contraints d’épargner davantage. et plus précisément de 2000 à 2006.dauphine. Université Paris Dauphine 45 Email : eurisco@dauphine. l’accès aux services bancaires est réduit dans les campagnes compromettant ainsi des dépôts de long terme. du taux de croissance de la population urbaine et de la population rurale.

PIB. le produit intérieur brut . Dans le modèle (II) ces mêmes variables sont considérées exceptées celles relatives aux termes de l’échange. variable qui apparaît non significative et qui semble perturber les résultats d’estimation (cf. dans un premier temps. INF. PIBpc. Les tests de Dickey-Fuller (DF test) et de Dickey-Fuller Augmenté (DFA test) sont mis en œuvre. le taux d'intérêt de dépôt . taux de croissance de la population rurale et le crédit bancaire. taux de croissance de la population urbaine. . La population rurale est calculée comme le différentiel entre la population totale et la population urbaine. le taux de croissance de la population urbaine. l’épargne domestique .Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. POPurb.fr/eurisco/ . supra). le taux de croissance de la population rurale. le taux d’inflation. le taux de croissance de la population urbaine . Ces tests permettent également de déterminer la méthode de stationnarisation appropriée. . Cette dernière méthode de stationnarisation est celle préconisée par ces tests pour toutes les variables mentionnées ci-dessus. CB. IR. le crédit domestique du secteur bancaire (% du PIB) . le crédit domestique du secteur bancaire et les termes de l’échange. . la population urbaine et rurale. POPrur. nous avons testé la stationnarité des variables (endogènes et exogènes). les termes de l’échange qui sont le rapport entre l’indice des prix des exportations de biens et l’indice des prix des importations (données douanières). le taux de croissance de la population rurale . Université Paris Dauphine 46 Email : eurisco@dauphine. à savoir le taux d’épargne domestique mais aussi des variables explicatives suivantes : taux d’inflation. la constante et ε. le terme de l’erreur. Le secteur bancaire inclut les autorités monétaires. à savoir le taux de croissance de l’indice des prix de la consommation. TE.fr. le taux d’inflation . site web : http://www. le taux de croissance du PIB par tête . Dans un second temps. Les modèles estimés sont ainsi les suivants : Modèle I : Et = c + b1 ⋅ PIBpct + b 2 ⋅ INFt + b3 POPurbt + b4 ⋅ PO Pr urt + b5 IRt + b6CBt + b7TEt + ε PIBt Modèle II : Et = c + b1 ⋅ PIBpct + b2 ⋅ INFt + b3 POPurbt + b4 ⋅ PO Pr urt + b5 IRt + b6CBt + ε PIBt Avec : E. . le crédit domestique du secteur bancaire en pourcentage du PIB. Deux types de processus sont testés : le processus TS (Trend Stationary) pour une non-stationnarité de type déterministe et le processus DS (Differency Stationary) pour un processus non stationnaire aléatoire. c. le taux d’intérêt. Organisation" . Cette variable inclut tous les crédits exceptés les crédits au gouvernement. le taux d'intérêt sur les dépôts (%) qui est le taux d’intérêt des banques commerciales ou assimilées rémunérant les comptes de dépôt. à estimer un premier modèle (modèle I) qui prend en compte le taux de croissance du PIB par tête. le taux d’inflation. Le modèle est alors testé de nouveau en différence première (décalage d’une période) : Le modèle estimé est ainsi le suivant : Modèle III : EURIsCO. Ces tests permettent de détecter l’existence d’une non-stationnarité (tests de racine unitaire) de notre variable à expliquer. les termes de l’échange . les banques de dépôt et les autres institutions financières. Notre démarche a consisté. La population urbaine est la population dans les zones définies comme urbaine par le pays considéré et reporté par les Nations Unies.dauphine.

tableau 23). positivement l’épargne. tableau 24). Le taux de croissance de la population urbaine influence. le chômage par genre et selon le niveau scolaire. La mobilisation de données microéconomiques se révèle ainsi primordiale pour mener une analyse plus détaillée du comportement d’épargne. site web : http://www. Ces variables ne sont donc pas considérées dans les estimations finales. Ces deux tests montrent que nous sommes en présence d’un processus non-stationnaire de type DS pour toutes ces variables.3 Les résultats Dans les modèles I. le montant de la dette publique… L’introduction de ces variables perturbe fortement les résultats des estimations et les modèles n’apparaissent pas robustes. Néanmoins.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. les niveaux de dépenses d’éducation et de santé. Il en est de même du crédit bancaire qui influence positivement l’épargne des ménages. Les tests de Dickey-Fuller (DF test) et de Dickey-Fuller Augmenté (DFA test) nous informent de la non-stationnarité de plusieurs variables : le taux d’épargne. Nous retirons donc cette variable et nous testons de nouveau le modèle (cf. etc. Seules les variations de l’inflation et du crédit bancaire semblent avoir un impact sur la variation du taux d’épargne. quant à lui. II et II-bis qui tiennent compte du taux d’épargne en niveau exprimé par rapport au PIB. Le tableau 24 présente les résultats de la seconde étape. D’autres modèles ont également été testés prenant en compte notamment le chômage total. Il en est ainsi de l’inflation. Organisation" St St − 1 − = c + b1 ⋅ PIBpc t + b2 ⋅ ( INFt − INFt −1 ) + b3 ⋅ ( POPurbt − POPurbt −1 ) PIBt PIBt − 1 + b4 ⋅ ( PO Pr urt − PO Pr urt −1 ) + b5 IRt + b6 ⋅ (CBt − CBt −1 ) + ε 5. le taux de croissance de la population rurale et le crédit bancaire. La relation inverse est par ailleurs observée pour le taux de croissance de la population rurale. modèle II et II-bis). celle qui permet de tester la stationnarité du taux d’épargne et de nos variables explicatives. cf.) expliquent fortement la faiblesse de ces résultats. l’interprétation économique est difficile puisque toutes nos variables sont en variation. tableaux infra) et leur volatilité pour certaines d’entre elles (PIB. EURIsCO. du taux d’intérêt ainsi que de la population urbaine et rurale.fr. la plupart des déterminants fondamentaux ont les résultats attendus (cf. Le taux de croissance du PIB par tête n’apparaît pas significatif. Les résultats obtenus dans le cas de ces régressions sur données agrégées sont limités. inflation. ce qui implique des ajustements de série pour cette année là que nous devons prendre en considération. le taux d’inflation. L’inflation affecte négativement l’épargne. Il en est de même des variables qui représentent le crédit domestique du secteur bancaire et les termes de l’échange. contrairement au taux d’intérêt qui agit positivement. le taux de croissance de la population urbaine. Les résultats des estimations se dégradent avec ce modèle (cf. La faiblesse des séries statistiques (faible nombre d’années disponibles. Après avoir effectué plusieurs séries d’estimations pour identifier la variable susceptible de perturber les résultats.dauphine. Le taux de croissance par tête apparaît cette fois-ci significatif lorsque le modèle est corrigé de l’hétéroscédasticité (modèle II-bis). Nous rajoutons également à ce modèle une dummy pour l’année 2004 dans la mesure où cette année correspond au recensement de la population marocaine. Le modèle est alors estimé en différence première (modèle III). Université Paris Dauphine 47 Email : eurisco@dauphine.fr/eurisco/ . il s’avère que la variable « termes de l’échange » apparaît la moins robuste.

** significatif à 5 % et *** significatif à 1 %. EURIsCO.86 Nota : écart-type entre parenthèses * significatif à 10 %.107 0.604) (13.061 0.913) Taux de croissance de la -7.243** Taux d’inflation (annuel) (0.000 monnaie locale constante) (0.205*** 9.dauphine.090) (0.205*** population urbaine (annuel %) (3.345** -0.548 Constante (14.375*** -9. Organisation" Tableau 23 : Résultats des estimations de l’épargne domestique au Maroc Variable à expliquer : Taux d’épargne domestique Période d'estimation : 1960-2006 Modèle I Modèle II Modèle II-bis Taux d’Epargne Taux d’Epargne Taux d’Epargne Brute Brute Brute (% du PIB) (% du PIB) (% du PIB) Taux de croissance du PIB par 0.116) (0. Dépôt (%) (0.204) (0.199 -23.293) Crédit domestique du secteur 0.982*** 0.000) -13.87 0.fr.039*** 0.548* -23. site web : http://www.fr/eurisco/ .138* bancaire (% du PIB) (0.075) (0.982*** Taux d'intérêt.375*** population rurale (annuel %) (3.148) (0.758) (2.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.138** 0.120* tête (annuel %) (0.204) (2.86 0.209) (0.074) (0.807) (2.120 0.874) 1.180) (2.066) Termes de l'Echange (en -0.243* -0. Université Paris Dauphine 48 Email : eurisco@dauphine.898) (11.698** -9.104) Taux de croissance de la 7.907) Observations 22 22 22 R² 0.056) (0.068) -0.384** 9.

133 population rurale (différentiel (2. ** significatif à 5 % et *** significatif à 1 %. % du (0.335 (2.098) PIB) Dummy 2004 -1.fr/eurisco/ .Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.012 tête (annuel %) (0. % du PIB) Taux de croissance du PIB par -0.403) Constante 0.670* (0. Organisation" Tableau 24 : Résultats des estimations de l’épargne domestique au Maroc en différence première Variable à expliquer : Variation de l’épargne domestique Période d'estimation : 1960-2006 Modèle III Taux d’Epargne (Différentiel.139* (0. EURIsCO.dauphine. annuel %) 0.690) annuel %) Taux de croissance de la 3.27 Nota : écart-type entre parenthèses * significatif à 10 %. Université Paris Dauphine 49 Email : eurisco@dauphine.fr.075) Taux de croissance de la -3.675) annuel % ) Crédit domestique du secteur -0. (2.210** bancaire (différentielle.379) Observations 44 R² 0.071) Inflation (différentiel. site web : http://www.712 population urbaine (différentiel.

Organisation" Section 6 : Analyse des déterminants de l’épargne des ménages à partir d’une enquête de terrain L’une des difficultés majeures rencontrées dans l’analyse de l’épargne des ménages est relative à son observation et ainsi à sa quantification. nous apporte des informations détaillées sur le revenu et la consommation des ménages ce qui nous permet ainsi d’en déduire leur comportement d’épargne. etc. En effet. de placements monétaires et financiers. L’épargne des ménages se décompose en deux parties distinctes : l’épargne financière et l’épargne non-financière. Malgré son absence de rendement et les problèmes de sécurisation des fonds qu’elle implique dans certains pays. les matériaux précieux ou semi-précieux occupent une place primordiale au sein des familles. peut quant à elle. Robinson (2004) met en avant ces principales formes d’épargne auxquelles s’ajoutent les matériaux de construction.dauphine. A ce niveau. elle ne peut pas être complètement appréhendée par la comptabilité publique. être approchée à partir d’autres formes d’investissement telles que la terre. Cette épargne parfaitement liquide et facile d’utilisation leur permet de répondre aux besoins urgents mais aussi dans certaines situations aux opportunités qui se présentent à eux (cf. le bétail. De ce fait. L’épargne financière correspond à l’acquisition de monnaie et de produits financiers par les ménages à partir de leur revenu. La thésaurisation. infra). comme dans l’ensemble des pays de la région.. d’une part.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. Dans les pays de l’OCDE. de placements en titres et de produits d’épargne contractuelle. Université Paris Dauphine 50 Email : eurisco@dauphine. EURIsCO. financée conjointement par le Ministère des Finances et de la Privatisation et par l’UNIFEM (Fonds des Nations Unies pour le Développement des Femmes). toutes deux réalisées par le Haut Commissariat au Plan (HCP). etc. Parallèlement à l’épargne financière. L’épargne des ménages se définit comme la partie de leur revenu disponible qui n’est pas consommée.fr/eurisco/ . la méthodologie relative à la mesure de l’épargne des ménages diffère selon les caractéristiques socio-économiques des pays. les céréales et cultures. nous souhaitons notamment apporter une contribution originale aux travaux réalisés sur l’épargne au Maroc.fr. site web : http://www. L’épargne financière peut aussi être appréhendée à partir d’autres types d’actifs tels que les matériaux précieux ou semi-précieux (bijoux. Cette section vise ainsi à fournir une première approche du comportement d’épargne des ménages au Maroc essentiellement à partir de l’enquête CBMS. immigration. D’autre part. définie au sens stricte comme la conservation par les ménages de monnaie fiduciaire (billets et pièces).). Ils font l’objet d’une accumulation régulière pour être échangés contre des liquidités en cas de besoins relatifs au cycle de vie (éducation. L’enquête CBMS de 2006/07. Les produits financiers sont composés de liquidités..) ou de dépenses urgentes. Ces formes d’épargne existent dans les pays en développement et les pays développés. l’épargne des ménages est en majeure partie constituée d’investissements immobiliers. Elle peut prendre d’autant plus d’importance que la confiance des ménages dans le secteur bancaire est faible. il n’existe pas de données microéconomiques précises portant sur l’épargne des ménages au Maroc. les ménages peuvent préférer conserver leur épargne chez eux. les machines. mariage. L’épargne non financière. peut elle aussi être considérée comme une forme d’épargne. Au Maroc. Dans les pays à revenus intermédiaires. l’épargne est plus difficile à observer dans la mesure où elle peut être mobilisée de façon informelle.. déménagement. Mais ces formes d’épargne se révèlent insuffisantes pour mesurer celle relative aux ménages dans les pays à revenus intermédiaires. objets en argent. l’épargne non-financière correspond à la partie du revenu qui permet de financer les investissements en logement. deux autres enquêtes sont aussi exploitées dans cette section mais dans une moindre mesure étant donnée leur ancienneté : l’enquête Niveau de vie des ménages de 1998/99 et l’enquête sur la consommation et les dépenses des ménages de 2000/01. A titre de comparaison.

site web : http://www. s'y ajoute une motivation forte de rentabilité économique». de déconcentration. A ce titre. l’accumulation des espèces animales est source de profits. Il s’agit de l’enquête nationale sur les niveaux de vie des ménages de 1998/1999 et de EURIsCO. les ménages et les communautés ». deux localités. Autres enquêtes Dans une moindre mesure en raison de leur plus grande ancienneté. Pour les stocks de céréales ou les achats de bétail. Il existe néanmoins de nombreux inconvénients à une telle forme d’épargne : l’élevage nécessite des ressources (pâturage.dauphine. Enfin. L’enquête CBMS. 6.fr/eurisco/ . laine. autorise ce type d’analyse selon la zone de résidence. du ménage et de la communauté que des informations sur l’impact des services et autres activités du gouvernement sur la population. d’autres enquêtes ont aussi été mobilisées. eau. menée à la fois en zone urbaine (commune d’Essaouira) et en zone rurale (commune de Bouaboud). Un échantillon représentatif de la population des communes comprenant environ 300 ménages par commune a été constitué. fiables et pertinentes dans un format qui peut être facilement compris par les décideurs et autres acteurs au niveau local et fournir aussi bien des informations socioéconomiques au niveau individuel. (1999). ont été testées. Ainsi. Les résultats présentés ci-après font apparaître une différence sensible des conditions de vie des ménages selon leur milieu géographique de résidence. l’une en milieu urbain. L’épargne urbaine se distingue ainsi de l’épargne rurale. le CBMS est censé combler le manque de données au niveau local sur différentes dimensions fournies par les recensements ou enquêtes nationales.fr. D’après le Rapport de résultats du 1er passage (mars-avril 2007). des Objectifs du millénaire et d’autres initiatives de développement.1 Présentation des enquêtes exploitées Enquête CBMS de 2006/07 Le CBMS « Community Based Monitoring System » est une initiative développée par le Réseau MIMAP « Micro Impacts of Macroeconomic and Adjustment Policies » soutenu par le CRDI « Centre de Recherche en Développement International » pour répondre à un besoin de mise à jour régulière d’informations au niveau local. il existe un risque de pertes de bétails consécutifs à des maladies ou à des catastrophes naturelles. « l’objectif de ce suivi communautaire consiste à assister les décideurs et les acteurs locaux dans le suivi de la stratégie de réduction de la pauvreté. Selon les travaux de Goldstein et Barro. l’épargne. « une de ses caractéristiques essentielles [l’épargne en nature] est de pouvoir être revendue facilement en cas de besoin social ou d'opportunité économique. Essaouira. Bouaboud. l’épargne en nature occupe une place prépondérante dans l’épargne des ménages. Les animaux peuvent être revendus sans difficulté et certains produisent d’autres biens consommables ou commercialisables (lait. fournir des données fines. régulières. il requiert un certain temps de travail non rémunéré en tant que tel . Organisation" D’une manière générale. œufs. etc. Il a pour but d’asseoir un système permanent facilitant la participation de la population et de la société civile au niveau local dans la prise de décision autour des programmes et des politiques de gouvernement et de renforcer le processus de démocratie et de bonne gouvernance surtout là où les efforts de décentralisation.) peut aussi être approchée selon sa localisation géographique. en raison du type de support caractéristique de ces économies (bétail. Université Paris Dauphine 51 Email : eurisco@dauphine. …) ou sont utilisables en tant qu’outil agricole. culture.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. Concrètement. nourriture) . de concertation et de responsabilisation sont de plus en plus développés. et l’autre en milieu rural. L’enquête de terrain peut donc se révéler très utile pour apporter des informations sur le comportement d’épargne en fonction d’un certain nombre de caractéristiques socioéconomiques ou liées aux conditions de vie (nombre de têtes de bovins possédées par exemple).

Université Paris Dauphine 52 Email : eurisco@dauphine. 54% des hommes se déclarent actifs contre 22% des femmes. comme attendu. site web : http://www. les informations sur l’épargne et les dépôts en banques. A Essaouira. excepté celles relatives aux achats ou à la construction de logements. l’épargne financière (achat de titres financiers). . caractéristiques et disparités.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.2. 1970/71 (6459 ménages) et 1984/85]. Il est de même à Bouaboud. Décliné selon le genre.fr/eurisco/ . bien que faible. tel n’est pas le cas du taux d’activité féminin qui. les conditions de logement et la structure des dépenses de consommation des ménages.Enquête nationale sur les niveaux de vie des ménages de 1998/1999 La collecte des données a été réalisée sur 12 mois. de chômage mais aussi de revenu et de pauvreté ce qui. les sommes prêtées. Activité économique et chômage A Essaouira. – Alphabétisation et scolarisation .dauphine. Elle a été réalisée du 1er novembre 2000 au 31 octobre 2001 sur un échantillon de 14 500 ménages [enquêtes antérieures : 1959/60 (4325 ménages). Les informations portent sur les caractéristiques socio-démographiques et culturelles de la population. où seulement 22% de la population concernée se déclare active alors que la moyenne en milieu rural au Maroc atteint 60.6%. le taux d’activité est. Par ailleurs. constitue un atout majeur de cette enquête. toutes deux réalisées par le HCP. 38% de la population âgée de 7 ans et plus se déclare active. 6. auprès d'un échantillon de 5 131 ménages (enquête antérieure : 1990/1991). supérieur pour les hommes mais de grandes différences apparaissent entre Bouaboud et Essaouira. qui mesure la part « des personnes qui participent ou qui cherchent à participer à la production des biens et services » s’avère donc inférieur à la moyenne nationale (52%) mais aussi au taux d’activité moyen en milieu urbain (pas loin de 45%). Toutes les dépenses des ménages sont renseignées. se révèle comparable à la moyenne nationale urbaine (21%). – Santé . Le taux de féminisation de la population active (31%) étant aussi largement supérieur à la moyenne urbaine au Maroc (moins de 23. Si le taux d’activité masculin reste très faible par rapport à la moyenne nationale urbaine (72%). – Dépenses de consommation : niveau. .fr. du 12 février 1998 au 11 février 1999. Organisation" l'enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages de 2000/2001. Caractéristiques économiques des communes de Bouaboud et Essaouira en 2006/07 Les données de l’enquête CBMS permettent de caractériser la situation économique des deux communes de référence en termes de d’activité. – Habitat . L’objectif de cette enquête est de renseigner sur les profils de consommation et les conditions de vie des ménages marocains.L'enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages de 2000/2001 L’enquête 2000/2001 est la quatrième investigation statistique d’envergure nationale sur la consommation et les dépenses des ménages. le poids EURIsCO. Cette enquête a été reconduite entre octobre 2006 et octobre 2007.6%). les donations et les héritages ne sont également pas renseignées. Le taux d’activité. avec publication des résultats en 2008. – Priorités de la population vis-à-vis des équipements collectifs . en soi. Les principaux thèmes abordés dans l'enquête de 1998 sont les suivants : – Principales caractéristiques démographiques . les remboursements d’emprunts. commune rurale.

Ce taux est ainsi comparable à celui du milieu urbain en moyenne nationale pour les hommes (14. Université Paris Dauphine 53 Email : eurisco@dauphine. Organisation" des femmes dans l’activité économique d’Essaouira constitue une caractéristique positive intéressante pour cette ville. l’écart entre hommes est femmes est drastique puisque 46% des hommes sont actifs (soit un taux bien inférieur à la moyenne nationale en zone rurale qui atteint 83.6%) comme l’indique le graphique 19.6%) ou indépendante (25. qui n’a pas de travail non fait pendant les dernières 24 heures mais qui en cherche). Ce taux est deux fois plus élevé que le taux de chômage national. Comme indiqué dans le Projet CBMS – Maroc (2006- 2007a). Ces chiffres témoigneraient donc d’un chômage élevé à Essaouira par rapport au niveau national et ce.2%.25. la difficulté du travail. ils risquent alors de quitter la commune comme l’ont fait leurs aînés ayant connu la même situation.9%).fr/eurisco/ . Aide familial. Parmi les raisons invoquées pour expliquer une situation de chômage à Essaouira.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. au sens économique du terme.fr. Combiné au faible taux de participation des femmes au marché du travail. Plus précisément.3%) et nettement inférieur à celui enregistré en moyenne en milieu rural (3. Ce constat est le même pour les hommes et pour les femmes interrogées. si l’on s’intéresse à la population active âgée de 15 à 65 ans et qui se déclare au chômage (toute personne de cette tranche d’âge qui ne travaille pas. Par ailleurs. p. ce résultat signifie probablement qu’une part massive de la population féminine à Bouaboud est en réalité inactive. site web : http://www. les autres statuts (Chômeur. expliqueraient toutefois environ 40% des situations de chômage à Essaouira : des opportunités d'emploi limitées. Si les individus jeunes ne trouvent pas d’emplois. D’autres raisons.2%) mais est largement plus élevé pour les femmes (21. Employeur.4%) alors que ce n’est le cas que de moins de 1% des femmes interrogées. Associé ou coopérant) étant négligeables tant pour les hommes que pour les femmes.2% en moyenne urbaine nationale). elle est principalement salariée (58. Pour la commune de Bouaboud. A Bouaboud au contraire. pour la même année et le même trimestre que l’enquête. la cause la plus fréquente de chômage est l’entrée démographique et officiel dans l’âge actif (avoir 15 ans).dauphine. a priori moins évidentes. il ressort que le taux de chômage à Essaouira en 2007 serait de l’ordre de 22. le taux de chômage est pratiquement nul (1. « il est clair que cette définition statistique de l’activité est manifestement prise à défaut pour la femme rurale au Maroc en général et à Bouaboud en particulier ». la cause la plus fréquente bien identifiée est la fin du processus scolaire (général ou professionnel) qui se termine sans l’obtention d’un diplôme (23%). Quant à la population active occupée à Essaouira. plus particulièrement pour les femmes. le mariage.0% pour les femmes. etc. n’ayant pas travaillé pendant les 24 heures de référence de l’enquête. ce taux de chômage s’avère fort différent selon le genre puisqu’il est de 14. A Bouaboud.8% pour les hommes et de 38. EURIsCO.

fr/eurisco/ . 2007 EURIsCO. 4 Empl. Organisation" Graphique 19 : Situation dans la profession à Essaouira Ensemble des personnes actives 0 20 40 60 Pourcentage 1 Ch. 8 As/coop.dauphine. 1ers résultats. 1ers résultats. graphique 20). 8 As/coop.3% est salariée. Source : Enquête CBMS.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. 2 Sal. 3 Ind. 2007 Il en va de même à Bouaboud où 61. les autres statuts étant peu représentés (cf. 2 Sal. 4 Empl. Graphique 20 : Situation dans la profession à Bouaboud Ensemble des personnes actives 0 20 Pourcentage 40 60 1 Ch. 3 Ind.fr. 5 Aid. Source : Enquête CBMS.7% de la population active exerce une activité indépendante et où 34. site web : http://www.fml. Université Paris Dauphine 54 Email : eurisco@dauphine.fml. 5 Aid.

fr. 1ers résultats. bien que les deux principaux secteurs pourvoyeurs d’emplois à Essaouira soient supposés être les mieux avertis en la matière. site web : http://www. etc. Le deuxième secteur est celui des entreprises privées non agricoles (petits commerces et services de transport notamment) qui draine 32.dauphine. du tourisme. 2007 EURIsCO. Organisation" Le secteur le plus pourvoyeur d’emplois dans la ville d’Essaouira est celui des entreprises privées non agricoles (71. graphiques 21 et 22).1%) et pour les femmes mais dans une moindre mesure (42%) ce qui s’avère tout à fait conforme aux observations en milieu rural marocain. des services commerciaux. le taux de couverture sociale reste faible et ne dépasse pas 26%.8% à Bouaboud) et sont donc en situation d’épargner une partie de leurs revenus. Enfin. pauvreté et épargne des ménages en 2006/2007 D’après les données de l’enquête CBMS. à Bouaboud.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. Revenu. C’est d’ailleurs le cas pour les hommes (61. et sur la base de l’auto jugement des interviewés. Il est quasiment nul à Bouaboud où 99.fr/eurisco/ .2% dans la commune rurale Bouaboud (cf.4% des actifs. Le deuxième secteur se trouve être celui des services extérieurs des ministère (14. Université Paris Dauphine 55 Email : eurisco@dauphine. Au contraire.5%) pour les hommes (74. Il s’agit très probablement des secteurs de la pêche. de l’artisanat. Graphique 21 : Répartition des ménages selon l'auto jugement de leur niveau de vie Commune urbaine d'Essaouira 0 20 40 Taux de jugements 60 80 1 Très riche 2 Assez riche 3 Moyen 4 Assez pauvre 5 Très pauvre 6 Très démuni Source : Enquête CBMS. Seuls 2. ce sont les exploitations agricoles qui captent le plus grand nombre d’actifs (60.9%) mais aussi pour les femmes (62.1%). 68. contre 76.7%).3% de la population ne dispose pas de couverture sociale.7% des ménages déclarent avoir un niveau de vie moyen dans la zone urbaine d’Essaouira.1%).8% se classent eux-mêmes comme étant riches ou assez riches à Essaouira (contre 1.

Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. c’est-à-dire 8500 dirhams en moyenne par membre au sein des ménages. Le revenu annuel moyen des ménages d’Essaouira serait de l’ordre de 36800 dirhams (cf. quelle soit leur zone de résidence.dauphine. Organisation" Graphique 22 : Répartition des ménages selon l'auto jugement de leur niveau de vie Commune rurale de Bouaboud 0 20 40 60 80 Taux de jugements 2 Assez riche 3 Moyen 4 Assez pauvre 5 Très pauvre Source : Enquête CBMS. EURIsCO. La même correction apportée à la dépense de consommation fait apparaître un niveau moyen de la dépense annuelle par ménage évaluée à environ 35000 dirhams. fait ressortir un revenu annuel moyen par tête et par ménage d’un peu plus de 9000 dirhams. site web : http://www. graphique 23).fr. 10 La taille moyenne des ménages à Essaouira est de 4. la comparaison entre les revenus annuels moyens des ménages et leurs dépenses de consommation indique que les ménages parviennent à épargner et ce.fr/eurisco/ .59 membres. corrigée par la taille des ménages10. 2007 Cela étant. Université Paris Dauphine 56 Email : eurisco@dauphine. Cette même variable. 1ers résultats.

Organisation" Graphique 23 : Moyennes de certaines grandeurs Ensemble de la ville d'Essaouira 0 10.000 Valeur en dirhams Revenu du ménage Dépense de consommation Revenu par tête Dépense par tête Source : Enquête CBMS.000 30.dauphine.fr/eurisco/ . site web : http://www.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.fr. Université Paris Dauphine 57 Email : eurisco@dauphine.000 20. 2007 EURIsCO.000 40. 1ers résultats.

0 0 0 0 2 5 V ille d 'E s s a o u ira .fr/eurisco/ . Le niveau moyen de la dépense annuelle par ménage est évaluée à 15800 dirhams. le revenu annuel moyen des ménages est de l’ordre de 16400 dirhams (cf. 11 La taille moyenne des ménages dans la commune rurale de Bouaboud est d’environ 6 membres. il n’y a quasiment plus aucun ménage recensé (cf. EURIsCO.fr.000 Valeur en dirhams Revenu du ménage Dépense de consommation Revenu par tête Dépense par tête Source : Enquête CBMS. La plupart des ménages ont un revenu annuel moyen d’environ 10 000 dirhams.0 0 0 e -0 6 0 0 20000 40000 60000 80000 100000 V a le u r d u re v e n u a n n u e l e n D h d u m é n a g e D e n s ité Graphique 25 : Moyennes de certaines grandeurs Ensemble de la ville de Bouaboud 0 5.000 10.0 0 0 0 1 5 . G r a p h iq u e 2 4 : D e n s ité d u r e v e n u d e s m é n a g e s D e n s ité d u re v e n u . graphique 25). graphique 25). soit environ 3000 dirhams par tête lorsque la variable est corrigée par la taille du ménage11. 1ers résultats. trois fois moins que dans la zone urbaine. 2007 A Bouaboud.0 0 0 0 1 5 . graphique 26). Au-delà de 40 000 dirhams. Université Paris Dauphine 58 Email : eurisco@dauphine.000 20.dauphine.0 0 0 0 2 . soit une dépense moyenne par tête dans les ménages de l’ordre de 2900 dirhams (cf. Organisation" La dispersion des revenus des ménages dans la commune urbaine d’Essaouira est observable sur le graphique 24 qui montre que la proportion la plus importante d’individus se situe autour des 20 000 dirhams annuels.000 15.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. site web : http://www.

G r a p h i q u e 2 7 : D e n s i t é d e l 'é p a r g n e d e s m é n a g e s D e n s it é d e l'é p a r g n e . la fraction non consommée du revenu des ménages.dauphine. Les ménages caractérisés par des dépenses de consommation comprises entre 3890 et 5835 dirhams (ménages vulnérables. En classant les ménages par leur niveau de pauvreté. après correction par la taille du ménage. La densité de l’épargne (cf. graphique 27) révèle que la fraction la plus large des ménages de cette zone épargnent environ 150 dirhams.0 0 0 0 2 0 0 10000 20000 30000 40000 V a le u r d u r e v e n u a n n u e l e n D h d u m é n a g e D e n s ité A Essaouira. l’enquête montre qu’à Essaouira. à savoir les moins pauvres parmi les ménages pauvres) et ceux dont les dépenses excèdent 5835 dirhams (autres ménages) ont un niveau moyen d’épargne évalué respectivement à 459 et 2190 dirhams.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. site web : http://www. Au sein des ménages enquêtés. les familles dont les dépenses de consommation sont inférieures à 3890 dirhams (ménages pauvres) ont un niveau moyen d’épargne de 160 dirhams. en moyenne annuelle. Organisation" G r a p h iq u e 2 6 : D e n s i t é d u r e v e n u d e s m é n a g e s D e n s ité d u re v e n u . Université Paris Dauphine 59 Email : eurisco@dauphine. l’épargne est estimée en moyenne annuelle par ménage à 517 dirhams (ou 97 dirhams par tête).fr/eurisco/ .0 0 3 V ille d 'E s s a o u ir a .0 0 0 0 6 . mais il convient de rappeler que l’une des raisons pour lesquelles cette localité a été retenue EURIsCO. le niveau d’épargne le plus faible est de 10 dirhams et le niveau le plus élevé est évalué à 84000 dirhams.0 0 2 . de 558 dirhams par tête.0 0 0 0 8 V ille d e B o u a b o u d .fr.0 0 1 0 0 144 500 1000 V a le u r d e l'é p a r g n e e n D h d u m é n a g e D e n s it é A Bouaboud. c’est-à-dire leur épargne serait de 2109 dirhams ou.0 0 0 0 4 .

Dans les deux localités. Sur l’ensemble de la population de Bouaboud. G r a p h iq u e 2 8 : D e n s ité d e l'é p a r g n e d e s m é n a g e s D e n s ité d e l'é p a rg n e .30% 15-59 46.40% 27.1% de la population en 2007 à Essaouira et 54.10% 32.40% 15-34 21.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.10% 39. l’âge.40% 60 et + 10. Nous présentons tout d’abord les traits caractéristiques de la population marocaine pour ensuite préciser nos observations relatives aux communes d’Essaouira et de Bouaboud. Université Paris Dauphine 60 Email : eurisco@dauphine.0 0 4 . tableaux 25 et 26). site web : http://www. Tableau 25 : Répartition de la population totale selon le sexe et les groupes d’âges. à Bouaboud (2006/2007) Groupes d’âge Masculin Féminin Ensemble 0-14 43. Caractéristiques de la population marocaine et épargne La population marocaine se caractérise par une proportion importante de femmes : elles représentent 52. Organisation" comme pilote pour l’enquête CBMS tient justement à son niveau de pauvreté. 2007 EURIsCO.fr/eurisco/ .70% 51. graphique 28).3 Caractéristiques socio-démographiques et épargne Le comportement d’épargne de la population rurale et urbaine peut être précisé à l’aune d’autres déterminants tels que le genre.3% à Bouaboud.10% 8. ce plus grand nombre de femmes concerne plus spécifiquement les jeunes de moins de 35 ans (cf. l’épargne oscille entre 15 et 45200 dirhams.20% Source : Enquête CBMS.dauphine.20% 55. La plus large fraction de ces ménages épargne moins de 200 dirhams (cf. le taux de fécondité.0 0 6 V ille d e B o u a b o u d . Cette évolution est à relier au fait que la migration et l’exode rural concernent davantage les hommes que les femmes. ou encore le nombre de chômeurs.20% 9.fr.60% 36.0 0 2 0 0 200 300 500 V a le u r d e l'é p a rg n e e n D h d u m é n a g e D e n s ité 6. 1ers résultats.

cette supériorité en nombre des femmes se vérifie dans les moyennes et petites villes mais pas dans les grandes. pour cause de regroupement familial ou d’amélioration de leurs conditions de vie.fr.7% de ménages ayant une femme à leur tête. les moins de 35 ans représentent plus de 60% de la population (cf.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. Les enfants de moins de 15 ans sont toutefois sensiblement plus nombreux en milieu rural puisqu’à Bouaboud. Elle atteignait presque 23% pour les 20% de la population les plus favorisés qui restent donc plus longtemps célibataires ou qui hésitent moins à divorcer. 2007 En effet. 1ers résultats. Dans les deux municipalités. Selon Goldstein et Barro (1999). à Essaouira. ils représentent 39. Il apparaît en effet que les femmes qui quittent la campagne. cette proportion s’élevant avec le niveau de vie et avec l’urbanisation. Nous constatons que la structure de la population reste relativement jeune.4 ans en 1998 dans les grandes villes et de 26. site web : http://www.dauphine. en 1998/1999.10% 34.00% 35. « les stratégies d’épargne des hommes et des femmes sont très différentes.7% à Essaouira. l’âge moyen au 1er mariage était de 28. Toutefois.40% 26. conformément à l’analyse ci-dessus.40% 8. Université Paris Dauphine 61 Email : eurisco@dauphine. besoins sociaux et activités économiques ». toujours selon l’enquête sur les niveaux de vie des ménages de 1998/1999. tableau 27). à Essaouira (2006/2007) Groupes d’âge Masculin Féminin Ensemble 0—14 ans 26. Toutefois. les femmes utilisent à la fois le secteur intermédiaire et le secteur autonome et arbitrent à tout moment entre besoins de consommation. on recensait 16. Un comportement d’épargne différent selon le sexe du chef de ménage en zone urbaine et rurale est observé (cf. ce qui s’expliquerait par les particularités de l’exode rural des femmes.50% 15-59 ans 64. supposés être en charge de la question de l’épargne au sein du ménage.8 ans sur l’ensemble du territoire. à Bouaboud. tel n’est pas le cas en milieu urbain.70% 15-34 ans 34. Cela suggère un éventuel emploi des EURIsCO.90% Source : Enquête CBMS.50% 8.40% 60 ans et + 9. les chefs de ménage.fr/eurisco/ . il montre que si les femmes épargnent plus que les hommes en milieu rural.4% de la population contre 26. 2007 Selon l’enquête nationale sur les niveaux de vie des ménages de 1998/1999. Organisation" Tableau 26 : Répartition de la population totale selon le sexe et les grands groupes d’âges. De fait. préfèrent s’installer dans des villes de taille modérée. les ménages dont le chef de famille est une femme épargnent beaucoup plus en moyenne que les ménages traditionnels. les ménages avec un homme à la tête du ménage ont une capacité d’épargne plus importante. En revanche. Tableau 27 : Niveau d’épargne en fonction du sexe du chef de famille en dirhams Bouaboud Essaouira Femme 1032 1216 Homme 170 2365 Source : Auteurs d’après l’enquête CBMS.10% 64. Cette distinction par genre est importante car il a été montré que les femmes ont une volonté d’épargne supérieure à celle des hommes (notamment pour l’éducation de leurs enfants) et qu’elles gèrent plus activement leur épargne. sont majoritairement des hommes. Par ailleurs.10% 27. tableaux 25 et 26).50% 64.

plus le niveau d’épargne moyen est élevé à l’exception des familles composées de plus de cinq actifs occupés (3 ménages sur tout l’échantillon). EURIsCO. à Essaouira. le niveau d’épargne moyen est toujours plus élevé en ville. les petites et moyennes villes étaient composées à 61. le revenu annuel moyen dans les jeunes familles dont le chef a moins de 35 ans est de 31544 dirhams contre 40609 dirhams dans les ménages dont le chef a entre 35 et 60 ans. En zone rurale. malgré une baisse de revenu aux âges élevés. quel que soit le nombre d’actifs dans le ménage. Pour ce qui est des personnes âgées de 60 ans et plus. Organisation" jeunes filles de plus de 15 ans issues des zones rurales au sein de ménages en ville ou bien une surmortalité féminine. non interprétable En termes de répartition géographique de la population. dépassant de près de 2 points le niveau national. Tableau 28 : Niveau d’épargne (en dirhams) en fonction de l’âge du chef de famille à Bouaboud et à Essaouira Bouaboud Essaouira Moins de 35 ans (4000)* 3150 Entre 35 et 60 ans 348 2341 Plus de 60 ans 513 823 Source : Auteurs d’après l’enquête CBMS. Le profil d’épargne selon l’âge du chef de famille est très différent entre la ville et la campagne (cf. cette tranche d’âge atteignant 65% dans les grandes villes. La diminution observée de l’épargne aux âges élevés corrobore l’hypothèse du cycle de vie mais s’explique aussi par des niveaux de revenu très inférieurs à la moyenne (28000 dirhams pour les plus de 60 ans).8% de la population.2% d’individus d’âge actifs (15-59 ans). 2007 * une seule observation. Les comportements d’épargne en zone rurale contrastent donc fortement avec ceux observés en zone urbaine. L’enquête CBMS confirme qu’en ville comme en zone rurale. A Bouaboud. Le tableau 28 montre aussi que. En effet.fr/eurisco/ . cette catégorie de la population groupée avec celle des enfants constitue la population que les actifs ont à leur charge. en 1998. Les individus les plus en âge d’épargner sont donc majoritairement situés dans les villes où les possibilités d’épargner sont aussi les plus nombreuses (plus de banques et autres établissements d’épargne). les familles dont le chef a moins de 35 ans épargnent 3150 dirhams contre 2341 pour celle dont le chef de famille a entre 35 et 60 ans. ou encore une sous-déclaration des filles de cet âge. Or. leur part est aussi relativement importante dans les deux municipalités. plus le nombre d’actifs occupés dans le ménage est important. site web : http://www. Or. Université Paris Dauphine 62 Email : eurisco@dauphine. tableau 28). le niveau d’épargne va croissant avec l’âge du chef de famille. cette classe d’âge ne représente plus que 53. En effet. les ménages jeunes épargnent relativement plus à la fois en niveau mais aussi en proportion du revenu.dauphine.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.fr.

2007 En considérant le nombre de chômeurs dans les familles enquêtées. c’est-à-dire ceux appartenant aux 10% de la population les plus défavorisés. 70.dauphine. environ la moitié des hommes de 30 à 34 ans sont célibataires. A Essaouira. site web : http://www. Or. Bouaboud comptant ainsi 36. la taille du ménage semble décroître avec le niveau de vie puisque dans l'enquête nationale du HCP sur les dépenses de consommation des ménages de 2000/2001. En revanche. Il semble ainsi que l’insuffisance des ressources prend le pas sur le motif de précaution. en 2001. contre 22.7 16. L’explication réside sans doute dans le motif de précaution qui conduit les familles touchées par le chômage à épargner davantage. Or.6% des ménages d’au moins 7 personnes comptabilisés en 2007 à Essaouira contrastent avec les 31.4% dans ce cas à Bouaboud. 14% des ménages sont constitués d’une seule ou deux personnes. à Essaouira.3% de ménages de cette taille recensés dans les villes en 2001.4 4 14.2% des ménages en région rurale. le revenu moyen de la famille est divisé par deux et le niveau d’épargne n’est plus que de 290 dirhams.6% d’au moins 7 personnes. les ménages les plus démunis. Enfin.3 5 18. comprenaient 8 personnes en moyenne contre 4 chez les ménages les plus aisés. Tableau 29 : Répartition des ménages selon leur taille (en nombre de personnes) Taille de ménages Bouaboud Essaouira (en % du total des ménages) (en % du total des ménages) 1 1.6 16. la taille des ménages se soit réduite car en moyenne.7 7.7 2 2.8 8.5% de ménages de 7 personnes ou plus (cf. le niveau moyen d’épargne est relativement faible dans les ménages sans chômeurs (496 dirhams) alors que les familles avec un ou deux chômeurs épargnent beaucoup plus en moyenne (2458 dirhams).2 4. dès que le nombre de chômeurs est supérieur à deux. nous constatons qu’en zone rurale.6 6 17. en termes de fécondité.2 9. Ceci montre la dominance des structures familiales élargies.0 100. les ménages composés de 7 personnes et plus représentaient 44. les familles n’épargnent quasiment plus en moyenne (50 dirhams).1 8 et + 20. au-delà de deux chômeurs.4 24. il semblerait qu’entre 2001 et 2007. on constate aussi qu’à Essaouira. en 2007.3 13. Il en va de même en milieu urbain puisque les 15. Université Paris Dauphine 63 Email : eurisco@dauphine. Comme l’établissait l’enquête de 2001.3 3 9. Organisation" Tableau 28 : Epargne des ménages en dirhams selon le nombre d’actifs occupés à Bouaboud et à Essaouira Aucun actif 1 à 2 actifs 3 à 4 actifs Plus de 5 actifs Bouaboud 138 521 957 700 Essaouira 1660 1991 3911 1078 Source : Auteurs d’après l’enquête CBMS. d’après l’enquête CBMS. 1ers résultats.fr.0 Source : Enquête CBMS.5 Total 100. tableau 29).Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.1 7 15. ce qui indique clairement les difficultés qu’ont les jeunes hommes (tout particulièrement les jeunes urbains) à fonder un foyer. la part des ménages de taille élevée est sensiblement plus importante en zone rurale. difficultés que l’on peut probablement expliquer par les problèmes d’intégration dans l’économie qui frappe plus particulièrement EURIsCO.4% de 3 à 6 personnes.fr/eurisco/ . 2007 D’une manière générale. si Bouaboud est représentatif du milieu rural. et 15.

A priori. 2007 Nous observons que la taille du ménage agit dans le même sens à Bouaboud et Essaouira. entre 1994 et 2001 Milieu de résidence Urbain Rural Ensemble Sexe 1994 1998 2001 1994 1998 2001 1994 1998 2001 EURIsCO. d’après l'enquête nationale sur les dépenses de consommation des ménages de 2000/2001. plus faible en milieu urbain.fr/eurisco/ . Tableau 30 : Epargne en dirhams selon la taille du ménage à Bouaboud et Essaouira Moins de 3 Entre 3 et 6 Plus de 6 personnes personnes personnes Bouaboud 214 538 510 Essaouira 739 2641 931 Source : Auteurs d’après l’enquête CBMS. a un effet ambigu sur l’épargne : avoir plus d’enfants peut inciter les parents à épargner davantage dans la perspective du financement de leurs études par exemple.5% en milieu urbain. En 2001. une moitié seulement de cette population de 10 ans et plus savait lire et écrire avec. Ce pourcentage de célibataires étant bien inférieur pour les filles que pour les garçons. La taille du ménage est un déterminant de l’épargne au niveau micro-économique qui a des effets ambigus et qui n’a sans doute pas le même rôle selon le milieu de résidence.3% en 1994. En résumé. Le taux d’alphabétisation les concernant a en effet doublé passant de 10. les ménages résidant dans les villes ont donc une plus forte probabilité d’épargner pour trois raisons essentielles : un niveaux de vie plus élevé . Il n’en demeure pas moins qu’en 2000/2001. les ressources sont insuffisantes pour maintenir un niveau d’épargne conséquent.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.8% en milieu rural (21.fr. les familles constituées de 3 à 6 membres sont celles qui épargnent le plus en moyenne. Alphabétisation et niveau d’études La population de 10 ans et plus alphabétisée a connu une nette augmentation au cours des décennies 1980 et 1990. Dans les deux cas. une offre d’épargne plus dense. Au- delà. le nombre d’enfants. tableau 31).9% à 21. ce taux d’alphabétisation n’était que de 37. l’amélioration la plus significative du niveau d'alphabétisation a concerné les femmes vivant en milieu rural. là encore de fortes disparités selon le genre et les zones géographiques (cf. il atteste d’un mariage plus précoce chez les filles qui témoigne de l’attachement aux us et coutumes de la société. Sur la période 1994-2001.8% pour les filles) contre 67. 55% de la population âgée de 10 ans et plus savait lire et écrire contre 45. site web : http://www. Organisation" les plus jeunes.dauphine. Tableau 31 : Evolution des taux (en %) d'alphabétisation de la population âgée de 10 ans et plus selon le genre et le milieu de résidence. Ce dernier résultat est confirmé par le tableau 30 qui montre que lorsque la famille est très nombreuse. la capacité d’épargner est alors plus faible.8%. une proportion de femmes plus importante. Ainsi. mais peut aussi les contraindre à réduire leur épargne en raison d’une consommation plus élevée. Université Paris Dauphine 64 Email : eurisco@dauphine.

5 24. mais là aussi.0 78.1 42. 2007 Bien que le pourcentage d’analphabètes au Maroc diminue avec l’augmentation du niveau de vie et.6 Ensemble 63.4%).9 17. en 2001.5% Source : Enquête CBMS.5 57.1 37. les femmes sont les plus touchées par l’analphabétisme puisque 32.2 10.dauphine. 2000-01 Plus précisément.1% d’entre elles sont analphabètes.6 38.6 66. un taux d’analphabétisme beaucoup plus faible de 24. ce taux d’analphabétisme de 24.7% de la population) vient presque parfaitement compenser les 37.8 32. une forte corrélation entre le taux d’alphabétisation et le niveau d’études est observée.2 58. 1ers résultats.3 79. si en 1998.6% traduit une nette amélioration de la situation dans les villes entre 2001 et 2007. EURIsCO.1 39.8% de la population qui.3 51.2 67.0% 68. En revanche. 67.9 33.3% 0. 20% pour les hommes et 35% pour les femmes).1 53. mais le taux global d’analphabètes (62. en raison d’un meilleur accès à l’école qui a permis une réduction de l’analphabétisme profitant aux jeunes filles comme aux jeunes garçons. Université Paris Dauphine 65 Email : eurisco@dauphine.6%. alors ces chiffres indiquent que la situation moyenne n’a pas évolué entre 2001 et 2007. l’analyse du croisement entre l’âge. le genre et le fait de savoir lire ou écrire dans au moins une langue (arabe. ce dernier étant caractérisé ici par le dernier cycle scolaire fréquenté (cf.fr/eurisco/ . site web : http://www. cet analphabétisme d’une grande partie de la population adulte implique un accès limité aux différents produits financiers et non financiers.4 50. la commune d’Essaouira enregistre quant à elle. un recours massif à l’épargne informelle ou « de proximité » est probable.0 21.8 45.3 67.1 66.5 Féminin 51. 1ers résultats.4% Préscolaire Aucun 2. En milieu urbain.4 54. Organisation" Masculin 75. L’offre d’épargne étant par ailleurs limitée en zone rurale en raison d’une demande trop faible.7 55.6% Lycée cycle) Primaire 0.7%). Graphique 29 : Répartition de la population âgée de 4 ans et plus selon le niveau scolaire atteint Collège Université (1er et 2ème 1. Au niveau de la commune de Bouaboud.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.fr. étaient alphabétisées en milieu rural. conjointement. dans la commune rurale de Bouaboud. français ou autres langues) fait ressortir qu’environ les deux tiers de la population sont analphabètes (62.0 Source : Enquête Dépenses de consommation. d’après les données de l’enquête CBMS. avec l’urbanisation.4%) et élevé pour les femmes (77. Il faut toutefois noter que la tranche d’âges 10-19 ans enregistre des taux d’analphabétisme relativement bas (30% au niveau global. en 2007. Ce taux est relativement bas pour les hommes (44.1% 27. graphique 29).5% de la population urbaine était alphabétisée. En émettant l’hypothèse que Bouaboud représente significativement le milieu rural marocain.

8% de la classe d’âge 7-12 ans étaient scolarisés.3% des filles de la même classe d’âge n’avaient jamais été scolarisés. Dans l’enquête nationale sur les niveaux de vie des ménages de 1998/1999. le taux net n’était que de 70. Les taux d’interruption en cours de cycle seraient ainsi particulièrement élevés.2% pour les filles des zones rurales. en 2007. à l’exception du cycle supérieur (l’université). 12 Le TBS correspond au rapport entre le nombre d’enfants inscrits en primaire et le nombre d’enfants âgés de 7 à 12 ans qui sont en âge d’aller à l’école primaire.8% pour les filles.2% alors qu’en 2007.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. l’éducation de base universelle (100% des enfants de la classe d’âge 7-12 ans scolarisés) est presque atteinte dans les villes et notamment à Essaouira où 94. ce qui explique que des enfants de plus de 12 ans fréquentent encore le cycle primaire. L’étude des communes d’Essaouira et de Bouaboud s’avère ici particulièrement intéressante car elle fait apparaître des situations opposées en termes de scolarisation des garçons et des filles (tableaux 32 et 33). le taux brut de scolarisation primaire (TBS)12 s’élevait à 85. par ordre de priorité : Le manque de moyens financiers L’éloignement de l’école et/ou les difficultés d’accès de l’école La perception négative de l’école par les parents Le besoin des enfants dans les activités professionnelles des parents. site web : http://www. l’inverse se produit à Essaouira. Elle semble perdurer car à Bouaboud.4% des garçons de 7 à 15 ans et 30. Il s’agit là d’une évolution ambiguë de la scolarisation car le niveau élevé de ces taux traduit à la fois un accroissement du nombre d’enfants scolarisés. Université Paris Dauphine 66 Email : eurisco@dauphine.fr/eurisco/ . Les raisons invoquées par les parents pour expliquer cette non scolarisation de leurs enfants sont le plus souvent. Au niveau primaire. ce qui signifie que seuls 70.dauphine. Organisation" Scolarisation des enfants En termes de scolarisation. En 1998. Alors qu’à Bouaboud. 15. le taux net de scolarisation des garçons est de 75. Aux TBS. les taux de scolarisation des garçons sont toujours supérieurs à ceux des filles quel que soit le cycle. dans l’hypothèse où une partie de l’épargne répond à des fins éducatives. 13 Le taux net ne peut donc pas dépasser 100%.fr. l’écart se creusant en secondaire par rapport au primaire. il est largement supérieur à 100% (sauf pour les filles de Bouaboud). La faiblesse de ce taux provient essentiellement de la faible scolarisation des filles en milieu rural. EURIsCO. dans l’enquête nationale sur les niveaux de vie des ménages de 1998/1999. Les parents urbains sont donc confrontés à un besoin d’épargne plus important que les ruraux. dans les communes d’Essaouira et de Bouaboud.9% des filles de 6 à 11 ans vont à l’école primaire.8%. mais aussi le fait qu’une part importante des enfants qui vont à l’école primaire ne sont plus en âge d’y aller. nous préférons donc les taux nets de scolarisation (TNS) qui correspondent au pourcentage des enfants de 7 à 12 ans effectivement scolarisés13.2% contre 66. ce chiffre atteignant 50.

5 76. l’enseignement privé captait 17. Soins de santé Le recours aux soins de santé peut aussi constituer un motif d’épargne non négligeable et ce. 2007 En ce qui concerne le cycle secondaire. 1ers résultats. En 1998.6 56.80% 113. évalué à 13.8 5.90% Collège 8. 94.4 Primaire 83.2% des enfants en primaire. ni collège ni lycée ne sont implantés dans la localité. Les frais de scolarité étant par nature moindres dans les établissements publics.4% contre 18.3% dans les grandes villes).5% des établissements respectivement fréquentés en primaire.5 Collège 43. les conséquences en termes d’épargne ne sont pas négligeables.6%.fr. l’enquête sur les niveaux de vie des ménages de 1998/1999 fournissait un taux brut de scolarisation des 13-15 ans à 52.00% 8. EURIsCO. En 2007.8 7. à Bouaboud (2006/07) Taux Net de Scolarisation Taux brut de scolarisation Cycle d’études Masculin Féminin Masculin Féminin Préscolaire 2. Organisation" Tableau 32 : Taux de scolarisation (en %) par cycle d’études et par sexe.fr/eurisco/ .50% 0. le TBS secondaire s’établissait à 81.5 159. dans la commune rurale de Bouaboud.9% (13. il n’était que de 1. à Essaouira (2006/07) Taux Net de Scolarisation Taux brut de scolarisation Cycle d’études Masculin Féminin Masculin Féminin Préscolaire 94 78.70% Primaire 75.60% 78.50% 1. site web : http://www. il pourrait s’agir d’un motif de non-scolarisation secondaire dans la commune rurale de Bouaboud. Université Paris Dauphine 67 Email : eurisco@dauphine. tableaux 32 et 33). Ainsi. Elle est ainsi inexistante à Bouaboud.2 126. Le fait qu’une moitié seulement des enfants de 13 à 15 ans fréquente le collège traduisait de relativement courtes perspectives scolaires telles que perçues par les parents. malgré l’instauration de l’Assurance Maladie obligatoire au Maroc.3% dans la ville d’Essaouira et ce.dauphine.2% dans les grandes villes contre 20. en secondaire.8 Source : Enquête CBMS.7 136.2 110.5% de la population en moyenne d’après l’enquête sur les niveaux de vie des ménages de 1998/1999 (24.5%.4 104. un moindre besoin d’épargne à des fins éducatives est donc nécessaire.00% Source : Enquête CBMS. une fois encore.30% 6.1 55.50% 8. 1ers résultats.20% 66. et en supérieur. En effet. La différence de situation entre zone rurale et urbaine s’avère encore plus flagrante en 2007 (cf.40% Lycée 6. il se trouve limité par le fait que l’éducation privée est peu développée au Maroc.1 94. Il semblerait cependant que le privé se soit développé depuis lors car à Essaouira en 2006.6 Université 7.1% pour les filles) dans les campagnes où moins d’un enfant sur 3 atteignait le cycle secondaire.7 5. Si le problème de l’éloignement de l’école ne se pose avec acuité pour aucun cycle scolaire dans la commune urbaine d’Essaouira. Quant au financement privé de l’éducation. 2007 Tableau 33 : Taux de scolarisation (en %) par cycle d’études et par sexe. 96. d’autant plus que le taux de couverture médicale reste relativement faible au Maroc.50% 3.8% et 97.9 114. Si l’essor du secteur privé peut être considéré comme positif en tant que source d’amélioration de la qualité scolaire.60% 2. en 1998.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.30% 5. les écarts étaient très importants entre le genre et les régions géographiques. Néanmoins.6 Lycée 21.5 23. relevaient de l’enseignement public.30% 0.

etc. Parmi eux. le taux de morbidité déclaré au cours de chaque mois était de 16. les malades s’orientant en priorité vers un dispensaire et en dernier lieu vers un cabinet médical. l’ordre de préférence est inversé. Les maladies chroniques (hypertension. la préférence des ménages en termes de santé. Si les maladies sont conjoncturelles. diabète. en 1998. Le secteur public restait toutefois très sollicité par les catégories socio-économiques à revenu modeste14 et par la population rurale.7%. En 2006/2007. tandis que les préférences des urbains et des ruraux se seraient inversées. tandis que les urbains d’Essaouira privilégient les hôpitaux publics. et du dispensaire ou du centre de santé. L’enquête CBMS de 2006/2007 permet de distinguer les comportements des individus selon le type de maladie. la population rurale de Bouaboud recourt plutôt à la médecine privée.fr/eurisco/ . cabinet mutualiste. 0. plus de 80% des malades. quel que soit leur lieu de résidence.fr. Université Paris Dauphine 68 Email : eurisco@dauphine. L’enquête de 1998 montre ainsi que les individus malades.5% des individus avaient consulté.2% de la population d’Essaouira. les pharmacies viennent s’ajouter aux structures de consultation fréquentées. En effet. les malades chroniques consultent en priorité au cabinet médical privé (46% des malades). la santé occupe une place de choix dans le budget des ménages. quant à elles.dauphine. chronique ou conjoncturelle. suivi de l’hôpital public. s'adressait à un médecin (88. un homme souffrant du diabète dépense mensuellement en moyenne 118 dirhams s’il vit à Bouaboud et 264 dirhams s’il vit à Essaouira. Dans le cas de maladies conjoncturelles. bien que le secteur public soit reconnu comme principal offreur de soins de santé.4 % des malades s'adressaient aux établissements de soins de santé du secteur public. Dans une ville comme Essaouira. aux cliniques privées et en 4ème choix seulement aux dispensaires lorsqu’il s’agit de maladies chroniques. recourent de plus en plus au personnel médico-sanitaire pour se soigner. Ces montants indiquent les sommes que les ménages doivent consacrer à la santé 14 Les trois premiers quintiles de la dépense annuelle moyenne par tête EURIsCO. le traitement de ces maladies est coûteux pour les ménages. ces disparités de comportement pouvaient s’expliquer à la fois par le coût des prestations fournies par le secteur privé et par la répartition inégalitaire de l'offre de soins qui se caractérisait par une relativement forte concentration d’établissements sanitaires privés en zone urbaine.9% de ce budget était affecté à l’hygiène et aux soins médicaux (5% en zone rurale et 8% dans les grandes villes). Les autres voyaient généralement un pharmacien ou du personnel paramédical. La grande majorité des individus malades ayant consulté un agent médico-sanitaire lors de sa maladie. contrairement à l’éducation. Or. Ce taux a augmenté entre 1991 et 1998 mais il demeurait relativement faible puisque plus de la moitié des malades se dirigeait vers un établissement privé (médecin privé. ce pourcentage demeurant plus élevé en zone urbaine qu’en zone rurale. Les maladies conjoncturelles concernent. L’attrait des structures sanitaires publiques semble donc s’être nettement amélioré depuis l’enquête de 1998. notamment dans les grandes villes. Ces chiffres sous-estiment probablement la réalité car l’éducation de diagnostic des maladies n’est pas enracinée dans la population de manière générale. la préférence des malades va d’abord à l’hôpital public (plus de 50% des malades). quel que soit leur lieu de résidence.2 %). 65. puis au cabinet médical.5% de la population de Bouaboud et 10. 6. aux centres de santé publics ou aux hôpitaux publics. guérisseur ou pharmacien). En 1998. Dans une commune rurale telle que Bouaboud.) ne concernent que 1% de la population rurale de Bouaboud et 13. site web : http://www. En 1998. Organisation" De fait. seuls 46.2% de la population d’Essaouira. En 1998.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. ont déclaré avoir suivi un traitement. En ce qui concerne le traitement de ces maladies chroniques. Ainsi. Ce taux traduit le risque d’être malade ou blessé. Le coût mensuel moyen du traitement de la tension artérielle est de 158 dirhams pour les hommes de Bouaboud et de 254 dirhams pour ceux d’Essaouira. puisque selon l’enquête sur les niveaux de vie des ménages de 1998/1999. c’est-à-dire aux dispensaires. allait donc plutôt aux établissements privés. Il repose sur le pourcentage d’individus qui déclarent avoir été malade ou blessé au cours des 4 semaines précédant l’enquête.

les propriétaires se trouvaient essentiellement dans la catégorie des chefs de ménages sans instruction (77% de propriétaires en 1998) et dans celle des chefs de ménage scolarisés dans une école religieuse (77.2% n’ont pas l’électricité. achat par prêts et fonds propres (épargne. 97. tandis que 25. en vue d'améliorer le bien-être de la population. l’accès à la propriété s’est fortement accru durant ces dernières années passant de 40.) ou obtention du bien par héritage (cf. Certaines d’entre elles ne sont pas supposées influer sur l’épargne des ménages. De fait.…etc. 6.dauphine. les pouvoirs publics ont pris nombre de mesures visant à améliorer les conditions de logement de la population. Les chefs de ménage disposant d’un niveau d’éducation intermédiaire étaient relativement moins souvent propriétaires (autour de 50% d’entre eux le sont). cette sous-section permet d’appréhender l’épargne non financière dont disposent les ménages marocains. sur le plan des procédures notamment. sur les terres. telles que l’hypothèque.2% à l’eau potable. selon l’enquête sur les dépenses de consommation des ménages.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. sur leur statut d’occupation de ce logement. tableau 34). Ces ménages constituent donc une part importante de la population qui n’a pas eu besoin d’épargner pour acquérir son logement. quant à elle. En 2001. la proportion des ménages propriétaires ou accédant à la propriété était de 61. En revanche. le logement de fonction ou le logement gratuit ont peu évolué de 1982 à 2001.4%) et que la moitié d’entre eux (50. Il apparaît alors que les ménages ruraux sont majoritairement propriétaires de leur logement (89. des aménagements en matière d'urbanisme et d'environnement. etc. le bétail et les biens durables qu’ils possèdent. dans la commune rurale de Bouaboud en 2007. site web : http://www.9% en 1982 à 61. une évolution inverse et les autres formes d’occupation.fr/eurisco/ . le taux annuel de construction de nouveaux logements entre 1998 et 2007 a atteint 29% (contre 7.fr. C’est le cas des programmes de restructuration des grands bidonvilles (alors que le recensement de 2004 comptabilisait 760 ménages logés dans des bidonvilles dans la ville d’Essaouira. La location suit. d’amis. les incitant alors à accroître leur épargne dans cet objectif.7%) a hérité de son logement. Université Paris Dauphine 69 Email : eurisco@dauphine. Caractéristiques de l’habitat et épargne A la fin des années 1990. en 2001. dans la commune urbaine d’Essaouira. de la réalisation de grands complexes adducteurs pour la desserte de la population en eau potable. des programmes d'électrification des centres urbains et ruraux15. Ainsi. 15 Notons que malgré ces programmes. locataire. Conditions de vie et épargne des ménages En s’interrogeant sur le type de logement occupé par les ménages.4. achat par fonds propres. le revenu mensuel moyen d’un ménage est de 1300 dirhams à Bouaboud et de 3066 dirhams à Essaouira. emprunts auprès d’un établissement financier.1% des ménages étaient locataires et que moins de 10% des ménages bénéficiaient d’un logement gratuit. l’enquête CBMS n’en dénombre plus que 200 à 260 en 2007). 2% des ménages n’ont pas accès à l’électricité et 11.7% dans la commune rurale de Bouaboud). rappelons-le. Organisation" générale de leurs membres sachant que.4% en 2001.) mais aussi le mode d’acquisition du logement : construction par fonds propres. EURIsCO.3% des ménages n’ont pas accès à l’eau potable à domicile et 38. En milieu urbain. construction par fonds propres et prêts. Dans une commune urbaine comme Essaouira. Quelle a été l’évolution dans l’accès à la propriété ? L’enquête du HCP de 2000/2001 permet d’identifier à la fois le statut d’occupation du logement (propriétaire. d’un proche. le fait que les autorités aient aussi décidé de mettre en place des mesures d'incitation et d'encouragement des investissements immobiliers nous incite à penser que l’accès à la propriété va devenir plus facile pour les ménages marocains. au niveau national.3%). directement ou indirectement selon les cas.4%.

6 Non déclaré 0.7 Total 100. site web : http://www.9 26. où 94.3 crédit Acheté par fonds propres 19.6 15.1 16.9 Locataire avec pas de porte 0.8 16.3 3.1 0.2 6.5 3. 0. le sexe du chef de ménage et les conditions d’habitation (2000/01) Milieu de Sexe du chef de résidence ménage Indicateurs Ensemble Urbain Rural Masculin Féminin Ménages selon la durée de résidence dans le logement Moins de 5 ans 15.0 Source : Enquête Dépenses de consommation. Tableau 35 : Répartition des ménages selon le mode d’acquisition du logement.1 14.0 100.6 18.0 6. ces résultats sont exacerbés dans le cas de la commune de Bouaboud. 0.9 30 ans et plus 18.2 42.2 1.3 24.9 1.1 28.1 46.0 100.3 2.3 0.0 100.6 3. Université Paris Dauphine 70 Email : eurisco@dauphine.2 3.9% d’entre eux ayant hérité de leur logement et 7% l’ayant acquis gratuitement (cf.0 De 20 à 29 ans 17.4 Construit par fonds propres 39.9 Construit par fonds propres et 9.2 15.9 Total 100.5 50.0 100.5 0.9 De 10 à 19 ans 30.1 0.0 Autres 1.3 89.0 100.5 19.4 6.2 2.7 0. Bouaboud.7 16.4 13.dauphine.2 41.3 0.9 12.7 1.9 0.9 0.6 Acheté par fonds propres et 5.0 31.5 Accédant à la propriété 1.7 11.4 1.8 26.0 Ménages propriétaires et copropriétaires selon le mode d’acquisition du logement Hérité 21.8 Locataire 25.2 45.0 100.6 0.4 71.2 0.9 71.1 0.3 0.fr.9 0.6 0.3 0.5 10.7 15.4 0. d’après l’enquête CBMS.3 0.2 seulement Construit par crédit seulement 1.5 7.2 40.4 8.0 0.1 8.0 0.7 .8 0.9 Logement gratuit 8. 2000-01 En 2007. ce qui traduit l’ampleur du transfert du patrimoine immobilier en zone rurale.2% des ménages sont propriétaires. 76.1 crédit Don 1.6 0.fr/eurisco/ .1 Autres 1.6 35.7 0.2 De 5 à 9 ans 17.8 0.9 0.4 Total 100. Organisation" Tableau 34 : Répartition des ménages en % selon le milieu de résidence.4 0.8 Acheté par crédit seulement 1.8 4.0 100.0 100.1 1.6 70.7 33. tableau 35).5 12.8 .9 0.2 0.0 100.0 1.0 100.9 0.0 Ménages selon le statut d'occupation Propriétaire ou copropriétaire 60.1 8.9 16.5 Hypothèque avec ou sans 0.4 29.2 28. 2006/07 EURIsCO.8 0.4 0.6 15.2 11.0 100.9 12.1 0.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.0 100.4 location Logement de fonction 2.

3 Gratuit 6.fr/eurisco/ .9 Achat sans crédit 7. en 2001.2 Total 100.fr. 2007 Au contraire. Notons que malgré ces informations.0 Autres 8. Tableau 37 : Proportion de ménages disposant de cuisine. salle de bain et toilette (2006/07) 16 D’après l’enquête de 1998. Essaouira. site web : http://www. Les faibles pourcentages de ménages ayant acheté leur logement grâce au crédit doivent donc être aujourd’hui considérés comme obsolètes.0 Source : Enquête CBMS. 2006/07 Statut d’occupation Part (en % des ménages) Propriétaire 52. Ce résultat s’observait alors à la fois dans le milieu rural et urbain. mais il demeure probable qu’ils aient aussi eu besoin d’épargne. en zone urbaine tout au moins.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. et l’héritage semble jouer un rôle moins important dans le mode d’acquisition du logement.9 Gratuit (de la famille et proches) 7.2%). 2007 Les ménages propriétaires peuvent avoir hérité des fonds leur ayant permis d’acquérir ce logement. en moyenne nationale. le type de pièces/équipements dont disposent les logements urbains et ruraux se révèle sensiblement différent (cf. les ménages ont aujourd’hui bien davantage recours au crédit pour accéder à la propriété.9 Achat sans crédit 7. le tableau 34 montre qu’en 1998. la plupart des ménages occupent des logements comptant au plus 3 pièces (en 1998. le ménage recourrait principalement aux fonds propres (40. dans le cadre de la politique publique d’accès au logement. 1ers résultats. De plus.dauphine. Organisation" Mode d’acquisition Part (en % des ménages) Héritage 76. Or. pour construire son logement. tandis que le recours au crédit demeurait faible (0.0 Source : Enquête CBMS.1 Autres 5 Total 100 Mode d’acquisition Part (en % des ménages) Héritage 76.9 Gratuit (de la famille et proches) 7. comme le montre le tableau 36.6 Locataire 36.0 Autres 8. 1ers résultats. Tableau 36 : Répartition des ménages selon le statut d’occupation du logement et le mode d’acquisition du logement. les logements occupés sont plus vastes mais leur qualité est inférieure. le montant d’épargne nécessaire pour l’acquisition du logement en ville ou à la campagne reste difficile à estimer car la taille des logements et leur qualité diffèrent d’une zone géographique à l’autre16. 60% des ménages sont concentrés dans des logements de 2 à 3 pièces) alors qu’en milieu rural. De fait.2 Total 100. la part de propriétaires en 2007 à Essaouira (52.9%). puisque la plupart d’entre eux sont construits en pisé et non en maçonnerie comme en ville. EURIsCO.6% des ménages) est inférieure à celle constatée en milieu urbain. Université Paris Dauphine 71 Email : eurisco@dauphine. en ville. tableau 37).

dépenses de consommation et niveau d’épargne moyen. tableau 39).1 90.5% des ménages déclarent cuisiner dans les chambres. 2007 Si la quasi-totalité des foyers de Bouaboud sont dotés d’une cuisine17.8 Ménages ayant cuisine + SB + WC 40. 2007. en dirhams Propriétaires Non propriétaires Bouaboud Essaouira Bouaboud Essaouira Revenu 16 419 43 674 16 111 29 313 Dépenses de consommation 16 006 41 009 13 858 27 813 Epargne 413 2 664 2 253 1 500 Source : Enquête CBMS. ce qui leur permet d’épargner davantage.8 88. nous pouvons alors calculer une épargne moyenne en fonction du statut d’occupation du logement (tableau 38). Il apparaît que dans la commune urbaine d’Essaouira une tranche appréciable des ménages est toujours liée au milieu rural par sa possession des terres agricoles et/ou de bétail et par son implication dans l’exercice agricole et d’élevage (cf.fr. dans le même temps. bien que les dépenses de consommation soient aussi. A partir des revenus moyens et des dépenses moyennes de consommation des propriétaires et des non-propriétaires dans les deux communes de référence. Cela s’explique par la nette supériorité des revenus des propriétaires qui leur permet d’épargner plus que les autres malgré des dépenses de consommation plus fortes et un accès à la propriété déjà réalisé.dauphine. site web : http://www.1 4.7 Ménages ayant cuisine + WC 68 45. selon le statut d’occupation du logement En moyenne.8 2. Tableau 39 : Accès des ménages à l’agriculture et à l’élevage. plus élevées. cette épargne moyenne s’avère plus élevée chez les propriétaires (2 664 dirhams) que chez les autres (1 500 dirhams) et ce. EURIsCO. 17 Ce n’est pas le cas à Essaouira où 11.1 40.fr/eurisco/ .3 Ménages ayant juste la cuisine 26.5 Ménages ayant juste WC 1. 1ers résultats. calculs des auteurs Dans la zone urbaine d’Essaouira.9% d’entre eux ne disposent pas de salle de bain (ils sont encore presque 60% dans ce cas dans la commune urbaine d’Essaouira) et 30% n’ont pas de toilettes à domicile. peut-être dans l’optique d’acquérir leur logement. Terres agricoles. Université Paris Dauphine 72 Email : eurisco@dauphine. L’absence de ces équipements de base révèle un niveau de vie très bas pour certains ménages de Bouaboud.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.8 Ménages n’ayant rien 4. Organisation" Caractéristiques Bouaboud Essaouira (en % de ménages) (en % de ménages) Ménage disposant d’une cuisine 94.7 Source : Enquête CBMS.1 6.5 Ménages disposant d’une salle de bain 13. Essaouira et Bouaboud.7 Ménages disposant de WC 69. Tableau 38 : Revenu. bétail et épargne L’enquête CBMS a exploré au niveau des ménages d’Essaouira et de Bouaboud leur accès à l’agriculture et à l’élevage. L’inverse vaut dans la commune rurale de Bouaboud où les ménages perçoivent des revenus comparables qu’ils soient propriétaires ou non mais consomment moins dans le second cas. 86.

1ers résultats.6 69. non irriguées elles aussi (cf.6 14. à Essaouira et Bouaboud (2006/07) En moyenne.4 2 ha à moins de 3 ha 6.fr. à Essaouira et Bouaboud (2006/07) Superficie Part (en % des Part (en % des ménages) à ménages) à Essaouira Bouaboud Moins d’1 ha 59.558 44 327 13 509 32 548 Epargne 549 2 989 407 1 910 Selon la possession de bétail Revenu 17. 1ers résultats.0 17.9 1 ha à moins de 2 ha 13.2 51. les exploitations agricoles détenues par les ménages urbains sont majoritairement des petites exploitations qui sont généralement non irriguées tandis que celles détenues par les ménages ruraux sont de taille moyenne.2 Ménages exploitant des terres agricoles 9. Université Paris Dauphine 73 Email : eurisco@dauphine.3 4 ha et + 13. les propriétaires d’au moins 10 hectares de terres agricoles épargnent en moyenne 1632 dirhams à Bouaboud et 3688 dirhams à Essaouira. en dirhams Propriétaires Non propriétaires Bouaboud Essaouira Bouaboud Essaouira Selon la possession de terres agricoles Revenu 17. propriétaires de terres et/ou de bétail ou non (cf. Nous vérifions de nouveau que l’épargne est une fonction croissante du revenu.8 Total 100.2 Ménages procédant à l’élevage de bétail 1.6 73.9 66.5 20. Tableau 41 : Epargne moyenne selon la possession de terres agricoles et de bétail.9 35.6 3 ha à moins de 4 ha 7.620 34 416 EURIsCO. quel que soit leur lieu de résidence (cf. 2007 En termes d’épargne. que les autres et ce.3 Source : Enquête CBMS. Par ailleurs.107 47 316 13 917 34 458 Dépenses de consommation 16. Ainsi. Tableau 40 : Répartition selon la superficie des terres agricoles en propriété.4 Ménages possédant du bétail 4. tableau 40).150 43 087 12.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.0 Source : Enquête CBMS. 2007 Toutefois. ce qui est confirmé par le fait que les plus gros épargnants sont aussi les ménages qui possèdent les plus grandes superficies de terre.0 11.619 40 417 11. l’épargne reste l’apanage des urbains qui épargnent environ 5 fois plus que les ruraux. en moyenne.055 36 496 Dépenses de consommation 16. Organisation" à Essaouira et Bouaboud (2006/07) Caractéristiques liées à la propriété et à Part (en % des Part (en % des l’exploitation ménages) à Essaouira ménages) à Bouaboud Ménages possédant des terres agricoles 18.dauphine.fr/eurisco/ .0 100. tableau 41). les ménages qui possèdent de la terre et/ou du bétail épargnent plus. site web : http://www. tableau 41).

7 Ménages élevant des 34. 2007 En termes d’épargne. Il en va de même pour les bovins. mais ceux qui vivent dans les campagnes ne sont que 53. Biens durables L’enquête sur les dépenses de consommation de 2000/2001 permettait d’établir les comparaisons suivantes : • Réfrigérateur : possédé par 10.fr/eurisco/ .8 bovins 20.6% des ménages ruraux seulement mais par 71.8 6.6 87.8 63.1 29. • Téléviseur : 91.4 80.8% des caprins.7 1. celle-ci passant de 223 dirhams en moyenne.2 6.7 Ménages élevant des 20.8% des ménages marocains vivant en zone urbaine en possèdent au moins un.2 21. 2 ou 3 bovins engendre une différence sensible en termes d’épargne.dauphine. à 843 dirhams et à 2585 dirhams 18.6 caprins Ménages élevant des volailles Source : Enquête CBMS. Tableau 42 : Caractéristiques de l’élevage.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. environ 12 têtes par ménage et 33. 18 Les ménages possédant plus de 3 bovins sont trop peu nombreux pour que leur épargne moyenne ait une quelconque significativité. les ménages en disposant de plus de vingt épargnent en moyenne 893 dirhams par an contre 359 pour ceux qui en possèdent moins de dix. le nombre de caprins ne semble pas influer sur l’épargne. tableau 42).2 33.2% des ménages ruraux et 16. plus les ménages détiennent de nombreux ovins plus ils épargnent. • Lave-linge : encore très peu usité puisque seulement 0. à Bouaboud. 1ers résultats. aucun type de bétail ne domine réellement (cf.3% des ménages urbains en possèdent un.4 11. site web : http://www. 7 têtes en moyenne) mais dans la commune urbaine d’Essaouira. à Essaouira et Bouaboud (2006/07) Essaouira Bouaboud Caractéristiques liées Part (en % Nombre moyen Part (en % Nombre l’élevage des ménages) de têtes des moyen de ménages) têtes Ménages élevant des ovins 59. Ainsi. si cette opposition entre les deux zones géographiques perdure à Essaouira et Bouaboud comme le montre le tableau 43. la proportion de ménages possédant les biens énoncés ci- dessus s’est considérablement accrue dans les deux zones géographiques.9 1. dans la commune rurale de Bouaboud.4 5. Posséder 1. En 2006/2007. Université Paris Dauphine 74 Email : eurisco@dauphine. les ovins et les caprins sont largement majoritaires (80. EURIsCO.8% dans ce cas.fr.4% des ménages urbains. En revanche. en ce qui concerne le bétail que les ménages détiennent. Organisation" Epargne 530 2 669 435 2 079 Source : Enquête CBMS. calculs des auteurs Enfin.4% des ménages possèdent des ovins.

6 1. EURIsCO. l’observation des statistiques descriptives présentées ci-dessus fournit une première analyse des comportements et des potentiels déterminants de l’épargne des ménages pour un échantillon de la population marocaine mais il convient de préciser leur influence dans le cadre d’une analyse économétrique. En conclusion.fr/eurisco/ . 1ers résultats. 2007 Enfin.dauphine. Université Paris Dauphine 75 Email : eurisco@dauphine.4 Machine à laver 45. (en %) disposant de …. Afin d’identifier l’épargne qui pourrait être tirée de l’acquisition/vente des biens durables. concernant les voitures.5 Machine à coudre 6.2 75.4 Micro-onde 14.6 2. 11.4 18.5 Réfrigérateur 75.5 Téléphone portable 84.2 Fer à repasser 32.9 56.9 0.4 Télévision 94. site web : http://www.6 Cuisinière 70.3% dans la commune de Bouaboud.9 0.1 18. il conviendrait d’avoir des informations sur l’évolution des achats et de ventes des biens durables possédés par les ménages.8 DVD 64.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.1 0.8 21.2 3.8 55.2 Lave vaisselle 7.7 72 Parabole 65. sur les douze derniers mois.1% des ménages de la commune d’Essaouira en possèdent au moins une contre 7.2 Source : Enquête CBMS.2 Ordinateur 22.fr.4 Réchaud 3.3 Ventilateur _ Climatiseur 1. Organisation" Tableau 43 : Disponibilité des équipements ménagers à Essaouira et Bouaboud (2006/07) Equipements ménagers Part des ménages disposant Part des ménages de …. (en %) à Essaouira à Bouaboud Radio 60.

site web : http://www. Définition des variables. D’autre part. Université Paris Dauphine 76 Email : eurisco@dauphine. Les premiers modèles testés retiennent pour variables explicatives : le revenu. la taille affecte négativement l’épargne du ménage. L’analyse économétrique porte dans un premier temps sur les ménages de la zone urbaine (Essarouia) puis dans un second temps sur les ménages de la zone rurale (Bouaboud). D’autres variables sont ensuite prises en compte. Une personne supplémentaire au sein du ménage réduit ainsi l’épargne potentielle de 300 dirhams en EURIsCO. nous tentons d’approfondir les déterminants de l’épargne des ménages à partir de la base de données CBMS. tableau 44).dauphine. Les résultats en termes d’impact du revenu et de la taille du ménage sont ceux attendus.5 Les comportements d’épargne des ménages : estimations économétriques Dans cette section. Résultats dans la commune urbaine Le premier modèle estimé considère l’épargne des ménages en fonction du revenu et de la taille du ménage. Les modèles estimés sont les suivants : Modèle I : Ei = c + b1 ⋅ revenui + b2 ⋅ taillei + ε i Modèle II : Ei = c + b1 ⋅ revenui + b2 Nombred ' inactifsi + ε i Modèle II-bis: Ei = c + b1 ⋅ revenu i + b2 ⋅ Nombred ' actifoccupéi + ε i Modèle III : Ei = c + b1 ⋅ revenui + b2 ⋅ Taillei + b3 Agei + ε i Modèle III-bis: Ei = c + b1 ⋅ revenui + b2 ⋅ Taillei + b3 Agei + b4 Age 2 i + ε i Modèle IV : Ei = c + b1 ⋅ revenui + b2 ⋅ Taillei + b3 Sexei + ε i Modèle V : Ei = c + b1 ⋅ revenui + b2 ⋅ Taillei + b3 Sexei + b4 Sexei * revenui + ε i Avec E. Des termes d’interaction entre le genre et le revenu ont également été testés.fr. puis le nombre d’actifs occupés (modèles I à II-bis). l’épargne du ménage. c la constante et ε. Organisation" 6. la taille du ménage (nombre d’individus composant le ménage).fr/eurisco/ . conformément à l’analyse précédente. D’une part. Des régressions économétriques sont menées afin d’identifier les variables déterminantes dans le comportement d’épargne des ménages. nous observons que lorsque le revenu augmente de 1 dirham alors l’épargne des ménages s’accroît de 0. Il s’agit notamment de l’âge et du genre (modèle III à IV). sources de données et méthodologie La démarche a consisté à tester un certain nombre de variables susceptibles d’influencer le comportement d’épargne des ménages.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. le nombre d’inactifs au sein du ménage. Les déterminants ont été introduits progressivement dans les modèles d’épargne.07 dirhams (cf. le terme d’erreur.

la taille du ménage. Organisation" moyenne. La valeur de la baisse de l’épargne après avoir instrumentalisé le revenu est de 328 dirhams. EURIsCO. Il en est ainsi de l’âge et de l’âge au carré. lorsque la variable « taille » est remplacée par le nombre d’inactifs ou d’actifs occupés. 19 Les instruments considérés sont : la possession de terre. Ainsi globalement. L’épargne s’accroît avec l’âge puis diminue aux âges élevés. La variable « sexe » a donc été considérée. soupçonnée d’être endogène. la détention de bétail. En effet. Ce résultat n’étant toutefois pas statistiquement significatif. Ce résultat n’apparaît toutefois pas significatif (cf. 21 % des ménages ont comme personne de référence une femme ce qui représente une proportion plus élevée que ce que l’on constate au niveau national (17%). L’estimation de l’âge du chef de ménage qui maximise l’épargne fait ressortir qu’il est de 24 ans. Les modèles estimés sont les suivants : Modèle III : Ei = c + b1 ⋅ revenui + b2 ⋅ Taillei + b3 Agei + ε i Modèle III-bis: Ei = c + b1 ⋅ revenui + b2 ⋅ Taillei + b3 Agei + b4 Age 2 i + ε i La prise en compte de l’âge ainsi que de son évolution dans le comportement d’épargne est conforme au modèle de cycle de vie en matière d’épargne (Modigliani-Brumberg).fr/eurisco/ . tableau 44). le nombre d’actifs occupés. Par ailleurs.dauphine.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. Ce résultat est robuste puisque après avoir instrumentalisé la variable revenu19. Notons que dans la ville d’Essaouira. les valeurs des coefficients relatives sont stables. L’intervalle de confiance qui permet de rendre compte de la précision de cet impact nous indique que la baisse associée serait comprise entre 60 dirhams et 600 dirhams. Ce résultat laisse supposer que le niveau de vie des ménages conduits par une femme est plus faible que celui où le chef est un homme. Ce résultat est toutefois à prendre avec précaution dans la mesure où les valeurs des coefficients ne sont pas significatives là non plus. alors le résultat reste le même en termes de signe et de valeur. le comportement d’épargne peut être différent selon que le chef de ménage est un homme ou une femme. les ménages conduits par des hommes épargnent davantage que les ménages dont la femme est le chef (cf. Notons que l’influence de la taille du ménage n’est pas affectée par le statut d’actifs occupés ou d’inactifs des membres du ménage. la prise en compte du genre montre qu’à Essaouira. c’est bien un « effet taille » du ménage qui domine et non pas un « effet statut vis-à-vis de l’activité ou de l’inactivité » des membres qui composent le ménage. variables qui permettent de tester l’impact de l’évolution du cycle de vie sur l’épargne et de déterminer l’âge qui maximiserait l’épargne. le sexe et l’âge de la personne de référence.fr. Ce résultat est très robuste et le demeure après avoir instrumentalisé le revenu. site web : http://www. Nous avons ensuite considéré d’autres variables déterminantes dans le comportement d’épargne des ménages. tableau 44). Université Paris Dauphine 77 Email : eurisco@dauphine. Le modèle estimé est alors le suivant : Modèle IV : Ei = c + b1 ⋅ revenui + b2 ⋅ Taillei + b3 Sexei + ε i Conformément à l’analyse descriptive. nous avons procédé à des approfondissements en considérant des termes d’interaction entre le genre et le revenu.

Université Paris Dauphine 78 Email : eurisco@dauphine. Tableau 44).fr. Lorsque le revenu du ménage augmente de 100 dirhams.37 dirhams) seraient alors affectés à l’épargne dans un ménage conduit par un homme contre 3 dirhams (3. La prise en compte de ces variables montre que le genre a une forte influence sur l’épargne. site web : http://www. L’hypothèse selon laquelle les femmes épargneraient plus que les hommes est donc remise en cause dans le cas d’Essaouira.27 dirhams) lorsque la femme est le chef de ménage. Organisation" Le modèle estimé est alors le suivant : Modèle V : Ei = c + b1 ⋅ revenui + b2 ⋅ Taillei + b3 Sexei + b4 Sexei * revenui + ε i Les résultats deviennent alors plus robustes (cf.fr/eurisco/ .Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. environ 10 dirhams (plus exactement 9.dauphine. EURIsCO.

fr.709** (1:homme) (607.425 (0.747* -289.573.086) (0.571** 1.424.864 -1. 2.065** 0.179.340 occupés (1.070*** 0.006.018) Taille .02 0.106) (1. Organisation" Tableau 44 : Résultats des estimations de l’épargne des ménages marocains en zone urbaine Variable à expliquer : Epargne des ménages 2007 Modèles (I) (II) (IIbis) (III) (IIIbis) (IV) (V) Épargne Épargne Épargne Épargne Épargne Épargne Épargne Revenu 0.557) Nombre - d’actifs 2.025) (0.729) AGE2 -0.326) (100.000* (0.051** 0. La prise en compte du nombre d’inactifs ou encore d’actifs occupés au sein du ménage à la place de la taille n’améliore pas les résultats du modèle.026) (0.151 * (795.744 20.259.710. Notons cependant que le EURIsCO.32 0.175.789) Sexe*reven 0. Les résultats des estimations relatives au premier modèle (modèle I) dans lequel les variables « revenu » et « taille du ménage » sont considérées montrent que le revenu influe significativement sur l’épargne des ménages contrairement à la taille qui apparaît non significative.863) Observatio 352 352 352 352 352 352 352 ns R2 0. Université Paris Dauphine 79 Email : eurisco@dauphine.087) (545. Les valeurs des coefficients relatives aux trois variables ressortent statistiquement nulles dans chacun des trois modèles considérés. -279.208* d’inactifs (186.534* -343.026) (0. site web : http://www.31 0.066** 0.305.559.68 2) Sexe 847.613) (142.240 1.916) (608.033 1.244 (16.685** 328. ** significatif à 5 % et *** significatif à 1 %.155.35 Nota : écart-type entre parenthèses * significatif à 10 %.056.046.066*** 0.dauphine.27 0.767) Nombre -329.025) (0.625) 6) 0) 2) 2) AGE -24.061*** u (0.83 (1.48 (731.465 1.972** -334.179** 0.31 0.31 0.024) (0.022) Constante 1.632 .222.467) (143.868** (137.636 603. Résultats dans la commune rurale Les mêmes modèles ont été testés pour la communauté rurale de Bouaboud.88 (1.96 (2.652) (161.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.fr/eurisco/ .144) (150.

549) (540.110) (417. tableau 45).976 ) ) Sexe*revenu 0.532 -87. ** significatif à 5 % et *** significatif à 1 %.427 (104.141.043) (0.064* 0.052) (0.00 0. Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.720 -25.786) (102.225 (1.04 Nota : écart-type entre parenthèses * significatif à 10 %.667 d’actifs occupés (179.24 (102.01 0. EURIsCO.746 64.382 135.751) 3) ) ) Nombre -84. -132.863 d’inactif (78.01 0.299) (37.012 0.837 309.029 (0.517 (6.047 (0. site web : http://www.262 -96.005 (223.145 ) Sexe 188.012) Nombre 202.fr.013 (0.081* 0.03 0.901 (101.082 0.087* 0.178 (222.981 -105.052) (0.031 105.010) Taille . Tableau 45: Résultats des estimations de l’épargne des ménages marocains en zone rurale Variable à expliquer : épargne des ménages 2007 Modèles (I) (II) (IIbis) (III) (IIIbis) (IV) (V) Epargne Epargne Epargne Epargne Epargne Epargne Epargne Revenu 0.049) (0. Organisation" nombre d’actifs occupés au sein du ménage semble influencer positivement le comportement d’épargne des ménages alors que le nombre d’inactifs agit en sens opposé (cf.018) Constante .24 (433. -88.277 -29.940 (1:homme) (154.769 100.fr/eurisco/ .dauphine.034) (0.718 -2. Université Paris Dauphine 80 Email : eurisco@dauphine.302 (69.345) Observations 294 294 294 294 294 294 294 R² 0.040 -427.082 0.03 0.898) AGE² -0.953 9) ) ) ) ) AGE -7.309 (457.189 (464.051) (0.

Nous testons par la suite les modèles III et III bis dans lesquels nous considérons les variables « Age » et « Age au carré ».238) (516.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination.032) (0.036 0.105) (563.664 2. l’épargne moyenne de la population rurale de la commune Bouaboud est de 515 dirhams.dauphine.795) (257.750) Constante -173.763 (0. Quand le chef de ménage est un homme alors l’épargne a tendance à s’accroître.033) (0.fr.200) (178.030) (0.04 0. Université Paris Dauphine 81 Email : eurisco@dauphine.557 38.976) (208.fr/eurisco/ . Ainsi globalement. Nous avons testé le modèle en prenant en compte les variables représentant la possession de terres et de bétail (variables binaires).202) (207.768) Superficie terres 21.926 148.047 0.793 -188.673 -221.146 -257.857 -272.279 Terre (180.04 0.650 238.165 230.07 Nota : écart-type entre parenthèses * significatif à 10 %.213) (99.022 (0.249 231.046 0.535 (406.307) (541.033) (0.901) (222.963) (258.790) Superficie² -0.493 26. En particulier la prise en compte de la terre et du bétail pourrait influencer le comportement d’épargne des ménages. L’estimation du modèle IV prend en compte le genre et la taille du ménage.949) Possesion 142. En effet.870 -26. Les coefficients rattachés à ces variables ne sont pas statistiquement significatifs. site web : http://www.04 0.044) Possession -6. ** significatif à 5 % et *** significatif à 1 %. Aussi 88 % des ménages épargnent moins de 515 dirhams par an.05 0.790) (586.891) (395.945 -233.131 40. Organisation" Tableau 46: Résultats des estimations de l’épargne des ménages marocains en zone rurale Variable à expliquer : épargne des ménages (variables supplémentaires portant sur le bétail et la possession de terre).036) (0.786) (303.631 (31. La prise en compte de l’interaction entre le revenu et le sexe du chef de ménage (modèle V) n’améliore pas les résultats du modèle bien que le signe de l’interaction soit identique à celui observé pour la commune urbaine.077) (270.042 0.103) Terre*bétail 247.046 0. Très EURIsCO. 2007 Modèles (VI) (VII) (VIII) (IX) (X) (XI) Épargne Épargne Épargne Épargne Épargne Épargne Revenu 0. D’autres déterminants sont donc à explorer pour tenter d’observer la spécificité des ménages vivant en milieu rural en matière d’épargne. la médiane est de 140 dirhams.713) (528.851) (396. La taille influence négativement l’épargne. Ces résultats peu significatifs reflètent la faiblesse de l’épargne des ménages ruraux.488 -85.245 Bétail (214.04 0.575) Observations 294 294 294 294 294 294 R² 0. la modélisation du comportement d’épargne des ménages dans le milieu rural à partir des déterminants retenus dans le cadre urbain n’est pas pertinente. Ces variables ne sont pas significatives.616 (461.206 96. Les variables n’apparaissent pas statistiquement significatives mais les signes sont ceux attendus.

de recevoir des transferts financiers. EURIsCO. site web : http://www.fr/eurisco/ .Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. Organisation" peu de ménages ont ainsi la possibilité d’épargner en raison même de la faiblesse de leur revenu et de leur niveau de vie. D’autres déterminants restent à explorer telle que la possibilité. par exemple. Université Paris Dauphine 82 Email : eurisco@dauphine.dauphine.fr.

L’hypothèse selon laquelle les femmes épargneraient plus que les hommes est donc remise en cause dans ce cas. et ce particulièrement dans la ville urbaine considérée (Essaouira). on peut évoquer à titre de comparaison le cas de la Tunisie.dauphine. chef de ménage. L’essor de l’intermédiation de marché dépend en effet de la capacité des banques à évaluer et à maîtriser les risques. prêts inter-entreprises) représentent la plus large part des financements externes des entreprises (près de 20% en 2004 contre 13% pour les crédits bancaires). où les crédits non bancaires (crédits commerciaux. Hormis le revenu qui influence significativement l’épargne des ménages. Seule une enquête détaillée au niveau d’une population plus importante permettrait d’approfondir ces premiers résultats. épargnerait davantage qu’une femme chef de ménage. Nous montrons aussi qu’en milieu urbain. C’est dire que le potentiel de développement de l’activité de crédit bancaire est considérable et que son expansion devrait accroître la confiance indispensable au dépôt des fonds auprès du secteur bancaire. Un homme. Or si l’activité de crédit a pris de l’ampleur. précisément parce que les institutions financières n’ont pas encore les moyens d’y être suffisamment actives. ou autrement dit d’une culture du risque que les banques acquièrent dans l’intermédiation de crédit. ce qui signifie une capacité encore très limitée d’un grand nombre de marocains à confier leur épargne au secteur bancaire et a fortiori à d’autres intermédiaires financiers. Le Maroc dégage une capacité de financement de son économie depuis le début des années 2000. la prise en compte du genre influence fortement et significativement le comportement d’épargne. Ainsi nous montrons que la taille affecte négativement l’épargne du ménage et que cette dernière ne dépend pas du nombre d’inactifs ou d’actifs occupés au sein du ménage. l’analyse des activités monétaires et financières du Maroc a montré un processus de développement relativement avancé. La mobilisation de l’épargne disponible et son affectation constituent une des stratégies majeures des institutions à la fois pour promouvoir l’investissement. Parallèlement. A cet égard. la croissance et pour permettre de déterminer une politique d’offre adéquate aux besoins des ménages. Les comportements d’épargne dans le cadre de la commune rurale étudiée apparaissent moins significatifs que ceux obtenus dans le cadre de la commune urbaine. Le développement de cette capacité dépend en outre de la représentation que les agents se font de l’usage de leurs fonds par le secteur bancaire.Equipe Universitaire de Recherche "Institutions : coordination. EURIsCO. l’essor des marchés de capitaux est bien inférieur à celui que connaît un pays comparable comme l’Egypte. site web : http://www. D’autres déterminants restent donc à explorer pour tenter d’observer les spécificités des ménages vivant en milieu rural en matière d’épargne.fr/eurisco/ . Les activités de crédits et de dépôts connaissent depuis le début de la décennie un essor important. par exemple. le genre ou encore le statut d’occupation n’apparaissent pas significatifs.fr. Organisation" CONCLUSION Dans cette étude. bien qu’il n’ait pas été possible d’accéder aux données des comptes de patrimoine financier des secteurs institutionnels marocains. En particulier la variation des possessions de terres et de bétail. Université Paris Dauphine 83 Email : eurisco@dauphine. ou encore la considération des transferts financiers. L’évaluation empirique des déterminants microéconomiques de l’épargne des ménages que nous avons menée a permis de dégager une évaluation de l’épargne et un certain nombre de comportements en fonction de caractéristiques socio-démographiques des ménages enquêtés. La poursuite du développement de l’activité de crédit orientée vers les petites entreprises nous apparaît ainsi aller de paire avec la bancarisation de l’épargne des ménages. il reste que les banques sont encore réticentes à participer activement au financement des PME. l’intermédiation s’est diversifiée et les autorités ont fait évoluer le cadre institutionnel des opérations bancaires et financières en veillant notamment à renforcer l’autonomie de la Banque centrale et à renforcer le dispositif de supervision. Il reste toutefois des marges de progrès importantes : la bancarisation demeure faible (près de deux marocains sur trois n’ont pas de compte bancaire). les autres déterminants considérés tels que la taille.

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