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ice-présidence à la

Stratégie et à la
Communicatio

Gouvernement Macron / Projets de loi à venir le 22/05/2017

I ) Gouvernement Macron, entre opportunistes et profils inquiétants :

Le gouvernement « réduit » mais probablement transitoire d'Emmanuel Macron, à la tête duquel a été nommé
la semaine dernière le LR Edouard Philippe, qui réunit ce qu'il faut en apparence de personnalités
populaires (comme Nicolas Hulot ou Laura Flessel), issues des différents bords politiques et de la « société
civile », pour passer le cap des législatives dans les meilleures conditions est, quand on y regarde de plus
près, un condensé rare de personnalités aussi opportunistes qu'inquiétantes.

- Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, les opportunistes en chef (qualificatif dont on peut également
affubler François Bayrou, ministre de la Justice), respectivement ministre de l'Economie et ministre des
Comptes publics qui, il y a quelques mois encore, critiquaient en des termes parfois très violents Emmanuel
Macron (Darmanin évoquant le « poison » Macron), se retrouvent désormais à devoir mettre en oeuvre une
politique qu'ils prétendaient combattre pendant la présidentielle. Ainsi, lors de la primaire de « droite », Bruno
Le Maire faisait partie des rares candidats défendant une baisse de la CSG ; il sera le ministre qui aura la
responsabilité de l'alourdir de 20 milliards d'euros !

- Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l'Egalité homme/femme, adversaire déclarée de la Laïcité
puisqu'elle considérait, par un raisonnement aussi stupide juridiquement qu'inquiétant philosophiquement, que
« l'interdiction du voile à l'Ecole [était] contraire à la loi de 1905 ». Ce faisant, elle expose les femmes aux
pressions insupportables des fondamentalistes religieux. D'ailleurs, elle ne s'est toujours pas exprimée sur
l'affaire dite de la « rue Pajol », dans le XVIIIème arrondissement de Paris, quartier où les femmes sont de fait
exclues sous le poids des menaces et des agressions.

- Sylvie Goulard, ministre des Armées, ultra-européiste assumée qui, selon des propos rapportés par le
député Jacques Myard ne « se sent pas française ». Rappelons que Sylvie Goulard a fait toute sa carrière au
sein des institutions européennes, conseillère notamment du président de la Commission européenne Romano
Prodi de 2001 à 2004. Sa mission consistera à préparer « l'Europe de la Défense », faisant perdre à la
France la pleine maîtrise de son ultime instrument de souveraineté : sa force militaire. Grosse inquiétude
également du côté des industries de défense dont le mouvement de concentration à l'échelle européenne sera
amplifié, au travers de fusions contraires à nos intérêts stratégiques.

- Agnès Buzyn, ministre de la Santé, si peu soucieuse des conflits d'intérêt qu'elle déclaré il y a quelques
années lors d'une audition au Sénat que l'obligation pour les chercheurs de déclarer leurs liens d'intérêt
était « handicapante ». A noter également que son directeur de cabinet, Gilles de Margerie, est un assureur
privé qui a été directeur général adjoint du groupe Humanis…

- Muriel Pénicaud, Ministre du Travail, qui, en tant que DRH du groupe Danone de 2008 à 2013 a eu à
mettre en œuvre un plan social entraînant la suppression de 900 emplois dont 200 en France.

- Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, dont le directeur de cabinet, Stéphane Fratacci, a été secrétaire
général du ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale sous Nicolas Sarkozy (ministère qui n'a servi à
rien) mais également préfet de Franche-Comté lors de la calamiteuse affaire Léonarda en 2013…
II) Principaux textes et projets à venir (et à combattre) :

A ce stade du quinquennat d'Emmanuel Macron, les Français ne sont guère plus informés que du temps
de la campagne présidentielle sur les projets précis que le nouveau président de la République et son
gouvernement entendent mettre en œuvre. Le flou est volontairement entretenu en vue de ne pas braquer les
électeurs avant les élections législatives. Or c'est bien ce flou qui devrait inquiéter...

Tour d'horizon des principaux dossiers à venir :

- Loi sur la « moralisation de la vie publique » :

Cette loi, qui doit être présentée en Conseil des ministres avant les élections législatives, a pour objectifs
officiels d'améliorer « la transparence de la vie publique » et de mieux « lutter contre les conflits d'intérêt ».

Si ces deux objectifs sont louables, on peut néanmoins remarquer que ce texte sera porté par François Bayrou,
mis en cause par Corinne Lepage dans une affaire d'emploi fictif au parlement européen, et par le Premier
ministre, Edouard Philippe, qui a reçu un blâme de la HATVP pour avoir refusé d'évaluer et de préciser le
niveau de son patrimoine et de ses revenus ; par ailleurs, relevons enfin que ce dernier a pantoufflé plusieurs
années chez Areva, soit deux situations contre lesquelles le futur projet de loi est censé lutter…

Pour le reste, faute de texte officiel, il faut s'appuyer sur les recommandations formulées par René Dosière
(remises dernièrement à François Bayrou) pour avoir une idée un peu plus précise des mesures envisagées et
remarquer que certaines sont inquiétantes, notamment celles touchant au financement de la vie politique. Ainsi,
par exemple, l'interdiction qui pourrait être faite aux partis politiques de prêter à leurs candidats aux élections.
Or, si cette interdiction ne s'accompagne pas d'une obligation absolue faite aux banques de prêter aux
candidats, cela reviendra à donner au secteur bancaire le pouvoir de décider qui peut se financer, et donc faire
campagne, et qui ne le peut pas…

- Nouvelle loi Travail par ordonnances :

Si là encore rien de précis n'a été apporté par le nouveau gouvernement, l'esprit de la réforme est connu et vise
à amplifier le mouvement déjà enclenché par la loi El Khomri, en particulier sur l'inversion de la hiérarchie des
normes.

Les accords d'entreprise primeront alors sur les accords de branche dans la plupart des domaines relevant du
code du travail, à commencer par les salaires et le temps de travail (déjà en partie le cas avec la Loi El
Khomri).

Il s'agira aussi de plafonner les indemnités prud'homales et d'étendre le champ des référendums d'entreprise à
l'initiative de l'employeur.

Les conséquences de cette loi seront d'accroître encore davantage la précarisation des salariés (parmi
lesquels les femmes seront les premières exposées) et leur fragilisation face aux abus potentiels des
employeurs. En aucun cas cette loi ne sera de nature à relancer l'activité ou l'emploi.

- Réforme de l'indemnisation du chômage :

Le coeur de cette réforme avancée par le candidat Macron vise à suspendre le versement des indemnités
chômages à partir de deux refus « d'offres raisonnables d'emploi », suivant la logique méprisante selon laquelle
les chômeurs le seraient par choix…
Là encore, dissiper le flou consistera à définir ce qu'est une « offre d'emploi raisonnable », dans un contexte de
chômage de masse et d'emplois précaires généralisés.

Autre volet de la réforme dont on ignore en revanche s'il sera maintenu, l'ouverture des droits au chômage pour
les indépendants et les salariés démissionnaires.

- Hausse de la CSG :

Le projet fiscal d'Emmanuel Macron entend augmenter la CSG de 1,7 point et devrait toucher tous les retraités
gagnant plus de 1200 euros par mois.

Dans le même temps, l'impôt des plus riches parmi les plus riches, lui, baissera, via une réforme de l'ISF
excluant de son assiette le capital financier (c'est à dire essentiellement les actions).

C'est donc l'injustice fiscale en marche et l'accroissement de la pression fiscale sur les retraités de la
classe moyenne.

- Budget commun de la zone euro :

Emmanuel Macron fait partie des partisans d'une fédéralisation de la zone euro (condition de sa survie à moyen
et long terme). Si pour l'heure l'Allemagne n'y est pas favorable (du fait notamment des transferts financiers
colossaux qu'elle devrait alors consentir vers ses voisins), le nouveau président français entend néanmoins faire
avancer l'idée d'un budget commun de la zone euro.

Or, ce budget, pour être pertinent, devra être alimenté par un impôt européen et géré par un Ministre européen
des finances n'obéissant pas aux Etats.

Pour des raisons aussi bien politiques, démocratiques qu'économiques, un tel projet serait à l'évidence
désastreux pour la France : comme avec l'actuel budget de l'UE, les Français seraient encore une fois des
contributeurs nets, recevant moins que leurs contributions potentielles. En outre, cela donnerait à l'UE
un nouvel instrument politique et financier de pression et de chantage sur les peuples.

Auteur : Joffrey Bollée