UN MODELE SIMPLE DE SPECIATION PROVOQUEE PAR UN STRESS

ENVIRONNEMENTAL

Supposons une espèce animale dans laquelle un caractère donné a une
répartition gaussienne, G(x).

Supposons qu’intervient sur cette espèce un stress que l’on prendra, par
simplicité, rectangulaire, donné par la step-function de Heaviside, Θ(x, a) telle
que Θ = 0 si x<a et Θ = 1 si x >/=a.

Supposons que ce stress qui supprime la gaussien de la façon Θ(x,a)G(x) agisse
sur la plus grande partie de la gaussienne et supprime largement cette espèce
en n’en laissant subsister qu’une petite aire pour des sigmas élevés :
Alors, cette population résiduelle, après randomisation, devient une
gaussienne G’(x), mais le mode de la courbe a complètement changé par
l’intervention du stress !

Si à la génération 3, cette gaussienne est reproduite sur une population
soumise au même stress, la gaussienne sera à nouveau amputée de la partie
stressée.

On a ainsi créé une nouvelle espèce dont les caractères sont différents de G1.

On voit que ce modèle ne suppose aucune « adaptation » venue du ciel ou de
l’intelligence divine ni d’aucune finalité dans la nature, ni d’une quelconque
struggle for life qui se terminerait inévitablement par la victoire du Plus Beau,
du Plus Grand, du Plus Fort, ni autres âneries de la même farine.

Toutefois, nous n’avons pas encore fait intervenir dans le modèle un fait
majeur du vivant : les mutations.

*

Supposons donc qu’une mutation de type delta de Dirac, delta = 1 si x = a,
delta = o partout ailleurs, intervienne sur la population, d’abord en G1 puis en
G2.

Dans le cas de G1, la gaussienne initiale, l’influence de cette mutation va, par le
jeu des reproductions, se trouver noyée dans les facteurs en nombre infini de la
gaussienne : la mutation sera à peine sensible!

Mais si par exemple on suppose une population à la limite de la reproductibilité
dans G2 après le stress, alors la mutation influe de manière massive sur les
reproductions suivantes, et crée de ce fait une nouvelle espèce à partir de G2.

On remarque que ce modèle exclut toute finalité adaptative des individus.

Ainsi, on peut en finir aisément avec l’idéologie du mâle dominant qui règnerait
sur les femelles. Il semble qu’on n’a pas assez remarqué que ce sont les
femelles qui choisissent les mâles et l’on peut supposer que, si un mâle est
« vainqueur » dans une parade rivalitaire avec d’autres, c’est tout simplement
qu’il a déjà été choisi par la femelle.

On peut également en finir avec l’idée bizarre que le spermatozoïde qui
convainc l’ovule de le laisser passer serait le Plus Beau le Plus Grand le Meilleur
le plus Fortiche de toute la horde, idée loufoque si l’on considère les résultats
statistiques de l’espèce humaine. On s’apercevra peut-être un jour que le seul
père géniteur est le spermatozoïde, ce qui amènera à une conception un peu
nouvelle de la fonction paternelle dans l’espèce humaine entre autres.