Hermann Kellenbenz

Marie-Elisabeth Xifaras

Marchands en Russie aux XVIIe - XVIIIe siècles
In: Cahiers du monde russe et soviétique. Vol. 11 N°4. pp. 576-620.

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Kellenbenz Hermann, Xifaras Marie-Elisabeth. Marchands en Russie aux XVIIe - XVIIIe siècles. In: Cahiers du monde russe et
soviétique. Vol. 11 N°4. pp. 576-620.

doi : 10.3406/cmr.1970.1825

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HERMANN KELLENBENZ

MARCHANDS EN RUSSIE

AUX XVir-XVIIF SIÈCLES

La Russie a pris au cours des siècles une place particulière dans le
cadre des relations économiques entre les États européens, à cause,
notamment, de l'étendue de son territoire, de la proximité de l'Asie,
des difficultés dues au climat et aux communications, mais aussi
à cause de facteurs humains. Les possibilités de rencontres étaient
limitées à quelques portes grâce auxquelles le territoire russe était
accessible ; au Moyen Age, si l'on ne tient pas compte des liaisons
régionales passant par Smolensk et Kiev, elles se limitaient surtout
à Novgorod et aux ports de la Baltique.
Les diverses tentatives pour briser les prétentions des Espagnols
et des Portugais au monopole du commerce de l'Inde et de l'Amérique
aboutirent, grâce à Chancellor, à l'ouverture d'une route maritime
vers la Dvina et au développement du port d'Arkhangelsk, dans le
but de commercer avec la Perse en passant par la Russie : dans la pre
mière partie du xvne siècle1 les efforts pour intensifier le commerce
avec la Russie et, par l'intermédiaire de celle-ci, avec l'Asie, ne se
relâchaient pas ; on en trouve l'expression littéraire principalement
dans les récits de voyages à Moscou et en Perse du bibliothécaire de
la Cour d'Holstein-Gottorp, Adam Olearius2. Le développement poli
tique et économique de la Russie ne lui permettait pas encore de jouer

1. Cf. G. von Rauch, « Zur Geschichte des russischen Handels und der
kolonialen Expansion im 17. Jahrhundert », Vierteljahrschrift fur Sozial- und
Wirtschaftsgeschichte, 40, 1953, pp. 1 19-145 ; H. Kellenbenz, « Der russische
Transithandel mit dem Orient im 17. und zu Beginn des 18. Jahrhunderts »,
Jahrbucher fur Geschichte Osteuropas, N.F. 12, 1964/65, pp. 484 sq. : biblio
graphie.
2. A. Olearius, Ausfûhrliche Beschreibung der Kundbaren Reyss nach Muscow
und Persien, so durch Gelegenheit einer Holsteinischen Gesandschaft von Gottorp
auss an Michael Fedorowitz den Grossen Zaar in Muscow, und Schach Sofi Kônig

MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 577

un rôle international, malgré quelques débuts d'industrialisation1.
La situation devait pourtant évoluer au cours de la seconde moitié
du siècle, sous l'influence d'un nouveau facteur extérieur : l'avance
de la puissance turco-tartare au sud-est de l'Europe. Les guerres mari
times entre les puissances occidentales, les difficultés du commerce
dans le Levant et la Méditerranée, la tension permanente entre la
Perse et la Turquie, ainsi que le goût croissant pour la soie et les articles
chinois eurent pour effet non seulement d'intensifier le commerce direct
avec la Russie, mais aussi le commerce de transit en Russie, Perse et
Extrême-Orient. Les marchands arméniens y contribuèrent activ
ement; on les retrouve dans les ports baltes, aux Pays-Bas, ainsi qu'à
Vienne, Leipzig et autres points commerciaux continentaux2.
L'accès du tsar Pierre à la Baltique et la fondation de Saint-Péters
bourg créèrent de nouvelles possibilités et c'est principalement vers
Pétersbourg que le tsar canalisa le commerce avec les États européens.
En même temps, des relations commerciales s'établissaient avec la
Perse. Pierre le Grand alla même jusqu'à sommer les étrangers d'ap
porter leur concours aux opérations de transit par la Russie. Au cours
du xvine siècle, le commerce russe en Europe prit un tel essor qu'à
partir de 1717 la Russie put exporter du fer brut, devenant ainsi un
concurrent de plus en plus important sur le marché de l'Europe occi
dentale. Mais une série d'autres articles russes intéressaient également
l'Europe : céréales, chanvre et lin, produits de la chasse et de la pêche,
cuirs, que nous n'énumérons pas en détail ici3.

II

La littérature, qui se propageait en Europe centrale et en Europe
occidentale en passant par la Russie, a joué un rôle de véritable média-

in Persien geschehen, Schleswig, 1646 ; nouvelles éditions 1656 et 1663. Traduct
ions,cf. F. Ratzel, « Adam Olearius », Allgemeine Deutsche Biographie, 24,
pp. 269-276.
1. E. Amburger, Die Familie Marselis, Studien zur russischen Wirtschafts-
geschichte, Giessen, 1957.
2. H. Kellenbenz, art. cit. ; K. Forstreuter, Preussen und Russland von den
Anfângen des Deutschen Ordens bis zu Peter dem Grossen, Gôttingen, 1955,
pp. 212 sq.
3. Cf. entre autres à ce sujet : D. Gerhard, England und der Aufstieg Russ-
lands, Munich-Berlin, 1933 ; W. Kirchner, « French- Russian economic relations
in the eighteenth century », in Commercial relations between Russia and Europe,
1400 to 1800, Bloomington, Indiana University, 1966, pp. 132 sq. ; E. Harder,
« Seehandel zwischen Liibeck und Russland im 17. /18. Jahrhundert nach
Zollbiichern der Novgorodfahrer », Zeitschrift d. Verf. f. Liibeck. Geschichte und
Altertumskunde , 41, 1961, pp. 43-114 ; 42, pp. 5-53 ; Ch. F. Menke, Die wirt-
schaftlichen und politischen Beziehungen der Hansestàdte zu Russland im 18. und
friihen iç. Jahrhundert, Gôttingen, 1959.

HERMANN KELLENBENZ

teur1 dans le développement de ces relations entre la Russie et le reste
de l'Europe. Si l'on fait abstraction de publications telles que celles
du baron Sigmund Herberstein2, du début du xvie siècle, et celles de
Per Persson3, du début du xvne siècle, les récits d'Adam Olearius
ouvrent un nouveau chapitre4. La seconde moitié du xvne siècle
connaît une vague de récits de voyages parmi lesquels nous retiendrons
essentiellement ceux de Samuel Collins5, de Nikolaus Witsen6, de Jean
Struys7, de Jakob Reutenfels8 et de Meyersberg9. Les échanges commerc
iaux n'occupaient évidemment pas encore la première place dans ces
récits. On les trouvait plutôt dans les rapports envoyés par les agents
aux Gouvernements étrangers, et dont les observations n'étaient géné-

1. Cf. à ce sujet F. von Adelung, Kritisch-literarische ubersicht der Reisenden
in Russland bis 1700, Amsterdam, nouv. éd., i960, 2 vol. ; T. J. Arne, Europa
upptàcker Ryssland, Stockholm, 1944, passim.
2. Rerum Moscoixiticanim commentarii, ainsi que Moskoiviter wunderbare
Historien, Bale, 1567. Cf. S. F. von Herberstein, Moscovia, traduit du latin par
W. von den Steinen (Der Weltkreis, 1), Erlangen, 1926.
3. P. Petrejus, Regni Muschovitici Sciographia, Thet Âr: Een viss och egen-
teligh Beskriffning от Rydzland med thés mânga och stora Furstendômers, Pro-
vinciers, Befestningars, Stàders, Siôgars och Elficers Tilstând, Rum och Lâgenhet :
Sàsom och the .Muškou iterske Storfursters Hàrkomst, Regemente, Mac ht och
Myndigheet, med theres Gudztienst och ceremonier, stadgar och àthâfivor, bade uthi
A ndeliga och Politiska saker, Utav sex Bôker korteligen fôrfattat, beskrifwin och
sammendragin, 16 15.
4. Cf. supra, ainsi que J. A. von Mandelslo, Journal und Observation (1637-
1640), Copenhague, Margaretě Refslund-Kleman, 1942.
5. S. Collins, The present state of Russia, 1687, et Relation curieuse de l'Estat
present de la Russie, 1679.
6. N. Witsen, Nord en Oost Tartarye, 1692.
7. J. J. Struys, Drie aanmer/ielyke en seer rampspoedige Reyzen door Italien,
Grieckenlandt, Lyflandt, Moscovien, Tartaryen, Meden, Per sien, Oost- Indien,
Japan..., Amsterdam, 1676 ; J. J. Straussens, Sehr schwere, Wiedenvertige und
Denckwurdige Reysen, durch Italien, G rie che ni and, Lifland, Moscau, Tartarey,
Meden, Persien, Turkey, Ost- Indien, Japan, und unterschiedliche andere Lander.
Dans cet ouvrage, outre certaines descriptions fondamentales des lieux ment
ionnés, l'auteur relate les incidents singuliers et les histoires véridiques qu'il
a vécus : dangereux naufrages, attaques de brigands, durs travaux au service
des Turcs, des Perses et des Tatars, grand-faim, torture et bien d'autres maux.
Commencé en l'an 1647 et achevé en 1673, soit 26 années complètes. S'y ajoutent
deux lettres qui traitent de l'horrible massacre, trahison et reddition de la ville
d'Astrakhan, et de beaucoup d'autres circonstances ; ainsi que les divers dangers
et malheurs subis par le capitaine David Butler et décrits par lui-même à Ispahan.
Orné de nombreuses gravures sur cuivre d'après nature et dues à l'auteur lui-
même. Traduit du hollandais en allemand par A. Mtiller, Amsterdam, 1678.
8. J. Reutenfels, De Rebus Moscoviticis ad Serenissimum Magnum Hetruriae
Ducem Cosmum tertium, Patavii, 1680 ; cf. F. K. Proehl, « Eine Beschreibung
Moskaus durch den Kurlánder Jakob Reutenfels », in Rossica Externa. Mélanges
Paul Johansen, Marburg, 1963, pp. 157 sq.
9. lier in Moscoviam Augustini Liberi Baronis de Mayerberg, Camerae impe-
rialis aulicae Consiliarii, et Horatii Gulielmi Caluucii, Equitis, ac in regimine
interioris Austriae Consiliarii, at augustissimo Romanorum Imperatore Leopoldo,
ad Tzarem et Magnum Ducem Alexium Mihalowicz, Anno MDC LXI. Ablegato-
rum. Descriptum ab ipso Augustino libero Barone de Mayerberg cum statutis
Moschouiticis, ex Russico in Latinům idioma ab eodem translatis. (Vers 1675.)

Nystrôm. . op. 82 sq. enfin. J. né en 1656 d'un officier suédois originaire du Palatinat. P. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 579 ralement pas publiées. op. qui consacrait un chapitre entier au commerce d'Arkhangelsk et de la Moscovie3 et tentait de montrer dans un autre chapitre que les Français. 6. Pétersbourg et Stockholm et s'est ensuite rendu à Vienne. il en est de même de celui de Johann Kilburger qui accompagna en 1673 une mission suédoise à Moscou. il dresse aussi un rapport sur les exportations passant par Narva en 1673 et donne des détails sur les tarifs et les échanges pour l'année 1674. « P. 108 sq. Marperger ». Marperger. Compre nant une brève description géographique et historique du royaume de Suède et de toutes les régions et provinces qui en dépendent. Il mourut à Dresde en 1730. J. X. P. connu comme auteur fécond mais superf iciel d'ouvrages sur le commerce. 1751. en particulier celles qui ont été acquises par les armes depuis tant de siècles jusqu'au glorieux . son œuvre la plus remarquée. 7. cit. . A cette époque parut Le parfait négociant de Jacques Savary. T. G. 405-407. 83 sq. il devint conseiller commercial à la Cour de l'Électeur de Saxe. Scandia. Puis il fut nommé poète de la Cour . ainsi que d'autres tels que Ausfuhrliche Beschrei- 1. Wismar-Leipzig. 1675. C. et même avec plus d'avantages qu'eux. Paris. en 1708 la Societât des Wissenschaften (Société des Sciences) de Berlin l'accueillit parmi ses membres . il publia Der Schwedische Kauf mann1. 5. Johann Kilburger étaye les récits de Rodes en donnant les précisions sur Arkhangelsk. J. 4. Marperger ». 20. cit. 100 sq. « P. J. Arne. 199. Allgemeine Deutsche Biographie.239 Щ- 2. L'année suivante.. comme les Hollandais.. en 1724. il se rendit à Genève. Leipzig. AUgemeine Gelehrten-Lexicon. 3. La description suivante du commerce avec la Russie provenait de Paul Jakob Marperger. Savary. 1706. pp. Il en est ainsi du rapport que Jean de Rodes présenta à la reine Christine de Suède après son voyage en Russie en 1653. Marperger.. pp. pp. M. J. tant en France que des pays estrangers. T. Cet ouvrage. Après avoir commencé des études à Altdorf et un perfectionnement commercial de courte durée à Lyon. à Hambourg et à Liibeck d'où il partit pour la Baltique. pp. Schwedischer Kaufmann. Arne. p. 1937. roi de Pologne. rapport dont circulèrent plusieurs copies1 . M-R. pp. Sous le titre de « Mercatura Ruthenica ». « Mercatura Ruthenica ». tenait visiblement de son père le désir de connaître le monde du nord. qui ne seront publiés qu'en 1769 par Biisching2. J. En 1705 parut à Liibeck Der Moscowitische Kaufmann (Le marchand moscovite). pou vaient développer le commerce sur la Baltique et en Moscovie4. Jôcher mentionne que Mar perger s'occupa également des questions commerciales et policières à la Cour danoise et à la Cour de Prusse8. Le parfait négociant ou instruction générale pour ce qui regarde le commerce de toute sorte de marchandises. PP. Ibid. L'auteur de l'article le concernant dans YAllgemeine Deutsche Biographie5 pense que Marperger a visité Moscou. Jôcher. Ibid. 3.

Geographische. » La description de Marperger commence par un bref aperçu géographique sur les « Provinces du tsar » et leurs règne de Charles XII.. J. « Cet argent reste dans le pays. historique et commerciale de tous les Lànder et provinces d'Allemagne soumis au sceptre royal de Prusse et de Brandebourg) . la toile de lin. que par les manufactures (construites sur les nombreuses ordonnances du Roi). tous les souverains dignes d'éloge devraient rechercher cette réforme là où elle se montre à portée de ' main ' ». et diverses publications montrent qu'il avait une connaissance approfondie du monde marchand de la Baltique. des installations naissent partout. enfin. Leipzig. Le commerce « a pris une telle importance que tous les Électeurs. Peter Boeckmann.580 HERMANN KELLENBENZ bung des Hanfes und Flachses und der daraus verfertigten Manufakturen1 (Description complète du chanvre et du lin ainsi que de leurs industries de transformation) . et la puissance des Élec teurs s'affirme chaque jour. le fil. grâce au com merce. P. dans les ports et dans les villes . etc. la douane. 4. 1710. les postes. historische und mercatorische Beschrei- bung aller derjenigen Lànder und Provinzen welche dem Kôniglich preussischen und kurbrandenburgischen Scepter in Deutschland unter- worfen3 (Description géographique. 1. le commerce met partout en place son organisation et ses lois. les monnaies. C'est cette édition qui sera citée ultérieurement. un petit lexique et guide de conversation allemand-suédois avec un index complet. Liibeck. 2. ainsi que des produits que l'on en tire. les manufactures et l'agriculture prospèrent. . les poids et mesures. P. Description détaillée du chanvre et du lin. Marperger. III Marperger publia son Moscowitischer Kaufmann pour la première fois en 1705. Marperger. La police « a supprimé en Russie beaucoup d'absur dités autrefois en vogue mais nullement utiles au bien-être du pays et d'autres pays ont suivi cet exemple ». Marperger. en particulier. 1723. 1714. ce que « personne dans le monde n'aurait pu imaginer jusqu'à la fin du siècle dernier ». 1710. de 1710. 3. dix-huit ans plus tard. P. Das ist : Ausfuhrliche Beschreibung der Com- mercien. Lors d'une nouvelle édition4. le négoce. il mit l'accent dans sa préface sur tout ce qui avait changé depuis. le commerce maritime. J.. La Russie exporte déjà plus qu'elle n'importe et l'excédent doit être payé en argent comptant. ainsi qu'un relevé précis offert à Messieurs les marchands et voyageurs curieux de tout ce qu'ils peuvent trouver en Suède. la dent elle qui faisaient l'objet de commerce dans le monde entier et dont vivaient des milliers de personnes. Moscowitischer Kaufmann. Berlin. J. et. surtout. la flotte du tsar est pui ssamment protégée par l'adoption de ces lois. Der Schlesische Kaufmann2 (Le marchand silésien) de 17 14.. . Breslau-Leipzig. tant par la situation favorable du royaume et par l'abondance qui y règne.

3. appelé mamon- tovaja kost'5. . mais l'exportation — tout comme l'importation de la poudre — est interdite. crin et laine. la cire. De inamont « mammouth » et de kosť « os ». martre. sorte de carpe. fournissent des peaux et fourrures précieuses : zibeline. Neue Erdbeschreibung. Les forêts fournissent en outre le miel. la résine et la haute futaie pour la construction de maisons et de bateaux. On extrait aussi l'huile de baleine. Biisching. J. Marperger mentionne le saumon. 55. A. 21. et le cristal dans la région d'Ufa. cheval sauvage. Marperger. l'esturgeon de la Volga dont on fait le caviar et qu'on exporte surtout vers l'Italie. p. J. Les zibeUnes noires sont les plus rares. élan. poisson connu en Hongrie sous le nom de « grand esturgeon » et très courant à Moscou . p. mais elles sont insuffisamment prospectées et exploitées. 1-6. Parmi les poissons. On trouve aussi une sorte de rat noir dont la peau dégage une odeur agréable et que Ton met pour cette raison très fréquemment sous la lingerie. 1754.. viande. mais elle a beaucoup de lin et de chanvre. Mar koreri)1 perger cite auxlavertus kosa trava* médicinales. suif. et trois sortes de sels. noir et très dur. Biisching. et des il parle gros melons des racines de lade région loup d'Astra- (volčnoj 1. le beluga. verre moscovite ou « verre de Naive ») à Arkhangelsk. de sljuda (mica. On fabrique des manches de couteau avec les dents de morse3.. Cette citation. les hivers froids ne lui permet tent pas de produire de vin. dans sa Neue Erdbeschreibung. cit. Cf. de Sibérie. ours. Il y a aussi un sel minéral extrait dans la région d'Ufa et enfin le sel marin. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 581 richesses naturelles. 7. hermine. A. Les forêts. appartiennent à la préface — non paginée — du Moscoivitischer Кагфпапп de P. 6. les autres seront vendues ioo roubles »2. comme ceux de l'esturgeon et du brochet. op. Moscoivitischer. 5. renard blanc et noir. La Russie produit des céréales. ses œufs servent également à la prépa ration du caviar. Les mines ne manquent pas. On trouve aussi du salpêtre et du soufre en Sibérie et à Kazan'. On exploite des mines de fer près de Moscou. exploité près d'Astrakhan.. p. La Russie tire de son immense cheptel tous les cuirs. loup. On trouve en Sibérie une sorte d'ivoire. tétras. ainsi que le gibier à plumes : coqs de bruyère. la poix. lièvre. que de nombreux pays emportent par mer de Narva. celles de Sibérie en part iculier. parle des Nalivnye Jdbloki de Dmitrov. 4. la potasse. P. Hambourg. 2. F. Riga et Reval1. Le sazan. De volk « loup » et de koren' « racine ». F. Adamovaja kosť. ainsi que les suivantes. et les différences sont si grandes sur le marché de la zibeline que si « les unes sont vendues trois roubles. des fruits et des légumes parmi lesquels les pommes appelées nalivnye* .. et le bois d'Adam. Le sel le plus apprécié provient des salines de Perm' en Sibérie. Marperger. De kosa « faux » et de trava « herbe ». 124. Le sterlet est également considéré comme un mets de choix. outardes.

Il s'agit du paprika. Cette usine servait à enseigner aux Russes les « opérations »2. Le tsar faisait donc venir le chêne du domaine royal de Kazan' pour la construction des navires de guerre et lui faisait parcourir plus de 300 milles allemands. noisettes. La culture des asperges était particuli èrementfavorable. par la Volga et divers fleuves et par le lac Ladoga jusqu'à Pétersbourg. Un métallurgiste allemand que le tsar avait pris à son service afin de prospecter les richesses minières. alla jusqu'en Sibérie et trouva en de nombreux endroits des conditions très favo rables à l'exploitation des mines d'or et d'argent3. E. pp. Ils pouvaient atteindre en moyenne un diamètre de 13 à 14 pouces. On trouvait en abondance des pommes. l'autre presque rouge. Il faut ajouter le poivre1 en gousses rouges. Les magnifiques tilleuls de la Volga servaient à fabriquer des barques ainsi que des nattes. le plus fort de tous. . un four à sécher. Moscou.. l'un à pulpe jaune-blanc.582 HERMANN KELLENBENZ khan. 4. très demandées en Russie même.. au bord du lac Onega. Zaozerskaja. ils perdaient une partie de leur saveur. et la rhubarbe. cit. mais restaient aussi bons que les meilleurs d'Allemagne.. P. grenades. aulne. 3. mais les fruits comme les arbres étaient assez petits. Manufaktura pri Petre I (La manufacture sous Pierre Ier). bien qu'elle ne vaille pas celle de Chine ou de Turquie. op. abricots. Plus au nord. 1947. cit. op. surtout dans les régions d'Astrakhan et du Terek. surtout dans la région du lac Ladoga et de la Volga où elles étaient utilisées dans la 1. frêne. il servait à la fabrication de canons si beaux « qu'ils semblaient avoir été polis ». d'excellente qualité.. pêches. 187 sq. un peu de chêne et de hêtre. 2. Les essences étaient nombreuses : sapin. le melon également. Les champs étaient couverts d'amandiers et de cerisiers. Moscowitischer. Il y avait deux variétés de melon. dans le nord. 25 sq. poires. valait trois fois plus cher que les autres fers . Marperger. Afin d'exploiter les richesses du sous-sol. on avait fait appel à des mineurs de Saxe et installé à Saint-Pétersbourg une petite usine métal lurgique comprenant deux fourneaux de fonderie. ainsi qu'un fourneau d'affinage et une coupelle. Le tsar fit construire à Olonec. une fonderie de canons utilisant le fer de la région et dont les produits ne le cédaient en rien à ceux de Sibérie pour la qualité et l'élégance4. Le fer sibérien. pin et. à planter des vignobles qui prospéraient passablement et dont les raisins blancs et noirs étaient expédiés en grandes quantités à Moscou . un four pour séparer l'argent du minerai de cuivre.. Amburger. Depuis quelques années on commençait. pp. E. leur diamètre n'était plus que de 5 à 6 pouces. J. I. bouleau.

p. Le second chapitre4 décrit les mœurs et les coutumes. On nous apprend que lorsque les marchands russes étaient allés dans les pays étrangers et qu'ils avaient négocié avec des païens et des hérétiques.. Le troisième chapitre5 aborde l'histoire de la guerre et de la paix de l'Empire russe. Skorodom10 et Strelica Sloboda11. . Ibid.. Kellenbenz. 4. 42 et 75.. Plus tard. 7. Marperger. Cargorod ou la ville du tsar. qui « chaque année quittaient par milliers de tonnes les ports de Narva. 145-179. 10. Peterhof. pp. : « ville chinoise ».. H. P.г 44. 3. Marperger. que Gercken1 mentionne dans sa description de la ville : jardins longeant la côte sur 4 milles. a le nom de Zemljanoj gorod . Marperger illustre l'effort réalisé sous le tsar Pierre en citant les jardins des environs de Pétersbourg. 5. A Kitaj gorod se tenait un important marché et c'est là que demeuraient les 1. cit. Strelna : une des îles sur lesquelles fut construit Pétersbourg. art. cit. en même temps que des mar chandises des Indes Orientales et de Perse. et dit que « depuis déjà de nombreuses années » une grande partie de ces marchandises était acheminée vers l'Allemagne et d'autres pays européens. Marperger mentionne le lin. 76. l'importance des ports de la Baltique après la guerre nordique en fut renforcée. K. Riga et Reval ». Marperger ne donne pas le titre de l'œuvre. tandis que se développait en Ukraine et en Lithuanie le commerce avec la Pologne. : « faubourg de Strelcy в. Quand la liaison directe avec l'Europe occidentale à travers la mer Polaire et Arkhangelsk fut rendue possible. Enfin.. la Perse. 147 . le chanvre d'Estonie.. Moscowitischer. 8. cf. 6. arrivaient presque toute l'année. J. op. 11. cit. Litt. cf. mais à la vision « que nous avons des pays nordiques et des ports allemands. art. pp. Il ne se réfère pas aux nombreux récits de voyages. Moscowitischer. les Indes Orientales. Kitajgorod9 ou la ville moyenne. J. Ibid. Malheureusement. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 583 marine à voile. la Moldavie et la Valachie. Marperger termine la description physique par une enumeration des richesses de la Laponie et la capture des zibelines en Sibérie. qui étaient plantés d'orangers et appartenaient aux princes Menšikov. P. Il décrit les autres parties de la ville. ďlngrie et de Livonie. avant la dernière guerre. comme Liibeck et Hambourg.. 9. Description qui mentionne les fortifications de 1591-92. 167. 149.. pp. Proehl. Litt. aujourd'hui Petrodvorec. 2. cit. Marperger y revient sur les échanges de marchandises avec la Chine. Pour Moscou Marperger s'appuie entre autres sur Olearius8. F. Ibid. Peterhoff2 et Střelná3 qui dépendaient du tsar. ils ne devaient pas « recevoir le saint sacrement » avant d'avoir lu certaines prières. op. p... Le quatrième chapitre traite « Des facilités de négoce et des principales villes de commerce »e. là où... des Perses et surtout des Arméniens »7. p.

Moscowitischer.. J. Marperger. P. Beaucoup de marchandises allemandes ou autres.. marchand ises et biens ». c'était une place notoire. J. 2. A Arkhangelsk le commerce se faisait généralement sous forme de baratto (échange). Les créances étaient parfois vendues par leurs titulaires à de riches marchands bien pourvus en liquidités. par exemple des castors canadiens. les gosti1 et autres messieurs. 161. la Hollande. Beaucoup d'Allemands et autres étrangers résidaient à Strelica Sloboda. Marperger s'est de toute évidence trompé. Les mar chands moscovites qui ne s'entendaient guère à la finance échangeaient au début de l'année à Hambourg ou Arkhangelsk de l'or ou des mar chandises contre des effets ou des créances dont l'échéance tombait en décembre. Il s'agissait donc d'opérations d'escompte. à l'embouchure de la Duina (Dvina). . de commerce où l'Angleterre. Archangel (Arkhangelsk). « beaucoup de millions » étaient placés. car les marchands qui s'aventuraient dans l'intérieur s'exposaient à beaucoup d'embûches.. De nombreux négociants moscovites se rendaient à la foire et. de Brème et de Hollande arrivaient deux fois par an. Exemple important pour l'évolution de l'escompte des traites. 4. Ces bateaux mettaient à peu près quatre semaines pour arriver à Arkhangelsk.584 HERMANN KELLENBENZ principaux marchands. Marperger raconte ensuite la construction de Saint-Pétersbourg et renvoie. en l'espace de six semaines. cit.. après la fin de la foire. la France. Saint-Nicolas6. Hambourg et Brème se livraient à un négoce important. avant la conquête de la côte par les Russes. à la description déjà mentionnée de Gercken. 3. p. mais « qui devrait passa blement décliner si le tsar s'obstinait à détourner le commerce à Saint- Pétersbourg »2. c'est-à-dire à l'échéance à laquelle la plupart des lettres de change avaient été tirées pendant la foire. habitant des maisons de pierre. Des bateaux de Hambourg. J. P. les autres restaient jusqu'en octobre. D'après Savary3. op. L'échange des marchandises à Arkhangelsk avait lieu au cours d'une foire qui durait de septembre à octobre. contre la déduction de certains intérêts. Les bateaux d'avril embarquaient les marchandises qui avaient été achetées après le départ des bateaux d'octobre. étaient vendues comptant. Ici. Saint-Xicolas que Marperger écrit avec un с et non avec un к indique l'utilisation abusive du français ou du hollandais. en avril et en juillet. op. à 1. pp. Les premiers repartaient en juillet. de l'e scompte des traites4. mais rarement troquées.. cit. qui étaient exportés en Russie. le commerce le plus intéressant devait s'arrêter à Arkhangelsk. afin de protéger du feu leurs « mobiliers. 103 sq. en ce qui concerne les circonstances les plus récentes. Savary. est placée au troisième rang . On n'emportait jamais trop d'argent car ce qui restait pouvait être prêté avec de bons « agios » à des personnes ayant besoin d'argent et recouvré en « monnaie banco » à Hambourg ou Amster dam à la fin décembre. 5.

6. 181 sq. Pskov. ainsi que des Arméniens. Riga et l'embouchure de la Dvina. Jaroslavl'. des Indiens. Kostromogorod sur la Kostroma où l'on trouvait un cuir de bonne qualité et le meilleur savon russe. Narym3. commerçait beaucoup avec la Perse et la Crimée. Marperger cite Tobol'sk2. et cite les privilèges octroyés à Lubeck par Boris Godunov en 1603e. Wercha- Turia (Verhotur'e). il n'y avait pas que des marchands russes.. Il s'agit des Tatars de la steppe de Nogajsk.. d'Arkhangelsk. cit. Dans les villes. Parmi les villes de Sibérie. pratiquait également le commerce. Nižnij-Novgorod. Japanzon (Japančin). Tittmeen (Tjumen'). « à proximité de la Volga »7.. avait l'avantage d'être située sur la « lande aride » où l'on trouvait du sel de qualité dans les « flaques de sel ». . 3. 9. 4. à 10 milles allemands. des Tatars de Bulgarie. mais était loin d'avoir l'importance d'Arkhangelsk. ou 50 verstes. Enfin. On pouvait transporter des marchandises jusqu'à Reval et Narva par le fleuve Volhov. faisait le commerce du sel et de la soie perse. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 585 l'embouchure de la Dvina. Parmi les autres villes. était réputée pour son lin et son cuir. Le gouverneur général de la Sibérie résidait à Tobol'sk. op. Le cinquième chapitre8 relate ce que fut le commerce en Russie dans le passé. P. « Longue île ». où le commerce des zibelines et autres fourrures précieuses était le plus important. Marperger donne quelques dates historiques sur Vyborg. Cette dernière tenait encore une place importante. Moscowitischer. 7. était connue pour la foire qui s'y tenait en hiver. Ainsi la Russie pratiquait le commerce sur tout son territoire. J. Fondée en 1604. Il s'agit de la reconstruction sur l'Ile après 1558. Astrakhan. mais ne jouait plus le rôle qu'elle avait eu au Moyen Age. Il s'agit de l'ancienne Novgorod. sur la Volga. Marperger cite Volodimiria (Vladimir) sur la Moskva et l'Oka. Reval. pp. sans donner cependant de renseignements plus précis quant à leur commerce. L'expression « à proximité de la Volga » est impropre : la ville borde directement la Volga. 1. et Tomkoy (Tomsk)4. L'incendie de 1696 avait détruit beaucoup de mai sons et de marchandises. Marperger. Fondée en 1596. La Dvina y devient navigable. non loin de Kazan'. sur la Volga.. 8. Fondée en 1587. de Crimée et de Nogajsk6. Narva. en particulier celui des villes hanséatiques avec Novgor od.. Kolmogorod (Holmogorod). 180 sq. Ibid. Kazan'. sur l'île Dolgo6 de la Volga. puis Velikij Novgorod1. 2. 5. pp. ensuite Suzdal'. une des quatre villes qui possédaient le droit de battre la monnaie. mais des Perses. Svjatski. C'est à Uglič qu'on trouvait le meilleur pain de toute la Russie.

supra. bis in China gethan. op. 5. Il cite également les Perses et les Armén iens qui. ils apportaient des étoffes de laine et de soie. Jahr- hundert. de l'huile. éd. GiÛe. Paris. Copenhague. Dans le chapitre 6. A. Marperger. . 1712. du vin. pp. 1939 . 1953. Daurien und durch die grosse Tartarey. Francfort. op. 6. I. du zinc. cit. pp. des négociants à Moscou et des immenses caravanes partant chaque année de Moscou pour la Chine. II. cit. pp. in Ekonomičeskie svjazi Pribaltiki s Rossiej (Relations économiques entre les pays baltes et la Russie). des harengs 1. . nouv. supra.586 HERMANN KELLENBENZ II cite également les statuts élaborés pour le nouveau comptoir de Novgorod1 et publiés en 1603 à Liibeck . à ce sujet N. cf. 514 sq. 43 sq. P. Marperger pense probablement à la Compagnie fondée en 171 1 pour le commerce avec la Chine et qui eut un an d'existence .. cit.. 1967 . 104. du cuivre. Wiesbaden. des sirops. Liibeck. art.. E. I-II. jadis. 7. 1969. 85 sq. Riga et Reval doit être beaucoup plus important et peut être vérifié sur les registres maritimes9. cf. A. op.. 9. 3. « Torgovlja Rossii s Pribaltikoj i Zapadnoj Evropoj v xvin v. H. Leipzig. . il parle des marchandises venant de Chine ou des Indes Orientales.. P. von Adelung. 194 sq.. welche et Anno IÇ62 in der Suite des Herrn Eberhard Isbrandes Ides von Moscau aus uber Gronstiga. Der Handel Revais im ly. J. 582. Brand4 . des spiritueux. 2. Brand. Ibid. comme centre de commerce important sur la mer Noire. Toutefois le nombre de navires se rendant à Narva. Ellinger-Bang et K. 4. p. 1949. 1968. Cf. 68 sq. Il expose rapidement le commerce de la Russie avec la Chine et s'inspire des récits de voyages des ambassadeurs du tsar auprès de l'Empereur de Chine. 1723 et 1734 . Marperger note aussi que le commerce de Novgorod disparut complètement après qu'en 1643-1645 le commerce fut redevenu libre à Narva2. Kellenbenz. Il cite Azoff (Azov) sur le Don. Les Hollan dais envoyaient chaque année 30 à 40 navires à Arkhangelsk . pp. . du sucre. du plomb. cit. Pour le commerce dans le sud. du vinaigre. Moscowitischer. Forstreuter. cit. K. Beschreibung seiner chinesischen Reise. Harder. Saskol'skij. Sibérien. Histoire économique et sociale de la Russie. Marperger renvoie à sa description d'Astrakhan6 et au récit qu'Olearius a donné d'une mission envoyée en Perse par le duc de Gottorp7. Riga. de la mercerie. Cf. Berlin.. il mentionne la Compag nie orientale fondée par le tsar6 . des toiles fines. art. Korst. p. en particulier de celui du conseiller aulique prussien. du papier. 578. » (Le commerce de la Russie avec les pays baltes et l'Europe occidentale au xvnie siècle). p. Tabeller over Skibsfart og Varetransport gennem Oresund 1661-1783 og gennem Storebaelt. 8. pp. 388 sq. Cf. p. 213. pp. Marperger parle du « négoce d'aujourd'hui des royaumes et pays étrangers avec la Russie »8. il indique que 20 à 30 navires anglais arrivent chaque année à Arkhangelsk pour la foire. 1701-1748. des épices. F. allaient fréquemment de Russie à Liibeck en passant par Narva8. En ce qui concerne le commerce de la Russie avec les Anglais.. Soom. B.

Cf. pp. » (La Russie et la Hollande dans le dernier quart du xvne siècle). papier. cit. safran. produits de l'artisanat de Nuremberg. du miel. cit. etc. Parmi ces dernières. de la potasse. Nuremberg et Hambourg. du lin. du caviar. Belov. il distingue celles qui étaient vendues « au poud ou au poids de 40 livres » et celles qui étaient vendues au « bergwits (bergovec) ou tonne maritime de 10 pouds ». vins. indigo. De Ligovo aux environs de Saint-Pétersbourg ? 7. à ce sujet W. vaisselle d'argent d'Augsburg. damas. 1966. op. . Ils exportaient tous ces articles en grandes quantités à Narva. seules marchandises à être spécifiquement allemandes. Riga et Reval. . textiles. art. de Novgorod. de la cire. Marperger donne également une liste des prix de diverses marchandises. du suif.. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 587 salés. Kirchner. articles de cuivre. Les cuirs achetés provenaient de Jaroslavl' et de Kostroma. miroirs. 3. de Moscou et de Pskov. toiles fines. art. Savary. Les Anglais et les Hollandais achetaient à la Russie des cuirs bruts et des cuirs traités. cit. Cela rapportait beau coup d'argent car la Russie exportait plus qu'elle ne consommait et les manufactures encouragées par Pierre commençaient à prospérer1. des fils d'or et d'argent. 2. Kellenbenz. Marperger cite ici Savary6. et « The beginnings of Franco-Russian economic relations. 4. in Mezdunarodnye svjazi Rossii v XVII-XVIII vv. le mot russe vol « bœuf ». vin. des verres. des fourrures. J. satin. A Riga et Reval ils s'approvisionnaient en céréales. fruits. qui est imait que les Français pourraient développer davantage leur commerce avec la Russie en créant une Compagnie moscovite dont les membres iraient s'installer en Russie. des colorants. 58 sq. enfin ceux de Kazan' et ceux de Ligovski6. des passement eries. 5. sirops. pp. (Relations internationales de la Russie aux XVII*- XVIIIe siècles). soit par la Méditer ranée. Moscou. Le négoce français consistait en sel. Marperger n'indique pas le nombre de navires en provenance de Hambourg et Lubeck3 qui entraient à Arkhangelsk. art. Ch. « Rossija i Gollandija v poslednej četyerti xvii v. armes.soit encore par les Indes grâce aux Compagnies anglaises et des Indes Orientales2. en graines de lin et en produits des artisanats perse et chinois que l'on se procurait jusqu'ici en passant soit par les pays du Levant. M. I. leurs enfants pouvant apprendre la langue et le commerce dès leur jeunesse. in ibid. des armes. 6. fils d'or et d'argent de Milan. par- 1. taffetas italien. op. Cf. H. papier. De master-meister « maître ». 1 550-1 650 ». F. du chanvre. cit. des draperies. castor du Canada4. Les meilleurs étaient appelés masterskie*. 90 sq.. Menke. perruques. Il existait une autre espèce de cuir appelé poluval*. des peaux de castor. Nous citerons également le fil d'or de Hambourg et le vin de l'Ober- land. ensuite venaient ceux de Vologda. cit. 8. à ce sujet E. Harder. Ils apportaient draperies. Cf. des salaisons.

.. belorusskimi i litovskimi zemljami v xvii v. de Français. il en fallait dix à quinze pièces pour faire un poud. Il effleure les relations avec Liibeck. plus 20 000 tonnes maritimes de lin et environ 30 000 charges de seigle qui se conservait mieux que les autres céréales. pp. le nez aux parfums et un vrai connaisseur doit savoir. Rostock. car ils étaient destinés à la flotte8. V. Sur le commerce de Riga. de marchands de Hambourg et de Brème. op. op. Stralsund et Dantzig. L'oreille doit discerner si un cuir n'est pas neuf à son bruissement quand on le prend dans la main . Samogitie.. » (Les protocoles du tribunal de commerce de Riga. cit.. biélorusses et lithuaniennes au xvne siècle). Dorošenko. quelques milliers de chargements d'une soixantaine de pièces. chaque tonne maritime étant évaluée à 400 livres. « Protokoly Rižskogo torgovogo suda. Moscowitischer. Le commerce intermédiaire exigeait des connaissances particulières « et presque l'utilisation des cinq sens. La plupart de ces tonneaux allaient à Bordeaux. source d'étude des relations économiques de Riga avec les terres russes. à l'époque de la domination suédoise.. doit accepter aussi bien un cuir cher que bon marché »a. Russie et ailleurs. 243. cit. Quant aux prix pratiqués dans le commerce du cuir. как istočnik dlja izučenija ekonomičeskih svjazej Rigi s rus- skimi. Riga exportait du chêne ser vant à la fabrication des tonneaux. Il rappelle qu'à Riga. 80 à 90 000 tonnes maritimes de chanvre.. L'œil doit être sensible aux belles couleurs. ainsi qu'une quantité considérable d'étoffes de laine et de soie. in Ekonomičeskie svjazi. d'Anglais. Elle exportait quelques centaines de 1. On chargeait en outre sur les bateaux du bois de sapin et des mâts. « très difficiles à déterminer. J. La ville de Pernau importait chaque année 150 charges de sel français et 120 tonneaux de vin. On importait à Riga également 2 000 tonneaux de vin français et 200 tonneaux de vin du Rhin.. 117 sq. V. il arrivait chaque année 7 300 charges de sel français. ils sont. qui coûtaient très cher.588 HERMANN KELLENBENZ ticulièrement léger . distinguer sans les avoir vus les cuirs de Kostroma de ceux de Pskov. suivant la valeur qu'il leur a fixée. Marperger. où il mentionne la présence de Hollandais. p. le vieux cuir se crevasse quand on le touche et c'est au toucher que se reconnaît sa souplesse я1. qui était acheminé en Livonie. Le chêne destiné à la construction navale devait faire l'objet de commandes officielles. 3. cf. car tout Allemand ou étranger qui échange des marchandises avec les Russes. Les tombées étaient appelées vrak et rosswall. Quelques milliers de chargements de chêne « d'une autre sorte я étaient envoyés en Hollande. Ibid. Marperger passe très rapidement sur le commerce livonien à Riga. lorsqu'il entre dans une boutique où les cuirs sont encore emballés. P.. Reval et Narva. Riga exportait chaque année 70 000 tonnes de graines de lin (dont une grande partie en France).. le reste à Rouen et dans d'autres villes. 2. selon Marperger.

Ny-Schantz : 108 à 80. 80 tonnes maritimes de chanvre. quelques centaines de tonnes de graines de lin. Riga devenait le port le plus important : 488 navires y accostaient et 490 navires quittaient ses quais . pp. auquel cas on payait le quart en espèces et l'on échangeait le reste contre des marchandises. 350 tonnes de Un. du vin. La meil leure qualité était destinée à la Hollande encore que les Hollandais se soient fournis plutôt à Arkhangelsk qu'à Narva. venaient ensuite Reval avec 152 à 217 navires. de l'indigo. 1 700 charges de seigle. La plus grande partie du suif de Narva était également payée en espèces. 22 800 tonnes maritimes de chanvre. du bois de campêche. 8 000 tonnes maritimes de lin. 5 000 à 6 000 solives de sapin de 20 à 50 pieds de long ainsi que 340 000 lattes. « Nekotorye voprosy tranzitnoj torgovli Rossii so stranami Zapadnoj Evropy čerez Tallin v xvii v. du fil d'or et d'argent. En général on payait aux marchands russes le quart ou le tiers en espèces et le reste en marc handises. en chanvre et en lin. par exemple. importait environ 200 tonneaux de vin et exportait 2 000 charges de seigle. des toiles fines de Hollande ou d'Angleterre. parmi lesquelles le fil d'or était le plus demandé. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 589 tonnes de graines de lin. et l'année suivante on prenait.. Reval achetait chaque année à la France 200 charges de sel et 800 tonneaux de vin . du zinc. aussi élevé que possible. du sucre. la valeur au comptant de ces marchandises. On devait parfois réserver ces marchandises aux Russes une année à l'avance. et de là dans toute l'Allemagne et en Italie. H. 500 à 600 tonnes maritimes de chanvre ainsi que du cuir de Russie et d'autres cuirs1. On fixait le prix. Pernau : 53 à 51 et enfin Arensburg : 40 à 44. ainsi que des planches de chêne destinées à la construction navale. 6 000 tonnes maritimes de chanvre. 25 600 pièces de cuir de Russie et 12 000 à 13 000 solives de sapin. . » (Quelques questions relatives au commerce de transit de la Russie avec les pays d'Europe occidentale passant par Tallin au xvne siècle). A. Elle exportait 7 500 tonnes maritimes de lin. Les marchandises étaient échangées contre. elle exportait 1 400 tonnes maritimes de lin. plus 20 000 solives et quelques milliers de tonnes de chanvre. sauf si les marchés de Liibeck et de Hollande étaient saturés. de l'encens. des peaux de castor. puis Narva avec 151 à 144 navires. Sur le commerce de Reval. La ville de Ny-Schantz « lorsqu'elle était encore debout ». du papier. Narva centralisait également le commerce du bois : 1. La majeure partie du cuir de Russie expédié de Narva était ache minée à Liibeck. des chaudrons de cuivre jaune. du plomb. Narva importait de France 900 charges de sel et 250 tonneaux de vin. car les cordages que l'on en faisait restaient souples à l'humidité tandis que les autres raidissaient. cf. jusqu'à 800 charges de seigle — aussi bon que celui de Riga — . 95 sq. Le chanvre de Livonie était particulièr ement apprécié. quelques milliers de quintaux de cuirs. in ibid. Pirimae. En 1694. 2 000 charges de seigle.

Kirchner. Le commerce de Reval avec la Russie n'était pas très intense. Seul le commerce des tabacs français et anglais était interdit. . C'était. alors que le tsar voyageait en Hollande. les autres articles étaient échangés mais avec un versement comptant équivalant au tiers ou au quart. palettes de moulin1. Marperger énumère les monopoles des tsars : monopole du tabac dans toute la Russie. soit 14 à 15 roubles. de l'argent ciselé d'Augsburg. Marperger ne pouvait prévoir comment évoluerait le commerce livonien compte tenu des projets de Pierre en ce qui concernait le développement de Saint-Pétersbourg. cit. 1. 2. qui venait de Constantinople par Kiev. de l'acier. En 1716. Le bois embarqué à Narva n'intéressait guère la France qui avait besoin surtout de bois très dur pour la fabrication des tonneaux. solives. lattes. La vente du tabac turc. Le paiement devait être effectué en Hollande en écus d'Albert (80 kopeks). mais c'était un véritable centre de consommation avec d'importants débouchés pour la mercerie grâce aux résidences seigneuriales d'alentour. étaient libres. La Russie produisait son propre sel et n'en achetait de français que lorsqu'il se vendait à bas prix. du fer. l'objet d'un contrat de la part des bourgeois. du pastel. Le seigle de Reval était considéré comme le meilleur et le plus lourd de toute la Livonie et convenait particulièrement bien au stockage. un décret parut selon lequel les corroyeurs devaient vendre le cuir de Russie à des commissaires nommés exprès. ainsi que celle du tabac à priser. les principaux acheteurs étaient l'Ingrie et Dorpat (Tartu) . Le prin cipal port d'importation était Arkhangelsk. du plomb. Ceux-ci devaient livrer les cuirs à Arkhangelsk. de l'huile. De toutes ces marchandises. Le sel en provenance de l'étranger était peu consommé en Russie. du zinc en lingot et travaillé. seul le sel était « négocié » en espèces. du laiton. Vraisemblablement un certain type de poutrelles ou de métaux. W. des épices. du papier. in op. du cuivre. le mieux placé pour diriger ensuite la marchandise vers Moscou par voie d'eau. du vin blanc ou rouge. La mercerie provenait principalement de Hollande et de Hambourg. La vente de la potasse. Cf. les paysans préféraient le sel espagnol au sel français2. planches. L'importation du vin était également limitée à la Baltique. en hiver. ainsi que celui des eaux-de-vie. de la colle de poisson et du goudron était également un des monopoles du tsar. du fil d'or et d'argent hollandais. Une grande partie de ce bois était acheminée à Amsterdam et à Cadix. et ce bois était débité au printemps sur les bateaux « frisino ». Reval commerçait peu avec la France. du fer-blanc.590 HERMANN KELLENBENZ mâts. du bois de campêche. etc. Plu sieurs aunes pouvaient rester entassées quarante ou cinquante ans durant sans qu'il fût nécessaire de les retourner. On importait en échange du sel français ou espagnol.

L'interdiction devait être levée car les livraisons diminuaient. venaient ensuite l'or chinois. cit. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 59I car le change de la monnaie hollandaise en monnaie russe était trop coûteux. L'appropriation de cet or était.. Marperger mentionne enfin l'or du fleuve Darya (Amu-Darya) « qui se jette dans la Caspienne ». 1950. 186 sq. lorsqu'ils renonçaient à leurs fonctions. Celles de Bahmut étaient situées sur le Don et appartenaient aux Tatars. Il y avait beaucoup de fraudes et. Les gouverneurs de Sibérie ne se souciaient guère de ces mesures .. Hermann Aubin. Marperger pense que. En cas de soupçons. il ne restait que celles des Stroganov. B. les os de poisson. J.. pendu publiquement à une potence où il resta exposé pendant deux mois. aussi. Spuler. les dents de mammouth. le commandant de Bahmut. la zibeline. 1711 . p. 1686. Londres. Paris. le prince Dimitrij Kolcov-Massalskij. sous le couvert de l'expédition de Perse. in Geschichtliche Landeskunde und Universalgeschichte. 243. celles de Bahmut et celles de Sibérie. Moscotvitischer. au début de l'année 1717. les étoffes chinoises. Le commerce de la rhubarbe rapportait presque autant. 2. 1723. Les salines de Sibérie étaient mal entretenues et leur production couvrait uniquement les besoins locaux et la vente aux Tatars. l'hermine. ainsi était camouflée une bonne quantité d'or du pays. op. fut arrêté. quittaient-ils habituellement ce pays. ils préféraient prati quer le commerce à leur profit qu'à celui du tsar . . Journal de voyage de M. Les articles sibériens les plus importants étaient le renard. selon Marperger. on pratiquait à la hache des entailles dans le bandage des roues des voitures et dans les patins des traîneaux. Le commerce de la Sibérie était placé sous l'étroite surveillance d'officiers et de voïévodes. Les contrôles s'aggravaient s'il avait été découvert que quelques petites cassettes d'or avaient été intro duites dans le ventre des grosses ablettes que l'on pêche en Sibérie . éd. pourtant « stérile ». Les premières se trouvaient dans la région de Kazan' et leur administration fut retirée à la famille Stro ganov qui en était propriétaire à l'origine. Amsterdam.. le « commerce des sujets du Tsar » serait « meilleur pêcheur d'or que tout ce qu'on pouvait trouver autour de la Caspienne et sur ses fleuves »2. P. Le commerce du caviar était également un monopole et était affermé à un Hollandais pour 80 000 rixdales. le lynx et autres fourrures . Chardin en Perse et aux Indes Orientales par la Mer Noire et par la Colchide. Toutes les salines appartenaient aussi au tsar. et on les fouillait. avec une fortune considérable. Marperger. П cite ici le Journal de voyage de M. 3. le fruit de l'expédition entreprise1 « l'année précédente » en Perse. Chardin* en Perse et aux Indes 1. De toutes celles qui avaient été exploitées. Le tsar avait en outre le monopole de toutes les marchandises sibériennes ainsi que de celles importées de Chine par la Sibérie. le glouton. « Russlands Orientpolitik ». pp.

P. 250 sq. Marperger.. Wechsel und Geld-Negocii halber. surtout à Arkhang elsk. p. de la cire. le tsar faisait refondre la monnaie de change...100 stuvers valaient 2 rixdales.. pris sur un « livre de comptes connu »6. pp. 244 sq. Grâce à ce procédé. J. 1717. L'auteur ne donne pas le nom du livre de comptes. La compensation du mouvement ouest-est des marchandises impli quait d'importantes relations monétaires. 2. ils utilisaient un tableau tendu de fils de fer. pp. Ils pou vaient ainsi calculer « très rapidement » ce qu'ils voulaient. En Russie même on ne connaiss ait pas très bien ces questions. Leipzig. pp.. Comme toutes les marchandises étaient enregistrées dans les livres de douane. Lorsqu'ils voulaient compter rapidement. Novgorod. . Perry. 398 sq. Staat von Russland oder Miintz-Wesen.592 HERMANN KELLENBENZ Orientales. Région du Caucase. op. 256. avec Hambourg et Amsterdam. op. ou 95 stuvers par rouble en Hollande. Marperger termine cet exposé en citant l'invitation diffusée par Pierre en 1702 « à toutes les personnes civiles et militaires » et qui concernait surtout les négociants impor tants et les artisans qui se trouvaient en Russie2. Le paiement s'effectuait souvent par des opérations entre marchands russes à Moscou. Marperger 1. ». il valait I ducat ou 2 rixdales. mais ces trois dernières villes ne battaient plus monnaie depuis des années. Moscowitischer. 4. 6. Tver' et Pskov. cet enregistrement servait égal ement de créance. A l'origine la monnaie était frappée à Moscou. car le temps manquait à Arkhangelsk pour payer en espèces. D'après Savary. Il y avait sous les fils des chiffres et des indications de poids. sur lesquels on faisait aller et venir des coraux. Le change se pratiquait. Moscowitischer. etc. Marperger. J. P.. que Marperger aborde dans son chapitre 73. Marperger se réfère ici à Perry5. Enfin Marperger donne quelques exemples de remises et de traites entre Arkhangelsk et Hambourg. ce qui lui procurait un bénéfice de 20 %. 1 kopek était de même valeur que 1 stuver hollan dais. Il s'agit du grivennik. qui ne connaissait « pas de mine d'or dans toute la Colchide et la Mingrélie w1. 3. mais savait « combien fructueux était le commerce de la soie. Un rouble valait 10 grieven* ou 100 kopeks. Ibid. du miel. Aussi les marchands russes et étrangers qui brassaient un volume d'affaires important avaient-ils leur représentant à Moscou ou à Saint-Pétersbourg.. Parfois le cours était si bas qu'il ne valait que 54 stuvers et qu'il fallait compter 180 kopeks pour un ducat et 90 kopeks pour une rixdale. pièce de 10 kopeks. II explique la manière de calculer traditionnelle des marchands russes.. J. Cent roubles changés à Arkhang elsk ne valaient plus que 5 marks 1/2 à Hambourg. 5.. le cours du rouble était stable à Moscou tandis qu'il variait à Arkhangelsk en fonction des relations internationales. cit. cit.

. 268 sq. Chaque ville frappait sa propre monnaie de cuivre. Ces devises étaient changées à la Bourse ou Maidan par des changeurs appelés Seraf. Le berkovec : 10 livres russes. Lorsqu'un Européen voulait faire du commerce en Perse. il lui fallait utiliser des rixdales ou des réaux espagnols au cours encore plus élevé. qui n'avait qu'une valeur locale et une durée d'un an. Les articles faisant partie du Trésor du tsar. rarement d'or. mais ne vaut que 33. Elle vaut 10 pouds ou 400 livres russes. on pouvait acheter 1 livre de cuivre avec laquelle on frappait 64 kasbecki. Le huitième chapitre traite des poids et mesures russes2. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 593 signale encore que le tsar avait ordonné d'abandonner l'ancien usage selon lequel l'année commençait en septembre. 96 solotnich* pèsent une livre. les Perses avaient une monnaie de cuivre et d'argent. 257 sq. Les paquets destinés à l'Italie comprennent 22 rouleaux. La monnaie d'argent était Yabas (du nom du shah Abas) . les marchandises précieuses sont évaluées en tumains qui valent 50 abas. Le poud pèse 40 funt (livres). Pour 1 abas. le garent abas ou chodabende. .26 g. 3. une nouvelle monnaie était frappée. de la 1. Chaque rou leau expédié à Hambourg ou Lûbeck comprend 3 paires de peaux. Les tarifs de la douane « ordinaire » étaient très élevés pour les Russes et les étrangers et se montaient. Les Anglais et les Hollandais jouissaient de certains privilèges : les Anglais avaient le monopole du commerce du goudron. 40 pul valaient un abas. Parmi les monnaies de cuivre. 3 bisti 1/2 valaient 1 schachi. Le chodabende valait 1/2 abas. 4. Un paquet pèse donc 1 200 livres russes ou 1 000 livres de Hambourg..5 %. Un paquet de 20 rouleaux de cuir de Russie pèse 30 pouds. 1 berckowicz* correspond à une tonne maritime . Il revenait aux vendeurs d'acquitter ces droits. U abas valait environ 8 groschen ou 1/2 florin. avec les frais d'écritures. à 4. pp. Pour les mar chandises vendues au poids. la colle de poisson. 1/4 . le schachi. Ibid. on comptait 1. contre de la monnaie perse. L'importance prise par le négoce perse par l'intermédiaire de la Russie — Marperger y fait allusion dans un chapitre consacré à la monnaie perse — devient évidente1 . c'est-à-dire placés sous monopole. ou 5 s'il s'agit de cuir léger (poluval). c'est la mesure utilisée pour des marchandises comme la potasse. afin de la faire partir du Ier janvier. tels que la potasse. les Hollandais celui du blé. étaient exemptés de droits.33 livres à Hambourg. L'année écoulée. ensuite le schachi et le bisti. pp. Ibid. 2. l'esturgeon. du lin et de la potasse. Le zolotnik : i/o6e de livre . 4. 4 abas valaient 1 thaler .25 % de plus que pour les autres. soit environ 163 kg.

. Il y avait des postes de douane dans toutes les villes de Russie. les droits étaient proportionnels à la valeur des mar chandises. de France. Outre ces droits de douane. du Danemark. Pourboires. elles pouvaient être exportées au prix d'achat vers l'Angleterre et la Hollande. le commerce avec Moscou était encore soumis à une taxe supplémentaire1 de 1 %. à Astrakhan on dédouanait les marchandises perses. Ces droits devaient être acquittés en espèces ou en monnaie courante avec les arrhes et agios correspondants. On payait autrefois autant sur un ton neau de vin français mais la taxe était passée à 5 rixdales . si bien que des marchandises valant i ooo roubles n'étaient déclarées que pour 500 et l'on ne payait alors que 10 %. de Hambourg et d'autres ports étaient dédouanées à Arkhangelsk . les mousses avaient le privilège de pouvoir aller chaque samedi après-midi chez leur affréteur qui leur offrait un bon repas avec en particulier ď « excel lentes crêpes russes ». 2.594 HERMANN KELLENBENZ soie de sanglier. Les marchandises en pro venance de Prusse. capitaine3 et timonier recevaient chacun un ducat. les commissions au capitaine à 6 ducats par navire. C'est ainsi qu'il ordonna en 1718 à tous les négociants étrangers d'acquitter en thalers allemands 1. d'Angleterre. Capitaine du convoyeur. l'enregistrement « au pricas »2 : 1 rouble 1/2. à Kiev les turques. 3. elle était d'un rouble sur un poud de sucre. Mais on pouvait s'entendre avec le gosť ou receveur prin cipal de la douane et conclure avec un pot-de-vin. De plus. Les navires d'Allemagne. un droit d'ancrage de 10 rixdales. Quand les marchandises étaient vendues à Moscou. de Hollande. Sur les articles acheminés d'Arkhangelsk à Moscou par les mar chands allemands. Cepen dant. Les droits de douane sur les eaux- de-vie françaises étaient très élevés : 36 thalers sur une barrique. Les plus importants étaient à Arkhangelsk. à Moscou toutes celles qui venaient de l'Empire et devaient être consommées sur place. afin de favoriser la consommation de la production nationale. Auprès des autorités douanières. de 10 thalers sur une bonbonne de vin espa gnol ou de « champagne ». soit 50 roubles. le péage s'élevant à 4 roubles. de Hollande et d'Angleterre arrivant à Arkhangelsk payaient un droit d'entrée de 8 roubles. on payait à nouveau 6 % uniquement en argent russe. Kiev et Moscou. Les marchands de Hambourg qui désiraient acheter ces marchandises devaient donc d'abord se mettre en relation avec les Compagnies anglaises et hollandaises. Astrakhan. Saint- Pétersbourg. Lors des marchés annuels. L'une des grandes préoccupations du tsar était de pallier le manque de minerai d'argent pour frapper la monnaie. Les droits de douane étaient de 4 roubles par poud sur le cuir de Russie. de l'esturgeon et de la colle de poisson.

du fait de leur importance ou de leur crédit. pp. un décret frappa les marchandises étrangères de droits de douane doubles ou triples afin de favoriser une manufacture de tissage d'or et d'argent. Il remboursait également les frais de voyages entrepris au service du tsar. . Les gosti étaient les commerçants et les banquiers les plus importants en Russie .. Ces droits étaient parfois recueillis avec l'aide de l'armée et certains marchands étaient arrêtés. Ils étaient souvent. De jamšČik « cocher ». Marperger écrit par erreur Posolskoj et met prikaz au féminin. si bien que le tsar réalisait un bénéfice de 70 %. Marperger donne ensuite un aperçu des chambres de douane et de justice (prikaz)1 existant en Russie. après quoi il cédait sa place à un autre gosť. 276 sq. Le Jamskoj prikaz* avait compétence en tout ce qui touchait la poste et les courriers du tsar. le Sibirskij prikaz des affaires de Sibérie et en liaison avec elles celles qui concernaient la capture et la vente des zibelines et autres fourrures.099 hl. il rendait des comptes au Bol'Soj prikaz. comme ils possédaient de l'or et d'importants commerces. Chaque année les responsables des douanes devaient rendre des comptes au Bol' Šoj prikaz3. Marperger.. 6. 5. Le tsar les chargeait de remettre la solde à son armée. de vendre ou d'échanger ses marchandises. Tous ces prikazy occupaient de nom breux employés qui avaient une belle écriture et utilisaient l'arithmé tique au lieu de bouliers de corail qu'ils portaient près d'eux dans une petite boîte. A la fin de l'année. Il s'agit du a grand » tribunal de la douane. 2. op.. on leur témoignait partout beaucoup de déférence et ils jouissaient d'une grande liberté.. 3. C'était là que les Crusisni Diori (dvory) ou cabarets s'appro visionnaient en spiritueux et autres boissons. Kazennyj « appartenant à la Couronne ». bien que leur valeur réelle fût de 90 kopeks et même davantage. mesure de céréales : 2. 7. Il y avait également le Nova Četverť* devant lequel les kulaki devaient rendre compte de leurs auberges ou de leurs débits de bois sons. En 1719. Moscowitischer. Au Tamozennyf prikaz un gosť percevait les droits de douane sur toutes les marchandises. Devant le « Casannoy »5 prikaz comparaissaient les gosti et les négociants russes les plus importants. J. Les thalers étaient refondus et l'on frappait à leur place 130 kopeks. De tamoznja « poste de douane ». P. chargés 1. Le Kazanskij prikaz s'occupait des affaires de Kazan'. 4. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 595 les droits de douane sur les marchandises vendues depuis trois ans. « postillon ». Marperger écrit boschoi. Au sens propre : un quart. il a de toute évidence oublié un /. Celui-ci contrôlait également le prix du pain et du vin ainsi que leur poids ou leur volume. cit. Le Posoi'skij prikaz2 traitait les affaires des représentants diplomatiques et des commerçants all emands. Le cours de ces thalers ne devait pas excéder 50 kopeks.

pp. 60. cinq ou six pour les affaires très importantes.. p. 5. Marperger en cite Г « Elencus » c'est-à-dire le sommaire. Par exemple. Si quelqu'un ne pouvait payer une créance en temps voulu. Préambule à son code civil russe traduit du russe en allemand. cit. Stôkl. 3. 6. de pravo « droit ». Il avait élaboré en 1647 la Soborna Ulosienia (Recueil général des Lois)5.596 HERMANN KELLENBENZ de missions diplomatiques. 4. et s'il n'était pas solvable. Le chapitre 9 traite du droit et des traditions commerciales en Russie1. un hobereau ou une personne de condition modeste était condamné à payer une créance fondée (avec ou sans reconnais sance). Baron de Mayerberg.. Moscowitischer. « fût-il hobereau ou noble. 302 sq. Il en vient à des précisions sur certains points qu'il n'avait pas encore abordés dans son traité. L'on ne devait pas travailler ni se livrer au commerce le dimanche. S. le délai était plus long. Moscowitischer. avoir recours à un notaire agréé. le faire signer par leur confesseur ou par un parent. les enfants du débiteur seraient alors tenus de payer pour lui. op. il était monté sur le trône à 16 ans et était conseillé par Boris Ivanovic Morozov. il avait un délai qui pouvait aller jusqu'à trois ans. op. Leur influence était également considérable au conseil municipal de Moscou où ils disposaient généralement de quatre ou cinq sièges. on devait. cit. A l'échéance. On pouvait exiger de lui une caution proportionnelle. Si le débiteur ou son garant ne payaient pas la dette. et Iter in Moscoviam du baron de Meyersberg4. Marperger cite le baron von Herberstein2. Si personne ne voulait se porter garant pour un débiteur. P. P.... l'intéressé ou son valet devait rester au pravež pendant un mois pour chaque créance de 110 roubles.. fils de Mihail Fedorovič . Il faudrait écrire Sobornoe uloženie . deux ou trois pour les autres. Pour les créances plus importantes. le savant Struve3. p. J. Le document devait être dressé devant témoins. J. Si un noble. 52. Si quelqu'un avait une fortune suffisante pour 1. cit. 279 sq.. qui devaient signer le document ou. G. cf. p. il pouvait être livré à ses créanciers. op. à Moscou comme ailleurs. Marperger. Stuttgart. les échoppes et les boutiques fermées trois heures avant la tombée de la nuit. 286. . et recommande aux « marchands curieux » de se procurer la traduction allemande qu'en a donnée Struve. le travail devait être interrompu.. Pravež. s'ils ne savaient pas écrire. les créanciers devaient être payés « intégralement mais sans intérêts »... le samedi. Pour établir une reconnaissance de dette. Le plus important législateur de la Russie avait été Alexis Mihailo- vič. Marperger. cit. 2. ou tout autre document. op. pp. et ils remplissaient toujours diverses fonc tions à la Cour. il serait battu sur le pravež jusqu'à ce qu'il tombe d'accord avec ses créanciers »e. von Herberstein. Rerum.. 1962. Russische Geschichte...

1961. qu'on ne s'emparerait pas de ses boissons. Pierre le Grand a autorisé à son avène mentla vente libre du tabac. russes ou étrangers était interrogé sous la torture. le second ne pouvait exiger réparation en espèces ou en nature. l'interdiction du tabac par le tsar Mihail en 16342. « égal à la mort ». Pour 2 roubles 1/2 un commerçant pouvait se procurer une lettre de clémence du tsar. pour la moitié. Russes et étrangers ne devaient pas avoir de tabac sur eux. l'affaire devait passer à la chanc ellerie. la croix devait être « peinte sur une icône » et devait pouvoir être présentée à tout moment. pp. marquée du sceau rouge. . Du reste. Enterprise. « The tobacco adventure to Russia. celui-ci devait baiser la croix dans la chancellerie où l'affaire était portée . Ils conservaient leurs gages. Lorsque des étrangers assignaient un Russe en justice. Quiconque était pris en flagrant délit était envoyé à « la nouvelle roue ».. Le commerce des eaux-de-vie était rigou reusement interdit. Pour une boutique de pierre. le mois de délai écoulé. J. Les vendeurs subis saient le même sort à l'occasion. Les strelcy faisaient exception. 2. « le boire » ou en faire le commerce. sa maison et ses biens devaient être taxés. Lorsque deux personnes géraient un commerce et que l'un des deux associés était accusé de détournement. politics and diplomacy in the quest for a northern market for English colonial tobacco. mais étaient imposés sur leur commerce comme tous les autres citoyens1. celui-ci devait prêter serment selon sa reli gion. Price. « L'année passée ». on pouvait tirer au sort celui des deux qui devrait prêter serment. Quiconque achetait du tabac à des commerçants polonais. Si un Russe portait plainte contre un étranger. et qu'il ne serait plus « soumis au sombre tribut de la corporation ». Beaucoup de gens qui étaient au service du tsar possédaient ou louaient une boutique. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 597 s'en dégager. et sa maison et ses biens étaient vendus. Ces mesures s'appliquaient également aux commerç ants à qui le tsar avait décerné le titre de gosť (receveur des douanes) en récompense de services notoires. grâce à laquelle il était assuré que personne n'occuperait sa maison. Le différend pouvait être réglé lorsque plaignants et accusés tombaient d'accord devant les prud'hommes. in Transactions of the American Philosophical Society. nouv. 1676-1722 ». 18 sq. 51. Le plaignant avait en outre la possibilité de recouvrer la créance sur la personne des domestiques et des paysans de son débiteur. y subissait un lourd châtiment. Marperger ment ionne. Il est vrai qu'ils étaient exempts de toute corvée. sér. Cf. 1. le prix baissait en proportion. le tiers ou le quart d'une boutique. M. Marperger a omis la correction nécessaire dans la nouv elle édition. le document coûtait 125 kopeks. s'appuyant de toute évidence sur Olearius. Les débiteurs qui ne voulaient ou ne pouvaient pas régler leurs 1. Si les pru d'hommes ne pouvaient s'entendre.

C'est sur les questions de dettes que la justice s'exerçait avec le plus de rigueur.. Cette coutume avait déjà disparu et avait été « complètement abolie » par le tsar. en particulier les étrangers. Lors de son voyage en Allemagne. avaient droit à nombre d'égards. pp. celui qui était chargé d'administrer le châtiment était « plus modéré et manq uait son coup » lorsqu'on lui offrait un poschul3 ou un cadeau. dans le droit allemand. op. De altyn : 3 kopeks. L'appellation propre est knout. J. ainsi que du mélange des différents droits étrangers. De plus. Moscowitischer. Marperger. Parfois. chacun de ceux qui conduisaient recevait une ou deux aluines7 1. l'on pouvait se libérer par le moyen suivant : le débiteur était vendu comme esclave à un créancier qui pouvait le revendre à sa guise.. Ils pou vaient en outre cultiver librement leur terre et étaient exemptés d'impôts. un pristaff* l'accompa gnait par ordre du Grand-Duc et devait assurer le ravitaillement.... pp. . 304 sq. Dans le chapitre 10. J.. cit. du châtiment quotidien sur la place devant la chancellerie. op. 5. La dureté des châtiments russes était connue de tous et le badoggi2 ou knout était réprouvé dans toute l'Europe. 3. les coups de verges sur les tibias. Marperger. cit. Les paysans qui devaient pourvoir aux besoins en chevaux des ambassades étrangères et du Grand-Duc rece vaient une somme de 30 roubles ou 60 rixdales chaque année. on les conduisait chaque jour au pravež où on les frappait sur la plante des pieds avec une verge de l'épaisseur d'un doigt. P. Olearius et d'autres voyageurs en avaient déjà vanté l'organisation. 7. pp.. Marperger parle des transports et de la poste6. Lorsqu'une ambassade se déplaçait. 4. des paysans devaient pouvoir atteler immé diatement 40 ou 50 chevaux et même davantage. Přistav « inspecteur ». Les mots pour désigner un cadeau sont podarok. 300 sq. « soit 121 milles allemands. La procé dureétait celle de l'incarcération. de privilèges et de libertés qui leur permettaient de « régir le comptoir de Novgorod selon ses propres statuts ». le tsar Pierre s'y étonnait des « épou vantables lenteurs et ajournements des procès. véritable brouillamini и1. 306 sq. On pouvait ainsi couvrir la distance de Moscou à Novgorod. Les procédures étaient rapides. Ibid. Moscowitischer.. Ces rigueurs ne s'exerçaient cependant que sur le bas peuple et les riches commerçants. Autrefois.598 HERMANN KELLENBENZ dettes étaient jetés en prison . garantis par la charte du tsar Boris Fedorovič4. podarka. en hiver plus rapidement encore grâce aux traîneaux ». En différents endroits. P. On glissait dans les bottes des tiges de métal ou de bois qui amortissaient les coups. 2. dat'.. en été assez commodément en 6 ou 7 jours. 6.

ses nombreux méandres rendaient le chemin fort ennuyeux. aussi nombre de paysans s'en trouvaient-ils fort bien et s'efforçaient-ils de devenir transporteurs. en Perse ou en Inde. ou davantage. En hiver. Ils étaient. Novgorod et Moscou. tandis que le cheval n'en tirait que 6. on pouvait se déplacer très rapidement dans la plaine de Sibérie. le faisant ainsi voguer sur la neige. En temps de guerre. Le courrier ordinaire allait par Dantzig à Kônigsberg. Marperger indique que le tsar Pierre avait fait construire. Le traîneau était en hiver l'unique moyen de transport en Russie pour les étrangers. Le trajet se trouva ainsi . avec. Riga. On restait jour et nuit dans cette « chambre à coucher » sans jamais en sortir sauf en cas de nécessité absolue. selon Marperger. et il n'y avait rien à acheter qu'un pain grossier et de la mauvaise eau-de-vie. Ces voyages s'effectuaient généralement en grandes caravanes. aux pieds. distants de quatre à cinq milles. Ils ne portaient pas d'uniforme. pour éviter le danger. car il n'y avait pas d'auberges sur la grand-route. si bien calfeu trés que le moindre filet d'air n'y pouvait entrer. Ils percevaient une somme « correcte » des voya geurs et étaient exempts d'impôts. Pskov. des briques chaudes ou des bouillottes qui permettaient aussi de maintenir la chaleur dans le traîneau et de conserver les boissons chaudes (vin et eau-de-vie). passer par la Hongrie ou la Pologne et se rendre à Arkhangelsk par mer. en fixant au traîneau un mât et des voiles. les voyageurs devaient. Pour se rendre en Tatarie. on empruntait le cours de la Volga . Ils ne savaient pas non plus sonner du cor. dont s'occupaient des paysans pré posés à ce travail. avec une chandelle que l'on allumait à la tombée de la nuit. car la route était peu sûre. Un mille allemand équivalait à cinq verstes. mais arboraient l'aigle impérial. jalonnaient le par cours. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 599 qu'il appelait « beurrée ». ils portèrent un habit gris avec une trompe d'étoffe rouge cousue sur le dos. il y avait de petites fenêtres et deux étagères sur lesquelles on entreposait des livres et des victuailles pour faire passer le temps. on attelait deux ou trois chiens de traîneau. Vingt-quatre relais ou gama (jamskaja). sous la protection d'une ou de plusieurs compagnies de soldats. car un chameau pouvait tirer 14 à 15 pouds de 40 livres. une route directe entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Il y avait à chaque relais à la disposition des voyageurs vingt chevaux de poste. Dans le nord on utilisait les rennes . En 1718 cependant la poste fut réorganisée selon le modèle allemand : les postillons commencèrent à sonner du cor . Si le vent tombait. De chaque côté. pour voyager en Perse on prenait des chevaux ou des chameaux de préférence. A l'intérieur du traîneau il y avait des lits sur lesquels les voyageurs reposaient jour et nuit. qui fut achevée en 1718. Une lanterne était suspendue à l'avant. à cause des Tatars et des Cosaques errants. sur les conseils d'un ingénieur anglais.

pp. F. pp. Historia orbis terrarum. Ducis Vita. g. Livonie et Ingrie. op. aliments et boissons. P. Niger. Cologne... 2. 313 sq.. 1587. cit. 316 sq. Herbinius3. 11. J. le chinois à la frontière extrême-orientale . op. le sibé rien ou le samogitien . se rendaient à Moscou par milliers. aux objets servant à écrire et termine par quelques phrases complètes qui peuvent « servir en voyage ». Oderborn.. p. neausjyck « couteau ».. le persan et le mongol à Kazan' et Astrakhan . Marperger cite les auteurs qui « ont écrit sur Moscou »7. Possevinus. 8. à Kiev et Smolensk.. J. Marperger cite les récits de Sigismund von Her- berstein8 et ceux d'Antonius Possevinus9. . pp. Moscowitischer. Cf. 327 sq. 7. En été cependant. Joh. 1585. Marperger. ibid. les choses qui se rapportent à l'habillement. Marperger donne aussi des indications sur la formation de la langue russe en se référant à Olearius.600 HERMANN KELLENBENZ raccourci de 30 milles. le français et le hollandais à la Cour. op. Bâle. le turc sur les rives de la mer Noire . Ch. Marperger énumère d'abord les nombreuses langues parlées en Russie. traduite en allemand ï.. puis les membres du corps. On ne sait pas à quelle œuvre d'Herbinius. Johannis basilidis magni Moscov. seulement un choix arbitraire. Ibid. en Ukraine.. ils étaient de construction légère. cit. on parle l'allemand. 6. P.. C'était quand les fleuves étaient gelés que l'on voyageait le plus aisément en Russie. J.. Il termine par quelques « mots et phrases moscovites »6 qui pouvaient être fort utiles aux voyageurs. Dès l'ouverture des pistes. 3. Le traîneau était « le moyen le plus commode et le plus rapide du monde ». un mauvais allemand ou le lithuanien . Becmannus. Herbinius fut pendant quelque temps professeur à Vilnius en Lithuanie. D. Busching. Ce n'est pas une liste exhaustive. 2 sq. ce qui conservait le bon état des routes et évitait que ne se creusassent de profondes ornières1. 10.. Dans son douzième chapitre.. p. Geographia. attelés souvent d'un seul cheval. aux « besoins du corps ». Il mourut en 1676. Papebroch et Becmannus4. pour les marchandises comme pour les passagers. le letton. il utilise souvent des exemples français6 et hollandais. Marperger fait allusion. Moscovia. Le chapitre 11 est consacré au langage russe2.. 5.. Il commence par les chiffres. 318. cit. von Herberstein. Pour la traduction. J. 4. op. des traîneaux surchargés. en Sibérie. surtout depuis l'av ènement de Pierre : en Estonie. A. Rerum. Marperger. le fin nois . P. le polonais . cit. Cf. le tatar dans les provinces tatares . les chariots étaient également tirés par un seul cheval. et il donne souvent des titres incomplets. en Finlande. 1557. la géographie de Dominicus Niger10 et la vie d'Ivan IV de Paulus Oderborn11. Parmi les auteurs du xvie siècle. Moscowitischer. pp. A. S. 379. C'est pourquoi les transports coûtaient en hiver quatre ou cinq fois moins cher qu'en été.

A. 1680. de Paulus Jovius2 et de Reinhold Heidenstein3. D. Georg Adam Schleusing14. an 1696. I. pouvant servir de forteresse ». 1600.. publiée à La Haye en 1699. . Olearius. Moscowitischer. A. il donne une description géographique et historique de la Finlande. The state of Russia under the present. Heidenfeld. avec la capitale Tobolsko (Tobol' sk) sur le Tobol. 10. l'histoire abrégée et impartiale des guerres et des paix entre les deux royaumes. ainsi que le premier volume de Scriptores rerum moscovitarum*. op. H. Heidenstein. Perry. une Histoire curieuse de Moscovie. Meyersberg13.. Il mentionne aussi les ouvrages d'Aegi- dius Flechter1. de l'Ingrie. Schleusing. en partie asiatiques. cit. 8. Marperger. 17. Francfort. De bello moscovitico cum Stephano rege Poloniae. Legatio polono-lithuanica in Moscoviam. Journal de voyage de Tavernier en Perse et en Indes. Iéna. B. sous la domination du tsar. enfin Clef pour la paix de Nystad18. d'Albert Heidenfeld10. Moscait und China. 16. L. 1606. op. ad Clementem VII. 13. Histoire de Moscovie. Jovius.. Les récits de voyages à Moscou et en Perse d'Adam Olearius6. Ludolf. Per- sien. Oxfurt. Tanner12. Scriptores rerum moscovitarum. J. Moscoicitische chronica. Hubenae.. A. outre un tableau chronologique des rois de Suède et des tsars de Moscou. 15. Pontificem Romanům. 5. Nurimberg. « aux frontières du nord. 1680. R. 1689. 19. attei- 1. Sans date. 2. d'Adam Brand8. Cardisch et Nystaedt. à quoi il ajoute les traités de VViburg. P. 14. et De rebus.. dans laquelle sont ajoutées en annexe les choses les plus notables de la Russie et de ses habitants. John Perry15 dont le traité de 1717 fut publié par l'éditeur Moritz Georg Weidemann de Leipzig en seconde partie de L'État russe . clans l'édition in-folio de Hambourg. A. à 3 000 verstes (600 milles) de Moscou. Erndter. 9. 1698. Brand. P. les ouvrages de Daniel Prinz7.. 3. il signale Petrus Petreius5 : la Chronique de Moscou. cit. entre autres. De legatione basilii M. Schliissel zu dem Nystaedtischen Frieden . ensuite Le grand et puissant Royaume de Moscovie qui parut à Nuremberg en 1687. Tanner. De rebus russicis. op. op. J. cit. sur une très haute montagne. Flechter. il mentionne une édition française de 1680 de L'État du Grand-Duc de Moscovie1*. Leipzig. Londres. Petreius. Francfort.. 1620. Stolbov. publié en 1722 à Nuremberg par Johann Daniel Erndter. de Tavernier11. cit. avec un monastère de pierre flanqué de tours de garde.. Paris. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 6oi par Heinrich Ratel von Sagan. 12. La Russie transformée de Nicolas Fôrster17 à Hanovre. Il commence par la Sibérie. Sur l'Irtys vivaient de nombreux Tatars mahométans ou boukhariotes qui faisaient un commerce important sur le fleuve et. 4. D. 7. pp. 330 sq. P. de la Livonie. 6. de Heinrich Wilhelm Ludolf9. A. 18. 1680. Russische grammatica. A. Beschreibung der orientalischen Kônigreiche Tiirckey. Xeu-entdecktes Syberien. J. Parmi ceux du xvne siècle. Meyersberg. W. Moscovici ortus et progressus de ducibus Moscoviae eovumque incrementis. 1690. A Bucchen. Marperger termine sa description par un court appendice19 où il décrit la Sibérie et d'autres pays ou États. F. G. que tantôt il résume tantôt il reproduit mot à mot. dans lequel. Prinz. 11.

le chevreuil. la perdrix. F. D'après A. soit 6 à 12 marks de Lubeck. A. L'Irtys était si poissonneux que l'on pouvait avoir un esturgeon de 40 à 60 livres pour 6 à 12 kopeks. Il s'agit. 6. 10. de loup. 5. « descendant des Stroganov ». Marperger cite l'élan6. en particulier en cuivre et en fer.6O2 HERMANN KELLENBENZ gnaient la Chine par le pays des Kalmouks. Le fleuve le plus important est l'Ob'. selon A. Barrabinisis6. 223. Il n'y avait cependant pas 1. L'Ob' recelait des poissons tels que les beluga ou grands esturgeons. un gros porc. semé de nomb reuses îles. Marperger emploie le mot Elend. Voprosy istorii. Mongascy (Mangazeja). Les Kirghizes vivaient dans le désert près de Krasnojarsk et cau saient beaucoup de dommages aux Russes par leurs brigandages. le lièvre. 3. Marperger raconte ensuite l'histoire de la conquête de la Sibérie par le brigand Ermak Timofeevič7. Le chemin habituel passait par le lac ou la mer de Jamus1. « К biografii Ermaka » (Contribution à la bibliographie d'Ermak). Ostiakoy (Ostiaks) . Le cuivre. Le tsar percevait de Sibérie un tribut annuel en fourrures dont la valeur s'élevait de 200 000 à 400 000 roubles. Mar- perger cite Werchatur (Verhotur'e)2. 4. cit. Ibid. Pour les villes de Sibérie. en beaucoup d'endroits. Ibid. Ker. Un métropolite. Buwatskoy (Boukhariotes) . le cygne. Kranojev (Krasnojarsk). chef de l'Église de Sibérie et de Tauride. Marperger insiste sur la richesse que représente le blé. Tomskoy (Tomsk). F. d'ours. et Samo- jedy (Samoyèdes). Il y avait à Tobol'sk une garnison si impor tantequ'elle pouvait mettre 9 000 hommes sur le champ de bataille sur ordre du tsar. Ermak Timofeevič mourut en 1584. les ablettes. dont les plus impor tants étaient les Kalmouks. Il indique les richesses de la Sibérie en minerais et métaux. Le commerce de Tobol'sk consistait surtout en peaux de zibeline. Cf. 7. ibid. 1946. 228. les ioo livres allemandes. Barabinskie tatary ou Barabinicy. soit un mark de Liibeck. d'hermine. Ienozeiskoy (Enisejsk). La Sibérie était entourée de peuples tatars. se trouvait dans de belles « carrières à ciel ouvert ». de petit- gris et en cuirs. Koznetzy (Kuzneck).. le faisan. Biisching. Biisching (op. les sterlets et les esturgeons. Voronihin. Les paysans ne fumaient pas la terre.) du lac salé Jamyš. Un bœuf valait entre 2 et 2 rixdales 1/2. Il y avait en outre quelques milliers de cavaliers tatars. La Sibérie était limitrophe des pays des païens Tuguskoy (Toungouzes). p. Japaentzchin (Japančin)3. le blé était si bon marché qu'on le payait 16 kopeks. résidait à Tobol'sk. 2. le cerf. Him (Ilimsk). et qui atteint un mille de large en plusieurs endroits. Narim (Narym). . Pour le gibier. 2 à 3 marks de Liibeck.. les Kirghizes et les Mongols. l'oie sauvage. p. Tumeen (Tjumen')4.

5. en temps de guerre. Le pays s'étendant entre la Sibérie et la mer Caspienne était habité par les Bockarsky (Boukhariotes). p. on trouvait en abondance un cristal aussi dur que celui d'Europe et ressemblant à du faux jaspe. alors que les Kalmouks et diverses hordes de l'ouest vivaient sous la tente et se déplaçaient suivant les saisons avec leurs moutons et leurs bovins. Busching. surtout chez les Kalmouks. op. A. d'acier et d'argent. 1. D'autres vivaient seulement en bons termes avec les Russes et se ren daient chaque année sur la rive orientale de la Volga afin de commercer avec les sujets du tsar. 139 et 157. Quelques-uns de ces Tatars. F. à ce sujet A. Busching. considéraient le tsar comme leur seigneur. ils avaient des maisons et restaient au même endroit été comme hiver. Dans les hautes montagnes. Il y avait suffisament de fer. Leur religion ne différait pas beaucoup de l'Islam. Cf. Uzbeks et Bukarsky (Boukhariotes) vivaient près de la Chine. perdait sa couleur et jaunissait. Désignation antique. . op. la Crimée tatare et la mer d'Azov (Palus Maeoticus). cit. issu de leur peuple. mais ils ne reconnaissaient qu'un seul chef. Les Russes y gravaient des fleurs et des figures et les montaient en bagues. les Zaporogues qui vivaient le long du Dnepr et sur ses îles. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 603 encore de mines exploitées. les Mongols. Beaucoup reconnaissaient comme leur chef le Cham de Samarkand dont les ori gines remontaient au grand Tamerlan. 4. 3. on trouvait des pierres rouges et blanches qui ressemblaient à de l'agate. supra. animal qui devait être de la taille d'un cerf et dont la substance odo rante ne provenait pas des testicules mais de l'ombilic. Il distingue ceux qui étaient sous le commandement d'un hetman ou général en chef qui résidait à la forteresse de Baturin3.. 581. C'était cependant une matière cassante qui changeait au contact de l'eau ou de la chaleur. Les habitants sculp taient comme dans de l'ivoire les ossements de mammouth2 qu'ils trouvaient en maints endroits dans la terre. les Kalmouks et autres Tatars. F. Sur les rives de l'Ob'. mais ils mangeaient de la viande de cheval et d'autres animaux que les Turcs et les Tatars de Crimée considéraient comme interdits. n. Marperger mentionne le porte-musc. près de Werckaturia (Verhotur'e).. Le tsar avait fait construire une usine à Argun'1. 242. dont chaque tribu avait son Aucos ou Cham (khan). Ils vivaient surtout de brigandage . Marperger parle enfin rapidement des Co saques de l'Ukraine séparée en 1686 de la Pologne pour être rattachée à la Russie. cit. 2. ils servaient le tsar moyennant une solde. Cf. Les Tatars Bogdor. enfin les Cosaques du Don qui vivaient sur le Don ou Tan aïs4 et dans la région s'étendant entre ce fleuve. p. pp.

dans l'ouvrage que nous venons d'analyser. Son ouvrage a été supplanté en quelques décades par des publications plus approfondies. Narva et Saint-Pétersbourg5. Hambourg. Bohn insiste sur le fait que la création de Saint-Pétersbourg a porté préjudice au commerce d'Arkhangelsk. Ch. à Riga. Ham- bourg-Kiel. 1-3. de la lupinelle. ainsi qu'une méthode détaillée de comptabilité italienne. Il est difficile de dire dans quelle mesure les marchands qui commerçaient avec la Russie se sont servi de son livre. le premier traite du commerce à Arkhangelsk4. en Angleterre. en Livonie et en Russie et comment on faisait les échanges d'une place à l'autre.. puis Der wohlerfahrene Kaufmann (Le marchand expérimenté). Les indications qu'il donne sur les voyages et les escales des navires d'avril et de septembre sont semblables à celles données par Marperger . G. complétée et améliorée. telles que celles de Ludovici. pp. Reval. « les curiosités dont un voyageur en Europe doit se servir comme guide et description exacts des villes principales ». Johann Georg Biisch1 se réfère encore à son Marchand silésien. ire partie. pp. au Danemark. en France. G. mais rapidement et superficiellement. Ibid. un sujet riche . Ibid. 4. 189 sq. 424. au Portugal. Né à Leipzig. J. 1750. 17M4. 1762. en Suisse. 375 sq. ainsi que le rapporte Joecher2. au Brabant. Il indique également les derniers cours et autres questions commerciales. comme dans ses autres écrits. éd. Allgemeines Gelehrten-Lexikon. Bohn. Joecher. dont la nouvelle édition de 1762 a été considérablement élargie3. en Italie. Schriften uber Staatswirtschaft und Handlung. pp. Busching et Biisch. Der wohlerfahrene Kaufmann. les monnaies.. de la curative belladone. 379 sq. Il s'est maintes fois répété. il vécut à la fin du xvne siècle et au xvine à Altona et décrivit. en Espagne. 2. III. p. Il s'agit d'un ensemble de renseignements précis sur les mar chandises. Leipzig. 3. Ch. Pernau. en Suède. . Bohn a laissé aussi Das florissante Europa (L'Europe florissante) et Memorial des sorgfàltigen Kaufmanns (Jour naldu marchand consciencieux). G. puisqu'il parle aussi bien du bois d'Adam de Sibérie. les poids et mesures qui circulaient en Allemagne. Il parle aussi de la lettre de change commerciale et d'autres affaires commerciales. le second du commerce en Livonie. Il faut toutefois signaler à l'actif de Marperger qu'à la fin du siècle. Biisch. des melons 1. mais pour celui de toute la Russie. il en est de même pour les marchandises. Il faut cependant signaler Gottfried Christian Bohn. en Hollande. On a nettement l'impression que Bohn ne s'est pas inspiré de Marperger uniquement pour le commerce d'Arkhangelsk. Bohn consacre deux chapitres au commerce avec la Russie . 5.6O4 HERMANN KELLENBENZ IV Marperger a traité.

en comptant 4 de plus ou de moins par rouble à payer en banco . le beurre. armes. l'huile de poisson. sel. fils d'or et d'argent. Bohn cite « la résidence Moscou »2. le lièvre. le lin. Il donne cependant dans l'ensemble des renseignements plus complets : parmi les peaux et les fourrures. sucre. p. Bohn. perles. la cire. on établissait la lettre de change en roubles. l'ours. enfin les tombées et le cuir de Ross- wall. Marperger est certainement plus précis en ce qui concerne la douane. Parmi les autres villes de commerce. le plus souvent le change se faisait à Amsterdam. Ibid. fruits secs et confits. ou même en dehors. cit. Ch. futaine. que l'on percevait pour la rixdale sur le marché susdit . pour compenser. indigo et autres teintures. ensuite Novgorod. pro duits manufacturés de toutes sortes en or. Costroma (Kostroma) 1. réalisé à la foire. lorsque le cas se présentait on établissait « la lettre pour un montant de rixdales égal à celui que l'on recevait en banco. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 605 de la région d'Astrakhan. la haute futaie. On pratiquait peu le change dans ce sens-là mais. pierres précieuses.). du poivre en gousses rouges et de la rhubarbe. 8 . laine. 378. laiton. orgues et autres produits de l'artisanat. etc. toiles ordinaires ou fines d'Angleterre ou de Hollande. et qu'il fallait. le cheval Kazan' sauvage. et du Levant. : ilordinaire. étains. miroirs. soie. l'extra-fin très fine. Cette expression prouve que l'ouvrage a été écrit en partie avant la fonda tionde Saint-Pétersbourg (G. le renard blanc et noir. op. le chanvre. A côté du fil persan. argent. les poissons. cartes à jouer. Parmi ensuite les cuirslesdequalités Russie. en roubles à 60 ou 70 stuvers. papier. environ 70 à 80. du fait qu'on payait le cuir de Russie plus cher qu'on ne le vendait en Allemagne ou en Hollande. le goudron. il mentionne le fil de Turquie. Il cite pour les mar chandises importées : vin. damas et taffetas italiens. sur ce marché. Bohn apporte des indications personnelles sur le change de Hamb ourg à Arkhangelsk1. linon. tabac. la martre. la poix. l'hermine. Aux précisions qu'apporte Bohn sur le volume d'affaires. le suif.5 %. il mentionne la zibeline. notamment les chaudrons de cuivre et de laiton. montres d'art. Pleskow (Pskov). et sur les droits de douane de 4. on voit qu'il s'est inspiré de Mar- perger. de moyenne et presque ordinaire. 2. semblables parfois à ceux de l'Empire romain et fabriqués notamment à Nuremberg et à Augsburg. épices de toutes sortes. Bohn parle du troc. le miel. fer. Mais on y ajoutait ou y retranchait le nombre de kopeks. l'argenterie d'Augsburg. distinguefine. la potasse. majorer les prix des marchandises échangées. l'on faisait également peu d'opérations de change avec Hambourg mais le cas échéant.. payables avec plus ou moins par rouble en espèces dans cette ville ». le loup-cervier.

On exportait de Riga chanvre. on exportait des articles russes. passim. Les chiffres cités par Bohn en ce qui concerne les marchandises expédiées de Riga. du papier. à cause du détour qu'im posait le Jutland et du passage du détroit . Ainsi i kopek valait 2 moskovski ou denninski . Bohn. cuir. persanes et arabes. ils frétaient le plus souvent des navires de Lùbeck « que l'on déchargeait dès leur arrivée. et dont les marchandises étaient envoyées immédiatement par voie de terre à Hambourg ». « bien que presque tout allât à Amsterdam ». de Narva et Saint-Pétersbourg « surtout. Marperger le disait déjà : un changement impor tants'était en effet produit en faveur des Anglais2. N. Brème et Liibeck. à quelques exceptions près3. Tabeller over Skibsfart og varetransport gennem Oresund. mais elle était immédiate pour les effets à quelques jours de vue. tandis qu'on y importait toutes sortes d'épices. 4 poluŠki valaient 1 altine (altyn) et l'altine 3 kopeks. on changeait avec Amsterdam 1 rouble contre 50 stuvers en espèces à 65 jours. Il ne mentionne pas du tout Pétersbourg. Les indications sur les poids et monnaies sont plus précises et plus claires. avec lequel il n'est pas toujours d'accord. Sur la Baltique. L'accep tationdevait être faite dans les dix jours1 pour les lettres de change à quelques jours.боб HERMANN KELLENBENZ et Jerislaw (Jaroslavl') où l'on trouvait le meilleur cuir de Russie. . avec Hambourg. 100 archines (arŠin) valaient à Londres 56 aunes. alors que 29 archines valaient 36 aunes à Hambourg. des eaux-de-vie. poix et suif . 1930. Hambourg et Brème ne faisaient qu'une partie de leur commerce sur leurs propres bateaux. des fruits. gruau. Bonn mentionne les voyages. Copenhague. Ellinger Bang. blé. des navires hollandais. Der wohlerfahrene Kaufmann. dans les cinq jours pour les effets à vue. du vinaigre. anglais. lin. G. ire partie. c'est avec Liibeck que se faisait le commerce le plus important de Narva et de Riga. Cf. soit 6 moskovski. Ces indications semblent som maires si on les compare à celles de Marperger. pp. Korst. graines de lin. puis Azov et Astrakhan comme grandes villes-étapes pour les mar chandises turques. Dans un paragraphe sur la Livonie. 3. Ch. 2. 105 kopeks pour un rouble banco. 340 sq. des vins. Nous connaissons également déjà les commerç ants persans et arméniens qui passaient par Narva. Reval et Narva sont sensiblement les mêmes que ceux de Marperger. de Hambourg. Les navires anglais et hollandais étaient là encore plus nombreux à passer le détroit. car le commerce d'Arkhangelsk y était détourné ». Période au cours de laquelle la lettre de change doit être acceptée. A Arkhangelsk. à Riga surtout. Pernau. bois. 1661-1783. en particulier des cuirs et des fourrures. de la mercerie et avant tout du sel et du drap fin ou grossier. К. 1.

Pour le cuir de Russie : Riga. le fisc comme les marchands étaient obligés. jusqu'à 90000 schiffspfund. encore que cela n'eût ni la même influence ni la même importance que dans d'autres pays d'Europe. On import ait chaque année à Riga 7 000 charges de sel. Narva. 1 florin-Albert valait 3 florins blancs ou 6 florins noirs. On faisait cependant peu d'opéra tions de change entre Riga et Hambourg. 20 varding ou 30 florins. 116 livres à Riga faisaient 100 livres à Hambourg . 17 000 . 20 000 tonnes . ainsi qu'en florins et groschen. Narva et en Courlande. 1 florin 1/2. 3 florins. 1 thaler en espèces valait autour de 92 groschen. tantôt à profit. Pour le seigle : Riga. Reval. 4000 decker. selon l'époque et la situation du commerce. 4 tonnes mari times à Riga équivalaient à 5 tonnes maritimes à Lubeck . Pour le bois : de Riga chaque année. 2000. Pernau. tantôt à perte. On changeait à Amsterdam 100 thalers-Albert contre 104 thalers hollandais en espèces. dans un pays aussi vaste. 1 500 . La tonne maritime à Riga équivalait à 400 livres . se fît par l'intermédiaire du change. Narva. Pernau. 500. de se faire payer. Reval. pour la plus grande part. 43 aunes à Riga en faisaient 40 à Hambourg. Riga. L'ordonnance fut publiée parce que dans l'Empire russe. 25 000 voûtes de tonneaux à destination de la France. coûtaient très cher en relais et en convois et l'on risquait en outre de rencontrer des voleurs et des brigands en chemin. on comptait en thalers- Albert et en groschen. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 607 A Riga. et on prélevait sur les thalers-Albert et les kreuzers environ 1 % d'agio. Bohn ajoute à cela le texte en allemand de l'ordonnance de Pierre. à Dantzig 1 thaler 90 florins-Albert contre 116 florins prussiens ou polonais. 800 . Reval. Les lettres de change étaient émises en thalers banco. Elle correspond tout à fait aux usages établis dans toutes les villes maritimes allemandes et le rédacteur en était visiblement un Allemand. Pernau. i thaler-Albert valait 15 marks de Riga . 1 florin blanc valait 2 florins noirs et 1 varding. 60 varding ou 90 groschen. Pour la graine de chanvre : 180 000 tonnes maritimes pour toute la Livonie . datée du 16 mai 1729. Narva. Pour la graine de lin : Riga. Monnaies suédoises également cotées : 4 witten valaient 5 kopeks. on changeait plus fréquem ment entre Hambourg et « Dannen » (Dantzig et Kônigsberg). 3 000. Pour le lin : Riga. 25 000 decker. il arrivait que le transfert de la monnaie sortie des caisses par des particuliers. 1 mark valait 6 florins-Albert. 800 . en nature. Les expéditions. Narva. Reval. 30 000 charges . sur le change. Étant donné qu'il n'y avait pas encore de législation sur les changes. . de ville à ville. 1 mark de 6 florins-Albert valait 18 florins blancs ou 36 florins noirs. 1 florin polonais valait 5 marks de Riga. 1 tonne maritime équivalait à 20 lispfund et 1 lispfund à 20 livres . 23000. 900 schiffspfund. 20 000 schiffspfund .

dans un délai d'une semaine au plus. en cas de perte cependant on pouvait utiliser une seconde ou une troisième de change. Il était d'abord établi que. de telle sorte qu'ayant versé 500 roubles en monnaie constante à la Recette de Moscou. 1. par la chancellerie de Nižnij -Novgorod. mais encore aux Collèges d'État. G. surtout entre Moscou et Saint-Péters bourg et entre Moscou et Arkhangelsk. et il était précisé qu'il pouvait y avoir un ou plusieurs endoss eurs. A défaut de celui-ci on amenait un fonctionnaire de la ratuša ou de la douane . 412. Le treizième exemple reproduisait un effet sur les caisses de l'État : « Au nom de Sa Majesté Impériale. En Angleterre on réglait en livres sterling. un autre montrait comment pratiquer l'endos. Ribnikov. p. principalement là où il y avait des relais ordinaires. w1 L'ordonna teur du lieu en question devait le signer et le caissier le contresigner. en France en couronnes ou autres monnaies du même type. Ceci leur permettait de pourvoir aux dépenses du voyage et leur évitait bien des risques. effet donnant le rouble à 53 stuvers courants. Un troisième chapitre donne une quinzaine d'exemples de lettres de change. Ch. accompagné d'un « notario publico ». Le second chapitre concernait les effets tirés sur le Trésor. en présence de deux ou plusieurs témoins. op. Bohn.6o8 HERMANN KELLENBENZ L'ordonnance se composait de deux chapitres. on faisait venir un juge et là. et décrivait les techniques utilisées par les bureaux de change.. on mettait en accusation les paysans et commerçants qui avaient lieu de l'être. commerç ant à Moscou.]. L'un d'eux indiquait que le tireur avait reçu l'équivalent de l'effet en marchandises. cit. de la Guerre. Si le débiteur refusait d'accepter l'effet. Pour les effets tirés sur l'étranger. cette première de change tirée sur la Recette de Moscou. Les étrangers apportaient parfois de l'argent comptant au Trésor et prenaient un effet en échange. Le onzième exemple reproduisait un effet de M. On pouvait également préciser si le montant devait être réglé en espèces ou en marchandises d'une valeur équival ente. commerçant à Moscou dans la BaraŠkaja sloboda. des Finances. Il y était expliqué que la remise ne devait pas être consentie « au seul gou verneur. la date d'échéance pouvait être indiquée de façon précise. pour voyager à l'intérieur des frontières. cet argent soit rendu en monnaie constante à Simon Sidorov ou à un mand ataire ayant endossé l'effet. s'il n'y avait pas de douane. au marché régional. on n'avait besoin d'émettre qu'une première de change . on devait se rendre à son domicile dans les 24 heures. des Chambres de commerce et à leurs subalternes ». a été remise à Simon Sidorov. Le premier était consacré au change pratiqué par les commerçants. sur leur demande. et après que ceci fut enregistré au livre des recettes à la date ci-dessus [14 mars 1729] sous le n° [. ...

. en tant que précepteur du fils du conseiller danois von Lynar. à la Pologne et à la Hongrie2. enfin on produit le vin et le tabac à Astrakhan et en Ukraine. cit. « Busching ». III. G. F. 4. Biisching. A partir de 1754. F. La deuxième partie est consacrée à la Russie. Busching publie sa Nouvelle description de la terre. 69. 24-36. œuvre pionnière pour l'époque. l'air est doux et tempéré et l'on trouve toutes sortes d'arbres fruitiers. I. des forêts giboyeuses et des fleuves où l'on pêche les meilleurs poissons. La Russie occupait un terri toire de 300 000 milles2 dont 57 600 sur le continent européen. L'ouvrage obtint un tel succès qu'une seconde édition parut en 17688 et qu'elle fut traduite en plusieurs langues. 3 sq. 644 sq. la Hongrie et toutes les contrées leur appartenant. Plewe. Mohrmann. 2 sq. « Ein deutscher Russland-Kenner des 18. il était possible d'emprunter de l'argent à une chancellerie et de le vendre à l'échéance à la caisse de l'État dans une autre ville. Comprenant la Russie. en six volumes. Jahrhunderts ». 3. nouv. Stuttçarter geographische Studien. 2e partie. On peut y apprendre qu'on produit facilement certains fruits à Arkhangelsk et que l'élevage des bovins est satisfaisant. fonction qu'il devait assumer jusqu'à sa mort en 1793. Le discernement dont témoigne cette partie est dû au fait que Busching avait séjourné deux fois à Saint-Pétersbourg et qu'il connaissait le russe. à la Prusse. la Prusse. 1957 '> H. La description de la Russie occupe 250 pages. III. des ruches. l'auteur donne des indications sommaires sur les frontières de la Russie. Berlin. frontières naturelles au nord et à l'est. pp. 1954. éd. En 1765. des bovins.40-62. Né à Stadthagen en 1724. en 1767 à Berlin où il devient Conseiller suprême au Consistoire et Supérieur du collège de Grauen Kloster. Il fut ensuite professeur de théologie à Gôttingen. des cultures. Miihlpfordt. 1768. puis retourna à Saint- Pétersbourg. E. la Pologne. Vers le milieu du xvine siècle on apprit à mieux connaître les pays étrangers grâce aux publications du géographe Anton Friedrich Bti- sching1. A. comme pasteur de la communauté luthérienne. Busching. 1. Zeitschrift fur Geschichtswissenschaft.. pp. PP. . Bildung ôkonomischer Anschauungen und Anfassungen im russisch-deutscher Bege- gnung ». A. Itzehoe. Dans son introduction4. 2. 1959. pp. . op. il se rendit à Pétersbourg en 1749. in Studien uber russisch-deutsche Begegnungen in der Wirtschaftswissen- schaft (1750-1825). pp. il se rendit à Altona. Mais il ne tarda pas à rentrer avec ce dernier dans sa patrie. Schaffhausen. Ibid.. 1956. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 609 Enfin. « Busching und Schlozer. Neue Deutsche Biographie . frontières politiques à l'ouest et au sud. Voir à son sujet YAllgemeine Deutsche Biographie. Dans les régions centrales. Neue Erdbeschreibung. des céréales.

pour un cheval. 587. Le recensement suivant. Biisching. qui indiquaient le nombre de verstes parcourues et celles restant à parcourir. Entre Riga et Saint-Pétersbourg le tarif était. tandis que d'autres avançaient le chiffre de 20 millions. ville sur l'Anadyr'. Ibid. de Pétersbourg à Arkhangelsk. le sterlet. Biisching cite le grand esturgeon ou beluga. et en ajoutant les femmes on obtient un nombre de 13 597 382 individus . 2. de Pétersbourg à Smolensk par Narva. 4. le cuivre. il mentionne le recensement effectué tous les quinze ans pour établir l'impôt capital2 et qui retient les bourgeois et les paysans de sexe masculin. Gdov et Pskov.5 kopeks par verste. 838 verstes . 7. les routes étaient jalonnées de bornes toutes les verstes. de Péters bourg à Riga. il était apparu que les Russes étaient assez adroits dans tous les arts et métiers et qu'il ne leur manquait que la technique. 3. l'or. en hiver. et l'esturgeon ou osetrîna. Aussi trouvait- 1. Dorpat et Volmar. mais de Riga à Anadyrskoj Ostrog1. jusqu'à Azov 1 268. de 2. En 1720. Biisching évalue à 4 000 000 les personnes non recensées. Anadyrskie Ostrogi. 545 verstes . p. Il y avait. on compte 5 790 498 personnes de sexe masculin soumises à la capitation. . en par ticulier la viande. même en lointaine Sibérie. 734 verstes . op. Les voyages en Russie étaient très aisés en été mais surtout en hiver grâce aux traîneaux. jusqu'à Astrakhan 1 412 et jusqu'à Tobol'sk 2 384 . Biisching donne ensuite des chiffres sur la densité de la population . le fer et le mica. supra. fait apparaître 6 788 691 hommes . Le paragraphe 93 parle des activités professionnelles. Parmi les poissons. Un tra îneau attelé d'une paire de chevaux de poste coûtait pour ce voyage 14 à 15 roubles.. La spécialité des Russes était la « préparation du cuir de Russie »4. p. Il y a des sources salées et des eaux curatives. Depuis que Pierre Ier avait attiré quantité d'artisans et d'artistes en Russie. Cf. achevé en 1751.6lO HERMANN KELLENBENZ Le grenier de la Russie est très riche en céréales et pourrait l'être davantage encore.. de 1 kopek par verste entre Nov gorod et Pétersbourg et de 1/2 kopek entre Novgorod et Moscou. Les mines fournissent l'argent. A. p. Mais ils n'avaient pas l'habitude des travaux artisanaux exigeant de l'habileté. ce qui donnerait un total de 18 millions d'habitants. cit. commencé en 1745. Les denrées alimentaires ne sont pas chères. Il n'était pas extraordinaire. 21. 1 150 verstes . de Péters bourg à Moscou par Toržok. de couvrir la distance Moscou-Saint-Pétersbourg (plus de ioo milles allemands) en trois fois 24 heures en changeant de chevaux. car on utilise une grande quantité de blé pour fabri quer Геаи-de-vie. Tver' et Klin. un autre calcul donne 6 666 284. par Narva. il y avait 11 298 verstes. Dans tout l'Empire. de Moscou à Kiev 890. Un mille géographique équivalait à 7 verstes. F.

les loups. le loup-cervier. la soie de porc. de la poudre. l'une d'elles se trouvait à Saint-Pétersbourg et l'on y travaillait assez bien l'argent. le savon. la morue. le lin. le caviar. cit. L'armée achetait chaque année sous contrat 800 000 archines de drap à 60 kopeks . le cuivre. le castor. On importait la soie de Chine. 3. les graines de lin. l'huile de lin. mais la dorure n'était pas parfaite et les Russes ne pouvaient pas encore se passer des artisans et des produits étrangers. les céréales. de jufi'. l'on ne tissait guère que du drap grossier pour les uniformes de l'armée et des domestiques. le tabac d'Ukraine. le salpêtre. Les produits du pays étaient la zibe line. le musc. les voiles. Le paragraphe 10 concerne le commerce2. l'hermine. la doublure coûtait 14 kopeks 1/2 l'archine. qui occupaient 1 200 personnes . les écureuils. et l'on n'avait pas encore appris à filer le chanvre. les martres. le fer. laine. Juchten. On pouvait acheter les fourrures à Dantzig. et bien d'autres choses encore. il existait en Russie 26 manufactures de soie. 23 sq. ukrainiennes et russes . la calmande. 6 ou 7 d'entre elles tissaient toutes sortes d'étoffes. les nattes. ainsi que des armes. la cire. le renard blanc et bleu croisé. F. l'huile de baleine. 2. laiton. acier. celle d'Italie était la plus chère. En 1762. etc. ensuite le cuir de Russie3. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 6ll on des produits manufacturés de bonne qualité en velours. C'est seulement à Jaroslavl' qu'on tissait et blanchissait des toiles fines de lin à la manuf acture de nappes1. la résine.. Il s'agissait cependant de toile rude. Les manufactures de lin étaient à l'époque les plus actives et fournissaient une grande quantité de toile pour la consommation intérieure et pour l'exportation. de Perse et d'Italie . Les chantiers navals étaient très actifs. la poix. du papier. les ours. pp. Busching. de sorte qu'elle faisait rentrer chaque année des sommes considérables. Leipzig et Hambourg. les loutres. le pastel. le miel. la potasse. Un mot sur le paysan pour terminer : il fabriquait tout ce dont il avait besoin. le suif. On s'entendait fort bien à teindre la soie. les plumes. A. les défenses de morse. fer. La Russie exportait beaucoup plus qu'elle n'importait. En 1762. le lapin blanc. le bois. les ceintures de morse. On fabriquait également des voiles. le goudron. Biisching a utilisé zatrapesnobisch. . op. les toiles de lin. On favorisait par ticulièrement la manufacture de Saint-Pétersbourg qui produisait de belles tapisseries de haute lice. soie. le mica. cuivre. de zatrapeznyj. les dents de mammouth. il n'existait que deux fabriques de fils d'or et d'argent . Les articles fabriqués par les artisans russes coû taient deux ou trois fois moins cher que ceux fabriqués à Moscou ou Saint-Pétersbourg par des étrangers. Les manufact ures de laine utilisaient des laines turques. 1. lin. mais les ouvrages de ces derniers faisaient deux ou trois fois plus d'usage. du verre. le poisson salé. le chanvre.

6l2 HERMANN KELLENBENZ où on les payait souvent meilleur marché encore qu'à Saint-Péters bourg. . vins. épices et « divers autres articles ». car beaucoup étaient passées en fraude. Comme le caviar se gâte avec la chaleur. coton. Dans toutes les grandes villes de Sibérie. alcools français. . . Les 1. indiennes. linon fin. harengs et autres poissons. Le chiffre des exportations de Saint-Pétersbourg en 1749 attei gnait 3 184 322 roubles contre 2 942 242 roubles pour les importations. qui se rendaient chaque année à Moscou et ailleurs avec des articles de leur région. . Calmande i 214 000 archines Suif 100 000 pouds Lin tissé 4 000 000 — Cuirs de Russie . et s'en retournaient avec des marchandises russes et étrangères. On le consommait cru sur du pain avec du sel. Busching donne ensuite quelques chiffres sur les exportations annuelles de Saint-Pétersbourg. 200 000 — Linge de table. quelques-uns aussi de Bukhara dans certaines villes. La Russie recevait l'excédent en or et en argent. on ne pouvait l'expédier frais. 400 000 pièces Soie de porc 6 500 — Petit-gris 70 000 — Tige de bois et Cire 22 000 pouds autres 300 000 — Colle de poisson 1 500 — Tabac Lin 65 000 — d'Ukraine . Le caviar granuleux était salé et expédié dans des récipients de bois. 38 000 à 39 000 — Chanvre 1 000 000 — On importait des soieries. donc sans droits de douane. lainage. des poireaux et du poivre. . de Kostroma et de Pskov. Les meilleurs étaient ceux de Jaroslavl'. Le premier était fabriqué en automne et en hiver. c'est-à-dire environ 50 000 rixdales hollandaises. 600 000 — Caviar écrasé 200 000 — Peaux de lapin. En 1759 le chiffre des exportations s'élevait à 3 530 614 roubles. Dont la valeur ne le cède en rien au suédois. et était donc le meilleur. articles de luxe. On faisait l'autre en été et on le vendait aux pays de l'Europe méridionale. Busching poursuit son étude avec le commerce sur mer et sur terre. d'odeur ou de teintes. Il insiste sur le commerce en Sibérie qui est très important. On préparait le caviar avec les œufs de beluga et d'esturgeon. Le meilleur était celui du beluga dont on distinguait deux sortes : le caviar granuleux et le caviar écrasé. En 1755 Saint-Pétersbourg importait pour 3 321 875 roubles et exportait pour 4 550 060 roubles. les cuirs de Russie n'avaient nulle part ailleurs les mêmes qualités de souplesse. Les cuirs rouges et noirs. il y avait de riches commerçants russes. toiles bises. Les Anglais achetaient à eux seuls pour 2 245 753 roubles contre 1 012 209 roubles de ventes1.

amandes. Les Russes emportaient à Pékin des peausseries qu'ils échangeaient contre de la kutalka (cotonnade). Les commerçants grecs et turcs s'y rendaient par la mer Noire. F. envoyées tous les trois ans par la Couronne selon un accord conclu en 1728.Le commerce avec la Perse. du musc. et « beaucoup d'autres articles russes aussi bien que persans. les caravanes russes. allemands. cit. Le commerce de la rhubarbe était un monopole mais il devint libre en 1762. des pierres précieuses. des cotonnades. . Nežin. toiles de lin. mais il rencontrait beaucoup de difficultés du fait des troubles inté rieurs en Perse. arraché aux Anglais en 1746 par les marchands russes et arméniens. essences. toiles bises. anglais. des soieries. C'était un négoce par ticulièrement intéressant car les denrées alimentaires étaient très bon marché en Sibérie et les transports peu coûteux sur les grands fleuves. hollandais. Ils emportaient en échange 1. que les commerçants échangeaient contre toutes sortes de fourrures. A. raisins secs. safran. Les droits de douane s'élevaient à 20 ou 25 %. Les Kalmouks troquaient du bétail et des pro duits alimentaires contre des objets de fer et de cuivre et quelquefois contre de l'or et de l'argent. dédouanaient ensuite leurs marchandises à Temer- nik (un poste de douane sur le Don)2. de l'anis étoile. et enfin ceux qu'introduisaient en Sibérie les Kalmouks et les marchands de Bukhara. Au nombre des marchandises apportées par les Russes en Sibérie.. Le commerce avec la Turquie et l'Italie se faisait sur tout à Tscherkash (Čerkassy). les Kalmouks et Bukhara. p. On entendait par articles sibériens non seulement ceux de Sibérie même. des porcelaines et autres articles pour amateurs. les acheminaient enfin à Čerkassy pour les vendre. apportés par les Chinois et les Mongols. fer. Busching cite les cuirs de Russie. Avec Bukhara on échangeait ou achetait des peaux de mouton. des soieries indiennes. consistait en soie brute et en soieries. mais aussi ceux qui venaient de Chine. du damas. la Mongolie. 2. des collages. français et autres ». Ils faisaient la quarant aine à Taganrog. du thé vert. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIie-XVIIIe SIÈCLES 613 marchands de Moscou et d'ailleurs qui se rendaient en Sibérie. 169. Les Grecs commerçaient également à Naschin (Nežin)1. échan geaient ou achetaient des produits de Sibérie et commerçaient avec la Chine. Le commerce avec les Kalmouks était pratiqué par des particuliers et n'avait pas une grande importance. qui étaient négociées à la foire annuelle de Samark and. Le commerce avec la Chine se faisait par caravanes. ce qui rapportait chaque année 50000 roubles à l'Empire russe. capitale de la province de Nežin sur l'Oster. ainsi que du tabac et de la rhubarbe. op. figues. riz. défenses de mammouth et de morse. et devint libre en 1762. jus et écorce de citron. Il s'agissait principalement de vin grec. musc. « capitale des Cosaques du Don ». Busching. des peaux de tigre et de pan thère.

les étran gers furent obligés de suivre et d'installer leurs comptoirs à Saint- Pétersbourg. et le gouvernement de Smol ensk faisait de la contrebande avec Kônigsberg et Dantzig. et 100 roubles pesaient 14 livres d'argent fin. . 14 rixdales valaient 1 livre d'argent fin. Les commerç ants russes qui amenaient les cuirs sur le marché de Saint-Péters bourg et achetaient les vins étrangers n'habitaient pas Saint-Péters bourg mais diverses villes de Russie. et achetaient du cuir de Russie. et était deux fois plus grand et plus lourd que ceux qui furent frappés par la suite : 50 de ces kopeks valaient 1 rixdale hollandaise. Cela dura jusqu'en 1721 . Le commerce entre étrangers était interdit. des bougies. les étrangers n'avaient droit qu'au commerce en gros. La région maritime. du cuir de Russie. Un tarif douanier fut fixé qui changea en 1733 et en 1758. des toiles de lin et des objets en fer. etc. de la maroquinerie. A l'origine. L'argent liquide était très rare en Russie. Ce tarif était fondé sur l'ancien rouble russe. Au xvne siècle. qui ne furent pratiquées qu'à partir de 1670. Les droits de douane sur les exportations et les importat ions n'étaient pas acquittés en monnaie russe mais en thalers-Albert ou nouvelles rixdales hollandaises . De grosses sommes étaient confiées aux commissionnaires qui pouvaient ainsi gagner gros. La plupart des marchands étrangers résidaient à Moscou . Les Russes pouvaient faire le commerce de gros ou de détail . du fer forgé. en payant un loyer. Pour le commerce maritime. Ils venaient en mai et juin par les fleuves et dès qu'ils avaient vendu leurs marchandises et fait leurs 1. Des bovins et du cuir de Russie partaient de Kiev pour la Silésie. Les commerçants étrangers n'avaient pas le droit d'entreposer dans leurs propres magasins les marchandises qu'ils devaient emporter. Cette unité monétaire servait encore dans le commerce. ce rouble servait de monnaie fictive .6l4 HERMANN KELLENBENZ du caviar écrasé. Les marchands ukrainiens pratiquaient le commerce des denrées alimentaires avec la Crimée tatare et traitaient directement avec les Grecs à Constantinople. Čerkassy était également le centre de commerce des habi tants du Kuban et du Primor'e1 qui apportaient des cotonnades turques. Busching parle d'Arkhangelsk et de la Baltique. ils étaient obligés d'utiliser pour cela les entrepôts du tsar. il valait 100 kopeks argent. Les négociants de Saint-Pétersbourg étaient des étrangers ou des habitants de la région. Les étrangers devaient pratiquer le troc et donner par-dessus le marché de l'argent. La plupart des com merçants étrangers à Saint-Pétersbourg étaient des commissionnaires et il y avait peu de détaillants. frappé ou non. du beurre. on ne savait rien ici des opérations de change. ils se rendaient en été à Arkhangelsk où ils avaient leurs « comptoirs ». lorsque Pierre transféra à Saint-Pétersbourg le commerce d'Arkhangelsk.

pp. de Suède. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 615 acquisitions. sur douze mois en général. c'est pourquoi les négociants qui voulaient acheter à Pétersbourg devaient posséder des fonds à Amsterdam2. autorisant les Anglais à se rendre en Perse en traversant la Russie avec leurs marchandises. K. en 1745 : 195 . de Liibeck. venaient ensuite les Hollandais. A Saint- Pétersbourg. Ellinger-Bang. En 1742 des accords commerciaux furent conclus. 1 730-1850». Cf. cit. Les différences pro fondes entre les commerçants russes et étrangers. Busching indique ici le nombre de navires entrés à Saint- Pétersbourg. Les marchandises étrangères étaient vendues à crédit. En revanche les articles russes devaient être payés en espèces à la livraison. Ces bateaux venaient d'Angleterre1. de Prusse. ces privilèges leur furent peu à peu retirés et après l'exécution de Charles Ier. de Dantzig. surtout depuis l'importance qu'avait prise Saint-Pétersbourg au détriment d'Arkhangelsk. le budget excessif des commissionnaires étaient autant de causes d'amenuisement des capi taux des étrangers en Russie. Ces contrats étaient. Les plus riches d'entre eux se contentaient d'envoyer leurs représentants à Pétersbourg. 1955. Ceci fut interdit en 1746 car le capi taine anglais Elton se mit au service du shah Nadir et construisit pour lui des navires sur la Caspienne. pour plus de sécurité. le bâtiment qu'ils possédaient à Moscou leur fut enlevé et transformé en imprimerie. Pierre leur accorda cependant de nouveau certaines faveurs . le commerce se développât d'année en année. envoyer et vendre leurs marchandises à Moscou. on ne pratiquait le change qu'avec Amsterdam. . Ces pertes s'él evaient à quelques millions. en 175 1 : 300. 264 suédois chargè rent leur ballast de céréales pour approvisionner les magasins russes en Prusse. K. Depuis longtemps les étrangers achetaient également sur contrat. de Hollande. de Norvège. ils s'en retournaient chez eux. Les étrangers qui s'installaient à 1. The Scandinavian Economic History Review. les deux tiers ou la moitié de la valeur des marchandises. « International payments and credit movements by the Swedish merchant-houses. Korst. Cf. 163-202. en 1744 : 264 . ils pouvaient. et recevaient les marchandises l'été suivant. de Stettin. du Danemark. comme les marchands russes. En 1759. Le troc se pratiquait rarement à ioo %. de Rostock. de Kiel. etc. Il était d'ailleurs étonnant qu'en dépit des pertes que les étrangers subissaient. N. inscrits au registre des douanes. parmi les 723 navires qui accostèrent à Saint-Pétersbourg. Busching signale les privilèges des Anglais après la découverte de la route maritime sur la mer Blanche . ainsi. III. op. en 1750 : 272 . On payait souvent en liquide les trois quarts. de Hambourg. 2. les énormes crédits que les étrangers consentaient aux Russes. Samuelsson. selon lequel ils payaient d'avance en hiver. Néanmoins le commerce anglais en Russie était le plus important .

le berkovec 10 pouds. 1 245 1 175 Reval 92 93 Pernau 57 55 Arensburg* 30 31 Narva 65 65 Wiburg* 77 59 Friedrichshamn* 42 43 Arkhangelsk 44 40 Oneschkoe Ustie* 9 10 Hapsal 6 6 Total 1 948 1 859 1. op. 31. 3. 4. op. F. Busching exprime enfin l'idée que nul peuple au monde n'a d'aussi bonnes dispositions pour le commerce que le russe. 2. qui valait 10 roubles. Les autres mesures étaient les mêmes que celles utilisées en All emagne : l'archine ou aune valait 18 i/ioe de l'aune anglaise. Busching. Il existait également des double-ducats à l'effigie de l'impératrice et 1. . p. cit. op. p.. d'ailleurs très conscient de son avantage. Vyborg.13 m. 104 : « Une ville fortifiée à qui des privilèges furent accordés en 1723 sur le Meerbusen finnois. cit. Il y avait les monnaies d'or : l'impérial.. pp. Un veršok : 4. » Aujourd'hui Hamina. la livre 96 zolotniki. 1 wer- schoek2 valait i/i6e d'aune. où l'on débarquait beaucoup de bois de construction. Il donne pour terminer une liste du trafic des navires dans les ports russes en 1761. A.6l6 HERMANN KELLENBENZ Saint-Pétersbourg sans commission et sans découvert suffisant s'expo saient à la faillite. à l'exception de quelques rares ducats frappés en latin.. Le poud valait 40 livres. Les monnaies4 portaient des inscriptions en langue russe. Ibid. Busching. p. 116 : « Village à l'embouchure de l'Onega. Il y avait des ducats qui valaient 230 kopeks ou 5 florins 19 stuvers hollandais et d'autres plus récents qui valaient 2 roubles. .. 2. Entrant Sortant Kronstadt 281 282 Riga (transport et marchands) . 3. A. cit. » II indique rapidement les mesures de poids1 : un zolotnik valait 3 demi- onces et se divisait en demi. Une sazen' : 2. en finnois : Vipuri.445 cm. 31 sq. D'après A. Busching. frappé sous Elisabeth. L'impératrice Elisabeth fixa à 2 roubles 25 kopeks la valeur des ducats frappés sous son règne. F. 3 aunes valaient 1 sacschen3 ou 1 toise. à l'endroit où s'éle vait Wekelax. brûlée par les Russes. Sur l'île Osel. quart et huitième. F. 4.

4. 1 livonien valait 96 kopeks. Ou poltina. Il y avait le 1/2 rouble ou poltinnik1 et le 1/4 de rouble. F. de la Flotte. celle du voïévode ou commandant. la monn aie. Il était interdit d'utiliser la monnaie russe. qui servaient à couvrir les dépenses de l'Armée. Le rouble valait 10 groschen ou grivenniki. pp. L'altine de 3 kopeks n'était plus en cir culation. les rixdales hollandaises ou les thalers-Albert. en vertu d'un décret de 1757 d'Elisa beth. les salines. comprenant l'impôt capital annuel3. ces pièces d'un rouble et d'un demi- rouble en or étaient très rares. op. En Russie. les papiers timbrés. le zavod où l'on fondait les minerais et les métaux et où on fabriquait toutes sortes d'articles. de l'administrat ion. Des négociants y résidaient. les mines. comme petite monnaie. mentionnant leur signification en allemand4. ou les kreuzers hollandais. de la Cour. Biisching. ensuite les pièces de cuivre de 1. et les slobody . L'auteur complète cette étude en parlant des revenus des villes. 2. relais de poste où l'on changeait les chevaux. le grivennik2 valait 10 kopeks. la jamskaja où logeaient les cochers. Busching distingue les slobody uezda qui se trouvaient dans le district5 . les nouv elles pièces d'argent de 4 et 2 kopeks. Uezd. 51. de 1/2 kopek qu'on appelait den'ga ou denežki. avec leurs magistrats et leur douane. En Estonie et en Livonie. 44 sq. ils étaient plus spacieux que bien des petites villes mais ils n'étaient pas fortifiés. Ou grivna. Busching donne une liste sommaire de divers biens et institutions. les cabacques ou débits de boissons. qui portaient une inscription en latin .on ne devait utiliser que le iivonien. des pièces de 1 kopek. etc. le prikaz ou administration. Les cochers habitaient les jamskie slobody. 3. A. 5. et le poluéka de 1/4 de kopek. Par exemple le jam. Ibid. la douane. Yostrog entouré d'une palissade que l'on trouvait fréquemment en Sibérie. Enfin. d'un magasin de produits alimentaires. de même que les petites monnaies informes en argent.. dans la province de Tobol'sk. il valait toujours 100 kopeks. En 1762. cit. comme Marperger. La plus grosse pièce d'argent était le rouble dont la valeur suivait les fluctuations des cours. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 617 une pièce de 2 roubles en or . Les slobody sibériennes étaient habitées par des paysans . Les monn aies de cuivre changeaient souvent. Ces ostrogi se composaient seulement de quelques maisons. les domaines. Pour les monnaies étran gères on n'acceptait en Russie que les ducats. p. le mot slo- 1. . il y avait des pièces de 10 kopeks. d'articles divers et de fourrures (il y avait souvent cependant des villages ou des bourgades autour). le 1/2 et le 1/4 de livonien. Mais il existait maintenant des monnaies de 5 kopeks en argent. 1/2 et 1/4 de kopek ..

Quand les eaux étaient hautes au printemps. Busching cite le sterlet. le sudak. à l'embouchure de la Dvina sur la Baltique. l'on trouvait des phoques. brochets. carpes. notamment des asperges. les Kalmouks et les Cosaques qui faisaient des incursions à cheval. la débâcle provoque de grandes inondations qui atteignent leur maximum en mai et juin. Seul le pont flottant de Kiev construit en 1638 le traverse . et où.. etc. Le lac Ladoga. cit.. ne pouvaient causer de gros dégâts. 57. A Tver'. ablettes. Le poisson le plus important reste le beluga (esturgeon) dont les œufs. Sur le cours inférieur de la Volga2 on cultive des primeurs. Busching rappelle sa richesse en poissons : esturgeons. Ibid. le sazan ou carpe (de 20 à 30 livres). Biisching parle ensuite des grands fleuves.. Cette époque est particulièrement favo rable à la navigation. On trouve à sa source la majeure partie du chêne de la Russie. Par erreur : 194. Les rem parts de bois étaient à peu près les seules fortifications que l'on érigeait à Tobol'sk qui n'avait guère à se défendre que contre les Bachkires. Ibid. p. . silures.. les silures. de Livonie et de Semgallen allaient à Riga. Les duchés de Livonie et d'Estonie5 arrachés à la Suède étaient à l'origine couverts de forêts de chênes. il y a déjà de gros chalands. de sapins. car ils peuvent alors passer au-dessus des bas-fonds et des petites îles immergées. op. C'est pourquoi Pierre avait fait construire un canal du Volhov à la Neva qui fut achevé en 1732 sous l'impératrice Anne. Leurs armes. n'était guère propice à la navigation à cause de ses côtes peu profondes. au lit très accidenté. 58 sq. ne peut porter que des bateaux vides au printemps pendant les moyennes et hautes eaux. A. il y avait beaucoup de moulins à nef3. 5. servent à la fabrication du caviar . 3. Sur ce fleuve.5х ou 105 verstes font un grade de l'équateur. à 20 milles environ de sa source. pp. Au nombre des poissons. 104. Busching termine ce passage en parlant de la verste. brèmes. ce fleuve charriait des trains de bois qui de Russie. on tirait également la colle de poisson de sa vessie natatoire. 4. Le Dnepr. 2. etc. et le plus important était de les maintenir hors des murs. 55 sq. 53 sq. ainsi que ceux de Yosetrina. Ibid. F. On trouvait aussi des phoques à l'embouchure de la Volga. la mesure de longueur russe . pp. pp. Au printemps. le plus grand et le plus poissonneux d'Europe. le sevrjuga ou osetrina.6l8 HERMANN KELLENBENZ bodá désignait une bourgade entourée d'un rempart de bois. de pins et de bou- 1. Un régiment de soldats était affecté à la surveillance du trafic sur ce canal. arcs et flèches. En été il était couvert de radeaux et de bateaux4. du reste. surtout pour les bateaux se rendant à Astrakhan. Busching. le brochet. on le démonte avant l'embâcle et on le réinstalle au printemps.

le lac Pejpus et l'utilisation des pistes de traîneaux en hiver. et le lièvre blanc en hiver. il couvrait à peine le coût de son voyage. les constructions des villes et des villages étant presque uniquement en bois. MARCHANDS EN RUSSIE • XVIIe-XVIIIe SIÈCLES 619 leaux. les auberges étaient mauvaises mais les relais étaient confortables. Riga exportait par la Duna des marchandises. Il aurait pu l'être beaucoup plus encore. c'est ainsi que l'on manque déjà en de nombreux endroits de bois de construction et de bois de chauffage et qu'on n'en trouve nulle part en abondance ». En comparaison avec les autres pays. des coupes d'arbres intempestives et maladroites. Les exportations de chanvre. venant de la province de Velikie-Luki du gouvernement de Novgorod. L'apiculture était négligée. Les routes principales étaient bien aménagées. du gypse et du calcaire. Les meilleures années. ses fleuves très fréquentés. on laissait ce soin aux acheteurs étrangers. Il n'y avait pas de manufactures. de lin. Reval. Il y avait une espèce de marbre noir qu'on utilisait pour les cheminées. 20 et même 30 milles pour amener ses produits dans une ville côtière. On pouvait acheter à très bas prix des coqs de bruyère et des perdrix. Au début de la dominat ion russe. il y avait peu d'artisans et d'ouvriers dans les villes et pas du tout dans les campagnes. de graines de lin et de chanvre. Les paysans fabriquaient tout grossièrement eux-mêmes. Narva et Pernau. polonais et prussiens. d'une région du Grand-Duché de . Il y avait également des terres de couleur. On trouvait en divers endroits une tourbe de bonne qualité mais que l'on n'utilisait pas encore comme combustible. les relais avaient été installés sur ordre impérial par les états provinciaux et les chevaliers. Lorsqu'un paysan parcourait 10. Le commerce de la Baltique était grandement facilité par sa situation géographique. les moutons étaient petits et donnaient une laine courte et peu soyeuse. de cire. Le commerce intérieur était très pauvre car les villes n'étaient pas nombreuses. Le cheptel bovin était pauvre. il y avait l'élan. à cause aussi des diverses autres utilisations du bois. de l'absence ou de l'i nsuffisance de reboisement régulier et soigné . C'était l'élevage des chèvres qui réussissait le mieux. Le commerce était très important à Riga. c'est pourquoi on achetait souvent des chevaux russes. La plus grande partie de la production était exportée sans être trans formée. ainsi que de Геаи-de-vie et du bétail. Les chevaux étaient de petite taille. mais ces forêts étaient très clairsemées à l'époque de Biisching à cause « en partie de l'architecture. le pays exportait plusieurs milliers de charges de seigle et d'orge. Les porcs également étaient petits. Comme animaux sauvages comestibles. Il existait jadis de nombreuses villes de province et des bourgades que les guerres fréquentes avaient réduites en ruines : il n'en restait en tout que neuf. à cause des brûlis décrits plus haut. de miel et de planches étaient moins importantes. qui tendait à disparaître. du blé surtout.

il y avait également 8 201 voyageurs russes et 2 415 étrangers. En été on louait des voitures ou on utilisait les voies fluviales. 97. on comptait en outre 247 personnes des ministères étran gers. 3. des environs ou de très loin. p. Wischney Wolotschok (Vyšnij- Voloček). des miroirs. en Carélie finlandaise. il arrivait des milliers de cochers russes. des objets en or ou en argent et beaucoup d'autres articles. . belle et importante bourgade sur la Tverca. de la Livonie polonaise et de la Courlande.. p. Novgorod avait été incendiée plusieurs fois et ne gar dait de son ancien aspect que les vieux remparts qui entouraient encore des champs labourés et la cathédrale. Ce blé-là était au moins trois fois plus volumineux que celui. des bas de soie. p. de Livonie. de la poix. le négociant Sardukov fit creuser un canal entre la Tverca et la Mosta qui faisait 3 verstes de long et qui permettait aux bateaux d'aller de la Baltique à la Caspienne. 104. Ibid. En 1750 on dénombrait 27 557 hommes et 22 209 femmes (les enfants n'étaient pas recensés). Il traite aussi de l'Ingrie (gouvernement de Saint- Pétersbourg) et des autres gouvernements du territoire européen de la Russie. Nous n'entrerons pas ici dans des détails plus poussés. nous nous contenterons de mentionner les faits les plus marquants en matière d'industrie et de commerce. du goudron. et 40 à 50 navires par an y fa isaient escale3. 1970. Busching dresse ensuite un tableau des provinces et villes à admin istration autonome. parmi lesquels 8 941 domestiques de sexe masculin et 4 700 de sexe féminin . exportait des planches.. Ibid. Les exportations et les importations se faisaient unique mentsur des navires étrangers. Cologne. En Ingrie il y avait de nombreuses briquet eries et des scieries1 .620 HERMANN KELLENBENZ Lithuanie. Des bateaux de partout emport aient des marchandises ou en apportaient. Vyborg (Suomenlina en finnois). 2. du sucre.. des chapeaux. qui se tenaient sur les routes à la disposition des voyageurs qui n'avaient pas de traîneau. à Saint-Pétersbourg2 il y avait toutes sortes de fabriques et de manufactures où l'on faisait des tapis. Tous les izvozčiki portaient un numéro dans le dos afin que la police les reconnût. pourtant important. 86.Elisabeth Xifar as) 1. fut ravagée par les incendies de 1748 et 1753. Dès l'approche de l'hiver. Il était impossible de quitter le pays sans passeport et sans que soient publiés le nom et le départ du voyageur. Ibid. (à suivre) (Traduit de l'allemand par Marie. Sous le règne de Pierre le Grand.