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30/7/2017 Mésologiques: La chôra chez Platon / Augustin Berque

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JEUDI 5 JANVIER 2012 MÉS INFORMACIÓ ENTESOS Accueil
Argument
La chôra chez Platon / Augustin Berque
Comité de rédaction
Séminaire
Paru dans Thierry PAQUOT et Chris YOUNÈS (dir.) Espace et lieu dans la pensée occidentale,

Paris, La Découverte, 2012, 316 p., p. 13-27. Publications

LA CHÔRA CHEZ PLATON Mésologiques / Images
Audio/Vidéos
par Augustin BERQUE

Résumé : Le thème de la chôra dans le Timée de Platon aboutit à INDEX MESOLOGIQUES.FR
une aporie : ce troisième genre d’être, à la fois empreinte et matrice
du devenir, et qui n’est ni l’être absolu ni l’être relatif, reste Rechercher
finalement impensable. Il est ici interprété comme le milieu concret
où existe l’être relatif. Ce milieu est inintelligible parce qu’il ne
LECTURES EN COURS
relève pas de la raison dont l’idéalisme platonicien est en train
d’instaurer le règne, évinçant celui du mythe, autrement dit celui La réédition de La pensée
paysagère d'Augustin Berque
de la symbolicité, comme l’illustrera le bannissement des poètes
hors de la République. Dans le symbole en effet, A est toujours aussi
non-A, ce que n’admet pas le principe du tiers exclu, qui va PROCHAIN SÉMINAIRE
gouverner la raison occidentale jusqu’à la découverte de
Platon, détail de L'École d'Athènes, par Raphaël
l’intrication quantique. Du même coup, la pensée de la chôra s’est
trouvée forclose, au bénéfice du topos aristotélicien. Or les
tétralemmes que les logiciens indiens vont me re au point aux alentours du IIIe siècle perme ent justement d’inclure
le tiers. Le quatrième lemme en particulier (à la fois A et non-A) correspond justement au symbole. On conclut en
postulant que le tétralemme fournit l’armature logique perme ant à la raison de reconnaître la concrétude des
milieux humains, si longtemps forclose par le principe du tiers exclu.
Plan : 1. Comment disait-on « espace » en grec ancien ? ; 2. Le Timée ; 3. Les divers sens du mot chôra ; 4. La chôra dans
l’espace mental de la modernité ; 5. L’être, le devenir et le milieu ; 6. La chôra, milieu nourricier de l’existant ; 7. Le « troisième
genre » de la chôra.
24 février 2017

1. Comment disait-on « espace » en grec ancien ? PARTENAIRES
Le petit dictionnaire français-grec de chez Hatier, classant en cinq les acceptions du mot français espace, en donne
les équivalents suivants pour le grec ancien : 1° en philosophie, comme étendue indéfinie : chaos, kenon ; 2° comme
étendue limitée ou occupée par les corps : topos, choros, chorion ; 3° comme intervalle : metaxu, metaxu topos, meson ;
4° comme air, atmosphère : meteôros ; 5° comme étendue de temps : chronos. En grec moderne, nous retrouvons Plateforme de documentaires
chôros dans le petit lexique bilingue de Haractidi. C’est donc ce mot qui, sur le long terme, semble avoir été le plus d'auteur
proche d’espace. Pour le grec ancien, le dictionnaire grec-français de Bailly en donne les définitions suivantes :
« espace, d’où 1. intervalle entre des objets isolés ‖ 2. emplacement déterminé, lieu limité ; le lieu, le pays que voici CENTRE CULTUREL
‖ 3. pays, région, contrée ; territoire d’une ville ‖ 4. espace de la campagne, campagne, par opposition à la ville ; INTERNATIONAL DE CERISY
bien de campagne, fonds de terre ».
Au demeurant, chôros n’occupe dans le Bailly qu’un développement d’une trentaine de lignes ; ce qui est peu en
comparaison de son homologue et semble-t-il quasi synonyme féminin chôra, lequel a droit dans le Bailly à près de
cent lignes. Pourquoi ce e différence, alors que ce mot de chôra ne figure même pas dans la liste qui
précède ? L’une des raisons pourrait en être le statut philosophique que, depuis Platon, semble avoir eu chôra. C’est
en effet ce mot-là que l’on a tenu généralement pour ce qui, dans la pensée grecque, se rapprocherait le plus de
notre notion d’espace. Tel est le cas de Heidegger, dans son Introduction à la métaphysique[1] ; lequel, tout en
affirmant que les Grecs ne possédaient pas un tel concept, au sens moderne de pure vacuité préexistant aux corps,
en voit l’origine dans la chôra platonicienne. Or, selon Alain Boutot[2], Heidegger aurait là commis un contresens.
L’un des points que nous tâcherons ici d’éclaircir, ce sera justement la possibilité ou l’impossibilité d’un tel
rapprochement : peut-on, ou non, tenir la chôra pour l’équivalent de notre espace ? Pour un Gilles-Gaston
ARCHIVES
Granger[3], l’espace qu’implique la géométrie euclidienne est bien de même nature que celui du paradigme
► 2010 (13)
occidental moderne classique, c’est-à-dire l’espace de Newton : un absolu homogène, isotrope et infini ; mais
impliquer, ce n’est pas concevoir, et encore moins nommer. Cet espace-là, Euclide n’en dit rien, et sa géométrie ne ► 2011 (52)
nous en livre pas le concept. ▼ 2012 (37)
Le point de vue, ici, sera l’inverse de celui de Granger : non pas déduire, en termes modernes, un espace implicite ▼ janvier 2012 (7)
dans un propos ancien, mais s’a acher au contraire à saisir le sens que pouvait avoir, dans son contexte propre, un De l'influence des milieux ou
mot explicitement utilisé par un auteur ancien. Cet auteur, c’est Platon, le père de notre philosophie ; et le mot en mésologie / Louis-Ad...
question, chôra (χώρα), il l’utilise et le commente dans le Timée (ТІМАІОΣ), son œuvre la plus emblématique – c’est Etat de la situation du Japon
le livre que, sous les traits de Léonard de Vinci, il tient à la main au centre de la fresque l’École d’Athènes, que sinistré, au 30 déce...
Raphaël peignit sur l’un des quatre murs de la « Chambre de la Signature », dans le palais de Jules II au Vatican,

http://ecoumene.blogspot.com.es/2012/01/la-chora-chez-platon-augustin-berque.html 1/6

sont généralement les montagnes sauvages marquant la frontière entre deux cités. alors il utilise le terme chôra. 7. en Grèce. (avoir une) situation spatialité spéciété subjectité (honorable). Bref. quand Platon explique que chaque réalité sensible possède par définition une place. Le Timée tient son titre du nom de l’un des deux personnages d’un dialogue avec Socrate – plus Augustin Berque exactement d’un trialogue. Les divers sens du mot chôra environnement forme Commençons par les acceptions qu’en relève le Bailly : « I. c’est-à-dire que le Timée. (s’en aller à sa) place . 4). la Laconie pour Sparte. 1. poste : (occuper son) poste. que l’on peut tenir pour ► février 2012 (3) l’essentiel de sa pensée à l’époque de sa pleine maturité.blogspot. (abandonner son) poste . et ce en général.com. Anabase.. pour de tels êtres humains. ou de la place d’une chose)[4]. une place propre quand elle y exerce sa fonction et y conserve sa nature. absolument hê chôra (ou hê chôrê diffus urbanisme dans le dialecte ionien) : l’A ique .. En outre. Jean-François Pradeau. (être à leur) poste. où le terme primaire est civis. l’ontocosmologie du Timée commente la notion de chôra. 2. […] On distingue ainsi le lieu physique relatif de la propriété ontologique qui fonde ce e localisation. Helléniques. 17. 9. (être considéré comme rien. 8. etc. Topos désigne toujours le lieu ► septembre 2012 (4) où se trouve. En somme. fera l’objet d’un questionnement très précis dans la Physique d’Aristote. i. Platon a recours au terme de chôra. 28). celle qui se trouve en dehors des remparts de l’astu (la ville proprement dite). Hérodote. poste : (s’asseoir à sa) place. Nous ne nous occuperons donc art biologie catastrophe chaîne ici que de la chôra. (occuper les plus grandes) places . d’où : 1. Espace de pays. d’Aristote à Derrida. c’est-à-dire que cet a ribut peut être physique (localisable dans l’étendue) ou social (localisable parmi les rôles personnels). par la bouche de Timée. c’est la partie rurale de ce territoire. non celle de topos . c’est bien entendu le texte du Timée. 7. au acosmie anthropocène architecture contraire. 1. fait par Timée. « Être repoussé de ses positions ». Histoires. on ► novembre 2012 (4) passe ainsi de l’explication et de la description physiques au postulat et à la définition de la réalité sensible. de la formation du monde). dans le texte du Timée. d’où : bien de campagne ». pays. place occupée par une personne ou par une chose : place (qu’occupe le ciel). qui s’est livré à une minutieuse analyse de l’emploi de ces deux termes dans le Timée. dans un la terre nippone / Au. et en deçà des confins inhabités. topos correspondrait à la question banalement factuelle : « où est-ce ? ». espace de terre situé entre deux objets. 23.es/2012/01/la-chora-chez-platon-augustin-berque. (être à une) place. et « aller à sa place ».html 2/6 . dans le couple grec correspondant politês / polis.). (être réduit au) rang subjectivité sujet temps Terre (des esclaves).. la Béotie pour Thèbes. donc La chôra chez Platon / déjà sexagénaire. Plus spécialement encore. etc. ► mai 2012 (5) conclut à cet égard : ► juin 2012 (4) ► juillet 2012 (1) La distinction des deux termes dans le Timée semble maintenant suffisamment claire. les eschatiai qui. c’est la campagne qui. . En somme. (être au) rang (des esclaves. n’avoir aucun) rang ‖ II. place (d’une construction). Dans la première.e. Il s’ensuit que. De fait. ek chôras ôtheisthai (Xénophon. (être repoussé de. y intervient aussi –. est l’une des dernières œuvres de Platon (424-348 a. la notion de chôra devait être empreinte de connotations existentielles et http://ecoumene. se tenir à sa) place. On « a » (echei) une certaine chôra. tandis ► 2017 (25) que chôra correspondrait à une question beaucoup plus complexe. par opposition à la ville . campagne. dans le Timée. c’est au contraire polis qui est le terme primaire et qui donc détermine l’existence du citoyen (politês). sol. en chôra thanein (Xénophon. 5. 13) . (changer de) place (en places). ► avril 2012 (2) S’agissant de l’espace et du lieu. Celui-ci Augustin . où est situé un corps. lit (d’un médiance milieu monde fleuve). d’un mercenaire). emplacement. (céder la) poésie poétique Poétique de la place (pour quelque chose) ‖ 4. les deux mots qui y correspondent dans le texte platonicien sont topos (τόπος) et chôra. mourir à son) sacré sciences du vivant sens poste. De topos à chôra. car un troisième personnage. qui l’aurait écrite une dizaine d’années avant sa mort. Logique du champ. en tant qu’a ribut d’un être.. la civitas découlant de l’association des cives. en sus de la notion d’intervalle. contrairement au couple latin civis (citoyen) / civitas (cité). d’être considéré comme rien . 2. chôra signifie l’espace ou le lieu a ributifs d’un être quelconque. c’est-à-dire de l’homme grec paradigmatique tel que Périclès ou Platon. laquelle. fournit ses subsistances à la polis. c’est plus accidentel et moins essentiel que d’« être nulle part » en oudemia chôra einai (Xénophon. C’est ce qui explique l’importance a achée à ce e œuvre ► mars 2012 (2) par la postérité philosophique. Platon expose. dont elle fait structurellement partie. singulier et précis : c’est la contrée ou le territoire qui est propre à une cité-État (polis). de l’interdépendance et du milie. comme l’a mis en lumière un article fameux d’Émile Benveniste[5]. rôle indispensable. Le Timée "Logos et Lemme" de Yamanouchi Tokuryû / Pour le lecteur d’aujourd’hui. de Donner lieu au monde / A. 36). à tendance mythique. comme on peut « avoir » un certain vêtement (eima echein). place marquée. deux familles de sens.C. et ontologiquement plus profonde : « pourquoi donc cet où ? ». Et le lieu est indissociable de la constitution de ce corps. patrie ‖ 2. car ce e origine des êtres est aussi une théorie de l’être – une métaphysique. comme l’A ique l’est pour Athènes. contrée. Terre prédicat prise réalité risque particulièrement place assignée à un soldat. sur l’origine du monde (le kosmos) et sa composition. plutôt qu’une cosmogonie (un récit. ou des cheveux blancs (polias echein). comme le distinguerait l’espagnol. intervalle : oude ti pollê chôrê messegus (et humain Imanishi Japon langage lemme lieu linguistique logique du il n’y a pas un grand intervalle au milieu. Comme le souligne le classement adopté par le Bailly. le contexte premier de la notion de chôra.30/7/2017 Mésologiques: La chôra chez Platon / Augustin Berque pour représenter la quête de la vérité par la philosophie. 521) ‖ 2. c’est plus casuel et moins destinal que de « mourir à son poste ». (me re en) place. ► 2015 (37) ► 2016 (36) En somme. terre ‖ 3. Dans la seconde famille de sens qui nous importe ici. arrangement rationnel . 39). territoire tétralemme trajection Umgebung Umwelt urbain urbain territoire : hê chôrê hê A ikê (le territoire de l’A ique. une ontocosmologie. est une cosmologie (une étude. ou un casque en cuir de chien sur la tête (kuneên kephalê echein). qui signifie justement l’appartenance d’une ► 2014 (37) extension limitée et définie à un sujet (qu’il s’agisse du territoire de la cité.. particulièrement : 1. s’élancer de la) position qu’on occupe. mais c’est avant tout un long Comment souffle l’esprit sur exposé. place (des yeux). rang. (prendre sa) place. Critias. 394) ‖ 3. (tomber. C’est nommément la chôra d’une certaine polis. c’est-à-dire aussi de son ► octobre 2012 (5) mouvement. a ributs qui sont donc plus ou moins dissociables de l’être – plus ou moins de l’ordre du ser ou de celui de l’estar. trajective Chine concrescence contingence culture japonaise dualisme écologie écoumène 3. l’origine du monde). place : oligê eni chôrê (dans un petit lieu logique du prédicat espace (Iliade. Mais. Espace de terre limité et occupé par quelqu’un ou par fûdo habiter Heidegger histoire quelque chose . Les deux vont ensemble. à tendance scientifique. Cyropédie. 4. (laisser en) place. (rester en) place. la valeur ontologique de la chôra semble variable. kata chôran parienai (Cyropédie. Iliade.. C’est en Berque même temps une ontologie. morale nature paysage plasticité (demeurer en repos. chôra devient quelque chose de beaucoup plus concret. Afin d’exprimer ce e ► 2013 (34) nécessaire localisation des corps. . nous avons donc là.

c’est-à-dire le devenir des êtres du monde sensible (kosmos aisthêtos) . n’a besoin d’aucun lieu. puisque Platon justement s’interroge sur la chôra. le devenir et le milieu Ce tour de magie par lequel Derrida fait dire à un auteur l’inverse de ce qu’il voulait dire commence par extraire la phrase susdite de son contexte. en outre. c’est-à-dire à une empreinte (ekmageion. Débrayée de toutes ces contingences. en une figure eschérienne où la chôra devient à jamais la fin et le commencement d’elle-même. à jamais fin et commencement d’elle-même. Elle lui échappe à tel point que Platon n’en donne aucune définition. mais ailleurs à ce qui est le contraire d’une matrice. l’eidos ou idea). Ce e autofondation est en GOOGLE+ FOLLOWERS tout point homologue à celle du cogito par lui-même dans le Discours de la méthode : « (…) je connus de là que j’étais Mésologiques Etudes des mi… une substance (…) qui. Il souligne à cet effet que le Timée se structure en une imbrication de récits : « Une structure d’inclusion fait de la fiction incluse le thème en quelque sorte de la fiction antérieure qui en est la forme incluante » (p. à la question : « où sont les êtres ? » . Khôra[6]. dans l’ontocosmologie du Timée. 76). Derrida commence par renoncer à traduire le terme chôra.e. mais finissons-en d’abord avec la démonstration derridienne. toutes choses se trouvant en désordre (ataktôs). dans le tissu de relations réciproques (summetriai) qui. http://ecoumene. qui sont au fond contradictoires . mais seulement son reflet ou son image (eikôn). fait dire à Platon ce qu’il veut dire lui-même : « Et tâchons de donner comme fin (teleuten) à notre histoire (tô mythô) une tête (kephalên) qui s’accorde avec le début afin d’en couronner ce qui précède ». 97). où Derrida. c’est celui du dualisme moderne. la chôra selon Derrida tournoie en roue libre. de tout lieu et de toute cause matérielle. Il le détache ensuite de l’usage. dans le texte de Platon. comme l’est le cogito cartésien. Il l’éloigne de sa transcription courante. en tant que celle-ci échappe mystérieusement à ce principe d’identité. Derrida n’étudie certes pas ce terme en tant qu’il exprimerait une problématique de l’espace ou des lieux. afficher extérieur à lui-même. faisant une conclusion de ce qui y est en fait un embrayage – un embrayage du reste lourdement appuyé par la redondance de cet hosper gar oun kai (« et ainsi donc en effet que… ») qui articule les deux phrases. pour la réduire à un actant du texte qu’il a sous les yeux. celle-ci va l’oublier – elle va oublier. Ce e summetria des choses dans leur milieu concret. Cela sans doute pour deux raisons. ou à une nourrice (tithênê. ainsi qu’il a été dit au commencement (kat’archas).html 3/6 . Il opère pour cela une greffe de l’un sur l’autre. mais à propos de la notion de mythe . Dans ce paradigme. c’est-à-dire en somme à une matrice. pour être. 5. comme on l’a vu plus haut. dans la réalité des milieux humains. pour s’en tenir à la claire définition qu’Aristote. qui est de réduire la chôra à une figure textuelle autoréférentielle. Voilà donc le terme extrait de ce milieu qu’est la langue française. est justement forclore (lock out) la chôra de la question l’être.blogspot.30/7/2017 Mésologiques: La chôra chez Platon / Augustin Berque vitales. accomplit l’u-topie (le non-lieu) absolue de l’objet linguistique pur : l’en-soi d’un récit que nul embrayeur (ou shifter. Ce e transmogrification de la chôra en ce dont elle était justement l’inverse pérore dans la dernière phrase de l’ouvrage (p. voire de celui qu’il est en train d’écrire. est un milieu concret – une chôra. Celle-ci est exemplairement moderne en ce que c’est justement de ce e chôra qu’elle fait une figure abstraite. dont il nous faudra tenir compte. on le verra. écrit-il. la question : « pourquoi faut-il que les êtres aient un où ? » –. la phrase qui. de part et d’autre d’un néant abstrait qui au contraire.e. 47 abonnés L’approche de Derrida procède effectivement de ce paradigme par son intention première. S’agissant de la chôra. en revanche. à savoir celle du paradigme cartésien-newtonien que Gilles-Gaston des milieux Granger. le propos derridien exige dans son principe même d’en faire abstraction . engagé dans un certain milieu à une certaine époque. lesquels.es/2012/01/la-chora-chez-platon-augustin-berque. son approche révèle exemplairement la conception que la Mésologiques Etudes modernité s’est faite des lieux et de l’espace . i. la cote et l’ordonnée) . dont le principe est l’identité à soi-même de l’« être véritable » (ontôs on.com. son ontologie en revanche. Empreinte et matrice à la fois. Ce e structure. venons-en maintenant au propos de Platon. néanmoins. 52 d 4). mais sans l’être vraiment car il n’a pas la majuscule. puisqu’elle est à elle-même sa propre chôra. L’autoréférence. Inutile de souligner que ce rêve de l’objet pur. coupée de tout milieu. permet d’abstraire absolument la chôra de tout milieu qui la situerait concrètement. on le verra. En un mot. ce qui. a décelé en puissance dans la géométrie euclidienne. forme concrètement leur milieu (chôra) au sein du monde sensible (kosmos). le moins qu’on puisse dire est que ce propos n’est pas clair. des proportions (auto pros auto to kai pros allêla summetrias) » (69 b 3). ni ne dépend d’aucune chose matérielle » [7] . se contentant de la cerner au moyen de métaphores . La chôra dans l’espace mental de la modernité Ces connotations existentielles et vitales. le « commencement » (archê. c’est justement ce dont s’abstrait l’une des analyses modernes les plus fameuses de la notion de chôra : celle de Jacques Derrida dans un livret intitulé. le Dieu a introduit en chacune et les unes par rapport aux autres. Il la compare ici à une mère (mêtêr. citant textuellement le Timée (69 b 1). justement. Suivre abstraction qui est rendue possible parce que tout cela se situe dans la neutralité absolue d’un espace newtonien. qui prive le récit d’un véritable énonciateur comme de tout référent Je suis dans les cercles de Tout 47 personnes. s’en tenir. où l’objet en soi est le symétrique exact de l’autofondation du sujet en soi (le cogito). 50 d 2). chôra. ou archa dans le dialecte dorien) sur lequel insiste Timée . Dans cet ouvrage. ce e phrase n’est nullement la conclusion du Timée. pour en faire – plus exotiquement – khôra. Ajouter Pour construire ce e figure abstraite. Or si dans le Timée ce e forclusion n’est pas encore accomplie. exclut toute saisie logique de ladite notion de chôra. dans le propos du Timée. serait le ra acher arbitrairement à une « texture tropique » (p. 50 c 1). en la matière. en somme. et qui va sceller le sort de la chôra pour les siècles à venir dans la pensée européenne. 23). chez Jakobson) ne ra acherait au discours d’un existant quelconque. normal en grec comme en français. L’être. Ces formalités accomplies. précise ce que voici : « Or. à savoir la mise en ordre (kosmos) des choses les unes par rapport aux autres. sont contradictoires. herméneutiquement. Qui ant le propos de Derrida. mais aussi bien du grec. de faire précéder les noms communs d’un article : khôra devient donc une sorte de nom propre. un lieu est un point définissable abstraitement par ses coordonnées cartésiennes (l’abscisse. la chôra l’est par rapport à ce que Platon appelle la genesis. suit immédiatement celle-ci. Contrairement à ce qu’elle devient dans Khôra. lesquelles. contradiction que le texte du Timée ne surmonte justement pas. en somme. 4. ne sont pas l’être véritable. C’est cela. lui aura donnée de la notion de topos – i. comme on va le voir . Derrida entame l’abstraction majeure : couper la chôra du sens qu’elle pouvait avoir en Grèce du temps de Platon. ce qu’il réalise par la troncature du texte. Au contraire. ce qui.

Pourquoi donc ? La question a bien entendu rapport avec la capacité de l’intellection elle-même. d’approfondir ce thème de la trinité de l’être.30/7/2017 Mésologiques: La chôra chez Platon / Augustin Berque Ainsi donc empreinte et matrice. qui certes. en trois parties. devant ce troisième genre. leur venaient ces nourritures terrestres qui leur perme aient de vivre. d’y chercher quelque anticipation de la sainte Trinité . comme les deux précédentes. le principe de contradiction (non-A : la copie. kai prin ouranon genesthai (52 d 2). Dans l’absolu. Le « troisième genre » de la chôra Quant à lui. 7. mais comme espèce. on la rêve » (oneiropoloumen blepontes. mais quelque chose qui. was et were (formes de to be). « il y a et l’être. qui est toujours identique à soi-même). 48 e 4). le mot est parent du latin videre. de trois manières différentes ».es/2012/01/la-chora-chez-platon-augustin-berque. l’être véritable. est d’un « troisième et autre genre » (triton allo genos. et corrélativement. en dire vraiment que c’est un eidos ? Voire. du moins dans le cadre de la pensée européenne : le principe d’identité (A : le Modèle. être comptée comme eidos. 48 e 3). nous dit Platon. c’est « l’espèce du Modèle. est elle aussi « présence » (paron. war et gewesen (formes de sein. espèce (du latin species. outre les images que contient le texte de Platon lui-même (la mère. n’est pas sans poser problème. sa projection en existants. De là. la chôra et les postes fortifiés (…) » [9]. aspect). puisque l’eidos est un aspect qui suppose une vue]) et sans forme (amorphon [second oxymore. En somme. et le principe du tiers exclu . terre dont l’histoire a permis que les structures de la chôra propre à la cité grecque de l’Antiquité (la Chersonèse Taurique. et dont en fin de compte ne ressort aucune définition . Du reste. en revanche. 52 b 3) . ce qui ne change rien au fait qu’il y a pour Platon deux ordres ontologiques : le premier. qui pour sa part veut simplement dire « trois » ? Pas question. le thème de la trinité où intervient la chôra se redouble. 49 a 3). c’est-à-dire en somme avec la logique. car si l’on pourrait. et qu’« en la voyant. mais il insiste sur son existence : dans la mise en ordre (la cosmisation) de l’être. c’est par essence le séjour de l’être (on dirait en castillan : l’estancia du ser) . mais on voit ici que la genesis peut aussi. nous révèle que chaque citoyen engageait sa vie pour la défense de ce territoire : « Je jure par Zeus. L’astu. le milieu à une mère. L’on peut ainsi juger qu’avec la chôra. 52 b 2). il faudra se contenter de savoir que la chôra est « une espèce invisible (anoraton eidos [ce qui est un oxymore. qui dans le Timée est identifié à l’ouranos). Hélios. se trouve « sans ressources » (aporei). et le milieu et l’existant. et le milieu où ce e projection s’accomplit concrètement en devenir. les dieux et déesses de l’Olympe et les héros qui possèdent la polis. et le devenir à leur enfant. nature. à la rigueur. En allemand. pour Platon (et c’est pour cela que l’on parle de son « idéalisme »). mais nous en avons là en puissance les trois actants principaux. ce dernier ne peut concrètement exister sans ce milieu nourricier : la chôra qui entoure l’astu. au delà des remparts de l’astu. est « difficile et indécise » (chalepon kai amudron eidos. L’on ne peut pas s’en faire idée. à l’occasion. védah. lequel reste en fin de compte inintelligible. ce e tithênê à laquelle Platon la compare. voir. et dans la mesure où il s’agit d’un Hellène comme Platon. c’est clair. la chôra. aurait pu se déployer un domaine http://ecoumene. c’est le duel d’eidos. 49 a 1). La troisième espèce. quotidiennement. c’est-à-dire la chôra. Pourquoi ce redoublement avec tria. L’une sera d’éclaircir ce e idée de maternité que connote la chôra. essence). il nous faut revenir au sens le plus général et le plus concret que pouvait avoir la chôra dans la cité grecque. que l’on voit en idée . tria trichê. je sais. être) . forme dans l’esprit. Soit dans le texte platonicien : on te kai chôran te kai genesin einai. qui est intelligible et toujours identique à elle-même » (paradeigmatos eidos (…) noêton kai aei kata tauta on. qui naît et que l’on voit » (mimêma de paradeigmatos deuteron. vue. Cet enfant.com. aspect. La deuxième. c’est un mot dont la racine indo-européenne WES veut dire « séjour. les collines couvertes de blé. il faut bien le nourrir ! Nous avons donc là deux pistes de recherche. la chôra n’a li éralement pas d’identité. le texte du Timée compare l’être absolu à un père. La chôra. Autre que quoi ? Autre que les deux eidê dont Timée vient de parler. de ce qu’elle n’est ni l’être absolu (l’ontôs on). « l’espèce seconde. l’on et la genesis. qui date à peu de chose près du temps de Platon. à la fois une chose et son contraire.html 4/6 . dès le départ et à la fois. i. la Vierge (la Parthénos). Gê.e. 6. qui reçoit tout (pandeches) et participe de l’intelligible de quelque manière fort aporétique (metalambanon de aporôtata pê tou noêtou. il y a bien.blogspot. la dalle de marbre blanc du « Serment de Chersonèse ». genesin echon kai horaton. C’est effectivement là que s’en tient le Timée. la chôra quant à elle n’a rien à voir avec le Paraclet. cela veut dire « en trois. Eidê. mot dont le sens premier veut dire « naissance ». c’était la campagne nourricière dont tous les jours ils voyaient. Ce e racine se retrouve dans le sanscrit vasati (il séjourne) ou vastu (emplacement). pas d’astu sans chôra ! Or astu – le centre urbain de la polis –. en anglais. copie du Modèle. évidemment. donne le sein à ce nouveau-né qu’est la genesis. que Luc Brisson[10] traduit par « milieu spatial » et interprète comme « le milieu où se produit le devenir » [11] . Dans ce monde-là. dont nous avons déjà vu quelques unes. tria trichê. 51 b 1 ) ». d’où concretus) – n’a nulle part été mieux éclairé que par l’archéologie russe en Crimée. cela va être la chôra. Pour les citoyens de la polis. La chôra. milieu nourricier de l’existant Ce « tous trois triplement ». Ce rapport concret – ce croître-ensemble (en latin cum-crescere. exclu par la raison. en somme. en ce qui la concerne. indiquant la vision qui sert à la connaissance. l’autre. qui n’est pas le Modèle). c’est un mot de même racine que le français têter ou que l’anglais tit (nichon). regard. Trichê. tous trois triplement. comme être . de vigne et d’oliviers. la nourrice…). cependant. Ni ceci. ni cela. qui n’est ni le Modèle ni sa copie. Tous ces mots viennent de la racine indo-européenne WEID. 50 c 7) . Bien trop charnelle ! La « nourrice ». le neutre de treis. séjourner ». elle a donné Wesen (être. Il faudra certes a endre Aristote pour que celle-ci se construise en tant que telle. en 50 d 2. Celle- ci. l’eidos ou idea. voir dans l’incarnation historique du Père dans le Fils quelque analogie avec la projection de l’idea dans la genesis. Elle ne se laisse approcher que par des métaphores. ni A ni non-A. Quant au premier thème. puisque l’eidos est une forme]). en l’occurrence) subsistent clairement dans le paysage[8] . Platon reconnaît qu’une telle chose est « difficilement croyable » (mogis piston. le « troisième genre » de la chôra demeure une aporie : un obstacle infranchissable à l’intellection. Ainsi donc. est d’un « troisième genre ». du reste. ni l’être relatif (la genesis). c’est l’être véritable . et qui sont nés avant le ciel » (c’est-à-dire avant la mise en ordre du kosmos. car la chôra. du milieu et du devenir. et du sanscrit véda. Peut-on.

tétralemme. et non moins aristotélicienne. principe d'identité. Le milieu humain. 272-280..blogspot. Paris. sur cet où qui tient de l’être. en rétroagissant sur le corps animal. c’est-à-dire le couplage dynamique des deux « moitiés » (en latin medietates. Autrement dit. 1995. et s’institue en République. l’ont hominisé. en un « troisième et autre genre ». A (affirmation) . 2000. 224. car participant de l’être sans toutefois être vraiment . Publié par Yoann Moreau Libellés : Augustin Berque. empreinte-matrice. n’a de cesse d’éradiquer la symbolicité du monde . Pour Leroi-Gourhan. « Être quelque part. autrement dit de le déshumaniser. eux. Écoumène. Belin. où A est toujours aussi non-A. CNRS. 222. C’est ce e même raison qui devait faire devoir à la pensée européenne d’oublier la chôra. p. Introduction à l’étude des milieux humains. ce e empreinte-matrice où l’être et son milieu participent l’un de l’autre… Chose impossible. 1999. sont bannis de la République platonicienne . devoir. car « la raison nous en faisait un devoir » (ho gar logos hêmas hêrei. 1993. Paris. de se contenter du topos aristotélicien. La pensée de l’espace. Paris. Le Geste et la parole. soit. Alexandre CHTCHEGLOV. sans l’être tout en l’étant. le milieu éco-techno-symbolique indispensable à ce néotène qu’est Homo sapiens). qui confronte directement le sujet (A) à l’objet (non-A). 17. [12] Boutot. Paris. [11] Brisson. la chôra n’a pas sa place. Platon occulte de manière décisive la dimension originaire de la spatialité comme contrée (Gegend) qui était perceptible au premier matin de la pensée » [12].. Paris. 2000 . certaines des fonctions initiales du « corps animal » ont été extériorisées en systèmes techniques et symboliques. Annales li éraires de l’Université de Besançon. cit. [6] Galilée. l’autre étant médiance. sans plus s’interroger. Odile Jacob.30/7/2017 Mésologiques: La chôra chez Platon / Augustin Berque de la pensée que Platon a forclos. 30 septembre 2011 [1]Traduction française par Gilbert KAHN. 1992. la seconde sur la structure ontologique qui y correspond . 2. PUF. 2011 [1935]. Le problème du nihilisme. 4. le même et l’autre. André LEROI-GOURHAN. espace. Milieu et identité humaine. comme l’a écrit Alain Boutot. V. au cours de l’émergence de l’espèce humaine. Paris. Mais à force de forclore ce e médiance des milieux humains. jusqu’à Heidegger. Les logiciens indiens. Ce e aporie de la chôra. elle n’est pourtant rien que le fait du logos – le fait de son exclusion du tiers. Problèmes de linguistique générale. C’est bien pourquoi le mécanicisme moderne. [8] V. inacceptable pour la raison ! Désormais donc. Notes pour un dépassement de la modernité. Paris. la pensée européenne s’est fait devoir de ne poser que la question : « où sont les choses ? ». l’être et le devenir. ce e chôra où croissent ensemble. 3. 35) . puisque les systèmes symboliques sont inhérents à l’existence humaine[15]. Il est à la fois A et non-A. de milieux en paysages.. du moins. Les Études philosophiques. Augustin BERQUE. Médiance. C’est une affaire européenne. cit. [10] Luc BRISSON. principe du tiers exclu. les quatre lemmes : 1. 1974. [13] « Contréité » (donc en allemand Gegendheit) est l’une des deux traductions possibles du japonais fûdosei. p. Paris. topos. d’où médiance) constitutives de l’être humain : son « corps animal » individuel et son « corps médial » collectif (i. Le dualisme en particulier. II. Heidegger et Platon. 1967. [2] Alain BOUTOT. 2009 . ne peut-il plus saisir la contréité[13] (la Gegendheit) de la chôra ? Pourquoi ce « troisième genre » est-il aporétique ? Parce que... Paris. troisième genre Article plus récent Accueil Article plus ancien http://ecoumene. Polis et chôra. Le même et l’autre dans la structure ontologique du Timée de Platon. p. du tiers exclu : « vase immobile » (aggeion ametakinêton. Belin. VIII. à la fois A et non-A (à la fois affirmation et négation)[14]. Sankt Augustin. [14] V. la chôra primitive en milieu amorphe qui reçoit tous les corps. dont l’idéal est l’itération du même (la répétition de A). ne reste-il pas lui-même alors que la chose qui l’occupait peut se transporter en n’importe quel autre topos tout en gardant sa propre identité par devers soi ? Or c’est ce e disjonction des identités – ce e dé-concrescence – qui justement n’a pas lieu dans la chôra. idéalement. Désormais. to be or not to be . IV. occuper une place. Palaiseau. [4] Jean-François PRADEAU. lemme. 3. plus bas notes 35 et 36. lequel pour sa part va si bien avec la logique disjonctive. [9] Chtcheglov. Paris. lesquels. selon la Physique. [5] « Deux modèles linguistiques de la cité ». avec la symbolicité . p. dans et par son idéalisme. Cité et territoire dans le Pont-Euxin. Albin Michel. à savoir le « moment structurel de l’existence humaine » selon la définition de WATSUJI Tetsurô (Fûdo. 375-400.e. on en a fini avec le mythe. op. non-A (négation) . [16] V. l’on ne devra qu’être ou ne pas être. réalise le quatrième lemme du tétralemme. p. A et non-A. La première insiste sur la concrétude singulière d’un certain milieu. Akademia Verlag. 1964. [7] Discours de la méthode.es/2012/01/la-chora-chez-platon-augustin-berque. ont dès le IIIe siècle élaboré les tétralemmes qui perme ent. 609 b 3). Iwanami. dans un monde mécanique. Les Belles Le res. 131. Logos. [15] V. le même et l’autre. p. Or pourquoi l’idéalisme du Timée ne peut-il pas. Donner lieu. 2008 (1637). comme le sont les symboles. Flammarion. Paris. Effectivement. YAMANOUCHI Tokuryû. schématiquement.html 5/6 . Gallimard. Or le symbole n’est autre que ce qui. 1994. ce e empreinte-matrice coupable de tiers inclus. vol. Rogosu to renma (Logos et lemme). 212 a 15). mais pas les deux à la fois. 2010. c’est la possibilité même de notre existence que la République des machines est en train de bannir[16]. est incapable de prendre en compte la réalité des milieux humains. 396 (italiques de Pradeau). cit. 1974. op.com. C’est effectivement pour cela que les poètes. soumis au règne de l’identité. dans les milieux humains – c’est-à-dire dans la chôra –. gens du symbole. p. République I. [3] Gilles-Gaston GRANGER. Gallimard. 1987. donc. Tokyo. chôra. dans le cadre de la pensée qui se met en ordre (se cosmise) avec Platon. op. concrétude. d’inclure le tiers . « en transformant. ni A ni non-A (ni affirmation ni négation) . principe de contradiction. En effet. 38-39. Méditations métaphysiques. Topos et chôra dans le Timée ». au contraire. p. Paris. 1990.

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