REPUBLIQUE DU CAMEROUN

Paix – Travail – Patrie
-----------

MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE

GUIDE
GUIDENATIONAL
NATIONALDEDE
FONCTIONNEMENT
FONCTIONNEMENTDES DES
STRUCTURES
STRUCTURESDEDEDIALOGUE
DIALOGUE
DES
DESDISTRICTS
DISTRICTSDE
DESANTE
SANTE

JUILLET 2009
EQUIPE DE TRAVAIL

Président : Monsieur André MAMA FOUDA
Ministre de la Santé Publique

Vice-Président : Monsieur ALIM HAYATOU
Secrétaire d’Etat à la Santé Publique

Coordinateur Général : Pr. ANGWAFO FRU III
Secrétaire Général du Ministère de la Santé Publique

Coordination Technique : Pr. Arthur ESSOMBA
Directeur de l’Organisation des Soins et de la
Technologie Sanitaire

Dr BASSONG Olga
Sous –Directeur des Soins de Santé Primaires

Rédaction : Dr MFONFU Daniel
Médecin de Santé Publique
Consultant

NOUGA II Thomas Alain
Sociologue, Expert en Santé Communautaire
Consultant

i
REMERCIEMENTS

Le Guide National de fonctionnement des Structures de Dialogue des Districts de
Santé a été élaboré grâce aux financements du Contrat de Désendettement et de
Développement (C2D), dont une partie des fonds a été utilisée pour financer les services des
consultants nationaux.
Nous leur en sommes grandement reconnaissants.
Nous remercions aussi tous ceux qui de près ou de loin, ont été d’un quelconque
apport à la réalisation de cet important outil de travail.

ii
PREFACE

La politique de santé du Cameroun à l’horizon 2010, a annoncé un ensemble de
réformes dans le but d’améliorer de manière significative, les principaux indicateurs de santé
publique.
En effet, la Stratégie Sectorielle de Santé dans son axe stratégique intitulé
l’organisation du secteur, a prévu l’élaboration d’un guide de fonctionnement des structures
de dialogue par le Ministère de la Santé Publique. Cette activité est aujourd’hui réalisée à
travers le présent document, grâce aux financements du Contrat de Désendettement et de
Développement (C2D).
Ce guide met principalement en lumière, les rôles des différents intervenants dans les
structures de dialogue et apporte des précisions sur les différents volets du fonctionnement
des structures de dialogue, notamment le processus de participation communautaire et celui
de désignation des représentants de la communauté. Il permettra enfin aux communautés de
jouer efficacement leur rôle par une appropriation des activités communautaires de santé et
de se responsabiliser davantage dans l’auto prise en charge de leurs problèmes de santé.
Nous pensons qu’avec l’application de ce guide, la participation communautaire va se
trouver renforcée au niveau local, pour une pleine réalisation de la Décentralisation.
En somme, par le fait qu’il participe au renforcement de la participation
communautaire, ce guide nous permet de croire que la « Réorientation des Soins de Santé
Primaires » n’est pas un vain concept au Cameroun. Car, il sera bel et bien matérialisé et
vécu.

André MAMA FOUDA
Ministre de la Santé Publique

iii
LISTE DES ABREVIATIONS

AS Aire de Santé
ASC Agent de Santé Communautaire
C/CSI Chef de Centre de santé Intégré
C2D/Santé Contrat de Désendettement et de Développement / volet Santé
CAPR Centre d’Approvisionnement Pharmaceutique Régional
CMA Centre Médical d’Arrondissement
COGE Comité de Gestion de l’Aire de Santé
COGE/CMA Comité de Gestion du Centre Médical d’Arrondissement
COGEDI Comité de Gestion du District de Santé
COGEHD Comité de Gestion de l’Hôpital de District
COSA Comité de Santé de l’Aire de santé
COSADI Comité de Santé du District
CSI Centre de Santé Intégré
CSSD Chef Service de Santé de District
DHD Directeur de l’Hôpital de District
DRSP Délégué Régional de Santé Publique
ECD Equipe Cadre du District
GAVI (Fonds) Global Alliance Vaccination Initiative
HD l’Hôpital de District
IEC Information, Education, Communication
IST Infection Sexuellement Transmissible
JNV Journées Nationales de Vaccinations
MINSANTE Ministère de la Santé Publique
MSP Ministère de la Santé Publique
ONG Organisation Non Gouvernementale
PEV Programme Elargi de Vaccinations
PF Planning Familial
RC Représentant de la Communauté
REOSSP Réorientation des Soins de Santé Primaires
SD Structures de Dialogue
SIDA Syndrome de l'Immunodéficience Acquis
SSD Service de Santé du District
SSP Soins de Santé Primaires
SSS Stratégie Sectorielle de la Santé
VIH Virus de l’Immunodéficience Humaine

iv
TABLES DES MATIERES

EQUIPE DE TRAVAIL...............................................................................................................i

REMERCIEMENTS...................................................................................................................ii

PREFACE..................................................................................................................................iii

LISTE DES ABREVIATIONS..................................................................................................iv

TABLES DES MATIERES.........................................................................................................v

INTRODUCTION......................................................................................................................1

1 ORGANISATION DES STRUCTURES DE DIALOGUE DANS LES DISTRICTS DE
SANTE........................................................................................................................................2

1.1 Présentation des structures de dialogue dans le système de santé camerounais.........2
1.2 Relations fonctionnelles des structures de dialogue...................................................3
1.3 Le District de santé et ses structures de dialogue.......................................................3
2 MODALITES DE FONCTIONNEMENT DES STRUCTURES DE DIALOGUE..........4

2.1 Modalités d’élection des représentants de la communauté dans les structures de
dialogue...................................................................................................................................4
2.2 Composition et rôle de chaque structure de dialogue.................................................7
2.3 Rôles des intervenants dans les structures de dialogue.............................................13
2.4 Gestion des réunions dans les Structures de dialogue..............................................16
2.5 La prise de décision participative dans les SD..........................................................20
2.6 Gestion des conflits dans les Structures de dialogue................................................22
2.7 Cofinancement et Cogestion dans les Structures de dialogue..................................23
2.8 La participation communautaire dans les structures de dialogue.............................24
3 MECANISMES DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUIVI-EVALUATION DES
STRUCTURES DE DIALOGUE.............................................................................................26

3.1 Le processus de mise en œuvre.................................................................................26
3.2 La supervision...........................................................................................................27
3.3 Le suivi-évaluation....................................................................................................27
3.4 Outils de supervision et d’évaluation........................................................................28
CONCLUSION.........................................................................................................................29

BIBLIOGRAPHIE....................................................................................................................30

v
INTRODUCTION

La notion de participation communautaire apparaît pour la première fois dans les
politiques de santé en 1978 à Alma Ata à travers l’adoption par la communauté internationale
de l’approche des Soins de Santé Primaires. Cette notion peut se comprendre comme étant un
processus interactif par lequel la communauté et l’Etat, représenté par les personnels de
santé, œuvrent ensemble pour promouvoir la santé et résoudre les problèmes et besoins en
santé de la communauté dans un esprit de partenariat et de respect mutuel.
Sa mise en œuvre a nécessité une réorientation à laquelle le Cameroun a souscrit et qui
recommande l’adoption du District sanitaire comme stratégie à travers laquelle les objectifs
de la participation communautaire peuvent être atteints. Cette politique se concrétise en 1995
au Cameroun avec le Décret N° 95/013 du 07 février 1995 du Président de la République,
portant organisation des services de santé de base en Districts de Santé. Le Cameroun est donc
entré depuis cette date dans un nouveau système de santé appelé le District sanitaire. Ce
système est de type pyramidal et admet trois niveaux : le niveau central ou stratégique, le
niveau intermédiaire ou régional et le niveau périphérique ou opérationnel. Chacun de ces
niveaux est constitué de trois types de structures : les structures administratives (services
administratifs et d’appui technique du Ministère de la santé publique), les structures de soins
(Hôpitaux et Centres de santé) et les structures de dialogue.
Les structures de dialogue apparaissent dans ce nouveau système de santé comme le
lieu d’expression de la participation communautaire.
Cependant, on constate que malgré la mise en place des structures de dialogue à la
suite de l’Arrêté N° 0033/CAB/MSP du 21 septembre 1998 fixant les modalités de création
des structures de dialogue et de participation communautaire dans les districts de santé, la
participation communautaire reste faible au Cameroun.
Par ailleurs, le fonctionnement des structures de dialogue n’est pas optimisé. On
trouve des disparités énormes sur le terrain. Alors que certaines structures de dialogue
fonctionnent sans problèmes majeurs, d’autres n’existent que de nom. Il n’y a pas un cadre
juridique ni un cadre de référence technique pour garantir la régulation du fonctionnement.
Pour remédier à cette situation, la Stratégie sectorielle de santé annonce dans le
deuxième domaine de ses axes stratégiques, à savoir l’organisation du secteur, l’élaboration
d’un guide des structures de dialogue afin de faire cesser les disparités actuelles et renforcer
par le fait, la participation communautaire.
Ainsi se justifie le présent Guide, qui ambitionne de servir de cadre de référence à
toutes les structures de dialogue de tous les niveaux du système de santé. Ce sera un
renforcement des acquis pour les structures dont le fonctionnement actuel ne demande qu’à
être amélioré et une nouvelle orientation pour celles qui n’ont pas réussi à se mettre en route.

1
1 ORGANISATION DES STRUCTURES DE DIALOGUE DANS LES
DISTRICTS DE SANTE

1.1 Présentation des structures de dialogue dans le système de
santé camerounais
Les structures de dialogue sont une composante du système de santé camerounais et se
retrouvent à tous les niveaux de la pyramide sanitaire.
Elles se placent à côté des structures administratives et des structures de soins. Elles
peuvent être définies comme un cadre de rencontre et de concertation entre l’Etat, la
communauté et les autres partenaires pour réfléchir, décider et gérer la santé dans tous ses
aspects et dans le respect de la politique nationale. Dans ce cadre, la mise ensemble et la
gestion des ressources s’avèrent très importantes.
Le tableau ci-dessous présente mieux les différentes structures du système de santé
ainsi que les structures de dialogue.

Tableau N°1 : Les différentes structures du système de santé

Structures Structures de Structures de
Niveaux Compétences
administratives soins dialogue
Elaboration des
-Hôpitaux généraux
concepts, de la
-Hôpitaux centraux Le Conseil National de
Central Ministère de la politique et des
-Centre Hospitalier la Santé, de l’hygiène
(stratégique) Santé Publique stratégies
et Universitaire et des affaires sociales
Coordination ;
Grandes Écoles
Régulation
Fonds spéciaux
Régionaux pour la
Appui technique -Hôpital provincial promotion de la santé
Intermédiaire Délégations
aux Districts de -Écoles de (FSPS)
(technique) provinciales
santé formation Comité de Gestion de
l’Hôpital Régional
(COGEHR)
Service de District Comité de santé de
de Santé avec district (COSADI) et
Services de équipe cadre du Comité de Gestion de
Mise en œuvre
Santé de District district District (COGEDI)
des programmes
Hôpital de district Comité de gestion de
Périphérique
Centres médicaux l’hôpital de district
(opérationnel)
d’arrondissement (COGEHD)
Comité de santé de
Service de Santé
Mise en œuvre Centres de santé l’aire de santé (COSA);
de l’aire de
des programmes intégrés Comité de gestion de
Santé
l’aire de Santé (COGE)
Source : Ministère de la santé publique, Stratégie Sectorielle de la Santé, édition 2002.

2
1.2 Relations fonctionnelles des structures de dialogue
Les structures de dialogue ne sont pas des entités autonomes dans le système de santé
camerounais. Les structures administratives et d’appui technique constituent la porte d’entrée
pour toutes les autres structures. En effet, il n’y a pas de relation directe entre deux structures
de dialogue de niveaux différents. Il faut toujours passer par les structures administratives. Le
COSA ne peut être en contact avec le COSADI qu’à travers le service de santé de district.
Il y a donc une relative autonomie des structures de dialogue par niveau de santé. Pour
bien comprendre ces relations, nous ressortons l’organisation à travers la représentation
schématique.

1.3 Le District de santé et ses structures de dialogue
Le District de Santé est l’unité opérationnelle de notre système de santé. C’est une
zone géographique dont la délimitation suit les limites administratives du territoire national,
ou en cas de besoin, peut couvrir plusieurs entités administratives limitrophes.
Le District comprend un Service de santé de district (SSD) avec l’équipe cadre du
District (ECD), un hôpital de District (HD) et les structures de dialogues que sont : le comité
de santé de district (COSADI) et son comité de gestion (COGEDI) et le comité de gestion de
l’hôpital de district (COGEHD).
Un District de santé comporte deux ou plusieurs Aires de Santé. Une Aire de Santé est
une zone géographique bien délimitée avec une population, qui comporte un ou plusieurs
villages ou quartiers desservis par au moins un centre de santé (Centres médicaux
d’arrondissement (CMA), des Centres de Santé Intégrés (CSI) et des formations sanitaires du
secteur privé laïc ou confessionnel) et des structures de dialogue.
Les structures de dialogue et de participation communautaire de l’aire de santé sont :
le comité de santé de l’aire (COSA), son comité de gestion (COGE) et le Comité de gestion
du CMA (COGE/CMA).

3
2 MODALITES DE FONCTIONNEMENT DES STRUCTURES DE
DIALOGUE

2.1 Modalités d’élection des représentants de la communauté dans
les structures de dialogue
2.1.1 Généralités
Les modalités d’élections sont basées sur les textes suivants :
- L’Arrêté n° 0033/CAB/MSP du 21 septembre 1998 fixant les modalités de création
des structures de dialogue et de participation communautaire dans les districts de
santé ;
- La lettre No D21-03/L/MSP/IGSMP du 12 Janvier 2006 demandant que les
Délégués du Gouvernement auprès des Communautés et des Communes Urbaines,
les Maires des Communes Urbaines et Rurales assurent la présidence des comites
de gestion (COGE) des formations sanitaires de leur ressort territorial.
- Le mémorandum du FSPS des Régions du Littoral, Sud-Ouest et Nord-Ouest.
- Le cadre conceptuel d’un District de Santé viable.
Le processus électoral des représentants de la communauté qui ressort dans ce guide
ne concerne que les niveaux périphérique et intermédiaire du système de santé.
Le Comité de gestion de FSPS fixe la date des élections et valide les élections à tous
les niveaux de la Région.
Les élections commencent à partir des zones/quartiers/villages, ensuite vont au niveau
de l’aire de santé puis du district et se terminent au niveau régional.
Une zone est la plus petite unité de la communauté dans une aire de santé. Elle permet
de faire représenter tous les groupements et couches de population vivant dans l’aire de santé.
Si une aire de santé est constituée de moins de sept quartiers ou villages il faut
découper le quartier/village en zones, pour obtenir au moins quatorze unités, en respectant les
limites administratives et traditionnelles selon la population de chaque quartier ou village.
C’est encore plus indiqué en milieu urbain où une aire de santé peut couvrir un seul quartier.
En général les représentants de la communauté doivent être de quatorze à vingt dans le
COSA.
Deux membres du Comité de Gestion du FSPS sont élus comme membre du Conseil
National de Santé, de l’Hygiène et des Affaires Sociales
Le mandat des représentants élus de la communauté est de quatre (4) ans pour toutes
les structures de dialogue.

2.1.2 Modalités du scrutin
o Les candidatures peuvent être volontaires ou proposées par un membre de
l’assemblée
o Chaque candidat choisit son symbole
o L’élection est par vote à bulletin secret ;
o Est déclaré élu, le candidat qui obtient la majorité simple des voix

4
2.1.3 Critères de choix d’un représentant du comité de santé dans l’aire
de santé
 Etre résidant dans l’aire de santé
 Doit savoir lire et écrire une des deux langues officielles
 Etre intéressé par les problèmes de santé de la communauté
 Etre capable de transmettre l’information à la communauté
 Etre écouté et savoir écouter les autres
 Etre capable de mobiliser la population pour adhérer aux programmes de santé
du Ministère de la Santé Publique.
 Etre prêt à œuvrer bénévolement pour le bien être de la communauté
 Etre capable de dialoguer et de travailler en équipe avec les autres pour
améliorer la santé de la population
 Ne pas exercer des activités parallèles dans le domaine de la santé (vente de
médicament, des pratiques illégales de soins etc.)
A chaque niveau il y a un bureau de vote qui fonctionne seulement pendant les
assemblées générales des élections.

2.1.4 Bureau de vote au Niveau de Zone/Quartier/Village
o Président : Autorité traditionnelle ou son représentant
o Secrétaire : Chef de Centre de Santé Intégré
o Elections : Deux Représentants communautaires sont élus au COSA, dont un
est une femme/ou un jeune

2.1.5 Bureau de vote au niveau de l’aire de santé
o Président : Chef de Service de Santé de District
o Secrétaire : Chef de Centre de Santé Intégré
o Membre : Représentant de l’autorité administrative
o Membre : Représentant du Maire
o Elections :
 Le président du COSA, élu par les représentants des zones
 Les 4 membres communautaires du COGE, dont un est élu Président et
deux Représentants de l’aire au COSADI
 Les mêmes conditions sont à observer dans le cas du COGE/CMA

2.1.6 Le Bureau de vote au niveau du District
o Président : Autorité Administrative (Préfet au cas où le District regroupe
plusieurs arrondissements)
o Secrétaire : Chef de Service de Santé de District

5
o Membre : Maire
o Membre : Directeur de l’Hôpital de District
o Elections :
 Le Président du COSADI (un représentant communautaire)
 Les 4 représentants communautaires du COGEDI, dont un est élu
Président
 Les 4 autres représentants communautaires du COSADI seront
membres du comité de gestion de l’Hôpital de District.
 Deux (2) représentants communautaires du COGEDI aux FSPS

6
2.2 Composition et rôle de chaque structure de dialogue
Le fonctionnement optimal d’une structure est lié à la façon dont chaque intervenant
comprend et remplit son rôle, aussi bien à l’intérieur des structures de dialogue et dans les
rapports entre les différentes structures.

2.2.1 Le Comité de Santé de District (COSADI)

2.2.1.1 Définition
C’est l’Assemblée Générale du District. Il est l’organe de délibération et de
mobilisation des communautés en matière de santé.

2.2.1.2 Composition de l’assemblée générale
o Le ou les maires des communes du District
o Le représentant de l’autorité administrative de chaque unité administrative
o Deux (2) représentants de la communauté de chaque COGE;
o Le Chef de Service de Santé de District
o Le Directeur de l’Hôpital de District;
o Le Surveillant général de l’hôpital de District
o Le responsable en charge de la planification, du suivi et de l’évaluation du District
o Le responsable chargé du partenariat ;
o Le Chef du centre de santé leader de chaque aire ;
o Un (1) représentant par œuvre médicale à but non lucratif intervenant dans le District;
o Un (1) représentant du secteur privé à but lucratif, implanté au sein du District et
intervenant dans le domaine de la santé.
o Un (1) représentant des associations et des organisations non gouvernementales
(ONG) liées au Ministère de la Santé Publique par un protocole d’accord;
o Un représentant par secteur apparenté ;
o Le comptable-matières du District
o Un représentant des tradipraticiens
o Un représentant de l’association des élites du District;

2.2.1.3 Bureau du COSADI
o Un Président : élu parmi les représentants communautaires des aires de santé par ses
pairs (il ne peut pas être membre de COGEDI)
o Un secrétaire : le Chef de Service de Santé de District

2.2.1.4 Rôle du COSADI
o Identifier les interventions prioritaires en matière de santé ;

7
o Etudier et approuver le plan d’action sanitaire et le budget du District élaboré par le
COGEDI ;
o Mobiliser les ressources nécessaires au financement des activités de santé dans le
District ;
o Désigner les représentants de la communauté au COGEDI, au Comité de Gestion de
l’hôpital de District et au Fonds Spécial Régional pour la Promotion de la Santé ;
o Etudier le rapport d’activités du COGEDI
o Prendre des mesures pour assurer la mobilisation sociale des populations pour la santé
(utilisation des structures de santé, activités préventives) dans le District
o Assister le ou les formations sanitaires dans la recherche des solutions aux problèmes
de santé ;
o Proposer les mesures pour l’amélioration de la qualité des prestations de santé et la
promotion des activités sanitaires dans la communauté

2.2.2 Le Comité de Gestion du District (COGEDI)
2.2.2.1 Définition
C’est l’organe d’exécution des résolutions et du suivi de la mise en œuvre des activités
dans le District de santé.

2.2.2.2 Composition
o Quatre (4) représentants communautaires dont un est élu Président (deux de ces
représentants iront au FSPS)
o Un Représentant du Maire.
o Le Chef de Service de Santé de District
o Le responsable en charge de la planification, du suivi et de l’évaluation de District
o Le responsable en charge du partenariat
o Le Directeur de l’Hôpital de District
o Le comptable-matières du District

2.2.2.3 Bureau du COGEDI
o Président : Un représentant de la communauté
o Secrétaire : le CSSD
o Trésorier : Un membre élu de la communauté
o Commissaire aux comptes n°1: Le responsable en charge de la planification, du suivi
et de l’évaluation de District
o Commissaire aux comptes n°2 : un membre élu de la communauté

8
2.2.2.4 Rôle du COGEDI
o Exécuter les résolutions de l’Assemblée Générale et faire le suivi de la mise en œuvre
des activités dans le District;
o Assurer l’exécution de toutes les activités planifiées et validées par le COSADI auquel
il rend compte.
o Déterminer les priorités sanitaires du District
o Préparer un plan d’action budgétisé et le présenter au COSADI
o Mobiliser les ressources pour l’exécution des activités
o Superviser les formations sanitaires et ses pharmacies
o Mener une auto-évaluation au niveau des formations sanitaires publiques
o Assurer la mise à jour de l’inventaire des matériels et les équipements dans toutes les
formations sanitaires et le Service de santé de District une fois par an ;
o Veiller à ce que les rapports des contributions de l’Etat, de la Communauté et d’autres
partenaires pour l’amélioration des infrastructures, équipements, et les plateaux
techniques des formations sanitaires, et du Service de Santé de District, soient faits et
envoyés à la DRSP une fois par an ;
o Dessiner la carte du District de Santé indiquant chaque aire de santé, les grandes
routes aux CSI et Hôpitaux des aires de santé et grands fleuves;
o Recenser la population de District de Santé par aire de santé; stratifier la population
par sexe, par âge (moins d’un an, 1-5ans, 6-14ans, 15-19ans, 20-29ans, 30-39ans, 40-
49ans, 50-59ans. 60ans et plus). Le recensement de la population doit être fait par an
dès le mois de janvier. La population de District de Santé doit être la synthèse des
populations de toutes les aires de Santé.
o Participer à la surveillance épidémiologique de la région et faire une cartographie de
chaque maladie analysée afin de prendre des décisions et mener des actions dans la
communauté.

2.2.3 Le Comité de Gestion de l’Hôpital de District (COGEHD)

2.2.3.1 Définition
C’est l’organe de gestion de l’Hôpital de District. Il joue le rôle d’un conseil
d’administration. Ses décisions sont exécutées par l’équipe de direction de l’hôpital.

2.2.3.2 Composition
o Le Directeur de l’hôpital de District
o Le Receveur des Finances ou le Percepteur du ressort
o Quatre (4) représentants élus par le COSADI.
o Le Chef de Service de Santé de District
o Le responsable des affaires administratives et financières de l’Hôpital de District
(Econome)

9
o Un représentant du personnel médico-sanitaire élu par ses pairs
o Un des Maires des différentes communes du lieu d’implantation, élu par ses pairs de
façon rotative ;
o Le Surveillant Général de l’hôpital.

2.2.3.3 Bureau
o Président : Le Maire de la commune du lieu d’implantation de l’hôpital
o Secrétaire : Le Directeur de l’Hôpital de District
o Trésorier : Econome de l’Hôpital de District

2.2.3.4 Rôle
o Elaborer le plan d’action budgétisé de l’hôpital
o Superviser la pharmacie de l’hôpital
o Suivre l’exécution du plan d’action de l’hôpital
o Superviser la collecte des recettes
o Assurer que les recettes sont gérées selon les règles en vigueur ;
o Proposer les mesures pour améliorer la qualité de service et d’accueil ;
o Planifier la rénovation des infrastructures et équipements et mobiliser les ressources
o Analyser la performance de l’hôpital et prendre les mesures qui s’imposent ;
o Faire les rapports des contributions de l’Etat, de la Communauté et d’autres
partenaires pour l’amélioration des infrastructures, équipements, et les plateaux
techniques des hôpitaux et les envoyer à la DRSP une fois par an ;
o Assurer la mise à jour de l’inventaire des matériels et équipements de l’hôpital de
District une fois par an;
o Analyser les maladies dépistées à l’hôpital venant de la communauté et mener les
interventions dans la communauté avec le COGEDI.

2.2.4 Le Comité de Santé (COSA)

2.2.4.1 Définition
C’est l’assemblée générale de l’aire de santé, l’organe de dialogue entre le personnel
de santé, la communauté et les autres partenaires.

2.2.4.2 Composition
o Deux (2) représentants élus de chaque zone/quartier/village dont un est une femme
et/ou un jeune ;
o L’infirmier chef du CSI ou le médecin du CMA ;
o Un (1) infirmier de l’équipe de santé de l’aire désigné par ses pairs ;

10
o Le ou les conseillers municipaux de l’aire ;
o Deux (2) représentants des associations et des organisations non gouvernementales
(ONG) ayant conclu des protocoles d’accord avec le Ministère de la Santé
Publique intervenant dans l’aire;
o Un (1) représentant par œuvre médicale à but non lucratif exerçant dans l’aire ;
o Un (1) représentant du secteur privé à but lucratif intervenant dans l’aire
o Des représentants d’autres administrations implantées dans l’aire et impliquées dans
les activités sanitaires ou apparentées à la santé
o Deux représentants de l’association des élites de l’aire ;
o Le représentant Chef de Service de Santé de District (CSSD)

2.2.4.3 Bureau
o Un Président : élu parmi les représentants des zones par ses pairs (il ne peut pas être
membre du COGE)
o Un secrétaire : l’infirmier chef du Centre de Santé Intégré (CSI) ou le Médecin Chef
de CMA

2.2.4.4 Rôle
o Etudier le rapport d’activités du COGE
o Etudier et approuver le plan d’action soumis par le COGE
o Assurer la mobilisation sociale des populations pour la santé (utilisation des structures
de santé, activités préventives et promotionnelles)
o Mobiliser les ressources nécessaires au financement des activités de santé
o Assister le ou les formations sanitaires dans la recherche des solutions aux problèmes
de santé ;
o Contribuer à l’amélioration de la qualité des prestations de santé et la promotion des
activités sanitaires dans la communauté
o Le Président du COSA ne peut en aucun cas faire partie du COGE

2.2.5 Le Comité de Gestion du CMA (COGE/CMA)

2.2.5.1 Définition
C’est l’organe de gestion du Centre Médical d’Arrondissement qui joue le rôle de
conseil d’administration. Il est aussi l’organe d’exécution des résolutions de l’assemblée
générale et de suivi de la mise en œuvre des activités dans l’aire de santé.

2.2.5.2 Composition
o Le Médecin-chef du CMA
o Le Receveur des Finances ou le Percepteur du ressort
o Quatre (4) représentants élus par le COSA

11
o Le Chef de Service de Santé de District
o L’Econome du CMA
o Un représentant du personnel médico-sanitaire élu par ses pairs
o Le Maire de la commune du lieu d’implantation du CMA

2.2.5.3 Bureau
o Président : Le Maire de la commune du lieu d’implantation du CMA
o Secrétaire : Le Médecin-chef du CMA
o Trésorier : L’Econome du CMA
o Le commissaire aux comptes : Un membre élu de l’aire de santé

2.2.5.4 Rôle
o Exécuter les résolutions de l’Assemblée Générale et faire le suivi de la mise en œuvre
des activités dans l’aire de santé ;
o Assurer l’exécution de toutes les activités planifiées et validées par le COSA auquel il
rend compte.
o Déterminer les priorités sanitaires de la communauté
o Préparer un plan d’action budgétisé et le présenter au COSA
o Mobiliser les ressources pour l’exécution des activités
o Superviser la formation sanitaire et sa pharmacie
o Assurer la mise à jour de l’inventaire des matériels et équipements tous les six mois ;
o Faire les rapports des différentes contributions de l’Etat, de la Communauté et d’autres
partenaires faites pour l’amélioration des infrastructures, équipements, et du plateau
technique, tous les six mois et les envoyer par voie hiérarchique au Ministre de la
Santé Publique ;
o Recruter les commis et d’autres personnels selon les besoins.
o Assurer l’exécution de tous les programmes de santé du Ministère de la Santé dans
l’aire.
o Dessiner la carte de l’aire et de chaque zone/quartier/village indiquant les grandes
agglomérations, les routes et grands cours d’eau.
o Recenser la population de l’aire par zone/quartier/village ; stratifier la population par
sexe, par âge (moins d’un an, 1-5ans, 6-14ans, 15-19ans, 20-29ans, 30-39ans, 40-
49ans, 50-59ans. 60ans et plus). Le recensement de la population doit être fait par an
dès le mois de janvier.
o Faire la cartographie de chaque maladie analysée

12
2.2.6 Le Comité de Gestion (COGE)

2.2.6.1 Définition
C’est l’organe d’exécution des résolutions de l’assemblée générale et de suivi de la
mise en œuvre des activités dans l’aire de santé.

2.2.6.2 Composition
o 4 membres communautaires issus du COSA dont un est élu Président
o Le Chef de Centre de Santé Intégré
o Le représentant du personnel de la santé de COSA
o Commis de Pharmacie pour le CSI de l’aire

2.2.6.3 Bureau
o Président : Un représentant de la communauté
o Secrétaire : Chef de CSI
o Trésorier : Le Commis de Pharmacie
o Le commissaire aux comptes : Un membre élu de l’aire de santé

2.2.6.4 Rôle
o Exécuter les résolutions de l’Assemblée Générale et faire le suivi de la mise en œuvre
des activités dans l’aire de santé ;
o Assurer l’exécution de toutes les activités planifiées et validées par le COSA auquel il
rend compte.
o Déterminer les priorités sanitaires de la communauté
o Préparer un plan d’action budgétisé et le présenter au COSA
o Mobiliser les ressources pour l’exécution des activités
o Superviser la formation sanitaire et sa pharmacie
o Assurer la mise à jour de l’inventaire des matériels et équipements tous les six mois ;
o Faire les rapports des différentes contributions de l’Etat, de la Communauté et d’autres
partenaires faites pour l’amélioration des infrastructures, équipements, et du plateau
technique et les envoyer à la DRSP une fois par an ;
o Recruter les commis et d’autres personnels selon les besoins.
o Assurer l’exécution de tous les programmes de santé du Ministère de la Santé dans
l’aire.
o Dessiner la carte de l’aire et de chaque zone/quartier/village indiquant les grandes
agglomérations, les routes et grands cours d’eau.
o Recenser la population de l’aire par zone/quartier/village ; stratifier la population par
sexe, par âge (moins d’un an, 1-5ans, 6-14ans, 15-19ans, 20-29ans, 30-39ans, 40-
49ans, 50-59ans. 60ans et plus). Le recensement de la population doit être fait par an
dès le mois de janvier ;

13
o Faire la cartographie de chaque maladie analysée.

2.3 Rôles des intervenants dans les structures de dialogue
2.3.1 Attributions des membres des bureaux des SD

2.3.1.1 Le Président de l’Assemblée Générale
 Préside l’Assemblée Générale
 Convoque en concertation avec le Secrétaire l’assemblée générale
 Prépare la réunion de l’Assemblée générale avec le comité de gestion.

2.3.1.2 Le Président du Comité de Gestion
 Convoque les réunions du Comité de gestion
 Préside les réunions du comité de gestion
 Représente le comité dans les actes de la vie civile et auprès des autorités publiques
 Est cosignataire sur le compte bancaire ou postal ;
 Cosigne les autorisations de dépense des recettes affectées ;
 Informe le président de l’assemblée générale du travail effectué par le comité de
gestion.

2.3.1.3 Le Secrétaire (le CSSD, le DHD, le Médecin Chef du CMA, le
C/CSI)
 Initie la préparation de la tenue des réunions
 Est le rapporteur des réunions
 Distribue le compte rendu de chaque réunion au moins une semaine après la réunion ;
 Conserve dans les archives du service de santé concerné, les rapports des réunions, les
correspondances et autres documents concernant les structures de dialogue et les
classe par ordre chronologique ;
 Rend accessibles aux superviseurs les documents des activités des structures de
Dialogue ;
 Tient un registre de présence à la réunion ;
 Est cosignataire de tous les documents financiers

2.3.1.4 Le Trésorier
 Garde tous les documents financiers dans la structure concernée
 Retire l’argent de la banque et le dépense conformément aux autorisations de dépense
cosignées du Président et du Secrétaire, selon le plan opérationnel d’activités élaboré
par le comité de gestion.
 Enregistre toutes les dépenses par activité dans un registre ;

14
2.3.1.5 Le Commis de pharmacie
 Le commis est un membre de la communauté. Il est engagé par le comité de gestion. Il
représente la communauté dans la formation sanitaire et il doit s’intégrer dans l’équipe
de la formation sanitaire et travaille sous la supervision du Chef de la formation
sanitaire.
 Le commis délivre les tickets de consultation du CSI, délivre les tickets de
consultation, vend les médicaments prescrits, perçoit l’argent et tient la caisse ;
 Il est trésorier au niveau de CSI
 Il est payé par le FSPS grâce au système d’approvisionnement en médicaments avec
une composante de la solidarité sociale.
 Il est formé sur le système d’approvisionnement et de gestion des médicaments par le
FSPS.

2.3.2 Rôles des représentants de la communauté dans les comités de
Santé
o Rendre compte à la communauté des activités de la structure de dialogue ;
o Initier les projets de santé communautaire, les activités et autres interventions pour le
bénéfice sanitaire de la communauté ;
o Mobiliser et organiser la communauté pour la promotion de la santé et la prévention
des maladies ;
o Mobiliser la communauté à participer activement et positivement dans les programmes
de santé tels que définis dans le paquet minimum d’activités de chaque niveau du
système de santé ;
o Identifier les problèmes et besoins en santé de la communauté et proposer les solutions
o Informer les personnels de la santé sur l’apparition d’une épidémie (les gens tombent
brusquement et/ou meurent beaucoup) dans la communauté ;
o Faciliter et participer dans les stratégies avancées des différents programmes de santé ;
o Promouvoir l’esprit de partenariat (la collaboration, le travail en équipe, la confiance,
la cordialité, le respect mutuel, etc.) entre les personnels de la santé et la
communauté ;
o Informer les partenaires sur les composantes sociales et culturelles de la communauté.

2.3.3 Rôle des personnels de santé dans les Structures de dialogue
o Ils représentent le Ministre de la Santé Publique dans les structures de dialogue
o Les personnels doivent se considérer comme membres de la communauté là où ils
travaillent ;
o Former les partenaires des structures de dialogues sur le paquet minimum de santé
pour leur permettre de bien mener les activités et la mobilisation sociale dans la
communauté.

15
o Analyser les maladies venant de la communauté et mener les interventions dans la
communauté ensemble avec les représentants communautaires des comités de santé.
o Identifier les problèmes et besoins en santé de la communauté et proposer des
solutions
o Informer les partenaires du comité de santé sur l’apparition d’une épidémie observée
dans les formations sanitaires et intervenir ensemble dans la communauté sur les
mesures communautaires à prendre ;
o Promouvoir l’esprit de partenariat (la collaboration, le travail d’équipe, la confiance, la
cordialité et le respect mutuel etc.) entre eux et la communauté;
o Travailler en étroite collaboration avec les représentants communautaires pour le bien-
être de la communauté ; les guider sur les questions techniques de santé au lieu de les
sous estimer ou les mépriser ;
o Vulgariser l’approche de participation communautaire dans le système de santé par la
mise en œuvre du Guide.
o Renforcer les capacités des différentes parties prenantes du système à tous les niveaux
dans la mise en œuvre des activités conçues de manière participative dans la
communauté

2.3.4 Rôle des partenaires des secteurs apparentés
Qu’ils soient prestataires, promoteurs ou appui-relais, ils sont représentés dans les
structures de dialogues à tous les niveaux du système de santé. Il y en a qui sont des
formations sanitaires leader au niveau des aires de santé ou des Districts. Leur rôle est de :
o Suivre la politique sanitaire vis-à-vis des structures de dialogue et de participation
communautaire ;
o Participer aux actions menées par la structure de dialogue dans le cadre de la
collaboration multisectorielle ;
o Participer à la mise en œuvre de tous les programmes de santé dans le District,
o Informer sur la situation épidémiologique dans leurs unités d’intervention.

2.3.5 Rôle des Partenaires d’appui
Les organismes d’appui au développement sanitaire ont joué un grand rôle dans
l’amélioration de notre système de santé en général et particulièrement au développement des
structures de dialogue (cas du Nord-Ouest, Sud-Ouest et Littoral). Leur rôle essentiel est d’ :
- Appuyer les structures de dialogue dans la mise en œuvre des activités planifiées.
- Adhérer à ce guide national sur le fonctionnement des structures de dialogue et de
participation communautaire ;
- Assister le Ministère dans la mise en place d’un système d’approvisionnent en
médicaments essentiels avec une composante de solidarité sociale.

2.3.6 Rôle des Organisations Non Gouvernementales et Associations
Les ONGs et associations intervenant dans le secteur santé et qui doivent être
membres des structures de dialogue sont celles qui ont des protocoles de collaboration avec le
Ministère de la Santé Publique. Elles doivent travailler en collaboration avec le CSI de l’aire

16
et avec les animateurs de l’aire de santé recrutés par les structures de dialogue, là où elles
exercent, au lieu de recruter de nouveaux.

2.4 Gestion des réunions dans les Structures de dialogue
Une réunion est une assemblée des partenaires avec les mêmes objectifs pour la
concertation et prise des décisions afin d’améliorer les prestations des services de santé et
partant, l’état de santé des populations.

2.4.1 Objectifs des réunions
 Faciliter la communication et l’interaction entre tous les partenaires intervenant dans
la prestation des soins (curatifs, promotionnels, préventifs, réhabilitatifs, palliatifs,
etc.) et les bénéficiaires desdits soins (la communauté) ;
 Coordonner les programmes et activités de santé dans la communauté
 Identifier les problèmes et besoins en santé de la communauté et établir les mesures
appropriées pour les résoudre ;
 Evaluer le niveau de santé de la population, les programmes et activités de santé en
cours dans la communauté ;
 Produire les stratégies pour exécuter les programmes et activités de santé dans la
communauté ;
 Elaborer un plan d’action et un plan opérationnel budgétisés ;
 Elaborer les stratégies de mobilisation des ressources.

2.4.2 La fréquence des réunions
Seules les réunions ordinaires sont ici considérées.

Structures de Dialogue Fréquence des réunions

Le comité de santé de district (COSADI) Deux fois par an

Le Comité de gestion de District (COGEDI) Tous les 3 mois

Le comité de gestion de l’hôpital de district (COGEHD) Tous les 3 mois

Le comité de gestion du CMA Tous les 3 mois

Le comité de santé de l’aire (COSA) Tous les 3 mois

Le comité de gestion de l’aire (COGE) Une fois par mois

2.4.3 Préparation de la réunion
 Définir
o L’objectif de la réunion
o Le sujet principal/contenu
o Les participants

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o Le lieu
o La date
o L’heure et la durée
o L’ordre du jour
 Acquérir le matériel et la logistique pour la réunion.
 Distribuer les documents pertinents de la réunion aux participants si possible trois
jours avant la réunion.

2.4.4 Convocation de la réunion
Le secrétaire prépare la lettre d’invitation indiquant le type de réunion, l’objectif, le
lieu, la date, et l’heure. Cette lettre est signée par le président, en son absence le secrétaire
peut la signer. Les convocations sont distribuées à tous participants dans la mesure du possible
et les annonces sont faites à travers les radios, les télévisions, la presse, les églises et griot de
village etc.
Les participants doivent apporter les rapports écrits des activités réalisées dans leur
secteurs en plus des rapports des problèmes et besoins identifiés.

2.4.5 Conduite de la réunion
 Le quorum : au moins 50% des participants doivent être présents
 Le président accueille les participants et présente l’objectif de la réunion ;
 L’ordre du jour est adopté ;
 Le compte rendu de la dernière réunion est lu, corrigé et adopté ;
 Faire l’état du niveau de réalisation des résolutions et du plan opérationnel de la
dernière réunion
 L’écoute des rapports écrits individuels. On n’assiste pas à une réunion de structure
dialogue sans un rapport écrit.
 Discussion et décision sur l’objectif de la présente réunion : Le président donne la
parole aux participants démocratiquement sur demande ; mais le plus bavard ne doit
pas dominer la réunion.
 Pendant toutes les réunions de structures de dialogue le Président doit s’assurer que
la couverture sanitaire de la population est assurée en étudiant les statistiques et les
indicateurs selon le niveau, sur :
o Les consultations dans les formations sanitaires
o La consultation prénatale
o Les accouchements dans les formations sanitaires
o La vaccination des enfants de moins d’un an
o La prévention des IST/VIH/SIDA
o Le planning familial
o Les recettes dans les formations sanitaires

18
o L’hygiène et salubrité de la communauté
o Les décès et les causes de mortalité dans la communauté
o La disponibilité des aliments et l’hygiène alimentaire
o Les contributions de la communauté pour l’amélioration des infrastructures, des
plateaux techniques, l’assainissement, les dons, etc.
o Les interventions chirurgicales
o La supervision interne et la supervision externe
o Les investissements de l’Etat et Partenaires au développement
o Lutte contre les maladies endémiques (paludisme, onchocercoses, etc.)
 Identifier les réussites et les problèmes prioritaires à partir l’analyse des rapports et
élaborer les stratégies pour les résoudre.
 Adopter des résolutions et recommandations vis-à-vis des problèmes examinés
 Adopter un plan opérationnel pour les activités et le plan de suivi des résolutions et
du budget
 Elaborer les stratégies pour la mobilisation de ressources financières et autres ;

2.4.6 Le Compte rendu de la Réunion
Le compte rendu d’une réunion est la seule preuve que la réunion a eu lieu, un travail
sans rapport est un travail non fait.
Il faut utiliser un registre pour consigner les minutes de la réunion, parce que les
papiers s’envolent le plus souvent.
Il ne faut pas personnaliser le compte rendu en citant les noms des participants, sauf
s’il s’agit d’une contribution en ressources spectaculaires jugée nécessaire par les participants.
Le compte rendu d’une réunion doit contenir :
 Le titre de la réunion
 La date
 L’heure
 Le lieu
 L’objectif de la réunion
 Le bureau de séance
o Nom de Président
o Nom du Secrétaire
 La liste des participants
 Les sujets traités et les décisions prises
 Les points positifs, les points faibles, les problèmes et besoins de la communauté
 Les résolutions prises

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 Le plan d’action, le plan opérationnel et le budget
 Le Plan de suivi de résolutions
 La date de prochaine réunion
Le compte rendu sera extrait du registre pour saisie, impression, multiplication et distribution.
Le compte rendu est signé par le Président et le Secrétaire.
Les copies du compte rendu seront distribuées aux participants et à la hiérarchie jusqu’au
Ministre de la Santé Publique.

2.5 La prise de décision participative dans les SD
2.5.1 La notion de prise de décision
Une prise de décision participative implique des compromis de la part de tous. La
transparence permet d'éviter les soupçons et les situations où tous les acteurs tentent de
protéger leurs propres intérêts sans être prêts à un consensus qui soit accepté par toutes les
parties prenantes dans un esprit de partenariat.
La prise de décision est prioritairement consensuelle et conformément aux textes. En
cas de difficulté, il faut recourir au vote.
Les décisions devraient être revues périodiquement et leur validité vérifiée afin de
s'ajuster aux changements survenus dans le cadre des conditions/situations/besoins apparus
entre-temps.

2.5.2 Les étapes de gestion de la prise de décision
1) Tenir la réunion de partenariat
- Toutes les parties prenantes sont invitées à la réunion par le Président ou le
Secrétaire, en leur présentant l’objectif de la réunion et en leur rappelant
d’apporter des suggestions ou propositions écrites.
- Donner la parole sur demande ; mais le président doit faire contribuer tout le
monde
2) Faire l’analyse situationnelle pour ressortir les informations sur les problèmes/besoins
sanitaires et sociaux
- Les rapports sur les problèmes apportés par les participants sont présentés
- Les données sanitaires permettent de déterminer les causes des problèmes et
facteurs qui contribuent à l’apparition des problèmes
- Pour chaque problème ou facteur, poser la question POURQUOI ? jusqu'à ce
qu’on arrive à trouver la racine du problème.
- La racine du problème est la cause ou le facteur qui est tel que si on l’enlève le
problème sera résolu.
- Identifier les problèmes prioritaires à résoudre
3) Prendre la décision sur les problèmes prioritaires à résoudre

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- Classer les problèmes prioritaires selon la sévérité, la létalité, la facilité à les
résoudre. Mais ce qui est plus important est le danger que le problème pose vis-à-
vis de la santé de la communauté.
- Les choix des problèmes sont faits
- La décision est facilement faite à base d’un fait concret ; toute étude, ou affiche
que l’on peut utiliser pour convaincre les partenaires pendant la réunion sera la
bienvenue.
- Les cartes, les diagrammes, les échelles et les autres formes de visualisation
permettent une prise de décision consensuelle puisque tous peuvent directement
exprimer leurs opinions sur le tableau.
- La décision doit être faite avec l’accord de tous les participants à la réunion par
consensus, afin d’obtenir l’adhésion de la communauté.
- Si le consensus n’est pas possible la réunion se décide par vote en adoptant la
résolution à la majorité absolue c’est-à-dire 50% de voix plus une voix.
- Choisir les meilleures solutions.
4) Faire un plan d’action opérationnel pour résoudre le problème
- La prise de décision n’est pas une fin en soi parce que le problème prioritaire n’est
pas encore résolu, il faut faire déterminer les stratégies, fixer les objectifs pour
résoudre le problème.
- Ce plan se présente en forme de tableau indiquant les dates et les activités à mener,
les personnes responsables, le coût de chaque activité, et les sources de
financement.
5) Mobiliser les ressources nécessaires
- Les ressources financières, humaines et matérielles identifiées à partir du plan
d’action opérationnel
- Le financement doit provenir de toutes les sources de financement disponibles.
- Faire des plaidoyers auprès des partenaires
6) Mener les activités identifiées
- C’est exécuter le plan opérationnel
7) Superviser
- Il faut superviser ceux qui mènent les activités.
8) Le suivi
- Il faut faire le suivi de la mise en oeuvre du plan d’action de la décision afin de
s’assurer que l’objectif est dans le bon sens.
- Examiner si la procédure d’exécution du plan opérationnel est en bonne voie,
- Collecter les données, calculer le taux de couverture pour s’assurer que l’objectif
fixé par le programme est en train d’être atteint
- Identifier les problèmes, rechercher les solutions
- Corriger et guider les interventions
9) Evaluer l’impact de la décision prise.

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A la fin de l’année les données statistiques sont collectées et les indicateurs calculés
pour vérifier si l’objectif fixé pour la décision est atteint, et l’impact de l’exécution des
activités, exemple aucun cas de rougeole enregistré au cours de l’année.
Le rapport de l’évaluation est soumis à la réunion de la structure de dialogue.

2.6 Gestion des conflits dans les Structures de dialogue
2.6.1 La notion de conflit :
Le Conflit un processus de divergence de vue qui apparaît au sein d’une structure de
dialogue.
 Le conflit est caractérisé par l’émergence de tensions, le souci quant au rôle à jouer, la
justification de sa position, la pensée à des moyens de se venger ou de gagner.
 Un conflit produit différentes réactions qui perturbent le bon fonctionnement de la
structure de dialogue à savoir:
o L’affrontement - Si les parties tiennent fermement à leurs idées
o La domination - quand une partie est faible et que l’autre est forte;
o L’évitement - une partie peut choisir d’éviter l’autre pendant que se poursuit le
conflit;

2.6.2 Raison d’être des conflits
Le conflit est un élément positif au sein d’un groupe. En l’absence de tout conflit, on
ne serait pas forcé de penser au delà des limites du quotidien et de la routine. Quand on réunit
différentes personnes ayant des points de vue, des valeurs, des expériences, une éducation, des
modes de vie et des intérêts variés, les différences abondent. Cette diversité est de nature à
enrichir les échanges, les idées et les objectifs poursuivis, tant que les conflits et les tensions
qui émergent sont résolus et que le groupe se sert de ce qu’il apprend pour améliorer son
travail.
Le conflit peut aussi être un élément négatif et nuire au succès du groupe. Il s’agit
alors pour le groupe d’aborder le conflit de manière constructive avant que celui-ci ne
s’installe définitivement, ne s’envenime et ne ronge les bases jusqu’à ce que la structure
s’effondre.
Les causes de conflits dans les structures de dialogues
 Absence ou non respect du guide qui définit les rôles
 Absence de transparence dans la gestion des ressources
 Insuffisance de rémunération équitable des membres
Les facteurs favorisant l’apparition des conflits dans les structures de dialogues
- L’ignorance des rôles de chacun
- Le complexe de supériorité/d’infériorité
- Les émotions fortes.
- La sauvegarde des intérêts personnels,

22
- Une menace réelle ou soupçonnée
- Le manque de volonté et engagement à suivre les normes.

2.6.3 L’analyse des conflits
 Identifier le conflit,
 Déterminer la cause du conflit,
 Se poser la question ‘Pourquoi’ afin de rechercher tous les facteurs qui contribuent à
l’apparition du conflit et déterminer la racine du conflit.

2.6.4 Cadre de résolution des conflits
 La structure de dialogue concernée
 Un groupe des sages choisis par la structure de dialogue concernée
 La structure de dialogue hiérarchique

2.6.5 La Résolution des conflits
 Il est possible d’éviter certains conflits dès le départ, ou du moins de les empêcher de
dégénérer, à condition de pouvoir reconnaître ce qui est en train de se produire
 Amorcer la discussion et le dialogue, en prenant soin d’encourager la participation et
l’assouplissement des émotions.
 Ce n’est que par la collaboration, et parfois par le compromis, que l’on peut résoudre
les conflits avec le temps
o Le compromis - chaque partie accuse des gains et des pertes;
o La collaboration - participation active donnant lieu à une solution qui tient
compte des besoins des deux parties.
 Le rappel continu de la mission et l’objectif de la structure de dialogue qui est
d’assurer toujours un meilleur niveau de santé à la communauté doit être primordial
dans la résolution du conflit
 Utiliser l’approche épidémiologique pour la prise de décision pour résoudre le conflit.

2.7 Cofinancement et Cogestion dans les Structures de dialogue
L’un des contenus de la participation communautaire ancré dans les esprits, est la
composante cofinancement et cogestion. Il s’agit en effet du cofinancement et de la cogestion
des services de santé dans le dialogue et le partenariat entre les communautés, l’Etat et les
autres partenaires.

2.7.1 Cofinancement des services de santé
Le cofinancement signifie la recherche ensemble (Etat, communauté et partenaires
d’appui) des ressources financières pour la réalisation des activités planifiées. En d’autres
termes, chaque revenu intervient comme moyen pour la réalisation d’une activité du service
de santé.
Les revenus des services de santé proviennent de trois sources différentes :

23
- l’Etat à travers le budget et les recettes affectées ;
- la communauté à travers le payement des frais des services y compris les médicaments
et autres contributions communautaires apportées par les membres de la communauté
vivant à l’intérieur ou à l’extérieur de la zone sanitaire concernée ;
- les partenaires d’appui (solidarité multilatérale ou bilatérale et autres organismes de
bienfaisance).
Il convient de relever que parmi ces différents revenus, l’utilisation des recettes
affectées est déjà précisée dans l’arrêté ministériel N°30/MSP du 20 septembre 1999
modifiant et complétant certaines dispositions de l’arrêté N°005/MSP du 15 juillet 1994 fixant
les modalités d’affectation interne des recettes destinées aux dépenses dans les formations
sanitaires publiques, il n’en est pas de même pour les autres. La planification permet donc une
bonne utilisation des ressources financières.

2.7.2 Cogestion des services de santé
La cogestion signifie l’utilisation ensemble (Etat, communauté et partenaires d’appui
réunis au sein de la structure de dialogue) des ressources disponibles (moyens financiers et
matériels) pour la réalisation des activités planifiées. En d’autres termes, il s’agit de
l’exécution rationnelle et collégiale du budget prévisionnel du plan d’action élaboré au début
de l’année.
La structure de dialogue qui permet la matérialisation de cette cogestion est le comité
de gestion.
Concrètement la communauté gère les recettes générées par la vente des médicaments
et des recettes affectées ou recouvrements des coûts. Ces fonds lui permettent entre autres de :
- Assurer l’acquisition des produits renouvelables ;
- Assurer l’acquisition et la maintenance du petit équipement ;
- Assurer la sécurité, l’hygiène et l’assainissement de la structure sanitaire ;
- Payer le salaire du commis de Pharmacie et autres personnels d’appui ;
- Payer la motivation du personnel ;
- Financement des activités de supervision ;
- Assurer la motivation des membres des structures de dialogue.
Certaines modalités de cogestion vont être précisées dans les différents textes de la
décentralisation.

2.8 La participation communautaire dans les structures de
dialogue
2.8.1 La notion de participation communautaire
La participation communautaire est un processus dynamique et continu qui permet
aux représentants de la communauté d’intervenir dans la définition des priorités, la prise de
décision, la mise en œuvre des activités et l’évaluation des résultats des programmes de santé
dans un esprit de partenariat avec l’Etat, représenté par les personnels de santé, et toutes les
parties prenantes dans la santé.

24
En effet, pour la mise en place effective de la participation communautaire dans les
structures de dialogue, un changement d’attitudes, de pratiques et de comportements est
nécessaire chez les membres de la communauté et chez les personnels de la santé. Nous
apportons ici, une traduction de cette notion.

2.8.2 Comprendre et traduire la notion de participation communautaire
- La participation n’est pas « faire partie de » qui indique une conception passive de la
participation, mais plutôt « prendre part à » qui se réfère à une notion d’engagement, une
conception active au sein du groupe, fondée sur l’acte de participation en lui-même. La
promotion de la santé privilégie ce point de vue actif, voire interactif.
- L’acte de participation est un acte volontaire, qui s’inscrit dans un processus participatif,
même s’il peut être stimulé. Ici, le sujet devient acteur et auteur de sa propre santé. Ainsi,
il faut permettre à chacun de devenir acteur et d’exercer son rôle d’acteur.
- La participation doit être envisagée à la fois comme un moyen et une fin en soi. Comme
moyen, elle s’attache à la réussite finale du projet et non pas au projet participatif en lui-
même. C’est une « logique utilitariste » qui prend fin quand l’action se termine. Comme
processus, ce qui est primordial, ce ne sont plus les résultats escomptés mais bien le projet
participatif en lui-même. A l’échelon micro-social, le processus de participation tend à
renforcer les rôles des différents acteurs.
- La participation communautaire est un partenariat, qui se traduit par : " faire avec eux ",
et non pas "pour eux ". Au sein de la structure de dialogue, elle se traduit par « nous
faisons » et non pas « ils font ».
- La participation communautaire n’est pas de l'anti-participation, cette participation
individualisée qui n'aurait pour seul objectif que la rentabilité financière individuelle. Elle
doit faire place à une participation qui ne tient compte que de l’intérêt général de la
communauté, conformément aux missions dévolues à ces structures de dialogue.

25
3 MECANISMES DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUIVI-EVALUATION
DES STRUCTURES DE DIALOGUE

3.1 Le processus de mise en œuvre
D’une manière générale, la mise en œuvre des structures de dialogue recommande
souvent un processus qui suit les étapes suivantes : sensibilisation, élections, installation,
formation et coaction.
Etant donné que la plupart des structures de dialogue sont déjà mises en place, nous
voulons insister seulement sur les points essentiels en tenant compte du fait que nous avons
déjà un nouveau guide à appliquer partout. Nous retenons donc la formation et l’appui conseil
nécessaires pendant tout le processus de mise en oeuvre.

3.1.1 La formation
La formation est importante pour tous les acteurs intervenant dans les structures de
dialogue, afin que tous aient la même compréhension du travail à faire (participation
communautaire) et des règles de fonctionnement de la structure, pour ainsi éviter les
dysfonctionnements.
La formation devra se dérouler en deux phases. La première qui a pour objectif
d’informer et de favoriser une appropriation du processus de participation communautaire et
du fonctionnement des SD par les acteurs du système de santé. La seconde phase concerne
toutes les parties prenantes intervenant dans les structures de dialogue, surtout les
représentants de la communauté nouvellement élus, afin que chacun ait une bonne
connaissance de son rôle et de ses attributions et de garantir une bonne fonctionnalité des
structures de dialogue.
Nous présentons ci-dessous les plans de formations des deux phases :

3.1.1.1 Plan de formation phase 1
Niveau Personnes concernées Lieu Formateurs
 Les Directeurs des Hôpitaux de district
 L’équipe cadre du district
Périphérique  Les Médecins –chef des CMA
Chefs-lieu des Formateurs
(Districts de  Les Chefs de CSI
districts de santé régionaux
santé)  Les autorités administratives
 Les Maires
 Les secteurs apparentés

3.1.1.2 Plan de formation phase 2
Cette formation concerne tous les membres de l’assemblée générale des structures de
dialogue. Elle doit se dérouler après les élections des représentants de la communauté et leur
installation.
Niveau Personnes concernées Lieu Formateurs
 Membres du COSADI
Chef lieu des Formateurs
Districts de  Membres du COGEDI
districts de santé régionaux
santé
 Membres du COGEHD

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 Membres des COGE/CMA
Centre de santé Formateurs du
Aires de santé  Membres des COSA
leader district
 Membres des COGE

3.1.2 L’appui conseil
L’appui conseil est aussi très important dans le fonctionnement des structures de
dialogue. En effet, malgré la formation, l’application des notions et autres enseignements
reçus ne se font pas toujours à la même vitesse, ni dans les mêmes proportions. C’est pour
cela qu’il faudrait qu’après cette phase de formation, il y ait aux côtés des structures de
dialogue, d’autres structures d’accompagnement qui vont les aider dans l’exécution de leur
tâches.
Les structures d’appui conseil vont se limiter dans l’assistance technique. Leur rôle est
principalement d’assister la SD dans :
- La planification des activités et leur exécution ;
- La recherche des financements ;
- Le respect des normes de fonctionnement ;
- La définition des cahiers de charge ;
- La répartition des activités avec les partenaires apparentés ;
- L’élaboration des outils techniques internes pour l’analyse de situation, la supervision
(grille de supervision) et le suivi-évaluation ;
- La définition des indicateurs de suivi et l’analyse de l’atteinte de ces indicateurs.
Cet appui conseil peut être fait par les partenaires au développement ou par certaines
ONG ou associations agréées par le Ministre de la Santé Publique.

3.2 La supervision
La supervision est un processus qui a pour objectif de guider, appuyer et aider les
prestataires (personnel de santé, représentants communautaires, commis communautaires etc.)
à exécuter les activités selon les normes dans le but d’améliorer leurs performances et la
qualité de service afin d’atteindre les objectifs fixés. Il y a deux types de supervision que les
comités de gestion doivent conduire : la supervision interne faite par le comité de gestion
local et la supervision externe faite par le comité de gestion hiérarchique supérieur.
La supervision doit être formative. Le feedback doit être donné immédiatement aux
prestataires supervisés. La supervision doit être planifiée et menée au moins une fois par
mois.

3.3 Le suivi-évaluation
Le Service de la participation communautaire au Ministère de la Santé Publique,
chargé du suivi et de l’évaluation des structures de dialogue est chargé d’organiser cette
activité sur toute l’étendue du territoire national et à chaque niveau du système de santé. Il est

27
clair que pour son efficience et son efficacité, il devra s’appuyer sur les services déconcentrés
du ministère et sur les structures de dialogue de niveau inférieur.
Les équipes de suivi des structures de dialogue ne doivent pas être modifiées chaque
année. Elle peuvent avoir un mandat de deux ou trois ans afin de mieux saisir l’évolution et
éviter de recommencer chaque fois à cause du renouvellement des personnes.
En matière d’évaluation, une évaluation annuelle de toutes les structures de dialogue
devra être faite à la fin de la première année de leur mise en place pour voir l’effectivité du
fonctionnement. Cela permettra de réviser le guide et de l’ajuster au cas où toutes les
modalités ne prennent pas corps. En attendant, nous présentons ci-dessous, quelques critères
d’évaluation de la fonctionnalité des structures de dialogue.

3.4 Outils de supervision et d’évaluation
3.4.1 La grille de supervision
Pour bien mener une supervision, il faut nécessairement élaborer une grille de
supervision. Ainsi chaque unité responsable de la supervision devra élaborer une grille pour
son niveau d’intervention.

3.4.2 Critères d’évaluation de la fonctionnalité des SD
- Existence et date d’installation
- Régularité des réunions
- Existence d’un plan d’action
- Existence d’un plan opérationnel
- Rapport entre activités prévues et activités réalisées
- Respect des attributions des intervenants

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CONCLUSION

Le présent Guide National ambitionne de servir de cadre de référence pour le
fonctionnement de toutes les structures de dialogue des districts de santé, en vue de réduire les
disparités dans la prise en charge des problèmes de santé par les bénéficiaires.
Après avoir rappelé les différentes structures de dialogue et leurs relations
fonctionnelles en vue de permettre à chacune de jouer pleinement son rôle, nous avons
ressorti les modalités de fonctionnement des structures de dialogue et de participation
communautaire des districts de santé, ainsi que les mécanismes de suivi-évaluation.
Toutefois, ces orientations n’auront de réussite sur le terrain que s’il y a un leadership
motivé et engagé de la part de tous les partenaires. Un appui des partenaires au
développement sera nécessaire au départ de la mise en œuvre.
Nous pensons aussi que l’application de ce guide permettra au Cameroun de renforcer
son système de santé basé sur la participation communautaire, de manière durable et
soutenable grâce aux structures de dialogue.

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BIBLIOGRAPHIE

1 Ministère de la Santé Publique, République du Cameroun : Stratégie sectorielle de
Santé, Rapport d’évaluation de sa mise en œuvre en fin 2006. Edition 2008
2 Ministère de la Santé Publique, République du Cameroun ; Stratégie Sectorielle de
la Santé 2001 – 2010 ; Edition 2002
3 Dr Manga Engelbert, Coopération Technico-Médicale Cameroun-Jura-Suisse,
Guide du Délégué du Comité de Santé Edition Juin 2004
4 OMS Bureau Afrique, La santé communautaire dans la Région Africaine. Addis
Abéba 20-22 Novembre 2006.
5 Ministère de la Santé, République du Cameroun, Cadre Conceptuel d’un District
de Santé viable, Décembre 2005.
6 Dr Mfonfu Daniel, January 1995 : Development of Kumba Health District June to
December 1994.
7 Dr Ghogomu Nongho Amida, Dr Mfonfu Daniel et al, A guide for Dialogue
Structures. June 2000 Edition ; Regional Delegation of Public Health North West
Region ; sponsored by GTZ.
8 Dr Ghogomu Nongho Amida, Dr Mfonfu Daniel et al, A guide for Dialogue
Structures. June 1997 Edition ; Regional Delegation of Public Health North West
Region ; sponsored by GTZ.
9 Le Président de la République du Cameroun, Organigramme du Ministère de la
Santé Publique ; Décret No 2002/209 du 19 Août 2002 portant organisation du
Ministère de la Santé Publique.
10 Fonds Spécial pour la Promotion de la Sante- Région du Littoral, « Statuts du
Fonds », légalisé auprès de la Préfecture de Wouri ref. No 126/RDDA/BAPP du 7
mai 1996 suivant les dispositions de la loi No 90/053 du 19 decembre 1990.
11 Memorandum of association of North West Regional Special Fund for Health,
Bamenda, legalized by Prefectoral decision of Mezam, No E29/1599/S.1/400 of
06/06/91.
12 Memorandum of association of South West Regional Special Fund for Health,
Bamenda, legalized by Prefectoral decision October 6th 1992 under Ref. No.
548/G37/D.14/1/Vol.889/OAPP
13 Dr Eyong Efobi John, Mrs Tebong Susan, Dr Mfonfu Daniel, March 1998, The
Batibo District Hospital Surgical Complex: A community Project

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