Science économique

I – Croissance, fluctuations et crises

Acquis de première: production marchande et
non marchande, valeur ajoutée 1- 1 – Quelles sont les sources de la croissance économique ?
Notions: PIB

111 – Qu’est-ce-que la croissance ?

Fiche 1113 – Les limites du PIB comme indicateur de richesse

Le PIB mesure mal l’activité économique

 Une sous-estimation de la création de richesse
 Une sous-estimation de la production marchande : Le PIB ne tient pas toujours compte de l’amélioration des
produits. En effet, pour que le PIB intègre une amélioration des produits, il faut que le prix augmente. Dans le cas
contraire, cet indicateur ne permet pas complètement de comptabiliser les innovations de produits. Ainsi
l’augmentation de la puissance des ordinateurs (loi de Moore) a été corrélée à une baisse de leur prix, cela a été
sous-estimé dans le calcul du PIB
 Une sous -estimation des activités non marchandes : la comptabilité nationale évalue la production non
marchande aux coûts de productions puisqu'il n'y a pas de prix.

 Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités productives : certes le PIB intègre aujourd’hui en partie
l’économie informelle. Cependant, il laisse de côté certaines activités productives : celles qui échappent aux règles
traditionnelles du marché. Ainsi, les activités domestiques comme le travail des femmes au foyer et le bénévolat ne sont
pas comptabilisées puisqu'elles n’ont pas de prix de marché et sont difficilement quantifiables. (« Evitez de vous marier
avec votre majordome ou votre femme de ménage, vous feriez baisser le PIB. » dit C.A Pigou par provocation)

Le PIB mesure mal le bien-être matériel

 Le PIB compte comme richesse ce qui est nuisance ou réparation des dégâts de l’économie monétaire. J.P.Delas écrit :
« On a pu résumer cette idée par une formule lapidaire : nuisances + réparations = double progrès ». En effet, une partie
de de ce qui est compté comme richesse monétaire correspond à des activités destructrices de composantes de bien-être
(ex : la construction d’un aéroport à la place
d’un parc naturel) ou juste à des réparations de dégâts causés par des activités destructrices (les activités de dépollution
sont comptabilisées comme créatrices de richesse). C’est ce qu’on appelle les coûts défensifs

 le PIB est donc un indicateur brut et non pas net. J.P.Delas écrit : « Peut-on mettre sur le même plan un pays qui produit
de la vraie valeur ajoutée et un autre qui ne s’enrichit qu’en dilapidant son patrimoine naturel ? Autrement dit, le PIB
considère comme une création de richesses, ce qui n’est en réalité qu’une exploitation (donc une dépréciation) du
patrimoine naturel. » . Ainsi, les émirats producteurs de pétrole n’ont pas développé d’industrie ; ils vivent de la rente de
matières premières. Il peut donc leur être difficile de générer une croissance durable.

Le PIB ne permet pas de mesurer le bien- être et le développement

 Le PIB est un indicateur macro-économique, quantitatif et monétaire, qui peut difficilement évaluer le bien-être et le
développement qui sont des variables qualitatives. En effet, le PIB ne permet pas de savoir :
 comment est obtenue cette richesse : un fort niveau de PIB peut résulter d’une exploitation forte des
salariés (mauvaises conditions de travail, faible salaire, peu de protection sociale)
 comment est répartie cette richesse : un haut niveau de PIB peut dissimuler des inégalités extrêmes (Brésil). Or, le
développement doit permettre de satisfaire les besoins fondamentaux de toute la population ; il faut donc disposer
d’indications sur la répartition du revenu national, sur la proportion de personnes vivant en dessous du seuil de
pauvreté.

 Les limites du PIB comme indicateur de bien-être sont visibles quand on étudie la corrélation entre le PIB/hab et le
sentiment de bonheur qui est un indicateur subjectif. Certes, un niveau minimum de richesse est indispensable pour être
heureux. On note ainsi que jusqu'à un PIB/hab de 15 000 dollars, plus le PIB/hab augmente , plus le niveau de
satisfaction de la population augmente. Mais à partir de ce seuil de richesse l'augmentation du PIB/hab n'entraîne plus
une augmentation du bien-être. En France entre 1975 et 2000, le PIB/hab a augmenté de 75% et l'indice de satisfaction
n'a pas bougé.

Le PIB n’assure pas une bonne qualité de comparaison entre les différents pays

 Pour comparer deux variables, il faut qu’elles soient exprimées dans la même unité. Traditionnellement, pour comparer
les PIB entre 2 pays, on convertit toutes les monnaies dans une monnaie de référence (par exemple, le dollar) en utilisant
le taux de change courant : la valeur d'une monnaie nationale par rapport à celle d'un autre pays,
qui est donnée par l’offre et la demande de devises. Le problème est qu’ 1 dollar aux Etats –Unis n’a pas la
même valeur qu’en Afrique, car les niveaux de développement sont différents. En utilisant le taux de change courant pour
convertir les PIB, on sous-évalue alors la création de richesses dans les pays où les niveaux de développement sont
faibles.

 Pour surmonter cet écueil, on calcule alors un taux de change en parité de pouvoir d’achat (PPA) : la valeur
qui égalise les pouvoirs d’achat des monnaies dans les différents pays, c’est-à-dire qui égalise la
valeur d’un panier de biens pris comme référence. Ce taux de change est théorique, il ne correspond pas
obligatoirement au taux de change courant observé dans la réalité.

 Exemple de compréhension : Une même quantité de monnaie n’a pas le même pouvoir d’achat d’un pays à l’autre: si 1$
en Chine permet d’acheter deux fois plus de la même marchandise qu’1$ aux Etats-Unis. Il va falloir réévaluer la réalité
du PIB chinois. Si le PIB/hab chinois= 2000$/hab Alors le PIB/hab chinois en $ parité de pouvoir d’achat (PPA) devient
4000$.