«Enrayons le déclin de la droite dans les

métropoles», plaident des élus LR

Par Jean Baptiste de Froment

TRIBUNE - L'hégémonie d'En marche ! dans les plus grandes villes de France n'est pas une
fatalité, défendent Jean-Baptiste de Froment, Delphine Bürkli, Jean-François Legaret et dix
élus LR.

Notre famille politique de la droite républicaine a subi cette année un revers électoral d'une
ampleur inédite sous la Ve République. Son candidat à la présidentielle a été éliminé dès le
premier tour. Ses députés ne sont plus que cent à l'Assemblée nationale.

Son échec est particulièrement flagrant dans les grandes métropoles. À Paris, elle a reculé de
6 points au premier tour de la présidentielle par rapport à 2012, qui était déjà un mauvais cru
électoral. Elle a ensuite perdu plusieurs citadelles législatives, réputées imprenables, au profit
d'une nouvelle formation qui a raflé douze des dix-huit circonscriptions de la capitale. Son
électorat s'est réduit telle une peau de chagrin: seuls les retraités lui restent acquis.

La droite républicaine n'est manifestement plus en phase avec les représentations et les
aspirations des Français des grandes villes : à moyen et long terme, cette déconnexion est une
impasse électorale

La droite républicaine n'est manifestement plus en phase avec les représentations et les
aspirations des Français des grandes villes: à moyen et long terme, cette déconnexion est une
impasse électorale. D'abord parce que plus de 25 % de nos compatriotes habitent désormais
dans des agglomérations de plus de 1 million d'habitants et que cette proportion est appelée à
augmenter. Ensuite parce qu'on imagine mal qu'une formation politique puisse prospérer en se
coupant des populations parmi les plus dynamiques, celles qui contribuent de façon décisive à
la production des richesses, à la recherche et à l'innovation, à la vitalité culturelle.

Sans doute faut-il d'abord parler et penser à ceux qui sont en grande difficulté et qui,
majoritairement, habitent en dehors des grandes métropoles, dans cette «France périphérique»
popularisée par le géographe Christophe Guilluy: zones rurales ou périurbaines de plus en
plus enclavées, petites et moyennes villes subissant de plein fouet la désindustrialisation et se
sentant, face à une immigration non maîtrisée, menacées dans leur identité.

Les difficultés, incontestables, des territoires périphériques n'ont ni pour origine ni pour cause
le comportement égoïste des habitants des centres-villes réduits au statut, largement
imaginaire, de « bobos », forcément « mondialisés »

Mais à la différence de ce que certains veulent faire croire, la France n'est pas un jeu à somme
nulle, où le bonheur des uns ferait le malheur des autres. Les difficultés, incontestables, des
territoires périphériques n'ont ni pour origine ni pour cause le comportement égoïste des
habitants des centres-villes réduits au statut, largement imaginaire, de «bobos», forcément
«mondialisés».

Bien sûr, des fractures sociales et géographiques existent et, parfois, s'aggravent. Il ne s'agit
pas de les nier. Mais on ne les résorbera pas en jouant une France contre une autre. Tout au
contraire: à l'heure où, un peu partout en Europe, on assiste à une résurgence des séparatismes
régionaux, il est impératif de renforcer les liens et les solidarités entre nos territoires, et
d'affirmer que c'est ensemble que nous réussirons.

Pour renouer avec tous les Français, y compris ceux des grandes agglomérations, la priorité
est de se remettre à réfléchir. Le rôle d'un parti n'est pas de ressasser des slogans éculés, mais
d'aller au-devant des problèmes qui arrivent et auxquels les grandes métropoles sont souvent
les premières confrontées: la révolution digitale, l'intelligence artificielle, les biotechnologies,
mais aussi l'écologie, le développement du travail indépendant, l'accès à la culture, le
vieillissement de la population, le handicap. Sans oublier par exemple, sur le plan extérieur,
les conséquences de l'explosion démographique en Afrique. Autant d'enjeux majeurs et de
long terme dont nous devons nous emparer, et sur lesquels nous devons nous forger une
doctrine qui soit fidèle aux principes et aux valeurs que nous avons toujours défendus.

C'est là tout l'enjeu de l'élection à la présidence des Républicains : favoriser l'avènement d'une
droite décidée à tourner la page, une droite d'idées, préférant les solutions aux postures et plus
soucieuse de rassemblement que de pureté idéologique

Sur la forme, la droite doit respecter à nouveau les électeurs, à commencer par ses adhérents
et ses sympathisants: en privilégiant la pédagogie du complexe à la démagogie du simplisme ;
en ne séparant jamais, dans son discours, le pourquoi du comment ; en veillant à ne plus créer
d'attentes dont la vocation est d'être frustrées. Car c'est dans ce fossé qui s'est creusé entre la
parole et les actes que résident les vraies causes de ses échecs passés.

C'est là tout l'enjeu de l'élection à la présidence des Républicains: favoriser l'avènement d'une
droite décidée à tourner la page, une droite d'idées, préférant les solutions aux postures et plus
soucieuse de rassemblement que de pureté idéologique.

Cette droite qui regarde le présent en face, qui additionne les Français et les territoires plutôt
de les opposer, c'est celle que nous, élus de la droite républicaine à Paris, défendons autour de
Maël de Calan, le seul candidat qui porte une vision de reconquête. À Paris, face à une gauche
dogmatique et sans imagination, il y a urgence!

Les signataires de la tribune:

- Jean-Baptiste de Froment (premier vice-président du groupe LR au conseil de Paris)

- Delphine Bürkli (maire du 9e arrondissement)

- Jean-François Legaret (maire du 1er arrondissement de Paris)

- Brice Alzon (conseiller du 2e arrondissement)

- Julie Boillot (conseillère de Paris du 16e arrondissement)
- Alix Bougeret (vice-présidente déléguée du groupe LR du conseil de Paris, conseillère de
Paris du 17e)

- Olivier Bouet (conseiller du 17e arrondissement)

- Anne-Charlotte Buffeteau (conseillère de Paris du 15e)

- Gypsie Bloch (conseillère de Paris du 9e)

- Sébastien Dulermo (adjoint au maire du 9e)

- Nicolas Martin-Lalande (adjoint au maire du 1er)

- Bertrand Lesain (conseiller du 14e arrondissement)

- Benoît Solès (conseiller du 3e arrondissement)